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Le Blog d'Elisabeth Poulain

N de Nana > La Femme > Dentifrice Gibbs x 4 annonces > L’Illustration 1915

1 Juin 2017, 10:08am

Publié par Elisabeth Poulain

*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

*Collier de la "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.09.25, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

Traduction du titre. Il s’agit dans ce billet de vous montrer l’évolution des « Annonces » comme on disait à l’époque, d’une grande société anglaise, GIBBS, en cette seconde année 1915 de la longue et cruelle première guerre mondiale de 1914-1918. L’annonce Gibbs occupait une pleine page de ce célèbre hebdomadaire, en différents emplacements, dans les numéros des mois d’août (le 28), de septembre (le 11 & le 25) et de novembre 1915 (le 6 et le 13). Ne pouvant vous citer que les numéros que j’ai sous les yeux, il est plus que probable qu’il existe d’autres « annonces » - pour ne pas dire des publicités, des « pubs », comme on peut dire aujourd’hui - dans d’autres numéros ultérieurs.

L’étonnant est qu’à cette époque déjà, Il y ait eu déjà une réelle stratégie de cette entreprise dont le siège était à Londres qui ne s’était pas adressée par hasard au principal hebdomadaire français, qui a paru pendant toute la durée de cette première guerre mondiale. Gibbs avait visiblement prévu une série de visuels à insérer en pleine page, ce qui était rare parce que déjà vraisemblablement cher. Ce n’était pourtant pas un cas unique, surtout encore en 1915 dans le domaine de la santé.

Pour en revenir à Gibbs, on peut se poser la question de savoir s’il y avait-il aussi une stratégie de choix de dates et d’emplacements. Je le pense, pour avoir sous les yeux plusieurs exemplaires. Pour le choix des dates précises, j’en doute, même si il y a des arguments dans les deux sens. « Un bon annonceur » par exemple a préséance sur un « petit nouveau » d’un côté et cette entreprise anglaise devait être un « gros » annonceur, appartenant en plus à une grande nation alliée. Pour les emplacements, il devait y avoir un choix. Sur les huit exemplaires que j’ai sous les yeux, seuls deux occupent la pleine page 4 de couverture, avec le même visuel.

La "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.08.28, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-perles" Gibbs, L'Illustration 1915.08.28, 4 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

La « femme-perles ». Elle se trouve dans les numéros du 28 août 1915 (n°3782) et du 25 septembre 1915 (n°3786). On y voit une jeune femme Gibbs au franc sourire déclarer : Grâce à Gibbs, J’ai le sourire et deux rangs de perles pour un franc. Signé Campton. Chacune des photos identiques de son visage, à droite et à gauche, donne naissance à une guirlande où les fleurs sont composées par son visage toujours souriante, aux cheveux blonds ondulés, avec la même photo de différentes tailles. J’ai renoncé à les compter, tant il y en a. Le visage se détache sur un fond violet, qui va du plus foncé en partie haute vers une nuance plus claire vers le bas. Il y a une franche frontière entre le haut attribué à la marque écrit en arrondi, avec le côté bombé vers le haut, et la guirlande centrée dans l’autre sens, pour donner l’impression d’un nid dans lequel reposent les cinq lettres GIBBS. Quant à la couleur des cheveux, ils sont blonds quand ils sont propres et foncés dans l’eau qui a recueilli la « saleté » enlevée par ce dentifrice-savon. Le texte qui accompagne la représentation est le suivant : « Les dentifrices GIBBS sont la source du plus ravissant des sourires. Lavez vos dents comme vos mains, car en tube comme en boîte, leurs dentifrices sont du savon. »

L’idée de la partie haute du visuel est que chaque dent prend des allures de diamant qui fait ressortir la joie de vivre de cette jeune femme, aux cheveux courts retenus par un bandeau. L’autre moitié du visuel est consacré aux deux produits avec d’une part en grand format le tube de pâte dentifrice, qui porte la mention Pâte dentifrice D&W GIBBS LONDON, avec en dessous P. THIBAUD PARIS sur la gauche qui se tient verticalement. A sa droite figurent plusieurs petits modèles de boîtes rondes avec leur couvercle en bas. Celle qui est située le plus à gauche porte l’indication D.WGIBBS, LONDON, avec ses côtés un couvercle marqué SAVON DENTFRICE GIBBS, PARIS. L’ensemble de droite montre une forme ronde du dentifrice dans laquelle est imprimé en creux D.W GIBBS, LONDON. La différence est subtile, entre le dentifrice entre les deux marques, le dentifrice D WGIBBS, le savon dentifrice GIBBS Paris et le D.W. GIBBS Dentifrice LONDON. Et cela pour ce premier visuel !

La "femme-serpent", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-serpent", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

. La « femme-serpent » est parue en page 3 des Annonces du n° du 11 septembre 1915, c’est-à-dire à l’avant-dernière page, au verso de la couverture du magazine. Cette fois-ci le visuel était centré sur le tube posé horizontalement en partie haute dans un cadre foncé, pour en faire ressortir la blancheur. La pâte sort du tube pour former un serpent-in blanc sur un fond d’herbes aquatiques, qui goutte dans une sorte de marigot. Et c’est la même jeune femme que précédemment, qui sourit pour nous faire admirer la blondeur de ses cheveux « propres », alors que son reflet dans l’eau stagnante là où poussent les roseaux, nous la montrait avec des cheveux foncés par la saleté. Le texte est toujours identique : « Gibbs est la source du plus ravissant des sourires. Lavez vos dents comme vos mains, car en tube comme en boîte, son dentifrice est du savon. » Un visuel identique est paru en page 3 des Annonces de L’Illustration du 9 octobre 1915, ainsi que du 4 décembre 1915 en p. 5. Visiblement les deux associés Lted LONDON et son partenaire français P. THIBAUD& Cie PARIS appréciaient ce visuel basé quand même sur la symbolique du serpent.  

La "femme-source", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La "femme-source", L'Illustration 1915.09.11, Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

. Un peu moins de deux mois après, le 13 novembre 1915, paraissait une autre version de la réclame, comme on ne le disait pas encore. On parlait à l’Illustration d’Annonces, parce que c’était à la fois plus « chic » et plus vrai ; c’était une façon qui permettait de distinguer l’information de ce qui venait de se passer au plan militaire par exemple, de celle très orientée vers la vente par les entreprises… Que montre la composition photographique ? On y découvre la photo du visage d’une jeune femme bien coiffée avec un grand et franc sourire, ses cheveux courts impeccablement coiffés, retenus par un bandeau, avec de belles dents blanches.

Cette fois-ci le visuel est basé sur le mot de « source », utilisé dans l’argumentaire placé en côté droit du visuel en partie supérieure :

« Les dentifrices GIBBS

sont la source du plus ravissant des sourires »

« Lavez vos dents comme vos mains,

en tube comme en boîte,

leurs dentifrices sont du savon »

La femme-source. Son visage se reflète dans une eau placée tout en bas de la composition. Des cercles concentriques nous prouvent aussi qu’il s’agit d’une eau propre puisque Gibbs est un savon prêt à l’emploi. On voit la pâte s’écouler du tube, que l’on aperçoit en haut, tel un torrent d’eau qui rebondit de rocher en rocher, en affirmant sa nature de liquide propre bondissant gaiement de rocher en rocher, puis de plus en plus finement jusqu’à entourer avec douceur la superbe mise en plis de la jeune femme, qui reste impeccable, même après avoir reçu cette mini-douche…Le reflet dans l’eau montre une chevelure plus foncée que celle que l’on découvre en haut. C’est l’objectif recherché par le dessinateur, car la poussière, plus que la saleté d’ailleurs, est partie… ! C’est un peu curieux mais c’est ainsi.

Dans ce numéro de L’Illustration du 13 novembre 1915, Il ne s’agit plus d’utiliser la dernière page de la couverture, mais la page 2 des Annonces. Cette fois-ci, le visuel – 34,8 cm de haut sur 13,1cm de large - occupe la partie centrale verticale de la page. L’annonce est donc encadrée par deux longs bandeaux, un de chaque côté. Celui de droite vante la nouveauté du porte-plume Waterman, car on ne connaissait pas le terme de stylo. Celui de gauche est un tantinet gênant. Il vise en dessin à montrer le circuit de l’eau dans une maison à la campagne, grâce à une poulie-pompe. La tête de la jeune femme se trouve en sous-sol à la hauteur du bac à laver le linge, le tube à la hauteur d’un point d’eau en haut, avec les toilettes juste en dessous.

La femme-reste d'un sourire, tube & boîtes, L'Illustration 1915.11,06 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

La femme-reste d'un sourire, tube & boîtes, L'Illustration 1915.11,06 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

Et juste avant, le 6 novembre, la marque comme on ne disait pas alors, avait fait paraître à nouveau en pleine page, une version nouvelle en page 3 des Annonces, dans laquelle ce sont les produits qui sont mis en valeur. Seule restait une évocation de la dame Gibbs, dont on voyait le sourire et les mains, avec à nouveau le slogan : « Lavez vos dents comme vos mains ». Le nom de la marque a été recentré sur l’entreprise « D & W GIBBS Ltd, fondé en 1712 ». L’objectif était clairement de mettre la gamme des produits en lumière. La figure 1 montre la grande boîte, la figure 2 la même en deux pièces, la figure 3 la même grandeur nature, la 4 la boîte aluminium et en 5 la pâte dentifrice en tube à base de savon. Ce dernier visuel montre la fin d’un cycle. A trop mettre la femme en avant, pourtant bien utile au début pour ancrer et attirer l’œil, par l’image d’une « Charmante », à décliner les versions, celle-ci entre d’une certaine façon en concurrence avec le produit lui-même, qui pendant l’écoulement du temps se conjugue au pluriel et constitue une gamme…Un cycle classique en publicité.

. Quelle complexité! On arrive pourtant à saisir à peu près le concept décliné déjà par Gibbs à cette époque. Cela ne nous viendrait plus à l’idée aujourd'hui et c'est normal. En 1915 c’était déjà aussi et surtout une façon pour une entreprise anglaise de montrer un joli visage féminin, à des décideurs-hommes français, qui avaient besoin de se changer les idées. Ce n’était pas le magazine qu’on envoyait au front aux soldats dans les tranchées. Reconnaissons aussi qu’il nous est difficile de juger à notre époque de l’impact de cette « annonce » en novembre 1915.

La France était alors en guerre depuis plus d’un an. Quoi qu’il en soit de notre jugement d’aujourd’hui, sur le plan de la communication, il y avait là une idée forte, une véritable audace et une maîtrise réelle d’une image complexe à traduire visuellement. En outre il était possible sur simple lettre de recevoir des « échantillons copieux », - un adjectif qu’on utilise aujourd’hui pour un repas copieux- comme il est écrit en bas à droite en petits caractères.

 

. Lire sur ce blog, lire un précédent billet sur http://www.elisabethpoulain.com/article-n-de-nana-la-femme-serpent-du-dentifrice-gibbs-l-illustration-1915-123855934.html

*La femme-son reflet, L'Illustration 1915.10.09 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

*La femme-son reflet, L'Illustration 1915.10.09 Annonces p.3, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Exemplaires de l’Illustration de 1915 cités dans le billet= 26 août, 11 septembre, 25 septembre, 9 octobre, 6 novembre, 13 novembre… sans garantie qu’il n’y en ait pas d’autres… peut être dans des numéros parus plus tard au cours de la guerre...ou  que je n'ai pas... 

. A partir du 1er et 2 août 1914, voir la mobilisation générale des armées françaises, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_France_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

. Pour l’année 1915, https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Champagne_(1915)

. Le roseau, une plante vivace bien utile pour nettoyer l’eau stagnante des marais https://fr.wikipedia.org/wiki/Roseau

. Lire la lettre écrite par Simon Pierre Collay le 13 novembre à sa fiancée http://lettres1418.org/correspondance-de-guerre/13-novembre-1915/ et la réponse de Jeanne, sa fiancée, sur http://lettres1418.org/courrier-femme-de-soldat/jeanne-19-decembre-1915/

. Clichés Elisabeth Poulain, précédés par * quand il s'agit d'un extrait...

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Avignon Centre - Le parking de la place Pie – Dedans-Dehors - Photos

23 Mai 2017, 14:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-jeu-visuel-Cl1. Elisabeth Poulain

Quatre P dans un titre, ça commence bien mais nul n’est parfait. Le nom de la ville commence par un A, oui d’accord. N’oublions pas que c’est aussi là que se trouve le Palais des Papes ainsi que le célèbre Pont. Certes Avignon comporte 13 portes qui permettent de rentrer dans la ville close de lourds remparts qui l’ont protégée au cours de sa longue, tumultueuse et grande histoire. Certes j’aurais pu aussi commencer par vous parler du Palais des Papes, qui domine le Rhône que l’on pouvait alors traverser par le pont Saint-Benezet, que tous ou presque continuent à appeler le pont d’Avignon, mais bien sûr, en dehors de la ville éponyme. Il faut quand même essayer de faire autrement, surtout quand on a eu la chance de se balader dans la vieille ville piétonne d’Avignon…

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain
Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Effet-vague-Cl2.3. Elisabeth Poulain

Ce parking offre l’avantage d’être situé tout près du centre piétonnier. C’est d’ailleurs le seul à bénéficier d’une localisation aussi centrale. Il en existe un autre à l’intérieur des remparts, en arrière du célèbre pont. Le bâtiment qui donne sur la place Pie en lui-même n’offre à l’œil rien de réellement remarquable vu du dehors, au moins quand il s’agit d’y stationner sa voiture.

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Cl4-Effets Lumière.5. Elisabeth Poulain

Par contre vu du dedans, quand vous êtes au 4ème étage qui a comme marqueur la couleur verte, et que vous avez votre appareil photo à la main, la curiosité vous pousse vers la source de lumière qui est aussi une source d’aération. Curieuse, vous vous approchez de la paroi, parce que la vision que vous en avez est floue. Et vous voulez savoir pourquoi, et là quand vous glissez votre regard à travers cet espace, vous comprenez pourquoi.

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Lignes-obliques-Cl.6. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Lignes-obliques-Cl.6. Elisabeth Poulain

Il y a en effet un voile très fin de métal ajouré qui tamise le soleil et permet laisser passer les courants d’air si nécessaires dans cette partie sud de la France, classée en catégorie « tempérée chaud ». Cette maille fine est attachée à un cadre lui-même fixé dans le béton. Un certain espace permet d’apercevoir par exemple, dans l’entre-deux, une très fine portion du trottoir en bas ou, à travers les petits trous, un piéton sur l’autre trottoir et de voir très bien en face à face l’immeuble de l’autre côté de la rue. C’est ce que je me suis amusée à prendre en photo. Une façon de photographier l’entre-deux, entre paroi intérieure du grillage et paroi massive de béton grisé… 

 

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Immeuble-Cl.7. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Interface mur béton & voile métallique-Immeuble-Cl.7. Elisabeth Poulain

Ajoutons que la recherche de fraîcheur grâce à la circulation de l’air est une constante dans le Midi, visible d’ailleurs dans la vieille ville où sont nombreuses sont les fenêtres munies de barreaux en extérieur, qui laissent passer l’air mais pas des « Indésirables à deux jambes », surtout quand on habite en rez-de-chaussée et qu’on aimerait bien être tranquille. Un objectif difficile à atteindre, surtout avec ces touristes qui passent… 

Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain

Avignon-Parking Place Pie-Etage n°4-Couleur verte-Cl.8-9. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le plan d’Avignon, qui indique le seul parking central, à voir sur http://www.ftp-avignon.com/pdf/plan2017.pdf , l’autre est situé près des remparts à la hauteur du Pont de l’autre côté des remparts…

. L’adresse de ce parking des Halles, 9, Place Pie, Avignon, Provence, Alpes, Côte d’Azur…avec un cliché de Google Maps, qui permet de bien voir la façade latérale par laquelle on entre, celle qui se trouve à droite sur le cliché…à ne pas confondre bien sûr avec la façade végétalisée, qui est la plus en vue et qui donne sur la place…connue grâce à une photo…

. Voir un cliché de l’entrée du parking, par une rampe montante, sur https://www.tripadvisor.fr/LocationPhotoDirectLink-g187212-d2248784-i204875297-Avignon_Les_Halles-Avignon_Vaucluse_Provence_Alpes_Cote_d_Azur.html Regardez bien sur la gauche, vous apercevez la paroi, le poteau et la fine grille métallique.

. Voir un plan des parkings sur http://www.lemagdepam.com/bon-plan-avignon-se-garer-facilement-pour-balader-tranquillement/

. Le climat avignonnais à voir sur https://fr.climate-data.org/location/717815/

. Lire aussi sur ce blog, si l’envie vous en vient, http://www.elisabethpoulain.com/2016/10/avignon-le-pont-saint-benezet-dit-le-pont-d-avignon

. Clichés Elisabeth Poulain présentés  dans un certain ordre-désordre…

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Le ciel de l’abbaye de Maillezais, tout à soi, en ouverture du toit

19 Mai 2017, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Imaginez, vous êtes sur ce qui ressemble à un plateau alors que vous êtes sur une île et que vous savez pertinemment bien que vous venez de laisser la mer derrière vous sur la côte littorale. Ici ne pousse pourtant que de l’herbe, avec au loin, pas très loin mais quand même, quelques arbres feuillus groupés en boqueteau. Il est vrai que vous n’avez pas compté combien il était possible d’en voir en faisant un tour sur vous-même. Ce n’était pas le but de la balade.

C’était de voir l’abbaye de Maillezais de mes yeux pour comprendre pourquoi elle est si célèbre. On m’avait dit, quand j’avais commencé à poser des questions sur l’église, « ne vous inquiétez, vous la trouverez, vous la verrez », « sûr ? », « oui, oui, sûr ! ». Ils avaient vraiment raison, au moins à plusieurs titres. Cette impression d’être hors du temps, comme sur une île, est vraie, parce que si l’abbaye a été érigée ici, c’est bien parce qu’ici il y avait vraiment une île, il y a fort longtemps. On parlait de « l’Ile de Maillezais ». Ce promontoire était réellement entouré d’eau, celle du marais encore aujourd’hui visible en bas sur la carte du département de la Vendée. Les moines de l’abbaye avaient d’ailleurs œuvré à l’assèchement du marais. C’était il y a fort longtemps. Pourtant le marais est toujours là même si son emprise sur la terre a très fortement diminué du fait du regroupement des canaux pour valoriser la terre arable.

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression, la certitude d’être dans un endroit très spécial demeure très présente. Une autre raison est que toute construction nouvelle, visible est bannie du fait que l’abbaye est Monument Historique depuis le 30 janvier 1924. Imaginez six ans seulement après la fin guerre de 1914-1918, toute la France était à relever, à revitaliser, à redynamiser. Et les gouvernements de l’époque avaient trouvé le temps de préserver ce témoignage de pierres encore assemblées pour certaines qui parlent depuis le dixième siècle ! Seule reste pourtant l’église du XIe d’un ensemble conventuel beaucoup plus important. Le chœur a disparu, le cloître au sud aussi, ainsi que l’hôtellerie, qui permettait d’accueillir les pèlerins au cours de leur pèlerinage…L’abbaye était en effet une halte sur la route de Saint-de-Compostelle.

Heureusement il reste d’autres témoignages de la vie de l’abbaye en particulier au cours du XVIe siècle où Rabelais, alors Chanoine, vint séjourner à l’abbaye et nouer avec le Père Abbé Geoffroy d'Estissac des liens forts d’échanges de connaissance et d’amitié…comme en témoignent des écrits, en particuliers des lettres de Milan envoyées par Rabelais au Père Abbé que l’on peut consulter encore aujourd’hui. Il n’y a pas que les pierres qui transportent la mémoire. Il y aussi ces « graines de salades de Naples susceptibles de flatter le palais de l'évêque et de sa nièce résidant à l'Hermenault »* envoyées par Rabelais à Geoffroy d’Estissac dans un courrier.

Les pierres, il est temps dans parler, car beaucoup d’entre elles ont malheureusement disparues, mais pas forcément pour tout le monde. Beaucoup d’édifices, tels que celui-là, ont servi de « carrière de pierres » déjà taillées. Certaines ont pu être récupérées et remises en place lors des opérations de préservation de l’existant, voir un peu plus quand cela est possible, après accord consensuel entre les historiens, les architectes spécialisés…. Il s’agit alors de replacer en situation ces parties de mur, de statue, d’ornement, en recherchant évidemment le plus de probabilité non contestable. Chacun sait et ceci partout dans le monde que les belles pierres déjà taillées ont toujours suscité  de fortes convoitises, qui font qu’on peut retrouver ces pierres dans d’autres constructions…

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

L’atmosphère était très particulière. La lumière était un peu voilée, ce qui ne m’a pas gêné, au contraire. Il y avait à l’époque très peu de monde, surtout hors saison. Le ciel était chargé de lourds nuages blancs, qui n’étaient en rien menaçants. Au contraire, ils tamisaient la lumière, qui peut taper dur en Vendée, en laissant filtrer quelques filaments bleutées qui donnaient de la profondeur à la structure au sol. Il y avait là une sensation étonnante d’être comme aspirée par le haut. Déjà le site était aménagé de façon à magnifier la solitude de l’ensemble. On ne voyait pas de voitures garées à proximité.

Dehors des coquelicots avaient été semés à foison, laissant à chaque graine la possibilité de s’exprimer…On devait être au début du mois de juin. Seul était vraiment perceptible cette sensation très forte d’être comme aspiré vers le haut dans un autre monde, en levant la tête vers le ciel, très légèrement nimbé de bleu…D'où ce drôle de titre, d'avoir le ciel pour soi, comme ouverture et ou couverture du toit...D'où aussi le cliché entier de l'approche par le champ de coquelicot à la fin de ce billet qui a commencé avec la photo centrée sur l'abbaye, comme un tour sur soi-même...après avoir laissé faire au regard un autre cercle entre le ciel et le sol, sans jamais oublier le cercle de l'eau, toujours présente, même si elle n'est pas visible de l'abbaye... 

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Abbaye de Maillezais, 85 420 Maillezais, T : 02 51 53 66 80, Mail : abbaye.maillezais@vendee.fr

. Faire connaissance avec l’abbaye, avec beaucoup d’informations denses et très intéressantes et … des photos sur http://www.sitesculturels.vendee.fr/Abbaye-de-Maillezais/Explorer-le-site/Une-architecture-unique/L-abbatiale-cathedrale-de-Maillezais

. Consulter le site des Monuments Historiques, avec de très beaux clichés vus du ciel sur http://www.monumentum.fr/ancienne-abbaye-saint-pierre-pa00110162.html

. Voir une carte du département de la Vendée, l’abbaye de Maillezais est tout en bas (bien que non indiquée) au début du marais qui, lui, est bien visible. L’abbaye de Maillezais est par contre citée en Ier dans « Patrimoine…Edifices religieux » sur wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vend%C3%A9e_department_location_map.svg?uselang=fr

. Retrouver la longue histoire de l’abbaye vendéenne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Pierre_de_Maillezais

. Un digest intéressant dans http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/vendee/mille-ans-dhistoire-pour-labbaye-de-maillezais-4375654.

. * Lire la citation dans la présentation de l’ouvrage « Vivre et Inventer Maillezais, L’expérience rabelaisienne » sous la direction de Cécile Treffort et Mathias Tranchant, à lire sur http://books.openedition.org/pur/18512, paru aux Presses Universitaires de Rennes. C’est franchement intéressant.

. Clichés Elisabeth Poulain pris au début du dernier millénaire, avec une * quand le cliché est coupé, sans oublier Vincent Anciaux pour le cliché du marais, 2005, qui signe Avvincent sur wikipedia, avec mes remerciements .

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

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Carton peint n°2, La difficile création du trident au brou de noix sur argile jaune-ocre

18 Mai 2017, 09:42am

Publié par Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre. Il est vrai aussi que ce carton peint là est vraiment bizarre. Oui « bizarre, vous avez dit bizarre », pour paraphraser une célèbre réponse de Louis Jouvet dans le film « Drôle de Drame » de Marcel Carné 1937. D’autant plus qu’il s’y même une mystérieuse affaire d’ions, comme dans créat-ion que j’écris avec un tiret et en italiques pour faciliter le repérage. Ah, ah, je démarre…

L’histoire commence par le fond, avec un enduit épais qui a modifié la texture du support et donc forcément la réact-ion du cerveau au moment où il perçoit à ce que les yeux voient. Un enduit qui alourdit le carton, au point qu’il a fallu le gratter de façon inégale pour arriver à lui faire exprimer des « ions ». Citons quelques exemples, tels que des express-ions, telles des vibrat-ions, des sensat-ions, des émot-ions, assorties d’un « alors, ça vient ?! » vigoureux. Il faut dire que la patience n’est pas la vertu principale du peintre. Faire confiance à sa main, sans trop se préoccuper des yeux ou du cerveau, c’est bien, encore faut-il que la réact-ion soit intéressante. A un moment, je pense que l’artiste en a eu assez d’un certain manque d’intuit-ion, d’inspirat-ion, parce que c’est ce qui est vraiment nécessaire avec ce type de support.

Le carton mesure 99cm de longueur et 57cm de largeur, avec des coins arrondis. Un procédé qui était plus que du raffinement. En effet ces palettes sont formées d’un carton bouilli et durci, forcément pour pouvoir supporter des charges déjà lourdes, même si le poids des bouteilles est bien réparti. Il n’en demeure pas moins que les coins auraient très vite été abîmés, arrachés au moindre choc. Donc, la solution s’appelait « arrondir les coins ». Ce carton-là offre une autre particularité ; ce n’est pas du Ier choix, comme l’attestent les coins qui ont été inégalement découpés. Je parle au passé parce qu’en 15 ans environ, l’emballage s’est complètement modifié, tout particulièrement dans la grande distribut-ion. Les rangées de bouteilles d’eau, déjà emballées par pack de 6 par exemple, ne sont plus séparées par des cartons.

 

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Et le trident dans cette affaire ? C’est le fond qui a dicté la forme, avec toujours l’intervention de la couleur.

. Act-ion n°1 : La surface est revêtue d’une pâte à étaler sur de la pierre. Une fois séché, l’ensemble est regratté, pour vieillir en quelque sorte le support, pour aussi masquer un premier essai non abouti avec de la couleur bleue qui couvrait toute la surface du carton. Vraisemblablement le résultat n’a pas intéressant : ni l’œil, ni la main n’ont perçu de déclic à voir cette opérat-ion. Le peintre a alors décidé d’ériger une petite « montagne » pour essayer d’avoir des vibrat-ions actives capables d’inspirer sa créat-ion.

. Act-ion n°2. L’érect-ion d’une petite montagne pour feinter la percept-ion et dérouter un tantinet. D’abord il ne faut surtout pas centrer ; à la limite, il est même conseillé de fermer les yeux et d’y aller. Vous prenez votre ciment, vous en mettez une bonne pâté, juste ce qu’il faut, là où votre main a choisi de se fixer. Au-dessus, vous disposez une fine feuille de plastique, qui va vous permettre de modeler ce tas informe en quelque chose qui va vous parler. Une petite colline arasée par l’éros-ion, dans le Massif central par exemple, d’où partent des vallées, comme des pétales de fleur. Pourquoi cet exemple ? Parce que j’ai sous les yeux un très vieux numéro de Touring Plein Air du 15 juillet 1965. Le lien avec le thème du billet ? Aucun mais cela me fait vraiment rire… !

. Act-ion de masquage n°3. Avec de l’argile, vous préparez une bonne quantité de pâte, en choisissant ou non la couleur. Ici c’est de l’ocre jaune, qui a dû être mélangée avec de la colle pour bien tenir et ne pas être sensible à l’humidité ambiante. A la fin, il est conseillé d’imperméabiliser la composit-ion, avec une bombe à chaussure. Et oui !

. Act-ion de traçage n°4 des lignes du trident. Et c’est là que le jeu commence. Quelle est la ligne qui a été tracée en premier avec un gros pinceau, passé dans du brou de noix plus ou moins concentré, avec aussi un peu de peinture noire ? Il me semblerait que c’est le manche tordu du trident, qui, après un coude sévère, arrive sur la montagne, pour là se séparer en trois.

.     La ligne de droite monte en mangeant une partie de l'espace de la ligne du            bas qui va disparaitre dessous. 

. La ligne du milieu est aussi entraînée vers sa voisine en la    dépassant un  peu ; ouf   ouf, heureusement.

.    La ligne de gauche occupe une place royale en prenant toutes ses aises ; elle est large, avec un coude épais et solide…

. Act-ion de traçage n°5-1 des deux lignes à gauche. La première se situe entre le trident à sa gauche et l’autre ligne à sa droite. Un peu fluette, elle a manqué d’audace. Elle oblige sa voisine de gauche à se pousser complètement contre le bord qui du coup monte un peu plus haut.

. Act-ion de traçage n°5-2 de la ligne de droite. C’est elle qui a le plus souffert lors de la naissance explosive du trident. Elle a été en partie mangée par la dent de droite. Vraisemblablement il ne restait plus assez de brou de noix…

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain
Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Drôle de drame sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Dr%C3%B4le_de_drame

. Le trident avec une belle photo d’un trident de Poséidon, le dieu grec de la Mer sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Trident

. Brou de noix à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Brou_de_noix avec une peinture au brou de noix et écoline. C’est de la « peinture aquarelle liquide » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ecoline qui est la page la plus minimaliste de tout wikipedia ! Heureusement qu’il y a une peinture de 50 sur 70 d’un dénommé STM-MHB.

. Cliché Elisabeth Poulain

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La pétillance des couleurs du printemps, Parc Balzac, Angers

14 Mai 2017, 15:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain

* Paysage de parc urbain, Angers, parc Balzac, Cl. Elisabeth Poulain

Je sais, je sais…vous allez me dire que j’invente le mot de « pétillance ». Je viens de vérifier, ce mot découle bien de pétiller, comme les bulles d’un vin de Champagne. Il est vrai que cette caractéristique est un terme qui s’applique à une personne qui brille, comme une lumière, que ce soit au plan physique ou au plan mental. Comme si on pouvait séparer les deux ! Ne nous égarons pas. Moi, j’utilise cette pétillance d’une façon un peu particulière, pour montrer la tonicité, la brillance, la gaîté des couleurs de la nature au printemps… Vous revenez de votre ballade avec un vrai « tonus + ».

Il y a ce vert acidulé éclatant, qui sait accueillir avec un grand plaisir le jaune de parcelles entières de bouton d’or, qui n’ont visiblement rencontré aucun frein à leur expansion vigoureuse grâce à la terre calcaire de remblai et l’humidité qu’elles apprécient beaucoup. Le parc a en effet été créé sur un marais qui prolonge ou annonce l’étang Saint-Nicolas (4kms de long) en amont et la rivière Maine en aval, avant que celle-ci se jette dans la Loire, quelques kilomètres plus bas.

Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain
Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, les couleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

De l’eau donc, il y en a beaucoup, d’abord circulant dans les canaux drainants, en dessous, en amont et en aval, mais aussi mais aussi de par les espèces végétales qui ont été choisies pour pomper l’eau du marais et garder aussi cette humidité inhérente au site. Les arbres en particulier ont été plantées sur des îlots de terre calcaire, qui permettent la promenade ainsi que des arrêts sur des bancs pour pouvoir apprécier cette explosion végétale du printemps.

La ville prend le soin de rappeler et/ou d’annoncer que la découverte et les promenades peuvent se faire du 1er janvier au 31 décembre de l’année en cours «toute l'année suivant le rythme des périodes de submersions », ce qui, à l’oreille, est encore plus fort que le risque d’inondation! En plus les submersions sont plurielles, avec cette question qui vient à l’’esprit tout de suite : ces submersions sont-elles de plusieurs types ou d’une fréquence pluri-annuelle? Je pencherai en faveur de la dernière question.

Angers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth PoulainAngers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, couleurs du printemps, l'eau en canal, pont, Cl. Elisabeth Poulain

Quoi qu’il en soit, ce parc planté par tranche sur une petite dizaine d’années (1995-2004) sur un peu moins de 50 hectares, connait une franche réussite non seulement au plan végétal, avec les variétés choisies qui ont acquises maintenant une vraie force végétale, mais également urbaine. On est ici en pleine ville, des voitures passent non loin, vous ne les entendez ni les voyez pas, c’est la nature qui explose de vitalité devant vos yeux. Ce parc est un franc succès… avec, au printemps, ces couleurs acidulées qui pétillent à vos yeux...avec un franc plaisir.

Pour suivre le chemin

. Pétillance correspond à quelque chose ou quelqu'un qui semble entouré de lumière et brillant que ce soit physiquement ou intellectuellement. On peut ainsi parler de pétillance en évoquant une personnalité dynamique et intelligente http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/petillance/

. Le bouton d’or à voir sur https://www.aujardin.info/plantes/ranunculus-repens.php et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Renoncule

. A découvrir sur https://www.anjou-tourisme.com/fr/diffusio/visites/parc-de-balzac-angers_TFOPCUUPBALZAC

. Photos Elisabeth Poulain, l'* signifie qu'il s'agit d'une vue partielle du cliché.   

Angers Parc Balzac, les fleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

Angers Parc Balzac, les fleurs du printemps, Cl. Elisabeth Poulain

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La ville en pub > Havana Caliente 2008 > Havana Club, El Ron de Cuba

11 Mai 2017, 09:46am

Publié par Elisabeth Poulain

*Havana Caliente cocktail, Havana Club, El Ron de Cuba 7 ans, Entreprendre Pernod Ricard, n°53-2008*Havana Caliente cocktail, Havana Club, El Ron de Cuba 7 ans, Entreprendre Pernod Ricard, n°53-2008

*Havana Caliente cocktail, Havana Club, El Ron de Cuba 7 ans, Entreprendre Pernod Ricard, n°53-2008

Le titre. Il est presque complet, presque car il lui manque le nom de la maison-mère de ce rhum de Cuba, à savoir Pernod Ricard. Il a aussi la particularité d’utiliser deux langues, sans compter mon ajout en français sur la ville en pub. Ce cocktail, qui a pour nom Havana caliente, viejo 7 ans d’âge, la Havane chaude, associe El Ron de Cuba, avec sa bouteille haute, le rhum de Cuba en espagnol dont la marque a pour titre Havana Club en anglais. Le sous-titre au bas du visuel vous donne la composition de ce cocktail Havana Caliente : 1/3 Havana Club, 2/3 Cola, Chili Pepper.

Le visuel a pour premier objectif de vous montrer la chaleur de la nuit à Cuba et pour cela de reprendre les trois couleurs de la nuit, le noir de l’étiquette, le rouge du cœur du macaron Havana Club, ainsi que le fond du bandeau oblique qui emmène le regard vers la droite et l’or qui souligne et valorise les inscriptions figurant sur la bouteille. Pour vous en convaincre, rien de tel que de vous montrer une photo aérienne de la nuit dans le centre de la vieille ville de Cuba, avec énormément de lumières allumées, dans un pays qui ne connaît pas les volets. Au contraire pour bénéficier de la toute relative fraîcheur nocturne, on dort fenêtres ouvertes, munies de grilles quand on vit dans les étages bas, surtout quand on n’a pas l’air conditionné, qui, comme toute innovation, a profondément changé les habitudes de vie. L’air conditionné est aussi une réponse à la demande des touristes.

Havana Caliente cocktail, Havana Club, El Ron de Cuba 7 ans, Entreprendre Pernod Ricard, n°53-2008

Havana Caliente cocktail, Havana Club, El Ron de Cuba 7 ans, Entreprendre Pernod Ricard, n°53-2008

En plus de ces trois couleurs, il y a les lumières des pièces habitées qui brillent comme autant de phares dans la nuit, qui ressortent avec éclat sur la couleur rouge absolument étonnante de tous les bâtiments et du clocher de l'église que l'on voit distinctement comme une annonce de la bouteille située en bas à sa droite. Ce rouge de la ville rappelle aussi forcément le rouge du fond du macaron sur lequel s’inscrit en débordant le nom de la marque. Une ville toute entière vers le plaisir de déguster un Havana Caliente qui éclate en blanc sur ce fond de ville qui brûle de chaleur la nuit...et pas seulement à cause du climat! 

                                                                     ***

Pour suivre le chemin

. Lire aussi sur ce blog un billet dédié aux murs jaunes orangés de la Havana vieja en date du 29.10.2014 http://www.elisabethpoulain.com/article-les-murs-jaune-orange-de-la-havana-vieja-havana-club-pernord-ricard-124893409.html

. Voir le site dédié à la marque de Pernod Ricard http://havana-club.fr/fr/rhum-cuba/7-ans

. Trouver plus d’informations sur l’emblème de la marque, la "Giraldilla", qui est le nom d’une statue de bronze de la forteresse du XVIe siècle et que l’on aperçoit sur le cercle d’or qui entoure le nom de la marque. On y apprend aussi que ce sont les fûts de chêne qui ont déjà été utilisé une fois pour le vieillissement du Bourbon qui permettent au rhum de vieillir tranquillement pendant ses sept ans, avec des arômes très particuliers sur http://www.cubalatina.com/salsa/rum_havana_club.php3#.WRMrAo2wfIU

. Le musée du rhum à Cuba http://havana-club.fr/fr/patrimoine-havana/musee-du-rhum-de-la-havane . Y retrouver en particulier l’histoire du rhum, qui fait partie de la "Grande Histoire" de nos sociétés, où l'on rencontre, au détour d'un paragraphe, Christophe Colomb, la Guerre d'Indépendance, la Maison royale d'Espagne, Napoléon Ier, Ernest Hemingway...

. Photos, Elisabeth Poulain d’après la Quatre de couverture du magazine « n°53 Automne-Hiver 2008, Entreprendre, Pernod Ricard », qui avait comme titre en une « La saga des Alcools », avec forcément une page dédiée au rhum, la page 31, qui commence par ces mots « Volupté tropicale… ». L* du Ier cliché  annonce qu'il s'agit  d'une vue partielle.  

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Carton peint de palette n°1 > Les lèvres rouges sur fond blanc, bleu …

8 Mai 2017, 15:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

*Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un carton aux coins arrondis qui mesure 80cm de haut sur 60cm datant d’un temps lointain, au début du millénaire, juste avant l’explosion de l’ère du numérique qui a aussi modifié la logistique des palettes de bouteilles d’eau minérale en grande surface. Alors chaque marque avait ses dimensions de palettes. Chaque étage de lots de bouteilles était séparé de celui du dessous par une plaque de carton, aux dimensions qui variaient selon …les marques.

Celle que je vous montre aujourd’hui a d’abord été encollée d’un papier très fin pour créer l’effet de plissement et plus largement l’irrégularité du fond, ce que j’appelle « l’effet vague ».

Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

Trois doubles stries rouges, roses… barrent l’espace horizontalement avec un effet d’arrondi propre à chaque couple de lèvres, sachant que ces « lèvres » sont spéciales. Elles présentent un écartement non pas au milieu comme dans une bouche légèrement ouverte, mais sur les côtés. Elles offrent de ce fait un effet de mouvement faisant ressortir les vagues bleutées, noires, grisées au-dessus, au-dessous…

Le carton n’a pas vieilli ; il n’a pas été victime de l’effet-temps. Je l’ai redécouvert dans le grenier, avec grand plaisir, après l’avoir complètement oublié entretemps …

                                                                           *

Pour suivre le chemin : Carton peint de palette n°1, cliché Elisabeth Poulain

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La ville en pub > Chinon & les transports > Une affiche de James C. Richards & + > 1926

5 Mai 2017, 16:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

Comme souvent, il me faut compléter le titre pour qu’il devienne compréhensible. Voir la ville, pas toute la ville bien sûr, mais déjà une belle partie, est assez rare, alors que le lien entre la ville et la publicité est direct et évident. Plus que cela, la ville est à la source de la publicité qu’elles qu’en soient les formes et je pourrais presque dire, quelles que soient les époques. Ce que je vous propose aujourd’hui est de voir un exemple datant de 1926 et qui est l’œuvre d’un peintre né à Chinon qui porte un nom anglais, James C. Richards.

Chinon. Cette ville de Touraine est célèbre par son château à la longue histoire. Pendant des siècles, le château a occulté la présence de la ville, sans laquelle clairement le château n’aurait pas eu de raison d’être implanté, se développer ni subsister à l’atteinte du passage des siècles. La ville de Chinon s’est nichée au plus près du château, sur le versant très pentu, au bas duquel coule la Vienne, un affluent de la Loire. Elle est maintenant connue aussi grâce à sa vieille ville du Moyen-Age que découvrent les touristes ainsi qu’aux vins de Chinon à la forte notoriété. Le vignoble, qui s’est développé sur le plateau au bord duquel est implanté le château, n’apparaît pas de ce fait sur les représentations de la ville de Chinon et des vestiges de son célèbre château. Celle-ci-ci est bâti au bord de l’eau de cet affluent de la Loire, en rive gauche, pour avoir, grâce au château en haut, vue sur l’ennemi qui pouvait aussi arriver par l’eau.

La Vienne. Par l’eau arrivaient aussi les ravitaillements en tous genres nécessaires à la survie des occupants du château et de ceux qui, en dehors des murs, travaillaient pour assurer la subsistance du seigneur et de sa cour. C’est la raison pour laquelle tant de grands châteaux sont implantés au bord de l’eau, tout particulièrement en Loire.

 

Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

L’originalité de l’affiche. Elle est centrée sur le pêcheur qui fait avancer sa plate, de toute sa force, à l'aide d'une grande, solide et longue cane  pour remonter le courant et ainsi piéger des poissons, dans sa nasse accrochée à son bateau à fond plat. Grâce à ce choix stratégique de focalisation du point de vue du peintre, on voit par deux fois le château, une fois dans l'air qui se détache sur le ciel  jaune, une fois en reflet inversé avec des contours flous dans l'eau. Le tiers restant  est dédié à l'eau à la couleur jaune avec des irisations bleues, grises et vertes mêlées...C'est un travail impressionnant d'audace qui est parfaitement maîtrisé...1926-2017, une composition qui n'a absolument pas vieillie.  

Affiche Chemins de fer d'Orléans et de l'Etat, La Touraine, Chinon, James C. Richards 1926

Affiche Chemins de fer d'Orléans et de l'Etat, La Touraine, Chinon, James C. Richards 1926

Elle existe en deux versions, toutes deux signées par James C. Richards et datées de la même date, 1926.

. L’une est une affiche publicitaire faite pour les « Chemins de fer d’Orléans et de l’Etat » comme il est indiqué en haut complété par la mention « Circuits automobiles au départ de Tours ». Une mention qui me semble un peu obscure : est-ce à dire qu’il était possible de se rendre de prendre ensuite un autocar par exemple pour rejoindre Chinon à partir de Tours par la route?

. L’autre est identique mais ne comporte pas les mentions publicitaires qui ont disparues. Le visuel  a une différence sensible, qui porte sur les variations de couleurs. L’affiche que j’ai sous les yeux indique simplement LA TOURAINE et en dessous CHINON. L’indication concernant les chemins de fer d’Orléans et de l’Etat a été enlevée…

PS. Cette publicité est encore une référence  - cette fois-ci involontaire- à la plate cette fois sur la Vienne et non plus sur la Sarthe, cette rivière qui passe à Ecouflant au nord d'Angers... Outre ses qualités visuelles, cette affiche a le mérite aussi de montrer comment un pêcheur faisait avancer sa plate. Il fallait du muscle!     

Pour suivre le chemin

. L’affiche que j’ai sous les yeux, la n° 2, est l’œuvre de Lucien Serres & Cie, Imprimeur, 19, rue du Terrage, Paris ; c’est une reproduction faite par l’Imprimerie SARL Moron, Chinon, tél. 02 47 93 18 20, qui a dû m’être offerte par des amis négociants en vins de Chinon, à Chinon au passage du millénaire. La pauvre affiche a légèrement souffert au fond d'un placard, comme le montrent les pliures involontaires qui ont froissé le papier.

. Voir les quelques informations vraiment peu nombreuses sur James. C. Richard, cet illustrateur français né à Chinon, http://data.bnf.fr/15075016/james_c__richard/,  qui a travaillé en particulier sur le thème de la ville de « Chinon qui disparait », pour l’association des « Amis du Vieux Chinon d’hier et d’aujourd’hui ».

. Retrouver un précédent article sur Chinon sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/article-paysages-de-loire-le-chateau-de-chinon-entre-vienne-vins-de-chinon-123068981.html

. Consulter le mémoire de Mathieu Deperrois, Magistère 1, 2003-2004, qui reste intéressant, du Département Aménagement de l’Ecole Polytechnique de l’Université de Tours, par son objectif de globalité et des impacts sur l'environnement, sur http://memoires.scd.univ-tours.fr/EPU_DA/LOCAL/2004_MAG1_PIND_DEPERROIS_MATHIEU.pdf

. Voir l’affiche n°2, avec la référence aux Chemins de Fer, d’un jaune dense qui vire au rose, sur http://www.affiches-francaises.com/produit/la-touraine-chinon/

. Cliché E. Poulain pour l’affiche n°1 avec un jaune moins chaleureux, qui tend vers un vert grisé, avec cette bordure verte foncée sans éclat aucun...L'* signifie qu'il s'agit d'une partie du cliché.

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Ecouflant = Le bleu du ciel + le bleu de l’eau + le vert du printemps

1 Mai 2017, 16:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ecouflant, la confluence entre la Vieille Maine à gauche et la Sarthe à droite, Cl. Elisabeth Poulain

Ecouflant, la confluence entre la Vieille Maine à gauche et la Sarthe à droite, Cl. Elisabeth Poulain

Une seule photo seulement et c’est déjà beaucoup tant sa force est grande, avec ses trois composantes. En fait il y en a deux, la première qui sert d'ouverture et la seconde qui apporte le mystère et sur laquelle est centrée ce billet. Dans les deux cas il y a le bleu du ciel, le bleu de l’eau et le vert frais de la haute peupleraie que vous voyez dans le fond du cliché et qui est enserrée de chaque côté par une frange irrégulière de plus petits arbres verts, qui va s’amenuisant de chaque côté de la photo. Sur la gauche, le bleu que vous devinez est celui de la Vieille Maine, cette drôle de rivière qui n’a pas de source. Elle fait le lien entre les deux rivières que sont la Mayenne et la Sarthe, qui sont des affluents de la Maine, qui traverse Angers dans le sens Nord-Sud. 

Le ruban vert dans l’air et dans l’eau. Il commence par la prairie toute à gauche située au bord de l’eau sur l’Ile Saint-Aubin, puis se gonfle jusqu’à former une masse verte des hauts peupliers plantés en ligne qui se reflète dans l’eau. Et se prolonge, après la coupure de l’eau par la touffe d’arbustes qui pousse à droite de la composition sur la rive d’Ecouflant, la ville située à la confluence. Ce ruban vert irrégulier coupe le cliché en deux, partie ciel et partie eau, avec des différences sensibles entre la finesse des arbres dont on pourrait compter les troncs en Ier plan et la masse vibrante de ces mêmes arbres dans l’eau d’un autre vert, avec un effet de masse et d’ondulation.

Ecouflant, la confluence, bleus du ciel & de l'eau, verts des arbres &?..., Cl. Elisabeth Poulain

Ecouflant, la confluence, bleus du ciel & de l'eau, verts des arbres &?..., Cl. Elisabeth Poulain

Les bleus du ciel. Il est plus clair au-dessus du ruban vert végétal, comme si la chaleur se dégageait de la terre. Il est également d’une force étonnante qui va en se densifiant toujours en pureté vers le haut.

Le bleu de l’eau est beaucoup plus foncé. En outre il est légèrement ondulé horizontalement de sorte que ce frisotis lui confère un côté vivant et irrégulier. Ce bleu est différent de celui du ciel; on y perçoit des mouvements, comme des ondulations diverses. L’arrivée de l’eau de la Vieille Maine provoque des mouvements qui ne sont pas ceux de la Sarthe. Ces différences dans l'arrivée de ces eaux sont perceptibles à l’œil.

Arrive l’imprévu, la survenue incongrue d’une forme en biais qui visiblement n’appartient pas au règne végétal. Cette flèche de métal, dont on devine après quelques instants, qu'il s’agit d’un ponton,  arrive comme une ligne coupante qui détonne dans ce décor végétal si paisible, où rien ne dépasse ni ne dérange. Comme un éclair d’orage dans une belle journée de printemps… comme l’imprévu qui anime toute la scène…

Pour suivre le chemin

. Allez à Ecouflant, et avant, lisez le billet précédent http://www.elisabethpoulain.com/2017/04/ecouflant-terre-de-confluence-la-plate-bleue-comme-le-ciel-l-eau.html

 

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Sur une assiette en noir & blanc, le Roi Dadbin & Aroua la vertueuse

28 Avril 2017, 11:28am

Publié par Elisabeth Poulain

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, entre palais, fleurs & dragons, Cl. Elisabeth PoulainAssiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, entre palais, fleurs & dragons, Cl. Elisabeth PoulainAssiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, entre palais, fleurs & dragons, Cl. Elisabeth Poulain

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, entre palais, fleurs & dragons, Cl. Elisabeth Poulain

C’est le titre d’un conte des Mille et une Nuits tel qu’il est dessiné en noir et blanc sur une assiette à dessert, qui ne porte aucune indication. En particulier le dessin n’est pas signé. Au verso, seul un tampon a imprimé une forme indistincte de petite taille sans signification particulière, malgré toute ma bonne volonté. Vous dire d’où vient cette assiette à dessert, je n’en ai nulle idée. Une piste serait pourrait être liée à l‘Alsace et à une dame institutrice, amoureuse de la langue française à une époque où parler français était interdit, même dans le cadre familial. C’est-à-dire entre 1870 et 1918 de présence allemande en Alsace dans le Haut-Rhin . 

Seule reste vraisemblablement d’un service entier, cette assiette unique, qui devait évoquer un souvenir. Elle est vraiment curieuse à plus d’un titre. Ce devait être une assiette à dessert, qui pourtant est également creuse. Je viens de tester approximativement sa contenance, qui est environ d’un quart de litre. Elle est imprimée en noir, gris et blanc, dans des teintes qui n’ont franchement rien de bien séduisantes. Mais avant même de vous parler de ce conte des Mille et Une Nuits, il faut absolument commencer par le décor choisi qui figure sur le tour de l’assiette.

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, Cl. Elisabeth Poulain

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, Cl. Elisabeth Poulain

En effet cette assiette est ornée à son pourtour de quatre dragons qui se font face deux par deux, leur long corps écailleux en partie enroulé sur lui-même par deux fois qui touche une ornementation en forme de volute. Leurs dents pointues sont bien perceptibles dans une sorte de grand sourire, qui n’augure rien de bon. Entre les deux formes animales, se tient droite une fleur en forme de sceptre à long manche avec une poignée. Sur les côtés, on peut apercevoir deux palais d’architecture arabe, encadrés dans des volutes tracées en noir en haut et ressortant en blanc sur le fond grisé clair ou foncé dans le bas de la couronne qui entoure le fond de l’assiette.

Et voici enfin le roi Dadbin, comme il est nommé au bas de l’assiette, et les « Mille et Une Nuits » écrites au-dessus des deux personnages. Aroua n’est pas citée, même en seconde position alors qu’elle est la véritable héroïne de ce conte : sans elle, ce roi ne serait qu’un potentat comme un autre, cruel, vindicatif, jaloux et j’en passe… Je m’en voudrais de vous révéler l’intrigue tant elle est à la fois fine en matière d’analyse des caractères des différents personnages et forte par la vertu d’Aroua qui applique avec un très grand courage le principe suivant cité en gros caractères :

. « CELUI QUI DONNE INJUSTEMENT LA MORT SERA CONDAMNE A MORT ;

.   CELUI QUI MALTRAITE SERA MALTRAITE,

.  ET CELUI QUI FAIT LE BIEN EN RECEVRA LA RECOMPENSE", ce qui est le cas d’Aroua.

Ce conte est d’une si grande sobriété, pour dégager la force d’Aroua la vertueuse…que je ne voudrais pas vous dévoiler toute l’histoire elle-même, pour éviter d’abîmer ce conte des Mille et Une Nuits.

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, fleurs en oblique, Cl. Elisabeth Poulain

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, fleurs en oblique, Cl. Elisabeth Poulain

Quant à la représentation d’Aroua à genoux qui implore le Seigneur, sur l’assiette, au milieu du désert, ses longs cheveux ramassés sur son épaule droite, son regard implorant le ciel de toute la force de sa pureté, elle est d’autant plus impressionnante que le désert lui-même est un amas de roches et de pierres où visiblement il n’est nulle chance de survie, sans eau ni nourriture…En arrière d’elle, se tient le fameux roi Dadbin , qui fit d’Aroua son épouse.

Comme dans les contes, il y a un traitre.  C’est un vassal attaché au sultan, parti guerroyé de son côté, qui est chargé en son absence de surveiller la princesse, à qui il fait des avances repoussées avec indignation par cette dernière. De retour au palais, le sultan est informé par ce vassal que sa femme lui a été infidèle. Le sultan donne alors ordre de mettre Aroua à mort, en la menant sans eau ni vivre dans le désert. Sur l’assiette, sa stature écrase la silhouette agenouillée de la princesse, qui prie le Seigneur, de toute la force de sa foi. Dans le conte, passe un berger ému par tant de beauté et de pureté. Le roi Dadbin, resté en son palais, attend qu’on retrouve la princesse son épouse. Seul ce berger sauve la vie de la princesse en la menant à sa demande dans un lieu où il y a de l’eau.

La représentation du conte sur l’assiette est alors plus que mensongère. La véritable héroïne, qui a bien respecté les liens du mariage malgré les allégations du fidèle du sultan, le traître qui a été éconduit par la princesse, est bien Aroua. Son sauveur est le berger invisible dans le décor ; quant au roi, il est resté au frais en son palais !

Juste un mot pour finir, sur le pourtour, rien n’est centré, comme le montre le manche du long pinceau que j’ai posé sur l’assiette. Les dragons haut et bas ne sont pas alignées verticalement, ni les deux palais à droite et à gauche, avec un différentiel d’horizontalité encore plus important qu’en vertical. Il reste à citer « Mille et une Nuits » en haut face à « Le Roi Dabin » en bas, la ligne verticale formée par le manche du pinceau sépare bien le couple…Cela au moins est vrai.

Conclusion. Quand il s’agit de séduire des personnes en recherche d’originalité teintée de culture pour se nourrir, un roi sanguinaire et stupide vaut mieux qu’une reine fidèle à ses engagements et à ses croyances…Ceci dit, j’aurais bien aimé voir quelques autres assiettes ou éléments de cette vaisselle !

 

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, le pinceau en quasi vertical, Cl. Elisabeth Poulain

Assiette Mille et une Nuits, le Roi Dadbin, le pinceau en quasi vertical, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

« L’histoire du Roi Dadbin ou de la vertueuse Aroua », à lire dans « Les mille et une nuits, contes arabes traduits par A. Galland, Volume 4, en livre numérique gratuit sur https://books.google.fr/books?id=x4Oq9Au5RyMC&pg=PA113&lpg=PA113&dq=Conte+des+Mille+et+une+nuit,++Le+roi+Dadbin&source=bl&ots=jHSLhbESio&sig=xS1ZqAQg5zMTFhLsgBWxGKlxNOM&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiT-MzZ3rXTAhUB6RQKHdWoAg0Q6AEIMjAE#v=onepage&q=Conte%20des%20Mille%20et%20une%20nuit%2C%20%20Le%20roi%20Dadbin&f=false

. Voir un site très intéressant, http://www.1001arabianights.com/fr/les-mille-et-une-nuits/tome-viii/histoire-du-roi-dadbin-ou-de-la.html?artpage=2-2

. Et toujours une bonne synthèse, pour replacer ce conte dans le contexte de l’époque, https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits

. Le pinceau sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pinceau

. Photos Elisabeth Poulain

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