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Le Blog d'Elisabeth Poulain

WBW49 > Les Habits des Vins d'Expression > Le choix de la bouteille

5 Novembre 2009, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Le choix de la bouteille
Il est toujours délicat, même s'il y a des pistes quasi-naturelles pour faciliter la décision:
-  l'ancrage territorial avec, en Anjou par exemple, la bouteille Anjou écussonnée à la fleur de lys (photo ci-contre),
-  le style du vin fruité (Bordelaise) ou boisé (Bourguignonne),
-  le positionnement face à la concurrence avec la bouteille droite (Bordelaise) pour les vins contemporains et la Bourguignonne pour les vins classiques.,
-  l'envie de changer pour une cuvée particulière... Mais évidemment la situation est plus riche que cette simple présentation. Il est beaucoup d'autres choix. 
   
Aux marges du bassin viticole ligérien, la situation est encore plus diversifiée. On y trouve parfois un goût prononcé d’aventure individuelle et un jeu collectif qui ne demande qu’à s’épanouir. C’est par le Poitou et la Vendée que commence ce Tour de Loire, en suivant le sens des aiguilles d’une montre.

 

Dans les vignobles éloignés de la Loire

En Poitou, Frédéric Brochet, pour Ampelidae et Château des Roches, utilise des formes hautes droites en verre sombre pour ses vins contemporains avec des étiquettes rectangulaires blanches basses qui modèlent la structure.

- La Cave du Haut-Poitou, pour un Chardonnay ou un Cabernet, La Légende, joue également la hauteur avec une bouteille bordelaise avec une étiquette haute en forme de bouclier-blason qui allonge la silhouette.

                                               

En Vendée, Jérémy Mourat  s’est fait connaître avec une bouteille italienne compacte en 2004 sélectionnée spécialement pour l’export en pays anglo-saxons. Droite et large, elle ressemble à une bouteille de bourbon, directement issu d’un imaginaire de western qui parle à tous les cinéphiles. Le lancement de la cuvée coïncide peu ou prou avec l’achat du château de Mareuil qui domine la rivière la Lay. Il utilise maintenant aussi pour d’autres vins des bouteilles hautes et droites pour des vins de Vendée et a conçu des bouteilles remarquables à la robe évasée (ph. ci-contre).


- Le Domaine de La Chaume, implanté à Vix sur une ancienne île du Golfe des Pictons, le vignoble le plus au sud du Val de Loire, associe la rigueur de la Bordelaise classique pour ses vins placés sous le sceau d’un ancien cloître sur une étiquette noire, haute de petite taille pour son Val de Noir.

 

En Vallée du Loir, une nouvelle bouteille apparaît encore timidement : c’est la flûte alsacienne, plus haute que la bouteille Val de Loire, plus fine et qui nécessite un carton spécial. Ses atouts : finesse et légèreté de ligne. Elle est remarquable au sens premier du mot. L’oeil n’est pas saturé et la différence entre une 75 cl et une 50cl est moins grande !

 

907. C’est le choix d’Eric Nicolas du Domaine de Bellivière, qui a franchi le pas qui le sépare de l’Alsace pour valoriser ses vins du Loir blancs, rouges et rosés ou ‘Aurore d’Automne’ un liquoreux vendu en vin de table.

                       

La bouteille personnalisée

Quand on travaille sur de grandes quantités, il est souvent un plaisir à s’offrir, que l’on soit vigneron ou négociant : avoir sa bouteille. L’importance des volumes qui justifient l’investissement du façonnage d’un moule à son goût est certes une explication mais elle n’est certainement pas la seule. Le repérage d’une bouteille personnalisée est extrêmement rapide dans des linéaires de grande surface.

 

908. C’est en particulier le cas avec une bouteille à dix facettes de Pierre Chainier Vinification d’Amboise, sans surface plane pour l’étiquette en forme de diamant taillé stylisé pour un Vouvray 2005.

 

La bouteille personnalisée de vigneron est aussi une jolie façon de se différencier dans un monde ou le mélange des genres est de règle, en faisant figurer des signes visuels en relief sur la bouteille :


- un hippocampe dressé verticalement pour les Savennières de Nicolas Joly par fierté de son engagement philosophique et pour éviter une réutilisation de sa bouteille,


- l’écu du château de Pocé pour Pierre Chainier, propriétaire-viticulteur, pour lier son nom qui figure en toutes lettres sous l’écu aux vins des Châteaux de Pocé et de La Roche.


- Le double écu de La Moynerie de Thierry Redde du Domaine Michel Redde pour le Pouilly sur Loire Cuvée Majorum  avec couronne au-dessus et La Moynerie écrit sur la bouteille.

 

La bouteille muselée

On pourrait dire la bouteille liée aussi car il s’agit de la bouteille à bulles qui s’inscrit à contre-courant de la liberté qui permet de s’affranchir d’un certain nombre de contraintes. Sa forme ventrue et ses caractéristiques techniques sont déterminées par la nature explosive du vin à bulles. Son bouchon doit être maintenu par le muselet puisque c’est ce sont eux ensemble qui résistent à la formidable pression contenue dans la bouteille. Malgré ces contraintes physiques, des nouveautés apparaissent sous l’influence de la recherche d’une ligne plus fluide des épaules pour avoir une base plus large vers le bas. Comme une corolle de fleur qui se déploie ou ces jupes lourdes des derviches tourneurs. Ces nouveaux styles donnent des bouteilles qui sont à la fois abouties et dont l’œil prolonge la silhouette beaucoup plus bas.

 

- Le « L Touraine Méthode Traditionnelle » du Domaine d’Artois de Mesland, un des domaines Saget, offre un bon exemple de ce style de fluidité lourde accentuée par le choix de l’habillage qui se dilue dans le verre. Le L est sérigraphié en noir mat sur la brillance noire du verre avec en dessous et très bas, une bande de papier noir de 1,6 x 7cm où figure en blanc Arnaud Laurent Touraine.

- A l’inverse, on peut aussi, comme David Lecomte avec la participation de David Lihart, peintre galliériste, créer l’évènement avec une bouteille en verre blanc classique pour un Crémant de Loire rosé ‘Un Grain’ 1999. La bouteille ne garde plus que sa contre-étiquette en plastique translucide et l’étiquette se transforme en peinture originale de David Lihart en quatre traits rose verticaux barrés par un trait horizontal agrémentés de trois points orange.

                       

Les bouteilles ‘nostalgie’

On ne les rencontre plus guère, sauf chez les collectionneurs.

 

- On a retrouvé dans les années 1950 à Ingrandes sur Loire dans les ruines du Château de la Bouvraie, une chopine de 22cl pour une hauteur de 23 cm en provenance de la Verrerie Royale située à Ingrandes (1755-1830). La bouteille, qui n’avait pas de fond, était destinée à être enfouie dans le sable. Son nom : Couille de bouc. Les Caves de la Bouvraie, qui sont implantées sur le site, continuent à produire du Crémant de Loire.

 

- A la  fin du 19ème siècle, on utilisait encore des bouteilles en grès beige doré. C’est la belle découverte faite par Dominique Archambault du Syndicat des Vins de Chinon dans la terre du jardin de son père, grand amateur de vin (voir photo ci-contre).

 

- C’est une bouteille utilisée en Loire il a plusieurs décades, que l’on découvre dans la cave de tuffeau du Domaine des Matines de Michelle Etchegaray-Mallard, la Hollandaise, chères au cœur de Jean Mallard, son père, qui aimait bien cette bouteille trapue au long col, une « ni-ni-ni », ni Bordeaux, ni Bourgogne, ni Loire.

 

- Encore récemment, on utilisait dans le Pays de Retz au sud-ouest de Nantes, la Véronique en verre transparent, repérable à sa forme de flûte et à ses trois traits discontinues en relief à la base du col pour embouteiller le Grolleau gris en valeur. Mais le marché est trop étroit et ces petites séries n’intéressent plus les verriers.

 

La limite des bouteilles personnalisées

Actuellement ce sont les verriers qui les fixent, compte tenu de la hausse des prix des matières premières et des exigences du développement durable. Un gros acheteur peut se voir du jour au lendemain averti par son fournisseur de bouteilles qu’il mettra fin au contrat. Cette pratique se développe d’autant qu’il ne reste plus de verriers français à l’exception d’un seul VOA Verrerie d’Albi.  
Pour les clients vignerons et négociants, le choix s'inscrit dans une problématique de coût forcément, du poids de la bouteille et de la prise en compte du développement durable. Une bouteille de luxe qui pèse 1,2kg de verre et qui vient d'Italie n'est plus 'correct' en terme de retombée environnementale.   

 

Pour suivre le chemin

. Pour comprendre la technicité d’une bouteille, voir le plan d’une bouteille ‘Anjou écussonnée’ sur http://www.voa.fr/automne_modules_files/catalogue/pdf/plans/76704C.pdf

. Prochain billet sur la bouteille, un volume habité, structuré.
.
Voir quelques photos de bouteilles anciennes soufflées à la min dans l'album photo 'Bouteilles et Verres' sur ce blog.  
. A venir, une présentation en photo des bouteilles.  Merci pour votre patience.  

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Ville = Identité et image + publicité et communication

2 Novembre 2009, 18:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le marketing territorial

Le territoire - ville, département ou région…-  est actuellement le plus récent domaine d’extension du marketing qui devient du coup territorial. Les collectivités territoriales en sont grosses consommatrices et comme la demande est en augmentation, il y a bien sûr en réponse une offre foisonnante. Les cabinets conseils en images se développent plus vite que le soleil se couche et la palette de leurs services croît d’autant. En période de vaches grasses et encore plus de tension financière, les budgets territoriaux font briller les yeux de tous ceux qui gravitent dans ce monde de création d’image en sur-brillance.

 

Le marketing qui monte

En conséquence, la publicité en faveur de leur objet d’études, ville, département ou région, prend de plus de place dans les journaux et magazines d’affaire capables d’attirer les investisseurs. Cela tombe bien au moment où l’autre pub, plus traditionnelle pour des produits ou des entreprises, se replie en attente de jours meilleurs. Le changement est frappant à lire ‘Les Echos’ ou ‘Le Monde’ par exemple.

 

Le territoire, un nouvel espace à valoriser

L’étonnant est que le phénomène est contagieux : tout ce qui tourne autour de la terre,  du territoire prend de plus en plus d’importance dans notre monde publicisé. La pub pour des systèmes informatiques par exemple s’appuie sur des projections dessinées d’aires de stockage dans des ports de Chine. C’est un des effets de la mondialisation, cette sensation qu’il n’y a plus de terres extensibles et que le temps est compté pour conquérir des espaces à son profit (cas de terres en Afrique, en Argentine…) ou attirer des entreprises capables de pousser les murs du territoire pour vendre et s’étendre plus loin.

 

La concurrence territoriale

La vision est devenue non pas vraiment globale - peu ont cette capacité à voir loin et en synthèse -  mais beaucoup plus large. L’élargissement de l’écran de la perception entraîne l’émergence d’une concurrence entre les territoires. Tous n’ont pas la capacité à attirer. Tous ont les mêmes besoins, se développer, conforter leurs atouts, minimiser leurs faiblesses, fixer l’élite professionnelle et civile, être réélu… Tous vont alors utiliser ce nouvel outil qu’est le marketing territorial qui s’ajoute à toutes les autres facettes du marketing qui désormais font de notre monde un univers quasi-complètement publicisé. 

 

Notre monde markété et publicisé

Les deux verbes ‘markéter’ et ‘publiciser’ n’existent pas et pourtant le fait est bien réel. Toutes les composantes de notre vie sont désormais formatées et/ou colorées par le marketing et font donc l’objet de publicité. Nous ne sommes pas seulement l’objet de la publicité mais son principal vecteur et donc l’acteur de la pub. Le publicitaire, ce n’est pas seulement celui qui crée la pub mais tout autant celui agit au nom, en fonction de la pub. Mais alors se produit une autre réaction pour cacher cette intrusion dans notre univers privé apparemment non marchand. C’est facile ; pour cela il suffit de parler de communication et non plus de publicité. Ouf, nous voilà à l’abri, loin de cette vilaine publicité, comme si l’une était à fuir et l’autre bien.

 

Le double effet de la pub

La pub a plusieurs effets. Elle tend en Ier lieu a créer autant de territoires qu’il y a de clients. Cette superposition des territoires est renforcée par la décentralisation. A la région, qui fait sa pub, il y a lieu d’ajouter le département qui fait la sienne et à l‘intérieur de celui-ci, les villes qui font la leur, plus tous les autres niveaux.  A chaque fois, la publicité pour attirer selon les cas les investisseurs et/ou les touristes va s’appuyer sur l’identité et l’image qui s’en dégage, alors que les besoins des entreprises à attirer sont quasiment connus d’avance et se ressemblent beaucoup plus qu’ils ne diffèrent. De là, naît la seconde conséquence, qui est le risque d’uniformisation entre toutes ces communications publicitaires. 

 

Le poids de l’identité

Il est très variable selon les territoires à valoriser. Quoi qu’il en soit, cette identité sera le résultat d’une méthodologie quasiment identique d’une agence de com à une autre puisque toutes vont s’appuyer sur le marketing territorial et sur des enquêtes pour faire surgir l’image que les habitants et les décideurs ont de leur ville dans le but de valoriser celle-ci. A cette image qui est déjà une pré-sélection positive, seront ajoutés selon les cas des éléments nouveaux détectés par  l’agence de com pour créer une nouvelle image de la ville de demain vue selon les critères d’aujourd’hui.

 

L’image

Elle a comme point commun avec l’identité d’être plurielle. La ville, n’importe quel territoire, présente une multitude d’images selon le moment, la fonction, le regard de celui passe, y travaille ou y habite... Mais en aucun cas, l’image ne saurait être une photo. L’image est avant tout mentale même si elle repose sur du concret et/ou sur des paysages. Elle traduit l’impression ressentie, une émotion. C’est là où l’agence de com va réellement créer une nouvelle dimension à l’image en y  ajoutant de l’épaisseur, de la densité, carrément quelque chose de complètement nouveau ou une autre perception. Il ne saurait y avoir une seule image. C’est aussi à ce moment là de la création de l’image que le client, la municipalité dans le cas de la ville, va choisir parmi les propositions de l’agence, celle qui correspond le mieux à ce qui lui semble le plus pertinent pour remplir son objectif, attirer les touristes ou les entreprises. Quitte à recommencer si la municipalité ne s’y retrouve pas. 

 

Quelques exemples d’ici et d’ailleurs

Brest porte ses couleurs d’été (ph 1) ; Philadelphie met le muralisme à l’honneur (ph 2) ; la Moselle pratique l’art du feu ; le Loiret attire l’attention avec une carte de l’A19 ; la Région Centre fait paraître des fiches économiques détaillées ; Besançon joue la carte du développement durable ; Cholet fait circuler un bus chamarré pour vanter la proximité à ses habitants ; Nantes organise la course du chocolat (pour relier à la voile Nantes aux Antilles) ; Nice reçoit le prix de l’équerre d’argent (grand prix d’architecture) pour la réalisation d’un pôle multimodal du tramway (ph 3), Reims va louer au privé ses 95 000 m2 de toits et/ou de terrains publics pour produire de l’électricité solaire (gain 300 000 EUR/an) et Abou Dhabi fait briller une tente rose dans la nuit pour attirer les investisseurs (ph 4)…Cela s’appelle, l’imagination au pouvoir mais attention toujours basée sur l’identité.

 

Une affaire à suivre donc

. Pour vous rassasier et calmer votre faim d’identité et d’image, vous pouvez déjà commencer par suivre le site de Vincent Gollain et piocher son précis paru sous le titre de « Réussir son marketing territorial en 9 étapes ». C’est la version 1. Comme les choses évoluent très vite, l’auteur, qui est le président du Club des Développeurs économiques d’Île de France (CDEIF), est en train de faire paraître sa version 2. A voir donc sur www.marketing-territorial.org/article-29681023.html                

 

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Le bestiaire de l'art > Steinlen entre chat et chat

30 Octobre 2009, 11:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Théophile Alexandre Steinlen, ce suisse de Lausanne, est un vrai parisien, celui de la rue, de la nuit et du mystère. Pour le définir, il faut aux organisateurs de l’exposition ‘Steinlen l’œil de la rue’ à Ixelles (Belgique) employer six termes : ‘dessinateur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur’. Il ne connaît pas non plus de frontière, surtout pas sociale. Bourgeois, il va à la rencontre du petit peuple, des mots qu’on n’ose plus employer dans notre société du consensus imposé. Sa découverte de l’univers des rues de Montmartre va orienter ses choix picturaux. Il montre les'petites gens' dans la rue, allant ou revenant du travail, surtout pas en train de poser.

 

Les chats aussi occupent une place à part dans son oeuvre. Ils sont si présents qu’il ne peut s’agir d’un hasard. Le hasard pourtant a joué un rôle chez lui, lorsqu’il a rencontré le Chat noir. Celui qui a donné son nom à un cabaret montmartrois ouvert en 1881. Ce Chat noir savait accueillir les peintres, poètes et chansonniers forcément sans le sou et attirer les bourgeois argentés désireux de s’encanailler. Aucune explication fondée ne permet d’expliquer le nom du cabaret, si ce n’est son mystère renforcé par le noir de la nuit.  

 

La symbolique du chat noir

Du chat, on peut tout dire en matière de symbolique. Animal bienfaisant pour les uns, il est terriblement maléfique dans d’autres civilisations. Pourtant un point commun ressort : sa couleur noire suffit à en changer sa nature. Par exemple, il est d’essence favorable chez les musulmans sauf s’il est noir ; en ce cas, il possède grâce à ses sept vies des pouvoirs maléfiques capables de nuire à l’homme.

 

La Revue du Chat noir

Steinlen fit la connaissance de Rodolphe Salis le propriétaire du Chat noir en 1884 soit deux ans après la création par RS de la revue du Chat noir pour faire connaître le cabaret. Pendant les 13 ans que dura la revue (1882-1895), l’artiste y participa activement. Il réalisa pour la revue une centaine de dessins de chats qui furent ensuite rassemblés sous le titre de « Dessins sans paroles. Des chats ».

 

L’affiche du Chat noir (voir ci dessus)

Sa célèbre affiche fut imprimée en deux couleurs en 1896, à la fin de la grande période du cabaret. Rodolphe  Salis mourut l’année suivante. Mais elle fut réalisée avant pour la tournée du Chat noir au Théâtre de Mons pour la séance du 12 septembre 1892. Elle marqua le début de la vraie notoriété de l’artiste suisse. Selon un critique de l’époque : « les murs de Paris ont été ennoblis de la présence de ce chat auréolé, hiératique et byzantin, de proportions énormes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et décharnée ». Steinlen, déclara s’être inspiré d’un chat qu’il avait vu à Lausanne,  « à peine ai-je eu besoin de l'amplifier pour en faire un soleil: il rayonnait de tous ses poils écarquillés » .

 

Les chats selon Steinlen

Ils ont tout l’air de fauves, avec de grands yeux jaunes qui vous guettent, des corps allongés, des hautes pattes et de fortes queues. Ce sont des vrais fauves ; pendant que l’un dort, l’autre guette. Capables de s’organiser en meutes prédatrices la nuit, invisibles le jour. Son tableau « Apothéose des chats » (1885) fait peur. Le monde est envahi par ces fauves.

 

Ils peuvent être tout autant intégrés au foyer lorsqu’ils entourent, très vigilants, leur jeune maîtresse boire son lait sur une affiche publicitaire. Leur présence ajoute pourtant une touche de mystère dissonante à ces affiches très suaves.

 

Le monogramme ‘chat’ de Steinlen

Dans le même temps, Steinlen travailla son monogramme autour de ses initiales dans lequel le T est intégré au A et les deux sont encerclés par le S qui figure un chat vu de dos avec sa queue arrondie. C’est alors la rondeur du chat qui l’intéresse alors, son côté boule replié sur soi, comme celui dessiné par le graveur japonais Hiroshige au XVIIIè siècle que Monet a fait connaître en Europe grâce à sa fameuse collection d’estampes japonaises


On voit alors bien la différence de traitement entre le gros matou de l’artiste japonais regardant le jardin face au Mont Fuji et les félins au corps allongé et à petite têtes triangulaire de Steinlen en 1898.

 

Pour suivre le chemin

http://steinlen.museumdixelles.be

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Alexandre_Steinlen

http://pagesperso-orange.fr/planete.chats/diapo5/imgcol/_00024.htm

http://www.les-chats.com/Page%20Mystic%20mai.htm

http://www.lausanne.ch/tools/displayelement.asp?DomId=63242&ID=22783&Version=1&ClsId=16&Language=F&StructName=Novembre+- 

http://www.intermonet.com/japan/hiroshige/estampe.htm

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Mini-Cas Pub: Petit Bâteau + WAD = Anniversaire force 10

28 Octobre 2009, 18:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quand Petit-Bateau se dévoile sur WAD: Traduction

Petit Bateau, c’est la célèbre petite culotte blanche d’antan, relookée pour être au top de la mode, assortie à son T’Shirt bien sûr. WAD est une revue qui paraît 4 fois par an en français et en anglais. Son nom WAD - We’ar different - vous indique son positionnement décalé, branché… C’est un magazine des modes et des cultures urbaines ouvert naturellement sur les formes nouvelles de publicité qui sont autant de fenêtres sur notre société. Cette matière publicitaire explique son prix de 5 EUR seulement. Le thème de ce numéro du X anniversaire, le chiffre 10.

 

Petit Bateau et couvertures

PB fait la couverture. Et attention, pas une couverture ordinaire. Déjà naturellement il y en a 4. On nomme celle que l’on voit, la une. C’est la couverture. A son verso, c’est la 2. A la fin du magazine, on trouve la 4 de couv et son verso est la 3. La 1 est fondamentale car elle donne le positionnement du journal et attire à elle seule l’attention des acheteurs-lecteurs. La 4 permet de vendre cher la publicité ;  2 et 3 sont aussi des pages à pub mais moins chères. Ici, vous avez bien la 1 et la 4. mais, et c’est là, où cela devient vraiment joli, la 1 et la 4 se déplient. Cela arrive parfois, pour la 1. Cela permet de gagner des pages de pub en plus, sur un papier plus lourd et donc plus cher. C’est beaucoup plus rare pour la 4.  


PB, ses couvs et ses pubs

Dans ce cas de ce WAD de juin-juillet 2009, la 1 est une pub PB. Son verso, la page 2, se déplie pour former une double page 3 et 4, toujours de pub. Mais pour une autre marque que PB.  La 4 se déplie et forme une double page avec la 5 avec la suite de la pub pour Petit Bateau : ça, c’est vraiment innovant. Pour bien marquer l’empreinte de PB sur ce dixième anniversaire, la dernière page du magazine est aussi dédiée à PB. Au total, WAD se termine par une couv 5 + 6 dépliée et l’intérieur forme une trilogie avec la dernière page intérieure du journal la 314 + la 7 + la 8 de couv toujours pour Petit Bateau.

 
Le déroulé
                                                                                          

                                                                  
Le devant en 1 (voir ci la photo ci-dessus)

En couv de ce n° spécial, voici l’avant avec ce
grand cercle blanc sur blanc, petite culotte blanche qui se détache avec des mains, des bras et des cuisses qui tiennent le grand cercle. 
 
                                                                    

L’arrière en 4 de couv.        

On voit trois personnes de chaque côté, ce sont eux dont on voit les mains, les bras et les cuisses mais cette fois-ci, on les voit de dos. La femme dont on a vu les jambes est au centre, le dos couché sur des coussins.

                                      L’arrière du décor en 5 de couv.                              

C’est le grand cercle blanc en bois, vu de dos, sans les acteurs.

La page 374 de fin et la 5 de couv

Cette fois-ci, on est au début de la mise en place de la pub et à la fin du magazine.


En page intérieure, un jeune homme à marinière rayée blanc et bleu (un des standards de la marque) minute le montage. Il tend le doigt vers la structure en bois. On ne sait pas pourquoi.

 


La page 374 et les pages  6 et 5 de la 4 de couv

Cette fois-ci on comprend pourquoi ce coach regarde sa montre. La 4 de couv dépliée, on voit enfin les acteurs derrière le décor. Ils sont en train de le monter et posent le dernier quart du cercle blanc vu du côté photo.Il faut aller vite.

 

Les porteurs de la marque

A feuilleter le journal à l’envers, comme si vous étiez au Japon, vous allez pouvoir remonter le temps avec, en portrait pleine page, les ambassadeurs de la marque Petit Bateau pour toujours : Evan 13 mois, Eddie 216 mois, Robert 888 mois, Chantal 241 mois , Lola 42 mois et Andrew 310 mois, soit 6 pages en plus.


L’équipe de com

Ils sont à 17 à avoir participé à la réalisation de cette pub, qui est une véritable  scénographie, sans compter le menuisier!

 
Les questions

01.   Que voyez-vous sur la une?

02.   Que voyez-vous sur la 4 ? 

03.   Caractérisez les lignes et les couleurs.

04.   Quel est l’intérêt de la 5 ?

05.   Celui de la page 374 ? Elle est comptée comme une page dans le magazine au même titre que les pubs mais avec une différence, c’est que pour les pubs, le journal n’indique pas le numéro de page.

06.   Comment a été fait le choix des acteurs des couv?

07.   Que portent-ils et à quel moment ?

08.   Qu’apportent les portraits ?

09.   Qui manque dans les portraits ?

10.   Quels sont les messages que vous retenez de cette pub ?

11.    Cette pub est-elle transposable telle quelle à l’international ou faut-il modifier des éléments? Si oui lesquels ?

12.   Quelle note sur 20 mettez-vous ? Dites pourquoi.  

 

Les éléments de réponse ( R )

Q01. Que voyez-vous sur la une?

R1. Une culotte blanche PB au centre d’un rond blanc sur fond blanc. Seuls se détachent des éléments humains : des jambes pour indiquer 10, des bras pour marquer le cadran à 12, 3, 6 et 9 heures et des mains pour les autres heures. Et WAD est écrit en blanc sur un fond très légèrement grisé.  

Q02.  Que voyez-vous sur la 4 ?

R2.  L’arrière du décor avec les acteurs dont on a aperçu qui les jambes, les bras ou les mains, soit 3 femmes et trois hommes. On voit la tête et les épaules de celle qui montre ses jambes en Une.  

 

Q03. Caractérisez les lignes et les couleurs.

       R3. Tout est rondeur douce et couleur dorée, avec des nuances pour montrer une certaine  diversité.

 
Q04. Quel est l’intérêt de la 5 ?

       R4. Il est double : instiller le mystère, car sinon, l’histoire serait finie et serait un peu 

       courte. La seconde raison est de montrer pour la Ière fois la marque PB imprimée au

       pochoir en blanc sur le bois naturel.

 

Q05. L’intérêt de la page 374 ?

Elle est comptée comme une page dans le magazine au même titre que les pubs mais avec une différence, c’est que pour les pubs, le journal n’indique pas le numéro de page.

      R5. Elle montre pour la Ière fois  les T’Shirts. On ne parle plus de petite culotte ou de boxer-short. Elle confirme le mystère. Pourquoi ce jeune homme regarde-t-il sa montre ? 

 
Q06. Qu’apporte la double couv intérieure 6 et 5, qui fait suite à la page 374 ?

       R6. Cette fois-ci, on fait connaissance de dos ou de profil avec ceux dont on connaissait  les bras, les cuisses…et on les voit revêtus de T-Shirts de couleur. C’est la Ière fois qu’elle apparaît clairement.  

Q07. Comment a été fait le choix des acteurs des couv?

       R7. Il sont jeunes, beaux, avec des corps de sportifs. D’ailleurs ce sont des modèles

        inscrits dans une agence de modèles sportifs.                                          

Q08. Qu’apportent les portraits ?

        R8. De la diversité dans cette perfection humaine, avec l’accent mis sur le T’Shirt et ses variantes. C’est l’accent mis sur la différence. La marque convient aussi bien aux

hommes qu’aux femmes, aux jeunes et moins jeunes…Et surtout PB ne veut pas être     connu  seulement pour ses ‘p’tites culottes’, un mot qu’on n’emploie plus guère.

 
Q09. Qui manque dans les portraits ?

       R9. Les parents des ados et la grand-mère.


Q10. Quels sont les messages que vous retenez de cette pub ?

       R10. On est bien dans son corps, avec de belles fesses rondes et musclées, de belles jambes, on est bien dans sa tête, on est tous différent, on appartient à une communauté…             


Q11. Cette pub est-elle transposable telle quelle à l’international ou faut-il modifier des éléments? Si oui lesquels ?

       R11. Globalement oui. Pour l’international, il conviendrait d’avoir parmi les acteurs et les portraits plus de diversité ethnique. Seuls deux sont présents ici sur les 8 acteurs et aucun dans les portraits. Cette faiblesse de la prise en compte de ce facteur ethnique est

d’ailleurs une caractéristique de la publicité faite en France. Au regard de ce qui se passe

dans le milieu de la pub, le ratio de 2/8 montre que ce facteur a bien été pris en compte,

mais un peu timidement quand même. Ils sont tous d'ailleurs très blancs. Il devrait y avoir au moins 1 Asiatique.
 
Q12. La note

       R12. Je trouve que c’est une franche réussite à cause de l’originalité du concept et de son déroulement. C’est beau et surprenant. Pour tenir compte du bémol de la R11, je donne 17 sur 20. C’est très bien. Je ne donne pas plus à cause des portraits, qui s’accrochent mal avec la scénographie à mon goût.


Pour suivre le chemin

. WAD  à découvrir sur WWW.WADMAG.COM

. Petit Bâteau à voir sur www.petit-bateau.com où vous trouverez les six portraits parmi ceux visibles à l’écran et qui forment une partie importante de la politique menée par l’entreprise pour créer des liens directs avec son public. Les personnes sélectionnées pour les portraits deviennent les ambassadeurs de la marque.                                                                                     

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WBW48 > Les Habits des Vins d'Expression > La bouteille dans l'histoire

24 Octobre 2009, 15:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les formes sont fortement liées à l’évolution de la technique utilisée. Elles ont d’abord été rondes puis tubulaires avec maintenant une grande diversité de présentation.

 

Les formes rondes sont directement issues de la technique du soufflage à la main. Les bouteilles de l’époque romaine et mérovingienne ont cette grâce pansue avec des arrondis époustouflants soufflés à la volée directement par l’ouvrier verrier. Le rattachement de ce style de bouteille se fait depuis plusieurs siècles par la Bourgogne, le premier vignoble au monde à avoir su à ce point cultiver les terroirs pour leur faire exprimer ce qu’ils ont de plus inimitables. La bourguignonne, plus que toute autre forme, évoque cette idée d’opulente rondeur, d’équilibre et de raffinement. Une autre façon de renforcer la rondeur de la bouteille par exemple est de choisir une forme ronde pour l’étiquette.


902. C’est le choix de Paul Buisse, négociant-vigneron à Montrichard, pour un Touraine Sauvignon avec une étiquette à douze facettes mises en valeur par l’ocre jaune de couleur de fond, des mentions en brun foncé et un équilibre très léger or et blanc.

 

903. C’est un style différent que Franck et Ingrid Bimond ont choisi pour faire ressortir l’ovale du bois veiné d’or avec un nom de cuvée surprenant, L’Ardile, un Saumur du Domaine des Guyons.

 

D’autres modèles de bouteilles ventrues existent : moins lourdes, avec des parois qui s’évasent vers le bas, dont le diamètre atteint 10 cm et qui sont moins hautes. Puis l’esprit s’ouvre à nouveau pour voir autrement les bouteilles en particulier la bordelaise et redécouvrir celles du Val de Loire.

 

Les formes droites sont caractéristiques du style des vins contemporains. Dans l’histoire de l’évolution, elles sont apparues vers le 2ème siècle après J.C. sous forme de barillets à forme droite. Ces barillets (petit baril, petit tonneau) sont les ancêtres de nos bouteilles, avec une différence notable, elles comportaient une ou deux anses, comme les pichets. Le style tubulaire haut offre beaucoup de praticité. Les avantages de la « bordelaise » puisque c’est ainsi qu’elle est désignée, se nomment occupation optimale de l’espace en rayon et lors du transport en carton, puisque le volume est réparti de façon homogène sur tout le corps formé par le tube, facilité de la prise en main, style aérien du fait de la verticalité... Actuellement ces bouteilles deviennent de plus en plus en hautes en signe d’affirmation de soi et d’élégance théâtrale.

 

904. Paul Buisse a, cette fois-ci, conçu une étiquette de petite dimension avec un dessin noir, gris, blanc et argent d’une très belle facture pour des Touraine logés dans des bouteilles hautes, noires et terriblement sculpturales.

 

- Guy Saget , pour le Château de la Mulonnière,  a sélectionné une très belle bouteille droite haute, aux épaules arrondies avec un très haut col pour un Coteaux du Layon-Beaulieu qui porte une étiquette verte foncée de taille réduite qui se fond dans la couleur du verre.

 

La question de la bouteille syndicale

Pourquoi la bouteille a-t-elle tant d’importance ? Au fond, ce n’est qu’un contenant utilitaire, comme le prétendent encore des initiés aux rites viniques. On boit le vin, on jette la bouteille. Ce n’est pas si simple si on examine la question de la bouteille ligérienne qui subit beaucoup de concurrence actuellement. La question a figuré parmi les premières préoccupations de la filière vinicole au lendemain de la première guerre mondiale. Arriver dès 1925 à faire adopter une bouteille Anjou avec un écu à la fleur de lys a constitué une avancée majeure dans la quête d’une volonté d’anoblissement des vins d’Anjou et de la démarche qualitative qui allait de pair. La bouteille commune marque l’appartenance à un terr(it)oir(e) commun pour en renforcer la mise en avant perceptible par le client lors de l’achat. C’est ce qu’affirme depuis toujours Jean Bellard qui a oeuvré toute sa vie pour défendre les vins de Loire. Il peine à comprendre la démarche de ceux qui l’abandonnent aujourd’hui, car la bouteille Anjou sait aussi s’adapter.

 

905. Une étiquette très graphique au design noir-blanc,      avec des mentions or tout autour de ce qui pourrait être la bonde d’un tonneau vue de l’intérieur, accentue l’arrondi par sa forme longue et basse d’un Anjou Villages Brissac du Domaine des Rochelles de J.Y.A. Lebreton.

 

906. Pour un Coteaux du Layon, Clos de Chanzé, du Vignoble Dénéchère-Geffard, l’équilibre se fait en pyramide inversée à la pointe tronquée dans une ambiance hippique.

 

Entre la bouteille syndicale et la bouteille personnalisée, il existe une bouteille associant les deux caractéristiques.

- Depuis 1998, P. Bourré, négociant à La Chapelle Saint Florent, utilise pour sa gamme très qualitative de vins médaillés de domaines, la bouteille Anjou avec l’écusson peint. Le procédé utilisé, la chromographie, s’applique sur une bouteille en verre dépoli et la collection a pris le nom de Cuvée Satinée. 

La situation actuelle 

Actuellement, une grande diversité existe, du fait d’un avancement différent des vignobles sur l’échelle du cycle de vie d’usage des différents types de bouteille. Dans certaines parties du Val de Loire, la situation s’est modifiée en raison de la volonté de jouer plus la typicité personnelle que l’appartenance à une ou plusieurs AOC. De plus les vins de maintenant n’ont plus rien à voir avec ce qui se faisait, il y a quelques générations, exception faite des glorieux millésimes dont le prix témoigne de la rareté. En sens inverse, la bouteille ligérienne ou bourguignonne connaît actuellement une extension vers l’Ouest.


- On peut aussi comme Pierre - Jacques Druet pour le Bourgueil Fiefs de Louys mettre en lumière une cohérence entre une étiquette de la fin du 19ème siècle qu’il a légèrement raccourcie et la bouteille qui existait à ce moment-là, la bordelaise.

 

Plusieurs raisons expliquent l’hétérogénéité actuelle. La première a pour nom concurrence qui pousse les hommes et les femmes du vin à choisir une différenciation par la bouteille. Une seconde raison est le développement des Nouveaux Vins de Table qui ne peuvent être embouteillés dans les bouteilles syndicales du fait de l’impossibilité de droit qui leur est faite d’être rattachée à leur région d’origine. La troisième raison vient du mode de vinification. La bouteille bourguignonne est très souvent choisie dès lors que le vin parle de rondeur et/ou d’élevage en fût. La situation est très hétérogène selon les régions. La quatrième raison s’attache à l’image du vin ; la bordelaise par exemple présente beaucoup d’attrait pour des vins contemporains ou des rosés. Il faut mentionner enfin l’attraction de la bouteille personnalisée pour les entreprises de négoce qui traitent de gros volumes.

 

Pour suivre le chemin

. Prochain billet sur quelques problématiques liés à l’identité de la bouteille.

. Photos EP

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Jérôme Quiot ou les 7 clés de succès

23 Octobre 2009, 08:47am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est un homme qui passe plus de la moitié de l’année en dehors de France. Il y a longtemps qu’il ne dit plus à l’étranger parce que cette formulation serait trop réductrice. Il n’y a pas pour lui en matière d’entreprise un ici et un ailleurs. Le monde est son marché. C’est facile à dire, cela ne l’est pas à vivre et à tenir. Il faut pour cela une énergie forte et sans rupture pour pouvoir absorber toutes les contraintes de son métier, ses métiers serait une meilleure formulation. Jérôme Quiot a en en effet l’art de savoir transformer chacune des facettes de son engagement dans le vin en facteurs clés de succès.    

 

Ses sept clés de succès

En 1, avoir le sens de la stratégie d’entreprise.

En 2, avoir un fort ancrage dans la terre

En 3, savoir travailler en famille

En 4, avoir de bonnes relations avec ses banquiers

En 5, être résolument présent sur les grands marchés

En 6, avoir au moins deux responsables export

En 7, s’impliquer personnellement et totalement dans la stratégie, la gestion et la représentation de l’entreprise

 

1. Le sens de la stratégie

Il en faut pour gérer au mieux six domaines et une société de négoce. Certains domaines, comme le Vieux Lazareth pour Jérôme, le Domaine Houchart pour Geneviève, la femme de Jérôme.. sont dans la famille depuis plusieurs siècles et agrandis au fil des ans. D’autres ont été récemment achetés.

 

Cette stratégie a pour objectif de consolider ce qui existe ou d’acheter en fonction des opportunités:

. en atteignant une taille critique intéressante (cas du Domaine du Vieux Lazaret, + de 100ha et du Domaine Houchart, + de 60ha),

. en renforçant sa présence dans l’aire d’appellation Châteauneuf-du-Pape, pour y avoir trois domaines  différents et devenir la figure incontournable de l’appellation,

. en s’implantant en Provence, le nouvel eldorado réservé à ceux qui ont les moyens de pénétrer ces lieux très porteurs en terme d’image,

. ce qui permet d’élargir la gamme des vins, renforcée par ceux de la dernière acquisition du Château de Trignon en vin d’appellation et vins de cépages et d’accroître ainsi ses savoirs faire, conjointement à une autre implantation appelée ‘JQ’ ou ‘Famille Quiot’ dans le site. 

 

Mais atteindre la taille critique, assurer une vinification qualitative des vins, composer une gamme élargie des vins de la Vallée du Rhône et de Provence, optimiser la distribution et la gestion, tout en répartissant les risques au sein de leur société de négoce qui fonctionne avec 90% des vins d’origine familiale, ne suffiraient pas s’il n’y avait les autres atouts qui entrent en synergie les uns avec les autres. 

 

2. L’ancrage dans la terre

Il est constamment présent à l’esprit dans la famille Quiot , aussi bien dans la mise en lumière de l’histoire des domaines que dans l’implantation des extensions actuelles par agrandissement et/ou achats et dans la vision spatiale des réseaux de distribution à l’étranger.

 

Ils ont pour nom le Domaine du Vieux Lazaret, le Domaine Duclaux, ainsi que les Combes d’Arnevels, tous les trois à Châteauneuf-du-Pape, le Domaine Houchart près d’Aix en Provence, le Château du Trignon  et un ensemble de parcelles à Vacqueyras et Beaume de Venise.  Au total, plus de 250 ha d’ancrage à porter et à optimiser. 

 

3. La valorisation de la famille

C’est une constante. Pour chaque domaine, le terme de famille apparaît présentée comme une entité. « La Famille Quiot, vigneron depuis 1748, a établi au fil des siècles et au gré des histoires familiales… ». Cet ancrage familial est le complément de l’ancrage dans la terre. Les deux chantent ensemble la chanson du vin qui pourrait commencer ainsi : « l’histoire de Jérôme Quiot dans le vin commence en 1748 dans le Vaucluze à Châteauneuf-du-Pape dans le domaine du Vieux Lazaret… ». Celle de Geneviève date de la fin du XIXé siècle. Celle de Florence et de Jean-Baptiste,  la fille et le fils de Jérôme et de Geneviève, en 2001 quand leur marraine leur a légué le Domaine Duclaux. Les quatre forment la Famille Quiot qui sont tous actifs dans la prise de décisions et la gestion de l’ensemble entrepreneurial.

 

4 Les bonnes relations avec les banquiers

Pour Jérôme Quiot, l’entreprise viticole est bien une entreprise, qui, comme une autre, doit savoir calculer ses prix, tenir compte de ses charges, en se positionnement face à la concurrence, en particulier en matière d’offre et de prix. « L’entreprise doit être en contact permanent avec le marché et aller à la rencontre de ses acheteurs... Le passage au réel en 1972 a permis à la profession de savoir ce qu’est un bilan. Cela a été un grand progrès. Il ne faut pas se limiter à ne voir que le domaine en oubliant l’entreprise et ses fonds propres ».     

 

5. La présence sur les grands marchés export

L’exportation contribue pour 90% au CA. La décision a été prise lors du passage de la vente en vrac en bouteilles en 1980 par Jérôme et Geneviève. « La Belgique puis le Canada ont été parmi les premiers marchés export. Je suis hors de France plus de six mois par an pour aller à la rencontre de mes distributeurs et des amateurs de vin que je rencontre pour des dégustations . Le contact humain est une des conditions importantes d’animation du réseau de vente. Le vin doit avoir un géniteur, c’est le vigneron. Florence  prend en charge la prospection et participe aux grands salons comme Vinitaly, Vinexpo, en Russie… ».   

 

6. La structuration de l’export

Elle est assurée par la présence de deux responsables qui se partagent l’international. L’un prend en charge les Etats Unis, l’Irlande, le Royaume-Uni, le Benelux, la Suisse…L’autre les Pays nordiques, l’Asie et l’Est. Ils assurent évidemment toute la gestion des ventes et de la logistique.

 

7. L’implication personnelle

Elle est présente dans chacun des six autres clés de succès, non seulement par Jérôme mais aussi par chacun des trois autres membres de la Famille Quiot. La cohérence est totale et dépasse très largement la question de l’image reflétée. L’explication, c’est Jérôme Quiot qui la donne : « La seule particularité des PME, c’est qu’elles sont forcément positionnées sur des marchés de niche ». Quand tous les facteurs clés de succès fonctionnent en synergie sans hiatus, communiquer sur la compétence et la qualité va presque de soi. Il n’est que de voir la réussite du site Jérôme Quiot & Co.  

 

Pour suivre le chemin

. Dans un courrier à La Vigne paru récemment, Jérôme Quiot affirme sa conviction que l’entreprise viticole ne saurait échapper à la gestion, à la finance, et à la vente pour pouvoir poursuivre son développement. Il ne saurait y avoir d’exception culturelle française en ce sens. C’est pourtant ce que veulent croire encore un grand nombre de personnes dans la profession. Il précise aussi que pour les petites et moyennes entreprises vinicoles, seul un positionnement de niche est jouable et tenable.

. Pour connaître tous les vins, voir le site www.famillequiot.com       

 

. Photos EP, croquis FP, peinture collection privée

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WBW47 > Les Habits des Vins d'Expression > Le Signe du Feu

21 Octobre 2009, 08:55am

Publié par Elisabeth Poulain

Nous venons de quitter le cycle contemporain des vins d’émotion. Nous entrons dans le cycle fondamental des vins d’expression, avec ce dernier chapitre, le 9è et dernier de ma recherche consacrée à l’habillage de la bouteille, qui parait dans ce blog depuis plusieurs mois sous le titre ‘The ‘World through the Bottle of Wine’. Ce SIGNE du Feu  est un hommage au feu de la création.   


La création

C’est le feu qui crée, le feu qui a donné naissance au monde. Le feu, source de vie, qui est à l’origine du verre qui enferme le vin et lui donne forme achevée avant son transfert dans un verre à boire cette fois-ci. Un véritable feu matriciel qui est au profond du sens donné au vin et qui donne le style. Il est aussi le feu du vin, celui qui attire et effraie à la fois. Il est enfin celui qui est au cœur de la parole qui lie l’homme au vin, le feu de la création et de la passion.

Le feu du verre

Le feu est le Signe global par excellence, celui dont la bouteille de verre ne saurait pas se passer. Ce ne sont pas les tentatives actuelles qui pourront lui faire concurrence, du moins pour l’instant : des bouteilles en plastique bleu pour du Rosé d’Anjou avec une capsule à vis pour le marché néerlandais, des bouteilles de 25 cl en aluminium  « pour les femmes » en alternative à la bouteille de bière, des briques adaptées au vin en forme de parallélépipède rectangle de couleur, des boîtes boisson à emporter en pique-nique qui se vendent bien au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves… Le plastique et l’aluminium ont certes leurs qualités de légèreté, de coût et de résistance, mais pour l’instant ils ne sauraient avoir la même portée symbolique que le verre.


- Près de la mer, certains vignerons font         ressortir l’origine volcanique de la roche qui nourrit leurs plants de vigne. Jo Landron a donné à sa cuvée la plus connue le nom d’Amphibolite, une roche éruptive à classer dans les basaltes.

- Cinabre est un vin de Touraine de François Plouzeau sur une peinture de Bertrand Bataille, qui fait ressortir le gras d’un rouge peint à l’huile avec des effets de profondeur. Cinabre est le nom d’un rouge vermillon issu d’un sulfure qui est un des composants principaux de la matière terrestre en fusion.

 

L’origine du verre

Le verre est né de la rencontre entre la force du feu, issu des entrailles de la terre ou des profondeurs du ciel, et des matières tels que sable, soude et chaux présents dans notre univers. Vers 100.000 ans avant Jésus-Christ, l’homme savait déjà tailler l’obsidienne, un verre volcanique pour en faire des pointes de flèche. Mais il fallut attendre plusieurs dizaines de milliers d’années pour que l’art du verre naisse en Egypte et en Mésopotamie vers 4.500 avant J.C. Le verre est le premier produit de synthèse que l’homme a su fabriquer.  Même au Moyen Age pourtant peu propice aux liens commerciaux, on sut  faire naître et développer l’art du vitrail présent.

 

901. Un Sauvignon de Marcel Sautejeau réussit tout à la fois à jouer sur la forme stylisée du S du cépage et du fondateur de la marque éponyme, évoquer le feu de la flamme qui crée le verre et célébrer l’art du vitrail avec une réelle dimension spirituelle.

 

Il fallut ensuite attendre la Renaissance pour que s’ouvre une nouvelle ère du verre qui fit de l’Europe le berceau mondial du verre. Quant à la bouteille de verre utilisée pour l’usage du vin, on la connaissait déjà bien en Loire avant la Révolution française. Certaines manufactures de verre produisaient plus d’un million de bouteilles par an, toutes soufflées à la bouche. Le transport fluvial par bouteille vers Paris représentait un avantage considérable par rapport au transport par barrique. La mise en bouteille se faisant dès lors au domaine, le risque de fraude par mouillage lors du transport diminuait ainsi que le risque d’oxydation.

 

- Louise de Dreux-Brézé qui gérait le grand Domaine du Château de Brézé au 18ème siècle s’en était faite une fervente partisane. Actuellement, son descendant, Jean de Colbert utilise la bouteille Anjou pour le Saumur Rouge et la bouteille lourde bourguignonne pour le Coteaux de Saumur, Clos Bonnenouvelle.            

 

Venise et la Bohême

C’est là qu’est né le verre de cristal ; la troisième technologie se fit jour en Angleterre au 18ème siècle avec la naissance et le développement du verre industriel. La bouteille de verre fut désormais produite en très grandes séries grâce à l’utilisation en continu du charbon et non plus du bois jusqu’alors. De nos jours, l’industrie de verre a subi une très forte concentration avec le rachat des petites unités indépendantes de production par les grands groupes européens.

 

La bouteille est le siège du grand secret du pouvoir de communication : une étiquette ne porte pas le sens à elle seule, elle n’acquiert de signification qu’une fois positionnée sur une bouteille pleine. Il suffit de faire le test entre voir une étiquette seule, une bouteille seule, la bouteille remplie, bouchée et capsulée, la bouteille revêtue de l’étiquette, de son macaron s’il y lieu, de la contre-étiquette. Huit opérations uniquement pour doter une bouteille d’un sens et d’un style. Chaque étape apporte quelque chose et à chaque fois il faut tester ses idées pour voir si la cohérence se poursuit.

 

Pour suivre le chemin

. Le prochain billet sera consacré à la bouteille, sans laquelle il ne saurait être question pour le vin de porter des habits.

. Les étiquettes de ce chapitre sont à voir dans 9Labels dans l’album photo.  

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Invisibilité, identité et image > L’exemple de l’Estuaire de la Loire

20 Octobre 2009, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Sous ces trois I que sont l’invisibilité, l’identité et l’image d’un territoire, le cas de l’Estuaire de la Loire offre un très bon exemple de la mise en lumière d’un territoire qui a été jusqu’il y a peu encore un territoire ignoré par la société mais pas de ceux qui l’utilisaient.  

Le diagnostique d’invisibilité, un fait sociétal

Cette invisibilité était le fait de la société dans son ensemble. Bien sûr, certains connaissaient l’estuaire et en tiraient profit. Les habitants des villes et villages situés sur les rives, les pêcheurs et transporteurs fluviaux, les propriétaires de belles demeures avec vue sur la Loire en connaissaient l’importance économique ou la beauté. Ce capital n’était pourtant pas pris en compte par les décideurs, un mot d’aujourd’hui pour désigner tant les pouvoirs publics que les entrepreneurs. La Loire était belle certes, mais son existence devait d’abord servir d’autres fonctions.  

La vision réductrice de la Loire

Au fil du temps, on n’a pas résisté d’en faire par exemple :

. une route au service du passage des grands bateaux jusqu’à Nantes, quitte à dévier son lit principal, à le creuser très profondément, à modifier ses rives, à créer des îles artificielles ;

. une cuvette à  curer tous les jours pour y enlever les vases qui se forment au contact du choc entre l’eau salée et l’eau douce ;

. un gisement inépuisable de sable pour la construction et l’agriculture ;   

. un gigantesque réservoir d’eau douce inépuisable avec des tirages très importants au service de l’agriculture, l’industrie…

. un déversoir d’eaux dont le traitement de recyclage n’est pas toujours bien maîtrisé ;

. une gigantesque pompe aspirante et refoulante pour les émissions de gaz et de matières liquides toxiques pour l’homme et la bio-diversité…  

 

La fonction utilitaire de l’Estuaire de la Loire au cours globalement du XIX et des ¾ du siècle dernier a fini par occulter quasi-complètement l’estuaire en tant que territoire spécifique, surtout quand des voies rapides en rive droite d’où on ne voit jamais la Loire ont permis de rejoindre Nantes au littoral. Le développement de la métropolisation de Nantes-Saint-Nazaire a en effet accentué le phénomène.   La rive sud, quant à elle, a gardé plus longtemps son caractère caché, un peu secret en symbiose avec le fleuve lui-même.

 

Les troubles fonctionnels

La complexité et l’antagonisme des fonctions utilitaires de la Loire ont été clairement révélés quand des troubles ont commencé gripper la machine. Citons, sans les développer, les dégradations des rives, l, la baisse considérable du niveau des eaux, les atteintes à la biodiversité, l’accroissement du bouchon vaseux à l’entrée de l’estuaire, la pollution des eaux, l’élévation de la température de l’eau, le coût de ces dégradations et leur irréversibilité pour certaines…Ces phénomènes négatifs ont d’abord été ignoré à des titres divers puis pour certains cachés lors la prise de conscience de l’irréversibilité de certaines atteintes.

 

L’invisibilité

La sur-utilisation de la Loire a conduit à la rendre invisible, d’autant plus que des industries lourdes et/ou polluantes se sont établies sur ses bords.  En témoignent des présences architecturales industrielles qui, dans l’esprit sociétal d’après la seconde guerre mondiale, étaient le contraire du beau. Dans le même temps, plus se développait la construction en front de mer La Baule-Pornichet et Saint-Brévin de l’autre côté de l’estuaire, plus la présence industrielle devait s’effacer. Ce travail d’occultation a été facilité par la baisse de la production industrielle particulièrement en sud Loire près de Nantes. Elle a renforcé l’invisibilité de la Loire. 

 

La prise de conscience de l’identité grâce au développement durable (DD)

Elle est venue de la rencontre entre le besoin de vue sur la Loire des nouveaux habitants des logements venus remplacer les installations industrielles et de l’analyse de la situation faite par les écologistes. Il fallait faire quelque chose. Le développement durable a permis de remettre tous ces éléments en cohérence. L’Europe a stimulé la prise de conscience de la richesse de ce patrimoine irremplaçable et d’autant plus fragile qu’on lui en a trop demandé, sans vraiment penser en terme de coût et de contre-partie pour le fleuve lui-même et pour la société. L’estuaire est alors sorti de son invisibilité.  

 

Le renforcement de l’identité                      

S’est alors posé la question de l’identité de ce territoire fragile. Toujours grâce à l’UE dans le cadre de l’Agenda 21, un plan ambitieux de connaissance était mis en place. Il a pu s’appuyer sur des travaux de qualité menés par des chercheurs et des institutionnels groupés dans GIP Estuaire qui ont apporté des certitudes sur la richesse de ce patrimoine et des remèdes à appliquer. De même que le développement durable est une démarche collective au niveau européen, de même l’organisme  est issu d’un groupement collectif de toutes les instances publiques concernées qui montrent ainsi leur capacité à travailler ensemble pour le bien de tous et celui de la Loire en particulier. Le troisième niveau de cette construction est fondé sur la démarche de la Région des Pays de Loire qui a mis en place une importante opération d’appropriation de l’Estuaire par ses citoyens grâce à l’opération des Assises 2008 qui se poursuit depuis lors.

 

De l’identité à l’image et vice et versa

Parallèlement, alors que les rapports au fleuve se modifiaient du fait de la prise de conscience de ce trésor en terme de patrimoine naturel et de paysage, l’image de l’estuaire de la Loire a changé. Cette évolution douce a été  accompagnée et renforc2e par la volonté de Jean Blaise, grand concepteur d’art et d’évènements culturels éphémères toujours en lien avec des lieux, des territoires et ceux qui y vivent, y travaillent et y passent. C’est lui par exemple le maître à bord du Lieu Unique installé au siège de LU, la grande entreprise de biscuits nantaise. C’est aussi lui qui a crée les Nuits blanches à Paris, qui se déclinent maintenant dans bon nombre de capitales dans le monde. C’est aussi lui qui met en scène la biennale « Estuaire 2007-2009-2011 Nantes Saint-Nazaire » qui vient de connaître sa seconde édition cet été. 

 

L’image

Elle est s’appuie sur un territoire suffisamment vaste et inconnu pour attirer les curieux toujours en demande de nouveauté limitée dans le temps. Il faut être de ceux qui étaient là. Ici, c’est l’Estuaire d’ailleurs, plus que la Loire d’ailleurs qui traîne une image un peu trop exploitée de châteaux de conte de fées. Ce seront les bâtiments industriels surtout qui donneront à cette découverte en forme de ré-appropriation d’un territoire par ses habitants une forme d’hommage détourné. Voir autrement ce qui était, grâce à la magie de l’art, concevoir autrement, s’amuser ensemble avec d’autres, tels sont quelque uns des objectifs de Jean Blaise, qui sait concevoir et mettre en scène des évènements culturels innovants qui s’offrent aux passants, curieux de nouveaux regards sur leur environnement spatial pour un temps limité. Pour résumer la démarche de Jean Blaise, de son équipe et des artistes qui jouent avec eux, on pourrait dire qu’au cœur de la démarche, il y a

 

1. un concept fort artistique innovant et décalé ; ici voir, sentir, appréhender, découvrir, se réapproprier … l’estuaire autrement,

2. en faisant appel à des artistes venus d’ailleurs et d’ici  avec une grande mixité culturelle,  

3. dans un espace territorial défini, l’estuaire étant l’acteur de sa propre création,

4. pour un temps défini, ici l’été avec un rendez-vous tous les deux ans, 2007-2009-2011,

5. offert aux habitants qui sont les découvreurs-inventeurs-co-créateurs de cette scénographie culturelle-naturelle,

6. dans une démarche de mouvement ; il faut se déplacer pour aller sur site,

7. et ce faisant, tracer un nouveau maillage du territoire, appelé presque naturellement à devenir pérenne, comme par exemple la Villa Cheminée, œuvre de l’artiste japonais Tadzu Nishi qui est à louer 85 EUR la nuit.    

 

Pour suivre le chemin

. Pour le GIP, voir http://www.loire-estuaire.org/

. Pour la région Pays de Loire, voirhttp://www.territoires.paysdelaloire.fr/territoires/2009/fevrier/detail-article/nb/1518/n/assises-regionales-et-agenda-21-la-democratie-citoyenne-a-lhonneur/

http://www.paysdelaloire.fr/fileadmin/PDL/DEPT/Developpement_durable_Assises_08_BD.pdf qui vous donnent les chiffres clés des assises 2008 : 4 500 participants, 38 conseils de développement mobilisés, 18 débats (de novembre à janvier), 17 instances de concertation labellisées, 4 panels constitués de 60 citoyens dont un consacré au développement économique de l’estuaire en lien avec ‘l’équilibre naturel’ de l’estuaire, 20 000 visiteurs sur le site Internet des Assises, 5 000 réponses au questionnaire publié dans le magazine des Pays de la Loire.

. Pour la Villa Cheminée à louer, http://www.dolcerama.fr/article.php?id_article=1085

. Photos EP à partir du livret de l’événement, avec mes remerciements.  

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Votre vin? Avec ou sans sulfites?

14 Octobre 2009, 09:25am

Publié par Elisabeth Poulain

L’intérêt de la question. Poser la question est une avancée réelle, au moins à mes yeux. Plus que d’une mode condamnée par la plupart des professionnels du vin, la question de l’anhydride sulfureux (SO2) ajoutée est une vraie question. Elle est même si importante qu’elle dépasse largement les frontières du bio. Elle distingue ceux qui savent et veulent faire du ‘bon’ vin des autres en sachant doser au bon moment.

 

Les personnes concernées. D’aucuns demandent aussi à aller plus loin. Car la démarche consistant à savoir utiliser à bon escient le souffre sous forme de sulfite (SO2) comme adjuvant de la vinification des vins blancs et rosés surtout ne concerne pas seulement les vignerons et leur oenologue. Elle touche directement l’amateur et le consommateur de vin. Boire des vins blancs et rosés comporte un risque réel de réaction allergique pour ceux qui sont sensibles aux sulfites. Mais pas seulement, car ce serait encore une démarche de stigmatisation à l’encontre de ceux qui sont allergiques, considérés comme des malades, des gêneurs qui osent troubler le ron-ron d’une vinification depuis plusieurs décades quasiment sans risques grâce à ce merveilleux médicament qu’est le sulfite. S’il est un malade dans l’affaire, ce n’est pas celui qui présente une allergie mais bien le vin super-enrichi en sulfite.    

 

La mention « contains sulphits ». Sous l’influence des Etats-Unis qui ont adopté une réglementation en ce sens en 2005, il est maintenant aussi obligatoire en Europe d’indiquer la mention « contains sulphits » ou « contient des sulfites » dés lors que le taux de 10mg par litre est atteint. L’absence de mention ne signifie donc pas qu’il n’y a pas de sulfite mais seulement que la dose des 10mg n’est pas atteinte, sans que l’on sache combien de sulfites au total il y a. Retenons qu’une affirmation négative de ce type est déjà difficile à comprendre ; elle est en plus quand même étonnante puisqu’on est en droit de penser en l’absence de mention qu’il n’y a pas de sulfites alors qu’il y en a.

 

L’indication de la quantité de sulfites. Une solution apparemment plus simple serait alors tout simplement de dire clairement combien  il y a de sulfites. Ce serait quand même plus facile à comprendre. Mais, mais ce n’est certainement pas l’opinion de beaucoup de vignerons. Seuls quelques rares vignerons disent exactement la quantité de sulfites ajoutés dans leurs vins. Pour son Anjou ‘Vignes françaises’ par exemple, Mark Angeli indique non seulement la dose mais aussi le type de sulfites : « Composition : 20mg de SO2 volcaniques ». C’est le 4è chiffre de l’étiquette, après le millésime 2004, la contenance 75cl et le degré d’alcool 14° et c’est aussi le seul à ne pas être obligatoire. Ce genre de démarche qui consiste à dire ce qu’on fait et à faire ce qu’on dit est pourtant rarissime à une époque qui a pourtant inventé la traçabilité.

 

Le sulfite ou SO2 . Tout part du souffre déjà connu Rome dans l’antiquité pour désinfecter les amphores puis plus tard les fûts, une invention gauloise comme chacun sait. En 1900, le procédé ressortit de l’oubli pour désinfecter la vendange et il fallut attendre plus de la moitié du siècle, avec les progrès de l’œnologie en lien avec le développement de l’industrie chimique, pour que soient vraiment connus les effets du souffre. Celui-ci se transforme en anhydride sulfureux, SO2 ou sulfites, quand il est mis en contact avec la vendange, le moût ou le vin.  

 

Les bienfaits pour celui qui fait le vin ou le soigne. C’est un véritable médicament guérisseur et/ou qui prévient un grand nombre de maux. Grand antiseptique, il est capable de freiner le développement des bactéries et des levures ; il prévient l’oxydation et facilite la clarification du vin. Pour les œnologues, il est un adjuvant irremplaçable sans concurrent encore actuellement. Il a toutes les qualités. C’est un puissant anti-oxydant, anti-bactérien pendant la vinification et un stabilisant à la mise en bouteille. 

 

L’usage, le moment et la dose employée

Certains vignerons n’utilisent pas de souffre, comme Claude Courtois, membre du groupement des Vignerons-Artisans. D’autres, et c’est le cas de Philippe Gourdon du Château Tour Grise du Puy Notre-Dame, ne sulfite pas pendant la vinification mais seulement à la mise en bouteille pour éviter que le vin souffre pendant le voyage. Tous dans le groupe sont d’accord pour souligner que « le sans souffre ne peut être une règle absolue. Tout est question de proportion. Seul l’excès est nocif, qu’il s’agisse d’oxygène, d’azote ou d’hydrogène ».

 

Le type d’anhydride sulfureux (SO2). L’usage du SO2 ne se résume pas à la dose employée ni au moment où l’additif est mis en contact avec le raisin ou le vin. Il est de savoir aussi de quel type il s’agit car ils sont deux SO2, le libre et le combiné. Quand un  seul est indiqué (cas de Mark Angeli), il s’agit de la somme des deux. 

-        Le SO2 à l’état gazeux est dit libre. C’est lui qui protège la vendange ou le vin des contaminants et de l’oxydation.

-        Le reste s’intègre au vin (sucre et ferments) dans une proportion globale de 2/3, ce qui modifie le goût même du vin.

-        Les deux additionnés forment le SO2 total, toujours cité en second.   

 

Les effets sur celui qui boit le vin. Pour ceux qui sont allergiques aux sulfites, la seule solution pour eux est de ne pas boire de vin du tout. Pour tous les autres, trop de sulfites n’est jamais bon. C’est grâce à eux et à certains distributeurs que la situation bouge et commence à se décanter dans un sens de plus grande transparence. 

 

Le Guide des Vins Tests-Achats des Vins 2009. C’est la démarche suivie par Test-Achats en Belgique depuis quelques années pour nous expliquer ce qui se passe. Test-Achat est une association de consommateurs, connue pour son sérieux et sa vocation pédagogique. Son objectif est d’éclairer l’acheteur de vin en associant à sa démarche le distributeur. On trouve de ce fait le nom du magasin où il est possible d’acheter le vin, avec le prix, ce qui est important pour indiquer dans quel segment se situe le vin analysé. Chaque vin reçoit une note lors de la dégustation (très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais). Une note chiffrée et codifiée est aussi attribuée par d’autres critères, comme ce fameux SO2. Pour ce billet, je n’ai sélectionné que les vins de Loire et les sulfites indiqués comme suit :

tb (très bon), b (bon), m (moyen), - (médiocre), m2 (mauvais)

 

La sélection Val de Loire. Les neufs blancs 

Vins

SO2 libre, note + app.

SO2 total

Note globale

Chenin, JBG 2007

18 = m

138 = m

b

Cheverny Pure Souche 2006

26 = b

101 = m

b

Coteaux du Layon E.. 2006

33 = m2

299 = m2

m2 = vin écarté de la sélection

Muscadet, Ch. La G... 2007

36 = m

142 = m2

m2

Pouilly Fumé, La Bergerie 2007

26 = m

119 = m

b

Pouilly Fumé, Champalouette 2006

30 = b

115 = m

b/-

Sancerre, Pascal Balland 2006

21 = b

69 = tb

tb/b

Saumur, Ch de Targé 2005

13 = tb

86 = b

b

Saumur, Alfred Pery 2006

19 = b

115 = m

b

 

Les quatre rouges

Chinon, Les Hardonnières

22 = b

50 = tb

b

Saumur-Champigny, La Guilloterie

11 = tb

20 = tb

tb

Saumur-Champigny, Thierry Germain

12 = tb

20 = tb

b

Côt, Roc de Chateauvieux

18 = tb

20 = tb

m/-

 

Quelques commentaires

. L’analyse chiffrée ne concerne pas que les sulfites mais aussi l’alcool mesuré, les sucres totaux, l’acidité totale, l’acidité volatile, l’acide sorbique…

 

. Pour les rouges, elle indique si la fermentation malo-lactique est ‘OK’. Cette analyse est complétée par une dégustation (œil/nez/bouche) qui obtient, elle aussi, une des cinq notations. Les rouges sont un bon exemple, le Saumur de la Guilloterie a tout bon, le second de Thierry Germain est toujours bon à la dégustation mais il ne l’est plus très. Quant au 4ème, il présente un cas rare. L’analyse chiffrée est quasi excellente -seule l’acidité volatile a obtenu un bon au lieu d’un très bon-. Par contre la dégustation a été sévère au point de faire basculer la note globale. Leur point commun est la très bonne maîtrise du SO2, en libre et en combiné. 

 

. La situation des blancs est plus contrastée. Le Coteaux du Layon a été écarté de la sélection pour cause de SO2 trop élevé. Il est intéressant de noter que le taux le plus bas en SO2 libre n’est pas forcément jugé le meilleur (26 a un un b et 18 un m) ; par contre, ce constat n’est pas valable pour le SO2 total. C’est le Sancerre qui obtient 69 en SO2 qui a le tb ainsi qu’en note finale tb/b.

Autre chose, un score moyen en SO2 (Pouilly Fumé La Bergerie) n’empêche pas d’avoir un b en final.   

 

. Les Rosés n’ont pas fait l’objet de la pré-sélection en bouteille et ceux de Loire ne sont pas présents en BIB. Il n’y a eu aucun vin de Loire en Bag-in-Box sélectionné sur les 62 présents dans Le Guide des Vins d’Achats-Tests. Quant aux bouteilles, seuls 13 proviennent de la Loire sur les 362 vins au total (BIB inclus) !

 

. Cette présence très faible des vins de Loire dans la sélection montre le changement dans un marché qui, jusqu’à il y a peu faisait partie des marchés amis, comme une extension ‘naturelle’ pour les producteurs français. Les consommateurs demandent des vins du soleil ou des Pays tiers qui les changent et les distributeurs se plaignent souvent de l’absence de promotion par les professionnels français pour leurs vins.    

         

Pour suivre le chemin

. Le Guide des Vins, Test-Achats, Rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles, www.test-achats.be 

. Voir les vignerons qui appartiennent au groupe  www.vigneronsartisans.com/les    motsest une question de proportions. Seul l’excès est nocif, qu’il s’agisse d’oxygène, d’azote  d’hydrogène.

www.vinexpert.com/articles_vin/vin_additifs.php

http://www.viticulture-oenologie-formation.fr/vitioenoformlycee/vinbio/photos/charte-vinbio-fnivab/analyse-regl-vinbio.pdf
. Photo EP

Quelques adresses intéressantes
. Iris Rutz-Ruddel du Domaine de Lisson, qui apporte une bonne précision à voir dans son commentaire ci-dessous: http://lisson.over-blog.com/        

. Un couple de vignerons fous, sans sulfites eux non plus !
http://users.skynet.be/truegreatwines/domaine/casotdesmailloles.html


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WBW46 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'accord avec la musique

11 Octobre 2009, 11:21am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Boire un bon vin, assis au soleil couchant au son de la musique, était déjà un plaisir au temps des Pharaons. Aujourd’hui l’accord avec la musique sur la bouteille se fait en citant une lettre, un mot, en montrant des notes de musique, en utilisant des dénominations musicales ou en montrant des mains tenant la baguette du chef d’orchestre :


847. ‘Clé de Sol’ est aussi le nom d’une cuvée de Damien Delecheneau pour un Montlouis.

 



848. ‘Bel Canto’ est un vin de pays La Chaume, Vix, de Christian et Estelle Chabirand en hommage à Geneviève Vix, cantatrice née à Nantes en 1879 et fut pensionnaire de l’Opéra de Paris.

 



849. Marc et Laurence Vincent du Domaine de La Paleine au Puy Notre-Dame ont nommé leur cuvée haut de gamme Saumur ‘Pamina’ du nom de la fille de la Reine dans La Flûte enchantée de Mozart.

        










850. L’étiquette du Saint-Nicolas de Bourgueil du Vignoble de La Jarnoterie, Cuvée Concerto,a été conçue par Carine Rezé, vigneronne-musicienne, qui place la partition au cœur     de Concerto avec un effet d’optique en entonnoir ; la rondeur est donnée par le C de Concerto qui boucle sur lui-même.

 

 

851. Pour Gérard et Catherine Bossé, Michel Tolmer a aussi conçu l’étiquette de l’Anjou Blanc’ Les Buttes de Saint-Germain des Près’, une parcelle très qualitative dont le vin est vinifié par Patrick Baudouin.

 


852. Thierry Michon, au Domaine Saint-Nicolas, joue ses ‘Gammes d’Eté’ à l’accordéon constitué par des bouteilles, pour un Fiefs Vendéens ;

 



853. puis au Domaine Richou, la famille entonne ‘l’R d’Anjou’ en buvant un Rosé d’Anjou tout en lisant les paroles de la chanson sur la contre--étiquette.

 
















854. La journée se finit autour d’un vin de table de France ‘Symphonie du temps’, n° 03 de l’opéra des vins (en petites lettres), de Jean-Pierre Robinot, négociant-vinificateur, avec une étiquette conçue par lui à partir d’une de ses œuvres picturales (voir ci-dessous).                         

 

Transition du Signe du Je-u vers le Signe du Feu

Avec le Signe du Je-u se termine le cycle ouvert sur le partage d’Emotion, commencé avec le Signe de la Couleur, complété avec le Signe du Trait. L’hommage familial et l’humour ont toujours fait partie de l’univers du vin mais l’appartenance à ce signe est particulièrement perceptible  dans ce signe. Il rejoint aussi bien évidemment le Signe de l’Homme par lequel j’ai commencé cette étude.

                                         

Le prochain Cycle s’ouvre avec le Signe du Feu (chapitre 9 et dernier), qui sous-tend l’ensemble des huit autres Signes.  

                                                     

Pour suivre le chemin

. Repérer les nouvelles tendances sensorielles

Plusieurs essais sont faits en Loire actuellement sur la recherche de matière pour évoquer une sensorialité du toucher, comparable à ce qui se fait entre l’ouie, la vue et le goût par la musique. Pour l’étiquette, il y a des nouvelles matières, de nouvelles sensations et une approche plus sensuelle avec :

 

-        le métal, comme l’étain massif poli pour anoblir un Saumur brut Instinct millésimé de Bouvet-Ladubay et qui a eu tant de succès que la maison est en rupture,

-        le relief pour donner la profondeur : Pascal Cailleau du Domaine du Sauveroy pour un Anjou-Villages Cuvée Andégave et Jérémie Huchet du Domaine de la Chauvinière  pour un Muscadet,

-        le bois pour évoquer le bois ou l’élevage en fût: du frêne pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie d’Yves 

       Provost et Ebène pour un Saumur-Champigny du Domaine Fouet,

-        du papier-tissu velours pour apporter la douceur et une nouvelle profondeur à l’étiquette avec Jacky Blot de La Taille aux Loups pour un Crémant de Loire,

-        un effet dentelle pour entrer dans l’univers féminin : Marc Houtin de La grange aux belles pour un 

      Crémant de Loire et aussi Ackerman Loire pour son Coteaux du Layon, son 
      Chenin…

-        des papiers métallisés qui diffractent la lumière et captent le regard avec Françoise Flao des Caves de Grenelle pour toute une gamme de Crémant de Loire ou Réthoré-Davy de Saint Rémy en Mauges pour leurs vins de pays de cépage ou d’assemblage.

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