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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Séquence de vie 9 (1) de vie, Eric Morgat - Marcel Hasquin

27 Mai 2007, 08:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Séquences de vie 9 (1), Eric Morgat,Savennières, Marcel Hasquin, Abbaye de Mortains,

Les Trois Guerres, la lance, le sang, le rouge, le temps…

Tout commence, évidemment en ce moment, par du vin. Pas n’importe lequel bien sûr, pas du gros rouge qui tâche même s’il va y avoir effectivement du rouge qui tache et qui marque dans l’histoire. Commençons par le commencement. Ce serait déjà bien, moi qui viens d’écrire un livre circulaire (sur l’habillage de la bouteille de vin) , rond comme une orange qui aurait neuf quartiers. Le vin dont je parle est blanc, fin et puissant. Pour tout vous dire c’est un Savennières  d’Eric Morgat, certains diraient et lui le premier que c’est un Savennières de  L’Enclos. Moi je cite toujours le vigneron avant le lieu, fusse-t-il prestigieux. 

 

Bon, on a une base, le vin d’Eric qui nous amène à Marcel. Lui ne fait pas du vin, même si pour lui aussi le vin et le rouge sont toujours présents pour le premier et le rouge en ce moment surtout. C’est bien parce qu’il y a le vin et le rouge que je me suis retrouvée à la gare hier matin, pas du tout par hasard, j’ai horreur d’attendre, mais bien pour prendre un billet. Forcément attente ; je calcule trois guichets ouverts, 2 fois 3 personnes devant moi, je suis la 7è. Ca fait combien d’attente ? Pour attendre intelligemment, je regarde. Je vois bien quelque chose, bouger là bas dans le fond à gauche. On dirait un petit train qui tourne sur un comptoir. Une gare, un train, personne ne s’étonne et personne ne regarde. 

Arrive d’une dame d’un âge certain, droite, grande et vive. Elle se place à ma droite et attends. Puis se lève tout à coup et passe devant moi, se retourne, me dit : c’est juste pour aller voir le petit train. Elle revient tout aussi vivement et m’annonce d’un air entendu : c’est bien ce que je pensais, des lego ; le train est en lego. Ah, vous devez être une grand-mère pour dire ça. Rire et fierté : oui j’en ai 10, non en fait 9 et 1 arrière petit fils.  Je lui raconte qu’il y a en France 2500 familles qui comptent 5 générations. Je le sais par une de mes filles qui loue un logement à des personnes qui ont la fierté de faire partie de ce club très sélectif. 

Comptez bien, ça fait des arrière grands parents + grands parents + parents + des enfants + des petits enfants. Chez  elle, il n’y a que 4 générations ! Elle fronce le sourcil et ajoute : c’est dommage à 3 mois près, ma grand-mère aurait pu devenir arrière grand-mère. Elle est morte en juin 46 trois mois avant la naissance de l’enfant  fin août  46. Elle a connu trois guerres. Vous vous rendez compte. Elle avait une peur bleue des Boches avec leur casque à pointe. Elle disait à sa famille :’oui, j’ai peur,  vous ne savez pas le mal que les soldats allemands ont en eux. Ces soldats qui ont pris un bébé pour le clouer de leur lance sur le porche de l’église’. Quand on a vu ça, reprend ma voisine,  on sait que cette violence existe. On ne peut pas oublier ça. 

Oui, la violence, la lance, je lui ai demandé si elle ne voulait pas dire une baïonnette, non non c’était une lance avec le sang qui coule et le bébé… Une vision si horrible, à la gare en attendant mon tour, sachant que je venais chercher un billet pour aller à Mortains à l’Abbaye, pour aller voir la nouvelle grande expo de Marcel Hasquin, un grand peintre belge vivant en Anjou qui présente ses dernières œuvres. Un homme sur de grandes toiles rectangulaires hautes, rouges d’un rouge éclatant, dont ne ressort que le tracé d’un bourrelet de peinture, coulée le long d’un roseau (un calanne), pour figurer un homme lumineux. Un rouge d’une spiritualité si intense qu’on comprend que ces peintures trouvent leur place quasi naturelle dans une abbaye. La précédente expo de Marcel  Hasquin a eu lieu dans une église, c’était celle de la Madeleine à Paris.  Elle représentait La Passion. 

Arrive mon tour. Dame charmante ; elle a un badge autour du cou qui proclame « plus que 14 jours ». Je fonds de curiosité et je lui demande ce que ça veut dire. Tout bas, en se penchant vers moi, ouvrant grand les yeux et la bouche: la re-trai-te ! Ah ! Je lui demande si elle est contente. Froncement de sourcils : non. 

Bilan de cette séquence SNCF : 9 minutes d’attente + plusieurs milliers d’années en arrière pour une autre histoire de lance, un  millier d’années pour Savennières dont le vignoble de la Roche aux Moines était rattachée à l’Abbaye Saint Nicolas à Angers, qui possède le dernier vignoble d’Angers, 5 générations (soit 100 ans environ), 70 + 14 + 40, 14 jours, une semaine d’attente pour l’expo.  Et le lien entre le vin d’Eric Morgat et l’oeuvre de Marcel Hasquin tient en une petite étiquette blanche faite par le second pour le premier, de toute beauté, pour un instant d’enchantement, le temps d'un battement d'aile de papillon.  

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Je suis charrette

14 Mai 2007, 10:52am

Publié par Elisabeth Poulain

 J'ai tout juste le temps de vous dire que je n'ai pas le temps, plus du tout le temps de vous écrire un petit mot le dimanche matin pour me mettre en forme. La cause: je suis en train de terminer ma grosse recherche sur l'habillage de la bouteille de vin dans la vallée de la Loire.

 

En ce moment, je slalome entre les étiquettes qui forment les nouveaux tapis de la grande pièce. Plutôt, les étiquettes ont d'abord conquis les tapis puis ont commencé à grignoter l'espace inter-tapis. Résultat de cette invasion, je marche en fil droit, un pied devant l'autre pour avancer.

 

DSC00001.JPG

   

Dans les semaines à venir, je pourrai

-  répondre à ceux et à celles qui m'ont écrit,

-  plus spécialement aux étudiants qui sont taraudés par le besoin de trouver un stage,

- faire quelques articles, en particulier sur les difficilesq relations entre le vin et le marketing,

- citer les blogs des vignerons que j'aime bien,

- et faire ce que j'aime: de la marche à pied, m'occuper de mon jardin qui hurle de frustation, finir des raccords de peinture laissés en plan l'été dernier ( oui, je sais, nobody is perfect), aller voir des vignerons et tout ce que je ne fais pas depuis quelques mois... So long!  

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Un petit tour au Salon du Livre 2/2

8 Avril 2007, 09:27am

Publié par Elisabeth Poulain

 

 

 

Tranches de vie, Entre Girouette et Paravant, chameau volant, Gottfried Herder à Nantes et Angers, Yourte, Vickram Seth 

Le lien entre girouette et paravent ? Telle est la question qui me tournait dans la tête en marchant dans les allées du Salon dans le Grand Hall en direction du stand Cheminements. Le vent, bien sûr. Mais attention,  celui d’Edgar dont la vivacité, la rapidité et la capacité à tout saisir manque cruellement ces temps-ci, celui  qui disait qu’il était d’une fidélité à tout épreuve : il était comme une girouette qui suivait toujours le vent. C’est d’Edgar Faure dont il s’agit bien sûr. La sortie de sa biographie a coïncidée avec l’ouverture du Salon. C’est un vent qui voit tout, qui s’intéresse à tout, qui parcourt des kilomètres pour le plaisir de rencontrer et de comprendre. De Suisse, en Allemagne, en Belgique, au Maroc, en France bien évidemment et aussi en Loire près de Saumur. Le lien s’appelle Daniel Couturier. 

Il adore l’art, les livres, les objets, les rencontres,... Parmi ceux qu’il préfère, il y a Gi-rou-ette et Par-a-vent, l’un qui se  fiche au fait d’une maison et l’autre qui se déploie devant une fenêtre qui laisse passer le vent. Outre ce vent, leur point commun est qu’ils ont une formidable présence. Expression d’art que l’on dit populaire, ou support d’œuvres contemporaines, Girou et Avent ont une capacité de communication étonnante. Pour le savoir, commencez par lire « L’Esprit de la Girouette » publié aux Editions Cheminements. Vous apprendrez beaucoup et vous vous surprendrez à lever les yeux en l’air pour voir si des fois…Quant au paravent que vous avez repéré à Emmaüs la semaine dernière, vos doigts magiques le transforment en un tour de clac en œuvre d’art avec pour montrer votre génie et non plus cacher. Et puis vous pourrez toujours aller voir une de ces expos en Europe où Daniel déploie ses collections. En attendant « L’Esprit du Paravent » qui ne saurait tarder !

Après la girouette, allez donc faire un petit tour au Maroc. Simple comme tout, vous prenez votre chameau volant, spécial création DC, et hop, vous y êtes. C’est le dernier ouvrage de Daniel, cette fois-ci auteur  d’un conte pour petits garçons, illustré de dessins de Mostafa Ben Alia « Miracle au pays des Hommes Bleus ou l’histoire des chameaux volants » aux éditions Cheminements. Chez qui Daniel est aussi Directeur de plusieurs collections, dont celle du Vieux Logis du nom de sa propre maison d’édition. Cet homme là est aussi journaliste belge qui écrit surtout pour le Maroc où il compte  beaucoup d’amis. Cela ne l’empêche pas d’affiner ses recherches sur l’histoire des villages de la Loire. Prochaine sortie prévue : Montsoreau. Vous suivez toujours ? 

Maintenant vous prenez 4 paravents ou plus selon la taille, avec un peu plus de girouettes ; il vous faut ensuite pour la recette 6 tapis et des petits trucs qu’on va découvrir au cours de la construction. Les paravents sont debout les uns liés aux autres en forme de tipi indien triangulaire, avec un au dessus (un sans trou ni jour, de préférence) pour le toit, vous gardez un volet d’un paravent ouvert en guise de porte face à l’est (ça explique la yourte, si la yourte vous intéresse, lisez  « La mission Chaffangeon en Asie centrale en 1894 » de Michel Vaissier  chez Chem of course. Dedans attachez les tapis sur les murs, comme isolant contre le vent, avec un au-dessus comme plafond et en dessous comme plancher, tapis, matelas, planche de relaxation, de méditation et tout et tout. Non, ce n’est pas fini. Les girouettes bien sûr…Une yourte façon DC, sans Girou, ce serait comme…je ne sais pas. Inenvisageable. Et là le top. Vous mettez une girouette en position Loire, parallèle au fleuve, une autre fichée vers la Suisse (le pays de la maman de Daniel), une vers le Maroc, une vers l’Allemagne. Car notre homme-vent est germaniste. Il aime cette langue et cette culture. Un de ses essais d’ailleurs est dédié à Johann Gottfried Herder, un philosophe mentor de Goethe, qui a pensé avant beaucoup d’autre que nous étions déterminés par notre langue et notre culture et qu’il n’y avait pas de suprématie entre les cultures. Ca tombe bien le premier jour d’ouverture de ce Salon du Livre 2007, ouvert sur l’Inde. Lisez donc « Un garçon convenable » de Vickram Seth chez Grasset. Un livre dans lequel  vous pouvez entrer en commençant par n’importe quel chapitre.   

 

 

 

 

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Sam, Le vigneron de demain

4 Avril 2007, 19:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le vigneron de demain

 

Il sait tout faire. Pour preuve, il lui faut exercer à lui tout seul 5 métiers qui demandent chacun des compétences quasi exclusives avec des profils psychologiques parfois difficilement compatibles. A vous de voir:

1. Il est viti-culteur, sait choisir les bonnes parcelles en fonction des bons cépages et vice et versa, travailler sa vigne dans une optique de respect de la nature, faire les nombreux travaux de taille et d'entretien, vendanger à bonne date dans les conditions de respect du raisin, à parfaite maturité.

2. Il est vigneron et fait son vin avec les bons choix, il l'élève dans de bonnes conditions, parfois pendant des années. 

3. Il est distributeur de ses vins et sait utiliser son réseau de distribution, en vente directe au chai pour l'ancrage dans sa région, en CHR pour se faire connaitre des clients des restaurateurs et cavistes en France et surtout à Paris, à l'étranter pour la renommée.

4. Il est entrepreneur et gère son entreprise sans laquelle tout le travail  déjà fait ne sert à rien, il connait et assure le travail administratif, à commencer par l'administration des ventes, les relations avec les services de l'administration, traite la compta...

5. Il est l'ambassadeur de ses vins, c'est lui qui les porte et sait le mieux en parler. Il est le meilleur communicateur de ses vins

= Comptez bien, 5 métiers avec des journées qui ne comptent "que" 12 heures sur des semaines de 6 jours sur 7, et encore, en enlevant les dimanches pendant lesquels il faut soit être sur les salons soit préparer les salons. C'est vrai que faire du vin est un plaisir; pour certains c'est un privilège. C'est aussi un tel travail qu'on se demande comment  on peut y arriver et qu'il faut surtout se poser de savoir 1. quel est son coeur de métier et 2 ce qu'on aime le plus. 

 

- Quand on est seul, allonger les journées étant exclu, il faut inventer d'autres façons de travailler, sans nuire à la qualité. Surtout que la seule prévision qu'il est possible de faire dans le domaine du vin est que ce sera par la qualité d'expression que se fera la différence.

- Quand on s'associe et/ou travaille en groupe, il faut apprendre à manager et se spécialiser dans l'une ou l'autre tâches. Et ce n'est facile. La aussi il faut courage, endurance, compétence et innovation par la qualité d'expression.     

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Un petit tour au salon du livre 1/2

26 Mars 2007, 08:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Tranches de vie n°1/2

Métro, Timbres, Lacet droit, Sérail, Tour Eiffel, Perse, Turquie, Etats-Unis, Porte de Versailles, Théâtre, Vins de Loire,

Serail Auteur = Serial …  

C’était histoire de venir dire bonjour à mon éditeur au stand du salon Porte de Versailles Hall 1. Le premier jour d’ouverture, le vendredi,  ressemble au printemps quand on se retrouve après l’hiver. On pointe son nez hors de terre; là il faisait encore un peu frisquet avec quelques gouttes de pluie. On s’en fiche. Ca sent le renouveau. Je ne vais plus au cocktail monstre du jeudi soir. On s’y marche sur les pieds et on ne voit pas les livres. Normal, ce sont les invités qui sont là pour se montrer, entre people !

Aller à la rencontre du livre, c’est toujours magique ; d’ailleurs ça a commencé  dans le métro. A peine assise, vient s’installer devant moi un monsieur concentré. De sa sacoche bien calée sur ses genoux, il sort un classeur d’écolier avec des post it à certains feuillets, il vérifie que tout était en ordre.  Comme on s’examine devant un  miroir avant d’aller à un entretien d’embauche, pour voir si la cravate est bien mise, le cheveu bien plaqué... Oui les timbres  sont là, ils ne sont pas décollés pendant la nuit ; les tampons sont bien en place. Une fois, deux fois, il touche chacune des pages marquées. Sa tension créée une fusion avec le timbre. Un peu plus loin, debout cette fois-ci, un homme de grande taille, belle tête, bel imper, belles chaussures, bug : un de ses lacets s’est défait. Il me voit le voir et il tire la boucle de façon à rectifier l’ordre. Sortie, bousculade, chacun s’en va. 

Quelques centaines de mètres  après, je vise la porte du « Sérail » réservée aux auteurs qui viennent faire des signatures sur le stand de leur éditeur. Le sérail, ça trouble. Un mot qui vient du persan pour désigner au choix  le palais du sultan d’Istanbul, le harem ou l’entourage d’une personnalité ou se noue des intrigues, comme les people du début. J’ai beau vérifié, rien ne colle pour moi mais bon, je n’ai pas voix au chapitre. Je mets mon badge « Serail Auteur ». En attendant d’entrer après vérification des noms sur le listing, nous nous retrouvons tous les trois, le Grand au lacet droit dénoué devant et le Numismate derrière. Et moi  de dire : J’aurais du me douter que vous aviez des têtes d’auteurs, Vous êtes le monsieur aux timbres. Vous vous déplacez avec vos trésors? Il venait présenter les originaux sur un stand. En quelques minutes, il nous raconte sa vie. Enfant de l’assistance avec ses deux frères, il a, jeune homme, fait la rencontre de sa vie, la Tour Eiffel et depuis lors il lui a consacré tout son temps libre avec une collection de timbres de toutes les Tour Eiffel du monde. Et entre deux Tours Eiffel, il fait une collection de timbres premier jour oblitérés avec le tampon du bureau émetteur sur toute la France. Un de ses frères est mort, il n’a pas supporté l’Assistance, l’autre est grabataire. Et lui comme il était garçon de salle à l’hôpital il va une semaine sur deux aider ceux qui s’occupe de son frèr

Je demande au Grand ce qu’il fait : il écrit des pièces de théâtre et nous reprenons le fil de l’assistance. Le monsieur aux timbres  nous remercie de ce que la Société a fait pour lui et ses deux frères. Parce que nous dit-il la société c’est vous. Le Grand prononce quelques mots de partage d’émotion en notre nom à tous les deux; après vérification de son nom, il nous salue et part. A mon tour de passer. C’est au tour du Monsieur de l’Assistance. Son nom n’est pas sur la liste. Il craignait de ne pas pouvoir entrer. Il avait raison, il repart et va devoir payer à une autre porte. Et aucun des deux ne m’a demandé ce que je faisais là. C’était pourtant court à dire: moi c’est le vin de Loire.  Je dois être parmi les rares auteurs du salon à avoir pu déguster du Saumur Champigny Cuvée Cheminements à 15h heures et du Crémant de Loire Ivoire à 17 heures. Moi, qu’on a par trois fois appelée une serial …auter mais sans prononcer le mot de  killer quand même. Et voila comment, grâce au livre, on va de la Perse à la Turquie, aux Etats-Unis, en passant par Paris-Porte de Versailles, la Tour Eiffel et l’Assistance, sans oublier le théâtre ni le vin de Loire.      

 

 

 

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Styles de vie, Styles de pub (2)

11 Mars 2007, 09:21am

Publié par Elisabeth Poulain

Styles de Vie, Styles de Pub

 

 

Quelle semaine ! Traumatisée je suis. Tout ça c’est de la faute de la Journée de la Femme et du Journal le Monde. Pour la Femme, j’ai commencé par me tromper de jour. Les autres années, souvent soit je n’y pensais même pas soit ça me venait après. Mais jamais au bon moment. Il doit y avoir du blocage me suis-je dit finement. Cette année en plus il y a eu comme un manque. Quoi ma grande surface préférée ne me donne pas ma rose. Hum les budgets doivent être serrés. On fait des éconocrocs sur les relations publiques ?! Mais non c’était le lendemain. Comment croire à  1/365. Une solution : la garder pour les années bi sextiles. 

 

Le Monde, entre lui et moi, cela a été une longue histoire que j’ai interrompue après quelques 20 ans de bonnes relations. Et puis l’ennui est venu, Je n’avais plus le cœur à ça. Il ne me parlait plus alors on a stoppé. Par le remplacer non pas vraiment. La Presse régionale me parlait si peu de région et encore moins de presse que j’en arrivais à ne lire quasiment plus que la page agricole et encore. Le cours du bœuf ne me passionne guère même si j’ai assuré un cours de marketing international Lait et Viande. Intéressant en particulier à cause de la symbolique. Je n’oublie pas ces discussions enflammées avec des étudiants à qui je venais d’affirmer haut et fort la liberté du consommateur (en particulier pour les végétariens). Rien de tel qu’un peu de provoc pour stimuler l’imagination ! Mais bon, en ces temps troublés, m’est revenu le désir de relire Le Monde. 

 

De là vient mon grand traumatisme : les hommes oui les hommes, plutôt le supplément Homme du Monde. Leur étrangeté me fascine.  Commençons par le commencement. La semaine dernière, j’ai parlé des femmes. Réaction immédiate: et nous, on a pas le droit d’être là, qu’on parle de nous ? Evidemment si, c’est bien pour ça que j’écris ce papier le jour de la femme.  Parler des hommes le jour de la femme me parait une bonne chose, même s’ils sont particulièrement doués pour parler deux 365 sur 365 jours. Ceux qui n’ont pas compris qu’on marche ensemble n’ont rien pigé. Ceci dit c’est plus la vision de l’homme qui se dégage de la pub pour homme qui m’interpelle. Cet homme là est un drôle d’oiseau. 

 

Mais il faut que je commence par le commencement. Pour démarrer la recette, il vous faut Le Monde d’un coté, un crayon et une feuille de papier de l’autre. Vous commencez par dessiner un bonhomme : un rond pour la t^te, un trait pour le corps, deux baguettes pour les bras et deux brindilles pour les gambettes. Vous pouvez ajouter des petits traits en bas pour le faire tenir en équilibre.  Vous saisissez Le Monde de l’autre main. C’est bon, on y va. La tête reste ronde et vide. Nul sourire sur les lèvres, pas de clin d’œil dans le regard. Mais pas trop de coté glauque non plus, du genre poisson pas frais ou œil poché qu’on voit sur certaines nanas en pub féminine. On passe. Le torse s’habille d’une veste cintrée, galbée, serrée près du corps pour coincer, comme s’il fallait une armature. Brrh, ça rappelle le corset des femmes d’il il y a quoi déjà, 2 siècles ? Couleur foncée pour le sérieux façon auss, fin du XIXè siècle. Chemise et tout et tout. Le pantalon maintenant. Surprise, il est blanc et s’arrête aux genoux. Qu’est-ce qu’on peut admirer alors ? Les genoux et les mollets ; comme les pauvres n’ont jamais du faire de sport, ce sont, osons le dire, des mollets de poulet, j’exagère un peu. Et on nous la rejoue Gainsbarre, quelques décades plus tard, sans chaussettes of course. Si non ça aurait l’air un peu Officier de l’armée des Indes. 

 

Le pied est nu (si, si,) dans une chaussure qui ressemble à un gant de pied.  Ah l’impression ! Pour le savoir il faut que vous fassiez le test, comme mes filles l’ont fait (involontairement) avec moi. Vous achetez des chaussettes-gants à orteil individualisé. Si, si, ça existe et ça vient forcement du Japon, ce haut lieu de la « branchtude » (= branchitude pour ceux qui n’y comprennent rien). Avec ça vous enfilez des moufles à pied (= avec le pouce individualisé) et vous voila partis. Oh le glauque que ça fait, tellement glauque que je n’ai jamais osé faire le test moi-même. Il faut dire aussi que je n’ai pas la patience, pour les pouces ça va mais les 8 orteils c’est de trop. Bon allez, on avance !  

Si on comprend bien,  pour les femmes on enlève le haut, pour les hommes le bas ; on garde au milieu et ça nous fait une société équilibrée. Oui c’est une façon de le dire. Mais ce qui m’interpelle le plus ce n’est pas ça. Si ces hommes paraissent aussi bizarres, objectisés en quelque sorte, comment notre œil est-il habitué à ce point à accepter les femmes de la pub qui doivent être tout aussi bizarres à un œil neuf. Et là c’est grave, mes sœurs. C’est de nous dont il s’agit. Il va falloir réviser nos leçons de parité.

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Styles de Vie, Styles de Luxe, MSM (1)

5 Mars 2007, 09:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Styles de vie, styles de luxe, MSM 


C’est à un exercice live de benchmarking que je vous convie pour me faire pardonner de ne rien avoir écrit la semaine derniere. Depuis Noël dernier, j’ai demandé à mes filles de m’apporter des magazines dits féminins pour comprendre ce qui les intéresse. L’une par exemple est beaucoup moins préoccupée par la mode qu’il y a quelques années. Elle s’en fiche même un peu. Elle est de plus en plus sportwear chic et décalé. Elle aime les nouvelles matières très technologiques. Elle prend beaucoup de plaisir à lire les blogs tels que celui de blabla de filles sur www.hautetfort.com. C’est vraiment drôle. La seconde a décide depuis de nombreuses années de ne plus s’habiller qu’en noir avec des pointes de couleur. Depuis un an maintenant, elle s’est fait percer les oreilles à mon plus profond étonnement de spectateur des évènements de mai 68, moi qui venait juste de quitter la fac de droit à ce moment là. Sa collection d’ornement d’oreilles est fascinante : plumes, bouton, plastique, perles, tout est bon. L’imagination au bord de l’oreille.

L’idée m’est venue d’essayer de comprendre comment les idées nous viennent surtout à nous les femmes, je dois dire, tout simplement parce que j’en suis une. Je me suis toujours refusée à penser que nous pensions différemment en tant que femmes. Alors les idées ? Pour le savoir, je regarde ce que lisent mes filles et leurs amies. J’ajoute une pincée de suppléments du week end qui viennent tous de la Kapitale et je démarre. C’est impressionnant. Même l’air que nous respirons est formaté. Je prends toujours l’exemple de l’air pour montrer que le marketing est partout. A partir du moment où l’air que nous respirons fait l’objet d’argument de vente, il est naturellement markété. Plus rien n’échappe à la sphère marketing. Je le sais. Je suis prof de marketing. A ceux qui se désoleraient de ce constat, je dirais simplement que le marketing est si étroitement associé à la démocratie qu’il en épouse son caractère imparfait. Comme nous !

Les idées ? Ca vient zut et flûte ! Pour savoir d’où souffle le vent, étudiez la presse féminine. Elle donne le ton du luxe dont nous sommes tous obsédés.
- En 1 Etudiez les parfums : flaconnage fort, design visuel dépouillé, couleur de fond qui va de l’ambre chaud, au curry foncé, au sable grisé d’un coté, au rosé fané foncé, au parme, au thé rosé. Jamais de couleur uniforme mais un jeu de lumière par derrière qui éclaircit la couleur comme un halo autour du flacon, une couronne autour de la tête d’un saint ; les crèmes de beauté, quant à elles, sont proprement magiques puisqu’il suffit de les appliquer pour devenir belles.
En 2. Ajoutez l’apport des matières des vêtements et des accessoires : dimension contemporaine avec l’argent, le métal, la brillance / dimension sensuelle avec le cuir, le velours, les perles / dimension kitsch-provoc-branché avec un mélange entre tête de mort en diamant, colliers ethniques et objets détournés.
En 3. Cherchez les chaussures : matières décalées vinyle ou paillettes, couleurs, talons importables (on s’en fiche) formes tels que des sandales ouvertes en plein hiver…
En 4. Collectionnez les styles en jouant le moment, l’univers ou le jeu : matin-midi-soir / ouvrier-cadre-star / fonctionnel-pluriel-enfant.
En 5. Mangez avec les yeux : des nourritures très chères que vous visualisez grain à grain/très bon marché pour montrer comment les transformer en luxe/ venant d’un autre univers culinaire. Tout en vantant la bonne cuisine évidemment, le faites-vous plaisir et le régime du lendemain.  

Résumons, les styles de luxe se résument à trois initiales MSM.
= le M de Matières pour le Sens du toucher, de l’odeur, de la vue…
= le S de Styles grâce à la ligne, la couleur, le décalage, l’innovation pour l’œil et l’esprit…
= le M de Marque afin de donner à la cliente le privilège d’endosser, de renforcer ou de dévoiler sa personnalité parce qu’elle unique, parce qu’elle est multiple et parce qu’elle est clanique. Dans le monde du luxe, il y a des porteurs de marques d’un coté et des sans marques, des sans grades de l’autre.

Vous êtes à vous-même votre propre création, vous avez le choix de votre clan, vous créez votre espace et vous apprivoisez le temps. Le luxe, c’est magique

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Métier: Tailleur de silex

18 Février 2007, 10:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Métier: Tailleur de Silex

Au dernier Salon des Vins de Loire, qui vient de fermer ses portes à Angers, un vigneron de Meusnes Jacky Preys avait un invité sur son stand. Un invité qui ne parlait que si on s'adressait à lui. Pas bavard au point de prendre l'initiative de prendre la parole et qui préfère s'exprimer en laissant parler la pierre de silex qu'il taille et retaille de façon à formater des languettes de pierre à facettes indispensables au fonctionnement des pistolets et des fusils à poudre. Il y avait donc des clics, des clacs secs au son long ou bref avec des vibrations sèches. Il se passait quelquechose d'étrange sur ce stand  d'Amphitéa ce mardi 6 février 2007. Le silex parlait et dégageait une odeur étrange à nulle autre pareille, l'odeur du silex heurté séchement par une autre pierre  ou un outil. Pas de coup violent mais juste, avec des outils que l'on trouvait à l'âge de pierre (ça tombe bien), comme un bois de cervidé ou un os. Des bruits, une odeur et aussi une lumière, celle de l'étincelle, celle qui qui résulte du choc du métal et qui se transmet à la poudre contenue dans le fusil ou le pistolet et l'enflamme. Le coup part.

A peine la démonstration commencée à mon intention - je n'avais pas pu m'empécher de poser des questions à ce jeune homme asssi sur un tabouret posé sur une fourrure et qui avait posé sur ses cuisses une grande pièce de cuir - au bruit du silex, en quelques minutes plusieurs hommes sont venus attirés par ce spectacle insolite. Il ya avait trois très grands hollandais très intéressés par ce trio insolite, l'homme, la pierre et le vin.

Actuellement ce sont essentiellement les collectionneurs d'armes anciennes qui recherchent des pierres à fusil, ce qui fait de Meusnes le centre mondial de la pierre à fusil et du tailleur de pierre le seul artisan en Françe capable de parler à l'oreille de la pierre, de comprendre pistolets et fusils d'il ya plusieurs siècles et d'appliquer les gestes des hommes de la Préhistoire. Il est aussi le conservateur du seul musée en France de la peirre à fusil à Meusnes toujours. Il faut dire qu'il est venu spécialement de sa Belgique natale pour pouvoir laisser s'exprimer sa passion pour la pierre à silex, celle aussi qui fait de si grand vin. Et nous en revenons à Jacky Preys qui avait invité sur son stand Jean Jacques Dutrieux, fabricant de Pierres à Fusil. (DutrieuxJ-J@Wanadoo.fr)       

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Les noms des vignerons de l'album photos

13 Février 2007, 19:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les noms des vignerons de l'album photosl

de gauche à droite et de haut en bas: on peut reconnaitre

- Alexandre Monmousseau/Vouvray, Anne Athimon/Do Génaudières, Baudry-Dufour.Chinon, Carine Rezé/Saint Nicolas de Bourgueil, Catherine Motheron/Do de Flines

- Celine Dubois/Clos Cristal, Evelyne de Pontbriand/Savennières ,  Jean François Mériaux/Do Bois Vaudons, Joël Ménard/Do des Sablonnettes,

- Laurent Gosset/Château de La Grille, Les deux héros des Loges de la Folie/Montlouis, Luc Bizard/savennières, Lydie Naels/MIchel Redde , Marie Luce Métaireau et Jean François Guilbaud/Grand Mouton,

- Pascale de Bonnaventure /Do de Coulaines, Pierre Aguilas/Do Gaudard, Pierre Jacques Druet/Benais, Pierre Soulez/Château de Chamboureau, Thomas-Labaille/Chavignol

- et Victor Lebreton/juigné sur Loire

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Les Habits du Vin n° 3

10 Février 2007, 11:06am

Publié par Elisabeth Poulain

Les Habits du vin –Billet n°03   -  janvier 2007 

Mes voeux  pour 2007  

Il faut que je me dépêche pour vous adresser mes meilleurs vœux de belle et bonne année. Je cours après le temps même si le Salon des Vins de Loire ouvre quelques jours plus tard que d’habitude. Un début d’année si riche de promesses qu’il faudra bien qu’il y en ait quelques-unes qui pourront être réalisées. 

Pour ma part,  je vous souhaite une année de démarrage d’un nouveau cycle cette fois-ci  en progression, avec moins de difficultés, plus de commandes fermes et de régularités dans les ventes à l’export. 

Ma recherche sur l’habillage de la bouteille de vin ( de Loire, of course) se poursuit bien. J’en suis maintenant à la seconde phase, celle où j’extrais la quintessence des milliers d’information qui sont à maîtriser : j’ai nommé  le premier jet d’écriture. Je travaille  avec vos  étiquettes et/ou votre bouteille à côté de moi. Je vous laisse imaginer la logistique que cela implique. Mais il   faut absolument que j’avance pour tenir les délais. Heureusement que c’est passionnant. Vous dites des tas de choses dans vos habillages. C’est ce qui constitue le pouvoir de communication par la bouteille. 

Je vous appelle aussi par téléphone ou vous contacte par mail quand il me manque une petite info qui me semble tout à coup indispensable ou quand je découvre une de vos nouvelles étiquettes ou bouteilles. Ne vous en étonnez pas : je suis sur ma planète vin et ça bouge beaucoup. Au printemps j’aurais achevé le manuscrit et résolu tous les problèmes techniques que pose la réalisation d’un tel ouvrage. Son objectif principal est de dégager les principales tendances d’habillage qui existent en Loire actuellement, quel que soit le type de vin, AOC, VDP/VDC ou Nouveau Vin de Table.   

C’est une nouvelle façon de montrer la vitalité de la Loire par sa richesse que ce soit en terme de terroirs, de trajectoires, d’innovations et d’avancées. Parler de la Loire par et grâce à ses bouteilles en donnant envie aux lecteurs-voyageurs d’un nouveau type de goûter vos vins et de venir à votre rencontre. Il y aura donc un carnet d’adresses à la fin parce qu’une bonne communication d’un auteur ne peut se concevoir qu’avec la possibilité du destinataire, qui est le lecteur, d’agir à son tour en se rapprochant de vous. 

D’ici le salon, il faut que je finalise mon blog (http://elisabethpoulain.over-blog.com) qui me permettra de mieux garder le contact avec vous et de communiquer avec vous autrement. Ca tombe bien, c’est le thème du salon de cette année. J’y parlerai de  vin évidemment, de marketing ou de style de vie. Alors que 2007 soit une vraie  bonne et bonne année et à bientôt au salon. 

P.S. Il n’est pas encore trop tard pour m’envoyer vos dernières étiquettes sorties. 

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