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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Bestiaire de Pub Vodka Grey Goose > Le vol des oies sauvages > L’Anjou

15 Décembre 2015, 18:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, Pub Les Echos 2015.10.09, Cl1/3. Elisabeth Poulain

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, Pub Les Echos 2015.10.09, Cl1/3. Elisabeth Poulain

C’est une étonnante aventure que celle d’une marque de vodka d’origine française, maintenant détenue par Bacardi, un des groupes nord-américains les plus puissants dans le domaine des spiritueux. Comme le titre l’indique,  il s’agit la marque Grey Goose, l’oie non pas grise mais cendrée, en français, avec cette question qui vient à l’esprit tout de suite : quel est donc le lien qui existe entre une vodka française d'abord, l’oie ensuite et avec l’Anjou après?

Commençons donc par le commencement, à savoir cette « vodka française d’exception ». C’est une dénomination rarissime dans le domaine des spiritueux, je ne peux pas dire unique parce que je l’ignore. Rarissime, c’est sûr parce que tous les produits, boissons y comprises, positionnés dans l’univers des alcools, du vin et plus généralement du luxe, pas seulement dans le domaine agro-alimentaire, se réclament de l’authenticité.

Qu’est-ce donc que cette authenticité française? C’est le vin qui nous donne les principaux éléments de la réponse : être issu du lieu dont le produit va porter le nom, être par exemple un vin du Val de Loire, quand on est un vigneron du Val de Loire, dont le raisin est non seulement originaire du VDL mais aussi de l’appellation, jusqu’à la parcelle, si celle-ci est identifiée précisément…Avec cette conséquence que ces conditions restrictives d’élaboration - mises en bouteilles comprises - sont portées en avant comme une des conditions nécessaires mais jamais suffisantes pour faire de ces millésimes quelque chose d’unique et  par définition de non reproductible. Le  vin que vous allez déguster est un vin de qualité qui porte son authenticité d’origine « France ». L’origine devient alors un élément fondamental de la qualité, dans cette véritable philosophie de l’alliance entre la Terre, l’Homme et le Temps, quel qu’en soit l’ordre. Avec en conséquence une autre idée, qui est que celui qui déguste une vodka de qualité est presque naturellement une personne de qualité, si non la chaîne de la qualité serait rompue…

La vodka ensuite. Cet alcool blanc est d’origine du Grand Est européen. C’est dire qu’il est né  en Russie, pas en en Pologne…et certainement pas non plus en France. C’est de l’éthanol pur distillé allongé d’eau distillée et déminéralisée, avec un très léger arôme de fruit ajouté. La boisson peut titrer entre 37 et 97° d’alcool. On comprend que ça secoue ! La valeur moyenne se situe à 40%. On comprend aussi que tous les grands pays fournisseurs d’alcool fort de ce type aient chacun « leur » vodka pour bénéficier des retombées fiscales. C’est en effet le premier alcool consommé dans le monde. La formule de cette GGV a été conçue par H. Mounier à Cognac à partir de blé d’hiver, en utilisant de l’eau très pure filtrée dans des calcaires de Grande Champagne. Les  liens établies entre cette vodka + la citation de Cognac et celle de Champagne, sont tout sauf un hasard. Ce sont ces raisons qui expliquent que cet alcool titrant 40° soit une vodka française d’exception.   

On perçoit alors combien la communication autour de la marque, de la bouteille, leur univers de référence peut être importante, encore plus que pour du cognac, du whisky ou du bourbon... C’est ainsi que la vodka GREY GOOSE est LA vodka française, une vodka de haute qualité par définition. Par différence avec certaines autres vodkas, elle a d’emblée visée le marché  mondial, d’où le positionnement en tant que « vodka française d’exception » avec la mention du pays en caractères majuscules, FRANCE, en dessous avec en plus, fait rarissime sur une bouteille d’alcool, le drapeau français en fin bandeau juste au-dessus de la mention IMPORTED   en encore plus gros caractères majuscules que celui du pays d’origine, la France.

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, PubLesEchos 2015.10.09, Cl2/3. Elisabeth Poulain

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, PubLesEchos 2015.10.09, Cl2/3. Elisabeth Poulain

La bouteille sérigraphiée est une réussite en elle-même. Création de Saverglass, son lancement date de 1997. Elle montre à voir des oies sauvages de couleur blanche en plein envol de la gauche vers la droite en pente ascendante, que l’on voit distinctement se détachant sur le fond bleu d’un paysage nature. Une grosse oie, tournée dans l’autre sens,  se voit distinctement sur le côté gauche. Quant au troisième groupe, on le voit dans l’air simplement tracé d’un trait noir… C’est une bouteille facilement reconnaissable, à ses couleurs blanches et bleues avec des traits noirs, avec sa capuche bleue où on voit le dernier groupe d’oies filer dans le ciel pendant la migration… Une bouteille devenue peut-être un peu trop sage, trop connue… puisqu’une nouvelle va bientôt sortir sous le parrainage d’Alain Ducasse.

En attendant, parlons de ces grandes migrations d’oies cendrées qui quittent l’Europe en groupe plus ou moins importants à la fin de l’automne vers le Sud …On ressent un grand plaisir à les voir passer au-dessus de nos têtes en formation en V parfaitement équilibrée avec la chef en avant. Impossible de les compter avec précision, peut être étaient-elles cette année une trentaine et + à passer au-dessus de nous, sans bruit, toutes à leur vol, vers la chaleur du Sud de l’Espagne…On ressent une émotion très particulière devant ce courage, cette certitude d’arriver après un si long voyage, qui réellement émerveille, une émotion doublée d'une fascination devant la prise de pouvoir du ciel, cet espace sans frontière où elles sont chez elles, que ce soit pour partir hiberner à la chaleur au sud de l'Europe et revenir au printemps au beau temps, notamment en France, en Val de Loire, mais pas seulement. Il y a ausi cette intelligence d'un groupe organisé de façon "magiqu"e, avec la chef qui mène l'ensemble, et périodiquement son remplacement par une autre oie, quand la première est fatiguée, qui va devenir chef à son tour. Et cela depuis la naissance du monde...!

Le lien entre l’oie cendrée et la vodka n’a rien d’évident. Pourtant il existe forcément. Citons la capacité de ces grands oiseaux à être chez eux dans le ciel, à trouver leur chemin sans aide, leur liberté et leur capacité à prendre possession de cet espace encore ‘libre’ pour elles, comme on le voit sur la photo en couleurs de grandes dimensions. On distingue la tête du triangle, avec l’oie qui conduit la formation en V, sur un fond bleu grisé et rose vers le bas, avec un halo blanc autour de l’oie de tête. Le lien pourrait être la dimension "magique" de cette prise de possession du ciel, comme une oie cendrée qui plane chez elle dans le ciel, un poisson dans l'eau ou ...un amateur de Grey Goose en train de rêver en regardant l'infini du ciel...

Quant à l’Anjou, le lien passe cette fois-ci en particulier par la poire d’Anjou, qui a donné naissance à une nouvelle variété de vodka « Grey Goose La Poire » en français dans le titre et dans le texte. Cette poire est celle de l’Anjou, bien connue pour ses célèbres pâtisseries, ses tartes aux poires, citées dans l’argumentaire. Parions que c’est une façon très directe d’attirer les femmes...

Résumons, voici des oies sauvages, libres comme l’air, qui sont conduites par leurs gênes à effectuer chaque année leurs migrations d’automne et de printemps, qui survolent la France, au point de faire naître sur son sol une vodka à leur nom, liée à la Russie, le pays de la Vodka, consommée à 80% environ aux Etats-Unis, et maintenant à une autre vodka liée à l’Anjou, la région française traversée par la Loire, célèbre pour ses variétés de poires. Toutes deux – la leader Grey Goose et la petite dernière Grey Goose La Poire - attendent avec impatience de connaître le nouveau packaging de la première vodka française d’exception, dont je sais seulement qu’elle porte maintenant une étiquette papier « comme le vin » !

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, Pub Les Echos 2015.10.09, Cl3. Elisabeth Poulain/3

Grey Goose Vodka, Vodka Française d'exception, Pub Les Echos 2015.10.09, Cl3. Elisabeth Poulain/3

Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans Série Limitée, Les Echos, Spécial Homme, 9.10.2015, page 51

. La vodka telle qu’on en parle en Occident sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Vodka  avec une autre source qui détaille la version russe sur http://www.giotsar.com/articles/vodka.php  

. Le site de l’entreprise française sur https://www.greygoose.com/gl/en/discover.html  et pour la saveur « Poire », voir https://www.greygoose.com/gl/en/our-vodkas/pear-vodka.html  

. Ainsi que https://fr.wikipedia.org/wiki/Grey_Goose  

. Ne pas confondre l’oie cendrée qui est sauvage, elle, qui est une Anser anser (en latin) http://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=232  avec l’oie grise (domestiquée) sur http://www.ar-etho.fr/pages/especes-animales-etudiees/les-oies-grises.html  

. Saverglass qui retrace l’histoire de la marque sur http://www.saverglass.com/fr/votre-projet/success-stories/grey-goose  

. Pour le décor de la bouteille de GG, découvrir l’usine de fabrication, qui n’a qu’un seul client, GGV, à Arques, près de Saint-Omer dans le Nord de la France sur http://www.lavoixdunord.fr/region/alphadec-une-usine-au-top-de-l-innovation-inauguree-ce-ia37b48476n2158131  

. La nouvelle bouteille signée Ducasse sur http://o.nouvelobs.com/food/20150703.OBS2075/l-objet-de-la-semaine-la-vodka-grey-goose-signee-ducasse.html  

. Découvrir le secret attaché à la poire d’Anjou, très cultivée aux EU sur http://merchandifel.forumgratuit.org/t81-quelle-est-cette-variete-de-poire

. Photos Elisabeth Poulain à partir du visuel

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Société > La Fleur bleue peinte à la main au fond de l’assiette

9 Décembre 2015, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

ll faut que je vous dise d’emblée, elle est très vieille. L’assiette de faïence, qui porte la fleur, en son creux qui a subi les atteintes du temps. La Fleur, quant à elle, se porte à merveille. D’où vient-elle ? Je l’ignore. Pourquoi a-t-elle des bords aussi usés, vraisemblablement provoqués par des chocs ? Là aussi, mystère. A l’envers, elle est signée  d’un W, me semble-t-il, accompagné ou précédé, selon le sens dans lequel on la regarde, d’un signe cabalistique, impossible à déchiffrer. 

La Fleur bleue. Elle est superbe, avec ses pétales bien ouverts pour qu’on puisse bien voir ses gros pistils rouges, bien alignés en un double rang, avec cinq pistils en arrière et trois devant. Cinq pétales bleus en arrière forment comme un amphithéâtre enveloppant de nature à valoriser ce cœur  rouge ; par devant trois pétales bleus se montrent de l’arrière, avec trois autres plus bas pour donner un joli gonflant de devant.  

Sa cour de proximité. Une telle fleur se doit d’avoir autour d’elle une guirlande légère faite de 5 feuilles, accrochée à 3 brins, qui semble flotter au vent. Par devant dépasse la tige courbe, là aussi avec trois brins garnis de quelques feuilles seulement, pour ne pas nuire à la mise en lumière de deux petites fleurs simples, une au cœur jaune avec cinq  petits pétales et l’autre avec deux pétales et des pistils de fleurs rouges. Un rouge que l’on va retrouver sur des pampres rouges qui encadrent la composition florale, pour dynamiser l’ensemble…  

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

Le pourtour de l’assiette est orné d’un ruban vert-jaune passé à croisillon, à la façon d’une dentelle festonnée, qui joue avec les contours arrondis de l’assiette, marqués par six encoches légères, qui donnent le sens dans laquelle l’assiette doit être vue. La fleur est positionnée dans l’axe de deux encoches qui se font face et qui permettent de tracer une étoile à quatre branches rayonnantes. En effet cette verticale croise l’axe horizontal, tous deux créant la structure de base, dans laquelle s’inscrivent deux axes secondaires dans chacun des quatre quartiers. Au total, il y aura donc douze entrées, qui sont des courbes en creux se rapprochant du bord, avec un gonflé entre deux creux. C’est un effet vague très réussi.

Chaque creux est orné d’une fleur particulière très simple, à quatre pétales d’un rouge brique passé, avec un cœur jaune. Entre chaque fleur simple de creux, on peut voir une demi-fleur du même rouge brique, du style d’une marguerite dont le pétale supérieur serait plus imposant que les autres. En commun les six fleurs simples et les six fleurs-marguerites portent à leur sommet tourné vers l’intérieur de l’assiette une fleur bleue, un bleu de fleur de lys, avec une petite larme jaune qui s’échappe de la fleur bleue. Pour finaliser la guirlande extérieure, deux motifs de feuilles enrichissent la guirlande-dentelle, trois feuilles simples un peu arrondies viennent rendre hommage à la fleur de lys bleu de chaque côté. Avec plus bas pour combler le creux qui restent, des formes de fougères permettent de donner un joli mouvement pour finir.

Le lien entre la fleur et "l’assiette de table" est que la première ne se découvre qu’avant de remplir son assiette ou lorsqu’on a fini de manger dans l’assiette qui alors est bonne à laver. On dit alors qu’elle est sale. La fleur répond visiblement à un besoin qui est d’associer le bon et le beau, le second renforçant le premier, qu’on ne voit pourtant qu’avant de placer de la nourriture dedans. Ce pourrait être l’anticipation d’un plaisir pour la femme qui a mis la table et qui a plaisir à montrer de la belle vaisselle ou celle qui a une histoire ainsi que pour le convive qui aura tout mangé, sans rien laissé dans son assiette, pour avoir le plaisir de voir le fond. C'est "un ressort" qui fonctionne pour les enfants. Poiur lesadultes, j'en doute.

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

« L’assiette de mur », une dénomination qui n’existe pourtant pas, pourrait convenir à cette cette assiette. Elle ressemble en réalité plus à un tableau qui s’accrochait au mur grâce à un dispositif à trois branches, une forme de décoration de la cuisine qui n’est plus guère à la mode aujourd'hui, si ce n’est dans le cadre d’une collection...d’assiettes.

Ce billet s’inscrit dans un questionnement, sans réponse évidente « pourquoi avons-nous et pas seulement les femmes, tant besoin d’avoir, de voir des fleurs partout ? » Et cela depuis des siècles, une tendance allant croissante.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Cette assiette n'a pas non plus de source évidente. Je l'ai trouvé dans un vieux carton chez mes parents.

. Voir sur ce blog, trois billets qui parlent de fleurs…

http://www.elisabethpoulain.com/article-la-beaute-d-evidence-du-rose-de-printemps-des-fleurs-de-jardin-69853197.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie-en-exemple-oui-un.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie2.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Au Riz des Fritz, la BD de Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles

6 Décembre 2015, 11:47am

Publié par Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

 

« Au Ritz des Fritz » en commençant d'abord par l’auteur Nathalie Bodin. Elle est une jeune femme, créatrice et dessinatrice de bandes dessinées au trait singulier et à l’ambiance très particulière qui résultent à coup sûr de sa personnalité, de son choix du fusain pour restituer ce qu’elle veut dire et faire sentir et aussi forcément de l’histoire qu’elle a choisie entre mille autres possibles en ce moment. Elle se joue à chaque fois pour chaque composante, de plusieurs écrans, qui font d’elle un maître dans l’art de l’imbrication d’univers déjà complexes en eux-mêmes. Un peu comme un miroir qui se reflète dans un autre qui à son tour joue l’effet-miroir… comme un jeu aussi qui suscite très vite un sentiment d’oppression renforcé curieusement par la douceur enveloppante de ses différents gris du fusain, avec cette idée à la fin qui surgit comme une si triste constatation, que la cruauté humaine et la bêtise crasse sont décidément incommensurables. Cela n’est jamais dit avec des mots, car Nathalie a une grande finesse naturelle et sobre qui se ressentent dans ce qu’elle dessine, dit et exprime. 

Le titre « Au Ritz des Fritz ». Il intrigue forcément. Cela ne peut être en aucun cas un hasard, tant le titre doit en quelques mots seulement attirer le projecteur sur le livre en se concentrant sur l’essence de ce qui en est la matière, la chose imprimée, parmi  un foisonnement non chiffrable de nouvelles parutions en France, en Europe et aux Etats-Unis en particulier… sans même parler maintenant des autres sources. Il exprime en quelques mots l’essentiel du contenu en l’attribuant à l’auteur pour que le lecteur puisse à son tour venir à leur rencontre à tous deux, l’auteur et le livre, le livre et le lecteur. Tout se joue toujours à trois dans un mouvement perpétuel, avec en surimpression active, un autre trio de choc qui est constitué par le territoire, le temps et le hasard du télescopage.

Dans cette histoire inventée basée sur des faits réels, le lecteur va toujours retrouver ces trios d’acteurs. Le territoire concerne le pays, avec cette interrogation où sommes- nous ? En Allemagne ? Dans un pays en guerre contre l’Allemagne, ou dans un pays ami de l’Allemagne, qui laisse agir sur son territoire ces ennemis allemands comme s’ils détenaient une autorité légitime à exercer le pouvoir dans une prison, une parcelle du territoire américain, que seules autorités locales ou nationales peuvent exercer ? Le hasard, cette autre façon de nommer le télescopage d’univers aux valeurs incompatibles, pose cette question  « comment peut-on accepter cette situation incroyable ? » qui, on le verra, ne sera pas du seul fait des Etats-Unis, mais aussi d’autres nations, sous des formes diverses. C’est le temps, l’époque qui va justifier ces monstrueuses incongruités, au moment où la décision est prise : « mais pourquoi cette situation a-t-elle pu surgir à ces moments-là. »  

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

« Au Ritz des Fritz », le titre de la BD choisit de jouer la sonorité avec des mots courts. Fritz est une des dénominations péjoratives pour désigner les Allemands depuis les deux dernières guerres de 14-18 et 40-45 et l’Hôtel Ritz à Paris, Place Vendôme, n°15, possède la même sonorité finale. C’est un des plus grands hôtels du monde, qui avait été choisi par la Gestapo pour y établir son siège, pendant la Guerre de 1940-1945. On se doute bien pourtant qu’il ne va pas être question ici d’hostellerie de luxe d’aujourd’hui, ni de la Place Vendôme de Paris où l’hôtel est implanté, le lieu le plus chic et le plus significatif de l’univers de l’Hyper-Luxe emblématique de Paris dans le monde.

La couverture du livre éclaire le titre. On y voit des hommes de dos dont trois d’entre eux portent un blouson marqué de deux lettres PW, « Prisoner of War » parce qu’ils étaient les hôtes non volontaires de « war camps », des camps de guerre établis aux Etats-Unis même. Ils font le salut nazi devant le drapeau nazi fixé au grillage qui les retient dans cette prison, où flotte en dehors le drapeau américain gardé par un soldat US au-delà de la double clôture. Le héros, qui se tient en arrière et pour nous au premier plan près d’un mur, regarde cette scène à plusieurs plans séquences avec beaucoup d’attention. Le choix de ce dessin par Nathalie Bodin n’est évidemment pas anodin. On y distingue six plans-séquences qui montrent d’une façon très parlante, l’enfermement et l’utilisation optimale de l’espace dans ce choc d’univers autant physique que mentale. 

. Notons le mur de la baraque auquel est adossé le héros allemand, Danwarth W. Pabel, emprisonné dans une prison militaire américaine sur le sol américain, comme en témoigne le drapeau américain rouge à bandes blanches, avec les étoiles blanches sur fond bleu, à droite en haut du croquis. Il flotte fièrement au vent ;

. les cinq PW allemands qui font le salut nazi devant le drapeau allemand, qui éclate de force en rouge, noir et blanc sur le grillage ;

. la première ligne de grillage haut ;

. la seconde ligne qui établit un « no man’s land » entre les deux, pour empêcher ou ralentir les évasions. Les deux grillages fixés à des poteaux de bois, semble-t-il, sont dotés de « concertina », un doux nom qui visent ces retours obliques de grillage en haut vers l’intérieur pour freiner les projets d’évasion;

. le soldat américain de l’autre côté de cette double enceinte qui monte la garde face aux prisonniers presque à l’aplomb du drapeau américain rouge, bleu et blanc qui flotte au vent du haut de sa grande hampe. Il est facile à distinguer des prisonniers, il porte un fusil ;

. devant un baraquement vraisemblablement en bois, très fonctionnel issu de l’architecture militaire d’urgence de l’époque et qui s’est diffusé ensuite au plan mondial. Ce type de construction rapide a été utilisée indifféremment pour accueillir ces soldats US et leurs prisonniers de l’autre côté de cette double « frontière ». Bien évidemment l’aménagement intérieur changeait en fonction des personnes à accueillir. Avec au-dessus, le titre « Au Ritz des Fritz » écrit en gros caractères, avec de grosses tâches de sang rouge près de Ritz. Ces variations de rouge sont les seules couleurs de l’ouvrage.

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth PoulainAu Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth Poulain

On découvre ensuite l’histoire de ce résistant allemand, capturé en Normandie le 6 juin 1944 envoyé aux Etats-Unis, comme prisonnier de guerre. Parmi ces « Normandistes » étaient mêlés aussi bien de rares opposants à Hitler que Nathalie Bodin appele des " Démocrates" , comme Pabel, que des francs Nazis. Ce furent ces derniers qui prirent la gestion du camp en main, avec l’accord plus que tacite des autorités nord-américaines. Imaginez la vie que Pabel, vu comme un ennemi de l’intérieur par ses propres compatriotes, a pu mener…La BD raconte sa vie quotidienne au camp, entre l’incertitude concernant son destin et le sort de sa famille restée en Allemagne, le danger que représentaient pour lui les Nazis dotés de facto du pouvoir de régulation interne du camp, l’obligation de faire chaque jour le salut nazi aux militaires américains, à la demande des autorités américaines, comme s’il était de l’autre camp… !

La raison d’être de ces stalags américains aux Etats-Unis était d’ordre purement économique : le marché de l’emploi avait besoin de bras. Des travailleurs payés en bons d'achat étaient bien utiles pour faire les travaux que les salariés américains ne voulaient pas faire pour relever au plus vite l’économie. L’envoi de ces prisonniers de guerre aux Etats-Unis ne coutait rien dans la mesure où les soldats allemands étaient embarqués dans les navires américains qui repartaient à vide aux Etats-Unis, après avoir apporté des matériels et des matériaux en France tout particulièrement, sur la Côte normande.  Cette « solution » logistique, si pratique pour pallier les manques de bras, fut ensuite utilisée par les Alliés en Europe envers des hommes fichés comme Nazis pour effectuer des tâches dangereuses.

La BD se poursuit en montrant comment Pabel réussit à s’évader, avec un compagnon de misère, grâce à la solidarité de quelques-uns, et son arrivée à New York dans le quartier des expatriés allemands. C’est là qu’il put « fêter » le 8 mai, plus d'ailleurs la victoire des Alliés sur les Nazis que la capitulation de l’Allemagne qui lui fit venir les larmes aux yeux. Là aussi qu’il retrouva Cacilie, sa tendre amie qui ne l’avait pas oublié. Vint ensuite pour lui l’absolue nécessité de revenir au pays dans une Allemagne meurtrie, près de Darmstadt, pour retrouver sa tante en bonne santé et la maison familiale intacte…

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth PoulainAu Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth Poulain

« Au Ritz des Fritz », vous l’avez compris est le titre d’une histoire bouleversante d’autant plus qu’elle est tirée de la réalité, racontée par Nathalie Bodin d’une façon très sobre, sans pathos, avec ses dessins qui disent mieux et autrement que des mots. Les Ritz du titre ont été en réalité des stalags, des camps de prisonniers doublement enfermant, où les Fritz allemands du dedans étaient protégés à l'extérieur par les gardes militaires armés américains pour mater à l’intérieur des Démocrates allemands et les empêcher de s’enfuir pour ne pas périr sous la haine et la violence sadique de ces brutes déshumanisées. Cette opération, qui était justifiée par l’urgence de la reprise économique aux Etats-Unis…s’est inscrite dans une logique de guerre qui en France s’était traduit par des envois massifs de travailleurs français dans le cadre du STO, le Service du Travail Obligatoire. On comprend alors mieux le titre de l’ouvrage « Au Ritz des Fritz » ; cette histoire ne parle pas seulement des Allemands résistants face aux Nazis mais aussi peut-être de Français qui furent envoyés contre leur volonté aider l’Allemagne à continuer la guerre. Le choix dans le titre du siège de la Gestapo en France ne peut être une indication neutre.

Un grand merci à Nathalie Bodin pour cette BD qui traite non seulement d’un sujet hyper-sensible encore maintenant et qui porte aussi une grande part d’humanité, en posant ces questions fondamentales et sans réponse : Qu’en est-il du respect de la personne humaine face à l’intérêt économique et/ou à la volonté de vengeance ? Qui est l’ennemi ? Où est-il ? Que justifie la guerre ? Faut-il appliquer la loi du talion ? Ses dessins au fusain offrent cette particularité de renforcer l’ambiguïté de ces situations de guerre, en accentuant ce flou réel grâce à des nuances de gris, de grisé, d’infinies variétés de noir qui jouent avec des blancs tout aussi compliqués, dans des dessins, qui accentuent les lignes géométriques en faisant disparaître toute nature, la nature humaine de certains y comprise. Ses lignes structurent la présentation du camp, montré aussi dans des séquences courtes qui mettent l’accent sur des parties de ces paysages d’enfermement, avec des hommes en personnages et les constructions qu’ils ont érigées. Les séquences à New-York puis le retour du héros en Allemagne montrent une autre palette de la faculté de Nathalie Bodin à faire vivre des paysages et à restituer des atmosphères, comme l’a dit Arletty en 1938.                                                             

                                                                          *

Une fois n’est pas coutume, je voudrais terminer par la citation, que reproduit wikipedia, du général George S. Patton qui déclara dans son journal : « Je suis également opposé à l'envoi de prisonniers de guerre pour travailler comme esclaves dans les pays étrangers (en particulier, en France) où beaucoup mourront de faim ». Il nota également « Il est amusant de rappeler que nous avons combattu lors de la Révolution pour la défense des droits de l'homme et lors de la guerre civile pour abolir l'esclavage et nous sommes maintenant revenu sur ces deux principes. ». En note, figure la précision suivante, « le 12 octobre 1945, le New York Herald Tribune écrivit que les Français affamaient leurs prisonniers de guerre, et comparait leur maigreur à celle de ceux libérés du camp de concentration de Dachau ». Les prisonniers allemands furent obligés de travailler en particulier dans des mines de charbon et de nettoyer des champs de mines en France et aux Pays-Bas…

Au Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth PoulainAu Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth PoulainAu Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth Poulain

Au Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth Poulain

Pour suivre le chemin

. Nathalie Bodin, Au Ritz des Fritz, La Boîte à Bulles. L’ouvrage a bénéficié de l’aide de la SCAM et du CNL, à retrouver sur le site de l’éditeur sur http://www.la-boite-a-bulles.com/album-223-au-ritz-des-fritz  qui en présente quatre planches soit 8 pages. Pour des questions concernant l’ouvrage, vous adresser à vincent@la-boite-a-bulles.com  

. Retrouver les bases de l’univers de la BD sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_dessin%C3%A9e 

. Sur les doux noms attribués par les Français aux Allemands, « Les insultes envers les Allemands » sur http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/allemand3.html  ainsi que http://www.arte.tv/magazine/karambolage/fr/le-mot-boche-chleu-et-fritz-karambolage 

. Les palaces parisiens à voir dans un article de 2013 http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130718.OBS0178/a-qui-appartiennent-les-palaces-parisiens.html  

. Lire l’histoire du Ritz, anciennement Hôtel de Gramont au n° 15 de la Place Vendôme, la place la plus raffinée, l’emblème hyper-chic de la capitale française, dans une étude de wikipedia illustrée de photos de toute beauté sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Vend%C3%B4me  

. L’histoire mouvementée du Ritz, un des hôtels les plus prestigieux du monde et qui pourtant n’appartient pas à la liste restreinte des « palaces » les plus côtés… https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Ritz_(Paris)  

. Découvrir l’essentiel de cette dimension méconnue ou peu connue d’envois de prisonniers allemands de la Deuxième Guerre mondiale aux Etats-Unis pour servir de travailleurs forcés sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Prisonniers_de_guerre_allemands_aux_%C3%89tats-Unis  

. Lire aussi ce qu’a été le STO, le Service du Travail obligatoire de France vers l’Allemagne, d’abord sur la base du volontariat, puis ensuite sur réquisition, en tant que travailleur forcé en Allemagne, dans une étude très complète de wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Service_du_travail_obligatoire_(France)  

. Voir la situation dramatique de soldats allemands employés à la fin de la guerre en France à déminer des zones littéralement bourrées de mines devenues invisibles sur le littoral nord, dans le midi…et qui firent tant de victimes allemandes, à voir en anglais sur le site du Spiegel, le plus célèbre magazine allemand, dans un article récent du 25-08-2008.  http://www.spiegel.de/international/europe/france-s-deadly-mine-clearing-missions-surviving-german-pows-seek-compensation-a-574180.html  

. Photos EP issues de l’album, reproduites avec l’autorisation de la Bédéiste et de La Boîte à Bulles, son éditeur. Quant au texte, il n’engage que moi. S’y a des erreurs, elles sont de mon fait.

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Peinture sur verre, le jeune garçon, l’escalier, la maison, la fleur…

3 Décembre 2015, 16:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Peinture d'enfant, sur verre, vue par dessus, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture d'enfant, sur verre, vue par dessus, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il s’agit d’une peinture que l’on voit à l’envers, à travers le verre, de ce qui a été fait par le peintre qui devait avoir 9-10 ans à ce moment-là. Elle a été faite lors du temps scolaire, grâce à l’inventivité et la faculté de récupération de matériaux divers et variés de la directrice de l’école primaire du village. Elle cherchait toujours à optimiser son petit budget pour trouver du matériel pour les enfants. En classe de maternelle par exemple, les petits écoliers  dessinaient et peignaient sur l’envers de grandes feuilles de catalogues de papiers peints. Elles avaient un double avantage, avoir une bonne résistance à l’eau et fournir de l’espace au dessin, pour inciter les enfants à ne pas toujours voir petit –comme ils sont petits -  et autant que faire se pouvait, à prendre possession de ce grand espace.

Là, il s’agissait d’une expérience très intéressante, aussi bien pour les enfants plus grands, qui étaient alors en CP - en Classe Préparatoire - que pour l’instituteur qui avait ces élèves en charge. La Directrice  avait pu récupérer une série de plaques de verre particulièrement épais (0,6cm) et non coupant, qu’elle avait proposée à l’instituteur. Toutes les précautions avaient été prises pour fixer ces plaques aux tables et des mamans engagées bénévolement en plus, pour veiller au bon ordre pendant la ou les séances de peinture. Chaque enfant avait eu aussi le temps de penser à ce qu’il voulait dessiner, cette fois-ci sur une feuille de papier. Le dessin avait été ensuite été placé sous le verre pour fixer sur la plaque envers des beaux tracés de couleur noire à la fois fins en largeur et épais en hauteur. Ceci dans le but d’isoler chacune des couleurs, comme un vitrail. Le jeune garçon a pu alors poser la couleur spéciale verre, à l’intérieur de chaque espace, du mieux qu’il a pu, pour ne pas déborder à côté.

Peinture sur verre d'enfant, vue par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture sur verre d'enfant, vue par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Tout ce travail minutieux, qui n’était pas ni effaçable, ni améliorable après, s’est effectué sur l’envers, qu’il est devenu plus tard, alors qu'it était alors l’endroit pour travailler. J’ignore si les enfants ont eu du mal ou pas à comprendre cette complexité entre l’endroit et l’envers, l’un étant l’endroit pour le travail à faire qui devient ensuite l’envers derrière, quand la peinture sur verre est terminée. Et tout cela grâce à la magie de ce verre très épais, qui était déjà une rareté pour l’époque dans ce village de campagne situé au bord de la Loire, en Loire atlantique. On ne pouvait plus en acheter. Tout ce que je sais est qu’il faut beaucoup de mots pour exprimer ce passage des yeux et le travail du cerveau entre le dedans et le dehors, le dedans d’un moment qui devient dehors après et vice et versa. Quoi qu'il en soit, une sorte de magie se dégage réellement qui fait que ce verre est toujours là.

Peinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth PoulainPeinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth PoulainPeinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

Peinture sur verre d'enfant, détails en relief par dessous, le jeune garçon et l'escalier, Cl. Elisabeth Poulain

La composition découle me semble-t-il de l’ordre dans lequel s’est faite la création. Je pense que le jeune peintre a commencé par la maison qu’il a conçue à sa taille humaine, avec un contenu proprement étonnant qui est l’importance de l’escalier, qui monte presque jusqu’au premier étage. Et on le voit, lui, qui nous regarde avec ses deux yeux, son grand nez et ses grandes oreilles rondes. Dans le dessin, le personnage est presqu’au milieu. La couleur rouge-rose de l’intérieur de la maison indique l’importance qu’il attache à ce cœur d’attache. L’escalier file vers le coin gauche, couvert par un toit vert-jaune chauffé par le soleil qui rayonne très fortement en haut.

Trois niveaux horizontaux structurent cette composition avec un sol rouge plus foncé en bas, pour évoquer la terre, puis un vert jaune, à droite de la maison, qui marque le jardin où pousse cette énorme fleur aux pétales de couleur violette et au cœur du même vert jaune. Au-dessus règne, en maître incontesté, un ciel bleu turquoise, nimbé de trois nuages aussi violets que les pétales de fleur. Cette couleur violette est proprement intrigante, c’était aussi peut être la seule couleur forte qui puisse à la fois se démarquer du rouge de la maison et du bleu turquoise qui apparait derrière la fleur et des trois nuages. Quoiqu’il en soit, il y a là un vrai sens de la couleur.

L’étonnant est que le jeune garçon a réussi à montrer le mouvement, pour aller vers le haut, en regardant ceux qui le regardent, lui qui se détache, sans couleur, comme le cœur du soleil. Il n’en a tout simplement pas besoin. Et il s’est arrêté quand il a estimé que c’était bien. La question qui reste est de savoir si l'endroit n'est que l'envers de l'envers? En d'autres termes, la composition est-elle plus forte si le jeune garçon monte l'escalier en allant en haut  vers la gauche, ou vers la droite? Ce n'est pas pareil. Moi je préfère quand il monte vers la gauche tel qu'il s'est vu, lui, pas les autres...  

Pour suivre le chemin . De nombreux ateliers proposent des stages de peinture sur verre pour et par des enfants, sans piste particulièrede ma part  à vous donner.

. Clichés Elisabeth Poulain

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Le geste du paludier > La récolte du sel au marais salant > Guérande

1 Décembre 2015, 18:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

Marais salants guérandais, Ph-Nono-vif-wikipedia

Marais salants guérandais, Ph-Nono-vif-wikipedia

Le titre en commençant par la fin, pour planter le décor. Nous sommes dans un endroit,  peut-être pas unique en France  mais quand même si particulier, qu’à prononcer le nom de la principale ville auquel le marais est rattaché – il s’agit de Guérande – tous savent que c’est ici qu’on trouve des marais d’eau salée, qu’on appelle des marais salants pour bien mettre en valeur leurs fonction active de permettre la récolte de sel . Ils  couvrent en réalité une surface plus étendue que le seul pays Guérandais entre le coteau et la mer et sont également attachés à Batz sur Mer et au port de La Turballe, deux localités littorales, situées plus à l’Ouest. 

La raison en est que c’est là, dans cet endroit si particulier, mi-terre, mi-eau salée de la mer,  que se fait la récolte de sel de mer à la fin de l’été, quand le soleil a permis de sécher l’œillet. C’est un sel de mer à nulle autre pareille venant de l’Atlantique toute proche  dont l’eau de mer envahit le marais à chaque marée haute, à condition que l’écluse soit ouverte, bien sûr.  A condition aussi que la volonté du paludier  soit que l’eau remplisse les carrés, juste comme il faut en fonction du temps, mais pas quand il veut ramasser le sel avec son long râteau. C’est dire que le travail du paludier, son geste à la fois précis et puissant, dépend du soleil, de la pluie qui dilue l’eau salée et qui mouille les tas de sel à sécher et pourrait les dissoudre, si le paludier n’était pas vigilant.   

Ce sel qui s’appelle « le sel de Guérande » est un sel gris qui n’est pas traité  avant la mise en sac pour être ensuite vendu sous divers conditionnements dans différents canaux de distribution en France et à l’étranger. Cette absence revendiquée d’additifs, qui est vécue comme une fierté et la preuve d’un vrai savoir-faire, se traduit en contre-partie par un nombre impressionnant d’opérations qui permettront de procéder à la récolte du sel puis à sa préservation. Avant-même la phase de la récolte, il faut parler de la mise en forme et de l’entretien  des œillets, ces bassins de forme géométriques délimités par des petits chemins d’argile qui permettent au paludier d’accéder à la pièce d’eau, où va se faire l’évaporation de l’eau de mer pour ne garder que les cristaux de sel.

Guérande- vue du marais- Ph.Bréget-wikipedia

Guérande- vue du marais- Ph.Bréget-wikipedia

Parmi les opérations facilitées et ou exercées par le paludier, nommons l’acheminement de l’eau de mer jusque dans l’œillet, la surveillance de son niveau, l’efficacité du pouvoir de déshydratation du soleil et du vent pour faire émerger le sel. Ensuite viendra la phase de la récolte grâce au geste du paludier, puis le stockage du sel, qui se faisait avant sur place et qui tend maintenant à ne plus l’être pour préserver le tas de tout prélèvement nocturne, de ce « gros sel gris de Guérande ». Sans oublier surtout toujours l’entretien permanent du système de canaux liés finement entre eux…

Plusieurs fois par jour, à la belle saison, le paludier ou la paludière viendra tirer à soi le sel émergé grâce à ces grands râteaux de bois à très long manche. Il ou elle le placera ensuite dans une brouette qui sera déversée sur le tas un peu plus loin – le mulon – où va se poursuivre le séchage naturellement, à condition qu’il ne pleuve pas. Si non, il faudra le protéger par une bâche. La surveillance doublée d’une connaissance extrêmement sensible des interactions entre les éléments naturels, l’eau de la mer, l’eau de la pluie, la terre d’argile qui forme la base solide des œillets du marais salant, le vent pour permettre la cristallisation du sel… est au cœur du savoir-faire millénaire des paludiers. Un savoir-faire si précieux qu'il "s'exporte" lui aussi, en particulier en Afrique, pour assurer des compléments de ressources à des paysans du littoral qui apprennent les savoir-faire du paludier.     

Marais salants de Guérande, Oeillets, vus par Gwen-wikipedia

Marais salants de Guérande, Oeillets, vus par Gwen-wikipedia

C’est un travail très physique qui se double d’une attention permanente du site. Il faut en effet un nombre impressionnant d’aller-retours pour venir à pied d’œuvre pour optimiser la récolte, ne pas laisser mouiller le mulon et ensuite stocker ce sel à l’abri de l’eau. C’est cette connaissance-là issu de ce « jeu » en synergie avec les éléments naturels qui me semble fascinant. Mais il y a plus. Il y a une création d’un paysage entièrement façonné par la main humaine.  On se surprend à regarder autrement cette nature fragile remodelée pour obtenir du sel, un sel entièrement naturel, dans un site protégé, loin de la pollution des villes, sans machine, avec un râteau de bois et une brouette...Les hangars à sel de couleur noire sont les seules constructions autorisées dans ces sites hyper-protégés. Pour autant, au pourtour du marais,  l'urbanisation continue sa progression comme le montrent ces photos de marais, qui ne sont plus actifs, en allant vers Guérande, avec La Baule dans le lointain…

Il existe aussi une réelle inquiétude qui porte maintenant sur l’avènement des nouveaux risques littoraux. Beaucoup n’ont pas oublié les dégats d'importance causés par la tempête « Xynthia » qui avait pourtant épargné cette zone mais sévi en Vendée. Il y a maintenant la hausse prévisible du niveau des océans et donc un risque majeur pour le maintien de ces équilibres délicats entre la terre et la mer…dans cet endroit très sensible qui a gardé des traces de hauteurs d’eau beaucoup plus basses que de nos jours. C'est dire que le niveau s'est déjà considérablement élevé au cours des millénaires. Ce télescopage historique de temps très anciens et très longs confrontés avec nos temps courts et très rapides s’ajoute à ce travail mené en commun par la mer, avançant dans la terre avec l’Homme, pour produire le sel de Guérande…

Avec une dernière pirouette à mes yeux, qui est que je vous ai parlé depuis le début de ce billet de la partition de la mer rentrant dans la terre, alors que les cartes, comme celles de l’IGN, présentent le marais en bleu plus foncé que ne l’est l’océan pour bien souligner son caractère maritime actif. Peut-être est-ce aussi une façon de valoriser en bleu ce sel gris de Guérande et cet endroit si étonnant. La fascination pour les paysages du sel, n’a décidément pas fini de tracer son chemin…

Marais salants anciens de Guérande, proches de La Baule, Cl. Elisabeth Poulain Marais salants anciens de Guérande, proches de La Baule, Cl. Elisabeth Poulain
Marais salants anciens de Guérande, proches de La Baule, Cl. Elisabeth Poulain

Marais salants anciens de Guérande, proches de La Baule, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Apprendre vraiment beaucoup grâce à l’étude de wikipedia sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Marais_salants_de_Gu%C3%A9rande  

.Voir l’importance du marais guérandais en carte sur http://www.terredesel.com/fr/  

                                                                 *

. Retrouver le sel Le Guérandais sur http://www.leguerandais.fr/  

. La Coopérative de Producteurs de Sel de Guérande, Gros sel de Guérande, Gris Tradition, récolté à la main sur http://www.seldeguerande.fr/index.php  

. Terre de Sel, Pradel, 44350 Guérande dans un très beau site, beaucoup de belles photos et une très bonne carte sur http://www.terredesel.com/accueil/informations-pratiques/  

. Tradisel sur http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/export-ils-vendent-sel-guerande-au-japon-02-10-2014-162418  

. Voir la gamme culinaire extrêmement riche de sels aromatisés de Guérande de Pascal et Delphine Donini http://www.sel2guerande.com/prodarom.php  et... soyez patient pour la mise en ligne de tous les articles qu’ils doivent rédiger…Ils ont beaucoup de bonnes idées.  

. Sur les plantes tolérant le sel, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Salicorne  

. Les marais salants de Guérande dans une très bonne étude sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Marais_salants_de_Gu%C3%A9rande  

                                                                  *

. Le site de la Mairie sur http://www.ville-guerande.fr/  pour apprécier toute la diversité des activités proposées pour cette commune de 15 000 habitants  

. Le site de l’office du Tourisme, où l'accueil est particulièrement sympathique,  http://www.ot-guerande.fr/  

. Rendez-vous sur le site de Flickr pour admirer de très belles photos libres de droits de photographes professionnels de l’Office de Tourisme de Guérande https://www.flickr.com/photos/guerandetourisme/  

. Voir aussi le site de « Batz sur Mer » https://fr.wikipedia.org/wiki/Batz-sur-Mer#/media/File:Batz_marais_1.png  

. Et des photos très intéressantes sur http://laturballe.free.fr/laturballe/marais-salants-laturballe.html  

. Après tant d’informations, il est temps de faire la synthèse avec une très bonne étude http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/dossiers/d/geologie-route-sel-historique-geologie-alimentation-645/page/4/  

. Photos des contributeurs de wikipedia, avec mes remerciements; seuls les trois derniers clichés sont signés EP, mon appareil photo m'ayant lâché lachement en cours de balade...

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Ce que dit l’arbre sur la bouteille de vin & +, Regard sur la société

26 Novembre 2015, 18:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre à expliciter d’abord. Il s’agit dans ce billet de vous parler du lien qui est fait entre le vin  contenu dans la bouteille et la représentation de l’arbre sur cette bouteille. En d’autres termes, pourquoi est-il nécessaire et ou valorisant de faire figurer tout ou partie d’un arbre sur une bouteille de vin  - ou d’alcool d’ailleurs - mais forcément avec des différences et lesquelles ?

Les trois premiers éléments de base sont alors l’arbre, la bouteille et la société avec un jeu avec la nature du précieux liquide contenu dans la bouteille, un autre trio fondamental que constituent le vin, l’alcool et peut-être le parfum. Une jolie double problématique à aborder, forcément en connexion, en tournant autour « round around » pour voir ce qui va se passer en franchissant la frontière du dedans-dehors, entre le contenant et le contenu.

C’est l’extérieur qui commande le regard par lequel on pénètre à l’intérieur du contenant pour en ingérer le contenu ou le faire sien en le mettant sur la peau ou au plus près de la peau. Ce lien de profonde intimité est aussi une donnée fondamentale d’un produit à forte valeur symbolique. Mettre un bel arbre ou des feuilles vertes sur fond de ciel bleu léger, sur un paquet de lessive évoque au mieux le développement durable comme cela été le cas à la fin du second millénaire. Remarquons que cette forme de communication s’est usée en un cycle d’une petite vingtaine d’années, une durée qui était alors usuelle et qui tend maintenant franchement à se raccourcir en ces temps de changements rapides.

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth PoulainNos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

L’arbre. Il est un des éléments fondateurs du symbolisme de notre société. Rien que le nombre de pages – 7 pages en petits caractères - qui lui attribué dans le « Dictionnaire des Symboles » de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant le montre. Sa puissance d’ancrage dans la terre dont les racines peuvent aller profondément dans le sol pour chercher l’eau et développer un système racinaires extrêmement sophistiqué de fondations pour pouvoir développer ses ramures aériennes sans être couché à terre par le vent.

Sa durée de vie peut atteindre pour certaines espèces le millénaire, même dans des conditions difficiles. Son feuillage offrir une diversité sans pareil. Il est encore maintenant un auxiliaire de vie chez qui tout est bon, le bois pour bâtir, tenir chaud grâce au feu, les feuilles pour faire de l’ombre et nourrir le bétail, faire du compost pour enrichit la terre, les fruits pour nourrir hommes et bêtes, couper le vent, régénérer l’air… Il est un symbole de vie étonnamment puissant, comme le chantait Georges Brassens « auprès de mon arbre, je vivais heureux… » La vigne, pour sa part, est aussi un puissant symbole de vie, connu également depuis l’Antiquité pour sa longévité. C’était « un arbre sacré » aux yeux des Egyptiens.

La vigne est aussi pour les Chrétiens une plante d’origine divine, comme on peut le constater encore aujourd’hui dans des églises anciennes sur les colonnes des retables qui se situent en arrière au-dessus de l’autel. La plus grande attention portée à la culture la plus naturelle possible de la vigne en préservant la terre d’intrants qui cassent ses forces vives renforce l’attention et le respect que méritent la plante en tant que telle et la vigne elle-même.

Désormais après des années d’errements, le vigneron montre ses vignes et fait goûter ses vins. Il rétablit ainsi le lien avec la terre, l’air et la nature, où règnent l’herbe et l’arbre, qui chacun à sa façon tient sa partition. L’herbe pour préserver la terre d’une grande chaleur ou de ruissellement trop fort ; l’arbre pour garder une hygrométrie stable et protéger la vigne des vents du Nord tout particulièrement...

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

Nos Racines-Bordeaux rouge-Famille Raymond-Cl. Elisabeth Poulain

La présence de l’arbre, d’un arbre d’ailleurs au singulier, suffit sur l’étiquette à prouver encore plus l’attachement à la terre nourricière, à la vigne et au vin. En fait elle montre que avons dépassé, au niveau de la communication,  la mise en lumière des principes du respect dû à la terre, au vin et aux amateurs qui le dégustent. Il s’agit maintenant de montrer la puissance de la vigne à l’égal ou presque de l’arbre. Un très bon exemple est celui de « Nos racines », ce Bordeaux rouge, un vin biologique de 2013, de la Famille Raymond et de Marc Veyrat dont le nom est cité sur la contre-étiquette, car il "accompagne la démarche... et recommande la gamme Nos Racines"   .

Sur l’étiquette, on voit un arbre à l’envers, avec la vigne en partie aérienne, supérieure, qui vient d’être taillée avec ses cinq rameaux courts, comme s’ils étaient de grosses racines, tandis que son réseau racinaire bien dense se déploie en dessous dans la terre, comme s’il était un arbre. Le trouble vient de ce que la démarcation entre l’air et la terre n'est pas indiquée et que les deux visions sont presque aussi parfaites. Je dis 'presque' parce que la vision présentée sur l’étiquette –vigne en haut et arbre en bas – est plus forte que l’inverse. On admire le travail de l’artiste, sans que celui-ci d'ailleurs soit nommé ; il s’agit alors vraisemblablement d’un choix dans une série déjà faite.

La société Nicolas a repris l’idée récemment en format « affiche » insérée dans les panneaux urbains, dans un autre style, plus doux, moins affirmé et moins fort. Il y a l'idée déclinée cette fois-ci avec une bouteille-arbre  mais sans le graphisme épuré et sans le choc frontal de couleur noir brillant sur fond blanc mat . En 2015, Nicolas fait en effet valoir qu' "il y a tant à découvrir ", une formule peu impactante mais qui a au moins le mérite de respecter la réglementation. En effet la mention  " vin biologique" figure en mention basse sur l'étiquette de la Famille Raymond, alors qu'il n'est toujours pas défini légalement, seule la culture biologique l'est.  Chez Nicolas, c'est le dessin aussi et la couleur rouge qui attirent l'attention, avec le regret pourtant que seuls les vins rouges soient visés. Que fait-on pour les Blancs?...La publicité est décidément vraiment un art difficile, comme la vie d'ailleurs...Retenons aussi cette image de la bouteille, qui est plus qu'un simple contenant. C'est aussi un symbole.  

                                                                              *

Pour suivre le chemin

. Nos racines, Famille Raymond, Bordeaux rouge 2013, Vin biologique, mis en bouteille par RAYMOND VFI AF-33540

. La Famille Raymond sur http://www.sommeliers-international.com/fr/Portraits-de-vignerons/vignobles-raymond-la-releve-est-assuree.aspx  

. Marc Veyrat qui «… accompagne et recommande toute la gamme ‘Nos racines’… » voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Veyrat  

. L’histoire de la vigne et du vin sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_vigne_et_du_vin  

. La vigne pour les Chrétiens, sur https://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-jean/3278-chapitre-15

. Clichés Elisabeth Poulain  

La bouteille-racines-Nicolas-Panonceau urbain-2015-Cl. Elisabeth Poulain

La bouteille-racines-Nicolas-Panonceau urbain-2015-Cl. Elisabeth Poulain

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Des fleurs à foison, Une petite nappe alsacienne, Impressions textiles

24 Novembre 2015, 15:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Petite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl1-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl1-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl1-2. Elisabeth Poulain

Petite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl1-2. Elisabeth Poulain

Quelques explications sur le titre. Il s’agit dans ce billet de montrer combien les fleurs saturent nos yeux et nos têtes au point de devoir se poser la question : mais pourquoi tant de fleurs ? Pourquoi avons-nous besoin de voir des fleurs partout, dans nos vies, en dehors de celles qui sont plantées en ville ou qui poussent naturellement à la campagne, en commençant par celles qui ornent des tissus. Des fleurs en veux-tu, en voilà. N’en jetez plus, tant il y en a. La difficulté est d’établir une hiérarchie, comme s’il y avait un début à cette histoire. Promis, je ne vais pas commencer par les tapisseries mille fleurs qui ornaient les murs si froids des châteaux, ou les tapis qui isolaient les pieds du froid glacial des sols de pierre. On va commencer petit, plus modestement et plus tard et surtout sans chercher à établir une chronologie.

C’était l’époque - il y a un peu moins d’un siècle - où on ne jetait pas les draps de lit un peu usés. On rapiéçait s’il le fallait l’endroit usé, quitte à le faire plusieurs fois. Il arrivait aussi un moment où il fallait faire l’inverse. Une toile solide, certes usée en son milieu sous le poids du corps, mais encore bonne sur les côtés, ne se jetait pas. Il fallait alors découper ce qui était encore bon dans un drap, pour récupérer des morceaux du pourtour pour les destiner à d’autres usages. Toute bonne ménagère savait mettre en application une hiérarchie des tissus usés. Garder les parties les plus usées pour en faire des torchons par exemple, utiliser au contraire les bonnes pièces pour en faire des taies d’oreiller, des petites nappes… faisaient partie des devoirs d’une bonne maîtresse de maison. C’est visiblement le cas de ce morceau de tissus.

Il s’agit d’une petite nappe. On ne peut guère vraiment parler d’un napperon qu’avait brodé cette demoiselle en la première moitié du XXe siècle. D’un torchon non plus, pour lequel broder des fleurs n’aurait pas eu de sens. Quoi qu’il en soit, la brodeuse a conçu son presque carré de 66 cm sur 68,5cm de façon symétrique pour deux côtés et dissymétrique pour l‘ensemble.
 

Petite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth Poulain
Petite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth PoulainPetite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth Poulain

Petite nappe alsacienne brodée avec des fleurs, début du XXe siècle, Cl2-2. Elisabeth Poulain

. Deux des côtés jointifs sont en effet ornés de quatre petites fleurs identiques, dont seule la couleur varie. On y trouve du rouge, du rose, du jaune, du bleu pour la fleur identique. Le feuillage est forcément vert, un vert clair, et les tiges un vert jaune, qui montre une volonté de recherche de finesse. On peut aussi supposer que la brodeuse avait aussi quelque écheveau de cette teinte en sa possession.

. Dans le coin opposé, une fleur rouge se trouve isolée. C’est elle qui fait face à ses sœurs de l’autre côté. Elle structure l’ensemble, en guidant le regard comme autant de rayons. Elle n’en est pas sur-brodée pour autant. On aurait pu l’imaginer. Elle ne fait pas la fière et garde, comme les autres, une grande simplicité faite de modestie. Le dessin est simple. La tige principale porte la fleur épanouie elle-même, avec une grande feuille sur le côté droit vers le bas, une feuille à moitié faite sur le côté gauche, puis une autre tige plus haute partant vers la droite avec à son bout un bouton peu formé. Le rendu est plus fait d’application précise et patiente, avec des tout petits points, comme on le voit sur l’envers, que de franche réussite artistique tenant au dessin ou à l’appariement des couleurs. La dame a mis tout son cœur a bien faire, quelque fut le temps qu’elle y a passé.

Les points font aussi partie des broderies de base. C’est le point de chaînette qui est utilisé pour les fleurs et le feuillage et le point de feston en fil marron qui termine l’ouvrage. Comme toujours dans une broderie, il faut regarder l’envers pour apprécier l’endroit. La brodeuse appliquée a travaillé avec beaucoup de soin, tant les points sont fins et de petite taille. La volonté de réaliser un travail soigné, malgré la simplicité visible, se voit aussi aux points d’arrêt qui ressemblent à des boutons. On pourrait imaginer la petite nappe posée sur un meuble d’angle, avec la fleur unique dépassant le socle et les deux rangées jointives dans l’angle opposé avec cette fois-ci les fleurs visibles sur le dessus. Il y a forcément une explication à cette disposition.

Quoi qu’il en soit, ce travail de broderie a eu un sens important pour la dame qui l’a précieusement gardé dans son armoire…Ce sont ses héritiers qui l’ont trouvé soigneusement plié et protégé dans un autre tissus dans l’armoire à linge de sa maison quelque part dans le département du Haut-Rhin…

 

Pour suivre le chemin

. Voir la photo de deux femmes de la famille alsacienne Finitzer prise en 1915 et publiée par Régis Finitzer sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Famille_finitzer_1915.jpg  

.Retrouver la culture alsacienne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_alsacienne  

. Découvrir un tissu très particulier, le kelsh d’Alsace https://fr.wikipedia.org/wiki/Kelsch_d%27Alsace  

. Clichés Elisabeth Poulain

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L’Arbre vu par une petite fille de CE1 > Analyse d’un paysage d’enfant

19 Novembre 2015, 16:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Arbre et fleur, sur une baguette de bois, 5,1cm x 2,8 cm, dessin de petite fille, Cl. Elisabeth Poulain

Arbre et fleur, sur une baguette de bois, 5,1cm x 2,8 cm, dessin de petite fille, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre en commençant par la petite fille d’abord. Elle devait être alors âgée de 6-7 ans environ, à son entrée au CE1, c’est-à-dire au Cours Elémentaire de Ière année en France, quand elle a dessiné cet arbre qui mesure 1,3 cm de hauteur et de largeur.

Pour mieux structurer sa composition, elle a créé une ligne de sol qu’elle a renforcée en noir pour bien marquer la différence entre l’assise solide qu’elle a coloriée en vert et le paysage d’une prairie qui aurait eu horreur du vide figuré en jaune, qui était à l’origine la couleur de l’ensemble. On y voit des petits bâtons noirs verticaux aussi qui doivent représenter des buissons, des touffes d’herbe…

L’arbre. Il a deux particularités. La première est qu’il a un gros tronc marron dont on voit les grosses branches se poursuivre en haut dans la ramure. La seconde vient de la forme ronde de l’ensemble des feuilles qui pourrait représenter la sphère céleste.

Le vert choisi est identique à celui du bas. La raison en est vraisemblablement que l’enfant n’avait à sa disposition qu’un seul crayon vert. L’arbre a été placé plutôt à gauche du dessin, pour laisser la place à une grosse fleur orangée (0,7 cm de largeur sur 0,5 de hauteur) à quatre pétales et deux feuilles, petite sur le dessin mais vraiment énorme par rapport à l’arbre.

La surprise vient du ciel noir au-dessus de la prairie. Il est si fort qu’il parvient presque à couvrir le haut de l’arbre. Les traits - cette fois-ci- horizontaux cherchent à cacher, sans y réussir tout à fait, le ciel qui figure au-dessus de la composition.

La synthèse de la composition. La structure est donnée par ce paysage en trois bandes horizontales d’un morceau de bois, long de 5,1cm sur 2,8 cm environ de largeur, qui apparait encore plus étroit du fait de l’arrondi de cette « moulure de finition » qu’on achète dans des grandes surfaces de bricolage. Les couleurs sont le jaune, le vert et le noir à égalité, l’orange et pour finir le brun clair.

Une question demeure ; elle porte sur le type d’arbre représenté. Une hypothèse pourrait être qu’il s’agit d’un tilleul planté à la fin du XIXe siècle. Il y en avait un très beau dans la cour de l'école primaire. Et l’impression ressentie de cette vraie création artistique spontanée d’une petite fille est forte, surtout dans un si petit espace.

 

Arbre et fleur, sur une baguette de bois, 5,1cm x 2,8 cm, dessin de petite fille, Cl. Elisabeth Poulain

Arbre et fleur, sur une baguette de bois, 5,1cm x 2,8 cm, dessin de petite fille, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Aller à la rencontre de l’arbre dans le blog vraiment intéressant de « Formes Vives », un atelier de Citoyens-Graphiques, implanté à Strasbourg, avec Adrien Zammit aux commandes du clavier, sur http://www.formes-vives.org/blog/index.php?2007/07/14/38-la-fete-nationale-de-quoi

. La ramure d’un arbre à retrouver dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_arbres  

. Toujours wikipedia avec un choix étendu sur la symbolique de l’arbre, les liens avec la liberté en particulier https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_de_la_libert%C3%A9  

. Photos Elisabeth Poulain

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La France en Bleu-Blanc-Rouge > Les trois couleurs du drapeau français

16 Novembre 2015, 15:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les drapeaux de la France-bleu-blanc-rouge et de l'Union européenne-bleu-étoiles, Cl. Elisabeth Poulain

Les drapeaux de la France-bleu-blanc-rouge et de l'Union européenne-bleu-étoiles, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il commence par la France et se termine par l’adjectif dérivé « français » accolé au drapeau. C’est évidemment une redite volontaire de ma part, pour rappeler où nous sommes, en 2015,  en ce moment actuel de notre longue histoire pour parler de l’importance de ce  symbole de la France dans des périodes troublées, comme actuellement.

Le drapeau bleu-blanc-rouge à bandes horizontales est notre représentation, celle de la France. Il ne peut pas être copié. Par contre, comme tout élément symbolique fondamental, sa longue histoire influence à son tour d’autres, en un mouvement continu. Le pays change, son histoire s’enrichit de nouveaux développements et de nouvelles interprétations du passé et le drapeau à son tour se charge d’un poids encore plus fort. Et cela bien sûr en interaction avec les autres, les autres pays, les autres personnes, leurs histoires… dans un mouvement perpétuel entre les territoires, les personnes et le temps.

Les synonymes de drapeau sont nombreux sans en avoir pourtant ni la portée symbolique ni la force.  On peut parler de « banderole, de bannière, couleurs, d’enseigne, d’étendard, de fanion… », selon le Dictionnaire des Synonymes. Pourtant on n’imagine pas d’utiliser le terme de « banderole » tant ce serait faire atteinte au respect que l’on doit avoir pour le drapeau. C’est aussi un des rares mots qui n’a pas de contraire. C’est ce qu’on peut constater dans le dictionnaire cité.

La France, ses emblèmes, le drapeau, la mairie, Vallée du Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

La France, ses emblèmes, le drapeau, la mairie, Vallée du Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

Le drapeau français aux trois couleurs, bleu, blanc et rouge. Il est le fruit d’une longue histoire, commencée officiellement en 1789 – d’où sa dénomination de drapeau révolutionnaire - où le bleu et le rouge représentaient Paris, alors que le blanc était traditionnellement la couleur de la Royauté. Il a été officiellement adopté au titre de drapeau de la France en 1794. Il est devenu par ailleurs aussi en 1812 le drapeau officiel des Armées. Il est signe d’unité par-delà le temps qui passe et exerce un rôle majeur et inégalé d’adhésion aux valeurs fondamentales de la France qui sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Ces trois couleurs associées aux trois valeurs forment l’identité française la plus significativement forte, visuellement incarnée par le drapeau français, qui a été mis en berne sur tous les monuments officiels de la France. Elles ont été reprises en Europe et dans le monde pour éclairer des monuments iconiques représentatifs d’un pays. Cela a été le cas en Allemagne, à Berlin pour la Porte de Brandebourg…Des marques de solidarité qui font chaud au cœur. Un grand merci aussi aux contributeurs de wikipedia…

Pray for Paris-Berlin-Brandenburger-Tor-aux-couleurs-de-la-France-wikipedia-hansjürgend2013-VielenDank

Pray for Paris-Berlin-Brandenburger-Tor-aux-couleurs-de-la-France-wikipedia-hansjürgend2013-VielenDank

Pour suivre le chemin

. Retrouver le drapeau français sur le site du Président de la République http://www.elysee.fr/la-presidence/le-drapeau-francais  ainsi que la devise http://www.elysee.fr/la-presidence/liberte-egalite-fraternite/  

. Une très longue étude du drapeau français à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France#/media/File:Eug%C3%A8ne_Delacroix_-_La_libert%C3%A9_guidant_le_peuple.jpg  

. Les couleurs de la France utilisées sur des monuments étrangers, en hommage aux victimes parisiennes, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France  

 

. On peut voir aussi l’article dédié aux drapeaux sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau  

. On peut consulter aussi http://www.drapeaux.pro/  ainsi que les origines du drapeau sur http://drapeaufree.free.fr/HISTORIQUE/origines.htm  

. L’origine latine du drapeau sur http://www.eurodrapeau.com/drapeau/drapeau-couleurs-symboles.php 

 

. Dictionnaire de Synonymes et Contraires d’Henri Bertaud du Chazaud, le Robert, Les Usuels . Etonnamment, le Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Collection Bouquins, Robert Laffont/Jupiter, ne cite pas le drapeau dans leurs symboles. Une raison pourrait être qu’il s’agit d’un symbole construit volontairement par un pouvoir politique et non pas secrété par la société civile.

. Photos, Cl. Elisabeth Poulain-Hans Jürgen2013 sur wikipedia pour la BrandeburgerTor dans l’article cité sur les attentats du 13.11.2015

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1915-2015, la guerre et la vie qui continue-2-L’Illustration 13-11-1915

13 Novembre 2015, 16:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

Annonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth PoulainAnnonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

Annonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

Il y a cent ans exactement, en cette seconde année de la guerre, sortait ce numéro de l’Illustration. C’est le n° 3793 en sa 73è année, qui annonçait sur sa couverture « Le Nouveau Ministère en Conseil… ainsi que les planches 105 à 108 du Tableau d’Honneur de la Guerre ». Comprenez les soldats morts à la guerre, avec leur photo, leur nom, leur grade et un texte qui récapitule leurs mérites. Ce numéro exceptionnellement compte une femme dans ces 107 personnes citées dans les  planches 105, 106, 107 et 108. Il s’agit de Mme Waidmann, née Clémentine Boudet (cit.), avec le texte suivant : « Attachée à l’hôpital auxiliaire de l’Union des femmes de France à Remiremont, depuis le début de la guerre, n’a cessé  de prodiguer ses soins aux blessés de cet hôpital  avec le plus grand dévouement, y joignant une action morale très remarquée. A contracté à leur chevet une affection à laquelle elle a succombé après avoir donné  un bel exemple de courage et d’abnégation. »  

L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain

C’est le moment où la guerre en Serbie bat son plein. Une grande carte centrale sur les deux pages permet de voir « le terrain des opérations des forces alliés en Serbie » et en Bulgarie à la frontière avec la Grèce. Des photos montrent des paysages de montagne entrecoupés de gorges profondes au fond desquels coule le Vardar dans le Défilé de Demir Kapou (p. 508). Juste en dessous de cette photo, on peut voir le campement des zouaves français bien habillés, en tenue, près de la gare de Guevgueil. En vis-à-vis sur l’autre page, on découvre 6 G.V.C. serbes sur la ligne du Vardar. Les GVC sont des gardes des voies de communication.

Illustration 13.11.1915, le transport du G. Marchand, blessé,  CL Elisabeth Poulain

Illustration 13.11.1915, le transport du G. Marchand, blessé, CL Elisabeth Poulain

« Un épisode de la bataille de Champagne » figure en double page du milieu. C’est un dessin de G. Scott, « composé sur les lieux même d’après les renseignements concordant de plusieurs témoins, au transport de l’intrépide Général Marchand, grièvement blessé vers l’arrière ». On y voit le blessé porté sur un brancard par quatre hommes sous la pluie. Le texte suivant accompagne le dessin « Porté par un officier, le lieutenant A. et trois brancardiers, le Général Marchand très pâle, était étendu, la tête découverte. Sur la route, les soldats blessés saluaient. Des spahis passent ; on entend un commandement : « Sabre à la main ! » Les spahis se rangent, font face, tandis qu’un officier supérieur s’approche et salue longuement du sabre. Mais une main se dégage du manteau et se tend, large, ouverte, au colonel P. de T. qui la serre. Puis le défilé des spahis continue… Récit d’un soldat colonial. ».

On peut lire ensuite des articles sur la situation en Roumanie, la présence du général Gouraud en Italie, la 66e semaine de guerre, les mutilés de la guerre en apprentissage, le Canal de Panama obstrué…avec aussi une photo très étonnante où l’on découvre ce qu’est un haut- fourneau français de cette époque. C’était une galerie creusée sous le camp ennemi dans laquelle étaient placés des explosifs pour faire sauter leur position du dessous.

L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain   L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain   L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, contrairement à hier où nous avons découvert quelques articles et annonces parus dans l’hebdomadaire du 6 novembre, avec une réclame au début et une autre à la fin, j’ai choisi pour ce numéro de mettre les deux annonces à la fin, avec aussi un cliché montrant l'impact de l'explosion d'un haut-fourneau français.

J'ai fait une autre exception en présentant d'abord les annonces pour un stylo anglais, au regard de l'importance qu'avait le courrier envoyé par les soldats du Front à leur famille restée en arrière. Il y a ensuite l’annonce Rasurel qui se trouve au début du magazine sur une pleine page. Imaginez l'impact que pouvait avoir ce sous-vêtement qui gardait la chaleur pour des familles qui savaient que la vie là-bas devait être si dure. Suit l'annonce pour Phoscao, en Alsace, une spécialité française…en vous laissant découvrir qui franchit la frontière allemande en premier, le soldat français venu délivrer la province ou l’avenante jeune Alsacienne ?

Pour suivre le chemin

. Voir aussi l'article d'hier sur L'Illustration du 6.11.1915 sur ce blog

. Retrouver ce numéro de L'Illustration en date du 13.11.1915, avec peut être plus de chance que s'il s'agissait d el'année 1914 ou 1918....

. Lire la Campagne de Serbie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Serbie  

. Trouver des informations sur les G.V.C. français –et non pas serbes – sur http://gvc.14-18.pagesperso-orange.fr/Histoire/Histoire191407Amobilisation.html  

. Voir la guerre des mines sur http://souterrains.vestiges.free.fr/spip.php?article5  avec des photos et des textes très éclairants, où l’auteur vous explique comment les Français creusaient des souterrains sous les tranchées allemandes pour y placer des bombes, avec aussi une photo de l’Illustration du 20.03.1915.

. Photos Elisabeth Poulain 

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