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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Recettes improbables de camping

25 Novembre 2007, 10:35am

Publié par Elisabeth Poulain

 Recettes, certainement, Camping oui, car elles s’inspirent de « Cuisine de Camping » d’un très grand campeur-voyageur. J’ai nommé Jean Loiseau, l’inventeur des CV, des Compagnons Voyageurs. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’un lecteur d’un de nos ouvrages, à France et à moi, L’Esprit du Camping, vous envoie pour vous remercier son exemplaire personnel de la 3ème édition de Cuisine de Camping (Editions Susse).
 
Caravane, dessin de France Poulain 
Improbables parce que j’imagine mal quelqu’un s’amuser à les faire, au moins celles que j’ai sélectionnées. Pour en renforcer ce caractère improbable, j’ai cherché ce qu’il y a de plus étonnant, bizarre, exotique ou à consonance étrangère, en restant dans l’esprit de l’époque : 1942. Imaginez un peu. Rien qu’à lire ces recettes, on devait saliver à s’en vider les glandes salivaires. D’ailleurs, j’ai toujours eu plus de plaisir à lire les recettes qu’à les manger.
 
Remettez-vous dans l’état d’esprit du moment. Jean Loiseau est un de ceux qui ont introduit le sandwich en France : le sandwich bien préparé est l’alimentation la plus rationnelle de la cuisine sans feu. Dans les pays scandinaves, on en fait grand usage et certains repas ne sont composés que de sandwichs. Bien vu, maintenant c’est vrai aussi en pays anglo-saxons et en France au moins à midi.
 
Si vous n’avez pas de beurre, pas de souci. Faites du faux-beurre. Evidemment il faut prévoir de ne pas en avoir et en faire à l’avance. La recette du faux-beurre : 1. délayez 2 cuillerées de farine dans un ½ verre d’eau froide ; 2. faites épaissir sur le feu en n’arrêtant pas de tourner la cuillère ; 3. verser un jaune d’oeuf cru dedans et tournez ; 4. ça épaissit et c’est bon étalé sur une tartine de pain. Comme ça. Evidemment si vous mettez des rillettes du Mans avec, ça aura peut être meilleur goût. Peut être aussi qu’en ajoutant du basilic (dans le sud) ou des graines de carvi (en Alsace) ou des algues séchées récoltées lors de vos dernières ballades en Bretagne), ça serait déjà plus appétissant. Dans le Nord, je ne sais pas ; un peu de houblon peut être ?. Mais dans la vie, il faut oser.
 
Pour continuer, vous pourrez vous attaquer à l’anguille à la broche.
. 1. On découpe la bébête en morceau de 15cm et on pique de lard.
. 2. Le tout marine 3 heures dans de l’huile salée. 
. 3. On pique sur une broche en alternant avec des croûtons de pain, on grille 
.  4. et on sert avec une sauce poivrade. Et hop dans le gosier.
  
Quelque chose me titille là dedans, l’anguille a une chair qui est tellement grasse, que je ne vois pas l’intérêt de mettre du lard (le goût du fumé ?) et de plonger le tout dans de l’huile. Passons. Pour la sauce poivrade, n’oubliez pas que nous sommes en camping itinérant, que nous avons du construire notre feu, chercher du bois sec (ou emporté avec soi, pour être sûr d’en avoir, du bois, pas de la sauce. Naturellement vous avez pêché l’anguille avant et prévu le temps de la marinade. Prévoir de faire ça la veille ne paraît pas non plus une mauvaise idée : un jour on pêche, le lendemain on mange. J’y vais pour la sauce. Vous avez évidemment tout ce qu’il faut comme matériel avec vous. Oubliez l’élégance oui, la bectance, non jamais. Nous sommes en France, non ? Si.  
 
La sauce poivrade, c’est la recette la plus longue de toutes à faire. C’est bien pour ça que je vous la recommande pour le camping. Camper, c’est faire à fond toute chose, sans penser à 10 000 trucs en même temps. Donc vous vous avez un seul objectif à part l’anguille que vous avez « pêché » je ne sais où ni si c’était bien permis. En 1942, on raisonnait autrement.    
. Donc en 1. vous faîtes frire deux minutes des oignons et des carottes coupés en tout petit morceau dans du beurre et du lard (encore), puis vous ajoutez un peu de farine et vous tournez vivement pour lier le tout. Là vous reprenez votre respiration. 
. Ensuite seulement,  en 2 vous mouillez avec du vin, du vinaigre (est-ce bien utile, on peut peut-être mettre plus de vin ?) et du bouillon (qui vient d’où, je n’en sais rien).                    
. 3. Vous ajoutez un peu de tomate concentrée (en 1942, oui ça existait déjà en boite) et une gousse d’ail écrasé.
. 4. 15 minutes après à feu léger, c’est bon avec un peu de sel et de poivre. Et oui, sinon comment voulez vous justifier le nom de la sauce. La recette prévoit un tamisage avant de servir. Pour moi, c’est tout net. Le malheureux grumeau de farine qui resterait encore ne mérite pas que j’emporte un tamis (en camping, sur mon dos) pour l’écraser. Et le premier qui moufte, du genre, « y a un grumeau » avec un petit air pincé s’entend dire que la prochaine fois, « c’est toi qui la feras, la poivrade. »
 
Collection Emmaüs-Bol-et-poisson 
 
Evidemment, vous auriez plus vite fait des maquereaux au beurre. A mon avis vous prévoyez une petite balance en plus pour avoir quasiment autant de beurre que de poisson. Je vous rappelle que le maquereau a une chaire très grasse. Mais quand aime on ne compte pas et pendant la guerre ça devait faire très plaisir de s’imaginer prendre des petits maquereaux, les transporter dans son sac à dos,
. 1. les sauter à feu vif dans du beurre ;
. 2. les servir avec du beurre frais mélangé d’échalotes et de persil frais haché.
. Sur une plage, à l’abri du vent, avec un petit verre de Muscadet bien frais. Non, pas ça, Jean Loiseau, s’arrête à la recette. 
  Pissenlit, dessin
 
Pour un peu de nature, vous pouvez aussi transformer votre sortie du week-end, en cueillette de plantes sauvages à faire sauter au beurre (encore) ou cuites à l’eau (bien) servis avec de la béchamelle (ouilh, encore du beurre + farine). A vous de choisir entre ortie cuite comme des épinards, crosses de fougère, jeunes feuilles de primevères ou chicorée sauvage et finir avec une belle salade de mâche ou de pissenlit.
 
Pour le dessert, il vous recommande de préparer un Bischof « week end. » Pour ça, il faut du matériel,
1. un thermos à remplir de glace, avant de partir, bien sûr.
. Ensuite en 2, prévoir 8 décilitres de sirop de sucre, le jus de 2 oranges et de 2 citrons, avec 1 bâton de cannelle et 4 clous de girofle.
. Ajouter par moitié eau et vin mousseux pour remplir le fameux thermos.
. 3 et demi, surtout, surtout, n’oubliez pas les pailles pour boire ce Bischof que vous avez bien sûr préparé la veille.
 
Evidemment, tout cela prend beaucoup de temps, alors pour caler le tout, je vous propose la recette la plus roborative qui se puisse imaginer, surtout pour des gens qui ont un trou dans l’estomac : la recette des nouilles au lait et au chocolat.                                                      
. 1.Vous commencez  par faire cuire vos nouilles dans du lait et pas de l’eau, malheureux.
. 2. Vous servez (encore vous) avec du chocolat fondu dessus très sucré. Ca suffit, c'est bon. C’est Jean Loiseau qui vous le dit.
 
Vous pouvez le croire en toute confiance. Il a quand même été l’inventeur de cette fameuse pâte à tartiner, composée de poudre de cacao et d’huile dont plusieurs générations de jeunes ne peuvent plus se passer le matin. Ca commence par un N . . . . . et se finit par un A.   Pour ceux qui sont un peu assommé par la marche, le portage, l’effort en un mot, je vous donne des clés. Dans le nom de la marque, il y a 1 e, 1 u, 1 t et 2 l. Si vous n’avez pas trouvé, je renonce. Jean Loiseau, lui, avait une recette perso qu’il réalisait avec du beurre, du chocolat en poudre, des amandes ou des noix pilées et sucrée avec du miel ou de la confiture de lait. Le maximum de calories pour la marche en camping.  Sans oublier quelques fruits prêts à manger!
Corbeille de fruits, dessin
 
 
Pour poursuivre le chemin
-        L’Esprit du Camping, France Poulain, Elisabeth Poulain(Cheminements éditions)
-        le blog de France Poulain dédié au camping :   http://francepoulain.over-blog.com

        -           sur mon blog "Anguille, Alligator & co"

      -         Photos E. Poulain, Dessins de France Poulain 

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Embrouillamini de mots, management, marketing, pub & co

22 Novembre 2007, 11:12am

Publié par Elisabeth Poulain

RETYGFH.jpgIl y a les chiffres choisis parce qu’on peut leur faire dire ce qu’on veut, en fonction de l’objectif que l’on a : petit, il ne peut que se développer si c’est ce que vous voulez prouver, grand que se maintenir ou encore augmenter, « toutes choses étant égales par ailleurs. » C’est la loi du genre ; rien ne change sauf ce qui vous arrange. Quelle violence, Elisabeth. Non, pas du tout, comme je vous l’ai montré dans le billet « Appétence pour les chiffres… » Pour les mots, les choses sont encore plus compliquées. C’est ce qui fait mon délice du jour. A la corbeille, le vieil adage en alexandrin qui n’est plus rappelé dans les écoles, « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément » de notre ami Nicolas,      Boileau bien sûr, celui qui a écrit l’Art poétique en 1674.
 
En France, nous sommes réputés pour avoir l’esprit clair, logique, avec la faculté de construire des démonstrations cartésiennes et rigoureuses, d’avoir le mot juste et précis pour chaque idée, au moins quand ça nous intéresse, à la façon des Inuits qui ont plus de 100 vocables différents pour désigner la neige. Nous, 1 au moins en plaine. Tout cela est vrai. La difficulté commence quand on travaille et que par exemple on recherche un emploi. La langue utilisée par les employeurs et cabinets spécialisés en recherche de compétence utilisent une langue qui se veut anglo-saxonne et qui est un affreux salmigondis (qui vient de l’ancien français, sel + condir, assaisonner) qui signifie un mélange confus et disparate. C’est exactement ça, il faudrait juste ajouter dans notre cas que c’est volontaire. Et ça ça interpelle.
 
J’ai choisi comme exemple le cahier Réussir de L’Express réalisé avec le Figaro (30.08.2007) . L’article qui ouvre le cahier commence par un jeu pour savoir quel type de manager vous êtes. On retrouve là, le management sous son acceptation anglo-saxonne de dirigeant, on dit comment managez-vous votre équipe ? Je vous donne tout de suite la segmentation (qui va de pair avec notre appétence pour les chiffres, c’est une conséquence naturelle) : cité en Ier, on trouve le Tyrano-Director (bonjour l’ambiance), l’Engagé, le Coopératif et le Planificateur. A votre avis dans quelle catégorie le cabinet HEC Executive et L’Oréal témoignent-ils ? (réponse en fin de billet).
 
Ce sont les carrières internationales et l’export qui ouvrent la route, avec 2 pages et seulement 4 annonces : chef de produit, commercial export, responsable commercial, manager responsable des ventes et plusieurs postes dont 1 supply chain management specialist, un after sales specialist, buyer senior et des ingénieurs de production.
 
Pour la France ensuite, la présentation des demandes commence par F1 (2 pages) Ingénieurs - Techniciens - Production, en F2 (1 p) le BTP-Construction-Immobilier et en F3 (1p) Logistique - Organisation - Achats. C’est à dire une présentation très traditionnelle de l’activité économique.  
 
Rupture, on change d’ambiance et on arrive à Management-Vente F4 (12p), la section la plus fournie. Le grand gloubi-boulga commence. Pêle-mêle, on trouve : vendeurs sous le nom de responsable commercial, directeur des ventes, manager commercial ( = chef des ventes) en charge d’une équipe d’une dizaine de commerciaux, ingénieur commercial, conseiller clientèle, chef de produits (=poste tout autant marketing), attaché commercial, cadre commercial, responsable de zone export, commercial, chef de publicité commercial (=pub), manager administratif et comptable (= rien à voir ni avec le commerce ni le marketing), responsable revenue manager (c’est en anglais, c’est un resp. financier), chef de publicité (marketing), ingénieur d’affaires (négociation le plus souvent), formateurs (enseignement)…
 
F5 (1p) intitulé pourtant Commerce-Distribution ne comporte que 4 PA, 1 franchise, 1 responsable magasin salarié, 1 en libéral et 1 poste export basé à Paris (placé là parce que c’est à Paris).
 
Puis en F6 (1p), c’est enfin Marketing- Communication-E’Bussiness comprend également 4 annonces dont 1 chef de service e-com, 1 maquettiste et 1 chef de produit.
 
F7 (2p) est dédié aux Métiers de la Santé avec encore des postes commerciaux.
F8 (1p) est consacré au Juridique et Ressources humaines : l’ANPE par exemple recherche des managers en tant que directeur-e-s d’agences.
F8 (4p) traite de la Gestion-Comptabilité-Finance-Conseil&Audit.
 
Le cahier de 40 pages se termine par 3 pages de PPA, des petites petites annonces, qui forme la 3ème partie, dans lesquelles je vais retrouver marketing téléphonique, négociateur bilingue, chef de pub, employé administratif, secrétaire assistante avec parfois BTS souhaité
 
Pourquoi mettre en italique le BTS ? Parce que le référentiel nouveau du BTS-CI (pour International) est enfin sorti (JO 13.09.2007). A la différence du Beaujolais, il ne revient pas chaque année mais c’est vrai qu’on l’attendait, comme le Beaujolais, d’autant plus fortement qu’il a pris plusieurs années pour arriver à éclore, pas comme le Beaujolais qui lui est annuel. Il est devenu européen et a maintenant clairement une dimension axée sur la vente, tout en gardant sa spécificité française et son charmant vocabulaire. 
 
Dans les bonnes choses de ce référentiel nouveau, a disparu par exemple le terme « management des opérations de commerce international » qui logiquement aurait du faire du diplômé en BTS un manager des OCI. Management associé à opération de commerce international signifie qu'il s'agit de techniques de commerce international, comme le transport, la douane, et tout ce qui touche les paiements, les financements ...Eh bien, non, le terrain n’a jamais voulu avaliser ni ce terme de management ni celui de manager pour un technicien de l’international. Remarquez maintenant, on parle de Gestion des Opérations d’Import-Export, gestion c’est mieux, parce qu'on ne savait pas cxe qu'était le CI pour une entrepris . Importer, exporter oui; par contre GOIE, Aih, Aih, comme on ne dit pas, ça va pas le faire !
 
Mais c’est drôle, cette difficulté que nous avons tant à nommer les choses et en particulier tout ce qui concerne la vente. Alors qu’aucune activité économique ne peut se concevoir sans la vente et la dimension commerciale. Alors pour contourner cette difficulté, ce frein mental, nous allons biaiser, en parlant d’abord de ceux qui créent, produisent, bâtissent, achètent, transportent et après seulement de la vente en utilisant des mots vagues tel celui de management dans le cas des PA. Alors que ce terme vise toute l’entreprise et pas seulement le domaine commercial. Où est le sens de la gestion d’équipe et du jeu collectif dans « Ressources Humaines » qui a un aspect très unilatéral? On parle de « commercial » et pas de vendeur, ingénieur oui, technicien encore, vendeur ? Il faudra bien rechercher écrit en petit les PPA dans la rubrique des annonces classées une ligne Vendeurs (euses) placée après Secrétaires commerciales dans la sous-rubrique Métiers commerciaux mais cette fois-ci sans son équivalent masculin (iaux). La négociation n’est citée qu’en liaison avec l’immobilier. C’est pourtant une compétence de base pour la vente.
 
Pour le marketing, la situation n’est pas plus claire mais peut être pour d’autres raisons. Il y a me semble-t-il une volonté sociétale de rejet du marketing. Cela se traduit par 2 lignes dans la rubrique citée pour Métiers commerciaux : ne figurent que marketing et marketing téléphonique. La sous-section Affaires placée en Ier et qui regroupe les métiers généraux de l’entreprise avec la constitution de l’entreprise, l’import-export… ne connaît pas la stratégie marketing. Le marketing est placé en Métiers commerciaux et se confond avec le démarchage par téléphone ou marketing direct qui est un mode de prospection commerciale. La publicité apparaît sous forme de « publicitaires et métiers de la communication » comme si l’entreprise n’en faisait pas. C’est d’autant plus confus que toute action de l’entreprise en terme d’innovation, de communication, de relation avec la clientèle ou les fournisseurs, d’amélioration de la qualité va se traduire dans le langage courant par cette réaction: ah oui, c’est du marketing! Dés lors qu’il y a une volonté de plaire, cela devient du marketing : il faut donc se méfier. 
 
Et la pub dans tout ça ? Elle s’appellera marketing la plupart des cas, en vertu du principe « pars pro toto » (la partie pour le tout), ce qui permet de continuer tout autant à nier son impact qu’à faire rêver petits et grands, les Iers ouvertement et les seconds en se cachant. 
 
Quand même, ça interpelle de voir qu'il ya si peu d'international, ou de postes pour l'export ou l'import. Et que la grande majorité des postes proposés est de prés ou d’un peu plus loin liée à la vente, avec un tel décalage avec la valeur que la société y attache. Et moi, je me demande où sont les BTS IE? Où vont-ils.
 
Maintenant pour le management, au marketing et à la pub, si vous persistez à avoir les idées claires après ce billet, c’est que j’ai mal fait mon boulot de détecteur d’embrouillamini et de révélateur de salmigondis! 
 
Réponse à la question du quiz 
= manager engagé évidemment, c’est la seule catégorie positive, qui soit dans l’air du temps
 
Pour poursuivre le chemin
-        Le site de l’Express     www.lexpress.fr
-        Le référentiel du BTS CI    www.education.gouv.fr/bo

Lexique du Commerce International, M. Massabie François, E. Poulain, Bréal

 

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Exercice de style avec Christophe Willem, pour son Ier concert, à Forges les Eaux

16 Novembre 2007, 12:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

WILLEM.jpgJeudi 15 novembre, Christophe Willem donne ouvre sa tournée avec son Ier concert, à Forges Les Eaux à l’Espace Jean Bauchet. Diable, diable, où est-ce donc ? Ma géographie est en défaut. Un vague souvenir s’éveille dans ma mémoire, avec une association avec des cures thermales. Mais c’est du flou très lointain. Quelle est la ville qui dispose d’une salle de concert   adaptée à tel événement ? C’est le Ier paradoxe de cette soirée étonnante, le différentiel de notoriété entre la ville, Jean Bauchet qui ne me dit rien de rien et Christophe que tout le monde connaît en France. Même moi, c’est vous dire. D’ailleurs, il suffit de dire son prénom.
 
Quelques infos d’abord pour planter le décor. 1 200 personnes pour le public, avec des voitures partout mais pas rangées n’importe comment. Nous sommes au pays des soirs calmes, en Normandie (il faut que je vérifie quand même) pour paraphraser ce qu’on dit du Japon, le pays des matins calmes. Ce qui signifie que les choses se font sans débordement. Pour trouver le lieu, il vous suffit de faire comme la voiture qui nous précède à l’arrivée au village. Petite voiture rouge, immatriculée 78, avec une jeune femme au volant. Ma chauffeure dit, c’est bon, je la suis, je suis sûre qu’elle y va. Et comme elle-même est jeune et souriante, la voiture qui nous suit, fait demi-tour au même endroit pour tourner à gauche un peu plus loin. Pour traverser une ni-campagne, ni-zone industrielle, ni-lotissement et arriver à Jean Bauchet. Pas une station de métro, non la salle polyvalente de Forges Les Eaux. Cette fois-ci encore il suffit de suivre les autres, à pied. Il fait froid, on retrouvera de la gelée blanche sur la voiture quelques heures plus tard. Des hommes en noir à l’arrivée pour le contrôle et la sécurité avec palpation des sacs pour sentir s’il y a des appareils photos ou des bouteilles. L’un d’eux me répond, comme je lui demande étonnée : des bouteilles ? Non, d’eau. Ah bon, moi non. Passons.
 
La salle, à vue d’œil, les 2/3 debout et le 1/3 assis ; une différence d’âge entre les D (= Debout) et les A (= Assis), une génération environ, avec des exceptions dans les 2 sens, heureusement. Puis la découverte de 2 autres catégories de personne, la sécurité habillée en noir et les gens du métier qui se reconnaissent, se font la bise comme le dimanche après la messe, là c’est jeudi soir, c’est la différence. Les points communs les plus fréquents entre les deux catégories: ils sont hommes, bronzés, habillés de noir pour les quadra et moins, rasés pour accentuer leur virilité. Ils cherchent du regard ceux qui pourraient les connaître. Ils ont des places réservées pour les « costumes mais sans cravate » avec ma voisine qui me glisse à l’oreille : c’est Jean Claude Camus / C’est qui? / Mais voyons, l’impresario de Johnny./ Ah.
 
Et tout se déroule comme du papier à musique. Le rideau s’ouvre à 20h, avec un jeune chanteur Fabien qui a un peu de mal a démarré à froid avec une salle bienveillante et calme ; peut être le thème de la chanson ? A la fin des chansons, il remercie les gars et Christophe de lui donner sa chance. La salle attend, avec clairement en faisant monter la pression.
 
Et le concert commence. Un plongeon dans
-        un univers de sons, avec beaucoup de basses, comme des coups de poings assénés de façon binaire, droite-gauche, 1-2, oui, on continue. A chaque chanson, on se dit : mais comment vont-ils pouvoir aller plus loin, plus haut, plus fort s’ils commencent comme ça. Rassurez-vous, ils y arrivent ;  
-        un univers de lumières, qui bougent, s’arrêtent, se croisent, s’accompagnent, s’harmonisent, se choquent, se démultiplient entre les fixes, les mobiles, les ponctuelles, les générales, qui s’affichent sur 5 écrans, avec des panneaux de lumières scintillantes ou fixes
-        un univers de couleurs qui caractérisent chaque séquence de chacune des chansons qui elles-mêmes forment un univers, avec par exemple
. du violet + blanc sur fond gris métal pour « Quelle Chance » qui ouvre la soirée et fermera la soirée, c’est d’ailleurs comme ça qu’on a su que la soirée allait se terminer ;  
. du jaune + rouge pour « La Tortue »
. du bleu + violet froid pour « Tu t’en fous »
. du blanc troué de flashs vert/jaune/rouge pour « Je me sens si fragile »
  Et là dedans, dans ces univers créés et voulus par lui, Christophe se donne à fond avec générosité, sans en faire de trop -c’était le risque dans une telle surenchère de bruit et de fureur- utilisant sa voix comme un instrument en plus des autres instruments ou plus rarement comme le pivot central, comme le plat principal d’un repas de roi, qui en constitue la structure et donne le rythme. Sans en faire de trop mais en faisant tout pour harmoniser sans écraser la partition de chaque composante et assembler l’ensemble.

   Un homme étonnant de présence et de naturel, de force profonde et de fragilité revendiquée, sans âge et proche de tous les groupes d’âge de la salle et d’appartenance sociale, hommes et femmes, intelligent et exigeant, avec beaucoup de générosité, ouvert et secret ; capable de transmettre sans chercher à plaire, en poursuivant une route qui a du commencer bien avant qu’il ne se révèle. Avec un vrai sens du mouvement, de grands bras, de longues jambes, qui bougent ou s’immobilisent, qui sillonnent la scène qui est son espace, qui parle et chante tout autant que sa voix ou les textes de ses chansons qu’on ne comprend pas quand on ne les connaît pas. 

   Et les gens dans tout ça ? . Ce qui m’a frappé avant tout, c’était leur attente. Pour savoir s’ils sont entrés dans le jeu, dans les univers de Christophe, je les ai regardés. J’ai vu
-        3 adolescentes A en fou rire constant avant le début du spectacle et qui se sont calmées ensuite ;
-        une dame avec son mari - des sexagénaires- qui a rythmé avec son corps, ses mains et son regard tout le spectacle, lui était là pour lui faire plaisir ; il était content ;
-        quelques couples amoureux D qui vibraient ensemble surtout au début, après chacun d’eux est entré seul dans la musique ;
-        un rugbyman venu en famille qui connaissait tout le monde, une gueule à la Bernard Tapie, le beau bonhomme, la petite cinquantaine, venu en famille (femme 40 ans, fille, amis de la fille =18 ans) et c’est lui qui très vite s’est levé et a rejoint les D. Venu pour accompagner les filles avec sa femme, il a eu un retour formidable. Il a commencé à bouger un peu le corps, puis les jambes, le cou, les bras, au fil des chansons. Il a délié son corps puissant. Sa femme la rejoint pour 2 chansons à la fin et s’est rassise. Les filles D au départ sont revenues en A, ça ne les intéressait plus, l’une prenait des photos et les regardait ensuite ;
-        deux femmes, quadras, dont l’une ne tenait pas assise, -elles étaient au Ier rang des A- et qui s’est mise à danser seule pour son plaisir, en tournant sur elle-même. Cela nous a fait rire, mon voisin venu avec un copain (22 ans à peu près) et moi. C’est le seul moment de connivence que nous avons échangé
-        et ma fille cadette, A avec moi, devenue une D debout pour toute la dernière partie, chantant avec Christophe et bougeant sur place. Vous l’avez deviné, c’est elle qui m’a invitée à l’accompagner à Forges Les Eaux.      
 

Je me suis demandée pendant le retour à la voiture, ce qu’un plongeon musical et humain de ce style donnerait en Amérique latine : les gens seraient tous debout à bouger, vibrer, se lancer, se lâcher, seul, à 2, ensemble...                   

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Patience, patience pour les photos & co

15 Novembre 2007, 15:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

bisousH.jpgOui, je sais, je sais. Un billet est beaucoup plus beau et attirant quand il se présente avec une belle photo ou un dessin ou « un je ne sais quoi qui fait la différence», un clin d’œil par exemple. Mais là, il faut que je confesse mes limites, temporaires, je l’espère. Je ne suis pas une championne de l’art d’insérer des photos dans le blog. Il faut dire que mes difficultés commencent quand je dois décharger mon appareil photo. J’avais trouvé un système un peu lent Et qui fonctionnait. Après un changement d’ordi décidé par ma fille France, - le tien est trop vieux-il va te lâcher-mieux vaut anticiper-vrai- et me voilà un peu nigaude face à tant de technologie. Il faut que je me lance et après on verra.
 
Pour l’heure, vous vous « étonnez » certainement, étonnez est un mot faible je vous connais, vous vous êtes plutôt catalogué dans « la Famille Caustique » au jeu des 7 Familles... Donc, vous êtes surpris que certains billets aient des jolies photos, d’autres pas, d’autres des illustrations qui visiblement ne « collent » pas avec les sujets développés dans les billets. Il faut que je vous explique.
 
Les photos sont celles de France, à double titre, c’est elle qui les a prises et c’est elle qui les intègre à l’article quand, dans un grand mouvement de générosité, elle prend un peu de temps pour le faire. L’autre jour, elle a même fait ça à distance, sans me le dire, pour me faire une surprise. Elle venait d’acheter une table graphique et s’essayait à jouer. Elle a donc dessiné raisin, verre, bouteille, fruits… et placé ses dessins au petit bonheur la chance. Le résultat est charmant et m’amuse bien.
 
Un jour, j’arriverai-s certainement à vous montrer par exemple quelques très belles plaques du billet dédié à l’art publicitaire à Nantes. J’ai obtenu l’autorisation du responsable de la vente, Philippe Kacsorowski. Ca fait plaisir. D’ici là, je fais beaucoup de photos, pour avoir de la réserve. Je découvre des tas de bouquins aussi, denses ou décalés. Que je vais découvrir avec gourmandise et dans le désordre :
      -     Un grand vin du monde, Le Quarts de Chaume, Jean Baumard, aux éditions Baumard, 
-        Les images de l’alcool en France 1915-1942, une thèse d’une jeune chercheur anglaise Sarah Howard, publiée au CNRS, malheureusement sans photo couleur,
-        Family Shops, de Paolo Pellizzari et Michel Jedwab, aux éditions 5 Continents, qui présentent des photos couleurs grand format d’épiciers du monde entier,
-        La fabrique du droit, Une ethnographie du Conseil d’Etat de Bruno Latour, anthropologue des systèmes de véridiction ( = qui établit la vérité),
-        Les Cent plus belles images de Pierrot, dans la collection Les Cent plus belles images, Continental.      
 

Mais patience, patience. Il me faut revoir le manuscrit des Habits du Vin pour en faire une édition bilingue. Je travaille aussi à d’autres projets. Donc je sollicite votre indulgence, Votre Honneur, comme on ne dit pas en France.             

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Fais-ci, fais-ça, fais pas ci, fais pas ça, fais comme ci et comme ça

13 Novembre 2007, 10:14am

Publié par Elisabeth Poulain

sdrtfkgttPTT.jpgAllez entraînez-vous, allez-y de plus en plus en vite et je doute que vous puissiez arriver à poursuivre longtemps sans bafouiller. C’est un exercice salutaire à deux titres au moins : un, ça vous oblige à bien prononcer et à faire fonctionner vos muscles des joues. J’ai appris récemment qu’on pouvait les rééduquer pour les obliger à être plus toniques. Ce serait peut être bien quand on a des rides ? C’est juste une question. Passons. La 2ème raison est que la difficulté à tenir longtemps illustre de façon imparfaite mais quand même intéressante dans quel état vous êtes au plus profond de vous-même, avec 8/9 injonctions seulement. Un petit début de confusion mentale ! Joli, non ?
 
Et pourtant quand on y pense, toute la journée et même la nuit nous recevons des ordres, des contre-ordres, des corrections, des ajouts pour faire, ne pas faire, faire autrement, plus, moins et je ne sais quoi encore. C’est une illustration du comment pour bien faire, vous ne cessez de mal faire, à écouter les autres. Pas seulement votre chef. Encore là, vous avez une excuse du genre : Madame, vous faites ou vous avez le choix de la porte. Ce genre d’argument, la Ière fois, vous interpelle un tantinet. Quoi, il ose me dire ça à moi ? A moi, une autre, un tel, à la rigueur, on peut comprendre. Mais moi, quand même. Passons. Le sujet du jour, l’injonction faite pour notre bien.
 
C’est toujours pour notre bien d’ailleurs, vous avez remarqué. Non ? Ecoutez-vous donc parler à vos enfants. Si l’exercice est trop douloureux pour vous, regardez vos amis ou mieux encore, leurs enfants parler à leurs enfants à eux. Une génération de décalage permet d’affiner le regard. On y va pour les exemples.
 
-        Suzie, tu dois dire bonjour à ta grand-mère et à ton cousin, manger proprement, ne pas boire en faisant des slurps, on ne quitte pas la table sans demander la permission et -froncement de sourcil- d’ailleurs cette permission on ne la demande pas avant que le repas soit fini. Mais comment on sait que le repas est fini ? Eh bien, c’est simple (méfiez-vous dés que le mot simple est prononcé), on attend. Mais justement, moi ce que je veux, c’est ne pas attendre. Suzie (le ton se durcit, c’est la 10è fois en quelques jours), je te le répète, une petite fille bien élevée, ne quitte pas la table quand ça lui chante ; tu ne voudrais pas qu’on pense que tu es mal élevée quand même ? Euh.
-        Olivier, un garçon ne pleure pas, ne tire pas sur ton pull, surtout ne mâchouille pas le bout de ta chemise pour te faire des sensations dans le cou, tiens-toi droit. Ne joue pas avec la nourriture, tu ne dois pas faire de petits tas sur le bord de l’assiette en imaginant un bolide de course slalomer entre les collines vertes (des épinards), les rondelles de carottes (ah s’il y avait des trous dedans, on pourrait y faire passer des voitures, broom…Non, Olivier, tu dois manger tout ce qu’il y a dans ton assiette. Tout ? Mais je n’ai plus faim. Et ta santé, alors. Les autres vont grandir et pas toi. Tu feras comment pour jouer au foot ? Ah.
 
Et pour vous alors, qui vous donne des injonctions ? En dehors de ceux qui vous sont proches évidemment, de vos enfants (c’est leur tour mais vous n’êtes plus une enfant !) ou de vos amis. Quel délice que ces week-ends ou vacances en commun :
-        Quoi, tu ne fais pas comme moi, mais comment est-ce possible. Tu devrais prendre des vitamines ? Déjà fait ; tu as déjà essayé le jus de chou. C’est absolument magique. Ca sert à tout.
 
A peine sorti de malstrom de bonnes intentions et conseils amicaux, vous décidez de faire le point à partir de ce que vous lisez, entendez ou voyez :
-        1. mangez 5 fruits et légumes par jour : on fait comment quand on ne prend plus que 1 petit déj et le dîner soit 1,5 repas/jour à la maison et que vous n’aimez pas les fruits le matin?  
-        2. prenez un vrai petit déjeuner, pour éviter le coup de pompe de 11h : plus facile à dire qu’à faire quand tout le monde est pressé et que certains n’ont pas faim le matin ;
-        3. prévoyez des produits laitiers à chaque repas : c’est un diktat de la filière laitière, viande + fromage au repas de midi, c’est de trop ;
-        4. accompagnez votre repas d’un verre de vin à chaque repas, c’est bon pour les artères : pas le midi le plus souvent, l’habitude se perd ;
-        5. buvez un litre et demie d’eau par jour : il est même prévue des bouteilles d’1 litre à emporter au bureau « spécial femme » ; question : que font les hommes ?
-        6. pas trop de café (caféine) ou de thé (théine=caféine) : prenez plutôt du thé vert (sans théine) ou des tisanes de thym…
 
-        7. ne mangez ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé et surtout ne mangez pas de trop : d’accord, et si vous appliquez cela chez des amis quand vous allez chez eux, bonjour l’ambiance ; bonne intention, difficile à faire. Nous mangeons tous et trop gras et trop sucré et trop salé.
-        8. surtout ne grignotez pas entre les repas : oui, sauf que certains ne font plus un seul vrai repas par jour : matin rapide avec un peu de liquide et parfois sans solide, midi sandwich, soir plat minute micro-onde
-        9. ne sautez pas de repas non plus: à Paris, méfiez-vous quand on vous donne des rendez vous de travail à 12h30, vous ne serez pas invité-e à déjeuner et vous travaillez « tellement mieux » ; mangez avant !
 
-        10. ne mangez pas plus de 500 grammes de viande rouge par semaine : ça encrasse les artères, oui et le soir la viande est difficile à digérer;
-        11. n’ingérez pas de fruits non pelés : because les pesticides et autres cides qui pénètrent jusqu’à 1 cm sous la peau. Question, combien reste-t-il de chair à pomme une fois le trognon et la peau enlevés ;
-        12. n’achetez pas de surgelé ou des produits non frais, qui viennent de loin : ça commence à devenir dur, dur au regard des modes de vie actuels ;
-        13. ne prenez pas plus de 3 verres de vin par jour, si vous êtes un homme, mais attention pas d’un coup et surtout pas non plus en reportant tous vos « bons » (5 jours x 3) pour le week end : ce serait un très mauvais calcul et ça commencerait à ressembler à ce qu’on appelait la cuite du week-end ;
 
-        14. choisissez des produits sans compléments, additifs, colorants, substances allergisantes, substituts & co: ça commence à devenir impossible à gérer, à moins de tout faire à la maison façon « Quaker » et encore ;
-        15. mangez du bio (voir ce qui se passe dans les cantines où les parents demandent du bio alors qu’ils n’en achètent pas chez eux, trop chers), du quinoa, du fromage de chèvre (pas de vache, son lait est difficile à digérer), avec des légumes (quoi, vous habitez à la campagne ou vous avez un jardin et vous ne faites pas pousser vos légumes ; ils sont tellement meilleurs),
-        16. allez toutes les semaines chercher vos légumes cultivés par des demandeurs d’emploi : mais pas forcément avec un bon usage de produits chimiques, en plus il faut y aller, une fois toutes les semaines, et le coût de l’essence et le temps? 
-        17. prenez du chocolat de République Dominicaine : pour favoriser le commerce équitable mais quid du développement durable ?
 
Et ça continue comme ça toute la journée et le soir quand vous rentrez chez vous. La nuit, vous dormez mal, malgré le tilleul que vous avez pris au coucher et vous vous demandez pourquoi. C’est bizarre, ça. Bizarre ? Faites pas-ci, faites pas ça, faites comme-ci et comme-ça. Et si, on essayait de se rééduquer dans l’autre sens, vers un peu moins d’injonctions, en utilisant seulement quelques règles d’équilibre alimentaire, pour aller vers une libération à petits pas ?    

P.S. J’ai failli oublier de vous raconter une histoire extra-ordinaire, tout autant étonnante de perversion que terrible sur le fond. Elle s’est déroulée en Roumanie au temps du dictateur Ceausescu (1918-1989) qui prit le pouvoir en 1974. Il avait instauré une tel appareil d’Etat répressif à son propre profit qu’il fit de son pays un désert alimentaire. Pour régler le problème de la pénurie, il prit un décret selon lequel il détaillait, repas par repas, en fonction du genre de la personne et de son activité physique, ce que tout Roumain DEVAIT manger : viande rouge, féculents en abondance, produits laitiers, fruits et légumes frais, alors que c’était la disette, la vraie. Peut être pas comme en Corée du Nord mais quand même. Un exemple d’une réalité virtuelle créée sur le papier par une seule personne plus forte que la réalité de la faim de millions d’autres.              

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Bouteille et Verre dans l'art publicitaire à l'Hôtel des Salorges à Nantes

7 Novembre 2007, 18:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

    Vous le savez déjà, le vin, la bouteille et le verre m’intéressent tout spécialement. J’essaie de trouver des exemples dans la représentation qui en sont faites. La mode actuelle qui consiste pour des vignerons à poser en pleine vigne, un verre à vin avec du vin dedans, à la main, existait déjà par le passé, d’une autre façon évidemment et surtout pour la bière, à quelques exceptions prés. Je réponds ainsi à une demande qui m’avait été faite : est-ce Coca Cola qui a lancé cette mode ?. La réponse est non, des publicitaires avaient déjà découvert avant le procédé mais il est vrai que Coca Cola l’a généralisé : encore maintenant, tout cadre s’exprimant face à un journaliste doit boire un peu de la boisson maison face à la caméra ou l’appareil photo.   
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L’Hôtel des Ventes des Salorges à Nantes organise de belles ventes d’art publicitaire à partir en particulier de plaques émaillées (28.10.2006, 10.11.2007 et 11.11.2007). Il y a aussi des boîtes et objets en provenant en particulier du fonds Lefèvre Utile mais je doute que cela vous intéresse au premier chef, vous buveurs de vin et de bière et autres boissons alcoolisées. Oui parce que pour une fois, je vais parler de la bière & co. Si je devais me restreindre au vin, le billet serait vite fait parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de maisons de vins à faire de la publicité. A part Nicolas qu’il faut absolument remercier. Sans eux le monde du vin serait plus pâle. Je ne vous parle en plus que des plaques, affiches ou statuettes que j’ai sous les yeux, photographiées en couleur sur le catalogue que m’envoie Kaczorowski de Nantes.
 
Dans le catalogue de la vente de 2006, je remarque :
SPA.jpg
. 1 plaque pour une eau belge à bulles :
-          de marque Spa Monopole en jaune sur fond noir, bouteille verte et Pierrot rouge             
qui saute en appui au dessus du jet qui jaillit de la bouteille, par Jean d’Ylen, une réussite en matière graphique ;
. 2 objets seulement concernent le vin :

POSTILLON.jpg  
   - 1 plaque émaillée bombée, Vins du Postillon, illustré avec le célèbre cocher d’après N. Rockwell, qui vous fait de l’œil, avec son chapeau qui dépasse du losange ; il a un verre de vin à la main, un verre que nous qualifierions de verre à eau aujourd’hui ; snobs que nous sommes;
nicolas.jpg   
- 1 statuette du fameux Nectar de Nicolas qui a l’air si triste à porter ses 16 bouteilles et + à chaque main. Essayez et vous verrez que c’est impossible. Peut être est-ce pour cela qu’il a l’air si fatigué. C’est une figurine en terre de pipe reprenant le personnage de Dransy…H 24,5cm, un genre publicitaire que l’on ne rencontre plus guère ;
 
. 9 objets pour la bière avec une figurine et huit plaques dont 4 avec verre et 4 sans
-        1 figurine en latex de 1950 pour Fischer de 22cm, avec son petit bonhomme
      emblématique assis sur un tonneau et portant un gros bock à bière à ses lèvres
-             1plaque pour la bière de la Brasserie Amos, illustrée avec un roi ventripotent vu de profil avec une chope à couvercle débordant de mousse,  
-        2 plaques (1 rectangulaire et l’autre ovale) Bières Fort Carré avec François Ier (d’après Cappiello) avec en main droite un verre conique, mi flutte mi bock, rempli de bière moussue,
-        Gruber Strasbourg, une belle plaque qui n’indique pas que c’est la bière parce que la main tient une chope qui ne laisse aucun doute sur la nature de la boisson ; c’est la plus graphique de toutes avec ses 3 éléments figurant sur la plaque, la marque, la ville et le verre qui s’avance vers vous à vous donner envie de le saisir ;
-        2 plaques avec des animaux, l’une avec une tête de tigre, gueule ouverte, prête à vous croquer, pour Tigre-Bock, Bière Hatt, Strasbourg et l’autre avec un coq regardant vers la gauche, pour Bières du Coq Hardi ;  
-        2 plaques très fines et pleines de mouvement, l’une pour Bière Le Faucheur de la Brasserie de Moulins (Allier) avec un jeune faucheur (litho de G. Lauve) et l’autre avec un paludier pour Bière Le Paludier, Bière nantaise. Toutes deux réalisées par Hirsch. Point commun à ces quatre cas, il n’y a plus ni verre ni bouteille. On sent bien que les brasseries ont plus choisi l’art que la marque pour les 2 dernières plaques.
 
. 3 autres objets avec bouteille, verre en main et table :
-        une plaque de propreté (de porte, 6 x 26cm) de la marque Cointreau d’Angers avec le célèbre Pierrot en haut, Cointreau en biais et la bouteille carrée en bas entourée de l’inscription « liqueur » alors que le Pierrot en haut est placé sous l’inscription « la marque mondiale »,  
-        sur une affiche lithographiée (77x114,5cm) Elixir Combier présente le personnage de la marque, un digne monsieur à la barbe fournie qui présente un verre de son digestif 
      préféré, comme il est indiqué sur les plis de la nappe qui recouvre le guéridon sur 
      laquelle est posée la bouteille de la célèbre marque de Saumur qui produit à nouveau 
      de l’absinthe ; 
-        un panonceau Cinzano (44x29cm), intitulé « A la votre Monsieur le Maire », montre un bon vivant assis à une table avec deux membres de son conseil municipal de chaque coté, la bouteille est au milieu devant lui, les cinq hommes ont un verre à pied en main et une jolie servante apporte une nouvelle bouteille avec le sourire. La référence à Coca Cola s’impose là : la jeune femme ressemble vraiment à une américaine des pubs CC des années 50. Les messieurs Cinzano ont eux un air très franco-français, celui qui est à gauche du maire porte même un col dur !   
 
 
La double vente du 10 et 11 novembre prochain comporte plus de 1 000 objets d’art publicitaire, à comparer aux 549 de la vente de 2006.
 
. Pour le vin, je retrouve en photo la plaque blanche des Vins du Postillon.
. Pour la bière, la plaque ovale des Bières du Fort Carré avec son François Ier est toujours là mais il y a du nouveau, avec
ADHSELOFFEN.jpg
-        une belle plaque Adelshoffen (32 x 49cm) avec le personnage emblématique de la marque (un cafetier ?) portant 7 bouteilles, avec un béret sur la tête, une clope ( !) au bec et surtout un petit sourire en coin, à comparer avec celui de Nicolas ; c’est une réussite ;
-        une plaque Bière de Jarny avec un Titan rouge portant un bock plus grand que son torse,
-        une plaque de la Brasserie de Tantonville pour ses Bières Tourtel, avec un homme noble façon XVIII portant un grand feutre, col de dentelle et grande cape, tient un bock dans ses doigts,
-        une affiche noire illustrée avec un cocher revêtu d’un manteau rouge, chapeau blanc, pantalon blanc et bottes blanches pour les Bières de Montmorillon en lettres jaunes comme la couleur de la bière et les revers des bottes, la plus belle de toutes à mon avis et pour finir
-        une affiche pour la Bière du Lion, représentant un personnage à grosse tête, assez vilain, qui plonge son nez dans la mousse d’un énorme bock et qui vous fait un gros clin d’œil ; le bock porte évidemment un lion.  
 
Quelques remarques. Ces objets publicitaires montrent le produit en bouteille et/ou prêt à boire. Ils peuvent aussi jouer sur le nom de l’entreprise en utilisant un emblème, homme ou animal, représentant le vin, la bière ou l’apéritif. Ces emblèmes du nom de l’entreprise et/ou de la marque servent à constituer petit à petit un capital de notoriété propre à valoriser la boisson. Pour cela, les entreprises utilisent le graphisme, la couleur et l’humour souvent pour renforcer le sens du message publicitaire. Et des amateurs en font collection, pour le plaisir de la vue.  
 
Pistes pour pour suivre le chemin 
Expositions publiques le vendredi 9.11.07 de 16h à 19h et le samedi 10.11.07 de 9h à 10h
Kaczorowski, 8 rue Chaptal, Nantes, 02 40 69 91 10
www.interencheres.com pour voir des photographies
 

 

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Vous, mes amis, les buveurs d'étiquettes, surtout ne changez pas

5 Novembre 2007, 17:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

05.jpg Il en a fallu du temps pour qu’on prononce devant moi le mot abhorré de buveur d’étiquette. La Ière fois je me suis demandée, avec le sens puissant d’analyse que l’on me connaît, qu’est-ce qu’un buveur d’étiquette ? J’ai compris la seconde fois, en décryptant les mimiques dégoûtées de mon interlocuteur. Mais c’était drôle quand même car il venait de m’expliquer toute l’importance qu’il attachait à ses étiquettes qu’il faisait lui-même. Tout juste autorisait-il une maquettiste à professionnaliser ses idées. Je n’ai absolument pas réussi à lui faire comprendre qu’il avait en fait la même attitude que ce buveur d’étiquette dont il dénonçait l’attitude. Tout comme lui, il comprenait la valeur de ce langage sans paroles qu’est une étiquette, quel que soit le produit. Et la Ière fois, la réflexion venait d’un néo-vigneron encore plus intransigeant parce qu’il débutait dans la profession et n’avait pas encore un nom. Maintenant au bout d’une dizaine d’années, il a changé d’attitude.  
 
Se moque-t-on de quel qu’un qui a plaisir à s’acheter une montre noire bien sûr Chanel J12 GMT, une cravate de Dior, un stylo coordonné à son briquet Dupont, des lunettes Ray Ban et du parfum Prada, sans parler d’une Volvo S40 métallisée argent ? J’avoue : j’ai Le Monde Styles Classe Affaires (19.10. 07) sous les yeux. Zut, il manque à mon homme des chaussures Crockett & Jones, un costume dunhill (sans majuscule mais avec des la partie droite du d, du h et des 2 l en hauteur) et peut être un pull à col roulé Canali, ceci pour éviter la chemise que je déteste absolument surtout quand elle se ferme avec une cravate. Je déteste les cravates. Ca a un coté endimanché pas possible; les hommes devraient faire la grève de la cravate, tout comme nous celle des courses tant qu’on nous traite de ménagère. « Maman, il n’y a rien à manger dans le réfrigérateur. Demande à ton Papa, mon chéri, c’est sa semaine de courses ». Ne nous égarons pas, et revenons à nos buveurs d’étiquettes. Tout le monde l’est dans le monde du luxe, la vie de tous les jours et dans celui du vin.
 
Rappelons très basiquement que l’étiquette a d’abord un rôle d’information. Elle peut aussi en avoir d’autres. En quoi le fait d’apprécier une étiquette serait-il une faute de goût ou une preuve de non-culture du vin ? En quoi, je me le demande ? N’avons nous pas besoin qu’on nous parle ? Comme s’il fallait continuer à distinguer le dedans du dehors, en créant un faux antagonisme entre ce qui est un. Les Japonais le savent bien : dans le cadeau, il ne peut y avoir de distinction entre contenu, contenant et enveloppe du contenant. Tout est dans un. Un est tout. Nous n’y pensons que lorsqu’on nous parle design mais les enfants l’ont compris avant nous. N’avez vous jamais vu l’histoire du camion de pompier offert en cadeau à l’enfant qui monte à grand peine dans le carton du camion et qui commence à faire « pin-pon, pin-pon ».
 
Le vin est une boisson porteuse de sens contenue dans une bouteille porteuse de sens revêtue d’une étiquette et des autres pièces de l’habillement de la bouteille qui toutes apportent du sens. Quand le sens se multiplie en synergie à partir du travail d’un homme qui s’engage tout entier dans ce jeu à 3 entre la nature, la vigne et lui, comment peut-on volontairement casser ne serait-ce qu’en pensée, le lien qui va de l’homme au vin dans le verre que va boire l’amateur grâce à la bouteille qu’il vient d’acheter. Cette fameuse bouteille qui protége le vin et porte ses habits.
 
Nous sommes à 70% des visuels. Notre culture, notre enseignement sont basés sur la vue et la mémoire visuelle. Il est tout à fait naturel que notre vue soit utilisée en Ier lorsqu’il nous faut choisir une bouteille plutôt qu’une autre. Mais par contre celle-ci ne nous est utile lors de la dégustation que pour apprécier la couleur et les larmes du vin sur le verre. Et c’est là où des expériences récentes sont éclairantes. Faites goûter un vin blanc ou un rouge dans un verre noir et très peu de personnes arriveront à deviner la couleur du vin. L’œil commande plus vite au cerveau que l’odorat. C’est la thèse défendue par Frédéric Brochet lors de son doctorat sur la dégustation à Bordeaux. Il a en outre créé un superbe domaine dénommé « Ampelidae » en grec pour faire connaître les vins contemporains du Haut Poitou et de la Vienne: le S (pour Sauvignon), le K (Cabernet-Sauvignon), PN 1328 (Pinot noir) …Pour Frédéric Brochet, l’image du vin fait partie intégrante de la qualité du vin. Ce n’est pas forcément compris dans cette partie du haut Poitou où l’on fait encore la distinction entre le « vrai » vin et le vin « avec marketing ». Lui veut dépasser ce clivage réducteur. Et pour cela, il travaille tout autant l’équilibre (entre alcool et tannin, selon G&M 2007) que la présentation en bouteille haute et droite avec une étiquette basse, blanche et épurée au design graphique fort. 
 
Alors oui, nous buvons d’abord le vin avec nos yeux, avant que notre main se tende pour saisir la bouteille. L’œil, la main sont des outils d’anticipation du plaisir de boire, avant d’acheter. Oh oui, revendiquons l’honneur d’être des buveurs d’étiquettes. Arrêtons de faire de la discrimination entre le bon vin et la vilaine séduction, comme si on en était encore au temps d’Adam et d’Eve quand celle-ci croqua la pomme défendue. Posons-nous la question du pourquoi un bon vin n’aurait pas un habillage en cohérence avec ce qu’il est, qui donne du sens en plus, pas en moins évidemment? 

Et si vous voulez changer, soyez plus exigeants et demandez aux professionnels du vin plus de sens à l'ensemble bouteille + étiquette + autres pièces de l'habillement du vin. Ne vous contentez plus d'une fausse séduction bas de gamme et n'acceptez ni l'insulte ni le mépris.  
 
3 pistes pour poursuivre le chemin :
G&M 2007, en regrettant que l’équipe ne mette plus une étiquette par domaine pour gagner de la place et diminuer le prix
article de Florence Kennel dans le point du 02/09.04 n0 1668, page 144, Spécial Vins 2004

http://www.lepoint.fr/vins

 

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Une foire au vin, plutôt guide en main...

27 Octobre 2007, 09:32am

Publié par Elisabeth Poulain

Hé j'suis dans le journal !

Economique et Social Paru dans l'édition du dimanche 23 septembre 2007  Une foire au vin, plutôt guide en main... 

Elisabeth Poulain est l'auteure de Le Vin aussi est affaire de femmes.
Elisabeth Poulain (1), spécialiste en marketing appliqué au vin, nous dit s'il faut s'intéresser foires aux vins.

Les foires aux vins permettent-elles de bonnes affaires ? Certainement. Les produits présentés font généralement l'objet d'une sélection rigoureuse. Mais fréquenter une foire au vin impose un minimum de méthode. La découverte nez au vent, c'est risqué. Il est préférable de faire son marché catalogue en main et guide spécialisé dans l'autre. Il faut aussi se précipiter le premier jour car les quantités sont limitées pour les très grands vins. 
Mais il n'y a pas que des vins chers dans ces foires ? Bien sûr que non. On peut faire d'excellentes affaires en ciblant des vignobles moins cotés. Les vins du midi par exemple. 
Les prix sont cassés ? Non. Un grand vin à prix cassé serait suspect. Les marges sont souvent raisonnables. L'intérêt premier de ces foires est de proposer des vins qui ne sont pas forcément disponibles d'ordinaire. 
Les bouteilles sont parfois tripotées. Le vin n'en souffre pas trop ? Tout dépend de l'attention portée par le responsable de rayon. Mais en cas de difficulté, il n'est généralement pas difficile de retourner une bouteille. La ruée, la tension, l'excitation font partie du jeu. Car les foires aux vins peuvent être des moments exaltants, avec ce plaisir d'être là avant les autres. 
Comment peut-on expliquer leur succès ? 'est d'abord une offre sélective, rare, avec des vins qu'on ne propose pas habituellement. Je connais des amateurs anglais qui viennent pour ces foires. Ils savent qu'ils vont avoir un choix étonnant. Et puis le catalogue. C'est à lui seul un phénomène. Certains le gardent. 
Recueilli par Thierry BALLU.

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L'appétence pour les chiffres par l'exemple du marché du vin

26 Octobre 2007, 14:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

verre-bouteille.jpgDes chiffres, on en a plein la tête. On se définit de plus en plus par les chiffres. Certains se voient en chiffre. Pourquoi cette appétence ? A quel besoin répondent-ils ? C’est ce que nous allons voir en partant d’exemples dans le domaine de la vie de l’entreprise, dans l’attachement de certaines cultures et dans le ressort de la communication individuelle. Dans tous les cas, le chiffre est une langue commune. 

Le chiffre, un langage commun
Les chiffres ont ceci de rassurant qu’on peut les exprimer sans état d’âme perceptible. Ils offrent une stabilité d’apparence universelle et sont un langage en soi.  Ils disent : voici ce qui est à cet instant. La difficulté commence dés lors que vous cherchez à interpréter cette information. A commencer par le mot lui-même. Qu’est-ce que du vin ? La difficulté commence parce que certaines civilisations n’ont pas de culture du vin ou ont d’autres cultures du vin. La solution est d’utiliser la langue des chiffres, les nomenclatures, pour désigner le produit. Les chiffres des nomenclatures comme celles établies par la Douane sont neutres par rapport aux objets ou aux idées. Mais en n’oubliant jamais qu’une nomenclature se termine toujours par une case vide … dénommée autre :quand vous ne pouvez pas faire rentrer un produit dans une des cases précises existantes, il reste toujours autre. Le caractère de plus en plus précis de la nomenclature arriverait à une impasse s’il n’y avait la case autre à la fin pour rouvrir le système. C’est dire aussi que plus on descend dans le détail et plus il convient de ne jamais perdre de vue l’ensemble, si non on fausse tout. Il faut ne jamais oublier qu’un chiffre n’a de signification que par rapport à d’autres et replacé dans un ensemble.
 
Le chiffre prévision
C’est une des caractéristiques de notre époque que de tout chiffrer. Exemple : prévision de hausse du CA d’un domaine pour l’année 2008 : + 10%, ou augmentation pour les vins tranquilles de + 6% en volume de croissance de la consommation du vin entre 2004 et 2009, avec une augmentation de 11,5% en valeur, toutes choses égales par ailleurs écrits en tout petit, quand cela est écrit. Mais c’est toujours sous-entendu. Alors qu’on sait bien que la seule certitude que nous ayons actuellement c’est que demain sera différent d’aujourd’hui. Vous connaissez cette maxime : tout change, partout, à tout moment, pour tout le monde, mais pas de la même façon, la dernière partie de la phrases’appliquant également à toutes les autres parties. On sait qu’il n’est pas possible de connaître demain et pourtant on fait des prévisions. Pourquoi ? Parce qu’un peu d’info, c’est mieux que rien. Elle est porteuse de sens à manier avec attention et précaution.
 
Le chiffre, un outil de connaissance du marché
Le chiffre est ainsi un outil particulièrement utile en matière d’étude de marché, avec une très nette différence selon que l’étude est qualitative ou quantitative. Un exemple par l’étude qualitative comparative menée en 2006 par le Cabinet BVA en France, Belgique, Royaume Uni, EUAN et Japon sur les 20-25 ans et le vin pour le compte de Vinexpo 2007. L’étude a été menée auprès d’un groupe de 10 jeunes par capitale, en 2 séances de 2h 30,sélectionnés sur la base de 5critères, à savoir l’âge entre 20 et 25 ans, la consommation occasionnelle de vins, le genre fille ou garçon, le fait d’être étudiant ou jeunes actifs, vivant chez leurs parents ou ayant son propre logement. Il suffit d’interroger au total 50 personnes pendant 5 heures pour apprendre que le vin est un produit ‘tendance’ au Royaume-Uni où il est présent dans les bars modernes et design et au Japon où c’est devenu à la mode d’offrir à sa copine une bouteille de vin de son année de naissance.
 
L’étude quantitative a été faite en ligne sur les sites de L’Express et de l’Etudiant auprès de
3141 jeunes. L’avant dernière question porte sur le look de la bouteille, en précisant l’étiquette. Ils ne sont que 9,8% à se prononcer positivement par rapport aux 6,2% de l’ensemble des répondants. C’est effectivement très peu, par rapport au choix par l’origine (74%/76,5%*), le prix (48,7%/38,8%), le cépage (30,7%/36,6%), le nom-la marque (29,7%/29,4%). Remarquons tout de suite que seuls le prix et le look de la bouteille obtiennent une réponse différente significative de la part des jeunes. Malgré son faible score, l’habillage de la bouteille obtient un score positif de plus de 50% supérieur par rapport à la réponse des adultes. C’est une différence plus que sensible. Le faible % signifie-t-il que le look et l’étiquette ne sont pas déterminants dans une décision d’achat? Dans cette hypothèse, pourquoi les metteurs en marché, qu’ils soient vignerons, négociants ou coopérateurs, tiendraient-ils tellement à préserver le code nobiliaire avec le château en tête, si cela était aussi peu important ? Peut être faut-il alors formuler la question autrement, puisque chacun des critères d’achat cité antérieurement (origine, prix, cépage, nom et marque) entraîne un certain style d’habillage dans la culture française du vin. Dans ce cas, il est encore étonnant qu’il y ait près de 10% à répondre oui à cette question.   
Ces deux exemples montrent que l’interprétation du chiffre n’a rien d’une évidence puisqu’il dépend de la façon dont il a été obtenu. Se pose ensuite la question du caractère opératoire de cette information. Faut-il faire ce que souhaite la majorité de consommateurs et ainsi affronter le maximum de concurrence ou faut-il ouvrir le marché? Tout est alors question du positionnement de l’entreprise et de sa stratégie.   
 
Le chiffre, un outil d’action sur le marché
Mais on peut aller plus loin comme le montre la récente affaire du communiqué (AFP 03.09.07) de la Direction de Que Choisir pour annoncer la sortie de l’article de Florence Humbert : « Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir, 75 professionnels représentatifs de la filière viticole assurent qu’un tiers du volume du vin français produit en AOC ne mérite pas cette appellation du fait de son faible niveau qualitatif et du manque de lien avec le terroir ». La représentativité affirmée de ces 75 pose problème dans la mesure, où on ne connaît ni la composition du groupe ni le libellé exacte des questions posées, ni le contexte précis. Sans précision qui fonde la solidité de l’info, il n’y a pas d’utilisation possible par l’entreprise ou le client. Reste alors la volonté de peser sur le marché.   
La journaliste de Que Choisir, Florence Humbert,recourre dans son article à un mélange entre des chiffres non contestables (474 AOC par exemple) et d’autres concernant en particulier les « produits indignes », ces vins qui ne devraient même pas être présentés à l’agrément pour obtenir l’appellation. Pour cela, elle cite René Renou qui parlait de 15 à 20% des volumes. Puis très rapidement ces 15% deviennent des 30% qui gonflent les propos. Or autant 15, 16 voir 20% est acceptable, autant 30% doit être fondé sur des preuves. Pourquoi parce que 15% n’est que l’application d’une règle statistique appelée la courbe de Gauss (1777-1865) et avec laquelle il n’est pas possible d’énoncer des contre-vérités puisque la comparaison des vins se fait par rapport les uns aux autres. Aux deux extrémités de la courbe, il y a donc forcément d’un coté un peu plus de 15% de vins les moins bons de l’appellation et de l’autre les 15% de vins d’appellation les meilleurs par rapport aux autres. Ceci dit, on voit bien que le terme d’indigne apporte une connotation morale d’autant plus forte qu’il est dissocié de son contexte « indigne d’obtenir l’agrément » 
Mais on peut aussi vouloir à ce jeu renforcer la fierté nationale. Le Japon par exemple possède une culture chiffrée de diffusion de l’information pour en renforcer l’impact auprès de la population. Une journée de Japonais moyen est ponctuée d’informations selon lesquelles c’est un Japonais qui est arrivé en tête de la course … en tant de temps et ça tous les jours, aussi bien par la presse que le monde politique.   
 
Le chiffre, une affaire de culture
L’avantage du chiffre est qu’il reste un chiffre partout dans le monde. Du moins on le croit puisqu’on n’a pas vraiment d’autres vecteurs communs de communication. L’anglais oui mais le chiffre est plus précis. Pourquoi lier la langue anglaise et le chiffre ? Ce n’est pas un hasard du tout. Cette langue est celle du Commonwealth, celle qui a été utilisée par les défricheurs des Etats-Unis (EUAN), celle qui régit la Pax Americana et le monde des Affaires. C’est la langue de l’action qui permet de dire plutôt que de suggérer. Quand on n’a pas de culture commune, on recourt à l’usage d’un anglo-américain qui permet de créer suffisamment de lien pour arriver à conclure des affaires. La culture américaine est marquée par l’hétérogénéité de ses parties constituantes. Les EUAN sont un pays d’émigrants, sans lien autre que leur volonté de vivre ensemble. En conséquence, aux EUAN, on ne dit pas « beaucoup » ou rien du tout comme en France, on donne des chiffres, en %, en évolution, en opérant des classements. D’où les prévisions de CA et de développement d’une filière. On est dans les 3 premiers, dans le Top Ten dans les 100 premiers…
 
Le chiffre, un outil propre à communiquer
Le chiffre est un des piliers de nos civilisations. On parle et écrit en chiffre arabe, on continue à utiliser les chiffres romains. Il ne faut pas s’étonner que certains chiffres aient une valeur symbolique très forte utilisée comme vecteur de communication. Le zéro, le 1 et toutes les déclinaisons possibles, avec 100, 1 000 déjà cités. Le 2 qui fonde notre univers avec notre façon de penser basée sur le oui-non, les seconds vins de château par rapport aux premiers, l’antagonisme entre les AOC et les vins de pays…Le 3 pour le podium. Le 5 est de Chanel…
Chaque chiffre a sa signification et son univers. On retrouve la dimension culturelle du chiffre. Le 4 par exemple est un chiffre maléfique d’une façon générale en Asie. Vous n’offrez pas un coffret contenant 4 bouteilles de vin. Jamais.   
Mais il y a plus. Comme Rimbaud pour les voyelles, certains voient le chiffre en couleur, forme et texture. Et c’est ainsi que le 1 brille d’un blanc éclatant, 2 se balance lentement, 3 s’étale, grassouillet, 5 résonne comme les vagues contre les rochers, 9 se dresse très haut, bleu et intimidant. C’est ce que sent et voit un mathématicien linguiste comme Daniel Tammet, capable de maîtriser l’islandais en 4 jours passés à Reykjavik (Le Monde 06.08.2007). Les chiffres ont cette capacité à cacher l’infini derrière le fini de leur apparence, selon l’expression de Jean Chevaler et Alain Gheerbrant dans leur Dictionnaire des Symboles (Robert Laffont/Jupiter).
 
Pistes pour poursuivre
Etudes sur les Jeunes et le Vin :    www.vitisphere.com/documents
Daniel Tammet : http://danieltammet.free.fr             son livre « Je suis né un jour bleu », Les Arènes éditeur.
 
* le premier chiffre représente le taux de réponse des jeunes, à comparer avec le second qui est celui de la population générale. 

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Devinette: savez-vous ce qu'est un mini-jardin de rue? (1)

25 Octobre 2007, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Surtout ne dites pas que c’est un petit jardin. Peuh, ce serait d’un facile, indigne de vous d’ailleurs. Ne dites pas non plus que c’est un jardin parce que là, je crie, je hurle, je trépigne…J’arrête sinon, je ne peux plus écrire. Et ça, ça m’embêterait bien. Je ferais comment pour communiquer avec vous ? Hein ! Procédons par étape.  


Le repérage
1.
Pour repérer les endroits à mini-jardins, je vais vous donner des indices. Le mini-jardin de rue s’épanouit à l’air libre, comme un jardin. Il est fait d’un sol de terre, plutôt mauvaise, voire très mauvaise, avec souvent des pierres, quasiment toujours aussi de l’asphalte qui est bien une pierre calcaire enrobée de bitume ; vous savez ce liquide que les agents départementaux des routes (ex-DDE en bleu et orange) épandent sur la chaussée. La terre donc, avec l’air au dessus, et des plantes, comme dans un jardin. Au départ d’ailleurs, le mini-jardin se signale à votre vue par la présence de mauvaises herbes détectables à l’œil nu, oui vraiment, pas besoin de prendre sa loupe comme dans la Hulotte, quoi vous ne connaissez pas ? Je vous donnerai l’adresse tout à l’heure. La présence donc de « mauvaises » herbes ; je mets mauvaises entre guillemets parce que la désignation de mauvaise est vraiment relative. La seule que j’arrache toujours s’appelle l’ambroisie (elle est grande, 50-70cm, allure d’un fuseau étoilée, pousse sur les remblais et au bord des routes…, son pouvoir de colonisation est telle qu’elle a conquis la France sud en quelques années. Même appétit de conquête que les algues vertes de la Méditerranée qui étouffent tout. C’est pour vous dire).
Ier indice d’importance : l’endroit à mini-jardin se détecte facilement par la présence d’herbes.
 
2. Mais contrairement à un jardin, l’endroit à mj n’est pas clos. Ce n’est ni un parc sans grille, ni une propriété privée. Vous n’êtes pas à la campagne. Je le répète : vous n’êtes pas à la campagne. Là je vous aide vraiment beaucoup. Donc, admirez la puissance du raisonnement, vous pouvez le voir quand vous marchez de-ci de-là, en faisant vos courses ou en vous baladant en ville.
Top, 2è indice: le mini-jardin est urbain.
 
3. On en arrive à la question cruciale. Où peut-on voir des mauvaises herbes en ville ? Dans deux sortes d’endroits, parfois dans les parterres entretenus avec beaucoup de soin et compétence par les jardiniers municipaux et par terre, sur le trottoir, au ras des maisons par exemple. Le Ier cas de figure ne vous concerne pas, sauf si votre amour de la netteté vous oblige à enlever ce qui fait désordre. Mais ce n’est pas à recommander, sauf rarissime exception. Il y en a « « dés qui » seraient capables de se tromper et d’arracher des bonnes herbes, comprenez des plantes plantées exprès pour la beauté de leurs fleurs, de leurs feuilles ou pour leur forme ou… Restent donc les trottoirs et autres surfaces non plantées.
Top, indice n° 3: le mini-jardin aime le bitume des trottoirs ou les endroits oubliés par le bitume. Ils devienne si rares qu’il faut en prendre soin. Comme les mares à la campagne.
 
4. A partir de là, il faut que vous éduquiez votre oeil à repérer les petits endroits où il reste un petit peu de terre, signalée par les herbes dont je viens de vous parler. Mon expérience montre que plus on s’éloigne du centre des villes et plus il y en a. Votre œil une fois formaté à ce repérage va en découvrir, comme disent les enfants, plein-beaucoup.
            Top 4 : ça y est, vous y êtes. Vous l’avez devant vous, « votre » mini-jardin.
 
Entendons-nous bien, d’abord il n’existe pas encore parce que vous ne l’avez pas fait et ensuite parce qu’il n’est pas à vous. Ce n’est pas un souci. Vous pouvez bien remplacer une herbe quelconque, sans grâce disons, par un petit plant de myosotis en en plantant suffisamment pour que 1, on puisse les voir, 2, il en reste suffisamment au cas où ces fameux « dés qui » se tromperaient entre une plante plantée et une plante sauvage arracheraient vos myosotis et 3 ça se ressème tout seul. A l’endroit où il faut. Arrêtez de vous désoler que le mini-jardin ne soit pas à vous; j’ai une solution de rechange. Attendez d’arriver à la fin.  
 
Aménager le mini-jardin de rue
Souvent il vous faut apporter un peu de terre avant de planter. Le mieux est de faire toutes les opérations en même temps : arrachage des (vrais) mauvaises herbes, plantage avec de la terre que vous apportez avec vous, en laissant sur place les herbes d’origine qui peuvent être chouettes, type sedum par exemple. Vous pouvez en profiter aussi pour commencer un petit paillis pour faire du compost et pour garder un côté un peu sauvage à vos opérations. Il est en effet prudent de travailler de façon un peu subtile. Le résultat ne doit être ni trop beau, ni trop léché pour avoir quelque chance de durer, face aux passants de tout style. Ne pas craindre non plus les chiens que l’on promène et pour cela mettre en avant des plantes résistantes, en plaçant les plus fragiles au fond. Eviter les plantes à fleur qui ne poussent que dans les jardins en recherchant ce qui est le plus proche de la plante « naturelle ». Le plus grand ennemi du mini-jardin s’appelle le sécateur à fleurs à couper, pour « faire un bouquet », comme on vous le dit avec innocence.   
 
Entretenir le mini-jardin
Un mini-jardin réussi réunit plusieurs conditions :
-        d’abord il existe au point que personne ne se souvient de ce qu’il y avait avant ;
-        il garde son aspect naturel en s’intégrant totalement au paysage ; pour cela, il faut un vrai travail d’entretien, de surveillance et d’observation; vous allez pouvoir faire avancer la science en voyant les plantes qui tiennent le coup et les autres ;
-        il fait le lien entre le dedans et le dehors, entre le jardin de la maison et le trottoir ; déjà vous êtes obligé de par la loi à balayer devant votre porte, pourquoi ne pas aller à mettre quelques plantes, vous sortirez et rentrerez avec plus de plaisir ;
-        vous contribuerez à attirer nos amies les abeilles si vous mettez des petites fleurs ;
-        vous pourrez demander à vos voisines et voisins toutes les plantes qui se multiplient dans leur jardin. Avec les vôtres, vous aurez amplement de quoi satisfaire votre passion du jardinage et d’un arrosage restreint;
-        à votre tour vous pourrez donner des boutures et des plants aux passants qui le demandent ;
-        et c’est ainsi que le mini-jardin devient l’affaire de tous dans le quartier.   
 
Voir ce qui se fait ailleurs
Avoir l’œil mini-jardin crée des obligations. Quand vous êtes à Bruxelles par exemple ou à Amsterdam, vous repérez très vite les endroits à jardinier. Pour cause de développement durable (et de restrictions budgétaires), les rues des quartiers résidentiels ne sont pas autant entretenues que les nôtres. Je généralise mais il y a vraiment une autre façon de penser l’argent public.  
Il reste une solution quand on n’a ni jardin, ni balcon : s’occuper des carrés protégés autour des arbres qui scandent à espace régulier les place de stationnement. C’est ainsi que certains habitants plantent ces carrés, en faisant preuve de beaucoup d’originalité. C’est soit chacun « son » carré devant la porte de l’immeuble, soit ceux du coté pair ou impair, en jouant l’uniformité des composants ou la différence, en plaçant des petites bordures… Certains replantent par exemple des graminées, avec des volubilis qui s’accrochent au tronc. C’est charmant et on rêverait d’en garder la trace. Aux Etats Unis, une tradition vent que les voisins se réunissent le samedi matin pour nettoyer et aménager les abords des propriétés et pas question d'envoyer un salarié pour vous remplacer. Cela fait partie de vos devoirs face à la communauté.    
Et quand vous ne voyiez aucune possibilité d'aménagement d'un mini-jardin, que reste-t-il à faire ? Simple, mettez des pots de fleur devant chez vous sur le trottoir, sur votre balcon et glissez quelques graines de roses trémières dans la fissure d’1 centimètre de bitume devant chez vous. Comme à l’Ile de Ré. Ca pousse et c’est magique. 
 
Pistes pour poursuivre le chemin
- La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, avec des dessins d’une finesse incomparable de son fondateur et unique rédacteur, crée en 1972, par Pierre Déom, un jeune instituteur des Ardennes ; le journal à parution irrégulière compte 160 000 abonnés dans les 5 continents. L’abonnement pour 6 n°s est de 18,50E.   www.lahulotte.fr          
- Suggestions de plantes: des sedums, des plantains, des achillées, tous les couvre-sols qui résistent sans arrosage, les genêts qui vous font la grâce de rester petits quand ils n'ont pas d'eau, les paquerettes, primevères, violettes, soucis, les thyms...  
. Photos EP à Angers

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