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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Un dimanche matin de mai à Angers sur les berges de Maine

6 Juin 2011, 11:41am

Publié par Elisabeth Poulain

Aucun dimanche matin ne ressemble à un autre. Cet adage est particulièrement vrai en ce moment à Angers sur les berges de la Maine, une très sympathique petite rivière de 11km de long aux allures de fleuve quand elle traverse Angers. Ce serait plus exacte de dire que c’est la ville qui s’est créé autour de sa rivière. En ce moment, la ville se sent pousser des ailes, depuis le lancement de sa marque de territoire qui agit comme un catalyseur, un révélateur de talents multiples. Jugez-en.  

 

La matinée commence par une idée simple,  aller voir les peintres d’Art Street en action à la faculté de droit sur la rive gauche, près du nouveau pont Confluence. Il fait beau, frais. C’est un matin de mai à la lumière transparente, un peu froide qui joue en contraste avec les paysages des berges. En fait ce sont trois rencontres que nous ferons ce matin là, mais pas forcément celles que nous avions projetées.

    Blog Angers 2011.05.29 068

Au pont Confluence, les coureurs angevins

La première rencontre se fait au pont qu’empruntent des centaines de coureurs qui font la grande boucle des berges, un événement sportif organisé dans le cadre d’Angers-Trails. Ces coureurs sont les plus sportifs. Ils viennent de commencer à valeur leurs 25 kilomètres et sont encore très frais. Comme le temps, en cette belle matinée de mai.  

Blog Angers 2011.05.29 017

A la fac de droit, les artistes européens d'Artaq 

Le grand mur de la fac de droit se situe en contrebas de la grande terrasse de la fac de droit. Ses 100 mètres de long ont très vite donné des idées aux taggueurs et aux artistes qui se sont appropriés cet art si expressif. C’est le seul endroit d’Angers,  avec le Chabada, où cet art de la fresque murale de grande dimension est non seulement possible mais toléré dans la mesure où ne le voient que les étudiants qui fréquentent l’endroit.  

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Les fresques ont du être terminées dans la nuit. Seules restent quelques bouteilles de bière sagement posées au bas des fresques. Chacun sait qu’au contraire des coureurs qui sont des lève-tôt, les artistes aiment la nuit. Ils sont venus dans le cadre de la grande opération dédiée à l’Art Street pour la seconde édition d’ « Artaq, 2 nd Urban Arts Awwards » à Angers. Nous ne les verrons pas mais leurs créations parlent pour eux. Commence immédiatement le jeu « Et toi, tu préfères quoi ». Notre sélection est sans appel : les préférées de notre groupe sont « le tigre au papillon » de Frida et « l'arche de Noë ».  D'autres offrent une belle composition et de vitalité, comme celle que vous voyez ci-dessous. 

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Au Quai, les musiciens d’Akokan

C’est un quintette qui fête les coureurs à leur passage par le musée « Le Quai » pour les encourager et animer la place. C’est là que nous voyons le dernier coureur de cette première épreuve de trail. C’est facile à deviner. Ce membre de l’organisation porte un petit panneau ‘je suis le dernier coureur’, ce qui nous fait rire, comme un honneur revendiqué.  

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Les musiciens lancent la musique avec beaucoup d’entrain. Le son de cette fanfare  brésilienne résonne joyeusement sur le parvis de pavage blanc de grande taille et rebondit sur la façade principale du Quai tournée vers le Château de l’autre côté de la Maine. Akokan se définit comme un ‘Brasilian Brass Band’ qui s’inspire du maracatu, une musique  du Nordeste, sur base de lignes de cuivres rythmées  par des tambours traditionnels "alfaias".   

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Une bien belle matinée à Angers en ce dimanche de mai, avec des coureurs plein d'entrain, des fresques européennes pleines de vie et des musiciens qui font résonner la Doutre au son brésilien.

Pour suivre le chemin

. La course, à voir http://www.angers-trails.fr/bilan-p7.htm

 

. Akokan, http://www.myspace.com/akokanmaracatu

. Le maracatu, http://fr.wikipedia.org/wiki/Maracatu

 

. Cette seconde édition d’Artaq à Angers,  http://art-culture-france.com/pieces_jointes/2e_edition_du_festiv/DOSSIER_PRESSE_ARTAQ_2011%20(1).pdf

 

. Photos EP

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Une excellente photo > Le photographe Manolo Yllera et son chien

5 Juin 2011, 10:21am

Publié par Elisabeth Poulain

Lui s’appelle Manolo Yllera. Il est espagnol et travaille beaucoup aux Etats-Unis, en Espagne et maintenant un peu en France. C’est un photographe plein  d’humour, qui a un grand sens des volumes, des équilibres et une fine perception de la couleur. Il sait rendre le blanc éclatant de vie.

Manolo Yllera, photographe et oin chien

 

Ses sujets de prédilection, la mode, l'espace, les ambiances et la vie bohême chic.  Il sait aussi ne pas devenir prisonnier de cet univers et réalise maintenant des séries sur les Gitans ou d'Africaines. Ses portraits d’hommes vont à l’essentiel.  

 

Le nom du chien n’est pas cité. Il suffit de l’appeler le chien de Manolo tellement son maître lui ressemble. C’est un jeune teckel à poil dur comme je les aime. Il a encore le sérieux de l’enfance. Manolo a lui un pétillement dans l’oeil absolument inimitable. Il va falloir que Félix (c’est le nom que je viens de lui donner) s’entraîne beaucoup. Pour la mèche sur l’œil droit, Félix va avoir du mal mais je gage qu’il y réussira avec un peu de temps.  

 

Bonne route à tous les deux. Cela  a été un plaisir de vous rencontrer grâce à cette excellente photo en noir et blanc de D.R.  

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver la photo de DR sur AD, février-mars 2011 et les photos de Manolo Yllera d’un loft new-yorkais.

. Découvrir  le site de Manolo  http://www.manoloyllera.com/www.manoloyllera.com/MANOLO_YLLERA_web_page.html

 

 

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La beauté des cartes > Cartélie > L'Oise

3 Juin 2011, 09:01am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 36Les cartes représentant des  territoires m’attirent. Elles ont à mes yeux une beauté tout à fait singulière au point d’éveiller en moi une réelle magie. Outre leurs rôles  fonctionnelles, elles ont un pouvoir très particulier de fascination que n’ont aucune autre représentation de notre monde. C’est pourquoi j’ai toujours beaucoup de mal par exemple à jeter de vieilles cartes routières ou touristiques. Quand il devient évident que je ne peux pas continuer à stocker tous ces vieux papiers, c’est à Emmaüs que je me rends pour les donner, sachant que je ne suis pas la seule à ressentir ce pouvoir de fascination.  

 

Cartélie, un outil de connaissance pour tous

Aujourd’hui pourtant je ne vais pas vous parler de la beauté des Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 46cartes anciennes, mais de cartes interactives du département de l’Oise sur la base du logiciel Cartélie développé par le ministère de l’Ecologie.  Ses fonctionnalités en matière d’aménagement du territoire sont étendues. « Il permet de partager des informations sur la métropolisation, le foncier, les risques et l’environnement. » Ce logiciel pluridisciplinaire se présente comme un guide pour les utilisateurs « professionnel ou simple curieux », un véritable outil de travail, qui constitue également un voyage « dans les nouveaux paysages interactifs de l’Oise. » 

La réelle dimension artistique

Cartelie offre en outre une qualité visuelle de cartographie étonnante et sans cesse renouvelée, qui reste dans la rétine une fois l’ouvrage refermé. Au de-la de sa qualité d’information, le choix des couleurs et du design confère une réelle dimension d’art qui inspire déjà beaucoup les graphistes toujours en recherche de nouvelles perceptions de l’espace et d’art visuel.  

 

Voici quelques exemples de cartes de détail de parcelles au  caractère intimiste ou du département de l'Oise à plus forte puissance pour vous montrer la richesse visuelle du traitement de milliers d’informations provenant de multiples sources d’acteurs majeurs en matière d’aménagement territorial. Le chiffre qui suit l’énoncé de la carte indique la page. 

 

Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 105

 

. L’espace agricole en jaune, vert, rouge et blanc pour l’urbanisation  (36)

. Détail des îlots agricoles (46)

. Aptitude des sols autour de Bonvilliers (54)

. Différence d’aptitudes des sols autour de Beauvais (55)

. Aptitude culturale des sols selon l’INRA (57)

 

Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 122

 

. Atlas départemental des risques majeurs (105)

. Risque Inondations par remontées de nappe (114)

. Risque « cavités souterraines » (122)

. Atlas de zones de ruissellement (142)

. Les contraintes environnementales (207)

    Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 142

Le risque et la beauté

Les cartes représentent une réalité spécifique de façon à mieux identifier le critère qui fait l’objet de la création de la carte, que ce soit de choisir les meilleures terres où faire pousser le blé, repérer les zones non-constructibles, identifier visuellement chacun des principaux risques… Leur séduction visuelle est indépendante du thème traité, même si le végétal est  toujours préférentiellement traité en vert. Le rouge pourra aussi bien être choisi pour montrer des terres très fertiles que pour visualiser la densité du paiement de la taxe locale  d’équipement.   

Pour suivre le chemin

. Voir les cartes dans l’ouvrage   « Le millefeuille de Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 54l’Oise ou comment utiliser la cartographie interactive pour mieux comprendre un territoire », Direction départementale du département de l’Oise, Alain De Meyère, France Poulain, avec une préface de Nicolas Desforges, Préfet de l’Oise, Paris, Direction départementale des territoires, 2010 - 232 p., plans

.Selon les propos du préfet, cet ouvrage portant sur « un système d’information géographique  directement accessible par Internet à tout un chacun » a pour enjeu non « seulement la connaissance mais sa diffusion et son partage par le plus grand nombre. »

  

. Voir sur ce blog "La beauté des cartes >  Le port d'Anvers " La beauté des cartes > Le port d'Anvers > Belgique

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N = Nana = Annie Leibowitz = Mme Lavazza dans son bain de spaghettis

31 Mai 2011, 09:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Elle s’en trouve si bien qu’elle fait la planche dessus. Chacun sait que l’huile d’olive fait beaucoup de bien à la peau. En plus, la dame le prend (son bain) dehors en pleine nature dans un champ d’oliviers au chant des grillons qui célèbrent l’été. Sa peau est douce, ses courbes si voluptueuses que je n’imagine aucun homme rester insensible à ses charmes tant elle est gironde. Un terme bien adapté qui désigne une femme bien en chair. Dans ce cas, elle est pile-poil ce qu’il faut, ni trop, ce que pourrait suggérer l’adjectif mais pas ici, ni trop peu.

Annie Leibowitz-calendrier-lavazza-2009-06

Madame Lavazza a été choisie par Annie Leibowitz, la plus grande photographe américaine, pour figurer dans sa sélection des 6 Nanas du Calendrier 2009 de la célèbre marque de café. C’est la seule création de sa série qui soit autant à prendre au premier degré et qui porte autant d’humour.

 

Le premier degré c’est de montrer le lien d’une façon aussi appétissante le lien entre la femme et la cuisine d’Italie, ce pays qui a réussi l’exploit de transformer les pâtes en plat mondial avec la pizza. Montrer que faire la cuisine rend belle, voilà une bonne idée que j’ai rarement rencontrée. Surtout qu’on peut trouver d’autres sens, tels que

. manger est aussi voluptueux que de rêver à un sublime corps de femme,  

. manger une bonne assietté de spaghettis est un délice des dieux…

 

L’humour est partout dans la photo, à commencer par l’idée qui n’est jamais ridicule tant la scénographie est forte. Arriver à imposer comme une évidence une femme nue dans une assiette de pâtes sans qu’elle soit ridicule est un exploit, faire en sorte qu’on ne voit plus qu’elle aussi.

 

La posture de la jeune femme cherche clairement à nous dire quelque chose.Elle conduit notre regard vers la tasse à café qu’elle tient à la main. Le cadre est  totalement décalé par rapport à l’assiette posée sur une table avec une fourchette à côté. La belle dame possède des courbes qui rappellent celles des pâtes. Sa peau est beaucoup plus dorée pour éviter de tomber dans la couleur blanchâtre des sphaghettis. Sa couleur de cheveux est très travaillée, brune avec des reflets blonds. 

 

Jamais plus vous ne pourrez regarder un plat de spaghettis sans penser à Annie Leibowitz et à sa pulpeuse naïade, flottant sur un plat de spaghettis. Mme Lavazza n’a jamais été aussi belle, ni n’a eu tant d’humour. Elle le doit à  Annie Leibowitz.

 

On dit « merci, qui ? »   

Lavazza-Annie Leibowitz-juillet-août-09

Pour suivre le chemin

. Voir le site de la marque et retrouver les six créations de la photographe. Celle dont je viens de vous parler correspond aux mois de septembre-octobre. La plus connue, qui est toujours utilisée en 2011 en publicité dans la presse, est celle de juillet-août.   http://www.lavazza.com/corporate/fr/lavazzastyle/calendars/2009.html

. Trouver quelques informations sur Annie Leibowitz, photographe de mode et des stars, mais aussi  photographe du secret et de l’intime, sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Leibovitz

. Photos du site de la marque, à retrouver dans l'album photos "genre" sur ce blog.

. Retrouver la série des N comme Nanas toujours ici, 

N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co      

N comme Nana > Les Jambes > Les Queues de Sardines > Bricquebec      

N de Nana = B de Bouteille = Le corset      

N comme les Super-Nanas de La Tranche sur Mer    

 

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Un monde markété 4 > Entre Information et Communication

30 Mai 2011, 10:33am

Publié par Elisabeth Poulain

C'est une profonde mutation que l’on perçoit grâce à l’emploi de termes qui ne sont plus adaptés à la situation nouvelle. On garde des anciens mots qui ne sont plus l’expression d’une pensée - par exemple - que pourraient relever des journalistes qui vont la transformer en information qui fera l’objet de la publication, alors qu’il s’agit d’un message de communication envoyé quasiment tel quel à publier dans la presse.
 
La  rencontre en système démocratique entre les outils du  marketing dont fait partie la communication et le processus de choix des décideurs par les élections aboutit en période électorale à ce genre de confusion. La question est alors de savoir quand commencent et quand se terminent ces périodes où tout fait sens au sens électoral. La réalité montre un amalgame qui se situe dans des zones nouvelles, qui n‘appartiennent plus franchement à aucune des catégories en elles-même: l'évènement, sa traduction en information d’un côté et la communication de l’autre. Le temps lui-même entre dans ce cadre markété. Il devient un outil de plus au service des objectifs à atteindre, la victoire aux élections, grâce à une stratégie globale.  
Muriel Crochet, Lissier, Angers-Doutre

De l’information à la communication

L’art de faire passer une communication pour une information constitue un virage qui modifie profondément le sens de ce qui écrit, dit, montré et transmis par la presse qui ne joue plus que partiellement son rôle d’analyste des faits pour les transformer en information. A proprement parler, il n’y a plus de fait sauf en cas tout à fait exceptionnel d'intrusion de la réalité, comme l'actualité vient de nous le montrer. La communication change le rôle du journaliste qui est toujours perçu comme un professionnel de l’investigation alors qu’il n’est très souvent qu’un passeur de textes qui parviennent à sa rédaction. Avec la substitution d’un fait ou d’une parole qui donne lieu à un écrit du journaliste par un texte publicitaire conçu par des communicants, on franchit un degré de plus et on arrive dans un univers nouveau où les mots sont l’aboutissement de l’usage d’outils publicitaires qui remplacent en tout ou en partie la réalité,  si réalité il reste.  
 

De la communication à la stratégie globale

La création de cette nouvelle « réalité communicationnelle » chasse l’autre réalité réelle sans qu’il soit désormais possible  de savoir s’il reste même une frontière. Dans l’Affaire de la Triple Atteinte (aux Femmes, à la Justice et à l'Information), qui agite les Etats-Unis et la France plus encore, on voit qu’il n’y a plus de parole source ou de fait brut de base. Il y a une construction préalable totalement « verrouillée » par des communicants qui transforment tous les matériaux qui font l’information.  Le langage verbal et écrit ainsi que  tous les éléments de langage non verbal entrent dans une stratégie globale de communication où tout est  codifié de façon à induire autant que faire se peut la réaction du grand public composé d’électeurs. 
 

La réussite comme seul objectif

C’est ce que déclare Stéphane Fouks (Euro RSCG) quand il dit :  «Cela prouve que notre stratégie de communication était efficace puisqu'il (son célèbre client) était populaire». Cet expert de la com appelle en soutien les deux Jacques, Jacques Séguéla et Jacques Pilhan qui disait  que  «tout homme porte en lui six ou sept visages différents. L'art de la communication n'est pas de les montrer tous à la fois ou même de choisir celui qui serait le vrai. C'est de trouver le bon au moment juste. Car c'est toujours le plus efficace».  On remarquera que l’homme de l’art ne parle pas de la création d’un autre personnage que le vrai. Or il s’agit pourtant aussi et surtout de cela, comme le montre l’orchestration de la prise de pouvoir aux Etats-Unis par le patriarche de la famille Kennedy. Les frontières là aussi sautent sous l’effet de la volonté d’accéder au pouvoir. Machiavel ne disait pas autre chose : la fin justifie les moyens.  
 DSC00212

La suppression des frontières entre marketing, élections et communication

Le lien direct qui existe maintenant entre la communication organisée et sa parution quasiment telle quelle par la presse qui la valide en tant qu’information entraîne des conséquences importantes :
. les élections sont conçues comme le lancement d’un produit de marque à très fort enjeu ;
. la presse est un vecteur de communication comme un autre ou plutôt qui permet de faire synergie entre tous les modes de communication. C'est elle qui assure gratuitement le tam-tam;
. les relations publiques sont assurées par des amis, ambassadeurs de "la marque", à qui sont fournis des « éléments de langage » qui seront repris en boucle par la presse ;
. la communication devient la seule matière du lancement, il n’y a plus de produit à proprement dit, ni de programme, c’est la communication qui cannibalise tout l’espace démocratique puisque tout est posture ;
. l’image prend alors une importance démesurée, à prendre au sens propre, puisqu’il n’y a rien d’autre que de la com derrière. Toute atteinte à l’image devient alors insupportable pour les acteurs de cette bulle communicationnelle  qui forme un nouveau marketing qui a tout cannibalisé à commencer par lui-même;
. l'atteinte à l'image en particulier par une photo issu du monde réel est plus grave que le fait qui a motivé l'arrestation.   
 

La création d’une nouvelle réalité

Cette réalité communicationnelle interroge sur la réalité démocratique. On en est là.        
 

Pour suivre le chemin

. Voir sur ce blog la série d’ « un monde markété" ainsi que les "entre-deux et entre-trois »
     
. Lire la recherche de Sophie Coignard et d’Alexandre Wickham « L’Omerta française » 1999
. Photos EP, Pétales de Muriel Crochet et Détail de Niki de Saint-Phalle   

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Pub caravanes & Co > Un style de vacances > Ma Coquille 01/38

27 Mai 2011, 10:54am

Publié par Elisabeth Poulain

 

L'Objet Caravane, Carnet de Notes, CouvertureLa grande vogue de la caravane date du début des années 1960 en France. Elle a duré sensiblement 20 ans. Durant ces deux décades, cette habitation mobile d’un nouveau type est devenue un symbole de l’art de vivre ses vacances et de passer ses loisirs pour toute une partie de la population. Beaucoup ont vu et continuent à voir dans la caravane, un moyen d’accéder à une culture nouvelle orientée vers le soleil, le plaisir de bronzer, de bouger son corps en jouant au ballon, en famille, dans la nature, loin de la ville. Le phénomène, il est intéressant de le noter, est apparu en France très rapidement après la naissance de la caravane aux Etats-Unis et en Angleterre.  

 

Les premières caravanes ont provoqué beaucoup de questionnement en France qui avait découvert les congés payés dés 1936. Le grand élan estival reprit lentement après la guerre. Les ventes commençant à devenir importantes, des constructeurs de caravanes se sont installés un peu partout en France et les premières publicités sont apparues dés lors que la concurrence est devenue perceptible. Il fallait convaincre les acheteurs.

 Caravane Gouju, Ma Coquille 4, plaquette

Cette démarche de conquête d’un marché pour un « produit » nouveau comme la caravane ne partait pas de zéro. Elle s’est appuyée sur ce qui s’est passé sur le marché anglais qui s’est inspiré lui-même ce qui s’était passé aux Etats-Unis. Ce sont des publicités souvent anglaises et parfois françaises que nous allons passer en revue en vue de dégager les évolutions qui ont eu cours. Elles ont en commun bien sûr de parler de caravane mais aussi d’avoir été distribuées principalement en 1966 sur le Salon du Caravaning près de Paris.  

 

C’est donc à une ronde des publicités que je vous convie cette fois-ci, en comparant les publicités  les unes aux autres. Elles montrent une grande diversité de mise en lumière et donnent un reflet très riche de la société française de cette époque qui s’ouvrait sur une ère de croissance sans précédent dans l’histoire de notre pays. Notre choix s’est centré dans un premier temps sur la caravane elle-même en montrant comment elle a été  mise en valeur dans les différents visuels publicitaires dans le but de séduire les acheteurs.

 

Des assemblages complémentaires permettront de présenter la richesse des thèmes mis en lumière grâce à ces publicités. Elles montrent,  autant qu’un film qui se déroule, les mutations d’une société française en quête d’une autre vie plus nomade et pourtant toujours très attachée à sa maison, comme l’oeuf  à son poussin. Ce n’est pas un hasard si -une célèbre caravane, baptisée « Ma coquille » de la marque Gouju (Orléans),  se révèle aujourd’hui encore être une petite merveille au concentré de la modernité du home-sweet home.

 Caravane Gouju, Ma Coquille 4, plaquette (2)

Pour suivre le chemin de la caravane

. Le point de départ de la série repose sur un recueil d’une sélection de 37 publicités de caravane intitulé « L’Objet Caravane - Mémoire graphique des années 1960  - Carnet de Notes », réalisé par les Editions de la Direction de l’Equipement et de l’Agriculture de l’Oise.

 

. Ce premier billet débute une série sur la caravane et le mobile home. Celle-ci s’inscrit également dans le cadre des Petites Maisons, un thème qui m’intéresse du fait de son universalité couplée avec une très forte ingéniosité et une très grande diversité culturelle. En opposition les gratte-ciel n’ont plus d’ancrage terrestre au sens figuré. Ils peuvent être édifiés tels quels sans aucune adaptation aux styles de vie des gens sur place. Certains sont très beaux dans leur volonté de représentation de la puissance. Pour l’heure, les petites maisons me parlent plus.

   

. Photos EP de la plaquette de la caravane « Ma coquille 4, Caravane-Home » créée par les Ateliers Pierre Gouju dans les années 1950 à Orléans. 4 parce qu’elle pouvait être tractée par une 4 CV. Elle est incroyablement petite quand on la voit en photo et grande quand elle se présente en dessin. Les photos sont extraites de la plaquette en format A4 du constructeur.

 

. Merci à ce lecteur, M. Hartmann, qui me signale que mon texte prêtait à confusion entre la caravane "Ma Coquille" et la caravane "Escargot". J'ai rectifié la phrase en tenant compte de  sa remarque.       

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Bestiaire de la pub (1) > La Vache qui rit > La Star du fromage

25 Mai 2011, 17:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

La vache qui rit
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Elle est vraiment très belle. Sans problème, sans une ride, elle voit passer les années bonnes ou mauvaises. Elle s’adapte à toutes les cultures et à toutes les modes de nutrition. Elle est si pratique qu’elle a été copiée dans le monde entier. Son nom enfin, bien qu’absurde ou peut être à cause de cette absurdité justement, est compris et aimé partout, bien avant 7 ans et après 77 ans.
 
Elle sert d’en-cas en pique-nique, de casse-faim partout, à tout moment de la journée et de la nuit. Ses portions se vendent en 8, 12, 16, 24 et 32. Elle change de goût, de composition, de format à volonté. Elle, c’est La Vache qui rit, rouge au mufle blanc et boucles d’oreille en forme de petites boîtes du fromage à portions.                                                                                           
       
La vache et nous 
Elle est toujours l’animal de la ferme préférée de la population et pas seulement des enfants. Allez donc voir une vraie vache pour une fois et pas seulement à la télévision. Elles sont intrigantes, puissantes, odorantes et pensantes. On sent bien qu’elles ne nous apprécient que dans la mesure où on peut faire quelque chose pour elles. Leur donner à manger par exemple, boire de l’eau quand
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elles ont soif ou les rentrer le soir avant qu’elles aient mal à leurs pies gonflées de lait. Bref, pour faire court, elles attendent beaucoup de nous.  
 
Quant à nous, nous leur en demandons beaucoup, c’est vrai. Produire du lait comme il faut, pas trop ni trop peu, de bonne qualité, sans maladie ou rouspétance, avec une docilité de brave bête alors qu’elles ne le sont pas tant que cela, d’aller au pré docilement et de revenir tout autant, sans musarder sur le chemin, de monter gaiement dans le camion qui les mène à l’abattoir, de donner une belle viande, aussi belle qu’il est possible pour regonfler la trésorerie de l’exploitation  et permettre à l’éleveur de dormir sans trop de souci. C’est franchement beaucoup. Mais certains précurseurs ont su aller plus loin et utiliser la vache comme acteur principal d’une marque innovante de fromage à plus d’un titre.      

De la vache hilare à la vache qui rit 

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Pour faire rire, mais vraiment rire une vache, il faut rien moins que le talent d’un artiste qui grâce à son imaginaire, peuple ses dessins d’animaux plus vrais que nature pour en faire une folle farandole. Il s’agit de Benjamin Rabier, un grand dessinateur connu surtout pour sa célèbre girafe Gédéon. La Vache qui rit du fromage, qui est encore plus célèbre, est directement issue du dessin que l’artiste avait conçu pour orner les trains militaires qui ravitaillaient les soldats en viande pendant la première guerre mondiale. 
 
La Fromagerie Bel, dirigée par Léon Bel demanda  en 1922 à Benjamin Rabier de dessiner l’image de La Vache qui Rit, dont le nom avait été déposé par lui l’année précédente. Léon Bel avait connu le dessinateur lorsqu’il fut  affecté au régiment de « Ravitaillement en Viande Fraîche » (RVF) pendant la guerre 14-18. Pour faciliter leur passage et regonfler le moral des troupes, les parois des camions avaient été ornées d’une vache. L’artiste qui gagna le concours lancé par l’armée fut Benjamin Rabier. Léon Bel ajouta les boucles d’oreilles et surtout choisit la couleur rouge pour donner une forte identité à  sa vache. Léon Bel avait vraiment le goût de de la bonne réclame, comme on disait alors. Une autre preuve, son slogan du début 'Bel et Bon'! 

L’évolution de la VQR 

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Les premières éditions de la Vache qui rit portaient la signature de Benjamin Rabier écrite en toutes lettres dans la partie gauche en bas.  Au fil des changements apportés au dessin original, la signature disparut à juste titre, parce que son image s’est sans cesse modifiée. L’objectif de ces petites modifications est de rendre la vache toujours plus sympathique, plus ronde grâce à un graphisme adapté, plus directe avec son regard malicieux, plus rouge franc pour gagner le premier concours de la sympathie, plus visible avec son tracé noir plus épais. Plus, plus... et pourtant le dessin s’est allégé.  Le museau a fait l’objet de beaucoup de modifications. Il brille d’un blanc qui se déplace au fil des versions, comme une lumière spécialement conçue pour elle.  
 
Quant aux fonds, on distingue trois grandes périodes. Les premiers fonds étaient bleus et blancs ; avec le rouge de la vache et le blanc de l’œil et du nez, on se retrouvait en France, un langage qui parlait aux acheteurs français d’après la première guerre. La Vache qui rit était un d’abord et aussi un fromage patriotique. Maintenant les fonds qui entourent la vache sont d’un vert tendre veiné de jaune de la petite montagne, gage de pureté qui évoque le lait des alpages considéré partout dans le monde comme plus valorisant que le lait de base. La troisième période est celle d’aujourd'hui très 
 
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marquée par les messages promotionnels (version de le VQR à Madagascar, gros consommateur de la marque) ou  nutritionnels, comme le calcium pour la version espagnole du fromage. La vache se trouve parfois quelque peu à l’étroit coincée entre les mentions légales et un jeu à gratter à gauche.  

La marque du fromage 

Elle est traduite dans les 120 pays où la marque a des fromageries propres ou est distribuée. La Vache qui rit devient ainsi « La Vaca que Rie » en Espagne ou « Illay omby vavay mifaly » à Madagascar. Dans la grande Ile, le boîte a aussi conservé son nom français en raison des liens historiques avec la France. La volonté d’être un fromage du pays où il est vendu est une des raisons pour laquelle l’entreprise a modifié les couleurs du fond. C’est aussi une façon de se rapprocher des valeurs propres au développement durable en communiquant sur des symboles universels. De nombreux consommateurs au Moyen-Orient sont persuadés d’acheter du fromage local. Il est vrai qu’il l’est aussi quand il est produit sur place ou dans la région.  

Le dernier avatar     

La Vache a vraiment changé depuis qu'elle cherche à devenir une star du petit écran. Elle devient carrément féminine, au point que je ne la reconnais pas. Il est vrai que ce sont les enfants qui continuent à être la cible préférentielle. Pour eux, la vache est devenue un personnage de dessin animé. Gageons que des sondages ont été faits par l’entreprise pour savoir ce que les enfants préféraient. Quant au fromage, le secret de la composition est bien gardé, tout à fait comme Coca-Cola, une autre marque-star…   

Pour suivre le chemin.

 Vache 11. 05.25 022

. Retrouvez la VQR sur le site du Groupe Bel http://www.lavachequirit.com/espace-parents.html

 
. Voir la symbolique de la vache, icône de la terre nourricière et de l’abondance  dans le Dictionnaire des Symboles chez Laffont/Jupiter.
. Retrouver celle du rouge éclatant dans le même ouvrage.    
. Photos EP  tirées principalement des albums de l’Hôtel des Ventes des Salorges, Philippe Kaczorowski, Nantes, 02 40 69 91 10, à qui j’adresse mes remerciements, à l'exception des boîtes et des montages humoristiques à voir dans l'album 'Bestiaire de voyage'.  Ci-contre une capture d'écran du site.

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Paris > Le ciel est par-dessus le toit > Paris le Grand

19 Mai 2011, 08:26am

Publié par Elisabeth Poulain

On a tous cette phrase en tête, en ayant oublié que Verlaine en avait fait le premier vers d’un quatrain, dont on connaît aussi le second vers « si bleu, si calme. » Mais je m’arrêterai là, car le ciel qui se voit ici n’est pas au-dessus des toits, même s’il y est aussi. Il est au-dessus de la grande verrière quadrangulaire qui forme la place magique un peu secrète au cœur de Paris le Grand, l’Hôtel Intercontinental.

 

Paris Le Grand, Hôtel Intercontinetal, la grande verrière,

 

Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,                           Berce sa palme.

La cloche dans le ciel qu'on voit                     Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit                     Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,  Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là          Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà                             pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,                        De ta jeunesse ?

 

 

En retrouvant le quatrain, je m’aperçois que le troisième paragraphe correspond aussi à l’ambiance de la Grande Verrière, faite de douceur enveloppante. On s’y sent bien, sans que la présence des autres vous gêne, au contraire. La ville est là, douce et accueillante, la vie est là, joyeuse et paisible. L’exclamation « Mon Dieu » par deux fois peut aussi s’entendre comme une exclamation d’étonnement heureux.  

 

Mais les autres éléments du poème ne concordent pas. Il n’y a ni arbre dehors à voir de l’intérieur, ni cloche à entendre, ni oiseau à admirer, ni pleur à verser. Il est vrai que pour certains, la jeunesse s’est enfuie. Mais ce qu’on sent ici sous la verrière, c’est le plaisir d’être enfin à Paris, un rêve de jeune adulte qui se réalise.  

 

On est loin, très loin de la souffrance que Verlaine évoque dans ce poème de 1881 qui fait référence aux deux années de sa vie de prisonnier qu’il a passées à Mons en Belgique, une souffrance très forte que le poète exprime ici en mélancolie  douce. Il avait été emprisonné pour avoir tiré par deux fois sur son ami, le poète Arthur Rimbaud. 

Nous sommes à Paris. Le ciel, si bleu, si calme est par-dessus la verrière. Et la vie est douce et belle. Paris ressemble à une carte postale.  

Pour voir le ciel

. Découvrir la Grande Verrière en allant au célèbre Café de la Paix qui fait partie du Groupe et qui est jointif. Le Café de la Paix s’ouvre sur le boulevard des Capucines et l’Hôtel Paris le Grand InterContinental sur la Rue Scribe. Dés sa construction en 1862, l’hôtel qui a pour nom "Paris le Grand" a attiré les touristes américains. La clientèle est en grande majorité étrangère pour laquelle l’hôtel et le café ont une forte identité culturelle française. Il fait maintenant partie du groupe Intercontinental.

. C’est au Café de la Paix que vous pourrez prendre un très goûteux petit déjeuner à la japonaise. 

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_H%C3%B4tel_InterContinental

. Photo EP

 

        

 

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Marketing territorial > Quelques raisons de son succès

17 Mai 2011, 14:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

La famille « marketing »

Le marketing territorial est, avec le marketing du Luxe, le marketing qui connaît la plus forte croissance. Depuis 1960, tous les marketings ont quasiment parcouru un cycle entier de développement. Seul le marketing du Luxe continue à se développer grâce à son extra-ordinaire capacité d’adaptation à tous les systèmes politiques, toutes les cultures, tous les types de distribution, toutes les attentes des consommateurs. Dans ce domaine, La Chine est un formidable exemple que personne réellement ne pouvait réellement prévoir. De même que n’a pas été prévue l’étonnante capacité de l’information à se diffuser partout.  

L’essor du marketing territorial

Ville-Pub, Onitsuka, TigerAu contraire du marketing de grande distribution en recherche clairement d’un nouveau souffle en Europe, le marketing territorial s’impose comme « LE » marketing qui s’envole aujourd’hui. En quelques années seulement, le concept se diffuse sans aucune contrainte autre que le coût de l’opération en particulier en Europe de l’Ouest et en France. L'Alsace, la Bretagne maintenant, aprè la Région Ile de France et Grand Lyon, sont déjà concernés. Nantes, Rennes et Angers se lancent dans la danse, sans oublier les différents clusters qui tracent une nouvelle géographie du territoire.   

Quelques chiffres d’investissements étrangers en Europe permettent de montrer la vitalité de l’Europe.

. Grand Londres est le Ier site choisi par les investisseurs au plan mondial. Grand Paris arrive en seconde position et Grand Lyon au 4è rang.

. La France en particulier connaît actuellement une attractivité tout à fait remarquable, avec un taux d’investissements étrangers de + 22% d’augmentation en un an (2009-2010).  

Les raisons de l’attractivité

Il est d’abord à constater dans les chiffres. Ikea, la villeMalgré la Chine ou peut être à cause de l’essor  sans précédent des autres BRIC (Brésil, Russie, Inde), l’Europe de l’Ouest continue à être la partie du monde toujours la plus attractive au monde en matière d’investissements et de styles de vie. On l’oublie trop souvent en France, empêtrés que nous sommes dans des visions si pessimistes de l’avenir, que la couette paraît être le meilleur refuge sous laquelle rêver à un passé ré-inventé semble plus délicieux que penser à aujourd’hui, pour ne pas dire demain. 

Comme toujours en matière d’attractivité, les raisons sont multiples.  L’Europe est un marché qui se présente comme un laboratoire vivant de cohabitation de zones de développement qui couvrent la palette entière des styles de vie et des attentes des consommateurs et des distributeurs. L’ouest de l’Europe en particulier offre une réactivité très forte. Il constitue une tête de pont vers un hinterland qui n’a toujours pas été vraiment exploré. Le potentiel européen est fabuleux, comme le montrent ces quelques chiffres. 

La concurrence entre territoires

Nantes, Ile Beaulieu, Immeubles habitationElle ne joue pas seulement entre les entreprises ou les salariés en recherche d’un emploi. Elle s’étend maintenant au territoire. Une telle attractivité crée de facto une concurrence entre les territoires.  C’est à qui - région, département, agglomération…- sera le plus actif pour attirer les investisseurs et ceux qui veulent venir partager les atouts du territoire et de son style de vie. Ce qui signifie que la collectivité territoriale se connaît, sait mettre ses atouts en avant, définit précisément son offre territoriale pour répondre à la demande des entreprises et des institutions. L’objectif est d’être désigné victorieux dans la course aux ‘bons investisseurs’ de la même façon que ces derniers rechcrchent une offre optimale quasiment identique quel que soit le territoire en question. Leur objectif : obtenir la plus belle offre, avec le maximum d’avantages. Il en va des bons investisseurs comme des territoires : mieux vaut cibler les bons pour retenir les meilleurs. 

L’alea du temps et la tradition

La difficulté commence dés lors qu’il y a comparaison. Outre qu’il n’est jamais possible de réellement comparer des territoires, dont aucun ne ressemble à un autre à un instant « t », il n’est pas possible de pré-figurer ce que sera demain. Chaque  territoire a une approche particulière du temps, celui qui fait corps avec le territoire, celui qui est vécu maintenant et la façon dont le temps de demain va faire évoluer le territoire qui jamais ne s’arrête de changer. 

C’est bien pour cela que la tradition a le si bon goût du passé. Chacun a le pouvoir de définir ce qu’est le passé, d’y picorer ce qui lui convient aujourd’hui pour essayer de mieux voir demain. Une des passions françaises est cette capacité à postuler le changement comme un risque et à tout voir selon cette loupe. Cela n’a pas que des inconvénients. Dans le monde, notre pays a permis à beaucoup de se rendre compte qu’il n’y avait pas que des avantages à glorifier la destruction du patrimoine pour le remplacer par des immeubles très contemporains édifiés à la gloire du modernisme.  

Le changement et l’inconnu

Quoi qu’en disent les traditionalistes et les modernistes, Bruxelles, Av Louise, Coursesle territoire a cette capacité d’échapper à ses acteurs. Il est toujours en avance sur eux. Il est vivant et est toujours en mouvement, parce que sans cesse nous lui en demandons plus, nous attendons plus de lui. Nous voulons plus d’espaces, plus d’accès, plus de vues, plus de parkings, plus de magasins, plus d’arbres et de fleurs en ville, tout plus vite et pour soi…En conséquence, le territoire change tout le temps sans même que nous nous en apercevions réellement.  

Le changement se fait par micro-touches – un changement de mobilier urbain – ou par grand projet –un nouveau quartier sorti de terre – :petit ou grand  chacun de ces changements va induire ses propres conséquences, sans qu’il soir possible actuellement de pré-figurer les effets d’une décision lors de sa rencontre avec une autre et une autre…Pour un bon exemple de changement à forte attente et fort pouvoir d’incertitude, voyez ce qui est annoncé avant la mise en place d’un tramway dans une ville, comme si le premier allait re-dynamiser toute la collectivité.  

Afrique du Sud, Office régional, affiche Le territoire n’est pas une île, vivant en autarcie dans son espace propre, sans rien partager avec les autres, comme protégé par une enceinte ou des remparts. Il est toujours connecté à d’autres territoires  par des liens physiques, des liens économiques, des liens culturels, dans les trois temps que nous connaissons, celui d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Actuellement le temps connaît une mutation forte de par la création de l’Internet   

La double loi d’exigence et de hiérarchisation

Sous l’effet de la concurrence, de l’attente des acteurs du territoire et des mutations d’Internet en particulier, cette loi peut s’énoncer de la façon suivante : plus le territoire subit de contraintes, plus il est mis sous tension, plus il est nécessaire de le retendre par de nouvelles lignes de force pour lui redonner de la vitalité et de l’énergie, pour être visible et attractif pour des acteurs extérieurs, maintenir ses actifs en place et continuer à construire des liens avec l’extérieur. 

Le développement se fait en construisant un nouvel ordre qui s’impose à l’ancien et qui inévitablement conduit au désordre, qu’il convient périodiquement de refaçonner dans un nouvel ordre hiérarchique, pour garder de la visibilité de l’extérieur et de la lisibilité de l’intérieur. 

A cette fin, le territoire ne peut plus être laissé Conteneur dans les bois-From the woodsà sa propre vitesse de mutation d’inertie sans intervention de la collectivité qui a la responsabilité de conduire son développement.

 

La régionalisation si ardemment revendiquée en France va dans le même sens : il appartient aux élus territoriaux de prévoir le développement de la collectivité de façon  la plus organisée et démocratique possible.  

La loi d’exigence est confortée par un autre élément qui relève du développement durable. Grâce aux chercheurs et aux politologues, nous savons qu’il n’y a plus d’espace disponible, libre à qui vient s’en emparer comme ce que les puissances européennes ont fait à partir de la seconde moitié  du XIXè siècle en Afrique et en Asie. C’est une des explications qui sous-tendent la démarche de la Chine depuis plusieurs décades, cette conscience que l’avenir appartiendra aux grandes puissances qui auront des réserves d’espaces-ressources disponibles pour leur développement. La Chine a ainsi conclu ces dernières années avec des Etats ou grandes compagnies en Afrique des contrats d’approvisionnement en matières premières agricoles, minérales et industrielles indispensables à sa croissance ultérieure, tout en « exportant » sur place des travailleurs qui gardent un lien fort avec la mère patrie. 

La création d’un nouvel Espace Territoire-Temps Internet

Dans le domaine de l’immatériel aussi, des nouveaux territoires se créent sous nos yeux. Il est frappant de voir combien les grandes questions du vivre ensemble se posent partout dans le monde en même temps. La qualité de vie est ainsi revendiquée expressément par les nouveaux accédants à la prospérité de la côte littorale au Brésil dés lors qu’ils deviennent propriétaires. Ces préoccupations communes créent des espaces de convergence, à la recherche de solutions applicables.  

 Ce nouvel Espace  Territoire-Temps-Internet est issu de l’ensemble des connexions existantes et potentielles entre tous les réseaux existant à un moment donné à partir d’une collectivité donnée. Cet espace n’a plus de limite et pourtant il peut aussi garder un lien avec le territoire réel fait de terre et de chair et pas seulement d’influx et de bips. Il a pour caractéristiques de pouvoir s’imbriquer quasiment partout dans le monde avec l’existant, à partir d’un ou de plusieurs items. C’est ainsi que chaque collectivité peut avoir son âme sœur sur le Net, un autre espace territorial sans frontière, vivant dans un tempo de mutation extrêmement rapide, fonctionnant avec l’apport d’acteurs du terrain, si tel est leur souhait.  

 

Ces nouveaux espaces se développent en lien avec un nouveau tempo de temps, celui

Boulogne, Ecole de Musique, des gens sur le murd’Internet, avec une nouvelle catégorie d’ambassadeurs territoriaux, que sont les acteurs de terrain, entrepreneurs, chercheurs, salariés et aussi tous ceux qui ont quelque chose à dire ou à ajouter dans le domaine de la matière grise, quel que soit le secteur dans lequel ils interviennent, associatif ou privé. L’important est d’alimenter les réseaux en informations de qualité, à valeur ajoutée réelle, sans tomber dans du mauvais copier-coller.

Le marketing territorial et le jeu collectif en réseau

Cette capacité nouvelle du territoire à s’exprimer peut constituer une réelle opportunité de développement pensé et non plus subi. La démarche est initialisée par la collectivité, après une étude longue du potentiel d’attractivité du territoire et le choix du meilleur positionnement optimal pour dégager l’image la plus opportune pour attirer les investisseurs et des nouveaux habitants en recherche d’un certain style de vie. Mais pas seulement eux car la démarche doit d’abord pouvoir  convaincre en interne les acteurs de terrain du territoire en question. Ce sont eux en effet qui vont véhiculer la communication sélectionnée pour le territoire, chacun dans son ou ses réseaux. Pour bien montrer l’importance de leur mission, c’est le terme d’ambassadeur qui a été choisi.

Un marketing de seconde génération

Amsterdam, Fifteen, quai Java Eiland, vueIl ne s’applique plus dans la sphère économique et quitte la scène marchande, entre entreprises de production, distributeurs et consommateurs.  Il ne s’agit plus d’une entreprise qui cherche à promouvoir ses marques et ses produits auprès d’une cible déterminée. Il s’agit d’un territoire qui s’exprime dans le cadre d’une opération de développement basée sur le choix de la collectivité et fondée sur son insertion dans la réalité grâce à sa mise en réseau par les acteurs de terrain qui sont alors doublement les grands acteurs du territoire.  

Par différence avec le marketing de première génération, il ne s’agit plus de faire de la communication (publicité, promotion et relations publiques) au profit d’un produit ou d’un service ou de l' entreprise qui en est propriétaire. Il s’agit en marketing territorial de transformer un programme étoffé de communication en faveur d’un territoire en programme d’action endossable et personnalisée par chaque acteur de terrain.  

Le marketing territorial est une démarche de développement du territoire, impulsée par la collectivité,  basée dans sa phase opérationnelle, sur la logique de réseaux sans cesse activée et alimentée par les acteurs de terrain, dans un mouvement continu d'échanges avec des autres réseaux engagés dans la même démarche.  

Pour suivre le chemin

. Voir sur ce blog quelques uns des billets qui sont consacrés au marketing territorial:

Marketing territorial > Le Royaume-Uni > Les Immigrants riches 

Le Marketing territorial et le Temps > Un système global d'actions      

Marketing territorial > La Tour Eiffel > Emblème de Paris > La France      

L'image de la Ville et le rôle de la création marketing territorial      

Identité ou attractivité d'une ville par le plein, le creux, l'autre      

 . Photos EP avec le Japon, Ikea, Nantes, Bruxelles, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, Boulogne sur mer et Amsterdam

 

 

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N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co

13 Mai 2011, 08:38am

Publié par Elisabeth Poulain

Disons-le clairement, même quand on est ou a été une parisienne, on sait

 

Kiraz-les Parisiennes-d3930i84568h155313

 

qu'on n'est pas LA Parisienne avec des majuscules partout. Parce que la vraie parisienne est réaliste et qu’elle n’a pas la grosse tête, surtout pas. Elle est seulement un tout petit peu vantarde ; elle se sent toujours à la pointe de la mode, en avance sur les autres, quitte à faire la mode ou plutôt à être la mode.  

 

La Parisienne selon Kiraz

Ce célèbre dessinateur a remis chaque semaine pendant 28 ans un de ses dessins à Jours de France sur le thème de l’éternel féminin ré-inventé par lui pour Paris. Il en a fait son égérie, au point encore maintenant d’avoir créé un archétype indémodable. On continue à citer « La Parisienne », en français dans le texte, pour désigner une femme élégante, un peu piquante, distante et pourtant toujours avec de l’humour et … beaucoup d’intelligence. Outre ces traits de caractères, elle a aussi de longues jambes, une silhouette à faire « se damner un saint », des traits fins et un air si sophistiqué  qu’elle en parait naturelle. Et en plus, elle parle. Bref elle a tout pour plaire d’abord aux femmes, sans déplaire du tout aux hommes, qui aimeraient bien en rencontrer beaucoup des comme elle. 

 

Kiraz et ses Parisiennes. 20063930i84565h155241

 

L’homme

Il fallait pour créer cette Parisienne un francophile amoureux de la France, comme l’était Kiraz, cet artiste né au Caire en 1923 doué d’une grande sensibilité, d’un œil vif et d’un trait de crayon qui ressemble à ses créatures de sa création, fin, élégant et doté de beaucoup d’humour. Il n’y a jamais rien de vulgaire chez Kiraz, au point que ses Parisiennes n’ont absolument pas vieillies, presque comme lui d’ailleurs qui vient de se voir remettre la médaille de la ville de Paris.  Il y a toujours une Parisienne de Kiraz dans chaque Elégante à Paris, qu’elle soit parisienne ou pas d’ailleurs. C’est aussi ça l’aura de Paris. 

 

La Parisienne selon les Grands Magasins

Elle a été choisie de longue date comme ambassadrice de la mode par le Printemps et les Galeries Lafayette qui effectuent une grande partie de leur chiffres d’affaires avec la clientèle étrangère de passage à Paris pour le tourisme et/ou pour affaires ou dans les filiales à l’étranger du Printemps. L’image de la Parisienne fine et élégante s’impose d’elle-même.

 

La Parisienne, Le Printemps, Paris

 

Encore aujourd’hui ces deux grands groupes continuent à ancrer leurs visuels publicitaires sur ces Elégantes qui ne doivent pas souvent prendre le métro pour gagner leur train de banlieue et faire des courses pour le dîner du soir.

 

Les Parisiennes de Paris

Elles aiment cette présentation qui donne d’elles même une image si flatteuse, trop flatteuse bien sûr pour être vraie. Comme toutes les images qui durent, celle-ci n’aurait pu s’ancrer à ce point dans une réalité fantasmée, si elles n’avaient pas rencontré l’adhésion de toutes les intéressées et de tous les autres, les professionnels, créateurs, couturiers, bijoutiers, hôteliers…, qui travaillent sur et avec l’image de Paris. Chacune d’entre elles et d’entre eux contribue chaque jour à vitaliser cette image d’une Parisienne, une femme à nulle autre pareille.  

 

Et celles d’un jour

C’en est au point que les épouses des hommes d’affaires étrangers ne voient

 

La Parisienne, Le Printemps, Paris, 2011

 

 jamais partir leur mari en voyage d’affaires à Paris sans un pincement au cœur. L’une d’elle, anglaise,  m’a ainsi dit qu’elle n’accompagnait jamais son mari dans ses réunions de travail hors du pays, à l’exception de Paris. Dans ce cas-là, elle vient avec à chaque fois avec lui avec autant de plaisir. C’est aussi pour cela, que les colloques pour ces hommes d’affaires venus de d’Europe ou des Etats-Unis sont spécialement courus quand ils se tiennent à Paris. Des « Ladies’ programmes » sont organisés avec au menu le matin  des visites du Marais, du Centre Pompidou, à midi un déjeuner dans un grand restaurant et l’après-midi des visites au choix  de grands magasins, grands couturiers, maroquiniers, bijoutiers… 

 

Histoire de voir de plus près ces fameuses Parisiennes pour essayer de percer leur secret et de s’acheter aussi... un sac Vuitton qui semble réellement un des musts de la découverte de  Paris par ces charmantes touristes venues d’ailleurs.       

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver Kiraz sur le site Au feminin.Com sur http://www.joyce.fr/mag/culture/d3930/x21695.html

. Connaître l’histoire du Printemps sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_(grands_magasins)

. Et celle des Galeries Lafayette sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Galeries_Lafayette_Haussmann

. Photos EP

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