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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Aménager les rives de Maine > Christophe Lesort > Urbaniste Angers

9 Janvier 2011, 10:39am

Publié par Elisabeth Poulain

Christophe Lesort est un passionné de la ville et de ses évolutions. Il aime y marcher, regarder les gens, voir les changements en mouvement, avant de rejoindre son bureau de plain-pied dans lequel il perçoit les pulsations d’Angers.

 Christophe Lesort, Urbaniste d'Angers, Port

L’importance des cartes

A ses murs blancs, devant son bureau, une très belle carte de l’AURA met la Maine en scène dans des tonalités parme claire, vert doux et gris lumière, avec en son centre le périmètre en orangé clair de l’opération des Berges de la Maine. Derrière son dos, est accrochée la carte de l’IGN pour rappeler à ses visiteurs la situation géographique de la capitale du Maine et Loire et celle de l’Anjou. La présence de ces cartes n’est pas un hasard. Christophe Lesort est l'urbaniste en charge de l’Opération de la Reconquête des Berges de Maine. Certes chacun sait que la carte n’est pas le territoire, mais elle offre l’énorme avantage de visualiser les situations et les nombreuses contraintes qui s’y exercent.  

 

Quelques mots de rappel

Les Angevins connaissent bien leur ville. Angers, Bord de Maine, Place de la RochefoucaultCe n’est donc pas à eux que ce billet s’adresse, mais aux lecteurs qui pour certains vont la découvrir avec ce billet. La ville est placée en une situation très resserrée  entre deux confluences, celle du nord-est au nord entre la Mayenne et la Sarthe et celle du sud, distante de quelques kilomètres, entre la Maine et la Loire. La présence de l’eau est forte, avec au nord la grande île de Saint-Aubin sous l’eau une bonne partie de l’hiver et au sud le Parc Balzac et le Lac de Maine qui servent également de réservoir, « des éponges », comme les appellent des habitants connaisseurs. Une bonne partie de la rive gauche est inscrite en zone inondable, aussi bien en amont du Château qu’en aval dans la Grande Prairie de la Baumette. 

 

La plus petite rivière de France avec ses 12kms de longueur, dont 6 dans cette zone urbaine centrale, est bordée en rive gauche d’une autoroute qui coupe l’accès au fleuve et sépare la ville en deux. Seuls quelques tronçons de la quatre voies sont enterrés à hauteur de la Place Molière et du Château.  

L’analyse de Christophe Lesort

« Angers est une ville-bourg classique dans son développement historique. Elle a un fort potentiel économique et intellectuel. Son entrepreneuriat est dynamique. A l’exception de Paris qui ne peut se comparer avec nulle autre ville en France, Angers est une des seules villes de France, à avoir deux universités et des Grandes Ecoles » comme les Arts et Métiers, l’Ecole Supérieure d’Agriculture (ESA), l’Ecole supérieure d’Electronique de l'Ouest (ESEO)... « La recherche  bien représentée  se développe grâce à des projets d’envergure », comme celui du Pôle européen Végépolys... « Il y a beaucoup de richesse ici, avec le paradoxe que la ville connaît aussi la pauvreté, une pauvreté qu’on ne voit pas, mais qui est bien réelle. » Le revenu moyen est inférieur à ceux des villes voisines membres de l’Agglomération d’Angers.  « Une des chances d’Angers est pourtant aussi qu’elle possède ses quartiers sociaux dans la ville et non pas en dehors. L’intégration en est, quoi qu’on en dise, facilitée ».

 

La situation actuelle de la rivière Maine 

A son arrivée en poste alors que Jean Monnier était encore président de l’agglomération et Jean-Claude Antonini, déjà maire d’Angers, Christophe Lesort a été frappé par « cette autoroute urbaine (qui) coupe la ville en deux. On ne voit pas la réalité de la ville. Cette coupure fait que la ville ne se montre pas.  La ville en tant que telle n’existe pas à cause de cette coupure. La rivière n’identifie pas la ville, surtout le centre-ville. L’opération de Reconquête des Berges passe par une autre approche de l’eau, des rapports entre les gens et des relations à la voiture…  

La mise en service du tramway

Angers, Bord de Maine, vue sur le pont ConfluenceLa mise en service prochaine maintenant du tramway va aussi faciliter l’accès à la rivière. Je commence à sentir dans la ville une impatience pour le tramway. Les gens demandent quand ils vont pouvoir (enfin) l’utiliser. La ville va découvrir une nouvelle relation à la mobilité, qui sera très intéressante également pour cette opération des Berges de la Maine, surtout que le tracé du tramway emprunte le cœur du centre d’Angers, en passant par la Place Molière sur la rive droite avant de rejoindre la Place du Ralliement qui fait face au théâtre en plein centre. C’est un choix stratégique fondamental » pour rapprocher la ville de ses habitants et de ses utilisateurs, propre à conférer à l’agglomération  un nouvel envol. Constatons aussi que la ville, ce faisant, se dote d’un cœur perpendiculaire qui se greffe au milieu de la rive gauche. 

 

Le calendrier de la reconquête des Berges de la Maine

Les gens s’étonnent de la durée du projet qui va courir sur plus de 20 ans. Pour expliquer cette situation, la pédagogie est nécessaire, tout autant que le respect, autant que faire se peut, du calendrier des différentes phases du planning et la volonté politique. Pour l’instant, la municipalité en est bientôt à celle du choix de l’équipe qui aura la responsabilité  de mener à bien ce projet stratégique. Les responsables de la ville, sous la conduite de Jean-Claude Antonini, viennent d’auditionner les huit équipes pré-sélectionnées parmi les 40 qui avaient postulé pour en retenir 3 dont les noms sont maintenant connus.

 

Une opération en marche

L’idée pour la ville de retrouver ses liens naturels et historiques avec sa rivière est un mouvement universel. Il appartient de trouver le projet le plus en adéquation avec l’identité profonde de ce site très exceptionnel du fait de la diversité des séquences se suivant ou se faisant face  avec  par exemple :

. un village de pêcheurs en rive droite face à une zone industrielle,

. une place classée, celle la Rochefoucault, face à la ville dense derrière la voie rapide sur l’autre rive,

. un théâtre dédié aux arts contemporains, Le Quai, face à un château-fort du XIIè siècle, perché sur son éperon rocheuxn symbole de la ville.

 

En attendant, comme tous les Angevins peuvent déjà le constater, la revitalisation des berges est déjà en cours avec des opéChristophe Lesort, Urbaniste d'Angers, Portrations ponctuelles d’importance, comme le nouveau pont « Confluence » dédié aux piétons, aux cyclistes et au tramway en amont du site, face au CHU. En rive droite et en aval cette fois-ci, je viens de citer Le Quai, ce gros cube mystérieux rouge la nuit que tous les Angevins ont adopté  avec une vitesse surprenante.  Depuis l’été, le nouveau port de la Cale de la Savatte est opérationnel  face au Château.  La fête Tempo Rives qui s’est déroulé à cet endroit sur l’eau de la Maine cet été entre le Quai et le Château a été un grand succès, au grand plaisir de Monique Ramognino, l’élue en charge de la Culture. Très bientôt va commencer, comme l’a annoncé le maire, Jean-Claude Antonini, la concertation avec les habitants d’Angers sur le nouveau Centre des Congrès, dont la construction est prévue près du Quai.

 

« La ville est en marche. Elle ne s’arrête jamais. A nous de faire du sur-mesure pour le bien-être de tous » conclut Christophe Lesort à la fin de cet entretien.        

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet fait suite à un entretien avec l’urbaniste le 23 décembre 2010 à son bureau.

. Lire la série des billets sur les visites d’études que nous avons faites à Bordeaux et à Lyon, sous la conduite de Christophe Lesort, pour comprendre in situ et avec les explications des responsables des municipalités et des agences concernées les problématiques et les retombées de ces grands projets urbains.

. Photos EP         

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N comme Nana > Les Jambes > Les Queues de Sardines > Bricquebec

6 Janvier 2011, 10:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Ah quel titre ! Incompréhensible, improbable, oui mais ce n’est pas de mon fait, pour une Jambes-Collants-Queues de Sardinesfois. C’est l’entreprise qui s’appelle comme ça. Elle fabrique des collants et des bas sérigraphiés à la main, avec des motifs marrants. Pas avec des queues de sardine en tout cas, mais avec beaucoup de fantaisie. Ce qui vous donne des jambes différentes, avec par exemple le motif des « gouttes d’eau bleu ciel » ou celui des « artères et veines » inversés heureusement.

 

Un de mes préférés est celui représentant les différents quartiers de viande comme ce qu’on voit pour les bœufs ou les cochons avant qu’on les découpe à l’abattoir. C’est délicat. Les « nuages » offrent un cas troublant : jambe droite à droit à un nuage blanc et un éclair vert sur fond noir et jambe gauche au même nuage mais avec des gouttes de pluie, les mêmes que celles des  collants de couleur chair, alors que là le fond est noir. A mon avis, mieux vaut ne pas trop se regarder marcher quand on va vite. On pourrait frôler le risque de s’emmêler les pinceaux. Ah ça, ça fait mal.

  Jambes-Collants-Queues de Sardines

Il y a d’autres autres collants dans la collection, car tout est en série limitée et la collection se renouvelle constamment. Marion et Olivier, les concepteurs, sont des créatifs plein d’idées, qui vivent selon leurs dires, « dans un coin paumé de Bricquebeck ». Du coup leurs collants rouges ont des + + + …en blanc sur la seule jambe gauche. Leurs « sont-y pas mignon », où chacun regarde sa chacune et réciproquement. Monsieur, vu de profil, zieute très sérieusement sans sourire aucunement Madame bien en face, car elle est aussi présente son profil, l’autre cette fois-ci. Elle non plus ne rigole pas. Arriver à communiquer quand on est représenté par des jambes de Nana qui marche tout le temps pour montrer ses gambettes, c’est pas une vie ! C’est peut être pour ça qu’on les appelle les queues de sardines. Peut être…Je ne suis pas sûre. C’est compliqué la vie. Des fois on ne comprend pas bien. Ce n’est pas pour cela qu’il faut s’arrêter.

 

Bricquebec, il ne faut pas croire M + 0 (= Marion + Olivier), n’est pas si paumée que ça. Ce n’est pas parce que c’est au bout du bout du Cotentin, dans la Manche, que les deux Initiales ont raison. Le maire, qui vient de Paris,  ne s’y est pas trompé. Il s’agit de Henri-Louis Védié, un prof à HEC. Ca doit lui changer les idées. Du coup, je vais vous donner la liste des anciens maires de Bricquebec pour ne pas faire de jaloux : Ferdinand Lucas (capitaine de gendarmerie), Marcel Grillard (PDG industrie laitière), Joseph Thiébot (Notaire) et Paul-Philippe (PDG des Carrières Leroux-Philippe). C’est une bonne façon de vous montrer le paysage politique local.

 

Deux autres infos sont indispensables à votre compréhension.  

. Le blason de la ville est celui du maréchal de France Robert VIII Bertrand de Bricquebec (1285-1348). Il est d’Or au lion de sinople armé et lampassé de gueules. Le château date du Xè siècle quand même.

Cochon, P. Berger, 1915, L'Esprit du Camping. Wikipédia, qui me transmet ces informations capitales, n’a pas de section consacrée à l’économie de cette petite ville de 4 000 habitants. Gravissime erreur, d’abord parce qu’il y a certainement de l’agriculture, avec des vaches et des cochons et aujourd’hui  au moins une entreprise artistique artisanale qui produit des « Queues de Sardines ». C’est comme ça qu’on appelle maintenant les nanas de Bricquebec, Les belles gambettes des Queues de Sardines. J’en suis sûre. Presque…

 

Pour suivre le chemin

http://upfactory.com.decouvrir-les-queues-de-sardines

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bricquebec

Photos EP pour les QdS et « L’Esprit du Camping » pour ce fameux dessin de cochon, Wikipedia pour les autres.             

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Pub > Quand M et Mme Lavazza prennent un café

5 Janvier 2011, 09:27am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est bien sûr un expresso Lavazza pour tous les deux et en même temps. Une opération terriblement compliquée, comme vous allez le constater. D’abord une piqûre de rappel : Lavazza est une marque de café très connue en Italie. Chaque année, la marque demande à un grand photographe de composer un calendrier avec six photos. En 2003, elle a fait appel à Jean-Baptiste Mondino pour illustrer le thème choisi « Exprimez-vous » en français. C’est plus marrant et plus vrai en anglais : le site dédié parle de « expresso and glamour ».

 

Lui, Don Lavazzo, est nu, au moins en haut. Il a huilé son torse et son dos, ce qui vous en conviendrez est drôlement compliqué.  En plus d’avoir de beaux muscles, il faut s’être épilé, avoir le crâne à nu et les épaules suffisamment mobiles pour se mettre de l’huile dans le dos, pour bien accrocher la lumière pour la photo. Ensuite il faut se coller sur son dos cinq tasses, une dans le cou et trois sur la tête pour avoir une crête de coq, bien en ligne.

 

  Lavazza, photo Jean-Baptiste Mondino, 2003

 

Je ne connais qu’un seul procédé : c’est le coup des ventouses. Un truc atroce quand on voit ça, enfant. Vous prenez une tasse, enflammez un coton dedans et retournez vite sur la peau. En brûlant le coton supprime l’oxygène et la tasse ou le verre reste collé à la peau un petit bout de temps. Evidemment quand vous enlevez les ventouses, la peau est rouge de rouge, tant le sang a afflué à la surface de la peau. Ca doit faire un beau dessin d’indien, vu de dos.  Je crains que la tête n’aime pas de trop, mais bon, que ne fait-on pas au nom de la pub.

 

  Lavazza, photo Jean-Baptiste Mondino, 2003

 

Elle, Donna Lavazza, est nue également, du moins on le suppose. Pour le glamour, ça aide bien sûr, sauf qu’elle est dans un bain de café jusqu’aux seins. On ne voit qu’une seul tasse, accrochée à son oreille gauche. On peut supposer qu’elle en a une autre à l’autre oreille pour éviter un profond déséquilibre. Elle se trouve si bien dans son jus où elle mijote qu’elle en ferme les yeux de plaisir. Elle ne nous jette pas un sale œil comme Don L. Je pense qu’elle aurait du mal à tourner la tête vers nous. Elle porte une crête de 24 cuillères à café, alternativement présentées face creuse et face bombée alternées, avec suprême chic, une cuillère coté creux sur le front pour la finition. Du coup, je viens de vérifier : lui a aussi une cuillère devant sur son front, cette fois-ci c’est la manche qui ressort. Quelle finesse, vraiment ! Trop, c’est vraiment beaucoup de trop.

 

Alors, vous comprenez combien il leur est difficile de boire un café ensemble. Il faut qu’elle sorte du bain et que lui ou elle accepte de se défaire de deux tasses, avec chacun une cuillère. Celle du front ou une cuillère pour deux. Sans parler de faire ce fameux café, parce qu’aller remplir sa tasse dans la baignoire, euh, franchement non, avec toutes les crèmes qu’elle a sur la peau. Même pour un Lavazza…  

   

Pour suivre le chemin

. Photos publicitaires de « Lavazza, le café favori des Italiens »

. http://www.lavazza.com/corporate/fr/

   

. Retrouver tous les calendriers de la marque, sur

  http://www.capsulecafe.com/calendrier-lavazza-2009.php

   

. J’ai adoré la photo du mois de juin d’Annie Leibowitz  qui vaut  son pesant de spaghettis. J’en ris encore. Je vous la présente dans le billet qui suit

N = Nana = Annie Leibowitz = Mme Lavazza dans son bain de spaghettis  

 

. Voir le site officiel du photographe Jean-Baptiste Mondino

http://www.mondino-update.net/index.php?page=1

. Et lire quelques infos sur lui http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Mondino

 

 . Photos EP                 

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L'interdiction réglementaire de l'attractivité du paquet de cigarettes

3 Janvier 2011, 12:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

Fumeur, Jean-Claude, revue Homme moderne, 1938C’est quand même fou de voir une loi interdire à un paquet d’être trop séduisant pour ne pas attirer l’acheteur et le dissuader d’acheter…des cigarettes. C’est une trouvaille du gouvernement australien qui pense, comme beaucoup d’autres gouvernements - tous je ne sais pas - qu’on peut tout régler par l’interdiction légale. Pourtant « on ne gouverne pas la société par décret », comme chacun sait depuis la célèbre étude de Michel Crozier en 1979.  

La tentation de l’inefficacité programmée

Il faut bien être conscient  que la tentation d’agir ainsi est trop forte ; elle est d’autant plus forte, dirais-je, qu’on la sait inefficace. Les « réglementaristes » de tout bord, dans les sièges dorés des gouvernements, au comptoir des cafés et sur les banquettes dures des tramways se réjouiront. La dissuasion a commencé par la solution la plus « facile » traduisez par « non coûteuse » pour les pouvoirs publics. Il s’agit d’interdire la couleur, le stylisme graphique, la différenciation par le logo, puisque le logo lui-même est interdit.

 

La fin exigée de la marque

C’est ainsi qu’en Australie dés le 1 juillet 2012, les paquets auront une couleur uniforme. Je propose la plus révulsive des couleurs, caca d’oie. La marque sera écrite en tout petit et en caractères uniformes pour toutes les marques. Il n’y aura plus ni marques écrites en gros ni logos repérables. Exit mon copain Joe le dromadaire de Camel, ma copine La Gitane, le cow boy de Philip Morris qui me souhaitait Bonne année du haut de son cheval les pieds Cendrier du Touring Club de France.JPGdans l’eau du ruisseau où flottait de la neige dans une affiche. Le formidable avec PM, le plus célèbres des cow-boys à la veste rouge est qu’il avait été reconnu par 80% des personnes interrogées, sans mention de la marque. C’est dire que le taux de reconnaissance spontanée était de 80, un délice dont rêvent toutes les marques. 

 

Les parades

Faites confiance à l’inventivité humaine. Bientôt vont renaître, sous forme de cadeau promotionnel, des étuis à paquets de cigarettes avec les marques ou les logos placés en gros dessus. Ils existaient déjà en cuir fin pour cacher la marque et conférer un signe supplémentaire de personnalisation assorti au portefeuille. Avant la seconde guerre mondiale, c’était plutôt l’étui à cigarettes qui  avait pour objectif de montrer la richesse et la position sociale du fumeur qui parfois ne fumait pas d’ailleurs. Il pouvait ainsi offrir une cigarette ; cela faisait partie des obligations du code social d’un homme bien né.  Dorénavant, c’est la loi qui décide : vos cigarettes auront l’habillage minimal en matière de marque. A vous de l’habiller si tel est votre envie.  

 

Les contre-réactions

Je crains que ce remède réglementaire destiné à diminuer Boîte à tabac hollandaise, coll.privée-.JPGla consommation de tabac par diminution de l’impact visuel de son packaging soit un vrai leurre, d’autant plus dangereux que l’on sait que les fumeurs arriveront toujours à repérer « leurs » cigarettes. Balayées en un clic toutes les menues contraintes actuelles que sont les dimensions des lettres, la place des différents espaces, le contenu des mentions obligatoires différentes d’un pays à un autre, les photos dissuasives prévues pour bientôt, les dimensions des paquets fixées par décret, le nombre des cigarettes aussi… Et bientôt forcément le prix, sans oublier l’interdiction de la vente aux mineurs.

 

Chacun sait que plus le prix augmente, plus les ventes officielles diminuent, les taxes aussi et plus le noir augmente, avec toute l’opacité qui caractérise ce marché des 4 (Armes + Drogues + Femmes + Cigarettes) et l’impossibilité réelle d’avoir la moindre exigence en matière de politique de qualité concernant la cigarette. Quant à la traçabilité...  

Le benchmarking réglementaire

L’OMS se réjouit paraît-il de cette décision australienne Etui-cigarettes-argent-emailqui touche en outre au droit de la propriété intellectuelle et au droit des marques. L’idée du « paquet neutre », comme on dit en France, a été reprise telle quelle par un député français. Elle est actuellement à l’étude au Ministère de la Santé en France. 

 

C’est un bon exemple de benchmarking réglementaire basé sur une idée faussement « simple » qui veut qu’à un problème identique (l’augmentation des dépenses de santé dues au tabac), il y a déjà une solution réglementaire apportée par un autre pays disposant pourtant d’un autre système réglementaire avec une autre culture juridique.  Comme l’Australie, un pays pleinement anglo-saxon au niveau juridique qui se caractérise par une responsabilisation forte du citoyen par rapport au rôle plus faible dévolu à l’Etat. Le drôle est que le benchmark est une technique marketing utilisée au niveau mondial pour se démarquer de la concurrence : vous étudiez ce que font vos concurrents pour proposer une offre avec un positionnement différent de celui des concurrents et perceptible par les consommateurs.

 

Dans le cas du tabac, les Etats étudient ce que font les autres Etats afin de faire la même chose qu’eux en faisant passer la pilule sur les autres : c’est pas nous, ça se fait au niveau mondial…  

La sur-puissance attribuée à tout ce qui touche à la com 

Ce qui interpelle le plus dans cette histoire, c’est le Paquets de cigarettes Camel, variations packagingpouvoir donné à la marque, à la pub, au packaging… par des politiques qui ne peuvent être, sans ignorer, du moins on l’espère, que c’est la dépendance physique à la nicotine et autres délicieuses substances qui accroit le phénomène. Il y avait un temps où on parlait de l’ammoniaque, ce qui n’a jamais été reconnu par les entreprises du secteur. Au lieu de se focaliser sur le packaging, il serait plus intéressant et plus productif à mon sens,  d’obliger les industriels du tabac à citer leurs composants au dos du paquet et à interdire certains composants. Là, on commencerait à croire en la mise en œuvre du principe de la vertu de la transparence aussi bien de la part des Etats que des grandes entreprises mondiales du tabac.

 

Cette sur-valorisation du pouvoir mental de la marque, du packaging et de son attractivité ne peut s’expliquer que par la commodité qu’elle apporte à reporter la charge de la responsabilité des maladies dues au tabac sur les consommateurs, en laissant de côté l’attitude forcément ambiguë des pouvoirs publics dans le monde face à ce grave problème de santé et de société.  

Pour suivre le chemin

. Lire l’article et les commentaires des lecteurs suisses du "Matin" avec un calcul sur la rentabilité pour l’Etat des dépenses de tabac d’un fumeur atteint d’un cancer au bout de 40 ans !   

http://www.lematin.ch/actu/monde/australie-va-interdire-logos-paquets-cigarettes-268665

. Sur ce blog, lire

Mini-cas Cigarettes + Concurrence + Réglementation

 

. Photos EP, avec mes remerciements à "lecurieux.com" pour l'étui à cigarettes en argent et émail de 1920 

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Les surprenantes petites maisons de pêcheurs > Lofoten > Norvège

1 Janvier 2011, 18:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Lofoten-Iles-Ile l'hiver-XIU Jianghao, dit YannickC’est une surprenante découverte faite grâce à une exposition de photos organisée par la Maison de l’Europe d’Angers. Le photographe est XIU Jianzhao, un jeune ingénieur chinois fraîchement diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes.  « Yannick », le surnom que ses camarades de promotion en Master lui ont donné, a fait un beau voyage en Europe pour fêter la fin de ses études. Il en a profité pour faire des photos qu’il a déjà présentées à Nantes puis à Angers à la Tour Saint-Aubin.

 

C’est là que j’ai découvert les Iles Lofoten, en cette fin d’année quand il faisait plus froid en Val de Loire que dans le Grand Nord de la Norvège au-delà du Cercle polaire. Cette partie d’Europe est très mal connue, comme me l’a fait remarquer, l’organisatrice de l’exposition, Françoise Arnaud, Agrégée de Lettres classiques, dans le cadre de la Commission culturelle de la Maison de l’Europe à Angers. C’est aussi la partie de son voyage en Autriche, en Allemagne, en Suisse …à Paris que Yannick a préférée. 

 Lofoten Sakrisoy Rorbus Hiver-Visitnorway

Ses photos de terres rudes, ces harmonies de couleurs grises, blanches et noires ressortent fortement des photos accrochées à des cimaises sur les murs de pierre. Une a particulièrement attiré mon attention : il s’agit d’une petite maison au milieu d’une toute petite île entourée de glaces. Comme une histoire d’île, dans une des îles de l’archipel des Lofoten, entre un cercle et un point tout en haut au nord.  

 

Françoise Arnaud-XIU Expo XIU Jianzhao, dit YannickEt c’est ainsi que j’ai découvert que certaines des maisons de pêcheurs, construites au bord de l’eau sur des pilotis, les Rorburs, sont maintenant restaurées  pour les vacanciers d’été et d’hiver. Celles-ci ont la particularité de retrouver le rouge de leurs murs peints en extérieur.        

 

Pour suivre le chemin

. Faire connaissance avec  XIU Jianzhao dit Yannick sur www.facebook.com/yannick.xiu 

. Trouver les infos de base sur l’archipel  fr.wikipedia.org/wiki/Îles_Lofoten/

. Sélectionner un rorbu à louer   http://www.visitnorway.com/fr/Articles/Theme/Hebergement/Sejournez-dans-une-cabane-de-pecheur/

 

. Voir la position de la Norvège qui s’oppose à l’interdiction de l’UE sur l’abattage des phoques

http://www.actualites-news-environnement.com/20295-Union-Europeenne-Norvege-phoques.html

et confirme son refus d’adhérer en jouant la carte du « ni-ni », ni dedans, ni en dehors de l’UE

http://les-yeux-du-monde.fr/2010/08/28/pourquoi-la-norvege-refuse-t-elle-dintegrer-lunion-europeenne/#comment-1202

  

. Lire la série des petites maisons sur ce blog

. Photos XJ, Visit Norway et EP

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Jouer à la dinette avec un "Sandwich Set"

31 Décembre 2010, 18:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

La dînette

Vous connaissez ou plutôt vous connaissiez. Maintenant vous avez, sauf exception, oublié que vous avec appris à jouer avec des petites casseroles sur de fausses cuisinières pour faire à manger à vos vraies poupées. Certaines d’entre nous ont même eu la chance de recevoir toute une cuisine dépliable, cela bien avant l’époque Barbie. Et sans distinction de savoir dans une fratrie, qui, des frères ou de la sœur, jouait avec. A notre époque de grande connaissance de l’histoire alimentaire et de la psychologie des profondeurs instestines, savoir ce qu’on offre actuellement à des petits est tout à fait intéressant.

 

Le Cut and Play Sandwich Set”

Dînette à l'anglaise, Sandwich Set, ChineIl est la preuve de cette curiosité universelle pour l’art de se nourrir. Bien sûr, il faut une certaine adaptation culturelle, comme tout ce qui touche à ce que nous mangeons. Le concept est terriblement anglo-saxon, anglais peut être plus que saxon d’ailleurs. A commencer par le sandwich qui vous le savez est une invention absolument géniale de Lord Sandwich qui pouvait grâce à un sandwich qu’il demandait à son valet de lui préparer avant de partir faire du sport et de lui donner au moment de la halte bienvenue. Une jolie et goûteuse façon de se ressourcer avant de retrouver la vie très codifiée de la société anglaise du XIXè siècle. Ce sandwich a depuis fait le tour du monde. Bien avant le hamburger d’un certain M..D….., bien avant aussi qu’on se préoccupe de nutrition, de la dimension culturelle du repas à la française et de son classement à l’UNESCO.

 

 L’histoire

Lord Sandwich s’appelait John Montaigu. C’était un homme politique siégeant à la Chambre des Lords. Il était également joueur et ne voulait pas interrompre sa précieuse partie de cartes pour se restaurer. Un jour de l’année 1765, son valet lui apporta des fines tranches de bœuf salé, du corned beef bien connu dans la marine anglaise, entre deux tranches fines de pain. L’histoire raconte qu’il y avait déjà des tranches de concombre dedans. L’histoire n’a pas retenu le nom du valet, le véritable inventeur de ce mode de restauration nomade, qui permet de manger là où on se trouve, sans se salir les mains (quand on a une serviette) ce qui était le cas. Et le lord donna son nom au sandwich. Ce qui fait qu’il existe maintenant des sandwicheries en français dans le texte et en France, en plus des Iles Sandwich et des Iles Sandwich du Sud  grâce à James Cook qui les a baptisées ainsi.  

La composition

L’inventivité humaine a montré qu’il est possible de mettre le monde dans un sandwich. Ce dernier est bonne poire : il accepte tout ce qui peut se manger. Il n’en demeure pas moins que la tradition voulait qu’il y eût dans le sandwich anglais, entre les deux tranches de pain, de la viande froide ou du jambon, du lard parfois comme dans la photo de Wikipedia, des œufs durs, du thon, avec ou non du beurre sur le pain, des tranches de tomates et quelques feuilles de laitue, en plus bien sûr de ces quelques rondelles de concombre absolument indispensables. 

Blog 2010.12.31 010

L’art du prêt à manger en tranches à préparer avec le set

Ouf quel titre ! Il faut dire aussi qu’en anglais, c’est pas mal : « Slice-a-riffic - Cut and Play Sandwich Set - The play food that sounds real when sliced.”  Si je comprends bien, il faut absolument que la nourriture soit tranchée pour être mangée, au point que cela permet à l’importateur de dire que ce jeu est « terrific », non « slidearific ». Impressionnant, non ? En fait ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas ça mais le fait que ça sonne vrai, « sounds real ».

 

La nourriture est une vraie question de culture où on trouve de la viande rose tranchée en rond, des fromages en rectangle arrondi avec des trous dedans, de la margarine en pot rond, du thon en boîte… Le couteau sert à tartiner puisque les deux tranches de légumes sont prêtes. Le problème est qu'il n'y a rien tartiner.  

 

Avec tout ça, vous arrivez, si vous vous débrouillez bien à faire deux sandwichs à deux étages chacun. La photo prévoit même que c’est le fromage avec les tomates que vous mettez en dessous ; la viande avec les deux rondelles de concombre se placent au dessus. Vous couvrez de la dernière tranche de pain de mie et c’est bon. Sauf si vous vous êtes trompé dans l’ordre de disposition des tranches de pain, mais ça, réellement je ne peux l’imaginer. It does not sound real.

 

Les précautions d’usage

Comme pour toute nourriture, l’importateur de ces jouets en provenance de Chine vous assure que tout doit être lavé avant de le remettre à l’enfant, en veillant particulièrement à bien laver les deux « boîtes de conserve » qui permettent de boire. Ce jeu ne convient pas à des enfants de moins de 36 mois. Le risque d’étouffement avec des petites pièces est réel.

 

Le drôle est que je vois mal un petit jouer avec ça, tant les adultes, dont moi, sont maladroits. Il faut comprendre qu'il faut faire deux sansdwichs en intercalant dans le bon ordre les différentes tranches, en veillant à bien positionner les scratches qui tiennent le tout ensemble. Last but not least, ranger le tout ensuite dans la plaquette thermoformée n,est pas si facile. D'ici à ce que voyiez arriver le petit l'air furieux, il n'y a pas loin...  

Jeu enfant, Sandwich Set, Chine, Sandwichs faitsL’évolution

Elle est prévisible. Déjà on dîne dans de la vaisselle de poupée en plastique transparent en mangeant avec des cuillères. Plus fort, c'est la cuillère qui nous sert d'unité-mesure, avec une cuillère pour Un-Tel, Une- Telle pour nous inciter à manger, comme lorsqu'on était môme et qu'on ne voulait pas manger. On pourra aussi bientôt acheter ses feuilles de salade classées par taille, découpe et fermeté dans des blisters transparents, ses tranches de concombre toutes découpées...classées comme un livre-jouet à manger...  

Quant à moi, je me demande comment un humain programmé dés l’enfance à trouver tous ses aliments  coupés et pré-mâchés va pouvoir découvrir les autres façons de se nourrir. Je lui fais confiance : il trouvera et bonne année! 

Pour suivre le chemin

http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Montagu_(4e_comte_de_Sandwich)

Photos EP

 

 

    

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Stratégie internationale > La bouteille > SJB > Pars pro toto

30 Décembre 2010, 15:35pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous connaissez SJB en réalité, même si vous êtes sûr du contraire.

. Le sigle ne vous dit rien ?

. Bien entendu, c’est volontaire. Pourquoi ? Ah, vous allez comprendre très vite.

SBJ-Initiales Jacques Bollinger 

Si je prononce les noms des marques suivantes, Champagne Bollinger, Bourgogne Chanson, Grande Champagne Cognac Delamain, je suis sûre que vous connaissez certaines d’entre elles. Langlois-Château peut-être moins. C’est la seule marque de vins et de Crémants de Loire de la gamme. Il y a aussi le Champagne Ayala depuis 2005. Tous ces vins et le cognac Delamain sont des marques de la Société que Jacques Bollinger, maisons et domaines familiaux a créée à son nom afin d’optimiser leur distribution par deux filiales spécialisées dans la vente de Champagne, de Vins et de Spiritueux de marques à forte notoriété dans le monde, BLD France située à Paris et Mentzendorff à Londres.        

 

Quant à pars pro toto, ne cherchez pas, ce n’est ni de l’espagnol ni de l’italien mais du latin. Les Romains ont tout inventé ou presque, ces diables, mais pas la bouteille. Eux utilisaient les amphores, comme les Grecs et les Egyptiens avant eux. Nous, les Gaulois, nous avons attaché notre nom à l’invention du tonneau de bois qui a représenté une belle avancée pour l’acheminement du vin, quand même. Les champions du boisé, on dit merci qui ??  Et ce sont nos voisins de la Perfide Albion, comme nous les avons appelés pendant des siècles, qui ont inventé la bouteille de verre produite en série industrielle au charbon à partir de la fin du XVIIIè siècle.

 

Les problématiques

Quelle intro ! Arriver à vous parler de 7 nations en 7 lignes, c’est quand même, un bel hSBJ-Blason Bollingerommage à la bouteille de vin, au Champagne, au cognac et aux vins. Il faut bien ça pour associer la locution de « pars pro toto » à mon sujet du jour. D’abord la signification. Elle veut dire « la partie pour le tout ». Il vous suffit d’évoquer une petite partie de la bouteille pour que vous voyez immédiatement la bouteille entière qui n’est pourtant pas là et tout ce qui s’attache à la bouteille, à commencer par son contenu. C’est à « pars pro toto » qu’il faut penser quand vous êtes un publicitaire et que votre client vous demande de concevoir une série de plaquettes qui aient un air de famille, alors que les produits sont différents, les sociétés visées appartiennent à des vignobles et des terroirs différents, chacune devant garder son identité profonde et qu’une des sociétés en englobe sept à elle seule,  en comptant les deux  distributeurs  en France et à l’étranger.

 

Comment faire pour tirer un lien entre tous ces éléments ? C’est tout l’art du publicitaire, dont le nom n’est pas indiqué sur le coffret ni sur chacun des plaquettes qu’il contient : concevoir des supports de communication qui reflètent la volonté de l’équipe dirigeante réunie autour d’Arnaud d’Hautefeuille, président de SBJ, de mettre en lumière les vins et spiritueux de l’ensemble du groupe constitué d’entreprises à forte notoriété qualitative et identité ancrée dans l’histoire et les terroirs.

 

L’art de créer un air de famille

Cet art repose sur le tissage entre plusieurs composantes soigneusement choisies, à savoir le format carré de la plaquette pliable en 3 (20,9cm par côté) consacrée à une maison ou domaine, une façon identique de présenter la maison, le produit, une présentation bilingue, une carte de la partie de la France visée et en page de couverture une photo d’une partie de la bouteille et toujours en dessous la signature « SBJ ». Le papier (Canson ivoire), son grammage (180gr), la maquette, la typographie sont identiques, ainsi que le choix du texte en français et en anglais. Par ailleurs de nombreuses différences apparaissent d’une plaquette à une autre afin que soient conservés à chacune sa typicité, son ancrage historique, son ancrage territorial, sa façon de se présenter…

 

La communication par la photo

L e s quatre plaquettes de maisons ou de domaines sont toutes représentées en page 1 de SBJ-Ecusson Delamain Cognaccouverture par une photo d’un élément de la bouteille éclairée par le nom de la marque. En page 5, qui fait face à la page 2, quand on ouvre la plaquette, une photo grand format présente tout ou partie de la belle demeure siège de la marque. C’est l’ancrage par la pierre de la maison. En soulevant cette page, on peut découvrir en pages 2 et 3 le texte principal qui identifie la maison ou le domaine, avec une sous-impression une photo estompée qui représente le blason. C’est l’ancrage par la noblesse d’identification. Toujours en pages intérieures une fois la plaquette dépliée, il se trouve plusieurs photos de l’univers de la vigne, du vin ou des spiritueux et ceci pour les quatre plaquettes. Des personnes travaillant la terre et la vigne se retrouvent dans Champagne Bollinger et Bourgogne Chanson.

 

La communication par la bouteille

Les bouteilles sont présentes en page de couverture dans trois plaquettes visées et en pages intérieures pour toutes, sauf Langlois-Château. Elles représentent le principal thème avec le feuillage de la vigne, le labour dans la vigne l’hiver pour le Bourgogne Chanson et le tonneau dans le chais pour le cognac Delamain.

 

Les éléments choisis pour les bouteilles sont évidemment très significatifs :

SBJ-Blason Chanson. Champagne Bollinger est visualisé par la collerette en forme d’écusson noir sur lequel ressort l’année de création de la maison fondée en 1828, au centre d’un univers très fortement contrasté entre l’or de la capuche métallique, le noir et le rouge rouge de la collerette papier et le vert du verre de la bouteille. Des gouttelettes de buée confèrent une dimension très vivante à l’ensemble ;

. Pour la « Grande Champagne Delamain », l’écusson en relief  extérieur attire l’œil sur 1824, l’année de fondation de cette maison familiale de cognac, avec une mise en lumière par l’arrière de la couleur du verre qui évoque la couleur ambre or du cognac vieilli en barrique que l’on peut voir d’ailleurs en photo à l’intérieur de la plaquette ;

. Quant à « Bourgogne Chanson Père et Fils », en l’absence de collerette ou d’écusson gravé, l’objectif s’est focalisé en biais sur l’étiquette pour montrer le blason de la maison avec un lion tenant un écusson CP&F 1750 (avec un P majuscule pour le Père et un F majuscule mais beaucoup plus petit pour le Fils). En arrière se devine un verre contenant du vin rouge. L’effet de légèreté intemporel est intéressant grâce à un effet loupe atténué.  

 

La communication par le verre

 Seul Langlois-Chateau  (sans accent circonflexe sur le a, malgré ce qu’en dit le correcteur  d’orthog raphe, car il ne s’agit pas d’un château mais du nom de Jeanne Chateau qui épousa Edouard Langlois)  ne présente pas de bouteille ni en cette page de couverture, ni en pages intérieures. Ce sont des verres ornés d’étiquettes, l’un en arrière plan pour un rouge du domaine Langlois-Chateau et l’autre en avant pour un Crémant de Loire qui incarnent les vignobles et les crémants de Loire.

 

La raison en est qu’il n’existe pas de bouteille unique permettant d’identifier à la fois du vin tranquille rouge et du Crémant de Loire. Une autre raison est qu’en matière de vins tranquilles, il n’existe pas de bouteille unique commune aux quatre vignobles dans lesquels Langlois-Chateau possède des parcelles de vigne. La démarche de cette maison s’identifie à celle d’un négociant qui compose une gamme avec des vins emblématiques de la Loire en utilisant la marque ombrelle de la maison fondée en 1885 à Saumur pour ses Crémants de Loire.

 SBJ-Verres à étiquette Langlois-Chateau

La difficulté pour le photographe  a été de visualiser des éléments emblématiques de la marque en l’absence de bouteille. D’une façon générale, la bouteille est tournée vers le vigneron et l’homme de l’art, alors que le verre n’a pas ce pouvoir. Il est orienté vers l’amateur de vin ou de spiritueux. Une façon originale, bien que non vraiment aboutie, a été de poser des étiquettes sur le verre, comme s’il s’agissait d’une bouteille. Mais un verre gravé aux armes de la maison serait concevable, pas une étiquette sur un verre, comme si on buvait un vin publicitaire.       

 

La communication par la carte des vignobles

Elle forme la 6 et dernière page de la plaquette. Chacun des grands noms est localisé sur une carte particulière avec l’indication des

. vignobles Bollinger, avec pour Champagne Bollinger le nom des différents sites et l’indication des cépages,

. terroirs uniquement en Grande Champagne du Cognac Delamain,           

. vignobles Langlois-Château en Val de Loire en Muscadet, Saumur, Chinon  et Sancerre,

. vignobles Chanson en Bourgogne à Beaune, Savigny les Beaune, Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses.

 

La communication par les initiales, la carte d’Europe et les étiquettes

Comme on vient de le voir avec Langlois-Chateau, le choix de communiquer par un élément fortement symbolique de la marque a entraîné une certaine difficulté de s’exprimer en l’absence de bouteille. Le verre a constitué une réponse. Cette question de l’identification symbolique se retrouve de façon accrue quand il s’agit de concevoir la plaquette du Groupe, la Société Jacques Bollinger, ainsi que celle visant les deux filiales de distribution.

 

Pour la maison-mère qui fédère ces domaines et vignobles viti-vinicoles, la solution s’est imposée quasiment naturellement grâce au maintien de la relation à une personne d’identification, Jacques Bollinger. Ce sont donc ses initiales « JB », suivi de la mention « maisons et domaines familiaux »  qui vont être présentées en photo gravée dans la pierre et en bas de toutes les plaquettes du coffret.

 

La carte montre la présence des unités du groupe SJB en France et au Royaume-Uni, avec Bollinger (et Ayala) en Champagne, Chanson en Bourgogne, Delamain en Cognac, Langlois-Chateau  en Val de Loire, Mentzendorff à Londres et BLD à Paris.   

 

Quant SBJ-Etiquettes BLD-Mentzendorffà BLD et à Metzendorff, ces deux sociétés de distribution vont être présentes en photo sous forme d’une vingtaine d’étiquettes des marques constituant le portefeuille commun. Aucune photo intérieure en figure dans cette plaquette, réduite à deux pages, commune aux deux  distributeurs. Aucune carte ne présente les principaux pays d’exportation des vins et spiritueux SBJ.      

        

Pour conclure… pars pro toto etle coffret

La bouteille est une formidable communicante quand la photo réussit à lui donner vie grâce à la buée ou la lumière vieil or qui évoque le cognac. Le verre avec étiquette, bulles et buée, peine vraiment à se faire valoir. L’étiquette prise de biais et floue grâce son effet loupe, offre une douceur intrigante. Les initiales dans la pierre sont intéressantes grâce au halo rouge qui les entoure, qui renvoie à la couleur rouge du coffret qui contient les plaquettes. Le rendu des étiquettes qui se chevauchent pour les deux filiales est un procédé un peu usé.         

 

Quant à l’emploi de la partie pour le tout, c’est un principe qui se place au cœur d’une relation de communication créée comme ici par un groupe, SBJ, qui communique très peu sur lui, à l’intention des personnes cibles. Elle est ici partout présente, pour la bouteille, le verre, la carte, le texte…Le coffret sert à unir toutes ces parties qui, sans lui, seraient isolées.           

  

Pour suivre le chemin

. Le coffret incluant les six plaquettes m’a été remis lors de ma rencontre avec Laurent Onillon en août 2005 pour connaître la politique de communication par la bouteille de l’entreprise qui venait de procéder à un nouvel habillage qualitatif des bouteilles de Crémant de Loire et des vins de Loire, mis en place dés 2006.  Cette recherche est publiée sur ce blog sous le titre "The World through the Bottle of Wine".  

 

* Le Groupe SJB a également acquis la maison de Champagne Ayala en 2005. Sa plaquette ne figure donc pas dans le coffret :

http://www.champagne-ayala.fr/fr/histoire/index.php

. La photo des verres de Langlois-Chateau a été modifiée. Ils ne portent plus d’étiquette.

 

. Sur le Champagne Bollinger, voir http://www.champagne-bollinger.com/fr/#/vestibule/

. Le Groupe communique peu sur lui-même, voir cependant deux articles du Point, le plus récent intitulé « Du Coca au Champagne » et le plus ancien « Holding Bollinger », qui montrent un art certain de faire venir les talents dans le Groupe et un grand sens de la stratégie à tous les niveaux : 

. en 2008  http://www.lepoint.fr/archives/article.php/248975

. en 2202  http://www.lepoint.fr/archives/article.php/46101

. Photos EP, avec mes remerciements.   

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Le "Emmaüs Plain Blue"

28 Décembre 2010, 15:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Emmaüs Plain Blue, le Plongeur

C’est un bleu forcément curieux, si non je ne lui aurais pas donné de nom. Il est la rencontre entre un bleu très intense avec une pointe de violet sur un papier simple de faible grammage qui a jauni avec le temps. Retrouver son nom de code me semble mission impossible. Ce qui semble s’en rapprocher le plus est le Blue 072 mixé avec le PMS 2738 en nuancier de couleurs Pantone.  

 

Mais il y a plus. Le papier, je viens de le souligner, est étrange tant il n’est visiblement pas fait pour ça.  C’est clairement du papier blanc d’emballage.  Mon autre sujet d’étonnement, c’est la cherté du cadre qui a été visiblement fait sur mesure dans du chêne clair pour les quatre éléments de la série.

 Emmaüs Plain Blue, l'Homme sans tête

Il reste ces énigmatiques coulures de gouache absolument densément uniforme au point que ce bleu a aussi pour particularité à mes yeux d’être « plein ». En fait en anglais, c’est encore mieux, cela pourrait être  alors du bleu « plain » comme il y a du bleu « Klein ».

 

Les dimensions extravagantes - 1,05 x 0,70m du cadre de chêne clair - offrent une surface de vide  impressionnante par rapport aux impressions bleues :

. le plongeur mesure avec 53 cm de long, non déplié

. l’homme sans tête, dit « La carotte », 56 cm

. l’amphore au long col 61cm.   

 Emmaüs Plain Blue, l'Amphore au long col

Il reste une quatrième gouache, pour l’instant sans titre. Et toutes ces gouaches ont été dénichées dans un des Centre Emmaüs de France, qui comme les autres, ont connu une forte affluence pour les fêtes. Vous comprenez alors le titre.          

 

Pour suivre le chemin

. Une première approche, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_couleurs#B

. L’approfondissement sur http://www.awanaby.com/images/pantone_PDF.pdf

. Emmaüs France à redécouvrir sur www.emmaus-france.org/ 

. Photos EP de toutes ces oeuvres que je vous présente couchées, pour le fun.   

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Manger dans l'armée française3 > L'évolution de la RCIR

23 Décembre 2010, 15:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’alimentation du soldat en campagne a toujours été une question première, RCIR 2013, menu n°1, sous sachetessentielle au  sens ou un soldat dénutri ne peut répondre à la mission que son commandement attend de lui : combattre en remplissant son devoir. Il a néanmoins fallu attendre que la situation s’améliore grâce à un concept totalement nouveau : le portage par chaque combattant de son unité alimentaire quotidienne de vie. Jusqu’alors, les deux entités, les soldats d’un côté et leur nourriture étaient dissociés, avec une conséquence, c’est qu’il fallait aux premiers attendre l’arrivée de la nourriture et de l’eau indispensable à la survie. Comme les deux n’étaient pas connectés dans le temps et sur le terrain, avec quasiment toujours l’arrivée tardive et/ou insuffisante des aliments en quantité et en qualité, il ne restait aux commandements d’autres solutions que les réquisitions prioritaires par rapport aux civils.

 

1. L’innovation de la ration individuelle

Elle est le fait de l’armée américaine engagée dans la seconde guerre mondiale qui dota ses soldats appartenant aux forces mobiles de « ration K », composée en réalité de trois packaging un pour chacun des trois repas (petit-déjeuner-déjeuner-dîner).. Plus que la ration elle-même qui présentait de nombreux défauts, l’intéressant est la démarche suivie. C’est l’armée (US Army Air Corp) qui s’est adressée à un laboratoire de recherche sur la subsistance (Subsistance Research Laboratory) dés le début de la guerre pour lui demander de lui proposer une ration journalière d’urgence. Le choix se porta sur la K. Il existait déjà d’autres rations, comme la « C » plus calorique, «  Montagne » ou « Jungle » par exemple. Des retours d’expériences furent analysés sur la K après trois jours d’utilisation seulement. On constata que les soldats n’avaient pas maigri. Ce fut elle  qui fut distribuée à des millions d’exemplaires pendant toute la durée de la guerre pendant des durées d’emploi extrêmement longues.

 

Les conséquences

Au plan militaire, l’alimentation du soldat en guerre, hors des bases, n’est plus concevable sans ration qui représente un progrès incontestable. Les avantages sont connus : elles offrent la certitude d’apporter à chaque combattant ou assimilé l’apport calorique qui semble nécessaire, une certaine variété alimentaire, la possibilité de manger cette ration à sa façon, au moment où cela est possible. Au plan psychologique, la possibilité de manger des aliments connus, qui rappellent le pays. Lors de la seconde guerre mondiale, les inconvénients ne furent connus qu’une fois la guerre finie. Ils sont maintenant bien perçus. Citons outre le poids à porter, sa forme rigide, l’usage de la K en continu alors qu’elle ne devait être ingérée que pendant quelques jours en urgence, la puissance calorique insuffisante, la monotonie des rations, son packaging multiplié par 3 (matin, midi, soir), des carences nutritionnelles graves (pellagre et béribéri, déficit en vitamine C).  

 

Cette façon de se nourrir est pourtant la première manifestation réussie de nourriture mondiale qui s’imposa sans contestation dans toutes les armées et plus tard dans la société civile de façon différente et atténuée. Il n’est de voir dans le monde entier que l’explosion actuelle des portions individuelles à manger sans avoir besoin de s’asseoir à une table en vente. 

 

2. La RCIR ou ration de combat de combat individuelle réchauffable

En France, la première ration conditionnée individuelle date de 1946 pour les soldats au combat ou en déplacement. Elle prenait en compte les reproches faits à la K. Elle offrait un meilleur profil calorique, trois menus au choix dont un avec de la viande de porc, pour offrir une certaine variété, conditionnés en boîte métallique. Pour améliorer l’alimentation du soldat –on parle de soutien au combattant – et s’adapter à l’évolution de la société, d’autres rations apparurent en 1951 et en 1966.

  RCIR 94, version antérieure

La création de  la RCIR  en 1986 a marqué une réelle avancée. Elle offre en effet la particularité d’être « réchauffable, unique et polyvalente ». Elle permet à un soldat de se nourrir  pendant 24 heures, avec 14 jours de menus disponibles. Le recours à la RCIR ne doit pas dépasser deux cycles de 14 jours. L’organisation de l’armée sur le terrain des opérations prévoit en effet qu’après ce délai d’un mois, une popotte est installée, avec cuisine roulante et remorques d’approvisionnement.

 

La RCIR n’est pas la seule ration française existante. Elle est la plus connue parce qu’elle prend en compte les besoins d’un combattant pour une journée. Elle n’est pas forcément adaptée à toutes les situations. C’est la raison pour laquelle elle est périodiquement révisée comme on vient de le voir. Elle est aussi complétée par d’autres rations qui remplacent ou non d’autres rations existantes à des fins de normalisation. Citons

-        la ration de survie qui remplace la ration de survie (RSA) et le module alimentaire de survie (MAS),

-        la ration d’urgence remplace le repas individuel d’exercice (RIE),   

-        l’unité alimentaire de complément ou de secours (UACS) est supprimée.  

 

Rations d’urgence et de survie ont pour particularité d’être très concentré en volume, avec un poids limité et d’être conçu sur la base d’un concentré de nourriture à mâcher avec des vitamines et des minéraux.        

 

3. La composition de la ration RCIR

RCIR 2013, menu n°11, contenu sortiElle est tripartite avec

une part variable sous forme de barquettes pour les plats principaux parce qu’on peut y manger directement dedans complétés par un pâté en boîte en entrée et un dessert sucré ou une portion de fromage,

une part fixe alimentaire composé d’un potage, de biscuits salés et sucrés et différents types de glucide en portion individuelle (caramel, barre de chocolat, nougat, pâte de fruit), 

une part fixe non alimentaire qui inclut, en allant du plus volumineux au plus petit, le kit de réchauffable avec ses pastilles à brûler, des mouchoirs-serviettes sous cellophane et des comprimés de purification d’eau.  

 

La structure journalière de la prise alimentaire

Le fractionnement des prises alimentaires a été posé en principe de base, afin de coller au mieux aux besoins du combattant, tout en lui permettant de respecter autant que faire se peut ses habitudes de vie. Des expériences ont prouvé par exemple qu’il suffit de modifier les horaires et le type de nourriture dans un des trois grands moments  de la journée (matin, midi, soir) pour perturber les retombées de l’apport alimentaire et les modes de fonctionnement tant du corps que du cerveau.

 

Le petit déjeuner

CRCIR- CdC, 2013, menu 11, contenue moment offre au soldat au choix café, thé, chocolat au lait lyophilisés, en sachet inclus dans le carton  de façon à laisser le choix à la personne. Toutes ces boissons peuvent être réchauffées. Le sachet de cellophane thermo-soudé qui regroupe tous les sachets comprend des sachets individuels de sel et de poivre, de façon à ne constituer qu’une seule manutention lors du remplissage. En guise de pain cher au cœur des Français, la ration présente des biscuits de campagne salés et sucrés (army biscuit) enveloppés par 2  en sachet individuel afin de les préserver de l’humidité. Les biscuits sucrés se distinguent à la vue des biscuits salés par leur couleur : ils contiennent du cacao.

 

Pour ceux qui sont habitués aux céréales du matin, un sachet de muesli lyophilisé de 80 grammes sous sachet d’aluminium est inclus dans la ration. Il faut donc rajouter de l’eau, comme pour le thé, le café et le thé. Cette préparation à base de flocons de céréales et de copeaux de fruits peut aussi être consommée après ou avant l’effort. 

Le déjeuner

Il commence très classiquement par une terrine forestière (menu n° 11). Au choix de l’utilisateur, les plats principaux peuvent se prendre soit au déjeuner soit au dîner. Les éléments importants à connaître sont la grande variété des plats, leur complémentarité et leur caractère réchauffable directement dans la barquette. En général, le plat cité en premier est celui du déjeunes, du jambon braisé mogettes dans le menu précité ; les crozets-diots  sont réservés pour le soir.

 

Le dîner

Il commence par un potage à faire en mélangeant la composition lyophilisée  avec ¼ litre d’eau à chauffer à 70° comme il est indiqué sur un dessin au verso du sachet. Suit ensuite l’autre plat principal avec une crème de riz de marque Yabon ensuite. Quand il y a un dessert, la ration ne comporte pas de fromage. C’est le cas du menu n° 1 par exemple. Ce n’est donc pas fromage et dessert.      

 

Les petites faims

La nécessité de prévoir des sources importantes de glucides pour tenir compte des efforts à faire ou qui viennent d’être faits oblige à fournir des apports sous des formes compactes individualisées. C’est ainsi que l’on trouve 4 caramels goût nougat, des pâtes de fruits de Provence, des bâtonnets de nougat tendre aux fruits, une barre de chocolat noir à 64% ainsi qu’une préparation permettant de faire un litre de boisson rafraîchissante au goût pêche.     

 

4. La composition nutritionnelle des rations

La ration doit également être étudiée sur la base de sa valeur calorique totale exprimée en kj et

ses trois composantes nutritionnelles en protéines, lipides, glucides qui ne sont pas indiquées sur la boîte mais figurent dans la documentation mise en ligne par le Ministère de la Défense :

valeur énergétique 3 200 kcal/13 380 kj protides 13% + lipides 32% + glucides 55%  

 

La diversité des menus

Pour éviter le phénomène de lassitude qui coupe la faim, une attention toute particulière est portée à la variété des menus de façon à leur donner une particularité journalière. Une des particularité consiste à lier le hors d’œuvre avec les deux plats cuisinés en barquette de 300gr chacune.

 

La composition évolue au fil du temps. C’est ainsi par exemple qu’il y a des différences entre les menus cités sur le site gouvernemental et le conditionnement récent d’aujourd’hui. Voici deux exemples de menus n°1 (sans porc) et 11 (avec porc):

n°1 sur le site : Plats cuisinés Tajine de poulet/Thon Pommes de terre      Entrée Rillettes de thon      

n°1 sur la ration : Plats cuisinés Bœuf carottes/Thon Pommes de terre       Entrée Terrine de lapin

n° 11 sur le site : Plats cuisinés Porc pommes de terre/Potée saucisse choux Entrée Terrine forestière

n°11 sur la ration :   Plats cuisinés : Jambon braisé mogettes, Crozets et diots     Entrée : Terrine forestière.

 

Une distinction importante à noter porte sur la distinction entre les menus avec et sans porc. C’est pourquoi, il a fallu prévoir 14 menus en tout. Il est à noter que la RCIR n’inclut ni vitamines ni minéraux à la différence des rations d’urgence et de survie.

 

Le réchauffement des barquettes

Un réchaud individuel est fourni avec des pastilles de RCIR-CdC, Lt-Col Mousset, Dr du Centre, Réchaudcombustible dans la ration. Il constitue une avancée remarquable sous une forme très compacte et un poids réduit. Le pliage du réchaud présenté à plat dans un petit carton présente un réel savoir-faire non automatisable, réalisable manuellement dans  des ateliers protégés. Tout mauvais pliage et/ou mauvaise insertion dans le carton se traduit par un bombé de la boîte et une non-validation par les automates de remplissage sur la chaîne. Une pincette fournie avec le réchaud permet de saisir la barquette sur le réchaud, une fois la languette ouverte. Ces deux opérations – ouverture de la boite et pose de la pincette sur le bord -doivent  avoir été fait avant de poser la barquette sur la flamme.  

 

6 pastilles sous blister contenues dans le carton d’emballage du réchaud pliable permettent de faire chauffer les boissons et les plats principaux contenus dans les barquettes qui offrent l’avantage de pouvoir être placé directement sur la flamme. Le plat principal cité en second sur la boîte peut aussi se manger froid.

 

Le choix de la multiplicité des éléments

Chaque catégorie offre la particularité de répondre à un ou plusieurs besoins. L’évolution des rations porte essentiellement sur l’affinement de la réponse offerte par la ration. Les modifications ont d’abord porté sur la séparation de la boîte de singe 450gr en deux portions, afin de constituer le repas du milieu de journée et celui du dîner. Le choix de la barquette en lieu et place d’une boîte de conserve traditionnelle répond à un besoin de praticité et de salubrité. Il n’est plus nécessaire au soldat de verser le contenu dans sa gamelle ou de manger par le haut. Il peut maintenant en outre garder le second plat dans de bonnes conditions jusqu’au repas suivant.

 

5. Les relations avec le marché

Le choix de recourir au marché s’explique par de multiples facteurs. Il est d’abord basé sur l’idée que la mise en concurrence permet d’obtenir d’abord le produit recherché qui répond à de multiples critères, le meilleur ratio qualité-prix, une origine régionale le plus souvent, avec des goûts marqués et bien connus des palais français. Cette notion m’apparaît importante : une purée à l’eau avec du poisson blanc en contre-exemple aurait peu de chance de satisfaire un besoin de vraie nourriture en bouche. Un cassoulet-saucisses, oui ! Les appels d’offres permettent en outre de viser des PME régionales du Grand Ouest en France, une région qui a gardé une forte spécialisation dans le domaine de la conserve.

  

En se plaçant du côté des relations avec les fournisseurs, la différenciation en plusieurs éléments rend plus aisée la sélection des fournisseurs en faisant appel à des spécialisations par métier et/ou produit. Le choix de nougat constitue un bon exemple. Il y a aussi dans la ration des produits de marque comme le thé Lipton, la crème vanille Yabon ou le chocolat 1848, qui s’inscrivent aussi dans l’univers mental culturel des soldats.

 

La ration offre également de ce point de vue un bon équilibre qui évolue en fonction de la nature des appels d’offres et des possibilités des fournisseurs.      

 

Les facteurs de progrès

RCIR- CdC, Soldats en train de tester les rationsLa sélection se fait sur la base d’un équilibre entre plusieurs facteurs tels que

le poids, le volume,

la présentation en prêt à manger, la lyophilisation (la question de l’eau),

chacun des constituants,

le couplage entre les deux barquettes et avec l’entrée protéïnée,

le packaging,

la forme, le portage, le transport,

le coût,

le goût,

l’acceptation sur le terrain,

l’évolution des technologies,

l’évolution de la société…

 

En conclusion, la RCIR a pour vocation à répondre pendant un temps limité à l’effort et à la résistance, grâce à un apport équilibré nutritionnel. Elle ne répond pas à une alimentation longue durée. Elle continue à s’adapter en vue d’améliorer ses atouts. A cette fin, chacun des éléments cités dans les facteurs de progrès constitue en soi une piste de recherche, chacun couplé à ou plusieurs autres également, auquel s’ajoute l’étude fine des rations des autres armées dans le monde pour pouvoir comparer, plus  l’inconnu : c’est la recette de la ration de demain. Une nouvelle ration est actuellement à l’étude à Nîmes.  Suspense donc…

 

Et d’ici là, bonne fin d’année et bonne nouvelle année à tous les bénéficiaires des rations militaires françaises. Les 12 000 soldats en opération recevront au moment des fêtes un colis de Noël envoyé par l’association « Solidarité Défense » placée sous l’égide du CEMAT (Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre).  

 

Pour suivre le chemin

. L’équipement de base : chaque soldat dispose de sa gourde ainsi que ses trois gamelles de taille différente qui font partie du paquetage qui lui est fourni. Il reçoit également un ensemble Tatoo composé d’un couteau, une fourchette, une cuillère et un tire-bouchon. En opération, des pastilles de purification d’eau sont incluses dans la ration mais l’eau n’est pas fournie.

 

. Suivre l’actualité de la ration et consulter tous les menus  sur

www.defense.gouv.fr/terre/equipements/materiel-individuel-et-alimentation/ration-de-combat-individuelle-rechauffable-rcir

. Voir des infos supplémentaires sur l’opération « Solidarité-Défense »

.http://www.solidarite-defense.org/index.php?option=com_content&view=article&id=4&Itemid=22&8a7748b0803e4945c5d72a6dc6ec4afa=cab325148f6f5a6495ad0f2a4480f550

 

. Lire « le repas du guerrier » de JP Géné, bien connu des lecteurs du supplément hebdomadaire du Monde du 18 décembre 2010, publié en ligne également

 

. Lire  un aperçu très intéressant sur ce mangeait le soldat de l’Armée de l’Ouest, basée à Saumur en 1794, lors des guerres de Vendée. 18 000 soldats étaient basés à Concourson:

- une soupe composée  de légumes et de viande (en principe 122gr/jour/homme) qui chauffait dans des grosses marmites mises au feu dés l’arrivée au bivouac. Des bœufs sur pied suivaient la troupe ;

- quatre grands fours à pain avaient été construits à Saumur pour cuire ce qu’on appelait « les boules de pain de munition » (3/4 froment + ¼ seigle) distribuées à la troupe pour compléter la ration. Des biscuits complétaient la distribution en cas de pénurie ;

- les réserves de vivres s’échelonnaient entre 2 et 4 jours. Elles comprenaient 1 000 pièces de vin rouge et 20 000 livres de miel. A voir sur

http://saumur-jasis.pagesperso-orange.fr/rect/ch26/r26d3log.htm

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Manger dans l'armée française2 > Le Centre de Conditionnement des RCIR

22 Décembre 2010, 17:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quelques données

RCIR, Accueil et Drapeau, Ponts de CéSon nom officiel est « Centre de conditionnement des rations de combat ». C’est un établissement spécialisé du Commissariat des Armées (ESCA), désormais seul habilité à effectuer le conditionnement et la distribution des rations de combat militaires pour toutes les armées françaises ainsi que si besoin est pour des armées internationales amies. Il a été inauguré en 1993 par Mme Roselyne Bachelot. Il dépend du CESCOF à Rambouillet (Yvelines). C’est le Centre d’Expertise du Soutien  du Combattant et des Forces.

 

Sa localisation

Placé sous la direction de M. le Lieutenant-Colonel Mousset, l’établissement est implanté aux Ponts-de-Cé en Maine et Loire (49), près de Trélazé, dans une petite zone industrielle maintenant entourée de nouvelles zones pavillonnaires disposant en voirie de jolis aménagements paysagers. La N260 passe à proximité, ce qui est un atout certain en matière de réception des marchandises et  d’expédition des rations.

 

Les bénéficiaires

RCIR- CdC, Ponts de CéDans le domaine militaire, plus encore que dans d’autres secteurs du vivre ensemble, les mots employés ont une force toute particulière. Le soutien aux combattants est cité avant le soutien aux Forces. Il est également question des bénéficiaires des rations de combat. Ces mots montrent la forte dimension humaine d’un processus désormais complètement automatisé de conditionnement des rations militaires, à part la colle pour refermer les cartons qu’il est nécessaire de rajouter à la main dans un réservoir situé en hauteur. Les contrôles « qualité », qui constituent une dimension structurante du système, échappent bien sûr à l’automatisation. 

 

Le conditionnement

C’est la partie la plus visible de l’activité du centre, qui vise à transformer la réception de multiples composants tous soigneusement choisis pour les rassembler dans une boîte en carton et former les rations, après une série d’opérations en amont et en aval de façon à optimiser l’ensemble. Les objectifs sont identiques à ceux qui prévalent dans une entreprise en charge de logistique globale. L’atmosphère et l’efficacité du Centre également.

 

Outre le conditionnement, une phase très importante des missions de l’ESCAT est de « normaliser et de sécuriser  la sécurité alimentaire. A ce titre la normalisation qualité nous oblige à progresser. Elle nous tire vers le haut ». Il s’ensuit que des analyses fines sont effectuées par l’établissement pour s’assurer de celle-ci. Une attention spéciale  est apportée à l’emballage qui joue un rôle majeur, sachant que les conditions de portage en opérations peuvent être mouvementées.

 

Les composants

RCIR-CdC, Lt-Col Mousset, DrIls sont au nombre de 18. Leur diversité est grande. On trouve aussi bien des emballages souples en aluminium (le muesli, le potage), des boîtes de conserve pour les deux repas principaux, des sachets souples sous sur-emballage cellophane, une boite carton pour le réchaud métallique, des lingettes…Chaque élément possède ses dimensions propres et pour certains d’entre eux sont des produits de grande marque connue du grand public.

 

Les phases du processus robotisé

Il convient de commencer par l’arrivée des composants prêts à être mis en carton. Ils sont déjà donc tous conditionnés de façon définitive prêts à l’emploi.

1. Le centre s’occupe du conditionnement ainsi que de tout ce qui touche à cette phase, comme le contrôle par prélèvement aléatoire dans les palettes à la réception pour vérifier que la qualité est conforme à l’appel d’offres passé par le CESCOF ainsi que pendant et après le conditionnement des rations. Les marchandises reçues sont stockées dans l’entrepôt de réception, en attente des contrôles aléatoires obligatoires, et après validation, sont entreposées sur les différentes plate-formes de stockage en hauteur.     

 

2. Les marchandises sont stockées de façon à pouvoir être saisies facilement pour le remplissage des 4 gros robots IRB 6000 remplisseurs orange chargés par l’arrière. Ces robots sont disposés près de l’entrepôt jointif à la partie du bâtiment où est située la chaîne. Des chariots filoguidés effectuent les opérations de prélèvement des marchandises dans l’entrepôt et le chargement des robots.

        

3. Les éléments de la ration sont placés par d’autres robots plus petits (Adept) dans la boîte dans un ordre précis, sous peine de ne pouvoir y entrer. Un bon remplissage offre en effet le ratio le plus faible entre les formes et la somme des volumes des composants par rapport au volume intérieur du parallélépipède rectangle.

 

4. Un contrôle visuel « qualité » à vue se fait au sortir deRCIR- CdC, Chaîne robotisée des RCIR la phase de remplissage pour vérifier qu’il n’y a pas d’anomalie. Il s’ajoute à un contrôle informatique permanent effectué par des caméras de surveillance dont les informations, transmises  aux logiciels, sont visibles instantanément sur écran.

 

5. Chaque ration est placée dans un sachet cellophane soudé pour garantir son étanchéité en cas d’immersion ou de forte humidité. A l’issue de cette opération, elle doit être retournée afin de pouvoir l’emballer dans un carton de regroupement. C’est une idée « simple »,  au milieu de tous ces robots parfois compliqués, d’une des personnes travaillant sur la chaîne qui a permis de présenter les boites individuelles en biais de façon à ce qu’elles puissent être facilement saisis par le robot blanc de faible volume en charge de l’opération.

 

6.  Un contrôle aléatoire manuel de conformité et d’étanchéité se fait en maintenant sous pression une ration sous cellophane immergée dans un bac d’eau. Le sachet est étanche quand aucune trace d’eau n’est détectée sur le carton.             

 

7. Arrive le moment où la ration perd son individualité en étant placée dans un carton, à raison de 12 unités. Désormais l’unité comptabilisée est le carton mais pas pour longtemps. 

 

RCIR- CdC, Chaîne, Robot de chargement des cartons sur palette8. En effet c’est le carton qui maintenant fait l’objet d’une palettisation délicate. Le robot, chéri par l’ensemble de l’équipe de l’atelier, effectue des opérations délicates en disposant les cartons de façon croisée en longueur ou en largeur, afin d’imbriquer et de consolider la charge qui va subir un certain nombre de manipulations avant d’arriver à bon port. « S’il n’y  avait qu’un robot à garder, ce serait celui-là. C’est lui qui porte les plus lourdes charges et qui fait les opérations les plus compliquées », déclare le Lieutenant-Colonel Mousset au cours de la visite. Chaque palette porte 21 cartons.

 

9. La palette est solidifiée sous film de protection thermo-rétractable transparent ou noir selon les lieux de destinations, de façon à assurer la solidité de l’ensemble au cours des différentes phases du transport et d’entreposage. Le choix d’un film opaque s’explique par la nécessité de rendre le contenu invisible de l’extérieur, afin de ne pas encourager les tentations de vol pendant le transport. 

 

10. Les palettes sont stockées en attente RCIR- CdC, Chaîne, contrôle par une opératriced’enlèvement à des fins d’expédition aux destinataires des trois armées, la gendarmerie, les ministères, la sécurité civile, l’armée belge ainsi que d’autres armées étrangères alliées en cas de force internationale sur les théâtres d’opérations, après accord technique.

 Les rations seront ensuite envoyées, entreposées et consommées par les bénéficiaires partout dans le monde, sachant que « la ration peut être consommée aussi bien à Djibouti, qu’en Afghanistan ou aux Kerguelen ». Des retours d’expérience sont faits par le personnel de l’ESCA en OPEX auprès des régiments projetés.   

 

Quelques mots sur le personnel

L’encadrement du centre est assuré par Le Lieutenant-Colonel Mousset, assisté d’une petite équipe de personnel civil et militaire. Sous leurs ordres, des civils, hommes et femmes, assurent la totalité des opérations liées au conditionnement, telles que le contrôle, le rechargement manuel, s’il y a lieu, le suivi, l’entreposage… les différents types de contrôle. La traçabilité de l’ensemble des opérations s’effectue dans le cadre de la certification qualité. La maintenance des appareils et des robots occupe une place importante dans la qualité globale, grâce au recours de logiciels intégrés exigeants en compétences informatiques. « Les robots sont dépendants les uns des autres. Ils dialoguent entre eux ». Chaque année, trois à six étudiants en BTS Maintenance informatique Robotique peuvent ainsi découvrir le travail d’un établissement spécialisé comme l’ESCA et approfondir leurs connaissances.

 

Quelques chiffres

RCIR- CdC, Chaîne, opérateur en charge test d'étanchéité du sachet. 1993 Date de création

. 5 types différents de ration conditionnés sur place               

. 3 ans de durée de conservation des rations

 

. 11 000 rations/jour en production

. 1 750 000 RCIR en 2010 sans compter les autres rations

 

. Certification  AFAQ ISO 9001 version 2000 et Approbation NATO

. 4 500 prélèvements/an d’échantillons

. 45 000 analyses par le LCA (Laboratoire du Commissariat de l’Armée de Terre)

. 50 000 mises à l’étuvage des boîtages métalliques des conserves pour vérifier leur étanchéité

 

. Près de 900 000 RCIR distribuées par l’ESCA dans le monde, hors du territoire national au cours de l’année 2009-2010

 

. Transport par bateau et avion, selon l’urgence, avec RCIR- CdC, Entrepot, Jacqueline Bouet, cariste grande hauteuropérations de dédouanement comme pour toute autre marchandise de ce type. Le pré-acheminement se fait par transport routier sur le territoire français et le post-acheminement en s’adaptant à la situation locale. 

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet (n° 2) fait suite à une entrevue avec M. le Lieutenant-Colonel Mousset à l’ESCA, suivie d’une visite du centre de conditionnement le 02.12.2010. Il est l’auteur des citations entre parenthèses. 

   

. Un premier billet est paru sur ce blog sous le titre de

  Manger dans l'armée française > Les RCIR ou rations de combat...

. Lorsque vous passerez devant l’établissement, pensez qu’il est connu dans le monde entier. 

L’ESCA est situé au 88, avenue Jean Boutton, 43130  Les Ponts de Cé, 02.41.96.67.04

. Quelques informations sur

http://www.defense.gouv.fr/terre/equipements/matériel-individuel-et-alimentation

. Un site Intranet, réservé aux militaires, figure désormais sur la RCIR. Il permet aux combattants d’être en contact direct avec le Centre pour transmettre remarques et questions éventuelles, www.emma.defense.ouv.fr/sca/index.php/soutien-homme

     

. Photo n° 1 avec le drapeau, Centre du Conditionnement, avec mes remerciements 

. Photos EP prises lors de la rencontre au Centre avec M. le Lieutenant-Colonel Mousset     

 

 

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