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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Bouger à Bordeaux sur les quais de la Garonne

1 Juin 2010, 15:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

Hier, souvenez-vous, je vous ai déjà emmené à Bordeaux rejoindre la troupe des Bordeaux-2010.05.29 012Hardis Voyageurs Angevins, partis en voyage d’études pour découvrir les berges de Bordeaux telles quelles sont maintenant après avoir été totalement re-conçues pour le XXIè siècle et les suivants, grâce à un projet politique de grande envergure de requalification urbaine.

 

Le thème d’aujourd’hui -Bouger-  porte aussi bien sur l’accessibilité au fleuve désormais possible,  que sur la mobilité des gens, les moyens de locomotion ou la possibilité de bouger son corps. Ca bouge à Bordeaux, tel pourrait être un slogan d’agence de com.

 

Un bref rappel pour ceux qui ont zappé le billet n° 1 sur les « hardis Angevins… », nous avons utilisé un beau bus vert à étage pour nous rendre à Bordeaux.

 

Bordeaux-2010.05.29 052Arrivés sur place, nous avons croisé de nombreux marcheurs ainsi que le tramway aux couleurs de schiste un jour de nuages. Il dispose d’une alimentation au sol. Après une mise en service un peu chahuté, dont il n’a pas été question, il est déjà presque saturé. Il a été de la volonté de la ville qu’une des trois lignes puisse emprunter les quais. M. Duchêne, l’adjoint en charge de l’urbanisme a rappelé « qu’en matière d’investissement, un euro dédié à l’affaiblissement de l’emprise de la voiture génère plus de retombées que 100E pour favoriser le développement des transports en commun ». A retenir sous la forme d’une formule suivante «  1E pour --- voiture > 100E pour +++ TC » (transports en commun).      

 

Quant à nous, nous avons pris notre pied pour rBordeaux-2010.05.29 126ejoindre la Garonne en traversant une partie du centre ville. Nous avons rejoint le Quai de la Douane qui se poursuivent ensuite par le Quai Louis XVIII en descendant le fleuve. Ensuite, il s’est agi de longer le long Quai des Chartrains, pour finir au début du Quai de Bacalan, pile poil à l’endroit où notre grand vert nous attendait.

 

Entre temps, nous avons vu beaucoup de gens arrêtés ou en mouvement sur les quais. Impossible de dire ce qu’ils faisaient, tant il y avait de choses à voir, d’activités diverses, de plantes à admirer, d’astuces végétales à garder en tête, avec un mobilier urbain japonisant, particulièrement les lampadaires. Pour ma part, j’ai plutôt regardé les gens. Ce sont eux qui m’intéressent. J’ai ainsi vu : 

 

. un couple d’amoureux qui avaient franchi la barrière de la clôture en bois séparant la partie jardin de la rive proprement dite, parler les yeux dans les yeux,

Bordeaux-2010.05.29-057-copie-1.JPG. des gens dans le tram,  

. des squatters de rives discuter partie sur le quai partie sur la rive,

. des marcheurs choisir la pelouse plutôt que la terre battue revêtue d’une couche blanche,

. certains lire la pancarte signalant que les fleurs au pied des arbres n’étaient pas le fait du hasard,     

. des enfants jouer au ballon, taper la balle au base ball, courir,

. des gens regarder une montgolfière rouge qui faisait du bruit,

. des parents poussant une poussette avec un enfant,

. beaucoup scruter l’eau, comme si elle allait leur parler,  à la hauteur du pont en bois, inachevé,

. des jeunes tremper leurs pieds dans le miroir,

. une jeune maman sagement assise sur le sol regarder son mari revenir avec leur petit garçon qui avait voulu tenter cette grande aventure, marcher sur l’eau,

. des ados sauter avec leur skate board sur la piste prévue à cet effet, vers le Quai BacalanBordeaux-2010.05.29 171

. beaucoup, assis à la terrasse de cafés proches de l’eau sur le Quai Bacalan, étaient fort occupés à recréer le monde en buvant un café, près des Hangars, les seuls vestiges de la grande période portuaire, qui accueillent maintenant des activités commerciales

. des motards bardés de cuir noir clouté chevauchant leur Harley Davidson, pénétrer dans la place proche qui sert de parking, sous les acclamations de certains,

. sans oublier une belle vigne poussant sur un mur, à la fin de la promenade, comme un clin d’œil

. et un immeuble blanc qui m’a bien plu...

 

Nous, « les photographes », avons également repéré au cours de la promenade la formidable voiture américaine rose, longue de 3 voitures ou presque, sagement garée de Bordeaux-2010.05.29 183l’autre côté de la voie, pour nous. Quelques ont même traversé la chaussée en courant pour la photographier de près tant son pouvoir d’attraction était fort, sans souci, les voitures ont simplement ralenti.       

 

Pour suivre le chemin, avant le prochain billet

. Voir le billet précédent sur les Berges de la Garonne

Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

 

. Découvrir toutes les photos dans l’album ‘Rives de Villes’ dans ce blog

. Photos EP       

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Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

31 Mai 2010, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une bien belle journée

Quelle épopée, mes amis ! Quelle aventure ! Disons le franchement, ça a été une Bordeaux-2010.05.29 170

belle journée bien chargée, comme je les aime, avec des tas de moments différents, des véritables séquences de vie, selon l’endroit où notre groupe se trouvait à un moment donné. Mais d’abord, il faut vous donner l’ambiance et commencer par vous expliquez pourquoi nous nous sommes globalement peu ou prou tous levés vers 5h un samedi matin. Ils sont fous ces Angevins. On ne savait pas qu’ils étaient comme ça.   Moi non plus.

 

Remarquez, en venant au lieu de rendez-vous Place de la Rochefoucault dans la Doutre, j’en ai vu certains qui, à leur mine pas fraîche, n’étaient, eux, pas encore couchés. C’est rare aussi, nous ne sommes pas des grands fous de la nuit, sauf les exceptions qui n’étaient certainement pas là.  

Notre groupe

Nous, c’était plutôt sac à dos, chaussures de marches, petite bouteille d’eau pour le cas où la déshydratation aurait guetté, bloc de papier avec crayon dans le sac et appareil photo à la main pour quelques fondus, dont vous connaissez au moins une personne.   Des studieux en un mot, tous prêts pour la première étape. Choisir sa place dans le car, un beau à étage, Bordeaux-2010.05.29 010un vert pour le look développement durable et se fondre dans la belle nature française qui relie la capitale de l’Anjou, Angers, à la capitale du Bordelais, Bordeaux.  

Bordeaux et Angers

On n’a que quelques points en commun, eux et nous : le vin, l’eau, les berges et encore plus de différences aussi. Leurs vins d’abord. Ils ont une notoriété mondiale, qui n’a pas d’égal dans les Grands rouges. Leur fleuve est la Garonne, nous c’est une rivière, La Maine. Bordeaux-2010.05.29 009On avait en commun, la perte d’intérêt pour l’eau. Le fleuve qui fonde la ville n’était plus accessible aux Bordelais pour cause de zone portuaire fermée par des grilles, sans mise en valeur possible.  Pour Angers, il y a longtemps que la fonction portuaire locale a cessé d’être et le grand port maritime a toujours été Nantes. Quoi qu’il en soit, dans la place disponible, dans l’un et l’autre cas, la voiture avait-a remplacé toutes les autres activités et privé les gens de leur fleuve-rivière.

 Bordeaux-2010.05.29 008

Bordeaux a été, on le sait, précurseur, dans ce domaine, grâce à une opération de très grande envergure qui a duré presque 10 ans. 1999 a marqué le top départ; 2009 a vu le début d’une nouvelle ère de réussite de reconquête d’un espace urbain remarquable classé Unesco d’une beauté inouïe et maintenant évidente tant les résultats de cette opération d’envergure sont forts.

 

Le bus vert à étage

Notre autocar vert nous a transportés d’Angers à Bordeaux et retour, avec une vitesse bridée à 100 kms. Notre chauffeur était très bien et le café-petits gâteaux prévu par Maryvonne  Fleury-Lourson, la grande organisatrice de la journée, nous a permis de mieux faire connaissance au cours de la pause.   

 

L’Hôtel de Rohan

Bordeaux-2010.05.29 080L’arrivée s’est faite à l’Hôtel de Rohan, qui abrite la mairie dont tous connaissent le nom du maire, Alain Juppé. L’ancien Premier Ministre de la France a eu la délicatesse de nous attendre pendant plus d’une demi-heure. (Il a du partir. C’est notre car qui a été retardé par la circulation.) Les organisateurs bordelais ont choisi de nous faire entrer côté parc. Je garde imprimé dans la rétine un magnifique Ginko et la gueule d’un caïman bleu-violet brillant dont surgit la flèche de la Cathédrale Saint-André. Un délicieux frisson !  

L’accueil à la bordelaise

Après une halte dans le grand salon d’apparat à droite en entrant dans le grand hall, pour nous restaurer de très belle façon en goûtant un second vin du Château Castera que nous avons savouré avec beaucoup de plaisir, tant il s’accordait bien avec notre menu, nous avons pu écouter et interroger deux des grands  acteurs de cette pari sur l’avenir, Michel Duchène, l’adjoint en charge de l’Urbanisme, et Thierry Guichard, directeur général de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux). Ce dernier nous a fait l’après-midi le plaisir de nous faire découvrir sa ville, lui, qui est d’origine tourangelle. C’était son dernier jour d’exercice au titre de ses fonctions générales, puisque ce lundi, il commençe un nouveau projet d’importance, la construction d’un grand stade à Bordeaux.   

La promenade urbaine

Elle a véritablement commencé après. Cette fois-ci, Bordeaux-2010.05.29 133nous sommes sortis, par la Cour d’honneur, très minérale, située de l’autre côté. A commencée là, une fascinante découverte faite de marche rapide, lente, de pauses, de reprises, de découvertes à chaque instant, quelle que soit la direction du regard, avec un plaisir immense. Tous les membres du groupe ont été éblouis, attendris, interrogés... La preuve s’il en fallait : le groupe n’a pas cessé de se faire, se défaire, de se recomposer ; à chaque fois lui-même, différent, autre, avec parfois des ‘rencontres’ d’un  bref instant avec d’autres, qui n’étaient pas nous. Conscient qu’il se passait là un instant de partage de la ville, d’un enrichissement, d’un plaisir intime qu’on pouvait avoir en commun.

 

Bordeaux-2010.05.29 144Bien sûr, il y a toujours des affinités instinctives ou programmées qui se font et heureusement. L’important est ailleurs. Il s’agit de la capacité à s’aménager au cœur d’un groupe en mouvement, des petites places d'espace, des petites plages de temps,  des instants où l’on peut savourer le plaisir d’être en ville, dans une ville ouverte, qui joue constamment de sa vitalité, son énergie, sa capacité à bouger, dans une bienheureuse mixité humaine, culturelle et fonctionnelle.  

L’histoire

Elle tient forcément une grande place, sans jeu de mots. La force architecturale de ces façades qui se déploient en corolle ouverte vers le fleuve est proprement magique. Comme un lien vers l’avenir, un témoignage de confiance tangible et actuel en ses forces, comme le végétal qui forme un autre lien qui unit les générations et l’ancre à l’espace.

 

Cette triple rencontre entre le minéral blond des façades, l’espace au sol unitaire et fractionné par le végétal et les gens a rendu  possible  les multiples activités humaines, sportives et ludiques qui ont remplacé la voiture. Depuis la rénovation, le trafic automobile a baissé de 40%. A la place des voitures, camions… des gens, de l’herbe, des fleurs, des arbres… et aussi la possibilité de bouger et de s’arrêter pour regarder, réfléchir et parler avec les autres.  

Le retour

Il s’est fait sous la pluie qui a commencé alors Bordeaux-2010.05.29 189que nous étions passés de l’autre côté du fleuve pour sentir la différence. Les courageux sont partis à la découverte du nouveau jardin botanique ; les autres sont restés au chaud à l’abri. Et tous ensuite sommes revenus à Angers, après un pique-nique offert cette fois-ci par Angers, avec pour finir un délicieux crumble à la rhubarbe. 

 

C’est beau une ville qui sait faire venir ses jeunes et tous les autres, en son centre. Une ville qui bouge…  

 

Pour suivre le chemin

. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la "reconquête urbaine des berges de Maine", 

placés sous l'autorité de Chistophe Lesort, Directeur à la Ville d'Angers.   

. Des billets prochains sont programmés sur d’autres thèmes, à commencer par le partage du repas à l’Hôtel de Rohan...

. J’emploie le terme de 'gens' tout à fait volontairement. Dans ce billet, il n’y en a pas de plus approprié. C’est un mot qui a une longue histoire bien compliquée d’ailleurs, qui colle très bien avec celle des cités anciennes :

http://definition.ptidico.com/gens.html

. Photos EP, n° 1 des roses jaunes Parc Saint-Michel, 2-3-4 la pause pique nique, 5 le Caïman dans les jardins de l'Hôtel de Rohan, 6-7 la berge champêtre et détail de tresse d'osier, 8 Thierry Guichard face au nouveau pont.  

. Voir d’autres photos dans l’album photo Rives de villes.     

 

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V01 de Verre > Elise Brignot vue par Tolmer

27 Mai 2010, 11:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Comment montrer la générosité profonde d’une vigneronne en phase avec sa nature de Mère Tolmer-Elise Brignot 003Terre ? C’est à cette question que s’est attaqué Tolmer, un grand artiste qui est en harmonie avec certains vignerons qui comme lui aiment la belle ouvrage et la sensibilité. Il préfère dessiner et peindre plutôt que parler de lui. Quant à Elise Brignot, sa discrétion dépasse celle de l’artiste, ce qui n’est pas peu dire. Plutôt que de parler d’elle, Elise préfère vous faire goûter une de ses dernières cuvées.

 

Pour elle, Tolmer a conçu un dessin remarquable. Il s’agissait pour Elise d’avoir une affiche par laquelle elle faisait savoir qu’elle recevait du monde chez elle. On la voit de face tenant 9 verres, cheveux au vent et visage non représenté à ses nombreux invités. Ils ont été nombreux à venir. Au menu, du vin, du cidre, de la bière avec des charcuteries, avec au centre Elise Brignot telle qu’en elle-même, généreuse et secrète.

 

Du côté des vins, il y a Olivier Lemasson, Ludovic Bonnelle et Christian  Venier, Stéphane Majeune,  Catherine et Gilles Vegé,  Jean-François Coutelou ; du côté du cidre normand, Cyril Zangs et pour la bière, la Brasserie de la Pigeonnelle, aElise Brignot-2007-Composition 2vec ses Loirette, avec des charcuteries de Jacky Gentilhomme.

 

Ca c’était pour 2006. En 2007, comme le dit avec humour Elise, ses cheveux avaient poussé ; normal, elle invitait plus de monde. Elle a alors 6 rangées de cheveux-noms au lieu de 4 de chaque côté la fois d’avant. Je ne vous dirai pas qui cette fois-ci. Il y en a de trop. Ce ne sont plus des verres que porte Elise, mais une bouteille qu’elle débouche avec un bon vieux tire-bouchon décapsuleur.  

 

En 2008, ils étaient encore plus nombreux. Cette fois-ci, même elle ne pouvait répondre à cette affluence. Elle a donc carrément ouvert les portes de son chai. Tolmer a alors fait une autre affiche pour elle : on la voit pousser les deux battants vers l’extérieur,  sur lesquels sont gravés les noms de ses invités. On ne voit pas plus son visage que la première fois : elle penche la tête.

 

Tolmer-L'Homme à l'échelle-Moulin PeylabrieUne sensibilité que Michel Tolmer comprend et partage. Pour sa part, il accepte d’être pris en photo mais en cachant ses yeux. Elodie, quant à elle, déteste vraiment ça qu’on comprend alors l’importance des dessins faits pour elle par Michel Tolmer.

 

Tous deux par contre aiment l’humour léger. C’est Tolmer bien sûr qui a créé sa signature graphique en inversant le E de son prénom par rapport au B de son nom. C’est lui aussi qui conçoit ses étiquettes sur des idées légères comme les bulles des pétillants naturels de la vigneronne. Ses premiers vins, des pétillants naturels, s‘appellent Zébulon et Chhhhh. Maintenant on trouve aussi  Oui mais non, Mon Loulou…, associés au verre, à la bouteille puis au chai qui s'ouvre.    

 

Pour suivre le chemin

. Elodie Brignot, vigneronne

http://www.lesvinsnaturels.org/spip.php?article299

. Tolmer, artiste

http://www.moulinpeylabrie.com/tolmer.php avec mes remerciements pour la photo de cette oeuvre de Tolmer peintre.

http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/regions/iledefrance/389__tolmer_vinimichel

relliste.htm

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Zelige Caravent ou le mystère fait vin

26 Mai 2010, 07:33am

Publié par Elisabeth Poulain

J’ai eu du mal à trouver le titre, ce qui marque toujours chez moi un certain trouble. J’ai hésité entre le mystère du vin ou le vin mystérieux. Aucun de ces deux titres ne convient pourtant à ce que j’ai ressenti en découvrant le site de Zelige Caravent. Ce qui s’en approche le mieux, c’est le mystère fait vin. En fait, c’est plus subtil, subtil de subtil.

 

Marie Michel, Zelige CaraventIl y a bien du vin, des vins en réalité, avec 8 cépages différents, 22 parcelles dont l’age varie de 10 à 80 ans, répartis en 5 îlots distants. Il y a bien la terre rude et chaude du soleil du Languedoc, une vraie terre à vigne répartie autour du Pic Saint-Loup, avec ci et là des oliviers dont le vigneron tire de l’huile tout comme la vigne lui donne le raisin. Il y a bien un vigneron, Luc, qui chaque jour re-découvre sa terre, ses vignes et ses oliviers tout comme ce trio s’est emparé de lui et de sa femme, Marie, qui l’accompagne dans cette grande aventure qu’est la triple naissance d’un nouveau domaine, de vignes nouvelles mêlées à des vignes anciennes et de vins dont les premiers remontent à 5 ans.

 

Luc de Zelige Caravent a commencé à travailler sa vigne il y a maintenant 10 ans. Il a choisi le Gard autant que le Gard l’a choisi, lui dont le grand-père était vigneron, du moins c’est ce qu’on croit comprendre sur le site. Marie de Zelige Caravent, quant à elle, est venue à la terre par amour de Luc. D’elle on sait qu’elle a fait « avant » les Beaux-Arts et qu’elle a la peinture et la couleur dans le sang. Elle dit joliment qu’elle « aime le côté physique du travail de la terre, avec sa dimension première. A chaque geste, il apparaît quelque chose de nouveau ». La magie de vinification se traduit chez Marie Michel, Zazous a Zanzibarelle en couleurs, couleur terre, couleurs violette et rose pourpre, qui jouent avec la lumière.

 

Marie est aussi très sensible au geste, celui qu’elle pratique en particulier quand elle décide de faire des étiquettes personnalisées pour chaque bouteille. Elle détourne à son profit la présentation des étiquettes en rouleaux qu’elle déroule sur une longue table de travail et peint à la longueur de la table et recommence jusqu’à la fin du rouleau. Un travail répétitif qui offre aussi de belles récompenses car l’esprit se libère au fur et à mesure que le bras et la main enchaînent. Du coup, aucune étiquette ne ressemble à une autre, comme le vin diffère d’une parcelle à une autre, d’une année à une autre, d’un amateur à un autre. L’artiste aime aussi la force du noir avec un graphisme décalé qui se marie bien avec Zazous à Zanzibar, un vin un peu canaille. 

 

Et c’est ainsi que Marie est montée dans le Grand Nord pour faire connaître les vins de Zelige-Caravent, au Grenier Saint-Jean à Angers avec les vignerons travaillant en biodynamie regroupés  autour de  Nicolas Joly de La Roche aux Moines à Savennières. Elle était bien entourée. A côté d’elle, il y avait Jo Python d’un côté et Bernard Belhasen de Fontedicto de l’autre. Et c’est là aussi que nous avons fait connaissance, elle et moi, et moi avec ses vins.

 

OMarie Michel, Zelige Caraventù est donc le mystère annoncé ? Il se trouve dans le site qui dit sans dire, en vous disant «  je ne vous dis pas ». C'est très actuel comme tendance. De là aussi, le nom du domaine Zelige Caravent, qui est inventé. A chaque fois, on leur demande « mais qu’est ce que ça veut dire » ? Comme s’il fallait que tout communique et parce que c’est vrai, dans le vin surtout. Il faut vous dire aussi que Luc était un communiquant avant de devenir vigneron et que tous deux portent le nom de Michel,

Luc et Marie Michel.     

 

Pour suivre le chemin

. Les raisins sont récoltés à la main, les levures indigènes ; la vinification et l’élevage se font en cuve béton et les vins ne sont ni filtrés ni collés.

. Les cépages  rouges : alicante, cinsaut, carignan, grenache, mourvèdre, syrah 

. Les cépages blancs : chassant et roussane

. Les vins ont pour nom Jardin des Simples (AOC Languedoc Pic St Loup), Velvet (id), Sur le Fleuve Amour (id), Nuit d’encre (VDT rouge), Ellipse (AOC Langedoc Pic St Loup), Zazous à Zanzibar (VDT rouge)  

. Le domaine se situe Chemin de la Gravette, 30260 Corconne (France),  06 87 32 35 02

. Découvrez leur site  http://www.zelige-caravent.fr/  contact@zelige-caravent.fr 

 

. Lisez les appréciations très positives sur les vins du domaine sur           http://lapassionduvin.com/phorum/read.php?4,316030

. Photos EP, étiquette Zazous à Zanzibar, vin de table de France, rouge, 80% de carignan et 20% de cinsaut et carte de visite

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Angers > Accueillir dans une ville qui se veut accueillante

25 Mai 2010, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Yoshina Davelaar, fleurs de fleursC’est vraiment une délicate question. La question au départ n’aurait pas vraiment de sens, si on savait accueillir comme on respire. Si on se sait accueillant, on accueille.  Ce n’est même pas un syllogisme et nul n’a besoin de se référer aux Grecs : tous les hommes sont mortels, les Grecs sont des hommes, donc ils le sont (mortels). Là c’est encore plus simple : si vous êtes accueillant, vous accueillez. Oui, bon, pas tout à fait, on le sait bien.

 

Pas n’importe qui, ni n’importe comment ou pas forcément soi, en comptant sur les autres bien souvent. En somme l’idée de l’accueil est peut être plus facile à chanter qu’à pratiquer.  La communication sur l’accueil est une chose souvent affirmée en guise de postulat qui n’aurait pas besoin d’être vérifié ou testé. Les mots valant plus que les actes ou à leur place. Comme si la beauté des paysages englobait aussi l’accueil.

 

Ecoutez ceux qui voyagent au loin ou dans des régions proches. A leur retour, ce qui ressort dans les premiers mots, ce sont ces paroles : «  nous avons été magnifiquement accueillis. Les gens ont été vraiment sympas avec nous. A peine arrivé, on a été invité chez des gens qui ne nous connaissait pas, par hospitalité, par gentillesse. Et puis, c’est beau ». Nous avons tous des histoires comme ça dans la tête. Plus que la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Plus que la beauté des paysages ou des monuments à admirer ou à visiter citée en second, c’est le contactAngers Le Quai, cocktail de voeux humain qui compte. Ces invitations à partager un moment chaleureux se font souvent en accompagnement d’un repas à partager ensemble, selon la très jolie formule « à la fortune du pot ». Ce sont souvent les moments les plus sympas et les plus chaleureux, sans objectif autre que celui de l’hospitalité pour un repas, un moment dans la sincérité de l’instant, sans objectif d’attendre de l’autre un retour ou quoi que ce soit d’autre que ce moment ensemble avec un voyageur sur la route.

 

Dans certaines civilisations, cet accueil est même au cœur de la philosophie de vie. Cette extrême simplicité est en fait un art que tous peuvent pratiquer, sans revendiquer quoi que ce soit. En un mot, ce sens du partage, de l’accueil échappe aux politiques, aux marchands de toutes sortes ou aux carriéristes. Il ne s’agit pas de vendre quoi que ce soit ; il n’est pas question d’argent mais d’échanges par un regard, un langage non verbal quand on ne pratique pas la langue…   

 

MBrochette de fruits, Isabelle Bigéaintenant  mettez-vous à la place d’un-e jeune de 18 ans qui quitte pour la première fois sa famille, sa région d’appartenance, sa culture…Il découvre pour la première fois l’Occident et en particulier la France et cette drôle de langue bien difficile à saisir pour un palais et une oreille chinoise. Ils sont plusieurs centaines de jeunes à venir dans notre pays pour un semestre d’immersion linguistique et culturelle. Ils arrivent de Chine sur décision de leurs parents. Les plus fortunés partent aux Etats-Unis où les formations sont payantes ; ceux de la classe moyenne supérieure arrivent en Europe et plus spécialement en France où il existe des formations gratuites.  

 

Ils trouvent que notre ville est belle et que les gens de la rue sont aimables. Très peu sont invités à entrer dans une maison par les habitants avant leur départ pour partager un moment, un repas et quelques sourires, à l’exception des logeurs qui leur louent le logement. Ils repartent pour la plus grande part sans pouvoir dire qu’au moins une fois, ils ont mangé avec des Français, comme ces Français annoncent à leur retour de voyage en Chine ou autre part qu’ils ont été si merveilleusement reçus. Comme leurs enfants seront accueillis à leur tour quand ils partiront découvrir le vaste monde et la Chine en particulier.  

 

Pour suivre le chemin

. Voir le billet consacré aux étudiants chinois en Région Pays de Loire

La Chine et Confucius à Angers, Pays de Loire > Un pont culturel direct

. Photos EP

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Ca va grainer > Il faut se hâter de faucher les mini-jardins de rue

24 Mai 2010, 16:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Malheureusement, je ne peux pas vous rendre l’accent. Imaginez la scène; vous rencontrez un de vos voisins qui vous dit, en vous regardant droit dans les yeux.  

-        « Madame Poulain, je vous le dis, ça va grainer. Ca va grainer !

-        Euh oui, c’est sûr » 

 

A partir de là, s’enchaîne une série d’évènements très courants à la campagne. Vous avez bien sûr compris, vous les gens de la ville, que, vu les conditions météo très favorables aux mauvaises herbes, celles-ci vont effectivement grainer. Et c’est ainsi que j’ai appris:

- que grainer existe, qui vient forcément de « grain » et qui signifie « produire de la graine »,

- qu’il était urgent pour ne pas dire plus  de m’occuper de « faucher » l’herbe des mini-jardins de rue dont je me m’occupe, car celle-ci effectivement n’a jamais été aussi haute, Toro caché dans le feuillage

- tandis que le voisin signalait avec un ton déférent aux services techniques municipaux que « ca va grainer et que jamais on avait laisser pousser l’herbe aussi haute ».  

 

Il fallait donc urgement (ce terme n’existe pas, rassurez-vous) faucher, avant que ces fameuses graines envahissent les potagers bien  cachés au fond des jardins.

Donc, voilà donc, que vendredi dernier, saisi par l’appel du grand week-end à venir, je décide de rester traînailler paresseusement au lit quand un affreux bruit de machine m’en a tiré plus vite que je n’y étais entrée. Décryptage, quel est ce bruit ? Difficile à dire. Il dure, de façon insistante. Il veut me dire quelque chose ? Oui ? Je décrypte le message : lève toi, ouvre le volet et regarde. Ce que je fais bien sûr. Que vois-je ? Une belle faucheuse mécanique rouge en train de faucher l'herbe d’à côté, avec force et détermination « et que j’y aille, que je tourne autour des arbres, que j’évite les obstacles » et tout ça à une vitesse pharaonique.

 

France Ouest, des herbes hautes comme le murLe message a fini par passer : il me fallait en vitesse, enfiler ma tenue de jardinage – pantalon et t-shirt à manches longues -  et mettre mes lunettes de protection sans lesquels je ne jardine pas. Traduisez que je ne crapahute pas à quatre pattes dans le jardin ou les mini-jardins de rue, sans cet équipement avec un chapeau sur la tête en plus. Les lunettes pour se protéger contre des branches d’arbres capables de vous transpercer la cornée, le pantalon contre les insectes qui voudraient me piquer et le t-shirt itou.

 

           Le p’tit dèj avalé avec une célérité inhabituelle un matin de presque week-end, me voilà dehors à mesurer la hauteur de l’herbe, qui pour la première fois, c’est vrai, a dépassé la hauteur du mur ancien en schiste. Quelques photos plus tard, me voilà à couper, mettre en bottes et faire des petits tas de paillis d’herbes à placer auprès des plantes pour protéger le talus très chaud plein sud.

 

            Le temps pour moi de couper l’herbe sur quelques mètres carrés et pour le jardinier municipal de faire la même chose sur une surface indéterminée mais nettement plus conséquente, la rencontre eut lieu. D’un côté une belle mécanique rouge de toute beauté de marque « TORO » qui comme chacun sait est une grande marque américaine et de mon côté un tout petit sécateur de marque BAHCO, Secateur sur fond orproduit en France.

 

Ce fut un moment émouvant de partage de l’art du travail de 'fauchage' de l’herbe dans la nature, par une très belle matinée. Et c’est ainsi que la conscience tranquille, j’ai pu commencer mon week-end.  Ouf, ça n’allait pas grainer dans les potagers, par la faute des mini-jardins de rue.     

 

Pour suivre le chemin

. Lire d'autres billets sur les mini-jardins de rue sur ce blog :

FAQ puissance 15 sur les Mini-Jardins de Rue 

DD10 > Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers > France 

. Photos EP

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V04 comme Ville-Pub > L'ANPE et Le Monde

21 Mai 2010, 15:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Après la vision de la ville qui a servi de publicité à Total, une des grosses sociétés encore françaises, voici celle de l’ANPE dont je vais développer le sigle pour nos amis étrangers. Il s’agit de l’Agence nationale pour l’Emploi, l’office gouvernemental chargé d’aider les personnes sans travail à retrouver un emploi.

 

Ville-Pub ANPE Le Monde 04.09.2008 

Il s’agit d’une pub tout à fait spéciale. Si vous enlevez le macaron qui se trouve au milieu de l’affichette parue dans Le Monde du 4 septembre 2008, il vous est impossible de savoir quel organisme ou quel produit est porté par cette pub. Il s’agit du centre d’une ville très animée. Il y a plein de gens sur la place et dans les rues qui y conduisent.

 

Aucun monument, ni repère ne vous permet d’identifier le lieu ou la source d’inspiration de l’auteur du dessin.  Il n’y a aucune référence de source. On y voit des gens parler, jouer, admirer... Très peu sont pressés d’aller ou de quitter la place. Certains ont sorti tables et chaises sur les trottoirs. Ils ont envahi tout l’espace public, sans souci des voitures. Et pour cause, il n’y en a qu’une seule à l’arrêt, un enfant assis sur le capot. Par contre deux d’entre elles ont le capot ouvert, avec des hommes en bleus en train de se pencher. Il y a des camionnettes garées en forme de U ouvert, pour vendre du poisson, des saucisses, des fleurs,  des soins…Deux boutiques, Optique et Labo, sont ouvertes. On voit des gens qui travaillent dans des bureaux à mur de verre. La seule certitude est qu’ils sont tous blancs, à l’exception de 6 noirs chevelus. Ne me demandez pas combien ils sont au total, je n’ai pasq le courage de les compter.

 

Il y a du vert aussi, mais ce n’est pas celui du végétal. Il n’y en a pas. C’est le vert du sport. Seules trois mouettes volent dans l’air à gauche.  Ce qui frappe, c’est l’absence de sens ou de mouvement de  cette place ville ouverte sur le jeu. Les enfants courent, jouent, font du vélo, du sport. C’est intriguant parce que cela ne représente rien de ce que nous connaissons.

 

C’est l’ANPE qui a choisi cette représentation d’une société qui se réjouit d’être dehors pendant que très peu sont enfermés dans des bureaux au travail derrière des murs. On ne doit pas être loin d’une proportion 20/80, où seuls 20% travaillent pendant que les autres sont au plein air. C’est une pub pour trouver son collaborateur parmi les 700 000 CV du site emploi « le plus consulté notamment pour les cadres ». Doit-on féliciter l’organisme d’avoir un carnet d’adresses aussi fourni avec tant de personnes dehors qui proposent leurs forces de travail ? Sont-ils ceux que l’on voit dehors à jouer avec leurs enfants aussi gaiement ? 

 

Ca interpelle. Vraiment.

       

Pour suivre le chemin

. Voir le site du n° 1 de l’emploi en ligne sur anpe.fr.

. Sur ce blog, lire  V03 comme ville-pub > Total et Les Echos

 

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MAHI ou la peinture instinctive d'assemblage de l'air du temps

17 Mai 2010, 09:37am

Publié par Elisabeth Poulain

MAHI le capteur

A voir son père faire de grandes toiles de 2m sur 1, un jour Mahi s’est retrouvé le pinceau Mahi, 2006à la main, avec des toiles face à lui, des tubes ouverts et l’envie de commencer sans se poser des questions sur ce qu’il allait faire, ce que cela allait donner, s’il était doué…C’est ainsi qu’il a commencé avec des formats 30 x 30 cm bien pratiques à travailler, ni trop grands à vous paralyser, ni trop petits à faire de la miniature. Il continue, sans s’interdire de changer bien sûr, puisqu’il peint comme il respire l’air du temps.  

 

Il y a beaucoup de choses sur ses toiles, de la couleur, des formes rectangulaires, très peu de courbes rondes, des mots plus pour leur sonorité que pour leur sens. En même temps, il y a un certain vide qui permet à tous ces éléments de co-habiter entre eux, comme s’ils flottaient. On les imagine bien, en mouvement, qui tournent avec d’autres, composant ainsi des toiles extensibles à l’infini, mais sans que jamais l’auteur se montre.  

MAHI le surfeur

Il aime la ville, ses flèches pour indiquer le sens et donner le mouvement et sait capter des mots qui vont donner un sens à une toile comme

. Shark Attack  pour une toile à dominante rose avec deux visages-masques qui ont de grandes dents pointues, des antennes-télés, en guise de rues, des clignotants blancs qui brillent sur la tête, avec des croix très présentes, des barres, des étoiles ;

. Tribal Face est centré sur un visage-masque Mahi, 2006,rouge traversé de rose, avec des yeux bleus et des plumes blanches ça et là. Il y a des poteaux un peu partout, des croix, des flèches, comme dans un jeu d’Indiens avec de grandes dents blanches.

 

Il y a des chiffres aussi. Bella par exemple est associée à 7 et à Way Point 1999, à Peace Academy et à Babylon System.

 

MAHI le traceur

Difficile de faire parler Mahi sur ses premières toiles. Il n’en a nul envie. Ce n’est pas son truc. Lui a fait ça comme un jeu qu’il a lancé sur le Net. «  Ça a plu, ça m’a plu, ça continue et donc moi aussi. Par contre déjà depuis 2006, j’ai évolué. Je travaille de plus grand format, avec plus de techniques. On s’use vite sur le Net. J’ai commencé à un bon moment. Maintenant, il y a tellement de peintres qui vendent sur le Net, que la visibilité est devenue quasiment nulle. On compte environ 15 000 toiles/jour à acheter sur les différents sites. Et cela sans compter toutes les photos collées sur toile selon un procédé très au point en Chine qui donne un aspect 'peinture'. Beaucoup se font prendre en croyant acheter un tableau de peintre ». 

MAHI le plongeur

Silvano KULT1[1] 20104 ans après avoir commencé, ses peintures sont désormais cotées chez Drouot. Sur ce dernier site, Mahi parle un peu de lui-même. Originaire de la Région PACA, il est présenté à 34 ans comme un « artiste décalé » qui a réussi à vendre 110 tableaux en 8 mois. Sa vraie passion est la plongée sous-marine en apnée.

 

Et c’est ainsi que Mahi, qui a un site avec son père Moal, expose maintenant, sous le nom de Silvano pour une galerie à Paris. Désormais et sans renier son lien en prise directe avec les amateurs d’art via Internet, il finit de préparer sa prochaine participation à cet événement avec des toiles plus grandes, plus complexes et qu’il considère plus maîtrisées. 

Pour suivre le chemin

. Son site www.mahi.fr/     

. Quelques infos sur lui :

http://www.drouot-cotation.org/accueil/index.php?Mode=0&id=20156&lang=fr

. Sa prochaine exposition chez

 http://www.artupdeco.com/

. Photos EP pour les deux toiles de 2006 et Mahi pour Kult présentée sur Artup. Autres oeuvres dans l'album photo Art2 sur ce blog.         

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Le Bull rue Chef de Ville à Angers

16 Mai 2010, 09:50am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une petite rue en sens unique, où seuls les bus peuvent passer sur la voie descendante. Petite, elle ne l’est pas trop en longueur, mais en largeur.

 

Chef de Ville, la menuiserie avant le bull

 

A un certain endroit situé prés de son point de départ boulevard Descazeaux implanté sur l'ancienne ligne des remparts d’Angers, il n’y a pas assez de place pour que les bus puissent se croiser ou que les piétons puissent marcher sur les trottoirs.

 

C’est à l’endroit si passant, à prendre au sens premier où tous passent sur la voie, que vient de disparaître une vieille maison en falun à étage et le hangar qui lui faisait face. Ces très vieux bâtiments n’avaient pas d’ouverture sur la rue. Ils se faisaient face, séparés par leur propre petite ruelle privée, à l’abri de la rue Chef de Ville par une très haute porte qui empêchait toute vue à l’intérieur. Un peu comme une résurgence de l’ancienne ligne d’autres

 

  Chef de Ville, la menuiserie, la charpente

 

remparts établis cette fois ci de l’autre côté de la rue, en perpendiculaires à ceux de Descazeaux.

 

L’ensemble était frappé d’alignement depuis des années. Pour des raisons qui ne sont certainement connues que par le fils de l’ancien propriétaire qui avait établi là une petite entreprise de menuiserie, les deux bâtiments sont restés vacants et inutilisés depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Des panonceaux avaient alerté les veilleurs de la rue. Vous savez ceux qui marchent beaucoup dans la rue et sont au courant de tout. Ils sont de formidables transmetteurs. La maison rue Chef de Ville allait disparaître le mercredi suivant. La veille, la grande porte largement ouverte, pour la première fois depuis si longtemps, laissait passer des hommes en bleus qui enlevaient tout ce qui pouvait se récupérer, en particulier les longues tôles qui protégeaient l’intérieur de l’atelier de la pluie.

 

Chef de Ville, la menuiserie, l'interieur

 

Passant à vélo, j’ai pu demander  au propriétaire l' autorisation de faire des photos. Voici la moisson. Le lendemain de la venue du bull, passant en voiture cette fois-ci, tout était parti, recouvert de sable et …déjà occupé par des voitures, comme des poux de mer sur le sable dés que la vague se retire.

 

Il y avait là un menuisier qui y avait sa maison et son atelier. Déjà un peu gêné par l’impossibilité d’y disposer un atelier plus pratique, il l’avait déménagé rue Saint-Jacques de l’autre côté de l’îlot des maisons. Les deux rues Chef de Ville et Saint-Jacques se rejoignant place Monprofit, là où était érigée une des tours circulaires qui ponctuaient les remparts de la Doutre.   

 

Et puis à l’endroit désormais libéré, comme la nature a horreur du vide, un mur a commencé à s’ériger en limite de propriété entre le vieil atelier et ces maisons, qui auparavant étaient restés unis, sans frontière entre eux. Une mur, oui mais avec une porte à double vantail dans la ligne exacte de l’autre porte.

 

, Chef de Ville, la menuiserie, lla petite maison

 

. Qui pourra dire, dans quelques années pourquoi cette porte est placée à cet endroit précis et pas 1, 2 ou 3 mètres à droite ou à gauche? Personne et pourtant il y a forcément une explication.

 

. Peut être aussi, faut-il trouver dans le bois de la menuiserie un lien avec le tout nouveau collectif de 20 logements d’Angers Habitat qui est en cours de finition actuellement? Une partie des bâtiments est recouverte de bois.

 

. Quelqu’un  se posera aussi certainement un jour la question de savoir quelle a été la source d’inspiration qui a poussé le peintre Michel Hénocq, qui travaille non loin de là, dans une rue très ancienne, à avoir choisi cette toile pour annoncer sa dernière exposition de 2010 dans la rue du Champ de Bataille? 

 

Michel Hénocq, Les petites Filles

Pour suivre le chemin     

. Chercher des informations sur la rue Chef de Ville, dont la dénomination remonte au Moyen-Age. Vraisemblablement, un responsable de la garde de la ville y demeurait. La seule certitude, c’est Google qui nous la donne. On sait de source sûre qu’un peintre y habitait en 1322 ! Je trouve cette information admirable. A quel numéro svp ?  

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements à Michel Hénocq pour ses  petites filles.   

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De l'art de la guerre à l'art marketing, il y a le pas du changement

10 Mai 2010, 17:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Et ce pas, tout est fait pour l’occulter, en le rendant invisible. Pourquoi ? Parce que le changement dérange l’ordre établi.  

Le mécanisme mental

Encre noir et blanc

 

Parler de guerre dans notre société de consensus apparent est carrément grossier. Prononcer le mot au cours d’un repas chic, une véritable incongruité malsonnante. Citer celles qui ont lieu actuellement ou rappeler celles qui ont complètement remodelé nos paysages politiques est considéré comme une faute de goût. C’est carrément mal-élevé, comme on disait aux enfants d’après-guerre et surtout d’avant. Ce trouble évoque la violence et le désordre.

 

Parler de marketing, c’est comme si vous invitiez quelqu’un de vulgaire et de pas propre à s’asseoir à côté de vos hôtes à table. On évite généralement tant le mot est « bas de gamme » et est associé aux grandes surfaces. Du marketing de luxe, seul le mot de luxe est retenu ; celui de marketing est zappé. Le Luxe se présente alors comme un univers feutré où tout n’est que calme et volupté, servi par des mains invisibles, où surtout il n’est jamais question d’argent, sauf à se vanter des « bonnes affaires » que votre voisine ou voisin vient de faire, comme un jeu.

 

Quant à l’art, il en est tout le temps question, justement pour cacher le côté marchand et payant de toute activité humaine. Comme si l’art et la création se faisaient sans aucun lien ni avec l’argent, ni avec le marketing, ni avec la guerre. Or le marketing de l’art est si abouti qu’il a créé un marché mondial de l’art, dont le centre est maintenant en Chine qu’on ne dit jamais plus populaire, du coup. Il a suffi de quelques années pour que le centre se déplace des Etats-Unis vers son puissant voisin, maintenant seconde puissance mondiale.  

 

Le phénomène de l’invisibilité

 

Lumiere, papier, bambou et ficelle

 

Ce triple phénomène de dénégation conduit directement à l’invisibilité et au ‘faire comme si’. Comme si, il n’y avait pas de guerre ou de conflit, comme si les entreprises ne devaient pas lutter pour leur survie et continuer à exister. Comme si, il n’était pas nécessaire de payer ce qu’on achète pour que celui qui le crée, celui qui le produit, celui qui le distribue soit rémunéré. Et cela dans tous les domaines et pour tous les acteurs de la société. Ne nous y trompons pas, la dimension payante n’empêche pas la solidarité sociale de jouer ; elle déplace seulement les frontières internes. 

 

Beaucoup de Français expatriés à l’étranger sont étonnés de constater qu’est payant ce qui en France est considéré comme relevant comme de l’univers du gratuit. Est gratuit ce que d’autres paient et c’est vrai en particulier dans le domaine des services, comme le transport, l’accès à la formation, l’accès à l’art, l’accès à l’information…Du coup, on s’aperçoit avec étonnement qu’avec le changement du gratuit au payant, on change de style de vie et que, si d’autres font de même en même temps, que cela commence à se voir dans la société.  

 

Le changement souhaité en renforçateur de l’invisibilité

Mohair ecru

 

Le phénomène de l’invisibilité est renforcé par le postulat selon lequel qu’il y aurait plusieurs sortes de changement,

. celui qui est bénéfique sans dérangement de l’ordre établi, du gagnant-gagnant total,

. et l’autre celui qui par définition va changer sans certitude aucune quant à l’ère affectée par le changement et/ou son intensité,

. sans surtout envisager qu’il puisse être des changements à risques.

 

Comme l’imbrication est au cœur de la dimension sociétale, il paraît pourtant difficile d’ignorer le changement et de penser qu’on puisse prôner ou vendre du changement mais uniquement celui qui avantage, tout en conservant les avantages de la situation antérieure. Cela ressemble à ces prévisions de chiffre d’affaires d’entreprises faites sur plusieurs années à venir, « toutes choses étant égales par ailleurs ».  

 

Les différents types de changement

La guerre et le marketing savent faire puisque par définition, ils sont greffés sur le changement. Maintenant qui peut dire à quels types va appartenir le changement souhaité? Personne. Cela paraît énorme et pourtant c’est bien le cas.

 

Le changement pour l’entreprise

Voyez cette entreprise qui a mis au point un nouveau Cuirasse de guerrier, papier, sens

procédé de télé-communication. Elle demande à une agence de communication de communiquer sur cette innovation pour faire connaître son et inciter des clients à l’acheter. Ce faisant, elle va pouvoir empêcher une entreprise concurrente d’avancer. Imaginez maintenant que cette entreprise ait parié le téléphone portable, avant ses concurrentes. Le téléphone mobile existe soudain dans des pays qui n’ont pas encore et n’auront vraisemblablement jamais le téléphone fixe. En quelques années, l’entreprise a modifié les rapports entre les personnes, les entreprises et les Etats dans le monde entier.

 

Qui aurait pu prévoir qu’un (simple) changement technologique puisse avoir la capacité de bouleverser l’ordre mondial ? Personne et certainement pas les entreprises travaillant exclusivement dans le téléphone fixe, qui ont vu leur univers se déliter en quelques années seulement. Quant aux entreprises travaillant dans ce secteur, elles vivent dans un univers concurrentiel impitoyable. En outil commun, elles utilisent les stratégies marketing les plus audacieuses, faisant régner entre elles des règles de co-existence féroces directement tirées de l’art de la guerre.  

 

Le changement par la guerre

Un extra-ordinaire ouvrage de recherche appliquée à la guerre a été écrit par un grand penseur chinois au V siècle av JC. Son titre « L’art de la guerre » de Sun Tzu. Cette recherche est toujours présentée comme la méthode globale la plus accomplie de fonder une stratégie basée sur la tactique adaptée pour parvenir aux objectifs fixés à l’origine. La démarche est tellement actuelle et exemplaire qu’elle a été à la base du marketing qui, ne l’oublions jamais, a commencé sa vie aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, s’est développé juste avant la déclaration de la seconde et connut en France un véritable décollage à la fin de l’après-guerre.  

 

Le changement par le marketing 

Noir sur blanc, changement de sens

La fascination du marketing pour la démarche militaire demeure. Il n’est que de voir comment le vocabulaire du marketing emprunte à l’art militaire. Connaître son ennemi/concurrent, étudier le terrain/marché, choisir le moment, organiser et gérer le long terme sont au cœur de la démarche marketing. Plus encore il est remarquable de voir comment le changement est au cœur des deux démarches. L’art du stratège est de gagner la bataille du temps aussi bien que celle sur le terrain en utilisant la psychologie et la logistique au service des objectifs du changement attendu.  

 

Le pas à franchir ou pas par le client.

Cette méthodologie, le marketing sait se l’approprier et la mettre en musique. C’est en cela qu’elle fascine autant, d’autant plus qu’elle sait inclure dans ses propositions à ses clients une grande part de véritable création, confiée parfois à de véritables créateurs d’art. 

 

Le pas à franchir porte sur la capacité du client à supporter le risque de la part de la création, de l’inconnu et du nouveau. En langue française, le terme de "pas" a plusieurs sens principaux:

-        le pas militaire cadencé quand les soldats font vibrer le pont,

-        celui du pas que fait le passant en allant d’un endroit qu’il connaît vers autre part, ou celui de l’entreprise qui lance un nouveau produit, veut accroître ses parts de marché ou changer d’image,

-        le pas, en négation, à prendre dans le sens « je ne veux pas du changement qui induit un risque », tout en disant « faites-moi du différent pour que je puisse me démarquer du voisin ».  

 

Demain et le changement

Même si le client demandait à ce que l’agence fasse du copier-coller pour lui éviter toute prise de risque, toute prise de risque, il serait tout à fait impossible de lui garantir un succès sans risque. En effet la situation a changé entre le moment où l’entreprise concurrente a lancé sa campagne et le moment où l’entreprise cliente demande à son agence de « s’inspirer de ce qu’a fait X ou Y pour telle ou telle ».

 

       Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

 

La seule certitude qu’il est possible d’avoir porte sur l’impossibilité de garder les avantages de sa vie d’aujourd’hui pour demain. Et pourtant, c’est ce que la publicité dans le monde entier arrive à faire tous les jours, mais personne n’est obligée de la croire. Aux Etats-Unis, les grands comptes - les gros clients par l’importance de leurs budgets de communication - depuis plusieurs années ont réussi à imposer à leurs agences une rémunération fixe et une  partie proportionnelle  aux résultats...

Pour suivre le chemin

Quelques règles et citations passées en maximes à ne pas oublier

. « Tout change partout, tout le temps, dans le monde, pour tous, mais pas de la même façon et sans que nous sachions où le changement nous conduit.» Dixit Elisabeth Poulain.

. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Henri Queuille (1884-1970), qui a fait les deux guerres. Il était à Verdun et reçut la croix de guerre. Il fut plusieurs fois ministre, de l’Agriculture en particulier, et trois fois président du Conseil sous le IVè République. Voir son parcours politique et sa prise de risques dans 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille  

. « Toute guerre est fondée sur la tromperie » Sun Tzu dans « L’Art de la guerre ». http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Art_de_la_guerre

Photos Elisabeth Poulain
   

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