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Le Blog d'Elisabeth Poulain

MAHI ou la peinture instinctive d'assemblage de l'air du temps

17 Mai 2010, 09:37am

Publié par Elisabeth Poulain

MAHI le capteur

A voir son père faire de grandes toiles de 2m sur 1, un jour Mahi s’est retrouvé le pinceau Mahi, 2006à la main, avec des toiles face à lui, des tubes ouverts et l’envie de commencer sans se poser des questions sur ce qu’il allait faire, ce que cela allait donner, s’il était doué…C’est ainsi qu’il a commencé avec des formats 30 x 30 cm bien pratiques à travailler, ni trop grands à vous paralyser, ni trop petits à faire de la miniature. Il continue, sans s’interdire de changer bien sûr, puisqu’il peint comme il respire l’air du temps.  

 

Il y a beaucoup de choses sur ses toiles, de la couleur, des formes rectangulaires, très peu de courbes rondes, des mots plus pour leur sonorité que pour leur sens. En même temps, il y a un certain vide qui permet à tous ces éléments de co-habiter entre eux, comme s’ils flottaient. On les imagine bien, en mouvement, qui tournent avec d’autres, composant ainsi des toiles extensibles à l’infini, mais sans que jamais l’auteur se montre.  

MAHI le surfeur

Il aime la ville, ses flèches pour indiquer le sens et donner le mouvement et sait capter des mots qui vont donner un sens à une toile comme

. Shark Attack  pour une toile à dominante rose avec deux visages-masques qui ont de grandes dents pointues, des antennes-télés, en guise de rues, des clignotants blancs qui brillent sur la tête, avec des croix très présentes, des barres, des étoiles ;

. Tribal Face est centré sur un visage-masque Mahi, 2006,rouge traversé de rose, avec des yeux bleus et des plumes blanches ça et là. Il y a des poteaux un peu partout, des croix, des flèches, comme dans un jeu d’Indiens avec de grandes dents blanches.

 

Il y a des chiffres aussi. Bella par exemple est associée à 7 et à Way Point 1999, à Peace Academy et à Babylon System.

 

MAHI le traceur

Difficile de faire parler Mahi sur ses premières toiles. Il n’en a nul envie. Ce n’est pas son truc. Lui a fait ça comme un jeu qu’il a lancé sur le Net. «  Ça a plu, ça m’a plu, ça continue et donc moi aussi. Par contre déjà depuis 2006, j’ai évolué. Je travaille de plus grand format, avec plus de techniques. On s’use vite sur le Net. J’ai commencé à un bon moment. Maintenant, il y a tellement de peintres qui vendent sur le Net, que la visibilité est devenue quasiment nulle. On compte environ 15 000 toiles/jour à acheter sur les différents sites. Et cela sans compter toutes les photos collées sur toile selon un procédé très au point en Chine qui donne un aspect 'peinture'. Beaucoup se font prendre en croyant acheter un tableau de peintre ». 

MAHI le plongeur

Silvano KULT1[1] 20104 ans après avoir commencé, ses peintures sont désormais cotées chez Drouot. Sur ce dernier site, Mahi parle un peu de lui-même. Originaire de la Région PACA, il est présenté à 34 ans comme un « artiste décalé » qui a réussi à vendre 110 tableaux en 8 mois. Sa vraie passion est la plongée sous-marine en apnée.

 

Et c’est ainsi que Mahi, qui a un site avec son père Moal, expose maintenant, sous le nom de Silvano pour une galerie à Paris. Désormais et sans renier son lien en prise directe avec les amateurs d’art via Internet, il finit de préparer sa prochaine participation à cet événement avec des toiles plus grandes, plus complexes et qu’il considère plus maîtrisées. 

Pour suivre le chemin

. Son site www.mahi.fr/     

. Quelques infos sur lui :

http://www.drouot-cotation.org/accueil/index.php?Mode=0&id=20156&lang=fr

. Sa prochaine exposition chez

 http://www.artupdeco.com/

. Photos EP pour les deux toiles de 2006 et Mahi pour Kult présentée sur Artup. Autres oeuvres dans l'album photo Art2 sur ce blog.         

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Le Bull rue Chef de Ville à Angers

16 Mai 2010, 09:50am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une petite rue en sens unique, où seuls les bus peuvent passer sur la voie descendante. Petite, elle ne l’est pas trop en longueur, mais en largeur.

 

Chef de Ville, la menuiserie avant le bull

 

A un certain endroit situé prés de son point de départ boulevard Descazeaux implanté sur l'ancienne ligne des remparts d’Angers, il n’y a pas assez de place pour que les bus puissent se croiser ou que les piétons puissent marcher sur les trottoirs.

 

C’est à l’endroit si passant, à prendre au sens premier où tous passent sur la voie, que vient de disparaître une vieille maison en falun à étage et le hangar qui lui faisait face. Ces très vieux bâtiments n’avaient pas d’ouverture sur la rue. Ils se faisaient face, séparés par leur propre petite ruelle privée, à l’abri de la rue Chef de Ville par une très haute porte qui empêchait toute vue à l’intérieur. Un peu comme une résurgence de l’ancienne ligne d’autres

 

  Chef de Ville, la menuiserie, la charpente

 

remparts établis cette fois ci de l’autre côté de la rue, en perpendiculaires à ceux de Descazeaux.

 

L’ensemble était frappé d’alignement depuis des années. Pour des raisons qui ne sont certainement connues que par le fils de l’ancien propriétaire qui avait établi là une petite entreprise de menuiserie, les deux bâtiments sont restés vacants et inutilisés depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Des panonceaux avaient alerté les veilleurs de la rue. Vous savez ceux qui marchent beaucoup dans la rue et sont au courant de tout. Ils sont de formidables transmetteurs. La maison rue Chef de Ville allait disparaître le mercredi suivant. La veille, la grande porte largement ouverte, pour la première fois depuis si longtemps, laissait passer des hommes en bleus qui enlevaient tout ce qui pouvait se récupérer, en particulier les longues tôles qui protégeaient l’intérieur de l’atelier de la pluie.

 

Chef de Ville, la menuiserie, l'interieur

 

Passant à vélo, j’ai pu demander  au propriétaire l' autorisation de faire des photos. Voici la moisson. Le lendemain de la venue du bull, passant en voiture cette fois-ci, tout était parti, recouvert de sable et …déjà occupé par des voitures, comme des poux de mer sur le sable dés que la vague se retire.

 

Il y avait là un menuisier qui y avait sa maison et son atelier. Déjà un peu gêné par l’impossibilité d’y disposer un atelier plus pratique, il l’avait déménagé rue Saint-Jacques de l’autre côté de l’îlot des maisons. Les deux rues Chef de Ville et Saint-Jacques se rejoignant place Monprofit, là où était érigée une des tours circulaires qui ponctuaient les remparts de la Doutre.   

 

Et puis à l’endroit désormais libéré, comme la nature a horreur du vide, un mur a commencé à s’ériger en limite de propriété entre le vieil atelier et ces maisons, qui auparavant étaient restés unis, sans frontière entre eux. Une mur, oui mais avec une porte à double vantail dans la ligne exacte de l’autre porte.

 

, Chef de Ville, la menuiserie, lla petite maison

 

. Qui pourra dire, dans quelques années pourquoi cette porte est placée à cet endroit précis et pas 1, 2 ou 3 mètres à droite ou à gauche? Personne et pourtant il y a forcément une explication.

 

. Peut être aussi, faut-il trouver dans le bois de la menuiserie un lien avec le tout nouveau collectif de 20 logements d’Angers Habitat qui est en cours de finition actuellement? Une partie des bâtiments est recouverte de bois.

 

. Quelqu’un  se posera aussi certainement un jour la question de savoir quelle a été la source d’inspiration qui a poussé le peintre Michel Hénocq, qui travaille non loin de là, dans une rue très ancienne, à avoir choisi cette toile pour annoncer sa dernière exposition de 2010 dans la rue du Champ de Bataille? 

 

Michel Hénocq, Les petites Filles

Pour suivre le chemin     

. Chercher des informations sur la rue Chef de Ville, dont la dénomination remonte au Moyen-Age. Vraisemblablement, un responsable de la garde de la ville y demeurait. La seule certitude, c’est Google qui nous la donne. On sait de source sûre qu’un peintre y habitait en 1322 ! Je trouve cette information admirable. A quel numéro svp ?  

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements à Michel Hénocq pour ses  petites filles.   

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De l'art de la guerre à l'art marketing, il y a le pas du changement

10 Mai 2010, 17:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Et ce pas, tout est fait pour l’occulter, en le rendant invisible. Pourquoi ? Parce que le changement dérange l’ordre établi.  

Le mécanisme mental

Encre noir et blanc

 

Parler de guerre dans notre société de consensus apparent est carrément grossier. Prononcer le mot au cours d’un repas chic, une véritable incongruité malsonnante. Citer celles qui ont lieu actuellement ou rappeler celles qui ont complètement remodelé nos paysages politiques est considéré comme une faute de goût. C’est carrément mal-élevé, comme on disait aux enfants d’après-guerre et surtout d’avant. Ce trouble évoque la violence et le désordre.

 

Parler de marketing, c’est comme si vous invitiez quelqu’un de vulgaire et de pas propre à s’asseoir à côté de vos hôtes à table. On évite généralement tant le mot est « bas de gamme » et est associé aux grandes surfaces. Du marketing de luxe, seul le mot de luxe est retenu ; celui de marketing est zappé. Le Luxe se présente alors comme un univers feutré où tout n’est que calme et volupté, servi par des mains invisibles, où surtout il n’est jamais question d’argent, sauf à se vanter des « bonnes affaires » que votre voisine ou voisin vient de faire, comme un jeu.

 

Quant à l’art, il en est tout le temps question, justement pour cacher le côté marchand et payant de toute activité humaine. Comme si l’art et la création se faisaient sans aucun lien ni avec l’argent, ni avec le marketing, ni avec la guerre. Or le marketing de l’art est si abouti qu’il a créé un marché mondial de l’art, dont le centre est maintenant en Chine qu’on ne dit jamais plus populaire, du coup. Il a suffi de quelques années pour que le centre se déplace des Etats-Unis vers son puissant voisin, maintenant seconde puissance mondiale.  

 

Le phénomène de l’invisibilité

 

Lumiere, papier, bambou et ficelle

 

Ce triple phénomène de dénégation conduit directement à l’invisibilité et au ‘faire comme si’. Comme si, il n’y avait pas de guerre ou de conflit, comme si les entreprises ne devaient pas lutter pour leur survie et continuer à exister. Comme si, il n’était pas nécessaire de payer ce qu’on achète pour que celui qui le crée, celui qui le produit, celui qui le distribue soit rémunéré. Et cela dans tous les domaines et pour tous les acteurs de la société. Ne nous y trompons pas, la dimension payante n’empêche pas la solidarité sociale de jouer ; elle déplace seulement les frontières internes. 

 

Beaucoup de Français expatriés à l’étranger sont étonnés de constater qu’est payant ce qui en France est considéré comme relevant comme de l’univers du gratuit. Est gratuit ce que d’autres paient et c’est vrai en particulier dans le domaine des services, comme le transport, l’accès à la formation, l’accès à l’art, l’accès à l’information…Du coup, on s’aperçoit avec étonnement qu’avec le changement du gratuit au payant, on change de style de vie et que, si d’autres font de même en même temps, que cela commence à se voir dans la société.  

 

Le changement souhaité en renforçateur de l’invisibilité

Mohair ecru

 

Le phénomène de l’invisibilité est renforcé par le postulat selon lequel qu’il y aurait plusieurs sortes de changement,

. celui qui est bénéfique sans dérangement de l’ordre établi, du gagnant-gagnant total,

. et l’autre celui qui par définition va changer sans certitude aucune quant à l’ère affectée par le changement et/ou son intensité,

. sans surtout envisager qu’il puisse être des changements à risques.

 

Comme l’imbrication est au cœur de la dimension sociétale, il paraît pourtant difficile d’ignorer le changement et de penser qu’on puisse prôner ou vendre du changement mais uniquement celui qui avantage, tout en conservant les avantages de la situation antérieure. Cela ressemble à ces prévisions de chiffre d’affaires d’entreprises faites sur plusieurs années à venir, « toutes choses étant égales par ailleurs ».  

 

Les différents types de changement

La guerre et le marketing savent faire puisque par définition, ils sont greffés sur le changement. Maintenant qui peut dire à quels types va appartenir le changement souhaité? Personne. Cela paraît énorme et pourtant c’est bien le cas.

 

Le changement pour l’entreprise

Voyez cette entreprise qui a mis au point un nouveau Cuirasse de guerrier, papier, sens

procédé de télé-communication. Elle demande à une agence de communication de communiquer sur cette innovation pour faire connaître son et inciter des clients à l’acheter. Ce faisant, elle va pouvoir empêcher une entreprise concurrente d’avancer. Imaginez maintenant que cette entreprise ait parié le téléphone portable, avant ses concurrentes. Le téléphone mobile existe soudain dans des pays qui n’ont pas encore et n’auront vraisemblablement jamais le téléphone fixe. En quelques années, l’entreprise a modifié les rapports entre les personnes, les entreprises et les Etats dans le monde entier.

 

Qui aurait pu prévoir qu’un (simple) changement technologique puisse avoir la capacité de bouleverser l’ordre mondial ? Personne et certainement pas les entreprises travaillant exclusivement dans le téléphone fixe, qui ont vu leur univers se déliter en quelques années seulement. Quant aux entreprises travaillant dans ce secteur, elles vivent dans un univers concurrentiel impitoyable. En outil commun, elles utilisent les stratégies marketing les plus audacieuses, faisant régner entre elles des règles de co-existence féroces directement tirées de l’art de la guerre.  

 

Le changement par la guerre

Un extra-ordinaire ouvrage de recherche appliquée à la guerre a été écrit par un grand penseur chinois au V siècle av JC. Son titre « L’art de la guerre » de Sun Tzu. Cette recherche est toujours présentée comme la méthode globale la plus accomplie de fonder une stratégie basée sur la tactique adaptée pour parvenir aux objectifs fixés à l’origine. La démarche est tellement actuelle et exemplaire qu’elle a été à la base du marketing qui, ne l’oublions jamais, a commencé sa vie aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, s’est développé juste avant la déclaration de la seconde et connut en France un véritable décollage à la fin de l’après-guerre.  

 

Le changement par le marketing 

Noir sur blanc, changement de sens

La fascination du marketing pour la démarche militaire demeure. Il n’est que de voir comment le vocabulaire du marketing emprunte à l’art militaire. Connaître son ennemi/concurrent, étudier le terrain/marché, choisir le moment, organiser et gérer le long terme sont au cœur de la démarche marketing. Plus encore il est remarquable de voir comment le changement est au cœur des deux démarches. L’art du stratège est de gagner la bataille du temps aussi bien que celle sur le terrain en utilisant la psychologie et la logistique au service des objectifs du changement attendu.  

 

Le pas à franchir ou pas par le client.

Cette méthodologie, le marketing sait se l’approprier et la mettre en musique. C’est en cela qu’elle fascine autant, d’autant plus qu’elle sait inclure dans ses propositions à ses clients une grande part de véritable création, confiée parfois à de véritables créateurs d’art. 

 

Le pas à franchir porte sur la capacité du client à supporter le risque de la part de la création, de l’inconnu et du nouveau. En langue française, le terme de "pas" a plusieurs sens principaux:

-        le pas militaire cadencé quand les soldats font vibrer le pont,

-        celui du pas que fait le passant en allant d’un endroit qu’il connaît vers autre part, ou celui de l’entreprise qui lance un nouveau produit, veut accroître ses parts de marché ou changer d’image,

-        le pas, en négation, à prendre dans le sens « je ne veux pas du changement qui induit un risque », tout en disant « faites-moi du différent pour que je puisse me démarquer du voisin ».  

 

Demain et le changement

Même si le client demandait à ce que l’agence fasse du copier-coller pour lui éviter toute prise de risque, toute prise de risque, il serait tout à fait impossible de lui garantir un succès sans risque. En effet la situation a changé entre le moment où l’entreprise concurrente a lancé sa campagne et le moment où l’entreprise cliente demande à son agence de « s’inspirer de ce qu’a fait X ou Y pour telle ou telle ».

 

       Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

 

La seule certitude qu’il est possible d’avoir porte sur l’impossibilité de garder les avantages de sa vie d’aujourd’hui pour demain. Et pourtant, c’est ce que la publicité dans le monde entier arrive à faire tous les jours, mais personne n’est obligée de la croire. Aux Etats-Unis, les grands comptes - les gros clients par l’importance de leurs budgets de communication - depuis plusieurs années ont réussi à imposer à leurs agences une rémunération fixe et une  partie proportionnelle  aux résultats...

Pour suivre le chemin

Quelques règles et citations passées en maximes à ne pas oublier

. « Tout change partout, tout le temps, dans le monde, pour tous, mais pas de la même façon et sans que nous sachions où le changement nous conduit.» Dixit Elisabeth Poulain.

. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Henri Queuille (1884-1970), qui a fait les deux guerres. Il était à Verdun et reçut la croix de guerre. Il fut plusieurs fois ministre, de l’Agriculture en particulier, et trois fois président du Conseil sous le IVè République. Voir son parcours politique et sa prise de risques dans 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille  

. « Toute guerre est fondée sur la tromperie » Sun Tzu dans « L’Art de la guerre ». http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Art_de_la_guerre

Photos Elisabeth Poulain
   

.  

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Le bestiaire du vin > 3 > La cigogne du CIVA

9 Mai 2010, 16:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre

. Le bestiaire vise les animaux, grands et petits, que nous rencontrons sur les étiquettes de vin.

. 3 parce que c’est le troisième billet du bestiaire du vin. Le premier a été consacré à l’âne pour un vin de Quincy.Cigogne, 20d-alsace.com_GeilBastianBeblenEdel.jpg

. La cigogne parce que c’est l’élue du jour.

. Le CIVA, attendez de savoir pour connaître qui se cache sous ce sigle. Une piste, nous sommes en Alsace.   

 

Le second billet a été consacré au rhinocéros, qui comme chacun sait, n’est pas particulièrement un animal endogène de nos contrées. Cela ne l’a pas empêché d’être le mammifère à quatre pattes le plus célèbre dans l’Europe du XVIè siècle, si fascinant que Dürer en fit des gravures qui se sont diffusées dans tout le continent européen en quelques mois et/ou années. C’est la gravure de Dürer qui a été choisie par les Frères Rivetti du Domaine de la Spinetta en Piémont pour représenter leurs Barbarescos.  

 

Blog 2010.05.09 028Il y a de quoi s’émerveiller d’un pouvoir d’attraction qui franchit les siècles, les océans et les continents. Parler de l’animal comme une autre figure de l’homme interpelle quant à la capacité de l’animal de détenir des pouvoirs qui lui sont propres. Il fascine au point que les hommes s’emparent de son image pour  pouvoir s’exprimer ou communiquer.  

L’origine

En point commun au rhino et à la cigo (je n’ai pas pu résister), il y a l’origine. Tous deux viennent d’Inde et/ou d’Afrique orientale, mais avec une grande différence. La cigogne arrive par ses propres moyens. Avec ses sœurs, elle effectue un sacré challenge sportif, sans le secours aucun des humains et sans GPS pour l’aider dans sa traversée de la Méditerranée. Par contre, elle  apprend vite à reconnaître les paysages. Des chercheurs commencent à trouver des débuts de pistes dans la composition du cerveau de la cigogne et de certains de ses composants.  Ce ne sont là que quelques explications à sa survie.   

La dureté de la vie d’une cigogne

Elle a du mérite car elle en voit de dur partout où elle passe. On mange sa chair en Afrique et ailleurs ;  dans les pays développés et européens en particulier, elle connaît le terrible problème de la contamination de sa nourriture par les pesticides. On sait qu’une famille de cigogne consomme environ 250 kg de nourriture par an. Elle rencontre sur son chemin de plus en plus de poteaux reliés avec des fils électriques.

 

Vous connaissez ma fascination pour les poteaux. Là, Cigogne, CIVA, 2003du coup je m’interroge encore plus fortement sur leur multiplication. En attendant, entre un poteau et une cigogne, personne n’hésite. Vive le poteau! 

-        Développement durable ? 

-        Quoi ? Je n’entends rien. Vous parlez de quoi ?  

Ouf, la cigogne a des copains

Heureusement que les cigognes blanches, celles qui nous intéressent et qui viennent d’Afrique, rencontrent sur le chemin de leur migration printanière, des zones hospitalières d’accueil. Elles peuvent y reprendre des forces et s’y reproduire. C’est l’Espagne qu’il faut féliciter en Ier. Elle a fait et continue à faire de gros efforts pour les accueillir dignement, comme une cigogne à une autre cigogne. On y compte environ 17 000 couples contre 1 000 en France. Ne chipotez pas et félicitez plutôt les ornithologues d’Alsace et de Charente Maritime qui ont sauvé l’espèce. 

- Et le vin ?

- On y arrive ? Oui ou flûte ? Que d’impatience !

 

En fait, le lien entre les deux, cigogne et vigne ou vin n’a rien d’évident. J’ai recherché  du côté de ce que mange la cigogne. Echec, c’est une carnivore, qui engloutit grenouilles, serpent, rongeurs, gros insectes…Des baies de raisins ou des feuilles de vigne, point. Le vers qui est au pied de la vigne, oui à la rigueur.  Mais c’est bien compliqué.

 

Donc, il faut chercher plus loin ; en fait c’est plus haut. Il faut regarder du côté de vieilles cheminées qui portaient en guise de chapeau en équilibre pas du tout instable de grands nids d’un mètre et plus, avec la famille dedans, un des deux parents cigogne occupé alternativement à couver la dizaine d’œufs dedans. Le problème est que dans les années 1970, il ne restait que neuf couples répertoriés en Alsace. La prise de conscience est partie de là . La question se pose alors de connaître la raison du choix du grand volatile pour l’associer aux vins d’Alsace.

 

Le choix emblématique

Cigogne, CIVA, 2003Il n’a d’abord pas été vraiment pensé en 1995 quand la question s’est posée de faire connaître les vins d’Alsace. Le Civa (Comité interprofessionnel…) a choisi les trois axes de sa campagne : le tourisme, la gastronomie et le vin. La cigogne a fait partie des emblèmes touristiques associés à la région.  Une  véritable déferlante de cigognes s’en suivie. Schuss sur la cigogne ou tous cigognes, mais attention la version « Grand Blanc » ou l’art de masculiniser un volatil féminin, quand on vend essentiellement en GMS (grandes et moyennes surfaces) en Région parisienne. 

 

La publicité collective

C’est un franc succès, au point où la question s’est posée aux vignerons, coopérateurs et négociants de savoir s’il fallait vraiment continuer à communiquer sous cette bannière. En d’autres termes, le grand volatile faisait-il de l’ombre à la dimension qualitative des vins d’Alsace ? La réponse difficile à obtenir a été : non. Il a fallu quand même beaucoup discuter. Il faut dire aussi que contrairement à ce certains pensaient au début, le Grand Blanc s’est révélé être un formidable communicant qui sait se renouveler. Il est drôle, convivial et très positif. Il ne dit jamais qu’il est le seul à être bon. Il le prouve. Ce n’était pas facile pourtant, avec un physique comme le sien, ses grandes pattes, son long bec pointu…Il a même réussi le véritable exploit pour les crémants d’Alsace à donner vie à un verre admirable. Il sait alors s’effacer pour faire ressortir la dimension très qualitative du Crémant d’Alsace, en indiquant simplement « du Grand Art ». Normal pour le « Grand Blanc ».  

 

Les premières campagnes montraient l’animal en entier. Celle de 2003 est basée sur les accords mets-vins. La nouvelle série, conçue par l’agence de communication Polygone G ne garde du cher volatile que le cou, la tête et surtout le bec. Celui-ci est fort occupé à tenir un diamant – comme ça, par exemple - dans sa bouche pour montrer  la valeur des vins d’Alsace. Il ne suffit plus de les faire connaître. L’important maintenant est de les valoriser pour les vendre plus cher. Le jeu publicitaire consiste donc toujours à montrer la cigogne mais à en diminuer son importance dans le visuel. Le recentrage se fait alors naturellement sur la bouche.

 

La communication par l’étiquette

Cigogne, 20d-alsace.com_CaveObernaiTpg.jpgJ’ai fait une recherche rapide pour ce billet. Aucun vigneron, qui attache son vin à son nom ou à celui de son domaine, n’utilise pas ou plus la cigogne. Les caves coopératives y avaient bien recours, comme symbole de l’Alsace pour les touristes, mais cette époque est révolue, à quelques exceptions comme la Cave viticole d’Obernai pour un Sylvaner. Ce sont surtout les collectionneurs d’étiquettes qui permettent d’admirer la cigogne sur la bouteille. Grâce à eux, on peut encore faire un lien entre la bouteille de vin d’Alsace et la cigogne.

 

Conclusion ?

C’est vrai que le billet se termine d’une drôle de façon où l’on voit bien le décalage qui existe entre la  communication collective et la décision individuelle de ceux qui font et sont le vin. C’est un choix, mais on pressent qu’il va falloir renouveler les prochaines thématiques. Faisons confiance aux créatifs de la communication, il y a tellement de façon de s’exprimer. A chacun d’exercer ses responsabilités en matière d’expression et de représentation. 

 

Quant au précieux volatile, image d’une région, qu’il garde donc aussi sa liberté de migrer, comme il est inscrit dans ses gênes. Une des façons actuelles de "sauver" l’espèce est de les empêcher d’apprendre à se repérer à l’âge de 3 mois : ils restent ensuite attachés au lieu où ils ont été élevés. Que ne fait-on pas au nom des touristes et de l’image!

 

Une des conclusions est le lien qui existe entre le désir de réveiller une région grâce au tourisme et la volonté des acteurs économiques et culturels de ressembler à la carte postale, avec bons vins, bonne gastronomie, géraniums et cigognes.    

 

Pour suivre le chemin vers

. la cigogne

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cigogne

http://champagne-ardenne.lpo.fr/agenda_des_oiseaux/aout/oiseau_mois.htm

http://www.cigogne-loutre.com/index.html  

. l’Alsace

http://www.google.fr/search?hl=fr&source=hp&q=alsace+wikipedia&rlz=1W1GZAZ_fr&aq=0&aqi=g5&aql=&oq=Alsace+wi&gs_rfai=

 

. les vins d’Alsace

http://www.vinsalsace.com/?lang=fr&gclid=CMyBou2kwqECFVWY2AodXElr-Q#SlideFrame_1

http://users.skynet.be/etiquettealsace/ avec mes remerciements

 

. la communication pour le Comité interprofessionnel des Vins d’Alsace (CIVA) par la cigogne

- vue par l’agence Polygone « G » qui en a la charge

http://polygonegroup.be/blog/2010/04/13/la-tribu-polygone-vous-presente-%e2%80%a6/

Cette agence, qui gère de grands comptes prestigieux, fait de la belle ouvrage. Elle a déjà des références dans le vin et a travaillé pour les vins de Loire. Elle a des agences à Anvers, Bruxelles, Lyon et paris. Sa spécialité, la communication « new age ».

- vue par des petits drôles avec humour http://www.20dalsace.com/pages/campagne_cigogne.htm     

 

. Retrouver les autres billets

-l’âne chez Jean-Jacques et Marilyne Smith du Domaine de Villalin pour un vin de Quincy    Le bestiaire du vin > L'âne > 1

-le rhinocéros chez les Frères Rivetti du Domaine de la Spinetta dans le Piémont (Italie) pour des Barbaresco   Le bestiaire du vin > Le rhinocéros et Dürer  

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Ah qu'il est beau le borobo!

5 Mai 2010, 15:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre

Vous avez bien sûr traduit ce titre qui me fait rire. Le borobo, c’est évidemment un beau robot. Japon-Infos-logojaponJ’aurais du dire « Ah qu’ils sont beaux les borobos » mais je trouve qu’au singulier, ça sonne mieux. L’idée m’est venue quand j’ai cité les Bambaras dans un billet récent consacré à une pub de Vuitton. Des Bambaras aux Borobos, rien de plus naturel. Si je parlais sérieusement, vous me croyeriez, j’en suis sûre et moi la première.  

La fascination pour le robot

Ce point acquis, les Borobos existent bel et bien mais pas comme vous l’imaginez. Ils sont partout dans la presse, la pub, les bijoux, les jouets bien sûr... J’ai déjà fait un billet sur cette fascination soudaine que notre époque éprouve pour les robots. Au delà de la mode qui pousse à sur-exploiter un thème qui marche quitte à l’user en très peu de temps, je trouve cela bien inquiétant.  Je m’interroge sur les raisons de cet engouement qui pourrait traduire un penchant vers une certaine vision de la condition humaine. Les robots, eux, n’ont pas d ‘état d’âme et font tout ce qu’on leur dit. La nouvelle moisson est riche.  

 

La breloque bijou androïde  

C’est Thomas Sabo qui ouvre le bal, avec ses 450 breloques Robot bijouxassorties  aux montres qui portent son nom. Cet Autrichien, qui a créé son entreprise en 1984, a confié la création des pièces de ses collections à une Allemande Suzanne Kölbi. La seule figure androïde qui figure au milieu des fleurs, des étoiles, des croix, papillons, serpents et tous les autres symboles… est un robot qui ressemble fort au Capitaine Haddock revêtu de son armure de scaphandrier. Pour être bien sûr qu’on ne puisse le confondre avec d’autres, ce robot s’appelle « HOM » marqué en toutes lettres, à moins que ce soit « THOM » avec un T décalé vers la gauche.  

 

Comme la collection est unisexe, il n’y a aucun souci à se faire pour la vente. Cet HOM a un gilet turquoise du plus bel effet, assorti au bracelet de la montre assortie. Autres points communs, les ‘diamants’ qui font briller ses bottes et son ceinturon. Il est chiquissime, avec un seul bémol, c’est la longueur de ses bras trop longs et ses jambes trop courtes. Il y a une boule en trop pour les premières qui auraient été les bienvenues sur les secondes, pour harmoniser.  Son avantage, on peut l’avoir 24h sur 24 à ses côtés, toujours serviable, toujours présent. Une merveille d’homme en somme. 

La serre-volante ou le robot végétal et maraîcher

Robot, Serre Volante, Metropole de NantesElle est super chouette. Elle a tout d’une grande car elle est vraiment grande, à hauteur de plusieurs étages d’un immeuble qui serait consacré à  la production végétale et à la préservation de la bio-diversité, rien que cela. La nuit, l’objet presque volant non identifié a de quoi inquiéter. La nature n’est pas toujours paisible et gentille. En guise de tête, ce robot maraîcher a un gros ballon gonflable et d’autres ballons de petite taille en guise de main. Son corps est fait de deux plateaux portes-plantes violemment éclairés  afin que les plantes  poussent plus vite, comme dans les serres de forçage. Un gros bémol, il faut grimper une grande échelle de la hauteur des 4 pattes de métal. C’est dur à la tâche les robots, vous moins. Mais que ne feriez-vous pas pour la semaine du développement durable de Nantes Métropole du 1er au 7 avril 2010. 

 

Les robots-soldats

Robot-Samurai par Felice Beato photographe-WikipediaEn réalité ils sont au moins deux. Pour l’hémisphère occidental, on peut citer le chevalier en armure et en Orient, le samouraï. Je ne vais pas vous en parler mais seulement vous  montrer les deux styles. Les deux ont perdu leur qualité de personne humaine ; le premier est devenu un blindage qui a forme d’homme. Quant au second, il est si terrifiant que sa vue provoque l’effroi.  C’est d’autant plus vrai et plus fort qu’il ne s’agit plus là ni de jeu, ni d’un dessin ou d’une reproduction, il s’agit d’une photo prise en 1860 par un photographe aventurier qui a un nom extraordinaire. Il s’appelle Felice Beato, ce qui signifie ‘né heureux’. C’est magnifique et sa photo l’est aussi.  

 

Les aides-robots

Il en est qui relèvent du domaine de la recherche et d’autres du domaine du possible, si proche de ce qui existe déjà que je m’inquiète vraiment, quitte à me faire qualifier de passéiste.

 

. Le robot-‘jardinier’ est un monstre genre Sumo Robot de Planete Sciences Sarthenon dénué de charme, proche d’un scarabée protégé par sa cuirasse mais qui aurait un brin d’humour. C’est lui qui a été choisi au titre  des Trophées de robotique 2010 organisés par Planète Sciences Sarthe à Angers le 20 mars dernier. Il fait peur et en même temps c’est un poète jardinier qui ne craint pas la nature bucolique. La preuve : cinq papillons volètent autour de lui et sa main-pince de gauche tient une petite tige avec des feuilles.  

 

. Le robot-journaliste lui est déjà en action. Pour l’instant des programmes d’intelligence artificielle, comme Stats Monkey qui signe « The Machine », permettent déjà de couvrir des matchs sportifs. Infolab, la société qui dirige l’expérimentation, travaille déjà sur des versions commerciales applicables aux informations financières d’entreprises, petits reportages télévisés, critiques de film…Un centre d’innovation en technologie, médias et journalisme a déjà été créé par Infolab et Medill en 2009 pour développer les applications pratiques. L’objectif : fournir aux groupes de presse des outils faciles d’emploi et tout à fait performants pour le travail répétitif afin de laisser « les missions nobles » du métier aux ‘vrais’ journalistes. C’est moi qui ajoute l’adjectif.  

 

PoRobot-Rocco-Le Mondeur illustrer le remarquable article de l’envoyé spécial du Monde à Evanston aux Etats-Unis, Yves Eudes, Le Monde a fait appel au dessinateur Rocco qui adore les robots. Il en a fait un de remarquable, avec grosse tête, petit chapeau, un œil qui voit à 360°, une bouche à clavier, 4 paires de bras, capable en même temps de parler dans un micro, commenter des statistiques, écrire des articles papier et faire les news à l’écran. Il s’appelle WOW !!!. Oh yes, Ouah en français. C’est déjà opérationnel aujourd’hui.

 

 

Pour suivre le chemin des robots et tout savoir sur

. la folie des robots sur ce blog Pour 2010, l'homme robot sur un air de nostalgie

. les robots >    http://www.androidworld.com/ 

. Thomas Sabo et son entreprise > http://www.thomassabo.com/fr/about/company 

. la Serre volante de Nantes >   http://www.nantesmetropole.fr 

. l’homme en armure  

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Armure_(%C3%A9quipement

. la photo du samouraï en 1860   http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Samurai.jpg 

. le photographe Felice Beato > http://en.wikipedia.org/wiki/Felice_Beato 

. le robot Planète Sciences Sarthe, 02 43 93 87 58, www.planete-sciences.org 

. le robot Sumo > http://robot.sumo.free.fr/clubrobotique_lestrophees_2009.htm 

en cours de construction sur le site 

. le dessinateur Rocco > http://www.artsfactory.net/expos/vertige/index.html 

. l’article du Monde, 10.03.2010, « L’ère des robots-journalistes » par Yves Eudes

 

. le code couleurs : en orange, le titre, en rouge, le nom des robots, et en rose leur auteur  

. Photos EP pour quelques unes et mes remerciements pour toutes.

  

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Suite de la déconstruction > Une cuisine simple et saine > au Japon

4 Mai 2010, 15:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il faut bien ça pour accepter comme un must de manger simple, sain et pas cher: aller au Japon et/ou lire Le Monde. L’un et/ou l’autre sont absolument nécessaires pour Conf-Etiquette-JP-Robinot-2008.11-020.jpgsavoir comment faire. C’est Philippe Pons, le journaliste du Monde en poste à Tokyo,  qui a débusqué la perle rare, le chercheur du genre Tournesol, qui se fait l’apologue de la déconstruction culinaire. Son analyse est si bien faite que le site officiel Japon Infos reprend son article du 16 août 2008 in extenso. Malheureusement, le livre n’a trouvé ni éditeur, ni traducteur en France. C’est d’autant plus dommage, que cette nouvelle aventure alimentaire se présente en deux tomes.

 

. Le Ier paru en 2007, qui a pour titre «  Les Japonais qui laissent pourrir leurs aliments  dans le réfrigérateur », dénonce ce gâchis.

. Le 2ème tome, paru en 2008  sous le titre « Les Japonais qui ne font pas pourrir leurs aliments dans le réfrigérateur », est un livre de recettes. Les deux ouvrages font l’objet de l’interview parue sous le titre « Samouraï d’une cuisine du pauvre ».  

Le titre

Il est volontairement provocateur au Japon et en France. Il est amusant de constater que Philippe Pons s’est bien gardé de faire le parallèle avec ce qui se passe en France. Il s’agit pourtant du même phénomène. On sent bien ici aussi la différence d’attitude selon que l’on a connu la guerre ou pas. Beaucoup des premiers ont en général un certain respect face à ce qui touche à la nourriture ; les seconds sont pour la plupart dans une démarche plus teintée de « jetable ».

 

Quoi qu’il en soit de cette segmentation simpliste, qui peut se vanter de n’avoir jamais du jeter des yaourts à une date limite de vente largement dépassée ou des légumes achetés en trop grande quantité et non-préparés à leur état de fraîcheur ? Qui, personne, sauf ceux qui ne font jamais les courses ni la cuisine. Ceux –là vous jurent, la main sur le cœur que non, ils ne voient, cela n’arrive jamais chez eux. D’ailleurs, ils ont été élevés comme ça…Passons.  

 

La cible

L’auteur japonais interpelle directement les Japonais enJapon, Tokyo, bol de nouilles visant le contenu de leur réfrigérateur. Il n’a pas cité la société de consommation ou la façon de faire la cuisine. Jinnosutke Uotsuka réintègre la façon de se nourrir dans un style de vie global et c’est bien ça qui est intéressant. Manger et plus largement l’attitude face à la nourriture sont directement en lien avec la vision de la société et la place de l’homme et de la femme dedans. Focaliser la démarche à la crise pour les lecteurs du Monde est aussi réducteur que trompeur, comme si, sans la crise, il n’y aurait eu ni livre, ni réflexion philosophique préalable. L’auteur en est à son 40è ouvrage ; il croit en la vertu pédagogique de l’écrit fondé sur une vraie pratique de vie. On peut lui faire confiance sur sa cohérence.  

 

Sa dénonciation du gâchis

L’attitude face à la nourriture en pays d’abondance est semblable dans le monde entier avec des différences culturelles. La valeur symbolique des aliments diffère bien sûr d’un groupe de pays à l’autre (le riz en Asie, le pain en France, le sucre aux Etats-Unis…). Par contre l’abondance provoque toujours cette attitude méprisante ou négligente pour ce qui finalement n’a plus ou pas d’importance.

 

Je me souviendrais toujours de cette scène du film de Hitchcock « La main au collet » (1955)  rediffusé il n’y a pas longtemps. L’on y voit la mère de Grâce Kelly dans le film, Jessie Royce Landis, dans sa chambre d’un grand hôtel, de la Côte d’Azur, écraser sa cigarette dans un œuf au plat, celui qu’on vient de lui apporter pour son petit déjeuner, faute de cendrier. Ca m’avait choqué d’une façon incroyable et ce n’était qu’un œuf ! 

 

La mauvaise utilisation du réfrigérateur

2008-09-divers-et-paysages-003.JPGC’est bien la première fois que je vois une dénonciation du réfrigérateur, en tant qu’armoire de stockage de trop de nourriture. C’est le point intéressant nouveau. L’auteur impute ce sur-stockage et donc le phénomène du sur-achat par la peur de manquer à la suite du traumatisme de la guerre pendant laquelle des Japonais ont connu la faim.

 

Le Ier tome dénonce cette utilisation dévoyée du réfrigérateur que l’on bourre d’aliments parce qu’on en achète trop. Le gâchis se situe à tous les niveaux, de la supérette qui jette dés que cesse l’heure de validité, au consommateur qui a une mauvaise gestion et préfère acheter tout prêt et cher ce qu’il pourrait conserver et préparer à sa mesure. Selon l’auteur, les Japonais jettent quasiment autant  que ce qui est produit. Au niveau national, ce sont 19 millions de tonnes de nourriture qui sont ainsi volontairement jetées.

 

Cette armoire d’un nouveau type a aussi comme contre-avantage le fait d’inciter les consommateurs à acheter de la nourriture toute prête, pourtant très populaire au Japon. Le différentiel de coût entre les deux étapes est à ses yeux hallucinant (un mot qu’il n’utilise pas) : un bol de riz à réchauffer au micro-onde vaut plus cher qu’un sac de 10kg à stocker en attente d’une utilisation graduelle en fonction des besoins. Sa dénonciation est claire « les riches ont fait de la nourriture un loisir. Et l’on a perdu la fierté du repas simple. »

 

La dJapon au restaurant-Tokyo-2009éclinaison du thème du « repas simple »

Ces deux ouvrages sont la suite d’une démonstration présentée sous des titres différents dans des ouvrages précédents : se contenter de peu à table, vivre avec 9 000 yens par mois, manger des légumes  préparés de façon traditionnelle comme ce qui se faisait avant et pendant la première guerre mondiale.

 

C’est ce que l’auteur fait pour sa part. Il a simplifié sa nourriture. Il mange les légumes et les fruits qu’il a fait sécher pour l’hiver. A cette époque de l’année, il grignote les pommes séchées coupées en rondelles qui pendent au mur. Le poisson qu’il consomme est mangé frais et pour le reste conservé en saumure pendant quelques jours.  Malheureusement, le lecteur français ne connaîtra pas ces recettes et restera sur sa faim.  

 

Ses choix de vie

C’est ce gâchis que dénonce avec constance l’auteur. Il connaît la situation de l’intérieur. Il est fils de traiteur et a étudié l’agronomie. Par ailleurs, il est un fervent adepte du « fais le toi-même » qui est au coeur de sa démarche de vie. Il a un réel goût pour la récupération au point qu’à une époque de sa vie, il a été brocanteur.

 2008-mai-bouteilles-et-divers-043.JPG

Quant à son réfrigérateur, Jinnosuke Uotsuka entretient avec ce dernier des relations limitées au strict nécessaire. On gage aussi qu’il gère extrêmement bien sa vie quotidienne, tout en intégrant un certain « désordre » que met bien en lumière Philippe Pons : des rondelles de pommes sèchent sur les murs, des bocaux de fruits voisinent sur la table avec des vieux livres… Il habite dans le quartier de Meguro  à Tokyo une petite maison qui ne dispose pas du chauffage central. Il lui suffit l’hiver de faire brûler des bûches dans le « irori (un foyer carré dans le sol » et de boire du saké.  

Pour suivre le chemin

. Le titre français n’a réellement aucun sens perceptible à mes yeux. Pourquoi avoir associer les samouraïs à ce récit ? Pourquoi avoir déformé la volonté de l’auteur au point de traduire une cuisine simple, saine et pas cher en une cuisine du pauvre, ce qui est très méprisant et négatif ?

 

. Voir Le Monde, dans sa série de l’été « Best-sellers du monde », 08/15, 16.08.2008

. Lire l’article complet sur

http://www.japoninfos.com/Samourai-d-une-cuisine-du-pauvre.html

. Lire l’article « samouraï » de Wikipedia      

http://fr.wikipedia.org/wiki/Samoura%C3%AF

. et celui concernant le photographe de l’incroyable photo d’un samouraï en 1860, Felice Beato http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Samurai.jpg

 

. Sur les modes de vie au Japon, http://www.japoninfos.com/Tokyo-et-son-mode-de-vie.html

. Et surtout lisez l’excellent blog d’Uchimizu, un français expatrié au Japon depuis plusieurs années. Je vous recommande son article "Manger au Japon" ainsi que "Cadre français au Japon". Il est aussi fan de jeu video. Sa dernière découverte : comment gérer une ville japonaise en étant le chef de la compagnie de train. Ses photos sont époustouflantes.   

http://uchimizu.blogspot.com/2010/05/a9-fabriquez-vous-meme-du-japon-au.html

 

. Sur la déconstruction, voir sur ce blog comment simplifier une recette de pâtes italiennes aux coquilles saint-jacques 

La déconstruction de la cuisine ou la lutte contre la complexité culinaire

 

 

. Photos EP, n° 1 Vin de la Vallée du Loir de Jean-Pierre Robinot "Tokyo la nuit",  haricots rouges germés et 4 bouteille de saké.

. Photo bol de nouilles, Uchimizu, avec mes remerciements

. Photos au restaurant  Collection JDB, avec mes remerciements.   

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L'image de la Ville et le rôle de la création marketing territorial

1 Mai 2010, 17:25pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce billet répond à la question que m'a posée un universitaire en sciences humaines de savoir s’il existe Nantes, Estuaire 2007.2009.2011vraiment une création lors de la mise en lumière d’une collectivité territoriale par une campagne de communication. C’est là une bonne et vraie question à laquelle il faut répondre, comme toujours avec beaucoup de mots si  l’on veut apporter une réponse nuancée qui tient compte de la complexité de la démarche.  

Le titre

Il faut aussi tout de suite préciser le titre trop concis pour rentrer dans les 70 caractères. Le titre développé est le suivant : l’image de la ville et le rôle de la création identitaire par le marketing territorial.  C’est dire qu’il va être question dans ce billet des liens entre l’image,   l’identité et le marketing territorial vus sous l’aspect de la création. Il s’agit de valoriser l’image de la ville afin d’attirer les touristes et les investisseurs qui forment les principales cibles.  

La démarche marketing

Elle repose sur une logique méthodologique si forte qu’elle a, ne l’oublions jamais, conquis le monde entier en 50 ans dans toutes les sphères de l’activité humaine. A ce niveau là, il ne s’agit plus d’être contre ou pour le marketing mais de comprendre comment il fonctionne pour en faire un usage optimal. J’emploie volontairement ce terme d’optimal pour situer tout de suite le niveau du raisonnement. Le marketing est un outil méthodologique qui a sa propre logique. C’est au client de s’assurer que le projet est bien calé en ce sens au regard des possibilités du marketing. De la même façon que c’est à lui de définir le plus précisément possible ce qu’il demande à l’agence de com. Une demande imprécise ou impossible quant aux résultats à obtenir complique singulièrement le travail de l’agence et fausse à l’avance la probabilité de chance de succès. Cette analyse du terrain est fondamentale au regard de la légitimité de la création qui va suivre.    

Les relations entre l’agence de com et son client

Pour pouvoir faire des propositions constructives à Nantes, Estuaire 2010, Trentemoultson client, l’agence met en place une démarche globale de connaissance des forces et des faiblesses de la collectivité en relation avec la concurrence existante au moment de l’étude. Cette première approche se double d’une analyse prospective des opportunités et menaces existantes ou prévisibles. Cette première étape débouche ensuite sur la conception de différentes options de positionnements possibles pour la collectivité locale cliente. C’est toujours elle qui décide ce qu’elle considère être le positionnement le plus porteur pour elle, au regard des enjeux territoriaux. Dire ultérieurement qu’une campagne qui n’a pas marché relève de ‘la faute’ de l’agence ou que la com est ‘nulle’ n’a pas grand sens dans la mesure où l’agence travaille toujours en symbiose avec son partenaire-client et que c’est celui-ci qui a toujours le dernier mot.  

La ville, Raffles, Dubai; UAEL’élaboration du positionnement

Le choix du positionnement d’image par la collectivité territoriale constitue le moment charnière du processus puisqu’à partir du choix par le client, commence véritablement la partie pratique proprement dite d’application sur le terrain. Après avoir finement analysé la demande du client et la faisabilité du projet, l’agence commence à chercher sur le terrain  ce qu’elle considère comme les matériaux utiles aux différentes propositions qu’elle va faire, tout en étudiant ce que font et ont fait les collectivités concurrentes. L’objectif est d’apporter un projet cohérent et nouveau à son client, sans copier ce qu’a fait la collectivité voisine. A cette fin, elle opère donc une sélection de l’information parmi des millions d’informations pour dégager une ébauche d’image originale de façon à se distinguer de la concurrence.

 

La récolte faite dans le sens défini au départ par l’équipe, l’agence va mixer la sélection des ‘matériaux’ composites et disparates  nécessaires pour constituer le positionnement qui va permettre ensuite de préciser l’image souhaitée  par le client comme correspondant à sa demande. Il y a là véritablement une création puisque le marketeur va rechercher partout, dans le passé, le présent, ici et là, les informations permettant d’habiller le projet défini jusqu’alors en mots.

 

Le positionnement se définit toujours par rapport La Ville selon Philippe Biard, 1998aux cibles visées par la campagne de communication pour leur permettre de différencier le produit, ici la collectivité territoriale, de la concurrence. Il y a bien création d’une nouvelle image. Pour fonder la ‘légitimité’ et emporter l’adhésion au projet de l’ensemble des cibles, l’agence va fonder, greffer cette image sur ce qu’est le territoire. L’image doit pouvoir ‘coller’ au territoire. La question de l’identité est alors posée.    

Le parallèle avec la tradition 

Il en va pour le marketing territorial, services ou produits, comme pour la tradition qui est une re-création continuelle consistant à chercher dans un passé proche ou lointain, connu ou voilé, ce qui nous est nécessaire pour vivre notre vie d’aujourd’hui et envisager plus sereinement un avenir proche. On sait bien que la quête et la vision de la tradition ont peu à voir avec la démarche de l’historien qui cherche à comprendre un évènement en le resituant dans son contexte. La tradition et le marketing font l’inverse du chercheur. Ils sont demandeurs d’informations sur des faits qui vont être inconsciemment ou volontairement dé-contextualisés afin justement de pouvoir les agréger d’une autre façon, pour devenir partie constituante d’un message nouveau porteur d’un sens propre à satisfaire le client.    

L’ancrage

Paris selon MatejewskiCette création à étages ne suffit pourtant pas à créer une nouvelle ‘vraie’ réalité, pour employer un tour de langage bien utile pour distinguer un projet créé intellectuellement de son application sur le terrain. Ce dernier terme est particulièrement bien adapté à la situation d’une collectivité territoriale. Le projet d’image conforté par la nouvelle vision identitaire doit pouvoir développer sur le terrain ses propres capacité d’ancrage sur des lignes de force existantes, visibles, invisibles ou latentes, en allant à la rencontre d’une demande. Si non, le risque existe d’une non-adhésion à ce qui a été décidé conjointement par la collectivité et l’agence par les cibles à attirer. Citons les décideurs, les investisseurs, les touristes, les habitants,  ceux qui aspirent à travailler et vivre dans cette collectivité et … surtout la presse. Plus l’écart entre l’existant et la création est grand, plus le risque de non-adhésion du terrain est fort. 

L’adhésion et le pari

La création d’image à caractère identitaire est en effet un pari basé à la fois sur une démarche rationnelle, des pré-supposés et aussi beaucoup d’intuition. Comment serait-il possible en effet de garantir le changement attendu alors qu’une image est la résultante de milliers de facteurs, dont seuls quelques-uns sont modifiés, alors que les autres collectivités font la même démarche au même moment et que chacune attend que le changement espéré va lui être profitable à elle seule, en fonction de ses propres désirs. Et cela au moment où tout change, partout dans le monde, pour tous, mais pas de la même façon.  

La difficulté du pari et la beauté du raisonnement

Comme la tradition recrée une réalité qui n’a peut-être La Ville, perinture anonymejamais existé comme telle ou existé dans un autre cadre avec donc forcément une autre signification, le marketing territorial a la capacité, puisqu’il est conçu pour cela, de créer une nouvelle image, parce qu’il pré-suppose qu’il existe d’autres ‘réalités’ identitaires que celles qui sont toujours mises en avant. Et c’est comme ça que l’on passe non pas de l’identité qui donne lieu à une image mais à l’image qui doit pour pouvoir s’ancrer et trouver une légitimité à la nécessite de re-créer une identité crédible pour les cibles qui sont les destinataires de cette véritable création marketing à étages.

 

On en arrive aussi à l’opposition entre deux modes de raisonnement avec :

-        la vision classique qui part de l’identité pour arriver à l’image : je suis  et j’ai une ou des images, 

-        la création marketée qui est construite en partant de l’image pour ‘créer’ une vision identitaire à destination des cibles  : je suis ce que je pense que vous voulez que je sois.

 

French Teutche, Stone martenOn voit bien que ce n’est pas la même chose et pourtant l’opposition n’est pas aussi franche qu’elle y paraît. En effet, si l’habit ne fait pas l’homme, il y contribue beaucoup. Il n’est que de voir la codification du vêtement au cours des siècles et particulièrement en France à la Cour du Roi à Versailles ou encore maintenant dans les congrégations religieuses et à l’armée.

Quant à la dimension marketée de l’image, elle est constante. « Mon image indique ma personnalité et mon humeur. Quand je m’habille de rouge par exemple, je me sens très tonique ». La plus grande liberté vestimentaire le vendredi annonce le week-end aux Etats-Unis. L’image a toujours été un indicateur fort en matière de communication non verbale.   

Quelques mots sur le changement

Nous vivons une période de très forte mutation et cela en même temps dans le monde entier. Même dans des temps apparemment plus stables, la société est en perpétuelle modification sous l’effet de forces dont l’ampleur nous dépasse. L’évolution est perpétuelle. C’est un principe de base au cœur du règne du vivant.

 

A partir de ce postulat, qui peut dire que les « réalités » mises en lumière par les agences de communication ne sont pas pré-figuratrices de ce que sera demain parce que cela existe déjà maintenant mais que nous ne le voyons pas, peu ou mal ? Qui peut nier aussi la force bien réelle des univers virtuels véhiculés par le net ? Où se situe la frontière entre la réalité identitaire projetée et l’image identitaire créée ?

 

Sans oublier la démarche que l’on constate Ikea, la villedans les régions très touristiques où les habitants et professionnels concernés vont de leur propre décision chercher à ressembler aux décors de cartes postales à la base du caractère identitaire de la région. Il en va ainsi en Bretagne, à l’Ile de Ré, en Alsace, en Provence…La création - identitaire ou de l'image - est devenue incorporation - identitaire ou de l'image - grâce à l’adhésion de tous.  

Pour suivre le chemin 

. Ce billet s’inscrit dans le cadre d’une réflexion que j’ai commencée voici quelques mois sur le marketing territorial et la ville qui m’intéresse plus particulièrement. Il n’aborde pas la création de l’image ou plutôt des images qui vont constituer l’identité visuelle de la vie collective. Il ne détaille pas non plus les mots à  créer qui vont conforter et ancrer l’image.

 

. Voir d'autres billets sur le sujet

V03 comme ville-pub > Total et Les Echos 

Concevoir la ville autrement par Alexandre Chemetoff 

La ville, le quartier, la segmentation et l'invisibilité 

V2 comme Ville végétale > La vision d'Antoine Corbineau 

Le végétal en ville > La propreté, l'ordre, le changement > Le lien végétal 

Mini-Cas Territoire > Le hamburger et la prospective 

A Angers, l'envie de vivre autrement

Identité ou attractivité d'une ville par le plein, le creux, l'autre

Angers vu par Courrier International et Cost dessinateur

Ville = Identité et image + publicité et communication 

Invisibilité, identité et image > L’exemple de l’Estuaire de la Loire  

 

. Photos EP n° 1 Trentemoult face à la Loire-centrale à béton-Eestuaire 2010, n°2 toute proche la maison bleue, n°3 Le Raffles à Dubai, n°4, "La Ville" selon Patrice Biard alors étudiant aux Arts aplliquées 1998, n° 5 Paris en façon Toile de Jouy par Mat&Jewwski, avec mes remerciements, n°6 La Ville Collection Emmaüs, n° 7 French Teutche Shoes-Up juin 2008, n° 9 La Ville selon Ikea . 

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Le Clos de la Garenne du Château de Sainte-Gemmes et ses étiquettes

28 Avril 2010, 15:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Petit rappel

Sainte Gemmes, chateau, devant la Loire"2" pour expliquer qu’il s’agit de la suite du billet précédent. Pour des raisons de commodité de lecture, j’ai du séparer les deux billets. Le premier porte sur la présentation du Château et de son Clos tous deux situés à Sainte-Gemmes sur Loire dans le Maine et Loire (49). Dans ce second billet, il va surtout être question d’apprécier le travail de l’imprimeur qui a conçu les étiquettes du vin du Clos à une date non connue, vraisemblablement avant la seconde guerre mondiale. 

 

Les deux étiquettes

Ce sont deux étiquettes de vin franchement rares, non pas tant pour leurs dimensions identiques courantes :  13,2cm sur 9cm, ni son papier vergé ivoire de couleur maintenant un peu jaunie par le temps, ni par leur style daté d’avant la seconde guerre mondiale. Il s’agit d’une ‘passe-partout’, un modèle d’étiquette conçu et vendu par l’imprimeur « Philippeau D.Oiseleur. Angers 4552 » dont on arrive avec peine à déchiffrer le nom.

 

L’une est horizontale, c’est dire qu’elle est plus large que haute. Elle est conçue pour des bouteilles bourguignonnes au corps ventru. L’autre est verticale, sa hauteur est plus grande que sa largeur. Elle est destinée à une bordelaise, haute et droite.

 

Beaucoup de similarités existent entre les deux puisqu’elles résultent de la même démarche passe-partout. On va y retrouver le nom du château en haut, ce château qui signe la réussite, au centre entouré d’un décor de feuilles et de grappes de raisin en symbole de l’abondance. Clos de la Garenne inscrit en une typographie ronde et forte, est placé en bas. C’est la mention écrite la plus importante de l’étiquette. Les différences tiennent compte du positionnement du château toujours placé au centre.


L’étiquette horizontale 

Le bâtiment central avec ses trois corps est placé au centre. Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, musee, étiquetteC’est le point focal de la composition, d’autant plus intéressant, qu’il est situé exactement à l’endroit de la petite porte principale située sous la terrasse constituée par l’escalier. De chaque côté, le château, qui occupe une petite place dans l’étiquette, est flanqué d’une composition triangulaire, composée par deux feuilles, trois grappes et trois pampres (le petit tournicotti qui finit la composition). Au-dessus, de cette triple composition horizontale, la dénomination de « château » et son lieu sont placés au-dessus, comme un linteau, sur toute la longueur de l’étiquette. En dessous, la mention du « Clos de la Garenne », permet de finir la forme triangulaire annoncée par les deux bords extérieurs des pilastres des feuilles, des grappes et des pampres. En dernière place, tout en bas de l’étiquette, on trouve à gauche le rappel du village « Ste Gemmes-sur-Loire » et  à droite (Maine et Loire).

 

L’étiquette verticale

Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, musee, étiquetteBien que la surface soit exactement la même et que les deux étiquettes aient un air de ressemblance, les différences sont sensibles. L’objectif de l’imprimeur est de conférer la douceur de l’arrondi pour adoucir l’image du château qui ne peut bénéficier par manque de place de ces soutiens de pilastres triangulaires de chaque côté. « Château de Sainte-Gemmes » figure seule en haut, « sur Loire » est en-dessous. Pour lier les deux corps, la double mention en haut et la représentation du château, l’imprimeur a conçu un chapeau de style art déco, avec quatre volutes de chaque côté pour le relier au haut. Pour le bas, la volute se continue en rentrant pour repartir ensuite. En dessous, on retrouve le même dessin château mais légèrement plus grand, avec un véritable ciel et une vision plus large de la Loire. De chaque côté, il reste une feuille noire accrochée à une branche de vigne et, en dessous une grappe de raisin avec une pampre. On retrouve en dessous la mention du Clos de la Garenne, avec pour finir la disposition une feuille qui se termine en grappe, avec deux petites ailes de chaque côté, des pampres et les deux mentions de part et d’autre.

 

L’appréciation

La difficulté vient de la représentation du château, dont les dimensions ‘étriquées’ sont difficiles à intégrer dans une étiquette harmonieuse. C’est la raison pour laquelle le concepteur de l’étiquette a utilisé les escaliers, le jardin en terrasse, Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, museele portail, la promenade et la vision d’une Loire avec plates et pêcheurs.  En plus il a renforcé la dimension viti-vinicole avec les grappes de raisin, les feuilles et les pampres pour rééquilibrer l’ensemble et faire passer le message du vin. La typographie a été choisie pour son arrondi, avec des dissonances : autant ‘Clos de la Garenne’ a un bon rendu, autant la mention du Château sur l’étiquette verticale est peu réussie. Le résultat est passable  avec l’étiquette horizontale.

 

Les couleurs

A voir les étiquettes, on peut être assuré qu’il s’agit d’un vin rouge, puisque les mentions sont en noir et tous les dessins sont en rouge, à une exception particulièrement malvenue dans l’étiquette verticale, cette feuille sur fond noir accroché à une tige de vigne noire aussi. 

 

Le lien entre la forme de l’étiquette, la bouteille et le vin

La question de l’horizontalité ou de la verticalité de l’étiquette de vin est fondamentale. Elle se conçoit en second lieu en lien avec la choix de la bouteille, bourguignonne (ventrue) ou bordelaise (droite). A chacun son style et ses choix. JeSainte-Gemmes sur Loire, chateau, musee ne peux que constater une chose : un Muscadet qualitatif, un Anjou ou un Saumur blanc, élevés en fût se sentent mieux dans une bourguignonne. Le client perçoit tout de suite à l’œil et spontanément acceptera de payer plus cher pour un vin plus rond en bouche. Ah la délicate question du contenant influençant le contenu.   

 

Le score final

Il est très nettement en faveur de l’étiquette tendance bourguignonne, plus équilibrée, moins artificielle que la verticale surchargée avec sa volute ailée et la feuille sur fond noir. Si actuellement, le choix était d’utiliser le château, il faudrait choisir un papier écru, enlever le cadre, supprimer les représentations de la vigne, esquisser seulement le château à grand trait, choisir une typographie légère et bien sûr intégrer les mentions réglementaires. En un mot faire une nouvelle étiquette adaptée à notre époque.

 

Pour suivre le chemin

. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre la recherche que Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, passerellej’ai menée sur l’habillage de la bouteille de vin, que j’ai fait paraître sur ce blog sous le titre ‘The Word through the Bottle of Wine’. Vous trouvez les 60 Pages qui y sont consacrées avec les 450 étiquettes (environ) placées ci-contre dans la colonne de droite.

 

. Les deux étiquettes m’ont été données,  il y a quelques années maintenant, par un imprimeur angevin, M. Boiteux que je remercie. J’ai pu les voir également au Musée du Centre hospitalier de Sainte-Gemmes  dans une vitrine. 

. Photos EP 1,2,3 et 6

. Photos Musée 4 et 5.  

. Toutes les photos consacrées au Château de Sainte-Gemmes sur Loire et au Clos des Garennes figurent dans l'album "Loire de toute beauté".                               

 

 

 

  

 

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Le Château de Sainte-Gemmes sur Loire et son Clos de la Garenne 1

28 Avril 2010, 11:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Le Château

Le Château de Sainte-Gemme sur Loire est bien connu des pêcheurs et des promeneurs qui Sainte Gemmes, chateau, devant la Loiremarchent le long de la Loire. Il étonne en ce lieu si proche de la Loire qu’on sait redoutable l’hiver quand elle se trouve trop à l’étroit dans son lit d’été. Ce château, créé en 1701, comme il est indiqué sur le fronton, est plus une belle demeure entourée de chaque côté de terrasses  à la française et d’un vaste jardin sur l’arrière. Il témoigne de la volonté de réussite de son fondateur et d’une volonté de jouir d’un paysage déjà très apprécié en ce tout début d’un XVIIIè siècle que l’on pensait triomphant. Un majestueux escalier à double envolée permet de relier l’accès à la promenade de long de la Loire au bâtiment prudemment surélevé pour échapper aux fortes crues.

 

C’est du côté intérieur, en venant des Ponts de Cé en amont de Sainte-Gemme ou d’Angers au nord qu’on discerne bien la volonté des propriétaires des lieux, Georges Nicolas Baudard de Vaudésir et plus tard son fils Claude de fonder une dynastie. Outre de nombreuses dépendances permettant à ce très beau site d’être également un domaine agricole économiquement autonome,  Georges Nicolas Baudard fit en outre construire une orangerie à l’Ouest. De très belles fêtes y furent données. Peu de temps après, la famille décida de vendre.

 

L’asile d’aliénés                                                    Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, musee, M. Prieur

La belle propriété devient la propriété du département du Maine et Loire qui la transforma en « asile d’aliénés ». L’établissement ouvrit le 17 janvier 1844. Comme la loi du 30 juin 1838 en faisait une obligation  pour les départements, celui du Maine et Loire avait mis en place une structure organisationnelle très stricte permettant  une gestion autonome du triples établissement, pour les hommes, pour les femmes, puis plus tardivement pour les enfants. Les hommes furent placés à l’Ouest dans de grands bâtiments ; ils y étaient « menuisier, maçon, serrurier, cordonnier, forgeron… » Les femmes, cantonnées à l’Est, étaient couturières, cuisinières, blanchisseuses… ». Le domaine possédait sa laiterie, « sa ferme des cochons », son potager, son jardin fruitier… et son clos pour le vin, le Clos de La Garenne.

 

Le Clos de la Garenne

Son nom indique bien qu’il a été planté de vigne dans un endroit éloigné, ‘habité’ par les lapins de garenne. La parcelle de forme quasiment carrée était située tout au fond de la propriété dans le coin gauche, quand on avait le dos à la Loire, près du cimetière des religieuses. Il n’en sSainte-Gemmes sur Loire, chateau, inondationubsiste plus qu’une photo que l’on peut voir dans le musée du Centre hospitalier de Sainte Gemmes. Ce centre inclut en son sein, le Cesame ou centre de santé mentale angevin qui occupe maintenant toute la propriété.       

 

Le vin

Il s’agit d’un vin non spécifié, d’un temps où il était encore possible à un propriétaire de faire imprimer une étiquette qualitative, sans même dire que c’était du vin d’Anjou. Ni le terme de vin n’y figure, ni celui d’Anjou. Pourtant il s’agit bien d’un vin produit par des vignes plantées en Anjou, plus spécialement à Sainte-Gemme sur Loire, avec comme seule indication, celle de Château de Sainte-Gemme sur Loire, Clos de la Garenne.  L’explication vient de l’usage qui en était fait : il était réservé à ceux qui dirigeaient l’asile.

    

Pour suivre le chemin

. Lire la suite sur le billet suivant, qui porte sur la comparaison des deux étiquettes du Clos de la Garenne du Château de Sainte Gemmes sur Loire.

. Le Musée du Centre hospitalier de Sainte Gemmes Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, inondationsur Loire est ouvert à la visite lors des Journées du Patrimoine, des fêtes des Gemmoiseries et de groupes sur rendez-vous. Il a été ouvert en 2000 grâce au travail de recherche et de collecte de documents et d’objets permettant de suivre l’évolution de la psychiatrie et d’un lieu effectué par un groupe de bénévoles, retraites et actifs, qui s’est constitué en 1997.

 

. La visite est vraiment très intéressante car elle permet de suivre la triple évolution de la vision de la société sur la maladie mentale, des traitements et de la prise en compte des besoins du patient.  J’ai eu la chance d’effectuer la visite au cours des Journées du Patrimoine de septembre 2009 en la compagnie de trois très bons connaisseurs et commentateurs de la vie au Château de Sainte-Gemme : M. Prieur, directeur honoraire de  l’Hôpital, Michelle Maurier, cadre infirmier et M. Veau, éducateur, qui emmenait les enfants en colonie de vacances à Saint- Jean de Monts. On y Sainte-Gemmes sur Loire, chateau, museevoit les enfants en 1958 près la tente où ils dormaient.         

 

. Le Centre de Santé mentale angevin, BP 50089, 49137 Les Ponts de Cé cedex.

. Pour de plus amples renseignements, s’adresser au service de communication 02 41 80 79 01

 

. Photos EP d'aujourd'hui n° 1, 2 et 5, Michelle Maurier et M. Veau dans la salle des "colos" devant un kayak dans le fond  

. Photos du musée 3 et 4, avec mes remerciements à M. Prieur en photo n° 2  

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N comme Nana > La Nana bottée d'Aigle

23 Avril 2010, 12:35pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ca me fait rire à l’avance : un titre compliqué ET précis. J’adore. Une seconde Aigle, pub 2010de patience que je vous décrypte cette pub pour une paire de bottes de la marque Aigle. Pour bien montrer qu’il s’agit d’une femme, la nana porte une jupette mini et ses bottes sont roses. Enfin roses, on devine qu’elles sont roses parce qu’elles sont toutes couvertes de boue, une boue si envahissante qu’elle monte à mi-cuisse.

 

Vous pensez bien qu’il y a un énorme travail dessous. Essayez et vous verrez que ce n’est pas facile du tout, d’avoir de la belle boue brillante et fine, qui vous gaine la jambe jusqu’à mi-cuisse de façon uniforme. Et qu’en plus, cette belle boue arrive à tenir mais cette fois de façon subtile sur le caoutchouc de la botte, en laissant voir le rose. Ah, je défaille, tellement c’est subtil. Deux fois, le même adjectif subtil en deux lignes, pas bon. Tant pis, c’est trop beau.

 

L’annonceur qui a commandé cette publicité s’appelle Aigle. Un aigle stylisée s’inscrit au-dessus du nom de la marque. C’est un « maître caoutchoutier depuis 1853 ». Il « confectionne ses bottes à la main » et possède « un savoir-faire unique en France. » Il est aussi fabricant de vêtements d’extérieur. C’est important de savoir cela pour comprendre la finesse du concept. La botte est tellement adaptée à la femme qui la porte qu’elle fait corps avec elle au point qu’on lui a coupé la tête pour bien montrer l’important. L’important, c’est la botte, la jambe gainée d’une botte. Ce qui donne une jambe bottée, donc comme pour le Chat botté, une nana bottée au singulier et pas au pluriel même si elle a deux bottes.

 

En 2008, pour dynamiser la marque et dans l’optique Aigle, pub 2008de relancer les ventes sur Internet, l’entreprise a fait appel à l’agence BETC Euro RSCG, une nouvelle agence avec à sa tête Gideon Day.  Au mois d’octobre est parue la nouvelle campagne intitulée «  Aigle  Pour réintroduire l’homme dans la nature », avec une série de six visuels photographiés en Islande et en Nouvelle-Zélande.  Le visuel qui a servi à lancer la campagne a reçu le 23è Grand prix de la publicité presse magazine (voir ci-contre).

 

Pour suivre le chemin

. Publicité parue dans Truffault Magazine, n° 45, mi-février mi-avril 2010.

. Vous pouvez retrouver les publicités de la marque sur son site et commander en ligne

www.aigle.com

. Les six visuels de départ : les chauves-souris, le chimpanzé et la banquise, l’oiseau, la montagne et le gorille près de la rivière.

. En savoir plus sur la campagne, grâce à Marie-Andrée Jézéquel, la directrice de la communication d’Aigle et celle de l’agence Marielle Durandet :

. Marie-Andrée Jézéquel :  « Aigle vient de la terre, ayant d’abord fabriqué des bottes en caoutchouc et nous avons toujours communiqué sur la nature. De plus aujourd’hui, nous, urbains, ressentons un fort besoin pour l’homme de se reconnecter à la nature. Enfin, l’inversion entre l’homme et l’animal (qui est celui que l’on réintroduit habituellement) nous a séduits, car il nous permet de surprendre notre consommateur. »

. Marielle Durandet, la directrice de BETC Euro RSCG  : « Nous défendons l’idée qu’il faut parler aux gens en s’adressant à leur cerveau »

dans http://www.pressemagazine.com/23e-grand-prix/

. Pour avoir plus d’infos sur le Chat Botté, un conte de Charles Perrault (1628-1703), http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ma%C3%AEtre_chat_ou_le_Chat_bott%C3%A9

 

. Comme vous commencez à le deviner, cette série montre des femmes telles que les voient ceux qui s'en inspirent, travaillent avec leur image ou s'en servent pour dire quelque chose. Celle-ci par exemple a des jambes qui ne sont plus à elle et pas  de tête non plus. On s'adresseeffectivement à leur cerveau reptilen.

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