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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Yves de Saint-Jean, Peintre aquarelliste > La légèreté du Val de Loire

15 Juillet 2015, 09:13am

Publié par Elisabeth Poulain

Yves de Saint-Jean, aquarelle, Village de Touraine, Cl. YDSJ

Yves de Saint-Jean, aquarelle, Village de Touraine, Cl. YDSJ

N’est pas aquarelliste qui veut. Il faut au peintre une grande capacité à saisir l’essence d’un paysage, la profondeur d’une scène naturelle, pour rejeter Instinctivement l’accessoire de l’important, pour ne garder que l’impression de la sensation fugitive d’une forme, d’un assemblage de lignes et de la cohabitation des couleurs. Avec une sureté du geste qui va de pair avec une grande vitesse. En aquarelle, on ne revient pas en arrière, on recommence autrement. Yves de Saint-Jean aime à traduire à sa façon la nature en aquarelle, celle du Val de Loire en particulier. Un Val de Loire marquée par l’eau bien sûr, celle de la Loire et de ses affluents qui couvrent environ un cinquième de la superficie de la France, en particulier celle qui est située à la confluence entre plusieurs régions, entre le Maine, la Touraine et l’Anjou. Un territoire, qui s’enrichit de ses différences en rive droite du grand fleuve, porteur d’une grande variété de paysages naturels d’une grande finesse, un peu hors de tout, comme inscrits en un temps lent, apaisé et pourtant bien réels. Là, la terre est riche, l’eau est abondante, les habitations savent s’insérer, comme s’il leur était naturel d’avoir toujours été là, sous « l’insoutenable légèreté de la lumière », comme le disait un vigneron de la Loire, situé lui, en rive sud, avant Saumur.

. « Le village de Touraine ». Il est saisi du haut d’une colline basse qui permet de voir les maisons groupées autour de l’église, enserrées de l’extérieur par un anneau d’arbres qui leur assurent la fraicheur, avec tout autour des prairies qui doivent sentir couler l’eau vive des ruisseaux. C’est l’image d’un village tel que nous l’imaginons, même s’il ne nous est pas possible de le voir « pour de vrai » comme disent les enfants. Cette eau, cette fraîcheur surtout se sentent, tout particulièrement en levant les yeux vers le ciel. Il est bleu, d’un bleu clair, léger et pourtant vif. Il est tonique aussi, il chante sa propre chanson d’air heureux. Il perçoit le vent léger dans les feuilles des arbres, tout en vibrant à la chanson de l’eau, à la grande joie du peintre, qui lui sait, sent, entend que sa création chante juste. C’est à ce moment qu’il faut alors savoir s’arrêter. Et c’est ce que fait Yves de Saint-Jean pour ce jour-là.
 

Yves de Saint-Jean, aquarelle, La Masure, Cl. YDSJ

Yves de Saint-Jean, aquarelle, La Masure, Cl. YDSJ

. « La Masure ». C’est une toute petite chaumière, comme on en imagine entre rêve et éveil, qu’on découvre, comme si le hasard avait voulu que le peintre passe justement par-là, alors qu’il devait prendre une autre route…Comme si elle l’attendait pour qu’il la croque en aquarelle. Et c’est cette spontanéité que l’on sent très fortement, associée à la désignation que le peintre lui a donné.

La masure est un ancien mot français qui désigne une vieille maison pauvre. Les dictionnaires parlent d’une maison misérable et délabrée. La masure que nous présente Yves de Saint-Jean est au contraire charmante. Elle est d’une grande sobriété, un modèle d’équilibre avec sa porte au milieu, ses petites fenêtres de chaque côté. Une cheminée à droite devait chauffer la salle de séjour en bas et peut être tenir le grenier au Ier étage au sec l’hiver. Des appentis, comme il en existe toujours à la campagne, sont placés à la gauche de la maison, dans laquelle on entre par le chemin qui prend place au centre bas de l’aquarelle.

Beaucoup de détails donnent vie à cette aquarelle. Citons la couleur terre des murs, le rouge foncé du toit, les arêtes de pierre blanche de falun pour renforcer le chaînage des coins des murs et encadrer la porte et les fenêtres, les deux barreaux à la fenêtre du haut, en l’absence de volets. Des arbres de grande force, qui ont déjà atteints une maturité en phase avec la chaumière, protègent cette maison paysanne par l’arrière. L’ensemble donne une belle impression d’équilibre de vie, grâce vraisemblablement au halo bleu qui signe les ombres. C’est lui qui donne à la composition une aura exceptionnelle d’étrangeté, pas inquiétante, au contraire apaisante…Après avoir vu du haut le village de Touraine, rêver devant la masure en face à face, il nous reste à faire une nouvelle découverte en allant plein sud vers la Loire.

Yves de Saint-Jean, Aquarelle, Habitat troglodyte, Cl. Elisabeth Poulain

Yves de Saint-Jean, Aquarelle, Habitat troglodyte, Cl. Elisabeth Poulain

. Descendre dans une cavité creusée dans la pierre de falun est l’aventure qui nous attend maintenant. C’est la chaleur que nous renvoie cette aquarelle de plein été face à ce que nous pouvons voir d’un habitat troglodyte, qui est pourtant à l’intérieur réputé pour sa grande stabilité hygrométrique et sa vraie fraîcheur. Celle qui est idéale pour conserver les vins. Le joli paradoxe très bien rendu par Yves de Saint-Jean provient en particulier de ce contraste entre la fraîcheur imaginée, presque perçue de l’intérieur et la captation de la façade et le sol par le soleil et la chaleur. La chaleur se perçoit aux halos de couleurs jaunes orangées de la pierre blanche, que l’on retrouve en légèrement plus foncée pour le sol. Les fleurs de couleurs rouges orangées foncées sont perçues comme des éclats de vivacité qui renvoient aux anneaux de métal qui cerclent les barriques, particulièrement celle du fond.

En trois aquarelles d’Yves Saint-Jean, vous venez de faire un petit tour du Val de Loire en toute légèreté gracieuse, en allant du paysage le plus ample vers le plus ciblé…En descendant du Maine vers la Loire, vous avez senti l’ancrage du village dans la terre riche protégée par les arbres aux racines profondes, puis la sérénité calme de la petite chaumière dans une vision d’avant le début de la décrépitude, comme si elle était une personne, et enfin la force du soleil et de la chaleur emmagasinée par la pierre blanche de falun au fond de la carrière où a été creusée ce tout petit habitat troglodyte, qui a abrité le vigneron, sa famille et son vin… En trois aquarelles, où il faut beaucoup d’eau, très peu de couleurs-matières - juste ce qu’il faut, où il faut, comme il faut, dans un tempo très rapide - et beaucoup de talent…C'est fascinant. 

Pour suivre le chemin

. Pour en savoir plus sur Yves de Saint-Jean https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_de_Saint_Jean  

. Yves Saint-Jean, textes et aquarelles de l’ouvrage « Les Vins de Pays du Jardin de la France », Editions Vinarelles, édité pour ce qui s’appelle maintenant, le Syndicat des Vins de Pays du Val de Loire.

. Le Syndicat des Vins de Pays du Val de Loire situé à Angers sur http://www.vinsdepays-valdeloire.com/  

. Découvrir une autre aquarelle du peintre YDSJ sur les pêcheries au bord de l’Océan sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/article-le-paysage-et-la-pub-les-pecheries-a-carrelet-au-bord-de-l-ocean-118719676.html  

. Pour retrouver quelques données sur la Loire, https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_de_la_Loire#Hydrographie  

. L’habitat troglodyte en Pays de Loire https://fr.wikipedia.org/wiki/Habitat_troglodytique#/media/File:Rochem%C3%A9nier03.JPG  

. Photos Yves de Saint-Jean, Elisabeth Poulain pour celle illustrant le cépage "chenin" à partir de l’ouvrage cité.

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Style de Pub > L’eau de Volvic > Le volcan d’Auvergne

10 Juillet 2015, 16:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl1. Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl1. Elisabeth Poulain

C’est un visuel publicitaire qui fait partie de mes préférés. Il est sobre, quasiment sans mots, presque exclusivement composé d’une photo retouchée numériquement de façon à avoir le galbe ou plutôt les galbes parfaits d’un volcan d’Auvergne.

Les mots. Le Ier à retenir est Volvic, la marque d’eau minérale bien connue des Français, qui sont toujours parmi les plus gros consommateurs d’eau au monde, un chiffre en légère baisse toutefois ces dernières années.  Sous le dessin de la chaîne de volcans qui forme le logo de la marque en haut de la page à droite, se trouve la formule apparemment sibylline « l’eau est notre premier aliment ».  On comprend vite en regardant ensuite le volcan qui occupe quasiment tout l’espace.

Le volcan. Il a tout d’un vrai volcan qui a gardé son cône terminal et pour cause puisqu’à bien le regarder, vous voyez très clairement que ce volcan est un sein, qui offre des bombés différenciés selon qu’il s’agit de la partie haute plus droit, par différence avec celui du bas, plus galbé du fait du poids du lait. Le volcan d’où jaillit l’eau de Volvic montré comme la terre mère nourricière, c’est une belle réussite, plein de finesse, avec cette présentation en vertical dans la page du magazine.

J’ai testé: tous ceux à qui j’ai montré la revue tournent le magazine pour retrouver mentalement l’image du volcan, après avoir bien vu un sein. L’exercice est franchement réussi. Le visuel n’a absolument pas vieilli.  

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl2. Elisabeth Poulain

Volvic, publicité 2008, parue dans Citizen K, Hiver 08-09, Cl2. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Mentions portées sur le visuel « YOR France 2008, SAEME…Thonon », qui est la Société anonyme des eaux minérales d’Evian

. Citizen Hiver 08-09 en page 77

. Volvic la commune, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Volvic  

. Volvic, l’eau minérale sur http://www.volvic.fr/  , https://fr.wikipedia.org/wiki/Volvic_(eau_en_bouteille)  ainsi que sur http://www.aquamania.net/fdossier004.htm  où l’on découvre une photo de volcan vue du ciel avec son cratère bien visible, mais sans son cône

. Les volcans d’Auvergne à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Volcans_d%27Auvergne

. Photos. Elisabeth Poulain d’après le visuel de Volvic paru dans Citizen K, Jmp48 pour le Puy Griou et Romary pour le Puy Montchal, tous deux photographes contributeurs de wikipedia

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Au port d’Amsterdam > Des immeubles de briques construits dans l’eau

4 Juillet 2015, 15:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl1. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl1. Elisabeth Poulain

Imaginez. Vous êtes sur un quai, un jour gris de pluie fine, un matin banal, devant le Llyod Hôtel au port d’Amsterdam, juste à l’endroit d’où sont partis des milliers d’émigrants fuyant la misère en provenance d’Europe de l’Est et d’Europe centrale. Là même où ces familles, ces hommes seuls devaient attendre de pouvoir embarquer pour l’Amérique latine pour sauver leur peau et trouver l’espoir d’une vie avec un avenir devant eux.

Votre objectif du moment, aller à pied sous la pluie découvrir comment se présente une toute petite partie de la rive de l’île d’en face, la Java Eiland, en face de vous, qui êtes sur le Levantback. Ce qui tire l’œil sont ses grands immeubles de briques rouges foncées qui ont été construits directement dans l’eau de l’embouchure du Het Ij, la rivière que vous avez devant vous, sans que vous le sachiez d’ailleurs. Pour vous, c’est simplement l’eau du port fortement enrichie d’eau de pluie.

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl2. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl2. Elisabeth Poulain

Ces gros parallépipèdes rectangles ont ceci de particulier justement qu’ils n’ont absolument aucune particularité distinctive en façade. Ils se présentent sans différence autre que la hauteur des baies du rez-de–chaussée situé au ras de l’eau, plus hautes que les ouvertures des étages du dessus. A part un décroché au milieu de l’ensemble, en retrait de l’ensemble par rapport à l’eau, rien, absolument rien ne retient le regard. Et surtout pas, un pot de fleurs devant une fenêtre! Ce ne serait d’ailleurs pas possible du fait de l’absence d’espace entre le bord de la baie vitré et celui la paroi extérieure de la façade proprement dite. Une explication à ce choix architectural vient certainement du caractère fortement logistique de ce site, en phase directe avec l'eau et de la dimension du "grand fonctionnel".   

Cette partie de l’Ile de Java, en effet autrefois zone portuaire d’entrepôts, a été profondément modifiée afin de la transformer en zone dense d’habitation aux normes urbaines contemporaines. De l’autre côté de la voie d’accès à l’île, à droite par rapport à ces grands ensembles, le site a pour l’instant gardé en partie son caractère un peu bohême, artistique, avec pour voisins de front de l’eau, ceux qui habitent à l’année dans des péniches bien amarrées au quai sans volonté aucune de les quitter. En témoignent les bords de ces quais ornés de pots de plantes qui n’attendent que le printemps pour refleurir à nouveau, sans quitter ne serait-ce que de quelques centimètres leur place dans l’alignement des plantes. Ah mais… !

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl3. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, le jour sous la pluie, Cl3. Elisabeth Poulain

En retrait de la rive de Java Eiland, du côté droit, il reste, face aux péniches, quelques maisons de briques ayant gardé leur vocation d’abriter des familles, qui voisinent avec des entrepôts. L’ambiance est toute différente. On peut encore marcher entre les maisons et le quai, voir l’eau du bassin à sa droite cette fois-ci, sans avoir envie d’aller voir ce qui se passe derrière les grands immeubles de l'autre côté  pour arriver à savoir si ces grands bâtiments sont des habitations ou des bureaux. Dans notre petit groupe, les réponses étaient partagées à 50/50…C'est la nuit  qui nous a donné la réponse ! Le dicton "la nuit, tous les chats sont gris" s'est révélé non adapté à la situation. il nous a en effet fallu attendre la pleine nuit pour voir apparaître de façon très colorée et vivante la diversité de chaque baie éclairée et partant, des habitants.  

Pour suivre le chemin

. Retrouver le site portuaire proche du Canal du Nord sur un cliché vu du ciel pris par la NASA où l’on distingue bien Java Eiland, son nom depuis 1990 pour l’anoblir https://fr.wikipedia.org/wiki/IJ_(Amsterdam)#/media/File:IJ_4.88665E_52.39839N.png  

. Voir la carte des deux bassins portuaires situés de part et d’autre du Verbingsdam, le quai de liaison, qui se transforme aussi en un petit pont au milieu, qui permet d’accéder à l’île juste en face du Llyod-Hotel sur http://lloyd-hotel-and-cultural-embassy.hotelsofamsterdam.net/fr/map/#map  

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, la nuit, Cl4. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Java Eiland, immeuble face au Llyod Hôtel, la nuit, Cl4. Elisabeth Poulain

. Lire sur ce blog dans un article précédent, la présentation de l’Hôtel Llyod, qui a abrité dans des cellules de 9 m2 des familles d’émigrants au début du XXe siècle http://www.elisabethpoulain.com/article-a-amsterdam-voguez-avec-le-llyod-hotel-41759534.html  

. Manger chez Jamie Olivier, sur le même quai, du même côté, à voir sur http://www.fifteen.nl/en/groups-en-events  ainsi que sur http://www.elisabethpoulain.com/article-diner-au-fifteen-chez-jamie-oliver-a-amsterdam-47624028.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Coll. Emmaüs, La chaleur de l’été, Lirette, Tissus éponge bleu & jaune

2 Juillet 2015, 10:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Lirette, la Chaleur de l'Eté, en tissus éponge et +, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Lirette, la Chaleur de l'Eté, en tissus éponge et +, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une tapisserie qui doit avoir maintenant plusieurs décades. Du pur « home made » certainement pas faite par une artiste, plutôt par une femme pour laquelle ces tissus usagés avaient un sens, celui d’évoquer des vacances familiales au bord de la mer. La lirette connaissait alors un regain de faveur, en lien avec la vague écologique de la re-découverte du « fait à la maison » par des mains pétris d’écologie naissante.

Ses dimensions. Elle occupe un rectangle de 34cm de hauteur sur 29 cm de largeur, ce qui permet déjà de faire une vraie composition.

Ses couleurs. Deux teintes majeures occupent tout l’espace. D’abord le jaune pour le sable brulant du bord de mer, avec des veinures différenciées pour montrer des ondulations en surface. Puis le bleu, en réalité deux bleus. L’un foncé pour la mer avec un peu de fil blanc pour montrer les reflets de lumière ; l’autre est plus doux, plus composite aussi pour le ciel toujours changeant au bord de l’Océan.

Les tissus. Beaucoup de morceaux d’éponge  ont été utilisés pour le socle, comme on le fait à la plage pour pouvoir s’allonger agréablement au soleil. Des morceaux de jeans bleu foncé et bleu plus clair marquent l’avancée dans l’eau de la mer. Puis des tissus divers et variés permettent d’alléger et de compliquer le ciel, avec des nuages étirés plus clairs et un peu de vert très clair pour évoquer le lien du ciel avec la mer.

Le cadre façon pitchpin. Il est fait d’une bordure avec deux traits noirs et une rainure proche de la composition textile. Il permet de « finir » la composition en diminuant sa dimension textile pour la faire plus pencher vers un tableau textile fort en couleurs.   

Pour suivre le chemin    

. Cette lirette fait partie de ce que j’appelle ma "collection Emmaüs", dont les pièces ont pour  particularités d’avoir été achetées dans un Centre Emmaüs en France, Oxfam en Belgique... et d’y repartir ou pas, après un temps très variable pour un nouveau cycle auprès de nouveaux acheteurs…

. Photo Elisabeth Poulain     

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Des murs de briques rouges peints d’une publicité > Coca-Cola, Mc Do

30 Juin 2015, 16:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Ce sont de grands et hauts murs de briques rouges qui ont foncées avec le temps. Ne me demandez où ils étaient situés, je l’ignore. Ces murs devaient être situés dans une grande ville, là où passait beaucoup de monde à la fin du XXe siècle, vraisemblablement aux Etats-Unis pour les deux grandes marques mondiales que sont Coca Cola et Mac Do. On peut aussi émettre l’hypothèse que de tels grands murs étaient situés dans des quartiers excentrés où il y avait de grands entrepôts, peut- être même ceux des marques. Les publicités peintes. Elles sont en format « paysages » de très grandes dimensions, en longueur surtout et en hauteur.

C’est une certitude pour le visuel Coca Cola, avec un effet visuel fort, d’autant plus qu’il est placé très bas sur le mur, de façon à accroître son impact sur les passants. La présence du jeune homme souriant à cheveux longs et qui marche vite,  ne peut être un hasard. Du coup l’impact de la bouteille est encore plus fort, surtout que la brique a été repeinte en couleurs Coca Cola hors des dimensions du visuel de façon à faire ressortir le galbe blanc de la bouteille avec des tracés noir et jaune. Avec les traits rouges qui font briller la bouteille de haut en bas, on retrouve toutes les couleurs de la marque.

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel McDo est issu d’un document grand format et de très belle facture célébrant la présence de « Mc Donald’s en France ». Aucune date ne figure, mais il semblerait que ce grand album ait été conçu pour célébrer le passage à l’an 2000. La dernière page -la 78- et la page 3 de couverture porte une photo signée Catherine Fuff, mais sans certitude malgré tous mes efforts. Ce sont les deux arches en or jaune du M de Mc Do qui figure au centre du cliché ; en arrière derrière, un grand rectangle rouge peint sur la brique rouge clair fait ressortir HAMB en grandes lettres blanches. On peut légitimement supposer que le visuel devait développer le mot de Hamburger en entier. Par différence avec le visuel précédent, il n’y a pas d’encadré extérieur, mais un cadre en rouge plus vif par-dessous les deux arches qui permet de faire ressortir les lettres blanches de Hamburger en grand.

Ce qui est intéressant, dans les deux cas, porte sur la volonté de longévité de ces visuels peints. A l’époque pas si lointaine de la fin du XXe siècle, Il s’agissait de continuer à communiquer sur la marque, l’un en l’associant à sa bouteille et l’autre à son logo graphique, les deux arches d’or, comme s’il fallait encore et encore continuer à communiquer de cette façon. 15 ans après beaucoup de choses ont changé dans l’univers de la publicité, à commencer par les grands visuels photographiés sur textile accrochés sur les murs et surtout pas peints. C’est une façon de pouvoir les changer le plus rapidement possible sans toucher au mur, en multipliant les accroches de façon à ancrer encore plus fortement la marque dans le changement continu, en occupant la place pour chasser le concurrent. Autres temps, autres mœurs…

Pour suivre le chemin

. Coca Cola Cy, Rapport annuel, fin du XXe siècle, commençant par ces mots « Welcome to the Coca-Cola Company of the 21st century. », photo en double page 12 et 13, www.thecoca-colacompany.com  

. Mc Donald’s en France, un album de McDonald’s France, 1 rue Gustave-Eiffel, 78045 Guyancourt France, www.mcdonalds.com  

. Voir des exemples en France sur un site intéressant http://lesmurspeints.blogspot.fr/  

. Photos Elisabeth Poulain à partir des documents propres à chacune des deux entreprises, avec mes remerciements.

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Saint-Nazaire – Port > Felice Varini < Paris - Cours Edouard VII

27 Juin 2015, 16:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini,  wikipedia, abxbay

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur un triangle rouge de Felice Varini, wikipedia, abxbay

Le titre en commençant par l’artiste franco-suisse Felice Varini. Il est de ceux qui aiment les grands espaces construits, avec des surfaces de grandes amplitudes dans des situations complexes.

. A Saint-Nazaire, l’artiste scénographe, a pu s’exprimer sur les toit d’un grand hangar de 120 mètres de long, tout en jouant sur d’autres surfaces en seconds, triples ou plus plans successifs dans le paysage portuaire.

. C’est le cas aussi par exemple à en plein cœur de Paris IX dans un espace entre des immeubles distincts, non jointifs et non positionnés à angle droit. Le projet offrait un défi au degré maximal de complexité, propre à satisfaire un chercheur en impressions visuelles innovantes et à attirer les curieux d’un art visuel qui détonne vraiment dans un univers de rigueur où la maitrise règne en reine. Et cela à Paris, tout près du Boulevard des Capucins, entre l’Opéra et la Madeleine et du Music-Hall de L’Olympia.

Felice Varini est un brouilleur de frontières qui aime les perceptions fortes et pourtant très fines de nature à troubler nos sensations dans des espaces qui peuvent être publics ou privés et pourtant ouverts. Ce n’est pas tant parce qu’il a une double appartenance suisse et française, c’est qu’il aime jouer avec les dimensions, les plans, les éléments construits anciens ou contemporains, à partir du moment où la complexité visuelle entre en jeu. Un grand mur tout simple ne saurait lui suffire, à moins d’avoir une forte singularité, auquel cas, il ne serait pas simple. La fonctionnalité du support construit lui importe peu, du moment qu’il peut imaginer s’emparer d’une image réelle d’un toit et/ou de façades pour commencer à dire autre chose autrement.

C’est un joueur d’espaces qui aime les grandes dimensions en plans-séquences qui séparément n’offrent que peu d’intérêt en eux-mêmes mais qui ajustés par lui dans l’espace, avec de l’espace entre eux, composent un ensemble. L’important n’est pas la surface seule, verticale ou inclinée, déclinée au singulier ou au pluriel, mais l’intégration de l’espace entre ces surfaces dans son œuvre, comme une partie constitutive. C’est dire que ce créateur, ce compositeur de nouvelles images intègre l’espace qui sépare les éléments de ses compositions en tant que partie prenante d’un nouveau paysage résultant d’un rapport différent à l’espace dans le paysage.
 

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

Saint-Nazaire, le port, aperçu sur sur plusieurs triangles rouges, Felice Varini, wikipedia Demeester

. A Saint-Nazaire, Il y a aussi particulièrement un défi et une volonté réussie de la part de l’artiste de re-créer un point-centre de sa création d’où celle-ci va pouvoir être vue dans sa plénitude, acceptée et comprise. C’est aussi pour lui une façon d’être le maître d’un nouveau monde visuel, d’une grande dimension, existant réellement, en particulier grâce au numérique. Le point focal à Saint-Nazaire se situe sur la terrasse panoramique de l’écluse fortifiée.

Une autre façon de pouvoir appréhender ce sur-paysage rouge et blanc de Saint-Nazaire, est de laisser votre esprit et vos yeux à même d’établir un lien entre ces triangles rouges, qui surgissent de façon apparemment inopinée sur un silo à grain ou une haute tour de stockage, comme il en existe dans tous les ports. Et vous admirez le bâtiment qui n’avait jusque-là eu aucune importance à vos yeux et qui est devenu maintenant un emblème visuel de Saint-Nazaire. Une sorte de signature qui allie la reconnaissance de l’histoire et la réalité industrielle du port nazairien et l’art dans sa dimension la plus innovante et impactante sur le paysage portuaire.

Huit ans après Estuaire 2007, vous vous surprenez toujours à chercher ces pointes de flèches, comme j’appelle les triangles de Fabrice Varini. Et vous découvrez que la ville, dans le quartier portuaire, adore maintenant vraiment utiliser le rouge, comme couleur positive et tonique. Avant et juste après la seconde guerre mondiale, cette couleur aurait pu être perçue comme une provocation politique à l’égard de la classe ouvrière, très active comme il en allait alors dans toutes les villes portuaires, surtout dotées de chantiers navals.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés Elisabeth Poulain

. Le second exemple dont je vais vous parler se situe à Paris en retrait du boulevard des Capucins, tout près du théâtre Edouard VII et du music-hall de l’Olympia. Le Cours Edouard VII comme il est indiqué sur la plaque accrochée aux murs d’un des immeubles concernés par la transfiguration de Felice Varini. On préfère dire maintenant le Carré Edouard VII pour faire la paire avec le Théâtre Edouard VII – Café Guitry, près du Square du même nom, juste devant le théâtre.

Pour lier ensemble ces immeubles qui se ressemblent et dont chacun diffère de ses voisins, les concepteurs ont fait appel à Felice Varini qui là aussi a réussi l’exercice avec brio. Il s’agissait, du moins est-ce ainsi que je l’imagine, d'unir ces immeubles non jointifs de même facture et sans aucun élément de différenciation, si ce n’est leur orientation. Il s’est agi de les faire parler, jouer l'un avec l'autre avec des lignes intégrant l’espace entre eux, sans les alourdir, sans chi-chi inutile. Une façon virtuelle, vraiment nouvelle d’accroître une perception surprenante du pouvoir d’expression de « l’espace architecturale » non construit en ce plein cœur de la capitale à la forte densité, même pour des Parisiens blasés.

« L'espace architectural, et tout ce qui le constitue, est mon terrain d'action » constitue la premières phrase de la description que Felice Varini fait de son travail. C’est réellement une nouvelle dimension qui s’ajoute à toutes les recherches sur la perspective, le paysage… qui sont menées depuis de longs siècles et ceci dans toutes les cultures du monde. Et le rouge est sa lumière, sa couleur phare. Un rouge orangé particulièrement lumineux et fort, qui s’impose à la vue et à l’esprit de façon à les rendre captifs. Son pouvoir d’expression est si grand que je gage qu’on lui garde à vie une sensibilité particulière, de la même façon qu’on croit apercevoir maintenant du rouge Varini dans beaucoup d’endroits de Saint-Nazaire, même quand ce n'est pas le cas. C’est impressionnant quand même. Citons juste pour le plaisir le grillage d’aires de stockages dans la zone portuaire, une immense grue un peu plus loin, un bateau rouge…sans compter son site rouge, avec même un carré rouge qui précède l'adresse de son site.

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth PoulainParis, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés  France  Poulain, Elisabeth Poulain

Paris, Cours Edouard VII, oeuvres de Felice Varini, Clichés France Poulain, Elisabeth Poulain

L’artiste pourtant n’a pas fait ce choix pour Paris. Il a sélectionné trois couleurs, le bleu, l’orange et le jaune, pour faire dialoguer les immeubles entre eux, sans les alourdir. Les visiteurs curieux sont nombreux à lever la tête pour admirer ce jeu d’acteurs entre un artiste plasticien, des murs de façades distinctes, des couleurs différenciées et des formes adaptées à chaque cas. Visiblement, il ne s’agissait pas de trouver un lien visuel identique et de le dupliquer en changeant seulement la couleur et le trait. Il lui a fallu faire autrement:

. Au bleu moyen tracé en trait fin est dévolu le pouvoir d’exprimer « cinq ellipses », une spirale brisée en pointillé dans l’espace entre les deux bâtiments que l’on aperçoit d’autant mieux que l’on a l’impression de passer dessous, comme sous une arche en spirale invisible.

. L’orange en traits plus épais est dédié à quatre grandes flèches qui partagent l’espace en tournant autour de deux fenêtres voisines, de sorte qu’elles forment « quatre triangles ».

. Le jaune est utilisé pour dessiner « un double trapèze », un carré biscornu pour former aussi « quatre triangles » visible dès l’entrée dans la Cour . Du fait du pouvoir d’attraction très fort de ces façades qui parlent une langue mystérieuse et qu’on cherche à décrypter, les visiteurs sont nombreux à marcher le nez en l’air, pour s’imprégner d’une certaine atmosphère en plein cœur de Paris. Ils marchent d’autant plus facilement que le sol est entièrement recouvert et qu’il n’ y a aucune présence végétale. Par contre, pour éviter la collision entre les lignes de façades et le sol, celui-ci est tracé de lignes rectangulaires formant des carrés réguliers, pour apaiser l'esprit dont les yeux sont occupés à regarder en l'air et parler aux pieds pour les rassurer.

Et c’est ainsi que l’on passe très facilement d’un port à l’atmosphère vraiment très portuaire à un nouvel endroit très chic en plein Paris, en se surprenant à chercher où se trouve les signes de couleurs, comme une nouvelle langue qui s'adresse à des connaisseurs…Un formidable pari de création architecturale et picturale numérique réussi dans les deux cas !

                                                                          *

. Pour découvrir Felice Varini,  se rendre sur son site au carré rouge, à la page d’accueil rouge sur http://www.varini.org/index.html

. Pour suivre le chemin menant au Port de Saint-Nazaire . Felice Varini à Saint-Nazaire pour l’Evènement Estuaire 2007 sur http://www.estuaire.info/fr/oeuvre/suite-de-triangles-saint-nazaire-felice-varini-2007/  Il existe aussi une plaquette « Estuaire 2007.2009.2011, Nantes <>Saint-Nazaire, le paysage, l’art et le fleuve, www.estuaire.info  . Voir aussi le carnet de jeux conçu pour les enfants. Pout la série des triangles, il faut trouver le point où les triangles apparaissent en continue sur http://www.estuaire.info/fr/telechargements/  Ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_triangles  . Voir la photo prise à partir du point choisi par l’artiste sur http://www.pnlphotographies.com/saint-nazaire-la-suite-de-triangles/  . Photos Saint-Nazaire des Triangles 2007, d’après le dessin du silo d’Estuaire 2007-2009 et Elisabeth Poulain pour 2014, 2015

. Pour suivre le chemin menant au Carré Edouard VII à Paris . Le Cours, le Carré ou le Square Edouard, propriété de la SFL, à découvrir dans l’important dossier de presse très précis et très complet « Mémoires contemporaines 2 » de 8 pages sur http://www.fonciere-lyonnaise.com/Carre-Edouard-VII/upload/DP_Felice_Varini_Memoires_Contemporaines_2-V2.pdf  ainsi que http://www.servcorpconferences.fr/2012/10/04/surprenant-lart-contemporain-sinvite-dans-le-square-edouard-vii/  . Le Théâtre Edouard VII-Café Guitry à retrouver sur http://www.theatreedouard7.com/  

. Pour Saint-Nazaire, photos des contributeurs wikipedia, abxbay et Demeester, avec mes remerciements,  Elisabeth Poulain, France Poulain pour les autres. Pour Paris, belles photos d’André Morin à voir dans le site de la Foncière Lyonnaise ainsi que dans la plaquette d'Estuaire 2007.

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Wikipedia > Pline le Photographe Numérique > Hommage aux contributeurs

25 Juin 2015, 16:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bateau de pêche, Port de l'Aberwra'h, Bretagne-France, sur une béquille, Pline, wikipedia, Elisabeth Poulain Blog

Bateau de pêche, Port de l'Aberwra'h, Bretagne-France, sur une béquille, Pline, wikipedia, Elisabeth Poulain Blog

Maintenant grâce à wikipedia et à ses démarches personnelles, il y a un nouveau PLINE, après Pline l’Ancien et Pline le Jeune son neveu adopté par le Ier. C’est Pline le Photographe, dont on ne sait rien, par volonté très personnelle de sa part, si ce n’est qu’il fait du vélo et qu’il adore prendre des photos. Il prend bien soin de conseiller l’appariement aux lecteurs de wikipedia. Partir à vélo pour découvrir des sites exceptionnels et s’arrêter le temps qu’il faut là où il faut pour saisir en photo un paysage, un détail, quelque chose qui lui parle… sont des plaisirs des Dieux. Mais qui ne sont pas suffisants, il reste la troisième dimension qui est le partage.

Revenons à Pline le Photographe et à ses photos, qui viennent enrichir, pour celles qu’il a choisies, le fonds de Wikipedia accessible à tous et utilisables librement, à condition de ne pas les détourner de leur sens et leur accorder ainsi qu’à leurs auteurs toute la considération qu’elles et qu’ils méritent pour cette démarche de don et de partage. Vous avez compris que je ne vous dirai rien ou presque du photographe qui pense avec raison qu’une photo parle. Elle a sa force d’émission propre et de perception particulière par ceux qui la découvrent. Certaines vont prendre un envol formidable, alors que d’autres resteront tapies dans l’ombre attendant d’être à leur tour découvertes ou pas. Tous les cas de figures existent, avec une grande part d’aléatoire.

Certaines photos vont ainsi sortir dans la lumière. C’est le cas de ce petit bateau de pêche, de couleurs bleu et blanc à marée basse, adossé au quai du port dans lequel il attend patiemment que la mer monte pour le remettre à flot. La scène se passe sur la côte littorale nord, au port de l’Aberwrac’h et le cliché a été pris le 29.07.2008. L’article concerne « la béquille » qui permet de stabiliser le bateau en position à peu près horizontale. Son titre « Bateau de pêche dans le port de l’Aberwrac’h (Bretagne, France) reposant sur sa béquille » est déjà un voyage en soi grâce à son haut degré de précision.

Voiliers à marée basse, Archipel de Chausey, France, wikipedia, Cl. Pline, Blog Elisabeth Poulain

Voiliers à marée basse, Archipel de Chausey, France, wikipedia, Cl. Pline, Blog Elisabeth Poulain

Le petit bateau est tout simplement attendrissant, reposant sur son lit d’algues vertes qui l’enserre comme un cocon. La photo m’avait émue, d’autant plus qu’elle m’avait surprise. Je cherchais de l’information sur les béquilles de bois utilisées pendant et après la première guerre mondiale par des personnes. Et je me suis retrouver à admirer un vieux petit bateau bien entretenu qui attend avec une patience toute bretonne que la mer monte, comme dans la chanson « Quand la mer monte, j’ai honte, j’ai honte, quand elle descend je l’attends. »

C’est à « Béquille » - l'entrée de wikipedia – que j’ai découvert une autre photo de Pline qui se passe dans le port à marée basse de l’archipel français de Chausey, qui a obtenu dans wikipedia la qualification de « Quality Image. » C’est une merveille de délicatesse, de couleurs, d’un sentiment d’abri dans un décor où l’on voit sur le même plan une ancienne maison de pêcheurs aux volets bleus lumière bien repeints, des bateaux neufs échoués à marée basse, avec de grands rochers en fond de scène, par un temps de rêve en Manche à l’ouest du Cotentin, au nord de la Baie du Mont Saint-Michel. Il  ya une densité d'informations et de représentations incroyable dans ce cliché, au point que je vous le conseille en fonds d'écran. C'est un vrai plaisir qui ensoleille votre début de journée, même avec le soleil dehors.  

Désormais vous saurez qui est le 3è Pline, c’est PPN, Pline le Photographe Numérique. Et le billet s’inscrit dans la Culture Numérique Partagée, la CNP, un sigle connu mais pas dans cette acceptation !

Pour suivre le chemin

. Retrouver « User Pline » avec les clichés qu’il a mis en ligne sur https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Pline  

. Lire aussi l’article « Béquille » sur wikipedia sur https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9quille_(bateau)  

. Pour le port, voir http://www.port-aberwrach.com/  

. « Quand la mer monte », Paroles et Musique de Jean-Claude Darnal 1968, chantée en particulier par Raoul de Godewarsvelde, à écouter sur http://www.dailymotion.com/video/x6yeam_raoul-quand-la-mer-monte_music  dans lequel on voit le chanteur sur un bateau plus que petit.

. Pour l’archipel de Chausey, https://fr.wikipedia.org/wiki/Chausey  

. Pline l’Ancien, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_l'Ancien  

. Ainsi que Pline le Jeune, son neveu adopté, https://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_le_Jeune  

. Photos Pline/wikipedia, avec mes remerciements

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Le Train en gare > L’attente, l’arrivée, le passage, le départ > Angers

23 Juin 2015, 15:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un titre à 70 caractères, qui tombe presque pile-poil, est déjà un bonheur de blogueur, bien que je n’ai pas réussi à placer les trois petits points pour montrer que l’histoire ne s’arrête pas là, surtout aussi quand il s’agit d’un train.

Gare d'Angers, la gare, les rails vus du haut, le vide, n°1, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, la gare, les rails vus du haut, le vide, n°1, Cl. Elisabeth Poulain

Un train est fait pour rouler. Par définition aussi, sa marche s’entend avec des arrêts compris et annoncés à l’avance, mais pas toujours. Ce train-là ne s’est pas arrêté. Telle était sa fonction ce jour-là, sans personne pour l’attendre à l’arrêt d’Angers, puisque ce n’était pas sa fonction du moment.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°2, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°2, Cl. Elisabeth Poulain

Un train est fait pour rejoindre le lieu où on l'attend, sans perdre de temps.  Il n'y avait donc personne, ni mouvement d'aucune sorte. Des voitures qui passaient le pont, oui certainement, des voyageurs en bas sur le quai derrière mon dos, près du centre des quais localisé par les panneaux indicateurs de la composition des trains, aussi. Mais en cet endroit où la largeur des quais diminue, en regardant vers Paris, c'était un vide étonnant, dans une immobilité terriblement forte.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°3, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°3, Cl. Elisabeth Poulain

C’est dire qu’il n’y avait ni voyageurs descendant, ni voyageurs attendant de monter, ni accompagnants ou personnes attendant ceux qui arrivaient, ni non plus de membres du personnel attaché à la SNCF, la Société nationale des Chemins de Fer français.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°4, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, l'arrivée du train, n°4, Cl. Elisabeth Poulain

Il n’y a eu aucun mouvement perceptible et saisi par la photographie. C‘est cette vacuité dans un univers urbain très contraint avec un train qui arrive, passe et s’en va… sans autre réaction qui m’ont attiré. Il faut dire que je passais en tenant mon vélo à la main sur le large trottoir avec mon appareil photo.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame presque au complet, n°5, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame presque au complet, n°5, Cl. Elisabeth Poulain

L’idée était de prendre des photos vues du dessus des rails, des quais et des poteaux centraux… avec des lignes de fuite fortes et des différences d’un côté à l’autre, particulièrement au niveau des parois de pierre, des voies et des chemins à terre et des quais uniquement sur le côté gauche et au milieu.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame vue de l'arrière, n°6, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, la rame vue de l'arrière, n°6, Cl. Elisabeth Poulain

Il est frappant aussi et surtout de constater la grande différence paysagère entre le côté droit au style architectural très urbain fin du XIXe et la dimension végétale d’un espace reconquis il y a plusieurs décades en côté gauche. Il s’y élève maintenant des immeubles et… la patinoire qui va déménager pour aller dans le nouveau quartier de Saint-Serge pour se rapprocher de la rivière Maine.

Gare d'Angers, les rails vus du haut, traversée terminée, n°7, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, les rails vus du haut, traversée terminée, n°7, Cl. Elisabeth Poulain

Le seul désordre est le graffiti traité à la peinture blanche sur le fond rose brique foncé, que l’on aperçoit en horizontal sur la rambarde du pont sur un des clichés. Et le trouble à voir les photos, est de ne pas savoir quel est le sens d'avancée du train...Regardez par exemple les photos en remontant cette fois-ci...vous avez l'impression que le train arrive.

Imaginez maintenant un pas de plus, les photos vous arrivent dans le désordre, votre interprétation pourra être plurielle. Vous pouvez en déduire par exemple qu'il n'y a vraiment personne...Les voyageurs sont pourtant là mais on ne les voit pas.

C'est une illustration en image du fait que la photo - aussi -  n'est pas le territoire, pas seulement la carte!

 

Pour suivre le chemin

. La gare d’Angers sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Gare_d'Angers-Saint-Laud  mais sans information sur le tunnel permettant de traverser Angers en souterrain pour aller vers Le Mans, Paris…

Gare d'Angers, parapet, rails vus du haut, traversée terminée, n°8, Cl. Elisabeth Poulain

Gare d'Angers, parapet, rails vus du haut, traversée terminée, n°8, Cl. Elisabeth Poulain

. « L’arrivée du train en gare de la Ciotat », un film des frères Lumière réalisé en 1895 et projeté en 1896 pour la première fois, retrouver l’essentiel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Arriv%C3%A9e_d'un_train_en_gare_de_La_Ciotat  

. Avec l’analyse de d’Encyclopédie Larousse sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/film/lArriv%C3%A9e_dun_train_en_gare_de_La_Ciotat/780  

. Clichés Elisabeth Poulain

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Paysages bleus & jaunes de Normandie > Champs de lin dans l’Eure

18 Juin 2015, 16:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cliché France Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cliché France Poulain

Nous sommes en Normandie, dans le département de L’Eure au début du mois de juin. C’est la pleine période de la floraison des graines de lin montées en tige avec une toute petite fleur au sommet. Sa floraison proprement dite ne  va durer que quelques jours. 

Devant vous se déploie une très grande surface bleu-mauve de millions de petites fleurs de lin qui forment un tapis ondulant doucement d’une bonne soixantaine de cm de haut ou plus. J’avoue ne pas avoir sorti mon centimètre enrouleur que je devrai toujours avoir avec moi, ni avoir plongé mon bras dedans pour mieux sentir la hauteur.

Le bleu parme incomparable de la fleur de lin. D’une très grande finesse, sa couleur ne se compare à nulle autre dans le règne végétal. Elle a de plus cette particularité unique  de se voir sur de très grandes parcelles de terre sans barrière, que l’on peut admirer de la route, à condition d’être dans la moitié nord de la France en Normandie, Haute et Basse, en Picardie et, parait-il, dans le Grand-Est parisien.

On a l’impression de noyer son regard dans un bain de bleu très particulier, un bleu parme léger, adouci par le vert jaune des tiges, celles qui vont donner les fibres avec lesquelles seront faites la corde de lin, la toile de lin et les tissus plus fins après de nombreuses opérations pour extraire la fibre.

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cl. France Poulain

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Cl. France Poulain

La culture du lin. Il lui faut plusieurs conditions pour pouvoir s’épanouir. D’abord et avant tout la terre, une terre légèrement acide riche et profonde, et une rotation des cultures pour éviter des maladies. Ajoutez ensuite de l’humidité au printemps car c’est une plante gourmande en eau, de la chaleur pour monter en graine rapidement et du vent. Le bon vent, pas un vent trop fort non plus pour éviter aux plants d’être couchés de sorte qu’ils ne pourraient plus être fauchés mécaniquement pour en faire des rouleaux impeccables. Le bon vent , celui qui va sécher le plant coupé laissé à terre pour le rouissage, afin d’amollir la fibre,

De grandes parcelles sont nécessaires à son semis en lignes longues et régulières. Les chiffres donnent le tournis. On compte entre 1500 et 1600 plants au m2. Imaginez la voracité de toutes ces petites graines pour devenir des plants avec beaucoup de travail de l’homme, même assisté par des machines ! Cette alliance entre la terre, la graine et l’homme conduisant les machines est fabuleuse.

Les particularités de la récolte du lin. De très grosses machines sont en effet nécessaires pour arracher ces tiges très dures, si dures qu’elles ne peuvent être traitées sur le moment. Il faut laisser au temps, à l’humidité et au soleil le temps de faire leur travail, pour amollir les tiges en les laissant sur place au sol pour que le rouissage puisse faire de façon optimale.

Les éléments naturels ne sauraient pourtant suffire. Parmi les grosses machines, j’ai mentionné les « arracheuses », auxquelles s’ajoutent les « retourneuses » pour retourner les bottes à terre pour faciliter le séchage du côté jusqu’alors tourné vers le sol, puis des « enrouleuses » qui vont former des balles où les tiges (les andains) vont finir de sécher.

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Après seulement commencera le dur travail du teillage du lin…pour extraire les fibres. La grande aventure de l’extraction des fibres commence et là un nouveau voyage commence, qui va être planétaire. Et je n’exagère pas. Jugez-en !

Actuellement et depuis des années, la France est le leader mondial de la production de lin pour la qualité des fibres. La culture a été réintroduite au XIXè siècle par des agriculteurs de Flandres (Belgique). En France, les deux-tiers de la production se font en Normandie, en Seine maritime, dans l’Eure, au pays de Caux, dans la plaine de Caen, au Pays d’Ouche. Le lin est alors transformé en filasse par des coopératives et des teilleurs privés pour une faible part.

La filasse faite, on se retrouve tout à coup en Chine, une fois le transport effectué bien sûr. La République populaire achète en effet 80 à 85% de la production mondiale de filasse. C’est là-bas que les lots sont peignés pour être débarrassés de toutes leurs impuretés physiques telles que du bois, de la terre, des débris minéraux. Une activité industrielle qui doit être, à mon avis, dure physiquement. Le peignage étant fait, la Chine revend la filasse peignée cette fois-ci aux tisseurs en particulier européens situés essentiellement en Italie et dans les Pays de l’Est…

Et tout ça, grâce à cette petite fleur, d’un bleu-parme si léger qui change avec la lumière, qui ne dure que quelques jours, d’une plante qui existait déjà à l’époque du Néolithique, 7500 ans avant Jésus-Christ. La plante est en effet née en Perse et en Egypte. Sa diffusion s’est faite par la Méditerranée. En France, les archéologues en ont retrouvé des traces dans la Vallée de la Deule (Nord-Pas de Calais).

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champs de Lin dans l'Eure, Cl.Elisabeth Poulain 2014

Cette plante nous offre une autre surprise. Le vert vif et tendre à la fois des tiges devient presque jaune-vert une fois la floraison terminée…Quand vous apercevez ces grandes parcelles au mois de juillet, vous savez que la prochaine floraison sera pour l’année prochaine… Une photo d’un grand champ de lin en pleine floraison agit comme un déclic, qui vous fait faire le tour du monde en aller-retour, via la Chine, et un grand retour 7500 ans en arrière, au temps du Néolithique, grâce à ce très beau cliché de France Poulain pris dans l’Eure en 2015.

Pour suivre le chemin

. Voir l’article très complet sur le « lin cultivé » sur wikipedia, avec en particulier le lexique technique, pour vous y retrouver.  

. Trouver l’essentiel de l’information sur le lin en Normandie sur   http://www.chambre-agriculture-normandie.fr/panorama-lin-normandie/

. Découvrir le site de référence européen du lin, avec aussi un blog très documenté http://www.mastersoflinen.com/pages/phototheque/31  

. La fiche professionnelle sur les techniques et les métiers du lin, avec beaucoup d’informations techniques et juridiques précises http://www.fmpcisme.org/FMPPDF/804/FicheResume.pdf  

. Des informations aussi sur http://www.sme76.fr/Upload/medias/sme_actes_rencontres_lin_juin_2012.pdf  

. L’étude d’Emmanuel Martial 2008 en texte intégral et avec des photos, en particulier une fosse de rouissage à Houphin-Ancoisne, rue Max Dormoy « Exploitation des végétaux et artisanat textile au Néolithique final sur les sites de la vallée de la Deûle (Nord - Pas-de-Calais) » en page 114 sur http://nda.revues.org/611  

. Photos : France Poulain pour le champ de lin dans l’Eure 2015, avec de grands remerciements de ma part et quelques photos personnelles pour le lin jaune, après floraison.

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Sillon entre les Rangées, Cl. Elisabeth Poulain 2014

Normandie, Champ de Lin dans l'Eure, Sillon entre les Rangées, Cl. Elisabeth Poulain 2014

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Arromanches > Les gens, la plage, la mer & le béton > Printemps 2015

14 Juin 2015, 16:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Arromanches, vue sur la plage, les promeneurs à marée basse, Cl. Claire McDonald

Quand on parle d’Arromanches, beaucoup savent que c’est un lieu de mémoire, où tout parle de ce qui s’est passé ici, avec toujours la mer en ligne de mire au bord de la petite route côtière ou plus bas sur la plage. Ce jour-là, le temps était au beau, ce qu’on appelle beau ici, quand le ciel n’est chargé que de quelques nuages légers blancs qui n’annoncent pas de pluie, que le vent ne se fait guère sentir si ce n’est sous la forme de la petite brise de mer de la Manche, quand les touristes sont de retour…

Comme toujours, dès les dimanches de printemps et jusqu’à l’automne, il y a beaucoup de monde sur la plage à marée basse. Des promeneurs marchant à petits pas, sans forcer, ensemble ou s’étirant en file. Beaucoup de groupes se sont ainsi fractionnées en plusieurs unités, chacun dans ses pensées… On n’est pas ici pour faire son jogging, ni promener son chien, même si cela doit arriver, sans manquer de respect à tous ceux qui ont ici donné leur vie lors du Débarquement, avant ou après. C’est un signe qu’ici l’air, le sable, la mer ont en commun quelque chose d’étonnant.
 

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson en béton, Cl. Claire McDonald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage, les promeneurs, un caisson, Cl. Claire Mc Donald

Ce spécial se voit déjà à ces grands blocs de béton qui semblent échouer sur la partie de la plage découverte par la marée. De loin, on imagine des blockhaus détachés de la côte par la force des vagues. S’ils ont bien le béton en commun, ils offrent deux grandes différences. D’abord ce sont des caissons qui n’avaient aucune fonctionnalité d’abri. Ils avaient pour objectif de créer un port artificiel sur l’eau, près du bord de la terre. Alors que le blockhaus était bâti, au bord de plages sur la terre pour surveiller la mer. Les caissons ont été fabriqués en Angleterre pour être jeté en mer pour fabriquer un port artificiel au profit des Alliés, alors que les blockhaus l’étaient en France même au profit des forces d’occupation allemandes.

On peut toucher, contourner certains de ces grands caissons allongés de béton qui s’enfoncent depuis leur dépose en 1944 dans le sable sous l’effet des marées. Certains se sont cassés en morceaux. Tous abritent des petites algues qui ont réussi à force de persévérance à se nicher dans les alvéoles du béton, quand les petits cailloux intégrés sont partis sous l’effet de l’eau. L’étonnant à des yeux de native du bord de l’Atlantique est la faible quantité d’algues qui a réussi à se fixer.

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, marche sur la plage, approche des caissons, Cl. Claire Mc Donald

Ce sont les chiffres qui contribuent à un télescopage mental qui donne le tournis. L’esprit a du mal à arriver à visualiser l’arrivée par la mer de millions d’hommes et de matériel en mer à faible distance d’un paisible village qui abrite aujourd’hui environ 600 habitants et vraisemblablement moins de 200 le 7 juin 1944 après les bombardements par l’armée allemande. Il y eut 180 sinistrés, seules sept maisons restèrent intactes. Mais pendant les quelques mois -100 jours ou 5 mois pour d’autres sources - de fonctionnement du port artificiel fondé sur des navires coulés et les fameux caissons, baptisé Mulberry, 2,5 millions d’hommes furent débarqués ici, ainsi que 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de marchandises.

En mer, d’autres gros blocs se détachent en noir sur le fond de l’horizon. Ce sont les vestiges du port artificiel. Ces caissons aux dimensions impressionnantes restantes sont les témoins que l’on vient entendre témoigner depuis 71 ans…

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Arromanches, la plage à marée basse, pêcheur de crevettes, caissons à l'horizon, Cl. Claire Mc Donald

Pour suivre le chemin

. Aller à Arromanches, et lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Arromanches-les-Bains  

. Voir l’opération, avec des clichés militaires sur http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-port-darromanches  

. Découvrir le port artificiel de Mulberry B sur http://commons.wikimedia.org/wiki/File:MulberryB_-_Piers.jpg  

. Voir comment se sont passés les évènements grâce au « Guide des Plages du Débarquement », de Patrice Boussel et Eddy Florentin, aux Presses de la Cité, éditions 1974, 1984

. Avec des extraits publiés sur http://www.netmarine.net/bat/porteavi/arromanc/villearrom.htm  

. Réviser ses connaissances avec le carnet pédagogique n° 1 pour les enfants scolarisés en primaire. Ce livret est remarquable, du fait en particulier de la présence de photos très parlantes sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv1_fr.pdf   Le livret n°2 pour les élèves du secondaire est plus axé sur le contrôle des connaissances sur http://www.musee-arromanches.fr/docs/carnet_pedagogique_niv2_fr.pdf  

. Une demande d’inscription des Plages du Débarquement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO serait envisagée ou en cours http://www.cityzeum.com/ev/commemoration-du-debarquement#sthash.xkZlATp5.dpuf  

. Clichés Claire Mc Donald, avec mes plus vif remerciements.

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