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Le Blog d'Elisabeth Poulain

P.35 WBW > Les Habits des Vins d'Emotion > L'effet millésime et la force du chiffre

, 19:01pm

Le passage du temps

Le millésime est le troisième élément de l’étiquette, après l’appellation et le nom du vigneron ou du domaine, auquel les Français attachent le plus d’importance. Le millésime est un des piliers de la culture française du vin. Le vin est vivant, comme tel, il change chaque année et chaque année, le vigneron doit faire ses preuves. L’effet millésime peut s’exprimer de nombreuses façons :

                                              
739. en en faisant l’élément principal de étiquette d’un Moulin Touchais, Coteaux du Layon, 1959,

    

                                              
740. en haut et sur toute la largeur de l’étiquette en un geste de prise de possession et de confiance pour Ampelidae le S, un vin contemporain par Frédéric Brochet, un  vin de pays de la Vienne,

 

741. au-dessus de Saumur Blanc pour un vin d’appellation de Château Yvonne,

 
                                           

- pour structurer une étiquette très fine pour Tuffeau, un Rosé de Loire de la Cave de Saumur en un jeu or et bleu marine, le millésime formant le bas d’un arrondi constitué en haut par l’écu et au milieu par l’appellation,

 

- en signe d’équilibre et de force pour ce Chenin d’Ackerman en plaçant le millésime en bas d’un rectangle formé en haut, par Ackerman, puis Chenin occupant le même espace,

 

- dans un ovale qui forme la partie haute d’une étiquette pour indiquer à la fois le cépage et l’année pour ses vins de cépage de Sylvain Courtin du Domaine de la Grande Maison à Saint-Léger La Palu,

 

- sur une collerette pour un Sancerre de René Malleron pour encadrer l’écu en position centrale.

- au milieu de l’étiquette et en dessous de Sancerre par Roger et Didier Raimbault, ce qui donne une grande force à l’étiquette pour ce vin qui a reçu la médaille d’or au Concours Général de Paris,

 

L’entrée dans le troisième millénaire

Le passage de 1999 à 2000 a donné lieu à quelques étiquettes flamboyantes mais relativement peu. Nous sommes en Loire. Nos débordements sont presque toujours mesurés.

- Véronique Gunther Chéreau a édité une Cuvée du Millénaire pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Château du Coing de Saint Fiacre,

- Philippe Loquineau du Domaine de la Plante d’Or a conçu pour ses Cheverny et Cour-Cheverny un dessin de pied de vigne qui se transforme en verre et qui inclut à sa base un 2000 bien caché dans les nœuds du bois.

                                            

L’accent peut porter sur l’inscription du vin dans le temps en parlant de récolte au lieu de millésime pour mettre en valeur l’année où le raisin a été vendangé. Le temps de vinification et le temps d’élevage pouvant être très variable selon qu’il s’agit de vin primeur, de vin à boire dans l’année ou de vin de garde après un long élevage.

 

742. Clos Cristal, une propriété des Hospices de Saumur (ancienne dénomination de l’Hôpital de Saumur), a une démarche très informative pour toute la gamme de ses vins de Saumur-Champigny. Récolte 2002 est la troisième et dernière information de l’étiquette de petite taille.

 

L’écoulement du temps

Montrer le passage du temps peut aussi se montrer autrement que par le déroulement des chiffres. Pour se référer à un passé valorisant et accroître la légitimité du vigneron, il est possible d’évoquer le passé ou les générations qui nous ont précédées. Le caractère volontairement sibyllin de l’information n’empêche nullement les amateurs d’adhérer.

- Le Savennières, Clos du Papillon, du Domaine des Baumard porte chaque année un papillon d’une couleur différente, 1997 par exemple est orange et ocre.

- Pierre Soulez écrit en caractères rouges de petites tailles ‘Cuvée d’Avant’ sur son Savennières, Le Clos du Papillon.

- ‘L’Alliance des Générations’ est un Touraine Pineau d’Aunis de Jean-François Mérieau.

 

L’effet millésime peut être  accentué par le numérotage de la bouteille afin de montrer son caractère fini. Le vigneron communique sur le fait que, de même que le vin change tous les ans selon le millésime, de même il n’est pas extensible au contraire des vins au goût constant produits en série. Une variante consiste à indiquer le nombre total de bouteille composant les petites cuvées. L’intérêt est de susciter un effet de rareté plus facile à gérer en diminuant les risques d’erreurs.

- La seconde vendange de Sébastien David de Saint-Nicolas de Bourgueil lui a permis de produire 1775 bouteilles et 161 magnums, pour un 2001

- ‘Les Vingt Poinçons de Blois’ du Clos de la Briderie de Vincent Girault ont été produites à « cinq mille deux cent quatre vingt bouteilles.»

 

D’autres chiffres sur l’étiquette

Il en est  d’obligatoires et d’autres de volontaires. Parmis les obligatoires, citons la contenance de la bouteille et le volume d’alcool dont la présence est si usuelle qu’on ne les voit pas. Par contre le regard est plus attiré par les indications chiffrées que le vigneron ou le négociant ajoute volontairement pour donner du sens à sa démarche. Donner une date de référence dans le passé donne une légitimité sans pareille. On retrouve l’importance du SIGNE du Temps :

- 872 car c’est depuis cette date que la vigne est cultivée dans la Coulée de Serrant de Nicolas Joly dont le clos forme à lui seul un AOC, seul exemple en France de ce type,

928, sous le blason du Château de Passavant de David Lecomte pour ‘Les Greffiers’ un Coteaux du Layon,

- 1513 pour la famille Mellot indiqué en petit sur les étiquettes d’Alphonse Mellot du Domaine de la Moussière – 1513 à gauche de la gravure de Sancerre pour la Cuvée Pierre Etienne de Joseph Mellot face au millésime de l’autre côté, 

- 1811 pour Ackerman à Saumur,   

- 1851 pour la Maison Bouvet à Saumur...  

Pour suivre le chemin
Le prochain billet portera sur l’information ajoutée volontairement par le vigneron pour renseigner l’amateur et établir avec lui un lien de complicité.