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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Photos d’hiver > Brouillard sur l’Ile de Béhuard > Vallée de la Loire

21 Janvier 2015, 16:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le moment. C’est un dimanche de début d’hiver en début d’après-midi avec un temps éblouissant, à douter vraiment d’être en hiver sans que l’on sache en quelle saison on est. Ce n’est plus vraiment l’automne, ni encore le printemps. Il ne reste plus qu’à admirer la clarté du ciel, la lumière si fluide, les paysages d’un vert si  tendre, avec des arbustes déjà en fleur dans les jardins, des forsythias, des camélias et des jasmins…. Et se dire que c’est le moment d’aller quelques kilomètres plus loin aller admirer la Loire en faisant un petit tour à l’ile de Béhuard, soit en tête de l’île –vers l’arrière, face au courant descendant de la Loire allant vers la mer - soit en queue de l’île, vers l’avant, en regardant la Loire couler  pour rejoindre l’embouchure à Saint-Nazaire. Je vous précise le sens parce que toujours j’ai vu les îles comme des navires descendant les fleuves, avec leur proue fièrement dressée vers la mer. Et bien non, c’est le contraire.

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La survenue du brouillard. Elle est si brutale que littéralement le cerveau ne veut pas le voir, l’accepter alors même qu’on est parti parce que justement il fait si beau, quelques kilomètres en amont, en se disant ensuite sur la route « c’est juste une grosse poche de brouillard, ça va passer ». Arrivés à Savennières, tout près de Béhuard, nous pensons tous qu’il ferait à nouveau beau. Que nenni, on ne peut pourtant dire que la nébulosité s’est épaissie, tant elle l’était déjà, au point de rouleur à 30-40kms ou moins dans les virages du coteau de Savennières.

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Deux solutions s’offrent à nous, découvrir Béhuard sous le brouillard ou repartir vers le ciel libre d’où nous sommes venus. Décision : nous allons faire l’expérience très troublante de marcher en voyant peu, suffisamment pour deviner à nos pieds la petite route, le chemin de terre, le sentier, puis plus de chemin du tout au bord de l’eau…tant qu’on peut faire la distinction entre la terre de l’Ile et l’eau de la Loire, de la propriété privée et du chemin, tout va bien, quitte à crapahuter dans les roseaux de terre près de l’eau…comme vous pouvez le voir.

L’arrivée est calme, comme tout le parcours d’ailleurs. Le brouillard assourdit tous les sons, on n’entend plus les quelques oiseaux, le bruit si léger de l’eau quand on est tout près, la marche lourde des veaux dans la boue…Il n’y a que nous et nous.Et un arbre, un pommier, qui prend soudainement un air royal.  

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On se met à penser à ceux qui ont des cabanons ici, qu’ils doivent trouver complètement détrempés au printemps. II y en a un en particulier que je vais voir régulièrement pour savoir s’il a encore sa forme avec ses murs debout. Le constat est éminemment troublant. La véranda qui devait servir aussi de salle à manger et de cuisine est en train de disparaître sous les ronces. Le portillon est de guingois, tout fout le camp…Ce n’est qu’une question de saison.  

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D’autres ont racheté ici une vieille maison pour y passer des vacances et se sont décidés  à sauter le pas pour y vivre à l’année. Il y a aussi ceux aussi qui y ont acquis depuis longtemps une belle demeure; d’autres qui continuent à travailler la terre, cultiver leurs légumes et élever des bêtes. Il y a en particulier une grande ferme érigée en hauteur pour échapper aux inondations en période de hautes eaux d’hiver. C’est là que se trouve une petite plate de Loire (une barque), remplie de terre avec l’été des plantes fleuries. Juste avant, une petite plante avait attiré toute la lumière sur elle.  

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C’est de ce côté-là que nous nous dirigeons pour rejoindre la queue de l’Ile, découvrir l’impact du brouillard sur le paysage, voir comment il modifie les perspectives en faisant ressortir les formes érigées des arbres et des lignes horizontales. Juste après la ferme, en suivant le chemin qui tourne vers la gauche, nous passons un endroit en déclivité où l’hiver il y a de l’eau de chaque côté dans de grandes mares mais pas sur le chemin. Au regard de son appellation, c’est un endroit qui, lors des très hautes eaux, est sous l’eau, c’est pourquoi toute la queue de l’ile est elle-même considérée encore comme une île, du moins c'est ce que dit la carte qui lui conserve son nom.  

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Nous abordons alors en effet l’Ile Mureau,qui a pour particularité de n’avoir sur son sol aucune construction pérenne, à l'exception de ce qui reste de la vieille cabane bleue tendre  dont je vous ai parlé et des parcelles délimitées à caravanes près ou dans les bois résiduels en arrière des grands champs cultivés. Le chemin se trouve sur le côté droit non loin du bras de la Loire qui nous sépare  du village de la Possonnière, qui voisine avec Savennières en amont par la D111.

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La végétation entre chemin et berge de Loire nous empêcherait déjà normalement de voir le fleuve. Aujourd’hui avec le brouillard, la visibilité est franchement réduite ; seules émergent de façon doucement perceptible les lignes verticales formées par les arbres, avec quelques plans rapprochés. Clairement quelqu’un même doté d’une carte, qui ne serait jamais venu ici, n’aurait pas poursuivi le chemin pourtant dégagé et sans danger. 

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La densité de la nébulosité varie aussi fortement selon l’endroit où l’on regarde. Le brouillard n’est pas uniforme ; une preuve en est aussi qu’il y en a moins dans les parties boisées où les arbres semblent en éponger une partie. C’est ainsi que nous arrivons à la pointe aval de l’île à un endroit où normalement la vue est de plus de 180°. Ce jour-là, c’est l’endroit le plus étrange. La vue se limite peut-être à 2 mètres, alors que normalement on peut compter en centaines de mètres d’eau autour de soi vers l’avant. Ici, il n’y a plus rien, quelques roseaux, du vide, rien de significatif.

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Seuls les arbres résistent à la force d’anéantissement du brouillard et ceux qu’on distingue le font de façon réellement vigoureuse et affirmée, à notre grand plaisir. Ils marquent de leur présence la seconde partie de la découverte de la queue de l’Ile, le retour vers la voiture garée en hauteur sur la route construite entre Savennières et Rochefort sur Loire.  

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Cette fois-ci, il y aura plusieurs séquences de retour. Une solution serait d’emprunter le chemin que nous avons pris à l’aller. Décision est prise en effet de revenir autrement, par un sentier différent longeant cette fois-ci le chenal principal de la Loire, au moins au début du retour. Nous passons par les bois où nous retrouvons des parcelles très nettes qui attendront les beaux jours avant de voir revenir leur caravane chérie. Tout a bien été nettoyé pour l’hiver. Vient ensuite un sentier en courbe qui s’éloigne du fleuve; c’était pour sa partie arrière l’ancien lit d’eau qui entourait la petite île. C’est ce chemin très humide qui fait le lien en diagonale avec les grands champs que nous avons longés avant d’atteindre la ferme.  Nous aurions pu  alors  pouvoir suivre à nouveau un beau chemin qui nous aurait ramener vers notre point de départ, au bas de la route où est garée la voiture.

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Sauf qu’il y une rencontre avec deux veaux, suffisamment costauds pour se dire qu’ils n’étaient plus des bébés attendrissants. Ils nous ont semblé déjà bien grands, broutant avec détermination l’herbe du chemin que nous devions suivre. L'herbe est toujours meilleure derrière la barrière. Là aussi un petit conseil impromptu a été tenu : fallait-il ou non poursuivre le chemin annexé par les veaux,  très calmes au demeurant? Les prudents ont décidé de ne pas le prendre, au motif qu’aucun d’entre nous n’avait de connaissance particulière de la psychologie de ces grandes bêtes.

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Il nous a fallu alors continuer à suivre la Loire, cette fois-ci sans chemin d’aucune sorte, entre les arbres et parmi les grandes herbes qui avaient fâcheusement tendance à notre goût  à croître en hauteur. De sorte que sans décision commune particulière, nous nous sommes rapprochés de la grande prairie en quittant cet espace boisé près du fleuve, pour la traverser. Ouf enfin à nouveau un chemin particulièrement facile à marcher pour rejoindre la voiture…Et c’est ainsi que s’est terminée notre immersion dans le brouillard ligérien de l’Ile de Béhuard.   

Pour suivre le chemin

Photos Elisabeth Poulain  

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Pub > Le chien dans la ville > Agent n°1 de la saleté sur le trottoir ?

20 Janvier 2015, 16:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Ce que ne dit pas le titre. La scène se passe à Bruxelles sur un trottoir du centre chic de la capitale de la Belgique et de l’Europe. Plus précisément sur un trottoir très passant. Comment je le sais ? D’abord parce que c’est une grande avenue proche du centre. Ensuite parce que j’ai pu le constater de visu. Il y a également d’autres raisons dont l’une est que les publicitaires savent, à la dizaine de personnes près combien de personnes empruntent ce trottoir, par jour, tranche horaire, selon qu’il fait beau, ou qu’il pleut…avec ou sans chien.

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Pourquoi avoir choisi un chien pour nous parler ? Ce n’est nullement un hasard. Regardez le bien, visez son regard. Ses yeux chassieux, son rire de travers qui lui donne une sale gueule, ses drôles d’oreilles... J’arrête là pour poser la question qui fâche : qu’a-t-il fait pour avoir l’air si coupable ?

La réponse est écrite sur le visuel du panneau : Médor, c’est son nom, a été surpris en « Flagrant Délit », lors d’un de ses délestages de « déjections canines ». Oui, Médor ne peut plus cacher qu’il en produit à lui tout seul 80kgs par sur les trottoirs de la ville ! Quand vous multipliez le nombre de chiens par la quantité, même s’il y a des petits chiens plus nombreux mais qui « en » font moins, on doit arriver quand même à des chiffres impressionnants

Le nombre de chiens à Bruxelles. Le chiffre indiqué est  de 50 000 en 2014, sans grande variation par rapport aux chiffres de 2008, un chiffre qui parle peu.  Dire que 9% des ménages en ont un –ou plusieurs- est plus significatif. Le fait est que ces chiens de compagnie posent une vraie question de propreté publique et d’actions à mener pour faire diminuer la charge et le coût du nettoyage  que connaissent toutes les villes.

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Les chiffres de la propreté. On connait le nombre de kilomètres des voies publiques (296k), le nombre de rues ---) 1200, le nombre de déjections dans les canisites, qui s’élèvent 60 000. Celles-ci sont nettoyées tous les deux jours. Par contre, je n’ai pas pu trouver le poids et/ou volume totaux de ces déjections d’origine canine. On sait maintenant pour Médor, les autres au total, ça doit faire beaucoup, comme diraient les enfants !    

Un joli pas de deux. Les solutions à cette vraie question de salubrité publique sont peu nombreuses. Elles ne sont qu’au nombre de deux, en se rappelant toujours que le chien fait ce que son maître lui a appris à faire. Soit le chien est dressé à déféquer dans le caniveau - quand c’est autorisé - et/ou dans sa version moderne de « canisite », soit il ne l’est pas.

Quand le chien n’a pas été dressé, le cas plus fréquent malheureusement, il reste encore deux cas de figure. Le plus souvent, il ne se passe rien du côté du maître qui regarde ailleurs pendant que son chien s’est arrêté, fort occupé de son côté. Le même maître ou maîtresse bien sûr peut aussi avoir ou plutôt doit avoir le réflexe citoyen exigé par la loi à Bruxelles : c’est à lui ou elle de ramasser les matières fortement odorantes de son toutou dans le sac plastique qu’il ou elle doit tenir à la main dès lors qu’il ou elle sort promener son chien tenu en laisse. La loi précise même que ledit sac doit être tenu visible lors de la promenade sur la voie publique. Une façon citoyenne d’abord de nature à laisser une voierie vide de déjections de chien et de rassurer les autres passants que vous serez amené à croiser sur le trottoir : vous ne laisserez pas votre cher toutou souiller la ville.

Pourquoi traiter de cette question sur un visuel publicitaire à hauteur d’homme ou de femme ? Pour une raison simple qui est que c’est le maître ou maîtresse qui parle à son chien. C’est à lui de l’éduquer en étant exemplaire lui-même, même si on apprend toujours sur soi en ayant un animal de compagnie, surtout un chien sur lequel on se projette beaucoup.      

Pourquoi mettre le panneau en plein centre-ville, là où il y a beaucoup de gens ? Parce que le lieu est stratégique au regard de deux critères au moins, l’indice de passage  couplé avec celui des propriétaires de chien et de beaucoup d’autres. Le tout traité informatiquement vous indique l’emplacement privilégié pour implanter un panneau publicitaire. S’il y a un panneau près d’un croisement avec une autre rue passante, vous pouvez être sûre qu’il y a beaucoup de monde à pouvoir apercevoir le message porté par le pub, dont des propriétaires de chien, alors même que c’est là qu’il y a le moins de place disponible aux passants pour passer, surtout s’ils ont en plus un chien tenu avec une laisse longue. Une bien longue phrase pour dire que ceci relève d’une forte logique territoriale d’évidence. Et oui…tout comme la réglementation extrêmement précise concernant les chiens ou plutôt leur maître.

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Il reste une dernière question d’importance pour laisser le dernier mot à « Médor », un nom si ridicule qui pourrait presque expliquer pourquoi ce Basset Hound  a l’air si triste et boudeur. Il est triste parce qu’il n’est pas beau et qu’il le sait. Il ne va pas jusqu’à vouloir expliquer à son maître que, tout ça, c’est de sa faute à lui, son cher maître ou sa chère maîtresse. Lui, il n’a rien fait de mal ; après tout, il fait ce qu’ont fait les chiens qui l’ont précédé dans l’histoire, avant même qu’il y ait des villes, depuis plus de 30 000 ans loin, très loin dans la préhistoire. Alors voilà qu’un ou une publicitaire qui veut faire le malin se moque de lui, lui rallonge démesurément ses oreilles, si longues qu’elles traineraient sur le sol et seraient immédiatement salies par toutes les déjections des autres (chiens), ce qui serait proprement insupportable à son maîtr-e-esse : devoir nettoyer de retour à l’appartement ou la maison les oreilles de son cher toutou !

Il ne s’agit donc que d’une question de psychologie "canine" appliquée au maître du chien !Vous comprenez pourquoi j'ai mis un point d'interrogation à mon titre. Le chien non éduqué n'est qu'un des agents, le principal responsable étant le maître (esse), sans compter tous les  animaux qui continuent à vivre leur vie en ville, bien au chaud, bien cachés à l'abri de tous les regards humains...     

Pour suivre le chemin

. Sur l’identification et l’enregistrement de chaque chien à Bruxelles, depuis la loi du 1.9. 1998, lire  http://www.dogid.be/fr/registration

. Lire le communiqué sur la propreté publique en provenance de l’Echevine de la propreté de Bruxelles, qui développe des canisites,  sur  http://www.bruxelles.be/dwnld/28701963/canisites%20mars%202014.pdf

. Voir l’enquête sur le budget des ménages belges, avec les chiffres pour Bruxelles,   http://www.ping.be/~ping0522/PDF/la%20belgique%20des%20chiens%20et%20chats.pdf  

Pour rappel, le Règlement Général de Police de la Ville de Bruxelles précise l’interdiction d’abandonner les déjections dans l’espace public, hormis dans les canisites, ainsi que l’obligation pour les maîtres d’arborer à la laisse de leur animal un sac pour ramasser les déjections, sous peine d’amende de 50 à 250 E .

. En comparaison en 2013, le % par foyer pour Paris est proche du chiffre bruxellois ; 7,9% des foyers possèdent un chien, avec une remarque qui est que leur nombre a baissé de moitié en 10 ans, vraisemblablement sous l'effet de la réglementation et du coût d'entretien du chien; c'est du moins une hypothèse.  http://www.santevet.com/articles/chien-en-ville-une-grande-marche-a-paris-pour-defendre-sa-place      

. Photos Elisabeth Poulain

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Gunnar Berndtson > L’Eté, sur le ponton au bord de l’eau, Finlande 1893

15 Janvier 2015, 12:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le tableau. C’est une huile sur toile d’un format modeste (61 x 44 cm), suffisamment grand pour pouvoir s’exprimer et pas trop de façon à ne pas écraser la scène, d’être taxé de vouloir reproduire la réalité qu’on a sous les yeux, ou de vouloir se mettre en avant.  

L’Eté. C’est le titre que le peintre  a donné à son œuvre.  Il montre une retenue certaine qui convient bien à ce peintre finnois. Il fait beau, chaud, à un moment où le soleil est suffisamment fort pour qu’il soit nécessaire  à une jeune fille de mettre son chapeau de paille, car à l'époque une jeune femme se devait de garder la peau claire.

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La jeune fille. Elle est le personnage central, même si elle n’est pas placée au centre du ponton, ni de la scène. Elle se tourne vers l’arrière pour regarder un jeune garçon dans une barque. Ce faisant, elle dirige le regard de celui qui regarde vers l’arrière, dans la profondeur du champ, et vers l’autre côté du tableau. Tous deux sont immobiles et pourtant, la scène  commence à bouger, sans qu’il y a ait même, dans l’immobilité de l’été, une feuille d’arbre à frisoter ou une ride, même très légère sur l’eau.

C’est l’instant qui est saisi, dans cette composition à trois séquences horizontales..   . La plus importante et la plus novatrice est celle qui est donnée aux grosses pierres d’entrée dans l’eau et dans le tableau, en particulier les trois qui portent en quelque sorte la jeune fille assise sur le chemin de bois, supporté lui aussi par des gros cailloux.

Il y a très peu d’eau, comme le montre ces rochers à découvert. On le sait aussi au fait qu’on peut même voir le fond de l’eau, un souci du détail qui montre la volonté du peintre de faire une création poussée. Il ne s’agit pas d’un travail vite fait l’été pour le plaisir d’un instant. Peindre  l’eau et sa transparence dans le soleil de l’été en phase avec la grosseur de la roche éclairée ou dans l’ombre, à l’air ou dans l’eau démontre une très belle technique.

. La seconde séquence s’étire du ponton bien usé et qui a déjà beaucoup vécu. On en peut guère imaginer quelqu’un allant jusqu’au bout, jusqu’au jeune garçon dans la barque arrêtée au bord des roseaux. En arrière de ceux-ci, on aperçoit encore l’eau.

. Arrive ensuite le bord de l’étang, avec les arbres dans le fond, qui se détachent sur le ciel bleutée légèrement grisé, avec une teinte jaune très légère au contact des arbres vers le milieu.

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La composition peut aussi se lire dans trois bandes  verticales  . Toujours en partant de la droite et du bas et en montant, on trouve les gros rochers, le ponton avec la jeune femme à la capeline, qui a posé son châle orange à côté d’elle, son panier de paille en arrière, son livre sur les genoux et les arbres en arrière du plan d’eau.

. Au milieu, la bande verticale raconte une histoire sans personnage avec  des pierres, du bois qui a vieilli, de l’eau, des roseaux, de l’eau, de la terre et des arbres.

. Vient ensuite la dernière bande en hauteur. Elle est seulement suggérée, avec un peu de pierre au soleil ou à l’ombre, deux planches horizontales qui restent de l’avant du ponton quand il était encore en état, le jeune garçon dans la barque, le vert d’une prairie et un arbre qui s’élève en hauteur.

Pour résumer, voilà un travail d’une très grande complexité de composition, avec une maîtrise forte  de la couleur, réalisé en 1893, à un moment charnière de l’histoire, par un peintre sensible à la beauté du paysage, formé à la peinture française, qui traduit sa perception des éléments naturels sans mièvrerie, sans chercher à faire de l’impressionnisme « à la manière de … » et sans délivrer de message. Né en 1854, il avait alors 29 ans. Il devait décéder en 1895 à 41 ans, sans avoir pu exprimer la plénitude de son talent, sans avoir trouvé sa place, lui toujours traité de peintre de salon, que ce fut en Finlande ou ailleurs.      

Pour suivre le chemin de l’eau

. Le peintre à retrouver sur http://silverandexact.com/2010/11/08/summer-gunnar-berndtson-1893/avec un commentaire peu axé sur la peinture elle-même mais sur une vision très psychologique de sa vie et de celle sa famille à cette époque. D’autres œuvres sont à voir sur http://www.museumsyndicate.com/artist.php?artist=799

. Retrouvez aussi la toile en particulier dans "Les 1001 Tableaux qu'il faut avoir vu dans sa vieé aux éditions Flammarion.

.  Pour une fois, je ne peux vous recommander wikipedia, le site en anglais donne très peu d’informations et la traduction en français de l’article en finnois est franchement difficile à lire.  

. Partez découvrir la Finlande l’été sur  http://www.visitfinland.com/fr/ete/Vous y retrouverez plusieurs très belles photos d’estacades de bois permettant d’accéder directement à l’eau des si nombreux lacs.

. Photo Elisabeth Poulain

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Le Syndicat des Animaux & la Levrette > Henriot > L'Illustration 1920

14 Janvier 2015, 18:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Ou le bestiaire du désaccord. Telle pourrait être le titre de cette bande dessinée qui se déroule sur deux bandes horizontales avec six cartouches à chaque fois en avant-dernière page de ce numéro du 24 janvier 1920. Henriot, le dessinateur de l’Illustration n’a vraiment pas choisi la facilité pour dire ce qu’il lui était difficile à dire seulement avec des mots.  Alors il a choisi d’illustrer une vraie histoire qui a un début et une fin, avec six textes et au-dessus pas moins de 17 animaux - et un de plus qui parlent pour demander, s’interrompent, protestent, revendiquent avec chacun ses raisons, chacun pour soi, sans jamais se parler vraiment entre eux.

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Le syndicat des Animaux regroupe 17 animaux où la levrette citée à la fin occupe une place toute à fait particulière.  

La période de l’histoire. Nous sommes au début de l’année  1920. L’année 1919 n’a pas été facile à vivre. Certes la guerre était officiellement terminée depuis la signature de l’Armistice le 11 novembre 1918. Certes, le Traité de Versailles s’ensuivit. Il fonda la SDN –la Société des Nations – dont le siège fut fixé à Genève, avec en premier objectif l’installation et l’organisation de la paix. Sachant que si faire la guerre est difficile à mener et encore plus à gagner avec une organisation sans faille, autant le retour de la paix nécessite de trouver encore plus d’énergie et de finesse humaine, chacun devant avoir de l’intelligence pour tous, avec une vision du groupe, en espérant que le voisin fera de même. Ou plutôt qu’il en fera un peu plus que soi et surtout travaillera au service du groupe, en ne jouant pas solo… !

Revenons à cette séance du « syndicat des animaux » qui se passe la nuit au Jardin des Plantes à Paris. Le fascinant est que cette petite histoire recèle une profonde réalité humaine, chacun venant  à une réunion de travail de groupe pour fonder ensemble  un vrai syndicat collectif, pour ne parler que de ses revendications à soi. Comme si la somme de volontés individuelles faisait un tout profitant à tous! Fascinant de voir combien les animaux nous ressemblent !

= La première séquence du Syndicat des Animaux 1920

. 1. Le lion, qui préside et ouvre la réunion, commence par déclarer qu’il renonce à son titre de « Roi des Animaux », car il ne veut « plus d’esclaves. ». Il n’y a donc plus de pilote dans l'avion!

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. 2. La vache, suivie de son grand veau,proteste contre la double peine dont ils font l’objet, on leur donne moins de fourrage à manger et on vend leur lait plus cher « 80cts » !

. 3. L’oie, avec ses petits oisons en arrière, proteste bruyamment contre « l’engraissement barbare » dont elle fait l’objet pour hypertrophier son foie qu’on revend « 30 francs la livre. »

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. 4. Arrive un collectif, auquel vous n’auriez pas pensé,  composé du cochon, du chat et de l’agneau.

. 4.1. Le cochon demande « la suppression du réveillon. »

. 4. 2. Le chat veut « le retour du mou de veau », ce qui entraîne une vive protestation du veau en retour.

. 4. 3. L’agneau exige de bénéficier des « lois de protection de l’enfance. »

. 5. Le rat ne s’oublie pas. Avec ses deux autres compères, il veut apporter la peste en Europe (il oublie de dire qu’il l’a déjà fait, soit dit entre nous) « pour compléter l’œuvre des bolchevistes.  »

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. 6. Un collectif du Gibier se présente au nom de la grande famille qui la compose (lièvre, canard, bécasse, cerf...). La délégation s’exprime en faveur de « la suppression de la chasse, plaisir des riches », ce qui veut dire très clairement que les pauvres en sont exclus.

= La seconde séquence du Syndicat des Animaux 1920

. 7. Arrive le coq fier comme un coq, qui demande à ce qu’on n’appelle plus les poules des Poules, une appellation qu’ « on donne à certaines personnes du sexe » à leur demande expresse !

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. 8. C’est au tour du cheval de voiture, le cheval de fiacre de protester ; il exige « la journée de 4h », comme le cheval de course.

. 9 .  Le Grand-Duc revendique de changer de nom, le sien évoquant « fâcheusement la tyrannie des tsars ! »  

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. 10 . Arrive un trio très improbable.

. 10.1. La girafe a froid à son long cou, malgré son cache-col ; elle veut du « charbon pour son appartement. »

. 10.2. L’ours lui répond  que « M. Claveille ( ?) lui monte le cou .» ---) La réponse est non-compréhensible par des cerveaux de 2015 !  

. 10.3. Les cochons d’Inde - qu’on ne voit pas – protestent contre « les tortures de la vivisection. » 

. 11. L’escargot est tout content ; à proprement parler, il n’exige rien si ce n’est « la poursuite des inondations et de la pluie. »

. 12. 1. Le chien de guerre arrive à la fin, assis par terre,  il occupe une case et demie. On le voit d’abord seul et triste avec l’escargot en voisin; pour lui remonter le moral, il y a mieux. Ca ne va pas fort. On comprend pourquoi dans la dernière cartouche. Il aperçoit soudain une ennemie de classe, celle qu’il appelle la levrette au paletot alors que lui le chien de guerre, qu’on appelait aussi « un poilu, n’a même pas de pain et ça depuis au moins cinq ans. » 

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. 12.2. C’est « la levrette au paletot » qui qui justifie toute l’histoire. Elle, elle n’a pas fait la guerre, elle a toujours eu chaud  avec son paletot…Et c‘est comme ça que se termine la réunion du syndicat des animaux, par la lutte des classes.

Voici maintenant le texte de « La levrette au paletot », écrit en « parigot » - la langue populaire parlée des Parisiens-   la comptine très triste datant de 1888 d’Auguste de Châtillon (la retraduction en français est en italiques):     

Y' a-t-y rien qui vous agace // Comme un' levrette en pal'tot, // Quand y' tant d' gens su la place // Qui n'ont rien à s' mett' su l' dos. // Réécriture pour le traducteur automatique: N'y a-t-il rien qui vous agace// comme une levrette en paletot (= avec un manteau)? // Quand il y a tant de gens en ville // qui n'ont rien à se mettre sur le dos!   

J'ai l'horreur de ces p'tit's bêtes, // J'aim' pas leurs museaux pointus. // J'aim' pas ceux qui ont leurs têtes // Pass' qu'iz ont des pardessus.// J'ai horreur de ces petites bêtes// Je n'aime pas leur museau pointu // Je n'aime pas ceux qui ont leur tête// parce qu'ils ont des pardessus//  

Ça vous prend un p'tit air rogue! // Ça vous r'garde avec mépris! // Parlez-moi d'un bon bould'dogue, // En v'la-z-un qui vaut son prix.// Ca vous prend un petit air rogue // Ca vous regarde avec mépris // Parlez moi d'un bon bouledogue // en voila un qui vaut son prix.//

Pas lui qu'on encapitonne! // Il a comm' moi froid partout;// Il combat quand on l'ordonne.// Et l'aut' prop' à rien du tout! On l'encapitonne // Ce n'est pas lui qu'on encapuchonne. //Il a comme moi froid partout. //Il combat quand on lui ordonne // Et l'autre propre à rien du tout // C'est lui qu'on encapitonne (protéger du froid comme on emmaillotte un bébé).

Ça m' fait suer quand j'ai l'onglée, // D'voir des chiens qu'ont un habit // Quand, par les temps de gelée, // Moi j'ai rien, pas même un lit.// Ca ma fait suer quand j'ai l'onglée// de voir des chiens qui ont un habit // Quand par les temps de gelée// Moi je n'ai rien, pas même un lit. //

J'en voudrais bien crever une! // Ça m' f'rait plaisir, mais j'os' pas. // Leurs maît's ayant d' la fortune, // Y m' mettraient dans l'embarras.// Je voudrais bien en crever une ! (une levrette) // Ca me ferait plaisir mais je n'ose pas. //Leur maître ayant de la fortune // Ils me mettraient dans l'embarras.//

Ça doit s' manger, la levrette.  // Si j'en pince une à huit clos, // J' la f'rai cuire à ma guinguette. // J' t'en fich'rai, moi, des pal'tots! // Ca doit se manger, la levrette.//Si j'en attrape une incognito// Je la ferai cuire à ma cantine // Je t'en ficherai,moi, des paletots.//

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Pour suivre le chemin

. Retrouver Henriot, connu aussi sous le nom d’Henri Maigrot (1857-1933),   dessinateur, caricaturiste  sur     http://data.bnf.fr/12072063/henriot/ .

. Il a été le   fondateur du journal satirique « La baïonnette » qui a été actif de 1915 à 1920. Son objectif a été de soutenir le moral des Français pendant la guerre avec l’ennemi allemand. A voir sur http://labaionnette.free.fr/, un superbe site!

. « La levrette au paletot » (1877), un poème d’Auguste de Châtillon (1808-1881 Paris), peintre, sculpteur et poète sur http://www.miscellanees.com/c/levrette.htm

. Pour ceux qui veulent approfondir leur connaissance de l’Illustration, un blog à connaître  http://histpresseillustree.blog.lemonde.fr/

. Photos Elisabeth Poulain

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Photos > Variations d'orange à Amsterdam > La pluie & la couleur

9 Janvier 2015, 18:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

 C’est l’hiver, à Lelystad dans cette ville nouvelle au nord-est d’Amsterdam aux Pays-Bas, dans une zone conquise sur les marais. Tout dans ce paysage de maisons avec chacune son jardin  parle de l’eau, celle qui ruisselle goutte à goutte au bout de notre nez, celle qui trouble la vue derrière nos lunettes et celle qui veut absolument tomber sur l’appareil photo, en n’oubliant surtout pas la principale, celle qui coule dans les canaux, bordés sur leur rive de roseaux roux en hiver.

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Le brouillard à densité variable selon les endroits donne du mystère à cet ensemble de lotissements sans forte identité, qui devra attendre encore que les nombreux arbres plantés le long des canaux de drainage prennent toute leur place et commencent à dominer ce plat pays.

Sud Amsterdam-panneau-danger-water-DSC07483

Un panneau de forme carrée à fond jaune signale l’approche de l’eau. Un grand Z attire l’attention, que complète la traduction en anglais, WATER, pour signaler le danger. Le canal se poursuit après un coude.

Sud Amsterdam-canaux-brouiliard-DSC07485

La ville se rapproche. C'est le moment de retrouver son chemin. 

Sud Amsterdam-petite maison-DSC07490

Des poteaux se font concurrence, le plus petit porte trois panneaux de couleur orange et le plus  grand joue la diversité, avec un vert en haut, un bleu pour les numéros de maison et un jaune orangé pour montrer la direction d’une place. 

Sud Amsterdam-petite-maison-DSC07486

A pied, nous passons près d’une petite maison. Les habitants ont pris soin d’entourer la porte bleue d’un encadrement jaune, tout comme pour la fenêtre.

Amsterdam-entrée-maison de chantier-DSC07491

Plus loin, de retour à Amsterdam, près du port, une vraie maison de chantier double à étage se signale en orange-jaune clair, avec à ses côtés deux camionnettes d'un jaune plus clair.

Amstredam-Vieilleville-le port-la péniche-la corde-DSC07493

La pluie a cessé. Nous sommes alors revenues dans la vieille ville touristique. C’est une corde orange neuve posée près d’une vieille corde usée et brunie par l’usage qui nous fait de l’œil, sur une péniche qui sert d'habitation dans un des canaux du centre.  

Amsterdam-Vieille-ville-le rouleau-DSC07495

Arrive ensuite une grosse bobine de fil à plateau de bois  peinte en orange vif, tirant sur le rouge, qui ensoleille toute la journée, tant sa puissance de chauffe est forte. C’est le point radiant de l’après-midi. Et c'est elle qui a guidé ce billet.

 Amsterdam, ville-ville, le sol-DSC07480   

Retour en tram, l’orange poursuit sa ronde. Cette fois-ci, la couleur se manifeste en petites touches un peu partout sur les façades des immeubles. C'est aussi le sol en briques rouges qui nous interpelle.

Amsterdam-Vieille ville-façades-sur-canaux- DSC07481

Tout autant que les façades anciennes du centre ancien d'Amsterdam dont certaines sont entièrement orangées.

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Et c’est le moment d’apercevoir deux chats roux derrière une fenêtre basse. Eux aussi ont besoin de voir du monde…

En n’oubliant pas qu’ici aux Pays-Bas, la famille régnante descend de la Maison Orange-Nassau. L’Orange citée étant celle de la Principauté d’Orange située dans le Vaucluze en France…

Aller aux Pays-Bas, hors saison. Vous découvrirez le vrai pays, avec toujours suffisamment de touristes, juste ce qu’il faut pour rendre la ville agréable, comme partout, à Paris aussi. Profitez-en aussi pour sortir de la ville, pour vous changer le regard et voir des vraies maisons avec des vraies personnes, de celles qui partent le matin travailler et reviennent chez elles le soir, après avoir fait les courses...

Quant à "mon orange", j'avoue qu'il tire parfois sur le rouge et flirte tout autant si non plus avec le jaune en passant par le roux, comme un jeu que l'on fait l'hiver en marchant sous la pluie... 

Pour suivre le chemin

. A découvrir en première approche sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Amsterdam

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_d'Orange-Nassau

http://fr.wikipedia.org/wiki/Principaut%C3%A9_d%27Orange

. Photos Elisabeth Poulain   

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France 1917 > Les Hauts Fourneaux de Caen > Un dessin de Lucien Jonas

7 Janvier 2015, 12:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

L’Illustration datée du 3 mars 1917. C’est ce que nous montre l’hebdomadaire qui ouvrait ses meilleures pages, celles du centre, aux photographes et artistes chargés par le gouvernement de rassurer les populations sur les succès engrangés par les troupes françaises et alliés  contre l’envahisseur allemand. Leur moyens d’action avaient la force de la photo et/ou le poids du dessin au fusain ou colorisé. Les dessins et les clichés étaient soigneusement choisis pour faire taire les peurs au maximum de ce qu’il était possible. C’était déjà la reconnaissance du pouvoir de l’image sur celui des mots, ce que savait déjà Louis XIV qui se faisait peindre victorieux au retour d’une des nombreuses batailles qu’il livra à ses voisins et qui laissèrent la France exsangue à son décès! Revenons en ce début du XXe siècle.

 

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La situation de la France en 1917. Elle était franchement mauvaise, les mutineries commençaient à paralyser l’armée,  le pays n’en pouvait plus, la survie en arrière du front difficile, voire plus, et différente selon les régions. Plus elles étaient proches du front et plus la situation était tendue. Il fallait alors pour les autorités prouver que le pays tenait bon, qu’il continuait sa lutte, soutenait la production et donnait du travail à ceux qui assuraient la vie à l’arrière. Une preuve en était que les usines continuaient à tourner, en particulier celles qui témoignaient de la puissance industrielle d’une nation au cœur de l’effort de guerre, encore plus si elles fabriquaient ces obus qui permettaient de lutter efficacement contre la puissance ennemie, à savoir l’Allemagne.

Les Hauts Fourneaux de Caen. Ils ont maintenant été détruits pour laisser place à un parc de loisir où seule l’ancienne tour de refroidissement  a été conservée en témoignage de son passé industriel. En 1916, l’Armée française demanda à Lucien Jonas, peintre militaire comme il y a des peintres de marine, de se rendre sur le site afin de faire un dessin de l’usine pour en faire ressortir la puissance. On ne sait pas à quelle date exactement l’artiste se rendit sur place, ni combien de temps il resta à Caen La seule certitude est que son dessin «  d’après nature » est paru dans l’Illustration du 3 mars 1917. Les particularités de cette grande usine  viennent non seulement en sa localisation en Basse  Normandie à Caen qui devint un centre actif industriel au début du XXe siècle mais également dans sa destinée proprement étonnante.

L’entreprise -  la Société minière et métallurgique -elle-même a en effet été créée en 1903 par un allemand, un grand entrepreneur, fondateur d’une dynastie, du nom d’Auguste Thyssen, du groupe métallurgique du même nom en Allemagne, afin de diversifier ses sources d’approvisionnement. En 1910, le fondateur s’est  associé avec un industriel français dont on ne trouve  pas le nom sur wikipedia ou Internet. La part d’actions détenue par Auguste Thyssen baisse ensuite ou alors à 25%. En 1914, la SMM devient la Société des Hauts Fourneaux, celle qui est visée par le dessin de Lucien Jonas. Un des hauts fourneaux visés par cette appellation est au début de l’année 1917 le plus haut du monde.

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Dans le même temps ou peu après, la société est réquisitionnée pour produire des obus que vont utiliser les armées françaises contre l’armée allemande. En 1917, son nom change encore pour prendre celui de Société Normande de Métallurgie, une affirmation claire de l’identité française de cette entreprise de fabrication d’obus. A cette date, l’obus est certainement le Ier projectile utilisé à distance, la première arme, pour anéantir l’ennemi bien souvent tout aussi invisible qu’on l’était soi-même enterré dans des tranchées. La demande de munition était énorme. En Angleterre, au nom de la défense nationale, les conditions de travail dans les usines fabriquant du matériel de guerre s’étaient  encore durcies pour garantir la productivité «  à marche forcée ». Aucune information ne semble disponible du côté français.

Les choix de Lucien Jonas. Ce grand artiste, dont la carrière fut certainement entravée par les évènements, trouva aussi dans ses fonctions de peintre militaire, une dimension de grandeur impressionnante. Il mit ses compétences au service de la défense nationale et de la confiance  des Français dans leur destin. Attelé à cette tâche, il fit preuve d’un talent inouï. Imaginez ce que traduire un tel paysage industriel pouvait représenter en termes  de compréhension du site, de connaissances, de maîtrise de la vision à transcrire sur le papier, avec cette masse infinie de lignes à traiter en profondeur et en exactitude, sans avoir le droit à l’erreur, au risque réel de devoir tout recommencer. Une œuvre gigantesque qui se traduit par un dessin d’une incroyable maîtrise, une puissance industrielle réelle, une force artistique impressionnante et qui ne cache pas l’homme, l’ouvrier, celui sans qui il n’y aurait rien. Des hommes qui mesurent presque 4,5 cm cm pour le plus visible en bas à droite et moins d’1 cm, parlant avec un collègue, pour celui qu’on aperçoit près du mur blanc, la seule surface « propre » de tout le dessin.   

Le thème de la beauté et de la force du paysage industriel  était franchement novateur, sans oublier de montrer que l’usine n’était  rien sans ces hommes en bleu de travail qu’on voit marcher le long des rails… Dessiner en 1917  une usine de fabrication de fusion du métal, en pleine activité, avec ces volumes énormes, ces lignes de force impressionnantes, ces jeux de lumière offrant la palette complète des variations du noir au blanc pour en faire une ode à la puissance industrielle au service de la survie de la France et des jeunes hommes envoyés au front, c’était d’une audace impressionnante, à une époque difficile, surtout dans un pays avancé qui avait  toujours privilégié l’avoir et le paraître du propriétaire au faire de l’ingénieur, du producteur et de l’ouvrier.  

Peut-être aussi, en cette année 1917, le moment était-il bien « choisi » pour oser franchir ce pas, jouer la carte de l’audace, en montrant la force de l’usine grâce à des ouvriers dans un dessin de grand artiste. Peut-être…peut-être est-il permis d'en douter quant on voit l’entreprise elle-même,  avoir changé quatre fois de nom en un peu plus de 20 ans : 1903 ---) Société Minière Métallurgique, 1914 ---) Société des Hauts Fourneaux, 1917 ---) Société Normande de Métallurgie, 1925 ---)  Société Métallurgique de Normandie. La société ensuite a fonctionné jusqu’en 1993. Elle a employé jusqu’à 6 700 salariés. L’activité a été délocalisée en Chine. Maintenant, à Caen, sur le site, il reste un parc de loisir et la tour de refroidissement à titre de symbole…  

Pour suivre le chemin

. L’Illustration, 3.3.1917 en pages 186-187

. Lucien Jonas, voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Jonas

. Sur ce peintre, lire aussi sur ce blog  http://www.elisabethpoulain.com/article-le-belier-de-bois-pour-eventrer-les-murs-de-brique-l-illustration1917-125020826.html

. En 1925, la guerre finie et pour prendre un nouvel envol, l’entreprise changea encore de nom pour prendre celui de Société Métallurgique de Normandie.   Retrouver la SMN dans une excellente étude des contributeurs de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_m%C3%A9tallurgique_de_Normandie

Caen-SMN entree usine 1930 Rectorat Caen

. Lire l’histoire de la fonte du métal retracée dans « La dynamique industrielle en Basse-Normandie » par Jean-Pierre Diguet, 1996,  sur  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/noroi_0029-182x_1996_num_169_1_6698 

. Voir aussi l’article de Christophe Meunier en 2003 sur la fermeture de l’aciérie en 1993   http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2013/11/05/il-y-20-ans-la-smn-fermait-ses-portes-351443.html avec une belle photo de l'aciérie vue de nuit.    

. Retrouver les informations que vous cherchez sur la Ière guerre mondiale dans le portail impressionnant de wikipedia  http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale 

. Photo Elisabeth Poulain + toujours wikipedia, avec cette photo de 1930 avec mes remerciements

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La Pierre bleue - du Hainaut - de Belgique > Un symbole de longévité

4 Janvier 2015, 11:46am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une pierre qui porte bien son nom. Il suffit de parler de la pierre bleue pour que tous sachent  que c’est bien elle, la Pierre du Hainaut en Belgique, la seule, la vraie, l’unique, celle qui offre des reflets bleutés quand le ciel est au bleu. Celle qu’on voit toujours bleu même quand elle est grise sous la pluie, elle qui n’absorbe absolument pas l’eau. C’est bien pour cette raison qu’elle possède un fort caractère inaltérable. Elle tisse des relations de confiance avec l’eau, que celle-ci vienne du ciel, de la terre, du robinet ou du pommeau de douche...  

Pierre bleue,

Retenez que son nom  de « Pierre bleue du Hainaut » est une marque déposée, l’entreprise du même nom est propriétaire de deux des trois carrières qui existent à Soignies. L’autre pierre bleue prend tout simplement le nom de Pierre bleue de Belgique. Les teintes de la pierre varient du bleu au gris en allant flirter aussi vers le noir. La couleur de la pierre est un critère extrêmement subtil qui dépend à la fois de la lumière du ciel, de son grain plus ou moins fin, de la forme qu’on lui donne, avec des variations très sensibles selon que la pierre est posée à plat horizontalement, verticalement, qu’elle est taillée à plat en grandes surfaces ou avec des arrondis comme c’est le cas avec des sculptures de rue…

Ses finitions font preuve d’une maîtrise exceptionnelle de l’art de traiter la pierre. A la société de la Pierre Bleue du Hainaut, elles sont au nombre de 17, chacune ayant un nom tiré le plus souvent du vocabulaire technique, avec des nouveautés sans signification lisible au premier abord. Voici l’intitulé : « 1 Ecuré, 2 Scié, 3 Piqueté, 4 Enodesign®, 5 Flammé bleu, 6 Adouci foncé, 7 Adouci clair, 8 Enostyl foncé, 9 Enostyl clair, 10 Taille ancienne, 11 Givré, 12 Meulé, 13 Poli brillant, 14 Ciselé, 15 Gradiné, 16 Sbattu, 17 Sclypé » 

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Cette pierre calcaire a une résistance tout à fait étonnante. Elle est de ce fait capable de se prêter à tous les usages que demande notre société contemporaine dans les domaines de l’architecture surtout et de l’urbanisme aussi, pour des opérations de prestige. Par le passé, elle a été aussi utilisée par Victor Horta à Bruxelles par exemple, pour la base des murs, en gage de solidité. Elle recouvre plusieurs monuments dans la capitale belge qui est aussi la capitale de l’Europe, ainsi qu’à Strasbourg en Alsace, co-capitale de l’Europe, pour la gare. Pour fédérer les producteurs des trois carrières, un festival de sculpture a aussi lieu à Soignies tous les ans.

Les trois visuels des Carrières du Hainaut. Ils sont l’œuvre de l’agence Size Communication. Ils sont clairement ciblés sur la lectrice de magazines de décoration, telles qu’Elle Décoration ou de professionnels des deux genres de l’architecture, comme c’est le cas avec Le Moniteur Architecture AMC.  

Pierre-bleue-du-Hainaut-Pour la vie-DSC07456

. Le plus ancien place le visuel sous le titre suivant « Pour la vie » (2010 ?). Il montre une estacade qui serait en pierre bleue filant sur un lac à l’eau dormante au moment du coucher du soleil. L’argumentaire est placée sous le titre : «  la Pierre Bleue offre une esthétique intemporelle ; elle résiste à tout ce que le quotidien lui réserve et demande peu d’entretien. Hygiénique car non poreuse et durable par nature, elle respecte l’environnement. La Pierre Bleue du Hainaut, un produit 100% belge, est extraite dans notre pays et transformée grâce au savoir-faire local. Elle comblera tous vos souhaits tant en aménagement extérieurs qu’intérieurs. La Pierre Bleue du Hainaut, l’Original. » Le bleu est mis en valeur par la lumière du soir qui tombe sur l’eau, un bleu qui part de la jetée et qui gagne l’eau et le ciel.  

Pierre-bleue-du-Hainaut-Le plus beau trait d'union-DSC07455  

. Le second visuel et destiné aux professionnels, lecteurs d’AMC (2011). Le titre est le suivant : La Pierre Bleue du Hainaut. Le plus beau trait d’union entre vos idées et leurs réalisations. » Cette fois-ci, le visuel est plus complexe, moins facile à décrypter.  On retrouve l’appellation de la pierre, avec un argumentaire fondé sur le lien entre le concepteur architecte ou professionnel du bâtiment, pisciniste…et le professionnel du bâtiment. Il s’agit de prouver combien la pierre peut être une source originale d’inspiration.

L’eau   de la piscine se voit un peu grâce à sa couleur turquoise légère. Au premier abord, c’est la taille du gros rocher brut de pierre grise veinée de blanc non sciée qui attire toute l’attention. Une façon compliquée de faire valoir le sol gris clair striée  fortement d’une pierre bleue du Hainaut. Ce sol gris avec beaucoup de blanc dans les rainures est vu sous trois faces au sol. Le mur du fond est bleu parme très clair. Le texte reprend l’argumentaire précédent, en y ajoutant un site dédié réservé aux professionnels.  

Pierre-bleue-du-Hainaut-Le-début-d'une-belle-histoire-DSC07453

. Le troisième visuel se situe cette fois-ci clairement dans la maison (2012). Il s’agit de se positionner au premier abord clairement du côté de la femme, celle qui abandonne sa chaussure à talon au début de l’escalier pour monter à sa chambre. On ne peut s’empêcher de penser à Cendrillon et à sa chaussure de vair, la fourrure de petit-gris, ou de verre comme ici. L’intérêt de la composition  est de montrer l’utilisation de cette pierre à l’intérieur de la maison  aussi bien en sous-bassement débordant, en sol, qu’en escalier. Et pour ceux qui n’auraient pas compris quelles cibles  sont visées, le buste dénudé de la femme à la tête coupée est une indication qu’un  homme habite  aussi la maison. Le titre explique le double positionnement : « le début d’une belle histoire »

L’intéressant est que le cliché est maintenant calé par-dessous par une bande de cinq petits visuels montrant la polyvalence des usages, en dehors de la rencontre amoureuse. La PBH peut aussi servir d’étagères, d’encadrement de porte extérieure et de baie, de douche, d’évier ou de lavabo et de meuble de cuisine. Le texte d’accompagnement est le même. 

Quelques mots pour terminer. Ces visuels,  qui sont l’œuvre  de la même agence de publicité –sizecommunication - montrent clairement les deux différents cibles, en s’essayant à l’humour pour la 3é composition dite par moi « à la chaussure ». Pour les trois, Il s’agit de susciter l’envie de pierre bleue dans le paysage, dans l’univers du jardin et de la maison, en jouant sur des images compréhensibles. Le Ier à ce titre est le plus réussi ; on a l’impression de pouvoir marcher sur l’eau. L’impact est très fort. Le second interpelle de par la masse du gros rocher laissé à l’état brut. Quant au 3ème, je ne sais si les lecteurs n’en resteront pas à Cendrillon. 

Quant à ce que je retiens moi, ce sont les très belles photos des carrières d'une puissance étonnante, qui vous donnent l'impression d'aller fouiller au coeur de la terre.    

 Pierre bleue Carrières du Hainaut Soignies          

Pour suivre le chemin  

.  Vous rendre sur place, Carrières du Hainaut, Rue de Cognebeau 245, 7060 Soignies, Belgique – Tél.: +32 (0)67 34 78 00 - Fax: +32 (0)67 33 00 59

. Visiter le site  « grand public » des Carrières du Hainaut   sur http://www.carrieresduhainaut.com/docs/publications/brochure_FR.pdf  et http://www.carrieresduhainaut.com/fr/societe/historique.html

. Le site pour les professionnels est le suivant :  www.cdhpro.be 

. Retrouver plus d’informations techniques sur l’entreprise, à l’occasion de sa participation au  salon Batibouw,  dans un article de Michel Bellefontaine dans  http://unebriquedanslecentre.com/2014/04/04/les-carrieres-du-hainaut-s-a-une-entreprise-bien-exposee/

. Les deux visuels pour les particuliers, « La Pierre bleue du Hainaut, Pour la vie », Elle Décoration, « La Pierre Bleue des Carrières du Hainaut « Le début d’une belle histoire » dans Elle-Décoration juillet-août 2012 et le visuel  pour les professionnels, à voir dans AMC janvier 2011, n° 2011.

. Découvrir l’agence de communication qui conçoit les publicités des carrières du Hainaut depuis 2004, avec d’autres visuels http://www.sizecommunication.eu/fr/

. Découvrir aussi « la pierre bleue belge » du nom d’une autre société  qui met en ligne un site très pédagogique et clair, qui vous offre une visite virtuelle des carrières avec de belles photos sur http://www.pierrebleuebelge.be/finition.288-fr.html. On y apprend notamment qu’il existe quatre phases qui sont l’extraction, l’équarrissage, le sciage et la finition. Cette entreprise possède aussi maintenant une nouvelle carrière de pierre bleue  belge à Tellier du Prés http://www.tellierdespres.be/

. Et sur celui de la Fédération des Carrières de Petit Granit-Pierre bleue de Belgique, le Petit-Granit étant la dénomination courante plus ancienne  http://www.federationpierrebleue.be/la-fédération/

. Retrouver l’essentiel sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_bleue_(calcaire)   

. Pour le Hainaut, la province belge proche de la France, avec Mons en capitale, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Hainaut

. Retrouver la photo des carrières vues d’en haut sur  http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.carrieresduhainaut.com/images/illus/illu_visites.gif&imgrefurl=http://www.carrieresduhainaut.com/fr/societe/visite.html&h=227&w=394&tbnid=c-mgsdnsIlgp7M:&zoom=1&tbnh=90&tbnw=156&usg=__kHJ6vkFdpnmoa846mnPA1Cqp-io=&docid=bB5HPJ_doekUFM&sa=X&ei=9-ejVKXbKoLjau_rgegL&sqi=2&ved=0CEcQ9QEwAw&dur=67

. Aller visiter Soignies, une charmante et ancienne ville fortifiée fondée au VIIe siècle, qui est le Centre européen de la pierre de taille –pdt- à découvrir  avec de très belles photos d’un photographe d’excellence, contributeur de Wikipedia,  Jean-Pol Grandmont,  qui a fait le cliché des carrières à retrouver sur l'article de wikipedia dédié à la pierre bleue  http://commons.wikimedia.org/wiki/File:0_Carri%C3%A8res_du_Hainaut_%C3%A0_Soignies_(1).JPG

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. A voir aussi des sculptures monumentales en pierre bleue faites ou finies au Festival de sculptures monumentales de Soignies sur http://www.centre-culturel-soignies.be/fr/galerie.html?i_dir=album5  avec 25 photos datant de 2012, dont celle-ci, la n°12.        

. Elisabeth Poulain  pour les photos des publicités + celle de la plaque au sol avec le lierre et la capture d’écran du cliché de deux tailleurs de pierre regardant une carrière pris en 2012, la n°15/25  (à voir sur le site précédent),   celle de la carrière est de Jean-Pol Grandmont  sur wikipedia.

 

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Pour 2015 > Des voeux de bonne année en forme de bestiaire de pub

2 Janvier 2015, 18:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

          

Le titre d’abord. Il est relativement clair, même si quelques mots supplémentaires peuvent toujours être utiles. Il s’agit de donner à chacun des douze mois de l’année un référent animal, nouveau dans son style et sans trop de connotations culturelles autres que celles  des visuels publicitaires. L’idée est de partir des images qu’on voit ou qu’on a pu voir et qui créent quoi qu’en disent certains une autre forme de culture commune. Sachant aussi que la communication au sens large, la transmission, utilisent aussi les mots, les locutions, pour parler d’une façon plus impactante. « Fort comme un bœuf », c’est quand même autre chose que de dire qu’un homme est fort ! Arrêtons là l’exemple tout de suite si non, je vais chercher un exemple sur la force des femmes.     

Les visuels publicitaires. Ils sont volontairement choisis de façon extrêmement hétérogène. Il s’agit de croiser les sources pour ne pas devenir prisonnière d’un type de publicité, d’une époque ou d’un ancrage territorial… C’est plus facile à dire qu’à faire et c’est ce qui est drôle. C’est le jeu,  pour démarrer 2015 avec du punch.

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. Janvier pour bien commencer l’année, un objectif cherchez la girafe  et attention pas n’importe laquelle, une qui a le regard  malin, transperçant et qui voit loin, avec ses grandes pattes et son long cou. C’est quand même l’objectif premier. Celle que je vous ai trouvée n’a pas forcément toutes ses qualités ; elle me parait un tantinet tristounette mais il faut faire avec. Cette année est placée sous le signe de l’adaptation continue, en dégustant par exemple, une - bonne bière - K de Kronenbourg dans un lagon en Polynésie les pieds dans l’eau, près du sable chaud de la plage.

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. En février, allez faire une retraite spirituelle  dans le désert. Il y règne une forte activité, à un point que vous ne pouvez imaginer. Vous allez y découvrir le suricate, un petit animal très curieux qui arrive à survivre dans des conditions très hostiles –jour torride, nuit glaciale -. La nuit, il rentre dans son terrier avec sa famille et le jour, pendant que certains chassent pour rapporter de la nourriture, il se dresse sur ses pattes arrière pour chauffer son ventre, surveiller et protéger les petits contre les prédateurs. Il voit tout de ses petits yeux curieux. Ce petit mammifère est l’animal choisi par Qualiac, Engagement pris, promesse tenue en ERP, avec  la question suivante « Curieux de voir un client satisfait de son ERP ? »     

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. Pour mars, quand vous sentez la sève monter au jardin, chercher le tigre, mais attention uniquement le tigre blanc rayé de noir aux yeux toujours bleus, et surtout pas rouges, comme le montre le visuel Lavazza, le café favori des Italiens, pour assortir la couleur de ses yeux au décor de cirque rouge et blanc. Cette marque célèbre de café vous donne un mental capable de maîtriser un tigre par la seule force de votre regard.    

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. Pour avril, choisissez  d’autres rayures pour apaiser le fauve qui est en vous. Traversez les rues de la ville dans les bandes blanches. Allez jusqu’à mettre à votre chien  sans race, très à la mode en cette année 2015, son gilet invisible à rayures visibles, comme le montre le visuel de Serge Blanco pour Paris Match.  

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. En mai, laissez la poule  faire ce qui lui plait et admirez son chant le matin de bonne heure, surtout celle-là avec sa double crête basse et sa forte gorge rouge de rouge qui tranche sur ses plumes noires veinées d’une légère touche de blanc. Sa tête ressort en flamboyance sur le dépliant de Lineart, le salon d’art de Gand (Gent en flamand) en Flandres belges.

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. Juin est le mois des jardins. C’est aussi le moment de l’année où vous en êtes à votre pic d’énergie, quand vous pouvez vous lever tôt et vous coucher tard. Pas de souci quand on est une fourmi pour « travailler comme une bête ». C’est le choix de Lotus, Working Together, qui offre des solutions Intranet pour travailler en réseau, comme… les fourmis.

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. En juillet, préférez le dalmatien, le chien noir et blanc à la grosse truffe noire surtout quand l’objectif le saisit tout près.  Sa tête juste en dessous des yeux – et sans les oreilles-  est plus large que le Kombi Citroën vue de profil.  Il a été choisi par Citroën ZX Kombi (Allemagne) pour vous emmener en vacances dans son gros break, appelé Kombi dans le texte pour représenter la sécurité tout en roulant avec plaisir, avec de la place à l’intérieur : « Fährt sicher. Macht Spass. Hat Platz ». Ce chien, pourtant décrit comme de taille moyenne, devait être à la mode en 1996 lorsque la marque française a choisi ce visuel pour son marché allemand. Une mode très précise puisque 1996 marque également l’année du l’adaptation au cinéma des « 101 dalmatiens » de Walt Disney.   Le visuel était placé en page 2 de la couverture.

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. En août, saluez le célèbre zèbre qui sillonne des couloirs dans des immeubles insolites lors de votre Voyage  à Nantes en Loire-Atlantique, au bord de la Loire. Ce sera une agréable façon de vous rafraîchir en faisant de nouvelles connaissances. Une autre façon de saluer ce moment pleinement dédié aux « Grandes Vacances » en France, le seul pays au monde à en avoir fait une institution officielle, inscrite dans le style de vie à la française, tout comme l’Arc de Triomphe à Paris en haut des Champs Elysées.  Et en plus en prime, vous aurez aussi la chance, que dis-je l’honneur de voir un drôle de bipède à plume avec une aigrette sur la tête, de longues plumes en bas de son long cou, une sorte de grand châle de plumes noires sur les épaules…Un animal mystérieux dont  je ne connais pas le nom ! 

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. Pour septembre, cherchez la cigogne. Il vous faut absolument reprendre de la hauteur et retrouver votre endurance après des vacances au fil de l’eau ou à se bronzer sur le sable chaud. Prenez votre envol, de quoi aérer vos méninges, en compagnie de la cigogne telle qu’elle a été dessinée par le célèbre artiste alsacien Hansi pour les sels de potasse d’Alsace utilisés essentiellement à titre d’engrais.  Ce magnifique volatile est aussi le symbole de l’Alsace.  

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. En octobre pour écouter le brame du cerf, vous avez le choix, soit d’aller au fond des bois, en Vallée de la Loire par exemple, soit de rester en pleine ville en Ecosse au petit matin brumeux quand aucune voiture n’a encore envie de circuler. C’est le moment magique où vous avez une chance de le rencontrer, le cerf qui vient de Glenfiddish, la Vallée des Cerfs en gaélique. C’est la langue celte parlée en Ecosse, celle que décline la marque Glenfiddish, un Single Malt Scotch Whisky, qui invoque « The Independant Spririt » cher à l’Ecosse.

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 . En novembre, variez les plaisirs, soyez  un éléphant dégustant un verre de vin assis en équilibre stable dans un hamac grâce à une de vos pattes arrière dans votre hamac. Avec votre trompe fine, vous arriverez sans problème à réussir ce tour de force pour un vin de Beaujolais. C’est ce que vous dit la pub très directe, détendez-vous avec Beaujolais, « Chill out with Beaujolais ».   

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. Pour décembre, il faut vraiment trouver quelque chose de nouveau pour préparer en beauté la nouvelle année. Rien de tel que de faire un saut en arrière lorsque vous vous admirez devant le grand miroir de pied inclinable juste après avoir ajusté vos bretelles  de luxe de marque « L’Aiglon », que revendiquent  les hommes bien nés, après avoir boutonné leur chemise amidonnée au col cassé, rentré les pans dans leur  pantalon au pli impeccable, mis leur nœud papillon  et enfilé leurs chaussures à talon. A se regarder, ils trouvent à leur physionomie un air avenant, voir même plaisant, dont ils auront plaisir à se souvenir dans les moments de tension qui ne manqueront pas de venir l’année suivante. C’est à ces détails qu’on distingue l’homme moderne. Il faut seulement un aiglon ou un aigle, qui regarde de l’autre côté.

ET BONNE ANNEE 2015 

Pour suivre le chemin, avec des photos d'Elisabeth Poulain

. « L’Aiglon, bretelles de luxe… sous ce nom évocateur, cette grande marque française affirme aujourd’hui dans le monde entier le  prestige d’une fabrication indiscutablement sans rivale… Jos. Bayon, fabricant Angers, L’Illustration, 28 avril 1928

. Le cerf dans sa version urbaine écossaise, est à admirer en page 133 dans Géo, décembre 2002

. Le chien beige à rayures blanches qui traverse dans le passage piéton est issu de Paris-Match du 18 au 24 septembre 2014.

. La cigogne est celle des Potasse d’Alsace créée  par Hansi ; c’est, une plaque émaillée du catalogue « Salorges Enchères », Nantes (02 40 69 09 10), la Baule, avec des infos sur  http://djinspace.perso.sfr.fr/alsace/alsa_sym.html . Sur la cigogne elle-même, voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne_blanche et surtout http://www.bestioles.ca/oiseaux/cigognes.html

= Découvrir l’homme, l’artiste Hansi sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Hansi

 . Le dalmatien de Citroën ZX Kombi (Allemagne)  dans " Double Chevron, le magazine international de la marque", printemps 1996, n° 13. Voir aussi pour 1996, l’adaptation au cinéma http://fr.wikipedia.org/wiki/Dalmatien  

. L’éléphant du Beaujolais sur une carte publicitaire de 2001, www.beaujolais.com

. La fourmi, celle qui vous fait travailler comme une bête, vient de l’Essentiel du Management, juillet 1998

. La girafe dans Geo, n° 198, août 1995,  pages 60 et 61

. La poule  de Lineart , Art Fair, Flanders Expo Gent, Belgium, wwwlineart.be, 4 au 8 décembre 2009,  sur www.lineart.be

. Le suricate, choisi par Qualiac, Solutions de gestion, est un visuel paru dans TGV Magazine, n° 164 de mai 2014 en page 47 ; pour le Désert de Kalahari en Namibie, voir   http://fr.wikipedia.org/wiki/Namibie     

. Le tigre blanc de cirque du Café Lavazza vient de Géo, avril 2005, p. 13

. Le zèbre de Nantes, en pages 10 et 11 de la brochure « Nantes2014 : Faites le Voyage », www.levoyageanantes.fr  

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Style de Pub Tod’s > Le monde dans mon sac, mes mocassins aux pieds

30 Décembre 2014, 17:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Les acteurs de cette publicité. Ce sont tout d’abord Tod’s bien sûr, un groupe international qui fédère des marques de luxe propres à créer des styles de vie raffinés qui surfent à la fois sur une identité d’ancrage et à la fois sur une certaine musique internationale très sélective, aussi bien pour l’homme que pour la femme, seule visée ici. Le titre de ce visuel. Il appartient à une série « Charming Italian Stories » qui visiblement devait se décliner au pluriel.  

Paysage de Pub-Tod's-Italie-chaussures & sac

La question : comment peut-on montrer en un seul visuel publicitaire que le monde s’ouvre à la personne attirée par cette publicité, grâce à deux objets qui sont à la fois usuels et à la fois très personnels pour une femme ? J’ai nommé le sac à main et une seule chaussure, l’autre étant peut-être placée derrière le sac ! Peu importe, en voir une seule suffit à évoquer les deux pour entreprendre le voyage.   

C’est  l’Italie, une Italie tirée d’un rêve que recrée  ce visuel publicitaire, mais pas forcément une photo de rêve. C’est plus compliqué. La photo elle-même s’inscrit dans une longue histoire d’ancrage dans le temps, qui vous emmène à sa seule vue. Comme dans un phénomène de téléportation, qui vous transporte immédiatement dans un pays du sud, où la moisson vient d’avoir lieu. Le paysage réduit à l’essentiel est fort.

Les couleurs du paysage à destination sont celles du sac à main et de la chaussure. Pour le sac, du daim et du cuir vert mousse, souligné de piqures blanches ; pour la chaussure, un assemblage très sophistiqué de pièces de daim et de cuir soulignées d’un jeu très travaillé de piqures à fil blanc très visible sur une rangée, deux, trois ou quatre rangs. S’y ajoutent aussi du cuir laqué noir pour la bordure de la semelle et de l’élastique noir pour s’ajuster parfaitement à la forme au pied. 

Bien sûr, cette description chromatique rapide ne saurait rendre compte des formidables variations de ces cuirs, de ce fil et des deux autres matières noires à l’accroche de la lumière et aux formes elles-mêmes. C’est particulièrement remarquable pour le sac dans sa partie haute, pour le grand rabat ourlé en forme de vague qui arrondit les angles et se courbe vers le bas à hauteur de l’empreinte en médaillon allongé au nom de TOD’S au centre, en guise de révérence.

Paysage de Pub-Tod's-Italie-chaussures & sac

Ce médaillon de la marque signe aussi visuellement le point focal de la composition. Bien qu’il garde une discrétion de bon aloi, il accroche tellement le regard, que la chaussure semble comme absorbée par le sac, sans que cela lui porte préjudice, pour laisser le regard filer vers le haut de la composition, pour suivre la courbure accentuée des anses.

La force du paysage statique de la colline arrondie située en arrière-plan commence à bouger devant nos yeux. Dans la boucle  de l’anse, plutôt vers la droite se découvre une maison en U avec un petit bâtiment hors de l’anse vers la droite. Dans l’anse à gauche, on voit un long hangar avec deux silos à grain et un arbre sur le devant.  Et en dessous, sur le pré jauni quatre rouleaux de foin s’écrasent au sol, comme oubliés. Et c’est sur ce socle que repose le sac avec son avant-corps la chaussure.

Reste à vous parler du formidable ciel vert profond qui se marrie  sans choquer avec le jaune irrégulier de la pente douce, sans porter tort au sac ni à son complément de pied et sans surtout être remis en question par le regard. C’est là que se trouve le secret de cette histoire italienne pas vraiment charmante, surprenante plutôt, malgré le titre donné par la marque - « Charming Italian Stories » - avec TOD’S inscrit dans un médaillon plus grand et plus visible que sur le sac.

Et c’est comme ça qu’on enferme le monde dans son sac à la main  avec ses mocassins Tod’s aux pieds, en partant le long des chemins « on the road. »         

     Paysage de Pub-Tod's-Italie-chaussures & sac

Pour suivre le chemin

. Visuel placé en page 12 d’un magazine publicitaire conçu pour Noël 2003 par « Rive gauche, Les cadeaux ont une âme, Le Bon Marché », www.lebonmarche.fr

. Retrouver le Groupe Tods sur http://www.todsgroup.com/  et sa filiale française sur                          http://www.tods.com/fr_fr/  avec ses marques que sont aujourd’hui Tod’s, Hogan, Fay et Roger Vivier

. Lire la vie du fondateur de la marque Tod’s, fils de cordonnier de Casette d’été (Italie), sur https://login.departures.com/articles/whos-the-man-behind-the-tods

. Photo Elisabeth Poulain à partir du magazine, à voir dans "Paysages mobiles." 

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Photos > Lever du jour sur la zone industrielle > E-402 > Rouen

29 Décembre 2014, 18:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

         

C’est un beau matin d’hiver à l’air froid et sec, au moins autant qu’il est possible en vallée de la Seine. L’aube se devine à la moindre épaisseur du noir de la nuit. Les formes aériennes se laissent percevoir. Le ciel commence à prendre des couleurs près de l’horizon. Les lumières rouges des voitures se voient toujours bien au contraire du feu vert qui fait un peu palot surtout en cet entre-deux, ni encore nuit profonde, ni tout à fait vraiment jour.

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Ce sont les mats que l’on distingue le mieux, sur la double voie, la E-402, qui connait un fort trafic, qui traverse cette zone industrielle très active. Ceux des lignes à haute tension, des poteaux électriques et de ceux des voies ferroviaires concentrées dans une grande emprise à l’approche de la ville. Des arbres plantés le long de la route grandissent sans souci particulier dans cet espace placé sous le signe de la mobilité, celle des trains que je viens de mentionner, celles des voitures et des camions qui circulent ici en nombre et celle  à venir des nombreux entrepôts de camions localisés ici, ou d’entreprises avec leur propre flotte. C’est là surtout que se perçoit le réveil de l’activité diurne d’une grande métropole comme l’est Rouen.

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Parfois des séquences de vides se forment entre deux « trains de voiture », comme accolés l’un à l’autre et que ne séparent que l’arrivée intempestive d’un feu passant au rouge.  C’est alors qu’on se surprend à regarder le ciel qui commence à prendre des couleurs surprenantes, qui hésitent entre le bleu ciel presque pur mais pas vraiment éclairé pour autant, le gris qui vient se mêler à lui en hauteur, des teintes oranges de toute beauté, avec de longues flammèches de blanc qui irisent le gris ou forment de longues trainées qui signent le passage d’avions.

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A rouler en observant bien les limitations de vitesse à 90 et 70 kms-heure à l’approche des feux, on commence à apercevoir sur sa droite les premières maisons vues de dos, sur leur façade aveugle liées entre elles.

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Puis sur sa gauche, les grandes cheminées qui signalent la grande usine  de papeterie et cartonnerie que dominent ses grandes cheminées.

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Arrivée à cet endroit, la voie connait un tournant prononcé qui surprend ceux qui ne connaissent pas, un endroit surprenant également, avec d’anciennes maisons ouvrières, certaines réhabilitées, d’autres qui attendent une grande opération de rénovation urbaine, avec sur la droite, un étang aux allures d’une grande mare et de l’autre côté des jardins potagers entretenus par des jardiniers amateurs.

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Cette « 2 fois 2 voies »  se termine en quasi-apothéose par une grande place connue par tous, chauffeurs professionnels et automobilistes se rendant au travail dans un sens ou dans un autre, en sortant de Rouen  pour aller vers Paris ou vers le Havre. C’est le rond-point aux vaches, qui est orné en son centre sur un terre-plein – vous l’avez deviné - par de belles vaches en plastique.

L’aventure des vaches se poursuit ensuite sur le mur de la centrale EDF placée au coin à droite quand on veut rejoindre l’autoroute A 13 qui traverse la forêt au- dessus de Rouen. Une nouvelle aventure paysagère commence dès lors qu’on emprunte l’autoroute A13 qui relie Paris au Havre…          

 Pour suivre le chemin  

. Voir Rouen sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Rouen

. A partir du 1er janvier 2015, la ville change de nom et d’importance, elle regroupera 71 communes (avant 45) et prend le nom de « Métropole RouenNormandie », à suivre sur  http://www.la-crea.fr/espace-presse-de-la-crea.html

. Voir Sotteville-lès-Rouen  http://fr.wikipedia.org/wiki/Sotteville-l%C3%A8s-Rouen

Rouen-St-Etienne de Rouvray-Cartezonesactivites, site de la vi

. Voir Saint-Etienne de Rouvay, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-%C3%89tienne-du-Rouvray . Vous pourrez y trouver aussi et surtout la carte très claire donnant le détail des différentes zones d’activités de ce vaste espace situé entre le bord de la Seine, la forêt qui domine Rouen, les voies d’accès et la conurbation  au sens large, composée de Rouen, Sotteville les Rouen, Saint-Etienne de Rouvray…C'est la carte que la ville m'a aimablement autorisée à reproduire ici, avec mes remerciements. La 4 Voies est celle que vous voyez à droite du plan en suivant le n° 1 et le 2.    

. Le rond-point des vaches, retrouvez le avec une bonne photo prise sur fond de falaise blanche creusée par la Seine, il y a fort, fort longtemps,  sur http://rouen.blogs.com/photo/2006/03/collection_de_r.html    ---) Le cliché est donc pris dans le sens inverse par lequel se déroule mon billet. Avec moi, on sort de Rouen,  avec cette photo prise de jour cette fois-ci, on arrive sur la 2 fois 2 voies, allant vers la forêt et l’autoroute A 13 reliant Paris au Havre. 

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. Voir l’autoroute A 13 sur  http://fr.mappy.com/itineraire/75000-paris/76600-le-havre#/1/M2/  

. Photos Elisabeth Poulain; la carte est celle de la ville de Saint-Etienne de Rouvray, avec mes remerciements pour l'autorisation de reproduction

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