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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Marseille, Le Vieux Port, aller-retour vu de la navette vers l’Estaque

15 Septembre 2015, 15:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Marseille, Quai de la Fraternité, L'ombrière, départ de la navette, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, Quai de la Fraternité, L'ombrière, départ de la navette, Cl. Elisabeth Poulain

Il y a ici tant de choses à voir que le jeu commence dès l’embarquement. On se verrait bien y passer quelques heures sur l’eau, a simplement tourner la tête, en se déplaçant de quelques dizaines de mètres seulement. Un petit bond en avant bien suffisant pour voir autrement ce qu’on vient de découvrir. Les touristes que l’on voit assis, dès que c’est possible, le savent bien. On voit différemment selon que l’on marche, que l’on est véhiculé ou que l’on reste fixe à un endroit, debout ou assis d’ailleurs. C’est à cette expérience qu’est consacré ce billet, qui porte cette fois-ci surtout sur le départ et le retour dans le Vieux Port du trajet vers L'Estaque.

On bien pris la navette, qui relie Marseille à L’Estaque, une petite commune littorale située à l’ouest du grand port dans la baie. Cette navette est empruntée chaque jour par ceux qui se rendent au travail dans la grande ville. C’est un moyen de transport bien utile et agréable qui permet d’éviter les embouteillages aux heures d’arrivée le matin et de retour en fin de journée, avec le rappel que la mer n’est pas toujours un grand lac calme. C’est aussi l’été pour les touristes un moyen irremplaçable de faire un tour en mer pour voir un peu la côte, de loin et sans avoir besoin d'avoir recours à un bateau pour touristes, alors que nous le sommes bien!

Le tracé du Vieux Port a du peu varier au fil des siècles, comme le montrent les cartes anciennes. Déjà ce constat est un énorme plaisir en soi. Non pas par nostalgie, mais plutôt par l’idée que nous sommes là où se déroulait déjà la vie il y a des centaines et des centaines d’années. Ce voyage dans l’espace-temps qui a commencé dès l’an 600 avant Jésus-Christ explique pourquoi, un tour en bateau dans le Vieux Port est fabuleux, même s’il ne s’agit surtout que de la partie « aller » et de la partie « retour » de la balade vers l’Estaque, dans un petit espace grosso modo de 800 m. de long sur 300 de large au demeurant. 

 

Marseille, Quai de la Fraternité, Attente de la  navette pour l'Estaque, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, Quai de la Fraternité, Attente de la  navette pour l'Estaque, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, Quai de la Fraternité, Attente de la  navette pour l'Estaque, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, Quai de la Fraternité, Attente de la navette pour l'Estaque, Cl. Elisabeth Poulain

. Ces quelques centaines de mètres du Vieux Port, même multipliées par deux, offrent beaucoup à ceux qui les regardent vraiment, un peu comme un décor de théâtre, dont il suffit de changer un élément du décor pour modifier l’ambiance. Il ne s’agit pas de chercher à acquérir des connaissances, savoir en quels siècles les bâtiments ont été érigés, modifiés, agrandis, rehaussés, remplacés…Ca, c’est encore autre chose. Il y a un temps pour tout, sur place, au moment où vous êtes là, pour vous.

Certains arrivent avec une importante documentation sur le site qu’ils ont parfois lue et retenue. D’autres se renseigneront après, ou pas du tout, à leur gré, ne retenant que l’émotion du moment. Certains font des tas de photos, une pratique agaçante pour les voisins, acceptée heureusement par d’autres, n’oubliant jamais que la photo est en soi une autre réalité, que celle que décryptent vos yeux, votre cerveau et toute votre personne.

Marseille, le Vieux Port, le quai, départ de la navette vers l'Estaque et retour, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, le quai, départ de la navette vers l'Estaque et retour, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, le quai, départ de la navette vers l'Estaque et retour, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, le Vieux Port, le quai, départ de la navette vers l'Estaque et retour, Cl. Elisabeth Poulain

. L’aller est marqué par la prise de contact avec le bateau, le choix de sa place, la découverte de ses voisins de quelques moments et les premières impressions. Le départ est très rapide, comme l’attente qui a été courte, la montée à bord; tout est tonique, sans être bousculé, comme s’il n’y avait pas de temps à perdre. Ce qui est le cas. La navette doit respecter ses horaires.

Quelques repères suffisent pour se repérer un peu. Dans le fond étroit du quadrilatère rectangulaire portuaire se tient toujours l’artère la plus fameuse qui a pour nom « La Canebière ». L’Hôtel de Ville sur le quai occupe la position centrale, sur le Quai de la Fraternité, au fond du rectangle du côté gauche quand on est au milieu de l’eau avec maintenant un bâtiment qui le concurrence fortement plus près de l’eau en partie droite. Il s’agit de l’Ombrière, une création de l’architecte Norman Foster, qui a travaillé en tandem avec Michel Desvignes, paysagiste qui a refaçonné toute la place, pour laisser pleinement l’espace aux personnes et dégager la vue.

La découverte commence dès le départ dans le port. On le constate notamment en passant près du quartier ancien du Vieux Panier situé sur une colline en côté droit en sortant du port. On voit surtout le quai. Dans le port lui-même du côté gauche du chenal, se trouvent les voiliers, chacun attaché à sa place numérotée à laquelle on accède par un ponton. Sur le côté droit, il y a beaucoup moins de voiliers, moins grands, peut-être plus utilisés mais sans ponton. Visiblement, il y a une aristocratie du ponton.

Par arrière sur la colline, on aperçoit la Basilique Notre Dame de la Garde, le point le plus haut de Marseille, d’où on a une vue panoramique. Sur ce côté gauche, plus en avant sur la terre en avançant vers la mer se situe le Fort Saint-Nicolas qui fut construit sur ordre de Louis XIV pour à la fois protéger la ville des ennemis de l’extérieur venant de la mer et cette même ville des Marseillais de l’intérieur. La chaîne qui permettait de fermer le port la nuit fut volée et disparut à jamais. C’est un endroit intéressant par le mélange des dimensions paysagères en un espace très restreint. C’est d’ailleurs ce que nous découvrirons en revenant. On ne voit pas la même chose selon que l’on part, ou que l’on revient.

 

Marseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth Poulain
Marseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, le Vieux Port, du Fort Saint-Nicolas, au Fort Saint-Jean et au Mucem, Cl. Elisabeth Poulain

Presque en face, côté droit plus en avant vers la mer, se dresse le Fort Saint-Jean, lui carrément construit au bord de l’eau et plus en avant vers la mer. Il attire l’attention par ses murs de grandes dimensions au bas desquels on peut se promener, avec l’impression ou plutôt la certitude d’être tout petit en bas. Le Fort, dont on voit surtout le bas, épouse la forme de la pointe, avec maintenant un nouveau voisin qui, lui, ne fait aucun effort, au contraire, pour sortir de son parallélépipède rectangle à la double peau de couleur noire. C'est le désormais fameux Mucem.

. Le retour arrive encore plus vite que le départ. Tant nous sommes tous des êtres d’habitude, même s’il ne s’agit que d’une courte balade en mer, marqué seulement par la descente à terre de de quelques brefs instants à l'Estaque. Nous ne regardons plus la côte sachant que nous ne verrons pas grand-chose, si ce n’est les grands bateaux de croisière. Chance, il y en a un qui part en mer devant nous.

C’est clair, si l’aller a eu un fort côté terrestre, le retour sera plus maritime, même si la seule eau de mer sentie sera celle qui éclaboussera la vitre derrière laquelle vous êtes protégé. La mer est un peu plus formée, preuve en est que le vent a forci quelque peu. Une autre preuve est que nous voyons des voiliers passer à pleine voile entre la Côte et les Iles du Frioul que l’on voit bien, mieux qu’à l’aller. Peut-être aussi le chemin du retour est-il plus directe que l’aller. Pour ma part, j’essaie de fixer en photo la rencontre entre l’étrave du bateau et la vague en récoltant quelques gouttes d’eau de mer sur la vitre. Du coup, j’ai vraiment l’impression d’être en mer dans un bateau !

Marseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth Poulain
Marseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, approche de L'Estaque par la navette, port et village, Cl. Elisabeth Poulain

. Après les jolies vues sur L’Estaque, les bonnes découvertes visuelles continuent à notre retour, lors de l’approche du Vieux Port. Cette fois-ci, on voit bien le Mucem à gauche juste avant le Fort Saint-Jean. Mais c’est surtout le côté droit de l’entrée dans le port qui nous attire. Le château en haut de la falaise, dans le Parc du Pharo, nous impressionne, non pas tant en lui-même, mais par son parc et sa pleine vue sur la mer et la falaise à ses pieds. C’est le seul moment de toute la balade où nous voyons une vraie rencontre entre la terre et la mer.

En poursuivant notre avancée vers le fond du vieux port, se détache en pleine majesté l’important Fort Saint-Nicholas, dont on saisit seulement alors toute l’importance. Un peu en arrière de la pointe à droite et en bas de la collline au ras de l’eau du port, se trouve un autre monde plein de vie et de couleurs avec de petites cabanes utilitaires, vraisemblablement affectées à la pêche, la réparation du matériel et des petits bateaux...Il y a même une rampe pour amener les bateaux à l’eau. A l’allée, toute notre attention était surtout tournée vers la rive droite. Au retour, c’est aussi le côté droit qui nous intéresse, c’est-à-dire celui qui était à gauche au départ.

Au retour, nous avons beaucoup mieux vu la rive du Fort Saint-Nicolas. Cela provient de notre installation à l’abri dans la navette, alors qu’à l’aller, nous étions à l’arrière, dehors et au milieu des places assises. Le Quai de Rive Neuve nous a offert pour finir ses alignements d’immeubles fin XIXe construits en pierre jaune, percées par des petites rues perpendiculaires étroites qui éclairent le site. Et c’est déjà l’arrivée sur la place du Vieux Port, au Quai qui abrite l’Ombrière, notre point de départ. Une bien belle balade, en vérité.

Marseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain
Marseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain
Marseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth PoulainMarseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, navette pour l'Estaque, départ du petit port, arrivée Marseille, Fort St Nicolas, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir le billet que j’ai consacré à l’Ombrière de Norman Foster http://www.elisabethpoulain.com/article-a-marseille-l-ombriere-de-norman-foster-un-mystere-urbain-en-miroir-124209340.html  

. Le Vieux Port sur, http://www.elisabethpoulain.com/article-dimanche-matin-de-mai-a-marseille-la-vie-en-rose-sur-le-vieux-port-77379346.html  

. Le Vallon des Auffes sur http://www.elisabethpoulain.com/article-balade-a-marseille-au-vallon-des-auffes-et-son-mini-jardin-de-rue-110018787.html  

. La Ville normée sous terre des parkings sur http://www.elisabethpoulain.com/article-photos-marseille-la-ville-normee-sous-terre-paysages-de-parking-123837441.html  

. L’album-photos consacré à Marseille sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/album-2168599.html  

. Les navettes sur http://www.rtm.fr/guide-voyageur/se-deplacer/navettes-maritimes  

. Le port de Marseille, qui va jusqu'à l'Estaque compris , du fait de ses implantations plurielles https://fr.wikipedia.org/wiki/Port_de_Marseille https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Saint-Nicolas_(Marseille)  

. Le Vieux Port https://fr.wikipedia.org/wiki/Vieux-Port_de_Marseille  

. Aller au Mucem https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=Mucem%2C+Vieux+port++  

. Et voir d’abord http://www.mucem.org/fr/node/696/done?sid=6169  

. Avec les données de base sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudy_Ricciotti  

. Marseille, grand port portuaire de croisière http://www.revue-urbanites.fr/4-laffirmation-de-marseille-comme-port-de-croisiere-en-mediterranee/  paru sous le titre « L’affirmation de Marseille comme port de croisière en Méditerranée », 13.11. 2014, Véronique Mondou

. Euroméditerranée fête ses 20 ans http://www.euromediterranee.fr/fileadmin/downloads/journal16pages_V5_ECRAN.pdf  

Photos Elisabeth Poulain pour la balade, voir aussi de superbes clichés de la ville sur http://pv.viewsurf.com/?id=254  

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Le jaune chaud en multiples facettes pétillantes > La couleur mode > 1

13 Septembre 2015, 17:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Livret "La santé vient en mangeant", couleur jaune, Cl1 Elisabeth Poulain

Livret "La santé vient en mangeant", couleur jaune, Cl1 Elisabeth Poulain

Le jaune fait partie de ces couleurs qui sont tellement présentes dans nos vies, qu’on ne les voit réellement plus vraiment. Il éclate dans les champs de tournesol, dans les parcs urbains et les jardins des particuliers, sans parler des arbustes à feuillage panaché…Mais ce n’est pas de ce jaune naturel là dont je veux vous parler.  

Il s’agit du jaune à la « mode », celui qui est actuellement surtout choisie, par les designers chromatiques, les spécialistes de la couleur, qui travaillent pour les grands groupes dans le domaine de la publicité des biens de consommation. Pourtant, ce n’est pas par un exemple de 2015 que je vais commencer cette série. Mais par un qui date d’il y a 10-15 ans environ sans certitude à une ou deux années près, aucune date ne figurant sur le document. Il semblerait que la série ait commencé vers 2001 et que le livret dont je vais vous parler ait été publié en 2004.

Sur fonds européens et pour tous les Etats membres, l’objectif a été de diffuser un document de qualité, avec une information sérieuse et une présentation à la fois soignée et attirante. Chaque Etat participant a été  souverain dans la façon de remplir les objectifs du programme : la France avait décidé de publier des livrets. Il y en eut plusieurs. La réalisation en France a été une franche réussite ; preuve en est que ce document de 34 pages n’a absolument pas vieilli et qu’il continue à être référencé, comme s’il était sorti hier.

Livret "La santé vient en mangeant", couleur jaune, Cl2 Elisabeth Poulain

Livret "La santé vient en mangeant", couleur jaune, Cl2 Elisabeth Poulain

La couverture du livret « La santé vient en bougeant ». Elle est remarquable à trois différents sens du terme : on la remarque par sa couleur, elle accroche l’œil par sa composition et elle est franchement très réussie.

. Les deux jaunes du fond, celui de gauche est un franc jaune chaud tonique et non agressif, son co-équipier de droite est un jaune orangé ombré d’une touche de brun. La raison d’être de cette dualité me semble être de créer un rythme gauche-droite-gauche... qui renforce la composition basée sur un jeu deux à deux, avec une ligne montante au milieu. Deux roues de vélo pour femme et homme, deux ballons de foot pour homme, deux chaussures bien pointues à talon pour femme.

. En haut, le « désordre » volontaire vient des trois cordes à sauter, chacune possédant ses deux poignées proches l’une de l’autre, une à gauche et l’autre à droite. Si deux des cordes désignent le coin supérieur haut, ce n’est pas un hasard : il s’agit d’accompagner le regard vers le panneau souriant barré de rouge placé de biais qui forme le troisième élément de « désordre » volontaire.

. En bas, c’est le titre en gros caractères qui forme l’assise sur laquelle se cale la composition à six niveaux, titre compris avec le sous-titre « Le guide nutrition pour tous » en bleu léger, la paire de chaussures, l’escalier, le vélo, les deux ballons de foot, les trois cordes à sauter et le panneau au franc sourire rouge.

Essayer maintenant de trouver une autre couleur que ce beau jaune - de la partie gauche -, je n’ai pas réussi. Rien ne fonctionne aussi bien que cette fausse simplicité du jaune clair. L’orangé jaune à sa droite n’est là que pour éviter, me semble-t-il, l’uniformité, le trop plein d’énergie et peut-être aussi marquer l’attente du plaisir ressenti à faire du sport. Le livret donne l’explication : à supposer que le jaune de la partie gauche soit le même pour toutes les activités illustrées – le jardinage par exemple – cette dualité de jaunes qui varient à chaque fois, permet de montrer qu’il existe un code graphique. Elle permet aussi de structurer ces compositions qui sont autant de visages où on repère les cheveux, les yeux, le nez, avec un double profil, selon son humeur très bonne ou moins bonne...

La composition choisie pour la couverture est vraiment la meilleure des cinq présentées. Elle nous montre la force de la luminescence de cette couleur que nous allons pleinement redécouvrir au fil du temps…associée au mouvement du corps, au bien-être et au plaisir de se bouger ! Cette créativité pré-figurait la vogue actuelle pour ce jaune...comme s'il fallait à chaque époque, à chaque séquence  de temps, une couleur icônique...  

Pour suivre le chemin

. Ce billet n° 1 forme en réalité le troisième consacré à la couleur jaune. Les deux billets précédents ne portent pas de n°. Le Ier a pour titre "La couleur jaune dans la ville, la vie, New York, ses taxis, Over Blog"  http://www.elisabethpoulain.com/2015/08/la-couleur-jaune-dans-la-ville-la-vie-new-york-ses-taxis-over-blog.html

et le second "Les tongs havainas, Brasil > Le soleil sous les pieds"   http://www.elisabethpoulain.com/2015/09/style-de-pub-les-tongs-havaianas-brasil-le-soleil-sous-les-pieds.html

. La conception graphique et la mise en page sont l’œuvre de FCB Paris. Retrouver le livret de 34 pages sur http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/715.pdf

. Voir aussi http://www.e-sante.fr/sante-vient-en-mangeant-en-bougeant/actualite/389  

. La symbolique du jaune, à voir surtout dans le dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Robert Laffont/Jupiter.

. Découvrir  les effets des endorphines, ces hormones bienfaisantes pour notre organisme liées à l’exercice physique, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Endorphine  

. Photo Elisabeth Poulain

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Style de Pub > Les tongs Havaianas Brasil > Le soleil sous les pieds

7 Septembre 2015, 16:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl1. Elisabeth Poulain

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl1. Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, le vert ou le jaune se trouve sous vos pieds, entre vous ou plutôt votre voute plantaire, la chaussée, le bord de la plage ou carrément sur le sable. Avec en plus, une marque fameuse brésilienne, Havaianas du Brasil, celle qui vous souhaite BEM-VINDO AO BRASIL, Bienvenue au Brésil. Quelques mots d’abord pour vous dire que la marque est si célèbre au Brésil qu’il n’est absolument pas nécessaire de dire là-bas et en Amérique latine qu’il s’agit de tongs. Il vous suffit de dire « zut où sont mes havaianas vertes ou jaunes ? Qui me les a piquées ? » pour que tous à la maison sachent que vous parlez de vos tongs préférés. Et por favor, ne pensez pas à la Havane, mais à Hawaï, si non, on va vous éclater de rire au nez.

Du sérieux, voilà l’objectif de ce billet qui va vous parler de l’île des mers du sud, de la couleur jaune qui chauffe, par différence avec le vert qui rafraîchit, tout en voyant les interactions du concept de l’île en symbiose avec les icônes représentatives des vacances telles qu’on les imagine au Brésil...et des tongs sous les pieds. Une île sous chaque pied. C’est la première chose qui m’a frappé, tellement j’ai trouvé ça intelligent. Un endroit où on se sent bien, protégé du reste du monde, avec une simple semelle et deux liens qui se rejoignent entre le pouce et le Ier doigt de pied. La seule fonctionnalité réelle des tongs est d’amortir le poids du corps grâce à cette semelle souple placée sous le pied.

C’est la plus simple des chaussures qui ne chaussent pas ; avec des tongs, vous n’avez pas besoin d’avoir de la corne en guise de peau sous le talon et l’avant du pied. Ils offrent aussi l’avantage de laisser respirer le pied. Sous les tropiques et au bord de la mer en plus, c’est bien utile. On peut même marcher en ville, tout comme à la plage, sur le sable et dans l’eau, d’autant mieux que les tongs sont un symbole des vacances ; lesquelles vacances sont encore meilleures quand elles se déroulent dans une île dédiée au tourisme, entièrement préservée des nuisances de notre monde, à commencer par l’oppression de voir des gens comme soi travailler. Ceux-là qui vous ressemblent sont comme vous en vacances dans l’île.

L’île-vacances entourée de la mer sous le soleil, avec tous les plaisirs de l’eau. C’est la grande intelligence de ce dessin où sont représentés tous les plaisirs ou presque... Heureusement les deux dessins sont similaires sur ce point ; la couleur des tongs change et le lien aussi, qui est violet et plus étroit pour les tongs à semelles jaunes et jaune et plus large pour les semelles vertes. Mais les thèmes illustrés ressortent bien avec une nette différence selon que vous regardez les dessins côté mer, à gauche ou côté terre à droite de votre pied.

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl2. Elisabeth PoulainTongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl2. Elisabeth Poulain

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl2. Elisabeth Poulain

Côté mer, c’est votre bord intérieur du pied qui est visé. Tout au long de votre tong qui se tient verticalement sur la pub qui mesure exactement 23 sur 17,7cm, après avoir traversé le bord du remblai avec ses célèbres vagues blanches et noir, vous accédez à la plage, juste avant d’aller vous baigner et/ou de profite des plaisirs du soleil, d’eau et des deux réunis. Si vous êtes du genre actif, vous faites du beach-volley, de la gym, contemplatif vous admirez l’eau, le ciel ou le sable sans jamais vous lasser…Seul, à deux ou à plusieurs, vous mangez une glace, vous flirtez beaucoup et toujours admirez les beaux physiques qui s’offrent à votre regard. Ici on vient tout autant voir qu’être vu, sur le sable, au bord de l’eau, sur un ponton, dans un bateau ou accroché à un delta-plane...tout en voyant les grands immeubles qui bordent la plage.

Côté terre, du côté de votre bord extérieur de pied, il se passe tout autant de choses. Vous avez le choix de prendre un taxi jaune, le téléphérique jaune pour admirer la baie de Copacabana d’en haut, avec ses célèbres petites maisons colorées accrochées sur les flancs pentus, d’admirer les oiseaux tels les perroquets qui volent en rasant les palmiers et les grandes fleurs multicolores, tout en ayant toujours dans votre ligne de mire le célèbre pain de sucre, qui fait face au soleil situé de l’autre côté du dessin. C’est ici qu’on fait du skate-board, qu’on danse en costume blanc ou en robe blanche. A deux, on peut aussi se reposer sur un banc pour méditer à la beauté du monde, près d’enfants qui attendent leur ballon gonflé à l’hélium…tout en admirant un biplan à hélices volé dans l’air.

Ces deux publicités, qui figurent dans deux pages impaires de Biba, auraient pu être représentées l’une pour le pied gauche et l’autre pour le pied droit. J’aurais laissé la tongue jaune en pied droit, dans cette position et j’aurais placé celle à la semelle verte en pied gauche, de façon à mettre en valeur la plage au cœur de leur espace commun. Comme deux îles se faisant face, enserrant entre elles une mer intermédiaire. Comme deux îles se parlant entre elles, avec une mer intérieure leur faisant écho… L’une jaune figurant la chaleur du soleil sur la plage, l’autre verte représentant la partie terrienne de Rio-de-Janeiro, avec ses plantes foisonnantes, ses arbres, dans les couleurs symboliques du pays. Avec en plus pour la tong verte, un immense avantage qui est qu'elle porte les couleurs du drapeau brésilien... Rien que cela !?. Et oui, c'est ça, la magie de ces tongs. 

Avec en plus, cette ville à multiples facettes qui est mise en lumière à chaque pas que vous faites avec vos pieds, chaque dessin étant une petite lumière qui s'éclaire à chaque pas et le tout faisant une BD fabuleuse, côté terre et côté mer, faisant plus de 70 cm de long dans son déroulé pour une page qui mesure 23 cm sur un peu plus de 17 cm en largeur. Qui dit mieux! 

 

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl3. Elisabeth PoulainTongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl3. Elisabeth Poulain

Tongs Havaianas, Brésil, aux couleurs du Brésil, pub Biba, 07.2014, Cl3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Les deux visuels se trouvent en pages 147 pour la tong verte et 149 pour la jaune de Biba, juillet 2014 ; ils doivent être une création maison de Havaianas-Store.

. L’histoire de la marque sur http://fr.havaianas.com/fr-FR/about-havaianas/history/#  

. La traduction sur http://dictionnaire.reverso.net/portugais-francais/havaianas  

. L’histoire de l’entreprise et de ses marques sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Havaianas  

. Rio de Janeiro sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rio_de_Janeiro  

. Copacabana sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Copacabana  

. Elisabeth Poulain pour les tongs.

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Style de Pub > Plaque > La Bière de la Grande Brasserie Ardennaise

4 Septembre 2015, 16:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bière de la Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

Bière de la Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une des plaques publicitaires les plus célèbres qui puisse exister en France et qui continue à l’être. Son nom « La jeune femme au drapeau » ne rend compte pourtant ni de sa dimension en matière de communication, ni de sa très belle réussite tant chromatique que graphique, ni de la force étonnante de son pouvoir symbolique. Les raisons en sont forcément plurielles. Un point de départ est vraisemblablement la date de sa fabrication, postérieure à la fin de la première guerre mondiale, après 1921 mais sans plus de précision. Cette absence d’information précise est aussi une caractéristique de cette plaque, qui porte pourtant le nom de son créateur J. Spring. On sait aussi qu’elle est l’œuvre de l’Emaillerie alsacienne de Strasbourg qui a été très active dans le domaine des plaques publicitaires émaillées. Et c’est déjà un réel étonnement.

La Grande Brasserie Ardennaise, le GBA, comme je l’ai vu sur le net, a quand même laissé plus de traces dans l’histoire. Elle a été fondée en 1921, sur l’initiative de dix- sept brasseurs locaux qui se sont regroupés. Sa production de bière « La Sedan » a débuté en 1924, pour atteindre très vite des volumes impressionnants. Cette période qui a suivi la fin de la Ière guerre mondiale jusqu’à la crise de 1929 a été marquée par une reprise de l’activité économique et celle de l’espoir dans un avenir meilleur. Au plan local et plus largement régional, la bière était largement consommée par les ouvriers qui travaillaient au relèvement du territoire. Le département a été le seul en France à avoir été occupé par les troupes allemandes pendant toute la Grande Guerre, celle de 1914-1918. Après 1930, la production a atteint des records puis a subi la concurrence du vin et d’autres brasseries. Elle a été rachetée par son concurrent belge Stella Artois en 1968 pour s’éteindre définitivement en 1979, par décision de ses propriétaires.
 

Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque. C’est un bock de bière blonde que la jeune femme au drapeau brandit –haut- de sa main gauche. Celui-ci est rempli à ras-bord avec de la mousse qu’on aperçoit par le dessus, la fameuse « Sedan » de la Grande Brasserie Ardennaise. Elle se détache avec force sur le fond noir. Outre la bière, on va retrouver cette couleur or pâle dans les cheveux, qui volent au vent, de la jeune femme. Ce même vent qui fait gonfler le drapeau bleu et rouge qu’elle tient fermement de sa main droite. Elle avance hardiment, vêtu d’une tunique blanche, qui s’enroule autour d’elle en moulant son corps.

Le drapeau bleu et rouge, à la hampe bleu, se déploie avec force derrière elle. Bleu, blanc rouge forment les couleurs du drapeau de la France, que tous les Français connaissent et reconnaissent ici même si elles se présentent ici dans un ordre dispersé, en blanc, rouge et bleu pour lui permettre de suivre le mouvement du vent. Son mouvement des bras forme le V de la Victoire et ses pieds nus, admirablement dessinés sont si légers qu’elle donne l’impression de danser tout en chantant avec une puissance étonnante le retour à la France, sans une fausse note, ni un hiatus.

Les lignes qui structurent l’espace de cette grande plaque – 157 cm sur 106 cm – sont très fortes. On distingue la médiane verticale qui passe en arrière de son corps, une oblique sur la gauche formée par la hampe du drapeau, à laquelle répond l’autre oblique qui joint le bock en haut à droite, au logo en rond de la brasserie en bas à gauche. Par-dessous ce logo difficile à décrypter figure le terme le plus important BIERE en caractères jaunes, un jaune plus fort que le blond des cheveux et que l’on retrouve tout en bas en gros caractères ARDENNAISE. Entre les deux dispositions, se trouve « DE LA GRANDE BRASSERIE » en rouge plus sombre et caractères moyens. Seules ces trois lignes alourdissent la composition, particulièrement la teinte rouge qui pose question. Quatre couleurs avec le noir du fond, peut-être était-ce difficile d’en choisir une autre ? SEDAN figure hors cadre en noir sur fond blanc au milieu de la composition. C'est par l'indication du lieu d'implantation de la Grande Brasserie Ardennaise, en cinq lettres, que se termine cette plaque. 

Et s’il faut retenir quelque chose, c’est la force qui se dégage de cette jeune femme qui chante la victoire à pleine voix, de tout son coeur, de tout son corps que l'on devine sous le voile blanc. Magnifique.

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Sur les brasseries, voir http://www2.cr-champagne-ardenne.fr/patrimoineindustriel08/IA08001425.html  

. Des infos sur la Grande Brasserie Ardennaise sur http://www.biere-sedan.fr/indexpc.php?idp=4  

. L’Emaillerie alsacienne de Strasbourg, voir ses productions en « Images » sur Google, mais sans indication sur la société elle-même, pour comprendre son importance dans l’art publicitaire…

. Sedan pendant la Guerre de 1914-1918 http://www.lunion.com/region/une-exposition-itinerantesur-l-occupation-du-sedanais-en-14-18-ia3b25n428067  

. Lire l’interview du dernier directeur de la Brasserie, Philippe Jean, dans http://www.houblon.net/spip.php?article1675  en 1979   

. Photo Elisabeth Poulain, à partir du catalogue « Salorges Enchères », Nantes – La Baule, Samedi 26 et Dimanche 27.10.2013, 8bis rue Chaptal, 44100 Nantes, 02 40 69 91 10, sarlkac@wanadoo.fr , avec mes remerciements.

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Style de pub Yaourt > Photo d’une poire > Velours & Chute de reins

30 Août 2015, 15:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Le titre décrypté. Il s’agit bien de la photo d’une publicité pour un yaourt de fruit, sans que le nom de la marque apparaisse, si ce n’est en très petits caractères, en bas sur le côté gauche et en verticale montante. Sans non plus qu’on puisse penser au départ qu’il s’agit d’un yaourt.

En effet seule, une poire fait l’objet de la photo. Pas n’importe laquelle bien sûr. Il a dû falloir des jours et des jours pour trouver LA  bonne poire. Signe caractéristique, elle a une fabuleuse chute de reins. Pour bien montrer sa singularité et sa ressemblance avec une vraie chute de rein – sous entendue « de femme » -  le bas du fruit est délicatement entouré d’un tissus de velours bleu nuit.

Le tout est nimbé d’une admirable lumière qui vient de la gauche, pour donner un brillant  qui souligne la double courbe du fruit et de la chute, en mettant en valeur le pédoncule du haut par lequel s’échappent en courbe les trois mots d’explication « Velours de Fruits » écrits en arrondi. Et le tout se détache sur un fond vert foncé, une couleur un peu curieuse, à laquelle on n’aurait pas pensé.

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Et le plus curieux est que j’avais gardé la page, non pour cette publicité, mais pour son recto intéressant d’une publicité faite par et pour une bouteille de Champagne Moet & Chardon « Esprit du Siècle », axée sur les grands millésimes en fond métal, inscrits en lignes superposées, avec une année de millésime de chaque côté de la bouteille et une étiquette rectangulaire et minimaliste en métal.

Deux visuels minimalistes conçus par des marques, l’une grand public fondée sur la rondeur complétée par un jeu visuel allusif et l’autre d'un grand nom sur le contraste entre les courbes de la bouteille de champagne et les lignes horizontales en métal argenté pour la bouteille et doré pour les millésimes… En 1999, à un moment où l’attente pour le XXIe siècle était si forte que tout devenait possible…

Pour suivre le chemin

. C’est un visuel publicitaire « fait maison » par France Glace Findus, paru dans « Elle Décoration » n° 89 en 1999

. Cliché Elisabeth Poulain

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La couleur jaune dans la ville, la vie, New York, ses taxis, Over-Blog

24 Août 2015, 14:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Un titre compliqué parce que concentré. En développé, il se traduit ainsi : « la couleur jaune dans la ville, à New York, avec l’exemple des taxis jaunes new yorkais, qui en sont un des symboles, et qui sont aussi maintenant présents sur la plateforme d’Over-Blog ». Vous comprenez pourquoi les titres chez Over-Blog sont limités à 70 caractères ! Ils ont (vraiment) raison.  

Revenons à nos moutons, à savoir le choix de cette couleur éclatante de vitalité, pétillante de tonus et d’adaptation à la réalité urbaine d’aujourd’hui comme symbole d’une ville qui vit à 300 kms/heure, toujours porteuse d’une façon extrêmement positive d’une culture ouverte sur toutes les autres cultures sans avoir à choisir.

New York continue à être la capitale du monde, même si savons maintenant qu’il y en a plusieurs. Et la raison n’en est pas la présence du siège de l’ONU où tous les pays sont représentés. C’est New York qui porte l’organisation mondiale et non l’inverse. On n’imagine pas l’ONU autre part. New York continue à être un symbole de l’accueil fait à des milliers de milliers d’émigrants, au cours des derniers siècles, même si les Français ont été peu nombreux.  

Les Yellow Cabs. Ils sont plus de 14000 à sillonner les rues de la ville, en attendant d’être hélé par ceux qui font appel à leurs services depuis le trottoir. Outre leur visibilité, qui se traduit par un accès plus facile pour les clients, ils offrent une garantie de sérieux, du fait de l’autorisation qui leur est fournie par l’autorité municipale compétente. Avec les Yellow Cabs, on est sûr de les voir, d’être vu et d’arriver rapidement à bon port.  

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog a choisi comme couleurs emblématiques de son logo et pour sa mise en page le noir comme couleur principale d’impression avec des touches jaunes orangés pour attirer l’attention sur certaines cases. Outre ce design bi-chromatique, les t’shirts de l’équipe sont aussi noirs en couleur de fond avec en surimpression des lettres en jaune orangé très visibles. New York et ses taxis jaunes forment le lien, pour preuve une photo du site OB montre 7 Yellow Cabs, dont 4 de face, qui vous regardent, lorsque vous traversez la rue ! C’est dire si les 12 membres ornés de leur t'shirts au logo d'OB, de l’équipe pourront facilement être transportés dans les 4 voitures jaunes de face, dans New York.

En matière de communication, il ne saurait y avoir de hasard. Tout ce que je viens d’écrire aurait pu être une explication très partielle concernant le passé d’une grande ville, terre ouverte, terre d’accueil, toujours en phase avec l’évolution du monde. En quelques décades seulement, le centre du monde s’est déplacé vers la Côte Ouest des Etats-Unis et l’Asie. N’y aurait-il pas alors autre chose dans le choix des couleurs du logo d’Over-Blog? Une hypothèse pourrait se trouver dans un débat de 2014, encore riche d’une actualité brulante, qui a agité le monde du New-York Times, entre l’avenir de la presse numérique et celui de la presse papier. Un choc de titan entre le Nouveau Monde ouvert du numérique et le Vieux Monde cloisonné. Pour les Européens que nous sommes, New-York pourrait être vue comme une marche d’appel, pour d’un grand saut, nous rapprocher du cœur du Numérique, des deux côtés du Pacifique, dans l’hémisphère nord…Et dans cette vision, les blogs sont des trans-frontières d’un nouveau-genre…qui ont besoin pour avancer de yellow cabs d'un nouveau genre!   

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

Pour suivre le chemin

. Un digest sur http://frenchmorning.com/pourquoi-les-taxis-sont-ils-jaunes-new-york/  

. Plus d’infos sur http://www.taxisjaunes.net/pages/3.saga.html  

. Toujours wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxis_de_New_York  

. Pour New York, terre d’immigration https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_aux_%C3%89tats-Unis , ainsi que sur http://tpe-new-york.e-monsite.com/pages/presentation.html  

. Sur le jaune, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_couleurs

 . Quelques infos sur Over-Blog sur http://staff-fr.over-blog.com/2015/07/offre-d-emploi-overblog-recrute-un-lead-developpeur-php-symfony-2-h-f.html  

. Un débat intéressant à lire, sur « MediaLand, au pays des médias », le blog de deux journalistes au Monde, Alexis Delcombe et Alexandre Piquard, avec les 7 leçons qu'ils ont dégagées, pas 8   http://medias.blog.lemonde.fr/2014/05/16/new-york-times-les-8-lecons-du-memo-severe-sur-le-numerique/

. Photos, avec mes remerciements à OB pour les deux premières et Joseph Plotz pour celle prise à NY, via wikipedia  

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Savennières, Tessa Laroche, Domaine de La Roche aux Moines

21 Août 2015, 15:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

Savennières, Vue sur le vignoble du Domaine de la Roche aux Moines et la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Vue sur le vignoble du Domaine de la Roche aux Moines et la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Quand on s’appelle Tessa Laroche, aux commandes du Domaine de La Roche aux Moines à la Roche aux Moines à Savennières et que l’on est la fille de Madame Laroche, avec un tel nom, une telle adresse, d’une certaine façon, on porte le monde sur ses épaules. Intégrer dans son nom, celui du lieu-dit du cœur de l’appellation la plus prestigieuse des vins de Loire, est une charge très lourde. La Roche aux Moines est en effet un lieu-dit déjà cité en l’an 1130 de notre ère. C’est aussi un formidable enjeu et un stimulant sans pareil, pour avancer toujours et porter haut les couleurs incarnées par le Domaine géré au départ par Madame Laroche, sa mère toujours en relais quand sa fille est partie en prospection présenter les millésimes du domaine et maintenant par elle, qui est œnologue de formation.

Toutes deux président à la naissance de « grands vins au féminin », sans jamais oublier qu’un grand vin ne peut se concevoir sans une alchimie extrêmement fine entre une terre à nulle autre pareille, des vignes dont chaque parcelle a son identité propre, des soins constants en agriculture biologique depuis 2009 et une vinification au plus près de ce que le raisin peut exprimer le plus justement possible, sans forcer, comme naturellement. Alors que chacun sait ou devrait savoir que cette simplicité est le fruit d’un travail intense, qui commence par le choix des nouvelles parcelles pour de nouvelles plantations, l’attention constante aux vignes, à toutes les étapes de leur production annuelle et de leur durée de vie et une vinification la plus légère possible qui, depuis des décades, sont la signature du domaine. La certification en agriculture biologique, que je viens de citer parachève cette logique d’excellence; elle a été adoptée au niveau de l’appellation « Savennières Roche aux Moines » avec Tessa Laroche, élue présidente de l’appellation en 2009.
 

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, La Demeure & les Communs, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, La Demeure & les Communs, Cl. Elisabeth Poulain

« Mon métier est d’abord une question de gestion d’équipe. Seule, on ne pourrait tout faire. Avec moi, il y a Ludovic et Florian qui connaissent très bien le domaine, avec 10 ans de présence ici pour le premier et 6 ans pour le second. Maman reçoit aussi les clients quand je ne suis pas là. Elle adore ça. Un client peut prendre toute l’après-midi, de la fin du déjeuner jusqu’à 18h. Il y a plusieurs catégories de clients, les fidèles qui ne veulent par exemple n’être reçus que par l’une ou l’autre ou ceux qui aiment bien changer d’interlocutrice. ». Il s’agit bien sûr d’une généralité, compte tenu du fait que Tessa Laroche se déplace beaucoup en France et à l’étranger pour présenter les vins du Domaine.

Pour optimiser sa stratégie de temps, elle a adopté deux modes différenciés d'action. « Pour l’instant, je suis en « mode été », du 15 juillet à la fin août ; mon planning est plus cool. Je peux passer plus de temps dans les vignes. C’est là que je me ressource le mieux. Le reste de l’année, je me déplace beaucoup, en particulier à l’étranger, pour présenter les millésimes à nos clients. Nous exportons un peu partout, surtout aux Etats-Unis. Je vais par exemple à New York tous les ans. Pour l’Europe, je peux citer la Suisse, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas côté flamand surtout… qui ont de gros importateurs qui nous sont fidèles… Avec bien sûr des nouveaux clients chaque année, à qui je fais découvrir notre gamme.»

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain
Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth PoulainSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, le vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

. Son mode annuel usuel hors été. « J’essaie d’optimiser mon temps. En déplacement, je ne pars jamais plus de 6 ou 7 jours. Je veux être présente au domaine, là où il faut être, quand il le faut. Pas plus, si non, je ne suis plus là. Je n’aime pas déléguer. De toutes les façons, il y a des décisions à prendre que moi seule peut prendre. Pour cette raison, j’ai par exemple arrêté de faire certains salons. A certains moments, pour le débourrement de la vigne en mars-avril, il me faut absolument être là. Alors j’essaie d’utiliser les week-ends pour partir… Il faut aussi savoir partir pour goûter d’autres vins que les siens. Savoir déguster, c’est vraiment important. C’est ce que m’a dit ma mère depuis que j’ai 18 ans, pour être à l’écoute, avoir une palette de sensibilité plus ouverte…Quand un vin ne me plait pas, je ne me force pas. Quand j’aime pas, j’aime pas.

Pour en revenir au domaine, rien de tel pour moi que d’être dans les vignes et dans la cave. C’est ma partie ‘ancrage dans la terre’, couplée au domaine avec le fait qu’il y a toujours eu beaucoup de personnes qui sont venues et qui viennent déguster pour goûter et acheter directement ici au domaine. Notamment des Anglais, des Suédois à cause de Scania –l’entreprise suédoise présente à Angers -, des Danois, des Norvégiens… Pour certains, cela devient un rite de passage, dont la fréquence varie avec les personnes ; pour certains, c’est tous les 10 ans, d’autres plus fréquemment…Ces contacts directs avec nos clients qui viennent spécialement ici sont très importants pour un domaine. Ce rituel du mois d’août explique aussi que j’aime bien être là aussi. C’est important de connaître ceux qui dégustent nos vins. »

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain SSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain SSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain S

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Mains de Tessa Laroche, Sol, plant et grappe, Cl. Elisabeth Poulain S

Des vieux millésimes des « Grandes années » de Savennières Roche aux Moines sont encore disponibles à la vente. Certains portent le nom de cuvée ; en vin doux il s’agit de la « Cuvée de l’Abbesse » et de la « Cuvée des Nonnes » en moelleux. Elles cohabitent dans la carte des vins du Domaine, avec les valeurs sûres et maintenant aussi de nouveaux millésimes avec de jeunes vignes telles que «Le Berceau des Fées ». Le temps ici ne s’apprécie pas seulement dans le cycle annuel des saisons qui signent les millésimes, les Grandes Années qui font référence indiscutable mais aussi dans une durée très longue qui date du IIIe siècle de notre ère au premier millénaire de notre histoire. Un temps si lointain qu’il en devient fascinant. Il nous renvoie à l’occupation romaine que nous avons peine à imaginer en Loire. Déjà, les vignerons savaient que le site était exceptionnel. Le plus incroyable est qu’il l’est resté grâce aux efforts de tous au fil des générations et de la législation française en particulier sur les beaux paysages à préserver.

Le domaine en lui-même est fabuleux. Il réunit dans un même lieu et sur un même plan, dans une hiérarchie réfléchie de dates de plantation, la vigne en cépage de Chenin B en ses différentes déclinaisons d’âge de parcelles. Certaines sont closes de murs à l’arrière du Château en haut du coteau. Egalement en face sur une surface étendue, sans murs cette fois-ci, allant en une double déclinaison douce vers un vallon transversal à la Loire et vers le grand fleuve sur la gauche. Si les rosiers sont bien présents en bout de rangées côté vallon, ils le sont aussi côté plateau mais cette fois-ci autrement. Ils sont placés au centre du jardin à la française avec un bassin au centre à l’arrière de la belle demeure classique.

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain
Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur la Loire et le moulin du vallon, Cl. Elisabeth Poulain

Un jardinier à demeure s’occupe des 1600 rosiers et des différentes composantes du parc et du jardin, sans oublier de citer le magnifique jardin potager sur le plateau lui-même clos de murs pour éviter les courants d’air intempestifs qui pourrait nuire aux plantations. Lui aussi adore les roses, comme « les Pierre de Ronsard" qui sont une des signatures visuelles du domaine. Elles en sont à leur seconde floraison, comme me l’indique Tessa Laroche, qui va passer une bonne partie de sa pause estivale à ôter les fleurs fanées des rosiers de la propriété.

Sur la partie haute du plateau, parallèlement au fleuve, face à l’arrière de la demeure, ce sont les arbres qui servent de coupe-vent. La vigne est de toute beauté. Dans le fond de la propriété se trouvent des parcelles de Savennières. Chacune laisse à voir des rangées perpendiculaires au fleuve, avec ces arbres pour structurer les séquences, « sans poteau électrique visible pour ne pas nuire à la beauté de ce paysage de pleine nature. » Des arbres, il y en a partout, mais certainement pas n’importe comment. Ils structurent le paysage, protègent et assurent une grande régularité climatique. Ce sont essentiellement des feuillus qui ont maintenant un âge respectable. Une parcelle de jeunes vignes est ainsi prénommée « Le Chêne . Là, le terroir est plus lourd, plus profond avec des grains plus gros. On ne peut pas dire que nous sommes envahis par les grappes !»

Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain
Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Vignoble clos de murs, Cl. Elisabeth Poulain

Il y a aussi un endroit très spécial qui a donné son nom à la nouvelle cuvée dénommée « Le Berceau des Fées. » Cette fois-ci ce sont des pins qui attirent la curiosité du visiteur. Ils forment un cercle, plantés 1 par 1 pour deux d’entre eux, puis par 2, par 3 et par 4 mais cette fois-ci en quadrilatère inégal. La parcelle de 3 hectares de jeunes vignes qui donnent naissance à ce vin se situe pourtant de l’autre côté face au coteau descendant, comme un maillage entre les deux parties du domaine. C’est une autre façon pour Tessa Laroche de lier les deux parties du domaine entre elles, comme les roses qui signent l’appartenance à un paysage de femmes, sans oublier d’autres plants vigoureux comme la bignone.

Comme dans tout le domaine, de l’autre côté de la petite route, avec vue sur le grand paysage du coteau descendant de la Loire, les plants de vieilles vignes obtenues en sélection massale sont aussi rutilants de santé, en cette fin du mois de juillet. Florian, un des deux salariés de l’exploitation, est en train de couper les entre-cœurs, ces branches stériles, qui auraient tendance à trop se développer aux dépens des tiges porteuses de grappes et à nuire au bon murissement des grappes. Ces tâches, qui entrent dans le cadre de la taille d’été, sont essentielles pour conserver une forte densité d’expression au vin. « Ici on ne rogne pas les vignes pour éviter le stress de la plante surtout en période de sécheresse ».

Domaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth PoulainDomaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Berceau des Fées, Vues sur la Vallée Loire, Cl. Elisabeth Poulain

L’allée, qui coupe le vignoble en deux côté fleuve et vallon descendant, fait face à la propriété close de murs ; elle structure ce grand espace ouvert qui permet de voir facilement la fin de la délimitation de l’aire d’appellation au bout, puis sur sa gauche d’apercevoir l’Ile de Behuard au milieu de la Loire et dans le fond la ville de Rochefort au bord du Louet, un des petits affluents de la Loire. Deux grands pins parasol plantés sur le côté gauche marquent le début de l’allée et chaque rang de vigne avec son rosier rouge attitré. C’est le point haut du domaine repérable de loin, grâce à leur belle silhouette. De l’autre côté de l’allée des vieilles vignes, se trouvent des vignes plantées en 1983. On retrouve à chaque pas du domaine cette volonté de toujours composer avec le temps pour constamment renouveler le vignoble, en gardant un équilibre toujours à refaire entre les parcelles, leurs caractéristiques propres et l’adéquation optimale avec les plants en fonction de leurs âges, de leur mode de sélection et de la gamme des vins …

« Cette année, la véraison va se faire en une semaine, vers le 15 août environ avec un début de vendange qui va débuter vers la mi-septembre. ». On retrouve le temps, cette fois-ci dans sa déclinaison végétale pure, après une petite tornade une semaine avant. La vie dans la vigne n’est jamais un long fleuve tranquille. Il faut aussi toujours prévoir, en étant attentif à l’évolution de la société. C’est ainsi que pour répondre à des demandes de touristes français et étrangers, amateurs de bons vins et tout autant dégustateurs de grands paysages que Tessa Laroche a racheté une maison paysanne qui jouxte la propriété. Elle l’a faite entièrement rénover pour la proposer à la location en gite.

Dans le fond de la propriété du coté descendant vers le vallon, les rangées de vigne ont été plantées en 2011 cette fois-ci parallèlement à l’allée centrale et à la Loire plus bas. Il s’agit de faciliter l’écoulement de l’eau lors des pluies. Le sol est là très caillouteux, avec des teintes rouges-rosées, grisées ou vertes. On y sent vraiment la chaleur, par différence avec la température plus fraîche de la partie du vignoble située en arrière de la demeure.

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Florian, Vue sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Il est alors temps de revenir à la propriété et de contourner le magnifique bâtiment technique, que l’on appelle ici « les Communs » d’une longueur étonnante, chapeauté en son milieu par une petite tourelle carrée, comme une vigie, qui permet de voir d’en haut le domaine sur tous ses côtés. C’est un exemple particulièrement réussi d’architecture dédiée au vin, rare en Loire. « Sa construction date du début du XIXe siècle, vers 1830. Il fait le pendant de la belle demeure (XVII et XVIIIe) sur sa droite, avec, en lien, les arbres qui sont aussi une des signatures de ce site exceptionnel. Vous pouvez le constater avec la photo choisie comme bandeau de présentation par les Dames Laroche sur le site du Château. 

En arrière du grand bâtiment technique, se situe l’Allée du Chai, plantée de tilleuls, qui, comme son nom, l’indique conduit au chai. C’est là que se situe le chai à barriques qui contient la récolte de 2014, qui précède la cuverie pour 50% des vendanges qui vieillissent en cuve industrielle. L’endroit est très spécial, avec une atmosphère particulière, faite de calme, de retenue et de sérieux. Il ne s’agit pas dans cette allée de mettre des fleurs, mais de rester concentré sur l’objectif professionnel qui est de faire des vins au mieux de leur nature profonde. Les tilleuls grâce à leur feuillage renforcent cette atmosphère. La proximité avec le jardin potager de l’autre côté du haut mur, qu’on ne voit pourtant pas, souligne aussi le lien de la vigne avec la croissance des plantes, le soin qui leur est porté et leur production tant attendue.

Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, Le Berceau des Fées, Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Tessa Laroche, Le Berceau des Fées, Cl. Elisabeth Poulain

Le moment de « goûter en particulier un millésime 2014 du Berceau des Fées est venu. Il est pour l’instant vendu en vin de France. Il lui faut attendre encore une cinquième année d’existence pour avoir droit à l’appellation. C’est un vin de plaisir, vinifié en jus de jeunes vignes, à déguster dans les deux ans. Ce vin d’été titré à 13%, est présenté dans une bouteille cirée et mis en bouteille en 2014. Pour l’étiquette, je voulais autre chose. J’ai donc expliqué à la graphiste, Marie Carmarans, ce que je voulais et son travail m’a plu. » On comprend qu’elle savoure avec un plaisir particulier ce beau challenge qui montre une autre facette des capacités des différentes parcelles du domaine à parler la riche langue du vin.

C’est un Domaine aux Moines 2013 que nous goûtons ensuite. Il a bénéficié d’un élevage de 18 mois pour 50% en fût et le reste en cuve. Il a été mis en bouteille en mars 2015. Comme tous nos millésimes, il est très terroir, qui fait ressortir sa minéralité. Par nature, c’est un bon vin de garde, à l’acidité nécessaire. Minéralité et Acidité sont les deux constantes Mère-Fille qui sont mises en application au domaine. Bien sûr, nous nous adaptons au millésime chaque année. Plus que ça en fait, c’est le domaine qui s’adapte au mieux au changement climatique. Maintenant on ramasse les raisins dorés ; avant on botrytisait pour avoir le sucre. L’élevage est plus long… »

Comme Tessa Laroche le dit « cet été 2015, je ne pars pas en vacances. Ca m’embête. Je préfère rester au domaine. Je me ressource en étant ici, les pieds sur la terre de Savennières où chaque plant, chaque arbre...me parlent. Parmi mes travaux d’été, j’ai en particulier prévu aussi d’enlever les fleurs fanées des rosiers. » C’est ici qu’elle prend les grandes décisions qui engagent la propriété. Parmi celles-ci, citons quelques exemples, les plantations de nouvelles parcelles sur 3ha, comme pour « Le Berceau des Fées », l’arrachage d’un rang sur deux à la fin des années 2010 pour gagner en concentration, l’affectation d’une parcelle avancée sur le coteau descendant Ouest au Cabernet-Franc. « Une fois par exemple que la parcelle de cabernet ne produira plus, nous l’arracherons et replanterons en chenin. Aujourd’hui cette parcelle de 90 ans donne encore de beaux petits raisins que l’on garde. Cela nous permet de s’ouvrir sur d’autres connaissances, d’autres réactions de la terre à d’autres cépages… Je prends beaucoup de plaisir à ce que je fais. C’est vraiment ma passion. »

Cela se sent, cela se goûte dans les vins de Savennières du Château de la Roche aux Moines et... c'est bon.

Domaine de la Roche aux Moines, Allée du Chai, Murs, Barriques,  Cl. Elisabeth Poulain

Domaine de la Roche aux Moines, Allée du Chai, Murs, Barriques, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Retrouver, découvrir le domaine, avec de belles photos http://www.domaine-aux-moines.com/  

. Le gite en proximité immédiate avec le domaine, avec vue sur les vignes, maintenant ouvert à la location sur http://www.gite-domaine-aux-moines.com/fr/6prix.html  

. Marie Carmarans, graphiste, sur https://www.facebook.com/marie.carmarans.3  

. Manger au village de Savennières http://www.lechenin.fr/  

. La sélection massale, une définition sur http://www.larvf.com/,selection-massale-definition-dictionnaire-du-vin-vocabulaire-lexique,10355,4025349.asp  

. L’histoire de l’appellation sur http://vins-savennieres.com/IMG/pdf/l-histoire_du_vignoble.pdf  

. Le cahier des charges de l’AOC Savennières Roche aux Moines homologuée par décret 2011-1626 du 23.11.2011 http://www.federationviticole.com/images/pdf/savennieres%20rm%2023%20nov%202011%20cdc.pdf  

. Parcourir avec délectation le toujours excellent billet de PhilR, de la Pipette aux Quatre Vins sur http://pipette.canalblog.com/archives/2011/05/09/21073914.html  

. L’essentiel sur Savennières http://www.dico-du-vin.com/r/roche-aux-moines-aoc-savennieres-roche-aux-moines-anjou-loire/  

. Rapidement l’histoire de l’appellation sur http://vins-savennieres.com/IMG/pdf/l-histoire_du_vignoble.pdf  

. D’autres photos de Savennières sur http://merveilleux-anjou.blogspot.fr/2012/07/savennieres-quelques-vignobles.html  

. Photos Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth PoulainSavennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth Poulain

Savennières, Domaine de la Roche aux Moines, Vue sur le gite et le mur du domaine, Cl. Elisabeth Poulain

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Les paysages du whisky > Glenfiddich > L’esprit pionnier & le temps

20 Août 2015, 17:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 12 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 12 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Le whisky d’abord. C’est un single malt scotch whisky, qu’on ne traduit pas en français. Cela ferait tâche en société et pourtant peu savent qu’il s’agit d’un whisky écossais -  jusque-là ça va -  bien que l’on dise souvent « un Scotch » s’il vous plait ». La suite est moins connue. Cet alcool provient d’orge malté, obtenu dans une distillerie unique, distillé deux fois dans des alambics de cuivre et qui repose ensuite trois ans au minimum dans des fûts de chêne.   

Le Scotch Whisky Single Malt est obtenu à partir d'orge maltée (1). Jusque- là, ça va. La suite montre  que d’autres conditions d’excellence sont nécessaires. Il faut ensuite que le jus soit  issu d'une même distillerie (2), distillé au minimum deux fois (3) dans des alambics de cuivre (4), titrant un minimum de 40° (5), vieilli obligatoirement en fût (6) (généralement de chêne) pendant un minimum de 3 ans (7) et exclusivement en Écosse (8) d'où son appellation de Scotch. Si je compte bien, cela fait huit conditions, plus une que l’on découvre au cours du billet et qui est propre à la marque.

Glennfiddich, c’est le nom de ce whisky écossais de la vallée de la Spey – Glennfidish speysside – au Nord-est de l’Ecosse. Les trois visuels que je vous présente présentent des points communs et des différences. La plus importante est l’âge du whisky : en bouteille verte, il s’agit du 12 ans d’âge et en bouteille couleur or, c’est le 15 ans d’âge. La bouteille est semble-t-il la même et l’étiquette aussi. Elles ont toutes deux pour objectif de mettre la date d’établissement – Est 1887 - de la distillerie en valeur grâce à un tampon saillant sur le verre juste au-dessous du col de la bouteille.

Les 4 séquences de la bouteille –or et verte- sont successivement les armes avec le blason en haut au-dessous du bouchon, l’année de fondation 1887 (Est pour estate) sur le tampon, l’étiquette avec le cerf qui a été et est toujours l’emblème, à cause de la localisation de la distillerie dans la vallée de la Deer – le cerf -  et l’âge de la cuvée, 12 et 15 ans dans l’exemple.

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Les trois visuels. Il s’agissait de rafraîchir la vision de la marque en renouvelant sa perception pour le public français, le premier pays consommateur au monde - sans toucher à la bouteille et sans nuire à la marque. Pour cela deux clés ont été utilisées.

. La première est le temps, cette fois-ci exprimée non plus en années, c’est déjà fait par deux fois sur la bouteille, l’une en inscrivant la date de création de l’entreprise et l’autre l’âge du scotch whisky. Le temps ici se traduit en « esprit pionnier » à l’instar des pionniers qui ont traversé les Etats-Unis pour conquérir la Californie. Un mythe américain pour séduire les amateurs français, qui va se traduire par l’adjonction d’un texte sur le visuel. Pour le 15 ans d’âge, c’est la durée qui va être mise en avant.

- Pour le 12 ans d’âge, il est fait appel à la mer et au marin que fut « le gendre du créateur de la distillerie, Charles Gordon, qui fut le premier à prendre la mer pour exporter son Single Malt » maintenant présent « aux quatre coins du monde. » « L’esprit pionnier » figure en grand au-dessus de de la bouteille à droite.

- Pour le 15 ans, l’intitulé du visuel est désormais le suivant « 125 ans, Les années passent, l’esprit pionnier reste »…Le texte est plus étoffé : « 125 ans que William Grant posait la Ière pierre de sa distillerie dans la vallée des cerfs. 125 années durant lesquelles Glennfiddish a su développer la gamme des Single Malts la plus récompensée au monde. 125 année de créativité et de tradition qu’incarne à merveille l’alliance des trois fûts différents dont est issu Glenfiddich 15 ans… » Voila la 9è condition propre à la marque. 

La signature a changé : le cerf est toujours là, sa dimension a été réduite, dessous apparait en caractères blancs Glenfiddich et enfin en gros caractères 125 ans. - Le second visuel du 15 ans d’âge met l’accent sur la qualité de l’eau. L’accroche a été légèrement modifiée avec un texte qui devient : « L’esprit pionnier depuis 125 ans…  

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

Glenfiddich, Single Malt Scotch Whisky, 15 ans d'âge, Cl. Elisabeth Poulain

L’autre élément du renouvellement des visuels est l’importance donnée au paysage écossais. C’est une façon très actuelle de donner du corps à un alcool, à un vin, quelque chose que l’on boit, ou qu’on ingère dans son corps. Un procédé très efficace pour donner du sens à une publicité pour du whisky. Le cerf, c’était bien à un moment de notre histoire ; les hommes qui ont fondé l’entreprise, c’est toujours important. Le rattachement d’un paysage à un produit de marque maintenant est une formidable façon de singulariser cet alcool, qui ne pourra jamais être confondu avec un autre.

Vous ne boirez plus du Glenfiddich 15, vous goûterez toute la singularité d’un vaste paysage de grande nature, comme l’est cette colline caillouteuse dont le sentier vous mène à un sommet ou ce torrent d’eau vive qui saute de rocher en roche entre les collines près d’un pin…sans nulle trace humaine. Quant au 12 ans, vous serez le navigateur à la barre de votre navire à voile longeant les côtes heurtées de l’Ecosse…une façon aussi peut-être d’utiliser la mer pour contrer un concurrent qui en a fait sa marque de différenciation…Une affaire à suivre !

 

Pour suivre le chemin

. Visuels parus dans le Monde du 5.5.2012 pour le 12 ans d’âge, Le Figaro Magazine du 24 mai 2013 et l’Express du 30 octobre 2013 pour le 15 ans d’âge

. Retrouver l’essentiel de la gamme sur www.glenfiddich.fr  et le cadre génaral sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Glenfiddich  

. Photos Elisabeth Poulain

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Style de Pub 2009 > 500Diesel > Le télescopage pour attirer l’œil

17 Août 2015, 10:16am

Publié par Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

En matière de création publicitaire, que peut-on faire pour attirer le regard de consommateurs saturés, retenir leur attention un court instant et fixer dans leur mémoire la trace du visuel qu’ils viennent de voir ? La réponse est : introduire un élément de désordre incongru capable de susciter le trouble dans l’univers publicitaire où tout fait sens. C’est cette incongruité qui provoque un télescopage d’univers, entre le message publicitaire très ordonné et un élément visuel qui détonne, étonne, questionne… Naturellement chaque cas est particulier, sans règle globale valable dans toutes les situations.

Chaque marché publicitaire a également encore en partie sa culture propre. On ne communique pas exactement pareil dans tous les pays, bien que les choses changent vite. Le jeu publicitaire peut introduire un élément de désordre dans un visuel. Il peut aussi, et c’est le cas que j’ai choisi, fonder toute sa création sur « l’étrange » qui devrait être écrit au pluriel, tant il y en a « d’étrange-s » dans cet étrange.

Le visuel « Croire en l’étrange. 500 Diesel ». Pour être étrange, c’est étrange. On y voit un flic new-yorkais assis, à la ramasse, sur la seconde marche d’un petit escalier qui mène à un petit quai dans une vieille usine. Visiblement, il ne va pas bien. A son poignet droit, est encore attachée une paire de menottes dont l’autre est franchement ouverte. Son prisonnier s’est échappé. D’où son air effondré, la bouche ouverte en recherche d’air. La scène se passe dans une usine lépreuse, avec en arrière fond un mur de brique blanc sale, avec une porte intérieure de bois fermée. Tout suinte le temps qui passe, le vieux qui pue... Pour bien faire ressortir cette dimension, on y voit même une poubelle jaune plastique, dont la présence est toute à fait incongrue, sous les quelques marches revêtues de serpillère verte qui mènent au quai. C'est une façon de dire que l'entrepôt est habité.  
 

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

Et l’étrange arrive, dans ce décor minable faite pour un looser de première, qui visiblement vient de s’échapper. C’est une Fiat Diesel 500 brillante d’un vert-gris très doux, qui étonne franchement dans un tel décor où tout suinte la saleté. D’elle, on ne voit que l’arrière, sans autre information. Il faut lire la dernière ligne du visuel écrit en blanc pour apprendre que c’est une « Série spéciale Fiat 500 by Diesel. Conso. mixtes (L/100km) et CO2 (g/km) mini-maxi : 4,2/6,3 et 110/149. www.500bydiesel.fr »

Le télescopage visuel provient d’une mise en scène très élaborée. L’ambiance oppressante est rendue par le grand mur de briques blanches structurée en vertical par des colonnes saillantes verticales de briques rouges et en horizontal par les tuyaux noirs en hauteur, le rang de deux briques rouges à la hauteur du rebord de la fenêtre et le quai aillant. La porte elle-même est une composition à elle seule. Elle devait être dotée dans sa partie haute d’une baie cintrée dont on voit encore l’arc et d’une sorte de store blanc (?) au-dessus d’une partie en bois et enfin en dessous de la porte elle-même qui s’ouvre sur l’extérieur, pour fermer vraisemblablement un entrepôt (?).

C’est un décor de cinéma d’un entrepôt des bas-fonds new-yorkais (Ier élément), avec un « cops », un flic fatigué en plan intermédiaire sur la gauche (l’élément humain en n°2), pour mettre en valeur une petite voiture de femme bien propre, bien nette. La voiture bien sûr, qui est au cœur de ce visuel construit autour d’un triple télescopage, l’univers des séries noires, le flic pour une voiture « diesel », la propreté et la brillance pour la femme, en jouant aussi sa partition entre le vieux et le sale. L'amusant est aussi de constater qu'il faut pour vendre une petite italienne (voiture), aller à New-York (l"homme et l'entrepôt) pour rendre plus attractive une marque allemande (vêtements).  Résultat de cette double complexité réussie, vous n’oubliez pas ce visuel. Et moi, ce qui m’avait intéressé, c’est le mur de briques blanches !

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le visuel est une création d’Independant ideas, une agence qui joue beaucoup avec les lignes et les couleurs pour impacter la force au cœur de ses créations, et qui est toujours l’annonceur de Fiat 500 en Italie sur http://www.independentideas.it/it/  

. Il est paru dans le numéro de Printemps 2009 de Citizen K International, en page 69. L’adresse citée au bas de la publicité n’est plus active.

. Des précisions sur cette série limitée, présentée au Mondial 2008 et qui n’existe plus. Il est encore possible d’en acheter d’occasion, à voir sur http://aebergon.perso.neuf.fr/Fiat/page_Fiat_500_by_Diesel_08.htm  

. Lire aussi une appréciation très détaillée d’un utilisateur, fan de la voiture, où l’on apprend que le « Diesel » qui fait partie de la marque est celui de la célèbre marque de jeans, sur http://www.forum-auto.com/marques/fiat/sujet6106.htm  

. Retrouver Diesel, la marque allemande, sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Voir des vêtements de marque Diesel pour femmes sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Photos Elisabeth Poulain, avec la partie basse du visuel en haut de ce billet, la partie haute en bas de l'article et le visuel entier au milieu...!   

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Collection Emmaüs > 2 Dessins > La boule, la pente & l’équilibre

11 Août 2015, 15:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth PoulainCollection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.1 & 2 Elisabeth Poulain

Ce sont des dessins qui entrent cette fois-ci ans la collection Emmaüs, des créations graphiques très professionnelles et traitées comme telles. Ils se présentent sur papier grisé, entourés extérieurement d’un cadre noir qui lui-même fait ressortir à l’intérieur en aplat en carton d’un gris plus foncé, coupé en biseau lui-même revêtu d’un fin liseré noir. Les tableaux  mesurent 54,4 cm sur 42 cm, pour les deux dessins de dimensions 44,6cm sur 31,8 cm.

Leur thème commun est la recherche de l’équilibre, sachant que par définition l’équilibre est toujours à rechercher. Il est toujours fugace, à la merci d’un souffle d’air, d’un accrochage aléatoire, d’un regard différencié ou d’une composition à la temporalité éphémère. Ces deux compositions représentent l’équilibre d’un instant très fugace, qui peut s’évanouir aussi vite qu’il est apparu.

Le Ier tableau présente une roue dentelée en partie droite supérieure et  un petit triangle rouge inférieure. Tous deux jouent de part et d’autre avec la barre claire inclinée vers la droite. Celle-ci coupe la composition en deux en penchant vers le coté-grande roue. Elle porte à l’intérieur d’autres petites roues appareillées deux par deux sur une ligne noire en son milieu. Le tout  est incliné vers la droite sous le poids du grand cercle très composite  au cœur évidé. Sa composition très complexe est accentuée par ses courbes et ses couleurs noires, grisées et orangées.

Le second  tableau est une variante en courbe de cette composition. Comme la première, elle joue à trois éléments, deux boules qui volètent de part et d’autre d’une ligne courbe dont la présence est renforcée par l’ombrage marquée qui rend compte d’un relevé de partie supérieure sur celle du bas. Ce raffinement est poussé jusqu’à suggérer une courbe  qui se relève sur les bords extérieurs de la création. On retrouve la prééminence de la grande boule - placée en haut - qui suggère la Terre, avec ses ombrages gris, noirs et ocres foncés en côté gauche, face à la petite boule orange vif qui fait l’équilibre cette fois-ci du côté droit en bas.

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.2 Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, La recherche de l'équilibre, Cl.2 Elisabeth Poulain

La juxtaposition est si intéressante qu’elle rend plus forte l’absence d’une troisième composition, sans que je puisse d’ailleurs imaginer comment elle aurait pu se présenter. Après la complexité de la roue évidée et du triangle rouge alignées d’une façon rigide, vient la grosse boule de terre associée à la petite boule de feu dans une courbe vivante, quelle aurait pu être la séquence suivante dans le développement de l’univers? La rencontre entre les deux univers, avec des pointillés dans la séparation entre la partie haute et basse, avec cette question : laquelle des deux boules va-t-elle absorber l’autre?

Ces deux tableaux ne portent aucune marque d’identification ni devant, ni derrière. L’encadrement est l’œuvre d’un spécialiste qui a choisi pour l’arrière du contreplaqué de faible épaisseur. Preuve s’il en est de l’importance que l’artiste ou l’acquéreur a attaché à ce travail très soigné.

Pour suivre le chemin . Retrouver la collection Emmaüs sur ce blog . Photos Elisabeth Poulain

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