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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Culte du corps, Culture du plaisir et Prise de poids

30 Août 2008, 11:08am

Publié par Elisabeth Poulain

Le culte du corps. Il nous vient en ligne directe de notre héritage gréco-romain. Il n’est que d’emmener un enfant au musée du Louvre pour s’étonner avec lui de tous ces hommes et femmes jeunes nu-e-s que la littérature nous décrit comme constituant la quintessence de la beauté humaine. Les Jeux olympiques de 1936 ont réactualisé cette vision. Ceux d’aujourd’hui  renforcent cet idéal de beauté construit et conçu pour que l’effort se dissimule derrière la grâce et la simplicité. On parle de beauté du geste, de ligne, d’harmonie. On cache l’effort, la sueur, les larmes et les accidents, si ce n’est quand cela se passe en direct pour y associer l’émotion face à la beauté élevée à la hauteur d’un mythe. La douleur du corps et les mutations des esprits à qui il est demandé des efforts inouïs pour quelques minutes ou quelques secondes de réussite n’est pas visible. Seul sera sublimé le résultat pour ceux qui regardent à la télévision. 

 

 Depuis lors, le concept de la beauté a beaucoup varié au fil des temps et des cultures. Actuellement, cet hommage culturel si présent et si fort se double depuis plus d’un demi-siècle d’une culture consumériste et jeuniste du corps.  Celui-ci devient un attribut du pouvoir et de la position sociale. Chaque jour, le monde de la beauté s’enrichit de nouveaux produits, teintures, lotions, crèmes, gouttes, comprimés, adaptés à chaque âge de la vie, chaque morphologie, type de peau…afin de prévenir, d’amoindrir ou de supprimer ce qui n’est pas conforme à l’idéal type. Il y a une réponse chimique ou chirurgicale à tout « défaut », voire à toute question qui se pose. 

 

Dans le même temps, la réponse apportée est à la fois simple, rapide voire immédiate et subtile : 
. simple puisqu’à chaque question ou circonstance de vie, il y a un produit ou un service en réponse, du type « vous êtes fatiguée, faîtes-vous plaisir »,
. rapide parce qu’il suffit d’avaler quelque chose, rapide aussi parfois quant au résultat promis,
. subtile parce nous y recourrons tous, quelque soit notre singularité, notre typicité à un moment ou à un autre, quelque soit notre culture ou notre origine géographique.  

 

Quelques exemples pour illustrer ces propos. Voyez ces enfants, qui ont moins d’années que de doigts dans une seule main,  qui sont invités les uns chez les autres à chaque anniversaire de l’un d’eux, en apportant à chaque fois des sucreries et gâteaux. Il y a même maintenant des plateaux spéciaux décorés avec différents types de douceurs ( à base de guimauve souvent) de toutes sortes, joliment colorées dans des teintes douces et présentées de façon appétissante. Le concept : on n’a qu’un seul anniversaire par âge. C’est vrai, on a une seule fois 5 ans dans sa vie. Il n’est pas question de se priver. Quel mot,  quand le jeu se renouvelle 20 fois ou plus dans l’année scolaire ! A cela vous ajoutez les cadeaux sucrés des membres de la famille, les grands-parents en particulier, plus ce que les enfants découvrent très vite en allant les uns chez les autres et par la télévision.   

 

Quelle que soit sa forme, la réponse est toujours une promesse, de plus de plaisir le plus souvent ou de moins d’effort ou de contrainte. Les résultats sont immédiats. L’esprit devient appétent à l’euphorie du sucre, à la culture du plaisir et au plaisir fort et immédiat.  Les risques de dépendance et de déséquilibre pondéral s’installent. Et cela c’est uniquement pour le sucre visible des sucreries. Quand s’y ajoutent les sucres invisibles, les graisses et le sel, vous assistez à la naissance d’un risque mondial majeur.  

 

L’OMS tire la sonnette d’alarme depuis des années sur ces ennemis invisibles qui minent les sociétés de l’intérieur. La prise de conscience est tardive. Quelques efforts des Pouvoirs publics apparaissent maintenant, avec des téléscopages étonnants que montrent ces pubs pour des sucreries par exemple, avec en dessous la mention légale « mangez moins sucré, moins salé et moins gras ».  

 

Personne n’est évidemment dupe quant à l’efficacité de ce rappel  que les ¾ des consommateurs ne comprennent pas et qui s’adressent selon eux aux autres. La raison de sa présence est simplement juridique. Grâce à elle, c’est désormais le mangeur averti qui a la responsabilité de gérer son poids. S’il est en dépassement par rapport  à la norme, il doit assumer et supporter le regard des autres.  

 

Cette montagne de ces douceurs sucrées,  salées et  riches en graisse qui captent les arômes rend notre société violente et intolérante.  Aux Etats-Unis, on parle de junk food pour montrer la dévalorisation qui s’attache à ce type d’aliment, alors même que les entreprises qui les produisent sont au top des majors les plus performantes. Il y a apparemment moins de racisme  dans nos sociétés plus démocratiques. En parallèle, se créent de nouvelles segmentations sociales. Il n’y a plus seulement les beaux et les autres, les jeunes et les autres, les riches bien habillés et les autres.  Il y celle qui consiste à stigmatiser gros et grosses ! En France, le sur-poids est maintenant clairement attaché à la pauvreté, comme aux Etats-Unis. 

 

J’ai choisi le cas des enfants d’âge scolaire pour montrer le lien entre le plaisir très intime de manger et l’appartenance à un groupe. On parle maintenant ouvertement de l’obésité des enfants aux Etats-Unis, en Chine et  en Méditerranée. Mais cela est vrai pour chacun d’entre nous. La question du surpoids, qui est stigmatisée comme une déviance par rapport à la norme, est  présente partout, pour tout le monde dés lors que le niveau de vie s’élève et que les gens ont le choix d’avoir, enfin, accès aux  douceurs quotidiennes de vie.  

 

C’est là où cette question devient compliquée. Si je reviens à la mention légale française, elle a au moins cet immense mérite d’associer dans une même phrase le sucre, le sel et le gras. Chacun de ces constituants apporte quelque chose et agit en synergie les uns avec les autres :
-        le sucre est la Ière saveur perçue et re-demandé immédiatement par le bébé ; il a une puissante valeur de réconfort. Il est aussi le dernier nutriment que l’on prend en fin de vie ;
-        le sel est un renforçateur de goût, c’est pourquoi il s’en trouve partout dans les gâteaux par exemple ;
-        la graisse capte les arômes et adoucit n’importe quel plat, surtout quand il est cuit.  

 

La question devient encore plus complexe quand se cumulent les petits plaisirs quotidiens de vie et  les faciliteurs de vie. Par faciliteur, j’entends tout matériel permettant de réduire le temps de préparation ou de nettoyage des activités indispensables à la vie :  four, aspirateur, lave-vaisselle, lave-linge, ascenseur, voiture…Ces faciliteurs présents dans tous les foyers diminuent la charge physique demandée au corps et libèrent du temps, disponible notamment pour les petits plaisirs de la vie. Ils jouent maintenant en plus en synergie avec la télévision et l’informatique qui nous offrent l’accès à d’autres mondes et d’autres types de vie en créant un nouveau type de culture, qui survalorise le culte d’un corps idéalisé et de moins en moins 'physique' tout en mondialisant celui du plaisir et du sport de performance ou de forme.   

 

A la fin du XIXè siècle, quand on était gros, c’était qu’on était riche et puissant. Les pauvres, eux, étaient , secs et maigres. On en voit toujours sur des dessins humoristiques qui tendent la main vers des gros repus bien habillés qui parlent de l'avenir du monde. Peut être y-a-t-il un lien entre les deux visions: dans l'une on mangeait bien, même les jours 'maigres' à coup de dispenses, s'il le fallait, et plus qu'à sa faim, dans l'autre on espérait des jours meilleurs et en attendant on ne se prive pas aujourd'hui de ces petits plaisirs de la vie.   

A écouter les gens, on est surpris du pouvoir de la transmission des difficultés de vie des générations éloignées.   
      

Pour suivre le chemin
. Le test du moins x 3
Pour vous en convaincre, essayez un menu sans sel, sans graisse et sans sucre. J’ai fait le test un jour avec des membres de la famille que je n’avais pas vus depuis longtemps. Les enfants avaient pâté et baguette, pâtes-ketchup-fromage râpé et gâteau. Leurs parents ont eu, comme nous, crudités avec un filet de citron et filet d’huile d’olives, poisson vapeur et haricots verts vapeur aussi et salade de fruits. Les enfants ont trouvé qu’ils avaient mangé normalement, leurs parents ont juré qu’on ne les y reprendrait plus ! 

 

. L’article sur Junk Food est à compléter sur Wikipedia

. Voir Super Size Me sur Internet Movie Database
   

. Photos EP, la Ière est prise sur une pub de Roset -me semble-t-il- d'il y a quelques années pour un siège qui figurait en partie droite, la bouche était à gauche. Le tout formait une publicité détonnante, avec un siège en forme de bouche! La 2è représente l'abondance de notre société aux yeux, par exemple, d'Européens ruraux de l'Est de l'UE.

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Vite, vite, bougez-vous, changez

28 Août 2008, 11:23am

Publié par Elisabeth Poulain

Oui, c’est vrai. On vous dit de vous bouger, de faire du sport. Comprenez que vous devez aller chercher la baguette à pied et non plus en voiture. Quelle aventure ! Mais vous pouvez faire beaucoup mieux. Un peu de pep que diable ! Allez en train à Bruxelles et pas par le Thalys pour commencer. Pourquoi ? Pour changer, évidemment. La gare du Nord a certainement beaucoup de charme mais on peut s’en passer. Je préfère la gare Saint-Lazare, petite et à taille humaine. C’est vrai qu’elle ne va pas bien loin. C’est peut être pour cela. Les plus grands voyages sont aussi et d’abord intérieurs.  

UN. Passez par Lille, ensuite Gand et enfin Bruxelles. C’est excellent pour voir une campagne qui préfigure ce que sera demain : un nouvel espace vert très bien entretenu avec des maisons, des jardins, à côté de prairies, avec des vaches. Oui Madame, des vaches, et pas de gens. Sans délimitation réelle entre les activités. 

DEUX. A Bruxelles, pas de taxi, mais le tramway. Vous montez par n’importe quelle porte et allez voir le conducteur qui vous parle et vous vend, tout en roulant, 1 ticket contre 2 E. Cher, la fois d’après vous achetez une carte, 10 passages, 11 E, valable 3 ans. Le tramway, c’est un bain interculturel riche et ça fait beaucoup de bruit, j’aime. 

Rien à voir avec un bus si lourd, surtout quand il est double. Je vous en recommande l’usage la nuit avec un chauffeur un peu speed sur les pavés déjointés devant le Palais royal. Fantastique, vous sautez de 30 cm de haut sur votre siège quand le bus prend les virages à la corde. J’étais la seule à rire. Bizarre. C’était normal pour les autres. 

TROIS. A l’arrivée, tirez un matelas moelleux pour le poser devant le canapé dur et fixer devant vous hypnotiquement un tapis sculpture, avec des îles, sur lequel on ne marche pas. C’est beau comme de l’eau qui coule. Et hop un petit roupillon pour vous mettre d’attaque. 

QUATRE. Vous avez faim. Normal. Pas d’erreur maintenant, du style sandwich pain blanc et tranche de jambon + 1 tranchette de Gouda + 1 rondelle de tomate avec des grains encore verts. Non, vous allez chez Delhaize et vous foncez au rayon pain. Vous prenez les plus goûteux en forme de bouton de marguerite ou la baguette de tournesol dont la couleur avoisine celle du Pumpernickel, un peu moins noir quand même, beaucoup plus doux au goût. 

CINQ. Chez Delhaize, vous achetez vos pois chiches (c’est mon aliment fétiche actuellement, qu’on a du mal à trouver en Anjou : y aurait-il des menaces sur l’approvisionnement ou de la spéculation sur le marché mondial ?), des carottes, du riz long grain, des tomates séchées, des graines germées de luzerne, ++ ce qui vous tente. Vous rentrez  et vous préparez tout ça, en un tour de main. Evidemment, en n’oubliant pas d’ajouter votre touche personnelle bien sûr. C’est une quasi-obligation sociétale quand on achète du ready-made. Résultat, nous avons, nous, mangés nos hamburgers à la grecque ( à cause de la présence d’un peu de feta et d’olives) comme ça. 

SIX. Pour faire glisser en savourant, vous vous versez un Rioja, Torreadea, Tinto 2007,   dans un très beau verre à pied et à bord fin. Si vous n’avez pas de verre, rien, de l’eau chaude ou du thé vert léger à très petite gorgée, bien sûr. Si peut être, mais après le repas, du Combucha ou Kombucha. C’est une boisson fermentée et pasteurisée à base d’infusion aux herbes : jus de sureau, thé fermenté au combucha, infusion de baies de cynorrhodons et fleurs d’hibiscus.   

SEPT. Pour vous bouger, vous partez de l’avenue Louise (les Champs-Elysées bruxellois, faîtes attention, il y a aussi une rue des Champs Elysées proche du Delhaize d’Ixelles d’ailleurs), et vous descendez Place Flaget qui a été enfin reliftée après des années de travaux. Le résultat minéral à souhait est réchauffé par le plus grand banc en bois verni d’Europe (plus ?) et des jets d’eau. A voir avant de faire le tour des étangs d’Ixelles. 

HUIT. Aux abords des étangs, il y a beaucoup de canards à hautes pattes et de très belles maisons art déco & co qui peuvent admirer les grands arbres et les étangs d’en haut. Il y a aussi quelques immeubles hauts récents, dont l’un joue la carte du vert à foison. Le végétal est plus fort que le minéral ; il dévore la hauteur du penthouse et coule vers les étages inférieurs. Faisant fi des fenêtres qu’il recouvre d’un voilage vert extérieur qui bouge au vent

Le promeneur  peut aussi regarder à sa hauteur pour voir comment sont agencés des petits jardins de  ville (10/20m2), avec topiaires de petite taille – buis et ifs jeunes -, des bambous à racines en motte ( = sans rhizomes surtout) pour donner de la structure, beaucoup de graminées qui ondulent au vent pour la douceur du mouvement et toujours du lierre qui s’adapte bravement à toutes les situations. Sur les murs, chèvrefeuilles et glycines partent, elles, à l’attaque du ciel. Elles bénéficient de la même sollicitude que les plantes retombantes.

Bruxelles est un grand bonheur pour les jardiniers. 

NEUF.  Un peu de cueillette pour finir de remplir mon panier, avant de rentrer. Ce n’est ni de la cueillette de champignons, ni du shopping, même si ça peut l’être. C’est une recherche très spéciale qui consiste à repérer dans les paysages de rue et la vie quotidienne, des « trucs, des petites choses, des traces » qui sont différents de ce que vous voyez tous les jours, chez vous en France. A mon retour, dans mon panier, j’ai :
. des boîtes de cigarettes vides avec des photos pour illustrer l’avertissement légal,
. une bouteille haute bleue de 25 cl qui est un vinaigre salé de cidre, aux algues, salicornes et échalottes produit par le Domaine de Terres Rouges à Collonges (5 E et quelques cents),
. une bouteille espagnole d’huile d’olive, Nectar, de 500ml, Med International  en forme de bouteille de cognac, avec une couleur qui ressemble à celle du cognac,
. des bâtonnets d’encens « Fraîche journée de vendanges, Mesure d’un instant » sous emballage violet, MDI Terre dOc. Sur les 4 produits, les 3 derniers empruntent le code et les mots du vin pour attirer l’acheteur.  

Pour terminer, un peu de pub, celle que fait MDI Terre d’Oc pour vanter ses bâtonnets : Il est des parfums qui suscitent l’imaginaire, des souvenirs, enfouis dans la mémoire qui affleurent aux accords d’une senteur, des fragrances qui exaltent des instants  d’émotions retrouvées ». Que dire de plus ? 


Pour suivre le chemin
-        Ouvrez l’œil.


-        Lisez la presse locale et les gratuits. C’est ainsi que vous découvrez dans Vlan Bruxelles du 20.08.08 la dernière distillerie de Bruxelles, dont le distilleur et patron entend « lutter contre l’uniformité, l’homogénéisation des produits pour préserver une mémoire artisanale ». 


- Site Huile d'olive: 
www.med-int.com     qui donne en plus sur un petit livret attaché à la bouteille la table nutritionnelle de l'huile d'olive de catégorie supérieure obtenue directement des olives et uniquement par des procédés mécaniques (protéines pour 100ml 874 kcal, protéines 0, hydrates de carbone 0, cholestérol 0, lipides 91,6 g...)     


 - Pour l'encens, qui est dans l'air du temps, voici des sources envoyées par Bernard Pichetto
:
http://www.terredoc.com/FR/MDI.htm (c'est le site des bâtonnets)
et
http://toildepices.com/forum/viewtopic.php?f=16&t=440

 

 

 

 

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Enquête alimentaire auprès de Qiu Xiaolong (Chine)

20 Août 2008, 19:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ah, ah, vous avez remarqué que j’ai changé de titre ! Ce n’est plus Que mangez-vous, Que buvez-vous Stieg Larrson (Suède) ou Margherita Oggero (Italie)… Enquête alimentaire se justifie mieux, puisque tous ces romans appartiennent à la catégorie si riche des polars qui englobe en fait tous les genres de littératures. Mais déjà, une subtilité me freine dans mon élan, c’est alimentaire ou culinaire ou + ?. L’un traite des aliments, l’autre de la cuisine et moi des 2. Ah que c’est dur ! Je vise les rapports que l’auteur entretient avec la société en passant par ce qu’il mange, qui peut être une pratique alimentaire pour entretenir ou optimiser la machine, une vision sociétale (Margherita Oggero) ou un art de vivre. Nous y sommes, cette fois-ci, il s’agit bien d’un art de vivre à dialoguer avec cet auteur chinois qui vit aux Etats-Unis. Son ouvrage, De soie et de sang, qui traite d’une enquête faite par le héros, l’inspecteur principal Chen Cao de la police criminelle après le meurtre d’une jeune femme, est écrit en anglais des Etats-Unis. Autant dire de l’américain ; il serait temps quand même depuis la fin de la guerre de Sécession. Encore un vestige de l’époque coloniale. Comme le roman est tout entier dédié au travail de mémoire et à l’ambiguïté de la nostalgie d’un temps révolu, puissance 2, l’auteur et son héros.

 

L’art de vivre par les rapports qu’une personne entretient avec ce qu’elle mange et boit relève d’une réalité tout aussi bien matérielle sensorielle en terme de goûts, d’arômes, de saveurs qu’immatérielle, culturelle et personnelle. C’est art de vivre - cette fois-ci je choisis le terme - est culinaire. Parce que dans culinaire, il y a cuisine et certainement des cuisiniers cachés derrière des murs. On n’en sait rien. Nous sommes en Chine et Qiu Xialong ne nous dit rien de ce qui se passe dans la cuisine. Il est au restaurant, commande, attend qu’on le serve, rêve, goûte, se remémore tout ou ce qu’il l’intéresse de dire à propos d’un plat, finit, paie et part. Qu’il soit seul le plus souvent ou à 2, le repas est un temps qui n’appartient qu’à lui. C’est son oxygène, son art de vivre et un trésor qu’il partage avec ses lecteurs, d’autant plus fort qu’il est jeune et qu’il a quitté son pays.  

 

Dés la page 2, l’auteur parle du temps où il faisait bon manger pour un ouvrier un bol de soupe au soja servi au restaurant de l’Ouvrier et du Paysan : soupe très chaude avec ciboule, crevette séchée, pâte à frire hâchée et algue violette, pour cinq fens seulement. A sa place, il y a maintenant un Starbucks Coffee. Ce pourrait être aussi un McDonald ou un Kentucky Fried Chicken.  Il rappelle aussi la pratique datant de Confucius, encore en usage pendant ses études, d’apporter de la nourriture à son maître qui surveille son travail universitaire : un jambon. Plus loin, Chen  passe près du jardin du Peuple proche d’une cantine où il avait bien mangé avec sa mère. Il retrouve le restaurant pour y  commander barquette de riz frit, tranche de bœuf à la sauce d’huître avec de la ciboule et une soupe aux boulettes de poisson. Il cherche à boire une limonade Zhengguanghe et ne trouve que Coca Cola, Pepsi, Sprite, Seven Up. Mais il prend soin de noter que le nom (chinois) donné aux boissons n’est « pas trop américanisé » : Délicieux, Savoureux pour CC, Centaines de Saveurs pour PC, Pureté de Neige pour S et Sept Bonheurs pour SU. 

 

Par la suite, l’auteur ne cherchera pas à opposer les deux façons de manger, ni à critiquer même de façon voilée cette évolution de la pratique alimentaire. Quand il en parle, ce sera à la façon d’un entomologiste penché sur son microscope. Il préfère parler de ce qui l’intéresse lui, l’extra-ordinaire créativité de la culture culinaire chinoise, sans qu’il le dise. Il ira même une fois, me semble-t-il dans Mc Do, comme tout un chacun, dirais-je. Par contre, il n’hésite pas à jeter un casse-croûte qui a refroidi. Il aime bien aussi le café tout chaud qu’on lui offre quand il arrive à la bibliothèque, parce qu’il a un mémoire à faire dans le cadre d’une formation universitaire qu’il poursuit tout en travaillant. C’est, avec son appétence pour l’art culinaire, son côté universitaire en recherche d’oxygène intellectuel indispensable au lettré.

 

En face de cette bibliothèque se trouve le restaurant des Cinq Parfums. C’est là qu’il invite un vieil érudit, Shen, en costume Tang matelassé traditionnel et chaussures en tissu noir, à déjeuner avec lui. Chen commande pour eux deux, une combinaison spéciale du chef pour deux, avec du thé vert bien fort. Le thé arrive, puis les plats froids et ensuite les plats chauds. Parmi ceux-là, un bol de verre d’alcool dans lequel frétillent des crevettes vivantes ivres, qui venaient d’être prélevées d’un aquarium. Chen aime bien combiner l’art du bien manger en parlant de son enquête et donne ses rendez-vous, là dans un restaurant, là dans un bar-poterie très chic, où l’on boit du café tout en pouvant s’exercer à la poterie. Yu, son collaborateur (traditionnel en matière alimentaire) y prend du thé, avec des desserts : pour lui un dessert chinois, une brioche de porc grillé et pour  Chen  une part de tarte au citron (dessert occidental). Mais parfois Chen ne répugne pas à brouiller les cartes en choisissant, lors d’un brunch, une brioche à la soupe (une gelée brûlante de peau de porc avec de la farce dans une brioche). Il garde aussi la nostalgie des baguettes non-jetables, pour lesquelles il faut apporter avec soi une boule de coton imbibé d’alcool. 

 

L’identité de la seconde victime, toutes des jeunes femmes poignardées, vient d’être révélée. C’est une compagne de repas, qui travaille dans un restaurant La Rivière Ming. On parle aussi de Trois-Compagnes pour dire qu’elles mangent et boivent – du vin en particulier- avec le client, chantent et dansent pour lui et + s’il le désire. C’est la façon la plus directe de lier nourriture, chiffre d’affaires des restaurants, industrie du sexe et prostitution. Une des trois-compagnes, auprès de laquelle Chen enquête, a en plus une bonne culture culinaire. Elle propose à Chen un menu type d’un Monsieur Gros-Sous (= un client  pour elle) figurant à la carte: tranches de racines de lotus au riz gluant, poulet fermier mariné au vin jaune de Shaoxin, bar vivant au gingembre et oignon cru, avec deux fritures d’huîtres en entrée. Avec les Messieurs Gros-Sous, le jeu est évidemment de faire commander le plus cher, afin que la 3-compagne touche ses 10 ou 15% sur la note, avec des plats tels que : bœuf à la sauce d’huître au Xinya, canard rôti à la Pékinoise au Pavillon de Yanyun, chair de crabe au fromage à la Maison Rouge, concombre de mer à la laitance de crevette à La Vieille Maison de Shanghai. Chaque repas se devant d’être composé de plats non déjà goûtés, bien sûr.

 

Il y a bien sûr aussi, une scène érotico-culinaire à la crème de wasabi sur les orteils des pieds, mais comme l’auteur a pris la précaution de nous dire que les Chinois ne sont pas très à l’aise à parler de sexe, il attribut la nationalité japonaise  à ce Monsieur-Gros-Sous là.

 

L’enquête s’accélère, les délices culinaires aussi. Il y a déjà eu ces crevettes vivantes enivrées à l’alcool blanc, en annonce de ce qui allait suivre. Cette fois-ci, il s’agit d’un bar à la sauce brune que le serveur se dépêche de découper sur la table devant les clients. La chair est parfaitement cuite, le filet qui vient d’être levé par le serveur en témoigne, et pourtant les yeux du poisson bougent encore. Le secret ? Le corps du poisson est frit à l’huile en 1 minute dans un wok, alors que sa tête est conservée au frais avec des glaçons. C’est la raison pour laquelle le timing est si serré, quelques secondes de plus pour napper le poisson de la sauce ou pour apporter le plat et le plat est bon à jeter. 

 

Quelques jours de repos sont nécessaires à l’inspecteur pour lui permettre de faire le point. On lui offre alors un festin bu, composé de choses propres à donner un coup de fouet en terme de ying et de yang, en accord avec la doctrine de Confucius  avec :

. une  tête de bouddha, cuite dans un panier de bambou, recouvert d’une feuille de lotus ; à l’intérieur, un moineau frit est calé dans une caille grillée qui est enserrée dans un pigeon braisé ;

.une tortue du lac, cuite à la vapeur avec du sucre cristallisé, du vin jaune, gingembre, poireau et quelques tranches de jambon de Jinhua ;

. une soupe à la tête de poisson, avec du ginseg américain ;

. des geckos frais du Guangxi et non pas séchés, cuits en ragoût avec des pieds de mouton ;

. une bouillie de riz aux nids d’hirondelles avec de baies de loups écarlates ;

. un bol de porc gras braisé à la sauce de soja qui était la spécialité du Président Mao ; 

. et un singe vivant en cage. Là, Chen dut faire appel à toute son intelligence pour rappeler qu’une croyance bouddhiste appelle à libérer la vie, fangsheng. Il prie ses hôtes de bien vouloir relâcher le singe dans la forêt.

 

C’est à ce moment que j’arête mon analyse, avant de vous réveler la grande aventure de la tortue qui nage devant vous. Nous en sommes à la moitié du roman. Il y a encore beaucoup de trésors à découvrir. Je termine par une citation de Confucius : on n’est jamais trop exigeant avec sa nourriture. L’auteur, dont le héros est membre du parti, commente en ces termes : la nourriture doit être un véritable stimulant, afin que vous fassiez de grandes choses pour votre pays. Impossible d’apporter la contradiction, surtout le 8è mois de cette année 2008.   

Pour suivre le chemin

. Impossible de vous citer tout ce qui a trait à la nourriture tant les citations sont nombreuses : 63 pour 351 pages. C’est un record depuis que j’ai commencé mes enquêtes. Le rapport à l’acte de manger est tellement fort dans ce roman qu’il est, avant cette enquête criminelle et cette remontée dans le temps, le véritable sujet que développe l’auteur. 
. Toute l’œuvre de Qiu Xialong paru chez Liana Levi, www.lianalevi.fr

. Avec ces extraits de critiques littéraires, Anna Topalof (Marianne) : un portrait sans concession de la Chine contemporaine. Aussi désopilant qu’intelligent ; Marie-Douce Albert (Le Figaro) : quand l’empire est pourri de corruption jusqu’aux plus hautes instances.

. Lire avec une grande délectation, le très bel article de JP Géné, ce gastronome lettré en forme de pastiche  de l’art de parler nourriture en Chine à la façon chinoise… pour un parisien, dans Le Monde2 du 09.08.2008 : Le 8-8-2008, numéro 88, table 8. . Photos EP        

 

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La plus belle bouteille d'absinthe (2)

18 Août 2008, 15:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

En fait, d’après la réglementation française, on devrait dire la plus belle bouteille d’Amer aux plantes d’absinthe. C’est en effet ce qui est écrit sur l’étiquette de cette bouteille remarquable à plus d’un titre : la bouteille elle-même, l’étiquette, la contre, l’absinthe bien sûr et surtout réinventée avec une nouvelle recette d’un jeune chimiste américain qui signe la contre’étiquette, Ted Breaux. C’est lui qui a conçu la Nouvelle Orléans, Distillation d’Absinthe, 68, spécialement pour le marché américain et c’est la Distillerie Combier de Saumur qui l’a distille et distribue. 68, parce que cette liqueur de plantes titre 68° d’alcool. Excusez du peu, mais c’est important à dire d’entrée. L’importance de ce titrage explique aussi et le succès et l’opprobre qui s’est attaché à l’absinthe, en France surtout au XIXè siècle, mais pas seulement. 

 

Quelques mots sur l’absinthe donc, mais quelques mots seulement car il y a toute une histoire en Suisse d’abord, en France ensuite. C’est une histoire qui sent bon la France du midi, alors que les personnages que l’on rencontre sont helvètes, comme le major Dubied à la fin du XVIIIè siècle. Il a l’idée de transformer un élixir de santé extrait de l’Artemisia Absinthium pour en faire une boisson produite par la maison éponyme. Il s’associe en 1798 avec son gendre Henri-Louis Pernod. Plus tard Dubied deviendra Duval et l’associé créera à Pontarlier sa propre maison en 1805, c’est l’arrivée en scène de Pernod et fils.

 

Boisson de santé contre les maux de ventre, boisson du Jura, l’absinthe prend du galon lors de la conquête de l’Algérie parce qu’elle permet aux officiers de lutter contre les fièvres des marais. Elle devient ensuite boisson bourgeoise et conquiert Paris et la France  grâce aux faiseurs de modes que sont les artistes (Verlaine, Jean Bérard…). Ses atouts : son goût amer et rafraîchissant, ses notes épicées et florales, le mélange alcool-sucre-eau à doser soi-même, le rituel à mettre en scène avec verre spécial et cuillérée à trou bien particulière,  la  couleur irisée verte et laiteuse, l’appartenance à un club branché. Un vrai cas d’école marketing. Le développement de la consommation et donc de la production d’absinthe en un siècle est proprement étonnant : la boisson d’envergure nationale  touche toute la société.  

 

Puis c’est la chute sous les assauts en particulier de la Ligue nationale contre l’alcoolisme créé en 1901 qui distingue de façon subtile, le bon alcool, celui du vin parce qu’il est ‘naturel’ de l’alcool distillé, l’alcool ‘maudit’ qui conduit à l’alcoolisme et à la mort. Seul le second est à condamner pour protéger la société. La Ligue se trouve aussi des alliés dans le Midi. On entend alors ce slogan dans le midi en 1907 : « tous pour le vin, contre l’absinthe ». La Suisse, où cette boisson était née, en décrète l’abolition en 1910 ; la France en 1914 en interdit la vente dans les cafés et débits puis la fabrication et le transport en 1915, mais pas l’exportation.                

 

De cette histoire mouvementée, il reste une aura très particulière en France qui  explique les précautions réglementaires concernant la dénomination du produit ainsi que de très nombreuses bouteilles et objets publicitaires qui font l’objet de collections très recherchées. C’est alors qu’en 2004, le liquoriste Combier de Saumur a sorti sur le marché cette très belle bouteille d’absinthe, qui selon le chroniqueur de l’Heure Verte, un site dédié à l’absinthe, a fait l’effet d’une bombe.

 

. La bouteille est haute (35,5 cm) et étroite, avec un col allongé (10,5 cm), pour une contenance de 70cl. Le verre est très foncé.

. L’étiquette a une forme rectangulaire à coins coupés ; elle n’utilise que trois couleurs : l’ivoire en fond, l’argent à chaud pour faire un effet de dentelle avec des angelots, assis sur des volutes et entourés de feuilles de vignes et de grappes de raisin qui reprend le code des ‘passe-partout’ (nom d’étiquette passe-partout proposé par les imprimeurs encore très utilisé jusqu’en 1950 pour le vin) utilisés par les bouteilles du XIXè siècle et le bleu pour les panneaux sur lequel figure dans l’un NOUVEL ORLEANS, c’est la marque, puis AMER AUX PLANTES d’ABSINTHE dans le second. Le bleu était aussi, outre le vert, la couleur associée à cette boisson.

Ces deux panneaux sont surmontés, dans un ovale, d’une fleur de lys (symbole de la royauté en France) argent sur fond bleu. De chaque côté, s’échappent deux rubans argent sur lesquels sont écrits DISTILLATION puis D’ABSINTHE. Juste en dessous de l’ovale à la fleur de lys, sur une languette, on peut lire 70cl et 68%.

. Un losange, qui reprend la fleur de lys avec en son cœur 68, est collé au dessus de l’étiquette de façon à équilibrer les rapports entre la bouteille et l’étiquette. On retrouve la fleur de lys sur la cire qui occulte le haut du bouchon, en signe de qualité compréhensible aux Etats-Unis.

. La contre-étiquette montre en dessin comment servir l’absinthe. Le commentaire – français-anglais-espagnol- est signé par T.A. Breaux, Jade Liqueurs : La Nouvelle-Orléans peut se boire avec ou sans sucre. Versez une dose dans un grand verre et faites couler lentement l’eau sur le sucre posé sur la cuillère, tel que le montre l’image. 

 

Bouteille + Habillage sont une réussite à l’œil. L’étiquette en plus a une histoire. En effet le graphiste  a réussi à retrouver avec succès le code des bouteilles qui firent la notoriété de l’absinthe, Pernod et Fils en particulier avec la croix blanche sur fond rouge. Code qui fut également très utilisé par les boissons à l’anis, comme Peureux Fils ou Perrenod & C    ainsi que par le cognac comme le montre une bouteille Martell. La référence à la Suisse était un signe distinctif fort, qui a perduré longtemps. Perrenod produisait aussi des horloges  publicitaires à son nom avec cette mise en valeur « Un Suisse ». C'est pourquoi Marius Charvin mettait l'accent sur la France.   

 

Pour suivre le chemin

. sur ce blog, voir La plus belle bouteille calligramme
. Combier, www.combier.fr

. beaucoup d’infos de qualité avec des photos sur www.heureverte.com/content.view/12/185

. un article très fourni aussi sur Wikipedia

. lire la remarquable recherche de Sarah Howard, Docteur en Histoire, Les images de l’alcool en France, 1915-1942, CNRS éditions, www.cnrseditions.fr

. Bouteilles et objets publicitaires à trouver lors des mises aux enchères, en particulier de Philippe Kaczorowski, à voir aussi sur www.interencheres.com, kac@intercheres.com

. Photos bouteille EP 

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Enquête alimentaire, Que mangez-vous, Que buvez-vous, Margherita Oggero?

15 Août 2008, 08:46am

Publié par Elisabeth Poulain

Margherita Oggero est l’auteur italienne du polar italien, L’amie américaine (Albin Michel Carré jaune). L’histoire est celle d’une maison ancienne aux volets fermés dont Camilla Baudino, prof dans un lycée –l’auteur est elle-même, semble-t-il, prof de littérature à Turin - , tombe amoureuse. Sans espoir de penser l’acheter au début. De circonstances en circonstances, l’attirance pour la maison, qui se fait plus forte, constitue le véritable fil conducteur sur lequel l’histoire est construite. Oh bien sûr, il y a un meurtre, celui de cette amie américaine, qui est en fait aussi italienne que Camilla. On l’appelle comme ça parce qu’elle a vécu aux Etats Unis. En fait, Dora Venetti, c’est son nom, cherche à vendre cette maison, pas à n’importe qui, à quelqu’un capable de préserver et de respecter sa nature profonde et l’atmosphère qui s’en dégage. Le mystère du décès de Dora permet de classer le livre dans les polars, un genre plus en phase peut être peut être que les relations qu’une femme établit avec les êtres, les choses, une ville à un moment de sa vie, la quarantaine vraisemblablement.

 

La maison est construite autour et pour la cuisine. Tout ce qui touche à la cuisine dans le roman, que ce soit les courses faites au marché, le contenu du réfrigérateur, la préparation du repas, le repas lui-même et la vaisselle, forme l’ossature réelle de ce roman de 2005. Dès la 2ème page, le ton est donné. Camilla est marié à Renzo avec lequel elle parle peu, a une petite fille et un chien Potti. On devrait inverser l’ordre, entre le chien et l’enfant. Autour d’elle, elle connaît aussi quelqu’un qu’elle rencontre dans la rue, l’Indestructible, pas un copain, un marginal en souffrance qu’elle aime bien et qu’elle protège un peu comme un enfant quand elle le voit. Sa façon à elle de lui faire du bien est de lui offrir le petit déjeuner au café du coin : capuccino et croissant au nutella. Le ton est donné. Par contre, quand la mère de Camilla, qui lui casse vraiment les pieds et qui vit à l’étage au-dessus, vient la voir, le frigo est sinon vide ; pire, ce qu’il contient est peu appétissant, ou limite avarié !  C’est drôle. 

 

La première visite de Camilla dans la maison, lors de l’accrochage du panneau à vendre, la bouleverse. Dans la cuisine, elle en est déjà à décider de ne changer que le minimum du carrelage noir et blanc, elle admire la cuisinière à bois en fonte qu’elle voit comme une puissance bienveillante tutélaire. Elle sent les effluves de plats : des poires au four avec du vin rouge et des clous de girofle, des gâteaux qui lèvent lentement, des gratins de pommes de terre à la lyonnaise, des gigots d’agneaux caramélisés, des carrés de porc entrelardés d’ail et de romarin, des spaghetti al cartoccio (avec des fruits de mer, des grosses crevettes, de la rascasse et une tomate), des bars, des daurades, des turbots des saumons…Deux lignes plus loin, on pense que l’évocation est tellement riche qu’il n’est pas possible d’en rajouter. Erreur. La puissance de l’attirance est si forte qu’elle franchit un autre pas, elle est maintenant en jeans dans la cuisine, avec son petit monde autour d’elle, son trio personnel - mari-enfant-chien - . C’est elle qui est maintenant la puissance tutélaire. Elle rayonne et prépare la pâte feuilletée du gâteau de Pâques, fait rissoler les oignons pour la soupe aux haricots, bat les jaunes pour la bavaroise.

 

Elle retrouve au fil des jours l’Indestructible lorsqu’elle sort de chez elle ou du lycée. Un jour, elle le voit assis sur les marches d’une librairie, avec deux packs vides de vin discount de marque Tavernello. Ce côté là la dérange un peu. C’est un vin très bas de gamme. Elle passe et fait semblant de ne pas le voir. Le vin de la région sera présent dans le récit pour attirer l’attention du lecteur sur des moments forts et un peu secrets.  Ce côté là interpelle aussi. Il y a chez l’auteur une réelle volonté de mettre la cuisine à l’honneur et de prendre la défense de variétés anciennes.

 

Entre Camilla et Dora s’engage une relation amicale incertaine et légère. Dora est seule. Elles vont au restaurant que choisit Dora. C’est plus facile pour apprendre à se connaître dans une relation de personne à personne. Elles commandent la même chose. Leur Ier plat est du rizotto.  C’est aussi celui qu’elles choisissent pour leur second repas, avec le détail cette fois-ci, risotto, viande crue hachée au couteau, l’un et l’autre saupoudré d’une fine neige de truffe blanche, soufflé de poireaux, tarte aux marrons glacés, une bouteille d’excellent Roero 2001 et deux cafés. Camilla est gênée, elle a oublié son porte-feuille. C’est  donc Dora qui paie. Dans leur relation, c’est Dora la généreuse nourricière et ça fait du bien à toutes les deux.

 

Petit à petit, elles prennent l’habitude d’aller déjeuner ensemble. La fois suivante, c’est au Tre Galline (Les Trois Poules) pour goûter une salade de poule au céléri et aux noix, un met dont Camilla retrouve le goût oublié depuis près de 20 ans, faite avec la chair d’une blonde de Villanova, une poule d’appellation.

 

Arrive un nouveau personnage, un lycéen de sa classe qui vient sonner à sa porte. Il s’était confié à elle pour cause de peine de cœur et a envie de lui parler. En signe de bienvenue, elle hésite à lui servir de l’alcool et devant sa protestation, elle lui offre un verre d’Arneis*, un vin d’appellation du Pièmont avec des taralli, des biscuits sans sucre, à grignoter à l’apéritif.

 

En revenant du marché, en compagnie de Dora, c’est un nouveau signe de renforcement de leurs liens amicaux, Dora est victime d’un accident et décède. Camilla raconte à la police comment l’accident s’est passé et parle des courses qu’elle a faites. C’est le tournant du roman. C’est aussi un sommet alimentaire parce que Camilla décrit très précisément, ce qu’elle a acheté, à qui avec le nom de la personne qui tient le stand, où, pourquoi…  :

-        2 kg de pommes délice +

-        1 kg de reinette, chez ce marchand, qui vient le vendredi et le jeudi et qui est bio, vrai ou pas et qui vend cher,

-        1 kg de poires Madernasse, chers, dont la variété est en train de disparaître, excellente cuite au four, avec du vin, du sucre, des clous de girofle et de la cannelle. Notez, c’est sa première recette ;

 

-        1 chou-fleur vert dont elle ne connaît pas le nom,

-        1 petite botte d’asperges, dont elle prend soin de préciser qu’elles sont cultivées en serre, achetée chez La Baricia (= Bigleuse ou anchois au choix),

 

-        de la tome de montagne, en fraîche et ½ sec,

-        du gorgonzola

-        et des premier-sel chez La Marghera (Laitière ou des femmes qui ont une grosse poitrine).

 

Gaetano entre en scène. Il est policier et aussi, pour Camilla,  son interlocuteur privilégié et un peu plus d’ailleurs. A ce moment Renzo (le mari) a de la fièvre et reste à la maison. Du coup, c’est lui  qui fait la cuisine. Il prépare une sauce all’matriciana, des involtini aux câpres et aux olives, accompagnés de pousses de navet et s’excuse de ne pas avoir fait de gâteau lors de ce jours très particulier qui est celui de l’enterrement de Dora. Il parle d’un gâteau d’obsèques.

 

Camilla commence alors une enquête pour comprendre pourquoi elle est suspecte aux yeux de la police. Il lui faut donc savoir comment Dora a pu mourir. Parmi ses aides, le lycéen et l’Indestructible à qui elle apporte des sandwichs du bar (celui des petits déjeuners au Nutella). C’est la Ière fois qu’elle va dans son antre qu’il a aménagée dans un garage. La Ière réaction de l’Indestructible (qui vit dans une grande misère matérielle)  est de lui demander :

-        à quoi est le sandwich ?

-        Jambon, mozarella, tomate, thon et petits artichauts, omelette verte et salade.

-        Oui, ça me va. Mais il y a la question du vin. Elle propose d’en chercher au Di per Di.

-        Non, ça ne va pas. Il décide d’aller voir le menuisier. Elle se méfie :

-        il est bon, ce vin ?

-        Oh oui, il a une vigne du côté d’Asti  et il fait du Barbera*. Et il revient avec un magnum de vin noir et épais.        

 

C’est la touche d’ironie et de clin d’œil au lecteur. Cette fois-ci, le plus raffiné des deux, n’est pas celui qu’on croit. Voilà l’Indestructible qui, chez lui, avec un vrai (= bon) sandwich acheté, ne veut pas boire de la bibine, mais du vrai vin, un vin d’appellation, très connu et cerise sur le gâteau, fait par un vrai homme, le voisin qui plus est, un vigneron-homme du bois.

 

Il ne reste plus, même si le roman se poursuit, qu’à boucler deux boucles. La Ière est celle où l’on voit Camilla, dans sa cuisine, faire à manger pour sa fille, non pas par amour maternel , mais pour se changer les idées. Elle ne peut pas dormir et va dans la cuisine pour préparer une tarte des Langhe au miel et aux noisettes. C’est la seule chose que sa fille préfère à la nourriture achetée.  C’est la première fois où Camilla cuisine pour quelqu’un d’autre mais sans faire cuire d'ailleurs. Ce n’est pas un hasard si c’est un gâteau. Comme vous l’avez certainement remarqué, elle commence souvent ses évocations de mets par la pâtisserie. 

 

Il reste une boucle où Camilla prépare le dîner avec une jeune amie qui choisit de faire de la viande. Du coup Camilla qui lui a donné le choix, prépare, elle, l’entrée, à savoir du riz. Ce sera alors du riz pilaf au Castelmagno*, au quel elle aimerait ajouter un nuage de truffe. Mais ajoute-t-elle, ce n’est plus la saison. Peut être était-ce aussi, parce que la truffe appartient à la rencontre avec Dora,  qui a changé sa vie, en perdant la sienne.  

Pour suivre le chemin

. Arnéis, c’est un cépage blanc du Piémont, appelé aussi ‘le petit difficile’, un clin d’œil de l’auteur enseignante, face à un lycéen. Wikipedia nous apprend qu’il est cépage utilisé en DOCG Roero et DOC Langhe. La tarte est aussi de Langhe. Ce n’est pas un hasard ; si l’auteur s’amuse à nous faire découvrir des productions confidentielles (428 ha en 2004)   

 

. Roero, voir la belle dégustation d’Olif  sur son blog

Olif.typepad.com/le_blog_dolif/2007


. Castelmagno, c'est le nom d'un fromage majoritairement à base de lait de vache, dont la Ière apparition dans l'histoire, remonte à 1100! A découvrir sur 
  http://prodottitipici.provincia.cuneo.it/prodotti/formaggi/castelmagno/index.jsp?lang=fr

. Plus que tout, on sent chez l'auteur l'influence de Slow Food, à découvrir dans un prochain billet! 

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Un Wordle d’après les mots de l’enquête alimentaire auprès de Qiu Xiolong

15 Août 2008, 08:06am

Publié par Elisabeth Poulain

 

 


C’est un des modèles réalisés par le logiciel de Jonathan Feinberg sur son blog wordle.net/gallery, à partir des mots du billet consacré à ce polar qui connaît un grand succès. 
Le modèle est bien meilleur à voir sur son site.  

  

 

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Les délices de la réglementation du ramassage de l'escargot (2)

9 Août 2008, 08:52am

Publié par Elisabeth Poulain

Je viens de recevoir l’information concernant la réglementation du ramassage de l’escargot. C’est un arrêté du 24.04.1979 qui en fixe les conditions. C’est tellement subtil que j’ai éclaté de rire. J’aime beaucoup la finesse et la précision du style juridique portées à la hauteur d’un art.  C’est une façon de s’exprimer que je savoure : trouver les mots pour dire ce qu’il faut comprendre, tout disant ce qu’il faut exclure, dans des situations administratives très complexes, en concertation en 1979 entre deux ministères, à cinq niveaux hiérarchiques différents d’application, dans tous les départements français et encore sans compter la réglementation européenne. Tout ça pour qui, pour l'escargot sauvage, un mollusque invertébré non domestique, ni cultivé.  

 

Pour savourer la complexité de cette construction administrative qui date, il faut commencer par être un peu cultivé, sans jeu de mot, et connaître suffisamment de sciences naturelles pour  arriver à distinguer un escargot d’un autre. Parce que la chose n’est pas évidente. Vous allez voir avec ce test de connaissance en 8 étapes. 

Etape n° 1

Ceux qui par exemple ne savent pas différencier un Helix pomatia, d’un Helix aspersa ou d’un Zonites algirus peuvent se dispenser de partir en forêt ou dans les près. Ce n’est même pas la peine. Ils n’ont pas la connaissance minimale requise. Simplement parce que je suis sympa, je vous donne la traduction : le Ier désigne celui que j’appelle le ‘gros’ de Bourgogne qui figure en photo dans mon précédent billet, le second le petit gris et le troisième qui est l'escargot peson.

 

 Les deux paires de tentacules du petit-gris (Helix aspersa Syn. Cornu aspersum).

 

Etape n° 2

Elle consiste à s’exercer avec d’une part des photographies de qualité (si non on ne voit rien) et à partir ensuite dans la nature pour les voir de près. Vous savez bien combien une photo est trompeuse. C’est comme pour nos stars préférées qui ne vieillissent jamais alors que nous si. Diable comment est-ce possible ? Il y a le lifting bien sûr, il y a aussi ces coups de pinceaux magiques qui enlèvent rides et petits boutons à l’écran. Pour les escargots, c’est pareil, sauf pour le lifting. Pour la belle photo, on peut choisir le plus beau, le mettre en scène, lui faire briller la coquille, envoyer un petit rayon de couleur jaune ou rouge pour lui donner bonne mine, lui enlever une bave disgracieuse… Vous voyez ce que je veux dire. 

 

Là sur le terrain, vous allez voir combien vous allez être content d’avoir dépensé  quelques euros pour avoir ces photos avec vous. Trouver des spécimens est difficile au moment  où vous le voulez.  Supposons que les Dieux soient avec vous. Tout à coup, en voici trois alignés dans l’ordre cité par l’arrêté. Ah oui, parce que sinon ça ne vaut pas. Que se passe-t-il alors ?  

 

Etape n° 3

Vous sortez votre centimètre enrouleur afin de mesurer le diamètre de l’escargot, sans que votre main tremble ou fasse glisser la coquille sous l’effet de la bave. La difficulté scientifique commence. Que faire quand la coquille n’est pas parfaitement concentrique ? Ou quand votre centimètre n’est pas de première qualité. Il faut recommencer l’opération. C’est bon quand les résultats concordent.

 

Je fais court : en dessous de 3 cm, il n’y a aucun espoir. Vous devez reposer délicatement l’animal. Vous ne pouvez pas le prendre avec vous, ni le donner (cession à titre gratuit) ni le vendre bien sûr (cession à titre onéreux), quel que soit le moment dans l’année. Vous êtes dans le cas d’une interdiction qui ne souffre pas d’exception apparemment pour le Helix pomatia et le Zonites algirus. Ceci pour favoriser la reproduction de l’espèce. C’est comme pour les poissons à la pêche au chalut : les pêcheurs doivent rejeter  à la mer les poissons d’un gabarit trop petit. La différence est l’escargot est vivant quand vous le posez délicatement alors que le

petit poisson est écrasé par le poids des autres.

 

 .   

Etape n° 4

Il y a  une exception à cette interdiction pour le Hélix pomatia qui se présente sous deux contraintes : du 01.04 au 30.06, vous n’avez pas non plus le droit d’en ramasser même si le diamètre est égal ou supérieur à 3 cm. C’est clair. Donc, c’est – ou + 3, selon l’espèce et le moment de l’année. 
   

Etape n° 5

Il n’échappe pas à votre sagacité que le Helix aspersa n’a pas été cité au regard de la dimension de la coquille. Ca se corse. L’arrêté précise en effet que le ramassage de l’Helix aspersa, attention, à coquille non bordée est interdit à toutes périodes et quel que soit son diamètre. Si je traduis bien, cela veut dire que le ramassage de cette dernière espèce est strictement interdite.

 

Question à M. le Rédacteur : existe-t-il de l’Helis aspersa à coquille bordée ? Si oui, que se passe-t-il ? En bonne logique, son ramassage devrait être autorisé.   

 

Etape n° 6

Il faut maintenant que je vous donne l’intitulé de l’arrêté de 1979: arrêté fixant la liste des escargots dont le ramassage et la cession à titre gratuit ou onéreux peuvent être interdits ou autorisés. Vous lisez bien, c’est d’abord une possibilité d’interdiction ou d’autorisation. Ce que je viens de vous énumérer en 5 étapes ne concerne en fait seulement que la réglementation applicable au niveau national qui est d’application obligatoire.

 

Le préfet peut, uniquement pour les trois catégories d’escargots précédemment cités, intervenir dans l’espace réglementaire qui reste, c’est-à-dire:

. fixer l’étendue du territoire concerné,

. décider des périodes d’applications de l’arrêté,

. préciser les conditions d’exercice

. et la qualité des personnes qui bénéficient de l’autorisation. 

Une autre conséquence de cet intitulé vraiment bizarre est de lier ramassage et cession, ce qui sous-entendrait que l'auto-consommation, voire l'auto-production serait peut être possible, ce qui semble contraire à l'objectif de l'arrêté.  Il est vraiment nécessaire de vous renseigner très précisément avant de partir en expédition. Il vous faut,  en plus des photos et du centimètre, avoir en poche l’arrêté préfectoral du département où vous voulez aller vous balader. Vous comprenez pourquoi  il vaut mieux partir l’idée que le ramassage de l’escargot est interdit et permis ensuite par exception pour certaines espèces à certains moments de l’année, saut exception. Et ce n’est pas fini.
   

Etape n° 7

Il reste à trouver maintenant à vérifier que cette réglementation française est bien conforme aux grands accords signés par la France et à la réglementation européenne applicable à la protection de l’escargot..  C’est une étape indispensable comme le montre l’affaire du pique-prune, du nom d’un petit scarabée dont la présence en forêt de Bercé  a permis de geler pendant des années puis de dévier le tracé de l’autoroute près de Langeais sur la Loire.

 

1979, c’est bien loin au niveau réglementaire. Pour s’en assurer, il suffit d’aller faire un tour en Belgique auprès de l’Observatoire de la Faune, de la Flore et des Habitats, qui vous donne de très belles fiches, concernant par exemple notre copain toujours cité en Ier, le Helix pomatia. Vous l’avez deviné, la réglementation internationale et européenne est passée par là et  protège nos trois loustics.

 

Devant vous, vous ne voyez plus trois stupides escargots baveux, ni trois bouchées savoureuses à condition de mettre beaucoup d’ingrédients culinaires, mais trois grands protégés par des grands actes juridiques. J’ai nommé en Ier la Convention de Berne (1982) pour maintenir à un niveau satisfaisant de la population d’escargots et en 2 la Directive européenne de 1992 beaucoup moins poétique et plus technocratique.  On y parle en effet d’espèce communautaire dont le prélèvement dans la nature et l’exploitation sont susceptibles de faire l’objet de mesures de gestion. Ca sent bien son petit coté développement durable.   

Et donc notre réglementation à nous?  
   

Etape n° 8

Ca ne va pas être facile. Il y a bien un arrêté du 24 avril 2007 conforme à la réglementation européenne mais il concerne tous les mollusques nommément cités dans l’arrêté mais pas ceux visés par le texte de 1979.  La réglementation est donc à venir. A quand l’actualisation de l’arrêté de 1979 conforme à la réglementation européenne? Bizarre quand même que les mollusques les plus recherchés parce qu’on les mange sont apparemment aussi moins protégés que d’autres.

 

Maintenant vous savez aussi qu’il vous faudra, en plus des photos, du centimètre souple et de l’arrêté préfectoral de votre département, emporter dorénavant votre ordinateur avec vous pour être en phase avec l’évolution de la réglementation.  Au cas où vous seriez contrôlé bien sûr et parce que surtout vous êtes très DD (= développement durable bien sûr) !


Pour suivre le chemin

. Arrêté du 24 avril 1979 fixant la liste des escargots dont le ramassage et la cession à titre gratuit ou onéreux peuvent être interdits ou autorisés.
http://inpn.mnhn.fr/docs/textes_regl/moll79.pdf
issu de : http://inpn.mnhn.fr/isb/servlet/ISBServlet?action=Protection&typeAction=1&pageReturn=listProtections.jsp&niveau=national

 
. Arrêté du 23.04.2007 fixant la liste des mollusques protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection sur www.droit.org/jo

 

. Fiche écologique résumée de l’Observatoire de la Faune, de la Flore et des Habitats, à voir sur

biodiversite.wallonie.be/cgi/sibw.esp.ecol.pl?TAXON=Helix_pomatia - 

 

. La fiche cite l’arrêté (belge) du 21.02.1984 qui interdit, outre la capture – un terme que nous n’avions pas rencontré jusqu’ici (voir billet prédédent)- le transport de l’escargot de Bourgogne et du Petit-Gris, sauf à des fins pédagogiques (pas plus de 10 escargots) et à condition que les escargots soient remis vivants in situ, là où ils ont été prélevés. C’est joli, non ! Notre ami enseignant sanctionné par la SNCF récemment aurait pu s’inspirer de cet exemple réglementaire, pour attendrir le préposé de la SNCF.      

 

. Lire aussi le précédent billet sur ce blog intitulé Non, on ne chasse pas l’escargot !
. Photos Wikipedia et Elisabeth Poulain

 

 

             

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Non, on ne chasse pas l'escargot (1)!

7 Août 2008, 20:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est vrai. Quelle que soit la façon de le dire, il n’y a pas de chasse à l’escargot, cet animal réputé pour sa lenteur. J’imagine mal un chasseur, un vrai, grosses bottes vertes, treillis quasi militaire ‘imitation feuillage de nos belles forêts’, avec casquette assortie, oreilles protégées contre la pluie insidieuse qui attaque, couché par terre entre des mottes d’herbes, bien fournies, se mettre en position de tir pour attendre l’événement rare. Voir un gastéropode à coquille, pas une vulgaire limace orange qui éclate de tous ses feux, non un gros escargot de Bourgogne, avec une belle coquille.

 

Vous pourrez toujours attendre. Vous ne verrez pas ce spectacle. Pourquoi? En raison de la disproportion entre le chasseur et le chassé ? Oh non. Pourtant ce serait déjà une raison valable. A cause de la balle du fusil? Que resterait-il en effet de cette bébête à l’allure si lente, qu’elle en est agaçante, avec une balle dans la coquille ?  Non. Tout simplement parce que c’est quasiment interdit*.

 

Eh oui, l’escargot sauvage est très protégé par la réglementation. Enfin théoriquement. Encore faut-il connaître la réglementation qui n’empêche nullement les voleurs d’escargots d’aller en forêt en chercher de pleins seaux. Ce ramassage  complète volontiers la cueillette des champignons. Si on y ajoute les méfaits de la pollution et l’emploi d’herbicides de tout calibre, on comprend que la vie d’un escargot est périlleuse. A quand une association pour la protection de l’escargot ? J’ai rencontré deux personnes dernièrement en forêt, avec un seau et deux plateaux empilés. Moi, j’étais en recherche de pissenlits et eux, curieusement ils n’ont pas voulu me dire ce qu’ils venaient chercher. Imaginez le nombre d’escargots qui ont fini leur vie dans ces gosiers humains. 

 

On a vu récemment un voyageur condamné par la SNCF à payer une amende de 5 EUR et quelque pour en avoir transporté en train. L’amende lui a été finalement remboursée à cause du ridicule. C’est vrai que l’escargot est un animal vivant et à ce titre doit payer un billet mais quand même. D’ailleurs le règlement a déjà été mal appliqué. Le voyageur, un enseignant me semble-t-il,  avait plusieurs escargots avec lui! Il aurait du avoir plusieurs amendes. La vraie question que personne n’a soulevée est que le fait de ramasser des escargots est hyper encadré au nom de la protection des espèces.  Il n’y a pas que la baleine blanche à protéger. C’est pourquoi, mes voisins et moi récupèrons les escargots que nous trouvons dans notre jardin pour les relâcher un peu plus loin en forêt.     

 

La seule façon de trouver des escargots, c’est de les acheter, soit directement chez les producteurs, soit en grande surface en surgelé ou en boite. Sachez que bien souvent, ce sont alors souvent des escargots en provenance d’Europe centrale et maintenant d’un peu partout (Pologne, Macédoine, Tunisie, Amérique du Sud…). L’élevage en grand de cet-te hermaphrodite, visqueux ou visqueuse, est d’ailleurs délicat. En cherchant bien, vous trouvez aussi  des producteurs en bio!

 

Si vous avez un jardin, vous pouvez aussi vous amuser à commencer un élevage destiné à l’auto-consommation en les régalant de bons plants d’herbes adaptées, en faisant vos propres expériences. Du genre, si je leur donne du cresson, vont-ils avoir une chair à goût poivrée ?

 

Après, il ne vous reste plus qu’à les cuisiner, en n’oubliant surtout pas de les faire dégorger. C’est le pire souvenir culinaire de ma vie. A mettre en Ier, dans les expériences qui demandent de vrais efforts, du genre «  oh, comme c’est bon, c’est vraiment gentil à vous d’avoir pensé à nous faire des escargots ! », alors que vous n’avez qu’une envie, celle de recracher chacune des bouchées que vous avalez, surtout sans regarder les autres, pour ne pas partir en fou-rire et ne plus pouvoir ingurgiter. C’était à Trieste, en Italie du Nord, tout près de la frontière avec ce qui était encore la Yougoslavie. Notre hôte était un cafetier de quartier qui avait travaillé en France, longtemps auparavant. Apprenant qu’il y avait une française (moi) dans notre groupe d’étudiants, il a voulu nous faire plaisir et nous a invité à revenir le lendemain pour nous offrir des « escargots à la française ». Il avait oublié deux choses : la Ière est qu’il faut faire dégorger les escargots en les faisant jeûner plusieurs jours et la seconde la recette du beurre d’escargots. Il n’avait pas mis ou presque de beurre. Mais, c’était quand même très gentil de sa part.  Inutile de vous dire qu’ensuite, je n’ai jamais réussi à faire goûter des ‘vrais’ escargots à ces copains latino-américains. Traumatisés à vie, ils étaient. 

 

Je ne vous conseille pas non plus de vous lancer dans la production de bave d’escargot, qui est paraît-il absolument formidable en cosmétique sur les peaux sèches. Mais bon, à cœur vaillant, rien d’impossible. 

Alors pour résumer, on ne chasse pas l'escargot, on ne le cueille pas comme un champignon, on l'achète ou on le produit. En fait les producteurs parlent d'élevage. Donc, on l'élève alors même que ces producteurs s'appellent des héliciculteurs, c'est-à-dire des cultivateurs d'escargots. On le cultive, eh oui! Et surtout on le met à mort (dans un texte réglementaire). C'est fou, non? Avec tout ça, bon escargot à vous. 
 

Pour suivre le chemin

. Le monde de l’escargot est fascinant. Pour vous en convaincre, consultez l’offre des producteurs. A voir sur http://escargot-blond-des-flandres.com

. L’Université de Limoges et l’Inra se passionnent aussi sur les difficultés de la production de ce mollusque dont les Français sont si friands (40 000 tonnes/an dont 1% est produit en France).

. Photo d’un escargot de Bourgogne sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Escargot
Photo de l'escargot coupe papier collant EP

. Prochain billet sur les délices de la réglémentation sur l'escargot

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Marronnier d'été et Ronde des Vins rosés à l'étranger (2)

23 Juillet 2008, 19:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

La ronde continue. Les vins rosés se font aussi séducteurs et remarquer aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, aux Etats-unis et au Canada avec à chaque fois des différences notables ou subtiles. Le marronnier est bien là mais avec plus de diversité.  

Aux Pays-Bas

Le vin rosé, dont on parlait encore au début des années 80 comme un vin d’entrée dans la galaxie vin, suivi par les blancs pour accéder aux rouges ensuite,  est maintenant présenté comme un vin à boire à l’hôtel, alors que le blanc est offert en cadeau et le rouge bu à la maison. Il n’y a cette fois-ci ni jugement de valeur, ni saisonnalité, ni ciblage sur des consommateurs peu connaisseurs en vin, que sont en France les femmes et les jeunes.  

Au Royaume-Uni 

C’est le choc! Un choc de culture encore entre les vins rosés sucrés à la couleur très rosée et les vins rosés secs à la couleur pâle. Si vous traduisez cela en terme de nationalités, cela donne une concurrence très forte que subissent les vins français plutôt secs (2 à 4 gr) ou moins sucrés (entre 6 gr et + de sucre par litre, les moelleux 10° et +) face à des rosés américains très sucrés (30gr et +), à la couleur foncée. Comme ceux-ci se positionnent en terme de ++, c’est à dire  plus de couleur, + de sucre, avec un prix + cher, dans une bonne logique de début de l’ère consumériste.  Les choses sont en train de changer et vite.

 

Aux Etats-Unis

Les vins rosés sucrés et foncés sont très populaires. Ils ont un petit nom, les blushs, comme le fard à joue qu’on pose au pinceau sur les pommettes pour avoir bonne mine. Des joues roses grâce au vin rosé, c’est donc là le secret de ces vins sucrés. Leurs atouts, beaucoup de sucre - entre 30 et 40 gr/litre - et peu d’alcool - de 10°-. De tels vins sont propres à séduire ces générations d’utilisateurs de jouets Barbie et ces dévoreurs de glaces très sucrées et qui ne veulent pas boire d’alcool. Sutter Home, le leader incontesté utilise le cépage Zinfandel pour produire 13 millions de caisses, à destination essentiellement des femmes et des jeunes. La communication  de l’entreprise est très large: être présent sur You Tube, viser la prâticité grâce à des packagings pour boire peu et seul ou plus et en groupe (25 cl et 3 litres), travailler simultanément la communication caritative pour lutter contre le cancer (avec un ruban rose, le rouge est associé au sida).

Au Canada

C’est là qu’on trouve le plus de laudateurs amoureux du vin qui ne boudent pas leur plaisir de boire du vin rosé.   

Every one should drink more Rosé pouvez-vous lire sur Wine Punks. Le faible degré en alcool de ce vin, sa capacité à se marier avec toutes les formes de cuisine - meat, vegetarian, ethnic -, le  choix du type de vinification (macération ou saignée) sont autant d’atouts. C’est une façon très positive de présenter le vin rosé, sans allusion à la nécessité pour les domaines de faire du chiffre (Le Monde2) ou pire sans en parler du tout dans les vins du millésime 2007 (RVF). Le site canadien vous propose in fine trois vins : Bonny Doon Vin Gris, Veuve Clicquot Ponsardin Rosé dont la publicité a paru sous forme de photo sans citation du nom de la marque dans l’article précité du Monde2 (c’est la marque ??? du début de ce billet) et un seul vin français tranquille, Ted The Mule, un Côte du Rhône rosé. 

 

C’est au Canada aussi que le rosé se présente sous sa facette de culture et de vinification bio et biodynamique.  Une façon de parler du vin rosé qui manquait dans ce tour d’horizon international. Comment ? En le présentant comme un vin tout simplement. Bio en plus. Pour cela, Tyler Colman sur Dailygreen  a sélectionné 6 vins rosés (3 français et 3 américains) présentés dans cet ordre:

. Clos Roche Blanche de Catherine Roussel et Didier Barouillet,  Mareuil sur Cher,
. Gewurtzstraminer 2006, Albert Mann, Wittolsheim,
. Cooper Mountain, Willamette Valley, Oregon,
. Château d’Oupia, Minervois, famille André Iché, Oupia,
. Porter Creek, Pinot noir, Russian River valley, Georges Davies Family, Healdsburg, USA ,
. Falanghina, Ocone.    

 Pour suivre le chemin

. Vins de Danny Boon en vente sur le site des Vins du Monde, 02 40 56 75 75, www.vinsdumonde.com     info@vinsdumonde.com

. Vins de Clos Roche Blanche, voir la liste de tous les distributeurs sur

www.guideduvin.com/vente/Clos-Roche-Blanche

 

. Pays Bas = www.vitisphère.com 18.07.2008, RU = www.winealley.com 17.07.2008

. Etats-Unis = www.winealley.com 11.07.2008

 

. Peter Mayle, Une année en Provence, Nil éditions

 

. Canada, veille internationale assurée par Bernard Pichetto 

bernard.pichetto@toildepices.com   http://www.toildepices.com   http://forum.toildepices.com

 

http://crfa.ca/behindbars/winepunk.asp?source=email_2008_07_16

http://www.thedailygreen.com/going-green/tips/organic-wines-biodynamic-wine?src=nl&mag=tdg&list=dgr&kw=ist 


Photos EP:
- Tableau anonyme, Rosés couchés, Montlouis sur Loire
- La France en grappe de raisin 'flush' (faite avec des chaussures) et la Tour Eiffel  

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Marronnier d'été et Ronde des Vins rosés en France (1)

23 Juillet 2008, 18:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous savez bien ce qu’est un marronnier ! Non, non pas l’arbre qui donne des marrons, mais

l’article de presse qui revient chaque année à période fixe. En été : 

. comment perdre du poids en mangeant de bons petits plats pas chers,

. comment séduire l’homme de vos rêves avec un décolleté époustouflant,

. partir faire du trecking sans préparation...

 

En matière de vins, ce sont les vendanges, le beaujolais nouveau, les grands et petits Champagne avant  Noël, le trio whisky-vodka-tequila aussi et au début des vacances d’été, le vin rosé. Ca y est, c’est fait, grosso modo, à la mi- juillet, des articles sortent encore sur ce fameux vin rosé.

 

A se demander ce qu’on faisait avant,  avant la vogue du vin rosé. On buvait quoi? Des blancs secs qui sentaient bon l’air du large et des fruits de mer. J’ai nommé Gros Plant et Muscadet et aussi des rosés d’Anjou et Cabernet d’Anjou, mais sans qu’on le dise.

 

Parce que c’est ça, la première distinction concernant le rosé, la différence entre ce qui se boit et ce qui s’écrit et la façon dont on en parle. Les premiers beaucoup moins chers et chics que les seconds. A placer sur le même plan, les grosses ventes faites de rosé à l’export, surtout pour l’Anjou, en particulier aux Pays-Bas et dans les pays nordiques. C’est avec le vin rosé que se trouve l’écart le plus grand entre un vin plébiscité par ceux qui le boivent et le vin déifié en tant que symbole culturel par ceux qui disent le vin et en fixent les codes culturels, entre un vin qui se vend et un vin qui se rêve. Un choc entre ordre marchand et ordre culturel toujours d’actualité.

 

Certains, et pas des moindres, ne citent même pas les vins rosés parmi le millésime 2007. C’est le cas de La Revue du Vin de France - Millésime 2007 -, qui accepte par contre quelques publicités pour le vin rosé, en faveur des vins du Languedoc en page 2 de couv., pour Celebris de Champagne Gosset, un rosé de Provence de la Commanderie Peyrassol de Provence et le Brut Rosé de Billecart-Salmon en pleine page avec son célèbre logo ‘signe d’exception’, pour ne pas avoir à dire que c’est un logo justement. 

 

C’est le seul vin qu’on peut désigner par sa couleur en occultant parfois le terme si culturellement riche de vin. C’est le vin rosé, quand on veut mettre l’accent sur la vinification ou le rosé quand on vise certainement plus une boisson, à boire l’été, avec un rien de condescendance. Quand Le Monde2 parle de Planète rosé, il ne dit pas autre chose, avec cet art si subtil de délivrer un message à peine subliminal.

 

Le Monde 2 se sent encore obligé de faire un rappel historique pour opposer les vins rouges à lettre de noblesse aux stars des campings. La phrase de Michel Bettane et Thierry Deseauve est à citer intégralement : le rosé, lui, acquérait le statut lucratif mais peu gratifiant de star des campings. Tout ça pour dire qu’il a fallu ensuite attendre les champagnes rosés pour attirer femmes et jeunes moins sensibles aux codes oenophiles. Heureusement qu’il y a les vins de  Champagne qui font de la publicité haut de gamme, en forme de photo volée,  comme ???? (vous le découvrirez plus loin) et Billecart-Salmon  avec la publicité déjà citée. Sans eux, le consommateur serait encore complexé ! Heureusement  aussi que la Provence joue le jeu d’une communication collective réussie, soutenue par la publicité de quelques domaines, comme ici Château Mentone avec l’Esprit Rosé.

 

La Loire, quant à elle n’est présente qu’en …rouge,  pour dire qu’un rouge de Loire bien frais remplace aussi le rosé dans sa fonction de vin de pique-nique. Encore une façon subtile de supprimer l’association Loire et Rosé, alors même que le titre de l’encart est « A table, une alternative au rouge ». Pour mémoire, rappelons que les vins rosés  de Loire représentent 20% du marché français (Provence 40% et +)! Le rouge encore apparaît cette fois-ci en publicité pour les Pinot noir d’Alsace, pour clore l’article de Laure Gasparotto. 

Jacques Dupont, le chroniqueur vins du Point offre une autre présentation des vins rosés. C’est vrai qu'il nous fait aussi le coup du camping des Flots bleus, encore plus fort d’ailleurs car il cite les Bidochon. Son article est paru avant de celui de la journaliste déjà citée.  Lui aussi parle des consommateurs décomplexés, maintenant décontractés. C’est mieux, on quitte la dévalorisation. La situation change car il axe beaucoup plus son article sur le terroir et la vinification. Il vous donne la description des ‘bons’ vins rosés : pas trop d’alcool, un peu d’acidité pour la fraîcheur, une couleur pas trop foncée et beaucoup d’arômes fruités et floraux.                                                                       

 

Il laisse la parole aussi à François Millo (Dr de l’interprofession des vins de Provence) qui précise que doubler le taux de sucre (2 à 4 gr) permet de favoriser la perception des arômes. Le sucre cette fois-ci présenté en valorisation et sans son aspect de diabolisation. Contrairement à la présentation du Monde2, cette fois, le choix éditorial a été de laisser la part belle aux vins rosés de domaine, pour la Provence & Co, 3 pages en tout dont 2 pleines d’adresses et 1 avec l’article de Laure Gasparotto. 

 

La Loire bénéficie de 2 pages où Jacques Dupont parle de diversité, de fraîcheur, de fruité, de taux d’alcool assez bas et d’un pouvoir rafraîchissant inimitable. Le Cabernet d’Anjou se vend très bien en France et à l’export. Il note pour finir les spectaculaires progrès de l’avancée du bio dans la façon de travailler la vigne. 

 

La Loire mise à l’honneur, son cabernet d’Anjou réhabilité, et la percée incroyable d’un changement des mentalités par les grands noms de ceux qui portent l’image Loire grâce à leurs vins. L’été commence bien, surtout aussi quand vous avez face à vous sur Le Point face aux noms des vigernons ligériens, une très belle publicité sur les vins rosés de Loire, qui citent toutes les appellations qui sont concernées : 11 (et sans compter le Centre) sur les 68 au total avec cette annonce : Grands rosés de Loire, Les vins qui ont un fleuve pour terroir. Ouf l’honneur est sauf : Rosé devient Grand en se voyant ré-attribuer sa nature de Vin !

 

C’est aussi ce que pense La Revue du Vin de France dans son numéro suivant dédié cette fois-ci aux vins d’été. Le vin rosé  - un Côtes de Provence/Domaine Gavoty - se trouve en couverture encadré à sa droite par un blanc – un Santenay.Vincent - et à sa gauche par un rouge –un Bergerac/Carles et Pascal.  Le dossier est si riche en informations qu’il va vous falloir le lire vous-même en entier. Retenez seulement un des messages délivrés par la rédaction : sachez être curieux, ne restez pas scotché à vos habitudes (ou à celles de votre caviste), bougez-vous et découvrez les Pinot gris de Reuilly, le clairet de Bordeaux, le rosé sec du Sud Ouest, ceux de la Méditerranée, tout en goûtant Rouge de Loire (le re-voila, cette fois-ci en positif) avec  Antoine Gerbelle qui a choisi l’Hurluberlu, un Saint Nicolas de Bourgueil  de Sébastien David, Cépages étrangers, Bourgogne blancs, Blancs de Provence, Vins der pays avec en particulier un Chardonnay du Château de la Ragottière.  

Une nouvelle étape est enfin franchie : la représentation du vin rosé a rejoint l’orbite de la culture du vin

Pour suivre le chemin

. La Revue du Vin de France, n° 522, juin 2008

. Le Monde2, Planète rosé, 21 juin 2008

. Le Point, Eté 2008, Nos meilleurs rosés, 12 juin 2008

. Publicité Vins Rosés de Loire à voir sur www.vinsdeloire.fr

. Vins de Loire cités par Jacques Dupont, dans un prochain billet.

. La Revue du Vin de France, n° 523, juillet-août 2008 

. L'Hurluberlu de Sébastien David de saint Nicolas de Bourgueil est en vente sur www.ochato.com/producteur/domaine-Sébastien     au prix de 7,5 EUR

. Peintures Dulux
. Publicité Vins de Loire

. NB: les caractères gras de fin de billet ne sont pas de mon fait!

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