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Le Blog d'Elisabeth Poulain

WBW36 > Les Habits des Vins d'Emotion > La contre-étiquette

24 Août 2009, 19:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ces informations sont le plus souvent portées sur ce qui s’appelle improprement la contre-étiquette qui est située à l’opposé de l’étiquette. Elle se présente le plus souvent comme une petite étiquette qui contient les informations sur le type de vin, le degré d’alcool, le volume, le nom, l’adresse et la qualité de l’embouteilleur, l’origine France, le n° de lot de la bouteille, l’indication de la présence de sulfites avec le logo FE (femme enceinte). Des informations supplémentaires peuvent y être portées sur la région, le Val de Loire, avec une carte de la France (rare), une présentation du terroir, du ou des cépages, de l’âge des vignes, avec des conseils de services et des accords mets-vins. Mais il est toujours possible de dire autrement, en y ajoutant de l’émotion.

 

A l’étranger tout dépend du degré de connaissance des vins français. Kermit Lynch par exemple, le plus célèbre et l’un des importateurs les plus connaisseurs de vins français aux États-Unis, appose la contre-étiquette réglementaire aux normes américaines avec en plus une citation de Jefferson.

 

747. Pour le Muscadet Sèvre et Maine sur lie d’André-Michel Brégeon, la contre-étiquette de Kermit Lynch, Berkeley California, porte un dessin de deux hommes en costume d’époque trinquant au vin, assis sur des barriques dans une barque, avec au-dessus cette citation « Good wine is a necessity of life for me » (en traduction littérale, le bon vin est une nécessité de vie pour moi). Une profession de foi en moins de dix mots de Thomas Jefferson (1743-1826), Président des Etats-Unis, qui acheta la Louisiane à la France.

 

La prise de conscience de l’existence d’une surface supplémentaire sur la bouteille est acquise. Toute l’évolution depuis plus d’une décade porte sur la perception d’un media qui ne demande qu’à être habité/habillé ou au contraire dénudé. La tentation est grande d’en dire beaucoup ou toujours plus, pour se démarquer de la concurrence. La difficulté consiste à trouver le bon équilibre entre le dit et la façon de le dire.

 

Plusieurs niveaux d’informations peuvent être distingués : 

. Le minimum 

Le niveau 1 est une exigence de la Grande Distribution qui exige le code barre. La gestion des stocks en temps réel oblige à coder chaque bouteille de façon à pouvoir en suivre la trace grâce au code barre.

 

. La confiance

Le niveau 2 indique que le vigneron croit en son vin sans fausse note :

- Pour ses Touraine Méthode traditionnelle, Intense ou Élégant, Marielle Henrion reproduit un dessin du château sur la contre-étiquette qui est aussi raffinée que l’étiquette.

 

. Le partage des connaissances

Le niveau 3 marque une avancée de partage de la connaissance, le vigneron en profite pour en dire plus à celui qui a la bouteille en main.

- C’est le cas de Serge et Pascal Bonnigal pour un Amboise Touraine demi-sec du Domaine de la Prévôté. Les deux frères indiquent le cépage avec quelques accords mets-vins et signent leur message. Pour leur ‘Cuvée François Ier’, ils donnent la parole au Grand Roi qui vécut à Amboise de 1494 à 1547 et qui favorisa l’implantation du cépage Côt dans la région.

- Frédéric Brochet d’Ampelidae, Marigny Brizay souligne la « parfaite maîtrise technique entièrement naturelle » sur la contre-étiquette. 

 

La hiérarchie de l’information

Le vigneron peut aussi structurer et coder l’information pour en dire plus à l’acheteur et faciliter sa lecture.

- Pour son Muscadet Coteaux de la Loire, Philippe Marchais, Domaine de La Bronnière, Le Loroux Bottereau, indique le terroir avec l’exposition, le cépage, la vinification, la saveur dominante, les conseils de dégustation (mets, température, garde). L’étiquette porte sur le côté gauche en vertical le nombre de fleurs de vigne qualitatives : ici trois, le maximum.

 

- Louis Luneau des Vignobles Louis Luneau, dont les vins sont mis en bouteilles par Donatien Bahuaud, soigne l’habillage d’une gamme de vins de Loire incluant un Saumur La Roche aux Loups. La contre-étiquette est éclairée sur le côté droit par une photographie estompée du vigneron avec sa signature dessous et son nom écrit en lettres d’imprimerie en dessous. Face à face, figurent deux parties d’un texte qui commence par « mes amis » et se termine par « ma femme » entre les deux, des mots tels que « vin gourmand… soyeux… savourer… délices ». Quelques accords mets-vins complètent ce texte très court. Du Colombo gastronome et gourmet.

 

-  Wilfrid Rousse a conçu pour son Chinon, Les Galuches, une contre-étiquette exceptionnelle à plusieurs titres : elle explique le dessin de la girouette, indique la date de plantation, la durée de l’élevage dans des caves de tuffeau et fournit une description développée du vin.

 

 

 

L’indispensable à dire

Le niveau 4 montre une profonde évolution, qui marque une rupture sur ce qui se fait usuellement, pour répondre ainsi à la demande des amateurs de vin et de la distribution traditionnelle. La contre-étiquette devient la partie la plus importante de l’habillage parce que c’est là que le vigneron peut dire quelles sont ses valeurs.

 

- C’est Nicolas Joly qui a ouvert la voie d’une façon très complète pour dire le plus avec le minimum de mots, comme nous l’avons vu dans le SIGNE de L’Homme (Chapitre 1).

 

- Marie-Annick Lemaire parle de sa démarche pour ‘L’Autre’, un Vouvray: « Ce vin est issu du cépage chenin. Mes vignes sont en conversion biologique depuis 2002. Je n’utilise donc aucun produit chimique de synthèse pour la culture de la vigne. Ensuite je prolonge ce travail à la cave en n’utilisant aucun produit œnologique et en utilisant des doses de souffre limitées. Ce vin est un produit naturel, il doit être conservé à une température maximale de 14° et peut présenter un léger pétillement à l’ouverture dû au gaz carbonique laissé volontairement pour protéger le vin. En vous souhaitant une très bonne dégustation. Marie-Annick Lemaire. »

 

La réaction

Le refus de la contre-étiquette a également de nombreux adeptes tant chez les vignerons que chez les amateurs. La situation, vue du côté de ces derniers est au moins aussi complexe. Beaucoup estiment qu’il appartient à chacun d’ouvrir sa voie dans les chemins du vin plutôt que de se laisser guider par d’autres. Les passionnés de vin appartiennent au genre ‘actif-défricheur’ et savent trouver l’adresse des vignerons, comme les Frères Foucault qui choisissent de ne dire que le strict nécessaire réglementaire. Les blogs dédiés aux vins ont profondément modifié la situation : ils rapprochent les amateurs des vignerons en donnant une information personnalisée n temps réel sur le vin dans la bouteille et le vigneron qui en est l’auteur.

 

Pour suivre le chemin 
. Le prochain billet sera consacré au style de la graphie utilisée dans le SIGNE du Trait (chapitre 7 et 2è chapitre des Vins d’Emotion qui appartiennent au CYCLE contemporain

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Le vigneron nouveau, entre jardinier et animateur du vignoble (2)

23 Août 2009, 11:50am

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est la nouvelle vision du vigneron dans le vent. Cet homme là a d’abord une forte légitimité de vigneron, sans laquelle il ne passe pas grand chose. Comme si cela ne suffisait pas - et cela ne suffit pas pour avoir une ‘vraie’ visibilité pour la presse et les acheteurs-, il lui faut impérativement d’autres cordes à son arc ou d’autres flèches attachées à son carcan. Il doit maintenant être en plus jardinier du vignoble et animateur du vignoble. Ce sont des nouveaux métiers socio-culturels à dimension pédagogique et ludique, accessibles en priorité à ceux qui exercent déjà leur métier de vigneron.

 

Pour les petits vignerons, il faut maintenant accrocher deux autres casquettes aux patères du local technique où sont entreposés les matériels de travail, celle de jardinier et en plus celle d’animateur culturelle et ludique, avec parfois une teinte de pédagogie pour la bonne conscience des parents qui emmènent leurs enfants. C’est une des conséquences de l’oeno-tourisme, qui balaie le vignoble comme le ferait une gigantesque vague rose ou à bulles.

 

Devenir jardinier du vignoble demande beaucoup de travail Il faut préserver, restaurer ou parfois inventer la beauté des paysages viticoles, celle que recherche des citadins qui rêvent d’une nature qui n’a bien souvent jamais existé. C’est un capital que tous revendiquent maintenant mais que seuls certains portent sur leurs épaules, physiquement et financièrement. Il est proprement admirable de voir des chercheurs éminents affirmer la beauté du paysage viticole, en revendiquant la découverte de ce concept.  L’exemple de la charte de Fontevraud (2003) est à ce titre riche d’enseignement. Certains n’ont jamais été travaillé dans les vignes, ni tenu une binette ou un sécateur dans la main …mais peu importe. Parler, ils savent faire.  

                                         

Muter un vigneron, dont le métier est quand même de faire du vin, en animateur culturel et festif de l’espace dédié à la vigne et au vin est encore plus délicat. Il s’agit là d’inventer et de créer du nouveau là où il n’existait rien. Au point qu’on se demande aujourd’hui ce qu’on faisait donc dans le vignoble avant, avant la découverte de l’oeno-tourisme. Maintenant, le vigneron assure, en plus de son métier qui l’occupe quand même quelques 12 h par jour, nourriture, boisson évidemment, musique, danse, exposition de peintures, ballades pour ouvrir l’appétit ou pour digérer. Certains fournissent également le gîte avec les chambres d’hôtes. Ils sont devenus décorateurs pour l’occasion et travaillent avec les antiquaires. J’ai certainement oublié des prestations mais c’est déjà tellement énorme que j’arrête là mon énumération.   

 

Si ces deux nouvelles facettes se limitaient à une deux après-midis ou soirées par ci par là, il n’y aurait rien à redire. Mais il arrive un moment où trop, c’est de trop. Le problème est que quand on investit dans le paysage, les abords ou dans l’animation, il faut bien à un moment trouver le retour sur investissement. Il n’est plus question alors de n’ouvrir qu’un week-end au printemps, à l’automne et pou les fêtes. Par ailleurs, par méconnaissance des exigences de la gestion d’entreprise, on en demande trop à la profession, sans toujours beaucoup de renvoi d’ascenseur. Trop souvent le vigneron anime gratuitement la sortie ou l’invitation chez lui alors que les organisateurs qui font appel à lui font payer la visite, pour couvrir leur frais. Oui et ceux du vigneron alors? Il est censé s’y retrouver par l’augmentation de sa notoriété  avec des incidences ultérieures positives sur les ventes de ses vins.

 

Quant à trop vanter la beauté des sites dédiés à la vigne et au vin, il est un autre inconvénient qui me semble grave. C’est la volonté de cacher la dimension du travail nécessaire pour arriver à obtenir du beau raisin et ensuite à transformer le jus de ce raisin en bon vin. Au nom de l’oeno-tourisme, on en vient à cacher comme quelque chose de laid, ce qui permet de faire ou d’alléger le travail. Un chai, des locaux techniques sont des lieux de travail qui ont une réelle utilité fonctionnelle. De même, il est des lieux d’entreposage de matériels qui n’ont pas à être beaux, mais utiles. Un tracteur aussi.

 

A trop vouloir ne montrer que la beauté attendue, conforme à la tradition ou à une vision idéalisée, on en arrive à devoir occulter le travail nécessaire et utile. Et ça, ça me paraît dangereux. Comme me l’a dit un jour un vigneron, qui venait d’avoir une discussion tendue avec sa femme, qui voulait mettre des géraniums partout pour les touristes : « on ne joue pas, quand on est vigneron, on n’est pas là, pour faire beau, pour ces gens de la ville, qui viennent nous voir, comme ils vont au ciné ». 

Pour suivre le chemin

. Il existe une licence professionnelle Oenotourisme et projets culturels, en particulier à Nimes, faite en particulier pour des BTS Viti-Oeno ou Technico-Commerciaux, boisson, vin et spiritueux. L’avantage est que ces jeunes reçoivent une formation spécialisée mais qu’elle est forcément normalisée avec le risque de standardiser l’accueil et l’animation. C’est un inconvénient prévisible possible mais ça empêche de faire des graves erreurs :

www.unimes.fr/.../licence_professionnelle_oeno_tourisme_et_projet_culturel.html -

. Sur ce sujet,  voir aussi sur ce bmog Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1) 
.
Photos EP, Rosier en Sancerrois, Pressoir de Montlouis, Cabane de vigne en Suamur-Champigny

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Tendances > L'évanescence de l'homme > Le constat > 1

22 Août 2009, 16:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Oui et ça fait peur. C’est ce que nous montrent des artistes à un même moment en des lieux différents.

 

Ce qu'on voit
Du premier homme, il reste une silhouette vue de dos, pour bien marquer la volonté de ne pas voir qu’il a un visage. Un homme qui date de la fin du double siècle passé, celui qui n’avait pas encore inventé le terme de guerre mondiale. Il est seul, loin de la ville à la regarder.

 

Pour la femme, on ne distingue plus qu’une forme extérieure, la blancheur de sa peau, ses cheveux noirs et la robe rouge. Tout le reste est comme mangé par le béton de la paroi. A la place de ce qui aurait du être un visage, son cou et le décolleté, une étrange lumière blanche dévoreuse accroche le regard.

 

Et puis il y a le troisième, vu de profil. Petit, il n’est que celui qui donne vie à la grande autruche qui est le véritable personnage central de ce décor de brume, mi-eau, mi-air, qui a mangé tout ce qui est autour. Où sommes-nous ? La question ne se pose même plus.

 

Qui sont-ils
L’Homme de dos
regarde la ville de Bruxelles à la tombée du jour, quand le soleil se couche. Il représente la ville de Bruxelles surréaliste pour cet été 2009 dans le guide de la cité offert aux touristes.


La Femme sans visage
incarne les visages de l’Etrange, Gezichten van het Vreemde, du Brigittines International Festival 09 de Bruxelles.


Celui qui est regardé par l’autruche
est le héros en mode mineur ou le miroir d’Estuaire 2007.2009.2011 qui va de Nantes à  Saint-Nazaire, avec pour thème, le paysage, l’art et le fleuve. La Loire bien sûr.

 

Pour suivre le chemin

. juin-juillet 2009, BRU XXL,

. 22.08 au 05.05.2009, www.brigittines.be

. 05.06 au 16.08.2009, www.estuaire.info

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Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1)

19 Août 2009, 14:37pm

Publié par Elisabeth Poulain














Des questions à se poser

A trop vanter les bienfaits de l’oeno-tourisme pour les professionnels du vin et des délices de l’OT pour les amateurs de vin, la question de savoir si l’OT n’est pas dangereux pour le vigneron ne peut être occultée. A l’exception de petits vignerons qui testent la formule, je n’entends pas grand monde parler de l’autre facette de ce tourisme dans les vignes joliment qualifié d’oeno-tourisme. Un tourisme un peu spécial, mais du tourisme quand même,  fait de vagabondage sans obligation particulière pour le touriste  pour ce qui est au fond, quand les grands mots sont partis, de la vente directe au public.  Ce consensus quasi général en faveur de l’OT me paraît d’autant plus préoccupant que le différentiel entre les attentes des deux partenaires va en croissant.

 

« L’exçès d’oeno-tourisme me saoule ».

C’est le joli titre que Jacques Berthommeau a trouvé sur ce sujet Sa position est plus que vraie. Il cite de belles réussites fondées sur la dimension touristique de l’offre par de grands noms, Hennessy, le Château de Jau, Miren et Nicolas de Lorgeril à Pennautier en Languedoc, le Cassisium de Nuits Saint-George… Il distingue bien cette offre touristique de la possibilité d’acheter les vins ou les spiritueux à la boutique après la visite. Ce que savent très bien faire, ici en Val de Loire, les grandes maisons comme Bouvet-Ladubay et Ackermann Rémy-Pannier à Saumur,  Couly-Dutheil à Chinon ou Paul Buisse   à Montrichard par exemple.

 

Les petits vignerons

Quant à moi, comme toujours, je suis beaucoup plus terrain et terrain de base. Je ne me préoccupe guère de la conversion à l’OT par les Bordelais, ni de la maîtrise de la visite des caves en Champagne et à Saumur pour qui n’a jamais mis le nez sous terre; je pense plutôt aux petits vignerons qui voient un acheteur en chaque visiteur ou dégustateur qui ouvre leur porte.

 

Ces petits vignerons se sont endettés et parfois lourdement pour installer des salles d’accueil et de dégustation, sur les conseils de leurs syndicats, tentés il est vrai par des subventions européennes.

Qui aurait le courage de refuser de l’argent qu’on vous donne, même si et surtout si malheureusement vous n’en avez pas (d’argent). Il y a toujours ce raisonnement clairement exprimé ou pas que c’est déjà ça de pris ; ce sont des dépenses qui auraient du être faites un jour dans l’avenir.

L’origine européenne agit également comme un aimant, comme si elle vous devait bien ça. Le collègue en plus l’a déjà obtenu et construit sa salle. A chaque fois qu’il vous voit, il vous parle de tous ses clients qui viennent chez lui, alors que vous…Et comme vous ne pouvez rien vérifier, vous le croyez un peu, un peu plus... Jusqu’au jour, où vous cédez aux pressions de toutes sortes qui vous agressent comme autant de fléchettes. 

 

La fascination de la belle salle d’accueil

Et, comme dans les chansons de Brel, il y a la femme, votre femme qui travaille avec vous, et beaucoup, comme vous ; elle se voit bien accueillir les clients dans une belle salle refaite à neuf ou construite pour l’occasion, avec un beau parking par devant pour accueillir les cars, nombreux et bourrés de clients descendre déguster et acheter en masse. Difficile dans ces conditions de savoir dire non quand on est un petit vigneron, non à cette alléchante suggestion de développer l’oeno-tourisme et de devenir des vrais pros de l’accueil à de futurs clients qui ne demandent que ça.

 

L’envers du décor

C’est simple comme un sourire ; il suffit d’aménager joliment un lieu d’accueil avec des toilettes, le fameux parking, de signaler et de faire connaître sa présence et les clients arrivent. Seulement, ce n’est pas vrai. Pour connaître la réalité, il faut aller écouter les femmes, celles qui vont accueillir les fameux clients. Voici ce qu’elles racontent :

. Bien sûr, il faut distinguer les clients fidèles des gens de passage.

. Parmi ceux-là, il y en a de formidables ; certains rejoindront le groupe des clients fidèles. Ils sont polis, souriants ; ils viennent aux bonnes heures et achètent bien (beaucoup), heureux de découvrir le nouveau millésime en amenant des amis. Ils forment la crème en un mot. 

. Il y a aussi les clients de ‘passage’ qui achètent peu et à qui il faudra expliquer beaucoup, sans grand espoir de les revoir. Les touristes étrangers forment une catégorie particulière. La réglementation européenne de TVA n’est pas des plus faciles à saisir pour qui ne fait que des ventes ponctuelles.   

. Dans ces ‘passages’, il y a aussi de véritables profiteurs-exploiteurs, qui arrivent chez le vigneron peu avant la fermeture de midi ou du soir pour prendre l’apéro en toute convivialité et gratuité: « l’accueil est bien au cœur de la culture du vin, n’est-ce pas ».  Ceux-là sont capables de goûter tous les vins sans acheter une seule bouteille, sachant que la première dégustation ne permet jamais, sauf miracle, de rentabiliser la dégustation. Quant à penser que la vente d’un carton de 6 couvre les frais, autant rêver, le pire étant évidemment de devoir tenir ouverte la salle de dégustation sans qu’il y ait un seul client.

 

Le vigneron, ce nouvel acteur du tourisme

Les horaires et la quantité à acheter sont parmi les plus grandes sources de difficultés. Que faire par exemple quand il faut aller chercher les enfants à l’école ? Mais il y a aussi tous ces investissements à faire en temps, démarches et argent pour espérer faire venir ces fameux touristes et se constituer un réseau qui permet de devenir enfin visible: mailing, brochures, site, panneaux indicateurs, référencement dans les guides et les magazines, contacts presse, accords avec les auto-caristes…Or ceci ne constitue que la première phase de la transformation d’un vigneron en un acteur et un promoteur du tourisme viti-vinicole dans sa région.

 

La grande ambiguïté de cette situation

C’est bien là où se situe l’ambiguïté de cet OE pour l’un et cette VD (vente directe) pour l’autre. En situation d’hyper concurrence entre vignerons d’un même lieu, tout cela ne suffit pas. Présenter ses vins et les faire  déguster ne constituent en aucun cas une offre touristique, même s’il est ajouté une ballade à pied ou en carriole dans les vignes ou la visite du chai. Il faut faire beaucoup plus et mettre encore d’autres compétences à son arc. On peut citer, lors de journées ‘Portes ouvertes’, la participation gratuite à un buffet ou repas, l’organisation d’expositions de peinture, de concert, un bal le soir, la présence de vignerons d’autres régions…Toutes ces opérations découlent de la politique de relations publiques de l’entreprise, qui est toujours coûteuse sans certitude aucune de rentrer dans ses fonds.

 

Savoir attirer, accueillir  et retenir les touristes pour leur faire acheter les vins du domaine ne s’improvise pas. C’est un métier de communication qui s’apprend et pour lequel il faut des compétences spécifiques, comme celui de vigneron, de vinificateur, de distributeur de vins ou de gestionnaire de l’entreprise.  La question se pose nécessairement de savoir si le petit vigneron a les capacités techniques et financières d’assumer cette charge en plus de ses autres métiers.

 

Pour un vigneron qui a des atouts particuliers dans sa manche,  combien sont-ils à ne pouvoir que dire qu’ils font un honnête travail du mieux qu’ils peuvent ? Je pense que le terme de danger n’est alors pas trop fort.  

 

Pour suivre le chemin

. Du côté des amateurs de vins, procurez les brochures spécialisées sur les routes des vins et les chais ouverts, en respectant les horaires et en achetant en fonction de temps passé et des dégustations que vous avez faites. Evitez de faire ouvrir des bouteilles chères, surtout si vous n’avez pas l’intention d’acheter. Les vignerons ne sont pas des distributeurs de vins gratuits.

. Du côté des professionnels du vin, c’est évidemment à vous de voir. Réfléchissez en terme d’atouts concurrentiels, de réseaux et d’échanges de bons procédés. 
. Voir l'article de Jacques B. sur http://www.berthomeau.com/article-34433910.html
. Photos EP, bouteilles et présentoir Salon des Vins d'Angers, cabane de vignes à Sancerre, bouteille ancienne 

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WBW36 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'information volontaire

18 Août 2009, 10:06am

Publié par Elisabeth Poulain

La promesse d’un cadeau entraîne en réaction une autre façon de communiquer sur le vin, non plus en essayant d’attirer et de séduire mais en donnant des informations pour montrer sa différence grâce à une autre façon d’être et de faire. Il y a plusieurs façons de faire et de dire. Cette information volontairement ajoutée marque une rupture avec l’obligation réglementaire dont il faut évidemment tenir compte mais qui n’est en aucun cas suffisante. Quitte à s’exprimer, autant que ce soit ‘pour de vrai, pour du vrai’ comme me l’a dit un des vignerons cités dans cette 36è séquence des Habits du Vin. Cette information forte annonce également les vins d’Expression que nous avons déjà rencontrés dans le SIGNE de l’Homme et le SIGNE de Terre (chapitres 1 et 2 de cette recherche).  Elle s’inscrit directement en lien aussi avec le SIGNE du Temps, car toutes les étiquettes sont, sinon blanches, du moins très claires. La couleur pourrait alors être ressentie comme une gêne.    

 

Le nom de l’exploitation

Le changement commence parfois par le nom de l’exploitation sans que soit encore utilisé

. le terme de  domaine, beaucoup trop banalisé par son caractère patrimonial ,

. jamais celui d’entreprise d’ailleurs, une dénomination en référence à l’argent et à la gestion,

. ou d’exploitation qui a une dimension trop technique ou pire encore, fiscale. Cette volonté de dire autre chose autrement, en occultant le lien patrimonial, met l’accent soit sur la vigne, soit sur un élément du paysage, soit sur des bâtiments qui abritent le travail du vigneron, mais jamais le hangar technique quand même. Outre le nom du vigneron, on rencontre ainsi au fil des sentiers du vignoble :

- Ampelidae (la vigne en grec) de Frédéric Brochet pour ses vins du Haut-Poitou,

 

- Le Cellier de la Marigonnerie de Benoît Daridan pour des vins de Cheverny et Cour-Cheverny,

- La Chapinière de Chateauvieux de Florence Veilex et Eric Yung pour des vins de Touraine,

- Les Champs Vignons de Nicolas Réau pour des vins d’Anjou et de Chinon,

 

- La Ferme de la Sansonnière de Mark Angeli pour des vins d’Anjou parce que le vigneron revendique sa qualité de paysan solidaire, comme il l’indique fièrement sur ses étiquettes

 

- La grange aux belles (avec des petits caractères) de Marc Houtin pour des vins d’Anjou,

- La Grange Tiphaine de Damien Delecheneau pour des vins de Touraine Amboise et de Montlouis,

 

- Les Loges de la Folie de Valérie Mordelet et Jean-Daniel Knoecklé pour des vins de Montlouis,

 

- Le Moulin de Chauvigné de Sylvie Termeau pour un Coteaux du Layon,

- Moulin Touchais,

 

- Les Vignes Herbel pour Laurent et Nadège Herbel pour leurs vins, Le Blanc, Le Rouge, Rosé d’un jour,

- Vignobles des Bois Vaudons pour Jean-François Mériau pour des vins de Touraine,

- Vignobles Daviau de Christophe Daviau pour des vins d’Anjou,

- Vignobles Gelineau pour des vins d’Anjou…

                                                                                               

D’autres mentions        

Dire autre chose autrement est un positionnement fort face à la vigne, au vin, au travail du vigneron et  à son engagement philosophique.  Ces informations sur le travail du vigneron sont indispensables à l’amateur de vin, pour avoir un réel engagement de vérité qui va bien au-delà de la réglementation. Il s’agit de mettre fin à l’ambiguïté des mots, et de ne plus en employer certains tels que ‘bio’ par exemple en raison du flou qui existe et des dérives qui en sont une des conséquences. C’est la raison pour laquelle le chiffre est aussi souvent utilisé. Dire précisément ce qui est vaut mieux que laisser se développer le flou consensuel. Il s’agit de choisir son camp. Et quand le chiffrage n’est pas possible, des textes explicatifs viennent compléter l’information.

 

C’est ainsi qu’on peut trouver :

. l’âge des vignes est un élément qui fascine de plus en plus les amateurs, avec un effet quasiment magique pour les pieds de vignes qui commencent à devenir vieux à 30 ans:

- près de cent ans pour les vignes de Stéphane Bernaudeau ; 

 

. le mode de culture de la vigne :

- Cyril le Moing, qui précise que le vin est « cultivé sans désherbant, ni engrais, ni pesticides… » pour un Anjou, Les Gains de Maligné ;

 

. le rendement à l’hectare, qui est une indication du travail qualitatif du vigneron :

- 25 hl/ha pour le Savennières, Clos de la Coulée de Serrant, de Nicolas Joly,

 

743. 10 hl/ha pour Le Rouge, un Cabernet de Laurent et Nadège Herbel, Le Vaudelnay (voir étiquette ci-dessus);

 

. la composition du vin avec :

- Mark Angeli qui s’étonne à juste titre  que le vin soit le seul produit alimentaire qui ne donne aucune composition et précise pour son Rosé d’un Jour sur l’étiquette : « Jus de raisin fermenté- Vins sans sulfites ajoutés ». Il ajoute  « Attention ! Raisins vendangés en surmaturité les 4 et 5 octobre 2006 » ;

 

. l’indication de la quantité de sulfites par litre qui forme, toujours pour Mark Angeli, un des deux indicateurs importants à connaître par l’amateur de vin :

- « 20mg/l de SO2 volcanique pour l’Anjou ‘Vignes Françaises’ (sans porte-souche américain importé en France pour lutter contre le phylloxéra) de Mark Angeli »;

                                                          

744. 20mg/l aussi pour un Grolle noire, un vin de table de Cyril Le Moing, qui précise que cette dose représente 12% de la norme autorisée ;

 

. le nombre de tries successives pour sélectionner grain à grain les raisins arrivées à maturité optimale, huit dans ce cas. C’est le nombre maximal autorisé dans le cas des liquoreux du Layon :                                                                 

- Eddy et Mileine Oosterlinck-Bracke ont une communication particulièrement informative. Leur Quintessence de Juchepie, Récolte 2003 précise en français et anglais que  : « cette année, la récolte a été ramassée en six passages. La présente cuvée a été récoltée entre le 23


septembre et le 21 octobre, sur un terroir de schistes. C’est un vin naturel qui n’a été ni levuré ni chaptalisé. Il a fermenté et été élevé en barriques de chêne pendant 18 mois. Mis en bouteille au domaine ; » 

 

. la température de dégustation  pour un vin non filtré : 

745. Les Nourrissons, un Anjou d’Isabelle et Stéphane Bernaudeau, est un « vin non filtré, à conserver en dessous de 14° » ;

 

. des chiffres mystère :

746. comme la formule du nombre d’or pour un Coteaux de l’Aubance ‘l’Arcane à sucre’ de Didier Chaffardon.

 

Pour suivre le chemin

Le prochain billet portera sur la contre-étiquette.

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A Bruxelles, il y a Magritte, Magritte et encore Magritte

17 Août 2009, 09:01am

Publié par Elisabeth Poulain

   

 

 

 

En fait ils sont tellement nombreux à Bruxelles actuellement qu’on se demande si on les voit bien tous. Ils sont sur les murs d’abord, ceux du Musée Magritte au Musée des Beaux-Arts, Place Royale, ceux de la maison Magritte là où il a vécu 24 ans avec sa femme, Georgette,  rencontrée quand il avait 15 ans et retrouvée plus tard à Bruxelles, et les autres que vous allez découvrir au cours d’une ballade express.     

 

Sur les murs du musée, on trouve plus de 250 œuvres et archives de Magritte, des dessins, des croquis sur le vif, des peintures, des gouaches, des photographies, des sculptures, des objets,  mais aussi des bouteilles de vin de Bordeaux peintes en 1945, des affiches et autres objets publicitaires. Cette grande exposition, organisée par Michel Draguet, directeur des MbBAB* et sponsorisée en grande partie par GDF Suez/Belgique, est ouverte depuis le 2 mai. Avant, l’Hôtel Altenloh, dédié à l’exposition, rénové pour l’occasion  par la Régie des Bâtiments, a été recouvert pendant plusieurs mois d’une bâche géante peinte à la manière de Magritte pour annoncer l’événement.

 

Actuellement, ce sont aussi des dessins emblématiques du peintre qui vous interpellent aux fenêtres latérales du Musée en descendant vers la ville. On voit aussi sur les brochures

 

A l’intérieur du musée, ce sont des citations extraites des écrits de Magritte-écrivain cette fois-ci qui s’adressent à vous. Voici quelques-unes avec le numéro donné par les organisateurs dans le petit livret offert à l’entrée:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1898-1929, 3ème étage                        

3.2. Je déteste mon passé et celui des autres. Je déteste la résignation, la patience,  l’héroisme professionnel et tous les beaux sentiments obligatoires. Je déteste aussi les arts décoratifs, le folklore, la publicité… J’aime l’humour subversif…Je souhaite l’amour vivant, l’impossible et le chimérique. Je redoute de connaître mes limites.

3.3. Le progrès est une idée saugrenue.

3.4. L’art dit non figuratif n’a pas plus de sens que l’école non enseignante, que la cuisine non-alimentaire, etc.

 

1930-1950, 2ème étage

2.9. Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées par des images. 

2.11. Il ne faut pas craindre la lumière du soleil sous prétexte qu’elle n’a presque toujours servi qu’à éclairer un monde misérable.

2.13. L’idée de progrès est liée à la croyance que nous nous rapprochons du bien absolu, ce qui permet à beaucoup de mal actuel de se manifester. 

                                                                            Et comme une piqûre de rappel,  pour être bien sûr que vous n’allez pas oublier ce grand créateur qui a changé notre façon de voir, la locomotive qui vous ramène à Paris est, elle aussi  bleue ciel, revêtue des couleurs et des mouettes de Magritte. Il n’y manque même pas leurs cris, qu’on entend bien  dans la gare, en attendant le départ du train.

 

   

Pour suivre le chemin
. * MbBAB = Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

.muséemagrittemuseum, 3 rue de la Régence, 1 Place royale, 1000 Bruxelles

00 32 (0)2 508 32 11, www.musee-magritte-museum.be

.Fondation Magritte, à découvrir sur www.magritte.be
. www.gdfsuez.com/fr/actualites/communiques-de-presse/

qui vous montre l’importance des moyens mis en œuvre pour organiser cet événement culturel réalisé en moins d’un an par GDF-Suez (6,5 millions d’euros + 200 collaborateurs engagés dans l’opération) en relation avec les Musées royaux de Belgique des Beaux-Arts de Belgique, la Régie des Bâtiments et la Police scientifique fédérale de Belgique dans le cadre d’un ‘mécénat de compétences’ inédit en Belgique, sans oublier bien sûr la Fondation Magritte.  C’est la plus grande collection de Magritte au monde.                                                       

. Petite info à l’intention de Judith Benhamou-Huet, journaliste aux Echos, qui s’est plainte du bruit lors de sa visite de l’expo dans son article du 03.08.2009 : il n’y avait pas du tout de bruit malgré la foule présente au maximum autorisé par la réglementation. 

. Le suivi de ce maximum se fait à l’unité près. C’est la raison pour laquelle, je vous conseille de prendre votre ticket avant par Internet, en choisissant les heures creuses. Il n’y en a qu’une seule : c’est 13heures ! Si non, vous risquez d’attendre deux fois, une fois pour acheter votre ticket et une seconde en attendant votre tour de pouvoir entrer. 

 

. Il est étonnant de voir combien les idées mises en images par Magrittre, un homme qui détestait la publicité et qui pourtant à ses débuts a beaucoup travaillé pour la publicité, ont été et sont tous les jours reprises par les créateurs publicitaires. Regardez la dernière campagne de pub du Club Med !

. Ne pas oublier non plus de voir aussi la maison ou vécut Magritte qui s'appelle aussi le Magritte museum
http://www.magrittemuseum.be/

. Photos EP à partir de documents 'ouverts' puisqu'il est évidemment interdit de prendre des photos dans les musées:
n° 1, bâche GDFSuez/Belgique en annonce de l'ouverture
n° 2, peinture M dans le site de la Maison de M, voir adresse ci dessous
n° 3 et 4, reproductions exposées à la vue des passants devant l'Hôtel en descendant
n° 5, belle dame de M - je ne connais pas son titre- choisie par les Musées royaux des Beaux Arts pour vanter "un été passionant' dans leur brochure
n° 6, 'La Grande guerre', painture choisie par Judith Benhamou pour illustrer son article parue dans Les Echos du 3.8.2009
n° 7, locomotive en partance vers la France
n° 8, un des fameux oiseaux choisis par les Musées royaux
n° 9, troisième oeuvre  à la troisième fenêtre de l'Hôtel pour nous montrer le Maître en son univers, avec la clé, l'oiseau, la pipe et le verre à vin.

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WBW35 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'effet millésime et la force du chiffre

15 Août 2009, 18:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

  

Le passage du temps

Le millésime est le troisième élément de l’étiquette, après l’appellation et le nom du vigneron ou du domaine, auquel les Français attachent le plus d’importance. Le millésime est un des piliers de la culture française du vin. Le vin est vivant, comme tel, il change chaque année et chaque année, le vigneron doit faire ses preuves. L’effet millésime peut s’exprimer de nombreuses façons :

                                              
739. en en faisant l’élément principal de étiquette d’un Moulin Touchais, Coteaux du Layon, 1959,

    

                                              
740. en haut et sur toute la largeur de l’étiquette en un geste de prise de possession et de confiance pour Ampelidae le S, un vin contemporain par Frédéric Brochet, un  vin de pays de la Vienne,

 

741. au-dessus de Saumur Blanc pour un vin d’appellation de Château Yvonne,

 
                                           

- pour structurer une étiquette très fine pour Tuffeau, un Rosé de Loire de la Cave de Saumur en un jeu or et bleu marine, le millésime formant le bas d’un arrondi constitué en haut par l’écu et au milieu par l’appellation,

 

- en signe d’équilibre et de force pour ce Chenin d’Ackerman en plaçant le millésime en bas d’un rectangle formé en haut, par Ackerman, puis Chenin occupant le même espace,

 

- dans un ovale qui forme la partie haute d’une étiquette pour indiquer à la fois le cépage et l’année pour ses vins de cépage de Sylvain Courtin du Domaine de la Grande Maison à Saint-Léger La Palu,

 

- sur une collerette pour un Sancerre de René Malleron pour encadrer l’écu en position centrale.

- au milieu de l’étiquette et en dessous de Sancerre par Roger et Didier Raimbault, ce qui donne une grande force à l’étiquette pour ce vin qui a reçu la médaille d’or au Concours Général de Paris,

 

L’entrée dans le troisième millénaire

Le passage de 1999 à 2000 a donné lieu à quelques étiquettes flamboyantes mais relativement peu. Nous sommes en Loire. Nos débordements sont presque toujours mesurés.

- Véronique Gunther Chéreau a édité une Cuvée du Millénaire pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Château du Coing de Saint Fiacre,

- Philippe Loquineau du Domaine de la Plante d’Or a conçu pour ses Cheverny et Cour-Cheverny un dessin de pied de vigne qui se transforme en verre et qui inclut à sa base un 2000 bien caché dans les nœuds du bois.

                                            

L’accent peut porter sur l’inscription du vin dans le temps en parlant de récolte au lieu de millésime pour mettre en valeur l’année où le raisin a été vendangé. Le temps de vinification et le temps d’élevage pouvant être très variable selon qu’il s’agit de vin primeur, de vin à boire dans l’année ou de vin de garde après un long élevage.

 

742. Clos Cristal, une propriété des Hospices de Saumur (ancienne dénomination de l’Hôpital de Saumur), a une démarche très informative pour toute la gamme de ses vins de Saumur-Champigny. Récolte 2002 est la troisième et dernière information de l’étiquette de petite taille.

 

L’écoulement du temps

Montrer le passage du temps peut aussi se montrer autrement que par le déroulement des chiffres. Pour se référer à un passé valorisant et accroître la légitimité du vigneron, il est possible d’évoquer le passé ou les générations qui nous ont précédées. Le caractère volontairement sibyllin de l’information n’empêche nullement les amateurs d’adhérer.

- Le Savennières, Clos du Papillon, du Domaine des Baumard porte chaque année un papillon d’une couleur différente, 1997 par exemple est orange et ocre.

- Pierre Soulez écrit en caractères rouges de petites tailles ‘Cuvée d’Avant’ sur son Savennières, Le Clos du Papillon.

- ‘L’Alliance des Générations’ est un Touraine Pineau d’Aunis de Jean-François Mérieau.

 

L’effet millésime peut être  accentué par le numérotage de la bouteille afin de montrer son caractère fini. Le vigneron communique sur le fait que, de même que le vin change tous les ans selon le millésime, de même il n’est pas extensible au contraire des vins au goût constant produits en série. Une variante consiste à indiquer le nombre total de bouteille composant les petites cuvées. L’intérêt est de susciter un effet de rareté plus facile à gérer en diminuant les risques d’erreurs.

- La seconde vendange de Sébastien David de Saint-Nicolas de Bourgueil lui a permis de produire 1775 bouteilles et 161 magnums, pour un 2001

- ‘Les Vingt Poinçons de Blois’ du Clos de la Briderie de Vincent Girault ont été produites à « cinq mille deux cent quatre vingt bouteilles.»

 

D’autres chiffres sur l’étiquette

Il en est  d’obligatoires et d’autres de volontaires. Parmis les obligatoires, citons la contenance de la bouteille et le volume d’alcool dont la présence est si usuelle qu’on ne les voit pas. Par contre le regard est plus attiré par les indications chiffrées que le vigneron ou le négociant ajoute volontairement pour donner du sens à sa démarche. Donner une date de référence dans le passé donne une légitimité sans pareille. On retrouve l’importance du SIGNE du Temps :

- 872 car c’est depuis cette date que la vigne est cultivée dans la Coulée de Serrant de Nicolas Joly dont le clos forme à lui seul un AOC, seul exemple en France de ce type,

928, sous le blason du Château de Passavant de David Lecomte pour ‘Les Greffiers’ un Coteaux du Layon,

- 1513 pour la famille Mellot indiqué en petit sur les étiquettes d’Alphonse Mellot du Domaine de la Moussière – 1513 à gauche de la gravure de Sancerre pour la Cuvée Pierre Etienne de Joseph Mellot face au millésime de l’autre côté, 

- 1811 pour Ackerman à Saumur,   

- 1851 pour la Maison Bouvet à Saumur...  

Pour suivre le chemin
Le prochain billet portera sur l’information ajoutée volontairement par le vigneron pour renseigner l’amateur et établir avec lui un lien de complicité.                   

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Tramway, levez les yeux au ciel et cherchez l'ouverture

14 Août 2009, 16:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une de mes manies pour apprécier la qualité de l’air. En fait les deux se font en même temps que je hume l’air pour savoir comment il est. Aujourd’hui, hier matin pour être plus précise, je peux vous dire qu’à Bruxelles, côté Ixelles, il y avait un peu d’air agréablement léger, que le ciel était uniformément bas, sans être plombé et le temps à la petite pluie fine intermittente, de celle qui rafraîchit l’air. Parfois vous avez du mal à voir le ciel entre les bâtiments. Dans certains quartiers d’affaires, la hauteur des immeubles en construction est telle qu’il faut casser son cou à 90° en arrière pour arriver à trouver un coin de ciel.

 

Le ciel est si évident qu’on ne le voit pas. Et pourtant, on en fait des efforts, nous les humains, pour l’encombrer et boucher l’accès à l’air, comme si cela n’avait pas d’incidence. Bien sûr que c’est important. D’aucuns, sous l’influence d’un ‘feng shui’ désormais mondialisé, vous conseillent de ne pas volontairement habiter sous des toits pointus, en arête sèche qui coupe un autre toit ou un mur. Il y a aussi tous ces poteaux que les hommes plantent pour célébrer je ne sais quelle victoire sur la technologie. A voir encore des poteaux électriques en bois dans nos rues en 2009, il est permis à juste titre de s’étonner de leur durée de vie.

 

C’est à un petit kaléidoscope avec des exemples choisis à Angers, à Bruxelles et sur le Brouwersdam aux Pays-Bas que je vous convie aujourd’hui : essayer de voir où commence le ciel  à travers tout ce qui heurte la vue ou au contraire quand le ciel est si vaste que le regard s’y noie.  

 

Mon histoire de ciel commence à Angers quand j’ai lu une brochure  du Centre démocrate humaniste de Bruxelles qui recommande en accompagnement du tramway, la gratuité des transports en commun, la plantation de 20% d’arbres en + et de 20% de voitures en – en nous montrant une belle photo d’un tramway, avec son gazon vert spécial tramway, avec des rangées de petits arbres plantées serrés à côté. Il manquait une chose dans la photo: ce qu’il y a au dessus du tram. On aurait dit que le tramway tirait son énergie de tout ce vert.

 

Quid en effet de l’encombrement du ciel des rues par un câblage dont personne ne parle?  L’exposition angevine officielle qui détaille à foison toutes les beautés du futur tramway ne souffle mot de son incidence sur le ciel. Rien ne nous est dit sur le formidable réseau de câbles qui va mailler les rues traversées par le tramway.

 

Du coup, j’ai commencé à regarder le ciel ici. J’ai découvert, véritablement fascinée, le côté 1950 de certains quartiers périphériques qu’on dirait comme oubliés par le temps. Le regard se surprend à suivre les câbles qui relient ces poteaux aux maisons, comme autant de marqueurs d’une époque apparemment si révolue.

 

D’un coup d’ailes, j’ai regardé ce qui se passe à Bruxelles, qui dans sa très grande vitalité, ne craint pas de gratter le ciel avec toutes sortes d’antennes, de câbles et de marteaux piqueurs. Ici, on travaille jour et nuit, le dimanche aussi pour les grosses opérations de voirie, le soir quand tombe la nuit pour finir un chantier pour un particulier. J’ai pris l’exemple de la Place Flagey, qui surprend par ses dimensions, son ‘vide’ et le succès populaire.

   

Aux Pays-Bas, ce qui m’a fasciné sur le Brouwersdam, c’est la dimension d’un ciel si dominant qu’il en absorbe tout, au point de noyer les frontières entre la route, la mer et l’air, entre le jour et la nuit, lors d’une forte pluie lors du passage sur la route, un jour de mai vers 16heures. Nous étions les jouets d’un autre univers, un ciel liquide, vert d’eau, en plein jour. Impossible de vous montrer en photo ce que ça donnait.  Par contre, vous verrez d’autres photos d’un ciel si bleu qu’il en domine le bleu de la mer.

 

1, 2 et 3 : regardez le ciel ; il s’y passe toujours quelque chose.

 

Pour suivre le chemin
. Photo 1, le tram selon le CDH,  suite 2 et 3 Angers -France- et 4 et 5 Place Flagey -Belgique-.

. Photos EP à voir aussi dans l’album photos ‘Air et Ciel’.    

 

 

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Bob de Moore > Une belle image de BD et de fidélité à Bruxelles

5 Août 2009, 15:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une image de BD et de fidélité

Imaginez qu’un jour il vous soit demandé de choisir de l’image que vous voulez donner d’une capitale internationale comme Bruxelles. Vous n’en dormiriez plus tellement le choix de possibilité est infini et par là-même paralysant. Et puis après avoir beaucoup parlé autour de vous, l’idée vous vient. Vous allez choisir la fidélité traduite en BD grâce à Bob de Moore.

 

Bob de Moore
Ce dessinateur n’est plus de ce monde, d’accord ;  mais son fils Johann est prêt à prendre la relève, en accord avec son frère Stephan, co-héritier avec son frère de l’œuvre de leur père. Johann va poursuivre les aventures du petit bonhomme créé par son père Bob bien des années avant. La fidélité, on connaît dans la famille de Moore. Mais aussi à Bruxelles toujours fidèle à la BD que la ville a véritablement élevé au rang des  vrais-arts, comme on le dit des beaux-arts.  



Bob de Moor a dessiné toute sa vie, avec des noms que nous connaissons tous même quand nous ne sommes pas des connaisseurs : Bob et Bobette, Conrad le Hardi, Tintin, Mortimer. Il a très longtemps travaillé pour les Studios Hergé. Né à Anvers en 1924, il est décédé à Bruxelles en 1992.

 

Johan de Moore





Quant à Johann, qui est né en 1953, il est entré lui aussi aux Studios Hergé ou il a notamment travaillé sur Quick et Flupke ; maintenant, il collabore à Spirou.

Belgopocket
 



C’est un petit livre de poche, d’où son nom, tiré à 600 000 exemplaires , dont le contenu est régulièrement mis à jour sur le site. Chacun des 12 chapitres est individualisé par son contenu thématique, un dessin de Bob et une couleur. Place aux 12 dessins, les voici :

  


A vous d'apprécier combien le petit homme à la houppette et à la moustache blanche sait faire face à toutes les situations, en gardant son sourire caché derrière sa moustache. Comme la Belgique en somme.



Pour suivre le chemin

. www.infoshop.be

. Exemplaire gratuit en de nombreuses langues à l’infoshop. 
. Les dessins ne sont pas présentés dans l'ordre: il y a eu parfois des problèmes de voisinage entre les photos!   

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WBW 33 > Les Habits des Vins d’Emotion > Le mot entre grand et petit

5 Août 2009, 14:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le mot et l’effet gamme

La nécessité de donner des indications sur le style de vin oblige à prêter une plus grande attention à la dénomination des vins les uns par aux autres que ce soit chez un négociant, une coopérative ou dans un domaine. C’est une des retombées de la vente directe qui permet d’affiner l’analyse de l’attente des clients. L’effet gamme peut être présent dès lors qu’il y a deux vins qui obligent le vigneron à les positionner l’un par rapport à l’autre. La hiérarchie entre les mots indiquera la hiérarchie des vins par le prix.

- C’est le cas pour les Chinon du Domaine de Noiré de Jean-Max Manceau  avec Caractère un vin de coteau plus concentré et Elégance un vin de gravier plus léger : le premier Chinon est associé à un jeu sur la typographie du mot pour donner un effet de mouvement et le second à des caractères plus sages.

 

- Au Domaine de L’Aulée, Marielle Henrion réserve Elégance pour un Touraine méthode traditionnelle brut en 100% Chenin et Intense pour un assemblage de 80% de Chenin pour la finesse complété par 20% de Chardonnay pour la puissance.

 

- Pour Jérôme et Patricia Sauvète,  Antea (auparavant en latin) est un Touraine Malbec, Oneiros (le rêve en grec) un Sauvignon et Passion un Gamay. Ce cas est un contre-exemple car le recours à trois mots issus de trois univers distincts ne permet pas de trouver une hiérarchie. Peut être est-ce justement l’objectif de ce non-positionnement. 

 

En franchissant d’autres frontières, il est possible d’entrer dans le monde très sensoriel des parfums pour évoquer les arômes des vins. Le vin sait être parfum dans l’univers des parfums :

 

- Yves et Annick Guégniard du Domaine de la Bergerie choisissent Fragance pour un Coteaux du Layon, Évanescence pour un Anjou-Village et Arrogance pour un Cabernet d’Anjou dans un flacon insolite haut. Une sonorité commune pour trois couleurs offre un point commun suffisamment fort sous trois étiquettes distinctes en utilisant deux types de bouteilles différentes.

 

L’usage du ‘grand’ prestigieux 

L’imaginaire français  est très marqué par le modèle de Versailles, avec le Grand Trianon pour le prestige et le Petit Trianon pour l’intimité. Quelques Grands dans les noms de domaine, de parcelles ou de cuvée :

- Grand Fief de la Cormeraie, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,            

- Les Grands Presbytères, Gros Plant du pays nantais,

 

- Domaine Les Grands Houx, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- Domaine de Grand Mouton, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- Le Domaine de la Grande Maison, vins du Poitou.

 

- ‘Les Grands Champs’ un Touraine Cabernet de Jean-François Mériau,

 

729. ‘La Grande Châtelaine’ un Sancerre de Joseph Mellot,

- Grand Or pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Guilbaud Frères.

 

On trouve aussi le terme de haute par comparaison avec la Haute Couture :

- Haute Culture pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Sauvion. 

 

Le recours au 'petit' sympa 

L’adjectif est à prendre dans le sens d’un petit bistrot, d’un petit resto, d’un petit boucher chez qui on va parler, échanger et surtout se ressourcer. Cet attrait de la douceur de vivre en France n’a pas échappé à certains vignerons ou responsables de coopératives pour des noms de cuvée dans un esprit de gamme. Aucun vigneron n ‘aimerait être catalogué comme ‘un petit’ vigneron.

 

730. Michel Redde de Saint-Andelain édite ‘Petit Fumé’ écrit par une main enfantine qui s’applique pour faire ses majuscules pour un Pouilly-Fumé…

 

- Le Petit Clos pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Jo Landron,

- La Petite Cour en vin de pays du même vigneron,

 

- La P’tite Messe, un vin blanc sec de table (8,5°) de Philippe Marchais en assemblage Folle Blanche-Sauvignon-Melon,

 

- Cuvée petit m, M de la Fruitière, un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, J. Douillard et J.M. Boussonnière,

- Le Petit Mont, un Bourgueil du Domaine du Petit BonDieu de Jean Marc Pichet et Thomas Pichet,

 

- Le p’tit sans Gêne pour un Touraine rouge de Lise et Bertrand Jousset,

 

- Le p’tit Zinc, un vin de table, produit de notre France, matérialisé par une aquarelle reproduisant un coin de zinc avec un verre et le torchon blanc et rouge pour essuyer le comptoir de la Cave de Sancerre,  

- Le p’tit Loire, un vin de pays de la Cave de Sancerre, comme on demandait un p’tit noir sur le zinc pour commencer sa journée dans un bistrot à Paris,

- Le Petit Bourgeois d’Henri Bourgeois pour un Cabernet…

 

Pour suivre le chemin

Prochain billet sur la fascination par le chiffre.  

 

 

 

 

 

 

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