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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Jérémie Mourat, Négociant & Vigneron, Vendée/France & Afrique du Sud

13 Avril 2012, 16:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quelques mots en guise d’introduction. Il est de ces hommes pressés qui ont le temps de vous parler, avec une chaleur humaine rare, des qualités d’empathie très réelles et les mots pour dire son plaisir à travailler dans le vin, à construire son monde du vin, en réalisant toutes les déclinaisons qui peuvent se tricoter autour. Si on me demandait quel est l’homme de vin que des étudiants en master devraient absolument rencontrer, c’est lui. Ecoutez Jérémie Mourat parler.  

Jérémie Mourat, Vigneron, Mareuil sur Lay, Salon des Vins de Loire 2012

« C’est la vitesse du changement, qui me surprend actuellement, mais pas chez tout le monde bien sûr. Quand je dois parler de moi, je dis que je suis vigneron. Avec mes 118 hectares, je suis un vrai terrien issu d’une famille de négociants ayant travaillé dans la vente. C’est comme ça aussi que j’ai commencé dans le métier, aux côtés de mon père Jean Mourat. Au fil du temps - j’ai actuellement 34 ans et j’ai commencé en 1999 - j’ai ressenti la frustration de ne pas élaborer à 100% le produit et pouvoir assurer la qualité du produit depuis le début. Mon père, qui avait repris la direction de la Maison Mourat,  n’avait pu faire autrement que d’acheter le raisin. Il y avait 24 hectares aux Vignobles Mourat à mon arrivée, quand je l’ai rejoint. J’ai trouvé un vignoble en pleine mutation, avec des changements climatiques, des changements relationnels et une envie de faire autrement. C’est ce que j’ai fait et continue à faire.

Il faut de la terre, c’était et c’est toujours mon idée première et pour avoir de la terre pour agrandir le domaine, il faut une équipe. J’ai alors commencé à racheter la terre de ceux que j’ai embauchés pour constituer l’équipe autour de moi. Ca c’est fait comme ça : des volumes en progression, grâce à des investissements à la hauteur, ce qu’il faut de matériel, des hommes pour constituer la tribu soudée dans une aventure vendéenne, avec son côté d’île, pour faire du tout une aventure de grande ampleur, du niveau d’une grande appellation.  Quand on est seul, petit donc, pour tout faire, on a toujours le nez dans le guidon. On ne peut pas faire autrement.

Vignobles Mourat, Château du Fou, Mareuil sur lay

Ici, avec moi,  il y a une équipe soudée. Avec ce noyau de cinq personnes, à la vigne, à la cave et au commerce, on discute, on échange, on n’arrête pas. On n’a jamais fait aussi autant de si bons (vins), que depuis qu’on est aussi gros. Tout va dans le même sens, le bon sens, le matériel, les compétences, les équipes, le temps…Il y a 10 ans, on vivait une crise de croissance. C’est moi qui réparais la voiture, maintenant on est dans une écurie de formule 1, pour le changement de pneu au Mans. Voyez la différence! Un projet, ça ne se monte pas seul, mais avec une équipe, avec le temps qui joue pour nous et toujours avec la terre. 

Pour les 10 ans à venir, on sait ce qu’on va faire. Si on n’anticipe pas, on est toujours dans l’immédiateté et on court après le temps. On a trois projets majeurs. 10 ans, c’est beaucoup trop court pour faire tout ce qu’on a envie de faire. Après se pose déjà, l’histoire de la transmission. Que vont faire mes enfants ? J’ai un fils et une fille. Avec le vin, le temps joue contre nous. Mon père par exemple a fait 40 fois du vin, parce que le vin est une aventure annuelle. On ne fait du vin qu’une seule fois par an. Un chef cuisinier fait des milliers de plats et nous pas. Le temps passe très vite et il y a tellement de projets, comme celui du moulin.

Vignobles Mourat, le Moulin Blanc

Le rachat et la remise en état du Moulin Blanc s’inscrit dans une trajectoire patrimoniale que nous avons commencée mon père et moi. En 2 000, nous avons racheté le Château Marie du Fou qui domine le Lay, la rivière qui traverse le village et sur le coteau de laquelle pousse une partie de nos vignes. La sauvegarde du château a été franchement un gros chantier et ce n’est pas fini. C’est aussi une façon de rendre hommage à notre histoire, celle de la Vendée, qui a commencé bien avant les guerres de la fin du XVIIIè siècle.

La restauration du  plus vieux moulin de l’appellation est en cours. Il a été édifié en 1807 et reconstruit après les guerres de Vendée. Il est situé sur une butte à Rosnay pour prendre le vent venant de la mer dans une parcelle de vignes de 6 hectares. Je vais le transformer en un moulin à passeriller (dessécher)  les grains de raisins. Avant il broyait les grains de blé. Maintenant, il va être utile pour le raisin. C’est un lieu d’histoire où se conjuguent la terre, la pierre, le vent, avec l’air iodé grâce à l’Océan atlantique proche.

Une nouvelle aventure, celle du  Chenin en Afrique du Sud. C’est certainement le cépage en blanc qui compte le plus dans nos valeurs. En Afrique du Sud, le Chenin a été apporté par les Huguenots, dont une partie venait de Saintonge proche, à la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). Actuellement le vignoble de Chenin est plus étendu là-bas qu’ici dans la Vallée de la Loire.

South-Africa-Stellenbosch Vineyards Deon Maritz Wikipedia

Les gens y sont vraiment très chaleureux et très ouverts sur le monde, avec une forte volonté d’éloigner la chape de plomb qui pesait sur eux. Quant à moi, j’ai toujours eu la crainte de penser que toute ma vie, j’allais faire du vin en Vendée. Pourtant j’adore la Vendée. Mais je ne veux pas avoir de limite géographique.  J’ai eu un vrai coup de cœur pour la région de Stellenbosch. C’est la plus tempérée du pays, avec une forte tradition « Vin » et une université du Vin à côté.

J’y pensais depuis cinq ou six ans. Monter l’opération m’a demandé deux ans. J’ai fait plusieurs déplacements, visité les sites potentiels, rencontré des partenaires possibles, avec des psychologies différentes d’ici. J’ai trouvé une cave sur place comme partenaire. Ensemble, nous avons défini un itinéraire pour la conduite de la vigne et la vinification. La récolte des deux hectares (8 000 pieds) s’est faite en mars et la commercialisation commencera au début 2013. Les Chenin sud-africains complèteront nos gammes vendéennes. Les vendanges se sont terminées vers le 20 mars 2012. La qualité paraît très bonne, avec des équilibres très différents de ceux de la Loire, c'est tout à fait ce que je recherchais.

Pourquoi le chenin et pourquoi aller si loin? D’abord personnellement, je suis un fan de blanc ; c’est le meilleur dans nos régions, une éponge à terroir, une éponge à vigneron. Tout ce qu’on va faire, la vigne va vous le rendre. Avec ce cépage, on peut tout faire, du sec, du liquoreux, des bulles… C’est magique. Dans le sud de l’Afrique, la région est plus sèche qu’ici. Il faut donc conserver la fraîcheur, l’inverse de ce qu’on fait en Loire.   Au niveau de la vinification, le profil aromatique est la règle. Avec mon partenaire, on a choisi une vinification simple, sans artifice, loin de la vinification fardée  du bois. L’objectif est d’obtenir l’expression d’un lieu, avec un cépage maîtrisé. 

Vignobles Mourat, Vue sur le Lay

C’est au Chenin que je dois mes plus grandes émotions de ma carrière de vigneron. En 2005, j’ai pu racheter un clos de neuf hectares, le Clos Saint-André, qui domine le village de Mareuil-sur-Lay. Il y a là tout ce que je cherche, avec tout à faire. La parcelle a été replantée en chenin avec un peu de chardonnay, avec dès le début la décision de choisir la culture biologique, qui s’est ‘presque’ imposée d'elle-même dans un tel site dominant la Lay, avec une exposition plein sud. Ce mode de culture est devenue simplement LA méthode culturale actuelle. Avec le pragmatisme que nous caractérise, nous avons essayé toutes les méthodes de culture depuis 15 ans, au départ en conventionnel, puis en lutte raisonnée (Terra Vitis) et désormais, nous passons progressivement l'ensemble de nos domaines à la culture biologique certifiée. Les vignes sont labourées, les traitements phytosanitaires se font uniquement à base de plantes et de minéraux. Les sols  vivent et respirent, c'est sans doute pour cela que nos vins gagnent un souffle supplémentaire.

Quelques mots sur nos trois gros projets. Il s’agit de transformer le Château en hôtel haut de gamme, avec une belle restauration gastronomique afin de créer un pôle d’oeno-tourisme fort et cohérent. Le domaine a déjà beaucoup changé au fil de ces années. Nous avons depuis longtemps une boutique au pied du château au cœur du village. Maintenant, une personne à plein temps s’occupe de l’accueil des particuliers et des entreprises pour l’organisation de séminaires. Nous avons lancé la construction de cette salle de réunion, conjointement avec deux chais distincts pour satisfaire à la réglementation des douanes, qui exige un chai pour les vins de négociant et un autre pour ceux de vigneron. » 

Ici en Vendée, il y a un terroir magnifique. C’est un pays de contrastes, avec des gens attachants, des paysages superbes visibles et d’autres un peu secrets à découvrir, avec toujours du mystère….. La Vendée pardonne et n’oublie pas !  C’est vrai, la Vendée a beaucoup souffert durant l'histoire, et c'est dans doute une des raisons du retard pris en terme de viticulture. La génération de mon père fut pionnière dans le renouveau du vignoble. Il a fallu au départ essuyer les railleries des autres appellations. Les Vendéens sont des besogneux, nous avons beaucoup travaillé pour la qualité des vins. Les terroirs vendéens sont fabuleux et nos vins rivalisent désormais avec les appellations aristocratiques. »    

Jérémie Mourat, Vigneron, Mareuil sur Lay, Salon des Vins de Loire 2012                  

Quelques mots de commentaire en guise de conclusion. Jérémie Mourat a toujours eu un temps d’avance sur les autres, avec à la fois une vision en profondeur et une vision spatiale large. Il aborde chaque étape de son développement personnel et entrepreneurial avec un sens de la décision impressionnant. Il ne se définit pas par les autres. Il avance à sa façon audacieuse et attentive. S’il avait une crainte, ce serait l’ennui qui pourrait le guetter s’il sentait ses semelles collées si fortement à la terre qu’elles pourraient l’empêcher d’avancer, d’expérimenter, de voir ailleurs tout en confortant et en ré-ajustant ce qu’il a déjà fait.

Le temps joue un grand rôle dans sa vie. Il est arrivé maintenant au moment où selon lui, il lui faut aller voir ailleurs, rencontrer d’autres gens, passionnés de vin comme lui, parlant la langue universelle du vin, tout en restant profondément vendéen de cœur, d’esprit et d’entreprises à écrire au pluriel.

Et l'idée de penser qu'il suffit de partir à l'autre bout de l'Océan Atlantique, juste avant de rencontrer l'Océan Indien,  pour trouver un voisin accueillant et qui vous comprend, pour tous deux faire du bon vin ensemble, m'enchante tout particulièrement. Il est bien vrai qu'en tout Vendéen, il y a un marin qui sommeille!  

Clos Saint-André, Jérémie Mourat, Terres Quarts, Chenin

 

Pour suivre le chemin

. Aller au Château Marie du Fou, Route de la Roche-sur-Yon, 85320 Mareuil sur Lay, 02 51 97 20 10, jmourat@wanadoo.fr   www.mourat.com où vous trouverez toutes les gammes des Vignobles Mourat

. Voir Jérémie Mourat dans ses vignes sur http://www.dailymotion.com/video/xegl4u_les-difficultes-du-metier-de-vigner_news

. Lire un des blogs les plus intéressants du vin « La Pipette à quatre mains », du 21.01.2012        http://pipette.canalblog.com/tag/J%C3%A9r%C3%A9mie%20Mourat 

. Quelques infos sur le vin en Afrique du Sud avec de très belles photos. La photo présentée dans l'article vient aussi de Wikipedia   http://fr.wikipedia.org/wiki/Viticulture_en_Afrique_du_Sud5.01.2012

. Photos JM, avec mes remerciements, et EP pour la bouteille de Chenin et au Salon des Vins de Loire 2012.

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Chris Browne > Hagar Dunor > Le Chien > Regarder l'autre pour se voir soi

10 Avril 2012, 14:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Chris Browne, Hagar Dunor, Snert le Chien, Ouest-FranceQuelques mots d’abord pour vous situer le cadre de vie d’Hagar Dunor. On est en Norvège, ou dans un pays qui lui ressemble. En tout cas, Hagar est norvégien. Il ne le cache pas mais ne le dit pas non plus, à la suite d’une réponse que lui fait son père à une question qu’il lui a posé « puis-je dire que je suis norvégien ? » Et Papa de répondre, après avoir pris son temps pour réfléchir : « non, cela pourrait être pris pour de la vantardise ». Quelle finesse de compréhension de la complexité humaine, vous avez là !    

L’époque d’Hagar Dunor. Nous sommes au temps des Vikings mais lequel ? Certains situent l’action entre le IX et le XI è siècle. Mais ne cherchez pas, vous ne trouverez pas. C’est ce qu’a essayé de faire chacun des 240 millions de lecteurs comptabilisés en 2003, qui lui ont tous trouvé un petit air de connivence personnel allié à une profonde universalité humaine. C’est justement de ce dernier point dont je veux vous parler mais avant il faut que je vous décrive son réseau relationnel, comme on dit aujourd’hui.

Le clan de notre Viking. Attention, suivez bien l’ordre de citation et ceux qui manquent. Outre son papa, Il y a  sa fille Ingrid, son chien Snert, Homlet son fils, sa Belle-Maman, sans nom mais avec des cornes d’élan sur la tête, Kvack sa cane (la femelle canard), Eddie son meilleur ami, , sa femme Hildegarde ( !), Lute le poète et en 10, Zouk le docteur.

Le héros du jour s’appelle Znert. Il a quatre pattes, une queue balancière quand il est content et il l’est très souvent. Il adore son maître qui le lui rend bien. Tous les deux font la paire, au point que Chris Browne, fait exceptionnel chez le dessinateur, a choisi de consacrer une case unique dans cette mini-planche, l’une des six que l’artiste publiait chaque semaine dans la presse hebdomadaire. 

Le monde selon Chris Browne. Les aventures de son héros ont été traduites en 13 langues,  publiées dans 45 pays et présentées dans 1 900 journaux (dont Ouest-France dans les pages des petites annonces, pour inciter les lecteurs à voir ces pages).  Hagar Dunor le Terrible a vu son nom francisé, en enlevant les trémas. Cet Hägar Dünor est vrai un penseur philosophe, capable en outre de parler la langue des chiens. Jugez-en.

Le couple « L’Homme et son Chien ».Snert adore son maître, comme je vous l’ai dit. Et l’inverse est vrai aussi : que serait Hägar sans Snert ? Un homme sans son chien, c’est un homme sans rien, c’est pas un homme. Après ce postulat de départ, comment notre héros déclare-t-il son amour à son toutou-miroir de lui-même. Il le prend dans ses bras et lui déclare « Le monde serait un paradis si tout le monde pouvait exprimer ses sentiments comme toi ». Qui n'a jamais entendu ou pensé cette phrase? Qu'il se lève! 

Ce que voit l'Homme dans le regard de son chien. C'est un besoin d'amour absolu que chacun d'entre nous traîne en soi depuis l'enfance, avec pour certains le fantasme fou d'une domination totale.  

 

Chris Browne, Hagar Dunor, Snert le Chien, Ouest-France

Pour suivre le chemin

. HD est à retrouver, à l’état embryonnaire, car on en apprend très peu sur Chris Browne, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A4gar_D%C3%BCnor

. D’une façon très complète, avec toute sa famille, sauf le papa qui curieusement n’est pas cité, sur http://www.hagardunor.net/personnages.php

. La Norvège sur http://noreg.canalblog.com/

. Ph. Elisabeth Poulain, à voir dans l'album-photos "Bestiaire".

. Voir aussi sur ce blog

 Regarder les autres pour se voir soi > Les vacances aux Etats-Unis 

Une excellente photo > Le photographe Manolo Yllera et son chien

 

 

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Prospective 2020 > Transversalité en Démocratie participative > Angers

9 Avril 2012, 18:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Après le rôle de la bibliothèque dans une ville, vu dans une optique de prospective à l’aune 2020, une date à la fois lointaine - on change de décade - et proche - c’est demain -,  un autre volet s’ensuit presque logiquement. Il porte sur la transversalité entre les différentes instances de la démocratie participative. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de restituer les propos d’un sociologue spécialisé dans un thème sociétal d’importance, comme Claude Poissenot  l’est dans celui des bibliothèques, mais de voir comment un groupe de travail arrive à dégager du sens dans un questionnement qui n’a rien de facile ou d’habituel qui s’inscrit dans le cadre de la démocratie participative.

Frédéric Béatse, Maire Angers

Ce thème de la transversalité, l’un des trois sélectionnés par l’équipe municipale en ce samedi matin du 31 mars 2012, a été choisie par douze participants volontaires, membres de conseils de quartier, de comités, d’instances diverses et variées, caractérisés par leur ancrage territorial, un thème comme l’environnement par exemple ou  le développement de l’agglomération… L’idée sous-jacente est qu’émerge actuellement un besoin fort de gagner en synergie entre les multiples formes de la démocratie participative. C’est aussi une façon d’identifier les points possibles de connexion potentiels et d’accroître ce faisant la visibilité et l’efficacité de l’engagement des citoyens sur le terrain dans une logique de système.

L’objectif du groupe de travail était de dégager en une petite heure des éléments de valorisation de nos expériences allant dans le sens de la  transversalité de la participation, sans avoir besoin de créer en plus une nouvelle instance, mais cela n’a pas été dit. C’était pourtant une ligne de force sous-jacente à cette démarche qui s’inscrit dans une logique de prospective, une démarche totalement nouvelle dans une agglomération de plus de 280 000 habitants.

Sylvia Camara Tombini, Elue Responsable Participation

Les mots de la transversalité ou les neuf portes d'entrée sur la tranversalié

. 1. la visibilité, grâce au séquençage de l’action menée par le groupe de travail. Le groupe définit les différentes séquences de façon à ce qu’une ou des personnes puissent s’adjoindre au groupe sur la séquence donnée, voire plus. C’est une façon de prendre en compte le peu de temps disponible d’un grand nombre ;

. 2. l’utilité, parmi ces raisons il y les retombées du travail en commun, retombées directes et indirectes. Citons parmi les retombées directes car elles visent la mise en application du projet d’un groupe de travail-habitants, comme le montage de faisabilité de la location de voiture par des particuliers, la reconstitution du fil de la mémoire d’un quartier en pleine rénovation urbaine, la valorisation de l’espace public en trottoir et autour des pieds d’arbre par des mini-jardins de rue, le tracé d’un chemin de promenade dans un bois urbain…. Parmi les retombées indirectes, le lien d’appartenance à un groupe, un nouveau regard porté sur l’espace public, un sentiment de responsabilité personnelle, le fait de comprendre et d’apprendre tout en agissant, la recherche de l’information, la rencontre avec des gens différents de soi…

. 3. la dimension humaine, elle est au cœur de la transversalité et justifierait à elle seule le mécanisme. Nous allons retrouver cette dimension à chaque fois, que les gens viennent au titre d’une instance ou à titre individuel. Ce qui est important, c’est qu’ils soient là, ensemble, à agir;

Bruno Hindahl, Directeur Communication, Angers

. 4. la cohérence, c’est celle qui existe au niveau territorial entre le groupe de travail, le quartier, la ville, la ville d’à côté…On retrouve là la dimension systémique : pour comprendre le lampadaire en face de chez moi, ou du petit bout de trottoir près de ma porte, j’ai besoin d’apprendre et de comprendre et je vais…au Conseil de Développement pour m’informer sur le plan local d’urbanisme, tout en participant sur certains    thèmes ;

. 5. l’implication citoyenne, dans sa dimension d’utilité sociale. Ce que les gens font est utile à la vie ensemble. Une facette de cette dimension est la nécessité pour la Cité de reconnaître et de valoriser la filiation d’origine « c’est une initiative de … » Suit le nom de l’instance qui a porté le travail à faire.  Cette valorisation par les autorités municipales s’appelle « ne pas rompre le fil de la mémoire » en rendant à César ce qui est à César ;

. 6. les retombées pour chacun et pour d’autres. Il s’agit là de penser en terme qualitatif et premier et non pas en terme de quantitatif objectif, tel que le ferait un professionnel par exemple. C’est le plaisir que l’on a, par exemple, à constater que les petites plantes mises en terre dans le mini-jardin de rue, entre asphalte et mur, poussent avec allégresse. C’est le plaisir personnel du jardinier de rue à distinguer de celui du passant content de voir que le décor de la rue s’embellit;

. 7. la fluidité du partage par la parole. Cela s’appelle aussi « aller à la rencontre des autres », pour échanger quel que soit le niveau, dans la rue lorsqu’on marche, en réunion pour demander des nouvelles du ou des groupes de travail qu’on connaît…On peut dire et faire sentir beaucoup plus avec les mots prononcés qu’avec des mots écrits. Les premiers sont « vivants »,  les seconds « inertes »; 

François Lemoulant, Directeur

 . 8. la création de sa propre information de groupe par écrit  et la mise à disposition de cette information aux membres du groupe & co et aux autres après, si telle est la volonté du groupe, en apprenant à chercher l’information, à la mettre en forme, à faire un compte-rendu, à la transmettre…Cela s’appelle « préserver le fil de la mémoire ». Le besoin d’information a été une des premières demandes d’une des participantes;

. 9.  l’accroche, c’est une façon de rapprocher l’action menée par le groupe de chaque personne, en ouvrant grand la porte, pour lui donner envie de venir, avec la reprise du slogan publicitaire de Mc Do (Come as you are) « Venez comme vous êtes, chacun avec votre différence. Nous avons besoin de vous. »

Et ce qu’on n’a pas eu le temps de dire en si peu de temps. Parmi les suggestions : l’échange des numéros de téléphone et des mails des différents responsables qui veulent bien transmettre ces données ou ceux d’une personne-référent de chaque instance, un récapitulatif sous forme d’abcédaire des initiatives citoyennes, une crèche pour accueillir les jeunes enfants pendant les réunions, des albums-photos comme ce qu’a fait Belle-Beille pour valoriser le quartier, la recherche photographique du petit patrimoine…

Claire Canault, Chargée de Communication, Angers

Pour prendre le chemin de la prospective

. Cette matinée « Communication » a été organisée par Bruno Hindahl, Directeur de l’Information et de la Communication d’Angers, avec Claire Canault, Chargée de Communication pour l’Atelier 1 « Inciter les Angevin à participer à la vie locale », François Lemoulant, Directeur du magazine « Vivre à Angers » pour l’Atelier 2 « Valoriser le travail des instances et démarches par la transversalité »  et Laurent Poucan, Responsable du Pôle Communication, pour l’Atelier 3 consacré aux « Réseaux sociaux. ». La matinée a été placée sous le signe de la nouvelle devise d’Angers « Ma ville, + j’y participe, + elle me sourit », ce qui était tout  à fait en situation. Chacun sait en effet que l’action libère des endorphines, des hormones du bien-être.  

. Quelques précisions d’abord. Ce billet fait suite à la tenue d’un groupe de travail (voir ci-dessous) qui a donné lieu à une restitution à la mairie d’Angers. Les propos de ce billet intègrent pour partie des réflexions dégagées par les membres et pour partie des réflexions personnelles. Il ne saurait en aucune façon être un compte-rendu, ni officiel ni officieux. Il ne restitue pas l’ensemble de ce qui a été dit. En sens inverse, il intègre des éléments de réflexion personnelle, portant sur la connexion, qui a une connotation active de mouvement (image de la boule d’un flipper), alors que la transversalité me paraît plus « statique » (image d’une ligne tracée à la règle). La connexion a en outre un autre avantage, qui est de pouvoir réfléchir en terme de plan concentrique ouvert. En terme pratique, cela veut dire qu’il est possible de commencer le plan par n’importe laquelle des neuf portes d’entrée, en laissant la porte ouverte au changement.

L’objectif du groupe de travail « Prospective ». Il était de dégager en une petite heure des éléments de valorisation de nos expériences allant dans le sens de la  transversalité de la participation, sans avoir besoin de créer en plus une nouvelle instance, mais ce dernier point n’a pas été dit.

Laurent Poucan, Responsable Pôle Communication, Angers

Quant à la prospective, le choix de ce terme par la commune-phare appartenant à Angers Loire Métropole (280 000 habitants, 31 communes) montre une volonté de réfléchir à l’optimisation des atouts du territoire dans un avenir proche, sans être trop lointain. C’est une démarche nouvelle intéressante et innovante qui s’apprécie en terme d’ouverture et de flexibilité. Le choix d’une durée ‘moyenne’ de 8 ans tient autant à la force du chiffre de 2020 (deux fois 20) qu’au fait que 8 ans  est une durée suffisamment longue pour qu’on ne puisse pas dire qu’on continue à être dans le même espace-temps et suffisamment proche pour qu’on sache intuitivement que c’est demain, en extrapolant des éléments existant aujourd’hui.

Une dernière remarque sur ce thème ; personne n’a demandé ce qu’était la prospective. Précisons que c’est une aide à la décision stratégique, dans le but de réduire l’incertitude, en se basant sur les scénarios existant au moment de la réflexion, avec une forte prise en compte du changement, dans une vision de système, et une grande part d’intuition. Les trois éléments majeurs qui tournent ensemble sont le territoire, le temps et le changement…La prospective est au cœur du changement, « comme tout change, à tout moment, pour tous, mais pas de la même façon pour chacun. » 

 Quelques mots de terminologie. Dans ce billet, je parle indifféremment des citoyens, des habitants, des membres des instances ou des participants au groupe de travail. Les deux points communs entre ces termes sont qu’il s’agit de personnes engagées dans une des instances, sans que celles-ci soi(en)t désignées. Mais on pouvait évidemment en parler. Les nom et prénom des personnes seuls étaient  indiqués. Certains se connaissaient entre eux, d’autres venaient d’arriver à Angers ou de lancer leur démarche d’implication dans les affaires de la cité…

Atelier de Communication, Salle, Mairie, 2012.03.31

Sur la prospective, pour une Ière approche:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Prospective

. D’autres instances sont déjà engagées  dans cette démarche, comme l’Université d’Angers   http://ua2020.wordpress.com/equipe/

. Sur le territoire, http://fr.wikipedia.org/wiki/Angers, http://www.angersloiremetropole.fr/decouvrir/angers-loire-metropole/index.html

. Sur la participation citoyenne à Angers, consulter http://www.angers.fr/projets-et-politiques/democratie-participative/index.html.

. Photos EP, avec une précision: les photos présentées ont bien été prises ce matin là avant et lors des restitutions; elles n'ont pas pour autant de lien direct avec le contenu propre à chaque paragraphe.  

 

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Prospective 2020 > Votre Bibliothèque > Claude Poissenot > Angers

4 Avril 2012, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’idée de départ. Réfléchir ensemble à ce que sera demain, en 2020,  la bibliothèque, un terme qui a beaucoup été utilisé au cours de la soirée, alors qu’il aurait fallu en bonne logique parler de la médiathèque. Une des raisons, mais pas seulement, de l’acuité de l’interrogation qui se pose aujourd’hui est en effet le changement de perception et du rôle de l’information au sein de la médiathèque centrale d’Angers.

Bibliothèque Angers, Claude Poissenot, 29.03.2012

La Bibliothèque, en tant qu’outil majeur du partage de l’information et de son action dans le domaine de la formation, connaît depuis quelques années une forte accélération de sa nécessaire adaptation continue au changement. Les besoins ne cessent d’augmenter, les demandes des lecteurs et des amateurs vont croissantes, alors que les budgets sont au mieux stables dans certains secteurs et en décroissance le plus souvent dans d’autres, par exemple dans le secteur du livre papier. Les Habitués le voient au remplissage des rayons,  sans risque d’interprétation erronée.

Celui qui a été invité à nous parler se nomme Claude Poissenot. Sociologue spécialisé dans le domaine, il est enseignant à l’IUT-Métiers du Livre de Nancy. Outre ses qualités professionnelles, il a en plus une grande facilité d’approche très appréciée de ses auditeurs, ici en l’espèce les bibliothécaires d’Angers, de la Centrale et des bibliothèques de quartiers. Il connaît tout spécialement les interrogations qu’un certain nombre de  membres de l’équipe municipale se pose devant l’accélération de l’histoire, les changements technologiques, les urgences du moment…qui modifient  le métier, la nature du fonds proposé, l’espace qui n’est pas extensible et la relation avec les personnes qui viennent à la bibliothèque. C’est-à-dire tous les fondamentaux en même temps, sans qu’on puisse s’en étonner d’ailleurs! Si ce n’est la vitesse de l’accélération et l’ampleur de la mutation.       

Ceux qui sont concernés. Ce sont visiblement les bibliothécaires au vu du remplissage de la salle du Ier étage de la médiathèque, après avoir emprunté la petite entrée à gauche et le bel escalier du XVIIIe siècle en pierre  blanche. Elles et ils étaient nombreux venu-e-s écouter quelqu’un, qui les comprend, leur parler de sa façon à lui de se voir demain. Leur présenter surtout une bibliothèque franchement orientée vers le lecteur. C’est une modification en profondeur du positionnement de la bibliothèque. La conséquence est franche, il s’agit non plus de ce que doit lire le lecteur mais de ce qu’il a envie de lire, lui, à condition qu’on lui facilite le chemin vers ce qui serait susceptible de lui plaire. Certes la mutation est déjà en cours depuis plusieurs années. (On ne part pas de zéro, grâce notamment au rayon «  enfants».) Avec Claude Poissenot, il s’agit d’aller plus loin dans cette direction. 

 

Ceux qui sont concernés sont évidemment les « Usagers *», un mot amplement utilisé tour à tour par le directeur de la Bibliothèque, Jean-Charles Niclas pour introduire la soirée et un peu moins par son invité qui ouvre un cycle de conférences – une à deux par an - pour « nourrir la réflexion et bâtir un projet à 10 ans ».

Bibliothèque Angers, Claude Poissenot, la Salle, 29.03.2012

Les raisons de sa présence, selon Claude Poissenot. Son constat est clair. Il y a d’abord des raisons internes à Toussaint où on constate une érosion à la fois des inscriptions et des visites depuis 10 ans. Le livre papier est en baisse, avec en plus en plus un effet générationnel qui va dans le même sens et donc un impact assuré de baisse d’activités. L’information bascule vers le numérique, avec aussi une diminution des demandes de DVD, des vidéos. Les bibliothécaires perdent de leur monopole quasi-gratuit à l’information. Maintenant « les gens accèdent librement à l’information en direct. Ils ont une autre façon de penser la culture, en images, film, audiovisuel… Il faut donc « repenser la bibliothèque qui au départ était basée sur le livre et l’idée de la collection ».  Le facteur déclenchant du changement est que « chacun d’entre nous a le souci de soi-même, l’assurance d’être une personne, qui se pense autonome. Chacun choisit ses repères avec ses amis, son conjoint. »     

La Bibliothèque et sa révolution culturelle. Elle doit absolument la faire. "Le monde est étrange" pense un certain  nombre de bibliothécaires. Leur mission éducative disparaît. Les gens ont le droit de choisir « même s’ils font le mauvais choix !» (Rires dans la salle.) On ne peut plus tenir de discours passéiste, dirigiste, avec une interrogation de la bibliothécaire « au nom de quoi puis-je conseiller ? » Il semble alors logique que la bibliothécaire se tourne vers les gens. L’intervenant insiste sur le caractère étonnant de cette démarche novatrice. C’est la première fois par exemple, qu’il est invité dans le cadre de la démarche très originale du directeur de rapprocher une bibliothèque des gens qui l’a fréquentent. « Ca interroge, complète-t-il sur la distribution du pouvoir dans cette société. » 

Bibliothèque Toussaint, Angers, Grande salle du bas

Après le constat, les enjeux

. L’enjeu de la formation initiale et permanente. Il y a un véritable besoin dans ce domaine : alors que le marché du livre baisse de 1%, celui du parascolaire augmente de + 7%. Début juin, c’est le temps des examens. L’intervenant fait une proposition : « pourquoi ne pas aménager une salle de révision, avec trois dicos, un ordinateur, un surveillant…? La Bibliothèque  a toujours eu une fonction d’apprentissage, c’est le fonds de son histoire ».

. L’enjeu de la « Redistribution. » C’est fondamental au regard de la fonction de service public assuré par la Bibliothèque, avec la gratuité de l’accès à des collections larges, surtout quand il y a tant de difficultés réelles dans la population. Il ne faut donc pas hésiter, selon lui, à posséder des « références commerciales », à avoir par exemple des jeux vidéo qui coûtent chers, il en faut dans les bibliothèques. Il cite expressément le succès d’Intouchables, pour expliquer qu’il est possible de créer quelque chose à la bibliothèque en l’accrochant au succès du film.  

. L’enjeu « Construction de la Culture Commune. » Chacun a sa voiture, sa niche, c’est une donnée contre laquelle il est inutile de lutte ou même d’y songer. La Bibliothèque a à faire dialoguer la culture. Faire venir les gens dans un espace commun, être ensemble, faire de cet endroit un point de ralliement, une façon pour chacun de partager une culture commune, avec des références commerciales, oui assurément. Il faut savoir sacrifier à la mode. On retrouve l’argument de l’enjeu précédent. « Les bibliothécaires ne veulent pas de livres commerciaux mais les bibliothèques, elles, en ont besoin ».

Bibliothèque Angers, Claude Poissenot, la Salle, 29.03.2012

. L’enjeu de la « Régénérescence de la  Culture.». Chaque génération a ses références culturelles. Quand on vieillit, contrairement à ce que chacun pense, on les garde. « Les jeunes adorent les jeux vidéo. Ils aiment les mangas. Ca va leur passer. Erreur, ils ont maintenant entre 31 et 45 ans. L’enquête 2008 montre qu’un quart joue aux jeux vidéo au moins une fois par semaine. (Quant aux mangas, c’est le type de BD qui se vend le plus en France). Les gens ont oublié d’être bêtes. Les pratiques juvéniles sont des pratiques générationnelles. C’est cohérent avec l’automatisation…Il y a une réécriture permanente de la culture. C’est vital de le comprendre. Ce n’est pas céder au jeunisme. La Bibliothèque doit s’inscrire dans ce mouvement sinon elle va mourir…  Qu’entend-on à la Bibliothèque ? Que les Jeunes ne sont pas faciles avec leurs jeux vidéo. Résultat : c’est entre 15 et 19 ans qu’ils se détourent des bibliothèques et ce n’est pas bon. »

. L’enjeu de la « Sociabilisation des Solitudes ». Notre société ne valorise pas la solitude en tant que telle. Ce n’est pas une valeur sociale, c’est au mieux un choix, un passage obligé le plus souvent. La Bibliothèque est un endroit où on va, on dit bonjour à la bibliothécaire. Ca fait longtemps que ça existe ; les gens viennent, se rencontrent, se voient. Ca crée du lien. C’est une dimension importante. Il serait utile que la bibliothèque comptabilise le nombre de passages des personnes et pas seulement le nombre de livres. Ce point est fondamental.

Bibliothèque Toussaint, Angers, Extérieur, Vue sur l

. Les pistes à envisager

L’ouverture et l’usage à sa façon. « La Bibliothèque, c’est un truc merveilleux, un espace ouvert, mais pas assez par rapport à ce qui se passe chez les Anglo-Saxons. Idéalement, ce devrait accessible tous les jours…Voyez ces hommes qui viennent y lire chaque matin le journal. Pendant ce temps-là, Madame est tranquille à la maison ou ailleurs ( !). C’est un vrai enjeu, ça vaut  un médicament ». On est là, avec les autres, dans un calme et apaisant, avec des habitués. Cette pratique s’inscrit dans le quotidien de  tout le monde.  

Un lieu unique, des ambiances multiples.« On peut imaginer un petit jardin japonais propre à la méditation, avec un silence vertigineux, une chaude ambiance chez les ados. C’est différent et c’est pourtant le même endroit, les mêmes personnes avec des besoins différents, à des moments différents de la journée. Des transats,  absolument essentiel. C’est important de s’inscrire dans la vie de la cité, dans la culture locale. Il faut savoir se saisir de ce qui se passe dans la ville. » Imaginer la bibliothèque comme une salle de presse, pleine de bruit et d’agitation, avec un « alors on fait quoi ? Ouah ? Il faut savoir s’inscrire dans le temps quotidien et bouleverser ce temps quotidien ».

Bibliothèque Angers, Claude Poissenot, 29.03.2012

Des réponses à quelques questions, une amorce de dialogue*

. Sur la communication à faire par la bibliothèque : l’intervenant est à fond pour, de façon intelligente, adaptée. Pour donner un exemple, il aménage le slogan de Mc Donald’s : « ‘Venez comme vous êtes’, à la Bibliothèque. Ah, c’est malin ça. On vous  accepte comme vous êtes.  Dans l’idée du bibliothécaire, il y a (toujours, encore) l’idée qu’il faut faire  évoluer les gens. Il faudrait d’abord commencer par définir ce qu’est une bibliothèque. Les bibliothèques là-dessus ne sont pas claires. Faire de la communication, c’est difficile quand le message est flou. La question est : la Bibliothèque sait-elle faire ?  Que lisent les gens ? On ne le sait pas. On est obligé pour le savoir de recourir aux (statistiques) des livres les plus vendus. A Toussaint (le nom familier de la bibliothèque centrale qui est situé rue Toussaint), que lisent les gens ? On ne le sait pas. »  Ca, c’est important.

. Sur les livres qui vont vers le lecteur et autres idées innovantes. A imaginer des « prêts de livres chez les pharmaciens, les coiffeurs, les docteurs… ». Une bibliothécaire de la salle : c’est fait pendant les deux mois d’été.

. Des choses aussi à ne pas faire, comme celle de mettre un piano, en disant aux gens « on ne joue pas».  Une bibliothécaire prend alors la parole pour expliquer que « cela a été fait à Fratellini (une des grandes bibliothèques de quartier à Angers du nom de l’artiste ‘Annie Fratellini’). Quand les enfants ont vu ça, ils se sont jetés dessus. Du coup, on a mis en place un programme d’éducation éducative. C’est un bon moment."                                                            

. L'accès des oeuvres. « Au Japon, n’importe qui peut exposer ses œuvres dans les médiathèques». 

 

Bibliothèque Toussaint, Angers, Plaquette   

. A prévoir une salle de travail, avec une bonne insonorisation, des boxes entre  4 ou 8 personnes, une cafétéria, avec du café, où l’on peut manger, parler, grignoter, rencontrer des gens. Pour ça, il faut de la place. Ce n’est pas facile à expliquer parce que d’une part on enlève des livres et d’un autre, on veut plus de place. Des BD aussi, c’est important, avec un espace Ados, un accueil des groupes, des espaces thématiques, avec une ambiance, des couleurs et des rayonnages différents à chaque fois, tout en renonçant au cloisonnement complet. Il faut une véritable mise en scène, avec au cœur un rayonnage ‘vie pratique’, des livres pratiques, où la cuisine aura une place particulière. C’est important la cuisine, on pend une casserole, ça sent les crêpes aujourd’hui… ». 

                                                   

« Le patrimoine pose problème. A cette question du directeur, Claude Poissenot répond : « On est mûr pour un monde sans histoire. L'accent est mis sur la définition de soi-même comme autonome fait de l'histoire quelque que chose qui peut apparaître comme un poids sauf à s'approprier certains moments historiques pour des raisons de trajectoire personnelle. On est alors dans autre chose qu'une histoire scientifique voire même collective au sens d'une appartenance abstraite.... On cherche alors dans le patrimoine des trucs qui vont résonner dans la tête de nos contemporains. Avec des questions par exemple, comme ‘que mangeait-on au début du siècle à Angers ?. Il y a des coups à faire avec le patrimoine : parler des questions d’aujourd’hui pour interroger le passé. Quant à ce qui restera en 2020, à coup sûr des livres de cuisine, de la fiction. Pour répondre, il faudra savoir ce que seront les Angevins à ce moment-là. »  

                     Bibliothèque Angers, Claude Poissenot, la Salle, 29.03.2012                                            

. La bibliothèque toujours à Toussaint ? « Cela pose la question de se demander si  Toussaint sera toujours Toussaint . Cela revient à se demander où habitent les gens, à connaître les réponses aux questions de la proximité avec le tram, du parking, de l’existence même de la voiture…La voiture vue comme « l’incarnation de l’autonomie, (seul-e) dans mon monde, ma musique, mes doudous ». « Il faut étudier le positionnement géographiques des gens qui viennent à la bibliothèque. Quand on saura, on pourra voir ». A retenir, que la bibliothèque a un caractère communautaire, municipal et départementalà la fois.   

 

. Les relations différenciées du lecteur avec la centrale et sa bibliothèque de quartier. « La réponse n’est pas simple. Dans sa bibliothèque de quartier, on aime s’entendre dire bonjour par la bibliothécaire, il y a la proximité, avec une taille ni trop petite, ni trop grande. A la Centrale, il faut un espace plus grand de 500 m2  au moins, avec des ambiances différentes. On apprécie d’être invisible et d’avoir des niches avec des ambiances différentes. »

. Les relations entre bibliothèques municipale  et universitaire. « Il y a des choses à faire car on sait que les étudiants ont des stratégies horaires en fonction des jours et heures d’ouverture ». Les ambiances sont différentes, les collections aussi…

. Un espace pour le jeu, les jouets au sein de la Bibliothèque ? Sa réponse est franchement oui. Au Québec, cela se fait.

. La Bibliothèque et sa relation à la ville.Un témoignage de la salle est apportée sur l’exemple de la bibliothèque centrale d’Amsterdam, qui est un élément phare dans la ville,  le paysage urbain, le port, avec un restaurant qui permet de voir la ville devant et l’intérieur de la bibliothèque de l’intérieur, comme sur le pont d'un navire, les lecteurs devenant eux-même intgralement paysage de ville.

Bibliothèque Toussaint, Angers, Extérieur, Proue du navire

. Les liens de la Bibliothèque avec les autres services, comme l’assistante sociale, Pôle Emploi ?… C’est une bonne idée, ça banalise la venue. On vient à la bibliothèque, pas voir l’assistante sociale. Un dialogue s’engage avec une personne de l’assistance qui cite le modèle anglo-saxon pour les personnes en difficulté. Le sociologue approuve et ajoute qu’on doit pourvoir y taper son CV.

Le rôle de la Bibliothèque. C’est sur ce point que va se greffer un temps fort qui marque d’ailleurs la fin de la soirée. Les questions de la salle ont conduit à ce moment de tension entre une vision traditionnelle élargie (et orientée quand même vers  le lecteur) et la vision très large du sociologue, qui ouvre au maximum la bibliothèque vers les gens, en faisait venir la ville et le monde dedans. 

Ce point de vue dérange, en particulier l’adjointe du Directeur de la Bibliothèque qui pose cette question: « que devient la maison de quartier dans cette hypothèse ? La Bibliothèque a son côté ‘noble’ ». La réponse de l’intervenant fuse : « oui et alors ? Il peut y avoir du tissage. C’est possible.». Le Directeur ajoute que « Toussaint assure 1 300 000 prêts. Les gens viennent pour les collections. On a déjà 17% de documents en moins. La question est « peut-on aller en dessous ? Les gens ont vraiment besoin de collections.» Pour son adjointe, « les collections de mémoire sont importantes ».

En réponse, l’intervenant précise que « c’est le côté muséal  de la Bibliothèque comme cela se passe en Lorraine, qui a conçu les ‘Trésors de Lorraine’ avec des documents d’avant l’industrie du livre. Le succès est considérable, tout comme d’ailleurs la grande exposition sur le Roi René qui a eu lieu ici à Angers. L’attrait pour les nouveautés ne doit pas être occulté, ainsi que l’offre pour le numérique. La demande est forte. Il faut faire les choses de façon progressive - 2012 n’est pas 2020 - et aussi en même temps conquérir des espaces ».  

Bibliothèque Toussaint, Angers, Vidéos & co

Pour suivre le chemin vers la Médiathèque municipale Toussaint,

19, rue Toussaint, 49000 Angers 02 41 24 25 50, 

 www http://bm.angers.fr/nos-bibliotheques/toufay/index.html  .

 

. Quelques infos sur l’activité de la bibliothèque, avec des informations - qui datent de 2007 - sur http://www.adbgv.asso.fr/index.php?page=detail&choix=49007 

 

. Claude Poissenot sur son blog :  http://www.livreshebdo.fr/weblog/claude-poissenot/23.aspx?date=01/02/2012 et sur son site collaboratif http://penserlanouvellebib.free.fr/

. «  Usager » est, pour ma part, un terme que j’ai cherché volontairement à ne pas utiliser, tant il me semble réducteur et vise une attitude passive.  A chaque fois que le mot était prononcé, je pensais aux usagers du gaz. Pourquoi le gaz, je l’ignore ! Si j’habitais en région parisienne et que je travaillais à Paris, j’aurais pu désigner un autre service public. Dans le cas d’une bibliothèque, le lecteur, l’amateur, l’habitué, le découvreur, le touriste… est l’un des deux premiers co-acteurs de la bibliothèque, celui sans qui il n’y aurait littéralement pas ou plus de bibliothèque, celui qui fonde la légitimité de l’institution. 

. *Précisions EP : . n° 1 ( …) Sont placées entre parenthèses quelques mots d’explication ou de commentaire de ma part, pour les distinguer de ce qu’a dit le sociologue. n° 2 Ce texte n’est pas un compte-rendu au sens propre. Les questions par exemple n’y figurent pas. Par contre, je restitue des éléments de réponse de Claude Poissenot qui enrichissent la teneur de ses propos. 

. Photos EP prises à Toussaint lors de l'intervention et le surlendemain, avec une belle lumière, à voir dans l'album-photos "Angers", dans le sous-fichier "Angers2"  .  

.  

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Toute la ville va vers la mer > Denaeyer & Van Poelvoorde

1 Avril 2012, 18:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous avez bien lu : c’est la mer qui va vers la ville et non la ville qui va vers la mer. Nous sommes pourtant totalement convaincus de la réalité de la seconde proposition. Ce sont bien les urbains qui émigrent dès qu’il fait beau, chaque week-end et pendant toutes les vacances au bord de la mer. Ce sont aussi les retraités qui « se retirent » - le mot est délicieux - le long des côtes normande et atlantique. C’est là et particulièrement en Loire-Atlantique et en Vendée qu’on trouve le plus de retraités venus du nord et/ou de la région parisienne pour « y couler » leurs vieux jours. Parler de Paris n’est pas neutre non plus. Chacun sait qu’aujourd'hui un grand projet d’urbanisme porte sur la réalisation du « Grand Paris », qui s’étirera de Paris, la capitale de la France, jusqu’à l’embouchure de la Seine.   

Toute la ville va vers la mer, Denaeyer-van Poelvoorde 

Toute la mer va vers la ville est le premier vers d’un long poème écrit en 1895 qu’Emile Verhaeren (1855-1916), poète flamand a appelé « le Port ».  Une vision pleine de bruit et de fureur, où le noir et le rouge sang domine que le poète a insérée dans « Les Villes tentaculaires ».

Roland Denaeyer et Colette van Poelvoorde, tous deux artistes né-e-s en 1930 et 1931, ont conçu « en dessins, collages et peintures un hommage au poète » d’une sélection de textes de l’artiste, une façon aussi de montrer la capacité très contemporaine du poète à mettre en musique des mots au fort pouvoir visuel. Ils ont réalisé un dessin surprenant.

Le visuel choisi pour annoncer l’exposition. C’est lui qui a attiré mon attention, tant la présence de ce petit dessin est forte. On y voit un tout petit bateau dont on ne sait s’il arrive ou s’en va, flottant au bord de l’horizon sur une mer calme ou aucune vague ne fait d’ombre à une autre, avec de très gros nuages noirs et gris oppressant qui mangent presque tout le ciel et une partie de la mer.

Pour suivre le chemin. Voir l’exposition des œuvres des deux artistes au Provincial Museum Emile Verhaeren, E. Verhaerenstr. 71,2890 Sint-Amands, Belgique, www.emileverhaeren.be 

. Connexions: Art, Poésie, Dessin, Noir et Blanc, Ville, Mer, Port, Belgique, XIX et XXe siècle

. Photo EP à partir de la carte publicitaire annonçant l'exposition  

    

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Un tapis comme une île > Un archipel en forme de tapis > Laure Kaziers

30 Mars 2012, 14:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est vraiment un tapis, forcément un peu spécial, si non, je ne vous en parlerais pas. Celui-là est tout à fait particulier : on ne marche pas dessus. On le sait, on le sent, sans que personne n’ait besoin de  vous le dire, d'ailleurs. 

 

Archipel, Laure Kaziers, Tapis-Ile

Cette œuvre d’art est une création d’une designer textile belge qui s’appelle Laure Kasiers. Elle y a fait ses études à l’Ecole nationale d’Arts visuels à la Cambre au sud de l’agglomération de Bruxelles. La jeune femme est d’une créativité étonnante. Ses productions sont si fortes qu’elles ont tendance à écarter d’elles ce qui serait susceptible de les gêner. En clair, elles ont besoin d’espace autour d’elles, comme toute île qui se respecte. S’il n’y avait qu’un filet d’espace, on pourrait avoir l’impression que « ça ne vaut pas » ou à votre choix « ça ne le fait pas ».

Archipel, Laure Kaziers, Tapis-Ile, La Grande Ile

Ses caractéristiques en font une île bien spéciale. Elle est  ronde ou presque et vraiment petite. Elle peut se poser partout, sachant qu’il lui faut en réalité beaucoup plus d'espace qu’elle ne veut bien le dire. Elle est surtout épaisse, lourde et verte turquoise, d’un vert lagon du grand sud, qui change à la couleur du ciel de dehors. Quand il pleut dehors, on dit qu’elle appelle l’eau, quand il fait soleil, on pense à la Polynésie, entre les deux, c’est sans conteste la Bretagne dans ses coins les plus charmants qui vient à l’idée.        Archipel, Laure Kaziers, Tapis-Ile, Détail

Cette île est aussi un archipel. Elle contient elle-même des îles couvertes d’algues brunes denses et douces au toucher, dans lesquelles on a plaisir à enfoncer ses doigts. On le fait d’autant plus volontiers qu’on peut les enlever. Elles sont seulement insserrées dans le socle de dessous de couleur turquoise composée selon les mots de l’artiste de « marabouts enroulés de passementeries roulées et collées », comme on le voit bien sur cette photo au-dessus.Declercq Passementerie-Marabout

L’Archipel de Laure Kaziers existe depuis 2007. Il existe en deux tailles, le petit (160cm x 140cm) et le grand (210cm x 190cm). Comme il n’est pas question de marcher sur l’archipel au risque d’abîmer les îles, je vous conseille le petit modèle, pour pouvoir le contourner sans pester parce qu’il vous faut faire un léger détour à chaque fois. Il vous le rendra bien, je ne connais pas de « tapis » ayant une telle présence.           

Pour suivre le chemin

. Jusqu’à l’artiste http://www.laurekasiers.com/fr/projects/archipel.php

. Son centre de formation http://www.lacambre.be/index.php?nodeid=31

 Declercq Passementerie-LogoNoir petit. Pour découvrir le langage de la passementerie et retrouver l'exemple de marabout présenté ci-dessus avec le glossaire spécialisé, voir  http://www.declercqpassementiers.fr/passementerie.php?niv=4

. Pour retrouver la série sur l’ île sur ce blog 

 Une toute petite île avec une petite maison > Grèce  

 Un château vu comme une île > Commequiers > Vendée  

 Une île en forme de voiture > Une voiture comme une île > Une pub BMW 

 I comme Ile > Petit lexique du rêve d'un Eden sans les autres     

. Photos EP pour le tapis, Declecq pour le marabout et leur logo, avec mes remerciements.

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CAUE 49-PLU > Balade métropolitaine 1 > Angers & Co > 24.06.2011

27 Mars 2012, 10:52am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une bonne idée que le CAUE a mis en pratique courant 2011: faire découvrir aux personnes intéressées les paysages de l’agglomération, dans  et autour de la ville, saisis en leur implantation, en leur évolution et en traduction architecturale, pour mieux comprendre les enjeux du PLU (Plan local d’Urbanisme). Que deviennent la ville, les villages dans leurs mutations constantes?  Comment l’agglomération d’Angers évolue-t-elle au point de vue architectural, urbanistique…? Pour savoir cela, il faut réunir plusieurs conditions :

   CAUE-Angers-PLU1, Carte circuit

. connaître parfaitement le territoire: c’est le cas de Bruno Letellier, géographe urbaniste et directeur du CAUE, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement du département du Maine et Loire. C’est lui a conçu les quatre visites-découvertes qui ont commencé le 24 juin 2011 par un temps magnifique en fin d’après-midi et se sont poursuivies au mois de septembre (16, 23 et 30); 

. permettre à chaque participant de s’approprier, chacun à sa façon, ce qu’il voit au moment où Bruno Letellier décrit le site et commente la réalisation architecturale en situation, tout en faisant le lien entre ce qui vient d’être vu, ce qu’on voit et ce qu’on va voir. A chaque arrêt où le groupe descend et entre les arrêts, pendant le transport, ses commentaires permettent de relier ce qu’on voit à une perception, comme un arrêt sur image, et pendant que l’autocar poursuit le circuit l’urbaniste poursuit ses explications pour faire le lien cette fois-ci en mouvement;

CAUE-Angers-PLU1, Avrillé, Ardenne

. faire ressortir les différences et en même temps les tendances communes de cette mosaïque architecturale, mais pas seulement. Elles sont aussi paysagères, chromatiques, sensorielles…On se dit qu’on va avoir de la difficulté à traduire ce qu’on ressent, sachant aussi que la perception est toujours singulière et personnelle…Une autre des grandes difficultés est de faire une sélection dans tout ce que nous avons  vu, tant la diversité est étonnante et la palette sensorielle ouverte. Le commentaire qui suit est donc forcément réducteur par rapport à la réalité.

CAUE-Angers-PLU1, Avrillé, Basses vallées angevines

Cette première balade urbaine du 24 juin 2011 nous a bien permis, comme promis, de « changer de regard sur notre territoire ».  C’est le titre de l’opuscule récapitulatif qui nous a été remis au début pour mieux suivre les propos, visualiser le circuit et prendre des notes. Le circuit  ressemblait à un papillon qui aurait replié ses ailes vers le haut. L’axe était NW- SE, suivant la présence du schiste d’Avrillé à Trélazé, ce qui fait que nous avons été amenés à faire un grand tour en partant d’Angers, de la Place de la Rochefoucauld dans la Doutre, pour découvrir le nouveau quartier d’Ardenne à Avrillé, puis de redescendre vers la Maine, pour aller cette fois-ci vers Trélazé, puis Sainte-Gemmes, pour revenir vers Beaucouzé au sud-ouest d’Angers, en retraversant la Maine, plus bas cette fois-ci  et retrouver la Place de la Rochefoucauld après avoir au retour  longé l’étang Saint-Nicolas, qui est en fait un lac de 4 kms de long.

En tout, 36 points de vue, arrêts ou commentaires, sans compter les liens pour donner le sens, tel que le tramway que nous allons rencontrer à Avrillé et à la Roseraie. On comprend qu’on ait eu quelque mal à tenir les horaires de retour, tant les sites et les paysages étaient nombreux à voir. Nous avons tous voté la petite prolongation pour ne rien louper, tant nous étions devenus gourmands de constructions nouvelles ou déjà intégrées, avec en commun la verdure d'un végétal abondant.

CAUE-Angers-PLU1, Angers, La Roseraie, Serres

. Dans Angers, le départ de la balade se fait Place de La Rochefoucauld qui est englobée dans le grand projet des Berges de Maine actuellement en cours, avec vue sur le pont Confluence récent qui permet de lier la rive droite, à la hauteur du CHU à la rive gauche à hauteur quasiment du cinéma.

Le bus prend la direction du Nord-Ouest pour découvrir, sur le grand espace dominant la Mayenne autre fois dévolu à l’aéroport, la mise en valeur de l’implantation du tramway sur lequel se greffe  l’aménagement du nouveau double quartier « Les  Capucins », avec l’îlot des Chalets à Angers et le « Plateau Mayenne » à Avrillé…. Juste avant d’arriver, nous avions pu passer devant la rue des Artilleurs à Verneau, un ensemble de petites maisons ouvrières qui datent de 1924. 

CAUE-Angers-PLU1, Trélazé, Nouvelles implantations

Dans le lointain, un site déjà connu des touristes, il s’agit de Terra Botanica, le parc ludique de découverte du végétal. 300 000 visiteurs ont pu l’apprécier en 2011, pour sa seconde année de fonctionnement et pendant sa période d’ouverture. Dans ce lointain aussi, tout à côté de l’entrée du Parc, on peut apercevoir un nouveau bâtiment emblématique de ce quartier, le Centre de maintenance du tramway. 

. A Avrillé, Ardenne, ce nouveau quartier, permet de comprendre comment se forme un nouvel ensemble urbain à qualité paysagère certaine en haut de plateau, sur un terrain qui n’a jamais été urbanisé, face à un coteau pentu au-dessus  de la Mayenne, même si l’INRA a trouvé l’emplacement d’une ferme. Nous en faisons en partie le tour, avant de descendre dans la vallée découvrir le paysage plat typique des Basses Vallées angevines (Natura 2000)  très marquées par leur rapport à l’eau.  

. Retour à Angers, en traversant  la Maine pour passer près de la Zone Saint-Serge à vocation mixte entre pôle universitaire, pôle tertiaire  et de loisirs avec les cinémas  et des logements hauts de gamme. A sa suite en rive gauche sur l’autre côté, plus en retrait dans la ville,  la vision de loin de la partie basse du Quartier du Lutin, un village surprenant Art déco 1930, actuellement très prisé dans la ville.   Viennent ensuite, en passant rapidement, la Caserne Desjardins la bien-nommée et son jardin transformé en « parc habité » de façon à en faire le centre rayonnant de ce qui est le Quartier Desjardins.

Toute cette grande zone urbaine, englobant le Quartier du Grand Pigeon  située en haut de la rive gauche  a vécu un grand coup de jeune ces dernières années.  

. Direction le site ardoisier de Trélazé, nous ne faisons que le longer afin d’arriver dans le quartier des Plaines et du Parc du Vissoir  qui a fait l’objet d’une grande opération paysagère de qualité pour servir d’écrin au site ardoisier et à ses vestiges patrimoniaux.

CAUE-Angers-PLU1, Trélazé, Site ardoisier

. Arrivée à Sainte-Gemmes à la Joliveterie, dans une zone encore horticole en partie au sud d’Orgemont à Angers. C’est un site intéressant du fait de la proximité avec le cœur de l’agglomération que l’on discerne bien et juste à côté de la Loire. Des  lotissements ont maintenant déjà changé l’aspect du quartier qui possède ses chemins de promenade perpendiculaires au grand fleuve, avec une grande attention paysagère portée au chemin de l’eau, avec des vastes noues aménagées.  

. Retour maintenant vers la Roseraie, ce grand quartier  du sud d’Angers qui fait l’objet depuis 2004 d’une opération d’importance de rénovation urbaine couplée maintenant avec la desserte A du tramway. Petit détour est fait par le Village Anjou, un village expérimental de 1967 qui a bien vieilli, avec des pavillons bas dont les acheteurs  s’engageaient à construire en choisissant selon quelques modèles prévus.

CAUE-Angers-PLU1, Angers, La Roseraie, Tramway

Toujours à Angers mais cette fois-ci après avoir retraversé la Maine en rive droite, nous traversons le quartier du Lac de Maine qui continue à s’enrichir de nouvelles expériences, là un habitat groupé bio-climatique, là des logements collectifs…Le centre commercial Grand Maine va faire cette année l’objet d’une rénovation. Le site en coteau avec vue sur la Maine et sur le Château et la Cathédrale d’Angers  continue à attirer tant le point de vue est remarquable.

. Beaucouzé, dernière ville à l’ouest  de l’agglomération, avant de revenir à Angers, offre aussi de belles opérations comme cette Allée du Grand Servial  qui monte, avec presque en haut du coteau un à pic très pentu sur le côté gauche. La configuration a permis l’implantation de quelques pavillons dont la pièce à vivre en Ier étage – vu d’en bas - est en surplomb sur le vide. Ces expériences innovantes ont été les seules à provoquer quelques commentaires irrités à certains membres du groupe.

CAUE-Angers-PLU1, Angers, Belle-Beille, Etang Saint-Nicolas

. Le retour se fait par la Technopole-Campus de Belle-Beille, en traversant le quartier du même nom au-dessus du lac Saint-Nicolas. Celui-ci a fait aussi fait l’objet d’une lourde opération de rénovation urbaine. La ballade se termine par la vue sur le Parc Balzac puis  par le Front de Maine, un ensemble de grands immeubles édifiés en forme de peigne en rive droite près du pont de Basse Chaîne, face au château d’Angers.  Nous sommes alors tout prêt de la Place La Rochefoucaut, notre point de départ.  

    CAUE-Angers-PLU1, La Rochefoucault

Pour suivre le trajet. Retrouver toute la promenade du 24 juin 2011, conçue par le CAUE 49 , conjointement avec Angers Loire Métropole, avec pour objectif de mieux connaître le PLU (Plan Local d’Urbanisme)  sur  http://www.angersloiremetropole.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/guide_balade_PM.pdf

. Photos EP prises de l'autocar, à retrouver dans l'album-photos "Paysages". Les photos ne sont  pas connectées directement au texte.

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M comme Man > Le Cardinal de Richelieu > Philippe de Champaigne

22 Mars 2012, 19:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

Armand Jean du Plessis de Richelieu, tel est le vrai nom du cardinal, l’homme politique, le plus connu des enfants grâce à l’histoire apprise en France dans les manuels Malet et Isaac à la couverture verte. Il est en effet de ces hommes, qui, telle la salamandre, ont su, à chaque fois que les flammes commençaient à les brûler, sortir du brasier plus fort qu’ils n’y étaient entrés contre leur gré. Originaire d’une famille noble du Poitou, il dut pour des raisons familiales entrer dans les ordres, ne pouvant rentrer dans l’armée. Il devient à 22 ans Evêque de Luçon (1606).

Cardinal Richelieu Champaigne-1622-Wikipedia

Ce cardinal de son état a endossé le pouvoir au plus profond de son être bien avant d’avoir  pris la mitre. Il a servi sa vision du pouvoir et de l’ordre qu’il a mis au service tour à tour d’une reine, Marie de Médicis et d’un roi, Louis XIII. Nommé d’abord Secrétaire d’Etat à la Guerre, il devient peu après Ministre des Affaires Etrangères. Principal Ministre de Louis XIV. Il tout vu, tout fait, combattu tour à tour et parfois ensemble la puissante dynastie des Habsbourg pour desserrer la pression qui s’exerçait aux frontières, la noblesse qui se poussait du col pour affaiblir le pouvoir royal et l’unité du royaume et les protestants coupables de préférer les puissances ennemies  qu’il enferma à la Rochelle en leur coupant l’accès à la mer.

Cet homme de pouvoir était aussi un homme de culture, une culture intégralement mise au service du pouvoir royal. C’est lui qui a fondé l’Académie française, lui qui a fait transformer à sa gloire le Palais Cardinal qui devient ensuite Palais Royal. IL avait le sens de la représentation et tels les empereurs romains se fit représenter de pied en portrait de grande taille, dans sa magnificente cape rouge par le plus grand portraitiste du temps, Philippe de Champaigne (1602-1674), capable de faire des rendus de drapés avec peu d’égal dans l’histoire de la peinture. Né à Bruxelles, le peintre fit onze portraits de Richelieu. Le plus célèbre est certainement celui qui fut peint entre 1635-1640 où on le voit de pied revêtu de sa cape,. Une autre de ses toiles, très curieuse, montre le cardinal légèrement de biais, avec le cardinal en profil droit  à sa droite et ce même cardinal en profil de l’autre face. Le portrait force 3 était destiné au sculpteur.

Cardinal de Richelieu 1636 ou 42 Philippe de Champaigne 160

Cet homme qui avait le sens de l’espace, se fit aussi avec l’accord du roi, construire une ville, la sienne, Richelieu, toute à l’image qu’il voulait donner, une image rectiligne, géométrique, sans recoin, ni zone d’ombre, en gage d’ordre et de puissance, alors qu’il était certainement le roi des rois des stratèges, capable de penser à je ne sais combien de coups d’avance, avec une constante, toujours pour protéger la royauté, en rappelant que l’intérêt public devait le seul objectif du Prince et de ses conseillers ! Dans le domaine intérieur, il « donna à la France, le Roussillon, l’Artois et l’Alsace ». En matière économique, il encouragea directement la colonisation au Québec, aux Antilles, au Sénégal et à Madagascar…Il décéda le 14 décembre 1642 et Philippe de Champaigne fit de lui son dernier portrait sur son lit de mort. En hommage, le peintre lui garda sa cape rouge.    

Pour suivre le chemin

. Vers le Cardinal,   http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Jean_du_Plessis_de_Richelieu

Pour la petite histoire et les amoureux des chats, voici les noms de ses 14 chats, un vrai régal d’humour et d’inventivité, dans l’ordre cité par Wikipedia : Félimare, Lucifer, Ludovic-le-Cruel, Ludoviska, Mimi-Piaillon, Mounard-Le-Fougueux, Perruque, Rubis-sur-l'ongle, Serpolet, Pyrame, Thisbe, Racan, Soumise et Gazette.

Cardinal-Richelieu-On-His-Deathbed-1642-Ph de Champaigne-Wi

. Vers Philippe de Champaigne, http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Champaigne

. Photos Wikiedia

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Bestaire de la Pub > le Lion > Peugeot Frères

18 Mars 2012, 17:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

Attention, ce n’est pas un vieux lion ou un lion amaigri par la concurrence pour la vie, avec trop de marche et pas assez de gnous à croquer. Non c’est le formidable lion de Peugeot, qui marche fièrement et avec détermination, le dos bien droit et ses quatre pattes au sol sur une flèche bleue qui indique l’horizon vers la gauche. Il  nargue la flèche, il en fait un outil de style, pour être encore plus beau.

Blog 20120318 017

Son âge ? Impossible à dire. La seule certitude est qu’il est jeune, en pleine force de l’âge et beau. Sa crinière est rousse, avec des flammèches beiges-blanches sur le haut du front, son corps couleur de la brousse en été est strié de  rayures plus foncées, ses pattes sont plus claires sur l’extérieur qu’à l’intérieur et son museau cacao clair. On a l'impression de voir son squelette en mouvement.

C’est un lion constitué de pièces et d’outils d’origine de la marque. Il était représenté sur un tableau de 90 x 70cm qui était offert aux concessionnaires de la firme. Il doit dater de la période 1936-1960. A cette époque, le lion, devenu déjà un logo, marchait vers la gauche,  ses quatre pattes posées sur la flèche. Après 1970, il se dresse debout sur ses pattes arrière, en position héraldique. La flèche est partie, comme c’est le destin d’une flèche.  

Pour suivre le chemin du lion de Peugeot

. Retrouver l’histoire officielle sur http://www.peugeot.com/fr/histoire/la-saga-du-lion/les-m%C3%A9tamorphoses-du-lion.aspx. Et celle de Wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Peugeot

. Voir le catalogue « Nantes, Salorges Enchères, Kaczorowski, Derigny & Associés, samedi 4 avril 2009 », 02 40 69 91 10, kac@interencheres.com, avec mes remerciements pour l’autorisation de reproduction.

. Voir d’autres billets figurant dans le bestiaire de la pub, du vin      

Bestiaire de la pub > Milka > Sa vache violette > Ses Tendres Moments     

Bestiaire de la pub (1) > La Vache qui rit > La Star du fromage     

Le bestiaire du vin > 3 > La cigogne du CIVA     

Le bestiaire du vin > The Flying Pig ou le cochon volant     

Le bestiaire du vin > 3 > La cigogne du CIVA     

 

. Photo EP

 

 

 

 

 

 

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Style de Pub > Caravan-e > La Industrial Trailer et la Pierart Sestrière

13 Mars 2012, 18:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’une est anglaise et l’autre est française. Vous devinez lesquelles à leur nom. L’anglaise bicolore est citée en premier parce qu’elle est visiblement plus ancienne. Elle est aussi plus grande que sa consoeur  blanche française. Les publicités offrent néanmoins en commun la volonté de séduire. Toutes les deux datent des années 1960.  

La Industrial Trailer Caravan

Pub caravane Industrial Trailer

Cette publicité offre un exemple intéressant de décalage entre  une caravane de grande dimension qui semble vraiment très ancienne, plus même peut être que l’Isnt’it a beauty, avec un aspect extérieur très massif. On l’imagine faite pour les grands espaces du marché nord-américain, moins pour l’Europe ou la Grande-Bretagne. Elle est aussi moderne avec sa double porte sur le côté gauche. Elle a une singularité particulière car elle porte une espèce de crête du coq sur son plafond.  Notons aussi qu’elle revêt  une couleur foncée en partie basse de toute la caisse, ce qui fait ressortir la taille importante de la double porte placée au centre de la paroi de droite visible sur le visuel.  

La mise en valeur de cette caravane par son constructeur Alperson Products, installé dans le Suffolk en Grande-Bretagne, est donnée d’abord par son nom en référence au domaine industriel pour montrer le sérieux d’une qualité professionnelle. On voit peu de chose tant les fenêtres restent petites même si elles sont nombreuses, alors que la porte-fenêtre apparaît sur-dimensionnée en comparaison et pas du tout en concordance avec le reste.  

Le ruban qui occupe la quasi-totalité du visuel était pour l’époque  par contre très « moderne », un mot qu’on n’utilise plus. L’effet de volute à double couleur selon que l’on regarde le recto ou le verso est très réussi. C’est un moyen très utilisé en publicité pour donner du mouvement à un visuel un peu figé : le gris figure la très grande caravane représentée en petit à l’arrêt et la couleur chair orangée du ruban représente le mouvement et la souplesse, sans que soit montrée la voiture qui tracte l’ensemble. Ce ruban, quil occupe la plus grande place de l’espace publicitaire, offre aussi l’avantage de souligner le nom de l’entreprise fabricant  cette caravane à tirer (Trailer Caravan), comme s’il en était d’autre type. 

 

Le contraste entre les deux représentations – le ruban associé à l’entreprise avec la caravane au bout - est d’autant plus étonnant que le style de la caravane date d’une époque où on ne savait  pas encore faire petit. L’objectif du visuel est donc de diminuer la taille de la caravane, alors qu’en publicité, c’est presque toujours l’inverse qui est fait : montrer du petit pour dire combien c’est grand.  

Il y a donc trois éléments importants dans ce visuel : l’absence de notion de gamme, la référence industrielle gage de sérieux et de qualité qui va de pair avec un élément graphique très contemporain que constitue le thème du ruban souple.

La Caravane Pierart  Sestrière

Pub caravane Pierrard Sestrières

Le nom de cette caravane et sa son positionnement dans une gamme indiquent sa nationalité. Il s’agit cette fois-ci d’un modèle français, qui est beaucoup plus petit. Le design de la forme garde encore une ressemblance avec certains modèles que nous avons déjà vus. Les fenêtres sont plus grandes, alignées en partie haute avec une recherche de la symétrie par rapport au milieu de la largeur et de la longueur. La roue que l’on voit sur la photo est ainsi située juste à l’aplomb de la petite fenêtre du milieu. Une innovation apparaît dans la paroi d’avant : une partie saillante en forme de coffret permet de renforcer l’attache de l’axe, sans alourdir l’ensemble de l’avant.   

Au niveau du visuel, l’intéressant se situe dans les deux formes arrondies en pointe de flèche de couleur parme moyen sur laquelle repose la caravane et s’inscrit le nom de la marque. Ces formes stylisées ont aussi pour intérêt d’indiquer le mouvement vers la droite, dans le sens de l’écriture.  

Par contre la caravane se présente dans le sens opposé : son sens de marche file vers la gauche. C’est un procédé utilisé pour retenir l’attention de celui qui regarde. Le regard restant fixé au point de rencontre des deux axes. Au-dessus vers la gauche, le nom de la marque « Caravanes Pierart.  Entre les deux pointes de flèche violette, figure le nom du modèle de la caravane, Sestrière,  du nom d’une station de vacances dans les Alpes françaises. Cette appellation se réfère à l’univers des loisirs que suggère la fenêtre ocre-jaune claire dans laquelle s’inscrit cette caravane moyenne.  Caravane, L'Objet Caravane, dessin France PoulainL’aspect un peu sévère de la caravane se trouve allégé.

  

Pour suivre le chemin

. Voir les autres billets déjà parus dans cette série, tirée d'une sélection de publicités de caravanes, de France Poulain, parue sous le titre de 'L'ojet-Caravane, Mémoire graphique des années 1960'- aux Editions de la Direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise:

Style de pub Caravane > La Star et la Miami      

Style de Pub > La Blue Bird Caravan      

Styles de pub > Caravane anglaise > Isn't she a beauty?      

Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range  

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