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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La frontière et l'ambassadeur > Photographier le vide > Andreas Gursky

20 Décembre 2011, 17:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Trouver des représentations de frontières n’est pas chose facile. C’est pourtant la tâche à laquelle je me suis attelée depuis quelque temps, un temps indéterminé certainement, tout comme le concept même de frontière. A croire quand j’en parle autour de moi que les gens ne savent pas ce à quoi je me réfère :     que veut-elle dire? Quelle frontière? Selon eux, il n’y en aurait plus. Plus de frontière. En fait, je ne le crois pas du tout. A croire qu’au fur et à mesure que certaines frontières semblent disparaitre, d’autres surgissent là où on ne les imaginait pas ou renaissent autrement, comme c'est le cas ici.  

 

La frontière

C’est une double vraie frontière. Physique d’abord, politique encore actuellement car elle sépare deux pays qui pourtant ont aboli leurs frontières entre eux. Il d’agit du Rhin entre la France et l’Allemagne.   

Rhein II.Andreas Gursky 1999 by courtesy of Matthe-copie-1

L’ambassadeur

Il s’agit de Reinhard Schäfers. Le début de son prénom sonne celui du fleuve et son nom a quelque lien avec un berger si on enlève le s. En poste à Paris, il a ajouté à ses fonctions déjà bien chargées, surtout en ce moment de rapprochement-éloignement entre l'Allemagne et la France qui ressemble fort à des "je t’aime-moi non plus", celle de faire la promotion de l’art allemand dont on parle bien peu à Paris. Comme s’il n’était d’art qu’à Paris! Ce n’est plus vrai. Le panorama mondial de l’art compte plusieurs capitales comme New York, Shanghai, Londres ou Berlin…Pour le prouver autrement qu’avec des mots, M. Schäfers a placé la très grande photographie sur le mur de son bureau à l’ambassade allemande. 

 

Andreas Gursky

Il est un photographe d’art qui a le monde dans son rétroviseur. Il aime les très grands formats de plusieurs mètres de long, qui montrent l’ampleur, la puissance, le vide, la solitude, l'ordre…Il a aussi un agent très actif qui gère de New York la vente de ses photographies avec une grande finesse de façon à faire monter la côte de son poulain au plus haut au meilleur moment. Ca a été le cas lors de la ventee chez Christie’s à Londres où cette photographie de Rhein II a atteint la somme de 3,1E. C’est celle que je vous présente dans ce billet grâce à la Matthews Mark Gallery, qui représente le photographe et a donné son autorisation à la parution sur Wikipedia, sous condition essentiellement  de ne pas chercher à assortir la reproduction de finalité commerciale.

Rhein II

Il existe six exemplaires de cette photo de 3 mètres de long . Le choix  de la photographie a été fait conjointement par l’ambassadeur, qui a obtenu de l’artiste le prêt de cette œuvre pendant quatre ans,  et par Werner Spies, historien d’art allemand, très bon connaisseur de l’art européen, qui a été l’ancien directeur du Musée d’Art national d’Art moderne à¨Paris  pendant trois ans de 1997 à 2000.  

Rhein II.Andreas Gursky 1999 by courtesy of Matthe-copie-1

Le vide

C’est vraiment l’impression ressentie devant cette scénographie minimaliste proche de l’art abstrait. Certains ont distingué des brins d’herbe qui dépassaient et des petits débris de ciment  sur le bord gauche de la photo. Reproduite  en noir et blanc dans le Monde, la scène est totalement non-figurative. On voit des lignes horizontales et des textures différentes en particulier la quatrième bande à partir du haut. Dans l’original en couleurs, cette bande est celle de l’eau. C’est elle qui donne son sens à la photo. Les couleurs adoucissent l’impression d’étrangeté. Elles  sont si fondues qu’on en ressent upourtant un certain malaise comme si tous les éléments de la photo avaient  été disposés à l’avance pour faire de cet espace un endroit totalement façonné par un homme absent. Une absence qui va jusqu’au vide sidérant. On aimerait voir un peu de vie.

 

En fait, ce qui dérange au moins autant que cet ordre figé, c'est le nom de l'oeuvre, Rhein II. Plus que le fleuve, il me semble qu'il s'agit d'un canal parallèle au fleuve, ce qui expliquerait l'aspect linéaire, l'absence de végétation sur les rives, le niveau très élevé de l'étiage, quasiment à hauteur de la rive et surtout l'absence de mouvement de l'eau. Il n'y a pas de courant. On discerne seulement un léger clapotis du au vent.   

 

L’explication de son choix par l’ambassadeur

Reinhard Schäfers, qui connaît l’artiste, explique son choix par le fait que la photo représente le Rhin,  qui forme la frontière entre l’Allemagne et la France, qui « nous sépare et nous unit » selon ses mots reproduits par Claire Guillot, la journaliste du Monde. 

 

C’est bien le rôle d’une frontière. La question est de savoir si elle sépare plus qu’elle unit ou l’inverse. L'ambassadeur ne s'y est pas trompé: le fleuve est une frontière pour ses riverains. C'est aussi un espace très chargé en fonctionnalités différenciées, surtout pour des grandes fleuves et hors des zones touristiques. Sur la photo ci-dessous, une vue du Grand Canal du Rhin, à la hauteur de Breisach en Allemagne. 

 

Rhein-Grand canal d'Alsace-Breisach-Wikipedia     

Pour suivre le chemin et retrouver

. Le Monde du 24.11.2011

. l’artiste sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Andreas_Gursky

. la photo sur http://en.wikipedia.org/wiki/File:Rhein_II.jpg

. d’autres photos du photographe sur http://www.picsearch.com/pictures/Celebrities/Artists%20and%20Painters/Artists%201/Andreas%20Gursky.html

. quelques infos sur Werner Spies sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Werner_Spie

. quelques photos du Rhin sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhin, dont une très belle à la hauteur de la frontière avec le Palatinat à hauteur d'Erbach.

. Ph AG, avec mes remerciements

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Les petites maisons de la nuit > Alex Jansson > Suède

18 Décembre 2011, 16:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est la nuit. Une nuit verte, jaune et noire, avec toutes les teintes d'un noir mâtiné de gris, de marron, déchiré de percées claires, strié avec des ombres d’arbres. Ce n’est pas une nuit forcément calme, ou bien c’est un calme qui s’installe quand la nuit s’obscurcit et que les peurs enfantines se réveillent ou se renforcent à mesure que vous avancez dans des brumes enveloppantes. Comme dans un mauvais rêve.

 

 

 

Alex Jansson, Sunrise at Cinnamon Hotel

 

Fatigué, comme tout voyageur parti depuis longtemps de chez lui, vous cherchez   l’auberge dans la forêt que des villageois un peu étranges vous ont promis : «  vous verrez, vous ne pourrez pas la manquer. D’ailleurs votre cheval va vous y conduire. Il connaît la route ». Et c’est ce que vous avez fait, faire confiance à votre cheval pour vous amener à bon port.

 

Presque endormi, vous avez bien cru entre-apercevoir un décor  étrange. Une colonne de maisons empilées les unes sur les autres, avec des fenêtres éclairées, des ailes à un moulin, une échelle… Jamais, avez-vous pensé, votre cheval, ne pourrait escaler cet escalier si raide creusé dans le rocher qui mène aux maisons. Il n’y avait pas d’abri pour lui.

 

Alex Jansson-The House of-deviant-artPour vous. Mais c’est bien votre dernier souvenir. Le matin au réveil, votre cheval à vos côtés, vous vous demandez bien où vous êtes. Vous avez des souvenirs très flous de couleurs de la nuit, de brumes bizarres, d’un escalier pentu, de drôles de maisons avec des toits partout. Un hôtel, certainement pas. Il n’y a rien de tout cela. Votre tête vous a joué des tours.
   
Dans le lointain, vous voyez  une toute petite maison qui a poussé sur une vielle souche. Elle ne ressemble pas du tout à votre rêve de la nuit. Pourtant, vous voulez vous en approcher. Elle vous appelle. Et vous partez, la longe de votre cheval à la main. En chemin, vous reconnaissez bien le rocher de la nuit, celui auquel vous vouliez accrocher votre fidèle cheval,  près duquel vous trouvez au matin un petit pain chaud avec un bol de lait tiède. 

 

Et c’est à ce moment là seulement que vous revient une autre drôle Alex Jansson-The Village of Ele Phable-deviant-artd'image de la nuit, que vous ne saviez pas  avoir vue, celle d’un éléphant transportant les petites maisons sur leur dos… Devant vous, sur le sentier, d'énormes empreintes de pattes d’éléphant.  Vous n’aviez donc pas rêvé.

 

Votre cheval à vos côtes vous regarde. Il vous sourit. Il est d'accord avec vous.  

   

Pour arriver à trouver le chemin dans la nuit et voir les dessins d’Alex en grand 

. Cette petite histoire, en forme de conte, résulte de la découverte que j’ai faite du dessin d’Alex Jansson paru dans Europa n°25 d’avril-mai 2010 sous l’intitulé « Cinnamon/Alex Jannson/Sweden. » Le véritable titre du dessin que l’artiste lui a donné est  « Cinnamon Hôtel ». Le second dessin, qui appartient à la même série « Greenpunk »    a pour titre «The House of… » et le troisième « The Village of Ele Phable ».  

 

Alex Jansson-profile picture by enigma astralis-d4h6qwe. Pour mieux comprendre l’univers graphique de cet illustrateur et voir ses créations en grand, voir : 

. son site  http://www.alexanderjansson.com/

. un autre de ses sites, sous le nom d’astralis  http://enigma-astralis.deviantart.com/

. sans oublier son blog http://distortionsandmysteries.blogspot.com/

 

. Le magazine des chercheurs de l’Université de Nantes :  L’Europe en long, en large et de travers sur www.journaleuropa.info

   

. Photos AJ, avec mes remerciements. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance de quelques oeuvres de cet artiste!   

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B de bouteille > La petite bouteille de vin > Une bonne idée?

16 Décembre 2011, 15:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

On a déjà beaucoup essayé dans ce domaine dans un passé récent. Comptez 20 ans, soit une séquence de temps générationnel dans le monde du vin. Ce qui donne entre quatre et cinq générations par siècle, avec à chaque passage de génération, des changements plus accentués. Une bonne idée, la petite bouteille de vin, est-ce vraiment le cas ?

 

La petite bouteille

Dans l’euphorie du passage au 3è millénaire, l’idée que les ventes de vin allaient exploser de façon exponentielle était largement diffusée dans la profession, pas seulement en France Bouteille 20cl, Pop de Pommery, Champagned’ailleurs. La presse professionnelle, les grands salons professionnels de vin  dans le monde s’en faisaient les messagers. La petite bouteille allait permettre de rapprocher le vin du consommateur, en permettant à chacun-chacune de multiplier la personnalisation de ses modes de consommation du vin. Chaque occasion de dégustation devenant un jeu qui allait révolutionner le lien entre le vin et l’amateur-e

 

Les avantages

Elle - la petite bouteille  semblait avoir toutes les qualités. On ne jetait plus, on pouvait boire juste ce qu’on voulait sans ‘s’obliger’ à finir une bouteille ou à jeter le reste dans l’évier.  Il y en avait pour chaque utilisation, pour chaque sortie, pour chaque âge. Cette souplesse de consommation permettait aussi et surtout d’avoir sa propre bouteille, sans être obligé de passer par ce que j’appellerai « le médiateur » de la bouteille, celui qui ouvre et  sert le vin de la bouteille. La relation à trois devient une relation à deux, comme dans le cas de la bière.

 

L’augmentation de la valeur de la marque

Pour les entreprises du vin, la petite bouteille permettrait d’augmenter la part de valeur ajoutée propre de la marque par rapport au produit. La stratégie marketing et communication allait connaître des sommets et ceci durablement puisque le lien avec le client pouvait commencer plus tôt et se prolonger plus tard en variant les présentations des petites bouteilles. Pour les jeunes en boîtes, des habillages chamarrés ‘flashy’, pour les amateurs distingués de la classe, pour tous les autres une panoplie accordée aux codes de communication de la marque, variables selon les cultures.

 

Le renforcement de l’audace et son coût

La petite bouteille allait enfin libérer l’énergie créatrice des marques pour celles qui pouvaient se le permettre bien sûr. Cet aspect concurrentiel est au cœur de la démarche. Investir dans une nouvelle bouteille, créer des chaînes d’embouteillage dédiées, avec toutes les pièces de l’habillage revue à neuf coûtent extrêmement cher. Il faut dans cette optique non seulement créer des collections annuelles, voir pluri-annuelles, variables en fonction des marchés et des types de distribution, mais aussi gérer tout l’aspect logistique et réglementaire de la démarche, invisible pour le consommateur. 

  

La réaction des vins à bulles

La présentation  classique   Bouteille 20cl, Pop de Pommery, Champagne

Ce sont les grandes maisons de Champagne qui se sont lancées les première. Au cours de leur riche histoire, ce sont elles qui ont toujours su aborder et s’installer durablement dans tous les marchés du monde, en réussissant le formidable pari d’avoir des marques puissantes qui ont un sens fort dans tous les pays du monde, sans renier leur identité « vin ».  Une autre explication tient justement au Champagne  : c’est le vin le plus et le mieux valorisé de toute la planète. Il est donc possible de lui associer des surcoûts dés lors qu’il y a valorisation au final. Pour cela, une seule solution,  tester le marché. Voici trois exemples de petites bouteilles  de Champagne et un de vin pétillant qui datent du passage du siècle.

 

. Pommery s’est lançée en 1999 avec POP, un extra-dry dans une bouteille de 200ml lourde à muselet reproduisant fidèlement la grande champenoise classique lourde de 75cl à muselet. Seule autre innovation majeure, son verre bleu sur lequel se détache une étiquette ivoire aux coins arrondis avec Bouteille 20cl, Veuve Clicquot, Champagneune inscription relief du même bleu brillant. Le reste de l’habillage est argent. L’alliance entre le bleu profond, l’ivoire et l’argent du métal est franchement réussie. 

 

. Veuve Clicquot a gardé tous les codes de sa marque phare pour ce Brut. La petite bouteille est exactement semblable à sa grande sœur. Les éléments de l’habillage ont seulement été réduits de façon à respecter exactement l’équilibre de la bouteille. La Maison n’a pas eu grand effort à faire : elle est habituée à gérer toutes les tailles de bouteille. Elle a pu ainsi conserver la contre-étiquette qui explique avec précision les lieux dits des crus de VC qui constituent la « Cuvée brute Bouteille 20cl, Piper Brut, ChampagneCarte jaune. » 

 

. Piper Heidsieck a fait un choix différent pour sa Piper Brut. Ce n’est pas tant de  raccourcir son nom, que le fait que la  bouteille soit revêtue d’un plastique rouge thermo-formé. Les inscriptions sont imprimés en doré bronze que l’on retrouve en métal pour finir le haut de la bouteille et surtout cacher le bouchon noir à vis. Celui-ci est la troisième modification, au moins aussi importante que la taille de bouteille.

 

. Mumm Napa « Cuvée M , Méthode traditionnelle » (les deux mentions en français) , un sparking wine de la Napa Valley (Californie) a gardé le vert de la bouteille traditionnelle à muselet, plus petite toutefois (187ml), Bouteille 187ml, Mumm, Sparkling Wine, Napa Valleyavec une harmonie de deux bleus pour l’étiquette et la jupe du haut. La contre-étiquette décrit le vin « Magic, Memorable, Magnificent, Mumm », donne des instructions d’ouverture et reproduit les mentions légales relatives aux risques pour la femme enceinte, de risque de conduite …L’étiquette est centrée sur le M de Mumm qui semble éclairer le monde tel un phare. Ce produit et ce format ne sont pas destinés au marché français.  

 

L’habillage chamarée

Pour faire la différence d’avec ses plus célèbres concurrentes, le Champagne Pop, une marque propriété de Vranken, s’est  adressé à un créateur Olivier Lannaud pour concevoir des habillages peints sur la bouteille. Ils s’ajoutent à la petite bleue pour former un trio contenu dans un coffret en rhodoïd transparent « Art Pop Collector ». L’artiste a joué avec l’image de la bulle, qui enserre ou jaillit  de la marque. D’autres modèles viennent compléter les premiers modèles : un Pop rosé plus doux en bouteille rose pour être vendu avec l’extra-dry bleu. La sortie de la déclinaison pour l’an 2000 fut un succès selon la marque, qui continue depuis lors.   On trouve d’autres  modèles plus récents de Pop  sur Internet, qui entrent, à mon appréciation, dans le cadre de la politique de communication de l’entreprise.   

 

     Bouteilles 20cl, Pop, Champagne Vranken

La situation des vins tranquilles

Elle est beaucoup plus contrastée et compliquée. La problématique est profondément différente. Il ne s’agit plus ici de promouvoir un type de vin qualitatif par définition, à déguster dans des instants de fête mais du vin certes à qualité suivie garantie mais sans lien direct particulier avec la fête le soir. La petite bouteille ne prend sens qu’en relation avec les gammes de cépage de vin, vues sous l’angle de la culture américaine du vin. Il faut aussi avoir en amont  accès à des producteurs des différents cépages, ce qui a pour conséquence  que la petite bouteille ne concerne que les négociants capables de décliner la gamme des principaux cépages français. Reste à trouver les distributeurs capables de faire le lien avec les acheteurs consommateurs.

 

Nicolas, Monoprix et Carrefour par exemple ont testé la mise en rayon de collections de vins de cépage en provenance  en particulier de régions de grande production,   comme le Languedoc par exemple, pour lancer des collections de plusieurs vins de cépages faciles à boire, des vins qui sentent bon le soleil de l’été et les vacances.  Le lancement de la collection « Just by Paul Sapin » a été réussi. Pourtant la gamme nBouteille vin 25cl, Just by Paul Sapin, LArt de Vivre des Vignerons Catalans’est plus vraiment visible en France dans les circuits de grande distribution. Il est vrai aussi que celle-ci a depuis le début du siècle singulièrement continué à resserrer la voilure. Actuellement, on trouve des Just dans les restaurants de la SNCF.  

 

Les Vignerons catalans ont sorti au début des années 2000 une gamme courte de trois vins, deux rouges et un blanc, un Côtes du Roussillon. Le marché a répondu positivement avec curiosité ; le succès fut d’estime pour ces vins de France à forte présentation contemporaine qui surfent sur l’air du temps. La bouteille est une petite bordelaise de 25cl en verre vert fin. La présentation est codée pour émettre un message de style anglo-saxon, avec son bouchon à vis bien pratique, orange pour le repérage, le nom de la série « Art de vivre » qui entendait révolutionner la relation au vin et le clin d’œil en guise d’humour fin. C’est l’étiquette style « carte de visite »  qui le donne pourtant, avec son rond orage tiré de l’étiquette ivoire. 

L’épineuse question du prix

En 2003, il y avait là un vrai concept, une déclinaison et une réussite visuelle, le tout aurait du réussir aussi bien en France qu’à l’export. Que s’est-il passé ? C’est le prix qui a fait problème. Des prix relevés dans le site de Paris gourmand montrent l’évidence de la relation le prix du vin et les modes de conditionnement pour le consommateur :

2, 99E pour une 75cl, 5,99E pour 4 x 25cl face aux 9,99E pour un BIB de 3litres.  

Pour 6E, vous avez le choix entre 150cl en 2 bouteilles, 100cl en 4 petites bouteilles et 200cl avec l’outre à vin qui en contiendra encore 1  litre en plus. Selon une déclaration des Vignerons au journalistes de Stratégies.fr à l’occasion de Vinisud (22-24.02.2010), le BIB connaît un vrai succès au point de distancer la vente en bouteille (57%),  « sa progression est de +33%, la 75cl stagne et la 25cl vivote ».

 

La dimension prix est certainement  plus complexe qu’elle le semble au vu de ce seul exemple. Par exemple le soutien à la promotion du vin sur le lieu de vente n’apparaît pas. Il n’en demeure pas moins que le problème est réel : boire du vin est certes un plaisir, on n’en fait pas la fête pour autant tous les jours. 

La grande difficulté est de connaître le « vrai » coût du vin, quand on compare un vin de négociant avec un vin de vigneron. Comment le vigneron calcule-t-il le coût de  vin en bouteille sachant qu’il joue l’équilibre financier de son exploitation sur le BIB. N’a-t-il pas tendance à majorer le prix à la bouteille ? Je suis frappée pour ma  part par le prix élevé du vin en bouteille en vente directe au chai, alors que le prix pour le particulier est majoré par le prix du transport à sa charge. Et que c’est lui qui supporte le coût du stockage. 

  

L’importance de voir le vin pour le boire

La seule explication « prix » ne saurait pourtant suffire. Elle est évidemment très importante. Elle n’est pas fondamentale dés lors qu’il s’agit  de vendre  en grandes quantités, en assurant une qualité objective à un prix accessible, en rendant le vin disponible en particulier dans  des circuits de distribution hors du domicile familial. Une 25cl d’un Cinsault Just vaut 4E  quand vous prenez un sandwich chaud chèvre et jambon cru (6,80E)  dans le train. Même en dehors de chez soi, la relation avec une vraie bouteille est très importante. Il faut pouvoir voir la bouteille quand on voit le vin. Sans la bouteille, la relation devient plus difficile.  C’est peut être une explication aux essais non concluants de vente de vin en verre operculée toujours dans les trains de la SNCF.  

Bouteilles vin 25cl, Just by... et L'art de vivre

Le lien avec la petite bouteille

Reste la question de savoir si la dimension de la bouteille joue un rôle dans cette association sensorielle globale du vin. Visiblement l’accord est possible avec une bordelaise suffisamment grande pour ne pas avoir l’air d’un jouet de plus. L’essai semble réussi pour Just et des Arts de Vivre, sans en attendre des grands volumes. Pour les Champagne, la petite bouteille en habillage classique peut être une bonne alternative à l’obligation de sélectionner un spiritueux dans des bars branchés. Ce sont surtout les femmes qui sont visées dans ce cas là, pour faire chic aux Etats-Unis en particulier. Quant aux jeunes ciblés par les habillages flashy des vins à bulles, je les vois comme un outils de plus pour faire parler de soi dans une politique de communication type "facebook". 

Pour suivre le chemin du vin

. Rendez-vous sur le site des Vignerons catalans      http://www.vinduroussillon.fr/les-vignerons-catalans/index.html

. Voir le site du « spécialiste de France et du Nouveau Monde des petits contenants », le créateur notamment d’une collection de 7 cépages, disponibles en 4 contenants de bouteille,  négociant à Crèches sur Saône dans le Maconnais http://www.paul-sapin.com/contact.php

. Lire le billet d’Alain Fourgeot sur   http://www.fou-rgeot-de-vin.com/article-just-des-petites-lampees-de-rose-dans-le-tgv-avec-un-gourmand-85741285.html

. Photos EP des bouteilles que j'avais achetées pour les montrer aux étudiants en Master Vintage.

 

 

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La petite maison sur la Mayenne > La jolie péniche à Montreuil-Juigné

13 Décembre 2011, 17:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elle est tellement mignonne que je ne peux résister à vous la faire admirer bien que nous soyons officiellement en hiver, alors qu’il fait plein soleil, avec un thermomètre qui affiche allègrement un 14° à midi.  Je l’ai ‘découverte’ l’été dernier lors d’une promenade. 

Montreuil-Juigné, la Mayenne, la péniche

La péniche en vacances

Elle est située au bord de la Mayenne, après Montreuil-Juigné et un peu avant l’écluse de la Déabière qui marque la fin du chemin. L’endroit est stratégique ; son point d’amarrage est proche d’un parking situé au pied du coteau qui mène à Montreuil-Juigné. Elle voulait avoir des arbres proches. C’est fait, tant pour bénéficier de sa dimension nature que pour être un peu protégée du regard des promeneurs et cyclistes.

Les pots à la lumière, le linge à l’air

Toujours dans cette optique verte, la dame qui habite la péniche a sorti ses petits pots de cactus et autres succulentes pour les poser à l’arrière de la cabine à l’extérieur, pour qu’ils prennent l’air. A l’avant, c’est le linge qui sèche au vent léger tendu sur une ficelle. Un peu plus loin encore sur le pont, une potée de plantes marque le milieu de la péniche. A sa proue, le drapeau breton attend une brise un peu plus forte pour lui permettre de se déployer. L’instant est propre au repos. 

 

La péniche est rutilante de propreté. Le linge est placé en ordre, en commençant par la chemise, les pantalons et les petites pièces de dessous. Ses peintures délicates viennent d’être refaites dans une harmonie chromatique parfaitement assortie au vert encore quasiment printanier de l’herbe. L’herbe le long du chemin vient d’être coupée. Tout est rangé. Les promeneurs sont enchantés. Il flotte un petit air de magie gracieuse sur la rivière.  

 

La Mayenne, Montreuil Juigné, le chemin de halage

La Mayenne

A cet endroit, on la dirait tirée d’une carte postale montrant les beautés de la campagne française. Elle est une rivière tranquille dont l’étiage est garanti par l’écluse mais aussi en face de nous par un seuil en travers des bras secondaires  pour conserver l’eau dans le cours principal. On a peine à imaginer qu'il  permettait le transport fluvial de charbon ou de pièces de métallurgie jusqu'au XIX siècle. Le chemin de halage témoigne pourtant de  l’importance dans le passé du transport fluvial. Ce n’est qu’au XIXè siècle que les échanges se firent principalement par la route. 

Les îles en face

Le paysage, qui fait face à la rive droite de la Mayenne, là où se trouve les marcheurs et les cyclistes, de l’autre côté du chenal, est difficile à interpréter. Il est composé de plusieurs îles, dont certaines sont de grandes dimensions. Le plus troublant à mon goût est qu'elles n'ont pas de nom.Reste le plaisir d'attendre un bateau la franchir.

 

 

La Mayenne, Montreuil Juigné, l'écluse

Pour suivre le chemin

. Voir le plan de la commune de Montreuil-Juigné d’Angers-Agglomération. Elle vous est remise fort aimablement et gratuitement quand vous la demandez à la mairie.

. Découvrir  les Basses Vallées Angevines sur http://www.wiki-anjou.fr/index.php5/R%C3%A9gion_d%27Angers#Basses_vall.C3.A9es_angevines

. Prendre avec vous le topo-guide des Basses Vallées angevines à pied, de la FFRP.

 La Mayenne, Montreuil Juigné, passage à l'écluse

. Lire les premiers billets sur le thème des petites maisons sur ce blog :  

Les petites maisons en bouteilles WOBO Heineken     

Les petites maisons des Ardoisiers d'Angers Trélazé     

Les petites maisons > La vogue des "Empilables"     

Les petites maisons > Les tentes pour réfugiés     

Les petites maisons > L'entre-deux > Entre cabine et cabane de plage     

Les Petites Maisons de la Cour > La Cour des Petites Maisons > Angers > Doutre     

Les petites maisons > La valse des conteneurs > Du transport à L'habitat

. Photos EP, la péniche, les îles en face, l'écluse, à retrouver dans l'album-photo "Paysages". Sur la dernière photo, vous découvrez une vedette toute blanche qui va remonter la Mayenne et croiser la péniche à l'arrêt un peu plus loin positionnée elle vers l'aval. Deux mondes, deux ambiances vont se saluer!  

 

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Style de pub Caravane > La Star et la Miami

12 Décembre 2011, 17:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont toutes deux des caravanes blanches du début des années 60. On n’en voit plus sur les routes. Toutes deux sont des caravanes françaises, avec des noms anglo-saxons pour faire « moderne ».  C’est ce que montre aussi ces publicités, cette volonté de les présenter comme quelque chose de vraiment nouveau, mais sans aller trop loin pour ne pas effaroucher les clients.

 

La caravane Star

Elle est  sobre et sans esbroufe. Pourtant, elle présente ceci de remarquable, ses nombreuses fenêtres, qui permettent de se sentir bien à l’intérieur comme à maison. Les rideaux étaient un des premiers signes d’un foyer bien tenu, qui empêchait aussi de voir à l’intérieur. A l’époque où la caravane a été construite, on ne connaissait pas encore les baies panoramiques qui occupent toute la largeur de la caravane. Autre particularité qui ne fut pas retenue dans les évolutions postérieures, la caravane est tournée vers l’avant, avec vue sur la voiture qui la tire. En conséquence la porte s’ouvre à l’arrière.  

Blog rose 2011.10.23 038

Ce sont ses petits rideaux bonne femme bien tirés qui occultent plus de la moitié de la vue qui distinguent cette Star des autres. Malgré cela, elle garde un aspect un peu sévère, renforcé par le visuel qui adopte une double forme géographique en forme de pince en noir et gris sur fond blanc que traverse un rayon jaune, en référence à Star, l’étoile, la marque du constructeur, mais pas franchement le chaud soleil. Il aurait fallu alors un jaune plus chaud.  

La caravane Miami 

Elle représente aux yeux de ses constructeurs le rêve américain avec un palmier de Floride et le grand soleil de là-bas, sur le côté gauche en dehors de la photographie prise l’hiver quand la nuit tombe. On y voit une caravane de petites dimensions  vue de l’arrière afin de mettre la grande baie vitrée à l’honneur. Pour la première fois, la porte est ouverte pour vous inviter à monter. Mais il n’y a pas de marche pour entrer.  

Blog rose 2011.10.23 026-copie-1

Une grande baie panoramique dégage tout l’arrière de la caravane. Du coup la porte est placée sur l’avant. Point commun avec la Star, des rideaux bonne femme ornent les fenêtres, mais sans volonté cette fois-ci de cacher l’intérieur. Miami est un bon exemple du décalage qui peut exister entre une vision moderniste de vacances à la française et la réalité américaine. On ne saurait imaginer une telle caravane sur le sol américain, où est née l’Airstream (1936), la plus mythique des marques, dont le design tout en rondeur est encore maintenant époustouflant. 

Le publicitaire  n’a pas oublié de placer à la gauche de la photo un soleil jaune-orange, qui lui a une allure d’étoile, au dessus de grandes feuilles bleu ciel d’un palmier stylisé, avec du sable bleu en dessous. Cette audace chromatique renforce curieusement le bleu turquoise de la photo hivernale de la caravane.  

 

Pour suivre le chemin

. Voir les billets précédents sur ce thème

Style de Pub > La Blue Bird Caravan

Styles de pub > Caravane anglaise > Isn't she a beauty?    

  Pub caravanes & Co > Un style de vacances > Ma Coquille 01/38

 

. Lire « L’esprit du camping », Cheminements éditeur, France Poulain et Elisabeth Poulain auteurs

. Sur le net, on trouve des références à la Star, une caravane renommée pour sa solidité fabriquée à Saint-Brieux. Celles qui sont en vente datent des années 70, 80. Quant à la Miami, je n’ai rien trouvé de particulier. 

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La Tour Eiffel > Un symbole + une image en modification continue

11 Décembre 2011, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

La sur-représentation de la Tour Eiffel

Tour Eiffel, galerie marchande, provinceJ’en vois partout. Il est vrai qu’à partir du moment où on a pris conscience de cet envahissement visuel,  le déclin du symbole semble s’annoncer. Est-ce vraiment le cas ? Les entreprises qui utilisent sa silhouette plus ou moins exacte le savent bien. Elles surfent sur ce trop de trop, comme on accroche encore un wagon à une locomotive qui en tire déjà beaucoup. Puisque ça marche, pourquoi ne pas continuer? C'et ce que montre la devanture de ce magasin dans une galerie marchande.

 

C’est ce que fait aussi par exemple France 2 dans son édition du 20 heures avec une photo sur-colorisée censée peut être montrer la beauté de Paris la nuit ou plutôt la puissance de la ville, siège de tous les pouvoirs.

 

On comprend qu’en 1960, l’image de la Tour était un symbole de l’aura de la puissance de Paris en France. Quand on  était parisien ou parisienne alors, on était un peu plus « haut perché » que d’autres quand on « descendait » en province. Le langage est terrible parce qu’il est révélateur. Utiliser actuellement l’image de la Tour est toujours une façon de bénéficier non seulement de sa renommée mondiale mais aussi de celles de grands annonceurs qui depuis des années ont ancré son image dans l’univers du luxe féminin encore le plus souvent.

Tour Eiffel, Yves Saint-Laurent, Lunettes

Yves Saint-Laurent recourt à la Tour pour des lunettes (de soleil) de nuit sur fond du Ier et second étage qui rutile en doré sur fond de nuit noir. Nina Ricci utilise plus classiquement une tour scintillante d’or brillant de lumière avec l’Opéra en or mat en arrière-plan pour pousser son parfum couleur or miel « Love in Paris » sur fond rose mauve. Ces deux exemples tirées d’Elle datent de 2005 - 2006.  En point commun, ces deux publicités se partagent une certaine vision de la nuit. Le jour, la situation est plus composite.

La Tour le jour, un grand bazar visuel

Elle est partout, d’autant plus logiquement que sa reproduction est maintenant clairement libre de droit. On va donc la retrouver sur de très nombreux supports si variés qu’on si perd. On peut l’acheter en papier en forme de panneau haut et étroit à coller sur les murs des appartements, en grand bibelot en fer gris ou rouge à poser par terre ou sur un meuble, reproduit sur des coussins ou directement sur le fauteuil, en arrière plan de publicité pour des  parfums chers ou des vêtements bon marché, pour vendre des chaises « bistrot » posées sur un balcon d’où on voit la Tour, directement  associée à Paris ou à la France, assortie en couple  avec Big Ben, en forme de porte-clé en cuir offert lors de réunion internationale de travail à Paris, sur une publicité de la marque de bière 1664, en boîte de métal contenant des biscuits à acheter chez Conrad Shop ou chez Total dans des grandes aires d’autoroutes touristiques … Elle fait le plaisir des enfants  en briques Lego à assembler et des adultes en puzzles à son effigie. 

 

Tour Eiffel, Nina Ricci, Parfum Love in ParisLe passage du millénaire nous a fait re-découvrir la Tour, comme égérie d’une ville où la vie  semble si facile. Depuis lors, son succès n’a pas faibli. En 2006, Christine Bottero-Lhardit, une journaliste de ELLE (21.11.2005), avait répertorié 20 objets utilisant l’image de la Tour Eiffel,  membres de cette grande famille hétérogène qui met sur le même plan le bon et ce qui l’est moins. Elle avait soigneusement évité de citer les grandes marques de parfum qui font régulièrement de la pub dans son journal et les autres magazines féminins. C’est pourtant à la publicité française d’abord que la Tour doit son succès, bien avant les touristes. 

 

A quelques semaines de 2012, le score est au moins aussi varié et la moisson presque aussi riche. Les marques ont changé. Le bon goût est parfois absent comme pour cette bouteille de Fine Cognac Deribaucourt en forme de Tour Eiffel visiblement faite pour l’étranger.

 

La Tour, la nuit, comme une île

Elle prend encore plus de force. On oublie ce qui l’entoure. Elle Tour Eiffel, Beaux Arts Magazine, Loustalest un phare qui attire et qui neutralise tout ce qui est à côté et en dessous. Elle seule est capable de défier les éléments, comme  Beaux Arts (avril 2011) qui montre en couverture une version du dessinateur Loustal d’une Tour Eiffel éclairant le monde à partir de son rocher entourée d’eau comme une île. 

 

Sur une autre photo ancienne, on la voit dirigeant son rayon bleu sur la ville  assombrie striée de petits rayons bleus. C’est sa dimension magique que ce  La Tour Eiffel et la foudre.PHoto d'un amateur-20110905PHOWcliché d’un amateur reproduit en 2011 par la sélection photos du Figaro.  

 

La Tour verte

Elle continue à  attirer les photographes amateurs, les professionnels, les cinéastes qui vont jouer avec ses lignes terriblement graphiques.. Elle ne fait que devancer le projet actuel de la végétaliser du haut en bas. Sa structure pourrait, selon les concepteurs, porter sans problème  le poids supplémentaire du sur-habillage contenant poches de terre, plantes et réseaux d’eau !    Tour Eiffel végétalisée-Batiweb-2011.12.02

 

Une autre version verte est celle choisie par The Good Life d’une carte d’Europe verte très développement durable pleine page de Khuan +Ktron. On y voit un circuit européen des grands noms de l’automobile avec par exemple Aston Martin, Jaguar et Triumph comme capitales au Royaume-Uni, Porsche, Audi, BMW et Mercedes Benz pour l’Allemagne…Pour la France et la Belgique, en l’absence de ces grands noms qui font rêver les hommes, c’est la Tour Eiffel qui est choisie pour meubler, l’Atomium pour la Belgique… 

La Tour et l’eau 

La plus jolie publicité récente pour un salon est une composition photographique  choisie pour le dernier Salon Piscine et Spa de décembre 2010 à Paris, Porte de Versailles. Son titre « venez, rêvez, plongez »  avec la Tour dans la brume au lointain. De Paris, il ne reste rien, si ce n’est qu’une ligne de Tour Eiffel, Affiche salon piscine, spa, 2011colline dans une brume bleutée légère.  Seule se détache la fameuse silhouette dans le fond au dessus de la tête de la jeune femme allongée au bord de l’eau de la piscine au bord de la Seine. En comparaison, la photo prise sur un pont avec la Tour entourée d’arbres dans sa partie supérieure gauche pour la Paris Design Week (12-18 septembre 2011) paraît bien convenue.  

La Tour de photographes en noir et blanc

Les grands photographes se sont bien sûr intéressés à la Tour, s’inspirant peut-être de la fascination exercée par la célèbre photo de Charlie Chaplin et les aiguilles de l’horloge dans les Temps modernes (1936). Une photo est particulièrement célèbre. C’est celle intitulée « le peintre de la Tour Eiffel » prise par Marc Riboud qui a utilisé de façon formidablement réussie le triangle composée par les poutrelles (1953).  Jean Larivière, un photographe de mode qui a trTour Eiffel, Salon FIAC 1994availlé pour Elle,  à son tour, a su jouer avec les poutrelles pour son album « la Tour Eiffel à Etretat » (août 1997). Il a choisi le croisement des poutrelles pour mettre en ligne géométrique une jeune mannequin habillée de blanc pour faire contrepoint au noir des poutrelles. En 1994 –8-16 octobre-, l’exposition organisée par la FIAC à l’Espace Tour Eiffel Paris-Quai Branly utilise pleinement les contrastes noir et blanc, pleins et ajourés de la Tour (Beaux-Arts Magazine n° 126 septembre 1994). 

Des versions d’illustrateurs

C’est le cas d’une couverture de Michel Boucher pour un livre de promenade sur « Paris inattendu ». L’ombre du promeneur est une Tour Eiffel simplifiée qui avance avec lui sur le trottoir. Tour Eiffel, Michel Boucher dessin couvertureD’une façon amusante, Michel Dansel, l’auteur, ne la cite pas. Elle est trop connue pour l’inspirer (Hachette). Pour compenser, deux autres dessins utilisant la Tour sont insérés dans le guide: on y voit une vache qui a deux tours en guise de     corne et surtout une statue de la liberté avec un soche mâtiné de tour.   

 

D’autres comme Pomme Y alignent les monuments de Paris en noir et blanc pour mieux jouer le contraste dans une auto-pub pour se faire connaître. C’est un studio de retouche de photo implanté à Paris, Londres, Tokyo et New York. Leur Tour est volontairement kitch pour mieux se faire repérer. 

La Tour souvenir

J’ai deux  clichés qui me restent sur la rétine.

 

. Le premier très réussi est un portrait d’une inconnue prise par un amateur dans les années 50 sur le pont de Bir Hakeim, qui même du Palais de Chaillot rive droite à la rive gauche  où se trouve la Tour Eiffel. C’est une photo carrée en noir et blanc oubliée par une dame âgée sur le comptoir d’un magasin en province comme on dit quand on vit à Paris. Tour Eiffel, Photo d'amateur, années 50

 

. Le second est une tentative de 2011 pour essayer de faire de la Tour un mémorial des évènements sanglants de New York du 11 septembre 2001, avec ce slogan « The French will never forget ».On  y voit la Tour entourée de deux échaffaudages (à voir dans l'album-photo "Symboles" sur ce blog). Ce n'était  clairement pas  une bonne idée. On ne joue pas avec les épreuves comme celle qui eut lieu à New York ni avec les symboles.  

 

La plus belle pour aller danser

Quoi qu’il en soit de ces parades amoureuses, des trésors d’ingéniosité et d’oeil neuf, qui - je m’en aperçois  maintenant - présentent toujours la Tour vue de la Seine ou de la rive droite de Paris dans un décor classique  - voici pour finir ce billet un formidable cliché dans une perspective époustouflante mis en ligne  Wikipedia par un photographe allemand –Taxiarchos228 de son pseudo -  qui montre la Tour vue des Invalides. C’est une photo aérienne rare. Elle est incroyablement forte.   

Pour suivre le chemin

. Voir le grand billet de Wikipedia sur Paris, avec cette superbe vue de la Tour, le Palais de Chaillot en collerette arrière sur fond panoramique des buildings de la Défense, en date d’octobre 2010, avec mes remerciements au photographe Taxiarchos228

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paris_-_Eiffelturm_und_Marsfeld.jpg

 

Tour Eiffel - Eiffelturm und Marsfeld2 Taxiarchos228 Wikipe

. Voir le site de Loustal  http://www.loustal.com/index.php 

. Dessin de Michel Boucher d’un marcheur à Paris dont l’ombre est en forme de tour, en couverture de « Paris inattendu » de Michel Dansel, Hachette, à retrouver sur son site http://www.michelboucherillustrateur.com/

. Dessin par Khuan + Ktron de la Tour comme symbole de la France  dans une Europe verte dont les capitales sont des marques de voiture. Seules Paris avec sa Tour  et Bruxelles avec l’Atomium ont le droit d’être indiquées pour cause d’absence de marque de voiture de luxe, sur le nouveau magazine pour homme, The Good Life n° 1. Dessin à voir sur le compte Flickr de Khuan Caveman Co sur http://www.flickr.com/photos/khuan/ 

. Voir les deux billets précédents parus sur ce blog sur le thème de la Tour Eiffel

Marketing territorial > La Tour Eiffel 2 > Partout dans la pub     

Marketing territorial > La Tour Eiffel > Emblème de Paris > La France  

. Photos EP, avec mes remerciements aux auteurs

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La Grange dîmière > Daubeuf la Campagne > François Calame > Eure

7 Décembre 2011, 18:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

François Calame est un ethnologue amoureux du bois, fasciné par les charpentes, en particulier celles du Moyen-Age quand on travaillait les poutres à la hache, avec la seule aide du cheval de trait et des compagnons. Commencer par consolider voir refaire les charpentes à l’ancienne, c’est l’idée qui lui est venue à voir l’état de décrépitude de la double Grange Dîmière de Dauboeuf la Campagne, menacé de perdre la plus grande partie de sa toiture, après en avoir perdu déjà une partie.  

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Les dimensions de cette grange fascinent tant elles révèlent de courage dans le savoir-faire de ces hommes de l’art et de richesse produite par la terre. Mais il n’y a pas que cela. Il y aussi le poids de l’histoire pour fêter le 1100è anniversaire de la naissance du Duché de Normandie en 911. On comprend alors qu’un tel chantier se devait d’être international. C’est l’ouvrage auquel s’est attelé François Calame, associé à deux maîtres charpentiers, Florian Charpentier et Axel Weller, l’un français et l’autre     allemand, pour recruter d’autres charpentiers expérimentés et novices norvégiens, canadiens, anglais, allemands, chinois et français. En tout plus de 30 professionnels, sans compter les membres des familles les accompagnant pour certains et des supporters quelque soit leur nationalité.  

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Et c’est ainsi qu’en cette fin de l’été 2011 une bonne partie de l’Eure artisanale, patrimoniale et culturelle s’est retrouvée à Dauboeuf la Campagne pour célébrer l’union de la charpente et du bois. Une jolie façon de redonner une nouvelle vie à la Grange dîmière dans l’Europe d’aujourd’hui  grâce aux savoir-faire de charpentiers qui savent tailler une belle poutre dans les règles de l’art, après avoir abattu les arbres l’hiver dans une forêt proche une nuit de vieille lune  et éclaté les fûts grâce  à des coins sur plus de 7 mètres de long.  Bien sûr toutes les manipulations ont été faites à la traction animale. 

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La Grange

Elle est franchement très grande, d’autant plus grande qu’en fait elle est double, sans compter les appentis accolés de chaque côté. Chacun sait qu’à la campagne, on n’a jamais assez de place. En effet les utilisateurs ont du se sentir à l’étroit au cours des siècles qui suivirent. Au XIVè siècle, une seconde charpente a été accolée à la première qui est légèrement plus haute en continuité, de sorte qu’il n’a pas été nécessaire de faire un passage entre les deux granges qui n’en font plus qu’une seule. La date retenue pour l’inscription au titre de monument historique est de 1489.  

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Le lieu

Le site se trouve dans l’Eure dans un endroit vide, la terre à nue, quand on passe en voiture sur le plateau. Difficile de parler d’un endroit quand il s’agit d’un espace de grande culture sans haie ni bocage, venteux en hiver, pluvieux aussi souvent que plaît à Dame la Pluie, vide au sens où des petits villages proches sont à l’écart de la route. Leurs noms, qui se terminent par « ville » ou « la campagne », traduisent aussi ce trouble, au point d’avoir besoin d’esquisser une hiérarchie entre les villages selon leur tendance plutôt urbaine ou rurale.      

L’approche par le village de Daubeuf la Campagne

Il suffit de quitter la départementBlog 2011.09.2011 rose Rouen 411ale D133 qui va du Neubourg à Louviers par  une toute petite route pour se retrouver dans un tout aussi petit village qui a pourtant une mairie, une église maintenant fermée par sécurité pour cause de travaux à venir pour la renforcer  et surtout par une grange dîmière dont vertaines fondations datent du XIè siècle. On la voit à peine quand on se gare  sur la place du village face à l’église, près de la croix et du monument aux morts. 

 

Une grange dîmière témoigne de la double importance de la richesse de la terre et de l’Eglise en tant que pouvoir établi assurant certains services publics jusqu’à sa suppression aux premiers jours de la révolution de 1789. Le clergé percevait le dixième de ce que la terre produisait. Cet impôt obligatoire  étant versé en nature, on comprend qu’il ait fallu bâtir des grands bâtiments pour stocker le grain, nourrir les bêtes et conserver le vin. 

L’emplacement de la Grange Dîmière

Cachée par un grand mur, elle ne montre que son pignon gauche sur l’extérieur.  Il faut rentrer par le portail grand ouvert pour découvrir la cour et prendre conscience de son importance. La Grange est située dans la partie proche du village. Quand on entre dans la cour, elle forme sur la gauche la largeur  d’un clos en forme de quadrilatère doublé à l’intérieur d'un chemin qui permet de circuler dans cet espace,  dont les trois autres côtés sont (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) : 

. sur le côté le plus long, le mur extérieur gauche de l’église, puis une triple maison de maître, en discontinu,

. sur l’autre partie du rectangle en continu, un cellier, des granges et les habitats des serfs, serviteurs et autres travailleurs, ouvertes sur la cour intérieure et totalement fermée sur les champs au nord,

 

Daubeuf la Campagne, Grange dîmière, double charpente. de l’autre grand côté, des étables diverses et variées et abris pour le matériel agricole  d'un seul tenant  d’un bout à l’autre, avec seulement un passage entre les maisons des travailleurs, les étables des bêtes et lieux de stockage pour rejoindre les champs à l’extérieur. 

 

Outre le chemin rectangulaire, qui permet d’accéder aux champs sur deux côtés, l’intérieur de ce grand rectangle est occupé par un grand espace devant la Grange qui a servi d’atelier en plein air pour déposer les troncs et tailler au plus près du lieu de fixation, ainsi que par un colombier, un joli bâtiment caché par des arbres et différents hangars techniques. 

La double charpente    

On en sort avec l’idée qu’il faudrait avoir des transats Blog 2011.09.2011 rose Rouen 340dépliés presque à l’horizontal de façon à laisser le regard se promener entre les poutres, passant devant, derrière, comme un oiseau avec un radar dans les yeux. Ils existent, ces oiseaux, ce sont les hirondelles. Ce qu’on ressent à regarder là-haut, c’est la fascination pour la puissance de la conception et l’admiration pour les charpentiers qui se transmettent leur savoir-faire au cours des millénaires, à côté d'une petite fille et d'un petit garçon norvégiens jouant avec des copeaux de bois ou de belles dames françaises à talons hauts qui avaient volontairement oublié que Daubeuf est vraiment à la campagne.  

 

Blog 2011.09.2011 rose Rouen 406Heureusement il faisait vraiment beau en ce dimanche du patrimoine de septembre 2011, à entendre la fanfare des trompes de chasse d’une société de chasse voisine qui nous avait fait le plaisir de venir célébrer le renouveau de la magie du lieu toujours habité par les propriétaires et gardiens de la Grange dimière.

 

Et tout cela grâce à trois hommes fatigués et heureux d'avoir réussi ce formidable pari et tenu les délais, François Calame, l’amoureux de la Grange et les deux maîtres charpentiers qui ont encadré la partie technique, Florian Charpentier et  Axel Weller     , sans compter les autres professionnels de métier expérimentés présents désireux de transmettre leur savoir-faire à des jeunes apprentis désireux, eux, de les acquérir en les mettant en pratique.  

 Blog 2011.09.2011 rose Rouen 414

Pour suivre le chemin

. Dans le triangle formé par les routes départementales entre le Neubourg, Elbeuf et Louviers, quelques noms de villages plus ou moins proches : Mandeville, Surtauville, Cesseville, Mandeville…  Daubeuf la Campagne, Criquebeuf la Campagne…Saint-Cyr la Campagne au nord…Ailleurs dans l’Eure on trouve aussi un Angersville la Campagne ! A voir dans l’Encyclopédie des villes de France sur http://www.journaldunet.com/management/ville/villes/toutes_les_villes/population/36619/1/eure.shtml

 

. A retrouver sur les visites du patrimoine du 17 et 18 septembre 2011

http://www.haute-normandie.culture.gouv.fr/pdf/jep_11.pdfet sur

http://www.leneubourg.fr 

 

. Voir le chantier de restauration de la charpente de la Grange dîmière sur http://www.youtube.com/watch?v=vAS0AxwpzfQ

 

. Lire la description du chantier dans un article très complet sur  http://www.bois-et-vous.fr/actualites/atelier-international-sur-la-construction-en-bois.html 

  Blog 2011.09.2011 rose Rouen 351

. Les trois parrains du chantier à féliciter

François Calame, DRAC Haute Normandie, francois.calame@culture.gouv.fr

Florian Carpentier, contact@carpentier-bois.fr

Axel Weller,  welleraxel@web.de 

 

Remarquons que

= le premier porte le prénom d'un des plus célèbres roi de France, à partir duquel on a désigné les Français. Son nom désigne un roseau taillé en pointe servant à l'écriture sur de l'argile avec de l'encre sur du papyrus. Il est d'ailleurs aussi écrivain: il est le scribe qui assure "la  transmission et culture" du trio;

=  le second porte un prénom de l'époque romaine célébrant la vitalité et la beauté du règne végétal au coeur de la conception d'une grange . Son nom, que son père et le père de son père avant lui ont transmis, désigne le métier qu'il exerce et que porte l'entreprise. Il est le charpentier puissance 3 qui représente "la légitimité et la continuité";

= le troisième porte le prénom d'un des conseillers du Roi Valdemar Ier de Danemark. Après avoir exercé des fonctions importantes dans les affaires royales, il fut nommé en 1171 archevêque de Lund en Suède maintenant. Son nom désigne le hameau en allemand, ce que devait être Daubeuf à ses débuts. Charpentier,  il est aussi  le représentant " des liens entre l'histoire et le territoire". 

 

. Sur l'histoire mouvementée de la Normandie, deux sources

http://www.unicaen.fr/mrsh/craham/revue/tabularia/print.php?dossier=dossier2&file=09arnouxmaneuvrier.xml,

et http://fr.wikipedia.org/wiki/Duch%C3%A9_de_Normandie

 

. Photos EP

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La Boite qui fait Beuh > La BD en atelier pluriel à Angers

30 Novembre 2011, 12:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

La BQFB, AHAA

La Boîte qui fait Beuh, Atelier BD, AngersC’est la Boîte qui fait Beuh, que votre esprit malin a bien sûr rapproché de la vache qui fait meuh, une expression qui n’a rien de spécialement drôle. Si au moins elle faisait veuh, cette vache, on comprendrait. Mais meuh !? Au moins avec ce beuh, à rattacher au bèè de la chèvre, vous commencez à vous emmêler les pinceaux, les crayons ou les doigts sur le clavier, selon les cas. C’est clairement une des spécificités de l’atelier, annoncer la couleur, en vous faisant un clin d’œil, chacun à sa façon, qui se traduit ici phonétiquement par un ahaa ! 
 

L’atelier

Tous les styles s’y exercent, sans recherche d’hyper-spécialisation ou de performance. Un joyeux  méli-mélo s’ensuit dans une ambiance créative. Parmi les quinze membres qui forment la groupe, autour du noyau des cinq qui s’impliquent le plus, se croisent diverses sensibilités, différents niveaux, les différents métiers de la BD. C'est un univers de liberté où la fantaisie est de règle. Il s’agit de partager par le dessin, le graphisme, les couleurs des émotions autrement que ne le feraient seulement les mots.  C'esst aussi un monde de contraintes, à commencer par le standard de 46 pages qu’il est possible parfois, si l’histoire le justifie, de dépasser. L’influence des mangas  y est grande non seulement en terme de parutions chaque année mais aussi en terme d’influence pour faire éclater les codes traditionnelles de la BD. 
     BQFB, Atelier BD Angers, Phyllias à droite
Ici à la Boîte, pas de planification rigide, on vient quand on en sent le besoin. Les présents travaillent ensemble sur un projet commun ou chacun pour soi à côté des autres. L’atelier, qui a été pendant ses premières années implanté rue du Port de l’Ancre, en rive gauche de la Maine,  a été fondé en 1997 par Yoann et Eric Omond pour démarcher ensemble les éditeurs,  promouvoir la BD grâce en particulier à des expositions et de développer la pratique de la BD en accueillant les jeunes à partir de 16 ans.

 

Les 6 phases de la création à l’exposition de BQFB, Atelier BD Angers, Phyllias, planche couleursBouchemaine  

Cette exposition est principalement l’œuvre de Phyllias qui s’est beaucoup impliqué dans l’opération. Il  a reconstitué  les différentes étapes de la création en montrant l’avancée d’une BD :  élaborer le scénario, rechercher la documentation, pratiquer le crayonné, fixer l’encrage, effectuer la colorisation et éditer la BD. On peut y voir les planches aux différentes séquences et surtout aussi une reconstitution de ce que pourrait être un bureau d’artiste qui deviendrait lui-même une planche de BD. L’outil – le bureau- devenant lui-même une création graphique en 3D, grâce aux feuilles, aux crayons, aux pinceaux…

Quelques noms BFQB, Atelier BD Angers, Phyllias

. Phyllias fait du Comic Strip. Il est scénariste, illustrateur et dessinateur. En particulier, il a fait des dessins de presse pour Ouest-France. Actuellement  « je  suis sur un projet dans lequel j’écris aussi avec Mic Favre qui est illustrateur (jeunesse), dessinateur, écrit aussi des contes. Ensemble, nous travaillons sur des livres jeunesse, des contre-pétries et autres jeux de mots, comme des calembours… »
. Tony Emeriau est illustrateur jeunesse, dessinateur, scénariste aussi. Sa marque de fabrique : il fait tout à l’ordinateur, c’est dire qu’il est un infographiste. Il est très productif  beaucoup de domaines différents. Pour des enfants par exemple, il a conçu une plaquette pour les inciter à visiter le Musée de Joseph Denais à Beaufort en Vallée (49). Il est le président en exercice de la BQFB et a scénarisé "Power Intérim".  
. Gildo Giorgi est dessinateur. A son actif, il a une BD pour Lanfeust MBQFB, BD Angers, Sylvainag dont il a fait le scénario « Power Interim » dont plusieurs planches sont exposées à Bouchemaine, plusieurs  albums de « La vie à deux », « le guide des prénoms », « J’aime les années 80 »…  
. Nathalie Bodin est dessinateur, illustrateur et scénariste. Elle travaille en ce moment sur une grosse commande, des dessins pour un ouvrage sur les camps de concentration aux Etats-Unis
. Fanch-Juteau est « dessinateur réaliste et semi-réaliste » selon les termes du bibliothécaire de Bouchemaine. Il travaille en particulier avec Sylvain qui met ses crayonnés en couleur.
. Sylvain  est coloriste. Il travaille aussi en ce moment  avec Phyllias, l’auteur du scénario, dans lequel on voit  un hominidé lutter contre les chefs des quatre royaumes voisins ennemis.  Il aime partir de photos qu’il redessine et repeint. Il est toujours en recherche de nouvelles expressions.
. Chriso-Watt est infographiste. Il travaille en particulier sur le thème des petites maisons, ainsi qu'avec Phyllias par exemple sur une série consacrée à des légumes… 

Des œuvres collectives aussi

Outre les projets faits seul, en bi ou trinôme, l’équipe propose ses compétences à des entreprises pour réaliser des BD qui entreront pour celles-ci dans leurs outils de communication, comme le Crédit Mutuel par exemple avec une BD à base de témoignages de clients de 36 pages en couleur. Des collectivités trouvent aussi de  nouvelles façons de communiquer, d’une façon plus jeune, ludique... L’équipe a ainsi fait une campagne pour le tri sélectif sur un scénario qui raconte toujours une histoire. Trois des membres –Tony, Sylvain et Boris -  ont conçu l’affiche des Accroches-Cœurs ‘Anges ou Démons’ de 2009.

BQFB, Atelier BD, Angers, Phyllias, Les Gaganymes

Des éditions d’atelier

C’est Phyllias qui s’y attelle. Il lance en ce moment « Les Gaganimes », un recueil de tableaux qu’il a rassemblé. Chaque composition est fondée sur un gag visuel, qui entre dans le cadre du dessin humoristique .     

Le rayonnement de l’atelier

En dehors des œuvres elles-même qui ont une faculté impressionnante à voyager par tous les moyens, auxquels s’ajoute l’imaginaire, les artistes ont de nombreux contacts d’ateliers au Mans, à Toulouse,  avec les Rhinolophes, les Aérographes à Cholet,  avec des festivaliers également à Angers, Châlonnes sur Loire, Montreuil-Bellay, Château-Gonthier, Nantes Atlantis… 
 
Les membres actuels de la BQFB sont aussi relation avec des anciens très connus comme Olivier Martin parti vivre au Japon pendant plusieurs années. A son retour, avec Sylvain Runberg, il a sorti un album en deux tomes sur la « Face cachée » de la vie en entreprise au Japon. Nicolas Emelyanoff est aussi dans ce cas. Professeur de dessin, il  expose plus au Japon qu’en France. Il fait aussi parti des  premiers membres de l’atelier, tout comme Boris Beuzlin.  
 
Les relations avec les autres auteurs d’Angers sont naturellement fréquentes, que ce soit avec Marc-Antoine Mathieu, Etienne Davodeau, Eric Juscezhla, Pascal Rabaté, Olivier Supiot, l’auteur du « Pro des Robots » avec Tony Emeriau  déjà cité.

    BFQB, Atelier BD, Exposition Bouchemaine, Jeunes visiteurs

Un monde ouvert sur de nouveaux talents  

C’est la dimension pédagogique qui s’exprime. L’Atelier accueille en effet le mercredi après-midi des jeunes à partir de 16 ans pour les initier et les guider dans leur propre cheminement. « On n’est pas des profs scolaires » comme le déclare Sylvain. « On essaie de donner le bon conseil au bon moment. Ca fait plaisir ».    

A Bouchemaine, lors de l’exposition atelier qui se tient en ce moment aux Boîtes à Culture, ce sont les  plus jeunes, 10-12 ans et plus qui viennent  en premier. Ils regardent  avec beaucoup d’attention, leur regard accroché sur les planches, les outils, les couleurs, l’oreille accrochée aux explications de Phyllias, conscients d’entrer dans un monde dont l’artiste leur ouvre les portes. C’est un moment fort.

Pour suivre le chemin, lisez de la BD et allez à Angers

. La BQFB, 27 rue Chef de Ville, 49100 Angers, bqfb@free.fr et sur
. Aller à l’exposition à la Boîte de culture à Bouchemaine de ce 22 novembre au 6 décembre pour voir les auteurs de la BQFB, des planches et d’autres lecteurs.
. Retrouver Fanch Juteau, Phyllias et Tony Emeriau sur une très bonne photo d’Ouest-France
 . Sur Olivier Martin, lire l’article consacré à une exposition-atelier animée par ce grand créatif de la BD cet été à Saumur sur http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8054
 
. Voir les sites de certains créateurs comme
. Sylvain Laupretre, sur http://sylvo.canalblog.com/ 
     
ou sur
. Lire le rapport Ratier, l’ACBD, l’Association des Journalistes et Critiques de la BD, sur http://www.acbd.fr/images/stories/ACBD_BILAN_2010.pdfpour avoir une meilleure idée de l’évolution du marché foisonnant de la BD en France.
. Photos EP à Angers et Bouchemaine, à voir dans l'abum-photos Art2.
 
Voici la réponse de Phyllias aux questions que je lui avais posées. Le mieux est que je vous la copie de façon à ce qu'elles soient visibles avec l'article.                
 
les fondateurs de l'atelier sont: Yoann (Shivard mais il signe uniquement de son prénom) et Eric Omond.
Tony Emeriau est bien le président de l'atelier toujours à l'heure actuelle.
pour Gildo, pour ses albums, on pourrait croire que les 3 albums en questions sont les trois cités, mais en fait il s'agit de toirs de la vie à deux, deux de j'aime les années 80, et sur les guides des prénoms je ne sais pas combien, il y en a au moins 5 je crois qu'il a dessiné, mais peut-être même plus. je pense qu'il vaut mieux se contenter de citer les titres. 

concernant Fanch Juteau deux albums à son actif: Cyrano de Bergerac en Bd et le filleul de l'Ankou

sur les productions d'atelier:
en fait c'est Fanch Juteau qui a fait les maquettes des Gaganimos. par contre comme ce sont des illustrations, je ne les rentrerait personnellemtn pas dans l'art séquentiel, car précisément les images sont indépendantes les une des autres. appellons cela dessin humoristique plus simplement. le deuxième ouvrage est l'album "Power Interim, de Tony Emeriau et Gildo Giorgi.
 
savoir que ces deux albums et les trois auteurs concernés seront en dédicace Vendredi 16 Decembre à 18 h à la librairie, "Au repaire des Héros", rue Beaurepaire, Angers, à l'occasion du 2ème anniversaire de l'ouverture de la dite librairie.
     
sur le rayonnement de l'atelier, au Mans, nous avons juste un ami ancien membre de l'atelier,il n'y a pas d'atelier à proprement parler.
     
aux anciens membres de l'atelier, nous pouvons ajouter Lionel Marty, c'est lui justement qui est au Mans. quand il était à l'atelier il a sorti Mort Linden, une série chez Delcourt avec Eric Omond au scénario et Boris Beuzelin à la couleur. depuis il a d'autres séries. entre autre "le rêve de Jérusalem"
pour l'orthographe, Eric Juszezak et Olivier Supiot
     
enfin la dernière question: le plaisir de transmettre un peu de savoir écrire une histoire, la mettre en image. sachant que les enfants ont une imagination non encore complexée ni bridée, et qu'ils ont toujours des histoires formidables à raconter, c'est un plaisir effectivement que de les voirs réaliser ces histoires en images. 
bon ,encore désolé d'avoir trainé, j'espère que ces réponses vous éclairent, si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas.      
     
       
 

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Regard sur l'espace public > Les potelets & co en folie

29 Novembre 2011, 17:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une affaire de rencontre

Angers, la même place avc olein de potelets au milieuLa rencontre est celle qui se fait dans un espace public donné, la rue pris au sens large,  entre le poteau, cet élément vertical implanté de façon pérenne dans le sol, et les utilisateurs de l’espace. Chaque changement affectant l’une de ces trois composantes a des effets sur les deux autres, sans compter les autres facettes du « vivre ensemble.»  

 

Le poteau entre dans la grande catégorie du mobilier urbain, qui a à la fois une dimension fonctionnelle, ou le  design joue un grand rôle, et une dimension d’identité territoriale forte alors que le poteau est produit en grande série par des sociétés européennes. Il a aussi des conséquences directes et indirectes moins connues.  

 

Un des grands changements de deux dernières décades et plus est l’occupation de l’espace public par les poteaux qui y fleurissent tels des pissenlits dans une prairie. Leur foisonnement est tel qu’on se demande comment on pouvait vivre avant dans l’espace public.  

 

Le trinôme

Blog 2011.12.01 potelets 025. L’espace public concerne plus précisément le trottoir ou plutôt ce qui en reste une fois que les voitures ont choisi les meilleurs places pour s’y garer et les espaces interstitiels qui ne peuvent être occupés par la voiture. Ce sont par exemple les triangles d’entrée et de sortie d’une voie principale, les passages protégés au milieu de la chaussée,  les cœurs de ronds points non accessibles aux piétons… 

 

. La place de la voiture dans l’espace public, ou plutôt l’automobiliste  a une capacité proprement étonnante à repérer les endroits « garables » comme on ne dit pas encore. Blog 2011.12.01 potelets 004Dans les temps anciens, on prenait une chèvre pour tracer les chemins dans les coteaux pentus. Maintenant faîtes confiance à la voiture pour avoir une perception très fine de l’espace urbain et redessiner une nouvelle cartographie de l’espace public à des fins privés.  

 

Les utilisateurs de l’espace public sont au moins au nombre de deux (sans compter le cycliste), l’automobiliste et le piéton. Bien souvent c’est la même personne qui dispose de modes de raisonnement différents selon le mode de mobilité choisi: un automobiliste fonctionne avec la Couloir de trottoir réservé aux piétons conduisant droit dans le mur du fondpédale au pied, un marcheur raisonne avec ses chaussures aux pieds. Ce n’est pas la même chose. La preuve, pour empêcher les « carrossés » de passer et de gêner les piétons, on a inventé le petit poteau  de trottoir ou potelet de sa dénomination actuelle.

 

Petit rappel sur la grande importance du poteau

. Le poteau dans sa vision verticale liée à la construction est lié au développement de l’habitat et de l’urbanisme. Sur terre, la maison et l’immeuble ne peuvent se concevoir sans fondation plus ou moins profondes selon la nature du sol. Les poteaux de construction se poursuivent dans l’air par des poteaux de maçonnerie, des poteaux de charpente…Une des tendances actuelles est concevoir des bâtiments avec des barres érigées, une manière de faire passer la conception en cube.  

   

. Le poteau vertical liée à l’information  est indispensable à la vie de l’homme contemporain sur terre. Il est un marqueur de notre société occidentale. Les poteaux indicateurs sont directement liés par exemple à la mobilité et à notre façon de considérer l’espace public. En temps de paix, nous estimons indispensables de trouver l’information au fur et à mesure de notre avancée dans la rue. Ceci n’est pas le cas au Japon où le nom des rues n’est pas indiqué  puisque c’est le numéro du bloc d’habitation qui compte. La rue est alors un espace non significatif entre les blocs. 

Blog 2011.12.01 potelets 017   

Le potelet, un nouveau type de poteau

L’accroissement de la pression de la voiture roulante sur la rue et de la voiture dormante sur le trottoir  a généré un nouveau type de poteau, le potelet  directement inspiré du poteau de manège hippique, pour empêcher les voitures d’accéder au trottoir protégé réservé aux piétons et parfois aux cyclistes. Ces poteaux de 1,20 mètre de hauteur sont implantés au bord du trottoir de façon à interdire aux véhicules de passer entre eux. C’est la seule façon  utilisée par les collectivités d’assurer le non-accès au trottoir, en l’absence de personnel pour sanctionner le stationnement interdit qui s’accroît d’autant que le nombre de places de stationnement autorisé diminue en lien avec la volonté d’assurer un développement durable de la ville.  

   

Les conséquences

Le piéton se voit réserver un espace dédié où la voiture n’a pas sa place. La présence dans le sol de ces petits poteaux d’interdiction a aussi pour seconde conséquence de figer les espaces libres polyvalents pour les non-automobilistes. Les piétons doivent se positionner sur une partie du trottoir, la voie-trottable, les cyclistes aussi sur une autre partie du trottoir, leur voie cyclable ; du coup les automobilistes se placent partout sur les trottoirs dés lors qu’il n’y a pas de potelet.   

  

D’autres aspects négatifs commencent à être également mis en avant :

. la difficulté à marcher et à se croiser sur un espace resserré par la présence des potelets,

. le coût  pour la collectivité qui doit acheter et poser individuellement ces potelets dans le bitume en quantité phénoménale puisqu’il en faut 2 pour protéger 1 mètre de trottoir, 3 pour 2 mètres…

. la présence dans le sol d’autres types anciens de poteaux qui assurent la même fonction. Certains anciens petits poteaux s'avèrent dangereux pour les personnes âgées qui peuvent ne pas les voir  mais ils restent toutefois là; 

Angers, 3 catégories de poteaux petits et potelets   

. la pollution visuelle d’une véritable ‘forêt’ de potelets qui s’ajoute au foisonnement des autres poteaux qui dirigent, conduisent et interdisent nos pas, heurtent nos yeux et surveillent nos vies.  

 

L’ensemble de ces contraintes conduit parfois aussi à des situations proprement absurdes:        

. des potelets placés maintenant en milieu de trottoir pour empêcher les voitures de s'insérer par le côté, quand il y a par exemple une entrée de garage    

. des potelets pour empêcher des cyclistes de rouler au beau milieu de la piste cyclable double couloirs, 

. des potelets implantés sur les zébras de passages piétons pour protéger les voitures garées perpendiculairement au trottoir (à voir sur « Petit Poucet »)...Une évolution impressionnante à suivre, du potelet contre la voiture abusive, on passe maintenant au potelet anti-cycliste ou gêneur de piéton.

 

Pour suivre le chemin

. La rue à  re-découvrir  avec http://systemepoucet.canalblog.com/

Voir les photos délicieuses d’absurdités  liées à l’implantation de potelets sans réflexion préalable sur

http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373438&pid=8785885

. La désignation des numéros de blocs d’habitation – et donc de l’absence de noms de rues - au Japon, voir http://sivers.org/jadr

. Pour Paris, lire  http://www.leparisien.fr/paris-75/ces-tres-chers-potelets-18-05-2009-516746.phppour connaître le nombre et le coût de ces chers potelets.

. Lire aussi sur ce blog  Regard sur l'espace public > Quadrillage Rues et Risle > Pont-Audemer

. Photos EP 

. Mes excuses pour cette présentation à interlignes et dimension des caractères aléatoires indépendante de ma volonté!

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N de Nana +F de Frontière = Woman, Hers, Not Hers > Don Wright

25 Novembre 2011, 14:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blog-2011.11.24-238-copie-1.JPGC’est un cartoon comme on ne dit pas ici en France, paru il y a plus de 20 ans dans le Palm Beach Post et repris par Courrier International. « Woman », comme l’intitule son géniteur, Don Wright. On y voit une femme nue, dont le corps est fléché pour montrer ce qui lui appartient à elle –HERS-  en propre et ce qui ne lui appartient pas –NOT HERS- et qui n’apparaît donc pas sur le dessin. Comme un triangle des Bermudes caché pour elle derrière le panonceau « NOT HERS »  qu’elle n’est même pas autorisée à porter de sa main droite puisque cet endroit lui appartient pas.  

Hers, A Elle, « tête, cheveux, mains, bras, partie haute du corps, jambes et  pieds. »

Remarquez la façon dont le dessinateur désigne les différentes parties de son corps, comme si elle était une machine. A aucun moment, il ne dit 'sa tête, ses cheveux, ses bras, la partie haute de son corps, ses jambes et ses pieds'. Même  ce qui lui appartient n’est pas indiqué comme lui appartenant dans le détail de chacune des parties du corps cité.  

Not Hers, Pas à Elle,  ce qu’il y a sous la pancarte, à savoir  (son ventre et son sexe) qui ne sont même pas désignés en tant que tels, ni assortis de (son). La finesse du cartonnist  est de ne pas même désigner ce qui a longtemps été impur et mal séant chez la femme. Cela n’a pas de nom. 

Ceux à qui appartiennent ce qui n’est pas à elle

Oh, ils sont très nombreux à en revendiquer la propriété. Don Wright détaille dans la moitié droite du rectangle :

. « Certains mâles de l’espèce ,

. certaines églises,

. divers moralistes,

. des politiciens,

. des féministes,

. des juristes,

. des comédiens,

. des journaux et télés,

qui tous décideront de la meilleure utilisation de cette zone » (area). Remarquez quelà aussi Don Wright fait preuve d'une grande subtilité: il situe la femme dans la partie gauche de son rectangle et attribue la partie droite à ce qui est important, les heureux détenteurs utilisateurs de ce qui est "not hers", dont il fait partie d'ailleurs en signant tout en haut de cette partie droite. Clin d'oeil à cette "woman", il place sa signature en phase avec le titre de ce dessin.    

Blog 2011.11.24 238-copie-1

La « zone » qui n’est pas

Il a fallu attendre le 4è avant dernier mot pour que soit cité son ventre et son sexe qui sont « not hers ». C'est une zone, comme un no woman's area.

La double frontière

Elle se situe en haut juste au dessus du nombril et pour le bas à mi-parcours entre le bas de son triangle et le milieu des cuisses. Très clairement, cette femme est un saucisson à pattes, sans ventre, sans zizi et sans derrière. Etonnez-vous qu’elle ait l’air si peu maligne ! 

Quel monstre est-ce cela ?

C’était il y a 20 ans aux Etats-Unis. Depuis on a découvert les femmes sans visage et sans corps. Est-ce que cela a vraiment changé dans le monde ?

Pour suivre le chemin

. Ce dessin est tiré du Courrier International, n° 86, 25.06.1992, dont j'avais conservé l'édition papier, tellement j'avais été marquée par sa force.

. Retrouver un autre des dessins de Don Wright pour lequel le dessinateur a gagné son Ier prix Pulitzer en 1966 du dessin de presse (un autre en 1980) sur  http://goodcomics.comicbookresources.com/2009/03/19/a-month-of-pulitzer-prize-winning-cartoons-day-19/

. Cette idée d’un no woman’s land, un terme crée à la mode du « no man’s land »,  continue à fleurir avec une imagination sans limite de la part des dessinateurs de presse et de pub, comme je vous le montrerai bientôt.

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