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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Galerie Paris-Beijing > Laurent Chéhère > Ses Flying Houses en photo

10 Janvier 2013, 15:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Dans la série très riche des petites maisons, voici comment un photographe à l’œil précis et à la richesse inventive et fine recrée un monde qui s’offre ou s’offrait tous les jours à notre regard en faisant ressortir ce qu’il y a de plus humain dans un vieil immeuble qui prend des allures de maison flottante ou plutôt volante comme le dit le photographe à la manière de JK Rowling.

Laurent-Chehere-Flying-Houses-Linge-qui-seche-Galerie-Paris 

La plus célèbre des créations de Laurent Chéhère est certainement « Le linge qui sèche »  qui donne bien le ton de la série. C’est cette photo qui a été spontanément choisie par la presse lors de la présentation de ses créations photographiques par la Galerie Paris-Beijing, qui est non seulement présente dans les deux capitales de l’art, dont elle a fait son nom, mais aussi maintenant à Bruxelles.  La photo présente deux vieux immeubles jointifs voguant dans l’éther, attachés par des fils très visibles de chaque côté. Collées l’une à l’autre, ces maisons présentent une symétrie qui avec le temps fait évoluer en dissymétrie. Le travail du photographe est d’accentuer ces différenciations dues aux atteintes du temps, aux ajouts de toute sorte, comme cette fenêtre de style classique incongrue et  aux dimensions disproportionnées. Le linge qui sèche fournit la dimension humaine et la couleur. Le toit offre peu de surcharge pour ne pas faire de l’ombre au fond de l’immeuble sous lequel pend un fil à linge bien chargé en vêtements. 

Pour réussir une « Flying House », il vous faut plusieurs ingrédients qui ne sont pas toujours faciles à trouver surtout si on habite la campagne. Il vous faut d’abord la ville, pas n’importe laquelle, mais une ville ancienne, un peu usée, qui en en a vu beaucoup et qui laisse à voir des strates de son passé non revues par un quelconque Baron Haussmann. Une ville bigarrée,  où se télescopent des modes de vie différents qui ne sont séparés que par l’épaisseur d’un mur, derrière une porte et surtout, surtout par l’absence de regard.

Paris est une bonne ville pour ces Flying Houses, surtout dans les vieux quartiers de Ménilmontant et de Belleville. En fait, on trouve encore beaucoup de ces petits immeubles partout en France, par derrière les façades de prestige qui retiennent l’œil des passants. Il suffit pour  voir ces habitats de lever  les yeux au ciel au-dessus des toits, enserrés dans les rues étroites. Qui n’a jamais pensé à pousser les murs, en recherche d’un peu plus d’espace, de plus de place, pour voir comment c’est là-haut? 

    Laurent-Chehere-Flying-Houses-Couscous-a-emporter-Galerie-P

C'est ce que fait Laurent Chèhère mais à sa façon. II nous donne à voir ces maisons d’antan vues du dehors, en faisant de chacune un objet volant identifié grâce à différents signes qui  portent sens. Des gens vivent là  empilés les uns sur les autres, reliés à des fils de téléphone qui les raccrochent… à un ailleurs, non visible, plus loin. Ils cherchent à pousser les murs grâce  à des fleurs sur la rambarde devant la fenêtre, le linge qui sèche dehors à l’air, l’antenne pour garder le contact avec l’extérieur ou ceux de l’étage du dessous ou d’à côté ...

Les murs ont une grande importance chez lui. Ils portent la trace du temps qui passe, avec leurs teintes qui n’ont plus de nom pour indiquer leur couleur réelle. Ils ont subi des coups. Ils leur manquent des morceaux. Ils portent des ajouts, des coulures, des traces peintes d’anciennes publicités, de présence d’anciens commerces… ou une gouttière qui structure toute la façade comme dans « Couscous à emporter ».Tous ont en commun de parler; il suffit de leur donner la parole. Le photographe porte une attention tout à fait spéciale à la façade aveugle, celle qui ne voit pas et qu’on remarque d’autant plus qu’elles ont souvent fait l’objet de publicités peintes de grandes dimensions quand elles s’y prêtaient. 

Le regard de Laurent Chéhère s’apparente alors à celui d’un ethnologue qui donnerait à mieux voir grâce à quelques signes que nous connaissons tous si bien qu’ils en deviennent invisibles.  Outre les façades et les murs aveugles ou presque, nommons dans une autre catégorie, les parasites visuels que sont tout ce qui peut encombrer les toits, les petites constructions ajoutées, les lucarnes, les nombreuses cheminées qui montent si haut en recherche de l’air, les antennes, une parabole parfois et toujours ces fils qui partent latéralement, à droite ou à gauche, mais jamais en-dessous, ni au-dessus. 

Laurent-Chehere-Flying-Houses-Caravane-Galerie-Paris-Beijin

Une seule création fait exception, c’est bien sûr « Caravane ». On comprend bien pourquoi, surtout que le camion qui la tracte n’est pas indiqué. Le seul fil non accroché qui s’échappe est celui de l’antenne de la télévision. On y retrouve tout ce qui constitue l’univers de Laurent Chéhère : la cheminée, le charriot de supermarché, l’antenne, la chaise plastique, la bâche bleue, le seau…Et même, et c’est la seule fois de la série, un homme et son petit garçon tous deux avec un bonnet sur la tête devant la porte ouverte de la caravane qui a, elle, aussi beaucoup vécu, comme une grande partie des maisons de la série.

Le ciel est incontestablement l’autre vedette des Flying Houses. Il est très travaillé tant sa présence est forte. C’est lui qui porte ces drôles de maison en les tenant droites ou presque. Aucun de ces ciels ne ressemble à un autre, ni dans sa couleur, ni dans sa matérialité éthérée, ni dans son mouvement. La couleur varie à chaque fois en fonction de la maison, de ses habitants, de l’atmosphère qui s’en dégage.  Certains ciels sont denses, d’autres légers. Les nuages offrent des contrastes qui indiquent le sens du vent. Ils permettent de mieux structurer cet espace qui fait partie intégrante de notre représentation de la ville.  

Pour suivre le chemin 

. Vous retrouverez une série de photographies de 2012 plus complète de Laurent Chéhère sur le site de la Galerie Paris-Beijing http://www.galerieparisbeijing.com/main/laurent/CARAVANE.jpg

. La Galerie Paris-Beijing, créée en 2006 par Romain et Flore Degoul, qui est spécialisée dans la photographie et « la scène artistique asiatique », offre la particularité d’offrir aux artistes qu’elle représente « trois espaces à Paris, Pékin et récemment Bruxelles, totalisant plus de mille mètres carrés de surface d’exposition ». Elle joue en plus un rôle actif d’interface entre l’Orient et l’Occident avec la mise en place dans sa galerie de Pékin d’un «  programme de résidence destiné à de jeunes artistes occidentaux désireux de s’immerger dans la scène artistique chinoise ». http://parisbeijingphotogallery.com/main/fr/accueil.asp

. Sur ce site, ne manquez pas de regarder la sélection des photographes chinois de la Galerie. Si vous devez en choisir un, deux plutôt, regardez ce que fait Yang Yi dans sa série de 2004 d’une ville plongée dans l’eau où ne demeurent que quelques personnes, posant avec leur masque et leur tuba, devant l’appareil photo. « Ring Road » est absolument remarquable de puissance et de sens. Le second est Liu Bolin qui vous fera voir avec beaucoup d’humour et de profondeur le rouge et or emblème de la Chine irréversiblement autrement. Après, vous vous surprendrez à chercher l’homme au sens français du terme à côté – l’homme, la femme et l’enfant -  derrière chaque lampion !

. Photos de la Galerie Paris-Beijing, "by courtesy of Laurent Chéhère and Galerie Paris-Beijing" , avec  mes remerciements, que vous retrouverez sur ce blog dans l'album "Petites Maisons".

 

. Sur mon blog , vous trouverez aussi une série de billets sur le thème des "Petites Maisons" ainsi qu'une autre sur les caravanes ou plutôt la publicité sur des caravanes dans une série "Style de Pub Caravanes"   

 

 

 

 

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Mes six voeux pour 2013

6 Janvier 2013, 16:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Je sais. J’aurais pu choisir à votre intention mes 13 vœux pour 2013, ce qui vous en conviendrez aurait été d’un banal facile, trop facile. Moi, je  choisis la difficulté, avec 6 souhaits seulement parce que 2 + 0 + 1 + 3 = 6. Une démonstration imparable !

Eure, Sens interdit et colline 

En 1, grâce à ce panneau de sens interdit, barrez la route aux idées noires en pensant à lui à chaque fois. Celui-là est normand, avec paysage de colline qui figure en arrière, que connaissent bien les habitants du village de la vallée de la Seine. Faites appel à votre sagacité et à votre ténacité légendaire, il y a tout près un autre accès à la route qui est devant vos yeux. Vous pourrez alors accéder à la colline et regarder le vaste panorama d'en haut. Le village a le mérite en plus d’avoir conservé  ou retrouvé sa boulangerie. C’est bon une baguette fraîchement cuite qui croustille sous la dent. On ne peut s'empêcher d'évoquer avec tendresse Fernand Raynaud, ce grand connaisseur de la société française.

Marseille-Vieux-Port-Ombrière-OlivierL-Photographe-DSC0046 En 2, pensez à l’ombrière du Vieux Port à Marseille qui vous protège d’un soleil trop fort que l'architecte américain Norman Foster est en train de faire ériger en ce moment, avec pour partenaire Michel Desvignes, le paysagiste français le plus connu dans le monde. Tous deux (et d'autres) sont chargés de rénover le Vieux Port, en commençant par cette structure métallique qui offre de l’ombre bienfaisante à votre teint. Les travaux de piétonisation du Voeux Port avancent à grande vitesse. Il s'agit pour Marseille d'être prête le plus vite possible: le 13 janvier prochain marque en effet le début des festivités qui vont ouvrir l'année 2013, avec Marseille-Provence en capitale européenne de la culture. Yeah!

20121110 Nantes 135     

En 3, ayez toujours en tête la grue jaune du port de Nantes qui symbolise mieux qu’une autre le travail portuaire qui a fait la gloire et une partie de la fortune de la capitale de la Région des Pays de Loire. Il faut dire qu’on la chouchoute avec amour. Elle n’a jamais été aussi belle que depuis  qu’elle est devenue un symbole du patrimoine industriel. Elle a du punch, cette grue, grâce à son design d'une puissance lourde. 

Lyon-Confluence, Grue et Immeuble Jakob et Mc Farlane architectes 

En 4, comparez là avec celle du port de Lyon qui est l'autre grande star du nouveau quartier Confluence de Lyon, à côté de l’immeuble  voisin, un gros cube revêtu d’une grille orange, une couleur qui vous donne bonne mine. Sans elle toute noire et toutes en lignes droites verticales, horizontales et étroites et sans lui, cet imposant cube-coque en dentelle métallique orange à trous, cette portion du nouveau quartier de la Confluence entre la Saône et le Rhône serait moins chouette. Là, ça clacque. On ne l'oublie pas une fois qu'on l'a vu. Une vraie réussite, comme un phare qui éclaire toute la scène.  

Berges de Maine, Grether, Rencontre avec le GRT, Hôtel de Ville, 2011.04.20

En 5, commencez à rêver à ce que vont devenir les Berges de Maine  à Angers grâce à François Grether, Grand Prix de l’Urbanisme 2012, et Loïc Mareschal du Cabinet   Phytolab, Paysage et Environnement. Ce sont eux qui  ont remporté en 2012 le concours international de la rénovation des berges. Tous deux sont bourrés de bonnes idées qu’ils ont su transformer en un beau projet fort et cohérent, celui que les citoyens ont massivement choisi. Ils sont aussi excellents en vraie bonne concertation citoyenne. Cela a été un vrai plaisir que de travailler avec eux.

Eure-Dampmesnil-Allée-couverte-Déesse

En 6, regardez avec émotion cette tête de femme tracée en creux il y a 4000 à 4500 ans dans une des pierres de grande taille placées à l’entrée  de l’allée couverte de 10 mètres et plus de Dampmesnil dans l’Eure (à gauche sur la pierre verticale sur la photo). Plus, parce que gisent ici et là à côté des grandes pierres qui  faisaient visiblement partie de l’ensemble. Le site est impressionnant.

Eure-Dampmesnil-Allée-couverte 

Donc, si je résume, pour 2013, je vous souhaite  des pensées qui vous font du bien, de l’ombre qui vous protège, du punch de la grue, de l'inattendu avec la coque en dentelle orange, du renouveau des Berges de la Maine et de la beauté émouvante de ce visage de déesse protectrice creusé dans la pierre dure, qu’on devine encore plus de quatre millénaires après...  

Pour suivre le chemin

Ce billet parle beaucoup d'urbanisme, d'architecture, d'innovation, de couleur,   de préservation du patrimoine et de concertation citoyenne, ce qui n'est évidemment pas un hasard.

 

- Le Ier lien est l'eau, celle des fleuves,  de la Seine, de la Loire, de la Saône avant qu'elle rejoigne le Rhône, de la Maine qui est un affluent de la Loire et qui résulte elle-même de la réunion de la Mayenne et de la Sarthe grossie du Loir et celle de la mer qui remonte jusqu'à Nantes et de la Méditerrannée qui borde Marseille.

 

- Le second lien est celui de la concertation citoyenne dont l'importance est désormais une des composantes du paysage démocratique européen et donc forcément français. C'est grâce à la Région de Nantes que j'ai eu la chance de faire partie  des premiers Panels Citoyens organisés sous l'égide d'Ipsos sur le thème du développement économique de l'estuaire de la Loire en phase avec la préservation de l'environnement. J'ai pu ensuite intégrer, au titre de représentante des habitants, un Conseil de Quartier d'Angers où ça bouge beaucoup, participer activement à un des deux ateliers citoyens "Eau" des Berges de Maine conduits avec beaucoup de finesse et de diligence par le cabinet angevin "Emanence". Je fais partie maintenant du Conseil de Développement de l'Agglomération d'Angers, présidé par Louis-Marie Rivière,  dans la catégorie "Citoyens actifs"!

 

. Le troisième, invisible celui-là et pourtant très fort, est celui de l'Union Européenne, dont le siège est à Bruxelles. Il y règne un véritable art de vivre ensemble fondé sur l'ouverture, la tolérance et une belle atmosphère  multi-culturelle profondément européenne et +, avec ses 46% de Bruxellois d'origine étrangère et ses quelques 160 ou 180 nationalités différentes. C'est vraiment le moment de rappeler que l'année de la culture est un concept mis en place par l'Europe. On dit "merci"qui?.  

 

. Photos Elisabeth Poulain, à l'exception de celle de Marseille qui est l'oeuvre du photographe OLivier L. que je remercie.  Les deux photos de l'Ile de Nantes et de Lyon-Confluence ont été prises lors de déplacements récents très bien organisés à l'intention des membres des nouveaux ateliers de la concertation citoyenne d'Angers, dans le cadre de ce qui s'appelle maintenant l'opération "Angers Rives Nouvelles".

 

 

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Style de Pub Caravans > caravelle & The Dauphine Continental

5 Janvier 2013, 16:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas Encore deux caravanes anglaises de la même marque anglaise « Bluebird’s » dont je vous ai déjà présenté la fameuse « Penthouse » qui a introduit en Europe le concept de grande caravane axée sur le confort et une vision élitiste du camping-caravaning, avec une jolie jeune femme en prime. Aujourd’hui, la présentation se fait entre une version inspirée de la Penthouse, vraisemblablement faite pour le marché français, la caravelle (sans majuscule) et sa challenger du même constructeur, The Dauphine Continental, cette fois-ci avec deux majuscules puisqu’elle est plus petite. C’est de la belle finesse anglaise en matière de création publicitaire ! 

Pub caravane Caravelle

Cette caravelle est extensible à la force 4, pour dire que son nom de gamme est écrit quatre fois, à chaque fois de plus en plus grand, en allant de gauche à droite, dans le sens de la lecture alors que la caravane est présentée allant vers la  gauche   : caravelle, caravelle, caravelle, caravelle.   Une façon triplement habile de montrer l’effet vitesse  grâce à la typographie, au sens de lecture et au recours à l’italique. Une manière également de prouver que sa vitesse est corrélée à sa légèreté en jouant sur le faible contraste entre le fond blanc du visuel et le bleuté léger coupée à la hauteur des fenêtres par un bandeau blanc de la caravane.

Pourtant ce n’est pas elle la vraie vedette de la marque, ni la marque elle-même, c’est l’avion qui figure par quatre fois dans la publicité, deux fois en jaune et deux fois en plus petit et en rose, en occupant l’espace à droite de la caravane qui n’occupe pas totalement le coin gauche supérieur du visuel.  En petits caractères, on peut  lire en bas du visuel, comme formant le socle sur lequel s’appuie toute la construction du visuel la mention « BLUEBIRD’S », la dimension du modèle 22FT (feet) précédé de NEW pour attirer l’attention des connaisseurs et des fidèles de la marque  sur le fait que c’est un nouveau modèle. II est vrai qu’il présente quelques nouveautés perceptibles extérieurement. La porte a changé de place, la bow-window à l’avant se conjugue maintenant en trois parties et non plus en deux, la fenêtre de la paroi latérale au-dessus de  la roue est plus petite. Pour le reste, il ne semble pas y avoir de grands changements. La porte a conservé son hublot rond dans sa partie haute.

Pub caravane Continental

The Dauphine Continental joue sur le mode « fun ». Elle est visiblement destinée aux yeux de ses concepteurs à un public jeune qui aime aller danser et profiter de la belle vie en chantant. On retrouve le jaune et le rose mais en un quart de teinte plus foncé que sur l’autre visuel. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de se comparer à un avion rose ou jaune mais à la guirlande de la fête, qui forme l’arrière-plan de tout le visuel, le jaune en lanières verticales, le rose en lanières plutôt horizontales qui ondulent telles des vagues. Il s’agit pour la marque de frapper fort et juste. Pour cela, outre la couleur, il y a les mentions du haut et du bas. La mention du haut met l’accent en gros caractères sur The DAUPHINE Continental en trois grosseurs et types de caractères différents. Les plus gros sont affectés à Continental qui possède plusieurs empâtements amusants qui s’enroulent sur eux-mêmes pour le haut du « C » de la majuscule, le bas des deux « t » et le bas du « e ».  Par contre le nom de la marque lie son nom à celle de la nouvelle caravane dans la mention du bas. Bluebird annonce ainsi la naissance de sa « latest colourful caravan », sa plus récente caravane pleine de couleurs.

Quant à la caravane, elle semble danser  au son de la musique. Elle est beaucoup plus courte et compacte que sa grande sœur, avec un avant très ouvert sur les trois côtés et un arrière très compact. Pour lier les deux en partie haute, un bandeau parme moyen sert à dynamiser l’ensemble. En comparaison avec sa grande sœur, elle semble très enlevée, tant la caravane qui prenait le nom d'une petite voiture française "la Dauphine" pour mieux coller au goût français que la pub. Une hypothèse serait que ce soit elle avec ses rubans qui ait déteint sur la caravelle pour lui donner un coup de jeune. Mais ce n’est qu’une hypothèse bien sûr. Bonne route à elles deux, à elles trois, avec la Penthouse.

Pub caravane Bluebird Penthouse 

Pour suivre le chemin

. Sur ce thème voir les billets déjà parus sur ce blog  Style de Pub Caravans > La Wren Continental & La Welcome Consulette    Style de Pub > Caravanes > Wima et "A Lire avant vos Vacances"   Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range     Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range   Style de pub Caravane > La Star et la Miami    

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De l'art culinaire romain > Un menu de banquet pour bien commencer 2013

4 Janvier 2013, 18:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

La fin de l’année et le début de la suivante sont toujours des moments terriblement difficiles à passer. C’est dur, vraiment dur de ne pas être tenté de faire comme les années précédentes. Avoir de l’imagination, innover, créer du nouveau, se surpasser, éviter de tomber dans le piège du simple "toujours plus" pour des ventres sur-nourris et qui se plaignent tout le temps, du temps, des prix qui augmentent…  est un vrai défi. Avoir du plaisir à redécouvrir ce que mangeaient les Romains est aussi une jolie façon de savourer du nouveau mais certainement d'une autre façon, en découvrant les plats un à un et non tous ensemble comme à Rome. Jugez-en!  

2013-01-06 Blog 707 

Dans l'Antiquité romaine, banqueter était un loisir total qui pouvait durer douze heures et plus. Un quasi-sport que d’être servi par son esclave personnel, en se tenant sur sa couche en position semi-allongée sur son coude gauche tout en tenant son assiette de la main gauche, pour saisir la nourriture de la main droite tout en écoutant de la musique et en admirant de belles danseuses quasi nues virevolter devant vous et pour vous. Une occupation de chaque instant qui vous laissait bien fatigué mais heureux, avant d'aller vous reposer pour vous lever le lendemain matin pour vacquer à vos occupations patriciennes.

Le menu du banquet d’abord. Par définition, un banquet est un repas de fête qui est placé sous le signe de l’abondance, à manger pour le plaisir raffiné de partager un moment  long de plusieurs heures en agréable compagnie d’hommes et de femmes bien né-e-s et bien riches, entre soi, flatté-e-s d’être réuni-e-s pour faire bombance, jusqu’à avoir la peau du ventre plus que bien tendue. Ce jour-là, impossible d’être plus précise, le repas commença au début de l’après-midi, au bon moment quand on sait qu’on aura le temps et de manger et de boire au-delà du raisonnable, un mot qu’on ne connaissait pas à Rome, pendant les heures chaudes de l’après-midi et les heures encore plus brûlantes de la soirée.

Pompéi, Maison Julia Felix, Vase Oeufs et Gibier, Fresque

Pour s’ouvrir l’appétit, des petites entrées, lors du gustus    

                                                                des poissons salés et des œufs,

des tétines de truies farcies à la confiture de rose comme on le sait en lisant Astérix,

avec des champignons bouillis à la sauce poivrée à la graisse de poisson,

des oursins cuits avec du miel, des épices, dans une sauce à l‘huile et aux œufs. 

Ensuite, pour bien se remplir le ventre, de la viande, encore de la viande et toutes sortes de viande

de daim rôti, enrichi avec une sauce aux oignons, de la rue odorante au goût amer, des dattes de Jéricho, des raisins, de l’huile et du miel,

d’autruche à la sauce douce, tout comme de la tourterelle bouillies dans ses plumes,

de perroquet rôti,

de loirs farcis avec du porc et aux pignons,

de jambon bouilli aux figues et aux feuilles de laurier, dont la peau est enduite de miel et qui est cuit en croûte pâtissière,

de flamant bouilli aux dattes. 

 Pompéi, Maison Julia Felix, Coupe de Fruits, Fresque

Enfin pour se caler en satiété  et finir en beauté, des petites choses sucrées  telles que 

des fricassés de pétales de roses avec des pâtisseries,

des dattes dénoyautées

des gâteaux ‘africains’ chauds au vin doux sucré avec du miel.

Les mets variés provenaient de différentes parties du monde. A sa grande époque, Rome s’enorgueillissait d’être le ventre du monde approvisionné par les trois ports d'Ostie, du Portus et de l’Emporium. où étaient  déchargées nuit et jour les marchandises. Les Romains adoraient le poisson. Pour le garder au frais, ils construisirent des viviers géants. La ville elle-même était apprivisionnée chaque nuit de façon à garder les rues libres aux habitants et commerçants pour la journée. Comme à la cour du Roi Louis XIV, on ne mangeait pas de tout. On se nourrissait avec ce qu’on pouvait voir et avoir devant soi.

Les horaires des repas étaient beaucoup plus fluctuants que ceux d’aujourd’hui. Entre 7 et 9h du matin, le patricien prenait un peu de pain trempé dans du vin en guise de  petit-déjeuner. Beaucoup ne buvaient debout qu’un grand verre d’eau pure . On prenait un casse-croûte vers 11h-12h juste avant que se termine la journée de travail vers 13-14h. Ensuite venait le repas principal, la cena,   qui pouvait durer une heure ou deux ou une bonne partie de la nuit pour un banquet. Tout dépendait de qui offrait, qui étaient les invités… 

Une salle spéciale était dédiée aux banquets qui se faisaient toujours à 3, 6 ou 9 personnes, tout simplement parce que les banquettes étaient disposées en U, ouvert sur la photo ci-dessous vers le bas où l'on voit une fontaine au milieu, les pieds déchaussés des convives convergeant vers le centre. Cette disposition en U permettait aux serviteurs de servir les gastronomes sans les déranger, sans les déranger par derrière.    

Pompéi, Salle de Banquet au Jet d'Eau, Peintures murales

Le remarquable était la volonté très poussée de poser le raffinement à l’honneur comme un must social imposé de la réussite, avec l’aide de cuisiniers révérés comme des stars déjà à l’époque, avec des femmes invitées à manger et pas seulement à danser, sans que jamais elles n’entrent même dans les cuisines et alors même que le peuple vivait très frugalement. Une partie de la nourriture non consommée la nuit était donnée le lendemain matin aux « clients » du protecteur fortuné qui avait fait bombance avec ses hôtes la veille. La nourriture servait aussi de lien social entre les classes sociales.  

Au plan gustatif, il est étonnant de voir combien cette gastronomie a mis l'accent sur les alliances du salé-sucré surtout en ce concerne les petites viandes , une alliance gustative qui perdure aujourd'hui dans la cuisine d'Europe centrale, l'incroyable diversité des aliments et l'importance très contemporaine du sucre dans les desserts. Le vin aussi tenait une grande place dans le déroulé de la soirée et l'humour faisait aussi partie de la fête.

Pompéi, Squelette d'un Echanson, Mosaïque

Pour suivre le chemin  

. Marcus Gavius  Apicius,        http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Gavius_Apicius L’intéressant est que son traité a été périodiquement ré-imprimé au fil des siècles et en France en particulier, en 1751 la dernière fois. 

. « La Rome impériale » de Moses Hadas et les rédacteurs des Editions de Time-Life, dans la série « Les Grandes Epoques de l’Homme », Une histoire des civilisations mondiales ; lire plus spécialement « Le rituel de la vie quotidienne », qui était extrêmement codifié.

. Voir aussi le très bel ouvrage "La Peinture Romaine" aux Editions Skira aisni que "Rome, Le Trône de Saint-Pierre" chez Robert Laffont. .

. Lire aussi et surtout de Georges et Germaine Blond "Histoire pittoresque de notre alimentation"aux éditions Fayard.   

. Pour préparer et goûter des vraies recettes, se référer à    http://www.actu-histoireantique.com/pages/Recettes_de_lantiquite_romaine_dans_la_cuisine_dApicius-4062205.html

. Photos en provenance de Pompéi, où l'on a même retrouvé une miche de pain préservée par l'éruption volcanique.

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Style de Pub > Naf-Naf > La Belle Dame, la Gitane et les Roulottes

31 Décembre 2012, 15:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une campagne très soignée que la marque Naf Naf vient de signer sous le signe d’une robe naturellement blanche  très décolletée pour une jeune femme forcément blonde aux cheveux tressés en une natte virginale ornée de fleurs assurément blanches pour mieux renforcée la virginité de la future épousée en plein champ. Elle est le symbole de la pureté et en même temps de la séduction avec le haut du corps offert à la vue à la Marilyn Monroe. 

Naf-Naf-2012-1-Dame-Gitane

Une jeune gitane en robe foncée à la longue chevelure rousse qui lui couvre le dos et au châle fleuri de roses rouges qui éclatent sur un fond blanc avec des feuilles vertes se tient assise sur le côté droit du visuel. On devine qu' elle est pensive ; elle tient dans ses deux mains  aux ongles rouges la main gauche que la future épousée lui tend dans un geste gracieux. La bizarrerie est que celle-ci regarde le visage de la gitane et non pas sa main que regarde la gitane, qui est celle qui connaît les forces obscures et sait prédire l’avenir en lisant les lignes de la main. Parfois aussi en tirant les cartes, mais cette scène aurait nécessité une table et deux tabourets.

 

Le chien de la gitane se tient très attentif, avec son oreille gauche levée, sur le côté gauche du cliché, en contre-bas par rapport à la gitane. Il anime par sa présence cet endroit un peu vide de la scène. Il a aussi une autre fonction me semble-t-il qui est de surveiller la rencontre et de protéger sa maîtresse aux cheveux roux.  C’est lui également qui à lui seul incarne la présence animale. Il manque en effet les chevaux qui tirent les lourdes roulottes.   

Au second plan, il y a en effet non pas une mais deux roulottes au bois verni toutes neuves sorties tout juste de l’atelier du fabricant. C’est la dimension très « folklore d’Europe centrale » qui rend la scène très théâtrale. On n’imagine pas des vraies roulottes parcourant vraiment l’Europe avec leurs occupants aussi impeccables, qui ne sortent le temps de l’atelier que le temps des prises de vue.

Au loin on devine un village avec son clocher dans le fond du paysage et au sol on remarque de la paille étendue sur la terre sur laquelle marche avec délicatesse avec ses talons hauts et sans se salir la jolie jeune femme vêtue de probité candide dans sa robe de gaze blanche. 

Ce visuel pour la robe blanche a été conçu par l’agence Gaultier Colette avec Stéphane Huard pour la photographie. Paru dans Biba de mai 2012, il fait le pendant à un autre visuel crée cette fois-ci pour une robe rouge où la marque ne parle plus de pureté ni de « dis-moi gitane de quoi sera fait mon avenir » mais de franche séduction avec la belle aux cheveux longs et toujours blonds dansant devant le feu et devant avec un gitan aux cheveux noirs de la tribu au son d'une musique gitane forcément endiablée. Comme le feu du désir, comme une distribution des rôles à l’antique, mais avec une vraie réussite visuelle.  

Naf-Naf-2012-2 Jeune Femme dansant 

Avec en plus, le recours à la prédiction de la gitane pour garantir un destin heureux en lisant les lignes de la main. Grâce à qui ? Grâce à Naf-Naf en 2012 pour 2013. Il est vrai que la robe s’appelle « Déesse ». Elle est recommandée pour « un mariage bohème chic ». Tout ça pour 199E avec en plus une vie de bonheur garantie. Qui dit mieux en encore 2012 !  

 

Pour suivre le chemin

. Voir le site de la marque http://www.nafnaf.com/fr/actus.html  

. Lire l’étude de Wikipedia sur la rousseur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Rousseur et celle sur la blondeur http://fr.wikipedia.org/wiki/Blondeur avec un portrait de Marilyn Monroe mais pas celle fameuse où l’actrice retient la jupe de sa robe blanche quand elle passe au-dessus d’une bouche de métro…dans le film « Sept ans de réflexion ».

 

Michelangelo Caravaggio LaDiseuse-de-Bonne-Aventure-1594-Le

. Retrouver un tableau du Caravage peint en 1594  où la Diseuse de Bonne Aventure regarde le jeune seigneur qui fait appel à ses dons les yeux dans les yeux sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiromancie!

 

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Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre

29 Décembre 2012, 12:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Entre Rouen et Evreux, comme un joli conte qui ouvre la saison de l’hiver, par une féérie de givre si léger qu’il teinte de blanc le vert de la prairie, le brun clair des peupliers ou celui plus foncé des vieux pommiers, qui fait ressortir les volumes et marquent l’espace. C'est un paysage sans maison, sans mouvement, où tout est blanc. Mon histoire se déroule en photos quand j’ai pris conscience de la présence du givre. Ce duvet blanc de glace qui donne une grande finesse à chaque ligne, à chaque volume.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre01

L’histoire commence par Givre 1, comme une scène de théâtre avec ces différents plans et volumes pour annoncer l’ampleur des grands paysages à venir avec en majesté ces magnifiques peupliers à la ligne élancée en forme de pinceau effilée vers le ciel.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre2, Arbre

Givre 2 donne à admirer l’arbre rond de grande taille le plus proche de la voie rapide.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre3, Pëupliers1

Givre 3 est le premier élément de la trilogie des rideaux de grands peupliers. La photo ouvre la scène.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre4, Pëupliers2

Givre 4 marque le fond du décor, comme pour arrêter le regard ouvert plein champ en vista vision. C’est le moment où la profondeur sera la plus grande au cours du trajet.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre5, Pëupliers3

Givre 5 signe l’au-revoir de ces peupliers en majesté, plantés en même temps, tous en pleine vigueur.     

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre6, Talus

Givre 6 marque un temps de pause pour reposer l’œil après tant de largeur et de profondeur de paysage. Voici un talus qui n’a de remarquable que de tracer une séparation franche avec le bleu si clair du ciel.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre7, Clos Pommiers

Givre 7 apporte la touche normande avec un pommier entouré d’une clôture agricole au milieu d’une vaste prairie, comme un clos dans un clos.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre8, Effet vitesse

L’effet vitesse est rendu par Givre 8 avec cet arbuste proche de la route.  

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre9, Bouquet d'arbres

Un bouquet de feuillus en Givre 9  annonce un changement de paysage. On devine la présence d’une petite route sur la droite de la photo.  

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre10, Perspective

Givre 10 annonce la fin de la séquence. La voie rapide remonte en coteau. On quitte le fond de la vallée marquée par la présence de l’eau. Il est temps. On arrive. La descente vers Evreux s’annonce.

Cette série de photos témoigne  de  l’arrivée de l’hiver dans la vallée de l’Eure, un affluent de la Seine, sur la RN 154 entre Rouen et Evreux.  Son tracé slalome au fond de la vallée, entre l’affluent de la Seine et la route placée sur la crête du coteau. Le paysage est fait de champs et  d’arbres, avec à chaque instant des particularités qui viennent des arbres, de la taille du champ, d’une cabane… Là tout n’est qu’harmonie végétale, sans personne ni animal.  Le travail de l’homme par contre est toujours présent. En témoignent la terre après la récolte du foin, le pommier protégé par une clôture, l’abri pour un cheval, le labour d’après la fenaison, la séparation franche d’avec les bois nombreux à mi pente avec le haut du coteau...   

Pour suivre le chemin

. Voir la série des clichés dans l’album photos « Paysages » sur ce blog.

. Retrouver un  premier billet sur les « Paysages ferroviaires »    Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_%28rivi%C3%A8re%29pour avoir quelques informations sur la rivière.

. Photos Elisabeth Poulain

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Les vins d'abbaye et ...un Côte de Saumur, cuvée de Fontevraud

19 Décembre 2012, 18:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pour les fêtes, il faut bien parler au pluriel des vins et des abbayes. Mais avant quelques mots sont nécessaires sur ce  qu’on entend par abbaye. Seules les abbayes qui sont encore exercice peuvent parler d’elles, comme vous le montre le site des vins d’Abbayes, en disant « ceci est notre vin ». En Champagne, citons Clairvaux, en Loire Bourgueil, dans le Jura Genne, en Côtes du Rhône la Charteuse de Valbonne, en plus des deux « poids lourds » que sont la Bourgogne qui en  compte cinq et le Languedoc sept.   Blog-divers-007.JPG Quant à Fontevraud,  son abbaye est bien sûr unique, à un point d’ailleurs qu’on a du mal à imaginer. Pas seulement parce qu’elle a été fondée en 1101, pas seulement à cause des rôles que les différents  pouvoirs lui ont attribués au fil des siècles qu’à cause de son implantation en cœur de Loire, au plus profond du territoire, dans une terre riche et généreuse en lien avec la Royauté de France, l’Etat du Vatican et la Couronne d’Angleterre. Pour autant, on ne peut pas dire que  la cuvée dont je vais vous parler est un vin d’abbaye, c’est une cuvée qui a été sélectionnée pour porter le nom de l’Abbaye de Fontevraud. 

Le lien de l’abbaye avec la vigne et le vin. Il est au cœur de la raison d’être de l’abbaye, pas seulement pour des raisons temporelles pour assurer la survie de la communauté, pour avoir chaud l’hiver ou garder leur rang pour les Mères Abbesses filles de roi. La raison en était aussi d’origine spirituelle lors de la célébration de l’Eucharistie au cours de la messe avec le vin liturgique. Pour assurer leur approvisionnement, les moines  fonctionnaient au maximum en autarcie et réservaient les meilleurs vins de l’abbaye pour la célébration de la messe.   Abbaye-Fontevraud-Ancienne 1633 Wikipedia

L’abbaye de Fontevraud a un riche passé viti-vinicole. Dès sa fondation en 1101, la vigne a été plantée. Le vignoble s’est agrandi au fil des donations faits à la communauté jusqu’à représenter plusieurs centaines d'hectares au XVIIIe siècle. "Un petit vignoble était présent dans l'enclos monastique et tout autour de l'abbaye (Grand Clos de Vigne, le Clos de la Reine...). Entre outre, elle possédait des vignobles sur les coteaux le long de la Loire angevine et tourangelle, à Souzay, à Turquant (Domaine de la Mâtinière), à Dampierre. C'étaient les moines qui s'occupaient de la vigne...Ils rendaient compte aux moniales qui elles-même en réferaient à l'Abbesse." Une citation de ma recherche intitulée "Le Vin aussi est affaire de femmes".

Propriété de la Région des Pays de Loire, l’abbaye est devenu centre culturel où il est maintenant  possible de déguster les vins de Saumur Champigny non seulement ceux qui figurent sur la carte qualitative de  l’Alienor Café, mais aussi ceux qui figurent dans la sélection 2012 de la Cuvée de l’Abbaye. Ce sont des « Côtes de Saumur » qu’il est aussi possible d’acheter et de consommer sur place.

Abbaye-fontevraud-2012  

Les trois vins. Le  choix s’est fait facilement, puisque ce sont les trois vignerons médaillés d’or de la sélection des Côtes de Saumur qui ont choisis. Citons en Ier Isabelle Suire à Berrie  pour son Saumur brut (80% de chenin et 20% de chardonnay) vinifié en méthode traditionnelle. Le Domaine de Filliatreau-Château Fouquet à Dampierre sur Loire  pour son Saumur rouge à partir d’un 100% cabernet franc 100%. Quant au Saumur blanc, un chenin, il est celui de de Jean-Marie et Noël Girard du Domaine du Vieux Bourg à Varrains.   

Les trois étiquettes sont très contemporaines. Elles sont l’œuvre de Richard Nègre accueilli en résidence à l’Abbaye. La plus connue, celle qui a été primée – façon de parler- sur le net  est celle qui éclate de rouge, pour le Saumur Brut d’Isabelle Suire. Trois éléments ressortent, comme un jeu à trois, trois couleurs un rouge clair vif, un vert pâle, et un rouge assombri pour une tour, une absence de trait du fait de la juxtaposition des couleurs qui suffisent à marquer la différence et enfin le choix de ne garder de l’abbaye qu’une tour, un mur, des toits et surtout une porte ouverte qui ressort doublement sur une ligne oblique, une seconde porte plus petite  double la première mais cette fois-ci, la porte est rouge clair, comme la couleur du ciel de l’étiquette.

On retrouve le symbole de la porte ouverte qui s’ouvre pour entrer dans l’abbaye dans le Saumur blanc du Domaine du Vieux Bourg. L’étiquette est cette fois-ci verticale, avec trois couleurs le bleu ciel, le noir de la porte ouverte et le gris bleuté avec des touches de blanc de la rampe qui monte. Quant au Côte de Saumur rouge de Filliatreau, le graphisme est plus difficile à interpréter. On dirait qu’il s’agit du toit de la cuisine de Fontevraud, violemment éclairée sur le côté droit et des flammes sur le côté gauche. Le tout fait penser à la proue d’un navire qui fend les flots, mais sans bouger.

Abbaye de Fontevraud, Cuisine 

Richard Nègre est toujours présenté comme réalisateur de films d’animation. Il a aussi un grand sens de l’espace, d’un espace immobile et comme réduit à son essence hors du temps. C’est la raison pour laquelle j’apprécie beaucoup sa façon de parler de lui-même. Il dit, pour expliquer sa démarche  « Je m’intéresse au temps ». Eh bien, c’est vrai. A Fontevraud, il  a réussi à figer le temps pour ne garder que l’espace réduit à son essence intemporelle, hors du temps, pour ces trois cuvées, celle d’une année, celle de 2012. Il était vraiment temps que je vous en parle avant le passage à la nouvelle année.

Pour suivre le chemin

. Lire  La lettre de Fontevraud, septembre-décembre 2012, n° 19, www.abbayedefontevraud.com    et voir le site http://www.abbayedefontevraud.com/visite/cuvee-abbaye-2012 avec la photo des trois bouteilles des vins sélectionnés.  

. Voir aussi l’article  http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=12765 qui annonce la sélection 2012. 

. Sur Fontevraud, lire aussi sur ce blog, Raisonnement binaire + Couple antinomique > L'Abbaye de Fontevaud      

. Retrouver Isabelle Suire, cette jeune vigneronne talentueuse  sur Isabelle-Suirre-Vigneron-Berrie-Cuvee-Abbaye-2012.jpghttp://www.tourisme-vienne.com/vignoble-production-vin/berrie/610/vignoble-isabelle-suire-berrie       

le Domaine Filliatreau sur http://www.filliatreau.fr/   et  Jean-Marie et Noël Girard sur http://www.vieux-bourg.com/les-vins.php

. La carte des vins de l’Aliénor Café est à voir sur http://www.abbayedefontevraud.com/visite/restaurants/alienor-cafe  Vous y retrouverez en particulier les vignerons de la bande des 13 ! Avec Christelle Dubois et son Cabernet Franc.Si vous voulez goûter un Saumur "Clos des Abbesses", c'est au Château d'Eternes à Saix dans le Haut-Poitou, juste derrière Fontevraud que vous devez aller, le clos était mentionné comme appartenant à l'abbaye en 1467. A retrouver dans "Le vin ausi est affaire de femmes", Elisabeth Poulain, Cheminement éditeur.    

    . Consulter le site très bien fait des vins d’abbayes  http://www.lesvinsdabbayes.com/

. Aller à l’Abbaye de Lerins  et consulter avant  http://lerina.abbayedelerins.com/ avec des paysages à faire se damner un saint.  Les moines organisent une vente aux enchères des vins du Clos de la Charité le 26 janvier 2013.

. Et suivre le débat sur la dégustation des vins de l’Abbaye de Lérins et leur prix d’achat http://lapassionduvin.com/phorum/read.php?10,34626

Abbaye de Fontevraud

. Sur Richard Nègre, voir http://www.chateaudesacy.com/art/f_richardn.php. On le présente comme un réalisateur de film d’animation. Il est aussi un plasticien qui a un grand sens de l’espace, et « un minimaliste complexe » sur  http://www.haut-pave.org/exposants/inside/Negre.html et  sur son site http://www.richardnegre.com/

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La Pub > Gordon's Gry Gin > Le Sanglier et la Pieuvre > Leo Burnett

17 Décembre 2012, 12:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre dans la série « Bestiaire de la Pub ».Impossible d’inscrire le titre complet pour cause de trop grande longueur. Ce billet porte sur une pub conçue par l’agence Leo Burnett  pour un gin, un Gordon’s London Dry Gin, un vieux de la vieille qui est né  il y a fort longtemps, qui a beaucoup vécu, en ses quelques siècles d’existence et qui, maintenant depuis plusieurs décades, s’est refait une jeunesse en visant la couleur, la fête, les jeunes bien sûr comme tous les autres  spiritueux, tout en gardant son nom, ses codes et son emblème. Une bien longue phrase pour un bon vieux gin, oui mais un Gordon’s Dry Gin.

Gordon's Gin

. C’est un gin Gordon’s parce que le fondateur de la distillerie au sud de Londres en 1769 s’appelait Alexander Gordon. La date continue d’ailleurs à être marquée sur l’étiquette de chaque côté de la tête d’un vieux  sanglier qui constitue l’emblème de la marque. Un ancêtre d’Alexander Gordon d’origine écossaise avait en effet reçu l’autorisation de porter un sanglier dans les armoiries de la famille après avoir sauvé le roi d’Ecosse d’une attaque de sanglier. Ce sanglier étonne tant le dessin est dur, du coup la bête apparaît encore plus étrange. La marque a voulu conserver ce symbole de la force et de l’endurance que pouvaient très bien comprendre les hommes envoyés au combat qui l’appelaient « l’eau de courage ». Une autre dimension apparaît ici,  c’est celle du lien à la terre qui nourrit, celui des moissons abondantes et du grain qui remplit le ventre et apaise la faim. Le gin est en effet un alcool de grain. Mais comme pour tout symbole, le sanglier à l’image positive a aussi son contraire, le porc qui souille, salit, se vautre dans la bauge… 

 . Le gin est un alcool distillé à partir de céréales et de genièvre.  On voit bien le lien entre l’alcool de genièvre, genever et gin. Cet alcool titré à 37, 5° ou 40°est né à une date indéterminée au XVIe siècle d’abord en Hollande sous le nom de « Genever ». La marque hollandaise la plus célèbre depuis cette date est le « Bols » à la célèbre bouteille en faïence brune qu’on a appelé aussi le « Dutch Genever » mais pas aux Pays-Bas bien sûr. Plus tard les Anglais au XVIIe en ont revendiqué la paternité ; la question avait moins d’importance tant la production avait explosée en Angleterre. Une autre raison est que les deux royaumes d’Angleterre et des Provinces-Unies des Pays-Bas avaient noué des liens très forts en la personne de Guillaume d’Orange, monté sur le trône en Angleterre en 1689 sous le nom de Guillaume III.

Gordon's Gin, le sanglier   

. Dry pour montrer  que c’est un alcool sec, qui a subi une distillation à partir de houblon et d’orge principalement. Le résultat est un alcool titrant  à 98°, neutre au goût, aromatisé ensuite avec des baies de genièvre et plus tard, quand il fallut anoblir le breuvage, avec d’autres plantes, telles que l’angélique, la réglisse, la poudre de racine d’iris, l’écorce d’agrumes orange ou citron séché, des graines de carvi et de coriandre… C’est cet élixir très facile à élaborer dans sa formule simplifiée allongée avec de l’eau pour arriver au titre d’alcool souhaité, qui a d’abord été délivré aux soldats  anglais venus combattre sur le sol hollandais pendant la guerre de 30 ans, pour lutter contre les miasmes et l’humidité. Ainsi « réchauffés » par cette préparation « médicale », les militaires pouvaient guerroyer plus efficacement et plus longuement. Ils rapportèrent la recette dans leur bagage, en retraversant la Mer du Nord pour revenir au pays.  C’est au moins ce que dit la légende transmise qui fait un premier lien avec l’eau mais ce ne sera pas le seul.

Les chiffres du succès impressionnent par les quantités et par la rapidité de propagation de cet alcool dans le peuple. A Schiedam, près de Rotterdam, on compte près de 400 distilleries en 1663. En 1685, dans la proximité de Londres, la production s’élève à 500 000 gallons (1gallon= 4,5l). Pour les distillateurs anglais, l’âge d’or  continue : en 1742, ce sont 18 millions de gallons qui sont vendus. Il faut dire aussi que la couronne britannique, en recherche d’argent pour continuer les guerres et en particulier celle contre la France, avait autorisé, contre versement d’une taxe, la distillation à Londres et dans sa périphérie proche. C’est la raison pour laquelle l’indication géographique « London » a une valeur si forte. Elle ne garantit certes pas l’origine contrôlée, car on peut faire du gin partout dans le monde, mais la légitimité historique et la caution royale. Une autre ville a réussi à obtenir ce fameux label, c’est Westminster, une ville également à forte empreinte royale. Cet exemple montre combien la fiscalité peut avoir une incidence directe sur la production.   

Le lien du gin avec le pouvoir marque aussi son succès et sa face noire dans l’histoire. Toujours en Angleterre, la poursuite du conflit avec la France conduisit au renforcement des taxes à l’importation sur le cognac d’origine française. Quasiment dans le même temps,  le prix du gin à acheter devint moins élevé que celui de la bière. En effet pour lutter contre la sur-consommation de la bière, une boisson très populaire auprès des « petites gens » qui conduisait très rapidement à l’alcoolisme, le gouvernement l’avait lourdement taxée. L’effet fut quasi-immédiat, l’appétence pour la bière qui était faiblement titrée se déplaça sur le gin beaucoup plus fortement alcoolisé et que les acheteurs continuèrent à boire dans les mêmes quantités que la bière. Le gouvernement prit en 1736 un arrêté d’interdiction du gin avant de l’autoriser à nouveau 6 ans plus tard, par impossibilité d’empêcher le très mauvais gin de contrebande de faire encore plus de ravages que le "vrai" vendu sous licence.  Quelques années après, un dessin devenu célèbre témoigne de la gravité de l’alcoolisme du au gin –l’alcool du pauvre et de la misère-  c’est la fameuse scène d’ivresse de William Hogarth en 1751 (redessiné par Samuel Davenport en 1880).  

. C’est le gin tonic qui permit de casser cette mauvaise renommée qui a collé à la peau du gin pendant longtemps. Le gin avait aussi la réputation, plus qu’un autre alcool, de conduire au désespoir et à la mort. Le gouvernement tenta de le taxer plus fortement avec la conséquence que du gin de contrebande très toxique inonda le marché. Une réaction que l’on va retrouver aux Etats-Unis lors de l’épisode très mouvementé de la Prohibition (1919-1933) qui avait interdit la production de gin. La consommation de gin frelaté vendu sous le manteau causa tellement de ravages dans la population américaine que le gouvernement revint sur interdiction pour  enrayer la catastrophe sanitaire du à l’alcool frelaté.

Une autre façon de lutter contre la face noire du gin, est pour le Gordon’s London Dry Gin de mettre en avant son appartenance à Londres, à l’instar des autres   grandes marques de gin. Citons  le Beefeater London Distilled Dry Gin (Groupe Pernod Ricard) qui revendique la place prestigieuse de n° 1 dans le monde, le Belgravia Dry London Gin, ainsi que le Bombay Sapphire Distilled London Dry Gin  ... Mais bien sûr, il y a Londres et les faubourgs de Londres. Seul le Beefeater est élaboré à Londres intra-muros, ce que le groupe Pernord Ricard ne manque pas de faire savoir.

L’invention du Gin Tonic basée sur l’alliance entre le gin et le tonic – de l’eau avec des bulles et de l’arôme - arrêta la descente infernale. A la fin de l’ère victorienne, les dames en firent une boisson fraîche et chic. Quant aux hommes pour ne pas être en reste, ce sont les officiers de l’armée britannique qui l’apprécièrent essentiellement à cause de ces vertus médicinales grâce au quinquina qu’il contient pour lutter contre la malaria. On retrouve l’alibi médical. Ils en firent un symbole de l’art de vivre masculin anglais dans le monde… Une autre façon de faire porte sur la communication positive sur et autour du gin à une époque pas si lointaine.

Gordon's Gin, Octopussy, Leo Burnett, Pub 1999, Courrier International 

Et c’est à ce moment-là que Leo Burnettarriva, celui de la fameuse agence de publicité que le grand homme a fondé le 5 août 1935 à Chicago pour commencer. Comme les agences de son groupe portent toujours son nom, c’est la preuve que ses successeurs continuent à mettre en application ses fameux principes de créativité, ceux qui ont fait son succès. On peut les résumer  en quelques phrases courtes résumées d’après ses propres paroles: « travaillez beaucoup, croyez en ce que vous faites, soyez votre Ier client, aussi exigeant que votre client le sera avec vous, et continuez à créer le meilleur, sinon arrêtez et enlevez mon nom de la porte. Si vous ne le faites pas, c’est moi devenu fantôme qui reviendrait la nuit pour enlever la plaque de la porte et ôter les pommes du panier de l’entrée. » Leo Burnett avait en effet l’habitude de placer un panier de pommes rouges dans l’entrée de ses bureaux, comme signe de bon accueil. 

Le moment de la création. C’était peu avant le changement de millénaire, au temps d’une euphorie que nous avons oubliée, un temps où tout paraissait possible, surtout dans le monde des boissons. C’est alors que les dirigeants de Gordon’s ont demandé à l’agence de concevoir une publicité qui soit vraiment autre, qui donne envie de prendre un Gin Tonic, en sortant aussi bien du profil de la boisson chic pour dames bien nées ou pour gentlemen à forte empreinte militaire. Quelque chose de différent, qui ait du sens, de joyeux, à fort impact visuel et qui parle sans mot.

Le résultat s’appelle la paille et la pieuvre, un « octopussy » en anglais.  C’est le petit nom affectueux que l’agence a donné à sa création visuelle d’une paille enroulée d’une des six sur les huit tentacules de grosses bulles. On est dans le verre et on nage autour de la paille. Seules de grosses  bulles, qui évoquent la pieuvre, jaillissent dans la partie haute du visuel du bandeau bas en jaune éclatant qui porte le nom de la marque « Gordon’s » en gros caractères rouges avec en dessous en petit et en noir la mention « Tonic Octopussy ». Il faut vraiment avoir des yeux de lynx pour voir en tout petits caractères en mention verticale sur la hauteur externe du visuel : « Composition ‘Octopussy’ : I/3 Gordon’s, 2/3 Tonic, 1 filet de menthe et bien agiter » « Leo Burnett », comme si c’était lui qui vous parlait directement

Gordon's Gin, Octopussy, Leo Burnett, Pub 2000 

L’agence a bien répondu à la commande, doublement pourrait-on dire. Ce visuel très créatif ne peut oublier une fois vu, un nouveau cocktail est né, avec un nom fascinant fondé sur l’image en bulles d’un animal doté d’un pouvoir de répulsion assez rare. La pieuvre fait partie  en effet de ces créatures vivantes qui font vraiment peur.  Mais Octopussy est également le nom d’un célèbre film de James Bond, le plus célèbre des agents de la couronne britannique dans le monde. Quel meilleur ambassadeur pour porter la célèbre boisson que ce film incarné par Roger Moore en 1983, un acteur anglais au charme flegmatique né à Londres, qui plus est ? 

C’est là où se voit l’intelligence qu’il peut y avoir dans une publicité pour contrer une histoire si lourde  qu’elle a durablement marqué tant la société anglaise au XVIIIe et XIXe siècle que la société américaine du début du XXe siècle. Il suffit de quelques grosses bulles pour évoquer un gin tonic avec un bandeau jaune vraiment tonique et une paille qui évoque les gondoles sur la lagune à Venise et les sucettes bicolores. Tout en évoquant d’une façon détournée qu’il y a de l’alcool dans toute cette eau aromatisée et cet air qui virevolte et enlace la paille. Il existe deux versions de ce visuel. L'avancée de la seconde par rapport à la Ière est que maintenant aussi la bouteille est sur le scène, elle est dans l'eau enlacée tendrement par une des tentacules de cette chère Octotopussy. Vous avez déjà vu, vous, une bouteille entière flottés dans votre verre? Moi non, Léo si La preuve, il l'a montre. C'est ça le miracle de la publicité.     

Pour suivre le chemin  

. Lire le livre de références « Bières, Vins et Spiritueux à travers le monde » de deux auteurs anglais Stuart Walton et Brian Glover, paru en anglais chez Anness Publishing Limited en 1998 et chez Manise en français en 1999. Certains propos des auteurs ont dû inquiéter l’éditeur (français ?) qui a pris la précaution d’indiquer que « les opinions émises dans cet ouvrage sont sous la responsabilité de leurs auteurs ». Il est vrai qu’il est rarissime en France de lire dans un livre portant sur les spiritueux, concernant le gin en pages 408, 409 et 410, les propos suivants :

 « Pour les miséreux de Londres, l’ivresse était le seul moyen d’échapper à la dure réalité. C’est ainsi que le gin commença à être associé au désespoir et au découragement. Le mythe persiste, le gin étant toujours considéré aujourd’hui comme un agent dépresseur plus radical que les autres… Des cinq principaux alcools dans le monde - cognac/brandy, whisky, rhum, vodka et gin -, il est le seul qui se doit de faire oublier sa sinistre réputation ». Les deux auteurs rapportent que « les marchands de gin vendaient leurs produits en des termes qu’aucune publicité ne pourrait plus employer aujourd’hui. Sur une annonce, on pouvait lire : Ivre pour un sou. Ivre mort pour deux sous. De la paille propre gratis » On peut lire aussi que « les masses populaires étaient droguées au gin ». Revoilà une histoire de paille mais cette fois-ci, je n’ai aucune piste vous donner.

Gin Lane, William Hogarth 1751 Samuel davenport 1880 Wikiped 

. Sur le gin, http://www.tastings.com/spirits/gin.html

. Sur le gin Gordon’s, lire l’histoire sur le site de la maison http://www.gordons-gin.co.uk/about/gordon's-history qui est une vraie réussite avec des bouteilles dessinées par le designer Terence Conran.

. Le visuel est paru en particulier dans Courrier International n° 454, 15 au 21 juillet 1999 en page 9. J’ai également sous les yeux l'autre version 2 mais sans la date ni l’origine.

. Voir le site de l’agence http://www.leoburnett.fr/FLASH/  qui présente bien la panier de pommes, mais horreur et damnation, ce sont des pommes vertes – des granny smith -  et non pas des pommes rouges, le rouge, la couleur de la tentation, comme celles que choississait Leo.

. Sur l’histoire de Leo Burnett lui-même, lire « 5 géants de la publicité » par Philippe Lorin, Editions Assouline. Le Ier est Lasker, celui qui a inventé le paquet de la Lucky Strike ». Burnett vient en second, Bleustein-Blanchet en trois, Ogilvy ensuite et Bernbach enfin. 

. La pieuvre est en symbolique le représentant des « esprits infernaux, voir l’enfer lui-même » selon les auteurs du Dictionnaire des Symboles, jean Chevalier et Alain Gheerbrant » dans la collection Bouquins chez Robert Laffont. Elle a du faire tellement peur aux auteurs qu’ils en sont restés quasiment coi en ne lui consacrant que moins d’une demi-colonne. A voir aussi chez ces auteurs l’importance très positive du sanglier dans le domaine symbolique.

. Photos Elisabeth Poulain et Wikipedia  pour le dessin de William Hogarth    

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Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

13 Décembre 2012, 17:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont sept photos aléatoires que j’ai sélectionnées sur un certain nombre d’autres qui n’en méritent pas le nom (de photo) lors d’un déplacement en chemin de fer en Flandres près de la frontière française. Elles sont forcément aléatoires dans la mesure où l’œil voit avant que le doigt appuie sur le déclencheur alors que le train roule et sans qu’on puisse prévoir le paysage qui va venir.

Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (2) proche frontière française

 C’est un genre de sport qui est toujours frustrant et marrant de ce fait. On a fait ce qu’on a pu et puis voilà. Parfois  des photos sont réussies, parfois il y a bien eu une idée qui a fait « pfuitt », parfois il n’y a rien de rien au point qu’on se pose des questions sur soi-même. C’est bien pour cela que mon cerveau recourt au concept bien pratique de photo aléatoire.  Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (3), Pont    

Mon histoire commence (1) sur le quai de la gare de Bruxelles, avec la courbe d’un auvent et une jeune femme repliée sur elle-même, alors que part un train jaune.  Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (4), Amplitude    

En séquences 2 et 3, voilà un paysage typique d’emprise  ferroviaire auquel succède une  zone industrielle.   Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (5), Amplitude, Champ   

La séquence 4 présente un ensemble remarquable à fonctionnalités agricole et d’habitation  qui n’a pas cherché à cacher la voie ou à se cacher des trains. 

Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (6), Amplitude, Prairie, Arbre

En 5, voilà un grand champ avec des arbres après la moisson et en attente d’un labourage à coté d'un nouvel ensemencement. 

Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (8), Talus, Herbe 

Enfin pour en finir avec ces paysages à forte amplitude (6), voici le même talus qui a fait l’objet de toute mon attention, une fois dans sa quasi nudité à l'exception d'un brave buisson  et, la fois suivante, encadré par deux fiers poteaux.  

Paysage ferroviaire, Belgique, Flandres (9), Poteaux, Talus, Herbe

 

Pour suivre le chemin

. Prenez le train de temps en temps, ça change l’œil.J'étais à l'affût de meules que je n'ai pas vues mais par contre je me suis amusée avec ces séquences.    

. Photos Elisabeth Poulain. J'ai du alléger pour cause de surcharge photos. Il n'y a donc que 7 photos, à voir dans l'album "paysages"  

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Style de Pub > Savon Malacéïne > Dur de se laver pour une petite fille

10 Décembre 2012, 18:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

La vie est dure, vraiment dure quand on est une petite fille de trois ans, quatre peut- être… A dire vrai quand on est petit, on se trouve toujours grand mais il faut dire à la vérité qu’on ne sait pas vraiment quel âge on a. Sauf que là, George Redon mon créateur-dessinateur m’a croqué quand j’étais à la fois petite-petite et suffisamment grande pour pouvoir faire ma toilette toute seule. Enfin, c’est une façon de parler.

Georges Redon, 1927, Savon Malacéïne 

Vous me voyez moi avec mes petits bras porter une bassine en métal remplie à moitié avec de l’eau ?! Non franchement, j’ai essayé mais cela n’a pas été possible même avec la bassine placée à ma hauteur. Si j’avais dû la descendre de l’évier ou aller la remplir à la fontaine imaginez les dégâts. A mon avis, il ne serait plus resté une goutte d’eau dedans et moi par contre j’aurais été bien mouillée.

Parce que moi j’aime l’eau et l’eau me le rends bien. C’est pourquoi Georges, mon tonton, le tonton Georges donc –je n’ai pas le droit de l’appeler par son prénom, par contre quand j’ajoute Tonton avant, ça va, c’est bizarre - m’a choisi moi et pas ma grande sœur. Elle a été furieuse. Je me demande bien pourquoi parce que moi, ça m’a fait plaisir, c’est sûr, mais pas plus que cela. Je suis quelqu’un de sensible et j’aime bien qu’on me laisse tranquille à barboter dans mon coin.  

Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre – je trouve que Tonton Georges est bien compliqué, il est mon oncle préféré mais quand même – pour bien comprendre que je devais me laver, sans le faire, en étant le plus propre possible alors que j’avais des instructions claires et répétées je ne sais combien de fois, de faire semblant de me laver toute habillée avec ma barboteuse blanche, ma préférée, celle que je n’ai en principe pas le droit de mettre sauf le dimanche parce que justement elle  se salit tout le temps, avec en plus mes socquettes blanches et mes petits chaussons bleus. Sept lignes pour vous expliquer tout ce que j’ai dû supporter, quand même.  

Ah les chaussons bleus, c’était une mesure obligée pour faire propre  parce que les vieux chaussons, que je mets tout le temps, eux, auraient bien eu besoin d’être nettoyés. Moi, je les aurais bien mis dans la bassine. Au moins cela aurait servi à quelque chose, parce que j’avais dans ma petite main gauche un petit savon d’une marque dont on m’a répété mille fois le nom, mais comme c’est tellement compliqué, je n’arrive pas à m’en souvenir. J’allais commencer à pleurer quand Tonton Georges a chassé toutes les femmes de la famille  de la pièce  parce que si non « le modèle allait être défiguré par les larmes ».

Le modèle, la star, c’était donc moi. Mais ce n’est pas pour autant que Tonton a pu commencer à me dessiner, avec la bonne lumière et tout et tout. Le plus dur, ça a été de trouver la « bonne » chaise. Là, non plus je n’ai rien compris. Pour moi, il y a deux sortes de chaises ou plutôt deux fois deux sortes. Il faut vous dire que je suis bonne en calcul. Il y a les chaises de la cuisine et les chaises de la salle à manger, les chaises pour les grands et les chaises pour les petits comme moi et ma sœur. Mais tout ça ne donne pas quatre chaises mais trois seulement, parce qu’il n’y a pas de chaise-enfant dans la salle à manger. Il faut donc qu’on apporte les chaises pour nous quand on a le droit de manger dans la salle à manger.

Georges Redon, 1927, Savon Malacéïne 

Bon, aucune chaise n’allait à Tonton, quand soudain, Tante Georgette, pas la femme de Tonton Georges mais une autre, a proposé sa chaise basse-haute à la fois. C’est une chaise haute pour le haut qui a des pieds raccourcis, sauf que ce n’est pas aussi simple que ça. Mais ça, c’est trop dur de vous dire pourquoi. La seule chose que je sais moi c’est que sans la chaise à bonne hauteur pour mes genoux, je n’aurais pu devenir immortelle ou quasiment…Merci Tonton,  Georges Redon pour ceux qui ne sont pas de la famille.

Mais la seule chose qui m'ennuie vraiment c'est que je me demande si c'était bien moi, moi qu'il a dessinée, avec cette question qui me taraude "est-ce que j'étais vraiment aussi mignonne, petite?". 

Zut, je m'aperçois que j'ai oublié de vous parler de la serviette blanche avec des liserés rouges posée sur le dosseret. Il fallait qu'il y ait du rouge sur le dessin, qui s'accorde avec le rouge du "Régal pour la peau". A l'époque, j'avais trouvé ça bizarre. Je me souviens seulement que j'avais goûté un morceau de ce régal. Bon, je peux vous le dire maintenant, c'était affreusement mauvais. Tout le monde avait ri de ma bêtise et moi j'avais pleuré... Je m'en souviens très bien. Oui parfaitement!

 Pour suivre le chemin

. Sur le savon Malacéïne, je n’ai aucune piste à vous donner.

. Sur Georges Redon, j’ai trouvé très peu d'informations: ses dates de vie 1869-1943 et la reproduction d’un de ses dessins de 1926 avec deux petits-enfants, une petite fille qui baisse le short d’un petit garçon. On les voit, comme sur la plaque Malacéïne, tous les deux de profil, avec leurs joues rondes, un petit nez retroussé, une grosse frange et une tête arrondie par des cheveux gonflants. Il y a « un style Georges Redon » dont la petite fille au savon Malacéïne est un excellent exemple. Le dessinateur a été très connu et a travaillé longtemps pour Nestlé , qui utilisait beaucoup l'art publicitaire avec des jeunes enfants. On trouve encore des dessins à vendre du dessinateur sur E‘ Bay.

Il est impressionnant de voir un tel décalage entre sa notoriété au début du XXe siècle, l'absence d'informations maintenant et les copies dont ses oeuvres font l'objet. La plaque, la "tôle lithographiée"  que vous voyez en photo est un original.

. La chaise est en effet une création d’artiste que vous ne trouverez jamais dans la réalité : ses pieds sont trop courts, le dosseret beaucoup trop haut, les proportions absolument pas respectées. Voyez les préconisations du Centre canadien d’hygiène et de Sécurité au travail, un site remarquable que je vous recommande http://www.cchst.ca/oshanswers/ergonomics/office/chair_adjusting.html . Sur les normes françaises, consulter http://www.ideesmaison.com/Le-Mag-de-la-Maison/Fiches-bricos/Bois/Normes-entretien-divers/Normes-dans-le-bois/Chiffres-pratiques.html

. Cliché Elisabeth Poulain, pris à partir d' "une tôle lithographiée illustrée d'une petite fille se lavant les mains. Signé ...signée G. Redon, 1924, Imp. Neuhaus. Très bon état" , sous le n° 220, comme le cite le catalogue Kaczorowski, Hôtel des Ventes des Salorges, Nantes 44100 ... en 2006.  

 

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