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Le Blog d'Elisabeth Poulain

N comme Nana > La Femme-Papillon > Hermès, Le Temps, Le Sport

19 Mai 2013, 11:21am

Publié par Elisabeth Poulain

Hermès est le messager des Dieux et des Voyageurs. Il est donc bien placé pour célébrer le goût de l’Ailleurs et celui du retour aux sources de la Vie, dans des campagnes très abouties visuellement et qui jouent toujours sur des symboles forts. C’est ce qu’Hermès a réussi une fois de plus à faire dans ses deux dernières campagnes, en 2012 « Le Temps devant soi » et cette année « Le Goût du sport ».

Hermès-Campagne-printemps-été-2012-Bette-Frank 

Le Temps devant soi. Cette campagne aurait aussi pu s’appeler le chant de l’olivier. Plusieurs  visuels  montrent cet arbre vraisemblablement millénaire en majesté, avec la jeune égérie, Bette Franke, tournant autour. On la voit par exemple faisant de la balançoire ou blotti au creux du pied de l’arbre. Le visuel le plus réussi la montre le corps collé au tronc. On croirait voir un papillon, les ailes déployées par le vent, éclairées par le soleil. En fait il s’agit d’un grand carré Hermès, aux tonalités orange et rouge ainsi magnifiquement mis en lumière, qui se déploie dans un chatoiement éblouissant face à ce tronc d’arbre d’une force inouïe. C’est une franche réussite. 

Hermes-Ponton-le-gout-du-sport-ete-2013 

Le Goût du Sport. Malgré ce titre un peu faible, en comparaison avec Le Temps devant soi, l’idée est de jouer avec un paysage d’eau, au bord du Lac de Côme, en ayant cette fois-ci recourt à l’idée du ponton. Les visuels développent une série d’activités sportives, alors que la première idée qui vient à l’esprit associe le ponton au bain de soleil et à la contemplation de la beauté bleuté du paysage. On voit la jeune femme choisie jouer au ballon ou contempler, ravie, les assiettes Hermès disposées sur le ponton. Le visuel le plus abouti la montre, avec un franc sourire, se tenir en équilibre sur son vélo qui roule sur le ponton au bord du lac. La jeune femme déploie son grand carré qui s’exprime cette fois-ci plus dans des couleurs jaune et orange avec des rayures grises et blanches assorties au ciel.

Publicis Etnous est l’agence qui a conçu et réalisé ces deux campagnes. Elle a obtenu en 2012 le Grand Prix du 27e Grand Prix de la Presse Magazine pour l’année.   

Pour suivre le chemin

. Voir les visuels et plus sur  https://www.facebook.com/pages/Publicis-EtNous/213688065333872

Hermès-Campagne-printemps-été-2012-Bette-Franke 

. Voir "The Gift of Time" conjointement organisé avec Le Monde     http://www.lemonde.fr/style/infographe/2012/07/11/hermes-et-hilton-mcconnico-proposent-un-voyage-a-travers-la-notion-de-temps_1731932_1575563.html

. Consulter aussi http://www.llllitl.fr/2012/09/publicite-marketing-les-meilleures-creations-francaises-de-la-semaine-38/

 . Suivre les campagnes sur un très bon site http://brieuc75.typepad.fr/soundtracktomylife/2012/09/la-campagne-de-publicit%C3%A9-automne-hiver-2012-2013-herm%C3%A8s-par-nathaniel-goldberg-la-suite.html

Hermes-2013-Ponton-Le Goût-du-Sport 

. Et retrouver sur ce blog les billets sur les estacades, les pontons:

Style de Vie > Marcher sur l'Eau > De l'Estacade au Ponton et plus       

L'estacade > Le rendez-vous avec la mer, le ciel et l'air du large       

L'Evasion > Le Chemin de l'Estacade > Absolut Vodka, Les Vins Nicolas 

. Photos, avec mes remerciements au différents contributeurs    

 

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Quand Suze joue avec sa bouteille, le verre et le ruban blanc...

17 Mai 2013, 14:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

On peut se permettre cela quand on est une vieille dame de plus de 100 ans, parce que d’abord on ne compte plus le nombre d’années qu’il y a derrière soi. Née en 1889 et dotée d’un grand sens philosophique, on ne compte pas non plus par devant. Ce serait franchement idiot, bien que … Par contre, jouir de l’instant présent, en ayant un petit flottement tout à fait volontaire sur les années pour le passage du 3e millénaire, ça on sait faire. Faites confiance à la Belle Dame de la Gentiane ou la Belle Dame Jaune parce qu’elle est faite à partir de gentiane jaune originaire du Jura. J’ai nommé Dame Suze, déjà bien connue à Paris en 1931 pour l'Exposition coloniale.

Suze-Exposition-coloniale-1931-Plan-Wikipedia 

Le jaune-brun Suze et le blanc de l’étiquette. Le jaune or est évidemment très présent. C’est la couleur du digestif, un jaune de toute beauté, qu’on retrouve également sur le nom de la marque Suze qui figure en grand sur l’étiquette en deux tons, un franc or jaune et l’autre un or rouille pour valoriser la couleur ambrée du verre de la bouteille. D’après Pernod Ricard  qui a racheté la marque en 1965, l’étiquette est restée la même. Je gage pourtant qu’elle a dû être rajeunie pour être plus dans l’air du temps, tout en gardant son style. Ce qui est certain c’est que l’étiquette est une épurée blanche, assortie à la capuche blanche qui couvre le bouchon à vis blanc.     

L’idée pour fêter l’an 2000. Il s’agissait de décliner une série de visuels pour frapper fort, après avoir débuté en 1992 un collector  de bouteilles confiées chaque année à un artiste ou à un grand couturier pour rajeunir la marque. Il s’agissait d’ attirer des amateurs plus jeunes et aussi et surtout de faire goûter Suze autrement et pas seulement pour digérer après un repas plantureux. Une opération très certainement réussie, mais qui a le défaut de s’épuiser. Il arrive un moment où on se lasse. Il fallait à la marque devenir plus ambitieuse. C’est ce à quoi répond cette série « Suze se distingue à chaque apparition. »

Suze, bouteille musicienne xylophone

La mise en scène de « Suze ». D’abord on parle maintenant de Suze pour parler tout aussi bien de la marque, de la bouteille, du verre avec ou non des glaçons. La différence est d’importance, entre « Garçon, une Suze s’il vous plait », comme on dirait « apportez moi une bière ou une …» ou désignez « Suze », comme s’il s’agissait  de parler sans familiarité de « Suzie ». Celle-ci devient une personne, tour à tour, barman, musicienne ou strip-teaseuse…à votre goût.

Les quatre ingrédients. D’abord la bouteille mise en situation. Elle peut se tenir droite ou penchée selon les usages. Elle est prête à servir. Le bouchon est ouvert ou même jeté au loin. Les verres se tiennent sagement alignés devant Suze. Déjà remplis, ils sont prêts à être bus avec des glaçons.  L’étiquette blanche haute souligne le nom de la marque écrite en arrondi vers le haut en bi-chromie. Elle joue un grand rôle dans l’histoire en plusieurs épisodes que raconte Suze. C’est elle qui donne le ton du visuel, le rythme et le sens du visuel.  

Arrive le 4e élément qui est le ruban blanc qui constitue la grande innovation de ces publicités. Il transforme la bouteille en une personne qui a des bras. Celle-ci va pouvoir endosser plusieurs rôles, comme une star dans un scénario. Le ruban permet aussi de donner de la souplesse et de la tonicité à l’ensemble. Chaque visuel permet de montrer Suze au moment précis où la liqueur a été servie et juste avant que le verre soit apporté aux amateurs impatients.

Suze-A chaque apparition-Ruban-blanc-1999 

Mais il y a encore deux autres piliers à connaître. Ce sont  le nom de la série et le jeu des couleurs. La série en réalité se conjugue au pluriel. Il y en a eu deux, à savoir « Suze se distingue à chaque apparition » et un peu après, « A chaque apparition, Suze se distingue ». Cette stratégie est basée sur les trois mots que sont Suze, distingue, apparition. Suze, on en a déjà parlé dans l’introduction ; se distingue, il faut prendre le mot dans ses deux sens, à savoir se distingue de la concurrence et reçoit des distinctions qui sont figurées par les quelques neufs médailles qui figurent en arrondi encore maintenant sur le haut de l’étiquette. Quant à l’apparition, le terme est là aussi sélectionné pour frapper fort. Il évoque le mirage, le miracle, comme s’il s’agissait de l’apparition d’une star, qui a pour habitude de ne pas se montrer et qui révèle.  On ne parle toujours quand même que d’un « apéritif fermenté » titrant 15° d’alcool,  à base  liqueur de gentiane, sans que cette indication d’ailleurs figure sur la bouteille que j’ai sous les yeux.  

Suze, streep tease

La série généraliste est basée sur le jeu et l’humour, avec une réussite différenciée à chaque fois. Citons sans certitude d’exhaustivité les cinq exemples suivants de Suze dans ses différentes activités:

. Suze se fait entendre avec son Xylophone à 7 touches, avec lequel pour produire sa petite musique. La bouteille se penche, ses baguettes à la main, qui sont en fait des cuillers à long manche pour frapper les verres remplies à des hauteurs différentes;

. Suze se distingue au Megalobar en superbe vamp ;

. Suze lit son journal-étiquette ; 

. Suze fait du strip-tease , elle enlève son étiquette comme on jetterait son tablier, elle apparait dans sa superbe nudité, une feuille de vigne cachant ce que vous savez. Le ruban de droite désigne le slogan et le gauche tient la feuille de vigne.  C’est la plus réussie.

Suze-se-distingue-au-Megalo-Bar-DBRetouching.ch      

A cette série, s’ajoute des visuels créés spécialement pour des discothèques, des commanditaires particuliers. J’en ai repéré deux, qui ajoutent un élément de fantaisie supplémentaire à la série générique:

. Suze regarde la lune avec son télescope, la Ière est une tranche de citron et le second son étiquette enroulée, un visuel crée pour le Megalobar, 6 rue de Lappe, 75011 à Paris ;

. Suze prend son bain, transformée cette fois-ci en poisson pour Les Bains-Douches, 7 rue du Bourg L’Abbé, 75003 Paris.

Suze, détail mise en lumière haut bouteille par Daniel Belet 

Le noir du fond est l’avant dernier élément à citer jute avant la lumière. C’est lui qui permet de donner de la profondeur à la composition et qui en fin de compte porte l’ensemble. Le travail du photographe fait tout le reste. Il s’agit de Daniel Belet, un grand professionnel de l’image et de la retouche qui  sait mieux qu’un autre donner vie à une bouteille. Regardez comment se présente le bord de celle-ci, plus particulièrement aux épaules et en bas, regardez aussi les reflets avec ce petit rond blanc de lumière tout en haut et l’ombre du ruban qui interrompt la double ligne noire et blanche qui surligne le bord de la bouteille. Du bel ouvrage. On comprend qu’il travaille pour tous les grands annonceurs. Chapeau l’artiste !

Suze, détail mise en lumière bas bouteille par Daniel Belet 

Quand Suze joue avec sa bouteille, le verre et le ruban blanc...la lumière est là. Cette lumière explique pourquoi j’ai voulu faire ce billet. Il vrai qu’une marque qui avait retenu l’attention de Picasso en 1912 au point d’en faire un collage ne pouvait me laisser indifférente.    

Pour suivre le chemin

. Suze est une marque Pernod Ricard  http://pernod-ricard.fr/237/les-marques/decouvrir-toutes-les-marques/marques-locales/suze  http://www.suze.com/

. Lire aussi « la Suze hésite sur son ascendance » (française ou suisse) dans http://www.swissinfo.ch/fre/detail/index.html?cid=4638840

. Voir les réalisations de Daniel Belet, un plus qu’excellent photographe,  sur le site de l‘Union suisse des Photographes dont il est membre  http://www.dbretouching.ch/index.php?action=default.page.view&id=7

Suze-Picasso-

. Photos Elisabeth Poulain pour certaines et, pour les autres, mes remerciements aux différents contributeurs, dont Pernod Ricard et Daniel Belet, et pour le plaisir, le collage de Picasso pour finir.  

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Paul Signac > Une Vision si contemporaine des Couleurs de l'Eau > Fin 19e

11 Mai 2013, 11:42am

Publié par Elisabeth Poulain

 « Les couleurs de l’eau », c’est le titre de l’exposition 2013 du Musée des Impressionnistes de Giverny dans le département de l’Eure. Un choix très heureux au point qu’on ne puisse en imaginer un autre après avoir pu découvrir les quelques 130 œuvres de Paul Signac présentées. Paul Signac appartient à la tendance des Néo-Impressionnsites, qui débuta vers les années 1886, très rapidement après la grande vague impressionniste  lancée par Claude Monet en 1874 et qui culmina en 1880. On sait que la fin de la seconde moitié du XIXe siècle a été un moment crucial de changement pour nos sociétés européennes. On le voit là sous nos yeux dans les salles du Musée de Giverny.  On ne peut être que frappé par la rapidité de la mutation qui s’imposa alors entre l’explosion de la couleur mise en œuvre les Impressionnistes et la recherche de la rigueur appliquée par les Néo-impressionnistes avec Georges Pierre Seurat en chef de file de ce mouvement.

Theo-Van-Rysselberghe-Paul-Signac-à-la-barre-de -son-batea

Paul Signac est quasiment toujours cité après Georges Seurat et tous les deux après Claude Monet. Les raisons tiennent à la chronologie, certainement aussi à la notoriété et à la personnalité de ces trois grands peintres. C’est Paul Signac qui disait qu’il était devenu peintre en découvrant ce que faisait Claude Monet. Autodidacte, ayant refusé d’être formaté par l’académisme institutionnel, il a pu constater qu’il était possible de peindre autrement.

Parler de Paul Signac seul avec le projecteur centré sur lui est pourtant la gageure réussie par cette exposition 2013 de Giverny. Le peintre est saisi dans sa singularité de marin de la marine à voile, qui voit l’eau comme un univers insaisissable, jamais le même et toujours un autre, un élément qui rend la vie plus belle, plus dense, qui offre des plaisirs et des défis à nul autre pareils, ceux de la glisse, de la fusion d’un moment  d’un paysage d’eau, sur l’eau, la couleur et le vent, ceux du mouvement et de la recherche de l'instant. Il y a là aussi chez lui la vision hédoniste d’un littoral à  découvrir par des touristes et à vivre par des résidents fortunés. Il n’y a pas de tempête chez ce marin qui pourtant avait un besoin vital de se confronter à la mer. Et pourtant, il en a forcément connu mais ce n’est pas ce qu’il voulait peindre et transmettre.

Paul-Signac-Les-Andelys-Les-Lavandières-1886 La recherche de l’harmonie des paysages domine l’œuvre, avec une vision très contemporaine du paysage et de la sensation fusionnelle avec la beauté. Ces paysages sont toujours ceux que nous trouvons maintenant encore les plus beaux, les plus attirants et les plus côtés socialement. Il suffit de citer les bords de la Seine, tout particulièrement aux Andelys, un peu en amont de Giverny, la côte normande, celle de la Bretagne, avec l’entrée du port de Concarneau qui a été choisie pour l’affiche de l’exposition… et dans le midi le littoral méditerranéen, Marseille aujourd’hui en 2013 capitale européenne de la Culture, Saint-Tropez, la Corse…Il y a non seulement le choix du décor, l’ambiance le plus souvent sereine et où il fait bon être dehors à la douceur du soleil, mais aussi  le moment, le matin ou le soir…avec toujours la recherche du ton juste en adéquation avec la sensibilité du peintre au moment où il saisit l’instant, l’ambiance, la sensation, avec en plus une très forte composition…

Il y a plus encore et qui ne se voit pas, c’est le travail qu’il y a pour rendre « sa » justesse ou plutôt ses justesses. On est surpris de voir les variations que le peintre fait d’un même site, commençant à l’aquarelle sur place pour garder le ressenti d’un moment, notant la position du soleil, la présence de la brume, la densité des fumées, le temps qu’il fait et reprenant ensuite chez lui dans son atelier son travail cette fois-ci à l’huile en grand format. Cette façon de faire  lui permettait à la fois de garder l’instantanéité de l’émotion, la maîtrise de la rigueur et sa valeur ajoutée propre. Une autre conséquence est qu’il existe plusieurs versions d’un même paysage, qui vont souvent, parfois vers une sorte d’alourdissement du paysage, en passant du crayon et de l'aquarelle à l'huile en grand format  . C’est un phénomène qui se remarque très fortement dans le Midi d’ailleurs plus qu’en Normandie et en Bretagne peut-être. 

Paul-Signac-Application du Cercle Chromatique de M Charles

Et puis il y a toujours l'eau, la mer, avec les bateaux, surtout ceux qui ont des voiles. Paul Signac les aime à taille humaine, revenant au port au petit matin au port de Concarneau, les voiles bleus marine ou violine dans une autre version gonflées de vent pour rentrer directement à l’abri, une fois les cales pleines de poisson. Dans la version choisie pour constituer l’affiche de l’exposition, les détails de la côte ont quasiment disparues pour dégager le champ visuel et gagner de la profondeur. Seul reste l’or jaune du sable. Il y a peu de personnes dans ses toiles, à l’exception par exemple de quelques lavandières que l’on découvre vues de dos frottant le linge sur la rive de la Seine aux Andelys, ou un homme assis sur le ponton encore aux Andelys. Le seul vrai,  beau et grand portrait de l’exposition que l’on découvre avec plaisir est celui qu’a fait de lui son ami le peintre belge Théo Van Rysselberghe avec un Paul Signac tout habité par sa passion de barrer son bateau. Ce goût pour l’eau, la mer, les bateaux et les pêcheurs fut une des constantes dans sa vie, au point qu’il réussit à devenir « peintre de marine », un titre et une fonction enviée réservé aux peintres aguerris.  

Paul-Signac-Calme-du-Soir-1891-Entrée-du-Port de Concarnea

La ronde des œuvres du peintre. Déjà de son vivant, le peintre recherchait des nouveaux paysages autant que des mécènes en France et à l’étranger dans une démarche très contemporaine. En commençant par Paris, bien sûr qui était en cette fin du XIXe siècle et au début du XXe, une des capitales mondiales de l’art. La création du Salon des Indépendants par Seurat fut un évènement important, preuve s'il en était déjà qu'un peintre ne peut percer  sans l’aide d’un marché structuré. Ce fut le cas pour Paul Signac grâce à la Normandie, celle de Monet, où il y avait déjà une colonie de résidents britanniques du fait des origines anglaises de la Normandie. Les   voyages que fit Claude Monet en Angleterre, ainsi que des liens très forts qu’il avait établis avec des amateurs d’art éclairés également aux Etats-Unis contribuèrent grandement à la notoriété de ce mouvement. La renaissance de la maison et des jardins de Claude Monet grâce aux dons des mécènes américains explique la création en 1992 d’un Musée d’Art américain à Giverny sous l’impulsion de son fondateur Daniel J. Terra. En 2009 le Musée des Impressionnistes de Giverny a pris sa suite grâce à un partenariat exemplaire entre La « Terra Foundation for American Art » avec de nombreuses collectivités et institutions publiques françaises*.

Paul Signac Affiche Expo 29.03 au 02.07.2013- 40x60cm- 

L’exposition consacrée à Paul Signac témoigne de la vitalité de ce partenariat privé-public pour faire mieux connaître cet artiste dont les œuvres sont présentes dans tous les grands musées du monde, comme le Musée d’Orsay sur les quais de la Seine à Paris… et certains qui sont moins connus comme le Musée Albert André de Bagnols sur Cèze dans le Gard qui a été fondé en 1868 par le peintre qui lui a donné son nom et qui était un ami de Renoir…Une jolie façon de terminer ce billet en beauté !  

Pour suivre le chemin

* Citons le Conseil général de l’Eure, de la Seine-Maritime, la Région Haute-Normandie, la Communauté de communes de Vernon et la Ville de Vernon, ainsi que le musée d’Orsay. Retrouver des informations sur la Fondation pour l’Europe sur http://www.terraamericanart.org/europe/

. Aller à Giverny au Musée des Impressionnistes, à découvrir sur http://www.museedesimpressionnismesgiverny.com/ avec une visite virtuelle de l’exposition (29.03 au 02.07.2013) réalisée par France-Info 

 . Retrouver l’interview du directeur du Musée, Diego Candil sur http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-de-la-redaction-haute-normandie/invite-de-8h10-54http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-de-la-redaction-haute-normandie/invite-de-8h10-54

. Un ouvrage vient de paraître sur l’exposition Signac et sous le même titre  « Les couleurs de l’eau », collectif, éd. Gallimard, 240 p., 35 euros, comme le montre http://www.francetvinfo.fr/signac-le-pointillisme-explique-en-trois-petits-points_291345.html

. Lire l'analyse de la Commissaire de l’exposition,  Marina Ferretti Bocquillon, dans http://www.latribunedelart.com/signac-les-couleurs-de-l-eau   

. Lire l'ouvrage "P. Signac" réalisé par François Cachin, la petite fille du peintre, qui a été la Directrice du Musée d'Orsay de 1986 à 1994 et ensuite la Directrice des Musées de France. C'est elle qui a organisé la plus grande exposition tenue en France au Grand Palais en 2001 à Paris. Elle a par ailleurs contribué à consolider les archives Paul Signac, ce qui explique peut être la richesse des "petites pièces" présentées à l'exposition de Giverny, celles faites en préalable aux grandes toiles réalisées ensuite par le peintre. Ces petites pièces sont fabuleuses.   

. Lire la biographie de Paul Signac sur un très bon site http://www.moreeuw.com/histoire-art/paul-signac-peintre.htm  D’autres infos sur le peintre lors de l’exposition du Havre en 2011 « Les Ports de France »  http://www.moreeuw.com/histoire-art/exposition-signac-lehavre.htm 

---) Sur Paul Signac peintre de bateaux, amoureux de la mer,  voir   http://www.roscoff-quotidien.eu/celebrite-signac-paul.htm , pour l’exposition de 2008

  Paul-Signac-Paysage-corse-Musée-André-Albert-Bagnols-sur-

. Le Musée d’art Albert André à Bagnols sur Cèze pour voir par exemple cette aquarelle du peintre faite en Corse http://expo-musee.sorties.francetv.fr/peinture/musee-albert-andre-bagnols-sur-ceze-visite-musee-albert-andre-bagnols-sur-ceze-ide-512fcb754

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Jeu de Pub à 4 > Geo > Prendre son pied, entre voiture et chaussure

4 Mai 2013, 18:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est un nouveau jeu publicitaire, que nos yeux font en fait spontanément. Dans un support, là il s’agit d’un vieux Géo, il consiste à assembler quelques visuels publicitaires qui ont quelque chose en commun.  Et beaucoup du reste qui les distingue. C’est une façon simple aussi de voir quels sont les ressorts et liens qu’utilisent les publicitaires. Une bonne façon en outre de  montrer ce que désire l’annonceur qui est toujours le décideur  quoi qu’on en pense et le niveau de développement d’une société…

Mon choix est de vous présenter ma sélection visuelle dans l’ordre de parution en vous indiquant leur place dans le magazine de printemps dédié aux jardins de France.

Géo n° 230, Pub1, BMW Série 5 .

. En page 6, c’est-à-dire au tout début, en très bonne place, juste après la présentation du sommaire, un pied nu d’homme vu de dessous en noir et blanc, sous le titre «  « Votre pied en dit long sur vous ». C’est une cartographie du pied qui reproduit le positionnement des organes en médecine chinoise. Le pied est de travers et curieusement il n’est pas pris entier. On ne voit pas la rondeur du talon. C’est une publicité BMW Série 5 avec boîte auto-adaptive AGS, qui « déduit le type de conduite que vous souhaitez adopter… »

Géo n° 230, Pub2, Giorgio Armani; Eau pour Homme. 

. En page 116, voici l’homme Armani, belle tête, des cheveux noirs, un léger sourire, un t’shirt sous son costume noir de noir. Il est adossé à un mur, les jambes repliées, les mains sur les genoux et les pieds nus, avec des grosses veines qui ressortent. Ca fait peut être longtemps qu'il attend! Son regard est dirigé vers nous. Dans le bas du visuel aussi  en noir et blanc, à droite, figure le flacon de l’Eau pour Homme Armani cette fois-ci en couleur.

Géo n° 230, Pub3, Giorgio Armani; Eau pour Homme. 

. En page 121 et 3e de la couverture, voici une publicité noir et blanc avec encore le produit en couleur. Il s’agit de chaussures de sport Superga couleur vert bronze pour homme ou femme. Je le précise parce que la publicité s’adresse apparemment aux femmes pour parler aux hommes. C’est ce qu’on croit comprendre avec le slogan « Si vous voulez vraiment vous découvrir », les deux derniers mots apparaissant en blanc sur le cou de la jeune nana à la peau enduite d’huile. Les chaussures soulignent les seins, comme autant d’objets volants non identifiés, comme des papillons qui volètent auprès des seins. « Superga, On les déteste Ou on les adore » le slogan est placé à la hauteur du nombril.  Le noir et blanc est aussi choisi pour le corps de la jeune femme et la couleur pour les chaussures.

Géo n° 230, Pub4 Chaussures Hogan, James Caviezel. 

. En 4 de couv. et dernière page du magazine, voici « James Caviezel with his Hogan shoes » en anglais dans le texte. C’est le meilleur endroit, juste après les pages du tout début. Voici un homme heureux, souriant, que l’on voit de biais sur un fond de carte représentant les Etats-Unis, qui marche, chemise retroussée aux coudes avec ses chaussures couleur daim nouées entre elles portées sur l’épaule droite, de façon à ce qu’on aperçoive les deux. En dessous de la photo, le logo ailé de Hogan et une chaussure droite qui va en sens contraire des ailes mais heureusement dans celui de l’acteur américain.

Synthèse. Avec mon seul pied gauche nu d’homme, je conduis une BMW. Toujours pied nu, mais cette fois-ci avec les deux pieds posés vraiment à terre et en costume Armani, je me parfume avec l’eau de Giorgio. J'attends. J'ai bien raison. Je vois un fantasme d’homme qui se balade toute nue, avec des chaussures volantes légères et moelleuses comme des seins-coussins ou des coussins-seins. En même temps je me vois ensuite marcher avec mes chaussures négligemment porté sur mon épaule pour traverser les Etats-Unis à pied d'Ouest en Est, ou seulement peut-être quand je sors de voiture, mais aller pourquoi je ne les mets pas, ces chaussures ? Il y a un hic et cette nudité Superga est troublante.   

Pour le début de l’histoire, ça va à peu près. Les deux hommes ont des pieds nus ou au moins un. C’est très chic; après tout c’est l’étape d’après Serge Gainsbourg, l’homme qui avait fait scandale en participant à une émission de télévision sans chaussettes dans ses mocassins. James Caviezel, qui porte une paire de rechange, pourquoi pas, si l’homme au pied nu le suit dans la BMW en arrière. Reste la nana. Cette fois-ci, elle est toute nue, pieds y compris. Dur, dur de marcher comme ça et dangereux pour elle. Une question se pose. Etait-il vraiment nécessaire de montrer des seins pour faire vendre ou acheter d’ailleurs une paire de tennis de couleur même à cinq œillets et gros lacet? Etait-ce une nouvelle revendication féminine, se sentir libre dans ses tennis légères comme l'air en n'étant pas vêtue ?  J’en doute, mais que la direction de Superga ait pensé que cela allait faire vendre, ça, c'est une probabilité envisageable. Ce visuel est le seul à être signé d’une agence publicitaire italienne connue.

Géo n° 230, Pub2, Giorgio Armani; Eau pour Homme. 

Résumé : Pour vendre une voiture, un parfum, je montre un pied d’homme ou un homme habillé aux pieds nus, pour prouver sa sensualité et sa virilité. Pour des chaussures de sport, le torse d’une femme dévêtue ou celui d’un homme habillé, mais dans ces deux cas, cela va être plus dur parce que le concept des seins nus pour les tennis vertes est peu clair; quant à l’acteur américain, il ne nous parle pas du tout. 15 ans après, la seule publicité à tenir vraiment  la route  face au temps est celle d’Armani.

Pour suivre le chemin

. Géo, Un nouveau monde La Terre, n° 230, avril 1998

. BMW Série 5, avec boîte auto-adaptative AGS

. Armani, Eau pour Homme; le flacon vient d’être modifié par Giorgio A., après 30 ans de bons et loyaux services, mais pas l’Eau qui n’a pas vieillie.

. Superga, www.superga.it, pour voir  les chaussures de sport à 5 œillets qu’on peut encore acheter d’ailleurs, voir http://www.kappastore.com/IT/categorie.asp?IDReparto=174&IDSquadra=0     L’agence de Superga Pirella Göttche Lowe à voir sur http://adage.com/article/adage-encyclopedia/pirella-g-ttsche-lowe/98824/

. Hogan Shoes, http://www.hogan.com/fr?gclid=CK3FjOSi_LYCFZQZtAodTz4AwQ . Je ne jurerai pas qu’on puisse encore trouver la paire de chaussures en daim.  Pour James Caviezel, toujours http://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Caviezel

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Beauvais > Les petites maisons anciennes à ossature bois > Cathédrale

2 Mai 2013, 14:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un titre à compléter. Il s’agit bien de vieilles, très vieilles petites maisons pour certaines, toutes à ossatures bois, comme on faisait à l’époque. Elles sont situées près de la grande, très grande cathédrale de Beauvais qui a été miraculeusement été épargnée par les bombardements de la dernière guerre de  1940-1945, ainsi que quelques rues anciennes proches. Beauvais est une ville de  près de 55 000 habitants située au nord de Paris sur la route qui mène à Lille et à Bruxelles.

Beauvais, Petites Maisons, Centre, Rue Nicolas Pastour

 

Les petites maisons  de la rue Nicolas Pastour. Elles ont chacune une forte identité pour dire qu’elles présentent chacune une singularité affirmée, tout en étant copines avec leurs voisines de chaque côté et celles d’en face. Bien sûr chacune fait très attention à respecter le code couleurs réglementé, avec une volonté de se démarquer et aussi un effet mode certain. Je doute par exemple que le bleu des portes et des volets aient été une couleur choisie au XVe et aux siècles suivants. Aucune petite maison ne porte de plaque attestant de sa date précise d’édification. La seule certitude qu’on puisse avoir est qu’elles ne peuvent être antérieures au XVe.

Beauvais, Petites Maisons, Cathédrale, Rue Nicolas Pastour 

A cela, deux faits à apporter au dossier. D’abord un dessin d’une petite maison de Beauvais réalisé par  Viollet le Duc en 1856. Il en a choisi une particulièrement raffinée. Elles ne le sont pas toutes. Celles de la rue piétonne Nicolas Pastour sont plus simples. Elles ont  été aussi de ce fait plus simples et moins coûteuses à restaurer. C’est une des particularités de ces maisons à ossature bois. Leur réelle fragilité provenant du bois qui a une durée de vue limitée oblige les occupants successifs à intervenir régulièrement. On doit s’en occuper comme de tout organisme vivant, une dimension de temporalité qu’a fait oublier le béton pendant quelques décades. Mais plus maintenant.

Beauvais-Cathédrale- Petite-Maison-Warluis

L’autre exemple est celui de la petite maison du XVe qui est située tout près de la cathédrale, rue de l’Abbé Gellée. En réalité, c’est une maison qui vient de Warluis, une petite ville de 1200 habitants située au sud de Beauvais. Ses éléments structurants  et constitutifs, charpente y comprise,  ont été selon les cas conservés et/ou remplacés et déplacés pour être ensuite remontés à l’identique dans son nouveau site d’implantation à Beauvais, au plus près de la cathédrale (XVIe) qui possède le plus haut chœur gothique au monde (48,50 m). Cette opération fut menée de main de maître par François Calame, un ethnologue passionné de charpente. La petite maison est maintenant le siège de l’association « La Maison paysanne de l’Oise » qui a pour objectif de prôner les bonnes pratiques en matière de restauration. Ca tombait bien dans ce cas-là, même s’il ne s’agissait plus du tout d’une restauration. 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute la série des petites maisons sur ce blog

. Beauvais sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauvais

. Petite maison avec un dessin près de la cathédrale, siège des Maisons paysannes de l’Oise, http://www.maisonspaysannesoise.fr/crbst_8.html,. 16, rue de l'Abbé Gellée, 60000 BEAUVAIS, derrière la cathédrale, Tél. 03 44 45 77 74, du mardi au samedi 13h00-18h00, mail : mpoise@orange.fr   La maison-mère de l’association est reconnue d’utilité publique  http://www.maisons-paysannes.org/

. François Calamme est aussi  à retrouver sur ce site dans le billet sur la Grange dimière    La Grange dîmière > Daubeuf la Campagne > François Calame > Eure

Beauvais, XV, Viollet le Duc ,Dict-raisonné-architecture-1856

. Photos Elisabeth Poulain, capture d'écran pour la photo de la maison paysanne avec mes remerciements, à voir avec beaucoup d'autres dans l'album "Petites Maisons"  et le superbe dessin d'Eugène Viollet Le Duc dans l'article "Beauvais" de Wikipedia, avec cette description de l'intérieur par Viollet le DucVoici (26) :  "Au rez-de-chaussée était un portique avec boutiques en arrière, ainsi qu'on en voit encore à Reims. Le premier étage sur la rue se composait de deux pièces auxquelles on montait par un escalier à vis disposé au fond de l'allée A. Sous le comble était une grande pièce éclairée par deux lucarnes, une sur la rue, l'autre sur une petite cour. Cette habitation datait du commencement du XVe siècle. Il existe encore quelques maisons de ce genre à Orléans, sauf le portique ..." 

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Tadashi Kawamata & Kinya Maruyama > Le Bois revisité en milieu urbain

1 Mai 2013, 17:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Japonais tous les deux, ils sont de ces créateurs qui surgissent un jour en un lieu et qui s’imposent par leurs œuvres au point qu’on se demande ce qu’il y avait avant leur venue, avant la présence de leur monde en bois tel qu’ils le voient, le vivent, l’érigent, le modifient…avec en commun une passion pour le bois en poteau sous toutes ses déclinaisons et tout qui les sépare, à commencer chacun par sa  personnalité qui forcément se reflète dans ce qu'ils réalisent.

Lavau-sur-Loire, Tadashi Kawamata, Observatoire

Quelques données sur le bois. Il tient  une place très importante au Japon depuis toujours, avec un retour en force actuel très net en raison du risque sismique à prendre en compte. Sa sphère d’utilisation est pourtant beaucoup plus large que celle de la construction et l’architecture de pointe. Dans le domaine de l’urbanisme, à l’exception du centre des très grandes villes, le bois reste très présent sous la forme de poteau électrique, à un point qui étonne l’œil français par exemple et que ne voient littéralement pas les Japonais, tant ils sont habitués à voir à travers les poteaux porteurs de fils au-dessus d’eux.

Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé 

L’importance du poteau. Il en est forcément de toutes les tailles et de tous les styles. Ceux que je retiens se classent en trois catégories, les solides poteaux d’ancrage dans le sol, qui vont supporter les maisons et les immeubles, les aériens qui sont comme ils sont et qui  vont porter des kyrielles de fils divers et variés et  les petits fins qui se prennent dans la main pour jouer au mikado, un jeu qui pourtant n’a rien de spécialement japonais, la sonorité suffisant à lui attribuer cette origine. Assemblés les trois ensemble, vous obtenez les deux réalisations pérennes réalisées dans l’estuaire de la Loire en 2007-2009 des deux artistes.

 Lavau-sur-Loire, Observatoire, Tadashi Kawamata

L’Observatoire de Tadashi Kawamata en rive droite de l’estuaire de la Loire. L’étonnant est que c’en est vraiment un édifié en bois de sections carrés pour tous les éléments de structure, avec un chemin de bois implanté à 40 cm au-dessus de l’herbe et des roselières sur 800 mètres de long. A certains endroits à l’approche de la tour de 6 mètres de haut, le chemin est enserré de hautes palissades qui donnent  un sentiment d’enfermement, malgré la perception du paysage à clairevoie sur les côtés et l’absence de plafond.  C’est le ciel qui domine alors. C’est une façon très forte d’amplifier l’attente de la perception d’un vaste paysage d’eau, de vase à marée basse et d’herbes aquatiques qui acceptent l’eau salée.

Lavau-sur-Loire-Observatoire-Tadashi-Kawamata-Mairie- 

Cet « effet-mirador » est inversé par rapport à la tour d’un château de bois qui a pour but de repousser l’assaillant au loin par des procédés clairement violents. Ici, il n’y a pas de guerre de ce type. La seule violence qui pourrait être citée est celle de la force de la mer qui se heurte à celle du courant descendant. C’est cette rencontre qu’il s’agit d’appréhender, alors qu’elle n’est pas visible. L’artiste choisit alors de montrer la force de l’échafaudage pérenne en transformant une tour moyenâgeuse d’assaut contre des remparts en une tour de bois avec un plateau élargi en haut pour  voir plus loin. Une demande d’autant plus pressante que les découvreurs viennent de marcher entre des hauts murs à limitation de la vue, des murailles d’un nouveau type qui visent à leur mise en condition.

Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé 

Le Jardin étoilé de Kinya Maruyama  en rive gauche de l’estuaire de la Loire. S’il y a bien une étoile dans cet ilot de sable entouré d’eau,  c’est la constellation de la Grande Ourse, celle qui vous oblige, à l’égal de ses consoeurs  visibles les nuits d’été, à lever les yeux au ciel après avoir repéré les quatre point cardinaux. Ici, aussi pourtant on peut gravir des marches pour voir l’estuaire de plus haut. Mais ce n’est pas l’essentiel. Le premier réflexe est de regarder au sol. Le jardin proprement dit accueille un village d’un nouveau type ayant un style bien particulier. Ce qui domine au premier abord ce sont les structures de bois érigées par l’artiste comme le seraient des cabanes faites uniquement de  poteaux  et de tiges pointues de façon à interpeller le ciel. Il ne s’agit pas ici de faire œuvre durable de charpentier, avec des gros boulons capables de résister à des fortes pressions, mais de composer avec les tempêtes qui apportent sur le rivage des bois flottés de toutes origines les lendemains de gros coups de vent.

  Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé

Ici, l’important est le changement qu’apporte le vent dans un univers fragile et ouvert, un univers toujours à réinventer, comme la plage qui chaque matin se découvre nouvelle, avec ses trouvailles de la nuit qu’apportent les vagues. Le jeu de mikado géant qu’a composé le plasticien a déjà subi d'ailleurs  sa première grosse tempête, celle de Xynthia, qui a ravagé une partie des côtes atlantiques vendéennes et ligériennes. Un incendie plus tard a anéanti une partie du jardin. Il lui faut maintenant trouver un autre souffle, avec un renouvellement de son équipe de bénévoles.

Lavau-sur-Loire, Observatoire, Tadashi Kawamata, Dessin 

L’investissement humain dans les deux opérations. Les différences d’abord. L’Observatoire qui a été réalisé dans un site classé remarquable « dans le cadre d’une commande publique du Ministère publique de la Culture et de la Communication, de la DRAC des Pays de Loire, en collaboration avec le Conservatoire du Littoral et le Plan Loire Grandeur nature », auquel s(ajoute le soutien de la Fondation EDF Diversiterre – Partenaire officiel – et de l’appui techniques de SCE, Partenaire Services. »  En commun, les deux opérations ont bénéficié d’une importante contribution bénévole.

  Paimboeuf, Kinya Maruyama, Le Jardin Etoilé, Dessin   

. Pour l’Observatoire, le site  a bénéficié de la participation des habitants volontaires, avec celle d’étudiants de l’École supérieure du bois de Nantes, des Écoles d’architecture de Nantes, de Saint-Étienne, Paris-La Villette et de Versailles, ainsi que ceux des Écoles des Beaux-Arts de Nantes et Paris, de École de Design de Nantes, ainsi que d’étudiants étrangers ainsi que de membres de l'Association de Réinsertion Motiv’action. »    

. Le Jardin étoilé a été édifié grâce à « la participation des établissements scolaires de Paimboeuf : école publique Louis Pergaud, école privée du Sacré-Cœur, Collège Louise Michel, Lycée professionnel Albert Chassagne ainsi que le Lycée Louis Brossaud de Saint-Nazaire et l’Ecole d’Architecture de Tokyo. » Ouf, heureusement qu'il y a eu aussi des étudiants japonais! N'oublions pas non plus, même s'ils ne sont jamais cités, les enseignants qui encadrent les jeunes.  

Lavau-Marais-Passerelle-ancienne-cclavausillon

Deux opérations, chacune sur sa rive, toutes les deux adaptées au site, l’Observatoire qui a repris l’idée des « anciennes passerelles » pour passer d’un îlot de terre à un autre par-dessus les canaux de drainages et le Jardin étoilé qui a abondamment utilisé les poteaux que l’on trouve sur les cabanes érigées au-dessus de l’eau pour la pêche au carrelet. Dans un style bien différent comme le montrent les deux portraits des deux artistes, l’un en style paramilitaire ranger avec des lunettes noires et l’autre assis hilare avec un sourire jusqu’aux oreilles avec un livre ouvert devant lui, sur un fond de vélos ! Une différence profonde qui se traduit dans les dessins réalisés, ce sont des vaches qu'on conduit je préfère ne pas savoir  où dans le Ier cas et des enfants qui attrapent des papillons dans le second...                  

Quant au "milieu urbain" dont parle mon titre, il se justifie dans le cas de l'Observatoire par le fait ce type de tour était ce qu'on apelle "un beffroi" au Moyen-Age était utilisé pour attaquer les remparts derrière lesquelles étaient nichées les petites maisons de la ville. Pour le Jardin, l'explication est plus simple: il est situé entre le village et la Loire... Une autre explication plus sociogique est que ce type de "fabrique artistique du XXIe siècle" est franchement destiné à être admiré par des urbains en quête de nouvelles sensations végétales et naturelles. Ils sont friands de choc visuel du au téléscopage d'univers.

Pêcherie près de Paimboeuf, Estuaire, Loire  

Pour suivre le chemin

. Aller découvrir l’Estuaire de la Loire sur place et après ou avant, consulter aussi http://www.nantes-tourisme.com/activite/jardin-etoile-kinya-maruyama-2309.htmlpour avoir toutes les informations

. http://www.estuaire.info/ pour découvrir le paysage, l’art et le fleuve dans sa trilogie bi-annuelle 2007-2009-2012

. Lavau-sur-Loire, voir des photos des inondations de 2008 et 2010 sur http://lavausurloire.free.fr/old/ et du marais http://www.cc-loiresillon.fr/Lavau-sur-Loire.htmlavec des photos du marais, dont celle de la passerelle.

. Tadashi Kawamata voir d’abord son site http://www.tk-onthetable.com/

. Pour Paimboeuf, http://www.paimboeuf.fr/index.php

. Des photos du Pays de Retz auquel appartient Paimboeuf http://museepaysderetz.free.fr/p_paimboeuf.html

. Le documentaire sur Kinya Maruyama est à voir sur  http://www.estuaire.info/012/html/fr/artistes/maruyama.html

. Photos des différents organismes et institutions citées, avec mes remerciements, Elisabeth Poulain pour la Loire à Paimboeuf lors d’une découverte de l’estuaire en car avec une équipe de participants bien sympathiques d'un groupe de travail chargé de cogiter sur le développement économique de l'estuaire dans le cadre du développement durable, organisé sous l'égide de la Région des Pays de Loire.

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Photo > Un Chemin de Bois et d'Eau > Mael Leblanc > Laval

30 Avril 2013, 11:05am

Publié par Elisabeth Poulain

La photo de Mael Leblanc de Laval. Elle a du être prise le soir au coucher du soleil - ou le contraire - quand la nature est figée au froid de l'hiver. L'eau semble gelée, les arbres forment une corolle opaque autour d'un berceau d'eau.   La photographe a choisi un titre volontairement neutre pour laisser du champ à l’appréciation de chacun. C’est à celui qui regarde de décider ce qu’il voit.

Estacade sur le lac, -Mael-Leblanc-Bibliothèque-Laval-19%20un%20chemin%

Le plus remarquable à mon sens est la lumière qui irise ce paysage d’un petit étang et qui lui donne un côté huilé avec, en premier plan pour conduire le regard, une estacade bien mal en point mais qui a pourtant conservé la chaude couleur du bois.  Elle a subi les atteintes du temps. On se surprend à sauter d’une planche à une autre, à marcher sur une poutre ou du moins à essayer.  

Avec ce cliché, Mael Leblanc a gagné le second prix du concours photos dans la catégorie Adultes organisé par la Bibliothèque de Laval, placé sous la présidence de Jean-Loup Trassard, écrivain et photographe.

Pour suivre le chemin.

Retrouver les clichés du concours du 28.05.2011 sur http://bibliotheques.laval.fr/site/index.aspx?idpage=510

. En seconde place également, cette fois-ci dans la catégorie Jeunesse, une jolie photo intitulée « Retour à la source » de Philippine de Villemagne de Saint-Jean sur Mayenne, qui constitue un bon accompagnement de la photo de l’étang. Un cliché bien équilibré d’une eau vive avec des rochers dans le fond, qui donne du plaisir à la regarder mais que je n'arrive pas à vous montrer.

 

. Retrouver la série des quatre autres billets dédiés aux estacades & co sur ce blog:   L'estacade > Le rendez-vous avec la mer, le ciel et l'air du large           L'Evasion > Le Chemin de l'Estacade > Absolut Vodka, Les Vins Nicolas Style de Vie > Marcher sur l'Eau > De l'Estacade au Ponton et plus 

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Lutine la Belle, une sacrée filoutine quand les héros de la BD dorment

26 Avril 2013, 11:33am

Publié par Elisabeth Poulain

Lutine la Belle, je suis sûre que vous ne la connaissez pas. Elle est pourtant très active quand tout le monde dort la nuit, à commencer par ses héros sur lesquels elle veille avec ses autres copines, les autres lutines. Mais elle seule a droit à une majuscule à son nom, complété par « la Belle". C’est beau ce nom, Lutine la Belle, qui vient du masculin lutin. Mais Lutine a un côté joyeux et espiègle qu’on retrouve à un degré moindre chez ses copains les lutins. Belle, elle a une autre particularité, c’est qu’elle est unique. D’abord parce qu’elle ne sort que lorsque la ville dort. Mais il n’y a pas que ça.

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La nuit, c’est à ce moment-là seulement qu’elle réussit à s’introduire dans ses lieux préférés, les expositions de Créateurs de Bandes Dessinées. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne vient ni ranger, ni nettoyer, ni assurer les autres tâches que ses copains, les lutins, détestent, comme activer le compte Facebook de la Boîte qui fait Beuh (BQFB), d’aller voir ce que font les autres, en leur disant combien elle  les aime, en prenant de leurs nouvelles, eux qui sont toujours charrette (= "à la bourre" en langage mec). Mettre du rire, du rêve, de la tendresse dans la vie grise du jour, c’est pourtant son boulot à plein temps, du 24  heures sur 24. La Belle Lutine, oh pardon, je reprends,  Lutine la Belle bosse beaucoup. Elle a un rôle exclusif qu’elle s’est attribuée depuis longtemps : elle met du désordre, du bon désordre celui qui s’appelle de la créativité quand on est un artiste, dans les expositions de ses copains les Bédéistes français, surtout ceux qui habitent en Loire, qui s'appellent entre eux des lutins.  BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Lutine la Belle passe sa nuit à changer le décor, en brouillant les séquences de l’histoire qu’on raconte, en modifiant des dessins, en ajoutant ou supprimant ce qui lui plaît ou déplaît, à son gré, en changeant les couleurs… Elle rit beaucoup, au point que d’autres lutines arrivent d’un coup d’un seul, venant comme on dit du « monde entier », une formule absurde. Il faut dire qu’elles se régalent d’humour, d’ incongruité, de bizarre sympa, de hors-norme…Elles rejettent avec force et vigueur « les sentiers battus », leur préférant « les chemins de traverse », pour aller à la rencontre de ceux qu’elles connaissent ou pas encore, avec beaucoup de joie profonde… Lors de leurs fêtes de nuit, elles ont aussi la particularité de sonner les cloches à la volée, que ne perçoivent que ceux qui aiment l’univers de la bonne BD d’où qu’elle vienne et les autres cloches de par le monde, dont une certaine qui s’appelle en anglais la « Lutine Bell ».

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La cloche de Lutine la Belle, la « Lutine Bell ». Elle a une forte particularité, qui est d’exister vraiment encore actuellement, au siège de la Llyod’s à Londres. Elle est placée au cœur du grand hall d’entrée de la première compagnie d’assurances et de réassurances au monde, créée en 1774. Quand le HMS (His ou Her Majesty Ship’s) Lutine sombra en mer de Hollande en 1799, la cloche sonna une fois dans le café d’Edward Lloyd cabaretier de son état. C’est là que se réunissaient des hommes d’affaires qui garantissaient grâce à leurs capitaux le versement d’une indemnité en cas de sinistre maritime à ceux d’entre eux qui faisait partie du club. Quand on apprenait qu’un des navires assurés venait de subir une avarie en mer, la cloche sonnait une fois. Quand au contraire on entendait deux coups de cloche, c’est que tout allait bien. Le navire allait arriver prochainement à bon port à Londres. Pour la Lutine perdue corps et biens, la cloche du Lloyd’s, celle qui prit le nom de Lutine Bell, ne sonna qu’une fois. Le préjudice était énorme, il s’élevait à 1,2million d’euros, dont seuls 200 000 euros ont été récupérés à ce jour.

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Depuis ce jour, la cloche de la Lloyd’s Cy s’appelle toujours la « Lutine Bell ». Quant au trésor de pièces d’or et d’argent perdu en mer, l’incroyable est qu’il existe vraiment. Ce n’est pas un fantasme nocturne de lutine, belle ou pas, ou un petit coup de vin moelleux du Layon de trop. Un tel trésor gisant en Mer du Nord depuis 1799, recouvert de sable au gré des courants, ne fait qu’aiguiser des appétits très réels ceux-là. Des chasses au trésor sont effectuées périodiquement pour essayer de mettre la main sur cette « fortune de mer ».   

C’est bien pourquoi Lutine la Belle et ses copines sonnent les cloches à la volée quand se tient l’exposition, comme celle qu’a organisée, avec un grand succès, la Bande des Cinq Copains Bédéistes de La Boîte qui fait Beuh à Angers. Elle attiré 10 001 visiteurs. Et tout ça grâce à qui ? Au gros travail du Club des Cinq Lutins à la BQFB – avec par ordre alphabétique Christophe Bodin, Tony Emeriau,  Fanch Juteau, Sylvain Lauprêtre et Philippe Minvielle - avec un 6è pote qui s'appelle Ezelh qui est le seul lutin-chien-membre d'un club de bédéistes existant au monde -  et à celui totalement invisible de Lutine la Belle, pas la cloche, l'autre, celle qui range tout au petit matin pour que tout soit bien en ordre avant l'arrivée des visiteurs! Maintenant quand vous aurez l'impression de voir des trâces d'une patte ou de plusieurs patte-s de chien  sur un des dessins, vous saurez pourquoi: Ezehl est passé par là et demande bien poliment à partir en promenade.  

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Et voici comment est née cette petite histoire le dernier jour de l’exposition de la Bande des Cinq lorsque j’ai rencontré Sylvain. Discutant de l’expo avec lui, après l'avoir félicité, je lui avais fait remarquer l’absence très forte de la gente féminine, à l’exception de Nathalie Bodin, membre de la BQFB et qui travaillait à ce moment là sur un autre gros projet. Et lui de me répondre très sérieusement: « mais la Lutine est là ». Et comme je ne comprenais qui était cette « Lutine », il m’a montré la charmante petite lutine toute mignonne dessinée sur un carton qui indiquait le chemin aux visiteurs. Pour mon choix presonnel, je préfère la "Pistolera", toute feu et flammes, qui a du punch à revendre pour faire marcher droit tout son petit monde d'indicipliné-e-s!          

Pour retrouver le chemin menant à la vraie exposition qui s’est tenue à la salle Chemellier à Angers du 1er décembre au 13 janvier 2013, sur les différentes séquences nécessaires pour faire une BD.

  BQFB-Angers, Expo-2013, Sylvain Lauprêtre

Voir http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers.-L-expo-qui-explique-comment-se-construit-une-BD_40774-2150099------49007-aud_actu.Htm

http://www.angers.villactu.fr/exposition-bulles-bulles-bd-angers-br78323-c014.html

http://www.angersmag.info/De-Bulles-en-Bulles-la-BD-angevine-s-expose-salle-Chemellier_a6032.html   

     BQFB-Angers, Expo-2013, Jeune Femme, Accueil-Salle Chemellier . Lire aussi un précédent billet sur la Boîte qui fait Beuh sur ce blog La Boite qui fait Beuh > La BD en atelier pluriel à Angers       

. Photos Elisabeth Poulain, à découvrir aussi d'autres photos de l'exposition  dans l'album Personnalités 2, à l'intérieur de "Personnalités" et le HMS Lutine pendant une tempête à découvrir dans l'album photos "Mer-Eau" . 

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Styles de Pub Caravanes > La New Sylva & La Shannon

25 Avril 2013, 11:02am

Publié par Elisabeth Poulain

La « New Sylva Caravan ». C’est la toute dernière caravane de la gamme de la marque Sylva. De taille moyenne, la publicité n’offre pas d’originalité particulièrement remarquable. L’important dans le visuel est le nom de la marque qui se détache en blanc sur fond bleu parme, la couleur du beau temps des vacances.

Pub caravane Shannon

. La caravane est placée  dans ce rectangle bleu qui coupe le visuel en deux, en partie gauche. Elle prend du coup la couleur bleue. Ses fenêtres sont placées de asymétrique par rapport à la paroi, celle du côté de la porte sont disposées à l’arrière. A l’avant, on distingue bien la plus grande des deux espaces,  par laquelle on aperçoit la fenêtre située de l’autre côté. La porte est restée fermée, une preuve que ce visuel était déjà un peu ancien.

. L’autre composante du rectangle cette fois-ci de couleur blanche fait ressortir en noir un paysage de bord de mer, avec deux pins maritimes de haute taille qui occupent l’espace. En très clair, on devine un père et son fils jouant au ballon et la mère près d’un parasol qui surveille sa petite fille  jouant avec un cerf-volant. A eux, la dimension tonique du camping caravaning et à elles le caractère apaisant. 

Dans cette publicité anglaise, l’important est de focaliser l’attention du vacancier sur la marque Sylva à la couleur blanche qui « annexe » le paysage de vacances dont on ne retient que les pins sylvestres pour se distinguer de la concurrence. Au total, une publicité d’allure modeste mais au final très travaillée qui sépare l’espace en quatre. En bas à gauche, la caravane, en bas à droite, les caravaniers, au-dessus d’eux les arbres et en partie gauche en haut, la marque. L’accent n’est portée ni sur la caravane ni sur les vacances mais sur la marque SYLVA en très gros caractères blancs sur fond bleu avec une pointe de parme, pour le côté apaisant.   

Pub caravane Shannon

La « Shannon Caravan ». Elle est placée dans le fond du visuel près d’un arbre. On distingue une forme blanche avec un toit légèrement courbe que nous avons déjà rencontré. L’avant présente une grande baie encadrée par deux fenêtres qu’on imagine fixes et deux fenêtres latérales, l’une vers l’avant, l’autre en arrière. A côté d’elle, un arbre au feuillage fin, un bouleau peut être,  attire l’attention sur une scène de danse entre une jeune fille et un jeune homme qui dansent, elle sur les pointes et lui  sur ses talons à la russe. Quelques herbes en premier plan indiquent que la scène se passe à la campagne.

Un grand S rouge et un grand C bleu frappent par leur couleur tonique en avant gauche. On comprend vite que ce sont les initiales de Shannon Caravan qui vous souhaitent de meilleures vacances « happier holidays with a Shannon Caravan ». Rouge et bleu sont des composantes de la marque ; tous les autres éléments du décor, dessin de la caravane y compris, sont exprimés en noir et blanc afin d’éviter la dispersion visuelle.

L’ensemble est globalement réussi entre ces trois composantes le visuel,

. la composition entre le S de Shannon en rouge tonique qui domine le C bleu apaisant de caravane, qui forme le bloc de gauche, celui qui éclaire le tout ; c’est la porte d’entrée dans le visuel ;

. l’assise  avec le souhait que forme la marque « happier holidays with a Shannon Caravan ». C’est le socle du visuel, celui qui porte le tout. C4est aussi là que l’entreprise donne ses coordonnées ;

. la scène bucolique et dansante dans le fond supérieur droit, qui forme la fenêtre sur laquelle s’ouvre la scène bucolique, sur la caravane et ce qu’on voit de la caravane blanche sur fond blanc. C’est l’élément le plus faible de la composition, le dessin n’est pas dans le style.  

Au final, les deux visuels ont l’arbre en commun, l’arbre protecteur, comme un point d’ancrage dans l’espace, le bleu du ciel pour évoquer les vacances, le choix du blanc pour la caravane, un gros travail d’agencement de l’espace pour valoriser la marque. La dimension humaine  est donnée par un très jeune couple pour Shannon et une famille avec deux jeunes enfants pour Sylva. Dans les deux cas, la caravane est peu mise en valeur, avec un double reproche qui est pour Sylva la présence trop forte de ce bleu parme qui cache la caravane et pour Shannon Caravan, la présence trop lourde du sigle SG.  

Pour suivre le chemin 

. Retrouver les autres billets de "Style de Pub Caravanes", sur ce blog Style de Pub Caravans > caravelle & The Dauphine Continental   Style de Pub Caravans > La Wren Continental & La Welcome Consulette    Style de Pub > Dovedale Caravans > The Melvin & The Minum  

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La ville, la rue, les gens à hauteur d'herbe > Les mini-jardins de rue

18 Avril 2013, 16:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce qu’est un mini-jardin de rue. C’est  un petit, très petit ou pas petit du tout espace planté sur l’espace public de la ville ou à un endroit au sol dont on ne sait pas qui en est propriétaire (cas d’ « un délaissé administratif » par exemple). C’est un vrai jardin mais d’un type un peu spécial. Il supporte beaucoup de contraintes supplémentaires. Il est vrai que le jardinage a toujours un côté aléatoire, le mini-jardin de rue encore plus, car il est planté dans la rue, sur le trottoir, entre bitume et mur.

Mini-Jardin de Rue, Fleur jaune commune 

Retombée d’expérience : Quand on me demande quelles plantes j’utilise dans les mini-jardins de rue dont je m’occupe, j’ai toujours un peu de mal à répondre. Une bonne raison à cela est que je mets en terre toutes les plantes qui me sont données. Si je dois absolument répondre, je dis "des plantes au plus près de l’état de nature et de la rusticité". Traduisez par "peu exigeantes et qui sont braves" : elles vont résister à des situations parfois difficiles en termes de chaleur de bitume proche ou de mur réfléchisseur, de passage ou d’animaux... Elles vont en plus avoir très peu d’eau de ma part et vont devoir s’adapter vite et bien.  Mini-Jardin de Rue, Gaultheria

Le mini-jardin de rue et le jardinier. La vraie particularité d’un mini-jardin de rue vient du lien entre la non-propriété du sol, le jardin planté et le jardinier.  Tout jardin a toujours un jardinier. Par contre l’inverse n’est pas vrai. Le jardinier peut ne pas avoir de titre de légitimité sur ce jardin, autre que d’être celle ou celui qui s’en occupe. Est jardinier celui qui jardine cet espace avec de la terre, qualifié de jardin, même s’il n’en a ni les caractéristiques au sol, ni la légitimité juridique (propriété ou location selon des formes variées), ni de lien direct avec le sol.

On peut jardiner dans des pots de fleurs, dans des casseroles émaillées, quand on est pauvre ou qu’on sort de la guerre, ou en voyage, dans des pots de yaourt  ou des fonds de bouteille plastique… En sachant quand même que plus il y a de distance avec le sol et de frontière avec la terre même pauvre, plus ce sera contraignant et moins le mini-jardin de rue pourra s’auto-adapter et se protéger.  

Retombée d’expérience : Le mini-jardin de rue est situé dans la rue. Commencez à chercher un tout petit coin de terre sans bitume, semez une graine, arrosez d’un demi-verre d’eau et surveillez…Il n’y a pas de limite minimale. Dans un espace de 5 cm sur 5cm, une plante peut pousser, à condition de ne pas gêner et de s’intégrer dans le paysage. Après tout, vous ne faites consciemment que ce fait l'oiseau involontairement.  

Mini-Jardin de Rue, Achillée 

La hiérarchie des acteurs privés. C’est là où ça devient joli parce que c’est compliqué. Le plus important dans un mini-jardin de rue, ce n’est pas le végétal ; ce sont les gens, à commencer par le jardinier mais pas seulement. Le passant est au moins aussi important, tout comme ceux qui habitent dans le coin. Chacun a son rôle. Ce sont les acteurs premiers, le jardinier parce qu’il jardine, le passant parce qu’il passe devant, en s’y intéressant ou pas, l’habitant parce qu’il habite près ou pas, là aussi avec une entière liberté. Ces acteurs de rang 1 à implication variable partagent en commun l’entière liberté de faire ou pas. C’est une différence très importante d’avec le système américain où l’habitant d’une rue ou le participant d’une communauté a une obligation morale très réelle de partager l’obligation d’entretien des espaces communs quand il n’est pas dans une grande ville. Pas question par exemple d’envoyer son jardinier particulier payé faire le boulot à sa place le samedi matin.  

Retombée d’expérience: un mini-jardin de rue ne peut se concevoir sans l'accord des gens. J’emploie volontairement ce terme de préférence à celui d’habitant beaucoup trop restrictif. On peut aussi créer des jardins éphémères le temps d’un séjour dans un lieu, à condition d’avoir une empreinte la plus légère possible. Si votre démarche est repérée par une autre personne, libre à elle de partager et/ou poursuivre l’aventure.

« Sans les gens » signifie aussi qu’on ne jardine jamais contre les gens. Il y a plusieurs conséquences à cette règle, 1- toujours répondre aux questions, 2- expliquer ce que vous faites et 3- accepter avec plaisir les plantes données et proposer aux gens de les planter eux-mêmes, s’ils le veulent. Par une présence persévérante et aimable, il s’agit de s’inscrire dans le paysage urbain. Les gens s’habituent ainsi à vous voir jardiner à genoux près de votre vélo. C’est à la fois un moyen de transport de vos outils et des plantes que vous apportez, qu’un moyen d’avertir les passants que vous jardinez et un moyen de repérage pour les autres. « Ah oui, vous êtes la dame qui venez-vous occuper des mini-jardins de rue ! »  Des recommandations inutiles si le mini-jardin de rue est devant chez vous…

Il y a encore une autre catégorie de personnes qu’il faut citer, ce sont ceux qui donnent des plantes. Il existe plusieurs façons de faire. Certains s’adressent à vous directement avec cette question « est-ce que vous voulez des plantes », d’autres les apportent en les dissimulant un peu dans les plantes au sol …Certains les placent directement en terre, en vous laissant un petit mot pour dire que « si l’emplacement ne vous plaît pas, vous pouvez le déplacer », ce que je ne fais jamais. 

Mini-Jardin de Rue, Myosotis

Le rôle de la collectivité.  Il est primordial surtout en France où la séparation entre le domaine public géré par la collectivité publique et le domaine privé géré par les personnes privées est juridiquement forte. La distinction mentale est si prégnante qu’elle projette une fausse réalité : la personne publique fait tout dans l’espace public, la personne privée tout dans son espace privatif. Or cette vision n’est pas correcte. En cas de neige par exemple, on doit balayer le trottoir devant sa porte. Par ailleurs, on ne peut pas planter par exemple des arbres trop près de chez son voisin. Actuellement se développent sous des formes diverses et variées des actions légères de personnes privées sur le domaine public, avec l’accord express de celle-ci ou sa tacite bienveillance, tout en respectant des règles évidentes de bon sens en plus de  celles posées par la collectivité.

Retombée d’expérience : une bonne façon de s’engager dans le mini-jardinage de rue est de téléphoner à votre collectivité pour savoir comment cela se passe. Les communes sont de plus en plus ouvertes à ce type d’action qui, en France, s’appuie sur des usages anciens informels comme en Alsace, dans le Nord, en Bretagne… encouragés depuis les années 1960 par les mairies dans les sites touristiques du littoral. C’est maintenant aussi le cas partout en France, dans les pays membres de l’Union européenne mais pas seulement, dès lors que la société a acquis un niveau minimum d’aisance matérielle. 

Mini-Jardin de Rue, Pissenlit 

Le choix de l’implantation du mini-jardin de rue. Il se fait soit naturellement parce que c’est devant chez vous et/ou au sens où la nature décide pour vous, ou s’impose de soi-même après rejet des endroits impossibles ou non favorables. Citons les passages très resserrés, devant des compteurs, là où se garent des voitures… La question du bitume est toujours à prendre en compte. Il est presque toujours nécessaire de défoncer le bitume pour l’aménagement d’un mini-jardin de rue. Il est évident qu’il est nécessaire de demander l’autorisation tout à fait officiellement à la collectivité qui est amené souvent à rejeter la demande en raison de l’existence de réseaux souterrains  dans le sous-sol. Le choix du site est fondamental car il pose la question de la prise de responsabilité du mini-jardin de rue. On s’attend à ce que soit la personne qui habite derrière la clôture. Et si ce n’est pas le cas, il faut qu’il y ait une raison. C’est ce qui explique la difficulté à implanter des MJR au pied des immeubles en centre-ville…L’autre raison porte sur l’arrosage léger, qui est quasiment toujours nécessaire pour permettre aux plantes de subsister l’été dans des conditions difficiles. 

Retombée d’expérience. Mieux vaut un petit mini-jardin de rue devant chez soi qu’un grand mini-jardin de rue plus loin. Quant à en aménager un devant le logement d’un autre, c’est tout à fait à déconseiller. Par contre le faire avec l’accord express de la personne concernée,  en vérifiant que cela lui fait vraiment plaisir,  oui   au contraire. C’est le cas pour des personnes âgées par exemple. Il faudra toujours faire plus ou autrement que ce que vous serez amené à faire pour vous devant chez vous. Pour cela, il suffit de demander à la personne ce qu'elle désire. Dans le cas que j’ai en tête, je sais que je ne dois pas mettre un certain type de plantes que la dame n’aime pas, ni laisser pousser un arbuste au-dessus d’un certain niveau. C’est bon et c’est tout.

Mini-Jardin de Rue, Violette 

La présence végétale ? Du vert oui, sans restriction ! Des fleurs, avec beaucoup, beaucoup de modération. C’est la façon la plus courte pour résumer le non-choix qui s’impose au jardinier de rue. Les potées fleuries, surtout celles comportant des tiges qui pourraient ensuite faire un bouquet sont à utiliser avec beaucoup de prudence à cause "des mains qui trainent à hauteur de fleur", sauf cas très particulier bien sûr. Il vaut mieux jouer sur les vivaces, les petits et moyens arbustes en essayant de donner une spécificité différenciée à chaque plate-bande, quand il y en a plusieurs proches. Mais évidemment, ce n’est pas toujours facile ni durable. En fait la plante qui est pourtant à la base d’un jardin reste un élément fondamental d’un mini-jardin de rue, qui explique qu’il y a bien un jardinier et pourtant la plante n’est pas prioritaire. L’important est de faire reverdir le bitume dans la situation la plus adaptée au site en phase avec les gens. Tout dépend du style du mini-jardin de rue et de l’endroit où il est situé. On entre là dans un nouvel aspect qui relève d’un nouveau domaine de compétences, tout empreint de transversalité, qui est de s’adapter à l’environnement humain de l’endroit, le végétal gardant toute sa légitimité irremplaçable, mais avec quelque chose en plus.

Retombée d’expérience. On ne plante plus comme en 1960, en faisant de la mosaïculture le fleuron du massif urbain chic. Aujourd’hui, on ne jardine pas non plus de la même façon selon qu’on intervient dans une rue passante liée au travail ou aux courses alimentaires sans grande identité, dans une petite rue cachée très appréciée  de ceux qui y habitent ou aux abords d’un lieu dédié à la promenade dans « une  nature qui a gardé beaucoup de naturel ».  

Mini-Jardin de Rue, Kerria 

La psycho-sociologie végétale en milieu urbain. Ce nouveau type de connaissance place la transversalité au cœur du processus de développement de la ville et des rapports entre les gens. Le media rassembleur est dans mon exemple  l’aménagement et l’entretien de mini-jardins de rue réalisée par les gens, avec les gens et pour les gens. Un des objectifs est de rendre la rue plus sympa, avec des gens qui marchent ou jardinent en échangeant quelques mots entre eux, en donnant ou entretenant des plantes. Ils se parlent un petit peu, se sourient, parlent de jardinage ou du temps…

Des réalités très limitées en somme mais comme ils sont précieux ces quelques mots, qui seront parfois les seuls échangés dans une journée pour certaines personnes âgées. Voir la société d’en bas, à quatre pattes sur un trottoir en train de gratter la terre est aussi une des façons de comprendre la société dans ses aspects les plus divers, très gratifiants parfois, très surprenants aussi.  Comme ces gens qui ne vous voient littéralement pas, parce que vous êtes un travailleur manuel à terre…ou qui vous demandent d’un air hyper-snob « si vous êtes habilitée à  planter des potées fleuries dans les plates-bandes », comme si vous faisiez tâche par terre…A ceux-là, il faut aussi savoir répondre avec pertinence et amabilité. C’est ça aussi l’espace public. Avec aussi parfois des moments drôles à piquer un fou rire ou émouvants...

La rue n’est plus seulement constituée par ces deux longs rubans remplis de voitures, avec une alternance de trop de vides et de trop pleins. Le trottoir joue à nouveau son rôle d'un espace public commun qui est de permettre aux marcheurs de marcher, aux gens de se sourire, de se parler, d’échanger pas forcément en étant d'accord d'ailleurs ou de klaxonner légèrement pour vous encourager quand le feu est au rouge…

Mini-Jardin de Rue, Inflorescence jaune 

Pour suivre le chemin

. Lire la série sur les mini-jardins de rue sur ce blog Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers      Des nouvelles des mini-jardins de rue d'Ixelles-Bruxelles     Impasse du Sauvage, les premiers mini-jardins de rue de la Doutre, Angers   Ca va grainer > Il faut se hâter de faucher les mini-jardins de rue     Devinette: savez-vous ce qu'est un mini-jardin de rue? (1)   

. Photos Elisabeth Poulain  de petites fleurs de mini-jardins de rue.   

 

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