Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le vin, une victoire non annoncée, bizarre

12 Juillet 2009, 11:28am

Publié par Elisabeth Poulain

Oui, c’est vraiment bizarre. A chaque fois que le vin est choisi pour illustrer, au choix, l’alcoolisme ou la lutte contre l’alcool, des voix s’élèvent immédiatement pour dénoncer l’association entre alcool et vin et à chaque fois, les défenseurs du vin, crient au scandale. Selon eux, c’est un autre lien qu’il faut faire, entre alcool et spiritueux mais rarement avec la bière. Bizarre. Il faut dire que les spiritueux peuvent atteindre les 40° degrés et plus alors que la bière titre à 5/6°. A ma connaissance, seul le Champagne a dénoncé la connexion avec la bière, à cause de leur appartenance commune à l’univers des bulles.  

Les spiritueux au lieu du vin

Cette fois-ci, ce sont bien les spiritueux qui sont visés. Sur la photo, on voit le verre en forme de triangle caractéristique, avec une cerise au fond. On ne peut s’y tromper. Cette photo dénonce l’ingestion d’alcool avant de prendre le volant, avec cette phrase superbe : l’accident de Monsieur est servi. Mais il y a plus par rapport à ce qu’on voyait jusqu’à maintenant.

 

Une création de deux jeunes

Cette affiche est en effet l’œuvre de deux ados de 14 ans, Quentin Cavaille et Valentin Chaumontet, lycéens à Lyon (69) France. Leur œuvre a été sélectionnée par un jury de professionnels d’expert en sécurité routière, publicité et communication.   

 

Un concours d’idées lancé par Renault

C’est aussi un élément intéressant. Ce n’est plus l’INPES qui lance seule des coms très coûteuses pour les deniers de l’Etat ; cette fois-ci, c’est un grand constructeur automobile qui gère l’opération sur son budget de relations publiques. Renault fait les choses bien, à l’instar de ce qu’a déjà mis en place Pernod Ricard  qui se veut exemplaire dans ce domaine aussi.  

 

La dimension internationale tout de suite

Le concours existe également en Autriche, au Luxembourg et en Turquie, deux Etats membres de l’UE et l’autre qui toque fort à la porte pour y entrer. C’est un peu curieux, que Renault n’ait pas visé tout de suite une grande majorité des pays de l’Union.

 

D'autres finesses de com

Vous avez certainement remarqué que le bas de la photo est barré par un avertissement sanitaire du genre « le tabac tue et vous, vous attendez quoi ?» Ici c’est « Au volant : l’alcool non merci ! ». Tes idées à l’affiche », le titre de ce « programme international de sensibilisation à la sécurité routière 2008-2009 » est maintenant devenu une pub pour Renault parue dans les Echos du 29.06.2009.


Quelques remarques
Dommage que les réalisateurs de l'idée des deux garçons aient choisi pour illustrer l'alcool une liqueur pour femmes. J'ai trouvé des pubs pour Lillet avec ce type de verre, Martini aussi. Le titrage d'alcool baisse de beaucoup et je doute qu'un verre de cet apéritif suffise à dépasser la limite légale en matière d'alcoolémie. 

La raison de ce choix de verre à pied en forme triangulaire évasée est qu'il est quasiment impossible de prendre une bouteille ou un verre d'alcool repérable facilement car il n'y a pas de bouteille ou de verre type. Et il est impossible de prendre celle d'une marque dénommée. Rien ne ressemble plus à un verre de vodka qu'un verre d'eau, ou un verre de bourbon on the rocks à du thé glacé. D'où la 'facilité' qui consiste à visualiser le vin avec des bouteilles et des verres à la silhouette codifiée depuis des siècles.  

Donc l'idée des deux jeunes est intéressante mais en fait les publicitaires n'ont pas réussi à surmonter les difficultés que sont de montrer le fait de trop boire et de choisir un contenant, verre et/ou bouteille, qui symbolise ce danger de trop boire. Dure, dure la com quand on s'attaque à du lourd! 
   

Pour suivre le chemin

www.tesideesalaffiche.fr

www.securite-pour-tous
Photos n° 1, idée gagnante 2009, n°2, idée gagnante 2007 

Voir les commentaires

C'est bon; les moules déboulent mais avec quel vin?

11 Juillet 2009, 19:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le rituel belge 

Et oui, en Belgique, les pubs de Métro le journal gratuit, ne vous le cachent pas. C’est l’ouverture de la saison des moules. Chez Carrefour, elles arrivent toutes fraîches pêchées de l’Océan Atlantique nord-est (c’est où ?) avec tout ce qu’il faut pour les savourer. Il ne s’agit pas de manger bêtement de la moule. Il faut le rituel :

-        de la sauce spéciale pour moules, je n’ai aucune indication sur la composition,

-        des frites belges surgelées, à faire frire, bien sûr,

-        des légumes pour moule, impossible de vous dire lesquels, c’est vert et blanc, c’est tout ce que j’arrive à voir sur la pub,

-        et bien sûr du vin blanc, avec promo spéciale moules. C’est du Vouvray, vendu en bouteilles par trois, dont une gratuite au prix incroyable de 10,98 E.

 

Deux pages plus loin, chez Delhaize, les moules sont des véritables de Zélande, provenant de la mer de Wadden et Escaut oriental, calibrées pour 60 à 70 pièces au kilo. L’ordre change. Cette fois-ci, on vous vend aussi une casserole pour moules, superbe et noire, des légumes nature, provençale ou fenouil (c’est mieux pour la précision). Le vin blanc est un Muscadet à 2,99E (réduction de 0,80c déjà faite mais avec une consigne de 0,30E à ajouter). Impossible de voir la marque. Gageons que c’est un vin Delhaize. Ensuite la sauce fraîche pour moules, les frites et pour ceux qui ne veulent pas de vin ou en plus, 6 bouteilles de 25cl de bière Blanche du Lion à 2,69 (- 0,30c de promotion et + 0,60 c de consigne).     

 


Accords mets-vins 

Vous pouvez les manger nature avec un vin blanc sec, comme ce qui est proposé ici classiquement par les deux concurrents. Vous pouvez raffiner et ça, ça devient amusant pour trouver le vin ad hoc. Je ne vais rien inventer. C’est plus sûr pour vos papilles. Je me réfère à des spécialistes de la vraie moules belges. J’ai nommé Alain Bloeykens du magazine belge Vino. Ses choix :

-        des moules au curry

+     un Riesling Hochheimer Kirchenstück, Spâtlese Trocken, Scaheffer, Rheingau (Vino 1),

 

-        un gratin de moules, avec noisettes, pignon à la sauge et zeste de citron vert

+     Manzanille Fina, ‘Las Medallas de Arguëso’, Heredos de Aguëso, Andalousie (V2)

 

-        un potage ‘Goudmer’ au safran et à ciboulette

+    Rosé Fallet, ‘Surprise’, Vin de Pays d’Oc, assemblage de grenache (70%) et de cinsault (30%) (V3)

 

-        des moules au vermouth français, au fenouil et à l’estragon

+    un Limoux, Chenin blanc Fûts, Rives Blanques, Languedoc (V4)

 

-        des moules au naturel

+    Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Delhommeau, Cuvée Harmonie (V5) 

 

Pour suivre le chemin

. http://www.carrefourbelgium.be/news_01.cfm?lang=fr&News_id=2563

. http://www.delhaize.be/delhaize/actions/mussels/_fr/mussels.asp

. http://www.vinopres.com/template_activities_detail.asp?act_id=6&lng_iso=FR

 

. En matière d’accords mets-vins, à vous de jouer maintenant ; vous avez vraiment le choix entre le Vouvray, le Muscadet, la bière blanche plus les 5 choix de Vino. Le jeu, car c’en est un, est que l’article de Vino date d’octobre, novembre 2005 et que les vins concordent évidemment. V1 est un 2001, V2 sans millésime, V3 un 2003, V4 un 2004 et V5 un 2004.

 

. Pour moi, je vous propose des moules marinées à la péruvienne.  

Après avoir lavé les moules, il faut les saisir à feu vif, sans les cuire, en recueillant leur eau. En vous y prenant 3 heures avant le repas, car il faut enlever chaque moule de sa coquille et les placer dans un saladier avec le jus de plusieurs citrons verts et des oignons blanc coupés en morceaux. Vous placez le tout au réfrigérateur et ajoutez juste avant de servir de la poudre du piment de Cayenne  et du persil hâché. (Quantités, 2l de moules, 8 petits citrons verts, 100 gr oignons blanc = libre à vous d’en mettre moins pour essayer).       

 

   

Voir les commentaires

WBW26 > Les Habits des Vins d'Emotion > le SIGNE de la Couleur > Le rose

10 Juillet 2009, 10:26am

Publié par Elisabeth Poulain

La couleur, un code culturel essentiel

Chaque année, les designers et les décideurs se réunissent pour sélectionner les couleurs des saisons à venir. La mode, car c’est d’elle dont il s’agit, est tout autant portée par les formes ou les matériaux que par les couleurs. Le Signe de la Couleur amène à réfléchir sur le langage de la couleur, qui est déterminée par la rencontre entre une culture, une époque et une émotion. Elle est en effet d’abord l’expression d’un code culturel qui marque le consensus existant sur le sens de la couleur à un moment donné. Sur les premières cartes géographiques, la mer avait une couleur marron, elle est maintenant bleue comme il lui arrive de l’être quand le ciel est bleu. Elle peut aussi être verte ou franchement brune parfois, laiteuse d’une harmonie ‘couleur d’huître’ à l’embouchure de la Loire à la rencontre entre l’eau douce et l’eau de mer.

 

La couleur a toujours été un mode de communication très utilisée dans les siècles passés, comme le montrent les blasons, les tapisseries, les vitraux, les fresques, les peintures, la statuaire sacrée qui était peinte... Chaque époque a ses codes couleur, chaque culture aussi. Ce qui change, c’est le regard que nous portons et donc la façon d’utiliser la couleur. Nous savons maintenant que la couleur parle. Elle est un monde communication capable de tout exprimer. 

 

Attribuer une identité de genre

C’est l’importante question de la couleur de la layette, rose si c’est une fille, bleu ciel pour un garçon. On retrouve ce clivage pour le vin avec l’attribution de la couleur rose pour les femmes,  surtout pour du vin rosé qui est une des spécialités de la Loire. Nommons les Rosé d’Anjou, Cabernet d’Anjou, Cabernet de Saumur, rosés de Touraine et de Sancerre. Le rose est aussi la couleur de la rose, la fleur qui symbolise l’amour en Occident ; sa proximité sémantique avec la rosée du matin conduit à la fraîcheur et donc à celle du vin, à boire frais. La conclusion s’impose : la couleur rose va bien au teint des femmes qui aiment le vin rosé avec une étiquette rose, sans que cette couleur ait de valeur symbolique en soi. De plus en plus d’entreprises, grandes ou petites par le chiffre d’affaires, recourent aux services de stylistes-femmes pour émettre en langage ‘femme’.

 

601. Jean-Max Manceau, vigneron du Domaine de Noiré, a ainsi fait appel à une jeune maquettiste pour concevoir sa grappe de raisin aux baies rosées pour du Chinon rosé. Il est absolument convaincu qu’il faut une femme pour parler aux femmes, comme un grand nombre de vignerons de l’appellation d’ailleurs.

 

Le vin, un monde de couleurs en soi

La corrélation entre la couleur du vin et la couleur de l’habillage n’a rien d’une évidence. On assiste actuellement plus encore que par le passé, à une véritable valse des couleurs quelque soit la couleur du vin:

- une étiquette blanche, or, noire pour du vin blanc qui est jaune, jaune d’or, jaune-vert… mais en tout cas jamais blanc. Maintenant on l’associe au bleu, au vert avec l’orange en étiquette pour du vin blanc et de l’ivoire, du crème,

- une étiquette blanche, or, noire pour du vin rouge, mais aussi maintenant du bleu, du violet, de l’orange pour du rouge et aussi beaucoup de crème, ivoire,

- une étiquette rose pour du vin rosé et maintenant blanc, avec beaucoup de variations possibles.

 

Une des raisons de l’attirance du rose vient d’abord de la transparence du verre de la bouteille dont nous parlerons plus avant dans le Signe du Feu qui laisse maintenant s’exprimer la couleur du vin. Un verre ‘blanc’ (transparent) avait une image peu qualitative. Jusqu’à la fin du siècle dernier, le vin était plutôt à protéger contre la lumière naturelle ou artificielle propre à casser le vin. C’est toujours vrai pour les vins de garde qui ne doivent toujours pas être exposés à la lumière. Par contre, au moment de l’achat, pouvoir apprécier la couleur d’un vin destiné à l’usage immédiat constitue indéniablement un atout pour des vins rosés ou blancs. Faut-il pour autant que tous les vins rosés communiquent de la même façon ? Absolument pas, comme le montre les exemples ci-dessous.                                            

 

602. Charles Joguet a coloré de rose saumon accentué son étiquette portant sa maison pour son Chinon rosé.

 

603. Le Chinon rosé du Château de la Grille est vêtu d’une étiquette rose pâle.               

 

- Par contre, le Rosé de Loire de Jean-Yves et Anita Lebreton du Domaine des Rochelles porte une étiquette grise moyen foncée qui reste dans la gamme chromatique des vignerons : bleu ardoise, gris mousse, gris ou noir. 

 

- Le Sancerre rosé, Les Romains, de Pascal Gitton ne joue pas non plus sur le registre de genre. Le vigneron a son rose comme il a son bleu qu’il traite de façon très classique et avec beaucoup d’énergie sur une étiquette presque carrée entouré d’une double bordure avec des mentions en lettres romaines. Un aigle blanc puissant déploie ses ailes sous le nom de la cuvée ‘Les Romains’.

 

Donner un goût fruité à la fleur

Pour renforcer le sens de cette couleur,  il est possible aussi de décliner les différentes variétés de roses en associant fleurs et femmes : ce sont des roses qu’un homme offre à la femme qu’il aime. Déjà dans l’Antiquité, Aphrodite était la déesse des rosiers. « Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin… », écrivait un certain Pierre Ronsard né en 1524 au Château de la Possonnière à Couture sur le Loir et mort à Saint-Cosme en l’Isle près de Tours en 1585.


- Roséal est le nom d’un Saumur brut rosé du Château de Montguéret de Dominique Lacheteau. L’étiquette est ornée de deux roses, la capuche rose également dans une harmonie de plusieurs roses, les deux tons de l’étiquette, celui de la capuche assortie à la bordure claire et les roses de la rose, sans oublier le rose vif et tonique du vin.

 

604. Le Cabernet d’Anjou, Arrogance, d’Yves Guégniard, Domaine de La Bergerie a pour étiquette haute et étroite une fleur très fine choisie par son créateur, le peintre angevin Jean Louis Rondeau.

 

Jean-Louis Rondeau, peintre, Saint-Mathurin sur Loire, Anjou

Sa dernière grande exposition au Grand Théâtre d’Angers a pour nom « Traces de vie », avec ce sous-titre « du blanc au noir en passant par la couleur ». L’Homme qu’il trace d’un jet d’encre de Chine est une panthère ramassée prêt à bondir, La Femme un éclair vertical prête à se déployer. Il y a tout, l’énergie, la vitesse arrêtée, la finesse… Il aime les grands formats et sait aussi concentrer sa sensibilité qui est grande, sur une très petite surface, une TPS, comme on ne dit pas encore… Sa petite dernière est un rectangle de 14 cm de haut sur 5 cm de large. La fleur à la robe jaune or s’élance, se lance sur un fond rose pour une étiquette de vin… Parce qu’une TPS de JLR est une fenêtre qui s’ouvre sur des émotions comme le vin est une affaire de rencontre et d’émotions ! Actuellement, Jean-Louis Rondeau travaille sur la transparence et la lumière associées à l’explosion des couleurs : ses oeuvres actuelles portent sur le mystère de la conception sous le nom d’Echographies.

 

Décider d’une couleur ne serait rien s’il n’y avait en même temps un gros travail portant aussi bien sur la technique de vinification que la communication sur le goût fruité-sucré du vin. L’extension de la planète rose pour plaire aux palais des femmes d’abord et des jeunes ensuite oblige à redéfinir le style du vin. Celui-ci doit répondre à trois caractéristiques : beaucoup de fruit, du sucre pour renforcer le fruit et une pointe d’acidité, comme pour une friandise, pour équilibrer.

 

605. Soupçon de Fruit lancé par André Lacheteau dans le cadre d’une gamme Parfum de Loire en début 2003 est un Cabernet d’Anjou aux notes de fruit et de fraîcheur. Quelques groseilles évoquent le fruit et la fraîcheur est donnée par la transparence. C’est la première marque de vin de Lacheteau de Doué la Fontaine avec un packaging innovant affiné avec une jeune styliste.

 

Jouer la carte du rose pour du blanc ou du rouge

L’extension de la planète rose a été très rapide. C’est ainsi que le Muscadet a beaucoup bénéficié de l’effet chaleur de 2003 et de la mode du rose. Il a pour beaucoup perdu de sa couleur vert pâle et de son goût parfois un peu acide, pour adopter de la rondeur, des couleurs beaucoup plus douces jaunes d’or du fait de nouveaux modes de vinification plus sur le fruit.

 

606. Comme en témoigne un Muscadet de Marie-Luce Métaireau, Grand Mouton de Saint-Fiacre avec sa cuvée « 0’féminin » paré d’un habillage déclinant rose vif et orangé tonique. Pour Marie-Luce Métaireau, le rose est une très belle couleur, qui respire la vitalité et la gaieté et dont il faut savoir ne pas abuser sous peine de tomber dans un autre conformisme qui pourrait être réducteur pour le vin.

 

Frédérique Barbier, peintre, Nantes

C’est vraiment une belle aventure que de travailler avec Marie-Luce Métaireau aux commandes pour le vin et Gisèle Taelemans pour la communication. Moi je suis le peintre du trio. Pour ces trois cuvées O’féminin 2003, 2004 et 2005, chaque année, j’ai fait quelque chose de différent parce que chaque année le millésime est différent. J’ai la chance également de participer à la sélection de la cuvée par le jury de professionnelles du vin. Ma première étiquette a beaucoup étonné : elle présente une partie du visage d’une femme qui interpelle. Elle ne sourit pas, elle est grave et pourtant elle dit beaucoup sans maniérisme, d’une façon forte. La seconde surprend une danseuse en mouvement, les bras en l’air, des fleurs s’échappent de ses cheveux et la troisième semble sortir d’une fleur. J’aime la musique, la danse… En couleur, le rose pour moi se décline avec de l’orange et du blanc, et un peu de noir pour donner les vibrations que j’ai transmises dans mes étiquettes. La peinture est une aventure humaine chaleureuse.

 

Le rose en étiquette, seulement pour les vins rosés ?

Oh non. Il peut être intéressant aussi avec des rouges surtout quand on est une femme vigneronne.

- Au Domaine des Dames de Laurence Pozucek, le Mareuil Fiefs Vendéens La Vallière du nom de la Grande favorite de Louis XIV, est un assemblage de Gamay, Cabernet et Négrette, sous étiquette rose et violet. Le rosé est Montespan, une autre favorite du roi.

 

La femme et le rose

Quant à la femme, il est possible de lui parler de nombreuses autres façons, en particulier en donnant à la cuvée un nom de femme, qu’elles soient favorites, comme on vient le voir, nonnes (pour Madame Laroche Savennières Roche aux Moines), abbesses (au Château d’Eternes, Clos des Abbesses, Coteaux de Saumur), copines (au Domaine des Sablonnettes de Joël et Christine Ménard à Rablay sur Layon)... Avant l’arrivée de la couleur, c’était le langage premier de genre en distinguant selon le statut marital ou aristocratique de la dame en question:

- La Dame de Chatenoy pour un Menetou-Salon du Domaine Chatenoy,

- La Bourgeoise d’Henri Bourgeois de Chavignol, pour un Sancerre, richement parée d’or,

 

- La Demoiselle de Bourgeois à la parure beaucoup plus légère pour un Pouilly-Fumé,

- La Demoiselle d’Alphonse Mellot pour un Sancerre,

- Les 3 Demoiselles du Domaine Richou pour un Coteaux de L’Aubance,

- Les Demoiselles pour un Quincy du Domaine des Ballandors,



- Les Demoiselles Tatin pour un Reuilly, au même domaine,                        

 

- La Grande Châtelaine de Joseph Mellot pour un Sancerre ‘Cuvée Prestige’,  

 


607. La Duchesse pour un Sancerre de la Cave des Vignerons de Sancerre,

 


608. La Diablesse, qu’il valait mieux ne pas rencontrer au fond des bois, pour un vin de table d’Etienne Bonnaventure, sur une étiquette conçue par Maddlen Herrstrom  et

 

- La Diva, un Chardonnay, en vin de pays du Jardin de la France de Donatien Bahuaud.

 
Poursuivre le chemin

Ce billet n°26 marque l’entrée dans un nouveau cycle, celui des vins contemporains ouverts sur l’émotion. Ce cycle comprend trois chapitres dédiés à la couleur (6), au trait (7) et au je-u (8).  Il sera suivi d’un prochain billet consacré aux ‘vibrations’ provoquées par les habillages de ces vins contemporains.

 

Voir les commentaires

Iris de Lisson, deux ou trois choses que je sais d'elle...

9 Juillet 2009, 07:48am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Iris Rutz-Rudell est certainement la seule femme du vin avec laquelle j’ai échangé par mail, sur un sujet concernant l’une de nous deux ou les deux. Elle est la vigneronne du Domaine de Lisson et est à la source de trois blogs. Allemande de naissance, elle est en effet trilingue (allemand + français + anglais) et déjà pour ça, je suis pleine d’admiration. Elle est de ces personnes qui ont la capacité à comprendre un autre univers que le leur et qui ont pouvoir s’exprimer dans une autre langue que leur langue natale, leur Mutter Sprache, ce qui veut dire la langue de leur mère, une expression qui est autrement plus profonde et jolie que de parler de la langue de naissance. Déduisez de cette entrée en matière, qu’Iris est fine et subtile. 

 

Elle a en outre une énergie véritable, de celle qui s’enrichit dans l’action, l’innovation et la prise de risques. L’action, c’est en particulier de quitter l’Allemagne, où notamment elle  enseignait en anglais la linguistique des textes à la fac. Je suis sûre qu’elle a eu de nombreuses activités, en parallèle, en recherche de ce qu’elle voulait vraiment faire. Elle a trouvé, vigneronne en France, dans un endroit rude, aux paysages fabuleux tels qu’on peut les rêver d’Allemagne, dans des endroits encore un peu sauvages, sans ou avec très peu  de pollution.

 

Pour pouvoir vivre une vraie vie de productrice, qui travaille sa terre, soigne sa vigne, récolte le raisin et vinifie son raisin. De la terre au plant en arrivant au vin dans le verre. Mais comme cette unité ‘raisin-vin’ ne saurait être complet sans la distribution, la vente et la communication, elle a choisi de faire la suite aussi jusqu’à l’acheteur et de faire ça bien. On se demande comment elle trouve le temps, mais ça, mystère ??

 

Quant à l’innovation, elle me semble permanente. Quitte à vivre dans un nouvel endroit, en refaisant tout du sol au plafond d’une vieille maison paysanne, quitte à apprendre des tas de nouveaux métiers, groupés sous le vocable de ‘petit vigneron’ (= celui qui sait tout faire), Iris a choisi aussi de cultiver son raisin en bio, of course . Tellement évident que c’était à peine nécessaire de le dire. Mieux vaut quand même. J’en connais 'des qui' lisent un peu trop vite. Elle apprend en faisant et ça, j’adore. 

 

Et elle parle, elle écrit beaucoup. Iris est une grande bavarde, même si bien sûr, elle parle surtout de ce qui peut intéresser un amateur de vins naturels et de ce qu’elle a envie de dire, elle, contre les pesticides et la pesanteur d’un univers réglementaire oppressant pour les petits vignerons. La France ne se rend pas compte de la chance qu’elle a d’avoir autant de vignerons qui s’engagent personnellement dans leur terre, comme ils portent leurs vins, comme ils créent une valeur ajoutée à nulle autre pareille : le vin est vivant et veut vivre. Les vignerons aussi. C’est ce qu’Iris vous fait comprendre, à sa façon de vigneron et de blogueur. Elle a par exemple beaucoup lutté pour conserver le droit de parler de ses vins sur ses blogs. Si elle n’en parle pas, qui le fera aussi bien à sa place ?     

 

Dans ses dernières innovations, Iris s’est lancée dans une grande aventure, aller se frotter à la grande nébuleuse de Bordeaux, à sa façon, avec les off. Et puis, tant qu’à se lancer, elle a fait route avec un nouveau copain, un autre vigneron off, pour diminuer dit-elle la production de CO2 et découvrir le couchsurfing. Gageons qu’elle a eu autant de plaisir à faire goûter ses vins qu’à dormir sur le canapé de  ceux qui l’ont accueilli pour un soir.

 

Nous avons Iris et moi, en commun, un élément important dans notre stratégie de vie. Nous croyons fermement   que « Small is beautifull ». C’est le titre d’un ouvrage paru en 1979 d’un grand chercheur d’origine allemande,  E.F. Schumacher. Il dénonçait les dangers de la mondialisation et prédisait une grande partie des maux qui accablent notre planète au moment où jamais celle-ci n’a été aussi riche tout en créant autant de pauvreté et de détresses. Un monde d’une violence incroyable qui exige de ceux qui le veulent et/ou le peuvent une autre façon de vivre, plus ouverte, plus solidaire, plus simple aussi. Quand on est ‘small’, comme l’est un petit domaine, une petite entreprise ou un blog, il est possible de faire de bonnes choses, des bons vins, des bons billets, sans faire courir aux autres des ‘grands’ risques. C’est au moins mon souhait et je gage, celui d’Iris. 

 

Pour suivre le chemin

. Pour joindre Iris et prendre rendez-vous, vous voyez ses coordonnées sur l'étiquette juste au dessus de cette ligne. Rendez-vous aussi sur une des blogs d’Iris Rutz-Rudell: http://lisson.over-blog.com/ 

. Dessin d’Iris et photos de quelques-unes de ses étiquettes. Voir les fiches techniques sur son blog.

      

 

Voir les commentaires

Femmes en résistance, un livre de Pierre-Yves Ginet

8 Juillet 2009, 07:48am

Publié par Elisabeth Poulain

Pierre-Yves Ginet

Il est photographe journaliste indépendant. Vous avez déjà vu sur mon blog un billet que j’ai consacré à son travail d’enquête de grande ampleur sur les femmes présenté dans une exposition majeure. J’ai vu cette exposition lors des sessions de travail dans les quelles nous avons travaillé les autres ‘panelistes’ et moi avec la Région. C’est le terme en usage à l’Hôtel de la Région des Pays de Loire dont nous étions affublés, nous les ‘Citoyens’. J’aurais évidemment préféré le second vocable avec son air révolutionnaire au terme de panéliste qui sonne étude de marché régulière faite auprès d’un échantillon représentatif.

 

L’expo à Nantes

L’expo dans ce grand hall de l’Hôtel de Région était forte, si humainement forte, que ces photos de femmes arrivaient à dominer cet espace, si froid, si grand, dont l’entrée s’ouvre au nord de Nantes, sur l’Ile de Beaulieu, face du quartier  Malakoff. Un défi réussi pour Pierre Yves Ginet. J’avais choisi de vous parler de cinq histoires de femmes dont chacun des visages représentait une victoire sur la mort, la violence, la maladie et toujours la souffrance et le déni de leur existence. Une victoire parce que celle qui fait l’objet de la photo a survécu  d’abord, témoigne ensuite et s’engage. Elles sont devenues politiquement actives. Elles existent.

 

Femmes en résistance

C’est le titre choisi par l’auteur Pierre-Yves Ginet. Le terme me séduit et pourtant il me gêne aussi, parce que cela voudrait dire, si on fait le parallèle à ce qu’on voit de ‘nos’ résistantes qui sont maintenant âgées, que la guerre est finie. Alors que le photographe montre combien cette résistance est actuelle. Pierre-Yves Ginet a conçu son ouvrage autour de 17 reportages photos qui forment autant de cas de résistances dans 17 pays. A chaque fois,  l’auteur, journaliste également, explique par un texte pourquoi cette photo est importante.


Une résistance et une pédagogie sans fin

Grâce à ce livre, on voit, on sait que ces femmes s’engagent dans une lutte sans fin contre un ennemi de l’intérieur, celui de la violence, de la bêtise, du sadisme, du sexisme, des intégristes qui font de la femme, un animal, une chose utile à servir de défouloir, d’esclave taillable et corvéable à merci et de reproductrice ou au contraire l’objet d’expérience comme la stérilisation forcée dans le cadre d’un « contrôle des naissances » .


Les femmes stérilisées d’Anta

Cette photo montre des femmes en marche « vers le centre du village d’Izcuchaca, pour rencontrer un représentant municipal et lui exposer leurs doléances ». Une femme est déterminante dans ce mouvement. Elle s’appelle Yoni Quellon Quejia. A 33 ans elle est la présidente du Comité des femmes stérilisées d’Anta contre leur volonté. Sur les 700 à 1 000 femmes qui viennent travailler à ce marché le samedi, plus de 400 ont été stérilisées dans le cadre d’un programme bénéficiant d’aides internationales entre 1995 et 2 000.   Elles ont été trompées sur la nature de l’intervention, puis capturées, ligotées et stérilisées dans des conditions d’hygiène déplorable ou inexistante. Malgré leurs souffrances encore actuellement et les préjudices subis, ces femmes, quasiment toutes des Amérindiennes, au nombre de 300 000 au Pérou,  attendent toujours que justice leur soit rendue.  Elles n’attendent plus rien de la justice péruvienne et comptent sur la justice internationale.       


Taslima Nasreen

L’auteur bangladaise, Prix Sakarow 1994, a écrit la préface de l’ouvrage, elle qui lutte en continuant à écrire et à publier contre l’oppression des « femmes asservies et l’oppression des minorités non musulmanes dans son pays…malgré les fatwas et les menaces de mort ».  

 

Pour suivre le chemin

. L’ouvrage est en souscription  à prix promotionnel de 29 EUR au lieu de 37 EUR jusqu’au 31 juillet 2009 aux éditions Verlhac (280 pages, format 25 x 29cm). Il comprend 200 photos et inclut un entretien avec Marie-Josée Chombart de Lauwe, résistante 1939-1945.

. Pour souscrire, vous pouvez vous adresser à

Nathalie Poirot, responsable de projets,

Association femmes ici et ailleurs, 133 Cours Gambetta, BP 13158, F-69212 Lyon cedex 3

Tel. 04 37 43 02 35,   femmes.ici.et.ailleurs@orange.fr

 

Voir les commentaires

Regard d'un peintre d'images, Michel Hénocq, Paris, Angers, Doutre

7 Juillet 2009, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’atelier

Il est à ce point fait pour Michel Hénocq qu’on se dit qu’il ne saurait y avoir de hasard. Dans la Doutre, un quartier ancien d’Angers, son atelier est situé dans une petite rue, qui se finit en escalier, comme à Montmartre, entre un cloître bordé de très hauts murs d’un côté, et des petites maisons avec quelques ateliers, transformés en garage de l’autre.  Sauf un, c’est le seul à avoir une double porte peinte en un orange profond. C’est là, quelques marches à descendre dans l’atelier, vous vous sentez bien, vous êtes dans l’antre du tigre. L’amusant est que cet atelier était avant celui d’un peintre sur meuble et que cette petite rue du Tambourin débouche sur la Rue Lionnaise, avec un i comme lion, qui était une voie importante au Moyen-Age pour entrer dans la ville close.

 

Le tigre

« En ce moment, c’est un tigre de cirque qui occupe une partie de mon atelier. Je l’ai rencontré sur une affiche ; je l’ai croqué en dessin, puis transcrit sur une toile, en commençant d’ailleurs ma toile par lui dans le coin supérieur gauche. C’est dire son importance. C’est un tigre avec une gueule de tigre, du genre qui en aurait beaucoup vu, à aller de ville en ville, à voir des gens qui disent « Oh, c’est un tigre, ben oui, c’est moi le tigre », un peu fatigué, solide quand même, qui garde suffisamment de confiance pour continuer  avec la volonté de se tenir droit ».

 
Les images

« Si on peut dire que je chasse, c’est uniquement pour les images que je capture, j’emmagasine et j’enfouis au plus profond de moi, sans y être pour quelque chose. Ou plutôt je m’en nourris pour pouvoir traduire en images ce que je sens et veux exprimer dans mes peintures. Mes rêves, la nuit, recréent des villes, des maisons en bois, que je sais n’avoir jamais vues et qui sont pourtant là, si précises. Je m’émerveille de ce que mon esprit peut créer. Ma peinture est un peu ça, mais avec une volonté de contrôler ce que je fais, contrairement aux rêves et aux surréalistes ».     

 
L’influence des Surréalistes

« Bien sûr, j’ai été impressionné par les Surréalistes, en particulier Georges Limbour, mon professeur de philosophie, écrivain et critique d’art , qui faisait ses cours sans note. Un grand bonhomme, qui avait mis sa bibliothèque à la disposition de nous, ses élèves : Sartre et Camus mais également Dostoïevski, Jarry surtout. Je  suis toujours sensible à leur vision du monde mais je repousse leur refus du contrôle. Je trouve les images que je  cherche pour exprimer ce que je sens ; c’est ma façon d’alimenter ‘le hasard’. Quand j’ai une tache sur un tableau, si j’y vois quelque chose, je ne l’enlève pas, je m’en sers et je ne cherche pas à savoir pourquoi ».


Les paysages, l’érotisme, la répétition

« Mais pourquoi, je fais comme ça, à la limite ça ne m’intéresse pas beaucoup. Je laisse ça aux autres.  Les paysages par exemple m’ennuient. Ansi les Impressionnistes ne m’émeuvent pas  mais après avoir vu Goya, ses peintures noires et ses majas, je suis sorti bouleversé du Prado, mais pas seulement Goya, Jérôme Bosch, Breughel, Zurbaran. Je reviens de Madrid, quel choc ! Les Expressionnistes allemands me parlent aussi intimement, Otto Dix, George Grosz, Karl Hubbuch, surtout pour leur côté critique sociale. 


Hésitant entre l’écriture et la peinture, je me suis mis, sous l’influence de Hans Belmer (et de Georges Bataille qu’il avait illustré) à dessiner des scènes érotiques sur de grandes feuilles de papier blanc et à l’encre de Chine. C’était un travail plein de risque car la main ne doit pas trembler, aucun  retour en arrière n’étant possible. Très vite aussi, la préoccupation première, l’enjeu pimenté de l’érotisme, s’est effacé devant la technique ; le poil pubien devint une question de quelques traits à aligner. Cela devenait lassant. Ce fut pour moi une façon de comprendre que je ne voulais pas être lié par ce que j’avais déjà fait, ce que je savais faire. La répétition est un piège qui détruit petit à petit la sincérité du message ».

 
La gourmandise

C’est alors que sont apparus sans me prévenir les
«Ogres », images ironiques de la gourmandise, de la voracité, de la volupté. De gros hommes un peu bêtes (bestiaux ?)  qui dévorent de petites femmes, des matrones obèses qui bouffent des pâtisseries dégoulinantes de crème. Puis, comme ce fut souvent le cas avec ma peinture, la rencontre avec un écrivain la fit évoluer. Cette fois ce fut Elias Canetti, un Autrichien, d’origine juive de la diaspora espagnole, qui parlait 15 langues, et son roman Autodafé.  Quelque temps plus tard, ce fut le tour de Bohumil Hrabal ».


Les grosses dames, la jouissance et le petit homme

« Elles ont fait et font encore parfois partie de ma vie ; elles sont au cœur de ma diaspora à moi. A côté d’elles, il y a des petits hommes, comme dans l’histoire racontée par Canetti, celle d’une une grosse dame qui engloutit littéralement son professeur de patron, toujours accompagnée d’un petit homme maquereau enfantin du nom de Fischerle, (petit poisson). Ces personnages débordant de vie, formaient des couples, dansaient, s’agitaient sur la toile. Cette période a été très féconde pour moi. Il y avait un véritable boom sur l’art. Les gens achetaient 3-4 tableaux d’un coup. La libération sexuelle était là , la vie facile aussi. Cela a été une explosion de liberté, juste avant le boom pétrolier de 1991. J’étais jeune. J’étais à Paris. Tout était permis. Tout ceci n’est pas innocent ».


L’inquiétude, le questionnement

« Puis progressivement, sournoisement, des grimaces, des grincements ont commencé à apparaître dans la société. Il y avait trop d’avidité de mauvais aloi. Je le sentais d’autant plus que j’avais une position en retrait. Ma peinture n’est pas une critique, pas davantage une caricature ; je cherche plutôt par l’intermédiaire d’ images à exprimer  ce que j’éprouve tout en me réservant le droit à un humour parfois grinçant.. J’ai commencé à instiller ces vibrations, ces doutes, ces questionnements au travers de mes peintures. Je voyais la société courir de plus en plus vite, la situation devenir difficile, la guerre en Yougoslavie a été une première alerte, une guerre religieuse, ethnique en Europe, là où nous allions en vacances, l’épuration ethniques, les massacres de population, les charniers ; elle annonçait les prémisses de la 3è guerre mondiale. La suite, avec l’Afghanistan,  l’Irak, les attentats un peu partout, m’a fortement ébranlé. Je ne juge pas, je me pose des questions auxquelles je n’ai pas de réponse. Je réagis. Je m’interroge. Quoi, chacune des trois religions monothéistes professe la paix et fait la guerre au nom de Dieu ? Comme au temps des Croisades. Et George Bush, avec ça, ça a été le comble du comble ».


Les hommes en noir

« Ils ont commencé à peupler mes toiles, bien avant l’an 2000. Ils annoncent l’Apocalypse, la chasse à l’homme, l’asservissement de la femme, les Twin Towers. Les villes sont noires, les hommes aussi, des corbeaux noirs volent dans le ciel, des voitures noires bloquent les routes pour partir en week-end quoi qu’il arrive. Que disent ces hommes ? Que veut cette société ? Comment peut-on renouer avec la violence extrême de la guerre, en partant en exode en fin de semaine, chacun dans sa voiture, au sein d’une nature, qui reste verte pour qu’on puisse encore y aller en voiture, avec des gens qui continuent à manger, toujours encore plus, alors que le monde croule autour d’eux ? C’est ainsi qu’aujourd’hui (2009), après bien des détours, des coups de pinceaux à droite, à gauche, des histoires pas toujours claires, des fables sans morale, je suis arrivé aux ‘Pique-Nique à Gaza’, et même un  ‘Pique Nique à Hiroshima’ ».

 
La Bête, la violence urbaine et les décombres

« Dans ma peinture, il n’y a pas de suppression, une image ne chasse pas l’autre, au contraire elle en entraîne une autre, et ainsi de suite, mais certaines deviennent dominantes à un moment et repoussent les autres dans un coin, dans le fond de ma mémoire ou peut être derrière. Début 2008, j’ai exécuté par exemple une série de dix peintures que j’ai appelée ‘Conversations avec la Bête’. 10 toiles pour être sûr de ne pas me répéter sur le thème du principe mâle et femelle, la Bête et l’Ange. C’est un rappel de mes visions érotiques du début,  une évolution et une rupture en même temps. 

De même, les hommes en noir ne m’ont pas quitté. J’ai enchaîné avec les ‘Violences urbaines’, les incendies de voitures, les attentats, les carcasses calcinées de voitures qui s’empilent; les décombres, les ruines sont pour moi actuellement une extraordinaire source d’inspiration pour exprimer mes colères devant l’incohérence du monde. Et tout naturellement les mères éplorées des kamikazes deviennent des mater dolorosa, des piétas. J’ai beaucoup travaillé sur ces thèmes notamment en réalisant des dessins au fusain noir sur des feuilles blanches (format 65x50), répétant de nombreuses fois le même sujet pour trouver le rythme, affermir les liens des corps, donner plus de la force à l’expression de la violence ».           

 

Le choc de la photo face au poids de la peinture,

« Actuellement tout le monde sait tout sur tout. Les images disent tout jusqu’à la saturation et l’indifférence. On voit des gens mourir à l’écran. C’est comme au cinéma. Plus rien n’a d’importance. Je ne suis pas tragique en disant cela. J’énonce un fait. Je suis aussi un homme de mon temps. Comment oser encore faire une peinture figurative, une peinture narrative ? Mes tableaux entrent en concurrence avec les photos. Je sais aussi que jamais je ne pourrai reproduire la vigueur expressive de l’avion se fracassant contre une des Twin Towers avec le cri de cette femme, témoin du drame « Oh my God !» ou de cet enfant palestinien frappé à mort sur nos écrans de télévision par la balle d’un sniper israélien. Quel artiste est de taille à rivaliser ? Il ne reste plus qu’à pulvériser l’image (faire de la peinture dite abstraite, de l’art conceptuel – qu’est-ce que c’est que ça !) ou trouver d’autres images. Pour ma part, je cherche à retourner aux sources des hantises, des interdits, de l’inconscient collectif par l’intermédiaire d’allégories obsessionnelles. Non sans délectation. »   


Le Monde de Michel Hénocq

Sur les toiles de Michel Hénocq, depuis plus de trente cinq ans, défilent dans le désordre, des ogres grotesques, des dames bouffies, des hommes à tête de chien, de porc, de taureau, d’âne, des évêques, des oies, des petits garçons à culottes courtes (l’artiste ?). Les hommes en noir sont toujours là, dénonçant l’incohérence du monde, mais aussi des sorcières se préparant pour le sabbat, des jongleurs, des femmes chargées de lourds fardeaux, des femmes voilées, des femmes ligotées (assujetties, persécutées ?), des rappeurs de banlieue jetant des cocktails Molotov, des mères douloureuses pleurant la mort de leur fils, des soldats harnachés, des familles du dimanche, des arbres ressemblant à des démons, des voitures pareilles à des dragons. Ici c’est une femme qui porte du bois, là des fuyards portant des moulins à café sur leur dos ou des pendules, souvent apparaît le diable (qui est en nous) sous de nombreuses formes (mais n’a-t-il pas de nombreux avatars ?) ; les animaux aussi ont leur importance : bestialité ou masques de carnaval ? C’est avec ces personnages récurrents qu’il raconte ses histoires. Des fables sans morales, a dit de ces peintures un critique. Il y a ici du Jérôme Bosch (en toute modestie, ajoute-t-il, flatté tout de même du parallèle) qui donne à sa peinture une dimension métaphysique.


La couleur, les dimensions

Après une palette chatoyante mélangeant allégrement les couleurs chaudes et les couleurs froides, à partir de l’an 2000 (tournant voulu dans sa peinture), alors que les sujets devenaient moins allégoriques et plus soutenus par un discours que l’on pourrait qualifier d’engagé ( ‘Les hommes en noirs’ , ‘Les violences urbaines’, ‘Osez la guerre’…) , les gammes de couleurs se sont réduites : des harmonies de gris, du noir et rouge, des bruns et des ocres, afin de se tenir plus près du sujet. Parfois les couleurs reprennent de l’intensité (couleurs primaires : rouge, bleu, jaune) pour exprimer l’ardeur des violences dans les banlieues, montrées comme une fête foraine.

 

Les formats sont constants : carrés de 120x120, grands rectangles de 120x89, 100x80. Il aimerait peindre plus grand, mais les toiles ne tiendraient pas dans le coffre de la voiture. Il rêve aussi de grandes fresques ; qu’on lui confie le mur d’une église ou le plafond d’un théâtre. Il peint également de petites œuvres précieuses sur bois qui rappellent ses premières peintures. A côté, il pratique le dessin au fusain ou au crayon noir dont il aime la rigueur et la clarté. Il peint essentiellement à l’huile et n’utilise qu’exceptionnellement l’acrylique pour des œuvres sur papier.  

Les titres

Les titres ont une grande importance. En quelques mots, ils soulignent, intensifient et parfois pervertissent le sens de la peinture. Parfois, ils sont à prendre au premier degré comme ‘La Mère Tourière’ qui serre deux bébés sur son ventre, la série des Barbaries (tirée de l’Apocalypse : ‘Il est tombé du ciel une grande étoile ardente’),  même s’ils relèvent de la provocation comme ‘Osez la guerre’ ( une série de plusieurs toiles). Parfois une sorte de mystère renforce le sens de ce qu’il veut dire, comme un clin d’oeil de sa part à l’intention du spectateur. Ainsi ‘La pierre qui pense n’a pas d’état d’âme’,  La voleuse poursuivie par le vent’. Plus rarement une œuvre fait référence à un événement, ainsi ‘La vierge de Bhopal’ (2000). Qui se souvient aujourd’hui de Bhopal, la plus grande catastrophe chimique de notre courte histoire contemporaine ? Ou bien encore la série réalisée après avoir vu un opéra contemporain dont le sujet était les amours tragiques d’Héloïse et Abélard, sur un texte poétique de Bernard Noël et dont les titres sont tirés du livret.  

Aujourd’hui, demain

« Ma vie, c’est de créer des images qui étonnent, perturbent, interrogent, font rêver, excitent l’imaginaire de celui qui accepte de se livrer à elles. Depuis ces dernières années, je sais très clairement ce que je veux dire et ce que ma toile veut dire. Mes peintures sont des messages que j’envoie à ceux qui prendront le temps de les déchiffrer. Elles sont un peu comme le tigre des dernières œuvres, il faut savoir les apprivoiser. Mes peintures sont tout sauf décoratives, elles ne sont pas faites pour être accrochées sur un mur entre une assiette de faïence de Quimper et une broderie miao rapportée du dernier voyage en Chine. Non ! Elle réclame l’attention. Il faut les regarder, les regarder, les regarder encore afin qu’elle vous livre ses secrets. Et là vous en aurez pour longtemps ! J’ai tellement de choses à dire. Et ce n’est pas fini ! »  

Pour suivre le chemin

. Michel Hénocq a un site sur lequel le peintre exprime ses colères, avec des commentaires percutants :

www.michel-henocq.fr/ -

 

. Voir aussi certaines expositions récentes, la première à Chatillon et la seconde dans l’Ouest à Saffré

www.ville-chatillon.fr/.../archive_henocq.htm

www.hang-art.fr/...04/Fiche_Henocq.html


. Ce second billet consacré à Michel Hénocq est une oeuvre mixte, comme on le dit en peinture. J'ai conçu un texte à partir de mes 10 pages de notes saisies au cours de l'entretien, puis  Michel  Hénocq a retravaillé le texte en l'enrichissant et je le publie en tant que texte commun.   

 

 

Voir les commentaires

Le bestiaire du vin > L'âne > 1

7 Juillet 2009, 09:43am

Publié par Elisabeth Poulain

Traduction

C’est le Ier billet d’une série qui s’intitule le bestiaire du vin et l’âne est celui qui débute la série. Pas parce son nom débute par un ‘a’ mais parce que cela fait cinq mois maintenant que je pense à lui. Moi qui pense être une rapide, je m’étonne parfois de prendre tant de temps. Pour paraphraser le baron de Coubertin, je dirais, au lieu de ‘l’important c’est de participer’, l’important c’est de le faire.

 

Saint-Martin versus Dyonisos

Pourquoi commencer par l'âne. Pas parce tout le monde va penser à l’âne  de Saint-Martin (317-397) bien sûr qui fonda l‘abbaye de Marmoutiers près de Tours, qui, si bête - l’âne - qu’il était, apprit à un grand homme intelligent dont on parle encore six siècles après, à tailler la vigne. A dire vrai, il aurait fallu que j’écrive ‘à brouter la vigne’. Mais on peut être un grand homme, un saint par surcroît, et avoir des quenottes pas terribles, celles d’un homme tout simplement. Imaginez vous essayer de manger des chardons comme si c’était un pur délice ; en fait on pourrait penser à un supplice pour être plus près de Dieu. Non, il faut arrêter le délire. D’autant plus que cette histoire est d’après les chercheurs attribuée à Dyonisos, bien avant Saint Martin qui n’en demeure pas moins le saint-patron des ânes en France.

 

Enfin l’âne vint

L’âne, alors ? Oui Madame, oui Monsieur. Un animal dont on se moque fort, comme s’il fallait dans une société des attire-bêtises ou attire-méchancetés, comme il  y a des paratonnerres pour se protéger contre la foudre. Un drôle d’animal qui focalise sur lui une grande part de ce que l’homme redoute, la traîtrise, le mauvais caractère, l’ignorance, le sexe bestial... Par ironie du sort, l’ânesse est symbole de paix et douceur -son lait est très apprécié-, mais l’âne pas du tout. Ou du moins d’une façon curieuse. C’est l’histoire que raconte Jean-Jacques Smith de Quincy. 

 

Puis la cornemuse

Avec sa femme, Maryline  Smith, ces vignerons et propriétaires du Domaine de Villalin, ont ainsi choisi de représenter leurs vins haut de gamme de Quincy avec une étiquette créée à partir d’un bois sculpté anglais du XVIIIé siècle. Le cavalier est un joueur de cornemuse monté à rebours sur l’âne. Selon ce vigneron que j’ai rencontré au Salon des Vins de Loire 2009 sur son stand, cette coutume était en usage au Moyen-Age, lors du carnaval. Des défilés d’ânes étaient organisés avec des hommes qui avaient 'fauté', en les faisant chevaucher un âne assis vers l'arrière, l'homme, pas l'âne.  C’est ce qu’on appelle la chevauchée de rebours.

 

Le carnaval

Puis le sens changea, on en profita aussi pour moquer des hommes qui avaient trompé leur femme, en signe de dérision. Le carnaval s’accompagnait par des libations qui associait l’âne au vin et à la musique comme dans toute fête. Le dessin du joueur de cornemuse montre le lien avec la musique. Ce dessin qui figure sur l’étiquette est issu d’un bois gravé ‘anglais’, sans plus de précisions sur l’origine exacte. Ce choix célébrant le lien entre le vin de Quincy, l’âne et la musique s’est imposé de lui-même  pour Maryline et Jean-Jacques Smith, les vignerons-propriétaires du Domaine de Villalin à Quincy

 

Le Grand Noir du Berry

L’âne était déjà lié à la vigne. Lors des fêtes villageoises, le vin coulait à flot et les ânes, dit-on, n’étaient pas les derniers à dédaigner le vin. Il l’est dés lors associé au vin. Pour en revenir aux vins de Quincy, pour Maryline et Jean-Jacques Smith, l'âne qui compte est bien évidemment un Grand Noir du Berry, pour découvrir le vignoble de Quincy avant de revenir au gîte attenant au domaine. C’est alors le moment de goûter les vins blancs de Quincy servis à 10-12° en apéritif ou au repas, avec des poissons, crustacés, fruits de mer, viandes blanches  et évidemment les fromages de chèvre.

 

Les Quincy de Villalin

« Le terroir argilo-siliceux, comme le déclare Jean-Jacques, donne au Sauvignon cet arôme très particulier et bien reconnaissable. Nous travaillons en vendanges manuelles et en vinification traditionnelle en utilisant uniquement des levures indigènes ». Les vignerons proposent deux cuvées en Sauvignon, « l’une est un assemblage de parcelles en rive gauche du Cher sur un sol argilo-sableux et l’autre vient de la rive droite du Cher. C’est un ‘Silex’ en raison de sa minéralité accentuée en provenance du sol de graviers et de silex grossiers ». 

 

Pour suivre le chemin des vins Quincy de Villalin et du Grand Noir du Berry

. Sur l’âne, lire « L’esprit de l’âne, Symboles, Mythes et Traditions » de René Volot, (Cheminements éditeur), qui vous montre la très riche histoire de l’âne qui, comme toujours avec les mythes peut s’interpréter de multiples façons. N’en montrer que la caricature serait dommage.

. Quant à la faute de la coutume, elle pouvait consister pour les hommes à laisser leur femme porter le pantalon ou à tromper leur femme. En effet, une gravissime faute en effet en société paysanne qui voyait ces actes comme une menace contre la solidité du village. Cette coutume valait aussi bien dans l’Antiquité qu’au cours des siècles passés en Europe, pour de nombreux motifs. En France, on la retrouve à Nevers sous Henri IV contre un collecteur d’impôts inefficace, à Lyon à l’époque de la Convention contre deux pilleurs de lieux de culte, en Savoie, en Poitou… Plus tard, ce procédé servit aussi aux mères maquerelles et à leurs pensionnaires…(Voir l’ouvrage cité précédemment)

. Outre la Grande-Bretagne ou l’Ecosse, la coutume était aussi en usage en Turquie, où l’âne est associé à Nasreddine Hodja (né en 1208…) très célèbre encore actuellement. Sa silhouette est reprise en dessin ou en statuette en hommage à la culture populaire turque faite de moquerie et de bon sens. Quand on demandait à Nasreddine pourquoi il se tenait à califourchon à rebours sur son âne, qui était son faire-valoir, Hodja répondait que ce n’était pas lui qui s’était trompé mais bien « l’âne qui va à l’envers ». (Source : id).   

 

. Admirez le grand noir sur http://aneduberry.chez-alice.fr/

. Saint-Martin, patron des ânes, voir http://home.nordnet.fr/~mfroideval/martin02.htm

 

. Domaine de Villalin, le Grand Villalin, 18120 Quincy, 02 48 51 34 98, v.quincy@wanadoo.fr, www.domaine-de-villalin.com. Sur les 8 hectares du domaine, 7 sont affectés au Sauvignon et le dernier au Pinot noir.

. Le vignoble de Quincy (220 ha) est situé dans la vallée du Cher. Il est appellation depuis 1936. On y cultivait déjà le vin en 1120 (bulle de Callixte II). le cépage sauvignon provient de l'Abbaye des femmes de Beauvoir et ce sont les moines de l'ORdre de Citeaux qui l'ont apporté, selon "Vins du Val de Loire", la brochure d'InterLoire.  
. Il est possible de louer un gîte sur place et de découvrir le vignoble avec un Grand Noir du Berry. Of course, cornemuse et origine écossaise (ou anglaise ?) obligent

Voir les commentaires

Regard d'un homme vrai, Steinlen, peintre de la vie, la rue, la guerre

3 Juillet 2009, 16:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un homme engagé

Théophile Alexandre Steinlen, dit Steinlen, a été un peintre pleinement engagé dans son époque (1859-1923). Né à Lausanne, il est venu à 23 ans à Paris, alors considérée comme une

 

 

des capitales de l’art. Il s’installe à Montmartre où il a vite fait d’abandonner sa vision bourgeoise de la vie en société et du monde de l’art. Né dans une famille originaire d’Allemagne, il comptait un grand-père enseignant en dessin à Vevey et un oncle qui fut l’élève de Charles Gleyre.

 

Sa vie d’artiste, au service de ses idées humanistes et politiques

D’abord étudiant en théologie pendant 2 ans à la Faculté de Lausanne, il choisit en 1879 le chemin de l’art, d’une façon déjà iconoclaste. Pour entrer en art, qui va former son engagement de vie, il se forme au dessin d’ornement industriel à Mulhouse, dans l’Alsace allemande, un haut lieu de l’industrie lourde.  2 ans plus tard, cette fois-ci marié, il rejoint à Montmartre la bande du Chat noir, le célèbre cabaret dirigé par Rodolphe Salis.

 

A Montmartre

C’est pour promouvoir ‘La Tournée du Chat noir’, que Steinlen réalise la plus célèbre de ses affiches, une lithographie en deux couleurs, rouge et noire, éditée en 1896 sur papier brun. Affichiste, un métier très contemporain, à la rencontre entre création d’art, publicité et promotion commerciale, sera une des facettes d’un homme qui toute sa vie dira ce qu’il pense, de la satire politique, la critique sociale, d’un monde dur aux miséreux, comme le dit une chanson d’ Edith Piaf. A Montmartre, il travailla en particulier avec Toulouse-Lautrec.

 

 

Le graphisme, le dessin, le pastel  

Il fut aussi illustrateur du Mirliton, la revue d’Aristide Bruant qui reprit et modifia le nom du Chat noir. Il réalisa une centaine de dessins. Pour le Gil Blas Illustré, il fit plus de 700 dessins pour illustrer des textes d’écrivains. Toujours en alerte, il a dans sa poche un carnet sur lequel il prend quelques notes, sa mémoire visuel faisant le reste. De retour chez lui, il crée des croquis de rue. Par exemple il fait paraître en 1901 ‘Cent dessins en couleurs’, encre de chine et crayons de couleur, un véritable travail d’ethnographe, selon le critique Alcide Bonneau, ainsi qu' un chercheur plein de tendresse pour ces travailleurs, avec toujours un regard un peu décalé, un grand sens de la composition et du mouvement.

 

La vie, la rue, les chats, les chiens

Il sait aussi intuitivement trouver des titres qui sont des trouvailles. Le  recueil de croquis s’appelle par exemple ‘Dans la vie’, par une ellipse où ce qu’il voit dans la rue est ce qu’il perçoit de la vie. En 1901, c’était un choix politique fort. Tout lui fait dessin, comme on dit ‘tout lui fait ventre’. Il dessine des livres pour enfants, se voit en chat ronronnant enveloppé en lui-même. Son monogramme s’inspire d’un graphisme de chat, mâtiné d’influence orientale. Comme un

 

 

 

certain nombre d'artistes, il est fasciné par le chat, qui regarde, guette et griffe. Mais c’est surtout le chien qui, dans la rue, représente le petit peuple qui discute après le turbin, avant de revenir à la maison. Dans ‘Les Quatre Pattes’, ce sont eux les véritables héros. Ils sont neuf dans le froid de la nuit à montrer la solitude de la nuit l’hiver. 

 

« Il faut agir. Le monde ne va pas ainsi qu’il devrait aller… »  

Alors  Steinlen va à l’important. Il collabore avec ‘Le Chambard socialiste’ un hebdo socialo-anarchiste. Il s’engage politiquement et sur le plan artistique. Sa première exposition personnelle (1894) comprend plus de 300 œuvres à la Galerie de la Bodinière à Paris.  La citation de Steinlen  date de 1898, l’année du « J’accuse de Zola » en première page de l’Aurore (300 000 exemplaires vendus).

 

La France, la Suède et Picasso

Il obtient la nationalité française en 1901 et fait cette année-là, son seul grand voyage à l’étranger. Quant à Picasso, c’est lui qui vient à sa rencontre lors de sa première venue à Paris. Les choses s’accélèrent. Le monde de l’art explose ; chaque année voit un nouveau chef d’œuvre, de nouvelles tendances, de nouveaux noms surgir : Les demoiselles d’Avignon 1907, Le Cubisme1908, Ière aquarelle abstraite Kandinky 1910, Malevitch 1913 avec le Carré noir sur fond blanc, Roue de bicyclette, un ready-made de Marcel Duchamp … 

 

1914, c’est la guerre

    

 

Steinlen affiche ouvertement sa haine de la guerre. Son profond pacifisme se traduit en centaine de dessins montrant la réalité de ce charnier qui fit dix millions de morts et causa des souffrances sans nom dans la population civile. En 1916, comme le peintre est trop âgé pour s’engager, il part au front et va voir la troupe épuisée, la réalité de mort, de faim, de froid dans les tranchées. Montrer pour dénoncer ce massacre. Il fit des milliers de dessins qui parurent dans la presse.   

 

1923

Steinlen meurt  d’une crise cardiaque.

 

Pour suivre le chemin

. J’ai eu la chance de découvrir, par hasard, l’exposition « Steinlen, l’oeil de la rue », au Musée d’Ixelles (Bruxelles). Cette très importante exposition qui montre des pièces rares, a été organisée conjointement avec le Musée cantonal de Lausanne (Suisse) et l’Atelier et les archives Steinlen. Une découverte majeure pour moi. 

. Voir
- Infos Ixelles n° 78, 01/05 > 31/05/09,  

- la plaquette de l’Expo n° 4 d’où sont extraites les principales informations,

- aussi Wikipedia, qui citent d’autres sources
- et surtout lisez l'Assiette au Beurre du 14.07.1901 dont tous les dessins ont été réalisés par l'artiste sur
http://www.assietteaubeurre.org/14juill/14juill_f1.htm
      

               

Voir les commentaires

Pub Mascotte, papier cigarette pour tabac à rouler

2 Juillet 2009, 15:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Mieux vaut vous le dire tout de suite. Nous ne sommes pas en France mais aux Pays Bas qui possède avec la France un certain nombre de différences culturelles, parmi lesquels il y a la question du tabac à fumer...

Trois cartes  de pub
Ce sont trois cartes postales doubles éditées par Free Boomerang Cards à l’intention des jeunes. Doubles, parce qu’on peut les séparer et avoir d’un côté la vraie carte postale sans texte publicitaire au verso et  une autre carte jointe en pointillé qui elle contient des informations commerciales permettant d’acheter des T’Shirts avec un texte personnalisé. Difficile de vous dire vraiment ce qui est marqué, tout est évidemment en néerlandais : 
-        le Ier est très sibyllin (pour moi): lorsque nous allons au rôle ( ??) ( = je plane),
-        le 2è :  je continue de rester avec vous (= la langue de la nana),
-        le 3è : je brûle de désir (= je crache le feu).

La marque Mascotte

Il y a deux produits Mascotte : l’un est du papier ‘Spécial’ en étiquette beige et l’autre est du ‘Gommé’ en étiquette beige. Les trois cartes visent Mascotte Spécial dont on voit que le packaging est en français. Sur la tranche, il est indiqué 50 feuilles papier à cigarettes.  Impossible de vous dire où est localisée la société, avec ces indications en français. On trouve des Mascottes par paquet de 10 ou de 25 à acheter sur le Net ; mais en aucun cas, la vente de ces accessoires liés au tabac à rouler n’est assortie de ces publicités en faveur d’objets promotionnels (T’Shirt).

Le contexte
Il faut savoir que la Commission européenne vient de prendre une décision engageant tous les Etats membres à adopter des dispositions législatives pour réglementer et/ou renforcer la protection contra l’exposition à la fumée du tabac de leurs concitoyens d’ici 2012. Trois pistes sont indiquées : adopter de telles lois si elles n’existent pas, les renforcer pour protéger les enfants par exemple, accroitre la coopération communautaire.

Le style de com
Il est très réussi, pour ce qui est, quoi qu’on en dise, directement de la pub pour le tabac et l’incitation à fumer, avec des circonstances aggravantes pour un esprit français très formaté réglementation.

A chaque fois, il y a

-        un thème : le jeune homme qui vole pour rouler le tabac dans le papier, la langue féminine qui lèche le papier pour fermer la cigarette, le rasta qui souffle le feu puissant de son énergie pour embraser le tabac déjà roulé dans le papier,

-        la prééminence de l’image sur l’écrit, avec une image choc, décalée, qui se comprend tout de suite,

-        avec à chaque fois une promesse ‘consommateur’ forte : planer et rouler, lécher et rouler, embraser et rouler,    

-        une chronologie : avec un avant –mettre le tabac et rouler le tabac dans le papier-, un léchage de papier pour fermer la cigarettes et l’embrasement,

-        des héros :  différenciés typés jeunes et plutôt masculins, la nana étant surtout là pour associer sa langue démesurée à l’acte de fumer,

-        un lien entre pub pour du papier à rouler et promo pour des T’Shirts avec à chaque fois une impression au choix de l’acheteur. Ici sont indiqués trois exemples (traduction Google) :

-        Aan de rol ? (= Le rôle?)  Plak me dan (= Sticky moi ---) Colle moi?) et Ik brand van ( J’ai ensuite ?)
- la couleur bleutée du fond en signe de pureté.


Et tout çà, for a life without tobacco, le slogan adopté par la Commission européenne, pour lutter contre le tabagisme.
 


Pour suivre le chemin

. Proposition de recommandation du Conseil relative aux environnements sans tabac:   

        http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/Tobacco/smoke_free_en.htm
. Présentation des actions de la Commission en matière de lutte contre le tabac:  

      http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/Tobacco/tobacco_fr.htm

. Flash Eurobaromètre sur le tabac (n° 253): http://ec.europa.eu/health/ph_publication/eurobarometers_en.htm

. Convention-cadre pour la lutte antitabac: http://www.who.int/fctc/fr/index.html 

 . Photos EP , la 4è carte de com 'Ne jouons pas à cache-cache avec le cancer,' une initiative de 1999 du Parlement européen, est une réussite graphique.

abac, suivant en cela la première convention-cadre mondail de l’OMS ratifiée par 164 Etats-membres, dont l’UE et 26 de ses Etats-membres. 

Le décalage entre texte et terrain
C'est la largeur du différentiel qui m'interpelle! Quant à la réglementation, à quand l'interdiction totale de fumer en partant de la logique de l'unité de l'air? Tous les apparts ne sont pas équipés d'appareils de neutralisation de l'air.      

Voir les commentaires

WBW25 > Les Habits des Vins de Tradition > L'or en sublimation

1 Juillet 2009, 15:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

La fascination de l’or, partout, tout le temps, toujours, encore plus

Ce métal est le signe du soleil et de la lumière. Il est vivant et marque la fécondité, le rayonnement et la richesse au moins autant au plan matériel que spirituel. Apollon est Dieu-Soleil, tout autant que Jésus Christ dont la chevelure rayonnante est cerclée d’or. L’or est partout, dans le mythe de la Toison d’or d’un bélier ailé ou dans l’ordre du même nom de la Maison de Bourgogne, le Camp du Drap d’Or de François Ier, l’Age d’or, les Noces d’or, les bijoux, les meubles, les vêtements féminins depuis plusieurs saisons, le fard à paupière, le parfum, les papiers couvrant les tablettes de chocolat… Le vin n’a pas résisté à cette orisation globale de notre société. L’évolution technologique a aussi facilité la diffusion de l’or avec la maîtrise de la technique de l’or à chaud sur les étiquettes autocollantes. La fascination de l’or peut se mesurer d’une façon très pratique sur les étiquettes. Du trait d’or en encadré, à la lettre d’or qui double souvent la lettre de couleur pour lui donner du relief, on passe à l’usage de plusieurs mots or puis au fond de l’étiquette avec parfois des lettres or par-dessus. La saturation qui guette est une preuve qu’on est peut être arrivé au bout d’un cycle et que des ruptures vont survenir. Mais ce n’est pas sûr, si grande est notre adoration de l’or. Il y aura naturellement toujours d’autres façons de magnifier l’or, comme nous le prouvent les artistes et les designers.

 

Les multiples possibilités de submimation de l'or  

. Encadrer l’ extérieur et/ou intérieur de l’étiquette pour un :

- Cheverny du Domaine des Huards de Michel Gendrier, avec un encadré extérieur et un à l’intérieur pour souligner le château. Le trait s’interrompt pour souligner le millésime.

 

. Mettre en valeur un signe graphique ou éclairer un élément de l’étiquette :

- la couronne au-dessus du V du Valençay, Cave des Vignerons réunis de Valençay, en plein centre de l’étiquette,

- le nom du vigneron, Rémi Cosson pour un Touraine Noble Joué,

 

551. Les Côtières, un Jasnières de Christine de Mianville.

 

. Marquer l’appellation, le nom du domaine, le nom de la cuvée, l’emblème du vigneron… :

- Bourgueil du Domaine des Ouches, Paul Gambier, Ingrandes de Touraine,

- Chant’Grives répété deux fois pour un Coteaux du Vendomois des Vignerons du Vendomois,

 

552. Domaine des Aubuisières, BF, un Vouvray Cuvée Silex, de Bernard Fouquet ;

 

. Diminuer l’impact visuel d’ une mention réglementaire:

- J.M. Pichet et T. Pichet du Domaine du Petit Bondieu, Restigné, Bourgueil, utilisent l’or avec beaucoup de finesse pour leurs vins de Bourgueil. La mention Appellation Bourgeuil contrôlée est écrite en lettres anglaises or sous Bourgueil écrit en grand. La cuvée Le Vendôme est encadrée avec un léger filet or à l’intérieur d’un autre en noir et l’or  réapparaît pour la mise en bouteille au domaine ainsi que pour la mention « Product of France » en bas ;

 

. Ecrire toutes les mentions d’un vin :                                             

- Coteaux du Layon, Valentin Fleur, Domaine des Hardières sur fond ivoire avec un effet marbré très léger, avec une exception le médaillon dans lequel seul le visage de Valentin est en noir et blanc ;

 

. Encadrer une étiquette de façon à suggérer l’arrondi de l’opulence pour un :
553. Sancerre, La Bourgeoise, d’Henri Bourgeois; La Demoiselle en Pouilly-Fumé est plus retenue, le cadre est plus modeste ;

 

. Dominer l’espace pour le :

554. Muscadet Sèvre et Maine sur lie, d’A. Michel Brégeon avec des mentions en noir,


- Vouvray pétillant, demi-sec, Cave des Producteurs de Vouvray,

 

. Jouer la carte du tout or avec un contraste or sur or pour :

- Le Diable Boîteux, méthode traditionnelle, de la Cave des Vignerons réunis en étiquette ovale, pour faire référence à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, propriétaire du Château de Valençay.

 

La symbolique de l’or

L’or, métal solaire, est attaché au jour. Il est du genre mâle et actif comme le feu. Sa couleur correspond à son symbole. Il est des ors jaunes, froids et légers, tirant vers l’argent ou au contraire vers la chaleur du rouge cuivré. Il y aussi des ors brillants ou des ors mats. L’or jaune classique est le plus usité, parce qu’il est le plus cohérent au niveau du symbole. L’or jaune clair l’est beaucoup moins ; il est un peu troublant comme s’il hésitait sur sa nature

entre l’or et l’argent, entre le jour et la nuit. De ce fait, il offre de la délicatesse et donne du mystère à l’étiquette :

- Pour le « Gorgeois » un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, André-Michel Brégeon et les vignerons signataires de cette démarche à Gorges, c’est un or léger qui a été retenu pour témoigner de la pureté du vin dans une recherche terroir approfondie commune au groupe.

 

L’or cuivré
Il évoque la chaleur du soleil avec un effet très contemporain :

- pour Chant’Grives en Coteaux du Vendômois des Vignerons du Vendômois, le nom de la cuvée en or cuivré est marqué de forte façon sur un bandeau verticale et rappelé en horizontal en petit,

- Valérie Mordelet et Jean Daniel Kloecké ont inscrit leur nom de domaine Les Loges de la Folie en or cuivré avec des bulles qui s’échappent de leur Montlouis brut.


L’attirance ambiguë pour l’argent

Le métal argent a une toute autre symbolique. En France, le même mot désigne à la fois l’argent (money) et le métal (silver). Malgré cette puissance au carrée de l’argent, on n’y pense pas spontanément pour donner un effet lumière, comme si le soleil et la lumière ne pouvaient être blancs. L’argent appartient en effet au cycle de la Lune, qui est un signe froid, passif et féminin dans la symbolique du moyen-âge. Sa couleur est le blanc, son signe celui de la pureté et de la purification. Pour lui, l’or est beaucoup trop chaud et charnel.

 

- Pour tous ses vins de la Ferme de la Sansonnière à Thouarcé et en particulier pour son Bonnezeau Coteau du Houet, Mark Angeli souligne son emblème, une licorne, d’un trait d’argent à chaud ainsi que l’écu de couleur violette dans lequel elle figure tournée vers la droite en signe d’ouverture.

 

- Jacky Blot du Domaine de La Taille aux Loups a été un des précurseurs de l’argent pour ses cuvées de Montlouis (vin blanc). Il l’utilise depuis 1993 au moins pour souligner son logo en double TL, en lettres argent et ombre grise et mettre en valeur l’appellation. Il a choisi l’or pour son Bourgueil (Cabernet Franc), un vin rouge puissant.

 

- L’argent est aussi le choix du Montlouis Séduction, Méthode traditionnelle de la Cave des Producteurs de Montlouis, pour refléter la légèreté de ce vin blanc sur un fond légèrement bleuté.

 

555. Le Quincy du Domaine du Tremblay, vinifié par Jean Tatin, offre une recherche et une grande finesse chromatique sur un fond jaune pâle. Le décor mis en scène est une création des Porcelaines Philippe Deshoulières, propriétaire de la parcelle.

 

556. Langlois de Langlois-Château a sauté le pas de l’argent mat en fond d’étiquette pour une gamme qui comprend un Crémant de Loire brut rosé, en conservant la signature légère or et un fin doublage des lettres composant Langlois.

 

 












- Par contre Pierre-Jacques Druet a choisi l’argent à chaud pour la bordure de son Bourgueil Vaumoreau. Le Rabelais qui figure dans le cadre arrondi devait faire ses libations de nuit !

 

- Pour Les Vingt Poinçons de Blois, du Clos de La Briderie, un Touraine Mesland en assemblage de Cabernet Franc, Gamay et Côt, Vincent Girault utilise l’argent pour les trois mentions sur fond noir mat, le nom du Clos, le millésime et le nom de la cuvée.

 

Poursuivre le chemin

Transition du Signe du Temps (Chapitre 5) vers le Signe de la Couleur ( Chapitre 6)

Le Signe du Temps clôt le cycle classique des vins de 'Tradition', qui s’inscrit dans la pierre des châteaux pour valoriser le vin d’appellation et identifier le domaine. Il s’est poursuivi avec le papier. Il s’achève en montrant sa dimension spirituelle grâce au Signe du Temps. Comme le temps qui jamais ne s’arrête, le Signe qui porte son nom est tout autant la résultante du passé, comme nous venons de le voir, une empreinte forte de ce qui est notre actualité et la porte ouverte sur demain.

Il est donc naturel que le Signe du Temps soit également un chaînon important dans l’annonce de l’ouverture d’un nouveau cycle, le
CYCLE contemporain des Vins ouverts sur le partage d’ Emotion, constitué par les Signes de la Couleur (Chapitre 6), du Trait (Chapitre 7) et du Je-u (Chapitre 8).

 

Le prochain billet ouvrira le nouveau CYCLE des Vins d’Emotion, en commençant par le Ier des trois chapitres, celui qui est consacré à l’explosion de la couleur.

Voir les commentaires