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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Harfleur, entre Lézarde, Seine et Mer > L'attrait de la carte dessinée

22 Août 2013, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une petite ville de Normandie  de 8 000 habitants. Autrefois protégée par ses remparts, elle s’est développée au Moyen-Âge autour de la Lézarde. C’est le nom de sa  rivière de 14 kilomètres de long qui se jette dans l’estuaire de la Seine, en rive droite.   

Harfleur est aussi la toute proche voisine de la métropole du Havre, qui est avec Marseille, un des deux plus grands ports de France. Elle est positionnée en rive droite de la Seine, alors que sa « consoeur », Honfleur, est  située de l’autre côté du Pont de Normandie, en rive gauche, proche du littoral très renommée pour sa richesse artistique et culturelle, avec Deauville et Trouville en fer de lance.

    Harfleur-Plaquette-touristique-Carte-dessinée

Quant à cette voisine d’Honfleur et du Havre, elle a d’autres atouts. Elle dispose d’un patrimoine qui s’inscrit dans le temps long de l’histoire et qui est proche des gens. Son centre ancien se déploie essentiellement en rive gauche le long de la rivière canalisée qui borde l’église Saint-Martin à la longue histoire.

Une des solutions pour inciter les touristes à s’arrêter à Harfleur le temps d’une petite pause et « plus si affinités » est de jouer de sa vitalité commerciale et de sa petitesse à taille humaine en montrant visuellement le patrimoine ancien à découvrir au cours d’une balade urbaine sympathique et chaleureuse.

       Harfleur-Plaquette-touristique-Carte-dessinée-page 2-Quai de la Douane 

La carte dessinée, avec ses monuments, plutôt qu’un plan traditionnel de ville. Telle est une des solutions retenues par Harfleur qui a en plus joué de sa proximité avec le Royaume-Uni. De nombreux touristes sont en effet de de culture et de langue anglaise. Il y a donc deux cartes dessinées, l’une en français et anglais qui met l’accent sur « le circuit touristique » et l’autre en anglais « Harfleur, Heritage of Life. »  

La carte dessinée « Harfleur, Sites remarquables ». Elle figure au centre en page 6 et 7 d’une petite plaquette de 12 pages. Elle indique une promenade en 9 stations qui figurent en rouge sur le dessin. Les bâtiments et sites remarquables  sont dessinés à chaque fois, avec des bateaux sur la Lézarde, des maisons anciennes à colombages pour montrer les habitations, des arbres de différentes variétés pour indiquer le végétal  et le patrimoine bâti à voir absolument. Chacun des 9 thèmes est expliqué par un texte explicatif clair et illustré par  un ou plusieurs documents. 

Harfleur-Dépliant-touristique-Carte-dessinée

La carte dessinée dans « Harfleur, Heritage of Life », la plaquette en anglais. C’est quasiment la même avec cette fois-ci 8 thèmes à voir. Les couleurs de fond sont plus claires, le circuit de promenade a disparu et les visites  des maisons à pan de bois sont remplacées par la découverte du « Clos aux Galées » qui est une partie de l’ancien mur d’enceinte qui protégeait la ville fortifiée au Moyen-Âge, la suppression d’un des arrêts au départ ne changeant pas vraiment la donne. Cette fois, le document est un dépliant, avec la carte toujours au centre encadré de huit textes courts avec une photo du site à chaque fois.  

 Les deux documents répondent à des besoins différents. Le premier, qui comporte un feuillet de plus, peut être utilisée de deux façons différentes, soit en se limitant à une portion de la visite -  ce qui a été notre cas - soit en approfondissant la connaissance en lisant parallèlement le texte avec une photo de bonne qualité.  Le second réduit est destiné à des touristes qui ont moins de temps à se consacrer à la découverte de la ville ancienne.    

Harfleur-Dépliant-touristique-Carte-dessinée-Les Quais

Si je ne devais que garder une des deux cartes, ce serait à coup sûr le petit livret avec sa carte du premier sur fond bistre avec le tracé en rouge qui me donne envie de revenir – un jour – voir le reste de la ville ancienne…Quoi qu’il en soit de la réponse à cette problématique, le pari est réussi pour cette petite ville animée et accueillante que nous avons eu plaisir à découvrir avant d’aller au Havre.  

Pour suivre le chemin

Voir le site de la ville pour connaître l’essentiel sur http://www.harfleur.fr/spip.php?rubrique12

Harfleur-Centre-ancien-Eglise-Saint-Martin

.Des sites spécialisés en histoire et patrimoine comme http://harfleur-histoireetpatrimoine.over-blog.com/albums.html, un forum interactif avec une jolie carte  http://caenrr.forumactif.com/t623-baronnie-harfleur-angelique 

. Photos plaquette et dépliant de la ville, Wikipedia pour le dernier cliché

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M comme Man > Le Vieil Homme aux Peignes > Georges Tournon

19 Août 2013, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

Georges Tournon devait être un artiste parisien   qui avait acquis une dextérité certaine dans l’art de croquer le petit peuple de la rue. Il avait une réelle prédilection pour repérer et dessiner d’après-nature des personnages de la misère d’entre les deux guerres. Clochards recroquevillés par le froid et la faim, couples de vieux assis sur un banc, vagabonds errants… il associait à ces exclus « au bout du rouleau », des vendeurs de « quasi-rien », qui, contre quelques sous, cédaient aux passants des fleurs, du mimosa, des plumeaux… ou jouaient de l’orgue de barbarie portatif à la sonorité si déchirante qu’on ne l’oublie pas une fois qu’on l’a entendue.

 

Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon 

Son modèle ce jour-là était un vendeur de peignes l’hiver quand il fait froid. Le vieil homme est bien couvert, avec son manteau long marron couleur de muraille, avec des reflets mauves d’usure. Il a de grosses chaussures, un foulard vert autour du cou et un chapeau enfoncé jusqu’aux oreilles. Sa barbe blanche pousse librement loin des paires de ciseaux d’un coiffeur. De ses cheveux, on ne sait rien.

Par contre, on voit très clairement les cinq peignes à grosses dents que l’homme tient dans sa main gauche sans gant, pendant que la droite se réchauffe dans la poche du manteau. La curiosité vient de la couleur des peignes, avec trois bleus, un crème et un noir. Les peignes étaient dans ce début du XXe siècle en corne. Il semblerait qu’il s’agisse de peignes à queue pour démêler les cheveux courts. Outre la couleur qui indiquerait plutôt un peigne en celluloïde, l’étonnant porte sur la largeur des dents du peigne.

  Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon

Le dessinateur devait croquer les silhouettes sur le vif et finir de coloriser chez lui avec les  moyens du bord les moins chers. Pour lui, il n’y avait pas de toile ou d’huile. Georges Tournon utilisait le crayon, le pastel, le fusain et la craie. Sur le peintre lui-même, on ne trouve réellement que peu de choses sur le Net. Même les dates ne collent pas. Celles indiquées, 1928-1958, ne peuvent expliquer qu’il aurait dessiné des croquis de char camouflé pendant la première guerre mondiale.

Que reste-t-il d’un homme, quand il a disparu?  Cette question emblématique de la condition humaine pourrait être totalement associée au dessinateur. Elle peut l’être encore plus à  ses « pauvres héros », comme ce vendeur de peignes dans la rue, qui n’a rien, ni nom, ni localisation, ni date. Et pourtant cette hypothèse est erronée.  Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon

Car c’est bien la publicité et la revente des visuels sur le net qui permettent de garder la trace et de l’homme aux peignes et de son créateur pour " le Laboratoire de     Médecine expérimentale de Beauvais", qui devait être un organisme gouvernemental,  comme il est écrit en tout petit tout en bas de la planche. Le plus étonnant pour moi est de n’avoir rien trouvé ou si peu sur ce dessinateur doué.  Car c’est vraiment le moment de porter attention au regard du vieil homme, un regard fort d’un homme aux aguets. Son repas du soir est en jeu et sa vie aussi.  Et pourtant ce n’est pas un homme vaincu. Contrairement à d’autres créations de l’artiste sur des indigents, cet homme a sa dignité.

Pour aller plus loin

. Concernant le dessinateur Georges Tournon, je n’ai réellement aucune source à vous indiquer. J’ai trouvé cette affichette à la Bouquinerie Dutru, Rue Lionnaise à Angers, sans autre indication que le nom de l'annonceur. Le dessin est imprimé sur un papier à dessin d’un bon grammage, protégé par un calque qui porte le nom de Fludiose suivi du texte publicitaire suivant : « Sous l’influence de la Fludiose, le sang se rénove, l’appétit renaît, le poids augmente, la vigueur s’accroît, les pâles couleurs disparaissent ».  Il y avait un autre visuel de la même série, qui m’a moins intéressé. Il était plus convenu même s’il était très réussi aussi. On y voyait une très jolie jeune maman bercer son bébé aux jolies joues rondes, grâce à Fludiose bien sûr.

. Le Laboratoire de médecine expérimentale de Beauvais a exercé ses fonctions de 1920 à 1960. Il reste connu grâce à ses buvards publicitaires.   

. La Fludiose est encore très présente sur le Net ; c’est du manganèse recommandé pour les enfants et… visiblement ici pour les personnes âgées dénutries. http://www.amazon.fr/livres/dp/B009RQ6RU0 . Le laboratoire était un grand utilisateur de la publicité, http://cartes-postales.delcampe.fr/page/item/id,106682439,var,PUBLICITE-FLUDIOSE-LABO-MEDECINE-EXPERIMENTALE,language,F.html  

. Visiter la vieille usine  de fabrication du peigne à Ezy-sur-Eure, en lisant avant son histoire sur    http://hist-geo.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article229

. Voir le site très pédagogique et renseigné sur le peigne en corne d’un fabricant qui en vend sur le net http://peignecorne.com/fabrication.htm

. Photos Elisabeth Poulain

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N comme Nana > Les 5 plus Belles Blondes du Monde du Vin

14 Août 2013, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont françaises au moins pour trois d'entre elles , il faut le dire clairement et fort, d’abord parce que c’est « vrai » autant qu’une chose puisse être vraie en publicité. L’autre raison est plus solide, me semble-t-il. Ce sont des publicités françaises, en faveur de vin français, faites aussi pour 3 d'entre elles pour le marché français. D'eux d'entre elles ont dû être conçues pour le marché anglo-saxon et plus.

La Blonde. Elle a un statut tout à fait à part dans l’histoire d’abord et la publicité maintenant. La blondeur de ses cheveux associée à la finesse de sa peau blanche vont de pair avec la rareté du phénomène. La couleur naturellement pâle de ses cheveux et de sa carnation vient en effet d’un  gène récessif originaire des pays nordiques.

Symbole de la féminité pour certains, qui attribuent la naissance du monde à l’apparition d’Eve sur terre, la femme blonde peut aussi et surtout en publicité   porter les valeurs de Grâce Kelly, qui a su allier sa beauté naturelle  à la distinction aristocratique du fait de son appartenance à la haute société et au monde du cinéma. C’est plutôt dans cet esprit qu’ont été choisies les cinq égéries blondes du Monde du Vin, à savoir Médoc Bordeaux, Bordeaux, Bordeaux Modern Classics, Bordeaux L’Ecole du Vin  et l’inconnue du « Monde des Saveurs. »

Femme-du-vin-1- Marianne-Bordeaux-Médoc-2003     

. La première, vous la connaissez déjà, avec ses cheveux courts et son petit pull ras nus qui laisse voir des bras fins. C’est la plus célèbre. Marianne, Maître de Chai a été superbement photographiée par Jean-Marie Perrier pour l’agence Créhallet Pouget Poulssiegues. Elle incarne avec une grande justesse « tout un monde de finesse. »

Femme-du-vin-2-Oriane-B-Bordeaux-   

. La seconde s’appelle Oriane M. Cette propriétaire sans nom « constate la réussite de son assemblage », avec ses cheveux longs décoiffés et son regard qui hésite entre la caméra et le vin qu’elle tient dans son verre. Le photographe a capté l’éclat du sourire mais n’est pas JM Perrier qui veut. Elle représente « le  goût en héritage ». Elle est serait donc une fille de …, ce qui parait peu vraisemblable.

Femme-du-vin-La queue-de-cheval-Bordeaux-3-Modern-Classics-Decanter 

. La troisième a aussi les cheveux longs mais cette fois-ci, ils sont sagement retenus dans une queue de cheval lâche par une grosse barrette rouge signée du B de Bordeaux. Cette blonde se présente à nous dos nu. Elle n’a ni nom, ni vêtement ; elle est simplement vêtu de sa seule barrette. Elle illustre la campagne « Bordeaux Modern Classics » à l’intention des marchés anglo-saxons. Elle a été sélectionnée par Decanter en association avec le CIVB, pour figurer sur la page 1 de couverture d’un encart de Decanter. La photo fait partie d’un fonds d’images.

Femme-du-vin-4-Bordeaux-Ecole du Vin- 

. La quatrième est une blonde à cheveux courts, habillée d’une robe blanche doublée d’une gaze fine qui laisse deviner son sein gauche et voir son dos.  Elle a le regard franchement coquin, dirigée droit dans le regard d’un homme en costume blanc avec une chemise ouverte heureusement sans cravate. Le titre du visuel de ce supplément fait pour les marchés anglo-saxons ne manque pas d’interpeller « Be seduced par the Bordeaux Wine School », avec cette question « qui séduit qui ».  

Femme-du-vin-5-Tire-Bouchon-Elis 

. Arrive enfin la cinquième et dernière. Celle-là a les cheveux courts et les dents solides. Elle les a bien belles et bien blanches. Grâce à elles, elle croque les bouchons à pleines dents. C’est elle qui aura le dernier mot. Elle permet de répondre à la question « qui séduit qui? ». Visiblement c’est elle, qui appartient aux « saveurs de vin », avec ce slogan « plus loin dans le monde des saveurs ». C'est la plus joyeuse et la plus "punchy" du lot. C’est un visuel publicitaire pour un tire-bouchon électrique Elis, une production de Peugeot-Saveurs, paru dans Le Point Spécial Vins du 3 septembre 2009.        

Pour suivre le chemin

. Lire sur « le mythe de la femme blonde », un article qui cite Marilyn Monroë  http://www.psychologies.com/Beaute/Cheveux/Couleurs/Articles-et-Dossiers/La-blondeur-un-mythe-sans-cesse-recree

. Lire sur ce blog des billets sur les femmes vus par les publicitaires: N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co   , N de Nana > La Femme couchée dans l'herbe > Une image de détente et +   

. Une remarque concernant les visuels 3 et 4, Bordeaux-Modern Classics & Bordeaux Wine School » : ils n’ont pas été conçus pour le marché français qui interdit aux publicitaires d’associer directement l’image de la jolie jeune femme séductrice à la publicité pour le vin, ce qui n’est pas le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis…    

 . Photos Elisabeth Poulain

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Photos > La Vallée de la Seine > de Rouen à Caudebec > Boucles & Berges

12 Août 2013, 17:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Des photos un peu particulières. Elles le sont car elles ont été prises en roulant, assise à la place à côté de la conductrice en allant de Rouen à Caudebec en Caux.

 

Elles ont le mérite de l’instantanéité,sans possibilité ni volonté d’en faire de trop. Ce sont ce que j’appelle des photos aléatoires.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-2-Le Côteau

 

Le trajet entre les boucles et les berges de la Seine. Il permet de voir vraiment une grande variété de paysages, sur une quarantaine de kilomètres, dans des sites qui ont d'abord été façonnés par la Seine et travaillés ensuite par l'homme.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-3-Le-Côteau

Il emprunte la départementale D182,qui domine Rouen avec au premier plan la zone portuaire, avant de traverser la forêt très présente dans les boucles de la Seine et au-dessus.

Mon choix. Il est de voir la nature telle qu’elle s’exprime dans le travail de l’homme. C’est dire que mes photos racontent une longue histoire qui a commencé il y a bien longtemps, avec d'abord des champs gagnés sur la forêt.

Sur la droite, de belles pièces de terre alternent entre herbages et blé sur le coteau quand il n’est pas trop pentu, le reste est resté en bois.

Paysages de Seine-entre-Rouen-Caudebec-en-Caux-1-Champ-de-Blé-avec-meules

La moisson a été faite, le grain récolté et le foin compressé en rouleau. Il sèche au soleil en attendant d’être rentré à la fin de l’été.     

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux -4-Champ-Maïs

 Sur la gauche, du côté du fleuve qu’on ne voit pas, c’est un champ de maïs qui éclate de vigueur. La terre ici est plus humide que de l’autre côté. On n’y voit pas d’arrosage ni en journée, ni le soir, tant le climat normand fait bien les choses.  

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-5-La-Seine

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-8-la-Seine-le-Côteau

La route redescend vers la Seine. Cette fois-ci, on le voit enfin, ce grand fleuve, large et puissant. Ce doit être la marée haute, tant le niveau est élevé.Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-10-Maison

La différence entre les deux rives apparaît clairement, au côté droit, là où se trouve la route, des maisons apparaissent de chaque côté, bloquées très vite par des hautes falaises blanches.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-9-La-Falaise-Craie

En rive gauche, on ne voit que du vert,avec en particulier des saules et des hauts peupliers qui sculptent le paysage en hauteur.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-6-La-Seine

La traversée de Caudebec en Caux nous amène sur le plateau. C’est là que se termine cette petite série, avec un champ où le blé n’a pas encore été moissonné. D’autres paysages nous attendent où l’influence de la Seine se moins sentir, mais là avec aussi de très belles découvertes. En attendant, regardez bien les ciels et constatez le pouvoir d'attraction de l'eau.   

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-Sur-le-Plateau

Pour suivre le chemin

. Emprunter la D982 de Rouen à Caudebec sur Caux et là tourner à droite monter le coteau raide par la D131.

. Sur ce thème de la photo aléatoire prise pendant un transport, voir sur ce blog  Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre     Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

    

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Rouge de rouge, comme le rouge brique du Mont Fuji, selon Hokusai

1 Août 2013, 15:45pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le Mont Fuji, qui vient seulement d’être classé par l’UNESCO, fait depuis très longtemps l’objet d’une véritable vénération au Japon. Plus qu’un symbole national, il est considéré à l’égal d’un dieu tutélaire bienveillant au pays du Soleil Levant. Il est devenu lieu de pèlerinage dont seuls les plus courageux arrivent à faire les huit stations pour atteindre le sommet situé à 3776 mètres.

  Fuji-rouge-Red Fuji-southern wind-clear morning-Hokusai-183

Sa forme parfaite de volcan a également été prise pour modèle par les artistes et ce depuis longtemps. Hokusai est l’un deux qui réalisa de 1830 à 1840 une série de 36 vues du Mont Fuji,  36 qui se révèlent compter 46 représentations au total. L’un de ces dessins est particulièrement connu. Il représente le Fuji revêtu de couleur rouge, au pont que certains l’appellent « le Fuji rouge ».

Le rouge du Fuji rouge est très difficile à définir. D’ailleurs le peintre ne s’y est pas risqué. Il a appelé son tableau en traduction anglaise  « Mount Fuji, South Wind, Clear Sky », dont la traduction   française devient « Le Mont Fuji par vent du sud et temps clair », ce qui vous en conviendrez n’est pas tout à fait pareil. Si je devais traduire le titre en conservant la couleur rouge, ce pourrait être « Le Mont Fuji, à la couleur rouge quand le vent et au sud et que le ciel est clair ».Le ciel est autrement plus évocateur, que le temps pris au sens du climat.

Ce rouge « par vent du sud et ciel clair ». Hokusai est le seul à l’avoir fait et à avoir pu le faire, parce ce rouge-là ne peut être obtenu que si le ciel est bleu de Prusse, nimbée de petits cumulo-nimbus horizontaux disposés d’une certaine façon, groupés essentiellement en partie gauche du tableau  . Le seul aussi parce que ce rouge est issu en partie basse et gauche d’une forêt grise,  tachetée de petits cônes noirs qui chacun représente une partie de la forêt dense de confères qui semble entourée la base du volcan. Le seul aussi à l’avoir associé au feu dans sa partie basse et moyenne pour le fondre très vite dans le noir choisi pour représenter le cône du volcan, là où se voient le mieux les traces de neige éternelle  qui ressemblent à des coulées de lave en fusion, qu’on aurait tendance à voir rouge-fusion éclairer la roche noire extérieure du volcan.

Mont-Fuji-Rest-Station-Mark-Grant-Wikipedia 

Traditionnellement, c'est le cône du volcan qui est représenté en rouge fusion, pour marquer la sortie de la lave. Ici le cône est noir et c'est toute la montée vers le sommet qui est rouge brique. Le plus étonnant est que dans la réalité, la roche est bien de couleur rouge, quand on se situe à l'approche du dernier refuge, un rouge plus clair que celui choisi par l'artiste, mais un rouge quand même.  

Pour suivre le chemin

. Aller voir le Mont Fuji, en attendant.

. Commencer à vous faire l’œil sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Trente-six_vues_du_mont_Fuji  

. Photos Wikipedia, Merci au contributeur Mark Grant qui a fait la photo du « resthouse ». L’endroit est réservé aux alpinistes  confirmés.

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Rouge de rouge... comme l'étiquette de vin Joli Grain de la Coop

31 Juillet 2013, 15:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une étiquette qui a forcément une histoire. Non collée, elle n’a pas eu à subir le destin difficile qui fait de l’étiquette de vin une simple porte d’entrée sur le vin enfermé dans la bouteille. Elle a donc conservé son état d’origine. Une des conséquences aussi est qu’elle n’est accompagnée d’aucune information d’aucune sorte, à commencer par sa date approximative. Aucune mention n’y figure concernant le type de vin. Seul le titre alcoolique est indiqué. C’est un 12°.

Rouge de Joli Grain, Vin de la Coop

Amoureux des grands vins, à l’étiquette prestigieuse, vous  pouvez être assuré qu’elle ne vous intéressera pas. Les collectionneurs peut-être. Les transmetteurs de la mémoire de Coop assurément. Un tel site existe. Il retrace le fil de la mémoire de Coop, qui était à ma connaissance très présente par exemple en Loire-Atlantique    dans les années d’après la seconde guerre mondiale. On y voit une bouteille vide avec une étiquette portant le logo de Coop bien reconnaissable qui date semble-t-il de 1967, mais avec une grosse différence.

L’étiquette que je vous présente est –elle- d’un rouge franc et massif, ce qui me permet de dire d’abord que c’est un rouge de rouge à vous emporter la vue. L’absence d’indication quelconque d’origine m’amène à penser que c’est un vin de coupage obtenu par le mélange de plusieurs types de vin de façon à garantir le type de vin, le titre alcoolique et le petit prix accessible aux adhérents de la coopérative fondée en 1905.

D’où mon titre de « Rouge de Rouge », synonyme d’un vin facile à boire vite, en quantité et qui ne coûte pas cher, mais sans être du "gros rouge" pour autant, ce qui aurait été dévalorisant. Joli Grain devai têtre un vin à forte couleur rouge car il comportait des vins obtenus avec des cépages « teinturiers » qui n’étaient pas renommé pour leurs qualités mais pour donner une belle couleur rouge attirante au vin. C’était en particulier celui qui était vendu à Paris à la fin de la semaine dans les faubourgs ouvriers. A la fin du XIXe siècle, la couleur rouge allait de pair avec le vin bon marché et l’alcool qui garantissait un lourd sommeil.

 

Rouge de Joli Grain, Vin de la Coop 

Mais l’étiquette donne aussi des autres indications, à commencer par son style qui a un vrai côté "art déco" avec ses colonnades à trois bandes sur les côtés, placées  en dessous d’une arche  dans laquelle s’inscrit d’une façon involontairement comique « Joli Grain ». Il y avait vraisemblablement une volonté de montrer que le vin n’était justement pas du gros rouge. Pour justifier ce joli grain, le dessin placé au centre est étonnant. On voit un vendangeur âgé –un signe de qualité dans le monde du vin – la hotte plein d’un raisin qui ressemblerait à des cerises débordé de la lourde hotte. L’homme tient en plus du raisin de la même couleur que ceux de la hotte. Pour éviter un conflit entre les couleurs rouges, celle du raisin est rose, au contraire du fond qui rouge profond et dense.   

Il reste le visage du vendangeur qui montre que le dessinateur a un réel talent. Il a dû travailler d’après une photo. On y voit un homme souriant aux lèvres brillantes rouges, aux pommettes qui scintillent au soleil, les yeux plissés de plaisir. Sa casquette, en position été, laisse passer des touffes de cheveux abondants au-dessus des oreilles. Le logo de Coop placé dans l’encart en bas du dessin ne coupe pas sa main, même s’il empiète légèrement sur la grappe tenue de la main droite. Regardez la bien, on dirait presque que chaque grain reflète le soleil, à l’instar des pommettes de ce vendangeur au regard intelligent et qui vous regarde dans les yeux. En guise de signature de l’artiste (je blague) se trouve la mention G. 145. R à gauche. 

Voici un commentaire de Chantal Tefy qui vient de m'arriver (en date du 10.12.2013) et que je joins au texte concernant  "l' image  représentant un vieux monsieur vendangeur sur les bouteilles coop joli grain ainsi que la même le représentant vraiment et bien,  en fait c'est mon grand père qui vivait dans le Limousin à Campnétery.Il est décédé en 1975. Ça me fait chaud au cœur quand je vois ces images, je les ai chez moi en souvenir."

Un grand merci pour ce témoignage.      

Pour suivre le chemin

. Merci au collectionneur qui m’a fait parvenir cette étiquette, il y a plusieurs années. 

. Voir http://www.deja-hier.com/histoiredesmarques/coop.asp

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Styles de Pub 1938-1939 > Byrrh > Les Dames de Byrrh & Les Artistes

30 Juillet 2013, 15:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

 La puissance d’une entreprise comme Byrrh. On a peine à l’imaginer aujourd'hui. Son nom est toujours connu ; l’entreprise est maintenant entrée dans le Groupe Pernod Ricard. L’histoire  a retenu trois choses, son chai en construction métallique, œuvre de Gaston Eiffel - celui de la célèbre Tour à Paris -, sa très grosse cuve en chêne, la plus grosse existante au monde et l’incroyable force de frappe publicitaire déployée par l’entreprise créée en 1866 et qui connut son pic de renommé en 1930. C’est à ce moment de rupture marqué par la crise de 1930 entre la fin de la première guerre mondiale et la préparation de la seconde que Byrrh fut le plus distribué en France et là où vivaient les communautés françaises dans le monde.

 pyrénéen.Byrrh-Panonceau-de-Café-avec-Dame-au-Chapeau

La marque sentait bon le chaud soleil du sud pyrénéen, celui qui se niche en Catalogne française, dans les montagnes qui sont situées à la frontière avec l’Espagne.  Le Byrrh est un mélange de vins secs du Languedoc et de mistelle - du jus de raisin non fermenté additionné d’alcool qui stoppe la fermentation- et de sucre. Pour le différencier de la concurrence toujours possible, l’idée des fondateurs qui n’étaient ni des paysans, ni des vignerons, mais des commerçants, les Frères Pallade et Simon Violet, a été de l’aromatiser avec des herbes et du quinquina, bon pour lutter contre les fièvres. Une façon astucieuse de présenter cette boisson comme un médicament tonique et revigorant, vendu en pharmacie pour lutter contre les microbes, ceux du paludisme en particulier. Une façon aussi de vendre plus facilement une boisson alcoolisée qui contient de 16 à 22° degré d’alcool, de l’alcool bon pour donner un coup de fouet et de l’énergie.

Byrrh-Panonceau-de-Café-avec-Dame-au-Chapeau 

A Thuir, dans la plaine de Perpignan, à la limite de la montagne, où s’est implantée l’entreprise en 1866, le succès a été immédiat. Il ne se démentira pas jusqu’en 1930, passant sans difficulté les graves évènements de 1907 dus à la sur-production de vin dans le Midi viticole. La guerre de 1914-1918 fut une période pendant laquelle fut inventé, à l’intention des soldats, le concept de vin-boisson nationaliste pour sauver la France. Boire du vin fut pour eux qui étaient bloqués dans les tranchées une des seules façons de tenir, sous les bombes allemandes. Par extension, boire du vin devint un acte patriotique d’ampleur nationale. Des affiches - bleu-blanc avec beaucoup de rouge- disaient « Le Vin chaud, de l’arrière à l’avant, nous vaincrons en le buvant. » Il fallait produire du vin pour que les soldats puissent continuer à lutter dans les tranchées.    

Byrrh contribua aussi à cet effort de guerre. Une célèbre affiche en témoigne. Cette fois-ci le terme de vin est bien mis en avant ; la mention indique « Byrrh, Vin tonique au quinquina ». La demande explosa et les prix aussi. Dans la région, en 1910 l‘hectolitre de  vin se vendait 10 francs  et 110 francs en 1917.  Ce fut aussi « une façon » d’apaiser les troubles des émeutes du Midi pyrénéen.

   Byrrh-Soldats-Guerre-1914-1918

Après la première guerre, l’activité reprit avec pour Byrrh l’intention de se développer à l’international où l’entreprise n’était pas vraiment présente et ne l’est toujours pas. Devant la difficulté de passer ce cap, l’entreprise tabla sur la publicité force 5 pour développer ses ventes en France.

 La première idée a été d’abord de faire savoir qu’on pouvait boire un Byrrh  dehors au café et chez soi, à la maison. Pour cela, il fallait séduire les femmes. La seconde idée a donc été que Madame pouvait elle-même le goûter avec plaisir et le donner à déguster à ses invités. La 3e idée est une  conséquence des deux premières. Pour avoirs des amateurs de Byrrh plus tard et des clients fidèles,  il fallait former le goût des enfants au Byrrh pour que devenus adultes, ils aient la marque en tête avec les codes du savoir-boire. C’était une façon de faire qu’on utilisait couramment pour le vin afin que les enfants apprennent très jeunes à connaître le vin. Cette initiation à la dégustation, d’un usage courant dans la bourgeoisie, pour le vin a constitué la quatrième idée. Il s’agissait de faire du Byrrh un apéritif de la bourgeoisie. C’était aussi une façon « très naturelle » d’élargir le cercle des clients potentiels de l’entreprise. La 5e et bonne idée a été de faire appel à des artistes dessinateurs, capables de réaliser un visuel hebdomadaire attirant en noir et blanc  à paraître dans un support de prestige. J’ai nommé l’Illustration à la meilleure place, ce qu’on appelle la 4e de couverture, c’est-à-dire la dernière page du journal à l’opposé de la couverture. Le succès fut incroyable, non seulement sur le moment mais depuis lors, jamais la vogue ne s’est démentie.

     Byrrh-Panonceau-de-Café-avec-Dame-au-Chapeau

Dans le même temps, entre 1914 et 1930, avant le pic de notoriété de Byrrh, les responsables gouvernementaux prirent les premières mesures de lutte contre les dérives de l’alcoolisme dans la société civile. En 1915, le 10 novembre, il fut interdit de vendre de l’alcool aux femmes et en conséquence à celles-ci d’acheter de l’alcool, avec une surveillance toute particulière de leur consommation  dans les cafés. Outre cette double distinction entre les deux genres, masculin et féminin,  et celle du dehors-au-café et du dedans-à-la-maison, une troisième différenciation fut amplement utilisée. Elle a consisté à séparer très nettement l’alcool de betterave du Nord de la France qui rendait fou et l’alcool du fruit de la vigne du Midi qui était sain. Boire des spiritueux était franchement dangereux, boire des  boissons fermentées à base de vin ne l’était pas. C’est pourquoi, la dénomination de VIN est apparue sur les bouteilles de la Maison Byrrh. Dans ce combat, il y eut une « victime », si l’on ose dire, qui fut  l’absinthe très populaire et accusée de tous les maux de l’alcoolisme. On en parlait comme du « péril vert » du « mal français ». Elle fut donc interdite.  

La réclame selon Byrrh. Elle consistait à être présente partout au café d’abord comme boisson d’homme pour des hommes et très vite  comme un quasi-médicament plus spécialement fait pour attirer les femmes, en ciblant aussi bien les sportives ou les femmes modernes que celles qui étaient atteintes de « langueur ». Dans les années 1930, la direction de Byrrh fit de la femme dans le vent, la bourgeoise, cette fameuse parisienne, une de ses cibles préférées entourées parfois mais pas toujours des jeunes membres de la famille, les enfants. L’entreprise déclinait ce faisant son slogan « Byrrh se consomme en famille comme au café ». Son support de préférence a été l’hebdomadaire de grandes dimensions et de très forte renommée « L’Illustration ».

Parmi les dessinateurs,  Georges Léonnec a été souvent choisi pour faire vivre la page 4 de couverture, en déclinant de façon variée et amusante, une saga de Byrrh déclinée au féminin, avec à chaque fois, une présentation nouvelle du « BonBoireByrrh» en famille, vue sous l’angle le plus souvent de la Parisienne belle, aimable, bonne copine, bonne mère, bonne épouse, une Dame de l’Univers Byrrh en un mot.

  Byrrh-Georges-Léonnec-Illustration-

. La bonne épouse, bonne cuisinière, qui ouvre un cadeau d’Oncle Gustave, le 2 avril 1932.  On y voit une belle jeune femme encore en déshabillée vaporeux, avec sa petite fille à ses côtés, habillée d’une jupe plissée et d’un chemisier écossais et son mari fin prêt à partir au bureau. Madame ouvre un paquet-cadeau qui, oh surprise, se révèle être un poisson qui porte en lui une bouteille de Byrrh. Les yeux de l’homme brillent d’une convoitise incroyable. Il en bigle presque, ses cheveux plaqués sur son crâne grâce à de la gomina, une marque qui existe toujours d’ailleurs. Le commentaire est  impressionnant : « la sauce fait passer le poisson », une vieille expression française qui signifie que l’art d’accommoder  vaut plus que le met lui-même.  C’était peut-être drôle à l’époque.

Byrrh-Georges-Léonnec-Illustration- 

. La bonne mère . Sur ce dessin du 5 mars 1938, on y voit  Madame Byrrh, très élégante dans son tailleur noir, veste courte et jupe droite hyper-serrée, avec des trotteurs à hauts talons, des gants bien évidemment pour ne pas salir ses blanches mains, un jabot à dentelle qui dépasse du tailleur, un chapeau galette blanc fixé sur le haut de la tête et un ruban par derrière. Elle serre sa pochette sous son  bras gauche et tient le livret du Musée du Louvre de sa main droite. Sa petite fille au moins aussi bien habillée que sa maman  mais dans le style anglais, lui demande en visant « la Victoire de Samothrace » : « Dis, maman, comment buvait-elle son Byrrh, la Dame…avec une paille  

  Byrrh-Georges-Léonnec-Illustration-1938

. La bonne copine. On était alors le 7 janvier 1939. C’est ainsi que j’appellerai mon dessin préféré. On peut ainsi voir la belle Dame Byrrh voir rendre visite à une de ses amies alanguie en robe de chambre dans un fauteuil, une couverture sur les genoux et son chien de manchon à ses pieds. La visiteuse est en pleine forme. Elle est élégante, avec ses hauts talons, sa jupe courte, son blouson aux manches de fourrure, un bibi (un petit chapeau) et un manchon assorti. Le dialogue est proprement incroyable à nos oreilles de 2013. La malade s’adresse à son amie : « Oh, ça ne va pas du tout…J’ai reçu tellement de bonbons ! Et toi ? »  Et l’amie de répondre « Moi, ça va magnifiquement…J’ai reçu tellement de Byrrh ! ». Sans commentaire autre qu'aujourd'hui, il ne serait plus possible de faire passer une telle publicité.

Bien d’autres dessins sont parus toujours en page 4 de couverture de l’Illustration réalisés par Georges Léonnec pas toujours avec la maîtresse de maison, mais quasiment toujours avec des enfants charmants. Sur ce thème, la maison Byrrh fit appel également à d’autres artistes.

  Byrrh-René-Vincent-L'illustration

René Vincent fut l’un deux. Il était un illustrateur connu aussi sous d’autres dénominations, telles que Rageot, René Mael et Dufour. Un de ses dessins pour Byrrh est célèbre. Sur le thème de la maman et de ses enfants, il a réalisé un très beau dessin en noir et blanc, d’une jeune femme très chic penchée vers un jeune enfant aux boucles blondes qui goutte du Byrrh dans un verre à pied en le tenant à deux mains, à la profonde satisfaction de sa mère, de sa sœur et de son grand frère. La composition est remarquable.

En guise de conclusion, la saga des publicités Byrrh continue encore maintenant.      L’Illustration n’a jamais cessé d’intéresser un grand nombre de lecteurs. A l’approche du centenaire du début de la guerre de 1914-1918, on ne trouve plus guère d’exemplaires anciens de cet hebdomadaire grand format pour l’année 1914, ni celle de 1918 chez les bouquinistes en France. Entre les deux, 1915, 1916 et 1917 connaissent des fortunes diverses selon les régions où on se trouve. Ce journal qui se disait « universel » ne l’a bien sûr jamais été selon nos critères 2013 d’appréciation. Il continue pourtant à rester vivant au-delà du moment, gagnant sans conteste la course du "Temps", son plus célèbre concurrent de l’époque en France (1842-1942).       

 Byrrh-Panonceau-de-Café-avec grains-de-raisin                                            

Le marketing de Byrrh était digne de celui de Coca-Cola, alors que le mot n’existait pas encore. Les techniques de fidélisation du client et de son attachement à la marque tout au long de sa vie sont encore maintenant un modèle du genre, tout à fait comparables à ce que font l’industrie du tabac et celle de la bière dans le monde. Toutes les grandes marques par exemple ont en commun une règle intangible qui est de mettre la bouteille en avant pour imprimer la marque dans l'esprit de l'acheteur...ce qu'a toujours fait la maison Byrrh.    

 Avec une question juridique pour finir. La loi d’interdiction de vente de boisson alcoolisée aux femmes est-elle toujours en usage ? Il a fallu attendre 2010 pour que celle applicable à l’absinthe soit abrogée. Celle interdisant le port du pantalon aux femmes, qui datait d’une ordonnance du 7.11.1800, n’a été abrogée que le 31.01.2013!  Si la réglementation de 1915 est toujours en cours, Mesdames, un conseil, arrêtez de faire les courses et surtout mettez des pantalons, maintenant que vous avez acquis ce nouveau droit!       

Pour suivre le chemin

. Lire l’histoire de Byrrh sur un bon site http://jeantosti.com/histoire/byrrh.htm

. Voir aussi en particulier http://lemog3d.blogspot.fr/2009/12/lalcool-francais-lexposition.html

. Consulter l’étude dirigée par le Conseil général de l’Hérault maritime sur l’état sanitaire sur la côte méditerranéenne plus au nord « Paysages de la Côte et des Etangs. »

http://pierresvives.herault.fr/sites/default/files/livret_d_accompagnement_herault_maritime_3_0.pdf

. Lire « Jeux et Jouets des Vins et Spiritueux, A consommer sans modération », Serge Defradat, Du May, 2002 , qui consacre une double page à « L’Illustration Byrrh », avec huit illustrations de Georges Léonnec et celle de René Vincent. La photo de de ce dernier est tirée de la collection de Serge Defradat, avec mes remerciements.

. Faire connaissance avec un dessinateur de grand talent, René Vincent, qui a beaucoup travaillé pour l’Illustration, un peu pour Byrrh et surtout pour l’automobile. Ses visuels en couleur sont à se pâmer, ceux qui sont en noir et blanc sont époustouflants. Voir sa carrière sur le site d’André Leroux, qui est une véritable pépite documentaire, sur http://leroux.andre.free.fr/ren%C3%A9vincentcarri%C3%A8re.htm  Byrrh, Les Images de l'Alcool en France 332

. Sur la Révolte de 1907 dans le Midi, lire "La longue marche du Midi Viticole", Le Papillon rouge, éditeur d'où est extraite l'affiche dans les tranchées, avec mes remerciements. Consulter aussi "Les images de l'alcool en France, 1915-1942" de Sarah Howard, CNRS Editions, un toujours excellent ouvrage, malheureusement sans images, mais avec une couverture qui inclut Byrrh dans les images, avec mes remerciements.  

. Les photos de panonceaux sont issues des catalogues  Kaczorowski, Hôtel des Ventes des Salorges, Nantes, avec mes remerciements à www.interencheres.com      . Photos Elisabeth Poulain pour les photos restantes.    

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Rouge de rouge, comme le tapis...rouge de Vinexpo

26 Juillet 2013, 17:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pour débuter la saga du rouge, rien de tel que de faire appel aux vins les plus connus de la planète, je nomme les vins rouges de Bordeaux. Il existe aussi, chacun le sait des vins blanc tout aussi fins mais rien n’y fait, ce sont les rouges qui dominent, tout comme, en position inversée, les blancs en Champagne où il y a aussi des rouges.

Rouge du Tapis rouge-Estacade-Bordeaux-Vinexpo 

Pour le tapis rouge, point de discussion,le rouge chasse toutes les autres teintes. Le tapis est forcément rouge ou n’est pas. Point barre ! Pour affirmer ce pouvoir sans partage, les auteurs se réfèrent à l’Antiquité, comme s’il suffisait d’aller aussi loin pour démontrer la force d’un usage et aussi et surtout la mondialisation de son usage. Sous l’influence du développement durable, d’autres teintes sont utilisées pour ouvrir la palette, mais rien n’y fait. Aucune autre couleur ne peut dominer le rouge.

Et d’abord pourquoi faut-il un tapis  et quelle sorte de tapis? La réponse est évidente, parce que c’est la meilleure façon de cacher ce qu’il y a en dessous. Un sol ingrat, qui sert à beaucoup d’autres usages en temps normal, devient chaleureux par la magie d’un tapis qui est en fait de la moquette collée à usage unique. Il existe des fabricants spécialisés dans ce type de fabrication à usage unique, qui va durer quelques jours ou une semaine au mieux. Les plus gros clients sont les entreprises qui gèrent les expositions, les salons, les foires.  L’usage du tapis est intéressant aussi et surtout en extérieur, pour obtenir une surface parfaite.

Le tapis rouge indique que quelque chose va se passer, pendant un temps limité, pour accueillir par exemple une personnalité. C’est le cas au Festival de Cannes au point que les stars femmes doivent adapter la couleur de leur tenue à cette couleur dominante. L’univers du spectacle n’est pas le seul à chercher à attirer avec le tapis rouge. On en fait aussi usage pour accueillir en toute solennité les chefs d’Etat, de gouvernement et les autres personnalités politiques de haut niveau. Cela  a été le cas récemment pour le Président Hollande lors de son accueil en plein air dans les jardins du palais présidentiel de la République indienne.

    Rouge-Vinexpo-2013-122vinexdim 

Pour Vinexpo, le déroulé du tapis rouge est une jolie image, d’autant plus que le tapis est posé  sur une estacade qui traverse le lac devant les bâtiments de Vinexpo. Il y a une alliance visuelle tout à fait réussie, un jeu d’humour aussi avec ce tapis rouge posé sur l’eau couleur de ciel bleu pour aller découvrir le monde du vin qui attend les visiteurs.  

La célébrité que Vinexpo attend c’est vous, vous qui êtes cette célébrité que vous voyez en rêve la nuit. Cette très belle jeune femme, sentant les arômes du vin...rouge bien sûr. Oui vraiment le tapis rouge est fait pour vous!  

Pour suivre le chemin

. Aller à Vinexpo du 16 au 20 juin 2013, à voir sur http://www.vinexpo.com/fr/

. Photos  Vinexpo.

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L'Abbaye de Bon Port, en son parc, au bord de l'Eure, au Pont de l'Arche

25 Juillet 2013, 16:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ici à Bon Port, quand on entre dans le parc, ce qu’on perçoit en premier, c’est la force du lieu, une force qui vient aussi de l’attente qui nous est venue à longer le long mur qui ceinture  le domaine que nous avons suivi le long de la route. C’est à l’endroit où s’arrête le mur dans une montée qu’il faut arrêter la voiture dans  la prairie dont l’herbe vient d’être fauchée à l’intention des visiteurs. L’entrée se fait à pied, en passant la grille ouverte, au milieu des arbres de la forêt dense qui entoure le long bâtiment conventuel que nous apercevons au loin, comme en brillance dans son écrin de verdure. 

Abbaye-Bon-Port-Porte-de-Sortie- 469

C’est d’abord la luxuriance de la nature qui frappe. Il est vrai que nous sommes en Normandie, dans l'Eure. Les jardiniers viennent  de passer la tondeuse pour dégager l’allée d’entrée qui passe d’abord au milieu des arbres, puis traverse en oblique la très grande pelouse, qui entoure deux des côtés de l’abbaye. Nous la suivons sans hâte, tant il y a de beauté à voir et d’abord ces très grands arbres à admirer, comme ancrés dans une très grande terrasse, qui domine l’Eure en bas du mur. Il y a en particulier un hêtre pourpre, un sujet magnifique, d’une hauteur égale  à son ampleur. 

 Abbaye-Bon-Port-Avancée dans Forêt- 234

Nos pas nous conduisent à l’entrée actuelle de l'abbaye située au point de rencontre entre le long bâtiment perpendiculaire à la rivière et un plus petit en avancée transversale qui en marque la fin vers la gauche. Le premier était affecté au logement des moines du XIIe au XVIIIe siècle. Le petit bâtiment transversal était la sacristie de l’abbaye. Il fait office maintenant de cuisine et remplit si parfaitement ce rôle, qu’on ne peut que louer la faculté qu’ont eu des générations de propriétaires à choisir les bons endroits et en tout premier lieu les moines de l’Ordre de Cîteaux.


Née au XIIe siècle en 1189,  l’abbaye Notre-Dame de Bon Port est indissolublement lié à Richard Cœur de Lion, qui en permit l’édification en lui attribuant de par sa volonté le statut d’abbaye royale. Celle-ci fut d’emblée placée sous la protection de Notre-Dame de Bon Port, avec des privilèges spéciaux complétés par les nombreuses immunités de l’Ordre ecclésiastique dont l’abbaye relevait. En 1244, le Pape Innocent IV accordait des indulgences à ceux qui se rendaient à l’église abbatiale, au cœur de l’abbaye. Beaucoup des grands noms de l’histoire de France sont liés à « Bon Port », au point qu’il n’était même plus besoin de parler de l’Abbaye, tant sa renommée était grande. De toutes celles qui portent ce nom, elle est indéniablement la plus célèbre.

Abbaye-Bon-Port-Découverte-Aile des Moines 242
   
Ici en ce lieu de grande histoire, tous les mots comptent. Ils indiquent un lieu privilégié à commencer par l’emplacement sur une colline boisée, avec la rivière de l’Eure bordant le mur d’enceinte en contre-bas, entouré de nombreuses terres alentour qui permettaient aux moines de dégager des rentes pour leur survie et le développement de l’abbaye. Bon Port illustre bien le choix qui a été fait, près de l’eau, non loin du village du « Pont de l’Arche » qui était en fait une véritable forteresse pour veiller ou interdire selon les époques le passage des soldats, des gens et des marchandises en amont de Bon Port sur la Seine. Preuve s’il en est que l’endroit était stratégiquement important au plan militaire qu’au plan économique puisque l’abbaye devait assurer en partie ou en totalité sa subsistance pour elle-même, les siens et ceux qui dépendaient d’elle. 

      
Les moines étaient encouragés en cela par l’Ordre cistercien qui fait du travail de mise en valeur de la terre un des fondements de l’engagement religieux chrétien et de son œuvre de civilisation.  Cette richesse de la terre fut sans conteste la constante de toute l’histoire de l’abbaye de Bon-Port.  Ici, on savait travailler le bois de la forêt, récolter le grain pour faire du pain, chasser dans les bois pour avoir du gibier... On y faisait pousser la vigne, on savait presser le raisin et attendre et que le vin se fasse. Outre ces activités liées à la terre, il y était fait commerce. Les moines étaient par exemple informés en temps et heures du passage en amont au pont de Mantes des navires marchands de vin.


    Abbaye-Bon-Port-Façade-Aile des Moines sur Cloître- 258 

Les bâtiments monastiques. Ils ont été principalement édifiés au XIIIe siècle. Ils furent tour à tour agrandis, complétés, laissés en l’état, restaurés, embellis, enrichis, agrandis, comme le
cloître qui date du XVIIIe siècle. Les raisons en étaient tout autant monastiques que séculières, pour agrémenter le confort jugé un peu rustique  par des grands noms de la noblesse. Le grand bâtiment perpendiculaire à l’Eure affecté aux moines fut doté d’une bibliothèque, d’un dortoir un peu plus confortable, en grande partie grâce à l’Abbé de
Polignac, ambassadeur en Pologne et qui tarda tant à y aller, qu’il fut envoyé en disgrâce en son abbaye de Bon Port par le roi Louis XIV...La teneur de la missive que signa le roi est la
suivante « Monsieur l’Abbé de Polignac, je vous écris cette lettre pour vous faire savoir que mon intention est que vous vous rendiez incessamment dans votre abbaye de Bon Port et que vous y demeuriez jusqu’à nouvel ordre ». Sa « retraite » dura quatre ans, pendant lesquels Melchior de Polignac aménagea les bâtiments de vie  de façon plus confortable et plus digne de son rang et se fit construire un pavillon pour lui juste à côté!  

Abbaye-Bon-Port-Cloître-Porte-Aile-aux Moines- 375-  

 La période révolutionnaire fut dure pour Bon Port. L’ensemble fut vendu comme bien national. L’église, le cloître, le bâtiment des convers, l’hôtellerie…furent détruits et les pierres utilisées comme matériaux de construction. La dimension monastique disparut. La fonction d’accueil traditionnellement dévolue aux communautés chrétiennes fut supprimée de facto. Restèrent les fonctions agricoles ; pourtant Bon Port devient moins qu’une ferme ; seuls certains de ses bâtiments furent utilisés comme  hangars agricoles. 

Abbaye-Bon-Port-Cuisine-Fenêtre-456


La glycine fleurit à nouveau sur le mur de façade de l’Abbaye de Bon Port. Depuis 1990, le domaine a été racheté. Les propriétaires s’emploient avec beaucoup de passion, de délicatesse et de ténacité à faire revivre ce grand lieu de l’histoire de France, grâce à une véritable et profonde stratégie de restauration de ce qui peut l’être.  C’est ainsi  que la sacristie est devenue la cuisine, l’entrée se fait à tout à côté. C’est un petit espace voûté à croisée d’ogives très accueillant. Une partie des pièces du bas a été restaurée et aménagée avec beaucoup de goût pour servir par exemple, le jour de notre découverte, à des expositions, avec un grand choix d’ambiances différentes à chaque fois. Les fenêtres donnent des deux côtés sur la grande pelouse à l’entrée et sur le cloître. C’était un espace intérieur fermé un peu en  hauteur dans l’axe est-ouest par l’église abbatiale dont il ne demeure que l’embase des piliers. Une porte située sur la façade interne permet de rejoindre le cloître, qui était un lieu de méditation.

Abbaye-Bon-Port-Escalier-Rampe-Fenêtres 379
 
L’Escalier d’Honneur. Il est à lui seul une des merveilles de l’ensemble bâti tant il éclate de lumière, de grâce et d’équilibre, taillé dans de la pierre blanche avec une  superbe rampe en fer forgé. Il permet d’accéder à ce qu’on appelait le dortoir des moines qui fut transformé au XVII en cellules. Au rez-de-chaussée en cet endroit de liaison entre les pièces du bas et l’escalier figurait le chauffoir. C’était, comme à Fontevraud, le seul endroit chauffé de l’abbaye. Il faut dire aussi qu’ici à Bon Port, il y avait les fours de la cuisine en-dessous dans le sous-sol. 

Abbaye-Bon-Port-Ier-Etage-Galerie- 383


Au premier étage, un grand espace unique parcourt l’aile tout du long, rythmé par des portes qui s’ouvrent sur les chambres. A ce niveau de largeur et de longueur, on saurait parler d’un « couloir ». Il est un formidable lieu d’exposition, avec une profondeur de vision impressionnante et … beaucoup de murs pour placer des tableaux pour les accrochages.  Outre sa porte donnant sur le grand espace commun intérieur, chaque chambre - une des cellules - est dotée de sa fenêtre qui s’ouvre sur la grande pelouse d'entrée, reliée à celle qui la précède et celle qui la suit par une porte dans la cloison mitoyenne.  Au fond du bâtiment, près de la forêt, une grande salle occupe toute la largeur. Elle est magnifiquement éclairée par des hautes fenêtres sur trois de ses côtés. C'est elle qui le bâtiment au sud.

Abbaye-Bon-Port-1er-Etage-Vue sur l'Eure- la Seine- 392
   

A l’autre extrémité,  se trouve la seule fenêtre par laquelle on peut apercevoir l’Eure et l’île en face. On devine la Seine dans le fond.  C’est en bas à cet endroit précis que se rattache l’histoire la plus célèbre de l’abbaye. C’est là que Richard Cœur de Lion, sauvé d’une noyade dans le fleuve avec son cheval, fit le vœu, s’il en sortait vivant, de faire bâtir une abbaye, qui prit le nom de « Bon Port » pour indiquer que c’était un bon endroit pour les navigateurs, un endroit béni de Dieu et choisi par un roi, le roi d’Angleterre connu pour son courage pendant les croisades. 

Abbaye-Bon-Port-Ier-Etage-Tourelle d'Angle-Entrée-393

Tout à côté de la fenêtre, une tourelle d’angle doit être  un des derniers vestiges d’une fonction de surveillance de la rivière.  Redescendons au rez-de-chaussée et cette fois-ci poursuivons notre chemin pour  atteindre ce qui devait une entrée dotée de nombreuses portes.   

    Abbaye-Bon-Port-Chai-Cellier-Voûtes- 347
L’une de ces portes intérieures mène par un escalier en colimaçon au sous- sol, au pressoir qui fait office aussi de chai. Il est placé sous le bâtiment dont les bâtisseurs ont su exploiter la technique de la gravitation pour ne pas écraser le raisin, comme le permet la déclivité du terrain à l’approche de la rivière. L’endroit est fabuleux, avec ses voûtes basses, ses lourds poteaux, les barriques au fond et un énorme pressoir près d’un soupirail à pan incliné permettant de faire glisser le raisin apporté par « une besogne » - une grande barque à fond plat tiré par des chevaux de halage – directement par un soupirail dans le pressoir. Un petit escalier permet de sortir au plus près du mur d’enceinte. Une grande porte de l’abbaye est située à cet endroit très proche de l’Eure.  C'est la seule qui existait sur cette partie de la clôture de hauts murs sur ce côté proche de l'Eure. 

    Abbaye-Bon-Port-Face-Ouest-Réfectoire-Cuisine-358

En poursuivant notre tour cette fois-ci à l’extérieur de l'abbaye elle-même dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en quittant la face nord pour aller vers le sud en passant par l’Ouest, nous longeons le mur d’enceinte en restant à l’intérieur et nous arrivons dans un espace carré formé par un bâtiment perpendiculaire à étages  « la cuisine » .  L’endroit est très particulier, silencieux, comme en retrait de la vie, oublié, avec des cicatrices sur ses façades qui parlent autant qu’une très belle porte, ornée de piliers d’entrée sculptées…Elles disent beaucoup ; elles montrent comment les fonctionnalités changent au  fil du temps. Chaque cicatrice est à elle seule une histoire.  


    Abbaye-Bon-Port-Cuisine-Voûtes-303-copie-1

Voici le cloître qui s’approche. Il suffit de tourner encore à angle droit. En très peu de distance, le cloître se profile avec ses deux côtés restant.  L’endroit est très ensoleillé. Il règne ici  beaucoup de grâce et de délicatesse. Notre hôtesse, la dame des lieux nous fait descendre quelques marches pour admirer les grands fours des anciennes cuisines, celles dont nous avons déjà évoqué la si précieuse chaleur dans le chauffoir. L’endroit est impressionnant. On se croirait « revenu » plusieurs siècles en arrière. Quelques marches à remonter, quelques mètres à faire le long du mur extérieur, à nouveaux quelques marches à
descendre, et voici le lieu le plus emblématique de l’abbaye. 


    Abbaye-Bon-Port-Réfectoire- Grand-Soleil-269

La grande salle du réfectoire des moines, se déploie sous nos yeux en contre-bas par rapport au niveau du cloître. On est ici réellement dans un lieu extraordinaire, une grande salle qui a tout d’une chapelle élancée avec des fenêtres nombreuses et ajourées qui ont pour particularité pour celles de droite (vers l’Est) d’être très rapprochées de l’Aile des Moines et pour celles de gauche (vers l’Ouest) de s’ouvrir sur le grand air et l’immensité du ciel. L’absence de vitrail - il y a bien eu- ou de verre de nos jours pour certaines font que l’endroit est colonisé par les oiseaux. C’est une salle qui a subi les assauts du temps, c’est pourtant aussi un lieu très fort, qui aurait pu être une chapelle tant les points communs sont nombreux, si ce n’est la taille qui est peut-être plus réduite que celles de l’église qui a été détruite. Cette salle rappelle que manger est un don de Dieu. Le repas commençait par une prière, le Bénédicité, par laquelle les moines remerciaient Dieu  pour le pain quotidien et en appelaient à sa bienveillance pour en procurer à ceux qui n’en ont pas.
  
    Abbaye-Bon-Port-Aile des Moines- 240

Après avoir découvert l’abbaye, il  nous reste à repartir sur nos pas, les yeux emplis de beauté et de paix, avec l’idée qu’une autre fois nous reviendrons voir le site d'en bas, de l’Eure, au plus près de l’eau, dans les pas de Richard.  


 Pour suivre le chemin

.   Aller visiter l’Abbaye et trouver avant toutes  les informations sur http://www.abbayedebonport.com/ avec une très belle
vue aérienne et une bonne sélection de photos présentées en diaporama, 27340 Pont de l'Arche, 02 35 02 19 42 et contact@abbayedebonport.com
  

Voir ce qu’en dit Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_de_Bonport 


. Lire également le livret de qualité "Abbayes normande, Un autre regard" qui a été édité pour fêter le 11e centenaire de la Normandie, 911-2011", "Happy Birtday Normandie", à retrouver sur www.abbayes-nromandes.com


    Abbaye-Bon-Port-Clair-obscur-Bois d'Entrée 230

. Lire les données de base d’une abbaye cistercienne sur      http://architecture.relig.free.fr/glossaire.htm#C   


. Découvrir le passionnant extrait du cartulaire de l’Abbaye royale de Notre-Dame de Bon Port de l’Ordre de Cîteaux au Diocèse d’Evreux par J. Andrieux, Fonds de Charles Minot, 1828, MDCCCLXII, de la Bibliothèque du Harvard Collège, numérisé par Google      http://books.google.fr/books?id=t0QoAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bonport&hl=fr&ei=XdGbTM_iAdjNjAfYrMTpCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=10&ved=0CFgQ6AEwCQ#v=onepage&q&f=false


. C'est dedans que j'ai trouvé mention des murs de l'abbaye, aini que la citation de Louis XIV qui m'a bien amusée.   


. Sur Pont de l’Arche et l’Abbaye de Bon Port, voir un blog intéressant d’un historien http://pontdelarche.over-blog.com/article-abbaye-de-bonport-representation-de-1696-78046300.html où se trouve un joli dessin à la plume et à l’aquarelle attribué à Louis Boudan en 1696.


. Un dessin à la plume de 1816 se trouve sur le site du Petit Céphalophore http://lepetitcephalophore.blogspot.fr/2011_06_01_archive.html

Abbaye-Bon-Port-1er-Etage-celles-Moines-Perspective- 401


. Photos Elisabeth Poulain prises le jour de notre visite le 25 mai 2013 lors du 3e forum "Association patrimoine(s)", à retrouver dans l'album-photos " Eure-Patrimoine3"  


 

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Une vision de la ville moderne en un dessin de BD des années 50

21 Juillet 2013, 11:27am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une page d’un album d’une bande dessinée, ce qui reste quand le livre est dissocié, sans aucune indication autre que le dessin de la ville, les deux enfants qui traversent le croisement en courant et les mots écrits en bas à droite.  C’est un dessin dérangeant du fait me semble-t-il d’une volonté d’un dessinateur appartenant au monde anglo-saxon de franciser un dessin d'une ville où on roule à gauche, où existe le tramway et où il n’y a pas de passage clouté pour les piétons.

Dessin de ville moderne, origine mystère, BD

Les bâtiments sont des blocs identiques où les seules variations affectent les reflets sur les fenêtres. La ville est très minérale. Le créateur a disposé des arbres dans la perspective pour montrer la fin de la ville. Dans l’air plane un avion rouge tandis que trois petits nuages en forme de poissons flottent dans l’air à gauche. Outre les voitures rouges à l’allure de jeep, il y a au premier plan une camionnette verte qui semble transporter de la bière, peut-être de la marque Heineken, à cause de l'étoile.

Les drapeaux français sont très nombreux. On en voit accrochés à des hampes au coin des deux immeubles, fixés par trois à une baie au troisième étage de l’immeuble de droite  tandis qu’une longue guirlande  est disposée sur la façade de l’immeuble de gauche.

Deux enfants courent en direction du camion vert, le petit garçon – aux cheveux bruns - avec une salopette bleue et un t’shirt rayé, la petite fille – aux cheveux blonds- avec jupette rouge  et petit haut blanc. Les deux petits ont tous les deux la bouche en cœur. Ils sont sérieux.

Dessin de ville moderne, origine mystère, BD

Le texte  est plus que succinct et mystérieux : "Dieu ! Que la rue est large !". Ma question: d'où vient ce dessin de 209,3 sur 23,6cm?  Merci à vous lecteurs, de me donner des pistes.  

 

.Photo Elisabeth Poulain

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