Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le cycle de la vigne et du vin en 6 dessins d'une petite fille

1 Octobre 2011, 17:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est visiblement un travail fait à l‘école primaire, quand les enfants osent encore reproduire en dessin l’histoire qui vient de leur être racontée. Peut-être aussi peut-on imaginer que la maîtresse avait emmené sa classe faire un tour dans les vignes alentour. Mais dans les années 80, il n’existait pas vraiment de financement donné par les mairies dans les villages près de la Loire pour ce type d’activités. Peut être un film ?

  Cycle vigne et vin, Les six dessins

Les six dessins, qui montrent le déroulement du cycle avec une grande concision, tiennent au verso d’une page cartonnée dont le recto était visiblement destiné à un autre usage. C’était une fiche pré-imprimée sur laquelle il fallait à un représentant commercial indiquer ses chiffres de vente.

  Cycle vigne et vin, Le dessin n° 1

. L’histoire commence avec le dessin n° 1 qui est intitulée « la cueillette ». La petite fille est dans les vignes. Elle porte une hotte encore vide sur son dos et s’apprête à cueillir les magnifiques et très gros raisins rouges. Elle va avoir du travail, c’est une certitude ! La chance est avec elle ; il fait très beau et le soleil brille.

  Cycle vigne et vin, Le dessin n° 2

. Le dessin n° 2 montre « le transport », avec elle tenant les rênes d’un brave cheval qui a bien ses quatre pattes alors que la carriole n’a que deux roues. Il faut se presser. Le temps compte. Seul le contenu de la carriole est orné en couleur marron. Il faut se dépêcher. Mais, pas de souci, tous arriveront à bon port.

 

Cycle vigne et vin, Le dessin n° 3. « Le pressoir », qui figure dans le dessin n° 3, a visiblement donné des soucis de représentation à la petite fille. Elle a bien retenu que les raisins étaient versés dans une cuve circulaire. Elle a utilisé pour le montrer le dessin d’un champignon inversé, avec les baies en haut et le jus qui coule en dessous.

 

Le cycle de la vendange, du transport et du pressurage est terminé. Il faut passer maintenant aux trois dessins qui sont placés en dessous.

 

Cycle vigne et vin, Le dessin n° 4

. Le dessin n° 4, intitulé « la barrique », montre la petite fille assise entre deux barriques à la curieuse forme conique en dessous. La voilà devenue vigneron qui les surveille, semble-t-il. C’est le dessin qui interpelle le plus, d’autant que la qualité de la photo laisse franchement à désirer !  Notez que les baies ont disparu. Ils sont remplacés par le jus de couleur marron en guise de rouge qui sert de fil de trame aux dessins.      

 

Cycle vigne et vin, Le dessin n° 5. Arrive maintenant, après un délai qui dépend du type de vin qu’a décidé le vigneron, le moment très important de « la mise en bouteille ».  C’est le dessin n° 5. Cette fois-ci, la petite fille est assise devant la table de la mise en bouteille.

 

. Le dessin n° 6 montre l’achèvement du cycle lors de « la dégustation ». Assis sur des tabourets face à un guéridon, une petite fille aux Cycle vigne et vin, Le dessin n° 6cheveux jaunes attachés en queue de cheval fait face à  un petit garçon en face d’elle. Au milieu d’eux, une carafe pleine remplie d’un liquide violet. Les verres (à eau et pas à vin) sont encore vides. On croit deviner des petits enfants assis entre eux sur un double banc mais sans verre devant eux.       

 

En trois dessins, voilà représentés la fermentation en cuve avec la transformation du sucre du raisin en alcool, la fin du cuvage avec la mise en bouteille et le la dégustation par les amateurs de vin.   

 

Pour suivre le chemin

.  Dessin non daté et non signé. Allez participer à des vraies vendanges !  C’est le moment !

  Cycle vigne et vin, Les six dessins

 

. Regarder France 3, comme vous le conseillent Valérye Mordelet & Jean-Daniel Kloecklé des Loges de la Folie, avec toutes les coordonnées sur http://www.les-loges-de-la-folie.com

 à Montlouis sur Loire. Un reportage leur est consacré :

Vues sur Loire, dimanche 2 octobre à 11h30 sur France 3. (France 3 Centre et France 3 Pays de la Loire, diffusion nationale mardi 4 octobre à 9h30 )

sur  http://centre.france3.fr/le-grand-live/2011/09/vues-sur-loire-nouvelle-formule/

 

Je n’oublie pas que j’ai fait la connaissance de ces deux jeunes,  sympathiques et talentueux vignerons un jour de vendanges de très beau temps à Montlouis par hasard, alors que je cherchais mon chemin perdu dans le vignoble pour rencontrer un autre vigneron. Ils m’ont offert un café juste avant de repartir avec l’équipe de vendangeurs reprendre le travail ! 

. Photos EP 

Voir les commentaires

Paysages de Pub > Le Mont-Saint-Michel > France

29 Septembre 2011, 14:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est un des monuments les plus connus de France, reconnu à sa seule silhouette. Dans cette catégorie, ils ne sont que trois monuments à bénéficier de cettecatégorie, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe et le Mont Saint-Michel. Seul le Mont est classé depuis 1979 sur les sites inscrits au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Trois raisons motivent le classement :

-          l’harmonie entre l’île et l’abbaye,

-          l’architecture propre à l’île

-          et son caractère religieux médiéval hautement symbolique encore aujourd’hui.

 Blog 2011.09.29 086

L’affiche du Mont à la mouette

Une telle notoriété ne peut avoir échappé aux annonceurs toujours en recherche de logos et ou d’images à forte notoriété pour renforcer la leur. En désordre, voici quelques exemples très diversifiés. L’histoire commence - à tout seigneur, tout honneur – par le mont lui-même qui a fait l’objet d’une très belle affiche publicitaire ancienne pour la faire connaître. Il éclate en rouge sur un fond vert-blanc-bleu.

 Pub 1664, Mont Saint-Michel

La bière 1664

Je vous en ai déjà parlé dans un billet précédent de la façon dont la bière 1664 a « annexé » un certain nombre de grands monuments et ou de grands paysages pour vanter sa marque et l’ancrer dans la culture. Le Mont a figuré en rouge flashy dans ses tous premiers visuels bleu-nuit. Le visuel a connu un franc succès.   

Mont Saint-Michel, Moules de bouchot de la baie 

Les moules de bouchot de la baie

C’est clairement le plus audacieux paysage de pub, celui qui a le plus fort impact. Il se présent sur un grand sac tissé de plastique blanc destiné à contenir ces fameuses moules de bouchot pour la revente aux professionnels. Pour valoriser leur production, les mytiliculteurs (producteurs de moules) ont fait fort avec ce dessin un peu kitch et pourtant réussi. Une énorme moule ouverte montre le Mont Saint-Michel en fond entouré d’une mer orange que l’on voit surtout sur le devant. Comme une moule qui emplirait tout l’espace intérieur, avec la bénédiction en arrière . Ces moules sont protégées par une AOC, dont la dénomination entière est «  moules de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel ».

 

Les œufs de la Mère Poulard

Ils sont célèbres au point que l’omelette de la cuisinière, Annette Poulard, fit de celle-ci une vedette. Devenue la Mère Poulard, l’entreprise du même nom continue à vendre des œufs sous cette marque avec le Mont sur la boîte, à servir des repas gastronomiques dans un restaurant devenu célèbre toujours au Mont et possède une  biscuiterie à son nom. Le Mont prend cette fois-ci la couleur de fond; il est ainsi rouge, jaune comme ici, vert, violet, noir...

 

Mont Saint-Michel, Biscuits La mère Poulard 

 Les boites de biscuits de La Mère Poulard

Ils  portent cinq fois l’effigie du Mont et quatre fois son portrait jeune femme. Le packaging à l’ancienne met en valeur une date, 1888, l’année de naissance de la dame. Une  jolie façon de célébrer son 120è anniversaire de naissance face au 1300è anniversaire du Mont (708-2008) lors de son décès à elle. Le packaging à l’ancienne est très réussi. Sous le dessous, figure l’adresse web du Mont et seulement l’adresse de la  boîte postale de la Biscuiterie Mère Poulard qui communique très peu sur elle-même. Par contre chacun des biscuits est aussi grand à lui seul que le mont en entier.  

 Mont-Saint-Michel Vêtements- camion publicite

Les vêtements de travail du Mont Saint-Michel

La marque va bientôt atteindre son centenaire (1913) même si l’entreprise actuellement propriétaire n’est plus celle du départ.  La marque communiquait beaucoup dans l’Ouest en particulier par affichage. Il me souvient, enfant, avoir vu une affiche sur une façade à Durtal, juste avant de franchir le Loir, me semble-t-il. Actuellement, il reste peu de témoignage de ces présences murales. Par contre la pêche sur Internet m’a apporté cette photo d’un magnifique camion jaune. D’abord dédiés aux bleus de travail, les vêtements d’aujourd’hui sont plutôt chics et décontractés. Ce sont eux qui portent maintenant le plus loin une image chic et très française du Mont grâce à un dessin franchement vieillot.

 Moutons-pres-sales-Mont-Saint-Michel-Mont-Saint-Michel-20.jpg

 

Les agneaux de pré-salé de la Baie du Mont Saint-Michel

Leur chair tendre est très renommée en France. Leur image est associée à la silhouette du Mont. Toutes sont liées dans notre imaginaire. Elles le sont encore plus depuis 2010 car  les producteurs ont réussi à obtenir une AOC qui reconnaît la grande spécificité de la finesse de la viande de ces animaux qui se nourrissent de plantes vivant en milieu salé. Les moutons sont très souvent présents sur les photos. Le contraire n’est pas vrai : ils ne portent pas le mont sur leur dos. Ils mangent seulement les herbes de la baie.

 

 

Pour suivre le chemin

. Voir d’abord le Mont sur http://www.wikimanche.fr/Baie_du_Mont-Saint-Michel

. Pour 1664, voir sur ce blog

 

. Les moules de bouchot, http://www.moules-aoc.com/

. La Mère Poulard, http://www.merepoulard.com/

. Sur la viande des agneaux, lire  http://www.aftouch-cuisine.com/news/news-129-1.htm

 

. Sur les vêtements Mont Saint-Michel, voir http://www.bretagne-racines.ac-rennes.fr/p350033W/pages/00intro/sommaire.htm; d’où provient la photo du camion jaune.

Toujours sur les vêtements, voir le site de l’entreprise d’aujourd’hui http://www.lemontsaintmichel.fr/ et retrouver quelques infos sur celle d’hier (photo du logo de la marque)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mont_Saint_Michel_(marque_de_v%C3%AAtements)

  . Photos, mes remerciements aux différents contributeurs, Elisabeth Poulain pour les moules et les biscuits.  

 

 

Voir les commentaires

Balade estivale > Les Berges de la Maine > Angers

23 Septembre 2011, 07:45am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Vous allez certainement penser que j’exagère. Je sais bien que nous ne sommes plus vraiment en été, bien qu’il ne se termine officiellement qu’aujourd’hui. Il me faut me dépêcher  si je veux être dans les clous avant la tombée des feuilles des énormes platanes de la Place de la Rochefoucauld proches de la Maine justement.

 

L’idée de la balade

Elle paraît tellement évidente une fois qu’on l’a faite qu’on se demande pourquoi il a fallu attendre si longtemps. C’est le Conseil de Développement de l’Agglomération d’Angers qui en a eu l’idée. Nous voilà donc partis à une bonne trentaine de personnes connaissant leur ville sur le bout des pieds, avec le plaisir de découvrir des nouvelles vues, des chemins jamais empruntés, des détails jusqu’alors invisibles…Avec toujours en point commun, la rivière Maine si paisible, en passant tantôt rive droite, tantôt rive gauche, en empruntant des ponts, de façon à tracer un quadrilatère en dix séquences aux paysages très variés.  

 

1. Le départ au Quai, Rive droite

Il se fait au Quai qui fait face au Château. Il est devenu en très peu de temps le symbole du renouveau et de la vitalité d’Angers. Sa polyvalence ne l’empêche pas d’être majoritairement dédié à la culture ou, comme ce jour là, au point de rassemblement des membres du Conseil de Développement.

 

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

2. Le Pont de Basse-Chaîne

Il y a bien longtemps qu’il n’a plus de chaîne pour fermer le passage des bateaux. Ce pont très passant pour les voitures permet aujourd’hui aux marcheurs de bien voir le lit aval de la Maine, avec à droite le grand ensemble en dent de peigne proche de la rive droite (Claude Vasconi, architecte), en face de soi en regardant le faible courant, le seuil plus bas qui coupe le flux de l’eau en période de basses eaux et en rive gauche la grande zone inondable de La Baumette l’hiver.

 

2. La promenade de Port Ligny, rive gauche

Visite des Berges, ballade estivale, Promenade de port Ligny

Elle se mérite après une attente un peu longuette pour traverser l’entrée et la sortie sur la 4 voies et le boulevard du Général de Gaulle au pied du Château (3 feux). Il y avait à cet emplacement effectivement sur la rive un port très actif et des maisons très anciennes, si serrées  et tellement insalubres que la décision fut prise de les détruire et d’y planter en lieu et place gazon et rosiers. Le bruit de la « quatre voies » empêche totalement de profiter du côté bucolique du jardin. Nous ressentons un effet d’écrasement du également à l’absence de vue sur la rivière et à la dimension massive et lourde de la paroi de schiste, sur laquelle est posé le château. Il n’y a d’ailleurs aucun promeneur à part nous.

 

Visite des Berges, ballade estivale, le Pont de Verdun 

 

3. Le passage près du Pont de Verdun   

C’est le pont préféré des Angevins. De là, on peut admirer la grande montée Saint Maurice vers la cathédrale sur sa droite, le pont aux allures médiévales bien sûr et entre les deux, la très belle vue  sur l’amont de la rivière et en face sur les fameux platanes.

 

Visite des Berges, ballade estivale, Place Molière

 

4. La place Molière

Elle forme un véritable carrefour avec un niveau de bruit infiniment plus bas que près du château. Très peu de promeneurs se baladent sur le trottoir qui jouxte la rivière.

 

5. Le sentier des berges

 

Visite des Berges, ballade estivale, le sentier des berges

C’est la véritable découverte et le grand plaisir de cette promenade. Il faisait beau et doux. Le soleil de l’après-midi baignait cette rive gauche d’un voile de douceur. Une nature très présente et spontanée rend la marche véritablement champêtre. Nous sommes, par le hasard d’une descente de quelques marches, en pleine nature au bord de l’eau. Par chance aussi, l’endroit est propre. Il y avait bien quelques bouteilles de Heineken mais elles étaient en haut sur le trottoir !

 

En bas, nul bruit de voitures ne nous a gêné. Nous avons pu admirer la rive droite d’en bas presque à hauteur de l’eau. La remontée près du pont de Haute Chaîne vous donne du tonus pour la suite. Elle est un peu raide ; c’et bon pour les mollets.

 

6. La traversée du boulevard Ayrault

Elle est encore un peu plus longuette que son équivalente (bvd Gal de Gaulle) au pont de Basse-Chaîne. Cette fois-ci, il nous faut  attendre l’autorisation de passer à quatre feux rouges, deux pour franchir les flux entrant et sortant de la 4 voies, l’autre pour passer le boulevard et la 4è pour retrouver le trottoir en haut des berges. C’est long, long d’attendre que ces voitures passent pour que nous puissions retrouver la rivière.

 

7. La berge haute avant le Pont Confluence

C’est un passage qui se fait rapidement, en regardant la Fac de Droit sur notre droite, le Pont Confluence en remontant et la Tour de Haute Chaîne en face. Nous retrouvons encore les platanes qui masquent la 4 voies sans occulter le bruit.

 

 Visite des Berges, ballade estivale, le Pont Confluence

 

8. Le Pont Confluence 

Les Angevins le connaissent déjà bien. Il est pourtant très récent. Il est réservé aux tramways, aux cyclistes et aux piétons. Tous les membres du groupe se sont accordés pour dire que c’est de cet endroit, au milieu du pont, que la vue sur la ville est la plus belle, avec la cathédrale en rive gauche et les grands platanes en rive droite qui dominent le quai Monge. C’est le seul quai qui reste de la grande période où la rivière était l’axe principal de la ville, celui par lequel arrivaient et partaient les marchandises essentielles à sa vie et à son développement.   

 

Visite des Berges, ballade estivale, le CHU

9. Le passage devant le CHU

Le pont se situe dans l’axe central de l’hôpital, qui du coup, prend une importance visuelle à la hauteur de son importance réelle dans la ville.  C’est le premier employeur de la ville d’Angers. Ce nouveau pont est  un véritable atout en matière d’urbanisme et aussi une réalité très positive pour les étudiants de la fac de médecine qui ont maintenant leur bibliothèque en rive droite, aux côtés des autres étudiants. Les jeunes sont les premiers utilisateurs de ce pont très jeune. Il ne manque plus qu’un ascenseur pour les personnes à pied ou avec un vélo en rive gauche pour ceux que la longue volée de marches peut rebuter.  

 

10. Le retour par la rive droite très verte

Le jardin au pied de la Tour des Anglais est d’autant plus Visite des Berges, ballade estivale, en haut de la Place la Rochefoucaultagréable que nous redescendons  à hauteur de l’eau en passant cette fois-ci sous le pont de Haute Chaîne. Oubliées les quatre feux de l’autre côté ! Nous empruntons alors le quai Monge qui longe la Place de  La Rochefoucauld.

 

Notre promenade emprunte un escalier très raide qui remonte vers la grande place qui n’a de place que le nom. C’est en fait un grand espace vide bordé d’une double rangée de platanes qui sert depuis beaucoup trop longtemps de parking gratuit à voitures. C’était il y a fort longtemps dans la longue histoire d’Angers une île distincte de la rive droite. Le bras interne a été comblé pour donner de la place à la ville. Il est devenu maintenant une grande voie de circulation pour faciliter le passage des voitures ( boulevard Arago + boulevard du Ronceray + boulevard Henri Arnaud ) sur lequel s’ouvre le nouveau port d’Angers, la Cale de la Savate et le Quai d’où nous sommes partis. La boucle est alors bouclée.  

 

Ce fut une bien belle balade estivale à Angers sur les rives de la Maine en fin d’après-midi quand le soleil joue à cache-cache avec des petits nuages.    

 

Pour suivre le chemin

. Cette promenade s’inscrit dans la grande opération des Berges de la Maine à l’intention des membres du Conseil de Développement. Elle a été conduite par Christophe Lesort, le responsable du projet au sein de l’AURA (Agence d’Urbanisme de la Région Angevine).

. Sur le sujet, voir sur ce blog

Aménager les rives de Maine > Christophe Lesort > Urbaniste Angers

Aménager les rives de La Maine > Les 3 équipes sélectionnées > Angers

 

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Regarder les autres pour se voir soi > Les vacances aux Etats-Unis

12 Septembre 2011, 17:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une nouvelle série interculturelle

C’est par les Etats-Unis que commence cette nouvelle chronique fondée sur nos façons de vivre, en dégageant les différences avec ce que nous connaissons nous ici en France. Il ne s’agit pas surtout de porter un jugement en disant  « voyez, ceci est bien, ceci ne l’est pas » dans un mode de pensée binaire qui schématise les situation en les déformant. Il s’agit plutôt de jouer avec le miroir en disant « regarde le et vois en quoi tu lui ressembles ».

 

La France a toujours été plurielle. Il n’existe pas une identité nationale, au contraire d’un drapeau ou d’un chant national. Percevoir la différence est un des objectifs de « Regarder les autres pour se voir soi ». 

 Rouge, Coca Cola sur classeur

 

Une interrogation en double miroir

Précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas de répertorier l’ensemble des usages  et façons de vivre des différentes communautés de toutes les catégories. Pour ce faire, il faudrait pour chaque thème disposer d’une vie entière ou au moins d’une étude sociologique très affinée, tel n’est pas  mon propos. Il ‘agit pour moi  de sélectionner des façons d’être et de vivre à l’étranger ou ici en partant d’articles et de connaissances personnelles  pour dégager ce que cela dit de nous. Cette matière humaine parle et nous révèle beaucoup, d’abord sur nous .

 

Il s’agit d’un travail en double miroir, avec au fond toujours cette interrogation « pourquoi sommes nous étonnés, que les autres soient différents ? » .    

 

Le choix du thème des vacances

Le premier thème porte sur les vacances dont vous connaissez l’attachement si français non seulement pour le plaisir d’y être justement (en vacances) mais aussi et tout autant comme marqueur du positionnement sociétal d’une personne ou d’une famille.

 

La date des congés payés est connue de tous, 1936, presque autant que la guerre de 1940. On en parle encore comme d’une évolution majeure de la société. Evoquer cette date fait ressortir en France des photos le Libération par exemple montrant la ruée vers la mer avec la tente sur le porte-bagage du vélo. C’est aussi le cas de Wikipedia qui comporte trois photos des ces premières vacances populaires, comme on ne dit plus aujourd’hui. Le symbole identitaire des vacances reste incroyablement fort dans notre société.

 

Mais voyons d’abord ce qui se passe aux EUAN dont le Fair Labour Standarts Act – l’équivalent de notre droit du travail -  ne comporte pas de clause incluant  le paiement par l’employeur des jours de vacances, des jours fériés et des absences pour cause de maladie . A chacun ou chaque syndicat de négocier des accords en ce sens.  

 Graphisme-aleatoire-2008.5.JPG

Le travail, une responsabilité individuelle

Les vacances, en tant que telles, ne sont pas considérées, comme un élément d’équilibre absolument essentiel à une personne dans notre vision annuelle du temps. Une des raisons très certainement provient de l’héritage transmis par les Pionniers. La survie tant de l’individu que du groupe face à l’inconnu ou l’adversité vient de leur activité ensemble et de leur capacité à faire plus et mieux. Il y a à la fois un engagement face à la communauté et une responsabilité individuelle, chacun à sa place et si celle-ci ne convient, à chercher par ses initiatives une place meilleure. C’est le moment de rappeler la fameuse citation de JF Kennedy « ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande toi ce que tu peux faire pour ton pays ».  

 

Dans cette optique, les vacances pourraient être considérées comme un retrait égoïste par rapport à la société. Une façon de lutter contre cette déviation de nature à menacer la force du groupe est d’occuper son temps pendant les vacances de façon utile directement pour les autres dans le cadre de fonctions bénévoles par exemple ou de stages d’apprentissage et de vie en groupe, ceci aussi pour les plus jeunes.      

 

Le travail en faveur de la communauté

En lien avec ce positionnement, il faut citer la relation avec la religion qui constitue un élément structurant très fort. Encore maintenant, surtout en dehors des grandes villes, on vous demande de quelle religion vous êtes, ou plutôt pour les Américains à quelle église vous êtes rattaché, d’où l’importance en particulier du dimanche. Consacrer une journée à Dieu est une ardente nécessité, vitale pour la communauté, en plus de ce qu’il incombe de faire à chacun en tant que membre tout au long de la semaine.  L’incidence sur les vacances est forte : comment pourrait-on compter sur des gens qui sont tout le temps partis ?

 AMBD-expo-Lille-dessins-bol.jpg

Le travail dans la famille

C’est là également qu’intervient la répartition du travail au sein des couples : en schématisant et toujours en dehors des grandes villes, à l’homme le travail plein pot et à la femme le soin de la famille, de la maison et des relations avec la communauté. Il est frappant de constater dans ce domaine aussi combien le travail personnel intra-domestique est encouragé. Il est très peu fait appel à du personnel extérieur régulier, en particulier aux femmes de ménage salariées. En cas de surcharge de travail, on se tourne vers ses voisins ou des prestataires qui interviennent ponctuellement. A charge de revanche avec les voisins…  

 

Outre ce positionnement de chacun dans le groupe en terme d’appartenance à un espace dédié et de temps disponible, les vacances posent la question du lieu d’occupation de ce temps pas si libre au sein du couple ou de la famille.

 

Les vacances à la maison

C’est la question entre le lieu de vacances et les vacances qui est posée : passe-t-on (vraiment) des vacances à la maison ? Les vacances n’impliquent-elles pas qu’il soit nécessaire de partit pour être en vacances ? A rester chez soi, les vacances deviennent dés lors  un temps individualisé, que certains occupent à faire chez eux ce qu’ils n’ont pas le temps de faire à un autre moment, du bricolage en particulier.           

 

Le fait que les Etats-Unis sont un Etat fédéral a une incidence également sur la vision portée sur les vacances, non plus dans leur durée quantitative cette fois-ci  mais comme élément de repère spatial. L’espace américain n’est pas rythmé par un moment fort des déplacements estivaux notamment, perceptibles par tous. Les vacances ne sont pas repérables à grande échelle, vues de l’extérieur et même de l’intérieur, hors des endroits clairement à vocation touristique.

 

Des moments de temps autres, plutôt que des vacances

Ce manque de visibilité est accru par le fractionnement des vacances qui se prennent le plus souvent  en plusieurs fois, à la manière de week-end prolongé. Les Américains ne sont que 14% à prendre leurs deux semaines de vacances de façon continue. La discontinuité des jours de vacances a une incidence sur la nature des vacances, le type d’activités et leur lieu de déroulement. Ce qui est sûr c’est que flemmarder n’est pas positif, lézarder au soleil non plus. Par contre entraîner son corps, faire de l’exercice sont de bonnes choses, à condition que ces pratiques ne soient pas prises sur le travail.

 Le passage du temps

Les vacances

On en vient à se demander ce qu’elles sont. Quand elles sont courtes, on parlera plutôt de week-end si elles sont placées en fin de semaine, de loisirs autrement. Quand elles ont lieu l’été, de camp pour les jeunes, de break familial quand la famille se réunit ou de séjour de courte durée dans un ailleurs propice à la détente. Liées aux grandes fêtes, comme Noël, le Nouvel An, l’Independance Day le 4 juillet, le terme de vacances est plus difficile à utiliser.

 

Aller à la plage à ne rien faire quand on est au bord de la mer pas forcément une idée spontanée. A la retraite, il n’est pas rare de voir les couples seniors vendre la maison familiale  liée à leur travail pour partir dans des logements adaptés. Ils sont considérés alors comme des vacanciers de longue durée. La possession d’une résidence secondaire ne résout pas la question des vacances puisque y aller est considéré comme normal. C’est plutôt rare dans la classe moyenne. Par ailleurs, les jeunes sont encouragés à voler de leurs propres ailes, quitte à s’endetter lourdement pour faire leurs études et se lancer dans la vie. La poursuite des relations familiales une fois les jeunes devenus des adultes est peut être moins fréquente. Disons plus finement que tout dépend des communautés.  

 

Les vacances et le vide

La difficulté à définir ce que sont les vacances fait appel à la notion de vacance, de vide comme on parle de vacance de pouvoir en Belgique qui ne dispose pas d’un gouvernement fédéral depuis plus d’un an. Est-on « vacant » quand on ne travaille pas ? Certainement pas quand on est son propre patron, une situation plus valorisante qu'en France. Le cas des salariés varie aussi selon les situations, le niveau de responsabilités, le secteur économique, le lieu, le moment…L’énumération n’est pas exhaustive. Cette notion de vacance dans le sens de vide est en plus terriblement réducteur en particulier pour une grande partie des femmes qui exercent  en fait trois sortes de métier, leur profession, la gestion de la maison et la prise en charge des enfants. Elles sont 80% à travailler à l'extérieur de la famille (73% en France).

 

Une dernière remarque s’impose. Vouloir toujours définir les choses par un statut, du quantitatif qui se traduit en monnaie sonnante et trébuchante,  des déplacements en terme de kilomètres et d’exotisme…, repérable par les autres est franchement désuet.  

 Magritte-Maison-M--rue-Essehheim-135-Bruxelles.jpg

Quelques questions liées

. Quand donc avons-nous le temps de lire, de penser, de faire des recherches pour avancer ?

. Pourquoi faudrait-il absolument toujours partir ?

. De quel vide s’agit-il ? …

        

Pour suivre le chemin

. Sur les vacances à la maison, voir

http://veilletourisme.ca/2008/07/08/les-%C2%ABstaycations%C2%BB-ou-des-vacances-a-la-maison%E2%80%A6/

. Sur la différence de la situation des femmes au travail aux Etats-Unis et en France

http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/dtravail/WP2007-07.pdf

. Sur un tourisme autrement, voir le cahier de recherche du Crédoc, décembre 2009, n° 269, « Le tourisme durable à l’étranger ou la possibilité d’un autre voyage », sur

http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C269.pdf

. La citation de JFK sur http://www.lecercledescitoyensfrancais.info/article-e-65881930.html

. Photos EP     

 

 

Voir les commentaires

B de Bouteille > Quand Veuve Clicquot part en voyage...

10 Septembre 2011, 16:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elle pense à tout. Il faut dire que Barbe Nicole Ponsardin, épouse Cliquot, a une longue expérience de l’exploration de nouvelles destinations et des voyages. Il faut dire aussi qu’elle a eu une longue vie. Née en 1778, elle est décédée en 1866. A 27 ans, elle a pris la tête de l’entreprise créée en 1772. C’est une grande femme d’affaires et une vraie innovatrice. Jugez-en.

 

Veuve Clicquot, Bouteille 

 

La bouteille d’abord

La première chose à laquelle Barbe Nicole pense à emporter, c’est à la bouteille. C’est une champenoise classique lourde bien sûr pour pouvoir supporter la pression des bulles, qui faisaient éclater les bouteilles lors du transport, avant l’invention du muselet. Il fallut attendre 1844 l’invention du système d’accroche du bouchon à la bouteille de Jules Guyot qui travaillait dans la maison de champagne Jacquesson (Châlons en Champagne) pour que l’exportation devienne possible à grande échelle. 

  

Quatre brins se croisent au-dessus du bouchon protégé par un muselet, le nom de cette petite coupelle métallique.  Cette invention a permis de développer l’exportation de ses bouteilles de champagne dans le monde (plus de 750 000 bouteilles produites, avec un taux d’exportation très élevé au milieu du XIX siècle pour VC). Maintenant le nombre de bouteilles atteint le record de 8 millions de bouteilles par an, avec à chaque fois le portrait de la gente dame sur le muselet.

 

Le ‘Jaune d’oeuf’ Veuve Clicquot

Dans ses bagages, Barbe Clicquot place en premier ses étiquettes si reconnaissables grâce à leur couleur, vous l’avez deviné, jaune. En réalité, il tire plus sur l’orange, un orange très particulier bien sûr, que l’on peut qualifier de  jaune d’un oeuf très  coloré, absolument inimitable et ceci pour une bonne raison.

 

Cette couleur, sélectionnée parmi les 1000 nuances du Code Pantone, fait en effet partie intégrante de la marque depuis plusieurs décennies. C’est ce qu’a déclaré la Cour d’Appel de Justice de Bruxelles dans un arrêt du 24 juin 2004 qui a opposé la Maison de Champagne à un brasseur belge de Buggenhout pour une de ses bières appelée « Malheur brut Réserve ». Cette tentative d’adosser une bière dotée d’un tel nom à une marque aussi prestigieuse aurait fait frémir Dame Clicquot.

 

Les déclinaisons de ce jaune d’œuf

 

Veuve Clicquot, Etiquette avec la signature

 

Les couleurs ont pourtant varié au cours des ans. Il a fallu à la Maison partir d’un gris beige, puis un gris bleu, pour arriver à un beige orangé léger et franchir le pas cette fois-ci d’un orangé assourdi. La couleur actuelle s’est affinée au cours du XX siècle, sans qu’une date précise puisse être retenue, comme l’ont notée les juges belges.

 

S’il est possible de constater les variations de la couleur pour arriver à la couleur actuelle, il est également aussi intéressant de voir maintenant qu’il y a beaucoup de variations de ce jaune identitaire tant les supports de la marque sont nombreux et la garde robe étendue de ce vin de Champagne. 

 

Les flûtes

Elles sont indispensables à la dégustation. On ne saurait imaginer boire un champagne dans un verre ordinaire, ni dans une coupe comme on le faisait il y a 50 ans encore. Il faut des flûtes et le must est bien sûr de boire du Champagne Veuve Clicquot avec des verres de la Maison.  Il existe bien un coffret avec deux flûtes qui enserrent la bouteille dans les bagages de La Grande Dame, comme se nomme un autre de ses Champagnes de sa gamme.

 

Le coffret

Il a une grande importance, comme support de la marque maintenant. Mais il conserve aussi sa fonction protectrice de la bouteille contre les chocs pendant le transport. Il constitue en outre un sur-emballage qui garantit le vin dans la bouteille contre la lumière solaire et aussi celle des néons avant la vente. C’est une des raisons qui explique la poursuite de l’utilisation de cette bouteille de couleur verte foncée. Le coffret valorise aussi la bouteille. Le client sait que la bouteille n’a pas été touchée avant l’achat. Un coffret déjà ouvert serait invendable. 

 

La petite bouteille

Quand il lui reste un peu de place, Barbe Nicole emporte bien volontiers la 200ml plus spécialement faite pour le marché américain, moins  peut être pour le marché européen. Cette initiative fut lancée pour fêter le passage du millénaire. La petite bouteille est en tous points semblable à sa grande sœur. Elle offre les mêmes qualités gustatives.

 

Veuve Clicquot, Muselet 

 

Le maillot isotherme

La dégustation, le grand mot est lâché. Un champagne ne peut se déguster que dans des conditions optimales de bonne température. C’est ainsi que Barbe Nicole à prévu un sur-habillage isotherme sur mesure. C’est une sur-bouteille en tissu épais ajusté à la rondeur du corps de la bouteille, de couleur évidemment jaune destinée à isoler la bouteille des variations de température. L’hiver, ce manteau de bouteille est particulièrement conseillé, comme s‘il fallait protéger également la bouteille contre le grand froid.

 

Le shopping bag isotherme

C’est une version plus urbaine que Barbe Clicquot a conçu quand il faut soi-même se déplacer avec sa bouteille. On pourrait dire que c’est un coffret stylisé doté d’une poignée. Mais il y a mieux pour ceux qui veulent bénéficier d’un raffinement supplémentaire.  

 

Veuve Clicquot, Clicquot City Traveller 

  

Le Clicquot City Traveller

Alléger le poids est certes une bonne idée. Mais il lui faut également penser à garantir à tout moment une  température fraîche et constante de dégustation, en rafraîchissant la bouteille avant de la déboucher, comme il est indiqué sur la contre-étiquette. Ce sac isotherme permet de garantir une bonne dégustation dés son arrivée à ceux à qui la Dame offre ce cadeau. Il constitue aussi une très jolie mallette a porter avec soi !

 

Veuve Clicquot, Ice Box ouvert 

 

L’Ice Box Veuve Clicquot

Et puis vint une des plus jolies innovations de cette Grande Innovatrice. Elle allie l'ingéniosité de la technique contemporaine, l'art du pliage japonais et la grâce française, avec un clin d'oeil à l'or de la Galerie des Glaces du Château de Versailles . Ouvrant le coffret cette fois-ci un peu plus grand, Barbe Nicole Clicquot soulève la bouteille elle-même insérée dans un autre demi-coffret, le fameux Ice Box qui se déplie. Puis elle  ouvre, sans l' aplatir, le second demi-coffret à l'intérieur du premier. Elle le façonne pour  former le seau à glace dans lequel elle pose délicatement la bouteille à rafraîchir entourée de glaçons. Comme une cérémonie à pratiquer entre amis dans l’attente de la dégustation….

 

La bouteille en fil

Outre son portrait et son nom écrit de sa main qui figure sur l’étiquette, Barbe Nicole Clicquot n’oublie jamais d’emporter aussi une bouteille bien particulière, si légère qu’elle n’a que le poids d’une feuille de papier au contraire de la bouteille en verre (750 gr sans le bouchon ni le muselet).

 

Cette  bouteille est constituée d’un fil identique à celui qui attache le bouchon à la bouteille. Elle figure dans une publicité de couleur uniforme jaune, comme si son champagne avait conquis l’espace et le monde. Ce visuel, dont l’utilisation se poursuit maintenant depuis plusieurs années, est une franche réussite, qui ancre la marque, son identification par l’étiquette et son style de façon indélébile dans l’imaginaire et ceci partout dans le monde sans biais interculturel.

 

  Veuve Clicquot, Visuel en fil

 

VC Force 7    

Et c’est ainsi que lorsque Barbe Nicole Clicquot Ponsardin part en voyage, elle emporte une bouteille avec ses flûtes, la bouteille dans son manteau jaune, une autre dans son shopping bag, son Clicquot City Traveller, son Ice Box avec la bouteille  mais  sans la glace, une petite bouteille pour le cas où et sa bouteille de fil si chère à son cœur, sans oublier un grand nombre d’étiquettes jaunes et de plaques de muselet avec son portrait de Grande Dame, du nom d’un autre de ses Champagne.

 

Et maintenant

Tout va bien. Sa maison vend 8 millons de bouteilles par an à son nom, avec sa signature, son portrait et ses couleurs. Imaginez le travail qu'il faut faire à LVMH, le propriétaire de la marque VCP pour faire voyager dans le monde les 7 999 993 bouteilles restantes!   

 

Pour suivre le chemin

. Quelques informations sur http://www.veuve-clicquot.com/

. Sur la protection de la couleur par Veuve Clicquot de « sa » couleur comme partie intégrante de sa marque, retrouver les éléments du procès qui l’a opposé  à un brasseur belge sur http://www.droitbelge.be/news_detail.asp?id=168

. Voir les étiquettes anciennes dans "La folie des étiquettes de vin" de Frédérique Crestin-Billet, Flammarion

. Pour retrouver une grande partie des accessoires de la bouteille, voir en particulier, avec encore d’autres sur-habillages  http://www.enviedechamp.com/carte_jaune_shopping_bag_champagne_veuve_clicquot_ve24.php?num_pro=2

 

. Photos EP à voir dans l'album 'Bottles 2" 

 

. Voir aussi la série des B de Bouteille

B de Bouteille > GET 27 > Du pur trash au végétal sexy

La bouteille de vin > L'Anjou rouge > Olivier Cousin > Martigné-Briand

B comme Bouteille > Chanel N°5 > Jeu de lumière et de couleur

 B comme Bouteille > Le Champagne Louis Roederer > La puissance du fil

B de Bouteille + V de Verre = Einstein = Perrier

B04 comme Bouteille > Le galbe de Champagne Gosset et de Ty Nant

B03 > comme Bouteille > comme Bouchon > Les 5

B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde

B01 > comme Bouteille > comme Bougie

 

Voir les commentaires

La traduction en pub > Imagine de Microsoft > L'écart interculturel

7 Septembre 2011, 10:48am

Publié par Elisabeth Poulain

 

L’idée de départ

C’est une publicité déjà ancienne de 2004 de Microsoft pour faire connaître ses logiciels au monde des gens de la terre. L’entreprise a choisi le plus valorisant des métiers agricoles surtout en France, celui de vigneron et le journal Le Monde pour rester en phase avec ses clients très choisis. Il s’agit pour l’annonceur de garder son image d’une société résolument tournée vers l’avenir, un avenir radieux, malgré les difficultés inhérentes à la vie, où tout devient possible grâce aux outils informatiques conçus et vendus par elle.

Paysage de vigne, Pub Microsoft 2004, Le Monde 

La difficulté

La représentation de la terre, du travail qui s’y fait et de l’investissement humain et financier engagé par le vigneron est difficile. La solution la plus courante est de sélectionner un beau paysage de nature travaillée ; la seconde est de montrer  un vigneron au travail, de préférence en utilisant un matériel. La difficulté est que ces solutions sont et déjà trop utilisées par tous les fabricants de tracteur ou de produits phyto-sanitaires notamment  et peu inventives. Quand on parle de l’avenir et de l’ancrage humain dans le sol, il convient pour la plus grande marque informatique dans le monde d’être innovant. C’est ce qu’elle a fait.

 

Le visuel

Il y a bien au départ un paysage, ni exceptionnel, ni laid. C’est un coteau choisi  pour évoquer la chaleur, la lumière, avec quelques arbres en haut et de l’herbe en contre bas. A la rencontre entre le pied des arbres et la pente douce, on découvre un homme, chapeau brun sur la tête, avec une grande canne, vêtu d’une veste de velours brun. Il porte les couleurs de la terre. On devine qu’il est le maître de ce coteau et qu’il regarde sa terre. Juste à ses côtés et un peu en arrière se trouve un jeune homme, son petit fils. C’est lui qui incarne l’avenir.

 

Mais ce qu’on remarque en premier lieu, ce ne sont pas ces éléments clés du décor, c’est la vigne qui figure en dessin stylisé et en blanc sur l’herbe roussie par l’été. Cette vigne généreuse donne des grappes aussi hautes qu’un demi-pied de vigne. Elles signent la réussite du travail du vigneron. Ce sont elles, puis les pieds et enfin les feuilles que l’on voit en premier en surimpression des hautes herbes roussies par le soleil. On devine même un camion en partie gauche à la jonction entre la vigne et les arbres. Il annonce la vendange prête à se faire. L’effet est très réussi.

 

La représentation de l’avenir

Paysage de vigne, Pub Microsoft 2004, Le MondeMontrer un jeune homme à côté de son grand père  pour figurer l’avenir est classique. Les Grecs et les Romains faisaient déjà de même. Arriver à représenter les trois temps – ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain - ne l’est certainement pas autant. Cette vigne dessinée en surimpression peut aussi bien figurer celle qui existait au temps de la jeunesse du grand-père que celle de demain grâce au travail du petit-fils dont le travail sera facilité par le logiciel de Microsoft. L’ensemble est agréable à regarder, tout autant que la vigne que voient déjà le grand-père et son petit fils.

 

La représentation du travail intellectuel

Il faut la chercher dans la partie supérieure du visuel, dans le ciel qui domine la paysage. C’est un ciel changeant, lourd de nuages, un peu avant l’orage, avec cependant des parties plus claires de beau temps. Il y a tout dans ce ciel. Il est la représentation du temps qui nous englobe tout autant que la nature. C’est là aussi que se trouve la partie écrite de cette publicité.

 

Le texte « On imagine le rêve de votre grand-père se réaliser »

Les deux premiers mots sont écrits en gros. Les trois lignes qui suivent le sont en très petits caractères. « Créer son entreprise, c’est aussi imaginer son évolution au fil des années et des générations. Ce sont de tels projets qui nous inspirent pour créer des logiciels vous permettant de la faire naître, grandir et prospérer. www.microsoft.com/france/onimagine ». La signature du visuel se trouve en bas à droite avec le slogan suivant « Votre potentiel, Notre passion, Microsoft ».

 

On comprend ce que veut faire Microsoft. Il s’agit de montrer qu’on ne peut plus créer et gérer durablement une entreprise sans l’aide de l’informatique. Mais on est 2004. A cette époque là, c’était déjà une évidence, même dans le vignoble.       

 

L’adéquation entre le texte et le visuel

Autant l’image construite est réussie et donne à rêver, autant le texte est faible et peu convaincant. On ne crée pas une entreprise pour les générations futures. L’argumentaire est beaucoup trop vague. Il aurait mieux valu mettre simplement un texte du genre : « Microsoft, un lien entre les générations au bénéfice des vignerons ou des entreprises… »

 

L’écart culturel

Il est double me semble-t-il. Le plus apparent porte sur le titre. Paysage de vigne, Pub Microsoft 2004, Le MondeTraduire « Imagine » en anglais par « On imagine » est une vraie erreur. Le verbe à la troisième personne se vide totalement de sa force. Il y a en plus  une rupture totale avec « Imagine » la fameuse chanson de John Lennon  de 1971 qui reste dans toutes les têtes. Imaginez » aurait été préférable.

 

Le second biais de transposition et non pas de traduction cette fois-ci porte sur la différence culturelle de la transmission de père à fils entre les Etats-Unis et la France. Ce lien entre père ou grand-père et fils ou petit-fils est une évidence dans le vignoble en France, un lien d’homme à homme. La transmission familiale n’est pas forcément aussi forte aux Etats-Unis dans la classe moyenne où les enfants partent faire leur vie sans garder autant de liens avec leur famille. L’idée étant que les obligations des parents s’arrête une fois les études faites.

 

L’appréciation

Cette publicité n’est pas facile à décrypter. Sa composition semble l’adresser aux petit-fils des classes supérieures, en excluant à la fois les fils et les pères. Quant aux petites filles, filles, mères et grands mères, elles n’existent tout simplement pas. C’est tout à fait curieux.

 

Pour suivre le chemin

. Publicité du Monde 08.03.2004

. Retrouver www.microsoft.com/france/onimagine

. Quelques maigrelettes infos sur John Lennon, sur www.wikipedia.org/wiki/john_lennon

. Le texte de la chanson « Imagine » sur www.paroles-chansons;musique.com

. “It's easy if you try, No hell below us, Above us only sky, Imagine all the people, Living for today...
. Imagine there's no countries, It isn't hard to do, Nothing to kill or die for, And no religion too, Imagine all the people, Living life in peace...
. You may say I'm a dreamer, But I'm not the only one, I hope someday you'll join us, And the world will be as one
. Imagine no possessions, I wonder if you can, No need for greed or hunger, A brotherhood of man
Imagine all the people, Sharing all the world...
. You may say I'm a dreamer, But I'm not the only one, I hope someday you'll join us, And the world will live as one.”

. Photo EP

Voir les commentaires

N comme Nanas > Les Dames de Shanghai

23 Août 2011, 17:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Quand vous cliquez sur « Dame de Shanghai » sur Google, c’est la  version    Dames de Shanghai, Shanghai Modern, Europalia China,

cinématographique qui l'emporte sans aucune contestation possible. Il n’y en a apparemment qu’une seule, alors que la ville de Shanghai compte au bas mot 23 millions d’habitants dont pourtant presque 49% sont des femmes. A vous de calculer combien il y a de dames de Shanghai dedans.

 

La Dame et la femme

C’est un calcul compliqué à faire, car il y a dame et dame, ou plutôt dame et femme, une fois enlevées du calcul, les petites filles et les mères-grands  qui n’ont pas la prétention d’être une dame. Une dame est quelqu’un de très spécial. Par rapport à une femme, une dame a toujours eu plus d’une longueur d’avance, elle est d’essence particulière. On dira d’elle que c’est une grande dame, une belle dame... Une dame d'âge avancée restera une dame. Il suffira de dire : c’est une dame pour montrer qu’elle a de la classe. Etre une dame est un titre qui se mérite, comme nous allons le voir avec différents exemples  à la notoriété variable.

 

La mégalopole d’aujourd’hui

Shanghai revendique à nouveau pleinement son aura culturelle cette fois-ci à l’échelle mondiale. Elle compte dans le Top Ten des villes mondiales. La ville ne renie plus son passé européen et français en particulier, lors de la Concession française de Shanghai (1862-1946), mais sans en faire de trop. Il en va ainsi de ces héritages coloniaux dans tous les pays du monde.  Il n’en reste pas moins qu’il reste aux dires mêmes des habitants fortunés comme des  représentants des pays étrangers une ambiance particulière à Shanghai. De là, à assimiler la Shanghaïenne à la Parisienne il n’y a qu’un pas aisément franchi par les grands noms du Luxe, avec plus d’argent là qu’ici.

  Dame de Shanghai, Shanghai Modern, Europalia China,

Le « Shanghai Modern »(1900-1940)

L’époque est placée sous le signe du « Modeng », directement traduit de l’anglais « modern » auquel s’associe « la mode ». Etaient à classer dans la catégorie Modeng «  les films, les cafés, le golf et les soirées dansantes »,  des nouvelles activités directement empruntées à la culture occidentale. La place très spéciale de cette capitale culturelle qu’est Shanghai date de cette époque. L’art de vivre contemporain est né à cette époque. Des jeunes femmes très modernes  ont commencé à apparaître en peinture et en publicité, comme le montre deux exemples de la sélection faite les autorités de Beijing et de Shanghai pour l’exposition Europalia-China qui eut lieu au centre d’Art de Rouge-Cloître à Bruxelles (2009-2010).

 

Les Fleurs de Shanghai

Une des conséquences de l’attribution de concessions aux puissances étrangères occupantes fut l’éclosion en grand nombre de maisons closes où il était possible aux clients de jouer au mah-jong, de boire de l'alcool, de fumer de l’opium et de se choisir une Fleur pour quelques instants de plaisir à l’abri de la police locale. Des films retracent  cette période où la notion de droits des femmes était plus qu’étrangère à la culture ambiante pas seulement chinoise d’ailleurs.  Le film « Les Fleurs de Shanghai » de Hou Hsiao Hsien en est un bon exemple. Ces Perles clairement ne se désignent pas comme des Dames. Pourtant certaines grandes courtisanes en avaient le statut. Elles ont contribué, comme en Europe et aux Etats-Unis à faire éclore une nouvelle culture centrée sur une plus grande liberté individuelle et une nouvelle image d’audace pour les femmes bien nées.    

 

La Dame de Shanghai  

En 1947, Orson Wells sort l’un de ses plus célèbres films « The Lady of Shanghai » incarnée par Rita Hayworth. La star, teinte en blonde, était encore mariée au cinéaste. Elle demanda le divorce à la fin du film en raison notamment du sort et du traitement que lui fit subir son mari pendant le tournage. En fait la renommé de ce film est telle au niveau mondial qu’il occulte tout le reste. Parler de dames de Shanghai et tout le monde a le film en tête, même si peu le connaissent.

 

La Lady Blue Shanghai

Cette magnifique femme aux cheveux châtains foncés, Marion Cotillard, revêtue d’un fourreau noir,  qui est la star choisie par Dior pour représenter son parfum conçu spécialement pour le marché asiatique.  Le bleu ajoute au mystère de la marque dans un pays placé sous le règne de la couleur rouge. C’est un signe innovant qui joue sur le contraste, dans ce court-métrage de 16 minutes de David Lynch (2010) réalisé pour créer l’événement pour le lancement d’une boutique Dior à Shanghai.

 

Dame de Shanghai, Evian Shanghai Beauty

La Beauté de Shanghai Beauty Evian

Cette fois-ci, je vais avoir du  mal à vous parler d’une dame. Elle n’en a pas l’air. En fait elle ressemble plus à une Escort Girl tarifée qu’à une jeune femme de Shanghai. Elle porte une Cheongsam, la robe traditionnelle de Shanghai, remise à la mode dans les années 30 et modernisée en 1933 « avec une échancrure du côté gauche et une fente de 17 cm de long aux revers ». Aussitôt, toutes les femmes modernes suivirent son exemple. Plus tard, les fentes devinrent de plus en plus profondes, atteignant le haut de la cuisse. Dans le même temps, la robe devint de plus en plus cintrée à la taille ». Telle est la description qu’en fait Chine-Informations à l’intention de ses lecteurs français. 

 

La robe de la Beauté de Shanghai Beauty Evian a une fente latérale qui arrive sous les fesses. C’est elle qui représente la ville dans ce dessin de Stéphane Manel, qui a par ailleurs réalisé deux autres visuels pour Paris et New York . Choisir une telle représentation de la jeune femme d’aujourd’hui  pour vendre son spray d’eau en brumatisateur facial  provoque le rire d’abord et un questionnement après. Est-ce bien cela la libération de la femme ? Se voir comme une Escort Girl ?  A noter que cette fois-ci, ce n’est plus le rouge-rouge qui est choisi mais un rose fuchsia foncé. La série des trois brumisateurs aux noms de ville  a été lancée pour marquer l’ouverture de spas de marque Evian en particulier à Shanghai.

 

Pour suivre le chemin des DDS

. Sur le Shanghai Modern, voir la plaquette Shanghai Modern 1900-1940 d’où sont extraits les deux photos

. en tant que Fleur de Shanghai http://www.cineclubdecaen.com/realisat/houhsiaohsien/fleursdeshanghai.htm

 

. en tant que star iconique du monde du cinéma http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_de_Shanghai

 

. en tant que parfum Dior, un très bon site http://www.lemodalogue.fr/2010/05/luxe-savoir-faire-heritage/shanghai-lady-blue-dior/

Et des photos du court métrage de David Lynch

http://www.google.fr/search?q=lady+blue+shanghai+le+film&hl=fr&rlz=1T4SKPT_frFR443FR444&prmd=ivns&source=lnms&tbm=isch&ei=lHFSTqUzgc6EB_Xm-fsG&sa=X&oi=mode_link&ct=mode&cd=2&ved=0CA0Q_AUoAQ&biw=1366&bih=562

 

. en tant que femme d’aujourd’hui très orientée vers la séduction , la Beauté Evian de Shanghai Beauty. http://www.chine-informations.com/guide/histoire-des-cheongsams-qipao-de-shanghai_3352.html

 

. Voir la série de trois sur

http://www.beaute-addict.com/actualites-beaute/le-brumisateur-evian-sinvite-chez-colette-1182.php

 

. Photos, avec mes remerciements aux différents contributeurs, EP pour l’eau d’Evian en spray.

. Voir la série des N comme Nanas sur ce blog

N = Nana = Annie Leibowitz = Mme Lavazza dans son bain de spaghettis   

N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co

N comme Nana > Les Jambes > Les Queues de Sardines > Bricquebec 

N comme Nana comme l'étranglement par le corset 

N comme les Super-Nanas de La Tranche sur Mer 

 

Voir les commentaires

Les petites maisons en bouteilles WOBO Heineken

20 Août 2011, 17:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Des petites maisons faites avec tout

Je sais bien qu’on peut faire des maisons avec tout, de la neige, de l’argile crue ou cuite, de la pierre, du ciment, du béton, du bois, de la paille, du métal, du plastique imitant le bois ou le béton d’ailleurs, du verre aussi certainement. C’est d’ailleurs une des grandes tendances encore actuellement, malgré ou à cause du développent durable.

 

Une maison en bouteille

Aujourd'hui il s'agit d'une construction en plastique.. Mais pas n’importe lequel, uniquement celui qui se présente sous la forme de bouteille. Une bouteille Heineken bien sûr. Mais pas n'importe laquelle, une bouteille spéciale.

 Wobo House Heineken 1963

C'est un prototype créé en 1963 qui se présente comme une bouteille de forme carrée vue du dessus, avec des points saillants sur les quatre côtés, qui a été réalisée à la demande du Grand Alfred Heineken. C’est lui qui, après des études aux Etats-Unis,  a transformé la brasserie familiale en grande star dotée de nombreux atouts marketing. Il était particulièrement attentif à la bouteille, à la communication et à une démarche proche du respect de l’environnement, comme on ne disait pas encore en 1963.  

 

La bouteille carrée

Pour faire un mur, il vaut mieux en effet avoir une bouteille plate que l’on peut poser l’une sur l’autre  et à côté des autres en les décalant de façon à éviter les ponts thermiques les unes avec les autres, à la façon des briques. Ne me demandez pas comment elles tiennent ensemble, comment est résolu la question des coins…Un composite doit faire office de ciment pour lier le tout ensemble. C’est la face plane du fond qui est présente à l’extérieur. Aucune information n’est disponible sur la présentation de l’assemblage à l’intérieur.

 

Le plus amusant est que cette bouteille porte le nom de la  « World Bottle ». Elle est le fruit d’un partenariat très pensé entre le Cher Alfred, pas Hitchock, mais Heineken et un architecte, John Habraken qui s’était rendu en voyage à la Jamaïque à la demande du brasseur pour voir comment il serait possible  de donner une seconde vie aux bouteilles devenues des déchets bien encombrants une fois bues. Chacun sait que, dans le monde, tout rassemblement de quelques heures d’une foule donne lieu le lendemain matin à des scènes de désolation avec des bouteilles de bières vides jonchant le sol. Le large usage de la boîte boisson n’a pas résolu la question de la bouteille verre qui peut servir en plus de projectile et qui se casse. La bière, ne l’oublions pas, est la première boisson mondiale.  

World Bottle, Wobo Heineken, 1963 

Le sort de la WOBO

Finalement Alfred Heineken ne donna pas suite à ce projet qui avait pourtant le mérite de permettre à des personnes de faibles ressources de se construire eux-mêmes leur propre habitat avec des matériaux  disponibles sur place. La raison en fut vraisemblablement le risque d’atteinte à l’image. Il était facile d’imaginer les reproches qu’auraient pu faire les ligues anti-alcooliques contre l’achat de bières d’importation coûteuses par des personnes démunies incapables par ailleurs de loger leur famille.

 

On imagine l’horrible dialogue " Papa, va donc boire une H…, il faut finir le mur pour poser le toit ." Impossible, oui certainement. Mais il y a d'autres raisons. On imagine mal ces pratiques acceptées en Europe par les pouvoirs publics, sans compter la difficile question de l'isolation face au froid ou à la chaleur. Par ailleurs, la heineken est une bière chère, encore plus à l'exportation. On imagine mal les personnes à petits revenus acheter ce type de bière. Ils consomment la bière locale, comme partout dans le monde.     

 

Pour suivre le chemin

. La maison WOBO est présentée dans l’ouvrage « L’ABCdaire du Design », Valérie Guillaume, Benoît Heilbrunn, Olivier Peyricot, Flammarion éditeur, 2003 ; avec mes remerciements  pour les photos.  

. Les quelques informations proviennent du  texte de Thomas Bétrémieux , extrait de l’étude « Le ré-emploi des objets en architecture, la bouteille PET» sur  http://www.calameo.com/books/00006924676ce7e130e2b

. Voir la série des petites maisons sur ce blog. Dans les derniers billets parus:

Les petites maisons des Ardoisiers d'Angers Trélazé

Les petites maisons > La vogue des "Empilables"

Les petites maisons > Les tentes pour réfugiés

Les petites maisons > L'entre-deux > Entre cabine et cabane de plage

Voir les commentaires

Les symboles en pub > La proue du Normandie > La fierté et la confiance

19 Août 2011, 17:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Faites confiance aux artistes qui travaillent pour la publicité et plus particulièrement aux affichistes et aux photographes. Ils ont un capacité toute particulière à saisir l’essentiel dans ce qui est un bel objet, fusse-t-il de belle taille. Ils savent montrer en dessin la fierté, la confiance  que peut incarner un navire. Pour cela, ils choisissent, sans se tromper, de montrer l’étrave du navire affrontant l’océan d’un air conquérant afin de dégager, la fierté, la puissance et la confiance. Ce fut le cas de Cassandre, le très grand graphiste, qui conçut deux très belles affiches du navire, l’une vue de son avant gauche et l’autre vue de face.  

 

Le paquebot

Navire Normandie, Affiche Cassandre

Il s'agit du paquebot « Normandie », qui malgré toute sa modernité et ses exploits, ne vécut malheureusement que 7 ans, de 1935 à 1942, après avoir été débaptisé par l’armée américaine pour prendre le nom de "La Fayette" et servir à transporter les troupes en Europe. Doté d’une identité très forte, il portait le nom de la province qui a  Le Havre pour capitale, le Ier port français pour les lignes avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Représentant la France sur l’Atlantique, il faisait la compétition à jeu égal avec son concurrent britannique le « Queen Mary ». 

 

Le challenge

La Compagnie Générale Tansatlantique, propriétaire, voulait faire du Normandie le fer de lance et le porte-drapeau de l’entreprise. Elle voulait aussi le faire savoir à sa cible, l’élite anglo-saxonne et européenne. Pour cela, elle recourut  à l’affiche et demanda à Cassandre de lui proposer plusieurs versions. La plus connue est celle que l’on voit de profil. L’autre, vue de face, est quasiment inquiétante. Certains les interprètent  comme une figuration de la puissance française face au réarmement allemand. 

  Navire-Normandie, Affiche Cassandre

Les affiches de Cassandre

Le succès   fut immédiat tant pour le paquebot que pour l’affichiste. Les créations de ce dernier continuent à attirer les collectionneurs. Quant au navire, sa durée de vie fit inversement proportionnelle à sa renommée et la longévité étonnante de celle-ci : 7 ans d’un côté et déjà 66 ans de l’autre pour l’affiche vue de côté. Celle que l’on voit de face est beaucoup plus rare. On la voit très rarement en vente.

 

Les suiveurs

Ces affiches sont étonnantes de force. Elles ont bouleversées notre regard. Pour comparer, regardez une photo du bateau d’un côté et l’affiche de l’autre. Mais il est une autre influence sur les artistes, photographes cette fois-ci qui travaillent actuellement pour des visuels publicitaires. Ils vont s’inspirer des œuvres des affichistes de cette grande époque d’avant-guerre pour faire s’exprimer avec des visuels-photos ces mêmes sentiments de  fierté, de puissance et de confiance.

  Navire, Pub IPO, 2008

Le bateau en cale sèche d’IPO du groupe CIC

On le voit de face. L’objectif est placé en dessous  du bas du navire qui est en cours de finition. Avec son gros nez rouge entouré de blanc, ses yeux noirs, sa casquette à rayures de marin, on dirait un monstre sorti des profondeurs. Il est étonnant de puissance et est franchement inquiétant. On se sent littéralement écrasé par cette photo choisie sur le fonds Getty Images par l’agence CJalinks qui a conçu la plaquette.  C’est une publicité de mai 2008 pour IPO du Groupe CIC,  fonds propres  à capital humain.  

      

L’immeuble haussmannien de la Banque Transatlantique du Groupe CIC

Cette fois-ci, CIC a demandé à Australe, son agence de communication, d’aller plus loin dans le visuel. C’est une photo du siège lui-même qui a servi de navire. Il a suffi de déformer légèrement l’image pour en faire la proue du navire. Il y a même une cheminée rouge. C’est un très beau travail. La banque transatlantique porte bien son nom. Elle inspire une confiance à la hauteur de sa puissance. Le visuel justifie  sa fierté, avec la classe, la symétrie et la finesse de la grande architecture prestigieuse du Baron Haussmann.

  Navire, Pub Groupe transtlantique, le Figaro 2010

C’est certainement un des meilleurs visuels que j’ai vu depuis longtemps. Un des seuls aussi capables de rivaliser avec les créations d’Adolphe Jean-Marie Mouton, né à Khartow en Ukraine en 1901 et décédé à Paris en 1968. Cassandre de son nom d’artiste, qui avait poussé le raffinement jusqu'à placer des gratte-ciels new-yorkais en guise de vagues, avec une Statue de la Liberté à gauche.

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute l’histoire du navire sur http://www.frenchlines.com/ship_fr_355.php

. Voir l’interprétation d’enseignants de l’académie de Tours sur

http://lettres.ac-orleans-tours.fr/php5/textimage/decode/pedag3.htm

 

. Des informations sur Cassandre,à voir sur http://brainzailes.fr/?p=951

. Et bien sûr le site officiel http://www.cassandre.fr/cassandre-note-biographique.html

 

. IPO, 32 avenue Camus, 444004 Nates cedex 1, 02 40 35 27 37, www.ipo.fr

. Banque Transatlantique, www.banquetransatlantique.com dans, Le Figaro 29.05.2010

 

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Une île en forme de voiture > Une voiture comme une île > Une pub BMW

16 Août 2011, 17:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les deux propositions sont vraies. Cette île des mers du sud a bien une forme de voiture. On reconnaît même ses roues; on distingue l’avant de l’arrière; on repère les vitres à l’intérieur. C’est aussi une île entourée d’eau vers laquelle se dirige droit devant un  fougueux voilier, les voiles gonflées de vent. Il est tout petit. C’est normal, l’île est spacieuse. Normal, me direz-vous, c’est une publicité BMW qui vous offre son «  plaisir de conduire », ce que ne dit pas cette publicité pour annoncer ses « ventes privées ».

 Ile comme une voiture, BMW,

 

Ce qu’elle vous veut vous montrer  dans cette photo-montage, c’est que ces ventes privées sont faites pour vous, comme si vous étiez le seul à pouvoir en profiter. Vous  savez bien pourtant que ce n’est pas possible. BMW ne peut pas développer de nouvelles gammes, être présente dans tous les pays à forte demande potentielle, générer du profit à son bénéfice avec vous seul comme client et pourtant ça marche. « Ces offres qui méritent le voyage du 17 au 30 juin chez votre concessionnaire BMW » n’attendent que vous et vous seul, comme Robinson dans son île paradisiaque, bordée de blanc et noyée de cocotier. Avec tout autour et dedans une mer bleue turquoise.

 

Nulle trace de vie humaine, personne d’autre que vous ne pourra  y accéder. Vous en serez à la fois le découvreur, l’utilisateur et le jouisseur. Une véritable vie d’Eden, pour vous seul dans une île. C’est là la force de la publicité : arriver à visualiser le bien-être tangible d’un propriétaire d’une belle voiture dans un espace clos qui lui appartient en propre à l’abri des autres qui l’envient à côté de lui.

 Ile comme une voiture, BMW,

Regardez les publicités sur les voitures ; elles ne montrent ni la foule, ni les encombrements, ni la pollution. Elles attirent toutes l’attention sur la profonde jouissance d’être seul maître de l’univers. Quand la ville est choisie comme décor, c’est la mégalopole, la nuit, avec de très hauts buidings en arrière-plan et la voiture vide, seule devant, au centre de la scène. Pour l’île de BMW, tout est propre sur la page. Seul un bateau arrive, avec vous dedans. Dans tous les cas, vous êtes seul dans votre royaume à l’abri des autres, de leurs revendications agaçantes et de leur promiscuité bruyante. Et tout ça avec un produit de grande consommation. Le plus étonnant est que ça marche!

 

Il faut dire aussi que beaucoup est fait pour que ce soit le cas, à commencer par les matières utilisées (cuir, bois...), les couleurs de l'apaisement en lien avec les matières, le design aéré et tout en courbe pour l'accueil du corps, les odeurs pour affiner la jouissance et tout le reste qui vise la technologie! Moi, seul, Maître de l'Univers! Il y a déjà un écran qui visualise pour vous la route à faire, la marche arrière qui se fait sur votre ordre et sans effort de votre part. La musique pour vous faire rêver, des fenêtres bien fermées pour garder votre univers bien clos.   

 

Quant à l’île, le mythe est au moins aussi puissant. Quand a tout, ou presque tout, ou pas encore tout, elle représente le plaisir  d’avoir le monde autour de soi, qui tourne sans fin et pour son seul plaisir, sans aucun souci d’aucune sorte, dans une enfance fantasmée où recevoir tout et encore plus suffirait à offrir un bonheur complet et à vie.

 

Pour suivre le chemin

. Le Monde 26.06.2011

. Sur le thème de l'île, voir le billet I comme Ile > Petit lexique du rêve d'un Eden sans les autres sur ce blog.

Voir les commentaires