Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Japon > Marseille > La Cité radieuse > L'attrait pour Le Corbusier

9 Janvier 2012, 17:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Faites un test pour essayer de voir où vont les touristes japonais. En dehors de Paris bien sûr parce que là, il vous sera bien difficile, à moins d’être un spécialiste de l’Extrême-Orient, de distinguer un Japonais d’un autre Asiatique. Mais à Marseille, c’est plus facile. Il vous suffit de vous rendre à l’immeuble construit par le célèbre architecte selon ses plans révolutionnaires pour l’époque et qui le sont restés. On y trouve bien sûr des Français - une tribu à laquelle j’appartiens - et des visiteurs étrangers. Parmi ceux-ci, le groupe le plus important est constitué par les Japonais. C’est amusant de découvrir qu’on vient de l’autre bout du monde pour voir cet immeuble « en vrai », au-delà des mots et des photos. Pour sentir l’atmosphère de cette « Cité radieuse », qu’a voulu faire un homme préoccupé de traduire sa vision d’une certaine vie communautaire dans un cadre architectural fonctionnel. Dans la rue, par contre je ne suis pas sûre que tout le monde sache que cette barre au pied duquel on passe tous les jours est une référence dans le monde entier.

Blog 2011.05.21 Marseille 019

Le rapport à l’espace

Que les Japonais soient sensibles à l’innovation que Charles-Edouard Jeanneret Gris, dit Le Corbusier, a su traduire en architecture, dans l’urbanisme, le mobilier, en philosophie de vie, on peut le comprendre. Ce précurseur architecte-urbaniste-philosophe - suisse de naissance - a mis en pratique ses grands principes révolutionnaires pour adapter l’espace à habiter au vivre tant individuel, familial que collectif. Un de ses grands principes est que l’homme ne doit ni gâcher l’espace dont il dispose, ni se priver de bénéficier de l’apport très positif d’un espace conçu pour lui, en tant que membre d’une unité familiale, en lien avec les autres. Bien avant tout le monde, Le Corbusier a parlé de densification de l’espace, d’espaces communs, de choix de vie mixte collectif avec des temps privatifs, d’épanouissement dans un cadre communautaire, avec des moyens financiers accessibles à un grand nombre.

Il a apporté une nouvelle vision d’un rapport entre l’homme, l’habitat et l’urbanisme, entre l’homme, l’espace et le temps, avec toujours une attention très particulière à la dimension pratique des grands principes philosophiques de vie, un regard rigoureux et exigeant sur la vie quotidienne  et une volonté de comprendre le monde, sans se laisser enfermer dans une culture donnée. C’est pourquoi il a voulu réaliser des projets dans différents pays, en Allemagne, Belgique, France et en Belgique. Au Japon, il a construit le Musée national des Beaux-Arts de l’Occident  à Tokyo en 1955.

Ce qu’on connait moins, c’est la forte dimension artistique de cet homme global. Il était aussi un grand peintre, un dessinateur qui utilisait le papier collé. Ses sculptures sont aussi connues que ses émaux, ses estampes et ses tapisseries.

Marseille, Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Le bâtiment

C’est une grande barre construite sur pilotis pour permettre le passage par-dessous entre les jardins ouverts à tous qui entourent le bâtiment situé au 280 boulevard Saint-Michel. Les 337 appartements sont conçus en duplex de façon à recréer la structure d’une maison, à l’exception des studios. Ils sont disposés de part et d’autre des rues que forment les grands couloirs qui permettent d’accéder aux logements à partir du plot central où se trouvent les ascenseurs et les escaliers. Des espaces communs sont prévus pour faciliter la vie collective axée autour de la formation et de la réflexion et l’accès à des magasins – il reste encore une librairie – et maintenant des bureaux à la place.

« Cité radieuse » pour Le Corbu, Monument historique en France depuis 1995

C’est l’une des cinq unités d’habitation qui existent ;  quatre sont situées en France et une en Allemagne. Marseille est la première à avoir été construite en 1952. Suivront Rezé près de Nantes en 1955,   Firmini près de Saint-Etienne en 1963, Briey en Forêt (non loin de Thionville) en 1965 et Berlin en 1957. La « Corbusierhaus » (maison de le Corbusier) fut classée monument historique en 1993, deux ans avant la France, ce qui a accéléré le classement en France. L’architecte renia la paternité de cet immeuble en raison des modifications profondes apportées à son projet pendant la construction, à la demande de la ville. 

La philosophie de Le Corbusier face au temps

Blog 2011.05.21 Marseille 022

. A Marseille, l’immeuble est maintenant réservé à une classe sociale urbaine, qui appartiendrait plutôt à celle des Bo-Bo (Bourgeois-Bohêmes), qu’aux membres de la classe modeste-moyenne visée par le précurseur. Les coopératives immobilières ont été interdites par la loi en France en 1971, ce qui a mis fin au démarrage qui avait été vécu avec difficulté. Les voisins ne furent pas tendres non plus. Pendant longtemps, on désigna cette création sous la peu glorieuse appellation de « l’immeuble du fada » (le fou en provençal).

. A Berlin-Est, la ville d’emblée fit un autre positionnement en matière de choix des habitants : plutôt des célibataires que des familles, dans des studios plutôt que des appartements…Il n’y avait pas de magasins non plus pour mieux valoriser le m2, un concept commercial qui ne fonctionna pas non plus durablement dans les autres unités en France.

. A Nantes, le temps ne fut pas tendre avec l’immeuble. Des malfaçons lors du coulage du béton à la construction dégradèrent en profondeur l’image et la réputation de l’immeuble de Rezé. Consciente de ces problèmes, la ville fit de gros efforts couronnés de succès pour réhabiliter le site et restaurer sa réputation. 

Plus que ces raisons qui se sont cumulées dans le temps, c’est surtout l’avènement de la société de consommation et la revendication individuelle du « tous pour soi » qui mirent fin à toutes les tentatives réelles de volonté de vivre avec les autres en s’éduquant les uns les autres, entre catégories sociales différentes. Les conférences du début n'eurent pas de suite ; la formation après le travail fut remplacée par les achats en grande surface à partir de 1960. L'absence d'entretien des parties communes fut également un gros problème. 

. Quant à Firminy, elle est certainement la ville qui a été la plus constante dans le regard toujours très positif porté sur la présence sur son sol de l’ensemble Le Corbusier. Une des raisons fut l’amitié durable qui avait lié l’architecte et  Eugène Claudius Petit, maire de Firminy, Ministre de la Reconstruction en France de 1948 à 1953. Les deux hommes s’étaient rencontrés en 1946 aux Etats-Unis. Le maire fit appel à lui pour compléter le nouveau quartier de sa ville, Firminy-Vert. L’architecte inséra  ses propres créations dans ce projet déjà réalisé encore plus global. Il réalisa d’abord un pôle culturel et sportif, puis une église et trois Unités d’Habitation.

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, le Toit-Terrasse

Pour en revenir à Marseille, la Cité radieuse est depuis longtemps un élément fort du patrimoine culturel à portée mondiale de la ville. C’est certainement l’immeuble qui a le mieux vieilli. Il n’est pas vieux, il a son propre style, une identité forte. La puissance de ses fondations sur pilotis en témoigne, tout comme l’entretien et la propreté du lieu. Un gardien au rez-de-chaussée assure la sécurité. Tout est accessible, les rues d’habitation, la librairie, l’hôtel où l’on peut séjourner à des prix raisonnables si on considère la situation, le restaurant gastronomique et surtout, surtout le fabuleux toit-terrasse avec des vues exceptionnelles sur Marseille et des ‘vrais’ petits enfants qui se fichent comme du quart du patrimoine culturel en s’ébattant bruyamment et joyeusement dans l’eau de la piscine, en haut au 7è étage. Une anecdote, la rencontre très plaisante faite dans l’ascenseur, juste avant d’arriver en haut, avec des jeunes parents accompagnés de leurs enfants en maillot de bain et tongs et qui se sont précipités comme des petits diables vers l’eau!

Pour finir, une seule citation du Corbusier: « Il faut bâtir la ville dans le soleil, il faut la bâtir dans la lumière. Il faut la bâtir avec la nature retrouvée autour des villes. Cela commande notre urbanisme. Il faut la construire avec dignité et cela commande notre architecture. Il faut la construire dans la simplicité puisque nous sommes pauvres. »  Cette citation figure sur l’écran d’accueil du site de Firminy.

Marseille, La Cité radieuse, Le Corbusier, les pilotis

Pour suivre le chemin

.  Aller dormir à l’Hôtel le Corbusier http://www.marseille.com/hotel-le-corbusier-marseille/comment-page-1#comment-778

. Ou y aller juste pour voir la vue de là-haut  surhttp://www.marseille-citeradieuse.org/cor-cite.php?zotable=tabcmsv1_cms&zotype=accue&zopage=cor-site&zogra=Le%20Concept&zogrb=&zogrc=&zopcles=&zohaut=800&zolar=800&zocols=1&zocarti=ffffff&zofonti=b51a13&zopafond=&PHPSESSID=00db9d368330e60b503a124d33ffc4e3

. Voir le site de Firminy sur http://lecorbusier.ville-firminy.fr/page.php?nIdPage_PM=49

. Les règles de base du nombre d’or sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d%27or

. Les grands principes du modulator sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Modulor

. La suite de Fibonacci avec de beaux dessins de lapins sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_Fibonacci

. Par curiosité, découvrir le musée à Tokyo sur http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=13&IrisObjectId=4990&sysLanguage=fr-fr&itemPos=40&itemSort=fr-fr_sort_string1%20&itemCounhttp://lecorbusier.ville-firminy.fr/page.php?nIdPage_PM=49t=78&sysParentName=&sysParentId=64

. Photos EP, à voir dans l'album Marseille sur ce blog

Voir les commentaires

Un château vu comme une île > Commequiers > Vendée

3 Janvier 2012, 17:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est un petit château féodal rond comme une bille, comme une île, qui surgirait d’une prairie bien verte. Elle est pourtant bien entourée d’eau, comme l’est toute île qui se respecte. Avec ses huit tours reliées entre elles par un mur d’enceinte maintenant un peu abîmé par le temps, le château montre sa volonté de se défendre contre l’ennemi venu de la terre ou de la mer accessible dans les temps anciens dans les deux sens par la Vie, la rivière qui se trouve à 2km au sud du château. Les premières traces d’enceinte datent en effet de l’époque préhistorique.

Commequier Château-Horizons Vendée

Des restes de murailles plus tardives ont été mises à jour lors des recherches menées au début du XXè siècle. Quant au bâtiment lui-même, un premier château, le château baronnial des Tours, fut édifié au Xè siècle sur le site. Sur ses fondations fut érigé ensuite le Grand Château fortifié à la fin du  XV siècle. Commequiers à cette époque troublée était  une ville fortifiée pour se protéger contre les désordres des guerres de religion. Les seigneurs du Bellay, une grande famille d’Anjou à laquelle appartint Joachim du Bellay, en étaient alors propriétaires. Le XVIIè siècle fut fatal au château après sa vente  par les Du Bellay à la famille protestante des de La Trémoille en 1627. Un an plus tard, le château fut en effet détruit sur ordre de Richelieu. Il ne joua aucun rôle défensif dans l'histoire.

Le renouveau

Commequier Château-Photo noir et blancAu début du XXè siècle, le château n’était plus que des ruines cachées sous une végétation d’autant plus exubérante qu’elle poussait  librement depuis fort longtemps. Le lierre faisait éclater les murs, l’eau avait depuis bien longtemps déserté les douves qui en avaient même perdu leur forme. Il ne restait que des courbes et des amas de pierre jusqu’au moment où commencèrent des longues recherches historiques à l’instigation du Dr Baudouin qui permirent de mettre en lumière la longue histoire du Château de Commequiers. Les ruines furent classées en 1927 à la demande du docteur. Commequiers-Chateau-Vu du ciel avant débrousaillement

Le lierre fut contenu.  Les douves furent recreusées et remises en eau en 1966 grâce  au propriétaire d’alors M. S. Beyer. Des fouilles à l’intérieur permirent de mieux comprendre l’histoire du château,  en parallèle à celle des seigneurs de Comméquiers. La commune  a racheté l’édifice en 1976 et contribue depuis lors à l’embellissement des abords du château pour faciliter la promenade. 

Et c’est ainsi que

Dans le magazine d’Horizons Vendée 20 ans, j’ai découvert le château sur une vue aérienne qui en fait ressortir sa rondeur  de petite île posée sur l’eau sur un fond de prairie bien nette. Sa forme parfaite de château de conte de fées fait complètement oublier sa fonction défensive. On ne voit vu du haut que sa perfection de forme au soleil couchant.

Après des recherches sur le net, j’ai découvert de très belles photos prises à hauteur des douves par un professionnel, Didier 85. Cette fois-ci, c’est une autre ambiance que j’ai appréciée : on y voit l'austérité et la densité de la pierre. On sent une atmosphère intense de lutte contre le temps.

Commequiers-Chateau-Didier85-Photos

L’histoire de ce petit château m’a été conté par Commequiers.net un blog sur lequel j’ai pu suivre une bonne part de la vie des seigneurs du lieu et de celui du château. Le dossier-photos est passionnant. On y voit comment des ruines peuvent reprendre vie grâce à l’effort de beaucoup de passionnés, comme Jacques Léonard.

Pour suivre le chemin

. Horizons-Vendée verte-20ans, à voir sur www.vendee-tourisme.com

. Aller à Commequiers, http://www.commequiers.com/

. Voir le site de photos http://didier-85.over-blog.fr/

. Retrouver toute l’histoire du site, dont Jacques Léonard assure le contact, avec beaucoup de photos sur http://commequiers.net/Commequiers-chateau.htm

. Photos avec mes remerciements aux différents contributeurs, à voir dans l'album-paysages.

Voir les commentaires

Style de Pub > L'Homme > La veste > Marlboro Classics > le Wild West

2 Janvier 2012, 18:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Une nouvelle série. C’est un jeu au degré 2, tout comme le sont et  le vêtement et la publicité. N’avez-vous jamais eu l’impression de jouer à la poupée  en vous habillant, en achetant vintage ou en vous déguisant ? Vous souvenez-vous de ces planches à découper selon les pointillés dans lesquelles vous aviez une poupée par exemple à habiller avec une série de vêtements à accrocher sur cette forme porte-manteau. Outre ce goût pour le jeu, il y a en plus une curiosité certaine de ma part en vue de retrouver des lignes de force en matière de tendances longues  de mode et de pouvoir d’impact de la photo.

Homme-Veste-Marlboro Classics

9 ans après la parution de cette publicité en décembre 2003 dans le magazine d’Air France, j’ai été frappée par la force de la photo de cette veste d’homme. 9 ans, cela représente trois cycles en matière de mode et pourtant, cette veste  pourrait être portée maintenant partout dans le monde dès lors qu’il fait froid. Elle est indémodable. 

La veste. Elle est en  gros velours beige-brun, couleur feuilles mortes ou poil d’ours mais sans l’odeur forte, heureusement. Elle est mi-longue, entre la veste courte qui ne protège pas le dos du froid et le manteau qui pourrait être une gêne pour chevaucher à l’aise. Très enveloppante, à l’image d’une couverture bien chaude, on l’imagine vraiment très chaude, faite pour pouvoir résister au grand froid du Grand Nord. Jack London n’est pas loin. On l’entend presque.

On a l’impression de pouvoir la toucher pour en palper l’épaisseur, sentir sa chaleur enfermée à l’intérieur comme une doublure invisible et pourtant présente grâce à l’odeur de l’homme épicée d’une pointe de bois brûlé lors du dernier feu de bivouac. 

 

 

Homme-Veste-Marlboro Classics

Le froid. On l’imagine vraiment sévère, comme celui que nous contait Jack London. Pour l’évoquer, il suffit aux concepteurs de Malboro Classics de suspendre la veste aux planches constituant le mur du chalet et de visualiser la largeur des planches. Elles témoignent de l’âge et de la puissance des arbres de l’Ouest américain. La paroi est vieillie par le froid, le vent et la neige qui se colle au bois. On sent la dureté du climat rien qu’à voir le fond de la photo. Il n’a pas été nécessaire de montrer un homme dans un paysage de neige. Le bois vieilli suffit.

L’impression ressentie. Elle est remarquable. Entre la douceur enveloppante et la lourdeur de la veste et le mur de bois qui résiste au froid, il y a l’Homme Malboro Classics, le petit frère de celui qui chevauchait solitaire sur le dos de son fidèle compagnon dans les pubs pour les cigarettes Malboro du Groupe Philipp Morris.  En été ce cow-boy portait sa chemise  rouge. En hiver, il est maintenant habillé en Classics, sa veste de velours dessus, dans les Ruby Mountains du Nevada. 

 L’authenticité en lien entre les deux hommes Malboro. Ce sont des hommes, des vrais, des durs à l’air viril. A cela, il y a une vraie raison. Le Premier Homme Marlboro a été créé par le grand publicitaire Léo Burnett pour les cigarettes Marlboro sur la base d’un fonds de milliers de photos faites au Nevada, en Utah, au Texas, en Arizona. Depuis 1963, chaque année une équipe était envoyée sur le terrain pour réaliser des milliers de clichés de l’Ouest américain. 300 à 400 photos étaient ainsi sélectionnées pour constituer « le pool Malboro de l’année ». Quelques -unes d’entre elles étaient transformées pour devenir les visuels de la marque. C’est grâce à cette démarche unique en son genre, d’une stratégie publicitaire à la rencontre d’une recherche ethnologique qu’est né l‘image du célèbre cow-boy Malboro, ce héros des temps modernes, seul sur son cheval dans les grands espaces des déserts du Nevada, cher au cœur des Américains. C’est l’univers du Country, qui s’attacha désormais au nom de Marlboro pour former le Marlboro Country. Le pari de Leo Burnett était gagné. Philipp Morris l’avait engagé pour «viriliser» l‘image de cette cigarette à bout filtre jugée alors trop féminine. 

Les couleurs. Celles du paquet de cigarettes sont bien connues : le blanc et le rouge font intégralement partie de la marque. Dans la réalité, dans le désert, il en existe une 3è, c’est l’ocre de l’argile. Quand il fallut au groupe sortir du produit unique -la cigarette- pour des raisons de stratégie de diversification, l’idée surgit de fabriquer une ligne de vêtements pour ce cow-boy si viril.  Marlboro Country a ainsi donné naissance à Marlboro Classics.    Nevada-Yucca Mountain WhiteHouse.Gov-Wikipedia

Maintenant. il reste une publicité de 2003 dans un magazine gratuit distribué dans un avion...et un point de couleur rouge en haut de la veste avec la marque cousue à l'extérieur et un carré rouge comme un point qui signe la marque.   

Pour suivre le chemin

. Quelques maigres informations sur le propriétaire italien de la marque de vêtements depuis 1986 http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentino_Fashion_Group

. Le site d’aujourd’hui http://www.marlboroclassics.valentinofashiongroup.com/index.html

. Quelques informations sur le site de Leo Burnett sur http://www.leoburnett.com/

. Lire surtout « Ces pubs qui ont fait un tabac », F. Ghozland, Milan éditeur, ainsi qu’une histoire du publicitaire Leo Burnett dans « 5 Géants de la publicité », Editions Assouline

Nevada-Frenchman Mountain looking east Nevada-Stan Shebs-Wikipedia . Photo EP de la veste, à voir dans l'album photo "Paysages". Les deux paysages du Nevada en provenance de Wikipedia sont à retrouver dans "Paysages". J'ai longuement hésité entre les deux remarquables photos: la première que vous voyez dans le texte est un cliché de la Maison Blanche et l'autre que vous retouverez ci desus est prise à partir d'une montagne, voisine: c'est la "Frenchman Mountain".  Visiblement, elle intrigue les lecteurs.  

Voir les commentaires

Pour 2012, mes 12 voeux et + à votre intention

30 Décembre 2011, 11:48am

Publié par Elisabeth Poulain

Il ne faut jamais chipoter. Je traduis tout de suite pour les traducteurs automatiques qui nous font parfois de drôles de surprise. Chipoter signifie « discuter sur des vétilles ». Les vétilles maintenant, ce sont des « choses sans importance ». Donc en matière de vœux, il faut toujours voir large et ne pas hésiter à en faire de trop, sans chercher l’exhaustivité quand même, ni l’originalité, ni « le toujours plus » dont nous connaissons maintenant les dangers.

 

Collection Emmaüs 2011, Bleu-OrangeCette année, je ne résisterai pas au 12-12. Facile, oui. Et alors ? L’important est dans l’intention.

 

Pour 2012, je vous souhaite :

01. la puissance de feu du dragon qui traverse les épreuves, sans se brûler

02. la subtilité et l’humour de Philippe Meyer de France Inter à Paris

03. la beauté du geste de la golfeuse et du golfeur en Ecosse, près de la mer

04. l’acuité de la vision de l’aigle pour apporter à manger à ses petits

05. la fragilité si tendre du coquelicot orange dans une prairie de Normandie

06. la ténacité du pissenlit qui repousse à chaque fois     qu’on le coupe

07. la force du schiste noir alliée à la tendresse du falun blanc en Loire

08. la souplesse du bambou au bord de l’eau qui chante, sans jamais faiblir

09. le regard qui voit à travers les murs, le temps, l’espace, pour comprendre

10. la clarté de l’éclair qui permet de trouver des nouveaux chemins la nuit     

11. l’imagination créatrice large et en profondeur du stratège spatio-temporel

12. la suavité d’un Coteau du Layon d’Eddy et Myleine 0osterlynck de Faye d’Anjou

      Collection Emmaüs, Turquoise-Vert-Feu

    + 1 l’équilibre et la tolérance du sage qui comprend, sans exclure

 

Votre œil voit bien. Il y a  un numéro supplémentaire à utiliser comme une carte joker à tout moment et surtout quand on sait qu’on ne sait pas. Bonne année 2012 !  

Pour suivre le chemin

. Retrouver Eddy et Myleine Oosterlinck au  Domaine de Juchepie, sur leur site et sur l’excellent blog de la Pipette aux quatre vins  http://pipette.canalblog.com/archives/2010/05/03/17734655.html

. Photos EP, à retouver dans l'album-photos "Art2" sur ce blog. Ces cartons peints font partie de ma collection "Emmaüs" 2011.

Voir les commentaires

Menus et Vins des dîners priés selon Berthe Bernage

28 Décembre 2011, 19:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Mon 3è cadeau de fêtes, entre Noël et Nouvel-An

Après le village de petites maisons-caves à vin  d’Entre-Deux-Monts près de Rivière sur Tarn et le menu de 1921 de Heidsick Monopole à Reims en l’honneur du Ministre de l’Agriculture, voici ce qu’il vous faut absolument connaître en matière de vin et d’accords avec les mets.

 

Vous êtes priés*  de vous appliquer. Il y a tant de choses à apprendre. Vous êtes en 1928 et vous vous apprêtez  à recevoir vos amies et amis que vous avez invités d’une façon un peu cérémonieuse. Il ne s’agit pas d’un repas à la bonne franquette avec des copains. .  

  Berthe Bernage 002

Les bases des accords mets-vin

A cette époque, on n’utilisait pas ces termes. Par contre les maîtresses de maison connaissaient bien ce qui convenait de manger avec tel vin. Remarquer que l’élément de référence est le vin et non l’inverse, en distinguant les vins qui se prennent après et ceux qui se prennent pendant :

. du Xérès ou du vin de Sicile après le potage -àj’en déduis qu’on ne boit pas pendant le potage

. un bourgogne blanc après les relevés ( ?)

. un bordeaux rouge Médoc ou Graves après les entrées ( ?)

. un bordeaux Saint-Emilion avec les rôtis

. un bordeaux blanc avec les légumes

. un porto rouge ou un malvoisie avec la glace ou l’entremets

. un champagne sec avec les desserts

 

Le nombre de vins

Il est possible aussi en plus petit comité de restreindre les vins à trois, en sélectionnant un bourgogne blanc pour le poisson, un bordeaux rouge avec le rôti et du champagne avec le dessert. Sachez cependant qu’il est encore possible de ne boire qu’un seul vin mais en ce cas il doit absolument excellent et « servi avec abondance ». En aucun cas le champagne ne convient à cet usage ; Berthe Bernage s’oppose en effet avec véhémence à cet usage « étranger », avec cet argument « à chaque met correspond un crû qui le met en valeur. »    

 

Le service de verres

Ils sont disposés devant l’assiette en partant du plus grand à droite pour l’eau et le vin ordinaire ensuite. Le verre à bordeaux est placé ensuite. Suivent des verres plus petits placés par ordre décroissant en terminant par la coupe ou la flûte à champagne. Tous les verres appartiennent au même service, à l’exception du verre du vin de Moselle (on dirait maintenant en France du vin d’Alsace) qui peut comporter du verre de couleur 

 

La carafe et la bouteille

Seuls les vins ordinaires sont mis en carafe. Les autres vins restent dans la bouteille d’origine.

 

Les boissons  d’après-dîner

Les dames se voient offrir des liqueurs sucrées, telles que de la bénédictine, du cassis, du kirsch, de l’anisette alors que les hommes reçoivent des alcools forts (rhum, cognac, marc de Bourgogne, vieil Armagnac).

 

Les rafraichissements et les boissons d’avant la fin de la soirée

Quand la soirée se prolonge, après la dégustation des liqueurs et  des alcools forts, il est d’usage de servir des boissons telles que des orangeades, des sirops, du punch, du champagne ou du whisky. Dame Berthe Bernage précise que ces boissons sont « apportées dans des grands brocs en cristal et servis dans des verres sans pied ».

L’usage voulait qu’une lettre de remerciements couronne ces agapes qui n’entraient pas dans la catégorie des grands repas ni des banquets de cérémonie, ni dans celle des buffets ou des soupers.

 

Juste pour le plaisir

Voici un menu de souper (quelque chose de léger, comme ne le dit pas l’auteur) :

-         Consommé à la royale

-         Homard à la française

-         Poularde truffée

-         Jambon d’York

-         Salade macédoine

-         Glace Cyrano

-         Fruits

-         Desserts

-         Champagne frappé

-         Bordeaux-Sauternes

    

Le grand menu de mariage avec 18 plats et ou/ vins, ce sera pour une autre fois, quand votre estomac et votre esprit ne seront plus saturés par la nourriture.  Je ne résiste pas. Voici les vins : Xérés, Château-Laffite, Chambertin, Château-Yquem et Champagne 1906 !     

 Rosier en bout de ligne, vignoble de Sancerre

Pour les débutants en bons usages

. Vous n’avez que quelques jours avant la fin de l’année pour  faire la connaissance de Berthe Bernage, une grande dame qui écrivit toute sa vie. Elle est surtout connue pour sa série des « Brigitte. »Son œuvre connut un succès considérable. Alors que tant d’auteurs meurent oubliés de tous quelques générations après, Berthe continue à être éditée et son code du « Savoir-Vivre et les Usages du Monde » est encore une référence, à mon plus grand étonnement. Née en 1886, elle est décédée en 1972 après avoir reçu trois fois le grand prix Roman de l’Académie. Excusez du peu !

. Berthe Bernage « Le savoir-Vivre et les Usages du Monde », Editions Gautier- Languereau, Paris, édition 1928

. http://fr.wikipedia.org/wiki/Berthe_Bernage   

 

* Les « dîners priés » sont des repas auquel on est convié par une invitation des maîtres de la maison. Ils font l’objet du chapitre 3 consacré aux soirées : M et Mme XX prient M et Mme VV de leur faire l’honneur de venir dîner chez eux…RSVP

. Photos EP, le livre, rosier en bout de rangée dans le Sancerrois 

Voir les commentaires

Style de Pub Caravanes > L'Aster et la Lucas

27 Décembre 2011, 16:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont vraiment bien différentes. Elles ne datent pas non plus de la même époque. Elles sont pourtant un petit air de famille par leur volonté de les montrer sur tranche de nature, posant ainsi l’équation « une caravane = une tranche de nature et de soleil .»

Blog rose 2011.10.23 054

L’Aster d’abord

Elle est selon ses concepteurs « légère, spacieuse, luxueuse et robuste ». Ce sont les qualitatifs qui se dégagent en noir sur fond orange, la couleur du soleil. Sa ligne est un peu vieillotte à nos yeux. La fenêtre à l’avant, qui est double, s’ouvre vers l’extérieur. La porte à l’arrière peut s’ouvrir à moitié mais ne comporte pas de fenêtre. Comme c’est souvent le cas quand la porte est à l’arrière, la fenêtre double est à l’avant dans le sens de la marche, comme dans beaucoup de caravanes anciennes. C’est à cet endroit que se trouve la table dans la journée, avec vue sur la voiture quand la caravane est attachée.   

Sa petite roue qui supporte l’attelage est mis en position de sécurité. Sur le devant, seul le panneau central peut s’ouvrir. La porte latérale ne comporte pas de fenêtre en partie supérieure. Par contre celle-ci peut s’ouvrir indépendamment du bas. La caravane est installée pour les vacances dans une clairière entourée d’arbres stylisés en noir. Un adolescent joue au ballon dans le fond, un chien court devant une chaise longue vide vue de l’arrière.  

L’impression dégagée par ce dessin à la fois réduit à l’essentiel et à la fois très structurée est double. On a vraiment l’impression de trouver une clairière de rêve faite pour la détente en vacances symbolisées par le rectangle orange où la petite Aster blanche a toute sa place légitime. 

La Lucas ensuite

Blog rose 2011.10.23 041

Pour son constructeur, cette caravane toute électrique est vraiment celle du futur. Elle s’auto-désigne même comme « la reine de la route ». La preuve : c’est une « all-electric caravan ».  Plus que l’Aster,  elle est aussi plus compacte et est plus tardive comme en témoigne son design. La grande baie vitrée panoramique à l’arrière et les deux fenêtres latérales, avec effet de toit pour voir en hauteur, montrent une réelle volonté d’une ligne qui signe un confort comparable à ce qui existe à la maison. 

 

L’intéressant du visuel choisi pour mettre Lucas en valeur réside dans sa présentation. La caravane est présentée par l’arrière. Elle est posée sur une tranche de route dont on voit les strates, avec une barrière et en arbre en arrière, comme s’il s’agissait d’une part d’un gros gâteau à la crème, prêt à être manger. Ce serait d’ailleurs tout à fait possible dans cette caravane qui offre la possibilité de préparer justement de la pâtisserie dans un four électrique.  

L’intérêt de ce visuel réside d’abord dans sa composition très structurée, avec deux bandeaux supérieur et latéral gauche, l’emploi de la couleur orange, la présentation de la caravane à l’arrêt, vue de l’arrière où il sera possible de jouir du paysage, en lien avec le paysage. L’arbre en arrière est essentiel pour suggérer, non pas tant la nature, qu’un jardin à la haie bien taillée et à l’herbe régulièrement tondue, protégé par une haie bien blanche.  

La comparaison

Elle repose plus sur les différences que sur les points communs entre les deux caravanes. Pour l’Aster, l’important est de glisser dans une nature où il est possible de jouer au ballon et de se reposer. Pour la Lucas, l’important est de bénéficier de la modernité, comme à la maison, en jouissant du progrès qu’apporte la fée ‘Electricité’ conjointement avec le progrès technique. C’est le « King of the Road-le roi de la route » qui vous parle. 

 

Pour suivre le chemin des caravanes

. Voir les précédents billets sur ce blog

Style de Pub > La Blue Bird Caravan

Styles de pub > Caravane anglaise > Isn't she a beauty?     

Pub caravanes & Co > Un style de vacances > Ma Coquille 01/38

. Retrouver les photos dans l’album « Petites Maisons »

Voir les commentaires

Pour les fêtes > Un menu de banquet par Champagne Heidsick & Cie > 1921

25 Décembre 2011, 17:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Des cadeaux très particuliers

Après le village de petites maisons-caves à vin d’Entre-deux-Monts, près de Rivière sur Tarn, que je vous ai présenté avant-hier, le 23 décembre, un jour avant Noël, comme ‘cadeau’ d’un nouveau type, voici un ‘cadeau’ d’un autre type, un menu de banquet, un terme qui fleure bon un passé oublié. On ne banquète plus en France, même si on y mange encore beaucoup surtout à cette période de fêtes.  

Menu banquet 1921 Heidsick

Le banquet

Il s’agissait pour l’entreprise Champagne Heidsieck et Monopole de célébrer la venue le 9 juin 1921 du Ministre de l’Agriculture dans les Salons Degermann, au 35 rue Buirette. Il ne s’agit donc pas d’un repas de Noël. Mais, comme vous allez le voir, il est tout à fait transposable actuellement. Le menu figure sur un carton orné d’un beau dessin  où l’on voit deux belles dames du XVIIIè siècle assises sur un parterre de fleurs accueillir un marquis en habits rouges portant un plateau sous le bras. Un ruisseau ferme la scène sur le devant, un escalier descend d’un château à l’arrière-plan.

Le menu

Il répond à la présentation de l’époque selon laquelle seuls les plats principaux qui formaient le corps principal du banquet étaient détaillés. Ni les hors d’œuvre, ni les desserts ne l’étaient. Les noms des domaines de vin non plus :   

 

Hors d’œuvre variés

Saumon de Loire, sauce verte

Gigot d’agneau, haricots panachés

Poularde rôtie, cresson

Salade de laitue

Fruits rafraîchis au kirsch

Fruits  - Desserts

***

Vins ordinaires : blanc et rouge

Bourgogne vieux – Cognac

 

La structure du repas

    Menu banquet 1921 Heidsick, dessin

Il commence de façon traditionnelle par des hors d’œuvre dont on ne sait s’ils sont chauds froids, frais ou cuits. On les considère comme des petites entrées pour éveiller l’appétit et préparer l’organisme. L’important vient plus tard. Le plat principal est la viande, que représente le gigot d’agneau. Pour annoncer sa venue, il faut un met plus léger, le poisson qui est presque de la viande, mais sans en avoir ni le goût ni la force symbolique. Il est quand même plus noble qu’un hors d’œuvre.  

La primauté de la viande

Arrive ensuite le gigot, la pièce maîtresse, suivi tout aussi tôt après d’une poularde désignée par son mode de cuisson. Une poularde est une jeune poule domestique qui n’a pas encore pondu. Sa chair est réputée être tendre. Elle est rôtie pour privilégier l’arôme caramélisé par le feu, pour ne pas la confondre avec une (vieille le plus souvent)  poule au pot qui est bouillie et donc moins goûteuse.     

Les accompagnements

Les garnitures ont beaucoup d’importance : ce sont des haricots panachés qui accompagnent le gigot, du cresson la poularde. Elles sont précédées par une sauce verte pour le poisson et une salade de laitue qui elle-même suit l’accompagnement de cresson. Remarquons l’importance qui est donnée à cette salade par rapport aux hors d’œuvre d’entrée. Comme si elle assurait une transition avec la phase sucrée qui s’annonce en fanfare. Cette fanfare c’est le kirsch versé sur les fruits rafraîchis.

Le sucre

Trois sources de protéines, le poisson, la viande et la volaille, il faut au moins cela pour satisfaire l’appétit d’un ministre de l’Agriculture et des notables invités. La suite du menu montre bien ce besoin d’aller jusqu’au bout d’un énorme besoin de gourmandise. Des fruits et desserts, sans précision sur le nombre et le type de desserts, vont clore le repas, dont on ne sait s’il a été servi le midi ou le soir.        

Les vins

Curieusement le menu parle de vins ordinaires, ce qui pourrait être jugé offensant pour un ministre. Curieusement aussi, le vin de Champagne Heidsieck & Monopole n’est pas mentionné au menu, ni le nom du ministre non plus d’ailleurs.     Menu banquet 1921 Heidsick, Salons Degermann

L’idée pour un prochain réveillon

C’est de refaire en l’adaptant un de ces menus qui ont à nos yeux un air désuet, non pas par les mets mais par l’ordre et les quantités ! Le must serait de retrouver des menus de Noël anciens !  

Pour suivre le chemin

. Le menu figure dans une plaquette Vranken Monopole, 17 avenue de Champagne, 51200 Epernay, 02 26 59 50 50. La plaquette, qui a du être faite pour l’an 2000, retrace l’histoire de la Maison Vranken de 1976 à 1999.       

 

. Les Salons Degermann, fondés en 1900  existent toujours à Reims. Ils poursuivent depuis lors la même activité :   http://www.degermann.fr/fr/accueil/

     Réveillon de Noël-Julaftonen av Carl Larsson 190-copie-1

. Photo d’un tableau de réveillon de Noël de Carl  Larsson à retrouver sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9veillon_de_No%C3%ABl, (à comparer pour la différence d'ambiance)

capture d'écran pour les salons avec mes remerciements et EP pour celles du menu.

Voir les commentaires

Un hameau de petites maisons-caves à vin d'Aveyron > Rivière sur Tarn

23 Décembre 2011, 16:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pour les fêtes   Petites Maisons-Caves à vin-Entre-deux-Monts, Rivière sur Tarn

 

 

 

Rivière s/Tarn, Entre2Monts, Village des maisons-caves à vinJe vous offre un rêve de vigneron, qui se situe dans l’Aveyron, à Entre-deux-Monts, en montant à partir de Rivière sur Tarn. C’est un hameau entier de caves à vin qui sont de vrais petites maisons. Elles en ont la forme avec des murs, un toit et une porte seulement. Les plus grandes ont deux pièces mais pas de fenêtre pour autant. Construites sur la roche, elles en ont la couleur ; elles en ont l’odeur et le goût car chez elles, tout est pierre, à part  le bois de la porte, de la charpente et celui des tonneaux qu’elles contiennent.

          

    Ce sont des dures de dures, des résistantes aussi. A part le vent qui souffle en haut du col et la neige l’hiver, elles n’ont pas d’ennemis. Construites en pierre sèche, elles reconnaissent à la montagne sa primauté. Elles ne la contestent pas ; elles l’a confortent au contraire. Pour réduire la prise au vent, elles sont regroupées en lignes discontinues pour coller au terrain et réduire la portée des toits avec seulement une charpente individuelle pour le porche qui se greffe sur la charpente principale.  

 

Des sentiers, avec des escaliers pour les vignerons et des coulées pour faire passer le matériel et les Rivière s/Tarn, Village des maisons caves à vin, montéebouteilles, permettent d’aller de porche en porche. Les grands foudres (tonneaux) étaient assemblés sur place. Il en reste un sur place. Sa présence interpelle toujours autant les visiteurs avec cette question : "mais comment avaient-ils donc fait pour passer la porte ?" Vous connaissez la réponse.  

 

Ces petites maisons avaient une fonction bien particulière. Elles faisaient office de chai et de cave depuis les premières édifiées au cours du XVIIIè siècle. Elles présentaient un intérêt très particulier grâce à leur iso-thermie quasiment constante.  De cette façon, le vin fraîchement pressé pouvait vieillir sans à coup thermique du à la chaleur de l’été. Depuis la prise de conscience de leur grand intérêt patrimonial, elles sont maintenant  une des attractions majeures du tourisme local. Le vin y est cultivé depuis l’Antiquité. 

 

Voilà mon premier ‘cadeau’ pour les fêtes de Noël et de Nouvel An,  un village de caves, dans un paysage magnifique, au col Rivière s/Tarn, Entre2Monts, Village de maisons-vaves à vin, tonneauentre deux vallées, qui se traduit par une dénomibation superbe « entre deux monts » . Vous ne m’en voudrez pas, j'en suis sûre, de grouper les deux, si non ce serait un peu tard  pour Noël!  

Pour suivre le chemin

. La commune de Rivière sur Tarn, à voir sur http://www.rivieresurtarn.fr/Histoire-et-patrimoine.aspx

. L’association de Sauvegarde des Caves Entre Deux Monts  (Bernard Maury, président) a mis en ligne une présentation historique détaillée du site sur  http://patrimoni.macarel.net/node/23

. Lire la plaquette (ancienne) des « Vins d’Aveyron » de la Fédération départementale des Vins (de Qualité) d’Aveyron, 12026 Rodez cedex 05 65 73 79 01

 Rivière s/Tarn, Villages des maisons caves à vin, un des 2 monts au fond

. La visite des « caves » s’inscrit dans la route des vins d’Aveyron animée grâce aux vignerons et aux bénévoles passionnés de patrimoine. Elle permet de faire découvrir cette partie de la vallée du Tarn autrement grâce à des sites uniques et aux vins d’Aveyron. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, depuis le 19 mai 2011, ces vins de qualité font maintenant partie d’une AOC qui regroupe les vignobles Côtes de Millau, d’Estaing, d’Entragues et du Fel.    

 

. Aller au Domaine du Vieux Noyer,  ‘Passion Vin-Paysan-Vigneron’, ou vous pourrez retrouver les vignerons qui sont en train de se convertir au bio, Bernard et Carmen Portalier et Ludovic Bouviala, 05 65 62 64 57, au lieu dit ‘ Boyne’ près des ruines du Château de Peyrelade, Rivière sur Tarn, sur http://www.vins-aveyron-lozere.fr/6-2

 

. Photo n° 1 extraite de la plaquette des vins d’Aveyron. Son auteur est le président de l’Association Arts et Loisirs de la commune, Jean-Louis Abriol, avec mes remerciements. Photos suivantes EP, prises au cours de la visite avec le vigneron que vous voyez ici à gauche. La dernière photo est prise sur le parking devant chez Bernard Portalier.  Rivière sur Tarn, Vue sur le vallée de la vigne du Vieux Noyer

 

 

 

 

Voir les commentaires

La frontière et l'ambassadeur > Photographier le vide > Andreas Gursky

20 Décembre 2011, 17:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Trouver des représentations de frontières n’est pas chose facile. C’est pourtant la tâche à laquelle je me suis attelée depuis quelque temps, un temps indéterminé certainement, tout comme le concept même de frontière. A croire quand j’en parle autour de moi que les gens ne savent pas ce à quoi je me réfère :     que veut-elle dire? Quelle frontière? Selon eux, il n’y en aurait plus. Plus de frontière. En fait, je ne le crois pas du tout. A croire qu’au fur et à mesure que certaines frontières semblent disparaitre, d’autres surgissent là où on ne les imaginait pas ou renaissent autrement, comme c'est le cas ici.  

 

La frontière

C’est une double vraie frontière. Physique d’abord, politique encore actuellement car elle sépare deux pays qui pourtant ont aboli leurs frontières entre eux. Il d’agit du Rhin entre la France et l’Allemagne.   

Rhein II.Andreas Gursky 1999 by courtesy of Matthe-copie-1

L’ambassadeur

Il s’agit de Reinhard Schäfers. Le début de son prénom sonne celui du fleuve et son nom a quelque lien avec un berger si on enlève le s. En poste à Paris, il a ajouté à ses fonctions déjà bien chargées, surtout en ce moment de rapprochement-éloignement entre l'Allemagne et la France qui ressemble fort à des "je t’aime-moi non plus", celle de faire la promotion de l’art allemand dont on parle bien peu à Paris. Comme s’il n’était d’art qu’à Paris! Ce n’est plus vrai. Le panorama mondial de l’art compte plusieurs capitales comme New York, Shanghai, Londres ou Berlin…Pour le prouver autrement qu’avec des mots, M. Schäfers a placé la très grande photographie sur le mur de son bureau à l’ambassade allemande. 

 

Andreas Gursky

Il est un photographe d’art qui a le monde dans son rétroviseur. Il aime les très grands formats de plusieurs mètres de long, qui montrent l’ampleur, la puissance, le vide, la solitude, l'ordre…Il a aussi un agent très actif qui gère de New York la vente de ses photographies avec une grande finesse de façon à faire monter la côte de son poulain au plus haut au meilleur moment. Ca a été le cas lors de la ventee chez Christie’s à Londres où cette photographie de Rhein II a atteint la somme de 3,1E. C’est celle que je vous présente dans ce billet grâce à la Matthews Mark Gallery, qui représente le photographe et a donné son autorisation à la parution sur Wikipedia, sous condition essentiellement  de ne pas chercher à assortir la reproduction de finalité commerciale.

Rhein II

Il existe six exemplaires de cette photo de 3 mètres de long . Le choix  de la photographie a été fait conjointement par l’ambassadeur, qui a obtenu de l’artiste le prêt de cette œuvre pendant quatre ans,  et par Werner Spies, historien d’art allemand, très bon connaisseur de l’art européen, qui a été l’ancien directeur du Musée d’Art national d’Art moderne à¨Paris  pendant trois ans de 1997 à 2000.  

Rhein II.Andreas Gursky 1999 by courtesy of Matthe-copie-1

Le vide

C’est vraiment l’impression ressentie devant cette scénographie minimaliste proche de l’art abstrait. Certains ont distingué des brins d’herbe qui dépassaient et des petits débris de ciment  sur le bord gauche de la photo. Reproduite  en noir et blanc dans le Monde, la scène est totalement non-figurative. On voit des lignes horizontales et des textures différentes en particulier la quatrième bande à partir du haut. Dans l’original en couleurs, cette bande est celle de l’eau. C’est elle qui donne son sens à la photo. Les couleurs adoucissent l’impression d’étrangeté. Elles  sont si fondues qu’on en ressent upourtant un certain malaise comme si tous les éléments de la photo avaient  été disposés à l’avance pour faire de cet espace un endroit totalement façonné par un homme absent. Une absence qui va jusqu’au vide sidérant. On aimerait voir un peu de vie.

 

En fait, ce qui dérange au moins autant que cet ordre figé, c'est le nom de l'oeuvre, Rhein II. Plus que le fleuve, il me semble qu'il s'agit d'un canal parallèle au fleuve, ce qui expliquerait l'aspect linéaire, l'absence de végétation sur les rives, le niveau très élevé de l'étiage, quasiment à hauteur de la rive et surtout l'absence de mouvement de l'eau. Il n'y a pas de courant. On discerne seulement un léger clapotis du au vent.   

 

L’explication de son choix par l’ambassadeur

Reinhard Schäfers, qui connaît l’artiste, explique son choix par le fait que la photo représente le Rhin,  qui forme la frontière entre l’Allemagne et la France, qui « nous sépare et nous unit » selon ses mots reproduits par Claire Guillot, la journaliste du Monde. 

 

C’est bien le rôle d’une frontière. La question est de savoir si elle sépare plus qu’elle unit ou l’inverse. L'ambassadeur ne s'y est pas trompé: le fleuve est une frontière pour ses riverains. C'est aussi un espace très chargé en fonctionnalités différenciées, surtout pour des grandes fleuves et hors des zones touristiques. Sur la photo ci-dessous, une vue du Grand Canal du Rhin, à la hauteur de Breisach en Allemagne. 

 

Rhein-Grand canal d'Alsace-Breisach-Wikipedia     

Pour suivre le chemin et retrouver

. Le Monde du 24.11.2011

. l’artiste sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Andreas_Gursky

. la photo sur http://en.wikipedia.org/wiki/File:Rhein_II.jpg

. d’autres photos du photographe sur http://www.picsearch.com/pictures/Celebrities/Artists%20and%20Painters/Artists%201/Andreas%20Gursky.html

. quelques infos sur Werner Spies sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Werner_Spie

. quelques photos du Rhin sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhin, dont une très belle à la hauteur de la frontière avec le Palatinat à hauteur d'Erbach.

. Ph AG, avec mes remerciements

Voir les commentaires

Les petites maisons de la nuit > Alex Jansson > Suède

18 Décembre 2011, 16:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est la nuit. Une nuit verte, jaune et noire, avec toutes les teintes d'un noir mâtiné de gris, de marron, déchiré de percées claires, strié avec des ombres d’arbres. Ce n’est pas une nuit forcément calme, ou bien c’est un calme qui s’installe quand la nuit s’obscurcit et que les peurs enfantines se réveillent ou se renforcent à mesure que vous avancez dans des brumes enveloppantes. Comme dans un mauvais rêve.

 

 

 

Alex Jansson, Sunrise at Cinnamon Hotel

 

Fatigué, comme tout voyageur parti depuis longtemps de chez lui, vous cherchez   l’auberge dans la forêt que des villageois un peu étranges vous ont promis : «  vous verrez, vous ne pourrez pas la manquer. D’ailleurs votre cheval va vous y conduire. Il connaît la route ». Et c’est ce que vous avez fait, faire confiance à votre cheval pour vous amener à bon port.

 

Presque endormi, vous avez bien cru entre-apercevoir un décor  étrange. Une colonne de maisons empilées les unes sur les autres, avec des fenêtres éclairées, des ailes à un moulin, une échelle… Jamais, avez-vous pensé, votre cheval, ne pourrait escaler cet escalier si raide creusé dans le rocher qui mène aux maisons. Il n’y avait pas d’abri pour lui.

 

Alex Jansson-The House of-deviant-artPour vous. Mais c’est bien votre dernier souvenir. Le matin au réveil, votre cheval à vos côtés, vous vous demandez bien où vous êtes. Vous avez des souvenirs très flous de couleurs de la nuit, de brumes bizarres, d’un escalier pentu, de drôles de maisons avec des toits partout. Un hôtel, certainement pas. Il n’y a rien de tout cela. Votre tête vous a joué des tours.
   
Dans le lointain, vous voyez  une toute petite maison qui a poussé sur une vielle souche. Elle ne ressemble pas du tout à votre rêve de la nuit. Pourtant, vous voulez vous en approcher. Elle vous appelle. Et vous partez, la longe de votre cheval à la main. En chemin, vous reconnaissez bien le rocher de la nuit, celui auquel vous vouliez accrocher votre fidèle cheval,  près duquel vous trouvez au matin un petit pain chaud avec un bol de lait tiède. 

 

Et c’est à ce moment là seulement que vous revient une autre drôle Alex Jansson-The Village of Ele Phable-deviant-artd'image de la nuit, que vous ne saviez pas  avoir vue, celle d’un éléphant transportant les petites maisons sur leur dos… Devant vous, sur le sentier, d'énormes empreintes de pattes d’éléphant.  Vous n’aviez donc pas rêvé.

 

Votre cheval à vos côtes vous regarde. Il vous sourit. Il est d'accord avec vous.  

   

Pour arriver à trouver le chemin dans la nuit et voir les dessins d’Alex en grand 

. Cette petite histoire, en forme de conte, résulte de la découverte que j’ai faite du dessin d’Alex Jansson paru dans Europa n°25 d’avril-mai 2010 sous l’intitulé « Cinnamon/Alex Jannson/Sweden. » Le véritable titre du dessin que l’artiste lui a donné est  « Cinnamon Hôtel ». Le second dessin, qui appartient à la même série « Greenpunk »    a pour titre «The House of… » et le troisième « The Village of Ele Phable ».  

 

Alex Jansson-profile picture by enigma astralis-d4h6qwe. Pour mieux comprendre l’univers graphique de cet illustrateur et voir ses créations en grand, voir : 

. son site  http://www.alexanderjansson.com/

. un autre de ses sites, sous le nom d’astralis  http://enigma-astralis.deviantart.com/

. sans oublier son blog http://distortionsandmysteries.blogspot.com/

 

. Le magazine des chercheurs de l’Université de Nantes :  L’Europe en long, en large et de travers sur www.journaleuropa.info

   

. Photos AJ, avec mes remerciements. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance de quelques oeuvres de cet artiste!   

Voir les commentaires