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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Bestiaire de la pub > Le chat & la souris > Castorama & Liberty surf

21 Octobre 2015, 15:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.1/3 Elisabeth Poulain

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.1/3 Elisabeth Poulain


Une précision d’abord. Il s’agit d’une publicité conjointe de Castorama, la marque bien connue aux couleurs bleue et jaune, qui s’est associée avec Liberty Surf dont le nom ressort en rouge et blanc. Pour concilier les deux partenaires d’alors, la couleur du fond du visuel a été un vert jaune, franchement curieux, peut- être pour surprendre, avec cette photo minimaliste du chat et de la « souris ».

A tout seigneur, tout honneur, le félin d’abord au regard vert perçant. Il a ceci de particulier qu’il est à la fois très attentif, très distant et pas souriant du tout. Visiblement, le choix n’a pas été de choisir un chat de race, mais un de ceux que l’on qualifie « de gouttière » pour dire que c’est chat courant, à petite tête, à poitrail et museau blancs.

Quant à la souris, vous l’avez deviné, elle n’a rien d’une petite quatre pattes à longue queue, une des proies favorites de nos chers matous. Celle-là est blanche de blanche avec une si longue queue qu’en principe on peut faire des choses avec. Ici et c’est la touche d’humour, le fil de la souris n’est pas branché. La raison en est qu’à l’époque c’est Casto qui offrait gratuitement l’accès à Internet.

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.3/3 Elisabeth Poulain

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.3/3 Elisabeth Poulain

15 ans après environ, le lien à Internet est tellement fort qu’on a du mal désormais à se souvenir de cette époque de transition, où parler de souris ne faisait plus référence au chat. Les associer par le biais de la publicité avec une bonne photo de chat semblait une idée intéressante. Surtout si on se rappelle un mini-évènement de la vie politique française, en 1996 quand le Président de République d’alors, Jacques Chirac s’était enquis lors d’une inauguration officielle pour savoir ce qu’était donc « ce mulot ». C’est maintenant qu’on pourrait se tourner vers son voisin pour savoir pourquoi, diable, on évoque un mulot.

L'époque était importante; le passage à l'an 2000 soulevait beaucoup d'espoir . Cet affichage était accroché aux caddys, un véhicule poussé à la main par les clients des grandes surfaces. Ce type de publicité sur roues, a été très à la mode à la fin du siècle dernier. Une fausse bonne idée  qui a tourné court très vite, pour des raisons multiples. A savoir, l’importance du travail d’accrochage et de décrochage de ces panneaux sur les chariots par le personnel des grandes surfaces, les dégradations faites, la disparition nocturne et pendant les week-ends des réglettes qui permettaient de fixer ces panneaux doubles à la barre d’avant, sans compter celle aussi de ces panneaux en plastique fort, pour des raisons diverses et variées...

Ce visuel est un des premiers essais d’humour numérique « à la française », qui vraisemblablement, ne laissera pas un grand souvenir dans l’histoire de la communication du XXIe siècle. Retenons toutefois qu’il faut savoir toujours essayer de faire du nouveau et la force du regard de ce jeune chat, qui s'impose à vous, une fois que vous l'avez vu.Vous ne l'oubliez pas.

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Le chat-&-la souris-Pub Castorama-Libertysurf-vers 2000, Cl.2/3 Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. C’est un visuel produit par l’agence Callegari Berville, Paris

. Retrouver Jacques Chirac dans ses relations avec le mulot sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac_(Les_Guignols_de_l%27info)  

. La souris d’ordinateur, beaucoup moins drôle, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris_(informatique)  

. Castorama et Libertysurf étaient membres du même groupe financier chapeauté par Kingfisher en l’an 2000, voir http://www.strategies.fr/articles/r57306W/liberty-surf-entame-la-deuxieme-phase-de-sa-communication.html  

En 2015, Castorama est toujours là et Liberty Surf a disparu des écrans.

. Photos Elisabeth Poulain

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« Don’t forget Maastricht », une publicité KLM excel, Colors 08-09-98

16 Octobre 2015, 17:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel de KLM excel d’août-septembre 1998. Il porte en couverture un mobil-home américain qui s’est écrasé sur une voiture, sous l’effet d’une tornade, vraisemblablement, dans une terre sans propriétaire comme le permet la loi des Etats-Unis, ce qui n’est possible en France. Il est vrai que Colors se définit comme « The magazine of the rest of the world ». Pourtant, ce n'est pas de son contenu pourtant très intéressant dont je vais vous parler. Mais d’une publicité pleine page située  en page 87. C’est un visuel grand public qui a été conçu en production maison, par la société conjointe KLM exel dont le siège était justement … à Maastricht. Je suis quasiment sûre que vous l'aviez deviné. La ville a aussi pour avantage majeure d'être située aux Pays-Bas, un pays franchement européen par tempérament et par son histoire.   

                                                                          *                       

D'abord le visuel. Il est remarquable de simplicité et d’efficacité qui sont deux qualités distinctes en matière publicitaire. La simplicité vient de la composition, avec seulement trois éléments qui sont le cygne blanc, le fond d’un bleu ciel fabuleux et le texte de trois lignes  qui se détache en blanc sur bleu.

. Le cygne blanc au bec rouge et noir. Sa posture est plus que gracieuse, on sait qu’il avance grâce aux petites rides sur l’eau que forment ses pattes palmées, sous l’eau. Son long cou est doucement incurvé de sorte que son bec bicolore rouge et noir  semble viser la tête de son petit qu’elle promène délicatement niché entre ses grandes ailes. Elle garde ainsi un œil sur lui, tant qu’il est trop petit pour se débrouiller seul. Les ailes repliées de la mère oie lui font un berceau qui le coupe du froid. Quant à elle, elle vit le plus souvent en couple qui reste soudé. Ce cocooning, cette fidélité… complétés par la symbolique du cygne, gage de noblesse propriétaire de la terre, complètent cette photo sans parole. Tous de comprendre qu’on est bien à Maastricht. C’est d’ailleurs ce que vous dit le texte : “ If you are planning to see the world  … don’t forget Maastricht.

.  Le texte vous rappelle que Maastricht est une des villes les plus anciennes des Pays-Bas, « full of young people who know how to enjoy life ... » qui a quelque chose pour chacun, « whether you like outdoor cafe society, sitting in a leafy square discussing world affair, exploring antique… Explore our turbulent past in the historic architecture on cobbled streets and city fortifications ».

Aujourd'hui Il y a aussi un autre sens à cette injonction  de ne pas oublier Maastricht, celle qui nous rappelle à tous les fameux accords de Maastricht qui ont fait connaître cette ville de 120 000 habitants aujourd’hui au niveau mondial. Oui, n’oublions pas Maastricht. C’est vraiment le moment.    

Pour suivre le chemin

. Le volatile sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cygne, en symbolique héraldique voir  https://fr.wikipedia.org/wiki/Cygne_(h%C3%A9raldique)

. Pour retrouver la ville de Maastricht,  en Limbourg sur la Meuse à la frontière avec la Belgique, http://www.maastrichtportal.nl/home.html?lang=2

. Pour rafraîchir ses connaissances sur le traité de Maastricht qui a véritablement fondé l’Union européenne,  retrouver les fondamentaux sur   https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_l%27Union_europ%C3%A9enne    

. Photo Elisabeth Poulain pour le cygne, wikipedia pour les autres                        

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

Enceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipediaEnceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipedia
Enceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipediaEnceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipedia

Enceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipedia

                                                                        **

Maintenant quelques mots sur Colors ou  un peu plus . Ce magazine est un OVNI de la presse magazine, dont les fondateurs en 1991 ont été Oliveiro Toscani, Karrie Jacobs et Tibor Kalman.

. Oliveiro Toscani est certainement le plus célèbre des trois. Directeur artistique de Benetton, il a été en effet le photographe qui a créé et porté l’image de Benetton au niveau mondial et ceci pendant des années. Il s’agissait pour l’entreprise italienne de pull-overs de poursuivre par d’autres moyens l’aventure entrepreneuriale en créant une nouvelle culture, dans la différence, autrement, avec un journal décalé et pas seulement des vêtements. L’entreprise italienne a ainsi franchi le pas de la communication pour créer une culture nouvelle d'entreprise; elle a financé et co-dirigé l’édition d’un journal, qui est devenu une référence.

. Karrie Jacobs se définit comme un écrivain, un éditeur et un urbaniste itinérant. C’est elle qui a persuadé l’entreprise italienne de prolonger son action grâce à l’écriture couplée avec la photo. C’est elle aussi qui est devenue l’éditeur du magazine à ses débuts, dont elle parle comme « Le magazine de Benetton ». La part importante consacrée aux façons de vivre et d’habiter dans le magazine ne peut être un effet du hasard ; elle lui est due en grande partie, elle qui continue à tracer sa route dans le domaine de l’urbanisme, des bâtiments vus du dedans et du dehors et dans leurs relations entre eux.

. Tibor Kalman (1949-1999) était un graphiste américain qui est venu travailler à Rome pour s’impliquer complètement dans la poursuite du développement de Colors. Sa biographie figure dans le site du magazine. 

Le magazine avait et continue à avoir un style et un ton décoiffant. Il s’agit de parler autrement en étudiant pour chaque numéro un thème relevant de la façon de vivre dans d’autres cultures que celles dans lesquelles nous baignons. C’était et c’est toujours un travail ethnographique et sociologique sérieux, à la fois documenté sur le fond, visuellement nouveau, se démarquant clairement de la presse magazine habituelle et ceci depuis ses débuts, avec un côté "trash" volontaire. Un "trash" revendiqué comme un étendard levé, pour bien montrer ce que nous avons sous les yeux et que nous ne voyons pas, ne pouvons pas voir ou ne voulons pas voir...

Il y a là une vraie volonté d’ouverture sur ce qui est dans le reste du monde, chez nous en somme... Voici une bien longue présentation pour vous expliquer que j’ai gardé en particulier ce numéro n° 27 dédié à « ma maison, Home », qui reste franchement toujours intéressant. Le jeu a consisté pour les journalistes photographes à interviewer chez eux des personnes en leur posant une question unique « que représente pour vous votre maison ? », avec en réponse quelques mots pour définir ce lien. Citons pour exemple, la Ière personne, une jeune femme de 27 ans, anglaise, qui répond « a roof on my head. » Une photo complète cette réponse d’ « un toit sur ma tête ».

Juste une petite note pour vous montrer la subtilité du concept et la sensibilité des concepteurs, qui entendent dépasser les clichés usuels. Le bi-mestriel porte le nom de Colors qui n’est pas traduit en français ; pour ce numéro, le titre anglais est Home qui devient « Ma Maison » en français. Le Ier titre fait appel au célèbre « Home, sweet home » connu dans le monde entier et l’autre non. C’est une façon de faire accepter la différence.

Pour suivre le chemin

. Colors à retrouver sur http://www.colorsmagazine.com/  ainsi que sur sa page Facebook https://www.facebook.com/colorsmagazine  avec plus de 100 000 personnes qui « l’aiment », son blog sur http://www.colorsmagazine.com/blog  

. Vu par http://www.touristie.com/italie/Colors-magazine-qui-parle-30  

. Oliveiro Toscani, photographe Italien, Directeur artistique de Benetton https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliviero_Toscani  

. Des informations, sans date, le concernant sont à voir dans http://www.made-in-italy.com/italian-fashion/photographers/oliviero-toscani

. Lire aussi une interview de lui, vigneron et producteur d’huile d’olives, sans date sur http://www.made-in-italy.com/italian-fashion/photographers/oliviero-toscani  

. Karrie Jacobs à retrouver dans son blog http://karriejacobs.com/  Elle se définit comme un écrivain, un éditeur et un urbaniste itinérant… Son blog est très intéressant, avec des photos superbes.

. Tibor Kalman (1949-1999), graphiste éditeur de Colors de 1990 à 1995, http://www.colorsmagazine.com/contributor/tibor-kalman  

 

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Le jaune MAS en pétillance 1 > La couleur mode > Hip, hip, hourra !

15 Octobre 2015, 08:20am

Publié par Elisabeth Poulain

Volkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth PoulainVolkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth PoulainVolkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth Poulain
Volkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth PoulainVolkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth Poulain

Volkswagen jaune-wikipedia, grue, camionnette, pont et cyclistes jaunes, Cl. Elisabeth Poulain

Oui, je sais, pétillant n’est pas un mot usuel.  Mais je viens de vérifier, le terme existe. Pétillance vient bien de pétiller, comme un vin de Champagne qui vient d’être versé dans un verre. Plein de bulles qui font plaisir à voir et à entendre, ce vin  pétille de joie. Bien qu’un peu plus chargé de densité de couleur, ce jaune-là est vraiment pétillant. Au point qu’on se surprend à en voir partout. Pour MAS, il va vous falloir attendre un peu pour que je vous dise ce que c’est.  Ou plutôt, je vais vous laisser des indices tout au long de ce billet. Vous verrez qu’à la fin du billet, vous direz « mais bien sûr, c’est évident ! »

Le déclencheur. C’était un samedi après-midi où je marchais, sans mon appareil photo à la main. Erreur, mon regard a été attiré, comme scotché sur une moto jaune sublissime garée devant une maison. Comprenez mon étonnement, moi qui n’ai jamais regardé vraiment une moto. A la limite, je sais que c’est un deux-roues à moteur, d’un poids atroce, qui fascine les hommes… et c’est à peu près tout. Hello Steve Mc Queen, ce grand fan de motos qui aurait aimé les jaunes !

Ce jaune-moto a provoqué chez moi un déclic étonnant. Je me retrouve à voir du jaune partout, dedans, dehors, en ville, à la campagne, pour beaucoup d’usages de la vie, au point qu’il est urgent que je fasse ce billet pour enlever le post-it qui est collé dans un coin de mon cerveau, avec ce message « et le jaune alors ? Alors c’est pour bientôt ? » Et la réponse est « oui, c’est maintenant. » Mais cette moto jaune là, je l’ai trouvé si fascinante, que je me suis étonnée d’en chercher d’autres ensuite dans la rue, en vain, malheureusement.

Une seule moto jaune pourtant m’aurait suffi pour prendre la photo. Il m’a fallu aller sur le net pour la retrouver, c’est une Susuki. C’était sur les conseils d’un chauffeur routier à qui je demandais si je pouvais photographier son camion jaune. C’est lui qui m’a donné l’information. Selon lui, toutes les motos Susuki étaient jaunes. C’est une bonne application de l’adage « quand on aime, on ne compte pas » ; il y en aussi des noires mais peu importe, il reste que cette moto jaune est fabuleuse. Du coup, j’ai vu beaucoup de camions jaunes en particulier sur l’autoroute.

Moto jaune Susuki GS500-wikipedia Doug Boyd 2006, cycliste, camionnette Poste, voiture, Cl. Elisabeth Poulain  Moto jaune Susuki GS500-wikipedia Doug Boyd 2006, cycliste, camionnette Poste, voiture, Cl. Elisabeth Poulain
Moto jaune Susuki GS500-wikipedia Doug Boyd 2006, cycliste, camionnette Poste, voiture, Cl. Elisabeth Poulain  Moto jaune Susuki GS500-wikipedia Doug Boyd 2006, cycliste, camionnette Poste, voiture, Cl. Elisabeth Poulain

Moto jaune Susuki GS500-wikipedia Doug Boyd 2006, cycliste, camionnette Poste, voiture, Cl. Elisabeth Poulain

Le transport est traditionnellement un grand consommateur de jaune, à commencer ceux des boîtes aux lettres dans la rue et ceux de la poste. S’y ajoutent comme naturellement, des camions de travaux publics, ceux du transport européen de marchandises…

Qui dit moto, voit aussi un camion, pense carte, et y ajoute le train, ou plutôt la gare quand vous y allez attendre une amie le soir. Et ce que vous remarquez en premier ce sont les automates de délivrance de billets qui ont tous une partie jaune ou sont totalement jaunes. Le design associe en effet la couleur tout aussi bien à la forme en elle-même.

Gare, automate distribution de billets, carte routière Michelin, post-it de jaunes divers, Cl. Elisabeth PoulainGare, automate distribution de billets, carte routière Michelin, post-it de jaunes divers, Cl. Elisabeth PoulainGare, automate distribution de billets, carte routière Michelin, post-it de jaunes divers, Cl. Elisabeth Poulain

Gare, automate distribution de billets, carte routière Michelin, post-it de jaunes divers, Cl. Elisabeth Poulain

Quant à la voiture, plusieurs décades ont pourtant été nécessaires aux automobilistes pour avoir le plaisir aujourd’hui de conduire des voitures jaunes. Celles que j’ai vues tout récemment sont plutôt des petites et moyennes gammes, sans que je puisse en tirer une règle. Il doit bien y avoir en France des grandes voitures jaunes aussi.

 

France Ouest, vélo jaune en partie, camion aux cache-roues jaunes, camion jaune, Cl. Elisabeth Poulain France Ouest, vélo jaune en partie, camion aux cache-roues jaunes, camion jaune, Cl. Elisabeth Poulain France Ouest, vélo jaune en partie, camion aux cache-roues jaunes, camion jaune, Cl. Elisabeth Poulain

France Ouest, vélo jaune en partie, camion aux cache-roues jaunes, camion jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Sous mes yeux actuellement, trois jaunes me font de l’œil, à savoir le surligneur, un petit post-it sur lequel j’ai inscrit un truc que je ne devais pas oublier, mais je ne sais plus à quoi cela correspond et les Pages jaunes de la Poste française qui vous indiquent les adresses des abonnés au téléphone par lieux et professions du département où vous êtes.

Du coup, je pense aussi aux cartes routières ; je retrouve la région de Champagne jointe à celle des Ardennes sur une vieille carte Michelin de 1995, avec des caractères figurant en bleu. Un peu plus loin se trouvent outre des grands Post-it « Super sticky » achetés en Belgique et un bâton de colle UHU stic fabriqué en Allemagne. Plus loin dans un sac, un petit porte-monnaie de plastique jaune orné d’une superbe chauve-souris noire, qui voisine avec un cendrier de poche.

Sardines à l'huile, English Mustard Colman's, Cl. Elisabeth PoulainSardines à l'huile, English Mustard Colman's, Cl. Elisabeth Poulain

Sardines à l'huile, English Mustard Colman's, Cl. Elisabeth Poulain

Passons maintenant par la cuisine où se trouve de la Hot English Mustard Powder en boîte jaune ornée de la tête d’un taureau ou d’un bœuf, pour ceux qui aiment la viande. La moutarde Amora colore aussi en jaune ses couvercles de bocaux de moutarde. Il faut y ajouter un filet de pommes de terre, sur lequel est collé un grand stick qui sert de grande étiquette pour des pommes de terre du Val de Loire.

Pour ceux qui préfèrent le poisson, les sardines grillées offrent un certain choix dans leurs boîtes jaunes, avec trois modèles qui sont « les sardines à l’huile d’olive « Les Dieux », « La Douarneniste pour des sardines frites à l’huile » et les « Parmentier pour des sardines grillées sans huile ». Cette dernière boîte, la plus récente, est celle aussi qui joue le plus avec une très chaude et très réussie couleur jaune, alors même qu’elle ne contient aucune huile - jaune - ajoutée. Les Dieux présentent un jaune qui tire un peu sur du vert que l’on retrouve en liseré sur le pourtour de la boîte et la Douarneniste est un portrait très réussi en noir et argenté d’une jeune dame bretonne qui porte la coiffe traditionnelle, sur fond jaune.

Packaging de pommes de terre du Val de Loire, Publicité pour un camion de frites, Cl. Elisabeth PoulainPackaging de pommes de terre du Val de Loire, Publicité pour un camion de frites, Cl. Elisabeth Poulain

Packaging de pommes de terre du Val de Loire, Publicité pour un camion de frites, Cl. Elisabeth Poulain

La pharmacie familiale ne recèle que deux médicaments très connus à packaging jaune, le Doliprane 1000, du paracétamol en comprimés et un tube de désinfectant de Bétadine 10% de gel.

Il me reste à vous parler des boissons, sans ou avec sucre, que sont la boîte boisson Energy Dark Dog, à base de guarana et « la paille » spéciale Schweppes pour faire j’imagine des mélanges cocktails. Pour le sucre, la pêche est maigre : une sucette ronde reste dans mon panier, ainsi qu’une boîte de pastilles de zen naturel de marque Rescue !

Des packagings jaunes, sur un sac Conran Shop, vers l'an 2000, Cl. Elisabeth Poulain

Des packagings jaunes, sur un sac Conran Shop, vers l'an 2000, Cl. Elisabeth Poulain

Et il reste un jaune pas encore célèbre à vous citer qui est désormais le Jaune Minion qui est la nouvelle couleur agréée par Pantone, qui lui a attribué le nom des trois petits personnages «Moi, Moche et Méchant ». Il est sensiblement moins vif, moins chaud et que ceux que j'ai sélectionnés pour ce billet ; quant à celui présenté dans l’article de wikipedia, il parait un peu plus terne, que la teinte que l’on découvre sur le site de Pantone.

En conclusion de ce billet, notons cette cette grande variabilité de la couleur jaune, en faisant des photos d’une photo, avec à chaque des différences, que l’on peut observer aussi selon la sensibilité d’une personne, le moment de la journée, le lieu, les personnes à côté de vous... « Les mille et une nuances de la couleur jaune » aurait pu être aussi un bon titre. Quant à MAS que je n’oublie pas, je vais enfin vous dire ce que signifie cet acronyme que je viens d’inventer ; il signifie « Mobilité, Accessibilité, Services ». Surtout n'oubliez pas de prononcet le A en accentuant son poids, pour ne pas le confondre avec le mas provençal. C’est-y pas beau, ça !

Pour suivre le chemin . Ce nouveau jaune « Minion » est la dernière couleur désormais agréé par Pantone ; à voir sur http://www.pantone.com/pci/minion-yellow  . Photos Elisabeth Poulain, sauf pour le cliché paru dans wikipedia.

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La saga des murs qui parlent > De la pierre à la frontière et plus

10 Octobre 2015, 11:13am

Publié par Elisabeth Poulain

France ouest, vieux mur de pierres, appentis accolé à une maison rurale, Cl. Elisabeth Poulain

France ouest, vieux mur de pierres, appentis accolé à une maison rurale, Cl. Elisabeth Poulain

Le mur en guise de symbole universel. Notre histoire, celle de l’humanité, a véritablement pris son essor quand l’être humain a découvert les grottes où il pouvait s’abriter, en un mot se protéger des ennemis de toutes sortes venant du dehors. Bien vite, il a aussi su faire un parallèle entre la pierre de la voute et le muret qu’il pouvait édifier à son gré, avec des morceaux tombés puis en taillant la paroi de pierre pour, par exemple, mieux garder la chaleur dans la grotte. Il a appris aussi, cet être humain, à édifier des petits murs devant l’ouverture, tout en utilisant le bois à la fois pour se chauffer et mieux barrer l’accès. Ceci afin d’empêcher le grizzli, au temps où il en existait encore en Europe, de rentrer pour profiter de son bien-être à lui, ou un autre bipède un peu moins massif et moins velu que le grizzli, un autre être humain, prêt à le chasser de cet endroit.

Retenez que d’un côté, on est si non bien, du moins on est mieux que de l’autre côté. Que fait l’homme, quand il s’installe dans un « no man’s land » ? Il commence par délimiter l’endroit où il va vivre pour se protéger, en utilisant tous les matériaux qu’il va pouvoir trouver sur place. Il édifie des enclos, plus ou moins grands, plus ou moins hauts, avec cette idée que d’un côté, du bon côté - là où il est - le soleil sera plus doux, l’eau abondante quand il en aura besoin, le vent moins fort, la terre plus riche, son bétail à l’abri des prédateurs…

C’est dire que vu de l’intérieur, quand on y est, et de l’extérieur, quand on n’y est pas, le mur est perçu comme un abri, source de richesses, lié au message « Ici, on vit bien ». Cela peut évidemment être le cas au moins pendant un certain temps pour ceux qui ont construit ces murs, ces remparts, ces défenses de toutes sortes et qui vivent protégés dedans. C’est aussi le rêve de ceux qui errent dehors, dans le désert réel ou dans celui de la pauvreté, et qui voient de loin ces constructions humaines refermées sur elles. Là-bas, derrière le mur, il y a tout, enfin presque tout. Ce tout peut ne pas connaître de limites, puisque tout est idéalisé. Il faut par exemple absolument rappeler que cet espace clos de murs dépend notamment de l’extérieur pour sa subsistance.

France ouest, vieux mur de clôture, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

France ouest, vieux mur de clôture, ville ancienne, Cl. Elisabeth Poulain

Parfois ce mur devient un tel idéal, d’un "ailleurs" qui se voit comme un Eden, d’où le genre humain a été banni, qu’il devient en soi un objectif à atteindre. C’est le cas par exemple dans l’histoire dans la conquête de l’Ouest aux Etats-Unis, qui dans l’imaginaire d’alors était un véritable Eldorado où chacun pouvait s’approprier la terre, à condition d’arriver le premier et de pouvoir prouver « son appropriation » de fait grâce des bornes visibles. En réalité, la situation juridique de cette terre a été réglée par l’appropriation pure et simple de la terre sous des modalités variées, par les acteurs militaires et civils venant de l’Est. Cette Conquête de l’Ouest s’est faite sans le consentement de ceux qui vivaient sur cette terre, les tribus d’Indiens nomades. C’est le moins que l’on puisse dire.

Revenons dans nos villes d’aujourd’hui et ceci partout dans le monde. Très prosaïquement, le mur vous dit quelque chose de très concret, « vous ne passerez pas, là où je suis. » Si vous faites le malin, en disant ou en pensant que vous pouvez y aller quand même, on dit de vous que « vous allez droit dans le mur ». Ce qui n’est franchement pas bon. Ceci quand le mur est haut, parfois aussi le mur est trop bas pour être dissuasif. La première solution alors est de hausser le mur, une autre est de doubler les murs, pour constituer autant d’impossibilités de passer.

La solution , dans quasiment toutes les parties du monde, consiste alors à le monter plus haut et sur toute la longueur de l’endroit à protéger, quitte à encercler complètement la colline ou le site choisi. Ce n’est plus la pierre seule alors qui donne le sens, mais l’ensemble des murs et des constructions qui vont renforcer les défenses. Un bon exemple est celui du château de Petite Pierre dans l’actuel département alsacien du Bas-Rhin dont Vauban a remodelé les défenses sous le règne du roi Louis XIV en France. Les murs vont en plus être renforcés par des douves en creux vers l’extérieur, des tours érigées, doublées à l’intérieur d’habitations dans lesquelles des soldats vont loger sur place pour défendre ces murs. L’ensemble des protections et de la vie sur place des défenseurs va alors au fil du temps renforcer l’activité et créer des quartiers de ville au plus près de l’intérieur des murs.

France Alsace, Château de la Petite Pierre, revu par Vauban, wikipedia

France Alsace, Château de la Petite Pierre, revu par Vauban, wikipedia

Cette preuve visuelle de l’attractivité du mur intra-muros se double extra-muros d’une forte activité humaine et économique nécessitée par l’approvisionnement de la ville dès que les portes s’ouvraient au petit matin, avec les embouteillages qui étaient déjà la preuve de l’attractivité de la ville à l’abri de ses murs. Et ce qui est vrai pour une ville l’est tout autant pour la ligne frontière qui sépare deux Etats. On passe ainsi de la pierre à la borne, au mur de séparation, à la ville fortifiée et/ou au fort militaire. C’est vraiment « la solution » qui a été employée au fil des siècles, parfois pendant des millénaires et quasiment partout dans le monde dés lors qu’il y avait de la pierre. Vues du ciel, ces constructions peuvent aussi être dès le départ ou devenir des frontières visibles de l’espace.

Retenons bien qu’il y a une singulière différence entre un mur seul et un mur habité. L’histoire est là pour le prouver et la réalité d’aujourd’hui continue à enrichir la saga de ces murs qui scande l’histoire.

. Elle commence par la borne, une pierre érigée qui marque le début et la fin de la propriété, comme dans l’introduction de ce billet, comme dans la réalité aussi. Les bornes-frontières ont été beaucoup utilisées en Europe dans « les zones mouvantes de frontières », en particulier entre l’Alsace, la Lorraine, le Luxembourg…

. Les murs-frontières ont constitué aussi une longue partie de notre histoire, comme par exemple le Mur d’Antonin en Ecosse, le Mur d’Hadrien en Angleterre pour doubler le premier au nord… Au milieu du XXe siècle, l’exemple toujours cité est celui de Berlin. La nouvelle séquence actuelle de notre histoire contemporaine de ce début du XXIe siècle marque aussi une forte résurgence de cette longue histoire des murs.

. On parle d’une muraille quand le mur est de si grandes dimensions qu’il forme un ensemble immobilier défensif qui n’a plus rien à voir avec « un simple mur ». L’exemple le plus connu au monde est bien sûr celui de « la Grande Muraille de Chine » classée au Patrimoine mondial de l’Unesco sous le n° 438. Ses 22 000kms de longueur, ses 6 à 7 mètres de hauteur et ses 4 à 5 mètres de largeur en font une œuvre humaine visible de l’espace. C’est un ensemble défensif étonnant, c’est aussi maintenant le monument touristique le plus visité de Chine.

Rocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth PoulainRocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth PoulainRocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth Poulain
Rocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth PoulainRocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth PoulainRocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth Poulain

Rocroi, murs de la citadelle, Cl. Elisbeth Poulain

La grande épopée nord-américaine de la conquête de l’Ouest, basée sur le concept de la Frontière élevée à la hauteur d’un mythe, a permis de conquérir, à l’encontre des populations indiennes nomades, toute la largeur continentale vers l’Ouest et former ce que sont les Etats-Unis actuellement. Ce grand pays qui a ensuite créé un mur-frontière toujours très "actif" avec son grand voisin du Sud. Quand à celle Est-Ouest, elle avait ceci de particulier qu’elle était un idéal justement marquée par l’absence de murs, qui était la caractéristique d’un grand espace « vide », pour dire à ces envahisseurs venant de l’Est « ici, c’est chez vous », puisqu'il n'y avait pas de murs-frontières.  Une autre formule a ensuite très vite été utilisée. Ce sont alors les conquérants qui ont commencé à élever les murs des forts, pour protéger les soldats contre les attaques indiennes, c’est-à-dire de ceux qui vivaient là en toute légitimité, contre ceux qui venaient concquérir leurs terres, une façon de parler puisque la culture indienne était justement basée sur la non-appropriation de la terre.

Plus tard d’autres murs furent pour créer des réserves pour "protéger" les Indiens, en fait pour les empêcher de sortir hors de ces nouveaux très petits territoires cerclés de frontières internes. Une situation qui a été aussi un peu celle des Allemands de l’Est et des autres pays satellites pendant un certain nombre de décades pour leur interdire de rejoindre l’Ouest, vu comme un Eden de liberté et de prospérité …

Protéger les uns contre les autres conduit toujours à des évolutions différenciées de chaque côté de la séparation et parfois à des retournements de situation imprévisibles qui sont le fait de l’histoire… Pendant un certain temps, le mur peut résoudre apparemment des situations, en gelant les flux, avant de provoquer d’autres effets dont on ne peut absolument pas savoir ce qu’il en adviendra dans le temps…C'est le cas quand un pays est envahi et que les attaqunts extérieurs d'hier deviennent les occupants du lendemain qui se protègent à l'intérieur des murs. Un autre cas très fréquent conduit aussi à faire ces places fortes des lieux d'emprisonnement pour les uns, ou les autres. Cette fois-ci le mur devient celui d'une prison, où les gens du lieu se retrouvent dedans, surveillés par les anciens ennemis de l'extérieur. C'est très fréquent en période de guerre. Bien souvent aussi, ces lieux de protection deviennent des "simples" prisons, en raison de leur configuration bien pratique aux pouvoirs en place pour interner tous ceux qui sont condamnés par les tribunaux à des peines d'emprisonnement. Cela a été notammen le cas notamment au château de Gaillon dans l'Eure, dans celui de Mayenne en Mayenne, de Sedan à Sedan...     

France Ouest, Bretagne nord, murs jaunes petite maison, murs noircis vieux château, Cl. Elisabeth PoulainFrance Ouest, Bretagne nord, murs jaunes petite maison, murs noircis vieux château, Cl. Elisabeth Poulain

France Ouest, Bretagne nord, murs jaunes petite maison, murs noircis vieux château, Cl. Elisabeth Poulain

Les fortifications qui ont protégées un pays comme la France peuvent aussi être vues comme la quintessence de l’alliance entre l’art de l’architecture et de l’art militaire défensif. C’est le cas avec le travail phénoménal mis en œuvre par Sébastien le Presle de Vauban, plus connu sous son nom de Vauban (1633-1707), au service du Roi de France Louis XIV, dans sa protection raisonnée de la France. Il y a maintenant un tourisme des murs fortement lié à la connaissance de l'histoire. Après la prison, le tourisme est l'autre destinée de ces fortifications dotées de si grands murs.  

La force réelle tout autant que mentale des murs dépasse en outre très nettement leurs dimensions visuelles perceptibles en surface. Chaque année, les archéologues découvrent les fondations des murs de grandes installations agricoles implantées par les Romains dans le Nord de la France par exemple. La photo aérienne permet de détecter ces anciens murs de véritables exploitations aux dimensions de village d’il y a quelques 2 000 ans, en particulier par la différence de couleurs que prennent les végétaux qui poussent au-dessus en surface et...la remontée des pierres.

Quand ils ne sont plus là, les murs laissent aussi des traces dans les esprits. C’est surtout vrai pour les murs-frontières. On peut encore sentir leurs présences par exemple dans l’Union européenne grâce à des variations paysagères très légères, des différences architecturales surtout, des marquages routiers au sol différents d’un pays voisin à un autre… Seules restent bien souvent les pierres de ces constructions défensives qui ont été érigées dans le passé dans un but de protection et que l'on va retrouver dans des murs divers et variés. Une bonne pierre ne se jette pas.

Presque toujours, leurs pierres ont été ré-utilisées pour d'autres édifices, civils ceux-là.  A l’exception de monuments à grande valeur patrimoniale, les différences visuellement perceptibles de la frontière viennent alors surtout de la réglementation et d’habitudes de vie différentes. Avec quelque chose d’étonnant quand même, qui est qu’on se retrouve à chercher ces différences frontalières, même quand les murs de séparation ont disparus !

France ouest, Angers, Château, mur sur roche et tour, Cl. Elisabeth Poulain

France ouest, Angers, Château, mur sur roche et tour, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Sur mon blog, lire un précédent article sur le mur d’Hadrien http://www.elisabethpoulain.com/article-le-monde-des-murs-le-mur-d-hadrien-entre-l-angleterre-et-l-ecosse-116113718.html  

. Voir aussi un billet sur le mur d’enceinte d’Evreux, département de l’Eure http://www.elisabethpoulain.com/2015/03/la-societe-d-hier-les-murs-gallo-romains-la-ville-d-evreux.html  

. Toujours sur ce blog, voir l’évolution des murs http://www.elisabethpoulain.com/2015/05/styles-de-vie-le-mur-entre-tendances-usages-architecture.html  

. Retrouver une liste non exhaustive de « murs » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_murs  

. Sur la Grande Muraille de Chine, voir en première découverte https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Muraille

 . Retrouver les fortifications de Vauban sur http://www.sites-vauban.org/Les-fortifications-de-Vauban-en  

. Voir d’abord l’article très documenté de wikipedia sur cet homme étonnant sur https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_Le_Prestre_de_Vauban  

. Lire aussi un bon ouvrage de référence « Les Voyages de Vauban » de Guillaume Monsaingeon, Editions Parenthèses, 2007

. Voir la biographie simplifiée de Roger Agache (1926-2011), chercheur au CNRS, rattaché au Ministère de la Culture, pionnier en France de l’archéologie aérienne, qui a mené de nombreuses fouilles dans le Nord de la France, en particulier dans l’Oise https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Agache  

. Pour les notions de base sur le grizzli, https://fr.wikipedia.org/wiki/Grizzli  

. Photos wikipedia pour le château de la Petite Pierre, Elisabeth Poulain pour les autres.

Une remarque pour répondre à un lecteur sur la non-adéquation entre les photos et le texte. Les clichés racontent une histoire en eux-mêmes, sans volonté d'éclairer visuellement le texte. J'ai voulu montrer en photo, que cette saga des murs s'applique aussi aux maisons et pas seulement toujours  aux châteaux et aux grands ouvrages militaires.  C'est la raison pour laquelle je vous donne les références pour par exemple voir les cartes des enceintes de Paris,de Chine.... 

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Style de Pub 1927 > Une Delahaye automobile > Vie à la Campagne

30 Septembre 2015, 14:43pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.1-3 Elisabeth Poulain

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.1-3 Elisabeth Poulain

Ce visuel est irrésistible. Vous allez en juger. Cette publicité est tellement admirable, qu’elle défie le temps, au point d’éclipser, par son impact, le style actuel des publicités de voitures, quelle qu’en soit la marque,  actuellement en France. Avec tout fois un point commun que je ne vous dévoilerai que plus tard. Un peu de suspense ne nuit pas.

Vie à la Campagne, Vie au Grand Air réunies n°288, 1er juin 1927. C’est un magazine très étonnant qui avait pour ambition de parler à un lectorat d’un nouveau genre, totalement hybride, quasiment bicéphale. Le profil type peut être présenté de cette façon rapide : c’est un homme cultivé qui s’intéresse à la terre au point non seulement d’y vivre mais aussi et surtout aussi d’y établir son lieu de travail en en faisant son outil tout en valorisant son capital. Ce citadin transplanté, ce néo-rural –un terme qui n’existait pas -  chef d’entreprise rurale, devait être formé aux techniques toutes nouvelles de la mise en valeur de la terre, des techniques de labourage, d’ensemencement, de récoltes, d’élevage…C’est ce que vous montre par exemple ce dessin probant pour augmenter la rentabilité à l’hectare d’un champ de blé…que j'ai réussi à placer à la fin de l'article.  

Vie au Grand Air réunies, n° 288, 1er juin 1927. C’était l’objectif dual de ce magazine incroyablement « moderne », qui était de  former ce citadin en lui apportant les connaissances dont il avait besoin pour développer son exploitation agricole, tout en lui donnant  les clés pour se  ressourcer en menant une «  Vie au Grand Air ». N’oubliez pas la date, 1927, une année qui était dans un entre-deux dont on ne connaissait comme toujours que le passé, 9 ans après la fin de la seconde guerre contre l’Allemagne, qui avait laissé la France dans un triste état. N’oubliez jamais la guerre de 1870 dans le décompte.

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.1-3 Elisabeth Poulain

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.1-3 Elisabeth Poulain

En 1927, on commençait à nouveau à regarder vers l’avenir, comme le montre l’essor des sciences de la terre et de l’agriculture en particulier. On commençait aussi au niveau européen, en particulier depuis quelques décades en Allemagne et en pays de langue allemande, à penser en termes de liens très positifs entre la nature bienveillante, qui était l’émettrice de ces bonnes ondes, et l’homme qui était le récepteur naturel de ceux-ci, à condition qu’il ait déjà intégré la connaissance. Une vision intéressante et très positive de la relation entre le monde, la nature et le genre humain. On ignorait bien sûr la Grande Crise qui allait survenir moins de deux ans après.

1927, le lien entre l’homme, la voiture et l’Art nouveau. L’homme et son lien avec la voiture était aussi déjà non seulement inscrit dans l’histoire, mais faisait déjà l’objet de superbes publicités dotées d’un pouvoir d’attraction absolument fabuleux. Surtout si vous y ajoutez la puissance de fascination de l’Art Nouveau. Sa dénomination résume bien l’explosion culturelle qui eut lieu entre 1920 et 1930 en particulier en Europe, en 1925 dans tous les domaines en particulier artistique et plus particulièrement aussi architectural et graphique. L’Exposition universelle des arts décoratifs de 1925 en est un témoignage fort, tout comme le graphisme mis au service de l’art publicitaire.

La Delahaye, une automobile de grand prestige. Elle est située tout en haut de la page au verso de la couverture. La hauteur lui est naturelle, elle n’est pas en bas, elle domine, au contraire d’autres… Ses portes sont fermées, comme si elle était en haut d’une montagne. Le chemin qui y mène est droit. Il suffit au regard d’emprunter le chemin qui est ce superbe tapis rouge dont la largeur visuelle au bas de la voiture est très exactement aussi large que la voiture est longue. Pour renforcer l’effet de hauteur, le tapis est renforcé par un effet visuel résultant de l’impression de voir un autre tapis par-dessous, plus large que le premier.

 

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.3-3 Elisabeth Poulain

Publicité Delahaye automobile, Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, Cl.3-3 Elisabeth Poulain

La voiture ressort en beige crème, la couleur actuelle du papier qui a jauni au fil de ses presque 90 années d’âge. Elle est entourée d’un halo rouge brun foncé qui ressemble fort à la couleur de la sous-couche du tapis. On aperçoit très bien le volant situé sur le côté gauche, comme je l’ai vu dans un cliché d’un autre modèle de la marque. Son nom écrit en gros caractères en arrière pour ne pas freiner son allure ni sa vitesse, ne serait-ce qu’en pensée. Rien, aucun détail d’aucune sorte ne distrait la vision, qui part du nom de la marque en haut à gauche, qui survole la longue et belle automobile, redescend le tapis pour arriver dans le panneau explicatif ; qui met la marque en valeur, avec son adresse, « 10 rue du Banquier, Paris »

Ne me demandez pas maintenant quel est ce modèle de belle automobile comme on disait à l’époque. Le terme de voiture n’intéressait personne. La seule évidence est que c’est un modèle de grand prestige, comme en témoigne le symbole très fort du tapis rouge qui mène « en haut de l’affiche » pour reprendre la formule d’une chanson célèbre de Charles Aznavour en 1960 « Je me voyais déjà en haut de l’affiche, avec mon nom qui s’étalait… » Après ce demi Z que vous avez tracé avec vos yeux, la rencontre se fait avec le rectangle qui est une véritable fenêtre sur cette marque, vous y trouvez son nom, son adresse, 10, rue du Banquier, Paris, le logo qui est figuré par la calandre et son texte d’accompagnement « Une marque de confiance » et en dessous les champs de compétences que sont les « Voitures de Tourisme, Véhicules industriels, Matériel mécanique d’Incendie ».

Il me reste pour finir à vous indiquer la dernière ligne de force de la composition qui vous donne le sens de lecture et d’appropriation, à savoir le gros liseré d’encadrement rouge en hauteur et en largeur à partir de ce coin inférieur gauche . Synthèse visuel. Votre regard a formé un triangle qui part du rectangle vertical du bas à gauche, qui monte par le tapis, traverse la voiture vue de profil, traverse la marque et redescend vers le panonceau de l’intitulé. C’était en 1927, un moment de l’histoire où le terme même de marketing n’existait pas, celui de publicité guère plus – on parlait d’annonces – mais où on savait déjà que l’on retenait bien mieux un beau dessin qu’un long texte.

C’était déjà la mise en application des codes épurés de l’univers du Luxe. Le secret commun à (presque) toutes les publicités portant sur des voitures pour homme est que la puissance de fascination de ces très belles machines est telle qu’elles – les voitures – chassent tout, paysage compris. C’est la mise en application du syndrome de « Moi, seul maître de l’univers, même si j’ai un chauffeur qui fait partie de la voiture…».

 Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, dessin de chevaux dans champ blé, Cl. Elisabeth Poulain

Vie à la Campagne, n° 288, 1 juin 1927, dessin de chevaux dans champ blé, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Vie à la Campagne, Vie au Grand Air réunies, Hachette, prix du n° 5 Fr, page 2, n° 288, 1er juin 1927

. Delahaye à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Delahaye  

. L’Art nouveau https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_nouveau  

. Les années d’entre-deux guerres https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cennie_1920_en_arts_plastiques  

. L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, 1925 https://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_internationale_des_Arts_d%C3%A9coratifs_et_industriels_modernes 

. Retrouver succinctement l’histoire de la marque sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Delahaye https://translate.google.fr/translatehl=fr&sl=de&u=https://de.wikipedia.org/wiki/Automobiles_Delahaye&prev=search   . Voir quelques automobiles anciennes, mais pas la Delahaye, sur http://anciennes-automobile-club-loiret.fr/index.php/1920-Vehicules-de-1920-a-1940/id-menu-1.html?back=1

. Charles Aznavour dans un site très intéressant de l’INA http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04748/charles-aznavour-je-m-voyais-deja.html

. Photos d'après la publicité pleine page parue au recto de la couverture du magazine+ le dessin des chevaux passant dans "un champ de blé épié": quand l'écartement entre les rangées de blé est plus large, le rendement est meilleur au point d'atteindre 100 quinteaux à l'hectare!  C'est en page 213, la première page commençant à 211.

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Collection Emmaüs > La bouteille-poisson verte à écailles si bizarre

28 Septembre 2015, 11:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Bouteille- poisson verte, Cl. Elisabeth Poulain

Bouteille- poisson verte, Cl. Elisabeth Poulain

Décryptage. « Collection Emmaüs » pour dire que cette bouteille vient d’un Centre Emmaüs quelque part en France, mais pas d’un stand. Elle n’a même pas eu cet honneur d’être proposée à la vente pour rapporter quelques sous à l’association caritative. Elle était placée près d’un tas de bouteilles bonnes à jeter dans le bac à bouteilles, un peu à l’écart, parce que franchement elle faisait « tâche ». Et c’est comme ça, qu’après avoir demandé si je pouvais la prendre, ce drôle de poisson attend aimablement que je parle de lui avant de le remettre dans le circuit des objets récupérés pour être revendus. A moins que cette fois-ci son compte soit bon…

La bouteille. C’est une vraie 75 cl, j’ai vérifié par-dessous, c’est même une marque déposée. Elle a pourtant l’air d’avoir une plus faible contenance que ses consœurs  habituelles. Elle est franchement verte. Sa forme est bien particulière, sa texture et son bouchon aussi. C’est un poisson vert. Nul doute ne peut vous venir à l’esprit. A par la queue qui lui manque pour pouvoir se tenir debout, il a tout, le corps, les écailles et surtout la tête avec la bouche bien ouverte. Au moins apparemment, puisque le haut est recouvert d’un embout important en plastique vert bien sûr  qui représente une tête de poisson à la bouche grande ouverte. On dirait un poisson qui hurle à la lune. Passons.  

Bouteille-poisson, Cl. Elisabeth Poulain

Bouteille-poisson, Cl. Elisabeth Poulain

Pour savoir pourquoi cette mystérieuse bouteille faisait du bruit quand je l’a secouais, j’ai découvert qu’il restait même la capsule métallique coincée entre le verre et le plastique. Mais aucune indication n’y figure. Désolation, je ne saurais jamais ce que la bouteille contenait, quelle langue parlait ce poisson…Je n’imagine pas que ce pouvait être du vin, je pencherai plutôt pour de la bière. Le verre est épais, le design est très soigné, les écailles ne recouvrent pas ce qui pourrait constituer la face avant, pour laisser la place libre pour l’étiquette ; le bas plus étroit est rainuré pour faciliter la préhension.

Quant à la capuche en plastique qui s’emboîte par le haut, la tête-poisson, elle est superbe de finesse, avec ses yeux grands ouverts, tout comme sa bouche avec la lèvre supérieure plus grande que la petite du bas, ses petites nageoires, elle offre une parfaite finition. Ouvrez l’œil, il y a toujours des objets bizarres qui vous entourent et des gens charmants pour vous parler de leur passion. Ce billet est dédié à un Bruxellois passionné de bouteilles de tout genre qui m’avait fait un vrai cours impromptu sur les bouteilles.

Pour suivre le chemin

. Un site intéressant sur la bouteille de bière http://www.sha.org/bottle/beer.htm  

. Photos Elisabeth Poulain

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Sedan > La + grande forteresse médiévale d’Europe > L’art de s’adapter

27 Septembre 2015, 16:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Sedan, arrivée près du château, vu d'en bas, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, arrivée près du château, vu d'en bas, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Parfois il s’impose de lui-même comme une évidence. D’autres fois, dix titres arrivent en se bousculant au portillon, sans que vous-même, l’auteur, connaisse celui qui va arriver le premier en tête. Dans ces cas – là, il suffit – c’est une façon de parler - de commencer à écrire ce que vos mains en particulier vont vous dire. Ce sont elles qui vont trouver le chemin. Celui qui mène à Sedan tout particulièrement et une fois là-bas, vous font trouver le château fort, comme naturellement. Une précision concernant aussi ce que nous allons voir.

L’objectif de la journée a été de découvrir le château de Sedan. Un petit déplacement qui se présente comme un lieu à voir mais sans jamais vouloir obtenir, avant, des informations qui pourraient nous faire voir autrement le site. Ce que nous cherchons, c’est la surprise, la découverte, pour savoir en particulier s’il va y avoir une rencontre toute personnelle entre un site, un lieu, un moment, un monument, une histoire, une ville… dont on ne connaitra toujours qu’une toute petite partie et qui en plus va changer chaque jour du fait d’autres connaissances qui vont apporter un éclairage différent.

Il y a toujours cette certitude qui est que plus on découvre, plus on apprend, plus on comprend et moins on sait. Le champ de la connaissance est infini et nous fait savoir que plus on avance et plus on peut être sûr –c’est même la seule assurance – qu’on a encore plus à comprendre. Comme si le chemin s’allonge encore plus loin et pas du tout proportionnellement, encore plus loin. L’horizon s’éloigne encore plus.
 

Sedan, avenues, rues et couleurs de la ville, le château, Cl. Elisabeth PoulainSedan, avenues, rues et couleurs de la ville, le château, Cl. Elisabeth Poulain
Sedan, avenues, rues et couleurs de la ville, le château, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, avenues, rues et couleurs de la ville, le château, Cl. Elisabeth Poulain

C’est bien ce qui s’est passé avec le château de Sedan, qui change tout le temps, tout en gardant la force de sa singularité. Non seulement selon ses fonctions au gré des époques mais aussi selon l’endroit où vous êtes assis ou debout à marcher. Et qui explique cet « art de s’adapter » dans le titre. C’est une façon de dire que la ville avance forcément à sa façon et le château non seulement aussi mais encore plus, du fait que bien que « grand », l’espace lui a toujours manqué.

La stratégie du temps pour le Château de Sedan a ici encore plus sa particularité et la place qu’elle s’accorde. A commencer par celle que vous allez mettre en place de façon intuitive, personnelle, en l’appliquant à vous-même. « Commencez par arriver d’une façon fluide au château », en suivant les panneaux vous conduisant vers le centre ; en un mot, une phrase, regardez plutôt la ville, ses rues, les façades…C’est la première leçon. Essayez de ne pas vous focaliser sur votre GPS, vos cartes, pour vous laissez-vous guider par le flux des voitures, ou comme si vous étiez une molécule d’eau dans la Meuse. Vous pouvez regarder les panneaux de temps en temps, c’est même une pratique recommandée. Une histoire débute toujours par le point Ier, qui n’a de premier que l’apparence.

Regardez la ville en commençant par relever quelques aperçus qui après coup revenus chez vous s’assemblerons ou non pour donner du sens. Certaines pourront même s’assembler en séquences. Les photos, que vous avez réussies à prendre, assise à la place voisine de la conductrice émérite, vont bien sûr vous guider. Elles vont vous rappeler aussi ces belles façades ornées de couleurs fortes de calcaire jaune et de briques rouges différentes de ce qui vous avez l’habitude de voir. Vous n’êtes pas ici dans le Val de Loire, en Provence ou en Normandie…

Sead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth PoulainSead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth PoulainSead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth Poulain
Sead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth PoulainSead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth PoulainSead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth Poulain

Sead Château, arrivée, tour d'angle, arrière coteau, vieux murs, Cl. Elisabeth Poulain

Déjà vous avez commencé à percevoir la singularité de Sedan. C’est une ville baignée par les eaux de la Meuse, enrichies de celles du Chiers, qui apporte à Sedan sa double dimension luxembourgeoise et belge avant de devenir française et de repartir franchement vers le nord, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ici, on est dans un pays de frontières qui ont tellement fortement variées dans l’histoire qu’on se surprend à pratiquer un jeu multiple de saute-mouton par-dessus les paysages, les frontières et dans les différents temps de l’histoire.

Pour l’heure, vous n’êtes pas encore parvenu à la forteresse. Pour la trouver, lever la tête en l’air et chercher la hauteur. Entre deux maisons ou immeubles, vous arriverez à voir ce château fort de si grandes dimensions. Vous arriverez ainsi en haut par la Porte des Princes. C’est la porte arrière proche du Bastion du Gouverneur après avoir contourné l’angle le plus saillant du Bastion des Dames situé plus bas près du centre-ville. Vous êtes sûr que c’est bien là, car le chemin s’arrête devant vous, sur un parking entouré d’arbres. A votre droite, s’élève un mur qui retient le talus haut qui a été fortement creusé pour créer cette grande esplanade encaissée qui a servi en cet arrière de point d’accès haut. C’est par là qu’on accède à la billetterie « Cour », ainsi qu’à l’Hôtel « Le Château Fort ».

L’ambiance « Murs » vue du dehors. Elle est vraiment impressionnante, tant certains vieux murs ont une capacité étonnante à parler. C’est par eux que nous avons commencé notre tour de découverte du site, d’une façon toute personnelle. Beaucoup de murs formant de l’extérieur les remparts de la forteresse ont été refait à l’identique. C’est en partie gauche quand on regarde la grande porte d’entrée haute. Par contre la partie droite, de cette même porte offre par ses fortifications un contraste intéressant. Les murs de cette partie que nous ne verrons pas de l’intérieur font partie du Palais des Princes, une grande extension du Château fort à l’opposé du site et qui n’est pas ouvert à la visite. Certains murs présentent à vif leur bourrage intérieur composé d’argile, de remblai, de caillou…

Sedan, Château, arrière, Porte des Princes et parking, Cl. Elisabeth PoulainSedan, Château, arrière, Porte des Princes et parking, Cl. Elisabeth PoulainSedan, Château, arrière, Porte des Princes et parking, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, Château, arrière, Porte des Princes et parking, Cl. Elisabeth Poulain

La Grande Cour – une dénomination toute personnelle - se présente dans toute sa complexité d’aujourd’hui. Seul reste l’essentiel, à savoir les murs qui ont pu être conservés ou leurs fondations quand ceux-ci ne sont plus. C’est le cas de l’abbaye, le premier site édifié sur cet éperon rocheux. Faites confiance à des ermites et ou à des soldats pour sélectionner les endroits qui ont en eux-mêmes de la force. Les raisons peuvent être multiples, le retrait de la ville de la tentation pour les uns, la vue sur la ville pour se protéger pour d’autres, ou pour la protéger…

L’espace finit toujours par manquer comme le montrent les extensions cumulatives du château fort sur lui-même. C’est la première impression qui se dégage du site quand on est dans la cour à atteindre l’ouverture de la billetterie. Ici, on ne connait pas l’angle droit, à l'exception de la "Tour Carrée", c'est dire si elle intrigue en un tel lieu fait d'ajustages au mieux de ce qu'il était possible à un moment de l'histoire. L’imbrication est constante et sans recherche aucune de symétrie, un terme incongru dans la forteresse. C’est la raison pour laquelle la grande et incroyable façade de l’hôtel d’une rigueur fabuleuse ressort aussi fortement en ce magnifique soleil d’été. C’était avant la réserve des munitions, le lieu le plus sensible de la citadelle.

Ce château, qui a commencé petit, n’a pas arrêté pas de grandir, de grossir, de détruire ses petits remparts maigrelets, pour en édifier de plus gros vers l’extérieur, jusqu’à atteindre 26 mètres d’épaisseur! Avec cette curiosité à mes yeux, que ces énormes de travaux de terrassement nécessités par le creusement des douves puis l’édification de remparts ne sont pas indiqués sur les cartes, mais heureusement sur le plan du château offert aux touristes, oui.

Sedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth PoulainSedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth Poulain
Sedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth PoulainSedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth Poulain
Sedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth PoulainSedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, Château, entrée haute dans la cour, sens inverse des aiguilles d'une montre, Cl. Elisabeth Poulain

Petit, devenu gros, le château ne s’est pourtant jamais suffi à lui-même, lui qui devait être déjà une ville dans la ville. Il a fallu lui adjoindre un autre château à côté, pas féodal celui-là, qualifié de « Palais des Princes » pour bien mettre en valeur sa fonctionnalité résidentielle de haut prestige. Pendant ce temps qui s’est écoulé sur des centaines et des centaines d’années, le château et la ville n’ont cessé de s’adapter réciproquement ainsi qu’aux contraintes de l’époque et aux différentes autorités.

C’est maintenant la ville de Sedan qui en est la propriétaire. Elle a retrouvé ainsi son cœur de pierres qui éclaire toute la communauté urbaine grâce à un nouveau souffle. Il ne s’agit plus de continuer à pousser les murs vers l’extérieur mais de leur redonner vie et sens à partir de l’intérieur, grâce aux circuits de visite, au musée, aux promenades balisées et sécurisées afin de permettre aux visiteurs de voir et de sentir la grandeur sous leurs pieds, devant leurs yeux, dans un endroit à nul autre pareil. Pour favoriser ces échanges, cette mise en lumière du dedans d’une forteresse qui est la plus grande d’Europe, la ville de Sedan a ouvert le Café Turenne, le Restaurant La Tour d’Auvergne et le Château Fort cette fois-ci en version hôtel quatre étoiles.

Cette jolie façon de faire rentrer la ville dans le château en invitant les touristes de tous âges, les enfants tout particulièrement,  à voir autrement ce château fort est une réussite qui prouve la force d’adaptation d’un lieu fortement ancré dans l’Histoire. Dans la petite histoire que je viens de vous conter, ce billet commence par une histoire d’eau, se poursuit par une histoire de pierres, et de bois avec lesquels le château, les murs, les maisons… ont été construits. Une façon de saluer le bloc rocheux sur lequel la forteresse s’est ancrée ainsi que le bois du manteau forestier du massif des Ardennes qui fait l’admiration de tous, le bois sans lequel il n’y aurait pas de charpente et donc pas de tour ni de château...

Sedan, Château, Grande Cour, Hôtel et Enceinte avec logements sur le haut, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, Château, Grande Cour, Hôtel et Enceinte avec logements sur le haut, Cl. Elisabeth Poulain

Quant à nous, la bonne surprise a été d' arriver avec chance un peu à l'avance. Assises au doux soleil de cette matinée d’été à l'intérieur, nous avons eu le loisir de regarder avec attention les fondations de l’abbaye, puis en sens inverse des aiguilles d’une montre, le mur qui porte le chemin de ronde sur notre droite, le mur du fond coincé avec un bâtiment qui se termine par la Tour carrée qui s’avance dans la Cour. C’est un endroit mystérieux, tant il a l’air délaissé par l’histoire, que nous verrons aussi d’en haut.

Encore assises, c’est le grand mur d’enceinte celui qui se trouve de l’autre côté de l’hôtel par rapport à la Porte d'Entrée, qui nous fascine. Il ne présente que deux petites portes sur la cour intérieure. Les seules traces de vie de tout cet énorme mur – façon de parler – sont des logements tout en haut dont on ne peut voir que la ligne haute des fenêtres et le toit refait récemment. C’est le soleil éclairant les relations de voisinage vues de la forteresse qui a conduit ensuite notre découverte, le regard d’en haut sur la ville d’en bas d’un côté, la Cour intérieure de l’autre, avec toujours le plaisir de la découverte.

Notre choix instinctif nous a mené sur le chemin haut du château qui permet de voir la ville en bas se déployer à ses pieds, avec beaucoup d'intérêt, au point qu'à peine sorties, nous avons garé la voiture près de l'Office du Tourisme  et sommes parties nous balader dans les vieilles rues du centre, avec un grand plaisir...avant d'aller déjeuner en terrasse...

Sedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth PoulainSedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth PoulainSedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth Poulain
Sedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth PoulainSedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth PoulainSedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth Poulain

Sedan, le château et la ville, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Sedan, à voir sur http://www.sedan.fr/  , ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Sedan  

. Le château de Sedan sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Sedan  

. La belle photothèque de la ville sur http://www.sedan.fr/photoAlbum.html?webfolder=745#  http://www.sedan.fr/ville_d_art_et_d_histoire.html  

. Acquérir quelques bases de connaissance sur l’architecture de la ville sur http://www.sedan.fr/architecture_sedanaise.html  

. Lire, avec un stylo et du papier sous la main pour prendre des notes, l’histoire étonnante de ce château sur http://www.pict-art.com/html/photos%20chartes/sedan.html ---) Bon à savoir, la source-signature figurant ci-dessus n’est plus accessible. Il n’y a donc plus d’auteur pour valider la recherche. Dommage, c’est le seul écrit facilement accessible qui s’était donné pour objectif de restituer une vision globale au cours des siècles, en montrant l’imbrication des liens européens, avec une photo pour chaque modification ou ajout porté au château… .

La Meuse à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Meuse_(fleuve)  . Son affluent venant du Luxembourg, puis de Belgique, la Chiers, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiers  

. La pierre jaune utilisée à Sedan et aussi à Charleville Mézières est à voir sur http://www.hybriprotech.eu/images/documentations/fiche%20dom%20mesnil.pdf  

. La forêt d’Ardenne sur http://www.lunion.com/541990/article/2015-09-05/la-foret-d-ardenne-parmi-les-plus-beaux-massifs-forestiers-de-france  

. Quand on pense forêt d’Ardenne, on n’oublie pas La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, une création de Pierre Déon, celui qui fait tout à la maison, les textes, les dessins, tout… et cela depuis sa création en 1972 http://lahulotte.fr/img_lh/pdf/fiche-frelon.pdf  

. Retrouver toute l’information générale touristique concernant la région « Ardenne » sur http://www.visitardenne.com/all-access/  

. Photos Elisabeth Poulain.

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Photos 3 > Grands paysages d’été d’Ardennes > La beauté de la campagne

26 Septembre 2015, 10:19am

Publié par Elisabeth Poulain

Paysages d'été en Ardennes, une histoire de poteau, d'arbre & de vaches, Clichés Elisabeth Poulain  Paysages d'été en Ardennes, une histoire de poteau, d'arbre & de vaches, Clichés Elisabeth Poulain  Paysages d'été en Ardennes, une histoire de poteau, d'arbre & de vaches, Clichés Elisabeth Poulain

Paysages d'été en Ardennes, une histoire de poteau, d'arbre & de vaches, Clichés Elisabeth Poulain

Ardenne ou Ardennes. D’une façon intéressante, Ardenne ne prend pas de « s » quand il désigne l’ensemble du massif ardennais français, belge et luxembourgeois. Le terme se conjugue au pluriel quand on vise chacune des composantes nationales qui ne sont séparées que par des frontières quasiment ou franchement invisibles. C’est surtout le cas quand on est en pleine forêt, mais pas seulement. Pour ce billet, Ardennes doit donc s’écrire au pluriel, même si chez nous, en France, par définition nous n’avons qu’une seule Ardenne. Cette participation à l’unité se traduit par un pluriel qui englobe aussi les pays voisins, un efaçon originale de traduire sa singularité!.

Imaginez. Vous êtes sur la route,  vous ne conduisez pas et vous adorez prendre des photos aléatoires, quand la voiture roule. C’est dire que vous ne savez pas ce que l’appareil photo va saisir en photo. Il y a d’abord le décalage dans le temps entre ce que vous voyez, le moment où votre doigt appuie sur le bouton et le moment où la photo se fait. Il y a en plus le fait que la voiture roule, ce qui renforce la dimension aléatoire. Si les Dieux de l’Olympe sont bien lunés, si la chance est avec vous, quelques-uns de ces clichés seront réussis, d’une façon très inégale. C’est le cas avec cette sélection de trois clichés successifs, pris quasiment au même endroit mais pas tout à fait, puisque la voiture roule.

Paysages d'été en Ardennes, le poteau & l'arbre rond, Cliché1-3 Elisabeth Poulain

Paysages d'été en Ardennes, le poteau & l'arbre rond, Cliché1-3 Elisabeth Poulain

Les trois clichés pris à la suite les uns des autres. C’était le matin, un jour de beau temps par un soleil un peu voilé. La lumière était adoucie et la tonalité des couleurs abaissée par rapport à d’autres jours où le soleil plombe tout.

. Le premier a été pris dans un léger virage, à un moment où je cherchais des poteaux. La chasse au poteau dans des campagnes fouettées par le vent l’hiver est un plaisir de photographe, d’autant plus difficile à satisfaire qu’il est quasiment impossible de s’arrêter sur des routes où rien n’est prévu pour cela. Sauf à être absolument sûr qu’aucune voiture ne passera par là, ou que la vision se fait de si loin qu’on est assuré de ne pas constituer un danger.

Paysages d'été en Ardennes, l'arbre rond & la vache, Cliché 2-3 Elisabeth Poulain

Paysages d'été en Ardennes, l'arbre rond & la vache, Cliché 2-3 Elisabeth Poulain

. Le second dit « à la vache » est la suite du premier. C’est là que j’ai eu le temps d'admirer la portée en pente douce descendante de ce long coteau, blondi par la chaleur de l’été, avec des arbres verts ancrés de façon aléatoire dans ce grand espace si calme. Il y avait là une seule vache, un véritable bloc d’inertie, à l’égal du chêne peut-être, qui lui servait de diffuseur de bien-être et de repère. Comme dans la chanson « Auprès de mon arbre » de Brassens, avec une différence de taille qui est la vache ne semblait pas nostalgique pour un sou.

Paysages d'été en Ardennes, l'arbre rond & les deux vaches, Cliché 3-3 Elisabeth Poulain

Paysages d'été en Ardennes, l'arbre rond & les deux vaches, Cliché 3-3 Elisabeth Poulain

. Le troisième cliché a été saisi tout de suite après le premier. On voit qu’il y a une autre vache sur la gauche. Le rendu du paysage est évidemment différent. On s'aperçoit alors que c'est l'arbre, le chêne qui est la véritable star de ce paysage de coteau à longue pente douce.

Le hasard a disposé les choses autrement. Il y a toujours d'autres arbres, cet adouci de lumière et ce fondu des couleurs. Il y a aussi une certitude qui est que ces grands paysages où le seul mouvement l’été un matin très calme est celui du regard jeté d’une voiture a quelque chose qui relève de la magie d’une douceur inégalée, d’autant plus forte que l’on sait que l’hiver le vent s’en donne à cœur joie dans ces grands espaces d’une grande solitude et où on doit  se prendre à rêver à la chaleur des villes…

Pour suivre le chemin

. Le département (français) des Ardennes, avec beaucoup d’informations et de belles photos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ardennes_(d%C3%A9partement)  

. Retrouver la carte de l’Ardenne partie française sur https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=ardenne+fran%C3%A7aise+carte  

. Photos Elisabeth Poulain

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Jonas > Marque de maillot de bain pour homme > En tricot jaune et noir

23 Septembre 2015, 11:23am

Publié par Elisabeth Poulain

Maillot de bain pour homme, tricot vers 1930, marque Jonas, Cliché Elisabeth Poulain

Maillot de bain pour homme, tricot vers 1930, marque Jonas, Cliché Elisabeth Poulain

Le maillot jaune et noir en tricot pour homme. Je vous préviens, il est absolument fabuleux, au point que l’ayant découvert il y a un temps certain au fond d’un carton -toujours au fond, à se demander ce qu’il y a sur le dessus -  je n’ai jamais, je dis bien jamais,  réussi à le jeter. Oui le jeter à la poubelle, dans « la noire et jaune », celle qui est destinée au non-alimentaire en particulier. Ce n’était pas possible et pourtant les raisons ne manquaient pas, à commencer par tous ces gros trous de mites qui se sont goulûment repues en mangeant la laine de ce fabuleux trésor de l’art vestimentaire.

Les trous de mites et les trois couleurs. Visiblement ces affreuses bestioles ont aimé les couleurs claires. Il y a en effet trois couleurs, le noir dominant en surface, le jaune ensuite et le blanc écru pour faire le lien entre les deux. Je vais pourtant commencer par la couleur  choc ,         le jaune en forme de maillot à bretelles qui habille le haut du corps de l’athlète,  le noir pour le caleçon, en partie basse, pour couvrir les fesses et le reste et  le blanc écru à la taille pour la ceinture qui devait faire le lien entre le haut jaune et le bas noir, avec des passants noirs sur fond blanc. Quel raffinement, mes amis ! Malheureusement, je n’ai jamais retrouvé la ceinture, qui, à mon avis, devait être blanche écrue,  pour allonger le buste. A bien regarder ce maillot, elle pouvait être aussi jaune en raison du choix de la couleur des passants et du liseré noir au-dessus, le noir étant exclu, du fait du choix de la couleur blanche par-dessous

Visiblement aussi, les mites nous indiquent la composition du maillot. Il s’agit d’un tricot machine épais en laine. Imaginez l’inconfort et le poids du maillot une fois mouillé… Dire maintenant, qu’il  fallait être une baleine pour porter ce poids, peut-être pas quand même.

Jonas, la marque du maillot. C’est là où l’analyse se complique.  Jonas  est le nom d’un homme  cité par la Bible, qui fut malgré lui avalé par un grand poisson - d’où l’idée de la baleine - et …miraculeusement rejeté encore vivant quelques jours après sur une plage. Pour l’instant, ça va. Ca se complique quand vous apprenez que Jonas est aussi la marque de ce maillot de bain.

En fait de baleine, ce qu’on voit sur l’étiquette est un peu différent.  On y découvre une monstrueuse baleine, à l’énorme bouche ouverte, dotée de grosses dents terriblement pointues, qui manifeste clairement des appétits peu sympathiques envers une charmante naïade qui, heureusement pour elle, court vite en remontant la plage.

Maillot de bain pour homme 1930, Jonas, étiquette de la marque, Cl. Elisabeth Poulain

Maillot de bain pour homme 1930, Jonas, étiquette de la marque, Cl. Elisabeth Poulain

Les couleurs sont très importantes. Je vous ai amplement parlé de celles du maillot. Voyons celles de l’étiquette. « Jonas » est écrit en jaune sur fond noir, tout comme, « Déposé » à gauche (pour marque déposée), sous le corps de la baleine et « Made in France » à droite sous la nageuse courant hors de l’eau pour échapper à ladite baleine aux dents pointues. Tous les deux sont bleus-blancs-rouges : la baleine a le corps bleu, la bouche rouge et les dents blanches et la nageuse son ventre et ses fesses bleus, le haut de son corps rayé blanc et en rouge, ses pieds chaussés de sandales rouges, avec un bonnet de bain rouge sur la tête.

Que Jonas en début du XXe siècle ait été un nom de marque intéressant, je peux le concevoir. Il figure le monde marin, la glisse... Mais en fait, la baleine non seulement n’a pas croqué Jonas mais elle l’a relâché vivant sur la plage pour le protéger. Là dans ce logo de marque, Jonas devient un requin qui veut croquer, non pas une bonne chair de sportif nageur homme, mais une charmante naïade. Et comment je sais qu’elle est une femme ? Parce qu’elle a de la poitrine. Voici  en résumé le scénario dessiné sur une étiquette de 6,5cm de long sur 3,6 cm de large, pour vanter le pouvoir surnaturel du maillot, qui dope le porteur dudit maillot au point de le transformer en requin.

Pour conclure. Voici une histoire qui commence par du jaune et du noir d’un maillot de bain en laine datant du début du XXe siècle, d’avant 1930. Avec une vraie démarche marketing pour l’étiquette, qui utilise la silhouette d’une jeune femme sportive, qui a si peur qu’elle s’enfuit à la vue de Jonas, celui porte un maillot de bain Jonas, tellement il est puissant!  Montrer le corps de la femme pour prouver le pouvoir de séduction du maillot de bain moulant pour homme, comme double, triple sens ou +, ce n’est pas mal pour le début du marketing du maillot de bain! Il est fort ce Jonas.

Pour suivre le chemin.  Sur Jonas, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonas. Sur le maillot de bain français Jonas, aucune piste, d’aucune sorte...

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L’oie de la Saint-Martin, une recette d’Allemagne, via la Touraine,1

18 Septembre 2015, 17:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le vignoble en Touraine, wikipedia

Le vignoble en Touraine, wikipedia

La cuisine est pour moi d’abord un voyage, pas seulement dans l’imaginaire ou dans l’enfance, elle est aussi et surtout un marqueur identitaire particulièrement fort, qui perdure par de-là le temps et les frontières. Cette oie de la Saint-Martin en est un très bel exemple. L’histoire de ce billet commence en Hongrie où est né celui qui est devenu Martin de Tours, plus connu sous son nom de Saint-Martin dans toute la Chrétienté, pour avoir donné la moitié de son manteau à un pauvre. Avec cette recette, de nombreux siècles après, vous vous retrouvez près de Tours en Touraine.

. La Touraine. C’est là dans cette très belle région française centrale du Val de Loire, que vous rencontrez un couple de vignerons passionnés par leur engagement de vie dans la vigne, le vin, la terre, la pierre – la roche – l’arbre, la ferme aussi et tout ce qui va avec… dans une démarche forcément bio. Il s’agit de Louis-Jean et de Florence Sylvos, propriétaires vignerons du Château de la Roche du haut duquel on aperçoit perpendiculairement toute la Vallée de la Loire sur plusieurs kilomètres de largeur, avec l’Indre coulant au bas du coteau et Langeais à une dizaine de kilomètres au nord sur la rive droite de la Loire. C’est grâce à eux et à leur superbe cliché de leurs oies venant grignoter des baies de raisin, que j'ai retrouvé la recette de l’oie de la Saint-Martin. L’oie n’étant qu’une des facettes de l’incroyable notoriété de ce saint véritablement européen.

La vigne en Touraine, Chateau de la Roche en Loire, Cheillé

La vigne en Touraine, Chateau de la Roche en Loire, Cheillé

C’est aussi dans les campagnes et en Touraine bientôt, le moment où l’on fête « l’été de la Saint-Martin » qui dure trois jours, un moment riche en présages qu’il convient de célébrer dignement. « A la Saint Martin, jeune ou vieux, bois le vin » ou alors « Tue le cochon et invite ton voisin ». Le raccourci est admirable, d’autant plus que j’ai déjà entendu la citation comme suit « Tue le cochon, soutire le vin et invite ton voisin ! ». Et on est prié de ne pas se tromper dans l’ordre.

Ces dictons auraient encore été plus forts s’ils avaient inclus l’oie, qui semble en Touraine et plus largement en France moins fêtée qu’en Allemagne. En Belgique, dans certains pays nordiques, en Alsace, il y a bien sûr des recettes d’oie mais pas forcément pour la Saint-Martin et ou qui en portent le nom. La fête de la Saint-Martin se situe le 11 novembre, une date déjà fortement chargée de sens en France et pas seulement. C’est celle de la date du cessez-le-feu à la fin de la Ière guerre mondiale entre notamment la France et l’Allemagne. En Europe, c’est un jour consacré au recueillement. Comme toujours en réalité et pas seulement nous, tous, nous vivons à l’aune de plusieurs temps superposés, imbriqués les uns dans les autres.

En effet ce jour, c’est aussi la date du début du carnaval en Rhénanie, où il est déclaré officiellement ouvert à 11h. 11. C’est aussi le moment de l’année où les oies ont emmagasiné des forces et du poids à la belle saison juste avant de reperdre une partie de leur graisse pendant l’hiver. C’est aussi le moment où il y a encore le plus de vie et de lumière avant l’arrivée de l’hiver, en dégustant une belle et bonne oie de la Saint-Martin, bien grasse.

Et l’oie, alors ? C’est là que vous faites la connaissance, une façon de parler, avec de magnifiques oies,  bonnes pattes, bon œil, capable de distinguer sans erreur les bonnes mauvaises herbes à croquer goulument et à mâcher longuement entre les rangées de vigne, tout en savourant quelques grains de raisin. Je gage qu’il vaut mieux leur laisser ce plaisir aussi quand les raisins ne sont pas à maturité. Si non, elles ne devraient pas reculer devant cette pure gourmandise.

Oie blanche sur fond bleu, wikipedia, Noureddine Gori 2007

Oie blanche sur fond bleu, wikipedia, Noureddine Gori 2007

L’oie est un animal connu depuis l’Antiquité qui possède une forte connotation symbolique. Pour cette première dimension, les oies sacrées du Capitole à Rome sont toujours citées au titre de leur pouvoir de gardiennes du temple. Elles avaient pour mission de protéger le site contre des assaillants en avertissant les gardes par leurs cris. Ce fut le cas lorsque les Gaulois voulurent passer à l’attaque. Outre cette capacité, elles sont aussi renommées pour leur capacité à être dressées. C’est aussi pourquoi on les appelle des oies domestiques, par différence avec les oies sauvages que l’on voit partir d’Europe à la fin de la belle saison pour rejoindre leurs ancrages d’hiver sous des cieux plus cléments aux températures plus douces. Voir ce vol en forme de grand V en une forme parfaite filant  vers le Sud est franchement émouvant, comme j'ai pu encore le constater cette année, en levant les yeux.   

L’oie domestique est surtout élevée particulièrement en France pour son foie que l’on peut rendre « gras » grâce à un élevage en batterie peu attirant pour les défenseurs de la cause animale mais pas seulement. On peut aussi les laisser vivre leur vie d’oie tout à fait normalement d’autant plus qu’elles sont très attachées à leur territoire. C’est particulièrement le cas aussi quand ces volatiles appartiennent à un domaine qui possède des vignes.

Et pourquoi commencer par la Touraine d’abord, alors que la recette est allemande? La Touraine est une province française situé en Val de Loire. Sa capitale régionale est Tours, baignée par la Loire dont Martin est devenu l’évêque de la ville dont il porte le nom à jamais, avant d’être sanctifié. Quant à la Rhénanie, elle couvre une grande partie de l’Allemagne traversée par le Rhin. Il s’agit bien d’une recette d’oie, venue d’Allemagne pour la recette, en passant notamment par la Touraine pour le nom du saint, qui donne son nom à l’oie, le 11 novembre. La recette se présente sous des variantes multiples, dont vous aurez aujourd’hui celle provenant de Rhénanie. Retenez que tant le Val de Loire et la vallée du Rhin sont des lieux où il y a de la vigne et du vin et où l'on aime bien manger et goûter de bons vins. La recette de Touraine viendra plus tard, tant les recettes de farce sont différentes. Commencer par la plus basique, la plus terrienne, m'a semblé intéressant, comme on va le voir .

Oies dans les vignes, Chateau de la Roche en Loire, Touraine, Photo Florence Sylvos

Oies dans les vignes, Chateau de la Roche en Loire, Touraine, Photo Florence Sylvos

. La recette simple de base. Il vous faut une oie déjà préparée d’environ 4 kgs que vous avez lavée extérieurement et intérieurement et laisser sécher C’est déjà une belle bête, ce n’est pas encore un mastodonte, qui nécessiterait un plat encore plus grand. Le plus long va être de préparer la farce sans laquelle il n’existe pas à ma connaissance de recette d’oie. Celle-ci est simple et peu coûteuse.

. Commencer par le commencement, à savoir tout avoir sous la main pour faire la farce, indispensable dans une oie pour garder le jus de cuisson à l’intérieur de la volaille. Les ingrédients vont faire office d’éponges à suc et à saveur, pour éviter le dessèchement de la chair pendant la longue cuisson. Compter environ 400 gr de pommes de terre, plus ou moins selon votre goût, car vous allez ajouter trois pommes fruits selon la taille. Plusieurs oignons pour donner du goût et toutes les herbes qui vous plaisent, du laurier, de l’armoise, de la sauge, de la marjolaine, du thym… sans vous faire du souci s’il vous manque quelques constituants. Vous compléterez avec du sel, du poivre et un peu de fécule pour épaissir le jus. Certains mettent aussi du persil.

La farce dans l’oie. Les pommes de terre épluchées et coupées en morceaux sont mises à blanchir ; pendant ce temps vous épluchez les oignons et les pommes-fruits à fondre dans un peu de matière grasse, avec les pommes de terre. Une fois dorés vous placez le tout avec les herbes dans l’oie, que vous prenez soin de recoudre avec du fil alimentaire. C’est quand même la grosse et délicate opération quand on fait ça une fois par an. L’oie est posée, poitrine côté fond, dans la cocotte, avec un peu d’eau chaude, qui est elle-même placée dans le four préchauffé. Certains mettent aussi des pommes de terre et des pommes fruits autour, pour renforcer la garniture, avec aussi des oignons rissolés.

Il faut veiller à ce qu’il y ait toujours un peu d’eau dans le fond, pendant les quelques 2h 30 de cuisson, en retournant l’oie dans la dernière demi-heure pour que sa peau soit aussi bien grillée sur le dessus. Pendant ce temps, vous avez largement le temps de préparer l’accompagnement, en fonction de l’appétit de vos convives. Ma préférence va à du choux rouge agrémenté avec quelques marrons ou des pommes fruits. En Allemagne, ce pourrait être des pâtes fraîches faites maison ou des Knödel, des quenelles de pommes de terre ; comme il y en a déjà dedans, cela me paraît beaucoup mais à chacun son goût. Une fois cuite, il s’agit de tenir l’oie au chaud dans le plat à servir pour recueillir le jus de cuisson à dégraisser et à épaissir légèrement ensuite avec la fécule pour présenter la sauce à part, lors de la mise à disposition des convives sur la table lorsque vous présentez votre chef d’œuvre découpé avec la farce qui entoure l’oie et les accompagnements.

C’est une recette paysanne peu coûteuse par les constituants, avec des légumes basiques pour la farce, mais qui demande du temps de préparation et de l’attention lors de la cuisson. Ce qui me parait intéressant est la composition de la farce à base de pommes de terre qui sont mises dedans pour garder la viande humide et elles même devenir des éponges de saveur. En s’apprêtant à goûter au cours du repas un vin blanc (Chenin) ou un vin rouge (Cabernet franc, Côt) de Touraine venant du Château de la Roche.

Vigne de début d'automne du Château de la Roche en Loire, Touraine, wikipedia, Pierre Lannes & Fred.th pour les oies Vigne de début d'automne du Château de la Roche en Loire, Touraine, wikipedia, Pierre Lannes & Fred.th pour les oies Vigne de début d'automne du Château de la Roche en Loire, Touraine, wikipedia, Pierre Lannes & Fred.th pour les oies

Vigne de début d'automne du Château de la Roche en Loire, Touraine, wikipedia, Pierre Lannes & Fred.th pour les oies

Et l’étonnant est de voir comment ces oies de Touraine, se baladant avec grand plaisir dans les vignes du Château de la Roche en Loire, à Cheillé,  vous mènent en pensée  à Tours à une vingtaine de kilomètres de là, d’où vous êtes transporté d’un coup d’ailes en Hongrie, tout près de l’Autriche, puis d’un coup d’ailes encore, vous téléporte en Rhénanie, un autre pays du vin, pour déguster une oie de la Saint-Martin, le saint le plus connu de la Chrétienté, celui qui a su faire preuve de générosité envers un pauvre démuni qui avait froid…

Pour suivre le chemin

. Lire en présentation le précédent billet que j’ai consacré à Louis-Jean Sylvos, ce vigneron de Loire, ce terrien amoureux de larges horizons… sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/article-louis-jean-sylvos-vigneron-chateau-de-la-roche-en-loire-depuis-1580-122487025.html  

. Retrouver le Château de la Roche de Louis-Jean et Florence Sylvos, à Cheillé, sur son site avec des photos superbes sur http://www.chateaularocheenloire.com/vignes.html  

. Sur Facebook aussi bien sûr https://www.facebook.com/pages/Ch%C3%A2teau-de-la-Roche-en-Loire/113048265379130?sk=photos_stream  

. Le bipède sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Oie_domestique  

. Si l’oie sauvage vous intéresse, ne manquez l’article du Monde suivant http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/15/les-oies-sauvages-jouent-aux-montagnes-russes-au-dessus-de-l-himalaya_4557474_3244.html  

. La Saint-Martin en Allemagne https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Martin_(Allemagne)  

. Pour des informations récentes et pratiques, voir http://www.connexion-francaise.com/articles/le-11-novembre-fetez-%E2%80%A6-la-saint-martin#.VfvYSf3ovIU  

. La Touraine, aperçu général sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Touraine  

. Sur (Saint) Martin de Tours, un des plus grands saints de la Chrétienté, né en 316 à Sabaria, dans la province romaine de Pannonie, (la Hongrie actuellement) près de l’Autriche, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Tours et  https://fr.wikipedia.org/wiki/Pannonie .

. Photos : Florence Sylvos pour la petite compagnie d’oie dans les vignes, le Château de la Roche, Touraine, wikipedia Pierre Lannes, Nourredine Gori pour sa superbe oie sur fond bleu, avec mes remerciements à tous.  

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