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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le monde selon Charles Joguet, peintre, sculpteur, Sazilly, France

31 Août 2007, 16:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est d’abord un monde profondément ancré dans une terre, Sazilly sur Vienne pour la vie de l’enfance, de l’adolescence et maintenant de l’âge mur, et aussi une ville d’art, Paris toujours, à cause du foisonnement artistique et intellectuel qui la fait vibrer.  Sazilly est connu d’abord par Charles Joguet, puis par son église du  XIIè siècle et par l’Auberge du Val de Vienne. Deux villes, plutôt une capitale mondiale d’un coté et un village de 233 habitants de l’autre. 

 

Deux facettes d’un même personnage qui toutes deux s’appellent Charles Joguet et dont l’une est tournée vers le vin de Chinon et l’autre la peinture. Et comme si ce n’était pas assez compliqué, chaque facette a son corollaire, la vigne pour le vin, la sculpture pour la peinture. Et l’homme dans tout ça ? Il est un humaniste lettré, profondément attaché à Rabelais, son voisin de Seuilly, si souvent cité pour sa façon de dire son plaisir de boire du bon vin mais dont on oublie que la soif dont parle l’homme de lettres est d’abord la soif de connaissance. 

  

Tout le monde connaît le vigneron qui a donné son nom à son domaine et ne l’a pas repris quand il s’est tourné exclusivement vers son autre vocation, la peinture d’abord et le sculpture ensuite. Pendant toute sa vie de vigneron, il a lutté pour garder au moins une partie de son temps, de sa créativité et de son énergie pour la peinture. Maintenant il peut peindre jour et nuit s’il le désire. Il n’en a pas pour autant quitté le vin, ou plutôt la  vigne. Il vit avec elle, au milieu d’elle, avec Monique, sa femme, et leur petit chien, Sunny, un fox-terrier, qui porte bien son nom d’Ensoleillé pour jouer sur la sonorité avec Sonny (fiston). C’est une véritable boule d’énergie, petit par la taille et grand par l’affection qu’il dégage. Et comme Charles Joguet est un homme compliqué et que lui au moins le sait, il commence par déclarer qu’il ne faut pas compter sur lui pour parler du vin, ni de la peinture d’ailleurs. Et que tout ça, comprenez les demandes d’interview et les explications,  l’agace prodigieusement.

 

Pourquoi ? D’abord il n’a que peu de temps à consacrer à des futilités. Il ne prononce pas le mot  mais il dit très clairement que parler de soi, de la peinture n’est pas possible en quelques mots. C’est un exercice trop complexe. Il a mieux à faire. Comprenez qu’il doit aller peindre et méditer. Pour assouvir son besoin de création, de s’exprimer, de continuer à avancer, d’aller jusqu’au bout, de dire autrement que par des mots son besoin d’entrer en relation avec les autres, il a choisi la peinture. Mais cela n’a pas été facile. Pendant 40 ans il s’est déchiré entre le vin et la peinture. « J’ai commencé par la peinture et j’ai fait les deux pendant toutes ces années. Avant, en essayant souvent d’être le meilleur peintre de tous les vignerons, j’ai même failli être le meilleur vigneron de tous les peintres. C’est mauvais pour le vin. La vigne, c’est autre chose ; il faut beaucoup s’en occuper et surtout faire ce qu’il faut au moment où il le faut. Ni avant, ni après. Le vin pour moi est plus intéressant ». 

 

C’est avec le vin que la part de création est plus forteCharles Joguet_ Le Roc difficile76.jpg– c’est là où un homme met son empreinte -  on le comprend quand on sait que Charles Joguet vigneron a su faire œuvre de pionnier dans le domaine de la vinification mais aussi de la sélection de la vigne. C’est lui en particulier qui a imposé par exemple comme une évidence la vinification à la parcelle, qui a relevé le défi de vinifier des vignes franc de pied à Chinon, une audace sans nom à chaque fois. Il est un de ces précurseurs vignerons à qui Didier Dagueneau de Saint-Andelain (avec Marie-Christine Clément, restauratrice du Lion d’Or à Romorantin) rend hommage en disant de lui : « Charles Joguet, le chantre de la Loire, l’artiste du vin, qui m’a appris l’importance d’oser , l’aventure de l’expérience, qu’elle soit concluante ou non » (Jacky Rigaux, Le Terroir et le Vigneron, Terres en vues).  

 

Un village, Sazilly, près d’un fleuve qu’on ne devine même pas, traversé par une départementale parallèle très passante, et qui empêche de voir la petite église du XIIè siècle, construite il y a bientôt 1000 ans. On ne  peut y entrer qu’en traversant le cimetière et on découvre ce faisant sur la façade sud 6 cadrans solaires particuliers. Ce sont des cadrans dits ‘canoniaux’ qui rappellent les heures auxquelles il fallait célébrer les offices prônés par Saint Benoît. Une façon immuable de découper le temps dans un lieu hors du temps à l’écart du bruit des voitures, sans commerce proche de l’église dont on ne peut faire le tour. La petite maison de Charles et de Monique est presque en face, de l’autre coté de la route en venant de Chinon, en bas du coteau à l’entrée du village. Il y a maintenant un petit panonceau pour indiquer le domaine au dessus mais il faut bien le chercher.

 

En peinture, Charles Joguet a commencé à Paris par l’Ecole Arts et Publicité, puis avec son maître Roland Bourigeaud, il a fréquenté « Montparnasse 80 » et a suivi des cours du soir à l’Ecole des Beaux Arts. Il a été confronté ensuite à la difficile question du devenir du domaine familial à la mort de son père. Sa décision fut : le vin à titre principal et la peinture à titre complémentaire et pour autant tout aussi nécessaire à sa vie que la première. Pendant toute sa vie de vigneron, il a réussi  à peindre. Il a exposé de nombreuses années à Paris au Salon des Indépendants ainsi qu’aux Surindépendants, au Salon de Mai et surtout au Salon des Réalités Nouvelles, aux Etats Unis avec des aquarelles à New York Madison Avenue et en Italie. Et comme cela ne lui suffisait pas, il a voulu se donner une autre façon de façonner la matière. Alors il est parti à Carrare sculpter le marbre et travailler  le bronze, tout en continuant à développer son domaine et à porter son nom de vigneron et celui de Chinon dans le monde entier.

 

C’est ainsi par exemple qu’il s’est lié d’amitié avec Kermit Lynch, le plus célèbre des importateurs américains, qui vient d’être décoré de la Légion d’honneur par le gouvernement français pour son rôle d’ambassadeur des vins français aux Etats-Unis.  Kermit Lynch a écrit de très belles pages sur Charles Joguet dans Mes aventures sur les routes du vin (Payol). Il dit de lui : « Ce n’est pas seulement que Joguet fait du bon chinon : c’est l’un des rares viticulteurs dont les vins sont passionnants au point de vue esthétique, spirituel, intellectuel, autant que sensoriel… Je vois Charles comme un artiste de scène et son vin comme sa chanson ou son numéro. Il refuse de jouer la sécurité ».

 

Pendant ce temps là, cet artiste aventurier du vin continuait la peinture, comme une vie si nCharles Joguet_Mure Reflexion .jpgécessaire qu’il lui a été impossible de s’en amputer. Il a aussi maintenant la sculpture, avec toujours à coté de sa main, un ou deux bronzes polis représentant un corps de femme lovée sur elle-même et qu’on a envie de caresser. C’est par la sculpture en forme de triptyque peint qu’il garde contact avec ses amis vignerons de Chinon. Pour la Confrérie des Entonneurs Rabelaisiens, dont il est l’un des fondateurs en 1962, il a travaillé directement dans le tuffeau de la Cave Paincte.  A cette occasion, il a pu laisser s’exprimer son goût pour la symbolique de la Renaissance. Au centre d’une grande composition, est sculptée en hommage à la vie une coquille Saint-Jacques posée sur un coussin moelleux, avec à son coté droit la face lunaire et féminine de l’existence représentée par la lune-le coquillage-la licorne et à gauche la face ensoleillée  et masculine avec le soleil-la coupe de fruits-le lion. La voûte céleste est figurée par un dais qui coiffe l’ensemble et sous lequel s’abritent des petits oiseaux en signe de spiritualité.    

 

 En peinture, le peintre utilise l’huile, l’encre, l’acrylique, le collage qu’il re-investit  à sa façon sur des grands formats, habités par un geste puissant, avec des couleurs fortes et qui traduisent une énergie qui ne demande qu’à se libérer. Enfin. Et il continue les expositions, comme en début 2007 à Saint Cyr sur Loire.

 

Entre l’église et la maison, se situe l’Auberge du Val de Vienne qui a une carte des vins tout à fait étonnante. Celle des Chinon rouges commence par une très belle sélection des vins du Domaine Charles Joguet,

-        comme le Clos de la Dioterie, la cuvée la plus célèbre, à déguster l’hiver avec un lièvre à la royale que Jean Marie Gervais, le restaurateur, définit joliment comme une compote de civet avec du foie gras et une liaison au sang,

-        le Clos du Chêne vert (lisez chez Kermit Lynch comment Charles a pu acheter à la chandelle, cette pépite, dont aucun vigneron ne voulait),

-        et Les Varennes du Grand Clos 2003 ou 2005 à goûter avec un carré d’agneau l’été par exemple. C’est une cuvée de Cabernet franc de pied.

 

Outre les vins du Domaine Charles Joguet, on trouve  sur la carte beaucoup d’autres Chinon de vignerons comme par exemple :

-        La Chapelle du Domaine de La Bonnelière de Marc Plouzeau,  un jeune vigneron voisin de la Rive gauche qui a ainsi nommé une autre de ses cuvées de Chinon,

et rive droite, 

-        deux des cuvées les plus renommées de la maison Couly-Dutheil,  le Clos de l’Olive et le Clos de l’Echo qui appartenait à la famille de Rabelais,  

-        au Domaine Bernard Baudry, La Croix Boissée …

 

Pour acheter des vins du Domaine, il vous suffit de remonter un peu le coteau pour accéder directement au Secrétariat.

 

Pour en revenir à Charles, quand il ne parle pas en peinture ou sculpture, il aime bien aussi s’exprimer par la voix des auteurs et peintres, pour dire ce qui le motive :

-        1. Peindre, c’est médiatiser son vécu et son ante-vécu.

-        2. Jouer avec les hasards, les surprises et les erreurs aussi (Véronique Wirbel).

-        3. Trouver d’abord, chercher ensuite ( Picasso).

-        4. Pouvoir jouer à la marelle dans les cases de l’imaginaire (le peintre Corneille).

-        5. Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, mais le bonheur est ce chemin. 

 

Et toujours il y a Rabelais, cet humaniste aux mille facettes. Né à La Devinière toute proche en 1483 (ou 1494) et disparu à Paris en 1553,  François a commencé ses études à l’Abbaye de Seuilly voisine de Sazilly. Pour montrer la dimension contemporaine de son humanité, le peintre ne donne aucune citation de lui. D’autres vignerons font figurer la célèbre citation « Beuvez toujours, Meurrez jamais ». Pas lui ; il a préféré  montrer son visage pour incarner ses vins. Les étiquettes qu’il a créées sont toujours celles qui sont utilisés maintenant. Rabelais figure toujours en dessin dans son médaillon avec son œil gauche vif et malicieux. Le Chinon rosé Charles Joguet  est toujours représenté par un dessin de la demeure du Domaine sur fond saumon que Kermit Lynch a conservé pour la distribution aux Etats-Unis.  Il a du, pour insérer les mentions légales, enlever ce quatrain d’Omar Khayam que Charles avait tenu à faire figurer sur l’étiquette de 1978 du Chinon rosé, pour montrer que l’imaginaire du vin s’enrichit des mots du poète et mathématicien persan (1047-1122):

      Il faut que …Boire ce vin très frais !…

      Malheur au cœur où il n’y a pas le feu !

      Puis le jour que tu passes sans boire de vin,

      Dans tes jours pas de jour plus perdu que ce jour. 

 

Kermit Lynch a repris à son tour une citation, cette fois-ci de Thomas Jefferson (1743-1826) grand connaisseur des vins français et président des Etats-Unis, qu’il a réussi à coincer sur la contre-étiquette américaine réglementaire : « Good Wine is a necessity of live for me ». Qui dit mieux en 9 mots !

 

Ecouter Charles citer Rabelais ou Omar Khayam comme s’ils étaient là, abolissant le temps et l’espace, parler de son cheminement dans la peinture en vous montrant ses toiles face à la neige qui tombe à gros flocons de l’autre coté de la vitre de l’atelier qui nous sépare de la vigne en pente douce au cœur de l’hiver est un plaisir rare*. Revenant de sa dernière expo, le peintre prenait plaisir à redonner à ses œuvres la place qui est la leur dans l’atelier avant de partir orner d’autres murs. Il remettait son monde en ordre. Le monde de la création toujours en marche pour un homme profondément humain et qui fait de sa vie de créateur sa plus belle aventure. Le nom de ses toiles: Le Chant du Ciel jaune, Curieux regard, Rue de la Joie Blanche, Missing, Le Dernier Contrôle, Grand Signe rouge (100 x 64cm acrylique sur toile)…

 

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PS* Nous étions en hiver. J’étais allée à la rencontre de Charles Joguet dans le cadre de  ma  recherche sur l’habillage de la bouteille de vin de Loire. 

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Le Boire et Manger par la peinture

24 Août 2007, 08:25am

Publié par Elisabeth Poulain

DSF02680fg.jpgQuand vous découvrez l'évolution de nos styles de vie par les peintures des plus grands musées d'Europe, 

Eh bien, ça vous fait un choc, parce que vous recevez  l'art comme un message que des artistes d'il y a plusieurs siècles vous envoient personnellement, un message très claire et très direct que vous lisez sans vous soucier ni du style, ni de l'école, ni de culture savante. C'est ce qui s'est passé pour moi avec un Guide des Arts dédié aux "Traditions et Symboles" du "Boire et Manger" au cours des siècles en Europe. 
C'est encore une des façons de constater que les tableaux voyagent tout autant que les vins. 

Trois axes constituent le fil de trame de la recherche en texte et tableau, en 1 les lieux et les rites, en 2 les aliments et les boissons et en 3 la table et le décor. Rien que ce plan en 3 parties est lumineux. Il est complet parce que chacune des parties est tout autant nécessaire à la cohérence du système qu'indispensable en soi.   
Impossible de tout citer avec 400 pages, donc 800 tableaux. 

En 1, je choisis le café, le pique-nique et les règles de la table. En 2 le raisin, le vin et le champagne. En 3, vous avez déjà deviné que c'est le récipient à boire, la coupe de cérémonie et les récipients à eau et à vin. 

11. Le café au XIX siècle est essentiellement un lieu de rencontre où on échange beaucoup d'idées. On y boit du café certes mais aussi du vin déjà vendu en bouteilles depuis la fin du XVIIIè siècle. On les voit sur le tableau de Ludwig Passini, Café Greco (1850) à Rome qui existe toujours (Kunsthalle à Hamburg). 
12. Le pique-nique est plus un divertissement qui rapproche les participants au sein de la nature qu'un véritable repas. D'origine française, il devient fréquent en peinture au 18è, sous sa forme aristocratique. C'est le Pique-Nique au cours d'une chasse (1858) de Gustave Courbet  qui a été choisi  (Wallraf-Richardz Museum à Cologne).   
13. Pour les règles de table, j'ai appris  que nos amis raffinés qu'étaient les Romains de l'Antiquité avaient  trouvé un système un peu curieux à nos yeux:  nul ne devait toucher à la nourriture tombée de la table sur le sol  pendant les banquets ou de les balayer. Il fallait attendre sous peine d'offenser les Dieux. Toujours dans le but de les apaiser, des représentations des fruits et légumes surtout étaient peintes sur les murs. En signe d'abondance et de richesse aussi. Pour les déchets, c'est une mosaïque de la Cité du Vatican qui est représenté. On y voit os, pince de crable, noyau de cerise et d'olive, arête de poisson...(Cité du Vatican)

21. Le raisin forcément, quasiment toujours présent dans les natures mortes  du 16è jusqu'au 19è. Symbole de passion du Christ, il représente aussi l'automne à cause des vendanges. Il faut dire qu'il était présent sur les tables sous forme de raisin sec, comme amuse-gueule, entre les plats. Ici, l'auteur a choisi une Nature morte avec des fruits dans une niche (1620) de Frans Snyders qui associe grappe de raisin blanc et noir avec des figues et des grenaches. Une véritable merveille du National Museum de Stockholm.   
22. Pour le vin, je ne résiste pas à vous retranscrire la citation d'Aristophane, Les Cavaliers, qui figure dans l'ouvrage: "quand ils boivent, c'est alors que les hommes sont riches, réussissent dans leurs affaires, gagnent leurs procès, sont heureux, aident leurs amis". Plusieurs tableaux figurent  à cette rubrique, dont le Bacchus adolescent par Le Caravage de 1597. Parce qu'on le voit très souvent sur des étiquettes de vin , trop souvent peut être parce que la reproduction du tableau est libre de droits. Ne me demandez pas pourquoi. Ce Bacchus là est bizarre, asexué; par contre le décor est très riche et la coupe en verre de Venise remplie d'un vin pourpre. (Galleria delli Uffizi à Florence). 
23. Le Champagne, c'est Edouard Manet , avec Un bar aux Folies Bergère (1882) du Courtauld Institude of Art Gallery à Londres qui émeut.  

31. Le récipient à boire est très présent dans les peintures flamandes. J'ai choisi une toile dans lequel on voit un verre de l'amitié, un verre haut et fuselé utilisé pour partager l'amitié, celui que tient un homme assis et dans lequel une servante verse du vin avec un pichet en étain. Le peintre est Frans van Mieris le Vieux, le tableau Scène de bordel , la date 1658 et le musée , Mauritshuis à La Haye. Ca vaut le coup d'aller aux Pays Bas rien que pour voir -en vrai- ce tableau. 
32. La coupe de cérémonie avait un double usage, boire du vin au cours de cérémonies officielles et attester de son rang dans un cabinet de curiosité.  Vous prenez une corne que vous enchassez d'or  et à qui vous mettez un pied. Je suis tout à fait iconoclaste et ignorante. En fait l'ouvrage me dit que le vase de Jacobs More Ier a la forme d'un rhyton (oui??) porté par un aigle (ouah) qui est détenu au Musée du Kremlin (oh) à Moscou.  
33. Les récipients à eau et à vin forment un groupe composite dans lequel je choisis le tonneau qui figure à gauche d'une toile de Simon Marmion, Le Miracle de Saint Bertin (1459), un moine bénédictin du VIè siècle qui fonda l'abbaye française de Sithui, Saint-Omer en français. Le Saint qui soutire du vin avec son grand pichet d'étain, était d'autant plus célèbre qu'il était réputé à avoir accompli le miracle de remplir  de vin un tonneau vide. (Gemäldegalerie à Berlin). 

L'auteur, vous avez oublié de citer l'auteur. Oui, j'ai failli. C'est Silvia Malaguzzi chez Hazan éditeur et son travail, cette merveille à déguster avec modération ne coûte que 27 E. D'un coté, c'est formidable et de l'autre, on se demande comment on peut avoir une telle qualité pour ce prix là. C'est vraiment le travail d'une vie.     

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Le marketing entre abondance et pénurie

23 Août 2007, 11:27am

Publié par Elisabeth Poulain

DSC02302.JPGLe marketing face au changement :
Consommer moins, mieux ou faire autrement ?
 
Vous avez remarqué que je n’ai pas dit consommer autrement mais faire autrement, parce qu’actuellement les choses changent tellement vite qu’on ne peut plus dire que le marketing et donc la consommation en sont restés à leurs débuts. Eux aussi sont affectés par la courbe de vie d’un produit ou d’une idée. Ce concept est un des piliers du marketing. Et le marketing et la consommation en sont à une certaine phase de maturité. En clair, cela veut dire que nous n’en sommes plus ni en 1960 début du marketing en France et de la consommation de masse, ni en 1980 plein essor du « toujours plus », en consommant mieux, plus qualitativement. Nous en sommes à la 3ème génération élevée dans l’ère-air marketing au lait de la publicité.
 

Faire autrement
Des voix s’élèvent dans le monde anglo-saxon et aussi en Europe essentiellement en faveur d’un changement d’attitude face à l’appétit de consommation. Le « toujours plus » est-il toujours politiquement correct ou plutôt, l’est-il encore ?
That is the question. Il existe même aux EUAN des associations en vue de ré-apprendre à moins consommer. Et pas seulement quand on est jeune. Seul moment de l’existence où il est encore possible de dire en souriant qu’on n’a pas beaucoup d’argent. Après cela devient plus dur, comme si on n’était plus dans la norme.

 
Le mouvement actuel parle seulement de MOINS consommer. Un exemple est particulièrement vif cet été. Il s’agit de moins utiliser l’avion pour ses loisirs pour ne pas nuire à l’environnement. Avec ce très bel exemple du village de tentes monté à grand frais à Heathrow (UK) pour protester contre le projet de doubler la surface de l’aéroport. La question qui se pose alors est de savoir qui et comment va être résolue la question du qui va avoir le droit de prendre l’avion et à quelles conditions ? Pour son travail ou pour le loisir ? D’abord qu’est-ce qu’un loisir ? Le loisir des uns étant le travail des autres. Avec cette question : le militant canadien venu défendre la planète à Londres est-il venu en bateau ou en avion ? A votre avis ?  
Consommer moins
On parle toujours aussi de consommer mieux, c’est à dire actuellement, plus intelligemment, plus moralement. On évoque alors l’éthique et le développement durable. Quelques exemples des tendances qui existent actuellement. 
-        Consommer devient presque un devoir social envers certaines catégories de population dans certains pays du monde. Buvez du café de chez M.. H…   pour favoriser l’apprentissage de la lecture par exemple par le cultivateur, la cultivatrice et leurs enfants au Guatemala ou en République dominicaine. La démarche est intéressante mais suscite toujours des questions de savoir si le surcoût de 10% ne passe pas dans les frais de mise en place du mobilier design propre à la marque chez les distributeurs ou dans les frais du packaging branché propre à la marque.
-        Nous connaissons aussi une autre variante de ce type de consommation sur notre territoire cette fois-ci. Manger de la viande par exemple après une des dernières crises alimentaires pour aider la filière bovine à redresser la tête. Etre végétarien dans ce cas devient problématique et pose la question essentielle de la liberté de choix du consommateur. Avons nous encore le droit ou la possibilité de choisir notre façon de manger ?
-     On peut aussi faire autrement. Comme ce jeune ménage vu à la télévision qui se positionne sur le delta entre le niveau de vie atteint et celui effectivement payé. Ils continuent à consommer mais en jouant « malin » en faisant payer par d’autres (les parents, les amis…), en achetant à prix réduit (promotions + Emmaüs + braderies + troc… ) et en faisant de la récup directement. Il existe ainsi dans certaines villes suisses quelques dates dans l’année où mettre ses « encombrants » sur le trottoir et qui permettent aux « étudiants » de s’équiper à peu de frais. 
 
Remarquons tout de suite que nous n’avons pas de mot pour décrire cette nouvelle attitude qui consisterait à acheter autrement. Consommer vient de l’américain to consume et ne peut en aucun cas se réduire à acheter. Consommer n’a pas de réelle traduction puisqu’il s’agit d’une attitude globale face à notre capacité à nous procurer ce dont nous avons besoin et/ou ce que nous désirons. Consommer se situe tout autant dans le monde de l’imaginaire et du symbolique en application du principe d’incorporation –je suis ce que j’achète et/ou mange- que dans le monde du réel alors que l’achat se situe dans un cadre juridique et commercial.
 
Constats
Trois générations après l’avènement du marketing, quel est le constat ?
1.      Le marketing n’est plus contestable. C’est un moyen qui permet à l’entreprise de se positionner face à la concurrence en développant l’innovation et les mille et uns procédés propres à faciliter notre vie et à conforter notre ego. Petites, moyennes ou grandes entreprise ont toutes un marketing adapté à leur taille, quelque soit le secteur économique de production ou de distribution, le produit ou service, quelque soit le pays, quelque soit la culture, quelque soit l’âge du consommateur.
2.      La Grande Distribution est devenue mondiale, en se superposant sans transition sur toutes les modalités de distribution dans le monde. L’explosion de la Grande Distri en Chine est un véritable cas d’école.
3.      La publicité continue à fasciner et à attirer. Les mondes du rêve ainsi créés deviennent plus vivants et plus fascinants que le monde réel. Il faut dire aussi que la publicité se situe au carrefour de la connaissance de la psychologie, de la sociologie, de la création et de l’art. La publicité change la vie non seulement de l’individu, de la collectivité et de la société toute entière. Il n’est que de comparer la grisaille de certaines villes de l’époque pré-marketing en Europe de l’Est avec les nôtres pour s’en convaincre. Dépêchez vous d’aller les voir. Cela change à une vitesse folle.
 
Le mécanisme semble parfait : des consommateurs libres de consommer en choisissant parmi une offre surabondante dans un monde de douceurs, de conforts et de plaisirs. Sauf que nous savons bien que les choses ne sont pas aussi simples. L’emploi du mot simple n’est pas un hasard. Vous avez un problème, il vous suffit d’acheter tel produit ou de recourir à tel spécialiste. C’est simple, il suffit d’acheter. Vous vous sentez un peu seul-e, simple, il suffit de consommer plus. Avec un impératif, il faut que ce soit tout de suite, comme un enfant qui veut tout tout de suite. Et ce n’est pas un hasard si les acteurs économiques jouent sur nos pulsions enfantines pour vendre et plus et plus cher.  
   
L’argument : vous le valez bien. Vous vous êtes d’accord bien sûr, surtout si c’est affiché en gros par exemple par le Ier producteur au monde de produits de beauté dont une des récentes campagnes mondiales disait « parce que je le vaux bien ». En plus la marque vous donne la parole, c’est dire que l’information se transmet de consommateur à consommateur, en créant un lien direct avec la marque.              
 
Déséquilibres
A raisonner seulement au niveau des acteurs économiques que sont le producteur, le distributeur et le consomm-acteur, on s’aperçoit que cette trilogie est fondée sur une inégalité de fait. Des entreprises font face à un individu dont l’individualité se perd dans un marché global. Il manque le lien de travail qui existe au sein des entreprises et des administrations et le lien social et culturel qui relie les citoyens entre eux. Remplacer ces liens –travail, culturel et social- par l’appartenance à un club d’usagers de marques montre le profond déséquilibre de notre société découpée en tranche de consommation. D’autant plus profond que la consomm-attitude équivaut à un formatage de facto des consommateurs appartenant à des clubs de marques et/ou des réseaux.
 
C’est vrai que le devoir d’une entreprise est de se développer. Elle est condamnée à s’adapter et ne peut pas rester à un niveau de développement « n » figé à un instant « t ». La concurrence change la donne tout le temps. Mes interventions commencent toujours par ces mots « Tout change, tout le temps, à tout moment, pour tous, mais pas de la même façon ». Le marketing et la publicité sont une donne acquise. La société ne reviendra pas en arrière. La question est alors de savoir ce qui peut changer au niveau des personnes.  
 
Pistes de réflexions
Comment pouvons-nous nous réconcilier avec nous mêmes en réduisant la taille du grand écart que nous faisons constamment entre ce que nous vivons, ce que nous faisons et ce que nous disons ? C’est un de nos objectifs essentiels pour les 20 ans et + qui viennent. Peut être une des pistes serait-elle de revoir la hiérarchie des besoins qui est un autre grand pilier de la théorie de base marketing. Celle-ci plus couramment appelée « la pyramide de Maslow » du nom du psychologue américain est encore enseignée sur les bancs des écoles ; elle montre un consommateur occidental très rationnel. Il segmente ses besoins d’une façon prioritaire selon qu’il s’agit d’assouvir des besoins vitaux physiologiques en 1, sécuritaires en 2, d’appartenance sociale en 3, d’estime de soi en 4 et de réalisation en 5. Cette théorie, qui date de 1940, le monde d’avant guerre, ne correspond plus à ce que nous pouvons voir chez nous et plus loin. 
 
Actuellement des instituts de sondage travaillent sur un nouveau concept qui permet d’affiner le concept du pouvoir d’achat, le vouloir d’achat. Ils expliquent grâce à ce concept notre perception de la hausse du coût de la vie lors du passage de l’euro. Les produits que nous désirons ont certes augmenté ; par contre ceux que nous achetons sans les désirer ont gardé un prix relativement stable. Et comme le coût de la vie est basée sur des éléments appartenant plutôt à la 2è catégorie… 

Ce nouveau concept va peut être permettre de travailler sur le concept de MANQUE et non plus de besoin qui est beaucoup trop général. Un manque généré par une société d’abondance pour certains pays, qui n’a rien à voir avec celui de 1940, dans un monde global caractérisé par un choc frontal entre ce manque/abondance et le manque/pénurie tellement énorme que nous ne le voyons pas.  Comment une société qui n’a jamais connu une telle richesse, comment des personnes qui peuvent pour 80% d’entre nous choisir leur vie, pour la Ière fois dans l’histoire de l’humanité, se sentent- elles aussi, autant en manque ? C’est vraiment une des questions fondamentales à laquelle il convient de réfléchir en ce début de 3ème millénaire.   

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Quand le monde du vin vient à vous, le Sixième Continent se découvre

22 Août 2007, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC00339.jpgC’est ce qui se passe quand vous vous connectez sur le site de Vins du Monde, une entreprise très qualitative de vins de domaine en provenance d’une trentaine de pays dans le monde : 14 pays hors Europe, de 15 pays  européens et d’une sélection de vins du Sixième Continent, les Vins des Iles. Vous pouvez aussi, si vous êtes professionnel du vin ou club de dégustation ou comités d’entreprise, recevoir le catalogue, avec un minimum de commande à 250 E. En ligne, le client particulier peut aussi acheter.   

 

La segmentation des vins se fait d’abord par continent, par pays (avec description du pays et carte localisant les vignobles), puis par ordre alphabétique du nom de domaine. Chaque domaine est décrit et pour chaque vin, est indiqué la couleur du vin, le cépage, et quand elles existent les appréciations et/ou notations des stars du vin que sont Eric Verdier, Hugh Johnson, Robert Parker, Stephen Tanzer, Wine Spectator, Vini d’Italia + Slow Food, James Halliday et John Platter. Et comme le dit Jancis Robinson : Vins du Monde, An exceptional importer of Non-French wines into France.

 

Le catalogue est certainement un de mes livres préférés de vin. En petit format, sur papier très qualitatif, chaque page présente en colonne la plus à droite ou la plus à gauche, selon qu’il s’agit de la page de droite ou de gauche,  l’histoire des domaines et/ou des vignerons, avec une photo du vigneron, du domaine ou du paysage. Dans les autres colonnes proches du centre du livre, on trouve  les vins avec leurs notes, étoiles ou autres distinctions, sans oublier l’étiquette du vin. Pour faciliter la découverte, VDM  a conçu un cœur de sélection comportant  31 vins de 21 pays à découvrir absolument.  Chaque vin est donc rattaché à son créateur, son lieu d'attache, ses caractéristiques et souvent son étiquette.
   

Pour animer l’été, l’équipe, réunie autour de Claude Gillois le sélectionneur et d’Elizabeth Gilois fondateur de l’entreprise, a sélectionné 10 vins en provenance de Chypre, de Majorque, de Santorin, d’Elbe, de Sicile, de Pantelleria, de Madère, de Tasmanie, de l’Ile Nord et Sud de la Nouvelle Zélande. A vous de découvrir des cépages rares, que je vous donne volontairement dans le désordre pour vous obliger à les assembler à l’Ile: Sercial, Bual, Malvoisie, Passiro des Pantelleria, Nero d’Avola, Aleatico, Assyrtiko, Le Callet…Ce sont eux qui forment ce sixième continent formé « d’îles volcaniques, méditerranéennes ou paradisiaques. Et on a bien besoin de ça en ce début d’automne ! 

Ma sélection à moi est basée sur deux critères très personnelles, la curiosité provoquée par certains habillages et le désir de découvrir le vin qui est derrière ces habillages: 

Aux EUAN (=USA)
- Heitz Cellar, un cabernet sauvignon de la Napa Valley   pour l'atmosphère qui se dégade du dessin, un homme regardant  un vin dans le chai près d'un tonneau, 
- le rouge et le blanc de Bonny Doon, avec un dessin d'une "Big House"
- "Le Cigare volant" toujours de Bonny Doon en assemblage Rhône
- un Pinot noir "Les Révélés , Ici/Là-Bas, Au Bon Climat" (Oregon), 

En République Indienne
- le Sauvignon blanc de Sula de Rajeeev Samant; j'ai raconté dans "Le vin aussi est affaire de femmes" comment Vins du Monde avait découvert le vigneron et le vin, en Afrique du Sud,
 
En Allemagne
- le Johannisberg Blaulack Eiswein, un Riesling en vin de glace,  pour le charme hors du temps qui se dégage de l'étiquette, 

En Espagne
- Pingus (Ribera des Duero) en assemblage Tempranillo, Cabernet Sauvignon, Merlot, pour l'assurance dégagée par la construction graphique de l'étiquette

En Italie
- la série animalière des Barolo-La Spinetta dans le Pièment sur des dessins de Dürer, le rhinocéros pour un Barbaresco Vursu Valeirano, le lion pour un barbaresco Vursu Starderi

En Ukraine
- en final, je choisirais sans  conteste un vin de Tsar -rien que ça- tellement la bouteille est belle: un Massandra Livadia , Cabernet Sauvignon, de la Côte Sud de Crimée. Le domaine a été créé en 1894 par Nicolas II près de la mer Noire.   

10 vins pour rêver. A chacun de se construire ses propres chemins du rêve.

 

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Quand la Série Noire vous offre une étude de marché

20 Août 2007, 16:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC09999.JPGSérie Noire, Alcools et vins, Gueuze et Choucroutas
C’est ce qui se passe quand Arlette Lauterbach et Patrick Raynal, déjà auteurs du Livre de cuisine de la série Noire , sortent cette fois-ci Le Livre des Alcools de la Série Noire. L’étude est certes un peu datée (2001). Mais c’est toujours intéressant d’étudier notre société sous un double prisme, les polars de la Série noire et les boissons emblématiques ensuite. 

-        Ier constat : le vin ne sort pas gagnant, on pouvait s’en douter. Mais sa place n’est pas négligeable du tout : 63 citations sur 320 (20%). Qui l’aurait cru ? Bon, c’est vrai que dans ce joli total, certains vins sont plus présents que d’autres, le Champagne d’abord : 15 fois sur 63. Ensuite les Côtes du Rhône 6 fois à égalité avec la Provence, Chablis 4 fois, Bourgogne 3 fois, Clairette de Die 3 fois, Bandol, Beaujolais, Monbazillac, Moselle et Muscat de Frontignan 2 fois, Bonnezeaux , Chinon 1 fois, comme le Pécharmant et le Pouilly Fumé.  Les seuls rosés cités sont ceux de Provence. Quelques autres vins sont présents, le Xérès (3fois), le Porto rouge et le Retsina de Grèce (2 fois), le Frascati aussi, le Barolo et le Fino (1 fois). 
-        2è constat : les boissons sans alcool sont cités 8 fois, ce qui est pas mal. 

 En bonne Alsacienne (je suis une Alsacienne au carré, Haut et Bas-Rhin. Qui dit mieux ?), je ne résiste pas à vous citer la plus horrible mixture dont j’ai trouvé la recette dans le bouquin. Elle n’a rien à voir avec les nobles boissons citées ci dessus : c’est une CHOUCROUTAS. Il est utile de vous préciser que je n’ai jamais entendu parler de ça en Alsace. Mais on ne prête qu’aux riches. La recette se situe en page 225 ; elle fait suite à un texte de présentation de la Gueuze de Belgique qui vous dissuades très clairement de goûter celle qui est aux fruits. C’est Didier Daeninck qui parle de la gueuze dans Le Géant Inachevé. Accrochez vous pour la choucroutas. 

Recette  de la choucroutas 
A boire le matin à jeun quand vous devez vous remettre les idées en place après une nuit courte et agitée :
- vous pressez le jus d’un citron bien mûr,  rien que ça, ça réveille les papilles, sans compter le grand frisson que vous avec eu dans le dos en plus,    
- vous ajoutez   dans l’ordre qui vous convient, du Fernet-Branca (c’est dur-dur en bouche, mais ça fait digérer, je sais j’ai goûté, j’en fait encore la grimace), encore de la gueuze (je ne sais trop pourquoi, peut être pour soigner le mal par le mal ?), 
- ensuite, alors là, préparez vous , car il vous faut 2 mesures de JUS de CHOUCROUTE. Je le demande bien fort : on fait comment pour avoir du jus de choucroute frais le matin au réveil quand on n’a pas les yeux en face des trous. Ca voudrait dire qu’on a toujours chez soi, un baril de choucroute prêt à l’emploi et que vous devez mixer très finement pour en extraire 2 mesures le matin à jeun, 
-        pour finir, il est recommandé de boire ça tiède. 

J’aimerais bien voir la tête de celui qui aura le courage d’essayer ça.        

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Anguille, Alligator & co

20 Août 2007, 14:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC02303.JPGSous ce titre volontairement sibyllin, se cachent des recettes de cuisine. J’aime bien aller chercher l’étrange près de chez moi. La 1ère vient d’une jolie petite ville des bords de Loire habitée par les pêcheurs et des fonctionnaires du roi, Ingrandes sur Loire à l’occasion du déroulement  d’une petite fête organisée pour les vacanciers d’août par les habitants du village le 18 août dernier. A cette occasion, l’association  organisatrice a remis  aux visiteurs une petite plaquette explicative et dedans, surprise, une recette d’anguille de Loire de « Grand-Mère Chauveau, femme de pêcheur de Loire et bistrotière ».

Une anguille est un poisson d’eau douce, dont le nom vient du latin « anguilla » petit serpent, pour vous mettre dans l’ambiance. C’est un redoutable chasseur nocturne vorace, qui fait peur quand on le voit et qui repousse encore plus quand on le touche. Petit, on l’aime sous forme de friture de civelle, plus grand  on le préfère souvent en matelote. Le petit Larousse cite une matelote d’anguille au vin blanc, en voici une recette au vin rouge.

Matelotte d’anguilles de Loire à l’Anjou rouge
Vous commencez par le plus difficile (à mon avis) : trouver des anguilles.

Vous leur enlevez la peau. C’est dur-dur, si j’en crois mes souvenirs d’enfance. Une anguille est une bestiole qui glisse d’autant plus facilement dans les mains qu’elle est la reine de la glisse par définition.  Il vous faut un grand couteau très coupant. Dommage que les cuisiniers et cuisinières n’aient pas de gant métallique protège- lame, comme les bouchers. Ca éviterait bien des désastres. Ame sensible s’abstenir de regarder. Mes frères, quand nous étions enfants, s’enfuyaient de la cuisine ; moi je regardais par curiosité, sans aller pourtant jusqu’à toucher la texture si grasse de ce poisson.

Vous les videz et les coupez en tronçons de 5/6cm de long. Bon, la préparation est terminée, coté poisson. Vient ensuite la phase de cuisson. 

Dans une cocotte, vous faites fondre un hachis d’oignon, d’échalote et d’ail dans 75gr de beurre ; d’un geste vif, vous faites glisser vous tronçons d’anguille dedans et renforcez le feu pour les saisir.

Ensuite vient le 2ème temps forts de l’opération (le Ier était le dépouillage): vous ajoutez alors un verre de marc dessus et vous flambez le tout. Faites attention à vos cheveux. Que d’émotions quand vous voyez les flammes. Rassurez vous aussi sur la teneur en alcool. Le feu brûle tout, reste un arôme bien particulier qui imprègne bien la chair.

Arrive la phase du mijotage sur des sarments de vigne pendant 2 heures après avoir mouillé la préparation avec  un Anjou rouge. Je sais, que c’est long. A mon avis, vous pouvez remplacer le feu de sarments de vigne (pour le fumet) par un feu de bois dans votre cheminée ou par une cuisson sur votre gazinière préférée (30mn). Ca mérite aussi peut être une grande soirée barbecue, en commençant avant bien entendu.

Et pour finir, comme vous êtes prévoyant, vous avez pris la précaution de garder suffisamment d’Anjou rouge, vous servez la matelote avec le vin. Toujours dans l’idée que vous buvez le vin du lieu d’où vient la recette. 

Autre solution, trouvez un restaurant qui a l’anguille à sa carte. Vous pourrez ainsi comparer les anguilles de Loire avec celles de Brière, du Lac de Grandlieu ou du Poitou. Vous avez le choix.

Queue d’alligator sauce piquante

L'alligator est plus connu en France sous le nom de crocodile, un sacré nettoyeur de rivière qui engloutit tout ce qui passe à porter de sa grande gueule et des ses dents acérées. Il fait froid dans le dos, même si on l'adore quand il se présente en sac à main ou en portefeuille. voila une bonne occasion  de lui rendre la monnaie de sa pièce. Les aventuriers, à vous de goûter.   

Encore une trouvaille d’eau mais cette fois-ci en provenance de Louisiane. C’est l’auteur de roman policier Chester Himes, dans Tout pour plaire, un polar de la Série Noire,  qui fait mention de cette recette de Caroline du Sud. J’avoue, que ce n’est pas facile de trouver de la viande de crocodile en France. Il y a bien une ferme de crocodile à Bollène mais qui ne fait pas de vente de viande. Son objectif est pédagogique, comme vient de me le signaler un des responsables. 

Pour connaître le détail de la recette, il vous faut lire en page 243 du Livre de cuisine de la série noire d’Arlette Lauterbach et Alain Raybaud paru chez Gallimard bien entendu. Ce que j’ai retenu de la recette c’est que vous faites cuire ça 1 heure environ en cocotte à feu doux, comme un rôti de veau après avoir fait blanchir la viande 5mn à l’eau bouillante. Avis aux amateurs. L’auteur accompagne ça de riz à manger et de bière ou de rhum à boire. Du genre nourrissant.

 

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Styles de vie, patchwork d'été

17 Août 2007, 10:21am

Publié par Elisabeth Poulain

DSC03644.jpgStyles de vie, patchwork d’été

La vie est dure l’été, surtout pour ceux qui reviennent de vacances. Ce grand chamboulement estival de nos habitudes fragilise notre organisme et nous ramène en triste état à la maison. J’exagère un peu, beaucoup même. Mais bon, où serait le plaisir de se plaindre sinon ? Alors ce patchwork ? Rien de tel que de vous décrire les emblèmes de mes vacances. 


La couleur de l’été

J’hésite. Le rosé, certainement à cause du Rosé de Chinon et de tous les autres rosés que j’ai goûtés depuis pour me former et arriver à faire la différence. Je vous en parlerai une autre fois. Sinon, je ne vais sûrement pas réussir à aller jusqu’au bout. En tout cas pour le rose du rosé, j’en veux un punchy et pas un rose fillette.  Ensuite à coup sûr, le vert. Tout est vert quand vous descendez dans le sud et à cette époque ci de l’année, franchement ça étonne. A halluciner. On était au printemps. L’été, quoi l’été ? Oui un été vert, avec un brin d’orange. Vous saurez pourquoi tout à l’heure.  

Le produit de l’été

Le lait solaire. J’ai pu analyser le pouvoir d’une bonne communication de marque et des informations portées sur la bouteille. Pourtant, elle n’avait rien de bien folichon, cette bouteille. J’ai compté le nombre de promesses portées sur le flacon. Je suis arrivée au score de 21 allégations. Comment voulez vous que nous puissions résister, même quand on est comme moi assez bon connaisseur ? Ca me rappelle la réflexion d’étudiants tchèques, garçons et filles, qui me disaient : « Mais nous, ce que nous voulons, c’est d’avoir aussi accès à la consommation. Nous aussi, on veut avoir le choix, comme vous ». Et, oui.  

Le chiffre de l’été

Ah, ah vous ne savez pas ? Vous donnez votre langue au chat. Je vais vous le dire. C’est le 5.Pas à cause de Chanel. Et pourquoi alors? Parce qu’il a fallu plusieurs années aux grandes marques de jus de fruits + légumes pour sortir en mini-format  les fameux cinq fruits et légumes quotidiens indispensables à notre bon fonctionnement interne, selon la pub de l’UE. Maintenant plus de souci pour acheter, stocker, préparer et boire ou manger, selon les cas, ces sources de minéraux et de vitamines. Comptez 20 unités/jour pour une famille type. Vous voyez le travail. Une petite bouteille et hop, vous voilà lesté pour 24 h. C’est-y-pas beau ça ? J’imagine l’arrivée en même temps dans mon estomac d’une pêche, d’une ou deux pommes, une banane, une ou plus carotte selon la taille et d’une portion de potiron. Je commence à me sentir mal. Et avec ça, on dit aux gens de maigrir. Horreur.  

La boisson de l’été

Je ne vais pas développer. Tout le monde sait que c’est le rosé. Au point que vous voyez des linéaires entiers rien que pour le rosé. Ca interpelle surtout quand vous vous apercevez que le rosé devient pour le vigneron non plus un produit complémentaire de sa gamme mais LE produit phare. Un vrai renversement de tendances. La seconde réflexion quand on est dans le sud, c’est de s’apercevoir que toutes les régions font du rosé et que la concurrence est terrible. 
 

La fleur de l’été

J’hésite entre la rose rose, mauve ou orangée ou un coquelicot. J’en ai vu un champ entier.  Coquelicot est très bien, parce qu’en plus on ne peut pas en faire un bouquet . Voir un  champ entier de coquelicots est un plaisir rare. Question : les escargots aiment-ils les coquelicots ? A mon avis non, par contre les coquelicots n’aiment pas les herbicides. Ca, c’est sûr.  
 

L’habitat de l’été

C’est sans conteste une Airstream, c’est à dire LA caravane des années 60 garantie à vie par l’entreprise américaine et qui est maintenant connue en France parce qu’elle sert de plus en plus de décor à la publicité. Toute ronde, en alu, avec un design fantastique. Vous pouvez louer une caravane et passer une semaine près de Mirepoix au Camping de Belrepayre à 463 mètres d’altitude. Vous y ferez la connaissance de Perry et de Coline qui viennent d’organiser le Ier European Airstream Meeting, placé sous la couleur orange des années 70. Inutile de dire qu’on y parle au moins 3 langues, l’anglo-américain, le français et celle des passionnés et des collectionneurs. Actuellement, il y a une Bambi à vendre des années 70 à  13 000 E, dans l’état d’origine à l’intérieur. Il y a quand même un peu-beaucoup de boulot. Un collectionneur est d’abord aussi un bricoleur adroit de ses mains  et qui ne compte pas son temps. C’est aussi un homme (dans la quasi-totalité des cas) chaleureux et qui crée autour de lui une ambiance sympa.   

Les chaussures de l’été

Les tongs, mais attention pas n’importe lesquelles, les Havanas en provenance du Brésil, leur pays de re-naissance depuis quelques années maintenant. On les trouve là-bas pour 0,5 dollar . Chez nous, cela dépend de qui en fait le promotion. Comptez plutôt  en plusieurs dizaines d’euros. La mode des tongs est tellement forte qu’elle se niche aussi maintenant autour du cou.  Vous pouvez acheter chez votre bijoutier préféré une tong en or avec diamant à porter autour du cou. Précision utile : il n'y en a qu'une seule, elle est toute petite et elle coûte 700 E ! Bon, quand on aime…
  

L’émission de radio

Celle de Jean Pierre Coffe, sans concurrence. Cet acteur-communicateur-découvreur-jardinier-cuisinier vous fait découvrir les légumes et les viandes de l’été sur France-Inter. La courgette a un été un grand moment. Il en faut du talent pour nous faire rire avec ce légume qui n’a d’autre goût que celui que vous lui donnez. Le canard lui a arraché ce message sybillin « beurrez le moule » qui va bientôt faire école et valoir mot de code, comme « Ici Londres » en son temps. J’exagère.  
 

Le bijou de l’été

C’est une montre. Alors pourquoi dire que c’est un bijou ? Regardez bien les pubs pour homme. Les pauvres ont si peu de pub. Tout le monde sait qu’il est très difficile de leur faire un cadeau. Preuve en est faite par la pub : pour eux, en dehors de la voiture (un peu cher quand même), des cigares, des parfums (pas beaucoup), de vêtements griffés, que reste-t-il ? La montre. Alors moi, j’ai choisi, pour les femmes qui n’aiment pas ou peu les bijoux, une montre aussi. C’est une Hermès Cape Cod, au design fort et « intemporel » comme Cape Cod au Massachussets, là où la famille Kennedy a sa maison familiale d'été, une de ses maisons. C'est très chic.   


L’animal de l’été

J’ai le choix entre deux bestioles qui n’ont rien de joyeux : l’une est sans pattes et pourtant arrive à faire des mètres et des mètres pour boulotter mes petites plantes adorées, l’autre est un 4 pattes poilus à longue queue, le plus proche de l’homme depuis l’aube des temps. J’ai nommé le rat en second et l’escargot en Ier. Pourquoi le rat ; à cause de Ratatouille, pas celle de Coffe, celle qui vient de sortir en dessin animé. C’est vrai que j’ai ri et pourtant malgré tout, il me reste quand même une gêne certaine de voir Paris à travers les yeux d’un rat. Ca me ramène à 1968 quand il fallait slalomer entre les ordures devant les restos pour pouvoir avancer. Décidément et malgré mon peu d’attachement pour les gastéropodes de tout genre, l’animal de l’été, c’est l’escargot.

Les  livres de l'été
Il y en a tellement qu'il vous faudra attendre 1 que je les ai lus et 2 que j'ai le temps de vous en parler.  

Bon retour!

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Pour le rosé de Chinon, hip hip hourra

20 Juillet 2007, 15:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

25-1-sb.40x60.20.jpgLa vie en rose (retrouvez la suite sur le site du chinon rosé)

 

 

Eli avait pris les choses en main. Pour bien déguster le Rosé de Chinon, il faut jouer le jeu à fond, respirer l’air de Chinon, avec le château en face de soi, en mangeant des bonnes choses de Chinon, en un mot profiter d’une belle journée pour faire un pic nic face au château de l’autre coté de la Vienne, à Chinon même. C’est toujours l’idée que le vin est meilleur quand on le boit là où il est fait, là où le raisin a mûri sous le soleil, ce raisin ce soleil de Chinon, près de chez le vigneron. En plus, il fallait que chacun ait quelque chose de rose sur lui et acheter rose à Chinon. Nous voilà donc mercredi dernier au soleil, sur l’herbe à préparer le pique-nique, avec une nappe rose, des assiettes roses et des plats roses.   
Ca a été impressionnant. Dans quel sens, à vous de juger.  Seuls le riz rose et les carottes roses avaient été apportés, tout le reste est venu de Chinon même. Isi, elle, s’est chargée du vin, du Rosé de Pierre et Bertrand Couly de Saint Louand. C’est juste en arrivant sur Chinon, à flan de coteaux, en arrivant d’Angers. Dès que vous arrivez là, vous savez que le lieu est bien choisi. Moi j’ai apporté la nappe et je me suis chargée de chercher le bouquet de fleurs chez la fleuriste. Un repas sans fleurs, c’est comme un repas d’été sans un Chinon rosé. Sam s’est occupé du dessert, il a acheté de la tarte vigneron près de chez la fleuriste près du pont. Il en a pris 2 portions par personne au cas où ; il a bien fait. Un délice qui m’a fait saliver les papilles, une tarte aux pommes fondues cuites au vin (de Chinon, bien évidemment) avec une pâte très très fine. Je ne peux pas vous en dire plus. La recette est secrète. Et c’est à cause des garçons et de la tarte que les choses ont dérapées. 

Pour se rendre utile, ils ont entrepris  de placer les tartes sur des assiettes et ça n’a pas manqué. Un morceau est tombé sur l’herbe tendre. Le laisser aux fourmis, que nenni. Ils se l’ont partagé en douce. Nous les filles on a crié au scandale. Et exigé aussi une part. C’est vrai qu’on avait faim. Mais on ne pouvait pas trop commencer.  Certains étaient repartis en ville acheter de quoi faire des sandwichs avec des petites salades. Et Eli  a proposé d’ouvrir une bouteille du Rosé de Pierre et Bertrand pour nous faire patienter. Jacqueline avait trouvé des framboises avec une crème fraîche légère et des mise en bouche colorées à base de légumes d’été, avec des petits pains briochés. Un délice. 

Comme on avait commencé à l’envers, cela ne nous a pas trop gêné de continuer avec du foie gras. Ce n’est quand même pas un péché. C’était juste pour goûter, en attendant les autres, un peu de rosé, une framboise, un radis… Hum, une lumière magnifique, claire, avec un soleil étincelant et pourtant pas écrasant ; un rosé limpide d’une couleur rose saumoné et une grande richesse en bouche avec de la fraîcheur. D’ailleurs on voyait les très petites bulles au fond du verre. Parce qu’on avait fait ça bien, Isi  avait apporté des verres de dégustation. Un peu de rosé, des blagues sur ceux qui avaient du se perdre dans les rues de Chinon, le plaisir d’être ensemble, de manger comme des enfants, en commençant par le sucré, et en mélangeant les couleurs, les saveurs,  les petits légumes, les petits pains, deux grains de riz rosi (au jus de betterave) avec quelques bâtonnets de carottes, un peu de foie gras, tout en regardant les touristes anglais à coté de nous, que nous faisions rire. Des fous de Français qui jouaient pour leur plaisir la vie en rose. 

Heureusement que les autres sont arrivés à temps avec leur jambon acheté chez M. Gitton et le saumon chez  M. Marquet. Ils ont tout juste réussi à avoir les plus petites parts de tarte, quelques framboises et chacun un seul petit verre de rosé. Alors là, ils ont vraiment râlé. Evidemment qu’il n’y en avait plus assez pour eux, qui se sont auto-désignés comme les Sacrifiés du Chinon Rosé. Ils ont alors décidé que puisque c’était comme ça, un des Pirates du Chinon Rosé, comme ils ont osé nous appeler, devait aller leur acheter Deux autres bouteilles du Rosé de Pierre et Bertrand Couly. Devinez sur qui le sort est tombé. Gagné. Sur Eli évidemment. Elle aurait quand même pu prévoir un peu plus large. Un rosé de Chinon, quand même. Et pour lui faire plaisir, un des sacrifiés provisoires, lui a offert  une rose qu’il a extraite du bouquet de Mini Eden roses et blanches acheté chez un fleuriste à Chinon. C’est pas joli ça ?! 

Alors voilà, comme on est passé d’un simple pic nic en une après midi entière passée à Chinon, les uns à manger et à goûter pendant que les autres achetaient et ensuite les autres à manger et goûter et nous à continuer à blaguer. Mais eux ont pu manger et goûter dans l’ordre, d’une façon plus sage. Le verdict a été le même dans les deux cas. Chinon, c’est quelque chose, et le rosé une bien belle idée pour un jour d’été. On s’est même dit qu’il fallait inventer un nouveau concept de repas la prochaine fois en septembre peut être: chacun apporter un rosé différent de Chinon avec un plat prêt à manger et faire un repas avec les différents styles de rosés. Ca se corse. Et dire que ça avait commencé à Bruxelles quand Sam avait trouvé du Chinon rosé;

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Quand la Loire vinicole annexe Cahors...

14 Juillet 2007, 08:01am

Publié par Elisabeth Poulain

 …et ses AOC se la jouent Bordeaux, Bourgogne

 

C’est ce que le lecteur découvre en page 91 de Chez vous en France, Mille et une clés pour faciliter la vie publié par La documentation française par Geneviève Brame. Cet ouvrage fait suite à une étude précédente présentant notre pays aux Anglo-Saxons Living & Working in France. Il en résulte une impression étrange et intéressante qui est de montrer la France à des étrangers qui seraient des Français. Ou le contraire mais en tout cas bizarre et en matière de vin, plutôt propre à fantasmer.

Le vin occupe plusieurs pages  du chapitre Quelques traits culturels plus spécialement dans la section Art de vivre…et bon vivant. La vision du vin  commence par distinguer les grands crus des petits vins, puis présentent le Champagne et Bordeaux (les grands crus ?) ; arrive ensuite  la Loire citée en Ier  (les petits vins ?) dont les vins se confondent avec leur ville : Saumur, Chinon, Cahors…Je savais bien qu’on ne prête qu’aux riches mais quand même. Les vignerons de Cahors vont en avoir un choc. Cette poussée vers le sud est peut être déjà en accéléré un effet du réchauffement climatique. Et puis nous les Angevins, les Nantais et les Gens du Centre, on fait quoi ? Remarquez qu’il n’y a pas à être jaloux des Alsaciens. Pour eux, il est seulement indiqué que ce sont surtout les blancs, sans commentaire. 

Et puis pour moi qui défends toujours le bon, le vrai marketing, il y a mieux puisque le territoire  du marketing  arrive à annexer le concept même de l’AOC. Personne n’avait osé aller jusque là, même pas les wine-makers des Nouveaux Pays Producteurs de vin. L’AOC en effet y est définie comme se rattachant à une région déterminée avec, entre parenthèses, la précision suivante (vin griffé, cru classé, cru bourgeois…). On voit déjà les plus qualitatives de nos 68 appellations avoir des crus. Là on devient carrément le challenger de Bordeaux et de la Bourgogne. La Loire annexant Bordeaux. On peut rêver. On est déjà à Cahors. 

Quant à la griffe, elle est un synonyme de marque. C’est un terme utilisé dans la Haute Couture par exemple, en tout cas dans le monde du luxe. En matière de vin, ça étonne. Aucun des 250 vignerons, coopérateurs ou négociants que j’ai rencontrés ces dernières années pour ma recherche sur l'habillage de la bouteille de vin  n’a jamais utilisé ce mot. Après des recherches rapides, j’ai trouvé, 1ère pépite, du vin griffé de Disneyland en vin de pays de la France vendu au prix  de 15 E en merlot rouge ou sauvignon blanc. Ce ne sont pas des AOC mais des vins de cépage. J’ai aussi trouvé un vin griffé du parfumeur Azarro. Là, ça passe mieux. Ca fait vraiment plus chic  que du vin de marque, qui fait plus penser au vin sous marque distributeur.  J’imagine déjà une patte de panthère, dont les griffes déchirent le papier d’une étiquette de vin. Ah, question : quel vin de Loire pourrait supporter ce traitement ? Rouge forcément, peut être du Cabernet sauvignon ou du Côt.  

Ceci dit en page suivante de Chez vous en France, on retrouve notre bon vieux French paradox sous une forme nouvelle : le Français chaque année consomme 23 kg de fromage qu’il associe  au vin, plus 2 litres de champagne et 100 litres d’eau. C’est vrai qu’il est le plus gros buveur d’eau au monde mais là aussi la moyenne baisse, au moins pour l’eau minérale.  Les Américains sont en train de redécouvrir l’eau en carafe servie au restaurant. Cette fois-ci pour cause de  développement durable. La meilleure façon d’alléger les déchets et emballages, c’est de ne pas en avoir. Pour la quantité de vin qui accompagne le fromage, ce n’est pas dit et je sèche. Si quelqu’un a l’info, je suis preneur.

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Sam le vigneron à Bruxelles et les vins de Loire

12 Juillet 2007, 13:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC02300.JPGChez Delhaize et Filigranes, oui, il y a du Chinon rosé

Un vrai professionnel profite de toutes de les opportunités pour augmenter son capital de connaissances du marché du vin. A force d’entendre parler de l’amour des Belges   pour les vins de France  - ils sont même d’excellents connaisseurs et de fins dégustateurs- Sam  a décidé de faire un (grand) voyage. Le premier jusqu’à Paris. A Angers, il s’est demandé ce que faisait tous ces gens à prendre le train. Il lui a fallu quand même reconnaître que c’était normal un jour de départ en vacances. L’épreuve du métro ensuite. Pour qui est habitué au grand air angevin des coteaux du Layon, c’est vrai que c’est dur-dur. Plaignez le. Puis l’arrivée en Gare du Nord, avec du monde dans tous les sens. Impossible de marcher droit dans ce coin et ce n’est pas pour cause d’un excès de bière belge. Le Thalys et l’arrivée à Bruxelles. Ouf. Un peu de calme après cette épreuve initiatrice. Il faut vous dire que Sam voulait, en vrai vigneron, prendre sa voiture. Pourquoi ? Parce que ça permet de faire goûter son vin en Belgique et d’en rapporter de là-bas. On ne peut quand même pas tout goûter sur place. Mais développement durable oblige.

A Bruxelles, Sam avait des tas de copains et de copines à voir. Forcément, il est sympa. Il s’est proposé pour faire les courses. Et c’est ainsi que samedi matin, il s’est retrouvé chez Delhaize, la grande surface belge qui est un gros acheteur de vins français sous nom de domaine et également en vrac, vendu sous marque éponyme. Le Delhaize d’Ixelles a un coin vins qui fait plaisir à voir, en retrait du reste du magasin, avec des linéaires bas où le vin est stocké horizontalement   dans des casiers qui le mettent à l’abri de la lumière adoucie et une bouteille témoin à hauteur des yeux. Les vins de Loire sont en bonne place à quatre endroits différents, les blancs (au meilleur endroit, on tombe dessus en arrivant), les rouges et rosés (de l’autre coté du présentoir), le bio (difficile à trouver) et en petits contenants en dehors du rayon (avant la sortie). 

Blancs (21 références)

Les vins de domaine sont le mieux mis en valeur ;  ce sont aussi les plus chers. 

Domaine & co, dans l’ordre de présentation de gauche à droite et de haut en bas :

- Savennières, Château de la Bizolière, 7,89 E

- Anjou blanc, Do de Fesles, 4,94

- Sancerre, Millet, 10,30

- Menetou-Salon, Millet, 9,29

- Pouilly Fumé, Millet, 6,39

- Sancerre, Henry Natter, 10,80

- Haut Poitou Sauvignon, 3,79

- Saumur, Soliterre, Thierry Germain, 11,90

- Muscadet Sèvre et Maine, L’Aubinière, La Noëlle, 4,59

- Bonnezeaux, Château de Fesles, à un autre endroit

 

Delhaize, placés plutôt vers le bas, sauf le Ier perdu dans les vins de domaine :

Cheverny, 4,39, Muscadet Sèvre et Maine sur lie, 2,99, Saumur Blanc, 2,99, Vouvray, 4,49, Sancerre, 8,49, Reuilly, 6,79, Quincy, 6,69, Sauvignon de Touraine, 2,99, Montlouis moelleux, 3,69, Anjou 2,99, Muscadet, 2,59. 

Rouges et Rosés (4 références)

Domaine & co : Cabernet de Saumur, Vignerons de Saumur, 3,19

Delhaize : Chinon rosé, 3,99, Cabernet d’Anjou, 3,19,  Rosé d’Anjou, 2,79

Bios : Bourgueil, Do Les Roches Brunes,  Biovidis

Petits Contenants 25 cl : Muscadet Sèvre et Maine, 0,99, Chardonnay, 0,98

Et aussi en partant, un vin qui n’est pas un vin, tout en étant vinifié par un œnologue français réputé, qu’on a pas le droit de faire en France mais que je vous engage à goûter absolument, les vins de fruit de Roisin. C’est le nom du domaine quia pris le nom de la petite ville belge. Pour l’instant je n’ai dégusté que le vin de coing (10,50 les 50cl). C’est vraiment quelque chose à découvrir. La prochaine fois, j’essaie le vin de cerises. Roisin est située entre  Bruxelles et la frontière française, en diagonale vers l’ouest (www.lesvinsderoisin.be). Ils recherchent un responsable export.  Information à transmettre aux jeunes diplômés qui n’ont pas peur de bouger. Le poste est très précisément détaillé.

Dimanche matin, Sam se l’est joué yuppie. Avec sa petite bande, il a pris un brunch chez Filigranes, la librairie  de Marc Filipson, rue des Arts, sur la Petite Ceinture. Elle est ouverte 7 jours sur 7 et est un plaisir pour les amoureux des livres. On peut aussi y manger et aussi y acheter son vin. Parce qu’il faut comprendre qu’acheter des livres sur le vin, c’est bien, et qu’acheter en même temps des bouteilles de vin renforce le plaisir. Les vins de Loire sont au nombre de 6 :

- Blancs : Chenin blanc  de Valentin Fleur (4,22E), Pouilly Fumé de Michel Redde (12,27), Sancerre blanc du Clos Paradis de Fouassier (13,18).

- Rouges/Rosés : Touraine de Deletang (6,47), Chinon rosé Les Chatellières de Couly Dutheil (8,38), Saumur Champigny du Domaine des Coutures (9,45). 

Le point commun aux deux gammes, le Chinon rosé ! Ca tombe bien au moment où le syndicat des vins de Chinon (Jean Max Manceau, président) lance une jolie opération de mise en lumière du Chinon rosé.

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