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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Dîner au Fifteen chez Jamie Oliver à Amsterdam

29 Mars 2010, 16:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Jamie Oliver

Commençons par Jamie Oliver. Il est un cuisinier touche à tout, inclassable selon nos standards franco-français. Pour lui, la cuisine est  un moteur formidable pour faire bouger la société. Il a des idées, beaucoup d’énergie et est un très bon communiquant. Il sait tout Amsterdam, quai Java Eiland, vue du Fifteenfaire devant la caméra ou face à des journalistes. Il  a aussi plein d’idées pour améliorer les menus des cantines scolaires ou motiver des  jeunes non insérés dans la société.

 

En résumé Jamie est un Anglais, passionné de cuisine, qui anime ses émissions de télévision, écrit des livres de cuisine, qui a créé et gère une chaîne de restaurants à son nom et qui a décidé de changer les choses. Le marketing n’a pas de secret pour lui. Son nom est une marque, qu’il utilise à bon escient, à son profit, avec toujours chez lui une vraie dimension sociale.  

Les Fifteen

C’est son chiffre fétiche. Les 15 forment une équipe Amsterdam, Fifteen, serveur, 1 des 15de jeunes qui prend en charge le restaurant, partie en cuisine et les autres en salle et /ou au bar. Ils ont été sélectionnés par un jury présidé par Jamie essentiellement sur leur motivation à relever un sacré challenge :  gérer un restaurant de 250 couverts, pouvant accueillir 500 personnes debout pour un cocktail.

Jamie offre à ces jeunes sans formation ni emploi ni espoir de s’en sortir une formation et une expérience professionnelle. Les Fifteen s’engagent pour leur part à devenir aussi professionnels que des pros. Si non, ils portent tort à l’équipe, au restaurant et à Jamie Oliver qui s’engage sur son nom. A la fin de leur contrat et s’ils ont satisfait à toutes les conditions, ils reçoivent un diplôme. 75% d’entre eux continuent à travailler chez Jamie.  

Le Fifteen d’Amsterdam 

Depuis 2004, date de la création du restaurant à Amsterdam, on compte 50 diplômés, avec une nette sur-représentation masculine. L’endroit est bien choisi, sur les quais d’Amsterdam au nord de la ville, dans un quartier entièrement réhabilité. Le fond de la grande salle couverte de tôle ondulée reproduit un mur taggué, de l’Art Street  pour vous mettre dans l’ambiance.  

La cuisine

Hors de la cuisine italienne, point de salut. Tout ici est si italien qu’il faudrait un double Amsterdam, Fifteen, vue sur l'assiettedictionnaire de cuisine italienne traduite en français pour comprendre. Mais comme l’annonce la carte, tout est frais, régional et à base d’ « sustainable produced ingredients ».   Les prix n’ont pas vraiment de caractère social : disons le franchement, c’est cher.

 

Pour 3 E, vous aurez le pain, du « Stone baked sourdough bread from Remco’s Bakery served wih our very own extra-virgin olive oil from Sicily ». Ou des “Oven roasted Nicola Potatoe with sea salt and rosemary”. Peut être est-il possible de ne commander que cela ? Le vin forcément italien n’est pas indiqué, ni le prix du café. La carafe d’eau est très design : pleine ou vide, elle coûte 9,50!

 

Pour 46 E, vAmsterdam, vue sur la salleous aurez le choix entre un des 3 Antipasti (9,50), un des 3 First (qui pour vous sera un « Second ») à 12E, un des 4 Main (19,50E) et  des 2 desserts (6E). Pour comprendre la carte qui est en anglais pour tout le monde, il n'y a que deux possibilités, soit se faire expliquer ce que vous aurez dans l'assiette par une des 15, soit acheter au préalable le livre de Jamie sur la cuisine italienne: Jamie's Italy (32,50E).   

La salle

La salle n’était pas pleine, il s’en fallait, mais quand même bien remplie, avec des Néerlandais, sans touristes rares en hiver. Visiblement les gens étaient contents ; l’attente entre les plats ne les gênait pas. La diversité était grande avec des jeunes assemblés en grande tablée, des couples, des familles. Ils semblaient très sensibles au fait que les serveurs venaient longuement leur parler en leur présentant les plats. 

 

Pour suivre le chemin

www.fifteen.nl                         www.fifteen.net                           www.facebook.com

Photos EP

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B03 > comme Bouteille > comme Bouchon > Les 5

25 Mars 2010, 12:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une formidable publicité

C’est une de celles que je placerais dans le trio de tête, le quintet serait plus juste, si je Pub Le Club des Cinqdevais faire un classement, ce que je ne ferai jamais bien sûr. Une publicité que je garde sous le coude depuis quelques années, une de celles dont je sais qu’un jour j’en ferais un billet, en écartant les autres avec agacement. Chaque sujet arrive ainsi à pousser les autres quand son temps est venu. Bien sûr aussi, il m’arrive parfois bêtement de faire des listes des sujets prioritaires, listes que j’égare et que j’oublie avec une facilité révélatrice. Mieux vaut laisser le désordre exprimer sa créativité. 

 

Vous dire tout cela pour parler de l’ordre ? Oui, c’était nécessaire.

 
Le désordre, l’absence d’ordre et l’ordre

Il vaudrait mieux dire que c’est l’absence totale de désordre qui prime dans ce visuel, après même la couleur orange si évidente, si adaptée  qu’elle fait corps avec la composition. D’un grand cylindre orange, vous faites une tour. A la base, en guise de fondations, vous  placez les 5 piliers que forment les 5 bouteilles toutes droites, toutes bordelaises, ça tombe bien, elles le sont toutes, toutes noires mais sans qu’aucune ne ressemble à une autre bien sûr.

 

A bonne distance au-dessus, à plus d'une hauteur de bouteille ou d’homme si vous préférez, vous placez 5 et + vignerons, alignés face à vous, le long d’une ligne tracée au sol que vous ne voyez pas puisqu’il n’y a pas ni plan ni perspective. N’oubliez pas que nous sommes en a-pesanteur   dans un univers cylindrique orange. Ces vignerons sont placés très exactement au-dessus de la bouteille ouverte, chacun dans l’axe de sa bouteille, celle qu’il ou elle a sélectionnée pour ce visuel. C’est à ce moment seulement qu’on comprend l’objectif du visuel qui est de promouvoir une démarche commune entre des grands propriétaires de grands crus issus de grands terroirs.

 

Le grand, l’exception, l’excellence

On ne dit pas un grand terroir, on dit un terroir d’exception. C’est une évidence que vous rappellent les mots qui figurent en haut droit du visuel :


Collection de Crus par Les 5

5 Grands Crus

5 Familles

5 terroirs d’Exception

     Une Passion partagée, l’Excellence

 

La ligne et la posture

Elle est une des composantes structurantes du visuel au même titre que le concept et la couleur. Elle part du bas et file vers le haut, en commençant par la bouteille en faisant un arrêt sur l’étiquette, elle se poursuit par le nom du vigneron et l’adresse e’mail des domaines de très haut prestige. Elle continue en faisant cette fois-ci un arrêt sur l’image de ces êtres d’exception qui ne sont pas cinq mais 6. Il y en a deux qui sont mariés, qui ne comptent donc que pour un. C’est beau l’amour dans le monde du vin. Ce sont ceux qui sont dos à dos en ne se touchant que par l’épaule face au regard, alors que les autres se présentent chacun à leur façon de face ou de biais, avec tous un jeu différencié du corps, des pieds et de la tête.

 

Les 5 Pub Le Club des Cinq

C’est étonnant de voir comment les allures parlent.  Dans la famille des 5, il y  a :

. à gauche Alfred Tesseron qui rit franchement en posant de biais, sa pochette blanche bien mise en valeur, il a les bras le log du  corps et rentre un peu la tête dans les épaules. On devine que poser devant l’appareil du photographe n’est pas sa tasse de thé mais qu’il joue le jeu loyalement ;

. suit Nicolas de Bailliencourt, plus relax, la tête un peu penchée vers sa gauche, les pieds un peu écartés, la jambe souple. Il est souriant, bouche fermée, le menton un peu en avant ;

. au centre Patrick Maroteaux, face à la l’appareil, en appui sur sa jambe droite, calme et puissant, la main gauche dans la poche, avec une interrogation dans le regard et un léger sourire ;

. ensuite en 4ème position, Florence et Daniel Cathiard. Elle est franchement ravie d’être là et le montre clairement. C’est la seule dont on voit bien la silhouette, les tailleurs femme étant autrement près du corps que les costumes d’homme. Son mari, au contraire, pose de façon très solennelle, dos droit, bras le long du corps, comme s’il voulait faire la moyenne avec sa femme ;

. à droite, Stephan von Neipperg, est le plus à l’aise, décontracté chic. Il est franchement de biais, sa main droite dans la poche. Il est aussi le plus jeune et le seul à porter moustache visiblement avec beaucoup de plaisir.   

 
Le troisième étage de la fusée et l’étoile

Vous aviez compris que ce grand cylindre orange était en fait une fusée qui s’élance victorieusement au ciel, boostée par tant d’énergie, d’intelligence des vignerons qui ont en commun l’excellence et de leurs grands crus issus de terroirs d’exception. Au-dessus des 5, une étoile brille plus que les 4 autres. Elle vous montre le chemin. Quant à savoir laquelle des Cinq Grands Crus, elle représente, il va vous falloir goûter dans de bonnes conditions ces vins de haute sélection.  


Le reflet et le raffinement   

Le reflet est très léger  et annonce la venue d’un événement. On le voit en dessous des bouteilles, en dessous des vignerons pour faire la transition entre deux univers, celui du vin et celui des hommes et des femmes du vin, comme un trait d’union. J’y vois une marque de raffinement dans une composition apparemment simple, qui est en fait très travaillé. C’est la marque de bons professionnels qui ont aussi le sens de l'humour. Ceux-ci s’appellent Parker et Parker (= comme le célèbre gourou américain très connu et consulté dans le vignoble bordelais). C’est une agence de communication globale implantée à Bordeaux et  à Paris. Dans leur site, l’agence présente  un  autre visuel qui n’a pas du être retenu par Les 5.  

Les vins choisis par Les 5

Ce sont dans l’ordre du visuel :

. à Pauillac, le Château Pontet-Canet choisi par Alfred Tesseron, www.pontet-canet.com

. à Pomerol, le Château Gazin pour Nicolas de Bailliancourt, www.gazin.com

. à Saint-Julien, le Château Branaire pour Patrick Maroteaux, www.branaire.com

. en Pessac-Léognan, le Château Smith-Haut Laffite par Florence Cathiard, www.smith-haut-laffite.com

. à Saint-Emilion, le Château Canon-La Gaffelière pour Stefan de Neipperg, www.neipperg.com. 
  
Le groupement
L'emplacement de cette étoile, à mon avis complètement inutile et qui banalise la composition, est source d'interrogation: l'étoile n'est centrée; elle chapeaute les têtes des Cathiard et du Comte. Ce n'est peut être pas un hasard. Ce sont eux en effet qui ont eu l'idée il y a plus de 18 ans de constituer un groupement informel de propotion de leurs vins.   

Et le bouchon est ?

And the winner is?

Ce sont évidemment ceux qui vous présentent leur vin; ils en sont les géniteurs et sont au plus prés du vin dans la bouteille. la preuve, ils font corps avec lui en préservant ses arômes et ses qualités au fil du temps.  
                                                                  Bordeaux- Les-5
Pour suivre le chemin

. Découvrir l’agence pionnière en communication globale sur http://www.parkeretparker.fr/

Photo du visuel EP dans Le Monde2, 13.09.2008, n° 2 Agence

. Voir le visuel n° 2 sur le  site de l’agence, pour voir la différence d’ambiance, beaucoup plus 'fun' et sans que ni les vins ni les hommes et la femme fassent corps. A remarquer aussi tout de suite: les bouteilles dominent. 
. Sur le groupement, lire l'article de Christian Flacelière dans le Figaro 18-09-2008.
. Lire les deux autres billets sur la bouteille sur ce blog: 
B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde 
B01 > comme Bouteille > comme Bougie                 

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Une île en Loire, bleu sur bleu sur vert, loin de la ville

24 Mars 2010, 16:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est une de ces photos que vous prenez sans que vous puissiez vous douter qu’elle fera partie d’une très petite minorité, celles qui auront l’honneur de vous servir de fond d’écran. Pourquoi vous plait-elle tant ? Difficile à dire, mais je vais essayer quand même. 

 

Vous remarquez mes précautions oratoires. Je n’ai pas indiqué le lieu, la Loire c’est plus de 1 000km de long. Son bassin versant couvre le 1/5 de la France. Rien que cette information me fait rêver. Des îles, il y en a tant et plus qu’on pourrait en faire un agenda annuel en en choisissant une par jour. Imaginez ce voyage, chaque matin, après un solide petit déjeuner chaud, vous démontez le camp de base, pliez la tente et rangez le matelas pneumatique, le sac de couchage, la pompe, les quelques vêtements, le précieux poncho qui vous abrite de la pluie et du vent, vous calez-le tout dans le canoë forcément canadien et vous vous donnez le départ quand vous êtes prêt. Top, c’est bon, quelques coups de pagaie plus tard, vous arrivez. Le plus dur n’est pas fait. Bien sûr, vous évitez de vous placer près des maisons quand il y en a, des ponts qui vous gâchent le plaisir de jouer les Robinson et de retrouver le goût de nature, des poteaux qui nuisent à la beauté du paysage, des clôtures avec du fil de fer barbelé qui vous déchirent le mollet.

 

Ces obstacles franchis, il vous faut trouver le bon endroit. C’est là où le retour à la nature a ses limites. Il faut que le sol soit propre, sec, dégagé, plein soleil à midi, hors saison. Après avoir caché votre canoë, vous partez en recherche. Le bord de Loire, non, c’est un peu sale avec des débris de végétaux enrichis de plastique, le champ de terre labourée, non plus, la prairie encore mouillée de la dernière crue non, le coin où les vaches viennent boire, encore non…Plus loin, un bouquet de grands peupliers, ah, vous le sentez, oui, c’est bon. C’est là que vous allez vous installer.

 

 

Véranda d'une caravane, Loire


Vous avancez et voici ce que vous découvrez une ancienne installation de campeurs-caravaniers exposée plein sud. La caravane n’est plus là depuis longtemps. Il reste une véranda délicate avec une porte avec un arrondi en partie haute, des fenêtres qui devaient s’ouvrir largement pour accueillir la fraîcheur en plein été, des placards qui n'attendant qu'un pull-over à ranger. Les couleurs ont été choisies avec beaucoup d’amour : le bleu des parois renvoie au ciel d’hiver, le vert éclate en particulier celui du lierre qui forme un arbuste autour d’un peuplier, des yuccas à feuilles fines du Mexique prospèrent le long du chemin. La végétation a tout envahi et cache les clôtures qui demeurent bien fermes. Nul vandalisme n’a abîmé le site. Il suffirait de si peu de choses pour  réveiller cette maison végétale. C’est ce qui étonne le plus : la nature n’a évidemment plus été entretenue depuis longtemps et pourtant il y un réel équilibre. 

Votre décision est prise; vous vous poserez près de cette ancienne habitation de loisir qui retourne au cycle végétal, mais pas dedans pour ne pas troubler cet endroit protégé qui a du être conçu et entretenu pendant longtemps par des gens qui ont aimé cet endroit. Ce sont eux qui ont planté ces yuccas dont on retrouve des "emprunts" qui ont pris racine  un peu plus loin près de maisons le long du pont.  

  Véranda d'une caravane, Loire

Pas loin de cet endroit, on découvre alors d’autres caravanes ; l’une est restée pour l’hiver, malgré l’interdiction réglementaire qui oblige les propriétaires a les faire hiverner dans un lieu approprié. D’autres installations proches demeurent, les caravanes ayant été cette fois-ci enlevées. Il reste sur place des annexes fixes pour les toilettes, des jeux pour les enfants, une plate-forme surélevée en parpaing pour échapper aux inondations... Tout est propre, en attendant la prochaine crue qui verra cette partie de l’île dans l’eau, la chaleur et le charme de la vieille maison en moins.         

 

Pour suivre le chemin

. Lisez les aventures de Jean-Lucien et de Patricia dans leur descente de Loire en mai 2009 , de Roannes à Nantes, avec de belles photos, dans http://www.teknilub.com/laloireenmai/

. Photos EP prises un jour d'hiver 2009, vers 15 h

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B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde

23 Mars 2010, 11:29am

Publié par Elisabeth Poulain

B02 parce que c’est le second billet consacré à la bouteille. Le reste, pas besoin de le traduire, cette marque de Scotch Whisky est la plus connue au monde. Elle obtient les premiers prix dans tous les concours de spiritueux. Dans la publicité que j’ai sous les yeux, elle a eu la médaille d’or à l’International Spirits Challenge de 2008. Pour 2009, je n’en sais rien. Mais parlons peu, parlons pub.

 

Label 5-La VilleLa bouteille d’abord.

Elle est très compliquée : pas de forme apparemment simple pour elle. On distingue bien une forme rectangulaire adoucie par des décrochés devant-derrière de façon à faire ressortir un avant-corps sur lequel va se détacher l’étiquette qui occupe quasiment toute la surface utile. Ces décrochés ont évidemment un objectif ; ils ont pour fonction d’arrondir les angles, pour faire ressortir le boisé du scotch whisky et pour accrocher la lumière dont la diffraction va iriser la chaude couleur de ce whisky.  Ne cherchez pas le simple avec Label 5. 

 

Vous allez retrouver la douceur dans un certain arrondi des épaules, suffisamment carré pour évoquer la virilité, suffisamment doux à l’œil pour suggérer la rondeur du goût en bouche.  A chaque fois, pour chaque point de la bouteille et de son habillage, il y aura toujours un jeu pour dire et affiner la réponse, en allant chercher encore un troisième élément et plus encore pour densifier, charger, surcharger encore. La devise pourrait être plus, toujours plus, encore plus.   

La couleur

Outre la forme, ce qui ressort au moins autant et en même temps, c’est la couleur du scotch. C’est certainement là que se trouve une des explications du choix du design de la bouteille. Une couleur d’or, avec de profondes variations de couleur de l’or :

. or claire presque blanc sous la lumière du projecteur au-dessus de l’étiquette,

. or de plein soleil là où se trouve le rayon du projecteur en arrière,

. or ambré sur les côtés en bas, or pailleté dans les reliefs des blasons qui ressortent en relief sur la gorge de la bouteille et sur le côté gauche,

. or jaillissant dés lors que la capsule de couleur noire saute, comme un bouchon de champagne et que le verre s’approche… 

L’étiquette

Elle confère du poids à la bouteille. De couleur noire, Label 5sa forme rectangulaire aux coins coupés est enrichie au dessus d’un demi-cercle saillant qui répond aux arrondis des épaules doublés par la forme arrondie saillante, soit cinq arrondis juste dans cette partie focale de la bouteille entre col et corps. C’est elle dont dépend tout l’équilibre de la structure. C’est le blanc qui se détache sur le noir avec de l’or bien sûr encore dans le double encadré blanc qui forme bordure en encadrant le liseré blanc haché de petits traits pour conduire le regard vers l’intérieur. Le blanc et l’or ne sauraient suffire pour dynamiser tant de sophistication. Le rouge entre alors en scène de façon très mesurée, un peu de rouge dans le blason, dans la signature en bas de l’étiquette et surtout dans le halo qui entoure le 5 du Label 5. 

La question de la valorisation
Elle se pose toujours mais dans ce cas, la question est d’autant plus pressante, que la bouteille parle déjà tellement que tout décor en arrière risquerait de lui porter tort ou d’entrer en concurrence. Que faire quand vous êtes une marque mondiale (world brand) et que vous communiquez en tant que tel ? Votre prééminence ne se discute pas : quand vous arrivez, les autres s’effacent.  Il  ne reste qu’à poser la bouteille à la hauteur du symbole de la réussite humaine, le gratte-ciel, celui dont le prestige est tel qu’il est adopté dans le monde entier, à choisir évidemment la nuit quand les chats sont gris et qu’on peut boire de l’alcool à 40°. C’est fou comme ce mythe de la réussite américaine continue à s’imposer avec une force d’évidence dans le monde entier, malgré le 11 Septembre, malgré le développement durable. Malgré ou à cause ? La question se pose. Regardez les publicités pour les voitures de luxe, les montres… C’est fascinant.   

La ville contemporaine
Un immeuble, fusse-t-il un gratte-ciel, serait insuffisant pour exprimer la puissance une marque mondiale. Il lui faut carrément une ville. New York vient tout de suite à l’idée mais tournez la tête, regardez vers la Chine et l’Asie, l’effet sera encore plus impressionnant tant nos esprits restent encore calés sur des images stéréotypées. La ville parce que c’est là que siège la puissance au maximum de concentration. Une bouteille à elle seule se cale en confrontation quasiment naturelle avec une ville symbole du pouvoir et de la richesse. Et tout ça en buvant du scotch whisky. Formidable, non ! 

Elle est vivante, chaude, attirante. L’autre est blanche, froide, dans le noir de la nuit. Les formes sont toutes érigées, dressées vers le ciel. Elles donnent accès à un savoir, un pouvoir aussi mystérieux que le monde. Ce n’est pas un hasard si cette  vision de la ville attire autant. Elle est le symbole de l’arrogance de la réussite, que l’on soit en Occident ou en Orient. Impossible de dire où vous êtes quand vous contemplez au loin les lumières de la ville. Elle crée son propre monde, sa propre fascination pour elle-même.

Label 5

 

La bouteille, la ville, le monde 

Vous comprenez alors que ce visuel ne peut être que l’annonce de la seconde séquence de ce Label 5. Vous le découvrirez sur le site de la marque. Les lumières sont remplacées par le tracé des continents qui clignotent en blanc sur fond noir. Curieusement, la magie opère toujours mais plus aussi bien.

 

Quant à la fin de l'histoire, quand le monde explose au moment ou verre et bouteille se rencontrent... 

. Pour suivre le chemin
Plus d’infos sur www.label-5.com
International sur
Drinkswww.drinksint.com 
. Voir aussi le 1er billet sur la bouteille sur ce blog B01 > comme Bouteille > comme Bougie     et le n° 3 B02 > comme Bouteille > comme Bouchon > Les 5        

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Le Monde > La Pub en mutation ou disparition > Les effets

19 Mars 2010, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Parler de disparition de la publicité au moment où elle a envahi quasiment tous les secteurs de notre vie montre un certain goût pour la provocation. Il serait plus exact de dire qu’on assiste actuellement à une disparition certaine d’une certaine pub à laquelle nous étions habitués. Une disparition si visible qu’elle interpelle et pose question dans la presse quotidienne car le monde de la pub est en mutation.  

 

La presse depuis des décades trouve son équilibre financier dans la pub au point qu’ont été créés les gratuits dont les seules ressources proviennent des annonceurs. Tous les quotidiens sont affectés par la raréfaction de la demande en provenance des annonceurs, au moment où les Blog 2010.02.24 035frais généraux sont à la hausse et où les rentrées financières découlant de l’activité presse – ventes au numéro et abonnements - d’un groupe de presse diminuent du fait de la concurrence du Net. Tous ces facteurs se conjuguent et se traduisent par une poussée à la hausse du prix du journal, au moment où les ventes diminuent et diminuent d’autant plus que la concurrence est forte.

 

La moindre présence publicitaire

Elle se traduit d’abord par un allègement de la pagination du journal. On trouve dans Le Monde de pleines pages sans encart publicitaire. C’est d’autant plus frappant que par économie aussi, il y a moins de photos dont il faut rémunérer les droits de reproduction.

 

Quelques effets quantitatifs

On trouve dorénavant :

. des pages entières sans aucune publicité, pour un ratio de 50% du journal, avec 13 pages sans pub sur 27 dans Le Monde 16 mars 2010 ou 33% avec 9 pages sur 27 le jour suivant,

. le recours de plus en plus fréquent à des pleines pages pour une seule pub, qui ne présentent d’autres justifications que leur rôle de mangeurs d’espace non sans conséquence sur le sens du visuel, comme on va le voir ci-dessous ; 

. la multiplication de l’auto-publicité faite par Le Monde pour le Monde, placée souvent en pages paires plus difficiles à vendre que les pages impaires : dans Le Monde 16.03.2010 en page 8, encart pour une émission d’Olivier Edmond sur France Info avec Le Monde ; en page 14 un jeu à indices du Monde, en page 24 une invitation Le Monde pour le Mondial du Tourisme, en page 27 un grand encart pour un concours à un jeu Le Monde. Le jour suivant, c’est au tour du catalogue du Monde Voyages et un encart format ½ page en dernière page sur la progression du nombre de lecteurs en 2009 : + 2, 9%, comme le signale un communiqué d’Audipress sur les scores de la PQN. C’est une pub du Monde Publicités.

 

Les effets sur les photos et les cartes

La diminution de la publicité entraîne corrélativement une Blog 2010.02.24 034diminution du nombre des photos (12 photos tous formats pour 26 pages) et un accroissement du nombre des cartes et tableaux (5) moins onéreuses à faire et sans droits à payer : dans LM 17.03. 2010, la carte du Nigéria, de la France des grands dossiers qui fâchent pour les élections, un plan du centre de rétention à Roissy, un camembert sur les parts de marché des moteurs de recherche, un classement des pays corrompus…On en arrive à un point où cette carte, ce plan va avoir pour fonction d’ animer et d’aérer la page en lieu et place de la publicité absente. 

 

Quelques effets de fond

La non-justification de la pleine page

Il s’agit d’abord de la multiplication du format pleine page de publicité sans autre justification que la place disponible, soit 3 pages sur les 27, sans innovation particulière de présentation, si ce n’est le 11è épisode du Think IBM sur les villes intelligentes ; quant aux deux autres, l’assurance vie de la CNP VIE, elle ressemble volontairement à une publicité de 1970 type album de famille et celle du pack SFR est un travail maison sans aucune création publicitaire qui cherche à rappeler une page du journal.

 

Cette extension de la surface de l’encart interroge sur le sens de la publicité conçue pour un encart ¼ de page ou ½ page mais pas plus. La pleine page Ralph Lauren d’homme en costume noir à double rayure crème, cravate fleurie noire, rose et blanche, yeux bleus et lèvres rosées, n’apporte rien en ce format, si ce n’est à s’interroger sur sa présence en première partie du journal, dans la rubrique Planète, plus valorisante que certaines pages ultérieures. La pleine page confère à l’encart visuel une présence trop forte.  C’est bien l’objectif de cette publicité faite maison par le service Communication de Ralph Lauren. On la verrait bien dans le supplément Luxe des Echos. Elle est dans Le Monde en page 5, avec en page 4 de l’autre coté une photo d’Anna Karl/Documentography, où l’on voit un bébé posé dans un lange sur le cercueil de sa mère qui vient de mourir en couche.       

Blog 2010.02.24 036 

Le séquençage de la pub

Le choix de la pleine page pose visiblement problème quand la publicité n’est ni créative, ni originale, ni visuellement très intéressante. Il n’est pas sûre que le grand format soit toujours adapté à l’absence de texte. Le regard est habitué à un certain format de journal. Y déroger doit avoir un sens. Quand on

ne peut ni ne veut l’utiliser, une des solutions offertes est de séquencer la publicité en créant un effet « série » qui oblige le lecteur à feuilleter le journal. La publicité va se décliner alors sur plusieurs pages. Black Berry vient ainsi de sortir deux nouveaux visuels qui se suivent en ½ page, positionnement du bas et en pages 5 et 7 ( page impaire, les meilleurs) du début du Monde partie Internationale (17.03). Cette séquence double est une création Leo Burnett qui a intitulé Love what you do Black Berry en déclinaison de ce qu’est l’amour : 1er visuel « J’aime ‘bien’ ne suffit pas » en noir-orange-rose  et 2 visuel « Aimer vibrer » en noir-vert-bleu. 

 

Les fausses bonnes idées

Encore faut-il ne pas trop en faire dans ce séquençage et garder l’esprit clair. Il ne suffit pas non plus de recourir  à de grandes agences, comme Publicis, pour gagner à coup sûr même quand on fait de la pub pour soi dans son propre journal pour Le Mensuel, chaque mois les meilleurs articles du Monde. Dans le n° du 5 février dernier, quatre visuels conçus de la même façon ont pour objet de créer l’événement en provoquant la curiosité pour ce nouvel avatar du journal, ce que fait Courrier International avec certains organes de presse à l’étranger.

 

Il s’agit de faire ressortir les 4 caractéristiques suivantes : crème (de l’information), concentré (d’information), longue conservation (d’information) et nectar (d’information).  Visuellement, ces quatre termes vont être associés à un pot de crème de beauté, du lait concentré, une brique de lait longue conservation et du café le Monde nectar. La photo sera toujours du noir pour le fond et blanc pour le pot, le tube, la brique et le sachet de café. Ce qui revient à associer le plus bas niveau visuel de packaging « premier prix » à l’information de référence qui se veut de qualité. Et c’est Publicis qui fait ça et Le Mensuel/Le Monde client qui valide. 

 

Le pire en matière de pub n’est jamais loin. En matière de Blog 2010.02.24 036séquençage,  vous vous appelez Air France et vous faites une pub ½ page (BETC Euro RSCG) sur fond bleu ciel d’un avion en page 9 du Monde et en page 11 vous trouvez une pub bleue ciel aussi un peu plus petite et en verticale pour Iberia. Vous voyez la seconde car la première a éveillé votre attention.          

 

Le retour à des pubs très Ier degré

Comme je l’ai déjà signalé pour la pub d’assurance vie, un autre effet de cet effacement d’une pub qui avait aussi pour fonction d’animer visuellement un quotidien est le recours de plus en plus fréquent à des créations maisons, sans recours  à des agences de publicités dont les coûts ne sont pas ou plus forcément accessibles à tous les annonceurs. J’emploie ce terme d’accessible volontairement puisque c’est l’accroche choisie par Honda pour vendre sa Inside Hybrid à 16 990 Eur où l’on voit le modèle, couleur blanche, sur fond bleu clair avec, comme seule originalité, le choix de la couleur rouge pour le & d’Honda & l’automobile, accessible et le prix, la couleur bleue pour la date et l’adresse du site. On se croirait revenu dans les années 1960 quand les constructeurs prenaient comme base de leur publicité leurs fiches produit. 

 

Pour suivre le chemin

. Le Mensuel sur www.mondepub.fr

. Billet à venir sur quelques causes de cette évolution de la pub

. Photos EP des 4 visuels pour Le Mensuel dans le n° du Monde du 05.02.10.              

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Concevoir la ville autrement par Alexandre Chemetoff

17 Mars 2010, 18:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Alexandre Chemetoff  parle de la ville autrement placée en sous-titre du Plan Guide ou la ville autrement. Le titre que j’ai choisi est évidemment réducteur par rapport à sa Alexandre Chemetoff, la Maison de l'avocatpensée ; il a toutefois le mérite de montrer comment la vision d’un chercheur humaniste à large champ de compétences redonne du sens à ce qui fait de nous des citoyens, ceux qui appartiennent à la cité.

 
L’imbrication des compétences

C’est à la maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage d’Angers (49) que j’ai eu le plaisir d’écouter ce penseur proche du terrain développer sa pensée. Pour mieux comprendre l’originalité de sa démarche, il est nécessaire de rappeler quelques éléments de son parcours. Il est paysagiste de formation, c’est dire qu’il a par choix premier décider de rechercher ce qui fait l’essence d’un paysage en tant que résultante d’un ensemble formidable de décisions innombrables volontaires tout autant qu’invisibles prises par une multitude d’acteurs. Sa capacité à voir et à analyser le global l’a porté très vite à travailler sur la place, le rôle et la forme de la ville, pièce maîtresse d’un  paysage  cette fois-ci urbain. Il réalise alors plusieurs grandes opérations en tant qu’urbaniste. Qui dit ville pense aussi habitat, Alexandre Chemetoff  est alors devenu architecte. Cette poly-compétence imbriquée entre le végétal, la rue, l’immeuble, est une conséquence de sa volonté de placer l’humain au cœur du projet urbain.

 
L’affinement du projet en phase active  

Pour comprendre cette vision nouvelle de repenser la ville, ce praticien chercheur revendique la capacité d’apprendre par l’action. Au départ d’un projet, il y a une idée maîtresse parfois dissimulée, parfois clairement si évidente qu’elle en devient  invisible. A lui et à son équipe hyper-réactive d’élaborer ce qu’il appelle un plan-guide. Plan car en tant qu’architecte-urbaniste, il ne saurait s’en passer comme  une des représentations papier en deux dimensions. Guide car ce plan va se modifier au fil du développement du projet du fait que chaque étape de réalisation modifie le projet et soulève de nouvelles problématiques quant à sa pertinence. Au fil du temps de réalisation, sa pensée, enrichie par l’équipe, produit de nouveaux éléments de réflexion et d’action. Le plan-guide montre la dimension  inter-active d’une opération lourde en terme d’enjeux, d’investissements et de durée. L’opération Ile de Nantes menée en grande proximité avec la municipalité montre bien l’action du temps sur un territoire impacté par un grand projet.


Le temps, le territoire et le projet

La prise en compte de ces trois éléments démontre clairement la nécessité de réadapter continuellement le projet pour tenir compte du changement. « On se doit de ré-interroger en 2006 un projet présenté en 2000. Les méthodes de travail s’appuient sur des certitudes qui sont remises en question par un autre regard et Alexandre Chemetoff, la Maison de l'avocatle regard change forcément puisque les choses ont changé. Ce qui était possible hier peut être impossible aujourd’hui…Le plan-guide est mis actuellement à toutes les sauces. Il a pour objectif de créer une relation concrète en rapprochant le projet de la perception ». Cette volonté d’adaptabilité et de déclinabilité du projet est au coeur  du projet urbain qui se situe toujours entre un état des lieux qui change et ce à quoi on aspire. La maison de l'Avocat (ci-contre) est un bon exemple de la ré-utilisation d'un bâtiment industriel existant.  


Le changement

Une des conséquences de cette nécessaire souplesse d’une grande opération, comme l’Ile de Nantes, est la volonté d’associer le public et d’en favoriser l’accessibilité. En 10 ans, la connaissance de l’état des lieux s’est considérablement affinée. "La volonté d’associer les habitants et ceux qui étaient intéressés a permis d’aller au-delà ce nous pensions pouvoir aller. Grâce à ces échanges, on a pu recréer une réalité plus riche que ce qui était prévu au départ. Il s’agit d’un enjeu démocratique que de réfléchir ensemble aux énormes potentialités de la ville du changement. C’est vrai le changement inquiète car  on sait qu’on va perdre quelque chose à laquelle on est attaché : travailler sur le changement conduit à l’accepter ». 

 
L’identité profonde de la ville

Sur le site des anciens chantiers navals, il a fallu retrouver ce qui faisait sens. A son arrivée la majeure partie du site placée à la pointe ouest de l’Ile était recouverte d’une pelouse qui était en fait un cache-misère. « Après avoir gratté la pelouse, nous avons pu retrouver le béton porteur de mémoire et qui avait un sens... Le travail ultérieur a consisté à intégrer ces traces dans le jardin très minéral et sans arrosage que nous avons conçu. Il n’était pas question de poser par-dessus un jardin classique, cela n’aurait pas eu de sens. Nous en avons fait un jardin de promenade, où l’on peut admirer les cales de lancement, où on a ensuite récupéré sur place des pavés  qui ont été placés sur un lit de sable, comme ce qui se faisait avant. Nous avons été aux Pays-Bas, avec Jean-Marc Ayrault pour voir ça et nous avons pris du sable de Loire, bien sûr … ». 


La co-existence des différentes parties d’une ville

C’est une des réponses à la nécessité de changement de la ville. Une des façons d’arriver à ce résultat est de partir de l’existant, en récupérant par exemple les armatures anciennes sans toucher au nivellement de la place, pour tirer avantage de ce qui a été fait. C’est ce que Alexandre Chemetoff a fait à Nantes avec les Halles Alstom,  pour la Place de la République à Paris où il a « dépensé moins d’argent que prévu au budget pour en faire plus ». Le même principe a été choisi à Grenoble pour « modifier totalement un échangeur fait pour accueillir les JO pour adapter la ville à l’automobile. C’était l’époque des 30 Glorieuses. C’est devenu maintenant un parc paysager. Il a fallu explique l’architecte-urbaniste très peu de choses pour transformer complètement cet endroit qui était entièrement dédié à la voiture.


La rémunération de l’architecte

Alexandre Chemetoff, la Ville autrement:Bien sûr, ajoute-t-il le fait de rémunérer l’architecte au % de dépenses est complètement pervers. C’est celui qui va être le plus dans le sens du développement durable qui va être pénalisé. Il faudrait pouvoir payer en fonction de la matière grise injectée dans le projet. A Nantes, comme à Grenoble, il y a eu 0 Euro de dépassement. C’est une question à débattre avec le service Communication d’une ville que l’argent qu’il était prêt à verser en plus soit converti en animation jeux pour les enfants. On a fait venir les enfants dans le parc pour tester les lieux et les types de jeux pendant tout un été. C’est que nous avons fait à Grenoble. Le regard en a été complètement modifié : avec les enfants, on est tout de suite plongé dans la réalité. Tout le monde disait que c’était impossible de transformer un échangeur en parc, l’échangeur était inscrit dans la mémoire des gens…

 
La réponse à une question de la salle comble pour finir

Quel est le conseil que vous pourriez donner aux habitants en matière de PLU ? Sa réponse a été la suivante : « A Nantes, on a construit 450 000m2 sans attendre le PLU. L’avantage est que les gens voient comment cela se passe. Ils peuvent se l’approprier. Si j’avais un conseil à donner en matière de PLU c’est celui-là : voyez comment cela se passe sur le terrain, soyez associé aux projets ».  

 
Pour suivre le chemin

Alexandre Chemetoff a présenté aussi beaucoup de photos pour montrer comment la réalité du terrain enrichit et vitalise le projet. Cette réflexion à haute voix d’un homme en marche a été un grand moment pour ceux qui, comme moi, ont pu assister à cette conférence. La dimension de partage et d’échanges est toujours présente chez Alexandre Chemetoff. On l’a vu avec cette histoire des enfants qui sont devenus des acteurs majeurs du projet de Grenoble. L’acceptation du changement s’est fait avec enthousiasme par les enfants. On l’a vu cette fois aussi à Nantes en photos où l’architecte a imposé la création de grandes séances de travail avec plusieurs centaines de citoyens qui réfléchissaient autour de grandes tables carrées (9 personnes) sur un thème. Chaque tablée s’est emparée des sujets avec une passion et une rigueur impressionnantes.

 

Mais je ne peux plus vous citer les mots exacts : mes deux crayons avaient lâché prises.      

  

. http://www.iledenantes.com/docs/pdf/plan_sitedeschantiers.jpg

. Voir le document réalisé lors d’un colloque sur les friches et le projet de  l’Ile de Nantes

www.nantesmetropole.fr/.../com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?...  

 

. Photos EP pendant la conférence du 18.02.2010 à la MATP d’Angers.       

.

 

 

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Les 5 visages des Ballandors-Wilk-Tatin de Quincy

14 Mars 2010, 17:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Blog 2010.03.14 078Pour donner le sens

Je commence par la terre d’abord. C’est logique quand on parle de vin. Il s’agit du vignoble et des vins de Quincy, la première AOC à avoir été reconnue le 6 août 1936, la même année que Vouvray et avant Sancerre quand même. Là-bas, on y connaît le vin depuis l’époque romaine, Quincy venant de Quintius, le nom du propriétaire romain d’un grand domaine. Cette présence latine va être présente tout au long de l’histoire que je vais vous raconter ou presque.   

Une histoire de Tatin

Tatin ensuite. Je vous connais vous allez dire les sœurs Tatin. Ce n’est pas tout à fait ça et pourtant ce n’est pas faux. Vous n’avez pas oublié que nous sommes à Quincy et pas en Normandie. A Quincy,  il s’agit des trois soeurs Tatin, qui ont pour père Jean Tatin et pour mère Chantal Wilk.  Vous avez donc bien reconstitué le schéma. Il y a Jean et Chantal et leurs filles. Et tous sont vignerons, parce que les filles aussi ont leur domaine, qui s’appelle bien sûr le domaine des Sœurs Tatin mais qui est situé lui à Reuilly (AOC en 1937). Quant aux parents, tous deux ingénieurs agronomes, ils co-dirigent, en se répartissant les rôles, plusieurs domaines à Quincy. Je sais que c’est un peu compliqué mais il faut suivre. Quand on aime, on s’applique.    

Les Ballandors                                                                    

C’est le nom de leur principal domaine constitué en quatre parcelles, de quelques 9 ha au total, situées prés de Brinay, le village proche,. Pour des raisons de meilleure lisibilité, Jean et Chantal ont éprouvé le besoin de mettre de l’ordre dans les étiquettes des vins tous de Quincy, tous des Ballandors à l’exception d’un seul qui s’appelle Domaines Tatin au pluriel. Voilà pour les visages. Et cinq parce qu’il y a cinq étiquettes. 

  Blog 2010.03.14 077

Une histoire de rajeunissement

La question posée est fréquente dans un domaine que Jean et Chantal de retour à la terre ont créée il y a 20 ans et développé depuis. Au fil du temps et des choix d’étiquettes, il leur est apparu nécessaire de redonner du sens à chaque étiquette par rapport aux autres. Chacune en effet a son histoire et vieillit à sa façon. Le choix des deux vignerons a été de leur donner un air de famille et surtout pas de chercher à obtenir une parfaite uniformisation, comme pourrait le faire un négociant avec les vins d’une gamme par exemple. Pour les Quincy des Ballandors-Tatin, chaque vin doit garder sa typicité. Il s’ensuit que l’étiquette doit à la fois se singulariser et montrer son appartenance aux Ballandors  comme chaque membre d’une famille dans la famille.   

La typographie

Pour être dans l’air du temps, la première décision a été d’écrire Quincy de la même façon, en lettres majuscules, avec un jambage important pour la barre du Q et une accentuation de l’Y final.  

Le positionnement de Quincy

Trois étiquettes portent le Quincy en position verticale basse à droite qui oblige la tête à se pencher pour regarder du bas vers le haut : ce sont Bacchus 2008, Grain de Lune et Domaines Tatin. Il y a un vin millésimé, le vin réservé au circuit CHR et un vin d’assemblage qui utilise une dénomination nouvelle ‘Domaines Tatin’. Le plus ancien dans l’arbre généalogique des vins de Ballandors est le ‘Grain de Lune’, le ‘Domaines Tatin’ doit être une étiquette réservée à un distributeur qui a demandé une étiquette spéciale et ‘Bacchus 2008’ est une cuvée plus qualitative. Remarquons que les dénominations des cuvées ‘Grain de Lune’ et ‘Bacchus’  font référence l’une à la pâleur du grain de Sauvignon et l’autre au dieu latin du vin.   

Le format

Blog 2010.03.14 076Parallèlement le format et les dimensions ont été modifiés. Les étiquettes sont devenues quasiment carrées. Une seule forme un carré de 7 cm sur 7, c’est l’étiquette des Follets. Les autres sont soit des carrés avec un débord arrondi, comme pour Grain de Lune et Bacchus 2008 (7cm en largeur et 7,5cm en hauteur au centre du cercle), soit un rectangle de 8cm en largeur, de 7cm en hauteur et de 7,3cm dans le dépassement de la bande médiane).  

 

L’occupation de l’espace intérieur

Il vient d’être restreint pour éviter à l’œil de se disperser. Mais ce serait trop simple de s’arrêter là. Pour chaque étiquette et de façon différenciée, un assemblage de formes géographiques a été pratiqué.

 

. Grain de Lune et Bacchus ont un cercle positionné en partie inférieure gauche avec un double débordement sur le côté gauche et le côté inférieur. Bien que composées de la même façon, ces deux étiquettes en diffèrent néanmoins par l’encadré extérieur. Le trait d’or est épais et placé en bordure pour Grain de Lune, il est fin et distant de 3 millimètres. Grain de Lune en plus a un grain qui déborde.

 

. Domaines Tatin est irrégulièrement carrée. Seule en effet la partie imagée de l’étiquette qui est renforcée d’une bordure dorée externe confère à l’étiquette sa dimension carrée (7,3cm x 7,3). Dans le reste de l’étiquette, la partie blanche inférieure et celle qui porte l’appellation Quincy en verticale  à droite et Tatin en haut ne font que 7cm. Il s’agit cette fois-ci d’une superposition partielle de deux carrés l’un sur l’autre, la fresque colorée l’emportant sur le blanc.

 

. Les Follets sont vraisemblablement la cuvée la plus récente. L’étiquette montre une rupture avec ce que les vignerons faisaient jusqu’alors. Le dessin occupe tout l’espace intérieur. Il n’y a plus cette séparation accentuée entre l’image encadrée dans une forme et le texte, le tout parfois à nouveau encadré par une nouvelle bordure. Cette fois-ci, ce sont des lignes horizontales qui structurent le paysage. Deux barres épaisses dorées sont placées en haut et en bas de l’étiquette, en plus du bâton sur lequel les deux porteurs acheminent le raisin.    

 

. La Quincy 2008 - Domaine de Ballandors - Blog 2010.03.14 074Chantal Wilk et Jean Tatin, la plus classique et la plus qualitative, est centrée sur le petit fouleur de raisin de l’église de Brinay. Pour mieux faire ressortir visuellement ce double ancrage identitaire, le choix a été de le placer au centre d’un double rectangle : le premier est constitué par les bords de l’étiquette sur 8 cm en largeur et 7 cm en hauteur et le second tracé à l’or fin se situe à l’intérieur du premier rectangle à 3 mm en retrait des bords du premier. Le dessin stylisé du petit fouleur, qui est le logo du domaine, se trouve en plein centre de l’étiquette. Son pouvoir de rayonnement ne s’arrête pas là puisqu’il est le lien entre Quincy et le millésime au-dessus de lui et Domaine de Ballandors et Chantal Wilk et Jean Tatin en dessous. Il est la colonne, l’ossature qui structure l’étiquette en vertical. C’est la raison pour laquelle, il est placé dans une languette pleine or qui déborde en hauteur pour mettre le millésime en valeur et s’arrête au-dessus du nom du domaine.       

 

La composition intérieure

Elle varie selon des différentes étiquettes. Réduit à quatre composantes dans Domaines Tatin, le score atteint les 7 éléments dans le Quincy au nom des deux vignerons. Citons la structuration géométrique - forme ou ligne - déjà citée, la mention du vin, le nom du domaine, l’image, le millésime, le nom de la cuvée, le nom des deux vignerons.  

Le thème choisi

Il a déjà été abondamment question du dessin du petit fouleur. Les autres thèmes ont deux points commun : ils portent également sur le raisin et ce sont des personnes qui sont mises à l’honneur à l’exception bien sûr de Grain de Lune.  

Le papier et les couleurs

Une seule a gardé sa forte individualité : c’est la Quincy, Domaine des Ballandors, Chantal Wilk et Jean Tatin, à l’effigie du petit fouleur de raisin de l’église de Brinay. C’est aussi la seule à être millésimée (part Bacchus 2008) et à utiliser un papier ivoire avec une large bande or verticale qui structure l’espace en conduisant le regard vers le nom du domaine et des deux vignerons.  

Blog 2010.03.14 075-copie-1Les quatre autres ont adopté un papier blanc brillant qui porte bien la couleur des scènes imagées et fait ressortir l’or utilisé pour les bordures et les inscriptions telles que le nom de l’appellation Quincy, Domaine de Ballandors.  Les couleurs des scènes sont le vert et le jaune pour Grain de Lune, le saumon, le bleu grisé et le beige carné pour Bacchus, l’ocre, l’orange, le bleu-vert, le vert, le rouge et le bleu pour Domaines Tatin,  le jaune acide, le vert, le rouge foncé  et l’ocre des porteurs de raisin pour les Follets.

 

A l’exception des deux Quincy Bacchus et Domaines Tatin qui ont un aspect fresque accentué avec des couleurs un peu douces passées parce que ce sont des fresques, Grain de Lune et Les Follets offrent une palette plus forte. Les Follets ont en outre la particularité de ne pas avoir de fond coloré.   

Synthèse

.1. Les deux vignerons veulent conserver leur étiquette totem qui est au cœur de leur identité qualitative millésimée et à leur nom. Ils veulent aussi revoir quatre autres étiquettes toutes des Ballandors et sans nom particulier de parcelle. 

 

. 2. Leur décision est de ne pas uniformiser les étiquettes, en gardant à chacune une ou deux particularités.

 

Blog 2010.03.14 078. 3. Grain de Lune reprend des éléments d’une étiquette rectangulaire verticale, verte et jaune, pour un Quincy vendu en CHR. Le symbole de la feuille verte et des baies jaunes or a été conservé ; la modification a surtout porté sur l’impression ressentie. La nouvelle présentation, plus classique et plus douce, permet aux amateurs de retrouver l’identité Ballandors de Quincy. Le placement de la feuille et des grains d’or dans un cercle qui déborde de l’encadré doré, attire l’attention de l’amateur et confère un peu de désordre bienvenu pour montrer la vitalité de la vigne et du raisin.

 

. 4. A l’exception du nom de la cuvée  Grain de Lune  inscrit en jaune sur le vert de la feuille, toutes les mentions et l’encadré rectangulaire sont dorés à l’or chaud. Le recours à l’or doré à chaud est général pour ces cinq étiquettes, à l’exception des noms des vignerons et du nom du domaine en noir pour l’étiquette porteur du logo. Cette décision du tout-or s’inscrit en contre-courant de la réaction d’un certain ombre de vignerons qui jouent au contraire plus la carte du minimaliste en supprimant la dorure à chaud et bien souvent toute représentation. Le chic consensuel actuel est à la tendance carte de visite.»

 

. 5. Toutes les étiquettes célèbrent le raisin, en commençant par s’émerveiller de la couleur de la feuille et de la baie (Grain de Lune), en continuant par l’hommage rendu au vendangeur (Domaines Tatin), aux porteurs (Les Follets), au fouleur (Les Ballandors, Chantal Wilk et Jean Tatin) et en célébrant Bacchus toute l’année et pas seulement lors des vendanges.

 

. 6. Au niveau graphique, deux tendances intéressantes récentes se font jour : le choix de la fresque qui figure dans les caves du Domaine du Tremblay, avec une représentation vigoureuse d’un coupeur de raisin pour Domaines Tatin, qui est une œuvre de Jean-Marc Lacaze et  le dessin des porteurs empreint d’humour médiéval pour les Follets. Cette désignation est également amusante et appropriée, le porteur de devant porte bien la défroque et le chapeau à clochettes du fou. 

. 7. Au final, ce relookage des étiquettes est un travail très sophistiqué qui aboutit à ce qu'aucune étiquette ne soit semblable à une autre dans sa conception. Chacune a une ou deux particularités tout en ayant des points communs avec d'autres, ce qui signifie qu'aucune n'est référente pour toutes les autres ou plutôt que chacune l'est à son tour pour les autres. Une jolie conception de la vie!
 

. 8. Quant au message subliminal qui figure sur cette dernière étiquette de savoir qui est le fou, il faudra en demander le sens à Jean Tatin et Chantal Wilk, la prochaine fois que vous passerez au Tremblay, ce qui vous permettra de leur poser légalement la question de savoir ce que signifie « Ballandors.»


Pour suivre le chemin

. Domaines Tatin, Chantal Wilk et Jean Tatin, Le Tremblay, 18120 Brinay, 02 48 75 20 09, jtatin@wanadoo.fr    http://www.domaines-tatin.com/vigne-cave.html                              

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N comme Nana > La femme bottillon

13 Mars 2010, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blog 2010.03.05 012-copie-1C’est une drôle d’histoire, triste aussi, un peu, beaucoup, comme toujours. Il y a déjà eu des précédents célèbres, chez des voisins, en Chine, il y a bien longtemps. C’était au temps où le délice des délices consistait à bander le pied des petites filles de façon à en bloquer la croissance. Des pieds atrophiés de 15 cm de long au maximum, cassés, mutilés qui ne leur permettaient pas de marcher.  Comme on entrave les pattes des chameaux le soir pour les empêcher de partir trop loin chercher l’herbe rare dans le Désert des Désert en Arabie Saoudite. Pour les femmes, c’est un peu la même chose : il suffit de brider la marche pour les empêcher de penser à autre chose qu’à leurs pieds.

 

La couleur peau

La souffrance en moins, et encore, c’était ce à quoi j’ai pensé en voyant M, le supplément Luxe du Monde, qui doit être encore un peu plus grand que celui des Echos dont il a copié et le style et le sens. L’article mode est consacré aux styles Grains de Peau pour vanter la couleur chair sur chair des modèles présentés. Mais le concept va beaucoup Blog 2010.03.05 011plus loin si non ce ne serait ni drôle, ni nouveau. Un drôle à comprendre que ce ne serait pas si étrange que cela. Or il faut faire du frappant, du symbolique, du limite sadisme pour montrer qu’on est « in ».

 

Le pied, la cheville

Pour cela, une idée est de partir du pied chaussé de chaussures improbables, avec des talons de 10cm de haut, en métal ultra-fin, avec des semelles compensées de 5-6cm d’épaisseur de quoi se tordre 10 fois la cheville à marcher sur un trottoir. D’autres pieds, toujours des talons mais cette fois-ci avec des chaînes qui traînent à terre, pour le bruit et le symbole. Elles relient le talon à l’arrière de la semelle. Des liens entravent la cheville comme autant d’attaches très visibles. Ils sont lâches pour mieux mettre en valeur la soumission de celle qui les porte.

 

La courbure

Des talons à tuer, des semelles à se tordre, des chaînes à rappeler le bruit des forçats qu’on embarquait à Marseille pour la Guyane, il y a peu encore, pfuitt, on a déjà tout vu, le talon est un peu plus haut et puis, puis rien. Alors il faut faire plus. 

 

Blog 2010.03.05 010L’idée est de remonter et d’arriver à faire entrer tout le corps dans la chaussure en jouant sur la ligne globale renforcée par la matière peau sur peau et la couleur chair.  Vous prenez des bottillons atroces qui fixent le pied en position la plus verticale possible. Il est impossible de dérouler la jambe, de faire jouer la flexibilité de la cheville et d’apposer le pied en douceur. La seule façon de « marcher » serait de sautiller jambes tendues. 

 

La prison de pied

Ces prisons de pied sont bombées sur l’arrière et bombées sur l’avant, le pied étant quasiment à la verticale dedans. Vous, le photographe, vous allez demander au mannequin de reproduire avec son corps la double courbure de façon à ce que la jambe gauche pliée à la hauteur du genou s’inscrive dans un  S qui commence au sol et change de direction à la hauteur du genou, en repartant vers l’arrière. Ce S se poursuit en partie haute avec le dos rond de la nana et remonte ensuite jusqu’à la tête.

 

En jouant avec le pied, vous avez conçu un nouvel être qui ne peut plus marcher et dont l’ombre est d’un sadisme achevé qui donne le frisson: c’est un cintre composé pour le tiers inférieur par ces fameux bottillons. 

 

Pour suivre le chemin

Supplément Le Monde 09, février 2010  

             

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La ville, le quartier, la segmentation et l'invisibilité

8 Mars 2010, 16:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Dans une ville, soulever la double question de l’identité et de l’image provoque immédiatement une levée de réactions et de questions. A ce fait non contestable - on va en parler très vite - s’ajoute tout de suite une précision : il s’agit de savoir 2008-08-Bruxelles-050.jpgchez qui, il y a questions et réactions. Cela sera un bon début pour commencer à avancer. Parfois, il faut savoir biaiser pour avancer. C’est ce qu’un  universitaire angevin a appelé le phénomène du détour dans une de ses interventions et ce que j’appelle moi plus directement la technique du miroir. Regarder l’autre pour savoir qui on est ou n’est pas. 

 

L’autre et moi

Ca paraît simple comme ça au premier abord. En fait c’est extrêmement compliqué quand l’autre, celui qu’on regarde pour mieux se connaître, joue le même jeu que vous, enfin pas vous, ceux qui sont en charge de la ville qui cherchent à savoir qui elle est pour mieux ‘vendre son image’ et ainsi attirer les investisseurs de tous crins. C’est plus que du double degré multiplié par deux. Là, avec de la réflexion, on arriverait à décrypter. C’est en réalité une façon de jouer à un autre jeu qui serait que le premier qui parle a perdu. Comme dans les courses cyclistes dans les anneaux de vitesse. Alors que, je le rappelle quand même, le marketing territorial consiste à mettre l’accent sur ce qui est, parfois un peu caché ou qui pourrait exister si on s’en donne la peine.  C’est un bon départ pour commencer à réfléchir sur le phénomène de l’invisibilité et de l'absence de visibilité.  

 

La ville et le quartier

Le phénomène du miroir est intéressant à appliquer chez soi, en voyant ce que les autorités municipales mettent en valeur pour mieux comprendre ce qu’ils laissent dans l’ombre. Savoir quels sont les quartiers mis en lumière amènent à comprendre le pourquoi de ces choix. L’intérêt est aussi et surtout de découper la ville d’une façon directement opératoire selon 2008.10.gravure-Florence-Lecomte.jpgque le quartier est classé ou non dans les quartiers à enjeux ou non. On arrive ainsi à une triple segmentation selon que le quartier est à enjeux positifs, à enjeux critiques ou un ni-ni.

 

. La première catégorie, le quartier à enjeux positifs est évidemment celle qui va faire l’objet de toutes les attentions bienveillantes pour que ses atouts puissent servir d’image-ombrelle au reste de la ville. Si je prends par exemple l’exemple du végétal, c’est là que vont être installées tous les types de plantations, avec le plus de créativité, des végétaux coûteux à l’achat et en entretien…L’explication : ces créations végétales contribuent à l’image du centre de la ville pour les touristes de passage. C’est aussi là que se retrouvent tous ceux qui pensent la ville pour les autres ou dont le poids en terme sociétal est lourd. 

 

. La seconde catégorie, le quartier à enjeux critiques, est celle qui pose problème puisqu’elle est la preuve de l’existence de dysharmonies sociales et économiques. Elle nécessite de gros investissements en matière de réhabilitation urbaine. J’ai failli écrire « humaine. » Couplées avec le développement durable, ces opérations de rénovation urbaine engagent fortement et durablement les municipalités quelles que soient leurs tendances politiques. 

 

2008-Patchwork--t--004.jpg. Quant à la troisième catégorie, le Ni-Ni, elle mérite à peine la dénomination de quartier. En effet celui-ci se caractérise par son absence. Tout concourt à le rendre quasiment invisible. Certains s’en réjouissent en inversant l’adage « pour vivre heureux, vivons caché » : si on ne parle pas du quartier, c’est qu’on y est heureux. C’est une hypothèse peu probable dans notre société du chacun pour soi, avec comme seul rappel de la solidarité le vivre ensemble du développement durable. On en parle de trop pour que ce soit vrai. Lisez la dernière intervention du Médiateur de la République, M. Delvoye, qui commence par ces mots : "je suis inquiet"…

 

La question de l’invisibilité

Quand on est un Ni-Ni, la première conséquence est l’invisibilité qui en résulte pour ce "quartier" et se traduit très concrètement par :

. la segmentation de la ville en plusieurs grands quartiers d'assemblage, avec chacun son conseil consultatif de quartier, sans possibilité prévue d’établir des liens avec les autres, puisque chacun dépend d’un élu différent et que le système est hyper-centralisé,

. l’absence de projets municipaux connus pour le Ni-Ni - il y en a peut être mais on les connaît pas – , si l’on excepte quelques opérations immobilières de promoteurs publics ou privés qui donnent lieu à ce moment là seulement à modernisation de la voirie et à l’enfouissement des réseaux, 

. une vision limitée à sa rue, ses proches voisins  et son circuit habituel, sans possibilité de  donner du sens à son quartier et ainsi de s’approprier sa ville

. en matière de voirie par exemple, le traitement du trottoir appartenant à un quartier à enjeux positifs mais pas celui d’en face, qui peut être un Ni-Ni, ou le trottoir seulement juxtaposant l’immeuble neuf, mais pas avant ni après, avec un morcellement territorial étonnant…

Toutes ces segmentations renforcées par le tronçonnage de l'espace au sol et dans l'air, provoquent la perte d’appartenance à un territoire d’ancrage.
 Le fait que les habitants  parlent essentiellement des « lampadaires » en face de chez eux en est un exemple. Leur vision se limite 2008-avril-2-029.jpgà cela. C'est le phénomène de l'absence de visibilité.

En terme d’urbanisme, ces territoires urbains sont appelés des  entre-deux. Un terme qui dit bien ce qu’il veut dire dans une classification qui date presque de l’ancien régime entre
. un centre bourg protégé par des murailles d’enceinte - là où on refait le trottoir -, 
. l’ancien faubourg - le bourg qui est le faux par rapport au vrai - qui a gardé son église
. et le ni-centre-ni-faubourg, qui n’a jamais eu d’église, qui accueille un cimetière et qui encore maintenant n’a pas vraiment de nom.   

 

Le renforcement de l’invisibilité

Ce double phénomène d’absence de visibilité corrélé à l’invisibilité est accru par la mise en œuvre d'un certain marketing territorial comme si la mise en lumière devait pour bien fonctionner mettre dans une ombre renforcée les Ni-Ni au nom de l’image.

 

A ne vouloir retenir dans ce patchwork composite glamour type, qui nous est proposé comme image, que ce qui « fait » beau, chic et sélectif, le risque est grand d’une banalisation de l’image par perte des aspérités et de l'altérité identitaire. S’il s’agissait  d’un vin, on dirait qu’il y a un risque réel et choisi de perte de la typicité. La question en effet se pose d’un conflit entre l’identité, l'absence et l’image, perdu par tous.  

 

Pour suivre le chemin

Retrouvez quelques billets consacrés au marketing territorial sur ce blog :  

Identité ou atractivité d'une ville par le plein, le creux, l'autre
Mini-Cas Territoire > Le hamburger et la prospective

A Angers, l'envie de vivre autrement
Le végétal en ville > La propreté, l'ordre, le changement > Le lien végétal
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Ville = Identité et image + publicité et communication
Levez les yeux au ciel et cherchez les poteaux
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Mini-Cas Développement durable > Vins du Monde

7 Mars 2010, 18:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

« La société Vins Du Monde est connue comme la spécialiste des vins étrangers en France. Elle en importe d’une trentaine de pays dont le plus lointain est la Nouvelle Zélande.


Le développement durable

C’est un mode de développement économique cherchant à concilier le progrès économique et social avec la préservation de l'environnement, considérant ce dernier comme un patrimoine à transmettre aux générations futures. Le principe du développement durable consiste à développer ses activités en tenant compte de leurs impacts à court, moyen et long terme sur l'environnement, les conditions sociales et l'éthique et ce, au niveau mondial. Ce concept repose sur la nécessité de préserver les ressources pour les générations futures tout en maintenant un objectif de croissance. L'agriculture biologique et raisonnée, le commerce équitable, les marchés des énergies renouvelables sont des activités de développement durable. Disons le tout de suite cette définition est loin de faire l’unanimité mais elle fera l’affaire pour notre démonstration et nous reviendrons sur ses limites en conclusion.


L’empreinte carbone
A l’intérieur de ce concept de développement durable, l’empreinte carbone des activités humaines est devenue sans doute la principale préoccupation car il est indéniable, aujourd’hui, que la planète fait face à un réchauffement climatique qui menace à moyen terme la survie de l’espèce humaine.


L’effet neutre en carbone sur l’environnement ?

L’idée d’un « prix à payer » pour les émissions de gaz à effet de serre a fait son chemin depuis la création du concept de « bourses du carbone » en 2002 [1] dont les lignes directrices sont détaillées dans le protocole de Kyoto. Fixée à l’origine pour des sociétés émettrices de grosses quantités de gaz à effet de serre, le concept s’est petit à petit entendu aux produits manufacturés, à l’agriculture, à l’élevage et aux activités de services.


Il est donc possible, soit d’échanger des quotas d’émissions entre les entreprises émettrices sur les marchés des bourses du carbone ou d’acquitter une somme, souvent encore facultative, quand celle-ci peut être calculée pour déterminer le montant de l’empreinte carbone sur l’environnement.


Les compagnies aériennes par exemple proposent à leurs clients de payer un montant supplémentaire, basé sur cette valeur de marché de la tonne de carbone, pour « compenser les émissions » générées au cours de leurs voyages. Ces sommes sont ensuite versées à des organismes pour être investies dans des programmes de réduction d’émissions de C02 (plantation d’arbres, migration vers des techniques moins polluantes etc…) de telle façon que votre voyage n’a aucun impact carbone sur l’environnement. Nous ne connaissons pas aujourd’hui l’efficacité réelle de ces programmes de compensation. Le montant de la tonne de carbone fluctue suivant le marché et nous avons pris une valeur de 22€ par tonne pour cette étude[2].


Toute personne ou société peut de cette façon s’interroger sur l’impact carbone de ses activités. La société Vins Du Monde parce qu’elle importe de pays lointains, qu’elle exerce une activité plus ou moins directement liée à la terre, et qu’elle a en son sein des personnes particulièrement concernées par les problèmes environnementaux se doit de se poser la question sans détour. L’importation des marchandises Vins Du Monde se fait principalement par voie maritime et par route et jamais par avion car les coûts d’acheminements sont prohibitifs.


L’impact carbone du transport maritime
Les marchandises sont acheminées du port principal du pays du producteur exportateur jusqu’au port du Havre et sont ensuite tractées par route jusqu’à entrepôt à Bordeaux. Nos achats se font en général FOB[3] donc l’impact du transport routier jusqu’au port du pays de provenance n’est pas pris en compte. Nous faisons charger les conteneurs avec environ 10,000 bouteilles sur les 12,000 possibles pour assurer une sécurité maximum aux employés lors des déchargements. Le poids d’un conteneur est d’environ 15 tonnes et la distance parcourue varie en fonction des lieux de provenance.


Le transport maritime émet 0,00267Kg de C02 [i] par tonne de fioul lourd et par kilomètre parcouru. Connaissant le poids du conteneur et la distance parcourue ainsi que le coût de la tonne de C02 on peut facilement calculer le montant qui faudrait « compenser » pour avoir un impact carbone neutre sur l’environnement. Fixons la distance parcourue à 10,000 kilomètres arbitrairement. Le poids d’un container de 20 pieds est de 15 tonnes. Il faudrait donc s’acquitter d’un montant de 8,81€ pour compenser les émissions de la partie maritime du trajet. Il faut aussi ajouter à cela la traction du container du Havre à l’entrepôt Vins du Monde à Bordeaux soit approximativement 875 kilomètres. Le coût des émissions de C02 pour un poids lourd est de 0,05 Kg de C02 par tonne et par kilomètre. Le poids lourd émet donc 0,66 tonne de C02 et le montant de la compensation s’élève à 14,44€.


Il n’aura échappé à personne que le transport poids lourd est très onéreux en carbone. En effet, il coûte presque deux fois plus cher de faire 815Km par poids lourd que pour effectuer 10,000km par bateau. Il nous faut « compenser » d’un montant total de 23,25€ pour avoir un effet neutre sur les émissions de C02 soit 0,002325€ par bouteille. Cet impact est donc négligeable sur le coût des opérations de Vins du Monde.


L’exemple du haricot vert
Supposons maintenant que pour arrondir les fins de mois de Vins Du Monde, nous développions une activité : Fruits et Légumes du Monde et que nous allions acheter 15 tonnes de haricots verts dans un pays à 10,000 kilomètres de distance. Là, par contre, comme c’est une denrée périssable il faut acheminer nos quinze tonnes par avion cargo long courrier. Un long courrier émet 0,94Kg de C02 par tonne et par Km. Le coût de la compensation s’éleve 3 102€ soit une majoration de 0,2068€ sur le prix de revient du kilo de haricots.


L’impact n’est plus neutre même s’il peut encore être considéré comme supportable mais attention les marges bénéficiaires se calculent avec des coefficients multiplicateurs on va donc vite atteindre une majoration du prix de vente qui n’est plus supportable.


Le prix de la tonne de carbone en transport maritime
Il est aussi certain que la tonne de carbone ne restera pas à un prix aussi bas que 22€ à mesure que le la pression du changement climatique se fait sentir sur l’environnement de la même façon que le coût du pétrole augmente au fur et à mesure qu’on se rapproche du peak de production et que la conjoncture mondiale pousse à l’investissement[ii]. Imaginons la tonne de carbone à 100€ [4]alors pour nos achats d’un container de 15 tonnes qui doit parcourir 10,000 Km il nous faudra compenser pour la partie maritime à concurrence de 40€ et 61€ pour la partie traction terrestre jusqu’à notre entrepôt soit une compensation de 101.5 € soit 0,010€ par bouteille.


Je pense que la grande majorité des consommateurs serait prête à payer cette somme pour avoir la diversité de la palette aromatique des terroirs du monde dans un verre. Mais qu’en serait-il pour notre filiale Fruits et légumes du Monde et nos haricots verts ? A 100€ la tonne de carbone, la compensation pour le transfert maritime serait de 14,100€ et la compensation du transport routier devient négligeable comparativement à ce montant. Cela ajoute maintenant pratiquement 1€ au prix de revient de notre kilo de haricots vert. Bien cher pour le privilège d’en consommer hors saison car la valeur gustative des produits de l’agriculture courante est beaucoup moins marquée par le terroir que ceux issus de la viticulture !!


Les émissions carbone comparées par moyen de transport sont  les suivantes en grammes d’équivalents carbone par passager et km [5] : Navire : 0,2 Train : 3 Bus : 25 Voiture route ainsi qu’Avion long courrier : 60 Voiture ville et Avion court courrier : 100 (Sources : ADEME, INRETS). Le transport par bateau est 500 moins fois polluant que le transport par avion moyen courrier mais une voiture roulant à l’essence ou au diesel est aussi polluante qu’un avion moyen courrier. Le train est 33 fois moins polluant que la voiture ou l’avion moyen courrier.


Les transports européens par route.
La quasi-totalité de nos transports européens se font par route en général par quantité de 5 palettes soit 4 tonnes par arrivage sur des distances moyennes de 1500km jusqu’à nos entrepôt à Bordeaux. La majorité se faisant à partir d’Espagne et d’Italie. Il nous faudrait donc pour « compenser » s’acquitter d’une somme de 30€ soit un montant par bouteille de 0,0020 € pour avoir un effet carbone neutre sur l’environnement. Même à 100€ la tonne de carbone, cela n’ajoute pas un coût significatif à la bouteille de vin (0,008 €).


La question de la croissance

Pouvons-nous répondre sans ambiguïté que l’activité Vins du Monde est une activité qui répond favorablement au concept du développement durable ? Dans le cadre de notre définition sans aucun doute. Par contre, la consommation de denrées périssables qui doivent être acheminées par avion ne l’est plus en l’état actuel des transports.

Mais voilà, la définition est contestée, non sans justifications, par certains des partisans de la « décroissance [iii]» qui pense que le bien-être des générations futures ne peut être assuré que dans un système de décroissance (ou plutôt une a-croissance) de l’économie et qui trouvent le concept de croissance continue illusoire au regard des limites des ressources de la planète et qu’il y a même urgence à renter le plus vite possible dans un cycle de décroissance. Pour eux, le concept de développement durable est un oxymore[6]. Dans ce cas, l’économie deviendrait plus locale et il faudrait abandonner sans doute une bonne partie des échanges commerciaux qui ont contribués depuis des millénaires au développement de l’humanité.


Le débat est ouvert. Le blog est fait pour cela alors réagissez à cet article ! » C'est bien ce que je fais.


Notes des auteurs de l'étude

[1] Un tel marché peut exister au niveau national ou international si les droits sont rigoureusement de même nature. Il existe en fait plusieurs bourses à Carbone. Seule l’Union européenne a établi des règles contraignantes alors que les USA, la Chine et la Russie, non signataire du protocole de Kyoto, se sont donc, de facto, exclus de ce système de régulation.
[2] Pour plus de renseignement sur la marché du CO2 consulter « qu’est-ce que le prix » du C02 de Jean-Marc Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/serre/prix_CO2.html
[3] Free on Board.
[4] Le prix de la tonne de carbone est de 109 € en Suède actuellement.
[5] Source : Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/serre/prix_CO2.html
[6] On dit qu'une expression est un oxymore (ou dite « oxymorique ») lorsqu'elle met côte à côte deux mots ayant des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire.
[i] Origines des données utilisées : Observatoire de l’Energie et Jancovici.

[ii] La vie après le pétrole : De la pénurie aux énergies nouvelles.2005. ISBN-10: 2746706059. ISBN-13: 978-2746706057

[iii] Petit traité de la décroissance sereine. Par Serge Latouche. 2007. ISBN-10: 2755500077. ISBN-13: 978-2755500073.

III La Décroissance pour tous.de Nicolas Ridoux2006. ISBN-10: 2841901556 ISBN-13: 978-2841901555 »

Questions

. 1 Comment la société parle-t-elle de son activité? 

. 2 Reconstituez les différentes étapes que doit suivre une palette de vins partant de Nouvelle-Zélande jusqu’à Couëron à l’ouest de Nantes en Loire-Atlantique?

. 3 Quelle est la partie du transport seulement visée par VDL et pourquoi ? Emettez une hypothèse.

. 4 Quelle sont les domaines dans lesquels il y aurait peut-être des gains à opérer pour VDM?

. 5 Etes vous convaincu par la comparaison entre la bouteille de vin et le haricot vert ?

. 6 Quelles sont les autres activités visées par le développement durable quand on est vigneron et/ou négociant ? Chercher des exemples sur le Net.

. 7 Le développement durable s’oppose-t-il à l’exportation de vins ? A la vente en bouteille ? A la mise à la propriété ? 
. 8 Trouvez quelques informations sur la viticulture en Nouvelle-Zélande. 
. 9 Pourquoi cette question? 

Recommandations

Faites une recherche sur le Net avant de vous lancer, surtout si vous n’êtes pas familier avec le vin et le développement durable.  

Réponses

. 1 Comment la société parle-telle de son activité?

Vins du Monde fait une présentation minimale de son activité. Elle cite seulement son cœur de métier : l’importation de vins étrangers, avec trois exemples pays cité seulement, la Nouvelle Zélande, l’Espagne et l’Italie. Elle ne cite pas son activité en aval qui est de vendre en direct ces vins étrangers aux consommateurs d'ici et d'ailleurs, après entreposage.


. 2 Reconstituez le trajet que doit suivre une palette de vins partant de Nouvelle-Zélande ?

On distingue le pré-transport routier qui couvre le trajet chai néo-zélandais jusqu’au port de départ, le transport maritime jusqu’à Bordeaux (en direct ou en passant par un port intermédiaire, en Australie par exemple), le post-transport routier Le Havre-Bordeaux et l’entreposage à Bordeaux.

Ensuite la ou les bouteilles car VDM vend aussi à l’unité repart pour satisfaire la commande d’un acheteur situé en France et dans l’Union européenne, avec à chaque fois l’emprunt de moyens de transport adaptés.   


. 3 Quelles sont les parties du transport visées par VDL et pourquoi ?

L’entreprise ne parle que du trajet principal maritime et du post-transport routier. Son objectif est de convaincre l’organisme de certification qu’elle est consciente de l’impact de son activité en matière d’émissions carbone. Il n’est pas de citer toutes les sources d’émissions quells soient à sa charge ou non.

VDM achète FOB : c’est dire que les émissions au départ en Nouvelle-Zélande sont déjà prises en compte dans le prix d’achat. La société ne parle pas des coûts de compensation portant sur la partie concernant les ventes en France et sur les ventes dans l’UE et dans les pays tiers.

L’objectif est évidemment de minimiser le montant total des compensations affectant le transport total.      


. 4 Quelle est la partie du transport sur laquelle il y aurait peut-être des gains à opérer ?

La question se pose de savoir si Bordeaux est bien géographiquement le lieu dont le positionnement permettrait d’alléger le poids des émissions. En fait la question ne se pose pas vraiment de cette façon car il s’agit de transport de vins dont l’entreposage nécessite des conditions de respect de l’isothermie tout au long du trajet. Une seule grande société de transport, spécialiste du vins, garantit cette température contrôlée. Il s’agit de JF Hillebrand qui a une filiale à Bordeaux et dont le siège est à Beaune en Bourgogne. C’était le choix précédent de l’entreprise.   


. 5 Etes vous convaincu par la comparaison entre la bouteille de vin et le haricot vert ?

Pas vraiment, car tout dépend du marché. Il ne peut y avoir de comparaison portant sur la nature du produit : le vin n’a pas plus de « de droit » d’être importer que le haricot vert. La seule logique est celle du marché, s’il y a des acheteurs qui veulent consommer des haricots verts frais hors saison au prix rendu majoré des coûts de compensation carbone. Ce type d’achat hors saison pour une petite frange de consommateurs a toujours existé, en Egypte, au temps des pharaons et pour eux, à Rome dans l’Antiquité, à la Cour de Versailles pour la haute noblesse…

Il est étonnant aussi de voir que c'est encore le haricot vert frais qui est pris pour exemple de cherté d'un produit vendu en France hors saison, en hiver. Une étude faite il y a près de 20 ans montrait que le kilo en frais revenait moins cher que de l'acheter en boîte de grande marque. Il est vrai que cette production en Afrique était subventionnée par l'Union européenne dans le cadre de l'aide au développement.  
  


Le commentaire des auteurs de l’étude me semble tendancieux sur ce point : « bien cher le privilège d’en consommer hors saison car la valeur gustative des produits de l’agriculture courante est beaucoup moins marquée par le terroir que ceux issus de la viticulture !! »     


. 6 Quelles sont les autres activités visées par le développement durable (DD) tout au long de l’élaboration du vin ? Chercher des exemples sur le Net.

Toutes les activités sont maintenant concernées par le DD. Cela commence à la vigne, la proportion de vignerons respectueux de bonnes pratiques respectueuses de l’environnement est de plus en plus forte, en supprimant et/ou diminuant les entrants chimiques. C’est d’ailleurs la tendance forte.

Cela continue 
lors de l’élaboration du vin, en particulier avec la diminution de la quantité d’eau nécessaire pour fabriquer un litre de vin (10l d’eau/1l de vin), le traitement des eaux usées avant rejet, la récupération des moûts…Citons également l’allègement du verre utilisé, la colle naturelle pour fixer l’étiquette, l’absence de bouchon de liège, le carton d’emballage qui économise la couleur…Ensuite, tout le réseau de distribution est affecté par cette démarche, jusqu'à l'amateur de vins pour qui la prise en compte du DD devient un véritable argument de vente. Une preuve s'il en faut: VDM vient de créer cette catégorie. Et c'est une bonne chose.   


. 7 Le développement durable s’oppose-t-il à l’exportation de vins ? A la vente en bouteille ? A la mise à la propriété ? 

Ce serait une vraie récession : si on ne peut importer, on ne peut plus non exporter. Sauf exception, le vin n’est pas considéré comme relevant des produits de nécessité vitale pour un pays. Il serait très dangereux pour l’équilibre de notre balance commerciale, la santé des entreprises du vin et pour la culture du vin, de devenir trop nationaliste dans ce domaine comme dans un autre, en France, comme dans les autres pays à culture vins.


Par contre, le développement durable pose en effet le problème du prix final. La vente en bouteille à la propriété est une avancée qualitative pour les vins de qualité. La valeur ajoutée se fait au départ chez le producteur. Elle a en outre l’avantage de limiter très sérieusement la contrefaçon qui constitue un risque majeur. Le DD commence à modifier le regard sur le type d’embouteillage pour éviter par exemple les packagings excessifs (poids du verre d’une bouteille lourde : 1,2kg). La bouteille en plastique ne semble pas percer malgré son avantage de poids. Le bouchon sera à vis. Reste les packagings souples individuels, pour l’instant sans réponse nette du marché. PLusieurs projets portent sur la question de l'information à donner aux amateurs de vin.  


8. Trouvez quelques informations sur l’origine de la viticulture en Nouvelle Zélande et citez un vin.   

C’est un évêque français qui planta les premières vignes en 1819. Le démarrage de l’industrie viticole date d’il y a une trentaine d’années, en se focalisant d’abord sur le Sauvignon blanc. La région actuellement la plus connue est celle d’Auckland au centre de l’Ile du Nord. C’est près de là que se trouve en particulier Stonyridge Vineyard dans les Iles Waiheke. Ce domaine créé par le docteur Stephen White en 1984 produit le Larose célébrissime en assemblage des 5 cépages bordelais.


9. Pourquoi cette question ?  

Au-delà de la question du développement durable absolument nécessaire pour que soit préservée une nature encore à peu près vivante, la curiosité de l’amateur de vin est aussi un plaisir de la vie. Le Larose est disponible à 105 EUR, coût de compensation carbone inclus.

Une autre solution est de vous rendre là-bas, l’île est « paradisiaque ». Vous pourrez y déguster ce fameux Larose qui est un des 100 vins du monde (dixit Slow Food) à boire dans sa vie assis sur la « Veranda Cafe ». Vous y serez comme dans le sud de la France et c'est vous, cette fois-ci, qui aurez généré ces fameuses émissions de CO2!

Pour suivre le chemin
. Le blog de Claude Gilois sur http://voyagesvinsdumonde.20minutes-blogs.fr/#
. Des infos sur Vins du Monde, http://www.vinsdumonde.com/files/fichier_attache/1_205_1.pdf

. Sur Stonyridge Vineyard, consultez www.stonyridge.co.nz

. Pour l’OEA (Opérateur économique agrée) Hillebrand, voir http://www2.jfhillebrand.com/

et http://www.journee-vinicole.com/nouveautes/?tag=jf-hillebrand

"JF Hillebrand France est une filiale du groupe allemand JF Hillebrand AG, dont le siège social est situé à Mayence. JF Hillebrand AG est le transitaire spécialiste des boissons, particulièrement des vins et spiritueux. Le Groupe de 1500 personnes est présent dans plus de 50 pays à travers le monde. JF Hillebrand France emploie 287 collaborateurs, répartis dans 3 agences. Le siège social France à Beaune (21 Côte d’Or, JF Hillebrand Bruges (33 Gironde) et JF Hillebrand Cognac (16 Charente Maritime). Ces trois agences bénéficient de la certification OEA".

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