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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Vive l'Année chinoise du Lapin > Grenier Saint-Jean > Angers

7 Février 2011, 12:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le Grenier Saint-Jean a une formidable qualité d’accueil. Blog 2011.02.05 048Il sait aussi bien abriter :

. les Angevins lors de la présentation des 3 équipes d’Architectes-Urbanistes et Paysagistes pour l’Opération des Berges de la Maine,

. que les vignerons engagés dans les vins en bio et biodynamie à l’échelle européenne,

. ou avant-hier les amis et les participants du défilé du Nouvel An Chinois en ce tout début de l’Année du Lapin. Un bon animal lunaire qui n’aime pas la violence, la confrontation ou les conflits. Tout au contraire, il est le symbole de la tranquillité, du confort et de l’harmonie.  

 

Blog 2011.02.05 025C’est bien l’harmonie qui régnait ce samedi 5 février. Une harmonie des couleurs chaude avec le rouge traditionnel en ce jour, le jaune des tenues des jeunes porteurs du dragon, la couleur pierre des murs et le jeu des lumières. Le vert jeune du Dragon Long éclatait sur le mur. L’harmonie  venait aussi des neuf symboles qui lui donnent leurs forces en synergie. Avec sa tête de chameau, ses yeux de démon, il pointe des oreilles de bœuf, des bois de cerf et a un cou de serpent. Ses pattes sont celles d’un tigre. Il emprunte ses serres à l’aigle. Son ventre de mollusque porte 117 (13 x 9) écailles de carpes. Pour être bien sûr de son pouvoir bénéfique, le dragon cache en plus une perle dans sa bouche ou sous son menton en gage de prospérité et d’abondance.      

 

Blog 2011.02.05 032Une harmonie qui se traduisait aussi par un accueil charmant de la part de toutes celles et de tous ceux qui ont fait de cette fête un moment chaleureux. Il suffisait pour s’en convaincre de voir la queue qui s’étendait devant certains stands. Citons en particulier, la table des deux peintres de lettres chinoises qui offraient à qui avait la patience d’attendre la peinture du mot demandé : prénom pour l’un, Rodolphe pour une maman…

 

A leurs côtés, quelques jeunes filles du Lycée Bergson accompagnées par leur professeur de chinois, une pétillante jeune femme d’origine chinoise qui leur enseigne cette langue, la première au monde par le nombre d’utilisateurs et une langue porteuse d’une très grande culture. Cai Yuzhen (en écriture phonétique) - Wendy Garcia pour l’Education nationale-  est professeur à Bergson depuis 12 ans ; C’est dire qu’elle connaît vraiment bien les jeunes et leur approche de la langue et de la culture chinoise. Elle a eu la bonne idée d’apporter des livres chinois pour apprendre le chinois, langue étrangère, pour des Occidentaux. Wendy nous a ainsi montré comment s’écrivait « Balayer ».     

 

Blog 2011.02.05 019Auparavant, nous avions été accueillis par deux très souriantes « ambassadrices » :

. Yilan, étudiante en Master Français langue étrangère à Angers, qui se prépare à un poste dans les échanges interculturels

. et Yun-Ling, Céline, à Angers depuis 25 ans. Elle est envoyée spéciale sur des salons économiques internationaux. 

 

A l’opposé de la porte d’entrée du Grenier, une jeune femme assise pinçait les cordes d’une longue cithare, le guzheng, à 21 cordes plaBlog 2011.02.05 045cées sur 21 chevalets amovibles. Elle était cette musique issue d’une pratique très ancienne et qui requiert une haute maîtrise. C’est par elle que s’est terminée pour nous cette ballade qui s’est poursuivie pour d’autres avec le Dragon de l’autre côté de la Maine, en rive gauche d’Angers.      

 

Pour suivre le chemin

. Connaître l’essentiel sur le Nouvel An chinois sur           http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_An_chinois

. Voir le Lapin sur

http://www.nouvel-an-chinois.com/content/ann%C3%A9e-du-lapin

. Lire la relation entre le lapin et la culture sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapin_dans_la_culture

. Découvrir l’instrument sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Guzheng

. Ecouter le son du Guzheng sur  http://www.philmultic.com/guzheng/french.html

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Ca vibre en soirée à Tati avec les Patati Masqués > Angers

3 Février 2011, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Comme à chaque fois en janvier, l’équipe du Centre Jacques Tati a cœur à fêter la nouvelle année au cours d’une grande soirée chaque fois différente pour mieux souligner les différentes facettes de la créativité des ateliers. C’est aussi l’occasion de présenter des nouveaux talents ligériens. La cuvée 2011 n’a pas manqué à la règle, avec une soirée très éclectique au Centre  Tati de Belle Beille à Angers.  

Centre Tati, Mathias Jagueneau, AngersMathias

C’est lui qui nous accueille avec un jus de fruit et de jolies verrines préparées par le Resto Troc voisin. Il est le responsable de l’atelier "Informatique", qui recueille tous les suffrages, et du Journal du Centre Tati, sans compter ses autres activités au Centre.

 

C’est tout bon en bouche et l’œil est ravi par les couleurs. Chacune, chacun parle  à ses voisines et voisins. On échange, on parle ‘chats errants’ avec Annie, photo avec une jeune professionnelle en recherche d’emploi…    

  Centre Tati, Nazair, Angers

Nazair

C’est un jeune chanteur intimiste qui a ouvert en douceur la soirée à la guitare, avec des chansons ténues et vibrantes d’une musique fragile qui parle de « jolies petites histoires » d’amour et de nostalgie, avec aussi de temps en temps des clins d’œil pour décrire « l’histoire d’un mec trop beau, un peu chiant ». A côté de nous, des jeunes femmes rient. Une façon originale d’ouvrir la soirée avec l’auteur d’Emma.  « C’est vrai qu’elle boit beaucoup Emma, c’est vrai qu’elle est jolie Emma… »

 

Centre Tati, Olivier Dj Stok, AngersOlivier DJ Spok

C’est lui qui officie derrière la console. Il adore la musique et le son. Il est l’animateur jeunesse, régisseur…Son sourire est certainement aussi célèbre que sa très belle chevelure. C’est aussi lui qu’on appelle quand les échanges sont un peu vifs entre jeunes.

 

Un point commun avec Mathias Jagueneau, tous deux n’aiment pas du tout être photographiés et parler d’eux. Mais il faut bien quand même savoir leur dire que, grâce à eux et à toute l’équipe, qu’on a plaisir à se retrouver ici à Tati, même si, parfois, on ‘sèche’ les séances d’informatique. Le ‘vivre ensemble’ n’est pas un vain mot à Belle-Beille.

 

Les Patati masqués

Ils seront bientôt à nouveau en scène au TheatraTati du 24 au 29 mai prochain, comme me l’annonce Fabienne. Elle est la grande conceptrice-animatrice de cette troupe nombreuse. Ses membres investissent l’espace de la grande salle avec une franche volonté de dire « c’est nous ». La vitesse donne l’énergie et le rythme endiablé  avec des galopades, des étirements, des télescopages,  des évitements… comme autant de molécules qui se font, se défont, avec un texte abscons. Il y a des mots dont on n’en perçoit que quelques-uns, comme un flash visuel. De la même façon, que des scènes accrochent l’œil, comme un arrêt sur image. De la vraie sculpture vivante de corps qui se cherchent pour dire…  

 

Le repas

Il se goûte avant et pendant le spectacle. Chacun des plats a été apporté par un des convives. Mon voisin, Nicolas, avait fait un bon gâteau au chocolat. Il y avait de tout, des quiches, des hors d’œuvres, des salades de pâtes ou autres, des plats de charcuterie, des fromages, beaucoup de dessert, des pains spéciaux… ainsi que la dernière part d’une délicieuse tarte à la framboise qu’une jeune femme a  partagée avec moi.

 

Ce qui m’étonne à chaque fois est qu’aucune consigne n’est donnée d’aucune sorte et que malgré cette caractéristique aléatoire, il y a un vrai repas pour autant de personnes, chacun mangeant à sa façon. Comme un ordre qui se recrée dans un désordre au départ. La Bavarde au Léon

 

La Bavarde au Léon

Elle a un sacré tempérament cette nana, qui a un drôle de nom. Elle a réussi à donner une vraie ambiance à cette grande salle, cette chanteuse qui s'accompagne à l'accordéon pour chanter "des chansons de filles à faire pleurer les gars." Elle a fait venir sur scène un monsieur sympa pour être, sur la scène, son cavalier le temps d'une chanson. 

 

La Bavarde  a terminé en beauté une belle et bonne soirée avec Lazare, Annie, Jacqueline, Nicolas et tous ceux et celles dont je ne connais pas le prénom et avec lesquels nous avons échangés. Sans oublier Isabelle, Raymonde, Marie-Joe et Didier qui n'avait pu venir. Dommage pour elles, pour lui  et pour nous.

 

Un hommage

Ce billet est dédié à Paul Schellenberg, un habitant de Belle-Beille, vivant une partie de l'année au Brésil, assidu à l'atelier d'informatique pour comprendre le monde, continuant à apprendre l'esperanto en plus des langues qu'il connaissait  et pratiquait déjà. Les échanges avec lui étaient toujours passionnants. Il nous manque.    

  

Pour suivre le chemin

. Nazair  http://fr.akamusic.com/nazair   et    http://www.myspace.com/nazairr#ixzz0usCgLb3k

. Les Patati Masqués au TheatraTati, 24 au 29 mai 2011 au Centre Tati

http://www.centrejacquestati.fr/

 La Bavarde au Léon, à voir sur  http://www.facebook.com/pages/La-Bavarde-au-leon/286979374553?v=info

 

 

 

. Photos EP, celle de la Bavarde au Léon provient de la Bavarde, avec mes remerciements.   

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D = Différence > Apple > Think different > L'ouverture au monde

2 Février 2011, 15:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ces hommes et ces femmes, sélectionnés pour cette campagne de publicité, sont si connus qu’on n’imagine même pas qu’ils auraient pu un jour faire l’objet d’un clip, d’un affichage géant sur les murs des villes ou de visuels dans la presse économique. C’est pourtant ce qui est arrivé, avec Apple Computer en 1997-1998, l’entreprise à la célèbre pomme de la connaissance, mais pas celle de la tentation. Peut être un peu quand même, celle d’accéder à une autre façon d’être, d’agir et de se connecter avec les autres.

 

La pomme d’Apple

Apple, Think different, Maria CallasElle présente comme un formidable vecteur de développement d’une société basée sur le partage de la connaissance grâce à l’informatique. C’est une société fondée sur l’échange qui crée de la valeur. La pomme donne son nom à l’entreprise et forme son logo, avec une partie déjà mangée pour montrer l’appropriation et le partage.

 

Elle est associée à Think différent, le slogan retenu par Steve Jobs, revenu aux commandes de l’entreprise en 1997 après, déjà, un départ forcé. L’entreprise venait de connaître  des pertes sévères. Il était urgent de relancer la dynamique d’Apple et surtout de retrouver confiance dans ses valeurs.

 

Think different

Il ne s’agit pas de penser différemment des autres, mais d’une autre forme de pensée. Conformément à la réglementation française, le slogan a été traduit en bon français « pensez différemment ». Pourtant ce n’était pas une bonne idée. Souvent, il ne faut pas traduire. Le slogan en américain tire sa force de sa simplicité d’évidence. L’informatique n’est pas seulement un outil. 

 

C’est une autre relation au monde, un monde très masculin d’ailleurs comme on va le voir avec le choix des célébrités. Pourtant ce sont trois femmes de Chiat Day, l’agence de communication,  qui conçurent la campagne en étroite connivence avec Steve Jobs, en 17 jours ! Ni le choix des trois conceptrices, ni l’implication très forte avec le dirigeant, ni aussi et surtout le tempo très serré pour garder la dynamique en flux tendus ne peuvent être un hasard. Il fallait beaucoup de fluidité et de créativité, sans volonté de puissance ou d’objectif commercial.

 

C’est Steve Jobs qui a exigé que seuls des créateurs soient choisis, en rejetant l‘idée de présenter des hommes d’affaires en train de travailler sur Apple. C’est lui aussi qui s’est impliqué personnellement pour obtenir les droits à l’image de ces grandes personnalités, en assurant les détenteurs des  droits que la publicité ne porterait pas tort à l’image de la célébrité choisie. C’était comme un surf très fin sur une vague d’une très grande ampleur et qui se finit très rapidement, très abruptement.  

 

Le concept

Apple, Think different, Mahatma GandhiIl s’agissait de montrer l’intelligence humaine, par la seule force du regard ou la posture, avec des portraits de grands noms d’intellectuels et/ou d’artistes qui ont changé le monde par leur pensée et/ou leurs créations, sans jamais dire ou parler d’ordinateur. Il ne s’agissait plus de vendre quelques machines de plus mais d’entrer dans un autre monde où on pense, on fonctionne, on est autrement. Et cette idée de Steve Jobs s’est formidablement révélée vraie. Le dire en images, sans mot, il y a 14 ans est époustouflant. Il y a là une puissance émouvante de création.  

 

Le portrait affiché sur les murs

Pour cela, la photographie est d’un apport extraordinaire, grâce à l’impact visuel dans un monde d’autres dimensions. La façon de dépasser la question du lieu de présentation de ces portraits, dans un journal de façon banale, traditionnelle, a consisté à montrer ces portraits de personnalités emblématiques en très grandes dimensions, sur des murs d’immeubles, alors  que l’informatique joue sur l’infiniment petit pour viser une dimension globale. Mais auparavant, ces portraits avaient été rassemblés dans une vidéo en noir et blanc.   

 

Le spot

Apple-Think different Hitchcock-BostonEn  60 secondes, il permettait de voir Albert Einstein, Bob Dylan, Martin Luther King, Richard Branson, John Lennon et Yoko Ono, Richard Buckminster Fuller , Thomas Edison, Mohammed Ali, Ted Turner, Maria Callas , Mahatma Gandhi, Amelia Earthart , Alfred Hitchcock, Martha Graham, Jim Henson le créateur de Kermit la Grenouille,  Franck Llyod Wright, Pablo Picasso, le Dalaï Lama  et une petite fille pour finir. J’ai gardé l’ordre de présentation (sauf pour le Dalaï Lama que je ne sais où placer) parce qu’il a bien sûr une importance qui a du faire l’objet de milliers de mots et d’essais pour savoir ce qui se révélait le plus fécond en terme d’impact et de préservation du concept.  

 

Les visuels

Ils parurent en France un an plus tard en 1998 dans la presse économique, La Tribune par exemple, avec la pomme imprimée en noir avec son slogan quand le fond est blanc (Maria Callas) et l’inverse dans les autres cas. Ils eurent beaucoup d’impact. Ils s’inscrivaient si bien dans l’euphorie de l’avènement d’un XXIè siècle dédié à l’avènement d’une pensée humaine libérée des contingences matérielles, ouverte sur la connaissance et la création de valeurs.

 

Les autres différences

Apple, Think different, Pablo PicassoOutre la différence qui fonde le slogan, c’est le mot le plus important des deux, avant même le verbe de penser qui n’est après tout qu’une fonction normale du genre humain, il y en a plusieurs autres non spécialement volontaires celles-là vues d’un œil européen.

 

La première porte sur la nationalité des personnalités. A l’exception de cinq d’entre elles la grecque naturalisée tardivement Maria Callas (auparavant américaine), l’indien Mahatma Gandhi, l’anglais Sir Alfred Hitchcock, l’espagnol Pablo Picasso et le bouddhiste le Dalaï Lama, tous et toutes sont américains. Penser que cette sur-représentation (14 sont américains) est due à l’origine d’Apple serait trop limitatif. Il s’agit plutôt de montrer la vitalité américaine et son engagement dans une nouvelle façon de concevoir le monde. Un monde ouvert sur l’échange, celui fondé sur la Pax americana qui a marqué le XXè siècle. 

 

La seconde porte sur la faible présence des femmes, dont la quatrième, qui ferme le défilé dans le clip est une petite fille. C’est elle qui porte l’avenir sur ses petites épaules. Amelia Earhart et Martha Graham sont nées, quant à elles, à la fin du XIXè siècle. La première, Amelia  est connue pour incarner une vision très avant-gardiste de la femme américaine engagée dans la grande aventure de l’aviation qui allait bouleverser le monde, avant l’informatique. Martha Graham a développé une nouvelle forme de présence et d’engagement  par le corps, dans des chorégraphies, qui sont de véritables sculptures en mouvement. Maria Callas, pour terminer avec elle, continue à fasciner grâce à ses enregistrements de ce que l’art de la voix peut transcender toutes les questions d’appartenance à une culture ou à une nationalité.

Apple, Think different, Dalaï Lama 

Et après

Plusieurs récompenses furent attribuées au spot en 1998. La campagne globale reçut un Effie Award pour sa qualité. C’était il y a 13 ans seulement. On a la sensation d’avoir quitté ce monde depuis si longtemps. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir La Tribune et en particulier l’exemplaire du 12.05.1998 pour Pablo Picasso. Les autres visuels ont paru à cette même période. 

. Pour mieux connaître la genèse de l’histoire de la campagne publicitaire de Think different http://wikipedia.org/wiki/Think_different

 

. Pour mieux re-caler certaines personnalités dans leur concept et comprendre pourquoi elles ont été choisies, en tant que héros, représentatifs d’une société américaine qui a changé notre monde:

 

La célèbre aviatrice américaine, Amelia Earhart (1897-1937)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Amelia_Earhart

 

La grande chorégraphe et danseuse qui a changé notre rapport au corps et à l'espace,

Martha Graham, (1894-1991)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Martha_Graham

 

L’incroyable Richard Buckminster Fuller (1897-1983), un des plus révolutionnaires penseurs, qui était architecte, urbaniste, désigner, inventeur du dôme géodésique et plus, à découvrir ou redécouvrir. C’est un héros américain, symbole d’un courage à créer, vivre et repartir même quand on est à terre: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Buckminster_Fuller

 

 Le marionnettiste Jim Henson (1936-1990), le génial géniteur de Kermit la Grenouille et des copains et copines

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Henson

 

. Photos EP, à partir des visuels de la Tribune que  j'avais précieusement conservés, en me disant qu'un jour j'en ferai quelque chose et Wikipedia pour le cher Alfred.

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Les vignerons en bio-dynamie et bio > Grenier Saint-Jean > Angers

1 Février 2011, 10:29am

Publié par Elisabeth Poulain

Bientôt on dira « bien sûr que je serai au Grenier cette année » sans avoir besoin de rappeler qu’il s’agit du Grenier Saint-Jean, tant l’initiative de Nicolas Joly, le vigneron du Château de la Roche aux Moines, propriétaire de la célèbre Coulée de Serrant,  de faire goûter chaque année les millésimes, de sa tribu « Pleine Expression des Terroirs » en culture en biodynamie (80% des participants) tous certifiés en bio, est maintenant un succès incontestable. C’est la 7è édition, désormais organisée par Mark Angeli, Nicolas Joly ayant gardé, ce qu’il préfère, la conférence qu’il donne désormais le dimanche à 14h. Grenier Saint-Jean, vue de droite, face à la porte d'entrée

  

Cette rencontre entre les vignerons et les amateurs-connaisseurs-défricheurs est une réussite. Concrètement elle est la signature d’Angers dans le domaine de ces vins qui ont une parole audible de presque partout dans le monde. Une signature d’autant plus importante que sa célèbre voisine, Saumur, continue ce qui est maintenant un coup de maître une vitrine éclatante du Bio venant de toute la France, au Château de Brézé à Brézé à 10kms environ derrière Saumur. Bien sûr quasiment au même moment. La Dive Bouteille, c’est le nom de ce 12è millésime-événement de Brézé, court du dimanche 30 (14h-19h) au lundi 31 janvier (10h-18h).

 

La « dégustation de vins » au Grenier Saint-Jean

Elle a lieu a lieu du samedi 29 janvier au dimanche 30 janvier de 10h à 18h. Les objectifs sont clairement focalisés sur l’amateur éclairé ou le découvreur dans l’univers des vins. Il ne s’agit pas d’un salon réservé aux professionnels comme l’est le Salon des Vins de Loire qui fête cette année 2011 son 25é anniversaire au Parc-Expo d’Angers. Face à tant d’offensives des professionnels du bio et bio-dynamie, le Salon a pour la première fois avancé sa date d’ouverture (dimanche 30 janvier au mardi 1 février). C’est chaud en Anjou, alors qu’il y fait un froid quasi-polaire pour nous, Ligériens. 

 

Le Grenier Saint-Jean

Celui qui vient pour la première fois est frappé par le lieu. Comme me l’a dit une exposante     « faire goûter ses vins ici, c’est quand même quelque chose ». Le cadre est si fort au niveau symbolique qu’on se croirait dans une église, avec à la place de l’autel une grande tapisserie de Lurçat. Nous sommes dans un des plus beaux grenier à blé de France.

 Tapisserie de Lurçat

Les vignerons

Le vin est désigné par le seul nom de son géniteur, quelque que soit la part de la compagne ou du compagnon, de l’associé-e dans le travail global du domaine. Ce choix évidemment volontaire donne parfois à des rajouts à la main de femmes qui estiment que le seul nom masculin ne saurait suffire et l’inverse. C’est le cas pour Nathalie Gaubicher sur le panonceau de Christian Chaussard et de Didier Barouillet  sur la table de Catherine Roussel. Le nom du domaine et ses coordonnées sont indiqués dans le livret de dégustation remis à l’entrée, mais sans mention des sites des domaine. Ici l’univers marchand n’a que peu droit de cité. C’est la découverte qui prime. A l’amateur ensuite de prendre contact avec ceux et celles qui l’intéressent.

 

L’Internet

Il est de plus en présent au Salon. On pourrait dire « ouf, enfin ! ». Quasiment tous les vignerons ont indiqué leur mail, à l’exception de Catherine Roussel qui a pourtant maintenant un site et de Didier Barral de Cabrerol, sans site, mais abondamment cité par les sites qualitatifs du vin, tant professionnels que ceux des blogueurs.  

  

Grenier Saint-Jean, vue de gauche, face à la porte d'entrée

L’ambiance

Elle est sérieuse. Les visiteurs, en très grande majorité du genre masculin, notent leurs appréciations avec leur demi-crayon, style Habitat. Peu de jeunes, si ce n’est des Asiatiques. Il y a du monde en ce dimanche fin de matinée, mais pas au point de devenir une gêne. Les seuls bruits que l’on entend sont ceux des mots échangés et des bouteilles qui sont manipulées. Un verre se casse, comme il arrive toujours avec ces verres si fins qu’un choc suffit. Il manque une petite musique de fond, légère comme le bruit de l’eau.

 

Certaines tables sont difficiles d’accès. Il faut pousser pour arriver à joindre le bord. On voit des nouvelles têtes. On retrouve des visages connus. Certains ont un clic dans le regard en vous voyant passer, en guise de salut. D’autres, que vous avez vus il n’y a pas si longtemps, vous regardent sans vous voir, la fatigue sans doute ou la concentration professionnelle. Peut être. Certains ne sont pas là, parce qu’il faut bien se répartir la tâche quand on a trois ‘salons’ répartis sur 4 jours. Certains sont déjà un peu fatigués. Ils viennent de revenir de Montpellier du Salon du Bio, la grande messe du Sud, une grosse machine, qui commence à attirer aussi les vignerons de la Loire.   

 

Exit la Charte de Qualité, vive la pré-sélection

Au début de la matinée, les amateurs ne sont pas encore arrivés. Les vignerons de la Loire en profitent pour goûter les vins des autres. Difficile souvent de distinguer les pros des visiteurs. Ici le plus souvent, les amateurs sont de vrais connaisseurs qui aiment les vins qui ont été au préalables pré-sélectionnés par les organisateurs pour éviter des vins qui n’auraient pas leur place au Grenier. Du coup la Charte de Qualité a disparu de la plaquette en sa page 2 de couverture du livret  de dégustation offert à l’entrée.  De la même façon qu’ont été rejetés les vins de négociants, même quand leurs dirigeants sont aussi vignerons de domaine présents sur le salon, comme les Frères Puzelat et d’autres. Seul le vigneron légitime son vin. 

 

Bonjour la pub

C’est celle qui est cautionnée par Virginie Joly et Mark Angeli en faveur de la NEF, après une analyse des prêts des grandes banques.

 Bouchons de liège, récupération pour panneau isolant

Pour suivre le chemin

. Sur Renaissance des Appellations

http://www.biodynamy.com/prochaines-degustations.php

. Retrouver l’analyse des prêts bancaires sur www.financeresponsable.org             

 

. Sur la Dive à Brézé http://diveb.blogspot.com/

. Sur le Salon d’Angers http://www.salondesvinsdeloire.com/le-vignoble/le-millesime-2010/

. Voir aussi le billet de 2010

. Photos EP de quelques vignerons à voir dans l'album photos "Vins-Grenier Saint-jean 2011"

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B de Bouteille + N de Nana > Parfums Burberry London pour Femme et Homme

29 Janvier 2011, 16:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

La bouteille de genre

Burberry London, Parfums pour Homme et Femme

C’est une publicité datée de 2001 pour des parfums de la marque Burberry London. Elle utilise la forme des bouteilles pour désigner le genre de ceux et celles à qui les parfums sont destinés. Le premier flacon, celui pour Homme, est haut et légèrement bombée sur les côtés avec un bouchon haut. Celui pour la femme, moins haut que le premier, est franchement ventru avec un bouchon rond. Aucune autre indication ne figure sur le flacon. Outre cette différence de forme très symbolique, la seule différence porte sur la couleur légèrement plus ambrée pour  le flacon féminin. Le flaconnage de cette double série a une vraie présence, surtout à mon goût, le flacon féminin. Le flacon pour l’homme ressemble à d’autres représentations phalliques. 

 

La disposition visuelle

Les deux bouteilles sont posées sur un rebord noir, le flacon féminin légèrement en avant, comme protégé par le flacon masculin dominant. Le fond supérieur est gris foncé, peut être pour répondre au bouchon métallique. La lumière blanche vient là aussi de la gauche, plutôt en partant du bas. Il en résulte une ombre très légère sur le côté droit des bouteilles. Un halo blanc marque les bords - gauche, horizontal et droit -  de la bouteille pour Homme. La bouteille Femme retrouve ce liseré blanc en partie haute et sur son côté droit. Une puissante lumière venant de l’arrière aussi bien que de l’avant éclaire les bouteilles.    

 

La couleur

Le visuel publicitaire témoigne d’un positionnement qualitatif réussi. Si j’avais un bémol à émettre ce serait pour le gris uniforme. Mais je ne saurais dire pourquoi. Peut être est-ce une façon de chapeauter les deux bouteilles dont le bouchon  de la bouteille masculine est haut et brillant alors que celui de la bouteille féminine est rond et mat ? J’aurais préféré le noir, mais peut être était-ce une volonté de se démarquer.

 

L’appréciation

Quoi qu’il en soit de ce choix de couleur, ce packaging de genre prouve que la symbolique Homme/Femme a encore de beaux jours devant elle. Il n’est pour s’en convaincre à une époque, qui ne peut plus nier l’urgence de la mise en œuvre du développement durable, que lorsque des publicitaires visent la cible des hommes pour une voiture, c’est encore plus aujourd’hui qu’hier, ils associent l’image de la voiture à de gratte-ciels érigés comme des totems brillant de mille feux.

 

Pour suivre le chemin

. Sur la marque, http://fr.burberry.com/store/beauty-fragrance/fragrance/womens-fragrance/burberry-for-women-100ml/sku-34547001-burberry-for-women-100ml/

 

. Voir aussi les précédents billets sur ce blog "B comme Bouteille"

B comme Bouteille > Chanel N°5 > Jeu de lumière et de couleur

B de Bouteille + V de Verre = Einstein = Perrier

B04 comme Bouteille > Le galbe de Champagne Gosset et de Ty Nant

B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde

B01 > comme Bouteille > comme Bougie

 

 

 

 

 

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La saga des poteaux > Limites de la récupération et toxicité d'usage

19 Janvier 2011, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Les poteaux sont partout. Ils nous aident à voir en nous apportant l’électricité, le téléphone avec fil... Ils nous cernent. A croire que notre civilisation a érigé le poteau en totem. A l’époque de la dématérialisation des échanges et de l’enfouissement des réseaux, on pourrait croire que ce serait le contraire. Eh bien non, d’abord et surtout en raison des coûts. Juste pour voir, savez-vous combien coûte l’enfouissement d’un poteau qui gâche la vue dans un site protégé ? Vous aurez la réponse en bas de page. Je ne sais pas encore utiliser les signes d’écriture à l’envers. Patience.

  Ah les beaux poteaux

Revenons à nos poteaux et plutôt raisonnons en terme de durée de vie d’un bon poteau qui a vaillamment porté toute la charge prévue au départ et complétée au fil du temps et du développement de la ville. Selon l’emplacement, la charge et les conditions climatiques et autres aléas non prévus, tels que les attaques d’oiseaux, d’insectes ou de champignons, sans parler des attaques directes des voitures, sa durée de vie est d’environ 25 ans. Parfois, c’est franchement plus. On cite des poteaux de 40 ans d’âge en ville, mais aussi en montagne ou la vie que mènent  les poteaux est plus dure.

 

Les « amis » des poteaux

Ce sont des traitements et/ou substances que les poteaux vont subir et dont leur bois va être imprégné à vie. Ces amis se nomment Créosote et CCA pour le trio d’enfer que constituent les sels de cuivre-chrome-arsenic. La créosote, extrait huileux en provenance du hêtre, est un cancérigène de classe 2. A ce titre, le bois traité à la créosote ne doit ni être touché par la peau, ni respiré par le nez, ni approché des yeux. Quant aux CCA, ils atteignent sans discussion la classe I dans le rang des produits cancérigènes à cause du pouvoir de toxicité de l’arsenic. Son utilisation est interdite depuis le Ier septembre 2007. Sur la base de la durée de vie de 25 ans, dans 19 ans, les poteaux qui seront remplacés pourront encore contenir ces délicieux composants. Plus encore, ils vont encore durer des dizaines d’années grâce à leur pouvoir d’usage multiple tant en extérieur qu’à l’intérieur de la maison.    

 

L’importance du second marché 

Le marché du « vieux » poteaux et traverses de chemin de fer présente des chiffres énormes, surtout à cause des traverses d’ailleurs.

. 240 000 poteaux (18 000 tonnes) sont remplacés chaque année par France Télécom. Ils sont incinérés en Allemagne ou dans une cimenterie en Isère. 1 000 à 1 500 tonnes de poteaux (ERDF) sont cédés en vue d’une réutilisation ou incinérés. Les 2000 à 3000 tonnes d’AOD (Autorités organisatrices de distribution publique d’électricité) sont revendus en vue de réutilisation. 

. La SNCF dépose 1 million de traverses chaque année (75 000t) ; 250 000 traverses sont incinérées pour fabriquer du charbon de bois alimentaire, après traitement en sites classés.        

 

La délicate question de la réutilisation des poteaux et Angers, peripherie nord-ouest, vers Avrillétraverses

La revente à des professionnels ne présente globalement pas de gros problème, dans la mesure où en principe le bois traité en fin de vie doit être incinéré dans des usines spécialisées et dans la mesure où sont respectées les limites de la revente à des particuliers. C’est surtout là que le bât blesse. Les ventes  faites à des clients privés pose question sans garantie aucune  du respect des précautions d’usage des traverses en utilisation ultérieure. Quant aux poteaux, seul ERDF s’engage à reprendre ceux qu’il a précédemment vendus pour les incinérer.

 

Les limites de la « récup »

Elle cesse d’être un art pour devenir un danger. En l’absence de traçabilité, nul ne peut garantir l’innocuité d’un bois de poteau ou traverse récupéré à l’issue de longs cheminements dans des circuits  parfois obscurs, d’autant plus que les poteaux voyagent beaucoup, comme on l’a vu. Bien souvent le bois vient de Pologne, de France aussi, puis repart en Allemagne ou en Isère… J’ai vu de superbes réalisations, avec par exemple une cuisine tout en bois de traverse, sol et mobilier inclus, jusqu’à des tabourets pour la table et la table elle-même. Les photos étaient superbes.  

L’engagement volontaire des professionnels

Il porte sur ce qu’on appelle « le bois traité » dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et n’a pas de force obligatoire dans la mesure où il est très difficile d’assurer la traçabilité d’un poteau X ou Y dés lors qu’il s’agit de la vente à un particulier.  En conséquence, les professionnels – RFF, SNCF, ERDF- plus les administrations que sont DGS, DGCCRF et DGPR, l’association Robin des Bois et  des cabinets d’expertise (INERIS et FCBA) ont décidé des mesures suivantes :

. s’engager pour le producteur initial de ces déchets à assurer « lui-même  la cession au réutilisateur final » sur la base d’un bordereau de traçabilité pour garder la mémoire  de la réutilisation sans limite de durée dans le temps ;

. s’engager pour le producteur initial de ces déchets à prendre en charge « gratuitement » la collecte et l’élimination des bois cédés dés lors qu’ils sont devenus inaptes aux usages ou sans utilité pour le réutilisteur final. 

. essayer pour tous de « proscrire la réutilisation par ou à destination  des particuliers ».

 

Les limites du pouvoir de la réglementation

Ah les beaux poteauxCe qui m’intéresse dans cette histoire est de voir que nous avons en France changé de système réglementaire, non pas tant sous l’influence européenne, que sous l’influence américaine. Aux Etats-Unis et dans la plupart des pays qui utilisent les concepts de la responsabilité des particuliers  et des entreprises, la société est bien consciente que l’Etat ne peut tout faire, en l’absence d’un ou plusieurs maillons manquants dans la chaîne de responsabilité et au regard du coût à envisager. 

 

Les poteaux sont un très bon exemple de l’impossibilité matérielle réelle de tracer chacun des poteaux existants déjà ré-utilisés, encore en usage. La vision d’un brave poteau, pas cher, vaillant et qui dure longtemps, a été totalement bouleversée par l’impact du développement durable. En un certain sens, on peut dire que le poteau de Papa est victime du développement durable. Le nouveau poteau bientôt sera identifié par une puce. On n’en est pas encore là. C’est le lot qui fait l’objet de la traçabilité.

 

Quelques questions

A ce niveau de complexité au plan administratif, légal et financier, la question est de savoir si la réglementation ne va pas signer la fin du poteau de bois.

 

L’engagement volontaire escamote la question du coût financier d’un tel engagement qualifié de « gratuit » par le texte officiel. Mais non, ceci est une impossibilité dans une entreprise. Un peu de transparence ne nuirait pas. Jusqu’à quel coût, le poteau de bois reste-t-il rentable face au poteau en béton ou en métal?     

 

Que fait-on des cendres contenant ces résidus peu appétissants, au nom du développement durable? 

 

Pour suivre le chemin des poteaux

Retrouvez le poteau:

. dans le cadre de l’engagement des professionnels

http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=search&query=poteaux+et+traverses+en+bois&motclesaisi=poteaux+et+traverses+en+bois+&x=4&y=7

. dans sa version écologique sur

http://www.huetbois.be/fr/poteaux-telephoniques-et-electriques/45/2

 

. Coût pour un particulier de faire disparaître un poteau planté sur le trottoir devant chez lui, avec enfouissement des lignes : 6 000E environ. HT ou TTC ? Je ne sais pas ! 

. Voir le billet précédent sur les poteaux sur ce blog

Levez les yeux au ciel et cherchez les poteaux  

. Photos EP

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B comme Bouteille > Chanel N°5 > Jeu de lumière et de couleur

17 Janvier 2011, 10:37am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Pour réussir cette mise en lumière, il ne suffit pas d’éclairer la bouteille. Ce serait beaucoup trop facile. Il suffit d’essayer de faire une photo chez soi. Vous verrez bien le résultat. Je n’ose même pas vous montrer mon meilleur essai. La lumière dont il s’agit n’est pas seulement  une lumière ajoutée, dirigée vers une partie ou la totalité de la bouteille. C’est une lumière qui est aussi importante qu’un personnage ou le thème lui-même. A la façon dont un peintre, comme George de la Tour, projette la lumière sur le nouveau-né (1648) comme venant de la main de la femme qui protège le bébé et celle qui le porte. 

 

Pour réussir ce tour de magie, le noir est presque un passage obligé. C’est ce qu’on découvre avec des publicités très qualitatives de grands noms, tels que Chanel pour son célèbre N°5, qui sait admirablement mettre en lumière son célèbre flacon à arêtes coupées. Mais il est pour Chanel d’autres façons de faire.

5 de Chanel, pub 2000 (?)

Chanel N° 5 sur fond noir

C’est la référence en ce double domaine de la maîtrise de la lumière et du noir. Le noir est très intense et fort. Pour éviter de tomber dans le piège de l’oppression du noir, une couleur qui n’en est pas une, puisqu’elle est comme le blanc la somme de toutes les couleurs, les concepteurs sont pris soin d’introduire de façon très légère deux halos de couleur, rose en haut et vert sur le côté gauche.

 

Pourquoi cette curieuse disposition ? Parce que la lumière blanche vient du côté gauche de façon à faire ressortir les arêtes coupées du flacon et le bouchon emblématique de la marque. Le corps de la bouteille reste noir de façon à faire éclater  l’étiquette blanche du parfum, ce qui est une forte distorsion de la réalité puisque le verre est translucide et le parfum de couleur ambrée. Mais cela n’est pas gênant. Il reste à mettre en lumière l’autre partie de la bouteille, le bas et le côté droit qui ressortent en couleur ambrée, celle du parfum. Une lumière éclaire fortement la bouteille de face.

 

Le rendu est extrêmement sophistiqué. N° 5 jaillit en blanc et en gros caractères au premier tiers supérieur de la composition. Le bouchon fiché dans le col lui répond aux 2/3 et le corps se développe en deux tons coupés par une diagonale blanche/ambré qui passe au bas du N de CHANEL. Pour éviter une trop grande rigueur, une ligne ambré fine s’insère dans l’arête coupée horizontale. 

5 de Chanel, pub 2003

Chanel  N° 5 parme clair et or jaune sur fond violet et orange

C’est un visuel figurant sur la 4 de couverture du magazine Air France offert sur les vols de la compagnie (2003).  La bouteille occupe toute la place au point de repousser la marque en haut de la publicité à droite. Exceptionnellement le flacon est présenté des ¾ en biais de façon à mettre l’arrête latérale gauche en valeur.

 

Le travail de la lumière est extrêmement sophistiqué. La bouteille est parme clair, une couleur pourtant difficile à utiliser. Elle est froide et peut trop facilement virer un peu au mauvais goût. Pour éviter ce danger, c’est la couleur qui va dynamiser l’ensemble, les couleurs plutôt, celles qui vont se diffracter et recomposer d’autres bouteilles dans certaines de leurs dimensions. Les couleurs, un jaune fort avec une dimension or vert dur et de l’orange cuivré qui vient de la rencontre entre la couleur du parfum, qu’on ne voit jamais comme dans le Ier exemple.  Le fond sur lequel se détache la bouteille est lui-même composite mais sans à coup ni rupture. On passe ainsi d’un violet fort à de l’orange foncé tonique. Seul CHANEL ressort en blanc en haut. Pour lui répondre sur l’étiquette de la bouteille cette fois-ci, N° 5 avec CHANEL Paris Parfum ressortent en noir sur fond blanc. 

Les conditions de la réussite

Mettre en lumière une bouteille représente un tel travail d’orfèvre que l’opération n’a réellement de sens qu’à la double condition que le flacon soit une réussite en matière de design et que la marque qui la porte soit célèbre. Chanel présente une totale maîtrise de l’art publicitaire. Sa longue histoire en témoigne et sa bouteille est une réussite exceptionnelle qui ne vieillit pas.  Au point que le flacon vient de faire l’objet d’une sculpture monumentale de 260m3 présentée au Musée d’Orsay, mais sans parfum. Heureusement.  

Pour suivre le chemin

. Lire une bonne étude sur la lumière et le noir dans la peinture sur le blog « Eclaircie après la pluie » http://eclaircie.canalblog.com/tag/le%20Nain

. Connaître l’histoire du flacon octogonal du N° 5  http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:CHANEL_No5_parfum.jpg

http://www.secouchermoinsbete.fr/marques/pourquoi-le-flacon-de-chanel-n5-est-il-octogonal-a1185

http://www.buybuy.com/art-culture/actualite-luxe/AC-N-chanel-musee-orsay-06012011 

. Voir la série des B comme Bouteille sur ce blog

B comme Bouteille > Le Champagne Louis Roederer > La puissance du fil

B de Bouteille + V de Verre = Einstein = Perrier

B04 comme Bouteille > Le galbe de Champagne Gosset et de Ty Nant

B03 > comme Bouteille > comme Bouchon > Les 5

B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde

B01 > comme Bouteille > comme Bougie

 

. Photos EP

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Les Petites Maisons de la Cour > La Cour des Petites Maisons > Angers > Doutre

12 Janvier 2011, 17:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Angers, Cour des Petites Maisons

Comment des petites maisons peuvent être former une Cour, avec une majuscule, une Cour qui n’a rien d’une Cour ? En fait, elles n’en ont jamais eu la prétention. A l’époque, bien avant la Révolution, quand la Doutre, le quartier situé en rive droite de la Maine, était encore protégé par d’épaisses murailles contre l’extérieur, des habitants s’étaient rassemblés pour former un modeste hameau dans un espace resté libre situé entre les grands murs d’enceinte et les bâtiments proches.

 

Ce hameau a pris le nom de cour, sans prétention aucune, comme il y a la basse-cour dans une ferme. Son nom s’est transmis à travers les siècles : c’est la Cour des Petites Maisons. Il s’agit de la rue qui forme un angle prononcé entre le n° 37 rue Lyonnaise et le n°7 du boulevard Clémenceau. Le débouché à cet endroit est si étroit que la rue est en sens unique en venant du boulevard. Les trottoirs, car trottoir il y a, mesurent 10 cm de large. 

  

 Angers, Cour des Petites Maisons

 

Les maisons n’y sont pas si petites, selon nos normes actuelles. Ce sont des maisons de ville qui s’ouvrent directement sur la rue. Le côté impair est déjà presque complètement refait avec des petits collectifs de quelques étages. En côté pair, une seule maison est en retrait par rapport aux autres. Située en partie droite quand on vient de la rue Lyonnaise, c’est celle qui paraît la plus ancienne. Les habitants de cette petite maison à étage ont judicieusement utilisé cet espace pour planter un décor végétal dans des bacs. Ce sont les seuls mini-jardins implantés devant les maisons.  Certains balcons d’un petit collectif en face sont fleuris. Quelques-uns ont une terrasse construite sur un garage accolé au fil du temps entre deux maisons. D’en bas, on voit de grands bacs avec des arbres vigoureux.

 

Angers, Cour des Petites MaisonsCette petite rue sans rien de remarquable au premier abord a deux autres particularités.

. La première est celle d’accueillir l’Atelier de la sculpteur Mauricette Toussaint au n° 5.

. La seconde dans l’angle  presque à angle droit dont j’ai parlé au début de ce billet se situe au n° 11. C’est l’adresse de l’Abri de la Providence qui comme son nom en témoigne, accueille ceux qui n’ont pas d’abri. Il y a 37 places dans deux de ces petites maisons accolées qui n'ont pas été surélevées.  Cette fois-ci, ce sont deux petites maisons qui abritent contre les dangers de l'extérieur. Ce n'est plus l'enceinte médiévale.  

Pour suivre le chemin

. Jacques Saillot, Dictionnaire des rues d’Angers, publié par l’Atelier d’Art Philippe Petit d’Angers, 7, rue Poquet de Livonnières, 49000 Angers, 20 janvier 1976. . A consulter à la Bibliothèque municipale Saint-Nicolas, rue Saint-Nicolas, tant qu’elle est encore là, avant son déménagement à la bibliothèque des Hauts de Saint-Aubin. 

 

. Des infos + sur Mauricette Toussaint, sculpteur, qui habite au 5, Cour des Petites Maisons, 49100 Angers. Elle organise un atelier ouvert aux personnes désireuses  de se lancer dans la création    http://m-toussaint.com/en/contact/

 

. Quelques données sur l’Abri de la Providence, qui n'est plus situé Cour des Petites Maisons,

http://abridelaprovidence.pagesperso-orange.fr/Pages/pageRapports.html

 

. Voir la série des Petites Maisons sur ce blog

Les surprenantes petites maisons de pêcheurs > Lofoten > Norvège 

Les petites maisons > La valse des conteneurs > Du transport à L'habitat 

Les ultimes petites maisons des cimetières 

PM comme les petites maisons de vigne (04) 

Les très petites maisons (toilettes) sèches 

Les petites maisons > Hundertwasser > La Picaudière 

Les petites maisons > La station service seule dans la nuit  

. Photos Elisabeth Poulain 

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PNUD > Une autre façon de penser le monde > Les femmes manquantes

10 Janvier 2011, 11:33am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le lien à la culture et aux modes de pensée

Toute façon de penser s’inscrit dans une culture. Toute culture induit des modes de  Muriel Crochet, Lissier, Angers-Doutre

raisonnement actuellement bien décryptés ou mieux connus des chercheurs. Il n’en demeure pas moins que la transposition de l’analyse d’une situation donnée d’une culture à une autre n’est pas toujours facile. Il n’y a pas de raison qu’elle le soit d’abord. Il manque aussi pour le lecteur lambda du Monde - le quotidien - des règles de transcription d’une culture à une autre. Le plus « facile » est alors de supposer connus tous les concepts et ponts nécessaires pour passer de l’une à l’autre, voir à une troisième. Ce qui est bien sûr un pré-supposé absolument non-prouvé. Nous n’avons pas connaissance de tous les ponts nécessaires pour comprendre le monde ou ce que nous transmet l’ONU sur l’état du monde. J’entends par les ponts les concepts mentaux qui agissent à l’instar des maillons d’une chaîne pour nous permettre d’aller d’un point A vers un autre point non connu, mais en étant sûr que ce ne sera pas B.  

   

Le constat de l’échelon manquant

Pour illustrer ce propos, j’ai choisi, certainement pas par hasard, l’exemple des femmes manquantes. Un concept non-compréhensible par des esprits français. Comment une femme peut-elle être manquante ? Elle est. Quand elle n’est pas, par définition, on ne peut même pas dire qu’elle n’existe pas. Il n’y a tout simplement d’Elle. La réalité montre que les choses ne sont pas aussi simples. On ne peut pas réfléchir en terme binaire dans un monde global.  

   

Le cadre conceptuel posé par le PNUD

Pour comprendre pourquoi il a fallu inventer ce Antoni Starczewki, 1973, Lodzconcept, il faut se référer aux statistiques que calcule le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour établir l’indice de développement humain (IDH) basé sur trois composantes composites, la longévité (facteur A), le niveau d’éducation (facteur D) et le niveau de vie (facteur E). Cet indice varie de façon positive entre 0 (exécrable) et 1 (excellent) : plus il est élevé, meilleure est le développement.  Crée en 1990 par deux économistes non-occidentaux, l’un indien et l’autre pakistanais, l’IDH a au moins le mérite d’exister. Il est l’objet de nombreuses critiques tenant essentiellement en l’impossibilité de quantifier toutes les données du bien-être des personnes, surtout celles qui relèvent de l’ordre qualitatif. 

 

La naissance de la femme en tant qu’unité d’étude statistique au niveau mondial

Pour élargir la vision trop économique de l’IDH, le PNUD a désormais intégré dans  l’indice global un nouvel indice qui est lié aux discriminations liées au genre, ou comme on dit en langage politiquement correct, un indice d’inégalité de genre (IIG ou GDI en anglais Gender-related Developpement Index), toujours basé sur des données quantitatives mais cette fois-ci concernant uniquement les femmes.  La façon dont les femmes sont traitées entre maintenant dans le calcul du rang du pays dans le classement. Cette fois-ci l’indice s’exprime en négatif : plus il est faible et meilleure est la situation des femmes. Les Pays-Bas, n° 1 en terme qualitatif de l’IIL, porte l’indice 0,174 ; le n° 2 avec 0,209 est le Danemark, le n°3 la Suède (0,212). La Norvège, en 5è position, obtient le score de 0,234. La France (11è position) atteint le score de 0,260.  Tous ces pays sont classés dans les pays à développement humain très élevé.  

   

Les femmes manquantes

Il s’agit de ces femmes qui ne sont pas nées et qui auraient du l’être si la vie leur avait été laissée soit à la naissance, soit au cours de la grossesse quand les hôpitaux du pays disposent des techniques d’échographie. Le déficit de ces femmes non nées s’élève à 134 millions en 2010, un chiffre en accroissement de plus d’un tiers par rapport aux estimations précédentes. Parmi les pays nommément cités, la Chine figure au Ier rang, suivie de prés par l’Inde qui connaît un accroissement important de ce phénomène particulièrement à Delhi.

 

2008-10-Photos-blog-011.jpgL’effet des crises est très marqué sur le taux de naissance des filles, sans parler de leur taux de survie après. Pour la décade 1974-2004, les moyennes comparées des naissances dans 59 pays, pour 1,7 million de naissances, établissent un différentiel important de survie. Une baisse de 1% du PIB entraîne un taux de mortalité de 7,4 chez les filles et de 1,5 pour les garçons. En clair, quand la nourriture manque et que les soins sont rationnés, le choix de la survie se fait surtout pour les seconds et moins pour les premières. La raison, non citée par le rapport du PNUD, en est que les garçons vont assurer la prise en charge des vieux parents alors que les filles partent dans la famille du mari et vont s’occuper de leurs beaux-parents. 

   

Le couplage du phénomène avec la dé-s-autonomisation des femmes

Outre ce phénomène des femmes manquantes, la situation des femmes est particulièrement préoccupante dans les pays asiatiques de l’ex-Union Soviétique. Un certain nombre de chefs de gouvernements locaux font pression sur le pouvoir central pour que celui-ci revienne sur des dispositions légales accordées antérieurement par le régime soviétique aux filles, telles que la défense de la famille nucléaire, l’interdiction des mariages arrangés, de la polygamie, l’obligation de la scolarisation des filles, la propriété… 

   

La terminologie onusienne

Pour passer de l’anglais au français, le rapport traduit la perte de droits, en utilisant le préfixe de « dé » suivi du mot, en l’espèce l’autonomie. Cela donne donc la désautonomisation, un terme incompréhensible en français et véritablement difficile à prononcer, qui signifie la perte d’autonomie. Le rapport l’écrit sans tirets. Dans ce sens, le Programme des Nations Unies pour le Développement aurait pu parler de la dénaissance des filles par rapport au taux de naissance des garçons.  Elle a choisi de parler des femmes manquantes, une façon de parler non contestable et peut être plus politiquement admissible. Elle englobe également les moindres soins apportés aux filles et aux femmes au cours de leur vie.  

   

L’indice d’inégalités de genre

L’organisation mondiale ne parle pas de discrimination, 2008-9-juillet-divers-011.jpgce qui serait très difficile à prouver. Elle établit des faits et utilise les chiffres. C’est la force de ce rapport annuel, malgré toutes les difficultés à avoir de l’information, même de la part de pays développés. Ce sous-indice intégré à l’IDH est lui-même un composite, avec toutes les imprécisions qui viennent soit de la non-quantification des données, soit de la non-transmission au PNUD, soit…. Citons parmi les composantes, le taux de mortalité maternelle, le taux de fécondité chez les adolescentes, le nombre de siège au parlement, le nombre comparé de femmes ayant au moins atteint le secondaire par rapport aux hommes, le taux d’activité des femmes par rapport aux hommes, le taux d’utilisation d’une méthode contraceptive, le % de naissance assistée par un personnel de santé qualifié. La France, pourtant classée 11, n’a pas par exemple rempli cette dernière position statistique. 

Pour suivre le chemin

. Voir le rapport du PNUD    http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2010_FR_Complete.pdf

plus particulièrement les pages 92-94, 111, 180, 244-245… qui concernent l’IIG

. En matière d’indice du développement humain, la France est placée au 14è rang, une place qui marque un recul certain par rapport à 2009 (8è place) après s’être tenue à la 7è place.

. Sur l’indice d’inégalité de genre (IIL), voir        http://hdr.undp.org/fr/statistiques/iig/

 

Ce billet fait suite à une étude des Yeux du Monde, signée par Charles Larue, intitulée « Pourquoi la Norvège refuse-t-elle d’intégrer l’Union européenne ». L’auteur signale parmi les raisons :

. l’euroscepticisme des populations rurales bien pourvues en subventions nationales pour l’agriculture,

. la volonté de la filière de la pêche de préserver « la libre gestion des ressources de la Mer du Nord »,

. la crainte pour les femmes de « perdre leurs droits égalitaires »,

. la volonté pour les Norvégiens de garder pour eux la manne de la ressource du pétrole

. la crainte de l’abaissement du niveau de vie si la Norvège décidait de faire pleinement partie de l’UE.

Comme on l’a vu, ce pays occupe la 5è place en matière d’IIL et la 1ère place en IDH. Ceci explique aussi peut être cela, tant que le pétrole sera là.    

http://les-yeux-du-monde.fr/2010/08/28/pourquoi-la-norvege-refuse-t-elle-dintegrer-lunion-europeenne/

. Photos EP

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Aménager les rives de Maine > Christophe Lesort > Urbaniste Angers

9 Janvier 2011, 10:39am

Publié par Elisabeth Poulain

Christophe Lesort est un passionné de la ville et de ses évolutions. Il aime y marcher, regarder les gens, voir les changements en mouvement, avant de rejoindre son bureau de plain-pied dans lequel il perçoit les pulsations d’Angers.

 Christophe Lesort, Urbaniste d'Angers, Port

L’importance des cartes

A ses murs blancs, devant son bureau, une très belle carte de l’AURA met la Maine en scène dans des tonalités parme claire, vert doux et gris lumière, avec en son centre le périmètre en orangé clair de l’opération des Berges de la Maine. Derrière son dos, est accrochée la carte de l’IGN pour rappeler à ses visiteurs la situation géographique de la capitale du Maine et Loire et celle de l’Anjou. La présence de ces cartes n’est pas un hasard. Christophe Lesort est l'urbaniste en charge de l’Opération de la Reconquête des Berges de Maine. Certes chacun sait que la carte n’est pas le territoire, mais elle offre l’énorme avantage de visualiser les situations et les nombreuses contraintes qui s’y exercent.  

 

Quelques mots de rappel

Les Angevins connaissent bien leur ville. Angers, Bord de Maine, Place de la RochefoucaultCe n’est donc pas à eux que ce billet s’adresse, mais aux lecteurs qui pour certains vont la découvrir avec ce billet. La ville est placée en une situation très resserrée  entre deux confluences, celle du nord-est au nord entre la Mayenne et la Sarthe et celle du sud, distante de quelques kilomètres, entre la Maine et la Loire. La présence de l’eau est forte, avec au nord la grande île de Saint-Aubin sous l’eau une bonne partie de l’hiver et au sud le Parc Balzac et le Lac de Maine qui servent également de réservoir, « des éponges », comme les appellent des habitants connaisseurs. Une bonne partie de la rive gauche est inscrite en zone inondable, aussi bien en amont du Château qu’en aval dans la Grande Prairie de la Baumette. 

 

La plus petite rivière de France avec ses 12kms de longueur, dont 6 dans cette zone urbaine centrale, est bordée en rive gauche d’une autoroute qui coupe l’accès au fleuve et sépare la ville en deux. Seuls quelques tronçons de la quatre voies sont enterrés à hauteur de la Place Molière et du Château.  

L’analyse de Christophe Lesort

« Angers est une ville-bourg classique dans son développement historique. Elle a un fort potentiel économique et intellectuel. Son entrepreneuriat est dynamique. A l’exception de Paris qui ne peut se comparer avec nulle autre ville en France, Angers est une des seules villes de France, à avoir deux universités et des Grandes Ecoles » comme les Arts et Métiers, l’Ecole Supérieure d’Agriculture (ESA), l’Ecole supérieure d’Electronique de l'Ouest (ESEO)... « La recherche  bien représentée  se développe grâce à des projets d’envergure », comme celui du Pôle européen Végépolys... « Il y a beaucoup de richesse ici, avec le paradoxe que la ville connaît aussi la pauvreté, une pauvreté qu’on ne voit pas, mais qui est bien réelle. » Le revenu moyen est inférieur à ceux des villes voisines membres de l’Agglomération d’Angers.  « Une des chances d’Angers est pourtant aussi qu’elle possède ses quartiers sociaux dans la ville et non pas en dehors. L’intégration en est, quoi qu’on en dise, facilitée ».

 

La situation actuelle de la rivière Maine 

A son arrivée en poste alors que Jean Monnier était encore président de l’agglomération et Jean-Claude Antonini, déjà maire d’Angers, Christophe Lesort a été frappé par « cette autoroute urbaine (qui) coupe la ville en deux. On ne voit pas la réalité de la ville. Cette coupure fait que la ville ne se montre pas.  La ville en tant que telle n’existe pas à cause de cette coupure. La rivière n’identifie pas la ville, surtout le centre-ville. L’opération de Reconquête des Berges passe par une autre approche de l’eau, des rapports entre les gens et des relations à la voiture…  

La mise en service du tramway

Angers, Bord de Maine, vue sur le pont ConfluenceLa mise en service prochaine maintenant du tramway va aussi faciliter l’accès à la rivière. Je commence à sentir dans la ville une impatience pour le tramway. Les gens demandent quand ils vont pouvoir (enfin) l’utiliser. La ville va découvrir une nouvelle relation à la mobilité, qui sera très intéressante également pour cette opération des Berges de la Maine, surtout que le tracé du tramway emprunte le cœur du centre d’Angers, en passant par la Place Molière sur la rive droite avant de rejoindre la Place du Ralliement qui fait face au théâtre en plein centre. C’est un choix stratégique fondamental » pour rapprocher la ville de ses habitants et de ses utilisateurs, propre à conférer à l’agglomération  un nouvel envol. Constatons aussi que la ville, ce faisant, se dote d’un cœur perpendiculaire qui se greffe au milieu de la rive gauche. 

 

Le calendrier de la reconquête des Berges de la Maine

Les gens s’étonnent de la durée du projet qui va courir sur plus de 20 ans. Pour expliquer cette situation, la pédagogie est nécessaire, tout autant que le respect, autant que faire se peut, du calendrier des différentes phases du planning et la volonté politique. Pour l’instant, la municipalité en est bientôt à celle du choix de l’équipe qui aura la responsabilité  de mener à bien ce projet stratégique. Les responsables de la ville, sous la conduite de Jean-Claude Antonini, viennent d’auditionner les huit équipes pré-sélectionnées parmi les 40 qui avaient postulé pour en retenir 3 dont les noms sont maintenant connus.

 

Une opération en marche

L’idée pour la ville de retrouver ses liens naturels et historiques avec sa rivière est un mouvement universel. Il appartient de trouver le projet le plus en adéquation avec l’identité profonde de ce site très exceptionnel du fait de la diversité des séquences se suivant ou se faisant face  avec  par exemple :

. un village de pêcheurs en rive droite face à une zone industrielle,

. une place classée, celle la Rochefoucault, face à la ville dense derrière la voie rapide sur l’autre rive,

. un théâtre dédié aux arts contemporains, Le Quai, face à un château-fort du XIIè siècle, perché sur son éperon rocheuxn symbole de la ville.

 

En attendant, comme tous les Angevins peuvent déjà le constater, la revitalisation des berges est déjà en cours avec des opéChristophe Lesort, Urbaniste d'Angers, Portrations ponctuelles d’importance, comme le nouveau pont « Confluence » dédié aux piétons, aux cyclistes et au tramway en amont du site, face au CHU. En rive droite et en aval cette fois-ci, je viens de citer Le Quai, ce gros cube mystérieux rouge la nuit que tous les Angevins ont adopté  avec une vitesse surprenante.  Depuis l’été, le nouveau port de la Cale de la Savatte est opérationnel  face au Château.  La fête Tempo Rives qui s’est déroulé à cet endroit sur l’eau de la Maine cet été entre le Quai et le Château a été un grand succès, au grand plaisir de Monique Ramognino, l’élue en charge de la Culture. Très bientôt va commencer, comme l’a annoncé le maire, Jean-Claude Antonini, la concertation avec les habitants d’Angers sur le nouveau Centre des Congrès, dont la construction est prévue près du Quai.

 

« La ville est en marche. Elle ne s’arrête jamais. A nous de faire du sur-mesure pour le bien-être de tous » conclut Christophe Lesort à la fin de cet entretien.        

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet fait suite à un entretien avec l’urbaniste le 23 décembre 2010 à son bureau.

. Lire la série des billets sur les visites d’études que nous avons faites à Bordeaux et à Lyon, sous la conduite de Christophe Lesort, pour comprendre in situ et avec les explications des responsables des municipalités et des agences concernées les problématiques et les retombées de ces grands projets urbains.

. Photos EP         

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