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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Regard sur l'espace public > Quadrillage Rues et Risle > Pont-Audemer

10 Mai 2011, 15:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

La ville de Pont-Audemer  et l’eau de la Risle

La ville porte un nom qui lui ressemble, tout en déroutant celui qui y arrive un peu par hasard. C’est vrai qu’il y a beaucoup de ponts à Pont-Audemer. Quant à la référence à la mer, c’est plutôt celle d’une petite rivière d’eau vive qui donne le ton. C’est elle qui se dédouble au cœur de la ville. Ce n’est pas un hasard. C’est là que le passage à gué était le plus aisé il y a quelques 2 000 ans pour les armées romaines. L’histoire de ce qui était une place économique d’une réelle vitalité a été franchement mouvementée au cours des vingt derniers siècles d’histoire, juste pour donner un ordre de grandeur. On sent qu’il s’est passé ici beaucoup de choses.  

   

Pont-Audemer (27), La Risle, Bras sud, Rue de la République, Cour ouverte


La Risle

    Elle prend son temps avant de perdre son identité dans l’embouchure de la Seine. Elle fait des tours et détours, avec tellement de plaisir qu’elle en fait des boucles sur elle-même, en créant des passages entre ses propres boucles. A quelques kilomètres en amont de Pont-Audemer par exemple à la hauteur du Chemin du Petit Vieux, on compte jusqu’à 6 rivières dont on ne sait pas quels sont les bras principaux et quels sont ses affluents, placés sur la carte les uns au-dessus des  autres et parfois eux. Cette drôle de rivière offre aussi la curiosité d’être souterraine sur quelques kilomètres en amont  lorsqu’elle passe  sous la forêt de Beaumont.  

   

 La situation géographique était tellement favorable que la rivière fut même rendue navigable au XVIIe siècle depuis son embouchure sur la Seine jusqu’à Pont-Audemer, ce qui explique aussi la poursuite de l’essor en ces temps pas si lointains de cette place commerciale tout autant qu’industrielle. La très forte crue de 1711 mit fin définitivement à la navigabilité. Il n’en demeure pas moins que la Risle est l’élément principal de ce fond de vallée.  

 

Pont-Audemer (27), Rue Place de Ville

   

Le quadrillage par les rues, ruelles et impasses

Elles forment aujourd’hui encore un étroit maillage perpendiculaires aux deux bras de la rivière Risle dans le centre ville qui a été préservé pour une grande partie  par les bombardements de la dernière guerre mondiale. Le centre ancien de Pont-Audemer a gardé ses maisons à colombages, ses accès à l’eau, ses rues, ses ruelles qui permettent de relier tous les points de vie et de travail entre eux dans un double quadrilatère, celui de la voirie que l’on peut emprunter à pied et parfois en voiture et celui de l’eau. 

   

La différenciation

Il est difficile de définir ce qui différencie une ruelle d’une rue, la largeur de l’espace public certainement, sa fréquentation également ainsi que ses fonctionnalités.

. Une rue dans un centre ville d’une ville ancienne où l’espace était mesurée permettait la circulation des habitants, artisans ou clients des échoppes et des ateliers, des cavaliers et des cochers conduisant toutes sortes de véhicules pour acheminer les denrées et matériaux nécessaires à la vie de la cité.

. La ruelle, quant à elle, ne pouvait laisser passer que les personnes à pied, sans possibilité parfois de se croiser, l’un se devant de se placer dans l’embrasure d’une porte pendant que l’autre passait. Dans cette acceptation, la ruelle est alors simplement une rue étroite réservée à un faible passage.

Pont-Audemer, Eure (27), Ruelle . La venelle est un terme moins usité. Venant du grec ‘veine’, il désigne une petite rue étroite enserrée entre des murs ou des haies, comme il est d’usage en Normandie. Ce qui serait très bien adapté en terme d’urbanisme par opposition à l’artère. L’image d’irrigation en plus est très parlante. Mais je n’ai trouvé aucune venelle dans le centre.

   

L’imprécision du langage

Au vu des rues et ruelles de Pont-Audemer, la simple différenciation par la largeur de la voie, plus grande dans la rue que dans la ruelle, est insuffisante. Une petite rue peut ne pas être une ruelle et la ruelle n’est pas simple à anlyser à la seule vue sans recherche sur document.  

 

Qu’est-ce donc qu’une petite rue ? C’est une voie d’accès public qui peut être courte en longueur. Elle peut aussi ne desservir aussi que quelques habitats. Il est étonnant de voir combien la langue française dispose de deux mots pour différencier la rue d’une ruelle, un mot qui n’est plus guère utilisé actuellement. Le dictionnaire ne s’y trompe pas qui parle beaucoup plus longuement de la ruelle, en tant qu’espace étroit entre un lit et le mur proche.  Dans certains cas, la faible largeur de la vie conduit à assimiler la ruelle à une impasse. Ce peut être le cas quand la ruelle ne conduit pas à une autre rue ou ruelle. L’impasse par définition signifie qu’il n’y a pas de passage au bout ; c’est aussi ce qu’on appelle un cul de sac. 

 

Pont-Audemer (27), Ruisseau des Carmes,

Le quadrillage de la Risle par bras, ruisseaux et affluents    

Les deux bras de la rivière, qui coulent grosso modo d’est en ouest, sont alimentés en outre par ses affluents de la rive gauche La Véronne, avec son propre affluent La Tourville, un affluent au centre (son nom ?) et le ruisseau du Pré-Baron en aval. Le plein centre est structuré par  les deux bras qui sont reliés perpendiculairement entre eux par trois canaux d’eau vive dont l’eau coule sud-nord. Le coteau sud recueillant une bonne pluviométrie et étant plus élevé, l’eau qui y coule est vive.  

 

Les canaux ont été creusés de façon à alimenter le centre entre les habitations pour assurer un lien avec l’eau. Celle-ci était en effet nécessaire moins peut être pour l’usage familial et privé, avec des latrines et des lavoirs, que pour les industries exigeantes en eau, telles que les tanneries, les industries papetières  et plus tardivement la fonderie. On y voit encore par exemple des séchoirs pour les cuirs. 

   

Le canal le plus en amont s’appelle  le Ruisseau aux Carmes parce qu’il passe sous la rue des Carmes, le central, le Ruisseau des Pâtissiers* qui coule sous la rue Place de la Ville où se trouvait beaucoup d’artisans pâtissiers, charcutiers… et le plus en aval le Ruisseau de la Licorne parce qu’il passe sous la rue de la Licorne... 

 

Les rues les plus larges sont transversales aux bras de la Risle,  ce qui montre bien l’importance du choix par les Romains de ce site en tant que gué. Les rues qui leur sont parallèles sont plus étroites ; elles ont pour fonction de desservir le centre. Entre les deux,  des ruelles permettent à l’intérieur des îlots d’accéder à l’eau, tout en densifiant l’habitat et le travail au sein de l’espace protégé par les enceintes.

 

Pont-Audemer (27), Ruisseau des Pâtissiers

   

L’importance de l’accès à l’eau

De loin les maisons semblent se toucher pour former un ensemble compact. Quand il est possible d’approcher par ce qui est actuellement un parking, on découvre alors que les maisons sont séparées  entre elles par un de ces petits ruisseaux d’eau vive en amont du ruisseau aux Carmes que j’ai appelé le ruisseau au canard, parce qu’un de ces palmipèdes, habitué à être admiré, s’est approprié une partie du ruisseau où il peut marcher actuellement sur ses pattes. Il a fait son nid un peu plus bas, en réussissant à grimper un ensemble de pierres de 50 cm de haut. Le ruisseau  à cet endroit mesure moins d’un mètre de large. L’eau est propre. Grâce à cet accès direct à l’eau, chacune des maisons avait l’eau courante, un véritable luxe dans les siècles passés.  Les maisons riveraines ont gardé leur latrine construite en saillie au dessus de l’eau.  

   

Quand  l’accès à l’eau devenait trop éloigné, des passages à hauteur de trottoir sous les maisons étaient édifiés de façon à fluidifier le passage et des ruelles étaient préservées entre les habitations pour accéder à l’eau, y prélever de l’eau, laver son linge ou y jeter les rebuts.  Quand on pénètre dans un de ces passages étroits, aux allures de venelles, on découvre que le passage se termine en impasse à droite, à gauche il conduit au canal. 

   

Le double quadrilatère complémentaire l’un de l’autre

Des espaces limités permettent  actuellement à des personnes de se regrouper près de l’Eglise ou à des voitures d’accéder par l’arrière à des logements, sans que l’on sache si cette accessibilité n’est pas due à la destruction d’habitats devenus insalubres  au fil du temps. A voir la carte, l’Impasse de la Laiterie semble pourtant exister depuis longtemps. Les bombardements ont certainement aussi joué leur rôle de « nettoyage par le vide » en proximité du centre de la ville. La place du marché, qui était très active au XIXè siècle, est devenue un espace en bordure de la zone reconstruite après la guerre. Son intérêt est de re-découvrir les maisons anciennes bordant la Risle dans le quadrillage urbain.                 

   

L’originalité de Pont-Audemer n’apparaît qu’une fois de retour chez soi, lorsqu’on s’apprête à essayer de décrire ce qu’on a vu, comme toujours trop vite, en se promettant que la prochaine fois, c’est promis, on prendra le temps…Les rues du centre qui quadrillent la ville ancienne sont à peine plus large que le bras le plus central de la Risle. Quant aux ruelles intérieures des îlots de maisons, elles sont très étroites, autant que le ruisseau que j'ai appelé "le ruisseau au canard".  

    Pont-Audemer, Eure (27), Ruelle près Rue Jean Jaurès


Une question d’équilibre en somme, avec des maisons relativement hautes de 3 ou 4 étages en moyenne, dont le dernier sous les toits et un espace public,  très travaillé, vitalisé par des ponts actuellement empruntés par les voitures et les piétons. La rivière ne se traverse pas à gué. Les ruisseaux de maison à maison, quant à eux, ne se franchissent pas, même s’il doit certainement exister des endroits où cela est possible. L’ingéniosité humaine est sans limite. C’est ainsi qu’une des personnes utilise le ruisseau aux pâtissiers (celui qui fait suite au ruisseau au canard) comme aire de stockage de son bois de cheminée. Il lui a suffi de poser en hauteur une planche de bois sur des briques au travers et d’y empiler ses bûches dans le sens du courant cette fois-ci mais au dessus.   

Une hypothèse historique

L’histoire de ce site est à la fois riche et mouvementée. Les Romains, qui l’ont occupé militairement, y ont édifié des ponts pour faciliter leurs manœuvres logistiques et l’approvisionnement des troupes. Les Gaulois l’ont conquis à la fin du IIIè siècle, puis c’est au tour des Barbares scandinaves au VIIIè siècle. En 911, Pont-Audemer fait partie de la donation de Charles III à Rollon le Marcheur, un grand chef norvégien, qui fonda en fait la Normandie. Ce sont des Danois qui s’installent alors.  

   

Arrive ensuite une période très mouvementée où Français et Anglais se disputent le site. C’est le moment choisi pour y construire des enceintes. La guerre de Cent Ans permet au Roi de France de reconquérir une ville bien meurtrie. Trois siècles passent avec des fortunes diverses. C’est au tour des Huguenots de reprendre la ville. Chaque occupant eut à cœur d’aménager l’espace en fonction de ses besoins, tant militaires que civils et économiques.   

   

Pont-Audemer (27), Eglise, Rue de la République, Impasse Thiers

 

Quant à l’Eglise, autre puissance tutélaire, elle ne donna pas non plus dans la simplicité. Pont-Audemer était séparé entre l’archevêque de Rouen  et l’évêque de Lisieux  car la Risle était la frontière entre les deux et aucun ne voulait laisser à l’autre un endroit aussi stratégique et riche. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands en firent le siège de la Kommandatur. Les habitants furent délivrés par des soldats néerlandais le 26 août 1944.  

   

Tant de présence militaire différenciée, couplée à de si forts enjeux économiques, ne peut être neutre en terme d’urbanisme et de quadrillage d’une ville située à un endroit si stratégique proche de la mer et à l’embouchure d’un grand fleuve, qui commandait une bonne partie de la France du Nord-Ouest et de son approvisionnement.      

   

Pont-Audemer (27), Rue de la république, Cour ouverte

 

Aujourd’hui  

 

Pour le touriste, Pont-Audemer est une ville à taille humaine qu’il fait bon découvrir, surtout en fin d’après-midi quand vient le printemps. On y a plaisir à admirer l'ingéniosité et la diversité des maisons à colombage, à voir les jardins et retrouver des terrasses de café avec des gens du coin surpris à discuter de la soirée à venir et de la semaine qui vient de s’écouler, des boutiques ouvertes, des charcuteries à la vitrine attractive… et des canards heureux de barboter bien à l'aise dans leurs baskets palmés.  

   

Pour suivre le chemin

Je dois remercier la Communauté de Communes de Pont-Audemer ainsi que l’Office de Tourisme d’avoir si aimablement répondu à mes demandes d’explication et à mes questions. 

Pont-Audemer (27), Carte du centre

Beaucoup interrogations demeurent sur le nom des canaux, bras, ruelles et voies…Je crains d'avoir fait une erreur de nom sur le ruisseau des Carmes. Je me pose aussi beaucoup de questions sur des points aussi fondamentaux que la date de creusement des ruisseaux entre les bras. Il faudrait également vérifier l’évolution des noms de rues au cours des siècles et comprendre en particulier le sens de l’appellation « Place de Ville » pour une rue. Est-elle ce qui reste d’une place après la construction des grandes voies traversantes Nord-Sud que sont la rue de la République et sa parallèle la rue Sadi Carnot ?     

   

. Quelques sources

http://fr.wikipedia.org/wiki/Risle

http://www.ville-pont-audemer.fr/accueil.php

http://www.ville-pont-audemer.fr/tourisme/ville-eure-haute-normandie.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont-Audemer

. Photos Elisabeth Poulain



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Pollution de l'eau, la terre, l'air > Changement global > Mots + Photo

2 Mai 2011, 16:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Voici des informations qui sortent quasiment en même temps:

. l’une sous forme d’un article d’Ouest-France accompagné d’une photo classique d’une plage verdie par les algues vertes,

. l'autre d'un article antérieur plus complet du Monde avec une photo impressionnante vue du ciel de la baie de Douarnenez, 

. une autre photo du même site  que vous retrouvez sur le site du Monde,

. le communiqué de presse du Centre d’Ecologie et de l’Environnement d’Edimbourg, au Royaume-Uni d’où est tirée la première partie de l’article du Monde.

Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

L’article d’Ouest-France Finistère "Les algues vertes prolifèrent déjà sur le littoral".

Son auteur commence par citer le CEVA – Centre d’Exploitation et de Valorisation des Algues- qui survole quatre fois par le littoral breton afin de mesurer l’étendue de la pollution à l’azote. Pour Sylvain Ballu, le chercheur interrogé, le constat est sans appel : la surface atteinte sera supérieure aux années passées. Jean-Yves Piriou  de l’Ifremer confirme: la chaleur fait littéralement exploser la prolifération des algues.  dues à un usage démesuré en agriculture des composés azotés que sont les nitrates pour enrichir les sols. Parmi les zones plus particulièrement touchées, les célèbres baies de Douarnenez et de Concarneau. Les réactions face à cette situation sont intéressantes à rapprocher: selon le secrétariat de la communauté de communes du Pays de Douarnenez, les algues vertes sont arrivées plage du Ris, alors que pour le vice-président de la Chambre d’Agriculture, il n’y en a pas à cet endroit et il en profite pour se moquer de ceux « qui voient mal ».  

La banalisation par le nettoyage des plages et l’ode au circuit court

L’intéressant aussi est que désormais, on n’attend plus pour agir sur les plages. Le nettoyage a déjà ainsi commencé à Fouesnant où 100 m3 ont été  ramassées, sur une plage de 1,5km sur les 14 que compte la commune. Cette masse sera ensuite transformée en compost qui pourra à nouveau être utilisé par les agriculteurs, au lieu d’épandre sur le sol des engrais azotés. Cela se passe déjà ainsi en baie de Dournenez avec du compost issu du ramassage. On ne peut concevoir de circuit plus court, c’est que sous-entend l’article mais sans l’écrire. 

 

Comme le note Jean-Yves Piriou, la pollution visible sur les plages n’est pas seule en cause. De très grosses quantités d’algues « qui forment un rideau », sont également présentes « sous l’eau et au large », sans avoir été mesurées et sans que leurs effets aient été étudiés. En attendant, le premier des cinq plans financés par l’Etat pour limiter les rejets d’azote vers la mer va entrer en vigueur en 2012. Il sera aussi question de réfléchir à « l’évolution des pratiques agricoles ». Cette année là, une usine de compostage sera implantée à Concarneau. 

La conférence internationale d’Edimbourg sur l’azote et le changement 

Un article du Monde reprenait les conclusions du communiqué de presse de la conférence internationale « Azote et Changement global » qui s’était tenue à Edimbourg en Ecosse à l’initiative du Centre d’Ecologie et d’Hydrologie, sous les auspices de la Commission européenne.  

 

Au bout de 5 ans d’étude, l’ENA (EuropeanNitrogenAssesment), la première évaluation européenne pour l’azote menée par 200 experts de 21 pays et 89 organisations, est sans appel : 

. la pollution est globale et touche « l’air, les sols et les eaux »,

. le coût de la pollution en Europe et par personne varie entre 150 et 740E par personne et par an,

. soit au total entre 70 et 320 milliards d’Euros, plus du double des bénéfices dus à l’usage de l’azote dans l’agriculture européenne. 

 

Plus précisément, 10 millions de personnes boivent de l’eau contaminée pour dépassement du seuil d’azote. Les algues toxiques prolifèrent du fait des nitrates en formant « des zones biologiquement mortes en mer » en Mer du Nord, dans l’Adriatique et en Baltique et le long des côtes bretonnes. L’air pollué du fait de la diffusion particulaire azotée pour trois causes, l’agriculture, l’industrie et la circulation réduite la durée de vie de plusieurs mois en Europe centrale. En forêt, la biodiversité s’est réduite de plus de 10% sur les 2/3 d’Europe à cause des dépôts atmosphériques d’azote.  

 

Deux types de solution qui sont à envisager en même temps:

. « une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques tels que les fumiers, lisiers et composts

. et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande ».

Le coût de la réduction de cette pollution globale sera compensé par les bénéfices financiers de la maîtrise des problèmes dus à l’azote.   

Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

L’article du Monde   "Pollution à l'azote: une lourde facture pour l'Europe"

Il apporte des précisions supplémentaires intéressantes dans sa seconde partie, en en particulier sur la pollution de l’air par l’ammoniac. Sont concernées par des taux trop élevés, « la Bretagne et le nord de la France, la Plaine du Pô en Italie, le sud de l’Allemagne, le centre de la Grande-Bretagne, une partie du Danemark » toutes qualifiées de « régions à cultures et élevages intensifs ». 

L’interview de Pascal Cellier .

Le seul scientifique français, présent dans la commission travaillant sur les effets sur le paysage, Pascal Cellier de l’Inra  a été interviewé pour le Monde par Laetitia Von Eeckhout. Celui-ci estime qu’il est temps de valoriser les effluents d’élevage comme des fertilisants organiques pour des cultures végétales, en ne les considérant plus seulement comme des déchets. Une condition complémentaire indispensable à remplir en Europe est de se re-positionner sur la poly-culture, pour diminuer le poids de l’élevage, sans que cette dernière partie de phrase soit écrite en toutes lettres. Encore faudrait-il, et c’est une précision de Pascal Ferey, le responsable « Environnement » de la FDSEA, toujours dans le Monde, que la réglementation européennes soit cohérente et ne favorise plus l’usage de l’azote chimique (maximum 200kg d’azote/hectare) au détriment de l’azote organique (170kg/ha). 

Trois mesures complémentaires

Sont requises,

. le « recours à des véhicules propres »,

. « la fin de longs trajets en voiture » et

. « la consommation raisonnée de viande » pour éviter d’avoir à parler de diminution de la consommation.

 Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

 

Les photos

La première présentation est celle qui a déclenché le billet que vous venez de lire. Elle est tout à fait remarquable. Prise d’avion, elle survole le littoral en baie de Douarnenez. On découvre comme des dents blanches d’une mer  verte qui menacent les maisons construites sur la falaise en dessous. On imagine des écoulements d’eau qui se fraient un chemin dans un tapis d’algues vertes sur un fond de blancheur au dessus. Le détail délicat de cette arborescence fait penser à ces estampes japonaises si troublantes.  

 

Arrive maintenant une autre photo telle qu’elle est reproduite dans le site du monde.fr. Elle est prise cette fois-ci au dessus de la mer, en regardant vers la terre. On comprend très bien où se trouve le point d’émission de la pollution au pied de la falaise. Il ne s’agit pas de dents, mais d’écoulements des eaux à marée descendante allant vers le blanc de la plage puis vers la mer.

 

En résumé

. Quand un journal local traite de la question de la pollution du système par les rejets d’élevages, un sujet éminemment sensible au niveau politique, il prend soin de faire parler des scientifiques attachés à des institutions à la renommée incontestable, le CEVA et l’IFREMER. Il montre en photo seulement la prolifération des algues sur la plage, ce qui revient à ne montrer que la partie visible d’un iceberg de pollution, que l’ENA a désigné sous la dénomination du « Changement global ». Enfin il termine son article sur la construction à venir des entreprises de compostage créatrices d’emplois que va payer l’Etat. La réflexion sur un plan global visant à réduire, dés le départ, la quantité de rejets azotés, est repoussée à 2012, une année électorale, alors que les voies dans lesquelles il convient de s’engager sont déjà connues. L’Europe, grand contributeur financier en la matière, n’est pas citée.  

 

. Quand un journal national reprend l’essentiel d’un communiqué de presse d’une Commission d’études d’experts européens,  sa démarche est différente. Cette fois-ci l’information vise la pollution globale d’une grande partie des régions désignées de pays européens. Le préjudice est chiffré et les remèdes également, dont le coût sera supporté par l’Europe. Le titre de l’article d’ailleurs est parlant : « Pollution à l’ozone : une lourde facture pour l’Europe ». Par contre en seconde partie, ne sont plus cités que des experts français. Un autre chercheur de l’INRA explique que  « le choix a été fait en Europe d’une certaine spécialisation régionale alors qu’une polyculture associée à de l’élevage permettrait une meilleure gestion de l’azote. » Cette fois-ci l’élevage intensif est directement visé mais d’une façon indirecte. Quant au représentant de la FNSEA, il met l’accent sur ce qui est une incohérence réglementaire. La note finale du communiqué de presse avait pris grand soin de dire que les propos des scientifiques n'engageaient qu'eux-même. 

 

= En point commun, on croit comprendre que la question des effluents de l'élevage et de la culture intensifs est un sujet particulièrement sensible...et qui risque de ne pas être résolue d'ici un "certain" temps!      

 

Pour suivre le chemin

. Photo Maisonneuve/Sipa

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<div class="bl-lien"><a href="http://www.lemonde.fr/planete/portfolio/2007/08/06/nature-et-environnement_936689_3244.html" target="_blank">Nature et environnement </a><br />LEMONDE.FR | 06.08.07<br />

<div align="right">&copy; <a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank"><img src="http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemondefr_trpet.gif" border="0" height="13" width="67" align="absmiddle" alt="Le Monde.fr" title="Le Monde.fr"></a></div></div>

 

Pour une bonne qualité des couleurs et par respect pour le travail du photographe, je vous conseille de vous rendre sur le site du Monde, la Ière photo ici présentée est tirée de la photo du Monde et la seconde est une capture d'écran.  

 

. Conférence d’Ecologie et d’Hydrologie d’Edimbourg, Royaume-Uni du 11 au 14 avril 2011, sous le titre « Nitrogen and Global Change » sur  http://www.nitrogen2011.org/topics_themes  

. Retrouver le communiqué de presse du CEH sur

http://www.lepetitsitesante.fr/actualites/CP/110411_exces_azote_economie_environnement.pdf

 . Sur un thème similaire, voir un de mes billets précédents: La pollution de la Loire = un phénomène globallisime = la glopollution

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T de Temps > L'heure des montres en pub (1)

1 Mai 2011, 11:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Encore un titre à décrypter

Quelle est donc l’heure qu’indiquent les publicités pour les montres de marque ? Une montre n’a-t-elle pas pour premier objectif de donner l’heure ?  Ces questions ont-elles un sens ?

 Blog 2011.05.01 016 

Oui, parce qu’on s’aperçoit qu’une montre en pub est toujours présentée selon un certain code de positionnement des aiguilles afin de la rendre plus belle. Ce que montrent les publicités, ce sont en fait les autres fonctions de la montre, tout particulièrement sa beauté inscrite dans un certain univers des marques de luxe. La montre est un des premiers objets identitaires en particulier des « hommes qui  font le monde », ceux qui comptent, pour lesquels le temps est précieux, tout comme eux.  Rassurez-vous, les femmes aussi maintenant, mais moins certainement et aussi d’une autre façon. 

 

La fonctionnalité d’une montre

Que de complications quand même, pour un objet qui est de montrer toutes les heures et minutes et secondes parfois. Si une montre ne peut, comme ses consoeurs, donner qu’une seule heure, cela voudrait dire que le mécanisme ne fonctionne pas. Il vaudrait mieux alors acheter une autre marque, avec un peu plus de potentiel. Sur 24 heures de déroulé d’horloge, il y a quand même le choix, surtout que ça continue la nuit et recommence le lendemain.         

 

Un mauvais raisonnement

La logique n’est pas toujours bonne conseillère. Blog 2011.05.01 020Raisonner en terme de fonctionnalité non plus. Quand il s’agit de valoriser une montre, il n’y a globalement qu’une seule position pour l’aiguille de l’heure et en conséquence une seule pour l’aiguille des minutes. Pour simplifier le raisonnement, je laisse volontairement tomber l’aiguille des secondes pour l’instant.  

Deux indices

Pour trouver la bonne réponse sans aide de ma part et sans regarder les montres en photo, il vous faut réfléchir en terme de geste corporel, vos bras étant les deux aiguilles déjà citées. Pensez à Léonard de Vinci et à son Homme de Vitruve qui atteint sa plénitude les bras légèrement levés en l’air et les jambes écartées, sachant qu’ici il n’y a pas de jambes. Evidemment ça complique. C’est pourquoi, il vous faut chercher une autre raison.

 

Quand vous voulez laisser exploser votre joie, spontanément vous levez les bras au ciel. C’est une façon de libérer l’énergie que vous ressentez  à ce moment. C’est aussi le cas avec une montre. Vous allez choisir comme heure un moment joyeux, le matin à l’heure de la pause café par exemple, pas la sortie de bureau quand tous courent pour prendre le train de banlieue. Premier indice la partie supérieure du cadran est préférable à celle du dessous.  

La vraie raison

Blog 2011.05.01 022Il y a surtout aussi une autre dimension jamais mentionnée, qui relève du design graphique. Les aiguilles ne doivent pas gâcher la vision d’une des positions des heures indiquées par des chiffres ou des points. Il faut ensuite que les deux aiguilles soient en équilibre par rapport à la ligne verticale formée par la position 12 en haut avec 6 en bas. La dimension plus courte de l’aiguille des heures et sa plus grande largeur ne sont visiblement pas une difficulté. Deuxième indice, les aiguilles ne sont jamais placées dans une seule partie, droite ou gauche ; elles sont placées chacune d’un côté. Je vous aide encore un peu, l’aiguille des heures est toujours placée à gauche. L’explication vient de l’écriture : nous commençons à inscrire l’heure en début de phrase, à gauche.   

La recherche du positionnement d’équilibre

Les deux aiguilles seront placées à équivalence  de part et d’autre de la verticale en position haute entre 9 et 12 pour l’aiguille des heures, entre 12 et 3 pour celles des minutes, mais jamais sur 9 ou 3, 12 étant exclue et pour l’une et pour l’autre, car elle induirait un déséquilibre vertical. De la même façon, jamais vous ne trouverez les deux aiguilles situées du même côté ou sur le même chiffre, point ou tiret. 

Il reste alors deux positions pour les aiguilles, soit 10 heures soit 11 heures pour l’aiguille des heures, avec l’équivalent pour l’autre aiguille, 2 heures ou 1 heure. En fait, le choix devient très limité, pour une raison d’optimisation de l’amplitude. Si le choix se faisait sur 11 heures et 1 heure, les deux aiguilles seraient trop rapprochées l’une de l’autre. Cette disposition serait nuisible en terme d’espace trop ‘riquiqui’ entre les deux aiguilles.

Blog 2011.05.01 027

Les classiques

Pour eux, le choix d’équilibre primordial. Ce sera 10h 10, dans quasiment tous les styles de publicités de montre, homme ou femme, classique ou contemporain, luxe ou sport, plastique ou métal, historique ou technologie…Voici quelques exemples de positionnement pile-pile:

. Chanel sur fond neutre, sans indication aucune (c’est une montre de femme),

. J12 Marine Chanel  et Swatch couleurs 10h 10mn, qui en fait un élément de design.  

 

Le caractère trop systématique de ce positionnement entraîne les griffes à poser leur différence, souvent infinitésimale (1er chiffre pour l’heure et le second pour les minutes): 

Breguet 10. 7,  Ralph Lauren 10.8, Cartier 10.8, Tissot 10.8 également, Breitling 10.84, Bvlgarie 10.9,  IWC 10.95, Rolex 10.95,  Bell & Ross 10.11,  Blancpain 11.115, Jaeger-Le-Coultre 10.12   

 

Les subversifs

Ils contournent les codes de présentation, parfois parce qu’ils ont des raisons techniques faciles à comprendre ou pour se démarquer des concurrents.  

L’occupation de l’espace central par des écrans de petites dimensions

Dans ce cas, le choix du positionnement des aiguilles Blog 2011.05.01 018se fait souvent entre les deux cadrans du bas pour garder une  certaine visibilité. Le choix de la Ralph Lauren Stirrup est intéressant par rapport à celui de la Ralph Lauren World Times. La forme si particulière du boîtier de la Stirrup oblige le fabricant  à placer ses trois écrans intérieurs en partie sur les gros chiffres en lettres romaines. Pour plus de légèreté, les petites aiguilles intérieures ont toutes été placées en position neutre de départ, vers le haut, pour alléger le tout.  

 

Par contre la forme ronde de la World Time ne présente pas cet inconvénient. La partie centrale absorbe bien les trois écrans de sorte que le choix de positionnement des aiguilles se fait en plaçant l’aiguille des heures sur le WIII, les minutes sur le IIII et celles des secondes sur le XII. Une complexité supplémentaire survient de l’obligation de placer le plus harmonieusement possible les petites aiguilles des écrans intérieurs qui offrent un désordre certain graphiquement parlant et pas très esthétique. En outre les chiffres IV, V, VI et VII ont été supprimés pour laisser place à une fenêtre indiquant les grandes villes du monde. 

 

D’autres ont fait le pari d’introduire le désordre. C’est le cas de  Swatch Collection blanche 2007 qui a sélectionné 8.23 pour cette « Swatch rétrograde ». Du double degré certainement. 

 

Le choix du positionnement de l’aiguille des secondes

Cette aiguille a pour première caractéristique d’être et très longue et très fine pour se distinguer de l’aiguille des minutes. Elle a aussi pour trait particulier d’avoir une partie débordante sur l’axe central de positionnement  et plus large que la partie située près des chiffres pour mieux se laisser voir.  

 

Les puristes placeront cette aiguille n° 3 en position centrée par rapport à la n°1 des heures et à la n°2 des minutes : Breitling choisit la position haute sur le 12 en haut ; Swatch la place sur le 1, Rolex et Bvlgarie près du 6 en bas. D’autres plus nombreux retiennent la solution de la placer en bas en partie gauche, sur le 7 (Chanel J12) ou peu plus loin que le 7, Breitling, IWC, Blanpain, Ballon Bleu de Cartier. 

 

Seuls deux marques échappent  à ce choix : Blog 2011.05.01 032Jaeger-Le-Coultre avec un positionnement à droite en prolongement de l’aiguille des heures et Swatch Collection blanche également proche de 3, parce qu’il ne restait plus d’espace disponible autre. 

 

Un seul fabricant, Breguet, fait de la disposition des deux aiguilles son logo. Dans un cercle invisible, les aiguilles continuent à rythmer le temps de Breguet,  écrit en lettres anglaises, « Depuis 1775 ».  C’est une jolie idée qui va bien avec « La Tradition Breguet ».  

Essai de résumé sur le sens du positionnement

La disposition des aiguilles doit répondre à plusieurs objectifs, tenant à

. la lisibilité optimale de l’heure,

. la structuration de l’espace intérieur du cadran principal,

. la présence de plus en plus forte d’autres cadrans, qui contrarient la lisibilité,

. la multiplication des aiguilles (4 à partir de l’axe principal pour la Breguet 4188-Collection Marine, 7 en comptant les petites sur la Ralph Lauren World Tune),

. des aiguilles qui se compliquent de formes géométriques, soit en cours de parcours proche de l’axe central, soit en fin débordant de l’autre côté pour les secondes,

. la possibilité en même temps d’avoir l’indication d’autres temps (Ralph Lauren encore), 

. avec parfois des conflits entre les fonctions, les indications des heures en lettres romaines et les aiguilles,

. ou des difficultés à comprendre la raison d’indications différenciées des minutes entre la partie supérieure du cadran et celle du bas (Swatch Collection Blanche)...  

Blog 2011.05.01 024

L’impression ressentie

Le temps est chose sérieuse, surtout quand on exerce le pouvoir. Une façon très simple de la faire savoir aux autres est de porter une montre d’une marque statutaire. C’est après la voiture le deuxième élément revendiqué par les hommes, avec une grosse différence en faveur de la montre : on porte celle-ci  tout le temps de sociabilité.

 

La montre montre – la redondance est volontaire – mieux que tout autre objet de petite taille que l’on est branché sur le monde. On a besoin plus que d’autres pour se connecter. La largeur, le poids, la sophistication et la complexité sont signes d’appartenance à un club réservé à certains seulement.  IWC, Schaffhausen, depuis 1868, en fait d’ailleurs son positionnement : « IWC Conçue pour les hommes ». Le commentaire d’accompagnement utilise des termes très parlants de « résiste… chocs… chocs… chocs même violents, aucune chance aux rayures…Il reste à espérer que celui qui la porte tienne aussi bien le choc ».  

   

Outre ce lien avec le pouvoir, un autre positionnement plus subtil se focalise sur la haute technologie associée à la grande tradition horlogère. C’est le cas notamment pour Breguet et pour Calibre de Cartier qui sous-nomme cette montre « Mouvement Manufacture 1904 MC…une recherche perpétuelle d’élégance.» Ce qui saute aux yeux quand on regarde bien le cadran, c’est l’étonnante dissymétrie du cadran, avec cet écrasant pouvoir du XII qui construit toute la montre en signe d’art de la maîtrise de cette complexité technique en lien avec plus d'un siècle d'expertise horlogère, avec cette idée non dite qu'une montre de ce type permettrait de dominer le temps.  

Pour suivre le chemin

http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Vitruve

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onard_de_Vinci

. J’ai utilisé pour ce billet des publicités venant essentieBlog 2011.05.01 026llement du Monde pour les grandes marques pour homme, mais également de magazines comme le Point, Le Figaro Magazine, Elle, ainsi que deux plaquettes de Swatch Swiss  pour apporter un peu de diversité, sans rechercher d’exhaustivité aucune. La marque suisse a un positionnement différent des autres citées. Elle est plus jeune, accessible et ne cherche pas à indiquer un statut de réussite.

 

. Certains visuels datent de 2007, 2008, en particulier pour Breguet, IWC, Breitling… 

. La différenciation du temps selon que l’on est homme ou femme se voit aussi dans les publicités pour les montres. Ce sera l'objet d'un billet à venir.  

. Photos EP, à retrouver dans l'album photos "Symboles" sur ce blog.

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Marketing territorial > La Tour Eiffel 2 > Partout dans la pub

28 Avril 2011, 10:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Son 'come back'  impressionnant est digne d’une star, de celles justement pour Tour Eiffel, Areva,Année Présidence française UE, 2010lesquelles on n’a pas trouvé mieux que cet anglicisme. Aucun exemple ne me vient pourtant à l’esprit pour expliquer le phénomène de starisation de la Tour Eiffel. Celle-ci  a connu dés sa première année d’existence un énorme succès populaire puis des fortunes diverses au cours du siècle suivant. Depuis la fin du siècle dernier, elle est devenue une icône incontestable du marketing territorial mondial, grâce à l’action surtout d’abord des voyagistes étrangers qui font de la visite un passage obligé  de la découverte de Paris pour les touristes. 

  

Bref récapitulatif

Née en 1889 à Paris au Champ de Mars, elle est l’oeuvre d’un ingénieur français, Gustave Eiffel, qui a fait de la construction de cet édifice métallique une prouesse technique. C’était le plus haut bâtiment de ce type jamais construit. Cette Tour fut une réussite. On faisait la queue pendant des heures pour voir PTour Eiffel & co, Nouvelles année, Air France pour 2011aris de haut. Aucun Provincial ne pouvait concevoir de venir à Paris sans monter à la Tour. C’était le premier monument montré par les Parisiens à leurs amis venant de province ou de l’étranger.  

 

Elle connut pourtant des petites misères et des creux de fréquentation. Le coût de son entretien dépassa les plus pessimistes des prévisions. Et malgré tous ces avatars, la Tour entame son 3è siècle d’existence avec succès. Il existe des copies de la Tour dans un certain nombre de pays, aux Etats-Unis àTour Eiffel, Expo Architecture Paris-Bruxelles, 2010 Las Vegas, en Chine à Shenzen et à Shanghai, à Singapour, à Dubaï pour attirer les touristes mais aussi en Europe à Bruxelles, Copenhague et Cracovie… A Paris,  elle continue à être utilisée pour inciter les touristes étrangers surtout à venir visiter la capitale de la France, ce qui semble logique quand même.  Les Parisiens, quant à eux,  l’oublient franchement tant elle fait partie du paysage, sauf au passage de la nouvelle année.  

 

Son utilité en matière de transmission n’est plus guère évoquée, si ce n’est pour rappeler que sa nouvelle antenne a encore rehaussé sa hauteur. On connaît ses restaurants, moins peut être ses salons d’accueil. C’est ainsi que la Tour figure en dessin dans une publicité pour un concert « très très privé RTL2 de Jean-Louis Aubert » se déroule « sur la Tour Eiffel » le 28 mars 2011.   

 

Quand Paris et Bruxelles veulent montrer leurs affinités architecturales dans le cadre d’une exposition (2010), elles choisissent bien sûr la Tour Eiffel pour Paris. Dans les sondages, cette construction de Paris arrive toujours en tête des monuments identitaires dont la silhouette est la plus connue au monde.  Elle  est désormais une des premières marques territoriales mondiales, pour représenter Paris d’abord et la France par extension. Depuis 122 ans, on n’a pTour Eiffel-Logo UbiFrance-Shanghai 2010as trouvé mieux. C’est quand même impressionnant.  

     

Les couleurs de l’Europe

La Tour Eiffel a très vite été utilisée pour porter des publicités lumineuses. Elle continue à revêtir des illuminations de toutes les couleurs. C’est le cas d’Areva qui a projeté la couronne des Etats européens sur fond de Tour toute bleue pour célébrer la présidence française de l’Union européenne en 2008. 

    Tour Eiffel Logo, Office de Tourisme et des Congrès, Paris

Les couleurs de la France

Dans cette publicité d’Air France pour souhaiter un joyeux Noël aux lecteurs du Mond e, le 27 décembre 2010, la compagnie a placé la Tour en bleue au milieu de son petit encart de 12,6cm sur 4 avec à ses côtés à droite la Statue de la Liberté pour New York, Big Ben pour Londres, plus loin en blanc cette fois-ci le Taj Mahal pour la République Indienne d’une et la Tour de Pise de l’autre, puis en rouge une pyramide aztèque et les clochers de Moscou, sans oublier en bleu le Fuji-Yama et un palais de la Cité interdite de Pekin…

 

UbiFrance, l’agence de soutien aux exportateurs français, a choisi un dessin simplifié dTour Eiffel, Paris, Parfum Yves Saint-Laurente la Tour la taille enroulée d’une écharpe tricolore, avec « France » écrit en lettres manuscrites en dessous pour donner du mouvement. Nul nom d’agence n’est attribué à ce dessin qui ne recueillera certainement pas le premier prix de design graphique. La Tour méritait mieux que ce dessin accompagné du texte suivant « Rejoignez les Pavillons France sur les salons professionnels dans le monde avec  UbiFrance et les Missions Economiques. » Le dessin utilisée cette fois-ci pour l'Office de Tourisme de Paris est encore moins réussi: cette fois-ci on découvre une tour écrasée par les drapeaux qui l'emmaillote.

Les publicités pour les femmes

DTour Eiffel, Parisienne, parfum Yves Saint-Laurentans cette catégorie très importante, on trouve des grandes et petites marques de produits très divers. Citons en premier le parfum Paris avec le célèbre YSL entremêlé de Yves Saint-Laurent au dessous du  R de Paris, avec cette accroche « Il n’y a qu’un Paris ». On voit la ville au travers du flacon rose avec bien sûr la Tour se détachant nettement en partie droite à la suite du nom de la marque. La maison a récidivé pour son parfum "Parisienne" avec une grande tour penchée, comme au petit matin d'une nuit  franchement chaude.   

 

 Dans un genre plus convenu, voici une Isabelle ATour Eiffel, Lancel sac, Isabelle Adjani, 2011djani saisie par le photographe avec son sac à main Lancel dans un escalier, la fenêtre ouverte avec la Tour dans le lointain.  

 

Ce sont des vêtements, comme cette Parisienne carrément folle qui se balance pour Naf-Naf sur une corde attachée entre deux pignons de toit parisien, en compagnie de quatre hirondelles et la Tour Eiffel dans le fond  juste en dessous d’elle. 

 

Les chaussures Bally Collection Capsule présentent une chaussure à talon sur fond vert éteint avec  l’ombre d’une Tour courbée, barrée du nom de la marque écrite en rose fuchsia. 

     Tour Eiffel, Bally, chaussures, 2010

Une publicité pour les hommes qui veulent plaire aux femmes

Parfois la cible est plus finement exposée. C’est le cas de cet homme aux yeux bleus presque du même bleu que le ciel qui s’assombrit autour de la Tour quand vient le soir. Une belle vue de dos l’attend sur le parvis du Trocadéro qui fait face à la Tour. C’est une publicité pour le parfum de Dior Homme que beaucoup de femmes achètent. Pour qui ? Telle est la question.

 

Le graphisme de la Tour 

Des graphistes savent, eux, valoriser la célèbre ligne pour faire parler la Tour avec intelligence et sans la dévaloriser. C’est le cas de cette affiche faite au Brésil par Fernando Pimenta en 1975  pour le cinéma français. Citons aussi plus récemment ce travail de Made-In Ré-Ecriture  Re-Writing  de la Collection « Jeunes Architectures » pour jouer avec la création de Guillaume Appolinaire.    Tour Eiffel, affiche Brésil, cinéma français

 

D’autres marques, autrement…

La Tour est partout. On la trouve en décor de fond d’objets de design ménager Alessi, des cafetières ou un presse-agrumes, en compagnie de la Tour de Pise ou du Pont de Londres… pour bien montrer le caractère universel branché de la marque. Il y a aussi cette tour faite de feuilles et de petites fleurs très éco-branchée pour un fond de teint Bourgeois d’une jeune femme qui porte une robe assortie en feuilles et moins de fleurs.  

 

Les quatre piliers de la célèbre silhouette est aussi utilisée cette fois-ci pour  vanter  la bière 1664 avec une table bistrot et des chaises rouges placées au centre. Voilà une preuve qu’on peut faire du nouveau sans abîmer l’image de la Tour et de la ville.    

La question n°1

Elle est déjà de savoir si ce n’est pas de trop. Trop d’utilisation, trop d’images ou de dessins  peu valorisant ces dernières années ? Est-ce ainsi vraiment nécessaire de photographier une chaise sur un balcon devant la Tour parce qu’elle –la chaise – s’appelle « Paris vous aime » en anglais? Le parfum d’Yves Saint-Laurent ne capte-t-il pas au profit de sa marque de parfum l’image de Paris associée à la Tour avec en plus le nom de la ville. Il croyait me souvenir que cette pratique était interdite. On peut au moins se poser la question.

 

Il y a aussi de plus en plus d’utilisation sexuée de lTour Eiffel, Naf Naf publicitéa Tour. Naf Naf en est un bon exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Un peu plus de finesse serait la bienvenue. 

 

La question n°2

Elle consiste à savoir s'il s'agit encore de marketing territorial ou de marketing tout court pour différents produits ou services. Les exemples que j'ai cités montrent que la réponse globalement est négative. C'est le marketing de marques de produits à vocation mondiale qui utilise les symboles identitaires qui permettent aux consommatrices de repérer ce qui vient de Paris. Cette démarche  a toujours été utilisée; elle est devenue banale. 

 

Le marketing territorial a pour but de mettre le territoire en visibilité attractive pour faire venir les investisseurs et développer les affaires en lien avec le territoire.  Il est donc dans sa légitimité d'utiliser les symboles du territoire pour convaincre. Le seul exemple cité dans ce billet qui relève clairement du marketing territorial est la publicité de l'Office du Tourisme et des congrès de Paris. Les autres exemples se situent dans une zone mixte de rencontre entre les deux types de marketing, si - et c'est la condition - la qualité graphique ne nuit pas à l'image de Paris, la  métropole qui reste en Europe le second site d’attraction des investissements étrangers en Europe, après Grand Londres. 

 

Vive l’imagination pour valoriser l’image, le territoire et les marques.   

 

 

Pour suivre le chemin de l’"Eiffel Tower"

. Voir le premier billet sur la Tour sur ce blog: Marketing territorial > La Tour Eiffel > Emblème de Paris > La France     

. Ses restaurants à découvrir sur http://www.restaurants-toureiffel.com/

. Pour ceux qui ne connaissent pas l'agence encore: http://www.ubifrance.fr/default.html

. Photos EP

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Collection de peintures Emmaüs > La chaleur de la plage

26 Avril 2011, 14:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les outrages du temps

C’est une peinture à l’huile sur une plaque en bois carrée qui a beaucoup souffert. La peinture elle-même a été enduite de plusieurs couches d’un vernis qui a terriblement jauni. Elle a reçu des chocs multiples. Le cadre, oeuvre d’un amateur peu doué, n’est pas fini. L’arrière du tableau, qui était doublée d’une fine épaisseur de bois, a été dégradée à la suite de l’arrachement de ce cache dont il reste des éléments. Les trous que l’on voit en trois endroits devant au pourtour de l’huile sur le devant sont dus à cet arrachement.  

 

Emmaüs, Badam Joom 97, La chaleur de la plage, Coll privée FP

 

Et pourtant, malgré tous ces outrages, l’oeuvre est attachante. Elle est signée « Badam Joom », sans certitude aucune de bon déchiffrage du nom, tant la signature est difficile à lire. La date à laquelle elle a été réalisée est indiquée aussi, « 97 ». Curieusement elle a été acheté chez Emmaüs en 2007, l’étiquette est restée attachée au verso.

  

La présence de l’eau sur le sable

C’est la plage et pas la mer que le peintre a voulu célébrer. On voit quelques empreintes mouillées de ses pas quand il est sorti de l’eau. La mer n’est évoquée que par ces cinq empreintes de  chaussures et non celles des pas d’un nageur sortant de l’eau. Le peintre tourne le dos à la mer. 

La plage et la chaleur du soleil

Devant lui, sur le sable sec, un peu sur la droite, un you-you en bois à la forme un peu rigide. On ne s’en est pas servi récemment. Il est hors de portée des limites de la marée haute. Quelques algues laissées par le retrait de l’eau en attestent. 

Au milieu du tableau, sur le sable sec, le peintre a placé un parasol rouge dont l’ombre porte en partie sur une grande serviette verte. C’est le point focal de l’œuvre. Nulle trace humaine n’affaiblit ce trio aligné horizontalement que forme le bateau, le parasol et la serviette.     

La dune et le plateau

Elle est très présente. En avant, à gauche, la petite falaise est très érodée. Elle n’a de sens que pour donner un envol courbe vers le ciel. Son couvert végétal vert est peu dense. Il n’en va pas de même avec l’arrière plan de la composition, celle qui porte en hauteur la petite maison et son appenti aux toits rouges, du même rouge que celui du parasol. 

 

C’est le vert qui domine alors. Un vert plus dense, portant des arbres qui ont besoin de terre profonde. C’en est fini de la dominance si forte du sable verdi par les algues au premier plan ou écrasé par le soleil en second plan. 

Le ciel est ses nuages de chaleur

Il devait être d’un bleu pas si léger. Il offre maintenant une curieuse couleur jaune, comme s’il reflétait la couleur de la plage. Ses nuages meublent l’espace, comme s’il en était besoin.  

L’impression

La finesse des touches du paysage, la composition, le choix de montrer la chaleur étouffante d’un soleil proche de son zénith, sans référence à la mer autre que le you-you, le parasol, la serviette attirent. Le peintre pourtant savait qu’il s’attaquait à une tâche qui a excédé ses capacités techniques : peindre le sable ou le ciel s’est révélé trop difficile. Il n’en demeure pas moins que j’aime bien cette huile d’un peintre amateur.

 

Emmaüs Plain Blue, le Plongeur

Pour suivre le chemin

. Aller chez Emmaüs, quand l’envie vous en prend.

. Voir sur ce blog un autre billet Le "Emmaüs Plain Blue"   

. Photo EP                

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Marketing territorial > L'Axe Seine, Belle-Ile, Orly-Heathrow, Louvains

22 Avril 2011, 08:29am

Publié par Elisabeth Poulain

Il s’agit aujourd’hui de montrer comment l’utilisation de la couleur associée au design graphique permet d’exprimer quatre positionnements de territoire différents dans une optique de marketing territorial plus ou moins apparente.  

 

CREA, Axe Seine, marketing territorialLe bleu ciel et la courbe dans l’univers graphique

Le bleu ciel est depuis quelques années une de ces couleurs que les tendanceurs coloristes redécouvrent périodiquement et ré-interprètent à chaque fois différemment. La tentation de recourir à ces teintes de bleu est forte dés lors qu’il est question du ciel, de l’éther, mais aussi de l’eau de la mer ou des rivières pendant les vacances quand il fait beau. C’est aussi une façon de figurer l’espace. La pensée est associée également au bleu, en raison de son rapport avec la spiritualité. La couleur bleue tendre est dés lors associée au territoire. 

 

La courbe apporte de la douceur dans un monde de brutes. Elle est la partie féminine de notre cerveau. Chez les créateurs publicitaires, elle est censée adoucir, si non les moeurs, du moins les lignes droites des visuels à la géométrie trop rigide. La mode est à la mixité des lignes pour montrer le foisonnement de la vie.

   

Les supports publicitaires

Il s’agit de visuels toutes parues dans le journal, Le Monde, ces deux dernières années. Leur objectif est de rappeler au lectorat du quotidien, hommes et femmes décideurs et acteurs de terrain,  la présence proche de territoires qui tous ont quelque chose à faire savoir et à partager, dans un univers concurrentiel fort au niveau territorial.  

 

Les quatre visuels

Ce sont

. « la CREA, le premier bassin de développement de l’Axe Seine »,

. l’édition 2010 du « Tour de Belle-Ile » à partir de la Trinité-sur-Mer,

. les vols directs assurés par British Airways entre Paris Orly et Londres Heathrow,

. « la Flandre, Terre irrégulière de corps et d’esprit », une publicité du Tourisme en Belgique utilisant comme support le Musée de Leuwen, Louvains pour les wallons et les autres francophones. 

Tour 2010 de Belle-Ile, Eol, marketing territorial

Les quatre territoires

Il y a

. un grand fleuve qu’est la Seine, qui accueille Paris en son sein et qu’enserre la Région Ile de France. Notons que le tracé de la Seine porté sur le visuel ne court que jusqu’à Paris mais sans la citer. Rouen, la capitale de l’agglomération rouennaise, n’est pas mentionnée non plus. Seule la CREA y figure. C’est elle l’annonceur;   

. une petite île en mer bretonne très appréciée des touristes l’été. L’encart visuel montre un lien direct entre Belle-Ile et la Trinité sur mer où se trouve le Yacht Club qui gère la dimension maritime de la course;

. une ligne aérienne entre deux capitales européennes, Paris déjà citée et Londres son homologue britannique, Londres, de l’autre côté de l’embouchure de la Seine. Ce sont des ‘quasi-voisines’ de chaque côté de la Manche, la première plus éloignée de la mer que la seconde. Mais un des objectifs du projet du Grand Paris porte justement  sur le renforcement du lien entre Paris et la mer; 

. un nouveau musée M qui a été choisie par la Flandre pour montrer la vitalité de sa région dans un pays fédéral qui se dispute la capitale.  

   

1. La vague bleue et verte de la CREA

C’est une vague formée en  deux parties qui donnent l’impression du mouvement de l’eau s’engageant dans le lit du fleuve. Le vert en partie supérieure évoque la couleur de la prairie qui borde la rive. Trois rubans bleus y sont associés pour renforcer l’idée d’un point de convergence entre les deux parties droite et gauche de la vague. De ce point jaillit la force vive que représente la Communauté de l’Agglomération Rouen-Elboeuf-Austreberthe.

 

La puissance de l’agglomération

Elle s’exprime en chiffres, avec 270 000 emplois, 40 000 étudiants, 1 200 chercheurs qui forment ensemble le premier bassin de développement de l’Axe Seine.  Un texte figure en petits caractères en dessous : «  En développant ses activités portuaires, en misant sur ses pôles innovants majeurs pour les éco-technologies de l’automobile, les biotechnologies et les technologies de l’information et de la communication, la CREA inscrit les 71 communes qui la composent dans la dynamique économique forte de  l’axe Seine. »

 

La composition du visuel

On comprend alors que le bleu foncé figure l’eau des activités portuaires, le bleu moyen vise l’automobile version éco et le bleu clair est attribué à l’information et la communication. Une petite carte de France est placée en partie haute de la vague de gauche avec l’axe Seine qui va de Paris à la mer, sans mention de la capitale ou de Rouen, avec l’indication de CREA seulement. Le design arrondi de la double vague rappelle celui du logo de la CREA qui est placé en haut à droite et qui rappelle les méandres de la Seine.

 

2. Le Troisième Tour de Belle-Ile

C’est un long visuel qui occupe tout le bas  d’une page impaire du Monde sur une faible hauteur. La tonalité dominante est bleue, avec un bleu moyen pour la mer sur laquelle voguent des bateaux à voiles oranges, beiges et bleues et un ciel d’un bleu nuit qui donne de la profondeur. Entre l’eau et l’air, il y a la terre noire avec un liseré beige sable pour figurer les plages.

 

Le nom de la Trinité-sur-mer figure en plein centre de la mer sous un pont qui relie les deux parties de l’île. Des pointes de couleur orange équilibrent l’ensemble qui est très réussi. Les noms des sponsors figurent en partie verticale droite. Les mentions importantes sont écrites en blanc de chaque côté du centre, Tour de Belle-Ile à gauche et le tampon à droite qui rattache le Tour de Belle-Ile à la Trinité sur Mer, alors que l’Ile est un arrondissement de Lorient sur le continent.      

blog 2011.04.22 089 

3. La liaison aérienne entre Paris Orly et Londres Heathrow Terminal 5

Les deux aéroports des deux capitales sont « enfin réunis » grâce à la compagnie qui fait cette publicité, basée essentiellement sur un bleu clair crémeux, du blanc souligné d’un rouge assourdi. Nul ne peut s’y tromper. Il ne s’agit pas des couleurs de la France, mais d’un bleu qui s’inspire en un peu plus éteint du bleu plus tonique de BRITISH AIRWAYS qui figure dans son logo formé d’un ruban plié qui précède le nom de la compagnie.  C’est aussi le bleu de la Manche que les deux territoires ont en commun.

 

Le graphisme

Il joue un grand rôle dans cette composition plate à trois niveaux de profondeur seulement, avec le blanc, le rouge et le bleu en fond. L’originalité vient du choix des caractères et de la différenciation entre Paris et Londres. Paris a indiscutablement une nature féminine, ses lettres écrites manuscrites légèrement penchées vers l’avant, séparées et annoncées par un grand O ouvert. Il y a de la danse dans l’air avec ce Paris à 5 lettres et Orly à 4, face au sérieux d’un  Heathrow à 8 lettres et aux 7 lettres de Londres, en lettres capitales plus hautes et plus fortes.

 

Le lien entre les deux aéroports

Il figure en trait continu, plus léger partant de Paris, plus fort à Londres. Le troublant est le looping que fait la boucle entre les deux capitales, qui forme le point focal de la composition axée sur la droite.

  Tourisme en Belgique, Leuwen, Rogier van des Weyden, M

4. La Flandre avec Sainte Marie-Madeleine chez M

Le tourisme en Flandre a choisi la culture comme moteur d’un nouveau regard sur la région et  en particulier Rogier van der Weyden, un des maîtres des Primitifs flamands du XVè siècle. Ce peintre est très connu pour son austère portrait de Philippe le Bon. Dans cette publicité sur fond bleu ciel parsemé de nuages légers, on voit une jeune femme d’aujourd’hui qui porte collée sur sa tête partie d’un portrait de Sainte Marie Madeleine vêtue d’une robe verte surprise à prier, un Missel à la main. Le choix de « M » pour cette œuvre du grand peintre flamand s’explique par sa « maîtrise de l’expression de l’émotion distillée ».

 

La juxtaposition des deux portraits de femme, celle d’aujourd’hui et celle d’hier, n’a rien d’évident, tant l’expression graphique est artificielle. Ce ne sont pas les petits cumulo nimbus qui indiquent que la jeune femme pense qui arriveront à emporter l’adhésion. Non plus que la véritable raison de ce visuel qui se situe en haut à gauche de la composition. Il s’agit de montrer la réalité de l’emprise de la Flandre sur les sept villes que sont Anvers, Bruges, Bruxelles, Gand, Leuven (Louvains), Maline, Oostende, avec cette explication sous l’étendard que forme les noms des villes « Terre irrégulière de corps et d’esprit ».  C’est une production du Tourisme en Belgique.

 

Le marketing territorial

Les quatre exemples ont en commun d’avoir une dimension de marketing territorial propre à valoriser des territoires diversifiés. Trois sur quatre ont un lien fort avec l’eau, d’un fleuve, d’une île et de la mer. Seule la Flandre a choisi le bleu non pour figurer l’eau mais la force de la pensée.

 

Tous les visuels affichent clairement leur volonté de mettre leur territoire en sur-valeur quitte à oublier le voisin, à s’attribuer des proximités physiques alors qu’ils sont distants, ou franchement à annexer un territoire qui ne leur appartient pas :

 

. La CREA veut montrer sa puissance économique entre Paris en amont et Le Havre en aval à l’embouchure. Pour ce faire, elle supprime les deux noms de ces agglomérations de la carte  et limite la Seine à sa portion d'axe.

 

. La British Airways fait d’Orly Paris une annexe de Heathrow Londres qui est marquée en plus gros caractères, avec une distorsion de sens à nos yeux : Paris est à gauche et Londres à droite pour renforcer le poids du visuel en partie droite, comme c’est toujours le cas. La partie gauche est moins porteuse. Quand on regarde une carte d’Europe pourtant, Paris est en partie droite et Londres à gauche.     

 

. La publicité pour le Tour de Belle-Ile en voilier a pour premier objectif d’attirer des nouveaux compétiteurs amateurs de course en mer. Elle a aussi pour objectif second et certainement pas secondaire  de valoriser l’île et d’attirer des touristes déjà connaisseurs ou nouveaux découvreurs. Elle établit un lien direct très clair entre La Trinité sur Mer et Belle-Ile en Mer, faisant de la première la porte d’entrée dans l’Ile alors que l’île est un arrondissement de Lorient.        

 

. La Flandre n’hésite pas, elle, à franchir un pas puisqu’elle revendique Bruxelles la capitale la Belgique comme terre flamande, alors que celle-ci forme à elle seule la 3è région du royaume de Belgique. La Wallonie est l’autre région constitutive de ce trio explosif. C’est clairement une annexion publicitaire politique. On n’est plus dans un cas de marketing territorial mais dans une affaire politique. L’étonnant est que la publicité est celle de l’Office belge du     Tourisme. 

 

Pour suivre le chemin qui conduit

. à l’Axe Seine, voir http://www.la-crea.fr/developpement-et-economie-dans-la-crea.html

. au Tour de Belle-Ile http://www.tourdebelleile.com/organisation.html, géré par l’agence de marketing sportif spécialiste de la voile www.eol-sports.com

. aux deux nouvelles liaisons quotidiennes assurées par BRITISH AIRWAYS, à voir sur www.ba.com

. au  Musée M de Leuwen (Louvains) http://www.tourismebelgique.com/evenements/rogier-van-der-weyden-1400-1464?redirect=true

. au peintre flamand http://fr.wikipedia.org/wiki/Rogier_van_der_Weyden

. Photos EP

 

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Un monde markété 3 > La catégorisation > Le genre et l'âge

19 Avril 2011, 16:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une terrible réalité. Pour mieux comprendre la société, il est complètement admis, sans aucune distance, qu’il faut catégoriser, tout et son contraire. L’outil d’étude, le rangement dans une catégorie, permettant de comprendre le tout. Découpons, recoupons, classons, rangeons, étiquetons chacun dans un tiroir, une case et l’analyse sera non seulement possible, elle en sera facilitée. Oui, à un gros bémol près, c’est que la somme de ces sous-parties ne fait pas l’ensemble. Bien au contraire, elle empêche de comprendre le tout et ne conduit pas à  chercher de nouveaux outils plus subtils que ce gros couteau à découpe en petits morceaux, en ayant perdu ce qui fait sens, le lien entre les sous-parties et avec le tout. 

 Lumi-re-sur-argile-2-09.03.18-096--2-.jpg  

L’identification de la sous-partie, objet de l’analyse

Pour asseoir ma démonstration, je choisis volontairement des cibles diversifiées, telles que le genre pour distinguer la femme de l’homme et l’âge pour parler des jeunes par rapport aux autres. Il pourrait y en avoir d’autres exemples mais cela suffit pour montrer l’absurdité de continuer à vouloir comprendre des systèmes globaux sur la base d’un découpage ciblé.  

    

Le genre

L’histoire montre comment notre société a de la difficulté à intégrer pleinement la femme au rang des acteurs de plein droit de la société. En 1789, les députés ont estimé qu’il suffisait de viser les droits de l’homme pour englober ceux de la femme, avec cette conséquence étonnante qu’une femme est un homme comme les autres. Ce qui ne peut que réjouir les femmes engagées dans une démarche active de revendication de la plénitude des droits humains. 

   

Notre époque penche plutôt vers la catégorisation. Les femmes rentrent dans la catégorie « femme. A ce titre, l’ONU par exemple vient depuis le 1er janvier 2011 de lancer un « ONU Femmes » qui regroupe un certain nombre d’institutions jusqu’alors dispersées. On pourrait s’en réjouir. On est en droit de s’en inquiéter au vu des attitudes des Etats membres. Plus la condition humaine est découpée en morceaux, plus il leur est possible aux Etats de signer des grands textes, en faisant des réserves pour tel ou tel segment, les femmes par exemple, sans plus être lié par exemple comme avant par les droits revendiqués comme naturels pour un homme.  

   

C’est ainsi qu’au nom de l’exception culturelle, la polygamie (re)devient un droit revendiqué pour les femmes de certains pays en vue de combattre la prostitution. Citons aussi comme autre exemple, la non-comptabilisation des petites filles dans la prise en compte du taux d’analphabétisme global qui en fait est calculé sur les seuls chiffres des petits garçons dans un grand nombre de pays du Tiers Monde, comme on ne dit plus. Les pourcentages sont plus satisfaisants. Question d’image de modernité., mais pas seulement, on en revient par là à une redéfinition plus précise des droits de l’homme. Il s’agit bien de l’homme, en faisant de la femme une petite fille à vie.   

  Ecailles de cuir, sac à main 

Les jeunes

Le brouillage est tout aussi étonnant. Des jeunes enfants, qui hier encore étaient accompagnés à l’école par des adultes, sont aujourd’hui munis d’un téléphone portable pour appeler en cas de problème sur le chemin. On les voit le matin partir dans le noir seuls avec leur cartable. C’est une image qui reste dans la rétine, à l’opposé de ce qui se passe au Japon par exemple où aller seul à l’école est considéré comme un élément de socialisation du jeune enfant. Mais où l'enfant se rend à l'école avec d'autres enfants de son âge .

 

A l’autre extrémité de la fourchette « jeune », à 30 ans moins un jour, on est encore considéré comme « jeune » pour faire partie d’un conseil de participation aux affaires de la cité dans certaines collectivités. A ce moment là, on vote en tant qu’électeur depuis 12 ans. Adulte de plein exercice à 18 ans, on ne l’est pas assez pour entrer dans un conseil de quartier par exemple, qui a pour objectif aux habitants de travailler en concertation avec les responsables de la ville où l’on habite.  

   

Les conséquences sont fortes en terme de coupure du lien générationnel, de l’impossibilité de travailler ensemble dans les conseils de démocratie participative. Les jeunes ne sont pas associés au développement du quartier et plus. Ils se retrouvent entre eux, saisis des questions à compétence « jeunes » dans un conseil-jeunes uniques dans les villes moyennes. Les plus que 30 ans se retrouvent avec une majorité de jeunes retraités. Ils sont cette fois-ci identifiés par leur logement dans un quartier.  

La fourchette varie selon les endroits. Les Jeunes de Pessamit dans les Premières nations du Québec et du Labrador ont fixé la barre à 35 ans pour des raisons culturelles.  Elle est de 30 ans moins un jour à Angers, de 25 ans à Nantes. D’autres villes se rapprochent de l’âge légal de la majorité. C’est le cas à Rochefort qui visent les 15-20 ans…  

    Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

L’influence du marketing

Le marketing est, rappelons-le, un ensemble de techniques permettant d’accroître l’efficacité de la stratégie et de la politique commerciale de l’entreprise. Il s’est étendu ensuite à toutes les sphères de la pensée et de l’action. Les acteurs publics n’échappent pas à ces règles, bien qu’ils ne se situent pas dans l’orbite entrepreneuriale, mais dans celui de la gouvernance. Ils ont la gestion  en commun et c’est là qu’on retrouve la catégorisation qui permet dans le domaine politique de répondre aux différents groupes de lobbying et d'attentes définis en terme de besoins, comme en marketing.  

   

La coupure du lien et la création de sous-catégories mineures en droit

Elle est une des conséquences de la segmentation entre catégories. Celle-ci conduit à isoler la sous-partie de l’ensemble qui garde toute sa légitimité propre au fait qu’il est un tout, alors que pour la sous-partie, les principes généraux de l’ensemble ne sont jamais rappelés tant cela va de soi. Or dans cette manipulation, il y a bien une perte réelle de valeur de la catégorie « femmes » et de la catégorie « enfants » qui sont traités comme des minorités alors qu’elles sont plus nombreuses. 

   

Le renforcement du lien de sous-catégorisation entre elles

S’ajoute à cette descente dans l’échelle des valeurs attachées au genre humain, un autre lien qui est de lier la femme à l’enfant, comme si l’âge d’une femme restait à vie en dessous de l’âge de la majorité accessible aux seuls hommes. L'absence d'accès à la formation dés la petite enfance renforce la sous-catégorisation. C’est le catalogue de la Documentation française qui établit en tant qu’évidence le lien entre la femme et l’enfant. C’est aussi maintenant l’ONU-Femmes, qui parle de « sexospécificités » dans le domaine du développement économique.  

   

L’addition de deux minorations ne fait pas un plus, au contraire. Le principe "Pars pro toto" (la partie pour le tout) n'est pas toujours valable, au contraire.   

   

Pour suivre le chemin

. Sur l’ONU, trouver plus d’infos sur

http://www.unwomen.org/fr/

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/871-onu-la-religion-grignote-les-droits-des-femmes

. Sur les Premières Nations du Québec et du Labrador et les autres, voir

http://www.facebook.com/group.php?gid=158203944200716

. Pour quelques villes ou autres collectivités

http://www.ville-rochefort.fr/democratie-locale/conseil-jeunes

http://jeunes.angers.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Jeunes_seine-et-marnais_CJ77

. Photos EP

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Traces > le Poisson et le Nuage > Le Pont de Pruniers > 49

13 Avril 2011, 17:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pruniers, pont sur la Maine (49)L’histoire

Vous êtes sur un pont auquel les Angevins sont attachés surtout parce qu’il a permis à deux jeunes, Louis Bordier et Pierre Labbé, de prévenir les Forces alliées que ce pont  n’avait pas été détruit par les soldats allemands qui l’avaient oublié. Leur initiative permit aux troupes américaines du Général Patton qui venaient d’arriver à Saint-Jean de Linières  le 8 août 1944 de traverser la Maine et de combattre victorieusement les occupants. Une stèle commémore l’évènement en rive gauche de la Maine, à l’abord du pont. 

 

Le pont de Prunier

Pont de Prunier, Stèle d'hommage à l'armée américaineIl cessa de fonctionner en 1947. La ligne ferroviaire ouverte en 1909 qui permettait d’aller d’Angers  en Maine et Loire à Candé en Loire-Inférieure, comme on disait alors, fut fermée en 1947.  On parlait alors plus volontiers du Pont du petit Anjou, que du Pont de Prunier. Il a gardé de sa date de création et de son passé fonctionnel son ossature métallique chère au début du XXè siècle et son étroitesse. La Tour Eiffel date de 1889.

L’endroit

C’est devenu un lieu de promenade très fréquenté qui permet à ceux qui longent la rivière à pied ou à vélo sur le GR3 de la franchir pour continuer sur l’autre rive le long des prairies humides inondées chaque hiver  soit en descendant vers Bouchemaine, soit en remontant vers Angers. Un circuit plus long permet de découvrir les Coteaux de la Maine en restant rive droite.

 

Le Poisson et le Nuage Poisson et Nuage, Paysage de bitume, Pont de Pruniers sur la Maine (49)

Il faut emprunter le pont. L’endroit est situé au début en venant de Bouchemaine, allant vers Saint-Gemmes. Il vous faut bien regarder le bitume fort ancien. Si la chance vous sourit et surtout si le revêtement n’a pas été refait, vous verrez au sol un poisson tracé en creux qui flotte accompagné par un nuage.  

 

C'est la ballade d'un petit poisson qui a sauté sur un mont et qui y est resté pour continuer à dialoguer avec son copain, le nuage.

Pour suivre le chemin

. Faire la promenade du GR3E des Coteaux de la Maine en partant du Pont de Prunier, à voir sur http://www.wiki-anjou.fr/index.php5/Coteaux_de_la_Maine_%C3%A0_la_Loire

. Photos EP prises en hiver



 

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Des arbres qui parlent > Les Platanes de Nankin > La mobilisation

11 Avril 2011, 15:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

 C’est une jolie histoire que décrit le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti. Elle montre comment un groupe d’internautes chinois ont pu convaincre les autorités municipales de  Nankin, la première république de Chine, de ne pas ‘transplanter’ des platanes pour cause d’extension du réseau du métro. On les  appelle traditionnellement là-bas des « arbres parasols français » parce que c’étaient ceux que les Français alors puissance occupante en Chine plantaient dans les concessions sous mandat français,  à Shanghai par exemple.  


 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Ces platanes ont en outre la particularité d’avoir été plantés, c’est du moins l’histoire transmise, par Tchang Kaï-Check vers 1930. Une première série  de plusieurs centaines de ‘transplantations’ de ces arbres  a déjà eu lieu il y a quelques années, avec un résultat fort prévisible, la mort de quasiment tous ces arbres nonagénaires. 5 ans après cette première expérience traumatisante, la communauté des défenseurs des platanes a su réagir, contre ce qui est de facto la seconde phase d’un massacre programmé. Cette fois-ci, elle s’est mobilisée rapidement,  a fait le buzz avec des photos d’arbres à terre, a contacté un célèbre chroniqueur sportif qui a relayé l’information sur le Net sous ce slogan "  un arbre, ça ne parle pas. Mais un homme, si."


 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

 

Pour l’instant, l’opération est suspendue. Le projet d’extension du métro va être revu et promesse a été faite de ne pas transplanter ces arbres. En attendant qu’ils s’exprimer peut être un jour, des habitants leur ont noué un ruban vert autour de leur tronc pour les protéger. C'est un langage non verbal. Une affaire à suivre. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir les éléments de base sur le platane et sur Nankin sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Platane

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nankin

. Je n’ai pu trouver de photo montrant ces grands arbres à Nankin .

. Photos Elisabeth Pouain, avec ces photos venues d'Angers des platanes de la place de la Rochefoucault qui illustrent ce billet .    

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I comme Ile > Petit lexique du rêve d'un Eden sans les autres

7 Avril 2011, 18:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Mappemonde, Favignana, Eglades iles, SicileC’est curieux de voir combien le mythe de l’Ile perdure en se renouvelant sans cesse d’ailleurs. Partir passer ses vacances loin des autres et de la foule est toujours présenté comme le luxe suprême, un luxe tarifé à la hauteur des prestations exigées. J’ai sous les yeux des magazines ciblés yuppies, jeunes, branchés. Là-bas, traduisez loin d’ici, tout près ou très loin, il y a tout, c’est à dire tout ce que vous souhaitez, dans le domaine des plaisirs hédonistes pour vous et surtout sans les autres, certains autres au moins.  

 

Les autres

Ils sont de deux sortes. Il y a les casse-pieds que vous rencontrez partout où la mode dit d’aller, comme vous d’ailleurs. Mais c’est bien pour cela que vous ne voulez pas les voir, ces autres là. Ils vous ressemblent trop pour être supportables à vos yeux. A cette première catégorie, s’ajoutent ceux qui vous importunent vraiment parce qu’ils vous rappellent à vos devoirs, vos responsabilités. C’est la petite voix qui vous dit depuis l’enfance « allez réveille-toi, c’est fini de rêver, il est temps d’aller travailler, va gagner ton pain à la sueur de ton front ».  

 

Vous et l’Ile

C’est bien pour faire taire cette petite voix, si assourdissante parfois, que vous êtes prêt à partir très loin, jusqu’en Inde, pourquoi pas ? Après tout, vous le méritez bien. C’est vrai, c’est la publicité qui le dit. C’est écrit dans votre magazine préféré, comme ce BIBA que j’ai sous les yeux. Il y a des îles secrètes qui n’attendent que vous. Secrètes, elles n’attendent que vous. Elles vont jusqu’à aller devenir paradisiaques rien que pour vous, futur Robinson-ne de quelques jours, sans Vendredi, quoi que sans lui, ce serait moins drôle. Jouer oui, mais pas trop loin comme le montre l’éventail des services offerts, juste pour vous.   Mappemonde, Andaman archipel, Havelock île, Mappemonde

 

Les îles

Dans ce numéro de septembre, il s’agit de se reposer de l’été dans des destinations très-trop connues. Par chance, il y a les îles. Elles sont au nombre de 4, avec par ordre alphabétique pour ne pas faire de jalouses:

. Favignana en Sicile où on peut vivre « la dolce vita à l’italienne dans un décor des Caraïbes »,

. Havelock, une île des 572 qui composent l’Archipel des Andaman en Inde,

. Lastovo, une des îles d’un archipel de 43 îlots en Croatie,

. Socotra au Yemen et visiblement la préférée des trois journalistes qui signent l’article. 

 

Leurs caractéristiques

Toutes sont secrètes et paradisiaques. La Ière est « digne des Caraïbes », la seconde un paradis, la troisième un archipel oublié parce qu’interdit aux étrangers jusqu’en 1960 et la 4è est la perle du Yemen. Mais on parle aussi d’île aux trésors,

 

L’importance des couleurs et des associations de mots

La mer est bleu vert limpide, l’eau turquoise, transparente ou cristalline. L’eau de l’oasis est douce et fraîche. Le ciel est bleu indigo et clouté d’étoiles le soir. Le calcaire est blanc. Le désert est jaune. Les sable est rosé par l’argile. 

 

Les associations de mots foisonnent. Elles permettent de promettre beaucoup avec un minimum de mots à fort pouvoir évocateur. Citons les dunes de sable aux courbes sensuelles, les falaises qui sont abruptes, les plages longues, les plages et lagons déserts, le port petit et pittoresque, les criques secrètes, l’esquif effilé, le mérou placide, la tortue curieuse, les chapelles perdues dans la pinède, le point de vue plongeant dans la mer, les vieilles demeures…

 

Les services offerts

Mappemonde, Lastovo, Croatie, Mer Adiatique, MappemondeLe choix des nuits est extrêmement varié : la tente, l’hôtel en chambre climatisée ou design avec une alliance avec les matériaux naturels  ; quand le confort est spartiate, la chambre est proche de la nature. L’auberge offre un confort raffiné, le bungalow est proche de la mer, le cottage offre des lits avec baldaquin.

 

Manger est un plaisir naturel, avec des mets frais de provenance locale. Ce sont couscous de poisson, pasta aux oursins, cuisine végétarienne, fromage de chèvre, poisson grillé, thon blanc, barracuda, huile d’olive, thé…

 

Quant aux activités, elles sont presque toutes liées à l’eau. Là, ce sont des bains à 28°, des plongées en apnée, des explorations de grottes sous-marines, la découvertes d’amphores marines avec Boris, le seul à être cité, car il a un site de plongée…

 

La faible référence aux insulaires

D’une façon générale, peu ou pas d’informations sont données sur les insulaires eux-même. On apprend qu’il y a 600 habitants à Lastovo, des plages familiales à Favignana et à Havelock où on voit  des Indiens se faire prendre en photo dans l’eau, pour suivre une tradition locale.

 

Les photos

Au nombre de trois à chaque fois, elles contribuent grandement au pouvoir attractif de l’ensemble. Chaque île bénéficie d’une page du magazine. L’article s’ouvre sur une double page consacrée à une photo de Patrice Millet de « l’incroyable plage Arthur à Socotra au Yémen ». L’eau est effectivement turquoise, scintillante, le sable rosé, la pierre dorée, soulignée par un liseré blanc, la courbe de la falaise de droite effectivement sensuelle…

 

Chaque île dispose de trois photos, une grande et dMappemonde, Socotra, Yemeneux plus petites.

. La grande est dédiée à la mer, à l’exception de Favignana pour laquelle le magazine a choisi les tours des anciennes carrières de tuf.

. On remarque ensuite l’une des petites photos consacrée aux activités marines : c’est le port de pêche avec un pêcheur au retour de la pêche pour l’île de Sicile que je viens de citer, une photo d’un couple d’Indiens dans l’eau , un pêcheur sous-marin pour Lastovo et un jeune garçon qui plonge dans l’eau du haut de la longue barque traditionnelle de pêche.

. Quant à la troisième photo, elle montre la typicité du paysage propre à chaque site choisi.

 

Conclusion

On n’a qu’une envie c’est d’y aller. L’article est très bien fait. On s’y croit vraiment. C’est la magie des mots  et des photos associés à ce désir si enfantin et si fort d’être soi-même le centre d’un monde qui ne tournerait que pour soi. On sait pourtant qu’il y a une autre réalité à côté, comme partout.  

 

Mappemonde début XXè siècle, coll. privéeL’objectif du magazine de répondre aux désirs de ses lectrices branchées ‘jeune’ de trouver du nouveau, tout en bénéficiant d’une offre touristique moins conventionnelle, plus ouvertes vers une nature toujours bienveillante, une nourriture très sélective de type « terroir » et des modes d’hébergement qui vont de la tente à la résidence hôtelière luxueuse. C’est du bon marketing du tourisme, qui cite une sélection des noms des professionnels d’accueil des estivants sur place. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir BIBA, Spécial Tendances, septembre 2010, « 4 îles secrètes paradisiaques » par Marie Dufay, Patrice Millet et Maud Vidal-Naquet…

. Voir aussi les quatre sites suivants indiqués par les auteurs cités : www.enit.it pour Favignana, www.tourism.andaman.nic.in pour Havelock, www.croatia.hr pour Lastovo et www.yemen-nic.info

 

. Une remarque : l’article est daté de septembre 2010. La situation était alors ‘calme’.

Les Iles Egades à laquelle appartient Favignana se trouvent à l’extrême ouest de la Sicile. La ville se situe sur la face nord de l’île, dont l’autre rive fait face à la Tunisie.

 

. L’archipel des Andaman (Havelock) est situé dans le Golfe du Bengale, face à la Thaïlande et au Laos. Il est situé en zone de tsunami dans une zone largement sismique. Celui du 26.12.2004 est encore dans les mémoires. Par ailleurs les insulaires ne désirent pas que leur territoire devienne une île où les touristes seraient rois. Ils se sont opposé à la construction d’un grand aéroport.    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblement_de_terre_du_26_d%C3%A9cembre_2004

. Sur l’archipel de Lastovo, il y a très peu d’informations. La Croatie est candidate à l’entrée dans l’UE ; voir http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/HRV/fr.html

. Quant au Yemen, la situation est préoccupante et changeante. Il ne saurait être question de recommander aux touristes d'y aller. A suivre sur

http://fr.news.yahoo.com/fc/yemen.html

 

. Photos EP à partir d'une mapemonde datant du début du XXè siècle qui a acheté le jour de la seconde déclaration de guerre de l'Allemagne à la France, chez un brocanteur qui l'avait en vitrine, pour suivre le déplacement des forces armées alliées en Europe.  

    

 

  

 

 

 

 

 

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