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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les petites maisons > L'entre-deux > Entre cabine et cabane de plage

8 Mars 2011, 11:44am

Publié par Elisabeth Poulain

Blog 2011.03.04 077

Une lettre de différence

Il n’y a qu’une lettre entre le ‘i’ de cabine et le ‘a’ de cabane. Pourtant il y a bien plus, une dénomination et un sens différents. On parlait de cabine de bain et de cabane de plage. Les deux sont sur la plage ou plutôt seule la cabane est toujours sur les plages à tradition cabane. La culture locale a résisté au changement. La cabine n’a pas eu cet honneur ; elle n’existe encore que dans les piscines.

 

La cabine de bain

C’était l’endroit où les hommes et les femmes se dévêtaient pour endosser leur maillot de bain, une pièce en tricot fin recouvrant le buste et des petites jambes pour les hommes, un véritable carcan couvrant tout le corps, du cou à la cheville pour les femmes. Maintenant on porte son maillot sur soi ou on Blog 2011.03.04 076

le met, avec force contorsions, caché derrière une grande serviette de plage. Il n’y a guère que les plages de nudistes pour ne pas faire de chichi. Là-bas, au contraire ce sont « les textiles » qui étonnent. Les regards des autres sont aussi parlants que les mots « mais que faites vous donc là ? » En Tchéquie, il y a encore 20 ans, dans les campings, on se déshabillait ensemble, femmes et hommes séparés, en attendant son tour de prendre sa douche.

 

Elles se distinguent des cabanes par leurs dimensions et leur positionnement sur la plage. Elles sont plus petites que les cabanes. Au début du XX siècle, le déshabillage était en soi un acte si impudique qu’il était de nature à troubler l’ordre social. La question devait se comprendre du point de vue des femmes. Il n’était pas pensable qu’elles arrivent avec leur maillot de bain sous leur vêtement. Une fois mouillées, elles ne pouvaient se rhabiller en public. Quant à se montrer en maillot de bain même très couvrant hors de l’eau, il n’en était pas question. Il ne leur restait qu’une seule solution : approcher la cabine près de l’eau, quitte à devoir les chercher à la marée montante, quand cela était possible. Si non elles restaient sur le sable sec. Elles étaient disposées de façon aléatoire. 

 Blog 2010.08.23 276

La cabane de plage

Elles connaissent une nouvelle vie, sous l’effet de la couleur et de l’engouement Blog 2010.08.23 206

pour les petites maisons. On peut s’y protéger contre le vent, les petites pluies, y laisser ses affaires de plage, les jeux pour les enfants. Elles permettent d’allonger le temps de présence sur la plage, d’avoir une adresse de plage le temps des vacances, en échangeant avec les voisines et voisins. Sur les grandes plages du Nord, comme celles de Calais (ci-dessus), ces cabanes  s’alignent sur plusieurs rangs, sans possibilité de voir la mer dés le deuxième rang. Etre sur le sable protégé du vent et voir les autres sont  plus importants que de voir la mer. A Boulogne (ci-contre), les cabanes sont visiblement identiques et neuves.  

 

C’est la couleur qui donne le ton. Il y a les cabanes très ressemblantes et pas tout à fait semblables qui s’alignent quasiment au kilomètre, blanches, sans recherche de couleur. C’est le cas à Boulogne. D’autres plus sophistiquées jouent à fond la carte d’un tourisme estival un tantinet clinquant, quand le soleil et le couleur ne présentent aucune interruption le temps de présence des estivants. Cette cabane de plage est en fait plus une cabane  d'appropriation d'un coin de plage, le temps de la location, un chez-soi pendant quelques jours sur une plage hors du domaine privé, en forme de jeu pour les adultes. Les plus amusantes sont celles qui été bricolées et peintes par des mains imaginatives ayant une volonté de personnalisation (Fouras il y a une quinzaine d'années).  

 

L'évolution en quelques quize années montre une volonté des collectivités municipales de s'approprier ces nouveaux espaces pour communiquer sur l'identité visuelle d'une station balnéaire. C'est le cas de Dunkerque par exemple, avec cette vague bleu turquoise et jaune pétant ou le gros ballon peint.   

 

Pour suivre le chemin

. Peintures sur bois, signature difficile à lire, collection privée. Dans la peinture avec des cabines, remarquez que les dames sont groupées, derrière encore habillées. Elles se protègent du vent et ne peuvent voir les bateaux de l'autre peinture. Il existe une troisième oeuvre de ce peintre dans cette série.     

 

. Voir la série des petites maisons sur ce blog:

Blog 2010.08.23 578

Les Petites Maisons de la Cour > La Cour des Petites Maisons > Angers > Doutre 

Les surprenantes petites maisons de pêcheurs > Lofoten > Norvège 

Les petites maisons > La valse des conteneurs > Du transport à L'habitat 

Les ultimes petites maisons des cimetières 

Les très petites maisons (toilettes) sèches 

Les petites maisons > La station service seule dans la nuit 

 

. Lire le début de la série des Entre-Deux sur ce blog

Le changement > L'entre-trois paysager > Beaucouzé > Atoll 

Un monde markété > Des effets de la segmentation > L'entre-deux   

. Photos EP à Oléron, Boulogne, Calais, Dunkerque

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Elle court, elle court, la petite poule rousse...

4 Mars 2011, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

C'est vrai, mais pendant ce temps, moi la petite poule rousse, je m’ennuie un peu. Courir, c’est bien mais à la fin, c’est lassant. Toujours les mêmes murs, les mêmes voisines, les enfants qui me font cot-cot-cot en gloussant bêtement en me regardant, ou la fermière qui me parle pour me demander de lui faire de beaux œufs. Poule petite, peinture+collage, coll. privée

 

Non, mais des fois, comme si une jeune, belle et bonne poule dans la force de son jeune âge, comme moi, pouvait avoir envie, ne serait-ce qu’un quart de seconde, de pondre des œufs moches ou pas bons.  A se demander ce qu’ils ont dans la tête, ces humains. Ce doit être l’angoisse du vide sidéral qui les fait s’exprimer ainsi.

 

Une petite poule rousse, chouette comme moi, c’est autre chose. Je suis une super-championne, capable de s’inventer des rêves magiques en vistavision et haute qualité de couleurs.

 

Pour vous situer les choses, voici un portrait de moi fait par une jeune visiteuse française, une amie de la fermière. Je l’ai inspirée. C’est d’elle que vient ma renommée de petite poule rousse qui court tout le temps.

 

Poule petite, sculpture plastique, coll. privéeEnsuite, deux visions de moi créées par des artistes plasticiens. Je vous donne la recette tout de suite. Vous accumulez des plastiques alimentaires de couleurs que vous torsadez très serré autour d’un fil de fer. Vous courbez le fil, ajoutez des pattes pré-formées devant, un bec, une crête, deux yeux et les petites rouflaquettes sous le menton. Avec une paire de grands ciseaux, vous taillez de façon à lui donner une allure de poule. Vous affinez jusqu'à que tous disent en voyant votre œuvre : « c’est elle, la petite poule rousse. Vraiment elle ! Incroyable. » Oui c’est vrai dans cette version d’art populaire africain. Je suis unique.  

  Poule petite, vannerie fine Chine, coll. privée

Une autre représentation de moi en mère poule en paille fine venant de Chine. Ce sera plus tard, quand j’aurai un ventre un peu distendu à force d’avoir pondu tant d’oeufs. J’ai l’air sage, comme il m’arrive parfois de l’être.

  Poule petite, sculpture papier collé, coll. privée

Et me voilà en grand format pour une tenue de soirée. Je suis noire de noir. Je porte des chausses rayées blanches et rouges, de la même teinte que mon grand bec et ma crête, rouges bien sûr. Ma patte de droite ne ressemble pas à ma gauche et mes ailes, c’est pareil. Elles sont différentes. Vous ne voudriez quand même pas que dans cette version de papier mâché collé sur une armature de fer, je ne fasse pas le maximum.

 

Vous pouvez aussi me voir en vitrail, comme sanctifiée, dans une grande composition de 40 m2 au métro Madeleine à Paris, bien sûr. C’est une œuvre du maître verrier russe Ivan Loubenniko.

Poule-Vitrail Madeleine-Metro de Paris Ligne 14 Ryaba la poule Iv 

Si je récapitule, je suis présente partout dans le monde, même s’il manque à ce rapide portrait une version de moi venant d’Amérique. Avec mon copain, le cochon - beaucoup moins beau que moi, c’est évident -, nous sommes les deux animaux indispensables à la survie de l’espèce humaine. C'est dit en toute modestie.D'ailleurs mes filles, les mini- poulettes, sont comme moi belles comme tout.  

 

Poules anglaises 

Chez nous, tout est bon, même notre mauvais caractère parfois. "Nobody is perfect", comme disait Tony Curtis dans « Some like it hot ». 

 

Cela méritait bien un  petit billet. Vous ne trouvez pas ?

 

Pour suivre le chemin

. Plus d’infos sur le film, à voir dans http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=87

. Déjà quelques billets sur l’importance de la présence animale dans notre vie de tous les jours

un bestiaire d’art street, Levez les yeux au ciel et admirez le dernier Bonom

un bestiaire de ville, Le bestiaire de la ville de Nantes en publicité

un bestiaire d’appartement, La présence animale > Un bestiaire d'appartement

plusieurs billets sur le bestiaire du vin:

Le bestiaire du vin > L'âne > 1Le bestiaire du vin > 3 > La cigogne du CIVA Le bestiaire du vin > Le rhinocéros et Dürer , Le bestiaire du vin > The Flying Pig ou le cochon volant

un bestiaire de l'art, Le bestiaire de l'art > Steinlen entre chat et chat

. Photos EP

  

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Le changement > L'entre-trois paysager > Beaucouzé > Atoll

25 Février 2011, 12:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, il ne s’agit plus de vous parler de l’entre-deux. Un concept que l’on comprend bien en France, quand on est un ni-ni - ni tout à fait çi, ni tout à fait ça - une conséquence de  notre manie à tout vouloir ranger dans des petites cases. C’est une façon très facile, trop certainement, de faire en sorte que le monde soit en ordre : il n’y a pas de place pour le changement. 

 

Les trois paysages

Le jeu se décline à trois cette fois-ci en prenant les mutations du paysage comme exemple de changement qui déborde des cases. Nous sommes sur le territoire de Beaucouzé, une petite ville de 5 000 habitants  en périphérie ouest d’Angers en Maine et Loire. 

Beaucouzé, paysage champêtre

La forêt

A gauche, se trouve la forêt du Parc Saint-Nicolas, Beaucouzé, coulemellequi s’étend sur plus de 110  hectares sur trois communes, Angers, Avrillé et Beaucouzé. Il est un des trésors historiques et de la bio-diversité  tout autant qu’une des composantes structurantes importantes Beaucouzé, paysage champêtre, vergers INRAde l'agglomération d’Angers. Une rectification de frontières a été négociée entre Angers et Beaucouzé, de façon à permettre à Angers d’acquérir le fond du lac Saint-Nicolas. Le paysage est celui que l’on découvre quand on sort du bois sur la petite route qui relie la zone économique de Beaucouzé, en passant devant les vergers de l’INRA situés au Bois L’Abbé, jusqu’à la Borderie. 

La campagne en face

Devant, se situe un paysage de champs qui a été profondément modifié au cours des dernières décades. Le paysage est actuellement en prairie, à l'exception d'une grande parcelle labourée. La retenue d’eau existante a été agrandie pour recueillir les eaux de ruissellement  en provenance des nouvelles voies d’accès construites pour rejoindre le nouvel ensemble commercial en entrée d’agglomération. Le terrain est très argileux, la couverture de terre peu profonde. Un grand pressoir à pommes atteste de la présence de vergers, il n’y a pas si longtemps. En allant vers la gauche, vers Angers, on va d’ailleurs rencontrer les vergers de l’INRA essentiellement sur la gauche, en bordure du bois. De l’autre côté de la route, les rangées sont peu nombreuses.

Beaucouzé, paysage champêtre, pressoir 

Dans le fond, droit devant soi, le chantier d’Atoll   

La présence de l’autoroute, se signale, avant de la voir, par un bruit continu sourd en ruban. Il est une composante intégrante du paysage, tout comme maintenant, un énorme chantier en construction, avec de grandes grues que l’on aperçoit sans que l’on puisse deviner l’ampleur des travaux ou le nombre de grues du nouveau centre commercial Atoll, une construction du groupe de Phalsbourg.

  

En résumé

Au sortir d'un bois de belles dimensions, qui fait le lien entre la pleine ville du cœur d’Angers et une campagne, mi-vergers mi-prairies sans affectation particulière, se perçoit maintenant une nouvelle implantation commerciale de fortes dimensions pour une zone fragile. 

 Beaucouzé, paysage champêtre  

 

Pour suivre le chemin

. Pour avoir quelques infos sur ce nouveau complexe commercial, situé dans ce qui était encore une campagne proche de la ville, sans mitage et sans grande « typicité », comme en dit dans le vin. Sa date d’ouverture est prévue en 2012 :     http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Atoll

 

. Une bonne analyse du concept d’Atoll sur http://www.cyberarchi.com/actus&dossiers/bureaux_commerces/index.php?dossier=64&article=11714  

   

. Quelques chiffres : 24 ha d’implantation, 71 000m2 d’installations, 55 magasins pour l’instant. Les deux architectes sont Antonio Virga et Vincent Pareirra, qui ne sont pas associés mais qui travaillent souvent ensemble depuis 8 ans.

 

La "nature" sera intégrée aux bâtiments avec la végétalisation des espaces, la récupération   des eaux de pluie, l'implantation de panneaux solaires et aussi et surtout une réflexion sur la relation avec l'espace à construire avec les habitants, les utilisateurs et les visiteurs. Une nouvelle forme de participation aux affaires de la cité, en particulier les entrées de ville, avec cette fois-ci non pas les collectivités, mais avec des grands groupes comme la Compagnie de Phalsbourg.

 

. Sur la Compagnie de Phalsbourg, voir http://www.compagniedephalsbourg.com/

22, Place Vendôme, 75 000 Paris, 01 53 96 50 50, cmassonnet@compagniedephalsbourg.com

. Photos EP

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La ville de demain > La rue sympa > Une petite pause

24 Février 2011, 11:14am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une nouvelle série, qui porte sur les façons de rendre la rue plus chaleureuse. C’est là, que nous sommes le plus nous-même, marcheurs, à coté des autres, sans autre envie que de passer, de parler ou de s’arrêter un moment.  Soufflons un peu, le temps de voir la ville changer, c’est ce que nous demandons tous. Découvrir un beau balcon, une devanture nouvelle, la couleur du trottoir qui a changé, des têtes sympathiques, un toutou marrant, une graminée cachée derrière un lampadaire et une assiette à chat à côté… Il y a toujours quelque chose à voir en ville. 

  Fauteuils et table, rue de la Roë, Angers

 

Cette ville, c’est la nôtre, celle que nous sillonnons chaque jour. Elle est petite ou grande. Peu importe, elle est ce que nous en faisons. Aujourd’hui, c’est une petite pause avec des fauteuils et une table basse, posés sur le trottoir de la rue de la Roë  à Angers. Au coin  de la rue Bodinier, Tarmac, le spécialiste du skate-board a récupéré les plateaux larges de  planches usagées, les a refaçonnées et les transformées en fauteuils et table basse. Une jolie

 

  Fauteuils et table, rue de la Roë, Angers

 façon d’animer ce coin de rue en travaux pour cause de passage du tramway dés 2012. 

 

Pour suivre le chemin

. Lire l’article très documenté de Wikipedia sur le sujet http://fr.wikipedia.org/wiki/Skateboard

. Connaître Tarmac, 23bis, rue de la Roë, 49 000 Angers, 02 41 88 92 81, contact@tarmac-loisirs.com

. Le bowl des Berges de Lyon est aux dires des spécialistes, les jeunes, pas bon du tout. C’est un euphémisme, à découvrir sur

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?pres-de-chez-moi//reportages//1/40527-berges-du-rhone-:-le-bowl,-rendez-vous-des-artistes-du-sport-free

. Le Skate Park de Bordeaux est le plus fréquenté de France. Malgré quelques bémols, il est bien conçu pour ses trois catégories de skateurs, les petits, les plus grands et les experts. A voir sur les berges de la Garonne, Quai des Chartrons, Espace Plateau des Quais, 33 000 Bordeaux, à découvrir en photos sur http://www.abcskatepark.com/index.php?p=36

. Photos Elisabeth Poulain 

 

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Un monde markété 2 > Les nouvelles frontières > La marque

23 Février 2011, 17:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les différents points

Portes01625.JPG

 

Oui, notre monde est quasiment totalement markété. Je prends la précaution  d’ajouter quasiment parce qu’il vient tout de suite à l’esprit des contre-exemples si terribles qu’il me faut les citer tout de suite. Le marketing est lié à l’abondance. Il témoigne d’une prospérité qui n’a jusqu’ici eu aucun équivalent dans le monde. Nous sommes les acteurs, les bénéficiaires et les témoins d’un système économique où la richesse matérielle est allée de pair avec le bonus démocratique, comme si les deux allaient naturellement ensemble. 

 

Le marketing, facteur d’épanouissement individuel

Chacun a-avait la possibilité de jouir enfin de la vie par son travail, en devenant consommateur dans le cadre d’une équation simple, compréhensible partout dans le monde, qui a été vraiment ‘vraie’ : je suis parce que je consomme. Pouvoir acheter d’abord a représenté une véritable conquête. Pouvoir acheter autre chose que les produits de la survie a quand même constitué pour les générations nées avant et pendant la seconde guerre mondiale un formidable plaisir. Tout devenait possible, à commencer par le choix de sa propre vie. On a en partie occulté cette avancée, en oubliant également que d’autres aujourd’hui, 50 ans après, découvrent à leur tour cette ouverture vers la liberté de vie. C’est le cas en Inde, en Chine, au Brésil…  

 

50 ans après

Force nous est de constater que les choses ne sont pas si simples. D’abord, en n’omettant jamais de rappeler que nous avons aussi dans nos contrées des grosses poches anciennes et maintenant nouvelles de pauvreté, des catégories de personnes rejetées, des territoires en déshérence, oubliés par tous, devenus invisibles aux yeux de tous, sauf à ceux qui y vivent. Le phénomène de l’invisibilité est d’ailleurs aussi une conséquence de la mise en sur-brillance de ce que nous désirons, rejetant dans l’ombre ce qui nous gêne, dans un coin de notre cerveau, en espérant que cela disparaîtra tout seul, comme les enfants qui se cachent derrière un arbre.

 

Certains pays sont  dans des situations si effroyables qu’on à peine à parler d’eux dans un billet dédié au marketing. C’est le cas par exemple de la Corée du Nord. C'est aussi le cas de jeunes filles ou jeunes hommes vendus comme esclaves sexuels dans nos pays. Aujourd’hui nous dévoile tant de situations dramatiques derrière les rideaux déchirés de la scène de théâtre du tourisme, que chacun peut citer d’autres noms de pays ou de personnes. 

 

Portes01628.JPG

 

L’envahissement

Pendant ce demi-siècle, le marketing a grandi. Ses outils se sont affinés comme je l’ai montré dans un billet récent. La publicité est devenue plus incisive. Elle est carrément  envahissante. Rappelons qu’elle n’est qu’un miroir de la stratégie de vente qu’il y a derrière. Il n’y a plus, sauf exception, de geste gratuit, sans espoir de retombée, parfois pour des bonnes causes, mais en agissant de la même façon que les ‘mauvaises’ pubs.

 

C’est le cas par exemple avec la publicité qui dénonce les publicités incitant les jeunes à boire de l’alcool et qui demande leur interdiction. Cette absurdité, qui consisterait à empêcher les jeunes de voir et de comprendre la société au travers de la pub dans laquelle ils vivent depuis leur toute première enfance, est pourtant admise par tous les Etats au sein de l’ONU.  

Les nouvelles frontières

Elles remplacent les anciennes frontières politiques, économiques, linguistiques, culturelles qui demeurent pourtant malgré tous les traités et accords. A ces territoires nationaux, s’ajoutent maintenant des territoires régionaux, comme celui de l’Union européenne, sans viser même les frontières des régions et autres collectivités françaises, sur lesquelles se superposent des territoires de marques à ampleur variable, qui vont du local au mondial.

 

Les marques forment maintenant des territoires dans lesquels vivent les membres rassemblés dans les communautés. On parle tout à fait officiellement d’ailleurs de « territoire de la marque ». Le jeu de leurs membres, initialisé et encouragé par les entreprises et les autres acteurs, consiste à encourager la formation de liens transversaux.  

 

La perte du sentiment de liberté

Comptabilisée comme un des 913 024 visiteurs de l’Exposition Claude Monet, la personne, objet de tant d’attentions de la part de ceux qui n’attendent que ses achats ou ses décisions en leur faveur, éprouve un sentiment d’oppression. Que ressent-on quand on se sent prisonnier de tant de frontières qui vous entravent comme des liens ?

 

Un poids pesant du fait de cet empilage de territoires à frontières multiples, où jamais on ne peut faire ou être à la fois tout ce que les autres attendent de vous, dans un système binaire oppressant que j’ai déjà dénoncé. L’effet marionnette est terrible, comme le montre la course à avoir le dernier must à la mode. 

 

On est toujours dedans ou dehors en retard d'un train de la mode, sans se poser la question de ce qu’on veut soi-pour-soi. C’est alors un sentiment d'une course effrénée, de perte de soi que l’on éprouve, qui se traduit par des mots très parlants de "faire un break, se ressourcer, se vider la tête, ne rien faire…". La question alors est de savoir où est la personne pensant par elle et non plus en tant que cible de la pub et acheteuse de symboles d’identification pour appartenir à une communauté forcément illusoire.

 

A toute question, il y a toujours trois réponses, oui, non, autre. La liberté est dans l ‘autre’, entre les deux ou à côté. C’est là aussi que se situe le changement et l’innovation. Ca n’empêche pas de bien aimer le marketing, comme un bel outil de création de valeur, mais surtout pas plus.

 

Pour suivre le chemin

. Voir le premier billet d’un « Un monde markété 1 > Des effets de la segmentation > L’entre-deux »

 

. Ces deux billets proviennent en partie d’un télescopage actuels entre plusieurs facteurs impressionnants:

-        rencontrer des adultes qui croient sincèrement la pub avec des phrases comme « la pub le dit, donc c’est vrai »,

-        s’étonner de la réaction d’acteurs économiques qui prêtent un pouvoir absolument fou à la pub, dans le cadre d’un « y-a-qu’à » généralisé à leurs seuls objectifs,    

-        entendre des personnes, qui ne fonctionnent qu’à la marque, vous dire qu’ils détestent le marketing et la pub, comme si c’était dégradant, alors que tout ce qu’ils portent est signé. Ils se refusent d’ailleurs à prononcer le terme de marketing,

-        constater une méconnaissance étonnante sur les mécanismes économiques de base, en particulier de la vente et en arrière plan de la gestion de l’entreprise,

-        avoir du expliquer à chaque fois longuement pourquoi notre monde est markété, pas seulement en Chine et pas seulement celui des plus jeunes générations…provoquant des réactions très mitigées  du type "mouais"!

   

. Photos EP, Portes, comme dans "il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée".

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Un monde markété > Des effets de la segmentation > L'entre-deux

22 Février 2011, 16:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est fou l’effet que ça fait la segmentation.  

La segmentation en marketing

Immensité de la plage et du cielC’est une partie de marché identifiable par une double cohérence constituée par une cible préférentielle d’acheteurs pour un type déterminé de produits.  Les produits proposés par l’entreprise, qui vend sur la base de cette double cohérence, lui permettent de se distinguer de la concurrence. En ce sens, la segmentation est aussi et d’abord au cœur du positionnement différentiel, qui est le moteur profond de toute stratégie marketing, quel qu’en soit le type, marketing de produit de grande consommation, marketing du luxe, marketing territorial, marketing international, marketing de la culture…

 

On s’adresse à certains de façon à vendre plus cher les produits qui, d’après l’entreprise, leur sont plus spécialement destinés. Les cibles sont connues, en terme de genre, femme, homme, d’âge, de revenus, de lieu de vie… Les produits aussi, comme le montrent vos magazines favoris, qui font encore de la publicité. Celle-ci est un bon reflet de la vision marketing de l’entreprise. 

L’îlot marketing

A toujours vouloir conquérir des parts de marché sur la concurrence, les entreprises sont poussées à affiner la segmentation, à rétrécir les bornes des critères, à en ajouter d’autres de façon à se créer une niche, conçu comme un îlot protégé de la concurrence des autres pendant un certain temps, impossible à définir. Le marketing conçu au départ comme une technique globale de renforcement de la cohérence de stratégie de vente de l’entreprise sur un marché très vaste, puisque c’est l’entreprise qui le crée, conduit en fait à un morcellement du marché en autant de sous-ensembles, ces îlots, dont je viens de parler.  

L’effet de la concurrence

Ce qui est vrai pour une entreprise, avec un ou plusieurs produits, Blog 2010.06.20 094se répète à chaque produit que nous achetons, que nous consommons ou l’air que l’on respire. A chaque fois, se pose la question de savoir si nous sommes dedans ou dehors : sommes-nous dans le cœur d’îlot ou pas. Il en va de même avec nos liens avec l’immatériel, comme la culture, le paysage…Nous faisons partie par exemple des 913 024 visiteurs qui sont allées voir une exposition dont parle toute la presse nationale et internationale. Nous avons bien conscience de cette appartenance fugace à une communauté, celle de ceux qui ont vu l’expo Claude Monet à Marmottant à Paris par exemple. Le nombre modifie le sens de la visite et donne d’une certaine façon raison à ceux qui se sont déplacés.  

De l’îlot à la communauté

La formation d’un îlot qui sépare une petite partie d’un tout a pour corollaire la naissance de liens entre des personnes et la constitution mentale d’une certaine communauté. Cet agrégat peut avoir une dimension physique, palpable. Il a aussi une dimension psychologique d’appartenance qui fait que chacun, pourtant isolé de ses voisins, peut se sentir proche d’autres, comme si les visiteurs de l’exposition Monet partageaient quelque chose en commun.  

L’effet du changement

La concurrence entre les entreprises mais aussi les collectivités et les autres acteurs économiques s’accroît parallèlement à la recherche de différenciation des consommateurs que nous sommes tous. Notre monde ne conçoit plus de vivre, si tant est que cela  a jamais existé, hors de tout lien d’argent, de commerce et d’échanges. La segmentation explose, tant en terme de produits nouveaux que de nouvelles cibles, tant le changement est rapide et multi-directionnel. Il n’est plus possible actuellement d’avoir une connaissance exhaustive à l’instant ‘t’ d’une filière. Les îlots explosent et se télescopent. Qu’en est-il vu du côté des personnes ? Y a-t-il comme le prétend la pub toujours un plus pour elles ou bien autre chose? 

De l’entre-soi à l’entre-deux

Estuaire de la Gironde .JPGNaissent de ce télescopage généralisé de sentiment d’appartenance programmé par d’autres que soi, des nouveaux espaces désignés par ce qu’ils ne sont pas, la notion d’entre-deux, comme si nous n’avions que la capacité à ne voir qu’à deux composantes, sans même s’interroger soi pour soi.

 

Ces entre-deux fleurissent entre-deux mondes, entre-deux temps, entre-deux cultures, entre-deux âges, entre-deux marques, entre-deux villes, entre-deux paysages… Ils s‘opposent à l’entre-soi, l’entre-nous, toujours dans cette relation binaire impressionnante, qui fait qu’on est « in » quand on porte une marque sur soi ou « out » quand on ne le fait pas.

 

L’explosion d’un côté de ce phénomène, îlot + communauté = entre-soi favorise  de l’autre la multiplication d’entre-deux, comme ceux qui sont assis entre deux chaises, à  leur place nulle part de nature à induire des tensions à la fois psychologiques et sociétales fortes. On le voit bien chez les adolescents, à qui nous ressemblons tant et qui sont la seconde - la troisième génération au monde à avoir été élevé au lait de la publicité, à vouloir tout et son contraire. Comme si la possession des « choses » d’un monde quasiment totalement markété pouvait résoudre les grands problèmes de l’humanité, à commencer par les siens propres de personne pensante.  

La création de nouvelles frontières

Elle est concomitante de la  circulation des produits et de la création de ces nouvelles modes de consommation et de style de vie. Les frontières politiques s’amenuisent d’une certaine façon. Il s’en crée d’autres sous l’effet d’une consommation de marques mondiales, au point d’ailleurs de remettre en cause le marketing international. Il n’y a plus guère d’adaptation aux marchés dans lesquels on exporte. Tout est déjà pré-formaté d’avance. La segmentation entre les classes sociales devient ‘un must’ mondial. Il tient lieu de démocratie.

 

Oui, notre monde est vraiment markété : nul secteur de notre vie ni de la société n’y échappe. Pour autant la question des valeurs reste entière. En soi le marketing n’a pas de morale ; c’est un simple outil d’optimisation de l’action. Il n’est pas en cause. C’est ce que nous lui faisons dire ou pas dire qui l’est.  Mur sans porte ni fenetre Bruxelles 00314.jpg

Pour suivre le chemin

. En ce qui concerne les « valeurs, la créations d’idées », à lire 

Jean-Claude Milner, « L’Arrogance du présent » Grasset 2009

Yves-Charles Zarka, « Repenser la démocratie » Armand Colin, 2010

Nancy Huston, dans un très bon billet « Consolations » paru dans Le Monde du 27.12.2010, sur la distance à prendre vis à vis de l’horreur

 

. Pour Claude Monet, voir

http://www.marmottan.com/francais/expositions/exposition-monet-2010-2011.asp?gclid=CKn287fGm6cCFYMRfAodYlURcA

. Chercher sur ce blog quelques articles consacrés au marketing

. Photos EP d'entre-deux.

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La société, la femme et le vin

18 Février 2011, 17:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Voilà un titre concis et court pour une fois. Il réunit trois composantes,  qui montrent le lien entre les trois facettes, quel qu’en soit l’ordre d’ailleurs. Il fonctionne aussi bien avec les trois entrées. Voici donc un billet sur le vin qui permet de comprendre la société française en étudiant la façon dont la présence des femmes est perçue dans les métiers du vin. 

Le vin, porte d’entrée sur la société.

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Il en est d’autres bien sûr, beaucoup d’autres et que je ne vais surtout pas vous énumérer.  Prenez votre journal favori et  voyez les différentes rubriques. Puisque vous avez votre journal, vos journaux, devrais-je dire d’ailleurs, tant nous en feuilletons sur papier ou sur écran, regardez aussi finement la façon dont la presse parle du vin. Vous comprendrez beaucoup de choses sur la façon dont la société fonctionne. Le vin, comme un miroir de ce que nous sommes, grâce aux femmes de la vigne et du vin.   

Votre choix est ce que vous lisez.

Pour vous aider à voir la société, posez-vous la double question de ce que vous aimez lire en matière de vins et de ce que recherchez. C’est ce que vous lirez.  Des portraits de nouveaux ou néo-vignerons, des témoignages de grands noms du vin, des récits  de dégustation, avec une forte préférence pour les verticales de grands crus et/ou de grands noms, des adresses « d’inconnus » à découvrir avant les autres, une grosse touche d’exotisme sans forcément quitter la France pour montrer la différence, une capacité des vignerons à se différencier de la masse, la mise en lumière d’appellations un peu « oubliées », à l’écart des grandes routes du vin, la présence rassurante des valeurs sûres, des présentations nouvelles de vieilles recettes grâce au net, une autre approche du terr(it)oir(e), de la culture dans le verre, de la vinification, des réussites secrètes, un ton à l’écriture, une ambiance, une capacité à faire rêver et à échanger, une incroyable liberté d’aller en pensée survoler la terre et le temps …  

Une si longue liste de métiers

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J’arrête là tant la liste pourrait être longue. Ellecontient néanmoins  en quelques lignes  une grande partie des principales composantes de ce qu’on aime dans le monde du vin. La presse est alors le miroir de sa société de lecteurs. Pour autant, c’est un miroir très sélectif qui ne met en lumière que certains aspects de la filière. Il y a tant de maillons qui doivent s’enchaînent les uns avec les autres pour que le vin arrive dans votre verre, que vous puissiez le boire, le partager avec d’autres, grâce à la parole, l’écrit, le net, l’art et tout le travail invisible des chercheurs et des innovateurs de la vigne et du vin.  

Un essai de présentation des métiers de la vigne et du vin

Je n’ai jamais cherché à quantifier les métiers dans le monde du vin, tant il y a de nuances qui évoluent chaque jour en fonction de subtilités porteuses de sens, de la réglementation et de la concurrence des autres marchés. S’il fallait montrer la diversité des métiers du vin et leurs liens les uns avec les autres, il serait possible d’identifier  8 grands domaines de métiers qui s’inscrivent dans un cercle ouvert:

1       la réglementation et les contrôles, 2 la recherche, 3 la vigne, 4 la vinification,

5 la distribution, 6 la dégustation, 7 la transmission. Le huitième est commun à toutes les composantes: c'est la gestion.  

Le plan circulaire est ouvert entre 1 et 8 de façon à laisser entrer le changement qui chaque jour bouleverse et change les rapports entre les toutes les  composantes. Au centre de ce cercle-métiers, je place les personnes, hommes et femmes, sans lesquels il n’y aurait  pas de métiers ni de vigne ni de vin. Eux deux forment le petit cercle initial. 

Chacune des 8 entrées génère sa propre galaxie qui forme un troisième cercle à la fois local, national, européen et mondial. En se focalisant cette fois-ci sur les personnes morales, privées ou publiques, entreprises, institutions, organisations, on obtient une autre façon de voir la vigne et le vin : 

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1. Pour la réglementation ---) les Douanes, la Répression des Fraudes, au niveau européen, français…

2. Pour la recherche ---) des organismes publics –ITV, IFV- et privées

3. Pour la vigne ---) les domaines, les coopératives, les négociants, les oenologues 

4. Pour la vinification ---) les mêmes + les œnologues + les responsables techniques 

5. Pour la distribution ---) les mêmes quand ils vendent en direct + tous les distributeurs en France et à l’étranger

6. Pour la dégustation ---) les experts + les jurys + les amateurs chevronnés + les clients qui achètent

7. Pour la transmission ---) tous ceux déjà énumérés + les syndicats + les journalistes + les personnalités + les stars + les artistes + les intellectuels…

8. La gestion est le domaine commun à toutes les autres composantes. 

La présence des hommes dans les métiers

On ne pose jamais cette question comme si leur présence était si évidente qu’elle n’aurait pas de sens. Elle en a pourtant bien une. Dans quels métiers trouve-t-on les hommes de la vigne et du vin ? La réponse est « partout » quand il n’y a pas de femme à côté. Quand il a un certain choix, l’homme va privilégier les métiers de la création, où la part de travail est visible. Il y a un avant et un après, repérable, comme dans la parcelle passée à la charrue ou au tracteur. On sait bien quand le travail a été fait et qui l’a fait. Le travail est certainement fatigant aussi bien dans la vigne, malgré les avancées du sécateur électrique, que dans le chai quand il faut monter les drapeaux – des couvercles remplis d’eau – de 20kilos à bout de bras sur 3,5 mètres de hauteur pour les poser sur la cuve pour refroidir ou réchauffer les moûts. 

La part subliminale de création

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C’est surtout lors de la transformation du jus deraisin en vin que se joue le mystère du vin et que naît son très fort pouvoir de fascination. Cette part là est clairement masculine ou revendiquée comme telle, pas seulement par les vignerons mais par toux ceux qui savent qu’un vin d’homme fera plus rêver qu’un vin de femme. Ce que les transmetteurs recherchent, qu’ils soient journalistes, blogueurs ou amateurs parlant à d’autres eux. 

La présence des femmes dans les métiers de la vigne et du vin

Elle est là où on a besoin d’elles, là où le travail est peu visible bien qu’indispensable, peu rémunéré, allant de soi, d’un soi qui n’est pas défini par elles. « Le retour » des femmes de vigneron  à la maison pour vendre en direct du caveau de dégustation à côté de la maison est à cet égard très parlant d’une certaine vision du travail des femmes. Le raisonnement est très direct : la femme peut bien en charge la vente aux clients qui viennent acheter puisque de toutes les façons, elle est là pour s’occuper des enfants et/ou plus tard de la comptabilité et des relations avec l’Administration. Presque tout ce qui agace l’homme de la vigne et du vin, qui a autre chose à faire (de plus important). 

Quand l’acheteur professionnel se déplacera, il demandera à voir le vigneron lui-même pour discuter d’affaires. Il en ira de même avec le journaliste parisien, selon une forte logique peu remise en cause dans les domaines : le vin est mieux valorisé s’il est porté par un homme. Pour le bien du domaine, la femme s’efface. Nous sommes là dans les métiers 3 et 4 liés directement à la vigne et au vin. 

La présence des femmes dans les autres métiers

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En matière de dégustation, les femmes sont présentes mais beaucoup moins que ce qu’on pourrait penser. Leur taux de participation n’est pas représentatif de leur taux de présence dans la filière. La raison en est leur rapport au temps, bien différent de celui des hommes. Outre leur métier, elles assurent en plus la gestion familiale, qui implique que la chemise du mari soit repassée après avoir été lavée, que les enfants soient cherchés à la sortie de l’école…En France en moyenne, les femmes travaillent plus de deux heures par jour en plus que les hommes. C’est plus dans le domaine de la vigne et du vin.   

Reste ce que j’ai appelé la transmission. Là, les femmes de la vigne et du vin ne sont franchement pas bonnes. Elles travaillent déjà tellement entre leur travail + le travail invisible au domaine + celui de la maison qu’elles ont peine à prendre en charge en plus la transmission d’informations et de création de valeurs plus forte sur le monde de la vigne et du vin.  Elles pourraient alors peut être plus mettre en lumière leur présence active, valoriser une autre approche de la vigne et du vin et s’organiser aussi des verticales avec des collègues, LA récompense que s’offrent les vignerons hommes entre eux.  

Un nouveau partage sociétal des jeux de rôles

Le vin est alors pour elles non seulement un travail, une source de revenus mais aussi une  reconnaissance de leur expertise, leur engagement professionnel et de leur prise de risques. Il n’y a pas de solution toute faite. Ce qu’on observe de la part des jeunes générations, c’est une volonté de ne pas tout mélanger entre vie professionnelle, vie familiale, vie de couple et un tout petit peu de vie pour soi, de façon à ne pas reproduire au travail  ce qui se passe dans le couple et dans la famille.

 

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La clarification des jeux de rôles est en cours, du fait en particulier de l’arrivée dans le vignoble par projet ou par mariage de femmes ayant déjà un  acquis professionnel. La modification des styles de vie affecte aussi le vignoble. Evoquer le divorce n’est plus un tabou dans les chais. On parle alors vraiment argent et valorisation du travail. Le 3è facteur décisif vient des jeunes femmes qui arrivent sur le marché de l’emploi avec la volonté de travailler dans la filière de la vigne et du vin. Elles sont plus et mieux formées en moyenne que leurs confrères. L’intéressant est qu’elles investissent  l’international en se faisant reconnaître par les acheteurs étrangers, avant de l’être dans leur pays.  

Avoir un vrai métier, être vraiment payée, assurer une forte présence dans le monde syndical et institutionnel sont les moyens de sortir de cette invisibilité si commode, pour beaucoup, mais pas pour elles.  C’est déjà ce que faisaient les jeunes lors de leur Tour de France. Maintenant le tour est plus grand et il s’élargit aux femmes. 

Le lien avec la société 

La filière vin est très représentative, par la place des femmes d'abord mais il n'y a pas que cela. Le lien au travail est minoré, voir occulté de façon à ne metter en lumière que certains aspects culturels de la vie du domaine. Celui-ci est rarement présenté comme une entreprise, qui nécessite pourtant une gestion pointue. Encore une occultation. La prise de risques finaciers n'est jamais évoquée non plus. La vente est présentée comme une occupation pour les femmes. L'ardente obligation d'une distribution en France et à l'étranger, on n'en parle pas non plus. Comme me l'avait dit un jour un syndicaliste vigneron: "pour un vigneron, il y a une quarantaine de personnes travaillant dans des organismes divers et variés traitant tous du vin, qui parlent pour nous et nous on nous voit comme des acteurs culturels!" 

La place de la femme est encore plus occultée. "Sans elle - comme me l'a dit la femme du vigneron que je viens de citer - la filière s'arrêterait bonnement de fonctionner. Il serait peut être temps de s'en rendre compte, autrement que le jour où la femme demande le divorce!". C'est elle qui dans la très grande généralité des cas assure le gestion du domaine dans le couple. Ce qui est bon pour les femmes est bon pour la société et le vin en sortira renforcé. Il aime bien ceux et celles qui l’aiment.   

Pour suivre le chemin

. Ce billet répond à une question qu'on me pose encore et qui continue à m'étonner: "les femmes sont-elles présentes dans le monde du vin?". Un jour, je dirai simplement "oui", tellement ç'est évident et ce sera bon! 

.  Voir d'autres billets sur ce thème:

Vigneronnes, Viticultrices de France, levez-vous qu'on vous voie

Le genre du vin

Vigneronnes, Viticultrices ou on garde tout au masculin?

Qui porte la parole du vin? Qui dit le vin?

. Photos EP       

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Concertation, Consultation ou Participation à la gestion de la Ville ?

16 Février 2011, 10:14am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Une jolie question que celle-là. Il manque en plus un quatrième terme qui est celui de Proposition.  J’ai mis un point d’interrogation pour bien mettre l’accent qu'elle pose sur les enjeux très réels pour la démocratie, la nôtre, celle à laquelle nous sommes si attachés, celle qui ne se découpe pas en tronçon.  

L’obligation légale

Bitume, ciment et bleuAutant il est obligatoire pour la Ville d’établir un Conseil de Quartier dés lors que le seuil de 80 000 habitants est atteint, autant la collectivité urbaine a-t-elle quasiment toute liberté pour fixer sa dénomination, sa composition et ses modalités de fonctionnement. Quant au Conseil, il peut faire des propositions sur les questions posées par le maire et peut être associé aux actions concernant le quartier.

 

« Peut » figure par trois fois dans le 3ème alinéa du texte. Il en résulte qu’un Conseil de Quartier peut ne pas être saisi dés lors que le maire ne le souhaite pas (Ier cas de limitation). Il peut être consulté sans pouvoir de proposition (2è limitation). Il peut aussi faire des propositions dans le  cas où il est consulté et où le maire souhaite qu’il fasse des propositions.

 

Dans le même alinéa, le législateur prévoit que le Conseil peut être associé à trois stades de d’une action : son élaboration, sa mise en oeuvre et l'évaluation (limitation séquentielle). Une autre limitation intervient : la localisation de l’action limitée au quartier (limitation territoriale), en particulier pour les actions menées au titre de la politique de la ville (limitation fonctionnelle). 

La participation

Je ne parle pas de démocratie participative, ce qui serait beaucoup trop réducteur pour la problématique que j’évoque. De cette démocratie là, je garde le terme de participation, qui convient bien. Il est tellement vague qu’il s’adapte à tout et en même temps il porte une profonde vérité. Jusqu’en 2002, il n’y avait que deux postures possibles à ceux qui s’intéressaient à la vie de leur ville, en plus de voter aux élections : s’engager directement en politique ou en discuter activement en famille ou ailleurs. Entre le tout ou rien, il y a maintenant un autre positionnement qui est celui d’intégrer une instance de participation, pour prendre part à la vie de la Ville. Mais comment ?  

La problématique

Dans ce cadre minimaliste de l’obligation légale pesant sur la collectivité, y-a-t-il « simple » consultation ? Ou bien de la « vraie » concertation ?  

La différence des enjeux

Entre ces deux termes, qui commencent et se terminent tous deux de la même façon, la première syllabe venant du latin (cum) pour désigner ce qui se fait « avec » et la dernière montrant « l’action », il y a une grosse différence d’implication et de prise de responsabilité. Les deux sont indiqués dans notre cas. Il s’agit de travailler ensemble avec la collectivité au bien de la cité, dans les affaires urbaines, au projet de développement, aussi bien qu’à la résolution du vivre ensemble au quotidien. La différence porte sur le degré d’engagement de l’habitant dans la décision.  Cuirasse de guerrier, papier, Marie H Blanchard

La consultation

Elle indique le sens de la liaison qui continue à venir d’en haut : celui qui a le devoir de concevoir et de mettre en œuvre la politique de la collectivité locale consulte sur des points précis, de la façon et au moment choisi par lui, ceux qui sont directement concernés par la question. Dans cette vision, le Conseil de Quartier est le plus souvent qualifié de « consultatif », pour indiquer qu’il a charge de donner son avis, sans pouvoir de décision. Chacun se devant de rester dans son rôle, comme il apparaît clairement dans la loi du 13 février 2002 relative à la démocratie de proximité. L’habitant, comme il est désigné, n’a dans une vision minimaliste que le pouvoir d’être consulté, si telle est la volonté de la collectivité. Comme on l’a vu dans le texte de loi, un conseil de quartier pourrait être saisi sans capacité de pouvoir émettre des propositions, ce qui limite singulièrement le sens du mot ‘consultation’.   

 

En résumé, la consultation est une initiative qui appartient au maire quand le conseil s’appelle conseil de quartier. Il en va autrement quand le titre inclut le terme de la consultation. Le Conseil devient alors « Conseil consultatif de quartier », ce qui apparaît comme une avancée significative, dés lors que la demande répond aux cinq limitations  légales qui viennent d’être citées. Mais le titre ne suffit pas pour montrer une avancée réelle. 

 

La proposition

Elle ne va pas de soi. Elle n’est pas directement attachée à la consultation, comme le montre la disposition de la phrase. Le maire peut … et le conseil peut …Même consulté, le conseil peut ne pas avoir à faire de proposition. Ce serait le cas, pour une réunion d’information ou des ateliers de formation, mais en ce cas, il n’y a plus de consultation proprement dite. Toutes les modalités de propositions sont fixées par le maire.

 

Quant à la question de la capacité d’un conseil de quartier de faire des propositions de sa propre initiative, elle entre dans le champ de la concertation.

 

La concertation

Le grand mot est lâché. Concerter une action, c’est agir ensemble. Il y a là une relation de partenariat pour le bien commun du projet, chacun restant dans son rôle. Le terme est si fort qu’il n’est pas directement prononcé dans le texte de la loi. Cependant, rien n’interdit à une municipalité de le faire, comme Lille qui a servi d’exemple en France. Tout dépend donc de la façon de la municipalité d’envisager ses relations avec ses administrés et de la façon dont ceux-ci  saisissent cette opportunité d’être des acteurs plus engagés dans le développement de la ville, quel que soit le niveau où se situe l’action en terme d’importance. Dans la concertation, il faut vraiment être deux mais pas forcément ensemble.

 

Il existe bien des conseils communaux de concertation, dont la dénomination indique  l’ouverture et l’amplitude de l’action citoyenne de proximité. Notons que dans ces cas-là, le terme d’habitant, qui n’a pas de sens en démocratie, n’est plus utilisé. Le citoyen reprend du service. Une bonne chose. 

 

La question de la concertation n'en reste pas moins entière, car tout dépend de la façon dont elle se déroule: avant, en même temps que les professionnels sur la problématique en général, après sur des thèmes bien précis...?

   

A lire des compte-rendus publiés sur le net, se dessine toujours un sentiment d’antagonisme larvé entre la volonté des citoyens d’être pleinement associés à la décision - mais de quelle façon, jusqu'où et jusqu'à quand? - et celle des élus de faire avancer ces dossiers qui sont toujours allourdis par des chocs conflictuels d'enjeux privés. Avec aussi ce que dénoncent des élus, la focalisation d’habitants sur le seul lampadaire qui se situe devant chez eux, alors même que tout le système est fait pour garder les participants dans la seule sphère de compétence de très proche proximité. Le quartier est maintenant divisé en autant d’îlots sans connexion les uns avec les autres , sauf si la collectivité l'écrit  expressément .         

 

Feu et metal jpgLa communication au titre de la participation

Celle-ci pourrait se présenter comme le socle minimal qui permettrait par exemple d’informer les habitants par les moyens adaptés et de les former, par exemple, à l’organisation des services de la collectivité ou au déroulé d’une séance du conseil municipal…Dans cette participation, s’inscrit en outre des visites sur le terrain des serres municipales, d’une usine de traitement des déchets…

 

Dans un autre sens, participer est un terme bien utile pour montrer la volonté d’ouverture d’une municipalité envers ses administrés. Une façon de jouer la transparence à des fins de relations publiques, au même titre que ce que fait une entreprise pour se faire connaître et apprécier en externe par ses clients et partenaires et en interne pour resserrer les liens entre les membres du personnel. Ces opérations de communication coûtent moins chères et sont plus efficaces que des affichage ou des insertions dans la presse. Elles associent finement les citoyens avec leurs élus et entre eux.

 

Le trouble sémantique

A lire les textes produits par des villes dans ce cadre réglementaire, il apparaît que les mots apparemment identiques mais portant des sens différents sont utilisés sans que leur sens de départ soit préservé. On parle d’habitant, pas de citoyen. La segmentation fleurit. Tout est tronçonné. D’autres conseils sont crées dans un cadre non territorial, sans possibilité de les joindre. Les 'jeunes' font partie de conseil distinct. Les ‘étrangers’ d’un autre. Les contacts inter-conseils sont de fait non-prévus, sauf exception. Le cadre territorial est morcelé. Il est quasiment impossible de travailler avec des habitants du trottoir d’en face, pour cause de frontière de quartier…Quant à la ville voisine, pas la peine d’en rêver. Le conseil est qualifié de consultatif alors qu’il autorise expressément la concertation…La multiplication des autres organismes à compétences dédiées, sans possibilité de les contacter en direct,   ne facilite pas non plus la tâche des personnes engagées dans cette démarche citoyenne, en particulier dans le domaine du Développement durable.

 

La réponse est que la simple consultation n'est jamais aussi simple que cela. Quant à la vraie concertation, elle existe aussi, à certains moments, sur des thèmes bien délimités, en fonction de la force de proposition des citoyens et de leurs connaissances des textes. Chaque  jour, elle est en train de se construire et c'est une bonne chose. 

 

Quand les personnes se posent la question de savoir si elles sont la possibilité de faire des propositions à leur initiative à la collectivité, la première chose à faire est de se référer au seul texte existant qui est la charte et le règlement qui le complète. La deuxième chose est d'en faire dans tous les cas, pour avoir ce droit démocratique.  

 

Pour suivre le chemin de la concertation

. Voir la loi 2002-276 20 février 2002 sur http://admi.net/jo/20020228/INTX0100065L.html

II. - L'article L. 2143-1 du même code est ainsi établi :
«Dans les communes de 80 000 habitants et plus, le conseil municipal fixe le périmètre de chacun des quartiers constituant la commune. Chacun d'eux est doté d'un conseil de quartier dont le conseil municipal fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement. Les conseils de quartier peuvent être consultés par le maire et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la ville. Le maire peut les associer à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des actions intéressant le quartier, en particulier celles menées au titre de la politique de la ville. Le conseil municipal peut affecter aux conseils de quartier un local et leur allouer chaque année des crédits pour leur fonctionnement. »

 

. Pour des exemples de démocratie à implication des citoyens et des habitants, voir notamment les exemples d’Argenteuil, Rennes, Epinay-sur-Seine, Saint-Herblain, Angers, Paris, Lyon…

. Participez au site collaboratif  sur ce double thème de la participation en lien avec la démocratie http://www.participation-et-democratie.fr/   qui est cité par Wikipedia à Concertation  http://fr.wikipedia.org/wiki/Concertation

 

. Ce billet est une conséquence directe d’une question posée à l’élu par un habitant en réunion publique d’évaluation des deux années passées de mandat des conseils consultatifs de quartier : « Peut-on prendre l’initiative de faire des propositions à la ville ? » Réponse de l’élu : « le conseil s’appelle conseil consultatif de quartier ». Ce qui n’est pas faux, mais induit volontairement une réponse négative. Or la Charte des CCQ de cette ville cite expressément le pouvoir d’initiative et de proposition d’action des membres habitants du Conseil. Le document indique aussi que l’élu, membre de droit du bureau du conseil de quartier, ne peut animer un groupe de travail. 

 

. Photos EP

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Lever de soleil sur la Maine au pont Confluences > Angers

15 Février 2011, 10:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Une bonne photo ---) C’est quelque chose d’infiniment précieux. Il faut tellement de conditions réunies au même moment qu’il vous sera quasiment impossible de la reproduire, même si vous connaissez les ingrédients de la recette.

 Blog 2011.02.13 020

 

Vous ---) Il faut que vous soyez prêt-e avec l’appareil photo déjà sortie de votre poche d’imperméable. Il faut surtout que vous soyez descendu-e de votre vélo, qui pour l’instant encore, ne vous fait pas la grâce de se tenir droit tout seul, sans votre intervention. Il faut donc s’arrêter, poser le vélo et prendre l’appareil. Rien que ça, c’est du boulot.

 

Etre là au lever du soleil ---) Déjà il faut du soleil et ensuite il faut être là au bon moment pour être à l’heure au colloque sur la « nouvelle gouvernance pour la gestion du patrimoine » organisée à la Faculté de Droit, d’Economie et de Gestion d’Angers.

 

Se poster face au soleil en rive droite de la Maine ---) Ca vaut mieux pour avoir le reflet des groupes d’arbres dans l’eau.

 

Avoir une eau parfaitement plane ---) pour avoir de beaux reflets. Pour cela, deux conditions sont nécessaires, ne pas avoir de vent ni de courant. Les deux étaient réunies ce matin là. 

 

Placer le pont à sa gauche ---) C’est une façon de dire que c’est vous qui vous postez à droite du pont en regardant de l’autre côté vers l’Est, vers le quartier Saint-Serge, en attendant que le soleil dépasse juste le haut du multiplex cubique dont vous voyez la masse. La fac de droit est juste à côté, non visible sur la photo. De cette façon, vous avez presque tout, le pont, l’eau, les arbres, le bâtiment et tous les reflets.

 

Saisir la pureté de la lumière du matin---) C’est un élément essentiel d’un lever de soleil réussi. Il n’est que de regarder ce ciel si pur que son immensité vous emplit d’une joie  profonde, juste avant de traverser le pont Confluence en pédalant gaiement rejoindre la fac.

 

Pour guetter le soleil à Saint-Serge

. Vous rendre en rive droite de la Maine, juste en face du CHU, pour découvrir ce nouveau pont mixte, tram-vélo-pied, et rejoindre le quartier Saint-Serge où se situe le pôle universitaire, signé par l’Atelier d’Arcature, architectes, une réalisation de qualité qui remet l’université au cœur de la ville et lui rend ses jeunes.

. Voir dans ce nouveau pont, dont le nom a été choisi par les Angevins, un nouvel élément phare du patrimoine d'Angers. Il n'y a pas que l'ancien pont de Verdun pour y figurer! Confluences est une réalisation également d'Arkature et Ouvrages d'Art, avec Thomas Lavigne et Christophe Cheron architectes. Il mesure 293 mètres de long avec une travée principale de 161m.  A voir sur

http://www.google.fr/search?hl=fr&source=hp&q=pont+Confluence+Angers&aq=f&aqi=g1&aql=&oq=

 

. Voir aussi la plaquette des Villes d’Art et d’Histoire consacrée à Angers « Laissez-vous conter le quartier Saint-Serge », ville-art-et-histoire@ville.angers.fr

. Trouver des infos plus sur www.angersloiretourisme.com

. Photo EP

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Transport maritime de marchandises en baisse > Hausse en pub

13 Février 2011, 09:41am

Publié par Elisabeth Poulain

Traduction du titre

Quand le transport maritime international de marchandises baisse, il se passe un phénomène curieux. C’est alors la publicité qui s’empare de son pouvoir d’évocation pour représenter la recherche d’emploi, un nouvel envol vers un ailleurs plus favorable ou le changement. On montre des marchandises conteneurisées et/ou des navires en attente du départ, alors qu’en réalité, il s’agit plutôt d’une arrivée.  

Les causes de la baisse du transport

La baisse est générale au niveau mondial. La France est aussi impacté par ce phénomène qui interpelle par sa durée et par les chiffres. Mais il n’y a pas que cela. Dans l’Union européenne de l’Ouest, seule l’Allemagne continue à avoir une balance du commerce extérieur favorable. Elle exporte plus qu’elle n’importe et elle exporte des produits à forte valeur ajoutée.  

Transport maritime, CGMA, 2011

Et la France

Elle conjugue un certain nombre de facteurs de baisse : désindustrialisation continue, atonie des exportations, faiblesse de la prise en charge du transport par l’exportateur au départ de France, maîtrise du transport maritime par l’exportateur chinois, propriété de la flotte et  du parc à conteneur le plus étendu au monde par des compagnies chinoises, diminution régulière de l’activité des ports français ou non-accroissement malgré tous les investissements depuis si longtemps qu’on s’étonne qu’il y ait encore du grain à moudre…

 

En résumé, nous exportons beaucoup moins que dans les années 90 du siècle passé. Nous importons logiquement beaucoup plus. Quant au transport maritime de marchandises, à l’export et/ou à l’import, nous prenons peu le transport en charge. Deux raisons principales peuvent expliquer ce phénomène :

-        une résistance réelle à assumer le transport de la part des acteurs du commerce extérieur français

-        et une gestion hasardeuse de la réforme portuaire, avec des arrêts du fonctionnement des deux grands ports, que sont Le Havre et Marseille, inacceptables par les clients, exportateurs, importateurs, gestionnaire des flottes….

 

Arrêtons, on chercherait à se faire mal qu’on ne s’y prendrait pas autrement, quand on pense aux atouts stratégiques de ces deux grands ports en Manche et en Méditerranée. 

L’utilisation par la publicité

C’est toujours le mythe du bateau, en symbole du départ qui est utilisé. Pour montrer que la publicité a une dimension économique, les concepteurs publicitaires choisissent très souvent le transport maritime de marchandises sous la forme du conteneur, ce qui permet de montrer en fond un grand porte-conteneurs et les portiques gigantesques de manutention portuaire des boxes, comme on les appelle ( des boîtes). 

Transport maritime, Ouest-France 2011

Des représentations symboliques

Navire porte-conteneurs, portiques et conteneurs sont les trois icônes qui symbolisent  l’abondance matérielle et la prospérité de nos sociétés. Ils ont détrôné la proue des Transatlantiques qui joignaient Le Havre à New York au cours de traversées si luxueuses qu’elles représentait le rêve d’accomplissement d’une vie de ceux qui avaient réussi ou qui, par leur naissance, n’avaient rien à prouver. Ils étaient « nés avec une cuillère d’argent dans la bouche », comme le dit si joliment l’expression anglaise (to be born with a sliver spoon in one’s mouth). Maintenant le projecteur s’est déplacé sur l’objet transporté, la boîte, qui offre aussi la particularité d’être un moyen de transport en soi, un moyen de transport bien particulier puisqu’il a besoin de plusieurs autres moyens de transport, comme le camion, le train ou l’avion, pour arriver à destination. 

Trouver un emploi

C’est l’objectif de cette publicité d’Ouest-France Emploi (OFE), avec cette accroche « Pour que votre recherche d’emploi arrive à bon port, partez du bon site ». On voit un quai bordé de chaque  côté de plusieurs empilements de conteneurs verts, oranges, bleus…sur quatre hauteurs, éclairé par des puissants luminaires afin de facilité la surveillance des boîtes la nuit. Dans le fond, un grand portique jaune et des grues.

 

La photo de nuit a été choisie de préférence à son équivalente de jour, pour les couleurs et une perception accrue des lignes qui structurent l’espace, en particulier les deux lignes jaunes qui vous mènent au fond sous le portique. Les gros spots qui éclairent représentent l’annonceur OFE. Avec lui, vous voyez même la nuit. L’espace sécurisé est vide, ce qui a bien sûr une forte connotation positive, comme si vous étiez le seul à chercher un emploi et à le trouver grâce à Ouest-France Emploi, ce qui n’est pas le cas, même à une heure avancée de la nuit ! 

Transport Mer-Fer, Réseau Ferré de France,

Adopter le transport combiné mer/fer

C’est l’avantage que vous rappelle Réseau ferré de France (RFF), avec ce visuel très construit où l’on voit dans le fond l’avant d’un navire, avec des boîtes rouges et bleues. Une grande grue coupe le fond. S’en détachent en côté droit, des boîtes rouges, bleues, verte et beige qui sont posées et fixées directement sur des plate-formes ferroviaires. L’accroche vous explique qu’ « ici, vous passez directement du bateau au train et  vous embarquez moins de CO2 ».

 

L’argumentaire centré au milieu du visuel est un peu faible par rapport à la puissance du visuel, ce dont les concepteurs ont eu conscience. Ils ont posé une grosse croix blanche qui cherche à guider le regard vers le texte. Heureusement qu’il y a quelques lignes en dessous pour les courageux qui auront leurs lunettes à portée de leurs yeux. RFF y explique qu’il investit chaque jour dans le transport combiné mer/fer pour moderniser les installations et accélérer les liaisons entre les ports et son réseau. Grâce à cela, « les entreprises gagnent du temps, respectent l’environnement et facilitent leurs activités. »

 

En final, le slogan final sonne de façon un peu vieillotte : « c’est bon de faire du bien à la planète ». La publicité est en effet ornée du logo du Grenelle de l’Environnement « Entrons dans le monde d’après ». Sans occulter cette dimension, il aurait mieux valu se focaliser sur l’avantage direct et immédiat pour le client en terme de gain de temps, d’arrivée à l’heure et de rentabilité financière. Mais est-ce possible ? That’s the question !

 

Une vraie pub pour le transport

C'est celle que vient de faire paraître dans le Monde la CMA-CGM pour ses transports de conteneurs. Elle est sobre, dépouillée, sans couleurs différenciées. Elle joue au contraire sur la vitesse grâce à ses lignes et la rassurance avec ses bleus acier dur avec le drapeau français qui flotte à la proue du navire.      

 

Pour suivre le sillon dans l’eau

. Sur le conteneur, lire sur ce blog  

. Ouest-France Emploi sur www.ouestfrance.com

. Réseau Ferré de France sur www.rff.fr

. Sur l’historique de ces grands paquebots de rêve http://fr.wikipedia.org/wiki/Paquebot_transatlantique

. Photos EP à partir des visuels.

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