Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les 10 « Quality Sticks » > Pieterman, Breda, Hollande > Le paquet

21 Mars 2016, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Ce que veut dire le titre. On comprend qu’il y a 10 bâtonnets de qualité, de marque Pieterman, dont le siège se trouve  à Breda en Hollande, en n’oubliant pas  que chaque élément du packaging compte par sa présence, la façon dont est donnée l’information et/ou par l’absence de certaines d’entre elles. Il faut d’emblée préciser aussi que la date à laquelle j’ai acheté ces paquets aux Pays-Bas a de l’importance. Ce devait être en fin d’années 1999, 2000… dans le but de montrer à des étudiants de Master (bac + 5) la  créativité de concepteurs de packaging  capables d’aller loin dans le mimétisme, tout en restant dans une certaine légalité.  

L’interprétation du moment. C’était le temps où tout semblait possible. Le nouveau siècle allait être une durée longue de prospérité, de paix où tout allait être possible. C’était vrai dans le domaine du vin pour les adultes, des sucreries en veux-tu, en voilà pour les enfants… et  dans beaucoup d’autres symboles de réussite, comme la voiture par exemple. Il y avait aussi en corrélation une certaine tolérance réglementaire qui autorisait ce qui pourrait ne plus l’être maintenant.

Les noms des trois paquets. Ces Quality Sticks portent des noms très évocateurs, en anglais forcément, devenu déjà la langue universelle depuis l’arrivée du marketing dans nos sociétés dans les années 1960. Par ordre alphabétique, voici Country, Hillburry et Palm, dont chaque paquet raconte une histoire à sa façon.

Quality Sticks-Country-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. COUNTRY se présente sous forme d’un paquet légèrement bleuté, avec des touches très légères de vert pour évoquer le parc qui sert d’écrin à un bel hôtel particulier XVIIIe ou début XIXe siècle en Louisiane, un Etat des Etats-Unis d’Amérique, à la longue histoire aristocratique.

 

Quality Sticks--Hillbury-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks--Hillbury-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. HILLBURRY évoque la Grande-Bretagne dans son packaging. Il existe à Londres une Hillburry-Road à Londres, comme des familles qui portent ce nom qui intéressent les généalogistes. A part le nom, seul un dessin d’emblème de couleur jaune or est placé au-dessus de la marque représentée en blanc. Deux barres fines structurent le haut et le bas du rectangle bleu, avec du blanc en finition.

Quality Sticks-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. PALM rompt avec cet essai de projection aristocratique, en ce sens COUNTRY est plus réussi. Le paquet montre un dessin de palmier vert au tronc brun sur un fond de dunes de sable, qui projette sa propre ombre. C’est le seul packaging directement compréhensible à des Européens, qui connaissent tous CAMEL, la grande marque au célèbre chameau facétieux. 

                                                                      *

L'objectif du fabricant. Il s'agissait de jouer sur l'analogie avec des cigarettes en chocolat sans jamais prononcer le terme ni de cigarette, ni de de chocolat. Parler de Quality Sticks était autrement plus chic et ... conforme vraisemblablement à la réglementation néerlandaise. Je ne sais pas si, en France, il aurait été possible de faire de même et pour en dire plus, j'en doute vraiment. Par ailleurs et s'ajoutant à ces lancements à gros budgets publicitaires   de produits de consommation pour enfants et jeunes adolescents, de fortes offensives publicitaires ont eu lieu également dés avant l'an 2000 pour booster la dynamique du sucre, avec une créativité et une imagination inégalées depuis.

Il est enfin temps de se séparer de ces paquets de quality sticks (QS) achetés  aux Pays-Bas spécialement pour faire travailler les étudiants  sur les techniques marketing utilisées dans le domaine du packaging, lors du changement de millénaire. D'autres marques étrangères firent preuve dans ce domaine d'encore plus d'imagination, qui eurent beaucoup plus de succès auprès des étudiants. Globalement, ces QS  n'obtinrent pas un grand succès. Il faut dire aussi qu'ils étaient ciblés surtout sur des 10 ans et +. Ceci dit, jouer la ressemblance avec le paquet de cigarettes pour favoriser l'achat de ces paquets de sucreries était tout à fait volontaire pour appâter des presqu'ados à faire comme les "grands". Bientôt eux aussi...

Je ne suis pas sûre que ces assimilations aient été neutres, sans influence pour autant dans l'image positive plus tard de la cigarette. Ces QS étaient des petits Chevaux de Troie...C'est la raison pour laquelle même à l'époque, le mot même de c..., n'était pas prononcé, en lui préférent celui de "quality stick, qui ne veut strictement rien dire.             

 

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Ce billet est classé dans la catégorie "Paysages",  à comprendre comme des paysages publicitaires, qui se fixent dans l'esprit au même titre que des paysages divers et variés...

. Breda sur http://english.breda.nl/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A9da  

. Stuyvesant, voir l’histoire de la marque sur http://www.boweryboyshistory.com/2012/05/smoke-peter-stuyvesant-new-amsterdam.html  

. Camel à retrouver en particulier sur http://www.cigarette-en-ligne.fr/Peter-Stuyvesant.html  

. Imperial Tobacco   https://fr.wikipedia.org/wiki/Imperial_Tobacco

. Clichés Elisabeth Poulain    

Voir les commentaires

The song of the talking wire, Henry F. Farny, peintre des Indiens 1904

14 Mars 2016, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

C’est le vrai titre de cette peinture d’Henry François Farny. Ce peintre américain, d’origine alsacienne, a choisi d’intituler son œuvre de cette façon à la fois vraie et fine, « The Song of the talking wire ». Un titre qui pourrait être traduit par la chanson du fil qui parle, wire signifiant le fil à prendre dans le sens ici de fil télégraphique…

Le tableau date du tout début du XXe siècle, en 1904. La société nord-américaine avait découvert avec émerveillement l’invention du morse qui permettait de communiquer en temps réel entre des correspondants éloignés physiquement l’un de l’autre. Preuve en fut faite en 1844 grâce à une transmission d’un message entre Washington et Baltimore à une centaine de kilomètres, lors de l’élection à la vice-présidence des Etats-Unis.

Cette invention du télégraphe était une telle novation, fabuleuse pour l’esprit, qu’elle prit automatiquement le nom de son inventeur Samuel Morse. C’était déjà une sorte de dématérialisation de l’information visuelle, celle-ci étant transformée en sons perceptibles par ceux qui avaient les codes pour l’émission, la transmission et la réception. Elle se diffusa à l’échelle du continent nord-américain au fur et à mesure de la mise en place des poteaux de bois qui supportait les câbles télégraphiques.

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

La relation à la terre en culture indienne était extrêmement forte du fait même de son inaliénabilité : nul ne pouvait la posséder, ni la détruire puisque la survie de tous dépendait d’elle, la nature et les animaux y compris. Dans ces conditions, voir un poteau planté en terre pouvait provoquer des interrogations, en voir des séries à espaces réguliers puis découvrir qu’on y fixait des câbles pouvaient être à juste titre être sources d’inquiétudes. C'était une coupure visible de ce qui était un. Quand plus tard, ces poteaux à leur tour commencèrent à parler relevaient franchement de la magie, que tente de comprendre l’homme que l’on voit collant son oreille au poteau pour mieux en sentir les vibrations. Il écoute, il écoute, il sait que quelque chose est dit, transmis…Il le sait et malgré toute son attention, il sait qu’il ne comprend ni la teneur du message ni la façon dont le poteau vibre, ni ce que disent les fils en haut.

C’est ce qu’a voulu transmettre Henry François Farny dans une grande sobriété de composition, de couleurs et de paysages. On y voit un homme son oreille collée à un poteau qui fait partie d’une ligne qui coupe le tableau en deux. En arrière, à l’horizon, se déploie un paysage fait d’arbustes, de quelques bouquets de petits arbres, avec des nuages qui mangent l’horizon. Certains pourraient ressembler à des montagnes en partie droite. C’est là aussi mais devant que se trouvent ses chevaux dont l’un porte une biche ( ?), que le chasseur vient de tuer avec son fusil qu’il a gardé en main pour écouter « le chant du fil qui parle… »C'est la partie du Temps présent. De l'autre côté, en symbole du temps qui passe, on discerne difficilement dans la neige les os d'une tête de bison, comme un hommage aux Temps anciens.  Ce n’était déjà plus l’époque où les hommes partaient à la chasse avec leur arc et leurs flèches… C’était déjà celle de l’arrivée de la modernité, la nôtre et celle d’artistes qui furent parmi les premiers à s’intéresser à la culture indienne.

Pour suivre le chemin

. Lire aussi sur ce blog, le billet dédié à Morning Gun, Grand Chef indien, sur la base d’un portrait réalisé par un peintre allemand Winold Reiss, né en Forêt Noire en 1913, fasciné lui aussi par la Grande Aventure Indienne http://www.elisabethpoulain.com/article-m-comme-man-morning-gun-grand-chef-indien-pecunnie-winold-reiss-125424581.html  

. Retrouver Henry F. Farny, qui s’était formé à la peinture pendant trois ans à l’Académie royale de Düsseldorf en Allemagne de 1867 à 1870 sur http://www.the-athenaeum.org/art/list.php?m=a&s=tu&aid=541  

. Et sa célèbre peinture sur le site du Taft Museum, Cincinnati's Home for Art http://www.taftmuseum.org/collections/collection_highlights/36-1931-466_tma  

. Sa biographie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Farny  

. Aperçus sur la culture indienne https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens  ainsi que http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Am%C3%A9rindiens/124931  

. Lire le bon article sur les Amérindiens https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens_aux_%C3%89tats-Unis  

. Les Indiens des Plaines sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Indiens_des_Plaines#/media/File:Plains_Indians_range.png  

. La chasse aux bisons avec arc et flèches https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_au_bison  

. On peut se reporter aussi avec profit à l’ouvrage « Les Indiens d’Amérique du Nord », texte de Thomas Page sur Minerva 1979, Genève.

. Photo Elisabeth Poulain 

Voir les commentaires

TGV, Retour de Marseille, Paysages séquentiels de nature vus du train

11 Mars 2016, 18:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Marseille, coucher de soleil la veille avant le départ, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille, coucher de soleil la veille avant le départ, Cl. Elisabeth Poulain

La tentation de la photo aléatoire. C’est à ce jeu auquel je me suis livrée, l’appareil photo en main. Voir un paysage que j’essaie de saisir alors que le train roule vite, sachant que la photo prise sera forcément différente ce que j’ai vu et ce que mon doigt pourra saisir lors du clic, tel est le challenge du moment. La vitesse complique fortement la prise, avec plusieurs décalages de temps entre la vue, la perception du paysage, l’intérêt qu’il peut présenter à mes yeux, la décision de prendre la photo, le clic et …le fait de recommencer, en boucle. Juste avant de partir de Marseille La Belle, un coucher de soleil s’est offert à notre vue, avec une rapidité fabuleuse de changement, pendant que le parking privé s’endormait dans ses lueurs bleutées.

Marseille-tombée du bleu de la nuit sur le parking, Cl. Elisabeth Poulain

Marseille-tombée du bleu de la nuit sur le parking, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un jeu vraiment passionnant surtout sur des trajets longs comme celui qui part de Marseille, avec tant de séquences paysagères aussi variées de nature, pour rejoindre Lyon, ensuite remonter en région parisienne, contourner Paris par le Sud-Ouest… Ce premier billet est dédié au départ de Marseille, la remontée en vallée du Rhône, pour mettre en valeur la diversité et la beauté de ces paysages. Sur les clichés, il y aura parfois des reflets de l’intérieur du train, des éléments extérieurs qui restent présents, sans chercher à améliorer. Les photos ne sont pas recadrées ni retravaillées… Chaque séquence est caractérisée par trois éléments, pour faire ressortir  nettement leurs différences.

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°1 VPP-vergers-peupliers-portiques-Cl. Elisabeth Poulain. Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°1 VPP-vergers-peupliers-portiques-Cl. Elisabeth Poulain.
Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°1 VPP-vergers-peupliers-portiques-Cl. Elisabeth Poulain.

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°1 VPP-vergers-peupliers-portiques-Cl. Elisabeth Poulain.

La séquence n°1-VPP « Vergers, Peupliers & Portiques ». C’est le midi fruitier que l’on découvre avec ces rangées hautes de peupliers pour couper le vent qui s’enfile dans la Vallée du Rhône, venant du Nord. Un vent que n’aiment ni les arbres fruitiers ni les fruits si goûteux qu’ils portent. Pensez à ces merveilleux abricots, ces pêches de Cavaillon...

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°2-VFR-Vallée-Ferme-Réseaux-Cl. Elisabeth Poulain
Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°2-VFR-Vallée-Ferme-Réseaux-Cl. Elisabeth Poulain

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°2-VFR-Vallée-Ferme-Réseaux-Cl. Elisabeth Poulain

 La séquence n°2-VFR « Vallée, Ferme & Réseaux ». La magie commence. Le regard part loin en perpendiculaire à la ligne sur l’horizon bleuté des montagnes, pendant que les câbles des réseaux filent parallèlement à la voie ferrée. Entre les deux, se trouve une grosse installation agricole protégée du vent par une protection végétale importante, qui travaille de grandes parcelles sans obstacle, ni clôture. le second cliché montre près de la voie ferrée un reste de garrigue, avec des ajoncs en fleur et ...toujours les grands portiques d'EDF (Electricité de France).

Paysages du TGV Marseille-Rouen-séquence n°3-Prairie-Troupeau-Coteau-boisé, Cl. Elisabeth Poulain
Paysages du TGV Marseille-Rouen-séquence n°3-Prairie-Troupeau-Coteau-boisé, Cl. Elisabeth Poulain

Paysages du TGV Marseille-Rouen-séquence n°3-Prairie-Troupeau-Coteau-boisé, Cl. Elisabeth Poulain

La séquence n°3 PTCb « Prairie, Troupeau, Coteau boisé ». Une rupture vient d’avoir lieu. Nous ne se sommes plus vraiment dans le sud de la vallée du Rhône. Nous abordons une région de petite montagne, comme le montre la prairie, le troupeau de belles vaches rousses et le bois dans le fond sur les petits monts qu’on voit bien à l’horizon proche.

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°4-Grande-culture-Ville-Rhône-Portiques, Cl. Elisabeth Poulain
Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°4-Grande-culture-Ville-Rhône-Portiques, Cl. Elisabeth Poulain

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°4-Grande-culture-Ville-Rhône-Portiques, Cl. Elisabeth Poulain

La séquence n°4 GcRvP « Grande culture, Ville près du Rhône, Portiques ». Nouvelle rupture, une fois ce petit mont franchi, le regard porte loin. C’est une des plus belles vues qui s’offre à nos yeux, avec ces cultures en bandes qui descendent la pente douce, les entrepôts et les maisons en bas, avec le Rhône qui prend ses aises avec de l’autre côté la montagne qui redémarre.

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°5-Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°5-Pont-Poteaux-Colline habitée, Cl. Elisabeth Poulain, Cl. Elisabeth Poulain

Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°5-Paysages TGV Marseille-Rouen-séquence n°5-Pont-Poteaux-Colline habitée, Cl. Elisabeth Poulain, Cl. Elisabeth Poulain

La séquence n°5 PPCh « Le Pont, les Poteaux, la Colline habitée ». Elle marque la fin de cette première série, qui est elle-même une succession très composite de paysages marqués par le Rhône. La séquence n° 2 arrive le plus vite possible…Un indice vous est laissé pour détecter quelle sera la typicité de la séquence suivante.

 

Pour suivre le chemin

. Découvrir le Rhône sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rh%C3%B4ne  

. La Vallée du Rhône sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_du_Rh%C3%B4ne_(France)

. La carte des TGV https://fr.wikipedia.org/wiki/Dessertes_assur%C3%A9es_en_TGV#/media/File:Carte_TGV-fr.svg  

. Photos Elisabeth Poulain 

Voir les commentaires

Collection Emmaüs > La charrue hippomobile > Une affiche de l’Est…

10 Mars 2016, 16:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth PoulainColl. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

Traduction du titre. En commençant par Collection Emmaüs puisque c’est là que je l’ai achetée, entourée d’un cadre jaune du plus bel effet, il y a peu de temps. C’est un ensemble qui m’a tapée dans l’œil. Il s’agit bien d’une affiche publicitaire, me semble-t-il en reproduction petit format. Aucune date n’est indiquée. Quant aux lettres qui y sont reproduites, il vous faudra attendre de rencontrer quelqu’un qui s’y connait en écriture cyrillique. Il m’est donc impossible de vous citer la marque, qui au moins aurait pu nous aiguiller sur la provenance, la marque, le pays de destination et ...la date approximative.

Que voit-on ? Dans un vaste paysage agricole de collines doucement vallonnées, avec le village perché au sommet de l’une d’elles, c’est la scène centrale qui fascine. On y voit un homme tenant les rênes de deux chevaux de course, l’un brun et l’autre noire, très beaux l’un et l’autre, tirer sans aucune fatigue perceptible, la moissonneuse qui coupe les tiges. La machine est dotée des pièces qui permettent par exemple de lier le blé en bottes, que l’on voit au premier rang.

En perspective séquentielle du paysage rural, on distingue de haut en bas . le ciel avec en avant le village avec l’église et les chaumières revêtues de chaume joliment mises en valeur,

. le grand champ de blé auquel mène un très beau chemin bien net, avec des champs verts de chaque côté puis, le très grand champ de blé non fauché jusqu’à la séquence principale,

. puis l’on voit le champ fauché, avec mises en avant deux bottes liées bien disposées au centre, et le début ou la fin d’autres bottes à gauche et à droite que l’on ne voit pas sur le dessin.
 

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

En perspective séquentielle du paysage rural, on distingue de haut en bas . le ciel avec en avant le village avec l’église et les chaumières revêtues de chaume joliment mises en valeur, . le grand champ de blé auquel mène un très beau chemin bien net, avec des champs verts de chaque côté puis, le très grand champ de blé non fauché jusqu’à la séquence principale, . puis l’on voit le champ fauché, avec mises en avant deux bottes liées bien disposées au centre, et le début ou la fin d’autres bottes à gauche et à droite que l’on ne voit pas sur le dessin.

La magie du dessin repose sur la séquence principale qui ressort au centre en rouge. C’est la machine quasi magique, la moissonneuse, qui en est l’héroïne, avec à son service les deux superbes chevaux déjà cités qui ont l’air de se promener. Tandis qu’à l’arrière tenant les rênes, de ses mains fermes et douces, le fermier très bien habillé avec sa casquette blanche guide l’avancée avec des rênes molles, puisque les chevaux sont harnachés d’un joug qui les lie à la machine.

La gamme des outils supplémentaires permet de faire admirer les grosses pièces qui s’ajoutent à la moissonneuse en fonction des besoins. Les trois du haut permettent pour les deux du bord de griffer la terre et pour celle du milieu d’intervenir plus légèrement. Quant aux pièces-outils supplémentaires liées à la fauche, elle se distingue très bien à droite en bas et sur la moissonneuse en action, avec en plus en bas à gauche cette fois-ci le siège qui s’accroche à l’ensemble où l’on voit parfaitement la grande lame qui coupe.

Les couleurs. Le ciel est bleu, un bleu d’été calme, surtout sans orage, qui permet de travailler dans des conditions optimales, sans craindre l’averse d’orage qui lierait les blés. Le village ressort en beige plus ou moins accentué, avec un peu de vert pour les arbres, proches et dans le lointain. Un vert qui devient bleu à mesure que le regard s’éloigne. Et surtout, il a cette gamme magnifique de couleurs de blé mur qui occupe, un peu plus de la moitié de la composition, selon qu’il s’agit des tiges dans le champ, des épis qui sont coupés, des bottes qui sont liées, ou du blé encore sur tige que l’on voit du dessus entre l’homme à la charrue et l’accès au champ au bas du coteau.

La marque est représentée en lettres noires entourées d’un bleu plus soutenu, qui occupe toute la largeur. Elle est répétée par trois fois en petits caractères noires sur fond clair, une fois sur la machine elle-même, une fois sur la pièce de coupe à gauche en bas et une fois en bas à droite sur la roue-coupeuse. A voir le soin que le créateur de l’affiche a pris, on sent qu’il a voulu montrer la dimension « moderne » qui allait faciliter la vie à la campagne.

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth PoulainColl. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

Coll. Emmaüs-moissonneuse-lieuse-publicité-origine-inconnue-Cl. Elisabeth Poulain

En France, la modernisation de l’outillage rural avait commencé un peu avant la seconde guerre mondiale. La Reconstruction puis le début de la grande période de prospérité à partir de 1960 ont précipité le bouleversement du rapport à la terre, grâce en particulier à la mécanisation. De la charrue tirée par deux chevaux de traits, on est passé au tracteur polyvalent, à fonctions multiples…

Pour suivre le chemin

. Emmaüs France sur http://emmaus-france.org  

. Une histoire de la traction hippomobile à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Traction_hippomobile  

. La faucheuse sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Faucheuse_(machine_agricole)  avec une reproduction d’une toile de Carl Larsson, un grand peintre suédois, de la vie famillale et rurale mais pas seulement, 1853-1919

. La moissonneuse-lieuse, inventée en 1872, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Moissonneuse-lieuse

. Voir une très bonne photo prise en 1941 par le photographe Conrad Poirier de deux étudiants d’Ecole d’Agriculture sur une moissonneuse tirée par deux chevaux de trait sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Feature._Agricultural_School_BAnQ_P48S1P06852.jpg

. Il est quand même étonnant de trouver si peu d'informations et de photos sur la vie rurale et le travail de la terre en France, qui est quand même un grand pays agricole, à la longue histoire...  

. Cliché Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Au fond d’un carton, du Papier d’Arménie … en livret, en carnet

7 Mars 2016, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Ce sont deux petits objets en papier que j’ai retrouvés dans un carton depuis très longtemps fermé. Il y a un livret et un carnet de Papier d’Arménie,  qui sentent encore … le papier d’Arménie ! Le plus ancien est de présentation verticale. Il se présente comme un livret de dimensions 7,9cm sur 5,6cm, avec quatre feuilles pliées en deux et agrafées au centre de la pliure, avec une seule agrafe. Pour le second de mêmes dimensions, sa forme horizontale change sa dénomination. Ce petit carnet comporte quatre feuillets pliés en deux qui sont  aussi tenues par une seule agrafe à la  pliure interne.

Dans les deux cas, la feuille de papier est prédécoupée en trois bandes, qui ont pour particularité de porter sur le recto le nom de ce papier –PAPIER D’ARMENIE – suivi de la signature du  fondateur de l’entreprise A. Ponsot, comme il est marqué au bas de la couverture à droite. Son nom est suivi de sa signature, que je n’arrive pas à déchiffrer. Rien ne figure au verso.

Les couleurs et les séquences. La couverture de ce livret, qui doit dater des années 50, a une couverture verte sur laquelle se détache des bandes blanches retravaillées chacune à sa façon. PAPIER D’ARMENIE ressort en haut en bleu sur fond blanc sur une bande légèrement cintrée. Son usage vient tout de suite après « Pour PURIFIER L’AIR des HABITATIONS ». Cette première séquence est tout de suite liée à celle des médailles en présentant d’abord celle-ci et en plaçant la bande très visible détaillée ci-dessous. 

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Au centre de la couverture, une bande rectangulaire rouge bordée de blanc avec des caractères blancs sur fond rouge met en valeur les MEDAILLES d’OR. On aperçoit encore en effet au-dessus quatre médailles. Avec une loupe et une bonne lumière vous décryptez les libellés placés sous les deux médailles présentées recto-verso, « Exposition d’Hygiène 1888 » et « Exposition universelle 1889 ».

La partie inférieure de cette petite surface est très remplie. Il se trouve un second rectangle blanc en lettres rouges pour vanter la « nouvelle présentation de 48 divisions au lieu de 30, pour un prix de 0,58 F ». Toutes les autres mentions sont écrites en bleu foncé, comme au-dessus, ce qui rend la lecture difficile. Dessous se trouve le nom et l’adresse de « A. Ponsot, 6, passage Morel, Montrouge (Seine) ». Dans le coin opposé vers le centre, je crois voir le dessin d’un nourrisson bien replet assis, sur lequel est imprimée la précision « CE CARNET CONTIENT 48 DIVISIONS » et last but no least « MARQUE DEPOSEE ».

Le recto de la couverture - la 4 de couv. - est aussi rempli mais d’une autre façon. Le grand souci du fabricant Auguste Ponsot semble avoir été la copie. Il a donc rédigé un AVIS avec ce texte « Nous prévenons le public que des gens peu scrupuleux vendent sous le nom de PAPIER D’ARMENIE de malsaines contrefaçons souvent dangereuses pour la santé. Ces contrefaçons sont très faciles à reconnaître car SEUL Le Véritable PAPIER D’ARMENIE a le droit de porter imprimé sur chaque morceau la mention suivante, avec la signature de l’inventeur…Refuser tout ce qui ne porterait pas cette signature. » Toutes les surfaces sont utilisées, qu’elles soient extérieures et intérieures, avec une seule exception qui est le verso des languettes détachables.

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Un voyage mental s’impose alors à votre esprit, comme naturellement . Si l’entreprise est toujours située à la même adresse, tout près de Paris, au 6, rue Morel, 92120 Montrouge, son produit, dont la formule est inchangée depuis ses débuts en 1885, vous fait voyager d’abord bien sûr en Arménie. C’est là que l’histoire a commencé lors de la découverte du benjoin - l’essence végétale qui dégage cette odeur si caractéristique - par le fondateur de l’entreprise, en voyant l’arbre de benjoin originaire du Laos… Vous êtes à Paris, puis d’une respiration en Arménie, un autre coup d’aile au Laos…alors même que l’Arménie est un pays qu’on ne connaît plus ou pas vraiment…si ce n’est par ces petits papiers qui se consument en dégageant une odeur très particulière qu’on n’oublie pas. N’est-ce pas Serge Gainsbourg qui a même écrit la chanson tout spécialement pour Régine, qui l’a chantée avec infiniment d’émotion? Car l'Arménie,  c'est aussi un souvenir très douloureux, qui eut lieu en 1915 - il y a seulement un siècle - et qui fit des milliers de morts.   

Ces petits papiers vont désormais pouvoir rejoindre l’Eden des Vieux Papiers maintenant que leur mémoire numérique est sauvegardée, tout comme ces vieux paquets de cigarettes dont je vous ai parlé récemment…Mais ce n'étaient pas des Gitanes chères à Gainsbarre...! 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise sur http://www.papierdarmenie.fr/shop/fr/content/10-l-esprit-papier-d-armenie

. Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Papier_d%27Arm%C3%A9nie  

. Lire un article récent sur http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150706.OBS2173/le-papier-d-armenie-un-secret-made-in-montrouge.html  

. L’essence de benjoin, qui est extraite du benjoin du Laos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjoin  . L’Arménie à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9nie#Politique_.C3.A9trang.C3.A8re  

. L’Arménie à découvrir pour sa chronologie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  

, et sa très longue histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  . L’Arménie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Arm%C3%A9nie , en n’oubliant pas que ce pays est entouré à l’Ouest par la Turquie, la Géorgie au Nord, l’Azerbaïdjan à l’Est, l’Iran au Sud-Est, la Turquie au Sud-Ouest…à la marge de 

. La chanson des petits papiers de Serge Gainsbourg incarnée par Régine http://www.gala.fr/stars_et_gotha/serge_gainsbourg   et sur l'homme lui-même voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Gainsbourg

. Photos Elisabeth Poulain, surtout axées sur le livret, pour le carnet voir des clichés  sur wikipedia... 

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth PoulainPapier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Entre l’intérieur et l’extérieur > Le whisky Ballantine’s > La valeur

5 Mars 2016, 16:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital  mai-juin 1999, Cl. Elisabeth PoulainPubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital  mai-juin 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Pubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital mai-juin 1999, Cl. Elisabeth Poulain

L’importance de « la valeur » est fondamentale dans la perception que l’on peut avoir de ce qui se présente à notre vue, tout comme cette importante question entre le dedans-dehors. Cette frontière existe partout dans tous les domaines. Elle est aussi présente dans les produits que l’on peut saisir avec la main, comme des bouteilles, en l’occurrence ici une bouteille de whisky de Ballantine’s, une marque du Groupe Pernod, que celui-ci avait acquis en 2006.

Avant d’aborder la question centrale de la valeur, il faut ajouter deux éléments d’information, qui portent sur la forme de la bouteille et la couleur du verre. Ce whisky existe depuis 1827. C’est dire qu’il a su s’adapter à de nombreuses mutations de la société, ce que la marque continue à faire, avec en particulier un « whisky tropical » qui porte la marque, en particulier auprès des jeunes générations. Une nécessité pour le Groupe afin de coller au marché, voire de surfer sur le changement. Outre la marque elle-même, les deux autre éléments qui demeurent inchangés sont la forme de la bouteille et la couleur du verre. Si tous deux paraissent intangibles, les autres caractéristiques peuvent et doivent changer, si cela s’avère nécessaire quand il en est décidé ainsi. .

La forme est droite, son assise est rectangulaire et son verre de couleur « or brun liquide ». Pendant des décades, son étiquette rectangulaire est restée inchangée, avec la marque écrite en caractères inclinées à l’ancienne, les armes figurant en dessous, avec un tampon rouge débordant de l’étiquette en bas. L’étiquette a maintenant changé pour adopter une forme en V de façon à valoriser le sceau qui ressort désormais en verre. Le tampon a disparu, pour pousser le regard vers le haut en forme de V de la Victoire et valoriser ainsi le nom de la marque.
 

Pub Ballantine's, Sa richesse est à l'intérieur, Capital  mai 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Ballantine's, Sa richesse est à l'intérieur, Capital mai 1999, Cl. Elisabeth Poulain

La valeur d’une marque n’est pas une donne intangible. Elle est naturellement la résultante d’un ensemble de facteurs qui varient avec le temps, l’époque, la concurrence et l’image qui en résulte pour l’acheteur. Le changement de siècle a été l’occasion de redonner du souffle à la bouteille. Un traitement de choc a été le choix pris par Pernod Ricard , pour montrer la capacité de ce whisky à franchir les siècles, en enlevant du visuel une partie de son image traditionnelle. Seules restent par trois fois la marque écrites par deux fois en caractères droits, sur le bouchon en caractères italiques et à côté la bouteille en petits caractères pour expliquer l’image insérée à l’intérieur de la bouteille.

« Ballantine’s. Sa richesse est à l’intérieur ». Tel est désormais le chapeau qui signe le choix du positionnement : l’intérieur de la bouteille intègre une image qui est expliqué par une série de trois images différentes. Je vous présente les deux qui sont en ma possession, le 3è montrant un homme glissé dans un tonneau.

. Le premier visuel est franchement excellent : on y voit cinq « oies blanches – en kilts - gardiennes des entrepôts de maturation Ballantine’s », déambuler dans l’allée entre les tonneaux qui s’élèvent sur trois hauteurs. A priori il n’existe pas de lien entre le whisky et l’oie, au départ. Grâce à Ballantine’s, je sais maintenant que ces belles bêtes peuvent aussi servir de gardiennes des caves au contenu si précieux. C’est une variante à la mode du XXe siècle des gardiennes du Capitole au VIe siècle avant Jésus-Christ à Rome pour avertir les gardiens du temple des tentatives d’intrusion des Barbares…

Pub Ballantine's, Sa richesse est à l'intérieur, Capital, juin 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Ballantine's, Sa richesse est à l'intérieur, Capital, juin 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Le second visuel montre l’intérieur de la coque d’un navire, où les fûts sont solidement amarrés, pendant que « James Gill, responsable du vieillissement chez Ballantine’s » veille activement, ses pieds reposant, chaussures aux lacets dénoués, sur un tonneau. Ce drôle de whisky serait alors un cousin du porto que les Grandes maisons de Porto envoyaient en Inde en aller-retour afin d’accélérer naturellement le vieillissement des barriques contenant le précieux nectar portuguais… Restent les deux questions. 

. La relation entre le dedans et le dehors est vraiment très bien mise en valeur. Oui, l’important dans la vie est bien à l’intérieur. C’est vrai pour les whiskys, les parfums par exemple … et pour les amateurs des uns et des autres. 

. Quant à  la valeur, il est amusant de constater que toute notre société, au niveau mondial, repose sur l’importance fondamentale du look et, des codes perceptibles de l’extérieur de l’appartenance à un monde de luxe…, alors même qu’on sait que l’important est ce qui est à l’intérieur.

Et vive ce télescopage n°1 ! Car il y en est  un  second. Le temps passant, qui porte sur le rôle même de cette bouteille, tellement identitaire de son contenu, qu’elle fait réellement corps avec le whisky qu’il y a dedans. Treize ans après la campagne lancée par Ballantine’s pour lancer, relancer… la marque en faisant de la bouteille un trésor que doivent garder les gardiennes du temple et/ou qu'on envoie à des milliers de kilomètres pour le vieillir naturellement, voila que le positionnement s'inverse. Cette fois-ci, le Groupe a demandé à un jeune designer de réaliser une carafe de dégustation pour anoblir ce whisky… Une montée en gamme intéressante !

Pubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital juin-mai, 1999, Cl. Elisabeth PoulainPubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital juin-mai, 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Pubs Ballantine's. Sa richesse est à l'intérieur, Capital juin-mai, 1999, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Visuels parus dans Capital mai 1999 pour les oies et juin 1999 pour James Gill, responsable du vieillissement. Le site de la marque est en reconstruction http://ballantines.fr/ . Il faut donc savoir attendre.

. Voir la carafe désignée par Lee Broom en 2012 sur http://www.pernod.fr/doc/DP_Ballantines12ans_LeeBroom.pdf

. L’agence de communication Bates France semble-t-il n’existe plus ; on retrouve trace de la campagne en date du 16.04.1999 sur http://www.strategies.fr/actualites/marques/r6682W/bates-pour-ballantine-s.html

. Voir sur mon site un précédent très petit article et une bonne photo sur Ballantines vu par Nikö, artiste, en date du 8.11.2009 http://www.elisabethpoulain.com/article-montrer-une-bouteille-de-ballantine-s-de-saison-sans-la-bouteille-39003773.html

. Clichés Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Bretagne littorale, Le bleu des portes de maison ancienne, La lumière

4 Mars 2016, 12:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-porte bleue-partie haute-petit oculus-Cl1/1. Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-porte bleue-partie haute-petit oculus-Cl1/1. Elisabeth Poulain

Ce sont des photos datant de la fin du siècle dernier quand on utilisait largement la photo en couleur tirée sur papier et pas encore avoir pu mettre en application la photo numérique. Un entre-deux qui convenait très bien à une région très particulière,  et qui continue à l’être, qui a pour nom la Bretagne. Là-bas, dans cette presqu’île qui s’avance en mer face au vent d’Ouest, l’amour du sol passe par la pierre de grès ou granit aux couleurs changeantes selon l’origine. Dans les deux cas, ce sont des pierres dures à tailler, dures à transporter, à soulever, à assembler... Ce sont aussi celles qui appartiennent au clan des pierres inusables ou presque. S’il advient qu’il en manque une dans un mur, il faut alors recourir à un tailleur de pierre pour faire du sur-mesure, qui s’emboîte exactement dans le trou.

Quant à la lumière, elle sait varier au point de faire chanter toutes les nuances des couleurs, pas seulement celles de la pierre, celle de l’air, de l’atmosphère et … celles des huisseries des maisons, en particulier quand elles sont bleues. Les portes, sans oublier les portillons, et les fenêtres savent prendre des couleurs parmi les nuances qui ont le plus de capacité à varier avec la lumière, toutes les lumières en fonction du temps… L’air marin est certainement une des explications à cette extrême sensibilité de la lumière. Et le bleu est assurément, j’oserais presque dire « azurément »,  une couleur qui sait refléter la couleur du temps, qu’il y ait du soleil, de la pluie, des nuages, de la grisaille…

Le Bleu en Bretagne et la lumière. C’est vraisemblablement une des raisons pour laquelle on voit autant de volets bleus, de portes bleues… dans cette région ouverte sur le Grand Large. En allant du plus foncé au plus clair, et sans recherche d’exhaustivité, voici quelques bleus saisis, par des lumières variables, de portes, de portillon, de maisons de petite ville ou d’anciennes maisons de pêcheur près de la mer, avec quelques fenêtres et volets.

Bretagne littorale-porte bleue-avec oculus carré-mur de grès-Cl. Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-porte bleue-avec oculus carré-mur de grès-Cl. Elisabeth Poulain

Quelques exemples saisis en trois séquences.

La première porte sur des petites maisons de ville aux murs rejointoyés. La seconde séquence montre en partie un petit hôtel particulier qui a gardé ses murs de pierre qui ont perdu leur liant . Et la troisième des maisons anciennes dont les murs ont été entièrement refaits avec des joints visibles. Les trois séquences sont prises pour les deux premières dans une petite ville et la 3è près de la mer.  Cette première série montre des murs de pierre d’une rue en pente d’une petite ville ancienne, avec la couleur bleue en commun.

. La porte bleue moyen haute et étroite, chapeautée d’un linteau décoratif et dotée d’un petit carré de vue. Elle est parfaite de rigueur. Ses murs sont impeccables, avec ses lichens particulièrement visibles sur les grosses pierres, qui sont séparées par des pierres moins hautes et plus longues, pour assurer la portance. Remarquez en partie haute à droite, une pierre en saillie. C’est elle qui fait le lien avec la vieille porte qui suit entre les deux maisons.

. La vieille porte fermant le passage entre les deux maisons. Elle a beaucoup de mal à résister au temps. Il faut dire que c’est du vite fait. Il lui manque déjà une planche sur le côté droit ; quant au côté gauche près du mur, il est franchement en si mauvais état que la couleur bleue est déjà en partie mangée par l’humidité. Le bois résiste comme il pleut, non comme il peu ! Elle est située à la droite de la photo précédente.

. La porte bleue vitrée récente plus claire, avec sa boîte à lettres plate à l’ancienne, à l’opposé de la poignée. C’est l’entourage de lourdes pierres d’encadrement de la porte qui attire le regard et fascine, ainsi qu’en contraste de légèreté le demi-rideau de dentelle d’autrefois. On sent que la personne qui habite là est soucieuse de donner le bonjour aux passants, d’une façon raffinée "à l'ancienne" et pour elle et pour les passants.

Bretagne littorale-portes bleues-voisines-murs de grès-fenêtre-bleue-vitrine-Cl. Elisabeth Poulain Bretagne littorale-portes bleues-voisines-murs de grès-fenêtre-bleue-vitrine-Cl. Elisabeth Poulain
Bretagne littorale-portes bleues-voisines-murs de grès-fenêtre-bleue-vitrine-Cl. Elisabeth Poulain Bretagne littorale-portes bleues-voisines-murs de grès-fenêtre-bleue-vitrine-Cl. Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-portes bleues-voisines-murs de grès-fenêtre-bleue-vitrine-Cl. Elisabeth Poulain

Voici la séquence 2, importante pour montrer un mur resté à peu près dans l’état, sans fenêtre et sans porte visible et …donc sans bleu !

. C’est le mur de façade de ce qui devait être un hôtel particulier, dont on ne voit que la partie gauche pour saisir la place dans le fond à gauche. Les pierres n’ont pas été re-jointoyées. Elles sont restées en l’état. Des pierres manquantes ont déjà été comblées par des plus petites (voir sous la pancarte). Des trous restent. C’est la grande différence d’avec les autres maisons habitées dont les murs ont été refaits. On devine aussi l’amorce du toit en pierre. Une fenêtre romane se voit bien. On perçoit également sa voisine de plus grande dimension à la droite, cachée par la pancarte…L’encorbellement d’angle qui permettait d’agrandir la surface du premier étage se devine encore. Sur les cinq étages de pierres nécessaires, de longues pierres d’origine et les deux couches intermédiaires cassées ont été comblées par des morceaux de pierre qui n’assurent plus la portance.

Bretagne littorale-Hôtel-particulier-Façade-ancienne-pierre-sèche-Cl. Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-Hôtel-particulier-Façade-ancienne-pierre-sèche-Cl. Elisabeth Poulain

---) Cette troisième séquence près de la mer permet de voir des petites maisons de pêcheurs devenues des résidences secondaires et de … reparler du bleu.

. Tout a été refait à neuf pour assurer la stabilité et l’étanchéité des murs avec des volets bleus, dont la couleur parait naturellement adaptée. Voici donc cette petite longère avec ses volets bleus. Sur un autre cliché, on aperçoit un fenestron en bas près de l’eau, fermé par un volet d’un bleu plus foncé. On devine l’estuaire dans le fond. Quant au dernier cliché, il montre le charme d’une petite maison aux murs blanchis et aux volets et porte bleu clair délavé, ayant seulement gardé visible l’encadrement en pierre de sa porte et de sa fenêtre, comme une signature d’authenticité visuelle.

. On en arriverait presque à oublier la couleur bleue. Elle est pourtant, plus encore maintenant que la pierre, une des constantes des couleurs emblématiques de la Bretagne. Une des raisons tient certainement dans la couleur si changeante de l’eau, qui joue en symbiose avec tous les autres bleus si présents dans l’univers marin.

Bretagne littorale-petites-maisons-pêcheurs-porte, volets et soupirail-bleus-port-4-teintes bleues-Cl. Elisabeth PoulainBretagne littorale-petites-maisons-pêcheurs-porte, volets et soupirail-bleus-port-4-teintes bleues-Cl. Elisabeth Poulain
Bretagne littorale-petites-maisons-pêcheurs-porte, volets et soupirail-bleus-port-4-teintes bleues-Cl. Elisabeth PoulainBretagne littorale-petites-maisons-pêcheurs-porte, volets et soupirail-bleus-port-4-teintes bleues-Cl. Elisabeth Poulain

Bretagne littorale-petites-maisons-pêcheurs-porte, volets et soupirail-bleus-port-4-teintes bleues-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Lire en particulier une bonne synthèse sur http://www.maisons-paysannes-loiret.org/attachments/article/39/Chapitre%20N%C2%B0%2006%20-%20%C3%A9veil%20%C3%A0%20la%20maison%20paysanne.pdf  

. Sur Tiez Breiz, Maisons et paysages de Bretagne, voir les murs de pierre sèche sur http://www.tiez-breiz.org/lesmurs.php  

. Ainsi que la galerie de détails architecturaux du même auteur-photographe sur http://www.tiez-breiz.org/galerie_details.php  

. Le portail Bretagne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Bretagne#D.C3.A9couverte  

. Et pour vous changer l’œil, d’autres vues d’une autre Bretagne sur http://www.gillespouliquen.com/fr/portfolio-20458-0-40-garages-bretagne.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, avec non cités dans le texte, la fenêtre bleue transformée en vitrine pour une crêperie (?) dans la même rue que les trois portes, et le soupirail (?) près de l'eau, fermé avec un volet bleu foncé...

Voir les commentaires

Style de Pub > La voiture et l’animal > La Land-Rover & les éléphants

1 Mars 2016, 16:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl1. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl1. Elisabeth Poulain

Le titre. Cette fois-ci, il ne s’agit plus du Bestiaire de la Pub qui montre comment les publicitaires font de l’animal le héros principal d’un visuel publicitaire. C’est souvent une bonne façon de valoriser le produit qu’ils ont à mettre en valeur. L’intéressant alors est de savoir comment ils vont procéder, pour apporter du nouveau. C’est toujours le cas dans cette nouvelle série, avec une différence d’importance, qui est qu’il s’agit de publicités pour la voiture. C’est la raison pour laquelle la voiture est citée en première position, alors que dans le Bestiaire, l’animal arrive en premier. Une différence d’éclairage  qui change la donne.

Le choix du premier visuel que je vous présente est une publicité  parue en avril 2000 sur deux pages dans la revue Management. L’époque est importante au plan du marché publicitaire qui avait connu avant même le passage du millénaire un bel envol de créativité. Il y a eu un vrai dynamisme reposant sur l’espoir d’une vie meilleure, dont a témoigné la novation de  la publicité de cette période. C’est particulièrement remarquable en comparaison avec l’atmosphère d’aujourd’hui où la publicité fait preuve semble-t-il  de tellement de retenue qu’on est en droit de sa capacité à se renouveler …Une façon diplomatique pour dire que parfois on se surprend à se plaindre de l’envahissement du copier-coller, qui a cours aujourd’hui. Passons…    

La voiture est une 4 x 4 Land-Rover qui a pour slogan THE BEST 4 X 4 FAR. C’est dit, c’est le meilleur des 4 x 4. Pour vous en convaincre, la photo portée par le visuel vous le prouve sans discussion possible sur une double page. Vous êtes dans la brousse en Afrique, quelque part dans un pays anglophone. C’est du moins ce que j’imagine.  Cette  Land Rover appartient la gamme « Discovery » de première génération (1989-1999), qui a été élu 4 x 4 de l’année 2000 comme le stipule le texte qui figure  en bas de la photo en large vision.

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Ph2. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Ph2. Elisabeth Poulain

La publicité occupe en en effet deux pages du magazine « Management » associant la robustesse de la Land Rover qui dépasse de très près une horde d’éléphants bien aimables de marché sur le côté de la piste à droite, en ligne les uns derrière les autres. D’un côté, on s’imagine presque être dans la jeep en train de doubler les éléphants et de l’autre, on sait bien que cela n’est pas possible. L’éléphant sauvage reste sauvage, même s’il s’est habitué au fil du temps à voir des drôles de bêtes à quatre pattes qui sentent tout ce qu’on veut mais pas l’animal. Ce qu’il sait, qu’il a appris au fil du temps, c’est que parfois dedans, il y a des « longs bâtons qui crachent le feu » qui le prennent en chasse.

L’explication de la composition figure sur la photo « Il y a tant de poids lourds à dépasser. Discovery Td5 138ch. » Cette publicité est une franche réussite. Après l’avoir vue, on ne l’oublie pas. Elle reste dans la tête, cette image de la découverte d’un monde d’immensité, où le quadrupède le plus puissant du monde est un voisin que l’on peut doubler, sans souci, bien à l’abri, dans sa jeep Land-Rover…Retenez de l’époque cette ouverture sur le monde, avec tout le confort et la certitude d’arriver à bon port, dans des paysages grandioses, qu’on n’oublie pas une fois qu’on y a été, en étant seul au monde, sans gêneurs ou d’autres visiteurs, comme le roi de l’univers, comme ceux que vous venez de croiser.

Remarquez aussi deux autres éléments, à savoir l’absence de toute trace humaine dans cette savane sauvage, l’occultation étonnante par l’esprit de celui qui regarde du fait qu’il a fallu d’une façon ou d’une autre un ou plusieurs photographes d’éléphants différents les uns des autres, d’autres pour les assembler et faire une photo impossible…Avec en plus la magie de la publicité pour les voitures, qui est que la photo les saisit du dehors pour que vous vous sentiez immédiatement dedans, sans autre présence humaine...La photo est plus forte mentalement que la réalité, nous le savons et pourtant nous y adhérons. Cela ne nous gêne pas. C'est le pouvoir de la publicité.  

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl3. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’agence de communication, Jean & Montmarin, qui a créé ce visuel, s’est vue décernée en 1996 le prix de la meilleure campagne Presse pour « Land-Rover-Eléphant »

. Publicité parue dans Management, avril 2000, en pages 36 et 37

. Pour la Land Rover Discovery (1989-1999), voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Land_Rover_Discovery  

. Le visuel concentré sur une seule page est même en vente sur e’bay http://www.ebay.ca/sch/sis.html?_nkw=Publicite%20ad%201997%20JEAN%20MONTMARIN%20LAND%20ROVER%20DISCOVERY&_itemId=150996121803  

. Une bonne synthèse sur l’éléphant d’Afrique aux grandes oreilles sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9phant  

. Voir au titre de synthèse succincte de « paysages africains » au Kenya , sans certitude aucune de ma part sur le pays du visuel, http://www.lemondedukenya.com/Geographie-parcs-reserves.html  

. Photos Elisabeth Poulain, à partir du magazine, le Ier cliché représente la partie haute du visuel avec les éléphants, le 2 le visuel complet et le 3 la partie basse dédiée à la voiture... 

Voir les commentaires

Ballade à Isle sur la Sorgue en mai, entre façades, couleurs et eau…

26 Février 2016, 18:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue, arrivée, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue, arrivée, Cl. Elisabeth Poulain

Arriver dans une petite ville qui a gardé son centre ancien grâce à sa configuration d’Ile est déjà une vibration stimulante  pour l’imagination. Au plaisir de la découverte, s’ajoute celui de l’attente, sans objectif à atteindre. Il fait beau, le temps est clair, le torrent d’eau vive est un vrai plaisir en soi, près d’un parking récent et facile d’accès et … sans l’avoir cherché. Découverte, attente, sans projet ni volonté de voir un monument en particulier ni surtout de tout voir - comme si cela était possible - simplement se promener, telle a été le mot d’ordre implicite. Prendre telle rue, plutôt que sa voisine, sans carte ni autre documentation pour notre part, simplement en se laissant porter, comme le chant imaginé de l’eau claire qui file parmi les herbes aquatiques, a été un vrai plaisir…Ce sont nos yeux et nos pieds qui nous ont guidé, dans cette petite ballade.

 

Isle sur la Sorgue, Canal du Moulin vert, L'eau, le vert et la pierre du Vieux Moulin, Cl. Elisabeth Poulain Isle sur la Sorgue, Canal du Moulin vert, L'eau, le vert et la pierre du Vieux Moulin, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue, Canal du Moulin vert, L'eau, le vert et la pierre du Vieux Moulin, Cl. Elisabeth Poulain

En quoi, cette sorte d’enceinte liquide a-t-elle modulé le développement de la ville ? L’a-t-elle protégé, enfermé ou transformé… ? A-t-elle su ou pu garder une partie de son identité profonde, sans sur-jouer la volonté de non-changement, pour répondre à la pression du tourisme et la tentation d’attirer encore plus les visiteurs ? Chacun connaît de ces villes closes protégées par des remparts par exemple, qui se pétrifient en période estivale dans une attitude de « sur-tourisme », un néologisme que je viens d’inventer pour désigner un re-façonnage de centre ancien à la manière de ce qu’on suppose être maintenant le passé… pour correspondre à l’attente de ceux qui procurent aux communes touristiques une bonne partie de leurs ressources.

 

Isle sur la Sorgue-Haut mur-avec gouttières-au milieu et rigole en bas sur le muret joint- Cl. Elisabeth Poulain  Isle sur la Sorgue-Haut mur-avec gouttières-au milieu et rigole en bas sur le muret joint- Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Haut mur-avec gouttières-au milieu et rigole en bas sur le muret joint- Cl. Elisabeth Poulain

Une façon très première de marcher en ville est de se guider par le hasard, en commençant par admirer le ruisseau d’eau vive qui pétille de percées de soleil à travers le feuillage. Il porte un nom charmant, ce canal du Moulin vert. C’est ensuite ce qui reste du mur de façade du  moulin de pierre blanche avec encore la trace de sa porte et d’une fenêtre, qui se reflète dans l’eau, qui surprend le promeneur. Arrive ensuite  un autre mur d’une hauteur étonnante en allant vers le centre par la rue du Logis Vieux. Il vient d’être entièrement refait cette fois-là. Sa hauteur ne laisse rien voir de la maison près de l’eau. Il a aussi pour particularité d’être doté d’un petit muret bas supplémentaire avec, dans sa partie supérieure, un étroit canal de recueil de l’eau. C’est tellement étonnant qu’on lève la tête ; on découvre alors plusieurs tuyaux d’évacuation de l’eau à hauteur d’homme au milieu du mur. L’eau n’est pas seulement celle qui coule devant nos yeux. Il y a peut être aussi celle qui peut déborder en cas de crue.

 

Isle sur la Sorgue-La confluence-Entrée du Centre, entre canal, rivière, pont Gambetta. Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-La confluence-Entrée du Centre, entre canal, rivière, pont Gambetta. Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-La confluence-Entrée du Centre, entre canal, rivière, pont Gambetta. Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-La confluence-Entrée du Centre, entre canal, rivière, pont Gambetta. Cl. Elisabeth Poulain

Arrivés avenue des Quatre Otages, c’est une autre eau qui nous a attiré, celle que l’on peut déguster dans un verre, assorti à la bouteille d’eau minérale …rouge. Du coup, l’eau a eu un meilleur goût grâce à la couleur et au plaisir d’être assis à une terrasse de café en regardant les touristes passer. C’est presque l’été, la chaleur en moins et la lumière encore adoucie. Quant au rouge-rouge, nous en verrons très peu, si ce n’est Place de la Liberté en couleur attendrie d'une touche de brun.

C’est la belle demeure de couleur jaune adouci, qui nous sert de phare en somme. Elle est située à la confluence de l’eau régulée par le canal à gauche et l’eau vive à droite. Le pont Gambetta nous tend les bras pour s’engager naturellement dans l’étroite rue Gambetta qui mène à la Collégiale. C’est une rue commerçante piétonnière. Notre regard ne s’est pas attaché aux boutiques, où, à quelques exceptions près, se retrouvent toutes les grandes marques qui signent notre époque. Ce sont les rues, les ruelles et les maisons que nous avons regardons avec beaucoup d'intérêt, surtout qu'il y avait suffisamment de monde dans les rues pour que la ville soit animée et pas trop pour que la foule des grands jours rende la découverte difficile... 

 

Isle sur la Sorgue, Rue Gambetta, Rue dorée, Rue du Crédit, CL. Elisabeth Poulain  Isle sur la Sorgue, Rue Gambetta, Rue dorée, Rue du Crédit, CL. Elisabeth Poulain  Isle sur la Sorgue, Rue Gambetta, Rue dorée, Rue du Crédit, CL. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue, Rue Gambetta, Rue dorée, Rue du Crédit, CL. Elisabeth Poulain

Pour faire un autre voyage imaginaire, il suffit de lever un peu la tête pour retrouver les murs des façades d’avant au-dessus des vitrines d’aujourd’hui, en y ajoutant le charme des noms des petites rues et impasses en transversale, qui ouvrent la vue ou pas sur d’autres parties de la ville. La Rue Dorée, la rue de la Loutre, ainsi que l’Impasse de l’Hôtel de Palerme nous ont bien plu…, par leur nom. Reposer son regard  sur la chaussée vous permet aussi de découvrir des "pépites" visuelles ou un autre élément, comme ces « chiens-bottes », des créations d’art pleine d’humour posés à terre. Chacune d’entre elles a fait preuve d’une inventivité sans pareil, provoquant le regard interrogatif d’un jeune passant, mais il n’y avait pas que lui.

 

Isle sur la Sorgue-Rue de la République-Imp.Hôtel de Palerme-Les chiens-bottes-Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Rue de la République-Imp.Hôtel de Palerme-Les chiens-bottes-Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Rue de la République-Imp.Hôtel de Palerme-Les chiens-bottes-Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Rue de la République-Imp.Hôtel de Palerme-Les chiens-bottes-Cl. Elisabeth Poulain

Les façades sont souvent figées  en une attente dénuée d’impatience d’un badigeon. Dans cette rue ancienne, les fenêtres ne sont pas toujours dotées de volets. Quand il y en a, ils sont souvent de couleurs claires qui se sont grisées au fil du temps. La peinture des volets en couleurs dites provençales traduit le plus souvent une volonté de montrer que le vieux bâtiment rénové est bien dans l’air du temps. Citons le un bleu avec une pointe de parme, des rouges bordeaux éteints. Le vert un peu jauni semble plus ancien…

 

Isle sur la Sorgue-Façades-Rue de la République-Portes-Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Façades-Rue de la République-Portes-Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Façades-Rue de la République-Portes-Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Façades-Rue de la République-Portes-Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue, rue de la République, Hôtel de Brancas-Villars, Cl. Elisabeth Pouain

Isle sur la Sorgue, rue de la République, Hôtel de Brancas-Villars, Cl. Elisabeth Pouain

Isle sur la Sorgue-Place de la Liberté, Vieilles façades  de pierres-blanches, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Place de la Liberté, Vieilles façades de pierres-blanches, Cl. Elisabeth Poulain

La Place de la Liberté offre un plaisir pour les yeux, avec ses grands platanes qui ombrent les tables des cafés sous leur ombrage. Il y a aussi beaucoup de couleurs, des magasins anciens dont certains ont gardé des lettres peintes sur leur façade, avec aussi des ruelles pour prouver la centralité de cette Place de la Liberté, où se dresse la Collégiale…Quant à nous, nous avons poursuivi notre promenade, cette fois-ci autrement, sans l’appareil-photo toujours ouvert…

Pour répondre à la question du début, il paraît difficile d'y répondre de façon assurée. Il faudrait faire une recherche plus affinée, en demandant aux habitants leurs sentiments. Il s'agit dans ce billet seulement de donner une première impression, en relevant la différence de ressenti entre la grande rue commerciale et les ruelles qui la rejoignent. Cellles-ci ont semble-t-il plus conservé leur nature profonde, faite de fermeture, avec des percées  - où la recherche de la lumière et l'eau jouent un grand rôle - et de calme...

 

Isle sur la Sorgue-Place de la Liberté-Platanes, terrasses café et art de vivre provençal, Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Place de la Liberté-Platanes, terrasses café et art de vivre provençal, Cl. Elisabeth PoulainIsle sur la Sorgue-Place de la Liberté-Platanes, terrasses café et art de vivre provençal, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Place de la Liberté-Platanes, terrasses café et art de vivre provençal, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Vieilles maisons, Façades colorées et rue Valmy, Cl. Elisabeth Poulain Isle sur la Sorgue-Vieilles maisons, Façades colorées et rue Valmy, Cl. Elisabeth Poulain Isle sur la Sorgue-Vieilles maisons, Façades colorées et rue Valmy, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur la Sorgue-Vieilles maisons, Façades colorées et rue Valmy, Cl. Elisabeth Poulain

A Isle sur Sorgues, il y a bien sûr beaucoup d’autres atmosphères de centre d’une vieille ville à découvrir, qui a déjà beaucoup vu et vécu au fil des siècles, et pas seulement la douceur de vivre provençale. Elle connait depuis quelques décades une belle vitalité grâce au tourisme bien sûr mais aussi et surtout à sa dynamique économique et culturelle. Elle est en effet le troisième centre européen de la brocante après Londres et les Puces de Saint-Ouen près de Paris… Une belle aventure qui se poursuit depuis...

 

Isle sur Sorgues, très vielles maisons, sur poteaux, Place de la Liberté, Cl. Elisabeth Poulain

Isle sur Sorgues, très vielles maisons, sur poteaux, Place de la Liberté, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin 

. En première approche, le site de la ville sur http://www.islesurlasorgue.fr/  

. Avec le plan sur le site de l’office du Tourisme http://www.oti-delasorgue.fr/files/ot-sorgue/files/brochures/pdf/plan_a4_lisle_2011.pdf  

. A compléter avec https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Isle-sur-la-Sorgue  

. Lire une bonne synthèse de l’histoire de la ville, en page 14 et 15 sur http://islesurlasorgue.fr/pdf/urbanisme/PLU-21mai2013/1-RP/1-RP_APPRO.pdf  

. Voir le magazine municipal sur les fouilles menées par la DRAC à l’Hôtel de Brancas-Villars http://www.islesurlasorgue.fr/magazine/MAG%2014%20light.pdf  

. Découvrir la Sorgue sur http://maisonregionaledeleau.com/mre/images/stories/fiches_rivieres/MRE_fiche_Sorgue.pdf  

. La brocante à Isle sur la Sorgues http://www.oti-delasorgue.fr/art-et-antiquite/la-brocante-lisle-sur-la-sorgue  et la prochaine foire – sa 100è- aura lieu le 25 mars 2016 prochain, à voir sur http://www.oti-delasorgue.fr/bouger/animations/lagenda-du-mois/330229-la-100eme-foire-internationale-art--antiquites

. Photos Elisabeth Poulain 

Voir les commentaires

Les navettes de Marseille > Des biscuits de mer à la fleur d’oranger

22 Février 2016, 18:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Marseille-Cl1. Elisabeth Poulain

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Marseille-Cl1. Elisabeth Poulain

Ce sont des curieux biscuits, à plusieurs titres. Ils sentent si bon la fleur d’oranger, dans le sachet de papier posé à côté de l’ordinateur, qu’ils me font rêver… forcément à la fleur d’oranger que je redécouvre. Se souvenir d’une odeur est chose difficile et je n’ai guère de souvenir d’enfance de pâtisseries faites avec de la fleur d’oranger.

Pourquoi des biscuits de mer, parce qu’ils sont si durs qu’ils peuvent se conserver longtemps dans des boîtes hermétiques, à l’abri de l’humidité de l’air en mer.

Ces curieux biscuits s’appellent des navettes, un terme qui rappelle l’univers du tissage sur des métiers à tisser. En fait ce sont des petits rouleaux de pâte à pain avec quelques gouttes  d’huile, du sucre, de la fleur d’oranger qui sont sectionnés tous les 18, 18,3cm pour en faire des petits bâtonnets, dont le dessus est fendu sur 13 à  14 cm, pour que l’intérieur soit cuit à cœur. Le biscuit lui-même n’est pas retourné pendant la cuisson.

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Marseille-Cl2. Elisabeth PoulainNavettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Marseille-Cl2. Elisabeth Poulain

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Marseille-Cl2. Elisabeth Poulain

Leur forme varie selon le producteur. Certains ont des allures de petits navires prêts à flotter sur l’eau, d’autres de bâtonnets fendus en deux en leur milieu… L’important est qu’ils soient cuits à point, ni trop, auquel cas ils seraient secs comme une trique ni trop peu, sous peine d’être pâteux et de moins bien se conserver.

Conçus pour la mer - et pas que - ces vaillants petits biscuits secs de secs se conservent sans souci dans leur boîte métallique pendant un an au moins. Songez en plus que vous goûtez une vraie spécialité marseillaise qui existe depuis 1781. Ils sont en plus cuits depuis lors dans le même four qu’à leur naissance, ce qui fait de cette boulangerie la plus vieille de Marseille…Pas mal quand même pour un biscuit de mer…

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Four des Navettes, Nicolas Imbert, à retrouver sur leur site http://www.fourdesnavettes.com/  et au magasin 136 rue Sainte, 13007 Marseille, 04 91 33 32 12,  contact@fourdesnavettes.com  

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Médailles-Marseille-Cl-3.4. Elisabeth PoulainNavettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Médailles-Marseille-Cl-3.4. Elisabeth Poulain

Navettes de Marseille-Four des Navettes-Pochon-Médailles-Marseille-Cl-3.4. Elisabeth Poulain

. Voir des exemples de recette sur http://www.geekyandgirly.fr/2014/01/28/recette-de-marseille-les-navettes-de-saint-victor/  ou sur http://www.hervecuisine.com/recette/la-recette-des-fameuses-navettes-de-marseille-a-la-fleur-doranger/  

. La Fleur d’Oranger sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_d%27oranger  

. Photos Elisabeth Poulain, à partir de vraies navettes de Noël et de leur sachet qui sent toujours aussi bon.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>