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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #commerce international

Style de Pub > La Côte d'Opale, la plage, le touriste anglais, l'humour

3 Décembre 2014, 17:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Un titre presque complet, mais pas tout à fait. Il y manque deux éléments importants, à savoir que l’homme est un homme d’affaires, dans sa déclinaison d’investisseur, une cible particulièrement importante pour les villes du littoral français et l’humour qui est « forcément » britannique. L’apporteur de capitaux pouvant aussi se transformer le week-end ou à ses moments de loisirs en vacancier désireux de se ressourcer à la plage le temps d’une pause bienvenue.

Quant à l’humour « british », nul ne peut dire s’il l’est vraiment. Ou si c’est la version française de ce que pourrait être ce type d’humour très second degré. La question est d’importance et comme presque toujours en publicité, la réponse n’est ni simple ni unique. Ce serait trop facile.  Une piste est que l’agence de communication est française et, mieux que ça, dunkerquoise. Elle a une bonne connaissance du terrain.

Le visuel. Le cadre d’abord. La scène se passe face à la mer qui se déroule devant nous dans sa plus grande beauté d’été, avec un ciel bleu clair, une mer bleue plus foncée adoucie de blanc par les vagues au bord de la plage, et celle-ci d’un beige qui s’éclaircit au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’eau.

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Le héros ensuite. C’est un homme, c’est la seule certitude. Est-il anglais ? Pas sûr. Comprend-il l’anglais ? Oui, puisque le texte d’accompagnement est en anglais.

Le texte : Côte d’Opale. Enjoy equally by tourists and businessmen ! For some, it’s the doorstep of Europe, for the others, it’s the doorstep of UK . Suivent les 8 avantages de la Côte d’Opale, que vous trouverez en notes. On commence à comprendre que cette pub est à deux facettes.

Le touriste. Il est jeune, pas très musclé. Il est tellement content d’être au bord de l’eau, qu’il s’est approché au plus près de l’eau pour ne pas se mouiller. Juste avant d’arriver à la limite du sable humide, il commence à se déshabiller, avec quand même un certain sens de l’ordre. Tous les efforts de sa mère ne se sont pas entièrement perdus lors de son adolescence prolongée : « Donald, range ta chambre ! Tu as vu ce que tu as fait de tes vêtements, range d’abord, tu prendras ton bain après…Non, on ne met ses vêtements par terre en tas, non… ». Ce n’est pas tout à fait gagné non plus.

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Le déshabillage selon Donald. Preuve en est qu’il a mis à sa droite tout ce qui est vêtement, sans aller jusqu’à faire un tas, à l’exception de son bermuda rayé et de ses chaussettes noires. Sa serviette d’homme d’affaires est à sa gauche posée sur le sable presque parallèlement à la vague, ses chaussures par contre ont été enlevées n’importe comment, avec les lacets dénouées !  Il a gardé son bermuda et ses atroces chaussettes noires sur lui pour contempler la mer, avec son grand parapluie sur les épaules, tout simplement parce qu’il n’a pas encore pensé qu’il pouvait le ficher dans le sable. C’est sa façon de montrer la forte attirance qu’il éprouve pour ce moment de détente.    

Ce touriste personnalise avec humour la double nature de force d’attraction de la Côte d’Opale auprès des touristes et des hommes d’affaires anglais pour investir en Europe et pour les autres au Royaume-Uni.

Donald est-il alors anglais ou continental ? Le parapluie indispensable au look britannique, le bermuda flottant  et les chaussettes noires feraient plutôt pencher la balance vers la Ière hypothèse.  

Pour suivre le chemin

. Le visuel, une création « Agence Marine Communication »,  est paru dans le mensuel gratuit « Metropolitan, London, Paris, Brussels & Beyond » distribué dans l’Eurostar, août 2012.

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. Les atouts de la Communauté urbaine de Dunkerque qui figurent sur le visuel : 55mn de Londres, moins de 3h de Paris, Bruxelles, Amsterdam, 3 ports majeurs pour les échanges avec l’Europe, le Tunnel sous la Manche, 30m de passagers par an, 80 m de consommateurs potentiels, 120 m de tonnes de marchandises transbordées par an, 4000 ha d’espace disponible à l’investissement.  

. Les annonceurs sont Lille Region "Coeur d'Europe", Côte d'Opale Développement (Audomarois, Boulonnais Montreuillois, Calaisis, Dunkerquois) ainsi qu'Investment Promotion Agency (Boulogne sur mer, Calais, Dunkerque, Saint-Omer).

. En 2013, cette même agence « Marine Communication » a été choisie par la CUD –Communauté urbaine de Dunkerque - pour faire valoir l’année 2013, comme Capitale régionale  de la Culture à Dunkerque, MARINE COMMUNICATION 68 rue du Lapin Blanc, 59640 Dunkerque, Tél. 03 28 27 26 25

contact@marinecommunication.frhttp://www.marinecommunication.fr/realisations/2013/capitale-regional-de-la-culture-dunkerque-2013/

. Photos Elisabeth Poulain

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Mini-Cas Stratégies Bière > Les marchés et Heineken (2)

21 Avril 2010, 09:30am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est  à un nouvel avatar de la part d’Heineken que nous assistons actuellement. La mutation du marché est forte du fait d’une dimension désormais clairement globale, c’est à dire mondiale. Il s’agit pour Heineken de maintenir ses parts de marché en Europe et de se renforcer dans les pays émergents, à coups de rachat de sociétés existantes. La baisse de la consommation en Europe se conjugue en effet avec celles dans certains pays tiers. Par contre, des pays émergents, en particulier en Amérique latine et en Asie, offrent des perspectives intéressantes.  Ce mini-cas se présente en deux parties : nous allons d’abord découvrir l’environnement concurrentiel d’Heineken, puis nous verrons ensuite plus précisément la stratégie mise en œuvre par l’entreprise néerlandaise pour tirer son épingle du jeu. Bouteilles Heineken 2001 

1. La bière, un produit universel

L’évolution rapide de la consommation dans le monde possède désormais trois produits mondiaux de consommation courante ;  la bière est l’un des trois avec à ses côtés l’alcool fort blanc de préférence, comme la vodka, et la cigarette de l’autre. La bière offre aussi ceci de paradoxal qu’elle est la boisson que l’on peut boire partout dans le monde tout en ayant conservé un fort ancrage local. Cette situation concurrentielle conduit à la confrontation directe entre des marques ‘mammouth’ de très grosses entreprises mondiales et des marques de petits brasseurs locaux.

 

Une autre retombée intéressante de la mondialisation du marché de la bière porte sur la meilleure répartition de la belle saison dans l’année : quand vous exportez dans l’hémisphère nord, l’été ne commence pas à la même date partout, ce qui va permettre d’allonger la période de fortes ventes.  Quand en plus vous vendez dans l’hémisphère sud, votre chiffre d’affaires offre un profil moins en dent de scie, plus lissé et plus élevé.

 

Cette association entre le beau temps et la consommation de bière est un phénomène plus sensible dans certains pays que dans d’autres. Il est très marqué en France, un marché peu consommateur, et peu en Irlande, un pays connu pour son appétence à la bière. C’est aussi la raison pour laquelle, la production de bière dans les grandes entreprises est dissociée de la distribution ; la filiale assurant celle-ci distribue d’autres boissons et produits associés que la bière  pour optimiser le réseau. Offrir une carte complète aux grands distributeurs et aux cafetiers permet de faire la différence avec la concurrence en particulier des « petits » brasseurs. Elle permet aussi de faire signer aux cafetiers des clauses d’exclusivité sur plusieurs années en contre-partie de la mise à disposition de matériel revêtu de signes publicitaires.     

 

2. Bref aperçu de certains marchés

Malgré la mondialisation en train de se faire, la situation est très contrastée dans le monde. Chaque région et chaque marché national présente ses caractéristiques propres. Dans un pays, on ne boit pas de la même façon, ni la même bière. Il existe des marchés de la bière et un nombre impressionnant de variétés de bière dans le monde. On devrait dire les marchés des bières. Il est néanmoins possible de tracer quelques portraits. 

  

La Chine

La Chine se désigne en 2007 comme le Ier producteur et consommateur de bière au monde. C’est un pays à culture bière. Il y existe, comme pour le vin, des niches pour des bières d’excellence d’origine étrangère, à l’instar de ce qui existe pour le luxe mais moins fortement quand même. La tradition bière est fortement ancrée en Chine. Il existe des marques chinoises désormais mondiales  car la Chine est devenue exportatrice à son tour. Comme pour le vin d’ailleurs, il est plus facile de trouver de la bière chinoise de qualité à prix compétitif en Pays de Loire que de la bière française sur la Côte est chinoise. Cela montre l’importance du réseau de distribution.    

 

Les Etats-Unis

Le marché américain n’est pas aussi fermé que le marché chinois. Encore chasse gardée du poids lourd Anheuser-Busch maintenant fusionné avec InBev, les importations sont en croissance de 6% alors que la consommation de bières de marque locale recule. La difficulté de l’accès aux réseaux performants de distribution rend le ticket d’entrée si élevé, qu’elle pousse aux alliances de sociétés auparavant concurrentes. Les brasseurs locaux continuent pourtant en 2008 à posséder encore 40% du marché, ce qui montre une réelle vitalité sur un marché mature à la culture bière et laisse encore une bonne marge de réaction aux majors, sur un marché à culture bière qui ne connaît pas de baisse sensible.

 

La situation en Europe

L’Europe  constitue un cas de figure intéressant du fait de sa scission en deux, entre d’une part des pays à culture bière comme l’Allemagne et des pays à culture vin, comme la France et l’Italie. C’est un marché qui constitue Pub L'esprit bière par Heineken, Home sweet homeun bon laboratoire d’analyses des tendances de consommation et de connaissance de l’évolution. Deux autres facteurs rendent le marché européen ‘exemplaire’, l’influence de la pression réglementaire européenne en défaveur de la consommation excessive de boissons alcoolisées d’une part et la volonté  européenne de protéger l’environnement. La bonne gestion de l’eau constitue désormais par exemple une contrainte nouvelle pour l’industrie brassicole.   

 

L’évolution des marchés européens en terme de consommation est marquée globalement par une baisse régulière et désormais sensible (- 25% depuis 25 ans en France)  depuis que les Pouvoirs publics ont entrepris de lutter contre l’alcoolisation des jeunes, sous influence  de la réglementation européenne. La limitation des lieux de vente, la restriction des heures de vente, ainsi que des mesures particulières en cas de grandes manifestations sportives provoquent une baisse des ventes et partant du chiffre d’affaires de l’entreprise. L’interdiction de fumer dans les lieux publics  a ainsi eu une incidence directe en Europe sur la baisse de consommation de bière. L’érosion semble contenue actuellement. 

 

Le secteur brassicole continue cependant à garder une réelle vitalité, qui fait de l’Europe en 2009 le leader mondial en tant que producteur de bière, avec une production annuelle de 340 millions d’hectolitres, selon le rapport Ernst & Young 2009. Une des façons de réagir au niveau marketing porte sur le conditionnement, l’augmentation et la rationalisation de l’offre et un positionnement qualitatif plus haut de gamme, ce qui n’est pas sans incidence sur les prix qui ont de ce fait tendance à augmenter. Mais ces innovations ne suffisent pas à elles seules à retourner la tendance lourde du marché mondial. 

 

Le cas de la Belgique et des Pays Bas

La Belgique revendique une triple particularité : il est à la fois un marché de connaisseurs qui savent apprécier les quelques 1 000  bières différentes dont les bières d’abbaye et le premier producteur  européen de bière. Le Ier producteur mondial ABInBev est également belge en partie, comme on le verra plus loin.  Les Pays-Bas sont connus comme le pays d’attache de Heineken. C’est également un marché à forte tradition brassicole. L’exiguïté du marché national est aussi une raison de la nécessité pour Heineken d’exporter.       

 

3. Le classement des pays producteurs

La situation concurrentielle est si rude que le monde de la bière est en constante mutation. Pour avoir une idée de celle-ci, plusieurs éléments sont à prendre en compte :

. le volume de la production qui indique le rang des grandes entreprises dans le classement mondial et reste le critère n° 1,

. la consommation par habitant,

. la tendance à la hausse ou à la baisse des marchés, 

. enfin la réactivité face à la concurrence.  

Le rang par la production par pays

Pub Heineken bouteille aluEn 2007, la Chine a produit un peu plus de 393 millions d’hectolitres de bière sur une production totale de 1, 787 milliard d’hectolitre. L’Allemagne, dont la production atteint 105 millions/hl, soit 6% du total, se place au 4è rang mondial, derrière les Etats-Unis (13%) et la Russie (6,5%). La Belgique est à la 20é position (18,5 m/hl = 1% du total) et la France en 24è position ((15 m/hl = 0,85% du total).  

L’évolution des marchés

Outre ces données, un autre élément doit être pris en compte, à savoir la tendance haussière ou baissière du marché. Le classement devient alors plus ouvert. La Chine par exemple a accru sa production de 11,8% de plus en une seule année (2007 par rapport à 2006). En Europe, tous les marchés sont en baisse, l’Espagne et la Russie. En France, la baisse des ventes est continue.  

 

La concentration en réaction

Les majors ont entrepris de racheter et/ou de fusionner. Désormais il ne reste plus que trois Grands dans le domaine de la bière : la position cette fois-ci se fait d’abord sur la base du chiffre d’affaires : 

. en position n° 1 (au 14.07.2008 selon l’Echo.be), on trouve Anheuser-Bush/InBev - AB InBev pour faire court - de nationalités américain-belgo-brésilien : 39,3 milliards de USD, avec les marques phare suivantes, Stella Artois, Beck, Brama, Skol pour InBev et Budweiser, Michelob pour Anheuser-Bush ;

. en position n° 2 (idem),  SABMiller de nationalité britannique, 21,4 milliards USD avec les marques Miller, Peroni Nastro Azzuro, Grolsch, Pilsner Urquell…

. en position n° 3 (id), Heineken de nationalité néerlandaise, 19,8 milliards USD avec les marques Heineken, Amstel, Birra Moretti…  

Les volumes pour 2007 donnent le vertige : 458,6 millions d’hectolitres pour le n° 1, 216 m/hl pour le n° 2 et 119m/hl pour le n° 3.  

 

Les marchés d’avenir

Ce sont ceux qui offrent à la fois une augmentation globale de la demande, une augmentation de la demande par consommateur, l’arrivée de nouveaux consommateurs, la fidélisation des consommateurs existants, le développement des structures de distribution existantes et qu’il est possible de développer grâce au rachat de marques locales, la possibilité de fixer des prix rémunérateurs et Publ’existence de concurrents pas trop virulents ! La Russie constitue un cas nouveau : la consommation de bière devient un signe de modernité plus chic et peu dangereux, face à l’absorption en quantité de vodka et/ou d’alcool frelaté qui est cause de l’explosion du nombre de décès de consommateurs masculins victimes de la maladie de l’alcoolisme (43% des décès d’hommes de 25 à 54 ans + âge moyen de décès des hommes 59 ans et 72 ans pour les femmes). 

 

Les marchés attractifs existent. Ils sont connus. Ce sont les  zones géographiques des grands marchés de la bière de demain. Elles sont situées dans les pays émergents, en Asie (hausse prévue de la demande +50%), dans les pays de l’Est (dont la Russie) et en Afrique (+30%) et en Amérique latine (+25%).  Tous les grands groupes ciblent les marchés où existent en plus déjà des PME possédant un réseau local de distribution pour des marques ayant déjà un bon capital de notoriété.   

4. La réactivité par rapport à la concurrence

Elle se greffe en amont et en aval de la fabrication du produit.

. En amont, il s’agit de sécuriser les approvisionnements en quantité, en qualité, de freiner la hausse des prix des matières premières,  d’introduire les premiers éléments de développement durable et de minimiser les coûts tout en haussant la perception de la qualité par le consommateur.

. En aval, il faut  gagner la carte de la distribution liée et celle de la communication. Les grandes compagnies sont les égales de Coca-Cola, Pepsi-Cola & Co pour d’autres types de boisson. C’est dire que ce sont d’excellents stratèges de volumes de masse. Cette comparaison est d’autant plus vraie que les filiales de distribution vendent aussi ces boissons ‘amies’ et complémentaires dans la gamme.  

La fidélisation du consommateur 

Il devient de plus en plus exigeant dans les marchés mature, voulant à la fois des marques connues, des bières de découverte, à des prix compétitifs dans un environnement réglementaire de plus en  contraint. La turbulence financière de ces dernières années réoriente aussi les acheteurs français vers des bières de moindre coût ; sont affectées par cette tendance les bières de coeur du marché, les bières blondes traditionnelles (-7% en 2008 par rapport à 2007), les bières sans alcool ( -13%) et les bières panachées (-13%). La situation est très diverse au plan mondial. La consommation moyenne est 27l/an/hab, exactement ce que consomme un Chinois par an, ce qui montre des possibilités d’évolution très sensibles de la consommation grâce à la hausse de niveau de vie et d’accès au produit.

 

La France fait partie des pays peu consommateurs et en baisse (30l/an/hab) à comparer avec les 96 litres en Belgique, un petit pays par la taille mais un grand par la consommation. Les Anglais dépassent le ratio  de 100l/an/hab et ce sont les Allemands qui restent les champions du monde avec 161,5l/an/hab. 

 

La cible

Elle reste masculine. Pour éviter l’effritement naturel du nombre de consommateurs de bière du aux décès, toutes les entreprises ciblent fortement les jeunes hommes en particulier dans leurs pratiques sportives ou festives. La bière est perçue dans de nombreux pays comme un des éléments constitutifs du passage de l’adolescent vers l’état adulte. Il s’agit dés lors pour les entreprises de ne pas « rater » l’accroche à ce moment sensible du développement psychologique du consommateur et de mettre en place un programme d’accompagnement tout au long de la vie du buveur de bière. Il y a de ce fait des intenses programmes de fidélisation des consommateurs. Il en va de même pour toutes les grandes marques, surtout dans le domaine des boissons pour jeunes, des boissons alcoolisés et des cigarettes.

 

Un autre élément est à noter : la grande difficulté à attirer les femmes malgré des produits « adaptés », plus fruités, plus doux, à l’instar de ce qui se fait dans le vin, mais cette fois-ci avec succès. 

 

5. La situation d’Heineken

Pub L'esprit bière par Heineken, la pellicule phoL’entreprise se présente comme une entreprise mondiale, sans que le nom soit utilisé, présente dans 170 pays, avec 115 brasseries détenues en propre avec 40 marques différentes, notamment Amstel. Son siège est à la Brasserie « De Hoolberg » (la meule de foin en flamand) à Amsterdam. La Brasserie  a été créé en 1592 et G. A. Heineken a acheté l’entreprise  le 16 décembre 1863.

 

En Europe et aux Pays-Bas, Heineken continue à occuper une place dominante renforcée par une politique active de proximité avec le consommateur. La marque est perçue comme « friendly » par les consommateurs néerlandais. La marque est très présente dans le pays et en Europe de l’Ouest. Dans une de ses publicités à l’intention des professionnels, voici ce que Heineken France dit d’elle-même :

 

« Développer notre activité, c’est aussi respecter ce qui nous entoure. Heineken France est un groupe unique à la fois brasseur, avec Heineken Entreprise, et distributeur avec France Boissons. Avec près de 4 500 collaborateurs, plus de 15 marques, 3 pôles de production, plus de 90 entrepôts et un chiffre d’affaires de 1,4milliard d’euros (données 2008), nous soutenons activement le marché de la bière et de la distribution, tout en prenant des initiatives fortes et concrètes en matière de développement durable. Ces 20 dernières années, nous avons notamment réduit notre consommation d’eau de 62% dans nos brasseries. Venez découvrir notre dynamisme et nos engagements sur www.heineken.fr »  

 

En 2009 Heineken a annoncé un bénéfice net en hausse de 4,1% à 1, 05 milliard d’euros. Le CA s’élève à 14,7 milliards EUR. Début 2010 pour trouver de nouveaux relais de croissance et pallier la baisse de la consommation en Europe, l’entreprise mère a racheté les activités et la marque de Femsa Cerveza au Mexique pour 5,3 milliards d’euros. Un accord de partenariat à été signé en Inde avec United Breweries et un autre en Afrique du Sud.  

 

Le Centre Heineken à Amsterdam

Sur un modèle très américain, maintenant dupliqué partout dans le monde pour de nombreux produits, la bière mais aussi le vin, à l’intention des touristes, Heineken a transformé son site ancien situé au cœur de la ville d’Amsterdam en un temple à la gloire de la marque que l’on peut visiter et où le touriste peut déguster, s’amuser et acheter tous les produits dérivés. L’entreprise présente la production de bière sous un aspect très qualitatif, en reproduisant pour la bière ce que font les grandes ‘wineries’ américaines et australiennes. Le fût est valorisé au cours de la visite. Il permet de créer un lien supplémentaire entre le brasseur et le consommateur, qui achète son fût un peu à la manière des professionnels. 

 

Questions

2009.03.28-093.jpgApproches

Il existe plusieurs façons d’aborder ce cas, soit en se limitant aux informations contenues dans l’énoncé, soit en faisant faire des recherches complémentaires sur le net. Il est bien évident que la seconde  méthode vous offrira plus de satisfactions et plus de retombées. De la même façon, il serait intéressant de ne lire les réponses volontairement succinctes qu’après avoir fait le cas. On peut toujours rêver, quand on est prof de marketing international !

 

Aides à la réflexion (ALR)

. Une approche intéressante est d’analyser le marché de la bière en vous référant à d’autres produits emblématiques tels que le vin  en France, les cocas, Mc Do…Ce sont tous des marchés de masse, hyper-concurrentiels, obligés de ce fait d’innover constamment, avec une tendance au renchérissement des prix. 

. Analysez toujours les situations sur la base d’un trinôme, le produit, le lieu pour l’ancrage du produit  et la date pour l’évolution dans le temps. Ajoutez-y une grosse pincée de choc culturel, de comunautarisme en lien avec l’individualisation d’une société en recherche de sens.  

 

1. Doit-on parler du marché de la bière au singulier, au pluriel ou autrement?

ALR : pensez non seulement en terme de localisation mais aussi en terme de produits

 

2. Pourquoi peut-on qualifier l’analyse du marché de stratégique ?

ALR : demandez-vous qui doit s’en occuper et quels scénarios  décisionnels peuvent en découler.

 

3. Quelles sont les conséquences de ce positionnement très masculin de la bière ?

ALR : répondez en terme de style de vie et de communication.

 

4. Quel diagnostic des menaces faites-vous des différents marchés nationaux, en vous plaçant du côté de Heineken?

ALR : cherchez les différents éléments disséminés un peu partout et rappelez ce qu’est le SWOT avant

 

5. Dans ses conditions de n° 3, quels sont ses atouts ?

ALR : c’est la suite logique de la question précédente, en n’oubliant pas que certains inconvénients découlent des avantages et vice et versa

 

6. A ce stade du raisonnement, rappelez brièvement ce que pourrait faire Heineken ?

ALR : rechercher sur le net des infos sur le rachat par Heineken et Carlsberg de la société Scottish & Newcastle.

 

7. Définissez les caractéristiques d’une marque ‘friendly’ telle qu’Heineken.

ALR : voyez le mini-cas Heineken précédent sur ce blog

 

Réponses

1. Le marché de la bière, singulier, pluriel, autre…

Le marché est à la fois singulier dans sa dimension locale, puisque les habitudes de consommations sont fortes et l’attachement aux marques de terroir de plus en plus fort en réaction à la standardisation des modes de vie. Les bières d’abbaye en France continuent à avoir une croissance positive et cela depuis plusieurs années.

 

Il est pluriel au sens où le marché global est constitué par une addition des différents marchés. Chaque marché continue à avoir sa typicité. Il est formé d’une addition de singularités avec maintenant en plus le poids des grandes marques. Quelle que soit leur puissance, elles restent attachées à une nationalité d’origine, comme la Budweiser aux Etats-Unis, la Corona au Mexique, Heineken aux Pays-Bas. C’est une question de singularité culturelle, de production et surtout de distribution.

 

Rares sont les marques exportées du pays producteur vers un pays importateur. La bière Corona en est un bon exemple. L’attachement que le président Jacques Chirac lui porte a par exemple contribué à la naissance d’un réseau de distribution en France.

 

Heineken constitue un bon exemple de l’organisation d’un marché. Heineken France est une entreprise française qui produit une bière totalement française. L’entreprise est la filiale d’une entreprise néerlandaise produisant elle-même de la bière. Sauf exception, la Heineken vendue en France est d’origine française.  

 

Le marché de la bière est en constante évolution. On attend maintenant la venue de bières japonaises dont l’amertume sera adaptée aux différents marchés d’exportation. La situation française donne un élément de réponse. L’avenir est dans une démarche doublement qualitative, au titre de la protection de l’environnement, avec une démarche terroir et  la dimension symbolique. Le vin est boisson des Dieux. Pour la bière, on cite les abbayes. 

  

2. L’analyse stratégique de marché

Elle ne peut qu’être stratégique puisque c’est d’elle que dépend toute la stratégie ultérieure de l’entreprise. On ne peut pas la limiter à l’étude de la concurrence comme cela est encore trop souvent le cas dans des PME. Elle oblige à se poser des questions dérangeantes pour un dirigeant : avons-nous sur la base des conclusions de l’analyse les moyens de nos ambitions ? Peut-on continuer ainsi en restant indépendant. Avec qui s’allier, se vendre ? Qui faut-il racheter  et où ? Ces questions fondamentales sont au cœur de l’analyse. C’est donc au dirigeant de prendre la décision, de la suivre et de l’analyser. A contrario, une analyse stratégique de marché qui conduirait à une réponse du type ‘tout va bien, ne changeons rien’ est mal conçue soit par incompétence soit par volonté de ne rien voir.      

 

3. Les conséquences de la ‘mâlitude’ de la bière

Cette ‘mâlitude’ (attention, c’est un terme qui n’existe pas) présente des avantages certains en terme de lien de fidélité entre un consommateur et sa marque. Elle a bâti et continue de le faire un style de vie toujours très actif. L’homme, de retour du travail, en pays anglo-saxons ou en Flandres va au pub ou à la brasserie prendre une bière. Goûter une bière avec les copains, c’est partager un moment de convivialité et de chaleur fraternelle. Lisez des bouquins américains, irlandais, belges…et voyez comment se passent les soirées, barbecues & co. Elles ont le goût toutes de la bière. Cette boisson est aussi intimement liée à la pratique de certains sports typiquement masculins comme le football ou à des grandes réunions festives de masse. C’est le premier alcool bu par les jeunes au cours des rave-parties dans les champs et maintenant des apéros géants en ville.

 

En terme de communication, le challenge est évidemment de communiquer d’homme à homme, sans négliger, non pas tellement les femmes, que le type de communication, ouverte à tous, un peu classe et sympathique. Un danger pourrait être de ne cibler que les jeunes hommes, au risque de rejeter les autres catégories.           

 

4. Les menaces pour Heineken

L’entreprise est déjà une ‘Grande’ mais elle est aussi une ‘petite’ face au numéro 1, avec un CA d’environ la moitié. Sa principale menace vient de la concurrence présente à la fois sur chaque marché local, sur la constitution de poids lourds, sur la venue de nouveaux concurrents, au moment où il devient difficile de hausser les prix du fait des tensions financières. La menace financière est accrue par les nouvelles exigences réglementaires européennes en matière de répression de l’alcoolisme, qui ont pour effet de peser sur la demande à la baisse et d’augmenter les prix du fait de plus grandes difficultés pour capter le consommateur. Fidéliser ces consommateurs devient plus difficile du fait d’un grand nombre de sollicitations commerciales pesant en particulier sur les adolescents (Coca Cola, Mc Do…) et plus coûteux. La prise en compte des exigences du développement durable exige en plus des innovations coûteuses en matière de process industriels pour préserver l’eau, l’air, la terre. Par ailleurs la bière est coûteuse à mettre en bouteille ou en boîte, à transporter et à livrer, sans la possibilité de la stocker longtemps. Il faut donc impérativement limiter les frais de transport et la durée d’entreposage pour éviter d’accroître les charges et la production de CO2.       

 

Outre la situation concurrentielle tendue, l’entreprise mère est confrontée à l’émergence sur le marché de nouveaux acteurs, comme les brasseurs japonais. Les Chinois ne vont pas rester sans réaction non plus. Un autre facteur d’inquiétude serait, en cas de possibilité financière de rachat d’un gros concurrent par Heineken que la Commission européenne interdise l’opération comme susceptible de fausser le jeu concurrentiel.

 

Par ailleurs sa marque Heineken fait de l’ombre aux autres marques de la gamme qu’on connaît peu. Pour la France, on peut se demander si les 14 autres marques ont un pouvoir de dynamisation suffisant pour soutenir l’ensemble. Le marché instable est toujours à la merci d’un été froid et pluvieux. Autre point, l’absence d’innovation technique capable de dynamiser le marché. La vente en fût de 5 litres a été une réponse à la réglementation européenne de plus en plus restrictive sur la voie publique et la consommation dans les cafés.  Désormais on peut boire tranquillement chez soi 20 demis pression, avec une durée de validité de 30 jours. 

       

5. Les atouts

Ils sont nombreux. Citons dans un certain désordre, la bonne réputation de Heineken, son histoire sans tâche depuis 1863, la notoriété de Freddy Heineken qui a introduit la stratégie marketing à son retour des Etats-Unis, le soutien sans faille à l’innovation et à la qualité, une démarche marketing à la fois audacieuse et réfléchie, la fierté d’être la plus grande brasserie européenne et la 3è mondiale, le lien étroit avec ses consommateurs, une vraie politique de communication adaptée à chaque marché dans ses trois dimensions, publicité, relations publiques et promotions. Le sponsoring de la coupe d’Europe de rugby à XV est une opportunité de mettre en valeur des sportifs très ‘mâles’ ayant une forte notoriété en pays anglo-saxons avec la bière.  N’oublions pas deux éléments importants, la volonté de ne pas ignorer le danger de l’alcoolisme et d’être en pointe en matière de développement durable.  

 

6. Les réactions de Heineken

Pour l’instant, Heineken continue à jouer solo, sans chercher à s’allier à un autre brasseur. Par contre l’entreprise a réussi à créer un consortium pour négocier avec Carlsberg le partage des marchés. Tous deux ont racheté le  brasseur Scottish & Newcastle, trop gros pour l’un ou l’autre. La solution, les deux acheteurs ont réussi à trouver un accord de partage avec Carlsberg.   

 

7. La marque ‘friendly’

C’est vraiment un des atouts de la marque néerlandaise qui accorde beaucoup d’importance aux liens

qu’elle a réussi à créer et garder avec les consommateurs. C’est un véritable travail d’équilibriste, il faut :

. mettre le consommateur au cœur de la stratégie, 

. vendre du sérieux, celui que donne la qualité, la tradition, 

. s’engager fortement dans le développement durable, avec le respect de la planète, la lutte contre l’alcoolisme…

. communiquer avec humour adapté au pays, en France, c’est Publicis qui est en charge de ces budgets,       

. avoir de la visibilité et une bonne distribution,

. durer, sans casser l’image.

 

Pour suivre le chemin

. http://www.heineken.com

. Lire le précédent mini-cas consacré à Heineken sur ce blog:

 Mini-Cas Pub: L'esprit bière par Heineken (1)

. Attendre le mini-cas suivant consacré plus spécialement à la communication de Heineken

. Voir le site remarquable des brasseurs européens sur la bière en Europe 

http://www2.brewersofeurope.org/asp/newsroom/l1.asp?doc_id=54

. Lire un article culturel datant de 2000 d’Hervé Marziou du Groupe Heineken sur Café-Géo

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=398

 

. Décès par alcoolisme en Russie, voir

http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=5393

. Voir l’album photo consacré à la marque avec d'autres photos d'Heineken.

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Calendrier serré pour le départ en Chine à l'Expo universelle

11 Avril 2010, 18:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le compte à rebours est commencé. Tout le monde s’agite dans les 1001 institutions et les entreprises qui travaillent à l’international. C’est à qui finit de relire sa « check list » Shanghai-ville-monde-Wikipediapour veiller au dernier détail afin que les hardis explorateurs soient prêts à prendre l’avion pour Shanghai ou Pékin.

 

Shanghai

Non, vous ne vous trompez pas. Il n’y a bien qu’une seule exposition universelle. Elle va s’ouvrir dans trois semaines maintenant à Shanghai, la ville préférée des Européens et des Français en particulier. L’Ambassade de France sur place vous indique même où vous pouvez acheter des produits français. Vous pouvez y commander votre vin, peut être pas préféré et peut être pas français, mais du vrai vin en provenance de plusieurs pays exportateurs, la Chine incluse.

 

Comme toujours quand il y a un grand évènement de ce type, il y a une vie dedans et une vie dehors. On est « in » quand on participe sur un stand à ce qui se fait de mieux en matière de bonnes pratiques urbaines – c’est le thème de l’Expo – ou on est « off », quand on monte un événement parallèle en mettant à profit l’existence du salon mondial pour se faire connaître et attirer des visiteurs qui viennent déjà spécialement.  On est les deux quand on entre et sort du  in pour aller dans le off et vice et versa. Il faut avoir de bonnes jambes et une bonne résistance quand on est exportateur ou importateur.  

L’Exposition universelle 2010

Cette exposition a ceci de particulier qu’elle a lieu tous les cinq ans : en 2000 à Hanovre, 2005 à Aichi au Japon. La prochaine aura lieu à Milan en 2015. 2010 est l’année de la Chine, avec Shanghai, sur un thème ultra-porteur à dimension planétaire, à savoir la ville d’aujourd’hui pour connaître celle de demain. Le slogan qui porte cet événement : meilleure ville, meilleure vie. L’objectif de l’exposition est d’améliorer la qualité de vie urbaine en présentant ce qui se fait de mieux dans le domaine architectural et le développement durable urbain. Les meilleures pratiques urbaines visent la promotion de la ville par l’économie, la mixité interculturelle, l’innovation en lien avec la définition des communautés urbaines et les relations avec la campagne.

 

De façon très symbolique et pratique à la fois, l’exposition se tiendra de chaque côté du fleuve Huangpu, entre les deux ponts Lupu et Shanhai-Expo UniNanpu, dans un quartier nouveau qui conservera un certain nombre de pavillons. La plus grande partie de l’exposition sera située sur la rive ouest, à Puxi, face à la rive est à Pudong. Les prévisions tablent sur 70 millions de visiteurs au minimum pendant les six mois de l’Exposition, du 1er mai au 31 octobre 2010.   

Le pavillon France

C’est l’œuvre de l’architecte Jacques Ferrier qui a choisi de montrer le tricotage entre la forme ouverte et fermée à la fois de ce qu’il appelle « la Ville sensuelle », avec le végétal, pour le plein épanouissement des personnes, dans le cadre évidemment du développement durable. Ce thème complexe a été mis en musique par l’architecte pour montrer la polyphonie entre la forme urbaine, les relations entre l’inerte et le vivant  et les visiteurs qui sont les véritables acteurs de ce morceau de ville symbolisé par ce bâtiment. Le gouvernement français a demandé, comme une faveur, au gouvernement chinois, me semble-t-il, de conserver cette création architecturale après la fin de l’exposition.  

 

La Semaine française 14 au 20 juin 2010  dans le centre de Shanghai

C’est une manifestation indépendante de l’Exposition universelle. Elle existe maintenant depuis 9 ans. Créée en 2002 à l’initiative du Consulat Général de France, elle se définit comme « le rendez-vous annuel des Shangaiens amateurs de la France » qui peuvent y découvrir des produits de consommation, le tourisme  et « l’art de vivre à la française ». C’est ainsi qu’on peut y découvrir des pains, des vins, des crêpes bretonnes, des biscuits, des cosmétiques, des bijoux, des foulards, de la vaisselle, …et aussi des voitures. La Semaine française est une vitrine de « la France gastronomique, touristique et Shanghai - Nanjing Roadculturelle ». C’est aussi une façon peu onéreuse pour une TPE ou une PME de présenter ses produits en faisant un véritable test de marché auprès de consommateurs  de Shanghai dans la rue piétonne de Yandang et la rue Huai Haï, en plein centre ville. La manifestation attire plus de 300 000 visiteurs. Diverses manifestations placées sous le thème de la musique sont prévues pendant la semaine française avec des animations, des spectacles, des concerts et des conférences. C’est le seul événement grand public de ce type, qui existe sans interruption depuis sa création, ouvert aux PME qui veulent faire connaître leurs produits en bénéficiant de l’aide-support de la Mission Economique de Shanghai.  

 

La Mission collective des filières du végétal de Vegepolys 19 juin au 26 juin 2010

Ne pensez surtout pas que s’en est fini des manifestations françaises. Il en est d’autres, toujours françaises, mais cette fois-ci à ancrage régional. Il en va ainsi de la mission organisée par le Pôle Végépolys, à dimension mondiale, fixé à Angers. Cette fois-ci, il s’agit de permettre aux acteurs de la filière de mieux appréhender le marché chinois du végétal. Les deux composantes du Pôle sont intéressées, tant Valinov pour l’innovation et la santé végétale que Plante & Cité pour le paysage urbain.

 

Cette fois-ci, le circuit est plus large. L’arrivée se fait à Pékin, se poursuit par Shanghai et se termine au Parc international horti-industriel de Ningsia dans le Yinchuan avant de repartir par Pékin. Deux jours se passeront à l’exposition : le 22 juin sera consacré à la découverte des différents pavillons et le 23 à la présentation des participants.

 

Les 3èmes rencontres de la coopération décentralisées franco-chinoises à Jingling, 18 et 19 juin 2010

La longueur du titre vous dit bien qu'il s'agit d'une expérimentation pour les deux parties, des collectivités et personnes publiques territoriales chinoises et françaises qui se rencontreront et ce n'est pas un hasard à Jinling, la capitale du Nanjing dans le sud de la Chine. On parle plus familièrement des "Assises franco-chinoises". Du côté français, c'est la Région Alsace qui mène le jeu, un jeu très concret qui consiste à "trouver des solutions concrètes aux problèmes communs auquels les collectivités territoriales font face aujourd'hui". C'est le rapport officiel français qui le dit. 

 

L'Agglomération d'Angers y sera présente. Je ne prends aucun risque à parier que la délégation angevine trouvera le temps avant ou après de reprendre l'avion pour aller à Shangai au nord. Ce sera donc une présence off, d'un type que nous n'avons pas encore vu puisque la visite se fera à l'ocasion de la présence à une autre réunion dans une autre province.    

 

Pour suivre le chemin

. L’Exposition universelle sur     http://fr.expo2010.cn/

. Shanghai à découvrir sur          

http://www.chine-informations.com/guide/chine-shanghai_780.html

. Shanghai, ville-monde à voir sur http://www.wkikipedia  

. La Province de Shandong         http://www.chine-informations.com/guide/chine-shandong_1855.html

. Les 3è rencontres franco-chinoises, à voir sur

http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/print.asp?aid=489  

. Les relations entre la Région des Pays de Loire et la Province de Shandong

http://www.paysdelaloire.fr/politiques-regionales/international/shandong-chine/

http://cncd.diplomatie.gouv.fr/frontoffice/bdd-projet.asp?projet_id=62437

 

b8_1_b.jpg. Les relations entre la Région des Pays de Loire et l’Alliance française reposent sur une coopération exemplaire qui a permis la création de deux centres de l’Alliance  et du bureau de coopération au Shandong, avec l’aide d’EDF et des étudiants de l’Ecole du Design de Nantes.

 

Le bureau de coopération a été dirigé par Gilles de la Bourdonnaye pendant les trois premières années du Bureau. Il a un master en management international de l’IAE de Nantes; il est aussi champion du monde para-olympique en tennis de table :  

http://www.paysdelaloire.fr/uploads/tx_oxcsnewsfiles/060329_alliance_francaise.pdf

 

. La Région des pays de Loire a choisi de ne pas être présente en personne et de donner l'opportunité de représenter la région à des entreprises dont le projet de développement est en phase avec leur présence en Chine. La liste sera certainement connu après l'Exposition.  

 

. L’institut Confucius, issu de la coopération entre la Chine et la Région des Pays de Loire,  vient d’ouvrir une antenne à Angers, sous la direction d’Aude Hasard, qui auparavant faisait la même chose  en Chine dans le cadre de l’Alliance française : www.confucius-angers.eu

.

Lire deux articles  sur ce blog, le Ier consacré à Jacques Ferrier, l'architecte du pavillon France, et le second à l’Institut Confucius :

Jacques Ferrier versus Léon le chaton, Shanghai 2010

La Chine et Confucius à Angers, Pays de Loire > Un pont culturel direct

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Les exportations françaises de vin, entre chiffres et interprétations

9 Mars 2009, 18:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

Plusieurs lectures sont toujours possibles lorsque sortent les statistiques du commerce extérieur français. C’est vraiment l’histoire du verre à moitié vide qui sert toujours.  Quelques modes opératoires se dégagent sur les façons d’accrocher le lecteur  en jouant surtout les cartes négatives, tout en relativisant tout.     

 

Ière façon, donner un titre négatif

C’est le cas des Echos (19.02.2009) dans son supplément Entreprises & Marchés : « Vins : première érosion des exportations depuis 2005 ». C’est vrai, le recul est de 0,3%. Diable, effectivement qu’aurait dit la journaliste si le recul avait triplé ? On aurait parlé d’effondrement ? Disons à sa décharge que ce n’est pas forcément elle qui donne le titre final.

 

2è façon : faire ressortir le négatif dans la balance

La journaliste poursuit en précisant que les ventes de vin en dehors des frontières ont certes augmentées de 4,7% en valeur mais baissées de 10,5% en volume.

 

3è façon : s’y perdre entre valeur et volume

On apprend que les ventes sont très différenciées par grand bassin, avec des prix très élevés pour Bordeaux. Après on ne sait plus. Les vins de table auraient progressé de 7%. Ces deux bons résultats contribuent évidemment à changer les moyennes. Surtout quand vous lisez la suite : gros recul (c’est moi qui emploie ce terme) pour la Bourgogne –11,7%, Beaujolais –9,4%, Val de Loire, -9,3%     

 

4è façon : se désoler de ne pas voir les records se poursuivre indéfiniment

Il suffit de comparer la situation actuelle avec l’année la plus haute pour montrer combien les chiffres les plus récents ne  sont pas bons : « il (le Champagne) n’a pas établi de nouveaux records l’an dernier». C’est ce qui s’est passé, le Champagne avait connu ces dernières années des hausses impressionnantes.

 

5è façon : contrebalancer toute information

Toute information doit pouvoir être lue de plusieurs façons différentes : 1 = les exportations diminuent, 2 A plus de X milliards d’euros (votre esprit dit beaucoup),  elles subissent un léger recul (un mot négatif, le recul, mais léger, c’est à dire faible, donc ça atténue) de 0,3% (oui, c’est vrai), après une hausse (c’est bon) record (hyper-bon).

 

6è façon : ne pas donner trop d’infos sur la source

Pour faire durer l’information plus longtemps, ne pas donner de datation précise sur l’info utilisée et parler plutôt de l’an dernier plutôt que de dire 2008. Ne pas citer la source (le rapport de la FEVS) et  donner seulement deux fois la parole à l’interviewé, Claude de Jouvencel, président de le FEVS,

. la Ière fois pour lui laisser dire que le vin et les spiritueux représentent 182 Airbus (= 2è rang des exportations),

. la 2è fois que cela va aller mal en 2009: « la nette dégradation de nos résultats sur le dernier trimestre 2008 ne fait que préfigurer la situation attendue sur 2009 ».   

 

La question

A l’énoncé de tant d’infos contradictoires et/ou complémentaires,  que retenez-vous ? Tout dépend de ce que vous cherchez et voulez prouver. Vouloir interpréter des moyennes de moyennes ne vous apportera rien, si ce n‘est à mal commencer votre journée. D’ailleurs c’est la journaliste elle-même qui vous le dit ; elle parle « d’évolutions différentes selon les produits (= vins), voire trompeuses ». Non, les chiffres ne trompent que ceux qui le veulent bien. Par contre dire que les évolutions sont contrastées, ce serait mieux. C’est bien pour ça, que ce genre de présentation aussi condensée est globalement inutilisable par une entreprise qui cherche à se lancer ou à se développer à l’export. Tout dépend de savoir quels sont ses atouts, sa stratégie et les opportunités que lui ouvrent les marchés en ces temps de déstabilisation. La réponse dépend de la question.

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Bonne année, à vous, les VIE!

7 Janvier 2009, 18:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous avez certainement besoin d’explication. J’aurais pu dire ‘Bonne année la Vie’. Cela aurait été difficilement compréhensible, même pour moi, qui aime bien de temps en temps jouer avec les mots. Le vrai titre de la publicité que je tire des Echos est ‘Bonne Année pour le V.I.E’. Ce n’est pas plus compréhensible et ça tire l’oreille. Le Vie, c’est bizarre. Les points qui séparent V du I et du E nous éclairent. Mais oui, il s’agit des volontaires internationaux en entreprise.

 

Mais quand même, la formulation étonne. UbiFrance ne souhaite pas Bonne année aux Jeunes qui partent ‘volontairement’ -heureusement qu’ils n’y sont pas contraints- à l’étranger. Non, c’est Bonne année pour le VIE, avec cette explication : « 6 320 Volontaires internationaux  contribuent au développement des parts de marché dans 130 pays ». C’est dire qu’il se souhaite à lui-même, une bonne année pour une procédure d’aide à l’export qui selon l’organisme est « la solution RH pour l’international » des entreprises bénéficiaires dont 65% sont des PME.

 

Et ça, ça me choque à plusieurs titres :

. Pas de voeux pour les jeunes sur le terrain, d’où mon titre d’encouragement aux VIE.

 

. Une interrogation ensuite : s’il suffit de 6 320 personnes pour développer les parts de marché de la France dans 130 pays, pourquoi être obligé encore en 2009 d’aider les entreprises à être présent à l’international avec des mesures gouvernementales. C’est trop ou c’est trop peu ; à pousser le raisonnement, il suffirait d’en avoir 3 ou 4 fois plus et ce serait bon pour notre balance du commerce extérieur. 

 

. Surtout parler d’une mesure d’aide à l’export comme une « solution RH pour l’international », ça, c’est terrible. Le VIE est une mesure d’aide financière à l’entreprise exportatrice, qui prolonge le statut hybride du jeune, qui est toujours considéré comme un ‘stagiaire’ au regard du droit du travail pendant 2 ans et ça jusqu’à  28 ans ! On est ‘jeune’ longtemps quand on est un VIE !

 

. Il y a aussi toujours aussi cette occultation de l’importation. Utiliser le terme d’international pour ne désigner que l’export, laisse accroire que la France n’est pas concernée par l’importation dont les chiffres excèdent ceux de l’export.  

 

. N’oublie-t-on pas enfin l’entreprise et ses atouts concurrentiels dans ses stratégies de présence à l’international? Les véritables partenaires de l’entreprise à l’international sont ses clients et fournisseurs.

 

Pour suivre le chemin

. A vous de vous faire votre idée : www.ubifrance.fr

. Sachez qu’il existe aussi des VIA, une formule moins connue et pour laquelle UbiFrance ne fait pas de pub. Il s’agit des volontaires dans les administrations françaises à l’étranger, dans les Missions économiques par exemple.  

. Les Echos 15.12.2008         

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Le saumon de Norvège, en fusion entre communication et transport

20 Décembre 2008, 16:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

Oui, je sais. Mon titre serait encore plus accrocheur si je vous parlais du Saumion ou la fusion entre communication et transportation, avec un Muscadet de Sauvion. Mais je n’ai pas osé. Il faut me comprendre. A chaque fois que je tente le coup, il y a des qui osent me dire que cela ne leur plait pas ; sous-entendu que je joue avec la langue. Eux peuvent se permettre des horreurs du style «  c’est quoi, pour vous, le saumon en cette fin d’année ? » ou, comme je viens de l’entendre sur Luxembourg, dans une question posé au chef cuisinier du Meurice à Paris «  alors, ce menu de Noël, c’est quoi ? »    Une bonne interrogation serait pourtant la bienvenue. Revenons à ‘notre’ saumon.

 

Imaginez, vous êtes un fan de vélo, sur route et à la télé. Assis sur votre siège pliable de camping ou dans un gros fauteuil devant l’écran, vous n’ignorez rien de la caravane publicitaire du TDF, pour Tour de France bien sûr. Je n’ai pas dit RTF, avec un R pour radio. Vous avez l’imagination fertile. Après un repas joyeux, avec poisson de mer et Muscadet bien sûr, votre imaginaire vous emporte en un joyeux délire. Vous voyez non pas un bar mais un saumon, de mer tous les deux bien sûr. C’est vrai que vous avez la peau du ventre bien tendu mais quand même, pas au pont d’englober votre cerveau.

 

Et là, c’est parti. Vous voyez un saumon, bien galbé, au jarret bien nerveux, belle peau, bon œil, qui pédale, arrivant, par un miracle que la science ne saurait expliquer, à tenir son guidon tout en pédalant et, surtout en doublant, les quelques 249 999 999e saumons qui font la course en tête devant lui. Je sais, c’est dur. Même moi, moi-même, j’ai du mal. C’est vous dire. La pauvre, allez vous dire. Elle (c’est moi)  a bu trop de beaujolais nouveau, qui est pourtant un superbe exemple de fusion communication/transport. Ca l’était plutôt, enfin encore un peu, puisque personne n’arrive à s’en séparer. On continue à en faire, moins qu’avant. Mais quand même, on tente le coup, des fois…. Même nous en Loire, on continue, même si ça n’a jamais vraiment démarré.  Dur, dur le vin nouveau. 

 

On vient de se faire doubler au poteau par le saumon qui vient de Norvège, sur une idée saumonesque (= lumineuse) de Norge, le centre de promotion de produits de la mer. Toutes les étapes de l’acheminement du saumon de l’île de Froya , au nord de la Norvège jusqu’à Rungis en France, au pied des marches, ont été traitées en style Tour de France arrosé au Beaujolais nouveau et cela sans une goutte de vin. C’est beau, non. Il faut oser et ma Ière impression est que c’est réussi. Comme pour le Tour, la Star (le 250  000 000e)  est arrivée, frais comme un gardon. Je sais, c’est facile mais je ne peux résister à cette tentation. Son départ de Norvège a été salué par le Ministre de la Pêche en personne, entouré par les enfants des écoles. Yes, we can en norvégien !

 

Entre le départ de Norvège et la France, le transport a été multimodal à souhait. Coucou, revoilà notre développement durable : placement de notre héros,  le saumon, en conteneur dans un bac adapté, transfert sur une remorque ferroviaire à Trondheim jusqu’à Rungis puis embarquement jusqu’au Ritz en camion repeint avec le slogan français-anglais  « le 250 000 000e arrive en France ». A l’arrivée, pour le saluer, Michel Roth, chef étoilé du Ritz, qui du coup a aussi  préparé un menu spécial.

 

Heureusement que Martine Robert, la journaliste des Echos, a fait un très bel article en date du 19.12, pour nous raconter tout ça par le menu. Elle a reçu un dossier de presse très documenté. Il y a de quoi. Les chiffres nous le prouvent, sans conteste possible. Il y a un véritable amour entre la Norvège et la France, qui passe par le saumon.

 

Est-ce possible ?   Oui, pourquoi, parce que nous sommes les meilleurs.

Les meilleurs de quoi ?  De mangeurs de saumon de Norvège au monde, eh patate !  

 

Pour suivre le chemin           

. Lisez l’article des Echos de Martine Robert (19.12.2008) avec une belle photo de l’athlète en plein vol dans les bras d’un jeune mareyeur sportif avec sa casquette blanche et tout de blanc vêtu. 

. Consulter le site et le blog de Norge qui parle de ce magnifique sportif :

www.poissons-de-norvege.com  et http://saumondenorvege.com  avec des recettes de notre héros

. Retenez quelques chiffres :  la France importe 113 000 tonnes/an pour 375 000 E ;  en valeur. 7 saumon sur 10 consommés en France sont d’origine norvégienne, soit 2,3kg par an et par Français.
. Photos site et blog norvégiens
. Découvrez les Muscadet 'bios' d'Alexis Sauvion, en particulier le 'Climat'
Château de la Fessardière, 44300 vallet, 02 40 36 36 28

. A chercher sur mon blog les deux autres billets conscadrés à la Norvège:
= Différences culturelles Norvège-France (1), 03.12.2007
= Norvège (2), Changements culturels et Marché du Vin

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Mini-Cas alimentaire (3), L'Eldorado céréalier ukrainien

4 Juin 2008, 16:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quand survient brutalement une affaire comme celle de l’huile de tournesol, il convient toujours d’élargir le champ de vision qui est vraiment très localisée pour l'instant quand on lit la presse. A peine mentionne-t-on quelques pays parmi ceux qui se sont fait connaître - 6 sur 13 actuellement + l’UE - qu’on se dit que l’angle de vue est trop étroit. Il faut alors replacer l’affaire dans son contexte, à savoir l’huile de tournesol par rapport aux autres huiles, les entreprises productrices et l’Ukraine, en essayant de voir ce qui a changé récemment.

 

Commençons par l’huile de tournesol. Une journaliste de RFI, Dominique Baillard a relevé dans un billet du 05.10.2007 que l’huile de tournesol est devenue l’huile alimentaire la plus chère au monde, à 1 400 USD la tonne d’huile à la Bourse de Rotterdam, Elle signale que les acheteurs comptaient alors sur la production ukrainienne pour faire baisser les prix. C’est l’inverse qui s’est produit’. Le prix de l’huile de tournesol a continué à grimper jusqu'à 1 800 USD. Cette hausse évidemment doit être se comprendre dans le mouvement général de hausse du coût des matières premières, des agro-carburants, des stockages de précaution et des spéculations à la hausse.

 

La baisse de la récolte réelle en Ukraine par rapport à celle qui était prévue ne fait qu’amplifier le phénomène. Les conditions climatiques y sont peut être pour quelque chose, mais le rendement aussi du fait de l’épuisement des terres et de conditions de productions peu adaptées . Comme le dit de façon subtile, l’analyse de la Mission économique française d’Ukraine « des augmentations de rendements importantes et rapides peuvent donc être obtenues en introduisant des techniques de culture, de semences et des intrants modernes ».  

 

Trois sortes d’entreprises constituent la filière huile ukrainienne,  les petits producteurs travaillant pour le marché local, des sociétés spécialisées dans les savons et margarines aux deux bouts de la chaîne. Entre les deux, moins d’une vingtaine d’huileries qui sont des entreprises de grande taille, ukrainienne ou étrangères. Tous les grands groupes étrangers ont des filiales sur place, que ce soit des céréaliers ou des élaborateurs de produits prêts à consommer.

 

C’est dire que le niveau d’exigence est au plus haut de façon à répondre aux cahiers des charges les plus exigeants. D’ailleurs plusieurs milliers d’ ensembles normatifs ont déjà été rendus conformes aux règles du Codex Alimentarius ainsi que de l’OMC que vient de rejoindre ce nouveau membre . Un autre atout, très récent, vient de la signature au début de cette année d’un accord de libre-échange avec l’UE  Les accords commerciaux en sont facilités.

 

Les atouts de l’Ukraine sont donc en effet «majeurs» .Ils existaient déjà avant 1991, année de l’indépendance ; ils sont maintenant en plein essor en particulier grâce à l’aide de la banque mondiale, de l’UE (TACIS)  et des EUAN. On comprend pourquoi l’Ukraine est déjà le 5è producteur de céréales du monde  et le 3ème producteur de tournesol, juste derrière son puissant voisin , la Russie, avec lequel le pays a un différend profond sur le gaz. Reste la préoccupante question de la propriété de la terre qui n’est toujours pas attribuée. C’est dire que depuis 1991, la terre est louée. Le gouvernement avait jusqu’au 1 avril 2008 pour présenter des projets de lois portant sur  cette question.

 

En conclusion, selon les termes de la note de la Mission économique, « l’Ukraine est une des rares parties du monde à posséder une capacité significative d’accroissement de la production de matières premières agricoles… ».  

Question

. En quoi cette mise en perspective change-t-elle le regard porté sur l’affaire de l’huile de tournesol ? (Voir à ce sujet les deux billets précédents Traçabilité et Risque de l'huile de tournesol).  

Réponse

Il suffit de s’aider de l’apport de chaque paragraphe.

. la hausse du prix de l’huile  est déjà en soi un début d’explication. Si le cours de cette huile était bas, il n’y aurait aucun avantage financier ; c’est une des règles dégagées par la vie des affaires : plus le prix s’élève, plus le risque de modification des caractéristiques du produit tend à s’élever ;

. le bouleversement réglementaire très récent et de grande amplitude est aussi un facteur de déstabilisation, qui joue en corrélation avec la hausse de prix. Une loi ou un règlement , ne s’intègre pas d’un seul coup. Il faut un temps matériel et mental d’adaptation. C'est aussi une des règles de notre monde actuelle: plus l'appareil réglementaire est développé et plus il y a d'anomalies;

. la présence des multinationales renforce la pression réglementaire et accroît le différentiel qui existe entre les entreprises issues des anciens sovkhozes ;

. leur présence explique peut être aussi en partie l’absence totale d’information sur les entreprises et les marques concernées, non seulement en UE mais surtout en Ukraine car il y a de fortes probabilités que ce soit les mêmes d’un côté ou l’autre de la frontière de l’UE avec l’Ukraine ;

  l’accord de libre-échange explique en partie l’allègement des contrôles ;

. la non-attribution de la terre est un profond facteur de déstabilisation de la société, surtout quand elle est façonnée par le lien à la terre, l’agriculture et les industries agro-alimentaires. 


 

Pour suivre le chemin

. Fiche de synthèse sur l’Agriculture en Ukraine, rédigée par Philippe Pegorier et revu par Alexandre Brunet, sur le site des Missions économiques en Ukraine 

. Industrie de l’huile à voir sur le site de l’Ambassade de l’Ukraine en France, www.mfa.gov.ua/France/publications

. La fiche pays sur La présentation de l’Ukraine sur le site www.interex.fr/fr/fiches-pays/ukraine

. Dominique Baillard sur www.rfi.fr/actufr/articles/

. France Ukraine pour avoir toute l’actualité, sur www.France-ukraine.com

. le site de Ducroire Delcrédère sur www.ducroire.fr pour avoir quelques infos succinctes sur le risque politique et le risque commercial, deux bons indicateurs pour ceux qui veulent exporter là-bas et cette cette fois-ci pas importer : 3 en risque politique  sur une échelle de 1 (risque faible) à 7 (risque élevé) et C en risque commercial sur une échelle de A à C.
. Photos EP prises sur la route entre Picardie et Normandie, la n° 1 champ de blé, la n° 2 champ de lin,  dont l'Ukraine est aussi un grand produteur 

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Mini-Cas alimentaire, le risque de l'huile de tournesol (2)

31 Mai 2008, 16:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il s’agit d’une grosse entourloupe d’importation en UE d’huile de tournesol enrichi en huile de moteur (voir billet n° 1 paru le 29.05.08 dans ce blog sous le titre de Traçabilité, Traça, Tra quoi ? Alimentaire ! Ah). Cette affaire commence en Ukraine lors de la signature d’un contrat d’achat de 40 000 tonnes d’huile pour un montant de 504 000 USD par de grandes compagnies européennes, situées en France, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas et maintenant aussi au Royaume-Uni et en Grèce. Le plus gros acheteur (2 600 tonnes) est français. L’huile frelatée a été achetée à son tour par les entreprises de l’Industrie Agro-Alimentaire (IAA) en Europe. En France près de 30 entreprises pour plus de 200 produits parmi les plus vendues sont concernés. Ce ne sont que des estimations puisque ni les autorités européennes ni les françaises n’ont indiqué les noms des entreprises et des produits.   


L’huile de tournesol est présente aussi bien dans les produits à base d’huile comme les sauces, les poissons en boîte, les salades, les sauces froides -salade- ou chaudes ainsi que dans les gâteaux, les céréales du petit déjeuner, les pâtes à tartiner…

Le pays d’exportation, l’Ukraine, travaille essentiellement pour le marché mondial ainsi que pour l’UE en raison de ses coûts bas de production et de l’étendue des terres agricoles d’une fertilité à faire rêver tous ceux qui ont la terre dans le sang.  Elle est un pays à forte tradition agricole où 20% des actifs sont encore affectés à ce secteur. C’est aussi un pays ‘neuf’ qui a accédé depuis peu à l’économie de marché, sans avoir eu déjà le temps de mettre en place un appareil réglementaire adapté à la situation. C’est le pays qui a en outre déjà à gérer la lourde tache de l’Après-Tchernobyl. 
 


La découverte de l’anomalie qui s’est très rapidement transformée en soupçon de fraude a été faite à l’arrivée de la cargaison chez un acheteur du Nord de l’Europe qui a ensuite prévenu son collègue français,  qui a contacté la Répression des Fraudes qui a transmis l’information à l’Autorité européenne de sécurité des aliments. L’affaire n’a alors pris de l’ampleur qu’avec le premier article du Canard Enchaîné en date du 15 mai alors que la détection avait eu lieu fin février. 
 

Après quelques hésitations, l’EFSA (European Food Security Agency), l’autorité européenne compétente en sécurité alimentaire,  a décidé d’autoriser la vente des produits à l’huile contenant moins de 10% de ce mélange huile végétale-huile minérale, arguant que la partie minérale n’avait pas encore reçu les additifs dangereux utilisés pour la transformer en lubrifiant utilisée dans l’industrie aéronautique. La raison de l’autorisation est semble-t-il double :    

. l’impossibilité de connaître le nombre exact des produits selon la DGCCRF
. et l’absence de toxicité à moins d’ingestion journalière de 1,2 gr pour une personne de 60kg pour l’EFSA.  

L’Espagne prend cette affaire particulièrement à cœur. Elle a déjà connu une terrible affaire de contamination d’huile de colza avec de l’huile industrielle contenant de l’aniline (dérivé du nitrobenzène) provenant de France en 1981. En raison de toutes les entraves, le procès n’a pu avoir lieu que 18 ans après et les séquelles se font encore sentir. Il y eut 1 200 morts, 4 000 invalides et 13 500 moins gravement invalides. Certains avancent des chiffres plus élevés. Le gouvernement espagnol fut condamné à verser 20 milliards de FRF aux victimes du fait de la carence des autorités et plus particulièrement du directeur du laboratoire central des douanes espagnoles.  


Actuellement tous les institutionnels, les porte-parole des entreprises productrices ainsi que les distributeurs concernés attribuent à l’huile ukrainienne un risque de toxicité  non-aiguë (sous-entendu ‘contrairement à l’huile espagnole’). Le raisonnement est admirable :
. il y a bien eu anomalie ;
. les produits contenant plus de 10% de cette huile sont retirés des rayons ;
. pas les autres. 
. Les lots non encore intégrés à des préparations sont ‘consignés’ en attente d’analyses plus poussées confiées à 3 laboratoires. Il pourrait s’agir de paraffine, auquel cas il n’y aurait pas ‘danger’ puisque c’est une huile alimentaire. 


Les autorités espagnoles ont quant à eux interdit à la vente tous les produits, jusqu’à ce que soient déterminés les produits et les marques. La Grèce vient d’annoncer qu’elle a bloqué un lot d’huile en provenance d’Ukraine qui présente les mêmes caractéristiques, alors que ce lot ne fait pas partie de la vente citée au départ de l’affaire. Ordre a été donné de retirer du marché les produits visés.   

Quant à l’Ukraine, elle est sommée de fournir des réponses aux questions que se posent la Commission et la EFSA. Elle poursuit son enquête et déclare ne pouvoir pour l’instant identifier l’origine de l’affaire. Elle s’est engagée à donner les réponses sous quelques jours.

La Commission  demande à l’Ukraine de fournir désormais un certificat ainsi que les résultats de l’analyse de chaque cargaison d’huile avant exportation hors d’Ukraine. Les Etats-membres devront à leur tour faire des analyses à l’arrivée. L’efficacité du dispositif sera  appréciée dans un an, en mai 2009. 



Aucune information n’a été ni n’est donnée au consommateur de façon à lui permettre de réagir en sélectionnant les produits conformes aux normes de qualité réglementaires ainsi que celles qui sont promises par les Grands des IAA et les engagements des chartes-qualité des Grands Distributeurs. 
 


Questions
. Quels sont les acteurs de cette affaire ?
. Que pensez-vous de l’application la règle de la traçabilité ?
. Quels sont les contrôles manquants jusqu’à la décision des autorités européennes prises à posteriori ?
. Quels sont les deux autres grands principes, jamais cités au cours de l’affaire ni dans ce billet, qui complètent la traçabilité en un triangle d’or régissant les relations entre les autorités, les entreprises et les consommateurs. 

 Réponses

. Les acteurs sont
° l’entreprise ukrainienne qui produit, assemble et vend l’huile ; les différentes fonctions peuvent être assurées par des entreprises différentes ;
° les autorités ukrainiennes et plus particulièrement la douane ukrainienne, 
° les organes de l’UE, EFSA et Commission en tête, ainsi que les douaniers de toutes les douanes des pays membres qui exercent pour le compte de l’UE, 
les autorités des Etats-membres de l’UE, qui ont aussi à  exercer leurs obligations de sécurité alimentaire,
° les entreprises productrices qui achètent,  celles qui utilisent ces matières premières et celles qui distribuent,
° les consommateurs européens.  

. La règle de traçabilité a été en réalité d’une application un peu particulière dans cette  affaire. En effet, le suivi de la marchandise échappe aux autorités qui s’en remettent aux entreprises. On remarque que l’alerte a été donnée par une entreprise du Nord de l’Europe, non pas à l’UE, mais à un collègue concurrent qui lui a enfin averti Bruxelles. Avec à chaque fois un retard manifeste qui permet d’écouler la marchandise.  Un retard qui curieusement est souvent d’1 mois. Ce ne peut être un hasard. Il faudrait connaître la durée du délai de déclarations aux autorités sanitaires. Visiblement 1 mois, c’est beaucoup.   

. Le nombre de contrôles manquants est assez étonnant quand on voit la chaîne des acteurs. Chacun des acteurs s’est engagé à observer et faire observer les règles du Codex Alimentarius, créé en 1963 par la FAO et l’OMS  qui prône des usages normaux en matière alimentaire. Visiblement, des contrôles n’ont pas été faits au départ en interne ni en cours d’élaboration de l’huile, ni pour vérifier l’adéquation avec le cahier des charges dont le respect est exigé par l’acheteur, ni au moment du remplissage des conteneurs par une société certifiée, type Véritas. 

Manquent ensuite les contrôles des douanes de sortie d’Ukraine et d’entrée en UE, ainsi que ceux qui peuvent avoir lieu dans l’UE, comme cela est possible en tout point du territoire douanier européen. Manquent aussi la vérification par les utilisateurs de l’huile et ceux des distributeurs.  Ca fait beaucoup. Mais peut-être certains ont-ils été faits. On l’ignore. Quoi qu’il en soit, l’huile a bien continuée à être utilisée, sans difficulté.  

. La règle de la traçabilité est le chaînon qui relie l’entreprise à ses clients ainsi qu’aux autorités. Il a pour but de suivre le produit du début jusqu’à son ingestion par le consommateur. On a commencé à en parler lors de l’affaire de la vache folle. Depuis lors, il est devenu d’application quasi-générale dans l’industrie alimentaire, pharmaceutique…

Il est complété par le principe de précaution qui lie les autorités et les consommateurs. Ce principe a, comme son nom l’indique, pour but d’obliger les autorités à protéger les citoyens en matière de risques éventuels. Le troisième principe est le droit à l’information qui protège les consommateurs, qui peuvent alors agir et réagir en connaissance de cause. Ceux-ci doivent être à même de  décider en adultes responsables et avoir l’information qui les concerne directement. 

En conclusion, cette affaire est exemplaire à ces trois titres :
. une traçabilité avec beaucoup de chaînons manquants,
. un principe de précaution d’application ‘légère’ puisque la décision est prise alors que les analyses ne sont ni complètes, ni finies, sauf pour l’Espagne et la Grèce,
. le droit à l’information passé aux oubliettes.

En vérité, l’affaire du risque de l’huile de tournesol ukrainienne n’est pas terminée. Vous aurez un 3è billet sur la question. L’affaire est jolie. 


Pour suivre le chemin

. le billet n° 1 sur la traçabilité déjà paru sur ce blog, en attendant le n°3
. Le canard enchaîné du 14 et du 21 mai,
. Le Point à voir sur www.lepoint.fr/actualités-societe/huile-ukrainienne
. Agrisalon sur www.agrisalon.com
. L’agence européenne de sécurité alimentaire, sur www.efsa.europa.eu
. Terre net sur www.terre-net.fr/actualité-agricole/europe-international 
. Tableau 'Nantes', collection  et photo EP
 

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Mini-Cas alimentaire (1), Traçabilité, traça, tra, quoi?

29 Mai 2008, 15:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

. Vous parlez de quoi. Parlez plus fort, je n’entends pas. Ah c’est de la traçabilité ! Dans quoi ? L’alimentaire. Jeune homme, soyez plus précis. On ne comprend rien.

 

Précis est le mot juste, qui rassure. Parce que la traçabilité est justement faite pour ça. Suivre un produit à la trace du début jusqu’à sa fin à lui, c’est à dire quand vous allez le manger et le boire.

 

. Vous allez encore nous parler de votre ventre.

. Oui, mais cette fois-ci, d’une autre façon que d’habitude ; quoi que j’ai fait un billet sur la fraude dans le vin. C’est un bon départ.

 

Le Canard enchaîné a bien relaté l’étude qui a fait mouche en révélant le nombre et la quantité de pesticides qui entrent et parfois restent dans le vin. Curieusement à mon avis, les journalistes du Canard n’en ont pas fait un plat. Soit parce que cela ne les étonne pas, soit parce qu’ils n’ont pas été au départ de l’affaire et qu’ils préfèrent chercher eux-même l’information. Je penche pour cette version. Ils ont continué l’enquête à leur façon, dans le vin bien sûr, un des produits les plus surveillés, mais aussi le pain et …suspense.  


Dans le vin, ils remarquent qu’il serait utile d’enquêter sur ce qui se passe avec le ferrocyanure de potassium, un produit hautement toxique pour lequel la Répression des Fraudes regrette l’absence réglementaire de doses maximales prescrites et de méthodes  validées d’analyse. Traçabilité ? Non, puisqu’il n’y a pas de contrôle possible. Ah !
 


Dans le pain, à l’occasion de la Fête de la boulangerie organisée par la Confédération nationale de la boulangerie et pâtisserie,  les enquêteurs du Conflit de Canard en page 5 ont eu l’idée de chercher dans le pain le nombre d’additifs autorisés : 98. On ne sait pas lesquels. La raison, la réglementation ne l’impose pas.  
 

Reste un autre produit alimentaire, moins chargé symboliquement que le pain et le vin, à la base de notre civilisation quand même, mais cher aux cœur des amis belges mangeurs de frites. Vous avez deviné, c’est la mayonnaise, dite en langage courant, la mayo.  

Eh bien qu’est-ce qu’elle a ma mayo ?

Euh, pour dire cela délicatement, je dirais qu’elle a un petit souci. Un vrai souci et sur le fond de l’affaire et sur la réaction des autorités et sur cette fameuse traçabilité.  

La mayo, vous le savez se fait avec de l’huile, de l’œuf et un peu de vinaigre, du sel…L’élément central est l’huile, m^me si vous mettez de plus en plus d’eau dans la mayo allégée. Que se passe-t-il  quand des contrôles (cette fois-ci il y en a eu mais on le verra, ce ne sont pas au départ ceux auxquelles  on pense) montrent qu’un lot de 40 000 tonnes d’huiles importées d’Ukraine contient 280 tonnes d’huiles de moteur ? Cette huile a servi en Espagne, France, Italie et aux Pays-Bas à préparer des sauces et des plats préparés. Cette fois-ci, la traçabilité a fonctionné jusqu’à l’analyse par un des acheteurs industriels du Nord de l’Europe. C’est lui qui a alerté en France le plus gros utilisateur de cette huile, le groupe auquel appartient Lesieur, acheteur aussi de l’huile. Et c’est lui qui alerte la Répression des Fraudes qui à son tour  a passé l’info à l’Union européenne.  

La mise en alerte a fonctionné avec beaucoup de lenteur : réception de l’huile fin février + un mois pour réagir et avertir le collègue français + un mois entre l’avertissement et l’alerte par le groupe français à la RP + quelques jours pour que la Commission européenne réagisse et autorise enfin discrètement le 2 mai la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d’huile frelatée. 
  

 . Ah, alors la traçabilité, c’est ça ?

. Oui, Madame, en dessous de ce seuil de 10%, ce n’est pas toxique. En effet, il n’y a pas de risque de « toxicité aiguë ». En cas de mélange faible, le produit se mange parce qu’il se vend.

.Mais pourquoi, n’a-t-on pas enlevé les produits des rayons ? La réponse de la Commission est : « une estimation fiable n’est pas à notre disposition ». 
 
 

Il faut vraiment avoir l’esprit mal tourné, comme Le  Canard, pour sortir les calculettes et faire la relation entre un triple ratio :
. volume du produit / - de 10% d'huile frelatée,
. prix de la tonne d'huile de tournesol (1 800 USD) / prix de l'huile frelatée (peanuts),
. poids d'une personne (60 kg) / 1,2 gr maximum d'huile frelatée.

Une nouvelle ère vient de s’ouvrir : celle de la traçabilité européenne à l’épreuve des faits de la réalité. On aurait pu penser que c’en était fini des embrouilles opacifiantes. Que nenni ! A la suite de la publication de son enquête par le Canard, la RP a confirmé le lendemain le seuil d’autorisation de 10%. Quant à la Commission, elle a ensuite abaissé le seuil à 300mg par kilo d’huile contaminé. Et le pauvre consommateur ne sait toujours pas de quels produits de quelles marques. Et la Commission s’apprête à proposer l’importation en France de poulets lavés à l’eau chlorée en provenance des Etats Unis, en toute traçabilité. Vive la traçabilité !  


Pour suivre le chemin

. Le Canard  Enchaîné, 14 et 21 mai 2008

. Le Monde, 29.05.2008-05-29

. Les dessins sont l’œuvre de  Fil Zydock ; ils sont extraits de la remarquable plaquette financée par l’UE ‘Le plaisir dans l’assiette’ (mars 2001).  

Un commentaire de Bernard Ledroit, 1er juin 
En dessous de ce seuil (10%), l'huile n'aurait pas d'incidence sur la santé, ne présentant aucun risque de « toxicité aiguë ». Ce que confirme la Répression des Fraudes. C'est la Notion de "Limite Maximale de Résidus" (LMR) fixée dans ce cas à 1,2 g / personne de 60 kg. Un produit "sain, loyal et marchand " peut donc être conçu à partir d'une marchandise frelatée...

La notion de Valeur Toxicologique de Référence (VTR) est une notion comparable à la LMR avec une approche rejetant la notion de seuil pour les produits potentiellement cancérigènes ou mutagènes. Il est admis qu'une telle molécule et quelque soit sa dose peut induire un cancer ou un dérèglement irréversible de la multiplication cellulaire. C'est ainsi qu'en Belgique la LMR est fixée à zéro pour tout aliment destiné aux enfants.

La notion de LMR
dans l'assiette est une notion pernicieuse, quand elle se réfère à des seuils que l'on fixe arbitrairement, sans tenir compte du contexte culturel, social, environnemental. Il est par exemple possible de purifier administrativement une rivière en relevant un seuil de pollution. Les habitudes alimentaires peuvent varier d'un facteur de "10" pour la consommation du riz chez les adultes. Les nourrissons, enfants et femmes enceintes présentent un risque accru avec des conséquences parfois irréversibles ... 

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Les frontières fiscales du vin (1) et le risque de sur-complexité administrative

25 Janvier 2008, 18:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ah, encore un titre bizarre. Oui parce que frontières est un mot à plusieurs sens que j’emploie au pluriel en plus. Comme la frontière d’un pays ? Oui, parce que le vin constitue un univers qui a ses codes, ses usages, un territoire plus large que le pays dont il est issu, des producteurs, les vignerons et des amateurs pour chanter leurs louanges et boire le vin. Le vin est une langue qui se parle dans tous les pays du monde. Il faut entendre Catherine Breton de Bourgueil de retour du Japon raconter comment elle fait des dégustations, sans parler japonais et les amateurs de vin, sans parler l’anglais. Le courant passe. Dans cet exemple, le vin abolit les frontières politiques et celle de la langue.
 
Mais il y a bien d’autres frontières, parfois aussi très réelles, celles du pays d’origine, la France par exemple. Tiens, je croyais que nous étions en union avec les autres pays européens. Moi aussi, mais c’est vrai qu’il y a loin parfois entre la vision intellectuelle d’une situation, l’appartenance à l’Union européenne, et la réalité terrain surtout pour des produits comme le vin. Il s’agit des frontières fiscales.
 
L’autre jour lors du SIVAL, j’ai assisté au Parc des Expos d’Angers à une très intéressante rencontre entre la CCI d’Angers et deux responsables Douane, l’une spécialisée sur les relations avec du vin désireux de développer ou de se lancer à l’export. L’accent était évidemment différent selon les deux situations. On peut supposer que les entreprises, mieux outillées à l’export sont plus concernées par ce qu’on appelle le Grand Export. Et les petites structures – les vignerons- par les ventes intra-communautaires. C’est ce qui ressortait des questions de la salle. Tout se déroulait normalement jusqu’au moment où on en est venu aux ventes aux touristes étrangers de passage au chai.
 
Et là, la situation a changé, du fait d’une réelle difficulté des TPE (très petites entreprises) à assimiler en un temps record autant de modifications réglementaires et de dématérialisation des échanges en particulier avec la douane. La situation pour les ‘petits’, qui tournent parfois à 3 au domaine, le vigneron à tous les postes, l’ouvrier dans les vignes et le chai et l’épouse de patron à l’administratif et aux ventes. Encore est-ce là, une situation relativement tenable si le domaine commence à avoir une petite notoriété et ne doit pas tout lancer et apprendre d’un seul coup. La situation actuellement est difficile au point que plusieurs participantes ont expliqué qu’elles renonçaient à vendre à des étrangers de passage au vu de la complexité de la vente de produits soumis à accises. Devenir opérateur agrée pour pouvoir bénéficier de la suspension de droits lors de la circulation n’a rien d’une évidence quand on est un petit vigneron.
 
L’Europe en est bien consciente. C’est la raison pour laquelle, elle lance une opération à laquelle la Douane française est étroitement associée. Celle-ci, ainsi que ses 26 collègues, doit faire remonter l’information concernant ce risque de sur-complexité administrative, afin que l’UE puisse y apporter remède. Ce sera temps et à mon avis, ce ne sera pas facile, vu la logique douanière et fiscale. Le risque de sur-complexité administrative est un mot que j’invente pour désigner un risque tel qu’il empêche un professionnel de réaliser des ventes portant sur quelques bouteilles ou cartons. En ce moment, il est vrai, je planche sur les risques de toutes catégories que doivent supporter et anticiper les entreprises à l’international, à l’export et à l’import. On parle toujours des uns et pas des autres. Si donc, vous avez de dire à la Douane combien et comment les obligations fiscales portant sur la circulation des produits vous pèsent, appelez la Douane, vous rendrez service à tous et vous ferez évoluer la situation plus vite. Vous pouvez le faire par mail : pae-nantes@douane.finances.gouv.fr

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