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Le Blog d'Elisabeth Poulain

A Paris > L'or de la Tour Eiffel sur le fond noir de la nuit

8 Novembre 2014, 18:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Paris, tout prend plus de résonnance qu’ailleurs. Il y a le Paris du jour, le Paris de la nuit et celui de l’entre-deux. Celui qui revient deux fois par 24 heures, que ce soit l’aube quand le soleil se lève ou le crépuscule quand l’astre se lève. Pour chacun de ces évènements que continuent à chanter les poètes, les photographes, les amoureux, les promeneurs …, il y presque toujours la Tour Eiffel. Comme si le déroulé du cycle du temps à Paris, plus qu’ailleurs, pourtant prévisible ne pouvait se passer d’une déesse iconique qui appartient clairement au genre féminin à la forme proprement phallique. Cette Dame de Fer constitue une prouesse visuelle pourtant dont personne ne s’étonne et qui est abondamment utilisée par la publicité pour les femmes.

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L’heure de la nuit. Il devait être 11h du soir, un moment où il y a encore quelques piétons et suffisamment de voitures pour qu’on s’y sente bien. Le trafic automobile  garde la ville vivante. On ne note pas encore le ralentissement propre aux petites heures creuses, celles qui sonnent un certain vide propre à libérer des angoisses pour celles ou pour les quelques ceux qui rentrent à pied. C’est aussi le bon moment pour aller souhaiter bonne nuit à la Grande Chérie, avant de repartir vers un ailleurs.  

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L’approche. Elle s’est faite en voiture par la rive droite en traversant le pont de l’Alma. Nous avons déjà pu l’apercevoir vue de la Seine au-dessus des arbres qui bordent le Quai Branly. Tout va alors très vite. Il s’agit pour moi de mitrailler la Tour ou du moins ce qu’on en voit alors que la voiture roule.

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Ces photos de la Tour la nuit signent une rencontre entre la brillance incroyable de la Tour toute en or et le fond noir très profond du ciel parisien. Chacun sait pourtant qu’une ville la nuit continue toujours à éclairer le ciel, au point de former des dômes de pollutions lumineux dénoncés par les écologistes. C’est réellement mon premier étonnement, comme si le ciel parisien jouait le jeu de rester noir autour de la Tour en marque de respect pour la star pour mieux faire ressortir sa silhouette.

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Quant à l’or, il est vraiment si présent, si vivant  qu’on voudrait le toucher. Il ne ressemble en rien à ce qu’on voyait de la Tour Eiffel la nuit il y a quelques années. C’était surtout le Ier étage qui était éclairé par de puissants projecteurs dissimulés dans les grands arbres qui entourent la Tour aux quatre coins, avec des ampoules le long des rambardes. Quant à la partie haute, elle était peu présente en tant que telle. On la devinait surtout par le puissant rayon laser bleu qui balayait Paris sans faiblir pendant toute la nuit. On guettait son passage comme autant de témoignages de ses pulsations de vie. Certains l’interprétaient aussi comme une caresse bienveillante qui apaisait la ville pendant son sommeil relatif.

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En cette fin octobre 2014, des touristes qui viennent admirer la Tour la nuit sont encore présents. Il est vrai que la soirée est douce, bien qu’une petite pluie fine ait menacée dans la journée. Ce soir le temps est clément. Et les prises de photo se suivent sans respect aucun de la verticalité ou de son compère l’horizontalité. « Allez vite, vite, on enchaîne, quel que soit l’endroit de la Tour qui peut être saisi… ». Vous avez devant les yeux le résultat d’une danse photographique qui nous a bien fait rire.

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Et l’or? Il vient à la fois d’un profond changement technologique et d’une volonté toute politique de faire de la Tour l’emblème de Paris quelle que soit la saison. La Tour est maintenant surtout éclairée de l’intérieur, en tous points de façon à ce qu’il n’y ait plus aucune zone d’ombre. On voit la silhouette entière. La puissance de l’éclairage est telle qu’on a vraiment l’impression de voir de l’or liquide vibrer devant soi en forme de tour. Quant au célèbre rayon bleu, j’ai vainement cherché à le voir. Peut-être a-t-il été remisé au rayon des accessoires dont on ne sait plus que faire, quand son temps est dépassé. Portant regardez  bien la dernière photo, vous y voyez un rayon bleu qui part vers le haut...C'est ça Paris, il y a toujours un peu de magie.     

Vous savez ce qui vous reste à faire…

  Paris-la-nuit-Couleurs-DSC05045     

Pour suivre le chemin qui mène à Paris, à la Tour Eiffel

. Retrouvez Paris la nuit, à l’aube, au crépuscule sur  https://www.google.fr/search?q=paris+%C3%A0+l'aube&biw=1366&bih=622&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=s6NcVL3rJITYOKDZgDA&ved=0CAcQ_AUoAg#tbm=isch&q=paris+la+nuit+photos 

. Des informations pratiques sur http://www.tour-eiffel.fr/images/PDF/tout_savoir.pdf

. Photos Elisabeth Poulain et France Poulain

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Le Chow-Chow, un chien à la mode en 1927, selon Vie à la Campagne

4 Novembre 2014, 12:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

D’abord « Vie à la Campagne ». C’était une revue du groupe Hachette. Elle se voulait résolument moderne comme on disait à cette époque qui s’éloignait de la fin de la guerre en 1918, juste avant le krach de 1929. On était dans un entre-deux qui voulait croire dans des  jours meilleurs. Le magazine était un curieux  mélange d’une forte volonté de modernisme dans la recherche de meilleures pratiques culturales, de cages adaptées pour la volaille, de sélection des bonnes races à viande … pour des exploitants agricoles,  ainsi que d’une volonté assurée de vivre très confortablement dans de belles maison entourées de parc, comme des bourgeois raffinés. Avec toujours des dessins admirables et des plans, comme dans ce numéro qui présente un chalet 4 pièces juste en dessous d’une grande demeure en forme de cour normande en page 494-495. Le titre complet de la revue était « Vie à la campagne et Fermes et Châteaux réunis, revue pratique avant tout »

Chow-Chow, L'Illustration-couverture-19271201-DSC05551

La très forte présence animale. Elle se manifeste par  des textes très documentés avec des exemples de terrain, des dessins ou des plans et toujours des photos. C’était un positionnement tout à fait volontaire de la part du comité de direction placé sous la présidence d’Albert Maumené. Il y avait une volonté affirmée de répondre à des besoins précis d’information et de formation au bénéfice de ces néo-ruraux avant-gardistes, comme on ne disait pas à l’époque. C’était une démarche affirmée et positive du retour à la terre, source de richesse et de revenus, à la condition de chercher toujours à parfaire ses connaissances et d’utiliser les moyens modernes d’exploitation. Le positionnement de la revue découlait directement de cette volonté plurielle.

 Chow-Chow, fils de champion, Vie-à-la-campagne-19271201-DSC05559  

Le Chow-Chow, Chien à la mode. Il fait la couverture dans un cliché bleu très contemporain. A l’intérieur, l’article est signé par Mme E. du Bois de Roest qui a véritablement lancé en Belgique et en France la race des chow -chow. Le texte écrit en petits caractères développe sur grande page et demie les qualités du chien. L’autre page et demie précise les conditions de l’élevage de ces chiens. Une double page est consacrée aux photos ; l’une présentant deux séries de 5 et 6 photos de plusieurs chow-chow en provenance de l’élevage de T’Kell’Sie fondé par l’auteure de l’article  et à son verso deux séries de 4 et de 5 clichés, le Ier sur un chenil de  chow-chow et l’autre avec des chiots et des enfants. Le second texte sur l’élevage est enrichi en outre de deux plans, la coupe d’un chenil pour deux chiens adultes avec le plan. C’est dire qu’avec cet article, vous saurez tout sur tout ce qui concerne cet animal doté de tant de qualités.

Chow-Chow-planche1, Vie-à-la-campagne-19271201-DSC05552

Le Chow-Chow. Dans l’article, son nom est toujours cité avec des majuscules, pour montrer la considération de l’auteur-éleveur pour ce chien si spécial à la triple fonctionnalité. C’est d’abord la plus vieille race canine au monde qui date d’environ, il y a 4000 ans av JC. Née vraisemblablement en Mongolie, on la rencontre en Chine septentrionale, au Thibet, comme la dame l’écrit, en Corée…Il est à la fois un chien de  garde très protecteur de son maître, un chien de chasse et un chien comestible à la chair recherché. Ce sont surtout de jeunes chiots de six mois engraissés à cet effet et au poil noir qui sont  le plus appréciés. Cette viande de choix est célèbre en outre parce qu’elle développe l’intelligence de celui qui la goûte. Si l’auteur commence par cet aspect propre à choquer les esprits européens même à l’époque, la raison en est simple : "chow signifie en effet la mastication et chow-chow ce qui se mange." La dame prend la précaution de rappeler que manger de la viande de « toro andalou » le lendemain d’une corrida n’a jamais coupé l’appétit de ceux qui choisissent des escalopes (de taureau) à Grenade ou Cordoue.

Chow-Chow, planche2, Vie-à-la-campagne-19271201-DSC05553

Vous comprenez aussi pourquoi ce chien porte un nom à  double  majuscule dans l’article. En mandarin, son nom signifie  « chien-lion boursoufflé ». Il était utilisé en Chine pour sa puissance lors de la chasse au loup, sa résistance au froid grâce à son poil long épais avec un sous-poil laineux dense et à l’effort ainsi que ses grandes qualités au service de son maître. Le chow-chow a été introduit à partir de 1880 d’abord en Grande-Bretagne et après la première guerre mondiale en Europe continentale. Il est devenu très vitre  populaire dans le Tout-Paris, grâce à sa silhouette particulière, dense,  robuste, « toujours majestueuse …quelque chose de grave dans son attitude » et à sa langue bleue. On le connait en Europe surtout dans sa robe claire, beaucoup moins avec sa fourrure noire.

Chow-Chow-planche3-Vie-à-la-campagne-19271201-DSC05554

Ses qualités sont nombreuses. C’est d’abord la fidélité à son maître qui est citée ; viennent ensuite sa force physique et sa résistance. Son intelligence est indéniable non seulement dans ses rapports avec son maître mais aussi  dans la connaissance d’un territoire, de « la topographie » selon l’auteur. Il reste toujours en lui « un reste de sauvagerie, un instinct  de domination » quand il rencontre un autre mâle, dont il faut  se méfier ; tout comme il est fondamental pour le maître de s’imposer comme tel auprès de son chien sans discussion ni atermoiement, sous peine d’avoir de gros problèmes relationnels… En promenade, le chow-chow se conduit comme un gentleman ». Encore faut-il qu’il n’ait pas pris la mauvaise habitude de tirer…A la campagne, faites bien attention à ce qu’il ne voit pas de mouton. Il se pourrait que ceux-ci  aient de sérieux problèmes, si le chien arrive à s’échapper. Il faut le tenir fermement en laisse et ne pas relâcher son attention.  

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Un dernier conseil de Mme du Bois de Roest concernant le chow-chow, pour finir,  «  si vous voulez en posséder un, achetez-le de bonne origine, choisissez-le jeune et vous n’aurez jamais d’ami plus fidèle ni de compagnon plus sûr et plus agréable. » Je gage que ces conseils sont toujours les bienvenus aujourd'hui.          

 

Pour suivre le chemin

. Une précision d’abord. Ce billet n’est en aucune façon un résumé de tout l’article très dense qui aborde tous les aspects du chow-chow, tant au point historique, que ses caractéristiques, ses qualités et aptitudes, la conduite de l’élevage, son avenir ...dans la première partie concernant le chien directement (p 466 et 469). Quant à la seconde partie –p.469 et 470- concernant son élevage de chow-chow sur le continent je n’en parle pas du tout. J'ai privilégié le thème de la relation entre la personne humaine et l'animal.    

. La Vie à la Campagne, Hachette, vol. XXIV, n° 294, 1er décembre 1927. La présence animale est extrêmement forte dans ce mensuel de décembre 1927. Outre le chow-chow, désigné comme un chien à la mode, des articles sont consacrés à la volaille, à la préparation de lapins à des expositions, à la production de lapins, aux débuts d’un petit élevage de renards avec des belles photos et surtout un admirable plan d’une (triple) « cage pour polygamie », avec le mâle au milieu et une femelle de chaque côté. On trouve aussi un article sur l’anatomie du pigeon, avec une pleine page de texte et l’autre de deux planches anatomiques, ainsi qu’un grand article sur « 2 excellentes races de canard pour la ponte…, les Orpington et les Khaki-Campbell ». Tout ça, sans compter les publicités pour des poulettes, des poussins, des lapins, des porcs...Sur la photo ci-dessous, vous voyez une chèvre allaiter des chiots CC.

Chow-Chow-chiot-chèvre-allaitante-Vie-à-la-campagne19271201DSC05556

. Certains numéros sont visibles sur   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34463306g/date

. Retrouvez Mme E. du Bois de Roest,  qui a fondé le toujours célèbre club de Chow-Chow T’ Kelle ‘ Sie, sur http://www.belgianchowclub.com/Belgian_Chow_History-2.htm. Cette dame, qui écrivait aussi très bien, a donné son nom à une course de chevaux. Le cheval de course est une des traces vivantes qui reste d'elle, outre son amour des chow-chow. Une hypothèse est qu'on la voit dans la planche n°2 au milieu de la rangée du haut.    

. Impossible de trouver sur le net des informations sur le Château et le parc de Pierrefonds près de Bruxelles, où se trouvait l'élevage et qu’elle cite dans son article.

. Photos Elisabeth Poulain à partir de celles de l’élevage de Mme. du Bois de Roest pour les deux premières séries sur le chien en page 467 et non nommées pour les secondes (page 468) concernant l’élevage sur le continent.  

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3 Cartes publicitaires réunies, improbables, venant de Belgique

1 Novembre 2014, 18:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Elles sont toutes les trois un peu ou franchement bizarres. Leur visuel détonne, étonne... Les trois rapprochées font  sourire au point que je les ai gardées en me disant qu’un jour, j’en ferai quelque chose. Elles ont aussi en commun d’avoir été trouvées à Bruxelles. Elles sont belges d’origine pour deux d’entre elles alors que la dernière doit venir de France. Elles ont toutes « un je ne sais quoi » qui fait leur différence.

The White Hotel-Selection-Design Bruxelles

. “The White Hotel Selection-Design we”. Imaginez, vous faites partie du service communication du « The White Hotel » et vous voulez faire connaître le « design belge online », avec le blanc et le design qui sont  au cœur  du concept même du célèbre hôtel blanc situé avenue Louise à Bruxelles. Que choisissez-vous comme visuel ? Une carte postale grise, avec des gros titres en gris plus ou moins foncé et…un cœur rouge au bas de la carte entre WE et NOW AVAILABLE ON LINE.

Le mystère ne s’éclaircit guère avec l’explication au verso “ If you love Belgian design as much as we do, you will  obviously want to take some home with you. An old Belgian saying”. Ca, c’est pour l’humour, comme si c’était un dicton. L’adresse figure en bas en rouge www.thewhitehotelselection.com avec l’argument suivant « Our selection of Belgian design delivered worldwide. » Et vous dites “Oh yes, great”.    

Belgo Burger, L'oignon fait da force, Mc Do

. « L’oignon fait sa force, Belgo burger, Un gout surréaliste ». Voilà une de mes cartes publicitaires préférées. L’explication du visuel ressort sur une nappe marron et beige comme on pouvait en trouver en 1950. On dirait une toile cirée.Le verso de la carte vous donne la clé de ce mystère. C’est un « Belgo burger. Nouveau chez McDo », une carte gratuite éditée par « boomerangjack.be». Imaginez emmenez votre petit ami en lui disant « il faut absolument que tu goûtes le belgo burger à l’oignon. Pourquoi. Parce qu’il est surréaliste ! ». Il ne reste  qu’à définir un McDo surréaliste. C’est possible puisque les Belges l’ont fait.   

Je l’ai trouvée à Gand un dimanche de temps gris, mouillé et froid, en déjeunant sur la Grand Place prestigieuse où ce fast food offrait la seule alternative à des restaurants certainement de grande qualité aux tarifs impressionnants, à comprendre dans le sens de très chers. Ce devait être du haut de gamme.   

Léon le caméléon-Ni vu ni connu

. Léon le caméléon de Kris di Giacomo qui jette son slip dans le buisson par derrière lui d’un geste ample et déterminé. Il est très sérieux. Lui est vert, l’herbe aussi, le buisson également, le ciel est bleu ciel et le slip est orange. Ce dessin est une création du dessinateur cité extrait de l’ouvrage pour enfants « Ni vu, ni connu » sur un texte de Mickaël Escoffier. Après enquête sur le Net, l’ouvrage est très apprécié des petits enfants et de leur maman qui leur font la lecture. Ce petit caméléon vert n’a pas de papier pour s’essuyer les fesses, après avoir fait "son gros besoin". Il utilise donc une vieille culotte trouée…ce qui lui fait connaître des tas d’aventures qui réjouissent les petits auditeurs. La carte au recto ne comporte que le dessin et le verso donne les quelques informations citées avec la source qui est l’association des Libraires spécialisés Jeunesse.

Trois cartes, avec le blanc qui choisit le gris sur gris pour s’exprimer, avec juste un coeur rouge en bas pour convaincre, la toile plastique marron et beige en passant par le goût de l’oignon pour vanter son burger surréaliste et le petit monstre vert qui jette calmement sa culotte, sans dire qui il est au recto comme au verso. Ma préférée est bien sûr la seconde à la toile cirée marron et beige. Pour convaincre les jeunes, je suis sûre ou presque que cela a suffi pour lancer le burger à l'oignon surréaliste...Il faut le faire quand même.    

 

Pour suivre le chemin

. The White Hotel a maintenant changé de nom. Il s’appelle dorénavant le Ibis Styles Brussels Louise, parce qu’il est situé avenue Louise au n°212, 1050 Bruxelles, à voir sur  http://www.ibis.com/gb/hotel-8915-ibis-styles-brussels-louise/index.shtml

. Quant au White Hotel Selection, il n’existe plus en tant que tel, sous ce nom-là du moins. Le design belge est toujours bien vivant. J’ai choisi de vous donner l’adresse de créateurs en auto-production http://www.mybelgiumdesign.be/

.  Belgo burger, Nouveau chez Mc Do, boomerang, une agence belge de cartes publicitaires gratuites qui ne donne que son n° de téléphone. L’agence vient de fusionner maintenant avec Field & Concept, à retrouver sur  http://www.boomerang.be/assets/press/boomerang-field-press.pdf

. « Ni vu, ni connu », Frimouse, novembre 2009 sur http://www.babelio.com/livres/Escoffier-Ni-vu-ni-connu/178527, Association des libraires spécialisés jeunesse sur www.citrouille.net  

Cet ouvrage est recommandé pour l’apprentissage de la lecture sur    http://materalbum.free.fr/nivuniconnu/fichier.htm

. Photos Elisabeth Poulain, d’après les cartes postales.   

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Les murs jaune & orange de la Havana vieja, Havana Club, Pernod-Ricard

29 Octobre 2014, 20:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

      

A Cuba, dans la vieille ville de La Havane, classée au titre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, beaucoup de vieilles et belles demeures sont peintes en couleurs. Il y a des jaunes clair adoucis d’une teinte de miel, de l’orange et aussi maintenant des bleus doux, des roses…. Certaines façades ont été restaurées telle celle qui abrite le Musée du Rhum ; d’autres ont gardé plus ou moins leurs teintes d’origine. Les murs dont je vais vous parler  aujourd’hui vous racontent une histoire différente et pourtant liée, l’un parce qu’il sert valoriser la musique et la danse cubaine dans le cadre de la Semaine du Havana Club pour son 10è anniversaire en 2004 et l’autre est une publicité pour le Havana Club 3 ans d’âge en Allemagne.

La Havane-mur-jaune-Havana-Club-Pernod Ricard-2004-DSC05515

. Le mur jaune est celui qui nous intéresse d’abord. Le mur a perdu une partie de son crépi en deux endroits vers le bas et la peinture jaune a déjà dû servir de cache-misère.   C’est le cliché qui figure en couverture d’« Entreprendre », le magazine du Groupe Pernod Ricard. Il s’agissait pour le Groupe de célébrer en 2004 le 10è anniversaire du Havana Club, comme en témoigne la taille du lettrage de la mention 10 ans qui figure en rouge éclatant. On y voit une jeune femme danser au son de la trompette dont joue le musicien. Tous deux sont habillés de blanc. Elle est éclatante de vie ; elle rit franchement sur ses talons très hauts face à lui qui est très concentré. Le couple symbolise la joie de vivre telle qu’on l’imagine aux Caraïbes et à Cuba en particulier à nouveau, en partie grâce à la musique,  à la danse et … au rhum. 

On ne sait si la scène se passe  dans la rue ou dans une cour. Il semblerait que la seconde hypothèse soit la bonne en raison de l’absence de marche. Les deux portes turquoises sont fraîchement repeintes, celle de gauche semble être la plus importante. Elle est entourée d’une  bande blanche soulignée d’un trait noir. C’est le noir aussi qui a été choisi pour finir le mur en bas, à sa rencontre avec le sol. La partie noire qui court sur le mur proche de la porte de droite de haut en bas semble être une ombre portée.

Les couleurs associés à ce jaune très doux à l’œil, outre le vert turquoise adouci, un peu de blanc en bandeau autour de la porte et du noir en séparation entre le jaune et le blanc, sont le blanc et le rouge. Le nom du magazine « Entreprendre » figure en blanc ainsi que le logo et la signature de PR, tout comme le nom de la marque Havana Club en signe de revendication forte.   La présence du rouge est moins disséminée mais plus impactant. Ce rouge doux adouci d’une pointe de jaune  est  concentré sur le dixième anniversaire, avec un « 10 »  qui occupe la moitié de l’espace en bas sur toute la hauteur des jambes du musicien. Les pieds de la danseuse sont en partie occultés par les « ans » en rouge. Le rouge constitue, avec la forme carrée et le logo du groupe, un des trois marqueurs identitaires de Pernod Ricard.

La Havane-mur-orange-Havana-Pernod-Ricard-2004-DSC05516 

. Le mur orange avec un lettrage jaune ancien et des traces de peinture verte en sous-couche. C’est la photo d’un vrai mur qui est resté dans son jus depuis un certain temps ; une façon de dire qu’il n’a pas été repeint depuis qu’il était passé du vert à l’orange. A ce moment-là, il était orné de lettres jaunes que l’on devine tout en haut  sur le mur proprement dit ainsi que sur la colonne du côté droit. Ce relief en forme de colonne avec un socle orné d’une étoile à cinq branches et au-dessus d’une plaque à coins coupés en arrondi marque la volonté d’anoblir la façade. Cela n’avait pas empêché le peintre de continuer à écrire dessus à la demande certainement de son client.    

Cette fois-ci il s’agit d’une vraie publicitéet non pas de la couverture du magazine du Groupe Pernod Ricard. Comme le signale le magazine en page 25, c’est une campagne utilisée en Allemagne. C’est la raison pour laquelle l’argumentaire  est écrit en allemand « Es lebe das Leben. (Havana Club) Cuba flüssig. »  qui est difficile à traduire. La première partie  peut se lire comme « La vie se vit. » ou plus simplement « La vie, c’est ça » , suit la photo d’une bouteille Havana Club 3 ans d’âge, puis « Cuba flüssig », qui veut dire « Cuba facilement ou aisément. » L’idée semble être que savourer un rhum Havana Club est la façon la plus naturelle de comprendre et d’aimer Cuba. Il suffit en allemand de six mots et d’une bouteille pour exprimer cette idée. Une petite phrase pourtant qui rend perplexe les traducteurs automatiques sur le Net. On comprend mieux pourquoi ce visuel est réservé au marché allemand.

Mon choix entre le mur jaune et le mur orange sur vert va clairement au second. Il a gardé trace de son passé sans chercher à devenir beau ou trop beau. Il pose la vraie question du jusqu’où faut-il relifter un vieux  bâtiment ? Faut-il changer ses couleurs au risque de tout ou de beaucoup harmoniser pour plaire au goût d’aujourd’hui?  La question n’est pas simple. Et il y a autant de réponses que de situations particulières.   

Pour suivre le chemin

. Aller à la Havane, à découvrir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Havane

. Visiter le Musée du Rhum à la façade jaune adouci , à découvrir sur le site de Pernod Ricard http://havana-club.fr/fr/patrimoine-havana/musee-du-rhum-de-la-havane

La Havane-Habana-Club-Bouteilles jaunes et rouges-2004-

. Consulter « Entreprendre » le magazine des actionnaires de Pernod Ricard, n°44, printemps-été 2004, Havana Club 10 ans

. Pour 2014, Havana Club fête ses 20 ans avec une semaine multi-culturelle très dense et le slogan « Havana Club, nothing compare to Havana »à découvrir sur  http://havana-club.com/sites/default/files/whats-on-havana_october2014_fr.pdf

. Lire aussi http://www.photomazza.com/?ZONE-VARIOUS-ARTICLES-Old-Havana&lang=fr avec de beaux clichés d’aujourd’hui.

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au  Groupe Pernod Ricard.

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La plage, le sable, la mer > Ce nouvel espace déjà conquis par la pub

27 Octobre 2014, 17:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Une logique de conquête spatiale d’un nouveau type. C’est le ressort fondamental de la dynamique de la publicité. Après la conquête des esprits, des âges, des territoires urbanisés, des cultures quelque qu’en soit le type et l’endroit dans le monde, il reste toujours quelque chose de nouveau à exploiter, comme on en a fait hier avec le pétrole, maintenant avec le gaz de schiste…

La plage, Renault, LM20030618

Le regard intéressé porté sur la plage.C’est un espace par définition non construit, appartenant à tous, apparemment sans voiture du moins en France et où vont les gens pour s’asseoir, marcher, se délasser, nager, se mouiller… Ils sont vraiment au repos ou font bien semblant. Quelques-uns arrivent à lire, mais ils sont rares. Beaucoup de personnes arrêtées sans bouger à un endroit en train de regarder la mer, quelle aubaine pour les publicitaires! Voilà une cible intéressante qui profite des retombées interculturelles de la mondialisation sur les usages et pratiques différenciées de la plage au fil du temps. Le sable n’a pourtant pas été au commencement de notre histoire. C’est par l’eau qu’elle a débuté. L’usage de la plage a suivi, surtout là où le temps n’est pas forcément chaud.

La conquête spatiale en photo. Les premières cartes postales montraient la plage des estivants le plus souvent vue d’en haut, à l’instar de ce que faisaient les peintres comme Raoul Dufy. Il y avait une idée de surplomb pour bien voir et d’une certaine domination en matière  de relations à la nature et de positionnement social. On montrait la plage dans sa pratique balnéaire, de nouveaux styles de vie des lanceurs européens de la mode. Pour évoquer les vacances, rien de mieux que d’envoyer une carte postale avec des vacanciers en train de jouer au ballon, de prendre le soleil, de barboter dans l’eau. On est alors dans une cohérence de vacances, qui évoquent le vide, ne l’oublions pas. Comme ces personnes, qui vous disent qu’elles font le vide en vacances. Ce vide, où l’on ne pense à rien, est un véritable appel d’air pour les publicitaires. 

La plage, Renault, Le Monde 20030618

La nouvelle vision de la plage pour les publicitaires. Cette fois-ci, il s’agit de lier l’univers de la plage à l’univers des marques grand public telles que Renault en 2003 ou des grandes marques telles que Dior (2012) et récemment Emporio Armani en 2014. L’intéressant est de voir l’évolution en un peu plus qu’une décade. La plage devient un paysage de pub, pour des objets hors-plage, qui n’appartiennent pas à cet univers qui n’est jamais simple, avec quelques exemples. 

. Pour Renault New Deal, il s’agit de vendre un véhicule particulier neuf, Contrat Losange de 5 ans  ou 100 000 kms au barème d’avril 2003, du 1er juillet au 30 août. C’est la période de temps de validité de l’offre qui inspire Publicis, l’agence de com, en charge de la campagne, avec le slogan suivant « L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault. ». Elle a demandé à F. Lelong de concevoir le dessin. Celui-ci existe en deux modèles, l’un en format horizontal de la largeur du quotidien « Ouest-France » et l’autre en portrait vertical pour des magazines, tel qu’une revue de programme de télévision. 

« L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault » évidemment. Dans ce premier visuel, on y voit deux vacanciers prévoyants assis sur leur drap de plage, bien tirée sur le sable tout près de l’eau. La mer est lisse, avec une toute petite vague de bordure ; l’eau bleue ciel est d’huile, le ciel est rose. Et, un énorme avion volant très bas passe au-dessus des deux plagistes. Mais ceux-ci sont prévoyants. Ils ont pensé à tout et ont des gros bouchons d’oreille anti-bruit. Quant à la plage, elle est plate de plate et est surtout vide de tout occupant. C’est l’avion qui mange tout l’espace, au- dessus de l’eau et de la plage. Tout ça pour dire qu’il vaut mieux aller acheter une Renault, qui va occuper toutes vos pensées plutôt que de vouloir rêver avec un bombardier lourd qui vous écrase sous son bruit. 

   La plage, Renault       

. L’homme jambes nues et gros blouson orange regarde fixement la mer alors qu’il pleut à verse. Ce second visuel de F. Lelong paru dans la même série de 2003 est plus parlant encore. On ne voit le vacancier que de dos  mais on devine pourtant son fort désappointement. La mer est franchement mauvaise, il y a des moutons, le ciel bas est gris, avec un gros nuage qui envoie des cordées obliques d’eau. Dans le ciel, on ne retrouve plus le gros avion qui vole trop bas, le gros nuage suffit à meubler le vide. Le sable légèrement vert n’attire plus personne. L’idée de s’y asseoir serait absurde. Ce dessin montre toute la désespérance d’un aoûtien les pieds mouillés sur le sable l’été quand il pleut au bord de la mer.  Et l’homme de rêver à une Renault où il serait bien au chaud sous la pluie. C'est le meilleur visuel de F. Lelong.

La plage, Dior, LM20121210

. Dior a également utilisé la plage (2012), mais cette fois-ci sans que l’on voit la mer, un peu moins de 10 ans plus tard. Il fait vraiment très beau, le sable, la dune dans le lointain et l’énorme ciel composent le paysage qui sert d’écrin à la jeune femme qui sert d’égérie à la marque. Elle porte une robe Dior, avec un gilet deux tons beige rose + une bande jaune vert au bas des manches, un sac à main matelassé rouge qui détonne franchement sur une plage et …des chaussures compensées si hautes qu’il doit lui être impossible de marcher surtout dans du sable. Elle regarde la mer en souriant pendant qu’un petit avion bleu à l’allure d’une grosse libellule s’apprête à la survoler. Elle devrait alors se tourner vers l’avion qui va passer juste au-dessus d’elle ou plutôt se poser à côté d’elle. Mais non, elle sourit. C'est la seule de tous les visuels.  

La plage serait alors un petit aérodrome et la jeune femme celle que vient chercher l’aquaplane. Il n’y a plus de lien entre la plage et la mer et l’objet de la publicité, ni vraiment entre la plage et celle qui aurait beaucoup de mal à vraiment marcher dans le sable. La plage est devenue une scène de théâtre non adaptée, justement pour retenir l’attention. C’est une publicité qui appartient au genre « télescopage ». C’est la seule explication que j’ai pu trouver à cette création maison Dior.

La plage, Emporio Armani, Le Monde 20140914

. Emporio Armani a également signé son propre visuel (2014) situé cette fois-ci carrément sur la plage mouillée, là où les vagues terminent leur avancée sur le sable. C’est l’endroit choisi par le concepteur du visuel. Tout est gris et noir, grise la tenue haute avec chemisier, veste et long manteau de tissu fluide. La jupe pantalon large et souple est noire, tout comme les chaussures à bride et haut talon aiguille. On voit clairement l’empreinte sur le sable mouillé de la chaussure du pied droit et le léger enfoncement du talon de la chaussure du pied gauche. Une très grande attention est portée aux lignes qui strient le sable humide, l’eau et le ciel, ainsi qu'aux variations de gris. Outre les chaussures à talon totalement incongrues pour marcher, le chapeau est impressionnant, tant ses dimensions paraissent démesurées par rapport à la silhouette de la jeune femme qui cache ainsi ses traits. La dimension « télescopage » est encore plus accentuée que dans le visuel précédent. Une telle promenade les pieds dans l’eau abîme définitivement les chaussures. Il y a là un air d’Ancien Régime, dans une photo superbe.

En 10 ans, on est passé d’une vision encore classique du séjour à la plage avec une grande serviette pour s’y placer à deux pour ensemble  rêver à une voiture Renault, à une jeune femme alerte qui attend l’avion qui va se poser sur l’eau pour venir la chercher sans qu’elle mouille sa tenue Dior ou ses pieds itou, à une autre enfin qui joue à cache-cache avec nous tout en mouillant ses souliers à très hauts talons pointues Emporio Armani. La plage, on y vient aussi toujours faire des cures de solitude propres à s’aérer l’esprit. Cette solitude est vraiment la distinction à faire entre la voiture Renault conçue par la famille et les vêtements et chaussures Dior et Armani. Dans le second cas, on est seule au monde, une solitude revendiquée comme une forme d’élitisme assurée.  

Reste la nouvelle dimension choisie par la publicité en 2014, qui est de montrer la voiture seule sur la plage. Elle occupe tout l'espace. Il n'est plus besoin de meubler le ciel avec un gros avion, un petit aquaplane ou un gros nuage noir menaçant, ni même d'avoir des personnes. La voiture a tout conquis. C'est un très beau cliché qui montre à voir une Volvo XC60 blanche la nuit seule sur une plage, au bord de l'eau qui se détache sur un ciel où règne seul un petit nuage posé au dessus de la voiture, comme une auréole. Il n'y a plus personne, à l'exception de celui qui regarde. Tout est bleu nuit grisé qui fait ressortir le blanc de la voiture, le petit nuage et le texte. 

Pour suivre le chemin menant à la plage

. Renault, 5 ans de garantie du 1 juillet au 30 août, une création de Publicis, Le Monde 18.06.2003, Ouest-France du 04.08.2003

. Dior, une création maison, parue dans Le Monde 9.12.2012

. Emporio Armani, un visuel auto-conçu, paru dans le Monde 18 septembre 2014

. "Volvo XC60 de l'audace" est un visuel produit par Fuel France pour la marque, à voir dans le Monde 15.10.2014. Attendre un peu pour voir le visuel sur le Net.  

 . Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Mer2" à l'intérieur de l'album mère "Mer-Eau"!

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Le tour de l'Etang Saint-Nicolas, fin d'été, début d'automne, Angers

20 Octobre 2014, 15:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’endroit est exceptionnel et le temps d’une douceur remarquable. En ce samedi après-midi, on se croirait en pleine saison dans un lieu hyper-touristique, près du bord de la mer. L’étang Saint-Nicolas est bordé par le parc Saint-Nicolas, qui tous deux avaient pour particularité de dépendre de l’Abbaye Saint-Nicolas qui domine toujours l’étang avant qu’il ne disparaisse aux yeux de tous. Son eau canalisé rejoint le parc Balzac de création récente pour lequel la ville d’Angers a gagné un prix au niveau européen de l’autre côté de la grande place.

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Situé non loin du château d’Angers, le site est bien connu des Angevins. Le Parc Saint-Nicolas est un véritable trésor historique, patrimonial et naturel. Bordé par les villes d’Angers, d’Avrillé et de Beaucouzé, il n’en demeure pas moins un vrai morceau de nature partie intégrante de la ville et d’où on ne la voit pas. Il est vrai que ce véritable lac, qu’on appelle ici un étang,  est protégé par sa topographie de part et d’autre d’une faille taillée au fil des siècles dans le  schiste noir. Au fond de la coulée, s’étale le Brionneau, une petite rivière qui plus loin après avoir traversé le Parc Balzac arrive doucement à la Maine. Dire qu’elle se jette dans la Maine, serait franchement exagéré, son débit étant très faible.

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La Maine, quant à elle, est la plus courte rivière de France. Elle offre la particularité de ne pas avoir de source, car elle est formée par trois vraies rivières que sont la Mayenne à l’Ouest, la Sarthe au milieu venant du Nord  qui a aussi en sa rive gauche un affluent d’importance, qui est le Loir. Toutes ces eaux se rejoignent juste en amont d’Angers pour former la Maine qui débouche sur la Loire quelques kilomètres  plus bas à la bien-nommée Bouchemaine.   

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En cette fin d’été qui a parfois des allures de début d’automne, ou plutôt l’inverse, je crois avoir rarement vu  autant de monde se promener. En couple dont les partenaires se connaissent bien entre eux, avec souvent le monsieur qui parle et la dame qui écoute, rarement l’inverse, des personnes des deux genres seules ou en famille qui promènent leur chien attaché en laisse le plus souvent, sauf quand il est de petite taille ou qu'il a envie de se baigner. Des adolescents se baladent à plusieurs, en tenant leur vélo à la main.

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Il y a ceux qui connaissent. Ce sont les plus nombreux. Ils apprécient tant le parc que certains y viennent tous les jours, à la même heure et de la même façon, en ce sens qu’ils font le tour – il y en a trois, le petit -4 kms environ-, le petit + avec un pont juste au-dessus, ou le grand de 8 kms environ– quasiment tous dans le même sens inverse des aiguilles d’une montre. C’est le flux franchement majoritaire, au point qu’en semaine les joggeurs vers 17h-18h courent en file indienne le long du chemin qui fait le tour de l’eau. A notre plaisir, ils sont les rois de l’étang Saint-Nicolas.

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Et il y a ceux qui ne sont pas là pour bouger ou alors le moins possible, juste pour l’indispensable. Je vise là les pêcheurs à la ligne, sagement assis au bord de l’eau, à deux copains, parlant entre eux tout doucement, sans faire un geste inutile, la pêche à la ligne étant une activité de plein exercice qui se suffit à elle-même. Ils sont franchement détendus, les uns et les autres ayant choisi un coin à soleil doux pour le plaisir de sentir vraiment sa douceur, entourés de leur matériel chéri, avec des promeneurs qui passent non loin d’eux, sans troubler leur quiétude.

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Ils sont tous d’accord pour que je les prenne en photo. Comme me l’a dit l’un deux,  « ça va, cela ne gênera pas le poisson ». Quant aux deux jeunes, en train de bien discuter près de la passerelle du milieu de l’étang, l’un est un aguerri qui pêche depuis longtemps avec son père. Il forme son copain qui lui débute dans le noble exercice de la pêche à la ligne. Ils sont tous deux vraiment heureux. Ils se racontent des histoires de pêcheurs en faisant attention à leur canne, mais sans chercher, à ce qu’il me semble, à vraiment rapporter du poisson à la maison, les autres non plus d'ailleurs.  

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Les boulistes forment une autre catégorie de joyeux copains qui doivent avoir l’habitude de jouer ensemble. Pour eux, la photo sera prise de face. Pendant ce temps des coureurs s’arrêtent à la fontaine pour boire de l’eau ou se rafraîchir, tant l’effort a dû être long.

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Et puis, derrière eux, il y a maintenant un nouveau groupe de sportifs, qui viennent tester les appareils sportifs mis librement par la ville à leur disposition pour faire leurs exercices de musculation ou de décontraction musculaire en plein air, sur le modèle nordique ou anglo-saxon. Une vraie réussite visible de la rue Saint-Jacques qui aboutit à la Grande Place Maurice de Farcy.

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Combien de personnes ai-pu voir en cette balade douce prise à contre sens pour rejoindre le premier petit pont qui séparait l’étang haut dépendant de l’Abbaye aux Bonhommes de l’étang bas rattaché à celle de Saint-Nicolas ? Impossible à dire, je ferai comme les enfants qui répondent, après avoir bien réfléchi « je ne sais pas, en tout cas, il y en avait beaucoup ». Surtout qu’il y a eu toute une série de personnes que j’ai vue deux fois parce qu’eux  faisaient le tour, dans le « bon sens », celui  qui est inverse aux aiguilles d’une montre.  

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Avec des gags parfois. Une dame qui me demande en venant me regarder de près en me croisant, « je vous connais ? » Elle réfléchit en fronçant le sourcil et dit à son mari « Non ». Ma réponse « ce n‘est pas grave !»  Ou ce chien, un grand filou qui a eu le temps d'aller prendre un bain dans l'étang près de la passerelle, pendant que sa maitresse discutait avec une amie...    

Pour suivre le chemin

. A retrouver avec une vue aérienne très éclairante sur le site de la ville d’Angers http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html 

. Plan du parc, http://www.angers.fr/vie-pratique/vie-quotidienne/environnement/les-parcs-et-jardins-publics/patrimoine/espaces-naturels/les-parcs-saint-nicolas/index.html

. Toujours wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tang_Saint-Nicolas

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. Certains font le parcours du haut, ou enchaînent le tour de l’étang Saint-Nicolas avec celui du parc Balzac, à voir sur   http://www.courseapied.net/forum/msg/100886.htm

. Photos Elisabeth Poulain

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Aux Iles Lofoten > L'ode au bois en photos > L'Illustration 5.5.1928

18 Octobre 2014, 11:53am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Traduction du titre. Ce billet va vous parler du bois, celui que nous fournit encore l’arbre, celui qui a permis l’essor de civilisations depuis des millénaires et ce partout dans le monde. C’est notamment grâce à lui qu’il a été possible à l’humanité de vivre et de survivre. Il s’agit donc d’abord d’un hommage au bois, qui permet la vie et assure la survie. J’aurais pu tout aussi bien vous parler du « chant du bois aux Iles Lofoten », en ajoutant que cette ode est « force 5 ». Vous allez comprendre pourquoi.  

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Les Iles Lofoten. Cette indication de la localisation est essentielle. Le rôle dévolu au bois n’est pas le même selon que l’on est en un pays tempéré qui célèbre « la douceur de vivre »  comme la France ou dans le Grand Nord, comme le sont les Iles Lofoten situés en plein océan arctique au nord de  la Norvège. Les conditions  climatiques ne sont pourtant pas celle qu’on imagine. L’hiver, le temps est doux du fait de l’influence du Gulf Stream qui baigne les côtes des îles sud de la Norvège. Néanmoins les vents venus du Pôle et les courants ne facilitent pas la pêche des  morues en mer. Retenez que si la douceur de l’eau attire ces poisson, la vie est franchement rude là-haut pout ceux qui y habitent. Il faut des cœurs bien accrochés, une très bonne connaissance de la mer et une excellente pratique de la pêche de janvier à avril - la période faste - pour survivre.

Le moment. Outre cette saisonnalité régulière, l’époque choisie par le rédacteur de l’Illustration, T. Chauvin,  se situe quelques années avant le 5 mai 1928, date de la parution de l’article. Il a vécu en effet plus de deux ans là-bas et déclare avoir eu en outre grand plaisir à y revenir le temps de faire cet article, après être parti du grand port de Bergen situé au sud sur le continent, en compagnie de pêcheurs venus pour faire la saison de pêche.

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La pêche à la morue en vraiment quelques mots. Elle a eu une importance qu’on a peine à imaginer maintenant. On peut comparer son essor dès le Moyen-Age et son importance avec le commerce des épices qui a ouvert le monde  selon Fernand Braudel, suivi quelques siècles plus tard dans  seconde moitié du XIXe siècle par la Ruée vers l’Or en Californie. Les pêcheurs venaient du Portugal, du Pays basque, de Terre Neuve…

. Les barques traditionnelles et bateau de pêche, en Ier usage du bois. Toutes en bois, elles commençaient déjà à être remplacées en ces années 1927-1928 par des bateaux à moteur dotés de pont couvert qui permettaient aux hommes de se mettre à l’abri, le temps de l’aller sur le lieu de pêche et au retour. Il n’en allait pas de même avec les longues et étroites barques effilées à la pointe particulièrement haute devant et un peu moins en arrière. Les plus anciennes, qui  étaient manipulées à la rame, ont été progressivement remplacées par des barques plus grandes dotées d’une voile carrée dissymétrique de couleur rouge ou bleu. Les rames étaient conservées tant la navigation était rendue difficile avec ce type de voile.

L’article de L’Illustration présente deux types de bateaux. Le cliché le plus ancien montre des barques non pontée, sans mat et donc sans voile où l’on distingue une petite dizaine d’hommes dont certains  rament. Les barques ont une silhouette ressemblant aux anciens drakkars des Vikings.  Sur la seconde photo, on aperçoit  des bateaux plus grands à l’arrêt, avec semble-t-il deux mats, le plus petit à l’arrière portant sa voile non attachée pour pouvoir battre au vent.   

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. A terre, le poisson est mis à sécher dans des sècheries – 2e usage du bois -pour pouvoir être conservé et ensuite transporté. Il faut donc prévoir des installations à cet effet en plein air. C’est ce que montre la photo qui occupe la place prééminente dans l’article. Les sècheries sont constituées de poteaux de bois enfoncés dans le sol, auxquels sont fixées de longues poutres horizontales sur lesquels sont posés les poissons attachées deux par deux par la queue. De cette façon, le vent passe aisément entre les poissons.  

. Il faut aussi que les pêcheurs puissent trouver un abri à terre au plus près de la mer qui entoure les Iles Lofoten. Comme tous les pêcheurs de morue, de retour à terre, ils sont aussi bucherons l’été et quand le temps le permet. Ce sont donc eux aussi qui ont conçu, taillé et monté les cabanes de pêche3e usage - à partir des troncs bruts d’arbre. Ces cabanes de pêche sont conçues sur le mode minimaliste d’une ou deux pièces au mieux avec  l’une dédiée au couchage et l’autre au matériel, l’idéal étant d’avoir aussi un porche extérieur couvert pour y stocker du matériel hors neige. Visiblement la photo du campement à Balstad ne semble pas en posséder, comme le montrent les malles de bois posées dehors ainsi qu’une partie de l’outillage (photo n°4). On peut aussi penser que la cabane de pêche pouvait être  composée d’une seule pièce, accolée à d’autres en bande, quand la situation au sol s'y prêtait. Un des quatre murs était alors chauffé par le mur accolé.

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. Qui dit habitat temporaire, dit aussi transport et de stockage du matériel de survie nécessaire au bon déroulement de la campagne de pêche. Il faut prévoir des malles résistantes en bois pour remplir cette 4e fonction. C’est ce que vous découvrez sur la photo  la moins travaillée mais qui est riche d’informations. C’est aussi la seule où l'on peut voir un vraiment jeune pêcheur, tête nue et chemise ouverte dans l’entrebâillement de la porte basse d’une des cabanes accolées les unes aux autres.

. La porte refermée, à l’intérieur, le bois remplit deux autres fonctions proprement vitales  qui sont le chauffage et la cuisson de la nourriture (5e et 6e fonction). Un seul poêle alimenté au bois permettait de chauffer le volume restreint, de « détendre les membres » selon l’auteur de l’article, de faire baisser la pression, de deviser  agréablement et le dimanche de se reposer, le jour du Seigneur….

T. Chauvin termine son article, qui « n’a pas pris une ride » selon la formule consacrée, en disant des pêcheurs que  " leur optimisme est étonnant et il suffit d’une bonne journée de pêche pour faire renaître chez eux l’espérance et la bonne humeur. Ce sont des vrais fils de mer ". Oui, en partie grâce au bois de vie, de survie…           

Pour suivre le chemin de la morue

. Retrouver l’Illustration en date du 5 mai 1928, avec l’article remarquable de T. Chauvin, « Avec les pêcheurs de Morue des Iles Lofoten ». Quatre des photos ne sont pas signées, seule « La flottille de pêche au large de Slolvaer » en page 444 l’est par Otto Hoy. 

. Découvrir sur Persée  des extraits de l’étude de Michel Barbe, « La pêche aux îles Lofoten »,  (dans les années 1960-66),  Revue de géographie de Lyon. Vol. 41 n°1, 1966. pp. 29-60,  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113x_1966_num_41_1_2592

. La morue n’est pas seulement l’affaire des pêcheurs norvégiens, elle l’était aussi celle des Normands, des Basques et des Portugais… et des Canadiens, à voir sur Radio-Canada «La morue, des siècles d’histoire », à  regarder sur http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/ressources_naturelles/clips/7190/

. Fécamp, haut lieu du départ des pêcheurs normands vers Terre-Neuve, voir http://www.fecamp-terre-neuve.fr/Historique/GrandesDates.html

. Avec l’histoire de la morue à Fécamp, « La morue normande, de la conserverie au musée » sur http://www4.culture.fr/patrimoines/patrimoine_monumental_et_archeologique/insitu/article.xsp?numero=8&id_article=levert-482

 http://www.canalacademie.com/ida7106-La-Morue-de-l-or-blanc-a-la-brandade.html

. Photos Elisabeth Poulain d’après le magazine

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Le chien dans la ville, le regard acéré & calme = un travail d'étudiants

13 Octobre 2014, 15:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

Décryptage. Voilà encore un travail d’étudiant dont je ne sais s’il résulte d’un travail collectif auquel cas, il faudrait mettre un « s » à étudiant ou est la création d’un seul. Pour cause de limitation du nombre de caractères dans le titre, il n’y en aura qu’un seul, avec l’équation suivante =  un chien, un regard, un œil dans une ville, un auteur...

Le chien dans la ville, le boxer1

Le résultat en grand format. Il occupe pleinement l’espace d’un cadre 62cm  sur 82cm en hauteur et pourtant on en voit que sa tête ou plutôt son profil droit qui n’occupe que 28 cm en largeur sur 26cm d’un carton qui a été peint. Sa tête en plus n’est pas centrée. Elle ne figure que dans le coin haut à droite du grand quadrilatère vertical, en position portrait.    

L’expression. Elle est proprement étonnante de force. Le chien a été saisi au moment où il aperçoit quelque chose qui retient son attention, sans que l’on sache évidemment quoi. Son œil est remarquablement rendu. Il est bordé de noir afin de le rendre plus visible. Ses oreilles ont été rajoutées visiblement après. On dirait que le peintre a représenté l’œil, tracé ensuite le profil d’un chien boxer, fini le menton, accentué le haut de la tête, esquissé la nuque … et puis basta.

Le reste est couleurs, essentiellement de gris, de rose, de jaune et du noir. Celui-ci  sert à lancer des lignes en diagonales pour garder une certaine maîtrise a postériori. Une autre grande ligne, plus large de couleur rose a été occultée par un certain tourbillon qui donne un rendu de trouble, de vitesse et de bizarre.

Le chien dans la ville, le boxer2, sa tête,

Pourquoi la ville. Aucune raison venant de la peinture assurément, si ce n’est  que je ne peux l’imaginer autre part que dans un endroit fourmillant de gens, de bruits et de couleurs, au point que le chien doit se dominer pour garder le contrôle. Il est calme et vigilant. Une preuve en est que son nez a l’air de fumer, tellement il se contrôle, mais en assurant.     

Pour suivre le chemin

. Ce carton a été produit au cours d’un atelier de créativité auquel ont participé des élèves ingénieurs de 5e année. Une hypothèse pourrait être que la tête est l'oeuvre d'un seul et que plusieurs se sont mis ensuite - ou avant - à l'oeuvre pour donner du corps au reste.   

. L’essentiel à connaître sur le boxer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Boxer_(chien)

. Photos Elisabeth Poulain

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Le Château de la Thibaudière, ses Communs, son Parc, Montreuil-Juigné49

10 Octobre 2014, 11:27am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Pour trouver le parc du Château de la Thibaudière en Maine et Loire (49), il vous suffit de sortir d’Angers au nord-ouest par la route nationale, la N 162, qui va d’Angers à Caen. Elle traverse Avrillé, puis atteint le carrefour de la Thibaudière à la croisée de la petite route départementale n°103 en pleine campagne. Ensuite vous tournez à droite et vous empruntez la première et seule entrée sur la gauche de la petite route qui mène du Louroux-Béconnais à Cantenay-Epinard. C’est là, vous êtes arrivé. Avec vous, dans votre poche, se trouve la carte de Montreuil-Juigné que vous a offert très aimablement la mairie lors d’une précédente balade. C’est notamment grâce à elle, mais pas seulement, que vous allez pouvoir vous livrer  à un jeu de pistes très éclairant en forme de quatre cercles qui s’imbriquent les uns dans les autres.

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. L’approche par le plateau qui domine la Mayenne, en rive droite. La carte vous donne une première indication importante. Devant vous, il y a de grands paysages, au sens où la terre n’a pas été morcelée et cela depuis longtemps. Dans la descente qui va vers la rivière, jusqu’au croisement en bas avec la route de Pruillé jusqu’à Juigné-Béné, il n’y a qu’une seule petite voie sur la gauche.  C’est le chemin des Noues parce qu’il y a un bâtiment qui porte ce nom suivi ensuite d’un autre bâtiment plus loin, le Petit Mesnil. Ce chemin des Noues du coup prend du coup le nom de chemin du Mesnil. Une jolie façon de ne pas faire de jaloux.

Les Noues indiquent qu’ici il y avait une mare qui recueillait les eaux de pluie ou de source. Les deux sont valables ici. On est à la limite du plateau qui descend en pente douce vers la Mayenne. Il y a bien des sources et il pleut aussi, surtout dans cet endroit situé entre deux forêts, celle qui reste en rive droite, où nous sommes, et celle qui demeure en rive gauche de La Mayenne, une rivière qui coule au fond de la vallée. Quant à la désignation de Mesnil, elle  signifie en langue d’Oïl du Moyen-Age qu’il y avait là une ville ou du moins une maison près d’une ville, ce qui était le cas. En arrière du bâtiment du Petit Mesnil, en s’éloignant du chemin et sans accès direct, se trouve un autre bâtiment qui porte le nom « Les Mazuaux ». Je n’ai trouvé aucune référence directe, mais il y a vraisemblablement un lien avec « la mazure », un terme normand qui désigne la basse-cour, le verger autour d’une maison de ferme.

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. En continuant ce grand cercle dans un sens inversé aux aiguilles d’une montre –c’est le tour n°1 -, toujours en regardant la carte, on arrive juste en dessous du Château de la Thibaudière, en survolant les Communs et de l’Orangerie. Ce faisant, vous avez non seulement  remonté le temps mais aussi commencé à découvrir l’espace grâce à la carte qui constitue dans le cas du Parc de La Thibaudière un formidable outil de connaissance.

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Au XIXe siècle, au domaine de la Thibaudière, le château était le bâtiment statutaire qui montrait la puissance du Comte de Mieulle, le propriétaire qui était alors député et Receveur des Finances du Maine et Loire. Le château est lui-même double avec une partie construite au XVIIè siècle et une grande extension au XIXe. Autour du château se trouve le colombier (XVIIe), qui  est le plus proche bâtiment restant de l’ancien parc, avec plus loin de l’autre côté, disséminés dans la grande pelouse qui entoure le château, des « fabriques » datant du XIXe. Ce sont des petites élévations qui ornaient les parcs, tels  un petit temple à l’antique, une vraiment petite chapelle de Hodé et surtout, plein sud, une très belle orangerie.

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Cette orangerie placée plein sud, proche du château, est actuellement la star incontestée du parc. Elle vient d’être entièrement rénovée à l'identique par la DRAC 49 dans le cadre de sa protection de Monument Historique. Elle va désormais servir de salle d’accueil pour des évènements culturels. Le soir même d’ailleurs s’est  tenu le premier concert  de la Thibaudière donné par des musiciens indiens de grande renommée. Là vous avez un autre indice d’importance, c’est la dimension internationale actuelle, passée et à venir de la Thibaudière.  

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. Ce tour n°2 commence par « les Communs » situés derrière l’Orangerie qui nous présente en cette belle après-midi sa façade superbement restaurée en pierre blanche de falun à exposition plein sud. A son coin gauche, une grande porte, entrouverte sous un haut porche,  laisse apercevoir de curieux bâtiments au centre en particulier. Cet ensemble immobilier clos, que sont les « Communs », méritent bien des majuscules tant ils sont remarquables. Ils le sont tellement qu’ils sont inscrits au titre des Monuments historiques protégés depuis un arrêté du 5 juillet 2005, ainsi que leur seul mur extérieur que l'on voit du dehors.

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On y découvre un endroit vraiment insolite, tant on sent qu’il ne peut être le fruit du hasard, comme ce qui resterait d’un coin d’une ville du XIXe siècle en style anglo-normand entièrement fermé par des murs, à l’exception de deux grandes portes abritées sous un porche. Seule l’une d’entre elles est ouverte, celle de l’Ouest. C’est par là que nous sommes entrées, invitées par le maître des lieux, Jean de Montlaur, désormais propriétaire de l’ensemble. C’est lui qui nous dévoile le mystère de cette toute petite ville close de mur, avec en son centre une encore plus petite construction elle-même, à l’allure d’une maison de poupée, enserrée par un grillage haut en son centre et moins élevé sur le pourtour. L’ensemble  des bâtiments constitue une ferme-modèle telle que la concevait en ce milieu du XIXe siècle des architectes férus de modernité. Il s’agissait déjà de rendre belles des constructions nécessaires à l’exercice des fonctions agricoles d’un réellement très grand domaine.

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Le domaine de La Thibaudière. Seulement quelques chiffres pour en montrer l’importance. Le domaine lui-même couvrait plus de 1800 hectares. Il y avait ici 300 personnes qui y vivaient et y travaillaient. Cette situation a globalement perduré jusqu’en 1914 et ce avec des différences. On fabriquait ici par exemple de la toile à bateau. La terrible guerre qui devait durer 4 ans fit tant d’énormes dommages aux hommes et aux choses que la situation d’avant-guerre fut perdue à jamais.

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On ne retourne pas en arrière, témoigne Jean de Montlaur, jamais.  « Aucun des hommes de la Thibaudière ne revint de cette véritable guerre civile européenne. Ils étaient tous partis au front... Dans ma famille, poursuit le châtelain, il y eut trois décès,  un en 1915, un autre fut gazé en 1916 et un autre mourut en 1921 des suites de ses blessures. La propriété fut abandonnée ; il pleuvait en direct jusque dans les sous-sols. Mon grand-père a survécu et plus tard j’en ai hérité. J’ai agi au plus pressé, par exemple en bâchant les toits ; c’était ça ou l’effondrement total.  Lors de la seconde guerre, le château a été bombardé de haut par des tirs américains. Il y avait une base allemande de la Luftwaffe à Avrillé (la ville voisine). Le domaine et le château ont été ruinés. Plusieurs bombes sont tombées sur ou tout près du bâtiment. On en a encore retrouvé des non-explosées. »

 Quelques mots ensuite sur sa carrière. « J’ai vécu cinq ans en Inde ; maintenant depuis plusieurs  années, je travaille et vis au Japon avec mes trois enfants. Il y a dans ma famille des liens forts avec l’Europe et plus loin. Une des femmes de la famille est italienne, deux sont allemandes et une autre est brésilienne. Ma famille est originaire de Lorraine. Elle a dû s’exiler en Allemagne du fait de son attachement à la religion protestante. Une de mes grands-mères, devenue allemande, était une Von Failly ;  elle a épousé mon grand-père français. Elle est morte à Ravensbrück après avoir été déportée au premier semestre de 1944.  Mes trois cousins Von Failly sont morts en février 1943 à Sébastopol. » 

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Le développement de ces propos sur la dimension internationale et européenne, visant l’Allemagne en particulier, est venu de la rencontre proprement étonnante en terre angevine à cause de sa rareté  entre des personnes arrivées avant l’heure, dont moi, il y avait un Allemand et trois d’entre nous qui avions eu dans notre famille et/ou poursuivions des liens particuliers avec l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle Jean de Montlaur parle en Inde, au Japon, aux Etats-Unis… de « guerres civiles européennes ». 

Pour en revenir aux Communs, ce n’est pourtant pas l’influence allemande qui s‘y fait sentir, mais plutôt l’anglaise en ce qui concerne le concept très innovant au XIXe siècle  et l’anglo-normand pour le style. Imaginez un carré d’environ 100 mètres sur 100 dont les côtés sont donnent l’impression d’être construits d’un seul tenant, avec au milieu une autre construction-mystère. Ici tout est ordonné, dans une présentation qui résulte d’un tour inversé.  

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Ce tour n° 2 permet de découvrir ce quadrilatère qui couvre un hectare. Trois de ses  constructions formant trois des côtés sont jointifs grâce aux porches qui surplombent les portes. La découverte commence par la laiterie à notre gauche en entrant. C’est pour l’instant le chantier sur lequel se concentre  toute  l’attention de Jean de Montlaur.

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. Ce  côté gauche est affecté aux vaches et donc à la production de lait dans la bien nommée « laiterie ». C’est une petite pièce dans laquelle on descend par quelques marches. Sa porte d’entrée est elle-même couverte par un porche. La restauration est lourde du fait que la pierre blanche était attaquée au cœur. Il a donc fallu reconstruire à l’identique murs et voûtes de pleine pierre, sans liant, et tenant par la seule force de la gravité. Ce travail admirable des tailleurs de pierre  est mis en valeur par l’atmosphère très douce qui y règne et la faible lumière qui surgit de la découpe des volets. Auparavant, les murs et le sol étaient revêtus de marbre blanc pour assurer la prophylaxie de l’ensemble. L’hygiène telle qu’on la conçoit de nos jours est née, ne l’oublions pas, au XIXe siècle.

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. Le bâtiment situé entre les deux portes sous les porches accueille la sellerie. L’équitation tenait une grande place dans les styles de vie du XIXe siècle. Il y avait ici cinq chevaux montés (à distinguer donc des chevaux de trait) pour la famille. Les boxes étaient dotés de boiserie  en châtaignier. Eugène de Montlaur, spécialiste des races anglaises, avait conservé, comme il en était l’usage,  toutes les médailles gagnées dans les concours. 

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. Le troisième côté du quadrilatère est dédié aux boxes des chevaux. Il fait face à son vis à vis qui accueillait les vaches. En continuant à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, vous arrivez ensuite à l’angle ouvert qui sépare les boxes à chevaux du bâtiment du fond.

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. Ce quatrième côté fait face aux deux portes d’entrée. Situé plein sud, ses fonctions sont multiples. En partant de l’angle proche de l’aile aux chevaux, il y a encore une partie dédiée aux chevaux en retrait dans le dessin du carré. Puis on trouve la blanchisserie et la boulangerie qui occupent toute la partie centrale de ce quatrième côté. Il devait aussi y avoir des logements. C’est ce qu’on découvre par une des fenêtres du bas  qui a conservé son vieux verre. Notre tour, qui a commencé par la laiterie, se poursuit très logiquement par l’aile des vaches. C’est alors le moment de faire un troisième tour, plus restreint que le n°2.

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. Le très petit tour n°3 permet de découvrir du dehors  l’étrange bâtiment bas construit à l’intérieur de la cour qui doit être peu ou prou carrée des Communs. Il y avait là une volière accueillant des faisans. Cette faisanderie permettait d’élever ces grands oiseaux pour la chasse. Le contenu de l’’enclos donne à voir une représentation  d’une petite ville, dont des petits habitants pouvaient monter à des tours érigées aux quatre coins à des fins de surveillance. C’est certainement la réalisation architecturale la plus remarquable que j’ai vue ces dernières années. Ses quatre faces semblent identiques.  

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. Voici venu le grand tour n°4, c’est celui qui permet de mieux comprendre le site. On retrouve alors la carte du début, qui permet de resituer le parc dans son ensemble. Il n’est pas inconnu, il a été en effet ouvert en effet pendant plusieurs années à la visite en juin, le mois des jardins. Beaucoup d’Angevins ont ainsi pu faire de belles découvertes. Le parc du Château de la Thibaudière en fait partie. Il a été remodelé au XIXe siècle en style anglais, certainement plus adapté au site du fait de la souplesse de ses courbes que la rigidité du jardin à la française qu’il  y avait avant. Le parc permet de comprendre la forte cohérence de l’endroit.

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C’est là, pendant le temps de cette vraie balade que nous avons pu retrouver  d’abord l’eau cette fois-ci dans une grande pièce d’eau dont les dimensions sont occultées par la présence d’une île boisée qui se fond dans le paysage boisé tout autour du château. Ici les arbres sont les rois, ou plutôt certains d’entre eux, les autres ont pour fonction de former un écran tout à fait efficace à l’environnement proche du château, n’appartenant pas au domaine. En s’éloignant du château et des communs, on passe près d’un séquoia vénérable, de grands chênes, ainsi que de quelques autres beaux arbres remarquables. Leur santé témoigne de leur vitalité qui fait contraste avec les toits du château protégés par des toiles noires. La pelouse a été tondue pour faciliter la vue et la marche. Le chemin qui s’ouvre devant nous, offre une succession de séquences paysagères courtes et très variées. Il s’agit de faire un tour boisé en arrière de la grande pelouse de l’autre côté de l’île.

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Voici quelques séquences non exhaustives. D’abord la découverte du mur extérieur classé  des Communs qui permettait d’accéder au grand potager qui existait à gauche des Communs, la découverte des grandes silhouettes des arbres sélectionnés  par  le Comte de Choulot, sur le côté droit en regardant vers la vallée, à gauche la grande pelouse qui permet d’entre-apercevoir la façade du château donnant sur le parc, puis l’arrivée à un croisement avec la grande allée d’entrée du domaine. A notre droite un grand champ descend en pente douce vers la rivière. La barrière est ouverte et on aperçoit l’arrière d’un grand bâtiment agricole, peut-être est-ce les Mazuaux.  On voit très bien la forêt en rive gauche de La Mayenne. C’est ensuite l’entrée dans la forêt par une allée de chênes, proprement dite dont le chemin va nous conduire à faire une grande boucle qui longe la nationale. C’est ensuite l’arrivée sur une autre grande allée qui mène au château et d’où nous découvrons la petite chapelle sur le côté gauche. L’arrivée au château nous permet d’admirer le colombier. Beaucoup de personnes déambulent maintenant près de l’Orangerie et des Communs…Il est alors temps pour nous de descendre voir la Mayenne. Le retour nous permet de retrouver la dernière carte.

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C’est le plan du parc à l’anglaise conçu par le Comte de Choulot et dessiné en 1844, sur le concept de la boucle qui boucle sur elle-même, comme nous l’avons fait d’une autre façon avec nos tours.

Pour suivre le chemin

. Voir le site http://www.lathibaudiere.com/. Vous pourrez y admirer en grand format le plan dessiné par Prosper Jolly en 1844 sur les indications du Comte de Choulot. 

. Retrouver aussi  en petit format le plan du parc dessiné de 1840 à 1844 par M. Delavenne, Comte de Choulot, dans le livret « Pays de Loire » « En juin, visitez un jardin en France », un évènement  organisé en 1995 sous l’égide des ministères de la Culture, de l’Environnement et le CPJF.

. Le parc a été ouvert à la visite pour les Journées du Patrimoine 2014, les 20 et 21 septembre. . Quelques points d’histoire sur http://www.journees-du-patrimoine-2014.com/SITE/chateau-thibaudiere--montreuil-juig-10586.htm  

.  Consultez le Site Mérimée, http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

. Voir une photo ancienne de l’ensemble du château et des communs de Gustave Lemaire du Ministère de la Culture sur http://www.loomji.fr/montreuil-juigne-49214/monument/chateau-thibaudiere-37494.htm

. Lire aussi le numéro spécial de La Revue des Pays de Loire, XL, 303, « Parcs et Jardins » qui consacre un article aux  parcs de Choulot dans le Maine de Dominique Pinon, avec un grand cliché du parc, du bassin et du grand séquoia du château de la Thibaudière.    

. Le concert de musique classique indienne du nord a été donné par Pandit Narendra Mihra et Shree Kushal de Bénarès, à retrouver sur Facebook, au "Château de Montlaur"  https://www.facebook.com/pages/Pandit-Narendra-Mishra/745896265462692

. Découvrez la ville de Montreuil-Juigné sur  http://www.ville-montreuil-juigne.fr/tourisme/actualites/1132-journees-du-patrimoine-20-et-21-septembre.html

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. Photos Jean de Montlaur pour le plan du parc avec mes remerciements et Elisabeth Poulain pour les autres, à voir dans l'album "Châteaux" sur ce blog, avec en prime ce cliché de la partie basse d'un des volets de la laiterie .

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Styles de Pub Caravanes > Thomson T-Line, Safari & L'Espace

3 Octobre 2014, 11:33am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Voici deux visuels publicitaires qui appartiennent à la série des publicités faites par les constructeurs de caravanes lors du grand salon européen de la caravane tenu à Villepinte au nord de Paris en 1966.  

Thompson T-Line caravans 1966. Cette publicité présente tout d’abord à nos yeux le grand mérite d’être datée. L’année est même un élément important du nom de cette caravane. C’est la première fois que nous rencontrons cet élément qui indique la volonté de la marque d’être à la pointe du progrès. Voici une caravane moderne, actuelle et adaptée aux besoins des utilisateurs. Blanche sur fond beige-orangé moucheté, elle est toute petite, calée dans le coin droit inférieur du visuel. On ne voit que peu de choses d’elle, si ce n’est l’essentiel, sa petite taille qui ne l’empêche pas d’avoir une partie à vivre à l’avant avec sa porte toute proche.

Pub caravane Wawa

Cette T-LIne est placée dans le sens de la marche, avec un mat auquel est accroché un fanion qui se déplie gaiement même à l’arrêt. Dessous est inscrit le nom du constructeur mais en gardant un espace. A l’autre bout du visuel en partie basse également mais en sortant du cadre et cette fois-ci à gauche se trouve le nom du modèle, T-Line 1966,  avec un effet graphique sous T-Line qui suggère la plate-forme sur-laquelle la structure de la caravane est posée.

L’effet de douceur ressenti tient au positionnement des différents éléments les uns par rapport aux autres. Une ligne de fuite en oblique part du haut avant de la caravane, touche le T de Thompson et atteint le T de T-Ligne en blanc sur fond noir qui est le seul élément chromatique capable de dynamiser l’ensemble. Si on enlève le socle inférieur, le visuel perd de son sens et cette douceur devient un peu trop mystérieuse pour être compréhensible.

La dimension franchement innovante de ce visuel publicitaire est de rétrécir cette caravane afin de montrer combien elle s’insère bien dans l’espace de ce grand paysage. Faire petit pour prouver combien la marque est grande. C’est une belle anticipation de la philosophie de « Small is beautifull » (1973), l’opus d’avant-garde du philosophe E. F. Schumacher qui dénonçait le gigantisme et la volonté de puissance de nos sociétés.    

    Pub caravane Safari

Safari worth hunting for. Cette publicité est intéressante à plus d’un titre: c’est la première à être conçue pour une catégorie particulière de campeurs, les hommes chasseurs. On ne peut s’y tromper. Le héros a chapeau et jumelles ; son visage appartient clairement au genre masculin. Il n’est pas spécialement épanoui ; ses lèvres serrées témoignent de sa détermination, son nez pointu aussi.  

L’ensemble est un peu inquiétant. La marque Safari a choisi comme argument de vente ce slogan d’une caravane adaptée au chasseur pour la chasse. On irait presque à dire qu’il lui suffirait à ce chasseur-guetteur d’arriver avec sa caravane pour faire peur aux grand fauves intrigués, qui du coup s’approcheraient d’elle. Ce que montre le visuel est en fait un raisonnement au deuxième degré. De la chasse, seuls demeurent le chapeau du broussard et ses jumelles, sans lesquelles il ne saurait être efficace. Que voit-il dans ses jumelles ? C’est ce que nous montre cette publicité. A la place de ses yeux, on y voit deux caravanes qui curieusement sont toutes les deux placés dans le même sens, avec la partie à vivre à l’avant. Cela aurait été plus drôle qu’elles soient inversées l’une par rapport à l’autre, à la façon des yeux d’une personne.

En commun, ces deux visuels ont le sens de présentation et la distance. La T-Line et la Safari, vues vers l’avant placée à gauche dans l’espace, la première en l’éloignant dans le coin inférieur droit et Safari en la rapprochant pour la grossir par deux fois.

Pour suivre le chemin

. Ces deux visuels appartiennent au « Carnet de Notes » des Editions de la Direction de l’Equipement et de l’Agriculture de l’Oise, paru sous le titre de « l’Objet caravane, Mémoire graphique des années 1960 », une réalisation de France Poulain  

. Retrouvez sur ce blog toute la série qui va bientôt se terminer.

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album-photos "Petites Maisons " sur ce blog

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