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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Se mirer dans l'eau de la Garonne sur les quais de Bordeaux

11 Juin 2010, 12:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le déjà très célèbre miroir d’eau

Vous avez tous bien sûr compris qu’avec ce titre, je fais ainsi référence au miroir d’eau que j’ai à peine pu photographier tellement je regardais ceux qui étaient là à le regarder pour voir leurs réactions. Disons le tout net. Il a vraiment plu, tellement attiré que tous se sont arrêtés.

 

Bordeaux-Michel Corajoud-Miroir d'eau-IMG 6863nue%20fond

La fascination

Les gens étaient fascinés par la magie dégagée par ce lieu. Au point qu’il est impossible de ne pas s’interroger : comment des grands (= des adultes) qui ont vu beaucoup de belles choses, de beaux paysages de par le monde, sont-ils à ce point attiré par cette liberté incroyable qui consiste à se déchausser, comme si on entrait à l’église, pour marcher dans l’eau, comme si c’était sur l’eau.

 

La liberté

Elle est au cœur du concept : pouvoir donner à ceux qui passent la possibilité, pour ceux qui le désirent, de sentir l’eau froide sur leurs pieds, tout en marchant dans un univers insolite, de la pierre noire, sans aspérité, dans un grand espace plat sans rien pour arrêter le regard. Ce n’est pas une obligation. Personne ne vous y oblige. Regarder ses pieds non plus. On peut voir loin quand il y a peu de monde. Pas seulement l’autre rive si lointaine, mais en soi pour méditer sur cette résurgence de l’enfance qu’est la découverte du monde pour apprendre à se connaître soi.

 

La découverte

Elle surgit à chaque moment. Se voir soi marcher dans l’eau, comme un môme c’est à dire très sérieusement, sans blaguer, concentré, c’est fascinant. Fascinant de constater que la semaine passée, quand nous y étions, il n’y avait qu’un jeune enfant à qui son père tenait la main pendant toute sa traversée. De retour du grand tour, arrivés au bord, le père a lâché la menotte du petit et celui est tombé. C’était un petit garçon, sa maman prudente lui avait enlevé son pantalon et son slip.

 

Le respect

Tous les autres acteurs du Miroir d’eau étaient Bordeaux-Trivago-Matthieu034-5803634 ldes ados +, des jeunes, avec quelques ‘plus grands’ pour rester dans cette part d’enfance que nous conservons tous, qui que nous soyons. Aucun n’a fait de blague, du genre shooter dans une boîte boisson remplie d’eau, jeter des cailloux ou envoyer de l’eau aux autres, comme à la plage… Je gage, bien sûr, qu’il existe un service dédié à la conservation de l’état optimal du Miroir d’eau. Ceci n’enlève rien à la magie.

 

L’ordre et la propreté

Il faut toujours une attention très forte à la propreté pour que tout ait l’air normal dans un lieu aussi passant, avec tant de gens autour. Cette propreté a l’air si normale, si naturelle qu’elle est toujours vue comme faisant parti de la nature des choses. Or c’est le contraire qui se passe. Cette propreté est un long travail d’aboutissement en amont, absolument nécessaire afin que l’ordre social soit respecté. Mais il y a encore plus.

 

La réussite ‘populaire’

C’est au moins autant que la beauté des lieux, d’un site par essence unique au monde, que réside la réussite du Miroir d’eau pensé et réalisé par Michel Corajoup, le grand paysagiste qui a travaillé aussi à Lyon. Cette insertion d’un concept hyper-contemporain dans un lieu hyper-emblématique d’une ville au riche passé maritime, qui a été anglaise, qui a été aussi la capitale de la France libre dans des temps troublés, est déjà maintenant qualifié de ‘populaire’, selon les termes utilisés par l’élu de Bordeaux en charge de l’urbanisme, M. Duchêne.  Bordeaux-2010.05.29 166

Le toucher de l’eau

C’est désormais une  de ces expressions à la mode. Elle est apparue très récemment. Il ne suffit plus seulement de savoir que l’eau est là à deux pas, on veut la voir, la sentir bouger, la toucher, toujours par la main, alors qu’il me semble que le pied convient mieux. A Bordeaux, comme à Nantes, l’eau du fleuve attire si peu que l’esprit y substitue aussitôt une eau de rêve, légère, limpide, couleur du ciel quand il est bleu, si douce au toucher, comme une caresse pour la peau.

 

L'eau de la Garonne 

Dans ces grandes villes d’estuaire, l’eau est chargée de vase, elle est lourde de sédiments. La masse turbide est très présente ; le bouchon vaseux arrive jusque là. Il est hors de question de toucher Bordeaux-2010.05.29 167l’eau avec la main, tant la rive est vaseuse, avec souvent d’ailleurs une odeur lourde de vase. Quant au pied, il s’enfonce profondément dans cette couche molle. 

L’eau du miroir

C’est elle qui va devenir la ‘vraie’ eau, celle qui est choisie comme emblème de la ville, face à la ‘vraie’ eau vive de la Garonne. Les opposer n’a pas grand sens, car toutes deux sont absolument nécessaires  pour donner naissance à leur œuvre commune, le passant d’eau, qui se mire dans le miroir, le miroir d’eau sur les quais de la Garonne.  

Les passants d’eau

Ils sont très nombreux par jour de beau temps, moins quand il fait doux. Mais peu importe puisque la liberté est là. Michel Corajoud a mis en fond d’écran sur son site, ces passants d’eau qui visiblement lui font si plaisir et à nous aussi, passants d’eau l’espace d’un instant, vrai ou rêvé.  

Pour suivre le chemin

Sur Michel Corajoup

http://corajoudmichel.nerim.net/

http://corajoudmichel.nerim.net/Realisations/Bordeauxlesquais/Bordpresgen1.html

 

Sur le Miroir d’eau, quelques sites de photos d’amateur

http://www.trivago.fr/bordeaux-35213/promenaderue/miroir-d-eau-193801,

avec mes remerciements à Matthieu pour l’usage de sa photo du miroir d’eau, avec des passants d’eau qui se reflètent dans l’eau

 

http://www.33-bordeaux.com/bourse-miroir-eau.htm

http://www.photoamateur.net/miroir-bourse.htm

 

Sur le bouchon vaseux à Bordeaux, Nantes

http://svt.ac-bordeaux.fr/Res-Peda/Prog-Lyc/Seconde/Laterre/Space/gironde/girsat2.htm

http://www.loire-estuaire.org/documents/pdf/lettre8.pdf

 

. Lire les autres billets sur Bordeaux et ses quais sur ce blog

. Photos, n° 1 Michel Corajoud à qui j'adresse mes remerciements, n° 2 Matthieu04 sur le site Trivago.fr/Bordeaux que je remercie également,  n° 3 et 4 EP "Maman veille, Papa à l'aventure avec le petit lapin à la main"

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Gestion d'Image > Le Festival d'Arts > Europalia China > Bruxelles

10 Juin 2010, 10:37am

Publié par Elisabeth Poulain

La vision globale, un enjeu stratégique

Au départ, j’avais en tête de parler d’une ‘formidable exposition’ mais comment faire quand il y en a plusieurs en même temps pour rendre compte pendant plusieurs mois d’un véritable panorama de l’art chinois présenté en Europe. La démarche est tellement ambitieuse, étonnante eFeu de la lumièret réussie qu’il me semble vraiment important d’en parler, de façon forcément trop succincte bien sûr mais d’en parler quand même. Le thème très actuel que je retiens est celui du management d’un projet global visant à mettre en scène l’image d’une Chine triomphante forte de sa légitimité passée pour encore mieux fonder l’avenir. On n’est pas actuellement le n° 2 mondial sans avoir des aspirations clairement affichées.

 

La stratégie du Temps

Le moment est forcément choisi avec soin. C’est un élément stratégique d’un projet de si grande ampleur. Il ne saurait donc être laissé au hasard. Le festival a eu lieu après la fermeture des Jeux olympiques et avant l’ouverture  de l’Exposition universelle, de façon à capter l’attention sur une durée longue. Il ne s’agissait pas pour les responsables chinois de faire un coup médiatique mais de montrer la légitimité, la richesse, la diversité et l’amplitude des arts sélectionnées pour représenter dignement et avec fierté la Chine. Après l’organisation des Jeux olympiques, inscrits au cœur de notre héritage gréco-romain et avant l’Exposition universelle chère au cœur des Français qui citent toujours avec plaisir le Baron Coubertin « l’important est de participer ».

 

La durée du déroulement des différents évènements composant ce festival est impressionnante. Elle court sur 4 mois et 1 semaine, du 8 octobre 2009 au 14 février 2010.  Cette dernière date nEuropalia China-Superstar-A mobile Chinatown’a rien d’un hasard : c’est en effet le Nouvel An chinois fêté partout dans le monde par les Chinois de Chine et la Diaspora belge à Bruxelles. Au niveau symbolique et familial, c’est la fête la plus forte de l’année, un moment d’hommage aux disparus, un moment de rassemblement au sein de la famille, le moment où on prend plein de bonnes résolutions et mange de bonnes choses… A cette occasion, les Chinois de Chine se voient attribuer une semaine de vacances.

 

La durée s’entend également du temps de préparation du projet. A partir du moment où l’accord s’est fait entre les autorités chinoises et son partenaire européen belge, Europalia, il a fallu en effet deux ans pour mobiliser tous les acteurs afin de faire aboutir ce vaste panorama d’arts en Europe. Quant à la durée entre le moment où l’idée est devenue projet et le moment où il a été mis en route, nulle information n’a filtré. Gageons qu’il a fallu plusieurs années, surtout quand on connaît la capacité chinoise à voir loin et à savoir mettre en œuvre des stratégies  complétées avec les tactiques appropriées en intégrant toutes les techniques les plus avancées du management de projet. 

 

La stratégie des chiffres

Les 4 lignes de force ressemblent aux quatre points cardinaux qui structurent l’espace, le nord, le sud, l’est et l’ouest. Dans le monde de l’art, ces lignes de force aboutissent aux quatre thèmes sélectionnés suivants que sont la Chine éternelle, la Chine contemporaine, la Chine en couleurs et la Chine et le monde, avec toujours au centre de ce quadrilatère, la Chine, centre du monde.  

Les 8 thèmes sont les concepts dont se sont imprégnés les créateurs du festival lors de conception du panorama et de la préparation pour restituer le plus exactement et le plus librement une réalité si riche, si foisonnante et si vivante. Ce sont dans l’ordre :

le ciel, la terre, l’être humain, l’harmonie, la montagne, l’énergie, le chemin, l’écriture 

 

L’ordre de la présentation est bien sûr important. Il faut l’assortir Europalia-China-Zao Wou Ki, Entrer Ciel et Terredes connexions qui se nouent naturellement entre les items, avec au centre ce qui constitue l’essence même de la spiritualité chinoise, la permanence de la Chine entre intemporalité et changement.     

 

Les chiffres sont un des éléments forts de l’ambition du festival : montrer la capacité de la Chine et de son partenaire européen choisi, Europalia International, de réaliser un panorama actif fort de « 48 expositions, 519 évènements dans 75 villes et 5 pays », comme l’écrit l’entreprise culturelle en charge de l’organisation, de la logistique et de la communication sur cette immersion dans la culture chinoise telle qu’elle est re-créée pour des regards européens.

 

En Chine, c’est le Ministère de la Culture de la République populaire de Chine qui a monté le projet avec un réseau étoffé d’experts répartis sur tout le territoire. Pour l’Europe, Europalia International a travaillé avec un comité de d’experts complété par plus de 210 partenaires culturels et 1 000 artistes.  

 

1 101 175 visiteurs ont été enregistrés. Mais ce total n’inclut pas par exemple les plus de 100 000  voyageurs par jour attendant leur train à la gare de Bruxelles Midi dont le grand hall était orné de grands panneaux aux couleurs de la Chine. Une fois de plus, on comprend l’importance des grandes gares et des aéroports internationaux en matière de communication par voie d’affichage. 

 

La stratégie d’image

C’est un jeu mental très utilisé de par le monde que d’évoquer la puissance passée pour renforcer son image d’aujourd’hui et fonder celle de demain. Parmi toutes les manifestations, et elles sont si nombreuses que je pourrais pas vous les citer, j’en ai choisi quatre dans l’abondante documentation publicitaire qui a fait connaître les évènements et attiré les visiteurs européens.  

 

Europalia China-Chi-Peng-Sprinting ForwardLa vitalité urbaine

Elle est au cœur de la réalité d’aujourd’hui. Le centre du monde est maintenant en Asie et en Asie, en Chine. Elle se traduit par des immeubles à l’architecture très innovante, comme on peut le voir à Shanghai actuellement. Elle se traduit aussi par des projets tels que Superstar, a mobile Chinatown, qui a été présenté à la 11è Biennale de Venise, par l’architecte Ma Yansong/MAD. C’est une ville nouvelle, autonome en matière d’énergie, d’eau, de recyclage des déchets, de santé, de sports et qui dispose même d’un cimetière virtuel. 

 

La troisième voie culturelle

Elle vise la démarche d’un très grand artiste connu dans le monde entier qui est si chinois à nos yeux qu’il en atteint l’universalité. Il s’agit de Zao Wou Ki dont l’exposition à la Fondation Folon couvre plus de 50 ans d’encre de Chine et lavis d’encre ainsi que des aquarelles en couleur. Le nom de son exposition « Entre ciel et terre » montre bien sa volonté d’aller à la rencontre avec la Chine qu’il avait quitté à 28 ans pour se rendre à Paris.  

 

L’homme en mouvement

Cette fois-ci, il s’agit d’une photo  dont le titre explicite la volonté de l’artiste Chi Peng :

« Sprinting Forwards 2, 2004 ». Des hommes jeunes et nus vus de dos courent dans la rue. Ils croisent un autobus rouge qui vient en sens inverse, en s’engageant sous un pont, au milieu de petits avions rouges. Chi Peng a 28 ans. Il s’est photographié courant ainsi dans une rue qu’il qualifie de banal. 

Shanghai Modern. Site Namoc-W020091104523631978753La dame de Shanghai

Elle est une des stars de l’exposition consacrée au Shanghai des années 1900-1949, la période où l’influence occidentale fut forte. On créa même de nouveaux mots tels que « modeng », un assemblage de ‘modern’ et de ‘mode’ appliqués « aux films, au café, au golf et aux soirées dansantes ». La publicité en particulier connut un essor considérable dans plusieurs domaines, la ville, l’agencement de la maison, le vêtement …        

 

Pour suivre le chemin

. Superstar, a mobile Chinatown, une création de Ma Yansong/MAD, à découvrir sur

http://www.archicentral.com/superstar-a-mobile-chinatown-by-mad-11887/

 

. Entre Ciel et Terre, Zao Wou Ki à la Fondation Folon*, La Hulpe, à 20 mn au sud de Bruxelles, dans le Parc Solway.

http://www.fondationfolon.be/index_news_detail_fr.php?date_excl=2009

  

. Sprinting Forwards 2, 2004, découvrez le dossier pédagogique qu’Europalia China a conçu sur l’œuvre de ce photographe à l’intention des enfants. 

 http://www.europalia.be/IMG/pdf/dossier_pedagogique_The_State_of_Things.pdf

 

. Shanghai Modern 1900-1949, au centre d’Art de Rouge Cloître à Bruxelles, à retrouver sur le site belge du lieu d’exposition et sur le site du NAMOC (National Art Museum of China)

http://www.rouge-cloitre.be/agenda/agenda_detail.php?id=30

http://www.namoc.org/news/gnxw/2009/200911/t20091104_118490.html

 

. Voir Bozart Magazine du Palais des Beaux Arts de Bruxelles, de novembre 2009, un magazine bourré d’informations sur la manifestation

http://www.bozar.be/activity.php?id=9356&lng=en

 

. Photos de plaquettes Europalia   

* = Une info de dernière minute, la Fondation recherche des étudiants pour assurer l’accueil cet été, téléphonez en Belgique à Stéphanie Delmotte, 02 653 34 56

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Jardiner à Bordeaux sur les Quais de la Garonne

8 Juin 2010, 19:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un titre trompeur

Bordeaux-2010.05.29 136En fait, je devrais écrire ‘Jardiner’ entre guillemets pour souligner le jeu de mots. On ne jardine pas sur les quais de la Garonne, sauf quand on s’appelle Michel Corajoup et qu’on est le paysagiste chargé de concevoir la mise en lumière d’un paysage remarquable, les Quais de la Garonne. Jardiner est le terme qu’il a employé. Le paysagiste se moquait ainsi de la propension actuellement à la mode de traduire un plan de communication en verbe actif pour mieux en souligner ses aspects dynamiques.

 

Des verbes d’action pour communiquer

C’est bien pourquoi, pour jouer le jeu du Bordeaux-2010.05.29 129marketing, j’ai titré à votre intention cette chronique bordelaise qui va bientôt prendre fin, avec des verbes tels bouger, déjeuner,  mettre en œuvre…à l’exception du premier billet dont j’ai gardé le titre initial, plus ponctuel : « Des hardis Angevins à Bordeaux à la découverte des Berges de la Garonne ».

 

Un tempo très rapide

C’est certainement le billet pour lequel je vais avoir le moins d’informations, faute d’avoir eu le temps d’abord de marcher le long des 4,5 kms, faute aussi de zig-zaguer carnet de notes à la main et appareil photo prêt à fonctionner toujours avec cette même main droite, faute surtout d’avoir eu le temps de respirer, humer, percevoir, ressentir les vibrations ressenties au cours de la marche et des nombreux arrêts d’interrogation. Peu importe d’ailleurs, le résultat aurait été différent. Celui dont je vais vous parler est celui d’un moment court, c’est tout.

 Bordeaux-2010.05.29 153

Disons-le tout net. Autant la promenade m’a plu surtout avec ce temps gris et léger, percé par des trouées de lumière, avec une eau lourde d’argile, avec très peu de personnes, ce qui a facilité notre marche, autant les jardins en eux-même m’ont surpris par manque de surprise. Je n’ai pas étonné et c’est certainement le trait qui me titille, quelques jours après.

 

Un différentiel dans la perception

Peut être est-ce aussi la sensation très réelle et durable encore maintenant, d’un certain déficit de force d’émission, perçue au cours de la présentation par Thierry Guichard (DGA des Services techniques de Bordeaux),  entre la parole portant sur les bâtiments, ceux sur les jardins et sur le végétal. Il a beaucoup été question du bâti existant (les façades du XVIIIè, les Hangars en aval), de la voirie, des installations sportives et ludiques qui ont été enchâssées sur les quais, du fameux miroir sur lequel je vais revenir, et finalement très peu des jardins. Quant au végétal, le seul élément que j’ai vraiment perçu a été la difficulté à jouer la partition de l’arbre.

 

La problématique de l’arbre

Des arbres, il en a été question à plusieurs Bordeaux-2010.05.29 155reprises ; le nombre par exemple, 2000 et 3000 à un autre moment, leur hauteur qui ne devait ‘faire de l’ombre’ aux façades, afin que celles-ci puissent être admirées par tous, de partout, sans être cachées par le feuillage des arbres. Des essences, il n’en pas été question. Michel Corajoup ajoute que cette question de la vue lui a été posée au cours d’une réunion avec les habitants, de la part de dames, se souvient-il. Il leur a répondu que les arbres apportent de l’ombre et de la fraîcheur. Thierry Guichard précise que les arbres plantés ont un développement moyen pour éviter ce problème.      

 

Le concept de mise en paysage de ce  site

Il a été très bien expliqué. Je cite pour mémoire, les objectifs transmis à Michel Corajoud le paysagiste en charge de l’opération : il s’agissait d’harmoniser, d’urbaniser, de rendre hospitalier ce vaste espace, contenu entre voirie et fleuve. La trame a été conçue sur la base de lanières transversales qui prennent en compte les différents paliers entre le bâti et le niveau de l’eau ; quant au longitudinal, il garde un lien fort avec le quartier dont le jardin est l’aboutissement, chaque rue d’importance se  prolongeant par une allée ou une ouverture visuel. L’accès à l’eau se fait assurément de plusieurs façons

 

Les mots de la segmentation

Une segmentation fine se fait par quartier avec Bordeaux-2010.05.29 168à chaque fois un concept de paysage différent et en conséquence des mots très choisis adaptées à chaque âge, situation, fonction… et surtout porteurs d’une réalité à traduire sur le terrain :

 

. Au Quai Sainte-Croix, le Parc Saint-Michel

Les mots : parc de 5 ha, nombreux arbres, vaste pelouse, s’étendre, déjeuner, jeux pour les tout-petits, basket, haltes vertes, famille, amis, pêcher, pique-niquer, ponton, péniches, buvette, point d’information, touristes…

 

. Au Quai de la Douane, le Miroir d’eau

Les mots : parking de 700 places, miroir d’eau, Palais Gabriel, splendeur du temps, Garonne = Miroir, spectacles, évènements festifs, été, jet d’eau irisée, canaux, fraîcheur, tribunes, joutes nautiques, concert, marathon, grand jardins, arc de cercle, ponton, accostage bateaux de tourisme…

 

. Au Quai Louis XVIII, la Prairie des Girondins

Les mots : panorama, ouvrir, vue d’ensemble, prairie naturelle, 1 500m2, pelouse 3 400m2, pente douce, bord de l’eau, halte bienfaisante, œuvres contemporaines, Musée d’Art Contemporain… 

 

. Au Quai des Chartrons, la Promenade avec garde-corps

Bordeaux-2010.05.29 178Les mots : marchés du Colbert, restaurants, guinguettes, jeux, skatepark, jardins d’enfants, restaurants, terrasses, arbres, promenade, garde-corps, s’y accouder, bouquiniste, étal, pêcheur, canne, paquebots de croisière, accostent, tradition maritime bordelaise…

 

. Au Quai Bacalan, les Hangars

Les mots : hangars, conservés, vestiges, activité industrielle, port de Bordeaux, parkings, commerces, jardinerie, produits du terroir, Cap Sciences, pont levant, franchissement, rive gauche, rive droite.  

 

La parole à Michel Corajoud

J’ai trouvé dans le dossier de presse des paroles très intéressantes de Michel Corajoud:

«  Je me reproche parfois de n’être pas allé voir autour du site du projet, notamment sur la rive droite. Je ne voulais pas donner l’impression de vouloir tout m’approprier mais je le regrette. Moi qui conseille toujours à mes étudiants de ne pas se limiter à la zone qui leur est confiée, car ils trouvent forcément des éléments complémentaires pour comprendre le lieu à aménager. Du coup, la scène d’en face de la Bourse est un peu discordante. Heureusement la courbe aiguë du fleuve fait que la plupart du temps, la vue que l’on voit d’en face n’est autre que la même rive gauche.»

 

A lire cette impression du paysagiste, Bordeaux-2010.05.29 179qui a été Grand Prix du Paysage et Grand prix de l’Architecture, j’ai alors seulement à ce moment là compris ce qui m’avait interpellé, ce n’est pas tant la question de la présence du végétal mais l’impression d’être dans une île, avec un double phénomène de miroir, celui que nous avons vu posé à terre et celui qui s’ordonne à partir de la place de la Bourse, en raison de la courbure du fleuve, beaucoup plus étendu, à perte de vue…

                            

Pour suivre le chemin

. Découvrir le site de Michel Corajoud, avec une superbe photo du Miroir d’eau un jour d’été

http://corajoudmichel.nerim.net/

. Voir le dossier de presse de la Ville de Bordeaux que j’ai déjà cité dans un billet précédent qui apporte une information d’importance.

. Lire si l’envie vous en prend la série des billets consacrés à Bordeaux sur ce blog.

. Photos EP

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Samedi matin à Angers, un jeu de pistes avec Mithra et Saint-Louis

7 Juin 2010, 15:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quartier Gare, Fouilles Inrap/MithraOui, je sais, encore un titre bizarre. C’est volontaire ; j’aime les télescopages  de mots, de temps et de territoires. Rapprocher des époques de temps, comme dans un patchwork de couleurs et de matières, sur un territoire exigu en apparence et profond de différences, est pour moi un vrai régal. J’étais donc là, ce samedi matin à Angers, près de la Maine, rive gauche, en hauteur, entre le château et la gare.  Que d’indications, je vous donne là pour ce jeu de pistes! Une expérience ludique magnifique.

 

La piste, le temps et la terre.

. La piste, il s’agit de traquer Mithra et son mithraeum à Angers. Yes, Sir. Je sais que ça interpelle et demande une traduction. Un peu de patience que diable ! Je vous donne d’autres indices avant.

. Le temps s’entend de trois façons. C’est aussi bien l’heure à laquelle j’ai visité le site, que le moment où la découverte a été faite et le temps que l’installation humaine a duré et que le site a été fouillé. Que de trésors  d’informations vous avez là.

. La terre désigne le territoire ; il s’agit d’une parcelle de 10 000m2 dont 5 000 portent des traces significatives d’occupation humaine en termes archéologiques. Elle est située en plein centre d’Angers, mais non pas dans la Cité historique, mais de l’autre côté du boulevard du Général de Gaule, qui est perpendiculaire à la Maine, la plus petite rivière de France (11km de long).   

Mithra, le héros du jour

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, TempleOn le connaît peu ou pas du tout, comme moi avant la visite du site. C’est la première fois qu’est découvert aussi loin dans l’Ouest un site comportant notamment un mithraeum, le temple dédié à Mithra, un îlot d’habitat comportant trois demeures, des galeries, une cave, deux voies  qui se croisent en perpendiculaire, des céramiques de la période de l’Oise, tablettes et divers objets, datant du Ier au IV siècle et plus tardivement de l’époque médiévale.

On sait que le site a attiré des gens venus de loin. Son rayonnement était certain. 

 

Les visites

Des visites étaient organisées à l’intention des Angevins et des touristes ce week-end avec un départ toutes les 15 minutes. Comme il ne pouvait y avoir plus de trois groupes en même temps, l’attente a été un peu plus longue tant les visiteurs avaient de questions à poser à leur guide et le sentiment de voir quelque chose d’unique. Il faisait une chaleur d’enfer (29° à l’ombre à 11h du matin). Le sol d’argile réverbérait la chaleur. Et pourtant, on était tous contents tant il y avait dans l’air, un air presque palpable de mystère. Et c’est vrai qu’il y a mystère.  

Ce mystérieux quartier antique

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, en bas à gaucheIl devait être plus grand. Les constructions des maisons bordant la parcelle et de la Clinique Saint-Louis (1881-2006) interdisent de savoir quelle surface exacte était concernée.   C’est d’autant plus difficile à estimer que ces installations de peuplement et de culte se sont faites du Ier au IVè siècle parfois aussi sur d’autres peuplements. Comme le Château d’Angers, proche, a été édifié sur des occupations datant de 40-30 ans av JC. On voit que la ville est la résultante d’une stratification perpétuelle, chaque couche représentant une époque longue ou courte, comme c’est le cas ici, sans qu’il y ait encore possibilité de savoir pourquoi et comment sont nés et mort ce culte pour certains et ce réseau d’initiés pour d’autres.

 

Des canalisations d’eau approvisionnaient l’emplacement par le haut du terrain en dénivellation, sans qu’on puisse dire d’où elle venait et comment. Il n’y avait pas de puits, ni liens avec La Maine pourtant proche. On a retrouvé par contre de nombreux os de poulet, à la base de l’alimentation des occupants du lieu.   

 

Le mithraeum

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, deux InrapC’est un bâtiment carré de petite taille, aveugle, dans lequel il y avait des bancs ; aux murs, on pouvait accrocher des torches et des lampes à huile, avec une vasque sur le côté droit, en partant du centre du terrain. On y a retrouvé des plaques d’inscription funéraire avec des caractères grecs. On y pratiquait des immolations de taureaux, symbole du mal. Le sang jouait un grand rôle dans la fertilisation de la terre. Selon, Maxime Mortreau, céramonologue à l’Inrap, ce site « constitue une découverte majeure pour la ville (d’Angers) ».  

La destruction, objet de la renaissance dans le cycle du temps

C’est ce qui m’a fasciné au cours de la visite, l’étendue de ce qu'on ignore et le hasard qui a fait qu’une opération de densification de la ville-centre va se dérouler à cet endroit. A cet emplacement ont vécus des gens d’un autre âge, à une époque drôlement symbolique, le tout début du premier millénaire selon notre datation qui donne l’impression que l’humanité est née avec Jésus-Christ. Quatre siècles est un temps extrêmement court pour unQuartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, decouvertee ville. Ce temps court l’est encore plus  si on se rapporte au calendrier de la découverte  qui a été faite lors de la destruction de la Clinique Saint-Louis par le Groupe Eiffage propriétaire du site aux fins de construction d’un grand ensemble immobilier à haute densité, sans voiture à l’intérieur et aux toitures végétalisées.  Le must en matière de développement durable en 2010.  

Le rôle de l’Inrap

Comme la loi en fait l’obligation, la découverte de vestiges archéologiques par les entreprises du bâtiment ou des travaux publics doit être signalé à l’autorité compétente, l’Inrap, afin que celle-ci puisse établir un diagnostic. Ce qui fut fait en 2007. Les fouilles de 8 mois vont se terminer bientôt, fin août 2010. 25 archéologues travaillent sur le site. Ce sont eux qui nous ont accueilli, reconnaissables à leur gilet rouge marqué au dos « INRAP ». Il leur aurait bien fallu une casquette assortie.  

Le sort des fouilles

Le mithraeum ne sera ni conservé ni remonté autre part. Quant aux objets répertoriés et considérés comme suffisamment importants, ils seront partagés entre le propriétaire du site et l’aménageur qui a découvert le « trésor » en terme juridique. Ce dernier est ce qu’on appelle l’inventeur, qui est la Société Eiffage. Il partage avec le propriétaire les objets découverts par moitié. Il peut alors en faire ce qu’il veut. S’il advenait qu’il en était fait don à une collectivité publique, celle-ci serait alors tenu de conserver les objets donnés.  

Le site de l’ancienne clinique Saint-Louis

J’Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, bac à enfantsai bien regardé dans les noms de saints qui désignent des rues à Angers. Il n’y en a pas au nom de Saint-Louis. Et pourtant la palette est large. Par contre il reste un bel arbre que les travaux d’arasement pour dégager les bâtiments ont épargné. Il se situe à droite en entrant par le haut.  Sous son ombrage, l’Inrap a monté pour ces deux jours de visites deux bacs à sable d’un nouveau type à l’intention des enfants. En utilisant petite pelle et pinceau, ces inventeurs enfantins peuvent mettre à jour des « trésors ».  

L’arbre de Saint-Louis

J’ai l’espace d’un instant rebaptisé l’arbre du nom de Louis IX ou l’arbre aux enfants en hommage à Saint-Louis qui n’a pas Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, l'arbre aux enfantsété évoqué pourtant. Roi de France, il a régné de 1226 à 1270. Il est né à Poissy en 1214 et est mort à Tunis en 1270. Il était le frère de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d’Anjou qui fonda la seconde dynastie capétienne. Excusez du peu. Et il n’a même pas le droit à un nom de rue ! Rassurez-vous, il aura au moins un square à son nom: c'est en effet le nom de cette opération d'envergure: Square Saint-Louis!  

 

Et dans 2 000 ans, des visiteurs s'interrogeront gravement lors de visites-découvertes sur ce grand roi de France dont on ne retrouve nulle trace autre que des objets datant de l'an 1000 et plus. 

Poursuivre la piste

. Allez poursuivre la quête sur Wikipedia et retrouver en particulier Mithra http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Fresque_Mithraeum_Marino.jpg où vous Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, la tente d'accueilapprenez qu’on a découvert aussi un lieu de culte dédié à Mithra à Bordeaux. Tiens donc ! Et aussi à Strasbourg, Biesheim (l’Alsace est présente deux fois dans le palmarès) et Septeuil…

 

. Lisez la note bibliographique de Juliette Papadopoulos de 8 pages sur

www.notesdevoyage.com/.../Archeologie%20de%20la%20Gaule%20romaine%20

. Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives, Grand Ouest ; 37 rue du Bignon, 35577 Cesson-Sévigné cedex, 02 23 36 00 40, www.inra.fr

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_IX_de_France

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_dynastie_angevine

 

. Voir le site d'Eiffage pour avoir des infos sur le "Square Saint-Louis" sur wwww.eiffage-immobilier.fr 

. Photos EP, 1 le site vu du haut, 2, le mithreum, 3 une stratification, 4 Maxime Mortreau et "notre"guide, 5 tête de Mithra découverte ici, 6 le bac à fouilles, 7 l'arbre de saint-louis et 8 la tente mixte d'accueil Inrap-Eiffage

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En Australie, une petite maison de pêcheur sur le lac

4 Juin 2010, 10:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Je sais, je sais, je l’avoue, je n’ai pas terminé ma série sur Bordeaux, non pas faute d’aliments,  de sujets sur lesquels écrire. J’en ai deux en tête. Mais pour faire une petite pause au milieu de cette grandeur bordelaise  et ses dimensions qui nous étonnent tant. L’idée que je garde en tête, c’est celle de l’eau.

 

A quoi, vous fait penser l’eau, Madame Poulain ? C’est la question qui m’a été posée hier en groupe de réflexion sur cette thématique associée aux rives de ville. J’avais droit comme les autres à trois éléments de réponse. La mienne a été de voir en même temps la vigne pousser et de  boire du bon vin, assise à une terrasse de café,  près de l’eau, avec plein de gens autour, tous différents, parlant aussi d'autres langues que le français...

 

C’est bien pourquoi la petite maison de pêcheur m’est revenue en tête pendant la nuit. Je l’avais découverte le matin même sur le site du Figaro « 24 heures photos ». Il  y a souvent des photos superbes.

 

                                                          Le Fig-Australe-lac de Gippsland, Etat de Victoria-20100601

   

La scène se passe sur un des lacs du Gippsland dans l’Etat de Victoria (tout en bas à droite). Le matin, face au soleil levant, un pêcheur est assis les pieds pendants, avec son chien à ses côtés, une canne à la main. Visiblement il pêche à partir d’une barge flottante revêtue de bois en partie horizontale. Derrière lui, une maison revêtue de tôles ondulées, pour les murs et le toit.

 

On ne voit pas le bateau qui l’a conduit à bord et pourtant un renfoncement dans le plancher est prévu pour. Autre raffinement à noter, le mur de ce qui peut s’appeler la façade se soulève pour former un auvent qui abrite le pêcheur du soleil. En position fermée, cet auvent tient lieu du 4è mur.

 

Une dernière chose. L’état de la toiture me soucie. Le pêcheur aurait bien besoin que quelqu’un monte sur le toit pour remettre des tôles neuves. Vous n’avez pas un voisin pêcheur ? Moi si, je vais lui en parler.  

Pour suivre le chemin

. C’est une photo du Figaro Magazine

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/06/01/01013-20100601DIMWWW00375-24-heures-photo.php

. Les lacs du Gippland doivent être un paradis pour les pêcheurs, d’après les infos que j’ai trouvées sur Wikipedia où vous trouverez une vue panoramique à rêver.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Gippsland_lakes_pano.jpg

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Ré-aménager à Bordeaux les quais de la Garonne

3 Juin 2010, 16:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, la parole est aux Bordelais et à ceux qui ont œuvré avec eux à Bordeaux-2010.05.29 048l’importante opération de réhabilitation des quais de la Garonne. Je vais donc m’appuyer sur les notes que j’ai prises lors des interventions de MM Duchêne et Guichard, élu en charge de l’urbanisme à Bordeaux et directeur général adjoint des Services techniques, la documentation qui nous a été remise ainsi que sur le dossier de presse réalisé par la ville. Devant l’ampleur des thèmes abordés, j’ai choisi de mettre l’accent sur la méthodologie et ‘la numérologie’ utilisées plus que sur le projet bordelais en lui-même. 

 

Le cadrage général

Le concours a été lancé en 1998 sur la base de cinq objectifs : 1. réhabiliter les quais, 2. redonner aux Bordelais l’accès au fleuve, 3. dynamiser et mettre en œuvre les façades du XVIIIè siècle, 4. accompagner l’implantation du tramway, 5. protéger la ville des inondations.

L’opération a ensuite été découpée et planifiée en projets distincts confiés à des architectes différents, tout au long des 10 ans de durées des travaux.  

Les cinq axes  + 1

Dés le départ, cinq choix préalables ont cadré le projet, grâce à:

. l’axe des Intangibles liés à la promotion du Bordeaux-2010.05.29 062tramway et la diminution de la présence de la voiture,

. la pose d’Interdits  porte sur la décision de ne pas construire de nouveaux bâtiments (ce qui explique la décision ultérieure de conservers les anciens hangars portuaires en aval), qui se traduit par la volonté de faire « avec »,  

. l’acceptation d’Interrogations sans réponses toutes faites au départ et donc sans certitude quant aux résultats, sur  notamment la capacité de la Communauté urbaine de conduire un cahier des charges aussi important, la question restée ouverte d’ailleurs sur le type de végétal, la question du franchissement du fleuve qui a donné lieu à des discussions animées, l’interrogation sur les liens avec la ville, son histoire, son image, le questionnement sur la relation entre la ville et son fleuve avec une présence portuaire qui évolue au fil des siècles,

. la volonté affichée et appliquée d’obtenir le prix le plus bas au m2, de faire au mieux-au plus juste : il n’y a eu selon Michel Duchêne et Thierry Guichard « aucune folie, à l’exception du miroir d’eau dont le coût a été élevé du fait de l’existence en dessous d’un parking souterrain »,   

. la question de l’évidence de la nécessaire concertation avec la population, à laquelle tenait beaucoup Alain Juppé ; il a participé à 7 des grandes réunions sur les 8 qui se sont tenues.

 

L’axe qui n’a pas été cité porte sur la décision très ‘politique’ de la Ville de Bordeaux de confier la gestion du projet à la CUB, la Communauté urbaine de Bordeaux, qui a tenu dés lors à y associer Bordeaux. Le jeu est devenu collectif et les jardiniers de Bordeaux en particulier sont devenus des acteurs à part entière Bordeaux, carte des cinq séquencesdes projets, ce qui a contribué  aussi à leur succès.

 

  • Le découpage du projet en lanières et séquences
  • Il a été tramé sur le terrain en lanières et séquences. Les lanières sont transversales au fleuve par différences avec les séquences qui courent sur chaque rive du fleuve. Les deux interagissent avec le fleuve. 

Les 4 lanières

Ce sont les composantes physiques de la rive qui s’étagent de la partie la plus haute et la plus distante du fleuve vers celui-ci par paliers successifs en descendant jusqu’au niveau de l’eau. On distingue l’espace à vivre, le boulevard, le plateau et les berges proprement dites, où se fait la rencontre avec l’eau : 

-        l’espace à vivre entre l’immeuble et la voirie était « mangé » par la voiture, avec parfois une largeur qui n’excédait pas 1 mètre ---) la volonté a été de redonner plus d’espace aux gens,

-        le boulevard, la partie dévolue à la voiture, a été réduit pour ne laisser à la voiture que 2 fois 2 voies, avec contre-allées, l’accès au tramway et un stationnement longitudinal pour ralentir la circulation, ---) la circulation a baissé de 40% ; on peut continuer à aller dans le centre mais c’est plus compliqué. L’avantage est de conserver l’animation du centre-ville où la circulation est réservée aux résidents grâce à des bornes d’accès,   

-        le plateau s’étend sur des surfaces variables entre la 4 voies et les berges,

-        les berges peuvent prendre d’autres appellations quand elles sont bordées de constructions, ce sont des quais, de rambardes, de murets ou de barrières en bois afin d’en sécuriser l’accès.  

Les lanières sont aussi d’une grande importance dans l’optique de la relation pas toujours paisible avec le fleuve et de la lutte contre les inondations. Il y a en outre à Bordeaux une forte amplitude du niveau de l’eau. L’étiage est de 7 mètres ! 

Les 5 séquences

Elles vont à leur tour découper l’espace de façon longitudinale d’une autre façon :

-        côté ville, elles vont prolonger le quartier dont elles sont l’aboutissement à l’eau,

 -        côté rive, elles vont prendre chacune une identité distincte de façon à la fois à structurer différemment l’espace et éviter la monotonie et à jouer de la polyphonie des activités.

 

Pour les voir, il faut vous référer à la carte « Cinq séquences ». En partant de l’amont vers l’aval sur la rive gauche, il y a d’abord,

-        le Quai Sainte-Croix avec le Parc Saint-Michel de 5 ha,

-        le Quai de la Douane, avec la Place de la Bourse Bordeaux-2010.05.29 166et le fameux miroir d’eau

-        le Quai Louis XVIII avec la Prairie des Girondins de 1500m2

-        le Quai des Chartrons, bien connu des amateurs de vins, qui garde une empreinte portuaire

-        le Quai de Bacalan où demeurent les Hangars, « vestiges de l’activité industrielle du port de Bordeaux ».   

 

Par différence avec les lanières aux lourdes contraintes, les séquences sont plus ouvertes aux projets innovants et différents. C’est là que le jeu sociétal de la relation à l’autre va pouvoir s’exprimer pleinement. Dans les lanières, la pensée va d’abord à la délicate place de la voiture et à la capacité du tramway d’offrir une alternative satisfaisante.

L’espace et le temps

Axes, lanières et  séquences ont tous en commun de structurer l’espace qui à Bordeaux  offre une richesse de potentialités que peu de grandes villes ont en France : Paris, Lyon…Ils ont aussi en commun leur rapport au temps. Les Bordeaux, Place de la Bourse, en 1970Bordeaux Place de la Bourse et miroir d'eaupremiers mots de Thierry Guichard ont porté sur la durée de mise en œuvre du projet, 10 ans, 1999-2009. Le fait que l’opération ait été lancée en 1998, en pleine excitation sociétale d’attente de l’an 2000 n’est pas anodine. (Nous étions tous dans une euphorie dont nous avons peine à nous souvenir. C’est moi qui le souligne).  Il a ensuite expressément rappelé que « la notion du temps est à intégrer. La ville existe depuis 1000 ans. 10 ans à côté, ce n’est rien. La ville évolue tout le temps. »

 

Dans ce temps long de la ville, cette continuité au fil du temps, « le choix d’un lampadaire n’est pas un problème, les arbres oui, le tramway aussi ». Le politique est obligé d’en tenir compte en  hiérarchisant l’aménagement de la ville en fonction de ces contraintes de temps.  

La liberté des gens

 Il est une autre donne, qui est un des éléments clés d’une opération urbaine de grande envergure, non citée au départ. Bordeaux-2010.05.29 159Il s’agit de la liberté. Si le pari est gagné, ajoute Thierry Guichard, c’est bien parce que « rien n’est imposé ; la population peut faire ce qu’elle veut. Sur ces 100 mètres sur 4,5kms de long, on peut aller à la fête du fleuve, se reposer sur un banc… C’est un lac plus qu’un fleuve, un espace reposant par rapport à la ville. Notre objectif a été de créer une ambiance nouvelle, en pleine ville. On est bien ». 

 

L’attraction des berges

Elle en est sortie renforcée, au point que certains se demandent comment on pouvait faire avant. Michel Duchêne a confirmé que cette opération, évidemment lourde sur le plan financier mais raisonnable au regard des enjeux et du temps long, est un succès au plan touristique. Des  personnes viennent maintenant spécialement pour se promener le long de la Garonne. Le fait d’avoir accès au tramway dans cette partie est un atout. Depuis, le prix des logements a augmenté, les commerces ont vu leur chiffre d’affaires aussi…La question qui se pose maintenant est que les trois lignes de tramway sont déjà quasiment saturées.                                                               Bordeaux, trajet Rives de Garonne

Pour suivre le chemin

. Voir les cartes remises pour faciliter la découverte

des berges à pied.

. Se renseigner à Bordeaux et en particulier lire le dossier de presse  très complet qui retrace toute

l’histoire de la réhabilitation des quais sur

http://www.bordeaux-metropole.com/presse/dp/urba/quais_mai2009.pdf

 

. Lire les articles précédents 

. Photos EP, sauf les cartes et les photos vues d'avion 

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Déjeuner à Bordeaux à l'Hôtel de Rohan, avec des Viallat aux murs

2 Juin 2010, 19:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Disons-le d’emblée. L’Hôtel de Rohan n’est pas un endroit où l’on choisit de Bordeaux-2010.05.29 076s’arrêter pour reprendre des forces après un long voyage en car le matin, avant une après-midi sportive de marche à pied, un mode de locomotion qualifié de doux par les penseurs du développement durable. Non, pas du tout. L’Hôtel de Rohan est un lieu si prestigieux, si emblématique d’un certain art de vivre à la française tel qu’on l’imaginait au XVIIIè siècle, que jamais je n’aurais pu imaginer y déjeuner un jour.   

L’Hôtel de Rohan

Quelques mots pour vous situer le décor. L’Hôtel de Rohan a été édifié de 1771 à 1784 à la demande de  Ferdinand Maximilien Meriadeck de Rohan, archevêque de Bordeaux. La cathédrale Saint-André est d’ailleurs toute proche. A la Révolution, le palais passa aux mains des Bordeaux-2010.05.29 091politiques et devient l’hôtel du département, puis de la préfecture, après avoir été un court instant siège du tribunal révolutionnaire. Puis il devint « palais impérial de Napoléon Ier en 1808 et château royal en 1815 sous Louis XVIII ». La ville de Bordeaux réussit après de longues négociations à l’acquérir en 1835 ; depuis l’Hôtel de Rohan est aussi l’Hôtel de Ville de Bordeaux.   

La salle

Il est utile de vous préciser que ce n’est pas la salle à manger officielle. Celle qui nous a été attribué est située à droite du hall de l’entrée par les jardins. Elle l’a été au moins ce jour là le temps de ce repas qui nous a été offert par la Ville de Bordeaux. Réunis autour de grandes tables rondes, nous avions à notre disposition un buffet froid ; le temps nous était compté pour arriver à tenir le planning de la journée.  

L’accueil

Bordeaux-2010.05.29 106Il a été d’une très grande amabilité, empreint de  simplicité et de finesse. J’ai beaucoup apprécié la  grande gentillesse de ces messieurs en charge de l’accueil de notre groupe. L’un d’entre eux m’a ainsi montré les Viallat, dont les toiles étaient pendues aux murs de la salle, du hall et du grand escalier.  

Claude Viallat

On le connaît plus sous son nom, que muni de son prénom. On dit « Ah oui, c’est un Viallat », « avec deux l » comme me l’a précisé mon guide d’un court instant, avant qu’il ne reparte appelé par ses fonctions réceptives. L’artiste, qui dit de lui qu’il conçoit « une forme organique aux signifiés indéniablement anthropomorphiques », est bien connu à Bordeaux et Bordeaux-2010.05.29 112depuis longtemps.

 

En 1980, par exemple, il organisait une grande présentation  de ses « Supports/Surfaces … sur des supports de toile libre ». C’est donc ainsi que ses toiles vivent sur les murs, comme aimantées par ces parois verticales, d’une façon magique, sans cadre, ni clou, ni ficelle visible. Elles en acquièrent une réelle dimension symbolique, d’autant plus forte  qu’elles sont placées au milieu de panneaux de couleur chair dorée avec de lambris de style Louis XVI peints en blanc mat encadrés de bordures dorées. Un délicieux double degré revendiqué avec panache, dans une ville, vieille de 2 fois 1000 ans, comme nous l’a rappelé Michel Duchêne, l’élu en charge de l’urbanisme peu après.  

La « simplicité » ou le ton juste

C’est difficile de parler de simplicité dans un tel cadre, avec très présente une histoire où on parle d’une des plus grandes famille de la noblesse de France, d’empereur, de roi … la demeure d’un maire qui a été Premier Ministre de la France. Il n’en reste pas moins que deux faits  demeurent  (pardon, je ne résiste pas à la redondance) : il Bordeaux-Hotel de Ville, 2010-05-29s’agissait d’un déjeuner de travail, non d’un festin aux frais du contribuable bordelais. Le menu a été bon et simple avec un assortiment de charcuterie, de taboulé, une salade de pâtes pour ceux qui voulaient changer. Ont suivi ensuite du rôti de beouf en sauce avec des carootes et des pieds de cèpes avec une ponte d'ail et pas moins de trois desserts : framboises parfumées au basilic, tiramisu et tarte aux fruits. En accompagnement, de l’eau bien sûr, un second vin du Château Castera, un Medoc 2005 que mes voisins et moi avons savouré avec beaucoup de plaisir et un Sauvignon pour ceux qui désiraient du vin blanc.  Le café bu, nous sommes tous partis comme des flèches dans la salle de travail pour écouter et interroger deux des grands acteurs de l’opération de re-centrage urbain.                

 Bordeaux-2010.05.29 083

Les interventions de MM. Thierry Guichard et Michel Duchêne

Thierry Guichard était encore Directeur général adjoint des services de la ville le samedi 29 mai 2010 et Michel Duchêne est toujours l’élu en charge de l’urbanisme. Si  je cite le nom de T. Guichard en premier, c’est  parce qu’il a effectivement commencé par nous resituer le cadre général du projet, les principes, les objectifs, les interrogations et la concertation mise en oeuvre.

 

Michel Duchêne, arrivé ensuite, a, quant à lui, plus tracé les enjeux politiques (de polis = la ville),    humains et financiers (115 mE) de cette opération majeure. J’y reviendrai dans un billet ultérieur.  

 

 Pour suivre le chemin

. Sur le Palais, voir       http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Rohan

. Sur Viallat, voir son site officiel      http://www.claudeviallat.com/pages/accueil.html

Bordeaux-2010.05.29 111

 

 

 

. A lire, si ce n’est fait, les deux premiers articles portant sur cette opération de reconquête des berges d’un fleuve parus sur ce blog. 

 

. Attendre la suite

 

. Avec des photos de l’album-photos consacré aux Rives de Villes

 

. Photos EP, n°1 l'Hôtel de Ville vu du car , n° 2 le buffet, n°3 les desserts, n°4 un des Viallat, n° 5 les deux dames stars de la journée Maryvonne Fleury-Lourson, l'organisatrice de la journée, et Anne Gaëlle Deumié en charge de la communication sur le tramway d'Angers, n° 6 le groupe avant les interventions, n° 7 le grand Viallat dans la cage de l'escalier monumental, le seul "Viallat" qui a reçu un apprêt rigide de façon à garder sa forme.

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Bouger à Bordeaux sur les quais de la Garonne

1 Juin 2010, 15:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

Hier, souvenez-vous, je vous ai déjà emmené à Bordeaux rejoindre la troupe des Bordeaux-2010.05.29 012Hardis Voyageurs Angevins, partis en voyage d’études pour découvrir les berges de Bordeaux telles quelles sont maintenant après avoir été totalement re-conçues pour le XXIè siècle et les suivants, grâce à un projet politique de grande envergure de requalification urbaine.

 

Le thème d’aujourd’hui -Bouger-  porte aussi bien sur l’accessibilité au fleuve désormais possible,  que sur la mobilité des gens, les moyens de locomotion ou la possibilité de bouger son corps. Ca bouge à Bordeaux, tel pourrait être un slogan d’agence de com.

 

Un bref rappel pour ceux qui ont zappé le billet n° 1 sur les « hardis Angevins… », nous avons utilisé un beau bus vert à étage pour nous rendre à Bordeaux.

 

Bordeaux-2010.05.29 052Arrivés sur place, nous avons croisé de nombreux marcheurs ainsi que le tramway aux couleurs de schiste un jour de nuages. Il dispose d’une alimentation au sol. Après une mise en service un peu chahuté, dont il n’a pas été question, il est déjà presque saturé. Il a été de la volonté de la ville qu’une des trois lignes puisse emprunter les quais. M. Duchêne, l’adjoint en charge de l’urbanisme a rappelé « qu’en matière d’investissement, un euro dédié à l’affaiblissement de l’emprise de la voiture génère plus de retombées que 100E pour favoriser le développement des transports en commun ». A retenir sous la forme d’une formule suivante «  1E pour --- voiture > 100E pour +++ TC » (transports en commun).      

 

Quant à nous, nous avons pris notre pied pour rBordeaux-2010.05.29 126ejoindre la Garonne en traversant une partie du centre ville. Nous avons rejoint le Quai de la Douane qui se poursuivent ensuite par le Quai Louis XVIII en descendant le fleuve. Ensuite, il s’est agi de longer le long Quai des Chartrains, pour finir au début du Quai de Bacalan, pile poil à l’endroit où notre grand vert nous attendait.

 

Entre temps, nous avons vu beaucoup de gens arrêtés ou en mouvement sur les quais. Impossible de dire ce qu’ils faisaient, tant il y avait de choses à voir, d’activités diverses, de plantes à admirer, d’astuces végétales à garder en tête, avec un mobilier urbain japonisant, particulièrement les lampadaires. Pour ma part, j’ai plutôt regardé les gens. Ce sont eux qui m’intéressent. J’ai ainsi vu : 

 

. un couple d’amoureux qui avaient franchi la barrière de la clôture en bois séparant la partie jardin de la rive proprement dite, parler les yeux dans les yeux,

Bordeaux-2010.05.29-057-copie-1.JPG. des gens dans le tram,  

. des squatters de rives discuter partie sur le quai partie sur la rive,

. des marcheurs choisir la pelouse plutôt que la terre battue revêtue d’une couche blanche,

. certains lire la pancarte signalant que les fleurs au pied des arbres n’étaient pas le fait du hasard,     

. des enfants jouer au ballon, taper la balle au base ball, courir,

. des gens regarder une montgolfière rouge qui faisait du bruit,

. des parents poussant une poussette avec un enfant,

. beaucoup scruter l’eau, comme si elle allait leur parler,  à la hauteur du pont en bois, inachevé,

. des jeunes tremper leurs pieds dans le miroir,

. une jeune maman sagement assise sur le sol regarder son mari revenir avec leur petit garçon qui avait voulu tenter cette grande aventure, marcher sur l’eau,

. des ados sauter avec leur skate board sur la piste prévue à cet effet, vers le Quai BacalanBordeaux-2010.05.29 171

. beaucoup, assis à la terrasse de cafés proches de l’eau sur le Quai Bacalan, étaient fort occupés à recréer le monde en buvant un café, près des Hangars, les seuls vestiges de la grande période portuaire, qui accueillent maintenant des activités commerciales

. des motards bardés de cuir noir clouté chevauchant leur Harley Davidson, pénétrer dans la place proche qui sert de parking, sous les acclamations de certains,

. sans oublier une belle vigne poussant sur un mur, à la fin de la promenade, comme un clin d’œil

. et un immeuble blanc qui m’a bien plu...

 

Nous, « les photographes », avons également repéré au cours de la promenade la formidable voiture américaine rose, longue de 3 voitures ou presque, sagement garée de Bordeaux-2010.05.29 183l’autre côté de la voie, pour nous. Quelques ont même traversé la chaussée en courant pour la photographier de près tant son pouvoir d’attraction était fort, sans souci, les voitures ont simplement ralenti.       

 

Pour suivre le chemin, avant le prochain billet

. Voir le billet précédent sur les Berges de la Garonne

Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

 

. Découvrir toutes les photos dans l’album ‘Rives de Villes’ dans ce blog

. Photos EP       

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Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

31 Mai 2010, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une bien belle journée

Quelle épopée, mes amis ! Quelle aventure ! Disons le franchement, ça a été une Bordeaux-2010.05.29 170

belle journée bien chargée, comme je les aime, avec des tas de moments différents, des véritables séquences de vie, selon l’endroit où notre groupe se trouvait à un moment donné. Mais d’abord, il faut vous donner l’ambiance et commencer par vous expliquez pourquoi nous nous sommes globalement peu ou prou tous levés vers 5h un samedi matin. Ils sont fous ces Angevins. On ne savait pas qu’ils étaient comme ça.   Moi non plus.

 

Remarquez, en venant au lieu de rendez-vous Place de la Rochefoucault dans la Doutre, j’en ai vu certains qui, à leur mine pas fraîche, n’étaient, eux, pas encore couchés. C’est rare aussi, nous ne sommes pas des grands fous de la nuit, sauf les exceptions qui n’étaient certainement pas là.  

Notre groupe

Nous, c’était plutôt sac à dos, chaussures de marches, petite bouteille d’eau pour le cas où la déshydratation aurait guetté, bloc de papier avec crayon dans le sac et appareil photo à la main pour quelques fondus, dont vous connaissez au moins une personne.   Des studieux en un mot, tous prêts pour la première étape. Choisir sa place dans le car, un beau à étage, Bordeaux-2010.05.29 010un vert pour le look développement durable et se fondre dans la belle nature française qui relie la capitale de l’Anjou, Angers, à la capitale du Bordelais, Bordeaux.  

Bordeaux et Angers

On n’a que quelques points en commun, eux et nous : le vin, l’eau, les berges et encore plus de différences aussi. Leurs vins d’abord. Ils ont une notoriété mondiale, qui n’a pas d’égal dans les Grands rouges. Leur fleuve est la Garonne, nous c’est une rivière, La Maine. Bordeaux-2010.05.29 009On avait en commun, la perte d’intérêt pour l’eau. Le fleuve qui fonde la ville n’était plus accessible aux Bordelais pour cause de zone portuaire fermée par des grilles, sans mise en valeur possible.  Pour Angers, il y a longtemps que la fonction portuaire locale a cessé d’être et le grand port maritime a toujours été Nantes. Quoi qu’il en soit, dans la place disponible, dans l’un et l’autre cas, la voiture avait-a remplacé toutes les autres activités et privé les gens de leur fleuve-rivière.

 Bordeaux-2010.05.29 008

Bordeaux a été, on le sait, précurseur, dans ce domaine, grâce à une opération de très grande envergure qui a duré presque 10 ans. 1999 a marqué le top départ; 2009 a vu le début d’une nouvelle ère de réussite de reconquête d’un espace urbain remarquable classé Unesco d’une beauté inouïe et maintenant évidente tant les résultats de cette opération d’envergure sont forts.

 

Le bus vert à étage

Notre autocar vert nous a transportés d’Angers à Bordeaux et retour, avec une vitesse bridée à 100 kms. Notre chauffeur était très bien et le café-petits gâteaux prévu par Maryvonne  Fleury-Lourson, la grande organisatrice de la journée, nous a permis de mieux faire connaissance au cours de la pause.   

 

L’Hôtel de Rohan

Bordeaux-2010.05.29 080L’arrivée s’est faite à l’Hôtel de Rohan, qui abrite la mairie dont tous connaissent le nom du maire, Alain Juppé. L’ancien Premier Ministre de la France a eu la délicatesse de nous attendre pendant plus d’une demi-heure. (Il a du partir. C’est notre car qui a été retardé par la circulation.) Les organisateurs bordelais ont choisi de nous faire entrer côté parc. Je garde imprimé dans la rétine un magnifique Ginko et la gueule d’un caïman bleu-violet brillant dont surgit la flèche de la Cathédrale Saint-André. Un délicieux frisson !  

L’accueil à la bordelaise

Après une halte dans le grand salon d’apparat à droite en entrant dans le grand hall, pour nous restaurer de très belle façon en goûtant un second vin du Château Castera que nous avons savouré avec beaucoup de plaisir, tant il s’accordait bien avec notre menu, nous avons pu écouter et interroger deux des grands  acteurs de cette pari sur l’avenir, Michel Duchène, l’adjoint en charge de l’Urbanisme, et Thierry Guichard, directeur général de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux). Ce dernier nous a fait l’après-midi le plaisir de nous faire découvrir sa ville, lui, qui est d’origine tourangelle. C’était son dernier jour d’exercice au titre de ses fonctions générales, puisque ce lundi, il commençe un nouveau projet d’importance, la construction d’un grand stade à Bordeaux.   

La promenade urbaine

Elle a véritablement commencé après. Cette fois-ci, Bordeaux-2010.05.29 133nous sommes sortis, par la Cour d’honneur, très minérale, située de l’autre côté. A commencée là, une fascinante découverte faite de marche rapide, lente, de pauses, de reprises, de découvertes à chaque instant, quelle que soit la direction du regard, avec un plaisir immense. Tous les membres du groupe ont été éblouis, attendris, interrogés... La preuve s’il en fallait : le groupe n’a pas cessé de se faire, se défaire, de se recomposer ; à chaque fois lui-même, différent, autre, avec parfois des ‘rencontres’ d’un  bref instant avec d’autres, qui n’étaient pas nous. Conscient qu’il se passait là un instant de partage de la ville, d’un enrichissement, d’un plaisir intime qu’on pouvait avoir en commun.

 

Bordeaux-2010.05.29 144Bien sûr, il y a toujours des affinités instinctives ou programmées qui se font et heureusement. L’important est ailleurs. Il s’agit de la capacité à s’aménager au cœur d’un groupe en mouvement, des petites places d'espace, des petites plages de temps,  des instants où l’on peut savourer le plaisir d’être en ville, dans une ville ouverte, qui joue constamment de sa vitalité, son énergie, sa capacité à bouger, dans une bienheureuse mixité humaine, culturelle et fonctionnelle.  

L’histoire

Elle tient forcément une grande place, sans jeu de mots. La force architecturale de ces façades qui se déploient en corolle ouverte vers le fleuve est proprement magique. Comme un lien vers l’avenir, un témoignage de confiance tangible et actuel en ses forces, comme le végétal qui forme un autre lien qui unit les générations et l’ancre à l’espace.

 

Cette triple rencontre entre le minéral blond des façades, l’espace au sol unitaire et fractionné par le végétal et les gens a rendu  possible  les multiples activités humaines, sportives et ludiques qui ont remplacé la voiture. Depuis la rénovation, le trafic automobile a baissé de 40%. A la place des voitures, camions… des gens, de l’herbe, des fleurs, des arbres… et aussi la possibilité de bouger et de s’arrêter pour regarder, réfléchir et parler avec les autres.  

Le retour

Il s’est fait sous la pluie qui a commencé alors Bordeaux-2010.05.29 189que nous étions passés de l’autre côté du fleuve pour sentir la différence. Les courageux sont partis à la découverte du nouveau jardin botanique ; les autres sont restés au chaud à l’abri. Et tous ensuite sommes revenus à Angers, après un pique-nique offert cette fois-ci par Angers, avec pour finir un délicieux crumble à la rhubarbe. 

 

C’est beau une ville qui sait faire venir ses jeunes et tous les autres, en son centre. Une ville qui bouge…  

 

Pour suivre le chemin

. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la "reconquête urbaine des berges de Maine", 

placés sous l'autorité de Chistophe Lesort, Directeur à la Ville d'Angers.   

. Des billets prochains sont programmés sur d’autres thèmes, à commencer par le partage du repas à l’Hôtel de Rohan...

. J’emploie le terme de 'gens' tout à fait volontairement. Dans ce billet, il n’y en a pas de plus approprié. C’est un mot qui a une longue histoire bien compliquée d’ailleurs, qui colle très bien avec celle des cités anciennes :

http://definition.ptidico.com/gens.html

. Photos EP, n° 1 des roses jaunes Parc Saint-Michel, 2-3-4 la pause pique nique, 5 le Caïman dans les jardins de l'Hôtel de Rohan, 6-7 la berge champêtre et détail de tresse d'osier, 8 Thierry Guichard face au nouveau pont.  

. Voir d’autres photos dans l’album photo Rives de villes.     

 

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V01 de Verre > Elise Brignot vue par Tolmer

27 Mai 2010, 11:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Comment montrer la générosité profonde d’une vigneronne en phase avec sa nature de Mère Tolmer-Elise Brignot 003Terre ? C’est à cette question que s’est attaqué Tolmer, un grand artiste qui est en harmonie avec certains vignerons qui comme lui aiment la belle ouvrage et la sensibilité. Il préfère dessiner et peindre plutôt que parler de lui. Quant à Elise Brignot, sa discrétion dépasse celle de l’artiste, ce qui n’est pas peu dire. Plutôt que de parler d’elle, Elise préfère vous faire goûter une de ses dernières cuvées.

 

Pour elle, Tolmer a conçu un dessin remarquable. Il s’agissait pour Elise d’avoir une affiche par laquelle elle faisait savoir qu’elle recevait du monde chez elle. On la voit de face tenant 9 verres, cheveux au vent et visage non représenté à ses nombreux invités. Ils ont été nombreux à venir. Au menu, du vin, du cidre, de la bière avec des charcuteries, avec au centre Elise Brignot telle qu’en elle-même, généreuse et secrète.

 

Du côté des vins, il y a Olivier Lemasson, Ludovic Bonnelle et Christian  Venier, Stéphane Majeune,  Catherine et Gilles Vegé,  Jean-François Coutelou ; du côté du cidre normand, Cyril Zangs et pour la bière, la Brasserie de la Pigeonnelle, aElise Brignot-2007-Composition 2vec ses Loirette, avec des charcuteries de Jacky Gentilhomme.

 

Ca c’était pour 2006. En 2007, comme le dit avec humour Elise, ses cheveux avaient poussé ; normal, elle invitait plus de monde. Elle a alors 6 rangées de cheveux-noms au lieu de 4 de chaque côté la fois d’avant. Je ne vous dirai pas qui cette fois-ci. Il y en a de trop. Ce ne sont plus des verres que porte Elise, mais une bouteille qu’elle débouche avec un bon vieux tire-bouchon décapsuleur.  

 

En 2008, ils étaient encore plus nombreux. Cette fois-ci, même elle ne pouvait répondre à cette affluence. Elle a donc carrément ouvert les portes de son chai. Tolmer a alors fait une autre affiche pour elle : on la voit pousser les deux battants vers l’extérieur,  sur lesquels sont gravés les noms de ses invités. On ne voit pas plus son visage que la première fois : elle penche la tête.

 

Tolmer-L'Homme à l'échelle-Moulin PeylabrieUne sensibilité que Michel Tolmer comprend et partage. Pour sa part, il accepte d’être pris en photo mais en cachant ses yeux. Elodie, quant à elle, déteste vraiment ça qu’on comprend alors l’importance des dessins faits pour elle par Michel Tolmer.

 

Tous deux par contre aiment l’humour léger. C’est Tolmer bien sûr qui a créé sa signature graphique en inversant le E de son prénom par rapport au B de son nom. C’est lui aussi qui conçoit ses étiquettes sur des idées légères comme les bulles des pétillants naturels de la vigneronne. Ses premiers vins, des pétillants naturels, s‘appellent Zébulon et Chhhhh. Maintenant on trouve aussi  Oui mais non, Mon Loulou…, associés au verre, à la bouteille puis au chai qui s'ouvre.    

 

Pour suivre le chemin

. Elodie Brignot, vigneronne

http://www.lesvinsnaturels.org/spip.php?article299

. Tolmer, artiste

http://www.moulinpeylabrie.com/tolmer.php avec mes remerciements pour la photo de cette oeuvre de Tolmer peintre.

http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/regions/iledefrance/389__tolmer_vinimichel

relliste.htm

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