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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Pourquoi le vin n'est pas assez cher > Le grand trouble du vin

11 Novembre 2009, 18:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

De la pure provoc, pas vraiment

Oh je sais bien que mon titre peut être perçu comme de la pure provocation. Pourtant, il dit exactement ce que je pense et ce que je crois savoir du monde du vin. Quand on voit que le prix moyen du vin  acheté en France avoisine peu ou prou 3 E, on se dit soit que c’est de trop pour ce que c’est, soit que ce n’est pas assez, toujours pour ce que vous avez vraiment dans le verre. Quant au prix ‘juste’ vanté par les syndicats, je ne sais vraiment pas ce que ça veut dire. Parce qu’il y a plusieurs façons de calculer son prix de vente.

 

La méthode ‘prix de revient’, la plus classique

Celle, qui serait ‘juste’ dans l’esprit de nombreux vignerons de petit domaine, consiste à additionner toutes les dépenses et de diviser par le nombre de bouteilles et grosso modo le tout donne le prix de vente quand le vigneron y ajoute sa marge bénéficiaire. C’est la méthode descendante de calcul par les éléments constitutifs du prix de revient. Sauf que ce n’est pas vraiment possible,  sauf si on est en situation de monopole et sauf si les clients sont sur liste d’attente en attendant de pouvoir acheter la dive bouteille. Ca existe mais c’est rare.

 

Le prix du marché

C’est la méthode remontante qui part du prix payé par le client et intègre la concurrence. A partir d’études de prix, il est assez facile de déterminer quel est le prix ‘acceptable’ pour le consommateur selon les trois circonstances de consommation du vin, quotidiennement, copains et fête. En matière de vin, le suivi du marché vous indique les fourchettes selon le type de vin, le lieu de vente, l’époque de l’année, l’occasion de boire... Vous savez par exemple qu’il n’est pas possible de dépasser tel montant pour tel vin, les fameux 3E pour du vin courant acheté en grande surface, maintenant en BIB qui a provoqué une baisse sensible du prix de vente du vin et une hausse de la qualité de ce vin. C’est ce que j’ai pu constater en Loire. 

 

La double contrainte

Vous allez cette fois-ci soustraire vos dépenses incompressibles et devoir tailler dans vos dépenses  pour arriver au total à ne pas dépasser, avec ce constat véritablement désagréable : vous êtes trop cher pour le marché. Si vos prix sont dans le marché, c’est que vous ne savez pas calculer vos prix. C’est ce que vous disent d’ailleurs vos voisins, collègues, concurrents et amis. Une ‘aimable’ pression pour que vous ne soyez pas un concurrent trop virulent. Que faire alors pour rentrer dans ce marché, ce qui est quasiment toujours le cas ?

 

La vente directe, une ‘solution’ faussement géniale

Elle a consisté à persuader les vignerons, sans aucun mal d’ailleurs, de vendre au chai, en offrant le service de la vente assuré par la femme du vigneron, directement du producteur au consommateur. L’appel a été plus qu’entendu. L’oeno-tourisme s’est greffé dessus et il n’est plus de vignobles en France qui ne présente pas cette double mutation.

 

Les effets sur le prix de vente

Ils ont très sensiblement augmentés en vente directe sous l’effet de plusieurs facteurs. A partir du moment ou vous vendez directement, vous  comprenez que c’est un métier qui prend du temps, qui nécessite du personnel, un local, des heures d’ouverture … et surtout une gamme élargie. Tous les vignerons, sous l’influence de leur œnologue, ont intégré la base de l’offre marketing orienté produit, à savoir la fameuse trilogie : vin de tous les jours, vins de copains, vins de prestige pour pouvoir retenir le client. Pour justifier les prix plus élevés des vins de prestige, tous ou quasiment tous se sont lancés dans le boisé. Les rangées de fûts étant la preuve qualitative du vin à l’ancienne. L’alignement du prix de la gamme s’est fait cette fois-ci sur les prix des vins les plus hauts de gamme, en intégrant dans le prix de vente, la marge du distributeur, sans aucune recherche pour savoir s’il y a une réelle justification qualitative. En schématisant, l’alignement s’est fait sur le prix le plus élevé du vigneron le plus qualitatif du coin, qui, lui, prend bien garde à conserver un réseau solide de distribution pour assurer la part la plus importante de son chiffre d’affaires et sa visibilité au plan national et à l’étranger.

 

C’est au client de payer le transport et l’absence de concurrence

Il y a un énorme oubli dans ce circuit court, c’est qu’il faut que le client se déplace. C’est à lui d’assurer et de payer le prix du transport et d’une distribution inversée. En rentrant à la maison le soir, le client calcule le prix à la bouteille. C’est plus cher, même rapporté au carton de six bouteilles qui est la norme usuelle. Le lien qui s’établit entre la femme du vigneron et le client conduit ce dernier à acheter plus chez un seul vigneron, sans trop de possibilité de faire un choix véritablement sélectif. Difficile en effet de faire une dégustation des vins, sans acheter, en allant chez 3 à 4 vignerons dans la même après-midi, avec une mise en concurrence à chaque fois et l’achat d’un vin en final en retournant chez celui que vous préférez. Et cela pour chaque vin à chaque fois. On en vient très vite à regretter le caviste.  

 

La conséquence pour les professionnels du vin

C’est l’affaiblissement et le dépérissement à terme des réseaux de distribution des vins en France et la diminution déjà constatée de la présence à l’étranger. Dans ce cas là en effet, non seulement il faut payer un importateur-distributeur mais il faut aussi au vigneron se déplacer pour faire des dégustations aux clients étrangers pour animer le réseau de vente. Quelques faits pour rappeler cette perte de voilure : la GD (grande distri) a en quelques années baisser d’un tiers son fonds de rayon permanent passant de 900 et quelques unités à 600 vins maintenant. Les cavistes indépendants se font plus rares et offrent moins de vin. Parler de crise montre la volonté d’occulter la situation : quand on se replie chez soi, il ne faut pas s’étonner de voir les concurrents prendre la place libérée par les vins français. Une autre conséquence est la montée en force de la distribution par Internet et la possibilité d’acheter à la bouteille, en faisant là une vraie mise en concurrence.

 

La méconnaissance de la composition du prix du vin par le consommateur

C’est aussi un des effets de la situation actuelle. A trop vouloir jouer le lien humain de sympathie entre client et vigneron, on en oublie parfois le vin. On en oublie aussi du côté du client ce que représente la bouteille de vin achetée. Ce n’est pas seulement un liquide qui se boit avant, pendant ou après le repas, pas seulement le travail d’un vigneron -homme ou femme- et de son équipe, mais aussi celui d’une chaîne de qualité qui part d’une parcelle et qui va jusqu’au verre à boire avec du vin dedans. L’importance de la qualité est fondamentale, aussi bien en terme de sélection des vins, que de respect des conditions de stockage et de transport tout au long de l’acheminement et de la facilité de choix. Dans notre société, avoir le choix est un droit qui se paie cette fois-ci, son juste prix. La vente par Internet est là pour  répondre à ce besoin.

 

Le rappel du contenu du prix par Claude Gilois

Claude Gilois est le fondateur-pdg-sélectionneur de ‘Vins du Monde’ (VDM), implanté à Couëron en Loire-Atlantique. Dans un billet du 28.10.2009, il explique pourquoi les vins de sa Société ne sont pas trop chers, contrairement à ce que pensent certains. Il liste 14 raisons :

01.   l’entrée des vins dans la stricte légalité dans l’UE ;

02.   le stockage dans des entrepôts souterrains et/ou climatisés ;

03.   la sélection dans les meilleurs domaines à l’étranger ;

04.   la vente à la bouteille si le client le demande ;

05.   la rémunération des agents à 15% sur la marge de la société ;

06.   l’importance du stock à 1,5mE pour répondre à la demande ;

07.   la création d’évènements par VDM pour promouvoir ses vins de qualité ;

08.   la prospection en continue des meilleurs domaines ;

09.   le fait que l’équipe de VDM a goûté tous les vins, visité tous les domaines et s’est renforcé avec l’arrivée de Nicolas Poussier ;

10.   le budget d’échantillons pour faire connaître la sélection de ses vins dans un marché français immature s’élève à 40 000E/an ;

11.   le catalogue de VDM, qui est un outil de valorisation de ses vins irremplaçables et le site VDM  élu meilleur site du Grand Ouest 2008 ;

12.   l’objectif de la société VDM, dirigée par des passionnés de vins, de faire connaître des vins passionnants à des clients passionnés sans perdre d’argent ;

13.   des coûts de prospection d’autant plus élevés que la marché français est peu ouvert aux vins étrangers ;

14.   la quasi-totalité des importations de vins en direct, sans intermédiaire supplémentaire.

 

==  L’ensemble de ces raisons explique le coût des vins et la possibilité pour les particuliers d’avoir accès à l’ensemble de l’offre réservée généralement aux professionnels.

 

On ne peut demander la qualité et ne pas la payer

C’est ce que je dis moi pour conclure.

Pour suivre le chemin

. Retrouver le billet du PDG de VDM sur son blog

http://voyagesvinsdumonde.20minutes-blog.fr/archive/2009/10/26/les-vins-de-la-soci…               

. Faites connaissance avec les 713 vins actuellement en cave sur le site de la société qui  fait le pari de faire aimer les vins étrangers de qualité à des amoureux des vins de qualité en sachant dépasser les frontières. Pour moi, c’est une des facettes de la culture du vin. On ne peut vanter nos vins si on ne sait accueillir et apprécier ceux des autres.  

http://www.vinsdumonde.com/fr/#/accueil. Photos du catalogue VDM.   

  

  

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WBW50 > Les Habits des Vins d'Expression > La mise à l'honneur de la bouteille

10 Novembre 2009, 11:18am

Publié par Elisabeth Poulain

 

La bouteille pleine, la  bouteille vide

La bouteille connaît son apogée quand elle est pleine. C’est la raison pour laquelle les bouteilles sont toujours photographiées fermées, avant ouverture. Elles sont une promesse. Après, il reste une émotion, parfois si marquante que les vignerons gardent pour eux ces bouteilles vidées qui continuent à leur parler. Parmi celles que l’on garde :

 


909/910/911. les quatre Boas dessinés par Madlen Hersstrom pour Coquecigrue du nom de trois actionnaires dont l’un est Jean-François Mériau : Boa le Rouge est un Touraine Gamay à étiquette circulaire ivoire et rouge pour une bouteille lourde.

 

Le lien entre le verre et la main

Le lien est profond, intime entre cet objet de matière froide et inerte comme le verre et notre main qui est à notre développement et à notre épanouissement aussi indispensable que notre cerveau et notre corps. Pour preuve, la facilité qui consiste à parler de la bouteille comme nous parlons de nous, avec les mots du corps. En allant du haut vers le bas, il y a un col qui a tendance à s’allonger ; des épaules qui lie le cou au corps et qui peuvent être plus ou moins marquées (bordelaise), arrondies (bourguignonne) ou fluides (alsacienne). Le corps ensuite tubulaire ou arrondi avec un bedon de bien vivant ou gommé. La description se termine par le cul de la bouteille qui donne l’assise de cette verticalité. Une nette distinction existe entre les fonds plats, légèrement incurvés vers le dedans ou fortement au point de pouvoir y placer le pouce. Ces derniers sont une marque de qualité parce que ce sont ceux que l’on tient le mieux en main.

 
La bouteille, le corps du vin

Quoi qu’il en soit, associer la beauté de la bouteille au corps dénudé est une idée vieille comme le monde :

 



912. Dans la même position allongée, nue, une naïade tient, elle, une coupe pleine de vin de couleur rouge sur fond jaune avec des cheveux verts, pour un Sauvignon des Vignobles Gélineau.        

 

913. Chaque année, Jean-Jacques Papiau du Domaine de Pont Perrault sélectionne deux dessins d’auteurs de bandes dessinées. Pour son Anjou-Villages 2003, c’est un bel Apollon traité de façon fort classique une bouteille dans la main gauche et un verre dans la droite.



 

Un contenant normalisé

Il est très difficile d’apprécier visuellement la contenance de la bouteille. La solution la moins trompeuse est de lire la contenance indiquée en relief sous la bouteille. Les bouteilles les plus courantes sont les 75cl. Il n’y a plus guère de bouteille d’un litre, si ce n’est pour les cafetiers vendant au verre.

- Paul Buisse a conservé, dans sa belle collection de bouteilles, une bouteille sérigraphiée datant des années 1920 conçue par son père pour le marché suisse.

- Actuellement, le Domaine Gouron de Cravant les Coteaux utilise une bouteille d’un litre sérigraphiée et consignée pour le réseau CHR.

 

Les petites bouteilles                    

C’est dans le domaine des bouteilles qui sortent de la norme des 75 cl et de sa petite sœur des 37,5cl que l’on va trouver le plus d’innovation : 50cl, 20cl ou 10cl. Trois styles peuvent être distingués : reproduire en petit le modèle de la 75cl, innover en cherchant à se rapprocher de la hauteur de la 75 ou sortir des cadres habituels. La situation est très diversifiée en Loire selon le profil du professionnel du vin, négociant ou vigneron. Les négociants, le plus souvent, traitent des volumes importants qui les obligent à être très réactifs. Mais leur choix n’est pas illimité. La 37,5cl,  l’ancêtre des petits contenants, est conçue sur le modèle d’une 75 bourguignonne réduite de moitié et n’a jamais connu un franc succès. La 50cl se place dans un cadre visuel proche de la 75 mais sans la copier. Elle connaît un développement intéressant pour les vins à prix élevés du fait par exemple de tries successives. En matière de style, on retrouve les segmentations établies : formes droites pour les vins contemporains et les rosés, formes arrondies pour les AOC et flûtes ou flaconnages atypiques pour des liquoreux.

. En flûte verre transparent 50cl, le Château d’Eternes de Saix présente un Coteaux de Saumur, Clos des Abbesses.

. Le Domaine du Parc a choisi une Véronique 37,5cl pour un Gros-Plant sur lie 2004.  

 

- En 50cl, Arnaud Couly-Dutheil de Chinon a choisi une flutte pour un liquoreux vendu en vin de table sous le nom d’Interdit.

- Sous ce volume, le Château de la Mulonnière, un des Domaines Saget, présente ses Quarts de Chaume en bouteilles à haut col qui offrent la particularité d’être quasiment aussi hautes que la 75cl en Coteaux du Layon Beaulieu du Château.

- Le Domaine Saget réserve, pour un Pouilly sur Loire (37,5cl), une forme douce bourguignonne sérigraphiée avec la signature au S de Saget en jaune sur fond feuilles mortes, avec les mentions réglementaires en forme de verre à pied à l’arrière.

 

Les très petits formats

Ils ne sont guère utilisés en Loire, à quelques exceptions.

- Lacheteau décline par exemple un Cabernet d’Anjou en 25cl, sous fermeture à vis, avec une étiquette dissymétrique ornée d’une grue qui donne l’arrondi de l’étiquette rectangulaire sur les trois autres côtés.

- Frédéric Brochet vend un VDQS Haut-Poitou Marigny Neuf en verre operculé à pied de 10 cl, marqué au nom de son domaine Ampelidae.

 

Pour suivre le chemin

. Force est de constater que la tendance 2009 n’est pas au développement des formats inhabituels ou à des recherches vraiment innovantes, du fait de la baisse de la consommation et des tensions financières de notre époque.  

. Le prochain billet portera sur la fonctionnalité du design de la bouteille. 

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Métempsycose du bois ou le cri du tronc d'arbre coupé

9 Novembre 2009, 18:08pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ils en disent des choses, ces troncs d’arbres coupés il y a peu ou il y a longtemps. Certains pleurent, d’autres crient, d’autres attendent, certains ont déjà accepté le retour à l’état de nature, dans le mouvement incessant de la naissance, de la vie et du départ immobile.

 

1. Ce tronc-là crie son indignation. Il vient d’être coupé. Il en est rouge orange comme un potiron, son visage plissé sous l’effort. 

                                                              



2. Surgit de son cœur de  bois, un  bonhomme au chapeau

 

3. Toute son énergie mobilisée, il se métamorphose en grand aigle noir aux ailes déployées.

 













4. L’aigle conquiert tout le cœur.

 




5. Sa violence hache le bois.

 

6.  Il devient poisson au grand œil.  






7. Et vire à l’état de crabe inquiétant.

 


8. Mais l’oeil reste au coeur du bois.

                                                                   

9. Bouche ouverte, il crie sa présence.

 




10. En ouvrant grand son cœur.

 

11. Et en continuant à regarder le  monde de l'intérieur. 

 


12. Et pour finir, il pactise avec le lierre.


            

Pour suivre le chemin

. Suivez le travail des bûcherons le week-end quand ils ne sont pas au travail. En semaine, les chantiers de coupe en forêt sont interdits aux promeneurs.

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Laissez votre empreinte d'automne avec un Ballantine's de NIKO

8 Novembre 2009, 17:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est le challenge de Pernod Ricard pour continuer sa série commencée en 2007 intitulée « Laissez votre empreinte ». Le groupe, propriétaire de la maison Ballantine’s depuis 2006, a renouvelé la publicité et renforcé la promotion. Actuellement dans nos rues, de grandes affiches 3 x 4 marquent l’automne, avec une pub pour Ballantines signé par NIKÖ, ARTISTE, à goûter en automne près d’un chêne rouge qui n’a pas encore perdu ses feuilles forcément rouges quand vient l’automne.     

 

 

  

Pour suivre le chemin

. Photo EP un jour d’automne à Angers

. Le concept de 'laissez votre empreinte', qui est un peu compliqué pour du whisky, surfe sur la tendance de l'appropriation de la marque par le consommateur. C'est une façon de lui dire qu'entre Ballantines et lui, il n'y a pas de frontière.  C'est celui qui boit le Ballantine's qui fait et donc qui est la marque. Le problème est que le buveur n'ajoute pas sa touche personnelle.  
Je ne suis pas sûre que cela fonctionne avec cette série. C'est dommage parce que je trouve que le résultat artistique est vraiment réussi, avec un sacré bémol quand même: Dinny plombe la bouteille et Niko la casse.!
. Voir le site non réactualisé 
www.ballantines.com où l’aventure de Ballantine’s s’arrête en 2006

. Découvrir la sculpture de DYNNI en 2007 sur http://2.bp.blogspot.com/_6KFY_GGkxys/R10P1_tTFVI/AAAAAAAAAXQ/0Cyl6JK7_nI/s1600-h/Bal-Sculpteur.jpg

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WBW49 > Les Habits des Vins d'Expression > Le choix de la bouteille

5 Novembre 2009, 11:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Le choix de la bouteille
Il est toujours délicat, même s'il y a des pistes quasi-naturelles pour faciliter la décision:
-  l'ancrage territorial avec, en Anjou par exemple, la bouteille Anjou écussonnée à la fleur de lys (photo ci-contre),
-  le style du vin fruité (Bordelaise) ou boisé (Bourguignonne),
-  le positionnement face à la concurrence avec la bouteille droite (Bordelaise) pour les vins contemporains et la Bourguignonne pour les vins classiques.,
-  l'envie de changer pour une cuvée particulière... Mais évidemment la situation est plus riche que cette simple présentation. Il est beaucoup d'autres choix. 
   
Aux marges du bassin viticole ligérien, la situation est encore plus diversifiée. On y trouve parfois un goût prononcé d’aventure individuelle et un jeu collectif qui ne demande qu’à s’épanouir. C’est par le Poitou et la Vendée que commence ce Tour de Loire, en suivant le sens des aiguilles d’une montre.

 

Dans les vignobles éloignés de la Loire

En Poitou, Frédéric Brochet, pour Ampelidae et Château des Roches, utilise des formes hautes droites en verre sombre pour ses vins contemporains avec des étiquettes rectangulaires blanches basses qui modèlent la structure.

- La Cave du Haut-Poitou, pour un Chardonnay ou un Cabernet, La Légende, joue également la hauteur avec une bouteille bordelaise avec une étiquette haute en forme de bouclier-blason qui allonge la silhouette.

                                               

En Vendée, Jérémy Mourat  s’est fait connaître avec une bouteille italienne compacte en 2004 sélectionnée spécialement pour l’export en pays anglo-saxons. Droite et large, elle ressemble à une bouteille de bourbon, directement issu d’un imaginaire de western qui parle à tous les cinéphiles. Le lancement de la cuvée coïncide peu ou prou avec l’achat du château de Mareuil qui domine la rivière la Lay. Il utilise maintenant aussi pour d’autres vins des bouteilles hautes et droites pour des vins de Vendée et a conçu des bouteilles remarquables à la robe évasée (ph. ci-contre).


- Le Domaine de La Chaume, implanté à Vix sur une ancienne île du Golfe des Pictons, le vignoble le plus au sud du Val de Loire, associe la rigueur de la Bordelaise classique pour ses vins placés sous le sceau d’un ancien cloître sur une étiquette noire, haute de petite taille pour son Val de Noir.

 

En Vallée du Loir, une nouvelle bouteille apparaît encore timidement : c’est la flûte alsacienne, plus haute que la bouteille Val de Loire, plus fine et qui nécessite un carton spécial. Ses atouts : finesse et légèreté de ligne. Elle est remarquable au sens premier du mot. L’oeil n’est pas saturé et la différence entre une 75 cl et une 50cl est moins grande !

 

907. C’est le choix d’Eric Nicolas du Domaine de Bellivière, qui a franchi le pas qui le sépare de l’Alsace pour valoriser ses vins du Loir blancs, rouges et rosés ou ‘Aurore d’Automne’ un liquoreux vendu en vin de table.

                       

La bouteille personnalisée

Quand on travaille sur de grandes quantités, il est souvent un plaisir à s’offrir, que l’on soit vigneron ou négociant : avoir sa bouteille. L’importance des volumes qui justifient l’investissement du façonnage d’un moule à son goût est certes une explication mais elle n’est certainement pas la seule. Le repérage d’une bouteille personnalisée est extrêmement rapide dans des linéaires de grande surface.

 

908. C’est en particulier le cas avec une bouteille à dix facettes de Pierre Chainier Vinification d’Amboise, sans surface plane pour l’étiquette en forme de diamant taillé stylisé pour un Vouvray 2005.

 

La bouteille personnalisée de vigneron est aussi une jolie façon de se différencier dans un monde ou le mélange des genres est de règle, en faisant figurer des signes visuels en relief sur la bouteille :


- un hippocampe dressé verticalement pour les Savennières de Nicolas Joly par fierté de son engagement philosophique et pour éviter une réutilisation de sa bouteille,


- l’écu du château de Pocé pour Pierre Chainier, propriétaire-viticulteur, pour lier son nom qui figure en toutes lettres sous l’écu aux vins des Châteaux de Pocé et de La Roche.


- Le double écu de La Moynerie de Thierry Redde du Domaine Michel Redde pour le Pouilly sur Loire Cuvée Majorum  avec couronne au-dessus et La Moynerie écrit sur la bouteille.

 

La bouteille muselée

On pourrait dire la bouteille liée aussi car il s’agit de la bouteille à bulles qui s’inscrit à contre-courant de la liberté qui permet de s’affranchir d’un certain nombre de contraintes. Sa forme ventrue et ses caractéristiques techniques sont déterminées par la nature explosive du vin à bulles. Son bouchon doit être maintenu par le muselet puisque c’est ce sont eux ensemble qui résistent à la formidable pression contenue dans la bouteille. Malgré ces contraintes physiques, des nouveautés apparaissent sous l’influence de la recherche d’une ligne plus fluide des épaules pour avoir une base plus large vers le bas. Comme une corolle de fleur qui se déploie ou ces jupes lourdes des derviches tourneurs. Ces nouveaux styles donnent des bouteilles qui sont à la fois abouties et dont l’œil prolonge la silhouette beaucoup plus bas.

 

- Le « L Touraine Méthode Traditionnelle » du Domaine d’Artois de Mesland, un des domaines Saget, offre un bon exemple de ce style de fluidité lourde accentuée par le choix de l’habillage qui se dilue dans le verre. Le L est sérigraphié en noir mat sur la brillance noire du verre avec en dessous et très bas, une bande de papier noir de 1,6 x 7cm où figure en blanc Arnaud Laurent Touraine.

- A l’inverse, on peut aussi, comme David Lecomte avec la participation de David Lihart, peintre galliériste, créer l’évènement avec une bouteille en verre blanc classique pour un Crémant de Loire rosé ‘Un Grain’ 1999. La bouteille ne garde plus que sa contre-étiquette en plastique translucide et l’étiquette se transforme en peinture originale de David Lihart en quatre traits rose verticaux barrés par un trait horizontal agrémentés de trois points orange.

                       

Les bouteilles ‘nostalgie’

On ne les rencontre plus guère, sauf chez les collectionneurs.

 

- On a retrouvé dans les années 1950 à Ingrandes sur Loire dans les ruines du Château de la Bouvraie, une chopine de 22cl pour une hauteur de 23 cm en provenance de la Verrerie Royale située à Ingrandes (1755-1830). La bouteille, qui n’avait pas de fond, était destinée à être enfouie dans le sable. Son nom : Couille de bouc. Les Caves de la Bouvraie, qui sont implantées sur le site, continuent à produire du Crémant de Loire.

 

- A la  fin du 19ème siècle, on utilisait encore des bouteilles en grès beige doré. C’est la belle découverte faite par Dominique Archambault du Syndicat des Vins de Chinon dans la terre du jardin de son père, grand amateur de vin (voir photo ci-contre).

 

- C’est une bouteille utilisée en Loire il a plusieurs décades, que l’on découvre dans la cave de tuffeau du Domaine des Matines de Michelle Etchegaray-Mallard, la Hollandaise, chères au cœur de Jean Mallard, son père, qui aimait bien cette bouteille trapue au long col, une « ni-ni-ni », ni Bordeaux, ni Bourgogne, ni Loire.

 

- Encore récemment, on utilisait dans le Pays de Retz au sud-ouest de Nantes, la Véronique en verre transparent, repérable à sa forme de flûte et à ses trois traits discontinues en relief à la base du col pour embouteiller le Grolleau gris en valeur. Mais le marché est trop étroit et ces petites séries n’intéressent plus les verriers.

 

La limite des bouteilles personnalisées

Actuellement ce sont les verriers qui les fixent, compte tenu de la hausse des prix des matières premières et des exigences du développement durable. Un gros acheteur peut se voir du jour au lendemain averti par son fournisseur de bouteilles qu’il mettra fin au contrat. Cette pratique se développe d’autant qu’il ne reste plus de verriers français à l’exception d’un seul VOA Verrerie d’Albi.  
Pour les clients vignerons et négociants, le choix s'inscrit dans une problématique de coût forcément, du poids de la bouteille et de la prise en compte du développement durable. Une bouteille de luxe qui pèse 1,2kg de verre et qui vient d'Italie n'est plus 'correct' en terme de retombée environnementale.   

 

Pour suivre le chemin

. Pour comprendre la technicité d’une bouteille, voir le plan d’une bouteille ‘Anjou écussonnée’ sur http://www.voa.fr/automne_modules_files/catalogue/pdf/plans/76704C.pdf

. Prochain billet sur la bouteille, un volume habité, structuré.
.
Voir quelques photos de bouteilles anciennes soufflées à la min dans l'album photo 'Bouteilles et Verres' sur ce blog.  
. A venir, une présentation en photo des bouteilles.  Merci pour votre patience.  

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Ville = Identité et image + publicité et communication

2 Novembre 2009, 18:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le marketing territorial

Le territoire - ville, département ou région…-  est actuellement le plus récent domaine d’extension du marketing qui devient du coup territorial. Les collectivités territoriales en sont grosses consommatrices et comme la demande est en augmentation, il y a bien sûr en réponse une offre foisonnante. Les cabinets conseils en images se développent plus vite que le soleil se couche et la palette de leurs services croît d’autant. En période de vaches grasses et encore plus de tension financière, les budgets territoriaux font briller les yeux de tous ceux qui gravitent dans ce monde de création d’image en sur-brillance.

 

Le marketing qui monte

En conséquence, la publicité en faveur de leur objet d’études, ville, département ou région, prend de plus de place dans les journaux et magazines d’affaire capables d’attirer les investisseurs. Cela tombe bien au moment où l’autre pub, plus traditionnelle pour des produits ou des entreprises, se replie en attente de jours meilleurs. Le changement est frappant à lire ‘Les Echos’ ou ‘Le Monde’ par exemple.

 

Le territoire, un nouvel espace à valoriser

L’étonnant est que le phénomène est contagieux : tout ce qui tourne autour de la terre,  du territoire prend de plus en plus d’importance dans notre monde publicisé. La pub pour des systèmes informatiques par exemple s’appuie sur des projections dessinées d’aires de stockage dans des ports de Chine. C’est un des effets de la mondialisation, cette sensation qu’il n’y a plus de terres extensibles et que le temps est compté pour conquérir des espaces à son profit (cas de terres en Afrique, en Argentine…) ou attirer des entreprises capables de pousser les murs du territoire pour vendre et s’étendre plus loin.

 

La concurrence territoriale

La vision est devenue non pas vraiment globale - peu ont cette capacité à voir loin et en synthèse -  mais beaucoup plus large. L’élargissement de l’écran de la perception entraîne l’émergence d’une concurrence entre les territoires. Tous n’ont pas la capacité à attirer. Tous ont les mêmes besoins, se développer, conforter leurs atouts, minimiser leurs faiblesses, fixer l’élite professionnelle et civile, être réélu… Tous vont alors utiliser ce nouvel outil qu’est le marketing territorial qui s’ajoute à toutes les autres facettes du marketing qui désormais font de notre monde un univers quasi-complètement publicisé. 

 

Notre monde markété et publicisé

Les deux verbes ‘markéter’ et ‘publiciser’ n’existent pas et pourtant le fait est bien réel. Toutes les composantes de notre vie sont désormais formatées et/ou colorées par le marketing et font donc l’objet de publicité. Nous ne sommes pas seulement l’objet de la publicité mais son principal vecteur et donc l’acteur de la pub. Le publicitaire, ce n’est pas seulement celui qui crée la pub mais tout autant celui agit au nom, en fonction de la pub. Mais alors se produit une autre réaction pour cacher cette intrusion dans notre univers privé apparemment non marchand. C’est facile ; pour cela il suffit de parler de communication et non plus de publicité. Ouf, nous voilà à l’abri, loin de cette vilaine publicité, comme si l’une était à fuir et l’autre bien.

 

Le double effet de la pub

La pub a plusieurs effets. Elle tend en Ier lieu a créer autant de territoires qu’il y a de clients. Cette superposition des territoires est renforcée par la décentralisation. A la région, qui fait sa pub, il y a lieu d’ajouter le département qui fait la sienne et à l‘intérieur de celui-ci, les villes qui font la leur, plus tous les autres niveaux.  A chaque fois, la publicité pour attirer selon les cas les investisseurs et/ou les touristes va s’appuyer sur l’identité et l’image qui s’en dégage, alors que les besoins des entreprises à attirer sont quasiment connus d’avance et se ressemblent beaucoup plus qu’ils ne diffèrent. De là, naît la seconde conséquence, qui est le risque d’uniformisation entre toutes ces communications publicitaires. 

 

Le poids de l’identité

Il est très variable selon les territoires à valoriser. Quoi qu’il en soit, cette identité sera le résultat d’une méthodologie quasiment identique d’une agence de com à une autre puisque toutes vont s’appuyer sur le marketing territorial et sur des enquêtes pour faire surgir l’image que les habitants et les décideurs ont de leur ville dans le but de valoriser celle-ci. A cette image qui est déjà une pré-sélection positive, seront ajoutés selon les cas des éléments nouveaux détectés par  l’agence de com pour créer une nouvelle image de la ville de demain vue selon les critères d’aujourd’hui.

 

L’image

Elle a comme point commun avec l’identité d’être plurielle. La ville, n’importe quel territoire, présente une multitude d’images selon le moment, la fonction, le regard de celui passe, y travaille ou y habite... Mais en aucun cas, l’image ne saurait être une photo. L’image est avant tout mentale même si elle repose sur du concret et/ou sur des paysages. Elle traduit l’impression ressentie, une émotion. C’est là où l’agence de com va réellement créer une nouvelle dimension à l’image en y  ajoutant de l’épaisseur, de la densité, carrément quelque chose de complètement nouveau ou une autre perception. Il ne saurait y avoir une seule image. C’est aussi à ce moment là de la création de l’image que le client, la municipalité dans le cas de la ville, va choisir parmi les propositions de l’agence, celle qui correspond le mieux à ce qui lui semble le plus pertinent pour remplir son objectif, attirer les touristes ou les entreprises. Quitte à recommencer si la municipalité ne s’y retrouve pas. 

 

Quelques exemples d’ici et d’ailleurs

Brest porte ses couleurs d’été (ph 1) ; Philadelphie met le muralisme à l’honneur (ph 2) ; la Moselle pratique l’art du feu ; le Loiret attire l’attention avec une carte de l’A19 ; la Région Centre fait paraître des fiches économiques détaillées ; Besançon joue la carte du développement durable ; Cholet fait circuler un bus chamarré pour vanter la proximité à ses habitants ; Nantes organise la course du chocolat (pour relier à la voile Nantes aux Antilles) ; Nice reçoit le prix de l’équerre d’argent (grand prix d’architecture) pour la réalisation d’un pôle multimodal du tramway (ph 3), Reims va louer au privé ses 95 000 m2 de toits et/ou de terrains publics pour produire de l’électricité solaire (gain 300 000 EUR/an) et Abou Dhabi fait briller une tente rose dans la nuit pour attirer les investisseurs (ph 4)…Cela s’appelle, l’imagination au pouvoir mais attention toujours basée sur l’identité.

 

Une affaire à suivre donc

. Pour vous rassasier et calmer votre faim d’identité et d’image, vous pouvez déjà commencer par suivre le site de Vincent Gollain et piocher son précis paru sous le titre de « Réussir son marketing territorial en 9 étapes ». C’est la version 1. Comme les choses évoluent très vite, l’auteur, qui est le président du Club des Développeurs économiques d’Île de France (CDEIF), est en train de faire paraître sa version 2. A voir donc sur www.marketing-territorial.org/article-29681023.html                

 

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Le bestiaire de l'art > Steinlen entre chat et chat

30 Octobre 2009, 11:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Théophile Alexandre Steinlen, ce suisse de Lausanne, est un vrai parisien, celui de la rue, de la nuit et du mystère. Pour le définir, il faut aux organisateurs de l’exposition ‘Steinlen l’œil de la rue’ à Ixelles (Belgique) employer six termes : ‘dessinateur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur’. Il ne connaît pas non plus de frontière, surtout pas sociale. Bourgeois, il va à la rencontre du petit peuple, des mots qu’on n’ose plus employer dans notre société du consensus imposé. Sa découverte de l’univers des rues de Montmartre va orienter ses choix picturaux. Il montre les'petites gens' dans la rue, allant ou revenant du travail, surtout pas en train de poser.

 

Les chats aussi occupent une place à part dans son oeuvre. Ils sont si présents qu’il ne peut s’agir d’un hasard. Le hasard pourtant a joué un rôle chez lui, lorsqu’il a rencontré le Chat noir. Celui qui a donné son nom à un cabaret montmartrois ouvert en 1881. Ce Chat noir savait accueillir les peintres, poètes et chansonniers forcément sans le sou et attirer les bourgeois argentés désireux de s’encanailler. Aucune explication fondée ne permet d’expliquer le nom du cabaret, si ce n’est son mystère renforcé par le noir de la nuit.  

 

La symbolique du chat noir

Du chat, on peut tout dire en matière de symbolique. Animal bienfaisant pour les uns, il est terriblement maléfique dans d’autres civilisations. Pourtant un point commun ressort : sa couleur noire suffit à en changer sa nature. Par exemple, il est d’essence favorable chez les musulmans sauf s’il est noir ; en ce cas, il possède grâce à ses sept vies des pouvoirs maléfiques capables de nuire à l’homme.

 

La Revue du Chat noir

Steinlen fit la connaissance de Rodolphe Salis le propriétaire du Chat noir en 1884 soit deux ans après la création par RS de la revue du Chat noir pour faire connaître le cabaret. Pendant les 13 ans que dura la revue (1882-1895), l’artiste y participa activement. Il réalisa pour la revue une centaine de dessins de chats qui furent ensuite rassemblés sous le titre de « Dessins sans paroles. Des chats ».

 

L’affiche du Chat noir (voir ci dessus)

Sa célèbre affiche fut imprimée en deux couleurs en 1896, à la fin de la grande période du cabaret. Rodolphe  Salis mourut l’année suivante. Mais elle fut réalisée avant pour la tournée du Chat noir au Théâtre de Mons pour la séance du 12 septembre 1892. Elle marqua le début de la vraie notoriété de l’artiste suisse. Selon un critique de l’époque : « les murs de Paris ont été ennoblis de la présence de ce chat auréolé, hiératique et byzantin, de proportions énormes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et décharnée ». Steinlen, déclara s’être inspiré d’un chat qu’il avait vu à Lausanne,  « à peine ai-je eu besoin de l'amplifier pour en faire un soleil: il rayonnait de tous ses poils écarquillés » .

 

Les chats selon Steinlen

Ils ont tout l’air de fauves, avec de grands yeux jaunes qui vous guettent, des corps allongés, des hautes pattes et de fortes queues. Ce sont des vrais fauves ; pendant que l’un dort, l’autre guette. Capables de s’organiser en meutes prédatrices la nuit, invisibles le jour. Son tableau « Apothéose des chats » (1885) fait peur. Le monde est envahi par ces fauves.

 

Ils peuvent être tout autant intégrés au foyer lorsqu’ils entourent, très vigilants, leur jeune maîtresse boire son lait sur une affiche publicitaire. Leur présence ajoute pourtant une touche de mystère dissonante à ces affiches très suaves.

 

Le monogramme ‘chat’ de Steinlen

Dans le même temps, Steinlen travailla son monogramme autour de ses initiales dans lequel le T est intégré au A et les deux sont encerclés par le S qui figure un chat vu de dos avec sa queue arrondie. C’est alors la rondeur du chat qui l’intéresse alors, son côté boule replié sur soi, comme celui dessiné par le graveur japonais Hiroshige au XVIIIè siècle que Monet a fait connaître en Europe grâce à sa fameuse collection d’estampes japonaises


On voit alors bien la différence de traitement entre le gros matou de l’artiste japonais regardant le jardin face au Mont Fuji et les félins au corps allongé et à petite têtes triangulaire de Steinlen en 1898.

 

Pour suivre le chemin

http://steinlen.museumdixelles.be

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Alexandre_Steinlen

http://pagesperso-orange.fr/planete.chats/diapo5/imgcol/_00024.htm

http://www.les-chats.com/Page%20Mystic%20mai.htm

http://www.lausanne.ch/tools/displayelement.asp?DomId=63242&ID=22783&Version=1&ClsId=16&Language=F&StructName=Novembre+- 

http://www.intermonet.com/japan/hiroshige/estampe.htm

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Mini-Cas Pub: Petit Bâteau + WAD = Anniversaire force 10

28 Octobre 2009, 18:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quand Petit-Bateau se dévoile sur WAD: Traduction

Petit Bateau, c’est la célèbre petite culotte blanche d’antan, relookée pour être au top de la mode, assortie à son T’Shirt bien sûr. WAD est une revue qui paraît 4 fois par an en français et en anglais. Son nom WAD - We’ar different - vous indique son positionnement décalé, branché… C’est un magazine des modes et des cultures urbaines ouvert naturellement sur les formes nouvelles de publicité qui sont autant de fenêtres sur notre société. Cette matière publicitaire explique son prix de 5 EUR seulement. Le thème de ce numéro du X anniversaire, le chiffre 10.

 

Petit Bateau et couvertures

PB fait la couverture. Et attention, pas une couverture ordinaire. Déjà naturellement il y en a 4. On nomme celle que l’on voit, la une. C’est la couverture. A son verso, c’est la 2. A la fin du magazine, on trouve la 4 de couv et son verso est la 3. La 1 est fondamentale car elle donne le positionnement du journal et attire à elle seule l’attention des acheteurs-lecteurs. La 4 permet de vendre cher la publicité ;  2 et 3 sont aussi des pages à pub mais moins chères. Ici, vous avez bien la 1 et la 4. mais, et c’est là, où cela devient vraiment joli, la 1 et la 4 se déplient. Cela arrive parfois, pour la 1. Cela permet de gagner des pages de pub en plus, sur un papier plus lourd et donc plus cher. C’est beaucoup plus rare pour la 4.  


PB, ses couvs et ses pubs

Dans ce cas de ce WAD de juin-juillet 2009, la 1 est une pub PB. Son verso, la page 2, se déplie pour former une double page 3 et 4, toujours de pub. Mais pour une autre marque que PB.  La 4 se déplie et forme une double page avec la 5 avec la suite de la pub pour Petit Bateau : ça, c’est vraiment innovant. Pour bien marquer l’empreinte de PB sur ce dixième anniversaire, la dernière page du magazine est aussi dédiée à PB. Au total, WAD se termine par une couv 5 + 6 dépliée et l’intérieur forme une trilogie avec la dernière page intérieure du journal la 314 + la 7 + la 8 de couv toujours pour Petit Bateau.

 
Le déroulé
                                                                                          

                                                                  
Le devant en 1 (voir ci la photo ci-dessus)

En couv de ce n° spécial, voici l’avant avec ce
grand cercle blanc sur blanc, petite culotte blanche qui se détache avec des mains, des bras et des cuisses qui tiennent le grand cercle. 
 
                                                                    

L’arrière en 4 de couv.        

On voit trois personnes de chaque côté, ce sont eux dont on voit les mains, les bras et les cuisses mais cette fois-ci, on les voit de dos. La femme dont on a vu les jambes est au centre, le dos couché sur des coussins.

                                      L’arrière du décor en 5 de couv.                              

C’est le grand cercle blanc en bois, vu de dos, sans les acteurs.

La page 374 de fin et la 5 de couv

Cette fois-ci, on est au début de la mise en place de la pub et à la fin du magazine.


En page intérieure, un jeune homme à marinière rayée blanc et bleu (un des standards de la marque) minute le montage. Il tend le doigt vers la structure en bois. On ne sait pas pourquoi.

 


La page 374 et les pages  6 et 5 de la 4 de couv

Cette fois-ci on comprend pourquoi ce coach regarde sa montre. La 4 de couv dépliée, on voit enfin les acteurs derrière le décor. Ils sont en train de le monter et posent le dernier quart du cercle blanc vu du côté photo.Il faut aller vite.

 

Les porteurs de la marque

A feuilleter le journal à l’envers, comme si vous étiez au Japon, vous allez pouvoir remonter le temps avec, en portrait pleine page, les ambassadeurs de la marque Petit Bateau pour toujours : Evan 13 mois, Eddie 216 mois, Robert 888 mois, Chantal 241 mois , Lola 42 mois et Andrew 310 mois, soit 6 pages en plus.


L’équipe de com

Ils sont à 17 à avoir participé à la réalisation de cette pub, qui est une véritable  scénographie, sans compter le menuisier!

 
Les questions

01.   Que voyez-vous sur la une?

02.   Que voyez-vous sur la 4 ? 

03.   Caractérisez les lignes et les couleurs.

04.   Quel est l’intérêt de la 5 ?

05.   Celui de la page 374 ? Elle est comptée comme une page dans le magazine au même titre que les pubs mais avec une différence, c’est que pour les pubs, le journal n’indique pas le numéro de page.

06.   Comment a été fait le choix des acteurs des couv?

07.   Que portent-ils et à quel moment ?

08.   Qu’apportent les portraits ?

09.   Qui manque dans les portraits ?

10.   Quels sont les messages que vous retenez de cette pub ?

11.    Cette pub est-elle transposable telle quelle à l’international ou faut-il modifier des éléments? Si oui lesquels ?

12.   Quelle note sur 20 mettez-vous ? Dites pourquoi.  

 

Les éléments de réponse ( R )

Q01. Que voyez-vous sur la une?

R1. Une culotte blanche PB au centre d’un rond blanc sur fond blanc. Seuls se détachent des éléments humains : des jambes pour indiquer 10, des bras pour marquer le cadran à 12, 3, 6 et 9 heures et des mains pour les autres heures. Et WAD est écrit en blanc sur un fond très légèrement grisé.  

Q02.  Que voyez-vous sur la 4 ?

R2.  L’arrière du décor avec les acteurs dont on a aperçu qui les jambes, les bras ou les mains, soit 3 femmes et trois hommes. On voit la tête et les épaules de celle qui montre ses jambes en Une.  

 

Q03. Caractérisez les lignes et les couleurs.

       R3. Tout est rondeur douce et couleur dorée, avec des nuances pour montrer une certaine  diversité.

 
Q04. Quel est l’intérêt de la 5 ?

       R4. Il est double : instiller le mystère, car sinon, l’histoire serait finie et serait un peu 

       courte. La seconde raison est de montrer pour la Ière fois la marque PB imprimée au

       pochoir en blanc sur le bois naturel.

 

Q05. L’intérêt de la page 374 ?

Elle est comptée comme une page dans le magazine au même titre que les pubs mais avec une différence, c’est que pour les pubs, le journal n’indique pas le numéro de page.

      R5. Elle montre pour la Ière fois  les T’Shirts. On ne parle plus de petite culotte ou de boxer-short. Elle confirme le mystère. Pourquoi ce jeune homme regarde-t-il sa montre ? 

 
Q06. Qu’apporte la double couv intérieure 6 et 5, qui fait suite à la page 374 ?

       R6. Cette fois-ci, on fait connaissance de dos ou de profil avec ceux dont on connaissait  les bras, les cuisses…et on les voit revêtus de T-Shirts de couleur. C’est la Ière fois qu’elle apparaît clairement.  

Q07. Comment a été fait le choix des acteurs des couv?

       R7. Il sont jeunes, beaux, avec des corps de sportifs. D’ailleurs ce sont des modèles

        inscrits dans une agence de modèles sportifs.                                          

Q08. Qu’apportent les portraits ?

        R8. De la diversité dans cette perfection humaine, avec l’accent mis sur le T’Shirt et ses variantes. C’est l’accent mis sur la différence. La marque convient aussi bien aux

hommes qu’aux femmes, aux jeunes et moins jeunes…Et surtout PB ne veut pas être     connu  seulement pour ses ‘p’tites culottes’, un mot qu’on n’emploie plus guère.

 
Q09. Qui manque dans les portraits ?

       R9. Les parents des ados et la grand-mère.


Q10. Quels sont les messages que vous retenez de cette pub ?

       R10. On est bien dans son corps, avec de belles fesses rondes et musclées, de belles jambes, on est bien dans sa tête, on est tous différent, on appartient à une communauté…             


Q11. Cette pub est-elle transposable telle quelle à l’international ou faut-il modifier des éléments? Si oui lesquels ?

       R11. Globalement oui. Pour l’international, il conviendrait d’avoir parmi les acteurs et les portraits plus de diversité ethnique. Seuls deux sont présents ici sur les 8 acteurs et aucun dans les portraits. Cette faiblesse de la prise en compte de ce facteur ethnique est

d’ailleurs une caractéristique de la publicité faite en France. Au regard de ce qui se passe

dans le milieu de la pub, le ratio de 2/8 montre que ce facteur a bien été pris en compte,

mais un peu timidement quand même. Ils sont tous d'ailleurs très blancs. Il devrait y avoir au moins 1 Asiatique.
 
Q12. La note

       R12. Je trouve que c’est une franche réussite à cause de l’originalité du concept et de son déroulement. C’est beau et surprenant. Pour tenir compte du bémol de la R11, je donne 17 sur 20. C’est très bien. Je ne donne pas plus à cause des portraits, qui s’accrochent mal avec la scénographie à mon goût.


Pour suivre le chemin

. WAD  à découvrir sur WWW.WADMAG.COM

. Petit Bâteau à voir sur www.petit-bateau.com où vous trouverez les six portraits parmi ceux visibles à l’écran et qui forment une partie importante de la politique menée par l’entreprise pour créer des liens directs avec son public. Les personnes sélectionnées pour les portraits deviennent les ambassadeurs de la marque.                                                                                     

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WBW48 > Les Habits des Vins d'Expression > La bouteille dans l'histoire

24 Octobre 2009, 15:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les formes sont fortement liées à l’évolution de la technique utilisée. Elles ont d’abord été rondes puis tubulaires avec maintenant une grande diversité de présentation.

 

Les formes rondes sont directement issues de la technique du soufflage à la main. Les bouteilles de l’époque romaine et mérovingienne ont cette grâce pansue avec des arrondis époustouflants soufflés à la volée directement par l’ouvrier verrier. Le rattachement de ce style de bouteille se fait depuis plusieurs siècles par la Bourgogne, le premier vignoble au monde à avoir su à ce point cultiver les terroirs pour leur faire exprimer ce qu’ils ont de plus inimitables. La bourguignonne, plus que toute autre forme, évoque cette idée d’opulente rondeur, d’équilibre et de raffinement. Une autre façon de renforcer la rondeur de la bouteille par exemple est de choisir une forme ronde pour l’étiquette.


902. C’est le choix de Paul Buisse, négociant-vigneron à Montrichard, pour un Touraine Sauvignon avec une étiquette à douze facettes mises en valeur par l’ocre jaune de couleur de fond, des mentions en brun foncé et un équilibre très léger or et blanc.

 

903. C’est un style différent que Franck et Ingrid Bimond ont choisi pour faire ressortir l’ovale du bois veiné d’or avec un nom de cuvée surprenant, L’Ardile, un Saumur du Domaine des Guyons.

 

D’autres modèles de bouteilles ventrues existent : moins lourdes, avec des parois qui s’évasent vers le bas, dont le diamètre atteint 10 cm et qui sont moins hautes. Puis l’esprit s’ouvre à nouveau pour voir autrement les bouteilles en particulier la bordelaise et redécouvrir celles du Val de Loire.

 

Les formes droites sont caractéristiques du style des vins contemporains. Dans l’histoire de l’évolution, elles sont apparues vers le 2ème siècle après J.C. sous forme de barillets à forme droite. Ces barillets (petit baril, petit tonneau) sont les ancêtres de nos bouteilles, avec une différence notable, elles comportaient une ou deux anses, comme les pichets. Le style tubulaire haut offre beaucoup de praticité. Les avantages de la « bordelaise » puisque c’est ainsi qu’elle est désignée, se nomment occupation optimale de l’espace en rayon et lors du transport en carton, puisque le volume est réparti de façon homogène sur tout le corps formé par le tube, facilité de la prise en main, style aérien du fait de la verticalité... Actuellement ces bouteilles deviennent de plus en plus en hautes en signe d’affirmation de soi et d’élégance théâtrale.

 

904. Paul Buisse a, cette fois-ci, conçu une étiquette de petite dimension avec un dessin noir, gris, blanc et argent d’une très belle facture pour des Touraine logés dans des bouteilles hautes, noires et terriblement sculpturales.

 

- Guy Saget , pour le Château de la Mulonnière,  a sélectionné une très belle bouteille droite haute, aux épaules arrondies avec un très haut col pour un Coteaux du Layon-Beaulieu qui porte une étiquette verte foncée de taille réduite qui se fond dans la couleur du verre.

 

La question de la bouteille syndicale

Pourquoi la bouteille a-t-elle tant d’importance ? Au fond, ce n’est qu’un contenant utilitaire, comme le prétendent encore des initiés aux rites viniques. On boit le vin, on jette la bouteille. Ce n’est pas si simple si on examine la question de la bouteille ligérienne qui subit beaucoup de concurrence actuellement. La question a figuré parmi les premières préoccupations de la filière vinicole au lendemain de la première guerre mondiale. Arriver dès 1925 à faire adopter une bouteille Anjou avec un écu à la fleur de lys a constitué une avancée majeure dans la quête d’une volonté d’anoblissement des vins d’Anjou et de la démarche qualitative qui allait de pair. La bouteille commune marque l’appartenance à un terr(it)oir(e) commun pour en renforcer la mise en avant perceptible par le client lors de l’achat. C’est ce qu’affirme depuis toujours Jean Bellard qui a oeuvré toute sa vie pour défendre les vins de Loire. Il peine à comprendre la démarche de ceux qui l’abandonnent aujourd’hui, car la bouteille Anjou sait aussi s’adapter.

 

905. Une étiquette très graphique au design noir-blanc,      avec des mentions or tout autour de ce qui pourrait être la bonde d’un tonneau vue de l’intérieur, accentue l’arrondi par sa forme longue et basse d’un Anjou Villages Brissac du Domaine des Rochelles de J.Y.A. Lebreton.

 

906. Pour un Coteaux du Layon, Clos de Chanzé, du Vignoble Dénéchère-Geffard, l’équilibre se fait en pyramide inversée à la pointe tronquée dans une ambiance hippique.

 

Entre la bouteille syndicale et la bouteille personnalisée, il existe une bouteille associant les deux caractéristiques.

- Depuis 1998, P. Bourré, négociant à La Chapelle Saint Florent, utilise pour sa gamme très qualitative de vins médaillés de domaines, la bouteille Anjou avec l’écusson peint. Le procédé utilisé, la chromographie, s’applique sur une bouteille en verre dépoli et la collection a pris le nom de Cuvée Satinée. 

La situation actuelle 

Actuellement, une grande diversité existe, du fait d’un avancement différent des vignobles sur l’échelle du cycle de vie d’usage des différents types de bouteille. Dans certaines parties du Val de Loire, la situation s’est modifiée en raison de la volonté de jouer plus la typicité personnelle que l’appartenance à une ou plusieurs AOC. De plus les vins de maintenant n’ont plus rien à voir avec ce qui se faisait, il y a quelques générations, exception faite des glorieux millésimes dont le prix témoigne de la rareté. En sens inverse, la bouteille ligérienne ou bourguignonne connaît actuellement une extension vers l’Ouest.


- On peut aussi comme Pierre - Jacques Druet pour le Bourgueil Fiefs de Louys mettre en lumière une cohérence entre une étiquette de la fin du 19ème siècle qu’il a légèrement raccourcie et la bouteille qui existait à ce moment-là, la bordelaise.

 

Plusieurs raisons expliquent l’hétérogénéité actuelle. La première a pour nom concurrence qui pousse les hommes et les femmes du vin à choisir une différenciation par la bouteille. Une seconde raison est le développement des Nouveaux Vins de Table qui ne peuvent être embouteillés dans les bouteilles syndicales du fait de l’impossibilité de droit qui leur est faite d’être rattachée à leur région d’origine. La troisième raison vient du mode de vinification. La bouteille bourguignonne est très souvent choisie dès lors que le vin parle de rondeur et/ou d’élevage en fût. La situation est très hétérogène selon les régions. La quatrième raison s’attache à l’image du vin ; la bordelaise par exemple présente beaucoup d’attrait pour des vins contemporains ou des rosés. Il faut mentionner enfin l’attraction de la bouteille personnalisée pour les entreprises de négoce qui traitent de gros volumes.

 

Pour suivre le chemin

. Prochain billet sur quelques problématiques liés à l’identité de la bouteille.

. Photos EP

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Jérôme Quiot ou les 7 clés de succès

23 Octobre 2009, 08:47am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est un homme qui passe plus de la moitié de l’année en dehors de France. Il y a longtemps qu’il ne dit plus à l’étranger parce que cette formulation serait trop réductrice. Il n’y a pas pour lui en matière d’entreprise un ici et un ailleurs. Le monde est son marché. C’est facile à dire, cela ne l’est pas à vivre et à tenir. Il faut pour cela une énergie forte et sans rupture pour pouvoir absorber toutes les contraintes de son métier, ses métiers serait une meilleure formulation. Jérôme Quiot a en en effet l’art de savoir transformer chacune des facettes de son engagement dans le vin en facteurs clés de succès.    

 

Ses sept clés de succès

En 1, avoir le sens de la stratégie d’entreprise.

En 2, avoir un fort ancrage dans la terre

En 3, savoir travailler en famille

En 4, avoir de bonnes relations avec ses banquiers

En 5, être résolument présent sur les grands marchés

En 6, avoir au moins deux responsables export

En 7, s’impliquer personnellement et totalement dans la stratégie, la gestion et la représentation de l’entreprise

 

1. Le sens de la stratégie

Il en faut pour gérer au mieux six domaines et une société de négoce. Certains domaines, comme le Vieux Lazareth pour Jérôme, le Domaine Houchart pour Geneviève, la femme de Jérôme.. sont dans la famille depuis plusieurs siècles et agrandis au fil des ans. D’autres ont été récemment achetés.

 

Cette stratégie a pour objectif de consolider ce qui existe ou d’acheter en fonction des opportunités:

. en atteignant une taille critique intéressante (cas du Domaine du Vieux Lazaret, + de 100ha et du Domaine Houchart, + de 60ha),

. en renforçant sa présence dans l’aire d’appellation Châteauneuf-du-Pape, pour y avoir trois domaines  différents et devenir la figure incontournable de l’appellation,

. en s’implantant en Provence, le nouvel eldorado réservé à ceux qui ont les moyens de pénétrer ces lieux très porteurs en terme d’image,

. ce qui permet d’élargir la gamme des vins, renforcée par ceux de la dernière acquisition du Château de Trignon en vin d’appellation et vins de cépages et d’accroître ainsi ses savoirs faire, conjointement à une autre implantation appelée ‘JQ’ ou ‘Famille Quiot’ dans le site. 

 

Mais atteindre la taille critique, assurer une vinification qualitative des vins, composer une gamme élargie des vins de la Vallée du Rhône et de Provence, optimiser la distribution et la gestion, tout en répartissant les risques au sein de leur société de négoce qui fonctionne avec 90% des vins d’origine familiale, ne suffiraient pas s’il n’y avait les autres atouts qui entrent en synergie les uns avec les autres. 

 

2. L’ancrage dans la terre

Il est constamment présent à l’esprit dans la famille Quiot , aussi bien dans la mise en lumière de l’histoire des domaines que dans l’implantation des extensions actuelles par agrandissement et/ou achats et dans la vision spatiale des réseaux de distribution à l’étranger.

 

Ils ont pour nom le Domaine du Vieux Lazaret, le Domaine Duclaux, ainsi que les Combes d’Arnevels, tous les trois à Châteauneuf-du-Pape, le Domaine Houchart près d’Aix en Provence, le Château du Trignon  et un ensemble de parcelles à Vacqueyras et Beaume de Venise.  Au total, plus de 250 ha d’ancrage à porter et à optimiser. 

 

3. La valorisation de la famille

C’est une constante. Pour chaque domaine, le terme de famille apparaît présentée comme une entité. « La Famille Quiot, vigneron depuis 1748, a établi au fil des siècles et au gré des histoires familiales… ». Cet ancrage familial est le complément de l’ancrage dans la terre. Les deux chantent ensemble la chanson du vin qui pourrait commencer ainsi : « l’histoire de Jérôme Quiot dans le vin commence en 1748 dans le Vaucluze à Châteauneuf-du-Pape dans le domaine du Vieux Lazaret… ». Celle de Geneviève date de la fin du XIXé siècle. Celle de Florence et de Jean-Baptiste,  la fille et le fils de Jérôme et de Geneviève, en 2001 quand leur marraine leur a légué le Domaine Duclaux. Les quatre forment la Famille Quiot qui sont tous actifs dans la prise de décisions et la gestion de l’ensemble entrepreneurial.

 

4 Les bonnes relations avec les banquiers

Pour Jérôme Quiot, l’entreprise viticole est bien une entreprise, qui, comme une autre, doit savoir calculer ses prix, tenir compte de ses charges, en se positionnement face à la concurrence, en particulier en matière d’offre et de prix. « L’entreprise doit être en contact permanent avec le marché et aller à la rencontre de ses acheteurs... Le passage au réel en 1972 a permis à la profession de savoir ce qu’est un bilan. Cela a été un grand progrès. Il ne faut pas se limiter à ne voir que le domaine en oubliant l’entreprise et ses fonds propres ».     

 

5. La présence sur les grands marchés export

L’exportation contribue pour 90% au CA. La décision a été prise lors du passage de la vente en vrac en bouteilles en 1980 par Jérôme et Geneviève. « La Belgique puis le Canada ont été parmi les premiers marchés export. Je suis hors de France plus de six mois par an pour aller à la rencontre de mes distributeurs et des amateurs de vin que je rencontre pour des dégustations . Le contact humain est une des conditions importantes d’animation du réseau de vente. Le vin doit avoir un géniteur, c’est le vigneron. Florence  prend en charge la prospection et participe aux grands salons comme Vinitaly, Vinexpo, en Russie… ».   

 

6. La structuration de l’export

Elle est assurée par la présence de deux responsables qui se partagent l’international. L’un prend en charge les Etats Unis, l’Irlande, le Royaume-Uni, le Benelux, la Suisse…L’autre les Pays nordiques, l’Asie et l’Est. Ils assurent évidemment toute la gestion des ventes et de la logistique.

 

7. L’implication personnelle

Elle est présente dans chacun des six autres clés de succès, non seulement par Jérôme mais aussi par chacun des trois autres membres de la Famille Quiot. La cohérence est totale et dépasse très largement la question de l’image reflétée. L’explication, c’est Jérôme Quiot qui la donne : « La seule particularité des PME, c’est qu’elles sont forcément positionnées sur des marchés de niche ». Quand tous les facteurs clés de succès fonctionnent en synergie sans hiatus, communiquer sur la compétence et la qualité va presque de soi. Il n’est que de voir la réussite du site Jérôme Quiot & Co.  

 

Pour suivre le chemin

. Dans un courrier à La Vigne paru récemment, Jérôme Quiot affirme sa conviction que l’entreprise viticole ne saurait échapper à la gestion, à la finance, et à la vente pour pouvoir poursuivre son développement. Il ne saurait y avoir d’exception culturelle française en ce sens. C’est pourtant ce que veulent croire encore un grand nombre de personnes dans la profession. Il précise aussi que pour les petites et moyennes entreprises vinicoles, seul un positionnement de niche est jouable et tenable.

. Pour connaître tous les vins, voir le site www.famillequiot.com       

 

. Photos EP, croquis FP, peinture collection privée

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