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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le fond, le mur gris en fascination > Son étrangeté en pub

17 Février 2015, 10:50am

Publié par Elisabeth Poulain

         

Le gris en couleur. Il ne vient jamais en premier choix dans une photo-couleur. On ne peut pas dire non plus qu’on l’utilise  par défaut, pour faire autrement ;  peut-être un peu, mais l’explication serait trop courte et trop facile. Elle n’apporterait rien  de bien intéressant. Le gris était, il y plusieurs décades, une non-couleur, qui présentait l’avantage majeur d’être pour les personnes une sorte de passe-partout dans la foule ou dans un groupe, au bureau par exemple, pour être le moins visible possible. Les hommes avaient des costumes gris, les premiers pantalons des garçons étaient gris. Les femmes à partir d’un âge certain s‘habillaient de gris pour « ne pas attirer l’attention sur elles.» 

Une non-couleur choisie pour ne pas attirer l’attention, en signe de bon ton aussi, qui montrait la réserve pour les hommes et la volonté d’afficher la modestie exigée pour les femmes. C’était le rôle attribué au gris, être un ni-ni,  ni blanc, ni noir, ce qui suivait le noir quand on n’était plus obligé-e de porter le noir du deuil, la façon bourgeoise d’être dans le ton, le ton juste, pour ne pas détonner dans un groupe fortement structuré par des codes communs et en particulier celui du dress-code, comme on ne disait pas encore!  

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Une teinte plus que passe-muraille.  C’est déjà le cas dans le double usage qu’en font des photographes professionnels, en choisissant des fonds gris pour des clichés de studio ou de murs extérieurs gris d’usure malmenés par le temps. Une double façon de focaliser  le regard sur la jeune femme ou son homologue homme qui porte le vêtement par exemple ou de sur-jouer du contraste entre la perfection de leurs traits et des modèles portés et le vieillissement décrépi d’un mur de façade ou d’intérieur d’usine par exemple.  

Ses usages. En intérieur à titre de fond virtuel uniforme, le gris peut s’analyser comme une certaine forme de disparition  du décor, du paysage environnant pour attirer et concentrer le regard de celle ou celui qui regarde sur la cible choisie par le photographe. C’est clairement un choix très stratégique. On peut aussi l’interpréter autrement, où le gris mange tout le décor ou le paysage en signe de sa puissance.

En exemple, voici une photo sur fond gris d’une table en argent massif aux armes de Guillaume II d’Allemagne dans une exposition qui s’est tenue à Versailles au château dans le cadre d’un mécénat assuré en majeure partie par Martell, la grande marque de cognac du groupe Pernod Ricard. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle (1664), Louis XIV fit réaliser pour son usage des meubles d’argent massif, une mode qui s’étendit à toutes les familles régnantes d’Europe. Le choix du photographe d’Entreprendre, le magazine de Pernod Ricard, a été de présenter cette table très richement ornée sur un fond uniforme gris, sur lequel ne se distingue pas le mur du sol. Un procédé souvent utilisé  pour éviter de couper par une ligne horizontale le fond à la jonction entre le mur et le sol.  Une façon aussi de jouer avec la lévitation, car toujours se pose la question des pieds.

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En intérieur, le choix du gris pour un mur est destiné à jouer du contraste. Il s’agit de faire vibrer les multiples variations de gris qui résultent du choix d’un matériau comme le béton. A l’extérieur ou à l’intérieur, ce matériau a ouvert de nouvelles perspectives avec ses empreintes de coffrage, sa fausse uniformité, sa puissance perceptible aussi bien avec en particulier ses jeux de couleur du temps, quand celui-ci n’est pas dominé par le bleu du ciel.

Un exemple avec des gris-béton d’intérieur relevé dans Elle Décoration (2014). La couverture est dédiée à la couleur rose, avec ce sous-titre « L’effet-lumière ». Juste après, un large visuel Roche et Bobois occupe la 2 de couverture et la page 1 qui lui fait face.  Des canapés et fauteuils de couleur noire sont disposés  autour d’un tapis bleu. Une sculpture noire de cinq pliures de métal se détache sur un mur béton coulé composé de  rectangles dont les lignes structurent l’ensemble. Le panneau de lumière offre une alternance de panneaux béton gris et de verre qui laisse passer la lumière blanche. Le sol gris très clair parle au mur de béton gris-béton qui fait ressortir l’ensemble noir.

Ce choix d’un gris uniforme comporte un risque majeur, qui est celui de la monotonie qui pourrait exister même s’il existe une infinité de nuances de gris surtout s’il est clair. C’est en effet le gris clair est souvent choisi pour mettre en valeur la marque, l’objet qui constitue la cible ou la jeune femme le plus souvent qui porte le vêtement, le sac, les chaussures et tout ce qui se vend et s’achète en distribution de luxe. Le gris clair dont il est question ici est celui qui résulte du mélange avec du blanc, une pointe de beige, de rose, d’orange ou de vert maintenant pour ne ressembler à aucun autre, surtout qu’il joue constamment avec la lumière.

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Un exemple dans Citizen K avec Petit Bateau (2008-2009) qui fait poser ses jeunes mannequins tous sur fond gris clair sans coupure horizontale franche dans ses 6 pages de publicité. On perçoit néanmoins la volonté du photographe de suggérer l’horizontalité sur laquelle reposent les pieds des mannequins. Le fond très clair en bas se fonce très légèrement vers le haut, sans effet de halo, mais avec quelques ombres pout les jambes.   C’est la meilleure façon de capturer un regard centré sur le modèle, sans déperdition ni vagabondage de la vue. Une façon aussi de faire un travail net, surtout avec des vêtements, gris moyen, gris légèrement foncé et blanc et surtout sans un sourire.

Le champ de création des gris associés à la lumière est infini, non seulement lors de sa création, de sa capture photographique, de son impression, de la lumière existante ou de l’air du temps. Le but de l’association à la lumière est de créer un fond par cliché, avec  des effets lumineux qui s’interpellent, se complètent, entrent en contact ou en opposition. Il y a souvent des effets de halo auprès du visage , ou de la silhouette entière de façon à retrouver en ce XXIe siècle des techniques de peintures que des grands peintres de la Renaissance en Europe savaient déjà utiliser pour les Puissants. Ces clartés ciblées qui ont pour objet de faire ressortir la profondeur du fond sont complétées par des effets d’ombre qui sont de plus en plus présents de façon à nouveau re-donner pleine vie au fond, qui a toujours été un élément fondamental d’ancrage, que ce soit en peinture ou en photographie.  

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En quelques d’années d’usage, le risque de monotonie est déjà apparu, avec un autre risque qui était de faire de la cover-girl ou du cover-boy un mannequin de bois, d’où la vie était partie. Une des réponses, outre le halo, est de jouer avec des ombres, les siennes d’abord ou d’autres pour suggérer un certain télescopage.

C’est ce dynamisme qu’on voit très bien sur le double visuel Louis Vuitton (2014), avec deux fois la même jeune femme de face à gauche, de profil à gauche, avec la même robe, le même sac, un rose sur la page de gauche et un bleu sur la page de droite. A chaque fois, il y a  un gros travail d’ombre différent bien sûr, avec aussi un élément de rupture et un lien grâce à l’ombrage plus foncé du gris. La rupture est montrée dans le pli que la toile grise tendue qui forme le fond, à la fois mur et sol. C’est une jolie façon de monter le mouvement. On le voit en partie droite en bas et l’ombrage différent en partie droite du visuel de gauche et en partie gauche du visuel de droite permet de lier les deux composantes du visuel double, comme un clin d’oeil. A la fois la même, à la fois différente, grâce au même sac mais pas de la même couleur…  

La composition du gris. Tout lui est bon pour faire vibrer la couleur de l’objet de la publicité, personne, vêtement, chaussure, meuble… C’est dire aussi que ce gris qui nous entoure, qui nous imprègne, qui n’est ni la couleur du jour, ni celle de la nuit, c’est un environnement, le nôtre, celui dans lequel nous baignons, l’air que nous respirons. C’est le gris de l’urbanisme, de l’architecture, de l’intérieur de nos logements, des bureaux, des hangars d’usine…c’est aussi une des innombrables variantes qui ressortent des photos en noir et blanc, pas forcément anciennes d’ailleurs.  

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4è exemple pour un manteau de fourrure de Fendi sur fond gris à New-York en gris clair dans lequel ressort un des immeubles le plus connus de New York, le Flat Iron, en gris à peine plus dense. C’est là un procédé intéressant qui consiste non pas à partir d’un cliché en noir et blanc mais d’une photo en couleur dont les tonalités de couleur sont très peu accentuées. Le manteau de fourrure joue sur des bandes horizontales de couleur grises foncées bordées de blanc, qui ressortent sur ce fond gris très pâle pour le ciel de New York. Celui-ci se détache  entre deux immeubles dont le Flat Iron fait ressortir l’axe vertical structuré des fenêtres au grisé plus dense. La situation ici est plus complexe. Il s’agit d’opposer des jeux de variations et des lignes de gris noir, gris et blanc de la fourrure, avec en  contraste de fond une vision très  douce de la ville de New York.

Les gris de vieux murs des vieilles villes.Ils offrent ou plutôt offraient à la vue des curieux une formidable scénographie en relief, chaque disparition d’écaille de peinture dessinant  une cartographie unique en lutte constante avec le temps, les agressions diverses, des graffitis ou à partir de 1885 des « Interdictions d’afficher ». Avant la seconde guerre mondiale, avant le temps de l’arrivée des ravaleurs de façades pour enlever les outrages du temps, des maîtres de la photographie comme Robert Doisneau ou Willy Ronis se firent un intense plaisir d’en faire le sujet central de leurs clichés. Comme en hommage à cette époque révolue de grande misère aussi, des publicitaires se sont saisis de ce thème en noir et blanc pour jouer le contraste de leurs couleurs.

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Cet exemple est une publicité pour femme et enfant de Burberry. La composition en noir et blanc est entourée d’un cadre composé de jeunes femmes souriantes et habillées de jaune et de rose de Burberry, la célèbre marque anglaise. Le cliché du centre en noir et blanc a peut-être été pris à Paris, sans que ce soit une certitude. Ce qui nous intéresse ici, c’est le mur derrière la jeune femme pensive et la joyeuse petite fille, avec son petit chien peluche. La composition du mur est dense. Sur la droite on  aperçoit une colonne de pierre. Du crépi ancien posé sur le mur près de la fenêtre se décolle, en dévoilant d’autres couches par-dessous. La partie d’un volet de bois occupe le coin supérieur gauche du cliché. Le bas à droite montre à voir un grand panier d’osier très solide rempli de cordages posé  sur un socle vraisemblablement à roulettes. L’intéressant est le contraste entre ces deux personnes, grande et petite, très stylées habillées de vêtements codés en contraste avec un mur du vieux Paris oublié par les rénovateurs urbains. Gageons qu’il reste encore des murs de ce type.

Un dernier exemple de murs de façades d’une rue ou tout est gris foncé pour Prada. Il s’agit d’une histoire qui pourrait commencer ainsi : il s’agit d’une jeune femme aux cheveux dans le vent, bien droite dans son manteau gris muraille très structuré, bien fermé, avec une curieuse ceinture marron alors que les chaussures, les gants, le sac sont noirs et tout le décor  de la rue aux pavés mouillés, des vieilles devantures fermées,  baigne dans  un univers gris vert, gris, gris moyen où la marque PRADA  est inscrite en noir. C’est d’autant plus  curieux, que la marque a pris soin d’inclure une bande noire à droite  sur toute la hauteur de la photo, une façon de densifier encore la photo déjà très structurée.

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Récapitulons, le gris porte les couleurs de l’air du temps. Il sait tout faire dès lors qu’un professionnel sait en user avec doigté et dans le cadre d’un projet. Il est aussi et surtout le point commun des grandes marques de luxe, comme si acheter un meuble ou porter un vêtement de marque suffisait à lui seul à modifier tout l’univers extérieur, hors de soi pour permettre à l’heureux acheteur d’être en phase avec lui-même et les autres acheteurs.

Citons pour le seul Madame le Figaro du 2014-04-30 et sans photo, outre Prada, Louis Vuitton, Fendi  déjà citées, Dior pour mettre un sac rouge en lumière, Saint-Laurent, Chaumet (joaillerie), Armani Casa pour des murs de béton banchés en panneaux inclinés, Minotti (meubles) avec des jeux de murs gris clairs, gris foncés, sans oublier un encadré gris beige du Figaro pour mettre son offre d’abonnement en valeur…A voir ce foisonnement, on peut vraiment se poser la question de savoir si ces gris ne sont pas une façon de repousser le monde en dehors du champ de la publicité pour les grandes marques du luxe, des sortes de gris chics ou des gris-murailles qui forment de vrais îlots préservés où tout ne serait  que luxe et volupté. Le contraire en un mot d'une couleur passe-muraille, un vrai mur en forme de cocon infranchissable.                             

Pour suivre le chemin

Par ordre de dates cette fois-ci, voici les visuels utilisés pour ce billet

. Catalogue Noël du Bon Marché, Rive gauche, les cadeaux ont une âme, décembre 2003, Burberry avec la jeune femme et la petite fille et pour la jeune femme de Prada.

. Entreprendre, n°52, printemps-été 2008, dans l’article « L’Enchanteur Martell », photo en page 44

. Citizen K, Hiver 08-09 pour Petit-Bateau et  Fendi et le manteau de fourrure

. Sac et chaussures Vuitton, Madame Figaro, 26.09.2014, pp. 4 & 5

. Elle Décoration, septembre 2014, Roche-Bobois, canapé d’angle composable Scenario, table basse Ovni

. Voir une bonne synthèse de l’usage du gris sur http://www.cyberdesign.be/alberto/francais/Gris.pdf

. Découvrir les liens qui existent entre les variations de gris dans un cliché en couleur avec celles qui découlent d’un cliché en noir et blanc saisi par un grand maître Robert Doisneau en 1935, intitulé « La petite maîtresse » où l’on voit une fillette dessinée sur un vieux mur, avec à côté d’elle une petite enfant qui se demande bien comment faire comme la grande sœur, sur  http://www.photogriffon.com/les-maitres-de-la-photographie/Robert-DOISNEAU/Maitre-de-la-photo-Robert-Doisneau.html 

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album-photos "Couleurs-Matières", avec un conseil  qui est  de retrouver les publicités dans les magazines, tant les modifications des gris sont fortes du fait de la photo d'une photo par rapport  à ce que voit vraiment l'oeil, à croire que les objectifs révèlent des composantes chromatiques des gris. Certains gris pâles par exemple ressortent en vert pâle, d'autres en rose léger, alors que  le regard - lui - perçoit vraiment les tonalités de leurs finesses.        

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Style de Com > Les couvertures des catalogues des salons des vins

13 Février 2015, 11:59am

Publié par Elisabeth Poulain

Un autre titre plus précis et franchement trop long pourrait aussi être « Ce que vous disent les couvertures des livrets qui vous sont remis lors de votre entrée dans un salon des vins ».   Pour éviter la saturation, je vais me limiter essentiellement aux  évènements commerciaux suivants, le Salon des Vins de Loire sur trois années 2015, 2014, 2012l et 2010, la Dégustation de Vins au Grenier Saint-Jean à Angers en 2015  et la Levée de la Loire 2015 et 2014 pour le stand collectif au Salon des Vins de Loire.

. Le catalogue du Salon des Vins de Loire.Par différence avec les autres évènements commerciaux professionnels, c’est le seul catalogue réalisé par des professionnels tant pour la création que pour la réalisation d’un véritable livret à spirale facilement utilisable puisqu’on peut le plier. Par contre il n’est pas utilisable en tant que carnet de dégustation à l’instar des choix  du  Grenier et de la Levée qui ont choisi des formules moins coûteuses.

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Le livret à spirale 2015. Son objectif est de dynamiser la couverture blanche avec une grappe stylisée de neuf grains de raisin comme élément dominant avec au milieu une bulle blanche qui fait ressortir la mention « Le Salon des vins de Loire ». Celle-ci figure en noir rayé blanc avec un surdimensionnement de « Loire » en couleurs qui vont du rouge au vert en bandes rayées. Son positionnement est désormais le suivant : « La plate-forme d’échanges & d’affaires des professionnels du vignoble. » Enfin une ouverture tournées vers les professionnels de France et de l’étranger qui viennent à Angers goûter les nouveaux millésimes, découvrir des nouveaux exposants et revoir ceux à qui ils sont fidèles !   

Il y a un côté  BD au graphisme simplifié coloré de façon  attractive qui découle du code de couleurs du Salon des Vins de Loire adopté en 2014. Celui-là s’inscrivait dans une harmonie de couleurs douces, telle qu’on peut en voir par exemple dans la gamme des guimauves. L’ensemble était agréable à voir mais peut-être pas franchement impactant, même si la couleur du rose pour le vin rosé est un élément important. Quoi qu’il en soit, il ne me semble pas que cette orientation chromatique ait été retenue pour ce salon 2015, à part le rose foncé du tapis de sol, qui a été  très bon choix tonique.

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Le Dossier de Presse au format A4 2015. Ce n’est donc pas un catalogue, mais il me semble intéressant de comparer sa couverture à celle du catalogue. Evidemment la modification de dimension n’est pas neutre, le regard peut parcourir plus d’espace. On peut mettre plus d’information et en plus grand caractère. Le changement porte ici sur la grappe de raison qui est restée pleine, sans bulle à l’intérieur avec le nom du salon, un choix pour le catalogue qui affaiblit visiblement la force de l’ensemble. Dans cette présentation pour la presse, voir chacune des cinq grains roses-rouges-violettes et des cinq grains jaunes-verts acidulés-turquoises confère une réelle tonicité réussie à l’ensemble. Le positionnement en anglais se présente ainsi « The wine trade exchange and business forum. »

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Le livret 2014 du Salon des Vins de Loire. Il utilise trois éléments principaux. D’abord une coupure de la couverture en deux espaces, l’un rouge ocré foncé sur le côté gauche  et l’autre à droite grisé clair, les deux étant séparés par une courbe accentuée, qui pourrait ressembler en stylisé à un corps de femme enceinte vue de profil. En partie gauche, à la hauteur des seins, se trouve un rond avec la mention « Salon des Vins de Loire », et dans le gonflement du ventre, beaucoup d’informations telles que le positionnement du salon « Révéler l’exception d’un terroir », les dates 3, 4, 5 février, l’adresse du site…  En face, la partie droite de l’espace a été laissé pour mettre en valeur le bouquet de 18 verres inversés contenant chacun du vin rouge (6), blanc (5), rosé (5) et blanc à bulles (2). La Loire étant peut-être représentée par une goutte d’eau tombant sur de l’eau. C’est « concept » surtout avec des roseaux en arrière-plan !

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Le livret 2012  du salon des Vins de Loire est marqué d’abord par sa rupture avec le précédent. Seules les couleurs des vins dans les verres ont été gardées, mais sur fond blanc crème avec un peu de beige en bas pour adoucir, elles ressortent mieux. L’innovation transgressive est le pied de verre en forme de pied de vigne en verre la tête en bas, avec des verres remplis de vin inversés  en guise de grains. Avec comme audace majeure, la goutte de vin qui se transforme en goutte d’eau en guise de lien à l’eau de la Loire et ses fameux roseaux.  Ce n’est plus l’eau qui se transforme en vin  comme dans le fameux miracle, mais le vin qui opère  sa mutation en eau. Cette curieuse création originale a été reprise pour le catalogue 2014, ainsi que le slogan « Révéler l’exception d’un terroir ».    

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Le livret 2010 du  Salon de Vins de Loire. Le visuel plaisait tant au Comité d’Organisation qu’il a été utilisé plusieurs années de suite. On y découvre un paysage de fin de journée à la tombée du soleil, dans un espace aquatique où l’on devine encore des roseaux au milieu de la composition avec des troncs d’arbres fossilisés, comme on pouvait en voir sur des photos de grands lacs africains dans certaines parties recouvertes par la montée des eaux. Des exposants évoquaient aussi des paysages du Grand Sud languedocien brulés par la chaleur. Du réchauffement climatique extrême en quelque sorte. C’était d’autant plus curieux que  chaque tronc coupé portait un verre à vin, trois remplis de vin rouge, deux de rosé, un de blanc et deux flûtes. Le positionnement était encore fondé sur le concept du terroir  « Toute la richesse d’un terroir mise en lumière », signé « Salon des Vins de Loire, Catalogue Officiel, Angers, France. »  

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. Le livret de la « Dégustation de Vins » au Grenier St Jean …2015. Il a très peu changé au cours des dernières années, après s’être appelé d’abord « Renaissance des Appellations ». Certains vignerons d’ailleurs continuent à se servir de cette dénomination qui avait son sens tant que la certification en bio et tout spécialement en bio-dynamie avait un côté très innovant. Deux modifications d’importance sont en outre intervenues ces dernières années, la non-inscription des négociants et la pré-sélection des vins présentés au Grenier avant l’ouverture.

Il y a eu très peu de changement en 2015 par rapport à 2014 et 2013, mais qui existent pourtant en particulier dans les partenariats avec les autres évènements. Ce n’est par exemple que cette année que le partenariat avec « le Salon des Vins de Loire » est cité, avec ensuite « La Levée de la Loire, la Dive Bouteille, Les Pénitentes, Les Anonymes et Demeter ». Notons aussi que l’équipe soudée autour de Nicolas Joly et de Mark Angeli que « le Grenier », comme on dit quand on veut aller vite, a toujours cité les autres évènements viniques « off » de découverte des millésimes de l’année précédente, avec désormais maintenant aussi le SVL.  L’autre novation de 2015 porte sur la conférence quotidienne de Nicolas Joly à 15h, une le samedi et une le dimanche.  

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. Carnet de …dégustations 2015. Tel est le nom du livret de la Levée de la Loire dont la page de couverture est maintenant en couleurs, grâce à trois bandes de couleur, le bleu pour l’eau et/ou le ciel, le vert-jaune pour la vigne et le vin blanc  et l’ocre rouge pour la terre et le vin rouge. Les mentions à l’intérieur d’un cadre définissent l’essentiel, à savoir le type des vins bios du Val de Loire, le nom du salon « La Levée de la Loire », les dates, l’endroit, le partenariat avec le Salon des Vins de Loire et … quelques mentions supplémentaires. L’intérieur du livret est semblable aux livrets des années passées.

. Les pages 4 de couverture des différents livrets en 2015. En commençant pour changer par la plus novatrice de toutes.

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Il s’agit de celle du livret du Grenier Saint-Jean qui a réalisé sa première « auto-publicité » en faveur de son plan d’aide diversifiée à des agriculteurs de Madagascar. Il s’agit de « Madavin », qui porte en particulier sur la plantation d’arbres, de plantes, de semences, d'ampoules…une opération qui dure maintenant depuis 2009 sans discontinuer. Le lémurien qui figure en dernière page de couverture de la plaquette est de fait le premier visuel paru dans le livret du Grenier St Jean. Il voisine avec une grappe de raisin, qui fait la moitié de son corps. C’est la plus innovante des 4 de couv.

La plus classique est celle de la Levée de la Loire qui mentionne le sigle et les coordonnées des organisateurs – AIVB-VL - et des sponsors qui sont la Région Pays de la Loire, la CAB et BIO Centre.

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Le plus gros changement vient du catalogue du SVL. Cette année, c’est le Crédit Mutuel qui finance cette publicité pour mieux se faire connaître dans le vignoble auprès des vignerons. Son choix s’est porté sur un jeune couple, avec Monsieur en avant qui nous plante franchement ses yeux dans les nôtres et Madame, la tête penchée, en arrière et dans le flou, qui baisse pudiquement les yeux, sans oser nous regarder! Il faut aussi comparer ce visuel avec les précédents sélectionnés par la société d’Amboise « Pierre Chainier » pendant ces dernières années. Celle-ci avait  pour habitude de nous offrir une Pépée franchement racoleuse chaque année, une façon pour l’entreprise de négoce de donner corps à son slogan « Sensation Loire » !

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Souhaitons pour 2016 que le Salon des Vins de Loire trouve une Nana qui ne soit ni en retrait, ni offerte, un vraie Femme du Vin en un mot… ! 

Pour conclure, le Salon des Vins de Loire a modifié son positionnement axé désormais sur la Plateforme d’Echanges et d’Affaires à l’intention des  Professionnels du Vignoble. Avec trois réactions de ma part, une bonne appréciation et deux interrogations.

. La bonne d’abord, parler de plateforme est tout à fait adapté en ce sens aussi que le Salon se place franchement du côté des professionnels exposants et des professionnels visiteurs.

. Par contre que sont ces « échanges » qui viennent avant les affaires ? Faire des affaires nécessite forcément d’échanger. Outre cette évidence, il semblerait que ces échanges soient ceux qui ont été organisés par le Salon pour "occuper" des exposants, comme l'ont dit certains. 

. La seconde question que je me pose est de savoir pourquoi continuer ensuite parler des professionnels du « vignoble » sans oser franchir le pas « du vin » en le disant  franchement, surtout dans un salon des vins? Peut être est-ce une façon subtile de se référer à la question fondamentale de la relation de la vigne à la terre, une façon d'être en phase avec la grande famille des Bios?  

Un salon des vins a deux fonctions principales qui sont de permettre aux professionnels visiteurs de goûter les  millésimes de l’année passée chez les exposants qu’ils connaissent et apprécient et découvrir de nouveaux exposants en particulier dans les nouvelles générations et les nouveaux exposants pour toujours rester au contact de la profession. Faire des découvertes est une absolue nécessité et un des premiers plaisirs d’un visiteur professionnel, quelle que soit sa nationalité. Quant aux exposants, ils sont là pour engranger des commandes pour le millésime passé, sous peine si non de grosses difficultés financières. Eux les premiers s'adaptent sans cesse. Cette adaptation en continue est  quand même la première façon de lutter contre l’effet-vieillissement qui s'applique à tous sans exception, aux salons tout particulièrement:  ils ont aussi en toute première exigence de s'adapter aux besoins du marché et de la société. C'est une condition de survie.

Quant aux autres évènements, le livret simple atteint visiblement ses objectifs. Trop de communication perceptible pourrait nuire à l’image du vin bio. C’est donc très bien comme cela. Remarquons aussi que tous ces livrets ont pour particularité commune d'être tournés vers le dégustateur.                

Pour suivre le chemin

. Lire aussi un de mes précédents articles sur le Salon des Vins de Loire 2015 sur ce blog

http://www.elisabethpoulain.com/article-2015-le-grenier-st-jean-le-salon-des-vins-la-levee-de-la-loire-125512329.html

. Voir quels peuvent être par différence les objectifs d’un salon « lambda » qui peuvent être de mieux connaître le marché, ses concurrents, l’innovation… http://www.chefdentreprise.com/Chef-d-entreprise-Magazine/Article/Exposer-sur-un-salon-mode-d-emploi-38900-1.htm.  Mais pas dans  un salon des vins où les objectifs des deux parties sont claires : les uns doivent vendre leurs vins et les autres acheter pour satisfaire leurs clients qui veulent des vins de Loire et toujours découvrir de nouveaux fournisseurs pour être en phase avec la demande des clients.

. Photos Elisabeth Poulain des couvertures des salons aux années citées, à voir dans l'album "Paysages du Vin".   

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2015, Le Grenier St-Jean, Le Salon des Vins & La Levée de la Loire

11 Février 2015, 18:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

En ce début d’année 2015, toutes ces rencontres autour du vin  fleurissent au point de donner le tournis d’une façon étonnante. De quoi parle-t-on ? De salon du vin, de cours avec des travaux pratiques, de partage d’expériences, avec une question lancinante qui reste dans la tête qui est qu’un salon est quand même destiné d’abord à permettre à des acheteurs de venir faire leurs commandes pour l’année à des professionnels du vin, tels que des vignerons, des négociants… Restons concentré sur trois d’entre ces salons, même s’ils n’en portent pas le mot. Je préfère ne pas employer celui d’évènement –comme on le dit d’un évènement culturel - qui n’a en principe  pas de dimension commerciale comme première finalité.     

 

. Le Salon des Vins de Loire accueilli au Parc des Expositions d’Angers du 2 au 4 février 2015 inclus. Il est un pur produit des grandes institutions ligériennes qui se sont penchées sur son berceau pour le faire naître en 1986 et soutenir son développement depuis.

 

Citons pour exemple la présentation du 28è Salon en 2014 en page 3. Le Comité d’Organisation, présidé par Pierre Aguilas, comprenait tout particulièrement InterLoire, le BIVC, SPPL, CENTRECO CENTREXPORT, l’INAO, FranceAgriMer, l’Union des Oenologues de France, de la Région Val de Loire, l’Union de la Sommellerie française, section Val de Loire…  « L’aide » -le financement-  provenait de quatre institutions. A savoir le Conseil régional des Pays de Loire, le Conseil régional du Centre Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et  Angers Loire Métropole. L’organisateur du salon est Angers Expo Congrès dont les noms des membres du Commissariat général sont cités.  

 

Aucune de ces informations pourtant essentielles, encore présentes jusqu’à l’année 2014 incluse, ne figure pourtant dans le catalogue 2015, ce qui est proprement inconcevable.

 

. Sur la page de couverture du catalogue, l’année 2015 marque donc sa 29è édition, une information à laquelle il n’est fait mention qu’en petits caractères contrairement aux autres années. Par contre, il est annoncé dans le catalogue officiel 2015 que l’année prochaine sera sa 30è édition, une façon très directe de dire qu’il sera là à nouveau l’an prochain, comme si on avait besoin d’en être assuré!

 

Après le Salon du Végétal, c’est pourtant le second évènement annuel majeur du Parc Expo, non pas en durée –il ne dure que trois jours- mais au titre de sa notoriété  au plan français, européen et international. C’est en particulier – mais pas seulement - pour ce salon  qui attire les acheteurs venant de toutes les régions françaises, des autres pays de l‘UE et de l’étranger que le Salon a fait l’objet d’une profonde modernisation et d’un agrandissement il y a quelques années.

 

Une autre anomalie est à voir en cette page du catalogue 2015 qui est la disparition de toute mention du Comité d’Organisation. Restent mentionnées l’organisation par Angers Expo Congrès avec ses différentes adresses et l’organisation du salon avec « l’aide » des quatre contributeurs déjà cités, à savoir  le Conseil régional des pays de Loire, le Conseil régional Centre-Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et Angers Loire Métropole. Un autre document vraisemblablement plus tardif destiné à la presse a supprimé le Conseil régional Centre-Val de Loire des organismes financeurs .   

 

Le troisième point à noter porte sur la disparition de l’éditorial traditionnel signé par Pierre Aguilas, Président du Salon des Vins de Loire, qu’on trouvait encore en 2010, ainsi qu’en 2012 (en page 3, l’organisation du salon étant placée en vis-à-vis en page 2) et qui avait déjà disparu en 2014. L’édito avait pour intérêt de donner le ton des nouveautés et des objectifs du millésime du salon. Juste pour l’exemple, voici quelles étaient les points forts soulignés par Pierre Aguilas - Président du Salon - pour l’édition 2012 : 570 exposants, 82 appellations, les bars à vins à l’honneur, le Media Corner…

 

Cette année en 2015, le catalogue officiel sur sa couverture met l’accent sur la dimension professionnelle du salon. Le Salon des Vins de Loire est « La Plateforme d’Echanges & d’Affaires des Professionnels du Vignoble », avec cette signature « Un évènement Angers Expo Congrès » avec ce slogan « Vivez l’évènement en grand ».  Le lundi -1er jours du salon- a été plus particulièrement orienté vers la Grande Distribution. Les trois jours ont été dotés en outre d’un programme très copieux de de conférences, de témoignages, de dégustation, de partage d’expertises techniques, gustatives, pratiques, de connaissances marketing… avec au total 15 ateliers le lundi 2 févier, 13 le mardi et 15 le mercredi. Des échanges jugés intéressants par des participants, qui ont eu aussi pour conséquence de diminuer la fréquentation des allées .   

 

. Passons maintenant à l’ambiance 2015 dès l’entrée. Chaque salon a son atmosphère singulière, tout comme une maison, qui transmet sa qualité particulière de l’accueil à ceux qui y entrent. On pourrait dire que chaque millésime de salon a ses propres caractéristiques, ses spécificités, ses couleurs… faites d’une infinité d’éléments difficiles à définir. Et qui existent vraiment et que tous ressentent, chacun à sa façon, chacun tablant sur ses expériences passées, qui s’entassent les unes sur les autres, à la façon d’un mur dont les pierres d’assise du dessous, qu’on ne voit plus, sont pourtant aussi fondamentales que celles du dessus qu’on peut toucher, voir ou deviner.

 

Un salon est un organisme vivant d’une durée de vie très courte, dense et qui demande de ce fait un très gros travail en amont et une justesse d’équilibre très délicate. Il suffit en effet de changer un élément pour modifier la donne et provoquer des changements, non seulement attendus et d’autres qui le sont peut-être moins. L’adaptation visible et invisible d’un salon est pourtant une nécessité de façon à être en phase en continue avec la société, les attentes des exposants et de leurs acheteurs. Deux exemples :

 

  • le premier porte sur la distinction entre les vins blancs et les rouges en libre-dégustation ; les premiers placés à l’entrée du salon ont connu une bonne affluence, les seconds situés à l’opposé dans le fond  vraisemblablement beaucoup moins.   

  • l’Allée des jeunes Vignerons a beaucoup fait parler. Certains ont dû quitter leur stand habituel, leur jeunesse d’esprit et leur dynamisme ne pouvant suppléer à un nombre d’années qui ne leur permet plus d’être qualifiés de « jeunes » ; d’autres, des parents, ont été présents en l’absence de leur descendant… Avec des conséquences au Grand Palais lui-même, où le nombre de parents  présents sur le stand familial était plus important que les années passées, du fait de la participation du ou de la successeur-e à l’autre évènement, la Levée de la Loire.

 

Pour les habitués, la mémoire joue en effet un rôle essentiel dans la perception annuelle d’un salon que l’on connait. C’est particulièrement le cas  avec celui des Vins de Loire qui est véritablement toujours le navire amiral d’une grande partie de la profession. C’est encore par rapport à lui qu’on se définit comme exposant ou comme acheteur, et maintenant comme particulier autorisé à entrer contre un droit d’entrée à 30E. Toutes les autres manifestations commerciales éclatées dans la ville ou  rattachées directement au SDVL - Salon des Vins de Loire – se calent par rapport au « Mammouth ».  Les exposants s’y comptent par plusieurs centaines, les acheteurs par 9 000 quelques années après ses débuts dans sa première décade.

 

En presque 30 ans, reconnaissons que toute la société a changé. 30 ans, c’est déjà plus que la durée d’une génération en termes statistiques. Les modes de culture et plus largement les relations à la terre et à la vigne, les attentes des amateurs et des professions de distribution  ont été bouleversés en France et dans le reste du monde qui s’est ouvert à la culture du vin. Les nouvelles générations d’hier ont déjà maintenant associés leurs descendants à la bonne marche de l’exploitation. Une des conséquences est que les besoins de reconnaissance et de légitimité ont changé. La notoriété d’un domaine tient toujours à son histoire, à sa reconnaissance par les autres, au charisme de  la personne qui est le géniteur du vin, à son aura face aux journalistes et à ceux qui comptent dans le monde du vin. Très clairement aussi et cela depuis plusieurs années, le Grand Monde du Bio composé  des différentes familles des bios demande à que soient reconnues comme une évidence sa profonde légitimité et ses avancées qualitatives au plus près du respect du monde du vivant.

 

C’est sur cette question essentielle du bio & bio-dynamie que se sont développés quasiment tous les autres évènements viniques, à commencer par le plus grand que l’on désigne par le magnifique bâtiment qui l’accueille chaque année maintenant,  le Grenier Saint-Jean. Il est si connu qu’on se demande entre voisins exposants : « Vous serez au Grenier ? » Et la réponse fuse « Oui, naturellement comme chaque année.» Il a pour particularité de s’adresser aux professionnels et d’être ouvert aux  particuliers connaisseurs. Son degré d’exigence a conduit l’équipe organisatrice à prendre deux décisions fortes pour éviter les dérives. A savoir premièrement à ne plus accepter la présence des vignerons-négociants, ces professionnels à la double casquette qui ne peuvent pourtant s’engager au titre du bio que sur leurs propres vins. En second lieu, une dégustation - préalable au salon - des  millésimes présentés à la dégustation au Grenier permet d’assurer le maintien du niveau d’exigence défini par l’équipe toujours réuni auprès de Nicolas Joly.

 

Par respect pour le SVL, qui court sur 3 journées - le lundi, mardi et mercredi de fin janvier et début février de chaque année -,  le Grenier a toujours fait en sorte de placer ses deux jours – le samedi et le dimanche précédent- avant la tenue du salon officiel au Parc-Expo. Une façon logique qui permet aux acheteurs hors Loire surtout d’optimiser leurs déplacements pour venir d’abord au Grenier au cœur du vieux quartier patrimonial de la Doutre à Angers et ensuite au Parc Expo au nord de la ville dans la zone industrielle. 

 

Depuis plusieurs années au Salon des Vins de Loire, les jeunes vignerons de la famille des Bios en particulier demandaient en vain plus de reconnaissance de la part des Officiels de façon à obtenir une meilleure visibilité du fait de leur légitimité. De son côté, la CAB, la Coordination Agro-Biologique des Pays de la Loire, s’est décidée à sauter le pas. Elle a organisé en 2014 deux évènements en parallèle pour faire progresser la visibilité réelle du Bio : un stand collectif Bio au Salon des Vins de Loire ainsi qu’un nouveau salon « La Levée de la Loire »  avec 101 exposants bios,  cette fois-ci hors les murs du Parc Expo au même moment à Angers, au Grenier Saint-Jean. Celui-ci s’était vidé d’une partie de ses exposants ligériens de l’avant-veille et de la veille qui avaient rejoint le Parc Expo. Certains exposants avaient tenus à être présents dans les deux manifestations. Forte de ces résultats très positifs, aussi bien sur le stand collectif au SVL que pour ce 3è millésime de la Levée de la Loire, la CAB et l’AIVB-VL – L’Association Interprofessionnelle des Vins Bios du Val de Loire -  ont engagé le dialogue avec le Parc-Expo pour négocier dans de meilleurs conditions un accrochage de la Levée de la Loire au Salon des Vins de Loire.

 

Et c’est ainsi que pour la première fois en ses 29 ans d’existence, le Parc-Expo a ouvert ses locaux au Salon des Vins de Loire « La Levée de la Loire » non organisé par lui, au fond du Grand Palais, dans une salle dénommée « Salon Novaxia » qui est un hangar peint en blanc. Il n’est pas habillé comme peut l’être un salon. Ici, il n’y a ni faux murs noirs, ni moquette rose foncé, mais de grandes tables recouvertes de papier avec un cadre posé avec le nom de l’exposant et son n°.  C’est sobre, réduit à l’essentiel de façon à minimiser les coûts, à la demande même des exposants. Un des autres avantages est de retrouver « un côté copain » proche des voisins, avec lesquels on cohabite le temps d’un salon plus ou moins en fonction de son tempérament. C’est un point commun avec le Grenier, une bonne part des exposants du week-end se retrouvant parfois à nouveau voisins, dans un autre cadre.

 

Le choc d’univers entre le Salon et la Levée. Il est étonnant tant - et on le sait – le cadre influe non seulement sur l’ambiance mais sur les relations entre les gens. Ici on est tous ensemble d’un côté l’autre de la grande tablée qui unit plus qu’elle ne sépare. Le comptoir traditionnel dans un salon est toujours orienté de l’exposant vers le visiteur. A la Levée de la Loire, non. Il y a aussi un côté jeune qui est toujours appréciable, sans qu’on puisse dire non plus quelle est la moyenne d’âge. C’est là qu’on s’aperçoit combien le bio est présent en force. Cet « effet  bio » que savoure de façon visible un certain nombre de participants comme une attente enfin satisfaite, surtout ceux qui avaient dû impérativement choisir entre être présent à la Levée ou au Salon sans pouvoir ou vouloir se dédoubler, quitte à perdre les précieux contacts avec des acheteurs étrangers dont certains ne peuvent rester que la journée de lundi en plus de celle du samedi et/ou du dimanche.

 

Un petit goût amer quand même reste en bouche, non pas au spectacle très vivant qui se déroule à la Levée au salon Novaxia, mais aux Manquants dans les différents stands ouvrant sur les allées du Salon. Certes il y a bien les manquants dans les vignes, qui attirent le regard, car ils signent l’absence, le vieillissement, le grand départ, comme il en va dans la nature…Les Manquants à un salon offrent une autre explication : ils ne sont plus là car ils ont décidé de ne plus venir ni au Salon, ni à la Levée, et ça, clairement, cela fait mal au cœur. Eux aussi avaient pourtant beaucoup contribué de leur personne pour faire de ce Salon des Vins de Loire une locomotive de la profession, le seul salon au monde dédié à un grand fleuve, dont le Val  dans sa partie centrale est classé Unesco, le seul à porter toutes les couleurs des vins, tous les styles, du très grand domaine au tout petit, de la vieille maison de négoce à la toute nouvelle…

 

Certes une porte s’est ouverte grâce à la ténacité des Bios enfin réunis comme ils le demandaient depuis plusieurs années. Certes certains qui avaient décidé de ne pas venir cette année, vont peut-être revenir autrement, dans d’autres conditions  l’année prochaine. Car une porte  a ceci de magique qu’elle peut s’ouvrir dans les deux sens, du Salon vers la Levée et …l’inverse ! 

 

Dans son bilan de fin de salon, l’organisation du Salon des Vins de Loire  s’est, quant à elle, félicitée de la tenue de ce salon qui a attiré 9 000 visiteurs, pour l’un et l’autre salons. Soit le chiffre médian habituel des autres années.    

 

Pour suivre le chemin . Le Grenier Saint-Jean à retrouver en photos sur https://www.facebook.com/DegustationGrenierStJean et sur mon blog pour la journée de Samedi dans l’album photo dédié  « Angers-Grenier-St-Jean-Salon-des-Vins-Levée-de-la-Loire ». 

 . Pour le SDVL 2015, voir http://www.angers-expo-congres.com/le-parc-des-expositions/presentation/   et http://www.salondesvinsdeloire.com/le-salon-des-vins-de-loire/presentation/  

 

. Les contacts « Presse » ont été assurés par Clair de Lune, svl@clairdelune.fr www.clairdelune.fr 

 

. Sous le titre de « 2015, une année charnière… » pour le SVL,  lire l’interview  de Christian Groll, Commissaire général, par Mathieu Doumenge sur http://www.terredevins.com/actualites/salon-des-vins-de-loire-une-annee-charniere/   

 

. Pour la Levée de la Loire, lire, avec les principaux chiffres du bio en Val de Loire, http://www.courrierdelouest.fr/actualite/premiere-levee-bio-au-parc-expo-dangers-30-01-2015-206301

 

. Pour la Levée de la Loire, voir aussi le très bon article de  Sébastien Bonduau d’avril 2014 qui explique bien le contexte de son avancée,   http://www.biopaysdelaloire.fr/html/index.php?id_repertoire=139&pere=43

 

. La naissance du  Salon des Pénitentes est directement liée à la décision du rejet des négociants du Grenier. Son édition 2015 –dimanche 25 et lundi 26 janvier - est à retrouver sur  https://www.facebook.com/LesPenitentesAtLeGouverneur

 

. La Dive Bouteille pour sa 16è édition, dimanche 01.02 et le lundi 02.02-2015,  organisée aux caves Ackermann à Saumur par Sylvie Augereau, avec au graphisme toujours Michel Tolmer,  sur https://www.facebook.com/permalink.php?id=296643294072&story_fbid=10152668735874073 

 

. Et les vins anonymes avec 17 vignerons de Loire sur http://vinsanonymes.canalblog.com/

 

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l’album dédié aux trois manifestations, sur ce blog, l'article devenant trop lourd. 

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Style de Pub > La Presse Magazine > L’Œil sur la Société > 2009

11 Février 2015, 12:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ou comment la presse magazine fait sa propre publicité pour conforter sa place éminente dans la société et cela en avril 2009. Le visuel se présente sous forme  d’une double page de couleur bleu ciel-turquoise avec un minimum de texte paru dans Connaissance des Arts.


Le texte ne comprend que deux phrases sous forme d’affirmations. «Les magazines culturels sont indispensables pour connaître les évènements à ne pas rater, et presque suffisants pour prétendre les avoir vus. Rien n’est plus vivant que la presse magazine. » Signé « pressemagazine.eu »  

 

Pub-Presse-Magazine-2009-DSC08542

L’œil et une franche réussite, au point qu’on aurait aimé le voir seul, avec un tout petit texte au fond de la pupille, mais il aurait fallu alors que l’œil soit franchement plus gros, au risque de devenir inquiétant, comme s’il mangeait tout. Le choix des concepteurs s’est donc porté sur le décalage en léger biais de la première phrase en caractères noirs alors que la signature figure en blanc sur ce fond bleu léger turquoise avec un ombrage à peine perceptible  sur le coin haut à droite pour faire ressortir les caractères imprimés.  

 

La composition de l’œil. Il est constitué de trois magazines, le premier pour figurer le bas de la paupière, un second pour celle du haut, avec de longs cils et le troisième enroulé pour la pupille, avec là aussi un jeu de pliage impressionnant pour rappeler la force du papier, qu’on a pu admirer pour les cils de toute beauté du dessus.

 

Pub-Presse-Magazine-2009-DSC08542

Cette composition fondée sur le principe de la longue-vue  est à la fois très compréhensible, très forte et très subtile. Le résultat est un très beau travail de design visuel, surtout aussi grâce aux cils.          

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver le visuel dans Connaissance des Arts,  n° 670, avril 2009.

. Photo Elisabeth Poulain

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2015, Les Vins de Loire, entre Grenier, Salon & Levée

10 Février 2015, 15:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Angers, la question que tous posent avec ce dialogue qui est un résumé de ce qui s’est passé ce week-end et + :         

  • Alors vous les avez tous faits?      

  • Euh, tous quoi ?

  • Tous les salons, les salons du vin, même quand ils ne portent surtout pas le nom de salon.

  • Et pourquoi ?

  • C’est évident, il n’y en a toujours qu’un seul, le Salon des Vins de Loire, qui se tient au Parc des Expositions d’Angers ; tous les autres peuvent s’appeler comme ils le veulent mais sans intégrer ce nom de salon !  En fait les autres manifestations prennent souvent le nom du lieu où ils sont accueillis mais pas toujours. Avec ces explications de départ, on peut démarrer.

  • Et non, j’avoue, je ne les pas tous fait. Ca va venir !         

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Et maintenant en ce début d’année 2015, toutes ces rencontres autour du vin  fleurissent au point de donner le tournis d’une façon étonnante. De quoi parle-t-on ? De salon du vin, de cours avec des travaux pratiques, de partage d’expériences... avec une question lancinante qui reste dans la tête qui est qu’un salon est quand même destiné d’abord à permettre à des acheteurs de venir faire leurs commandes pour l’année à des professionnels du vin, tels que des vignerons, des négociants… Restons concentré sur trois d’entre ces salons, même s’ils n’en portent pas le mot. Je préfère ne pas employer celui d’évènement –comme on le dit d’un évènement culturel - qui n’a en principe  pas de dimension commerciale.  

. Le Salon des Vins de Loire accueilli au Parc des Expositions d’Angers du 2 au 4 février 2015 inclus. Il est un pur produit des grandes institutions ligériennes qui se sont penchées sur son berceau pour le faire naître en 1986 et soutenir son développement depuis.  

Citons pour exemple la présentation du 28è Salon en 2014 en page 3. Le Comité d’Organisation, présidé par Pierre Aguilas, comprenait tout particulièrement InterLoire, le BIVC, SPPL, CENTRECO CENTREXPORT, l’INAO, FranceAgriMer, l’Union des Oenologues de France, de la Région Val de Loire, l’Union de la Sommellerie française, section Val de Loire…  « L’aide » -le financement-  provenait de quatre institutions. A savoir le Conseil régional des Pays de Loire, le Conseil régional du Centre Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et  Angers Loire Métropole. L’organisateur du salon est Angers Expo Congrès dont les noms des membres du Commissariat général sont cités.  Aucune de ces informations pourtant essentielles, encore présentes jusqu’à l’année 2014 incluse, ne figure pourtant dans le catalogue 2015, ce qui est proprement inconcevable.   

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. Sur la page de couverture du catalogue, l’année 2015 marque donc sa 29è édition, une information à laquelle il n’est fait mention qu’en petits caractères contrairement aux autres années. Par contre, il est annoncé dans le catalogue officiel 2015 que l’année prochaine sera sa 30è édition, une façon très directe de dire qu’il sera là à nouveau l’an prochain, comme si on avait besoin d’en être assuré!

Après le Salon du Végétal, c’est pourtant le second évènement annuel majeur du Parc Expo, non pas en durée –il ne dure que trois jours- mais au titre de sa notoriété  au plan français, européen et international. C’est en particulier – mais pas seulement - pour ce salon  qui attire les acheteurs venant de toutes les régions françaises, des autres pays de l‘UE et de l’étranger que le Salon a fait l’objet d’une profonde modernisation et d’un agrandissement il y a quelques années.

Une autre anomalie est à voir en cette page du catalogue 2015 qui est la disparition de toute mention du Comité d’Organisation. Restent mentionnées l’organisation par Angers Expo Congrès avec ses différentes adresses et l’organisation du salon avec « l’aide » des quatre contributeurs déjà cités, à savoir  le Conseil régional des pays de Loire, le Conseil régional Centre-Val de Loire, le Conseil général de Maine et Loire et Angers Loire Métropole. 

Le troisième point à noter porte sur la disparition à nouveau de l’éditorial  traditionnel signé par Pierre Aguilas, Président du Salon des Vins de Loire, qu’on trouvait encore en 2010, ainsi qu’en 2012 (en page 3, l’organisation du salon étant placée en vis-à-vis en page 2) et qui avait déjà disparu en 2014. L’édito avait pour intérêt de donner le ton des nouveautés et des objectifs du millésime du salon. Juste pour l’exemple, voici quelles étaient les points forts soulignés par Pierre Aguilas - Président du Salon - pour l’édition 2012 : 570 exposants, 82 appellations, les bars à vins à l’honneur, le Media Corner…

Cette année en 2015, le catalogue officiel sur sa couverture met l’accent sur la dimension professionnelle du salon. Le Salon des Vins de Loire est « La Plateforme d’Echanges & d’Affaires des Professionnels du Vignoble », avec cette signature « Un évènement Angers Expo Congrès » avec ce slogan « Vivez l’évènement en grand ».  Le lundi a été plus particulièrement orienté vers la Grande Distribution. Les trois jours ont été dotés en outre d’un programme très copieux de de conférences, de témoignages, de dégustation, de partage d’expertises techniques, gustatives, pratiques, de connaissances marketing… avec au total 15 ateliers le lundi 2 février, 13 le mardi et 15 le mercredi. Des échanges jugés intéressants par des participants.  

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. Passons maintenant à l’ambiance 2015 dès l’entrée. Chaque salon a son atmosphère singulière, tout comme une maison, qui transmet sa qualité particulière de l’accueil à ceux qui y entrent. On pourrait dire que chaque millésime de salon a ses propres caractéristiques, ses spécificités, ses couleurs… faites d’une infinité d’éléments difficiles à définir. Et qui existent vraiment et que tous ressentent, chacun à sa façon, chacun tablant sur ses expériences passées, qui s’entassent les unes sur les autres, à la façon d’un mur dont les pierres d’assise du dessous, qu’on ne voit plus, sont pourtant aussi fondamentales que celles du dessus qu’on peut toucher, voir ou deviner.

Un salon est un organisme vivant d’une durée de vie très courte, dense et qui demande de ce fait un très gros travail en amont et une justesse d’équilibre très délicate. Il suffit en effet de changer un élément pour modifier la donne et provoquer des changements, non seulement attendus et d’autres qui le sont peut-être moins. L’adaptation visible et invisible d’un salon est pourtant une nécessité de façon à être en phase en continue avec la société, les attentes des exposants et de leurs acheteurs. Deux exemples :               

  • Le premier porte sur la distinction entre les vins blancs et les rouges en libre-dégustation ; les blancs placés à l’entrée du salon ont connu une bonne affluence, les seconds situés à l’opposé dans le fond  vraisemblablement beaucoup moins.         

  • l’Allée des jeunes Vignerons a beaucoup fait parler. Certains ont dû quitter leur stand habituel, leur jeunesse d’esprit et leur dynamisme ne pouvant suppléer à un nombre d’années qui ne leur permettent plus d’être qualifiés de « jeunes » ; d’autres, des parents, ont été présents en l’absence de leur descendant présent autre part… Avec des conséquences au Grand Palais lui-même, où le nombre de pères  présents sur le stand familial était plus important que les années passées, du fait de la participation du ou de la successeur-e à l’autre évènement, la Levée de la Loire.

Pour les habitués, la mémoire joue en effet un rôle essentiel dans la perception annuelle d’un salon que l’on connait. C’est particulièrement le cas  avec celui des Vins de Loire qui est véritablement toujours le navire amiral d’une grande partie de la profession. C’est encore par rapport à lui qu’on se définit comme exposant ou comme acheteur, et maintenant comme particulier autorisé à entrer contre un droit d’entrée à 30E. Toutes les autres manifestations commerciales éclatées dans la ville ou  rattachées directement au SVL - Salon des Vins de Loire – se calent par rapport au « Mammouth ».  Les exposants s’y comptent par plusieurs centaines, les acheteurs par 9 000 quelques années après ses débuts dans sa première décade.

Angers-SVL15-Workshop-Installation-DSC08150

En presque 30 ans, reconnaissons que toute la société a changé. 30 ans, c’est déjà plus que la durée d’une génération en termes statistiques. Les modes de culture et plus largement les relations à la terre et à la vigne, les attentes des amateurs et des professions de distribution  ont été bouleversés en France et dans le reste du monde qui s’est ouvert à la culture du vin. Les nouvelles générations d’hier ont déjà maintenant associés leurs descendants à la bonne marche de l’exploitation. Une des conséquences est que les besoins de reconnaissance et de légitimité ont changé. La notoriété d’un domaine tient toujours à son histoire, à sa reconnaissance par les autres, au charisme de  la personne qui est le géniteur du vin, à son aura face aux journalistes et à ceux qui comptent dans le monde du vin. Très clairement aussi et cela depuis plusieurs années, le Grand Monde du Bio composé  des différentes familles des bios demande à que soient reconnues comme une évidence sa profonde légitimité et ses avancées qualitatives au plus près du respect du monde du vivant.

C’est sur cette question essentielle du bio & bio-dynamie que se sont développés quasiment tous les autres évènements viniques, à commencer par le plus grand que l’on désigne par le magnifique bâtiment qui l’accueille chaque année maintenant,  le Grenier Saint-Jean. Il est si connu qu’on se demande entre voisins exposants : « Vous serez au Grenier ? » Et la réponse fuse « Oui, naturellement comme chaque année.» Il a pour particularité de s’adresser aux professionnels et d’être ouvert aux  particuliers connaisseurs. Son degré d’exigence a conduit l’équipe organisatrice à prendre deux décisions fortes pour éviter les dérives. A savoir premièrement à ne plus accepter la présence des vignerons-négociants, ces professionnels à la double casquette qui ne peuvent pourtant s’engager au titre du bio que sur leurs propres vins. En second lieu, une dégustation - préalable au salon - des  millésimes présentés à la dégustation au Grenier permet d’assurer le maintien du niveau d’exigence défini par l’équipe toujours réuni auprès de Nicolas Joly.

Angers-GrenierSaint-Jean15-nef centrale SDSC07930

Par respect pour le SVL, qui court sur 3 journées - le lundi, mardi et mercredi de fin janvier et début février de chaque année -,  le Grenier a toujours fait en sorte de placer ses deux jours – le samedi et le dimanche précédent- avant la tenue du salon officiel au Parc-Expo. Une façon logique qui permet aux acheteurs hors Loire surtout d’optimiser leurs déplacements pour venir d’abord au Grenier au cœur du vieux quartier patrimonial de la Doutre à Angers et ensuite au Parc Expo au nord de la ville dans la zone industrielle. 

Depuis plusieurs années au Salon des Vins de Loire, les jeunes vignerons de la famille des Bios en particulier demandaient en vain plus de reconnaissance de la part des Officiels de façon à obtenir une meilleure visibilité du fait de leur légitimité. De son côté, la CAB, la Coordination Agro-Biologique des Pays de la Loire, s’est décidée à sauter le pas. Elle a organisé en 2014 deux évènements en parallèle pour faire progresser la visibilité réelle du Bio : un stand collectif Bio au Salon des Vins de Loire ainsi qu’un nouveau salon « La Levée de la Loire »  avec 101 exposants bios,  cette fois-ci hors les murs du Parc Expo au même moment à Angers, au Grenier Saint-Jean. Celui-ci s’était vidé d’une partie de ses exposants ligériens de l’avant-veille et de la veille qui avaient rejoint le Parc Expo. Certains exposants avaient tenus à être présents dans les deux manifestations. Forte de ces résultats très positifs, aussi bien sur le stand collectif au SVL que pour ce 3è millésime de la Levée de la Loire, la CAB et l’AIVB-VL – L’Association Interprofessionnelle des Vins Bios du Val de Loire -  ont engagé le dialogue avec le Parc-Expo pour négocier dans de meilleurs conditions un accrochage de la Levée de la Loire au Salon des Vins de Loire.

Angers-Levée-de-la-Loire15-Affiche-DSC08335

Et c’est ainsi que pour la première fois en ses 29 ans d’existence, le Parc-Expo a ouvert ses locaux au Salon des Vins de Loire « La Levée de la Loire » non organisé par lui, au fond du Grand Palais, dans une salle dénommée « Salon Novaxia » qui est un hangar peint en blanc. Il n’est pas habillé comme peut l’être un salon. Ici, il n’y a ni faux murs noirs, ni moquette rose foncé, mais de grandes tables recouvertes de papier avec un cadre posé avec le nom de l’exposant et son n°.  C’est sobre, réduit à l’essentiel de façon à minimiser les coûts, à la demande même des exposants. Un des autres avantages est de retrouver « un côté copain » proche des voisins, avec lesquels on cohabite le temps d’un salon plus ou moins en fonction de son tempérament. C’est un point commun avec le Grenier, une bonne part des exposants du week-end se retrouvant parfois à nouveau voisins, dans un autre cadre.

Le choc d’univers entre le Salon et la Levée. Il est étonnant tant - et on le sait – le cadre influe non seulement sur l’ambiance mais sur les relations entre les gens. Ici on est tous ensemble d’un côté l’autre de la grande tablée qui unit plus qu’elle ne sépare. Le comptoir traditionnel dans un salon est toujours orienté de l’exposant vers le visiteur. A la Levée de la Loire, non. Il y a aussi un côté jeune qui est toujours appréciable, sans qu’on puisse dire non plus quelle est la moyenne d’âge. C’est là qu’on s’aperçoit combien le bio est présent en force. Cet « effet  bio » que savoure de façon visible un certain nombre de participants comme une attente enfin satisfaite, surtout ceux qui avaient dû impérativement choisir entre être présent à la Levée ou au Salon sans pouvoir ou vouloir se dédoubler, quitte à perdre les précieux contacts avec des acheteurs étrangers dont certains ne peuvent rester que la journée de lundi en plus de celle du samedi et/ou du dimanche.  

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Un petit goût amer quand même reste en bouche, non pas au spectacle très vivant qui se déroule à la Levée au salon Novaxia, mais aux Manquants dans les différents stands ouvrant sur les allées du Salon. Ce que traduisent aussi "les murs noirs" pour rapetisser la surface d'un salon.  Certes il y a bien les manquants dans les vignes, qui attirent le regard, car ils signent l’absence, le grand départ, le vieillissement, comme il en va dans la nature…Les Manquants à un salon offrent une autre explication : ils ne sont plus là car ils ont décidé de ne plus venir ni au Salon, ni à la Levée, et ça, clairement, cela fait mal au cœur. Eux aussi avaient pourtant beaucoup contribué de leur personne pour faire de ce Salon des Vins de Loire une locomotive de la profession, le seul salon au monde dédié à un grand fleuve, dont le Val  dans sa partie centrale est classé Unesco, le seul à porter toutes les couleurs des vins, tous les styles, du très grand domaine au tout petit, de la vieille maison de négoce à la toute nouvelle…  

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Certes une porte s’est ouverte grâce à la ténacité des Bios enfin réunis comme ils le demandaient depuis plusieurs années. Certes certains qui avaient décidé de ne pas venir cette année, vont peut-être revenir autrement, dans d’autres conditions  l’année prochaine. Car une porte  a ceci de magique qu’elle peut s’ouvrir dans les deux sens, du Salon vers la Levée et …l’inverse !    

Dans son bilan de fin de salon, l’organisation du Salon des Vins de Loire  s’est, quant à elle, félicitée de la tenue de ce salon qui a attiré 9 000 visiteurs, pour l’un et l’autre salons. Soit le chiffre médian habituel des autres années...  

Pour suivre le chemin  

Angers-GSJ15-Do-Bablut-Pierres-DSC07986

. Le Grenier Saint-Jean à retrouver en photos sur https://www.facebook.com/DegustationGrenierStJean et sur mon blog pour la journée de Samedi dans l’album photo dédié  « Angers-Grenier-St-Jean-Salon-des-Vins-Levée-de-la-Loire ».   

. Pour le SDVL 2015, voir http://www.angers-expo-congres.com/le-parc-des-expositions/presentation/   et http://www.salondesvinsdeloire.com/le-salon-des-vins-de-loire/presentation/

. Les contacts « Presse » ont été assurés par Clair de Lune, svl@clairdelune.fr www.clairdelune.fr  

. Sous le titre de « 2015, une année charnière… » pour le SVL,  lire l’interview  de Christian Groll, Commissaire général, par Mathieu Doumenge sur http://www.terredevins.com/actualites/salon-des-vins-de-loire-une-annee-charniere/  

. Pour la Levée de la Loire, lire, avec les principaux chiffres du bio en Val de Loire, http://www.courrierdelouest.fr/actualite/premiere-levee-bio-au-parc-expo-dangers-30-01-2015-206301

. Pour la Levée de la Loire, voir aussi le très bon article de  Sébastien Bonduau d’avril 2014 qui explique bien le contexte de son avancée,   http://www.biopaysdelaloire.fr/html/index.php?id_repertoire=139&pere=43

. La naissance du  Salon des Pénitentes est directement liée à la décision du rejet des négociants du Grenier. Son édition 2015 –dimanche 25 et lundi 26 janvier - est à retrouver sur  https://www.facebook.com/LesPenitentesAtLeGouverneur

. La Dive Bouteille pour sa 16è édition, dimanche 01.02 et le lundi 02.02-2015,  organisée aux caves Ackermann à Saumur par Sylvie Augereau, avec au graphisme toujours Michel Tolmer,  sur https://www.facebook.com/permalink.php?id=296643294072&story_fbid=10152668735874073 

. Sans  oublier les vins anonymes avec 17 vignerons de Loire sur http://vinsanonymes.canalblog.com/

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l’album dédié aux trois manifestations, sur ce blog. Les pierres viennent du Domaine de Bablut. La photo de la nef centrale du Grenier a été prise à l'ouverture, avant le rush. Les quatre jeunes gens dans la boîte  au SVL sont des futurs sommeliers, actuellement en formation  au Lycée Hôtelier de St Meen le Grand près de Rennes.

 

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La ville & l’animal > Le furet à Bruxelles, Fécamp…Et pourquoi pas ?

29 Janvier 2015, 12:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Juste une question d’habitude, oui absolument. Pourquoi toujours ne voir que des chiens en laisse. On s’en lasse ! Oh, non, c’est faux tant les propriétaires de chien font preuve d’imagination dans la recherche de races de chien peu connues. En quelques après-midi à des points stratégiques de promenade humaines et canines, on peut vraiment presque faire le tour du monde !  

Furets-Bruxelles-centre2

Commençons par le commencement, le furet, qui n’est franchement pas parmi les quatre pattes les plus connus pour arpenter les trottoirs de nos villes, au bout d’une laisse. Il  est important de le dire tout de suite pour bien mettre l’accent sur le furet-animal de compagnie, par différence avec le furet de chasse et avec la fouine, une cousine, par exemple, dont l'instinct sauvage est assez prononcé. 

Ce nouvel animal de compagnie fait partie de la grande famille des Mustelidés qui vise aussi la belette, l’hermine et le vison. Il est très en vogue aux Etats-Unis, au Japon et en Europe sans précision supplémentaire. Il aime, parait-il, faire trois activités, manger, dormir et jouer, sachant que pour vous, ce sera quasiment du plein temps. Il  faut le sortir de sa cage 3 heures par jour, en le surveillant constamment, car le drôle n’a qu’une envie : c’est d’aller voir ailleurs. Dans le logement, c’est possible, dehors non attaché, cela ne l’est pas. Il est donc hors de question de le laisser seul au jardin. Il s’en échapperait.  

Les deux exemples de furets en ville dont je vais vous parler concernent le premier Bruxelles, la capitale  belge,  et le second Fécamp, une ville littorale du Nord de la France qui est située  quelques dizaines de kilomètres au-dessus du Port du Havre.

Furets-Bruxelles-centre1

. La rencontre de Bruxelles. Elle s’est faite sur un trottoir, pas tout à fait nez à nez mais presque, car les furets étaient chacun dans les bras de leurs maîtres. Ceux-ci m’ont expliqué qu’ils préféraient ne pas les laisser marcher par terre. Ils étaient encore trop jeunes et il y avait trop de monde sur le trottoir. Ils étaient très attachés à  ces petites bêtes. Ils en avaient déjà eu par le passé et clairement l’absence de furet à la maison se faisait sentir. Pour que leur furet ne s’ennuie pas en leur absence, ils en avaient pris deux. Il y avait maintenant à nouveau deux jeunes qui s'entendaient bien et la vie était belle. Les personnes étaient vraiment charmantes et nous avons eu beaucoup de plaisir à pouvoir échanger avec elles et partager leur plaisir de s'occuper à nouveau de ces petits animaux. Du plaisir au cube en quelque sorte: chacun le sien, en couple avec les deux furets et avec les passants.  

Furet-Fécamp-boutique2   

. La « rencontre » visuelle de Fécamp a eu lieu alors que le furet venait de rentrer dans une boutique, marchant en laisse tenue par son maître, qui m’a autorisé à prendre son furet en photo. Visiblement tous alentour connaissaient et le maître et l’animal qui semblait très à son aise, familier de l’endroit. Et lui a été autorisé à entrer dans le magasin pendant plus loin un chien attendait avec sa maîtresse que l’autre membre du couple sorte de la pharmacie de la rue Alexandre Legros. Dans ce cas, il n’y a pas eu de rencontre proprement dite dans la mesure où le maître du furet n’avait ni l’envie ni le temps de répondre à quelques questions. Et visiblement, il tenait à montrer qu’il traitait  son furet comme il l’aurait fait avec un petit teckel, tout en sachant forcément que ce n'était pas le cas. Du furet au second degré en quelque sorte, dans le style: j'ai un animal que personne d'autre que moi possède et je fais comme si cela était banal. C'était intéressant parce que c'était aussi vraisemblablement une façon d'habituer l'animal à sortir et à voir d'autres personnes.  

Chien-Fécamp-rue-Alexandre-Legros       

Quoi qu'il en soit, avant de vous lancer dans la présence d’un furet à la maison, lisez bien tout ce qui vous pourrez sur le Net et n'oubliez jamais que c’est vous qui serez au service de votre petit quadrupède de compagnie. En commençant surtout et d'abord par devenir un bon dresseur capable de dresser ce petit carnivore qui aurait tendance à mordre s’il n’a pas été …habitué à ne pas le faire.

Une bonne façon de devenir un bon maître de furet est toujours de se rappeler que le furet de chasse n’est jamais bien loin du NAC – nouvel animal de compagnie- sympa qui vous fait du charme pour que vous jouiez avec lui . Et que la chasse dont il était question dans les siècles passés était celle au lapin de garenne pour permettre au chasseur-homme ou femme de nourrir sa famille et celle qui visait les rats dans les navires avant leur départ vers des courses lointaines, dans le but de conserver disponible la nourriture pour les marins et non pas au profit des nuisibles. On sait aussi que de nombreuses îles de l’hémisphère sud ont vu ainsi tout leur écosystème anéanti par une prolifération de rats ayant débarqué des navires telle qu’on n’a pas encore trouvé aujourd'hui de solution efficace et écologiquement acceptable pour les éradiquer.           

Pour suivre le chemin

. En apprendre plus sur le furet avec http://pavillon-rongeurs.fr/new/les-animaux/presentation-des-especes/le-furet/

. Pour une étude plus approfondie, voir aussi http://wamiz.com/rongeurs/furet-4 et http://furet.comprendrechoisir.com/comprendre/dressage-furet

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans "Bestiaire de Voyage 2" à l'intérieur de l'album- mère du même nom, mais sans n° 

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Mini-Cas > Le sucre, formes & couleurs > Les tirelires Chupa Chups

27 Janvier 2015, 19:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre de ce mini-cas packaging. Il porte sur le sucre, celui des sucettes rondes de marque Chupa Chups, d’origine espagnole alors, distribué dans le monde. Des sucettes à base de lait et de sucre qui ont pour particularité d’avoir été vendues fin du siècle précédent, début du nouveau, dans des boîtes-tirelires au packaging très innovant, coloré, drôle et un peu déjanté pour attirer une clientèle de Jeunes plus âgés que l’enfant de moins de 10 ans, qui constituait la cible traditionnelle de la sucette.  

La boîte à sucettes Chupa Chups. Elle ressemble à un petit bidon de lait, sans les anses, tel qu’on en voyait encore jusque dans les années 1980 en France, lui-même à la forme dérivée du gros bidon qui était utilisé dans la salle de traite dans les exploitations. Les dimensions sont bien sûr adaptées non pas à des mains infantiles mais plutôt à des mains de parents qui voudraient faire plaisir à leur-s enfant-s.

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Les chiffres portés sur la boîte. Ses dimensions sont de 15,5cm de hauteur et les diamètres de 9cm en bas et de 8,5cm en haut, petit ourlet de métal inclus à chaque fois. Le différentiel témoigne du resserrement de la boîte en haut qui permet à une main d’adulte de la saisir facilement, un enfant peut-être moins, avec ses deux mains oui. 20 U, c’est-à-dire 20 sucettes sont contenues dans la boîte, qui pèse 240 grammes.

. La Ière boîte « Lait Sucettes ». Elle a été fabriquée, contenu inclus, par et pour la filiale française de la Société Bernat du nom du fondateur de la marque et de la saga des Sucettes Chupa Chups, sous le code de l’usine mère à Barcelone (Espagne), comme l’indique les deux premiers chiffres du code-barre = 8 4... Sa composition est établie ainsi  pour ces « Sucettes au goût de caramel et de lait,  « Ingrédients : Sucre, sirop de glucose lait en poudre, partiellement écrémé, pâte de cacao, beurre de cacao, arômes, café soluble, colorant (rouge de betterave, curcumine). ».

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. La seconde boîte d’ «Ice Cream Lollipops». Elle doit dater, sans certitude de ma part, de quelques années après. Cette fois-ci, le Made in Spain ressort clairement, avec l’adresse de l’entreprise à Barcelone. Une nouvelles mention apparait en plusieurs langues, comme ici pour le français : « Cette*emballage est destiné exclusivement aux sucettes Chupa Chups et ne peut  contenir aucun liquide ». (*= faute d’orthographe incluse. Il aurait fallu écrire « cet emballage… »).   

La liste des ingrédients, obligatoire dans tous les pays d’importation, figure sous l’assise de la boîte pour le grand nombre de pays dont le nom n’est pas cité, seule la langue changeant à chaque fois. La lecture en est de ce fait extrêmement difficile. Il faudrait photographier la liste en agrandissant les caractères, pour arriver à savoir quels sont les pays concernés.  

Les langues utilisées au bas du contenant. Il y a d’abord  l’anglais valable pour tous les pays, Espagne incluse, puis un avertissement identique en allemand, anglais, espagnol, français et russe.

Le packaging de la boîte violette et blanche. Il est fondé sur la présence de deux vaches clairement déjantées, dont on ne voit que la tête, avec des yeux qui biglent, une langue bien rouge qui pendouille et une "cibiche" (une cigarette en langue populaire)  au coin des lèvres.

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Pour suivre le chemin

. Voir le site de la marque détenue par une société internationale depuis 2011   http://www.chupachups.com/goodies.html, pour son 50e anniversaire, voir http://www.chupachups.fr/history_pop.html?frame=true&bg=ffffff

. Pour guère plus d’informations, voir   http://fr.wikipedia.org/wiki/Chupa_Chups

. Une analyse de la marque intéressante sur https://prezi.com/xj2_ectenveg/1g1-chupa-chups-analyse-de-la-marque/ 

. Sur l’absorption de la marque espagnole par le groupe italien, Perfetti van Melle - qui était déjà son partenaire avant, lire  - http://www.lesechos.fr/04/07/2006/LesEchos/19701-113-ECH_chupa-chups-se-fait-croquer-par-l-italien-perfetti-van-melle.htm

. Voir maintenant comment le groupe italien parle de son 2è produit phare après Mentos, sur  http://www.perfettivanmelle.com/our-brands/chupa-chups/ C’est impressionnant. 

. Photos Elisabeth Poulain 

Les questions   

Question 1. Pourquoi avoir précisé de façon exclusive les fonctions de la boîte, une fois en positif  et une fois en négatif ? Quel type d’avertissement est-ce là ?

Question 2. Pourquoi le packaging violet « Lait-Sucettes » semble-t-il plus ancien que le « Ice-Cream Lollipops » blanc, noir + autres couleurs ?

Question 3. A quels marchés est destinée la boite violette et blanche ?       

Question 4. Quelles catégories de personnes peuvent-elles être attirées par ces  sucettes?

Question 5. Quel est le pouvoir marketing de la vache en France ?

Question 6. Quel lien faites-vous entre les sucettes CC et le bidon ?

Question 7. Quel est l’impact de l’usage du dessin et de la couleur sur le goût du sucre ? 

Question 8. Quelles sont les trois grandes différences entre les deux packagings ?

Question 9. Quel est  leur grand point commun ?

Question 10. Quel packaging vous plait-il le plus ?

Question 11. Pourquoi trouve-t-on aussi peu d’informations sur la sucette espagnole et maintenant le groupe italien?

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Les réponses aux questions

R.1 à la Q.1. Les fonctions de la boîte, en positif  et négatif en lien avec le type d’avertissement.  C’est un avertissement légal propre à chaque pays ou groupe de pays, dont certains demandent cette double réponse : ce pour quoi la boîte est faite et ce pourquoi elle n’est pas faite. Ceci découle directement de l’influence du droit américain qui énonce un principe tout en l’assortissant tout de suite de précisions qui limitent son champ d’application. Cela oblige à être plus précis et à plus tenir compte de la réalité du terrain, contrairement au droit français qui préférait poser un principe. 

R.2 à la Q.2.  Le packaging violet « Lait-Sucettes » plus ancien que le « Ice-Cream Lollipops » blanc, noir + autres couleurs. Une des raisons est qu’il est plus lisible et plus audacieux, en utilisant des concepts visuels plus forts, avec une vache qui n’est pas très fraîche, un violet rose qui tient la route, de grandes taches blanches qui arrivent à équilibrer le tout. Le second est plus complexe, avec beaucoup de thèmes dont aucun ne va jusqu’au bout…L’époque n’est pas la même. La fin du XXe siècle a soulevé beaucoup de créativité et d’audace chez les concepteurs publicitaires.    

R.3 à la Q.3. Les marchés de la boite violette et blanche.  Ce sont les  pays   dont la langue est utilisée dans les mentions du bas, à savoir la France et les pays francophones autorisant ces importations en provenance de France.   

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R.4. à la Q.4. Les catégories de personnes attirées par ces  sucettes. Ce sont les Ados qui veulent montrer qu’ils sont grands, en osant acheter des sucettes un brin transgressives, ainsi que des adultes jeunes que cela amuse. D’une façon générale, tous ceux qui ont la culture « BD » et qui aiment l’humour au second degré.    

R.5 à la Q.5. Le pouvoir marketing de la vache en France. Il est très fort, grâce à une star incontournable, qui s’appelle La Vache Qui Rit. D’une façon plus générale, les Français aiment bien les vaches, même si on n’en voit plus beaucoup dans les prés. Elles sont toujours symboles d’abondance et de douceur.     

R.6 à la Q.6. Le lien entre les sucettes CC et le bidon. En fait, ils sont double, c’est le lait connu pour sa douceur crémeuse au départ et le sucre, celui du lait et celui qui est ajouté. Le lait est le premier aliment de la vie, qui ne s’oublie jamais. 

R.7 à la Q.7. L’impact de l’usage du dessin et de la couleur sur le goût du sucre.L’impact est très fort, d’abord parce que le sucre est un puissant euphorisant, avec lequel on se sent vite très bien. Le dessin individualise la relation avec le sucre; quand on aime la BD, on n’est pas quelqu’un de banal et la couleur renforce le plaisir du sucre. Le blanc seul peut évoquer beaucoup de choses mais pas forcément le plaisir  simple et premier de manger un bon gâteau et de sucer une belle sucette rouge, violette...

R.8. à la Q.8 Les trois grandes différences entre les deux packagings. En 1, c’est l’importance variable de la présence de la marque, avec un grand logo x 2  sur la vache sur fond violet, qui contraste avec le petit logo en haut au niveau du col dans les Lollipops. En 2, le lien clair de la vache avec le lait sur le packaging n° 1 au fond violet et sa disparition visuelle sur le second, malgré l’inclusion de « cream » dans le titre. En 3. La clarté du visuel audacieux en 1,  qui contraste avec l’arrivée d'un  lutin qui fait des tas de blagues potaches, du type « je t’envoie mon cornet pour que tu glisses dessus ». Comme une bataille de boule de neige mais avec des glaces. C’est d’un drôle ! 

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R.9. à la Q.9  Leur grand point commun. C'est la forme de tirelire, avec la fente incisée dans le couvercle que l'on peut oter. C'est alors qu'apparait de façon première et très direct le lien avec l'argent. Ce bidon est aussi une tirelire qui apprend à l'enfant à comprendre ce qu''est l'argent et l'épargne. A chaque bonne action, on donnait un bon point aux enfants d'il y  a deux ou trois générations qui avaient fait quelque chose de bien. Il y a maintenant d'abord une sucette et ensuite des pièces d'argent que l'on peut amasser pour ensuite -  pourquoi pas? - s'acheter d'autres sucettes. C'est aussi un lien, dans l'histoire cette fois-ci, quand les grands Betteraviers du Nord de la France ont pu amasser des fortunes sur le sucre de betterave. Et en remontant dans le temps, un lien avec la richesse des Grandes Familles de l'Ouest de la France qui sont parties s'installer aux Antilles pour y faire cultiver la canne à sucre...     

R.10 à la Q.10. Le packaging préféré.   Pour ma part et sans conteste, c’est le premier, à cause de la vache, de ses yeux bigleux, de sa langue rouge et de son énorme "pif" (son nez). Il y a là un dessin joyeux.

R.11 à la Q.11. Le peu d’informations sur la sucette espagnole hier et le groupe italien aujourd'hui. C’est une politique générale des grandes entreprises dans le monde : faire peu de communication sur elles-mêmes  et beaucoup de soutien aux produits au niveau de tous les modes de distribution adaptées pour pousser le produit vers le consommateur et l’acheteur. En ce qui concerne Chupa Chups, l’entreprise d’Enric Bernat de 1958 à 2011, les informations étaient déjà très contrôlées du fait de l’acuité de la concurrence entre les groupes. La revente a accru le processus, la concurrence s’est encore renforcée au niveau mondial de sorte que sauf exception, les mêmes informations ou presque circulent en boucle. En attendant la venue dans la danse de la concurrence de poids lourds venant de Chine et de la République indienne…         

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Culture & Pub > L'Ile de Pâques & EDF > La fin de la frontière ?

26 Janvier 2015, 17:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le titre. Il s’agit de voir comment la pub sait faire feu de tout bois, une formule très parlante, qui montre très bien combien la publicité sait franchir toutes les frontières à son profit. Elle est capable de supprimer la distinction entre ce qui relève de la Culture et du Patrimoine  et ce qui relève de la publicité pour vendre de l’électricité. Rappelons d’emblée que les statues monumentales de l’Ile de Pâques et leur environnement sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco.  

Pub EDF-Marianne- Voeux-Nouvelle Année 2007

Le visuel d’EDF. Il montre un couple de statues gigantesques qui ressemblent fortement à celles de l’Ile de Pâques, sans que le mot même ne soit jamais prononcé bien sûr. Le visuel a été conçu pour porter les vœux de la grande société française, leader européen des énergies de demain pour l’année 2007, avec ce texte « En 2007, nous continuerons de développer les énergies de demain. Pour préparer l’avenir, nous mettrons en service dès 2012 la nouvelle génération de centrale nucléaire, l’EPR ».

L’adéquation entre cette visualisation de l’avenir et le positionnement de l’entreprise n’est pas franchement perceptible au premier abord. Il pourrait être que l’énergie de demain sera renouvelable et aussi durable que les 887 statues de l’Ile de Pâques, les Moaïs, dont la plus haute atteint 4 m de haut, qui défient les millénaires. Ce temps qui passe sans laisser la moindre ride ou presque à ces magiques créations humaines, tout aussi bien que celui du climat très dur et venteux qui n’a rien  d’enviable surtout face à la mer dans cette partie de l’hémisphère sud. 

Plus vraisemblablement, c’est le ventre de la statue-femme au premier plan qui donne la clé d’interprétation. Il témoigne qu’elle donnera bientôt la vie, qui permettra aux générations de perdurer dans l’avenir. C’est ainsi que l’humanité peut continuer à poursuivre son avancée.   

 Pub EDF-Marianne- Voeux-Nouvelle Année 2007           

Certes la ressemblance avec les vraies statues est très approximative. Les dimensions ne sont guère respectées, au vu de ce que les photos trouvées sur le Net nous montrent. Les statues sont situées trop près de l’océan ; surtout elles devraient être érigées dos à la mer. De plus, s’il existe des statues de Moaï seul, ou en série, on n’en connait pas  en couple. Le paysage n’est surement pas d’origine. L’herbe est trop verte, trop abondante… Ce  paysage idyllique de montagnes plongeant dans l’océan ressemblerait plus à des côtes de Nouvelle-Zélande au climat moins dur.

Deux caractéristiques importantes ont été conservées pour le montage photographique. Ce sont, le couvre- chef légèrement rouge de l’homme, c’est le « pukao » - le chapeau, dont la pierre  vraiment rouge est extraite d’une  carrière sur l’Ile et la position des mains pour l’homme et la femme surtout qui donne ainsi l’impression de soutenir son ventre et de parler à son futur bébé. Par contre la forme pointue des seins et d’une façon générale toutes les arêtes des visages et des autres parties du corps sont beaucoup trop aiguisées pour les deux. Le temps ici aussi a fait son œuvre d’usure…Pour une fois, je ne vous conseille pas d'y aller, sauf à des fins de recherche, tant le tourisme de masse peut causer de nuisances de toutes sortes surtout dans ces îles,  quelque soit l'endroit  dans le monde.     

Pour suivre le chemin

. Sur l’Ile de Pâques, un site complet avec de belles photos d’ensemble qui permettent d’avoir une idée des paysages, à découvrir  sur  http://www.rapanui.fr/

. Toujours wikipedia qui donne beaucoup d’infos et quelques pistes de livres de chercheurs http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_P%C3%A2ques

. Photo Elisabeth Poulain à partir de la publicité d’EDF parue dans Marianne du 5.05.2007, un numéro spécial sur les « produits symboles de la France ».

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M comme Man > Morning Gun > Grand Chef indien Pecunnie > Winold Reiss

23 Janvier 2015, 12:25pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Morning Gun est le nom de ce célèbre guerrier qui a appartenu à la tribu des Pecunnie. Son portrait est l’un des 40 réalisés par le dessinateur Winold Reiss pour l’ouvrage paru en 1940 sous le titre des Blackfeet Indian Portraits, dont Frank Bird Linderman, a été l’auteur.     

Winold Reiss est né en Forêt noire en Allemagne. Emigré aux Etats-Unis en 1913, il s’est intéressé plus tard de façon tout autant artistique que scientifique aux Indiens d’Amérique du Nord qu’il a choisis comme sujets d’étude. Il a été professeur assistant au Fine Arts College de l’Université de New York de 1933 à 1953, date de son décès.

Chaque portrait est accompagné par un petit texte qui  resitue la personne dans le courant de sa vie, en mettant l’accent sur ses valeurs morales au bénéfice de la tribu. Pour Morning Gun, on peut ainsi lire les mots qui suivent: « Through most of his life this Pecunnie chieftain was full of humor and kindness. Yet he left a record of extremely bravery as a warrior “.

Morning Gun, Winold Reiss, 1940 

Le portrait dessiné du Chef indien. Il est fabuleux au regard de l’économie de moyens utilisés par l’artiste et de la force du rendu de son  dessin conférée par la structure de la composition, la finesse du tracé et le choix des couleurs. Seul le visage a été saisi entre le début du cou jusqu’au collier orné de perles bleues et le chapeau au ras des yeux qui est l’élément dominant du dessin, avec la plume. L’homme regarde sur sa gauche. Ses yeux sont plissés au point qu’on se demande par exemple s’il voit bien avec son œil gauche. Celui de droite par contre montre un homme très attentif à ce qui se passe autour de lui. Son attention est extrême.

Son visage est traité façon vieux cuir poli par les ans, avec un brillant étonnant, comme s’il s’était protégé la peau avec de la graisse d’ours. Chaque pli de la peau des joues, près des yeux et de la bouche, donne un sens à ce visage dont on remarque la forme affirmée du nez, la bouche serrée et qui conserve pourtant des lèvres et la forme allongée des lobes de l’oreille.

Deux petites nattes de cheveux noirs surgissent de sous le chapeau ; elles renforcent la structure de ce visage. Le désordre est apporté par quelques cheveux qui s’échappent derrière l’oreille droite, ainsi que les nattes qui échappent au cadre, avec en plus la rupture faite par le tressage d’un lien jaune à la fin de la natte, de façon à laisser libres les quelques cheveux indisciplinés qui bouclent.

Morning Gun, Winold Reiss, 1940

Le chapeau forme à lui seul un des éléments dominant de la composition. Il est impressionnant dans sa forme parfaite et ses dimensions. Une grande plume blanche et noire  est coincée de biais dans le ruban ton sur ton. Sa longueur décentre le portrait pour bien en montrer l’importance. Ici, sous vos yeux se tient un vieux chef anobli par l’âge dans sa grande dignité. Un homme volontaire et bon.  

L’homme derrière le dessin. On voit un chef ayant un caractère fort, qui s’est refusé à entrer dans des discussions vaines. Il avait l'oeil, celui qui lui a donné son nom de "Fusil du Matin". Il est allé à l’essentiel, en ayant su distinguer ce qui était petit du grand. Il s’est soucié des membres de sa tribu en ayant fait preuve du courage du guerrier, tout en ayant agi avec humour et gentillesse. C’est ce que disent à la fois l’épitaphe qui figure au bas de la planche et le dessin lui-même.     

Pour suivre le chemin

. Retrouver les autres 40 portraits de l’ouvrage sur les « Blackfeet Indians », incluant « Morning Gun », en 3è avant-dernière position,  sur http://www.gngoat.org/portraits.htm

. Voir la biographie de Winold Reiss écrite par Helen Appeleton Read ; sur le même site http://www.gngoat.org/reiss_biography.htm

. Pour en savoir plus sur l’histoire indienne, avec des portraits admirables, consulter  http://nativeamericannetroots.net/diary/1128

. Photo Elisabeth Poulain à partir d'une vieille planche.

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Le mur ocre-orange, l'escalier bleu ciel, les rampes beige et bleue

22 Janvier 2015, 17:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Le lieu. C’était un petit ensemble immobilier de type urbain innovant, localisée de mémoire dans un endroit très rural, avant un village, sur une petite colline, comme en avant-poste. Il avait fallu garer la voiture en bas pour découvrir l’ensemble de près. C’était au sud du Massif central, plutôt vers l’ouest. Pour nous la découverte était totale, non pour l’architecte qui nous accompagnait. Elle en avait entendu parler pendant ses études en école d’archi. C’est la raison pour laquelle nous avions choisi de passer par là et que nous nous sommes arrêtés.

Le jour et la lumière. C’était le matin, en fin de matinée, avec un soleil qui éclairait la scène plein sud, avec une lumière d’été proprement éblouissante, qui densifiait encore les couleurs choisies pour les surfaces, dans une ambiance très particulière.

Massif central-mur ocre-orange-rampes

L’ambiance très spéciale venait du décalage entre le lieu rural, l’audace architecturale réelle de type urbain, l’amplitude de vue donnée à ceux qui vivaient là sur la face avant d’une colline à la campagne, en habitant un endroit quasiment clos de murs de couleur.

Les couleurs. D’abord il convient de citer l’orange des murs tirant très nettement  vers l’ocre, avec des variations dues à l’exposition et à des petits signes de passage ou de réaction à l’humidité. En second lieu vient le bleu clair  qui a été choisi pour teinter le béton des escaliers permettant d’accéder à pied aux logements. Restent à citer les couleurs des deux rampes, le beige-blanc pour celle du haut et un bleu marine pour celle du bas. Voici trois clichés qui rendent compte de ce lieu étonnant  tant il était fermé.  

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. L’escalier bleu ciel. Il n’étonne que lors de sa rencontre avec le mur. Il est propre alors que le mur a déjà l’air bien fatigué.  

. Le mur. C’est lui qui interpelle tant ses couleurs sont fortes et ses nuances déjà variables pour les unes verticales dues aux coulures de l’eau et pour les autres en oblique pour les traces de frottement provoquées par des objets portés à la main.

Massif central-mur ocre-orange-rampes

. Les rampes. Elles sont une aide pour le marcheur qui monte ou qui descend, surtout près du Massif central où les gelées d’hiver ne sont pas rares. L’étonnant porte plutôt sur la double rampe. Pourquoi y en a-t-il une bleue ?  Pourquoi est-elle doublée par une blanche superposée? Une hypothèse pourrait être que l’architecte ait choisi la bleue et que les habitants aient demandé la blanche pour mieux la voir surtout la nuit.  

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. La ruelle du haut. Elle se trouve en haut de l’escalier ; elle semble beaucoup moins large que l’escalier mais peut-être est-ce une  impression. Et c’est aussi cela qui est bizarre, trouver en haut de ces marches une voie aussi étroite, avec des murs aussi hauts, même si on voit un décroché sur la gauche. On se serait cru revenu au Moyen-Age. Le lampadaire trop mode apparaît incongru. Mais très vite, on se prend à penser qu’effectivement il vaut mieux avoir de la lumière la nuit dans un passage à ce point étouffant et volontairement conçu comme cela.

Pour suivre le chemin

. Photos Elisabeth Poulain        

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