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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Pourquoi j'aime bien Wikipédia

24 Janvier 2016, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Et d’abord pour commencer une anecdote. La scène s’est passée il y a peu années   dans un groupe de travail animé par une ville pour savoir comment le groupe concevait sa vision de l’évolution du développement urbain. Pour pouvoir répondre et après-coup, on a pu constater que trois façons de répondre avaient été utilisées par les membres, des adultes ayant des connaissances :

  • Imaginer des solutions en prenant des risques de dire des bêtises ou d’être hors sujet ---) cette audace est très rare en France ;

  • se baser sur la base de connaissances préalables et se lancer ---) certains ont pu le faire, il est difficile toutefois d’avoir des connaissances sur tout et heureusement;

  • consulter avant Wikipédia, pour ne pas avoir l’air idiot-e, donner au moins une réponse crédible…rester dans le sujet, sans chercher à aller loin dans la réponse ---) L’idée est de pouvoir commencer à répondre, sans se tromper, pour montrer aussi une certaine forme d’ouverture d’esprit….

A l’exception de quelques rares personnes ayant une vraie légitimité dans le domaine technique concerné, la très grande majorité (dans un pourcentage du type 80/20) a donné une « réponse du type Wikipédia ». Cela s’est senti  non seulement à la forme de la réponse, à son contenu, parfois à des phrases réécrites telles qu’elles…et sans que cela étonne ni le groupe lui-même ni les organisateurs, comme une acceptation de fait d’un début de culture commune. Cela a été moi, je l’avoue, un grand étonnement pour moi. 

Et maintenant pourquoi moi j’aime Wikipédia. Avant il faut commencer par vous dire que je suis une grande utilisatrice de cette base de données collaborative . Clairement, sans Wikipédia, je n’aurai pas pu avancer sur la longue route qui mène à la création, puis à la gestion d’un blog, dans toutes ses dimensions avec un grand nombre de questions qui se posent quasiment tous les jours. Pour essayer de faire court, sans se perdre dans des digressions, les trois thèmes que j’ai sélectionnés, pour répondre à ce pourquoi, sont la recherche d’informations, la façon de les présenter en connexion et les photos.

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

J’ai tout particulièrement besoin de Wikipédia quand je me lance à écrire un billet, en n’ayant jamais au départ toutes les informations qui vont m’être nécessaires, puisque je découvre leur manque au cours d’écriture. On dit que l’appétit vient en mangeant : pour moi, je commence à écrire sans savoir exactement où va me mener la recherche d’informations inhérente à l’écriture, en simultanéité temporelle et ou factuelle. La différence de l’écriture numérique par rapport à la manuelle par exemple est qu’on avance en même temps qu’on écrit, tout en essayant toujours de valider le contenu, pour chercher à être précise, quitte à tout effacer si l’info obtenue à la fin fait s’écrouler toute la construction de l’argumentation sur laquelle repose l’hypothèse de départ de l’article.

Cette recherche d’informations en continu a plusieurs autres effets dont le plus important est sans conteste, non pas forcément seulement, la réponse à la question qui se pose, mais quasiment à chaque fois d’apporter des nouvelles informations qui sont autant de nouvelles portes qui s’ouvrent sur d’autres thèmes, d’autres thématiques ou des différences en complémentarité… Une autre retombée est que grâce à Wikipédia, il n’y a pas de petits sujets, car tout est lié. Les connections qui en découlent sont très souvent intéressantes, voire enrichissantes en faisant ressortir des éclairages sur d’autres cultures, d’autres thèmes, d’autres temporalités…Chaque route qui s’ouvre à votre vue, dans votre tête, apporte de nouveaux éclairages qui appellent à leur tour de nouveaux questionnements, qui concrètement vous font avancer. C’est aussi la raison pour laquelle je ne sais pas à l’avance sur quel thème je vais travailler ni à quel moment ni comment. Et je trouve cela rassurant, grâce - il est clair - aux contributeurs de Wikipédia que je remercie.

 Le pouvoir des photos. Chacun sait qu’il est étonnant. Une bonne photo vaut un long discours ; disons plus justement qu’une bonne photo au bon moment, quand vous êtes en train d’écrire, placé au bon endroit dans votre article pourra renforcer de façon incroyable le pouvoir des mots, pour prouver ce que vous êtes en train de dire. Prouver, ce peuvent être aussi renforcer, contredire, compléter, entrer en télescopage…sans limitation de portée, avec un pouvoir d’impact compréhensible partout dans le monde, chaque personne à sa façon, chaque culture aussi, chaque moment…

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Et pour finir, puisque j’ai décidé de faire court, ce que j’aime aussi c’est le regard critique du staff envers certaines contributions, pour dire par exemple : ici il n’y a pas assez de fond, là il y a trop d’énumérations sans explication…Grâce à Wikipédia, il y a à la fois des apports sur le thème central et les thèmes dérivés, une actualisation de facto pour rester dans la course et nec plus ultra les sources qui permettent de faire des belles trouvailles. Ce sont des pépites, qui vous donnent envie d’aller plus loin, autrement, un autre jour, dans un nouveau voyage avec wikipedia d’un côté et over-blog de l’autre, pour avancer…

Pour suivre le chemin . Comment rédiger un bon article, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Comment_r%C3%A9diger_un_bon_article 

. Photos contributeurs Wikipedia, avec mes remerciements

 

 

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Du petit homme au petit chien > Qui dit quoi à qui? > Memory for Life

22 Janvier 2016, 17:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Le hasard fait bien les choses. Je subodore plutôt que ce sont notre cerveau et nos yeux associés qui repèrent tout à coup des choses qu’ils n’avaient absolument pas vues avant, alors même qu’il - le cerveau - fonctionne à peu près correctement. Seulement il applique un principe de précaution fondamental pour éviter de tout voir, tout analyser… sous peine d'exploser en plein vol sous la charge.

Rien qu’en matière de publicité, on calcule que la « pression publicitaire » varie entre 500 et 2000 publicités « vues » par jour ou qui impactent votre regard fut-ce involontairement. Un chiffre qui varie énormément selon les sources, les modalités de vie, l’intérêt qu’on porte à la publicité... Quant à savoir toujours distinguer ce qu’est une publicité d’une information, cela devient franchement difficile…« Mais revenons plutôt à nos moutons », bien que je ne veuille pas du tout vous parler  d’un mouton ou de plusieurs mais d’un chiot – le petit chien – et d’un jeune garçon, pour une publicité récente de 2014 pour une carte mémoire, Memory for Life, Samsung micro SD.

On y voit les deux héros qui sont d’abord le jeune garçon dont la tête doit être deux fois plus grosse que celle du jeune chien. Leurs couleurs de cheveux et de poil sont synchronisées, avec deux grandes différences toutefois qui portent sur leur longueur  et leur douceur. Le Ier prix est remporté par l’adorable jeune cocker ; on a envie de lui tapoter la tête, ce qui n’est pas le cas pour le jeune garçon qui a une bonne  tête sympathique mais pas au point d’y passer les mains. Il est déjà trop grand pour qu'on puisse se permettre cette familiarité.

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Samsung-microSD, Memory for Life, petit chien-petit garçon, Courrier International, n°1232, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Le jeune garçon est très curieux. Il voudrait bien faire ami-ami avec le toutou, en cherchant à accrocher son regard, pour le rassurer « tu vas voir, tout va bien se passer, ne t’inquiète pas, je suis là ». C’est là où la publicité se révèle être un art difficile, parce que le jeune chien semble un peu, beaucoup… terrorisé par la situation. « Qui est ce grand qui vient me voir sous son nez ? Et pourquoi veut-il faire ami avec moi ? Qui sont tous ces gens qui tournent autour ? »

Pour bien établir le lien de la mémoire à vie, la forme d’une carte mémoire Samsung est tracée en blanc de façon à lier les deux nez, celui de Sam, le jeune garçon et celui de Sung le jeune cocker qui vont grandir ensemble… C’est donc une petite histoire d’amitié entre un jeune garçon et un tout jeune chien qui se noue devant vos yeux. Le scénario est intéressant, dommage à mon goût que l’enfant n’ait pas été plus jeune, avec encore les rondeurs d’un petit d’homme, pour correspondre à ce bébé chiot, sans avoir besoin de parole, uniquement avec le regard…plus qu’avec le nez peut-être !

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Le visuel publicitaire « Memory for Life de Samsung microSD » par Samsung est paru en pleine page 12 de Courrier International, n° 1232 du 12 au 18 juin 2014, www.samsung.com/memorycard 

. La pression publicitaire, à voir sur http://www.definitions-marketing.com/definition/pression-publicitaire/  

. La surabondance - ou la véritable imprégnation informationnelle - sans distinction entre pub et info et vice et versa, sur http://digital-society-forum.orange.com/fr/les-forums/555-13._publicite__lattention_mise_sous_pression  

. La locution « Revenir à ses moutons » vient de  la pièce de théâtre,  La Farce de Maître Pathelin, publiée pour la première fois en 1485  sur https://fr.wiktionary.org/wiki/revenons_%C3%A0_nos_moutons  

. Photo Elisabeth Poulain à partir du visuel.

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Du chien à l'homme > Qui dit quoi à qui? La Pub La Voix de son Maître

20 Janvier 2016, 18:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre, comme souvent. Il s’agit cette fois-ci de voir quels sont les ressorts de quelques publicités qui jouent sur l’attachement que la personne humaine, quel que soit son âge et son genre, porte au chien en l’occurrence. Il est certainement l’animal le plus cher au cœur des gens, pas le chat qui est pourtant cité quasiment ex-aequo. Une des raisons vraisemblablement est que le chat ne joue pas de rôle social qui puisse se voir, alors que le chien exige d’aller en promenade. Promener son chien est la première activité journalière  évoquée par les urbains adultes en forme et  qui ont encore quelques disponibilité en terme de temps.   

Le chien est le plus souvent montré comme un double de l’Homme, qui à son tour se reconnait en lui. On entend parfois des « maîtres » dire de leur chien, « oui, ce chien est bien parce qu’il est le mien. C’est normal, je l’ai bien éduqué ». Le lien descendant est alors direct. Dans un second temps, l’intéressant est de montrer ensuite la réaction du chien, en tant qu’animal très proche de l’Homme, écoutant son maître, du moins c’est ce qu’on suppose.   

L’intérêt des publicitaires est d’inverser la relation pour  montrer  l’importance du chien dans la relation humaine, qui joue un rôle prononcé de miroir avec des dialogues visuels extrêmement prononcés. Le  miroir du conte de Charles Perrault demande « dis-moi que je suis la plus belle » se transforme en un « re-dis-moi que tu m’aimes ! ». Il n’en reste pas moins que la relation va de la personne au chien. Cette fois-ci pour intéresser le lecteur ou celui qui verra le visuel publicitaire, c’est le chien qui est le plus souvent le véritable héros, à quelques exceptions près où le chien ne jouera qu’un rôle figuratif à l’image d’un meuble dans une pièce.  

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Une des plus belles publicités est celle qui a été faite en 1920 pour « Radio Corporation of America » par deux entrepreneurs convaincus en 1919 de l’avenir de l’industrie du son. Une année plus tard un de leurs ingénieurs Franck Conrad put capter et diffuser les résultats par radio de l’élection présidentielle du 3 novembre 1919, qui vit le candidat républicain W. G. Harding être élu. C’est à la suite de cet évènement à la fois politique, technologique et socialement très important pour une nation qui s’était engagée dans la guerre qu’on put entendre en direct ces actualités diffusées en direct. Parallèlement les deux associés fondèrent l’entreprise Pathé Marconi, avec pour image emblématique un fox-terrier, Nipper, en train d’écouter la radio. Il regarde bien le fond du haut-parleur en cuivre et acier fixé sur socle en bois marqué Victor pour y reconnaître avec beaucoup d’attention « His Master’s Voice » fidèlement traduit en français par « la Voix de son Maître ». Il prend garde à ne pas y mettre son museau. Sait-on jamais?

Ce dessin publicitaire est si précis qu’on dirait une photo d’un fox-terrier surpris à écouter avec attention cette voix humaine. Il est issu d’une peinture qui a été faite au tout début de l’aventure de Pathé-Marconi et de RCA. Le second atout de cette publicité, outre le chien, très bien saisi, concentré sur ce qu’il entend, est d’avoir fait le lien avec le maître dont il est censé reconnaitre la voix. La preuve en est que l’ensemble s’appelle « La voix de son maître ». Une dénomination qui a échappé au monde publicitaire, au point qu’elle est passée dans le langage courant. Un modèle de psychologie canine tout autant qu’humaine…et pour les fox-terriers, un incroyable satisfecit de fidélité et d’endurance.

C’est l’exemple le plus célèbre d'un chien qui écoute avec attention la voix supposée de son maître. Il essaie de comprendre ce qui se passe. Quant à ce Victor, dont la signature apparait en gros sur le socle en bois, c’est tout simplement de marque du haut-parleur. Il n’y a pas dedans un autre chien qui s’appellerait Victor ! Et la personne qui parle n'est pas son maître, et le tout fait que c'est quand même bizarre...

 

Chien Nipper, La Voix de son maître-wikipedia-Johnson623

Chien Nipper, La Voix de son maître-wikipedia-Johnson623

Pour suivre le chemin

. Voir « Le siècle des Echos, 1908-2008, Cent ans de Créations » dans l’année 1920 en page 22 ; ce numéro spécial des Echos est une pépite.

. Retrouver Nipper le chien sur un disque de « His Master Voice » –HMV- https://commons.wikimedia.org/wiki/File:HMV_record.JPG  

. L’histoire plus complète et bien compliquée de Pathé Marconi qui eut Nipper écoutant Victor, gravé sur la socle du hqaut-parleur comme mascotte sur http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/collections/dossiers-thematiques/publicite-et-graphisme/marques-et-personnages/pathe-marconi  

. Voir aussi un texte concis et clair sur http://www.chiens-online.com/nos-fiches-nipper-premier-chien-superstar-de-la-pub--fiche-2245-page-1.html  avec une très jolie photo d’un fox-terrier essayant d’attraper une grosse bulle de savon dans sa bouche…

. Voir de nombreuses et différentes versions intéressantes de Nipper, La Voix de son Maître sur http://www.ebay.com/bhp/his-masters-voice  

. Le fox terrier sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Fox-terrier  

. Photos Elisabeth Poulain et wikipedia, Johnson623       

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L’aubépine de Bouquetot, Eure, plantée vers 1360, Arbre remarquable

19 Janvier 2016, 11:30am

Publié par Elisabeth Poulain

Bouquetôt, Eure, l'If planté en 1360 devant l'église, arbre remarquable, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetôt, Eure, l'If planté en 1360 devant l'église, arbre remarquable, Cl. Elisabeth Poulain

Décryptage du titre en commençant le concept d’arbre remarquable. Il n’est pas facile à définir exactement car le règne du vivant ne se laisse pas si facilement caractériser tant la nature connait l’art de s’adapter et de créer du nouveau, dès lors que les circonstances s’y prêtent, avec l’aide bienveillante de l’Homme. Le concept de patrimoine naturel permet de mieux protéger ces totems de nos civilisations, que sont les arbres, un peu à l’instar des séquoias d’Amérique du Nord. Cette aubépine porte deux autres dénominations, en plus de celle qui figure dans le titre, la Belle–Epine et l’Epine de Bouquetot.

Bouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure,  M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, M. Joël Grainville maire, If de 1360, feuillage, Cl. Elisabeth Poulain

Cet arbre est également inscrit à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. Wikipedia par exemple fait ressortir sa dimension culturelle en classant cet arbre au titre des « Pratiques rituelles » à l’instar du Ministère de la Culture et de la Communication. Au cours de la visite que nous avons faite dans le cadre des Ateliers du Patrimoine du SDAP, créés et animés par France Poulain, Architecte des Bâtiments de France -ABF- de l’Eure, le maire, M. Joël Grainville a évoqué le symbole de virginité, vraisemblablement en raison de la couleur blanche des fleurs de cette aubépine.

Bouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, Eglise classée, If de 1724, Cl. Elisabeth Poulain

L’emplacement de l’aubépine. Elle a été plantée sur le domaine public au plus près du mur bas de séparation du cimetière qui entoure l’église. Elle n’est donc liée ni au domaine religieux proprement dit ni au domaine mortuaire. Elle a ses caractéristiques propres et sa propre petite clôture plus due à son grand âge pour la protéger des voitures par exemple, ou de curieux qui voudraient grimper dedans, qu’à des pratiques rituelles. D’aucuns évoquent pour l’aubépine le caractère de marqueur de territoire en raison de sa durabilité, de son bois dur et de ses épines qui la protègent peut-être mieux que ne le ferait une clôture. C’était semble-t-il une coutume en Normandie.

Bouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth PoulainBouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot-Eure- Eglise-Aubépine-If-Croix de cimetière avec vigne-Hêtre pourpre, Monument aux Morts Guerre 14-18, Cl. Elisabeth Poulain

Le fait est que cet arbre, qui n’a rien de majestueux, ni de proprement remarquable, si on ne connait pas son âge, a gardé sa singularité tout au long de ses six siècles d’existence. Grâce aux soins attentifs des jardiniers de la municipalité dirigée par le maire, M. Joël Grainville, pour en particulier renforcer son tronc, l’aubépine continue à être la star du village. A l’intérieur du cimetière, presque sur la même ligne, mais cette fois-ci près du mur de l’église, a été planté un if de fort belle taille actuellement. La date de sa plantation est gravée dans une pierre proche : 1724. Il est d’une vigueur étonnante et cette fois-ci les jardiniers doivent canaliser sa force pour empêcher ses branches de frotter le mur…

Bouquetot, Eure, If 1360, arbre remarquable, structure de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eure, If 1360, arbre remarquable, structure de soutien, Cl. Elisabeth Poulain

Et pour finir cette petite histoire, qui commence avec une aubépine plantée en 1360 en Normandie rattachée à la France en 1204, puis vous avoir parlé d’un if vigoureux mis en terre, lui, dans la Ière moitié du XVIIIè siècle, il me faut vous citer les pampres de vigne avec de belles grappes de raisin qui figurent sur la petite obélisque qui porte la croix de cimetière située à l’entrée dans le cimetière à gauche. Dans l’angle du cimetière, a été érigé le monument aux morts de la Guerre de 1914-1915 sur fond d’un hêtre pourpre majestueux, qui pousse, dans un des deux presbytères, sauf erreur de ma part … de l’autre côté de la petite route qui tourne autour de l’église.

A Bouquetot, on aime les arbres qui le lui rendent bien, ces arbres magnifiques qui aiment cette belle terre de Normandie, chacun, chacune à sa façon…

Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain  Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain

Bouquetot, Eglise, Porche, Mur de clôture cimetière, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Aller voir l’aubépine qui se trouve rue de l’Eglise, devant l’Eglise à Bouquetot, tout comme la Mairie, située, elle, à l’autre bout, au 91, rue de l’Eglise, 27310 Bouquetot . Avant ou après, selon votre tempérament, consulter https://fr.wikipedia.org/wiki/Aub%C3%A9pine_de_Bouquetot  

. Les arbres remarquables en France, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbres_remarquables_de_France#Pays_de_la_Loire  et sur http://www.arbres.org/arbres_remarquables.html  

. L’association A.R.B.R.E.S.1, Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde, à retrouver sur http://www.arbres.org/actualite.html  

. L’aubépine, arbre, feuille, fleur, symboles… à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aub%C3%A9pine  

. Lire la fiche d’inventaire du Ministère de la Culture qui fait une analyse très précise du site où l’aubépine est replacée en situation dans le contexte territorial du village sur http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwinotiQ4rPKAhXHChoKHTZ0BRMQFgglMAE&url=http%3A%2F%2Fwww.culturecommunication.gouv.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F30694%2F251517%2Fversion%2F1%2Ffile%2FPCI%2B-%2BFiche%2Bd'inventaire%2B-%2BBouquetot.pdf&usg=AFQjCNGd2fiClct-bqSzJSDsHwxoLxME5A&sig2=cGYMzrI1X0vStGR-jh742w  

. Consulter les fiches de connaissances, « Les Essentiels » ainsi que « les Ateliers du Patrimoine » du STAP de l’Eure – Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine – dirigé par France Poulain, ABF de l’Eure sur http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/L-Unite-Departementale-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure  

. Photos Elisabeth Poulain, prises lors de la visite organisée par France Poulain dans le cadre des visites de terrain des Ateliers du Patrimoine.  

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Fond de carton > Trois paquets de cigarettes italiens, luxembourgeois

17 Janvier 2016, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), Nationali Esportazione (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), Nationali Esportazione (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

Il s’agit bien de paquets de cigarettes, mais vides, si vieux quils n’ont pas gardé l’odeur du tabac. Plus encore, je ne peux absolument pas vous dire de quelle époque ils datent, ni quels circuits ils ont empruntés pour arriver au fond d’un vieux carton, ni pourquoi la personne, qui les a placés là, les a conservés. Des livres oui toujours, de la vaisselle qui a quelque chose de différent, au hasard des assiettes avec des fleurs… je peux comprendre qu’on les garde mais des paquets si anciens… ? Je n’ai aucune explication, surtout qu’ils ne présentent aucune valeur artistique. La seule certitude que je peux avoir est qu’ils ont été importants pour la personne qui les a gardés, en souvenir d’un moment, d’un lieu, d’un évènement, d’une personne… 

A nos yeux de maintenant, ils sont forcément vieux. Les trois rapprochés disent quelque chose et c’est là-dessus que va porter ce billet, un peu en première approche comme un archéologue qui trouverait une pierre gravée dans son jardin…ou un ethnologue qui chercherait à comprendre le choix du sphinx dans les sculptures monumentales en Egypte.  Cet exemple n’est absolument pas fortuit car cette toute petite histoire va bien commencer par un dessin du sphinx couché en Egypte, vu du côté sud, pour un paquet italien de cigarettes.

 

Cigarettes it. Giubek, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Cigarettes it. Giubek, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Le paquet de « 20 Sigarette Giubek, Monopolo di Stato, Italia ». Le papier de couleur ocre est devenu très fragile. Il a encore gardé son collant fiscal qui fermait le paquet. Le recto et le verso sont semblables, ainsi que les deux côtés latéraux. Le fond reprend le nom de la marque « Giubeck ». Le seul élément notable est donc ce sphinx que l’on voit de profil regardant vers la gauche, comme posé sur un socle tracé en vert, pour mettre en valeur trois palmiers stylisés. Ce même vert est repris pour « 20 sigarette » par deux fois sur les faces principales et une fois sur le timbre. C’est donc l’élément important, en plus du dessin.

Cigarettes it. Nazionali Esportazione, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Cigarettes it. Nazionali Esportazione, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Le paquet de « Nazionali Esportazione ». Il porte deux faces principales de couleur différentes, l’une verte et l’autre bleue, avec un dessin identique de caravelle voguant là aussi vers la gauche. La couleur est une avancée réelle d’attractivité. Sur les côtés latéraux figure la mention « 20 Sigarette Nazionali Esportazione ». Le fond reprend l’indication cette fois-ci en petits caractères. Au-dessus figure le timbre fiscal qui atteste que le paquet est au clair avec l’Administration fiscale italienne. L’autre nouveauté, qui prouve que ce paquet est postérieur au précédent dit « Au sphinx », est que le timbre porte les couleurs du drapeau italien vert à gauche, blanc au centre et rouge à droite. Elles permettent de dire que la face principale est la bleue et non pas la verte claire, pourtant assortie au vert plus foncé du drapeau.

Cig. Lux. Maryland, Cl. 3/3 Elisabeth Poulain

Cig. Lux. Maryland, Cl. 3/3 Elisabeth Poulain

Le 3è paquet porte le nom de marque de « Maryland » écrit en lettres penchées, sans dessin, ni couleur autre que du marron foncé pour le lettrage. Il ressemble fortement au Ier, au sens où il est fait de papier ocre comme celui des cigarettes Giubek mais beaucoup plus épais. Le timbre est aussi fait du même type de papier et de la même couleur. Il reprend tous les éléments de la marque et doit servir de timbre fiscal apposé par l’entreprise, du moins je l'imagine.

Ce paquet diffère des autres par plusieurs éléments. Le Ier est que la marque qui reprend la source géographique nord-américaine de provenance de ce tabac est écrite en oblique pour en accentuer l’importance. Le second porte sur le nombre de cigarettes, qui est de 25 et non pas de 20 cigarettes. Le troisième est qu’il n’y a aucun dessin. Les deux côtés sont utilisés de façon intéressante et différenciée. A gauche, cigarettes est écrit d’abord en français puis en allemand « Sigaretten » avec le prix qui s’élève à « 11 Fr ». A droite figure le nom du fabricant et sa date de création en caractères majuscules « Heinz Van Landewyck, depuis 1847, Luxembourg». C’est la raison pour laquelle, j’ai groupé les deux premiers paquets italiens. Une autre solution aurait été de citer les deux paquets au papier ocre ensemble. Mais ce paquet-là me semble postérieur aux autres.  

3 paquets de cigarettes Giubek (It), National Esportazioni (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

3 paquets de cigarettes Giubek (It), National Esportazioni (It), Maryland (Lux), Cl.3 Elisabeth Poulain

En conclusion, le Ier paquet italien m’a intéressé pour le sphinx et ses trois palmiers d’accompagnement, le second pour sa caravelle stylisée qui évoque la découverte du Nouveau Monde en 1492 et ses plantations de tabac et le troisième plus tard pour le célèbre tabac du Maryland. Les exportations de tabac originaire du Maryland se développèrent en particulier grâce au grand port de Baltimore qui permettait d’avoir à l’importation un lien privilégié avec le sucre et les esclaves importés des Antilles pour travailler dans les champs de tabac et, à l’export, de relier facilement cette côte-est des Etats-Unis à l’Ouest de l’Europe, pour notamment exporter ce tabac du Maryland...

Avec ces trois vieux paquets de cigarettes, vous êtes d’abord projeté en Italie. De là, vous vous retrouvez soudainement en Egypte ancienne, en Basse-Egypte, il y a des milliers d’années, juste en amont du Delta du Nil, dans ce qui est maintenant un grand désert pour revenir d’un autre coup d’aile ensuite en Italie après avoir traversé en diagonale toute la Mer Méditerranée. Ensuite vous voguez sur une caravelle pour cette fois-ci traverser l’Océan atlantique à destination de Baltimore et des plantations du Maryland. Il s’agit alors de rapporter du tabac, en revenant par le même trajet ou presque. Le point de destination a changé, puisque c’est maintenant le Luxembourg qui vous attend, dans une entreprise qui existe toujours…Un voyage fabuleux dans le temps et l’espace…Ah oui, ces trois paquets méritaient bien ce petit billet !

Pour suivre le chemin

. Sur le sphinx, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Sphinx_de_Gizeh  avec beaucoup d’informations et de très belles représentations en photos et dessins du Sphinx

. Sur l’histoire du tabac et le lien avec les caravelles, il y a relativement peu d’informations sur wikipedia - je pense à cause de l’esclavage - voir cependant http://www.tabac-liberte.com/tabac/historique-du-tabac/  

. Pour la caravelle, là aussi, peu d’informations, voir cependant https://fr.wikipedia.org/wiki/Santa_Mar%C3%ADa_(1492)  

. Pour les cigarettes Heinz van Landewyck Luxembourg, consulter le site très professionnel de l’entreprise qui existe toujours, 31, rue de Hollerich, L-1741 Luxemburg, Tel.: +352 49 39 39-1, info@hvl.lu et voir son site sur http://www.hvl.lu/fr/varietes-de-tabac/tabac-de-virginie/  

. Photos Elisabeth Poulain

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Le bestiaire de la pub, la cigogne, le vin de Listel & la Camargue

15 Janvier 2016, 17:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Listel gris-Grain de Gris-La Vigne dans les Sables-Pub-LeFig-Mag-2004.04.30-Cl1/2. Elisabeth Poulain

Listel gris-Grain de Gris-La Vigne dans les Sables-Pub-LeFig-Mag-2004.04.30-Cl1/2. Elisabeth Poulain

Le visuel. Il date de 2004, au moins en ce qui concerne sa parution, le 30 avril, plus précisément dans le Figaro Magazine en double page pour bien marquer le lancement estival de ce vin rosé à l’approche des beaux jours.  Une jolie façon de lier ce rosé à la chaleur promise de l’été a été de choisir un ciel centré sur différentes teintes de rose, rose-orange, avec un peu de rouge et une prédominance de violet dans le fond. Dans ce ciel, plane une colonie de cigognes  qui forme globalement un V, avec un peu de désordre en haut et vers le bas du V.  Ce sont elles les stars du visuel qui occupe deux pleines pages du magazine, avec bien sûr aussi la vigne qui se déploie en dessous dans un vert un peu trop foncé à mon goût, avec une ligne de pins parasol à l’horizon.   

Plusieurs grosses grappes de raisin, avec trois feuilles bien vertes, se détachent clairement sur le côté gauche en bas.  Mais ce sont surtout les cigognes qui captent vraiment l’attention.  Elles ont pris possession de ce ciel rose. Elles sont vraiment magnifiques, avec leur cou et leurs pattes si longues, qu’on a presque tendance à oublier leurs ailes déployées aux plumes noires. Evidemment elles volent vers la bouteille de vin rosé « Listel Gris, Grain de Gris » avec ce slogan « La Vigne dans les Sables ».  

Listel gris-Grain de Gris-La Vigne dans les Sables-Pub-LeFig-Mag-2004.04.30-Cl2/2. Elisabeth Poulain

Listel gris-Grain de Gris-La Vigne dans les Sables-Pub-LeFig-Mag-2004.04.30-Cl2/2. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Retrouver le site de la marque sur http://www.listel.fr/#  , avec ce « vin de sable », qui titre 12,5°. Il  a maintenant pour nom « Sable de Camargue ». Plusieurs cépages entrent dans son assemblage. Citons le Grenache, le Cinsault, le Merlot et le Cabernet. Il doit être servi à 6°- 8°.

. Voir l’article sur les vins de Listel sur http://www.dico-du-vin.com/l/listel-domaine-du-midi-lune-des-plus-anciennes-marques-de-vin-de-france/  

. Retrouver des informations pour un vin de « couleur saumonée » datant de 2012 ; c’est un vin casher « Sable de Camargue » qui est qualifié de « Grain de gris ». Il doit être un descendant de celui de 2007. Il est décrit comme étant « tendre et plaisant » pouvant accompagner tout le repas.

. Photo Elisabeth Poulain

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Tendances culinaires, Tranches de foie gras chaud, Toujours + de gras

14 Janvier 2016, 11:54am

Publié par Elisabeth Poulain

Oies-Six-Geese-wikipedia-Matt-Kingston

Oies-Six-Geese-wikipedia-Matt-Kingston

Des précisions d’abord sur le titre. Nous sommes en Alsace au début des années 1970. La source alsacienne est importante, car de mémoire d’historiens, le foie gras d’oie est une spécificité culinaire originaire des Communautés juives d’Alsace et qui s’est été progressivement diffusée dans la société française au cours des siècles. La recette est  parue dans un recueil de cuisine forcément alsacienne sélectionnée par quatre enseignants de lycée technique de cuisine ou hôtelier pour le plus gradé d’entre eux. La date est importante parce que la société, ou du moins une partie de celle-ci, raisonnait encore en matière de recettes de cuisine en terme du « toujours + », pour ajouter les saveurs aux saveurs et encore aux saveurs…C’était vrai pour le sucre, c’était vrai pour le gras qui, comme chacun sait, captent tous deux les saveurs qui agissent en synergie. Mon choix de recette s’est donc porté sur cette entrée, qui compte huit composants, sans citer le sel, le poivre et les épices.    

 « Médaillons de foie gras à la strasbourgeoise chaud » est le  vrai titre de la recette. Effectivement parler d’un médaillon est beaucoup plus valorisant que de citer une tranche. Mais le titre de ce billet comme toujours a été dicté par la limitation à 70 caractères.  Quant à la citation expressément de Strasbourg et non pas de l’Alsace, elle provient vraisemblablement du fait que le superviseur de l’ouvrage était le responsable du Lycée technique  d’Hôtellerie et de Tourisme de … Strasbourg, la capitale de l’Alsace, comme vous l’avez deviné.

Les quantités indiquées concernent vraisemblablement 10 convives puisqu’il y a 10 médaillons. On peut supposer qu’un médaillon par personne pour une entrée est largement suffisant. La recette débute forcément par la recherche

  • d’un foie gras d’oie cru de 750 grammes environ, à qu’il convient d’enlever soigneusement les veines, en prévoyant du sel et du poivre,

  • de 10 tranches rondes de pain de mie, de 10 lamelles de truffes,

  • ainsi qu’un peu de farine pour enfariner les médaillons de foie gras cru d’oie

  • beaucoup de beurre pour dorer les médaillons de foie enfarinés, après avoir frit les croutons dans une autre poêle dans du beurre, sans compter le beurre noisette qui sera ajouté à la fin sur les médaillons,

  • de 5 petites pommes légèrement acides, coupées en quatre, après avoir enlevé la peau et les pépins pour les dorer à la poêle au … beurre !

Oie-Foie-gras-entier-cru-wikipedia-David-Monniaux

Oie-Foie-gras-entier-cru-wikipedia-David-Monniaux

45 minutes après, vous servez, sur le plat tenu au chaud, ces canapés sertis d’un médaillon de foie gras cuit au beurre, lui-même revêtu de sa lamelle de truffe, sur son croûton doré au beurre, entourés des quartiers de pommes rissolés au beurre, le tout nappé d’un fonds de veau « corsé » ( ?) enrichi au madère et au jus de truffes. La recette prévoit encore du beurre noisette à mettre dessus. La recette prévoit 200gr de beurre. Et là, j’avoue, je craque. Cela fait vraiment beaucoup, beaucoup … de matière grasse, sans compter le sucre du pain, des pommes reinettes et celui du vin de madère qui titre à 18°…

En conclusion de cette recette ancienne, retenons l’idée que le foie gras était réservé aux jours de fête, pour honorer ses convives, tel que le concevaient quatre hommes désireux de valoriser au maximum la recette pour la rendre encore plus chic et encore plus chère. Leur volonté est évidente surtout quand on compare cette recette figurant en page impair (43), LA meilleure des deux pages, par rapport à celle qui est placée en vis-à-vis qui décrit la recette du boudin aux oignons ou aux pommes reinettes. La composition se limite à quatre constituants, un boudin de 500 à 600gr, des oignons ou reinettes pour 800gr, de l’huile (2cl) et…du beurre pour 80gr. J’ai failli écrire seulement. C’est quand même plus raisonnable, d’autant qu’il y a aussi du gras dans le boudin. Je sens qu’un jour, je vais devoir vous donner aussi la recette du boudin aux pommes.

Revenons à « notre foie gras », façon de parler. Imaginez, maintenant, la même recette en supprimant quasiment le beurre, parce que le foie gras est composé à 45% de lipides (contre 31% pour le boudin). Le foie gras d’oie cru ne doit pas être pas trop gros, 500gr suffirait, choisissez le tout de suite « déveiné », d’une bonne couleur beige-rose-jaune, car il est nourri essentiellement  au maïs… Retenez l’idée du médaillon cuit à la poêle anti-adhérente posé sur une tranche de pain grillé légèrement ; abandonnez l’idée de la truffe affreusement chère et gardez plutôt celle des pommes-fruits légèrement acides pour équilibrer le goût de gras et le sucre. Quant au madère, ce sera pour une autre fois. Goûtez plutôt un Jasnières, un vin blanc sec du Domaine de Bellivière…Il y a là un joli et goûteux contraste en bouche…Avant offrez-vous une bonne poêle avec un revêtement anti-attachement…d'une marque dont je ne prononcerai pas le nom !

Carte de Strasbourg-1664-Merian-wikipedia-Jonathan-2008

Carte de Strasbourg-1664-Merian-wikipedia-Jonathan-2008

Rappelez-vous que l’oie est aussi bonne pour sa viande, pas seulement pour son foie. Elle mérite aussi un peu plus de considération au regard de sa lointaine histoire, qui débute en Egypte au temps des Pharaons - quand même excusez du peu – où on savait déjà gaver les oies, comme le montrent des dessins gravés dans la pierre. Cette culture était vraisemblablement originaire du Moyen-Orient, comme en témoigne aussi la culture juive, qui s’est répandue dans le Bassin méditerranéen grâce à la Grèce Antique puis dans l’Empire romain. Quant à la présence de l’animal et à la connaissance du foie gras en France, elle est venue d’Alsace dans les grandes villes alsaciennes puis en Europe. Au cours des siècles qui suivirent, et encore au milieu du XXe siècle toujours en Alsace par exemple, la question du beurre ne se posait même pas. Le foie gras d’oie était tout simplement cuit à ... la graisse d’oie…C’était quand même plus intelligent, une question de vraie cohérence…Il croit me souvenir de surcroit qu'en cuisine juive, on ne devait pas mélanger les différentes sortes de produits animaux dans une recette...                                                              

The Goose-Girl-wikipedia-William-Adolphe-Bouquereau-1825-1905

The Goose-Girl-wikipedia-William-Adolphe-Bouquereau-1825-1905

Pour suivre le chemin

. Les recettes de la table alsacienne, Société alsacienne d’Edition et de Diffusion, situé au 19 rue de l’Ail (ça ne s’invente pas), Strasbourg, Edition des dernières Nouvelles d’Alsace / Librairie Istra, 5è édition revue et augmentée. Les auteurs sont Antoine Dis, Francis Hinault et Charles Euler –professeurs techniques de cuisine - et Joseph Koscher, notamment Directeur du Lycée technique d’Hôtellerie et de Tourisme de Strasbourg…, qui a dû être l’inspirateur de l’ouvrage. Imprimerie strasbourgeoise, 15, rue de Juifs, 1972

. Retrouvez les généralités sur le foie gras d’oie ou de canard sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Foie_gras  , avec cette découverte qui est que l’Alsace n’ est plus franchement une région productrice de foie gras…alors que c’est par elle, que s’est diffusée ce savoir-faire et cette recette maintenant franchement rattachée à la culture identitaire de la France, htpps://fr.wikipedia.org/wiki/Foie_gras#/media/File:Moulard_Duck_Foie_Gras_with_Pickled_Pear.jpg

 . Des bons conseils pour acheter votre foie gras sur http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/mag_2000/mag1222/nu_3223_foie_gras.htm  

. La vision d’ensemble sur l’Oie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Oie_domestique  

. Domaine de Bellivière, DOMAINE DE BELLIVIÈRE - 72340 LHOMME, Tél.: 02 43 44 59 97 - E-mail: info@belliviere.com sur http://www.belliviere.com/fr/accords.php  pour un Jasnières , Sec de 1999, à son apogée en 2015, recommandé pour une escalope de « foie gras poêlé sur chutney à la banane et vinaigre balsamique », un vin rare pour une recette qui ne l’est pas moins 

.Retrouvez la sélection d’Aurélien Chuteaux « Quel vin avec le foie gras ?» http://www.lesvinsdaurelien.fr/quel-vin-avec-du-foie-gras/                                                     

. Photos wikipedia, avec mes remerciements aux contributeurs.

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Paysages de Normandie, Eure, Les poteaux en élévation, Le poteau cassé

11 Janvier 2016, 18:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Traversée de village, Eure, le poteau penché et le tracteur, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Traversée de village, Eure, le poteau penché et le tracteur, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Imaginez. Vous êtes dans une voiture, confortablement installée à côté de la conductrice. Vous décidez de photographier l’espace dans lequel se voient la terre, le ciel, avec ou non des portions de route par devant ou sur le côté, des arbres et des maisons parfois, pas toujours. Sur les plateaux, souvent il n’y rien d’autre, en particulier l’hiver quand la terre a été labourée, avec un ciel changeant…Seuls restent alors les poteaux, avec un peu d’herbe à leurs pieds.

Et là vous redécouvrez la magie de ces bons vieux poteaux en bois qui prennent au fil du temps pour certains un petit coup de vieux. Une façon peu élégante de dire qu’ils sont parfois mais rarement penchés. C’est la magie du bvpdbp*… Allez-y, répétez de plus en plus vite, vous allez avoir du mal. Je sais, j’ai essayé…En réalité, j’ai eu et j’ai toujours beaucoup de difficulté à trouver LE bon poteau penché un jour de lendemain de tempête. A une exception près qui s’est passé exceptionnellement dans un village, car cette fois-là, la tempête avait dû souffler vraiment fort…

 

Traversée de village, Eure, le poteau penché et le tracteur, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Traversée de village, Eure, le poteau penché et le tracteur, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Et le poteau était franchement en très mauvais état, tellement il était penché au-dessus de la propriété devant la grange dans le petit village, juste avant de retrouver la campagne. Il a bien fallu faire preuve d’imagination aux habitants de la maison qui avaient ce poteau sur leur propriété tout près de l'espace public, pour éviter les gros problèmes pour eux et pour le réseau. Il y avait là un énorme danger à laisser tomber le poteau, avec les fils à terre, sur la rue, en attendant la venue des techniciens.

La solution a été de chercher le tracteur, de l’équiper de la fourche de façon à caler le poteau en une sorte de double tuteur pour compenser son penchant très net à s’écraser à terre…et provoquer un court-circuit généralisé dans tout le secteur. A la campagne, il faut toujours savoir faire preuve d’inventivité. On n’en est pas dépourvu dans le département de l’Eure en Normandie!

Sortie du village au poteau penché, Eure, les poteaux, Cl.3/3 Elisabeth Poulain

Sortie du village au poteau penché, Eure, les poteaux, Cl.3/3 Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin vers le * BVPDBP = bon vieux poteau de bois penché

. Le département de l’Eure sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_(d%C3%A9partement)  et sur  http://www.eure-tourisme.fr/Presse/Presentation-de-l-Eure-et-chiffres-cles  

. Photos Elisabeth Poulain prises en hiver dans le même village de l'Eure en Normandie

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Styles de Pub > Paysage de poteau électrique > France-Info

11 Janvier 2016, 14:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl 1/3. -Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl 1/3. -Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Le titre. Il s‘agit aujourd’hui de commencer à vous parler des poteaux, toutes sortes de poteaux en béton bien sûr, mais aussi des poteaux en bois, ces bons vieux poteaux  électriques ou de télécommunication, avec des fils forcément électriques, tels qu’on en voyait encore il y a plusieurs décades partout ou presque en France. Ceux que vous allez découvrir, visiblement ont résisté à la vague de l’enfouissement des réseaux. Et cela à notre époque où on sait poser sur des centaines de milliers de kilomètres au fond des océans des câbles capables de transmettre toutes les liaisons numériques entre les continents. Ouf, une phrase presqu’aussi longue que la distance entre deux poteaux, que je ne connais pas, même en ligne droite. J’imagine que la réponse est : « ça dépend du terrain, des courbes, des obstacles…»

Imaginez. Vous êtes dans une voiture, confortablement installée à côté de la conductrice. Vous décidez de photographier l’espace dans lequel se voient la terre, le ciel, avec ou non des portions de route par devant ou sur le côté, des arbres et des maisons parfois, mais pas toujours. Sur les plateaux, souvent il n’y rien d’autre, en particulier l’hiver quand la terre a été labourée, le ciel changeant…Seuls restent alors les poteaux, avec un peu d’herbe à leurs pieds. Et là vous redécouvrez  la magie de ces bons vieux poteaux qui prennent au fil du temps pour certains un petit coup de vieux. Une façon peu élégante de dire qu’ils sont parfois mais rarement  penchés. En réalité, j’ai eu et j’ai toujours beaucoup de difficulté à trouver LE bon poteau penché un jour de lendemain de tempête, à une exception près.   

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl 2/3. -Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl 2/3. -Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Ce poteau à fort pouvoir d’attraction photographique. Il est sans conteste penché, par le vent, le poids des câbles, le temps qui passe, les chocs qu’il a subis éventuellement du fait des tracteurs…En d’autres termes et très clairement, plus il est incliné, plus il attire la photographie. J’en veux pour preuve ce visuel de publicité qui doit être maintenant utilisé depuis plusieurs années. Il s’agit d’une publicité de France Info, qui a pour slogan, « L’Info à Vif » - en noir sur fond jaune - paraissant notamment dans Courrier international. Il me souvient avoir vu cette photographie « plein écran », où le visuel occupait presque tout l’espace, avec un tout petit texte. Preuve en est que cette photo est une vraie réussite durable. On y voit un homme en marche vu de dos, sur une route où rien ne se passe, avec seulement des nuages dans le ciel, le bitume sur la route et… ce poteau-béton vraiment penché vers la route…Avec ma loupe, je distingue sur ce cliché (6cm de large sur 6,9 de haut) deux-trois fils qui pendent du haut du poteau sur le côté droit, dans le champ. Visiblement il y a eu récemment une tempête. En atteste aussi l’état de la clôture qui a dû en voir beaucoup. Le reporter s’y rend à pied, avec ses sacs de matériel, ses caméras, ses appareils photos…, sa veste roulée en boule à la main droite, se dirigeant vers la source de l’information, pour recueillir l’avis des habitants sur la tempête.

C’est un cliché où il ne se passe rien et pourtant que l’on n’oublie pas. Il n’y a rien de notable, aucun paysage intéressant, seulement un homme en marche qui va quelque part pour faire quelque chose… Seul le poteau qui penche, dans le même sens d’ailleurs que le poteau de clôture, donne du sens. Il a dû y avoir une tempête - pour preuve les fils qui pendent – et le journaliste va chercher l’info, quitte à y aller à pied, malgré le poids de son lourd « barda ». Et c’est beau. Il se passe quelque chose. Pour ma part, j’ai toujours pensé à l’Australie, l’endroit du monde où il est le moins possible de marcher à pied au regard des distances …sauf en centre-ville. Et il faudrait voir aussi à quoi ressemblent leurs poteaux béton. Pour le bois on verra après...

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl /3. 3-Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Pub France Info-Courrier International-2014-01-16, Cl /3. 3-Le-Poteau- Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Courrier International, p.10, n° 1211, 16 au 22 janvier 2014

. Barda, équipement militaire https://fr.wiktionary.org/wiki/barda  

. Voir une photo de poteau électrique en plein milieu d’une route en devenir sur http://www.deco.fr/actualite-deco/461464-deplacer-ligne-electrique-genante.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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Paysage du matin > Le lever du jour dans le brouillard > L’évanescence

6 Janvier 2016, 18:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Au mois de janvier en Normandie, dans le département de l’Eure, il n’est pas rare de rencontrer des poches de brouillard lors de la traversée de vallées où serpentent  les fleuves et les rivières en leur creux. C’était le cas ce matin-là, avec des ruptures de paysages étonnantes selon que l’on est en haut du coteau ou qu’on s’apprête à descendre, dans un tempo extrêmement rapide, au point d’avoir tout juste le temps de décider de prendre la photo et de cliquer. Dans ces cas-là, il me vient toujours de l’impatience au bout des doigts.  

Voici les trois clichés qui se sont succédés très rapidement.

Vallée de l'Eure, Lever du jour, Aperçu sur le brouillard, Cl1/3 Elisabeth Poulain

Vallée de l'Eure, Lever du jour, Aperçu sur le brouillard, Cl1/3 Elisabeth Poulain

. Le Ier a été pris en haut de la descente, sur l’autoroute, quand s’annonce l’ouverture sur la vallée de l’Eure. Toutes les teintes sont bleutées, allant du bleu grisé foncé au presque blanc bleuté grisé, avec un nombre impressionnant de variations de teintes. Même les couleurs des voitures ont joué cette partition chromatique très spéciale. Aucune voiture jaune, pas de camion vert, rouge ou orange ne sillonnaient l’autoroute à ce moment-là. Les arbres en avaient oublié leurs teintes vertes habituelles. Même le panneau autoroutier avait pris son bleu le plus adapté à ce matin calme d’hiver, sans vent.

Vallée de l'Eure, Lever du jour, Approche du brouillard, Cl2/3 Elisabeth Poulain

Vallée de l'Eure, Lever du jour, Approche du brouillard, Cl2/3 Elisabeth Poulain

. Le second nous plonge dans un univers fantasmagorique étonnant où se devinent huit plans superposés qui jouent chacun leur partition, en allant du plus foncé au plus clair, avec cette fois l’entrée en scène de couleurs claires qui se terminent par une curieuse couleur moutarde légère, avec une pointe de vert dedans. C’est sans conteste la plus belle des trois photos.

Vallée de l'Eure, Lever du jour, le brouillard  et l'évanescence, Cl3/3 Elisabeth Poulain

Vallée de l'Eure, Lever du jour, le brouillard et l'évanescence, Cl3/3 Elisabeth Poulain

. La troisième photo fait presque disparaître la couleur. Seules restent le gris et le blanc pour finir par un immense ciel qui n’est plus limité par le cadre de la photo. Il se fond dans l’écran de l’ordinateur. Les plans séquences se terminent. Nous arrivons dans la vallée, le jour se lève vraiment et le brouillard se transforme en brume légère. C’est l’évanescence, la diminution graduelle et qui s’en va…

                                                                               *   

Pour suivre le chemin

.Voir sur ce blog un précédent billet, sur le givre cette fois-là, http://www.elisabethpoulain.com/article-photos-paysages-routiers-de-la-vallee-de-l-eure-le-givre-113880582.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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