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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Style de Pub Caravans > La Wren Continental & La Welcome Consulette

17 Novembre 2012, 12:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont deux caravanes qui ont plusieurs traits en commun. Elles ont un nom qui commence par un W ; elles  se présentent sous un aspect charmant, tout en rondeur mais on verra que ce n’est pas la même et pour la première fois dans notre sélection sous l’aspect de l’attrait de la nature qui est le premier argument de vente Elles ont aussi quelques différences, l’une est anglaise, c’est la Wren Continental, la Welcome Consulette est une caravane française. Malgré ces différences, elles sont toutes les deux à classer dans les caravanes au plus proche de la nature et pas seulement d’un endroit où les enfants jouent au ballon, Papa tire son canot pour aller à la pêche et Maman sa chaise sa chaise longue pour mieux bronzer ! La publicité pour les caravanes est un merveilleux miroir de la société.

Pub caravane Wren Continental

La Wren Continental, Be as free as the air... « Soyez aussi libre que l’air » est le slogan qui annonce la présentation de cette petite caravane en photo. Elle garde beaucoup de caractéristiques qui datent. Les fenêtres sont petites, il n’y a pas de fenêtre en partie haute de la porte, l’avant  ne dispose pas de baie, mais de petites ouvertures séparées. On ne voit pas l’arrière, ce qui est étonnant. On note seulement qu’elle est blanche avec un effet couleur gris clair à mi-hauteur intéressant pour donner un effet enveloppant horizontal sur un fond vert-jaune très clair uniforme.

Pourtant la publicité offre plusieurs éléments remarquables. La référence directe à la nature passe cette fois-ci par le dessin de deux oiseaux perchés sur une branche horizontale. Leur forme ronde de couleur blanche, comme la caravane, ressort bien sur le fond léger. Il n’y a ici rien de sensationnel mais une volonté de montrer de façon très composé  la proximité avec cette nature charmante et omni présente. La rondeur de ces petits oiseaux posés sur la branche au-dessus de la caravane accentue celle de la Wren dans une diagonale gauche-haut---) droite-bas que fait ressortir les deux mentions écrites « Be as free as the air in a » …avec la réponse en dessous « Wren Continental » dans une autre diagonale opposée (droite-haut ---) gauche-bas). L’espace est très structuré. Le regard est attiré par les oiseaux, glisse sur l’injonction d’être libre comme ces oiseaux avec une Wren Continental.

Le tout forme une publicité très construite et qui réussit à sauvegarder la rondeur de l’enfance, tout en mettant la marque en valeur. Notons en outre que c’est le premier visuel anglais qui inclut dans sa publicité une marque clairement ciblée sur le continent. Un certain décalage vient du différentiel entre la modernité du décor charmant et l’aspect un peu vieillot de la caravane.  Comme quoi, la publicité peut beaucoup… !

Pub caravane Welcome

La Welcome Consulette type LS. Cette caravane bien française malgré son nom  est placée au cœur d’une marguerite à pétales différenciés de couleurs variées rouge, rose, bleu, vert clair, violet, vert moyen, rouge orangé et bleu moyen. Une feuille verte à gauche en-dessous éclaire le nom de la caravane. Cette Consulette entrait dans la gamme des Welcome du Groupe Digue qui avait choisi ce nom de marque pour sa sonorité anglo-saxonne.

La référence à la marguerite donne le sens du visuel : j’aime Consulette, un peu, beaucoup, énormément et - sous-entendu- je me rends chez le concessionnaire pour l’acheter. Le nom de la série est l’autre élément dominant de cette publicité : Welcome figure en caractères massifs d’imprimerie écrits latéralement. Pour lire  cette marque aisément, il faut tourner la publicité de 90°.  On remarque alors que les types de police sont différents : Welcome est écrit en caractères majuscules prononcés et peu hauts, Consulette en lettres inclinées en gris clair plus petites et type LS en caractères droits espacés  dans le creux entre Consulette et la fin de la marque Welcome.

Le jeu visuel du choix des couleurs offre une nouveauté par rapport à ce que nous avons vu jusqu’ici. L’effet global est peut-être moins réussi du fait de la non-mise en valeur de la caravane, avec cette photo en noir et blanc avec son bas de caisse foncé ( un bleu moyen en réalité) et la difficulté à voir l’arrière. L’avant se présente fenêtres ouvertes pour montrer l’utilisation l’été, ce qui est une bonne chose.

Remarquons au final que le visuel est peu réussi, surtout parce qu’on voit mal ou peu la caravane et aussi à cause du bandeau noir vertical trop fort ; il écrase la composition. Peut-être aurait-il fallu lire Welcome vers le haut ? Ce n’est pas la finition du E  final de Welcome pour ressembler au W qui débute le nom de la marque qui réussit à enlever l’ensemble. Fallait-il aussi le bandeau noir ? Dommage parce qu’il y avait une idée.

Remarquons que les deux marques se rejoignent quand la Wren vise le continent (Continental) et la Consulette souhaite la bienvenue en anglais (Welcome) !

Pour suivre le chemin

. Retrouver la série sur ce blog Style de Pub > Dovedale Caravans > The Melvin & The Minum   Style de Pub Caravanes > Thomson Caravan & Van Car de Van Dooren       

Style de Pub > Caravanes > Wima et "A Lire avant vos Vacances"       

Style de Pub > Caravan-e > La Industrial Trailer et la Pierart Sestrière   Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range     

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas     

Style de pub Caravane > La Star et la Miami     

Style de Pub > La Blue Bird Caravan 

Styles de pub > Caravane anglaise > Isn't she a beauty?       

. Les photos sont à retrouver dans l’Album-Photos « Les Petites Maisons »

. Consulter également "L’Esprit du Camping", de France Poulain et Elisabeth Poulain, Cheminements

. Retrouver la Consulette très bien mise en valeur cette fois-ci, avec de jolies photos couleur  sur le site spécialisé dans les caravanes Digue, et en particulier de la gamme des Welcome  http://www.diguedinguedong.com/forum/viewtopic.php?id=908

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Zut et flûte en pub > C'est encore Eve qui croque la pomme

16 Novembre 2012, 16:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un petit effort, Messieurs, Mesdames les publicitaires. On aurait pu croire que depuis le temps, vous auriez pu trouver une autre idée pour vendre des pommes ou autre chose que celle de montrer une jeune et jolie fille-fleur en train de croquer, porter ou présenter la pomme. Eh bien, non. A voir vos pubs sur la pomme, vous continuez. Avec une imagination qui est franchement maigrelette. Jugez-en avec ces trois visuels.

Pub craquez, croquez, pommes 2012

La publicité de l’Association nationale (française) Pommes-Poires et de Sopexa. C’est un petit dépliant 2012 que j’ai trouvé dans une grande surface au rayon « Fruits et Légumes » dans la première région française pour la production de pommes, la Vallée de la Loire. En page 1 de couverture sur fond rouge, la couleur de la tentation, une jeune femme aux lèvres roses, pour ne faire concurrence au rouge, fait semblant de croquer une pomme forcément verte, une Granny Smith à tous les coups. L’encart torride, qui figure en blanc en bas à gauche de la photo, explique le pourquoi du visuel, avec ces mots « Nouvelle Récolte ». En dessous un rectangle toujours rouge avec des éclats de blanc, on trouve le slogan qui accompagne le visuel : « Craquez, Croquez » en gros caractères et en dessous en plus petits « qui dit croque, dit pomme » ! Ouah, et c’est à ce moment-là que vous remarquez que la jeune femme vous fait de l’œil.

A l’intérieur du dépliant, il y a  tous « les trucs » de la pub actuellement, en particulier le recours à des chiffres pour conforter le message : les 5 bonnes raisons de manger des pommes et les 6 garanties de la Charte Qualité des Vergers Ecoresponsables en page 2. La recette de la pomme d’amour au chèvre frais pour 4 personnes, sans cuisson est en page 3. La dernière page est réservée à un tableau qui répartit les pommes en  six catégories. Ce sont  les gourmandes (2), les équilibrées 2, Les rustiques 3, la tonique ; les parfumées sont au nombre de 8 et la labellisée est unique (c’est la pomme du Limousin AOP), comme la tonique qui est la Granny Smith.

Pub Manger & Bouger 2012, pomme

« Manger & Bouger. Ils font partie   des plaisirs de la vie et peuvent vous aider, vous et vos proches, à rester en bonne santé. » C’est le nom d’un programme européen décliné en France sous cette dénomination. J’apprécie tout particulièrement le « peuvent ». Mais mon contentement ne dure pas longtemps. Qui a-t-on choisi pour illustrer l’injonction du manger-bouger. Une petite fille qui s’amuse d’un rien. Cette fois-ci, elle ne vous fait pas de l’œil, heureusement. Elle essaie, la pauvrette, de voir la pomme qu’elle réussit à tenir en équilibre sur sa petite tête. Le mythe de Guillaume Tell revisité avec une petite fille, au lieu du propre fils du plus célèbre tireur d’arbalète suisse au monde, qui réussit à atteindre la pomme sur la tête de son jeune fils grâce à la précision du tir de son carreau (sa flèche). Quel exploit de dupliquer l’opération avec une petite fille qui a du rose à lèvres moins de 10 ans, l’âge du fils de Guillaume qui a quand même risqué sa vie. C’est aussi ça la parité 2012 ! 

L’encart est publié dans un prospectus d’Intermarché de 2012 avec 8 recommandations. Revoilà les chiffres. Le « fameux manger 5 fruits et légumes par jour » (FLJ), c’est le programme national nutrition-santé (PNNS) qui l’a lancé, en commençant par nous dire d’ailleurs qu’il fallait en manger 10 ! Devant le côté peu raisonnable de l’injonction, les autorités françaises ont coupé la pomme en deux. Nous en sommes restés à 5 FLJ, mais attention déclinés en 8 recommandations. Les voici : en 1 = manger les fameux FLJ, 2 = manger des protéines animales I à 2 fois/jour, 3 + 4 + 5 = réduire le sel, les matières grasses, le sucre, 6 = pratiquer une activité physique régulière, 7 = 3 produits laitiers/jour, 8 = ne pas boire plus de deux verres/vin/jour/femme ou 3 quand on est un homme.

Pub Canderel, Karl Lagerfeld, Mes 5 péchés mignons

La Tentation selon Karl Lagerfeld Canderel.On en arrive (enfin?) à une « vraie » Eve tentatrice, avec des lèvres très rouges, des cheveux très longs qui cachent le bas de son buste et… un regard peu amène. Franchement, elle n’a pas le bon œil. Pour être sûr de bien faire percevoir le message, une silhouette d’homme figure en noir en partie droite. Il pose torse nu avec son téton gauche bien visible. Du coup, on croit comprendre pourquoi « Longs Cheveux à l’œil noir » tient une très grosse pomme rouge dans sa main droite. En réalité, on ne comprend plus rien. Ce n’est pas nous qu’elle devrait regarder. C’est peut-être pour ça qu’elle fait la gueule.

Au recto de la petite boîte de (‘sucrettes’, le terme n’est pas écrit parce qu’il n’est pas autorisé) Canderel, on trouve le maître, Karl Lagerfeld himself, vu de profil avec sa caméra qui filme…Qui filme quoi ? Mystère. Le message vous dit seulement que ce visuel fait partie des « 5 péchés mignons de Canderel vus par Karl Lagerfeld. » Ah bon! Par déduction, on a tous compris que cette fois-ci le visuel parle de la gourmandise par le goût sucré sans en avoir les inconvénients, en montrant la séduction sexuelle. 

Pub Canderel, Karl Lagerfeld, Mes 5 pèchés mignons 

Donc, si on récapitule, il y a

. la femme en binôme avec une Granny Smith, qui représente à elle seule les 17 pommes mises en avant par la pub ; 

. toujours avec une Granny Smith, mais cette fois-ci elle n’a que 8 ans et pratique activement le bouger du manger ; elle incarne à elle toute seule l’ensemble de 5 fruits et légumes que doivent (je souligne exprès) manger chaque jour l’ensemble des Français et des autres personnes vivant ou de passage sur notre sol. C’est dur pour ses petites épaules mais c’est juste une hypothèse ;

. enfin une vraie séductrice aux cheveux roux avec une pomme rouge, qui doit entrer dans la catégorie des « Rouges » des pommes "Equilibrées" mais curieusement il ne s’agit plus de mettre à l'honneur la pomme, la vraie pomme, classée dans une des 16 variétés, ou mélangée avec d’autres fruits ou légumes, il s’agit de faire de vanter un produit de synthèse qui a un pouvoir glucidique, le fameux péché mignon de Karl Lagerfeld,  qui a du bien rire. La Tentation est le visuel n° 2 au recto d’un boîtier de Canderel ; en 1, il y l’Impertinence, en 3 la Séduction, en 4 le Plaisir avec un torse d’homme bien bodybuildé et brillant et en 5è position  la Gourmandise.  Osons le dire, la n° 2 ne devait pas être en forme ce jour-là. L’important devait être pour Karl de figurer avec son profil minceur au verso. C’est lui, la véritable tentation, qui se vante d’avoir perdu 40kgs. 

La pomme représente le fruit de l’arbre de la connaissance qui est mentionné dans la Bible. La pomme n’existait d’ailleurs pas au Moyen-Orient à l'époque. Pourtant en 2012, c’est bien Eve, toujours Eve, dans ses différents avatars, qui continue à induire le pauvre Adam en tentation. Une véritable démone qui ose la transgression et pas lui, le pauvre chéri. Ce que retiennent nos chers et chères publicitaires, c’est quand même moins cette dimension que le fait que la femme fait vendre, quand elle est jeune, jolie et charmante…Ils continuent néanmoins à faire perdurer le mythe de cette segmentation binaire à forte dimension discriminatoire. 

Christine-Lesueur-Manière-de-Voir-n°44-Femmes 

C’est bien ce que montre cette fois-ci une autre Eve avec comme seule parure ses longs cheveux et une  pomme offerte dans sa main gauche pour tout viatique, qui éclate en jaune-orange sur le fond bleu. C’est un dessin de Christine Lesueur pour « Manière de Voir » en 1999. Le titre « Femmes, La Mauvais Genre ? ». Tout est dit avec cette création d'une artiste. Cette fois-ci, il ne s'agit pas de "vendre" des pommes, plus de pommes ou la nouvelle récolte... mais de montrer comment grâce à la force de ce drôle de lien qui perdure entre la pomme et la femme, on valorise l'une et dévalorise l'autre.  Heureusement qu’il y a un point d’interrogation ! C'est de l'humour.

 Pour suivre le chemin

. Une brève histoire de la pomme sur  http://pomme87.free.fr/index_fichiers/Page328.htm

. Craquer...Croquez, Nouvelle Récolte, Qui dit croque, dit pomme, est plaquette 2012 de l'association Pommes-poires, du Ministère de l'Agriculture, l'Agroalimentaire et de la Mer, de FranceAgriMer et devergers Eco-Responsables.  

. Voir le site des « Mangeurs-Bougeurs » http://www.mangerbouger.fr/pnns/pnns-2011-2015.html et pour ceux qui veulent lire la version complète du PNNS, le Programme National Nutrition Santé, sur le site du Ministère de la Santé sur http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/PNNS_2011-2015.pdf  sans photos mais avec beaucoup de statistiques intéressantes…

A savoir aussi que ce programme est d’origine européenne dans son financement et nationale dans sa déclinaison, ce qui signifie que chaque pays membre conçoit sa propre façon de communiquer sur le « bien-manger, le bien-bouger et le bien-être » au nom de ses particularités culturelles. Le Ier programme quinquennal a débuté en 2001, le second en 2006 et en conséquence le 3è en 2011 pour aller jusqu’en 2015.

. Sur Canderel, lire le meilleur site d’analyses des publicités, Prodimarques, La vie des Marques, « Canderel, de l’aliment à l’accessoire de mode », avril 2009, n° 66  http://www.prodimarques.com/documents/gratuit/66/canderel-de-l-aliment-a-l-accessoire-de-mode.php

Christine Lesueur-Manière-de-voir-n°44-1999-Femme . Retrouver Christine Lesueur sur son site   http://www.christinelesueur.com/index.php. Chercher à "Presse", voir "Le Monde Diplomatique" et à "Manière de voir". Le dessin qui termine ce billet forme la couverture du bimestriel de 100 pages. 25 dessins originaux de la dessinatrice illustrent le magazine avec presque une création pour chacun des 30 articles. C’est remarquable et c'est la raison pour laquelle j'avais conservé ce magazine depuis lors.    

. Photos Elisabeth Poulain     

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Bilbao > La réussite de la rénovation urbaine par l'Objet culturel et tout le reste

13 Novembre 2012, 11:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Les composantes de cette recette d’urbanisme. Il vous faut d’abord une ville qui a un riche passé qui pèse lourd. Au cours de son histoire, Bilbao a connu de longues périodes de prospérité qui n’étaient plus d’actualité en la fin du XXe siècle. La ville  en déclin n’attirait plus. Ses activités économiques, sur lesquelles son développement était fondé, se trouvaient dans une situation préoccupante. Des entreprises nombreuses fermaient, avec les conséquences que l’on connaît partout en Europe : chômage, baisse des investissements, départ des plus actifs, pression sur les finances de la collectivité et réelle montée perceptible du mécontentement populaire...avec des particularités propres à Bilbao.

 

BILBAO-Andrea-Bocchino.it-wikipedia

Les trois éléments caractéristiques. La situation de Bilbao est due notamment à la conjonction de facteurs tenant à la fois à sa singularité physique, à son développement économique et à l’existence d’une forte diaspora basque dans le monde. 

. La ville est située en bordure du littoral montagneux dans une ria au fond d’une vallée encaissée au nord de la péninsule ibérique. Une des conséquences est qu’il était plus naturel d’aller vers le littoral, vers la mer, que de se retourner vers la terre, vers l’intérieur du pays. L’ouverture sur la mer, qu’on ne voit pas mais qu’on sent, est une composante forte de l’identité de Bilbao.

Blilbao-XVIIe-Cafe-bar

. En  conséquence, le développement a été au cours de l’histoire  surtout focalisé sur plusieurs axes, les activités liées à la mer – la pêche, le commerce maritime, les activités portuaires , cumulées, avec la richesse des produits de la terre qui était aussi exportée et plus tard  avec une forte industrialisation datant de la fin du XIX et du début du XXe siècle, basée en particulier sur des mines de fer. Le caractère quasiment insulaire de la ville l’a toujours obligé à compter sur ses propres forces, ainsi que sur ses liens avec les autres communautés basques du littoral, en devenant un carrefour commercial important grâce à ses privilèges commerciaux.

Bilbao-Vue-generale-1737-Cafe-Bar-Bilbao

. La troisième caractéristique est le caractère farouchement indépendantiste des campagnards basques transplantés de l’univers rude des montagnes environnantes  dans le dur chaudron industriel, quitte quand ils ne trouvaient pas de travail en ville à émigrer par la mer dans d’autres contrées. Le salut pour une bonne partie des émigrants de Bilbao comme des autres villes basques depuis des siècles a été de chercher du travail ailleurs, loin du pays. 

La seule solution pour les plus courageux et/ou les plus désespérés  a été de  partir au-delà des mers, pour espérer se construire un avenir meilleur. Bilbao après avoir exporté ses richesses agricoles, ses draps vers l’Europe flamande, son fer bien plus tard, a aussi  «exporté » ses hommes et ses femmes. Aujourd’hui la diaspora basque, présente dans 23 pays dans le monde, compte plus de 4,5 millions de personnes d’origine basque, 15 millions avec un nom d’origine basque. Parmi les grands noms de l’histoire, plusieurs sont basques, comme Simon Bolivar ou Gue Guevarra. D’autres sont moins connus mais leurs exploits demeurent. Rappelons  seulement que le premier tour du monde a été réussi par un Basque, que c’est un Basque qui a découvert Les Philippines…

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A la fin du XXe siècle, l’arrivée à Bilbao par l’autoroute, construite en hauteur le long du Golfe de Gascogne, montrait  la face grise de la ville, avec des coulures noires de saleté, d’une urbanisation en tours HLM pour loger des habitants qui, d’ouvriers, étaient devenus des chômeurs. On se serait cru en Tchéquie à l’heure soviétique dans des cités ouvrières ou à Wroslav (ex-Breslau) en Pologne dans un monde sans couleur, sans espoir, d’une tristesse infinie... Mais tout autant que ce choc humain visuel après de très beaux paysages de bords de mer  inaccessibles et rudoyés par le vent,  sans transition avec cette ville de la marge où étaient repoussés les pauvres sans travail, tout autant, c’était en contraste le côté fortement suranné du centre-ville qui sentait fort la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Il y avait là une situation puissamment explosive, sur un fond de violence perdurant.

Bilbao-Ignazio-Ugarte-CafeBarBilbao

Quand vous assemblez toutes ces données : un peuple résistant, dur à l’ouvrage, à forte capacité de résilience, une histoire forte de développement, à l’étroit dans une ville qui n' assure plus d’activités aux gens, des zones portuaires désormais sans utilité alors que l’espace disponible est rare au fond du Ria de Bilbao, comme on l’appelle maintenant, une diaspora qui a réussie loin de la ville-mère patrie et très fière de son identité basque, surgit une idée.

Elle est de confier à un grand nom de l’architecture de concevoir un bâtiment extra-ordinaire qui serait en lui-même  un objet culturel doté d’un magnétisme tel qu’on viendrait le voir du monde entier,  seulement pour pouvoir dire « Je suis allé à Bilbao », comme on dit encore aujourd’hui « Je suis allé-e à Saint-Jacques de Compostelle », en passant par Bilbao pour ceux qui viennent du nord. En comptant mais sans que jamais ce ne soit dit, sur le bouche à oreilles des Basques eux-même et en particulier de cette diaspora qui a gardé un attachement profond à sa capitale basque.

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Cet « objet culturel » est un bâtiment d’une grande audace qui établit de nouveaux rapports entre le plein, le creux, la ligne courbe, le dedans, le dehors, qui ouvre de nouvelles perspectives à l’architecture, avec comme seuls murs droits à angle perpendiculaire avec le sol horizontal, ceux de l’intérieur.  Vous êtes dans un autre monde dans cette sculpture de titane, de calcaire et de verre  où il n’y ni portes ni fenêtres, vous êtes à Bilbao au Musée qui porte le nom, non de son architecte mais de l’entreprise culturelle que l’on a l’habitude de nommer par le nom de son fondateur Solomon Guggenheim, « Le Guggenheim ».  

. Mais d’abord le nom de son concepteur. Il s’agit de l’architecte canado-américain Franck Gehry. A lui seul, il n’aurait su révolutionner la ville même avec une construction révolutionnaire. Il a fallu deux autres acteurs d’importance, sans qui il ne se serait rien passé. Des trois principaux partenaires, il est certainement le plus discret. Il parle peu, sauf dans ses cours à l’Université de Yale  où il est professeur d’Architecture. Sa façon essentielle de s’exprimer est celle de concevoir des bâtiments qui intègrent le mouvement, la lumière et l’air, sans oublier la présence de l’eau. C’est ce qu’il a fait dans cette corolle complexe de métal dans cette ancienne zone portuaire au cœur de la principale boucle du Nervion, la rivière où se fait encore sentir la remontée de la marée.

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. Ensuite la Fondation Guggenheim qui s’est engagée sur le projet et lui a donné son nom. Un contrat de franchise (20 millions d’euros) a été conclu avec la ville. En contrepartie, la société américaine prend en charge l’animation du site, en synergie avec ses cinq autres établissements (New-York, Venise, Bilbao, Berlin, Abu-Dhabi) avec des collections permanentes et des collections temporaires. C’est elle aussi qui communique et vend les billets en ligne avec son site.

. Il manque le troisième partenaire qui est à écrire au pluriel. Le coût d’un peu plus  de 130 000 000 EUR a été pris en charge intégralement par le Gouvernement basque, la Députation provinciale et par la Mairie qui a en outre offert gratuitement le terrain. Le Musée a ouvert ses portes en octobre 1997, avant que tout soit terminé.

On visitait alors l’œuvre du maître dans sa nudité, sans œuvre posée au sol ou accrochée au mur. Pour tout viatique, une  énorme curiosité de la foule qui attendait avant de pouvoir entrer et un signe de reconnaissance, des sur-chaussures de plastique bleu qu’il fallait utiliser pour ne pas dégrader la chape de ciment fraichement posée sur le béton. Je le sais, j’ai fait partie de ces découvreurs. J’ai alors pensé que le bâtiment se suffisait à lui-même. Il allait être presque "dommage" de devoir y installer des créations artistiques pour pouvoir dire que c’est vraiment un musée.

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Le Musée Guggenheim de Bilbao est maintenant une réalité plus d'une décennie après son ouverture en octobre 1997. Son succès a dépassé les attentes les plus ambitieuses au plan  tant artistique que culturel et continue à contribuer de façon étonnante à la création urbaine, la revitalisation économique et sociale de l’agglomération et de son environnement. Bilbao est devenue un cas d’école exemplaire en Europe pour de nombreuses villes au passé portuaire, en lien avec l’eau et qui connaissent en ce début du troisième millénaire une certaine atonie urbaine. On place toujours Bilbao en premier dans les réussites incontestables, à la condition de ne jamais oublier qu’il faut tous les ingrédients nécessaires à commencer par la dimension humaine, la cohérence globale du projet et la forte prise de risques par l’ensemble des acteurs .

En effet une des dimensions rarement mise en avant de l'Opération Guggenheim est la prise en compte dés le départ de la maîtrise financière. Dés 1991, explique le directeur du Musée,  Juan Ignacio Vidarte, l'idée d'un musée à l'architecture spectaculaire devait être conduite avec "une gestion exemplaire... Et comme le financement par subventions nous semble une technique de gestion obsolète, nous limitons celles-ci au tiers de nos recettes. C'est tout Bilbao qui a changé: 4500 emplois ont été induits par le musée; les terrains ont pris de la valeur; le fleuve est redenu propre; ses berges sont rendus à la population...Et dire qu'il y a seize ans, tout le monde parlait du Musée comme d'un coût, et non d'un investissement." Cet homme parle en connaissance de cause; Juan Ignacio Vidarte était directeur de la politique fiscale de la Province de Biscaye avant son entrée en fonction au Musée.  

A trop citer « l’Effet Guggenheim », sans le remplacer dans son contexte, on en oublie en effet qu’il ne se serait rien passé ou presque sans les autres aménagements engagés très rapidement quasiment en même temps grâce au plan global de relance de la ville. La création du musée Guggenheim a été le symbole, la pointe de l’iceberg visible, indispensable mais en aucun cas suffisante pour modifier l’équilibre de toute cette agglomération qui compte près d’un million  de personnes, sans compter la diaspora très active qui a constitué un moteur très puissant pour faire connaître la ville. On compte plus de 4 millions de Basques d’origine directe à l’étranger et 15 millions portant un nom basque. Certes tous les Basques ne sont pas originaires de Bilbao, mais tous assurément sont fiers de cette réusssite. Quant aux touristes venant du monde entier, ils sont maintenant plus d’un million à venir par an. 

Bilbao-Guggenheim-panoramic-Fernandopascullo-2008-Wikipedia

Pour conclure, voici la description qu’en fait Ariella Masboungi, Architecte-Urbaniste  en Chef de l’Etat (France): « Bilbao, nouvelle Mecque de l’urbanisme. Une ville qualifiée de 'riche et laide' par Hemingway, devenue laide et pauvre dans les années 70, a connu une véritable résurrection avec la création d’un musée Guggenheim. Cet acte architectural et culturel majeur a provoqué une rénovation de l’urbanisme et de l’architecture de Bilbao, désormais ville-phare de la movida espagnole ».  

 Pour suivre le chemin, avant d’aller à Bilbao

. Consulter le site officiel de la ville sur    http://www.bilbao.net/cs/Satellite?pagename=Bilbaonet/Page/BIO_preHome

.Retrouver l'interview du Directeur du Musée dans "Challenges n° 100, sous le titre de "Ressuciter une ville, A Bilbao, le Musée Guggenheim a été le catalyseur".

. Sur l’histoire de la ville au cours des siècles, une très bonne étude détaillée, avec des cartes anciennes, des photos d’époque et des tableaux sur le site d’un  restaurant  le Cafe Bar de Bilbao fondé en 1911 et restauré en 1992, Tlf.: 944 151 671, info@bilbao-cafebar.com,  http://www.bilbao-cafebar.com/fran.htm   

Bilbao-Guggenheim-La-materia-del-tiempo1-Collection permane

. Lire comment la Fondation Guggenheim parle d’elle, de Bilbao et de ses expositions http://www.guggenheim-bilbao.es/fr/?gclid=CIXL6or8xLMCFSTLtAodFy8ALQ Il y a en ce moment une exposition Egon Schiele jusqu’au 6 janvier 2013

. Sur l’histoire et la culture basque http://www.eke.org/fr/culture-basque/pays-basque/historia/erdi_aroa et sur l’importance de l’émigration basque au cours surtout depuis le XIXe siècle essentiellement en Amérique latine et aux Etats-Unis http://fr.wikipedia.org/wiki/Diaspora_basque 

. Consulter aussi Wikipedia avec une photo panoramique où l’on voit le Musée en rive gauche de la rivière le Nervion ;  on voit bien la densité urbaine de la rive droite  qui a vu son attractivité exploser avec un effet induit sur la hausse du foncier, la venue de nouveaux habitants à hauts revenus et la baisse du nombre des personnes à petits budgets. C’est aussi ça l’« Effet Guggenheim ».    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilbao 

. Lire l’analyse fine et documentée d’Ariella Masboungi Architecte des Bâtiments de France en chef qui montre comment cette création architecturale d’un nouveau type a été utilisée  en un temps record pour moderniser entièrement la ville avec un métro, un tramway, un nouvel aéroport, des aménagements tous conçus en cohérence et en connexion les uns avec les autres, dans un tempo extrêmement rapide, pour modifier la ville en profondeur au niveau culturel, des infrastructures urbaines lourdes, la rénovation des berges, la revitalisation de quartiers urbains vieillissants, grâce à un partenariat public-privé exemplaire « Ria Bilbao 2000 »... A voir, sous le titre de « Bilbao, la nouvelle Mecque de l’Urbanisme » sur  http://www.annales.org/ri/2008/ri-fevrier-2008/Masboungi.pdf 

. Photos des différents contributeurs cités, avec mes plus vifs remerciements, en particulier à Mikel Etsarri  du Bilbao Cafe-Bar, à retrouver dans l'album photos "Rives de Ville 3" sur ce blog.

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B = Bottle > Un vin blanc de Moldavie, 1995 > Une enquête d'archéologue

8 Novembre 2012, 18:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

A part le fait qu’il s’agit bien d’une bouteille de vin qui devait être du blanc, tout le reste est à préciser, à vérifier ou à deviner. J’exagère un peu, par exemple pour l’origine. La bouteille vient bien de Moldavie. Il est écrit « Moldava » sur l’étiquette et c’est même un des rares mots, avec AURIU, qui doit être la marque, que j’arrive à lire parce que le reste est inscrit en caractères cyrilliques. Je suppose aussi que le chiffre de 16% indique le titre alcoolique, mais sans certitude.

Vin de Moldavie, Auriou, 1995 

Quelles autres informations ai-je ? La date que j’indique dans le titre de ce billet est celle de l’achat fait par un couple ami en voyage d’affaires dans cette petite république indépendante depuis 1991, qui ne dépendait donc plus de l’ex-grande URSS.  Quant à savoir quand a été faite la mise en bouteille, impossible de le savoir avec certitude. Au vu de l’opercule en plastique vissée en haut de la bouteille et qui tient lieu de bouchon, il est vraisemblable qu’il s’agit d’un vin à boire rapidement dès la mise en bouteille et la sortie du chai. On peut imaginer 1995 ou 1994. 

Vin de Moldavie, Auriou, 1995 

Le lieu d’achat, je le connais grâce à une information donnée par ces amis qui l’ont achetée à quelques kilomètres de la capitale Kichinev ou plutôt Chisinau comme on l’appelle maintenant. L’ancien nom de la capitale traduit bien l’influence soviétique. Il est utile de préciser que les vins de Moldavie étaient très appréciés en URSS au point que la Moldavie était le principal fournisseur en vin blanc sucré. C’est la raison pour laquelle de grandes exploitations industrielles existaient lors de l’indépendance. Pour en revenir à la localisation précise, il convient de savoir qu’une des plus grandes installations viti-vinicoles se trouve justement à Cricova, située à quinze kilomètres au nord de la capitale. Il y a de fortes probabilités que le vin provienne de cet endroit. 

Moldavie-PurcariWinery-Lebowsyclone-2010-Wikipedia 

En 1995, la situation des activités agricoles et viti-vinicoles était franchement peu favorable, non seulement du fait de l’indépendance et de la coupure du lien naturel pour les ventes de vin avec l’URSS qui réexportait dans les pays frères  mais aussi de la lutte de Gorbatchev contre l’alcoolisme. Sur place, la situation de la viticulture et plus largement de l’agriculture était aggravée par de nombreuses insuffisances constatées par des experts européens dans quasiment tous les domaines : « le manque de savoir-faire et de qualification des exploitants et de la main d’œuvre, la vétusté du matériel d’exploitation, l’absence quasi-totale de méthodes de gestion et dans les activités annexes à la viticulture, comme la fabrication des bouteilles ou… l’accès à des bouchons de qualité trop onéreux ».

Confirmation du nom de la marque, il s’agit bien d’AURIU qui est citée comme étant une des marques de vin blanc connues. Aucune autre indication ne figure sur le site francophone de la Moldavie concernant ce vin. C’est l’étiquette qui donne quelques pistes grâce à ses reproductions de médailles gagnées dans des temps lointains. Avec une loupe, j’arrive à lire avec peine deux des six médailles qui structurent le cadre central de l’étiquette :  Concours international des Vins de Budapest (en français), 1964, Concours international des Vins, Bulgarie, Sofia 1966, en français également. Pour les autres, je ne peux vous indiquer que les années 1970, 1971 et 1972 par deux fois. 

Moldavie-vendanges-Site-francophone-tras la teasc-a3d6f 

La couleur du vin. Elle ressemble à celle d’un whisky ambré, qui confirme l’âge et l’oxydation du vin. Ce doit être un vin contenant beaucoup de sucre qui était surtout apprécié par les femmes dans les pays communistes d’Europe de l’Est. Comment ai-je cette information ? Par recoupement, en particulier après des interviews de dames polonaises qui s’en versaient un petit verre après le diner les jours de fêtes ou en guise de « tisane », avant d’aller se coucher, pour avoir un peu de douceur dans un monde quand même difficile. Un petit verre mais pas plus, car il était cher. Il était d’abord acheminé à Moscou puis devait être transporté jusqu’aux marches de l’Union soviétique, en particulier en Pologne.

Carte-Moldavie-Langues-Voisins- 

La grande question que je continue à me poser : dois-je ou non ouvrir la bouteille et goûter. D’un côté une certaine curiosité et de l’autre une quasi- certitude que ce vin qui a maintenant 17 ans d’âge est beaucoup mieux dans sa bouteille. Au moins aurais-je remercié comme il se doit, en en parlant, ces amis et voisins qui m’ont offert cette bouteille avec ces mots « Tiens, Elisabeth, voilà une bouteille de vin de Moldavie. Elle vient d’un pays qui n'a plus accès au delta du Danube et qui a conservé moins d’un kilomètre d’accès à la Mer Noire, sachant qu’à la suite d’une erreur faite des cartographes de Staline  toutes les cartes ne lui reconnaissent même pas ce seul lien avec l’extérieur ». Wikipedia la cite dans les 44 pays enclavés !  

Quant à savoir pourquoi je cite l'archéologie dans le titre, il vous faut lire le billet jusqu'au bout!  

 Pour suivre le chemin jusqu’en Moldavie et goûter ses vins

Moldavie-Caves Milestii Mici Mirabella-2012-Wikipedia-Image 

. Lire avant l’article général de Wikipedia sur le pays sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Moldavie et resituer la situation du vignoble et des vins moldaves dans ce contexte difficile, car le pays reste un des plus pauvres d’Europe  http://fr.wikipedia.org/wiki/Viticulture_en_Moldavie . On comprend qu’il ait déposé sa candidature pour devenir partie de l’Union européenne, comme sa puissante voisine, La Roumanie, avec laquelle les relations ne sont pas toujours faciles. C'est un euphémisme!

. La population s’élève à environ 3,4 m d’habitants, un taux qui est en décroissance (2004). En effet ¼ de la population a émigré en Europe occidentale pour les personnes d’origine moldaves (qui forment 76% de la population), en Ukraine pour ceux qui sont d’origine ukrainienne (10% environ) ou en Russie pour les Russes d’origine (8%). Ajoutez à cette complexité historique, humaine et linguistique,  la présence de nombreuses autres minorités de petite taille, la scission de l’ancienne Moldavie connue sous non nom de « Bessarabie » en trois, chacun des deux grands voisins prenant « sa » part de la Moldavie,  l’Ukraine au nord et le long du littoral à la Mer Noire et la Roumanie au sud prenant tout le delta du Danube. Cette partition explique l’existence de fortes communautés roumaine et ukrainienne toujours présentes dans l’ancienne province. 

La terre noire moldave a toujours été connue pour sa grande fertilité. Aujourd’hui, le pays a  choisi de protéger son environnement. Il dispose d’un réseau écologique national et commence à faire la promotion de ses grands et beaux paysages.

. Lire l’excellent article de Jean-Pierre Thibaudat sur la situation du vignoble et des vins moldaves en 1998 dans  http://www.liberation.fr/monde/0101252839-le-vin-moldave-a-le-gout-de-la-resistance-la-moldavie-reste-un-pays-viticole-malgre-des-blocages-herites-de-l-urss

. Voir aussi  le site francophone de la Moldavie, avec « une route des vins » (sans carte mais avec trois noms de firmes citées) vers le nord. Le site de Cricova fait l’objet d’un article spécial ; ses caves souterraines sont les plus grandes d’Europe, avec des « rues » qui cumulées atteignent le chiffre record de 100kms de long. A voir sur   «    http://www.moldavie.fr/spip.php?article51 .La photo de Wikipedia prise sur place est une photo remarquable distinguée par le site au titre de l’année ...

. Le vignoble, qui a diminué de près de 25% en 12 ans (2007), n’a encore  pas vraiment en situation d’attirer des sociétés de l’Ouest de l’Europe pour investir et adapter les techniques de culture et de vinification à la demande des marchés occidentaux. Je n'ai trouvé que deux entreprises françaises, le champagne Mercier et Pernod Ricard. Le pays fait partie de l'OIV.

Moldabie-Rkatsiteli-B, Encyclopédie Viala et Vermorel 

Les principales régions   viti-vinicoles moldaves sont Balti au nord, Codru au Centre avec la Romanesti, Purcari au Sud-Est et Cahul au Sud. Parmi les cépages particuliers aux pays de la Mer Noire ( Géorgie, Daghestan, Tchétchénie, Ingouchie, Stavropol, Krasnodar et Crimée), le Rkatsiteli B, connu sous 27 dénominations différentes citées dans Wikipedia qui du coup en oublie dans la liste figurant plus haut entre parenthèses que la Moldavie est aussi un pays de la Mer Noire. Des archéologues ont trouvé dans des fouilles menées en Georgie des grains de Rkatsiteli B préservés datant de 3000 ans, Rkatsiteli signifiant "tige rouge" pour faire du vin blanc.  

. Photos de la bouteille Elisabeth Poulain à voir dans l'album "Bottles2", les paysages, cave  et cépage Wikipedia se trouvent dans "Paysages", le cépage dans "Quelques images de vigne" et la carte dans "Symboles", avec mes remerciements aux contributeurs, sans oublier surtout M. et J.Y. G... pour leur cadeau.   

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Style de Pub > Le Monde de la Nature dans la bouteille, le flacon...

6 Novembre 2012, 15:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce monde de la nature est celui des beaux paysages d’une nature que les publicitaires qualifient de préservée et d’authentique. Sachez que dès que ces mots sont utilisés, il s’agit de vendre quelque chose, le plus souvent une destination ou un produit touristique réservé à des « Happy Fews » à prendre dans le sens d’une sélection de privilégiés, des gens peu nombreux (fews) et heureux (happy) d’avoir les moyens, mais certainement pas au plus grand nombre.

Il s’agit de six cartes postales éditées par A.M.F -l’Association des Maires de France - et Eco-Emballages avec l’arbre vert qui porte en guise d’unique pomme miraculeuse le logo « Ici aussi, je trie ». La série illustre l’action de « Trier, c’est préserver ! » avec le texte suivant au verso « Quinze ans après le lancement de la collecte sélective en France par Eco-Emballages, les Français trient aujourd’hui 6 emballages sur 10. Cet effort collectif en faveur de l’environnement permet d’économiser des ressources naturelles (pétrole, minerais…), de l’eau et de l’énergie ». 

La présentation des six visuels. Pour chaque contenant, canette en métal recyclée, bouteille en verre recyclée, aérosol en aluminium recyclé, emballage en plastique recyclé, emballage en carton recyclé et bouteille en plastique recyclée, le seul terme commun est celui de recyclé-e qui s‘accorde au contenant. C’est sur ce point, grâce à un petit encart vert qu’est fondée toute la campagne de communication d’une agence Inscrite sous RCS Nanterre. Le recyclage  permet à chaque fois de produire du CO2 en moins, d’économiser du sable, du gaz naturel et/ou de préserver l’eau ou le pétrole selon les cas.

Mon classement est fondé tout autant sur la beauté du paysage de nature utilisé pour montrer ce qu’est la nature préservée et que sur la réussite visuelle de l’accord entre le cliché sélectionnée pour le paysage et le contenant choisi pour le mettre en valeur. Trier, c'est Préserver, Visuel n° 1 

. En 1, je choisis la canette brillante d’aluminium argenté avec un cliché de la canopée que j’imagine être en Amérique du Sud tout simplement parce que c’est la partie du monde qui me fait le plus rêver. Une autre des raisons, c’est l’extraordinaire foisonnement de vie imbriquée en strates distinctes et en même temps liées  où tout est connecté, la vie végétale, animale, climatique…Des modes de vie et de survie encore à découvrir. Quant au lien particulier avec la canette, je n’en vois pas.

Trier, c'est Préserver, Visuel n° 2 

. En 2, se place la bouteille de vin de Bordeaux en verre vert foncé avec le paysage de désert mais attention un désert bienveillant centré sur un oasis dans un creux au milieu des dunes. Même le vert des palmes des palmiers est assorti à la couleur du verre. C’est admirable comment la nature sait s’adapter ! C’est un beau cliché, mais clairement sans lien avec le vin ou le verre, parce qu’on n’importe pas du sable du Sahara.

Trier, c'est Préserver, Visuel x 3 

. En 3, c’est l’aérosol de couleur violet tonique que je sélectionne à cause du site des volcans d’Auvergne, un adorable petit volcan situé à mi-pente, recouvert d’un tapis d’herbe bien verte avec quelques sapins à l’intérieur. C’est le moment d’encourager la protection de ces rares paysages volcaniques, au moment où la France vint de déposer un dossier de candidature au titre de la protection d’un site naturel auprès de l’UNESCO. C’est rafraichissant après le désert.

Trier, c'est Préserver, Visuel n° 4 . En 4, il s’agit du flacon plastique de couleur blanche appelé ici un emballage plastique. Son bouchon bleu est assorti  à la couleur du lac de haute montagne avec toutefois encore des pins sur ses rives ainsi qu’au bleu du ciel un peu plus clair. On continue à être en montagne mais cette fois-ci plus en hauteur. Il y a encore de la neige, pour le plastique …???

  Trier, c'est Préserver, Visuel n° 5

. En 5, le carton recyclé de couleur brun clair, comme il convient, porte sur la face principale une cascade de grandes dimensions dont l’eau ressort sur une paroi d’arbres verts foncés. Encore une vue de la forêt tropicale ou bien une superposition graphique ? Je ne saurais le dire. Mais il y a plus bizarre. Voir de l’eau jaillir d’un carton qui contient par exemple de la semoule de blé dur est une curiosité de l’esprit, une tromperie de l’œil même si le carton à l’intérieur est recouvert d’aluminium. Etonnant, non ?! Bof.

Trier, c'est Préserver, Visuel n° 6 

. En 6 et en fin de classement, arrive la bouteille plastique de couleur verte qui n’a pas de bouchon, la pauvre. Déjà l’histoire commence mal. Mais la suite ne va pas bien non plus. On voit un paysage d’eau bleue comme il se doit quand on parle de préservation ; c’est un grand lac, la mer peut être, avec dans le fond une rive un peu en hauteur. C’est le plus plat des clichés retenus et sans identité ni sens réellement perceptibles. L’explication marquée sur l’encart vert en haut à droite de la carte postale n’éclaire pas le choix du cliché. Il est temps que je vous parle de ce qui est écrit en blanc sur fond vert.

Les  étiquettes pédagogiques en haut et à droite des six cartes. Ce sont les mentions qui donnent le sens des visuels et justifient la démarche de grande ampleur d’Eco-Emballages, avec l’assistance financière de l’AMF. Voici :

. 15 cannettes en métal recyclées = 1 kilo de CO2 en moins = la canopée de la forêt tropicale,

. 40 bouteilles en verre recyclées = 12kg de sable et 1 m3 de gaz naturel économisés = le désert, les palmiers et le sable,

. 4 aérosols en aluminium recyclés =1 kilo de CO2 en moins = le volcan éteint en moyenne montagne,

. 12 emballages en plastique recyclés = 1 kilo de CO2 en moins = le lac en haute montagne,

. 1 emballage en carton recyclé = ½ litre d’eau préservé = la cascade sur ce cliché de canopée ou une paroi d’arbres,

. 5000 bouteilles en plastique recyclées = 1 baril de pétrole économisé = le grand lac de plaine, de petite montagne ou le bord de la mer.

Trier, c'est Préserver, Visuel x 6 

Si je récapitule en équivalence chiffrée

. 1 kilo de CO2 = 15 cannettes = 4 aérosols = 12 emballages plastique, soit 1= 15, 4, 12

. 12kg sable – 1m3  de gaz naturel = 40 bouteilles, soit 12, 1 = 40

.  ½ litre d’eau = 1 emballage de carton, soit ½ = 1

. 1 baril de pétrole = 5000 bouteilles plastiques, soit 1= 5000 mais  combien de litres contient ce fameux baril? . Ca devient dur, très dur. Et voilà comment, à cause de ce fichu baril, je me retrouve en Alsace à Pechelbronn, dans la raffinerie de pétrole du groupe Antar (désormais ELF), où a été inventé ce désormais fameux baril au XVIIIe siècle. Il contient exactement 158, 9873 litres de pétrole. Mon brave Wikipedia m’apprend que cette unité de contenance ne sert plus qu’à estimer les réserves. On ne l'utilise plus puisque l’extraction, le transport et le stockage se font par pipe-lines, citernes et tankers.

Au total

. En visuel,  les associations interpellent. La canette est associée à l’arbre de grande taille, la bouteille au désert avec oasis, l’aérosol au volcan éteint, l’emballage plastique au lac de haute montagne, le carton à l’eau en cascade et la bouteille plastique au lac ou à la mer. C’est terrible parce que des liens sont faits entre des sites et des contenants.

. C’est une nature où l’homme n’a pas sa place, comme si l’homme depuis le néolithique n’avait pas modelé sans cesse le paysage. Pour ces annonceurs, il n’existe que du paysage lointain, ou en haute montagne, à l’exception du volcan., c’et-à dire des endroits où on ne va pas. Choisir un paysage de bocage, un bord de rivière, une zone de garrigues, ou plus audacieux encore un parc urbain, un maillage en trame verte et bleue…  ne convenait visiblement pas. En plus ni la personne, ni l’activité humaine ni la ville ne sont montrées. Seule reste une sélection de nature publicitaire accessible aux photographes et aux touristes qui viendraient voir en vrai ce qu’ils ont vu en pub.

La volonté de ne montrer que du « beau », qui resterait beau si tout était recyclé, conduit l’esprit presque naturellement à passer à la phase suivante et à se poser la question de savoir si cette nature ne serait pas encore mieux préservée sans emballage du tout, sans activité humaine et sans ville. On peut se demander comment les maires ont pu financer une telle campagne.  

En matière de pub, il faut savoir rester simple et ne pas chercher à trop vouloir prouver, avec des clichés qu’on peut utiliser pour tout et avec des chiffres impossibles à retenir.  Ceci dit, il faut évidemment trier.  C’est désormais une obligation qui ne se discute pas. 

Pour suivre le chemin

. Retrouver le site actuel de l’organisme et son nouveau héros, M. Papillon http://www.ecoemballages.fr/

. Découvrir la canopée de la forêt tropicale et beaucoup plus dans un site remarquable sur  http://fr.mongabay.com/

. Photos Elisabeth Poulain

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Les coqs avec ou sans attributs sur les clochers des églises de l'Eure

5 Novembre 2012, 16:25pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nous avons des yeux et nous ne voyons pas.Disons-le clairement. Nos yeux ne savent pas vraiment regarder parce que nous ne cherchons pas à voir. Une fois qu’on sait, on voit. Cette grande règle de la connaissance s’applique dans tous les domaines de la vie. Prenez toujours l’exemple du carré d’herbes. Si vous n’y portez pas intérêt, vous ne voyez que de l’herbe, avec quelques différences ici et là, de hauteur de feuilles, de couleurs…« C’est de l’herbe, quoi ! » est la réponse la plus courante. Quand on connait, on voit des dizaines de plantes différentes, des petites bestioles… 

    Coqs de Clocher, oiseaux, Morainville-Jouveaux 

De l’herbe à ses pieds au coq en haut du clocher, il y a plus que quelques mètres de différence –plus d’un mètre ou plusieurs dizaines -, de positionnement - d’en haut ou d’en bas - ou de matière –végétal ou métal. Le coq a ceci d’intéressant qu’il est déjà représenté en volume par des artisans qui savaient, savent travailler le cuivre, le zinc ou rarement la tôle de fer blanc. Il y a donc déjà un travail direct de l’homme d’art dans le résultat final, sans que l’on sache exactement par ailleurs la commande qui lui était passée et qui la lui passait et payait, le châtelain, le curé, un généreux donateur, l’assemblée des fidèles… ? Une autre grande différence est qu’il était difficile de voir de près le coq sauf quand il était encore à terre, juste avant d’être installé en haut du clocher, Cette dernière remarque a moins lieu d’être maintenant grâce au zoom que l’on peut faire avec son appareil photo…

 Coqs de Clocher, oiseaux, Morainville-Jouveaux

Que voit-on tout là-haut en haut du clocher ?  Un animal aux formes très variées. Disons-le tout net, parfois on se demande s’il ne s’agit pas d’un gros serpent ou d’un animal mythologique qui ne ressemble à un coq que de loin, ce qui est justement le cas et parce qu’on sait que là-haut sur cette grande tige fichée sur le faîte du clocher, on ne va pas mettre une vache, une girafe ou pire encore une poule. Ce serait franchement incongru pour la girafe. Pour la vache, bien que nous soyons en Normandie, elle préfère rester dans les prairies l’été et à l’étable l’hiver.  Quant à la poule, il y aurait un quasi-sacrilège transgressant l’ordre social car la poule ne saurait en aucun cas être un symbole de virilité. Bien sûr me direz-vous, c’est évident.Parce que vous, vous avez bien compris que ce billet porte sur les attributs sexués du coq, ce qu'en langage courant, on appelle des "couilles" et des "attribut sexués" du coq quand on est "classe". Je précise cela parce que j'ai reçu une question d'une lectrice me demandant de quoi je voulais donc parler dans ce billet. Voila la réponse.     

 Coqs de Clocher, sans attributs

Se pose alors la question délicate des attributs du coq. Car il y a plusieurs catégories de coqs, ceux dont on voit la crête, ceux dont on voit les barbillons sous la gorge et ceux dont on voit « les attributs » qui attestent que ce sont bien des mâles et pas des chapons. Pour faire court, il reste deux grandes catégories, les coqs à crêtes/  barbillons et les coqs qui ont tout ce qu’il faut où il faut, c’est-à dire avec attributs. C’est ce que montre cette sélection de photos faite par France Poulain, avec la contribution active des membres de l’Atelier du Patrimoine de l’Eure.  Coqs de Clocher, sans attributs, + voûtes

La ferveur populaire était si forte que les coqs étaient aussi présents sur les murs des églises à l’extérieur, comme le montre les graffitis gravés dans la pierre blanche à la hauteur du chœur. Il voisine sur le mur avec des bateaux, quand on est près de la Seine comme à Poses, des croix ou des formes difficiles à interpréter… Il y a très peu d’animaux en graffiti, à l’exception des coqs. Parfois aussi, mais beaucoup plus rarement encore, ils sont peints à l’intérieur de l’église sur les voûtes lambrissées.

Coqs de Clocher, avec attributs

Alors pourquoi tant d’engouement pour le coq ?Il n’est possible que d’émettre des hypothèses. Parmi celles-ci et au premier rang, le coq a été choisi de préférence à tout autre animal parce que c’est lui qui  par son chant célèbre la renaissance du matin. Pour les moines, il donnait l’heure pour la messe du matin. Une explication tient peut être également au reniement de Saint-Pierre par trois fois après le chant du coq. Ce lien fort avec la religion explique pourquoi le coq qui allait être posé en haut de l’église était béni par le curé. Mais il  y avait aussi une alliance avec le vent, comme une girouette qui en indique la direction, comme le montre l'exemple ci-dessous. Une autre particularité de ce coq, les petites lanières de tissus qui sont des ex-votos.    

Coq avec ficelles-Eglise-EureDSC00819 ott

Symbole solaire, le coq est associé aussi en France au courage. On le découvre encore maintenant au sommet de nombreux clochers d’églises anciennes, sans que sa présence soit obligatoire, au contraire du paratonnerre qui l’est au nom de la réglementation. C’est pourquoi le paratonnerre passe à travers le coq quand il y en a un. Il a encore maintenant gardé son caractère de veilleur et de protecteur du village, avec cette fois-ci le paratonnerre pour le protéger lui aussi.      

Le coq et les oiseaux. Le coq a une autre particularité, cette fois-ci d’origine non-humaine. Il sert souvent de perchoir préférentiel pour de nombreux oiseaux qui ont leurs bonnes adresses pour voir de loin, comme on peut le voir sur la première planche en 2e ligne, 2e photo ou sur celle-ci en dessous. Il n'y avait pas assez de place pour tous se percher sur le coq! Cette photo est la suite de la première présentée dans ce billet!   Coq pas sur la photo, Oiseaux, Eglise Morainville-Jouveaux      

  Et pour finir, le coq couleur or de la cathédrale d'Evreux vu avant la pose.

Coq-Cathédrale-Evreux-avant la pose

Pour suivre le chemin

. Lire la fiche de France Poulain, « Les coqs des Eglises de l’Eure », Connaissance n° 40,  dans « Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France – Les Essentiels »- SDAP de l’Eure-DRAC Haute-Normandie. 

. Photos, avec mes remerciements à France Poulain et aux autres contributeurs membres des Ateliers du Patrimoine de l’Eure, Elisabeth Poulain pour les trois autres de la même église. 

. Voir la jolie histoire du nouveau coq du clocher de Coudrécieux le 17 février 2007, avec un récit très circonstancié de la pose et de jolies photos, en particulier de  l’ancien coq mité de gros trous de balles de fusil et du nouveau. La commune se trouve dans le département de la Sarthe (72).                      

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Le Petit Chalet à foin posé sur des pierres plates, Les Alpes, Le Rat

2 Novembre 2012, 12:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

La problématique est bien connue de ceux qui travaillent la terre et récoltent le foin dans les alpages : comment faire pour protéger le foin et plus largement les récoltes de céréales contre les rats qui développent et mettent en place des stratégies très élaborées pour manger en plein hiver, quand tout est recouvert par la neige ? La solution est de se rapprocher des installations humaines où l‘on peut trouver de la bonne nourriture en abondance. Il ne reste plus aux montagnards ayant une bonne connaissance des pratiques animales qu’à essayer d’être plus malins que ces rongeurs qui ont eux aussi une grande connaissance des pratiques humaines.

Chalet à foin, Valais, Vincent Rapin- Maria Saiz, Raccard 001

Des mesures d’anticipation architecturales sont alors prises lors de l’édification du chalet. Le rat est un animal qui sait se faufiler dans des trous très étroits et  grimper au mur pour rentrer par des orifices situés dans les murs ou sur le toit. Il faut donc l’en empêcher. Pour ce faire le chalet est surélevé de 30  à 50 cm avec des ‘pieds’ aux quatre coins. Ces pieds ne sont en fait que la continuation de la grosse poutre d’angle intérieure sur laquelle s’accrochent les rondins qui constituent les murs. Imaginez une forme carrée ou rectangulaire avec une porte pour entrer-sortir et vous obtiendrez un chalet à six poteaux.

Les batisseurs choisissaient avec soin l’endroit et commençaient à creuser des trous  aux endroits prévus pour les poteaux de fondation. Des soubassements de pierre y étaient calés de façon à supporter le poids de l’ensemble. La construction du chalet pouvait alors commencer, mais après seulement qu’une opération très particulière soit effectuée.

Chalet à foin, Valais, Vincent Rapin- Maria Saiz, Raccard 001

Avant d’ancrer les poteaux dans les trous de fondation avec  des empilements de pierres, chaque ‘pied’ se voyait doter de plusieurs dalles ou pierres plates percées à ses dimensions exactes de façon à les lui enfiler comme une chaussette à trou et en débord. L’objectif était de former un vide entre la pierre qui enserrait le pied et celles qui reposaient au-dessus du socle lui-même constitué avec les pierres calées.

Cet espace avait pour but de d’éviter au bas du chalet un pourrissement précoce et une réduction de la durée de vie de l’édifice. Quant aux deux dalles ou pierres trouées enfilées horizontalement  à chaque poteau vertical, elles empêchaient les rats de s’agripper par en dessous à la pierre dure et d’accéder ensuite facilement au bois des poteaux tout à leurs aises. Cette précaution est parait-il connue depuis la préhistoire quand hommes et rats ont dû commencer à cohabiter, chacun dans sa catégorie essayant de protéger ses intérêts.

Chalet à foin, Raccard- Grimentz-Valais-Suisse-2 

Pour suivre le chemin vers les chalets à foin, les raccards dans le Valais suisse

. Ce billet  résulte de ma découverte d’un très joli article d’Elle Déco de janvier 2012, intitulé « Aller à l’essentiel » de Florence Schmidt/MC2, avec des belles photos de Lionel Henriot/MC2 d’un chalet à foin du XIXe siècle dans le Valais qu’un binôme d’architectes Vincent Rapin (Vevey) et Maria Saïz (Madrid) a réhabilité et transformé en une résidence ultra-design de 55m2 de week-end sur trois niveaux. Le couchage est prévu pour six personnes. Tout l’intérieur est en bois de mélèze. Une beauté.

. Retrouver ces deux architectes sur le site de leur agence http://www.arid.ch/architecte-vevey.html, avec la photo d’une des fenêtres du chalet. Elle est facile à trouver dans le coin « Catalogue » ; c’est le seul cliché d’un bâtiment en bois pris en montagne, avec une vue qui doit être époustouflante. L’intitulé très minimaliste de la photo elle-même minimaliste « Rural à Sarreyer, Valais, 2007 ». 

. Lire leur description du projet et de sa réalisation pour lequel les deux architectes ont reçu le « Prix Section 2009 »  dans la brochure publiée en 2009 (pages 18 à 24) , http://www.patrimoinesuisse.ch/fileadmin/heimatschutz_vs/user_upload/documents/Brochure_Prix_2009.pdf . On y trouve des photos avant et après de la grange.

Chalet à foin, Raccard-Valais, Suisse-

. Lire l’article de Wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Chalet et  http://fr.wikipedia.org/wiki/Raccard ,

. Sur les petites maisons, lire sur ce blog la série, qui commence à être fournie. Dans les billets les plus récents:

La Hutte de l'Aborigène > 1920 > Une photo & + d'Herbert Basedow   Les Petites Maisons à pans de bois à Quillebeuf-sur-Seine, Eure      

. Sur le rat, une série qui débute, voir sur ce blog: De l'importance du chat et du rat dans l'apprentissage de la lecture

. Photos: Elisabeth Poulain pour la n°1 en capture d’écran sur le chalet qui a obtenu le prix 2009 au titre du patrimoine suisse, n°2= détail photo pierre d’enfilage/Elle,  Wikipedia  pour "les raccards" du nom qui est le leur sur place (photos n° 3 et 4). 

 

 

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Jules Chéret > Un Affichiste entre Cocotte et Clown > Le Style Chéret

2 Novembre 2012, 10:15am

Publié par Elisabeth Poulain

Il est de ces artistes novateurs qui ont changé la vision que nous pouvons maintenant avoir de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Jules Chéret a fait plus que cela. Doué de tant de créativité, il a véritablement ancré l’affiche publicitaire dans l’art, bouleversé les frontières entre les genres, annoncé beaucoup et tenu ses promesses. Peut-être aussi a-t-il été victime de sa facilité, lui qui rêvait de concevoir des décors entiers de maison ou d’hôtel particulier, ce qu’il a pu faire avant de perdre la vue. Ce que je conserve moi en tête sur la rétine, ce ne sont pas pourtant ses affiches célèbres ou ses décors, ce sont ses pastels gras, sa série des nudités douces de jeunes nymphes, croquées avec une si grande finesse, une si grande vitesse, sans reprise, sans retour, un si grand amour de la vie…et une réelle fascination pour les femmes. Ce sont d’abord d’elles dont je veux vous parler car ce sont elles, ces belles qui le fascinaient, qui ont fait son succès.

Jules Chéret, Librairie Ed. Sagot

La femme selon Jules Chéret. Elle est belle, très belle. Jamais, elle ne vieillit. Elle est à la fois fraîche et pourtant offerte à ses yeux. C’est une danseuse qui aime la vie, qui s’en émeut et traduit sa jouissance par la danse, pas n’importe laquelle, celle du feu du désir. C’est cette femme qui symbolise la « Belle Epoque », une séquence très brève et très intense de notre histoire qui fit voler en éclat les diktats d’un XIXe siècle révolu et annonce la prospérité d’une société industrielle sans limite pour les hommes bien nés et/ou qui ont réussi. Une femme libre, qui sait bouger son corps en tournant comme un derviche femme autour d’un homme qui la regarde et pour lui. Il est spectateur-voyeur et elle s’offre, se rapproche et se détache en dansant pour enfin venir à lui.

 

Presque toute sa vie, Jules Chéret dessina cette femme mythique dans ses affiches pour des spectacles de music-hall aux Folies-Bergère, pour le Théâtre de la Tour Eiffel La Bodinière…, des publicités pour du pétrole de sûreté…ou pour le plafond de la Taverne de Paris. Parfois aussi, Jules Chéret savait dessiner une Belle charmante au panier de fleurs se rendant à la Librairie Ed. Sagot pour y acquérir estampes et affiches (1891). Je ne sais si cela était rare chez lui, car il a produit plus de 1 000 affiches, dont nous ne connaissons que celles qui nous interpellent le plus maintenant.

Jules Chéret, Saxoleine

Ces femmes d’un autre monde, que celui de la bourgeoisie triomphante, étaient ce qu’on a appelé des « demi-mondaines », un mot admirable qui montre bien qu’elles étaient dans un entre-deux qui ne devait surtout pas avoir pas de nom, pour ne pas troubler l’ordre de la société. Bien souvent de petite origine, désargentées ou chassées de chez elles, elles représentaient un autre idéal féminin, fait pour le plaisir d’hommes fortunés. Ce sont elles qui brouillaient les genres, danseuses comme Loïs Fuller qui bouleversa l’art de la danse grâce à ses voiles, chanteuses, comme Coco Chanel quand elle décida de se sortir de la misère, courtisanes comme au XVIIIe siècle auprès des Grands des cours européennes, femmes entretenues qui savaient s’habiller et babiller d’une façon un peu piquante comme il était de bon ton de savoir le faire quand on était la maîtresse de … Elles étaient la face plaisir du rôle attribué à la femme, tout comme la jeune fille de bonne famille l’était pour devenir la mère des enfants à inscrire dans la dynastie…Avec au milieu et sans qu’elles puissent se rencontrer, l’homme triomphant. C’est l’époque des cocottes.

Les Folies Bergère. Son succès dans la seconde moitié du XIXe siècle ne saurait être un hasard. Ce théâtre connut une réussite sans précédent grâce à un nouveau concept de spectacle venant du monde anglo-saxon, le music-hall. On y trouvait tout ce qui permettait de passer une bonne soirée, manger une nourriture riche et appétissante, avec des boissons alcoolisées, voir un spectacle excitant, avec en particulier des femmes nues, qui dansent et chantent, dans des salles de grandes dimensions pouvant accueillir de nombreux spectateurs, 1600 par exemple aux Folies Bergère, dans un décor propre à renforcer la magie et l’impunité de la nuit et la montée des testostérones. Le métier de ces stars du music-hall, la danse érotique et le strip-tease, un mot venant des Etats-Unis qu’on continue à utiliser.

Jules Chéret, Folies Bergère, Les Girard

Jules Chéret fut pendant longtemps l’affichisteattitré de ce haut lieu de la nuit parisienne. En 1877 déjà, il avait conçu une lithographie grand format en quadrichromie, ce qui à l’époque était déjà également une innovation technique, qui venait cette fois-ci d’Angleterre pour vanter la venue aux Folies Bergère des « Girard ». Cela faisait déjà 10 ans qu’il avait créé son imprimerie au retour de son apprentissage à la lithographie à Londres. C’est là-bas aussi qu’il fit la connaissance d’une famille de clowns qui jouèrent une grande influence dans sa vie. Ses héros étaient déjà en place et son style lui permit de connaître une brillante réussite, tout en étant reconnu par ses pairs.

Le « style Chéret ». On en parle toujours en associant son nom à l’affiche publicitaire qui retient l’œil avec une histoire en images, des héros et de la couleur. Son choix fut de privilégier le rôle de la femme, en dessinant une femme séductrice et séduisante, d’autant plus qu’elle vivait la nuit. Son décolleté est à peine moins profond quand il s’agit de vanter le pétrole de sureté « Saxoléine » indispensable pour remplir les lampes à pétrole avant que l’usage de l’électricité se généralise.

Jules Chéret, Folies Bergère, La Loïs Fuller

Au cours de sa vie, l’artiste eut tendance à développer cette image stéréotypée de la femme moderne, libérée, toujours bien habillée à la mode de Paris pour l’inciter à acheter les marques des entreprises qui faisaient de la réclame. Au départ pourtant, l’artiste privilégia un style grinçant qu’on retrouve dans une affiche peu connue, celle des Girard en 1877. La femme du trio des Girard a peu à voir avec celle de Saxoléine en robe noire ; la première est inquiétante, alors que la seconde s’apprête à partir au bal, en robe du soir. La réussite de l’artiste fut manifeste dans deux de ses lithographies les plus connues pour les Folies Bergères, celle de « La Loïe Fuller » en 1893 et celle de « La danse du feu » en 1897. Toutes deux dansent pieds nus, avec des voiles, comme les voiles jaunes et oranges du désir sur fond bleu nuit. Quant aux hommes, Chéret les voit plus comme des satyres grinçants avec leur visage blanc. C’est ce que montre « Hippodrome, Quatre clowns, Affiche avant la lettre » (1882), en trois couleurs, le rouge, le vert et le noir.

La consécration de l’affichiste. Il reçut en 1889 la médaille d’or à l’Exposition universelle qui se tint à Paris. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur au titre de « créateur d’une industrie d’art depuis 1866 pour l’application de l’art à l’impression commerciale et industrielle ». On ne connaissait pas encore le mot de publicité. Il a fait plus de 1 000 affiches. En 1896 déjà, Ernest Maindron lui consacra le premier ouvrage intitulé « Les affiches illustrées 1886-1895 »…Jules Chéret consacra sa vie ensuite à la peinture murale, ainsi qu’à la décoration de belles propriétés, comme la Villa La Sapinière à Evian du baron Joseph Vitta, les salons de l’Hôtel de Ville à Paris… C’est à Nice, sa dernière ville de vie, que lui est dédié un Musée.

Jules Chéret, Folies Bergère, La Danse du Feu

Pour suivre le chemin

. Ce billet fait suite à ma visite de l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Ixelles-Bruxelles du 01.03 au 20.05.2012, en lien avec Les Arts décoratifs de Paris, le Musée Villa Stuk de Münich et le Musée Toulouse-Lautrec à Albi ainsi qu’avec la participation du Musée des Beaux-Arts de Nice et le soutien de l’Ambassade de France en Belgique. La plaquette de présentation a choisi, et là non plus, ce ne peut être un hasard, le seul clown qui regarde les autres. Il figure en noir sur le rouge. C'est le voyeur. Il est aussi une des représentations de l'homme selon Jules http://www.museedixelles.irisnet.be/Au

. Voir le site remarquable des Arts décoratifs http://www.lesartsdecoratifs.fr/?id_article=1913&id_document=1800&page=portfolio

. Le Musée Jules Chéret au Musée des Beaux-Arts de Nice accueille de façon permanente une partie importante de la collection des œuvres de J. Chéret du Baron Vitta, http://www.lemondedesarts.com/ArticleJulesCheret.htm

. Consulter « 150 ans de Publicité », Musée de la Publicité, Union Centrale des Arts Décoratifs, 2004, un ouvrage très complet sur l’histoire de la publicité. Dans la double page (22 et 23) consacrée à l’artiste, le type de femme selon Jules Chéret est « gaie, Parisienne mutine, cousine de Colombine, légère, entre ciel et terre ».

. Sur l’époque et la situation des femmes, lire « L’Irrégulière ou itinéraire d’une vie, Coco Chanel » d’Edmonde Charles-Roux, qui recale bien les choses et revisite d’une façon lucide cette « Belle Epoque » qui continue à fasciner aujourd’hui.

Jules Chéret, Exposition, Hippodrome 4 Clowns

. Photos, à voir dans l'album "Genres-Variations"

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L'INSET d'Angers présenté par Patrick Debut, son directeur

1 Novembre 2012, 10:41am

Publié par Elisabeth Poulain

Nombreux sont les Angevins qui savent en passant devant qu’il y a une école dans ce parc arboré sur le plateau universitaire d’Angers, proche de la voie rapide, mais sans trop savoir laquelle. Il est vrai que le sigle parle moins que son développé : il s’agit de l’Institut national spécialisé d’études territoriales, qui dépend du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Le nom de la rue du Nid de Pie où se trouve l’Institut indique que l’endroit se situait en bordure de la ville, quasiment à la campagne. Il n’en est plus tellement ainsi actuellement mais le parc classé protégé avec ses très beaux chênes mis à disposition par la Ville d’Angers, a gardé tout son charme apprécié par les cadres de catégorie A venus ici suivre une formation.  

Blog 20120923 049

C’est Patrick Debut, le directeur en fonction depuis six mois,  qui présente l’établissement aux membres du Conseil de Développement venus en nombre découvrir l’institut à l’occasion de l’intervention en ses murs  du  géographe  Martin Vannier leur parler de « la démocratie contributive » telle qu’il la conçoit. (Autre billet à venir sur cette intervention sur ce blog).  

Le CNFPT se déploie en 29 délégations régionales, comme dans les Pays de Loire, complétées par l’INET –l’Institut national d’Etudes territoriales localisé à Strasbourg proche de l’ENA et quatre INSET (Institut national spécialisé d’Etudes territoriales), d’ Angers, Montpellier, Nancy et Dunkerque.   

INSET d'Angers, la porte d'entrée sur le hall d'acceuil

L’INSET est une structure déconcentrée du Centre national de la Fonction publique territoriale, créée en 1980. Il est le partenaire privilégié des cadres territoriaux pour leur formation et leur évolution professionnelle tout au long de leurs carrières, grâce à des formations statutaires, en début ou en cours de carrière, en particulier lors de l’entrée en fonction dans des postes à responsabilité. Il succède à l’ENACT (Ecole nationale d’Application des Cadres territoriaux) qui aurait fêté ses 30 ans cette année. Les missions de l’INSET ont beaucoup évolué depuis la création (de l’ENACT) en 1982, qui sont désormais au nombre de 4 + 1, à savoir :

1. la formation initiale des lauréats de la catégorie A,

2. la formation continue de professionnalisation sur 2, 3 ou 4 jours,

3. des cycles professionnels qui se déroulent sur une année en alternance, comme pour devenir contrôleur de gestion, responsable des affaires juridiques, directeur des affaires financières, directeur de la petite enfance, …

4. la préparation aux concours internes d’administrateur territorial (catégorie A +).  Les 2/3 des promotions internes des administrateurs territoriaux ont suivi la formation de l’INSET d’Angers. Ils bénéficient ensuite d’une formation post- concours à l’INET  de Strasbourg.

INSET d'Angers, le hall d'acceuil

L’école n’a pas de personnel enseignant attaché du fait de son mode de fonctionnement en réseaux à écrire au pluriel. Elle a des relations privilégiées avec la Ville d’Angers et les deux universités que sont l’université publique et l’université privée, les cinq conseils généraux et la région des Pays de la Loire. L’INSET dispose ainsi  d’un réseau étoffé, qui s’étend au niveau régional et interrégional qui couvre  l’Ouest de la France. Cette compétence géographique est élargie pour l’Inset d’Angers, à la compétence Outre-Mer et comme le dit Patrick Debut : « notre vocation Ouest est vraiment du Grand  Ouest !»  

Le 3e pilier du fonctionnement est la vocation nationale de l’Institut qui est spécialisé dans les métiers relevant du domaine du social et de l’enfance. La lutte contre les exclusions et les politiques sociales d’autonomie entrent ainsi dans ses champs de compétence. Dernier élément d’importance à noter au niveau des caractéristiques structurantes de son mode de fonctionnement, c’est l’intégration des principes du développement durable : l’école est en effet un établissement éco-responsable. En résumé, Il lui incombe, ainsi qu’aux trois autres Instituts, de se rapprocher des territoires et  de ses publics grâce à un maillage fin de formations harmonisées.   

Outre ses caractéristiques de fonctionnement, le Centre d’Angers a plusieurs spécificités propres :

. Il a une vocation internationale du fait des partenariats noués avec certains pays comme le Sénégal, le Congo, le Maroc, Madagascar et Haïti à la suite du tremblement de terre qui a fait tant de victimes.

. Il assure des formations  inter-institutionnelles et inter-fonctions publiques. En 1996, l’ENACT (ex INSET), l’Ecole de la Santé publique à Rennes (EHESP aujourd’hui) et l’Institut national du Travail de Lyon (INTEFP actuellement) associent leurs savoir-faire pour proposer des « sessions inter écoles » à leurs jeunes lauréats de catégorie A. Le bilan de ces liens inter-écoles quinze ans après est tout à fait positif puisque ce réseau compte les 40 écoles nationales de formation telles que l’ENA, l’ENM, les 5 IRA, … (le « Réseau des écoles de service public » RESP). Ce dispositif original qui repose juridiquement sur un simple protocole d’accord a été présenté mi-octobre à Marseille aux directeurs de dix écoles nationales d’administration des pays de la rive sud de la Méditerranée. C’est dire l’intérêt que suscitent ces modalités souples de fonctionnement.

INSET d'Angers, vu du parc vers l'Institut   

La moyenne hebdomadaire d’accueil à l’Inset d’Angers varie entre 200 et 600 stagiaires.  L’Institut  dispose d’aménagements valorisants, tels qu’une salle de conférence de 600 places, d’un amphithéâtre de 250 places, de 15 salles de formation qui peuvent accueillir entre 10 et 60 personnes et des aires de détente. Le restaurant clair et fonctionnel peut servir 350 repas le midi. La capacité d’hébergement est de 100 chambres. 63 agents territoriaux permanents travaillent à l’Inset pour accueillir dans de bonnes conditions leurs collègues en formation initiale et continue.

INSET d'Angers, le parc et les grands chênes 

La présentation de Patrick Debut se termine. Il est temps de passer la parole à  Martin Vannier.      

Pour suivre le chemin

. INSET, Institut national spécialisé d'études territoriales d'Angers, Rue du Nid de Pie, BP Conseil de Développement d'Angers 62020 - 49016 ANGERS Cedex, Tél. : 02 41 22 41 22, http://www.inset-angers.cnfpt.fr/

. Sur la "formation des agents d'Outre-mer, une priorité stratégique", lire l'article paru sous ce titre dans "Service public territorial, n°4, juillet 2012.

. Conseil de Développement d'Angers http://conseil-dev-loire.angers.fr/index.php?id=32&tx_ttnews[tt_news]=68&tx_ttnews[backPid]=4&cHash=d90440d071

. Photos Elisabeth Poulain, la première avec Patrick Debut descendant l'escalier lors de la soirée d'accueil du Conseil de Développement d'Angers Loire Métropole, les autres pendant les vacances scolaires de la Toussaint un matin de franc soleil avec une très belle lumière.  C'est ce qui explique que les personnes de la fonction publique territoriale venues ici suivre une formation étaient déjà reparties ou pas encore arrivées.   

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Pubs Benetton, Swatch, Disneyland --) Rond, Tout rond, le Bedon rond

29 Octobre 2012, 18:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

Au départ tout sépare ces publicités, à part la forte notoriété de leur marque au niveau mondial. Les deux premières sont parues dans le magazine « Elle » du 21 novembre 2005 et la 3e dans le quotidien « Le Monde du 25 avril 2012 ». La première, Benetton, est italienne d’origine, Swatch suisse et Dysneyland nord-américaine. Les produits sont des pulls-over, des montres et des parcs de loisirs.  

 Qu’ont-elles donc en commun ? Deux éléments. Le premier est que les visuels montrent des personnes. Ce n’est pas Papa, Maman, la Bonne et Moi comme dans la chanson de Robert Lamoureux. Ici, ils ne sont que trois, le Babyrond, son papa et sa maman. L’autre point commun est que les trois personnages sont tous ronds, mais vraiment ronds, avec tous un « bedon » (« ventre » pour le traducteur automatique)  mais chacun à sa façon en exprimant une émotion ou un sentiment différent. Ca, c’est intéressant.

Pub Benetton, Elle, 2005 

Le Babyron. Je pense que c’est une elle-Babyron, en avouant tout de go que je n’ai aucune certitude sur ce point et que Babyron n’existe pas dans la langue française. C’est un mot que je viens d’inventer en hésitant longuement sur le point de savoir s’il faut un « d » à Babyron. Cette petite fille est d’une douceur profonde avec un regard que vous n’oubliez pas. On y voit de la patience, beaucoup d’indulgence pour les exigences des grands et un léger voile de tristesse. Elle ne sourit pas et ne cherche pas à le faire. A l’époque en 2005, ce n’était plus Toscani le grand photographe italien de Benetton de 1984 à 2000 qui  a pris cette photo.

                                                                                                                                                                  Un Babyron qui rime avec Benetton. C’est la raison pour laquelle, je n’ai pas mis de « d » à la fin. Pour justifier le choix de cet enfant, il est permis d’émettre une hypothèse : les  boules de couleurs qui auréolent sa tête « justifient » l’intitulé de la marque fondée sur la couleur « United Colors of Benetton » écrite en blanc sur fond vert à côté de l’épaule gauche de la petite fille dont la peau a dû être enduite d’un léger voile d’huile. Sa couleur de peau bronze dorée claire est absolument remarquable. La plante de ses pieds ressort en ressort en rose clair alors que les boules en couronne autour de sa tête ressortent en blanc, rouge, doré et un peu de  vert pour faire le lien avec la marque, le tout sur fond blanc. La couronne plus large que ses épaules doit être une création graphique surajoutée à la photo. Et elle a un bedon tout rond.

Pub Swatch, Elle 2005 

Les Lutteurs de Sumo en tutu et pointes pour les montres Swatch. Dans le cadre de sa campagne publicitaire de 2005 « A, Agitez le monde », la célèbre marque suisse a voulu faire de l’humour en jouant avec les codes-couleur qui veulent encore maintenant que le rose soit associé aux petites filles, tout comme la danse fasse partie intégrante de leur éducation, avec l’apprentissage du piano. Cela en application du code bourgeois qui date de la seconde moitié du XIXe siècle.

Ces petites danseuses en tutu sont des gros messieurs qui portent en effet des tutus dont l’un est bien rose, le second  bleu ciel et le troisième blanc. Comme les vraies danseuses et danseurs, ils ont des chaussons. Les leurs sont de couleur blanche. La scène se veut réaliste. Tous les trois sautent. On le voit à la position de leurs pieds et au reflet sur le plancher ciré. On retrouve en points communs avec la baby rond de Benetton une couleur de peau huilée surtout chez celui qui est en premier plan à gauche, ainsi qu’un vrai bedon qui fait ressortir sa poitrine, avec un fort sillon en dessous. Chez la petite fille, ce sillon était au-dessus.

Peut-on dire que ce visuel est réussi ? L’impression ressentie n’est pas franchement positive. On devine ce que la marque attendait  de cette composition, grâce à la présence de la petite boudeuse  dans le fond à droite, pas contente du tout  de ne pas être la vedette, elle qui a pourtant tout bon. Elle à l’âge, la silhouette, le costume, la position des jambes, les chaussons… Le script devait être suffisamment attirant pour que la marque l’ait accepté mais le résultat fondé sur la recherche de la transgression  n’est pas réussi.

Pub Swatch, Elle 2005

Une hypothèse pourrait être  que nous n’avons pas ici en France une connaissance suffisante du culte voué aux sumos au Japon. Ce sport de lutte est réservé exclusivement aux hommes qui luttent et aux hommes qui regardent. Il occupe une place prééminente dans la culture japonaise où les lutteurs sont considérés comme des quasi-dieux vivants pesant en moyenne 150 kilos. La présence des femmes considérées comme impures est totalement interdite pendant les combats.  Or dans le visuel Swatch, il y  bien une petite fille qui assiste au ballet des Sumos et qui - elle - pratique la danse de ballet. Sa tenue en témoigne.  Et la montre présentée est rose avec un bracelet à fleurs roses, une couleur qu’un homme ne saurait porter, de la même façon qu’une petite fille, une future femme, ne saurait assister au spectacle plein de bruit, de chocs et de fureur maîtrisée. Voilà la double transgression. Ouah !

Pub Disneyland, 2012 

Nathalie Bournillat, sculpteur et décorateur pour Disneyland. Elle est la première a porté son vrai nom, du moins on l’imagine. Essayez donc de prononcer son nom en américain. Nathalie, ça va, pas de souci depuis que la chanson de Bécaud, Gilbert pour les intimes a fait le tour du monde. Bournillat, ça va être franchement plus dur. Heureusement que la pub est là ! La pub mais pas le net qui ne donne que sa ville d’ancrage professionnel près de Disneyland Paris. La dame travaille en effet à créer la magie du parc de loisirs. Elle figure en vert sur un fond vert un peu plus clair, avec autour de son tour de poitrine un double serpent orange à tête de jeune fille sympa qui porte un loup (un masque) noir sur le visage et des bras et des mains noirs. Visiblement l’artiste est fière d’elle, son sourire le montre. Elle a le menton en avant. Sa créature est mignonne ; quant à vous dire qui est cette aimable créature, ne comptez pas sur moi.

L’objectif de ce visuel est de montrer que Disneyland Paris a noué « depuis 20 ans … des liens indestructibles avec des centaines de partenaires ». Un grand rectangle placé en bas du ventre vert de la dame en vert sur fond vert attire l’attention sur la contribution de la firme à l’économie française, avec ses 5 000 partenaires et fournisseurs, ses 55 000 emplois générant pas moins de 50 milliards d’euros. « Une belle preuve de liens tissés avec le territoire français". 

Pub Disneyland, Rectangle du bas, 2012 

Les points communs. Deux des trois publicités semblent être des créations fondées sur un concept qui date de la dernière décade du siècle précédent. Montrer des « gros » paraissait être une vraie preuve d’ouverture vers une société plus conviviale. En 2005, le concept pourtant avait déjà vieilli. L’euphorie du passage au XXIe siècle avait bien diminué. Visiblement, il semblait encore porteur pour ces grandes marques (Swatch et Dysneyland), une solution pas très onéreuse et vite faite, qui permet de rester présent dans les medias.Un autre point commun porte sur le choix et/ou la présence d'une petite fille, très jeune pour Benetton, une fillette pour Swatch et une jeune fille en héroïne de BD.  

La différence. Le visuel de Disneyland est une réplique de ce qu’avait fait Mc Donald lors de la crise de « la Vache Folle » : prouver son importance pour l’économie française en gardant son identité nord-américaine et sa culture des chiffres qui prouve ce qu’on avance. Ce n’est alors plus de la pub mais des « facts », des faits non contestables, ceux qui fondent la réalité, comme le fait de recourir à une vraie personne.  Je me demande vraiment qui a lu cette pleine page parue dans le Monde d’avril 2012 et qui du coup est allé à Disneyland. Qui ?

Ce qui ressort pour moi de ces présentations, c'est pour Disney la fierté de travailler pour cette entreprise mondiale qui est la plus importante des trois que j’ai citées. Pour Swatch, le fait de vouloir valoriser ses montres avec une pratique milénaire, il est vrai, qui se glorifie du rejet des femmes, comme des êtres "impures", impropres à même regarder le spectacle! Maintenant voyez les choses du côté japonais... Il ne faut pas chercher à être drôle à tout prix.  

Seul reste le Babyron tout rond, avec ses grands yeux mélancoliques et sa profonde douceur. Coiffée de ces boules de Noël, elle est elle-même une petite rondeur charmante, comme la boule de Noêl qui symbolise la fête de Noël. C'est une création de l'agence "Fabrica"qui a travaillé avec et pour la marque.          

Pour suivre le chemin

.Retrouver un bon nombre de créations d’Oliviero Toscani dans un bon site http://pubenstock.wordpress.com/2011/08/08/flashback-la-communication-benetton-de-1984-a-2000-les-annees-toscani/

. Lire le rapport annuel du Groupe Swatch www.swatchgroup.com/fr/.../2005_annual_report_complete_fr.pdf

. Voir le visuel Swatch sur http://www.vivelesrondes.com/?p=519 

. Lire l’extrait du cahier d’Ethnologie n°35 consacré à la danse des petites filles « Danser, L’Acte blanc ou le passage impossible » de Virginie Valentin, n° 35 septembre 2000, http://terrain.revues.org/1094#tocto1n6 

. Comme vous connaissez pour beaucoup d’entre vous l’adresse de Disneyland Paris, je ne vous donne pas son adresse sur le Net. Celle-ci occupe 22 lignes d’’une page A4  sur mon écran !  

. Photos Elisabeth Poulainà retrouver dans l'album Genre-Variations

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