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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Regards de peintre (1), Madlen Herrstrom, Paris, Touraine, Suède

8 Mai 2008, 16:04pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

   

J’aime les grands espaces, les grandes toiles où je peux m’exprimer. En ce moment, je travaille sur le lien, celui qui sert à unir plus qu’à fermer d’ailleurs, que ce soit dans la matière comme la roche, le fleuve, le bois, ou un serpent… J’aime aussi me surprendre, aller à la découverte. Sans que j’ai très envie de parler de ce qui se passe en moi d’ailleurs. J’agis par ma peinture. Les mots ne sont pas ma partie. Le sais que j’ai un esprit logique, scientifique que je transforme en recherche picturale.
J’adore marcher dans les vignes avec de grands horizons devant moi et je cherche toujours avec une volonté forte de ne pas me répéter, de ne pas faire la même chose. Je suis une femme qui marche, qui bouge, qui avance. Je peins de grandes toiles pleines de couleur, d’espace et de mouvement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie est une affaire de rencontres. Il y en a toujours. Avec soi, avec les autres. C’est toujours un peu soi que l’on rencontre. C’est comme ça que ça s’est passé avec Jean- François  Mériau. Il est un vigneron de Touraine. Moi, je connais bien la Touraine, la mienne et la sienne. J’y ai un atelier et c’est là que je marche dans les vignes. Je lui ai parlé de ce que je fais, il m’a parlé de ses vins. Il est venu chez moi à l’atelier voir ce que je fais. Je suis allée le voir chez lui dans son chai. Je lui ai demandé de m’oublier pendant que je me posais. J’ai regardé et goûté ses vins. Comme lui a regardé mes toiles sans me poser de questions.
Il m’a fait confiance. Je lui ai proposé des maquettes d’étiquettes pour ses  vins de Touraine, qui sont, comme mes peintures, des appropriations de l’espace, en couleur et en mouvement. Je lui ai dit : voilà ce que j’ai conçu. Ca vous plait, c’est OK ; ça ne vous plait pas, j’arrête.
Faire une étiquette, ça peut être un plaisir, comme pour la Diablesse pour un Chinon de Pascale et    de Bonnaventure de Beaumont en Véron. Mais je ne suis pas une personne à en faire une par-ci, par là. Il n’y aurait pas alors d’engagement de ma part en profondeur.
Il faut qu’il y ait rencontre, que quelque chose qui se passe. Au début avec Jean François, rien n’était défini. Parfois j’ai proposé de modifier le nom de la cuvée, c’est moi qui ai trouvé « Le Fleuve Blanc » pour désigner la Loire pour ce vin de Vouvray qu’il a fait.

Ce que je fais dépasse d’ailleurs le monde de l’art et en même temps l'art est partout. Dans la vie de tous les jours aussi, on pourrait apporter de la beauté. Je suis très intéressée par le packaging. Quand ce n’est pas beau, ça me fait mal aux yeux, comme si j’avais du sable dedans. Il faut que les choses soient justes, précises, sans fioritures, fortes. Dans le vin il y a en plus un coté magique qui oblige à encore plus de rigueur. Oui ça me fait plaisir de voir que les gens sont sensibles à ce que j’ai fait. C’est bien, surtout quand on pense que j’aime les grands espaces ! Il y a chez moi le goût du challenge. C’est pour ça que je continue à faire des étiquettes, en traduisant par de la matière, de la couleur et du mouvement le lien entre un homme, un ancrage et une matière vivante, qu’est le vin.


Je suis toujours peintre. Les étiquettes sont, pour moi, des oeuvres et je continue à chercher, à créer et à exposer en France évidemment mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suède où je suis née. C’est mon coté ‘carré’ qui ressort, l’hédoniste en moi, c’est la Tourangelle et la Parisienne, c’est la vagabonde qui aime l’Europe. 

Pour croiser le chemin de Madlen Herrstrom et goûter vins de Chinon et de Touraine
:
- Interview réalisé dans le cadre de ma recherche sur l'habillage de la bouteille de vin de Loire  
- Pour voir toiles et étiquettes : www.madlenherrstrom.com
- Etienne et Pascale de Bonnaventure, Château de Coulaine, 37420 Beaumont en Véron : vins bios de Chinon rouges, blancs, rosés, La Diablesse, Bourgueil, Touraine, 02 47 98 44 51, www.vinibegood.com
- Pascale en photo sur ce blog, Salon des Vins de Loire 2008
- Jean-François Mériau, Vignobles des Bois Vaudons, 30 route de la Vallée, 41 400 Saint Julien de Chédon : vins des Coteaux du Cher en cépage Gamay, Cabernet, Cot, Sauvignon, Pineau d’Aunis, Chenin, Chardonnay…et également le fameux Vouvray
- Jean-François cette fois-ci en photo sur ce blog, Salon des Vins de Loire 2007.

 

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Mini- Cas Boissons, l'exemple du Zam Zam Cola

8 Mai 2008, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Zam Zam ColaOn peut être bon consommateur de cola -boisson nord-américaine par excellence- et bon musulman. Exemple le Zam-Zam Cola, né en 1979 en Iran, à la suite de la révolution islamiste et qui est spécialement destiné aux marchés musulmans. Le référencement en circuits traditionnels ou contemporains de distribution se fait sur des critères politiques. Le Zam-Zam Cola est déjà présent dans des pays comme l’Irak, l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, le Bahrein… et plusieurs pays africains à forte communauté musulmane.  Le positionnement est donc d’abord religieux.

 

Il est revendiqué également pour lutter contre le sionisme. D’outil marketing au service de consommateurs, il se transforme  en outil politique pour boycotter certains produits ou boissons. « Zam-Zam Soft Drink Drops », l’entreprise, implantée à Bahrein, déclare vouloir répondre à la demande du marché musulman pour des boissons de substitution aux soft drinks américains. Ce cola tire son nom d’une eau sacrée, l’eau de Zamzam,  « the world oldest running spring » que les millions de musulmans croyants découvrent quand ils effectuent leur pélerinage à la Mecque. La source sacrée possède en effet des vertus curatives  (www.jailhoon.com).

 

La bouteille s’inspire très largement de sa célèbre ancêtre qui résiste à toutes les modes ainsi qu’aux assauts de la boite boisson, comme vous le montre cette photo de Barry Kent prise en 2006. Le nom de la marque,  qui repose sur une sonorité riche basée sur le ‘a’ comme dans Tam-Tam, utilise un principe de fonctionnement identique : 2 mots associés, l’un commençant par C et l’autre par un Z redoublé et attirant à l’oreille.

 

Comme pour tout plan marketing,  l’objectif est d’abord de créer un lien avec le consommateur. Mais cette fois-ci le critère de segmentation n’est plus l’âge par exemple mais l’appartenance à une minorité, une ethnie, une tribu, un clan… C’est donc en même temps un facteur d’accroissement de la solidarité des membres du groupe entre eux et en même temps un facteur d’exclusion à l’égard de ceux qui n’affichent pas leur foi. Bien souvent ce type de marketing ne peut surgir qu’à partir du moment où existe une marque forte qui va servir de locomotive au concept. Une nouvelle illustration de la baleine et du minuscule poisson pilote avec l’exemple de la déclinaison tribale du Cola.

 

4 Questions   Zam Zam Cola

. Reconstituez les différents éléments du positionnement de l’entreprise pour arriver à se faire de la place sur le marché mondial du cola, détenu par deux leaders incontestés que sont Coca Cola et Pepsi Cola.  

. Quel est le prochain marché export que cible l’entreprise ?  

. Exemple de marketing tribal, le cas du Zam-Zam Cola peut également être étudié sous l’aspect de la lutte politique que doit mener chaque musulman et chaque entreprise citoyenne arabe au Moyen-Orient. Qu’en pensez-vous ? 

. Connaissez-vous d’autres Colas à  positionnement religieux ou régional ?

 

Corrigé

Le positionnement de Zamzam Soft Drink Drops

L’entreprise de Bahrein adopte un positionnement marketing en tout point traditionnel pour se démarquer de la concurrence du leader tout en utilisant les techniques marketing identiques : un marché, un produit, une ou des distributions, un prix, de la communication avec un positionnement suffisamment clair pour se démarquer de la concurrence.   Zam Zam Cola

 

Le marché exprime un besoin en cola qui n’était pas satisfait. C’est pour répondre à cette demande que la firme de Bahrein s’est créée avec dès le départ une vision internationale de son marché. Les jeunes ne sont pas ciblés en tant que tels. La force du lien établi avec le consommateur est la religion et non pas la modernité ni la joie de vivre. Il s’agit en buvant du Zam-Zam Cola de faire preuve d’une consommation religieuse. En outre l’eau sacrée de Zamzam a des vertus curatives, ce qui semble être plutôt  une communication destinée à des personnes plus âgées. Notons enfin le renforcement en sucre en caractéristique de l’adaptation au marché. Au plan de la distribution, l’entreprise adopte le mode en vigueur dans les différents marchés. Aucune indication de prix de vente ne figure dans le document. Quant à la communication, elle est basée sur la marque du Cola.

 

Le prochain marché export  

C’est évidemment l’Indonésie, le plus grand pays musulman de la planète. D’une façon générale, l’entreprise cible tous les pays musulmans et les régions des pays où habitent de fortes communautés musulmanes.

 

Le marketing politique

Il existe au même titre que le marketing des prestations de services comme le marketing bancaire ou le marketing humanitaire. Les techniques du marketing (connaissance du marché, des concurrents et des distributeurs, définition d’un marketing mix) sont directement transposées de l’univers marchand. Il s’agit tout autant de vendre ou d’acheter que d'exprimer sa foi en achetant une boisson.

 

L’entreprise de Bahrein adopte un marketing mixte fondé d’une part sur la démarche marchande et d’autre part sur le concept d’une consommation religieuse comme il existe une consommation citoyenne fondée sur le développement durable par exemple.

 

Les autres Colas

On peut distinguer deux positionnements différents selon la cible choisie :

- avec la même cible, Mecca Cola, une marque marocaine de Cola, 20 millions de litres vendus en France, 750 millions dans 50 pays, 10% du CA est reversé à la cause palestinienne ; Arab-Cola qui revendique 70 millions de consommateurs potentiels dans le monde avec un positionnement anti-Bush ;

- avec des cibles régionales, Breizh Cola (pour les Bretons) 1 million de bouteilles en 2003, T’Chi Cola (pour les gens du Nord) et aussi Corsica Cola ou Elsass Cola…avec des volumes de la moitié d’un million de bouteilles. 

 

Pour suivre le chemin

- Les données sont à actualiser ; elles datent en effet de 2004. Et l’entreprise semble être toujours là, ce qui montre la justesse du plan marketing. Aucune information de prix n’est fournie.

- Voir sur ce blog les autres cas de la série consacrée aux boissons.
- Photo de Barry Kent prise en 2006 et présentée par Wikipedia.  

 

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Dimanche matin au village de Denée en Anjou, France

4 Mai 2008, 17:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Pourquoi le dimanche, parce que c’est un jour où on se retrouve, soi avec soi, en famille et avec les amis. Le matin, parce que c’est le moment où la lumière est la plus belle, fraîche, claire et forte. C’est aussi par différence avec l’après-midi un moment ou le village est vivant. Pourquoi Denée ? Parce que ce village a une longue histoire gauloise, perchée sur un éperon rocheux qui lui permettait de se protéger au moins dans sa partie nord, face à la vallée du Louet. De cette époque datent des remparts qui étonnent en un tel lieu. Il fallait bien résister à l’envahisseur anglais au XIIIè siècle, les bigots parce qu’ils disaient toujours ‘By God’. Il ne suffit pas d’avoir un nom ‘denée’ qui vient du ‘chêne’ en gaulois (Dann) pour en avoir la force. C’est aujourd’hui un village proche d’Angers, qui n’est qu’à quelques kilomètres. Les cyclistes angevins viennent y fortifier leur jarret pour la semaine à venir. Quelle que soit la façon d’aborder le village, il faut y monter et ça se mérite quand on est un sportif.     

   

C’est à ça que je pensais avant d’arriver à Denée quand je me suis trouvée coincée derrière un peloton de cyclistes hommes de tous âges, tous avec le plus beau maillot de leur club, celui du dimanche, à papoter groupés entre eux tout en pédalant sur cette petite route sage serpentant au milieu des vignes. A’arrivée au village, vous comprenez vite que Denée se déguste à pied, sinon vous ne verrez rien. A partir de ce moment, il vous faut trouver une place de parking. C’est chose faite quand vous découvrez aperçu une jolie place, la place Muller, du nom d’un docteur, maire du village,  devant un bâtiment manifestement ancien qui s’avère être la façade, la plus ancienne, plein sud, de la mairie. C’est là que vous voyez votre première glycine violette en pleine floraison. Il y en aura beaucoup d’autres au cours de la ballade, certaines courant classiquement le long d’une façade ou d’un mur de jardin, d’autres servant de ciel entre deux bâtiments et une utilisée à titre de claustra ajouré pour séparer la terrasse en bordure du chemin du jardin potager derrière. Toutes violettes sauf une blanche qui avait du mal à se mettre en valeur sur le ciel bleu clair. Avec un ciel d’orage, cela aurait été superbe. 

   

Faisant fi du plan que vous avez à la main, vous allez au gré de vos envies là où vos yeux vous guident. C’est toujours ce que j’ai fait, avoir une connaissance minimale préalable quand je le peux, sinon elle vient après, et partir ensuite à la découverte sans le plan, en humant l’air du temps et du moment. La carte n’est pas le territoire. C’est très vrai. J’ai donc regardé où étaient et où allaient les gens. Les premiers Denéens que j’ai vus faisaient la queue devant chez Issac le boulanger, pour acheter le traditionnel gâteau du dimanche ou plus sûrement la baguette de pain. Trois hommes, étaient assis à une terrasse de café au soleil, à l’entrée de la Grand Rue qui n’a de grand que son nom. C‘est donc là que je suis allée, en suivant un groupe de personnes âgées qui se dirigeaient en fait vers l’Eglise. A voir leur allure, ils étaient visiblement en retard. Ils sont entrés dans l’église par le milieu sud de la nef, c’est la seule partie accessible. Impossible d’en faire le tour, l’église est construite au bord de la paroi rocheuse et tant la façade ouest et le chevet à l’Est sont bordées par des propriétés privées. Le plus beau point de vue pour admirer l’église est donc curieusement situé en bas en suivant le chemin ‘hors les murs’. 

   

L’envie de voir derrière ou devant l’église, selon la façon de voir les choses, m’a amené à tourner à gauche et j’ai trouvé un chemin de pierres très pentu, le chemin de la Foirouse, qui descend vers la vallée. Il est situé hors des remparts. C’est pour ça qu’il s’appelle comme ça. Rien à voir avec foireux, mais avec foreign, l’étranger, les fameux Anglais, comme vous l’avez deviné. Actuellement, sa raison d’être est de permettre au passant de voir dans le lointain l’église de Savennières de l’autre côté de la Loire. L’église qui est proche se cache et celle qui est lointaine se voit. 

   

C’est alors que j’ai découvert ces fameux remparts qui font l’objet de travaux de réhabilitation. A dire vrai, une autre raison m’a poussé là. Une cacophonie comme je n’en ai jamais entendu. Un bruit de fanfares animales, c’était la seule chose dont j’étais sûre. En descendant, j’ai fait le lien entre l’eau d’une grande mare et le bruit. Des grenouilles, des milliers  de grenouilles, plus certainement. La mare que j’ai vue d’en haut n’était qu’un pré inondé et de l’autre coté du chemin en bas, toute la prairie était sous l’eau. C’était magnifique. Chaussures mouillées, quel souci ? Aucun par contre, de belles photos de deux grands chênes et l’envie un autre jour de revenir pour aller voir plus loin le bord du Louet vers l’Ouest. Malheureusement de là, on ne peut joindre l’Aubance, une petite rivière affluente du Louet qui elle-même rejoint la Loire. Tout ça pour vous dire que Denée et l’eau, c’est une affaire qui marche. Du haut du Chemin de la Foirousse, vous devriez voir les trois, Aubance, Louet et Loire, si vous pouviez voir en creux.   

L’Aubance n’a qu’une trentaine de kilomètres de long. Ce n’est pas suffisant pour que la France, que dis-je le monde la connaisse et pourtant, si. Les Côteaux de l’Aubance sont connus, ce sont des vins liquoreux qui portent ce nom. Et les grenouilles cessent-elles leur tintamarre la nuit ? La réponse est NON. C’est ce que m’a expliqué  un Denéen qui habite une maison en bordure d’un autre sentier plus à l’est qui remonte au village : « les grenouilles mâles continuent jour et nuit, 24h sur 24 à lancer leurs appels  sexuels. Au moins les grenouilles ont-elles le bon goût de manger les larves de moustique ». Et la question que je n’ai pas eu le temps de poser est : y-a-t-il  beaucoup de moustiques parce qu’il y a beaucoup de grenouilles ? Ou l’inverse ? Ou n’y a-t-il aucun lien ? Ca, ça m’étonnerait. C’est comme les escargots. Ah bon ? 

   

Oui. Du côté ouest du village par rapport au Chemin de la Foirouse, un jardinier est venu surveiller ses plantations de jeunes laitues dans son jardin potager clos de murs. Car me dit-il, les laisser 48 heures sans venir voir si tout va bien est impossible. Une fois je n’étais pas venu le week end, à mon retour, les escargots avaient tout mangé. Il restait la tige centrale, un désespoir de jardinier ». C’est vrai qu’à voir cette belle noire bien grasse, on imagine bien le plaisir des escargots à monter à l’assaut des salades en victime. 


Retour au centre du village, à la recherche des glycines et des vieux murs qui cachent les belles demeures qui figurent sur mon plan. Là, nouvel objectif, acheter Ouest-France Dimanche que j’ai trouvé au café avec terrasse. Pas de difficulté, c’est le seul. A l’intérieur deux hommes à discuter de tiercé. J’ai pris un café au soleil à la table d’à coté des trois hommes du début de la promenade qui sont maintenant cinq. Tout comme le café qui s’est rempli quand j’ai rapporté ma tasse. Aucune femme, mais où sont-elles donc, à part celle qui sert au café et une vendeuse à la boulangerie où j’ai acheté un délicieux croissant? J’en ai vu une faire du vélo de dame, pas de course. Mais au moins elle se promenait comme moi. J’en ai vu une autre aussi, dans le jardin d’une maison qui surplombe la vallée, elle embrassait son gros chien loup avec beaucoup d’amour et n’avait pas assez de sympathie à donner à une passante qui avait l’audace d’entrer dans la ruelle, pour voir ce qu’il y a au bout
. Manifestement elle, avec son gros chien qu’elle a laissé aboyer contre moi. C’est aussi ça la vie de village. 

   

Comment j’ai terminé mon tour à Denée ? Vous l’avez déjà deviné, en achetant du vin bien sûr. J’ai failli ne pas y arriver. Assise à la terrasse, j’ai découvert que derrière moi, il y avait un Proxi, tellement bien fermé pour cause d’air conditionné que je n’avais pas vu qu’il était ouvert au départ de la promenade. C’est là que j’ai trouvé un Cabernet d’Anjou, l’R d’Anjou du Domaine Richou à Mozé sur Louet, un village voisin. 

   

Vous savez aussi pourquoi Denée, parce que Marcel Hasquin, le peintre, originaire de Denée en Belgique a épousé une femme originaire de Denée en France. Il a fait don d’un triptyque et de deux tableaux à l’église. C’est lui qui m’a donné envie de venir. Il faudra que je revienne un autre jour pour voir ses œuvres, mais pas le dimanche matin bien sûr. 

Pour suivre le chemin
       - le site de la mairie de Denée/Anjou etcelui de Denée/Ardennes belges

-        mon billet sur Marcel Hasquin intitulé : Chococube, Hasquin à Mortains, Vin, D   Day, Boutros Boutros Ghali du 14.06.2007, sur ce blog

-   Photos EP, voir aussi l'album photo 'La Loire de toute beauté'  

 

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André Dominé et le vin, en passant par la photo et la gastronomie

29 Avril 2008, 16:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

André Dominé est un homme secret. Pourtant c’est un journaliste qui écrit beaucoup et qui a aux yeux des Français au moins trois qualités : il écrit sur le vin parce qu’il le connaît et l’aime, il doit être d’origine française avec le nom et le prénom qu’il a (Dominé signifie maître en latin) et maintenant depuis 1981, il vit en France dans le midi dans un village de viticulteurs, là où le soleil est quoi qu’en disent les gens du Nord, particulièrement beau. Là aussi où on peut se rappeler ce merveilleux dicton allemand ‘Froh wie Gott im Frankreich’ (= Heureux comme Dieu en France).

 

André Dominé est un homme secret qui a beaucoup de choses à dire. Les deux dimensions doivent être liées à mon avis. Et quand il veut dire, il s’attaque à des sujets larges qui par définition  sont impossible à traiter exhaustivement. Parmi ses thèmes, le vin évidemment et la nourriture. Il a fait paraître en français un gros bouquin sur ‘Le Vin’ qui existe en deux éditions 2004 et 2005. Le critique de Château Loisel célèbre la dimension encyclopédique de son ouvrage qui vise  les vins de tous les pays producteurs du monde mais regrette que la place accordée aux vins français ne soit pas (encore) plus importante (150 pages, à égalité avec l’Italie). Il pointe du doigt également la dimension du livre et son poids qui en rendent le maniement difficile. Je subodore, sans pouvoir le prouver évidemment, que cet argument négatif n’est en fait qu’une façon apparemment objective de renforcer le Ier élément de la critique, la place de la France au Panthéon des Vins. Sur le 2è point, il me semble que quand on a beaucoup de choses à dire, on ne peut pas faire petit. Il y a un moment où il faut être raisonnable quand même, surtout quand le livre est enrichi de belles et grandes photos. On découvre qu’André Dominé aime la photo.

 

A ce stade du raisonnement, il y a déjà 3 thématiques : André Dominé, le vin, les photos (et la nourriture dont je ne vous ai pas encore parlée). Continuons sur le vin pour y arriver. Parce qu’on a du dire à l’auteur qu’il devait aussi faire du light, il a sorti une série de petits livres très tendance sur le vin d’un format carré (17 x 17 cm), composé aux ¾ de photos de Armin Faber et de Thomas Pothman. J’ai sous les yeux par exemple ‘le vin rouge’ (2003).

 

C’est un livre que j’ai acheté sans l’avoir prévu. Traduisez que c’est clairement un achat d’impulsion, comme il m’arrive souvent de le faire avec du vin. Je vois un habillage qui m’intrigue ou me parle et je cherche à savoir pourquoi en le buvant. Je me dis que si je ne le goûte pas, je n’ai que peu de chance de comprendre ce que le vigneron a cherché à faire. Evidemment, je pourrais aller voir le vigneron pour lui demander pourquoi. C’est ce que j’ai fait aussi et maintenant je fais les deux. Ce qui m’a attiré aussi c’est le jeu sur la couleur. Le rouge, parce qu’il y a aussi un autre livre sur le vin blanc.

 

Rouge est le vin, rouge est le livre, rouge est le corps de la femme. Que vient faire LA femme là-dedans ? André vous explique qu’un livre sur le vin n’a pas toujours besoin d’être sérieux Là je suis d’accord avec lui. Il dit aussi que le vin est là pour procurer des bons moments de plaisir et de détente. C’est d’accord et à ce moment, André vous précise qu’il ne vous ennuiera pas avec  des ‘vues interminables de vignobles, domaines, barriques et bouteilles’. Alors là, non je proteste, je ne suis plus en phase avec André. Les paysages de vigne sont parmi les plus beaux du monde. Ils sont d’ailleurs protégés au même titre que des œuvres d’art. On le sait depuis le colloque de Fontevraud (2002). Bien sûr, photographier une vigne, c’est terriblement difficile. D’abord il faut y aller, trouver le bon angle, parfois louer un petit avion, le bon moment parce que la vigne est capricieuse. Elle ne se laisse pas toujours photographier comme ça au moment où le photographe a besoin d’une photo. Essayez,  vous verrez. Vous aurez une photo de réussie sur une centaine et vous serez déjà content-e. Ceci dit, s’il n’y a pas de photos de paysages ou de domaines, qu’y a-t-il ?

 

Un corps de femme qui ouvre le livre. Mais attention, pas une moche non une artistique, à la mode d’aujourd’hui, c’est à dire allongée horizontalement, tronçonnée partie face entre les seins figurés en lumière jaune, le nombril que l’on devine dans une couleur orange foncé  et le sexe marqué en Y dans un rouge renforcé. Cette photo double page s’appelle subtilement ‘Se baigner dans le vin’. On pressent vaguement que pour le photographe, il y aurait comme un lien entre la femme et le sang de la terre. Oh, est-ce possible. Bingo, c’est gagné. A la fin de l’ouvrage, se trouve cette fois-ci le coté pile de la jeune dame en question, cette fois-ci en bleutée, le tronçon qui va des omoplates au bas des fesses, avec délicate attention un verre vide de 40 cm de haut qui repose délicatement dans le creux des reins, avec un texte ‘poétique’ : Qui ignore encore que le vin rouge peut aider à faire oublier ces petites barrières qui nous privent parfois de notre bonheur ? La photo est bleue-noire parce que la fête est finie, la preuve le livre se termine.

 

Inutile de vous dire, mais évidemment je vous le dis quand même, que les ‘vraies’ femmes sont très peu présentes dans le livre. On en voit  2  boire du vin, 2 qui regardent leur verre, une dont on voit le verre sur son genou gainé d‘un bas à résille et 1 qui regarde le haut d’une bouteille passée à la cire rouge pour 20 hommes qui boivent, hument, recrachent leur vin. A part ces 6, les femmes sont absentes du monde du vin. Par contre on trouve un Adonis autrichien culturiste, Leo Hilinger, blond comme les blés, couché nu dans un grand lit de bois au milieu de la vigne : son oreiller est fait de feuilles de vigne et sa couverture de grappes de raisin rouge. Le drap est bleu moyen comme les tuteurs des pieds de vigne. Classe. Dommage que l’inter-rang n’ait pas été enherbé. Cela aurait été encore plus beau. 

 

On trouve aussi très peu de domaines qui sont signalés par une étiquette ou par une adresse. Pour la Loire, il y a une seule référence sur les 19 étiquettes de vins français. Il s’agit du Grand Clos, un Saumur-Champigny du Château de Villeneuve, qu’on retrouve en adresse www.château-de-villeneuve.com citée à la fin sur les 12 mentions avec www.interloire.com.

 

Pour terminer sur cette relation entre le rouge, l’homme, la femme et le vin,  juste 2 infos, qui ne sont pas particulièrement liées entre elles :

- un dessin très caustique de dégustateurs vieux et pas beaux de Ralph Steadman sur le thème de ‘savoir déguster et vider son verre’  avec 11 hommes et 1 femme. Ils portent tous un nez pointu et rouge,  sauf un. Il n’a pas de nez ; 

- un magnifique biberon rempli de vin rouge sur fond bleu, forcément, pour viser la température de service. La tétine est remplacée par un gros compte-gouttes, pour l’humour.

 

J’en arrive cette fois-ci enfin à la nourriture. C’est assez maigre dans Le Rouge. A part le boeuf bourguignon, que je ne vais surtout pas vous décrire, il y a la recette du beurre rouge à ré-interpréter avec le Saumur-Champigny. C’est en fait un beurre d’échalotes rouges (100gr) qu’on fait fondre dans une grosse cuillérée de beurre, on verse ensuite un bon verre de vin rouge qu’on laisse réduire. Mélange à mixer une fois refroidi et à réincorporer dans les 200 gr de beurre qui reste. A servir avec un steak et Le Grand Clos que vous venez de déboucher.

 

Pour la nourriture, clairement je ne vous conseille pas ce livre, vous l’avez compris. Par contre, si vous voulez vous faire plaisir, voyez si vous pouvez trouver toujours d’André Dominé, mais cette fois-ci associé avec deux autres auteurs, Joachim Römer et Michael Ditter et un seul photographe Peter Feirabend dont vous  avez déjà repéré le nom en tant qu’éditeur du Rouge. C’est André qui a fait la partie sur la France. C’est un vrai régal.

 

Jugez-en. Voici sa suite logique, sans hiatus ni page intermédiaire pour expliquer sa démarche, qui débute par sa partie ‘salée’:

-        la baguette, le beurre au lait cru, le croissant,

-        le pastis, la crème de cassis,

-        les escargots de Bourgogne,

-        le homard, les huîtres et fruits de mer (je vous confirme que le hareng n’y figure pas), les poissons et crustacés, la bouillabaisse, les anchois,

-        les soupes,

-        les pâtés et terrines, le foie gras, la volaille de Bresse,

-        le traiteur, la charcuterie,

-        le bœuf,

-        la choucroute,

-        les légumes et pommes de terre,

-        les salades, l’huile, le vinaigre, les herbes de Provence, la moutarde de Dijon,

-        la quiche lorraine,

-        le fromage (12 pages).

 

Le vin fait la transition avec la partie sucrée. Il nous parle du Bordeaux  puis de la Bourgogne et des autres vins (2 pages doubles à chaque fois). Le Champagne et ses 30 marques ont droit à 2 pleines pages. Les bouteilles alignées commencent par Ayala Brut (1), Taittinger (2),  Heidsieck (7), de Venoge (11), Lanson (12), Pommery (13), Veuve Clicquot (14), Pol Roger (16), Ruinard (20), Mumm Cordon Rouge (23), Gosset (25), Louis Roederer (27)…. Suit le cognac, l’armagnac, les eaux de vie, le cidre, le calvados.

 

Arrivent enfin le sucré peu abondant avec les entremets, les crêpes, la pâtisserie avec le chocolat de Lyon et le nougat. Et c’est fini. Pour ouvrir la partie consacrée à la France, Peter Feierabend a photographié un éleveur de volaille de Bresse qu’on n'oublie pas, une fois le livre refermé.

 

Le livre pèse 4,2kg et mesure 31,5 x 27,5 cm pour 24 E. Tous les mets et les produits sont photographiés. Les textes sont enrichis de recettes. C’est absolument incroyablement bien fait et tout aussi incroyablement pas cher. Alors cette fois-ci, Merci Chef, dis-je à André. Du coup, je vais aller acheter Le vin, son dernier bouquin. Avec une question : A quand un livre sur les vins de domaines du Sud de la France ou de Provence ?


Ah, je ne vous ai pas dit? André Dominé est né à Hambourg; il est allemand. Les quelques infos que j'ai trouvées sur lui figurent sur les rabats des pochettes de ses ouvrages. On ne trouve pas d'interviews sur lui, faites par des journalistes français et ça, c'est bizarre. C'est pour ça que je vous dis que c'est un homme secret.  
 

Pour suivre le chemin

      . André Dominé, Le vin rouge, Fierabend, Le vin blanc (id), Europe à la carte (Könemann éditeur)
. Ralph Steadman, www.ralphsteadman.com

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Salade froide de hareng saur à la crème et de choucroute crue

29 Avril 2008, 08:11am

Publié par Elisabeth Poulain

On se bat pour du vin mais sait-on qu’on s’est battu entre Néerlandais et Norvégiens surtout, il n’y a pas si longtemps que ça,  pour s’approprier les bancs de harengs de la Mer du Nord. C’est un très joli poisson élancé à tête triangulaire fine. On le dit gras parce qu’il contient jusqu’à 25% de ‘bonnes’ graisses. C’était dans les siècles passés un repousse-famine qui permettait de passer l’hiver, de donner chaud quand il faisait froid et d’attendre le printemps, le temps d’aller à la pêche en mer, du Golfe de Gascogne jusque  dans l’Arctique, chercher les jeunes, les maatjes qui  n’ont pas encore atteint leur plénitude sexuelle.  

Le mois de mai approche à grand pas. Je sais que vous voulez absolument surprendre vos amis en leur concoctant une recette à découvrir. Très rapide, il faut compter une ½ heure environ, elle est en plus sans cuisson car tout est déjà prédigéré par la saumure que ce soit pour le poisson favori de la Mer du Nord, cher à nos amis belges et néerlandais ou le chou qu’ils aiment aussi beaucoup. Tout comme moi et les Alsaciens. Vous pouvez ensuite vous amuser à changer tout ou presque tout, à votre choix. Moi, j’aime bien partir d’une idée et voir où celle-là peut me mener. 

La recette
1.      La choucroute crue (80-100gr/personne) est lavée à grande eau et pressée fortement ensuite à la main pour en extraire au maximum l’eau de saumure. Vous la placez ensuite dans un grand saladier avec des dés de pomme fraîche (au moins 1/2  pomme par personne) et des rondelles de petits oignons frais ( au moins 1 par personne).
2.     Vous ajoutez les filets, coupés en petits morceaux, à raison d’1,5 ou 2 par personne. Certains recommandent de les laisser tremper dans de l’huile une petite heure préalablement pour les assouplir. 
3.     Pour la sauce vous prenez un jus de citron avec ½ pot de yoghourt et une grosse cuillerée de crème fraîche avec un peu de moutarde forte. Du poivre, si vous voulez renforcer le goût.
4.     Vous servez avec du persil frais. 

Les changements
Et maintenant, voici comment vous pouvez transformer cette salade,  qui peut composer un repas complet (eintopgericht en allemand, je ne connais pas le mot flamand, dommage). Tous les éléments peuvent être modifiés, à l’exception de la choucroute :
. le poisson, ce peut être aussi du hareng frais mariné pendant 2/3 jours dans du vinaigre avant = à mon avis, c’est encore meilleur ;
. la pomme, essayez donc en saison avec un abricot qui est souvent un peu acide ;
. la vinaigrette peut être faite au vinaigre de cidre avec de l’huile et sans crème fraîche ;
. le persil est remplacé  par de la ciboulette. C’est sûrement meilleur que du persil frisé. 

Le moment et le lieu
C’est une nouvelle re-découverte qui consiste à manger quelque chose au moment où il le faut. La pêche aux maatjes n’est ouverte que de mai à juin.  On trouve ensuite les maatjes (‘petit pote’ en flamand de Gand, chez nous cela désigne le hareng nouveau)  à acheter jusqu’en septembre. C’est une indication bien sûr. C’est la nature qui commande. Les connaisseurs le mangent sur du pain. Il est si gras qu’il s’étale presque et les Néerlandais l’apprécient si fort qu’ils le veulent avec des frites. C’est une théorie qui se tient. Gras + gras égale (=) ‘je me régale’. 

Pour nous, c’est un poisson à redécouvrir, tout comme la choucroute d’ailleurs. On a commencé à pêcher le hareng aux Pays Bas au XIIè siècle. Actuellement ce sont les Danois, les rois de la pêche du hareng. Mais le commerce du hareng est toujours aux mains des Néerlandais. Et nous en France, euh… le hareng n’est certainement pas le poisson dont on parle spontanément. C’est bien pour ça que je vous en parle. 

Pour suivre le chemin
-         Consulter une véritable somme en matière de connaissances touchant à nos façons de nous nourrir, Europe à la carte, un voyage culinaire,    Könemann, Cologne 1999
-        Voir la recette du hareng saur à la crème d’un fin connaisseur, Patrick Cadour sur http://estran.canalblog.com/archives/2006/09 qui conseille de déguster son hareng avec de la bière ambrée. Il n’a pas encore trouvé le vin. 
-   

 Poisson, Collection Emmaüs EP  

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Mini-Cas Vin > Stratégie en France de Gallo > Ière marque mondiale de vins

25 Avril 2008, 10:01am

Publié par Elisabeth Poulain

La plus importante et la plus ancienne maison de négoce américain (4 600 personnes), Ernest & Julio Gallo, des descendants d’immigrés italiens, n’exporte pour l’instant que 15% de leur chiffre d’affaires, même s’ils sont présents dans 95 pays. Leur objectif est de doubler ce montant, avec la volonté de développer une marque mondiale avec une approche plus marketing que basée sur l’exportation. Leur volonté : « to become the most innovative global marketer and distributor of wines »  En effet leur approche d’un marché est toujours précédée de solides études pour comprendre le marché en terme de consommation, de distribution et de concurrence. Gallo dispose aux EUAN (traduction en français d’USA) de son propre service d’études marketing, centré sur le consommateur, qui teste en permanence le positionnement des vins, leur packaging et la communication toujours centrée sur le consommateur et le distributeur. Il s’agit d’abord de pousser la vente et surtout créer de la valeur grâce à des programmes de co-branding (vin + fromage ou pâtes ou crackers…),  des opérations mensuelles à thème, la conception de displays, de leaflets, de fiches recettes… nécessaires pour animer le rayon. 

Sur les 96 opportunités de carrière présentées sur le site (
www.gallo.com), on peut en compter 2 en marketing international, 13  en ventes internationales,  1 en marque internationale, 1 en  service créatif et 24 en ventes.       

  

Il s’agit, selon Stephany Gallo, du Service Marketing central, d’approcher les différents marchés avec des vins spécialement conçus pour eux et non pas de chercher à pousser la vente de gammes existantes. En Europe c’est évidemment le marché anglais qui est prioritaire en terme quantitatif. Gallo est également présent sur le marché français sur lequel leur part de marché est minime mais  important en terme de référence et d’observation de la concurrence. En France, la gamme, courte et compréhensible, est  fondée sur le prix : en entrée de gamme Wine Cellar (4,5 EUR), en coeur de gamme Turning Leaf (6 EUR) et en haut de gamme Réserve Sonoma (7,5 EUR) pour satisfaire le consommateur français qualifié de ‘connaisseur et curieux’. 

 

En Europe, la firme communique volontiers sur le caractère familial de l’entreprise. « Une famille, trois générations, une passion » constitue le slogan de Gallo ; pour les jeunes, citons Gina, petite-fille d’Ernest, vinificatrice et maître de chai  qui assure également une rôle important en matière de relations publiques, Matt son frère ou Chris Gallo chef de marché export. Il y a une trentaine d’héritiers présents dans l’entreprise. 

 

En France, la consommation est passée de 120 litres en 1966 par habitant et par an à 60 litres maintenant, mais c’est toujours six fois plus que la moyenne aux EUAN et le prix du vin a augmenté. Il est vrai que  Turning Leaf and Wine Cellar apportent des nouvelles flaveurs qu’on ne trouve pas nécessairement en France. Il ne s’agit donc pas de conquérir mais de compléter le marché gaulois. En 2 000 lors de l’ouverture de la filiale, Gallo a communiqué de façon modeste (modest effort) pour évoquer la famille, les vignobles et les récompenses obtenues à Vinexpo. Pour convaincre les amateurs français, Gallo propose de déguster le Chardonnay avec des pâtes avec une sauce crème et du parmesan (www.findarticle.com). 

 

En France, c’est la presse professionnelle qui est retenue pour communiquer ainsi que le recours aux relations publiques, les conférences de presse et les dégustations. En Grande-Bretagne, premier marché mondial en terme de consommation de vins dits du ‘Nouveau Monde’, l’entreprise fait de la publicité grand public centrée sur Gina qui parle des vins de façon sobre et chaleureuse en se référant à la nature. Une particularité en forme de ressemblance avec nombre d’autres grandes entreprises américaines : la volonté de contrôler la communication et de ne pas donner de chiffres, puisque eux les aiment tant.  

 

Questions
. 1.  Montrez comment la communication est axée sur le marketing et la vente ?

. 2. Comparez la consommation du vin aux EUAN et en France.  Que pouvez vous en déduire au niveau de la communication de Gallo?  

. 3.  Quel pari fait Gallo en France ?  

. 4. Quel est l’impact en terme de communication de la désignation de ‘ Nouveau Monde » par rapport à  ‘Ancien monde’ ? Quelle désignation pouvez-vous suggérer ? 

 

Annexe : Aperçus sur la consommation de vin aux EUAN
Selon une enquête faite en 2002 sur le site Wine Spectator auprès de 2 400 Américains ayant répondu au questionnaire, 85% d’entre eux consomment du vin 2 fois par semaine. Contrairement aux idées reçues, le vin est consommé pendant les repas (78% des personnes interrogées) en particulier chez les plus de 30 ans.

  

Le critère d’achat est pour le tiers d’entre eux le type d’aliments, pour 11% d’entre eux le prix et pour 3,4% la marque. En dessous le vin est apprécié surtout en cocktail (15,6%) ou en digestif (13,8%) Le prix moyen d’une bouteille achetée pour la dégustation à la maison est de 16USD pour 66% des personnes, plus de 25USD pour 27,8% et 10USD pour 10%  d’entre eux. 

 

Le vin est principalement acheté dans le réseau traditionnel des cavistes (80% des réponses), 5% en grande surface et presque autant par Internet. Notons pour finir que le premier critère de sélection d’un vin est le cépage (41% des réponses), l’origine pour 12%. Les consommateurs … « préfèrent  les vins de marque du nouveau monde et leur classement par cépage aux vins de l’ancien monde et leurs notions de production et de terroir ». www.vinexpo.fr 

 

Corrigé
1. La communication axée sur le marketing et la vente
Gallo applique les grands principes du marketing à la lettre tout en sachant surfer sur les tendances du marché.  

 

Les principes du marketing :

. bien connaître son marché = ce qui signifie connaître les chiffres du marché en produisant soi-même ses chiffres. La taille de Gallo le permet.

. suivre très régulièrement le marché pour en déterminer l’évolution ;

. s’adapter au marché et ne pas lui demander de le faire à sa place = jouer sur les 2 leviers simultanément que sont le consommateur et surtout le distributeur. C’est ce dernier qu’il faut convaincre = les chiffres sur le marché et le consommateur serve à cela ;

. disposer de services de marketing étoffés dans l’entreprise pour travailler à la stratégie et à s mise en application;

. caser les héritiers à des postes à responsabilité à tous les niveaux et aussi et surtout dans le marketing et la communication;

. tester tous les éléments de la stratégie marketing (positionnement face à la concurrence et stratégie de distribution) et du mix-marketing opérationnel ;

. choyer les distributeurs et animer les rayons grâce à des promotions pendant les campagnes de pub ;

. offrir une gamme courte et très facile à voir et à comprendre pour le consommateur ;

. donner à une femme, jeune et jolie, Gina, le rôle central en matière de représentation visuelle de Gallo ;

. communiquer encore et toujours sur la famille et la connaissance du métier nimbées de valeurs traditionnelles et respectueuses.  

 

=    Le marketing n’a de sens que dans la mesure où il permet de vendre et de créer de la valeur ajoutée. C’est un marketing étroitement associé à la vente dans le but de gonfler le CA. Il ne s’agit pas de faire plaisir mais de faire du chiffre. Pour cela, la personne qui tient la clé d’accès au marché, c’est le distributeur. Il faut donc tout faire pour le convaincre. 

Les outils de la vente : le packaging, le co-branding (2 marques ensemble) pour jouer de la synergie entre des produits complémentaires d’etreprises non concurrentes, l’animation du rayon sous toutes les formes, pour faire tourner le stock le plus vite possible et permettre ainsi de satisfaire le distributeur, le prix promotionnel, la dégustation, les recettes… 

 

Au total sur les 96 jobs proposés, 4 relèvent du marketing et 37 de la vente ! Notons enfin que Gallo est une entreprise maître dans l’art de jouer sur les relations publiques. 

 

2. Consommation et communication comparée EUAN/France
Aux EUAN : 10 L/an/habitant, le vin est un produit peu connu sauf dans certains Etats (Californie…) ou chez certains consommateurs (grandes métropoles, segment CSP (catégorie socio-professionnelle) très élevé…), d’où la nécessité de communiquer sur la façon de consommer le vin, produit nouveau pour beaucoup. 

 

En France : 60L/an/habitant, le vin fait partie de la culture traditionnelle et le consommateur, selon Gallo, est connaisseur et curieux. Curieux, certainement ; les Français adorent trouver de nouveaux vins ; ils ont une âme de défricheur. Par contre connaisseur, ce n’est pas l’avis du responsable de Gallo France (Français) qui estime que les Français ne connaissent pas plus les autres vins que les leurs et ne savent pas quoi manger avec.  

Il y a là un trait commun avec le consommateur américain d’où le recours aux mêmes techniques de communication essentiellement centrées sur le produit (dégustation, formation) et le recours aux relations publiques pour faire aimer l’entreprise, ses valeurs et ses vins. 

 

3. Le pari de Gallo en France
Il est multiple :

. comprendre le marché français, le plus mature qui existe au monde en terme de vin,

. comprendre  ce que demandent les différents segments de consommateurs,

. comprendre le système de distribution,

. arriver à se positionner face aux vins français,

. habituer les consommateurs aux nouvelles ‘flaveurs’ (terme directement traduit de l’américain et qui relève de l’univers du parfum, ; en France, on parle de ‘saveur’)  qu’ils ne connaissent pas,

. leur permettre de se familiariser avec la gamme courte, composée d’un haut de gamme, milieu de gamme et entrée de gamme,

. et d’accéder facilement aux vins Gallo en étant référencé en grande surface… 

 

=   Il s’agit de compléter l’offre pléthorique française en jouant sur  l’harmonie inversée. Le consommateur français appréciera aussi un jour une gamme courte à qualité constante. Cette démarche a merveilleusement réussi à McDonald’s qui au départ n’avait comme objectif en France que de comprendre le marché du premier pays au monde en terme de gastronomie. 

 

4. ‘Nouveau Monde’ versus ‘Ancien Monde’

L’usage répété du vocable de Nouveau Monde pour désigner les nouveaux pays producteurs de vin a causé beaucoup de préjudice en terme d’image. Comme l’a dit expressément le président Bush,  ‘l’Ancien Monde’  n’a pas de leçon à donner au ‘Nouveau Monde’, tourné (lui) vers l’avenir et porteur des valeurs contemporaines de lutte contre le terrorisme mondial. L’Ancien Monde est par définition un peu dépassé, ancré dans le passé et pas ou plus dans la course. Cette distinction a très bien été comprise par certains des nouveaux Etats membres de l’Union européenne. 

 

La désignation choisie par un grand nombre de professionnels français du vin pour ne plus à avoir à utiliser le vocable de Nouveau Monde qui vise directement celui très négatif d’AM: les NPP pour les Nouveaux Pays Producteurs de vin. 

Pour suivre le chemin

Ce mini-cas vins a été conçu en 2004 pour des étudiants européens Bac + 5 (incluant  aussi des Français) dont certains n’avaient pas ou peu suivi de formations marketing avant, alors que d’autres étaient de quasi-pros. Je me souviens en particulier d’un étudiant  anglais qui nous avait une intervention magistrale sur le marketing de la bière dans le monde !   Il est donc absolument nécessaire de réactualiser l’étude. 

 

Commentaire 2008 :

. 5 ans après, il apparaît que l’élément le plus important repéré par les concurrents de Gallo, est la gamme courte. Tous les vignerons vendant au chai l’ont maintenant, conseillé en cela par leur syndicat et/ou leur œnologue-conseil.

 

. Pour l’instant, Gallo juge le marché français trop peu attractif,  peut-être parce que les Français sont peu attirés par ces vins de marque relativement chers et qui ne se vendent que dans les grandes villes. Une relation doit être faite également avec le développement du tourisme viti-vinicole et le développement de la vente de vin au chais. 

Parmi les pays cités en effet par le site de Gallo, ne figurent plus que les pays suivants :
. en Amérique, le Canada et le Mexique  

. en Europe, l’Allemagne, le RU, l’Irlande et la Pologne  

. en Asie, la Chine, le Japon et la Corée. 

 

Exit la France donc. C’est quand même étonnant de voir qu’une stratégie, aussi impeccable au plan de la technique marketing, se soit révélée sur le terrain aussi peu adaptée à la particularité française, en ayant oublié une seule chose : c’est que c’est le consommateur qui achète et le distributeur qui vend. Si la marque n'arrive pas à séduire le distributeur par des offres promotionnelles qui font tourner le rayon et attirent l'acheteur, si la marque ne parle pas à l'imaginaire du consommateur, si le prix est trop élevé, si la concurrence fait mieux  et si le client n’est pas au rendez-vous, il ne se passera rien de bon. Si, des pertes, de grosses pertes et un jeu qui ne vaut pas la chandelle. Mais ça, on ne peut le dire qu’après. 

 

 

 

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Iris de Lisson, Champagne et Blogueur suisse

21 Avril 2008, 09:52am

Publié par Elisabeth Poulain

C'est l'histoire que raconte Iris Rutz-Rudel du Domaine de Lisson à Olargues.

Cela me rapelle, qu'il y a peu de temps, j'étais très contente de trouver cette information sur un forum du vin, donnée par quelqu'un de très sérieux:"Ainsi que cela a été longuement expliqué, la zone d'appellation d'origine
contrôlée (AOC) du champagne va être remaniée et étendue à 38 communes supplémentaires. Le comité des vins de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) a validé, en mars, une liste dressée par des experts indépendants. 357 communes ont été ainsi retenues en lieu et place des 319 actuelles.

En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) www.champagne.fr étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud. Ceux-ci, avec humour, avaient entrepris il y a quelques années, de commercialiser une partie de la production du chasselas récolté dans la région de Bonvillard sous une étiquette "Champagne" par référence au nom d'une commune www.ucv.ch/communal/Co_ucv.asp?NumStr=09.20&NoOFS=5553 voisine de la cave coopérative.

Un accord franco-suisse, au tournant des années 2000 leur en a interdit la pratique et la Cour de Justice Européenne qu'ils avaient saisie, ne leur a pas donné la possibilité d'utiliser, de nouveau, cette référence. Toutefois un malaise subsiste, tant auprès de la clientèle suisse, que chez certains petits producteurs champenois, dont la traditionnelle convivialité s'accommode mal d'une antagonisme avec d'autres viticulteurs (même suisses). C'est pourquoi, les responsables champenois ont souhaité trouver une issue à ce conflit conforme à l'idée de joie et de convivialité associée au célèbre vin effervescent.

Une réunion du "Commission Consultative du Civc" doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord qui, si toutes les autorisations (et il y en beaucoup) sont données sera transmis à la Suisse par la voie officielle. Il repose sur la proposition de prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud). Au cours d'une réunion informelle, tenue au Château Les Crayères, juste avant Pâques, les représentants de la viticulture suisse ont donné leur accord de principe au projet, tout en émettant le souhait que soit également pris en compte une parcelle symbolique de 2,5 ares jouxtant le presbytère et productrice de vin de messe."
 
Trouvant cela plus que raisonable comme initiative, je me suis empressée à communiquer la nouvelle à un ami blogueur Suisse, qui s'était déjà offusqué dans un article du problème des Champenois Suisses - avant de me rendre compte deux jours après, que dans ma naivitée j'étais devenue victime d'un poisson d'avril bien fait:-)

Pour suivre le chemin
- voir les blogs d'Iris en français, en anglais et en allemand bien sûr. Vous les retrouvez facilement sur Vitiblog. Elle vient d'écrire un billet sur les les femmes et les blogs de vigneronnes. A lire sans modération.  

 

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Les photos 2008 de vignerons de Loire

20 Avril 2008, 11:38am

Publié par Elisabeth Poulain


cliquez ici pour voir les plus belles images du grenier saint jean et du salon des vins de loire 2008.

Photo de deux verres de rosé, retravaillée sur photoshop par France Poulain, magicienne coloriste.   

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Différences interculturelles, modes de raisonnement, modes de gouvernance et attitudes face au vin

18 Avril 2008, 09:27am

Publié par Elisabeth Poulain

 

     

Périodiquement les différences interculturelles se rappellent à notre souvenir. Nous ne pensons pas tous de la même façon. Il y a par exemple un mode de raisonnement que nous pouvons appeler latin et un autre anglo-saxon, qui ont chacun leurs particularités.

 

Beauvais-Salamandre en cuivre sur une maison
Quand Napoléon décide de réformer la France, il raisonne en bon méditerranéen qu’il est. Il décide d’une façon très novatrice de dire ce qu’est le droit. Pour cela, il réunit les meilleurs juristes de l’époque pour édicter les règles devant gouverner les citoyens : ce sera le Code Civil par exemple qui représente LE droit puis tous les autres codes qui vont le compléter. Pour savoir ce que doit faire un citoyen, il suffit à celui-ci de se référer à la règle quasi-immuable qui s’impose à lui et le concerne. Si je devais visualiser la relation, je dirais que le citoyen est en bas d’une flèche  commençant par la Loi d’essence quasi-divine, puis le gouvernement qui gère l’application de la loi et la modifie avec prudence et le citoyen.  


Quand on est anglo-saxon, on raisonne autrement. On se base sur les faits, et non plus sur la règle, pour chercher à savoir ce qu’il en est et ce qu’il faut faire. Le citoyen par exemple peut alors consulter les décisions de justice édictées par les juges qui vont à chaque fois  définir ce qu’est le droit à ce moment précis en fonction des circonstances précises. La justice vient de la précision apportée par les juges. Certes, ce sont des experts mandatés par la puissance publique, réunis en collège mais ce sont avant tout des personnes qui ont à chaque fois la délicate tâche de dire ce qui est juste à ce moment là. La relation s’inscrit là dans une relation beaucoup plus égalitaire sans avoir besoin de relever la tête vers une loi sacralisée et plus rigide. 
 
2008-avril-2-023.jpg
   

Ce double lien à l’Etat et à la loi induise deux types de raisonnement. Le système latin est basé sur la déduction qui va du général vers le particulier, de la règle vers l’application ; le système anglo-saxon est lui dit inductif. Il consiste à partir du particulier pour aller vers un général plus souple puisqu’il est la résultante d’un kaléidoscope. Le droit latin est l’œuvre de juristes au service du pouvoir étatique, le second est issu de la décision de juges qui ont à résoudre une affaire de justice concernant un ou plusieurs citoyens. La relation envers le droit et l’Etat sont différents.  

Arrive alors un troisième critère, celui de la religion et des relations individuelles que chacun entretient avec Dieu. En pays latin, le pouvoir de l’Eglise catholique repose sur une double essence, la nature divine de la loi religieuse et la nature étatique de cette église romaine qui s’impose naturellement aux habitants d’un pays catholique. En pays protestant, l’individu est seul face à Dieu : c’est à lui de créer et renforcer cette relation. Il commence d’ailleurs par choisir son église. Il adopte vis à vis de celle-ci une attitude beaucoup plus égalitaire. Il en attend moins parce qu’il s’engage plus en tant que personne. 

2008-9-juillet-divers-011.jpg   

Cette dichotomie a des conséquences intéressantes au niveau de la gouvernance d’entreprise. Dans les pays anglo-saxons, l’entreprise est toujours en recherche de la meilleure adaptation à la mutation. Rien n’est garanti puisque rien n’est stable. La concurrence est naturelle puisqu’il s’agit de trouver la meilleure voie vers le succès qui est béni par Dieu : « God bless America ». En pays latin traditionnel, l’entreprise aurait plus tendance à se tourner vers l’Etat dans l’attente que celui-ci rétablisse la situation permettant à la règle de s’appliquer. D’où les démarches qui apparaissent incongrues aux yeux d’Anglo-Saxons attentifs de ce que nous faisons : décider de fixer les situations, demander au gouvernement de protéger l’entreprise contre la concurrence étrangère, garantir une vie sans changement…Comme le dit l’économiste belge Bruno Colmant : les Européens choisissent les certitudes réglementaires et l’uniformité tandis que les Anglo-Saxons postulent la flexibilité et l’optimisme 

Mais les choses changent et vite. Les entreprises françaises bougent beaucoup, les entreprises européennes aussi. La question de la nationalité des entreprises et de leur management est d’ailleurs posée. On vient ainsi de ‘découvrir’ que les gens travaillent mieux quand ils parlent leur langue de naissance. Commencent à se dégager des situations qui sont  des ‘ni-ni-ni’, ni latine, ni anglo-saxonne, ni… mais un ‘déjà et +’, déjà mondialisée et adaptées à la concurrence, sans que l’on sache exactement où nous conduit ce pluralisme. En tout cas vers un ailleurs que nous ne connaissons pas, comme nous le montre l’exemple de la Chine qui a adopté la nouvelle attitude faite à la fois d’une modernité pragmatique étonnante et d’un attachement très fort à ce qui est le paradigme de l’Empire du Milieu : œuvrer au développement de la Chine. Le lien qui unit le citoyen à son gouvernement est plus centré sur la fierté d'être chinois que sur la demarche individuelle. Quant à la réglementation, elle est adoptée par les pouvoirs publics chinois dans sa version  américaine très réactive par rapport au marché, avec l'intention de l'appliquer d'abord aux co-entreprises occidentales implantées en Chine. Le droit contemporain est alors une preuve de la modernité de la Chine. Cependant les pouvoirs publics partagent avec la France en particulier la vision d'un Etat centralisé. Les relations entre l'Etat, le droit et le citoyen sont à voir dans cette optique novatrice par rapport à ce que nous connaissons.     
 
Cassandre-Le verre pour Nicolas
   

Dans le domaine du vin, la situation est très variée au plan mondial. Dans l’UE, on y trouve une logique étatique et institutionnelle d’une part et une logique de marché d’autre part. Cette fois-ci la frontière se situe à l’intérieur même de l’Europe, avec d’un coté une France toujours très latine très attachée à la réglementation des AOC, de l’autre ses deux voisines l’Italie et l’Espagne qui ont intégré les deux démarches et les nouveaux Etats membres qui sont déjà aussi dans une logique de marché tout en essayant de se protéger grâce à la réglementation européenne.  Quant à la Chine, elle emprunte là aussi une voie nouvelle, reposant sur trois étapes: en 1, attirer il y a près de 30 ans les investisseurs étrangers sur son sol pour produire du vin au ratio qualité/prix imbattable exportable dans le monde entier, en 2 apprendre le métier du vin et constituer un embryon de filière et en 3, constituer un vignoble chinois aux mains des Chinois. C'est ce qui se passe maintenant. D'abord basé sur les marchés étrangers, cette phase est ciblée sur la montée en qualité technique et réglementaire, afin de rassurer sur la démarche et de prouver la compétence. Exactement, comme les vignerons français.  

Pour suivre le chemin
-        lire l’article sur la différence économique anglo-saxonne de Bruno Colmant, président d’Euronext, professeur à HEC-BE,  dans Trends-Tendances 16.08.2007,
-        voir sur www.udi.hec.ulg.ac.be/cours/seminaires, le séminaire de Gabrielle Gérard sur le management interculturel
- et relire Geert Hofstede et Edward T. Hall.    

- La photo représente une salamandre qui, comme chacun sait, résiste au feu et se régénère à chaque fois. Cette oeuvre figure sur la façade de la Maison Gréber, au 63 rue de Calais à Beauvais (Oise). Chales Gréber orna la maison en preuve de son savoir-faire. Sculpteur et céramiste, il était originaire du Tyrol autrichien  et sut avec sa famille développer la fabrique de céramique et assurer une production de qualité représentative de l'art de la céramique dans le Beauvaisis.      

 

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Quand Champagne ne vaut pas Champagne et que Bulle n'est pas Bulles

16 Avril 2008, 10:53am

Publié par Elisabeth Poulain



Ce premier Bulle (sans s) est le nom d'un village suisse, prise de nuit comme vous pouvez le voir. C'est un envoi de ma correspondante en Suisse. Merci à vous Marie Paule. 

1. Tout continue, façon de parler, par une autre histoire de bulles qui ne sont pas des bulles, tout en s'appelant Bulle ou Bulles. Comme vous le montre la photo de Bulles, qui recommande une vitesse à 30 et non pas 50. C'est cette fois-ci un charmant petit village de l'Oise qui fait mon plaisir. Je suggère aux habitants de se jumeler avec Bulle en Suisse ou Champagne, un joli village au dessus du Lac de Neuchaptel en Suisse qui a depuis quelques années maintenant un gros différend  avec le Comité interprofessionnel des Vins de Champagne/F. Du coup, les vignerons de Champagne/CH n'ont plus le droit de dire qu'ils font du vin de Champagne alors qu'ils en font depuis le 8è siècle. 
 
Je vous en raconterai plus une autre fois. D'ici là, vous pouvez lire sur ce blog, le combat menée tous azimut par le
CIVC contre tout ce qui peut s'appeler Champagne même quand on s'appelle Champagne. 














2. Message d'Alfred Muller, l'auteur de la photo de l'entrée du village sous la neige, vendredi 18 avril 2008,   
Bonjour, 

C’est dommage:

This village have the name CHAMPAGNE since the romaine Aera.

The vine production in this region since this time a old tradition,

and income from the vin producition is for the people is very important.

The name befor 2005 from the product is CAMPAGNE.

(Vin blanc et rouge)

The EU and the French-Vine Mafia sey this name ist wrong !!!!

CHAMPAGNE is the name from the “Vin-Mousseux.”

EU is a big administration and make only prescriptions / and “projet de loi”

What sey the King Ludwig XIV “Le Loi et Moi” / this one is the EU Slogan.!

Votre Domicile ? / is this one the region Normandie with the hot water

CALVADOS. ?

I have a friend make Apple-hot-water under this name outside from French.
Cordialement, Alfred Müller


3. Réponse d'Elisabeth à Alfred, vendredi 18 avril 2008,

Et merci de votre réponse rapide. C'est ma fille France qui a trouvé votre photo sur Panoramio. Merci aussi de ces informations que vous apportez. Je vais les mettre sur le blog. Cette histoire est tellement "énorme" que j'en avais fait une étude de cas de marketing international pour les étudiants français de commerce international. J'avais contacté l'entreprise de biscuits, Cornu SA, qui m'avait transmis un dossier bien rempli. A l'époque, fin 2000, je m'étais surtout centrée sur les biscuits.

Maintenant il s'agit de vins. Je crois au droit de chacun et à chaque village, ville ou lieu à porter son nom et à pouvoir dire d'où il vient. C'est pour moi un des droits fondamentaux de l'homme. Il est dommage que le gouvernement suisse ait validé l'avis de l'Office fédéral helvétique de Protection industrielle qui estimait que le risque de confusion pour le consommateur était faible dés lors qu'il s'agissait de biscuits d'un côté et de vins à bulles d'autre part. C'était oublier les vignerons parce que cela sous-entendait que le risque existait dés lors qu'il y avait identité de produit. Cela visait directement le vin. .

J'ai lu sur le blog de 20 minutes, un journal gratuit parisien distribué dans le métro que depuis l'accord de 2004 interdisant au village d'appeler Champagne leur vin blanc, maintenant dénommé Libre-Champ, les ventes de vins de Champagne sont passées de 110 000 bouteilles (2000) à 32 000 (2008). C'est ce que déclare M. Bindschedler, le porte parole des vignerons.

PS. Nous vivons en Val de Loire, en Anjou, une région productrice de vins et qui est très attachée à mettre en valeur et à préserver son identité vinicole et ses vins d'Anjou. Le Calvados vient d'une région voisine située au nord-ouest de l'Anjou, au bord de la Manche. 

4. Je retrouve un petit article du Monde du 29.08.2007 qui explique que les Suisses veulent garder "leur" chanpagne. On les comprend. Il semblerait qu'ils aient été sacrifiés sur l'autel de la négociation entre la Suisse et l'UE: Je t'accorde le droit pour Swissair le droit de survoler l'espace aérien européen contre le droit pour moi d'accorder à la France le droit exclusif d'utiliser le nom de Champagne pour leurs vins de Champagne. On en est là. Sauf que ça passe mal chez les vignerons suisses qui commentcent à s'irriter de perdre tous leurs procès.

Affaire à suivre.  Il "suffirait" aux Suisses d'arriver à prouver que les consommateurs sont capables de faire la distinction entre Champagne/France et Champagne/Suisse et  d'inciter leur gouvernement fédéral à renégocier les accords internationaux qu'il a pourtant signés! 

5. 28 avril 2008
La Cave de Bonvillars précise sur son site que ce vin est un Chasselas du village de Champagne près de Grandson qui accompagne fort bien la cuisine asiatique, la charcuterie, la fondue, la raclette et les autres fromages.   

6. En attente, une photo de Bulle en Suisse 
La photo s'est placée en Ier: c'est ainsi que va donc commencer cette histoire transfrontalière de bulles et de Champagne!

Pour suivre
- voir mon Ier billet sur la question: "Champagne versus Bière belge et Biscuit suisse" parce que le maire de Champagne est aussi un fabricant de biscuits qu'il appelle des fluttes de Champagne! 
- voir sur mon blog le billet d'Iris de Lisson, Champagne et blogueur suisse.
et aussi naturellement www.cavedebonvillars.ch
 

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