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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Regard d'une photographe, Yoshina Davelaar, au-delà de l'apparence

4 Décembre 2009, 11:08am

Publié par Elisabeth Poulain

Les Allumettes

La rencontre se passe à Trélazé près d'Angers, aux Allumettes, un lieu magique, hors du temps, en automne lors de la chute des grandes feuilles des platanes. Tournez à gauche en entrant dans l’ancienne manufacture, au milieu de l’allée, là où se trouvent des voitures et des gens, enfoncez vos pieds dans un matelas mou de gigantesques feuilles ocres de platane, vous arrivez chez Jean-Jacques Pigeon bien connu des Angevins (voir son portrait).  Dans la quatrième salle, à une table se tient une femme aux yeux d’aigle qui voit tout et s’interroge beaucoup. Yoshina Davelaar, assise à un guéridon, vous voit arriver. Elle est sérieuse et dense. C’est un regard de photographe qui voit profondément. Elle a fait des études d’art, spécialisation en photo, dés qu’elle a pu choisir son orientation.

 

Aux Allumettes, elle a mis son empreinte partout dans la salle que Jean-Jacques Pigeon lui a prêtée pendant ces visites d’ateliers d’artistes qui ont lieu en cette fin novembre. Cette année pour la première fois, l’association organisatrice avait invité des artistes néerlandais basés à Haarlem, qui tous ont été accueillis par des artistes angevins, en fonction des possibilités de leur atelier.  

 

Aux trois murs de cette partie de l’atelier, sont accrochés des photos de fleurs qui ont perdu leur identité florale ou végétale pour accéder, grâce à la macro, à un autre état de quasi-apesanteur. Que voit-on ? On ne le sait pas. Peut être un pistil flottant sur des rondeurs quasiment blanches. Plus loin sur un écran,  se présente un narcisse au pied d’une gerbe de tulipes jaunes, on regarde bien. On voit bien les fleurs, cette fois-ci, c’est plus facile que pour l’autre présentation. Apparemment, parce que ce qu’on ne sait pas voir, c’est que ce narcisse est en plastique et les tulipes sont naturelles. La composition florale de la photographe existe en tant que tel, surtout qu’aucune explication nulle part ne vous explique le jeu de miroir avec la réalité de l’artiste. 

 

Yoshina  Davelaar définit son travail à ses débuts par la couleur et la photo comme un moyen de communication entre les personnes. Depuis elle chemine sur la crête de la frontière entre ce qui est et ce qu’on voit. Au départ de sa démarche, il y a par exemple un morceau de tissus à nettoyer des lunettes - qu’elle garde dans sa poche -, reproduisant une photo d’une gerbe de fleurs orangées. Elle va à son tour le photographier. Où commence la réalité ? Où est la frontière entre le tissu, la photo de départ, ce qu’elle traduit en photo et ce que vous ressentez.

 

L’art

Dans quelle mesure parvient-t-on à franchir le pas de la création et la frontière de l’art ? C’est vraiment une question essentielle à laquelle parviennent très vite les enfants qu’elle accueille à ses cours  de photos :

. L’enfant : dites, Madame, ce que je fais, je m’amuse avec l’appareil. C’est juste de la photo. Pas de l’art.

. Et la réponse de Yoshina : ‘personne ne peut dire à ta place ce que  tu fais. C’est de l’art, si tu penses que c’est de l’art. Il n’y a pas d’autre définition. Only the artist is the one who can say that something he realises is art. If you say, this is art, non one can say it’s not good or it’s no art’. Never forget this, you have the strength to create et to be yourself.  Art is a way to be yourself’.

 

Il y a chez Yoshina Davelaar cette part de création bien réelle alliée à cet instinct d’archéologue qui à partir d’un élément de poterie va reconstituer toute une atmosphère, comme elle l’avait  fait avec la lingette pour les lunettes. Cette fois-ci, elle est partie d’un protège-théière ou cafetière qui garde la boisson au chaud. On en trouve-trouvait beaucoup aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne… il y a encore 50 ans dans les années 60. Celui qu’elle a trouvé aux Puces est d’un orange pétant. Il est magnifique de technicité et s’ouvre comme un sac à main par le dessus, alors que généralement ils ressemblent à de gros bonnets posés sur la théière. Grâce à des recherches approfondies en magasins de seconde main (second hand shops), elle a pu trouver une table, deux chaises et la vaisselle assorties au couvre-théière. Cette fois-ci, à partir d’une pièce, elle a pu reconstituer un îlot des années sixtees et créer une atmosphère très personnelle dans l’atelier des Allumettes chez Jean-Jacques Pigeon.

 

La réaction des visiteurs ? Ils touchaient le couvre-théière. Mais seule Yoshina Davelaar s’est assise à une des ses chaises. Et le thé vert, c’est Jean-Jacques Pigeon qui nous l’a offert à un autre guéridon.

 

Pour suivre le chemin

. Aux Pays-Bas, à Haarlem, www.yoshina.nl

. Haarlem est une des villes jumelées à Angers, ainsi qu'Osnabrück. C'est une très jolie ville de 150 000 habitants située près d'Amsterdam. Voir une raîde description sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Haarlem

. Association d'Ateliers d'Artistes, 5 rue de Charmacé, 49100 Angers, France
. Photos EP
  

. A Trélazé (49), pour découvrir toute l’histoire de ce site remarquable d’architecture industrielle créé en 1863 par les frères Lebatteux pour y  fabriquer des allumettes. Les ouvrières étaient les femmes des ardoisiers. Lire l’histoire du site par Sylvain Bertoldi, Conservateur des Archives d’Angers, parue dans le journal municipal d’Angers, Vivre à Angers, septembre 1998 

www.angers.fr/decouvri-angers/en-histoire/chroniques-historiques


        

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Regard d'un peintre, Jean-Luc Mathonnière, en victoire sur la souffrance

2 Décembre 2009, 16:43pm

Publié par Elisabeth Poulain

Comment peut-on rendre hommage, rien qu’en quelques mots de titre, à un homme qui toute sa vie a lutté pour pouvoir vivre ? Il est décédé à 54 ans le jour où le recensement de ses œuvres a été terminé. Pendant plus de  20 ans, il a

 

été hospitalisé à l’hôpital et n’en est sorti que très temporairement et irrégulièrement pour aller suivre des cours de dessin et de peintures, en prenant le bus comme tout le monde. Ce qui en soi était déjà une formidable victoire. Mais tout le monde n’est pas artiste et il ne suffit pas d’être malade pour l’être.

 

Jean-Luc Mathonnière, lui, ne s’est pas posé la question de savoir s’il était artiste ou si ce qu’il faisait était de l’art. Il voulait peindre et dessiner et c’est ce qu’il a réussi à faire, en ne se souciant pas non plus quelle était sa cote sur le marché de l’art, celui de ‘l’art des fous’ qualifié aussi plus tard ‘d’art brut’ ou ‘d’art primitif’, autant d’appellations qui, dans son cas, sont restrictives.

 

A écouter parler ceux qui l’ont connu, aimé et accompagné tout au long de sa vie de patient, il était peintre et avait besoin, comme tout peintre, de résoudre des questions techniques pour arriver à traduire en peinture ce qu’il voulait communiquer et continuer à progresser. Très vite, sa liberté de peintre lui a fait choisir ses thèmes de prédilection ou plutôt son

thème central : l’homme en son visage. Il a fait très peu de scènes d’intérieur, pas d’extérieur. Quand il désigne une de ses œuvres maîtresse ‘l’Homme des Bois’, il vise l’homme qui re-de-vient bois, plutôt que le bois lui-même ou une quelconque nature. L’abstrait ne l’intéresse pas non plus, si ce n’est involontairement pour montrer une réalité fractionnée et qu’on devine douloureuse, même quand on ne connaît pas son histoire. 

 

D’ailleurs, on ne sait que fort peu de choses sur lui. Son histoire est protégée, sa souffrance n’a pas été exploitée. Un certain nombre de ses œuvres certes été présenté dans des expositions, mais lui n’a jamais été présent. Ses œuvres parlent pour lui. Par contre savoir que des gens venaient voir ses peintures était important pour lui. C’était et c’est une vraie reconnaissance de son identité de peintre. Selon Monique Ricordeau, qui était présente à son enterrement « qui a été très digne, Jean-Luc a été accompagné jusqu’au bout. Quarante personnes s’étaient réunies ce  9 octobre 2007, des médecins, des patients, des gens de l’extérieur. Un de ses tableaux est accroché au mur de la chapelle de l’hôpital ».

 

Il faisait grand soleil pour son expo ; il y avait suffisamment de monde pour que la salle soit animée et pas  de trop à se gêner l’un l’autre. Des malades en fauteuil étaient poussés par leur accompagnateur.

Des parents de malades étaient venus aussi. Un médecin avait emmené son fils adolescent. Des curieux s’interrogeaient pour savoir le qui du quoi d’un titre. Il s’agissait du tableau intitulé ‘Les deux voleurs’. Jean-Luc Mathonnière avait beaucoup hésité. Il avait un autre titre en tête^pour ce tableau, « Les deux frères », des jumeaux qui ont un air de famille.  Toujours sa quête du visage et de l’identité, comme si l’un volait l’autre. 

Pour suivre le chemin

. L’exposition de Jean-Luc Mathonnière, en son hommage, a été organisée au Centre hospitalier de Sainte Gemmes sur Loire, par l’Association ‘Mais-Encore’, dont fait partie Monique Ricordeau psychologue, pour les Journées européennes du Patrimoine, le 19 et 20 septembre 2009. Cesame, 49137 Les Ponts de Cé, 02 41 80 79 08.

. Photos Elisabeth Poulain

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WBW53 > Les Habits des Vins d'Expression > Les Partenaires de la Bouteille

25 Novembre 2009, 18:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Outre l’étiquette, la bouteille peut être habillée de nombreuses pièces qui n’ont souvent d’accessoires que le nom, puisque tous les éléments ont un sens propre dans le cadre d’un jeu collectif. A commencer par le plus important visuellement après l’étiquette, la capsule.

 

La capsule

Il est des capsules très particulières puisque contrairement aux autres capsules à qui elles ressemblent en tous points, elles ont pour fonction de constituer la pièce centrale de l’arrimage de tout le système d’information. Sur un bateau, elle serait le haut du mât auquel on suspend les voiles. Là c’est l’étiquette qui y est fixée.

 

- Le Muscadet Sèvre et Maine sur lie, One, de Louis Métaireau, Domaine du Grand Mouton,  possède un habillage trois pièces dont seule la tête -la capsule- est fixée. Y est suspendue une cravate à laquelle est collé le médaillon One. La bouteille est une bourguignonne granitée dont la douceur des courbes et la profondeur du satiné du verre dépoli s’efface devant l’or des mentions et le blanc One de Louis Métaireau.

 

De nouvelles matériels permettent maintenant d’automatiser ce qui se fait encore à la main dans le cas précédent. Des vins vendus en grande distribution possèdent des   languettes portant des recettes de cuisine.

 

917. C’est le procédé utilisé pour Tasteworld et Tastemets (avec huit cépages Merlot, Chardonnay, Cabernet rosé…) de Ackerman Rémy-Pannier avec une languette qui se fixe à la collerette. Avantage, celle-ci est détachable ou non selon l’envie de l’amateur. Au menu, lottes au poivre pour le chardonnay et salade de poires au roquefort avec un Coteaux du Layon. 

 

Les capsules de surbouchage

Jusqu’en 1993, les capsules dites de surbouchage étaient en plomb pour les vins de qualité. C’est l’étain qui l’a remplacé, avec des alliages de plus en plus techniques et moins couteuses. Le plastique, là aussi, a trouvé sa place. La capsule a pour objectif de finir l’habillage en cachant non pas tant le bouchon que la partie située à l’intérieur de la bouteille entre le fond du bouchon et le niveau du vin. La question de la couleur de la capsule peut être traitée simplement et rapidement par le vigneron en choisissant une couleur passe-partout comme l’ivoire ou le noir, quelle que soit la couleur du vin ou bien assorties à la couleur de l’étiquette ou à celle du vin. Il vaut mieux partir de la couleur de la capsule pour arriver à trouver le juste ton en papier que l’inverse parce que le choix est plus vaste en papier.

 

- Pascale de Bonnaventure sélectionne l’étain pour les cuvées les plus qualitatives et du complexe épais pour l’entrée de gamme. Les capsules sont rouge bordeaux sombre pour le Chinon Château de Coulaines, Clos de Turpenay et La Diablesse, avec un rouge plus vif teinté spécialement à sa demande pour Les Pigasses.

 

- Françoise Gourdon du Château Tour Grise de plus en plus de la capsule l’élément de finition d’un habillage très pensé : type de bouteille, forme de l’étiquette basse et longue, positionnement bas sur la partie la plus ventrue et capsule ‘lézard moucheté’ aux couleurs de l’étiquette.

 

De plus en plus une autre solution consiste à choisir une couleur métal pour les accords de couleur : l’or une valeur sûre, le cuivre, l’aluminium à l’amplitude de choix très large, brillant, mat, assourdi aussi mais avec un aspect plus contemporain. Et toujours le noir parce qu’il gomme toute transition entre la couleur foncée du verre et la capsule. Résultat, l’œil prolonge la silhouette de la bouteille vers le haut.

 

Outre la couleur, il est possible de personnaliser la capsule avec des marques de reconnaissance comme un emblème graphique, un écu, le nom du vigneron, des adjectifs caractérisant le vin… On y trouve de plus en plus de mentions. Cet espace devient un media à part entière au point qu’à l’étranger, certains ont pu y porter toutes les informations nécessaires à la vente. En France, le consommateur doit pouvoir lire l’information sans avoir à tourner la bouteille. 


- Le Chardonnet, La Légende, de la Cave du Haut-Poitou est paré d’une capsule en PVC thermoformé avec deux bagues d’un vert plus clair avec de l’or à chaud pour mettre en valeur le nom de la cuvée La Légende.


La coiffe, le muselet

Elle  prend une importance encore plus grande pour la bouteille de vin à bulles. Elle sert tout autant à décorer qu’à remplir la fonction de finition du haut de la bouteille. Elle va de pair avec le muselet ainsi qu’au collier de finition qui marque la jonction entre le bas de la capsule et le verre.  Le muselet représente la plus petite surface légèrement bombée de toutes les pièces de l’habillage de la bouteille. Elle fait pourtant, ou à cause de cela, l’objet de beaucoup d’inventivité de la part des maisons de vins à bulles qui s’adressent à des artistes en vue de constituer des collections tout à fait étonnantes pour des passionnés en France et à l’étranger.

 



918. 919 Bouvet-Ladubay  en fait un élément important de sa stratégie de communication, en offrant à des artistes représentatifs de notre époque le plaisir d’exprimer leur créativité sur de tels médias sur des Bouvets Trésor ou Saphir. Josep Grau Garrigua est l’un deux. Pour l’an 2000 l’artiste catalan a peint quatre muselets avec des têtes d’homme. Le Bouvet Saphir Brut Vintage de couleur jaune éteint en tirage limité porte ainsi du bleu en collier et en muselet.
                                                        
La collerette
Elle finit une bouteille de vin de fines bulles, comme le veut la tradition. C'est aussi une jolie façon d'alléger la bouteille toujours lourde pour pouvoir contenir la pression du vin. Cette collerette est assimilée à un collier, comme le montre l'étymologie.    
                                                    




Les pendentifs et cônes

Le haut de la bouteille permet d’autres fantaisies, On peut y accrocher un pendentif ou un cône qui s’emboîte sur le col de la bouteille. Ce sont des solutions généralement choisies quand il est nécessaire d’expliquer une démarche, accompagner la sortie d’une cuvée ou fêter des événements tels que la Saint-Valentin.

- En forme de blason-livret pour expliquer ce qu’est le Cru Gorgeois, avec une carte sur le verso de la couverture  qui porte le nom du cru et un blason à quatre identités. L’envers de ce petit livret accroché au col de la bouteille par un lien doré donne les coordonnées de M. André Brégeon et le millésime de la bouteille. 

- C’est un cône en carton léger qu’André Lacheteau a choisi pour Soupçon de Fruit de la gamme Parfum de Loire qui a fait l’évènement de l’été 2003 pour expliquer sa démarche et renforcer le caractère informatif de ce Cabernet d’Anjou.              

Les colliers, collerettes, macarons, bandeaux…se collent sur la partie haute des bouteilles. Ils sont surtout utilisés pour orner le haut de la bouteille à bulles comme une obligation pour parer une gorge dénudée. Ils ressemblent à de lourds colliers en métal précieux qui reprennent bien souvent les armoiries du blason. Cette tendance est bien ancrée au cœur de l’image de ces vins associés à la fête.
 

Pour suivre le chemin

Prochain billet consacré aux styles et aux lignes des bouteilles.  

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Ville > Identité > Cohérence sociétale et Lien végétal

25 Novembre 2009, 18:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

En fait, il serait possible de commencer par n’importe lequel de ces trois éléments. Il s’agit de tracer les grandes lignes de l’identité d’une ville sous l’angle d’une certaine cohérence, en lien avec le végétal. Reprenons chacun des éléments.

 

L’identité d’une ville

Il ne s’agit pas tant de dire ce que la ville est que de dire ce que les habitants eux-même, et les autres que les premiers voudraient attirer, aimeraient qu’elle soit. La première idée est de partir de l’existant fondé essentiellement sur l’histoire et la culture,  en lien avec la démographie. D’Angers par exemple, on retient trois éléments forts, le château contenant la Tenture de l’Apocalypse et le nombre d’étudiants (30 000 sur 150 000 habitants environ), ce qui fait dire que la ville au riche passé est actuellement une ville jeune. 

 

Ces trois éléments à eux seuls ne sauraient fonder l’identité attractive d’un territoire pour des entreprises qui voudraient s’y installer. Le château et la tenture concernent essentiellement les touristes et les étudiants ne sont pas tous destinés à demeurer à Angers. Il manque en effet à cet embryon de schéma identitaire la dimension économique et la vitalité du marché du travail d’aujourd’hui et forcément de demain.

 

A tout moment, les choses changent ; il n’est pas possible de bloquer sur une image à un instant ‘t’ le développement d’une ville ou du vivant. Le cycle de vie est toujours en évolution que ce soit pour un territoire, une personne, une entreprise ou un secteur économique entier…Demain ce futur proche,  cette extension d’aujourd’hui, va aussi s’inscrire dans la trame déjà perceptible par les chercheurs avec des innovations. C’est bien la raison pour laquelle, les territoires, qui ont commencé à travailler depuis plusieurs décades sur l’attractivité  identitaire, bénéficient d’un avantage concurrentiel certain sur d’autres car ils sont plus à même d’anticiper, sans pouvoir prédire l’avenir bien sûr. 

 

La cohérence sociétale

Mais cela ne serait pas suffisant sans la cohérence sociétale qui fait la force d’un territoire. Sans ce lien, il n’y a pas d’identité ni d’image possible. Un territoire ne saurait être un agrégat d’individualités séparées par leurs différences, sans moteur interne pour constituer une communauté, avec seul lien les impulsions données d’en haut, comprenez la municipalité & co. C’est la notion du ‘Vivre ensemble’ mise en avant par le développement durable. Dans certaines villes, les gens sont ouverts, accueillants et sympathiques. Dans d’autres moins. On sait par exemple que les Français globalement au cours des dernières années ont fait des progrès en matière d'accueil des touristes étrangers. Etre aimable est tout à fait indiqué quand on veut vendre quelque chose à quelqu'un. Au-delà de cette dimension d'argent, c’est même indispensable à tout moment et dans toutes les circonstances de la vie quotidienne, dans les rapports de travail et les relations avec les administrations.    

 

La question se pose alors de savoir comment montrer en réalité la force de cette cohérence sociétale et de ce lien de chacun avec d’autres ou les autres. Comment rendre visible cette dimension fondamentale du bien vivre ensemble ?  

Le lien végétal

Une piste est le lien végétal que l’on peut décliner sur de nombreux modes actifs. Angers par exemple,  pôle végétal avec Végépolys, accueille de nombreux pépiniéristes en proximité. Située au cœur de ce qu’on appelle le Jardin de la France, la ville appartient à la Loire classée UNESCO. De nombreux parcs publics renforcent son image de ville fleurie (4 étoiles) ainsi qu'une île classée.

 

L’importance accordée par la municipalité à la présence végétale ne saurait pourtant suffire à dynamiser et pérenniser cet ancrage végétal, comme une des lignes de chaîne de son attractivité identitaire. Il manque en effet un  élément essentiel, c’est la cohérence entre ce que décident les représentants de la ville et ce que font les habitants. L’image végétale d’un territoire ne peut être un moteur d’identification et partant d’image que si les habitants s’approprient et revendiquent individuellement ce lien végétal en tissant leurs propres fils de trame végétaux pour former un véritable tissu végétal. On ne gouverne pas le végétal par décret, pour plagier un titre célèbre de Crozier. 

 

Les différentes façons de montrer le lien végétal

Il ne s’agit donc plus de communiquer en décidant du sommet mais d’échanger en agissant individuellement à l’intention des autres que soi, marcheurs ou cyclistes, les automobilistes ayant d’autres soucis que la beauté végétale des trottoirs. La relation est cette fois-ci individuelle, entre jardiniers et amoureux du végétal mais pas seulement. On peut ne pas l’être et apprécier cependant une belle plante, une fleur, un ensemble végétal et être sensible à l’humour ou la poésie qui s’en dégage et au don qui est fait à ceux qui voient. C’est une question de sensibilité.  

Quelques exemples qui valent mieux qu’un long discours

Exemples 1 

-        un balcon fleuri dans une rue piétonne, une jardinière accrochée à une rambarde, un pot de fleurs ou une plante sur un rebord de fenêtre,

-        un jardin que l’on voit de la rue ou à travers la clôture, un arbre de belles dimensions dépassant un mur,

-        un lierre ou un pied de kiwis qui retombe en grappe sur le mur visible de la rue

 

Exemples 2

-        trois graminées plantées près de la porte d’entrée,

-        une graine de rose trémière mise en terre et qui vous fait la grâce de fleurir,

-        un rosier accroché au mur extérieur de la maison en bordure intérieure du trottoir,

-        un lierre taillé en buisson, des topiaires taillés en ovale,

-        une glycine plantée dans le trottoir au pied de l’immeuble et qui atteint le 5è étage de l’immeuble voisin,

-        un petit bouleau qui s’est planté seul et seul survivant d’une plate-bande jamais arrosée,

 

Exemples 3

-        une plate-bande aux allures de prairie fleurie en entrée d’une petite rue,

-        une plate-bande d’herbes et de plantes sur un faux-trottoir,

-        un cache-misère au pied d’un poteau électrique ou autour d’un boîtier EDF

-        un ou plusieurs bacs avec des plantes retombantes sur des compteurs électriques,  

-        un faux-bac végétalisé posé sur le bitume pour orner un coin ingrat près d’un poteau,

-        quelques pots de plantes vertes posés sur le trottoir en face d’un voisin ayant fait une véritable scénographie sur ‘son’ morceau de trottoir,

 

Exemples 4

-        un carré fleuri autour d’un arbre planté sur le trottoir, chaque maison ou une personne de l’immeuble proche ayant ‘adopté’ l’arbre devant chez elle,   

 

Exemples 5

-        un véritable décor de théâtre au fond d’une impasse, un point de repos avec un canapé posé sur le trottoir, deux petits chaises pliantes disposées autour d’une table en décor, un billot de bois en guise de siège avec un vélo à côté.  

 

La diversité des situations

. Les premiers exemples sont très classiques puisque la personne plante chez elle ; les promeneurs peuvent admirer quand il n’y a pas la volonté de fermer même à la vue.

. Les seconds se passent sur la voie publique près de l’entrée de la maison, à l’abord entre le mur de la maison ou du jardin, comme un souhait de bonjour et d’ouverture.

. Les exemples trois sont déconnectés de l’entrée de la maison ; toujours sur la voie publique, ils ont pour ceux qui s’en occupent l’objectif d’embellir un coin disgracié ou ‘vide’. 

. L’exemple 4 est très répandu en ville quand les arbres gardent leur terre au pied, sans grillage ni cache. Il suffit de se baisser pour planter et protéger le carré par quelques piquets au coin pour indiquer que c’est un jardin. 

. Quant aux exemples 5, ils nécessitent un ensemble de conditions pour pouvoir être maintenues avec toujours un risque évident, sauf dans les petites villes touristiques.   

Un impératif : aller dehors

A l’exception des exemples de la première catégorie, tous les autres cas nécessitent d’aller dehors sur la voie publique pour planter et entretenir le mini-jardin de rue. Ces moments sont l’occasion de s’entretenir avec les passants, qui ne demandent que ça, sur le temps qu’il fait, les soins à donner pour les plantations, la variété des plantes... C’est aussi l’occasion de donner des plantes à ceux qui le demandent et d’en recevoir. C’est une jolie façon de faire confiance aux autres pour qu’ils prennent aussi soin du jardin quand c’est nécessaire. Le tissage des liens grâce à ce jardinage inventif, sans façon et très peu coûteux est un bon garant d’une vraie qualité de relation humaine. C’est aussi une façon douce de se ré-approprier la rue de son quartier et de s’y sentir bien. Pour moi, le jardinage est composé pour 1/3 de papotage au moins et de 2/3 de travaux divers et variés dans et sur le jardin où qu’il se trouve. 

 

Pour suivre le chemin

Voir sur cette thématique et sur ce blog,

. Devinette : savez-vous ce qu’est un mini-jardin de rue (1) sur  http://www.elisabethpoulain.com/article-13328954.html 

. Vite, vite des nouvelles des mini-jardins (2) sur

http://www.elisabethpoulain.com/article-17786677.html

. Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers

http://www.elisabethpoulain.com/article-33153476.html

 

Et aussi

. Ville = identité et image + publicité et communication

http://www.elisabethpoulain.com/article-ville-identite-et-image-publicite-et-communication-38645534.html

 

. Photos EP à Angers pour le château, l'horloge dans la Doutre, des valérianes en MJR, et à Ixelles-Bruxelles, avec des arbres en cour intérieure des maisons implantées en bordure de trottoir et le rebord d'un café.    

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WBW52 > Les Habits des Vins d'Expression > Le bouchon

23 Novembre 2009, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le bouchon est si directement relié au vin qu’il est plus important que la forme de la bouteille elle-même. Il est si fondamental qu’il ne saurait y avoir de grand vin sans bon bouchon ou de vieillissement en bouteille possible. C’est dire son importance. C’est le bouchon qui fait la bouteille au sens premier du terme, si non il faudrait parler de carafe. Il n’est pas une pièce de l’habillage mais un élément aussi important que le tonneau, son prédécesseur, dans le cycle du vin.

 

Les soucis qu’il cause aux vignerons sont à la mesure de l’importance qu’ils lui confèrent. Il leur faut déterminer la qualité du liège, sa composition, sa longueur… Pour s’en convaincre, le chiffre inscrit en mm sous la bouteille donne l’indication de la hauteur  entre le haut de la bouteille et le niveau du vin: plus le chiffre est élevé (70mm), plus le bouchon sera long de façon à assurer une meilleure protection au vin et, en principe, meilleur doit être le vin. Car nul ne prendrait le soin de sélectionner un bouchon coûteux pour un vin sans attrait qui ne présente aucune capacité de garde. Les bouteilles à haut col donnent une image de qualité, à vérifier bien évidemment lors de la dégustation. C’est en particulier le choix de :

- Jacky Blot du Domaine de la Taille aux Loups pour ses Montlouis,

- Eddy Oosterlynck du Domaine de Juchepie pour ses Coteaux du Layon-Faye d’Anjou… 

                         

L’attachement au bouchon.

On garde les bons bouchons ; on les emporte en quittant le restaurant ; on les palpe pour ce toucher comparable à la peau, si vivant, doux et dense à la fois. Le liège est inimitable, surtout en France, le pays qui aime déboucher une bouteille avec un tire-bouchon. Le bouchon devient un media de communication. On y porte feuilles de vigne et grappes, son nom, celui du domaine, le portail entrouvert du château, le château, son emblème graphique, son numéro de téléphone ou des dessins. Traditionnellement c’est la mention ‘Mise en bouteille à la propriété’ ou ‘au château’ qui est portée dessus avec des variantes comme ‘au domaine, dans nos caves, aux chais ou dans la région de production’. Quelques exemples :

 

- Frédéric Brochet d’Ampelidae porte une grande attention à l’habillage de la bouteille et n’oublie pas le bouchon sur lequel il fait figurer le nom du domaine un dessin du château de Marigny-Brizay France, ou une guirlande joyeuse avec petits bonhommes et petites bonnes femmes sous des grappes plus grosses qu’eux sous le commentaire « vendangé dans la bonne humeur ».

 

- Bénédicte de Rycke signe ses bouchons de vins de Jasnières et de Coteaux du Loir, indique le millésime et précise que la mise en bouteille se fait à la propriété. Le tout encadré comme un message écrit sur le bouchon couché.

 

- Olivier Cousin précise le type de vin, Anjou, indique son nom et son numéro de téléphone dans un encadré aux coins inversés sur une face. L’autre face de ce bouchon qui se tient droit, c’est un des rares exemples de ce type, est occupé par son emblème graphique, un gentil monstre mi-Neptune, mi-Bacchus qui s’accroche à une ancre.

 

- Mark Angeli indique sur un bouchon long le millésime, le nom de son domaine –un terme qu’il récuse - la Ferme de la Sansonnière, le nom la parcelle d’où provient le vin, Les Gélinettes, avec pour illuminer le tout, son emblème, une licorne en blason. On comprend aussi pourquoi le bouchon est si haut

 

L’évolution actuelle

Elle se fait dans deux directions, par la matière synthétique utilisée pour le bouchon ou par la capsule à vis.

 

Le bouchon synthétique a ses partisans en particulier pour des vins prêts à boire et dont la contenance de la bouteille est adaptée à la consommation des participants. Difficile souvent de remettre le bouchon sur la bouteille entamée et non vidée. Son principal avantage est la sécurité qu’il offre. Il est sans mauvaise surprise. Un de ses inconvénients est son aspect lisse, inerte et sans mystère qui oblige à vitaliser sa surface en faisant figurer des mentions dessus ou en utilisant la couleur : noire, ivoire, rose, orange… Les bouchons de couleur forte en particulier connaissent un succès étonnant  pour le lancement des rosés.

- Wilfrid Rousse, qui a par ailleurs une belle collection de bouchons de bonnes bouteilles bues, s’est vu dévalisé pour son Rosé de Saignée à l’étiquette aux allures d’explosion de vie et au bouchon violet assorti.

 

Pour la capsule à vis, le pas a été sauté dans les années 1970 en Australie et en Suisse. En Loire, la situation reste peu ou prou figée, tant les habitudes sont tenaces. Mais il est des innovateurs convaincus.

- Florent Baumard a pris cette décision pour tous les vins du Domaine, au regard des essais très concluants faits au bout de 25 ans entre des vins identiques.

 

- David Levin et Thierry Merlet du Domaine Levin ont doté le Loire Sauvignon Blanc Levin, essentiellement orienté vers les marchés anglo-saxons, d’une capsule de qualité pour leur bourguignonne feuilles mortes à étiquette noire avec des mentions argent à chaud.

 

La troisième voie

C’est celle qui est choisie par Philippe Gilbert avec une bourguignonne dotée d’un bouchon de verre pour un Menetou-Salon 2007. Le bouchon de verre connaît une belle percée en Allemagne, en Autriche et en Alsace. C’est une belle réussite au plan technique : chaque bouchon est dotée d’une bague plastique qui assure l’étanchéité entre les deux parois de verre.  

 

Le jeu                                                         

La bouteille peut n’avoir enfin ni bouchon ni capsule à vis et pourtant contenir du vin. Elle a en ce cas un bouchon de porcelaine fixé à une bouteille de type limonade.

 

916. Son nom, Fildefer avec un x sur le ‘e’ parce qu’il y a une faute évidemment volontaire. C’est un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Sauvion.

 

Pour suivre le chemin

. Lire le plaidoyer de Florent Baumard en faveur du bouchage à vis sur http://www.baumard.fr/

Il explique avec beaucoup de passion et de persuasion  que le choix du bouchon à vis n’est certainement pas un compromis, mais l’assurance de la qualité. Au regard de l’attente des amateurs de vin et des distributeurs, il n’est plus possible à un vigneron de décevoir et de jouer sa renommée ainsi au jeu du hasard du goût de bouchon. Le bouchon à vis est aussi plus respectueux du développement durable.

. Philippe Gilbert a présenté ce vin en bouteille bourguignonne et bouchon de verre au Salon des Vins de Loire 2008. C’est un test qu’il a fait pour une série de 3 500 bouteilles. Dans une interview à Ouest-France, le vigneron, qui a converti son domaine à la biodynamie, explique que l’utilisation du bouchon de verre modifie la nature même de la bouteille qui « devient une carafe. On la débouche comme un flacon de parfum. C’est un autre charme plus féminin ». 

www.domainephilippegilbert.fr

. Prochain billet sur les partenaires de la bouteille.

. Photos EP

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Harmonie poétique au féminin autour de vins d'Anjou, Brissac, Aubance

21 Novembre 2009, 18:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une jolie initiative menée pour la seconde année par l’Office de Tourisme de Brissac-Loire Aubance avec l’Université catholique de l’Ouest à Angers et bien sûr les étudiants de l’Institut des Arts, Lettres et Histoire. En fait cette aventure n’a tenté que des jeunes femmes poètes. Encadrées par Laura Naudeix, professeur de lettres pour la poésie, les neuf volontaires ont célébré, en trois poèmes, trois vins d’un vigneron volontaire contacté par Gérard Cogan, œnologue et responsable du Club oenophile hébergé par l’Office de Tourisme  de Brissac. 

 

Le meilleur accord poème-vin

Il a été sélectionné  par un jury réuni à l’Hôtel des Vins de la Godeline à Angers. Parmi les vignerons participants, les vins nominés et les poètes,

. Christophe Daviau, Domaine du Bablut, Brissac, Quincé, avec un Anjou Blanc 2007 ‘Petit Princé’  et un poème de Marion Andreotta,   

. Mathilde Giraudet, Domaine du Bois Mozé à Coutures, pour un Anjou-Villages 2004, Cuvée Jean-Joseph, avec ‘Or noir’, un poème de Pauline Angebault,

. Les frères Lebreton, Victor et Vincent, Domaine de Montgilet, à Juigné sur Loire, avec  ‘l’Aube’, un poème de Emilie Demonet,

. Daniel Macault, Domaine des Deux Moulins à Juigné sur Loire, pour un Anjou-Villages Brissac 2006, avec un poème de Pauline Baudet,

. Christian Papin du Domaine de Haute Perche, Saint Mélaine sur Aubance, avec un Anjou-Villages Brissac 2005, avec un poème de Maylis Nelou…

 

L’Or noir, Pauline Angebault

 

Danse dans ton écrin de verre

Fait s’envoler ta robe rubis

Valse sous mes yeux attendris

Un pas de deux avec mes papilles

 

De tes rondeurs naissent monts et merveilles

Tu tournes, t ’empourpres et m’enflammes

Et je garde longtemps sur la langue

Les échos de tes talons après la danse’

 

Brissac

Brissa

Briss

Bris

Bri

Br

B

 

Anjou-Village Brissac 2004

Cuvée Jean-Joseph

 

Pour suivre le chemin                                      

. Retrouvez les vins d’Anjou et de Brissac sur www.ot-brissac-loire-aubance.fr

. Mathilde Giraudet, Domaine du Bois Mozé, 49320 Coutures, 02 41 57 91 28. Cette jeune femme, Maître du Chai du domaine, a une maîtrise de biochimie de l’Université de Poitiers et un DESS d’œnologie de Reims. Elle est présente dans Les 75 Dames de la Vigne et du Vin que j’ai rencontrées pour ma recherche sur la filière vins de Loire au féminin, parue sous le titre « Le Vin aussi est affaire de femmes ». 

. Couverture et dessins France Poulain pour « Le Vin aussi est affaire de femmes »

. Présentation calligramme du poème et photos EP

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Pub Photo > Vuitton, la chaussure à talon et les Bambaras

19 Novembre 2009, 12:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bon, je sais bien que j’exagère. Quand Vuitton vend des chaussures ou plutôt des souliers, il vend les deux. Si non, ce serait horrible, avec une telle hauteur de talon. Imaginez des unijambistes marcher avec une chaussure de 9cm de haut, si ce n’est plus.

Non, là il s’agit d’une pub qui date de l’an 2000. Elle est tellement incroyablement forte que je ne me résous pas à la jeter. Il faut pourtant savoir se défaire de ses petits trésors.   En matière de pub-chaussure, il y a trois sortes d’annonceurs, ceux qui montrent les deux parties de la paire, ceux comme Vuitton qui n’en  montrent qu’une, ici le pied gauche et ceux qui ne montrent pas de chaussure du tout, rien ou autre chose.

 

L’équilibre photo-mots

La photo est une création maison. Aucun nom n’est indiqué en tous petits caractères sur le coté. Le titre au-dessus est d’une grande simplicité :

                                Louis Vuitton. Souliers pour homme et femme.


En dessous, les adresses des magasins de la marque sont indiqués à la suite du nom de la ville dans lesquelles ils sont implantés, avec cette indication d’importance : « Les souliers Louis Vuitton ne sont en vente que dans ces magasins. Pour de plus ample information, veuillez appelez le .. .. .. .. ..
http://www.vuitton.com » .      Le prénom et le nom sont rappelés en côté droit. C’est la signature forte d’une typographie qui va l’essentiel sans fioriture, ni ajout superfétatoire pour laisser la photo dominer à 99%.

 
Les composantes de la photo

Dans la moitié basse, un pied de femme avec cette fameuse chaussure, la jambe qui monte vers le haut, en partie gauche. Une tomate rouge éventrée cruellement par le talon qui ne fait que s’y enfoncer légèrement. Tout le poids du corps semble reposer sur le bord extrême de la chaussure. Pour souligner la ligne, une lumière venant de la gauche à hauteur de sol marque l’ombre de la chaussure, prolongée par celle de la tomate sanglante qui en pleure des pépins de souffrance.   En fait, il est impossible de tenir sur la pointe du pied sans faire plisser le cuir de la chaussure du fait que vos orteils sont cassés à 90° pour trouver l’appui. Il y a donc tout un montage  qui permet cette position de la jambe et du pied dans un plan sans perspective ni cassure.  

La composition

La tomate joue le rôle essentiel du point focal dans cette composition à 3 + 1. Il y a

. la jambe qui donne l’axe verticale légèrement oblique de gauche à droite ; elle démarre au milieu de Louis tout en haut, 

. la chaussure qui donne une horizontale remontante vers la droite

. et la tomate qui est le point de rencontre entre les deux.

 

= Grâce à cette composition, l’accent est mis sur le talon, l’élément sexué par excellence. On le savait déjà avant Bunuel. Si vous regardez bien le bord interne du talon, il se place juste au dessus  de Louis Vuitton. Laissez alors filer votre regard vers le haut, il bute en haut sur « homme » celui  des souliers pour homme et femme.

 

== Toute la composition s’inscrit entre Louis en haut gauche de la page, Louis Vuitton écrit en gros en bas droite et homme  écrit au dessus à droite. Le message est clair, Louis Vuitton est un créateur, un homme qui conçoit des souliers de rêve pour des femmes qui veulent plaire aux hommes. Et tout cela est dit légèrement sans qu’il soit nécessaire de prononcer des mots, autre que Louis Vuitton. Souliers pour homme et pour femme.  

 

La couleur

Elle est le 4ème élément de cette simplicité si construite. J’ai déjà parlé du noir, du rouge acidulée. Il manque les deux autres, la couleur chair doré sans excès sur un fond vert crème adouci d’une pointe d’ocre. En fait la photo est aussi construite sur ce vert si spécial. 

 

Une interrogation

Elle porte sur le choix de cette chaussure qui semble si lourde sur l’avant du pied avec des remontants en métal doré qui saillent sur l’avant du pied comme des marqueurs du V en relief qui finalise le soulier et qu’on arrive à deviner sur la photo. Le V, vous savez de qui. Je n’ai peut être pas besoin d’en rajouter.

 

Et les Bambaras dans cette histoire?

Simple, il suffit pour trouver le lien de raisonner en terme de symbolique, avec entre autres le Dictionnaire des Symboles de Jean Chevaler et d’Alain Gheerbrant (Robert Laffont/Jupiter).

. La jambe est un signe social extrêmement positif chez les Bambaras : elle est au plan ésotérique « une pourvoyeuse de mariage ».

. Le jus de la tomate est assimilée à du sang, les femmes sont fécondées par des tomates et rendent hommage aux dieux en leur offrant ce fruit.

. Le vert est la couleur de l’épanouissement de la vie.

. Quant à la chaussure en symbolique Bambarras, je dois vous avouer à la vérité historique que je n’ai rien trouvé pour l’instant surtout pour des souliers à talon. Je ne désespère pas d’y arriver, mais quand même je pense que ça va être dur-dur. 

    

Pour retrouver le chemin

. Pub parue dans Le Monde du samedi 4 mars 2000. Au verso, parmi les titres ou pubs, Sénégal, second tour difficile pour la président Abou Diouf ; le Nigéria secoué par une vague de violences interconfessionnelles ; Ernest-Antoine Seillère, président du MEDEF interviewé sur RTL & LCI… Mais rien sur les Bambaras du Mali notamment.  

Pour suivre le chemin

. Il est maintenant aussi possible d’acheter ses souliers sur le site www.vuitton.com qui vous indique le n° d’appel. 

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Pub Tendance > Ces microbes si charmants

17 Novembre 2009, 10:22am

Publié par Elisabeth Poulain

Ils sont si mignons qu’on les croquerait comme ce que fait la pub pour les enfants depuis plus de 60 ans maintenant aux Etats-Unis.

 

Phase 1 : le crocodile terrifiant mignon

Le concept est simple. Il suffit de parler aux enfants la langue des enfants avec des dessins marrants, aux traits ronds, aux formes simplifiées et aux couleurs vives pour qu’ils comprennent. C’est Mickey qui a ouvert la route en 1935 sur les paquets de biscuits Post Toasties. Et depuis, ce graphisme a gagné son universalité sur un grand nombre de produits sucrés dans le monde.

 

Phase 2 : l’avènement de la peluche-microbe

Là, il s’agit de sensibiliser les adultes au monde du microbe. La mode a commencé comme bien souvent aux Etats-Unis, avec un concept étonnant : créer des peluches mignonnes et toutes douces reproduisant les formes et les couleurs des microbes, mais des vrais. Ca secoue un brin. Le concept se veut du double ou triple degré. Il s’agit de vous montrer combien ces bactéries sont si mignonnes que vous les oubliez et pourtant elles sont là, au cœur du foyer. Elles vous guettent, embusquées à attendre. Ce sont elles pourtant qui tuent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Imaginez, vous allez offrir ça à votre enfant qui va le nicher prés de son cou. Ca fait fureur aux Etats-Unis et vous en trouvez sur le net. Magnifique.

 

Phase 3 : un nouveau concept pour passer des MST aux IST

Exit la peluche américaine. Voici la bonne idée d’une agence française : faire du drôle pour viser les jeunes et moins jeunes qui lisent Le Monde (25.06.09…) pour les sensibiliser aux IST. IST, c’est quand même plus drôle que de parler d’Infection Sexuellement Transmissible. Avant on parlait de MST, avec un M pour maladies. L’INPES et Mc Cann  son agence de com, ont voulu parler autrement de ces maladies, avec un concept mobilisateur :

. communiquer sur ce que n’est pas une IST, c’est le côté ‘double degré’ qu’on adore faire jouer à la pub en France,

. jouer sur le sigle IST, dans des catégories aux dénominations drolatiques et hautement improbables,

. en demandant à 40 artistes-graphistes de faire des créations à leur choix,

. en exposant le résultat d’ensemble sur un site dédié www.info-ist.fr

. en organisant une campagne d’affichage dans les rues sur les panneaux d’abri-bus pour les trois affiches choisies, complétée par une insertion publicitaire dans la presse nationale.    

 

Les catégories d’IST

Ce sont par exemple l’Inimitable Sumo en Tutu, l’Insecte Super Teigneux ou l’Idylle de la Scie et du Thon. Voilà pour les trois catégories gagnantes. Mais on avait aussi l’Iguane Siamois Tyrannique qui a remporté un vrai succès auprès des artistes avec 10 créations, l’Insecte Super Trapu ex æquo, l’Iris qui Sème le Trouble (7 visuels)…et quelques-autres pourtant intéressantes comme l’Ibis Soufflant sur le Trampoline.

 

L’appréciation

Cette fois-ci le message est clair, à l’exception du double degré de l’ancrage sur l’idée que ces dessins ne sont pas des IST. Il m’a fallu quelque temps pour le découvrir quand même. Les dessins ont quasiment tous quelque chose de différent, à part certains qui sont trop ‘gentils’ comme dans l’Igloo Suspendu à un Arbre. Ca tient peut être aussi la catégorie.

 

Ceux que j’ai appréciés, à part les deux finalistes Marc Gon (Super-teigneux et Sumo) et Syclo (Scie et Thon), ont pour auteur, dans l’ordre de la présentation :

 

Jo Lynn Alcorn (Ibis Souffrant sur le Trampoline), Antoine Corbineau (Iceberg Survolant la Tamise), Joachim Roncin (Idylle de la Scie et du Thon), Syclo (déjà nominé la Scie et le Thon) cette fois-ci pour l’Insecte Super Trapu et Rémy Malingrey avec L’Inspecteur en Skate si Théâtral.     

 

A mon avis, c’est une réussite visuelle. Quant à l’efficacité, j’en doute mais ceci est une autre question, une question qui fâche. Un autre objectif que la prévention était peut-être aussi d’associer l’intelligentsia culturelle à l’image de l’INPES qui n’a pas toujours connu de franches réussites quant à sa com. Rappelez-vous de sa pub sur le vin : une fin de repas avec du vin, la table non débarrassée recouverte de cendre de la mort, avec un sablier dont le sable est écoulé pour ceux qui n’auraient pas compris que le vin tue!   

 

Pour suivre le chemin 

. A découvrir sur le site de l’INPES, les 40 réalisations sur les différents thèmes sur www.info-ist.fr

. Voir le site du graphiste Marc Gon qui a signé deux des trois affiches –Sumo et Super-Teigneux – sur son site :    http://www.marcatapage.net/MATP.html

. Avec quelques infos sur l’agence McCann             

http://www.strategies.fr/actualites/agences/115404W/mccann-s-offre-un-co

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WBW51 > Les Habits des Vins d’Expression > Un design en 3 D

16 Novembre 2009, 10:02am

Publié par Elisabeth Poulain

La bouteille est aussi et surtout une structure fonctionnelle au design intégré. Cette dimension est au cœur du dessin de la bouteille. La forme et les attributs de la bouteille sont directement issus de ses fonctions et du style.

 

Le style

Ce que le souffle du verrier arrivait à faire avec un moule façonné à la main, c’est maintenant la technologie très pointue qui le conçoit sous la direction de bureaux d’études. La technologie n’a pas pour autant chassé l’art ni le rattachement à l’histoire. Bien des innovations actuelles sont issues de formes retrouvées dans un passé parfois très lointain dans le monde entier ou s’inspirent de formes utilisées dans d’autres univers comme celui des parfums ou de l’alimentaire.

 

La création par ordinateur a également pour avantage de travailler les perspectives de façon à troubler l’œil qui est dans l’incapacité de se fier à ce qu’il voit. Cet axe de développement est directement inspiré de l’univers du parfum. L’œil voit ce qu’il souhaite voir. C’est particulièrement vrai pour les petits contenants avec par exemple des fluttes à 25cl aussi hautes que des 50cl,, sans qu’il soit possible de dire que l’une contient deux fois plus de vin que l’autre. Le trouble de la vision est vrai aussi pour le jeu de lignes et d’équilibres qui constitue nos univers graphiques. Et le vin en fait partie.

 

Une remarque sur la forme anthropologique de la bouteille. Elle n’a pas seulement pour but de faciliter la préhension par la bouteille mais de témoigner d’un lien direct entre une forme et son géniteur-créateur, le vigneron et par extension l’amateur de vin.  

 

La bouteille sur l’étiquette

Malgré son importance, la bouteille est peu représentée sur l’étiquette, à quelques exceptions.

 

914. L’Anjou Villages Vieilles Vignes en fût de chêne du Château de la Viaudière, Vignobles Gélineau, présente sur son étiquette trois bouteilles de front, qui elles-mêmes intègrent d’autres bouteilles comme  des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Une jolie façon de montrer la poly-fonctionnalité de la bouteille.

.

- On trouve aussi de belles réussites comme celle de Marcel Sautejeau, pour ce Sèvre et Maine sur lie ‘Pen Duick’ avec une étiquette en forme de coque du navire placée dans le sens vertical pour accentuer la forme élancée de la bouteille-flûte de couleur feuilles mortes. La bouteille a d’ailleurs gagné un grand prix de design.

 

La protection et les couleurs

La bouteille a pour rôle de permettre l’élevage, le transport, la vente, la garde et le stockage du vin. Son rôle premier est de protéger le vin tout au long de la chaîne qui va de la parcelle au verre rempli de vin. Cette protection commence par la composition du verre contre la nocivité des rayons UV du soleil ou des néons. Plus la couleur du verre est foncée, plus grande est la protection. Les couleurs se déclinent dans la gamme des tons de la nature, vert, feuilles mortes, presque noir ou clair…

- Il est même des bouteilles bicolores en provenance d’une verrerie d’Allemagne: Bella Verte, un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie de Dominique Richard du Domaine de la Cognardière, Le Pallet utilise une bordelaise verte claire dans le bas et transparente dans le haut pour laisser s’apprécier la couleur du vin.

- Il est possible d’associer bleu clair, forme bordelaise et vin blanc: c’est le pari réussi de Marcel Sautejeau pour Light House, un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, avec une capsule à vis noire du ton du corps supérieur portant le nom de la cuvée de l’étiquette blanche-bleue-noire.

 

La couleur transparente du verre est une indication que le vin est à boire rapidement. Grâce au verre translucide, le vin peut mieux laisser admirer la couleur de sa robe. Les roses et les jaunes se déclinent avec bonheur. Ils se goûtent avec les yeux, en anticipant le plaisir et tout cela grâce à la couleur du vin mise en lumière par la transparence du verre.

 

Le versement

La bouteille a aussi pour objet de faciliter l’écoulement du vin. Certes, il existe maintenant un disque flexible de petite taille qu’on insère dans le goulot en le pliant pour empêcher la naissance des gouttes. La bouteille doit aussi assurer cette fonction grâce à sa bague de finition du bord de la bouteille, avec pour objectif de faciliter le versement en limitant les coulures. La bague a pris de l’importance avec la vogue des vins rosés. Souvent, elle n’est plus cachée par une capsule opaque et laisse admirer sa rondeur (Couly-Dutheil), sa forme saillante vers l’extérieur (Vinification Pierre Chainier), son arête abrupte de vin du Nouveau Monde, dite bague américaine.

 

Curieusement très rares sont les bouteilles qui portent des étiquettes qui montrent la bouteille se pencher pour remplir un verre. C’est pourtant la fonction première par l’importance et ultime au stade de son existence vinicole de la bouteille.

 

915. Seul un peintre Jean-Jacques Martin a choisi ce thème en y ajoutant une dimension nouvelle : le retour à la nature grâce à une bouteille aux allures d'une carafe remplie d'un vin rouge devenant bleu au fur et à mesure de son versement pour le Bourgueil, la Fontaine aux Fougères, cuvée Pensée des Champs, de Sandrine Deschamps du Domaine du Chêne Arrault.

 

Pour suivre le chemin

. Prochain billet sur le bouchon

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Angers vu par Courrier International et Cost dessinateur

14 Novembre 2009, 12:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le Courrier International, comme les autres magazines, nous fait régulièrement l’honneur de nous offrir un supplément régional pour dynamiser ses ventes. Cette fois-ci, celui-ci était dédié au Val de Loire vu par la presse étrangère. Un titre un tantinet ambitieux au vu des articles consacrés à :

. « Tours, presque méditerranéenne » pour Der Spiegel,

. « Angers, Blois, Orléans : incomparables » pour The Independant de Londres,

. « A l’hôpital, du côté de Tours » pour le New York Times,

. « Mon jardin anglais » avec le  Daily Telegraph pour un couple d’Anglais artistes et fervents adeptes du jardinage à Valanjou près d’Angers,

. « Une amazone parmi les hommes » sur Laurence Sautet du Cadre noir à Saumur, dans un portrait du Temps de Lausanne »,

. et enfin « Villandry, espagnol ou français ? » pour ABC de Madrid.

 

Vous avez bien compris que j’ai acheté le journal pour connaître plus spécialement l’image d’Angers telle qu’elle ressort de la vision de nos amis anglais. Well, well, comment puis-je dire, Michel Webb, le journaliste de The Independant, n’a pas du faire beaucoup de recherches sur son sujet qui porte sur Orléans, Blois et Angers, contrairement au titre. D’Orléans, on perçoit chez lui un certain agacement à voir la place qu’il consacre dans les deux paragraphes à la Pucelle, cette femme mythique. Pour Blois, il est un peu plus prolixe pour le château et la vieille ville dans les quatre paragraphes qu’il consacre à cette ville qui ‘accueille volontiers le visiteur’.  Un bon point pour elle. Arrivent les trois paragraphes sur Angers.

 

Angers

Elle est ‘charmante et animée’, avec sa cathédrale et son château fortifié contre les assaillants, avec des jardins à l’anglaise dans ses douves. ‘L’ancien berceau de la dynastie royale des Plantagenêts’ est ‘réputée pour ses vins et ses vergers, ainsi que pour ses activités commerciales et industrielles. Parmi celles-ci et seule citée, Cointreau, une des liqueurs les plus anciennes (150) et les plus célèbres au monde’. Pour finir, Mick Webb, parle pour finir de ce qui fait la réelle renommée d’Angers, la Tapisserie de l’Apocalypse au Château la rivière Maine. C’est dans ce dernier   paragraphe que l’on sent un peu d’émotion chez le journaliste, pour dire, pour la première tapisserie, la puissance de la vision dramatique des évènements qui précédent le Jugement dernier et la joie de vivre confrontée aux horreurs de la guerre nucléaire pour la seconde. Ces deux oeuvres sont qualifiées  des véritables trésors d’Angers, sous-entendu par rapport à la cathédrale et au château.       

 

Impression

On comprend que si Angers a l’air sympa, elle le doit toujours à ses vieilles pierres, une cathédrale et un château défensif pour se protéger contre les ennemis. Les vins et les vergers pourtant cités ne sont pas spécialement présents dans la ville. D'ailleurs le journaliste ne donne même pas un nom de vin ou de vigneron. Quelques pieds de vigne ont bien été plantés dans une reproduction d’un jardin médiéval par les Monuments historiques à l’intérieur du château mais ça ne suffit pas pour faire d’Angers une ville vigneronne, comme Saumur par exemple. C’est la raison pour laquelle The Independant s’est déplacé à Faye d’Anjou (20km d’Angers) pour entendre Olivier Lecomte défendre la conception française du rosé. Mais cet encadré est placé dans un autre article.  Quant aux vergers, ils sont plus situés au nord d’Angers en dehors de la ville. La grande époque  est révolue où l’exportation de pommes en Grande-Bretagne constituait l’essentiel de l’export (cas de Pomanjou par exemple dans les années 90) par suite de la concurrence des pommes d’Europe centrale. Il est vrai qu'il y a eu cet été une exposition de l'INRA montrant ses innovations végétales mais elle n'est pas citée. Quant à Cointreau, elle fait dorénavant partie d’un grand groupe et son lien avec les Angevins s’est quelque peu distendu. En résumé, la description qu’il fait d’Angers est bien superficielle et quelque peu datée.

 

La bonne surprise pour Angers

Elle vient des dessins de Cost, qui travaille depuis quelques années pour le magazine. Pour Angers, on voit bien que le dessinateur a voulu sortir des sentiers battus. Le supplément s’ouvre sur un de ses dessins de la rive droite face au château. C’est La Doutre qui ainsi est mise à l’honneur avec ses péniches arrimées au quai qui lui donnent un air de Seine. Quant à la cathédrale, on la retrouve en arrière plan à droite du château mais d’un château inversé. C’est lui maintenant qui s’ouvre sur le quartier ancien de La Doutre et qui ‘annexe’ la rivière Maine en son sein.

Le dessinateur reprend ainsi à sa façon la volonté des habitants de La Doutre d’être aussi considérés comme appartenant pleinement au Centre, à l’instar de ce qui se passe pour le château et la cathédrale. Le Grenier Saint-Jean dans ce quartier ancien qui abrite l’oeuvre maîtresse de Jean Lurçat forme le troisième point de ce cœur historique élargi Outre-Maine d’Angers . Les deux dessins de Cost en réalité n'en font qu'un, le premier dessin présentée en couverture intérieure pour le supplément est extrait de la composition audacieuse du chateau capturant la rivière à son profit pour s'ouvrir.                               

 

Pour suivre le chemin

. Courrier International, n° 991, du 29.10 au 04.11.2009, supplément Val de Loire vu par la presse étrangère
. Le château d’Angers s’est placé en 3ème position dans les 25 monuments les plus visités en France –hors Paris – lors des Journées du Patrimoine, avec 8 800 personnes, 12 400 pour l’abbaye du Mont Saint-Michel et 11 500 pour la Cité Menier –le chocolat- à Noisiel. A voir sur

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/bilan-des-journees-europeennes-du-patrimoine-12-millions-de-visiteurs-dans-15-772-monum

. Olivier Lecomte est le président des vins rosés d’Anjou; avec Claire Lecomte et François David, il est vigneron et propriétaire du château de Passavant sur Layon fondé par Foulque Nerra et du vignoble attenant      http://www.passavant.net/
. Sur Foulque Nerra, lisez http://fr.wikipedia.org/wiki/Foulque_III_d'Anjou

Pour sa douceur de vivre, on repassera ! Par contre pour  la violence et l’énergie, il est phénoménal. Je le crédite d’un bon point parce que c’est lui qui a fait creuser le Lac Saint-Nicolas à Angers afin de permettre aux moines de  l’Abbaye Saint-Nicolas de posséder un vivier de poissons d’eau douce. L’Abbaye possède en outre la dernière (vraie) parcelle de vigne d’Angers qui demeure depuis X siècles. Elle témoigne de la richesse de ce patrimoine viti-vinicole qui s’étendait jusqu’à Savennières, la célébrissime appellation.   

. Cointreau à voir sur

fr.cointreau.be/.../cointreau-angers.htm  
. Photo EP, le Château d'Angers vu de la Doutre avec la Maine au premier plan.        

 

 

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