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Le Blog d'Elisabeth Poulain

P.36 WBW > Les Habits des Vins d'Emotion > L'information volontaire

, 18:58pm

La promesse d’un cadeau entraîne en réaction une autre façon de communiquer sur le vin, non plus en essayant d’attirer et de séduire mais en donnant des informations pour montrer sa différence grâce à une autre façon d’être et de faire. Il y a plusieurs façons de faire et de dire. Cette information volontairement ajoutée marque une rupture avec l’obligation réglementaire dont il faut évidemment tenir compte mais qui n’est en aucun cas suffisante. Quitte à s’exprimer, autant que ce soit ‘pour de vrai, pour du vrai’ comme me l’a dit un des vignerons cités dans cette 36è séquence des Habits du Vin. Cette information forte annonce également les vins d’Expression que nous avons déjà rencontrés dans le SIGNE de l’Homme et le SIGNE de Terre (chapitres 1 et 2 de cette recherche).  Elle s’inscrit directement en lien aussi avec le SIGNE du Temps, car toutes les étiquettes sont, sinon blanches, du moins très claires. La couleur pourrait alors être ressentie comme une gêne.    

                                      

Le nom de l’exploitation

Le changement commence parfois par le nom de l’exploitation sans que soit encore utilisé

. le terme de  domaine, beaucoup trop banalisé par son caractère patrimonial ,

. jamais celui d’entreprise d’ailleurs, une dénomination en référence à l’argent et à la gestion,

. ou d’exploitation qui a une dimension trop technique ou pire encore, fiscale. Cette volonté de dire autre chose autrement, en occultant le lien patrimonial, met l’accent soit sur la vigne, soit sur un élément du paysage, soit sur des bâtiments qui abritent le travail du vigneron, mais jamais le hangar technique quand même. Outre le nom du vigneron, on rencontre ainsi au fil des sentiers du vignoble :

- Ampelidae (la vigne en grec) de Frédéric Brochet pour ses vins du Haut-Poitou,

 

- Le Cellier de la Marigonnerie de Benoît Daridan pour des vins de Cheverny et Cour-Cheverny,

- La Chapinière de Chateauvieux de Florence Veilex et Eric Yung pour des vins de Touraine,

- Les Champs Vignons de Nicolas Réau pour des vins d’Anjou et de Chinon,

 

- La Ferme de la Sansonnière de Mark Angeli pour des vins d’Anjou parce que le vigneron revendique sa qualité de paysan solidaire, comme il l’indique fièrement sur ses étiquettes

 

- La grange aux belles (avec des petits caractères) de Marc Houtin pour des vins d’Anjou,

- La Grange Tiphaine de Damien Delecheneau pour des vins de Touraine Amboise et de Montlouis,

 

- Les Loges de la Folie de Valérie Mordelet et Jean-Daniel Knoecklé pour des vins de Montlouis,

 

- Le Moulin de Chauvigné de Sylvie Termeau pour un Coteaux du Layon,

- Moulin Touchais,

 

- Les Vignes Herbel pour Laurent et Nadège Herbel pour leurs vins, Le Blanc, Le Rouge, Rosé d’un jour,

- Vignobles des Bois Vaudons pour Jean-François Mériau pour des vins de Touraine,

- Vignobles Daviau de Christophe Daviau pour des vins d’Anjou,

- Vignobles Gelineau pour des vins d’Anjou…

                                                                                                  

D’autres mentions        

Dire autre chose autrement est un positionnement fort face à la vigne, au vin, au travail du vigneron et  à son engagement philosophique.  Ces informations sur le travail du vigneron sont indispensables à l’amateur de vin, pour avoir un réel engagement de vérité qui va bien au-delà de la réglementation. Il s’agit de mettre fin à l’ambiguïté des mots, et de ne plus en employer certains tels que ‘bio’ par exemple en raison du flou qui existe et des dérives qui en sont une des conséquences. C’est la raison pour laquelle le chiffre est aussi souvent utilisé. Dire précisément ce qui est vaut mieux que laisser se développer le flou consensuel. Il s’agit de choisir son camp. Et quand le chiffrage n’est pas possible, des textes explicatifs viennent compléter l’information.

 

C’est ainsi qu’on peut trouver :

. l’âge des vignes est un élément qui fascine de plus en plus les amateurs, avec un effet quasiment magique pour les pieds de vignes qui commencent à devenir vieux à 30 ans:

- près de cent ans pour les vignes de Stéphane Bernaudeau ; 

 

. le mode de culture de la vigne :

- Cyril le Moing, qui précise que le vin est « cultivé sans désherbant, ni engrais, ni pesticides… » pour un Anjou, Les Gains de Maligné ;

 

. le rendement à l’hectare, qui est une indication du travail qualitatif du vigneron :

- 25 hl/ha pour le Savennières, Clos de la Coulée de Serrant, de Nicolas Joly,

 

743. 10 hl/ha pour Le Rouge, un Cabernet de Laurent et Nadège Herbel, Le Vaudelnay (voir étiquette ci-dessus);

 

. la composition du vin avec :

- Mark Angeli qui s’étonne à juste titre  que le vin soit le seul produit alimentaire qui ne donne aucune composition et précise pour son Rosé d’un Jour sur l’étiquette : « Jus de raisin fermenté- Vins sans sulfites ajoutés ». Il ajoute  « Attention ! Raisins vendangés en surmaturité les 4 et 5 octobre 2006 » ;

 

. l’indication de la quantité de sulfites par litre qui forme, toujours pour Mark Angeli, un des deux indicateurs importants à connaître par l’amateur de vin :

- « 20mg/l de SO2 volcanique pour l’Anjou ‘Vignes Françaises’ (sans porte-souche américain importé en France pour lutter contre le phylloxéra) de Mark Angeli »;

                                                          

744. 20mg/l aussi pour un Grolle noire, un vin de table de Cyril Le Moing, qui précise que cette dose représente 12% de la norme autorisée ;

 

. le nombre de tries successives pour sélectionner grain à grain les raisins arrivées à maturité optimale, huit dans ce cas. C’est le nombre maximal autorisé dans le cas des liquoreux du Layon :                                                                 

- Eddy et Mileine Oosterlinck-Bracke ont une communication particulièrement informative. Leur Quintessence de Juchepie, Récolte 2003 précise en français et anglais que  : « cette année, la récolte a été ramassée en six passages. La présente cuvée a été récoltée entre le 23


septembre et le 21 octobre, sur un terroir de schistes. C’est un vin naturel qui n’a été ni levuré ni chaptalisé. Il a fermenté et été élevé en barriques de chêne pendant 18 mois. Mis en bouteille au domaine ; » 

 

. la température de dégustation  pour un vin non filtré : 

745. Les Nourrissons, un Anjou d’Isabelle et Stéphane Bernaudeau, est un « vin non filtré, à conserver en dessous de 14° » ;

 

. des chiffres mystère :

746. comme la formule du nombre d’or pour un Coteaux de l’Aubance ‘l’Arcane à sucre’ de Didier Chaffardon.

 

Pour suivre le chemin

Le prochain billet portera sur la contre-étiquette.