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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le cycle des fleurs > La porte de la maison > La grille fleurie

27 Octobre 2016, 17:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, avec bouquet central, détail, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Il y en a tant et tant de fleurs dans nos vies qu’on peut réellement se poser la question du pourquoi. Pourquoi tant de fleurs? Sans compter celles qui fleurissent naturellement dans la nature, celles qui poussent avec les soins d’un jardinier dans un jardin ou un parc, ou celles que vous achetez au marché ou chez un fleuriste…Celles dont je vais vous parler n’appartiennent à aucune de ces catégories. Elles ont en commun d’être, non pas étranges, mais sorties de leur contexte. Est-il par exemple vraiment utile de mettre des fleurs en métal pour constituer l’élément dominant d’une porte vitrée ? La réponse est franchement oui  et vous allez voir pourquoi.

Imaginez, devant vous se trouve la  porte d’entrée d’une maison qui date de 1931. Elle est vitrée dans sa partie haute. Plusieurs solutions s’offraient alors : choisir une porte pleine avec l’inconvénient de ne pas avoir de lumière naturelle le jour dans l’entrée. Une autre solution consistait à mettre un verre épais et formé de sortes de vagues décoratives de façon à empêcher le regard de ceux du dehors vers ceux du dedans, tout en gardant la précieuse lumière du jour.

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, bouquet central, détail agrandi, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Trois solutions s’offraient alors au propriétaire :

. Ne rien faire pour protéger ce verre épais spécial, ce qui était rare. Une autre solution, moins coûteuse en plus, consistait alors à choisir une imposte, de petite hauteur et  placée dans le mur au-dessus de la porte. Certaines pouvaient s’ouvrir grâce à une longue tirette. Cette solution existe toujours.

. Devant le verre en extérieur, une autre possibilité consistait à mettre des barreaux, toujours présentés verticalement, avec l’inconvénient de faire penser à des grilles d’une prison. La pose horizontale est, sauf exception, évitée, car elle aurait pu servir de début d’escalier pour faire de l’escalade, surtout s’il y avait en plus une imposte.

. Recourir à un joli motif en fer forgé posé devant la fenêtre en partie extérieure. Et devinez quoi ? Ce sont souvent les motifs incluant des fleurs qui étaient choisis. Et c’est le cas ici, dans cette villa urbaine de Normandie.

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé entière 1930, vue de jour, architecture normande, Cl. Elisabeth Poulain

La grille dite «  A la corbeille de fleurs ». Le dessin est extrêmement travaillé. Il  s’agit de mettre en valeur un bouquet de quatre fleurs seulement enrichies de feuilles arrondies de façon à densifier la création et à donner du sens. Une seule fleur supplémentaire, équilibrée par deux feuilles, figure en bas de la partie centrale de la grille. La corbeille y joue un grand rôle car c’est elle qui structure toute la composition. Toutes les lignes sont arrondies, aucune ne se termine de façon sèche. Les bords hauts du vase  s’enroulent sur eux-mêmes de façon à former eux-mêmes des sortes de fleurs. Le bas est marqué par les deux lignes qui se croisent pour être fixées au cadre structurant, tout comme les volutes du haut du vase qui permettent d’y fixer les points de soudure.

L’ovale réserve au bouquet est fixé par quatre points d’attache à la forme octogonale qui abrite déjà dans sa partie supérieure, une volute maîtresse en haut qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, encadrée par deux séries de deux volutes, l’une qui tourne aussi dans ce même sens et l’autre …vous l’avez deviné … dans l’autre.

La forme octogonale est elle-même fixée au cadre rectangulaire à chaque haut et bas ainsi que droite et gauche par trois attaches horizontales et verticales de  dimensions  réduites pour le haut et plus grandes pour les côtés verticaux, parce que la portance est plus grande.

Le cadre rectangulaire tient par quatre prolongements soudés  au rectangle extérieur lui-même fermement attaché à la porte suffisamment solide pour supporter l’ensemble, par quatre petites tiges en haut et en bas de la largeur et huit sur les  hauteurs.  Il me reste à vous parler de la façon dont est comblé l’espace entre la forme octogonale et le cadre extérieur. On dirait vraiment des écailles de poisson. On est alors loin des fleurs, mais toujours proche de la nature.

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Grille fer forgé 1930, architecture normande, vue de nuit de l'intérieur, Cl. Elisabeth Poulain

Des grilles de 1930 de ce type, il en existe forcément plusieurs modèles, dont un autre est d'ailleurs près de moi, posé contre le mur. Il est tellement lourd, qu’il n’est même pas question pour moi de le déplacer. Ce sera pour une autre fois, par quelqu'un d'autre que je remercie déjà d'avance…

Pour suivre le chemin

. Les  éléments de base sur l’architecture normande sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_de_la_Normandie

. Voir de beaux exemples de grilles, en consultant Google images, en particulier en provenance du site  http://picclick.fr/Art-antiquit%C3%A9s/Architecture-mat%C3%A9riaux/Jardin-ext%C3%A9rieur-ferronnerie/

. Photos Elisabeth Poulain, vues de la grille dehors-dedans, le jour, la nuit... 

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Jaber, peintre, Les quatre gars

25 Octobre 2016, 10:01am

Publié par Elisabeth Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber est un peintre dont on a du mal à qualifier le travail. Certains parlent d’art brut, que d’autres appellent aussi l’art singulier. Deux dénominations qui montrent que ses peintures sont en vérité inclassables par rapport aux œuvres d’autres artistes que le marché de l’art tend toujours à ranger dans une case. Vouloir catégoriser ce que fait Jaber serait franchement une erreur. C’est bien pourquoi  il ne me viendrait même pas à l’idée de tenter de la faire. Jaber peint à la façon singulière de  Jaber.

De Jaber Al Mahjoub, je ne connais que peu d’œuvres, alors qu’il est un peintre, dont on ne peut dire qu’il est prolifique, tant ce terme serait réducteur. Il me semble qu’il peint comme il respire, ou plus précisément comme si peindre lui était aussi nécessaire pour vivre que la respiration pour nous tous, lui y compris bien sûr. La grande différence est que la très grande majorité d’entre nous ne savons ni peindre, ni même ressentir ce besoin si fort de s’exprimer par la peinture. Et que produire des œuvres de Jaber, seul Jaber peut le faire.  

Ce sont souvent, me semble-t-il, des visages qu’il donne à voir, des visages d’hommes qui vous questionnent plus, sur ce que vous ressentez, vous, qu’ils ne veulent s’exprimer, eux par rapport à vous. Et alors pourquoi parler des fleurs dans le titre ? Patience, il faut d’abord que je vous montre deux autres réalisations de Jaber, avant de laisser parler les cinq fleurs du bouquet. 

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le jeune homme à l'oiseau noir, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Le jeune homme  à la tête à quatre doigts et à l’oiseau noir. C’est me semble-t-il une gouache qui mesure, cadre compris, 45cm de hauteur sur 32,5 cm de largeur. C’est un visage jeune qui pose devant vous, sans presque rien dire de lui. Son visage mélancolique est tracé à gros traits noirs sur lesquels le peintre est passé plusieurs fois. Il est représenté de biais dans une légère diagonale qui va de gauche à droite, au bout d’un long cou noir. Un trait continu forme le sourcil de l’œil gauche, qui se transforme en nez, au-dessus d’une petite bouche formée d’un trait. Deux boules de noir forment les yeux. Plusieurs couches de peintures variées superposées l’une sur l’autre représentent la peau, avec des teintes roses, jaunes, du blanc et un peu de noir.

Le visage est interrogatif. On dirait presque une marionnette enfilée au bout d’une main, dont ressortiraient quatre doigts de la main du marionnettiste, à l’exception du pouce. Le haut du visage  est courbe pour faire ressortir les doigts roses.  Le fond est d’un vert acide et tonique, jusqu’à hauteur des sourcils. Le haut de la tête ressort sur fond jaune entouré partiellement de rouge, avec du blanc et un trait noir tout autour. Comme toujours chez Jaber, il y a quelque chose de bizarre. Dans ce ciel jaune, en partie gauche en haut, c’est un petit oiseau noir qui semble s’être échappé  de la tête du jeune homme. Il s’apprête à partir, hors du champ visuel. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le jeune homme n’a pas l’air si triste, dans la partie inférieure – couleur vert pomme - du tableau. JABER a signé en lettres blanches en haut en majuscules en indiquant comme toujours l’année « 86 » pour 1986.

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Les quatres gars, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

. Les quatre copains (53cmde long sur 31cm de hauteur). Ils sont joyeux, tous semblables et tous différents. En commun, ils ont un visage ovale couleur rouille, construit de la même façon. Les traits sont bleus, avec un chapeau bleu, orné d’une touche plus ou moins grande de teinte verte. Le cou est franchement vert, mais chacun a le sien. Tous pareils, tous souriant et tous différents, comme alignés sur une pente oblique qui de gauche à droite, , tel pourrait être la définition rapide de cette œuvre, sur fond bleu clair. Seul le plus à gauche, à l’air franchement rigolard, a l’honneur de porter, tracée au crayon, sa signature et l’année de réalisation« JABER 96 ».

.  Le bouquet de fleurs. Nul ne peut en douter, avec ces fleurs roses orangées, comme faites avec deux tampons, un grand rose orangé tendre et dilué et un cœur d’un rose plus dense, comme si on pouvait y deviner des pépins. Un entourage vert symbolise les feuilles sur fond jaune et des tampons-pompons verts très légers comblent les vides sur fond jaune. Voilà pour la partie haute. JABER a pour une fois signé en partie gauche son œuvre au feutre noir à la coupure entre le haut fleuri – rose-jaune-vert- et le bas bleu ciel entourant un vase d’un blanc veiné de vert et de brun au cœur violet. Le millésime 2005 figure en partie droite, de façon à équilibrer la signature du peintre.

L’étonnant est pour maintenant. Ce calme bouquet, sans personnage, porte un titre tout en haut à gauche « SOCIAL »  accompagné en partie basse de deux cœurs, celui de gauche en dessous de JABER et l’autre, à droite, en dessous de 2005. 

             

 

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Jaber peintre, Le bouquet de fleurs, Cl. Elisabeth Poulain, Coll. France Poulain

Pour suivre le chemin

. La biographie de Jaber sur http://jaber-al-mahjoub.com/?page_id=257

. Retrouver des œuvres  de Jaber sur https://www.facebook.com/bonerportos/

.Ainsi que sur  https://www.facebook.com/JABER-Collection-Art-Brut-647222115351055/   avec 15 clichés dont 3 de l’artiste

. Photos Elisabeth Poulain de la collection France Poulain, avec mes remerciements.

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Le pont de Saint-Bénezet, dit "Le Pont d'Avignon"

15 Octobre 2016, 08:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Avignon, Le pont Saint-Bénezet, dit le Pont d'Avignon, Cl. Elisabeth Poulain

Avignon, Le pont Saint-Bénezet, dit le Pont d'Avignon, Cl. Elisabeth Poulain

Ces villes sont représentées en photos minuscules sur deux petits morceaux de sucre emballés dans du papier.  Elles sont pourtant parfaitement reconnaissables sur ces parallélépipèdes rectangles à angle droit de petite taille. J’ai difficilement pu les mesurer, tant le papier un peu usé ne colle plus exactement aux petits morceaux de sucre dedans. Leur longueur est de  3,4cm, la largeur de 1,6 cm et la hauteur de 0,7cm.

Le thème de la série « Visit France » sur sucre, de marque Béghin Say, date d’il y a au moins une  dizaine d’années. Plus exactement les sucres m’ont été donnés lors d’une réunion municipale d’une grande ville de l’Ouest, en 2007. La série avait pour objectif d’associer la marque et le tourisme en France, via les noms des villes françaises qui ont accepté ce type de promotion de leur ville. Visit France est le nom d’un organisme français du développement du tourisme en France, qui actuellement fait de la promotion en anglais pour certaines villes, d’ailleurs au nombre de six également.

Papier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth PoulainPapier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth PoulainPapier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'emballage des deux sucres , Avignon, le pont, "Visit France", Cl. Elisabeth Poulain

Pour l’heure et par ordre alphabétique, parmi les six villes dont j’ai pu me procurer les sucres, je vais vous parler d’Avignon. Elle offre cette particularité d’être vraiment très connue non seulement en France mais aussi à l’étranger des enfants et de ceux qui le sont restés grâce à une chanson qui offre la particularité de ne pas avoir de fin. Chacun pouvant composer  ses paroles sur cette musique aux allures d’une ritournelle. Le texte de cette chanson offre aussi la forte singularité de ne parler d’Avignon que par son pont. Et ce pont est bien sûr celui d’Avignon : // « Sur le pont d'Avignon /  On y danse, on y danse, /  Sur le pont d'Avignon,/  On y danse tous en rond. // 1. Les belles dames font comme ça, Et puis encore comme ça. / Le refrain recommence…/ 2. Les messieurs font comme ça /…sans qu’il y est de fin…Ce formidable jingle que vous répétez avec un grand plaisir d’adulte tout autant que celui que avez eu enfant, est  la plus belle des promotions de la ville. Et puis encore comme ça, tout en parlant toujours du pont dont la sonorité rime avec Avignon.

A Avignon, on ne parle pas bien sûr du pont d’Avignon. Ce serait vraiment trop réducteur. Il est dédié à Saint-Bénezet, qui a donné son nom également à une des deux chapelles, érigées l’une sur l’autre, celle de Saint-Bénezet construite sur celle dédiée à Saint-Nicolas. Il s’appelle donc le pont Saint-Bénezet. Mais pour les Non-Avignonnais et ils sont nombreux, il est toujours le pont d’Avignon. Encore actuellement l’intitulé des belles photos mises en ligne sur wikipedia ne mentionne même pas la ville. C’était déjà le cas pour  un formidable cliché en noir et brun de 1864  détenu par le Metropolitan Museum of Art.

Avignon, carte Avenio vulgo, Atlas van Loon, 1649, wikipedia, Elisabeth Poulain

Avignon, carte Avenio vulgo, Atlas van Loon, 1649, wikipedia, Elisabeth Poulain

Le pont Saint-Bénezet d’aujourd’hui conserve quatre de ses arches qui ont été restaurées au fur et à mesure que les puissantes crues du Rhône emportaient l’une, l’autre ou plusieurs des 22 piles du départ. Pris en léger aval par bateau, on peut l’admirer de près avec en arrière l’imposant  Palais des Papes qui forme une ville dans la ville, tant il exprime la puissance avec un grand P. Le pont a tracé dans le passé  une frontière d’importance entre l’Etat pontifical  et la France, en passant par la grande Ile de la Barthelasse. Actuellement, c’est un bac gratuit qui permet de joindre la rive gauche du Rhône à cette île. 

Reste la chanson qui offre en outre une particularité amusante : en réalité on ne dansait sur le pont mais sous le pont et sur les berges du Rhône où se nichaient des lieux où l’on pouvait boire et danser pour se délasser lors des fêtes. On était alors au XIXe siècle…Quoi qu’il en soit de la réalité historique, le pont d’Avignon est maintenant le pont le plus célèbre du monde… et ceci en partie grâce à une chanson!

Avignon, pont St-Bénezet, Baldus photo 1864, MET New York 2000, Denis 2005, wikipedia

Avignon, pont St-Bénezet, Baldus photo 1864, MET New York 2000, Denis 2005, wikipedia

Pour suivre le chemin jusqu’à Avignon 

. D’abord découvrir le pont pour l’admirer sur http://www.avignon-pont.com/fr puis  la chanson sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_le_pont_d%27Avignon   

. Béghin Say http://www.beghin-say-pro.com/fr/la-gamme-beghin-say-cote-salle/morceaux-enveloppes.html  

. Voir la version d’aujourd’hui de « Visit France » sur  un site en anglais, sans photos et d’un minimalisme plus qu’étonnant, voir plus sur   http://www.visit-france.com/ Les villes citées sont seulement au nombre de six. Elles sont incluses dans le Ier thème choisi « Top Attractions, Sights ans Cities of France ». Les régions forment une 2è thème, Shopping est le 3è et  « Wines of France » le 4è et dernier.

. Le parallélépipède rectangle sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pav%C3%A9_droit

. Consulter le portail « Avignon » tant il y a à dire sur cette belle région de France, baignée par le plus puissant fleuve de France, le Rhône, dont le débit à sa rencontre avec la Mer Méditerranée est le second après …. le Nil.     

. Avignon, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Avignon avec en particulier une belle photo du pont Saint-Bénézet et du Palais des Papes vu du Rhône en aval, ou sur le Mont Ventoux…  

. L’Ile de la Barthelasse sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_la_Barthelasse

. Photos en provenance du Metropolitan  Museum of Art de New York qui présente des clichés en noir et blanc d’Edouard Baldus, un photographe de la seconde moitié du XIXe siècle, la carte ancienne en provenance de wikipedia et les autres d’Elisabeth Poulain.

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La cigogne de l'Alsacienne d'Alsa > La Levure alsacienne

27 Septembre 2016, 11:05am

Publié par Elisabeth Poulain

* Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, extrait, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007-p.3, PhEP d'après JMVachon

* Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, extrait, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007-p.3, PhEP d'après JMVachon

Le titre. Il est forcément redondant. On compte en effet trois fois Alsa dont deux fois associé à l’Alsacienne. La raison provient du libellé de la marque elle-même qui existe depuis 1896, mis qui n’a pas été fondée dans cette belle province. L’entreprise  a en effet été créée en Lorraine – française - près de la frontière alsacienne devenue allemande du fait de la perte de l’Alsace par la France lors du conflit de 1870 avec l’Allemagne.

L’alsacien Emile Mönch, revenant de Vienne, en Autriche, où il avait travaillé chez un boulanger, choisit  en effet de s’installer en Lorraine à Igney-Avricourt en France près de la frontière alsacienne, alors allemande. C’est là en 1896 qu’il fonda son  épicerie, où il commença  à produire de la levure chimique, qu’il avait découverte et utilisée chez son précédent patron. Ce dernier avait en effet recours à ce type de levure et non pas à la levure naturelle, le levain   issue de la fermentation du pain  jusqu’alors employée en France. La seconde devait être vendue vivante, alors que la seconde l’était en poudre, avec une durée de conservation incommensurablement plus grande.  En attachement à l’Alsace, sa province natale alors occupée, il intégra l’origine alsacienne de sa recette de levure dans le nom de marque « alsa ». Il fit en outre référence à celle qui allait l’utiliser, la femme alsacienne, celle qui traditionnellement fait la cuisine et les gâteaux à la maison, en montrant en plus un dessin de petite fille alsacienne ainsi qu'une Alsacienne de face sur le sachet.

Plusieurs versions de plaques émaillées de la Levure alsacienne alsa, écrit en petits caractères et sans majuscule, existent. Deux grands modèles, dont on ignore la date de réalisation, sont encore très présents sur le marché des plaques émaillées. Toutes deux, la plaque horizontale et  la plaque verticale qui ne portent aucune indication de date ni de créateur, ont été réalisées par l’Emaillerie Alsacienne de Strasbourg. Comme celle-ci a été créée en 1923, la date de fabrication des plaques est forcément postérieure à 1923, soit cinq ans après la fin de la guerre de 1914-1918.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le fondateur de l’entreprise a tout particulièrement soigné la présentation en sachet individuel de couleur rose adapté aux besoins des « ménagères » comme on disait alors. On ne connaissait pas alors le packaging, le marketing et les techniques plurielles de la publicité. Pourtant la présentation et du sachet et de la plaque émaillée « à la cigogne » ont recours à un nombre impressionnant de techniques de communication pour attirer l’attention de celles qui allaient être amenées  à acheter et à utiliser cette levure en sachet.  

La jeune et joyeuse Alsacienne a été choisie comme en symbole du renouveau de l’Alsace redevenue française dans une France enfin réunie. Plus encore, elle fait équipe avec une cigogne très bienveillante –autre symbole de l’Alsace - qui la porte sur son dos. Chacune des deux héroïnes renforce l’image positive de l’autre au bénéfice d’un petit sache de levure de couleur rose, celle qui fascine les petites filles et en particulier cette charmante petite alsacienne. Celle-ci deviendra une bonne cuisinière qui saura faire de très bons gâteaux pour les membres de sa famille qui pourront apprécier une tranche des bons kugelhopfs le dimanche matin.

La plaque horizontale - 32,4 sur 49 cm - met en lumière le symbole de la cigogne portant sur son dos cette jeune Alsacienne joyeuse. Celle-ci allait devenir une véritable star de « la réclame », comme on disait alors, conjointement avec le sachet rose du papier,  le bleu des inscriptions du paquet de Levure alsacienne alsa et le rouge du slogan et du lieu de vente.

 Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007, p.3,  Ph.EP d'après JMVachon

Levure alsacienne alsa, plaque émaillée, Kaczorowski catalogue Art publicitaire, 24.04.2007, p.3, Ph.EP d'après JMVachon

Les couleurs peuvent nous donner des indications d’époque. A commencer par la cigogne dont le corps occupe la plus grande partie de l’espace en diagonale du bas à gauche vers le haut à droite. La teinte rouge des pattes de l’oiseau, de la jupe de la petite fille et du bec forment une diagonale inversée qui part du bas à droite vers les deux-tiers de la hauteur à droite. Pour renforcer cette ligne rouge, la mention basse indique en bas à gauche en rouge « EN VENTE ICI », à laquelle répondent les trois lignes du slogan en haut à droite et en plus gros caractères « POUR REUSSIR VOS PATISSERIES DANS VOTRE MENAGE ».

C’est le blanc du plumage du grand oiseau qui attire l’attention sur la perfection de la représentation de l’animal, qui arrive, grâce à la couleur noire de ses ailes et des plumes de la queue, à se détacher du fond beige. Un discret trait noir borde parfois le blanc des plumes ; noir également est le ruban qui finit la jupe de l’enfant. Blanche aussi est la couleur de son chemisier et de ses chaussettes hautes portées avec des chaussures noires. Il reste à citer les deux pièces de couleur noire les plus symboliques du costume féminin alsacien, à savoir le bustier à bretelles, fermement serré à la taille avec des lacets et la coiffe de très grandes dimensions qu’elle porte sur la tête.

. Avec le rose du paquet, le bleu ciel de l’inscription de la marque, puis le rouge vif, le blanc ensuite va de pair avec le noir. Ces cinq couleurs permettent évidemment de retrouver les trois couleurs symboliques du drapeau de la France, le bleu, le blanc et le rouge.

Outre les couleurs, il faut  également parler de la diagonale qui guide le regard sur le rose, en partant du haut à gauche vers le bas à droite. Cette seconde diagonale croise la première diagonale à la hauteur de la taille de la petite fille. En partant du haut, vous voyez en second plan, en arrière de l’aile droite du grand volatile une bannière attachée à un manche que l’enfant aux bonnes joues rouges tient fermement à la main en vous dédiant un grand sourire. Sur la bannière rose du haut, on retrouve la mention « Levure alsacienne, ALSA ». Puis en laissant couler le regard vers le bas dans le coin opposé, on voit très bien le sachet rose et bleu alsa de levure alsacienne qu’arrive à tenir dans son bec le grand et magnifique oiseau.

Cette plaque émaillée dont on ne connait ni le créateur ni la date de réalisation est une très belle réussite, au point qu’elle figure parmi les plaques émaillées les plus connues de l'Emaillerie Alsacienne de Strasbourg. L’étonnant est pourtant que l’on ne connaisse ni l’artiste, ni la date de fabrication de la plaque. Plus tard dans une autre plaque vint la disparition de la cigogne alsacienne, dont l’importance symbolique était moins nécessaire. C’est ce qu’on peut constater dans la seconde plaque consacrée à la marque, réalisée quant à elle en 1896…celle dite « au moule à kugelhopf », qui est verticale. La différence est grande, c’est le sachet rose qui est maintenant en vedette en haut à gauche, tenue à bout de bras par une jeune femme épanouie au foulard vert et bleu sur les épaules.

Arrive enfin la dernière mutation qui ne garde de cette saga publicitaire que le sachet de couleur rose, aux mentions et dessins bleus, toujours orné de l’Alsacienne, avec son timbre « alsa » en haut à droite et cette ligne barrée qui file du haut à gauche vers le bas à droite. En passant par l’assiette contenant le kugelhopf que tient la jeune femme  de sa main droite, dans un dessin un peu sévère d'une jeune femme alsacienne. L'enfant qui chevauche la cigogne laisse alors la seule place à l'Alsacienne  dessinée en bleu sur fond rose qui vous regarde droit dans les yeux,  en portant son kuglefopf  de sa main droite...La cigogne est partie, regagner son nid...

Alsaciennes, costumes traditionnels, aquarelle P.Kaufmann, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia

Alsaciennes, costumes traditionnels, aquarelle P.Kaufmann, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir l’histoire de la marque dans « La saga Alsa » sur le site de la marque appartenant au Groupe Unilever, sur http://www.alsa.fr/la-saga-alsa/lhistoire/  

. Les deux types de levure sur http://www.chambresyndicalelevure.com/2014/10/16/quelle-est-la-diff%C3%A9rence-entre-une-levure-chimique-et-une-levure-de-boulangerie/  

. Pour une vision plus complète, consulter http://dubleaupain.canalblog.com/archives/2012/07/26/24767455.html  ainsi que le levain naturel issu de la fermentation du pain sur http://www.cfaitmaison.com/levain/crea-levain.html  

. En apprendre plus sur l’activité de l’entreprise « L'émaillerie alsacienne de Strasbourg Hoenheim , Son histoire, sa production » par Pierre Meyer (Auteur), de 1923 à 1992, un livre paru en juillet 2004, à voir sur http://livre.fnac.com/a1265998/Pierre-Meyer-L-emaillerie-alsacienne-de-Strasbourg-Hoenheim  

. Retrouver les plaques Alsa de l’Emaillerie alsacienne de Strasbourg dans le catalogue "Art Publicitaire " Hôtel des Ventes des Salorges Enchères, Nantes 44100, Kaczorowski SARL, Samedi 14 avril 2007 . Actuellement voici les coordonnées de PHILIPPE KACZOROWSKI - PATRICE DERIGNY, COMMISSAIRES PRISEURS HABILITES, 8 bis rue Chaptal - 44188 NANTES Cedex 4, 132 Ave des Ondines 44500 LA BAULE, Tel : 02.40.69.91.10 – Fax : 02.40.69.93.92, E-mail : sarlkac@wanadoo.fr  

. La recette du kugelhopf sur http://www.niederbronn.com/les-incontournables/l-alsace/item/le-kougelhopf.html  

. Et enfin la cigogne en Alsace, qui ne reste pas seulement un symbole: elle redevient partie intégrante du paysage, grâce en particulier à un grand travail de la LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux. On comptait 9 couples en 1974, 300 30 ans plus tard et qui sont devenus sédentaires… à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne_blanche_en_France  

. Photo à partir de la plaque  en page 3 du catalogue Kaczorowski, Hôtel des Ventes des Salorges du 14 avril 2007-photos JMVachon, avec mes remerciements, Alsaciennes en costumes traditionnels, Aquarelle P. Kaufman, L'Illustration n°1877-1937, scan Jebulon, wikipedia
  

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La ville en mouvement peinte par France Poulain, en cinq peintures

16 Septembre 2016, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain en cinq visuels.  C'est le titre auquel je n'ai pensé qu'après coup. Ensuite, deux précisions à vous apporter vous connaissant, vous qui aimez à la fois la précision et la clarté. En réalité, il y a plus de réalisations dans la série.  Toutes ont un lien entre elles. Elles forment une déclinaison qui tourne autour de sa vision de la ville en changement, dans un mouvement perpétuel, dont on ne sait ce qui change, soi et/ou la ville devant soi, ou et l’inverse qui est aussi vrai, en y ajoutant de regard de celui ou celle qui les voit. Il s’y ajoute le travail de l’artiste qui à chaque étape dit autre chose autrement. En particulier parce qu’elle intègre en l’occurrence un facteur fondamental qui est le temps rapide de la création.  Et ce temps est aussi du regard, à un moment, un certain temps après, comme c’est le cas ici…Comme une valse à trois temps qui se tresse tout le temps en nous et autour de nous, parce que nous changeons tout le temps. 

Chaque visuel apporte un nouveau regard, avec à chaque fois quelque chose de nouveau, sans rien ajouter, surtout pas, au contraire, en épurant. Et ainsi dire autrement quelque chose en plus. C’est l’application du « moins pour dire plus et… autrement ». A toute question, il y a toujours trois réponses, oui, non, autre !  Et c’est là où le jeu de la création est intéressant. Le joker en plus apporte un élément supplémentaire visible qui est le temps, celui de la ville, celui de celle qui peint ces œuvres, celui de celle qui regarde... Je ne vous en parlerai qu’à la fin. Peut-être, peut-être pas, à voir, c’est le temps d’écrire le texte qui le dira. Encore une précision, l’ordre de présentation est le mien, puisque les cartons peints ne portent aucune indication d’aucune sorte. C’est là aussi où l’ordre choisi par celle ou celui qui écrit change le regard.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

. Le carton n°1-41 x 27 cm-6 P. C’est lui lance la série, dont on ne sait pas en le voyant qu’il va être le Ier de la lignée. Il doit donc être suffisamment puissant pour lancer la dynamique, attirer et retenir le regard. Il représente une façade vue d’un immeuble en hauteur. La raison en est qu’on voit les fenêtres de face, un peu de la toiture vers la droite en haut, l’antenne de la télévision en partie gauche, trois vasistas dans la toiture ou le mur et en dessous, une fenêtre haute, peut-être pour éclairer l’escalier au-dessus de la porte vitrée, dont on voit que la partie haute, avec son imposte. Il éclate de couleurs pastel. Et c’est cette harmonie douce et contrastée à la fois qui rend la composition si attirante.

La technique utilisée consiste d’abord à enduire le support rigide d’une peinture blanche épaisse et résistante à l’eau. 2. Ensuite, après avoir bien réfléchi aux lignes à tracer et fait un modèle à sec à côté, il s’agit de prendre un ustensile souple pour reproduire d’un trait ferme et sans hésitation le schéma de départ. 3. Vient le moment de râper finement les différentes couleurs aux surfaces d’emplacement choisis. 3bis. Il faut alors après repasser le bâton adapté de pastels sur les lignes creusées de façon à étaler la poudre de craie sur les creux des lignes. 4. Et enfin, laisser sécher…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°2 - 33 x 22 cm - 4 P. C’est une déclinaison du premier carton, dans un format plus petit comme en témoigne le code normalisé 4 P. Cette fois-ci, France a recouru à une autre façon de faire ressortir les lignes et pas les surfaces. La technique qu’elle a utilisée consiste à peindre le fond avec le jeu des couleurs du visuel n°1 disposées grosso modo au même endroit. Elle a ensuite recouvert le tout de peinture blanche et, très vite, a creusé les lignes majeures de la première réalisation, en tenant compte de la réduction du format. On perçoit à certains endroits la sous-couche, le rose en bas à gauche et le vert turquoise vers le haut à droite. L’impression ressentie est une grande maîtrise de la part de la créatrice et d’acceptation de celle, celui qui regarde…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth PoulainLa ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain
La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°3 - 41 x 27 cm – 6 P. Il y a un grand changement, en forme de zoom sur certaines lignes de couleur rose, verte, orange et jaune tendres. De la ville, il ne reste plus que du rose évanescent à certains endroits du mur, dans le coin inférieur droit, un carré aux coins arrondis multicolore en bas de la composition, décalé vers la droite à cause du grand empiètement double cette fois qui mange une grande partie de ce carton qui a été revêtu de cellophane pour protéger les deux pailles de couleur qui délimitent un grand rectangle non bordé sur la côté extérieur. Il déborde sur la moitié de la largeur et celle de la hauteur. C’est la seule fois, de toute la série, que je n’ai pas trouvé tout de suite quelle était la bonne position de ce carton. Je viens seulement d’avoir la réponse. Il fallait aussi cette fois-ci se fier au sens du tableau indiqué à l’arrière par l’étiquette 6P. Le petit carré d’une fenêtre est en bas. Depuis le début, je le vois en haut et je continue à le voir ainsi. Vous le verrez donc dans les deux positions, en ajoutant aussi le même carton mais cette fois-ci en position horizontale.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque rigide de contreplaqué en n°4 - 41 x 27cm. Le support a changé, même si les dimensions de la coupe sont identiques à un 6P. La texture est différente, le rendu aussi. On voit que le travail au couteau de plâtrier n’a pas cherché surtout à avoir un support parfaitement lisse, sans raccord visible. Au contraire, on devine que les traces du coup de main sont nécessaires dans cette vision d’évanescence de la ville. On y perçoit des résurgences en coulées vertes de couleur turquoise, jaunie au centre et violette à droite. L’autre apport, nouveau, est le jeu avec la colle, qui dissout la paille de plastique, avec un rendu d’eau qui coule…Il y a aussi un presque carré de 6,5cm de largeur sur 7,5 cm de hauteur de couleurs roses et vertes dissoutes tout en bas vers la droite. Etrange, vous avez dit étrange… ! Mais attendez le dernier numéro de la série.

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°5 – 46 cm x 33 - 8 P – Le tournis vous saisit. Cette fois-ci tout est devenu blanc à l’exception d’une carte plastique dur et épais servant de témoin de protection tombé par terre dans un chantier électrique à Essen dans la Ruhr lors d’un voyage d’étude en Allemagne. Tout est devenu blanc à l’exception de cet élément de plastique jaune épais et dur percé d’un trou où figure le n° 4. Les traits de couteau de vitrier avec lequel le fond a été enduit ont été faits en position horizontale. On retrouve en haut les barres des antennes cette fois-ci complètement à gauche en haut, avec des éléments nouveaux difficile à décrypter, du fait que le sens d’accrochage du tableau se fait à partir du témoin jaune. C’est ce que nous indique le système d’accrochage à l’arrière. Il reste des lignes en relief, des morceaux de composition. Peut-être est-ce aussi est-ce une vision de la ville vue d’en bas, celle des réseaux électriques par exemple… ?

Quoi qu’il en soit, la série, même raccourcie telle que je vous la présente, intrigue et questionne, en prolongeant la question « que reste-t-il dans nos mémoires de notre vision personnelle de la ville qui change tous les jours ? » L’intéressant est que les visions se superposent, les unes aux autres, parfois en se heurtant, parfois en se superposant les unes aux autres, en ayant chacune, chacun sa vision de la ville et de de ses paysages, au fil du temps…celui de la ville, jamais tout à fait la même, jamais tout à fait une autre…Avec en plus, la vision propre de la photo qui fait par exemple ressortir du violet sous le blanc de ce grand carton. J'ai laissé cela ainsi... Il n'y a pas que le temps, ni le regard de celle qui écrit,  pour changer les choses.   

                                                                       *

Pour suivre le chemin

. Ces cartons peints ont été réalisés par France Poulain, au cours de ses études à l’Ecole d’Architecture de Nantes, à retrouver maintenant sur son blog http://www.francepoulain.com/  

. Gamme des couleurs pastel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Couleurs  

. Coffrets de craies de « pastels à l’huile, 12 couleur extra-fines, Dalbe, made in Korea », ainsi que .des « Holbein Oil Pastels » dans une boîte qui a perdu son couvercle… 

. Essen sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Essen  .

. La réponse à la question que j'ai posée au début est qu’à mon sens il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres planches. C'est le temps de l'écriture qui me le dit...

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * avant l'énoncé indique qu'il s'agit d'un extrait.

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Dark Dog = La puissance du jaune, du noir & du rouge en packaging

14 Septembre 2016, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth PoulainEnergy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Le dessin sur la boite-boisson est  à vous faire hurler de peur la nuit si vous le rencontriez vraiment, lui, ce monstre, qui semble hurler à la lune. Vous voyez une fois sa silhouette, une seule fois et vous ne l’oubliez pas. Mi-chien-mi-coulure d’encre noire, il ressemble à un cauchemar propre à vous faire « hurler au loup ». Celui qui ne croque pas que les petits enfants qui ont peur la nuit, sauf qu’en plus c’est la nuit qui est noire et pas le loup. Lui peut être gris, beige, blanc…mais pas noir. Pourtant c’est bien une silhouette de loup noir, capable de se fondre dans la nuit noire, alors qu’un chien peut ne pas faire peur. C’est même le meilleur ami de l’homme, sauf ceux qui sont dressés à mordre.

Donc la nuit, quand tous les chats sont gris, c’est peut-être bien un loup que vous voyez. Surtout qu’en plus, il existe bien des chiens-loups. Dure la vie, voilà donc un dog, qui est peut être un wolf ! On avance. Est-ce bien sûr ? Supposons, pour avancer dans le raisonnement, qu’il s’agisse bien d’un chien de ce type, un chien-loup. Mais alors pourquoi l’appelez DOG. 

DOG sonne mille fois mieux dans la nuit que CHIEN. Ca claque comme un coup de fusil. En plus tout le monde comprend que c’est un chien, qui bien que noir, n’inclut pas cette couleur dans son nom de marque. C’est un chien foncé… ! Oh, comme nom de marque, on peut faire mieux.  Il faut alors chercher du côté de la sonorité du coup de fouet. Une consonne pour Dog, une aussi pour Dark, et les deux ensemble claquent un double coup de fouet. Imaginez maintenant ce que donnerait comme nom de marque un « wolf dog ». Pas terrible n’est-ce pas !

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Ce Dark Dog est bien noir sur un fond jaune profond, dont la teinte a légèrement changé entre les deux versions que j’ai sous les yeux. Et d’abord le chien, en commençant par la tête, à gauche par rapport au corps. Il est affreux, avec ses grandes canines qui semblent sortir de sa gueule ouverte, ses deux grandes oreilles qui ressemblent à des cornes et son museau qui plisse. Son œil visible est placé au bas de l’oreille la plus verticale et sa langue doit pendre du même côté, en bas du museau, quand même.

C’est après que les choses deviennent plus compliquées. Comprenez qu’on repère le corps en deux parties avec l’avant-train et l’arrière-train, et son amorce de queue, tout au bout. Et les pattes me demanderez-vous? Il y en a bien quatre, plutôt il y a quatre « coulures » de peinture noire qui ont dégouliné de haut en bas, forcément. Les deux premières appartiennent à l’avant et les deux autres à l’arrière.

La première patte vers l’avant, la plus courte, est atroce : elle est séparée en deux…La seconde, toute aussi molle, est plus longue, mais moins que la troisième qui bat tous les records. Les trois n’ont aucune possibilité d’être posées au sol pour servir de point d’appui lors de la marche. Ce sont des coulures à allure de pattes, sans appui. Quant à la quatrième, elle paraît plus solide. Elle sert peut être de gouvernail noir, quand le chien noir vole. C’est elle qui structure le dessin, en résonnance avec la plus courte des cornes, celle qui est en avant. Le noir est également utilisé en grosses lettres fortes qui débordent légèrement la largeur du dessin pour marquer les esprits pour nommer cette espèce de chien, qui n’est pas vraiment un chien, mais une hallucination de chien.

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

 Le guarana. C’est sur cet élément que repose tout le visuel du packaging, qui contribue à mon sens au succès de cette boisson énergisante auprès des Jeunes dans certaines régions françaises, en particulier dans l’Est de la France. Plusieurs éléments du packaging donnent du punch à ce DD qui tient plus d’un héros de BD, capable de voler dans les airs. Grâce au guarana, il dispose d’une énergie fabuleuse. La tête est située sous ENERGY du haut, DARK en bas, avec mention du GUARANA en bas. La différence entre les deux boîtes est que la plus grande porte en bas en petits caractères la mention « High Caffeine Content ».

Les couleurs. Je vous ai parlé du noir, pour évoquer l’atmosphère de la nuit et du rouge pour donner les vibrations de la caféine contenue dans la plante et donc dans la boisson. Les deux associées renforcent l’idée du binôme associant ce stimulant au plaisir, ce qui ne serait pas suffisant. En réalité dans la durabilité de ce visuel, il y a un trio.

Il me reste en effet à vous citer ce jaune qui est une franche réussite. Il est dense, particulièrement chaud et profond, avec un foncé légèrement plus fort et plus adapté pour la petite boîte. Et c’est ce jaune qui permet de porter ce drôle de chien, qui n’en est pas un, qui représente une boisson tonique grâce à la caféine pour aller danser, sans avoir besoin de recourir à d’autres boissons…

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Et en prime, vous aurez droit à un dessin de hibou réalisé par ANTIZ, celui dont vous entendez le cri quand vous sortez de votre boîte …de nuit. Ce jeune dessinateur ANTIZ avait aussi choisi aussi le jaune, pour faire ressortir le noir de son oiseau nocturne, avec du blanc pour montrer qu’il ouvre grands ses yeux…Du blanc pour le fond aurait été trop dur, le beige une horreur, il reste ce jaune en signe de vitalité. Se faire traiter d’ « oiseau de nuit », il y a pire quand on est jeune et qu’on commence à sortir la nuit, en promettant de ne boire que des boissons sans alcool….

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Voir le site de l’entreprise sur www.dark.fr  où se voit l’évolution de la gamme depuis que l’entreprise est implantée en France…  

. Le guarana sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Guarana  

. Le jaune sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Couleurs  

. Le hibou dessiné par ANTIZ orne un porte-monnaie en plastique jaune, d’une teinte encore différente, http://forum-dessin-peintur.graphforum.com/t11306-la-presentation-d-antiz  

. Pour faire la différence entre un hibou et une chouette, voir https://www.ulb.ac.be/inforsciences/quandseraigrand/docs/rapace_diff.pdf  

. Clichés Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

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Paysages de Loire à l’embouchure, La Raffinerie de Donges & Paimboeuf

7 Septembre 2016, 15:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

*La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-extrait-Cl. Elisabeth Poulain

*La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-extrait-Cl. Elisabeth Poulain

Le  titre. Comme souvent le titre de ce billet tourne comme une ritournelle qui trotte dans la tête comme un refrain, un processus qui échappe en grande partie à la volonté de l'auteur. Dans le cas d’aujourd’hui, il s’agit de vous parler d’un endroit très sensible où se rencontrent plusieurs univers qui chacun revendique sa position de premier plan – ce qui est vrai -,  alors qu’ils doivent absolument co-habiter, ce qui est vrai également.   

 

Vue de Paimboeuf sur la Loire...Le petit bateau du début-amont, le port-aval, les nuages au-dessus-Cl. Elisabeth Poulain
Vue de Paimboeuf sur la Loire...Le petit bateau du début-amont, le port-aval, les nuages au-dessus-Cl. Elisabeth Poulain

Vue de Paimboeuf sur la Loire...Le petit bateau du début-amont, le port-aval, les nuages au-dessus-Cl. Elisabeth Poulain

Parler de paysages au pluriel est aussi une évidence. Il y a bien sûr les paysages d’eau, ceux de l’eau douce, ceux de l’eau de mer salée, ceux de la rencontre entre ces deux masses. L’embouchure d’un fleuve est toujours un endroit sensible du fait du choc d’univers, la mer voulant rentrer dans le lit du fleuve et le fleuve ayant une tendance naturelle à se jeter dans la mer. Les marées de l’Atlantique jouant aussi leur partition, celles qui existent à Saint-Nazaire de par l’ampleur du différentiel de leurs coefficients accentuant les effets de la rencontre.

Le ciel et ses nuages sont ausi incroyablement changeants. Quant aux couleurs du ciel, de l'eau... eiles n'arrêtent pas de varier en synchronisation les unes avec les autres. le temps était pourtant d'un calme remarquable. Pour vous le montrer, voici le ciel et les couleurs du début de notre découverte du paysage de Loire, près du jardin japonais, en amont de la ville, avec vue sur le petit bateau bleu attendrissant et la vue finale à hauteur du petit bois et du camping après le pont, avec vue sur ce célèbre ouvrage d'art qui traverse la Loire à Saint-Nazaire et...Paimboeuf, le port et le début de la raffinerie tous deux en rive droite de la Loire, alors que Paimboeuf est en rive gauche.

 

La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-la rive-les nuages-Cl. Elisabeth Poulain
La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-la rive-les nuages-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-la rive-les nuages-Cl. Elisabeth Poulain

Il s’ensuit en particulier des tourbillons. Mais également des zones de marais mi-terre, mi-eau qui peuvent absorber une partie de ce différentiel d’eau. Ces vasières sont des éponges, des endroits où il est impossible à une personne de marcher, par exemple. On les voit bien rive gauche en allant vers l’estuaire, quand on est à Paimboeuf, en regardant vers l’amont.

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-Cheminées-Cuves-Cl. Elisabeth Poulain
La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-Cheminées-Cuves-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-Cheminées-Cuves-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges en rive droite n’est pas vraiment située au bord de la mer. Il faut aux pétroliers, venant livrer le pétrole brut ou rechercher le pétrole raffiné, remonter puis re-descendre la Loire estuarienne. Cette Loire qui n’est jamais un long fleuve tranquille en raison notamment du différentiel important de l’étiage, c’est-à-dire le niveau de la marée haute et celui de la marée basse. En l’absence de route proche du lit du fleuve de l’autre côté, la raffinerie n’est vraiment visible qu’à partir de Paimboeuf en rive gauche qui se trouve être la seule ville de tout l’estuaire proche de la mer d’où l’on peut vraiment apercevoir l’autre rive et se promener le long de la Loire.

La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-les arbres-près du pont-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges-vue de Paimboeuf-La Loire-les arbres-près du pont-Cl. Elisabeth Poulain

Cette appropriation visuelle des longues lignes étirées horizontales marquées en bord de Loire s’opère alors même que les tours rouges et blanches en hauteur donnent le rythme, avec en plus le contrepoint des grosses cuves à terre. Dans ce grand paysage de l’estuaire, la raffinerie de Donges prend tout son sens. Elle occupe si pleinement la rive et la hauteur grâce à ses tours, qu’on ne se pose pas de question sur sa présence, sa longueur, ses hauteurs, ses lignes et ses formes…Et le tanker rouge en aval manquerait s'il n'était pas là... 

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-le tanker rouge-le pêcheur-Cl. Elisabeth Poulain
La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-le tanker rouge-le pêcheur-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf-La Loire-le tanker rouge-le pêcheur-Cl. Elisabeth Poulain

Il reste alors une autre promenade à faire, celle qui consiste à descendre avec le fleuve en marchant, en traversant Paimboeuf pour aller du Jardin Etoile de Kunya Manyuama, qui a pris soin de garder bien vivants les roseaux du bord de l’eau, avec même à marée basse une bordure de vase entre la roche qui a permis de surélever le niveau de la terre où l’artiste a planté son jardin et l’eau du grand fleuve…Ces gros rochers protègent la berge des vagues causées par les navires qui passent dans le chenal.

Regardez bien le cliché pris au Jardin japonais, en particulier avec les roseaux. Vous allez alors découvrir un autre bateau rouge, une barge attachée à un quai à droite de la petite maison à étage qui permet de voir le trafic au bout de la jetée. Son rouge est éteint, vraisemblablement la barge est âgée. Je la vois comme un signal d'un dialogue d'une rive qui parle à l'autre alors qu'elles sont si différentes et cela depuis longtemps...jusqu'à la construction du Pont de Saint-Nazaire en 1975.

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf en amont-La Loire-les roseaux-les bateaux en aval-Cl. Elisabeth Poulain
La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf en amont-La Loire-les roseaux-les bateaux en aval-Cl. Elisabeth Poulain

La raffinerie de Donges-Vue de Paimboeuf en amont-La Loire-les roseaux-les bateaux en aval-Cl. Elisabeth Poulain

Plus bas en aval, c’est un pêcheur que nous surprenons, en plein exercice. C’est vrai qu’il manquait. C’est alors que se précise la vision du port qui se situe en aval de la raffinerie, avec de plus en plus présent le grand pont qui surplombe la Loire, en marquant comme une frontière au-delà de laquelle commence la mer… Et toujours en repère le magnifique rouge du tanker à l’arrêt sur l’autre rive qui est devenu notre repère lors de notre descente de la Loire, jusque de l’autre côté du pont. On est à l’avant par rapport à lui.

La raffinerie s’éloigne ; le pont de Saint-Nazaire se rapproche. Nous quittons l’atmosphère urbaine de Paimboeuf où travaillaient beaucoup d’ouvriers qui utilisaient le bac de Mindin, côté Paimboeuf,  pour se rendaient rendre aux Chantiers navals à leur grande époque. Le petit bois de pins, où se trouve un camping, annonce le début d'un espace balnéaire. Il y a maintenant un air de loisirs, en transition avec celui de la raffinerie et celui des chantiers navals. Ce sont des bateaux à voile placés sous gardiennage qui nous offrent une autre vision de l’autre rive, grâce en particulier à leurs coques de plusieurs couleurs…et c’est sur la vision d’un jeune yucca vigoureux planté dans la roche que nous allons saluer et la raffinerie et le port et le pont et … tous ceux qui ont œuvré à la poursuite de cette grande aventure industrielle et continuent à le faire.

Vue de Saint-Brévin-La Loire-l'estuaire-le yucca-l'ouverture sur la mer-Cl. Elisabeth Poulain

Vue de Saint-Brévin-La Loire-l'estuaire-le yucca-l'ouverture sur la mer-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir d'abord la belle étude de la DREAL de la Loire estuarienne http://www.paysages.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/UP32_La_Loire_estuarienne_V1.pdf  

. Paimboeuf sur http://www.paimboeuf.fr/  ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Paimb%C5%93uf  

. Le Jardin Etoile de Kinya Manuyama en bordure de Loire, à Paimboeuf sur http://www.jardinspaysdelaloire.fr/jardin-etoile.html  

. Donges à voir sur http://www.ville-donges.fr/mediatheque  ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Donges  

. Clichés Elisabeth Poulain, qui forment une danse qui tourne tout le temps autour de la Loire, de la raffinerie, du ciel, des nuages, des couleurs si changeantes, sans oublier l'ouverture sur la mer...

L'estuaire de la Loire, le port, le pont de Saint-Nazaire, la raffinerie de Donges, Cl. Elisabeth Poulain

L'estuaire de la Loire, le port, le pont de Saint-Nazaire, la raffinerie de Donges, Cl. Elisabeth Poulain

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Le Bestiaire de la Pub, Fidel, le fox-terrier qui rapporte de Cetelem

5 Septembre 2016, 17:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Pub Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

* Pub Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

C’est un chien qui a l’air tellement brave qu’on se surprend vraiment à se demander si on ne répète pas deux fois la même chose. C’est la raison pour laquelle je l’appelle « Fidel ». Il faut dire que la photo éclaire vraiment bien le sens de la publicité de Cetelem. Elle porte en effet comme titre, juste au-dessus du très bon cliché de Fidel : « Vous en connaissez beaucoup qui rapportent aussi souvent et aussi longtemps ? », une affirmation qui se présente sous forme d’une fausse question, puisque la réponse est donnée par la très bonne photo  de ce brave toutou.

Fidel est vraiment du genre à savoir demander du regard qu’on lui lance « un bâton pas trop gros, ni trop lourd, ni trop long » pour qu’il puisse montrer à lui, son maître combien il est « bien, brave, appliqué, fidèle  et tellement désireux de lui faire plaisir ». A lui,  ce maître dont il connait le si grand plaisir que ce dernier éprouve  à lui envoyer un bâton «  ni trop gros, ni trop lourd, ni trop long, juste bon à pouvoir lui être envoyé,  à lui, Fidel, qui aime tellement son maître. »

Pour bien confirmer le lien qui existe entre Fidel et son maître qui lit justement le message traduit en clair, comprenez en mots, ce qu’exprime le regard plein d’amour que lui envoie Fidel et ce qui est marqué  dans une petite fenêtre aux coins arrondis en bas à gauche de l’écran, pardon, du cliché de Fidel, qui dit « 3,10% garanti sur 12 mois, taux annuel brut ». Pour bien lier les deux, le chien et le message de la petite fenêtre, un post-it or sur fond noir semble collé et sur la photo et sur le message sur fond blanc : « Dossiers de l’Epargne, Label d’Excellence, 2014 ». C’est en effet une publicité datée du tout début de l’année 2014.

La photo du fox-terrier. Elle est vraiment excellente. Seule sa tête légèrement penchée sur la droite, ressort bien, surtout avec ses yeux qui cherchent le regard de son maître,  avec même une brillance dans chacun de ses yeux. Le bâton qu’il a choisi de transporter est juste de la bonne dimension,  de façon à laisser de l’espace sur chaque côté. On devine le haut du corps, un petit bout de la queue au fond de la photo, avec le haut des pattes arrière. Le chien marche sur un chemin enherbé sur les côtes où l’on voit des feuilles mortes…

Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

L’équilibre du visuel. Quand il y a autant de texte à lire, écrit en différentes tailles de caractères, il faut un visuel fort en terme d’impact sur la sensibilité du lecteur de Courrier International, placé presque au centre de la composition, entouré d’une bordure blanche pour donner un effet de relief.

Les lignes ensuite sont toujours très importantes, puisque celles-ci ont pour fonction de dynamiser la structure de la composition lourde. En horizontale, vous voyez le titre du produit bancaire à valoriser, Compte Epargne Cetelem en l’occurrence, les 2,5 lignes, qui conduisent en entonnoir vers les oreilles du chien, la ligne des yeux, le bâton bien sûr, qui est l’élément de télescopage visuel, l’incongruité dans une page où tout est maîtrisé.

Arrive en particulier aussi avec le bâton, une diagonale très intéressante, qui part du bas de l’oreille droite (à notre vue), qui passe sur la truffe bien humide, traverse le macaron bleu et or pour filer ensuite sur le carré aux coins arrondis sur fond beige légèrement plus foncé que le poil de Fidel où ressortent en gros caractères verts 3,10% et 12 mois. Le résumé tient en une ligne « Compte Epargne Cetelem, la performance dans la durée ».

Une autre ligne verticale apparait alors qui relie le bonhomme Cetelem plus grand du haut avec celui plus petit du bas, positionné au début de Cetelem. Et cette fois-ci, la ligne passe aussi par la truffe de Fidel, qui a vraiment du flair.

Il reste à citer les différentes couleurs du vert, tonique pour le bonhomme, turquoise éteint pour les deux lignes et demie de l’argumentaire en haut, la rentabilité et la durée de la garantie, l’adresse du site à gauche et à droite « appelez nos conseillers au …» suit le n° de téléphone et enfin le vert jauni de l’herbe parsemée de feuilles mortes… de chaque côté de Fidel…

*Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

*Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

Un bien brave animal que ce Fidel. Il ne fait pas que rapporter le bâton. Il porte un visuel extrêmement sophistiqué et lourd. Il est vrai aussi que cette publicité fait partie de celle que l’on garde. Il faut en effet du temps pour lire chez soi calmement les petits caractères…

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Pour suivre le chemin

. Courrier International, n°1212 du 23 au 29 janvier 2014, page 9

. Le cliché est une réalisation de Philippe Guegen . Le visuel celle de l’agence est PHOM TBWA-Paris, que je remercie vivement pour leur autorisation de reproduction. L'étoile en début de libellé indique qu'il s'agit d'un extrait.

 

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A Bruxelles-Quartier Louise, La Petite Maison Rouge, Rue Crespel, BE

30 Août 2016, 18:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

La fresque et la petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

La fresque et la petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

C’est  fou, je vous assure que rien n’était programmé et surtout pas de vous parler de la Petite Maison Rouge de Bruxelles en Belgique, après vous avoir évoqué hier avec vous quelques-uns des  différents rouges  de Collonges-la-Rouge en Corrèze-France Ce n’est que maintenant, en commençant ce billet, que je viens seulement de m’en rendre compte. Je sais qu’un jour je vous parlerai  de tel thème, tel élément … ou une couleur cette fois-ci. Mais sans décider à l’avance quand. Je laisse faire l’esprit, pour garder un peu de fraîcheur bienvenue et de plaisir de la découverte des liens qui vont se nouer, des télescopages que j’aime beaucoup ou d’autres rencontres visuelles ou thématiques que je n’ai pas anticipées.

Donc aujourd’hui, voici la petite maison rouge dont la seule originalité réelle est d’être clairement d’un vrai rouge, tonique, joyeux et pas agressif pour autant. Il ne cherche pas à vieillir plus vite, il est là, il est bien. Vous dire si la teinte a bien résisté, je l’ignore, ce qui ne m’empêche nullement de l’apprécier tel que je l’ai vue et capter en photo.  

La fresque rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

La fresque rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

En fait, ma découverte s’est faite en deux étapes. Le plus amusant est qu’au départ, en venant de la belle Avenue Louise, c’est une grande fresque rose-rouge foncée d’art street qui m’a attiré en me disant « tiens, il faudra revenir faire des photos ». Et c’est ce que j’ai fait. Il était impossible de savoir ce qu’il y avait derrière tant le mur était haut, percé de deux portes de métal, l’une plus basse que l’autre à gauche, sa voisine avec des marches. La composition était d’importance, avec un visage d’homme à gauche en haut qui dominait la scène, tonifiée par de grandes inscriptions stylisées.

Et c’est l’arrière du panneau urbain situé plus loin qui m’a intrigué. Il était rouge, d’un beau rouge et pas du rose rouge dont je viens de vous parler. Savoir ensuite si c’est vraiment une maison -et pas un immeuble- et si elle vraiment petite, je suis incapable de vous répondre. Tout dépend de la profondeur de la maison et de la disposition spatiale de chaque étage. L’important est qu’elle n’avait pas la volonté de se dire « je suis un immeuble ». Et depuis que je l’ai vue, je l’ai toujours appelé ainsi…Un argument très subjectif. Et oui, les maisons, les immeubles les constructions parlent. Il n’y a pas que les châteaux.

La petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

La petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

Poursuivant mon chemin, je me suis avancée vers le panneau, en me posant du pourquoi. Pourquoi quelqu’un avait-il donc pris la peine de peindre l’arrière en rouge ? Et c’est ainsi que j’ai découvert la fabuleuse Petite Maison Rouge, qui n’a qu’une porte noire double au rez-de-chaussée et donc sans fenêtre et deux étages avec des fenêtres différentes à chaque étage et entre les étages, peintes en noir ou blanc, selon le côté droit ou gauche. Et cette façade si simple, sans aucun « chi-chi » aucun, sans symétrie et si compliquée à la fois, est une vraie réussite.

Le plus étonnant, que je viens juste de découvrir, est que la Ministre Bruxelloise du Logement, Madame Céline Frémault, cite comme adresse professionnelle, l’ERAP, dans un immeuble Art déco, justement rue du Capitaine Crespel, au n° au 35, tout près de la Petite Maison Rouge. L’immeuble rouge que j’ai vu dans un projet que je vous cite au début du billet vient de son site.

Il me faut maintenant vous parler de la maison située côté gauche, peinte en gris foncé, sans fenêtre au 1er et au-dessus, avec seulement des climatiseurs extérieurs. Côté droit, voici une maison simple à deux étages, avec l’étage noble à haut plafond et hautes fenêtres au premier et des fenêtres plus simples et moins hautes au second étage. Suivent en filant vers la droite autant de différences qu’il y a de façades. Et la petite maison rouge arrive à s’insérer parfaitement dans cet ensemble composite et dont les façades ont été modifiées au fil du temps en fonction des besoins, avec aussi des ouvertures de vitrine en bas qui visiblement ne servent plus.

 

La petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, perspectives sur Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

La petite maison rouge, Rue Crespel, Ixelles, perspectives sur Bruxelles, Cl. Elisabeth Poulain

Et voici venu le grand moment du chambardement visuel, avec ce que j’appelle des pépites visuelles et …chromatiques au pluriel. En côté gauche, vous retrouvez quelques-unes des façades dont je viens de vous parler, dont celle de la petite maison rouge, avec ses deux voisines et celles qui sont situées plus avant vers Bruxelles Centre, avec le Ring qui en fait le tour, au bout la rue.

La nouveauté porte sur  cette ouverture cette fois en verticale sur une des grandes tours de bureaux situées en bordure du grand boulevard circulaire de Bruxelles. Le regard s’envole, avec en avant un immeuble plus ancien de tendance art-déco. La photo est d’autant plus réussie qu’elle se double d’un « gag visuel » cette fois-ci en orange, avec l’arrière du panneau entièrement repeint dans cette couleur et les trois cônes oranges indiquant qu’il y a des travaux…

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Pour suivre le chemin

. Carte de Bruxelles, Quartier Louise, presque certainement Rue du Capitaine Crespel https://www.viamichelin.fr/web/Cartes-plans/Carte_plan-Bruxelles-_-Bruxelles_Capitale-Belgique?strLocid=31MzNmbjEwY05UQXVPRFExTlRRPWNOQzR6TlRVM01nPT0=  

. Voir un immeuble rouge en projet sur un document officiel de référence http://celinefremault.be/fr/creation-dun-referent-bruxellois-du-logement-en-region-de-bruxelles-capitale-2  

. Madame Céline Frémault, Ministre du Logement, voir une photo de la façade de ses bureaux dans cette rue, à côté de la Petite Maison Rouge https://www.google.com/maps/place/Rue+Capitaine+Crespel+35,+1050+Ixelles,+Belgique/@50.834879,4.357655,14z/data=!4m5!3m4!1s0x47c3c488339f79fd:0xcdf0b1cfee2c62d9!8m2!3d50.8348794!4d4.3576549?hl=fr  

. Madame Céline Frémault, à retrouver dans son blog à la rubrique « Qui suis-je ? » http://celinefremault.be/fr/qui-suis-je  . Elle est « Ministre du Logement, de la Qualité de la Vie, de l’Energie, de l’Aide aux Personnes et aux Personnes handicapées » depuis 2014.

. Clichés Elisabeth Poulain

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Collonges la Rouge - Des murs et des portes sous la canicule de 1998

29 Août 2016, 13:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Collonges la Rouge, Toit de lauzes noires-bleues & Mur de pierres sèches de grès rouge, Cl. Elisabeth Poulain  *Collonges la Rouge, Toit de lauzes noires-bleues & Mur de pierres sèches de grès rouge, Cl. Elisabeth Poulain  *Collonges la Rouge, Toit de lauzes noires-bleues & Mur de pierres sèches de grès rouge, Cl. Elisabeth Poulain

*Collonges la Rouge, Toit de lauzes noires-bleues & Mur de pierres sèches de grès rouge, Cl. Elisabeth Poulain

C’est le rouge que j’ai gardé en mémoire, un rouge si fort, qu’il m’a d’autant plus fortement frappé qu’il faisait une chaleur éprouvante. Un rouge que j’ose qualifier d’incandescent, tant il n’était pas possible de lui échapper, en se réfugiant justement à l’ombre, derrière les murs de pierre de grès rouge, si rouge que j’en ai gardé le souvenir. Pourtant au cœur de ces vieilles maisons, il devait faire bon frais. Les habitants de Collonges, les Collongeois et Collongeoises devaient bien le savoir eux qui avaient  pu édifier au fil des siècles des habitations qui les protégeaient tant de la chaleur que du froid.

Collonges-la-Rouge, village-wikipedia-Alertomalibu, village de près-wikipedia, Elisabeth Poulain Collonges-la-Rouge, village-wikipedia-Alertomalibu, village de près-wikipedia, Elisabeth Poulain

Collonges-la-Rouge, village-wikipedia-Alertomalibu, village de près-wikipedia, Elisabeth Poulain

Ce village est bien connu des touristes. Il s’agit de Collonges la Rouge, un des rares villages qui existe depuis le XIIe siècle à avoir intégré celui d’une couleur, celle de la pierre dont il est constitué, le ROUGE. Une couleur d’autant plus singulière qu’il résulte du grès rouge très foncé dont sont édifiés les vieux bâtiments et autres constructions du centre ancien. Là tout est rouge, le sol, les murs d’enclos, les murs des maisons, « son église, sa chapelle des Pénitents, ses castels, ses rues pavées, sa maison de la Sirène, sa halle, ses tourelles, ses échauguettes », comme le précise la feuille A4 rose saumon imprimée en noir, pliée en trois… la petite documentation que m’avait remise l’Office du Tourisme.

C’était en juillet 1998. J’ai aussitôt vérifié. Il y a bien eu une canicule au début de cet été-là. La moyenne des températures à Collonges est toujours un peu supérieure à à celles calculées  au niveau national. Le camping-car placé avec bonheur à l’ombre au camping municipal nous permettait d’espérer un rafraîchissement en soirée. En attendant, nous sommes partis à la découverte du centre ancien, sans aucune volonté d’exhaustivité, tant il faisait chaud. Les quelques photos que vous voyez ont été prises cette après-midi là, sans aucune volonté de notre part d’aller voir un monument en tant que tel.

Collonges-la Rouge, Mur de grès rouge, pierres jointoyées, Elisabeth Poulain

Collonges-la Rouge, Mur de grès rouge, pierres jointoyées, Elisabeth Poulain

Ce sont les murs de pierre qui m’ont d’abord fasciné, en harmonie contrastée avec les pierres de lauzes d’un bleu-noir foncé recouvertes parfois de mousses fines blanches Chaque pierre a gardé sa singularité, que le mur ait été édifié en pierre sèche, sans liant, rejointoyé ou érigé aux siècles suivants.

Dans le cliché du mur de pierres sèches, on ne peut qu’être admiratif du soin pris par le maçon, ou celui qui n’avait pas ce titre protégé par les corporations, pour trouver ou façonner à chaque fois « la » bonne pierre qui allait grâce à ses gestes précis trouver sa place exactement là où il le fallait, en faisant une grande économie de pierre et beaucoup d’effort d’huile de coude.

Plus tardivement , le mur acquiert plus de rigueur, les lignes deviennent horizontales et verticales, les angles plutôt droits. On discerne bien aussi les pierres placées dans un passé lointain, des pierres plus récentes, à angle ferme et surface plus lisse, qui ont dû remplacer des pierres usées.

Collonges la Rouge, Porte double bleu éteint sur fond rose & petite porte latérale, Cl. Elisabeth Poulain

Collonges la Rouge, Porte double bleu éteint sur fond rose & petite porte latérale, Cl. Elisabeth Poulain

Arrive la seconde série de trois clichés de situations plus complexes. Il ne s’agit plus de photographier un mur, mais de portes intégrées dans un mur dans plusieurs situations.

. Le cliché Portes « Symphonie en bleu et rose » représente l’angle d’une ruelle qui m’avait réellement tapé dans l’œil, au point que j’ai pris un peu plus de temps pour faire ce cliché, alors que nous étions quelques peu desséchés par la chaleur, nous pauvres Ligériens (habitants de la Loire), habitués à un peu plus de fraîcheur l’été. Sans vent, dans des ruelles exigües, avec beaucoup de monde, je préférais ne pas connaître le chiffre de la température. En plus, il me fallait attendre que les touristes passent, en réalité, ce sont eux qui ont attendu très aimablement, ce dont je les ai remerciés, avec chaleur! 

On voit une porte à double battant qui a gardé des traces de la peinture bleue dont elle était revêtue, surtout sur le vantail droit. Chacun d’entre eux portent des lattes verticales en haut et des lattes horizontales en bas renforcées de gros clous apparents. Une grosse poutre au- dessus repose sur les deux piliers de chaque côté, eux-mêmes aussi différents qu’il est possible de voir. Du côté gauche (à la vue), il y a même une pierre blanche…L’horreur !

A ses côtés, à angle doit, en "cousine pauvre", se tient une petite porte qui est à la fois plus basse, toute en planches horizontales, avec un linteau moins épais, car il ne supporte pas de construction au-dessus, sans belles pierres pour se faire admirer, surtout du côté gauche. Il lui reste un peu de peinture bleue vers le bas, mais il faut bien regarder. A voir la cohabitation des deux portes, on pourrait imaginer, sans certitude aucune et si les deux font partie de la même propriété, la grande pour les maîtres et la seconde pour les domestiques.

Collonges la Rouge-Porte de maison de maître à deux battants  + petite porte intégrée, Cl. Elisabeth Poulain

Collonges la Rouge-Porte de maison de maître à deux battants + petite porte intégrée, Cl. Elisabeth Poulain

. Le cliché Porte noble. Cette fois-ci la grande et belle porte à deux battants s’inscrit sous un porche voûté chapeauté en hauteur d’un toit recourbé aux angles en lauzes. Pour renforcer la majesté de l’ensemble, la hauteur est utilisée pour insérer un motif en triangle de pierre blanche, à valeur symbolique, lui-même renforcé par une bordure en relief de grès rouge. Les murs proprement dits sont en excellent état, même s’il apparait des joints récemment refaits un peu trop blancs. La grande porte elle-même à double battant possède en son milieu une porte simple pour ceux qui viennent à pied. Le bois a perdu toute couleur sans paraître pourtant en mauvais état.

. Le cliché Mur d'enceinte, porche et ruelle . Il y a bien un porche ouvert dans un mur d’enceinte – sans certitude que ce soit cela- qui conduit à une ruelle, avec un effet de contraste très fort entre le soleil et l’’ombre. Vue de l’extérieur, la ruelle mène en direct à une autre ruelle dont on aperçoit une sorte de pilier légèrement saillant entre deux murs de maisons mitoyennes recouvertes de lauzes qui apparaissent franchement bleues ici. Il y a à la fois un effet de perspective, des couleurs étonnamment différenciées de rouge, entre les différentes pierres du mur côté gauche du porche, sous la vigne, du rouge grisé du haut avec des pierres saillantes en haut et des manquantes sur le côté droit, le mur rouge orangé du côté soleil dans la ruelle et le rouge pluriel du fond…Un vrai festival de rouge!  

Nous devions rester plus longtemps, mais je l’avoue sans honte, la chaleur était telle qu’elle nous a fait quitter le camping dès l’ouverture du bureau le lendemain matin, pour rouler toutes fenêtres ouvertes et retrouver un peu de fraîcheur, loin du rouge par trop incandescent…En se promettant de revenir un jour hors saison pour mieux comprendre cette ville si étonnante et attirante…

Collonges la Rouge-Enceinte-porche-ruelle-Couleurs du rouge-Cl. Elisabeth Poulain

Collonges la Rouge-Enceinte-porche-ruelle-Couleurs du rouge-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le site de la ville http://www.collonges-la-rouge.fr/  à compléter par le site très intéressant avec de très beaux clichés en noir et blanc  http://www.commune-mairie.fr/photos-monuments-historiques/collonges-la-rouge-19057/  

. L’Office de Tourisme sur http://www.vallee-dordogne.com/la-vallee-de-la-dordogne/les-villages/collonges-la-rouge  . Classée au titre des « plus beaux villages de France » http://www.les-plus-beaux-villages-de-france.org/fr/node/72 , avec de belles photos de Collonges  

. Avec une photo du village vu du ciel sur http://www.lacorreze.com/villages/collonges-la-rouge.htm  

. Des idées de randonnées et de tours en voiture d’une journée à partir de Collonges sur http://www.meyssac.fr/wp-content/uploads/2012/09/MARGUERITE-CIRCUITSRANDO1.pdf  

. Sur Over-Blog, deux sites, avec de belles photos http://onvqf.over-blog.com/2014/05/collonges-la-rouge-village-correze-19-aaa.html  Et en plus, très bien documenté sur http://l-abcd.over-blog.com/article-22310564.html  

. Sur l’histoire du village, http://www.limousin-medieval.com/#!collonges-la-rouge/c11e8  

. Les lauzes, origine gauloise du mot du genre féminin sur http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/09/24/les-lauzes.html

  . Le climat à Collonges la Rouge sur http://www.linternaute.com/ville/collonges-la-rouge/ville-19057/climat  

. La canicule de 1998 sur http://www.ladepeche.fr/article/1998/08/10/409022-canicule-l-enfer-urbain.html#

. Clichés d’approche de la ville ---) wikipedia, vue partielle, Alertomalibu pour le cliché  général ; photos dans la ville ---) Elisabeth Poulain

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