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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Photo 1900 > Stéphane Passet > Paris > 89 Rue de Seine > Les 2 Portes

30 Août 2013, 15:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Traduction du titre. Il s’agit dans ce billet de vous présenter un cliché du photographe, Stéphane Passet, à Paris aux alentours de 1900. Il fut repéré par Albert Kahn, un alsacien vivant à Paris, très ouvert sur l’importance de l’ouverture du monde, de la richesse des  différences cultures et de l’impérieuse nécessité de faire œuvre d’inventaire au bénéfice de jeunes chercheurs de l’époque et des générations futures. Plus tard, le photographe fut envoyé par l’homme d’affaires et banquier dans plusieurs pays du monde  au cours de deux missions en 1912 et 1914, en particulier  en Chine, en Mongolie, aux Indes et au Pakistan. 

Deux Portes-89-rue-de-Seine-Albert-Kahn-Photo-S. Passet      

Du n° 89, on ne voit que le bas de l’immeuble. C’est un rez-de-chaussée lui-même coupé en deux,  car il n’y a qu’un seul numéro situé en hauteur pour les deux portes, avec un lampadaire situé juste entre les deux portes. A gauche «  les 3 marches » semblent être un magasin de vin qui devait être chic au vu de ses fenêtres et de la porte vitrée agrandie par imposte au-dessus. Cette façade vitrée dotée d’un arc agrandi par une imposte est très belle et très soignée. Un grand souci d’équilibre visuel a été apporté à la composition de la porte-fenêtre avec les deux vitrines, l’imposte et l’arche. Les  bouteilles de vin placées de chaque côté montrent qu’on pouvait goûter à l'intérieur  ainsi que la bière, comme l’indique l’auvent.  

A droite sur le cliché, l’Hôtel du Camélia, qui n’a que deux marches, s’est choisi un nom plus chic en gros caractères sur la façade. C’est un établissement qui dispose  de l’électricité et du gaz comme l’indique la petite plaque bleue. L’« Eau à tous les étages » n’est pas mentionnée. On peut penser que c’était le cas.  

Au rez-de-chaussée juste à côté des « 3 Marches », on voit d’abord la porte qui permet d’entrer. Elle est franchement plus petite que l’ensemble que le marchand de vin. Pourtant, elle est construite selon le même modèle, en suivant les lignes horizontales de la boutique de vins et l'arc au-dessus. La couleur rouge lie de vin est légèrement plus claire. Une question à laquelle je ne pourrai pas répondre est de savoir où conduisait cet escalier, uniquement vers les chambres de l’hôtel, l'atelier du cordonnier et vers d’autres logements ?  

Une autre ouverture apparaît. Il s’agit de la fenêtre-guichet qui indique qu’il y a là un cordonnier. La fenêtre est ouverte pour permettre d’appeler l'artisan quand on vient apporter des chaussures à réparer. Au-dessus du petit atelier qui doit être très étroit, une ouverture munie de deux barreaux a été ouverte dans le mur. Est-ce pour apporter de la lumière au réparateur de chaussures… ?

Deux Portes-89-rue-de-Seine-Albert-Kahn-Photo-S. Passet 

Trois signes de vie seulement apparaissent. Si je commence par la fenêtre de l’échoppe du cordonnier, j’aperçois une paire de chaussures sagement alignées à l’extrême droite. Elles doivent être réparées. J’imagine mal qu’on puisse laisser dehors une paire de chaussures non réparées. En poursuivant le champ vers la gauche, dans le magasin de vins, au milieu un homme est assis à une table. Il se tient la tête dans les mains.

Ces deux éléments me font penser à une demande du photographe pour donner de la vie à son cliché. Cela semble vraiment curieux. Un cordonnier n’aurait jamais laissé une paire de chaussures dehors, réparée ou non ; elle aurait été dérobée rapidement. Quant à l’homme, son attitude est tellement composée, qu’elle appelle cette remarque. Il y a une troisième curiosité qui va dans le même sens. Il s’agit du petit bac à fleurs placé derrière le lampadaire.  

 

La rue de Seine. C’est une petite rue étroite, très passante, au cœur du vieux Paris dans le 6è arrondissement en rive gauche de la Seine. Sa population était encore hétérogène. Plus on était près de la Seine et plus l’endroit était chic. Plus on s’en éloignait et moins le foncier était coûteux. On pouvait en dire de même en hauteur ; plus il fallait monter d’étages, moins le statut social était élevé et les loyers étaient toujours trop chers pour leurs utilisateurs. Les marchands de sommeil ont toujours existé. Une troisième dimension prévalait également. Elle découle de la structure du bâti dans de parcelles longues et étroites. Seuls les beaux hôtels avaient vue sur la rue. Au milieu, entre deux rues parallèles ou presque, des constructions étaient érigées en fonction des besoins de logement en particulier des domestiques. Il y avait une foule de « petites » gens qui vivaient entassés comme ils le pouvaient.

A Paris en ce  début du XX siècle, Stéphane Passet constitua un relevé photographique des façons de travailler des Parisiens en lien avec l’occupation de la rue. Il a travaillé ce faisant comme un véritable ethnologue spécialisé dans ces domaines. Il était en particulier fasciné par les affiches. Il était aussi un artiste qui savait faire parler les murs, les portes et les fenêtres… à la place des gens et savait repérer les jeux de couleur, comme ici entre la façade dominante  lie de vin avec des lettres blanches et une façade soumise blanche avec des lettres lie de vin.

Pour poursuivre le chemin

. Voir la belle sélection des photos faite par La Boîte Verte http://www.laboiteverte.fr/photos-de-paris-en-couleur-en-1900/

. Sur Albert Kahn, l’homme, le savant, le mécène, ouvert sur les cultures étrangères… http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Kahn_(banquier

. Photo à retrouver dans l'album-photos "Murs & co" sur ce blog.                                                                                                                                                                  

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Paysages normands > La Seine, Le Bateau, L'Herbe, La Grange, L'Arbre

28 Août 2013, 16:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont des photos prises à l’arrêt en marchant ou en roulant sur des petites routes du département de l’Eure pour redécouvrir, découvrir ou voir autrement une Normandie si traditionnelle, telle qu’on l’imagine, qu’on en vient à se demander si ce qu’on voit est bien vrai. Voici ces  quelques photos.

P1130222  

Toujours, il y a la Seine, ce fleuve qui est navigable par les navires de haute mer jusqu’à Rouen. Parfois on a la chance de l’apercevoir de haut. C’était le cas ce matin de l’été 2013, lors du traditionnel pèlerinage annuel de la chapelle perchée dans un chêne à Bas-Caumont sur la route qui va de la Bouille à Bardouville en rive gauche. Situé en hauteur sur la pente qui mène en haut du plateau, l'endroit est ouvert à la visite deux fois par an par son propriétaire qui accueille les visiteurs toujours nombreux.

P1130158

De là, il est possible de découvrir non seulement le chêne et la chapelle mais aussi la Seine et le bateau qui file vers le barrage de Pos et ensuite vers le Havre.     

P1130223 

La vague de fleuve qui suit nous rappelle que tout est mouvement dans la vie. La Seine n’est pas un long fleuve tranquille.

 P1130265

Le plateau. On l’atteint par une petite route sinueuse qui traverse la forêt qui couvre tout le coteau. En haut s’étendent de vastes paysages dédiés à la culture.

P1130275

  La vieille grange au toit de tôle rouillé forme un ensemble qui retient le regard, avec son extension couverte et la caravane qui n’a pu y trouver un abri. On a toujours besoin de place dans une ferme, d’où les extensions qui se collent à d’autres constructions… L’arbre sur la gauche est sûr de lui, tranquille dans la prairie.

  P1130274

Et voici un champ de blé encore vert, la haie de peupliers dans le fond et le ciel qui se charge de lourds nuages qui viennent de la vallée.   

Il y a ici tant de beauté tranquille qui se dégage de paysages à grande amplitude, si assurée que l’on comprend mieux pourquoi la Normandie attire autant. La proximité géographique entre Paris et la mer ne saurait suffire à expliquer les raisons  d’un tel engouement. Une des raisons à mon sens vient du « goût  de la terre », d’une vision de la terre qui ressemble à ce qu’on a appris à l’école, ou cru apprendre, tant ce qu’on voit ressemble à un livre d’images à faire rêver tous ceux qui aiment ces grands paysages emblématiques d’un certain art de vivre.

 Pour suivre le chemin

P1130184 

.La Chapelle perchée n'est ouverte que deux fois an par son propriétaire lors du pèlerinage très suivi dans la région. Ce sera l'objet d'un prochain billet. A découvrir en attendant sur   http://www.fondation-patrimoine.org/fr/haute-normandie-11/actualites-520/detail-patrimoine-insolite-decouvrez-la-chapelle-perchee-notre-dame-de-la-ronce-eure-306 

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Paysages"

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Toute la ville se retrouve à Emmaüs > Angers > Samedi après-midi

27 Août 2013, 16:43pm

Publié par Elisabeth Poulain

Explication du titre. Quand je dis que toute la ville d’Angers va au centre Emmaüs, j’exagère bien sûr un peu. Il est vrai que le samedi après-midi est bien le moment le plus chargé de la semaine. Il y a un peu moins de visiteurs le lundi après-midi ;  le mercredi après-midi se situe entre les deux, en terme de fréquentation. Il n’empêche, il y a toujours du monde à venir au centre pour acheter, apporter et jeter. Souvent toutes ces opérations sont couplées, en commençant par donner ce qui peut encore servir à la recyclerie Emmaüs et jeter dans les bennes de la déchetterie ce qui n’a plus d’usage, avant d’aller voir s’il y a quelque chose dont on a besoin ou qui plait au centre de vente.  Ici, dans ces bâtiments, règne la logique de l’objet durable que l’on donne et qu’on vient racheter à petit prix, mais pas le même. Je connais pourtant  des amis à qui c’est arrivé. Mais il est toujours possible de faire l’un ou l’autre séparément.  

Recyclerie-proche-Emmaüs-Angers

Le centre Emmaüs est situé à Saint-Jean de Lignières à l’ouest de la capitale angevine. Sur place on y trouve trois entités distinctes, une déchetterie gérée par Angers Loire Métropole, la recyclerie Emmaüs,  le centre de vente Emmaüs lui-même qui  est un  magasin d’objets et de mobiliers donnés (un second-hand  store) et au milieu de ces bâtiments un centre de vie  permettant d’héberger les compagnons qui travaillent et vivent là dans le cadre de l’association d’Emmaüs France pour la recyclerie ou le magasin de vente.

 Emmaüs Angers, le hangar n° 1

Les Compagnons. Ils sont l’âme du centre et sa raison d’être. Certains ne font que passer, le temps de reprendre leur souffle avant de repartir. D’autres sont ici depuis plus longtemps, ou reviennent donner un coup de main une fois retraités. Des personnes très diverses, des hommes le plus souvent. Je me souviens il y a quelques années, quand les pays de l’Est européen se sont ouverts, avoir pu ainsi parler avec des jeunes filles étudiantes venues de Hongrie, de Tchécoslovaquie…et qui s’étaient retrouvées à la rue. D’autres sont là depuis longtemps. Ce sont les seuls dont je donnerai le prénom avec leur accord bien sûr.

Emmaüs Angers, hangar n° 1, Placette extérieure, Caisse Marcel, Compagnon Marcel

C’est le cas de Marcel, retraité maintenant qui vient le mercredi et le samedi après-midi  à titre de bénévole. Il s’occupe de ce qui ne craint pas la pluie (les verres, la vaisselle, des vélos, des outils…) à l’extérieur près du grand bâtiment d’entrée. Tout le monde le connaît, dans sa petite maison de chantier à l’auvent ouvert, quand il est là.  Citons aussi Julien en gardien de porte, Bertrand qui restaure les meubles…  

Emmaüs Angers, hangar n° 1, Julien Compagnon Gardien de Porte

Le bénévoles de l’association. Ils s’appellent les « Amis ». Ce sont eux qui sont les garants du bon fonctionnement du centre dans le cadre de la charte éthique qui règle la vie des communautés Emmaüs en France et dans le monde et des accords conclus avec les collectivités, tout en respectant les règles légales des pays dans lesquels Emmaüs France et Emmaüs international interviennent.

Emmaüs Angers, hangar n°1, Amis Caissiers

Sur place, on les rencontre aux caisses quand on règle le montant de ses achats. D’autres sont en outre responsables d’un stand. Les nouveaux bénévoles qui intègrent le centre ont maintenant un « tuteur » bénévole  qui les forme pour assurer ce travail de gestion d’un stand ; c’est un encadrement qui a pour objectif de comprendre le mode de fonctionnement, de bien accueillir les visiteurs et acheteurs et de mettre les objets offerts à la vente en valeur.

Emmaüs Angers, hangar n°2, Ami Caissier

Le tutorat des bénévoles amis  s’inscrit dans une démarche de transmission d’un savoir-faire, de la même façon que les Compagnons apprennent aussi grâce aux plus anciens au centre. Le recyclage est aussi maintenant un vrai métier qui se faisait spontanément dans les siècles passés. On parlait alors des chiffonniers et des ferrailleurs. Ce savoir-faire de la récupération fut mis en lumière tout spécialement par l’Abbé Pierre dès les années 50.Il exerça une grande influence sur la société française, dans sa lutte contre la pauvreté, l’exclusion et les conditions de vie indignes...

Emmaüs Angers, hangar n° 1, centre Tableaux 

Le mode de fonctionnement pour les visiteurs et clients. On peut entrer librement pour voir s’il y a quelque chose d’intéressant quand on vient chiner ou ce qu’on cherche quand on a un achat précis en tête, et sortir de même. Un Compagnon se tient à la porte. Sa fonction de « gardien de porte », comme Julien, qui est un compagnon retraité,  est de contrôler que les personnes qui sortent avec un achat en ont bien acquitté le montant, auquel cas, ils ont un ticket tamponné « payé » à la main. La visite se passe sans autre formalisme. On regarde, on repère, on se décide puis on sélectionne l’objet choisie, qu’on apporte au bénévole ou au compagnon, homme ou femme, qui est là, affecté-e au rayon et on lui demande de nous le réserver. En contre-partie, la personne nous remet une quittance qui nous permet d’en régler le montant  à la caisse tenue par le bénévole de service. On va payer à une des caisses et on revient voir celui qui nous remet l’objet avec notre ticket payé que nous conservons. C’est celui-là qui est à présenter au gardien de la porte à la sortie. La boucle est alors bouclée.    

Emmaüs Angers, hangar n°1, Bibelots, Acheteuse et Comapgnon

Au fil du temps, les locaux du Centre de Saint-Jean de Lignières affectés à la vente se sont agrandis, au point de commencer à ressembler à un véritable hameau dans la campagne. On distingue les deux grands hangars :

Emmaüs Angers, Coin-Café, le Compagnon Gérard 

. le premier construit est affecté aux tableaux, aux bibelots et petites pièces, à la vaisselle, aux vêtements, aux jouets,  aux canapés, à de beaux meuble et à ce qui fait l’objet de ventes thématiques. Il y a même maintenant un coin-café bien sympathique, tenu par Gérard qui en a eu l’idée.

Emmaüs Angers, hangar n° 1, Placette extérieure, vélos 

L’installation est dotée d’une extension en plein air dont j’ai parlée, quand j’ai évoqué Marcel, ainsi que du vieux hangar couvert mais ouvert sur deux côtés, qui accueille du « tout-venant » avec des cadres, du vieux matériel, des petits meubles…  

Emmaüs Angers, Hangar n° 2, Compagnon Informatique 

. le hangar dernier né, situé dans le fond de la parcelle, en arrière de la route, est plus largement spécialisé dans les meubles meublants, les tables, l’électro-ménager, l’informatique et les livres.

Emmaüs Angers, hangar n° 2, Coin livres, Compagnon

Il possède aussi son extension plein-air qui est protégée d’un auvent. C’est là que sont placés des meubles courants à petits prix;  

Emmaüs Angers, près du hangar n° 2, petit jardin avec statues

. entre les deux, se situe une allée qui permet de joindre les deux ensembles, comme dans un village, avec son petit jardin orné d’une statuaire originale faite d’outils…

Un grand parking extérieur est affecté au stationnement des voitures indispensables pour venir les jours d’ouverture ordinaire. Pour les après-midis de grande affluence, il a déjà fallu construire un second parking un peu moins grand, situé de l’autre côté du hangar n°1, en continuant d’avancer sur la petite route qui va de Saint-Jean de Lignières à Saint-Léger des Bois. A gauche, on aperçoit des bâtiments militaires à travers les arbres d’un grand camp niché dans une forêt.     

La recyclerie est accolée à la partie du centre la plus éloignée. Une allée plantée d’arbres conduit au nouveau bâtiment. Il a été construit en retrait de la route, pour éviter les nuisances. C’est aussi une façon rationnelle de raccourcir les flux logistiques des marchandises entre ce qui est tout de suite jeté dans les bennes par les usagers à l’arrivée, un premier tri fait par le compagnon responsable, le stockage dans le hangar de la recyclerie par des compagnons de ce qui peut être vendu, selon leur affectation entre les différents lieux de présentation des produits offerts à la vente (le hangar 1, la placette et le vieux hangar ouvert de Marcel, le hangar 2…). 

Blog-Napoléon-Harfleur-2013-22-08 050 

Cette disposition spatiale est aussi une façon humaine de faciliter le travail et la vie des Compagnons et des Amis bénévoles associés.  Au milieu des bâtiments comme une sorte de cocon protecteur, un petit centre de vie a été créé pour les Compagnons. Il y a là en effet des petites maisons de plain pied qui se déploient en étoile dans ce qui était un champ, entre l’arrière du bâtiment en dur de la recyclerie, où sont stockés les objets qui craignent la pluie, l’allée d’accès et la petite route. Dans ce cœur d’ilot protégé de la vue extérieure, ces nouvelles constructions ont été implantées auprès de la vieille maison qui hébergeait au départ les Compagnons et les bénévoles du début de l'aventure. 

Cette belle aventure humaine, qui se poursuit en appliquant les principes éthiques qui règlent les conditions de travail et de vie des centres Emmaüs, est clairement axée maintenant sur la professionnalisation du travail de tous, la dimension internationale et en France, le maillage du territoire en synergie avec les institutions et autres associations avec toujours la chaleur humaine. C'est aussi pourquoi des personnes viennent ici simplement pour voir des gens sympathiques, pour le plaisir de chiner aussi, avec cette quasi-certitude que vous allez rencontrer des amis angevins ou d'échanger quelques mots avec  des personnes que vous ne connaissez pas, comme cette dame, spécialiste de la vaisselle de Limoges, qui nous a fait une démonstration éblouissante de cette tasse à café, une Bernardaud de Limoges (photo n°8).       

Emmaüs Angers, hangar n°1, Bibelots, des Chineurs curieux

 

Pour suivre le chemin

. Emmaüs Angers, Le Sauloup, 49070 Saint Jean de Linières,  02 41 39 73 39,  emmaus.angers@orange.fr

. Retrouver le Centre sur  son site  propre  http://www.emmaus49.com/fr/emmaus-angers/la-communaute/presentation-p12.html et sur https://www.facebook.com/pages/Emma%C3%BCs-Angers/186179121472893

. Sur le Mouvement Emmaüs, lire en première approche http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_Emma%C3%BCs

 

Emmaüs Angers, Abbé Pierre, peinture 

. Sur l’Abbé Pierre, l’essentiel sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Abb%C3%A9_Pierre                                                

. « Un Centre Abbé Pierre-Emmaüs, Lieu de mémoire, Lieu de Vie » s’est ouvert à Esteville, au nord de Rouen le 22 janvier 2012, Route d’Emmaüs 76690 Esteville, 02 35 23 87 76, www.centre-abbe-pierre-emmaus.org, contact@centre-abbe-pierre-emmaus.org. C’est la maison de l’Abbé Pierre où il aimait vivre et où il est inhumé. C’est maintenant un centre culturel. 

. Plus d’informations aussi sur Emmaüs-International sur www.emmaus-international.org présent dans 36 pays et travaillant en synergie avec 310 organisations…    

Emmaüs Angers, hangar n° 1, Placette extérieure, Vaisselle, Compagnon Marcel

. Photos Elisabeth Poulain à voir dans l'album photos Angers 3, un sous-album d'Angers    

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Paysages du Vin > La Fenêtre sur la Bouteille > Beaujolais primeur

26 Août 2013, 17:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre développé. Il s’agit dans ce billet de voir comment un négociant en vin ( ?)  « Fondation Jean Laffite » avec  ce Beaujolais primeur 1998, donne carte blanche à un peintre régional, Jean-Paul Ferrenx, pour célébrer la sortie de ce vin dont le lancement est devenu au fil des ans un événement tout autant médiatique que ludique qui ouvre la dégustation des vins de l’année. L’artiste a choisi comme thème « La Fenêtre ». C’est le nom de sa création qui figure sur la bouteille sérigraphiée avec un texte aux allures de poème à titre  de contre-étiquette. 

La fenêtre par J.P. Ferrenx, Bouteille sérigraphiée, Beaujolais primeur 1998, Fondation J. Laffte 

La fenêtre. Elle est peinte vue de l’intérieur, dans une grande explosion de couleurs. Le bleu couleur de ciel avec une pointe de parme est choisi pour la fenêtre elle-même, le ciel bien sûr, les deux chaises, l’étiquette de la bouteille et les deux verres. Le jaune est donné au panneau du mur encadrant la fenêtre et aux vitres de celle-ci, avec quelques rayures oranges pour les différencier du panneau vertical du mur.      Le rouge couvre les murs de chaque côté du panneau. C’est la couleur dominante avec le jaune. Le rouge est fort, au point de rougir la table, les deux murs de chaque côté du jaune et surtout les deux personnes, la femme et l’homme qui s’approchent, un panier à la main, sous le soleil si puissant qu’il s’est auto-attribué cette couleur.     Un vert tendre éteint réussit l’exploit d’apparaître comme une couleur neutre qui peut cohabiter sans souci avec toutes ces couleurs fortes. Il reste à souligner le rôle intéressant du noir qui se met au service de l’ensemble pour donner le style. 

La fenêtre par J.P. Ferrenx, Bouteille sérigraphiée, Beaujolais primeur 1998, Fondation J. Laffte 

La relation entre le dedans-dehors. La sérigraphie a beaucoup à dire de ce point de vue. Prise de l’intérieur, elle a pour objectif de mettre en valeur le paysage devant la petite table ronde avec ses deux chaises avec les deux verres placées à côté de la bouteille. L’ouverture montre justement les deux dégustateurs qui s’apprêtent à arriver, juste à temps pour s’asseoir et déguster. C'est donc une fenêtre vue de l'intérieur, pour voir l'extérieur et inviter ceux du dehors à entrer dedans.

La fenêtre est plus qu’un signe d’ouverture, puisqu’elle est ouverture elle-même. Cette fenêtre, qui donne son nom à la bouteille et au vent, est une franche réussite de ce point de vue. C’est une invitation à entrer. Comme symbole, il n’y a pas plus fort.  

Pour suivre le chemin

. Fondation Jean Laffite, 69800 Saint-Priest

. Jean-Paul Perrenx, « La fenêtre », avec le texte suivant  «  Le soleil  est en feu étrangement carmin par la fenêtre bleue. Il ressemble à du vin et à la vigne  si verte par la fenêtre bleue, par la fenêtre ouverte prend feu ». http://www.jpperrenx.fr/.

. Sur le thème de la fenêtre, voir sur ce blog Deux photos prises de la rue > La fenêtre à grille > Le Dehors-Dedans

. Photo Elisabeth Poulain         

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Style de Pub + BD > La Main de l'Homme & + > Recycler les Lampes

24 Août 2013, 10:25am

Publié par Elisabeth Poulain

Eclaircissement sur le titre. Il s’agit de montrer dans ce billet comment un organisme officiel de recyclage des ampoules usagées conçoit sa publicité en faveur de la dépose volontaire par ceux qui les ont achetées. L’organisme non cité dans  le titre s’appelle Recyclum. Pour sensibiliser les parents des enfants, il fait appel à des dessinateurs bien connus d’eux.  Comme dans le billard à deux bandes, la cible apparente n’est pas seulement la cible réelle. Il s’agit de séduire les parents en leur rappelant leur jeunesse pour habituer les enfants à cette démarche volontaire de recyclage des déchets.

Recyclum, Frères Dalton + Lucky Luke 

L’argumentaire. « Recycler ses lampes, tout le monde s’y met. Vous aussi, déposez-le au supermarché, magasin de bricolage ou déchèterie. Ce geste simple préserve les ressources naturelles et évite les risques de pollution. En effet, une fois collectées, les lampes sont intégralement traitées, puis recyclées. Il n’y a aucune raison de ne pas vous y  mettre. »    

L’idée de l’agence publicitaire Posterscope Agency. Elle est de faire appel à des héros célèbres de la grande époque franco-belge de la Bande Dessinée, dont on ne verra que la main, un morceau de bras et parfois un autre signe identificateur.  Il suffira alors de figurer la main qui jette l’ampoule  pour fixer le geste dans la rétine pour toujours, comme les dessins sont restés dans notre mémoire.

Recyclum, Schtroumf 

La main mais quelle main ? Il s’agit de montrer la simplicité du geste.  Pour cela, les Frères Dalton d’un côté acceptent de se placer du côté des gentils, tout en restant de leur côté. Ils font face à Lucky Luke dans ce visuel paru dans Le Monde récemment. De son côté, un schtroumpf au bonnet blanc qui dépasse va déposer de sa main à quatre doigts forcément bleues une lampe. Face à lui sur le côté gauche mais un peu après, un homme en costume noir va faire de même mais cette fois-ci avec sa main gauche. Il reste à vous citer le marsupilami si célèbre avec son long bras et sa main si agile, qui s’apprête à faire ce geste bon pour la planète que vous connaissez mieux désormais.

Recyclum-Marsupilami

 

Pour terminer par une note un peu marrante, une suggestion: ce serait vraiment bien si  Lucky Luke pour une fois associé aux Frères Dalton, devenus des gentils, avec tous les Schtroumpfs et  le Marsupilami, constituaient un groupe de choc pour emporter à notre place ces vieilles ampoules, à notre place dans les endroits adaptés. On peut rêver...

 

Il n'en reste pas que cette petite série est peu éclairante. Elle jette même une ombre. J'emploie volontairement ces termes. Jugez-en: voici des ampoules qu'on appelle des lampes. Ensuite et surtout ces dessins n'ont pas d'auteurs réels. Les créateurs de ces célèbres personnages de bande dessinée sont tous décédés. Les dessins sont fait à "la manière de...". Regardez bien, aucun n'est signé par leur auteur d'aujourd'hui. C'est bien la raison pour laquelle à mon tour je ne les citerai  pas. Relisez donc vos vieux albums, que vos enfants vous ont piqués depuis longtemps. Ce sont des trésors de finesse.        

 

Pour suivre le chemin

 . Voir notamment les sites  http://www.recylum.com/   ainsi que  http://www.malampe.org/videos-sur-le-recyclage-des-lampes-usagees  

. Le Monde du 26.02.2013 pour le visuel avec les Frères Dalton et Lucky Luke

. Le magazine de Leroy Merlin, Du côté de Chez Vous, mai-juin 2013 en page 4 de couverture pour la main du schtroumpf

. Le marsupilami dans l’article (2011 ?) d’Aurélie Barbaux, journaliste à l’Usine nouvelle, qui soulève des vraies questions,  à voir  dans  http://blog.usinenouvelle.com/innovation/non-classe/lampoule-basse-consommation-est-elle-vraiment-bonne-pour-lenvironnement/#more-1320

   . Sur la main, voir sur ce blog  Style de Pub > La Main de l'Homme > Ce qui se boit, se goûte, se pétrit

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Deux photos prises de la rue > La fenêtre à grille > Le Dehors-Dedans

23 Août 2013, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Explication du titre. Le dehors-dedans vise à éclairer les rapports que nous entretenons avec  un autre espace quand nous sommes dehors dans l’exemple qui va suivre, sachant que cette relation vue de l’extérieur se double d’une relation intérieure. La fenêtre à grille peut être vécue du dehors, tout comme elle peut l’être du dedans, avec un jeu subtil qui s’établit entre les deux.  

  

De la rue vers l’intérieur de la maison. Ce sont deux photos qui continuent à m’interpeller. Je les ai faites il y a quelques années en vacances entre vallée du Lot et vallée de la Dordogne en me promenant dans une rue piétonne du centre ancien d’une petite ville au riche patrimoine. Les deux ouvertures sont placées en hauteur par rapport au niveau des yeux des passants, la fenêtre à un niveau intermédiaire entre le rez-de-chaussée et ce qui aurait pu être le premier étage. La seconde ouverture en forme d’œil de bœuf est située plus haut sans que l’on puisse une attribuer une fonctionnalité évidente vue de dehors. Est-elle située dans un escalier, une petite pièce de service, un grenier… ?

Fenêtre à grille, Vallée du Lot

. La fenêtre et ses volets. Elle est un modèle de simplicité raffinée. Sa forme est rendue encore plus banale en raison de  ses dimensions moyennes. Les volets sont de bois plein. Ils sont été faits par un artisan qui s’est adapté à la situation. Le vantail de droite, quand on est à l’intérieur est légèrement plus étroit que celui de gauche – à droite sur la photo-.  En témoigne le petit taquet en forme de butée placé en haut du cadre de bois pour caler le battant le plus étroit qui, clairement n’est pas placé au milieu. On voit aussi que l’installation de la fenêtre est ancienne, comme le montre le taquet scellé avec du ciment tout en haut au-dessus du cadre dans le mur.

C’est la grille de la fenêtre qui attire et retient le regard. Elle est  bizarrement composée, avec des parties qu’on dirait presque rajoutées, comme les deux barres horizontales du haut et du bas, celles qui sont curieusement torsadées les quatre moitiés dans le même sens. Au vu de la finesse du motif central, on aurait pu s’attendre à ce que les torsades soient inversées par rapport à l’axe central.

En restant dans la partie extérieure,notons que la grille n’est fixée aux murs que par des attaches extérieures, sans scellement dans le mur. L’épaisseur du cadre de bois explique peut-être cela. Ce point est important. Il signifie que la grille est d’apposition relativement récente. Théoriquement ce mode de fixation interdit aux habitants de la maison d’avoir accès aux boulons alors qu’il est possible de le faire du haut d’une échelle posée sur la mur dans la rue.  Une deuxième série de barres horizontales plus fines encadre le motif central harmonieusement placé au centre.

Le motif central. Il est vraiment très joli, avec ce premier cercle sur lequel s’appose quatre cercles aplatis qui se collent au premier et se terminent en boucle avec une pointe de lance torsadée pour finir le motif. Quatre pointes de lance plus grandes sont soudées sur le premier cercle et rattachées par une bague aux quatre pétales  pour assurer la présence de la grille dans les quatre coins du carré.

Fenêtre, Oeil de Beuf à grille, Vallée du Lot . L’œil de bœuf. Il est tout petit et est franchement attendrissant, tant il s’adapte aux deux pierres dans lesquelles il a été creusé, sans recherche inutile de la parfaite symétrie. Cette fois-ci le scellement a été si profond que la pierre s’est cassée sous l’effet du gel associé à celui du temps.  

Sa grille est à la fois très simple, c’est une croix soudée en son milieu et massive. Quatre petits motifs comblent le vide tout à fait relatif aux quatre espaces formés par la croix. Je ne saurai parler de « coins ». Les motifs sont en faits des lames de métal chauffés aux extrémités de façon à les enrouler sur eux-mêmes, soudées et liées aux quatre parties de la croix par une attache elle-même soudée. L’ensemble se suffit à lui-même car il ne semble pas qu’il y ait par derrière une fenêtre, une vitre ou grillage contre les oiseaux.

. Les fonctionnalités assurées par la grille de la fenêtre. Il semble assuré qu’elle répond à un besoin de protection pour les personnes du dedans. La fenêtre étant placée bien au-dessus du regard du passant, il ne s’agit pas d’empêcher la vue dedans. Par contre, elle pourrait se révéler intéressante pour seulement dissuader ceux du dehors. Elle permet de laisser la fenêtre ouverte le jour et fermer la nuit pour se protéger du bruit et du froid l’hiver. C’est plutôt sa situation en hauteur sur un mur exposée à la vue de tous qui est une protection.

. Quant à celles de l’œil de bœuf avec sa grille, la seule explication que je peux émettre est qu’il existait au temps où la maison a été construite, vraisemblablement pour donner un peu de lumière et aérer le grenier, si grenier il y a derrière le mur. La ferronnerie ne peut avoir qu’une fonction défensive, aussi bien en réel que psychologiquement.   

Vous avez bien compris que j’ai une vraie tendresse pour ces deux clichés de couleurs tendres, au crêpi au ton ocre clair avec des volets blancs pour la fenêtre, sa grille repeinte en blanc qui ressort sur le noir de l’intérieur et à la pierre jaune-ocre clair qui ressort sur le crépi légèrement gris, avec la ferronnerie noire sur noir. Quant à savoir ce qui se passe derrière les grilles, nul ne le sait. La seule certitude est que les habitants ont besoin de lumière, d’air et d’intimité, en ces petites villes de vallées de petite montagne où les hivers étaient rudes et les été chauds.

Pour aller plus loin

. Ce billet s'inscrit dans une démarche plus large qui vise à mieux sentir l'espace que nous avons créé au fil des siècles, à savoir le mur, la porte, la fenêtre...

. Sur ce thème, voir notamment sur ce blog  Le Mur de la Caserne Verneau > Angers Rive droite, Rue du Général Lizé   La Ronde des Portes > La Porte rouge > Bruxelles    Le Monde des Murs > Le Mur d'Hadrien > Entre l'Angleterre et l'Ecosse  

. Photos Elisabeth Poulain  prises au Pays basque il y a quelques années.      

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Harfleur, entre Lézarde, Seine et Mer > L'attrait de la carte dessinée

22 Août 2013, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une petite ville de Normandie  de 8 000 habitants. Autrefois protégée par ses remparts, elle s’est développée au Moyen-Âge autour de la Lézarde. C’est le nom de sa  rivière de 14 kilomètres de long qui se jette dans l’estuaire de la Seine, en rive droite.   

Harfleur est aussi la toute proche voisine de la métropole du Havre, qui est avec Marseille, un des deux plus grands ports de France. Elle est positionnée en rive droite de la Seine, alors que sa « consoeur », Honfleur, est  située de l’autre côté du Pont de Normandie, en rive gauche, proche du littoral très renommée pour sa richesse artistique et culturelle, avec Deauville et Trouville en fer de lance.

    Harfleur-Plaquette-touristique-Carte-dessinée

Quant à cette voisine d’Honfleur et du Havre, elle a d’autres atouts. Elle dispose d’un patrimoine qui s’inscrit dans le temps long de l’histoire et qui est proche des gens. Son centre ancien se déploie essentiellement en rive gauche le long de la rivière canalisée qui borde l’église Saint-Martin à la longue histoire.

Une des solutions pour inciter les touristes à s’arrêter à Harfleur le temps d’une petite pause et « plus si affinités » est de jouer de sa vitalité commerciale et de sa petitesse à taille humaine en montrant visuellement le patrimoine ancien à découvrir au cours d’une balade urbaine sympathique et chaleureuse.

       Harfleur-Plaquette-touristique-Carte-dessinée-page 2-Quai de la Douane 

La carte dessinée, avec ses monuments, plutôt qu’un plan traditionnel de ville. Telle est une des solutions retenues par Harfleur qui a en plus joué de sa proximité avec le Royaume-Uni. De nombreux touristes sont en effet de de culture et de langue anglaise. Il y a donc deux cartes dessinées, l’une en français et anglais qui met l’accent sur « le circuit touristique » et l’autre en anglais « Harfleur, Heritage of Life. »  

La carte dessinée « Harfleur, Sites remarquables ». Elle figure au centre en page 6 et 7 d’une petite plaquette de 12 pages. Elle indique une promenade en 9 stations qui figurent en rouge sur le dessin. Les bâtiments et sites remarquables  sont dessinés à chaque fois, avec des bateaux sur la Lézarde, des maisons anciennes à colombages pour montrer les habitations, des arbres de différentes variétés pour indiquer le végétal  et le patrimoine bâti à voir absolument. Chacun des 9 thèmes est expliqué par un texte explicatif clair et illustré par  un ou plusieurs documents. 

Harfleur-Dépliant-touristique-Carte-dessinée

La carte dessinée dans « Harfleur, Heritage of Life », la plaquette en anglais. C’est quasiment la même avec cette fois-ci 8 thèmes à voir. Les couleurs de fond sont plus claires, le circuit de promenade a disparu et les visites  des maisons à pan de bois sont remplacées par la découverte du « Clos aux Galées » qui est une partie de l’ancien mur d’enceinte qui protégeait la ville fortifiée au Moyen-Âge, la suppression d’un des arrêts au départ ne changeant pas vraiment la donne. Cette fois, le document est un dépliant, avec la carte toujours au centre encadré de huit textes courts avec une photo du site à chaque fois.  

 Les deux documents répondent à des besoins différents. Le premier, qui comporte un feuillet de plus, peut être utilisée de deux façons différentes, soit en se limitant à une portion de la visite -  ce qui a été notre cas - soit en approfondissant la connaissance en lisant parallèlement le texte avec une photo de bonne qualité.  Le second réduit est destiné à des touristes qui ont moins de temps à se consacrer à la découverte de la ville ancienne.    

Harfleur-Dépliant-touristique-Carte-dessinée-Les Quais

Si je ne devais que garder une des deux cartes, ce serait à coup sûr le petit livret avec sa carte du premier sur fond bistre avec le tracé en rouge qui me donne envie de revenir – un jour – voir le reste de la ville ancienne…Quoi qu’il en soit de la réponse à cette problématique, le pari est réussi pour cette petite ville animée et accueillante que nous avons eu plaisir à découvrir avant d’aller au Havre.  

Pour suivre le chemin

Voir le site de la ville pour connaître l’essentiel sur http://www.harfleur.fr/spip.php?rubrique12

Harfleur-Centre-ancien-Eglise-Saint-Martin

.Des sites spécialisés en histoire et patrimoine comme http://harfleur-histoireetpatrimoine.over-blog.com/albums.html, un forum interactif avec une jolie carte  http://caenrr.forumactif.com/t623-baronnie-harfleur-angelique 

. Photos plaquette et dépliant de la ville, Wikipedia pour le dernier cliché

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M comme Man > Le Vieil Homme aux Peignes > Georges Tournon

19 Août 2013, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

Georges Tournon devait être un artiste parisien   qui avait acquis une dextérité certaine dans l’art de croquer le petit peuple de la rue. Il avait une réelle prédilection pour repérer et dessiner d’après-nature des personnages de la misère d’entre les deux guerres. Clochards recroquevillés par le froid et la faim, couples de vieux assis sur un banc, vagabonds errants… il associait à ces exclus « au bout du rouleau », des vendeurs de « quasi-rien », qui, contre quelques sous, cédaient aux passants des fleurs, du mimosa, des plumeaux… ou jouaient de l’orgue de barbarie portatif à la sonorité si déchirante qu’on ne l’oublie pas une fois qu’on l’a entendue.

 

Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon 

Son modèle ce jour-là était un vendeur de peignes l’hiver quand il fait froid. Le vieil homme est bien couvert, avec son manteau long marron couleur de muraille, avec des reflets mauves d’usure. Il a de grosses chaussures, un foulard vert autour du cou et un chapeau enfoncé jusqu’aux oreilles. Sa barbe blanche pousse librement loin des paires de ciseaux d’un coiffeur. De ses cheveux, on ne sait rien.

Par contre, on voit très clairement les cinq peignes à grosses dents que l’homme tient dans sa main gauche sans gant, pendant que la droite se réchauffe dans la poche du manteau. La curiosité vient de la couleur des peignes, avec trois bleus, un crème et un noir. Les peignes étaient dans ce début du XXe siècle en corne. Il semblerait qu’il s’agisse de peignes à queue pour démêler les cheveux courts. Outre la couleur qui indiquerait plutôt un peigne en celluloïde, l’étonnant porte sur la largeur des dents du peigne.

  Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon

Le dessinateur devait croquer les silhouettes sur le vif et finir de coloriser chez lui avec les  moyens du bord les moins chers. Pour lui, il n’y avait pas de toile ou d’huile. Georges Tournon utilisait le crayon, le pastel, le fusain et la craie. Sur le peintre lui-même, on ne trouve réellement que peu de choses sur le Net. Même les dates ne collent pas. Celles indiquées, 1928-1958, ne peuvent expliquer qu’il aurait dessiné des croquis de char camouflé pendant la première guerre mondiale.

Que reste-t-il d’un homme, quand il a disparu?  Cette question emblématique de la condition humaine pourrait être totalement associée au dessinateur. Elle peut l’être encore plus à  ses « pauvres héros », comme ce vendeur de peignes dans la rue, qui n’a rien, ni nom, ni localisation, ni date. Et pourtant cette hypothèse est erronée.  Fludiose-Le Viel-Homme-aux-Peignes-Georges-Tournon

Car c’est bien la publicité et la revente des visuels sur le net qui permettent de garder la trace et de l’homme aux peignes et de son créateur pour " le Laboratoire de     Médecine expérimentale de Beauvais", qui devait être un organisme gouvernemental,  comme il est écrit en tout petit tout en bas de la planche. Le plus étonnant pour moi est de n’avoir rien trouvé ou si peu sur ce dessinateur doué.  Car c’est vraiment le moment de porter attention au regard du vieil homme, un regard fort d’un homme aux aguets. Son repas du soir est en jeu et sa vie aussi.  Et pourtant ce n’est pas un homme vaincu. Contrairement à d’autres créations de l’artiste sur des indigents, cet homme a sa dignité.

Pour aller plus loin

. Concernant le dessinateur Georges Tournon, je n’ai réellement aucune source à vous indiquer. J’ai trouvé cette affichette à la Bouquinerie Dutru, Rue Lionnaise à Angers, sans autre indication que le nom de l'annonceur. Le dessin est imprimé sur un papier à dessin d’un bon grammage, protégé par un calque qui porte le nom de Fludiose suivi du texte publicitaire suivant : « Sous l’influence de la Fludiose, le sang se rénove, l’appétit renaît, le poids augmente, la vigueur s’accroît, les pâles couleurs disparaissent ».  Il y avait un autre visuel de la même série, qui m’a moins intéressé. Il était plus convenu même s’il était très réussi aussi. On y voyait une très jolie jeune maman bercer son bébé aux jolies joues rondes, grâce à Fludiose bien sûr.

. Le Laboratoire de médecine expérimentale de Beauvais a exercé ses fonctions de 1920 à 1960. Il reste connu grâce à ses buvards publicitaires.   

. La Fludiose est encore très présente sur le Net ; c’est du manganèse recommandé pour les enfants et… visiblement ici pour les personnes âgées dénutries. http://www.amazon.fr/livres/dp/B009RQ6RU0 . Le laboratoire était un grand utilisateur de la publicité, http://cartes-postales.delcampe.fr/page/item/id,106682439,var,PUBLICITE-FLUDIOSE-LABO-MEDECINE-EXPERIMENTALE,language,F.html  

. Visiter la vieille usine  de fabrication du peigne à Ezy-sur-Eure, en lisant avant son histoire sur    http://hist-geo.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article229

. Voir le site très pédagogique et renseigné sur le peigne en corne d’un fabricant qui en vend sur le net http://peignecorne.com/fabrication.htm

. Photos Elisabeth Poulain

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N comme Nana > Les 5 plus Belles Blondes du Monde du Vin

14 Août 2013, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont françaises au moins pour trois d'entre elles , il faut le dire clairement et fort, d’abord parce que c’est « vrai » autant qu’une chose puisse être vraie en publicité. L’autre raison est plus solide, me semble-t-il. Ce sont des publicités françaises, en faveur de vin français, faites aussi pour 3 d'entre elles pour le marché français. D'eux d'entre elles ont dû être conçues pour le marché anglo-saxon et plus.

La Blonde. Elle a un statut tout à fait à part dans l’histoire d’abord et la publicité maintenant. La blondeur de ses cheveux associée à la finesse de sa peau blanche vont de pair avec la rareté du phénomène. La couleur naturellement pâle de ses cheveux et de sa carnation vient en effet d’un  gène récessif originaire des pays nordiques.

Symbole de la féminité pour certains, qui attribuent la naissance du monde à l’apparition d’Eve sur terre, la femme blonde peut aussi et surtout en publicité   porter les valeurs de Grâce Kelly, qui a su allier sa beauté naturelle  à la distinction aristocratique du fait de son appartenance à la haute société et au monde du cinéma. C’est plutôt dans cet esprit qu’ont été choisies les cinq égéries blondes du Monde du Vin, à savoir Médoc Bordeaux, Bordeaux, Bordeaux Modern Classics, Bordeaux L’Ecole du Vin  et l’inconnue du « Monde des Saveurs. »

Femme-du-vin-1- Marianne-Bordeaux-Médoc-2003     

. La première, vous la connaissez déjà, avec ses cheveux courts et son petit pull ras nus qui laisse voir des bras fins. C’est la plus célèbre. Marianne, Maître de Chai a été superbement photographiée par Jean-Marie Perrier pour l’agence Créhallet Pouget Poulssiegues. Elle incarne avec une grande justesse « tout un monde de finesse. »

Femme-du-vin-2-Oriane-B-Bordeaux-   

. La seconde s’appelle Oriane M. Cette propriétaire sans nom « constate la réussite de son assemblage », avec ses cheveux longs décoiffés et son regard qui hésite entre la caméra et le vin qu’elle tient dans son verre. Le photographe a capté l’éclat du sourire mais n’est pas JM Perrier qui veut. Elle représente « le  goût en héritage ». Elle est serait donc une fille de …, ce qui parait peu vraisemblable.

Femme-du-vin-La queue-de-cheval-Bordeaux-3-Modern-Classics-Decanter 

. La troisième a aussi les cheveux longs mais cette fois-ci, ils sont sagement retenus dans une queue de cheval lâche par une grosse barrette rouge signée du B de Bordeaux. Cette blonde se présente à nous dos nu. Elle n’a ni nom, ni vêtement ; elle est simplement vêtu de sa seule barrette. Elle illustre la campagne « Bordeaux Modern Classics » à l’intention des marchés anglo-saxons. Elle a été sélectionnée par Decanter en association avec le CIVB, pour figurer sur la page 1 de couverture d’un encart de Decanter. La photo fait partie d’un fonds d’images.

Femme-du-vin-4-Bordeaux-Ecole du Vin- 

. La quatrième est une blonde à cheveux courts, habillée d’une robe blanche doublée d’une gaze fine qui laisse deviner son sein gauche et voir son dos.  Elle a le regard franchement coquin, dirigée droit dans le regard d’un homme en costume blanc avec une chemise ouverte heureusement sans cravate. Le titre du visuel de ce supplément fait pour les marchés anglo-saxons ne manque pas d’interpeller « Be seduced par the Bordeaux Wine School », avec cette question « qui séduit qui ».  

Femme-du-vin-5-Tire-Bouchon-Elis 

. Arrive enfin la cinquième et dernière. Celle-là a les cheveux courts et les dents solides. Elle les a bien belles et bien blanches. Grâce à elles, elle croque les bouchons à pleines dents. C’est elle qui aura le dernier mot. Elle permet de répondre à la question « qui séduit qui? ». Visiblement c’est elle, qui appartient aux « saveurs de vin », avec ce slogan « plus loin dans le monde des saveurs ». C'est la plus joyeuse et la plus "punchy" du lot. C’est un visuel publicitaire pour un tire-bouchon électrique Elis, une production de Peugeot-Saveurs, paru dans Le Point Spécial Vins du 3 septembre 2009.        

Pour suivre le chemin

. Lire sur « le mythe de la femme blonde », un article qui cite Marilyn Monroë  http://www.psychologies.com/Beaute/Cheveux/Couleurs/Articles-et-Dossiers/La-blondeur-un-mythe-sans-cesse-recree

. Lire sur ce blog des billets sur les femmes vus par les publicitaires: N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co   , N de Nana > La Femme couchée dans l'herbe > Une image de détente et +   

. Une remarque concernant les visuels 3 et 4, Bordeaux-Modern Classics & Bordeaux Wine School » : ils n’ont pas été conçus pour le marché français qui interdit aux publicitaires d’associer directement l’image de la jolie jeune femme séductrice à la publicité pour le vin, ce qui n’est pas le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis…    

 . Photos Elisabeth Poulain

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Photos > La Vallée de la Seine > de Rouen à Caudebec > Boucles & Berges

12 Août 2013, 17:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Des photos un peu particulières. Elles le sont car elles ont été prises en roulant, assise à la place à côté de la conductrice en allant de Rouen à Caudebec en Caux.

 

Elles ont le mérite de l’instantanéité,sans possibilité ni volonté d’en faire de trop. Ce sont ce que j’appelle des photos aléatoires.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-2-Le Côteau

 

Le trajet entre les boucles et les berges de la Seine. Il permet de voir vraiment une grande variété de paysages, sur une quarantaine de kilomètres, dans des sites qui ont d'abord été façonnés par la Seine et travaillés ensuite par l'homme.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-3-Le-Côteau

Il emprunte la départementale D182,qui domine Rouen avec au premier plan la zone portuaire, avant de traverser la forêt très présente dans les boucles de la Seine et au-dessus.

Mon choix. Il est de voir la nature telle qu’elle s’exprime dans le travail de l’homme. C’est dire que mes photos racontent une longue histoire qui a commencé il y a bien longtemps, avec d'abord des champs gagnés sur la forêt.

Sur la droite, de belles pièces de terre alternent entre herbages et blé sur le coteau quand il n’est pas trop pentu, le reste est resté en bois.

Paysages de Seine-entre-Rouen-Caudebec-en-Caux-1-Champ-de-Blé-avec-meules

La moisson a été faite, le grain récolté et le foin compressé en rouleau. Il sèche au soleil en attendant d’être rentré à la fin de l’été.     

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux -4-Champ-Maïs

 Sur la gauche, du côté du fleuve qu’on ne voit pas, c’est un champ de maïs qui éclate de vigueur. La terre ici est plus humide que de l’autre côté. On n’y voit pas d’arrosage ni en journée, ni le soir, tant le climat normand fait bien les choses.  

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-5-La-Seine

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-8-la-Seine-le-Côteau

La route redescend vers la Seine. Cette fois-ci, on le voit enfin, ce grand fleuve, large et puissant. Ce doit être la marée haute, tant le niveau est élevé.Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-10-Maison

La différence entre les deux rives apparaît clairement, au côté droit, là où se trouve la route, des maisons apparaissent de chaque côté, bloquées très vite par des hautes falaises blanches.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-9-La-Falaise-Craie

En rive gauche, on ne voit que du vert,avec en particulier des saules et des hauts peupliers qui sculptent le paysage en hauteur.

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-6-La-Seine

La traversée de Caudebec en Caux nous amène sur le plateau. C’est là que se termine cette petite série, avec un champ où le blé n’a pas encore été moissonné. D’autres paysages nous attendent où l’influence de la Seine se moins sentir, mais là avec aussi de très belles découvertes. En attendant, regardez bien les ciels et constatez le pouvoir d'attraction de l'eau.   

Paysages-Vallée-de-la-Seine-Rouen-Caudebec-en-Caux-Sur-le-Plateau

Pour suivre le chemin

. Emprunter la D982 de Rouen à Caudebec sur Caux et là tourner à droite monter le coteau raide par la D131.

. Sur ce thème de la photo aléatoire prise pendant un transport, voir sur ce blog  Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre     Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

    

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