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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Dimanche matin > Balade à Mons > Belgique

11 Mars 2012, 17:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un jeu de découverte. Il s’agit de prendre une carte et de voir la ville qui s’en détache, en répondant à des critères simples : accessible le dimanche, non loin de Bruxelles, à 1 heure maximum en train, sans chercher auparavant des informations sur le Net, en évitant les endroits dits touristiques, ceux qui sont inclus obligatoirement dans un week-end de deux jours, ceux qui provoquent chez les autres un « Quoi ! Vous n’êtes pas allés à … ? . Et je ne vous  dirai pas les noms de ces villes que tout le monde connaît. Vive la liberté de découvrir autrement. Un critère aussi qui rend le choix plus large : ne pas trop se soucier du temps, en faisant  comme si il allait faire forcément beau ou passable, un temps à touristes en somme.

 Mons, Le Beffroi

Mons est notre choix. Parmi les raisons, je peux citer en vrac : un nom que l’on connaît sans jamais s’être demandé où c’était vraiment, une proximité avec la France si grande que la distance est trop réduite pour s’imaginer avoir envie d’y aller. On se voit plus se diriger vers la mer ou le nord, pas vers la France…Quant au temps, il n’avait rien de spécialement attirant, un temps de demi-saison un peu gris, qui a fraîchi au cours de la journée, au point de commencer à pleuvoir quand nous étions en train de marcher vers le mont dans la ville ancienne de Mont. Parmi nos  découvertes, la présence universitaire, la culture…

Mons, Rue des Clercs, Maison espagnole

Mons, une grande ville universitaire avec près de 7 000 étudiants répartis dans deux universités. Réellement on ne s’en douterait pas quand on se promène le dimanche! On ne sent pas vraiment la présence des étudiants, ni celles des jeunes d’ailleurs à deux exceptions près, une auberge de jeunesse hyper-contemporaine, creusée dans la colline qui héberge le beffroi, en très grande proximité, et celle plus physique de jeunes scouts frigorifiés d’une dizaine d’années qui attendaient sur la Grande Place devant la mairie. Peut-être était-ce aussi une période de vacances.

Mons, Gare, Vue sur le panneau

Mons, capitale de la Culture 2015. C’est la première chose que nous avons vue à notre arrivée à la gare style années 50 sur de grandes affiches, avec tout de suite cette idée que si la ville est choisie, c’est qu’elle a beaucoup de choses à montrer. C’était déjà une information intéressante. Devant nous, le marché aux fleurs  visiblement très couru par les Montois, avec des productions belges et néerlandaises, qui offrent un choix impressionnant et  des prix imbattables aux yeux de Français. On sait que les Belges aiment les plantes, aussi bien dehors dans leur jardin que dedans surtout l’hiver. « Une maison bien tenue est une maison qui abrite plantes vertes et plantes fleuries. » C’est une façon simple d’avoir chaud au cœur tout en remerciant les dieux tutélaires qui protège la maison et ceux qu’elle abrite. Ce sera le seul endroit où nous verrons des Montois.

Ensuite, en l’absence de toute documentation, il reste à choisir l’orientation. Le choix,  vous l’avez deviné, se fera naturellement vers la partie la plus haute de la ville qui doit être aussi la plus ancienne. Heureusement que Mons porte ce nom-là. Si non,  il aurait fallu demander à deux ou trois personnes. Aucun panneau en particulier n’indiquait de circuit touristique.

Mons, Rampe Ste Waudru, Pavés

La montée vers la colline.  Ce sont d'abord les pavés que nous avons remarqués. Puis les  vieilles maisons collées les unes aux autres au point d’être véritablement imbriquées les unes dans les autres qui nous ont attiré plus peut être que le beffroi si haut. La Grand Place aussi témoigne d’une grande inventivité dans ce domaine de l’imbrication. Certes les grands bâtiments comme l’Hôtel de Ville (1468-1477) ont fait preuve d’une grande audace architecturale et  d’une confiance dans l’avenir qui ne s’est pas révélée assurée, tant l’histoire de la ville et de la contrée a été mouvementée au cours des siècles. Mais même sur cette place où les voitures n’ont plus la leur, des maisons hautes arrivent à se glisser dans l’alignement, comme si de rien n’était.

Mons, Grand Place

L’Office de Tourisme. Il  est situé sur le Grand Place, dans une partie de l’Hôtel de Ville facilement accessible. C’est là que nous avons pu trouver un plan de la ville qui montre la richesse de ce centre-ville ancien, en forme de pentagone. Un centre qui est mis en valeur depuis une trentaine d’années, après avoir connu un déclin certain au cours du XXè siècle. La ville, pour ce que nous avons pu en voir à pied, est encore naturelle, au sens où l’empreinte touristique n’est pas encore trop forte. Certes comme partout, ce sont plutôt des professions libérales qui ont pignon sur rue, mais comme il y a beaucoup de petites maisons hautes et étroites, la dimension somptuaire n’est pas oppressante. On a au contraire plaisir à se promener dans la vieille ville, surtout vue du haut du parc du Château avec une vue plongeante sur les toits, les jardinets, les avancées avec des formes parfois si compliquées...

Mons, Square du Château, Vue sur les toits

Le nom des rues. Nous ne les avons découverts que tardivement de sorte qu’il n’a pas été possible de s’y rendre. J’aurais bien aimé découvrir des rues avec des noms tels que : Chasse de ma Brune, Chasse du Bon Dieu, Rue des Barbelés, Rue du Cerf Blanc, Rue des Fillettes, Rue des Sars ( ?), Rue Gros Pomme, Place de la Grande Pêcherie, Rue des Fripiers, Cour du Noir Lévrier, Cour du Petit Marché, le Marché aux Herbes et la Place du Béguinage, sans oublier la Rue des Droits de l’Homme...Bien sûr.

A ce niveau-là, il aurait fallu louer un vélib  et commencer tôt le matin!  Quant à la seule rue, que j’ai pu vraiment photographier, mais sans voir où elle menait, c’est la ruelle César au pied du Château. Elle est si petite, de la largeur d’un couloir, qu’elle n’est pas marquée sur la carte. Il était  l’heure de rentrer, il faisait froid. Il  fallait rejoindre la gare.  Quelques heures après, la neige allait tomber. Une journée intéressante, de découverte d’une ambiance calme. 

Mons, Grand Place  

Pour suivre le chemin 

. Aller à Mons, dont le maire est le Premier Ministre belge en exercice depuis le 06.12.2011, Elio di Rupo. Il  a fait toutes ses études à l'Université publique de Mons-Hainaut. Docteur en sciences avec mention 'Grande Distinction', il sait mettre sa ville en lumière, tout en gérant avec calme et détermination la difficile gouvernance de la Belgique:      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mons 

. Vous découvrirez alors les 37 monuments anciens à visiter, dont le beffroi classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, tout comme les minières néolithiques de silex de Spiennes (vraisemblablement les pavés qui longent la Collégiale Sainte-Waudru -XV-XVIè- en proviennent-ils) ainsi que le Doudou du nom de la chanson qui accompagne la  Ducasse, la grande fête populaire qui a lieu chaque année à Mons...Soit trois incriptions  à l'UNESCO.   

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La Neige > Le Train > Les Gens > L'Information & le Temps > Lille2012

7 Mars 2012, 18:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Une belle étude de cas. C’est même un bon exemple  sur lequel faire travailler des étudiants. A ce stade, la seule difficulté serait de savoir des étudiants en quoi ? En vrac, l’urbanisme, l’architecture, la mobilité, la sociologie, la psychologie de groupe, la gestion de l’information par des systèmes informatiques, la culture de l’attente, le froid, l’imprévu, le risque… C’est impressionnant de voir combien le simple retard d’un train qu’on attend dans le hall d’une gare se transforme en une vision de la vie en société, d’un éclairage interculturel à choix multiples et d’un miroir de nous-même.    

Les faits d’abord. Lundi 05 mars 2011, il fait gris à Bruxelles. Il commence même à bruiner. Le tramway est plus que plein. Vous le savez quand vous ne pouvez pas rejoindre le boitier qui enregistre votre ticket de passage. Les gens sont encore ou déjà endormis, à l’exception d’une vaillante jeune femme qui arrive à lire, son livre calé sur l’épaule d’un inconnu à côté. A la gare, tout est normal. Les passagers pour Lille sont obligés de passer les contrôles comme s’ils allaient en Grande-Bretagne. 

Train Bruxelles-Lille, paysage de neige, mars

Le train part à l’heure. Arrivée à Lille-Europe sans souci, sauf qu’il neige dans la gare, qui est connue de tous pour sa froidure particulière l’hiver. Le vent s’y sent chez lui, à croire que les architectes avaient oublié ce « détail » ! L’objectif est de trouver une des huit places assises au chaud en attendant la correspondance qui n’est pas annoncée. Les annonces de retard commencent à s’afficher sur les panneaux grands et petits. Le temps de comprendre qu’il faut aller dans l’autre gare, Lille Flandres. C’est là que l’aventure démarre.  

La liaison à pied Lille-Europe à Lille-Flandres. Marcher 400 mètres dans une petite ou bonne dizaine de centimètres de neige fraîche sur un sol encore chaud  n’est pas simple, ni pour vous - vous glissez - ni pour la valise à roulettes, la stupide ne voulant  pas rouler. Vous vous surprenez à slalomer à la recherche de trottoir sans neige ou de rue où la neige est écrasée par les voitures. Il faut choisir, c’est la glisse  ou l’eau qui rentre dans les chaussures.  En fait ce sera les deux. Chic, vous voilà dans la bonne gare.

Gare Lille-Europe, vue sur la place sous la neige entrante, mars

L’attente du TGV pour Nantes, 11h56.  Aucun retard d’annoncé ; il y’a  que des départ à l’heure. La stratégie maintenant est de trouver une bonne place assise, sur un banc en métal avec pleine vue sur l’écran, pas loin du chauffage tubulaire. Vous commencez à attendre. Les retards s’annoncent d’abord  avec modestie, 5 minutes, puis 10, puis 30…pendant ce temps les messages sonores crépitent. Le train pour Anvers, annoncé sans retard, continue à être là. Pourtant son retard commence à être marqué sur le panneau, jusqu’au moment où on verra « supprimé ». Oh, ce n’est pas bon. Les TER semblent être plus favorisés, de même que les liaisons vers le nord. Tout ce qui va vers le sud commence à sentir le roussi.

Gare Lille-Europe, Chaufferette en état de marche

Les TGV vers Paris semblent avoir attrapé une maladie. Il y a du gros souci dans l’air et ceux qui attendent commencent à le percevoir. Des départs annoncés comme étant à l’heure semblent tout à coup  saisis de frénésie, chacun avec une vitesse propre de retard, sans qu’il y ait de connexion perceptible. On commence à se surprendre à se dire que « bon, il y a des problèmes visiblement pour d’autres trains que le sien. Le mien va peut-être passer à travers les gouttes ».

L’information. Elle se fait via deux réseaux, le haut-parleur et l’affichage en terme de retard annoncé en nombre de minutes (5, 10, 30, 50) ou plus tard d’heures (2h). La voix commence par donner la cause connue du retard au moment de l’annonce, puis vient sa conséquence en terme de différé de départ ; arrive ensuite la formule indispensable dans ces cas : « nous vous remercions de votre compréhension ». Il est recommandé de rester près des panneaux d’affichage à l’écoute des annonces diffusées par haut-parleur.

Gare Lille-Flandres, Panneau d'affichage, mars

La teneur des messages. Il a d’abord été question d’un incident affectant un Thalys vers Paris peu après le départ de Lille en raison des conditions climatiques. Puis des précisions arrivent au fil du temps. Il s’agit de la rupture d’une caténaire sous le poids de la neige, puis d’un début d’incendie de la locomotive. C’est à ce moment-là qu’on se rappelle avoir entendu une annonce à Lille-Europe précisant que tous les TGV étaient arrêtés en raison de la présence des pompiers sur la voie, sans indiquer la cause. Il n’était pas possible d’indiquer les retards à ce stade.

L’interprétation de l’information d’un voyageur à l’autre. Elle débute quand tous commencent à comprendre que la situation vue du côté des responsables du réseau ferroviaire est grave. On sent que le système de gestion de crise derrière le haut-parleur ou le tableau est en marche accéléré. Avec ce résultat par exemple de déblocages partiels comme pour ce TGV pour Paris  annoncé pour Lille-Europe, alors qu’il devait se faire à Lille-Flandres. En bloc à cette annonce, les voyageurs pour Paris aux pieds des panneaux se sont levés sans perte de temps et tous ont foncé vers l’autre gare. Les places libres sont immédiatement réutilisées.

On commence à parler à ses voisins, chacun cherchant à comprendre ce qui se passe, chacun à sa façon. Il a été frappant de voir qu’on n’a pas tous retenu la même partie de l’information. Il y a ausi la crainte de zapper une information. Il faut dire qu’il aurait fallu prendre des notes tellement les messages pleuvaient drus, quasiment autant que les flocons de neige qui continuaient à s’amasser sur le toit de verre de la vieille gare.

Les annonces des causes d’incidents se succèdent au point qu’on ne sait à certains moments si la cause du retard concerne un départ en particulier ou l’ensemble par un effet domino : incident technique, lourdeur de la neige, impossibilité pour les agents de rejoindre leur poste à cause des condition climatiques, blocage des voies, multiplicité des incidents, recherche de solutions techniques … avec les conséquences que l’on devine,  l’impossibilité d’indiquer  la durée du retard plus le temps passe et  l’annonce que l’information serait donnée dès qu’il le serait possible.

 Gare Lille-Flandres, Panneau en panne, mars

Le partage d’informations autour du point chaleur a été très actif. Ceux qui préféraient ne pas parler restaient assis. D’autres ont préférés restés debout, proches du peu de chaleur localisé à hauteur des mains autour des deux colonnes chauffantes en bien mauvais état. Une seule ampoule fonctionnait sur les trois. C’est là que se sont noués des échanges intéressants, avec déjà une segmentation claire entre ceux qui allaient à Rennes (TGV n° 5227) et ceux qui se dirigeaient vers Nantes (TGV n° 5224). Parmi les sujets évoqués autour du pôle « Nantes »:

. le temps de cet hiver atypique, avec des températures à porter un t-shirt bras nu il y a 15 jours pour jardiner et de la neige en début mars. L’habillement a été également un sujet de conversation porteur. Une jeune femme à qui quelqu’un a fait remarquer qu’elle avait la chance d’avoir un gros manteau bien enveloppant, a expliqué que le manteau, ça allait, avec un deuxième pull, ça aurait été mieux,  

. le caractère anxiogène de la météo  mais qui est diablement utile dans des cas comme ceux-là,  

. l’état du réseau ferroviaire en France, avec cette question « étions-nous déjà dans la situation anglaise qui avait vu le réseau ferré connaître des tas d’incidents par suite de retards d’investissements »,  

. la sélection des trains ultra-prioritaires, les TGV pour Paris, avec des TER au début moins touchés,

Gare Lille-Europe, Chaufferette en état de marche

. la gestion de la crise d'un système comparée à une nappe trop étroite: dès qu’on tire d’un côté pour permettre à  un TGV de partir vers Paris, on met à nu une autre partie du réseau où les retards comment à cumuler,

. l’interprétation comparative des retards selon la destination et la durée des retards, qui s’accroissait dans le temps,

. le froid qui a occupé une grande place dans les échanges, avec la neige qui continuait à tomber, avec le regret aussi de  la non-mise à  disposition d’une rame à l’arrêt pour attendre assis sans avoir trop froid,

. le grand calme des gens en attente, qui s’adaptaient bien. Selon des témoins, il y a bien eu quelques remarques acrimonieuses au guichet, mais pas dans le hall près des panneaux…

Train Lille-Flandres-Nantes, Paysage ferroviaire de neige

L’attitude des gens pendant l’attente.Des personnes, on l’a vu, voulaient rester tranquilles.  D’autres debout ont cherché à se rapprocher des autres. Des personnes en recherche d’informations supplémentaires sont venues près d’eux pour se faire confirmer des informations. C’est une dame par exemple qui cherchait des voyageurs pour Angers pour se joindre à eux; elle devait aller à Saumur.   Beaucoup ont téléphoné mais pas tous. Nombreux étaient ceux qui avaient emporté avec eux quelque chose à manger. C’était l’occasion en plus de lutter contre le froid. Un seul a travaillé sur son ordinateur, un quadra. Beaucoup ont parlé, ce qui  permet d’oublier les pieds mouillés froids, l’imperméable trop léger, le pull en plus qu’on a laissé à côté de la valise…

D’autres ont parfois aussi changé de place.  Ils voyaient mal le panneau, ils allaient faire un tour pour passer le temps, ou pour mettre en place une véritable stratégie de changement de chaussettes, la grande opération de la matinée. Il y a eu plusieurs techniques : mettre ses pieds à nu devant tous,  le faire assis mais en se cachant ou se rendre aux toilettes pour le faire.  Ces trois techniques ont été utilisées sans possibilité d’en tirer des renseignements statistiques. Les changeurs de chaussettes étaient plutôt jeunes, avec des exceptions.  Une  dame a mis deux paires de chaussettes fines l’une sur l’autre, une connaisseuse qui a sorti en plus un pull de sa valise pour le nouer à la taille pour avoir plus chaud sous son imperméable.

Gare Lille-Flandres, départ sous la neige, mars

D’autres moyens d’information. Un caméraman de FR3 est venu filmer les voyageurs en attente dans le hall de la gare. Plus que les mots des hauts parleurs ou les lettres des panneaux, sa seule présence  a été le signe que la situation n’était pas banale.    La présence d’une agent de la SNCF. C’est la première et la seule personne physique que nous avons pu questionner une fois sur le quai annoncé, le n°6, pour savoir comment le train était composé. Le TGV pour Nantes était-il à l’avant du train ou à l’arrière ? La réponse : à l’avant.

Dans le train filant vers Nantes avec 3h 30 de retard cette fois-ci clairement annoncé par haut-parleur, chacun a repris l’attitude usuelle en France en transport en commun. Quelques instants auparavant, pendant l’attente sur le quai chacun parlait à d’autres. Des Bretons disaient leur non-plaisir à aller à la montagne. Il y fait trop froid. Une fois dans le train, on ne parle pas à ses voisins, on fait bien attention à ne pas toucher les jambes des personnes assises en face,  on se recentre sur soi, on souffle, bien content d’être là au chaud, avec un contrôleur hyper-sympa, qui donne à tous des bons de réduction  et cherche les correspondances pour ceux qui  en ont besoin.

Nouvelle annonce, changement au Mans pour ceux qui allaient à Angers. Quelques petits soupirs de très légère protestation se sont manifestées dans le wagon, mais très léger, du type : « Ah bon, ce n’est pas encore fini ?! » Des gens se sont pour la première fois plaints de cette information qui varie tout le temps.  Nouvelle annonce, une fois descendus sur le quai, le train pour Angers est situé sur la même voie. Il est parti dès que les gens ont pu monter. Un vrai départ à guidage à vue ! Impressionnant après tant d’informatique.

Quelques-uns sont restés sur la plate-forme d’accueil et de stockage des valises. Nous nous sommes retrouvés à 3 sur les 2 places pour Internautes. Et là aussitôt, la discussion a ‘repris’ avec d’autres que ceux du départ, comme si nous nous connaissions, comme si nous avions seulement vu notre conversation stoppée le temps d’un Lille-Le Mans. L’expérience a été étonnante. Le désir a été exprimé de se voir offrir quelque chose au moins à boire.

Un bon retour. C’est ce que nous nous sommes mutuellement souhaité avec beaucoup de chaleur. Nous étions revenus, sans savoir que pour d’autres, la situation allait se compliquer au cours de l’après-midi. La neige allait tomber encore plus drue en bloquant tout le système. Eux allaient dormir sur le sol de la mairie et cette fois-ci, ces « naufragés de la neige » se virent offrir une natte à poser par terre et un plateau repas. Un thème que nous avions évoqué, mes voisins et moi. Le record d’attente dans un aéroport indien pour des voyageurs sous douane, 6 jours d’attente, sans pouvoir sortir, avec ce constat qu’en situation de 'crise' (un mot qu'on utilise de trop), certains surent s’adapter et d’autres souffrirent beaucoup, à demander l'impossible.

Bilan en creux de la journée. Personne n'a râlé, ni revendiqué des choses impossibles, ni critiqué l'attitude de la SNCF, ni ne s'en est pris aux agents. Les gens au contraire se sont rassemblés. Le point de  destination a été un fort moteur de connexion. On a beaucoup parlé et ri. Il est vrai qu'il n'y avait pas d'enjeu individuel. C'est vraisemblablement une des raisons de cette 'harmonie neigeuse'.          

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MATP > CAUE 49 > ENSA 44 > Workshop 2012 > Utopie & Créativité

28 Février 2012, 19:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le site à Angers. C’était un endroit improbable, étrange par son implantation, son caractère à la fois vide et dérangeant, sans arbre, avec pourtant de la terre au sol, une terre plate sans relief, sans caractère. Un lieu plein de sans...situé aussi à la marge, à l’extérieur de la ville, ou plutôt entre-deux villes, Angers et Avrillé, sans lien avec rien, si ce ne n’est la présence d’une route nationale passant devant et d’un grand espace sur le côté occupé par des équipements sportifs et des casernes.

MATP, CAUE 49, Ancienne CFA,

Sur le sol plat, sur cette terre, il y avait de l’herbe, du fenouil, du pissenlit, de l’orpin à certains endroits et aussi des ronces près des lieux qui avaient été habités. Parce qu’il y avait eu de la vie à sur ce site improbable du XXe siècle. Il en reste aujourd’hui un bâtiment dont la présence et la force rendaient le site encore plus curieux. Il y avait forcément des raisons à tant d’étrangetés.

Le terrain d’aviation d’Angers-Avrillé. Sur ce plateau qui CAUE R. Le Rouzic, P. Amphoux, B. Letellierdomine la Mayenne au nord-est, il y a eu un terrain d’aviation. L’endroit avait été choisi par la Compagnie Française d’Aviation (CFA) pour implanter une école d’aviation et un aérodrome. Il lui fallait de l’espace, beaucoup d’espace, avec des maisons basses proches de façon à ne pas gêner l’approche et le décollage des avions. C’est aussi pourquoi il n’y avait pas d’arbre.  Mais il y avait des hangars qu’on voit sur des photos anciennes, qui sont maintenant affichées au mur de gauche du couloir quand on arrive de l'extérieur par le porche central.  

Les locaux de cette école privée de pilotage furent spécialement créés pour elle. Le concours fut remporté en 1936 par Ernest Bricard, un architecte angevin, qui avait proposé un bâtiment de prestige, doté d’une grande force géométrique, de style Art déco. Son message était de montrer la confiance dans l’avenir grâce à l’aviation qui devenait accessible à des jeunes passionnés qui voulaient en faire leur métier. Pour eux, il conçut un long ruban de 90 mètres de long, de deux étages de haut et de 8 mètres de large seulement, afin de faire entrer la lumière par de grandes fenêtres hautes qui rythment les façades. L’air aussi y joue son rôle, grâce à un porche ouvert sur les deux façades est et ouest. Un escalier en colimaçon permettait de voir l’arrivée et le départ des avions du haut  du second étage. 

Une école au destin tourmenté. Le Centre de formation, toujours désignée sous le nom de son fondateur, la Compagnie Française d’Aviation, ouvrit ses portes en 1938. Dans cette double fonctionnalité aéronautique et pédagogique, il ne dura que très peu de temps, l’Etat ayant choisi de rendre publique cette formation.  En 1940, ses locaux furent occupés par l’armée allemande qui construisit des baraquements pour loger ses troupes et entreposer du matériel. Les bombardements des Alliées, qui visaient les châteaux d’eau proches en 1944 atteignirent aussi l’école qui fut remise en état en 1946. Le bâtiment tomba ensuite dans l’oubli. Il n’intéressait plus personne et fut rapidement dégradé. Il devint un terrain de jeux pour les jeunes du quartier et la proie des ronces.

Le réveil à partir de 1988-89. Cette fois-ci, ce  fut l’intérêt Blog CAUE Amphoux-20120223 059architectural du bâtiment qui commença à percer en raison du passage en proximité de l’autoroute A11 en contournement nord d’Angers. Le projet autoroutier prévoyait en effet la destruction partielle du site, des doutes ayant été émis sur la solidité des bétons. Devant le tollé suscité par cette proposition,  le CAUE, appuyé par des associations, sut montrer le caractère tout à fait singulier du bâtiment et sa force de témoignage dans le patrimoine architectural français. Après des négociations animées, le tracé fut déplacé pour épargner le bâtiment. Un compromis fut trouvé  qui consista pour la ville d’Angers à prendre en charge le prolongement de la couverture de l’autoroute d’une centaine de mètres. Un succès ne venant jamais seul, mais quand même toujours lentement, l’inscription au titre des Monuments historiques fut acquise en 2004 et la réhabilitation de l’ensemble réalisée en 2005.

L’école a maintenant pour la première fois un nom et un nom qui lui va bien à plusieurs titres. C’est la Maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage qui abrite le Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement du Maine et Loire. Le bâtiment accueille également d’autres instances publiques toujours en relation avec l’architecture. Aux commandes du CAUE 49 et de la MATP, un architecte-urbaniste, Bruno Letellier, qui est un homme passionné par son métier en phase avec l’évolution de la société et la transmission par la formation.

L’ancrage dans la fonction pédagogique. Le CAUE Blog CAUE Amphoux-20120223 041conseille et accompagne les élus dans la maîtrise d’ouvrages publics. Il accueille et conseille les particuliers dans leurs projets. L’organisme départemental exerce également un grand rôle dans la  diffusion de la connaissance et le développement de l’esprit de participation. C’est bien au nom de la transmission et du partage de la connaissance que le CAUE  a pris contact avec l’Ecole d’Architecture de Nantes afin de conclure un partenariat entre les deux établissements. L’atelier de créativité « Utopies métropolitaines » s’inscrit dans ce cadre. Il est ouvert aux étudiants en master, sous la direction de Pascal Amphoux, architecte-géographe. Le thème de l’atelier choisi porte sur la nouvelle mobilité induite par le tramway sous le titre, « Faire métropole. La Ligne, les projets et les acteurs».

La force du changement. Elle se peut se voir d’une façon exemplaire à plusieurs niveaux. Dans le passé, à l’âge classique, ce plateau abritait des fermes comme l’a montré Rosemary le Rouzic, historienne à l’INRAP.  Ce terrain n’était en aucune façon ‘vide’ quand on étudie son sous-sol. Il exerçait une fonction agricole affirmée, à l’orée de la ville. Le plateau maintenant fait l’objet de deux grandes opérations urbaines jointives, à Angers le Plateau des Capucins, à Avrilllé le Plateau Mayenne.

Des  nouveaux immeubles de bonne hauteur sont en cours de finition actuellement. On les voit directement de la façade arrière du bâtiment, qui du coup retrouve son  sens.  Dans l’axe médian perpendiculaire exact de de ce long bâtiment de 8 mètres de large, ouvert en son milieu, se trouvait la piste d’envol, que l’on pouvait aussi voir du haut du second étage, grâce à un escalier circulaire accessible du porche central.  

MATP, vue sur Les Capucins

Le 24 février 2012, Bruno Letellier est celui qui nous a accueilli au début de cette journée pour l’ouverture du colloque introductif qui a permis aux quelques 20 étudiants nantais et plus de rencontrer les 15 participants,  élus, membres du CAUE angevins et acteurs du territoire en lien avec le thème choisi ainsi que par des personnes intéressées par la démarche, le thème de la mobilité grâce au tramway  et le lieu. C’est aussi le directeur du CAUE, qui a fini la journée, avec le récit de l’histoire du site. Le billet que vous pouvez lire est d’ailleurs une retombée de sa présentation qui a permis d’apporter un éclairage nouveau sur le lieu qui nous accueillait. Il faut toujours aussi savoir regarder le ciel et voir d'où vient le vent. D'ailleurs le site maintenant accueille un héliport qui n'est pas encore ouvert.  

Après cette journée très riche en informations par les intervenants, questionnements de la part des étudiants et échanges entre tous, l’évocation de l’histoire de la Maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage a sonné  comme un dernier coup de théâtre pour marquer la fin d’une riche journée, co-organisée par Franck Gautré, architecte-urbaniste au CAUE et Pascal Amphoux, architecte-géographe et enseignant à l’ENSA de Nantes. 

La dynamique de la mobilité. Elle a été constante tout au long de la journée. On a beaucoup parlé du tramway, puisque c’était le thème du colloque en lien avec la métropolitisation de l’agglomération angevine (33 communes). Deux élus, Jean-Luc Rotureau, vice-président de l’Agglomération, en charge de l’Urbanisme à Angers et Jeanne Robinson-Behre, en charge de l’Urbanisme à Avrillé, ont resitué la vision  territoriale en phase avec la volonté politique.

D’autres mobilités ont bien sûr été évoquées, avec la transformation de la route nationale à cause du tramway devant la Maison de l’Architecture, l’autoroute proche, les chemins de promenade le long ou à travers les lanières végétales des deux plateaux, le vélo avec lequel les étudiants sont venus à partir de la gare d’Angers. Ils ont fait le parcours Nantes-Angers avec le  train régional, un RER. En résidence de travail pendant une semaine, ils pourront se déplacer en toute autonomie grâce au vélo, pour se rendre à leurs rendez-vous professionnels et voir le site, puisqu’ils ont pour travail, par petits groupes, d’étudier une à deux stations du tramway.

Blog CAUE Amphoux-20120223 060

L’Utopie et la Créativité. L’atelier a pour nom « Utopies métropolitaines ». Je devrais donc parler de l’utopie au pluriel. Je choisis de le préférer au singulier pour mieux faire ressortir sa dimension symbolique, l’homme par  définition étant un être utopique. L’utopie en tant qu’outil peut se définir comme un mode de raisonnement pour élargir le champ du possible.  C’est l’objet du workshop, dont nous n’avons vu que cette journée de rencontre avec les professionnels, préparée la veille par la rencontre entre les étudiants et leur enseignant pour déterminer leur travail et leurs modes d’intervention le lendemain.

Quant à la créativité, toute la journée du 24 février a été placée sous ce signe, dans les prises de parole des étudiants qui ont tramé toute la journée, dans la façon dont les intervenants ont été totalement intégré dans le processus pédagogique, non seulement classiquement en intervenant, mais aussi surtout en répondant parfois les uns pour les autres, revenant sur des réponses et dégageant à chaque demi-journée des conclusions de conclusion, dans un tempo très rapide et dans le temps d’une journée longue sans pause, à part celle de midi pour déjeuner. Et encore, même ce temps a été utilisé pour échanger !

MATP, vue des Capucins

Pour suivre le chemin

. Pour avoir une vue synthétique sur l’atelier avec les étudiants de l’Ecole d’Architecture de Nantes ---) http://www.caue49.com/Colloque-Faire-metropole-La-ligne.html?id_mot=10

. Pour une histoire détaillée du CFA par certains de ceux qui y furent formés ---)

http://www.jean-maridor.org/promo_z/francais/avrille.htm

. Pour une étude synthétique très documentée de Sandrine Prouteau ---)

http://www.matp-angers.eu/La-Compagnie-Francaise-d-Aviation.html

. Pour une approche de l’Utopie, http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d0/index.htm 

. Sur ce blog, voir l’article du 24.11.2008

        Ville durable, le Plateau Capucins-Mayenne, Angers-Avrillé (49)     

. Deux remarques méthodologiques sur ce billet

. Comme point de départ, je me suis basée sur l'intervention de Bruno Letellier. J’ai ajouté dans ce récit des données récoltées au courant de la journée en provenance d’autres intervenants. Je n’ai pas cité tous les intervenants ni relaté leurs propos. J’ai prévu de parler au moinsd'une des quatre belles balades urbaines dans le pôle métropolitain, faites avec  le CAUE49,  qui ont eu lieu courant 2011 dans le cadre du PLU. Le nom des balades « Changeons de regard sur notre territoire ». Il est vrai que si la journée a été très orientée sur le territoire et l'architecture, il a peu été question du paysage. C'est justement un des thèmes du workshop sur lequel ont travailler les étudiants.     

. Pour finir, une question de plan. Pour construire ce billetBlog CAUE Amphoux-20120223 047, j’ai utilisé classiquement la technique du récit historique, en déroulant les changements dans le temps, avec  un plan linéaire descendant (PLD), avec un début et une fin. Pour apporter un certain décalage, j’ai aussi raconté cette histoire partiellement avec un plan circulaire ouvert (PCO) centré sur 9 thèmes qui peuvent tous être corrélés ensemble à savoir : l’homme ---) la terre ---) la pierre ---) le papier ---) le temps ---) la couleur ---) le trait ---) le je-jeu ---) le feu---) l'homme...

. Les neufs éléments du plan circulaire ouvert sur le changement sont présents à des titres divers  dans le billet. Ils l’ont été aussi grâce aux témoignages des intervenants :

.1 L’Homme d’hier, d’aujourd’hui et de la ville de demain ---) Tous les 14 intervenants.

.2 La Terre, sur laquelle les deux éco-quartiers sont érigés ou située dans des quartiers voisins   ---) Tous les professionnels et en particulier l'architecte Roland Korenbaum et l'archéologue. Rosemary Le Rouzic.

.3 La Pierre, c’est celle avec les quelles sont érigés les châteaux et les bâtiments du XXe siècle ---) Tous les professionnels et en particulier Emmanuelle Quiniou (AURA).  

.4 Le Papier, c’est un mot que j’ai peu utilisé pourtant indispensable dès lors qu’on parle de transmission des connaissances par le livre en particulier---) Utilisé par l'archéologue en particulier lors des références à des cartes (Cassini). Cité aussi par Pierre-André-Vincent de l’association du Quartier des Capucins et son travail de mémoire, à propos du quartier des Hauts de Saint-Aubin (ex-quartier Verneau).  

.5 Le Temps, il en a beaucoup été question, avec le temps de l’occupation agricole, le temps de la construction, de la dégradation, de l’oubli, de la remise en lumière, de la réaffectation…---) Rosemary Le Rouzic (INRAP), Sophie Bellet (SARA), Sophie Denissof, Bruno Letellier...

.6 La Couleur. Il en a été question, de façon indirecte, avec des photos du site sous la neige.  

Blog CAUE Amphoux-20120223 081

.7 Le Trait, la ligne graphique, il-elle est constamment présent-e dans le bâtiment ---) Bruno Letellier.

.8 Le Je-Jeu, il en est toujours question dès lors qu’il y a témoignage ---) Le seul intervenant a avoir fait de l’humour, accueilli avec plaisir par les étudiants, a été Philippe Debove, le directeur du marketing de Kéolis Angers.  C'est lui aussi qui a montré des très belles photos du site sous la neige. Pour la dimension personnelle - le « Je » - on parle toujours de soi quand on intervient sur des sujets comme l’urbanisme, l’architecture…la société.  

.9 Le Feu, c’est le feu des bombes , c'est aussi celui de la création ---) Un des axes forts de la journée.

. Photos Véolia pour la Neige, Elisabeth Poulain pour les autres, à voir dans l'album-photos "Angers" pour le bâtiment et dans "Personnes2", un sous-album de Personnes, pour les personnes! Les photos du site ont été prises en fin de matinée quelques jours après. Sur la 3è vue,  on voit bien la proximité avec les châteaux d'eau de l'autre côté de la rue.  

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Style de Pub > L'Homme > Le Duffle-Coat > Moorhouse & Brook

23 Février 2012, 15:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

J’ai toujours aimé les duffle-coats. C’était pour moi le vrai « chic anglais », des mots que je n’emploie pas d'habitude, indémodable, parce qu’au-delà de la mode, confortable et avec un look parfait, à deux conditions, qu’il soit suffisamment long mais pas de trop et que le lainage soit suffisamment lourd pour avoir un beau tomber.

 

Il existe des duffle-coats pour femmes. Longtemps, j’en ai eu un, un dufle-coat long, un Courrèges fantastique jaune orange. Une retombée de mai 68 ! Aujourd’hui, il s’agit de celui que porte l’Homme, un être si parfait, qu’il lui faut le meilleur, non pas tant en terme de prix, de marque ou de mode, qu’en terme de sens.

Duffle-Coat, Homme, Manufactum, 1998-99

Le sens du vêtement. Chaque pièce de son habillement doit dire quelque chose. Je vous vois venir, vous allez me dire que la question du sens s’apprécie dans l’ensemble formé par chacun des vêtements  et l’ensemble en symbiose avec L’Homme. Il y a  forcément du vrai, surtout dans la seconde remarque d’ailleurs, mais il faut bien commencer par quelque part. Et si vous ajoutez que L’Homme a déjà une veste longue Marlboro Classics, je vous dis 'zut et flûte'. Eh bien, il  aura deux manteaux! Alors, je peux commencer ?! Yes.

La lutte contre la pluie. Si Le manteau  est long, c'est bien pour cela. Il doit arriver presque jusqu’aux genoux. Tout dépend de la longueur des jambes, of course. Il est bleu foncé, un bleu ourdi de gris, absolument superbe, ni trop fort ni trop doux, parfait pour L’Homme. Il a forcément une grande capuche suffisamment profonde pour couvrir la tête et le cou, avec un bouton pression pour en rapprocher les bords en cas de grand vent ou de grosse pluie venant de face. Le vent ou la pluie ? Les deux. Rassurez-vous, c’est le seul bouton et la seule partie métallique du vêtement. La tradition est respectée.

Un ensemble parfait d’assemblage. Il est constitué de trois grands Duffle-Coat, Homme, Manufactum, 1998-99rectangles assemblés sur les épaules et les côtés, un pour le dos et les deux autres pour le devant, sur lesquels vont être piquées, outre la capuche, les manches avec un petit arrondi pour donner une belle ligne, sans effet épaules tombantes  et une bonne aisance de mouvement. L’Homme en plus avec ça a des épaules carrées ; cela ne nuit pas à sa silhouette, surtout avec ses longues jambes. 

Pour renforcer les épaules, deux pièces  sont cousues devant et par derrière et surpiquées pour donner du relief et renforcer la solidité. Encore une façon d’obliger les traitresses gouttes de pluie à ne  pas se rassembler en rigole le long de la couture de l’épaule pour s’y frayer un passage insidieux. Avec les pièces d’épaules, elles vont être obligées de couler devant ou en arrière.

Des poches  à revers sont placées à bonne hauteur de bras de façon à pouvoir y glisser ses mains pour les réchauffer. Le revers évite que l’eau sournoise de la pluie ou des embruns puisse insidieusement s’y glisser.

Pas de boutons, des brandebourgs. De la même façon les deux parties du devant se Duffle-Coat, détail brandebourgs, Homme, Manufactum, 1998-99recouvrent l’une l’autre grâce aux brandebourgs formés de deux éléments, une  attache munie d’un élément en corne ou en bois est fixée dans le côté droit afin de pouvoir l’insérer dans la boucle du  brandebourg du côté gauche. Il n’y a en effet pas de bouton dans ce manteau fait à l’origine pour l’armée prussienne – d’où le nom de brandebourgs  pour le système d’attache qui remplace les boutons - puis ensuite adapté et adopté par la marine anglaise dès le milieu du XIXe siècle. Brandebourg est le nom de la Porte du même nom qui marquait la limite de la ville en 1870 et celle d’avec Berlin-Est à la fin de la guerre de 1945. 

L’absence de bouton permettait d’utiliser des lainages Brandeburger Tor, Berlin, 1870épais  sans avoir à faire de boutonnières toujours délicates et coûteuses à faire, avec l’obligation aussi de coudre les boutons avec un long fil pour tenir compte de l’épaisseur, qui présentait aussi un risque accru de casse. Remplacer le fil par une lanière de cuir ou une cordelette et concevoir un bouton mobile qui bouge en cohérence de mouvement permettaient de faciliter le mouvement des marins et des soldats.

En France, le ciblage. Le duffle-coat n’a jamais connu un succès populaire. Il n’a jamais été associé non plus directement à l’armée anglaise ou à son origine allemande. Il était connu à Paris dans la bourgeoisie férue de culture anglaise. Dès les années 50-60, les jeunes hommes l’adoptèrent dans les milieux intellectuels parisiens dans sa couleur beige-poil de chameau, avec ses petits morceaux de bois (et pas de corne), glissés dans des ficelles (et non pas du cuir dans les versions chères anglaises), en forme de différenciation d’avec le manteau gris ou noir de leur père.

Aujourd’hui encore, le duffle-coat dans sa version beige sable a gardé son profil indémodable pour intellectuels portant lunettes rondes avec le Monde plié sous le bras, l’hiver. Au printemps ou à l'automne, ces même duffle-coateurs portent une gabardine de style trench-coat de forme droite.

Les Duffle-Coateurs célèbres. Vous l’avez deviné. Ce sont tous des hommes. Quand ils sont anglais, ce sont des militaires célèbres. A commencer par le commandant de la 8e armée britannique Montgomery, appelé par ses hommes « Monty », lors des combats contre les troupes allemandes dirigées par le général Rommel dans le désert d’Afrique du Nord. L’homme au duffle-coat était si aimé de ses hommes, qu’ils appelèrent son manteau un « monty-coat » ou carrément un « monty ». D’autres comme David Stirling, qui créa le SAS - Special Air Service en 1941 - est représenté, avec son duffle-coat dans une statue d’Angela Conner. Lui aussi combattit les troupes allemandes en Afrique du Nord.

D’autres porteurs célèbres sont français. Ils sont alors des intellectuels, comme Jean Cocteau et  Jean-Paul Sartre. Des catalogues de vente par correspondance, comme celui de Manufactum, ou des sites en ligne  ne citent le plus souvent que les premiers des deux catégories.

Actuellement Il est difficile de trouver un vrai duffle-coat Manufactum, katalog, Duffle-Coat, 1998-99de qualité. Celui que je vous montre est issu d’un catalogue allemand de vente par correspondance qui doit être la Rolls de la VPC. On trouve dans « Manùfactum » ce qui se fait le mieux aussi bien pour la maison que pour la personne dans onze domaines différents. Celui qui concerne L’Homme entre dans la catégorie  « Von Kopf bis Fuss », de la tête au pied. C’est un « duffle-coat doppeltuch », dont le tissu est double et qui porte le nom d’ « Elysian ». 

Comme je le fais chaque fois que je le peux, j’ai choisi un catalogue ancien, le n° 11 de 1998-1999 qui présente ce modèle originaire du West-Yorkshire en provenance d’une entreprise qui semble malheureusement ne plus exister, Moorhouse & Brook. A l’époque, il coûtait 889 DEM, ce qui ferait 454 EUR, auquel il faudrait ajouter l’effet de la hausse du coût de la vie. La comparaison des prix n'a plus de sens.

Manùfactum, qui est présent en Allemagne, en Angleterre, au Canada et en Suisse, a comme slogan « es gibt noch, die guten dinge », qui peut se traduire en ‘on trouve encore les bonnes choses’. Et c'est vrai que ce duffle-coat continue à attirer au delà des frontières d'Angleterre, d'Allemagne, de France, de BelgiqueHomme, Duffel Coat, dessin, Manufactum, Katalog 2000-01, n°13 ... tant l'intelligence du vêtement est grande. Il avait pour double fonction militaire de faciliter le mouvement et la protection contre le froid des hommes en armes. Objectifs réussis!   

L'intelligence du vêtement. Elle nous est donnée par un dessin  de  ce Duffle Coat dans le catalogue de 2000-2001 de Manufactum. On retrouve ce manteau "Elysian "de Moorhouse & Brook  avec deux modifications dans la présentation. Sa dénomination a changé; il s'appelle aussi maintenant un Düffel Coat, parce que son tissu vient de la ville de Düffel en Belgique. L'autre changement vient de la présentation; il y a maintenant un dessin pour donner un meilleur rendu du manteau. On peut apprécier maintenant son côté fini, avec ses surpiqûres, ses languettes de bas de manches avec une double disposition de boutons pour resserer l'ouverture et aussi les pièces de  dessous pour renforcer le système d'attache des brande bourgs. Du bel ouvrage! Vraiment.   

Pour suivre le chemin

. Manùfactum,  à retrouver sur http://www.manufactum.de/home.html

Le catalogue est maintenant consultable en ligne. Il y a encore des duffle-coats mais sans capuche. Dommage.

. Pour avoir les bases, voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Duffle-coat   

. Lire le bon article d’Aline dans http://www.tendances-de-mode.com/lexique-100

. Retrouver le manteau Marlboro Classics sur ce blog et les chaussures UNIC

          Style de Pub > L'Homme > Les Chaussures UNIC par Cassandre       

Style de Pub > L'Homme > La veste > Marlboro Classics > le Wild West         

. Photos EPvoir les photos de Berlin sur le site officiel de la capitale de l'Allemagne, en particulier celle qui montre la Porte à la fin de la seconde guerre mondiale.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Style de Com > Quelques sacs publicitaires > France

21 Février 2012, 16:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ils encombrent le peu d’espace disponible dans mes placards. Ils m’agacent et pourtant j’en ai gardé certains dans l’attente d’en faire un jour quelque chose. Que disent-ils ?

Ma sélection spontanée est en fait déjà révélatrice.

.1. Les sacs plastiques ont été jetés à deux exceptions près qui concernent, comme de juste, le vin. Je vais donc commencer par eux, qui sont les plus anciens.

Sac publicitaire, InterLoire. Les Vins du Val de Loire est certainement le visuel le plus connu. C’est un sac InterLoire. Il date d’avant 2000,  avec ses verres qui dansent la farandole de Loire dans différentes représentations,  rosé, blanc, rouge et bulles. Les verres se détachent sur un socle composé d’une vue en noir et blanc de la Loire, traversée par un pont, avec deux châteaux dans le fond à gauche, et de la vigne à droite.  

 . Sur un sac qui peut se refermer,  Sac publicitaire, ChinonChinon au fil de l’eau ne montre de son identité viti-vinicole qu’une feuille de vigne rouge, ce qui fait que je ne sais pas si c’est un sac donné par l’office de Tourisme ou par le syndicat des vignerons de Chinon.

. 2. Viennent ensuite des sacs en papier fort et de grande taille. Ils m’ont été donnés au salon des Vins de Loire.

Sac publicitaire, Vinova, bouchon.Vinova, The different closure, avait édité ce sac papier de couleur jaune pâle pour mettre en valeur sa signature graphique très réussie où le «  i » est une bouteille Bordelaise pour rester dans une ligne droite.  

. La Sablette, ce Muscadet Sèvre et Maine sur Lie, porte des couleurs qu’on devait voir à l’autre bout du salon. L’orange est d’autant plus « flashy » qu’il s’oppose à une bouteille verte claire d’une forme trèSac publicitaire, La sablette, Muscadet Sèvre et Maines curieuse, tenue par un homard aux pinces rouges orangées. C’est un vin de Marcel Martin, un nom inventé de négociant par une grosse société de négoce à Mouzillon en Loire Atlantique, qui continue à être vendu dans les restaurants. La hauteur de la bouteille a été légèrement réduite pour le sac.

    . 3. Le premier sac en non-tissé est de Delhaize, l’important groupe belge de distribution,  qui l’a conçu au début des années 2000. C’est un petit sac en non-tissé à son nom pour porter six bouteilles de vin sans souci. Sa couleur est « lie de vin » pour des vins très tanniques. On est autorisé à y placer aussi les autres couleurs ! Il a eu beaucoup de succès en particuliSac publicitaire, Delhaize, Porte-Bouteilleser au salon des vins de Chinon quand celui-ci se tenait encore dans la salle des sports près du camping. C’est le seul sac de cette série à avoir été payant ; son coût était franchement minime.  Ses atouts portent sur sa légèreté, son côté pliable et sa résistance à la fois. Il est destiné à des urbains faisant leurs courses dans leur magasin Delhaize de proximité.     

.4. Les sacs en papier kraft de couleur terre poursuivent la série. On les trouve maintenant pour de nombreux produits. Voici sans garantie de dates, quelques exemples. Pour y placer des plaquettes publicitaires d’Anjou-Tourisme avec son A si reconnaissable, Habitat avec son chouette logo d’une petite maison que vous aimez à cœur, Solway Pharma qui vous garantit que « ce sac (est) papier kraft recyclé, recyclable, biodégradable eSac publicitaire papier, Secours catholiquest imprimé avec une encre à base d’eau» (une note en bas donne l’explication: il contient « moins de 2% de solvants ». C’est le seul sac qui vous parle directement : « réutilisez-moi ». On ne quitte pas le vin sans transition puisque il y a aussi  ce sac repliable à anse sans aucune impression d’encre et cette belle enveloppe-sac haut à fenêtre cellophane pour  une bouteille de vin que l’on peut voir. Tous deux sont des sacs du Musée de Vignoble nantais du Pallet.  

. 5. Voici trois exemples toujours en papier, mais cette fois-ci avec plein de solvants. Ils sont plus ou moins blancs, du rouge ou du noir :

Sac publicitaire papier, Max & Co. un petit sac blanc très chic avec des étoiles grises pour le Secours Catholique, Réseau mondial Caritas, peut être édité lors d’achat de Noël au profit de l’association,

. la franche réussite de Max & Co avec son lien rouge en logo si reconnaissable et ses anses rouges qui poursuivent le dessin du lien,

. et un grand sac papier Dark Dudes gris-noir-blanc, façon ‘mûr délavé par les ans en street art’, d’origine inconnue, avec une petite poupée qui a des tâches Sac publicitaire tissu, Lille, Capitale européenne de la Culture 2004noires qui coulent en guise d’yeux, une bouche coeur rouge,  des petits tétons dans un gros nœud sur le ventre et des chaussettes rayées rouge et blanches.

.6. Un seul sac est noir de noir en non-tissé, avec la Tour Eiffel qui éclate en blanc, sans autre indication que « France ». C’est le logo d’UbiFrance (dont le nom n’est pas cité) pour représenter la France à l’étranger en particulier sur les salons internationaux.

Ce sac est un cadeau 2012 d’Anita Lelebvre, une charmante dame que je connais depuis la seconde édition du Sac publicitaire papier, Conran Shop ParisSalon des Vins de Loire. Elle n’a jamais manqué un seul salon, toujours pour UbiFrance. 

.7. La couleur explose  

    . en monochrome rose éclatant pour un sac en tissu solide Lille2204Lille, Capitale européenne de la Culture,

. en tissu souple violet tendre pour  Les Tropéziennes par M. Belarbi,

. sur un grand sac-cabas solide en papier renforcé, dans une explosion de couleurs pour Conran Shop, inscrit sur la tranche pour rester dans la justesse de l’univers chromatique. C’est uneSac publicitaire papier-journal indien franche réussite graphique.

. 8. Un seul sac est fait à partir de papier journal avec des photos couleurs. Impossible de vous traduire ce qui est marqué dans les articles, les publicités ou en légende. Il vient de la République indienne et date d’il y a quelques années. Il est constitué de plusieurs épaisseurs de papier avec du carton pour le solidifier au niveau des œillets par lesquels passent les deux anses. C’est mon préféré, je parie que vous l’aviez deviné !    

. 9. Pour finir, il faut trouver une chute. Elle se fera en tissu écru sur le double thème de la culture et de Sac publicitaire tissu, Edinburg Book Festival, 1997l’espace, en commençant

. par le plus ancien sac, pour les Editions Chandeigne,     Ateliers & Librairie, avec un dessin du travail de l’imprimerie,

. un sac de l’Edinburgh Book Festival du 9-25 août 1997, Charlotte Square Gardens, avec un drôle de ricaneur un tantinet sardonique, qui danse tout en faisant virevolter les livres,

    . et un sac qui rappelle que « le territoire est le patrimoine de la Nation ». C’est la première phrase de l’article 110 du Code de l’Urbanisme françaisSac publicitaire tissu, le territoire est le bien commun de la Nation.

Si je résume tout ça, j'ai amplement de quoi savourer la vie, un verre d'une main, dans l'autre des pinces de homard déjà décortiquées, une maison pour me réchauffer, avec un coeur gros comme ça, des idées de ballade en Anjou en tête, des BA (bonnes actions) à faire, des livres à lire, la Tour Eiffel qui décidément me poursuit, avec de la culture toujours, l'Europe en protection, l'Inde en tête et le territoire en guise de patrimoine... Et j'en oublie. Pas mal quand même!

Mes préférés, que je vais garder jusqu’au prochain délestage, sont le sac papier indien, Conran Shop et le bonhomme-livre du festival d’Edinburgh, sans oublier le territoire.      

. Photos EP, à retrouver dans l'album-photos "Pub-Design" pour les sacs qui n'ont pu trouver leur place dans le billet.

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Quel vin de messe choisir? > Un Casa Madero Vino Puro de Uva > Mexique

20 Février 2012, 17:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ici en France, il ne me vient pas de nom de vigneron déclarant vendre son vin au clergé pour célébrer la messe, vraisemblablement pour bien séparer le domaine du marchand avec celui de la religion.

Au Mexique, il n’en va pas de même. La question du vin de messe est si ouvertement posée, qu’elle en devient à nos yeux plus qu’un fait de société, un marqueur culturel.

Etiquette Vin de Messe, Casa Madero, Parras, Mexico

L’étiquette elle-même fait ressortir en gros caractères « especial para consagrar » écrit dans un bandeau arrondi qui se termine de chaque côté en ruban de façon à mettre en valeur le calice contenant le vin avec une croix rouge sur fond blanc d’où partent des rayons d’or. Au-dessus, en haut de l’étiquette, on peut lire « Madero Vino Puro de Uva » (pur jus de raisin). En second plan dans la partie inférieure, on devine des angelots avec leurs ailes déployées. Figure en dessous le logo de la Casa Madero SA, un écu avec une étoile rouge à cinq branches, orné d’une couronne et encadré par une grappe de raisins blancs à ruban rouge, qui met en valeur la date  en dessous de création de la Maison en 1597.  C’est le plus ancien domaine du Mexique, créé par les Espagnols dès leur arrivée, en particulier pour les Missions.

Des médailles obtenues dans les expositions universelles de Paris (1900) et Saint-Louis (1904), l’exposition pan-américaine de Buffalo (1901)  et Sevilla 1950, sont portés aux quatre coins de la grande étiquette presque carrée. On peut en déduire que la Casa Madero avait pu présenter ses vins dans le cadre du Pavillon du Mexique et participer aux concours. Les médailles attestaient déjà  de la qualité des vins de la Casa Madero au tout début du XXe siècle.

Contre-étiquette, Vin de Messe, Casa Madero, Parras, Mexique

 .Sur la contre-étiquette, outre l’autorisation de l’évêque, une mention atteste que  ce vin  est le fruit de la vigne des terres de notre Diocèse Parras, Coah et du travail du personnel d’un de nos domaines   (« fruto de la vid de tierras de nuestra Diocesis- Parras, Coah- y del trabajo de la gente de una casa de nuestras tierras –Casa Madero »).  

La contre-étiquette rappelle en dernière mention que l’abus de ce produit nuit à la santé selon la formule réglementaire consacrée : « El abuso en el consumo de este produto es nocivo para la salud ». 

L’originalité de cet étiquetage porte sur la forte imbrication entre la dimension religieuse, la dimension réglementaire et la dimension marketing de mise en valeur de l'habillage de la bouteille et du domaine. Seul le vin échappe à l’information : de quel cépage est-il issu ? Quelle est sa couleur ? Est-il sec ou moelleux ? La seule donnée concerne sa teneur en alcool : 16,5° ! C’est vraisemblablement un blanc moelleux.  

La suite de l’histoire. Depuis 2010, il n’y a plus vraiment de vin de messe mexicain. Ce sont maintenant  des vins d’importations qui leur sont préférés en raison de leurs coûts plus bas. Les trois grandes maisons de vin du Mexique, outre Casa Madero, Domecq et El Vergel, ont renoncé à en produire, en raison d’un marché national trop restreint, d'exigence de qualité et d’un prix de vente trop bas (3 dollars).

On apprend à cette occasion que le vin peut être rouge ou blanc. Il doit être élaboré avec des raisins à bonne maturité et son degré d’alcool ne devait pas dépasser 8°.  L’annonce de devoir faire appel à des vins étrangers par le porte-parole de l’évêché a provoqué un tollé certain dans la presse mexicaine, tout autant pour des raisons d’attachement à la terre mexicaine qu'au regard de l’élévation du coût d’achat par le clergé.  

Pour suivre le chemin

. Je vous conseille d’aller visiter le site de la Casa Madero sur http://www.madero.com.mx/

. Vous y découvrirez les vins de la Maison et son très beau site  mais aussi quelque chose de plus rare. C’est La Casa Hogar Quinta Manuelita, une institution de bienfaisance qui délivre des soins médicaux et assure l’instruction d’enfants pauvres dans la région de Parras, Coahuila. L’établissement a été fondé par Don Evariste Madero en 1902, pour lequel il avait constitué un capital de 100 000 pesos d’or dont les intérêts ont permis son financement jusqu’en 1980.

Actuellement et depuis 1912, c’est l’ordre religieux des  Soeurs du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres qui gère la Casa Manuelita. Celle-ci accueille 45 petites et jeunes filles scolarisées en écoles primaire et secondaire, sans compter  450 enfants dans la région. Cette fois-ci, c'est la dimension financière de l'entreprise qui est imbriquée dans cette opération philanthropique remarquable. On peut alors imaginer que le vin de messe de qualité de la Casa Madero était vendu à un prix volontairement très bas au Clergé.     

. Cette étiquette munie de sa contre-étiquette m'a été adressée par un ancien étudiant passionné de vin bien avant l'interdiction. Je n'avais pas pu le remercier alors, je le fais maintenant! 

. Photos EP

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Reuilly > Une si jolie petite église de 1000 ans d'âge > Eure

17 Février 2012, 12:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elle est située à la sortie du village en plein champ, hors le village de 500 habitants, en pleine nature.  On la voit de loin perchée à mi-pente, entourée de prairies, seule comme une île dans un océan de nature.  Inscrite à l’inventaire des Monuments historiques depuis 1926, l’église Saint-Christophe veille sur le petit cimetière de Reuilly qui abrite encore des vieilles tombes dont certaines sont vraiment très belles.

Reuilly, église romane, St Christophe XIe

On peut faire le tour de l’église à tout moment dans l’année. On peut aussi y entrer lors des journées du patrimoine du mois de septembre, grâce aux membres de l’association « Offerus » qui s’en occupent, en veillant à sa santé de si charmante vieille dame de pierre et en la faisant vivre dans « son écrin de verdure ». Ces derniers termes sont ceux de la plaquette remise lors la visite du 18 septembre 2011, par le Président  de l’association dont le nom évoque Christophe en latin. 

Reuilly, église romane, St Christophe XIe, l'âne le plus gourmand, prè aux ânes devant

Dehors devant le vieux mûr clos, dans une nature à la foi luxuriante et maîtrisée par l’homme, se trouve un couple d’ânes en train alternativement de brouter et de se frotter le dos au mur qui les sépare de l’église. Celle-ci est construite au plus près de la pente de la prairie aux ânes, avec son ouverture placée à cet endroit très resserré depuis le XIXe siècle. Resserré le site l’était aussi parce qu’il y avait là un gué pour passer la rivière qui coule au bas du coteau dans le bois sur le chemin de Compostelle.   

Reuilly, église romane, St Christophe XIe, façade sud, mur arêtes de poisson

A l’intérieur, ce sont d’abord les proportions qui frappent. C’est à la fois petit, à taille humaine et grand par la hauteur sous la charpente admirable. La lumière joue également un grand rôle dans cet équilibre. La clarté est grande malgré la petitesse des vitraux. L’ensemble donne une atmosphère d’une grande douceur.

Jusqu’au XVIe siècle, « la porte principale pour les nobles » se faisait par ce qui est maintenant la sacristie. Celle-ci est tout particulièrement à visiter, à cause de sa porte rugueuse d’une grande force d’abord et aussi en raison « des petits trous qui ont été faits au fil des siècles dans les colonnes de pierre par des pèlerins ou villageois en quête d’une aspirine du pauvre » tout autant que d’une médecine de l’âme du pauvre pêcheur. La poussière de pierre obtenue à l’aide d’une vrillette  était supposée avoir des vertus médicinales.

Reuilly, église romane, St Christophe XIe, la sacristie et les trous

Le jour de notre passage, les membres de l’association s’étaient lancés avec beaucoup d' énergie dans une grande opération de nettoyage en douceur de tout ce qui pouvait l’être, à commencer par les autels, la sacristie, les nombreuses statues dont celle de Saint-Christophe, une statue en polychromie de 2, 5m de l’Ecole rouennaise du XVI-XVIIe, un ensemble de statues de saints de plus petites dimensions, Saint-Eloi, Saint-Mathieu, Saint-Fiacre avec sa pelle…une Vierge à l’enfant qui porte l’enfant sur la hanche du XV-XVIe, le tabernacle, le fonds baptismal du XVIe siècle avec son décor de houblon, chardon et d’un blason orné de la coquille Saint-Jacques qui symbolise la chemin de Saint-Jacques, les bancs, le sol...Toute cette énergie donnait de la vie à ce lieu à la fois si chargé d’histoire et de symboles religieux et si simple dans son architecture et ses dimensions à taille humaine, qu’on en apprécie encore plus son insertion en ce paysage d’une grande quiétude.

    Reuilly, église romane, St Christophe XIe, vue intérieure

Une bien belle découverte en ce village de Reuilly dans l’Eure, avec un accueil très aimable des membres d’Offerus.     

Pour suivre le chemin

. Eglise Saint-Christophe de Reuilly, Offerus, Rue de l’Eglise, 27930 Reuilly, avec ses murs en arrête de poisson (photo ci-dessus) 

. Reuilly dans l’Eure, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Reuilly_(Eure)

. Cette église de Reuilly, consacrée à Saint-Christophe, dans l’Eure, le saint-patron des voyageurs  et des gués, ne doit pas être confondue avec l’autre église de   Reuilly, cette fois-ci dans l’Indre, dédiée à Saint-Denis, le saint patron de la Chrétienté. Toutes deux sont des églises romanes du XIe siècle ; celle de l’Indre, plus grande que sa consoeur de Normandie, est située en pleine ville.

. Une ville à découvrir, avec ses vins  sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Reuilly_(Indre) avec aussi pour église http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=36171_1

. Photos EP, à voir dans Eure Patrimoine, où vous trouverez aussi des photos de la Grange dîmière de Dauboeuf la Campagne, célèbre par ses dimensions et sa double charpente.  

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La beauté des cartes > Genève > Nathalie Ragondet & Co

14 Février 2012, 19:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Nathalie Ragondet est une jeune femme de 23 ans qui aime la vie. Elle l’a voit en couleurs pastels, avec aussi beaucoup de créativité, de finesse et d’humour. Sur son site, elle se décrit comme une illustratrice, diplômée de l’Ecole Cohl à Lyon. Ca, c’est pour la version succincte qui vaut aussi pour la version développée, sur la page d’accueil,  à droite des deux loups qui hurlent joyeusement le soir à la lune. Elle aime beaucoup les animaux, qui lui servent de loyaux ambassadeurs de sa bonne humeur. Avec elle, une baleine prend la forme et la couleur d’une vague pour mieux fêter le passage d’un navire à l’allure d’un village du Moyen-Age ou la vue d’une petite voiture tirant une belle roulotte rouge hipie.

Carte Geneve-Nathalie Ragondet

Sa carte touristique de Genève, 2010

C’est un travail qu’elle a fait pour un projet qui n’a pas abouti. Elle l’a finalisé pour le présenter sur son blog. Entre les deux moments, son style a changé. Pour elle, c’est très visible. Pour moi, je ne l’avais pas remarqué. Il faut dire aussi que les  deux rives sont si différentes qu’il faut bien que cela se voit sur le dessin, avec la rive gauche plus ancienne et dense et la rive droite où les immeubles forment une trame classique que l’on retrouve en Europe dans les quartiers bourgeois des villes, entre  gare, rive et grands hôtels et, à Genève, le siège européen de l’ONU, en haut de la carte en bleu ciel à gauche de la voie ferrée.

Le centre-ville de Nathalie Ragondet est charmant, très vert, avec beaucoup d’espace disponible. C’est là que se promènent des jeunes bien sur leur personne, seul-e-s ou en couple, avec des petits enfants. On les voit aussi marcher, courir, pédaler… Genève est une ville-promenade placée sous le plaisir de déambuler, prendre un pot, voir les magasins…Les immeubles se rendent attirants, en se rapprochant en lignes courbes et douces. Les voitures y sont peu présentes;  rive gauche, celle que l’on voit est rouge orangée pour assortir sa couleur la vedette qui flotte sur le Lac, rive droite, elle est noire pour aller avec les wagons du train qui quitte la ville… Le Lac Léman  occupe un petit quart de la composition, avec vue sur le jet d’eau qui symbolise la ville. 

L’objectif était de mettre en lumière les participants à ce projet  de carte touristique, comme certaines grandes marques, des établissements hôteliers de luxe et le siège de l’ONU en indiquant leur emplacement rive gauche ou rive droite.

Les cartes de Genève Tourisme, 1999

     Carte Genève Tourism 1999  

Ce sont celles que l’Office de Tourisme remettait gratuitement aux visiteurs à leur demande, le coût étant pris en charge par des annonceurs acceptant de figurer dans le dépliant contre paiement. On y trouve, entourant la carte, chaque annonceur dans on rectangle, dans une grande mixité culturelle, Cindy Crawford pour des montres Omega, Swatch mais sans Cindy, le Musée de la Croix Rouge et du Croissant rouge, le CERN et aussi Velvet Night Club… Le dépliant très classique offre l’avantage de présenter trois cartes très visuelles,

. la petite pour bien voir le centre,   .

.  la grande qui offre l’avantage d’avoir une bonne vision globale, 

 . et une carte de tous les transports en commun existant jusqu’à la frontière française de façon à inciter les automobilistes à laisser leur voiture dans des parkings-relais. La préoccupation des autorités municipales depuis plusieurs décades est de les encourager à prendre les transports en commun. C’est en Suisse qu’on trouve les plus grands spécialistes européens en mobilité. 

La carte de Genève, 1602

Carte Genève-Bataille de Escalade-1602

A cette époque là, il ne s'agissait pas de joyeux touristes qui  étaient attendus ou d'automobilistes dont la venue était redoutée. En ce début du XVIIè siècle, ce furent les soldats des troupes savoyardes qui réussirent à pénétrer dans la cité, au cours de ce qu’on appelle la Bataille de l’Estacade. L’indépendance de Genève fut publiée peu après le 12 juillet 1603.

Une carte retrace cet épisode. Elle est impressionnante de force et d’ordre. On dirait le dessin d’un dragon entouré d’eau, où il est possible de compter chaque arbre, comme chez Nathalie Ragondet, le nombre de soldats ou d’échelles, mais cette fois-ci pas chez l’illustratrice.

En commun, l'artiste d'aujourd'hui et celui d'hier ont en commun cet art très singulier qui est de faire des cartes illustrées, où la représentation des personnes, des maisons, des paysages de ville ...figurent dans le dessin au même titre qu'une rue.    

Pour suivre le chemin.

. Voir le site de l’artiste sur http://nathalieragondet.blogspot.com/. Découvrir une interview d’elle sur http://lesmidinettes.com/coups-de-crayons/nathalie-ragondet . Voir aussi http://altamiranyc.bloglovin.com/en/blog/1821853/nathalie-ragondet, en allant à la fin pour admirer sa roulotte et sa joyeuse famille.

. Lire l’article  sur Genève sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Gen%C3%A8vepour voir la carte de 1602.

. Voir aussi sur ce blog La beauté des cartes > Le port d'Anvers > Belgique

. Photos: NR pour sa carte de Genève, avec son autorisation et mes remerciements, EP pour les autres

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Les Vins de Loire > Salon 2012 > L'Île face aux coups de froid

12 Février 2012, 12:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un salon professionnel, c’est un espace clos, comme un arrêt sur image, qui enserre en ses murs un monde qui au dehors tourne dans un tourbillon qui va de plus en plus vite. Trois jours de salon, c’est un espace-temps long, très long, figé, avec des rythmes très différenciés selon les jours, très fort le Ier jour, moyen le second, faible le 3è. Une île où il pourrait être tentant de penser que le temps appartient à l’Île, comme si, aussi, mais cette fois-ci en sens inverse, le froid venu de l’extérieur formant une autre barrière empêchait les professionnels d’accéder au salon.

Est-ce la seule raison ? N’y a-t-il pas aussi un climat propre à l’Île ? En d’autres termes, le froid n’est-il pas aussi intérieur? 

Blog divers 20120213 015

Les coups de froid au pluriel. Il y a bien le froid du dehors, avec des allées non déneigées, des vignerons qui déchargent leurs cartons dans la neige, des visiteurs venus des parkings extérieurs qui glissent, surtout le soir, pour regagner leur voiture et les hôtesses du vestiaire, sans chauffage, qui ont froid.

Il y a un autre froid intérieur, plus symbolique celui-là et tout aussi réel, moins éphémère, qui dure, comme le reconnaît explicitement, sans langue de bois, Christian Groll, le directeur du Parc des Expositions d’Angers dans le communiqué final. Pour sa 27è édition, le salon  a acquis dit-il son « régime de croisière qu’il faut bousculer. (Il s’agit de) Faire peau neuve en intégrant une logique tournée autour de la valorisation et de la découverte, en replaçant le vin, le millésime et la dégustation au cœur du salon. » Que s’est-il donc passé pendant ce salon, pour que le premier paragraphe du communiqué  écrit à la hâte, commence par évoquer 700 visiteurs en moins le Ier jour, le jour le plus important et poursuit en évoquant de 15 à 20% de fréquentation en moins au total. Une première pour ce salon qui a ouvert ses portes  en 1986.

Que s’est-il donc passé, pour qu’il soit nécessaire de rappeler qu’un salon professionnel centré sur les vins de Loire se sente obligé de dire qu'il va re-placer le vin au centre de sa raison d’être, tout en annonçant pour le prochain salon 2013 "quelques nouveautés"?   

Une île avec des Îliens, qui ont cette particularité d’être à la fois ceux de dedans et ceux du dehors. Les « Dedans », ce sont les exposants, ceux qui traditionnellement ont leur stand ou une parcelle de quelques mètres carrés dans un stand collectif. Ils ont ici au Salon des Vins de Loire, la particularité d’être tous installés en Loire. Apparemment cet ancrage en terre de Loire est considéré comme suffisant pour leur donner une identité commune, en guise de lien d’appartenance. Les « Dehors » sont beaucoup plus différenciés par définition puisque ce sont les professionnels d’où qu’ils viennent qui veulent découvrir les nouveaux millésimes avant de passer commande, si telle est leur bon plaisir. On n’est pas professionnel pour rien. Faire un salon ne garantit jamais des commandes assurées confirmées après la fin du salon ni de retour sur investissements pour les Dedans.

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Ce schéma apparemment simple ne résiste pas longtemps à l’analyse. La question est de savoir s’il est suffisant, comme dans une île parce qu’une île ne peut vivre et survivre sans l’apport des nouveaux, le renouvellement des générations aussi bien du côté des Dedans que des Dehors et sans reconnaissance de l’existence des autres acteurs. Une île par définition est cet espace clos où tout fait résonnance avec cette idée qu’on n’a pas le choix et où le temps appartient à l'île. Cette idée-là est erronée  aussi.

. Les Dehors peuvent aller autre part  alors que les Dedans sont apparemment attachés à l’Ile. Dit autrement, les professionnels-visiteurs ont la liberté d’aller dans d’autres salons. C’est d’ailleurs bien ce qui se passe. Il y a de plus en plus d’évènements de ce type d’un autre type partout, en région, en Loire, à Paris, en Europe et +. Le nombre de vignerons qui vont présenter leurs vins aux Etats-Unis aux amateurs de vins à la demande de leur importateur-distributeurs ne cesse d’augmenter par exemple. Les acheteurs professionnels de vins exigeants trouveront toujours des vins de qualité à acheter, de Loire ou d’ailleurs.

. Quant aux Dedans, ils peuvent aussi quitter cette île figée où ils ne se sentent pas forcément bien accueilli ni reconnu et créer des îlots mobiles pour se rapprocher des acheteurs et vendre groupé sous d’autres dénominations. C’est d’ailleurs bien ce qui se passe, en particulier du côté de petites appellations peu mises en lumière ou de vignerons plus jeunes qui entendent faire du vin autrement, à leurs façons plus en recherche d’une expression du vin plus exigeante ou à tout le moins différente de ce qu’ont fait les générations précédentes. Quasiment tous ont créé ou appartiennent à des réseaux informels très actifs capables de monter un salon en quelques jours en constituant eux-mêmes le groupe des exposants. Leur action forte à taille humaine et la rapidité de leur réaction caractérisent leur type de distribution groupée plus réactive, très en phase avec notre monde où la dimension humaine chaleureuse est au cœur de la relation avec les clients et les amateurs de vin.

Ce sont eux qui vont à la rencontre des acheteurs et des amateurs de vins, dans les villes en France et à l’étranger. Ils font le buzz, en phase avec le mouvement et le temps. Ils ont créé ces nouveaux liens, qu’ils continuent à consolider, avec les amateurs de vins des bars à vins parisiens avant même la fin du millénaire précédent. Ils  n’ont attendu personne pour ça. C'est grâce à eux, tout autant qu'au niveau raisonnable des prix de vente des vins de Loire aux restaurateurs et aux bars qui font que Paris aime tant  les vins de Loire.  

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Les divorces. Ils sont aussi à écrire au pluriel.

. On le perçoit de façon frappante entre des plus âgés, plus nantis et certains plus jeunes et moins ‘installés’  dans la vie. Ils ne parlent plus la même langue, ni celle du vin ni celle de la relation aux autres. C’est très clair chez des quadras d’âge, de look et de pensée. Dans ce climat de tensions et de désenchantement dans l’Île, les frimas naturels ne jouent qu’un rôle extérieur mineur, l’effet générationnel est plus fort.

. Le départ pour Vinexpo, il y a quelques années,  des grandes maisons de Saumur  avait pourtant déjà sonné l’alarme, celles-ci se positionnant  dans une logique de recherche de marché de volume pour leurs vins à bulles qualitatifs. Qu’en était-il de la fameuse unité des vins de Loire si les mammouths partaient? Les années passant, comme si aucune refondation n’était à faire d’urgence, comme si de rien n’était, les termites de la désunion ont continué à forer, même pas en se cachant. Comme si le temps était stoppé dans l’Île. 

. S’ajoute à ce phénomène, le réveil du vieil antagonisme entre les négociants et les vignerons, des petits vignerons ayant le sentiment de payer pour les gros négociants dans le cadre d’institutions dans lesquelles ils se sentent peu valorisés. Depuis le temps, on pensait la situation au moins stabilisée, chaque catégorie dans son aire d’évolution, les uns faisant des vins  dans une logique de gamme complète ou sélective d’appellation, les autres se spécialisant sur une ou quelques-unes seulement dans une logique « Domaine » et/ou « Aventure Bio et Biodynamie», les uns confortant les autres et vice-versa. Cette fiction a volé en éclat, avec la venue en Loire d’un mastodonte national dont la taille n’est plus à l’échelle ligérienne. Le renforcement de grosses installations intra-ligériennes par rachat de domaines à grand nom, lors du départ en retraite de ceux qui ont porté leur développement accentuent la concurrence interne.

. Ce début de 2012 est marqué aussi par la résurgence d’une souffrance qui était exprimée par des vignerons âgés dans les années 1970. Ils se sentaient sur la touche, éloignés par un système qui ne les comprenait pas et qu’ils ne comprenaient plus. Ils passaient la main à la génération plus jeune. Cette souffrance réapparait mais cette fois-ci exprimée par des plus jeunes ou un peu moins âgés sous des formes diverses.

. Comme celle d’opposer le monde de ‘la production’ à celle de ‘l’entreprise’, la production visant les produits de la terre, l’entreprise désignant le grand négoce. C’est une crainte sourde et profonde qui s’exprime, avec cette conséquence que la valorisation continue à se faire à la fin de la chaîne de la commercialisation sur des marchés de volume, en laminant les exploitations à taille humaine. C’est ce que disent  en particulier des quadras ayant repris le domaine de leurs parents alors même que tout a changé et que les fils et filles qui ont repris, ont en plus une solide formation, déjà beaucoup d’expérience et des réseaux de distribution solides. 

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Qui sont donc les Îliens de l’Île? Ce sont les organisateurs du salon.  Il n’est que de lire l’éditorial du catalogue officiel du salon pour s’en convaincre. Leurs auteurs avaient promis que ce salon 2012 serait placé sous « le signe d’un millésime d’artiste », avec maintenant « 82 appellations et IGP » (indications géographiques protégées), un record jamais atteint, comme si ce seul indicateur était un signe de vitalité. On sait par ailleurs que les petites appellations ont beaucoup de mal à bénéficier de la mise en lumière commune.  Les autres raisons de venir étaient de découvrir des millésimes d’exception en libre-dégustation au Palais des Ligers (en fait de longues tables dans un espace froid, sur lesquelles on buttait à l’entrée), la possibilité d’avoir une vision globale d’une appellation, d’enrichir sa sélection et de « dénicher » des vins.

Les innovations de ce salon ont porté sur l’importance des bars à vins, mis à l’honneur, grâce à un jeu, présenté sous forme d’une compétition, aux blogueurs du vin, chaque blogueur en binôme avec le gérant du bar à vins. Quant à la nouveauté, un media corner interactif de 40m2  était offert aux « intervenants », mais pas aux blogueurs. Pour eux, rien n’était prévu à la salle de presse, si ce n’est la liste des vainqueurs du « Wine Blog Trophy »!

Les demandes des professionnels. Elles sont forcément hétérogènes. Elles ont néanmoins en commun de rappeler que le vin n’est pas le produit de systèmes mais qu’il a une profonde identité humaine. Sans les hommes et les femmes qui « font » le vin, il n’y a plus de vin. A garder cette île figée dans le froid, le risque de voir partir des "Petits" est grand. Déjà 50 exposants ne sont pas venus pour cette édition, sans parler des acheteurs absents. Le grand parking du fond, le plus éloigné du Salon était quasiment vide.   

Mentionner ceux qui ont une démarche globale qui met le vivant au coeur en rose dans la carte du salon est une faute. Le rose est la couleur du vin rosé, comme le montre la carte des régions viti-vinicoles ligériennes. S’il est une couleur ambivalence, c’est bien celle-là, surtout replacée dans son contexte historique. 

Ces aventuriers du vin, quadras, assimilés, ou qui font vivre des petites appellations, apportent l’oxygène de l’innovation qui manque à beaucoup de niveaux. Ce sont eux qui continuent à porter le plus grand bouleversement des 20 dernières années. Ils ont réintroduit l’homme dans le chant de la terre, de la vigne et du vin. Plus que de patrimoine, de domaine, de grandes appellations, chacun sur sa petite île, à l’abri des autres … ils parlent d’écoute, de respect, de travail bien fait en équipe, en lien avec les autres.

Il est vraiment temps d’ouvrir en grand les portes de l’Île. Le froid de la désunion s’amoindrira. Ce ne sont pas les "quelques nouveautés" annoncés pour 2013, par lesquels se termine le communiqué de presse de fin de salon, qui suffiront. Il faut un autre d'état d'esprit.  

Pour suivre le chemin de la Loire

 Vignoble Vallee de la Loire, vue sur Rochefort

. Ce grand fleuve de 1000 kms de long occupe une place étonnante dans la construction historique de la France. Géographiquement placée à la rencontre entre le nord et le sud, il fait le lien entre d’anciennes régions viticoles près de Paris et le Bordelais. D’Est en Ouest, il relie les marches de la Bourgogne à la mer. Son bassin versant occupe un cinquième du territoire métropolitain de la France.

La force de la Loire est d’autant plus impressionnante, que la vigne et le vin y occupent une place incontestée. Tant d’atouts pour le monde du vin pourraient être considérés comme une chance, surtout que le prix du foncier viticole y est encore « raisonnable » par rapport à d’autres désormais inabordables, comme la Bourgogne, le Bordelais ou  la Provence.  On trouve toutes les conditions réunies en Loire pour y faire des vins qui parlent autant d’une affaire de vigne, de nature que d’hommes et de femmes.

. www.salonsdesvinsdeloire.com Voir l’édito 2012 du catalogue officiel du salon qui présente la carte du salon : la seule référence faite aux « Bios » est visualisé par la couleur rose des stands « pouvant proposer des vins issus de raisins de l’agriculture biologique, de la biodynamie ou de la viticulture durable ». A compter en stands, les « Bios » ne représenteraient que 25% des exposants. Leur présence le plus souvent en stand collectif ne permet pas de savoir combien ils sont en réalité. On avoisinerait plutôt les 40%. Il faudrait faire un comptage manuel page par page des 137 pages du catalogue détaillant les noms des exposants du salon pour avoir le décompte exact. 

. Photos EP 

 

 

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Paysages de Pub > La Banane > Guadeloupe + Martinique > La Fierté & +

5 Février 2012, 18:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

La problématique. Que faire dans le cadre d’une publicité institutionnelle  pour valoriser la banane antillaise? Rappeler que la banane  est le fruit du bananier, que le bananier et un arbre qui produit des fruits, les régimes de banane, et que cet arbre pousse  dans « nos régions ». Une fois que la problématique est posée, reste à trouver l’idée qui permettra de lier le tout pour faire quelque chose de nouveau avec un fruit bien connu des Français qui ont des enfants en particulier.

Le tricotage. Il consiste à jouer avec l’identité régionale en partant du "bon goût" du produit régional qu’est la banane, en y associant les principaux mots à valeur positive liés  de façon à les imbriquer les uns dans les autres, pour arriver à connecter intimement fierté et saveur.

Banane Guadeloupe-Martinique, Paysage Bordelais

Les mots des visuels. Ils sont ceux du texte posé en bandeau sur le bas de la photo du paysage. Il éclaire la scène et précise le sens de ce qu’on voit. (Les tirets indiquent le changement de ligne). A quatre jours d’intervalles, deux visuels sont parus dans la presse. Pour ma part, je les ai découverts dans le Monde (07.11 et 11.11.2011). Voici les deux textes qui commencent et se terminent par ces phrases écrites en rouge, le visuel entier étant entouré de rouge pour attirer l’attention.  

N° 1 Saveur et savoir-faire font la qualité d’un bon produit du terroir. Cultivé par 750 planteurs sur des terres volcaniques bénéficiant d’un ensoleillement exceptionnel et bercée par les alizés, la Banane du Guadeloupe et Martinique est le fruit d’une production exemplaire/ qui préserve l’environnement, respecte mes Hommes et pérennise l’économie locale./ La banane préférée des français est le fruit de l’agriculture durable. 

N° 2 La banane préférée des français* est le fruit de l’agriculture durable./A ceux qui disent qu’une banane, c’est une banane, les 750 producteurs de/ Guadeloupe et  Martinique répondent que choisir leur banane, c’est choisir/ une saveur liée à un terroir unique et préférer une agriculture qui préserve/ l’environnement, respecte les Hommes et pérennise l’économie locale./ Un vrai savoir-faire de nos régions dont nous pouvons être fiers.

Pour  pouvoir fonder  cette affirmation*, l’agence de communication, UCPBan RCS Fort de France-CA Communication a fait un sondage auprès de 1003 personnes de 15 ans et plus, représentant la population française.

Banane Guadeloupe-Martinique, Paysage Normandie

Les visuels. Ils ont une grande importance dans cette campagne. En effet la grande idée des concepteurs de cette publicité est de choisir des paysages  de la France continentale, européenne par définition, pour illustrer ce fruit emblématique des Antilles. C’est la raison pour laquelle le premier visuel reprend un paysage du vignoble du Bordelais avec un château cossu dans le fond et le second visuel utilise une scène paisible de prairie de la Normandie, avec deux paisibles vaches en premier plan. Le lien entre le raisin du vignoble, le lait de la vache, c’est le bananier portant un gros régime de bananes qui le crée.

Le paysage en question. On ne plus à l’heure actuelle ignorer que le paysage occupe une grande place dans  le patrimoine intemporel à protéger quand il ne l’est pas déjà ni qu’il fait partie du capital identitaire et touristique de chaque territoire. On peut se poser la question de savoir si la Guadeloupe et la Martinique ne méritent pas de mettre en valeur leurs propres paysages. Il en est de si beaux.

Le rêve, la fierté et l’achat. Manger une banane qui viendrait de Normandie ou du Bordelais ne fait pas rêver. Quant à la fierté, un terme très à la mode actuellement avec le marketing territorial sous le concept de « fierté d’appartenance », elle semble peu adaptée à la  situation, en particulier auprès du lectorat du Monde. Elle ne semble pas non plus susceptible de déclencher un acte d’achat. Dans la presse professionnelle, plus que la fierté, ce serait le ratio qualité/prix qui compterait. La vraie question qui se pose alors porte sur le positionnement "luxe" de ce fruit sur les crénaux les plus chers du monde agricole où le prix du foncier est parmi le plus élevé de France. Est-ce vraiment utile?  N'y a-t-il à notre époque d'autres possibilités?

Pour suivre le chemin de la banane.

Voir le site de la campagne sur http://www.bananeguadeloupemartinique.com/ 

. En savoir plus sur la banane http://agriculture.gouv.fr/La-banane-une-production-qui-s

. Photos EP

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