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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Quand la Tour Eiffel rencontre le Champagne, Nicolas Feuillatte est là

2 Février 2012, 19:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Faîtes toujours confiance aux Grands de Champagne, ils pensent plus vite que les autres, avec toujours une idée en plus, qu’ils arrivent à traduire en publicité, des publicités fines et attractives. Le plus a toujours été un regard décalé qui oblige à voir autrement.

     Nicolas Feuillate + Tour Eiffel

Autrement avec le bec long et coupant au bout du long cou d’une grue blanche sur fond noir. Si l’énoncé par les mots est pesant, la photo du visuel de la grue est d’une grande légèreté teintée d’étrange étranger. Autrement avec une raie gigantesque qui porte deux flûtes à champagne au fond de l’océan. Autrement avec la capuche du haut de la bouteille surgissant d’un ensemble d’anémone de mer vert tendre.

D’autres autrement, il y en a beaucoup, comme celui d’aujourd’hui qui ouvre le site de ce Champagne n° 1 en France et 3è à l’exportation. On a quitté le fond des océans pour rejoindre l’heure grise entre le jour et la nuit en temps de grisaille que d’autres appellent l’heure bleue, quand le bleu de la nuit chasse le bleu du soleil du jour. Certains en ont fait des parfums, comme Jacques Guerlain pour un de ses parfums toujours vendus par Guerlain.

La Tour EiffNicolas Feuillate + Tour Eiffelel à gauche occupe la partie gauche  du visuel du bas dans les tons gris, gris clair et gris plus foncé. Au premier plan, dans  un bon tiers de l’espace le pont Alexandre III se ontre, ses   lampadaires allumées. C’est lui qui donne la ligne de fuite vers la Tour. Des lumières, s’échappent des bulles qui sont attirées  vers une boussole placée en plein centre, au milieu de la ligne horizontale de jonction avec le visuel du haut.

 Nicolas Feuillate ou plutôt la bouteille de Champagne éponyme se présente allongée horizontalement. Le nom de Nicolas Feuillate  au centre de l’étiquette très classique se trouve à la verticale exactement au-dessus du haut de la Tour. Le corps de la bouteille est couvert de buée due au froid. Sur le bas de la collerette, on retrouve la boussole, dont le nord conduit le regard vers Nicolas Feuillate cette fois-ci écrit à l’horizontal puisque la mention figure à la verticale dans la réalité.

La boussole joue un rôle essentiel. C’est elle qui attire les bulles de lumière de Paris, la ville lumière, qu’elle transforme sur la bouteille en haut en buée d’un Champagne Nicolas Feuillatte à bonne température. Qui dit mieux alors Paris et  Chouilly, près d’Epernay, sont à quelques 120 kms l’une de l’autre ?     Nicolas Feuillate gamme

. Les résultats. Ils sont étonnants dans un sens tout à fait positif. Les chiffres sortent aujourd’hui. La coopérative de Chouilly est maintenant n° 1 en France et dans le Top 5 à l’export. En 2011, ce sont près de 10 millions de bouteilles de Champagne qui ont été vendues. C’est la preuve aussi qu’une bonne communication joue un rôle certain pour établir un lien avec l’acheteur.

Pour suivre le chemin  

. Le Centre Vinicole Champagne Nicolas Feuillatte à Chouilly que l’on peut visiter, voir  sur  http://www.cvcnf.com/  . La marque sur http://www.feuillatte.com/

. Les résultats 2011 fraîchement sortis le 2 février 2012 sur http://www.lachampagneviticole.fr/Le-Champagne-Nicolas-Feuillatte-annonce-des-ventes-record-en-2011

 .  Voir aussi actuellement la Tour Eiffel sur le site communautaire du Champagne sur http://www.champagne.fr/wpFichiers/1/1/Mediatheque/50/Associes/50/Fichier/DU%20TERROIR%20AU%20VIN%202010%20FRANCAIS.pdf

. Photos NF + capture d'écran EP     

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Style de Pub > L'Homme > Les Chaussures UNIC par Cassandre

1 Février 2012, 18:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Après la veste Marlboro Classics, voici pour l'Homme, des UNIC.  En fait j’aurais du écrire « UNIC Chaussures d’Hommes » comme le montre une des plus belles affiches de Cassandre que l’artiste a conçue pour la marque.

Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandre

Le mystère. C’est cette association de mots tout autant que le visuel qui m’ont attiré, tant les mots sont bizarres. On voit bien qu’il s’agit de chaussures d’homme qu’on écrit naturellement au singulier. Ici l’artiste l’écrit au pluriel. La différence semble indiquer que ces chaussures sont faites pour une certaine catégorie d’hommes, ceux qui portent des chaussures de marque UNIC. Comme si les chaussures UNIC ne pouvaient être portées que par des hommes UNIC. Il est vrai qu’Unic par définition ne peut que l’être (unique). Pourtant les chaussures, on les vend toujours par deux. Mais comment les montre-t-on pour donner envie à l’Homme de les acheter ?

La présentation. Tout dépend  pourtant de la façon de les ou la présenter. Depuis que je scrute avec attention la publicité des chaussures pour homme, une des seules publicités qui restent dans le quotidien Le Monde, avec les montres et les voitures toujours pour ces messieurs, je suis frappée par la recherche de singularité de la mise en valeur des chaussures.  Mais aucune des publicités ne ressemble à celle d’UNIC interprétée par Cassandre en 1932.

L’Homme Cassandre. Né en 1901, il est un des plus grands affichistes français, un des plus grands graphistes avec un œil absolu et une main  qui trace des lignes d’une force qu’on n’avait jamais vu jusqu’alors. A ce niveau de pure création, on ne peut plus parler de publicité même s’il y a un commanditaire en arrière. Parler d’art publicitaire ne suffit pas non plus. L’art, le cubisme en particulier, associé à l’architecture et la géométrie, tout cela  pourrait donner une bonne impression de la force des constructions de Cassandre, sa centaine de réalisations entre 1925 et 1935.

Les chaussures. Regardez-les bien. Ce sont des richelieus, des chaussures basses à lacets pour homme. Quand le cuir est fin, la finition soignée et le style signé d’un grand nom, comme ici avec UNIC, on peut dire que ce sont les rolls des chaussures adaptées à toutes les circonstances officielles de la vie, de jour comme de nuit. Des mocassins ne sauraient l’être. Elles ont un caractère un peu sportif qui aurait un petit air transgressif dans la vie mondaine. Pour ces richelieus, leur couleur fauve-marron clair indique qu’elles sont faites pour être portées le jour. Les lacets sont fin et couleur du cuir. Leur objectif est de ne pas se faire remarquer.

L'époque. Regardez-les maintenant, en vous souvenant qu'elles existaient avant 1932, il y a 80 ans. N'est-il pas étonnant, surprenant, troublant, presque émouvant...  de voir que ces chaussures n'ont absolument pas vieilli d'un poil. Elles représentait le luxe à leur époque de par leur forme, leur finesse, la qualité des cuirs et des finitions, leur couleur chaude et douce. Elles sont toujours synonymes aujourd'hui de raffinement. L'Homme qui les porterait telles quelles aujourd'hui serait un connaisseur raffiné.  

1932 est une date importante, qui suit d'une année, les troubles de 1930 et les difficultés de vente des entreprises. UNIC, comme d'autres producteurs de chaussures, connaissait une baisse de son chiffre d'affaires. On avait beau être un des producteurs renommés de Saint-Romans sur Isère, un haut-lieu de la tannerie et des articles de cuir, avec un grand savoir faire local existant depuis des siècles, il fallait faire quelquechose. Ce fut la publicité par affiche et la commande confiée à Cassandre qui fit le choix de se focaliser sur les seules chaussures, en les présentant d'une façon quasiment sacralisée.

L’importance des chaussures. Il est vrai qu'elles ne servent pas seulement à protéger le pied au repos,  à marcher et plus, à courir, à  grimper…Elles ont aussi un autre usage qui est de transmettre  le statut social de celui qui les porte. Ce sont les Anglais qui nous ont transmis cette codification, avoir des vêtements et des chaussures de qualité, qui ont l’air d’avoir déjà été porté. Rien de pire que le neuf dans un certain monde. Les tweeds peuvent être un peu usés. Les chaussures indémodables de qualité toujours très bien entretenues. Elles sont brillantes de santé. Elles n’ont pas pour but d’attirer l’attention; au contraire elles doivent se faire oublier. Elles finissent la silhouette, même si pourtant, c’est par elles que commence la découverte de l’Homme.  Du double degré et plus en somme. 

La composition de l’affiche. Elle est minimaliste ; on ne voit que  la paire de chaussures avec les chevilles gainées de chaussettes fines. C’est le premier choix de Cassandre. Ces chaussures sont habitées ou plutôt des jambes d’homme sont chaussées de richelieus fauve-roux brillants. Pour donner du mouvement à une composition qui pourrait paraître trop statique, l’artiste choisit de présenter les UNIC pieds croisés. De cette façon on voit le pied gauche bien à plat légèrement décalé vers le milieu bas de l’affiche (120 x 160cm); le pied droit se voit de profil, car l’Homme croise les jambes.  Le rendu est impeccable. L’artiste maîtrisait en effet parfaitement la technique de la lithographie.

Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandre

Les mots de l’affiche. En commençant par le bas, comme on fait toujours avec les chaussures, on découvre « PRODUCTION DES USINES FENESTRIER» qui donne de l’assise à la scène. On ne voit pas le sol, ni aucun décor. Cette absence renforce la légèreté de la composition et... des chaussures. On vole dans l'air. Au-dessus de la cheville, au bas du mollet, se détache en lettres bleues-violettes la mention « CHAUSSURES D’HOMMES » et, en gros caractères en haut, s’affiche « UNIC » en noir. L’ensemble forme un losange irrégulier entre la partie haute qui enserre les deux lignes de mentions et la partie basse avec la ligne des chaussures qui se termine au milieu de la mention du bas, entre DES et USINES.

Les deux bizarreries. Elles sont de deux ordres. La première concerne l’absence de pantalon visible sur la lithographie pour permettre à l’artiste de garder ses lignes de jambes. Un pantalon aurait alourdi le dessin et gêné la construction. Pas de souci. On a aucun doute sur l’identité masculine de celui qui porte ces UNIC. La seconde  est plus étonnante. Toujours pour la même raison - garder à l’ossature de la composition la légèreté de ses lignes - l’artiste a notablement raccourci le pied droit.

Et l’Homme avec ces chaussures. Il se sent bien, tout simplement. Il est lui!  

Pour suivre le chemin

Cassandre à retrouver dans le site officiel sur http://www.cassandre.fr/posters/index.html  Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandreavec ce texte: © Les images dans cette Galerie sont téléchargeables. Toutes reproductions autre que sur le réseau Internet doivent être soumises à un contrat de licence au titre de la reproduction. En téléchargeant une image de l’auteur AM.Cassandre vous acceptez que pour une reproduction autre que sur le web,  un contrat de licence approuvé par Roland Mouron est nécessaire. Vous reconnaissez avoir été informé que les images de l’auteur AM.Cassandre contiennent des Marques actives et que l’Ayant droit Roland Mouron ne peux être tenu responsable pour la reproduction de ses Marques sur Internet. Pour une reproduction sur un autre media un contrat de licence est obligatoire. En téléchargeant une image vous acceptez implicitement que Roland Mouron ne pose qu’une seule condition à la reproduction sur Internet : vous avez l’obligation de reproduire ce texte pour vos visiteurs ainsi que le lien suivant sous chaque image reproduite : www.cassandre.fr    

. Les chaussures UNIC existent toujours, sous le nom de Clergerie, à voir sur  http://www.griff-docc.com/CHAUSSURES-Unic

. Lire aussi une bonne interview de Robert Clergerie datant de 2006 sur http://luxe-magazine.com/2-1595-Robert_Clergerie_Le_marketing_cest_du_baratin_limportant_cest_la_collection_mm

.Pour voir des jolis dessins des différents types de chaussures d’hommes http://www.bexley.fr/Bexley/chaussure-SneakersPS-FR.htm

. Lire aussi dans ce blog

 Style de Pub > L'Homme > La veste > Marlboro Classics > le Wild West     

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Suivre le Chemin du Chenin > Le Sushiwine > Delicious, Rich and Full

31 Janvier 2012, 15:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Traduction: Vous savez bien que j’adore ça : mettre le maximum de sens dans un titre, toujours limité à 70 caractères, quitte à ce qu’il en devienne compliqué, abscons, voire même plus. Complètement incompréhensible, non quand même, vous allez voir.

Le chenin d’abord, c’est un des plus beaux cépages du vin, le roi des blancs en Loire, le plus qualitatif, qui conserve tout son aura auprès des grands vignerons tant il est compliqué et séduisant. Il peut tout faire et c’est justement pour ça que seuls les grands vignerons le méritent. Parce qu’il est hyper-exigeant.

Le chemin du chenin, il existe seulement en Loire, en ce qui concerne la France. On le retrouve  en Afrique du Sud sous le nom de Steen, en Californie, au Chili,  en Argentine et en Australie. Ce cépage de blanc permet de faire des vins secs, des demi-secs, des moelleux, des liquoreux et des effervescents. Qui dit mieux, pour avoir des arômes puissants de fruits, d’herbes et de miel, avec une texture grasse et une acidité élevée ?  La SAQ – Société des Alcools du Québec- qui le définit ainsi avec ces mots,  le recommande avec des coquillages, des poissons et viandes blanches au goût relevé, des sauces citronnées... A lui seul, le vin de Chenin est un voyage pour amateurs connaisseurs. 

Bouteille Sushiwine, Bernard Germain, Thouarcé

Le voyage du chenin vers le Japon. C’est Bernard Germain qui en a eu l’idée vraisemblablement  au retour de plusieurs voyages au Japon, en plein boom de l’euphorie de l’an 2000. Il est un grand propriétaire récoltant en Bordelais et dans la Vallée de la Loire, à Thouarcé notamment. L’idée lui est venue, en dialoguant avec des grands chefs japonais, de concevoir un vin spécialement adapté à la cuisine de l’archipel. Depuis plusieurs décades maintenant, le Japon est aussi un pays de connaisseurs de vins blancs et de chenin en particulier. 

Le mariage avec le Sushiwine permet d’associer d’un côté « l’art et le savoir-faire  des vignerons français » et de l’autre « le raffinement de la cuisine japonaise ». Deux années d’essais ont été nécessaires pour parvenir à un accord gustatif  satisfaisant pour les différents participants à cette aventure. Bernard Germain, des grands chefs japonais et des sommeliers de stature internationale comme M. Atsuka président des sommeliers du Japon.

« Delicious, rich and full », tels sont les mots utilisés en anglais et en japonais en dessous par le producteur pour présenter son « sushiwine… qui est une sélection des meilleurs vignobles de France ».  Ces mots sont associés dans la marque, tout comme  la typographie, la vague et le poisson. Le jus lui-même est présenté comme ayant « une expression de fruits exotiques avec une finale délicate, très fruité et d’une grande fraîcheur ». La cuisine japonaise est présentée sous cinq plats, formes, modes de cuisson ou de conservation. Sont cités les sushis (bouchées crues le plus souvent), les sashimis (assiettes de tranches de poisson ou autre), les makis (sushis entourées d’une algue noire), les teppanyaki (cuisson devant le client sur une plaque de fer de poisson, viande, légumes..)  et les poissons crus marinés (pas besoin de traduction).

Bouteille Sushiwine, Bernard Germain, Thouarcé

La présentation est  très travaillée. Outre la marque et le design graphique très aboutis, le vin se présente en bouteille dans la classique bourguignonne ton feuilles mortes en 75cl, 37,5cl et 25cl ainsi qu’en Bag in Box. Des verres spéciaux offerts aux restaurateurs permettent de dégager les arômes du vin.  Une affiche et un tire-bouchon complètent le set. Il y a une vraie volonté de faire un produit qualitatif marketing complet, surtout avec l’appui des témoignages. 

L’avis des connaisseurs. Pour appuyer sa démarche en effet, Bernard Germain a fait goûter le sushiwine à des experts et des journalistes spécialisés en France tels que Vogue Paris, aux Etats-Unis, au Japon, au Canada, en Espagne, en Grande-Bretagne et en Russie. Leurs appréciations forment la 4 de couverture de la plaquette de présentation pour les professionnels.

10 ans après, qu’en est-il ? Des recherches sur le net ne permettent pas de donner plus d’informations que celles que vous pouvez lire dans ce billet. Celles-ci proviennent d’une plaquette qui m’a été remise un peu avant le début du nouveau millénaire. La question se pose alors de savoir à qui était destiné ce vin, aux restaurateurs japonais au Japon ou  à leurs confrères de cuisine japonaise en dehors ? Je pencherais plutôt pour la seconde proposition. Le marché japonais du vin est certes petit en volume par rapport à d’autres mais il est très connaisseur, en particulier de vins bios et en bio-dynamie. Je vois mal ce sushiwine trouver sa place là-bas alors que le mot de vin n’est jamais écrit, si ce n’est en anglais associé à sushi, sans même un tiret entre sushi et wine.

Des questions. La référence au seul sushi  montre que la marque s’adresse à des non-connaisseurs de cuisine japonaise. Celle-ci en effet est très sophistiquée et ne peut se réduire aux seuls sushis. La marque semblerait alors viser les consommateurs de sushis, non connaisseurs de cuisine japonaise ni non plus vraiment de vin puisque le mot même n’est pas écrit en tant que tel.

. Du sushiwine, est-ce vraiment du vin ?

. Une deuxième question se pose : comment peut-on vanter les accords mets-vins alors que dans un sushi, vous pouvez tout trouver, toutes les saveurs du monde  ou quasiment, au point aussi que des règles officielles existent pour éviter de qualifier de sushi tout ce qui serait petit, enrobé de riz dans une enveloppe noire. On fait maintenant des sushis avec de la pizza, mais certainement pas au Japon !

. Une autre question se pose, réglementaire, celle-là: et si ce sushiwine n'avait eu qu'un seul tort, c'est d'arriver trop tôt, avant la modifiction de la réglementation des vins de cépage en vins de France, à la demande pressante de la profession pour développer les ventes à l'export? Vous savez qu'il est désormais possible de mettre en vente en France des vins sans identification géographique (SIG). Ce sont les vins de France composés de vins de mono-cépages et/ou de vins d'assemblage.     

La seule certitude est qu’il est toujours très difficile de créer des marques nouvelles sur des créneaux étroits dans l’univers du vin.  Pourtant l'idée au départ offre des pistes intéressantes. Mais visiblement cela ne suffit pas, si le concept est difficile à décliner jusqu’au bout. Restent toujours la question du prix et celle de la distribution.

Pour suivre le chemin

. Sur le chenin blanc http://www.saq.com/webapp/wcs/stores/servlet/GeneralContentView?page=/nh/section5_parlons-vins-alcools/les-vins/caracteres-cepages-z&langId=-2&storeId=10001&catalogId=10001#chenin

http://lapassionduvin.com/phorum/read.php?5,22644

. Pour avoir une belle vision de la cuisine japonaise, trop souvent réduit aux  seuls   sushis, référez-vous à une véritable pépite en matière d’accords mets japonais-vins français, à voir sur http://www.japanese-food-and-wine.com/fr/

. Un article très complet, avec des photos sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_japonaise

. Lire aussi sur ce blog, le premier billet consacré au chenin:      Oosterlinck > Vins de Juchepie > Ballade pédagogique et goûteuse d'été       où Mileine Oosterlinck vous donne ses propres recettes de cuisine à savourer avec les « Chenin » de leur Domaine de Juchepie, que vinfie Eddy  Oosterlinck à Faye sur Anjou.

. Photos EP à voir dans Bottles 2.

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Oosterlinck > Vins de Juchepie > Balade pédagogique et goûteuse d'été

25 Janvier 2012, 19:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’été en hiver

Oh, je sais bien que nous ne sommes plus en été, malgré la douceur du temps. Je sais aussi qu’il fait très doux dans la vallée du Layon, au point d’être une terre à liquoreux. En janvier cependant, c’est plutôt le vent qu’on y sent en haut du coteau de Juchepie, un lieu-dit  bien nommé, comme l’endroit où se juche la pie pour voir de loin. Peut-être ? Ce n’est pas une certitude. Ce qui est sûr, c’est en tout cas que c’est à Faye-d’Anjou, sur la route du vignoble du Layon.

En cette mi-juin 2011, il faisait franchement frais pourtant, le temps était gris et… les cœurs joyeux. Nous formions une bonne troupe composée de connaisseurs, professionnels et amateurs, désireux de partager les connaissances d’un couple de vignerons passionnés pédagogues, Eddy Oosterlinck et Mileine Oosterlinck-Bracke, sa femme toute autant enthousiaste pour participer à cette grande aventure qu’est celle de cultiver sa vigne et de faire son vin, surtout quand on travaille en bio-dynamie sur une terre qui se mérite. Mais ça, c’est toujours vrai  dans le vin.

Blog Angers-Faye 2011.06.19 027

C’est d’ailleurs une des raisons premières qui ont dicté leur choix pour ce domaine du Layon, un domaine qu’ils sont aussi façonné « petit à petit » pour reprendre une des expressions favorites de Mileine. Il faut dire qu’il y a chez eux beaucoup d’intelligence, de capacité d’observation et d’analyse couplées avec beaucoup de ténacité.

Une fois la décision prise, ils se lancent et ils y vont à fond. A fond, dans ce qu’il y a de plus difficile, venir à la terre pour lui, revenir pour elle, apprendre un nouveau métier, vivre autrement, produire du vin en bio d’abord, en biodynamie maintenant, être référencés tout de suite à l’export et bien vite en France ensuite, faire du vin dont ils sont fiers, partager la connaissance toujours, avec une forte volonté de transmission pédagogique, être reconnus et appréciés par les autres (bons) vignerons, qu’ils retrouvent dans les salons auxquels ils participent et ils sont nombreux, tant les salons que les vignerons. 

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La ballade Elle s’inscrit dans ce cadre. Tout de suite, Eddy commence par nous parler de la terre. Le sol est très pauvre par ici ; il y a de 20cm à 40cm d’argile sur la roche-mère. Le sol est friable même si l’argile est très lourde. La terre est très compacte. Ca demande beaucoup de travail. Il a fallu 10 ans pour arriver à ce résultat. J’ai pris la décision, voici plusieurs années, d’arrêter les produits chimiques. Je prépare moi-même un compost liquide qui favorise l’activité microbienne pour décompacter, avec succès.   L’équilibre de la terre d’il y a 50 ans a disparu. On espère, avec notre travail, arriver à remettre en place un nouvel équilibre, par un travail en continu. J’applique aussi les préconisations de la biodynamie, avec de la bouse de vache et de la corne de vache au solstice d’automne. C’est efficace.

. Un monsieur demande quel est l’intérêt de la corne de vache. C’est une tradition asiatique que Rudolf Steiner a reprise. La vache est sacrée en Inde. Ca va au-delà de la pensée scientifique classique. On ne peut rien dire, on ne peut rien prouver. Le vigneron poursuit en demandant: croyez-vous vraiment qu’il n’existe rien d’autre dans le monde que ce nous nous pouvons voir ? Le fait est que je n’ai aucun problème de maladie. Cela fait plus de six semaines que je n’ai pas traité. Mais je vais le faire un peu. Il y a toujours un peu de mildiou ou de ver de la grappe.

Blog Angers-Faye 2011.06.19 028J’utilise des moyens matériels (pour travailler la terre) avec des faibles rendements. Depuis 1970, on a haussé les rendements aux dépens de la force de la plante. C’est pourquoi, il y a des problèmes. J’en suis bien persuadé. Le vin est équilibre. J’en tiens compte et je n’ajoute rien au jus. Si non, on risque de perdre en qualité. Mon travail à moi, c’est de ne pas perdre la qualité.    

La biodynamie, précise-t-il, n’est pas une méthode. C’est une philosophie basée sur les phases de la lune, pas sur les autres astres. Chacun l’adapte à sa façon. Avant de sauter le pas, je faisais beaucoup de tisanes de prêle, d’ortie et d’achillée que je pulvérisais. Je continue d’ailleurs.

. Qu’en est-il de l’usage du cuivre, alors que c’est un métal lourd, demande un ancien de la profession ? C’était une pratique courante, il y a encore 30 ans explique Eddy. Vous vous souvenez, les vignes étaient bleues. On utilisait des doses très fortes jusqu’à 12 kg par hectare et par an. Maintenant, on fait très attention avec moins de 6 kg/ha/an en moyenne dans la profession ; des collègues se limitent à 3kg. Moi, c’est 1 kg. Je  mets de la silice à la place pour compenser.  En tout par an, je fais cinq traitements de tisanes, de cuivre et de silice.

. Que faites-vous pour le travail de la terre ? L’herbe regagne vite. Ici, on pratique le labourage. Quand l’herbe pousse dans les rangs, ça va. Il n’y a pas de problème. C’est le seul engrais que la vigne va avoir. Pour le cavaillon, la bande de terre qui reste entre les pieds de vigne, on va chausser les pieds de vigne. On prend la terre dans le rang pour la rapprocher du pied afin de le protéger. On fait ça en alternance d’un pied à l’autre, en déchaussant ensuite. On rejette cette fois-ci. Vous avez trois pieds, entre le n° 1 et n° 2, vous chaussez. Entre le n°2 et le n°3, vous déchaussez… et on recommence au printemps.   C’est un gros boulot. L’herbe pousse si vite ! II faut aller la chercher au raz du pied à la main. On a maintenant un système à adapter à la charrue, qu’on utilise avec pas trop de casse heureusement. Mais il y en a un peu quand même. Le vigneron nous montre quelques traces sur l’écorce. Je poursuis les tisanes, dit-il tout en nous montrant la vigne la plus ancienne de la parcelle. Elle date de 1893.

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. Une question sur ce qu’est la sélection massale (sélection des plus beaux pieds) sur la parcelle. C’est très difficile de faire démarrer un repiquage. On a fait un essai en 1999, mais on n’est pas resté sur place tout le temps pour surveiller. Mais ils démarrent sur des greffes de Riparia. Maintenant, j’ai choisi un autre plant américain (Rupestris) pour que la plante aille plus loin dans le sol. Dans les vieilles vignes, il faut chercher la vigueur.  Au bout de 10 ans, on ne voit plus de différence. On prend une tige vigoureuse d’un pied vigoureux qu’on enfouit en terre, mais surtout on ne coupe plus le lien entre le pied-mère et le pied nouveau pour conserver la protection contre le philloxéra.

    . Quelle est la différence avec le marcottage ?C’était le mode de reproduction de la vigne avant le phylloxéra. On prenait une tige qu’on enfouissait au sol. On coupait quelques années après de façon à constituer un plant indépendant. Maintenant, on ne peut plus faire ça, toujours à cause du phylloxéra. Il est toujours là. On a (toujours) besoin de porte-greffes américains. Si on coupe la tige qui s’est enracinée, le plant nouveau est issu de la plante greffée qui reste sensible au phylloxéra, contrairement au pied-mère qui ne l’est pas lui !

. Des questions sur le vignoble. Ici il y a 5 hectares enBlog Angers-Faye 2011.06.19 046 continu, plus un hectare en haut. Il y en a encore 1 pour faire du Chenin. 7 hectares en tout, mis en culture. Ici, c’est vraiment un terroir à Chenin, pas à Cabernet. Les coteaux, comme ici, ce n’est pas un bon endroit à Cabernet. Ca cogne trop l’été. Ce n’est pas comme dans  un terrain calcaire, ici il y a trop de pierres. La grande parcelle est entourée sur trois côtés de friches boisées. Je les garde tels quels. On voit beaucoup d’oiseaux ici ;  un chevreuil vient régulièrement manger les salades que plante Mileine. Par contre je ne vois pas les sangliers qui ne sont pas très loin sur la droite dans le vallon au-dessus du Layon.

. Une question sur le vent. Ici, c’est un terroir à liquoreux, pas comme à Savennières qui n’est pas très loin d’ici sur l’autre rive de la Loire. La couche du dessus là-bas est plus sableux. C’est très important en automne. Ici, c’est une cuvette, avec peu de vent, avec  un peu d’humidité pour le développement du botrytis. On ne sait jamais si on va pouvoir faire du sec. Du coup, c’est plus aléatoire. A Savennières, c’est un long corridor avec plein de vent, la botrytisation est plus lente et le sec est toujours possible. 

Nous sommes arrivés en bas du coteau planté. En dessous et jusqu’à la rivière Layon qui coule en bas, un coteau boisé très pentu. Un tout petit ruisseau, le Saint-Martin coule à côté, avant de rejoindre le Layon. Sur le sentier, on découvre la Fontaine Saint-Martin. Des questions fusent encore. 

. Une question sur le sens de la plantation, faut-il qu’il soit parallèle aux courbes de niveau ou descendant ? La réponse est tout aussi claire que succincte : Eddy préfère que ce soit dans le sens de la pente. Ses plantations sont parallèles.                                                                

. Une autre sur le type de taille : c’est de la Guyot double.

. La composition du sol : il y beaucoup de rhyolite qui est acide, avec de la spilite noire qui est plus basique.

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Le chai. Il est temps de remonter. Mileine nous attend pour nous faire déguster les vins en goûtant ce qu’elle a préparé. Mais avant, Eddy nous parle de ses décoctions de plantes qui visiblement intriguent beaucoup d’entre nous. Nous faisons donc halte au chai pour voir la bouillie. Il en existe plusieurs sortes. Nous voyons et sentons celle qui fermente pendant 24-36heures, de l’eau avec des algues. Une autre formule, le dynamiseur, permet le décompactage du sol. La machine permet de tourner 10 minutes dans un sens et 10 dans l’autre de façon à casser les structures de la molécule d’eau.

La dégustation . Après une traversée du nouveau chai, avec ses pressoirs verticaux et la cave avec ses barriques de chêne neuf, nous arrivons à la grande salle de dégustation, où Mileine Oosterlinck va nous faire goûter sa cuisine avec les vins du domaine que commente Eddy. C’est le moment de commencer par un sec « Le Clos » récemment mis en bouteille, avec des arômes fruité, en continuant par un 2008, à boire dans les cinq ans.  Arrive ensuite un moelleux 2006 avec 60 grammes résiduels de sucre et un peu d’acidité, à goûter avec des plats comme des cailles sauvages avec du gingembre, des canards à l’orange, des artichauts sans vinaigrette. Pour le sucre, Eddy a une métaphore parlante, le  sucre, c’est comme le décor au theâtre. Il faut qu’on l’oublie.

Un « Les Quarts » 2003,  un vin plus complexe, déclenche chez notre vigneron des trésors d’éloquence, que tous apprécient tout autant que le vin en bouche. Mileine le sert avec un peu de pâté qu’elle fait tout spécialement pour ce vin qui garde un  petit côté amer intéressant.

Blog Angers-Faye 2011.06.19 088

Un autre moelleux du même millésime permet de faire une comparaison. Pour ce dernier, les raisins ont été cueillis plus tardivement, avec plus de concentration. Un seul mot dans le groupe « délicieux » surtout avec des bouchées tièdes au fromage dans la bouche. Plus personne ne pose de question sur le passerillage (dessèchement du raisin sur pied pour concentrer le jus), le réfractomètre (pour mesurer le taux de sucre dans la baie) ou sur le nombre exact de tries successives pour ramasser les grappes une à une (jusqu’à 8/9 passages en vigne). Il y a un équilibre très  subtil entre le sucre, l’acidité et l’amertume. C’est une cuvée à 50% de boisé où on ne sent pas le boisé. C’est ça le raffinement pour le connaisseur et le challenge pour le vigneron. La prochaine fois, nous explique Eddy, je tente le 100% de boisé.  Oui ! Le liquoreux boit le bois, traduction il « pompe » le côté bois.

Le chenin est fascinant parce qu’il garde toujours son mystère. On n’est jamais sûr de ce qu’il  va faire. Heureusement que les vendangeurs belges sont là.

Blog Angers-Faye 2011.06.19 089

Ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, Eddy et Mileine Oosterlinck sont belges. Ils ont mis sur pied depuis leur arrivée ici dans la Vallée du Layon, à Faye d’Anjou un véritable courant d’échanges avec leur région d’origine. Leurs vendangeurs sont des amis du pays passionnés de vin du Layon et de théâtre l’autre passion d’Eddy. Et vous avez deviné qui les héberge, les chouchoute et leur fait à manger des délicieux accords vin-mets, Mileine qui a agrandi la cuisine, comme Eddy a fait construire le nouveau chai avec la nouvelle cave!

Pour suivre le chemin

. Les Oosterlinck de  Juchepie, 49380  Faye d’Anjou, 02 41 54 33 47, contact@juchepie.fr, www.juchepie.fr

. Les retrouver à Angers au Grenier Saint-Jean (pour les amateurs) le 4 et 5 février prochain, au Salon des Vins de Loire (pour les professionnels) les 6, 7 et 8 février où ils présenteront leurs vins. 

. Lire aussi « le Vin aussi est affaire de femmes » (Cheminement éditeur), une recherche que j’ai faite qui présente en 75 portraits de femmes la filière vins de Loire au féminin, le portrait en page 151 de Marie-Madeleine, dite Mileine, Oosterlinck-Bracke, Viticultrice, Domaine de Juchepie, Faye d’Anjou, France, 02 41 54 33 47 

. Découvrir les rudiments de la biodynamie http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biodynamique

http://biodynamieconseil.com/historique.aspx

. Apprendre les premier mots techniques du travail dans les vignes et au chai :  http://vitis.free.fr/LEXIQUE.html

. Photos EP, avec d'autres à voir dans l'album 'Le vin dans tous ses états'

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Le projet Maine-Parc de LIN > Angers, Berges de Maine, 17.02.2012

23 Janvier 2012, 18:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Les architectes-urbanistes et les paysagistes sont très sensibles aux mots. Chacune des deux autres équipes a trouvé une dénomination personnalisée. Pour LIN, j’ai du chercher le nom que David Levain a donné au milieu de sa présentation du projet LIN des Berges de Maine, Maine-Parc. Comme pour les deux autres présentations faites dans les jours précédents, ce billet est une restitution des mots qui ont été prononcés et de leur enchaînement sur la base des notes que j’ai prises le mardi 17 dernier, avec des photos qui sont un peu moins approximatives du fait de l’utilisation du flash doux. J’ai indiqué en parenthèses des mots ou des petites phrases de liaison. Pour connaître le projet lui-même et « le dit exact » des intervenants, il faut se tourner vers la municipalité qui présente une exposition des projets jusqu’au 6 février au Forum du Quai, en face du Château et qui a enregistré les échanges.    Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Le vocable LIN associé au projet des Berges de Maine vise deux des collaborateurs de l’agence que sont, David Levain architecte-urbaniste et Philip König architecte. Le paysagiste Michel Desvignes est en charge du paysage. Les trois sont venus à Angers pour nous parler de leur projet.  

La première partie du billet est consacrée aux grandes lignes du projet ; une seconde est dédiée au  re-façonnage de chaque site sur les berges elles-mêmes et la troisième partie rend compte des questions des Angevins présents dans la salle et les  réponses des ‘experts’ qui ont planché devant eux. Experts est le terme employé par le maire pour désigner les concepteurs du projet. 

Cette rencontre avec les professionnels s’inscrit dans le cadre de la concertation active décidée par la ville avec 90 habitants réunis en six ateliers sur trois thèmes,  l’eau, la mobilité et les formes urbaines. Ces 90 personnes très motivées travaillent depuis mars 2009  sur leurs visions de leur ville dans les 20 ans qui viennent. Après un travail préliminaire de réflexion sur les thèmes à aborder, les membres des ateliers sont allés découvrir sur le terrain les réalisations de Bordeaux et de Lyon sur ce thème. Ils ont pu déjà aussi rencontrer à trois reprises des membres de chaque équipe dans différents sites emblématiques de la ville d’Angers, l’Hôtel des Pénitentes, le Grenier Saint-Jean et  la Mairie pour échanger avec eux. Les experts des projets  ont en outre pu rencontrer des représentants des associations concernées directement ou indirectement par la rivière Maine.

Les mots de présentation du maire, Jean-Claude Antonini

Il reprend la teneur de ses propos des deux précédentes rencontres, en insistant sur cet exercice de démocratie active que constitue cette soirée entre les experts et les habitants d’Angers (références en fin de billet).

L’absence de mots de Finn Geipel

L’architecte-urbaniste n’a pas pu se déplacer pour cause de maladie, selon les mots du maire qui prie la salle de l’en excuser. (EP : La même remarque peut être faite que pour Bernard Reichen la veille. A l’heure d’Internet la salle aurait bien aimé  pouvoir entendre quelques mots de présentation de l’architecte-urbaniste qui donne son nom au projet).

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour présenter l’équipe-projet

Elle est composée d’architectes-urbanistes, de spécialistes en mobilité, géologie fluviale, de philosophe(s)…LIN  a une agence à Berlin et à une Paris. Le projet est issu du croisement entre ces différentes disciplines (et sensibilités). Avec nous, pour ce projet, Michel Desvignes paysagiste qui a travaillé notamment pour Lyon-Confluence, sur la rive droite… Nous avons aussi rencontré les ateliers des habitants. Après cette introduction (orientée sur les personnes), vont suivre des observations sur le territoire, la stratégie, la focale sur le paysage...

Ses mots pour lancer la description 

En premier, le cadre : il s’agit de retrouver la rivière, rendue inaccessible depuis 40 ans à cause de l’autoroute urbaine. Ce retour vers l’eau est un mouvement mondial dans de nombreuses métropoles, comme  Bilbao, Hambourg, Malmö, New-York avec son East River, Seoul où un travail naturaliste a été fait... Notre projet s’inscrit dans ce cadre, d’un territoire emblématique, dédié au trafic automobile, à rendre à d’autres usages, avec un nouveau quartier.

Ensuite, le projet s’appuie sur des obstacles existants sur le territoire, qui sont rassemblés dans un atlas actif visible dans l’exposition (souligné dans mes notes), sur différents thèmes géologiques, zone inondable, histoire…

En troisième lieu, les points importants pour retrouver la Maine sont Saint-Serge, le CHU, le Centre-Ville, le Château, la Doutre, le Lac de Maine, la Baumette. Le cadre est plus large que la rivière pour situer le projet.

La structure géologique est importante aussi, avec un schéma en X ; le site se situe au croisement des couches  de schistes en sens ouest-est descendant avec l’eau de la rivière qui coule nord-sud. L’histoire de la rivière (compte aussi), c’est une mouvante, avec un paysage en construction (perpétuelle), la Place de La Rochefoucault était une île. C’est un paysage lié au vivant, le Lac de Maine n’existait pas. Une recherche a été faite sur les objets flottants, les péniches, les bateaux-lavoirs… où l’eau est très présente.

Nous avons établi une carte des zones inondables, avec les crues régulières prévisibles de la rivière. (Ici) l’eau est avant tout perçue comme une menace. (Pourtant) elle a modelé le paysage ; de  très belles cartes sont présentées à l’écran pour montrer la structure paysagère très particulière (qui retrace les chemins de l’eau) vers la rivière,  des rapports de la Maine (avec la Loire un peu plus bas).

Suit une analyse des équipements et du patrimoine (anciens et récents comme) le Quai (face au Château), la question de la complexité de la question de la mobilité (dans un espace très contraint), la logique (calée sur l’eau) d’un paysage-lignes très typique (des mots qui n’ont pas été utilisés mais qui résument bien), à voir en particulier dans un  montage photographique impressionnant que l’on peut voir dans l’exposition dans la boite de présentation du projet LIN.  (EP : j’ai noté que cette partie très dense était difficile à suivre).

Angers, Berges de Maine, Equipe Reichen,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour parler de Maine-Parc

La stratégie porte sur deux points essentiels, la rivière et le temps. Il s’agit de reconquérir les rives de la Maine, une rivière à prendre au sens large, avec ses dimensions sociales, écologiques, culturelles, de Bouchemaine (confluence avec la Loire) à la confluence en haut (avec la Mayenne et la Sarthe, grossie elle-même par le Loir, un peu au-dessus d’Angers), avec des segments très diversifiés urbains, industriel, sportif comme à  La Baumette et des prairies inondables (à la Baumette aussi.)

Maine-Parc (première fois que le terme est utilisé) a pour premier objectif de rassembler la diversité de ces séquences dans un ensemble cohérent, puis en second objectif de proposer un processus de réflexion dans le temps, de façon à réfléchir à un cadre adaptable. Il ne s’agit pas de montrer un plan mais des scénarios différents, à différents moments. A l’été 2013 (c’est-à-dire demain), avec

-          le scénario 1, il est déjà possible d’installer un ponton flottant sur la Maine, au pied du Château.

-          Dans le scénario 2, c’est le centre-ville qui est visé, avec une grande terrasse en aplomb de la Maine.

-          La phase 3 du scénario prévoit d’opérer « un saut quantique » important avec (cette fois-ci) la création d’un nouveau quartier à Saint-Serge, l’aménagement de la Baumette, avec des nouveaux rapports à l’eau.

Les mots de David Levain pour le scénario 1 ---) Les actions simples, sans préalable

Il s’agit dans cette étape de mener des actions très simples comme

-          des pontons flottants entre le pont de Basse Chaîne et le pont de Haute Chaîne, avec une piscine, une auberge de jeunesse... C’est un élément très fort du paysage, comme ce qu’a fait l’agence a fait à Berlin, avec un grand succès,

-          d’une Info-Box qui se déplace sur la rivière pour annoncer le projet ;

-          dans un autre lieu magnifique, la Place de la Rochefoucault, en récupérant cet espace public, il serait possible de programmer des évènements (culturels) une fois par mois,

-          un mini-bus électrique pour desservir les 4 ponts avec 5 landmarks (repère = station ?)

-          de la micro-mobilité, avec des vélos en partage pour multiplier l’effet du tramway,

-          une navette fluviale de Bouchemaine à Ecouflant pour voir ces paysages magnifiques de prairies inondables,

-          la structure du pont de Segré à conserver

-          et plus de chemins de rivière.

Les mots de David Levain en scénario 2 sur les Berges actives, le Développement ciblé

Il s’agit d’un développement des forces vives, qui peut être mixé avec le scénario 1 , dans le cas où les voies des berges ne sont pas transformées de façon radicale, avec la construction de sites stratégiques dans la ville, la création de quartiers nouveaux, de véritables moteurs pour la ville. Ces sites stratégiques sont le Centre des Congrès à réimplanter près d’ici, la Place Molière, qui est un carrefour important (qu’il conviendrait de dynamiser) avec un immeuble haut triangulaire, un peu à la façon du Flatiron à New-York (la projection de la photo provoque des OH, OH peu enthousiastes dans la salle). L’Office de Tourisme pourrait être mis là. Ce serait un signe fort pour la ville.

La zone de Saint-Serge  est à développer en quartier mixte (habitations et activités tertiaires) en créant (au milieu) des bassins de rétention pour accueillir l’eau en cas d’inondations. Des photos sont projetées pour donner des exemples où le niveau d’eau varie en fonction de l’inondation : quand il y a de l’eau, le niveau monte ; quand l’eau baisse, il n’y a pas d’eau. Le système fonctionne comme des vases communicants.

Comme Angers a une compétence reconnu dans le domaine du végétal, le projet prévoit de mettre en place des techniques d’expérimentation écologique d’auto-nettoyage des fleuves à la Baumette, comme ce qui se fait aux Etats-Unis au MIT (Massachussetts Institute of Technologies). La forme des rives favorise aussi le nettoyage de la rivière. Un travail d’expérimentation au Lac de Maine pourrait être mis en place. L’Agence a consulté un psychologue et un hydrologue sur cette question de la pollution par les algues vertes, pour pouvoir s’y baigner l’été. (’Une amélioration serait possible avec) la réduction de la surface du lac. Ces mesures sont de nature à faire d’Angers un lieu majeur d’expérimentation du  végétal. Dans ce scénario, la voie sur berge n’est pas transformée tout de suite, on coupe l’accès au centre-ville, on aménage des terrasses le long de la Maine, avec les pontons flottants, comme à Barcelone. 

Les mots de David Levain en scénario 3 avec un boulevard urbain à développer à la place de la voie sur berge (rive gauche)

Il  s’agit de créer un nouveau quartier à Saint-Serge, tout en aménageant La Baumette. (Entre les deux,) la voie sur berge devient un boulevard urbain, avec une voie de bus dédié, avec une grande diversité de transport, en liaison nord-sud avec les deux lignes de tramway, de façon à se réapproprier l’espace des rives de la Maine. La Place Molière (près de l’eau entre les deux espaces, Saint-Serge et la Baumette) prend une forte influence.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,20120117

Les mots de Michel Desvignes sur le paysage

On regarde un paysage (pour le comprendre) et après on voit ce qu’on peut faire. Un paysage est un processus (qui se modèle) dans le temps.

Comprendre le paysage : (ce qui frappe d’abord ici) ce sont les zones inondables ; l’eau crée des structures de part et d’autres de la rivière. Il y a une grande délicatesse du paysage, un aspect géométrique, organisé, avec des perpendiculaires des fosses (qui recueillent l’eau pour l’apporter vers la rivière). Je suis très attiré par ces paysages, ces éléments de nature qui vont dans le sens de l’écoulement de l’eau.

C’est l’accumulation de ces petites choses qui crée de la beauté. C’est la musique douce d’une petite grammaire, ce n’est pas dérisoire. Des paysages très beaux en dehors d’Angers.

Dans la ville, il faut faire des cheminements le long de l’eau. Il s’agit de, changer le regard, comme ce qui a été fait pour le Louvre de Lens ou  à Bordeaux avec des plantations en rive droite. A Lens, 20 millions d’euros (ont été injectés dans) un site industriel délaissé. Ce n’est pas dérisoire. Lens est un grand projet. Même très rapidement, de nouvelles pratiques sont apparues. On prend pied.

Ouvrir  des chemins, c’est de la modestie, ce n’est pas dérisoire. On restaure ces continuités pour donner une grande place à ces paysages de chemin. (Ouvrir) 30 à 60 km de chemins, c’est considérable. Ce sont des chemins de rivière (riches de) leur flore et de leur (capital) écologique.

Dans le centre-ville, c’est plus une transformation progressive qu’il faut viser. Il s’agit de pré-figurer ces promenades en laissant la voie telle quelle est pour l’instant. Je suis sensible –dit-il- à la transformation progressive (comme un jeu d’acceptation entre le paysage, le temps et les gens).

C’est comme à la Rochefoucault, (nul besoin d’en faire beaucoup pour l’instant) une partie pourrait être tout simplement transformée en prairie. Les platanes les plus beaux restent (EP : on sait qu’un nombre significatif de ces grands arbres a une maladie, sur laquelle travaille l’INRA – Institut national de recherche agronomique d’Angers pour essayer de la combattre et/ou de la ralentir. Le phénomène est mondial. Une des raisons vient de la pollution). Par-dessous, des plantations d’arbres peuvent déjà commencer à être opérer de façon à assurer le relais progressivement au fil du temps. Un arbre a une durée de vie de 50 ans.

A Saint-Serge, il s’agit d’une structure urbaine de paysage, où il s’agirait de (revitaliser) les anciens fossés pour utiliser l’eau avec (en plus) des formes plus libres pour accompagner le dessin (schéma).    

A la Baumette, le parcellaire est à mettre en logique avec ce paysage lié à la géographie. Ce n’est pas une utopie. A Lyon-Confluence, ça fait 12 ans qu’on  travaille sur le même découpage du parcellaire (avec des retombées intéressantes). C’est nouveau en urbanisme, (surtout) en Europe. A Boston, les Américains ont fait ça.   

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes, Christophe Lesort,fin de séance

La nature nous aide à symboliser la ville-la vie. 

Les questions de la salle, les réponses des concepteurs du projet

01.  Une dame pose la question de l’accès à la Maine par les piétons pour accéder au ponton (scénario 1) et fait la remarque que l’équipe ne propose rien de nouveau pour la traversée de la Maine

DL : la transformation va se faire dans un temps long ; il va y avoir (en plus) une offre (nouvelle) de transport pour accéder en centre-ville, avec un bus à haute fréquence. La modification de l’échangeur de Saint-Serge va libérer la voie sur la berge.

02. Une dame pose deux questions sur le plan de circulation dans la ville : vous remplacez les voies supprimées par quoi ? Comment fait-on d’aller d’Angers Est à Angers-Ouest ?

DL : la circulation continue à exister.

MD : de nombreux projets ont été faits. Le projet s’inscrit dans le temps. Nous proposons la transformation de la voie sur berges. Il faut que ce soit clair. On garde une partie de la voie. Ai-je répondu à votre question ?

03. Une question d’un monsieur sur l’accès à la Maine par la voie de déserte, entre la place Molière et la pont de Verdun.

DL : il y aura aménagement du trottoir. Pour les accès verticaux, des chemins existent. Pour les pontons, il va falloir les rendre accessibles.

MD (renforce): les chemins existent mais il faut rétablir les continuités, leur donner une identité forte.

04. Un monsieur s’exprime : on est frustré. Il précise : A  l’île Saint-Aubin (au nord d’Angers, près de la confluence entre la Maine et la Mayenne), on doit y aller par le bac. Avec une allusion à Alcatraz ( ?), il pose cette question : y a-t-il quelque chose de prévu pour traverser la Mayenne (avec une passerelle au-dessus de la rivière) ?

MD : non. (D’ailleurs, une passerelle) c’est discutable.

(Il recadre le débat et précise sa pensée.) Nos propositions forment un menu. Ce n’est pas un joli plan. Qu’est-ce qu’un projet ? C’est une image pour une ville. Les images n’ont jamais été contenues (contraintes, assorties avec ?) par une succession de mesures dans le temps. On a envie que le centre-ville se développe. C’est un défi professionnel. Comment être honnête en présentant des mesures (qui devront être prises dans un temps imprécis) ; ne pas se focaliser sur des plans-masse (plan d’une construction) en mélangeant tout, le long terme, le court terme…Nous voulons donner de la cohérence. On n’est pas contre la passerelle mais on ne décide pas aujourd’hui.

---) Des personnes dans la salle applaudissent.

05.  Un monsieur fait part de son étonnement quant aux noms des équipes qui portent toutes des noms à consonance germanique. Il est sensible à l’idée de la continuité en rive gauche et l’idée du coche d’eau (bac) ainsi qu’à la poésie latine de (la vision) de Michel Desvignes.

MD (fait la moue en  répondant) : ma mère est russe, c’est pire !  ---) Rires dans la salle. (Il  reprend) Façonnez un paysage à partir d’une sensibilité, c’est assez nouveau.

Jean-Claude Antonini se lève et intervient dans le débat : je suis choqué (par les propos qui viennent d’être tenus par ce monsieur). Le choix des trois équipes par la ville est basé sur les compétences et pas sur des sous-entendus (tels qu’il vient de les entendre). L’important est que les équipes soient européennes.

06. Un monsieur s’étonne : il n’y a pas beaucoup d’aspect paysager le long des quais, à part à la Rochefoucault.

MD : Pour l’aspect paysager du centre-ville, les belles promenades plantées, je vois de la sobriété dans ces plantations. A Marseile, qui vient de faire 60 millions de travaux d’euros au port (où Michel Desvignes vient de gagner le grand prix de l’urbanisme 2011), on a fait peu de choses, des pavages, pas de décor, d’ajout. On a travaillé dans la sobriété ; avec de la pertinence, de la justesse. Le résultat,  une grande beauté. (Ici) on veut la même force, la même simplicité. Il ne faut pas mettre de la sophistication. Les places trop dessinées, c’est trop de trop 20 ans après. On vient de faire une place (à Almere au nord d’) Amsterdam, avec Rem Koolhas, on n’a fait rien du tout , 300 mètres de peupleraie face à un lac… C’est dur de dessiner le rien. ---) Rires dans la salle. Ca met la ville dans la géographie : il faut de la force, de la simplicité.  

Philippe König intervient : ce sont des choix architecturaux. Ce projet va durer, avec peu d’objets, plein de complexité, de la finesse …

Ma mère est slovène ---) Toute la salle rit franchement.

07.  Une question sur les pontons flottants qui paraissent très grands au Pont de Verdun et la construction à la Baumette (alors que ) c'est un site pollué.  

DL : un processus de dépollution est à mettre en place, avant de construire. Ce sont des  problèmes qui existent (un peu partout). Le système est à inventer. Quant aux pontons flottants, l’image exprime la structure légère qui longe la Maine. Il revient sur le marnage important au Pont de Verdun en faisant référence  à leur hydraulicien pour avoir les meilleures réponses.  

08.  Entre la rive gauche et la rive droite, quels passages avez-vous prévus ?

DL : il manque peut-être des franchissements, prévoir de rendre le Pont de Verdun aux piétons, de créer un passage ( ?) entre la cale de la Savate et l’autre côté, en rendant le Pont de Segré (un ancien pont ferroviaire très en hauteur, tout en haut au nord de la ville, au-dessus de la Maine) qui est prévu dans le scénario 1.

09. Un monsieur : les images que vous voyez, ce sont des visions (irréalistes ?): il n’y a pas de garde-corps sur le ponton, le menu n’est  pas complet. La vision est claire, ça c’est sûr…Il manque les passerelles (pour répondre) à la cohérence de notre vision (pas de la vôtre). 

10. Comment faire, demande un monsieur, au pont de Verdun pour résoudre  la question de la paroi de palplanches ?

DL : c’est un détail. On peut s’appuyer sur l’infrastructure de l ’autoroute… accrocher des terrasses vers la Maine. C’est un peu prématuré d’envisager cela maintenant.

MD : le phasage est à faire. ..La mise en place du projet avec la transformation de la berge est (liée) à la suppression de la voie rapide. Pour ce 3è scénario, on a le temps, on a de la place.

11. La mise à plat de l’autoroute urbaine sert en cas d’inondation actuellement. La simplicité (que prône Michel Desvignes) n’entraîne-telle pas pour conséquence de ne pas construire dans ces zones inondables ?

DL : c’est une des spécificités de notre atelier de construire avec l’eau. Il faut prévoir des mesures de compensations à Saint-Serge pour absorber les trop-pleins en cas d’inondations. On est très sensible  au niveau des aménagements artificiels qui causent des problèmes. C’est pourquoi, nous préférons la simplicité. Construire en zone inondable est (toujours) vu comme un interdit. On n’a pas encore imaginé des nouvelles formes pour construire des habitats adaptés pour se projeter dans le futur. Il y a (chez nous) une volonté forte  d’imaginer le paysage.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,

MD : C’est une question importante, qui ne doit pas nous paralyser, en raison du prix (de construction) en zones humides en milieu urbain. C’est nouveau ; il ne faut pas aller d’une expérience à une autre ; il faut créer des zones de compensation, comme il y a 5 ans à Rotterdam. C’est la question « comment mettre le paysage en valeur en tenant compte de l’eau » (que nous nous sommes posée à Bordeaux.) On l’a fait, ça marche.

12. Une dame parle du problème du bruit. C’est une gêne pour la promenade, le long de la 4 voies (lien avec le ponton).

DL : Il y a deux choses à savoir : le ponton est en creux, en bas. La répercussion du bruit se fait en haut.  Le bruit a un effet sonore paradoxal, un bruit sourd et faible peut être plus nuisible qu’un bruit fort.

13. Un monsieur : les villes qui ont été évoquées sont (toutes) des grandes villes. Ce ne sont pas des villes comme ici (à Angers), avec deux confluences (en plus).

MD : le thème de la confluence est très présent  à Lyon avec le Rhône, l’Ain, la Saône. Ce n’est pas si différent à Lyon (EP, avec une différence de dimension quand même).

14. Une dame revient sur l’aménagement des quais, la Place Molière, la disposition en fer à repasser… Concrètement comment faire revivre les quais ?

DL : (on en revient à) la question des programmes dans le temps. La seule réponse paysagère ne suffira pas. La programmation ne se décrète pas. La réponse est aussi évènementielle (EP : Ca dépendra de ce qui va se passer dans les 20 ans). Les programmes physiques dans des bâtiments sont très emblématiques.

MD : le signal (du départ) est très important, (dès qu’on commence) à nettoyer, enlever des rampes, créer des cheminements... Un exemple à Lyon, quand on a commencé à nettoyer la tête de l’Ile. C’était un site à l’abandon. Le chemin ne se décrète pas (EP = on ne décide pas du signe symbolique). On commence pragmatiquement. Quand le site est beau, on n’a pas besoin d’un parc d’attractions. ---) Applaudissements de la salle.

15. Qu’est-ce qu’une Info-Box, demande une dame ?

DL : c’est une boîte rouge qui contient des récits, des choses racontées dessus,  comme ce qu’on a fait à Berlin sur la Postdamer Platz. Ca a eu beaucoup de succès.

C’est la fin de la rencontre avec la troisième équipe d’architectes-urbanistes LIN avec Michel Desvignes pour le paysage.  

Pour suivre le chemin du projet ‘Berges de Maine’ à Angers, dorénavant « Angers, Rives nouvelles »

. Voir les deux autres articles sur les rencontres précédentes:

Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine     

Le projet Convivence de l'Equipe Reichen > Angers Berges de Maine

. Découvrir l’Agence LIN, composée de Finn Geipel et de Giulia Andi, avec un atelier à Berlin et un à Paris  http://www.lin-a.com/start-francais.html. L’Agence actuellement travaille par exemple sur le Grand Paris, avec des projets de grands bâtiments les pieds dans l’eau en zone inondable de la Seine.  

. David Levain architecte-urbaniste, chef du projet LIN-Berges de Maine, à retrouver sur   http://www.twarch.com.au/blog/lin-micro-mobility-macro-change/

. Philip König, architecte de l’agence LIN, a en particulier travaillé sur la Cité du Design à Saint-Etienne http://www.unregard.net/publications/MON5542P064-067.pdf

. Le Flatiron à New York, un gratte-ciel de 1902,  à admirer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Flatiron_Building.  On n’oublie pas sa silhouette une fois qu’on l’a vue.

. Voir des réalisations de Michel Desvignes, certainement le paysagiste le français le plus connu au  monde à cause de la force de son style, botaniste de formation sur http://archiguide.free.fr/AR/desvigne.htm. Il est Grand Prix de l’Urbanisme 2011.  Une présentation  biographique sur http://www.developpement-durable.gouv.fr/Michel-Desvigne-Grand-prix-de-l.html. Le portrait qui est fait de lui trace à grands traits sa spécificité : parler de géographie plus que d’histoire, mettre la fluidité, la lisibilité au cœur du paysage. Il aime approfondir  les relations entre la ville construite et la nature. « Homme de concepts », il s’appuie sur son intuition. Ce qui ressort de l’exposition du projet LIN à Angers dans la boîte de présentation dédiée, ce sont les lignes, le style  en ligne, de la nature en design ou l’inverse du design de la nature…

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvigne

.Lire une très bonne interview sur sa vision du rôle du paysagiste dans une résidence à Louvains en Belgique dans http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/adcp/documents/176_part2.pdf

Et un dossier très complet dur le paysage tel que le voit Michel Desvignes sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/210/cp/PAV_210_CP.pdf

. Une brève présentation de la Postdamer Platz sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Potsdamer_Platz

. Photos EP

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Le projet Convivence de l'Equipe Reichen > Angers Berges de Maine

21 Janvier 2012, 12:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Après avoir rencontré les membres de la première équipe d’architectes-urbanistes, celle de Grether, tirée au sort pour plancher devant les Angevins le 13 janvier dernier, voici maintenant la seconde des trois rencontres prévues. Elle a eu lieu le lundi 16 janvier 2012,  avec l’équipe Reichen, représentée par Jacqueline Osty – paysagiste – Claire Schorter – architecte-urbaniste –et Pierre-Marie Auffret –architecte, appartenant tous deux à l’Agence Reichen, en présence du maire Jean-Claude Antonini* (voir note en bas d’article) et des nombreux Angevins qui remplissaient la salle du Quai.

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jean-Claude Antonini, maire

En avant-propos, une remarque  sur l’objectif de ce billet. Il ne s’agit pas pour moi de restituer la teneur exacte des interventions des différents participants (les interventions sont enregistrées), encore moins de décrire précisément par le menu leur projet. Pour ce faire, il convient de  consulter le site de la ville d’Angers et de venir visiter les boîtes de présentation de projets dévolues aux équipes. Mon objectif est plus modeste. Je cherche dans ce billet à restituer une ambiance, une atmosphère, un rendu grâce aux mots utilisés et à la façon dont ces experts en paysage, urbanisme et architecture… ont présenté leur travail aux Angevins. Je me suis  basée sur les notes que j’ai pu prendre au cours de la soirée. Sont placées entre parenthèses, des mots ou des périphrases de liaison en vue de faciliter la lecture. 

L’absence de mots de Bernard Reichen

L’architecte-urbaniste ne peut être présent ce soir, à son regret ; il est en déplacement à l’étranger. Un regret personnel : il aurait été bienvenu que le patron de l’équipe se soit fait filmer pour une brève allocution, à défaut de pouvoir venir, surtout qu'il aime beaucoup les nouveaux moyens de communication. 

Les mots de Jean-Claude Antonini, maire d’Angers, pour lancer la soirée

Ce soir, ce n’est pas moi la vedette. C’est la Maine, c’est Angers. C’est l’histoire d’Angers. Une rivière qui naît de deux confluences. C’est notre rivière. Nos relations avec la rivière ont évolué au cours des siècles. La situation actuelle est un gâchis avec une autoroute urbaine (le long de la Maine en rive gauche) qui coupe la ville en deux… Il y a trois conséquences à ce gâchis : ça va à l’encontre de la qualité de vie d’Angers, il n’y a pas d’espace disponible pour le développement de la ville et on ne peut pas nouer de lien avec  la nature et l’eau.

(Avec ces projets concernant Angers) c’est un vrai changement de société (dont il s’agit), en synergie entre la qualité de vie, le développement économique et métropolitain. Le projet Berges de Maine est une alliance pour en faire un socle à création de valeur ajoutée. Il s’agit (concrètement) d’en faire un lieu attirant dans les 20 ans qui viennent. Pour cela, nous avons fait appel à des experts –les équipes – et à 90 habitants volontaires associés (réunis en ateliers, sur l’eau, la mobilité et les formes architecturales). Ce sont eux (les habitants participant aux ateliers) qui ont fait (notamment) le questionnaire (qui permettra d’évaluer les projets).

Les projets sont différents les uns des autres. Le débat citoyen est engagé. La qualité de vie d’Angers demain, c’est vous (en s’adressant à la salle). (En se tournant vers les experts professionnels), c’est rare de demander aux architectes-urbanistes, paysagistes de venir présenter leur projet aux habitants. Ce soir est un exercice de démocratie. Le maire finit cette allocution en demandant d’excuser (les petites faiblesses, parfois)  du logiciel à traduction automatique qui permet de lire par affichage les paroles prononcées quasiment instantanément. 

    Angers-Berges de Maine, Equipe Reichen, Jacqueline Osty 

Les mots de Claire Shorter pour présenter le projet

Je suis présente depuis 10 ans dans l’atelier RR&A. Je travaille à ce projet que nous avons appelé « Convivence angevine», un néologisme que nous avons créé pour les Berges de Maine en associant convivialité pour le bien-être – lien physique - et connivence  - pour la complicité aveugle dans une société virtuelle, numérisée. On a besoin de lien physique de sociabilité ; on  a besoin de changer de visage. Notre projet est humain autant qu’urbain.

L’histoire...la carte des gisements de schistes montrent la disposition Ouest-Est ; (là-dessus) l’autoroute forme des bandes longitudinales nord-sud. Il s’agit de supprimer cette circulation de transit pour faire retour à la ville de cet espace. La convivence en ville se traduit par l’appropriation du site. (On pourrait imaginer de) déplacer l’autoroute, en créant un électrochoc. Ce serait trop cher, trop long. Nous proposons de faire autrement, en remplaçant la 7 voies – à certains endroits – en une quatre voies. On conserve la contre-allée en bord de ville, qui va être complété par un transport en site propre, un bus Car-Maine (jeu de mot), avec 10 stations en 10 minutes. Le reste est transformé en plates-formes.

Notre vision du site : c’est un territoire d’échanges

. avec des échanges physiques. Citons la gare, les deux lignes de tramway et CarMaine (un transport par bus à haut niveau de fréquence) qui assure la maîtrise du temps et l’accessibilité de service ;

. avec des échanges humains, l’autoroute est indestructible, très coûteuse à détruire (alors que dans le même temps), les Angevins ont besoin d’un nouveau lieu (pour assurer leur sociabilité, voir ci-dessus). L’autoroute est un lieu d’échanges et de rencontres ;

. avec des échanges spécialisés : sur ce site, on conserve le mouvement, avec des déplacements doux en lien avec sept lieux (libérés du bruit (de la voiture) :

-          en rive gauche *Saint-Serge avec le grand commerce, *l’archipel Saint-Serge, un nouveau quartier en dessous, *la « Confluence » pour désigner (la zone de) la rencontre entre le pôle Santé et  Universitaire, *le centre du centre (l’actuel centre) avec des hôtels, du tertiaire haut de gamme, près du Château et de la Cathédrale,

-          en rive droite, la Place La Rochefoucault, un site que l’équipe voit bâti, pas pour maintenant. C’est un espace à garder pour l’avenir,

-          en lien entre les deux rives, le Château et le Centre des Congrès (en 2018) , pour jouer la synergie,

-          en rive gauche, la (grande prairie inondable de la)  Baumette et  Gare +, avec des bâtiments tertiaires en altitude.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les échanges physiques

Le tramway vient d’arriver à Angers, avec un très fort impact sur le mode de vie. L’objectif est de diminuer de moitié les 50 000 véhicules/jour, pour augmenter la fréquentation du centre. La compensation s’opère par le développement des modes doux (tramway, parking relais, co-voiturage). Une enquête montre qu’Angers est dans le bas du classement des villes en France pour la marche à pied. La proposition de solution de l’agence/expert en mobilité permettra de diminuer la moitié du trafic en ville ; les flux seront absorbés par le contournement nord. Il y aura moins de voitures en centre-ville, avec une deux fois une voie sur les berges, et des boucles à mobilité à 30km/h dans le pentagone (dénomination de la ville ancienne enclose de hauts murs de protection qui a cette forme à 5 parties), avec des parkings-silos.

L’offre de transports doit être hiérarchisée (pour gagner en lisibilité et efficacité), avec surtout Car-Maine  (pour assurer le lien) entre Saint-Serge-Gare (liaison nord-sud en rive gauche). Le réseau ‘piétons’ est à renforcer en créant de grands itinéraires prioritaires entre les quartiers. La voiture n’est pas supprimée (répétée deux fois.)

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jacqueline Osty

Les mots de Jacqueline Osty sur les échanges humains

Il  s’agit de retrouver le lien avec la nature, la rivière, longer le fleuve, la voiture apaisée, le contact jusqu’à l’eau, une promenade haute en berge basse. (Le tout forme) l’autoroute déjantée, déjantée pour marquer (le développement des-) les échanges humains, avec des effets dynamiques…Pour déjanter cet autoroute, les trémies sont supprimées, les bretelles aussi. Les murs (de la voie rapide) aussi…Selon les différents secteurs, il y a alternance et/ou différenciation, des espaces ouverts pour le sport avec des plateformes en rive gauche qu’on voit en orange sur la carte, des aires de jeux, des salons de verdure, des salons plantés... Au passage du Pont de Verdun, des terrasses jardinées actives (qui s’inspirent) des Ardoisières d’Angers. En bas, la restauration des berges se poursuit, avec une continuité par des rampes. En dessous du château (après le pont de Basse-Chaîne), nous intégrons l’Hôtel du Roi de Pologne dans le projet.

L’autoroute déjantée est un lieu multiple à mettre en plan à définir. Pour l’instant, les grandes lignes seulement ont été tracées. Il faut continuer. C’est un vaste espace à redonner aux citoyens… avec des saules, des aulnes. C’est l’autoroute jardinée. Il faut travailler l’autoroute en alternances très géométriques, avec des descentes vers la Maine.

Les mots de Claire Schorter pour résumer

La conservation de la voie, plus Car-Maine, permettent d’implanter très vite les espaces pour des tas d’activités, … des courses de vélos (par exemple). C’est un travail sur 20 ans de lieux pérennes, avec une évolution dans le temps. Tout vit et change en une génération. Notre projet est ouvert ; ce n’est pas un projet fixe, sauf la suppression des bretelles d’accès côté Maine. Tout doit être travaillé après, dans les 20 ans. Jacqueline Osty renforce : la ville a besoin d’espaces pour des manifestations éphémères, comme (le parc de) Balzac (au sud en rive droite) et (l’ïle) Saint-Aubin (au nord, en rive droite). La rencontre entre les deux (entités naturelles) est offerte à la population. Claire Shorter reprend : La Maine est une rivière qui fluctue. Avec les inondations, l’autoroute est concernée.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les 7 Lieux

Jusqu’ici, actuellement (la rive gauche est) un équipement collectif à ciel ouvert. Les Berges de Sept Lieux seront liées entre elles par les nouveaux transports publics.

1.   A Saint-Serge nord (70 hectares), faire vivre ce quartier en le recréant comme un archipel autour de Carrefour(nom de la grande surface), avec des grands magasins, un foncier à dynamiser.

2.    Les Îles habitées de Saint-Serge : un schéma de déblai-remblai permettra de réguler les inondations. Jacqueline Osty précise que des essais ont été faits pour savoir comment l’eau pourrait circuler entre les plates-formes naturelles. Cet éco-quartier, explique Pierre-Marie Auffret, est une des novations du projet, avec ses panoramas exceptionnels, Car-Maine à quelques minutes du centre, des arbres sur l' (ex-)autoroute.

3.    Confluence Santé-Université : rien de nouveau n’est prévu.

4.     Le Centre du Centre (l’actuel centre): la Nouvelle Ardoisière fera le lien entre la ville haute et la ville basse. Jacqueline Osty précise qu’elle garde les platanes en place Molière.

5.     Au pont de Verdun, il faut prévoir un bâtiment-signal, élément-phare pour dynamiser le Centre du Centre, avec un projet hôtelier, des bâtiments tertiaires. A l'esplanade de Ligny, un marché bio serait la vitrine de l’agriculture angevine. Les éleveurs pourraient venir en péniches là pour débarquer leurs produits (rires de la salle).

En face, la Place de la Rochefoucault est à garder pour les générations futures. C’est une zone tampon.

6.   On trouve ensuite la zone Château-Centre des Congrès, avec la photo projetée sur l’écran d’une grande roue (telle qu’on peut en voir Place de la Rochefoucault pendant la foire Saint-Martin qui dure trois semaines en novembre). Cette grande roue est placée au bas du château après le pont de Verdun en descendant la rivière. Ce lieu est intéressant pour faire le lien entre la ville basse et la ville haute, un lieu de loisir, de tourisme, un élément d’attraction urbaine. Jacqueline Osty prend la parole pour parler d’étapes successives. Cet endroit peut être une des étapes (significatives).

7.     La Baumette-Gare+ sera dynamisée par une nouvelle voie avec un carrefour pour relier la berge au quartier de la Gare. Un parking de 1 000 places sera construit en zone inondable. Jacqueline Osty souligne que le projet est basé sur une gestion des eaux fluviales exemplaire.

Les mots de Claire Schorter pour finir cette présentation : on commence par l’appropriation des images. Pour nous, c’est le début du projet.        

Le jeu des questions réponses

01. Une question sur le tunnel nord et le transit

Je n’ai pu noter la réponse de Pierre Marie Auffret. Claire Schorter : nous avons toute confiance en notre expert qui travaille dans le monde entier. Il y aura un report naturel des fluxs… le contournement sud n’est pas un préalable. S’il est réalisé, ce sera tant mieux, si non, c’est un processus long et coûteux.

02. Une remarque sur la Place La Rochefoucault d’un membre de l’association « La Renaissance de la Doutre »

(EP : Je ne reproduis pas volontairement ses propos exactes, certainement dits avec humour puisque la salle a ri. Ce qui suit sur La Rochefoucault est donc une ‘traduction’ de ma part). Il est très choqué d’apprendre qu’il serait question un jour de construire sur la place. Il avertit l’équipe 'gentiment' d’abandonner cette très mauvaise idée. Cela provoquerait une levée de boucliers (rires dans la salle)…Quant au projet lui-même, il n’y comprend rien. On mélange tout, les piétons, les voies…

CS: les voitures et Car-Maine sont en haut, les promenades en bas. Pour la Rochefoucault, c’est une place magnifique, une pépite pour l’avenir ou la patate chaude…

PMA : il revient sur la zone de rencontre à 30kms/h , voire même 10kms. C’est dire que la voiture n’est pas prioritaire dans ces zones. C’est une bonne alternative à la piétonisation totale (qui présente aussi des désavantages) dans le centre-ville. 

03. Une question sur le nombre de décibels de la circulation en simulation

CS: Il y a bien une étude à faire ; cela n’a pas été fait. La question du déplacement des flux doit intégrer cette dimension.   Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

 

04. Une question sur les éléments de coûts pour comparer les différents projets

Jean-Claude Antonini prend la parole: On sait qu’on peut jouer sur la vitesse pour baisser le bruit, avec des revêtements spéciaux. Cale de la Savatte (en rive droite, face au château), on entend encore le bruit qui reste insupportable. Le bruit rebondit sur l’eau. Il se diffracte partout, même derrière les immeubles.

Sur les coûts, le maire a des éléments de coût. Ici dans ce projet, il ne s’agit pas d’un bâtiment fixe, avec une limite dans le temps. Rien n’est figé. Il n’est pas encore possible de fixer les coûts, comme les subventions d’ailleurs, (d’autant plus) qu’il y aura des financements privés. C’est le cas au Centre des Congrès pour le financement de l’hôtel. Dans ce projet, il n’y a pas non plus de maîtrise du temps.

CS : un (autre) élément est à prendre en compte, comme la densification qui va entraîner une majoration de la taxe foncière qui va payer une partie du développement. Sur le bruit, c’est une des préoccupations. Déconstruire une autoroute, cela ne s’est jamais fait. Il faut lui trouver un autre usage ; enlever les bretelles, oui on peut. Par contre, on gardera le bitume dans certains coins. (C’est un revêtement intéressant).  Ca va évoluer. 

05. Une remarque sur la traversée de la Maine d’une dame qui a fait partie d’un des six ateliers d’habitants (dans lequel les participants avaient beaucoup insisté sur la possibilité de pouvoir franchir la Maine). Le projet n’en parle pas.

CS : c’est vrai, nous ne parlons pas des passerelles. Une ville a un (nouveau) pont tous les 100 ans. Le fait de supprimer les bretelles d’accès (en rive gauche) va libérer de la place, ça libérera de la place sur les ponts. Un système de bac (serait préférable) à une passerelle ; ce ne serait pas permanent.

Jacqueline Osty ajoute : nous avons fait cela (ne pas parler des passerelles ?) volontairement. (EP : Je n’ai pas pu saisir la teneur des propos ).   

06. Une remarque sur les canaux qui réapparaissent à Saint-Serge, c’est bien             (EP : il y avait avant la création de cette zone industrielle dans les années 1970, des canaux naturels qui apportaient l’eau à la rivière, tout en drainant le terrain).

07. Une remarque sur la ligne de bus qui n’apparait pas attractive

PMA : une ligne de bus, ça fait moins rêver qu’une ligne de tram. Mais une ligne à haut débit de services dessiné par un artiste, c’est autre chose.

CS : c’est un moyen de transport pas cher, pratique, qui offre plus de mobilité. 

 

Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

       08. Une appréciation d’une dame qui aime bien ce projet, avec une question : comment traverser la 4 voies à Saint-Serge. Cela lui fait penser à Londres. Il y a déjà beaucoup de ponts à Angers.

PMA : il n’y aura plus que du passage-relais dessus (du fait de la diminution des flux annoncée par leur expert-mobilité) ; le franchissement sera très faisable.  

CS : il y aura deux stations Car-Maine sur cet espace. 

  

09. Deux remarques d’un monsieur, sur le choix de la ligne longitudinale du projet nord-sud et sur celui du traitement de la seule rive gauche dans le projet

Nord-Sud : il y a sous-estimation (dans votre projet) de la question du franchissement et les flux est-ouest ne sont pas pris en compte. Le CHU est la principale ‘entreprise’ d’Angers (par le nombre de personnes qui y travaillent et de personnes qui s’y rendent). Cela va être difficile (aussi) pour les personnes en modes doux.  La rive gauche ‘oubliée’ : il n’y a pas grand-chose sur la rive droite dans ce projet qui devait (pourtant) traiter des deux rives. Il n’y a rien de Saint-Aubin à Balzac. C’est faible.   

---) La salle applaudit.

CS : pour le transversal, notre première attention s’est portée (sur les points que nous avons évoqués ???). On travaille sur un bord de Maine approprié…Sur les traverses…il y aura plus de place en rive gauche (EP : mes notes sont très confuses sur cette réponse).

JO vient en renfort (et parle vraiment) : il  y a déjà beaucoup de choses en rive droite ; des aménagements sont en cours en rive gauche (Centre des Congrès ? EP : non précisé). De l’autre côté, il y a du boulot à faire. Il n’y a rien. Bien sûr, la rivière, c’est les deux rives. (Mais) nous nous sommes focalisés sur la rive gauche parce que c’est une barrière actuellement. Ca va déjà demander un effort énorme. Il y a déjà de l’ambition en rive gauche, beaucoup d’ambitions. En rive droite, il n’y a pas de gros problèmes.

---) La salle applaudit.

10.  Un monsieur fait remarquer que dans une ville, une rive se regarde de l’autre rive  et pose une question : qu’en est-il du risque d’inondation (en rive gauche), le quai haut est-il inondable ?

PMA : non (il n’est pas inondable). Nous nous sommes basés sur les études de la ville. (Il faut savoir qu’) aucune des solutions n’est efficace face à la violence des eaux en cas d’inondation. Le volume  ( ?? la montée des eaux) est impressionnant au Pont de Verdun (EP : marnage de 7m). A Saint-Serge, c’est une surface de 100 000m2  sur lequel rien n’a a été fait pour faciliter le flux de l’eau. Hausser le sol de 50cm sur le quai haut à Saint-Serge (est déjà une solution). En centre-ville, (il faut être clair) il n’existe aucun moyen pour éviter les crues centenaires.

Il faut jouer sur la sensibilité à la montée des eaux en voyant l’eau comme un élément naturel, normal, à attendre comme le serait un autre évènement (prévisible, de l’ordre du vivant). Si on arrive à apporter une amélioration en rive gauche, ce sera bénéfique aussi pour la rive droite, avec des retombées positives.  

11. Une remarque sur le réchauffement climatique en lien avec les inondations

12. Une question sur les parkings-relais, liés à la quatre voies, à Saint-Serge et à la Baumette : comment les voyez-vous ? Avec quelles capacités ?  

PMA : A Saint-Serge, il y a le parking de Carrefour de 1 000 places. A La Baumette, il est prévu un parking paysager en bas de 1 000 places en zone inondable. Comme on a 3 jours (entre le moment où l’annonce de la crue est faite et l’enlèvement des voitures), ça ira avec la rocade prévue entre les deux parkings, les deux lignes de trams qui se croisent en X. Il ne manque pas grand-chose pour pouvoir réaliser ça.

13. La remarque d’une dame sur le déclassement de l’autoroute : vous en parlez de trop.    

JO : La réponse s’appelle l’autoroute déjantée pour aller vers le bord de l’eau. On s’appuie sur des éléments des trémies déjà existants. On peut passer du haut vers le bas en jouant de la typographie. C’est l’archéologie de l’autoroute, (qui est) un support formidable pour façonner un nouvel espace, (avec) du jaune, du vert…Les habitants sont des citoyens de leur ville, un lieu d’échanges qu’on veut mettre en place (voir au début). Il y a moins besoin d’investissements en zone droite.  

14   Une question sur la prise en compte de la trame verte Saint-Aubin-La Baumette et une sur le l’approche du lieu de pêche en voiture pour les pêcheurs

JO : Le caractère minéral est très présent, avec pas mal de vert, des rampes d’accès douces pour les piétons, les vélos, les voitures. Les pêcheurs ne sont pas empêchés d’accéder au bord de l’eau. Sur mes trois dessins, on voit la continuité verte en promenade basse.

PMA : pour avoir une vraie trame verte et bleue, il faudrait déconstruire l’autoroute. Ce serait trop lourd et trop cher. Avec notre projet, on retrouve un lien vert plus complexe.

JO : Ce projet n’est pas fixe. On peut avoir plus de vert, faire un Parc de la Maine. La part de l’usage est primordial. L’espace naturel est présent aussi avec un équilibre entre l’espace naturel et l’usage. 

L'équipe se lève. la rencontre se termine. Angers, Berges de Maine, Jacqueline Osty+Claire Schmorter+Pierre Marie Auffret

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*Dernière nouvelle : Hier en milieu de journée, le 20 janvier 2012, le maire d’Angers depuis 14 ans, M. Jean-Claude Antonini, a présenté sa démission au préfet, M. Richard Samuel, pour « laisser sa place aux jeunes ». Il reste président d’Angers Loire Métropole. C’est lui qui a impulsé et qui porte le Projet « Berges de Maine » depuis 2003, un projet auquel il est très attaché. Cette décision survient en fin de semaine trois jours après la dernière réunion entre les Angevins et la troisième équipe polyvalente d’architectes, urbanistes, paysagistes, celle de LIN. Elle éclaire d’un éclairage nouveau  sa déclaration liminaire, en lui donnant un sens plus profond.

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Pour suivre le chemin vers Angers-Rives nouvelles et voir les berges de Maine

Bernard Reichen en équipe avec Philippe Robert  au sein de l’agence, RR & A (pour associés) à voir, sur  http://archiguide.free.fr/AR/reichen.htm pour avoir une présentation minimaliste des réalisations de l’atelier. L’agence travaille avec 80 architectes. Sur le site de Reichen et Robert, on ne trouve que la plaquette d’Angers sur le sujet  http://www.reichen-robert.fr/

Claire Schorter, architecte-urbaniste, collaboratrice de RR&A, à découvrir sur http://www.youtube.com/watch?v=NNI04nUM2nU sur le thème de l’étalement urbain, avec ce résumé du CAUE de Valence en mai 2011 : « A travers 4 exemples longuement détaillés et illustrés (Nanterre, Roubaix, Strasbourg et Montpellier), Claire Schorter raconte comment une agence d’urbanisme aborde la démarche de projet à des échelles territoriales différentes avec le souci permanent de créer une ville solidaire, de la continuité territoriale par la concertation et l’appropriation des acteurs locaux. »

    Angers, Berges de Maine, Christophe Lesort, Jacqueline Osty, Claire Schmorter

Pierre-Marie Auffret, architecte, collaborateur de RRA, a notamment travaillé sur le Plan Campus du Plateau de Saclay et auparavant au Mexique, à voir sur  http://www.mairie-orsay.fr/Upload/ContenuCMS/plan%20campus/devenir.pdf

Jacqueline Osty, paysagiste, à voir sur http://www.lemoniteur.fr/119-toute-l-info/video/769719-carte-blanche-a-la-paysagiste-jacqueline-osty dans le quartier SPIE-Batignolles à découvrir sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/247/cp/PAV_247_CP.pdf

Sur ce blog, voir le billet sur le projet de l’équipe Reichen, ainsi que les billets précédents sur les ateliers habitants : Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine         

. Photos EP

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Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine

18 Janvier 2012, 12:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

La découverte du projet s’est faite en plusieurs temps. Elle a commencé pour de nombreux Angevins par une déambulation dans chacune des « boîtes de découverte des projets » dévolues aux trois équipes (Grether-LIN-Reichen) dans le Forum du Quai à Angers. Cette mise en oeil, très différenciée selon  les équipes, a permis de dégager pour chacun d’entre eux une atmosphère bien particulière. Cette approche par les cartes, les croquis et les dessins des équipes se double d’une rencontre avec les membres des équipes. C’est l’objet de ce premier billet sur la rencontre avec la première équipe tirée au sort.

Blog 2012.01.14 Angers 020

Le 13 janvier 2012,  François Grether, LoÏc Mareschal, Pascal Amphoux et Paul Grether, sont venus à la rencontre des habitants d’Angers.  

Les mots pour le dire: Mon intention n’est pas de vous faire un résumé de tout ce qui s’est dit, encore moins une description du projet lui-même. Elle est d’essayer de restituer une atmosphère, un rendu, une rencontre… qui ont très fortement eu lieu entre un homme, une équipe et nous qui sommes les acteurs de la ville, qui la vivent, qui y travaillent et la font bouger. Je place entre parenthèses des explications nécessaires à la compréhension pour les Non-Angevins. Ces mots sont  ceux des notes que j’ai prises au cours de la soirée.

Blog 2012.01.14 Angers 026

. 1 Les mots de la présentation générale par François Grether

. La déclaration d’intention. C’est un projet très angevin, basé sur la qualité du site marqué fortement par l’histoire, des lieux différenciés très variées, contrairement à Lyon et à Bordeaux, des beaux paysages et des espaces de grande qualité, surprenants en ville, où le temps joue un grand rôle, le temps d’une ville qui a les ambitions d’une métropole.

Le rapport à l’eau est essentiel. C’est particulièrement vrai à Angers ; cela l’a toujours été pour toutes les villes dans l’histoire.

Le projet est placé sous le signe de la convergence pour tous, entreprises et habitants, ou chacun a sa place. Il n’a de sens que s’il est partagé par tous.

. Nos propositions : elles sont claires, stables, perceptibles, adaptables dans le temps, avec des problèmes aussi, car le projet va s’enrichir dans le temps. Il va devenir plus concret.

Il s’agit de redonner un centre élargi à la ville qui s’est beaucoup étendue, avec une volonté de renouvellement et projection sur l’avenir. Angers actuellement est repliée sur un centre trop petit pour elle. Pour cela, il faut partir de la rivière - parce que c’est ainsi que se construisent les villes - en fédérant la diversité des lieux.

Blog 2012.01.14 Angers 025

Les mots de Loïc Mareschal, paysagiste, botaniste, environnementaliste

Il s’agit pour nous de relier les deux grandes entités de nature que sont l’ile Saint-Aubin au nord et la Baumette au sud en faisant pénétrer la nature dans ce centre nouveau et renouer les liens entre les deux confluences, celle du nord (La Mayenne avec la Sarthe grossie par le Loir) et celle de la Loire au sud, que nous avons appelée « L’Île de Loire ». Outre ces lignes de la ville verte nord-sud, nous avons travaillé sur les relations transversales de nature où les usages de l’eau sont très nombreux. François Grether rappelle quelques-unes des activités liées à la rivière, les rencontres, la promenade, la vie collective, le temps qui passe, le temps qu’il fait, la dimension touristique…

Les mots de Pascal Amphoux, architecte, géographe, spécialiste des ambiances urbaines et du bruit en ville

Il parle des modes de déplacements doux (marche à pied et vélo) à mettre en place, en particulier sur le Pont de Verdun qu’on a vraiment beaucoup de mal à franchir actuellement, avec ces trottoirs étroits et bordés d’un muret pour les séparer de la voie. Il s’agit d’offrir des contrepoids à la présence de la voiture, en faisant apparaître la fonctionnalité des voies,  pour les piétons et les cyclistes, avec une offre de transport public élargi (seconde ligne de tram prévue), une volonté de hiérarchiser la place de la voiture sur le territoire, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pour structurer cet espace, un nouvel axe de circulation ouest-est pourrait équilibrer la structure de transport avec une voie Saint-Nicolas en rive droite, avec aussi une double colonne vertébrale en forme d’échelle le long et au-dessus de la Maine pour multiplier les passages (piétons) au-dessus de la rivière.

Les mots de François Grether sur la voie rapide et le contournement sud

Blog 2012.01.14 Angers 030

La voie rapide : on ne peut ni la supprimer, ni la défaire comme ça. L’usage de la voiture à Angers est important. On ne peut pas peser sur la voiture à Angers comme on peut le faire dans d’autres villes. Il est nécessaire de procéder par étapes successives, transformer, remodeler, avancer pas à pas…C’est une aventure de longue haleine. La voie sur berge sera remplacée par une deux fois deux voies en surface classique avec des feux rouges…Un des objectifs est de diminuer très sensiblement le bruit ; c’est un problème, tout autant que le nombre de voitures qui passent là (40 000 véhicules/jour, en comparaison 75 000 boulevard Saint-Germain à Paris.) Au nord à Saint-Serge, l’idée est d’éloigner la voie de la rive pour dégager de la place près de l’eau pour un nouveau parc à cet endroit. Au centre et près du château, on peut gagner de la place en jouant sur les différents niveaux, les plissements.

Les trémies ne seront pas détruites, sauf à Saint-Serge (actuelle zone commerciale en rive gauche au nord du périmètre) pour laisser l’eau (des inondations) passer.

Le problème du stationnement concerne essentiellement la place La Rochefoucault  (en rive droite) qui sert actuellement de parking majoritairement utilisé pour le personnel du CHU. Cette question (sensible) a une solution  à condition de en procéder par étape.

Le problème du contournement sud n'est pas une priorité, avec la solution d'une voie à caractère de parkway qui apparaît en orange sur la carte.

Des aménagements sont possibles sans investissements lourds, en tenant compte de la longueur des procédures – la France est un pays à procédures – mais en faisant (par contre) rapidement les repérages dans un délai court.

2. La présentation du projet lieu par lieu, par François Grether

Blog 2012.01.14 Angers 022

Le pont de Verdun (entre le pont de Haute-Chaîne et le pont de Basse Chaîne) joue un rôle capital : en faire un plateau à très petite vitesse 20 km/h ou moins si possible, une zone de rencontre ou chacun doit tenir compte des autres ; ça marche bien.

En rive gauche, près du château,placer la voie à l’écart des plissements des rives de la Maine. On peut aller vers l’eau, s’en approcher, faire des tas de choses et permettre à l’eau de la Maine de s’épandre lors des inondations. C’est un des espaces publics centraux ouverts à tous, seul, en groupe, qu’il fasse beau, qu’il pleuve. C’est la grande place d’Angers, la place d’identification, le forum, l’agora. La qualité des paysages est forte, avec un dialogue entre les deux rives, la Cale de la Savate, le futur Centre des Congrès (tous deux en rive droite) font face au Château très austère.

Une passerelle nouvelle reliera la Place des Carmes à l’ascenseur fixé sur la falaise près du Château pour rejoindre le Bout du Monde, une façon de relier le plus ancien au plus contemporain, avec les bateaux qui viennent accoster près des péniches et l'ascenceur (accroché à la paroi de schiste).

La Place de la Rochefoucault offre un très bel espace, avec le magnifique ensemble de Saint-Jean,  qui pourrait être mis en valeur ultérieurement. Dans un premier temps, le projet prévoit de garder des places de stationnement en bande le long de la voie pour dégager l’espace central et la bande proche de la rivière. L’espace libéré  permettrait l’implantation d’un jardin d’eau le long de la rivière, la partie centrale étant réservée à des activités temporaires, expositions, manèges…Le retour de l’eau sur la place est importante pour mieux la qualifier (c’était auparavant une île dont le bras a été comblé pour laisser place au boulevard Arago).  Ce grand espace possède une qualité exceptionnelle qui est (déjà) en relation directe (visuelle) avec le centre de la ville ancienne, la Place Molière et la rue de la Roë sur l’autre rive en face.

Une autre passerelle très importante serait implantée à cet endroit (entre la Place de la Rochefoucault et la place Molière), pour faire un lien entre les deux rives au caractère si différent l’une de l’autre. 

Rive gauche, à la hauteur de Saint-Serge (de l’autre côté du pont Confluence vers le nord), il existe une grande halle ferroviaire qui n’est plus affectée au transport. Cet emplacement  serait très facile à transformer en parking après accord avec le propriétaire. La place dégagée offrirait le même nombre de places de stationnement que la Rochefoucault majoritairement utilisés actuellement par les employés du CHU actuellement.

Des édifices singuliers à édifier dans le Pentagone sont à prévoir (pour structurer l’espace) en trouvant le fil conducteur entre eux. Le Quai est un bon exemple de ce qu’il faut faire (pour dynamiser).

Saint-Serge avec (le village) de Reculée en face. A Saint-Serge le projet prévoit de déplacer la voie des berges pour créer une large avenue – 40 mètres de large, avec une ligne de transport en son milieu, pour irriguer le nouveau quartier ; de cette façon, un grand espace serait libéré au bord de l’eau pour y édifier un parc. Nous avons imaginé de creuser profondément de façon à créer deux îles avec des installations nautiques entre les deux.

L’emplacement du nouveau pont Bocquel est à programmer au débouché de la rue du même nom (en rive droite). Ce pont n’est pas prévu pour demain matin.

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Proposer aux exploitants de la zone commerciale de Saint-Serge de se réinstaller plus le centre-ville est important, car il s’agit bien d’un nouveau centre-ville à mettre là. 600 000m2 constructibles, c’est beaucoup. Nous y voyons un quartier mixte de centre-ville pour moitié avec des habitations, des étudiants, des personnes âgées… pour moitié  avec des activités, des institutions, des organisations, des laboratoires, des entreprises, comme ce que j’ai fait pendant 10 ans à Lyon Confluence avec activités mixtes sur la Saône.  Ces nouveaux centres peuvent rivaliser en attractivité avec les centres historiques. Une ville a besoin des deux.

On reste prudent (souligné dans mes notes) sur les lignes de tramway : en prévoir une sur l’avenue principale de Saint-Serge mais où va-t-elle ? Peut-elle se raccorder à la ligne de tramway n°2. Ces schémas en Y sont difficiles à gérer. Nous n’avons pas été plus loin. Sur les formes bâties, on a présenté des volumes un peu bébêtes, en volume… C’est toujours difficile d’essayer de visualiser…

(Le village de) Reculée : l’architecte-urbaniste n’a pas le temps d’en parler avec regret. Il profitera plus tard d’un petit moment lors des questions-réponses pour revenir sur ce petit îlot (un terme qu’il n’a pas employé) qui fait face à Saint-Serge de l’autre côté de la rivière, en rive droite sur une petite colline.

La (grande prairie inondable) Baumette est à garder pour les sports, avec des arbres et les voies de circulation à mettre plus à l’intérieur comme ce que nous avons prévu pour Saint-Serge. Cette nouvelle voie en retrait se fera avec un accès à la gare. C’est un vrai enjeu qui donnerait de l’ampleur (à prendre dans le sens d’un plus grand souffle, à toute la ville, en équilibre aussi à Saint-Serge au nord). Avec un bac qui traverserait la Maine (pour relier le sud d’Angers au lac de Maine) aux beaux jours en prévoyant  des visites de la nouvelle station d’épuration (de façon aussi à valoriser le bâtiment et plus largement le site).

Les gens commencent à applaudir. Il reprend la main et poursuit : c’est un projet ouvert, vivant. Ce sont les rudiments. Le projet doit accueillir beaucoup de compléments, jouer avec le temps à 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour quitter le niveau des ambitions, pour devenir réel.  

3. Le jeu des questions de la salle et des réponses par François Grether et les autres  membres de l’équipe

01.  Une question sur l’adaptation du projet aux crues et son coût global

FG sur le coût : il n’est pas possible de vous donner cette information tant le projet s’étire sur une période de temps longue, avec tant de possibilité de l’amender. Le coût total n’est pas du tout faramineux,  pas cher, assez bas précise-t-il - surtout rapporté sur le nombre d’années et de la surface en m2 de Saint-Serge (600 000m2) .

 Loïc Mareschal sur les crues : les crues sont un problème réel. En période de hautes eaux, Saint-Serge est sous l’eau. Au Pont de Verdun, le marnage est de 7 mètres de différence. Le plissement donne plus de place à l’eau, l’eau peut remplir les trémies et s’épandre sur la rive. C’est important aussi à Saint-Serge aussi. (Avec notre projet), le Quai Gambetta et la Place Molière vont être à l’abri. Nous prenons en compte le PPR (Plan de Prévention des Risques), ajoute François Grether. Le paysagiste répond indirectement  à la question précédente : savez-vous que la crue de 1995 a coûté entre 100 et 150 millions d’euros de dégâts ?

02. Une question sur la dimension « agglomération » ou « ville » du projet

FG : le projet est un enjeu d’agglomération, le centre est celui de l’agglo. Il s’agit du Grand Angers. Le maire est aussi celui de la métropole, le financement sera celui de l’agglomération. Le maire d’Angers,  Jean-Claude Antonini confirme qu’il s’agit bien d’un intérêt communautaire. Le tramway d’Angers n’est pas seulement celui d’Angers.

03. Une question sur la question des tunnels (et de l’interdiction de les utiliser pour les camions chargés de matières dangereuses)

François Grether rappelle que la circulation n’est pas supprimée. La solution du parkway sud plus large …Le projet n’interdit rien. Lors de la présentation générale, il avait présenté le plan global de circulation en montrant qu’il n’était pas nécessaire de prévoir un contournement sud. 

04. Une appréciation d’un monsieur sur le végétal

Il se réjouit qu’il soit bien présent.

05. Une appréciation d’une dame

Elle  aime bien les liens du et avec le centre, sans séparation  

06. Une demande de précision chiffrée sur la circulation automobile

FG cite les 40 000 véhicules/jour Place Molière. Avec leur projet, les estimations sont de 25 000 u/j. C’est difficile de se projeter à plus de 20 ans. Les deux lignes de tramway vont changer les choses, les habitudes évoluer, le parkway sud-est récupérer une partie du trafic. Il faut surveiller les trafics, pas seulement en moyenne journalière. A Paris, les chiffres sont plus précis dans le temps, à 8h du matin…aux carrefours, aux points névralgiques, comme ici à Angers aux ponts de Basse Chaîne et de Haute Chaîne. Nos estimations sont prudentes, il est impensable d’y aller par choc, il faut y aller par étapes.

07. Une remarque du président des habitants de Reculé, navigateur sur la Maine

Il se tient à la disposition de l’équipe.

FG : nous avons (déjà) rencontré l’association des pêcheurs. Du coup l’architecte se souvient qu’il n’a pas parlé de ce petit espace de Reculé. C’est un endroit en côteau au bord de la Maine où règne un caractère particulier qui est à conserver, à consolider en lui donnant plus de présence face à Saint-Serge. On ne trouve ça nulle part ailleurs à Angers, un peu comme ce qui se passait à Strasbourg dans le quartier de la Petite France, avant que cela ne devienne trop touristique.

38. Une question sur la séparation entre le Parc Balzac et le Lac de Maine à cause de l’autoroute

 FG: nous n’avons pas eu le temps de travailler dessus. Cette autoroute coupe l’espace en deux. L’échangeur Atlantique est à supprimer pour apaiser la vitesse. La voie qui coupe la Baumette en deux, ce n’est pas bon non plus.

09. Une question aux (autres) membres de l’équipe sur leur plaisir à  travailler sur ce projet, FG ayant déjà clairement exprimé à plusieurs reprises le sien.

Loïc Mareschal : oui, j’ai eu du plaisir, c’est un travail d’un an, pas tous les jours peut-être, le site est formidable, avec un projet exceptionnel, d’une grande qualité en complémentarité. Il y a beaucoup  de désir (dans ce plaisir).

Pascal Amphoux : c’est le plaisir de la découverte, on avance dans une situation emblématique articulée avec la polyphonie humaine, dans un sens d’innovation, dans une ville-nature. C’est une occasion unique d’un projet exemplaire, à une échelle (humaine) qui n’est pas monstrueuse, en mettant en place des actions ponctuelles, possibles, très rapidement, pour pas trop cher, un travail sur l’imaginaire et les comportements.

Paul Grether : tout projet est une aventure. C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette ampleur (320 hectares). C’est un véritable changement d’évolution de la ville pour accroître la qualité de vie. On s’est particulièrement investi à Angers.  (Une façon d’) apprendre à connaître, à aimer… Pour le projet, je suis venu souvent à Angers. On vient, on apprécie, le projet devient concret, on a envie de prolonger…  (cette découverte-attachement).

10. Une question sur Saint-Serge

Je n’ai pas noté la réponse.

11. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Quel est le planning prévu ?

Jean-Claude Antonini : (Ecouter parler de ce projet), ça donne très envie. La progressivité dans le temps est importante. Fin mars, le conseil municipal va se prononcer. L’aventure commence, (sachant qu’) on ne pourra pas tout faire d’un coup. On a vraiment envie de continuer. Une certitude, cela continuera après moi (une fois mon mandat terminé).

FG : la place de la voiture est essentielle. La voie nouvelle de Saint-Serge sera une voie de ville, dans un espace compté. Il y aura une auto-régulation entre les flux. (Une mauvaise solution serait de renvoyer les voies de circulation détournées dans les quartiers tranquilles. A Saint-Serge, les habitations seront placées en retrait de la voie et le moins résidentiel – les bureaux- sera (au contraire) plus proche de la circulation.

12. Une question sur le Pont de Verdun et les péniches

FG : nous n’avons pas vraiment eu le temps de travailler sur les péniches (réponse faite de mémoire, je n’ai pas pris de notes)

13. Une question sur la ville d’hier, d’aujourd’hui et celle de demain (étroitesse de l’espace) en lien avec le nouveau quartier de la Gare + qui touche la Baumette 

FG : Gare + est un projet important pour Angers et le lien avec la Baumette l’est aussi. Nous avons à plus travailler ce point, mettre plus de liaisons  entre la gare et la Maine. On va devoir creuser. On est resté en première approche. Il n’y a pas que la gare, il faut voir les autres connections. Toute l’Agglo est visée, pas seulement le périmètre (des 320 hectares).

FG en réponse au Monsieur de Reculé (question n°7) sur la navigation sur la Maine: il faut   approfondir la question de l’utilisation de l’eau. Nous avons déjà travaillé en concertation. Le travail avec ceux qui utilisent et connaissent la rivière  doit aller plus loin, par exemple sur la question de l’envasement.

14. Une remarque d’un monsieur sur la grande cohérence du projet (trame verte et bleue) par rapport au SCOT  sur lequel il a travaillé.

Le maire explique ce qu’est ce sigle, c’est le Schéma de Cohérence territoriale, adopté par Angers Loire Métropole conformément à la réglementation.

= La soirée se termine par des applaudissements nourris.Les membres de l'équipe se lèvent.

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Pour suivre le chemin des « Berges de la Maine », maintenant « Angers Rives Nouvelles »

. Lire une interview de François Grether sur http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6099 où on découvre qu’il est connu dans la profession et chez les élus pour son sens du dialogue, sa faculté d’adaptation et sa compréhension des relations de concertation, particulièrement dans des opérations urbaines à forte complexité. Une citation de FG à retenir : « la première pierre est toujours édifiante pour la suite des évènements ».  

Une des marques de fabrique de cet architecte-urbaniste est aussi sa relation à l’eau, à voir sur http://www.leauetvous.fr/Trois-questions-a-Francois-Grether

On trouve sur ce site ce bref récapitulatif des réalisations de François Grether :   « il a réalisé la conception de grands projets urbains (Euralille, Amiens Quartiers Nord, la Confluence et Gerland à Lyon, l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt), de quartiers d’habitat social (Belfort, Nantes, Saumur) et de nombreux projets liés aux rivages et aux ports, comme Clichy-Batignolles avec son parc et ses bassins de recueil et lagunage des eaux pluviales, ou les Vaites à Besançon, avec ses noues et son ruisseau. »

. Beaucoup d’informations sur et par Loïc Mareschal paysagiste sur Phytolab, http://www.phytolab.fr/phytolab_paysagistes_environnement_nantes.html

. Pascal Amphoux, sociologue, professeur à l’Ecole d’Architecture de Nantes, chercheur à l’Institut de recherche sur l’environnement construit à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (CH), spécialiste de la marche en ville et des ambiances en ville, est un homme qui écrit beaucoup, à retrouver notamment dans http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/IMG/pdf/Amphoux_ARU-97.pdf

http://lasur.epfl.ch/files/content/sites/lasur/files/A&C%20Vol.9%20No.3/A à  MPHOUX.pdf

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes excuses pour la qualité des photos, prises sans flash et avec beaucoup de difficultés

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Raisonnement binaire + Couple antinomique > L'Abbaye de Fontevaud

14 Janvier 2012, 18:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un recours absolument nécessaire à Boileau « de l’art poétique » (1674)  d’abord pour vous mettre en forme et parce que c’est toujours excellentissime et plein d'humour:

 

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser (Chant I)

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Chant I)  

 

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. (Chant I)

AbbayeDeFontevraud-Plindenbaum-Wikipedia 2011 

Mon titre ensuite

Il paraît vraiment compliqué. Il l’est quand même un peu, malgré toutes les précautions que je prends. Pour bien faire il me faudrait au moins trois lignes pour exprimer ce que je veux faire sans dénaturer mon propos. Essayons quand même ! 

«  Le trouble mental induit par l’application de la segmentation binaire renforcée par la présentation en couple antinomique, par l’exemple de l’Abbaye de Fontevraud, selon les propos de Jacques Dalarun, historien médiévaliste renommé, dans le cadre du Musée éphémère de cette Cité idéale.»

 

La technique de la segmentation binaire

Elle consiste à présenter toute question sous un aspect dual, en identifiant des ensembles les plus  homogènes  possible pour arriver à voir plus clair. A deux sous-ensembles, on voit plus clair …. C’est une façon simple d’établir un ordre qui établit une hiérarchie,  valable pour des idées tout comme pour des personnes. S'il s'agit de personnes, une des conséquences est la  création d’une  frontière entre elles puisqu’on peut opposer chacune des parties à l'autre, alors qu'elles ne le sont pas forcément. Elles peuvent tout aussi bien être complémentaires dans d'autres domaines.  

 

La technique du couple antinomique

La segmentation binaire ne saurait pourtant suffire à peaufiner la hiérarchie d’une société ordonnée. Encore faudrait-il expliquer pourquoi, il est signifiant d’être un homme par rapport à une femme par exemple. Il faut donc utiliser une autre technique. C’est celle du couple antinomique qui va renforcer le sens de ce positionnement en deux parties comme dans un court de tennis, avec au milieu le filet en frontière, avec la présentation en commençant par le plus positif par rapport à ce qui ne l’est pas ou moins. Une déclinaison : riches/pauvres, beaux/moches, grands/petits, blancs/ autres, français/étrangers, d’ici/d’ailleurs, bien-portants/malades, homme/femme… La seule exception que je connais porte sur les jeunes face aux vieux parce que ceux-ci  prônent un jeunisme quasiment éternel. 

AbbayeDeFontevraud-Cloître-Nono vif-Wikipedia 2011

L’interview de Jacques Dalarun, historien médiévaliste, relative au concept de Cité idéale basée sur l’ordre, incarné par Robert d’Arbrissel, fondateur de l’Abbaye de Fontevraud

Le chercheur était  interviewé sur l’histoire de l’Abbaye de Fontevraud en Maine et Loire (Maine et Loire, 49) le plus grand monastère féminin de l’histoire de France, dans l’arrière-pays de Saumur, fondé par Robert d’Arbrissel en 1101. Le journaliste de la Lettre de l’Abbaye de Fontevraud,  éditée par le Centre Culturel de l’Ouest dont la Région Pays de Loire est le principal contributeur financier, l’interroge sur sa conception de la Cité idéale. Au Moyen-Âge, les théoriciens opposait la cité des hommes (sans majuscules) à la Cité de Dieu. L’abbaye dans cette conception « préfigurait la perfection à venir ». Plus qu’une cité, ce qu’elle n’était pas, l’Abbaye était conçue comme une citadelle abritant des élus de Dieu contre les tentations du monde terrestre :

 

«  La révolution de Robert d’Arbrissel en 1101, c’est de faire de Fontevraud le miroir intégral de la société : hommes et femmes, nobles et non-nobles, jeunes et vieux, bien portants et malades, clercs et laïcs, vierges et continentes. Fontevraud c’est un monde quadrillé par couples antinomiques qui ouvre à tous et à chacun une voie possible vers le salut, sans exclusion. »

 

Les avantages

Cela permet d’aller vite et d’être aussi vite compris des autres qui font de même de leurs côtés. On est un homme ou une femme. Si on n’est pas l’un, on est l’autre. Toutes les statistiques reposent sur cette segmentation duale. C’est  oui/non. Le raisonnement en couple antinomique renforce l’efficacité du système de hiérarchisation. Entre les deux, il n’y pas de réponse possible. Pas de salut pour ceux qui ne peuvent, ni ne veulent se laisser enfermer entre les deux, puisque le refus de répondre n’est pas pris en compte, tout comme le vote blanc n’existe pas en France. 

 

Le trouble

Il provient de l’absence de liberté pour celui qui raisonne autrement, avec plus de critères et/ou dans un autre environnement culturel. L’ordre recherché pourrait ressembler à un enfermement mental aliénant. Reprenons le classement de Jacques Dalarun. L’élément positif est cité en premier. C’est sur lui, qu’on se cale pour désigner tous les autres. Continente au Moyen-Age désigne une femme qui a déjà connu un homme, comme les veuves, les femmes chassées de chez elles ou qui s’enfuient, les prostituées… 

 

Homme – Femme

 

Nobles – Non Nobles

 

Jeunes – Vieux

 

Bien portants – Malades

 

Clercs – Laïcs

 

Vierges – Continentes 

 

Le commentaire de l’historien

« C’est un  monde quadrillé par couples antinomiques, qui ouvre à tous et à chacun une voie possible vers le salut, sans exception.» C’est pour lui une avancée notable puisqu’il n’y a pas exclusion. Présentée ainsi en raison de la faible place accordée à l’interview, cette affirmation a de quoi laissé pantois. J’ai donc cherché à en savoir un peu plus sur Jacques Dalarun, qui a beaucoup travaillé sur le sujet, en particulier sur le rôle prééminent accordé aux femmes de haute naissance à Fontevraud.  

 

La mère abbesse, chef et général de l’ordre, avait le pouvoir de diriger la communauté des femmes et celle des hommes. Elle n’avait de compte à rendre qu’au pape dans le domaine spirituel et au roi de France dans le temporel. Selon l’historien, les moines étaient vraisemblablement plus sensibles au lignage royale qu’à la volonté de respecter les principes de vie de Robert d’Arbrissel concernant le gouvernement par des femmes bien nées d'un véritable petit Etat.

 

Quant à Robert d'Arbrissel, son intention fut au départ de rassembler, sans chercher aucunement à établir une hiérarchie. Chacun pouvait venir à lui, sans classement préalable. Les autorités religieuses furent très sensibles à ce qui pour eux était un puissant facteur de désordre, une véritable menace contre l’autorité dans la société puisqu'on était conduit à critiquer des puissants devant des gens de petite condition. Robert d’Arbrissel prit en compte cette admonestation et commença à construire sa 'cité idéale', en remettant l’ordre au cœur de son projet, en séparant les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, les nobles des non-nobles, les vierges des prostitués… Vous connaissez les clivages faits à chaque fois.  

Fontevraud sous-sol-Nono-vif-Wikipedia

L’étonnant dans cette histoire

 La présentation du monde en couple antinomique conduit à une association évidente entre l'homme, le noble, le jeune, le bien-portant, le clerc et la vierge. Un tel déterminisme serait garant de l'ordre. C'était vrai au Moyen-Age, tant il est vrai, dit l'historien, que cette époque là aimait "la nomenclature". La question se pose de savoir si aujourd'hui l'influence très forte du marketing fondé sur la segmentation, couplée avec l’explosion du raisonnement numérique avec l’informatique, ne renforcent pas encore ce type de classification.

 

Pour suivre le chemin de Fontevraud

. Y aller et avant, lire l’article de Wikipedia sur Fontevraud

. Interview de Jacques Dalarun, historien, à voir dans La Lettre de l’Abbaye de Fontevraud, avril 2010 n° 12, le Musée éphémère, Robert d’Arbrissel

. Voir  la présentation de sa recherche « Dieu changea de sexe, pour ainsi dire. La religion faite femme. XI-XVè siècle » Fayard sur    http://www.irht.cnrs.fr/publications/religion-faite-femme.htm. Le début du titre reprend intégralement la citation de Michelet « Dieu changea de sexe, pour ainsi dire… »

. Lire aussi une sélection de son ouvrage « Robert d'Arbrissel et les femmes ». In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 39e année, N. 6, 1984. pp. 1140-1160. Voir plus spécialement les pages 1145 et 1146 en ce qui concerne la menace contre l’ordre établi.  

doi : 10.3406/ahess.1984.283125

url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1984_num_39_6_283125

. Photos Wikipedia, avec mes remerciements aux contributeurs 

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Une toute petite île avec une petite maison > Grèce

12 Janvier 2012, 16:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’île est vraiment toute petite. Personne ne sait dans quelle mer exactement elle se trouve ni près de quelle côte. La seule certitude est qu’elle se situe dans les eaux grecques. Elle n’affiche pas non plus son nom géographique.

Petite maison sur une île grecque, pub 2003 ONHT

La découverte de l’île: Cette petite île est entourée d’eau. Normal, me direz-vous. Sauf que cette eau-là est  d’un bleu intense qui indique des profondeurs impressionnantes près de la petite plage circulaire qui entoure l’île, avec des dégradés de bleu plus clair au fur et à mesure que le fond remonte vers le rivage.

Cette petite île entourée d’eau bleu profond ne porte que quelques couleurs seulement pour sa partie émergée:

. du beige blanc pour le sable sec, du beige plus foncé pour le sable mouillé qu’on voit en transparence au fond de l’eau, un beige doré pour ce qu’on imagine être une pelouse de vivaces résistants au soleil de l’été,  du blanc pour les roches qui affleurent un peu partout autour,

. du vert pour les arbres et les arbustes qui bordent le rivage tout autour,

.  du rouge pour les tuiles du toit de l’unique petite maison basse et longue, avec une avancée à étage en saillie sur le côté pour voir au loin

. et le blanc dur de ses murs passés à la chaux.

Cette petite île, entourée d’eau, avec quelques couleurs seulement, qu’on dirait conçue naturellement pour la seule petite maison qu’elle porte sur son dos, a aussi une autre particularité, sa double forme de cœur terrestre et végétale. C’est elle qui a justifié sa sélection par l’Office national hellénique du Tourisme pour promouvoir le tourisme lors des jeux Olympiques d’Athènes 2004.  

Le visuel: Jusqu’ici tout était simple. Il suffisait de décrire Petite maison sur une île grecque, pub 2003 ONHTavec des mots ce que dit la photo de l’île. C’est là, où cela se corse, oserais-je dire. C’est la forme de cœur  qui explique sa sélection parmi des milliers de photos d’autres îles grecques, qui doivent se compter par milliers aussi. Du coup grâce à sa forme de coeur, certains l’appellent Eros, le dieu grec de l’amour, ce qui permet finement d’écrire le texte suivant :

 « Eros, Dieu grec de l’amour à l’origine. Il nous a donné le mot ‘érotique’. Pour rendre les gens amoureux, quelques flèches lui suffisaient avec bien sûr les îles les plus romantiques de la Mer Méditerranée.

Choisissez la Grèce pour des vacances paisibles » « Greece, La Grèce au-delà des mots » «  Jeux olympiques Athènes 2004. Le retour au pays des Jeux.»

Eros: c'est le dieu du désir et non pas de l'amour. Quoi qu'il en soit, un dieu tout seul sur une île, c'est difficile. Je suggère de lui adjoindre Pontos le dieu de la mer, Helios pour le soleil, Aphrodite pour la beauté et Iris la déesse du lien entre la terre et l'eau . Pour des vacances paisibles, ce n'est pas gagné!

Mais je ne sais si une telle île existe vraiment ou si elle est un rêve d'île, comme on rêve de l'amour.  

Pour suivre le chemin.

 . Publicité parue dans l’Expansion, juillet-août 2003 pour promouvoir les Jeux Olympiques de 2004

. ONHT, 3 avenue de l’Opéra, 75001  Paris, 01 42 60 65 75, eot@club-internet.fr

, Retrouver les dieux de l’Olympe sur          http://hellada.free.fr/dieux.html

. Lire aussi la série des "Petites Maisons" ou d'îles. Parmi les billets récents

Un hameau de petites maisons-caves à vin d'Aveyron > Rivière sur Tarn      

La petite maison sur la Mayenne > La jolie péniche à Montreuil-Juigné      

Les petites maisons en bouteilles WOBO Heineken      

Les petites maisons des Ardoisiers d'Angers Trélazé      

Une île en forme de voiture > Une voiture comme une île > Une pub BMW        

. Photo EP, à voir dans l'album-photos "Petites Maisons"

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Style de Pub Caravane > BlueBird Penthouse vs Pemberton Panorama Range

10 Janvier 2012, 15:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Traduction du titre

Il s’agit dans ce billet de comparer deux publicités de caravane, en jouant sur leurs points communs, leurs différences aussi bien en tant que objet-caravane que de la façon dont les fabricants ont voulu communiquer en ces années 60. Vs est la contraction de versus, le raccourci anglais quand on veut opposer des  situations. Ca tombe bien, les deux entreprises, qui sont anglaises, sont concurrentes. Elles font beaucoup de publicité sur le marché anglais d’abord et sur le marché français, sans modification d’ailleurs.

. La première a pour objectif de mettre en lumière une Bluebird – une marque  dynamique qui a une gamme large - qui a été baptisée « Penthouse » par son constructeur pour bien montrer son positionnement « luxe », un penthouse étant l’appartement de terrasse, de grandes dimensions, avec une vue imprenable, dans un gratte-ciel aux Etats-Unis.

. La seconde valorise la Pemberton Panorama Range avec un positionnement identique – le grand espace, la vue imprenable sur le panorama - et un élément nouveau avec « range » qui indique que cette caravane s’insère dans une gamme étoffée, profonde en terme de marketing, celle qui a plusieurs modèles différents dans une même catégorie.

The New Bluebird, Penthouse 

Blog rose 2011.10.23 025

 

Cette Penthouse comporte aussi des innovations, ainsi par exemple son avant à effet de volume saillant qui donne du mouvement et son jeu chromatique bleu ciel et blanc qui confère un effet de gaîté et de légèreté à l’ensemble un peu lourd des caravanes de ce type. Le fond vert prairie de la photo donne de la vérité à l’ensemble, même si la teinte est peu engageante.

D’autres modèles de Bluebird existent, que nous verrons ultérieurement. C’est une version la plus luxueuse de cette marque. Les preuves sont plurielles. Outre le nom de cette série qui se veut américaine, le modèle est ‘mode’ et s’inscrit dans l’univers des voyages et des vacances. On aperçoit en arrière-fond la mer au pied des monBlog rose 2011.10.23 025tagnes. La caravane fait face à la mer, les béquilles sont en place. La porte pourtant est fermée ; rien n’est posé au sol comme si les vacanciers venaient d’arriver. Le décor pourtant a été choisi avec soin. Il y a quelque chose d’étrange pourtant. Cette impression vient probablement de la volonté des concepteurs du visuel de montrer une façon nouvelle de communiquer.

L’espace est découpée en trois rectangles : en haut dans une cartouche, se situent la marque et le nom du modèle, en bas à gauche la caravane posée dans la prairie au bord de la mer dans une ‘vraie’ photo. En partie droite se trouve un rectangle en hauteur qui illustre le nom du modèle. On y voit en bas les fameux gratte-ciels et au- dessus  une superbe jeune femme  en maillot de bain avec des manches en forme d’aile fleurie. Elle murmure ce slogan « Take wing with Bluebird » à traduire par « Prenez votre envol avec Bluebird ».  En réalité c’est le second slogan. Sous la marque en haut à gauche figure une locution « Right on Top » qui cumule deux idées : vous êtes bien là, avec une dimension de réussite, et vous êtes en plus en haut, ce qui renforce la réalité de la réussite au-dessus des autres. 

Voilà un visuel intéressant et riche de sens qui s’inscrit dans ce qui va constituer le mythe de la caravane : être libre comme l’oiseau pour aller au plus près du plus beau, en bénéficiant du luxe et de la vue réservée en exclusivité à quelques heureux. Ce sont ceux qui vivent dans ces penthouses exclusifs comme cette très belle jeune femme censée représentée l’oiseau qui vous y invite.

The Pemberton Panorama Range

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Pour la première fois, voici une caravane qui ne prononce pas son nom. C’est un des produits de la gamme (range) de Pemberton avec une dimension panoramique. Cette  caravane  paraît effectivement très grande. Elle occupe près des ¾ de la largeur du visuel. Cette présentation montre la volonté du constructeur d’en faire un élément phare de sa production.

Plusieurs éléments sont à noter : le design accentue l’arrondi des formes que nous avons rencontrées au fil de la ronde pour adoucir la perception des coins de la caravane rectangulaire que nous avons déjà vue avec la « Isnt’she a beauty ». L’arrondi profile l’avant et l’arrière de cette Range, sans que la paroi suive d’ailleurs. Elle reste droite en retrait des formes saillantes rondes. Ce qui pourrait être perçu comme une anomalie a été utilisé par les concepteurs pour installer une bow-window à trois faces et un fenestron supérieur qui s’ouvre. Le même procédé a été choisi  pour la bow-window du côté visible du dessin.

Blog rose 2011.10.23 053Pour accentuer la ressemblance avec une maison, une autre innovation porte sur  l’emploi d’un revêtement en forme  de lattes de bois disposées verticalement pour les parois latérales.

On est loin de l’aspect de tôle ondulée de la ’ « Isn’t a beauty ?» que nous avons découverte en premier. Il y a surtout une véritable révolution : pour la première fois la caravane est habitée. Mieux encore, ses occupants sont dehors occupés à jouer avec leurs enfants. Par contre la caravane reste toujours fermée.

Cette Panorama Range est bleue sans bandes d’autres couleurs pour accentuer sa forme et sa force. Seul le toit est blanc. Tous les autres éléments de cette composition dessinée ont pour objectif de servir d’écrin à cette prestigieuse caravane, pardon, Range. L’emploi très mesuré de la couleur orange montre une grande finesse de la part du concepteur de ce visuel : Panorama figure en grand et en orange ; au-dessus, le short et les chaussettes de la petite fille le sont aussi, ainsi que le pantalon du Papa et les cheveux du petit garçon. La maman agenouillée dans l’herbe porte un chemisier bleu, du même bleu que la caravane. Par ces deux indications de couleurs pour le père et la mère, les rôles sont identifiés : papa conduit les activités de la famille et de la caravane et maman s’occupe de tout ce qui ressort de l’intérieur. Il y a déjà un brin d'humour, c'est la petite fille qui lance la boule. L’arbre en noir et blanc ainsi que l’herbe servent d’écrin naturel dans ce visuel. Au final, le visuel est très réussi.

Pour suivre le chemin: voir les photos dans l'album "Petites maisons" + les autres billets parus sur le sujet dans ce blog

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas       

Style de pub Caravane > La Star et la Miami      Style de Pub > La Blue Bird Caravan     

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