Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

La pollution de la Loire = un phénomène globallisime = la glopollution

4 Juin 2009, 15:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

J’entends déjà certains me dire que j’aurais pu me satisfaire de global, qui par définition englobe le tout. Mais il m’aurait manqué l’idée que cette globalité est aussi au moins importante que la pollution elle-même. C’est la raison pour laquelle je parle de glopollution, un terme que je viens d’inventer. Quand je dis que la Loire est un bel exemple de pollution globalisime,  c’est vrai à plusieurs degrés. La Loire est belle, c’est vrai, sa pollution aussi ou plutôt sa dimension de modèle reproductible dans le domaine des pollutions aussi. En Loire, chacun sait que la pollution existe, on la voit parfois, on la sent de temps en temps. On l’oublie souvent. Et surtout on n’aime pas trop en parler comme si, cela faisait mauvais genre ou comme si ce n’était pas sympa pour la Loire elle-même, ses habitants ou la Région. On l’occulte toujours quand on pense vacances, culture et sandre au beurre blanc. Curieux phénomène mental d’invisibilité à volonté.  

La diffusion d’un fait isolé de pollution

De temps en temps aussi se produisent des faits qui parfois donnent lieu à des informations qui se diffusent via la presse et qui, pour certaines d’entre elles, vont être repris en boucle par les différents médias. Mais pas tous les faits, ni toutes les infos, seulement certains et certaines et le plus souvent toujours les mêmes.  

Le cas Total

Prenez l’exemple de la pollution de l’estuaire de la Loire et des deux rives, la droite surtout et la gauche un peu, à la hauteur de la raffinerie de Donges, appartenant à Total, à la suite d’une fausse manœuvre lors d’une opération de nettoyage. Le fait est non-contestable, l’information  a été très rapide et la fréquence de la diffusion de l’information absolument incroyable. Toute la France et plus savait que l’eau de l’estuaire de la Loire était polluée.

 

L’information était renforcée par la présence de photos de la raffinerie. Les photos doublent ou plus encore la force de cette info, comme si la nappe de fioul était quasiment aussi grande que la superficie de la raffinerie multipliée par la hauteur de toutes ses tours cumulées. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu des photos de cette échappée involontaire de fioul. Et là déjà, on peut se poser des questions sur le traitement de l’information. A un moment où tout un chacun a un appareil numérique et peut diffuser des photos, où il existe des photographes professionnels qui peuvent louer dans l’heure des avions légers pour prendre des clichés, cela étonne vraiment. Par contre, la boucle entre la Loire, son estuaire, l’eau, le fioul, Donges, Total d’un côté et la pollution de l’autre était faite.          

 

La pollution de l’eau

Remarquons aussi que seule l’eau a été visée par l’information diffusée. La terre des rives et les fameuses* vasières qui sont des viviers qui recèlent des trésors pour la bio-diversité n’ont pas été englobées par le dire sur cette pollution, comme si poser l’équation «  fioul + eau =  pollution » était acceptable, mais pas celle qui toucherait la terre des rives. Ca, on n’en parle pas. C’est vraiment curieux.

 

La pollution de la terre

Et pourtant, faites donc l’essai sur une mini-surface de terre et voyez combien de temps il va falloir à la terre pour se régénérer. Je peux vous donner la réponse : si longtemps, que la seule solution utilisée actuellement par les experts de la dépollution pour nettoyer des sites industriels pollués pendant des décades est d’enlever cette terre contaminée et de la brûler. (Une question : que fait-on des cendres ?  J’espère seulement qu’on n’en fait pas un substratum pour l’édification des routes). Donc on enlève la couche polluée et on la remplace par de la bonne terre fraîche qu’on pollue à nouveau. Well, c’est tellement énorme que cela en devient ubuesque.

 

Maintenant replacez cet exemple au niveau d’un pays ou de la partie la plus dense d’un pays. C’est le cas du Delta aux Pays Bas, qui fait partie avec le Japon des deux pays au monde qui connaissent le ratio nombre d’habitants/kilomètre carré les plus forts. La terre y est si pourrie par les activités humaines (logements + industries polluantes + circulation + rejets de toutes sortes) qu’il faut l’enlever et y poser à la place de la terre (propre). 

 

La vision de l’eau

Revenons à nos moutons et retrouvons la Loire. Ce grand fleuve charrie de l’eau, tout le monde le sait. Il constitue aussi le plus grand bassin versant de la France (1/5). Pour sa chance, il ne traverse pas les régions les plus économiquement actives du pays. Voyez la finesse avec laquelle ces choses là sont dites. En tant que fleuve, il draine non seulement l’eau de pluie mais toutes les eaux fluviales et les eaux souterraines. Tout ce qui se déverse dans le fleuve y provoque une réaction. Il est aussi le réceptacle de tout ce qui est répandu sur la terre quelque qu’en soit l’origine, naturelle ou humaine, bonne ou nuisible. Il recueille aussi directement et indirectement tout ce qui est envoyé dans l’air.

 

Or le lit d’un fleuve n’est pas un simple tuyau étanche dans lequel coule de l’eau qui se retrouverait plus propre à la sortie qu’elle n’était à l’entrée ou en un point quelconque de son parcours. On garde en tête une idée de l’eau qui nettoie toute la saleté. Un peu d’eau et la saleté s’en va. Et puis l’eau, ça bouge, ça ne reste pas. Elle est là et part vers la mer, le grand nettoyeur s’il en est. L’eau d’un fleuve fait corps avec son socle, ses rives et son environnement proche et plus lointain. Toute action ou omission sur – dans - autour du fleuve, directement ou indirectement, dans l’eau - la terre - l’air se répercute sur - dans - par le fleuve. Tout agit et réagit en se cumulant en synergie positive parfois, négative au de-là d’une certaine dose, même quand cela n’est pas toxique au départ. 

 

C’est dire  que l’estuaire de la Loire recueille non seulement l’eau de ses affluents mais aussi toutes les pollutions qui s’y regroupent, qu’elles proviennent des rejets des industries, des autres activités économiques, de la circulation, de la navigation, des habitations…   

 

Les informations sur les pollutions en provenance de l’estuaire de la Loire

Il y a donc celle directe de l’eau par du fuel dans le cas cité, à laquelle il faut ajouter celles de l’air et celles de la terre. La question de savoir s’il y a pollution ou non dépend évidemment de l’information donnée. Quand il n’y en a aucune, trois  explications viennent  à l’idée : soit il n’y en a pas, soit il y en a, soit c’est autre chose. Penser que l’absence d’information vaut non-pollution ou absolution pour pollution ne paraît pas possible.   Listons donc quelques connexions :

 

. pour l’eau de la Loire:

-    Total cité mais non cité pour la terre des rives,

-        aucun rejet cité en provenance de Loire Atlantique, ni pour les villes – Nantes  est la 6è ville de France forte de 300 000 habitants -, ni pour les entreprises industrielles, ni les activités économiques,

-        rien à signaler pour EDF qui utilise l’eau de la Loire pour fabriquer de l’électricité,

-        aucun rejet signalé pour les gros navires qui remontent la Loire pour accoster à Cordemais (EDF) ou à Nantes (Port de Nantes),

-        rien pour les rejets d’eau usée,  

-        rien pour les affluents directs, ni pour les marais qui subissent de fortes pressions immobilières en proximité …  

 

. pour l’air en relation avec l’eau,

-        curieusement personne n’en a parlé alors que l’info était disponible sur le site de la

      DRIRE (émission d’un nuage de dioxyde de soufre au port de Saint- Nazaire  en novembre 2008),

-        rien sur les fumées résultant du brûlage du charbon par EDF pour créer de l’électricité (le charbon est utilisé pour 50%, le reste vient du nucléaire qui rejette de l’eau chaude en Loire),

-        rien pour les autres activités industrielles et économiques (7 sites Seveso en Loire Atlantique) 

-        rien de cité au titre des villes,

-        rien au titre de la circulation et des transports automobiles, forts entre Nantes et Saint-Nazaire La Baule

 

. pour la terre en relation avec l’eau

-        C’est le vide abyssal, comme si tous les intrants agricoles n’existaient pas dans l’estuaire ou comme si la terre n’était pas polluée par les activités humaines, à commencer  par la pollution de la terre par l’air, le CO2 des voitures, camions…

-        On ne mentionne pas non plus le dragage incessant de la Loire, qui est une action

      mécanique extrêmement violente et doublement perturbante.  Les vases qui sont

      extraites sont essentiellement constituées d’argile qui a la capacité à stocker des

      particules physico-chimiques issues en particulier des différentes pollutions. Le 

      dragage incessant provoque le phénomène du bouchon vaseux qui opacifie l’eau,

      freine la diffusion de la lumière dans l’eau et stocke en les concentrant les pollutions.

 

Question : à votre avis que fait-on des résidus du dragage. Qui en veut ? = Personne

Donc pour s’en débarrasser, la solution trouvée par les fameux experts est de reverser ces vases gênantes au large en mer à quelques kilomètres de l’entrée de l’estuaire.  Well, ne faut-il pas alors poser une autre question : sous l’effet du mouvement incessant de l’eau et des interactions entre la mer et le fleuve, n’est-on pas en train de polluer à son tour notre pauvre mer, en la considérant toujours et encore comme une poubelle.  En attendant cette vase pas très propre ne doit pas faire du bien aux fonds marins et peut être revenir dans l’embouchure. Qui sait ? 

 

Glopollution, oh oui mais il n’y a pas que ça !

 

Pour suivre le chemin

. Pollution Total du 16 mars 2008, par rejet de 400 tonnes de fuel lors de la fissuration d’un conduit ; voir ntamment

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=107244 avec une photo de navires à quai et l’indication que ces bateaux ne sont pas impliqués dans le sinistre ;

http://lachaineverte.fr.msn.com/actualites/article.aspx?cp-documentid=7933176

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/total-pollution-au-fuel-dans-la-loire_633315.html où il est précisé que la valeur résiduelle restée en Loire a été de 10 m3 environ et qu’une première fuite a eu lieu le 16 mars, 2 jours avant.

* Je parle des fameuses vasières parce qu’elles ont fait l’objet d’une analyse fine de la part du GIP Loire Estuaire : « Elles abritent jusqu’à 10 000 vers, crustacés et mollusques par mètre carré » 02 51 72 93 65, gip@loire-estuaire.org, www.loire-estuaire.org  

. Voir toute la série des billets que j’ai  consacrée au développement durable de l’estuaire associé à l’industrialisation, ainsi que le rapport du CESR sur ce blog et en particulier le billet n° 1

1 Le développement durable, l'estuaire de la Loire 2008 entre problématiques et prospectives  

. Le groupe de citoyens chargé par la Région de donner son avis sur cette thématique, dont j’ai fait partie, s’est exprimé fortement et clairement contre la poursuite de la pollution et tout particulièrement contre l’accès du Port de Nantes aux navires de haute mer parce qu’ils nécessitent ce fameux dragage continuel et dispendieux. Notre proposition a été de recommander le déchargement des marchandises ou des conteneurs à Saint-Nazaire et à leur chargement à bord de barges ou de feeders comme cela se passe de plus en plus dans les ports d’Europe du Nord.

. Un prochain billet traitera du saucissonnage de la Loire, qui nuit à la prise en compte du développement durable et de la réduction réelle de la pollution.

. Photos EP  pour la vue de l'estuaire à partir du pont de Saint-Nazaire, du port et de la raffinerie et d'une vasière qui a du mal à mériter son nom et Cristelle Coicaud pour le dévasage d'un bras de la Loire à Rézé.   

Voir les commentaires

Le ciel, l'air, le vent et le kite buggy surf

2 Juin 2009, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quel terme choisir quand on est aux Pays-Bas face à la mer du Nord, avec un vent d’Ouest constant et fort ? Parler du ciel a toujours un air de religion, l’air évoque le mouvement  et le mouvement fait penser au vent. Moi je voudrais un terme qui fasse penser à la plénitude de l’espace au-dessus de nos têtes pour montrer qu’il se passe tous les jours quelque chose là-haut. Cet espace est nôtre tout autant que la terre et pourtant nous avons toujours tendance à l’oublier. Comme si notre regard était commandé par nos pieds qui pèsent sur l’une et pas sur l’autre.                                                                            

 

Il est des lieux magiques qui ne se révèlent que par les changements de temps. Il pleut et vous avez l’impression prégnante de comprendre vraiment ce qu’est la désolation. Vous ne vous voyez pas du tout marcher à pied, pendant des kilomètres sans changement aucun de paysage. Non merci. Le lendemain, il fait beau à la mode de la mer du Nord. C’est à dire qu’il vous faut déjà bien pédaler pour avancer à vélo avec le vent en frontal, même par terrain plat.

 

Et là métamorphose: des centaines de campings cars, allemands et néerlandais sont arrivés pendant la nuit et au petit matin. Il se passe quelque chose, il y a comme une vibration joyeuse dans l’air. Vous avez du mal à circuler, il y a plein de vélos arrêtés, les cafés sont pleins, les friteries prudemment installées sur la route et surtout pas sur la plage. Vous marcheur, vous découvrez une plage remplies de kite buggy surfers. Ils sont assis dans un char à 4 roues qu’ils dirigent avec un volant et ont une voile fixée à leur harnais. Munis d’un casque, ils dynamisent la plage de sable fin, leur aile emplisse le ciel, et même sur l’eau, il se passe quelque chose. On y voit quelque rares kite surfers, dont un jeune de 10-12 ans à la peine, qui tombe, remonte, retombe de sa planche. Le chemin du ciel et de la vitesse est dur d’accès.

 

Et nous, nous slalomons  de la dune à l’eau en faisant les 400 mètres et plus, en compagnie des chars qui font le même trajet. Il y a tellement d’espace qu’il n’y a pas de souci de croisement d’élingues. Nous remarquons quelques débutants qui se lèvent de leur char sans avoir ramené leur aile qui continue à prendre le vent. Un jeune frôle ainsi le danger de se voir soulever par la force du vent et retomber plus loin de plusieurs mètres de haut. Heureusement il parvient à faire redescendre l’aile sans encombre.

 

Pour suivre le chemin

. Cette plage se situe sur le Brouwersdam, un ouvrage artificiel qui ferme l’accès à la mer et crée une mer intérieure  d’eau salée, le Grevelingenmeer. La route citée est la N57 qui longe la Mer du Nord et relie entre elles les quatre îles du Delta que sont Wlacheren au sud, Nord Beveland, ensuite Scouwen, Goore et Voorne au dessus au sud-ouest de Rotterdam.

. L’endroit est remarquablement aménagé pour l’accueil des sportifs cyclistes et surfers et des campings caristes. Il existe également un site touristique à Port Zélande.

. Photos EP

                            

Voir les commentaires

WBW21 > Les Habits des Vins de Tradition > Le Signe du Temps

2 Juin 2009, 09:55am

Publié par Elisabeth Poulain

Son essence, la légitimation du vin

Le Signe du Temps est un signe extrêmement fort qui règne sans partage et guide de façon souvent voilée nos actions les plus courantes et les plus tangibles, non seulement dans nos relations avec les autres, mais avec les objets de la vie professionnelle et domestique. Ce temps est celui de l’esprit, celui qui s’inscrit plusieurs millénaires en arrière, celui d’aujourd’hui et de demain. C’est un marqueur d’histoire proche ou lointaine qui fait alliance naturelle avec le papier qui porte la culture. Son essence est d’ordre spirituelle. Comme le vin avec lequel il fait un bout de chemin depuis l’aube des temps, le temps se refuse à se laisser enfermer.

 

Le Signe du Temps est également le plus délicat à saisir. Il est complètement inhérent à la tendance patrimoniale qui découle d’un héritage. Il est toujours en nous et est de ce fait insaisissable. Comme la culture, comme le vent, il est toujours là si présent dans notre vie. Ce vent qui vient du ciel, qui transporte les graines de la vie, tout autant que des poussières venant d’un passé dont la force nous dépasse et va vers un ailleurs que nous ne connaissons pas. Ces poussières de temps sont ténues et pourtant perceptibles sur les étiquettes de vin, en parlant histoire, mythe, mais aussi religion avant d’analyser nos rapports au blanc et au noir et de terminer par l’or qui sont des indicateurs du temps.

 

Des hommes et des dieux

La présence de l’histoire est attestée par tous les Signes que nous avons rencontrés, plus particulièrement ceux de Pierre et de Papier. Mais aussi dans le Signe de l’Homme avec l’art pariétal ou la composition de la roche terrestre dans le Signe de Terre. Paradoxalement l’histoire est si peu présente sur les étiquettes que c’est son absence en tant que référence visuelle, comme un phare de légitimité, qui interpelle.

 

La préhistoire

Elle est  le choix de quelques vignerons désireux de célébrer la pierre, celle des dolmens dont on ne comprend pas encore vraiment la signification, celle qui témoigne de la pérennité du travail de la terre ou la proximité des chevaux que l’on rencontre dans des grottes… Les trois exemples qui suivent relèvent de l’univers contemporain du vin ; aucun des trois ne communique par les Signes de Pierre ou de Papier. C’est déjà une rupture par rapport à ce qui se fait traditionnellement. La tradition étant la somme de ce que nous prélevons dans le passé, pour justifier le présent et nous aider à aborder l’avenir.

501. Didier Dagueneau a associé son Pouilly ‘Pur Sang’ à un dessin d’un cheval pariétal. La grotte de Lascaux (-18 000 à -15 000 avant J.C.) est classée au Patrimoine mondial par l’Unesco comme l’est la Loire dans sa partie médiane.

 

502. La Pierre Couvretière est un dolmen proche de la Loire, qui date du V au IIIème millénaire avant J.C. et le nom d’un Coteaux d’Ancenis, Gamay, de la Cave des Vignerons de la Noëlle.

 

- Thierry Puzelat, pour son Touraine Le Brin de Chèvre, a cherché son exemple d’art rupestre au Sahara. L’âge du dessin est estimé à -6000 à – 4000 avant J.C.

 

La civilisation gréco-romaine

Elle a marqué profondément le littoral méditerranéen et la Vallée du Rhône. En Loire, son influence opère essentiellement au travers des dieux et des symboles du monde antique. Ceux-ci ont eu et continuent à avoir une influence qui dépasse la stricte carte géographique. Demeter, le dieu grec des moissons ou Cérès, son homologue latin, symbolise toujours l’abondance de notre Mère Nature. Son nom a été choisi pour appeler un organisme certificateur en agriculture biologique.

On trouve également :

- Prestige de Cérès pour un vin gris Châteaumeillant de la Cave des Vins de Chateaumeillant ;

 

503. Thyrse pour un Saint-Nicolas de Bourgueil de Sébastien David qui a donné à son millésime 2001 non filtré, « ce symbole antique en forme de cep de vigne, un des attributs de Dionysos »,  indiqué en tout petit au bas de l’étiquette.

 

On continue à boire du nectar en Loire, cette boisson fermentée divine qui conférait l’immortalité.

- C’est peut être aussi pour évoquer la concentration et souligner le caractère délicieux du Coteaux du Layon 2002, Nectar, que Nathalie et Antoine Leduc, viticulteurs à Soussigné ont choisi ce vocable.

 

Dionysos et Bacchus

Les dieux grec et latin du vin, sont toujours évoqués en Loire, plus souvent actuellement sous la forme d’un nourrisson joufflu que d’un noble vieillard d’ailleurs. Mettre Bacchus en médaillon est une autre façon d’anoblir une bouteille et de bénir le vin. On le voit bien pour un Bacchus:


- puissant en or sur fond noir pour un Chinon de Jean-Maurice Raffault,


- adolescent pour un Cour-Cheverny Vieilles Vignes de Benoit Daridan,


- enfant tenant une coupe à la main de Rémi Cosson pour un Touraine Noble Joué,


- d’Or 2004 donné à un Touraine Amboise du Domaine de la Gabillère du Lycée d’Enseignement viticole.

 

D’une façon plus visible, l’empire romain a laissé de nombreuses traces et les Romains sont encore très présents dans la partie est et médiane du Val de Loire.

 

504. Henry Marionnet honore ses Touraine Gamay issus de vignes françaises, non greffées plantées franc de pied en 1992, par un nom de cuvée en latin, la langue savante, Vinifera, du nom latin de la vigne, vitis vinfera, pour un Gamay du Domaine de la Charmoise.

 


505. Philippe Delesveaux nomme une cuvée exceptionnelle de Coteaux du Layon  Carbonifera, en prélevant carbo de carbonifère et nifera de vitis vinifera pour célébrer l’union de la vigne avec le sous-sol carbonifère de la Haie Longue à Saint Aubin de Luigné,

 

506. Christophe Daviau appelle un de ses Cabernet Franc Petra Alba, (La Pierre Blanche), un Anjou-Village Brissac du Domaine de Bablut. A l’évidence, Petra Alba marque bien la chaleur du sol et la force du Cabernet Franc, avec une sonorité finale en ‘a’ particulièrement bien choisie. Rocca Nigra du même vigneron a un pouvoir d’attraction décuplé par rapport à Roche noire.

 

De même que la langue grecque est à l’origine de nombreux noms de roche, l’influence latine peut se faire sentir par le recours à cette langue encore vivante, ne serait-ce que par le nom de domaine, qui vient de dominium, le droit de propriété, de dominus le propriétaire et de domus, la maison en latin. Domaine en latin se dit villa que nous retrouvons dans nos villas de bord de mer.

 

507. Jean Tatin a choisi Sucellusen nom de cuvée pour un Quincy du Domaine du Tremblay,  en hommage à ce dieu celte qui frappe fort avec son maillet, dieu de la nature, de la forêt, du sol et de la nuit. Sur l’étiquette figure aux pieds du dieu un tonneau de vin renversé et vide, parce que le vin a été bu.

 

- Quercus, le nom du chêne en latin, est le nom de cuvée d’un Coteaux du Giennois produit à 3 500 bouteilles en 2003 par la Cave de Pouilly-sur-Loire. Le chêne est l’arbre,  dont nous avons déjà parlé dans le Signe de Terre ( chapitre 2) et que nous retrouverons dans le Signe de Feu (chapitre 9).       

 

Pour suivre le chemin

. Ce 21è billet marque l’ouverture du chapitre 5 consacré au SIGNE du Temps qui met en lumière la légitimation du vin par l’histoire, la religion et la culture. Nous sommes toujours dans la partie consacrée aux Vins de Tradition, le CYCLE classique des Vins de Tradition

. Vous retrouvez les précédents billets classés dans l’ordre chronologique dans Pages.

. Les étiquettes de ce SIGNE du Temps figurent dans l’album photo 5WBW.

. Schéma et plan de la recherche, France Poulain.        

Voir les commentaires

Boire en couleur, boire la couleur

28 Mai 2009, 14:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ca fait drôle de dire boire en couleur.

Ce pourrait être aussi boire la couleur ou boire et  couleur. Ces trois titres sont bons. Ils montrent tous qu’il y a un lien entre le fait de boire et la couleur qui amène des questions :

-        que se passe-t-il quand on cache la couleur d’un vin par exemple ?

-        la couleur influe-t-elle notre perception du goût?

-        que boit-on quand on boit de la couleur ?

-        que montre cette sur-utilisation de la couleur ?  

 

Cacher la couleur, vous ne savez plus ce que vous buvez

On sait depuis plusieurs années maintenant que notre vue domine nos sensations et fausse nos perceptions buccale et nasale. Des expériences ont montré qu’il suffit de faire boire du vin dans un verre noir pour qu’il soit très difficile, même à des personnes expérimentées, de savoir avec certitude quelle est la couleur du vin. Ces travaux de recherche ont été diffusés par l’Académie Amorim, en particulier grâce à Frédéric Brochet de Marigny Brizay (86380), créateur et pdg d’Amplidae, vins contemporains du Haut-Poitou et de Château des Roches. Une des rares retombées de ce jeu de la devinette a été la vogue des verres noires, qui est en forte perte de vitesse actuellement.  

La couleur du vin

Elle est cachée le plus souvent par la couleur, verte foncée ou feuilles mortes, du verre de la bouteille. Ce n’est qu’une fois dans la bouteille que votre Ier geste est de hausser le verre à la hauteur de vos yeux et de regarder le vin à travers la lumière, à condition bien sûr

que le verre soit translucide. C’est le cristal qui se prête le mieux à ce jeu. Un verre grossier ne saurait faire l’affaire.  

Faible ou accentuée, la couleur ?

Survient la belle surprise de la vogue du vin rosé qui lui exige quasiment un verre de bouteille translucide afin que puisse être admirée, selon les cas, la pâleur grisée du rosé de Provence et/ou de Loire, ou, aux Etats-Unis, la force accentuée du rose d’un rosé très blushy. La pâleur est signe en France  de qualité ;  la couleur trop forte  est d’ailleurs un des premiers motifs du rejet d’obtention de l’appellation en raison d’une durée de macération des baies trop longue. Aux Etats-Unis, au contraire, la couleur rose foncée est signe d’un rosé fortement alcoolisé et sucré demandé par le marché.

 

La rencontre avec le sucre

Elle est au cœur du phénomène naturel de transformation du jus de la vigne en vin. Certains cépages comme le Chenin, permettent de donner naissance à des vins de garde exceptionnels en demi-secs, moelleux et liquoreux. Ceux des Bonnezeaux et des Quarts de Chaume sont connus dans le monde entier. Leur couleur, l’or liquide.  

Du vin à la bouteille d’eau

Il n’y a qu’un pas, vite franchi. Le plaisir de la couleur est tel qu’il envahit tout, à commencer par la bouteille pour quitter le vert de son verre. C’est Ty Nant qui a imposé ce must d’une ligne parfaite associée à la couleur bleue d’abord,  rouge ensuite, or ou argent plus tard pour décliner la gamme. De cette rencontre entre la couleur et l’eau, surgit un constat sans appel, l’eau a meilleur goût quand la bouteille est bleue. Le rouge passe moins bien. C’est au moins mon avis ; Badoit avec sa bouteille plastique rouge est d’un avis contraire.

 

A la bouteille et au verre

Puisque la couleur plait, la nouvelle étape  consiste à laisser la couleur envahir verres et bouteilles, quel qu’en soit le contenu. C’est la collection ‘Roma’ en six couleurs, diffusée par Centrakor, qui comprend deux types de bouteilles d’1 litre à bouchon de porcelaine 

 

 (style limonade) et six types de verres, à vin, fluttes, à eau, droit haut, bas et des verrines. Et là, il est impossible de ne pas penser au plateau de sucreries spécial anniversaire des petit  enfants. Imaginez cet océan de couleurs, quant chaque enfant apporte un plateau ! Ces enfants, devenus adultes, sont ceux là-mêmes à qui est destinée cette verrerie multicolore.  Gageons que l’orangeade a meilleur goût quand on boit dans de tels verres.  

Ca trompe énormément

On peut aussi imaginer de colorer la paille qui permet de transvaser l’eau dans ce cas-là dans la bouche du buveur. A vous de découvrir qui boit ! A voir sur une des publicités d’IPO, fonds propres à capital humain CIC.  

Cette explosion de couleurs                                   

Elle nous montre de nouveaux liens entre les boissons, le sucre, la gaîté, l’enfance et nos univers de référence, la France, l’Europe, les Etats-Unis et l'Inde.

 

                                            

Pour suivre le chemin

. Frédéric Brochet, Ampelidae, Manoir de Lavauguyot, 86380 Marigny-Brizay, 05 49 88 18 18, ampelidae@ampelidae.com, www.ampelidae.com

. Centrakor, Grand Maine, 49100 Angers, 02 41 35 04 41

. IPO fonds propres à capital humain CIC, 44004 Nantes cedex, 02 40 35 75 31, www.ipo.fr

sur lequel vous trouverez des ‘exemples’ de partenariat entre entreprise et IPO, tel que celui que j’ai choisi : exemple n° 73 SFFI-Société Fougeraise de Peinture industrielle implantée dans l’Ouest de la France. 

. Photos EP pour les deux étiquettes blanches de Frédéric Brochet, les bouteilles bleues, la pub Interloire, la verrerie multicolore.

 

      

 

         

Voir les commentaires

WBW20 > Les Habits des Vins de Tradition > Les lettres de l'étiquette

27 Mai 2009, 14:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Dans l’univers du Signe de Papier, on penserait presque aux lettres d’accréditation que les ambassadeurs doivent présenter au souverain ou au président d’un pays lors de leur prise de fonctions. Dans notre cas, il s’agit seulement des caractères des lettres utilisées pour les étiquettes placées sous le SIGNE du Papier. Mais entre les deux lettres, il y a forcement un lien qui se fait par l’intermédiaire des lettres « anglaises » dites aussi lettres manuscrites, celles qui ont le plus de dimension aristocratique au moins pour les Français. 

 

L'invention de l'imprimerie et l'apparition de nouvelles lettres  

Il faut repartir de l’invention de l’imprimerie que nous avons vue au début du Signe du Papier. Très peu de temps après, Alde Manuce, un grand lettré, imprimeur vénitien, consacra sa vie à faire le lien entre l’oeuvre écrite sur parchemin réservé à quelques-uns et le livre accessible à tous. C’est lui qui inventa la lettre italique élégante (1501), proche de l’écriture manuelle en contre-chant de la lettre romaine à la forme droite, très lisible. Avec Albrecht Dürer (1471-1528), les caractères prirent pour modèle le corps humain, avec des analogies troublantes, à commencer par le vocabulaire - corps, jambe hampe ou fût, panse, empâtement, œil, jambage…- et le genre.

L’italique serait alors féminine alors que la romaine serait masculine : à la première le rôle de l’élégance et à la seconde celui de la force. Les italiques se développèrent au 18ème siècle sous le nom de lettres anglaises grâce à l’utilisation de plumes pointues qui permirent de faire des arabesques. Elles sont toujours en Loire réputées pour leur parfaite élégance.

 

445 A-B. Daniel Jarry est toujours fidèle aux lettres italiques qui ont été une des caractéristiques des vins de Vouvray. Il est vrai que l’imprimeur de Vouvray y était si attaché qu’il ne pouvait concevoir d’autres graphies pour les vins de Vouvray. L’étiquette la plus ancienne place Vouvray en première position, la plus récente se réfère d’abord au vigneron. 

 

Les Lettres gothiques sont attachées à la naissance de l’identité allemande grâce à Luther qui fit le choix du fraktur (ou lettre brisée). En France actuellement, on retrouve cette typographie surtout en Alsace et en Bourgogne. En Loire, elles montrent la proximité avec la Bourgogne, qui est le seul vignoble à avoir des frontières communes avec la Loire. Le choix de la bouteille bourguignonne traduit cette filiation recherchée pour valoriser les vins de Loire. Quelques vignerons utilisent cette typographie actuellement comme:

- Yves et Jérémy Huchet, Château - Thébaud  pour leur Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Clos Les Montils ;  

- Charly et Nady Foucault pour leurs vins de Chacé et de Brézé dans un style adouci très sobre ;

- Le Château d’Eternes en Saumur (rouge) 2000 élevé en fût de chêne qui porte une écriture gothique bleu foncé assortie au blason d’un chevalier en armure de la famille Martelling, propriétaire du château à Saix.

 

Le choix des lettres sur les étiquettes de vin se traduit par un équilibre entre les mentions à dimension personnelle avec des lettres italiques légères ou scripts prononcées et celles qui ont un caractère réglementaire à caractères romains, mais sans qu’il y ait de règle établie.




446. Clos de la Folie, un Anjou du Domaine Baumard, offre la particularité d’offrir un fond d’étiquette couvert de citations qui traitent de la folie, une belle idée de Florent Baumard qui commence par ces mots « c’est être fou que d’être sage. » (Baïf) Seules les mentions obligatoires, le nom du Clos inclus, sont en écriture anglaise rouge.

 

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet clôt le chapitre 4  le SIGNE du Papier. Aujourd’hui ce Signe du Papier a tendance à s’émanciper du code traditionnel. Mais il garde profondément inscrit son attachement aux couleurs à forte charge symbolique comme le blanc, le noir et l’or qui marque la profonde spiritualité de ce cycle qui a commencé par la pierre du château. C’est ce que nous allons voir très bientôt dans le Signe du Temps dans le cadre du CYCLE classique des Vins de Tradition.
.
Voir aussi l'article consacré au Clos de la Folie paru dans ce blog  

Voir les commentaires

WBW19 > Les Habits des Vins de Tradition > Les blasons des étiquettes

25 Mai 2009, 14:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ou le lien entre la tradition et le blason sur les étiquettes de vin

Un brin de couleur, un point, un blason, une lettre, un papier peuvent signifier beaucoup, en terme d’ouverture dans un système fermé. L’emblème le plus courant est le blason ou écu qui apparaît comme un brevet de tradition. Une autre façon de faire est d’avoir une signature, comme on vient de le voir. Dans un marché désormais très concurrentiel, il faut pouvoir se distinguer les uns des autres. C’est là que commence le métissage entre les Signes. La tendance naturelle est non pas  à  dépouiller mais à empiler.  


Le blason

Le blason n’est pas l’apanage de l’aristocratie. Chacun peut se créer son propre blason, comme encore actuellement sur une étiquette. Il est vrai que dans l’imagerie populaire, le blason est une marque d’appartenance à la noblesse étroitement codifiée depuis plus de 1000 ans. L’héraldique, ou science des armoiries, est un exemple extrêmement riche de communication visuelle et non verbale, à forte portée symbolique. Au 12ème siècle, il suffisait de voir le blason pour savoir sans risque d’erreur qui était le chevalier dont on apercevait les yeux derrière son heaume. Clairement, le blason appartient au genre masculin, même si les femmes sont ‘autorisées’ à en porter depuis le 13ème siècle.

 

Les villes aussi avaient leur blason. La force contemporaine des armoiries sur les étiquettes étonne d’autant plus que rares sont les blasons qui ont une signification historique connue de leur utilisateur. Aucun ne communique sur le sens des armoiries ni sur la couronne située au-dessus, quand il y en a une. Mais beaucoup l’intègrent à la meilleure place sur l’étiquette, dans la partie supérieure en plein centre pour indiquer le point d’équilibre et le sens du rayonnement. Il est vrai que créer un blason est plus facile que d’utiliser le nom d’un château.  


La force du blason

424. David Lecomte joue de façon très expressive pour un Anjou-Villages du Château de Passavant sur Layon : l’étiquette en forme de heaume du Moyen-âge porte l’écu de Foulques Nerra qui défendit l’Anjou contre les envahisseurs venant du Sud,

 

425. Blanc Foussy, pour un Touraine Méthode Traditionnelle, Tête de cuvée, utilise un blason orné de deux paons faisant face à une couronne d’or traversée par la mention Val de Loire,

 

426. La Cuvée Vieilles Vignes, en Muscadet Sèvre et Maine sur lie, de Jean-Michel et Laurent Poiron, est ornée d’un Saint-Georges terrassant le dragon, encadré de feuilles de vigne et de grappe,

 

427. Le Menetou-Salon, Cuvée du Prince d’Arenberg, mis en bouteille par Isabelle et Pierre Clément, est orné d’un écu de grande dimension encadré par un texte du Prince.  



Le rayonnement du blason

Dans une étiquette traditionnellement fermée, le blason ou écu constitue souvent la seule note de couleur et le point focal de rayonnement du pouvoir de communication par l’étiquette.

 

428. Le Chinon, La Baronnie Madeleine, de la Maison Couly-Dutheil place trois blasons sous un ruban au nom de la cuvée, comme un tableau aux cadres multiple avec un décroché en haut du côté droit gauche qui forme l’emblème graphique de la maison, avec le panonceau Couly-Dutheil.

 

429. Catherine Dhoye-Duruet du Domaine de la Fontainerie présente son Vouvray sec avec un C en position centrale sur une étiquette basse et allongée et un écu ouvragé souligné par la mention « depuis 1712 » en tout petit, en haut à gauche.                          

 

430. On trouve aussi des blasons arrondis qui s’abritent sous l’ovale de l’étiquette adoucie par l’ivoire du papier, le trait fin en or de l’encadré et les mentions grisées pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Château de la Pingossière, de Guilbaud Frères.  



Le ruban d’excellence

Un procédé, peu utilisé pour ne pas avoir à utiliser le blason, consiste à placer un ruban pour couper un angle en signe d’excellence.

 



431. C’est un Muscadet Sèvre et Maine sur lie haut de gamme du Clos des Montys de Pierre et Jérémie Huchet dont le sceau, fixé à la cire sur un ruban rouge et vert, coupe le coin gauche haut de l’étiquette, sur fond ivoire jauni et mentions en lettres gothiques pour renforcer le caractère ancien.

                                                                     

432. Les Caves de La Loire utilisent ce procédé pour un Cabernet d’Anjou, Elysis, sur une étiquette récente de plus petit format. Le ruban de plus petite taille coupe le coin droit en bas, avec un sceau rond imprimé en or aux armes de la cave et les mots inscrits dans le cercle Terroir en haut et Respect, Qualité, Traçabilité en bas.  



La modernité du blason

Le blason trouve également sa place dans des étiquettes contemporaines allégées par l’absence d’encadré

433. L’Apogée du Grand Bouqueteau est un Chinon élevé en fût de chêne du Domaine du Grand Bouqueteau. L’étiquette blanche très qualitative est ornée d’un blason entouré de deux tresses de laurier, symbole d’immortalité en Grèce.

 

434. Pour un Menetou-Salon de la Busardière, Joseph van Remoortere a fait des recherches sur l’histoire de sa famille pour établir son blason qui ressort en argent, sur fond azur (bleu) avec une pointe de gueules (rouge) sur fond blanc.

 



435. La Moussière donne son nom à un Sancerre d’Alphonse Mellot qui fait figurer le blason de la famille en hommage à son ancêtre, César Mellot.
  






Le renforcement du design par le blason

Certains enfin conçoivent leurs propres représentations sur des formats quasiment carrés en papier fin un peu ocré. On a déjà en réalité quitté le Signe de Papier pour entrer dans le Signe du Trait qui appartient au cycle contemporain :    

 

436. pour un Anjou-Villages Brissac du Domaine du Prieuré, Franck Brossaud a conçu une étiquette carrée portant un blason avec la fleur de lys de l’Anjou et l’hermine de Bretagne ;

 

437 pour un Touraine Sauvignon, des Héritiers Dubois, la surface carrée est occupée par le sceau répété deux fois, une fois en haut pour éclairer toute l’étiquette et en dessous de la mention de l’appellation.

 


Le renforcement de la structure

Les déclinaisons du blason en lien avec l’ouverture de l’étiquette a aussi des conséquences sur le renforcement de la structuration interne.

 




438. Le Rosé de Loire du Domaine de Flines de Catherine Motheron porte la couronne au-dessus des initiales du domaine en partie gauche de l’étiquette.
  

 

439. Le Coteaux du Layon, Chanzeaux, du Domaine du Roy René d’Antoine Chéreau, est construit sur un emblème graphique de couleur bleue avec deux R inversés qui ressort sur l’étiquette blanche haute.

 



440. Un Chinon, Le Puy, de Jean-Maurice Raffault associe une cariatide art déco en partie gauche de l’étiquette et la signature encadrée par deux sceaux qui figurent les récompenses obtenues par le vin. 

 

                                                                           











L’emploi contemporain du blason

Des utilisations très graphiques peuvent aussi être déclinées, en annonce du Signe du Trait (en chapitre 7).


441. Pour son Sauvignon du Château de Brizay, les vignerons de la Cave de Neuville en Poitou recourent à deux B orné, l’un en bleu gris léger en fond d’étiquette et l’autre de petite taille en or, sur une étiquette de petite taille et à la découpe originale.

 

442. Le Domaine du Roncée,  pour un Chinon Clos des Marronniers, accentue la sobriété avec une étiquette de papier ocre clair avec des mentions et le blason ancien en couleur grise. Seule la mise en bouteille et les noms des associés sont en rouge sombre d’une écriture fine.

 

443. Ackerman a conçu pour un Chenin une petite étiquette carrée avec un bandeau noir supérieur, un bloc marque, qui met en lumière le nom de la maison surmontée d’une couronne au-dessus d’une partie inférieure finement rayée de gris sur fond blanc, ornée de deux demi-couronnes de couleur mauve à droite et à gauche de l’étiquette.  


Ses initiales comme blason

Un avatar du blason consiste à marquer le vin de ses initiales comme on le fait, enfant, sur tous les supports qui se présentent à soi. Le prénom plus encore que le nom est le mot préféré, celui qu’on a entendu en premier dans sa toute petite enfance. Quant au nom, c’est un devoir imposé pour un grand nombre que de le perpétuer : 

 

- G      = Gadais du Domaine de la Tourmaline, pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- CP    = un Quarts de Chaume, Château de Plaisance, Rochais,

- PL    = Pierre Luneau pour Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Domaine Pierre de la Grange,

- YP    = Yves Provost du Clos Saint-Vincent des Rongères pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- PC    = Pierre Chauvin du domaine éponyme pour un Coteaux du Layon,

- BMF = Bernard, Michel et François Couillaud, Domaine Couillaud, pour un Chardonnay,

- JMR = Jean Maurice Raffault du domaine éponyme pour un Chinon.

 
Les personnages célèbres

Plutôt que de parler de soi, de ses ancêtres ou du domaine, une façon de donner vie à l’étiquette en la rattachant à la dimension humaine est de laisser un personnage célèbre dans un médaillon qui étend sa protection sur la bouteille.

- C’est la démarche de Charles Joguet lorsqu’il a conçu ses célèbres étiquettes du Clos de la Dioterie ou des Chênes verts, ainsi que celle de Jean Maurice Raffault pour ses Chinon rouges, Clos Isore.

444. Jacques Cœur accompagné de sa maxime « A vaillant cœur, rien d’impossible » avec deux petits cœurs entre les deux parties de la phrase représente un Menetou-Salon du Domaine de Loye de la famille Moindrot.

 

Pour suivre le chemin

Le Signe du Papier se poursuivra avec le prochain billet (n° 20) consacré aux lettres des étiquettes des Vins de Tradition. Il formera la transition avec le prochain chapitre, le numéro 5, dédié au Signe du Temps qui forme le 3ème volet du triptyque des vins de Tradition (Pierre, Papier et Temps).   

Voir les commentaires

Jacques Tati, François Rabelais et moi

10 Mai 2009, 11:07am

Publié par Elisabeth Poulain

J’aurais bien aimé écrire Jacques, François et moi. Le problème est que j’aurais été la seule à comprendre. Donc, je fais comme il faut, mais toujours avec l’objectif clairement avoué de brouiller les pistes.

 

Jacques Tati, vous le connaissez. On vient abondamment de parler de lui, pour une bonne et mauvaise raison. La bonne a été de rappeler que cet homme grand était déjà, avant beaucoup d’autres, un visionnaire humaniste éclairé et complètement inclassable. Pas un homme parfait, comme on l’entend aujourd’hui. Mais un être en avance sur son temps, qui voyait des choses que nous ne voyions pas avant. Vivant aussi autrement. Rouler en solex était déjà plus qu’un pied de nez à la bonne société. Un bourgeois n’utilisait pas ce moyen de locomotion, un homme non plus. On laissait ça aux jeunes filles.  La mauvaise raison a été de transformer une photo de lui, au style décalé et classe, si ‘british’, pour faire jouer le buzz médiatique pour une expo et renforcer la paranoïa dés lors qu’il y a atteinte à la culture française.  Grâce au tam-tam, vous connaissez maintenant tous la nouvelle bobine de Jacques. Il a un moulin à vent en rhodoïd dans le bec au lieu de sa pipe. Un fada, quoi.

 

Tout ça pour, soi-disant, observer la réglementation européenne applicable au tabac. L’UE n’en a jamais demandé autant. Rappelons que la loi ne peut être rétroactive. Une photo, datée d’une époque antérieure à la parution de la réglementation, ne peut être bidouillée pour faire de la com, en plus soi-disant pour observer la loi. C’est une atteinte à l’image et donc à la personne en vertu de la propriété intellectuelle.

 

Heureusement que ce principe de non-rétroactivité existe. Il faut s’en féliciter. C’est un des gardiens de la solidité de notre système juridique. Si non, en restant dans le domaine de la culture, il faudrait fermer une grande partie du Louvre, faire des autodafés de livres d’art qui montrent le nu, restreindre l’accès de la Bibliothèque nationale au public parce qu’il y a des livres qui parlent d’ivresse, réécrire l’histoire...

 

Olla, François ? Est-ce que tu te sens visé ? Toi qui a beaucoup vanté le plaisir de boire, un peu, plus ou franchement plus que de raison raisonnable, surtout à nos normes actuelles. Je m’interroge gravement. Peut-on dire impunément : buvez toujours, mourrez jamais, ou en langue rabelaisienne : Beuvez tousjours, Vous ne meurrez jamais, comme je le lis au-dessus et en-dessous de ton portrait sur la bouteille de Chinon de Jean-Maurice Raffault, récoltant à la Croix, Savigny en Véron. On comprend bien ce que tu veux dire. Mais crois-tu que ce soit raisonnable de prôner l’ivresse, à ton âge ? Je te rappelle que tu as… Attends que je calcule. Ca va être difficile, surtout quand on ne connaît pas ta date de naissance, entre 1483 et 1494. Au mieux, tu avais 51 ans quand tu as écrit Gargantua. Si non, plus. Tu te rends compte, tu es pourtant donné en exemple aux collégiens pour leur montrer la vitalité de la rupture d’avec le long Moyen-Age, l’époque où on brûlait les sorcières et chassait tous ceux qui étaient différents. 

 

Et moi là-dedans ? Le seul point commun est mon admiration pour eux. Tous deux sont inclassables. L’un, François, est une des sommités de la littérature française, un grand humaniste de la Renaissance. Il fut tour à tour ou en même temps étudiant, franciscain, bénédictin, médecin, curé, écrivain, philosophe, jongleur verbal, jouisseur et grand buveur. Un formidable exemple d’une plénitude humaine impossible à enfermer dans une case. Une vie difficile aussi, en prenant beaucoup de risques.  Les carriéristes existaient aussi en ces temps là ! L’autre, Jacques a su voir dans la société française des caractères si profonds qu’ils sont devenus maintenant emblématiques de notre identité. Ce cinéaste, d’origine française, russe, néerlandaise, italienne, a d’abord été encadreur, puis tour à tour ou en même temps acteur, cinéaste, producteur, sociologue, jongleur d’images… Il prenait tous les risques, sans attendre le succès, toujours mieux apprécié à l’étranger, en particulier en pays anglo-saxons, qu’en France.              

 

Pour suivre le chemin

Lire l'excellent article de Pierre Assouline sur son blog:
passouline.blog.lemonde.fr/2009/04/13/tati-nom-dune-pipe/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Tati

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Rabelais01.jpg
Photos, Blog Pierre Assouline pour Tati, Wikipedia pour le portrait de Rabelais, EP pour l'étiquette 

Voir les commentaires

Charles Joguet expose à l'Hôtel de Ville de Tours (20.05 au 20.06)

9 Mai 2009, 19:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Charles Joguet est peintre depuis si longtemps et maintenant si pleinement que les vins qui portent son nom ne lui font plus d’ombre. Pendant longtemps, il a mis son identité de peintre en parenthèses, pour laisser s’exprimer celle de créateur de vin, d’un certain type de vins, les meilleurs. Depuis qu’il s’est mis en retrait du monde de la création de vin, lui, le vigneron des vins de Loire, connu dans le monde entier, a retrouvé et magnifié sa faculté à créer dans le domaine de la peinture et de la sculpture.

 

Charles est un créateur. Il avance en traçant sa route, qui ne ressemble à nulle autre. Il peut maintenant consacrer toute son énergie à ce qu’il veut profondément : peindre. Il s’exprime par l’huile, l’encre, l’aquarelle, l’acrylique, le collage...C’est une aventure qui a débuté par des cours de 1948 à 1956. Cette année là, il a exposé pour la première fois au Salon des Surindépendants. Après les Surindépendants pendant plusieurs années, il ne va pas cesser d’exposer à Paris en particulier au Salon des Réalités nouvelles, à Tours, à Poitiers, à Angers…mais aussi à New York et à Pietrasanta  en Italie. En plus de la peinture, Charles a conçu et réalisé des décors pour le cinéma et la télévision. Dans le domaine de la sculpture, il a travaillé le marbre à Carrare et le bronze. Il a toujours sur sa table de travail un ou deux bronzes, pour le plaisir des yeux et de la main. 

 

Sa prochaine exposition à l’Hôtel de Ville de Tours en témoigne. Elle va durer un mois (20 mai au 20 juin) chaque après-midi du lundi au samedi de 14 h à 18h. Vous y verrez des grands formats d’huile sur bois, un support que le peintre aime bien du fait de sa capacité à porter ses  élans maîtrisés et en même temps libres d’une grande force. C’est personnellement, ce qui me touche chez cet artiste, sa capacité à faire jaillir la puissance de la couleur et du geste, sa volonté de se colleter à l’espace, avec confiance, en se projetant  dans la toile, le bois devrais-je dire, qui est son support préféré.

 

La toile, que Charles a choisie pour son livret présenté par Alain Irlandes, le Commissaire de l’exposition,  a pour titre ‘Le Roc difficile’ (huile sur bois, 103x86cm). De cet ocre mordoré, sur fond noir, jaillit, à grands coups d’aplat, le cœur d’un volcan  qui porte les teintes de la vie, du blanc, du noir, du brun, du vert, avec un peu de bleu et  de jaune. 

 

En page trois, à l’intérieur, une acrylique sur bois ‘Idée de Pli blanc’ (75x44cm) montre  une autre facette du peintre, sa capacité à dire beaucoup avec peu : un blanc très fort, avec des débords de peinture qui forment des saillies, dessous un nuage rouge et encore dessous, un grand nuage rose très léger. Le rouge est une couleur que le peintre apprécie tout particulièrement. L’alliance avec le blanc et les débords du couteau de vitrier qui donnent le mouvement en biais évoque l’énergie maîtrisée.

 

La troisième œuvre, dont  je choisis de vous parler, est cette fois-ci une huile sur toile de 130x195cm. Son nom ‘Mûre Réflexion’. Elle interpelle tant par ses dimensions que par ses tonalités. Sur un fond gris, qui ressort sur un fond crème, se détachent des sphères ovales en mouvement à grands traits. Jamais pleines, elles bougent, se remplissent, se vident, apparaissent, disparaissent, reviennent, repartent dans des tonalités de brun roux qui rencontrent parfois du noir et du vert, en laissant une fenêtre blanche. C’est apaisant, mystérieux et plein. On a envie d’aller dedans.

 

C’est l’aventure que je vous souhaite en allant à la rencontre des peintures de Charles Joguet. Les Tourangeaux avaient déjà pu apprécier sa précédente exposition à Saint-Cyr-sur-Loire en 2007.

 

Pour suivre le chemin

.Inauguration de l’exposition, en présence évidemment de l’artiste, le samedi 23 mai prochain à 11h, sous la présidence de

-        Jean Germain, Maire de Tours, Président de la Communauté d’Agglomération Tour(s)plus, Ier Vive-Président de la Région Centre,

-        Alain Dayan, Adjoint délégué en charge notamment du Commerce. 

 

. Voyez d’autres œuvres de Charles sur son site

http://www.charlesjoguet-peintre.com/spip.php?article6

 

. Sur ce blog, lisez le précédent billet que j’ai consacré à Charles Joguet, sous le titre

‘Le monde selon Charles Joguet, peintre, sculpteur, Sazilly, France’

www.elisabethpoulain.com/article-11886861.html -

 

. Lisez la très bonne interview de Charles Joguet sur sa vie de vigneron parue dans Glougueule, avec des dessins de Michel Tolmer qui est co-acteur du site, dans la version d’avant-parution dans la Revue des Vins de France :

http://www.glougueule.fr/2008/12/charles-joguet-%e2%80%9cdes-mauvais-vins-il-ny-en-a-plus-mais-des-grands-vins-ca-cest-autre-chose%e2%80%a6%e2%80%9d/comment-page-1/#comment-1237

Voir les commentaires

WBW18 > Les Habits des Vins de Tradition > Le Papier et l'encadré

7 Mai 2009, 16:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

La grande différence en matière d’étiquette porte sur l’existence d’un encadré au bord ou près du bord. La culture française du vin a élaboré au fil du temps un véritable art de l’encadré. C’est même la première distinction entre deux étiquettes : comment est l’encadré ?  Pour le savoir, il faut passer par le schéma mental.

 

Le schéma mental de la clôture et du clos

Dans le cycle classique des vins de Tradition, la démarche de la création d’une étiquette commence par un processus mental étonnant : sur une feuille de papier, la personne interrogée trace un rectangle horizontal au crayon qui forme un enclos et après seulement se pose la question de ce qui va être placé dedans. L’étiquette n’est pas seulement représentative d’une personne et d’un vin mais aussi d’un espace dont elle porte la triple identité. L’espace d’une personne ou d’un domaine est fermé, tout comme le clos de vigne, tout comme aussi une aire d’appellation. Et cela va avoir des conséquences fortes, car on est soit dedans, soit dehors. Cette dimension fermée concrètement se traduit par un encadré qui sépare le monde du dedans du monde du dehors ou entre deux propriétés. 

 

Traditionnellement les étiquettes sont bordées sur leur pourtour extérieur d’un ou plusieurs traits comme des rangées de buis bien taillés séparent les parterres dans un jardin à la française, comme les murs ferment les propriétés, comme des grilles qui laissent ou non admirer ce qui est à l’intérieur du cadre, comme la peinture dans le cadre. C’est l’étiquette classique par excellence qui étonne par l’importance donnée à cet élément graphique. D’où son extrême signification symbolique. Pour ce type d’étiquette, la créativité et l’innovation se portent souvent sur ces barrières réellement fascinantes, beaucoup moins sur l’intérieur puisqu’on est dedans.

 

405. Un exemple très parlant est un Saumur du Clos de l’Abbaye d’Henry Aupy. Sur une étiquette de 10,5cm sur 6,2cm, les encadrés sont si présents qu’ils ne laissent à l’intérieur qu’un rectangle de 5 sur 1,4cm destiné à la mention Clos de l’Abbaye. Poussé à l’extrême, l’encadré pourrait à lui seul constituer l’étiquette. Deux interprétations seraient alors possibles : l’encadré surmultiplié signifie qu’un trésor est caché dedans, soit à l’extrême qu’il n’y a plus rien.   

 

L’art de l’encadrement

Il assure la stabilité de l’ensemble et délivre différents messages. La diversité est étonnante comme le montrent les exemples suivants.

 

. Deux lignes, chacune pour valoriser l’autre




406. Deux traits en retrait sur une étiquette à coins coupés, de petite taille, resserrent l’espace intérieur, comme un effet zoom pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Vieilles Vignes, Les Grands Presbytères de Nelly Marzelleau ;



                                                                                                    





407. ou deux traits dont l’un est or et l’autre noir  pour un Coteaux du Layon-Saint Aubin, Clos du Pavillon, de Philippe Delesveaux.

                                                                                   
. Une ligne simple, avec des coins coupés aux angles





408. pour marquer la clôture d’un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Baronne du Cléray, de Sauvion est Fils.

 






. L’or pour éclairer l’étiquette en lui donnant de la brillance et honorer le vin, le domaine ou le vigneron :


409. le Muscadet Sèvre et Maine sur lie Domaine de la Haute Févrie offre un double liseré d’or sur une étiquette à coins coupés, qui vient en résonance avec l’appellation du vin en or à chaud également :



410. un trait extérieur plein pour le Muscadet Côtes de Grandlieu sur lie, du Domaine du Haut Bourg attire l’oeil sur le Domaine et la mise en    bouteille au domaine.

 

 



. L’encadré prend de l’importance avec une construction géométrique:




411. Anjou-Villages Brissac, Château La Varrière, Cabernet Franc, en Cuvée Jacques Beaujeau avec un cadre composé de trois éléments ;





412. Muscadet-Coteaux de la Loire sur lie du Domaine Guindon. Sept éléments marquent la fermeture de l’espace compris dans l’étiquette, incluant deux autres quadrilatères pour mettre l’appellation à l’honneur et les coordonnées du vigneron en dessous ;








413. Coteaux du Layon-Rablay du Domaine Pierre Chauvin, avec un triangle inversé;



                     

414. Chardonnay de Jacky Preys qui reproduit des dessins de massifs de parc à la française avec onze éléments, composés de traits, de points, de triangles saillants…

 



. Le cadre peut à lui seul raconter une histoire pour un :






415. Saint-Nicolas de Bourgueil ‘Le Clos des Quarterons’, Vieilles Vignes, de Thierry Amirault porte une belle demeure au centre. Les coins aux angles coupés sont enrichis d’un bouquet et chaque côté intérieur du liseré est orné d’une mention ; 

 






416. Muscadet Sèvre et Maine sur lie ‘L d’Or’ dispose d’un encadré en forme de guirlande    entre deux traits avec feuille de vigne et grappe de raisin à l’intérieur, Pierre Luneau, du Domaine Pierre de la Grange ;

 


417. « Moncontour est ma prédilection », la citation de Balzac figure dans l’épaisseur de l’encadré, comme un ruban de grand parfum porte le nom du parfumeur pour le Vouvray Château Moncontour.
                                                        

 

- Vaumoreau, un Bourgueil de Pierre-Jacques Druet, possède quatre bordures différentes (petit nœud, bordure argent à chaud, trait fin sépia et trait plus épais sépia) pour mettre en valeur les informations dédiées au vin, celles concernant le vigneron sont placées en dessous.

 




L’ouverture progressive

Elle répond à ce besoin très fortement exprimé en Loire d’avoir des étiquettes moins chargées, élégantes et plus légères. Cet allègement se traduit :

 



418. en volutes, sans traits extérieurs, pour un Muscadet Sèvre et Maine de A. Michel Brégeon





419. ou par des formes en spirale qui ornent de façon dissymétrique chacun des quatre côtés d’une petite étiquette haute pour ‘Sucre d’Ange’, un Montlouis des Loges de La Folie de Valérie Mordelet et Jean-Daniel Kloecklé, en annonce de l’ouverture de l’étiquette.

 

Cette façon de faire permet de garder le clos tout en ouvrant des portes ou des fenêtres vers l’extérieur. Les conséquences sont importantes car plus la clôture est importante et plus il est nécessaire de communiquer vraiment à l’intérieur puisqu’il serait difficile de faire comprendre qu’il soit besoin de protèger si rien n’est iumportant dedans. Le paradoxal est que l’inverse est vrai aussi : quand on ouvre les barrières, il faut attacher plus d’attention à ce qui figure dedans. Si non, on rencontre le vide et c’est bien déjà ce qui se passe avec des étiquettes repiquées tant et plus.

 

Les modalités d’ouverture

. La perception de l’ouverture dans un système très fermé peut se faire de façon sophistiquée, avec un trait continu qui cesse d’être plein comme une fenêtre fermée qui laisse voir l’extérieur mais sans s’ouvrir :

- Dans le Chinon, Domaine René Couly des Couly-Dutheil, tout à gauche dans l’étiquette un encadré particulier, s’avance vers l’extérieur comme une échauguette ou une fenêtre fermée pour voir l’extérieur quand on est dedans.

 

. De l’encadré, seules restent des horizontales pour asseoir l’étiquette et la bouteille sur le sol en affirmation de l’ancrage. 

420. Guy Saget, pour son Sancerre Sélection Première, adopte un trait horizontal bas jaune et noir pour répondre à la signature soulignée de ces deux couleurs, avec un effet structurant pour équilibrer la grande importance du corps supérieur noir.

 

421. Rémi Cosson souligne le bas et le haut de son Touraine Noble Joué d’une bande de couleur rose saumoné renforcé par un trait fin d’or tourné vers l’intérieur où figure un Bacchus enfant.

 

. Au contraire, les verticales vont avoir pour effet de guider le regard vers le haut avec un effet certain d’allongement de l’étiquette et de la bouteille.







422. Tuffeau est un Rosé de Loire de la Cave de Saumur. Les deux côtés en largeur de l’étiquette rectangulaire horizontale sont soulignés par un feston de petites fleurs de lys qui renforce l’écu surmonté d’une couronne.

 




423. Pour ce Muscadet Sèvre et Maine sur Lie, du Domaine de la Moutonnière, des Frères Guilbaud, c’est la mention ‘Mis en Bouteille au Domaine’ qui est écrit une fois en montant et l’autre en descendant sur chaque largeur.
  

 

. Le trait vertical est discontinu, comme un pinceau qu’on ne recharge pas, pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, le Domaine, Bedouet Vigneron dont l’emblème est un escalier par lequel on monte et on descend, sur une étiquette haute et étroite.

 

Pour suivre le chemin

. Le prochain billet sera consacré aux mises en avant des mentions figurant à l'intérieur  de l’étiquette traditionnelle, qui est un fleuron du SIGNE de Papier, qui fait partie du CYCLE des Vins de Traditions.
. Voir toutes les photos dans les albums; pour ce chapitre WBW4 Labels.

Voir les commentaires

La non-parité en photo ou comment figurer le genre H/F

3 Mai 2009, 08:25am

Publié par Elisabeth Poulain

Difficile souvent de montrer en photo qu’un article ou une pub concerne tout le monde, homme et femme, et pas toujours les mêmes (= les hommes). La facilité, pas si facile que ça, consiste à trouver la photo qui va valoriser le texte. Pour cela, il suffit de montrer un homme au téléphone à son bureau. Il travaille. Pour une femme, on trouve des photos de clientes au supermarché en train de faire les courses. Deux illustrations pour bien montrer la différence, avec encore une autre différence. Un homme au bureau vaut pour les femmes au bureau ; essayez donc l’inverse et vous verrez le tollé. On est bien dans le pays des droits de l’homme ou la femme est un homme comme les autres. 

 

Les choses sont compliquées et les évolutions toujours imprévisibles. C’est ce qui fait leur charme. Regardez maintenant ce qui se passe. Les nanas ne sont toujours pas contentes. On ne les montre pas, elles râlent. On les montre, elles râlent. Jamais contentes, alors ? Non, ce serait trop simple mais la route est longue pour qu’elles soient visibles.    

 

Les exemples avec les chaussures

Le truc actuellement, c’est de montrer les chaussures, une, voire les deux. Mais quel pied ? Evidemment entre un gros panard et un pied fin manucuré, massé, ongles faits, il n’y a pas photo. D’autant plus qu’elles, les femmes, sont folles. L’hiver dernier a été plus froid, vous vous souvenez. Que font-elles ? Très simple, mon cher Watson. Elles suivent de leur plein gré la mode et en redemandent : elles portent des chaussures-pieds nus pour montrer leurs ongles, sans bas. C’est évident. Le pied, objet de désir, encore un beau sujet d’études, surtout qu’il y a de très beaux films sur le sujet (Bunuel) et qu’on retrouve la Chine en un clin d’oeil.  Dans cette logique, pour savoir comment différencier une femme d’un homme, il vous suffit d’observer.

 


La photo d’hommes attendant un entretien d’embauche

L’idée de ce billet m’est venue de la rencontre entre deux photos. La Ière est parue dans Le Monde ou Les Echos, il y a plusieurs mois. Pour montrer la difficulté d’employés ou cadres à trouver ou retrouver du travail en cas de différence de couleur de peau ou autre critère discriminant, le journal avait choisi une photo américaine des années 60 montrant des chaussures d’hommes assis alignés le long d’un mur. Ils attendaient. On ne voyait que leurs  jambes, avec leurs chaussures au pied. Tous avaient des chaussures noires de même style avec des pantalons gris.  Un seul avait des chaussures marrons avec un pantalon gris. On ne voyait que ces chaussures là. 

 

La discrimination par la couleur et/ou le genre en photo

Un peu plus tard, je vois, collée sur le mur d’une mairie,  une affiche que vous avez certainement vue. Elle concerne les nouveaux standards exigés pour les photos d’identité. On y voit des hommes caucasiens (blancs, comme on dit aux Etats-Unis) pour la plupart, quelques arabes et un noir. Déjà, la répartition interpelle. Passons aux femmes maintenant. Il y en a 1 seule pour  9 hommes et 1 bébé. On le sait bien, les femmes françaises ne voyagent pas, sauf si elles sont jeunes et avenantes comme celle de la photo. En France, les nanas restent chez elles ou sortent pour aller pousser le caddy (voir le paragraphe précédent). Cette fois-ci, on ne peut pas incriminer la presse, il s’agit d’une photo officielle du gouvernement  ! La photo du Monde ou des Echos était d’une grande force pour dénoncer la discrimination par la différence, tout en en posant à son tour une énorme discrimination involontaire cette fois-ci, puisqu’il n’y avait aucune chaussures de femme.

 

Le monde bouge

Oui et vous ? Au départ c’est une bonne idée d’Alternatives Economiques pour une pub sur la semaine du Développement durable, parue sous forme d’un questionnaire « Quel(le) citoyen(ne) êtes-vous ? ». On y voit le monde avec quatre petits pieds. Le titre vous aide aussi à comprendre que pour une fois, on sait que l’humanité est composée de femmes pour plus de la moitié. Du coup, ça semble facile. Vous trouvez deux hommes et deux femmes, chacun avec un seul pied. C’est bon, le compte y est. Sauf que ce serait trop simple. Beaucoup trop, il faut faire fun et jeune. Donc, vous avez :

-        un jean-basket,

-        une sari rose-bracelet de cheville-pied nu,

-        un peau foncée-nu-pied ,

-        et une jean noir-babouche arabe.

 

Une question : à votre avis, qui n’a même pas de chaussure, pour aller bosser ? Qui préfère la séduction du bracelet à cheville pour rester dedans (= la maison) à une bonne chaussure pour aller bosser (= dehors) ? 

 

La chaussure à talon qui vous donne des ailes

C’est évident, bien sûr. Imaginez, vous avez des kilomètres à faire à pied, pas seulement parce que vous avez décidé de vous prendre en main, en pied serait plus exacte, et donc de vous servir de vos pieds, qui sont, comme chacun sait, le Ier moyen de transport. Très DD (développement durable) et chic. Voilà, vous marchez. La seconde idée, toujours évidente, est d’avoir des pneus (= chaussures) adaptées. Vous en avez bien des ‘spécial neige’ ou ‘spécial pluie’ si vous courrez en voiture. Vous prenez évidemment alors des chaussures à talon de 8 à 10 cm. C’est tout à fait recommandé pour fortifier certains muscles du mollet. Si vous vous tordez la cheville toutes les 5 minutes sur des pavés, c’est que vous n’êtes pas bon = bonne évidemment. Il n’y a que les femmes pour faire des idioties pareilles. C’est pourtant la photo choisie par les Enjeux, le magazine des Echos, pour illustrer la mobilité. A New York, les nanas ont des baskets pour aller au bureau et les talons dans leur sac ou déjà au bureau. Logique dans le pays, qui a fait des baskets, un emblème identitaire de la jeunesse.

 

Voilà encore les nanas toujours pas contentes et pourtant, cette fois-ci, le magazine a pris une chaussure de femme pour montrer la mobilité de tous, Homme et Femme. Est-ce une avancée, je n’en pas du tout sûre. 

 

Pour suivre le chemin

. Nanas, récupérez vos pieds et mettez des chaussures de marche. Mecs, apprenez à marcher sur des talons de 8/10 cm de haut et vous comprendrez beaucoup de choses. 

. Affaire à suivre, parce que je sens que la lutte pour la parité par la chaussure va être très très difficile. Prenez des vitamines. Photos EP, Photos n° 1 + 2 + 3 catalogues Camper 6,5cm x 8 cm. 
La première photo montre un nuage atomique et à sa droite un epicier méditerranéen, pour les collections Camper automne hiver 2003/4 et été 2004. Montrer des chaussures n'est pas évident, peut être est-ce aussi une raison pour lesquelles, on utilise la chaussure pour autre chose.      

Voir les commentaires