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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Supporter > Le pack des cigarettes en confiserie Krakatoa, Coronation

17 Août 2016, 15:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Carton d'accrochage de Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

*Carton d'accrochage de Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Explication du titre. Voici un nouvel exemple datant d’avant le passage à l’an 2000 de l’art de vendre aux enfants un ensemble à fumer, en précisant tout de suite qu’une telle présentation ne serait actuellement absolument plus autorisée. Elle serait interdite du fait qu’elle serait perçue comme une incitation à fumer.

Vous dire quand et où j’ai acheté cet ensemble « Fumeur », je n’en ai vraiment plus le souvenir. Par contre la raison pour laquelle je l’ai achetée est claire. Il s’agissait de montrer à des étudiants de 5è année d’école d’Ingénieurs jusqu’où pouvaient aller le packaging et globalement la communication pour vendre du chocolat à des enfants. Autant déjà à l’époque, cela m’avait choqué, autant les étudiants avaient trouvé ça « marrant ».

Les seules indications précises concernant l’entreprise tiennent en une ligne sur la pochette extérieure « Supporter, Service Consommateurs, BP 27, 17800 Pons, France » au verso du carton orné d’un dessin de robot à tête de renard souriant et volant qui fait face, avec son épée magique, à des monstres qui font vraiment peur. C’est réussi mais pas signé. Il faut ouvrir le sac transparent en cellophane pour trouver le nom et l’adresse du fabricant « Made in France by Ferton France, 51230 Fère Champenoise », une entreprise d’entreposage et de stockage actuellement.

Sachet, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Sachet, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Les deux paquets de cigarettes contiennent 10 cigarettes de « confiserie fantaisie, succédanée de chocolat », qui sent encore vaguement l’odeur sucrée du chocolat de couleur « chocolat », plus pour Coronation, le paquet de couleur bleu, moins d’ailleurs pour Krakatoa, le paquet blanc et rouge. Par contre les cigarettes visibles dans la pochette cellophane remplies d’une confiserie blanche, dont le niveau de remplissage a beaucoup baissé, n’ont plus d’odeur.

Outre les deux paquets et les 16 cigarettes « blanches », l’ensemble « Fumeur » est doté d’un briquet évidemment factice et d’une espèce de porte-cigarette d’un beau plastique jaune qui n’a évidemment aucun sens. Au moins pour moi…à part le mettre dans la bouche. Une pratique dangereuse…

Voici pour finir, voici une analyse détaillée du contenu du type « archéologie du sucré du quotidien d’avant le passage à l’an 2000»,

. pour Coronation, la confiserie est à base de « sucre, graisse végétale hydrogénée, lactosérum, cacao en poudre, émulsifiant lécithine, arôme vanilline »,

. pour Krakatoa, la confiserie est à base de « sucre, graisse végétale hydrogénée, lactosérum, cacao en poudre, émulsifiant lécithine, arôme « vanilline ».

Comme vous pouvez le voir, seuls la dénomination et le packaging différencient les deux paquets…Le drôle est que j’ai cru sentir une faible odeur de chocolat dans le paquet bleu Coronation et franchement une très lointaine senteur pour Krakatoa. Comme quoi, la vue modifie la perception d’une odeur…Intéressant !

Sachet intérieur, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

Sachet intérieur, Supporter, paquets de cigarettes confiserie fantaisie, Cl. Elisabeth Poulain

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Collection Emmaüs > La Dame en noir aux cheveux rouges dans la ville

16 Août 2016, 16:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est un drôle de tableau, attirant et dérangeant à la fois. Un de ceux qu’on achète chez Emmaüs, sans se poser de question, parce qu’il a quelque chose qu’on ne saurait définir et un des rares également qu’on range aussitôt quelque part en l’oubliant. Et puis un jour, on le retrouve, tel en lui-même, aussi bizarre qu’il était. C’est alors vous qui vous demandez ce qu’a voulu exprimer le peintre.

Commençons donc pour une fois par la signature. Le tableau est orné en bas à droite d’un D.S. 1998. Pour la date, ça va. DS sont vraisemblablement les initiales de l’artiste. Peut-être aussi un jeu de lettres portant sur « Déesse ». Nul ne le saura, hors celle ou celui  qui a réalisé cette œuvre.  L’intéressant porte plutôt sur la position de la signature. Elle est placée en oblique tout en bas à droite, dans le sens de la fuite hors du tableau, en sortant du cadre, parce qu’on lit de droite à gauche.

Imaginons que les deux lettres et l’année - DS 1998 - aient figuré dans l’autre sens. En suivant cette ligne, l’œil serait arrivé au point focal du tableau, à un centre qui n’y est pas placé, mais d’où partent des lignes, avec une première séparation entre le bas et le haut. En bas, on distingue en arrière-plan un quadrilatère irrégulier, que j’appelle  la prairie, dont les deux lignes visibles ne sont ni horizontale ni verticale.

C’est là que se tient en un fort premier plan la dame entièrement revêtue d’une  robe noir, qui laisse seulement voir ses mains qu’elle cache dans ses poches. Le découpé du haut montre un cou très mince et haut qui porte une tête sans visage et aux cheveux franchement rouges, comme un casque vermillon, qui ressort sur un halo d’or par derrière. Sa peau, celle du visage et celles des mains, tire également sur le rouge cette fois-ci beaucoup plus clair.

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

C’est son corps noir qui me dérange en réalité. Chez elle, tout est bizarre : la taille étranglée, les épaules désajustées, la longueur des bras et ce drôle de corps qui file vers le bas, avec des hanches très basses, l’une arrondie, celle qu’on voit vers la droite et l’autre qui n’a rien de symétrique. Que veut-elle exprimer? On l’ignore.

De son épaule gauche, en contre champ vers l’arrière, surgissent trois formes humaines. Le premier petit homme assez proche est comme tassé sur lui-même, les bras collés à lui, en couleur verte brouillée de rouge. Deux autres se distinguent dans ce qui est le cœur du tableau, à la hauteur de la tête de la Dame en noir. Ils sont flous, avec une seule jambe pour celui de droite.

C’est ce drôle de couple en grisé-vert bordé de rouge qui délimite les trois séquences du tableau, avec dans le sens des aiguilles d’une montre la prairie verte en bas, la ville en haut et le champ jaune verdi vers le haut sur la droite. C’est là que se tiennent deux hommes aux chapeaux noirs. Le premier se tient droit, le corps semble-t-il tourné vers la Dame en noir, avec son bras droit si maigre, l’autre collé au corps. Le second, sans bras clairement visible, donne l’impression de vouloir partir sur ses deux jambes vers la droite. La scène ne le concerne pas.

La ville orange-rouge domine la scène. Sa composition est franchement complexe, entre des façades coupées, des imbrications de bâtiments les uns dans les autres de façon à ne pas avoir devant soi un mur qui se présente de face. Les toits plus ou moins pentus sont d’un rouge ocre plus foncé.

On arrive alors à ces deux panneaux verticaux de couleur turquoise, qui donnent beaucoup d’élan dynamique à la composition. La couleur en elle-même tonifie le reste et heureusement neutralise en grande partie, le vert mousse jauni d’en bas.

Il reste deux éléments étranges, des sortes d’agrafes- à vous citer pour lier le haut et le bas et faire tenir le tout ensemble. Il s’agit d’abord de de cet arc-en-ciel tronqué et limité à deux couleurs, un trait arrondi rouge doublé d’un trait vert, un autre vert que le turquoise, au-dessus de la tête de la Dame. Et d’un long trait jaune fort sur la gauche, qui se noie dans le vert…

Bizarre, vous avez dit bizarre, oui, c’est franchement bizarre. Et pour finir, c'est la ville que je préfère.

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

*Peinture-La dame en noir aux cheveux rouges dans la ville-Coll. Emmaüs. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Une œuvre achetée dans un Centre Emmaüs, quelque part en France, il y a quelques années.

. Pour la France, voir http://emmaus-france.org/  

. Hors de France, trouver la liste des 350 associations dans 37 pays http://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CIv0_8ygxs4CFVXnGwodDDUHAA  

. L’essentiel à connaître sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France  

. Clichés Elisabeth Poulain, avec * quand il s'agit d'un extrait.  

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Angers, L’ancien Couvent de la Baumette, rivière Maine, rive gauche

8 Août 2016, 17:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Vue sur le Couvent de la Baumette, rive gauche de la Maine, de l'autre rive, Cl. Elisabeth Poulain

*Vue sur le Couvent de la Baumette, rive gauche de la Maine, de l'autre rive, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un des endroits les plus fascinants de l’Anjou. C’est aussi le plus surprenant et le plus mystérieux. Je vais tenter de vous expliquer pourquoi, en commençant non pas par remonter le temps, comme il  serait logique dès lors qu’on parle d’un « ancien couvent », mais par le site lui-même. D’ailleurs à partir de cette courte introduction, je n’utiliserai plus le terme d’ancien.

L’emplacement du Couvent de la Baumette. Il est en lui-même déjà une des clés de sa notoriété et de son mystère. Et déjà d’abord, il me faut me référer à un autre monument qui est encore plus que connu à Angers,  à savoir le « Château d’Angers ». Excusez du peu ! Ils ont en commun, tous deux, d’être situé pour le plus important d’entre eux, à savoir le château en amont à 43 mètres d’altitude et le second à 30 mètres et tous deux être l’œuvre du Bon Roi René d’Anjou (1409-1480). 

Vues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth PoulainVues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth Poulain

Vues sur la Maine prises en rive droite, vers l'amont, vers l'aval, Cl. Elisabeth Poulain

Tous deux également ont en commun d’être ancrés en rive gauche de la Maine, le cours d’eau le plus singulier de France, car il est très court (11kms) et n’a pas de source. La Maine est en effet formée par la réunion de trois rivières, la Mayenne, la Sarthe et le Loir. Ils sont distants de moins de 4kms. Leur second point commun est que ces monuments historiques sont ancrés dans des lieux à forte connotation symbolique. Le château témoigne du pouvoir militaire et politique du Bon Roi René.

Le couvent symbolise du désir profond du Roi René de célébrer l’existence de Dieu en y faisant retraite. La Baumette ayant pris cette dénomination en hommage à la grotte de la Sainte-Baume en Provence. Dans un cas, on s’enfonce dans la pierre de la terre, pour se retrouver plus profondément soi avec soi, dans l’autre sont érigés en élévation une chapelle et des bâtiments conventuels. Le premier avec ses 17 grosses tours est là pour se protéger et protéger la place en faisant la guerre, le second en se retirant du monde pour y trouver la paix intérieur.

L’autre point commun est qu’ils sont surtout visibles de l’autre rive, la rive droite de la Maine. Pour l’un, le plus gros et le plus en amont, il y a bien une allée arborée en bas de la roche, des tours et des hauts remparts qui les lient. Il s’agit du château. Pour le second, il est certes possible d’apercevoir les murs du couvent en bordure de la rivière sans aucune maison proche et situé en hauteur. Mais voir des murs ne suffit pas à comprendre.

Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain
Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à  partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Vues sur la Maine, de l'autre rive vers le Couvent & à partir du Couvent de la Baumette, Cl. Elisabeth Poulain

Autant le premier site, le château, est compréhensible dans toutes les cultures du monde avec ses grosses tours défensives, autant le second est difficile à interpréter même vue de l’autre côté de la rivière. De loin, on distingue plusieurs bâtiments sans pouvoir les interpréter vraiment. On pense seulement que les gens qui habitent-là ont vraiment de la chance. Outre la roche et la pierre, tout n’est que verdure pour la partie « terre » située en rive cette gauche et « eau calme » pour la rivière Maine, qui ressemble là à un grand lac d’eau douce.

C’est ici que voguent avec grand plaisir trois jeunes canards plein d’énergie, un petit bateau à voile près du bord, au bas du couvent, là où se garent les voitures des pêcheurs généralement nombreux à cet endroit, accessible par une petite route. Cela a été une grande surprise pour moi, placée sur l’estacade qui venait tout juste d’être rénovée.

Et nous sommes à Angers, « en pleine ville » juste avant que ne commence Sainte-Gemme sur Loire, la commune voisine, en descendant la Maine, la plus petite rivière de France, jusqu’à sa confluence avec la Loire, le plus grand fleuve de France. Imaginez, on part de la Provence, d’un coup d’aile on est en Anjou et votre imagination s’envole dans un cadre exceptionnel…sans oublier le voyage dans le temps. Le couvent a été édifié en 1456.

Angers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth PoulainAngers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Angers, Rive gauche, vue aval sur la Maine, vue sur Château Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * qui précède le titre de la photo signifie qu'il s'agit d'un extrait.    

. La carte d’Angers sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Map_Angers.jpg  d’Open Street M , contributeur XIII TOKYO   

. Voir la carte hyper-intéressante sur l’altitude du Couvent de la Baumette comparée à celle du Château d’Angers http://fr-fr.topographic-map.com/places/La-Baumette-2940407/  

. Le Couvent de la Baumette, vu de la rive gauche, en bas https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/12/Le_couvent_de_la_Baumette_vu_depuis _la_berge_de_la_Maine _-_Angers _-_20090919.jpg  

. Lire l’excellent article de Sylvain Bertholdi, Conservateur des Archives d’Angers, dans « Vivre à Angers, Découvrir Angers, Histoire d’Angers » janvier 2010 sur http://www.angersloiretourisme.com/fr/decouvrir/lieux-de-visites/ancien-couvent-de-la-baumette  

. Consulter aussi le site de la Famille, propriétaire du Couvent de la Baumette, sur http://labaumette.free.fr/index.php/description?tmpl=component&print=1&limit=3&format=feed&type=atom  

. Le Château d’Angers sur http://www.angers.fr/vie-pratique/culture/la-politique-culturelle/angers-ville-d-art-et-d-histoire/ressources/fiches-patrimoine/laissez-vous-conter-le-chateau/  

. Toujours le Château d’Angers sur wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Angers  

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Lucifer > L’attrape-souris d’enfer > Photo

5 Août 2016, 15:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" 1980, Cl. Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" 1980, Cl. Elisabeth Poulain

Rassurez-vous. C’est un piège à souris qui n’a jamais servi. Je l’ai acheté au début des années 1980, après avoir constaté, au retour des vacances, des traces parfaitement repérables de ces petits mammifères malins dans un placard creusé dans un mur. Par où étaient-ils passés ? Impossible de le savoir malgré des investigations dignes des meilleurs limiers. Sherlock Holmes n’aurait pas fait mieux, c’est du moins ainsi que nous nous sommes rassurés.

Notre réaction a alors été d’acheter un piège à souris. Au cas où ? Sait-on jamais ! Celui que je vous présente n’a jamais servi. Il n’a donc vu aucune trace de fromage, ni autre aliment appétent pour ces fins petits gourmets à quatre pattes. La droguerie du petit village surplombant la Loire, qui pourtant n’avait pas une offre large, en possédait. Il y en avait même une dans la petite vitrine. Cela a été notre première surprise d’ex-Parisiens. Il s’en produisait donc encore. Cela nous avait semblé incroyable.
 

Souricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth PoulainSouricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth Poulain

Souricière "Lucifer" t980, tête-bêche, Cl. Elisabeth Poulain

La seconde surprise a été de voir le nom de la marque. Nous avons à nouveau éclaté de rire. Vous le devinez aisément avec la photo, Il s’agit de LUCIFER, qui pour nous Européens a une forte tendance à incarner le diable pour beaucoup et l’Ange déchu pour ceux qui s’y connaissent en cosmogonie chrétienne. Mais comme toujours les choses sont beaucoup plus compliquées, parce que Lucifer est associé à Vénus par exemple par les Romains pour qui Lucifer - Porteur de Lumière – désigne l’étoile du matin ainsi que la planète Vénus.

A bien regarder la peinture de Breughel l’Ancien qui date de 1526, « La chute des Anges rebelles », je suis presque sûre qu’il y a bien une petite souris cachée , même si on ne la voit pas, dans cet amas d’animaux à vous faire frissonner de peur et vraiment. Des rats, j’en suis quasiment certaine, car ils peuvent transmettre la peste...

PIeter Breughel l'Ancien, La chute des Anges rebelles, 1562, extrait Cl. Elisabeth Poulain

PIeter Breughel l'Ancien, La chute des Anges rebelles, 1562, extrait Cl. Elisabeth Poulain

Comme vous le voyez, les petites souris du Val de Loire nous emmènent bien loin dans la passé, dans l’espace et dans notre vaste monde, notamment en Chine qui est un gros exportateur de souricières, mais cette fois-ci en plastique et pas en précieux bois de hêtre, comme c’est le cas avec « Lucifer »… !

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Retrouver les produits à acheter en direct de Masy, l’entreprise située à Nouvion le Comte dans le département de l’Aisne, qui occupe 80% de parts de marché sur ce produit en France et qui a élargi sa gamme aux outils de jardin et aux éléments de l'art de vivre au jardin à prendre au sens large, http://urtica.fr/7_masy-lucifer  

. Lire aussi un bon article ancien des Echos d’Yves-Marie Lucot, sur l’attrape-souris Lucifer, la production des Frères Masy, près d’Amiens dans le Nord de la France, une entreprise familiale qui exportait en 2003 plus de 10% de sa production en Belgique, en Suisse, en Angleterre et au Canada, sur http://www.lesechos.fr/16/12/2003/LesEchos/19053-108-ECH_les-freres-masy-perpetuent-la-tapette-lucifer.htm  

. La tapette est vendue aujourd’hui sur le net au coût incroyable de 0,80 E (et 3 E d’envoi postal) sur http://www.droguerie-jary.com/fr/insecticide-repulsif/raticide-souricide/vente-tapette-a-souris-lucifer-masy.html  

. Photos Elisabeth Poulain et le contributeur de Wikipedia pour l’œuvre de Pieter Breughel l’Ancien, avec à la fin une photo d'une petite souris victime d'un jeune chat et que j'ai vu et pu photographier juste après avoir terminé ce billet sur les souricières. Une photo en forme de post-scriptum; c'est étonnant quand même: je ne peux pas dire que j'ai vu au cours de ma vie beaucoup de souris vivantes ou mortes...! 

Souris attrapée par un chat, Cl. Elisabeth Poulain

Souris attrapée par un chat, Cl. Elisabeth Poulain

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Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne

4 Août 2016, 16:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée par le sud, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée par le sud, Cl. Elisabeth Poulain

C’est l’histoire d’un site qui commencerait comme un conte : il était une fois un château fait de pierre blanche de calcaire dominant une vallée à perte de vue, tel un phare en mer, pour veiller au bon développement de plantes méditerranéennes,  des oliviers pour faire de l’huile et des pieds de vigne récemment plantés pour avoir du vin, tout comme des oliviers et des pêchers. C’est un lieu  vraiment très chaud. Il y poussait pourtant des céréales aux temps anciens. Si le vent du Nord continue à y souffler à son aise et le soleil à se réverbérer sur la blancheur de la pierre, la végétation au pied du massif a pourtant beaucoup changé. Il y pousse maintenant, outre des oliviers et  des pêchers, des plants de vigne plantés en ligne et tous pleins de vigueur. 

C’est un site tellement étonnant qu’il a toujours attiré,

. nos lointains ancêtres d’il y a plusieurs millénaires pour s’y abriter contre le froid, la trop grande chaleur, l'ennemi forcément, les bêtes sauvages. Citons par exemple les Celtes, les Romains…

. depuis lors,  au cours des deux derniers millénaires, un nombre étonnant de hauts personnages parmi les différents gouvernants au fil des siècles, qui voulurent absolument y régner comme les monarques des  royaumes…

. aujourd’hui des centaines de milliers de touristes par an, un endroit connu dans le monde toujours qualifié d’ « entier » pour bien en renforcer le poids.

Les Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, arrivée au site, vue sur le vallon nord, CL. Elisabeth Poulain

Oui, vraiment c’est toujours par la pierre que commence cette histoire, une histoire à écrire au pluriel tellement il y a eu d’usages différenciés de cette pierre. Le terme même de Baux vient d’ailleurs du provençal, Baou, qui désigne un rocher. Oui, c’en est de vrai, un beau, un gros qui s’élève à plus de 300m à son point le plus élevé. C’est de là qu’il était possible d’avoir une vue dégagée sur le sud, vers Arles et la Camargue. En des temps d’insécurité, c’étaient de réels avantages qui optimisaient les chances de survie, au point que le site a été occupé dès 6000 ans av J.C. On y a trouvé des traces humaines. Les Celtes ensuite, ces grands guerriers, ont jugé l’endroit à leur goût. C’est une vraie preuve des atouts défensifs du site pour dominer une région.

Chercher le lieu le plus élevé, creuser des grottes dans le calcaire tendre – une notion relative - pour vous y abriter, élever des murets avec les pierres que vous avez pris la précaution de stocker en tas - pas vous - vos ancêtres celtes, un tantinet barbares et qui justement ont survécu grâce à leur puissant ressort vital. Regardez bien autour de vous pour voir l’ennemi arriver, élever des murs là où c’est nécessaire, continuer par ériger des fortifications, des murs, des maisons ensuite ou d’abord la forteresse…et n’oubliez pas de faire des ruelles pour circuler, de mettre des escaliers quand la pente est trop forte…et même une place. Et puis continuer au fil des siècles à boucher, consolider, aménager, ouvrir de nouvelles fenêtres, en fermer d’autres, en élevant plus tard dans le temps des masures, des maisons, un vrai château de vie, des hôtels particuliers, une église, plusieurs chapelles…avec des portes, des porches…En même temps et constamment le site s’adapte au passage du temps, des passages deviennent des ruelles, des petites rues s’ouvrent pour faciliter le cheminement d’un point à un autre, avec forcément des marches pour tenir compte de la déclivité…

Ici, la pierre joue toujours une véritable valse du temps, d’un temps qui l’use, qui oblige à rester tout le temps vigilante, en sachant aussi par exemple être utilisée à d’autres usages. C’est ainsi qu’une grosse pierre de calcaire, qui s’est détachée de la falaise, se fragmente en tombant au sol, ou sous les coups de marteau d’une pierre plus dure, pour devenir une dalle au sol, un morceau de mur de soutien, une pierre taillée de remplacement, voire un projectile contre l’un des nombreux ennemis envoyé du haut…Sur cette île de pierre, rien ne se perd, rien ne s’oublie, tout fait fruit et cela depuis des millénaires…Jusqu’à créer une véritable forteresse qui s’étend sur sept hectares. Un endroit étonnant aussi quand on apprend sur place qu’à creuser le sol, on y découvre un nouveau minerai d’alumine, la bauxite de couleur ocre, qui a permis d’inventer l’aluminium. Excusez du peu…

Les Baux de Provence, ruelle et croisement, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, ruelle et croisement, Cl. Elisabeth Poulain

Au fil des siècles, ce bastion de pierre de calcaire connut une vie réellement très diversifiée selon les époques. On y vit s’y dérouler des Cours d’Amour, des guerres sanglantes entre de grandes familles nobles d’Europe, l’attribution au Roi René d’Anjou qui la remit entre les mains de sa femme Jeanne de Laval. Puis au XVIIe siècle, le roi de France, Louis XIII cette fois-ci, donna ordre de détruire ce qui était devenu alors un château où la Grande Noblesse se piquait de belles lettres, d’art et… d’intrigues séditieuses. C’est le roi lui-même qui fixa une amende de 100 000 livres aux quelques 6 000 habitants, ces mauvais sujets en qui il semble n’avoir eu guère de confiance et qui durent en plus payer les destructions ordonnées.

Parmi les seigneurs des Baux, il est ainsi possible de citer Marie d’Anjou, reine de Sicile et comtesse de Provence, le vicomte Raymond de Turenne - un grand sanglant celui-là - de la famille du pape Clément VI, un prince de la Famille des Médicis… Puis Les Baux devinrent une baronnie de la Couronne de France, avant que celle-ci soit remise à la reine Jeanne de Laval par son mari, le Roi René d’Anjou…Vous partez des Celtes, dont l’ « empire » colonisa à son apogée quasiment toute l’Europe au IIIe siècle avant JC, vous frôlez les Romains, vous vous retrouvez ensuite à Avignon, en Anjou, à Naples aussi…Et maintenant vous accueillez des milliers de touristes, dans un village qui ne compte plus guère que 22 habitants à demeure pour quelques 250 000 visiteurs par an.

Le temps du tourisme et le temps qui passe. C’est le second site le plus visité de la Provence. Au fil des siècles, ce sont les photos qui nous montrent les changements. Il est frappant de constater par exemple combien les abords face sud et sud-est ont été « nettoyés » des nombreuses pierres qui ont eu tendance à rouler vers le bas. Nettoyés aussi des arbrisseaux qui arrivent à pousser dans une faille de la pierre, au risque de faire éclater la roche. Les ruines de la forteresse sont d’autant plus fragiles que les murs ne sont pas étayés ou du moins pas de façon visible.

. Seuls se voient d’en bas une partie de ces très hauts murs soutenus par deux arcboutants de la forteresse incluse dans les enceintes. Ces grandes murailles renforçaient les défenses de ceux qui étaient en haut, des soldats à tous les niveaux de la hiérarchie, des invités en temps de paix, les villageois bien sûr, au service des premiers, tout en sachant qu’il y a eu aussi des retournements de situation fabuleux. Ce sont les villageois - et pas les Puissants - par exemple qui plus tard dans l’histoire ont dû, sur ordre du roi de France, eux-mêmes contribuer financièrement à la destruction des murailles qui les protégeaient en période de guerre. 

Les Baux de Provence, ruelle, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, ruelle, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain
Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth PoulainLes Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Les Baux de Provence, sommet, vue sur le paysage sud, le moulin, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Tout ici rappelle l’autarcie qui obligeait à faire avec ce qu’on a, pour s’adapter au mieux. C’est un vieux principe de d’économie de la ressource qui valait aussi bien pour les murs en pierre que pour les pièces de tissus ravaudés. Et c’est ce qui m’a franchement intéressé : voir comment ce village de quelques 6 000 âmes, à sa grande époque, a pu conserver des témoins visibles de son ancienne architecture couplée d'urbanisme, à des contraintes impressionnantes du fait notamment du resserrement de l’espace. Il y a donc aussi une dimension d’urbanisme spontanée. Ce billet est centré sur les murs, les ruelles, les fenêtres et portes ouvertes ou bouchées, la vue quand il y en a, les surprises de chaque moment, sans chercher du tout à tracer le chemin… C’est une rencontre entre ce qui est et le regard, en cherchant plus à comprendre ou deviner combien les télescopages des styles, des fonctionnalités, des différents propriétaires, des périodes d’abondance ou de dureté ont pu ou pas réussir à coexister.

Pour la beauté de l’histoire et malgré le resserrement de l’espace, la dimension moyenâgeuse de protection s’est enrichie pour répondre à des besoins de rassemblements spirituels et de désirs de beauté patrimoniale. Il y a ainsi une église, plusieurs chapelles et un temple protestant ainsi qu’un cimetière, comme toujours placé à la limite des constructions dans la partie haute. Il s’y ajoute forcément, dans le domaine de la gouvernance et de la notabilité, de beaux hôtels particuliers, un ancien hôtel de ville du XVIIe… Pour la vie courante, il y a aussi des fours banaux pour cuire le pain et … des maisons que l’on a peine à voir vraiment tant elles sont imbriquées les unes dans les autres, avec des murs si nombreux qu’ils cachent la vue et l’impossibilité de prendre du recul.

C’est aussi pourquoi les Baux continuent à être beaucoup photographiés souvent vus du ciel, vus aussi d’en bas, de loin pour avoir la vue sur les parcelles qui modifient profondément le paysage qui a tendance de plus à verdir grâce à la vigne et à l’olivier, en modifiant les angles de vue, pour chercher faire du nouveau…Une belle et bonne façon est de regarder les champs plantés de longues lignes de jeunes oliviers et de plants de vigne. On les voit en arrivant en voiture. Et c’est vraiment un vrai et grand plaisir que d'admirer ce grand paysage des Baux, maintenant dans une nouvelle dynamique active fondée sur la terre, le savoir de l'homme et de la femme, l’avenir et non plus seulement tournée sur le passé...

Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne
Les Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la VigneLes Baux de Provence > La Pierre de Calcaire, l’Olivier & la Vigne

Pour suivre le chemin

. Le site sur http://www.lesbauxdeprovence.com/fr  

. Voir le plan du site sur http://www.lesbauxdeprovence.com/sites/default/files/plan-fr-2013-baux-de-provence.pdf  

. Lire attentivement sa longue histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Baux-de-Provence  avec de beaux clichés  

. Le site de Glanum, près de la Voie Domitienne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Glanum#/media/File:Site_de_Glanum_Nord_2006-07-16.jpg  

. Et la Voie Domitienne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Voie_Domitienne  

. Le tourisme en Provence  https://www.cg13.fr/a-la-decouverte-du-13/le-tourisme-en-chiffres/  C’est Notre Dame de la Garde à Marseille, qui remporte la Ière place avec ses 800 000 visiteurs/an

. Visiter et goûter des producteurs d’huile d’olive dorée de l’AOC des Baux de Provence sur http://www.aoc-lesbauxdeprovence.com/les-professionnels-de-l-olive/itineraires_decouverte.htm  

. Lire le bon article, enrichi de belles photos, qui est consacré à la réussite de l’olivier aux Baux de Provence sur http://voyage.blogs.rfi.fr/article/2014/02/03/sur-les-chemins-de-lolivier-dans-les-baux-de-provence#comment-6045  

. Retrouver dans l’aire d’appellation des Baux, le Domaine de Lauzières, avec à sa tête Dan Schlaerpfer, un vigneron suisse sur http://www.lesvinsdesbaux.com/les-hommes-d%e2%80%99ici/domaine-de-lauzieres-dan-schlaepfer/  Il est associé avec Gérard Pilon, sur http://www.balisiers.ch/balisiers-fr/provence , tous deux sont également propriétaires-vignerons du Domaine des Balisiers dans le canton de Genève, en Confédération helvétique…

. Egalement aussi une vigneronne, Dominique Hauvette, qui travaille en biodynamie sur http://www.lesvinsdesbaux.com/les-hommes-d%e2%80%99ici/domaine-hauvette-vigneron-baux-de-provence/  

. Photos Elisabeth Poulain

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La danse des souris > Du proverbe à la pub > L’Illustration 1910-07-10

2 Août 2016, 09:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Le proverbe d’abord. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent… Ce vieux dicton existe depuis au moins le XIIIe siècle, pas seulement en France, dans plus de vingt- deux autres pays dans leurs différentes langues et même en esperanto. Avec par exemple l’autre version anglaise cette fois-ci, when the cat  is away, the mice will play, que certains d’entre nous ont dû entendre quand ils étaient petits. La différence est qu’elles jouent au lieu de danser. Dans les pays du Nord par exemple en Norvège et plus à l’Est en Pologne, les souris en profitent pour danser en plus « sur la table », ce qui prouve à la fois leur flair et leur profonde intelligence, parce qu’il y reste presque toujours des miettes. 

C’est le genre de dicton que l’on connaissait bien et même très bien tant à la campagne qu’en ville. Des récits anciens montrent le savoir-faire des « ménagères» contre ces voleurs de nourriture, que l’on enfermait dans des garde-mangers en bois léger de peuplier muni d’une ouverture à grillage fin. Ceux-ci étaient placés dans des endroits frais, parfois aussi avec les quatre pieds du petit meuble reposant sur des cailloux dans des coupelles remplies d’eau ! Autant d’embuches pour couper la route à ces petits mammifères intelligents.    

L’attitude différenciée de la société envers les souris et les rats. Les premières ont toujours été  mieux « acceptées » que les seconds. La confusion est parfois même entretenue volontairement par des peintres, qui n’hésitent pas à représenter les premières alors que le titre nomme les secondes. Quoi qu’il en soit, les mots témoignent en ce sens : les rats continuent à faire peur, alors qu’on peut faire de l’humour avec  les souris qui dansent. C’est ce que nous allons voir avec deux visuels du même dessinateur à deux ans d’intervalles.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

. L’Illustration. Nous sommes en 1910, le 10 juillet plus précisément. Vous ouvrez votre hebdomadaire et commencez comme à chaque fois par les « Annonces », le journal se terminant de même, avec 8 pages en introduction et autant pour conclure. On ne parlait pas de publicité en ces temps-là. Ce numéro contient par exemple en partie Annonces , la page 3, la meilleure, consacrée aux vêtements Homme et Femme de la Belle Jardinière ainsi qu’à une photo d’une Daimler décapotable avec des roues à rayons, en page 2 des pilules « Galegine de Nubie » pour avoir une belle poitrine pour les femmes, en page 4 une demi-page de belles vaches dans les alpages – des Ferrandaises peut être ? – pour la farine Lactée Nestlé et … en bas de la page 4, le dessin du dessinateur GASSE pour la publicité qui parle des rats, des souris…

Le visuel de 19,8cm de long sur 9,5cm de haut aux coins arrondis. Il montre des souris danser gaiment dans la nuit autour d’une lumière qui pourrait provenir d’un feu de camp, comme il en était d’usage à la Saint-Jean en Bretagne, en Normandie... La source lumineuse blanche a pourtant la forme d’une petite maison. Les petites souris se tiennent debout sur leurs pattes arrière en se donnant « la main » grâce à leurs pattes avant. L’atmosphère est joyeuse. Deux d’entre elles gisent pourtant à terre, avec trois cafards sur leurs pattes, eux. Ceci grâce à « ATTILA, les procédés » qui garantissent la « Destruction infaillible des RATS, SOURIS, CAFARDS…etc. » grâce au chimiste-inventeur « MERING » situé au 84 boulevard St Honoré (en face le palais de l’Elysée), Paris, avec le n° de téléphone 246.28. »

Dans ce Ier encart publicitaire de GASSE, je retiens les éléments suivants : d’abord le mot de RATS écrit en gros caractères, en montrant des petites souris qui dansent, un adjectif tel qu’infaillible, le nom du procédé Attila, l’adresse cotée en face le Palais de l’Elysée, la précision du métier de Méring, Chimiste-Inventeur, sans que l’on sache s’il s’agit d’une personne encore vivante –il y aurait alors son prénom-, alors ou bien si c’est le procédé appelé ainsi sans qu’on parle d’un brevet. Le résultat est surprenant, dans la mesure où les souris en train de danser – sauf pour celles qui sont par terre - ont l’air sympathique, alors que le dessinateur a choisi d’attiser la crainte par le terme de rat en gros caractères pour être assuré de fixer l’attention des lecteurs de l’Illustration.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

. Deux ans le nouveau visuel de GASSE sur Méring Chimiste-Inventeur a changé. Parue en avant dernière page de l’hebdomadaire en date du 9 mars 1912, le visuel occupe maintenant tout en bas un bandeau de la largeur de 27,6cm du journal sur une hauteur de 3cm. En conséquence le dessinateur a dû modifier son visuel. La page entière est imprimée en bleu marine foncé. C’est déjà une recherche de couleur pour valoriser la publicité.

Les souris ont perdu de leur importance. Ce sont maintenant quatre rats qui attirent l’attention. Ils ne forment plus une joyeuse équipe dansant la nuit autour d’un feu de joie. Deux d’entre eux tiennent ce qui ressemble à une lanterne de chaque côté. Cette lumière tisse un écran long et étroit sur lequel s’imprime la formule qui n’a que légèrement changée : Destruction Infaillible des / RATS, SOURIS, CAFARDS. ETC./ par les procédés Attila/ MERING, Chimiste-inventeur (tel 246-28) / 84, Faubourg Saint-Honoré, En face le Palais de l’Elysée, Paris./

Outre les deux rats de devant et les deux de derrière, il y a maintenant de chaque côté quatre souris blanches et trois grises, dont l’une nous regarde de face. En plus il se trouve aussi un espèce ( ?) de raton de chaque côté dont le museau empiète sur ce losange étiré et parfaitement symétrique. L'autre différence - minime - est que GASSE a réussi a placé sa signature en haut à droite et non plus en bas.

                                                                          *

Le bilan. Le premier visuel est plus attirant au regard du concept du dessin montrant des petites souris en train de danser gaiement le soir autour d’un feu. Le second n’a plus grand atout pour attirer et retenir l’attention. Les rats sont devenus les maîtres de la lumière, les cafards ont leur nom inscrit en aussi gros caractères tout en disparaissant du dessin…Quant à la suite de la Maison Méring, je n’en ai pas retrouvé trace après dans les quelques exemplaires que j’ai pu me procurer sur la Grande Guerre…Après 1918…c’est un autre monde qui est né…Beaucoup de choses avaient changé, à commencer par les annonces, cette publicité qui est un des  parfaits miroirs de notre société maintenant mondialisée.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans L’Illustration, n°3515, 68me année, 9 juillet 1910, Annonces en page 4

. Visuel en bleu marine dans L’illustration, n° 3602, 70 me année, 9 mars 1912, Annonces en suite de la page 24, qui et le verso de la page 4 de couverture, Annonces aussi, non paginée également.

. Le même visuel en encre noir a été utilisé sans modification dans l’Illustration du 4.01.1913, cette fois-ci en bas de page 16 des Annonces, en face du verso de la 4 de couverture.

. Sur ce blog, voir l’article http://www.elisabethpoulain.com/article-le-rat-en-n-4-dans-la-hierarchie-des-viandes-en-periodes-de-famine-116307249.html  

. Lire aussi un autre article http://www.elisabethpoulain.com/article-de-l-importance-du-chat-et-du-rat-dans-l-apprentissage-de-la-lecture-107095282.html

. Un troisième article, que j'ai failli oublié sur "Le petit chalet à foin posé sur des pierres plates, les Alpes, le rat" sur ce blog  https://my.over-blog.com/write/60234884  

. La souris sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris  

. Le rat sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rat  

. Essayer de lire l'étude passionnante et d'un compliqué incroyable sur « Attila le Hun » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila   

. Clichés Elisabeth Poulain

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Amsterdam, la Ville du Vélo > La couleur, le pont, l’eau & les façades

31 Juillet 2016, 16:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Amsterdam, les vélos, le pont, l'eau du canal et les façades, Cl. Elisabeth Poulain

* Amsterdam, les vélos, le pont, l'eau du canal et les façades, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire de vélos qui se déroule toujours à Amsterdam en hiver, quand il vient de pleuvoir et qu’il fait doux. C’est un moment idéal pour se promener dans le centre ancien d’une ville très ancienne, à un moment de l’année où on ne voit guère de touristes. Il y fait bon partir à l’intuition, avec bien sûr une carte dans la poche et l’assurance aussi de toujours pouvoir demander son chemin à un passant, ou s’il n’y en a pas, à un commerçant. Ils sont toujours tous très accueillants, surtout quand vous leur expliquer en anglais comment vous vous promenez. Ca les fait rire d’entendre que des gens partent à la découverte de leur ville uniquement au flair : à droite, à gauche, tout droit…quitte aussi à revenir en arrière! On ne se trompe pas quand on découvre.

Le cliché vous montre une belle rencontre sur le pont qui surplombe un des grands canaux du centre, entre quelques vélos attachés à la rambarde. Ce sont, fait remarquable, trois vélos de dame tous tournés dans le même sens vers la gauche, avec un noir à l’avant, un jaune superbe à mon goût et un orange très réussi également à la fin. Notons que tous sont attachés, le premier à l’axe du guidon à la seconde rambarde, le second également mais par la roue avant en incluant le poteau et le troisième par l’axe de la selle avec le pneu arrière à la 2e. . Notons que les anti-vols sont tous différents, avec pour le Ier une grosse chaîne revêtue d’un plastique noir à l’avant, un long tube souple pour le Ier  et une grosse chaîne couleur métal pour le 3e vélo. Deux des vélos, ont de très grandes sacoches de couleur claire vides.

Amsterdam, les vélos, le pont, l'eau du canal et les façades, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, les vélos, le pont, l'eau du canal et les façades, Cl. Elisabeth Poulain

La photo nous les présente presque au milieu du pont, sur le trottoir couvert semble-t-il de plaques de grison (?) ou ciment teinté, avec en avant vers nous, une piste cyclable d’un rouge foncé ressemblant à la couleur de la brique, ce qui est rare dans le centre. Et c’est à ce moment que vous vous mettez à regarder les lignes qui structurent le cliché, horizontales et verticales.

Les lignes à tendances horizontales et + et le nombre de plans séquences qui peuvent exister en partant du bas. Si je garde uniquement les grandes lignes, entre la séparation du couloir-vélos, la bordure du trottoir, la rambarde…, la ligne des conteneurs haut et bas, celle des immeubles qui se tiennent sur le quai, et les innombrables ajouts en hauteur sur le top des immeubles et en retrait, le chiffre auquel j’arrive à une variation de situation, entre 20 et 30 et +…

Quant aux lignes verticales des différents plans, il est aussi fabuleux. Aucun des immeubles d’abord ne ressemble à un autre, aucun ne se termine en haut comme il a commencé en bas. Chacun a sa différence et visiblement la garde au fil des siècles, les ajouts ne faisant que renforcer la différenciation. Par ailleurs, la recherche de l’équilibre structuré est très forte, autant pour l’usine de la Brasserie Heineken (me semble-t-il) à droite du cliché et qui en haut se prolonge dans l’immeuble voisin, que pour tous les autres immeubles. Ce sont les couleurs qui attirent, de la brique rouge foncée, des fenêtres blanches avec des jeux de pierre blanche de modénatures, du beige ocre pour des balcons très travaillés en hauteur…

C’est là qu’on découvre une des particularités de l’architecture du centre ancien d’Amsterdam, qui est la recherche d’espace. Des immeubles se découvrent comme celui qui figure en quatrième position. Il n’occupe que trois fenêtres, sans perdre sa volonté de prestige pour autant. Il se situe en arrière, à la hauteur du vélo noir ; c’est celui qui possède le « bow-window » blanc. Pour le voir plus facilement, regarder en haut, comment se présente son balcon simple en retrait par rapport à la façade. Pour compenser la faible largeur de leur façade, les immeubles poussent en hauteur et s’étirent en longueur, les uns accolés aux autres, quitte en milieu, à avoir des espaces sans lumière naturelle.

 

Amsterdam, Zone portuaire, la nuit, les immeubles au bord de l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, Zone portuaire, la nuit, les immeubles au bord de l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Et comme il faut une fin, pour vous changer d’atmosphère, voici un cliché de nuit en zone portuaire  pris à partir des quais, sur les immeubles de l’île d’en face. Cette fois-ci, vous pouvez admirer de grands volumes, sans aucune ornementation, qui impressionnent, en s'appuyant cette fois-ci sur leur longueur et non plus la hauteur, comme une volonté de prise de possession et de puissance...Un formidable télescopage, qui change le regard, les façons de vivre et le rapport entre les gens...

                                                                            *          

Pour suivre le chemin

. Voir les autres billets sur ce blog

. L’histoire d’Amsterdam sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Canaux_d%27Amsterdam  

. Bow-window est un faux anglicisme, qui me parle plus qu’ « oriel » en français, à voir sur https://fr.wiktionary.org/wiki/bow-window  

. La liste des canaux est à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Canaux_d%27Amsterdam  

. Photos Elisabeth Poulain

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Rouge, Je suis belle, J’ai de l’humour, Je suis « La vache qui rit »

25 Juillet 2016, 16:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Disons-le  tout net. Il n’y a pas beaucoup de visuels publicitaires qui me montrent faisant de l’humour, du vrai de vrai, de l’humour humain, j’insiste bien, de l’humour pour les gens, pas pour les vaches. Parce que nous les vaches, on est plus fine que ça ;  on n’a pas besoin de faire de l’humour, avec HUMOUR marqué en gros sur notre large front. Ca, c’est bon pour les gens. Des fois mes copines et moi, on les trouve lourd de lourd. Qui ? Mais les gens bien sûr.

Nous les vaches, on se comprend d’un coup d’œil  et les hommes et les femmes qui nous entourent n’y voient goutte, Goutte de lait !  Bien sûr ! Quand je vous dis que vous êtes un tantinet lourd. Bon, ne nous égarons pas, si non  on y est encore demain matin sans avoir  dit un mot du sujet du jour, l’humour vache, mais attention, avec une précision tout de suite, l’Humour Vache qui Rit, fondé sur l’humour visuel, celui qui se passe – presque – de mots. Il suffit seulement d’un titre écrit en gros.

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth PoulainPublicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

. 1 « Ne me faites par rire, j’ai les lèvres gercées ». C’est le premier visuel qui nous présente. On y voit la tête d’une bonne vache, curieuse certainement, inquiète peut être pas, qui regarde en haut sur le côté, pour comprendre. Elle est prise d’en bas de façon à mieux voir le bas de sa bouche bien fermée, et sans qu’on puisse voir ses lèvres. Sa tête est très expressive. Elle se demande visiblement ce qui se passe. Ce doit être une Holstein, avec ces taches noires sur fond blanc ou l’inverse, taches blanches sur fond noir. Tout dépend de l’emplacement sur le corps et la tête et de la vache.

. 2 « Je ne suis pas chatouilleuse. Je ne suis pas chatouilleuse ». Le second visuel est plus classique. On voit une vache qu’une fermière assise sur son petit tabouret « spécial traite » à quatre pieds –il y en a aussi à trois - est en train de traire. On devine le seau entre les jambes de la dame et les pattes écartées de la bête. Cette (vache) Ferrandaise est très calme et très intéressée par la caméra et/ou le, la photographe. C’est d’autant plus étonnant, qu’à l’époque vraisemblable de la prise de vue, un peu avant ou après le passage à l’an 2000, les vaches n’étaient déjà plus traites dans les prairies. C’est mon premier étonnement et le second porte sur le fait qu’on ne voit pas d’autres vaches.

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Quelques mots pour finir. Ces deux visuels m’avaient été adressés par Bel au début des années 2000 pour montrer à des étudiants B+5 comment une grande entreprise française communiquait à l’export sur ses productions. La démarche était intéressante surtout quand on sait que, si les cibles principales à l’époque étaient bien les enfants, ce n’étaient pas eux qui achetaient ces fromages de marque française connue en France et à l’export, mais sans savoir sur quels marchés étrangers ces visuels ont été utilisés ou non.

De mémoire, c’est le premier visuel qui a amusés les étudiants et la proximité visuelle entre la vache rouge de la publicité et des vraies vaches « sérieuses ». Quant au soi-disant chatouillis, en réalité la vache est soulagée d’être traite, tant ses pis gonflés de lait peuvent devenir douloureux, si par hasard la traite avait lieu plus tardivement. Ce billet fait suite à l’étonnement teinté de regret de ne plus voir guère de vaches dans les prés. C'est la raison pour laquelle, je vous présente un très beau cliché de Jean-Pol Grandmont, un grand contributeur de belles photos sur wikipedia. Le troupeau a été photographié au Puy de Sancy en 2005.  

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia  Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir les races de vaches bovines en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_bovines_de_France  

. Voir la Holstein, originaire de la Frise aux Pays-Bas, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Holstein_(race_bovine)  

. Découvrir la Ferrandaise sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrandaise  

. Retrouver la Vache qui Rit, fondée en 1921, sur son site du Groupe Bel sur http://www.groupe-bel.com/fr/marques/les-marques/la-vache-qui-rit/  et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/La_vache_qui_rit  

. Découvrir la Vache sérieuse, 1926-1959, la concurrente de la VQR et qui a perdu le procès en contrefaçon intenté par la première en 1959 justement. Depuis elle a pris le nom de Vache Grosjean sur http://vache-grosjean.blogspot.fr/  

. Parcourir avec beaucoup d’intérêt, une étude très documentée sur http://heraldie.blogspot.fr/2013/05/la-guerre-des-vaches.html  

. Photos des visuels Vache qui rit, Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au Groupe pour son envoi il y a quelques années et, sur wikipedia, à Jean-Pol Grandmont pour le troupeau de Ferrandaises, Ellywa pour la Hollstein et Jean Colas pour la Ferrandaise... 

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Amsterdam, le vélo noir de dame à fleurs et parapluie sous la pluie

22 Juillet 2016, 15:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

* Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

La scène. Elle se passe l’hiver sous la pluie dans la zone universitaire près du port. Le vélo est au bout de la rangée des vélos attachés à une barre d’accroches-vélos surchargée, comme presque toujours. C’est là aussi, où on voit le plus de vélos à terre toujours fixés et non relevés. Le cas aujourd’hui montre une bicyclette trop inclinée, vraisemblablement  par surcharge d’autres vélos voisins.  

Comme souvent ce vélo de dame porte à l’avant le grand cageot noir, qui oblige à rehausser le niveau de la selle et le guidon qui s’élève d’autant. Visiblement, la cycliste a voulu personnaliser son vélo en attachant des roses roses foncés à l’avant sur le cageot, avec du feuillage vert. Pour pousser la personnalisation, elle a ajouté un petit bouquet de marguerites roses foncées à  l’axe et une attache du même  rose à la sonnette à gauche.

Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, vélo de dame, avec cageot à fleurs et parapluie ouvert, Cl. Elisabeth Poulain

Ces éléments d’ornementations sont en plastique de façon à pouvoir durer dans le temps. Ils offrent aussi l’avantage certain de pouvoir d’un regard repérer son vélo d’une dizaine d’autres très ressemblants ou identiques proches. Les fleurs sont aussi un langage direct pour montrer que l’usager est une femme, mais comme on voit que c’est un vélo de femme, on peut dire que ce sont des renforçateurs d’identité, tout comme le grand cageot. Celui-ci semble en effet n’être utilisée que par des femmes, à croire qu’il n’y a qu’elles pour faire les courses.

Autre élément de sociologie urbaine, le parapluie bleu à pois blanc. L’étonnant est qu’il soit à terre et ouvert. Je ne sais dans quel ordre, il faut en parler. Je gage en plus qu’il appartient au vélo noir, car c’est un petit parapluie de femme, normalement repliable. Une hypothèse est qu’il devait se trouver sur le cageot, et que la personne l’ait oublié, ouvert, en le posant dessus. Il est ensuite tombé et personne n’a pris le soin de le replier, sans chercher non plus à l’abîmer.

Pour suivre le chemin . Voir la petite série qui débute sur ce thème, qui n’a pour objectif que de montrer la ville, sous un aspect sociologique, au mois de novembre, à un moment de l’année où il pleut souvent, sans qu’il fasse froid, où les touristes sont peu nombreux, les étudiants en cours pendant la journée. Cliché Elisabeth Poulain

Amsterdam, immeuble érigé dans l'eau du port d'un côté et sur la terre d'une ile de l'autre, Cl. Elisabeth Poulain

Amsterdam, immeuble érigé dans l'eau du port d'un côté et sur la terre d'une ile de l'autre, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir la petite série qui débute sur ce thème, qui n’a pour objectif que de montrer la ville, sous un aspect sociologique, au mois de novembre, à un moment de l’année où il pleut souvent, sans qu’il fasse froid, où les touristes sont peu nombreux et les étudiants en cours pendant la journée.

. Clichés Elisabeth Poulain, le premier juste après la pluie, le second à un moment de soleil un autre jour... 

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Le Château de Gaillon, vu sur & d’en bas de la ville de Gaillon, Eure

20 Juillet 2016, 16:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Gaillon, Château de Gaillon, vue d'avion, Olivier Cambus, 2016, wikipedia

* Gaillon, Château de Gaillon, vue d'avion, Olivier Cambus, 2016, wikipedia

Le titre du billet. Le titre est presque complet. Il suffit seulement d’ajouter que l’Eure est un département français, qui fait partie de la Normandie. Comme beaucoup de châteaux défensifs, celui de Gaillon a été érigée sur une colline en rive gauche de la Seine, de façon à permettre aux soldats du château de surveiller le fleuve d’en haut pour guetter la venue d’ennemis arrivant d’en bas par la mer puis par l’eau, du moins à une certaine époque. Cette dimension défensive a été aussi très vite complétée par une dimension hédoniste, qui montrait déjà la recherche d’un plaisir de vivre à ceux qui avaient le privilège d’être là-haut par rapport à ceux d’en bas.   

Le thème porte aujourd’hui sur l’inversion du regard, qui va cette fois-ci du bas vers le haut, sans chercher à vous montrer toutes les vues que l’on pourrait avoir du château, ni celles prises par exemple de l’autre rive - la droite - de la Seine- aux alentours de Port Mort par exemple.  

Gaillon, Château de Gaillon, plan-masse, Cl. France Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, plan-masse, Cl. France Poulain

Gaillon, Château de Gaillon, 1vue-avion-Olivier Cambus-wikipedia, 2vue Cour intérieure, Cl. Elisabeth PoulainGaillon, Château de Gaillon, 1vue-avion-Olivier Cambus-wikipedia, 2vue Cour intérieure, Cl. Elisabeth Poulain

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La colline. Elle domine la ville de Gaillon, au point que d’en bas, près des maisons proches, il faut vraiment lever la tête pour apercevoir le pavillon d’entrée au toit à deux pans au toit et aux tourelles si originales. C’est la vue la plus célèbre, celle qui vient immédiatement à l’esprit quand on parle de Gaillon. Sauf prise de vue aérienne, seules certaines composantes du château sont visibles de l’extérieur. Il s’agit du pavillon d’entrée et côté nord, de la longue galerie sur le val. Les deux autres côtés sont édifiés à flanc de coteau et ne peuvent être vue que du haut des propriétés d’au-dessus, voisines du château, de ses murs et/ou de son parc. Quant au parc du haut et à la forêt qui forment la dernière partie, ils ne sont pas visibles d’un promeneur d’en bas ou d’en haut.

 

La forte déclivité du site a été utilisée dès les premières constructions qui y furent édifiées, après creusement, nivellement, établissement de paliers pour optimiser la situation très intéressante et répondre aux trois fonctions assumées par le château.

. Gaillon a en effet eu une forte importance en terme de défense militaire au fil des siècles. Outre ce château fortifié situé en haut, des fossés creusés en bas en rond permttaient  de renforcer la protection du site. Le nom médiéval de la rue à la forme cirulaire, d'où j'ai pris des clichés entre les maisons, en témoigne  "Rue des Arrière-Fossés". Ceux-ci doublaient en extérieur la première ligne de fossés, déjà renforcés par un talus...Ce qui m'avait attiré, c'est la forme circulaire de cette petite rue, sans prétention.    

. Il l’a été également au titre de château de loisirs, dotée d’un parc à la française impressionnant dans un tel site, où en arrière sur la haut de la colline se développe une belle forêt. Je n’ose imaginer le nombre de personnes qui durent être utilisées pour faire de tels travaux et ensuite pour entretenir ces aménagements et servir les différents maîtres des lieux.

. Sa troisième fonction a également entraîné des modifications profondes des espaces. Certaines parties des bâtiments anciens subsistant, en particulier les souterrains, furent transformées en prison ; d’autres constructions carcérales nouvelles furent érigées hors la vue, dans le parc haut, dans des parties maintenant reprises par la forêt, en creusant dans la colline, donc au plus loin possible de la vue sur la vallée.

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Gaillon ville, vue sur le château, rue des Arrière-Fossés,Cl. Elisabeth Poulain

L’implantation a comme conséquence que seules certaines parties du château sont facilement visibles en descendant par la sente directe qui part plutôt vers la droite, de l’entrée du château au centre de la ville, en arrivant ensuite devant l’église – en bas - qui fait face au château – en haut -. Cette ruelle pentue et dotée aussi de quelques marches porte un nom prestigieux, celui de la Reine Margot.

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Une autre sente, cette fois-ci plus longue et moins accentuée permet de longer le côté, avec une longue vue et sur la galerie et sur le bout du Pavillon Vauban. Cette allée pentue part presque d’en face la porte du château pour longer en pente douce et sans escalier la pente pour arriver place du lavoir en direct, en bas des murs des douves qui prennent fin en bas de la Tour de la Sirène. Pendant la descente, vous pouvez admirer la Galerie sur le Val qui permet d’en haut d’avoir une vue profonde sur la vallée. Admirer les beaux paysages figurait déjà au titre de l’Art de vivre au XVIe siècle.

 

Ma promenade, partie du château, m’a conduite très vite par la sente rapide, avec quelques marches, en faisant deux coudes prononcés, qui passe entre de très vieilles maisons au cœur de la ville ancienne. Puis, sur la place de l’église, j’ai emprunté une rue sur ma droite et encore à droite, pour acheter un journal, et de là, j’ai poursuivi ce petit tour par ma droite pour faire une boucle, pour retrouver une des rues pénétrantes anciennes dans la ville. Je suis ensuite repassée aux abords de la place de l’église pour emprunter une rue parallèle à longue galerie du château en haut et les hauts et profonds murs des douves. Arrivée au bout, avant qu’un embranchement, on peut alors voir cette partie latérale du château, qui s’ouvre sur la vallée.

 

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 La remontée. C’est la partie la plus visible et la plus longue du château qui est aussi la plus facile à photographier par les promeneurs. Le regard alors se porte en remontant sur la profondeur des douves, la hauteur des murs de l’assise et la longueur de la galerie qui se termine par la haute Tour de la Sirène.

Côté Pavillon Colbert, ce sont surtout à nouveau les murs qui soutiennent cette fois-ci la terrasse haute entre le long pavillon Colbert qui ferme la cour d’entrée du château et qui marque la séparation avec l’ancien parc où se trouvait la colonie pénitentiaire enserrée entre le parc devant, avec des hauts murs qui retiennent la terre et la forêt libre d’accès qui se trouve en continuité du site.

 

Gaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien du vertugadin, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien du vertugadin, Cl. Elisabeth PoulainGaillon ville, remontée au Château par la sente douce, mur de soutien du vertugadin, Cl. Elisabeth Poulain

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De la petite rue d’en bas, on peut voir maintenant le mur de soutien de cette terrasse mais sans vraiment voir le Pavillon Colbert dont on aperçoit le toit. En bas subsiste une petite rue bordée d’un mur de hauteur somme toute modeste qui clôt cette longue parcelle entre le mur de soutien du haut et la rue qui ne comporte pas de maison visible de cet endroit, ni sur la gauche, côté château, ni sur la droite.

Une longue parcelle rectangulaire –  non constructible - en bas du côté droit de la petite rue est protégée au titre des monuments historiques, car elle faisait aussi partie du parc. La partie pentue et verdoyante située en contrebas de la terrasse du château et du pavillon Colbert, également non constructible, appartient au château. C'est ce qu'on appelle le vertugadin. Et c’est ainsi que s’est terminée la seconde boucle pour voir le château d’en bas, du milieu de la pente et d’en haut, une fois arrivée à nouveau au pavillon d’entrée. Avec en prime une vue d'été un jour d'orage de la galerie et de la Tour d'un côté en repartant et du pavillon Colbert de l'autre en hiver...une fois précédente.

 

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Pour suivre le chemin

. Aller visiter le château de Gaillon et ce coin de la Vallée de la Seine, dans le département de l’Eure; retrouver Gaillon, sur www.ville-gaillon.fr
https://www.facebook.com/pages/Ville-de-Gaillon/148036188690115

. L'adresse du Château, Allée Ermitage, 27600 Gaillon, Tél. :+33 (0)2 32 77 23 80

. A connaître aussi l'Association de l'ARC - pour la Renaissance du Château,  très active et qui porte bien son nom, placée sous la présidence d'Yves Domergue. Voir le site de la mairie consacrée aux associations pour connaître ses coordonnées, en page 37 sur http://www.ville-gaillon.fr/iso_album/guide-gaillon-2016_la_der.pdf.  

. Retrouver l’histoire mouvementée du château sur la fiche n°11 de l’Essentiel de la Connaissance sur Château Gaillon, de France Poulain http://www.eure.gouv.fr/content/download/4631/28674/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_11 _chateau_gaillon_historique_complet.pdf  .

. Carte du Château, France Poulain, avec mes remerciements  

. Voir aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaillon  

. Ainsi que sur "Sites & Monuments, Historic Sites & Monuments, Normandy's Heritage, Edition 2016, en page 33 avec tous les renseignements et une très belle photo pour une fois prise sur l'autre côté du Château  et pas la Galerie sur la vallée... 

. Retrouver, sur OpenStreetMap, l’emplacement du château avec les deux sentiers en pointillé rouge qui partent d’en haut vers la ville, sur https://tools.wmflabs.org/wiwosm/osm-on-ol/commons-on-osm.php?zoom=16&lat=049.161389&lon=0001.330556  

. Sur mon site, voir http://www.elisabethpoulain.com/article-au-chateau-de-gaillon-la-semaine-europeenne-de-la-charpente-2013-119063093.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, Olivier Cambus - source wikipedia- pour la vue d'avion avec mes remerciements.

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