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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Vœux 2016 > Voir loin comme les Frères Limbourg > Mont Saint-Michel

3 Janvier 2016, 17:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le Mont Saint-Michel-vu de la mer- wikipedia-Leevclarcke

Le Mont Saint-Michel-vu de la mer- wikipedia-Leevclarcke

En matière  de vœux, il ne faut jamais hésiter à souhaiter beaucoup, voir l’impossible, tant la puissance du rêve du vœu est forte. A peine, le souhait se profile-t-il dans votre tête, avant même la formation des mots, que vous voilà parti-e dans un envol sublime, telle une oie qui rejoint son aire d’hivernage ou qui en revient. Et là, dans le cas des Frères Limbourg, il faut vraiment du souffle, eux qui n’ont pas hésité à montrer le Mont Saint-Michel, une des plus belles constructions humaines en France, sous les traits de la lutte de l’Archange contre  le démon, au-dessus, vous l’avez deviné, du gros rocher sur lequel a été édifié ce qu’on appelle maintenant le Mont Saint-Michel.

Le titre de la toile peinte par les Frères Limbourg. On aurait pu croire que les peintres auraient choisi, comme titre, « L’Archange terrassant le dragon », dans une version médiévale du combat victorieux  du Bien contre le Mal. Que nenni, c’est « la Fête de l’Archange : le Mont Saint-Michel ». Montrer est une chose, surtout à une époque, au début du XVe siècle, entre 1411 et 1416, où tous ne savaient pas lire ; par contre nommer le diable, c’était déjà reconnaitre son existence. Le dragon suffisait à représenter le Mal, terrassé par l’Archange ailé incarnant le Bien. Et le tout s’incarnait dans une construction humaine qui se voyait de loin, entourée d’eau à marée haute, comme un phare accessible seulement à ceux qui le méritaient, après un long chemin à pied pour y arriver.  

Les Frères Limbourg de leur côté  se sont attelés tous les trois à cet énorme chantier, pour réaliser cette œuvre qui a rejoint la prestigieuse collection du Duc de Condé  à Chantilly. Ils avaient pour nom  Herman, Paul et Jean, sans que l’on sache avec précision ce qu’a fait chacun d’entre eux, ni exactement à quelle date.  Leur commanditaire, dont leur vie dépendait totalement, était le puissant Duc de Berry. Leur manuscrit enluminé est tellement impressionnant, c’est un tel trésor créé par des hommes du XVe siècle,  qu’il a fait l’objet par Wikipedia d’un scan page par page. 

Mont Saint-Miche!, La Fête de l'Ange, Frères Limbourg, Très Riches heures du Duc de Berry, Musée de Chantilly

Mont Saint-Miche!, La Fête de l'Ange, Frères Limbourg, Très Riches heures du Duc de Berry, Musée de Chantilly

Le Mont Saint Michel est une tout petite île, proche de la terre, dotée d’une abbaye créée à son sommet, de 97 ares où vivent aujourd’hui environ 44 personnes à l’année. Sans compter bien sûr les milliers de touristes qui viennent s’y promener pour découvrir, outre de fabuleux paysages, l’histoire incroyablement compliquée d’un si petit îlot, qui en a tant vu au fil des siècles. Eglise, devenue abbaye, le Mont a été au fil des siècles aménagé de façon à pourvoir héberger les nombreux pèlerins venus de toute l’Europe. Plus tard, ses bâtiments ecclésiastiques ont également servi de prison, comme il en a été de même à l’Abbaye de Fontevraud en Maine et Loire. Le temps passant, un village de pêcheurs s’est niché au pied de l’abbaye derrière les remparts. Depuis 1979, le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et dès qu’il fait beau, l’île est envahie chaque année, par quelques trois millions de touristes…au nombre desquels continuent à figurer des pèlerins des Chemins du Mont venant de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, d’Irlande…

Vous découvrez alors qu’il existe en plus un vrai presque voisin, qui ne doit rien au hasard, à notre Mont Saint-Michel manchois (situé en Manche), qui est le « Mickael Mount » tout au bout de la pointe la plus au sud-ouest de l’Angleterre. Cet autre Mickael Mount, Mount’s Bay, Cornwall est aussi une petite île, qui fut dotée d’un monastère bénédictin fondé vers l’an 1150 par l’abbé Bernard en charge du monastère de « notre » Mont Saint-Michel. Ce monastère anglais, qui fut détruit vers 1539, n’eut pas la faveur de connaître les Frères Limbourg, qui étaient originaires de Nimègue, une ville des Pays-Bas, située au Nord-Est, près de la frontière avec l’Allemagne. Il en reste une petite ile qui le soir au soleil couchant ressemble de loin à sa grande cousine proche du continent.

Et c’est ainsi que va apparemment se terminer ce billet de bonne année sur le Mont Saint-Michel, qui n’a pourtant pas de fin, puisque, grâce aux Frères Limbourg, il porte sur le temps qui passe, grâce aussi au travail de tous pour transmettre ces histoires étonnantes, ces paysages fabuleux, ces liens qui ne se voient pas au premier abord entre les générations, les gens, les pays d’Europe … et cela au cours des siècles. Avec de très belles histoires dans l’Histoire et des représentations de la réalité qui sont d’une beauté émouvante, que ce soit en peinture, en photo ou dans la mémoire…

Le Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de VersaillesLe Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de Versailles

Le Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de Versailles

Mickael-Mount-Cornwall-UK-wikipedia-Fuzzypiggy-Ier-prix-photo-monuments-2014

Mickael-Mount-Cornwall-UK-wikipedia-Fuzzypiggy-Ier-prix-photo-monuments-2014

Pour suivre le chemin

Une dernière précision, évitez d’aller au Mont quand tout le monde y va. Choisissez plutôt des temps incertains, quand il fait doux, gris et que la pluie ne menace pas vraiment. Evitez la foule de la pleine saison, tout comme le verglas de l’hiver quand il était impossible de monter sereinement les marches de nuit, surtout quand on pensait à la descente, au retour…C’était une autre époque ! Rien de telle que l'expérience vécue...

.Les frères de Limbourg, originaire de Nimègue (PB), à lire pour comprendre la difficulté et la précarité de la vie, quand on était un artiste, enlumineur travaillant pour un riche protecteur, le Duc de Berry, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_de_Limbourg  

. Le site officiel des Monuments nationaux, sur http://mont-saint-michel.monuments-nationaux.fr/  

. Le Mont Saint-Michel des Frères Limbourg à retrouver sur le site de l’Académie de Versailles http://www.histoire.ac-versailles.fr/IMG/html/montsaintmichel.html  

. Les chemins du Mont Saint-Michel sur http://www.lescheminsdumontsaintmichel.com/spip/spip.php?article241  

. Les très riches heures du Duc de Berry https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_duc_de_Berry  

. A retrouver aussi page à page https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_Duc_de_Berry_scan_2004?uselang=fr  

. Le Musée de Condé à Chantilly, qui possède le fonds le plus riche en France d’enluminures, dont celui des « Très Riches Heures du Duc de Berry », sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Cond%C3%A9  

On ne peut les voir que là-bas car une des conditions du Duc de Berry à l’ouverture de ce legs au public est qu’aucune pièce de sa collection ne soit jamais déplacée…

. Le Mickael Mount, Mount’s Bay à découvrir, avec des photos prises d’avion sur http://www.stmichaelsmount.co.uk/fr/  ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/St_Michael%27s_Mount  avec un cliché de Fuzzypiggy  qui a obtenu le Grand Prix 2014 wikipedia des Monuments 

. Photos des différents contributeurs de wikipedia, de wikimanche qui met en ligne des gravures superbes, dont vous pouvez admirer deux exemples et de l'Académie de Versailles également, avec mes remerciements à tous.

Le Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimancheLe Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimanche

Le Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimanche

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Bonne Année > Avec ces quelques fleurs en peinture > Collection Emmaüs

1 Janvier 2016, 13:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bouquet de fleurs, renoncules et marguerites, Coll. Emmaüs, Cl1/2Elisabeth Poulain

Bouquet de fleurs, renoncules et marguerites, Coll. Emmaüs, Cl1/2Elisabeth Poulain

Le titre. Pour démarrer en douceur 2016, je vous ai fait un titre compréhensible, même si l’ordre n’est pas forcément respecté. J’ai failli ajouter « comme souvent », parce que le changement vient du désordre, ou plutôt de ce qui apparait comme un désordre. Tout simplement parce qu’on n’a pas les clés de lecture de ce que sera demain, ce qui est déjà là, sans qu’on le voit. On est toujours en retard d’un train, si ce n’est plusieurs.

Bonne année. C’est facile, c’est un vœu de bonne année, un usage maintenant devenu mondial ou chacun-e souhaite à l’autre ce qu’il aimerait pour lui-elle. Et comme il serait impossible de viser juste, on fait un gros « package », en souhaitant que tout soit bon. Comme des enfants, devant une vitrine de friandises, qui répondent à la question « et toi, tu veux quoi ? » « moi, je veux tout ». C’est logique. On a tous gardé une âme d’enfant. C’est ce qui fait notre charme.

Bouquet de fleurs, renoncules et marguerites, Coll. Emmaüs, Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Bouquet de fleurs, renoncules et marguerites, Coll. Emmaüs, Cl.2/2 Elisabeth Poulain

La peinture est un petit tableau de 24cm sur 18,8 acheté dans un des nombreux centres Emmaüs en France, il y a quelques années. On y découvre une petite composition florale toute simple dans un panier qui doit contenir le vase dans lequel sont arrangées les fleurs. Celles-ci ressemblent à des renoncules rouges orangées et à des marguerites jaunes à cœur jaune plus foncé, qui ressortent de la composition de feuillages de différents verts. Celle-ci est posée sur un aplat brun foncé, contre un mur, beige, avec un effet léger d’ombrage réussi.

Un cadre a du finir la présentation de ce petit bouquet, preuve que le peintre ou la personne, qui l’a reçu en cadeau, y a attaché de l’importance. On voit seulement que la peinture du fond est plus claire tout autour. Le tableau est modeste et tout autant réussi. Son auteur-e restera inconnu-e. Je distingue « Zucgeoy.lj », sans certitude aucune. Rien ne figure à l’arrière. A vous d’imaginer une histoire, à votre fantaisie.Et surtout, n'oubliez pas, bonne année; tous les jours...

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Retrouver la galaxie Emmaüs -18 000 personnes, présente dans 37 pays - sur http://emmaus-france.org/qui-sommes-nous/notre-organisation/  

. Pour comprendre l’ampleur des domaines d’interventions d’Emmaüs, voir les principaux dossiers dans http://emmaus-france.org/presse/

. Photos Elisabeth Poulain 

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L’AOC foin de Crau, le must pour les chevaux de course & les humains

29 Décembre 2015, 09:25am

Publié par Elisabeth Poulain

Carte de Crau, wikipedia, source La Nasa

Carte de Crau, wikipedia, source La Nasa

La première fois que j’ai entendu parler du foin de Crau, c’est par une étudiante mordue d’équitation tout autant que férue d’exportation, quel que soit l’ordre que vous choisissez, l’exportation et l’équitation par exemple…Elle devait faire l’étude d’un produit français à l’exportation, en sélectionnant de préférence un produit qu’on ne pouvait trouver qu’en France, ce qui paraissait vraiment difficile. L’idée est venue de faire une grosse séance de travail collaboratif, chaque petit groupe suivant une et très vite plusieurs idées, avec des idées intéressantes à foison. Avec cependant très vite un bémol, la concurrence qui pouvait ou allait très vite exister à l’étranger.

Une seule idée a véritablement enchanté les étudiants, faisant ou non de l’équitation d’ailleurs : exporter à l’étranger par avion du foin pour des chevaux de course, chouchoutés comme de véritables stars, en Arabie saoudite en particulier, si mes souvenirs sont bons. L’AOC « Foin de Grau » venait juste d’être adoptée en 1997 pour protéger cette herbe fine pour animaux, une grande première dans la longue histoire des appellations d’origine. Ses qualités nutritionnelles sont tellement étonnantes qu’elles étaient déjà connues des spécialistes en charge des chevaux des écuries de haute volée et à très hauts budgets de fonctionnement dans le monde.

Ce sont les acheteurs, en particulier ces gestionnaires des écuries de chevaux de course au Moyen-Orient, qui surent convaincre les producteurs de vendre à l’étranger et de lancer véritablement l’exportation évidemment en transport aérien pour en conserver au maximum les qualités nutritionnelles. Actuellement les ventes à l’étranger atteignent 20% environ des 100 000 tonnes annuelles produites, ce qui peut paraître beaucoup ou peu, selon la façon de voir. 20% en 20 ans, car ce fourrage était déjà connu des éleveurs et des entraîneurs avant l’AOC. Il serait intéressant de connaître l’évolution de l’exportation. Deux groupes de pays clients se distinguent : au Moyen-Orient, les Emirats Arabes unies, l’Arabie Saoudite, le Maroc…, où le cheval arabe a généré au fil des siècles une très forte culture hippique … et, sur le continent européen, en Allemagne et en Irlande en particulier.
 

Plaine de Crau, panoramique de Styeb, wikipedia-Flickr
Plaine de Crau, panoramique de Styeb, wikipedia-Flickr

Plaine de Crau, panoramique de Styeb, wikipedia-Flickr

Tant de bonnes choses, de bonnes saveurs olfactives données à nos frères animaux ne pouvaient laisser certains cuisiniers toujours en recherche d’innovations indifférents. Et c’est ainsi qu’existent maintenant le poulet en cocote au foin qui a parait-il un fumet très particulier et … très alléchant. Mais attention, seulement avec le foin de Crau… La recette est un peu plus longue à préparer que celle pour les chevaux qui, eux, le mangent cru, et nous non.

La recette de poulet au foin de Crau. Il vous faut une cocotte qui va au four. Vous y placez un poulet ou autre volatile telle qu’une pintade, un lapin… que vous salez-poivrez dedans-dehors. Au fond de la cocotte, vous avez disposez les 2/3 du foin qui est très fin, avec le reste par-dessus. Avec un boudin de farine à l’eau, vous soudez le couvercle de la cocotte à celle-ci et laisser cuire à thermostat 6 (180°) un peu plus d’une heure, en attendant une bonne vingtaine de minutes avant d’enlever le couvercle. Vous pouvez aussi faire une sauce en plus, si vous voulez créer votre propre plat.

Vous trouverez tant de recettes de poulet au foin, qu’on se demande comment on mangeait « avant ». C’est drôle, c’est maintenant le foin qui redonne ses lettres de noblesse au poulet, le plus basique des animaux de la basse-cour. Ayez aussi une petite pensée pour tous ceux qui mâchent avec délice cette bonne herbe fine crue du sud de la France et à toutes celles et ceux qui maintenant salivent d’envie rien qu’à ouvrir le couvercle de la cocotte…Avec dans votre verre, un vin rouge « Petite Crau » de Patrick Lesec, négociant à Uzès. Ce sont le nom et l’oiseau qui figurent sur cette bouteille qui m’ont conduite d’un tire-d’aile à Crau, dans ces prairies humides irriguées…avec aussi il est vrai avant, la découverte de ce grand delta, entre eau et terre, si particulier, loin des bruits de la ville, à l’ambiance de grand calme…

Etalon arabe, Zarife al Mansour, Cl. CoralieM Photographie, wikipedia

Etalon arabe, Zarife al Mansour, Cl. CoralieM Photographie, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Quelques chiffres sur cette AOC Foin de Crau : 52 000 ha classés, dont 13 500 ha irriguées, avec 8 500 ha classés AOC, pour 220 producteurs. 3 coupes ont lieu par an, la 1ère plus spécialement pour les chevaux et les bovins à l’engraissement, la seconde pour les vaches et les brebis, la 3è pour les ovins et les caprins…Une véritable hiérarchie végétale et animale. Source Comité du Foin de Crau

. Retrouver les discussions et propositions à l’INAO pour l’obtention de l’AOC sur https://www.inao.gouv.fr/fichier/PNOCDCFoinDeCrau.pdf  On comprend aussi combien la précision est importante dans la protection, qui par exemple n’est valable que 6 mois après la moisson. Après, les qualités gustatives et nutritionnelles ne sont plus garanties par l’obtention de l’AOC.

. Retrouver le Comité du Foin de Grau, Comité du Foin de Crau, 10 rue Léo Lelée, 13310 Saint Martin de Crau, France, Tél. : 04 90 47 29 33, Fax : 04 90 47 42 09, email comite@foindecrau.com  et un site très bien fait sur www.foindecrau  

. Dans les brochures, http://foindecrau.com/brochures , voir tout particulièrement la brochure concernant les chevaux, avec des dessins superbes de l’appareil digestif du cheval et de belles photos sur http://foindecrau.com/wp-content/uploads/FoindeCrau_argumentaire.pdf  

. Si vous voulez en acheter, http://www.vente-foin-de-crau.fr/actualites.html  

. Le foin de Crau est aussi cité par la Chambre d’Agriculture en 4è position dans les produits du département des Bouches du Rhône, après les produits maraîchers, la viticulture, l’arboriculture et enfin le foin de Crau…, http://www.agri13.fr/lagriculture-des-bouches-du-rhone/des-femmes-et-des-hommes/des-metiers.html  

. A l’exportation pour les chevaux de course, voir http://www.lepoint.fr/insolite/le-foin-aoc-de-crau-qui-nourrit-les-pur-sang-royaux-27-02-2014-1796212_48.php  . Un article très complet sur le cheval arabe sur wikipedia, avec plusieurs photos dont celle citée ci-dessous, même si la robe noire est peu courante, c’est plutôt le gris blanc qui domine. https://fr.wikipedia.org/wiki/Arabe_(cheval)  

. Acheter aussi votre petit paquet de foin pour faire du poulet au foin, ou des fromages fondus au foin… http://www.bienmanger.com/1F16841_Foin_Crau_Aoc.html  

. Une recette simple à voir sur http://www.cuisineactuelle.fr/recettes/poulet-au-foin-244013  

. Photos de wikipedia, avec la Nasa pour la carte, Styeb pour le panoramique, CoralieM-Photographie pour  l'étalon arabe noir « Zarife El Manson », Elisabeth Poulain pour " Petite Crau" avec l'oiseau. 

Petite Crau, L'oiseau, Vin de Patrick Lesec, négociant à Uzès, Cl. Elisabeth Poulain

Petite Crau, L'oiseau, Vin de Patrick Lesec, négociant à Uzès, Cl. Elisabeth Poulain

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Les neuf paysages de la voiture en pub, vus dans Géo, juin 2001

27 Décembre 2015, 11:01am

Publié par Elisabeth Poulain

Paysage-voiture- Renault Scenic-Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth Poulain

Paysage-voiture- Renault Scenic-Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth Poulain

Géo est un magazine de découverte du monde, basé sur de très belles photos de  voyages,  telles que les conçoivent des touristes en recherche des paysages de rêve.  La version française de Géo a commencé à paraître en 1979,  sur la base d’abord de la version allemande créé en 1976. Très rapidement l’adaptation s’est faite aux attentes des lecteurs français. En commun semble-t-il, il y a une certaine vision de la recherche du beau sur la planète, telle que la conçoivent des lecteurs informés et qui recherchent « les beaux paysages ». Ceux qui ressemblent aux admirables clichés des photographes professionnels, ceux qu’il faut avoir vus « en vrai » et ceux que les autres n’ont pas encore vus…Il y a toujours une dimension intéressante de la découverte dans Géo, qui pousse la rédaction a toujours chercher du nouveau, même et surtout pour des sites connus. La photo est le moyen magique de voir et revoir toujours de façon nouvelle ce qu’on croit connaître déjà, ne serait-ce que par les photos qu’on a déjà vus …

Le mensuel Géo de juin 2001. C’était un moment intéressant de notre histoire récente, qui appartenait encore, au plan publicitaire, au plein boom du passage au 3è millénaire. Le changement de temporalité a eu un vrai effet dynamisant sur le marché publicitaire, en particulier sur l’objet iconique, par nature, qui a pour nom « la voiture ». Il ne s’agissait pas seulement de changer de siècle, mais de millénaire, comme si on entrait dans un nouveau monde à découvrir, encore plus ouvert, plus riche…La voiture y tenait une grande place au point d’en être toujours maintenant un des forts marqueurs identitaires.  Aujourd’hui, il s’agit de vous parler voiture, ou plutôt de publicités pour des voitures, en essayant de voir quels types de paysage ont été utilisés pour valoriser plus d’une dizaine de visuels, un chiffre important.          

Voyons comment ces pubs-autos  se présentent à nos yeux, avec quel cliché, à quel endroit de Géo et  avec quels arguments.  

+ En pages 2 et 3, juste après la couverture, en double page, la « Nouvelle Audi 4 », dont « le freinage exceptionnel…la première fois, ça surprend…» Pour le prouver, on découvre en page 3, en haut d’une digue de front de mer, avec la mer toute proche, la voiture, frein rouge arrière allumé, à l’arrêt devant ce qui est un beau et grand feu rouge, plein rouge, en haut  et au milieu d’un beau poteau. Outre ces trois points rouges, il s’en ajoute un autre, celui d’AUDI sous les quatre cercles en bas à droite du cliché. Le cliché illustre bien le télescopage entre la voiture, la mer de l’autre côté de la digue, la digue franchement étroite, le sable à ses pieds devant nous,  l’immensité du ciel quand tombe le jour… et le très haut feu rouge.

Paysages-voitures- Audi-A4-Rrenault-Scénic-BMW -Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth PoulainPaysages-voitures- Audi-A4-Rrenault-Scénic-BMW -Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth Poulain
Paysages-voitures- Audi-A4-Rrenault-Scénic-BMW -Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voitures- Audi-A4-Rrenault-Scénic-BMW -Pub-Geo-2001.06, Cl. Elisabeth Poulain

-- Pages 6 et 7, voici le « Coupé BMW Série 3, Un habitacle très spacieux » qui montre les deux places arrière noir sur fond bleuté noir avec de larges sièges. Le texte qui figure sur une ligne en bas détaille le confort. On a l’impression qu’on va être enveloppé de cuir noir, comme absorbé.

++ Pages 14 et 15, Renault Scénic - Créateur d’automobiles - entre en scène, avec un cliché réussi et la voiture qui reste sagement dans son petit encart du haut à droite. La photo est toute entière centrée sur la route qui défile devant soi, dans un paysage de moyenne montagne, avec de chaque côté, une prairie avec des moutons dedans. Et un animal …, un franc filou, qui joue à saute-mouton…D’où le commentaire « On ne voit pas les mêmes choses en Scénic ». C’est bien vrai ! Ce que je retiens est l’amplitude de ce grand paysage de nature en pleine montagne, où la présence humaine ne se voit qu’aux clôtures qui protègent les moutons.

-- Page 32, la Nouvelle Citroën C5, Technologie 100% utile, occupe une page. Huit lignes de texte vous expliquent pourquoi en petits caractères. La photo vous montre l’empreinte en chiffres 1 et 0 de la voiture, en arrière sur la route et autour de la voiture arrêtée. C’est étonnant et presque inquiétant, dans ce paysage désertique de moyenne montagne, avec deux volcans éteints dans le fond. Ces chiffres blancs se dressent, comme autant de clous bizarres, sur la route empruntée par la voiture et à l’arrêt. C’est un visuel destiné à valoriser « la suspension…,le freinage…,l’anti-patinage…» du véhicule, alors qu’on pourrait imaginer aussi les traces laissées dans l’air par les gaz d’échappement. C’est le seul visuel, sans trace humaine, qui parle de protection de l’environnement.

Paysages-voitures-Citroën-C5-Pajero-Mitsubishi-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain Paysages-voitures-Citroën-C5-Pajero-Mitsubishi-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voitures-Citroën-C5-Pajero-Mitsubishi-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voiture-Seat-Toledo-Gran-Via-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth PoulainPaysages-voiture-Seat-Toledo-Gran-Via-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voiture-Seat-Toledo-Gran-Via-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

++ Pages 42 & 43, la Mitsubishi Pajero, « Pas mal, cette aire de repos » montrent à voir une photo en vista vison de l’Ile de Skye en Ecosse, où « Mitsubishi vous conseille de rester sur les chemins balisés » en bas à gauche. Trois jeunes hommes et une jeune femme admirent le paysage, avec cette exclamation très snob dans un paysage grand format sans autre présence humaine qu’eux. Au premier plan figure leur Pajero qui n’est d’ailleurs pas dans le chemin ! L’ampleur du paysage, sans urbanisation, et sa nudité réduite à route justifient ce type de 4 x 4.

--Page 83, la plage vide du parking autorisé, où devait être garée la Seat Toledo Gran Via, ne montre plus à voir, qu’un petit caillou, un boulon… ( ?) qu’un jeune homme bien chic enlève de sa main gantée pendant que l’autre main tient l’embout de l’aspirateur. C’est un visuel, très 2è ou 3è degré, conçu pour SEAT auto-emocion. -- Page 85, la Seat Toledo Gran Via apparait dans une cliché très théâtralisé, blanche sur fond noir, entourée d’un halo jaune grisé en arrière de la partie haute de la voiture. Le titre du visuel donne la touche d’humour torride :« Même pour votre femme, vous n’en avez jamais fait autant ». Suivent trois paragraphes détaillant les qualités de la voiture, le Ier sur le design, le 2 sur les atouts sécurité et le 3è, la qualité du confort intérieur.

+- Page 96, Nouvelle Volvo S60, « conduisez-la, vous comprendrez », signé Volvo for Life. Cette berline de couleur jaune est garée de curieuse façon sur l’herbe et la route en même temps. Devant elle un très beau paysage de montagne, près d’un lac, avec une route qui en suit le bord. Un jeune homme s’apprête à remettre une chaine qui en barre l’accès, avec un panneau où il est écrit « Réservé toute la journée, revenez demain ». C’est de l’humour. Suivent plusieurs lignes de texte qui détaillent tous les avantages de la voiture en bas du visuel. Retenons que la photo est belle.

Paysages-voiture-Nouvelle-Volvo-Ford-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth PoulainPaysages-voiture-Nouvelle-Volvo-Ford-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voiture-Nouvelle-Volvo-Ford-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voiture-Toyota-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages-voiture-Toyota-Geo-2001.06-Cl. Elisabeth Poulain

--Page 169, Ford, « Bienvenue en classe Galaxy, Chez nous, on est très ferme : ni télé, ni jeux vidéo à la maison. » Ce titre explique le visuel retenu par la marque. On voit les parents à l’avant, Monsieur évidemment conduisant. Il doit parler. Madame est tournée vers lui pour l’écouter avec encore plus d’attention. Les deux enfants à l’arrière, le jeune garçon derrière sa maman, et la fillette derrière son papa regardent chacun sa vidéo, avec un casque sur les oreilles. D’où le sous-titre qui expliquent la fermeté des parents qui interdisent à leurs enfants de regarder les écrans à la maison, dans la voiture, oui: « Bienvenue en classe Galaxy, …vous êtes chez vous. »

--Pages 200-201, Toyota, Nouveau Toyota Previa, D4-D Common rail. « Quand on le conduit, on ne peut pas le voir. Quand on le voit, on ne peut pas le conduire : le monde est mal fait. » 11 lignes en petits caractères détaillent tous les équipements qui font la différence. La photo montre une voiture qui roule, on le voit aux effets de vitesse sur l’herbe verte et le bleu-gris de la route. Petit problème, on ne voit personne dedans, à moins que ce soit l’effet-vitesse ou les reflets...

C'est d'ailleurs le point commun de toutes ces publicités, à un exception près (Ford Galaxy, avec toujours Monsieur conduisant), on ne voit pas les conducteurs en train de tenir le volant. On en découvre deux qui vont prendre le volant, l'un qui enlève la chaîne (quel symbole!) qui lui barrait la route et l'autre qui passe l'aspirateur (!). Si non, on ne voit personne à deux exceptions, la bande des quatre de la Pajero et la famille de la Toyota. Surtout, le paysage est vide de toute trace humaine, à part un feu rouge, des clôtures et un trottoir de ville. Ouf...  

                                                                              *

Quoi qu’il en soit des préférences de chacun, ces publicités de voitures créent réellement des paysages destinés à les valoriser, elles, les voitures. Nous savons tous que la voiture est un merveilleux moyen de déplacement pour découvrir de nouveaux paysages, ceux qui y habitent, y travaillent et contribuent à les garder vivants. Nous savons aussi que la voiture ou plutôt les publicités de voiture, contribuent tout autant à sélectionner des paysages, les plus aptes à mettre l’objet de la pub, c’est-à-dire la voiture en lumière, en valeur...

Façonner des paysages iconiques devient alors une des retombées directes de la publicité. Et le fabuleux arrive quand le vrai paysage va chercher à ressembler au plus près possible à ce qu’en attendent des touristes qui ne connaissent ces paysages que par la pub. S’ajoute à cette dimension sociale réelle et planétaire de façonnage du paysage par la communication au sens large, une autre dimension psychologique toute personnelle cette fois-ci sur laquelle jouent aussi les publicitaires, avec l’accord de ceux qui regardent les publicités.

Il suffit de voir ces « grands paysages » par leur amplitude, sans autre présence humaine que soi dans la voiture, pour s’approprier mentalement et la voiture et le paysage, tout de suite sur le moment et après dans le souvenir. Voir une publicité pour une voiture suffit pour que vous soyez dans la voiture pour vous voir, vous et vous seul dans, ces paysages qui ne sont là que pour vous. La question, sans réponse, est : où s’arrête l’effet miroir de la publicité ?

                                                                          **

Pour suivre le chemin . Géo, n° 268, Juin 2001, Italie du Sud, Egypte, Inde, Nice en panoramiques…, 212 pages, avec ce sous-titre « Un nouveau monde : la Terre »  http://www.geo.fr/dossier-geo

Photos Elisabeth Poulain en remerciant la personne qui m'a prêté ce vieux magazine, qui a du connaître des jours meilleurs.  

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Les Paysages du Vin, Beaujolais-Villages-Georges Duboeuf & les fleurs

22 Décembre 2015, 18:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Beaujolais Villages Georges Duboeuf, le Figaro magazine 2005-09-03, détail, Cl.1/2 Elisabeth Poulain

Pub Beaujolais Villages Georges Duboeuf, le Figaro magazine 2005-09-03, détail, Cl.1/2 Elisabeth Poulain

Le billet est centré sur les relations que le vin entretient avec les fleurs. Ce pourrait être d’abord la vigne, mais en fait non. Le thème de la petite fleur sauvage poussant naturellement au pied des vignes est peu exploité, en raison de la petitesse, par exemple, d’une fleur de pâquerette, à supposer que le photographe passe par là, juste au moment où il faut. Quant aux rosiers qui sont maintenant plantés au bout visibles par les touristes des rangées de vigne, leurs fleurs servent plus de décor floral, soucieux de plaire à celles et ceux qui les admirent, qu’à renseigner vraiment sur les attaques de l’oïdium... Une des preuves est que les rosiers sont toujours justement situés dans l’axe de vue des touristes et de ceux qui s’arrêtent pour goûter les vins.  

Une autre solution est d’associer visuellement les fleurs et le vin sur l’étiquette ou dans la publicité faite en particulier pour des vins de négoce. Dans le monde du vin, tout est symbole, à commencer par le vin, tout comme la fleur, quand  cet homme du vin est négociant. Il ne s’agit pas de parler de la pollinisation de la fleur de vigne par les abeilles, absolument indispensables pour avoir du vin. Une autre idée, pour se démarquer fortement de la concurrence a été de choisir la fleur comme emblème, ce qui, lors de la création de sa maison de négoce dans le Beaujolais, n’était pas une pratique courante, surtout dans une vision franco-française.

Je devrais dire les fleurs plutôt parce que Georges Duboeuf, qui a maintenant pour associé son fils Franck, a choisi très tôt de constituer un décor floral sur la base des couleurs du drapeau français avec le bleu du bleuet, le blanc des pétales de la marguerite et le rouge du coquelicot. Choisir des fleurs est aussi une façon très directe de parler aux femmes et à ceux qui n’ont pas forcément une connaissance approfondie du vin, surtout dans les pays qui n’avaient pas forcément une grande culture du vin. Ces trois fleurs sont devenues au fil du temps une signature du Beaujolais-Village « Georges Duboeuf ».

Pub Beaujolais Villages Georges Duboeuf, le Figaro magazine 2005-09-03, Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Pub Beaujolais Villages Georges Duboeuf, le Figaro magazine 2005-09-03, Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Une nouvelle étape a consisté à passer de l’étiquette sur la bouteille à la publicité pour l’appellation « Beaujolais-Villages » sous le nom de Georges Duboeuf, en jouant cette fois-ci pleinement avec les fleurs. Il n’y a plus de bouteille toujours remplie, ni de vin dans le verre. C’est l’étiquette, placée dans le verre, qui est mise dedans. On y lit distinctement « Georges Duboeuf, Beaujolais-Villages, mis en bouteilles par Les Vins Georges Duboeuf, 71570 Romanèche-Thorins, France ». Les fleurs éclatent de force ; elles empiètent sur le bord inférieur de l’étiquette ovale, avec un effet loupe, les deux bleuets à gauche  sont plus petits que les trois marguerites du bas, avec deux magnifiques coquelicots rouges sur le côté droit en bas.Et le tout porte les trois couleurs identitaires du drapeau de la France.  

Les fleurs décidément à l’honneur, des fleurs en mouvement, qui dynamisent la présentation. Le visuel montre en un arrière-plan très présent trois magnifiques coquelicots qui prennent presque toute la hauteur de la page, avec deux marguerites sur le côté droit à mi-hauteur et un tout petit bleuet juste au-dessus de l’étiquette à travers les deux parois du verre. Le nom de Georges Duboeuf ressort en lettres blanches sur fond noir entre les deux premiers coquelicots. Les données concernant les adresses figurent en bas en lettres fines noires sur fond bleuté léger.

C’est une franche réussite visuelle qui n’a absolument pas vieilli, grâce à ce savant désordre entre les fleurs de l’étiquette qui débordent sur l’ovale proprement dit et celles du fond qui explosent de vitalité. Ce billet s’inscrit dans le questionnement suivant « pourquoi avons-nous tant besoin des fleurs ? » que je commence à ranger dans une nouvelle catégorie appelée "Paysages" qui cette fois-ci relève des paysages du vin.  

                                                                             *

Pour suivre le chemin

. Cette publicité, qui figure en page 162 du Figaro Magazine « Spécial Vins » en date du 3.09.2005, est une création VAVRO design, Lyon

. Voir aussi sur ce blog un précédent billet datant du 9.04.2013, sur la dégustation selon Georges Duboeuf et son fils, dans un visuel publicitaire de 2004, signé Vavro également me semble-t-il http://www.elisabethpoulain.com/article-georges-duboeuf-la-degustation-l-oeil-et-la-main-sur-le-verre-116951340.html  

. Une adresse simple, www.duboeuf.com  et un mail qui l’est tout autant message@duboeuf.com  . Voir aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Dub%C5%93uf  

. Photo Elisabeth Poulain, à partir du visuel.  

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N comme Nana, une fleur à la place de sa tête pour une Twingo

21 Décembre 2015, 17:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Twingo. ouverture d'esprit automatique, carte postale, Cl1/2 Elisabeth Poulain

Pub Twingo. ouverture d'esprit automatique, carte postale, Cl1/2 Elisabeth Poulain

C’est une carte publicitaire pour une Twingo, faite par une grande agence de communication à une date inconnue, parce qu’elle ne figure nulle part. C’est une première bonne raison. La seconde est que le verso a été ré-utilisé par un brocanteur pour faire sa propre pub. Et qu’il m’a fallu sortir une loupe pour essayer de voir si je voyais à travers ses mentions fortement encrées. Le monde est mal fait.

C’est une Femme-Fleur, que cette Nana-là. Pour qu’on en soit vraiment sûr, l’agence de com lui a enlevé tout simplement la tête, pour la remplacer par une grande fleur, si grande qu’elle mange visuellement ses épaules jusqu’à ses mi-bras. Comme de juste, elle est rose, la fleur-tête-à-Nana, avec un cœur de fleur presque rouge avec au centre un pompon noir, cerclé d’orange, me dit ma loupe. Quelle sophistication !

Forcément, pour qu’on la repère tout de suite, elle s’est garée à un endroit franchement interdit. Je ne vous conseille pas d’essayer. Ce doit être près de la Place d’Iéna en descendant l’avenue du Président Wilson, devant le Musée d’Art moderne, à Paris. Cette femme-fleur sans tête ne conduit pas bien sûr. Elle est nonchalamment adossée à sa Twingo d’un  jaune adouci, avec le bras droit appuyé sur la vitre, la jambe droite tendue tandis que la gauche repose sur la pointe dans ses tennis blanches.

Nulle autre voiture ne la croise, nul passant ne déambule sur le large trottoir, personne sauf un photographe qui passait par là... C’est le plein hiver. Les arbres  près de l’entrée du métro dans le fond du cliché ont perdu leurs feuilles. C’est normal, « twingo. ouverture d’esprit automatique », comme il est marqué dessus.  A l’arrière, on découvre les vertus « Développement durable » de cette Twingo Oasis. J’arrive à lire « émission de CO2 138 g/km ». Et ça me fait rire!      

Pour suivre le chemin

. Voir l’article de base dans wikipedia, avec les différentes « collections », les versions  https://fr.wikipedia.org/wiki/Renault_Twingo_I   Sans rien garantir, il se pourrait que ce soit une « 4e collection » datée de 1998.

. Retrouver une autre Femme-Fleur cette fois-ci dans la voiture avec un look époustouflant (c’est peu dire =  qui n’a rien d’une vraie automobiliste), dans le 4è visuel présenté, sans date, dans http://www.caradisiac.com/photos-article/La-saga-Renault-Twingo-en-photos-1993-2007-et-Nouvelle-Twingo-15256.htm

. Publicité Publicis.

. Photo Elisabeth Poulain

Pub Twingo. ouverture d'esprit automatique, carte postale Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Pub Twingo. ouverture d'esprit automatique, carte postale Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Nulle autre voiture ne la croise, nul passant ne déambule sur le large trottoir, personne sauf un photographe qui passait par là... C’est le plein hiver. Les arbres près de l’entrée du métro dans le fond du cliché ont perdu leurs feuilles. C’est normal, « twingo. ouverture d’esprit automatique », comme il est marqué dessus. A l’arrière, on découvre les vertus « Développement durable » de cette Twingo Oasis. J’arrive à lire « émission de CO2 138 g/km ».

Pour suivre le chemin

. Voir l’article de base dans wikipedia, avec les différentes « collections », les versions https://fr.wikipedia.org/wiki/Renault_Twingo_I  Sans rien garantir, il se pourrait que ce soit une « 4e collection » datée de 1998.

. Retrouver une autre Femme-Fleur cette fois-ci dans la voiture avec un look époustouflant (c’est peu dire = qui n’a rien d’une vraie automobiliste), dans le 4è visuel présenté, sans date, dans http://www.caradisiac.com/photos-article/La-saga-Renault-Twingo-en-photos-1993-2007-et-Nouvelle-Twingo-15256.htm  

. Publicité Publicis

. Photo Elisabeth Poulain

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Bestiaire de la pub 1967, le chien et Fixo-Flex, Paris-Match

20 Décembre 2015, 16:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl1/3. Elisabeth Poulain

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl1/3. Elisabeth Poulain

Fixo-Flex tout de suite. Il s’agit d’un bracelet montre métallique extensible qui a constitué en son temps, en 1967, un symbole de ‘la modernité’. Les hommes ne portaient plus un banal bracelet montre en cuir. Ils avaient un Fixo-Flex extensible, beaucoup plus pratique. Il n’était plus nécessaire le matin de viser le trou percé  dans le cuir du bracelet dans lequel insérer l’aiguille. La publicité - radio me semble-t-il- jouait beaucoup sur la sonorité de fixofixoflex, que beaucoup s’entrainaient à prononcer vite sans se tromper. Essayer, vous allez voir que ce n’est pas si facile et du coup, vous mémoriserez de façon certaine cette création phonique. 

Le chien. C’est vraisemblablement un ratier, un dur au poil dur, blanc, gris et noir ou brun qui se pose  vraiment des questions pour savoir ce qu’on lui fait faire là, à tirer de toutes ses forces sur le bracelet extensible. Il n’en pense pas moins, mais comme il est brave, il veut bien. Son regard pourtant doute de l’efficacité de l’humour utilisé par le publicitaire D&G F 10. Il doit faire semblant de tirer de toutes ses forces sur le bracelet fixé à l’autre bout de la page, si fort que la page en papier cédera  bien avant le bracelet si « résistant, extensible, irrésistible. » C’est un bracelet qui existe en plus pour homme, femme et enfant. Quant à l’homme il peut aussi s’offrir un bracelet-montre Mini-Fixo-Flex… »

En 1967 en France, on  pressentait déjà l’importance de la publicité visuelle, en plus de la publicité phonique. Comment rendre sympathique ce bracelet articulé de métal, froid par définition comme le métal dont il est fait. Pour cela, il fallait d’abord  chercher à donner de la vie à ce visuel publicitaire, comme on ne disait pas à l’époque. L’idée a été si bonne qu’elle a été au départ utilisée aux Etats-Unis, pour rendre particulièrement vivant et attractif des objets modernes « froids » toujours présentés dans leur dimension innovante : placer l’animal le plus sympathique aux yeux des êtres humains en héros premier du message. Ce héros  a un nom, c’est le chien.

Dans ce visuel, le chien est placé en haut dans une position arque-boutée  sur l’effort qu’il doit faire  pour retenir à lui ce bracelet qui s’étire sans casser sur presque trois fois sa propre longueur à lui, le chien. La composition ne lui rend pas hommage, lui en haut, la montre au bas du milieu haut, avec un texte long au-dessus et à côté de lui qui se sent écrasé, ni vraiment le complément en bas à gauche du papier qui s’est déchiré. Tout comme les deux petites photos de détail, qui montrent des Mini-Fixo-Flex pour les Jeunes.  

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl2/3. Elisabeth Poulain

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl2/3. Elisabeth Poulain

Les textes. Le plus important est situé en haut, au-dessus de la tête du chien , c’est le ressort qui explique la photo-montage : « Avant que cette annonce ne disparaisse / complètement, regardez la vite, car le / papier ne résistera plus très longtemps à ce traitement insolite…En réalité, nous / avons essayé de vous démontrer que le / seul vainqueur, celui qui ne risque / vraiment rien, c’est FIXO-FLEX/ fixo-flex, le bracelet-montre / résistant, e-x-t-e-n-s-i-b-l-e ! Irrésistible ! » Ensuite, à hauteur de la tête du chien « Fixo-Flex pour hommes et pour femmes /Et maintenant Mini Fixo-Flex pour les jeunes » Tout en bas à gauche du papier déchiré, vient l’humour « …mais si Papa s’intéresse, lui aussi aux fusées, voitures de course, avion et guitares…/ Il ne lui est pas interdit de s’offrir un bracelet-montre Mini-Fixo-Flex

Retenons l’effort de novation publicitaire de la marque dans ce numéro de Paris-Match qui ne comporte aucune autre publicité avec un animal. On trouve seulement deux animaux en dessin humoristique (p.119). L'autre chien est celui du dessin humoristique signé Coco, où l’on voit un homme lisant son journal - son chien à ses côtés - et sa femme, du genre harpie gueularde, sortant de sa cuisine en hurlant « cesse de dire ‘oui chérie’ à chaque fois que le chien aboie ! ». Les trois dessins de la page sont clairement peu amènes pour la gente féminine, le troisième en dessous montre un homme coincé dans un canapé entre sa femme d’un côté et sa belle-mère (peut-être) de l’autre, où la première déclare à la seconde « ne crois-tu pas qu’André voudrait placer un mot ! »

L’étonnant à nos yeux de 2015 est l’importance de la publicité dans ce magazine grand format, et la forte prépondérance de la publicité pour homme. Cette double page 110 et 111 grand format en porte trois, avec une page entière à gauche nous présentant le ventre et le nombril d’un homme utilisant « le Ier rasoir électrique Sunbeam à tête chercheur international » et sur l’autre page des chaussures tressés à la main de marque Heyraud, qui montrent le pied gauche d’un mocassin « Andorre » et l’autre d’une chaussure à lacet pour pied gauche « Los Angeles », en cuir tressé toutes les deux. "Souplesse, finesse, légèreté sont le signe de la chaussure de notre temps », avec un fleuret d’escrimeur pour lier les deux. Le visuel avec le chien se situe entre les deux sur une demi-page. En commun, ces trois visuels possèdent l'univers masculin et la ligne descendante qui va de la gauche en haut, vers la droite en bas, la ligne des mains et le nombril pour le premier visuel, la ligne du bracelet pour le second et le fleuret pour le 3è. En matière de publicité, il faut toujours voir l'environnement proche et en particulier les autres visuels qui voisinent avec celui que l'on analyse. Il y a parfois des voisinages qui "tuent" une pub. ce qui n'est pas le cas ici.

Ce numéro de Paris-Match est consacré à la guerre éclair menée par Israël sur le Canal de Suez, avec des photos de guerre. Quant au chien, je dois dire qu’il m’interroge encore. Sa présence n’est que complémentaire au texte qui reste prépondérant. La période voulait que le texte prime sur la photo. ce qui n'est plus le cas maintenant. Par contre Fixo-Flex avait déjà à l’époque réussi sa percée publicitaire, son nom est toujours connu, mais pas forcément grâce à ce visuel…On trouve encore maintenant plusieurs sites vendant des bracelets montres Fixo-Flex…

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl3/3. Elisabeth Poulain

Pub 1967, Paris-Match-17juin-Bracelet-montre-Fixo-Flex-le chien, Cl3/3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Paris-Match, n° 949, 17 juin 1967, 1,20 FRF, 142 pages grand format 34 x 26,2cm, avec un grand remerciement à Edith Dutru, qui était bouquiniste à Angers. C'est elle qui m'a donné ce magazine.

. Tout savoir sur les bracelets montre sur le bracelet et le fermoir http://www.chronotempus.com/guide/bracelet-montre/ http://blog.chic-time.com/infos-fermoirs-montres/  

. Ce billet fait partie de la série « Le bestiaire de la pub » et « Bestiaire de pub » sur ce blog, avec notamment http://www.elisabethpoulain.com/2015/11/le-bestiaire-de-la-pub-le-pingouin.html  www.elisabethpoulain.com/.../bestiaire-de-la-pub-le-chat-la-souris-castor ... www.elisabethpoulain.com/article-le-bestiaire-de-la-pub-volkswagen-la -... www.elisabethpoulain.com/.../l25-le-bestiaire-de-la-pub-le-brochet-et-le www.elisabethpoulain.com/2015/12/bestiaire-de-pub-vodka-grey-goose-le-vol-des-oies-sauvages-l-anjou.html   

. Photos Elisabeth Poulain

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Style de Pub > Nana, la tête pleine d’oiseaux, de fleurs, papillons..

19 Décembre 2015, 09:38am

Publié par Elisabeth Poulain

Pub TGV, SNCF, LeFigaroMagazine-2005.09.03, Cl. Elisabeth Poulain

Pub TGV, SNCF, LeFigaroMagazine-2005.09.03, Cl. Elisabeth Poulain

A partir de 25 Euros comme vous le promettait ce visuel publicitaire de la SNCF en 2005, « prenez le  TGV sur plus de 900 trajets et à ce prix-là repartez ». C’était le conseil de la compagnie ferroviaire dont le slogan était « prenez le temps d’aller vite… ». Pour mettre en lumière cette idée, l’agence de publicité TBWA-Paris a choisi une très jolie jeune femme qui rêve les yeux fermés. Un léger sourire adoucit son visage, sa tête légèrement penchée vers le côté gauche, elle rêve.

Sous la puissance de cet état d'apresanteur, couplé à la vitesse silencieuse du TGV, son rêve se matérialise en oiseaux et papillons, fleurs et feuilles…qui s’échappent de sa tête. Toutes ces représentations animales ou végétales ont la couleur et la texture de ses cheveux. Le fond du cliché est gris léger, qui va s’éclaircissant au fur et à mesure du mouvement qui suivent les oiseaux and co, de droite vers la gauche, dans une ligne de fuite très fine.

Le visuel est très réussi dans ses couleurs, sa composition et sa disposition dans l’espace. Notre regard glisse de droite vers la gauche, dans le sens inverse de la lecture plus bas. Une façon très simple et toujours efficace d’attirer le regard et de retenir l’attention en provoquant un télescopage de mouvements. Le bandeau de texte est écrit en noir, gris moyen et gris plus léger pour rester dans le ton.

Pub TGV, SNCF, LeFigaroMagazine-2005.09.03, Cl. Elisabeth Poulain

Pub TGV, SNCF, LeFigaroMagazine-2005.09.03, Cl. Elisabeth Poulain

Reste à voir l’association entre la belle jeune femme, la légèreté des hirondelles, des colombes, des grues au long cou, des oies… de quelques papillons géants, de feuilles et de fleurs de petite taille qui forment comme une envolée qui poursuit sa tête, avec même une petite branche de lierre pour faire l’arrondi du bas… A quoi rêvent les jeunes femmes qui prennent le TGV pour se reposer ? Vous le savez maintenant…Pour elles, aucun souci professionnel, ni préoccupation familiale…rien, au contraire… dans un train qui se présente sous l'image d'une belle jeune femme. Le TGV se décline au féminin... 

Un mot ou plutôt quelques-uns pour parler du procédé utilisé par le créateur du visuel. Il est connu et utilisé dés  lors qu'il s'agit de montrer le mouvement ou la vitesse. C'est ce qu'a fait par exemple dans une très belle création Peter Anderson, un graphiste et designer origionanire de Belfast, vivant à Londres, pour un cheval dont la crinière blonde est entremêlé de mots anglais. Le nom de cette campagne publicitaire "Horse"  

                                                                        *

Pour suivre le chemin . Visuel paru dans Le Figaro magazine du 03.09.2005, Spécial Vin,  en page 17 . Agence TBWA-Paris sur http://www.tbwa-paris.com/live  , qui appartient au n°2 mondial de la publicité, dont le siège est à New York. 

. Retrouver "Horse" dans un recueil des meilleurs visuels graphistes existant au monde, une véritable bible pour tous les créateurs, à voir dans "All Men are Brothers" (2007), le meilleur du graphisme contemporain dans le monde, une édition et concept de Jianping He, Shanghai sur www.hesign.com , Projet d'édition maomao (Barcelone-Espagne) sur www.maomaopublications.com

. Sur ce thème de la femme et de la pub, voir en particulier sur ce blog trois billets, que sont                      "Styles de Pub, ce que les Femmes et les Hommes ont dans la tête" sur http://www.elisabethpoulain.com/article-styles-de-pub-ce-que-la-femme-et-l-homme-ont-dans-la-tete-121431846.html

N de Nana, La Tête à l’envers sur http://www.elisabethpoulain.com/article-n-de-nana-la-tete-a-l-envers-des-chateaux-plein-les-mirettes-123686791.html  

N comme Nana, Ce que les femmes portent sur la tête dans http://www.elisabethpoulain.com/article-n-comme-nana-ce-que-les-femmes-portent-sur-la-tete-un-canape-roset-120265236.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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Photo. L'étang Saint-Nicolas, Suisse angevine, Roc Epine, Angers 1926

18 Décembre 2015, 12:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

Carte postale 1926, Angers "La Suisse angevine", L'Etang St-Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain

Carte postale 1926, Angers "La Suisse angevine", L'Etang St-Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain

Développement du titre. Il s’agit dans ce billet de vous présenter une carte postale d’Angers datée du 8.4.1926 ou 1928, envoyée vraisemblablement d’Angers, sans certitude, car le timbre et la carte dessous ont été découpés. Du Maine et Loire, oui, assurément car on distingue encore « Maine »…

La photo est prise du haut d’une des maisons à terrasse étroite que l’on voit sur certains clichés anciens, d’où l’on pouvait avoir une vue profonde sur l’étang qui à cet endroit fait un grand zig-zag – soit deux coudes à angle droit inversés - pour que l’eau du petit ruisseau « le Brionneau » puisse se frayer un chemin entre les veines de schiste noir. Plus loin le ruisseau  traverse le parc Balzac pour rejoindre la rivière Maine, la plus petite de France (11kms) et qui n’a pas de source, car elle est constituée par la rencontre entre la Mayenne, la Sarthe et son affluent le Loir. Un double exploit qui n’est pas assez connu. Quatre plans séquences de la carte postale se dévoilent dans le sens des aiguilles d’une montre.

Au premier plan, on distingue sur le coteau pentu qui même au chemin qui longe l’étang, des rangées de vigne, un lointain témoignage qui rappelle que ces terres étaient possession de l’Abbaye Saint-Nicolas située plus bas, à l’endroit où le Brionneau disparait sous terre dans un tunnel pour réapparaître de l’autre côté de la place. Il traverse ensuite ce qui est maintenant le Parc Balzac pour rejoindre la Maine en douceur.  Entre le chemin de terre du bas et l’étang, on distingue quelques petits arbres qui protègent la rive  fréquentée alors par des pêcheurs à la ligne. 

. En longeant toujours cette rive, c’est la roche qui domine avec ici et là des arbres feuillus petits et moyens qui habillent la pente dans laquelle le chemin se poursuit, quitte à passer à travers un gros rocher qui a été spécialement taillé à cet effet.   

Angers, Etang Saint-Nicolas, Vue de Roc Epine, rive gauche, sur pointe en rive droite, Cl. Elisabeth Poulain, 2015

Angers, Etang Saint-Nicolas, Vue de Roc Epine, rive gauche, sur pointe en rive droite, Cl. Elisabeth Poulain, 2015

En poursuivant notre tour, voici le fond de la photo. On découvre le paysage le plus lointain, plat avec des arbres ici et là et des grandes parcelles rectangulaires qui devaient être utilisées pour le maraîchage, sans certitude, mais vraisemblablement. Plus loin, on retrouve la Maine, mais sans la voir. Un endroit qui maintenant est totalement urbanisé de façon mixte, avec des immeubles de diverses hauteurs et encore des pavillons…

Reste à vous parler de cette longue bande de terre qui s’avance dans l’étang. On distingue en partie droite un abord touffu d’arbres, puis quelques grands feuillus presque à la pointe. Un bloc rocheux se tient en arrière au sommet et le reste jusqu’au coude suivant semble constitué de lande. Actuellement, il n’est plus vraiment possible de reprendre un tel cliché. Il faudrait d’abord pouvoir prendre de la hauteur. Les maisons, d’où vraisemblablement le cliché a été pris, existent toujours. D’autres maisons ont été construites depuis lors, à cet endroit tout particulièrement, dans le quartier de Roc Epine par rapport au cliché de la carte postale. Par contre on peut encore discerner une des deux maisons possédant une tour d’où il devait être possible de voir la rive d’en face et plus encore.

Il n’y a plus de vigne. Par contre une parcelle de vigne a bien été replantée plus bas, devant l’Abbaye Saint-Nicolas, devant un nouveau coude du Brionneau pour disparaître, avant de resurgir à la lumière, de l’autre côté de la place de Farcy, mais sans tracé principal unique. Son nouveau cheminement au Parc Balzac se disperse entre de multiples bras, pour tenir compte du caractère marécageux de ce grand espace qui court entre la fin de l’étang Saint-Nicolas et la Maine.

Angers, Etang Saint-Nicolas, Vue sur Roc Epine, rive gauche, arbres, Cl. Elisabeth Poulain, 2015

Angers, Etang Saint-Nicolas, Vue sur Roc Epine, rive gauche, arbres, Cl. Elisabeth Poulain, 2015

Pour suivre le chemin

. Carte postale prise de la rive gauche du Brionneau, sans nom d’éditeur, intitulée « ?…. Angers. _ « La Suisse angevine « _ L’Etang Saint-Nicolas vu du Roc Epine. – A. B. »

. Rendez-vous sur le site http://bellebeille.skyrock.com/2975019041-etang-st-nicolas-La-Suisse-angevine-a-Roc-Epine.html  pour voir quatre cartes postales de Roc Epine, vu de l’autre côté de l’étang Saint-Nicolas, rive droite.

. La Maine et le Brionneau à retrouver dans http://www.eau-anjou.fr/territoires/par-bassin-versant/maine/  

. Retrouver les chroniques de Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers, concernant le Parc Saint-Nicolas sur http://www.angers.fr/decouvrir-angers/reperes/histoire-d-angers/chroniques-historiques/lecon-d-histoire-dans-un-parc-saint-nicolas/index.html , ainsi que les relations entre Angers et la Maine sur http://www.angers.fr/decouvrir-angers/reperes/histoire-d-angers/chroniques-historiques/angers-et-la-maine/index.html  

. Voir le cliché pris par Thierry Bonnet vue d’avion et qui montre clairement l’Abbaye en bas à droite, le double zig-zag et l’endroit en haut à droite d’où le cliché a été pris en hauteur, sur le document cité juste au-dessus.

. Photos Elisabeth Poulain, la Ière montre d'en bas, à Roc Epine,  la vue sur la pointe en face, avec des pêcheurs et la seconde est prise plus bas près de la roche percée sur Roc Epine en haut.

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Les arbres, l’hiver > La force de l’appel vers la lumière des chênes

17 Décembre 2015, 19:45pm

Publié par Elisabeth Poulain

Chêne l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Chêne l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Dans nos régions européennes au climat tempéré, chaque année et aussi cette année 2015 à la température si anormalement douce, l’hiver permet de voir autrement la nature, les arbres feuillus, tout particulièrement les vieux chênes. Ils nous offrent des visions de puissance inégalables à nos yeux pourtant habitués à un certain infini des beautés diversifiés de la nature en climat tempéré.

Pourquoi l’hiver ? C’est une saison à forte particularité. Elle met à nu de nombreux paysages et pas seulement ceux de la nature. Elle constitue une longue période en retrait qui révèle les choses, les paysages, le vivant et les gens d’une façon générale. C’est ainsi que j’ai toujours pensé que pour choisir un lieu de vie, l’idéal serait de pouvoir y aller l’hiver quand il pleut, qu’il fait gris, froid... Les gens sont alors le plus souvent pressés de rentrer chez eux, stressés par le froid ou la pluie. La ville devient autre, avec ses trottoirs mouillés, ses flaques d’eau... 

Chênes l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth PoulainChênes l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain
Chênes l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Chênes l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L’hiver est aussi un moment idéal pour aller se promener en forêt, en levant les yeux au ciel pour se charger en énergie. Ou dans un parc urbain qui a gardé au fil des siècles des enclaves d’une véritable forêt, avec des chênes centenaires en particulier. C’est vraiment le moment d’aller les voir, dans leur combat pour accéder au mieux à la lumière dont ils ont si besoin pour continuer à se développer et/ou à maintenir leur dominance sur des arbres voisins plus jeunes et moins forts. C’est non seulement la grosseur de leur tronc qui témoigne de leur âge mais aussi la courbure de leurs branches hautes pour chercher et trouver la lumière.

Le tracé parfois à angle droit des branches traduit cette lutte pour la lumière. La coupe par l’élagueur, en cas de problème de sécurité en particulier pour les promeneurs également explique parfois a posteriori des chemins de branches tout à fait étonnants. En sens contraire, il y a aussi le choix fait par les responsables d'un parc de privilègier la croissance des beaux specimens d'arbres en nettoyant par dessous tout concurrent qui pourrait les gêner dans leur développement.

Chêne l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Chêne l'hiver, Parc Etang St Nicolas, Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Il reste à citer le moment auquel la lumière est la plus propice à ces jeux de noir ou de brun très foncé sur un ciel blanc froid. C’est à la tombée de la lumière du jour, juste avant que celle-ci ne commence à décliner, en particulier sur l’étang Saint-Nicolas d’Angers….

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Pour suivre le chemin

. Retrouver les chroniques de Sylvain Bertholdi, Conservateur des Archives d’Angers sur http://www.angers.fr/decouvrir-angers/reperes/histoire-d-angers/chroniques-historiques/lecon-d-histoire-dans-un-parc-saint-nicolas/index.html  

. Consulter l’article sur le chêne dans le blog « Passion d’Europe » sur https://europhile.wordpress.com/2009/04/18/chene/ , voir forcément aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbres_remarquables_de_France   pour voir où se trouvent les chênes remarquables en France.  

. Voir l’Etang Saint-Nicolas d’Angers http://www.elisabethpoulain.com/page/15  sous le titre « Le tour de l’Etang Saint-Nicolas, Angers, fin d’été, début d’automne » . Photos Elisabeth Poulain

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