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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Gelati Amo > Les Glaces de Tiziana Biliato > Marché de la Pommeraye > 49

11 Juillet 2013, 08:25am

Publié par Elisabeth Poulain

Samedi matin, c’est le jour du marché à la Pommeraye sur le côteau qui domine la Loire  à quelques kilomètres du pont de Montjean qui permet de traverser le grand fleuve qui se montre sous ses plus atours d’été. On y voit des pêcheurs dans l’eau presque jusqu’à  mi-corps, ou sur des barques à fond plat arrêtées dans les passages à poissons en tête des iles couleurs sable doré qui parsèment le grand fleuve qui cette année est particulièrement en eau.

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Assis à une table de café, des vacanciers et quelques cyclistes qui chaque jour tracent un bout de Loire, rive droite et/ou rive gauche, reprennent leur souffle en  regardant l’eau couler. Le farniente sous le soleil de Loire, dans un air encore frais et limpide d’’un été qui vient juste de commencer, ce sont là des vrais  plaisirs de vie qui évoquent celui de se promener le soir à la fraîche au bord de l’eau du lac de Côme en Italie du Nord, un cornet de glace à la main, crème glacée ou sorbet de fruit, pour varier les plaisirs.

Quand on est italienne comme Tiziana Biliato, originaire de Côme située au bord du lac du même nom, dans le nord de l’Italie, dont toute la famille vit encore à « Como »,  une des choses qui lui ont manqué depuis qu’elle vit en France, dans le Val de Loire à La Pommeraye, ce sont ces glaces qu’on déguste à chaque âge de la vie, pour la promenade du soir, après le repas ou quand a une petite faim, pour le plaisir d’être ensemble.   

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C’est ainsi qu’est née chez elle l’idée de produire ses propres glaces artisanales italiennes, à partir des matières premières de qualité d’ici, issues pour une partie du riche terroir des bords de Loire, surtout en rive gauche, celle qui attire le plus le soleil. Tiziana Biliato est une fervente défenseure du produire local. Pour les sorbets par exemple, elle fait appel à des producteurs voisins, pour les fruits rouges, la menthe également…Pour la rhubarbe, le circuit est encore plus court puisqu’elle vient de son jardin. Les fraises viennent de chez Emmanuel Cesbron. Quant au lait entier et à la crème liquide, elle se fournit auprès du Gaec « La Forte Maison ». Tous les deux sont à la Pommeraye bien sûr.  

Avec sa camionnette qui conserve le froid, elle vend ses glaces dans les marchés, comme ce samedi matin à la Pommeraye, à Montjean et à Angers au marché Lafayette. Elle se déplace aussi dans les manifestations culturelles d’été à Angers comme Tempo Rives ou Les Accroches Cœurs et  les nombreuses fêtes de villages qui fleurissent à la belle saison. Elle reçoit aussi les clients chez elle, le jeudi après-midi.

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Et c’est ainsi que j’ai passé le samedi matin dernier au chaud soleil de l’Anjou quand il se décide à comprendre qu’on est enfin en été. Je suis arrivée un peu en avance pour me balader dans cette petite ville de 4 000 habitants située à 3kms des bords de Loire qui accueille la vigne en particulier aux Rinières sur des schistes dans son versant penché vers la Loire et une riche terre agricole particulièrement  favorable à l’élevage, la production fructicole et légumière sur son versant, côté Mauges en s’éloignant de la Loire. La ville est très connue en Europe et dans le reste du monde aussi pour sa forte dimension chrétienne. Elle accueille en effet la Congrégation des Carmélites des Sœurs  de la Providence.

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Le marché du samedi regroupe essentiellement des producteurs de la Pommeraye et de ses environs. La nature est luxuriante dans cette petite ville bien-nommée, surtout cette année où il tant plu au printemps. C’est un marché de clients réguliers qui connaissent les bons produits de la terre. Ils ont leurs habitudes et font toujours dans le même sens le tour de la place située au pied de l’église, de l’autre côté de la rue. Certains, qui ne feront pas les courses, ont investi la terrasse du petit café situé à un des coins de la place. Les clients, femmes et hommes viennent très régulièrement chez les marchands qui ont leurs préférences. L’achat des glaces arrive en dernier, juste après le pain bio, qui suit les fruits et les légumes en premier.

Il y a indéniablement un effet récompense dans l’achat d’une glace de « Gelati Amo » (‘J’aime les glaces’ en italien).  C’est la fin de la semaine, la fin de la matinée, juste avant de rentrer préparer le déjeuner. On peut y goûter les nouveautés   du printemps, cette année le parfum de la rhubarbe entre dans la collection. Tout dépend assurément des ressources du marché amont. Trouver de la rhubarbe n’est pas facile sauf quand on en a dans son jardin -c'est le cas pour Tiziana -, la cerise est capricieuse, plus que la mûre que les amateurs apprécient particulièrement car Tiziana enlève les petits pépins. Actuellement dans les glaces, les enfants préfèrent le parfum « Fleur de Lait » à la vanille, grande star des glaces préférées,  avec toujours la fraise dans les parfums rouges des sorbets.

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 Un des plaisirs des clients est de pouvoir goûter les parfums de sorte qu’ils peuvent panacher leur achat aux 500grammes ou au kilo présentés en coffret polystyrène qui conserve le froid jusqu’à leur domicile. Mais il est possible aussi de demander une coupe ou un cornet à manger tout de suite. Voici quelques scènes vécues sur le vif :

. Voici ce monsieur au t’shirt bleu qui savoure sa glace sans dissimuler son plaisir. Une jeune femme l’accompagne ainsi qu’un ami du couple, un jeune homme autrichien originaire de la Styrie, au sud-est près de la frontière avec la Slovénie, qui est en vacances en France.  

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. Une dame avec sa fille et son mari, qui passe ses vacances en famille au camping ; elle, a bien aimé le dimanche précédent le parfum qu’elle avait choisi pour un pique-nique. Cette fois-ci, elle veut découvrir autre chose. 

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. Ce sont trois petits garçons pressés contre le camion qui attendent bien sagement chacun leur tour d’avoir leur cornet de glace, sous les yeux vigilants de leurs parents.

. Il y a aussi cette maman qui vient renouveler son stock familial de glace. Elle  destine cette glace à plusieurs parfums  à la fin du déjeuner de midi du dimanche. Elle me précise qu’elle veillera par ailleurs à ce qu’il n’y ait pas de commandos non programmés dans le congélateur de la part des membres de la jeune génération « sur le coup de 4 heures ».

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. Arrive une dame dont la belle-sœur lui a recommandé les glaces de Gelati Amo et qui est déjà venue. Cette fois-ci, elle veut tester un panachage menthe/noisette/cerise dans un coffret de 500gr.

. Un jeune couple d’amoureux arrive, chacun prend le même parfum, un sorbet  pom-pom qui a beaucoup de succès. Deux cyclistes se présentent, l’un goûte la rhubarbe sur une petite cuillère que lui donne Tiziana, et dit « d’accord » et l’autre dit « pareil. »

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. Une longue discussion commence avec un quadra originaire de Paris et qui vient de s’installer à la Pommeraye. Pendant qu’il m’explique sa volonté de changer de vie, en revenant ou plutôt en venant à la terre , une jeune femme, accompagnée d’un adolescent et d’un petit garçon, achète trois coffrets de 500gr, un de pistache, un de vanille et un de fraise.   

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. Et pour finir, voici ces deux adorables petits garçons sportifs,  dont l’un vient avec son vélo sans roulettes et l’autre avec sa trottinette, et qui sont copains et voisins. Chaque dimanche à la belle saison,  le Papa d’Arthur emmène les deux petits prendre une coupe de glace à Gelati Amo. A chaque fois, Arthur choisit le parfum banane, alors qu’Antonin prend une glace chocolat. Ils ont tous deux chacun leur place, assis sur le petit banc, à la petite table de camping sous un parasol, l’autre petit banc en face d’eux étant réservé au Papa d’Arthur. Je ne sais pas quel parfum, il  a choisi pour lui !  

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Et comme le dit Tiziana,« il faut toujours penser aux enfants ! » C’est elle qui  apporte cet ensemble de camping pour les enfants à chaque fois. Avec ce soleil, cette douceur de vivre en Loire, elle me dit combien elle se sent bien ici avec ses glaces italiennes aux couleurs de l’Italie…    

 Pour suivre le chemin . Le conseil de Tiziana, sortez la glace 20 minutes avant de le goûter, elle n’en sera que meilleure.

. Gelati Amo, Un Amour de Glace, Tiziana Biliato, Les Grandes Loges, 06 98 15 87 22 et 02 41 57 35 20, Les Grandes Loges, 49620 La Pommeraye. Tiziana Biliato est présente aussi à Angers, Place Lafayette, le mercredi matin, samedi matin donc à la Pommeraye, et à Chalonnes sur Loire un mardi matin sur deux. La vente directe se fait chez elle le jeudi après-midi de 15h à 21h. Par ailleurs, elle sera présente à Tempo Rives, la grande fête d’été à Angers en rive droite, près du Quai, en face du château de l’autre côté de la Maine, à partir du 13 juillet. 

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. Emmanuel Cesbron, producteur de fruits, L'Abémonderie, 49620 La Pommeraye, 06 23 80 82 52, 02 41 87 23 02

. Découvrir la ville sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pommeraye_(Maine-et-Loire)  http://www.lapommeraye.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-218.html

. Photos Elisabeth Poulain prises ce samedi matin de juillet sous le soleil de la Pommeraye, avec l’accord des clients petits et grands amateurs de glace « Gelati Amo ». A voir dans l'album photos "Manger2".

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La Bouquinerie Dutru, Rue Lionnaise à Angers, va bientôt fermer...

8 Juillet 2013, 14:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Tous les amoureux des livres la connaissent. Elle est ouverte depuis 1985, cinq ans après que Michel Dutru ait commencé à faire le commerce des livres. Il a voulu donner un abri à ses trésors de papier et d’images. Pour cela, avec sa femme Edith qui est relieuse, il a cherché un lieu rare, comme le sont certains des livres qu’il a  l’occasion de pouvoir racheter afin que des passionnés puissent à leur tour y trouver leur bonheur.

La Bouquinerie, Rue Lionnaise, Angers 

Ici dans cette maison du XVIIe siècle, rive droite à Angers, au début de la vieille rue Lionnaise dans le vieux quartier de la Doutre, on trouve toujours quelque chose d’intéressant, guidé par la curiosité, l’amour des livres et de ce qui s’imprime sur papier, des cartes, des dessins, des aquarelles, des cartes postales, des menus, ce qui reste parfois d’un livre quand il ne ressemble plus à un livre, des revues qui ont eu une renommée mondiale  comme l’Illustration-Journal Universel, qui est encore connue en Asie de l’ex-Indochine, Vie à la Campagne et Vie au Grand Air Réunies éditées par Hachette, des éditions à compte d’auteur que j’ai sous les yeux ou ce ne je sais quoi qui fait la différence…      

La Bouquinerie, Rue Lionnaise, Angers

Pour trouver la bouquinerie, il suffit de se laisser guider par les vieilles maisons de la Place de la Laiterie juste à côté et de remonter la rue Lionnaise dans sa partie pavée la plus pentue, pour trouver plusieurs maisons étroites et hautes dont certaines ont gardé leur devanture ancienne. Juste là, en bonne compagnie, dans ce centre du quartier protégé de la Doutre, dans un tournant se trouve la boutique de Michel et d’Edith Dutru.

La Bouquinerie, Rue Lionnaise, Les Livres, Angers 

Leur bouquinerie est logée dans une petite pièce éclairée par une devanture régulièrement changée par Edith Dutru pour montrer aux passionnés les nouvelles acquisitions. C’est elle qui accueille le curieux, le collectionneur ou  le passant qui cherche un ouvrage, qui aime être surpris par les livres ou qui passe pour voir, comme ça s’il n’y a pas quelque chose qui lui fasse envie…Certains disent clairement ce qu’ils cherchent pour  eux, d’autres cherchent un livre, à apporter en cadeau et d’autres viennent en découvreur-humeur de livres, des chercheurs d’atmosphères, des curieux de la vie enfermée dans des livres.   

Ces livres  ont une capacité étonnante à poursuivre longtemps leur vie venant de partout, au hasard de leur vie aventureuse, comme s’ils étaient programmée pour un jour  atterrir ici dans cette petite boutique angevine, qui vit pleinement avec le quartier et les passants. Ceux-ci se voient récompensés de leur passage à la montée ou à la descente bien sûr avec des livres gratuits qu’ils peuvent emporter avec eux, en ayant toutefois la grâce de laisser la vieille cagette sur place.

La Bouquinerie, Rue Lionnaise, L'Illustration reliée, Angers, 

Chez les Dutru, la magie du livre opère ici à plein. Il y a des livres partout, aux murs bien sûr, sur le meuble du milieu là où Edith place leurs plus belles pièces nouvellement arrivées, mais aussi par terre, dans tous les coins, avec juste assez de place pour  mettre des grands classeurs en papier marbré vert ouverts pour laisser voir des dessins, des aquarelles, des photos, des publicités anciennes ou des planches mystère…On peut circuler entre les piles, avec à chaque fois le plaisir de faire une rencontre où le hasard ne tient souvent qu’une petite place, moins grande qu’on ne le croit.

La Bouquinerie, Reliure, Edith Dutru, Livre qui s'en va, Angers

L’amour des livres. Edith Dutru le savoure pleinement aussi, elle qui est relieuse. Elle sait  prolonger la vie des ouvrages qui lui sont confiés comme le ferait un médecin des livres. Une bonne reliure peut facilement durer 150, 180 ans. En fait, il n’y a pas de limite, surtout si l’ouvrage est ensuite conservé dans de bonnes conditions. Tout dépend de la qualité des matériaux utilisés, de l’art de la reliure mis en application et de l’accord qui va se faire un peu magiquement entre tous ces éléments matériels et le livre lui-même qui arrive souvent bien abîmé entre les mains de la relieuse. Elle dit que « c‘est un livre qui s’en va » (de toutes parts). Qui a déjà tenu « un livre qui s’en va » entre les mains, connait l’étrange impression que l’on peut ressentir, faite de sensibilité devant tant de fragilité et  de quasi pitié pour cet état de grande faiblesse. Un souffle de vent, un geste brusque et il ne restera plus rien de ce qui a été un livre…   

La Bouquinerie, Rue Lionnaise, Reliure, Edith Dutru, Chantal Angers 

Le travail d’Edith la Relieuse va consister à redonner vie à l’ouvrage en tenant compte de tous les éléments qui font qu’un livre est unique. « Cela me fait chaud au cœur » dit-elle  « de redonner vie au livre. » C’est ce qui se passe actuellement avec un ouvrage de Martin Luther de 1845. Elle y travaille actuellement avec Chantal  une passionnée de reliure. Toutes deux m’expliquent le plaisir très sensuel de cet art dans un chant à deux voix :« Il faut aimer disent-elles le toucher, le papier, le cuir, la lecture. …Et puis il y a l’odeur aussi, plein de choses et puis toujours l’histoire. Voyez avec Martin Luther... Le livre le plus ancien sur lequel j’ai travaillé date de 1560 » ajoute Edith.

La Bouquinerie, Reliure, Livreà relier, Rue Lionnaise, Edith Dutru, Chantal Angers 

Le métier de relieur-e. C’est une affaire de patience  et de persévérance. Une petite erreur de tension du cuir dans un des coins par exemple précise Edith et tout l’ensemble s‘en trouve déséquilibré. Il faudra recommencer… Parfois aussi l’ouvrage est si détérioré, qu’on se demande si on y arrivera. C’est un métier qui demande de la force et de la finesse, de la force au bout des doigts pour forcer le cuir à faire ce qu’on lui demande, tout en comprenant comment fonctionne le cuir, de la finesse par respect pour l’œuvre en tenant un grand compte des couleurs en particulier du papier intérieur qui recouvre les pages 2 et 3 de la reliure. Pour ce livre de Martin Luther par exemple, c’est un papier marbré gris-bleu de Marie-Ange Doizy, une artiste, spécialiste de ce type de papiers qui a été choisi, le bleu en signe de spiritualité. Edith Dutru nous montre alors d’autres trésors de papier marbré ou de papier à la colle, comme « ceux de Baris, un artiste turc qui fait des planches uniques de toute beauté ».

 La Bouquinerie, Reliure, Papier à la colle, Baris Yilmes, Angers

L’atelier de reliure où Edith redonne vie aux livres, la bouquinerie où elle vend les livres que Michel est allé chercher, sa devanture qui fait rêver à de nouvelles aventures, le don de livres aux passants… tout cela fait partie d’un monde bien vivant et qui fait chaud au cœur. « La bouquinerie est un plaisir en soi, dit Edith. On suit les rentrées avec toujours de la curiosité et les gens qui poussent la porte savent ce qu’ils veulent. C’est toujours une aventure de chercher avec eux ce qui peut leur convenir. » Certes la bouquinerie va cesser ses activités mais Edith Dutru conserve sa pratique de la reliure et son goût pour le partage et la transmission d’un savoir millénaire qui est aussi un chant à l'art, à la transmission, à la vie, bien au-delà des frontières du temps et  de celles des territoires...     

Pour suivre le chemin

Edith Dutru, Reliure, 15 rue Lionnaise, Angers, 02 41 88 26 97 

Photos Elisabeth Poulain 

       

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Cartes allemandes > Meilleurs Voeux > 1917-1918-1919 + 1

29 Juin 2013, 17:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre. Il y manque seulement les fleurs qui sont pourtant un élément important de ces vœux de bonne année en des périodes très troublées de la première guerre mondiale et juste d’après-guerre. Ce sont  trois cartes de vœux envoyés d’Allemagne en Alsace en des temps plus que difficiles. Les deux premières souhaitent la bonne année, envoyée en décembre, le 26-12-1917 pour la Ière et le 28-12-1918 pour la seconde. La troisième porte la date du 6 juillet 1919. Cette une carte de fête.  Les trois cartes ont en commun de porter des inscriptions en gris-vert très léger de façon à ne pas alourdir l’ensemble.   

Leur autre point commun est de de porter des fleurs dessinées. Elles sont l’équivalent en carte de vœux d’un bouquet de fleurs que l’on apporte lorsqu’on est invité dans la famille ou chez des amis. Elles transmettent un message fondé sur l’amour ou l’amitié qu’on ne peut dire quand on est absent. Un message qui va au-delà des mots qui peuvent être inscrits au verso. Il s’agit aujourd’hui de parler du recto de ces trois cartes postales, en les regardant comme le ferait un anthropologue passionné par les symboles pour montrer les différences entre les groupes de personnes.

Carte postale allemande-Bonne Année-Bruyère-Trèfles-1917   

La carte de bonne année de 1917. Elle est ornée en sa partie gauche et en hauteur de deux  brins de bruyère  glissés dans un fer à cheval doré, avec une guirlande de trois trèfles à quatre feuilles et de trois plus petits mais à trois feuilles. Le tout semble lié par un ruban blanc pour former un bouquet très léger accroché sur ce qui pourrait être la barre d’un rideau. Un brin de bruyère et une feuille de trèfle à trois feuilles signent la composition sur le côté droit en bas. Entre le bouquet en haut du côté gauche et le brin en bas à droite est glissée la formule de vœux où il est question de « pensées qui viennent du cœur jointes aux meilleurs vœux de bonheur pour la nouvelle année», le tout étant encadré d’une fine bordure grise claire.

Carte postale allemande-Bonne Année-Violettes-1918_ 

La carte de bonne année 1918 a choisi des violettes en bouquet posées dans un petit panier d’osier. Un ruban orange bordé de rouge est posé comme une guirlande de fête qui déborde de l’ensemble entrainant dans sa danse une guirlande de violettes. La composition est placée dans un rond entouré d’un motif noir. La formule est plus sobre ; elle souhaite au destinataire de la part de l’émetteur « Die besten Glückwünsche zum neuen Jahre ». Une bordure en forme de trait noir forle cadre extérieur. C’est une production Messner und Buch établi à Leipzig.  

Carte postale allemande-Bonne Année-Roses-rouges-1919 

La carte de vœux  de bonne fête de 1919. Elle présente aux membres de la famille qui  la reçoive un bouquet de roses rouges épanouies dont certaines perdent déjà leurs pétales, les tiges reposant un vase en verre transparent qui laissent voir le feuillage. La scène est réussie, il y a à la fois de la douceur et de la finesse avec un brin de nostalgie sur le temps qui passe dans cette composition. C’est une œuvre signée C. Klein. Le message adresse des « Herzliche GLückwünsche zum Namenstage », des vœux de bonheur pour le jour de fête.  

Les symboles des fleurs. La bruyère est un porte-bonheur. Elle protège la maison au cœur et chasse les démons. La violette est un symbole d’amour empreint de douceur. Quant à la rose, elle est traditionnellement en Europe symbole de l’amour.   

Ma préférence va à la n°1, celle qui porte les brins de bruyère, non pas à cause de tous ces porte-bonheur, mais à cause de la composition. Celle du bouquet de violettes a pour elle d’avoir un bon rendu des fleurs, mais le reste n’est pas abouti. On devine que l’éditeur joue sur ses séries. Il doit décliner les différents éléments de la composition. Enlever ce cadre rond style fer forgé et le cadre noir qui ne s’impose pas  et ce serait déjà mieux. Quant au vase de roses, encore actuellement c’est un choix convenu avec un rendu qui n'est pas terrible. 

Pour suivre le chemin

. Aller visiter l’Alsace, c’est une province magnifique. Eviter seulement les endroits trop touritiques en pleine saison.

. Voir quelques sites de cartes postales d’aujourd’hui http://www.lefigaro.fr/hightech/2007/12/26/01007-20071226ARTFIG00206-un-simple-clic-pour-souhaiter-la-bonne-annee.php

. Sur l’Alsace-Lorraine de 1870 à 1918, voir en première approche http://fr.wikipedia.org/wiki/Alsace-Lorraine 

Carte postale française-Petite fille à sa maîtresse-1950-60 

. Et pour finir, voici une carte fleurie qui n'a rien à voir avec l'Alsace ni avec l'époque. Elle a été choisie par une jeune élève d'école primaire, cette fois-ci, en Loire-Atlantique à l'intention de sa maîtresse d'école, dans les années 50, 60? La carte était restée coincée derrière une plinthe dans un grenier. Le libellé de son texte "A ma très chère institutrice. Meilleurs voeux de santé et de bonheur, vous envoie Chantal M...   

 

. Photos Elisabeth Poulain  

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Le Paysage et la Pub > Les Pêcheries à carrelet au bord de l'Océan

25 Juin 2013, 17:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce billet a pour objectif de montrer combien le  paysage habité et emblématiques d’un lieu à fort potentiel touristique accentue la force d’un visuel et la force de persuasion d’une création : à chaque fois que le destinataire de la publicité verra une pêcherie au bord de la mer, ou seulement l’un des deux éléments, par exemple, il pensera au produit ou service qui est au cœur du message. C’est le double phénomène mental de l’imprégnation et de l’accumulation grâce à l’association entre un produit et un cadre en lien avec la présence de l’homme.

Pêcherie, Muscadet, InterLoire 

Depuis la fin du XIXe siècle, les créateurs publicitaires savent que la présence humaine valorise en profondeur le paysage, soit très directement en montrant une ou des personnes, soit indirectement en prouvant que le site est habité. Rien de tel pour atteindre cet objectif que de montrer par exemple des pêcheries, ces petites maisons artisanales de pêcheurs montées sur pilotis au bord de l’eau. Ces petites constructions ont une capacité étonnante à s’intégrer dans des paysages à très fort potentiel comme le rivage de l’océan atlantique, au point d’en devenir partie intégrante en y ajoutant leur valeur ajoutée propre et qui résulte directement du savoir-faire des charpentiers au cours de l’histoire. En un clic visuel, chacun peut ainsi se sentir pêcheur au-dessus des flots, seul maître à bord d’un navire immobile sur pilotis, avec une vue imparable sur et au-dessus de la mer, quel que soit le temps et la force du vent, en savourant le frisson de l’aventurier des mers assis en attendant de remonter le carrelet –le filet- une pratique très ancienne qui existe depuis des siècles dans l’ouest de la France, entre Loire et Gironde.        

Le titre. Il faut le lire à l’envers et commencer par l’Océan atlantique lors de  sa rencontre avec le rivage, dans des endroits poissonneux, trop proches des rochers ou falaises, sans un tirant d’eau suffisant pour les bateaux et qui rend l’accès et/ou l’ancrage difficile pour les pêcheurs titulaires d’une concession à 5 ans. L’idée est de mettre à profit ces inconvénients pour les transformer en avantages en jouant sur le différentiel entre le niveau de la mer à marée haute et celle  d’une plate-forme en bois montée sur des grands poteaux solidement ancrés au sol avec les pieds dans l’eau et une cabane à pêche posée dessus.

L’originalité tient en ce que le pêcheur planté sur la plate-forme baisse et lève le filet attaché à une longue perche à laquelle est fixé le filet et ne le tire plus horizontalement grâce au moteur de son bateau. C’est un mode de pêche beaucoup moins dommageable pour les fonds marins et qui ne nécessite d’autre énergie que celle qui est nécessaire à l’abaisse et à la remontée du filet, en fonction des marées.  Evidemment aujourd’hui, les rendements ne sont pas du tout ceux d’autrefois. Actuellement, on ne peut plus dire qu’il s’agisse d’une pêche réservée aux professionnels, alors que c’était le cas jusqu’après la seconde guerre mondiale, pour la pêche côtière quand le pêcheur était aussi agriculteur et viticulteur et qu’il y avait moins de prélèvements effectués sur la ressource halieutique.  

Pêcherie, Pineau des Charentes 

Le carrelet est un grand filet solidement accroché à une forme carrée métallique maintenant pour gagner en légèreté. Les bras sont remplacés par des petits moteurs électriques, qui rendent la tâche beaucoup moins fatigante qu’auparavant surtout quand il s’agit de remonter un filet plein de varech (des algues), avec seulement deux ou trois petits poissons dedans. 

La pêcherie est le nom donné par la réglementation royale qui en a autorisé l’usage au temps de Colbert. Le carrelet est un type de filet qui est en usage en France depuis plusieurs siècles, non seulement sur le domaine public littoral, mais aussi à l’aplomb des ponts qui étaient édifiés sur les fleuves et les rivières pour les pêcheurs professionnels. Le courant faisait l’essentiel du travail. Au bord de la mer, la pêche se fait à marée haute. Il faut ensuite attendre la marée basse pour remonter le carrelet.  

Pêcherie, Grolleau, Yves de Saint-Jean, SVDP

La cabane aux grands pieds. C’est  vraiment le différentiel qui étonne. Elle est petite, vraiment petite comme si sa taille ne devait jamais faire du tort à l’ensemble constitué par les grands poteaux qui soutiennent la construction.  Ses dimensions en superficie ne dépendent des besoins du pêcheur qu’en second lieu. Ce sont les dimensions de la plate-forme qui déterminent celle de la cabane. Sa hauteur permet simplement à un homme de se tenir debout de façon à diminuer la prise au vent de l’arrimage. Ses murs sont encore souvent en bois mais aussi maintenant en tôle pour réduire l’entretien.. Ils sont dotés d’une petite porte qui permet de bloquer l’accès et d’éviter les vols nocturnes du matériel de pêche et petit matériel de confort. Le toit est maintenant fait de tôles légèrement inclinées pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie et des grandes vagues de mer emportées par le vent lors des tempêtes qui viennent fouetter l’installation.

Les pilotis de la plate-forme. Ce sont eux qui assurent la stabilité et la fermeté de l’ensemble. Ils étaient en bois, assemblés dans le sol et entre eux selon l’art de la charpente. Ils le sont de plus en plus maintenant fermement érigés et de façon plus durable en métal pour gagner en durabilité. Bien sûr l’aspect visuel est sensiblement modifié. La hauteur de l’ensemble tient compte de l’étiage maximal entre la marée haute et la marée basse pour éviter le submergement aux marées hautes de septembre. Ces constructions subissent de forts coups de vent renforcés par le choc des vagues. Leur durée de vie dépend donc  de plusieurs facteurs tels que l’exposition au vent, la force des vagues et aussi bien sûr d’abord de la solidité des pilotis. Par essence, ces constructions sont fragiles. Lors de la grande tempête du 1er mars 2010,   Xynthia en Charente maritime, 600 pêcheries ont été détruites par la force conjuguée du vent et de la mer et 450 ont été reconstruites en bois pour tous les éléments et seulement la tôle autorisée pour la couverture.  

Pêcherie, Pineau des Charentes   

Le ponton de la pêcherie. Toutes les pêcheries n’ont pas de ponton privé qui mène du bord de la terre à la cabane édifiée à hauteur du niveau de la terre. Certaines sont  implantées directement dans l’eau, avec une échelle pour accéder en haut à la plate-forme. Il faut donc pouvoir y accéder à pied à marée basse à la pêcherie ou  en barque autrement, qui restera attachée le temps de la présence du pêcheur. Cette situation est peu fréquente car elle est contraignante. Elle pouvait s’expliquer par la rareté des concessions dans les estuaires poissonneux des côtes littorales.

Le cas le plus fréquent est d’associer la cabane sur pilotis à un ponton également sur pilotis plus ou moins long. Quand le lieu est favorable à la pêche, on peut ainsi voir une véritable forêt de poteaux plus ou moins droits partir perpendiculairement de la côte pour rejoindre la cabane. Chaque ponton est fermé au départ par un portillon fermé à clé pour dissuader les visiteurs nocturnes  de venir jouer les Robinson des Mers le temps de la nuit. C’est le cas à Mindin par exemple, en rive gauche de la Loire, juste en amont du pont le reliant à Saint-Nazaire.

La publicité ne peut être que gourmande de ces poteaux si frêles pour certains, aux lignes penchées, maladroites et qui pourtant s’harmonisent si bien avec les variations de l’océan.  Ce sont ces harmonies de lignes verticales associées à ces chemins de bois plus ou moins horizontaux où tout se faisait à l’œil, avec ce qu’on avait sous la main, qui retiennent l’attention.  C’est particulièrement le cas de boissons qui inscrivent leurs gênes littoraux dans leur identité publicitaire.

Les  vins de mer, qui ont l’Océan et la Loire comme bonnes marraines, aiment les pêcheries. On y rencontre l’AOC Muscadet Côtes de Grandlieu, le Gros-Plant du Pays Nantais, le grolleau gris ou les Fiefs-Vendéens qui associent le sauvignon, le chardonnay et le chenin…à goûter avec les poissons de mer ou de Loire, les fruits et coquillage de mer…

Pêcherie, Muscadet, Muscadet(s) n° 1 

. La pêcherie en photo que l’on voit sur le visuel du Muscadet est prise par grand beau temps, quand l’eau de l’océan devient aussi bleue que le ciel bleu, au point également que la cabane elle-même est peinte en bleu clair océan. En fond, se profile une côte, qui donne de la profondeur.

. Celles du Grolleau gris dessinées et aquarellées par Yves de Saint-Jean pour le compte des Vins de Pays du Jardin de la France, comme on désignait les vins de cépage du Val de Loire, portent plus les couleurs de l’océan et de la Loire à leur rencontre. Ce sont des couleurs douces, vertes, jaunes, grises avec un peu de grisé bleu dans le ciel. Beaucoup de douceur se dégage de cette aquarelle originale faite spécialement pour le syndicat. Le ciel occupe la moitié de la composition ; les pêcheries sont regroupées au milieu en une fine bande de marais, d’herbes  et d’eau. Tout le reste est vide  de façon à laisser parler les pêcheries, qui se situent dans une baie ou un estuaire.      

.La pêcherie du Pineau des Charentes montre de façon exceptionnelle une photo d’une vraie pêcherie pendant une vraie tempête. Le commentaire qui l’accompagne explique ce choix exceptionnel, « en Charentes, le Pineau puise son caractère dans l’Océan. » C’est la seule publicité qui désigne le lieu où été prise la photo, au nord de Royan. Le moment choisi est un jour de tempête quand les vagues font le temps d’un court moment disparaître la vue de la solide cabane en tôle dans les embruns. Il s’agit de parler vrai, de laisser l’Océan exprimer son caractère, comme le précise le texte sous la photo : « Là où Terre et Océan s’unissent pour créer ce climat ni trop rude ni trop aride, propice à la parfaite maturation des moûts de raisin naturellement parfumés et du Cognac, le Pineau des Charentes vit au rythme des marées et du soleil. Servi frais à l’apéritif ou en accompagnement d’un dessert, le Pineau des Charentes vous contera son histoire, de Terre et d’Océan. »  

Pêcherie, Jean-Paul Barbier, Le Figaro Magazine 2004 

. Et il reste une photo qui n’est pas une publicité estampillée en tant que telle, même si elle est volontairement composée en vue d’attirer et de fait elle attire. Pour une fois nous sommes, nous spectateurs du rivage, présents sur la plate-forme, derrière la cabane, à la rencontre d’un « pêcheur », restaurateur de son état, qui nous montre un poisson fraîchement pêché, ainsi que différents plats prêts à savourer. Il s’agit de Jean-Paul Barbier, le fameux restaurateur du Lion d’Or à Arçins. Il présente ses plats gourmands sur une traverse posée sur les garde-fous du ponton. Il n’y a vraiment pas beaucoup de place. La mer est calme, le temps est à la douceur après la tempête, un filet de bleu veine le ciel, c’est le soir.

Les deux visuels qui parlent vraiment  sont ceux où le photographe et l'aquarelliste  ont réussi à rendre dans leur vision d'une pêcherie quelque chose qui existe vraiment dans la réalité. Il se passe alors quelque chose de magique puisque ces visions à leur tour entrent dans notre vision du littoral et de ses déclinaisons gustatives et liquides. Quant à Jean-Paul Barbier, entre Margaux et Saint-Julien, il me donne envie de goûter sa cuisine où le poisson tient toute sa place. Pour cela, il vous faut aller dans l'estuaire de la Gironde. Si vous êtes plutôt proche de l'estuaire de la Loire, allez plutôt à la Plaine sur Mer. Assis au restaurant Anne de Bretagne, vous aurez la mer devant vous au port de la Gravette, avec dans votre assiette une cuisine fine et inventive de Philippe Vétélé et dans votre verre un Fié, un cépage oublié du littoral, co-produit par Michéle Vétélé, sommelier et vigneronne. Choississez un jour de grand vent et vous verrez les vagues se casser sur la jetée. Rien que cette vision vous fera penser avec une grande tendresse à ces pêcheurs de pêcheries qui risquaient leur vie en cherchan le poisson pour nourrir leur famille.  

Et maintenant, faites le test. Enlevez la pêcherie ou ce qu'il en reste de la photo, du dessin ou de la peinture et regardez. Que voyez-vous? De l'eau et rien qui n'accroche le regard, retienne votre attention ou évoque une histoire. Vous vous dites alors qu'une pêcherie qui ne pêche plus est bien utile dans le paysage, plus qu'utile, absolument nécessaire pour prouver que le site a été choisi par l'homme d'antan, celui qui légitime le paysage que vous voyez. Il lui confère une identité sans pareil, à condition toutefois que la cohérence soit respectée et dans ce que vous voyez au bord  de  la mer et dans la publicité.

Pecherie-Carrelet-Fines-Bulles-Rosé-X-Noir-Saumur

Il faut toujours qu'il reste un lien entre les deux. Mettre une pêcherie sur l'étiquette d'un Saumur brut rosé interpelle. On se pose la question de savoir quel est le lien, la femme, le poisson...? Reste une photo intéressante, car on y voit bien une "vraie" pêcherie en bois, avec son toit de tôle, son carrelet bien déployé à marée basse et surtout soutenu par ses quatre petits poteaux particuliers, en attendant que la marée ait l'amabilité de le remplir de beaux et bons poissons. Ce doit être l'explication; ce Saumur rosé à bulles doit être fait plus spécialement pour la restauration littorale l'été à l'intention des vacanciers, avec un clin d'oeil de couleur rose pour les femmes. Oui?!        

Pour suivre le chemin

. Sur les pêcheries, voir d’abord http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%AAcheriepuis affiner votre recherche par la pêche au carrelet http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%AAche_au_carreletet ensuite par site. A vous de choisir!

. Pour les visuels, pour le Muscadet, voir « L’Esprit Muscadet(s), Vin du Val de Loire-Nantes, N°1,Vins de Loire  ainsi que le dossier de presse d’InterLoire, 02 47 60 55 24, pour les Vins du pays de la France, le livret du même nom « Fraicheur et Séduction » avec des aquarelles originale d’Yves Saint-Jean, - à qui j'adresse mes remerciements tout particuliers -, pour le Pineau des Charentes,   voir le Comité national des Charentes, à Cognac, 05 45 32 09 27,

. Pour la bonne photo de Michel Garnier d’une pêcherie au nord de Royan un jour de tempête,  voir http://www.michel-garnier.com/habitat  

. Restaurant « Le Lion d’Or », 33460 Arcins, Jean-Paul Barbier, 05 56 58 96 79, à découvrir en première approche sur  http://www.boiremanger.net/archives/2008/10/15/10945596.html, le sous-titre « A la hauteur d’un mythe », c’est tout dire.

. Restaurant Anne de Bretagne 163 Boulevard Tara, 44770, Plaine sur Mer, 44770 La Plaine sur Mer, 02 40 21 54 72,  www.annedebretagne.com 

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Mer-Eau"  

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Le Bestiaire de la Pub > Volkswagen & la Golf Wembley > Le Mystère

21 Juin 2013, 10:16am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une « pub-fond de tiroir »  qui n’a pas tout à fait 10 ans. Elle fait partie de ces visuels publicitaires qui ont l’art de rester cachés sans se montrer malgré pourtant les grands nettoyages de l’été et les vidages pour retrouver un peu de place dans sa documentation. Pourquoi avais-je découpé cette publicité parue dans Le Monde ? Moi qui ne suis absolument pas intéressée par les voitures, mais par la publicité, oui certainement pour trois raisons majeures, c’est un formidable miroir de notre société, la pub navigue entre information, création et séduction et  l’art publicitaire enfin est très créatif. 

Volkswagen-Golf-Wembley-2003-Pub-Le-Monde 

Voici un visuel rectangulaire « fait maison », sans l’intervention d’une agence,  composé en deux parties. La plus grande en haut montre six silhouettes – avec cinq animaux et la Golf en 6e position qui s’inscrivent en noir sur fond blanc, en haut. En  dessous, figure un bandeau consacré à la « Golf Wembley+, à partir de 15 590E avec ce texte abscons « La dernière avant la nouvelle ».  

Volkswagen-Golf-Wembley-Le-Loup-2003-Pub-Le-Monde 

Les cinq animaux. Leurs silhouettes ne figurent sur le visuel que présentés de profil dans un dessin simplifié noir. Les dimensions ne sont pas respectées de sorte que c’est le premier élément que l’œil repère : un ours est aussi grand qu’une oie naine de surcroit. Quant au lynx, il apparait plus grand que la Golf.  En tout trois quadrupèdes à fourrure et deux bipèdes oiseaux à plumes, sans compter la Golf, ce  quatre pattes à pneu d’un type ni à fourrure, ni à plumes mais mécanique, un revêtement un peu spécial.

Volkswagen-Golf-Wembley-Le-Lynx-2003-Pub-Le-Monde 

Il y a aussi le  style de dessin, qui est, à mon goût inégalement réussi. Le loup et le lynx obtiennent le Ier prix. Les oiseaux, ça va mais sans plus ; on ne peut pas dire que l’aigle soit représenté comme le roi des airs. Quant à l’ours, on ne peut pas dire qu’il ressorte grandi de ce visuel. On ne voir quasiment que ses griffes. Reste la Golf de profil, dont le dessin va bien avec le visuel, au point même de faire du tort à la photo de la voiture de biais qui est présentée dans l’encart du bas. Mais revenons aux dessins.

Volkswagen-Golf-Wembley-L'aigle-royal-2003-Pub-Le-Monde 

L’ordre de présentation montre une volonté certaine de mettre un d’ordre  dans cet inventaire même pas à la Prévert, en introduisant tout aussitôt un autre élément de désordre avec le nombre qui figure à côté de chaque silhouette.

. En ligne 1, on trouve 30 loups et 100 lynx, tous deux des prédateurs à quatre pattes et fourrure vivant dans la forêt…

. En ligne 2, voici 600 aigles royaux et 50 oies naines, l’un est le roi des airs en montagne, un symbole de la liberté, et l’autre un petit animal d’une cinquantaine de centimètres de hauteur vivant dans une basse-cour…

. En ligne 3, il y a 12 ours d’un côté font face à 5000 Golf de l’autre.

Volkswagen-Golf-Wembley-L'oie-naine-2003-Pub-Le-Monde 

La juxtaposition des chiffres donne quelque chose de curieux puisque 30 = 100 = 600 = 50 = 12 = 5 000 ! L’addition des chiffres ne donne pas non plus vraiment d’éclaircissement avec 792 animaux confondus = 5 000 voitures ! Ca devient drôle parce 1/50 d’oie naine vaut 1/5 000 de voiture. A cette équivalence-là, ça vaudrait le coup de lancer un élevage très développement durable d’oie naine.

Volkswagen-Golf-Wembley-L'ours-2003-Pub-Le-Monde 

C’est le moment d’examiner de près les 15 590 E du prix de la voiture qui est dernier élément chiffré situé tout en bas du visuel, Comme la publicité date de 2003, je n’ai aucun moyen de savoir si c’était un prix promotionnel vraiment intéressant ou pas. L’argument publicitaire pour attirer le chaland lecteur du Monde intrigue pourtant plus qu’il n’éclaire. A ce niveau-là, c’est plus que volontaire : « La dernière avant la nouvelle », Ca, ça sent sa série limitée, mais avec un raisonnement qui me laisse pantois, du genre « à acheter maintenant parce que demain sort un nouveau modèle qui va déprécier cette Golf Wembley ». Euh, oui, enfin, non. Je ne suis pas convaincue. Et le sens de cette pub n’apparait toujours pas vraiment.

Volkswagen-Golf-Wembley-2003-Pub-Le-Monde 

Reste à examiner les deux dernières lignes écrites en très petits caractères, situées hors du cadre à deux étages, annoncées par le sigle de Castrol, qui doit être co-financeur du visuel. On peut y lire, avec sa loupe, après « 3615 Volkswagen », le coût à la minute, le n° de téléphone…puis le texte suivant qui explique le sens du visuel «  Espèces en voie de disparition. Population estimée pour la France en 2002 ». Et après des explications sur le prix sans option…

C’était donc ça, ce qu’il fallait comprendre : la Golf Wembley est une espèce en voie de disparition. Même sachant cela, l’argument se retourne contre la marque, puisque cela voudrait dire que la voiture ne peut s’adapter à la situation actuelle. A trop vouloir prouver et comparer une voiture qui est une création mécanique humaine à une espèce animale qui relève de l’ordre de la nature, on prend le risque de s’emmêler les pieds.   En matière de pub, il ne faut jamais jouer avec le mystère, sauf si on est sûr de gagner.  

Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans Le Monde du 10.10.2003

. Le site gouvernemental http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-Loup.htmlnous donne des infos rassurantes sur le loup, le lynx et l’ours qui ont été tous les trois réintroduits en France. Quant à l’aigle royal et l’oie naine,  ils font l’objet d’un plan de restauration au niveau européen.

. Photos Elisabeth Poulain à voir dans l'album-photos "Bestiaire"      

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Le Château de Pinterville, Une histoire d'eau, d'arbres et de pierre

18 Juin 2013, 10:07am

Publié par Elisabeth Poulain

En fin d’hiver dans la vallée de l’Eure, avant la repousse des feuilles, c’est aux arbres et au long mur qui clôt le parc qu’on devine la présence du château quand on vient d’Acquigny sur la D164 en allant vers Pinterville.

Pinderville-Château-Vue de la Départementale sur la grille

Il est blotti auprès des grands arbres derrière la grille monumentale. Face au château en perpendiculaire, un chemin de terre permet de rejoindre la route départementale ainsi que la colline située par derrière. On imagine facilement que toutes les terres alentour ont relevé peu ou prou du château, à un moment de la longue histoire du site. Mais c’est l’eau qui a vraisemblablement constitué une des raisons du choix de l’emplacement du château et de ses dépendances.

Pinderville-Château-Fin d'Hiver-Vue sur la grille et le côteau

Le château est situé en effet sur la rive droite de l’Eure, à une confluence, près d’une île située entre la rivière et le bord du parc, avec en face en rive gauche une colline pentue creusée par un ruisseau qui se jette dans la rivière. Trois étangs rayonnent à cet endroit dont celui du milieu est visible du château. La proximité de l’eau, le resserrement de la rivière à cet endroit et la riche terre de Normandie  expliquent aussi la puissance des arbres qui entourent le château.

L’histoire commence en 1204. Cela fait 809 ans que l’endroit a été choisi pour implanter un manoir, l’entourer d’une clôture et quelques années après en 1249, le doter d’un pont pour passer la rivière. On le sait  grâce à des archives qui attestent de l’autorisation donnée pour prélever le bois nécessaire pour édifier ces constructions, qui devaient être plus proches de l’eau pour bénéficier des avantages du pont. Une chapelle fut ajoutée en 1328, mais  sans autre précision. On sait par contre qu’en 1577, le bâtiment était déjà en ruine.

Pinterville-Château-Entrée d'Honneur-Fin d'Hiver

Il fallut attendre une deuxième naissance à partir de 1680 pour transformer  le pavillon central en château, chaque siècle apportant son ajout, grâce à des pavillons d’angle et des galeries…Au milieu du XIXe siècle, une fois l’extension maximale au sol faite, on se préoccupa d’élever le tout, avec un étage, avec le remontage du fronton pour coiffer dignement le centre de ce qui est maintenant un château aux toitures pentues, structurées et éclairées grâce à des lucarnes. Au cours du XVIIIe et du XIXe siècle, le cycle des destructions s’est poursuivi de façon irrégulière. On sait qu’en 1792, en pleine période révolutionnaire, le colombier, symbole de  l’appartenance à la noblesse, fut détruit  ainsi que le pressoir à cidre ; tous deux furent rebâtis ensuite. Une grange et des communs disparurent aussi mais cette fois-ci sans date. Plus tard, c’est toute l’aile nord qui a cessé d’être. Elle  figurait sur le cadastre de 1823 et avait disparu sur celui de 1936.

Pinterville-Château-Vue sur la grille et le côteau

Les arbres marquent le parc de leur puissance. Ils en constituent l’élément fort. La structure du jardin classique « à la française » est demeurée devant la façade de l’Est par lequel on entre, avec la colline dans le dos. L’allée droite  joint la grille d’entrée à la porte du pavillon central, ses deux grandes pelouses arrêtées par un bois dense de chaque côté et une grande esplanade gravillonnée devant le château, la cour d’honneur, où les carrosses devaient pouvoir tourner et maintenant les voitures se garer.

De l’autre côté du château, devant la façade ouest, celle qui fait face à l’étang et un peu plus loin à l’Eure, rien n’existe plus que l’immensité du ciel, une pelouse d’une seule pièce, avec des arbres qui vous disent combien ils sentent bien dans une terre si profonde, avec derrière vous la façade qui se déploie au soleil de l’après-midi. Il y a le savant désordre d’un parc à l’anglaise, où la nature a pris le pas.

 Pinterville-Château-Entrée d'Honneur-Arbres

La création d’un nouveau jardin. En prolongement de l’étroit côté nord du long quadrilatère que forme le château, celui dont le prolongement a disparu, une nouvelle parcelle vient d’être à nouveau planté par les propriétaires amoureux tout autant du château que de ses jardins. Planter des bouleaux blancs Betula utilis le long du mur nord de la propriété avec quelques pins parasol Pinus pinea pour jouer du contraste des couleurs a été une de leurs premières décisions mises en œuvre . Il y a toujours une parcelle de pommiers sur une des îles situées entre l’Eure et le domaine, avec non loin le pressoir qui se trouvait sur la parcelle nord .

La présence encore maintenant des pommiers dans l’île, là où la terre est particulièrement favorable à cette culture, est aussi une reconnaissance de l’importance de la dimension agricole de ce grand domaine dans l’histoire. Elle est aussi une façon de lier entre eux les différents espaces qui entourent le château aux dépendances agricoles dissimulées par des grands arbres du côté gauche, plein sud, quand on entre. C’est là que se situent « l’écurie, une remise, une grange, une étable à vaches, le colombier, le pressoir à cidre, les communs… »

Pinterville-Château-Eté-Vue du Parc

La pierre du château est plurielle elle aussi. C’est cette caractéristique  qui signe le style normand du château. Le pavillon central ainsi que l’ossature et les bordures des deux ailes sont faites de pierre blanche, avec des remplissages de briques rouges. L’alliance est toute de légèreté gracieuse. Les nombreuses fenêtres et portes vitrées laissent passer la lumière de Normandie, d’autant plus fortement que le château, s’il est de grande longueur grâce à ses ajouts successifs, est étroit pour laisser passer la lumière qui vient des deux côtés. En fin de journée, le soleil se laisse voir non seulement à travers le pavillon central du château mais aussi à travers la grille, qui ferme l’allée conduisant au château. C’est elle qui constitue à nouveau la signature du château. Elle est un magnifique symbole de la renaissance du château et du parc qui l’entoure, comme un écrin. Un des plus beaux clichés du parc, de la grille et du chemin qui mène au fond à la colline a été pris le dos face au château dans la cour d’honneur, un jour d’hiver quand la neige avait recouvert le sol et fait ressortir les lignes.  

Pinterville-Château-Hiver-Grille-Entrée d'Honneur- 

Le château de Pinterville a désormais retrouvé la stabilité qui lui avait si fortement manquée, passant d’un propriétaire à un autre, avec trop de changements à chaque fois. En remontant le temps, on trouve des grands noms du royaume dans l’histoire du château, tels que Saint-Louis en 1248 qui fit don du manoir et de la terre de Pinterville à un neveu de l’évêque de Rouen. En 1260, son descendant, échanson du roi Saint-Louis, vendit la terre directement à l’archevêque de Rouen. Puis le manoir lui-même devint une des résidences de l’archevêché.

Fin XVIIe, en 1677, le grand économiste Pierre Le Pesant de Boisguilbert arriva à Pinterville par mariage. Il fit construire le bâtiment principal du château. où il vécut entre 1680 et 1693. C'est à Pinterville qu'il écrivit ses œuvres majeures, en particulier « Le Détail de France » en 1695. Boisguilbert est le précurseur de la science économique moderne. Ses pensées novatrices ont été traduites dans les cinq continents et tout spécialement en Chine. Le domaine resta dans la famille des Boisguilbert  jusqu'en 1878. Pendant cette période,  l’écrivain Bernardin de St Pierre (1737-1814),  l’auteur de « Paul et Virginie », y résida…

Pinterville-Château-Fin d'hiver-Edith de Feuardent-Vue du ParcDepuis quelques années maintenant, le château de Pinterville connaît une véritable renaissance. Son ouverture au public lors des Journées du Patrimoine de septembre 2012 en témoigne. L’intérêt des visiteurs, dont beaucoup habitent le village de Pinterville tout proche, Louviers… est manifeste. Ils peuvent enfin visiter le parc au bord de l’Eure dans un site magnifique, un endroit rare, à la fois très structuré dans sa configuration au sol, sans « chi-chi » végétal décoratif, ni buissons taillés, ni massifs à fleurs  et qui libère une formidable énergie grâce en particulier à ses arbres, autour d’un château d’une grande finesse.

A l'Est, en franchissant la grille monumentale, le visiteur est frappé par la majesté des allées de platanes  Aceri folia qui bordent depuis plus de 250 ans l'accès à la cour d'honneur du château. A l'Ouest, côté jardin, le  paysage est façonné par les immenses platanes bicentenaires Aceri folia et orientalis, témoins grandioses de l'ancien parc dessiné à l'anglaise. Quelques  magnifiques hêtres pourpres Fagus sylvatica atropurpurea se détachent dans le vert du paysage. Les tilleuls vénérables Tilia exhalent leur parfum délicat dans les soirées estivales. Un magnolia Grandi flora se blottit dans un endroit abrité. A la belle saison, les marronniers roses Aesculus hippocastanum  fleurissent les rives de l'Eure…à cet endroit déjà connu il y a plusieurs millénaires.

Pinterville-Château-Hiver-Vue de l'étang près de l'Eure

Pour suivre le chemin

. Pinterville est une commune de 800 habitants à laquelle est rattaché le domaine. Elle compte  d’autres monuments historiques, comme l’église de la Trinité du XVe et XVIe (Monument historique depuis 1927), le presbytère (MH depuis 1975). Le site de la colline qui fait face au château a été habité depuis l’ère néolithique ; une allée couverte appelée aussi l’allée sépulcrale est située au Vallon du Parc proche du domaine. Elle est aussi MH (1947).   http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinterville  

. Voir la carte du site sur http://www.ancien.eure.pref.gouv.fr/carte_rce/CARTEcoursdeauL16.pdf

. La description du château dans le Site Mérimée sur http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00019268

. La fiche sur le château sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinterville 

Pinterville- Château-Parc-Ouest-Eure

. Photos d’Edith de Feuardent pour l'été, l’automne et le plein hiver avec de la neige, avec mes remerciements, et Elisabeth Poulain pour le tout début du printemps, juste à la sortie des premières feuilles.

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Style de Pub > La Main de l'Homme > Ce qui se boit, se goûte, se pétrit

13 Juin 2013, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Avec la main, on peut presque tout faire. C’est devenu aussi à notre époque toujours une façon de distinguer les produits « faits main » de ceux qui sortent en grandes séries industrielles. Une façon de valoriser le travail artisanal produit par une main d’homme qui connaît l’art de faire pour des hommes et des femmes qui sauront les apprécier, par différence d’avec des pièces anonymes produites par des machines « sans âme » et qui sont destinées à des masses d’acheteurs anonymes. Que cette façon dichotomique de penser soit aussi arbitraire que son contraire n’a pas grande importance, surtout quand on parle de publicité. On pourrait tout à fait valablement soutenir que depuis l’aube de l’humanité, le producteur a cherché à optimiser son travail, en faisant des petites séries, pour  soulager sa peine  et gagner du temps. C’était déjà vrai de la taille de la pierre au néolithique. La différence porte sur l’ampleur des séries, les modes de production et la mondialisation de leur diffusion.

L’important réside tout autant dans la qualité du produit –un concept très fluctuant selon les époques, les cultures, les fonctionnalités du produit…- que la personnalisation du message qui est acheminé vers le destinataire naturel qui est l’acheteur. A un certain niveau de « qualité », j’emploie volontairement ce terme si ambigu, ce qui compte avant tout c’est ce qu’attend l’acheteur.  Un produit fait pour lui, par des mains d’homme qui y ont mis toute son intelligence, ses compétences, sa finesse, est forcément meilleur qu’un autre réalisé sans dimension manuelle, ni personnelle.  Ceci est vrai aussi bien pour le whisky du tonnelier de la distillerie, le vin du vigneron, la bière du moine, le fromage de l’affineur ou la farine du boulanger.

La main de l'Homme, Single Malt Scotch Whisky The Balvenie, 2012 

 . Les mains du tonnelier du Single Malt scotch Whisky « The Balvenie ». On les voit bien en action même si le poignet de la main droite, celle qui tient l’outil utilisé dans son usage de marteau, est légèrement tronqué. On distingue bien l’autre main qui tient une sorte de gros poinçon pour finir le cerclage du haut du tonneau. Le choix de la direction s’est porté sur  le centrage du travail des mains pour des finitions sur un tonneau neuf. Il faut dire que la distillerie The Balvenie est la seule en Ecosse à posséder son équipe de tonneliers et son chaudronnier en plus de ses autres spécialistes de cette distillerie qui oeuvrent tous à l’élaboration du Handcrafted Single Malt sous la direction de David Steward, Maître de Chai et gardien des traditions et du savoir-faire.

Ce visuel est le n° 4 de la série des cinq savoir-faire du Single Malt artisanal paru sous l'intitulé "Forger son caractère". Le maître mot est lâché. Il a pour premier objectif de célébrer la majesté du travail de l’artisan maître, en son métier, attaché à un savoir-faire qui se transmet d’homme à homme au cours des siècles. Quand vous dégustez un Balvenie, vous goûtez l’histoire, la grande histoire de l’Ecosse. Dans le fond, on aperçoit des tonneaux et en avant gauche le corps courbé du tonnelier. Une affichette reproduisant l’argumentaire publicitaire cache la partie centrale du tonneau. Et pour finir, la diagonale composée par la tête du tonnelier, le point de  rencontre entre les deux outils, le coin gauche haut et le coin bas droit de l’affichette arrive juste au centre bas du texte porté par l’étiquette de la bouteille jaune d’or remplie de Single Malt 12 ans d’âge. Une franche réussite à la gloire du travail de l’homme grâce au bois du tonneau.

= La  main de l’homme est présente dans tous les métiers qui concourent à la maitrise de la qualité du whisky pour forger son caractère et/ou le sien. Elle dit aussi que c'est une affaire d'homme.

La main de l'Homme, Beaujolais, Crus, Publicité 2002, 

. La main du vigneron du Beaujolais. C’est un visuel de 2002 qui fait partie de la série « Etonnants Beaujolais », comme c’était à la mode à l’époque, pour rendre compte de la richesse paysagère caractéristique des vins de Beaujolais. Cette publicité a été sélectionnée à la demande du Syndicat du Beaujolais pour vanter les crus au nom si célèbre, avec dans l’ordre alphabétique Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Moulin à Vent, Morgon, Régnié et Saint-Amour. 

Le bandeau haut du visuel en noir et blanc est centré sur les mains d’un vigneron tenant un fagot de sarments de vigne déjà attaché par un lien. Le choix du syndicat s’est porté sur le travail achevé de la taille, un travail non salissant, pas fatigant...au contraire du travail de la taille qui reste très fatigant, même si le sécateur électronique facilite la tâche. Dans ce visuel, il suffirait de porter un petit fagot  pour, par la magie du travail du vigneron, transformer le travail de la main en un vin qui tourne déjà dans le verre, cette fois-ci dans la grande partie couleur en dessous. 

= Pour la main de l’homme, il n’y a pas de petite tâche. Après la taille, terminer en faisant ses petits fagots permet de laisser une vigne aussi bien ordonnée que belle pour avoir du bon vin.  

La main de l'Homme, Bière Affligem, Publicité 2002

. Les mains du moine de l’Abbaye d’Affligem. Cette fois-ci, le visuel montre les deux mains, la gauche tenant le verre à pied rempli de bière, avec la mousse prête à déborder, de sorte que la main droite est placée dessous si une larme de mousse venant à s’échapper. Cette publicité forme la 4 de couverture du magazine Elle Cuisine de mars 2002. Le verre a la forme d’un calice qui ressort en jaune d’or et blanc mousse, avec le nom d’Affligem qui ressort en blanc sur le jaune du verre et sur les manches jaunes du célébrant en jaune d’or avec des mains couleur jaune-chair.

Le résultat, disons-le, est troublant parce que c’est trop réussi. Jamais le nom de bière d’abbaye n’a été mieux porté. Le commentaire n’en est pas moins troublant : « Elle vous est confiée ». Ce moine, dont on ne distingue que les mains, est moins celui qui brasse que celui qui l’a présente en offrande au seigneur.

= La main de l’homme pour faire une bonne bière est un cadeau de Dieu. 

  La main de l'Homme, Cantal AOC, fromage

. Les mains de l’affineur du Cantal AOC. Elles figurent au premier plan du cliché, la main de droite tient fermement la tome ; la gauche tient une toile de jute pour essuyer le fromage au fur et à mesure lors du retournement de la tome pendant la durée de l’affinage. Une mise en lumière subtile, qui cache les bras de l’homme, éclaire la lourde tome cylindrique de fromage (35 à 45 kgs), placé à hauteur de main, sur laquelle s’appuie un petit garçon au beau visage fin. Lui aussi a posé ses mains sur le fromage, qu’il ne regarde pas, tant il paraît fasciné par ce que dit son père – à ce qu’on peut imaginer. En arrière ressort une grande allée voutée éclairée où sont placés en trois longues lignes les fromages sur les tables d’affinage posées au sol.

La composition place en premier plan les mains de l’homme et ensuite celle de l’enfant. Elles ne  se ressemblent pas ; les premières exercent un dur métier dans le froid et l’humidité, alors que celle du petit garçon repose du bout des doigts sur le fromage. Ses yeux sont reliés à ceux de l’homme, peut-être à sa bouche qui parle mais certainement pas aux mains qui travaillent. L’éclairage de ce visage si fin illumine tout autant le visuel que l’éclairage et en particulier celle de la haute cave voutée. Elle signe l’importance de la transmission d’homme adulte  à un petit d’homme dans une perspective d’un temps long. Le choix des couleurs, le noir et blanc pour la photo et celle du jaune pour vanter les trois variétés du cantal jeune, entre-deux et vieux, accentue l’accent mis sur le temps. « Seuls le temps et l’art de l’affinage peuvent révéler tous les goûts du Cantal…Cantal, redécouvrons les goûts de la tradition » sont les mots qui encadrent la photo.

= La main de l’homme sait porter le lourd, pour affiner le goût au cours des siècles, pour transmettre l’art de l’affineur que saura déguster l’amateur.  La main dit "tu seras un homme comme ton père mon fils"!

La main de l'Homme, Baguette Bagatelle, Label rouge, 2004

Les mains du boulanger. Ce sont celles qui pétrissent la boule de farine « Bagatelle Label Rouge » additionnée d’un peu d’eau, de levure et d’une pointe de sel. La farine donne son nom à la baguette du même nom qui est présentée comme la meilleure des baguettes. La photo en noir et blanc est centrée sur les mains du boulanger qui enfoncent ses doigts dans la boule molle, douce et qu’on devine devenir presque chaude sous la continuité de la pression des mains, comme si elle acceptait de faire corps avec la peau des mains qui s’en saisissent. Le pétrissage est un travail très physique. Il suffit pour s’en convaincre de pétrir longtemps pour en avoir mal aux épaules. Il est aussi une  opération très sensuelle, plus encore que lorsqu’on travaille l’argile qui est « froide » par rapport à la pâte « chaude ». Ces mains sont présentées ici dans leur plus grande simplicité, accompagnées du bon sous-titre « L’excellence au bout des doigts ». Il n’y a ici nul décor, ni d’autres composantes que la boule de pâte, les mains et la farine sur la boule. Il manque dans la photo la perception de la tension du pétrissage dans les mains, qui me semblent juste  posées sur la boule.  

Cette composition à trois acteurs est présentée en page paire à gauche du magazine. Cette photo est associée au Club Le Boulanger à Paris. La page de droite est consacrée au texte présenté en blanc sur fond noir pour faire ressortir le double logo de la baguette Bagatelle et du Label Rouge, avant de présenter un texte de 17 lignes utilisant le nombre maximal de mots à valeur positive que l’on puisse imaginer. Le titre est le suivant « Bagatelle, sans doute la meilleure baguette de tradition française », avec une demi-baguette présentée en verticale. 

= La main de l’homme sait pétrir à cœur la farine pour la transformer, grâce à son travail, en pain bon à déguster le lendemain, après passage au four.  

 La main de l'Homme, Camembert, Fromagerie de la Vie  

L'idée de ce billet vient de l'achat récent d'un camembert de marque "Fromagerie de la Vie" à Saint-Loup de Fribois en pays d'Auge qui a reçu la médaille d'or au Concours général agricole 2013 à Paris. Le couvercle pyrogravé porte un dessin de vache traite par la fermière qu'on voit de dos assise sur son petit tabouret de traite. Le camembert lui-même est emballé dans un papier sur lequel est collé un macaron  "Moulage traditionnel à la louche à la main", avec une main d'homme dessinée à la main portant la louche. Mention en est faite aussi sur le couvercle.

= La main est une valeur ajoutée très positive en 2013. C'est une caractéristique importante de différenciation avec la concurrence dans une société qui craint de voir le monde de plus en plus régi par des machines.      

La main est le lien d’une personne à une autre personne. Elle est celle qui pense, fabrique et transmet comme un don, même si il y aussi transmission d’argent en échange. Pour que cet échange soit bénéfique, il faut que le travail soit perçu moins comme l’œuvre d’un technicien que comme la création d’un artiste. La main donne à l’objet une dimension quasiment magique. C’est bien pourquoi le verre à vin avec du vin dedans tenu par la main du vigneron dans son chai ou dans sa cave a une telle force dans la lumière, quand celui-ci fait sa dégustation pour savoir ce que dit son vin, celui qu’il créé de la vigne au verre. Une autre main, celle d’une belle jeune femme ou d’un beau jeune homme buvant le vin, aura peu ou rien à dire. Dans tous les cas, elle parlera moins que la main de celui qui fait mis en scène par un  publicitaire pour valoriser l'attractivité du produit.

= La main, pour parler,  doit être "vraie" au sens où elle doit être réellement  celle de l'artisan et non pas celle d'un cover-boy à avec des belles mains, de celles qui n'ont jamais travaillé avec un quelconque outil, jamais reçu de coups ni souffert de ses articulations du fait de gestes répétitifs trop fréquents...

 

Pour suivre le chemin

. The Balvenie, publicité parue dans Challenges 18.11.2012. Pour découvrir « tous les secrets des artisans de la distillerie », voir www.thebalvenie.com

. « Vous venez de déguster un Cru du Beaujolais », à retrouver sur www.beaujolais.com

. Bière de l’Abbaye Affligem, anno 1074, « Elle vous est confiée », à retrouver sur http://www.affligembeer.be/ et lire aussi l’étude de Jean Watim-Augouard retraçant toute l’histoire de l’abbaye et/ou de la marque qui appartient maintenant au groupe Heineken  sur   http://www.prodimarques.com/documents/gratuit/75/affligem-felix-gustare.php

. Le Cantal est à retrouver sur http://www.aop-cantal.com/ ainsi que sur le toujours excellent « Carnets de Voyage, Au coeur de la France des 1000 fromages », Dessins de Jean-Marc Navello, Editions Ouest-France

. La baguette Bagatelle-Label rouge est une publicité MS, la photo est de R. Auvray. La publicité est extraite du Nouveau Gault-Millau, de février-mars 2004

. Photos Elisabeth Poulain à partir des visuels

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N de Nana > La Femme couchée dans l'herbe > Une image de détente et +

5 Juin 2013, 16:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pourquoi n’y a-t-il quasiment que des femmes jeunes et jolies couchées dans l’herbe en pleine lumière d’été, comme si ce n’était que la seule saison pour elles de sortir les bras nus et en short, comme si les hommes de toutes sortes n’avaient pas besoin eux aussi de se reposer entre deux tâches, surtout que l’herbe d’été est très allergisante sans parler de tous les petits insectes qui adorent votre peau sucrée ?

 

Faites le test et cherchez dans Google Images les photos de femmes couchées ou allongées dans l’herbe et vous trouverez d’abord des femmes nues allongées, sans que l’herbe intéresse quiconque. En cherchant bien, on trouve une jeune paysanne endormie dans l’herbe au cours des moissons, écrasée de fatigue dans la pleine chaleur de l’été, dans sa longue robe de toile. C’est une huile de Vincent van Gogh, détenue par le Musée d’Amsterdam. 

Femme couchée dans l'herbe, La Sarthe, Créateur de Rêves 2011

La publicité, quant à elle, ne s’y trompe pas. Elle aime coucher les jeunes femmes partout, à commencer dans l’herbe voici quelques années et puis maintenant partout dans des canapés parfois posés dans l’herbe, sur un tapis, sur les marches d’un escalier, dans la rue, comme une fleur de bitume la nuit, les pauvres chéries !

Voici quatre d’entre elles qui ont en commun d’avoir été choisies pour figurer dans des visuels de publicités territoriales extraites de magazines d’une ville (Rouen) ou de départements (Sarthe et Maine et Loire). Les publicités de la Sarthe et de Rouen présentent des jeunes femmes couchées dans l’herbe, ainsi que la troisième qui a été choisie pour representer le développement durable. Pour la dernière, celle du Maine et Loire, il y a bien une jeune femme dehors, de l’herbe mais … Suspense.

Femme couchée dans l'herbe, Rouen, Almanach Jardins 2013 

La Sarthe, Créateur de Rêves. C’est le nom de l’affiche conçue par Sarthe Développement pour inciter les touristes français et étrangers à venir « rêver » en Sarthe. La jeune femme rêve allongée dans l’herbe les yeux fermés, les lèvres légèrement ouvertes. L’impression est toute de douceur pour « rêver à deux, en famille, entre amis… »

Almanach est le titre deux fois écrit, une fois à l’endroit, une fois à l’envers, choisi par Rouen pour l’édition 2013 de sa plaquette consacrée aux « jardins, mois après mois » qui vous  informe sur les parcs et jardins, les sentiers de promenades…La jeune femme cette fois-ci est placée en haut, son visage à l’envers, dans une prairie fleurie de boutons d’or. Elle a les yeux grands ouverts et sourit franchement en vous regardant si vous tournez la plaquette.

Femme-Prairie-Couv.-Guide 2009-DD2

Le troisième exemple préfère la simplicité pour vanter le charme du développement durable dans un guide de 2009. On ne voit pas trop le lien si ce n'est de montrer que la nature peut garder son air sympa, avec une jolie fille naturelle qui s'endort au soleil en toute confiance, comme une belle plante a besoin de ses rayons pour s'épanouir pleinement...La composition est très réussie. La jeune femme dort, le bras gauche sous la tête et la main droite sur son plexus, en signe de calme. Elle porte un t'shirt avec le logo recyclable, qui ressort d'autant mieux sur l'herbe sans fleurette.  

Femme, Herbe sur le tête, Conseil général 49, Fête du Vélo, 23.06.2013 

La Fête du Vélo du 23 juin 2013 en Anjou a sorti le grand braquet, pour dire que le Conseil général de Maine et Loire  a fait preuve d’une joyeuse originalité. La jeune femme sélectionnée porte cette fois-ci sur son casque de cycliste rouge assorti à son rouge à lèvres, une grande prairie sillonnée par des cyclistes avec un château dans le fond et des papillons et deux montgolfières dans le ciel, avec en guise de ruban des pampres de vigne s’échappant du casque. Elle n’est pas allongée. Elle a les yeux grands ouverts, le sourire d’un éclat de rire. Elle lève les yeux au ciel, sans chercher à établir le contact avec le lecteur. Elle est très séduisante tant elle pétille de joie de vivre dans ce visuel franchement réussi. Cette fois-ci, c'est elle qui porte l'herbe  sur la tête.  

Quant à la détente, la relation avec la femme couchée n'est même pas ambigüe. On comprend vite qu'il s'agit moins de sa détente à elle, que  celle d'un promeneur du genre masculin qui se promènerait là par hasard et qui découvrirait, endormie à ses pieds, une belle fleur endormie prête à être cueillie sans souci, comme une fleur de coquelicot, surtout si elle lui fait de l'oeil...Ronsard, lui, était d'un autre niveau. Il proposait d'aller cueillir la rose. C'est autre chose.  C'est bien pourquoi, le visuel que je préfère est décidément celui de la cycliste tonique qui porte le monde sur sa tête...Reste qu'il est quand même étonnant de  vouloir à notre époque encore attirer avec une femme couchée. En matière de pub, de bonne pub, on sait faire tellement mieux!   

Pour suivre le chemin

. Le visuel sur la Sarthe forme la page 3  de couverture du magazine de la Vallée du Loir, n° 4,2011, voir www.tourisme-en-sarthe.com

. Celui de Rouen Magazine, n° 397, 29.05.2013 est située en page 4 de couverture.

. Tout comme le Hors-Série du Mensuel de Maine et Loire de juin 2013, « Echappées belles en Anjou », à découvrir sur www.cg49.fr

. Photos Elisabeth Poulain, à partir des documents.            

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Photos > Lumière de Normandie > La Beauté du Blé vert en herbe

4 Juin 2013, 17:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’était une fin d’après-midi, après une journée passée dehors à aller et venir, où le vent avait soufflé, sous des des nuages qui filaient, mais heureusement sans pluie. Une journée très active, fatigante où le corps et l’esprit aspirent au repos, sur la route des plateaux de l’Eure, en rentrant vers Rouen.

Sur la route de Gaillon-Blé-1-Eure-Normandie

A la croisée d’un chemin, nous avons surpris face à nous  un grand champ de blé vert en pleine vigueur dont la couleur était magnifiée par un ciel chahuté, où trainaient des nuages qui voilaient la lumière descendante.

Sur la route de Gaillon-Blé-2-Eure-Normandie

En quelques instants très courts, le paysage a changé sous nos yeux. Les photos prises en continue que je vous présente témoignent de cette rencontre marquée par la soudaineté du changement du ciel et l’immuabilité du champ sans limites et sans poteaux, à droite comme à gauche face à nous, avec comme limites parallèles le bois dans le fond et la route par devant.

Sur la route de Gaillon-Blé-3-Eure-Normandie

La Normandie de ce département de l’Eure offre à la vue ces immenses et fascinants paysages de grande culture ouverts à la vue. La découverte de la vigueur du blé tendre  en pleine pousse, sans avoir encore atteint sa taille optimale ni obtenu sa couleur de maturité a été d’une telle force que nous nous sommes arrêtées, sous le charme.

Sur la route de Gaillon-Blé-4-Eure-Normandie

Sans quitter la voiture, nous avons pris nos photos devant, à droite, à gauche…et nous sommes reparties fascinées par la puissance tranquille de cette immense parcelle, sans limite autre que le bois dans le fond et la route par devant, et la richesse végétale que représente un tel potentiel dans la terre si riche de la Normandie.

Pour suivre le chemin

. Allez dans le département l’Eure au printemps et sillonnez les routes vallonnées de cette campagne normande sur cette rive gauche de la Seine.

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Paysages". Elles n'ont subies aucune retouche. D'autres photos sont à voir sur ce blog sur ce double thème du paysages pendant un transport: Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre       Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest   

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Rouen > Le respect de l'espace public > Le salon rangé comme la rue...

21 Mai 2013, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

« A Rouen, Ensemble, Respectons l’espace public. », tel est le nom de la campagne d’affichage 2013 menée par la ville pour améliorer la qualité de l’espace public. Elle est fondée sur l’idée que le bon état de la rue relève de la responsabilité de chacun puisqu’elle est l’affaire de tous, une vérité incontestable et qui est pourtant réellement peu encore perçue comme telle par une bonne partie de la population en France et pas seulement à Rouen.

Rouen, Cathédrale et Grue, Page 4 de couv, magazine municipal 2013

En ville, la vision  projetée du bon ordre de la rue est celle de techniciens de la propreté, payés par la ville, passant avec de gros matériels très coûteux enlever toutes les saletés jetées à terre pour ensuite nettoyer derrière les gens. Comme des parents derrière des enfants immatures. Et cette opération doit être faite en plus à des heures qui ne gênent ni la vie quotidienne de la ville et des gens ni les questions très cruciales de la circulation et du stationnement. C’est dire que la propreté urbaine est devenue un casse-tête qui relève d’une véritable gageure de plus en plus complexe à gérer en présentant toutes les caractéristiques financières d’un puits sans fond. Une des conséquences est d’ailleurs que les villes d’une façon générale n’assurent plus elles-mêmes ce service essentiel à leur salubrité et à leur bonne notoriété. Elles préfèrent concéder cette fonction à des grosses sociétés comme Véolia. Mais dans ces cas-là aussi et surtout, l’espace public doit être le moins souillé possible de façon à limiter la hausse du coût de l’entretien.   

Rouen, Ensemble, Respectons l'Espace public

Rouen a choisi de se focaliser sur l’espace public pour ne pas avoir à désigner spécifiquement le bon entretien parce que celui-ci dépend de la ville. C’est le respect qui est mis en avant, un concept plus abstrait, plus subtil et plus actuel que la propreté qui a une connotation désuète et en même temps fausse. Une rue, ne présentant aucun désordre provenant de déchets jetés à terre, ne sera pourtant jamais propre. On ne peut jamais garantir une rue « propre ». Par contre on sait ce qu’est une rue sale, c’est une rue où s’entassent les déchets. Le choix du terme « respect » vise peut être apparemment moins le respect des règles que celui du aux jeunes, avec me semble-t-il un double sens, « si tu veux qu’on te respecte, commence par respecter la rue, ta rue ». Parler de respect, c’est dire aux usagers de l’espace public qu’ils doivent avoir une autre vision de la ville, en commençant, eux, à ne pas jeter n’importe quoi par terre et en faisant n’importe quoi.  

L’espace public  à respecter. C’est peut-être la notion la plus délicate à faire partager. Sans chercher une définition sophistiquée, on peut dire c’est l’espace qui n’appartient pas à une personne privée en particulier, dont nous usons tous pour marcher, se déplacer…et qui est à la charge de la collectivité, à charge pour nous, les usagers que nous sommes tous, de payer des impôts divers et variés pour s’occuper en particulier et pas seulement de l’espace public.  

Rouen-Ensemble, respectons l'espace public-le salon

La sensibilisation au bon ordre de l’espace public. L’idée de Rouen est de renverser la charge de l’obligation du respect de la rue vers l’émetteur, avant qu’il ne souille l’espace public.  Chacun sait en effet qu’à partir d’un certain niveau de désordres avec trop de papiers sales, trop de bouteilles vides ou de cannettes, des sacs poubelles éventrés…le nettoyage de le rue nécessite des moyens qui sortent de l’ordinaire  courant acceptable. La campagne d’affichage a pour but de faire prendre conscience de cette réalité en faisant percevoir ce véritable devoir civique individuel qui est de garder sa rue « propre ». Pour arriver à ça,  le moyen utilisé est de jouer sur la comparaison des deux espaces public et privé.

Rouen-Saint-Sever-Eglise-Affiche-Propreté-2013   

La propreté de l’espace public-privé. Deux visuels ont pour objectifs de de faire progresser  cette prise de conscience. Le plus réussi est une photo du « salon » de quelqu’un qui a visiblement une curieuse notion de la propreté et du rangement. J'ai imaginé la mise en scène pour faire la photo, avec un monologue qui m'a fait bien rire, du genre "pour une fois qu'on me paie pour faire un tel désordre". L’idée est qu’il ne faut pas traiter l’espace public comme certains se permettent de le faire chez eux ! L’habitude est d’opposer un intérieur impeccable  face à un extérieur franchement « crassouille » (= très sale). Cette fois-ci, c’est le contraire. L’autre visuel - moins porteur parce que dénué d'humour- représente un homme en train de passer l’aspirateur dehors sur le trottoir. La série va certainement se poursuivre, vraisemblablement en insistant sur le terme très important  du "Ensemble", parce que pour l'instant, on voit surtout le "tout seul" en action dans son salon, un terme très désuet, ou avec son aspirateur sur le trottoir, comme un maniaque de la propreté .

Rouen-Rive droite-Usine d'incinération déchets

En matière de gestion des déchets, la ville de Rouen n’est pas la première à utiliser ce type de communication très axée sur la psychologie sociétale des individus et qui est appelé à se développer. Elle dispose par contre de trois atouts que d’autres villes peuvent lui envier. Son usine de d’incinération des déchets  ménagers est une création toujours très avant-gardiste de l’architecte Jérôme Van Overbeke. Elle est disposée en rive droite de la Seine, à quelques centaines de mètres de la déchèterie placée également au bord de l’eau. Les déchets sont apportés par péniches en remontant le fleuve.  Le 3e atout est qu’on vous aide à décharger votre voiture et à porter les déchets pour accélérer la rotation, une assistance bienvenue et appréciée par tous. Ca aussi, c’est une forme de  bon partage de l’espace public !  

Rouen, Rive droite, Vue sur la Seine, Saint-Sever, Péniches Déchetterie

Pour suivre le chemin

. A retrouver dans www.rouen.fr/sites/default/files/rouenmagazine/rm393.pdfet à  suivre dans ‎ www.scoop.it/t/rouen?page

. Suivre aussi le site de Versailles qui parle aussi du « respect de l’ordre public » http://www.versailles.fr/vivre-ma-ville/ma-ville-propre/respect-de-lespace-public/

. Besançon va encore plus loin que le simple respect et parle d’abord du partage et du respect de l’espace public sur  http://www.besancon.fr/index.php?p=1502 avec cette phrase superbe « et toi, tu t’es vu quand t’abuses ? » et en citant les déjections canines, les dépôts sauvages, les tags, les graffitis… »

. En sens contraire voir le site de Saint-Brieuc qui continue à viser son propre service de propreté quand il se réfère à l’espace public  http://www.saint-brieuc.fr/L-entretien-de-l-espace-public.2797.0.html

. Voir le site participatif http://www.36000pourletri.fr/ 

. Photos Elisabeth Poulain pour la déchetterie et affiche dans la rue, les autres d'après le magazine de la ville, à voir dans Villes2 

 

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