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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #art

Un cliché de Georges Strens « Reflet étoile », Ixelles, Bruxelles, BE

19 Septembre 2017, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Reflet Etoile (Rond-Point de l'Etoile), Ixelles, Georges Strens ©, avec autorisation

Reflet Etoile (Rond-Point de l'Etoile), Ixelles, Georges Strens ©, avec autorisation

Cette photo a été prise au «Rond-Point de l'Etoile». J’ai ajouté le nom de la capitale juste après, car Ixelles est sa toute proche voisine, au point que les touristes, qui découvrent cette  ville qui est « la capitale de l’Europe », ne savent pas qu’ils ne sont pas à Bruxelles, mais à Ixelles. Celle-ci pousse la complexité du repérage jusqu’à  avoir eu un autre nom, Excelles, en 1891. Cette ville fait partie de  Bruxelles Capitale qui englobe 19 communes en tout. Ixelles est donc l'une des de ses composantes.

Le rond-point de l’Etoile maintenant. Il porte cette dénomination du fait qu'il se trouve à la conjonction de sept artères et non des moindres. D’où son nom d’Etoile à sept branches. Le site offre aussi la particularité d’abriter un immeuble classé dont la forme haute reprend celle d’une étoile avec des parties saillantes, coiffée d’une coupole ronde en partie supérieure et d’une en dessous d’une avancée  ronde qui sert également de terrasse pour les habitants du niveau 1 de  l’Etoile…L’immeuble est aussi connu sous la dénomination du  « Palais de la Folle Chanson », du fait qu’une des sept branches s’appelle« La Folle Chanson », du nom d’une statue considérée comme grivoise.

Imaginez, vous, vous  êtes Georges Strens, vous êtes un photographe professionnel, vous avez de facto votre propre regard, votre sensibilité et… votre professionnalisme. Vous n’allez pas faire un cliché en vous positionnant en face de l’angle, comme le font des professionnels de la protection du patrimoine, des amateurs de l’Art déco à Bruxelles, à Ixelles…ou des touristes. Certains se focaliseront sur un détail ou  ajouteront des clichés des deux côtés de l’angle, pour avoir des vues complémentaires de l’ensemble. Pourquoi pas… 

Reflet Etoile (Rond-Point de l'Etoile), Ixelles, Georges Strens ©, avec autorisation

Reflet Etoile (Rond-Point de l'Etoile), Ixelles, Georges Strens ©, avec autorisation

Vous, qui connaissez chaque endroit et chaque lieu, chaque scène et l’importance d’un court moment, celui du déclic, vous allez réagir autrement. Vous êtes d’ailleurs le photographe attitré d’Ixelles, votre professionnalisme ajouté à votre connaissance des lieux et des personnes, votre sensibilité  font que  vous allez faire autre chose, comme naturellement…C’est une autre définition du professionnalisme !

Il avait plu ce jour-là, très peu de temps avant…Le soleil venait juste de revenir. Vous avez presque instinctivement appuyé sur le déclic et fait le maximum de clichés dans un temps très court, vous qui étiez sur le passage pour piétons. Des voitures arrivaient. Sur le lot, il y en avait une qui a réussi l’examen de passage. C’est celle-là…

La coupole et l’étoile sont en bas et en biais du côté gauche de la photo, avec en parallèle le poteau noir du feu tricolore sur le côté gauche, le haut d’un immeuble ocre sur le côté droit, avec entre les deux le célèbre immeuble en teinte blanche avec des vitres de teintes variées selon qu’elles reflètent ou non le soleil. Et en partie droite, en dehors de la flaque-reflet, dans la partie « bitume », avec quelques feuilles mortes, le début de stries blanches du passage pour piétons… 

                                                                           *

L'idée de ce billet, consacré à ce cliché d'un grand photographe, a pour origine une affiche (60 x 40 cm) que m'avait  très aimablement donnée la mairie d'Ixelles, qui portait la photo (47 x 39,5 cm ) dont je viens de vous parler, avec au bas du cliché l'adresse de la ville: www.ixelles.be et www.elsene.be et le titre donné par le photographe "Reflet étoile (Rond-point de l'Etoile)" cette fois-ci tout en haut à gauche. 

                                                                                    ***

Pour suivre le chemin

. Photo Georges Strens ©, publiée avec l'autorisation du photographe 

. Région de Bruxelles Capitale. Inventaire du patrimoine architectural http://www.irismonument.be/include/zoom.php?zoom=570.streets.10501200_Z01.jpg

. Le rond-point de l’Etoile à sept rayons à voir sur  https://www.google.fr/maps/place/Rond-Point+de+l'Etoile,+1050+Ixelles,+Belgique/@50.8196016,4.3671759,15z/data=!4m5!3m4!1s0x47c3c4e810c76d73:0x8804bc83530f8706!8m2!3d50.8167005!4d4.3778618  

. La Folle Chanson à voir sur http://www.irismonument.be/fr.Ixelles.Avenue_de_la_Folle_Chanson.html 

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Profil d’homme, en bois poli par la mer, trouvé sur la plage de sable

7 Août 2017, 15:55pm

Publié par Elisabeth Poulain

Profil d'homme, Bois flotté sur pierre, Elisabeth PoulainProfil d'homme, Bois flotté sur pierre, Elisabeth Poulain

Profil d'homme, Bois flotté sur pierre, Elisabeth Poulain

Cet homme, car c’en est assurément, est étonnant tant sa force de représentation est grande avec seulement ses trois composantes. Et pourtant je ne vais pas vous en parler tout de suite. Je vais commencer par le bois qui s’est usé en arrondissant les angles, en faisant ressortir les lamelles au fur et à mesure de l’usure lors de de ses tribulations marines. Je gagerais que c’est du pin, un bois tendre, qui a su pourtant le porter jusqu’au bord de l’eau sur la plage, à marée haute.

Ce  galet de bois fait  homme mesure 15,7 cm de hauteur sur 8,4 cm de largeur et 1,6 cm d’épaisseur environ, car toutes ces mesures changent à chaque endroit, en fonction de l’épaisseur de ses strates et de sa patine. Je vous le présente vu de son plus beau côté, celui qui regarde vers la gauche. 

Profil d'homme, bois flotté dans un cadre, Cl. Elisabeth Poulain

Profil d'homme, bois flotté dans un cadre, Cl. Elisabeth Poulain

Un petit mot encore sur sa couleur. Lors de sa découverte, le bois était devenu gris-beige. Revêtu de plusieurs couches d’huile de lin chère aux marins, pour le protéger un peu, il a acquis au fil des ans une belle patine orangée, qui change de nuances selon les endroits comme vous le montrent ces clichés, mais sans que je puisse vous expliquer pourquoi.

C’est son œil de 2 cm sur 0,5 cm environ qui attire le vôtre tout d’abord. Il est situé presque au milieu de la pièce, visiblement creusé à un endroit où le bois est moins épais. Au-dessus, légèrement décalée vers la gauche, devait s’en trouver un autre plus situé vers la gauche et à un endroit un peu moins épais.

L’encoche en partie haute n’est toutefois  pas exactement dans le même axe vertical que l’oeil. Il est légèrement décalé en partie gauche.  

Il me reste à vous parler de la bouche. C’est une coupure de 3 cm de long, de 3  ou 4ml de largeur, tracé en biais léger, qui lui donne un certain sourire, qui le rend vivant…

Profil d'homme, bois flotté dans un cadre sur fond d'un tableau, Cl. Elisabeth Poulain

Profil d'homme, bois flotté dans un cadre sur fond d'un tableau, Cl. Elisabeth Poulain

Sa teinte. Je vous en ai déjà parlée. Mais il n’y a pas que cela. Il y a en particulier ces veines du bois qui ont réagi différemment selon la couleur de l’huile de lin et à l’oxydation de la lumière. Les lignes sont essentiellement verticales, avec des arrondis en partie verticale centrale, en dessous et au-dessus de l’œil…Et le voilà pour finir dans un cadre, tournant le dos à la lumière de côté…

Pour suivre le chemin

Cliché Elisabeth Poulain de cette tête d'homme vue de profil de différentes façons...          

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L’Alsace -Elle attend- La jeune Alsacienne vue par J.J. Henner - 1871

26 Juin 2017, 17:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Elle attend 1871, Jean-Jacques Henner, Cl. Ji-Elle, Museum of Fine Arts, Mulhouse, France, wikipedia  *Elle attend 1871, Jean-Jacques Henner, Cl. Ji-Elle, Museum of Fine Arts, Mulhouse, France, wikipedia  *Elle attend 1871, Jean-Jacques Henner, Cl. Ji-Elle, Museum of Fine Arts, Mulhouse, France, wikipedia

*Elle attend 1871, Jean-Jacques Henner, Cl. Ji-Elle, Museum of Fine Arts, Mulhouse, France, wikipedia

Le titre à développer pour plus de clarté. Cette très jeune Alsacienne, qui n’a pas de nom, a été et continue à incarner l’Alsace – française – alors  passée aux mains des Allemands à la suite de la défaite de la guerre de 1870, qui opposa la France à son voisin de l’autre côté du Rhin. Elle figure sur un tableau très célèbre à la force symbolique inouïe, qu’on a peine à imaginer maintenant. Elle n’est pas le symbole de l’Alsace, elle est cette belle province perdue à la suite de la défaite par la France de la guerre de 1870 au profit de l’Allemagne. En réalité, la vraie dénomination de cette œuvre est « L’Alsace » et non pas l’Alsacienne, cette adolescente de 16 ans aux cheveux roux qui a posé comme modèle pour ce peintre qui avait déjà une certaine notoriété, en tant que peintre de femme nue… Très clairement cette seconde moitié du XIXe était très attirée par la chair féminine alanguie de préférence offerte sur un canapé…

Revenons à « ELLE ATTEND ». Toujours semble-t-il en 1870, mais sans date précise,  une gravure fut très vite tirée de ce portrait de la jeune fille par Léopold Flameng, ce qui permit de diffuser largement cette œuvre. On y voit la célèbre jeune Alsacienne inconnue, avec ce titre étonnant « ELLE ATTEND » écrit sur le côté droit supérieur de la peinture en lettres d’Imprimerie de belles tailles dans une couleur ocre-roux qui fait immédiatement le lien avec la teinte rousse de la chevelure bien sagement cachée sous le grand nœud noir traditionnel que  portaient les jeunes filles et les femmes alsaciennes.

Contrairement aux usages, la date « 1871 » figure de l’autre côté, à gauche du portrait, à la hauteur d’ « ELLE ATTEND ». Cette disposition volontairement bizarre renforce l’importance à cette dénomination d’« ELLE ATTEND ». Ce n’est qu’ensuite qu’on voit la date de 1871, à droite à la même hauteur, à sur le côté gauche. Et tous de comprendre ce qu’elle attendait, l’Alsace, Elle …et la France.

Elle attend-1871-Jean-Jacques Henner-Cl. Ji-Elle-Museum Fine Arts, Mulhouse,wikipedia

Elle attend-1871-Jean-Jacques Henner-Cl. Ji-Elle-Museum Fine Arts, Mulhouse,wikipedia

Le retentissement en France, amputée de l’Alsace,  fut tel qu’une gravure en noir et blanc de Flameng fut tirée de cette œuvre peinte signée par Jean-Jacques Henner, dont on voit la signature à droite en roux vers le bas de la peinture. En dehors de la couleur, d’autres différences apparaissent. La principale porte sur les positions inversées d’Elle ATTEND et de 1871, Cette fois-ci la date est à droite et ELLE ATTEND est à gauche. Seule la petite cocarde en bleu-blanc et rouge, les couleurs du drapeau français,  ressort  en couleur sur le noir de la coiffe. Vous dire quelles étaient les dimensions de cette version gravée de « L’Alsacienne de Henner » ne m’est pas possible. La seule indication  du « Guide Illustré Michelin des Champs de Bataille de 1920 », que j’ai sous les yeux, porte sur  cette dénomination que n’avait pas  la peinture de JJ. Henner, ainsi que l’indication entre parenthèses (Illustration) qui figure dessous de la reproduction de la gravure. Est-ce à dire que cette reproduction vient de L’Illustration ? Ce serait bien possible.  

La gravure offre aussi ceci d’intéressant sur ce qui est plus qu’une anecdote et que relate ce petit guide des Champs de Bataille de 64 pages en petit format. Un des exemplaires de  cette gravure en effet se trouvait chez le Comte Schoeffer   au Château de Soultz, qui portait le titre prestigieux de Commandant de la garde du Pape Benoit XV à Rome. Un officier bavarois de l’armée allemande en 1915, qui logeait au château réquisitionné alors pour les militaires gradés allemands, avait inscrit cette mention, tout en haut de la gravure  sous « ELLE ATTEND » « Sie kann noch lange warten. Mai 1915  », en traduction littérale « Elle peut encore attendre longtemps ». En 1918, le 18 novembre plus exactement, un officier français lui répondit à son tour, lui qui était hébergé au château cette fois-ci à nouveau situé en terre française, bien sûr en français « Elle n’a pas attendu en vain. Novembre 1918 ». La mention se trouve sous l’annotation allemande, juste au-dessus de la coiffe…   

L'Alsacienne de Henner (Illustration), Guide Michelin de Champs de Bataille, Colmar..Cl. Elisabeth Poulain

L'Alsacienne de Henner (Illustration), Guide Michelin de Champs de Bataille, Colmar..Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Consulter, si vous le pouvez, ce remarquable petit opuscule noir et blanc de 64 pages, en format  21,3 cm de haut sur 13,6cm, que j’ai sous les yeux. C’est un guide illustré Michelin des Champs de bataille, sur « Colmar, Mulhouse, Schlestadt », Michelin & Cie Clermont-Ferrand, Michelin Tyre & C°, London, Michelin Tyre & C°, édité le 12-1920, Imp. KAPP, PARIS-VANVES. La photo - 8,1cm de haut sur 4,1cm de large - et le texte se trouvent  en page 43. Le sous-titre est L’ALSACIENNE de  Henner. (Illustration)…

. Voir le Musée national Jean-Jacques Henner, né à Bernwiller le 5.03.1829, décédé à Paris le 23 07.1905, où se trouve maintenant son musée et la toile, en reconnaissance de sa notoriété et de son pouvoir de fascination, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_national_Jean-Jacques_Henner

.Il y  eut deux Flameng : le père, Léopold Flameng, né à Bruxelles en1831 et décédé à Courgent en 1911, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_Flameng

 . Et son fils François Flameng -1856-1923- Paris,  qui travailla en particulier pour L’Illustration https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Flameng

. Lire l’analyse de ce célèbre tableau sur https://www.histoire-image.org/etudes/alsace-elle-attend

. Voir la gravure en noir et blanc de Flameng détenue par la BNF  sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b102134790

. Sur la grande diversité du costume alsacien, selon que l’on est une petite fille, une jeune fille, une femme…, que l’on habite le nord de l’Alsace –le Bas-Rhin-  ou le sud  – le Haut-Rhin-  voir tout particulièrement un site qui est une mine d’informations,  https://www.tourisme-alsace.com/medias/pdf/divers/costume-alsacien.pdf 

. Cliché  de Ji-Elle, Museum of Fine Arts, Mulhouse, wikipedia pour « Elle attend » et Elisabeth Poulain à partir du livret « Colmar, Mulhouse, Schlestadt, Michelin, 1910 », page 43, en provenance  vraisemblablement de  L’Illustration mais sans certitude… L'* signifie que seule une partie du cliché est visible...Vous retrouvez le cliché entier ensuite.   

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L’Encadreur de l’Atelier du Cadre, Place de la Laiterie-Doutre, Angers

8 Juin 2017, 15:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Mur-Cadres, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Comme toujours, il existe dans les vieilles villes des alchimies mystérieuses entre un site, l’histoire, l’architecture, les personnes et tout spécialement ceux qui sont autant artistes au service des artistes peintres, photographes… qu’artisans émérites au service des heureux possesseurs de belles œuvres…à encadrer. Vous avez deviné que je vais vous parler d’un encadreur, Julien Boutin, qui vient de s’installer dans cette très belle boutique d’œuvres encadrées tout autant qu’atelier dans cette maison ancienne à pan de bois. Une particularité de cette boutique-atelier est d’avoir deux grandes vitrines. La partie de gauche, quand on est sur le trottoir, est dédiée à la réalisation des cadres, et la partie de de droite aux œuvres encadrées avec … visibles du trottoir, des angles de cadres présentés de façon artistique sur le mur à l’intérieur.

L'Atelier du Cadre, Maison à pans de bois entre les platanes, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Maison à pans de bois entre les platanes, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Les deux grandes vitrines, qui donnent beaucoup de clarté dedans, ont également chacune leur individualité. La porte contemporaine de verre est alors logiquement placée entre les deux facettes du métier d’encadreur, l’artisan tout autant que l’artiste. La boutique est en elle-même un cadre très valorisant pour les …cadres. Il y a là une forte logique de valorisation : la mise en valeur de l’espace intérieur du cadre joue de façon très positive tout autant que le cadre lui-même d’un tableau par exemple qui en soi est tout autant la maîtrise d’une technique qu’une œuvre d’art, au service souvent d’une autre œuvre d’art ou d’un souvenir, une photo…auquel on tient. Le fascinant devient alors de pouvoir faire une œuvre d’art à partir des seuls échantillons des cadres que le client peut choisir à son goût et/ou sur les conseils sollicités auprès de l’encadreur…Et c’est que Julien Boutin réussit pleinement à faire.

L'Atelier du Cadre, Jeu de reflets dans la vitrine, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Jeu de reflets dans la vitrine, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Ce double aspect du cadre peut se conjuguer de façon plurielle. Vous pouvez par exemple chercher à mettre en lumière l’œuvre à encadrer. C’est me semble-t-il le cas le plus fréquent. On peut tout autant partir de l’idée que la peinture, la photo, l’œuvre en relief léger accroché au support à encadrer… vont mettre tout autant leurs atouts, quel qu’ils soient, au service du cadre lui-même. Un beau cadre, fait à la main, est assurément une pièce d’art en tant que telle. Il en va ainsi assez souvent avec des cadres anciens stylisés en stuc sculpté et doré à l’or fin.

L’attachement pour un cadre métallique en acier brut, ou en aluminium brillant… ne peut être le même. Cette version contemporaine du cadre met alors ses caractéristiques au service de la peinture, de la photo…Citons parmi ses atouts, l’infinie ou presque variété des composants, les couleurs, le mat qui joue avec le brillant, la solidité, le ré-emploi infini ou presque… et le prix beaucoup plus abordable, sans oublier surtout l’accord plus évident entre le contenu, une photo d’aujourd’hui, avec un cadre contemporain.

L'Atelier du Cadre, Julien Boutin, l'encadreur au travail, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Julien Boutin, l'encadreur au travail, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

La question dont je connais la réponse positive, surtout après avoir vu l’Atelier du Cadre, est de savoir si l’on peut créer de l’art seulement avec des cadres. La réponse est clairement « oui ». Imaginez un grand panneau mural à composante géométrique d’angles de cadres où la couleur joue un très grand rôle. C’est magnifique. L’impression est tout à fait différente quand vous voyez les échantillons de cadres posés à plat ou sur un support légèrement incliné vers vous. C’est alors la main qui est attiré, l’œil aussi naturellement, mais la main veut toucher pour mieux « voir » !

La cohérence entre un cadre et son contenu est aussi un thème qui se pose. Peut-on par exemple tout faire ? Mettre du contemporain sur une œuvre ancienne? Un cadre ancien sur une œuvre contemporaine ? Pour moi, il n’y a pas de réponse automatique et la réponse est me semble-t-il « ça dépend » ! Cela dépend d’autant plus que les grands formats contemporains n’utilisent plus de cadre. Les artistes se contentant de clouer des baguettes peintes aux couleurs dominantes de la peinture pour cacher les clous qui fixent la toile au châssis…

L'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth PoulainL'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

L'Atelier du Cadre, Dehors-Dedans, Jeu géométrique, La Doutre-Angers, Cl. Elisabeth Poulain

Un bel exemple de finesse harmonisée est donné en particulier par la vitrine de droite de l’Atelier du Cadre d’Angers où l’on peut admirer actuellement des dessins extrêmement fins de chaussures à très hauts talons très fins… C’est là un jeu très réussi de forte complémentarité entre le cadre  plat et large, sans couleur,  et le dessin, mis en lumière au sens propre dans la vitrine de droite, Place de la Laiterie… L’artiste, qui a en plus le sens de l’humour, a pour nom Inna Panasenko…

Pour suivre le chemin

. L’Atelier du Cadre, 11 Place de la Laiterie, La Doutre, 49100 Angers, 49100 Angers, 02 41 77 34 91, latelierducadre49@gmail.comainsi que https://www.facebook.com/pg/latelierducadre49/photos/

. Mieux connaître les styles de cadres sur http://www.cadre-ancien.com/category/cadre-tableau/

. Inna Panasenko est très présente sur Facebook. Vous pourrez ainsi découvrir son sens de l’humour avec à chaque fois la silhouette minuscule d’un homme au bout de chaque escarpin, car, pour elle, femme, il ne saurait y avoir de mocassin…!https://www.facebook.com/inna.panasenko.5

. Voir La Place de la Laiterie à Angers dans le quartier de la Doutre, sur http://www.angers.fr/vie-pratique/culture/la-politique-culturelle/angers-ville-d-art-et-d-histoire/ressources/fiches-patrimoine/laissez-vous-conter-quelques-edifices-remarquables-de-la-doutre/index.html

. Photos Elisabeth Poulain

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Carton peint n°2, La difficile création du trident au brou de noix sur argile jaune-ocre

18 Mai 2017, 09:42am

Publié par Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre. Il est vrai aussi que ce carton peint là est vraiment bizarre. Oui « bizarre, vous avez dit bizarre », pour paraphraser une célèbre réponse de Louis Jouvet dans le film « Drôle de Drame » de Marcel Carné 1937. D’autant plus qu’il s’y même une mystérieuse affaire d’ions, comme dans créat-ion que j’écris avec un tiret et en italiques pour faciliter le repérage. Ah, ah, je démarre…

L’histoire commence par le fond, avec un enduit épais qui a modifié la texture du support et donc forcément la réact-ion du cerveau au moment où il perçoit à ce que les yeux voient. Un enduit qui alourdit le carton, au point qu’il a fallu le gratter de façon inégale pour arriver à lui faire exprimer des « ions ». Citons quelques exemples, tels que des express-ions, telles des vibrat-ions, des sensat-ions, des émot-ions, assorties d’un « alors, ça vient ?! » vigoureux. Il faut dire que la patience n’est pas la vertu principale du peintre. Faire confiance à sa main, sans trop se préoccuper des yeux ou du cerveau, c’est bien, encore faut-il que la réact-ion soit intéressante. A un moment, je pense que l’artiste en a eu assez d’un certain manque d’intuit-ion, d’inspirat-ion, parce que c’est ce qui est vraiment nécessaire avec ce type de support.

Le carton mesure 99cm de longueur et 57cm de largeur, avec des coins arrondis. Un procédé qui était plus que du raffinement. En effet ces palettes sont formées d’un carton bouilli et durci, forcément pour pouvoir supporter des charges déjà lourdes, même si le poids des bouteilles est bien réparti. Il n’en demeure pas moins que les coins auraient très vite été abîmés, arrachés au moindre choc. Donc, la solution s’appelait « arrondir les coins ». Ce carton-là offre une autre particularité ; ce n’est pas du Ier choix, comme l’attestent les coins qui ont été inégalement découpés. Je parle au passé parce qu’en 15 ans environ, l’emballage s’est complètement modifié, tout particulièrement dans la grande distribut-ion. Les rangées de bouteilles d’eau, déjà emballées par pack de 6 par exemple, ne sont plus séparées par des cartons.

 

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Et le trident dans cette affaire ? C’est le fond qui a dicté la forme, avec toujours l’intervention de la couleur.

. Act-ion n°1 : La surface est revêtue d’une pâte à étaler sur de la pierre. Une fois séché, l’ensemble est regratté, pour vieillir en quelque sorte le support, pour aussi masquer un premier essai non abouti avec de la couleur bleue qui couvrait toute la surface du carton. Vraisemblablement le résultat n’a pas intéressant : ni l’œil, ni la main n’ont perçu de déclic à voir cette opérat-ion. Le peintre a alors décidé d’ériger une petite « montagne » pour essayer d’avoir des vibrat-ions actives capables d’inspirer sa créat-ion.

. Act-ion n°2. L’érect-ion d’une petite montagne pour feinter la percept-ion et dérouter un tantinet. D’abord il ne faut surtout pas centrer ; à la limite, il est même conseillé de fermer les yeux et d’y aller. Vous prenez votre ciment, vous en mettez une bonne pâté, juste ce qu’il faut, là où votre main a choisi de se fixer. Au-dessus, vous disposez une fine feuille de plastique, qui va vous permettre de modeler ce tas informe en quelque chose qui va vous parler. Une petite colline arasée par l’éros-ion, dans le Massif central par exemple, d’où partent des vallées, comme des pétales de fleur. Pourquoi cet exemple ? Parce que j’ai sous les yeux un très vieux numéro de Touring Plein Air du 15 juillet 1965. Le lien avec le thème du billet ? Aucun mais cela me fait vraiment rire… !

. Act-ion de masquage n°3. Avec de l’argile, vous préparez une bonne quantité de pâte, en choisissant ou non la couleur. Ici c’est de l’ocre jaune, qui a dû être mélangée avec de la colle pour bien tenir et ne pas être sensible à l’humidité ambiante. A la fin, il est conseillé d’imperméabiliser la composit-ion, avec une bombe à chaussure. Et oui !

. Act-ion de traçage n°4 des lignes du trident. Et c’est là que le jeu commence. Quelle est la ligne qui a été tracée en premier avec un gros pinceau, passé dans du brou de noix plus ou moins concentré, avec aussi un peu de peinture noire ? Il me semblerait que c’est le manche tordu du trident, qui, après un coude sévère, arrive sur la montagne, pour là se séparer en trois.

.     La ligne de droite monte en mangeant une partie de l'espace de la ligne du            bas qui va disparaitre dessous. 

. La ligne du milieu est aussi entraînée vers sa voisine en la    dépassant un  peu ; ouf   ouf, heureusement.

.    La ligne de gauche occupe une place royale en prenant toutes ses aises ; elle est large, avec un coude épais et solide…

. Act-ion de traçage n°5-1 des deux lignes à gauche. La première se situe entre le trident à sa gauche et l’autre ligne à sa droite. Un peu fluette, elle a manqué d’audace. Elle oblige sa voisine de gauche à se pousser complètement contre le bord qui du coup monte un peu plus haut.

. Act-ion de traçage n°5-2 de la ligne de droite. C’est elle qui a le plus souffert lors de la naissance explosive du trident. Elle a été en partie mangée par la dent de droite. Vraisemblablement il ne restait plus assez de brou de noix…

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain
Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint, le trident, brou de noix, argile jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Drôle de drame sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Dr%C3%B4le_de_drame

. Le trident avec une belle photo d’un trident de Poséidon, le dieu grec de la Mer sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Trident

. Brou de noix à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Brou_de_noix avec une peinture au brou de noix et écoline. C’est de la « peinture aquarelle liquide » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ecoline qui est la page la plus minimaliste de tout wikipedia ! Heureusement qu’il y a une peinture de 50 sur 70 d’un dénommé STM-MHB.

. Cliché Elisabeth Poulain

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Carton peint de palette n°1 > Les lèvres rouges sur fond blanc, bleu …

8 Mai 2017, 15:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

*Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un carton aux coins arrondis qui mesure 80cm de haut sur 60cm datant d’un temps lointain, au début du millénaire, juste avant l’explosion de l’ère du numérique qui a aussi modifié la logistique des palettes de bouteilles d’eau minérale en grande surface. Alors chaque marque avait ses dimensions de palettes. Chaque étage de lots de bouteilles était séparé de celui du dessous par une plaque de carton, aux dimensions qui variaient selon …les marques.

Celle que je vous montre aujourd’hui a d’abord été encollée d’un papier très fin pour créer l’effet de plissement et plus largement l’irrégularité du fond, ce que j’appelle « l’effet vague ».

Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

Carton peint n°1, lèvres rouges sur fond blanc, bleu, noir, Cl. Elisabeth Poulain

Trois doubles stries rouges, roses… barrent l’espace horizontalement avec un effet d’arrondi propre à chaque couple de lèvres, sachant que ces « lèvres » sont spéciales. Elles présentent un écartement non pas au milieu comme dans une bouche légèrement ouverte, mais sur les côtés. Elles offrent de ce fait un effet de mouvement faisant ressortir les vagues bleutées, noires, grisées au-dessus, au-dessous…

Le carton n’a pas vieilli ; il n’a pas été victime de l’effet-temps. Je l’ai redécouvert dans le grenier, avec grand plaisir, après l’avoir complètement oublié entretemps …

                                                                           *

Pour suivre le chemin : Carton peint de palette n°1, cliché Elisabeth Poulain

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La ville en pub > Chinon & les transports > Une affiche de James C. Richards & + > 1926

5 Mai 2017, 16:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

*Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

Comme souvent, il me faut compléter le titre pour qu’il devienne compréhensible. Voir la ville, pas toute la ville bien sûr, mais déjà une belle partie, est assez rare, alors que le lien entre la ville et la publicité est direct et évident. Plus que cela, la ville est à la source de la publicité qu’elles qu’en soient les formes et je pourrais presque dire, quelles que soient les époques. Ce que je vous propose aujourd’hui est de voir un exemple datant de 1926 et qui est l’œuvre d’un peintre né à Chinon qui porte un nom anglais, James C. Richards.

Chinon. Cette ville de Touraine est célèbre par son château à la longue histoire. Pendant des siècles, le château a occulté la présence de la ville, sans laquelle clairement le château n’aurait pas eu de raison d’être implanté, se développer ni subsister à l’atteinte du passage des siècles. La ville de Chinon s’est nichée au plus près du château, sur le versant très pentu, au bas duquel coule la Vienne, un affluent de la Loire. Elle est maintenant connue aussi grâce à sa vieille ville du Moyen-Age que découvrent les touristes ainsi qu’aux vins de Chinon à la forte notoriété. Le vignoble, qui s’est développé sur le plateau au bord duquel est implanté le château, n’apparaît pas de ce fait sur les représentations de la ville de Chinon et des vestiges de son célèbre château. Celle-ci-ci est bâti au bord de l’eau de cet affluent de la Loire, en rive gauche, pour avoir, grâce au château en haut, vue sur l’ennemi qui pouvait aussi arriver par l’eau.

La Vienne. Par l’eau arrivaient aussi les ravitaillements en tous genres nécessaires à la survie des occupants du château et de ceux qui, en dehors des murs, travaillaient pour assurer la subsistance du seigneur et de sa cour. C’est la raison pour laquelle tant de grands châteaux sont implantés au bord de l’eau, tout particulièrement en Loire.

 

Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

Affiche, La Touraine, Chinon, James C. Richard, 1926, Imp. SARL Moron, Chinon

L’originalité de l’affiche. Elle est centrée sur le pêcheur qui fait avancer sa plate, de toute sa force, à l'aide d'une grande, solide et longue cane  pour remonter le courant et ainsi piéger des poissons, dans sa nasse accrochée à son bateau à fond plat. Grâce à ce choix stratégique de focalisation du point de vue du peintre, on voit par deux fois le château, une fois dans l'air qui se détache sur le ciel  jaune, une fois en reflet inversé avec des contours flous dans l'eau. Le tiers restant  est dédié à l'eau à la couleur jaune avec des irisations bleues, grises et vertes mêlées...C'est un travail impressionnant d'audace qui est parfaitement maîtrisé...1926-2017, une composition qui n'a absolument pas vieillie.  

Affiche Chemins de fer d'Orléans et de l'Etat, La Touraine, Chinon, James C. Richards 1926

Affiche Chemins de fer d'Orléans et de l'Etat, La Touraine, Chinon, James C. Richards 1926

Elle existe en deux versions, toutes deux signées par James C. Richards et datées de la même date, 1926.

. L’une est une affiche publicitaire faite pour les « Chemins de fer d’Orléans et de l’Etat » comme il est indiqué en haut complété par la mention « Circuits automobiles au départ de Tours ». Une mention qui me semble un peu obscure : est-ce à dire qu’il était possible de se rendre de prendre ensuite un autocar par exemple pour rejoindre Chinon à partir de Tours par la route?

. L’autre est identique mais ne comporte pas les mentions publicitaires qui ont disparues. Le visuel  a une différence sensible, qui porte sur les variations de couleurs. L’affiche que j’ai sous les yeux indique simplement LA TOURAINE et en dessous CHINON. L’indication concernant les chemins de fer d’Orléans et de l’Etat a été enlevée…

PS. Cette publicité est encore une référence  - cette fois-ci involontaire- à la plate cette fois sur la Vienne et non plus sur la Sarthe, cette rivière qui passe à Ecouflant au nord d'Angers... Outre ses qualités visuelles, cette affiche a le mérite aussi de montrer comment un pêcheur faisait avancer sa plate. Il fallait du muscle!     

Pour suivre le chemin

. L’affiche que j’ai sous les yeux, la n° 2, est l’œuvre de Lucien Serres & Cie, Imprimeur, 19, rue du Terrage, Paris ; c’est une reproduction faite par l’Imprimerie SARL Moron, Chinon, tél. 02 47 93 18 20, qui a dû m’être offerte par des amis négociants en vins de Chinon, à Chinon au passage du millénaire. La pauvre affiche a légèrement souffert au fond d'un placard, comme le montrent les pliures involontaires qui ont froissé le papier.

. Voir les quelques informations vraiment peu nombreuses sur James. C. Richard, cet illustrateur français né à Chinon, http://data.bnf.fr/15075016/james_c__richard/,  qui a travaillé en particulier sur le thème de la ville de « Chinon qui disparait », pour l’association des « Amis du Vieux Chinon d’hier et d’aujourd’hui ».

. Retrouver un précédent article sur Chinon sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/article-paysages-de-loire-le-chateau-de-chinon-entre-vienne-vins-de-chinon-123068981.html

. Consulter le mémoire de Mathieu Deperrois, Magistère 1, 2003-2004, qui reste intéressant, du Département Aménagement de l’Ecole Polytechnique de l’Université de Tours, par son objectif de globalité et des impacts sur l'environnement, sur http://memoires.scd.univ-tours.fr/EPU_DA/LOCAL/2004_MAG1_PIND_DEPERROIS_MATHIEU.pdf

. Voir l’affiche n°2, avec la référence aux Chemins de Fer, d’un jaune dense qui vire au rose, sur http://www.affiches-francaises.com/produit/la-touraine-chinon/

. Cliché E. Poulain pour l’affiche n°1 avec un jaune moins chaleureux, qui tend vers un vert grisé, avec cette bordure verte foncée sans éclat aucun...L'* signifie qu'il s'agit d'une partie du cliché.

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Collection Emmaüs, « L’Oréal d’Or pour Blondir », 1927

29 Mars 2017, 10:40am

Publié par Elisabeth Poulain

* Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, Cl. Elisabeth Poulain

* Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel. On y voit une jeune et très belle danseuse vêtue d’une voile arachnéen faisant une pointe en se tenant seulement sur le pouce de son pied droit, alors que sa jambe gauche est repliée à angle droit vers le haut. En symétrie avec la jambe gauche allongée, la jeune femme tend son bras droit, main déployée, vers le haut. C’est la ligne formée par la main droite, doigts ouverts, qui passe par le corps de la jeune femme et qui se prolonge par la jambe droite dressée, qui forme l’axe vertical de la composition.

La structuration de la composition (17,2cm x 23,1cm) se fait à la fois sur une double base verticale et horizontale.

. Le corps étiré de la belle forme l’axe vertical, en passant par le milieu de son visage et son corps de danseuse. La droite de l’espace est dédiée au haut du visage, à la majeure partie du corps, aux bras et à la jambe gauche. Dans la partie gauche, on peut voir sa main droite, le reste du corps…

. Trois bandes horizontales composent la structure complémentaire. En partant du haut, la première bande s’arrête aux épaules de la Belle, la seconde va jusqu’au haut du genou droit et le troisième va jusqu’au pouce y compris en bas ; le bord de la composition formant le plancher sur laquelle la belle danseuse s’étire avec tant de grâce et d’énergie.

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, Cl. Elisabeth Poulain

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre de cette publicité est très explicatif. « L’Oréal d’Or pour Blondir » -en partie gauche pas tout en bas -, se traduit visuellement par une magnifique chevelure qui se déploie de façon étonnante, presque mais pas tout à fait à 360°. L’Oréal d’or est marqué en gros caractères majuscules vert bleuté assombri avec un filet bleuté grisé pour accentuer les parties arrondies du O et la face externe droite des lettres. Ce surlignage très léger attire l’œil mais sans faire de concurrence à la si gracieuse danseuse.

La partie de droite en bas est occupée, par deux mots écrits en lettres manuscrites or « pour Blondir » pour montrer la légèreté!

Le raffinement de la présentation. Le visuel se présente sous verre, avec un cadre doré, qui fait écho à l’encadrement doré de la composition elle-même. C’est une création de Jean-Claude datée de 1927.

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, avec cadre, Cl. Elisabeth Poulain

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, avec cadre, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir pour comparer un autre visuel de l’Oréal datant de 1927, toujours pour le même produit, mais cette fois-ci avec une photo et un slogan légèrement différent, http://www.ebay.fr/itm/PUBLICITE-1927-LOREAL-DOR-LE-MEILLEUR-RECOLORANT-POUR-BLONDIR-ADVERTISING-/361197573208

. Collection Emmaüs est le titre donné à une série de billets que je fais à partir de tableaux, visuels, reproductions, photos…achetés dans un Centre Emmaüs en France. Pour Angers, voir http://www.emmaus49.com/fr/emmaus-angers/bienvenue-p43.html où vous trouverez les dates après-midi ouvrables ainsi que celle des ventes thématiques et http://www.emmaus49.com/fr/emmaus-angers/lieux-de-vente/salle-de-vente-saint-jean-de-lineres-p14.html

. N’oubliez pas non plus que vous pouvez apporter vos objets à donner cette fois-ci à la Déchetterie voisine, gérée par l’agglomération d’Angers, tenue par les Compagnons d’Emmaüs http://www.stjeandelinieres.fr/decheterie-recyclerie

. Clichés Elisabeth Poulain, l'* signifie que le visuel est tronqué...pour cause d'exigences du système de présentation des clichés.

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, avec cadre, Cl. Elisabeth Poulain

Visuel L'Oréal d'Or pour Blondir, Jean-Claude 1927, avec cadre, Cl. Elisabeth Poulain

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Moi, Le GRAND chef Indien IPO aux 1000 couleurs, Un pastel à l’huile

1 Novembre 2016, 11:18am

Publié par Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth PoulainGrand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est toujours difficile de parler de soi, pour les autres, je veux dire. Quand on est un GRAND chef indien comme moi, il n’en va pas de même, puisque je passe mon temps en palabres de toutes sortes, des plus grandes, celles qui engagent tous les membres de la tribu à celles qui ne méritent même pas à ce qu’on en en parle, mais on le fait quand même, pour ramener le calme dans la tribu. Dans la mienne, dont je tais volontairement le nom, il faut savoir que « tout peut être parole », si un seul membre mâle le demande d’une façon formelle ou à mots couverts, pour se protéger lui ou d’autres.

Pour les femmes, c’est plus délicat puisqu’elles parlent tout le temps, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Mais comme c'est ce que disent mes compagnons du plus petit au plus grand, du plus âgé au plus jeune, j’adopte le jugement commun. Je sais bien que les femmes, certaines femmes, et certainement la mienne, ont une intelligence à elles qui vaut bien la nôtre. Mais sage comme je suis, je n’en dis rien, sous peine de ne pas être à nouveau désigné à l’unanimité des hommes, pour rester leur chef et battre ainsi la durée de longévité du dernier grand chef, qui à mon avis ne mérite pas de majuscules, même s’il n’était pas si médiocre que ça, puisqu’il était grand chef.

Voilà pour moi. Arrive l’AUTRE, l'inconnu, l'étranger qui  ne mérite pas le nom de chef, en aucune façon, même si, je dois le reconnaître, il a été étonnant. Le seul mot qui convient est qu’il a été plus que  bizarre, inclassable. Un homme comme lui, je n'en jamais rencontré. Il a été plus qu'un homme. Tous se souviennent de lui, les enfants y compris. Il faut que je vous explique en essayant de commencer par le commencement.  Cela ne va pas être facile, car « tout est dans tout et réciproquement ». Je vais plutôt raconter l’histoire au plus près de ce que je sais, moi.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’est un homme jeune, au nom d’homme, mais pas un nom comme chez nous, un nom qui a trois composantes, qui n’offre pas de sens pour nous qui sommes de culture indienne. Il s’appelle « Jean-Philippe Durand » et quand on lui a demandé de quelle tribu, il venait, il n’a rien compris et nous a dit « de France ». Une tribu inconnue, d’où venait-elle ? Quels étaient leurs ancêtres ? On a posé toutes les questions, qui chez nous, permettent de savoir qui sont nos voisins indiens, même lointains. Rien, rien, on  a rien trouvé. On avait pourtant même demandé à l’ancêtre le plus vieux de tous les Vieux, qui a parfois des brides de mémoire qui lui reviennent. Ca nous surprend toujours car il paraît singulièrement gaga, mais pas toujours, à se demander s’il ne joue pas de son grand âge, pour se moquer de nous, un peu. Avec ce Jean-Philippe Durand, il était aussi perdu que nous, d’autant plus qu’il était seul, sans personne pour traduire ce qu’on lui disait et comprendre ce qu’il nous disait. 

Donc va pour Jean-Philippe Durand. Ce qu’on a encore moins compris, c’est qu’il est arrivé quasiment sans vraiment de  vêtements, comme les autres Blancs, qui trainent des kilos dans ces boîtes bizarres qu’ils appellent leurs valises. Par contre, JPD avait bien des tas de petites boîtes remplies de crayons de couleurs, de papiers, de pinceaux, en somme des objets magiques qu’il ne voulait pas qu’on touche. On ne  se connaissait  pas et lui n’a rien touché non plus. Une bonne base de respect mutuel pour voir ce qui allait se passer. Pour expliquer et sa venue, sans avoir été invité et pour cause, on ne savait rien de lui  et ce qu’il transportait avec lui, il nous a dit qu’il était un artiste-peintre. Dire est une drôle de façon de parler, puisqu’on n’arrivait pas à se comprendre. Alors il a fait ce qu’on fait chez nous, comme nous et ça, ça nous a plus étonné que tout le reste jusque là…Il a commencé à dessiner sur le sable…

 « Depuis mon enfance, je me suis promis qu’un jour, je viendrai vous voir pour faire des portraits de vous ». Voilà ce qu’il nous a dit, idée après idée, sans mot qu’on puisse comprendre, sans aucune explication, voilà tout. Et comme on ne comprenait rien, ni sa langue, ni ses gestes, nous on a renoncé, mais pas lui. Et pourtant il ne nous comprenait pas plus que nous. Mais ses dessins, oui nous les avons vus, vraiment et bien compris. Il a commencé, non pas par nous, ce qui aurait été une erreur, mais par ce qui l’entourait. Et devinez par quoi, il nous a fait comprendre  qui il était, ce qu’il faisait et pourquoi il était là.

Il a commencé par le feu sur lequel cuisait un appétissant morceau d’un bison que je venais juste de tirer  à la chasse, moi le Grand Chef. J’étais fier, qu’il ne se soit pas trompé, les autres hommes, tous chasseurs comme moi aussi ; les femmes aussi étaient ravies, car il nous a montré par une mimique combien l’odeur était appétissante et les enfants ont éclaté de rire, car ils avaient aussi faim que lui, qui se frottait le ventre, pour montrer qu’il avait une grande envie de manger, tout comme les petits qui font exactement comme lui.   

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, détail oeil, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Puis sans rien dire, sans regard vers nous, il est rentré dans son monde intérieur. Il a alors tracé un grand rectangle sur le sable avec un bâton dont je connais maintenant le nom, c’est un pinceau, avec des poils à un bout. Pourtant c’est l’autre côté qu’il a pris pour faire ses traits. Il nous regardé, s’est tourné pour voir le camp avec les tentes et a commencé à dessiner ce qu’il voyait, quelques tentes, le feu qui mijotait, un homme qui rapportait du bois, un autre qui revenait de la chasse…Ca, c’était pour se mettre dans l’ambiance, pour se faire la main, comme un chasseur qui ajuste son tir. Tout le monde voulait voir, on était sidéré, parce que c’était bien nous qu’il dessinait vraiment, nous, sans réellement nous voir, avec son regard qui nous transperçait…Il était au-delà dans son monde à lui, comme nous qui parlons sans mot avec le bison, que nous apprêtons à tirer. Parfois, il effaçait doucement avec un vieux chiffon - auquel il tenait, ça se voyait, ce n’était pas n’importe quel chiffon - et il recommençait, jusqu’au moment où il a décidé que le dessin était fini …Et le dernier tracé était le bon, nous l’avons tous vu, comme lui, qui l’avait su avant nous.

Le silence s’est fait dans le camp, tout le monde s’était approché. Il a choisi son thème, les tentes, le feu, le rôti de bison qui sentait si bon, c’était juste pour trouver la note juste, comme un chasseur, qui ajuste sa flèche sans l’envoyer. Ensuite c’est moi qu’il a choisi de dessiner, moi et moi seul, après avoir tout effacer de son grand rectangle, pour n’en garder qu’un petit avec un fond de sable plus fin qu’ à d’autres endroits. Une des femmes, une jeune, la plus belle et la plus fine de toute notre tribu, lui a alors apporté un balai, un balai si fin qu’il ne laisse pas de trace par terre, quand on sait le manier. Lui a su avec finesse pour en faire une surface magique, sur laquelle il a posé du  bois fin débité en planche fine et par-dessus un papier, comme on en n’avait jamais vu.  

Et il a commencé à dessiner, à gratter, à repasser sur les traits, sur certains…On  voyait, sans vraiment comprendre. On avait l’impression que sa main courrait, volait, qu’il tenait plusieurs  de ses petits bâtons et à un moment…On a tous compris ce qu’il faisait. Il était en train de peindre mon visage déjà peint, avec mes yeux noirs, cerclés de jaune, mon nez rouge tout comme ma bouche, du blanc pour lier le tout, avec du bleu fort en dessous et plus doux au-dessus. Mes oreilles qui débordent et mon grand collier de GRAND CHEF de toutes les couleurs. Il a même réussi à faire la différence entre mon œil qui voit –celui avec de cils- et l’autre qui voit uniquement quand cela lui plait. Un capricieux, celui-là.

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

C’était bizarre, c’était à la fois moi et pas moi, puisque c’était lui qui me faisait moi. Etrange, comment un étranger, pouvait-il réussir à faire cela ? Sans aucune animosité, sans me voler mon âme, sans que les autres crient « au voleur », tous admiratifs, sans même que les femmes se mettent à caqueter. Même les petits enfants étaient silencieux tant ils étaient admiratifs. C’était la stupeur et tout à coup, nous avons tous éclaté de joie, de plaisir, de bonheur, dans un enthousiasme que nous n’avions jamais connu, quand son attitude entière nous a fait comprendre qu’il avait fini ce portrait. Il s’est simplement reculé, s’est tourné vers moi, a souri, avec un très léger clignement d’œil du même œil  que le mien qui voit  et s’est légèrement incliné vers la tribu en arrière, en respectant notre hiérarchie, le chef d’abord, les anciens, les hommes plus jeunes, les jeunes hommes, les femmes, avec le même ordre, que pour les hommes, les enfants, tous les enfants, quelque soient leur âge et leur genre, ce qui les a fait éclater de rire, un rire de bonheur, si profond que jamais je ne l’oublierai…

Et lui, il a souri, tout doucement, tout simplement. Il nous a bien montré que ce n’était pas fini, la partie haute en particulier, mais il ne tenait pas trop y toucher. Pour trancher cette délicate question, il nous a fait comprendre qu’il fallait laisser un petit enfant, fille ou garçon  décider. Il s’est alors tourné vers les enfants qui s’étaient tenus incroyablement sages, assis au premier rang derrière lui, il les a bien regardé  et est allé chercher la plus jeune des petites, sans lui parler, mais en la tenant par la main. Et il lui demandé dans sa langue à lui, s’il devait ajouter quelque chose  en haut. Le regard de l’enfant a alors dit « non, c’est bien comme ça, il ne faut plus rien faire d’autre ».

Alors il a ri, il a dit dans sa langue « je suis d’accord avec toi ». Il l’a prise dans ses bras et l’a fait tourner dans les airs comme un oiseau…Un instant magique, tout le monde a ri et il m’a remis mon portrait, sous les applaudissements de tous et de toutes. Et lui m’a salué ainsi que la petite fille et tous les enfants, qui avaient été si sages, pour  ne pas le déranger… Nous, on croyait que c’était fini, pas lui. Il a alors décidé de faire un dessin fait sur le sable avec des pierres qu’il choisissait avec soin. Il a alors recréé le premier portrait, avec des pierres de couleur différentes. Les enfants l’ont aidé. Ils avaient tout de suite su ce qu’ils devaient faire.

Puis dans un coin, pendant qu’eux terminaient ce gros travail, avec l’aide des mères, il s’est retiré en lui-même, cette fois-ci, près d’une tente, à l’abri du vent, il a sorti un carton sur lequel il a posé ce précieux papier fort, ses petites baguettes de couleurs et a recommencé le dessin de mémoire, celui que vous voyez devant vous. Cette fois-ci  aussi, on a tous su que celui-là serait le sien, l’autre le premier était pour la tribu représenté par moi, le grand chef IPO.  Le sien sur papier, il l’emporterait avec lui, pour nous avoir toujours avec lui, en signe de profonde amitié partagée. Son dessin fini, il allait partir. Ce qu’il a fait, le portrait à terre en pierre est resté intact. Tout le monde l’a respecté et une légende est née… On dit depuis que même le vent ne le recouvre pas de sable. L’endroit maintenant est devenu magique.  Et quand au premier dessin, il est le trésor de notre tribu.     

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Grand Chef Indien IPO, pastel à l'huile de Jean-Philippe Durand, Cl. Elisabeth Poulain

Et c’est ainsi que nous avons découvert ce que pouvaient faire certains hommes blancs, ceux qui ont l’œil qui voient plus loin que le bison, qui ont la sensibilité de la libellule, la magie du don de l’oiseau rieur,  la douceur de l’enfance…et le respect de l’autre, dans la création ensemble de quelque chose de nouveau....

Pour aller plus loin

. Ce pastel est une création d’un grand peintre, du nom Jean-Philippe Durand, qui s’exprimait en couleurs, à Rablay -sur-Layon, Vallée de la Loire, France.

. Photos Elisabeth Poulain   

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La ville en mouvement peinte par France Poulain, en cinq peintures

16 Septembre 2016, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

*La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, extrait, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain en cinq visuels.  C'est le titre auquel je n'ai pensé qu'après coup. Ensuite, deux précisions à vous apporter vous connaissant, vous qui aimez à la fois la précision et la clarté. En réalité, il y a plus de réalisations dans la série.  Toutes ont un lien entre elles. Elles forment une déclinaison qui tourne autour de sa vision de la ville en changement, dans un mouvement perpétuel, dont on ne sait ce qui change, soi et/ou la ville devant soi, ou et l’inverse qui est aussi vrai, en y ajoutant de regard de celui ou celle qui les voit. Il s’y ajoute le travail de l’artiste qui à chaque étape dit autre chose autrement. En particulier parce qu’elle intègre en l’occurrence un facteur fondamental qui est le temps rapide de la création.  Et ce temps est aussi du regard, à un moment, un certain temps après, comme c’est le cas ici…Comme une valse à trois temps qui se tresse tout le temps en nous et autour de nous, parce que nous changeons tout le temps. 

Chaque visuel apporte un nouveau regard, avec à chaque fois quelque chose de nouveau, sans rien ajouter, surtout pas, au contraire, en épurant. Et ainsi dire autrement quelque chose en plus. C’est l’application du « moins pour dire plus et… autrement ». A toute question, il y a toujours trois réponses, oui, non, autre !  Et c’est là où le jeu de la création est intéressant. Le joker en plus apporte un élément supplémentaire visible qui est le temps, celui de la ville, celui de celle qui peint ces œuvres, celui de celle qui regarde... Je ne vous en parlerai qu’à la fin. Peut-être, peut-être pas, à voir, c’est le temps d’écrire le texte qui le dira. Encore une précision, l’ordre de présentation est le mien, puisque les cartons peints ne portent aucune indication d’aucune sorte. C’est là aussi où l’ordre choisi par celle ou celui qui écrit change le regard.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°1-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

. Le carton n°1-41 x 27 cm-6 P. C’est lui lance la série, dont on ne sait pas en le voyant qu’il va être le Ier de la lignée. Il doit donc être suffisamment puissant pour lancer la dynamique, attirer et retenir le regard. Il représente une façade vue d’un immeuble en hauteur. La raison en est qu’on voit les fenêtres de face, un peu de la toiture vers la droite en haut, l’antenne de la télévision en partie gauche, trois vasistas dans la toiture ou le mur et en dessous, une fenêtre haute, peut-être pour éclairer l’escalier au-dessus de la porte vitrée, dont on voit que la partie haute, avec son imposte. Il éclate de couleurs pastel. Et c’est cette harmonie douce et contrastée à la fois qui rend la composition si attirante.

La technique utilisée consiste d’abord à enduire le support rigide d’une peinture blanche épaisse et résistante à l’eau. 2. Ensuite, après avoir bien réfléchi aux lignes à tracer et fait un modèle à sec à côté, il s’agit de prendre un ustensile souple pour reproduire d’un trait ferme et sans hésitation le schéma de départ. 3. Vient le moment de râper finement les différentes couleurs aux surfaces d’emplacement choisis. 3bis. Il faut alors après repasser le bâton adapté de pastels sur les lignes creusées de façon à étaler la poudre de craie sur les creux des lignes. 4. Et enfin, laisser sécher…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°2-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°2 - 33 x 22 cm - 4 P. C’est une déclinaison du premier carton, dans un format plus petit comme en témoigne le code normalisé 4 P. Cette fois-ci, France a recouru à une autre façon de faire ressortir les lignes et pas les surfaces. La technique qu’elle a utilisée consiste à peindre le fond avec le jeu des couleurs du visuel n°1 disposées grosso modo au même endroit. Elle a ensuite recouvert le tout de peinture blanche et, très vite, a creusé les lignes majeures de la première réalisation, en tenant compte de la réduction du format. On perçoit à certains endroits la sous-couche, le rose en bas à gauche et le vert turquoise vers le haut à droite. L’impression ressentie est une grande maîtrise de la part de la créatrice et d’acceptation de celle, celui qui regarde…

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth PoulainLa ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain
La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain, n°3-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°3 - 41 x 27 cm – 6 P. Il y a un grand changement, en forme de zoom sur certaines lignes de couleur rose, verte, orange et jaune tendres. De la ville, il ne reste plus que du rose évanescent à certains endroits du mur, dans le coin inférieur droit, un carré aux coins arrondis multicolore en bas de la composition, décalé vers la droite à cause du grand empiètement double cette fois qui mange une grande partie de ce carton qui a été revêtu de cellophane pour protéger les deux pailles de couleur qui délimitent un grand rectangle non bordé sur la côté extérieur. Il déborde sur la moitié de la largeur et celle de la hauteur. C’est la seule fois, de toute la série, que je n’ai pas trouvé tout de suite quelle était la bonne position de ce carton. Je viens seulement d’avoir la réponse. Il fallait aussi cette fois-ci se fier au sens du tableau indiqué à l’arrière par l’étiquette 6P. Le petit carré d’une fenêtre est en bas. Depuis le début, je le vois en haut et je continue à le voir ainsi. Vous le verrez donc dans les deux positions, en ajoutant aussi le même carton mais cette fois-ci en position horizontale.   

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°4-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque rigide de contreplaqué en n°4 - 41 x 27cm. Le support a changé, même si les dimensions de la coupe sont identiques à un 6P. La texture est différente, le rendu aussi. On voit que le travail au couteau de plâtrier n’a pas cherché surtout à avoir un support parfaitement lisse, sans raccord visible. Au contraire, on devine que les traces du coup de main sont nécessaires dans cette vision d’évanescence de la ville. On y perçoit des résurgences en coulées vertes de couleur turquoise, jaunie au centre et violette à droite. L’autre apport, nouveau, est le jeu avec la colle, qui dissout la paille de plastique, avec un rendu d’eau qui coule…Il y a aussi un presque carré de 6,5cm de largeur sur 7,5 cm de hauteur de couleurs roses et vertes dissoutes tout en bas vers la droite. Etrange, vous avez dit étrange… ! Mais attendez le dernier numéro de la série.

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

La ville en mouvement peinte par France Poulain,n°5-5 cartons, Cl. Elisabeth Poulain

Le carton n°5 – 46 cm x 33 - 8 P – Le tournis vous saisit. Cette fois-ci tout est devenu blanc à l’exception d’une carte plastique dur et épais servant de témoin de protection tombé par terre dans un chantier électrique à Essen dans la Ruhr lors d’un voyage d’étude en Allemagne. Tout est devenu blanc à l’exception de cet élément de plastique jaune épais et dur percé d’un trou où figure le n° 4. Les traits de couteau de vitrier avec lequel le fond a été enduit ont été faits en position horizontale. On retrouve en haut les barres des antennes cette fois-ci complètement à gauche en haut, avec des éléments nouveaux difficile à décrypter, du fait que le sens d’accrochage du tableau se fait à partir du témoin jaune. C’est ce que nous indique le système d’accrochage à l’arrière. Il reste des lignes en relief, des morceaux de composition. Peut-être est-ce aussi est-ce une vision de la ville vue d’en bas, celle des réseaux électriques par exemple… ?

Quoi qu’il en soit, la série, même raccourcie telle que je vous la présente, intrigue et questionne, en prolongeant la question « que reste-t-il dans nos mémoires de notre vision personnelle de la ville qui change tous les jours ? » L’intéressant est que les visions se superposent, les unes aux autres, parfois en se heurtant, parfois en se superposant les unes aux autres, en ayant chacune, chacun sa vision de la ville et de de ses paysages, au fil du temps…celui de la ville, jamais tout à fait la même, jamais tout à fait une autre…Avec en plus, la vision propre de la photo qui fait par exemple ressortir du violet sous le blanc de ce grand carton. J'ai laissé cela ainsi... Il n'y a pas que le temps, ni le regard de celle qui écrit,  pour changer les choses.   

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Pour suivre le chemin

. Ces cartons peints ont été réalisés par France Poulain, au cours de ses études à l’Ecole d’Architecture de Nantes, à retrouver maintenant sur son blog http://www.francepoulain.com/  

. Gamme des couleurs pastel sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Couleurs  

. Coffrets de craies de « pastels à l’huile, 12 couleur extra-fines, Dalbe, made in Korea », ainsi que .des « Holbein Oil Pastels » dans une boîte qui a perdu son couvercle… 

. Essen sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Essen  .

. La réponse à la question que j'ai posée au début est qu’à mon sens il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres planches. C'est le temps de l'écriture qui me le dit...

. Clichés Elisabeth Poulain, le signe * avant l'énoncé indique qu'il s'agit d'un extrait.

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