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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Invisibilité, identité et image > L’exemple de l’Estuaire de la Loire

20 Octobre 2009, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Sous ces trois I que sont l’invisibilité, l’identité et l’image d’un territoire, le cas de l’Estuaire de la Loire offre un très bon exemple de la mise en lumière d’un territoire qui a été jusqu’il y a peu encore un territoire ignoré par la société mais pas de ceux qui l’utilisaient.  

Le diagnostique d’invisibilité, un fait sociétal

Cette invisibilité était le fait de la société dans son ensemble. Bien sûr, certains connaissaient l’estuaire et en tiraient profit. Les habitants des villes et villages situés sur les rives, les pêcheurs et transporteurs fluviaux, les propriétaires de belles demeures avec vue sur la Loire en connaissaient l’importance économique ou la beauté. Ce capital n’était pourtant pas pris en compte par les décideurs, un mot d’aujourd’hui pour désigner tant les pouvoirs publics que les entrepreneurs. La Loire était belle certes, mais son existence devait d’abord servir d’autres fonctions.  

La vision réductrice de la Loire

Au fil du temps, on n’a pas résisté d’en faire par exemple :

. une route au service du passage des grands bateaux jusqu’à Nantes, quitte à dévier son lit principal, à le creuser très profondément, à modifier ses rives, à créer des îles artificielles ;

. une cuvette à  curer tous les jours pour y enlever les vases qui se forment au contact du choc entre l’eau salée et l’eau douce ;

. un gisement inépuisable de sable pour la construction et l’agriculture ;   

. un gigantesque réservoir d’eau douce inépuisable avec des tirages très importants au service de l’agriculture, l’industrie…

. un déversoir d’eaux dont le traitement de recyclage n’est pas toujours bien maîtrisé ;

. une gigantesque pompe aspirante et refoulante pour les émissions de gaz et de matières liquides toxiques pour l’homme et la bio-diversité…  

 

La fonction utilitaire de l’Estuaire de la Loire au cours globalement du XIX et des ¾ du siècle dernier a fini par occulter quasi-complètement l’estuaire en tant que territoire spécifique, surtout quand des voies rapides en rive droite d’où on ne voit jamais la Loire ont permis de rejoindre Nantes au littoral. Le développement de la métropolisation de Nantes-Saint-Nazaire a en effet accentué le phénomène.   La rive sud, quant à elle, a gardé plus longtemps son caractère caché, un peu secret en symbiose avec le fleuve lui-même.

 

Les troubles fonctionnels

La complexité et l’antagonisme des fonctions utilitaires de la Loire ont été clairement révélés quand des troubles ont commencé gripper la machine. Citons, sans les développer, les dégradations des rives, l, la baisse considérable du niveau des eaux, les atteintes à la biodiversité, l’accroissement du bouchon vaseux à l’entrée de l’estuaire, la pollution des eaux, l’élévation de la température de l’eau, le coût de ces dégradations et leur irréversibilité pour certaines…Ces phénomènes négatifs ont d’abord été ignoré à des titres divers puis pour certains cachés lors la prise de conscience de l’irréversibilité de certaines atteintes.

 

L’invisibilité

La sur-utilisation de la Loire a conduit à la rendre invisible, d’autant plus que des industries lourdes et/ou polluantes se sont établies sur ses bords.  En témoignent des présences architecturales industrielles qui, dans l’esprit sociétal d’après la seconde guerre mondiale, étaient le contraire du beau. Dans le même temps, plus se développait la construction en front de mer La Baule-Pornichet et Saint-Brévin de l’autre côté de l’estuaire, plus la présence industrielle devait s’effacer. Ce travail d’occultation a été facilité par la baisse de la production industrielle particulièrement en sud Loire près de Nantes. Elle a renforcé l’invisibilité de la Loire. 

 

La prise de conscience de l’identité grâce au développement durable (DD)

Elle est venue de la rencontre entre le besoin de vue sur la Loire des nouveaux habitants des logements venus remplacer les installations industrielles et de l’analyse de la situation faite par les écologistes. Il fallait faire quelque chose. Le développement durable a permis de remettre tous ces éléments en cohérence. L’Europe a stimulé la prise de conscience de la richesse de ce patrimoine irremplaçable et d’autant plus fragile qu’on lui en a trop demandé, sans vraiment penser en terme de coût et de contre-partie pour le fleuve lui-même et pour la société. L’estuaire est alors sorti de son invisibilité.  

 

Le renforcement de l’identité                      

S’est alors posé la question de l’identité de ce territoire fragile. Toujours grâce à l’UE dans le cadre de l’Agenda 21, un plan ambitieux de connaissance était mis en place. Il a pu s’appuyer sur des travaux de qualité menés par des chercheurs et des institutionnels groupés dans GIP Estuaire qui ont apporté des certitudes sur la richesse de ce patrimoine et des remèdes à appliquer. De même que le développement durable est une démarche collective au niveau européen, de même l’organisme  est issu d’un groupement collectif de toutes les instances publiques concernées qui montrent ainsi leur capacité à travailler ensemble pour le bien de tous et celui de la Loire en particulier. Le troisième niveau de cette construction est fondé sur la démarche de la Région des Pays de Loire qui a mis en place une importante opération d’appropriation de l’Estuaire par ses citoyens grâce à l’opération des Assises 2008 qui se poursuit depuis lors.

 

De l’identité à l’image et vice et versa

Parallèlement, alors que les rapports au fleuve se modifiaient du fait de la prise de conscience de ce trésor en terme de patrimoine naturel et de paysage, l’image de l’estuaire de la Loire a changé. Cette évolution douce a été  accompagnée et renforc2e par la volonté de Jean Blaise, grand concepteur d’art et d’évènements culturels éphémères toujours en lien avec des lieux, des territoires et ceux qui y vivent, y travaillent et y passent. C’est lui par exemple le maître à bord du Lieu Unique installé au siège de LU, la grande entreprise de biscuits nantaise. C’est aussi lui qui a crée les Nuits blanches à Paris, qui se déclinent maintenant dans bon nombre de capitales dans le monde. C’est aussi lui qui met en scène la biennale « Estuaire 2007-2009-2011 Nantes Saint-Nazaire » qui vient de connaître sa seconde édition cet été. 

 

L’image

Elle est s’appuie sur un territoire suffisamment vaste et inconnu pour attirer les curieux toujours en demande de nouveauté limitée dans le temps. Il faut être de ceux qui étaient là. Ici, c’est l’Estuaire d’ailleurs, plus que la Loire d’ailleurs qui traîne une image un peu trop exploitée de châteaux de conte de fées. Ce seront les bâtiments industriels surtout qui donneront à cette découverte en forme de ré-appropriation d’un territoire par ses habitants une forme d’hommage détourné. Voir autrement ce qui était, grâce à la magie de l’art, concevoir autrement, s’amuser ensemble avec d’autres, tels sont quelque uns des objectifs de Jean Blaise, qui sait concevoir et mettre en scène des évènements culturels innovants qui s’offrent aux passants, curieux de nouveaux regards sur leur environnement spatial pour un temps limité. Pour résumer la démarche de Jean Blaise, de son équipe et des artistes qui jouent avec eux, on pourrait dire qu’au cœur de la démarche, il y a

 

1. un concept fort artistique innovant et décalé ; ici voir, sentir, appréhender, découvrir, se réapproprier … l’estuaire autrement,

2. en faisant appel à des artistes venus d’ailleurs et d’ici  avec une grande mixité culturelle,  

3. dans un espace territorial défini, l’estuaire étant l’acteur de sa propre création,

4. pour un temps défini, ici l’été avec un rendez-vous tous les deux ans, 2007-2009-2011,

5. offert aux habitants qui sont les découvreurs-inventeurs-co-créateurs de cette scénographie culturelle-naturelle,

6. dans une démarche de mouvement ; il faut se déplacer pour aller sur site,

7. et ce faisant, tracer un nouveau maillage du territoire, appelé presque naturellement à devenir pérenne, comme par exemple la Villa Cheminée, œuvre de l’artiste japonais Tadzu Nishi qui est à louer 85 EUR la nuit.    

 

Pour suivre le chemin

. Pour le GIP, voir http://www.loire-estuaire.org/

. Pour la région Pays de Loire, voirhttp://www.territoires.paysdelaloire.fr/territoires/2009/fevrier/detail-article/nb/1518/n/assises-regionales-et-agenda-21-la-democratie-citoyenne-a-lhonneur/

http://www.paysdelaloire.fr/fileadmin/PDL/DEPT/Developpement_durable_Assises_08_BD.pdf qui vous donnent les chiffres clés des assises 2008 : 4 500 participants, 38 conseils de développement mobilisés, 18 débats (de novembre à janvier), 17 instances de concertation labellisées, 4 panels constitués de 60 citoyens dont un consacré au développement économique de l’estuaire en lien avec ‘l’équilibre naturel’ de l’estuaire, 20 000 visiteurs sur le site Internet des Assises, 5 000 réponses au questionnaire publié dans le magazine des Pays de la Loire.

. Pour la Villa Cheminée à louer, http://www.dolcerama.fr/article.php?id_article=1085

. Photos EP à partir du livret de l’événement, avec mes remerciements.  

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Votre vin? Avec ou sans sulfites?

14 Octobre 2009, 09:25am

Publié par Elisabeth Poulain

L’intérêt de la question. Poser la question est une avancée réelle, au moins à mes yeux. Plus que d’une mode condamnée par la plupart des professionnels du vin, la question de l’anhydride sulfureux (SO2) ajoutée est une vraie question. Elle est même si importante qu’elle dépasse largement les frontières du bio. Elle distingue ceux qui savent et veulent faire du ‘bon’ vin des autres en sachant doser au bon moment.

 

Les personnes concernées. D’aucuns demandent aussi à aller plus loin. Car la démarche consistant à savoir utiliser à bon escient le souffre sous forme de sulfite (SO2) comme adjuvant de la vinification des vins blancs et rosés surtout ne concerne pas seulement les vignerons et leur oenologue. Elle touche directement l’amateur et le consommateur de vin. Boire des vins blancs et rosés comporte un risque réel de réaction allergique pour ceux qui sont sensibles aux sulfites. Mais pas seulement, car ce serait encore une démarche de stigmatisation à l’encontre de ceux qui sont allergiques, considérés comme des malades, des gêneurs qui osent troubler le ron-ron d’une vinification depuis plusieurs décades quasiment sans risques grâce à ce merveilleux médicament qu’est le sulfite. S’il est un malade dans l’affaire, ce n’est pas celui qui présente une allergie mais bien le vin super-enrichi en sulfite.    

 

La mention « contains sulphits ». Sous l’influence des Etats-Unis qui ont adopté une réglementation en ce sens en 2005, il est maintenant aussi obligatoire en Europe d’indiquer la mention « contains sulphits » ou « contient des sulfites » dés lors que le taux de 10mg par litre est atteint. L’absence de mention ne signifie donc pas qu’il n’y a pas de sulfite mais seulement que la dose des 10mg n’est pas atteinte, sans que l’on sache combien de sulfites au total il y a. Retenons qu’une affirmation négative de ce type est déjà difficile à comprendre ; elle est en plus quand même étonnante puisqu’on est en droit de penser en l’absence de mention qu’il n’y a pas de sulfites alors qu’il y en a.

 

L’indication de la quantité de sulfites. Une solution apparemment plus simple serait alors tout simplement de dire clairement combien  il y a de sulfites. Ce serait quand même plus facile à comprendre. Mais, mais ce n’est certainement pas l’opinion de beaucoup de vignerons. Seuls quelques rares vignerons disent exactement la quantité de sulfites ajoutés dans leurs vins. Pour son Anjou ‘Vignes françaises’ par exemple, Mark Angeli indique non seulement la dose mais aussi le type de sulfites : « Composition : 20mg de SO2 volcaniques ». C’est le 4è chiffre de l’étiquette, après le millésime 2004, la contenance 75cl et le degré d’alcool 14° et c’est aussi le seul à ne pas être obligatoire. Ce genre de démarche qui consiste à dire ce qu’on fait et à faire ce qu’on dit est pourtant rarissime à une époque qui a pourtant inventé la traçabilité.

 

Le sulfite ou SO2 . Tout part du souffre déjà connu Rome dans l’antiquité pour désinfecter les amphores puis plus tard les fûts, une invention gauloise comme chacun sait. En 1900, le procédé ressortit de l’oubli pour désinfecter la vendange et il fallut attendre plus de la moitié du siècle, avec les progrès de l’œnologie en lien avec le développement de l’industrie chimique, pour que soient vraiment connus les effets du souffre. Celui-ci se transforme en anhydride sulfureux, SO2 ou sulfites, quand il est mis en contact avec la vendange, le moût ou le vin.  

 

Les bienfaits pour celui qui fait le vin ou le soigne. C’est un véritable médicament guérisseur et/ou qui prévient un grand nombre de maux. Grand antiseptique, il est capable de freiner le développement des bactéries et des levures ; il prévient l’oxydation et facilite la clarification du vin. Pour les œnologues, il est un adjuvant irremplaçable sans concurrent encore actuellement. Il a toutes les qualités. C’est un puissant anti-oxydant, anti-bactérien pendant la vinification et un stabilisant à la mise en bouteille. 

 

L’usage, le moment et la dose employée

Certains vignerons n’utilisent pas de souffre, comme Claude Courtois, membre du groupement des Vignerons-Artisans. D’autres, et c’est le cas de Philippe Gourdon du Château Tour Grise du Puy Notre-Dame, ne sulfite pas pendant la vinification mais seulement à la mise en bouteille pour éviter que le vin souffre pendant le voyage. Tous dans le groupe sont d’accord pour souligner que « le sans souffre ne peut être une règle absolue. Tout est question de proportion. Seul l’excès est nocif, qu’il s’agisse d’oxygène, d’azote ou d’hydrogène ».

 

Le type d’anhydride sulfureux (SO2). L’usage du SO2 ne se résume pas à la dose employée ni au moment où l’additif est mis en contact avec le raisin ou le vin. Il est de savoir aussi de quel type il s’agit car ils sont deux SO2, le libre et le combiné. Quand un  seul est indiqué (cas de Mark Angeli), il s’agit de la somme des deux. 

-        Le SO2 à l’état gazeux est dit libre. C’est lui qui protège la vendange ou le vin des contaminants et de l’oxydation.

-        Le reste s’intègre au vin (sucre et ferments) dans une proportion globale de 2/3, ce qui modifie le goût même du vin.

-        Les deux additionnés forment le SO2 total, toujours cité en second.   

 

Les effets sur celui qui boit le vin. Pour ceux qui sont allergiques aux sulfites, la seule solution pour eux est de ne pas boire de vin du tout. Pour tous les autres, trop de sulfites n’est jamais bon. C’est grâce à eux et à certains distributeurs que la situation bouge et commence à se décanter dans un sens de plus grande transparence. 

 

Le Guide des Vins Tests-Achats des Vins 2009. C’est la démarche suivie par Test-Achats en Belgique depuis quelques années pour nous expliquer ce qui se passe. Test-Achat est une association de consommateurs, connue pour son sérieux et sa vocation pédagogique. Son objectif est d’éclairer l’acheteur de vin en associant à sa démarche le distributeur. On trouve de ce fait le nom du magasin où il est possible d’acheter le vin, avec le prix, ce qui est important pour indiquer dans quel segment se situe le vin analysé. Chaque vin reçoit une note lors de la dégustation (très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais). Une note chiffrée et codifiée est aussi attribuée par d’autres critères, comme ce fameux SO2. Pour ce billet, je n’ai sélectionné que les vins de Loire et les sulfites indiqués comme suit :

tb (très bon), b (bon), m (moyen), - (médiocre), m2 (mauvais)

 

La sélection Val de Loire. Les neufs blancs 

Vins

SO2 libre, note + app.

SO2 total

Note globale

Chenin, JBG 2007

18 = m

138 = m

b

Cheverny Pure Souche 2006

26 = b

101 = m

b

Coteaux du Layon E.. 2006

33 = m2

299 = m2

m2 = vin écarté de la sélection

Muscadet, Ch. La G... 2007

36 = m

142 = m2

m2

Pouilly Fumé, La Bergerie 2007

26 = m

119 = m

b

Pouilly Fumé, Champalouette 2006

30 = b

115 = m

b/-

Sancerre, Pascal Balland 2006

21 = b

69 = tb

tb/b

Saumur, Ch de Targé 2005

13 = tb

86 = b

b

Saumur, Alfred Pery 2006

19 = b

115 = m

b

 

Les quatre rouges

Chinon, Les Hardonnières

22 = b

50 = tb

b

Saumur-Champigny, La Guilloterie

11 = tb

20 = tb

tb

Saumur-Champigny, Thierry Germain

12 = tb

20 = tb

b

Côt, Roc de Chateauvieux

18 = tb

20 = tb

m/-

 

Quelques commentaires

. L’analyse chiffrée ne concerne pas que les sulfites mais aussi l’alcool mesuré, les sucres totaux, l’acidité totale, l’acidité volatile, l’acide sorbique…

 

. Pour les rouges, elle indique si la fermentation malo-lactique est ‘OK’. Cette analyse est complétée par une dégustation (œil/nez/bouche) qui obtient, elle aussi, une des cinq notations. Les rouges sont un bon exemple, le Saumur de la Guilloterie a tout bon, le second de Thierry Germain est toujours bon à la dégustation mais il ne l’est plus très. Quant au 4ème, il présente un cas rare. L’analyse chiffrée est quasi excellente -seule l’acidité volatile a obtenu un bon au lieu d’un très bon-. Par contre la dégustation a été sévère au point de faire basculer la note globale. Leur point commun est la très bonne maîtrise du SO2, en libre et en combiné. 

 

. La situation des blancs est plus contrastée. Le Coteaux du Layon a été écarté de la sélection pour cause de SO2 trop élevé. Il est intéressant de noter que le taux le plus bas en SO2 libre n’est pas forcément jugé le meilleur (26 a un un b et 18 un m) ; par contre, ce constat n’est pas valable pour le SO2 total. C’est le Sancerre qui obtient 69 en SO2 qui a le tb ainsi qu’en note finale tb/b.

Autre chose, un score moyen en SO2 (Pouilly Fumé La Bergerie) n’empêche pas d’avoir un b en final.   

 

. Les Rosés n’ont pas fait l’objet de la pré-sélection en bouteille et ceux de Loire ne sont pas présents en BIB. Il n’y a eu aucun vin de Loire en Bag-in-Box sélectionné sur les 62 présents dans Le Guide des Vins d’Achats-Tests. Quant aux bouteilles, seuls 13 proviennent de la Loire sur les 362 vins au total (BIB inclus) !

 

. Cette présence très faible des vins de Loire dans la sélection montre le changement dans un marché qui, jusqu’à il y a peu faisait partie des marchés amis, comme une extension ‘naturelle’ pour les producteurs français. Les consommateurs demandent des vins du soleil ou des Pays tiers qui les changent et les distributeurs se plaignent souvent de l’absence de promotion par les professionnels français pour leurs vins.    

         

Pour suivre le chemin

. Le Guide des Vins, Test-Achats, Rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles, www.test-achats.be 

. Voir les vignerons qui appartiennent au groupe  www.vigneronsartisans.com/les    motsest une question de proportions. Seul l’excès est nocif, qu’il s’agisse d’oxygène, d’azote  d’hydrogène.

www.vinexpert.com/articles_vin/vin_additifs.php

http://www.viticulture-oenologie-formation.fr/vitioenoformlycee/vinbio/photos/charte-vinbio-fnivab/analyse-regl-vinbio.pdf
. Photo EP

Quelques adresses intéressantes
. Iris Rutz-Ruddel du Domaine de Lisson, qui apporte une bonne précision à voir dans son commentaire ci-dessous: http://lisson.over-blog.com/        

. Un couple de vignerons fous, sans sulfites eux non plus !
http://users.skynet.be/truegreatwines/domaine/casotdesmailloles.html


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WBW46 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'accord avec la musique

11 Octobre 2009, 11:21am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Boire un bon vin, assis au soleil couchant au son de la musique, était déjà un plaisir au temps des Pharaons. Aujourd’hui l’accord avec la musique sur la bouteille se fait en citant une lettre, un mot, en montrant des notes de musique, en utilisant des dénominations musicales ou en montrant des mains tenant la baguette du chef d’orchestre :


847. ‘Clé de Sol’ est aussi le nom d’une cuvée de Damien Delecheneau pour un Montlouis.

 



848. ‘Bel Canto’ est un vin de pays La Chaume, Vix, de Christian et Estelle Chabirand en hommage à Geneviève Vix, cantatrice née à Nantes en 1879 et fut pensionnaire de l’Opéra de Paris.

 



849. Marc et Laurence Vincent du Domaine de La Paleine au Puy Notre-Dame ont nommé leur cuvée haut de gamme Saumur ‘Pamina’ du nom de la fille de la Reine dans La Flûte enchantée de Mozart.

        










850. L’étiquette du Saint-Nicolas de Bourgueil du Vignoble de La Jarnoterie, Cuvée Concerto,a été conçue par Carine Rezé, vigneronne-musicienne, qui place la partition au cœur     de Concerto avec un effet d’optique en entonnoir ; la rondeur est donnée par le C de Concerto qui boucle sur lui-même.

 

 

851. Pour Gérard et Catherine Bossé, Michel Tolmer a aussi conçu l’étiquette de l’Anjou Blanc’ Les Buttes de Saint-Germain des Près’, une parcelle très qualitative dont le vin est vinifié par Patrick Baudouin.

 


852. Thierry Michon, au Domaine Saint-Nicolas, joue ses ‘Gammes d’Eté’ à l’accordéon constitué par des bouteilles, pour un Fiefs Vendéens ;

 



853. puis au Domaine Richou, la famille entonne ‘l’R d’Anjou’ en buvant un Rosé d’Anjou tout en lisant les paroles de la chanson sur la contre--étiquette.

 
















854. La journée se finit autour d’un vin de table de France ‘Symphonie du temps’, n° 03 de l’opéra des vins (en petites lettres), de Jean-Pierre Robinot, négociant-vinificateur, avec une étiquette conçue par lui à partir d’une de ses œuvres picturales (voir ci-dessous).                         

 

Transition du Signe du Je-u vers le Signe du Feu

Avec le Signe du Je-u se termine le cycle ouvert sur le partage d’Emotion, commencé avec le Signe de la Couleur, complété avec le Signe du Trait. L’hommage familial et l’humour ont toujours fait partie de l’univers du vin mais l’appartenance à ce signe est particulièrement perceptible  dans ce signe. Il rejoint aussi bien évidemment le Signe de l’Homme par lequel j’ai commencé cette étude.

                                         

Le prochain Cycle s’ouvre avec le Signe du Feu (chapitre 9 et dernier), qui sous-tend l’ensemble des huit autres Signes.  

                                                     

Pour suivre le chemin

. Repérer les nouvelles tendances sensorielles

Plusieurs essais sont faits en Loire actuellement sur la recherche de matière pour évoquer une sensorialité du toucher, comparable à ce qui se fait entre l’ouie, la vue et le goût par la musique. Pour l’étiquette, il y a des nouvelles matières, de nouvelles sensations et une approche plus sensuelle avec :

 

-        le métal, comme l’étain massif poli pour anoblir un Saumur brut Instinct millésimé de Bouvet-Ladubay et qui a eu tant de succès que la maison est en rupture,

-        le relief pour donner la profondeur : Pascal Cailleau du Domaine du Sauveroy pour un Anjou-Villages Cuvée Andégave et Jérémie Huchet du Domaine de la Chauvinière  pour un Muscadet,

-        le bois pour évoquer le bois ou l’élevage en fût: du frêne pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie d’Yves 

       Provost et Ebène pour un Saumur-Champigny du Domaine Fouet,

-        du papier-tissu velours pour apporter la douceur et une nouvelle profondeur à l’étiquette avec Jacky Blot de La Taille aux Loups pour un Crémant de Loire,

-        un effet dentelle pour entrer dans l’univers féminin : Marc Houtin de La grange aux belles pour un 

      Crémant de Loire et aussi Ackerman Loire pour son Coteaux du Layon, son 
      Chenin…

-        des papiers métallisés qui diffractent la lumière et captent le regard avec Françoise Flao des Caves de Grenelle pour toute une gamme de Crémant de Loire ou Réthoré-Davy de Saint Rémy en Mauges pour leurs vins de pays de cépage ou d’assemblage.

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WBW45 > Les Habits des Vins d'Emotion > La peinture et le dessin

8 Octobre 2009, 09:26am

Publié par Elisabeth Poulain

Le recours à un peintre
On pourrait imaginer que la peinture serait le premier moyen d’expression artistique par lequel le vin pourrait communiquer. Pourtant on peut compter sur les doigts des deux mains les oeuvres d’art qui occupent la première place dans le message véhiculé par le vigneron grâce à l’habillage. Avec les peintres contemporains, le partenariat est peu fréquent malgré les avantages évidents pour chacune des deux partenaires : les peintres travaillent sur des très petits formats apposés sur des cimaises voyageuses que sont les bouteilles et les vignerons communiquent sur leurs vins grâce aux peintres. Comme s’il existait une certaine timidité des vignerons face aux peintres.

 

Au cours de cette recherche sur l’habillage de la bouteille de vin, j’ai néanmoins rencontré quelques tandems artistes-vignerons qui font un bout de chemin ensemble : Grau Garrigua/Château de la Fresnaye et par ordre alphabétique, Frédérique Barbier/Marie-Luce Métaireau, Bertrand Bataille/François Plouzeau, Gabs/Vincent Giraud, Maddlen Herrstrom/Jean-François Mériau, Henri Mouzet/Patrick Baudouin, Jean-Louis Rondeau/Yves Guégniard, Michel Tolmer/Thierry Germain…

 




L’association avec le peintre peut aussi être le fruit d’une rencontre qui se traduira par une œuvre dédiée à un vin :


843. Coganis, un Cheverny 2003 Philippe Tessier, porte une encre créée, lors d’un séjour à
Cheverny, par Vanessa Notley, plasticienne résidant actuellement en Chine.

                                                                               


844 Philippe Vatan du Château du Hureau sélectionne
une encre signée Legrand pour un Coteaux de Saumur.

                                   .                                              











845. Damien  Delecheneau a fait réaliser une oeuvre forte de style cubiste pour ‘Les Bulles’ un Montlouis pétillant sur le thème « c’est beau, une ville la nuit ». 

                        




Le recours à un designer

Il y a plusieurs clans de vignerons, les ‘réfractaires’ qu’il ne faut même pas chercher à convaincre de l’utilité de faire appel à un designer, « trop cher, trop lourd, peur de la concurrence, t surtout l’obligation de se mettre en question, tout ça pour donner des idées aux autres », et les ‘convaincus’ ayant déjà expérimenté avec succès la formule.

 

- Parmi ces derniers figurent Bruno et Marie-Annick Cormerais pour leur Muscadet Sèvre et maine sur lie qui sont tous maintenant habillés de façon contemporaine. Les concepts utilisés sont la personnalisation sur le nom du créateur vigneron, la sobriété de la présentation, le clin d’œil avec la brindille de vigne avec des couleurs variées et le chiffre 100 mystérieux.

 

- Sébastien David, vigneron à Saint-Nicolas de Bourgueil, pour sa collection PatriMoine SD,  conçoit ses habillages millésimés, pour ses vins millésimés, avec un ami graphiste, avec une contre identique. Tout le reste change, bouteille y compris, même le mode cultural qui devient de plus en plus ‘nature’ au fil du temps, après une réflexion en profondeur.

 

- Marc Houtin de La grange aux belles, travaille avec le même graphiste depuis ses débuts dans la profession. On reconnaît déjà ses vins à leur habillage qui ont pour point commun de lui ressembler. Il s’y sent à l’aise. Pour son vin de table doux issu de tries de sauvignon à pleine maturité qui se dénomme « Merci », il explique sur la contre : « C’est le vin d’une aventure/ D’une expérience osées sur des raisins dorés/ De sauvignon à pleine maturité/ Grâce à l’enthousiasme de ma famille/ Et des mes amis adorés/ C’est une sélection de mes meilleurs tries/ Qui s’offre comme un baiser fruité/ Un cadeau à partager.»

 

Avec ces réalisations, on assiste à une démarche globale qui commence à l’étiquette, continue par la lecture de l’information sur la contre, se poursuit par la dégustation et se prolonge par l’envie de découvrir les autres vins de ces vignerons. Une autre tendance actuelle consiste à faire appel non plus à des designers mais à des artistes dessinateurs qui ont déjà créé leur univers, en particulier dans la bande dessinée.  

Les nouvelles alliances avec la sculpture

Elles résultent directement d’une double recherche, se différencient par le haut, grâce à démarche culturelle innovante. Les partenaires du vigneron sont alors sculpteur, musicien, poète, philosophe…

 

Le recours à un sculpteur

La sculpture est peu présente du moins en Loire dans les habillages des bouteilles de vin. Il est possible de citer toutefois deux exemples contemporains très différents. 

 

846. Les Demoiselles Tatin à Brinay ont choisi une sculpture de Jacques Tempéreau ‘ Les Trois Grâces’ pour un Reuilly ‘Les Demoiselles Tatin ».

 

Jacques Tempéreau, sculpteur, Angers

Les Angevins connaissent ce grand sculpteur à qui leur ville a voulu rendre hommage. C’est lui qui a créé notamment les jets d’eau qui tournent sur eux-mêmes dans le grand bassin Aqua Familia en prolongement du Pont de Basse Chaîne face au Château d’Angers. Le parcours de Jacques Tempéreau est singulier. Il se définitssait comme un

horti-sculpteur. Il a commencé dans la vie en dessinant des jardins pour son père pépiniériste et paysagiste et a très vite trouvé le chemin de la sculpture. Il gardait un lien profond avec la terre, l’antique et les arbres et aimait à modeler des corps qu’il travaillait dans des matières nobles comme le bronze. Il aimait les oeuvres monumentales qu’il a exposé notamment à Cholet à l’Espace Saint-Louis.

 

 

. Alexandre Mellot fait appel depuis plusieurs années à l’artiste plasticien Gérard Puvis, qui travaille l’étain, pour toutes ses étiquettes de Sancerre, hors La Moussière. ‘Génération XIX’ fait ainsi référence à l’ancrage de la famille dans le vin depuis 1513 en célébrant le mouvement du corps du danseur, une déclinaison intégrant les symboles du vin, feuilles, vignes, barriques, tire-bouchons selon les différentes cuvées et un style très reconnaissable.

 

Pour suivre le chemin

Le prochain billet portera sur les recherches sensorielles et en particulier sur l’alliance entre le vin et la musique. 

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Gestion de l'information > La carte plus que le territoire > Le chômage

7 Octobre 2009, 13:41pm

Publié par Elisabeth Poulain

La gestion de l’information a ceci de formidable qu’on peut tout lui faire dire surtout avec une carte, sans donner toute l’information, sans véritable mise en perspective et avec des erreurs de chiffres. Ca fait beaucoup de distorsion entre une information, ici le chiffre du chômage des jeunes et sa représentation en carte.   

 

Le pouvoir magique de la carte

La carte est la représentation figurative d’une information figée à un moment donné. Pour montrer le mouvement par exemple, il suffit de juxtaposer deux  cartes l’une à côté de l’autre pour figer l’avant/maintenant ou l’avant/après. Pour représenter l’évolution du chômage des jeunes par exemple sur un an, région par région, il faudrait au moins deux cartes : la Ière à juillet 2008 et la seconde à juillet 2009. Si l’objectif est de se focaliser sur la hausse du chômage, il serait tout autant possible de dresser une carte des hausses soit des années antérieures à 2008 année par année ou en moyenne, soit de l’année 2007-2008 en la comparant à ce qui s’est passé de juillet 2008 à juillet 2009, mais avec toujours une carte référente. 

 

La carte du Monde

Là où le jeu devient étonnant, c’est quand une journaliste du Monde  (26.08.2009), Claire Guélaud, dresse la carte du chômage des jeunes sur un an (07.2008 à 07.2008) sur la base des données que le Pôle Emploi et la DARES viennent de sortir. En brun foncé, ressortent les régions qui ont les plus hausses avec des chiffres qui font frémir, avec par exemple le plus mauvais score national pour la Région Pays de Loire avec une hausse de 41,4%, suivi par la région Rhône-Alpes avec 2,5 points en dessous quand même (39%). A l’opposé, le moins mauvais des scores est attribué à la région Nord-Pas de Calais (20,9%). 

 

La carte manquante

A aucun moment, ces chiffres non contestables ne sont remis en perspectives sur le terrain en montrant ce qu’il en résulte réellement en juillet 2009. Il serait alors possible de dire combien de jeunes sont en recherche d’emploi à cette date, région par région. Il serait aussi  possible de comprendre pourquoi la hausse n’est que de 1,2% en Guyane ou de 8,2% à la Guadeloupe. A voir la carte établie sur la base de ces chiffres, la réaction bien naturelle est de dire qu’on devrait envoyer tous nos jeunes en Guyane pour avoir du travail.  

 

L’information complémentaire

Un reportage complète cette analyse de Claire Guélaud en page 8 du Monde. Il porte sur les Pays de Loire avec ce titre « En Pays de Loire, des jeunes de plus en plus à la peine pour trouver du travail », avec deux photos de jeunes posant devant la Mission locale pour l’insertion des jeunes, mais pas dedans. Ils sont exclus. Il faut atteindre la fin de cet article de Benoît Floc’h pour apprendre que le taux de chômage début 2008 (pas juillet 2008, ni juillet 2009) était de 5,8% de demandeurs d’emploi contre 7,2% en France, sans que l’on sache si cela concerne les jeunes.

 

Le manque d’éclairage et les erreurs

Pour en revenir à la mise en perspective européenne et au chiffre moyen du chômage des jeunes en juillet 2009, il faut revenir dans un petit encadré situé en haut à droite dans l’article de la journaliste déjà citée. On y trouve enfin le taux moyen français pour les jeunes ; il est de 22,3% contre 8,3% dans l’Europe des 25. On en frémit d’horreur.

 

Les recherches à faire par le lecteur

Il ne reste plus alors qu’à faire ses propres recherches en allant directement voir Eurostat - non cité par le Monde - qui donne lui les – vrais - chiffres. Dans l’UE, la moyenne en Zone Euro est de 18,8% et pour la France de 22,3%. Devant un tel différentiel, il faut alors comprendre pourquoi. Vous trouvez alors un blog qui déchiffre pour vous ce que dit Le Monde. Ca devient drôle. A vous d’aller le lire, vous aurez l’explication (= en France, nous avons beaucoup d’étudiants). 

 

J’ai bien trouvé le chiffre du chômage en Pays de Loire à fin juin 2009 sur le site de l’INSEE (8,2% contre 9,1% en France) mais pas celui des jeunes. J’attends.  

 

Pour suivre le chemin

. La carte n’est pas le territoire, un axiome de la PNL à voir sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Programmation_neuro-linguistique


. Pour comprendre le Monde, un blog intéressant

http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2009/04/25/le-chomage-des-jeunes-en-chiffres-frelates/


. Toujours Eurostat, l’organisme européen de statistiques

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-23072009-BP/FR/3-23072009-BP-FR.PDF

. Et l’Insee, quand l’Institut se décidera à sortir les statistiques sur le chômage des jeunes à juillet 2009 région par région 

        

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Dimanche midi à Angers (49), une balade à Terra Botanica

5 Octobre 2009, 16:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un dimanche matin de début octobre

C’est un dimanche où on se lève tard sans avoir de programme bien précis en tête. Il fait beau d’une lumière douce, avec une chaleur juste assez forte pour qu’on soit content d’être à l’air, pour faire les vendanges par exemple.

C’est à ce moment que dehors, un arrosoir en main, pour aller vérifier si vos petites plantations dans les mini-jardins de rue vont bien, qu’une de vos voisines vous hèle de l’autre côté de sa clôture : « Elisabeth, si vous voulez toujours aller voir Terra Botanica avant l’ouverture, c’est aujourd’hui. C’est marqué dans le Courrier de l’Ouest ». Une visite exceptionnelle du chantier de Terra Botanica est bien programmée ce dimanche de 8h du matin à 18h. Il est midi moins le quart. Le temps de prendre quelques affaires et vous voilà partie à vélo, votre appareil photo avec vous.

                                                                                                                  

La porte pour piétons

Quelques instants plus tard, une autoroute franchie, deux personnes interrogées pour trouver l’entrée, un fossé enjambé et mon valeureux vélo accroché bien seul à la porte « Piétons » de Terra Botanica, je me lance à l’assaut de la colline sur un bitume qui voit ses premiers usagers. En haut, l’accueil pour cette ballade au cœur du chantier de ce parc de loisir dédié au végétal qui a pour nom « Terra Botanica » pour céder à la mode du latin et de la consonance en ‘a’ qui possède le pouvoir d’attirer principalement les femmes.


En rouge clair en haut à gauche sur la carte, vous voyez le végétal généreux, en rouge foncé à droite en haut le végétal mystérieux, en vert clair en bas à droite le végétal apprivoisé et en bleu enfin le végétal convoité.    


Le ruban plastique rouge et blanc ou vert et blanc 

Bonne pioche, dés le départ, je repère des poteaux, petits ceux de la vigne qui sera plantée demain, des poteaux accrocheurs d’oriflammes en bois à l’effigie du Roi René, des poteaux de soutien et surtout une magnifique grue jaune qui va se révéler l’épicentre autour duquel je vais tourner pendant plus d’une heure, en suivant les rubans plastique rouge.

 

La grue jaune, la véritable star
 

  


C’est elle qui couve le chantier, comme une déesse tutélaire bienveillante. Il faut dira aussi qu’on a bien besoin d’elle pour édifier les nombreux bâtiments qui vont accueillir les visiteurs en recherche d’une nature généreuse, mystérieuse, convoitée et apprivoisée. C’est elle aussi qui apporte les matériaux nécessaires aux engins de toutes sortes et de toutes les couleurs qui façonnent cette terre botanique  dédiée au végétal.

 

Les engins et les lignes

C’est ce qui ressort de cette exploration. Déjà les grosses pièces végétales sont en place. Ce sont elles qui seront à l’honneur quand le parc sera ouvert en 2010. Ce ne sont pas elles pourtant que j’ai cherchées à voir mais au contraire l’ossature qui sous-tend l’ensemble et qui ne sera plus visible après. On voudrait voir plus souvent en ville des bâtiments de ce type.

 

Une visite planétaire

Je suis rentrée par la porte n° 10. Arrivée à la fin du circuit, je suis repartie par le départ pour terminer mon tour. En chemin, au point d’information n° 12, j’ai écouté Martyna Yulia, une étudiante russe qui est actuellement en Ière année de Master à l’ESTHUA (Tourisme) d’Angers nous expliquer ce que nous étions en train d’admirer. C’est pour elle que j’ai fait ma seule exception lors de ma visite. Sa voix était si chantante, son phrasé si juste, ses mots si choisis que je me suis arrêtée pour l’écouter nous raconter l’aventure du végétal.  

Une ambassadrice de charme
Bravo à vous Martyna Yulia, qui parlez un français remarquable, en montrant beaucoup de plaisir d’avoir été choisie comme ambassadrice de cette première ouverture à un public ravi. Bonne poursuite pour votre carrière. Et pour nous tous, le prochain rendez-vous est désormais fixé au 10 avril 2010, jour de l’ouverture du parc.

 Pour suivre le chemin

. Terra Botanica, un espace de 110 000m2 dédié au végétal, avec 40 attractions et animations, 1 000 arbres de collection et 275 000 végétaux des 6 continents  

. Une initiative du Conseil général du Maine et Loire, à voir sur

www.cg49.fr

www.terrabotanica.fr

terrabotanica@terrabotanica.fr

. Photos EP, autres photos à voir sur ce blog dans l'album-photos 'Vegetal'

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WBW44 > Les Habits des Vins d'Emotion > Le Jeu par la mixité culturelle

2 Octobre 2009, 08:46am

Publié par Elisabeth Poulain

La pluralité des fonctions de l’étiquette a pour conséquence d’ouvrir la palette des expressions du vin à d’autres formes de communication. Plutôt que de parler de sa famille ou de faire de l’humour, le vigneron ou la personne en charge de la représentation du vin peut préférer une autre façon de donner du sens en se référant à l’ univers culturel. Grâce à ce jeu de miroir, on assiste à un mariage plus ouvert de l’art du vin avec la littérature, la musique, la sculpture, la peinture... Et aussi et surtout grâce à l’innovation et la création d’un designer ou d’un artiste qui devient, dans les meilleurs des cas,  un partenaire et/ou un prolongement naturel du vigneron. Parler de soi en faisant appel aux arts classiques que sont la littérature, la poésie, la peinture, le dessin et à de nouvelles alliances avec la sculpture, les recherches sensorielles, la musique est une façon naturellement culturelle de dire quelque chose dans l’univers du vin.

 

Le Vin et la littérature

Les grands auteurs sont vraiment ignorés à quelques exemples près.

 

Une seule exception, Rabelais parce qu’il ose dire tout haut ce qui se murmure tout bas : « buvez mais buvez donc et commencez par vous amuser ! » C’est à Chinon, le pays natal de Rabelais - il est né à Seuilly à quelques kilomètres de Chinon, que l’on trouve le plus d’attachement à Rabelais, si touchant qu’il rend le grand homme vivant.

 

     
841. Marc Plouzeau du Château de la Bonnelière, associe Rabelais à un Chinon ‘Rive gauche’. Le sien est un dessin très enlevé de fin de repas de Gus, dessinateur au Figaro, invité pour les 500 ans de François Ier, avec l’homme de lettres qui crie « Vive Chinon » en levant son verre. La contre-étiquette est aussi qualitative avec la reproduction d’une gravure de François Rabelais et un extrait du Livre 1, Chapitre 5 « Les Propos d’un Buveur » : Remède contre la soif : « Courez toujours après le chien, jamais il ne vous mordra ; buvez toujours avant la soif, jamais elle ne viendra. »

 

- Outre Rabelais, Charles Joguet citait pour son Chinon rosé un autre grand poète, Omar Khayam, qui sait, en un quatrain, associer pour son plaisir la saveur du printemps, les fleurs  des champs et une belle fille qui lui apporte une coupe de vin. Actuellement le quatrain, qui figurait sur l’étiquette de 1978, a simplement été remplacé par les coordonnées de Kermit Lynch, « marchand de vin » à Berkeley en Californie et l’étiquette est restée inchangée même dans la signature de Charles Joguet :

« Il faut que… Boire ce vin très frais ! …

Malheur au cœur où il n’y a pas le feu !

Puis le jour que tu passes sans boire de vin,

Dans tes jours pas de jour plus perdu que ce jour ! » Omar Khayam.

 

Charles Joguet, peintre, sculpteur, Sazilly

Il est de ces vignerons que tout le monde connaît, par son nom donné au domaine, créée en 1874 à Sazilly face à Chinon de l’autre côté de la Vienne. Il a été un des grands qui ont su pousser le Cabernet Franc dans ce qu’il a de meilleur, un de ces aventuriers du vin capables de prendre de grands risques pour que le raisin puisse s’exprimer dans sa matérialité la plus fine et sa spiritualité la plus intense. Il est un de ceux qui ont cherché à connaître le goût du vin de raisin issu du provignage. Maintenant le domaine suit sa vie propre et Charles Joguet la sienne. Il a toujours l’amour du vin, il a retrouvé pleinement aussi celui de la peinture qu’il avait déjà quand il se consacrait à ses expressions de vin mais sans pouvoir s’y adonner. Il a fait les Beaux-Arts de Paris avant de s’engager dans le vin. Chacune de ses vies est exclusive, on ne fait pas les choses à moitié quand on s’appelle Charles Joguet. Vouloir trouver un lien entre les deux l’agace prodigieusement d’ailleurs. Il vous le dit tout net, en entrée de jeu.

 

Il peint de grandes toiles d’une forte vitalité, avec des couleurs intenses qui tournent pour beaucoup d’entre elles sur le mystère et la grandeur de la création du monde. Oh, ce n’est pas lui qui donnerait de tels titres, lui peint et s’efface derrière ses toiles pleines de couleurs, de force et de vie, comme naguère derrière ses vins. Pour trouver d’autres sensations, d’autres plénitudes, il est aussi sculpteur et a toujours à portée de main un ou deux de ses bronzes pleins de rondeur sur une table dans son atelier qui fait face à la vigne. Ecouter ce grand peintre parler de son cheminement dans la peinture face à la neige qui tombe à gros flocons de l’autre côté de la vitre qui nous sépare de la vigne en pente douce au cœur de l’hiver est une aventure rare. Charles Joguet revenait d’une exposition à Tours et prenait plaisir à redonner à ses toiles la place qui est la leur dans son atelier, avant de partir orner d’autres mûrs. Leurs noms : Le Chant du Ciel jaune, Curieux Regard, Rue de la Joie blanche, Missing, Le Dernier Contrôle…

 

- Bellae Domini, la version latine de La Belle du Seigneur, le titre d’un célèbre roman d’Albert Cohen, écrivain suisse, est attribué par Christian Chabirand à un vin de pays du Prieuré La Chaume.

 

- Florent Baumard pour son Savennières, Clos de la Folie, commence les citations d’auteurs qui parlent de la folie par « C’est être fou que d’être sage » Baïf, poète français du XVIè siècle et ami de Ronsard.

 

- Mark Angeli cite e.e. cummings (sans majuscules) un poète, écrivain et peintre américain au dos d’une des étiquettes de Rosé d’un Jour, un Vin de Table de France : « Tant que nous aurons des lèvres et des voix pour embrasser et pour chanter, qu’importe qu’un fils de pute invente un instrument pour mesurer le printemps. 2004. »    

 

                                                                                  

842. Quant à la cuvée ‘La Rouge et Noire’, en Saumur Champigny du Domaine Fouet, Saint Cyr en Bourg, elle aurait été tout autant trouver sa place dans le SIGNE du Je-u.

  

Pour suivre le chemin

. Le prochain billet sera consacré aux liens entre le vin, la peinture et le dessin.

. Toutes les étiquettes de ce SIGNE du JE-U en 8Labels dans l’album photos.  

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Une sombre affaire de bicyclette bleue à Angers

1 Octobre 2009, 11:08am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Elle est revêtue  d’un bleu magnifique, clair et puissant à la fois. Son style est racé, sa ligne est superbe. Visiblement cette bicyclette a tout d’une grande sportive, capable de satisfaire aux besoins de vélocité et de réalisation de soi d’un homme qui veut s’éclater en montant les cotes d’Angers. Il n’y en a pas beaucoup, mais quand elles existent, elles sont raides au point que bon nombre met pied à terre. D’autres plus sages accrochent leurs vélos aux barres d’un parapet et vont faire leur shopping à pied.

 

C’est ce qui est arrivé à cette bicyclette bleue. Elle attendait calmement le retour son maître, bien accrochée par un cadenas à la barre de métal d’une barrière quand brutalement, un hideux véhicule à quatre roues motrices s’emballa et lui faucha les jambes, ses roues à elle. Dés cet instant, son look en prit un coup et elle perdit de sa superbe et le moral par la même occasion. Des roues molles qui ressemblent à des montres de Dali, ça ne le fait pas, comme on dit maintenant tout le temps sur Europe 1, dans l’émission de Morandini. Du genre, « ça vous fait quoi d’avoir perdu les jambes ? »

 

Phimouss passait par la rue Bodinier en plein centre d’Angers. En vrai professionnel de la photographie qu’il est, il a toujours un appareil photo avec lui. Il prit peine pour la pauvrette et la prit en photo pour lui remonter le moral. Il lui dit: « ne t’en fait pas, ça ira mieux demain quand ton maître t’aura racheté une paire de roues. Regarde, tu restes très bien. Il y a juste les roues. C’est tout ». Et il s’en fut le cœur léger  rasséréné d’avoir fait une bonne action.

 

Oui, dà, sauf que le lendemain, Philmouss la retrouva, encore plus mal en point que la veille. Son cadre était toujours  accroché à la barre  mais ses roues s’étaient envolées, certainement d’elles-mêmes,  en réaction à la honte qu’elles avaient subie. La seule chose dont on peut être sûr est qu’elles n’ont pas pu être volées, sauf par un tordu peut être. Il y a des malades partout. Des amateurs de roues molles comme Dali avec ses montres molles? Celui qui conduisait les 4 roues motrices? Quien sabe ? Le mystère demeure.         

 

Pour suivre le chemin

. Photos de Phimouss, sur son blog http://angersblog.net/je-suis-un-peu-a-plat/

avec mes remerciements

. Voir aussi http://philmouss-photo.fr/

. Avant d'avoir découvert les photos de Phimouss, j'ai vu une roue de bicyclette attachée à une barre de sécurité de trottoir, non loin de là, une roue seule restée accrochée par le cadenas. Tout le reste était parti. Le temps d'aller chercher mon appareil photo, le service de nettoyage de la ville ou le propriétaire de cette roue était passé par là.   

 

 

 

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Un choc de poutres, de barres, de structures et de câbles

30 Septembre 2009, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le choc résulte de la rencontre virtuelle entre des situations qui apparemment n’ont rien à voir entre elles. La confrontation se passe simultanément à Paris, Anvers, Bruxelles, à Rennes... Deux villes françaises et deux belges. En fait c’est beaucoup plus compliqué que cela puisqu’il s’agit de création d’art et de communication publicitaire. 
 

L’enchevêtrement des poutres


Le premier cliché montre une charpente qui a été choisie par l’Université de Liège et la Cité de l’architecture et du patrimoine pour annoncer une grande exposition européenne sur les charpentes du XI au XIXé siècle en Europe, sous le titre « Les Toits de l’Europe ». Il se dégage du cliché une force impressionnante de cette ossature puissante. Les couleurs des bois s’harmonisent dans une palette très riche capable de faire contre-poids à la hauteur et à la portée de la charpente. C’est un hommage à la capacité de l’homme d’édifier des bâtiments qui donnent confiance à ceux qu’ils abritent.  
        


L’agressivité des barres


C’est Chris Burden, un artiste américain,  qui donne le ton de la grande violence avec sa composition de structures métalliques fichées en terre qui agressent le ciel au Musée de plein air de Middelheim en Belgique. Ces 30 poutrelles concentrées en faisceau à partir d’un cercle encadrée de petites butées représentent un monde en devenir, bloqué dans le béton, avec un ciel ouvert et déchiré par l’abrupt des éléments. Cette composition représente une certaine vision de la violence du monde. Il faut dire que son créateur est aussi un peu ‘trash’, n’hésitant pas pour montrer l’implication de l’artiste dans son œuvre à se faire tirer dessus au bras gauche par balle de pistolet.  
 



Les structures pleines en acier

 Ou le désordre de l’ordre.

Je reprends l’appellation choisie par Bernard Venet, un des artistes français les plus connus aux Etats-Unis, pour désigner son travail. J’ai ajouté ‘de l’ordre’ pour qualifier son travail de composition à base de structures pleines en acier de très grandes dimensions. Comme des barres lourdes posées au sol qu'on ne voit vraiment qu'avec de la hauteur.   

Ces assemblages posés au sol portent des noms, ‘Arcs’, ‘Effondrements’, ‘Performance-La Ligne droite-Sa trace’, ‘Saturations’. On a pu les voir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le Bozar cet été.  La photo donne l’impression d’un grand calme et de la maîtrise d’un monde de pureté, sans limite, avec un homme de dos qui part vers la source de ces volumes élancés individualisés et liés, vers l’origine du monde. 
  



Les câbles


Ce sont ceux qui conduisent les nouvelles techniques de l’information indispensables au développement de notre société. C’est la publicité conçue par Publicis retenue par la
Technopole Rennes Atalante
pour attirer de nouveaux investisseurs sur son pôle de compétitivité dédié aux Images et Réseaux . Cette fois-ci la présentation de ce faisceau s’ouvre vers nous, vers l’avenir, en nous présentant le nom des grandes entreprises déjà présentes sur le site.       

 

Le bois réchauffe et protège; la poutrelle plate avec des cornières agresse; la barre courbe d'acier en faisceau intrigue et le cable a besoin de mots pour fonctionner. L'oeil est levé au ciel pour la charpente, se place en diagonale vers le haut pour le bouquet de poutrelles plates, se pose à terre pour les barres courbes et ne voit rien pour les cables enterrés.
Pour suivre le chemin

. Poutres de Bois 

- aucune indication de lieu n’est donnée sur la fiche ou sur le site de la Cité de Chaillot. http://www.citechaillot.fr/

 

. Barres métalliques

- Chris Burden est un créateur iconoclaste détonnant, voir des éléments de sa biographie dans

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Burden

- Sur l’exposition qui regroupe huit pays européens et un grand nombre d’instituts scientifiques, des infos sur

http://www.middelheimmuseum.be/smartsite.dws?ch=MAF&id=3000959&rec=8024316&vergroot=1 

 

. Structures pleines en acier

- Bernard Venet

- Le palais des Beaux Arts de Bruxelles, www.bozar.be/home.php?lng=fr

 

. Câbles

www.rennes-atalante.fr

. Sur le sujet, voir aussi un billet sur ce blog sur les poteaux de ville, qui décorent le ciel de nos rues, sous le titre Levez les yeux au ciel et cherchez les poteaux  classé en développement durable.  

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Rompre le lien à la terre > Israel face aux paysans palestiniens

29 Septembre 2009, 09:52am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le lien à la terre

Il n’est pas toujours aussi enchanteur et ressourçant que nous le vantent les brochures publicitaires pour nous inciter à acheter un mas dans le Luberon, une chaumière en Brière ou un vignoble en Val de Loire ou les trois dans même temps. Non, ce lien à la terre peut être très douloureux, comme le montre la stratégie d’Israël pour distendre et rompre le lien à la terre des paysans palestiniens en les empêchant de cultiver leurs propres champs.

        

 Des paysans sans terre et des terres sans paysan. Et un paysan qui a une terre qu’il ne peut cultiver pour se nourrir, nourrir les siens et la population, c’est un homme, une famille, un clan qu’on détruit, une société qui se délite. C’est le cas en Palestine. Les méthodes utilisées vont toutes dans le même sens : rendre le travail de la terre difficile, quasiment impossible, par une superposition de mesures qui conduisent à l’absurde, rendent fou et conduisent à la perte de la propriété de la terre. Pour terminer par perdre son identité.  

 

Les obstacles physiques, l’impossibilité d’accéder à sa terre

-        En 1, il existe des zones militaires fermées qui interdisent toute connexion avec les terres agricoles palestiniennes ; le lien est alors rompu de facto. C’est le cas par exemple du membre d’une coopérative qui n’a plus accès à son oliveraie dont tous les arbres ont été coupés ;      

-        en 2, un mur de grillage muni de portes verrouillées par des soldats empêche les paysans de se rendre sur leurs parcelles, quand la nature les y pousse, pour s'occuper des récoltes...             

 

Les obstacles documentaires, le retard de la délivrance ou l’absence de permis

-        En 3, arrivé à la porte, il faut avoir un permis pour accéder à ses terres,

-        et pour cela joindre ses actes d’identité un acte de propriété ou un acte d’héritage,

-        avec des photos des parcelles,

-       le temps d’attente du permis pouvant prendre jusqu’à 7 mois dans l’exemple cité, pendant lesquels il n’est évidemment pas possible de travailler la terre, quand on réussit à avoir ce fameux pass,

-        tout en sachant que les refus de permis de plus en plus nombreux se multiplient.

 

Les obstacles de temps, le retard ou la fermeture du poste de passage

-        En 4, il faut ensuite pouvoir rejoindre sa terre. Là aussi  le parcours d’obstacles est pimenté. D’abord il faut trouver la bonne porte. Certaines n’ouvrent que 3 fois par jour pendant 30 minutes, sans être jamais sûr du respect des horaires aussi bien à l’ouverture qu’à la fermeture ;

 

-        en 5, ces horaires limités et irréguliers obligent à se détourner vers d’autres portes ouvertes elles 12h sur 24 mais en contraignant les paysans à faire trois fois plus de kilomètres au total, avec du temps et de l’argent perdus en vain.                   

 

Les obstacles réglementaires et la confiscation de la terre
En 6, ces obstacles logistiques et financiers se doublent d’obstacles réglementaires qui confortent ou provoquent la rupture du lien à la terre. Cette rupture découle de l’impossibilité de récupérer des terres dites ‘de propriétaire absent’ au profit de la puissance publique, Istraël, avec des lois datant des Ottomans et des Britanniques. Selon le témoignage de Sharif Omar, paysan pamestinien, « la terre est sous surveillance constante et les autorités israéliennes procèdent à des prises de vue aériennes en mai et en novembre, c’est à dire avant les plantations et après les récoltes ».  Il est plus facile ensuite de confisquer la terre puisque les preuves ne peuvent être faites que dans un seul sens, lorsque la terre n’est pas travaillée.  

 
La perte du nom et la rupture du lien
Nous avons vu en 3 que le paysan doit prouver ses droits à cultiver sa terre qui est de moins en moins travaillée en raison de l’enchevêtrement   des       contraintes et du caractère implacable de la confiscation à titre de sanction. Il reste néanmoins encore ancré ce lien à la terre entre une famille et une parcelle. Jusqu’alors, les
autorités palestiniennes, après avoir travaillé à éloigner la terre des paysans, ont ensuite  complété le système par la procédure inverse, qui consiste à éloigner le paysan de sa terre. Pour cela, il suffit de modifier le nom du fils par rapport à son père sur 4 générations, ce qui est très rapide.   

 

L’exemple de Sharif Mohammad Omar Mohammad
Le témoignage du paysan déjà cité est étonnant, sachant que  dans la coutume palestinienne, le fils porte son prénom suivi de celui de son père et de son grand-père. Voici les conséquences de la réglementation dictée par les Israéliens qui oblige à indiquer le nom de famille. L’exemple qui suit montre la rupture identitaire : 

 

-        le père du paysan qui témoigne s’appelle Mohammad Omar Mohammad,

-        lui-même est Sharif (prénom) Mohammad Omar Mohammad, qui devient Sharif Mohammad Omar Khalid pour les autorités,

-        son fils aîné devient Azzam (prénom) Sharif Mohammad Khalid,

-        son petit-fils Sharif Azzam Sharif Khalid...

« Dans quelques années, les Israéliens pourront donc affirmer que mon petit-fils n’a aucun lien avec la terre familiale ». Signé Sharif Omar, paysan au village de Jayyous, Palestine.

 

Ce billet marque le début d’une nouvelle série à parution forcément irrégulière et à contenu hétérogène montrant plusieurs facettes du lien à la terre, qui est déjà présent, comme un fil de trame, dans mon blog depuis ses débuts, sous des formes diverses. 

           
Pour suivre le chemin  

 

. Ces informations sont extraites de la revue d’Oxfam International qui a consacré un numéro spécial à « Cinq ans d’illégalité, l’heure est venue de démanteler le Mur et de respecter les droits des Palestiniens ». 

. Oxfam-Belgique, rue des Quatre Vents 60, 1080 Brussels, Belgique, www.oxfamsol.be

. Oxfam-France, 104, rue Oberkampf, 75011 Paris, France, www.oxfamfrance.org        

. Photos Oxfam, avec mes remerciements
 

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