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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Des pommes? Oui, mais des INRA d'Angers-Beaucouzé, avec une recette

3 Octobre 2012, 11:55am

Publié par Elisabeth Poulain

Ne cherchez pas sur votre liste une variété de pommes, dont le nom serait INRA qui est, vous le savez forcément, l’Institut national de la Recherche agronomique en France. Celui-ci a des sites implantés en des terres bien connues des chercheurs et, en matière des pommes, des fins connaisseurs-mangeurs de pommes.

Il y a un tel endroit sur le territoire de Beaucouzé, une ville voisine d’Angers, tout près du plateau universitaire angevin de Belle-Beille qui accueille, en matière végétale, les étudiants d’Agro-Campus Ouest. De l’autre côté de la rue, se trouve le service des Parcs et Jardins de la Ville d’Angers situé aux abords de l’Etang Saint-Nicolas, qui est en fait un lac de 4kms de long entouré d’une forêt autrefois rattaché à l’Abbaye Saint-Nicolas où de la vigne était présente.

Pommes-Poires, les agents, INRA-Angers, 

Chaque année, à cette époque quand commence la récolte des premiers fruits arrivées à maturité, l’INRA vend des pommes, ses pommes, celles sur lesquelles l’Institut poursuit ses recherches à l’Unité Expérimentale Horticole. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans un des grands hangars dans lesquels la vente s’effectue le jeudi après-midi de 13h30 à 18h tant qu’il y a des pommes et des poires à vendre, grosso modo jusqu’en janvier. Pour trouver le site, il suffit de suivre le panonceau ou plus simplement le train de voitures qui tourne à droite dans la rue Georges Morel après être passé devant les bureaux de l’Institut. Les habitués connaissent bien les grands hangars où les pommes sont stockées après la récolte. Une tradition veut qu’on goûte les différentes variétés avant de faire son choix et de passer commande. 

 Pommes, Poires, les agents, INRA Angers

L’implantation de l’INRA sur place date des années 1960. On y travaillait cependant la vigne depuis 1902 pour les besoins d’un laboratoire d’œnologie.  Il a été décidé ensuite que la vigne serait localisée à Montreuil-Bellay, au lycée, qui s’appelle maintenant Lycée viticole Edgar Pisani. Il y a toujours cependant une unité « vigne et vin » à Angers-Beaucouzé comme me le précise Arnaud Lemarquand, le directeur du site où travaillent 20 agents.  Ce que les Angevins connaissent le plus cependant, c’est la spécialisation sur la pomme, la poire ainsi que sur le rosier. Mais il y a aussi le coing et le genêt.

Pommes Ariane, INRA-Angers 

Les travaux de l’Unité de Recherche portent sur la conservation des ressources génétiques des pommes, des poires et des coings ainsi que sur la création variétale dans ce domaine des fruits. « Notre création variétale de pomme la plus connue actuellement est ARIANE, dont l’hybridation par croisement date de 1979 et la mise sur le marché de 2002. Ce laps de temps, qui peut sembler long, est même rapide pour une variété nouvelle qui subit de nombreux tests de validation avant sa commercialisation. Cette pomme présente beaucoup de qualités qui sont bien appréciées des amateurs. Elle est bonne à croquer, fraîche en bouche, acidulée et sucrée… On peut aussi citer INITIAL, qui est une pomme précoce et VERLINE, une pomme verte. Notre création la plus connue est CHANTECLERC que l’on connait aussi sous le nom de BELCHARD…

Nous avons aussi des contrats de recherche portant sur les rosiers sur lesquels nous effectuons une cartographie génétique de façon à identifier les gênes à l’origine de la remontée de floraison, ainsi que sur les genêts en vue d’obtenir des créations variétales. 

Pommes, Poires...INRA Angers, Arnaud Lemarquand 

Je suis ingénieur de recherche depuis 12 ans. J’ai fait mes études à Versailles, à l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture. A la fin de mon cursus, je savais que je voulais travailler dans le végétal et dans la génétique…Ici, j’ai tout ça, avec en plus à l’INRA, une forte dimension à l’international grâce aux partenariats que tisse l’Institut dans le cadre de la recherche sur la pomme avec les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et un peu plus loin avec Israël, la Chine, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud… »

Pommes, dessin enfant le verger de papa, INRA AngersEt l’entretien se termine avec « le verger de Papa », la création picturale de Guillaume quand il avait 4 ans et  la création picturale de Solveig quand elle avait sensiblement le même âge. Solveig a été le nom transitoire donné à une pomme qui porte maintenant le nom officiel de « Story »…

Vous avez compris que Guillaume et Solveig sont deux des (grands) enfants d’Arnaud Lemarquand.

Et que la pomme, c’est toute une histoire, comme vous la raconte Miss Malus Floribunda, malus désignant la pomme en en latin et floribunda signifiant « qui porte beaucoup de fleurs » !     

La recette chic et choc de Miss Malus Floribunda à l'usage des enfants...et des autres   

.1.Pour commencer, tu réunis tous les ingrédients pour faire ta recette : une pomme par personne, un peu de chocolat, quelques noisettes que tu brises au casse-noisette en petits morceaux avant, une petite casserole, une assiette pour préparer les pommes et une assiette par petit gourmand (c’est toi) et si tu as une copine ou un copain, une assiette pour chacun d’entre eux. 

.2. Tu poses  à coté de toi dans la cuisine, une pomme Ariane, avec un bâtonnet de bois. Tu demandes à ta maman ou à ton papa de bien t’enfoncer le bâtonnet dans la pomme.  

.3. Dans une casserole, tu fais fondre à feu doux et en surveillant bien du chocolat, noir, au lait, ou blanc, comme tu préfères.

.4. Tu trempes ensuite bien ta pomme en la tournant dans la casserole en veillant bien à mettre du chocolat partout. Tu la poses ensuite délicatement sur une petite assiette en la saupoudrant de morceaux de noisette.

.5. Tu places l’assiette avec la pomme pendant une heure au réfrigérateur. Ca, c’est le plus difficile, parce qu’une heure, c’est très très long quand on est un « petit gourmand ».

.6. Et après, ouf, tu manges ton « Ariane au chocolat et noisettes ».

Pour suivre le chemin

. Lire la fiche descriptive sur l’Unité expérimentale de Bois l’Abbé-La Rétuzière que dirige Arnaud Lemarquand sur http://annuaire.inra.fr/afficherStructure.action?code=0449&type=SO

. Consulter le site de l’INRA d’Angers-Nantes pour en connaître plus précisément son champ de compétence et ses spécificités, à voir sur  http://www.angers-nantes.inra.fr/le_centre_inra_angers_nantes

. Le site d’Angers se trouve  42, Rue Georges Morel, BP 60057,  49071 Beaucouzé cedex, +33 (0)2 41 22 56 00. Le site est fléché à l’intention des acheteurs à partir du plateau universitaire.     

Poires, INRA Angers

. Sur les variétés de l’INRA, voir http://www.inra.fr/internet/Directions/DIC/presinra/SAQfiches/pommespoires.htm

. La recette figure dans le site dédié à Ariane. Découvrez les qualités de cette pomme sur http://www.pomme-ariane.com/?page_id=708

. Photos Elisabeth Poulain

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L'Alliance entre la terre du cimetière et la plante près de la tombe

29 Septembre 2012, 10:21am

Publié par Elisabeth Poulain

En France, dans les villages, ce sont les employés communaux qui sont en charge de l’entretien des cimetières. La commune a en effet pour obligation légale d’entretenir cet espace si particulier. Il faut aux yeux des habitants que leur cimetière soit « propre ». C’est aussi une des premières exigences des personnes étrangères à la commune qui viennent s’y recueillir.  Une autre raison tient au lien qui est fait entre ce propre et la fleur et plus largement la plante. La culture française attache une importance toute particulière au fleurissement des tombes, en particulier lors des fêtes de la Toussaint ainsi qu’à Pâques. Ce fleurissement est d’ailleurs une obligation découlant de la loi pour les tombes des soldats morts pour la France.

   Eure, Eglise, Tombes fleuries, Morts pour la France

La plante vise toutes les espèces végétales volontairement plantées  et pas seulement les fleurs qui, comme chacun sait depuis Jacques Brel, sont périssables ou même les potées fleuries de chrysanthèmes qui durent un peu plus longtemps à la Toussaint. J’ai choisi dans le titre de parler plutôt de la plante qu’on apporte en pot et qu’on met en terre plutôt que du végétal  avec son petit côté réglementaire.  

Eglises, Eure, Tombes végétalisées, 2012

C’est sur cette mystérieuse alliance que porte ce billet, avec des exemples choisis dans des cimetières anciens attenant à des églises de village situés dans le département de l’Eure lors de visites de découverte faites pendant l’été 2012. Sur la sélection faite par France Poulain, ABF de l'Eure (Architecte des Bâtiments de France), on voit des fleurs, des couvres-sols persistants, des arbustes ou même des petits arbres plantés aux abords des monuments ou sur la tombe elle-même soit parce qu’il n’y a jamais eu de monument, qu’il n’y en a pas encore ou qu’il a disparu. Une grande diversité se dégage de la co-existence de pratiques liées au végétal en un même lieu d’espace-temps qui s’inscrivent évidemment dans une continuité historique et qui vont voisiner dans le cimetière.

  Alliance-plantes-tombe-France-Poulain 1   

 Un tel espace hyper-sensible du fait qu’il touche au sacré est un des miroirs de notre société. Le lien avec le végétal ne s’en exprime que plus fortement au fil du temps. Seule reste, triomphante de vitalité, une plante que personne n’a jamais coupée si ce n’est pour son bien ou pour la sécurité, un arbuste devenu arbre qui a pris toute la place… 

Alliance-plantes-tombes-France-Poulain 2 

La plante témoigne d’un instant, celui de la séparation qui frappe les proches par sa violence et son irréversibilité. Le groupe familial, amical et social réagit en apportant des fleurs et maintenant aussi des plantes fleuries, plus que des couronnes dont l’usage est laissé aux cérémonies officielles. On repère vite ces tombes qui disparaissent sous les fleurs. Au fil du passage du temps, les fleurs sont remplacées par des plantes fleuries en fonction des saisons. Elles attestent qu’une ou des personnes viennent régulièrement entretenir la tombe.  C’est un signe social fort, surtout dans les villages.

Eure, Eglise, Cimetière,, Tombes végétalisées 

Un pas suivant est franchi quand la plante est sortie de son pot pour être mise en terre de façon à lui assurer une durée de vie plus longue. A partir de ce moment, elle peut avec un peu de soin et quelques gorgées d’eau, quand c’est nécessaire, acquérir son autonomie. Elle peut tellement bien s’acclimater qu’elle devient une partie constitutive de l’ensemble. Sans elle, la tombe et son environnement seraient vides et froids. Avec elle, l’atmosphère change au point d’identifier un endroit dans le cimetière. La plante montre que le site est vivant. Quelqu’un a planté ces végétaux et s’en occupe. Les visiteurs et les jardiniers les respectent, en faisant un détour par exemple pour ne pas marcher dessus. Plus tard, la plante prend toutes ses aises, au point de cacher complètement la tombe.

Eglises, Eure, Tombes végétallisées 

Il arrive  un moment où l’équilibre se rompt sous la force de la plante devenue arbre par exemple. Il faut alors aux jardiniers de la collectivité  intervenir avec de grands moyens. J’ai ainsi vu la souche d’un gros arbre restée coincée dans le socle du monument funéraire.    

Dans d’autres cas, le cycle de destruction va plus loin. Il ne reste plus du monument que des pierres cassées, des morceaux de la croix en fer, avec ci et là des fleurs en céramiques comme on en trouvait encore beaucoup dans les cimetières jusque dans les années 1960...      

Blog 20120802-Eglises and co-Eure 212

Poursuivre le chemin

. Ce billet est dédié à tous les jardiniers, qu’ils soient amateurs ou salariés, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui veillent, dans l'Eure et ailleurs,  sur ces précieux patrimoines…

. Photos de France Poulain que je remercie très vivement pour avoir réalisé ces deux très belles planches photographiques du végétal dans des cimetières anciens entourant des petites églises du département de l’Eure, en 2012. Autres photos EP, à voir dans l’album « Vegetal City ».  

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Seiches sur le Loir, vue et revue par Louis Maucourt, historien

25 Septembre 2012, 11:13am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est avec un grand plaisir et beaucoup de compétence que Louis Maucourt s’est spécialisé au fil du temps dans la reconstitution de l’histoire des petites villes qui ont gardé leur « esprit village ». Il a ainsi déjà travaillé sur Soucelles, Briollay, Tiercé et … Seiches pour laquelle il éprouve un lien tout particulier d’intérêt historique et d’affection. C’est en effet son deuxième ouvrage qui éclaire le développement de cette ville de plus de 3 000 habitants qui a toujours été liée à Angers dont elle n’est éloignée que de 20kms au nord.

Seiches, Matheflon- Le Loir

La Vallée du Loir suscite chez lui une curiosité bien particulière. C’est en effet un territoire qui continue à garder un certain mystère depuis des siècles, un mystère qui naît pour partie de l’ombre que lui fait sa grande sœur, la Vallée de la Loire. Distinguer le Loir de la Loire continue à être une difficulté pour un grand nombre de touristes étrangers. Mais il n’y a pas que cela dans l’attachement que l’auteur Louis Maucourt porte à Seiches dans cette refonte de la première édition datant de 1999, enrichie avec de nouveaux documents et une nouvelle iconographie.

Le propos de l’auteur n’est pas seulement de raconter l’histoire de Seiches, la petite comme la grande, mais de montrer comment les deux s’imbriquent l’une dans l’autre dans cette boucle de la rivière « Loir », placée sous le signe de l’eau. C’est l’eau abondante et accessible qui a permis l’implantation des grands moulins sur les bords de cette rivière. C’est l’eau qui a permis l’acheminement des pierres, celles avec lesquelles sont édifiés des châteaux dont l’importance nous étonne encore. Il est vrai qu’une des particularités de Seiches sur le Loir est sa grande superficie (2883 ha).  

Seiches, Le Loir, Arbre

L’eau encore qui s’associe avec la terre riche pour fournir le blé à moudre au moulin et l’herbe tendre à brouter aux vaches. Outre le lait et la viande, elles ont aussi donné leur cuir comme matière première à la création d’une puissante industrie du tannage, tout en préservant la profonde culture rurale et forestière du lieu. Car l’arbre est aussi une des lignes de force du lieu. Encore aujourd’hui, la forêt, qui n'a pas été morcellé, occupe près d’un quart du territoire de la commune, comme on peut le voir dans le Bois de Boudré (260ha), qui est la propriété du Conseil général du Maine et Loire . C’est la forêt qui a donné le bois, indispensable aux constructions, aux moulins, au chauffage, aux bateaux qui assuraient le transport par eau…qui explique aussi pourquoi tant de bonnes fées se sont penchées sur le site.  

 Seiches-Matheflon-Eglise-LainardIMGP5520  

Ce territoire  est en effet apprécié depuis fort longtemps, comme en atteste le Dolmen de la Pierre au Loup  édifié il y a 4 000 ans au néolithique. Après une longue période d’endormissement, le réveil s’est marqué au XIe siècle par la création du Prieuré Saint-Aubin dépendant de l’Abbaye du Ronceray d’Angers. Au XIIe siècle, le Seigneur de Matheflon contribua à la construction de l’Abbaye de Chalocé à Chaumont d’Anjou et la dota de la propriété des Bois de Boudré situé entre le hameau de Matheflon et le Loir. La présence religieuse aujourd’hui encore est visible grâce  à l‘ancien Prieuré remanié et jouxtant l’Eglise Saint-Aubin (XIIème – XIXème), le « Couvent »,  ancien logis ou Prieuré Sainte-Croix (XVe siècle) desservant jadis le Château du Verger, la Chapelle Notre-Dame de la Garde (XVe), haut lieu de rencontre des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. On voit encore à Seiches, la ferme de la « Coquille », « l’Hostellerie Saint Jacques », l’emplacement des « bourdons » ou « bâtons des pèlerins" sur les tours encore existantes du Château du Verger.

Seiches, Matheflon- Château du Verger

De nombreux monuments  de prestige demeurent encore aujourd’hui. Citons parmi les plus célèbres, ce Château du Verger situé à la sortie du hameau de Matheflon qui dépend de Seiches, au nord en allant vers la forêt qui encore aujourd’hui occupe une bonne partie du nord de la boucle du Loir. La notoriété de ce domaine clos de 7 kms de murs enserrant 160 hectares, tient non seulement au bâti très classique dont il ne reste que la partie avancée visible de la petite route, mais aussi aux jardins dont le raffinement et l’importance montraient clairement une volonté de prestige. Son appartenance à la grande famille des Rohan explique vraisemblablement cela.

Construit en 1499, sur la base d’une ferme fortifiée (1441),  il fut détruit en 1776. Mais il a conservé ses tours d’entrée et ses douves en eau impressionnantes dans un paysage aussi paisible. C’est dans ce prestigieux château que fut signé le Traité dit « Du Verger », ou « Traité de rattachement de la Bretagne à la France ». Au XIXe siècle, la construction d’autres châteaux de style néogothique pour certains témoigne de la vitalité de la commune à cette époque d’ouverture de la société du en particulier au développement des transports terrestres, qui modifièrent profondément l’équilibre économique.

Jusqu’à cette époque et pendant plus d’un millénaire, c’est le transport fluvial qui avait assuré une grande partie des échanges commerciaux. Le port de Seiches était actif. Il avait pour avantage d’être un avant-poste de la grande ville d’Angers, avec  trois moulins encore en exercice au début du XXe siècle. Aujourd’hui un des plus célèbres moulins de la Basse Vallée du Loir est assurément toujours celui de Matheflon qui date du XVe siècle.

Seiches-MatheflonI, Moulin

 

Située à un endroit stratégique, au bord du Loir jadis navigable et au croisement de la route impériale reliant Nantes, Angers à Paris et d’une transversale entre les vallées du Loir et de la Sarthe, la ville a connu dès lors  un fort développement industriel avec une papeterie, une filature de laine, une fabrique de pointes, une carrière de grave et aussi un remarquable savoir-faire dans le travail du cuir. C’est sous le nom des « Tanneries angevines » qui employèrent jusqu’à 400 ouvriers, que cette industrie modela profondément l’architecture et l’urbanisme du centre de la ville de Seiches au milieu du XXe siècle.

Aujourd’hui, la ville s’est résolument engagée dans une nouvelle aventure territoriale d’importance de façon à gagner en synergie en jouant, dans le cadre du pays d’Angers, la carte de la « polarité » au sein de la Communauté de Communes du Loir axée au niveau de son développement sur trois filières : « l'Agro – alimentaire  et la filière  Agricole », la filière « Industrielle » et la « Logistique-Transports » plus particulièrement en direction de « l’e-commerce »...

Et c’est Louis Maucourt grâce à son ouvrage qui montre la profonde cohérence de l’histoire de ce territoire emblématique que constitue Seiches sur le Loir ! 

Seiches-M. Maucourt

 

Pour suivre le chemin

. Lire le nouvel ouvrage de 640 pages de Louis Maucourt « Seiches-sur-le Loir en Anjou, Un territoire, Lieu de rencontre avec l’histoire de France », avec une nouvelle iconographie et des cartes anciennes, à se procurer auprès de l’association « Familles rurales de Seiches », 7, rue des Moulins Matheflon, 49140 Seiches sur le Loir, 02 41 76 21 99  et 06 85 82 15 16, pour un coût préférentiel de 20E l’unité lors de la souscription, 25E ensuite.

. Aller voir le Loir à Seiches et consulter avant http://www.seiches-sur-le-loir.fr/ ainsi que http://fr.wikipedia.org/wiki/Seiches-sur-le-Loir avec cette très belle photo aérienne du centre de Seiches  et aussi pour aujourd'hui  http://www.cc-duloir.fr/vitalite_economique.aspx  

SEICHES~Vue aérienne-Cité-des-Rabières 

. Découvrir en photo le dolmen situé dans un domaine privé au lieu-dit « Grandchamp du Loup », sur http://patrimoine-de-france.com/maine-et-loire/seiches-sur-le-loir/dolmen-dit-la-pierre-au-loup-2.php

. Photos Elisabeth Poulain, AL et Wikipédia pour celle du bas, avec mes remerciements  

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La Place La Rochefoucault, Angers ---) Variations sur son nom et son avenir

22 Septembre 2012, 11:19am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Cette place pose tant de questions qu’elle en devient exemplaire de l’histoire et du développement d’une ville. Elle rassemble tant de problématiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain en un lieu qui est de nos jours un parking gratuit pour presque un millier de voitures le jour et quand ce n’est pas interdit. Elle pose aussi - et c’est ce qu’on va voir cette fois-ci - la question de sa dénomination, car elle n’a de place que le nom sans en avoir les attributs. 

Place La Rochefoucault, Carte au sol, Le Quai

Au cours son histoire, ses usages pourtant multiples n’ont pas permis de dégager d’appellation mieux adaptée. On peut émettre l’hypothèse que le choix du terme de « Place » a été une façon d’anoblir le lieu et une façon d’en montrer les avantages pour la ville et pour le quartier qui se plaignait d’être un peu  oublié par les édiles. Quant à dire « La Rochefoucault », encore faudrait-il lui restituer l’entièreté de son appellation et donner une majuscule à « la ». Il n’y a pas ici de Roche Foucault, comme me l’a fait remarquer un étudiant étranger en master (« je n’ai pas trouvé de place, ni de roche mais plein de voitures… »). Il y a un duc, celui de François de La Rochefoucault-Liancourt, qui est le fondateur des Ecoles des Arts et Métiers. La « Place La Rochefoucault » débute en effet juste devant l’entrée principale de l’Ecole qui jouit également d’une avenue à son nom, l‘avenue des Arts et Métiers qui relie l’entrée perpendiculairement à la Maine. C’est vraisemblablement la plus petite avenue d’Angers qui a aussi la particularité de fermer la place en aval. C'est le grand espace allongé vide que vous voyez à gauche de la rivière sur sa rive droite.

Comment doit-on appeler cet espace  urbain  planté en son pourtour de hauts platanes, au bord de la plus petite rivière de France, La Maine longue de 12 kms qui relie la jonction de la Sarthe et la Mayenne enrichie du Loir à la Loire à Bouchemaine la bien nommée, après avoir traversé Angers ? 

La place a la forme  d’un grand quadrilatère qui s’élargit au fil de la descente de Maine. Longue de plus de  600 mètres; sa superficie couvre un peu plus de 4 hectares. Bordée par une rangée de platanes, doublée le long du seul quai qui reste à Angers de son riche passé fluvial, la place occupe l’espace disponible entre les deux ponts centraux de la ville, à savoir le Pont de Haute Chaîne en amont et le pont de Verdun en aval, à l’exception de la partie la plus en aval qui était déjà construite.  Sa situation en rive droite de la Maine, face au centre en rive gauche, en fait un emplacement privilégié.

Place La Rochefoucault, Partie centrale, Point Bus

La principale caractéristique de ce grand espace résiduel entre les rangées de platanes, qui sont protégés, est en effet  sa quasi vacuité qui permet de lui affecter des usages polyvalents gratuits. Ce poumon de respiration offre des usages  multiples. Actuellement sa fonction majeure est  servir de parking gratuit à voitures pour les résidents proches,  ceux qui se rendent en centre-ville rive gauche ainsi qu’à ceux qui travaillent au CHU (6000 personnes, le premier employeur de la ville), situé juste au-dessus de la place, en amont du Pont de Haute Chaîne, face au nouveau pont Confluence, en rive droite. Il est peut être utile aussi de préciser que ce parking est plein tous les jours et que même saturé, il continue à attirer des automobilistes en quête d’une place qui viendrait de se libérer miraculeusement juste devant eux.  C’est dire que le site est quasiment toujours engorgé.

Parler du parking La Rochefoucault serait pourtant erroné même  s’il en est ainsi près de dix mois sur douze grosso modo le jour. Ce n’est pas tellement parce que la collectivité s’est toujours refusée à tracer à la peinture blanche les emplacements des voitures, c’est plus vraisemblablement pour montrer en langage non verbal que la place n’est pas un parking, même si vos yeux vous disent le contraire.

Place La Rochefoucault, Platanes proches entrée Les Arts et Métiers

Peut-on alors parler de la Place La Rochefoucault ? Une place nait de la rencontre entre plusieurs rues. C’est un lieu de rassemblement et de passage. Plus on va vers le centre des villes, plus les places sont des lieux privilégiés où l’on s’arrête pour voir les autres, boire un pot, lire son journal, fumer une cigarette, discuter avec d’autres… C’est aussi un endroit ou la fréquentation élevée des gens attirent l’implantation des commerces. A Angers, la première place est sans conteste celle du Ralliement, d’où la voiture a été chassée afin justement de conforter son rôle central d’animation de la ville. En lieu et place de la voiture, c’est maintenant le tramway silencieux qui la traverse au milieu des gens qui se promènent, prennent un pot…. 

Ce n’est pas au Ralliement, la place bien-nommée au centre d’Angers, face au théâtre, qu’il y a le plus de commerces mais c’est bien de là que se fait le rayonnement piétonnier de ceux et celles qui font du  « shopping ». La preuve aussi de cette centralité reconnue par tous, de nouvelles terrasses se sont implantées sur l’espace devenu piétonnier. A La Rochefoucault, c’est le contraire : il n’y a au centre du lieu que des voitures. Dire alors que « La Rochefoucault » est une place est à mon sens peu adapté. Ce serait plutôt un espace. polyvalent

Place La Rochefoucault, Voitures en attente de départ 

L’Espace La Rochefoucault ? La difficulté à Angers est que ce mot est déjà utilisé pour des espaces intérieurs, comme l’Espace Welcome, et non pas comme ici sur l’espace public ouvert à tous. On peut marcher à La Rochefoucault, pas seulement pour sortir de sa voiture et y revenir, mais pour se promener à pied ou à vélo le long du Quai Monge entre les grands arbres en haut ou en bas pour être plus proche de l’eau. Cette ancienne île bordée d'eau  est assurément le plus  bel endroit d’Angers pour en particulier voir la cathédrale et au loin les grosses tours du Château d’Angers. Cette fonction touristique est pourtant la plus récente dans la longue histoire de la ville. On re-découvre actuellement l’importance du site, pas seulement pour la collectivité, des groupes, les habitants proches très soucieux de garder le patrimoine de la Doutre inchangée mais dorénavant aussi pour les promeneurs, les touristes…

Place La Rochefoucault, La Maine, Le soir

Des autres usages de « La Rochefoucault ». Ils ont été particulièrement nombreux au cours de l’histoire. Elle a successivement accueilli des foires aux bestiaux, une Fête des Fleurs en 1894 où vint se produire la célèbre danseuse américaine Loïe Fuller qui a inventé et protégé par brevet sa « danse aux voiles »,  des parades militaires, des feux d’artifices lors du 14 juillet, la  foire-exposition d’Angers pendant de nombreuses années et la foire Saint-Martin depuis 1964… Actuellement elle est toujours utilisée lors de cette foire  pendant les trois semaines du mois de novembre ainsi que ponctuellement comme dernièrement pour la Fête estivale des Accroche-Cœurs. Cette polyvalence conforte son importance et pourtant le mystère demeure. Combien de villes gardent-elles entières aujourd’hui des unités territoriales de cette étendue en pleine ville? Il faut en effet avoir vu cet espace à nu pour en comprendre son importance et sa force qui ne vient pas seulement de la hauteur des platanes. Peut-être faut-il alors voir l’endroit autrement.

Place La Rochefoucault, Promenade sous les platanes, l'hiver

Parking, Place, Espace… y-a-t-il eu dans l’histoire d’autres appellations pour cet endroit au caractère très spécial et remonter par exemple plus loin dans l’histoire, à la naissance du lieu. L’endroit résulte en effet d’une décision de la mairie en 1867 de réguler le cours de la rivière afin d’en faire un terre-plein au bénéfice du quartier en extension. Pour cela, la priorité a été de combler le Boire Saint-Jean entre l’Hôpital Saint-Jean que l’on peut toujours admirer aujourd’hui et l’Ile Saint-Jean qui existe à sa façon puisqu’elle a été « avalée » sous la place. Une des conséquences a été que l’Hôpital Saint-Jean a été coupé de son accès à la rivière. C’est ainsi que l’on découvre que cette place est à la fois une ile dans sa partie la plus en amont et la plus étroite et un boire comblé par des remblais divers et variés dans sa partie la plus large devant l’entrée de l’Ecole d’Ingénieurs des Arts et Métiers.

Les Arts et Métiers Angers, Face à La Rochefoucault

A cette dualité profonde, l’une terre dans l’eau, l’autre eau dans le remblai, a correspondu également une dualité des maîtres d’ouvrage pas toujours d’accord entre eux sur la vitesse à laquelle faire les travaux. L’Etat s’est occupé de la construction du quai haut pour faire barrage à l’eau tandis que la Ville avait pris  en charge le remblaiement du vide à combler à l’intérieur. La double opération a été longue : 17 ans pour les quais (1884), 18 ans pour le comblement (1885). On comprend mieux pourquoi on n’a jamais construit dessus. D’ailleurs le site est maintenant un espace naturel boisé classé et donc protégé à ce titre. Un autre lien est à faire également concernant cette fois-ci les platanes qui eux-mêmes font partie des arbres remarquables du Maine et Loire. Atteints par une maladie qui s’étend désormais au niveau mondial, ils font l’objet d’études très poussées in situ par les chercheurs des laboratoires de Végépolys dont le siège, on le sait, est à Angers. Des essais sont actuellement en cours pour limiter voir éradiquer ces atteintes mortelles pour ces arbres qui souffrent aussi de la pollution urbaine.

 Place La Rochefoucault, Entre deux platanes, la Cathédrale

C’est maintenant que commence la phase 2 de la rénovation des Berges de la Maine, désormais appelée « Angers Rives Nouvelles », avec l’équipe d’Urbanisme de François Grether accompagné de Phytolab pour la partie végétale  qui a remporté le concours d’urbanisme.  On verra, c’est sûr, un jour, bientôt peut-être, un jardin fleurir, de l’herbe pousser, au milieu d’un parcours d’eau, cette fois-ci à nouveau sur l’Ile de La Rochefoucault. On marchera à nouveau, cette fois-ci à La Rochefoucault, comme déjà maintenant plus bas au bord de l’eau. L’Hôpital Saint-Jean aura à nouveau son lien à l’eau, non plus pour lui apporter les malades, comme pendant plusieurs siècles, mais pour accueillir des visiteurs curieux de sa longue histoire et désireux d’admirer les tapisseries de Jean Lurçat.

Place La Rochefoucault, Promenade sous les platanes

Pour finir ce billet, je vous conseille de vous rendre sur cet espace un jour où il n’y a pas de voitures, où il n’y a « rien ». Ce « rien » a une force impressionnante, que vous ressentez jusqu’au fonds de votre moelle. Quand en plus, vous avez la chance de voir les arbres nus, une fois leurs feuilles tombées à terre, vous savez que l’endroit parle. Il se passe quelque chose ici. Vous voyez l’Hôpital Saint-Jean, La Maine en contrebas du quai, vous sentez avec certitude  que bientôt La Rochefoucault apaisée deviendra la balade la plus courue d’Angers.  

Place La Rochefoucault, Le Rien, le Vide   

Pour suivre le chemin

. Lire « Angers au cœur, Chroniques d’une ville » aux éditions des Etudes Angevines, de Sylvain Bertoldi, archiviste –paléographe, conservateur en chef du patrimoine, par ailleurs chroniqueur dans le magazine « Vivre à Angers », qui consacre trois articles très complets à La Rochefoucault « Une place gagné sur l’eau… », « Le kiosque oublié de la Place… » , « La première foire-exposition 1924 »

. La Place La Rochefoucault dans la Doutre n’est pas mentionnée, semble-t-il, en tant qu’endroit remarquable dans l’article de Wikipedia consacré à ce quartier rive droite, ni dans celui concernant la Ville.

. L’Hôpital Saint-Jean a été construit en 1175 à la demande d’Henri II Plantagenet, Roi d’Angleterre et Comte d’Anjou. Il pouvait accueillir jusqu’à 500 malades. Il n’a été fermé dans cette fonction hospitalière qu’au XIXe siècle. Il est dédié depuis 1877 à des fonctions culturelles et accueille en particulier le « Musée Jean Lurçat et la tapisserie contemporaine » http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Saint-Jean 

. Sur le nombre de personnes travaillant au CHU, voir http://www.angers.villactu.fr/forums/la-tour-st-aubin-la-place-de-la-rochefoucault-t101-p1.html 

. Sur le Projet Grether-Phytolab concernant la Place, lire plus spécialement sur ce blog Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine   

. Photos EP prises au fil des saisons, l'avant-dernière photo est une création de Phytolab, l'agence de paysagistes nazairiens qui a gagné le concours avec l'agence Grether         

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En hommage à Patrick Ricard, le Grand Patron du Groupe Pernod Ricard

18 Septembre 2012, 15:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le hasard est parfois curieux. Le 26 août dernier se terminait au Musée des Arts décoratifs à Paris, une grande exposition sur l’art publicitaire selon la société Ricard, intitulée « Ricard SA depuis 1932 ». Les œuvres et les objets présentés font partie de la collection de Danièlle Ricard qui est désormais la PDG du groupe Pernod Ricard. Son frère en effet, Patrick Ricard, est décédé le 17 août dernier. C’est lui qui a fait du groupe Pernod Ricard « le co-leader mondial des Vins et Spiritueux », avec un chiffre d’affaires consolidé de 8 215 millions d’euros en 2011/12.  C’est lui aussi qui a 23 ans a créé à Marseille, sa ville de naissance, un pastis à son nom en l’associant à sa ville, avec ce slogan « Ricard, le vrai pastis de Marseille ». Comme le dit "Entreprendre",le magazine de  l’entreprise, « c’est le Ier long drink à la française…une référence, une recette et une saveur unique ». 

Ricard-Bouteille-3millénaire-Garouste&Bonetti-Design visu8

Le groupe est né en 1975 du rapprochement de Ricard et Pernod, avec toujours une prééminence de Ricard par rapport à Pernod, même si la société Pernod est citée en Ier. Comme le montre la succession de Patrick Ricard, il est toujours impératif aux yeux de la famille que le groupe continue à être dirigé par un membre de la famille  « Ricard ». 

Patrick Ricard, relayé par Pierre Pringuet aux commandes avec lui depuis quelques années, a axé la mondialisation de la présence de l’entreprise dans tous les marchés importants et les émergents en fondant la stratégie du groupe sur trois axes majeurs constamment présents dans l’esprit et sur le terrain, à savoir les marques, les hommes et les femmes  et le développement durable.

  . Le portefeuille de marques compte tous les alcools qui font référence, chacun dans sa spécialité. Citons quelques noms dans les alcools blancs  la vodka Absolut, le gin Beefeater, dans les alcools bruns les Scotch Whiskies Ballantine’s, Chivas Regal, Royal Salute et The Glenlivet, l’Irish Whiskey Jameson, le cognac Martell, avec bien sûr le pastis Ricard,  le rhum Havana Club ou les liqueurs Kahlúa et Malibu…  

Par ailleurs, une autre décision stratégique a été de ne pas se limiter aux spiritueux et d’inclure les vins, non seulement pour couvrir tout l’univers des boissons alcoolisées mais aussi pour rester dans l’univers du luxe et celui de la nuit. Ceci vise spécialement les Champagnes Mumm et Perrier-Jouët. Il reste les vins qui font aussi partie de la gamme pour répondre cette fois-ci à la demande des sociétés de distribution. Citons les marques  Jacob’s Creek (Australie), Brancott Estate (ex-Montana, EUAN), Campo Viejo (Rioja-Espagne) et Graffigna (Argentine).

    Mumm-Campagne-2009-Pernod-Site-marque 

La présence française est, comme on le voit, limitée. Outre Ricard et Pernod, les deux boissons anisées, il y a le cognac Martell pour lequel de gros budgets de communication sont fait à l’attention des hommes en Chine  et aux Etats-Unis et les Champagne des Maisons Mumm et Perrier-Jouët plus spécialement destinés aux femmes. 

. Grâce à son organisation décentralisée, les 18 000 collaborateurs sont répartis  dans les  6 « sociétés de marques » et les 70 « sociétés de distribution » présentes dans le monde façon à couvrir chaque marché-clé. Selon Pierre Pringuet, «  la décentralisation est au cœur de notre mode de fonctionnement : elle favorise l’esprit d’entreprise et la réactivité ».

. Outre la stratégie de marques et celles de la forte implication locale, le troisième volet de la stratégie mondiale repose sur une politique volontariste de développement durable. Celle-ci est en particulier active non seulement  pour l’optimisation de  la gestion de l’eau et des déchets mais aussi sur une consommation responsable de ses boissons.

  Ballantines, Pernod Ricard

La stratégie et les ambitions de Pernod Ricard sont fondées sur trois  valeurs clés qui guident son développement et le management des équipes de direction et des équipes de terrain qui sont l’esprit entrepreneur, la confiance mutuelle et un fort sens éthique. A ce titre, l’entreprise poursuit depuis plusieurs années sa politique de « Premiumisation » pour soutenir ses marques en haut de la liste de leur catégorie, un soutien fort aux prix hauts pour leur garder leur cohérence de marque, une communication dynamique, renouvelée et adaptée ainsi qu’une véritable culture de l’innovation et de l’expérimentation pratiquée de façon systémique de façon à rester ou à devenir le leader de sa catégorie. Ce pari sur le haut de gamme au niveau mondial est une franche réussite.

Quelques chiffres pour finir. Globalement, selon Pierre Pringuet,  « les marques Premium de notre portefeuille se renforcent et représentent désormais 71% de nos ventes…Nos 14 marques stratégiques progressent de 13% en valeur, soit deux fois plus vite que le reste du portefeuille. Huit d’entre elles enregistrent une croissance à deux chiffres, notamment Martel (+ 32%), Royale Salute (+31%) et Perrier-Jouët (+21%) … »  Pour obtenir ces résultats, il faut à un grand groupe un grand patron. Patrick Ricard, que vous voyez en photo ci-dessous, l'a été.

Patrick Ricard 

Toute l’équipe est maintenant placée sous la direction de Danielle Ricard qui assure la transition  avec également  à ses côtés Pierre Pringuet, le Directeur général, maître en stratégie de développement mondial également vice-président du Conseil d’Administration. Le 30 août 2012, l’entreprise a annoncé ses résultats pour 2011-2012, le CA a augmenté de 8% à 8,2milliards d’euros, le résultat net a cru de 10% (1,2milliard).

Auprès d’eux, pour l’instant un peu en retrait encore, Alexandre Ricard, nommé directeur général adjoint depuis septembre 2011. C’est lui qui dirigeait toute la distribution du groupe. Preuve s’il en est de l’importance de la solidité du plan de distribution, couplé avec une forte défense de la politique des prix, une attention toute particulière aux produits dans une logique de haut de gamme, une recherche forte et constante en matière d’innovation et une communication toujours très soignée, tout en assurant sa succession…

Cognac Martell, Groupe Pernod Ricard 

C’est l’œuvre de Patrick Ricard et de son équipe. Une belle illustration maîtrisée du « Penser global, Agir local », tant vantée dans les Grandes Ecoles.  

Pour suivre le chemin

. Suivre l’actualité du groupe sur http://www.pernod-ricard.com/fr/pages/3152/Communiques-de-presse/Pernod-Ricard-realise-sa-meilleure-croissance-depuis-2007-08.html

. Retrouver l’exposition Ricard sur  http://www.lesartsdecoratifs.fr/IMG/pdf/MAD-ricard-3voletsv9.pdf et  l’aide à la visite http://www.lesartsdecoratifs.fr/IMG/pdf/157-ADC-aide-visite-Ricard-fr.pdf

. Tous les éléments clés de l’exposition sur le site officiel Ricard    http://www.ricard.com/?gclid=CIHfr6WpkrICFUNkfAodcjUAIA

. Consulter aussi la série bi-annuelle des « Entreprendre, le magazine de Pernod-Ricard ». C’est pour moi une des meilleures publications d’entreprise, dont je me suis beaucoup servi pour comprendre les stratégies marketing de l’univers des alcools et des vins.

. Photos Pernod Ricard, avec les remerciements d'Elisabeth Poulain

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A Poses dans l'Eure, Les graffitis des bateaux sur les murs de l'église

14 Septembre 2012, 17:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il y  a encore  d’autres bateaux à l’Eglise, comme vous le laissait entendre mon billet d’hier sur les bateaux de Poses. Disons le franchement, ils sont beaucoup moins connus que ceux dont je vous ai parlés. Ce sont en effet des graffitis creusés dans la pierre tendre de calcaire en forme de bateaux petits ou grands, au fil des siècles par des habitants.

Poses, Eglise, Cimetière 

L’hypothèse émise par des chercheurs est que cette pratique répondait à un grand besoin de protection ressenti par ceux qui venaient graver la pierre sur les murs extérieurs de l’église, au plus près du chœur. La vie était dure aux pauvres gens confrontés aux incertitudes de temps troublés, aux frimas de l’hiver et aux inondations de la Seine.

Poses, Eglise, Graffitis, Bateaux

Demander la protection du Seigneur en dessinant son bateau ou celui qu’on aurait aimé avoir devait constituer un des derniers recours. Un lien doit également être fait avec la pratique des cupules, qui sont ces petits trous creusés de la même façon sur les murs des églises par les paroissiens pour demander l’aide de Dieu en cas de maladie. La poussière de pierre précieusement recueillie servait « d’aspirine du pauvre ». La coutume lui prêtait des vertus thérapeutiques.

Poses, Eglise, Graffitis, Bateaux

Un niveau supplémentaire de protection était atteint quand les trous permettaient de figurer une croix dont les représentations sont très variées. C’était un appel direct de celui ou celle qui grattait la pierre pour un de ses proches ou pour soi. Le dessin d’un bateau pourrait s’interpréter également comme une façon de parler de soi en étendant la demande de bienveillance à toute la corporation. Remarquons aussi qu’aucun dessin de filet ou de poisson ne peut être relevé sur les murs de l’église,  qui   aurait pu être rapprochés de la parabole des filets et des poissons ; c’est bien l’outil de travail qui est visé. Sans lui, la survie de la famille, du groupe n’est pas assurée.

Poses, Eglise, Graffitis, Bateaux

L’église de Poses offre cette particularité remarquable de présenter des graffitis qui parfois se chevauchent au même endroit, comme s’il était plus valorisant que d’autres endroits où il a pourtant beaucoup de place et où on ne voit rien. Il faut les découvrir le matin en fin de matinée quand le soleil est haut. Il vous suffit pour cela de vous rendre près du mur orienté plein sud, à gauche après la façade où se trouve le porche. L’autre façade latérale offre peu ou pas de graffitis. Pour vous faciliter la vision d’ensemble, l’auteure de la photo a colorisé à votre attention les différents graffitis, en choisissant une couleur pour chaque graffiti. Cela vous permettra de distinguer les différents types de bateaux. Il y a plusieurs barques, sans mat ou avec, des avirons, un gouvernail, avec voile, de plusieurs tailles, de très petite à très grande, avec aussi parfois des ancres toujours représentées à l’horizontal et avec deux blasons qui dominent les dessins. Le dernier cliché du mur montre la paroi telle qu’elle se présente. Bonne lecture!   

Poses, Eglise

. Sur le thème des bateaux à Poses, voir le billet précédent A Poses dans l'Eure, l'eau et les bateaux sur la Seine    

. Pour une découverte du village et du barrage, lire aussi sur ce blog Poses > La Seine, Le Barrage & Ses Lacs > Entre Globalité et Cohérence

 

. Découvrir aussi la maquette d’un beau bateau accrochée dans l’église et que je reconnais ne pas avoir vue, http://www.eure-tourisme.fr/pages/fr/menu1/seine--eure--eau/la-seine-symbolique/contes--legendes-et-histoires-en-seine-222.html 

. Photos France Poulain, avec mes remerciements et EP

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A Poses dans l'Eure, l'eau et les bateaux sur la Seine

13 Septembre 2012, 14:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

Poses est bien ce village de l’Eure enserré dans une boucle de la Seine de plusieurs côtés et d’un grand lac de gravière en bas, ce qui fait que lors des crues, les maisons forment quasiment une île. La présence de l’eau est si forte qu’on avait déjà imaginé au XVIIIe siècle d'ouvrir un canal en ligne droite qui aurait coupé la boucle, raccourci le trajet pour les péniches de marchandises remontant et descendant le fleuve et fait du village une vraie île en toutes saisons. Pour des raisons politiques et aussi bien sûr de coût, le canal ne fut pas creusé.

Pont-de-l'Arche et Poses Cassini 1756 1815

Poses est resté ce petit village de pêcheurs  qui s’étire en longueur, toujours proche de l’eau, entre le barrage en aval et l’église située à plusieurs kilomètres en amont dans un endroit boisé avec des feuillus un peu en hauteur où la terre semble plus profonde. L'intérieur de la boucle est maintenant un grand lac rempli par capillarité avec l'eau de la Seine à la suite du creusement de nombreuses gravières.

Poses, Plate 

 Poses, un village comme posé sur l’eau, où les pêcheurs étaient si nombreux que la pêche a longtemps constitué la première richesse de la collectivité. Pour rapporter le poisson, ou plutôt une des 23 variétés de poisson d’eau douce repérées par l’association de pêche « La Carpe posienne », on comprend l’importance du bateau de pêche. Pourtant c’est avec deux autres bateaux que je vais commencer, l’un est une grande barque à fond plat que tous devaient avoir aussi bien pour pêcher que pour se déplacer en période d’inondation l’hiver et au printemps. Le  deuxième est un bac plus grand qui servait à la traversée du fleuve pour les habitants et vraisemblablement des animaux. On en voit une photo sur le site de la mairie en bandeau au-dessus du texte. 

Poses, Seine, Plates    

Le suivant que je citerai n’est pourtant pas la plate dont nous avons vu plusieurs exemplaires, attachées sur la rive. Ce petit you-you fluvial est encore visible à Poses. Il sert maintenant de décoration près du barrage, avant de remonter vers le village. Repeint et rempli de bonne terre, les jardiniers de la ville l’ont posé rempli de  fleurs au milieu d’un parterre pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs très nombreux aux beaux jours, dont un grand nombre effectue au moins une fois une promenade sur l'eau avec le bateau-promenade "Guillaume le Conquérant" .

Poses, Seine, Bateau-Promenade, Guillaume le Conquérant 

A l’autre bout du village, près d’une berge boisée où il n’y a plus de maisons construites entre le fleuve et la rue intérieure qui relie les différentes parties du village, plusieurs grosses péniches sont accessibles à pied grâce au chemin de halage. L’une d’entre elles, Midway est devenue un musée de la batellerie.

2012.08.17 Eure & co 269

On y trouve aussi La Fauvette 1 qui est un remorqueur fluvial construit en 1928 en Allemagne, qui fut transformé plus tard sur la Seine en pousseur, pour suivre l’évolution des technologies du transport fluvial. Il offre la particularité remarquable d’être un monument historique depuis 1992 en hommage à la batellerie sur la Seine. Plus en amont, quelques péniches d’habitation complètent l’ensemble.

2012.08.17 Eure & co 326 

En revenant à pied vers le barrage, là où vous avez certainement garé votre voiture, vous traverserez la Seine sur la passerelle pour piétons et cyclistes située sur le barrage  situé entre Poses et Amfreville en face.  Une heureuse surprise fait qu’à ce moment précis et sans l’avoir cherché, nous avons pu assister au passage de l’écluse d’une barge chargée de conteneurs poussée par un  pousseur et non plus remorquer   par un remorqueur. La manœuvre est délicate tant le passage est difficile avec une courbe du fleuve juste en sortie d’écluse.

        Poses, Seine, Barrage, Passage Ecluse 

Un beau score de plusieurs types de bateaux en une petite balade un beau matin de cet été 2012, en comptant les hors-bords que je n'ai pas spécialement photographiés, sauf un qui s'est glissé dans le cliché . J'ai même réussi à trouver un bateau à voile qui attend le vent et un autre plus surprenant qui lui attend le courrier prés des péniches.     Poses, Seine, Bateau à voile

Il manque un autre catégorie, qui mérite un billet à lui tout seul tant les exemples de nombreux modèles différents sont nombreux. Mais je ne vous en dis pas plus pour garder le suspense jusqu’à demain matin. Cela se passe aujourd'hui à Poses…

  Poses, Seine, Bateau boîte à lettres,       

Pour suivre le chemin

. Voir sur ce blog le précédent billet sur Poses  Poses > La Seine, Le Barrage & Ses Lacs > Entre Globalité et Cohérence    

. Voir le site de la mairie, sur lequel vous trouverez beaucoup d’informations et de photos dont les photos anciennes figurant dans le billet http://www.poses.fr/batellerie/la-batellerie...-en-juin-1993.html  

. Le remorqueur-pousseur est ouvert à la visite de mai à octobre ainsi que les dimanches et jours fériés de 14h 30 à 18 heures toute l’année.

. Pour la pêche, http://www.poses.fr/lacarpeposienne/ ainsi que http://www.eure.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/Arrete_reserves_de_peche_cle51818f.pdf

 . Photo de la carte ---) Wikipedia, celles de 2012 ---) EP

 

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Balade à Marseille au Vallon des Auffes et son mini-jardin de rue

12 Septembre 2012, 16:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est un de ces endroits où chacun rêve d’avoir son cabanon, sa petite maison de pêcheur, avec de préférence vue sur la mer, son bateau ancré au port tout près du pont pour rejoindre tout de suite la mer, avec aussi une place de parking privative où garer facilement et avec certitude sa voiture. C’est un très vieux quartier aussi sans qu’on connaisse d’ailleurs la date de construction des premières petites maisons, accolées les unes aux autres, accrochées à la colline pentue qui constitue le vallon, agrandies au fil du temps et des naissances. Quand la place a commencé à manquer, les constructions ont développé l’art de s’enchevêtrer, sans plan d’urbanisme préalable, mais avec un grand savoir de l’art de pousser les murs, comme c’est toujours le cas en Méditerranée. Sa notoriété toutefois est un peu antérieure à l’époque qui a fait de la mer méditerranée un must sociétal en matière de soleil, de belle vie et de bonnes vacances.

Marseille, Vallon des Auffes, Imbrication, Vue sur la colline

Le site est désormais protégé, ce qui aujourd’hui consacre son attrait touristique assuré. Plusieurs films y ont été tournés. Les touristes y viennent avec grand plaisir, d’autant plus volontiers que de nombreux restaurants offrent au menu bouillabaisse et fruits de mer qui figurent sur la liste des musts obligés de Marseille… C’est dans cet endroit où l’espace disponible est plus que compté que des habitants ont aménagé un mini-jardin qu’on a peine à appeler ‘de rue’ dans la mesure où il est accroché à un coteau très pentu, si pentu qu’aucun architecte n’aurait eu l’autorisation de construire. Il aurait fallu dynamiter le rocher! Peut-être le terrain a-t-il aussi le statut d’un « délaissé administratif » (sans propriétaire désigné)?

Marseille, Vallon des Auffes, Mini-Jardin de rue

Des sentiers y ont été tracés, avec des marches quand la pente est trop forte. La terre a été rassemblée là où il a été possible de constituer de petites cuvettes où des plantes résistantes à la sécheresse peuvent survivre à la chaleur de l’été. Le tout forme un endroit très attractif et plein de charme, d’autant plus qu’on sent que cette création est l’œuvre de jardiniers amateurs qui ont fait avec les moyens du bord. L’entretien est soigné.

Marseille, Vallon des Auffes, Mini-Jardin de rue

L’implantation de ce mini-jardin de coteau est d’autant mieux choisie qu’il est protégé par la pente naturelle très forte. Il est ainsi à l’abri des chiens qui passent ou des hordes de touristes, qui peuvent être charmants par ailleurs, mais pas en trop grand nombre. C’est d’autant plus remarquable que l'usage de plantes visibles de l’extérieur ne semble faire partie de la culture du quartier. On trouve certes un rosier, un laurier rose et quelques pots tout en bas au port mais pas en remontant le vallon. C’est pourtant là que vous pourrez vous imaginer jardiner avec tout le plaisir du monde ou semer par exemple quelques graines de fleurs qui trainent toujours dans vos poches.

Marseille, Vallon des Auffes, Mini-Jardin de rue

Et vous vous surprendrez à penser que des fleurs ou des petites plantes pousseront bientôt peut-être grâce à vous. En repartant cette fois-ci par le haut du vallon, vous emprunterez le fameux pont qui vous offre cette fois-ci, en vous éloignant du centre, une vue panoramique sur les Auffes du côté gauche et sur la droite un magnifique panneau vous interdisant de plonger du haut en mer. Visiblement certains l’ont fait puisque le panneau est là.

Marseille, Vallon des Auffes, Sur le pont

Bientôt toujours côté mer, à une courbe proche de la corniche, vous admirerez une fresque publicitaire « Coca Cola » de la taille du pignon aveugle d’une maison à étages. Cet emplacement a été certainement un des plus coûteux de France : Zidane, le grand homme du foot que tous connaissent encore même ceux qui n’y connaissent rien (du foot ni de ses héros) a occupé le mur pendant 5 ans pour une marque, le temps de calmer les ardeurs des nostalgiques…La fresque a ceci de remarquable que la marque intégre "la Bonne Mère", la protectrice de la ville, dans son visuel. Quelle reconnaissance!

Marseille, Vallon des Auffes, Tout près du pont dessus,

Pour suivre le chemin

. Aller au Vallon des Auffes en dehors de la période estivale, quand le soleil est moins chaud et qu’il y a moins de monde.

. Voir la présentation texte plus que succincte de Wikipedia, avec de belles photos http://fr.wikipedia.org/wiki/Vallon_des_Auffes

. Photos EP

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Gloriettes, pavillons de jardin et petites maisons des bords de Loire

30 Août 2012, 16:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Quand on a tout, tout réussi, une belle maison, un beau jardin, encadrés de beaux et hauts murs de clôture, pour bien faire la séparation entre le dedans et le dehors, dans des sites soigneusement choisis au préalable pour la beauté d’évidence de la vue, que reste-t-il à construire pour jouir de la vue d’au dehors, sur les bords de la Loire, que reste-il? La réponse se nomme un pavillon de jardin ou  plus joliment une gloriette pour désigner une toute petite maison qui signe la réussite dès la fin du XVIIe siècle. La plus grande partie de ces pavillons de jardin date en Maine et Loire de la fin du XIXe et du tout début du XXe siècle, c’est dire qu’elles ne sont pas très anciennes. Pourtant elles sont datées comme appartenant à un temps révolu. La pratique a en effet cessé avec la première guerre mondiale, en tant qu'élément statutaire.

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes

Ce sont des toutes petites maisons où l’on déguste, assis  à l’abri, le paysage au fil du courant de l’eau de la Loire qui passe au fil des saisons. Elles sont le plus souvent assorties à la maison de maître par l’emploi des matériaux et le raffinement des finitions, mais pas toujours, certaines ayant été construites postérieurement. Leurs dimensions très modestes les font ressembler à des maisons de poupée  où il est tout juste possible de placer quelques fauteuils de jardin et un guéridon pour les belles dames qui s’y faisaient servir le thé avec quelques pâtisseries choisies. La sortie au jardin devient ainsi par le charme de ces gloriettes un évènement en soi où il est possible de jouir de la vue incomparable.

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes, Détail

Placés aux coins de devant de la propriété ouverte sur le fleuve, elles assurent aussi une  fonction de bornage pour mieux marquer la propriété, qui est ainsi plus largement ouverte sur le fleuve. Même quand il n’a pas été possible d’édifier les deux gloriettes, c’est bien sûr l’angle le plus valorisant qui a été choisi pour ceux qui regardent assis dedans du dessus et…ceux qui tentent de les voir en se promenant  en bas au long de la rive. Il y a une hiérarchisation de facto entre ceux du haut et ceux d’en bas.

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes 

Cette notion de hauteur est presque inhérente au concept de la gloriette. Il est vrai qu’en voit mieux dès que l’on prend un peu de hauteur mais cela ne suffit pas. La localisation géographique n’explique qu’en partie le positionnement. La proximité avec la Loire oblige les riverains à construire en hauteur pour tenir compte des crues d’hiver et de printemps que ne suffisent pas à endiguer les quais ou promenades quand il en existe. Dès lors le jardin de devant, qui offre la belle façade sur le fleuve, est rehaussé à la hauteur du jardin de l’arrière proche de la rue de façon à pouvoir créer une belle  surface et à protéger l’ensemble. Un haut mur renforcé qui barre la terrasse sert alors  de protection lors des inondations annuelles. La gloriette devient alors un poste de guet, non plus seulement pour jouir du paysage d’eau l'été mais pour surveiller la montée des eaux à l'automne et au printemps.

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes, Escalier sur le quai 

Les pavillons de jardin connaissent des fortunes diverses. Les plus charmantes ont le plus souvent conservé leur distinction. Parfois  le manque d’entretien a causé des dommages qui semblent irréversibles. Le changement d’époque a fait aussi que des nouvelles petites constructions ont été édifiées sans recherche particulière. On trouve également de nombreux abris qui n’ont d’autres ambitions que de protéger le mobilier de jardin et les jouets des enfants. Pour finir, avec les si nombreux cabanons en bois qui fleurissent partout en France et pas seulement dans les jardins des lotissements alors que la construction de la maison n’est pas encore finie. La petite maison de jardin répond aussi à ce besoin si actuel et si profondément ancré du désir de maison, couplé avec le besoin d'occuper l'espace.

Pour suivre le chemin

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes, Vue sur la Loire 

. Se promener sur les bords de Loire à Sainte-Gemmes sur Loire et à Bouchemaine pour admirer la déclinaison des gloriettes « in situ ». On trouve aussi des pavillons à Angers le long de la Maine et en centre-ville, cette fois-ci sans vue sur la rivière, mais peut être suffisait-il d’avoir la gloriette pour deviner la présence de l’eau….

. Consulter aussi la fiche de Thierry Pelloquet du Conseil général du Maine et Loire, du Service départemental de l’Inventaire, sur ce thème, avec en sous-titre  « Un témoignage de la villégiature ligérienne » sur

culture.cg49.fr/.../les-fiches-reflets-du-patrimoine-de-maine-et-loire/?...

Gloriette Bord de Loire, Sainte-Gemmes, Promenade 

. Lire la fiche très éclairante du Musée d’Orsay sur « l’essor du paysage » à l’intention de jeunes  visiteurs sur http://www.musee-orsay.fr/fileadmin/mediatheque/integration_MO/PDF/Essor_paysage.pdf

. Photos Elisabeth Poulain prises au fil des saisons, à voir dans l'album "Petites Maisons"

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Style de Pub > Dovedale Caravans > The Melvin & The Minum

29 Août 2012, 15:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ces caravanes sont anglaises, comme leur nom l’indique. Elles offrent la particularité d’être doublement présentées de l’intérieur, avec une photo qui atteste de la réalité et le plan correspondant à la disposition de l’espace. C’est sur cette double légitimité que repose la force des caravanes Dovedale. L’aspect extérieur n’en est pas oublié pour autant, puisqu’une photo de la caravane est placée au-dessus du nom de la série, elle-même figurant au-dessus de la photo et du plan. Le bon usage de l’espace est une des forces de ces caravanes, comme on peut le voir à ces visuels publicitaires originaux en noir et blanc pour les photos, en bichromie jaune et vert pour la Melvin et jaune et rose pour la Minum. Un texte écrit très petit détaille les équipements dont sont dotés les deux caravanes, sans oublier le nom de l’entreprise et son adresse.

Cette entreprise anglaise sera la seule à utiliser la praticité de l’espace intérieur dans le cadre d’une notion de gamme comme argument majeur de vente pour convaincre les acheteurs français dans la sélection que nous avons faite parmi les publicités parues en 1965 dans la presse spécialisée en France avant la grande exposition internationale de la caravane à Villepinte au nord de Paris, près du Bourget.

Pub caravane Dovedale, The Melvin

« The Melvin » Dovedale Caravan. Elle est certainement la plus grande de sa catégorie. Sa surface de 32 feet est même indiquée, avec ce goût très anglo-saxon pour la force des chiffres.  Elle comporte une chambre avec un grand lit, une vraie cuisine-salle à manger et un salon avec un chauffage, symbole d’un luxe à l’anglo-saxonne. Le visuel n’est pas tout à fait conçu sur le même modèle que la Minum. Il y a en effet une photo de plus ; c’est normal, c’est plus grand. La première photo montre le séjour doté d’un grand canapé, d’une cheminée, de la télévision. Quant au coin cuisine, il a tout le confort symbolisé par une véritable gazinière. Une salle de bain avec une baignoire sépare la chambre des parents de la cuisine située au milieu de la caravane. Le grand séjour occupe toute la seconde moitié de l’espace, avec une grande baie en largeur et de cinq fenêtres latérales.

Pub caravane Dovedale, The Minum « The Minum »  Dovedale Caravan. Celle-ci ne craint de se présenter comme la plus petite de sa catégorie (8 feet), soit 4 fois moins que la précédente. Pour bien le prouver, son nom « The Minum » joue sur les mots. On comprend bien qu’en français, on parlerait de minimum. Pour raccourcir le mot, il suffit d’enlever un i et un m pour faire minum, une tonalité latine avec la concision anglo-saxonne. Petite extérieurement, cette Minum sait être grande à l’intérieur : la marque présente une photo de l’intérieur, avec cette fois-ci le plan à droite et au-dessus toujours une photo prise de l’extérieur. Deux personnes peuvent facilement y passer leurs vacances dans cette structure qui offre un très bon ratio entre les équipements de base (lit, table rabattante, penderie succincte, plaque cuisson…) et la surface disponible. Trois fenêtres éclairent l’intérieur.

Au final, ces visuels n’ont pas du tout vieilli. Ils utilisent même la couleur pour faire ressortir le nom de leurs modèles et surtout elles se font admirer de l'intérieur, comme le feraient les caravaniers utilisateurs.  

Pour suivre le chemin

Retrouver les articles précédents de la série sur ce blog :

Style de Pub Caravanes > Thomson Caravan & Van Car de Van Dooren

Style de Pub > Caravanes > Wima et "A Lire avant vos Vacances"       

Style de Pub > Caravan-e > La Industrial Trailer et la Pierart Sestrière      

Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range      

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas      

Styles de pub > Caravane anglaise > Isn't she a beauty?      

. Voir toutes les publicités de caravane dans l'album-photos "Petites Maisons"     

 

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