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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Quand le monde du vin vient à vous, le Sixième Continent se découvre

22 Août 2007, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC00339.jpgC’est ce qui se passe quand vous vous connectez sur le site de Vins du Monde, une entreprise très qualitative de vins de domaine en provenance d’une trentaine de pays dans le monde : 14 pays hors Europe, de 15 pays  européens et d’une sélection de vins du Sixième Continent, les Vins des Iles. Vous pouvez aussi, si vous êtes professionnel du vin ou club de dégustation ou comités d’entreprise, recevoir le catalogue, avec un minimum de commande à 250 E. En ligne, le client particulier peut aussi acheter.   

 

La segmentation des vins se fait d’abord par continent, par pays (avec description du pays et carte localisant les vignobles), puis par ordre alphabétique du nom de domaine. Chaque domaine est décrit et pour chaque vin, est indiqué la couleur du vin, le cépage, et quand elles existent les appréciations et/ou notations des stars du vin que sont Eric Verdier, Hugh Johnson, Robert Parker, Stephen Tanzer, Wine Spectator, Vini d’Italia + Slow Food, James Halliday et John Platter. Et comme le dit Jancis Robinson : Vins du Monde, An exceptional importer of Non-French wines into France.

 

Le catalogue est certainement un de mes livres préférés de vin. En petit format, sur papier très qualitatif, chaque page présente en colonne la plus à droite ou la plus à gauche, selon qu’il s’agit de la page de droite ou de gauche,  l’histoire des domaines et/ou des vignerons, avec une photo du vigneron, du domaine ou du paysage. Dans les autres colonnes proches du centre du livre, on trouve  les vins avec leurs notes, étoiles ou autres distinctions, sans oublier l’étiquette du vin. Pour faciliter la découverte, VDM  a conçu un cœur de sélection comportant  31 vins de 21 pays à découvrir absolument.  Chaque vin est donc rattaché à son créateur, son lieu d'attache, ses caractéristiques et souvent son étiquette.
   

Pour animer l’été, l’équipe, réunie autour de Claude Gillois le sélectionneur et d’Elizabeth Gilois fondateur de l’entreprise, a sélectionné 10 vins en provenance de Chypre, de Majorque, de Santorin, d’Elbe, de Sicile, de Pantelleria, de Madère, de Tasmanie, de l’Ile Nord et Sud de la Nouvelle Zélande. A vous de découvrir des cépages rares, que je vous donne volontairement dans le désordre pour vous obliger à les assembler à l’Ile: Sercial, Bual, Malvoisie, Passiro des Pantelleria, Nero d’Avola, Aleatico, Assyrtiko, Le Callet…Ce sont eux qui forment ce sixième continent formé « d’îles volcaniques, méditerranéennes ou paradisiaques. Et on a bien besoin de ça en ce début d’automne ! 

Ma sélection à moi est basée sur deux critères très personnelles, la curiosité provoquée par certains habillages et le désir de découvrir le vin qui est derrière ces habillages: 

Aux EUAN (=USA)
- Heitz Cellar, un cabernet sauvignon de la Napa Valley   pour l'atmosphère qui se dégade du dessin, un homme regardant  un vin dans le chai près d'un tonneau, 
- le rouge et le blanc de Bonny Doon, avec un dessin d'une "Big House"
- "Le Cigare volant" toujours de Bonny Doon en assemblage Rhône
- un Pinot noir "Les Révélés , Ici/Là-Bas, Au Bon Climat" (Oregon), 

En République Indienne
- le Sauvignon blanc de Sula de Rajeeev Samant; j'ai raconté dans "Le vin aussi est affaire de femmes" comment Vins du Monde avait découvert le vigneron et le vin, en Afrique du Sud,
 
En Allemagne
- le Johannisberg Blaulack Eiswein, un Riesling en vin de glace,  pour le charme hors du temps qui se dégage de l'étiquette, 

En Espagne
- Pingus (Ribera des Duero) en assemblage Tempranillo, Cabernet Sauvignon, Merlot, pour l'assurance dégagée par la construction graphique de l'étiquette

En Italie
- la série animalière des Barolo-La Spinetta dans le Pièment sur des dessins de Dürer, le rhinocéros pour un Barbaresco Vursu Valeirano, le lion pour un barbaresco Vursu Starderi

En Ukraine
- en final, je choisirais sans  conteste un vin de Tsar -rien que ça- tellement la bouteille est belle: un Massandra Livadia , Cabernet Sauvignon, de la Côte Sud de Crimée. Le domaine a été créé en 1894 par Nicolas II près de la mer Noire.   

10 vins pour rêver. A chacun de se construire ses propres chemins du rêve.

 

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Quand la Série Noire vous offre une étude de marché

20 Août 2007, 16:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC09999.JPGSérie Noire, Alcools et vins, Gueuze et Choucroutas
C’est ce qui se passe quand Arlette Lauterbach et Patrick Raynal, déjà auteurs du Livre de cuisine de la série Noire , sortent cette fois-ci Le Livre des Alcools de la Série Noire. L’étude est certes un peu datée (2001). Mais c’est toujours intéressant d’étudier notre société sous un double prisme, les polars de la Série noire et les boissons emblématiques ensuite. 

-        Ier constat : le vin ne sort pas gagnant, on pouvait s’en douter. Mais sa place n’est pas négligeable du tout : 63 citations sur 320 (20%). Qui l’aurait cru ? Bon, c’est vrai que dans ce joli total, certains vins sont plus présents que d’autres, le Champagne d’abord : 15 fois sur 63. Ensuite les Côtes du Rhône 6 fois à égalité avec la Provence, Chablis 4 fois, Bourgogne 3 fois, Clairette de Die 3 fois, Bandol, Beaujolais, Monbazillac, Moselle et Muscat de Frontignan 2 fois, Bonnezeaux , Chinon 1 fois, comme le Pécharmant et le Pouilly Fumé.  Les seuls rosés cités sont ceux de Provence. Quelques autres vins sont présents, le Xérès (3fois), le Porto rouge et le Retsina de Grèce (2 fois), le Frascati aussi, le Barolo et le Fino (1 fois). 
-        2è constat : les boissons sans alcool sont cités 8 fois, ce qui est pas mal. 

 En bonne Alsacienne (je suis une Alsacienne au carré, Haut et Bas-Rhin. Qui dit mieux ?), je ne résiste pas à vous citer la plus horrible mixture dont j’ai trouvé la recette dans le bouquin. Elle n’a rien à voir avec les nobles boissons citées ci dessus : c’est une CHOUCROUTAS. Il est utile de vous préciser que je n’ai jamais entendu parler de ça en Alsace. Mais on ne prête qu’aux riches. La recette se situe en page 225 ; elle fait suite à un texte de présentation de la Gueuze de Belgique qui vous dissuades très clairement de goûter celle qui est aux fruits. C’est Didier Daeninck qui parle de la gueuze dans Le Géant Inachevé. Accrochez vous pour la choucroutas. 

Recette  de la choucroutas 
A boire le matin à jeun quand vous devez vous remettre les idées en place après une nuit courte et agitée :
- vous pressez le jus d’un citron bien mûr,  rien que ça, ça réveille les papilles, sans compter le grand frisson que vous avec eu dans le dos en plus,    
- vous ajoutez   dans l’ordre qui vous convient, du Fernet-Branca (c’est dur-dur en bouche, mais ça fait digérer, je sais j’ai goûté, j’en fait encore la grimace), encore de la gueuze (je ne sais trop pourquoi, peut être pour soigner le mal par le mal ?), 
- ensuite, alors là, préparez vous , car il vous faut 2 mesures de JUS de CHOUCROUTE. Je le demande bien fort : on fait comment pour avoir du jus de choucroute frais le matin au réveil quand on n’a pas les yeux en face des trous. Ca voudrait dire qu’on a toujours chez soi, un baril de choucroute prêt à l’emploi et que vous devez mixer très finement pour en extraire 2 mesures le matin à jeun, 
-        pour finir, il est recommandé de boire ça tiède. 

J’aimerais bien voir la tête de celui qui aura le courage d’essayer ça.        

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Anguille, Alligator & co

20 Août 2007, 14:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC02303.JPGSous ce titre volontairement sibyllin, se cachent des recettes de cuisine. J’aime bien aller chercher l’étrange près de chez moi. La 1ère vient d’une jolie petite ville des bords de Loire habitée par les pêcheurs et des fonctionnaires du roi, Ingrandes sur Loire à l’occasion du déroulement  d’une petite fête organisée pour les vacanciers d’août par les habitants du village le 18 août dernier. A cette occasion, l’association  organisatrice a remis  aux visiteurs une petite plaquette explicative et dedans, surprise, une recette d’anguille de Loire de « Grand-Mère Chauveau, femme de pêcheur de Loire et bistrotière ».

Une anguille est un poisson d’eau douce, dont le nom vient du latin « anguilla » petit serpent, pour vous mettre dans l’ambiance. C’est un redoutable chasseur nocturne vorace, qui fait peur quand on le voit et qui repousse encore plus quand on le touche. Petit, on l’aime sous forme de friture de civelle, plus grand  on le préfère souvent en matelote. Le petit Larousse cite une matelote d’anguille au vin blanc, en voici une recette au vin rouge.

Matelotte d’anguilles de Loire à l’Anjou rouge
Vous commencez par le plus difficile (à mon avis) : trouver des anguilles.

Vous leur enlevez la peau. C’est dur-dur, si j’en crois mes souvenirs d’enfance. Une anguille est une bestiole qui glisse d’autant plus facilement dans les mains qu’elle est la reine de la glisse par définition.  Il vous faut un grand couteau très coupant. Dommage que les cuisiniers et cuisinières n’aient pas de gant métallique protège- lame, comme les bouchers. Ca éviterait bien des désastres. Ame sensible s’abstenir de regarder. Mes frères, quand nous étions enfants, s’enfuyaient de la cuisine ; moi je regardais par curiosité, sans aller pourtant jusqu’à toucher la texture si grasse de ce poisson.

Vous les videz et les coupez en tronçons de 5/6cm de long. Bon, la préparation est terminée, coté poisson. Vient ensuite la phase de cuisson. 

Dans une cocotte, vous faites fondre un hachis d’oignon, d’échalote et d’ail dans 75gr de beurre ; d’un geste vif, vous faites glisser vous tronçons d’anguille dedans et renforcez le feu pour les saisir.

Ensuite vient le 2ème temps forts de l’opération (le Ier était le dépouillage): vous ajoutez alors un verre de marc dessus et vous flambez le tout. Faites attention à vos cheveux. Que d’émotions quand vous voyez les flammes. Rassurez vous aussi sur la teneur en alcool. Le feu brûle tout, reste un arôme bien particulier qui imprègne bien la chair.

Arrive la phase du mijotage sur des sarments de vigne pendant 2 heures après avoir mouillé la préparation avec  un Anjou rouge. Je sais, que c’est long. A mon avis, vous pouvez remplacer le feu de sarments de vigne (pour le fumet) par un feu de bois dans votre cheminée ou par une cuisson sur votre gazinière préférée (30mn). Ca mérite aussi peut être une grande soirée barbecue, en commençant avant bien entendu.

Et pour finir, comme vous êtes prévoyant, vous avez pris la précaution de garder suffisamment d’Anjou rouge, vous servez la matelote avec le vin. Toujours dans l’idée que vous buvez le vin du lieu d’où vient la recette. 

Autre solution, trouvez un restaurant qui a l’anguille à sa carte. Vous pourrez ainsi comparer les anguilles de Loire avec celles de Brière, du Lac de Grandlieu ou du Poitou. Vous avez le choix.

Queue d’alligator sauce piquante

L'alligator est plus connu en France sous le nom de crocodile, un sacré nettoyeur de rivière qui engloutit tout ce qui passe à porter de sa grande gueule et des ses dents acérées. Il fait froid dans le dos, même si on l'adore quand il se présente en sac à main ou en portefeuille. voila une bonne occasion  de lui rendre la monnaie de sa pièce. Les aventuriers, à vous de goûter.   

Encore une trouvaille d’eau mais cette fois-ci en provenance de Louisiane. C’est l’auteur de roman policier Chester Himes, dans Tout pour plaire, un polar de la Série Noire,  qui fait mention de cette recette de Caroline du Sud. J’avoue, que ce n’est pas facile de trouver de la viande de crocodile en France. Il y a bien une ferme de crocodile à Bollène mais qui ne fait pas de vente de viande. Son objectif est pédagogique, comme vient de me le signaler un des responsables. 

Pour connaître le détail de la recette, il vous faut lire en page 243 du Livre de cuisine de la série noire d’Arlette Lauterbach et Alain Raybaud paru chez Gallimard bien entendu. Ce que j’ai retenu de la recette c’est que vous faites cuire ça 1 heure environ en cocotte à feu doux, comme un rôti de veau après avoir fait blanchir la viande 5mn à l’eau bouillante. Avis aux amateurs. L’auteur accompagne ça de riz à manger et de bière ou de rhum à boire. Du genre nourrissant.

 

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Styles de vie, patchwork d'été

17 Août 2007, 10:21am

Publié par Elisabeth Poulain

DSC03644.jpgStyles de vie, patchwork d’été

La vie est dure l’été, surtout pour ceux qui reviennent de vacances. Ce grand chamboulement estival de nos habitudes fragilise notre organisme et nous ramène en triste état à la maison. J’exagère un peu, beaucoup même. Mais bon, où serait le plaisir de se plaindre sinon ? Alors ce patchwork ? Rien de tel que de vous décrire les emblèmes de mes vacances. 


La couleur de l’été

J’hésite. Le rosé, certainement à cause du Rosé de Chinon et de tous les autres rosés que j’ai goûtés depuis pour me former et arriver à faire la différence. Je vous en parlerai une autre fois. Sinon, je ne vais sûrement pas réussir à aller jusqu’au bout. En tout cas pour le rose du rosé, j’en veux un punchy et pas un rose fillette.  Ensuite à coup sûr, le vert. Tout est vert quand vous descendez dans le sud et à cette époque ci de l’année, franchement ça étonne. A halluciner. On était au printemps. L’été, quoi l’été ? Oui un été vert, avec un brin d’orange. Vous saurez pourquoi tout à l’heure.  

Le produit de l’été

Le lait solaire. J’ai pu analyser le pouvoir d’une bonne communication de marque et des informations portées sur la bouteille. Pourtant, elle n’avait rien de bien folichon, cette bouteille. J’ai compté le nombre de promesses portées sur le flacon. Je suis arrivée au score de 21 allégations. Comment voulez vous que nous puissions résister, même quand on est comme moi assez bon connaisseur ? Ca me rappelle la réflexion d’étudiants tchèques, garçons et filles, qui me disaient : « Mais nous, ce que nous voulons, c’est d’avoir aussi accès à la consommation. Nous aussi, on veut avoir le choix, comme vous ». Et, oui.  

Le chiffre de l’été

Ah, ah vous ne savez pas ? Vous donnez votre langue au chat. Je vais vous le dire. C’est le 5.Pas à cause de Chanel. Et pourquoi alors? Parce qu’il a fallu plusieurs années aux grandes marques de jus de fruits + légumes pour sortir en mini-format  les fameux cinq fruits et légumes quotidiens indispensables à notre bon fonctionnement interne, selon la pub de l’UE. Maintenant plus de souci pour acheter, stocker, préparer et boire ou manger, selon les cas, ces sources de minéraux et de vitamines. Comptez 20 unités/jour pour une famille type. Vous voyez le travail. Une petite bouteille et hop, vous voilà lesté pour 24 h. C’est-y-pas beau ça ? J’imagine l’arrivée en même temps dans mon estomac d’une pêche, d’une ou deux pommes, une banane, une ou plus carotte selon la taille et d’une portion de potiron. Je commence à me sentir mal. Et avec ça, on dit aux gens de maigrir. Horreur.  

La boisson de l’été

Je ne vais pas développer. Tout le monde sait que c’est le rosé. Au point que vous voyez des linéaires entiers rien que pour le rosé. Ca interpelle surtout quand vous vous apercevez que le rosé devient pour le vigneron non plus un produit complémentaire de sa gamme mais LE produit phare. Un vrai renversement de tendances. La seconde réflexion quand on est dans le sud, c’est de s’apercevoir que toutes les régions font du rosé et que la concurrence est terrible. 
 

La fleur de l’été

J’hésite entre la rose rose, mauve ou orangée ou un coquelicot. J’en ai vu un champ entier.  Coquelicot est très bien, parce qu’en plus on ne peut pas en faire un bouquet . Voir un  champ entier de coquelicots est un plaisir rare. Question : les escargots aiment-ils les coquelicots ? A mon avis non, par contre les coquelicots n’aiment pas les herbicides. Ca, c’est sûr.  
 

L’habitat de l’été

C’est sans conteste une Airstream, c’est à dire LA caravane des années 60 garantie à vie par l’entreprise américaine et qui est maintenant connue en France parce qu’elle sert de plus en plus de décor à la publicité. Toute ronde, en alu, avec un design fantastique. Vous pouvez louer une caravane et passer une semaine près de Mirepoix au Camping de Belrepayre à 463 mètres d’altitude. Vous y ferez la connaissance de Perry et de Coline qui viennent d’organiser le Ier European Airstream Meeting, placé sous la couleur orange des années 70. Inutile de dire qu’on y parle au moins 3 langues, l’anglo-américain, le français et celle des passionnés et des collectionneurs. Actuellement, il y a une Bambi à vendre des années 70 à  13 000 E, dans l’état d’origine à l’intérieur. Il y a quand même un peu-beaucoup de boulot. Un collectionneur est d’abord aussi un bricoleur adroit de ses mains  et qui ne compte pas son temps. C’est aussi un homme (dans la quasi-totalité des cas) chaleureux et qui crée autour de lui une ambiance sympa.   

Les chaussures de l’été

Les tongs, mais attention pas n’importe lesquelles, les Havanas en provenance du Brésil, leur pays de re-naissance depuis quelques années maintenant. On les trouve là-bas pour 0,5 dollar . Chez nous, cela dépend de qui en fait le promotion. Comptez plutôt  en plusieurs dizaines d’euros. La mode des tongs est tellement forte qu’elle se niche aussi maintenant autour du cou.  Vous pouvez acheter chez votre bijoutier préféré une tong en or avec diamant à porter autour du cou. Précision utile : il n'y en a qu'une seule, elle est toute petite et elle coûte 700 E ! Bon, quand on aime…
  

L’émission de radio

Celle de Jean Pierre Coffe, sans concurrence. Cet acteur-communicateur-découvreur-jardinier-cuisinier vous fait découvrir les légumes et les viandes de l’été sur France-Inter. La courgette a un été un grand moment. Il en faut du talent pour nous faire rire avec ce légume qui n’a d’autre goût que celui que vous lui donnez. Le canard lui a arraché ce message sybillin « beurrez le moule » qui va bientôt faire école et valoir mot de code, comme « Ici Londres » en son temps. J’exagère.  
 

Le bijou de l’été

C’est une montre. Alors pourquoi dire que c’est un bijou ? Regardez bien les pubs pour homme. Les pauvres ont si peu de pub. Tout le monde sait qu’il est très difficile de leur faire un cadeau. Preuve en est faite par la pub : pour eux, en dehors de la voiture (un peu cher quand même), des cigares, des parfums (pas beaucoup), de vêtements griffés, que reste-t-il ? La montre. Alors moi, j’ai choisi, pour les femmes qui n’aiment pas ou peu les bijoux, une montre aussi. C’est une Hermès Cape Cod, au design fort et « intemporel » comme Cape Cod au Massachussets, là où la famille Kennedy a sa maison familiale d'été, une de ses maisons. C'est très chic.   


L’animal de l’été

J’ai le choix entre deux bestioles qui n’ont rien de joyeux : l’une est sans pattes et pourtant arrive à faire des mètres et des mètres pour boulotter mes petites plantes adorées, l’autre est un 4 pattes poilus à longue queue, le plus proche de l’homme depuis l’aube des temps. J’ai nommé le rat en second et l’escargot en Ier. Pourquoi le rat ; à cause de Ratatouille, pas celle de Coffe, celle qui vient de sortir en dessin animé. C’est vrai que j’ai ri et pourtant malgré tout, il me reste quand même une gêne certaine de voir Paris à travers les yeux d’un rat. Ca me ramène à 1968 quand il fallait slalomer entre les ordures devant les restos pour pouvoir avancer. Décidément et malgré mon peu d’attachement pour les gastéropodes de tout genre, l’animal de l’été, c’est l’escargot.

Les  livres de l'été
Il y en a tellement qu'il vous faudra attendre 1 que je les ai lus et 2 que j'ai le temps de vous en parler.  

Bon retour!

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Pour le rosé de Chinon, hip hip hourra

20 Juillet 2007, 15:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

25-1-sb.40x60.20.jpgLa vie en rose (retrouvez la suite sur le site du chinon rosé)

 

 

Eli avait pris les choses en main. Pour bien déguster le Rosé de Chinon, il faut jouer le jeu à fond, respirer l’air de Chinon, avec le château en face de soi, en mangeant des bonnes choses de Chinon, en un mot profiter d’une belle journée pour faire un pic nic face au château de l’autre coté de la Vienne, à Chinon même. C’est toujours l’idée que le vin est meilleur quand on le boit là où il est fait, là où le raisin a mûri sous le soleil, ce raisin ce soleil de Chinon, près de chez le vigneron. En plus, il fallait que chacun ait quelque chose de rose sur lui et acheter rose à Chinon. Nous voilà donc mercredi dernier au soleil, sur l’herbe à préparer le pique-nique, avec une nappe rose, des assiettes roses et des plats roses.   
Ca a été impressionnant. Dans quel sens, à vous de juger.  Seuls le riz rose et les carottes roses avaient été apportés, tout le reste est venu de Chinon même. Isi, elle, s’est chargée du vin, du Rosé de Pierre et Bertrand Couly de Saint Louand. C’est juste en arrivant sur Chinon, à flan de coteaux, en arrivant d’Angers. Dès que vous arrivez là, vous savez que le lieu est bien choisi. Moi j’ai apporté la nappe et je me suis chargée de chercher le bouquet de fleurs chez la fleuriste. Un repas sans fleurs, c’est comme un repas d’été sans un Chinon rosé. Sam s’est occupé du dessert, il a acheté de la tarte vigneron près de chez la fleuriste près du pont. Il en a pris 2 portions par personne au cas où ; il a bien fait. Un délice qui m’a fait saliver les papilles, une tarte aux pommes fondues cuites au vin (de Chinon, bien évidemment) avec une pâte très très fine. Je ne peux pas vous en dire plus. La recette est secrète. Et c’est à cause des garçons et de la tarte que les choses ont dérapées. 

Pour se rendre utile, ils ont entrepris  de placer les tartes sur des assiettes et ça n’a pas manqué. Un morceau est tombé sur l’herbe tendre. Le laisser aux fourmis, que nenni. Ils se l’ont partagé en douce. Nous les filles on a crié au scandale. Et exigé aussi une part. C’est vrai qu’on avait faim. Mais on ne pouvait pas trop commencer.  Certains étaient repartis en ville acheter de quoi faire des sandwichs avec des petites salades. Et Eli  a proposé d’ouvrir une bouteille du Rosé de Pierre et Bertrand pour nous faire patienter. Jacqueline avait trouvé des framboises avec une crème fraîche légère et des mise en bouche colorées à base de légumes d’été, avec des petits pains briochés. Un délice. 

Comme on avait commencé à l’envers, cela ne nous a pas trop gêné de continuer avec du foie gras. Ce n’est quand même pas un péché. C’était juste pour goûter, en attendant les autres, un peu de rosé, une framboise, un radis… Hum, une lumière magnifique, claire, avec un soleil étincelant et pourtant pas écrasant ; un rosé limpide d’une couleur rose saumoné et une grande richesse en bouche avec de la fraîcheur. D’ailleurs on voyait les très petites bulles au fond du verre. Parce qu’on avait fait ça bien, Isi  avait apporté des verres de dégustation. Un peu de rosé, des blagues sur ceux qui avaient du se perdre dans les rues de Chinon, le plaisir d’être ensemble, de manger comme des enfants, en commençant par le sucré, et en mélangeant les couleurs, les saveurs,  les petits légumes, les petits pains, deux grains de riz rosi (au jus de betterave) avec quelques bâtonnets de carottes, un peu de foie gras, tout en regardant les touristes anglais à coté de nous, que nous faisions rire. Des fous de Français qui jouaient pour leur plaisir la vie en rose. 

Heureusement que les autres sont arrivés à temps avec leur jambon acheté chez M. Gitton et le saumon chez  M. Marquet. Ils ont tout juste réussi à avoir les plus petites parts de tarte, quelques framboises et chacun un seul petit verre de rosé. Alors là, ils ont vraiment râlé. Evidemment qu’il n’y en avait plus assez pour eux, qui se sont auto-désignés comme les Sacrifiés du Chinon Rosé. Ils ont alors décidé que puisque c’était comme ça, un des Pirates du Chinon Rosé, comme ils ont osé nous appeler, devait aller leur acheter Deux autres bouteilles du Rosé de Pierre et Bertrand Couly. Devinez sur qui le sort est tombé. Gagné. Sur Eli évidemment. Elle aurait quand même pu prévoir un peu plus large. Un rosé de Chinon, quand même. Et pour lui faire plaisir, un des sacrifiés provisoires, lui a offert  une rose qu’il a extraite du bouquet de Mini Eden roses et blanches acheté chez un fleuriste à Chinon. C’est pas joli ça ?! 

Alors voilà, comme on est passé d’un simple pic nic en une après midi entière passée à Chinon, les uns à manger et à goûter pendant que les autres achetaient et ensuite les autres à manger et goûter et nous à continuer à blaguer. Mais eux ont pu manger et goûter dans l’ordre, d’une façon plus sage. Le verdict a été le même dans les deux cas. Chinon, c’est quelque chose, et le rosé une bien belle idée pour un jour d’été. On s’est même dit qu’il fallait inventer un nouveau concept de repas la prochaine fois en septembre peut être: chacun apporter un rosé différent de Chinon avec un plat prêt à manger et faire un repas avec les différents styles de rosés. Ca se corse. Et dire que ça avait commencé à Bruxelles quand Sam avait trouvé du Chinon rosé;

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Quand la Loire vinicole annexe Cahors...

14 Juillet 2007, 08:01am

Publié par Elisabeth Poulain

 …et ses AOC se la jouent Bordeaux, Bourgogne

 

C’est ce que le lecteur découvre en page 91 de Chez vous en France, Mille et une clés pour faciliter la vie publié par La documentation française par Geneviève Brame. Cet ouvrage fait suite à une étude précédente présentant notre pays aux Anglo-Saxons Living & Working in France. Il en résulte une impression étrange et intéressante qui est de montrer la France à des étrangers qui seraient des Français. Ou le contraire mais en tout cas bizarre et en matière de vin, plutôt propre à fantasmer.

Le vin occupe plusieurs pages  du chapitre Quelques traits culturels plus spécialement dans la section Art de vivre…et bon vivant. La vision du vin  commence par distinguer les grands crus des petits vins, puis présentent le Champagne et Bordeaux (les grands crus ?) ; arrive ensuite  la Loire citée en Ier  (les petits vins ?) dont les vins se confondent avec leur ville : Saumur, Chinon, Cahors…Je savais bien qu’on ne prête qu’aux riches mais quand même. Les vignerons de Cahors vont en avoir un choc. Cette poussée vers le sud est peut être déjà en accéléré un effet du réchauffement climatique. Et puis nous les Angevins, les Nantais et les Gens du Centre, on fait quoi ? Remarquez qu’il n’y a pas à être jaloux des Alsaciens. Pour eux, il est seulement indiqué que ce sont surtout les blancs, sans commentaire. 

Et puis pour moi qui défends toujours le bon, le vrai marketing, il y a mieux puisque le territoire  du marketing  arrive à annexer le concept même de l’AOC. Personne n’avait osé aller jusque là, même pas les wine-makers des Nouveaux Pays Producteurs de vin. L’AOC en effet y est définie comme se rattachant à une région déterminée avec, entre parenthèses, la précision suivante (vin griffé, cru classé, cru bourgeois…). On voit déjà les plus qualitatives de nos 68 appellations avoir des crus. Là on devient carrément le challenger de Bordeaux et de la Bourgogne. La Loire annexant Bordeaux. On peut rêver. On est déjà à Cahors. 

Quant à la griffe, elle est un synonyme de marque. C’est un terme utilisé dans la Haute Couture par exemple, en tout cas dans le monde du luxe. En matière de vin, ça étonne. Aucun des 250 vignerons, coopérateurs ou négociants que j’ai rencontrés ces dernières années pour ma recherche sur l'habillage de la bouteille de vin  n’a jamais utilisé ce mot. Après des recherches rapides, j’ai trouvé, 1ère pépite, du vin griffé de Disneyland en vin de pays de la France vendu au prix  de 15 E en merlot rouge ou sauvignon blanc. Ce ne sont pas des AOC mais des vins de cépage. J’ai aussi trouvé un vin griffé du parfumeur Azarro. Là, ça passe mieux. Ca fait vraiment plus chic  que du vin de marque, qui fait plus penser au vin sous marque distributeur.  J’imagine déjà une patte de panthère, dont les griffes déchirent le papier d’une étiquette de vin. Ah, question : quel vin de Loire pourrait supporter ce traitement ? Rouge forcément, peut être du Cabernet sauvignon ou du Côt.  

Ceci dit en page suivante de Chez vous en France, on retrouve notre bon vieux French paradox sous une forme nouvelle : le Français chaque année consomme 23 kg de fromage qu’il associe  au vin, plus 2 litres de champagne et 100 litres d’eau. C’est vrai qu’il est le plus gros buveur d’eau au monde mais là aussi la moyenne baisse, au moins pour l’eau minérale.  Les Américains sont en train de redécouvrir l’eau en carafe servie au restaurant. Cette fois-ci pour cause de  développement durable. La meilleure façon d’alléger les déchets et emballages, c’est de ne pas en avoir. Pour la quantité de vin qui accompagne le fromage, ce n’est pas dit et je sèche. Si quelqu’un a l’info, je suis preneur.

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Sam le vigneron à Bruxelles et les vins de Loire

12 Juillet 2007, 13:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC02300.JPGChez Delhaize et Filigranes, oui, il y a du Chinon rosé

Un vrai professionnel profite de toutes de les opportunités pour augmenter son capital de connaissances du marché du vin. A force d’entendre parler de l’amour des Belges   pour les vins de France  - ils sont même d’excellents connaisseurs et de fins dégustateurs- Sam  a décidé de faire un (grand) voyage. Le premier jusqu’à Paris. A Angers, il s’est demandé ce que faisait tous ces gens à prendre le train. Il lui a fallu quand même reconnaître que c’était normal un jour de départ en vacances. L’épreuve du métro ensuite. Pour qui est habitué au grand air angevin des coteaux du Layon, c’est vrai que c’est dur-dur. Plaignez le. Puis l’arrivée en Gare du Nord, avec du monde dans tous les sens. Impossible de marcher droit dans ce coin et ce n’est pas pour cause d’un excès de bière belge. Le Thalys et l’arrivée à Bruxelles. Ouf. Un peu de calme après cette épreuve initiatrice. Il faut vous dire que Sam voulait, en vrai vigneron, prendre sa voiture. Pourquoi ? Parce que ça permet de faire goûter son vin en Belgique et d’en rapporter de là-bas. On ne peut quand même pas tout goûter sur place. Mais développement durable oblige.

A Bruxelles, Sam avait des tas de copains et de copines à voir. Forcément, il est sympa. Il s’est proposé pour faire les courses. Et c’est ainsi que samedi matin, il s’est retrouvé chez Delhaize, la grande surface belge qui est un gros acheteur de vins français sous nom de domaine et également en vrac, vendu sous marque éponyme. Le Delhaize d’Ixelles a un coin vins qui fait plaisir à voir, en retrait du reste du magasin, avec des linéaires bas où le vin est stocké horizontalement   dans des casiers qui le mettent à l’abri de la lumière adoucie et une bouteille témoin à hauteur des yeux. Les vins de Loire sont en bonne place à quatre endroits différents, les blancs (au meilleur endroit, on tombe dessus en arrivant), les rouges et rosés (de l’autre coté du présentoir), le bio (difficile à trouver) et en petits contenants en dehors du rayon (avant la sortie). 

Blancs (21 références)

Les vins de domaine sont le mieux mis en valeur ;  ce sont aussi les plus chers. 

Domaine & co, dans l’ordre de présentation de gauche à droite et de haut en bas :

- Savennières, Château de la Bizolière, 7,89 E

- Anjou blanc, Do de Fesles, 4,94

- Sancerre, Millet, 10,30

- Menetou-Salon, Millet, 9,29

- Pouilly Fumé, Millet, 6,39

- Sancerre, Henry Natter, 10,80

- Haut Poitou Sauvignon, 3,79

- Saumur, Soliterre, Thierry Germain, 11,90

- Muscadet Sèvre et Maine, L’Aubinière, La Noëlle, 4,59

- Bonnezeaux, Château de Fesles, à un autre endroit

 

Delhaize, placés plutôt vers le bas, sauf le Ier perdu dans les vins de domaine :

Cheverny, 4,39, Muscadet Sèvre et Maine sur lie, 2,99, Saumur Blanc, 2,99, Vouvray, 4,49, Sancerre, 8,49, Reuilly, 6,79, Quincy, 6,69, Sauvignon de Touraine, 2,99, Montlouis moelleux, 3,69, Anjou 2,99, Muscadet, 2,59. 

Rouges et Rosés (4 références)

Domaine & co : Cabernet de Saumur, Vignerons de Saumur, 3,19

Delhaize : Chinon rosé, 3,99, Cabernet d’Anjou, 3,19,  Rosé d’Anjou, 2,79

Bios : Bourgueil, Do Les Roches Brunes,  Biovidis

Petits Contenants 25 cl : Muscadet Sèvre et Maine, 0,99, Chardonnay, 0,98

Et aussi en partant, un vin qui n’est pas un vin, tout en étant vinifié par un œnologue français réputé, qu’on a pas le droit de faire en France mais que je vous engage à goûter absolument, les vins de fruit de Roisin. C’est le nom du domaine quia pris le nom de la petite ville belge. Pour l’instant je n’ai dégusté que le vin de coing (10,50 les 50cl). C’est vraiment quelque chose à découvrir. La prochaine fois, j’essaie le vin de cerises. Roisin est située entre  Bruxelles et la frontière française, en diagonale vers l’ouest (www.lesvinsderoisin.be). Ils recherchent un responsable export.  Information à transmettre aux jeunes diplômés qui n’ont pas peur de bouger. Le poste est très précisément détaillé.

Dimanche matin, Sam se l’est joué yuppie. Avec sa petite bande, il a pris un brunch chez Filigranes, la librairie  de Marc Filipson, rue des Arts, sur la Petite Ceinture. Elle est ouverte 7 jours sur 7 et est un plaisir pour les amoureux des livres. On peut aussi y manger et aussi y acheter son vin. Parce qu’il faut comprendre qu’acheter des livres sur le vin, c’est bien, et qu’acheter en même temps des bouteilles de vin renforce le plaisir. Les vins de Loire sont au nombre de 6 :

- Blancs : Chenin blanc  de Valentin Fleur (4,22E), Pouilly Fumé de Michel Redde (12,27), Sancerre blanc du Clos Paradis de Fouassier (13,18).

- Rouges/Rosés : Touraine de Deletang (6,47), Chinon rosé Les Chatellières de Couly Dutheil (8,38), Saumur Champigny du Domaine des Coutures (9,45). 

Le point commun aux deux gammes, le Chinon rosé ! Ca tombe bien au moment où le syndicat des vins de Chinon (Jean Max Manceau, président) lance une jolie opération de mise en lumière du Chinon rosé.

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L'eau, le sel et le vin, La Verrerie royale et les Caves de la Bouvraie

5 Juillet 2007, 15:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

DSC00983.jpgUne ballade à Ingrandes (49) et au Fresne sur Loire (44) On y fait des découvertes véritablement surprenantes. En arrivant d’Angers, vous prenez la rue de l’Eglise à droite avant le pont, puis vous suivez la grande rue et après la Ruelle des Pigeons, vous tournez à droite. Vous êtes dans la rue de la Verrerie. Au coin de la rue, un énorme porche marqué « Caves de la Bouvraie ». Et c’est là que vous apprenez qu’une verrerie royale a été édifiée à cet endroit en 1755. Au début du XIX siècle, 500 ouvriers y produisaient près de 500 000 cols par an qui partaient à l’export, en particulier aux Etats Unis. L'aventure s'est très vite terminée en 1830 en raison de la concurrence et des difficultés d'approvisionnement en charbon de qualité en provenance de Montrelais, le village proche. Quelques décades après, le site a été transformé pour produire du vin mousseux. Du contenant, on est passé au contenu. Les Caves de la Bouvraie, nouvelle version, sont nées en 1982 et appartiennent actuellement au Groupe Boisset.  

Avant, il existait déjà des Caves de la Bouvraie qui était un domaine familial depuis 1580. L’héritière des Caves épousa en 1886 un certain Henri Grandin, notaire à Ingrandes. C’est lui qui fit construire au dessus des fours à verre une grande demeure ornée de briques, entourée de hauts murs avec le fameux porche et qu’on peut louer pour des fêtes. Et c’est ainsi que le seul établissement industriel d’importance, Les Caves de la Bouvraie,  produit toujours un Méthode Traditionnelle, sous la marque « Grandin » d’Ingrandes sur Loire. Elles continuent à produire des bulles dont un Crémant de Loire qu’on peut acheter à l’Intermarché ainsi que les vins de Gérard Oger, le seul vigneron à continuer à faire du vin d’Ingrandes. Les Caves continuent à vendre à l’export comme au début de leur existence surtout en Australie leur principal client.  Mais on vient aussi de la Sarthe par exemple pour ces bulles,  au temps suspendu.  

Cela se passe à Ingrandes et au Fresne, 1400 habitants d’un coté et 700 de l’autre, sur la rive droite de la Loire déjà paresseuse en juin, la même rue parallèle au fleuve qui s’appelle la Grande Rue  coté Ingrandes et  Rue Principale coté Le Fresne. Des maisons, alignées le long de la rive et de temps en temps, des cales qui permettent d’accéder à l’eau. Un pont qui marque le centre du village d’Ingrandes, et qui traverse la Loire, pour joindre Le Mesnil, à 4 kilomètres dans les terres rive gauche. Du coup Ingrandes ressemble à une île avec de l’eau d’un seul coté,  mais une eau très présente. 

Dans cette "île", les échanges se faisaient surtout par l’eau. Ce n’est pas un hasard si le site a été choisi par les Gaulois puis est devenu une baronnie au XIè siècle. La Loire fait un coude à cet endroit, à cause d’un tertre où se trouvent d’ailleurs les bâtiments anciens du village. Les bateaux qui remontaient la Loire  y apportaient du sel avant la révolution,  des bananes et des oranges plus récemment … En redescendant le fleuve, leurs cales étaient chargées de charbon, de tuffeau ou de vin d’Anjou. Le sel et le vin. Il manque le pain. Sa trace est indiquée par les ruines d’un moulin   Et entre les deux une frontière, celle qui séparait la Bretagne de la France. Excusez du peu. En langue d’aujourd’hui vous traduisez le 44 et le 49, comme on ne dit pas. 

Cette île est un endroit très passant. Les marins s’y arrêtaient en remontant le fleuve dans l’attente du vent d’Ouest ; ils y vendaient leur sel, seul moyen de conserver les aliments et qui surtout, avant de vendre, ils devaient payer les différents impôts et taxes quand ils entraient en France. En attendant, ils buvaient du vin d’Anjou, du bon on l’espère, du vin de mer destiné surtout à nos amis hollandais de l’époque. Il reste un grenier à sel du 18è siècle perché en haut du tertre, ainsi que des murailles du 16 et 17ème siècle au Fresne. Ce sont les traces les plus visibles de cette frontière, avec la Contrôlerie du Trépas à gauche du pont d’Ingrandes qui percevait un droit sur toutes les marchandises qui montaient, descendaient ou traversaient le fleuve. 

Il y a aussi encore des témoins d’une époque révolue plus récente, qui garde des liens privilégiés avec la Bretagne. Comme Félix Fouquetières né en  1919, qui habite toujours le bord du fleuve. Il se souvient des vins d’Anjou qu’il allait vendre en Bretagne dont il est originaire et du cidre qu’il rapportait au retour à Ingrandes.  Ses clients étaient les gens qui vivent dans la Vallée en face sur la rive gauche. Pour ses déplacements éloignés, il utilisait une camionnette Hotchiss. Il faisait aussi des tournées avec son vélo. Il y chargeait 20 à 25 kilos de moules, allait de ferme en ferme et, quand il n’avait plus rien à vendre, rentrait. Sa valeur ajoutée se faisait en créant des liens transversaux à la Loire, en partant de la Bretagne. « Madame Marie, j’ai de belles moules à acheter et celle-ci de lui répondre, gardes tes moules, mon gars, moi j’ai des fraises qui n’attendent pas dans le jardin ».  

C’est un petit village paisible où il fait bon vivre et se promener. Comme d’autres, il a connu cependant beaucoup de bouleversements. L’ancien château a été incendié par les Anglais au 15è siècle avant de devenir la propriété de Gilles de Rais, plus connu sous son pseudo Barbe Bleue. De belles demeures  ont été construites ensuite. Elles ont accueilli Henri IV,  Louis XIV ou Napoléon III. Comme autrefois, il y toujours deux villages, l’un avec des maisons de mariniers et l’autre plus patricien avec des hôtels particuliers qui étonnent en ce lieu si resserré. Ce clivage traditionnel se double d’une distinction entre ceux qui  habitent Ingrandes ou Le Fresne et une autre entre ceux qui y ont des liens et les nouveaux arrivants qui recherchent une certaine douceur de vivre proche d’Angers et de Nantes. Car depuis 1852, il y a la voie ferrée. C’est elle qui forme le quatrième coté de l’Ile.   

Il n’y a plus guère de marins, ni de bateaux sur la Loire. Mais il reste la distinction entre les gens de galerne et ceux qui habitent dans la vallée, malgré la construction du pont suspendu en 1868, long de près d’un demi kilomètre. Le sel s’achète maintenant en boîte ou au kilo. Le vin ne compte plus qu’un vigneron, Gérard Oger du Clos Rossignol et qui repart en Bretagne chaque week end. Marc Fouquetière, le fils de Félix, précise qu’avant la dernière guerre, il y avait 21 cafés à Ingrandes même. Il y en a 2 actuellement. Mais on peut encore admirer des maisons de vignes au hasard des ballades dans les sentiers de randonnée. On vous montre aussi aux Caves de la Bouvraie la photo d'un bouteille de la Verrerie royale trouvée au fond d'un four, une bouteille de 25 cm de haut qu'on enfonçait dans le sable, parce qu'elle n'a pas de fond et qui s'appelle délicatement "Couille de Bouc". Elle était encore utilisée en 1950. Si vous arrivez à en trouver une, dites le moi!  

Sources : Office du Tourisme d’Ingrandes sur Loire, Félix Fouquetière, Jean Baptiste Glotin, Marc des Terroirs alias Marc  Fouquetière, Mairie du Frêne, conceptvins.com et boisset.fr.

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Le monde selon Didier Dagueneau & Co, Saint Anderlain, Aubertin, France

2 Juillet 2007, 11:20am

Publié par Elisabeth Poulain

DSC01054.jpgC’est l’histoire d’un tour qui me transporte loin de mes terres angevines dans un lieu magnifique déjà reconnu et célébré par les Romains. Ils avaient déjà l’œil, les diables. Du haut de la colline, on voit un paysage à 180 ° de vallées et collines. Non, je ne dirais pas qui est en face, ceux du Berry, qui lorsqu’ils voient celui qui m’accueille, disent de lui aux autres « tu sais, c’est le gars de la Nièvre ».

Je ne suis pas venue ici à Saint Andelain par hasard ; si je sais qui je viens voir, je ne sais pas trop où. Mais cela ne devrait pas être trop difficile. Cibler l’église, le temple, la mairie toute pimpante. Entre l’école d’un coté et le terrain de basket de l’autre, il y a un petit chemin qui a un nom sans un avoir un. Le premier bâtiment à venir sur la droite est un chai semi-enterré, contruit à coté d’une maison « Bellevue » aux volets bleus qui forme les bureaux et enfin la maison d’habitation. C’est là. Après le chemin se transforme en sentier qui descend vers la vallée et la Loire, parmi les plus beaux paysages de Loire qui soient.

Bellevue est le QG de la ruelle « Ernesto Gue Chevarra », au temps de sa célèbre photo qui a fait le tour du monde où le Che pris de coté sourit à quelqu’un qui est à coté du photographe. Il est éclatant de vie, ce rebelle qui a fait rêver des générations. La plaque est apposée sur le chai. C’est un Ier indice. Sur le chai, il y en a un autre, un bras d’honneur en bois, bras coudé à 90° tourné vers la vallée, qu’on suppose être le symbole du vigneron. Devant Bellevue, il y a des roses roses, rouges, jaunes, un prunus florissant et un pécher, plein de pêches, si le vent ne fait pas tout tomber.

Parce qu’ici, le point le plus haut de Saint Andelain en avancée vers la vallée, c’est aussi la tour météo. Le matin, à 8h à l’embauche, les prévisions de temps passent de l’un à l’autre, de Didier qui s’est déjà renseigné aux autres, que je vois et dont je ne connais pas le nom. Ils ont des cheveux longs qui ne voient pas souvent les brosses et les peignes. Ce sont ceux qui travaillent la vigne. Oui, c’est un drôle de temps. Tout à la fois, chaud par moment mais pas là, froid carrément pour une fin juin. On se caille carrément, moi qui suis une petite chose fragile. Des nuages qui passent vite au dessus de nos têtes, du vent froid et fort mais moins qu’en face. En tout cas, c’est ce que nous dit Héléna, la jeune femme, qui fait la visite et assure la dégustation. Il a plu pendant la nuit. Et la vigilance s’impose. La vigne est soumise à de fortes tensions actuellement. Il faut la surveiller et voir si des petites taches brunes n’apparaissent pas. Le mildiou attaque. On n’a jamais vu ça depuis 30 ans en France. 

Au cours de la visite du chai, ce sont les membres du groupe que j’ai le plus regardés. Il y avait un jeune vigneron israélien du Golan qui, pour me situer le Golan, m’a dit c’est « la même size que Châteauneuf du Pape ». On arrivait à se comprendre, lui avec des mots techniques vin en français et un anglais moins approximatif que le mien. Uri Hetz, tel est son nom, possède 5 hectares de vignes et visiblement, il n’était pas là par hasard. Visiblement aussi le parcours du raisin par gravité, il connaît. D’autres étaient plus difficiles à cerner, comme cet américain qui s’est prétendu espagnol avec sa femme et leur fille. Mais dans ce village si tranquille, si « français », sans que rien ne soit « étranger » à l’oeil, en quelques minutes, on s’est retrouvé à 4 nationalités, chez Didier Dagueneau. Pas par hasard, pour les vins de Didier Dagueneau.

Ses vins parlent autant que lui mais à leur façon évidemment. Leurs noms : Silex, connu dans le monde entier, Pur Sang, Astéroïde… tous des Sauvignon produit par une terre à silex, sans une goutte de calcaire dans les veines. Le premier, qui le dit, va avoir des problèmes. Didier a besoin de s’exprimer. Par ses vins, c’est une évidence. Par l’expression de ses habillages de bouteille aussi. Il aime la matière, la couleur, la sensualité d’une peau de bête sous laquelle bât une veine gorgée de sang. Il est un des rares vignerons qui a plusieurs habillages successifs pour un même vin. Pur Sang par exemple est aussi représenté par un dessin d’art pariétal. Un cheval a gros ventre tracé sur la paroi d’un mur, là sur la rotondité d’une bouteille.

Sur les murs blancs du chai, dans le coin à dégustation, Didier Dagueneau a collé ses étiquettes sur le mur. Il a aussi fait écrire en grand des citations de Gérard Oberlé, un ami :
- « Plus besoin de conquérir, quand tout est à vendre », « L’avenir appartient aux roublards et aux tricheurs »,
qui font face à sa préférée, du Che évidemment
- « Soyons réalistes, exigeons l’impossible ».

Parce que Didier est un homme de cœur qui a le goût de l’aventure et du défi. Pour le vin, il a voulu connaître autre chose, sans quitter ses racines de Saint Andelain. Après le Sauvignon, il s’est attaqué au Petit Manseng. Pour cela, il a un petit domaine de 2, 5 hectares dans le Jurançon, presque l’endroit le plus éloigné de Pouilly sur Loire, en traçant une diagonale vers le Sud-Ouest, vers l’Atlantique. Là en Béarn, il produit un vin que les visiteurs dont je parlais au début jamais ne recrachent : c’est Les Jardins de Babylone à Aubertin (64290). Personne, même parmi les professionnels, n’a été capable de trouver le taux de sucre. C’est la question favorite de Didier. La bonne réponse est 110 grammes et ça se goûte, se regoûte sans souci à cause de l’acidité élevée qui équilibre le tout.

Mais notre tour n’est pas terminé. Il suffit pour cela de dépasser la maison vers la vallée. Au fur et à mesure, s’élèvent des aboiements doux, mais vifs quand même, de chiens, qui s’expriment en vous voyant ; ils sont 30 à vous regarder passer. Vous, vous tournez la tâte de l’autre coté. C’est ce que j’ai appris, ne pas regarder un chien qui aboie en face. Là ce serait difficile avec le nombre et surtout, ils ne sont pas agressifs. Ces huskies, dont le nom vient de l’esquimo, ces chiens de traîneaux aux yeux bleus, vous ont à l’œil mais calmement, sans aucune agressivité. Ce sont des sportifs qui se reposent en attendant de travailler.

Il y a là trois attelages, celui de Susie, la femme de Didier, celui de Didier et bientôt celui de Aaron (7 ans) leur fils aîné, dés qu’il pourra les maîtriser. Léon (5ans) est encore un peu tendre pour penser attelage. En attendant, il faut s’en occuper, en plus du petit chien blanc et d’une vieille chienne husky qui ont le droit de dormir à la maison. Les courses d’attelage surprennent un peu sur cette douce colline de vignes. Il est vrai que c’est plutôt un sport d’Europe du Nord. Susie est originaire d’Hanovre. En grande sportive, elle adore la course d’attelage. Elle entraîne les chiens par groupe de 8, qu’elle attelle à un quad, dont elle ne démarre pas le moteur. Quand ces 8 premiers ont fait leur aller-retour en descendant et remontant la colline, elle en prend une seconde équipe et recommence.

Ca dépote à Saint Andelain, avec le contraste entre le coté un peu endormi du village en semaine, la notoriété bien réelle des vins de Didier qui sont connus dans le monde entier par leur rigueur et leur profondeur, la profonde gentillesse de ce vigneron humain et chaleureux, Susie, une femme qui a une énergie étonnante, et qui par exemple, a son arrivée au village, a développé d’entrée de jeu une affaire d’importation de calèche en provenance d’Allemagne. Comme il y a maintenant une concurrence polonaise, elle vient d’acheter, « avec ma copine Jacqueline, une rodéo machine », qu’elles louent à la journée pour des manifestations. 

Et le tour se termine par la visite du Temple (1890) que Didier a racheté et rénové entièrement à ses frais en plein coeur du village, à coté de la mairie, sur la rue principale. C’est émouvant parce que c’est petit au sol et grand en même temps quand on lève la tête. Le Temple vient d’accueillir sa première exposition de peinture avec 40 toiles de Jacques Oussou, un peintre régional de Loire. Il y a même un balcon intérieur qui a conservé son escalier d’origine pour accueillir des musiciens.

C’est ça le monde de Didier Dagueneau de Saint Andelain et d’Aubertin, un des maîtres mondiaux du Sauvignon, qui adore aussi la blague. Sur les murs intérieurs de la maison d’habitation, il a disposé des peintures de flibustiers qui savent lever le coude, en l’honneur du vin, cette fois-ci. Il y aussi des tas de livres sur le vin. Les deux derniers: Le terroir et le vigneron, Jacky Rigaux chez Terres en vue et Vignerons et Crus du Berry de Denis Herdier, Berger Editions, dans le premier Didier rend hommage aux hommes qui lui ont "montré l'exemple", comme Charles Joguet, et dans le second on parle de lui comme d'Agamemnon. Excusez du peu. Et comme il ne sait pas résister à une bonne blague, il m’a offert une bouteille très spéciale, un Blanc Fumé de Pouilly numéroté Cuvée Quintessence de mes Roustons, pour bien marquer l’origine bien virile du vin, à moi l’auteur du Vin aussi est affaire de Femmes. Et c’est ainsi que, grâce à Didier, j’ai découvert qu’il existait un portail Wikipedia, spécial Sexe. J’ai ainsi pu réviser un tas de mots classiques que mes frères utilisaient avec délectation dans leur jeunesse.

 

Et tout ça pour faire connaissance avec Didier Dagueneau dont les étiquettes très expressives figurent en bonne place dans "Le monde à travers la bouteille de vin, The World through the Bottle of Wine", ma nouvelle recherche sur l'habillage de la bouteille de vin à paraître prochainement. Je vous en parlais jusqu'ici sous le nom des Habits du Vin. 

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Le vin, le marketing et la crise

24 Juin 2007, 10:32am

Publié par Elisabeth Poulain

 
 C’est un drôle de titre qui associe trois notions dont on ne sait pas trop ce qu’il recouvre et c’est bien pour ça, que je l’emploie. Par où commencer ? 
 
Par la crise peut-être. Parce que si vous regardez bien les journaux, écoutez la radio, vous entendez le mot moins souvent. J’ai regardé la séquence consacrée à Vinexpo au début de cette semaine. C’est un « marronnier » (= article ou émission qui revient chaque année, comme la rentrée des classes) des plus classiques.  La référence à la crise a été beaucoup moins forte que les autres années. En 2004, 50% des vignerons interrogés s’y référaient expressément mais il est vrai que l’enquête n’avait pas été faite auprès des exposants à Vinexpo. Ceux-ci sont par définition ouverts vers l’international. L’explication de leur présence repose sur leur volonté de développer ou maintenir l’export.
 
Quelques chiffres d’abord : le marché mondial est en croissance sur la période 2004-2009, de 10% environ pour les effervescents et de 6% pour les tranquilles et de 7% et de 11% en valeur. Ce qui montre que les bulles voient leur valeur baisser sous l’effet de la concurrence et que celle-ci est favorable aux vins tranquilles. Les importations de vins s’accroissent quant à eux de plus de 14% sur la même période, ce qui signifie que les exportations aussi. Au plan de la consommation, ce sont les vins les moins chers du marché (au dessous de 5 USD) qui connaissent le moins de hausse, même s’ils restent majoritaires. Ce qui, quoi qu’on en dise, est un encouragement à la qualité. Je sais bien qu’il ne suffit pas de fixer un prix élevé pour être assuré que le vin est bon mais quand même. On ne trompe pas longtemps des professionnels.
 
Au plan mondial, les vins entrent dans trois catégories, les plus de 10 USD, entre 10 et 5 et moins de 5. Et là, ça interpelle  quand on rapproche cette segmentation des grands débats que nous avons eu ici en France sur les vins de pays du Val de Loire ou les vins d’Atlantique qui entrent pour beaucoup dans la catégorie « plancher ». C’est un terme que je préfère à « basse » qui a toujours un aspect péjoratif. Et on en arrive au marketing. 
 
Hors du marketing, pas de salut. C’est une évidence quand  on sait que le marketing existe dés lors que le produit se vend. Ceci dit le marketing peut être visible, on, dit alors que le vin est marquété (= sous-entendu qu’il n’est pas bon, ou tout juste assez bon pour des gens qui n’y connaissent rien), peu visible ou invisible pour le luxe. En fait le marketing suit une segmentation triple, fondée son caractère de visibilité. Mais dans tous les cas, il existe parce qu’il touche tous les éléments de la stratégie commerciale et oblige à définir très précisément le type de vin vendu, le pays dans lequel on vend, le réseau de distribution, le prix, la promotion en fonction de l’image du vin, du vigneron, de son domaine et l’image qui s’en dégage… 
 
En aucun cas, le marketing ne peut se limiter à une marque ou à la publicité. Malgré cette évidence, c’est pourtant, ce qu’on entend tous les jours et qui est repris en boucle, comme la fameuse crise : le marketing est associé à du vin de basse extraction, pour des gens de peu. Je grossis volontairement le trait. La seule exception à cette vision très négative porte sur certains vins qui « ont droit » par nature à se présenter sous une forme plus festive, comme le rosé, le vin d’été, voir le vin de copains, ou le vin ludique. 
 
Peut-on continuer à parler de crise alors que les principales caractéristiques de la situation actuelle en France ont été annoncées depuis le début des années 80. Non, évolution, oui, mutation, oui, difficultés d’exploitation oui, revente accéléré de domaines certainement. Je connais ainsi un domaine qui vient d’être revendu pour la 3è fois en 15 ans. Ca fait beaucoup. Iè revente par un vigneron qui n’a pas pu mettre en place un réseau de distribution, 2me revente par les Bobos qui l’avaient acheté et reprise maintenant par un jeune vigneron à l’étroit dans le domaine familial. 
 
Quant au marketing, il serait temps de le prendre pour ce qu’il est, un système organisé de techniques de cohérence, rien de plus, rien de moins. Mais c’est déjà beaucoup. Il met sa force de cohérence au service de la stratégie du professionnel du vin. A celui-ci de faire ressortir les qualités du vin. En n’oubliant jamais que plus le vin relève du luxe, plus il est l’objet d’une politique si fine de marketing qu’il en devient invisible. Moins on le voit et plus il est intégré dans le produit au point de faire corps avec lui et meilleur il est. 
 
Pour conclure, je dirai plutôt que ce je regrette, moi, c’est l’absence, pour une grande quantité de vins, de réflexion marketing, mais attention d’un marketing adapté à la petite exploitation, à distinguer de celle de la moyenne qui a déjà le profil d’une entreprise. Alors pour répondre aux détracteurs du marketing, je dis : 
- 1. que le marketing bien pensé existe,
- 2. qu’il est différent selon que l’on est petit, moyen ou grand, 
 - 3. et qu’il faudrait commencer par le commencement, c'est-à-dire savoir qui on est et ce qu’on veut en partant de ce qu’on peut. 
 
Le reste, c’est Sam le vigneron qui vous le dira quand il le pourra. Pour l’instant, il réfléchit à optimiser son temps d’été pour partir prospecter  en dehors de nos frontières.
 
 
 

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