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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Mon ami l'artiste a fermé ses portes à Tati de Belle-Beille > Angers

17 Octobre 2012, 14:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Décryptage du titre. « Mon ami l’artiste » est le nom d’une exposition d’artistes, peintres, sculpteurs, brodeuses… qui se tient chaque année dans les maisons de quartier de la ville d’Angers. Celle de Belle-Beille, qui regroupe  plusieurs services de la collectivité, porte le nom de Jacques Tati, le grand cinéaste d’origine russe qui est l’auteur de plusieurs films qui sont considérés en France mais pas seulement comme des icônes du cinéma français. Le Centre offre également une grande salle polyvalente qui permet la réalisation d’expositions.

Chacun peut y présenter ses réalisations, quel que soit son niveau technique dans le cadre de la place disponible bien sûr. Tous sont invités. Seuls comptent le plaisir qu’ils ont eu à réaliser qui une peinture, qui une sculpture, un pochage, un dessin passé au brou de noix, des broderies … et le plaisir de le partager avec d’autres.

Tati 2012, Ioan Bader, Nomades et Roulottes 

Certains sont des habitués comme Ioan Baader qui est un peintre figuratif qui aime travailler sur des thèmes à fort pouvoir visuel et à grand spectre. Il lui faut de l’espace et de la couleur, comme le montre ses paysages de Roumanie qu’il appelle « Nomades » alors que je vois moi des roulottes. L’année dernière, il avait peint des gros bateaux de pêche à l’embouchure du Danube. Les objets le fascinent aussi. En 2011, c’était des boîtes de sardines, cette année ce sont ses tongs à roulettes qui montrent qu’il a aussi le sens de l’humour (en fin d'article). 

    Tati 2012, Mathilde Sauvestre, Vache tonique

Mathilde Sauvestre est une jeune peintre, qui s’est attaquée à une Vache avec beaucoup d’énergie et de succès, tout comme les  Sept Jeunes qui ont participé à un atelier de sérigraphie avec Centrale 7 de Nyoseau. Leur série de Tête de Mort avec Casque de Moto tient vraiment la route (voir photo plus bas).

Tati 2012, Monique Fauchoux, Rayon sur Bruges 

Monique Fauchoux a présenté plusieurs de ses réalisations à l’exposition. Celle que je retiens sans conteste est « Rayon sur Bruges ». C’est à la fois un paysage de ville ancienne parfaitement maîtrisé, avec une dissonance volontaire entre la partie gauche travaillée en couleurs et la partie droite restée en noir et blanc. Les deux s’équilibrent l’une l’autre.

Tati 2012, Maïté Ilias, A la manière de ... Hundertwasser 

En poursuivant mon tour de la grande salle, j’ai découvert avec intérêt les broderies de Maïté Ilias qui enferme dans ses fils de couleur un monde qui, selon elle, s’inspire de l’Egypte,  de la Grèce, de la Chine ancienne… ou est très directement copié d’une œuvre du grand peintre autrichien Hundertwasser mais on ignore le nom de la peinture ou partie de la peinture.  

 Tati 2012, Thito, Dessin brou de noix, Petite fille  

Ma dernière jolie découverte est l’oeuvre d’un enfant qui a dessiné sur une feuille passée ensuite au brou de noix, une très charmante petite fille en maillot de bain rose. Son nom restera inconnu. Il ou elle n'a pas signé sa création. Il ou elle est doué-e. Bravo l’artiste…     

Pour suivre le chemin jusqu’à Tati-Angers

http://www.centrejacquestati.fr/presentation.php?page=accueil-presentation-du-projet

  Tati 2012, Les 7 de Belle-Beille+ Centrale 7 de Noyseau

. Retrouver les expositions 2012 au niveau d’Angers sur  http://monvoisinlartiste.over-blog.com/

. Quelques adresses d’artistes : http://joan.bader.free.fr/ http://www.centrale7.net/

Tati 2012, Ioan Bader, Rollers d'un nouveau style

. Lire le billet de 2011 sur  ce blog Grand Tati > Voyages avec mon voisin l'artiste > Belle-Beille > Angers 

. Photos Elisabeth Poulain

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La Hutte de l'Aborigène > 1920 > Une photo & + d'Herbert Basedow

16 Octobre 2012, 17:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est l’homme que l’on voit en premier, un vieil homme si maigre, que ses membres ressemblent à des branches qu’on n’ose qualifier de grosses. Il a accepté d’être pris en photo en position accroupie devant sa hutte, dans laquelle il ne peut se tenir debout.  Sa hutte est un habitat bas et de forme ronde fait avec des branchages en guise d’ossature et des graminées hautes pour couvrir le tout et lui offrir une isolation. De chaque côté de l’ouverture, on distingue deux grosses mottes de graminées ligneuses qui doivent servir de fermeture la nuit. Ce sont des  plants de porcupine grass – appartenant à la grande famille des miscanthus- comme l’indique le savant. Une grosse branche git à côté et une pierre se trouve sur le toit Au sol, le site est vide de toute végétation et tout objet. Il n’y a pas de trace de feu.

Australia-Hut Eastern Arrernte Arttunga-District-Northern T

On distingue à l’arrière- plan un autre habitat d’une autre forme et qui paraît un peu plus grand. Et c’est tout, à côté de la case, dedans on ne voit rien. Du coup, on regarde mieux le vieil homme si maigre. Sa chevelure est touffue, sa barbe longue, son visage profondément ridé. Visiblement il a une longue pratique de cette position assise avec une jambe repliée sous lui, l’autre lui permettant de prendre appui pour se lever rapidement. Il se garde bien de regarder l’appareil photo. Il songe.     

C’est ce que montre cette photo prise en 1920 par Herbert Basedow, un grand savant humaniste, australien d’origine allemande, défenseur et médecin des aborigènes, anthropologue et… passionné de photographie. Il avait constamment à l’esprit l’ardente nécessité de reconstituer, de sauvegarder et de prolonger le fil de la mémoire de la culture aborigène. Ses expéditions sur le terrain, sa connaissance des hommes, de leur culture et de leur mode de vie, sa sensibilité et sa formation européenne lui firent très tôt  comprendre la fragilité et la force de cette culture profondément ancrée dans cet immense territoire préservé des grands flux migratoires par sa position dans l’hémisphère sud, sa dimension continentale, l’amplitude, la violence des conditions climatiques et la dureté de la vie.

Autralie-South-Old-Man-His-Hut-Yandruwandha-People-Innaminc 

Une autre photo d’un autre vieil homme dans une autre hutte, prise un an plus tôt, autre part, cette fois-ci en Australie du Sud. Le monsieur pose devant sa hutte. Il se tient droit et souriant. C’est vrai qu’il est mince, sans qu’on se fasse du souci pour sa santé. Il est beau dans son âge. Sa hutte semble plus fonctionnelle que belle, des objets traînent par terre, le chien rentre dans l’habitat dont le toit est protégé par des tissus posés là où c’est nécessaire.   

On se surprend à se demander s’il n’y avait pas aussi un grand photographe chez Herbert Basedow, capable un an après de prendre le cliché d’un homme pensant seul devant l’infini du désert. C’est au moins ce que je pense.  Il y avait aussi toujours chez lui le souci de parler vrai et de témoigner en rendant hommage à ceux qui l’accompagnaient dans ses expéditions.

Et voici comment à partir d’un gros livre sur l’Australie acheté 3 EUR dans un Centre Emmaüs (Second Hand Center), j’ai fait connaissance avec Bob Edwards avec le billet d’hier sur l’Homme Aborigène d’Ingaladdi près de Katherine dans les Territoires du Nord, une gravure sur pierre datant du néolithique. Au cours de mes recherches diverses et variées pour trouver de l’information, j’ai rencontré – par hasard – cet homme fascinant, qu’est Herbert Basedow qui a consacré sa vie à la défense de ses valeurs. J’ai volontairement choisi de parler de lui sous l’angle de « la petite maison », une série que j’ai commencée il y a quelque temps et qui se révèle extrêmement riche. Pour terminer, je ne résiste pas à vous montrer une photo d’une gravure d’un homme sur  une pierre, par …, vous l’avez deviné, Herbert Basedow.  

Australie-Forme-humaine gravée pierre-Port-Hedland-Herbert-basedow-191

Pour suivre le chemin et mieux connaître Herbert Basedow

. Lire la biographie d’Herbert Basedow sur http://en.wikipedia.org/wiki/Herbert_Basedow.

Australie-Herbert Basedow 1881-1933-Wikipedia

Cet homme, qui est décédé à 52 ans (27-10-1933) à Kent Town en Australie du Sud, là où il est né le 27.10.1881, a eu une vie incroyablement dense. Il a été explorateur, anthropologue, géologue, médecin, homme politique et membre de plusieurs société savantes. Diplômé de l’Université d’Adélaïde en géologie (avec en plus des formations en botanique et zoologie), après une première expérience professionnelle, il est devenu médecin grâce à des études post-universitaires menées  en Allemagne d’où ses parents étaient originaires et en Suisse. C’est comme médecin qu’il gagnait sa vie ; il n’a jamais été reconnu officiellement comme anthropologue, n’ayant jamais eu de diplôme dans ce domaine. Outre ses fonctions, Il a beaucoup écrit dans le domaine de l’anthropologie, la géologie, l’histoire naturelle, sans compter ses récits de certaines de ses expéditions et ses deux grandes recherches sur les Aborigènes d’Australie. Le Fonds, qui porte son nom, comprend 1 000 artefacts (des objets) et 2 200 clichés photographiques sous forme de plaques en verre.   

. Photo n° 1 prise en août 1920 à Eastern Arrernte, Artunga District, Northern Territory, Australia, à retrouver sur  le » Fonds Herbert Basedow » que le scientifique avait prévu de faire au National Museum of Australia (NMA), à retrouver sur     http://it.wikipedia.org/wiki/File:Hut_Eastern_Arrernte_Basedow.jpg

. A comparer avec la photo n° 2 toujours prise par Herbert Basedow en 1919. Elle montre un vieil homme, appartenant au peuple des Yandruwandha, dans le District Innamincka, en Australie du Sud, posant debout devant sa hutte, avec son chien moins sensible à l’objectif que son maître http://www.nma.gov.au/collections-search/results?QueryTerms=Hut+&search=basic

. Voir aussi dans un genre différent les huttes faites par et pour les guides d’une expédition menée par Herbert Basedow en 1928 près de la Liverpool River toujours dans le Territoire du Nord http://www.nma.gov.au/collections-search/image?app=tlf&irn=12806#oid=

. Photos de Herbert  Basedow, NMA reprises par Wikipedia, à voir dans l'album "Petites Maisons". J'ai laissé la photo du photographe avec ses clichés ainsi que "son" homme gravé dans de la pierre. Pour voir ceux de Bob Edwards, il faut aller dans l'album "Genre-Variations". 

. Lire le billet d'hier sur ce blog M comme Man > L'Aborigène d'Ingaladdi Waterhole Cave > - 10 000 av. JC   

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M comme Man > L'Aborigène d'Ingaladdi Waterhole Cave > - 10 000 av. JC

15 Octobre 2012, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont les plus anciennes gravures d’art rupestre découvertes en 1966 en Australie dans le Territoire du Nord au sud-ouest de Katherine. Elles sont apposées sur une  roche qui a été utilisée comme support à la période du néolithique (-  10 000 avant JC), comme a pu le constater Bob Edwards. Ce grand archéologue et ethnographe australien a dédié 70 ans de sa vie de chercheur à la mise en valeur de cet art très ancien digne de figurer au Patrimoine mondial de l’Humanité. Les fragments de roche sur lesquels sont gravées ces deux silhouettes gisaient dans des couches de charbon de bois enfouies dans le sol.

 

Gravure rupestre, Néolithique, Autsralie, Nord-Ouest 

Les sillons gravés figurent une représentation humaine extrêmement forte. La photo en noir et blanc fait ressortir la stylisation grâce au blanc apposé dans le creux de la  plus grande silhouette à droite. Il est possible de voir le traitement différent de ces deux  « héros mythologiques ».

A droite le plus grand des deux offre un tracé très ferme caractérisé  par une très forte continuité du trait qui n’est brisée qu’au bas du corps par un double trait horizontal et un autre de petite dimension à la hauteur des genoux , d’autant plus étonnant que tout le reste est allongé en traits verticaux avec des arrondis pour la tête, les cheveux, les mains…La tête fait l’objet d’un traitement spécial avec les deux yeux qui sont les seuls éléments non reliés à l’ensemble. Le rond de la bouche figure en bas des deux ronds des yeux. Elle est doublement lié à la spirale qui forme la tête, vers la droite pour former un premier cercle qui refait le tour par la bouche pour former un demi-cercle et poursuivre la spirale des trois cercles qui se réunissent en dessous de la première bouche pour en former une seconde.

Un peu en dessous, pend une partie ronde, que j'appelle, la barbichette, à laquelle correspond une crête sur le haut de la tête. A cet axe haut-bas, correspond un autre équilibre avec un renforcement des épaules sur le dessus. Ses bras résultent d’un tracé de cinq traits au bras gauche et de quatre au bras droit. Les mains comportent quatre doigts. On dirait qu’un autre dessin se trouve en dessous de la main gauche. Celle de droite semble porter un gourdin.

La figurine de gauche légèrement en retrait est moins visible ; le tracé blanc est moins présent. Plus petite, son visage comporte bien les deux yeux, la bouche plus en triangle, la seconde bouche accolée en dessous de la première. Elle porte la crête et la barbichette mais sans renforcement d’épaules, ni double trait pour couper la silhouette. Ses mains semblent tenir chacune un marteau. Contrairement au dessin de droite, des pieds lui ont été dessinés, ce qui semble très étonnant. 

L'impression ressentie est très forte du fait de cette sur-expression du blanc posé dans les sillons gravés pour faciliter la lisibilité de ces petroghyphes, avec un sentiment curieux qui fait penser au costume de prisonniers des temps pas si lointain que ça.                     

Pour avancer sur le chemin, avant d’aller en Australie

. Consulter « This is Australia » 1975, et plus spécialement la partie « Arts », Paul Hamlyn éditor

. Sur Bob Edwards vu par ses amis et collègues, http://www.nma.gov.au/audio/detail/contributions-from-friends-and-colleagues

. Lire la fiche de l’Institut canadien de Conservation sur « ce fléau des graffitis sur les œuvres d’art rupestre », http://www.cci-icc.gc.ca/caringfor-prendresoindes/articles/112-fra.aspx L’ICC fait autorité dans le monde pour la qualité et la transparence de sa politique d’information sur la protection du patrimoine.

. Photo à retrouver dans l'album "Genre-Variations"

. Sur des graffitis qui datent pour la plus part du XVIIIe siècle, gravés dans la pierre calcaire des murs des églises en Normandie (France), lire sur ce blog  A Poses dans l'Eure, Les graffitis des bateaux sur les murs de l'église  et Eure > Des cupules dans les pierres des églises > La beauté des croix

 

 

    

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Les Petites Maisons à pans de bois à Quillebeuf-sur-Seine, Eure

14 Octobre 2012, 11:25am

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont, pour les plus anciennes, inscrites à l’Inventaire des Monuments historiques (ISMH) tant elles sont émouvantes. Il faut dire aussi qu’elles ont fait l’objet de beaucoup d’attention de la part de leurs différents propriétaires au cours des siècles, avec forcément des longues périodes de temps difficiles. Les plus anciennes datent du XVIe siècle. Leur inscription les protège d’aménagements par trop intempestifs, ainsi que leur situation non pas en front de Seine, mais surtout dans les deux rues intérieures parallèles un peu en hauteur par rapport aux quais sur la rive gauche de la Seine. 

Quillebeuf sur Seine, Maison à pans de bois

Les parcelles des petites maisons à pans de bois. Elles ont la forme de lanière perpendiculaire au fleuve, de façon à optimiser l’accès du plus grand nombre au fleuve, avec des rues parallèles au quai. Du fait de cette disposition, les façades sont étroites par rapport à la longueur plus grande entre les rues qui coupent les parcelles. Le cœur ancien de cette petite ville de 1000 habitants est concentré à l’endroit le plus resserré, coincé entre l’eau du fleuve et son port et la colline très pentue qui s’élève en ce point à 23m de hauteur.

L’implantation des maisons était de ce fait guidée à la fois par la nécessité vitale d’avoir un accès direct au fleuve et à l’eau, d’utiliser l’espace au mieux de ses possibilités et d’avoir des rues parallèles au fleuve de façon à pouvoir facilement circuler en bas, à l’abri des inondations, sans avoir à monter sur le coteau. Des petites sentes larges d’un peu plus de 50cm disposées de façon aléatoires entre les parcelles  permettaient d’aller facilement d’une rue à l’autre.

Quillebeuf sur Seine, Maison à pans de bois

Il en découle plusieurs conséquences. L’habitat est dense comme dans toutes les villes anciennes, édifié en bandes, avec des maisons accolées les unes aux autres, au moins sur la façade principale de rue, peu hautes à un étage le plus souvent ou deux au maximum, avec des encorbellements, en débords sur la rue, qui resserrent l’espace entre les maisons à l’étage. Chacun construit à sa façon, avec une seule contrainte visible, c’est le respect de l’alignement sur les maisons déjà existantes, de façon à permettre aux gens, aux diligences et aux charrettes de se croiser, en attendant que l’une passe tandis que l’autre attendait.  

Quillebeuf sur Seine, Maison à pans de bois

La construction à pans de bois. Outre son aspect visuel qui nous fascine, elle offre des avantages indéniables. Elle utilise les matériaux du cru, avec de la pierre en soubassement, du bois abondant en Normandie pour monter les pans de bois, comme on le fait d’une charpente,  et remplir les creux avec de la petite pierre  et de la terre d’argile qu’on malaxe avec de la paille pour en faire  du torchis pour calfeutrer. C’est un très bon isolant.

L’aspect visuel compte tout autant que les qualités intrinsèques de ces maisons bioclimatiques. Les pans de bois fascinent tout autant par leurs couleurs foncées ou pastels maintenant souvent que par leur graphisme qui structurent fortement les parois verticales, avec une inventivité et des particularités propres à chaque maison. Aucune maison ne ressemble à une autre. La symétrie n'est pas de rigueur ni l'horizontalité ou la vertivalité d'ailleurs. On n’est pas ici dans l’univers de la grande série mais dans un monde artisanal où l’homme tenait dans sa main une richesse sans pareil.

Quillebeuf sur Seine, Maison à pans de bois

La façade avant sur la rue joue un grand rôle. C’est elle qui est visible des autres. Elle  indique le niveau de réussite sociale de la famille qui y vit. C’est également là que les gens se rencontrent. L’arrière a une autre nature. Elle appartient au domaine du privé et de l’utile. C’est là que les occupants vont pouvoir trouver un peu d’espace disponible. Au fil du temps, des petites constructions accolées les unes aux autres en ordre décroissant vont agrandir la maison par l’arrière, avec deux contraintes, garder la fenêtre pour conserver la lumière pour éclairer l’intérieur et garder un passage pour aller au fond de la parcelle. Parler du jardin serait erroné. L’espace devient le plus souvent utilitaire, comme on peut le voir vu du haut de la colline. 

Quand on marche dans la rue principale , dans le sens où coule l’eau du fleuve, la plus jolie façade se trouve bien souvent - mais pas toujours – sur le côté gauche, de sorte que les maisons du côté droit sont tournées vers le coteau en tournant le dos à la Seine.

Quillebeuf sur Seine, Maison à pans de bois

Quillebeuf-sur-Seine est une ville de pêcheurs. Elle a conservé un lien fort avec le fleuve. Dans l’histoire de France, elle est, avec Caudebec en Caux plus en aval sur sa rive droite,  est une des rares villes dont les marins avaient  obtenu du roi Henri IV  le monopole du pilotage des navires sur le grand fleuve du Havre jusqu’à Rouen. Aujourd’hui les navires qui remontent la Seine ne s’arrêtent plus au port de Quilleboeuf; il n’y en a plus. C’est la rive d’en face qui a repris l’activité portuaire mais sans qu’il y ait de ville. Un bac fait le lien avec Port-Jérôme qui accueille une zone industrielle lourde, avec en particulier une raffinerie de pétrole.  Un bon nombre de Quillebois et de Quilleboises travaille en face sur la rive droite de l’autre côté.  

Quillebeuf sur Seine, La Seine, Les Mouettes Une autre des caractéristiques de Quilleboeuf est son église - classée Monument Historique – érigée en une courbe du fleuve, devant le port qui a maintenant complètement disparu. Son nom « Notre-Dame de Bon Port » indique bien qu’elle était dédiée aux marins et à leur famille. Sa situation a intéressé le peintre anglais Turner qui en a fait une représentation en 1833 au cours d’une violente tempête...On parle toujours du grand peintre anglais comme du peintre de la lumière. Il était aussi fasciné par l’eau, une eau qui pouvait se transformer en une furie indomptable en un instant lors des tempêtes d’une grande violence. Naviguer sur la Seine était dangereux. On a tendance à l’oublier quand on se promène sur l’estacade qui domine la Seine, à marée basse, en contrebas en ce dimanche matin d’octobre beau et frais, avec des mouettes pour seuls témoins, chacune sur sa petite île-pierre.  

Quillebeuf sur Seine, Marée basse, les Mouettes

Pour suivre le chemin

. La ville a pour maire, depuis 1977,  Ladislav Poniatowski qui est sénateur, conseiller général de l’Eure (Canton de Quillebeuf) depuis 1981 et… prince polonais. A retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Quillebeuf-sur-Seine et http://fr.wikipedia.org/wiki/Ladislas_Poniatowski

. Sur l’Eglise Notre Dame de Bon Port, consulter la page du pays de Risle-Estuaire   http://www.normandie-accueil.fr/page,0,0,195.html

. Les maisons anciennes sont dotées d’un petit panonceau discret qui indique le nom de la demeure, si elle en a un, comme « la maison du cordier » par exemple et le siècle de construction. Une bonne initiative des habitants relayée par la ville qui permet de mieux comprendre ce qu’on voit. Peut-être y-a-t-il aussi une petite carte en A4 qui retrace les balades à faire, disponible à la mairie quand elle est ouverte ?   

. Une carte de la ville indique les périmètres de protection des monuments historiques, à voir avant sur    http://www.haute-normandie.culture.gouv.fr/pages/rubrique_3/telechargement/QUILLEBEUF%20SUR%20SEINE%20ok.pdf

. Sur l’architecture à pans de bois, qui revient à la mode pour cause de développement soutenable, lire la fiche-conseil n°14, « Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France-Les Essentiels du STAP-DRAC Haute-Normandie, La construction à pan de bois »

 http://www.haute-normandie.culture.gouv.fr/pages/rubrique_3/telechargement/ESSENTIEL_CONSEIL_14_construction_pan_de_bois.pdf

et voir les jolis croquis  du CAUE de la Manche http://www.caue50.fr/telechargement/collections/l%27architecture%20de%20pan%20de%20bois.pdf 

. La route des chaumières, conçue par Normandie-Tourisme, passe par Quillebeuf sur Seine,  http://www.normandie-tourisme.fr/images/2262-2-routedeschaumieres-pdf.pdf

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Des Sushis Daily faits devant le client à Carrefour, Rouen

10 Octobre 2012, 11:12am

Publié par Elisabeth Poulain

Sushi Daily est le nom d'une entreprise qui fabrique des sushis du jour, qui présentent un autre avantage, celui d’être fait devant le client et non pas derrière un mur opaque. S’il y a bien une séparation, c’est celle  d’une vitre pour protéger la nourriture contre les pollutions diverses et variées qui existent dans un grand magasin où passent des milliers de clients par jour.

Sushi Daily, Carrefour, Rouen

Ils sont quatre Japonais à travailler ici dans ce petit laboratoire qui répond aux prescriptions de l’hygiène, deux femmes et deux hommes. La plus jeune a pour  fonction en particulier de faire goûter chaque jour un sushi différent de façon à stimuler la vente et faire connaître les produits. Ce jour-là  c’était du poisson cru vendu sous le nom bien compréhensible à l’international de « crunch cali roll ».

Sushi Daily, Carrefour, Rouen

Les gens étaient intéressés. Il est vrai que le jour et l’heure convenaient. C’était un samedi à l’heure du déjeuner. Il y a aussi peut-être dans l'attrait que suscite ce nouveau stand-laboratoire avec des "vraies" personnes derrière la vitre une réponse à plusieurs besoins de notre société: voir ceux qui réalisent pour nous une alimentation que l'on peut comprendre, avec des goûts variés, faite en temps réel, avec une durée très courte de vente -un jour pour les sushis et deux jours pour les salades-avec l'abolition du transport...

  Sushi Daily, Carrefour, Rouen

Comme toujours dans la cuisine japonaise, les constituants sont extrêmement nombreux, même si la gamme offerte à la vente est courte. Citons parmi la quinzaine de produits, le surimi , l’avocat, le concombre, des oignons frits, de la sauce de soja, du wasabi (du raifort à la couleur verte tapante)…Le rouleau est trempé dans la sauce soja et saupoudré d’oignons frits ajustés avec un peu de sucre. Le tout donne un goût intéressant et complexe en bouche.   Pour accompagner cette barquette de poisson, nous avons choisi une salade de choux blanc salé-sucré-vinaigré et une salade d’algues verte fluo à l’assaisonnement identique. Bières et sakés figurent aussi à l’étal de Sushis Daily, ce qui permet de compléter la dégustation chez soi, sans avoir à sortir et en mangeant du frais.  

Sushi Daily, Carrefour, Rouen

Pour suivre le chemin

. La barquette de sushis a coûté 7 EUR pour 220 grammes, 3,20 E pour la salade d’algues (80gr) et 2 E pour la salade de choux (80gr). Il faut accompagner le repas de riz, sous peine d’avoir un peu faim.  

. A découvrir dans un Sushi Daily, qui essaime maintenant en Belgique, en France, en Espagne, Italie, Suisse et ...New York. A propos de la nationalité de l'entreprise mère d'origine, je n'ai rien trouvé sur le Net. En France, le chef est français. Il  s'agit d'une société créée spécialement pour l'Europe, sur le même concept et le même design. Quant à la nationalité des personnes qui y travaillent, elle est japonaise selon les employés.       

. Photos Elisabeth Poulain

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A Soulaines sur Aubance, le Manoir de Noizé retrouve son jardin

8 Octobre 2012, 18:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les Journées du Patrimoine nous offrent chaque année des « cadeaux » d’un style bien particulier. Pour 2012, citons la re-découverte de grands noms du patrimoine français tel que celui des Brissac au Château de Brissac dans la ville éponyme (du même nom) ou la découverte d’un site dans la vallée bien secrète de l’Aubance. On connaît les vins de l’Aubance, on connaît mal la vallée en tant que telle et encore moins des belles demeures comme ce Manoir de Noizé à Noizé, comme le Château de Brissac est à Brissac!

   Manoir de Noizé, vue sur l'Aubance, Soulaines sur Aubance

La Vallée de l’Aubance. Elle mériterait vraiment qu’un sentier de promenade soit créé le long des rives de cette petite rivière de 35 km qui naît à Louerre à l’Est et se jette dans le Louet, un affluent de la Loire un peu au-dessus de la petite ville de Denée à l’Ouest. La Vallée offre des paysages ruraux avec des faibles déclivités. C’est la douceur qui prime avec ces paysages de bocage, troués sur les coteaux par des vignes protégées par des petits bois souvent sur le plateau. Il y a peu de grands bâtiments pas de grandes villes. Deux villages seuls ont le privilège de porter le nom de la rivière, Soulaines est l’un d'entre eux.

A Noizé, il n’y a pas vraiment de hameau.  Il reste par contre une belle forêt située à gauche de la D123 qui relie Sainte Mélaine sur Aubance à Soulaines. Elle porte le nom de Forêt de Noizé et donne son nom au circuit de Petite Randonnée de 12 km (4h) figurant dans le topoguide « L’Anjou à pied ». La présence du château de Noizé, qui est situé sur la droite de la route, en entrant au village est annoncée par un petit panonceau à son nom. Il faut alors rouler quelques centaines de mètres pour arriver devant une belle demeure un peu austère à l’histoire mouvementée.

Manoir de Noizé, Soulaines sur Aubance

Des recherches ont permis au nouveau propriétaire d’établir qu’un ensemble de bâtiments plus étendu était fortifié en 1539 à cet endroit, sur les terres du Château de Clermont. Seul reste de cette époque, un élément d’une porte à l'allure d'une tour à l’entrée près du pont. Le bâtiment principal  fut remanié à plusieurs reprises.  Une chapelle et une bibliothèque qui fermaient le corps central sur la gauche furent détruites, sans que l’on sache pourquoi. L’ensemble a été en 1755 la propriété d’Augustin Brizard. La période révolutionnaire qui suivie ne fut pas tendre. En 1793 le manoir fut incendié par les troupes républicaines. Tous les actes disparurent, ce qui explique le long silence qui s’abattit dès lors sur le domaine.

Manoir de Noizé, Vue du haut, Soulaines sur Aubance

La propriété a été rachetée en 1990. De gros travaux durent être effectués à l’extérieur d’abord pour pouvoir dégager le terre-plein central et accéder à l’intérieur. Le bâtiment lui-même faisait l’objet d’attaques frontales de la part d’arbres qui sortaient des toits ou de puissants ronciers qui rentraient par les fenêtres.

A l’extérieur, la reconquête du jardin commença par la remise en eau des douves. Puis l’espace devant les écuries et à l’arrière du grand bâtiment a été choisi pour y implanter une composition très structurée en carré, ornée en bordure par des haies basses et plantée de topiaires en ligne. Le pari est réussi. Les trois ans de mise en terre en témoignent.  

Manoir de Noizé, Orangerie, Soulaines sur Aubance

La promenade d’une heure environ permet de faire le tour de la partie centrale en montant sur le haut du coteau de façon à avoir une vue plongeante, puis de traverser la forêt avant de redescendre vers l’Aubance en la traversant et revenir par la rive gauche pour retrouver l’entrée. Un bien belle promenade en un lieu un peu secret, avec un cheval dans le pré pour toute rencontre….   

Pour suivre le chemin

Manoir de Noizé, le pont, Soulaines sur Aubance

. Attendre les Journées du Patrimoine 2013 pour faire le tour du Parc en traversant l’Aubance dont l’eau coule au pied du manoir.

. Et compléter le site très succinct de   http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Noiz%C3%A9

. Photos Elisabeth Poulain à voir dans" Vallée de la Loire-Patrimoine"

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Des pommes? Oui, mais des INRA d'Angers-Beaucouzé, avec une recette

3 Octobre 2012, 11:55am

Publié par Elisabeth Poulain

Ne cherchez pas sur votre liste une variété de pommes, dont le nom serait INRA qui est, vous le savez forcément, l’Institut national de la Recherche agronomique en France. Celui-ci a des sites implantés en des terres bien connues des chercheurs et, en matière des pommes, des fins connaisseurs-mangeurs de pommes. Il y a un tel endroit sur le territoire de Beaucouzé, une ville voisine d’Angers, tout près du plateau universitaire angevin de Belle-Beille qui accueille, en matière végétale, les étudiants d’Agro-Campus Ouest. De l’autre côté de la rue, se trouve le service des Parcs et Jardins de la Ville d’Angers situé aux abords de l’Etang Saint-Nicolas, qui est en fait un lac de 4kms de long entouré d’une forêt autrefois rattaché à l’Abbaye Saint-Nicolas où  la vigne était présente.

Pommes-Poires, les agents, INRA-Angers, 

Chaque année, à cette époque quand commence la récolte des premiers fruits arrivés à maturité, l’INRA vend des pommes, ses pommes, celles sur lesquelles l’Institut poursuit ses recherches à l’Unité Expérimentale Horticole. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans un des grands hangars dans lesquels la vente s’effectue le jeudi après-midi de 13h30 à 18h tant qu’il y a des pommes et des poires à vendre, grosso modo jusqu’en janvier. Pour trouver le site, il suffit de suivre le panonceau ou plus simplement le train de voitures qui tourne à droite dans la rue Georges Morel après être passé devant les bureaux de l’Institut. Les habitués connaissent bien les grands hangars où les pommes sont stockées après la récolte. Une tradition veut qu’on goûte les différentes variétés avant de faire son choix et de passer commande. 

 Pommes, Poires, les agents, INRA Angers

L’implantation de l’INRA sur place date des années 1960. On y travaillait cependant la vigne depuis 1902 pour les besoins d’un laboratoire d’œnologie.  Il a été décidé ensuite que la vigne serait localisée à Montreuil-Bellay, au lycée, qui s’appelle maintenant "Lycée viticole Edgar Pisani". Il y a toujours cependant une "Unité Vigne et Vin" à Angers-Beaucouzé comme me le précise Arnaud Lemarquand, le directeur du site où travaillent 20 agents.  Ce que les Angevins connaissent le plus cependant, c’est la spécialisation sur la pomme, la poire ainsi que sur le rosier. Mais il y a aussi le coing et le genêt.

Pommes Ariane, INRA-Angers 

Les travaux de l’Unité de Recherche portent sur la conservation des ressources génétiques des pommes, des poires et des coings ainsi que sur la création variétale dans ce domaine des fruits. « Notre création variétale de pomme la plus connue actuellement est ARIANE, dont l’hybridation par croisement date de 1979 et la mise sur le marché de 2002. Ce laps de temps, qui peut sembler long, est même rapide pour une variété nouvelle qui subit de nombreux tests de validation avant sa commercialisation. Cette pomme présente beaucoup de qualités qui sont bien appréciées des amateurs. Elle est bonne à croquer, fraîche en bouche, acidulée et sucrée… On peut aussi citer INITIAL, qui est une pomme précoce et VERLINE, une pomme verte. Notre création la plus connue est CHANTECLERC que l’on connait aussi sous le nom de BELCHARD…

Nous avons aussi des contrats de recherche portant sur les rosiers sur lesquels nous effectuons une cartographie génétique de façon à identifier les gênes à l’origine de la remontée de floraison, ainsi que sur les genêts en vue d’obtenir des créations variétales. 

Pommes, Poires...INRA Angers, Arnaud Lemarquand 

Je suis ingénieur de recherche depuis 12 ans. J’ai fait mes études à Versailles, à l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture. A la fin de mon cursus, je savais que je voulais travailler dans le végétal et dans la génétique…Ici, j’ai tout ça, avec en plus à l’INRA, une forte dimension à l’international grâce aux partenariats que tisse l’Institut dans le cadre de la recherche sur la pomme avec les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et un peu plus loin avec Israël, la Chine, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud… »

Pommes, dessin enfant le verger de papa, INRA Angers

Et l’entretien se termine avec « le verger de Papa », la création picturale de Guillaume quand il avait 4 ans et  celle de Solveig quand elle avait sensiblement le même âge. Solveig a été le nom transitoire donné à une pomme qui porte maintenant le nom officiel de « Story »…

Vous avez compris que Guillaume et Solveig sont deux des (grands) enfants d’Arnaud Lemarquand. Et que la pomme, c’est toute une histoire, comme vous la raconte Miss Malus Floribunda, malus désignant la pomme en en latin et floribunda signifiant « qui porte beaucoup de fleurs » !     

                                                                        *

La recette chic et choc de Miss Malus Floribunda à l'usage des enfants...et des autres   

.1.Pour commencer, tu réunis tous les ingrédients pour faire ta recette : une pomme par personne, un peu de chocolat, quelques noisettes que tu brises au casse-noisette en petits morceaux avant, une petite casserole, une assiette pour préparer les pommes et une assiette par petit gourmand (c’est toi) et si tu as une copine ou un copain, une assiette pour chacun d’entre eux. 

.2. Tu poses  à coté de toi dans la cuisine, une pomme Ariane, avec un bâtonnet de bois. Tu demandes à ta maman ou à ton papa de bien t’enfoncer le bâtonnet dans la pomme.  

.3. Dans une casserole, tu fais fondre à feu doux et en surveillant bien du chocolat, noir, au lait, ou blanc, comme tu préfères.

.4. Tu trempes ensuite bien ta pomme en la tournant dans la casserole en veillant bien à mettre du chocolat partout. Tu la poses ensuite délicatement sur une petite assiette en la saupoudrant de morceaux de noisette.

.5. Tu places l’assiette avec la pomme pendant une heure au réfrigérateur. Ca, c’est le plus difficile, parce qu’une heure, c’est très très long quand on est un « petit gourmand ».

.6. Et après, ouf, tu manges ton « Ariane au chocolat et noisettes ».

Pour suivre le chemin

. Lire la fiche descriptive sur l’Unité expérimentale de Bois l’Abbé-La Rétuzière que dirige Arnaud Lemarquand sur http://annuaire.inra.fr/afficherStructure.action?code=0449&type=SO

. Consulter le site de l’INRA d’Angers-Nantes pour en connaître plus précisément son champ de compétence et ses spécificités, à voir sur  http://www.angers-nantes.inra.fr/le_centre_inra_angers_nantes

. Le site d’Angers se trouve  42, Rue Georges Morel, BP 60057,  49071 Beaucouzé cedex, +33 (0)2 41 22 56 00. Le site est fléché à l’intention des acheteurs à partir du plateau universitaire. Les ventes de pommes se font le jeudi après-midi de 13h30 à 16h30 dans la limite des stocks disponibles...  Vérifier avant d'y aller!

Poires, INRA Angers

. Sur les variétés de l’INRA, voir http://www.inra.fr/internet/Directions/DIC/presinra/SAQfiches/pommespoires.htm

. La recette figure dans le site dédié à Ariane. Découvrez les qualités de cette pomme sur http://www.pomme-ariane.com/?page_id=708

. Photos Elisabeth Poulain

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L'Alliance entre la terre du cimetière et la plante près de la tombe

29 Septembre 2012, 10:21am

Publié par Elisabeth Poulain

En France, dans les villages, ce sont les employés communaux qui sont en charge de l’entretien des cimetières. La commune a en effet pour obligation légale d’entretenir cet espace si particulier. Il faut aux yeux des habitants que leur cimetière soit « propre ». C’est aussi une des premières exigences des personnes étrangères à la commune qui viennent s’y recueillir.  Une autre raison tient au lien qui est fait entre ce propre et la fleur et plus largement la plante. La culture française attache une importance toute particulière au fleurissement des tombes, en particulier lors des fêtes de la Toussaint ainsi qu’à Pâques. Ce fleurissement est d’ailleurs une obligation découlant de la loi pour les tombes des soldats morts pour la France.

   Eure, Eglise, Tombes fleuries, Morts pour la France

La plante vise toutes les espèces végétales volontairement plantées  et pas seulement les fleurs qui, comme chacun sait depuis Jacques Brel, sont périssables ou même les potées fleuries de chrysanthèmes qui durent un peu plus longtemps à la Toussaint. J’ai choisi dans le titre de parler plutôt de la plante qu’on apporte en pot et qu’on met en terre plutôt que du végétal  avec son petit côté réglementaire.  

Eglises, Eure, Tombes végétalisées, 2012

C’est sur cette mystérieuse alliance que porte ce billet, avec des exemples choisis dans des cimetières anciens attenant à des églises de village situés dans le département de l’Eure lors de visites de découverte faites pendant l’été 2012. Sur la sélection faite par France Poulain, ABF de l'Eure (Architecte des Bâtiments de France), on voit des fleurs, des couvres-sols persistants, des arbustes ou même des petits arbres plantés aux abords des monuments ou sur la tombe elle-même soit parce qu’il n’y a jamais eu de monument, qu’il n’y en a pas encore ou qu’il a disparu. Une grande diversité se dégage de la co-existence de pratiques liées au végétal en un même lieu d’espace-temps qui s’inscrivent évidemment dans une continuité historique et qui vont voisiner dans le cimetière.

  Alliance-plantes-tombe-France-Poulain 1   

 Un tel espace hyper-sensible du fait qu’il touche au sacré est un des miroirs de notre société. Le lien avec le végétal ne s’en exprime que plus fortement au fil du temps. Seule reste, triomphante de vitalité, une plante que personne n’a jamais coupée si ce n’est pour son bien ou pour la sécurité, un arbuste devenu arbre qui a pris toute la place… 

Alliance-plantes-tombes-France-Poulain 2 

La plante témoigne d’un instant, celui de la séparation qui frappe les proches par sa violence et son irréversibilité. Le groupe familial, amical et social réagit en apportant des fleurs et maintenant aussi des plantes fleuries, plus que des couronnes dont l’usage est laissé aux cérémonies officielles. On repère vite ces tombes qui disparaissent sous les fleurs. Au fil du passage du temps, les fleurs sont remplacées par des plantes fleuries en fonction des saisons. Elles attestent qu’une ou des personnes viennent régulièrement entretenir la tombe.  C’est un signe social fort, surtout dans les villages.

Eure, Eglise, Cimetière,, Tombes végétalisées 

Un pas suivant est franchi quand la plante est sortie de son pot pour être mise en terre de façon à lui assurer une durée de vie plus longue. A partir de ce moment, elle peut avec un peu de soin et quelques gorgées d’eau, quand c’est nécessaire, acquérir son autonomie. Elle peut tellement bien s’acclimater qu’elle devient une partie constitutive de l’ensemble. Sans elle, la tombe et son environnement seraient vides et froids. Avec elle, l’atmosphère change au point d’identifier un endroit dans le cimetière. La plante montre que le site est vivant. Quelqu’un a planté ces végétaux et s’en occupe. Les visiteurs et les jardiniers les respectent, en faisant un détour par exemple pour ne pas marcher dessus. Plus tard, la plante prend toutes ses aises, au point de cacher complètement la tombe.

Eglises, Eure, Tombes végétallisées 

Il arrive  un moment où l’équilibre se rompt sous la force de la plante devenue arbre par exemple. Il faut alors aux jardiniers de la collectivité  intervenir avec de grands moyens. J’ai ainsi vu la souche d’un gros arbre restée coincée dans le socle du monument funéraire.    

Dans d’autres cas, le cycle de destruction va plus loin. Il ne reste plus du monument que des pierres cassées, des morceaux de la croix en fer, avec ci et là des fleurs en céramiques comme on en trouvait encore beaucoup dans les cimetières jusque dans les années 1960...      

Blog 20120802-Eglises and co-Eure 212

Poursuivre le chemin

. Ce billet est dédié à tous les jardiniers, qu’ils soient amateurs ou salariés, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui veillent, dans l'Eure et ailleurs,  sur ces précieux patrimoines…

. Photos de France Poulain que je remercie très vivement pour avoir réalisé ces deux très belles planches photographiques du végétal dans des cimetières anciens entourant des petites églises du département de l’Eure, en 2012. Autres photos EP, à voir dans l’album « Vegetal City ».  

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Seiches sur le Loir, vue et revue par Louis Maucourt, historien

25 Septembre 2012, 11:13am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est avec un grand plaisir et beaucoup de compétence que Louis Maucourt s’est spécialisé au fil du temps dans la reconstitution de l’histoire des petites villes qui ont gardé leur « esprit village ». Il a ainsi déjà travaillé sur Soucelles, Briollay, Tiercé et … Seiches pour laquelle il éprouve un lien tout particulier d’intérêt historique et d’affection. C’est en effet son deuxième ouvrage qui éclaire le développement de cette ville de plus de 3 000 habitants qui a toujours été liée à Angers dont elle n’est éloignée que de 20kms au nord.

Seiches, Matheflon- Le Loir

La Vallée du Loir suscite chez lui une curiosité bien particulière. C’est en effet un territoire qui continue à garder un certain mystère depuis des siècles, un mystère qui naît pour partie de l’ombre que lui fait sa grande sœur, la Vallée de la Loire. Distinguer le Loir de la Loire continue à être une difficulté pour un grand nombre de touristes étrangers. Mais il n’y a pas que cela dans l’attachement que l’auteur Louis Maucourt porte à Seiches dans cette refonte de la première édition datant de 1999, enrichie avec de nouveaux documents et une nouvelle iconographie.

Le propos de l’auteur n’est pas seulement de raconter l’histoire de Seiches, la petite comme la grande, mais de montrer comment les deux s’imbriquent l’une dans l’autre dans cette boucle de la rivière « Loir », placée sous le signe de l’eau. C’est l’eau abondante et accessible qui a permis l’implantation des grands moulins sur les bords de cette rivière. C’est l’eau qui a permis l’acheminement des pierres, celles avec lesquelles sont édifiés des châteaux dont l’importance nous étonne encore. Il est vrai qu’une des particularités de Seiches sur le Loir est sa grande superficie (2883 ha).  

Seiches, Le Loir, Arbre

L’eau encore qui s’associe avec la terre riche pour fournir le blé à moudre au moulin et l’herbe tendre à brouter aux vaches. Outre le lait et la viande, elles ont aussi donné leur cuir comme matière première à la création d’une puissante industrie du tannage, tout en préservant la profonde culture rurale et forestière du lieu. Car l’arbre est aussi une des lignes de force du lieu. Encore aujourd’hui, la forêt, qui n'a pas été morcellé, occupe près d’un quart du territoire de la commune, comme on peut le voir dans le Bois de Boudré (260ha), qui est la propriété du Conseil général du Maine et Loire . C’est la forêt qui a donné le bois, indispensable aux constructions, aux moulins, au chauffage, aux bateaux qui assuraient le transport par eau…qui explique aussi pourquoi tant de bonnes fées se sont penchées sur le site.  

 Seiches-Matheflon-Eglise-LainardIMGP5520  

Ce territoire  est en effet apprécié depuis fort longtemps, comme en atteste le Dolmen de la Pierre au Loup  édifié il y a 4 000 ans au néolithique. Après une longue période d’endormissement, le réveil s’est marqué au XIe siècle par la création du Prieuré Saint-Aubin dépendant de l’Abbaye du Ronceray d’Angers. Au XIIe siècle, le Seigneur de Matheflon contribua à la construction de l’Abbaye de Chalocé à Chaumont d’Anjou et la dota de la propriété des Bois de Boudré situé entre le hameau de Matheflon et le Loir. La présence religieuse aujourd’hui encore est visible grâce  à l‘ancien Prieuré remanié et jouxtant l’Eglise Saint-Aubin (XIIème – XIXème), le « Couvent »,  ancien logis ou Prieuré Sainte-Croix (XVe siècle) desservant jadis le Château du Verger, la Chapelle Notre-Dame de la Garde (XVe), haut lieu de rencontre des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. On voit encore à Seiches, la ferme de la « Coquille », « l’Hostellerie Saint Jacques », l’emplacement des « bourdons » ou « bâtons des pèlerins" sur les tours encore existantes du Château du Verger.

Seiches, Matheflon- Château du Verger

De nombreux monuments  de prestige demeurent encore aujourd’hui. Citons parmi les plus célèbres, ce Château du Verger situé à la sortie du hameau de Matheflon qui dépend de Seiches, au nord en allant vers la forêt qui encore aujourd’hui occupe une bonne partie du nord de la boucle du Loir. La notoriété de ce domaine clos de 7 kms de murs enserrant 160 hectares, tient non seulement au bâti très classique dont il ne reste que la partie avancée visible de la petite route, mais aussi aux jardins dont le raffinement et l’importance montraient clairement une volonté de prestige. Son appartenance à la grande famille des Rohan explique vraisemblablement cela.

Construit en 1499, sur la base d’une ferme fortifiée (1441),  il fut détruit en 1776. Mais il a conservé ses tours d’entrée et ses douves en eau impressionnantes dans un paysage aussi paisible. C’est dans ce prestigieux château que fut signé le Traité dit « Du Verger », ou « Traité de rattachement de la Bretagne à la France ». Au XIXe siècle, la construction d’autres châteaux de style néogothique pour certains témoigne de la vitalité de la commune à cette époque d’ouverture de la société du en particulier au développement des transports terrestres, qui modifièrent profondément l’équilibre économique.

Jusqu’à cette époque et pendant plus d’un millénaire, c’est le transport fluvial qui avait assuré une grande partie des échanges commerciaux. Le port de Seiches était actif. Il avait pour avantage d’être un avant-poste de la grande ville d’Angers, avec  trois moulins encore en exercice au début du XXe siècle. Aujourd’hui un des plus célèbres moulins de la Basse Vallée du Loir est assurément toujours celui de Matheflon qui date du XVe siècle.

Seiches-MatheflonI, Moulin

 

Située à un endroit stratégique, au bord du Loir jadis navigable et au croisement de la route impériale reliant Nantes, Angers à Paris et d’une transversale entre les vallées du Loir et de la Sarthe, la ville a connu dès lors  un fort développement industriel avec une papeterie, une filature de laine, une fabrique de pointes, une carrière de grave et aussi un remarquable savoir-faire dans le travail du cuir. C’est sous le nom des « Tanneries angevines » qui employèrent jusqu’à 400 ouvriers, que cette industrie modela profondément l’architecture et l’urbanisme du centre de la ville de Seiches au milieu du XXe siècle.

Aujourd’hui, la ville s’est résolument engagée dans une nouvelle aventure territoriale d’importance de façon à gagner en synergie en jouant, dans le cadre du pays d’Angers, la carte de la « polarité » au sein de la Communauté de Communes du Loir axée au niveau de son développement sur trois filières : « l'Agro – alimentaire  et la filière  Agricole », la filière « Industrielle » et la « Logistique-Transports » plus particulièrement en direction de « l’e-commerce »...

Et c’est Louis Maucourt grâce à son ouvrage qui montre la profonde cohérence de l’histoire de ce territoire emblématique que constitue Seiches sur le Loir ! 

Seiches-M. Maucourt

 

Pour suivre le chemin

. Lire le nouvel ouvrage de 640 pages de Louis Maucourt « Seiches-sur-le Loir en Anjou, Un territoire, Lieu de rencontre avec l’histoire de France », avec une nouvelle iconographie et des cartes anciennes, à se procurer auprès de l’association « Familles rurales de Seiches », 7, rue des Moulins Matheflon, 49140 Seiches sur le Loir, 02 41 76 21 99  et 06 85 82 15 16, pour un coût préférentiel de 20E l’unité lors de la souscription, 25E ensuite.

. Aller voir le Loir à Seiches et consulter avant http://www.seiches-sur-le-loir.fr/ ainsi que http://fr.wikipedia.org/wiki/Seiches-sur-le-Loir avec cette très belle photo aérienne du centre de Seiches  et aussi pour aujourd'hui  http://www.cc-duloir.fr/vitalite_economique.aspx  

SEICHES~Vue aérienne-Cité-des-Rabières 

. Découvrir en photo le dolmen situé dans un domaine privé au lieu-dit « Grandchamp du Loup », sur http://patrimoine-de-france.com/maine-et-loire/seiches-sur-le-loir/dolmen-dit-la-pierre-au-loup-2.php

. Photos Elisabeth Poulain, AL et Wikipédia pour celle du bas, avec mes remerciements  

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La Place La Rochefoucault, Angers ---) Variations sur son nom et son avenir

22 Septembre 2012, 11:19am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Cette place pose tant de questions qu’elle en devient exemplaire de l’histoire et du développement d’une ville. Elle rassemble tant de problématiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain, qu'elle en devient exemplaire,  en un lieu qui est de nos jours un parking gratuit pour presque un millier de voitures le jour et quand ce n’est pas interdit. Elle pose aussi - et c’est ce qu’on va voir cette fois-ci - la question de sa dénomination, car elle n’a de place que le nom sans en avoir les attributs. 

Place La Rochefoucault, Carte au sol, Le Quai

Au cours son histoire, ses usages pourtant multiples n’ont pas permis de dégager d’appellation mieux adaptée. On peut émettre l’hypothèse que le choix du terme de « Place » a été une façon d’anoblir le site et une façon d’en montrer les avantages pour la ville et pour le quartier qui se plaignait d’être un peu  oublié par les édiles. Quant à dire « La Rochefoucault », encore faudrait-il lui restituer l’entièreté de son appellation et donner une majuscule à « la ». Il n’y a pas ici de Roche Foucault, comme me l’a fait remarquer un étudiant étranger en master (« je n’ai pas trouvé de place, ni de roche mais plein de voitures… »). Il y a eu un duc, celui de François de La Rochefoucault-Liancourt, qui est le fondateur des Ecoles des Arts et Métiers. La « Place La Rochefoucault » débute en effet juste devant l’entrée principale de l’Ecole qui jouit également d’une avenue à son nom, l‘avenue des Arts et Métiers qui relie l’entrée perpendiculairement à la Maine. C’est vraisemblablement la plus petite avenue d’Angers qui a aussi la particularité de fermer la place en aval. C'est le grand espace allongé vide que vous voyez à gauche de la rivière sur sa rive droite.

Comment doit-on appeler cet espace  urbain  planté en son pourtour de hauts platanes, au bord de la plus petite rivière de France, La Maine, longue de 12 kms? Elle relie la jonction de la Sarthe et la Mayenne enrichie du Loir à la Loire à Bouchemaine, la bien nommée, après avoir traversé Angers. 

La place a la forme  d’un grand quadrilatère qui s’élargit au fil de la descente de Maine. Longue de plus de  600 mètres, sa superficie couvre un peu plus de 4 hectares. Bordée par une rangée de platanes, doublée le long du seul quai qui reste à Angers de son riche passé fluvial, la place occupe l’espace disponible entre les deux ponts centraux de la ville, à savoir le Pont de Haute Chaîne en amont et le pont de Verdun en aval, à l’exception de la partie la plus en aval qui était déjà construite.  Sa situation en rive droite de la Maine, face au centre en rive gauche, en fait un emplacement privilégié.

Place La Rochefoucault, Partie centrale, Point Bus

La principale caractéristique de ce grand espace résiduel entre les rangées de platanes, qui sont "protégés" au plan juridique, est en effet  sa quasi-vacuité qui permet de lui affecter des usages polyvalents gratuits. Ce poumon de respiration offre des usages  multiples. Actuellement sa fonction majeure est  servir de parking gratuit à voitures pour les résidents proches,  ceux qui se rendent en centre-ville rive gauche et surtout  à ceux qui travaillent au CHU (6000 personnes, le premier employeur de la ville), situé juste au-dessus de la place, en amont du Pont de Haute Chaîne, face au nouveau pont Confluence, en rive droite. Il est peut être utile aussi de préciser que ce parking est plein tous les jours et qu'il continue à attirer des automobilistes en quête d’une place qui viendrait de se libérer miraculeusement juste devant eux.  C’est dire que le site est quasiment toujours engorgé.

Parler du parking La Rochefoucault serait pourtant erroné même  s’il en est ainsi près de dix mois sur douze grosso modo le jour. Ce n’est pas tellement parce que la collectivité s’est toujours refusée à tracer à la peinture blanche les emplacements des voitures, c’est plus vraisemblablement pour montrer en langage non verbal que la place n’est pas un parking, même si vos yeux vous disent le contraire. C'est là que se déroule la Foire annuelle de la ville. 

Place La Rochefoucault, Platanes proches entrée Les Arts et Métiers

Peut-on alors parler de la Place La Rochefoucault ? Une place nait de la rencontre entre plusieurs rues. C’est un lieu de rassemblement et de passage. Plus on va vers le centre des villes, plus les places sont des lieux privilégiés où l’on s’arrête pour voir les autres, boire un pot, lire son journal, fumer une cigarette, discuter avec d’autres… C’est aussi un endroit ou la fréquentation élevée des gens attirent l’implantation des commerces. A Angers, la première place est sans conteste celle du Ralliement, d’où la voiture a été chassée afin justement de conforter son rôle central d’animation de la ville. En lieu et place de la voiture, c’est maintenant le tramway silencieux qui la traverse au milieu des gens qui se promènent, prennent un pot…. 

Ce n’est pas au Ralliement, la place bien-nommée au centre d’Angers, face au théâtre, qu’il y a le plus de commerces mais c’est bien de là que se fait le rayonnement piétonnier de ceux et celles qui font du  « shopping ». La preuve aussi de cette centralité reconnue par tous, de nouvelles terrasses se sont implantées sur l’espace devenu piétonnier. A La Rochefoucault, c’est le contraire : il n’y a au centre du lieu que des voitures. Dire alors que « La Rochefoucault » est une place est à mon sens peu adapté. Ce serait plutôt un espace. polyvalent

Place La Rochefoucault, Voitures en attente de départ 

L’Espace La Rochefoucault ? La difficulté à Angers est que ce mot est déjà utilisé pour des espaces intérieurs, comme l’Espace Welcome, et non pas comme ici sur l’espace public ouvert à tous. On peut marcher à La Rochefoucault, pas seulement pour sortir de sa voiture et y revenir, mais pour se promener à pied ou à vélo le long du Quai Monge entre les grands arbres en haut ou en bas pour être plus proche de l’eau. Cette ancienne île bordée d'eau  est assurément le plus  bel endroit d’Angers pour en particulier voir la cathédrale et au loin les grosses tours du Château d’Angers. Cette fonction touristique est pourtant la plus récente dans la longue histoire de la ville. On re-découvre actuellement l’importance du site, pas seulement pour la collectivité, des groupes, les habitants proches très soucieux de garder le patrimoine de la Doutre inchangée mais dorénavant aussi pour les promeneurs, les touristes…

Place La Rochefoucault, La Maine, Le soir

Des autres usages de « La Rochefoucault ». Ils ont été particulièrement nombreux au cours de l’histoire. Elle a successivement accueilli des foires aux bestiaux, une Fête des Fleurs en 1894 où vint se produire la célèbre danseuse américaine,Loïe Fuller qui a inventé et protégé par brevet sa « danse aux voiles »,  des parades militaires, des feux d’artifices lors du 14 juillet, la  foire-exposition d’Angers pendant de nombreuses années et la foire Saint-Martin depuis 1964… Actuellement elle est toujours utilisée lors de cette foire  pendant les trois semaines du mois de novembre ainsi que ponctuellement comme dernièrement pour la Fête estivale des Accroche-Cœurs. Cette polyvalence conforte son importance et pourtant le mystère demeure. Combien de villes gardent-elles entières aujourd’hui des unités territoriales de cette étendue en pleine ville? Il faut en effet avoir vu cet espace à nu pour en comprendre son importance et sa force qui ne vient pas seulement de la hauteur des platanes. Peut-être faut-il alors voir l’endroit autrement.

Place La Rochefoucault, Promenade sous les platanes, l'hiver

Parking, Place, Espace… y-a-t-il eu dans l’histoire d’autres appellations pour cet endroit au caractère très spécial et remonter par exemple plus loin dans l’histoire, à la naissance du lieu. L’endroit résulte en effet d’une décision de la mairie en 1867 de réguler le cours de la rivière afin d’en faire un terre-plein au bénéfice du quartier en extension. Pour cela, la priorité a été de combler le Boire Saint-Jean entre l’Hôpital Saint-Jean que l’on peut toujours admirer aujourd’hui et l’Ile Saint-Jean qui existe à sa façon puisqu’elle a été « avalée » sous la place. Une des conséquences a été que l’Hôpital Saint-Jean a été coupé de son accès à la rivière. C’est ainsi que l’on découvre que cette place est à la fois une ile dans sa partie la plus en amont et la plus étroite et un boire comblé par des remblais divers et variés dans sa partie la plus large devant l’entrée de l’Ecole d’Ingénieurs des Arts et Métiers.

Les Arts et Métiers Angers, Face à La Rochefoucault

A cette dualité profonde, l’une terre dans l’eau, l’autre eau dans le remblai, a correspondu également une dualité des maîtres d’ouvrage pas toujours d’accord entre eux sur la vitesse à laquelle faire les travaux. L’Etat s’est occupé de la construction du quai haut pour faire barrage à l’eau tandis que la Ville avait pris  en charge le remblaiement du vide à combler à l’intérieur. La double opération a été longue : 17 ans pour les quais (1884), 18 ans pour le comblement (1885). On comprend mieux pourquoi on n’a jamais construit dessus. D’ailleurs le site est maintenant un espace naturel boisé classé et donc protégé à ce titre. Un autre lien est à faire également concernant cette fois-ci les platanes qui eux-mêmes font partie des arbres remarquables du Maine et Loire. Atteints par une maladie qui s’étend désormais au niveau mondial, ils font l’objet d’études très poussées in situ par les chercheurs des laboratoires de Végépolys dont le siège, on le sait, est à Angers. Des essais sont actuellement en cours pour limiter voir éradiquer ces atteintes mortelles pour ces arbres qui souffrent aussi de la pollution urbaine.

 Place La Rochefoucault, Entre deux platanes, la Cathédrale

C’est maintenant que commence la phase 2 de la rénovation des Berges de la Maine, désormais appelée « Angers Rives Nouvelles », avec l’équipe d’Urbanisme de François Grether accompagné de Phytolab pour la partie végétale  qui a remporté le concours d’urbanisme.  On verra, c’est sûr, un jour, bientôt peut-être, un jardin fleurir, de l’herbe pousser, au milieu d’un parcours d’eau, cette fois-ci à nouveau sur l’Ile de La Rochefoucault. On marchera à nouveau, cette fois-ci à La Rochefoucault, comme déjà maintenant plus bas au bord de l’eau. L’Hôpital Saint-Jean aura à nouveau son lien à l’eau, non plus pour lui apporter les malades, comme pendant plusieurs siècles, mais pour accueillir des visiteurs curieux de sa longue histoire et désireux d’admirer les tapisseries de Jean Lurçat.

Place La Rochefoucault, Promenade sous les platanes

Pour finir ce billet, je vous conseille de vous rendre sur cet espace un jour où il n’y a pas de voitures, où il n’y a « rien ». Ce « rien » a une force impressionnante, que vous ressentez jusqu’au fonds de votre moelle. Quand en plus, vous avez la chance de voir les arbres nus, une fois leurs feuilles tombées à terre, vous savez que l’endroit parle. Il se passe quelque chose ici. Vous voyez l’Hôpital Saint-Jean, La Maine en contrebas du quai, vous sentez avec certitude  que bientôt La Rochefoucault apaisée deviendra la balade la plus courue d’Angers.  

Place La Rochefoucault, Le Rien, le Vide   

Pour suivre le chemin

. Lire « Angers au cœur, Chroniques d’une ville » aux éditions des Etudes Angevines, de Sylvain Bertoldi, archiviste –paléographe, conservateur en chef du patrimoine, par ailleurs chroniqueur dans le magazine « Vivre à Angers », qui consacre trois articles très complets à La Rochefoucault « Une place gagné sur l’eau… », « Le kiosque oublié de la Place… » , « La première foire-exposition 1924 »

. La Place La Rochefoucault dans la Doutre n’est pas mentionnée, semble-t-il, en tant qu’endroit remarquable dans l’article de Wikipedia consacré à ce quartier rive droite, ni dans celui concernant la Ville.

. L’Hôpital Saint-Jean a été construit en 1175 à la demande d’Henri II Plantagenet, Roi d’Angleterre et Comte d’Anjou. Il pouvait accueillir jusqu’à 500 malades. Il n’a été fermé dans cette fonction hospitalière qu’au XIXe siècle. Il est dédié depuis 1877 à des fonctions culturelles et accueille en particulier le « Musée Jean Lurçat et la tapisserie contemporaine » http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Saint-Jean 

. Sur le nombre de personnes travaillant au CHU, voir http://www.angers.villactu.fr/forums/la-tour-st-aubin-la-place-de-la-rochefoucault-t101-p1.html 

. Sur le Projet Grether-Phytolab concernant la Place, lire plus spécialement sur ce blog Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine   

. Photos EP prises au fil des saisons, l'avant-dernière photo est une création de Phytolab, l'agence de paysagistes nazairiens qui a gagné le concours avec l'agence Grether         

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