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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #communication & marketing

Alsace > La cigogne d’Hansi > Plaques & Sac de jute de sels de potasse

23 Février 2017, 11:20am

Publié par Elisabeth Poulain

Cigogne blanche, ciconia ciconia, Cl. Carlos Delgado, wikipedia

Cigogne blanche, ciconia ciconia, Cl. Carlos Delgado, wikipedia

La cigogne d’Alsace. Ce grand volatile migre à l’approche de l’hiver, soit par l’Est, pour descendre par la Vallée du Rhône et rejoindre la Tunisie pour retrouver des températures plus clémentes, soit en traversant l’Ouest de la France puis l’Espagne côté mer et rejoindre le Maroc. Pourtant ce n’est pas cette version aérienne transcontinentale dont je vais vous parler, mais celle de la cigogne choisie comme un des symboles forts de l’Alsace dans son ancrage le plus terrien qui soit. C’est une façon de parler puisqu’on la voit à l’arrêt dans son nid alsacien. C’est encore un paradoxe qui m’enchante.

C’est en effet la cigogne qui a été retenue par l’entreprise d’extraction des Potasses d’Alsace, comme symbole de cette société fondée en 1904. Pour cela elle a fait appel par deux fois en 1923 et 1933 à un artiste bien connu des Alsaciens, qui a pour nom Hansi, Jean-Jacques Waltz pour l’état civil.

. Hansi a été un grand artiste dont le talent est indéniable. Les multiples facettes de sa créativité graphique, son style inimitable et pourtant tellement copié, son courage citoyen et son engagement clairement pro-français, tout au long de sa vie particulièrement en période de guerre, ne lui ont pourtant guère apporté la reconnaissance que son talent méritait, au contraire, même après la fin de la guerre. Heureusement il a été célébré en particulier par Tomi Ungerer. Ce grand artiste strasbourgeois a choisi, lui, d’habiter l’Irlande, tout en faisant une grande carrière à l’International tout en dotant largement de ses œuvres le musée qui est lui consacré à Strasbourg.

La  cigogne des Potasses d'Alsace, plaque d'Hansi, Salorges Enchères, Cl. Elisabeth Poulain

La cigogne des Potasses d'Alsace, plaque d'Hansi, Salorges Enchères, Cl. Elisabeth Poulain

La déclinaison de la cigogne des Potasses d’Alsace. On la retrouve regardant vers la gauche ou vers la droite, perchée sur une seule patte, comme on vient de le voir sur son nid, lui-même ancré dans une cheminée accueillante. Ou bien sans nid visible sous ses pattes et donc a fortiori sans cheminée, toujours vue de profil avec sa patte rouge qui se détache bien sur le fond bleu intense, qui permet de mettre le blanc, le rouge et le noir d’une partie de l’aile visible. On peut se hasarder à supposer que la disparition de la visibilité du nid ainsi que le changement de dénomination sont allés de pair avec une plus grande attention portée au décor d’arrière-fond et à son ancrage culturel.

  • Le bas du dessin a été allégé pour faire ressortir le profil de la cathédrale de Strasbourg située dans le fond à droite. 

  • La cathédrale elle-même d’abord dessinée, devient ensuite une silhouette noire, assortie sur sa gauche d’un dessin des profils des toits.

  • Pour gagner en lisibilité, Sels de Potasse d’Alsace, avec Potasse écrit en plus grosses majuscules, devient POTASSE complétée par ALSACE en plus petits caractères. Le terme de Sels n’est alors plus nécessaire

Les dimensions des plaques (50 x 69cm, ou 60 sur 50 cm par exemple) varient selon les époques mais sans qu’on connaisse les dates. Elles vont être aménagées en fonction des usages qui vont évoluer. On va la retrouver par exemple en thermomètre de forme de chapeau de gendarme (19,7 cm sur 109 cm par exemple) ou en plaque de propreté à visser dans les portes au-dessus des poignées. Un très beau modèle sortant de l’émaillerie ED. Jean mesure ainsi 7,9 cm sur 32cm. Cette fois-ci un texte complet dans l’espace du tiers d’en bas précise que « LA POTASSE PROCURE ABONDANCE ET QUALITE ». Le tiers supérieur porte le nom de la marque « POTASSE » et entre les deux, on peut admirer la cigogne regardant vers la droite, avec toujours la cathédrale. Toutes les lignes semblent soulignées au crayon d’or. C’est le moment de vous parler des six lignes légères qui strient le ciel du fond, pour dynamiser, sans alourdir le rendu d’ensemble. Un véritable travail d’orfèvre. Trois remarques sont plus particulièrement à noter.

La  Cigogne des Potasses d'Alsace, plaque d'Hansi, Salorges Enchères, Cl. Elisabeth Poulain

La Cigogne des Potasses d'Alsace, plaque d'Hansi, Salorges Enchères, Cl. Elisabeth Poulain

. La première met en lumière le succès incroyable de ces plaques publicitaires non datées pour un engrais destiné à permettre à la terre de porter des récoltes plus abondantes, un succès qui ne s’est jamais démenti par de-là les décades mais qui s’est déplacé. Actuellement il ne s’agit plus de vanter la fertilité du sol, mais de mettre l’art publicitaire en valeur. La magie de la cigogne vue par Hansi est toujours incroyablement présente. Juste un exemple, dans le catalogue de Salorges Enchères, Kaczorowski, Derigny & associés en date du 18.12.2010, il y avait (1) une plaque émaillée plate ovale avec le texte « La potasse procure Abondance et Qualité », (2) une horloge Glassoïd (?), (3) une plaque émaillé avec la cigogne qui regarde à droite, (4) une autre où le grand volatile regarde à gauche, (5) un thermomètre émaillé plat et, nec plus ultra, (6) une plaque émaillé double-face, avec à chaque fois des dimensions différentes.

. La seconde remarque porte sur l’étonnement d'un côté admiratif de l’esprit humain face à ce  très bel oiseau capable de traverser la Mer méditerranée en volant sur des centaines de kms sans s’arrêter. Et ceci pour vanter la fertilisation de la terre, alors même que l’extraction de la potasse était terriblement dangereuse pour ceux qui travaillaient dans les mines souterraines. La liberté programmée par l’instinct des unes pour neutraliser ou gommer l’image des conditions terriblement inhumaines d’extraction de la potasse, cela interpelle, parce qu’on ne peut plus l’ignorer. Et pourtant la magie de la création de Hansi demeure.   

La cathédrale de Strasbourg avec son unique tour permet de dynamiser le fond de la composition. C’est aussi une façon tout à fait visuelle d’ancrer la potasse et la plaque à l’Alsace. Ce procédé a été utilisé dans une version de cette plaque publicitaire avec une mosquée complétée par un palmier à la place de la cathédrale. Etait-elle aussi de Hansi ? Je l’ignore, on peut néanmoins fortement le supposer

Cigogne des Potasses d'Alsace, Hansi, sac de jute, Cl. Elisabeth Poulain

Cigogne des Potasses d'Alsace, Hansi, sac de jute, Cl. Elisabeth Poulain

. Il me reste à vous faire une surprise, qui a d’abord été une surprise très récente pour moi. Dans un carton contenant des livres d’il y a plusieurs décades, j’ai trouvé au fond un sac de vieux tissus qui lui-même protégeait un sac de jute orné de la célèbre cigogne avec à ses côtés la silhouette de la cathédrale de Strasbourg. Il est permis de penser que c’était dans ce type de sac que la potasse était livrée aux acheteurs agricoles.

.Les mensurations : le sac mesure 119cm de hauteur pour 59 cm de largeur à mi-centre du médaillon. La cigogne 22, 5 cm de hauteur, la diagonale partant du bout du plumage vers le bout du bec 22cm. La cathédrale 11,5 cm…Les seules indications sont des chiffres en haut « 21-107 » et « Marque déposée » en dessous du médaillon. En rouge et en gros caractère figure la mention « CHLORURE DE POTASSIUM, 60 pour cent minimum de potasse soluble dans l’eau » qui occupe le bas du grand sac. Je n'en avais jamais vu, ni même entendu parler. Il fallait pourtant que cette potasse parvienne chez les utilisateurs. Ce n'est pourtant qu'un simple sac de jute, qui a une grande importance, puisqu'il représente à lui seul le chaînon manquant entre le stockage à la mine - qui est maintenant mise en valeur -  après extraction et l'importance incroyable des types divers et variés de plaque publicitaire. Et c’est ainsi que se termine ce long billet.

Conclusion. Ne jetez pas vos vieux cartons sans bien vérifier qu'il n'y a pas une "pépite" au fond... 

 

Cigogne des Potasses d'Alsace, Hansi, Mines des Potasses d'Alsace, sac de jute, Cl. Elisabeth Poulain

Cigogne des Potasses d'Alsace, Hansi, Mines des Potasses d'Alsace, sac de jute, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Les mines de potasse d’Alsace aujourd’hui, sur http://www.mdpa.fr/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Mines_de_potasse_d'Alsace avec une très belle photo de potasse prise par Thomas Bresson en 2012

. Leur histoire sur un site dédié http://www.mdpa.fr/les-premices-d-une-grande-epopee.html

. Voir aussi et surtout aussi l’étude de l’importance de la potasse dans la fertilisation des sols dans http://www.lithotheque.site.ac-strasbourg.fr/credits

                                                                        *

. La vie de Hansi, l’artiste sur http://www.alsace-route-des-vins.com/NewVersion/index.cfm/fuseaction/AutrePage.Home/ID/53/Language/fr.cfm

. Le musée Hansi et la biographie de Jean-Jacques Waltz, dit Hansi http://www.alsace-route-des-vins.com/NewVersion/index.cfm/fuseaction/AutrePage.Home/ID/53/Language/fr.cfm

. L’émaillerie, qui a réalisé les premières plaques, a pour nom Ed. Jean

                                                                     *

. Le cliché de la cigogne blanche prise en plein vol en Espagne est l'œuvre de Carlos Delgado, wikipedia 

.Clichés de plaque émaillée ovale bombée, portant la cigogne, perché sur son nid posé sur une cheminée, regardant vers la gauche, à voir dans le catalogue d’Art Publicitaire, Kaczorowski, Hôtel des Ventes des Salorges, 44100 Nantes, 5 novembre 2005, Kaczorowski SARL, 8 bis rue Chaptal, 44188 Nantes cedex 4, 02 40 69 91 10, kac@interencheres.com ---) avec tous mes remerciements

. La photo de la plaque de Hansi est à retrouver sur https://www.carreau-rodolphe.com/ qui retrace l’histoire du Centre historique de la potasse d’Alsace.

                                                                       *

. La cigogne sur http://www.dinosoria.com/cigogne_blanche.htm avec beaucoup d’infos et de superbes photos, dans un article très complet de V. Battaglia (11.02.2006), ainsi que sur http://lesleconsdechoses.com/animaux/un-nid-de-cigogne-peut-peser-jusqua-1300-kg/

. Actuellement l’image de la cigogne regardant vers la gauche, du haut de son nid perché, est utilisée par la Route des Vins. Disons que la cigogne retrouve son espace aérien survolant les vignes…

                                                                       *

. L’article sur la cigogne et le vin que je cite en fin de billet http://www.elisabethpoulain.com/article-le-bestiaire-du-vin-3-la-cigogne-du-civa-50099326.html

. Un autre pour montrer l’attraction de ce volatile dans l’imaginaire humain http://www.elisabethpoulain.com/2016/05/la-cigogne-au-long-bec-des-pattes-fines-des-plumes-qui-suis-je.html

. Le troisième billet permet d’admirer le dessin d’Albrecht Dürer datant de 1503 http://www.elisabethpoulain.com/2016/07/cigognes-albrecht-durer-1503-versus-vins-d-alsace-2003.html

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Dark Dog = La puissance du jaune, du noir & du rouge en packaging

14 Septembre 2016, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth PoulainEnergy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Le dessin sur la boite-boisson est  à vous faire hurler de peur la nuit si vous le rencontriez vraiment, lui, ce monstre, qui semble hurler à la lune. Vous voyez une fois sa silhouette, une seule fois et vous ne l’oubliez pas. Mi-chien-mi-coulure d’encre noire, il ressemble à un cauchemar propre à vous faire « hurler au loup ». Celui qui ne croque pas que les petits enfants qui ont peur la nuit, sauf qu’en plus c’est la nuit qui est noire et pas le loup. Lui peut être gris, beige, blanc…mais pas noir. Pourtant c’est bien une silhouette de loup noir, capable de se fondre dans la nuit noire, alors qu’un chien peut ne pas faire peur. C’est même le meilleur ami de l’homme, sauf ceux qui sont dressés à mordre.

Donc la nuit, quand tous les chats sont gris, c’est peut-être bien un loup que vous voyez. Surtout qu’en plus, il existe bien des chiens-loups. Dure la vie, voilà donc un dog, qui est peut être un wolf ! On avance. Est-ce bien sûr ? Supposons, pour avancer dans le raisonnement, qu’il s’agisse bien d’un chien de ce type, un chien-loup. Mais alors pourquoi l’appelez DOG. 

DOG sonne mille fois mieux dans la nuit que CHIEN. Ca claque comme un coup de fusil. En plus tout le monde comprend que c’est un chien, qui bien que noir, n’inclut pas cette couleur dans son nom de marque. C’est un chien foncé… ! Oh, comme nom de marque, on peut faire mieux.  Il faut alors chercher du côté de la sonorité du coup de fouet. Une consonne pour Dog, une aussi pour Dark, et les deux ensemble claquent un double coup de fouet. Imaginez maintenant ce que donnerait comme nom de marque un « wolf dog ». Pas terrible n’est-ce pas !

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 250ml, Cl. Elisabeth Poulain

Ce Dark Dog est bien noir sur un fond jaune profond, dont la teinte a légèrement changé entre les deux versions que j’ai sous les yeux. Et d’abord le chien, en commençant par la tête, à gauche par rapport au corps. Il est affreux, avec ses grandes canines qui semblent sortir de sa gueule ouverte, ses deux grandes oreilles qui ressemblent à des cornes et son museau qui plisse. Son œil visible est placé au bas de l’oreille la plus verticale et sa langue doit pendre du même côté, en bas du museau, quand même.

C’est après que les choses deviennent plus compliquées. Comprenez qu’on repère le corps en deux parties avec l’avant-train et l’arrière-train, et son amorce de queue, tout au bout. Et les pattes me demanderez-vous? Il y en a bien quatre, plutôt il y a quatre « coulures » de peinture noire qui ont dégouliné de haut en bas, forcément. Les deux premières appartiennent à l’avant et les deux autres à l’arrière.

La première patte vers l’avant, la plus courte, est atroce : elle est séparée en deux…La seconde, toute aussi molle, est plus longue, mais moins que la troisième qui bat tous les records. Les trois n’ont aucune possibilité d’être posées au sol pour servir de point d’appui lors de la marche. Ce sont des coulures à allure de pattes, sans appui. Quant à la quatrième, elle paraît plus solide. Elle sert peut être de gouvernail noir, quand le chien noir vole. C’est elle qui structure le dessin, en résonnance avec la plus courte des cornes, celle qui est en avant. Le noir est également utilisé en grosses lettres fortes qui débordent légèrement la largeur du dessin pour marquer les esprits pour nommer cette espèce de chien, qui n’est pas vraiment un chien, mais une hallucination de chien.

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîte-boisson 500ml, Cl. Elisabeth Poulain

 Le guarana. C’est sur cet élément que repose tout le visuel du packaging, qui contribue à mon sens au succès de cette boisson énergisante auprès des Jeunes dans certaines régions françaises, en particulier dans l’Est de la France. Plusieurs éléments du packaging donnent du punch à ce DD qui tient plus d’un héros de BD, capable de voler dans les airs. Grâce au guarana, il dispose d’une énergie fabuleuse. La tête est située sous ENERGY du haut, DARK en bas, avec mention du GUARANA en bas. La différence entre les deux boîtes est que la plus grande porte en bas en petits caractères la mention « High Caffeine Content ».

Les couleurs. Je vous ai parlé du noir, pour évoquer l’atmosphère de la nuit et du rouge pour donner les vibrations de la caféine contenue dans la plante et donc dans la boisson. Les deux associées renforcent l’idée du binôme associant ce stimulant au plaisir, ce qui ne serait pas suffisant. En réalité dans la durabilité de ce visuel, il y a un trio.

Il me reste en effet à vous citer ce jaune qui est une franche réussite. Il est dense, particulièrement chaud et profond, avec un foncé légèrement plus fort et plus adapté pour la petite boîte. Et c’est ce jaune qui permet de porter ce drôle de chien, qui n’en est pas un, qui représente une boisson tonique grâce à la caféine pour aller danser, sans avoir besoin de recourir à d’autres boissons…

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Energy Dark Dog, boîtes-boisson 250ml & 500ml , Cl. Elisabeth Poulain

Et en prime, vous aurez droit à un dessin de hibou réalisé par ANTIZ, celui dont vous entendez le cri quand vous sortez de votre boîte …de nuit. Ce jeune dessinateur ANTIZ avait aussi choisi aussi le jaune, pour faire ressortir le noir de son oiseau nocturne, avec du blanc pour montrer qu’il ouvre grands ses yeux…Du blanc pour le fond aurait été trop dur, le beige une horreur, il reste ce jaune en signe de vitalité. Se faire traiter d’ « oiseau de nuit », il y a pire quand on est jeune et qu’on commence à sortir la nuit, en promettant de ne boire que des boissons sans alcool….

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Voir le site de l’entreprise sur www.dark.fr  où se voit l’évolution de la gamme depuis que l’entreprise est implantée en France…  

. Le guarana sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Guarana  

. Le jaune sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Couleurs  

. Le hibou dessiné par ANTIZ orne un porte-monnaie en plastique jaune, d’une teinte encore différente, http://forum-dessin-peintur.graphforum.com/t11306-la-presentation-d-antiz  

. Pour faire la différence entre un hibou et une chouette, voir https://www.ulb.ac.be/inforsciences/quandseraigrand/docs/rapace_diff.pdf  

. Clichés Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

Porte-Monnaie Hibou noir aux yeux blanc sur fond jaune, signé Antis, Cl. Elisabeth Poulain

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Le Bestiaire de la Pub, Fidel, le fox-terrier qui rapporte de Cetelem

5 Septembre 2016, 17:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Pub Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

* Pub Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

C’est un chien qui a l’air tellement brave qu’on se surprend vraiment à se demander si on ne répète pas deux fois la même chose. C’est la raison pour laquelle je l’appelle « Fidel ». Il faut dire que la photo éclaire vraiment bien le sens de la publicité de Cetelem. Elle porte en effet comme titre, juste au-dessus du très bon cliché de Fidel : « Vous en connaissez beaucoup qui rapportent aussi souvent et aussi longtemps ? », une affirmation qui se présente sous forme d’une fausse question, puisque la réponse est donnée par la très bonne photo  de ce brave toutou.

Fidel est vraiment du genre à savoir demander du regard qu’on lui lance « un bâton pas trop gros, ni trop lourd, ni trop long » pour qu’il puisse montrer à lui, son maître combien il est « bien, brave, appliqué, fidèle  et tellement désireux de lui faire plaisir ». A lui,  ce maître dont il connait le si grand plaisir que ce dernier éprouve  à lui envoyer un bâton «  ni trop gros, ni trop lourd, ni trop long, juste bon à pouvoir lui être envoyé,  à lui, Fidel, qui aime tellement son maître. »

Pour bien confirmer le lien qui existe entre Fidel et son maître qui lit justement le message traduit en clair, comprenez en mots, ce qu’exprime le regard plein d’amour que lui envoie Fidel et ce qui est marqué  dans une petite fenêtre aux coins arrondis en bas à gauche de l’écran, pardon, du cliché de Fidel, qui dit « 3,10% garanti sur 12 mois, taux annuel brut ». Pour bien lier les deux, le chien et le message de la petite fenêtre, un post-it or sur fond noir semble collé et sur la photo et sur le message sur fond blanc : « Dossiers de l’Epargne, Label d’Excellence, 2014 ». C’est en effet une publicité datée du tout début de l’année 2014.

La photo du fox-terrier. Elle est vraiment excellente. Seule sa tête légèrement penchée sur la droite, ressort bien, surtout avec ses yeux qui cherchent le regard de son maître,  avec même une brillance dans chacun de ses yeux. Le bâton qu’il a choisi de transporter est juste de la bonne dimension,  de façon à laisser de l’espace sur chaque côté. On devine le haut du corps, un petit bout de la queue au fond de la photo, avec le haut des pattes arrière. Le chien marche sur un chemin enherbé sur les côtes où l’on voit des feuilles mortes…

Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

L’équilibre du visuel. Quand il y a autant de texte à lire, écrit en différentes tailles de caractères, il faut un visuel fort en terme d’impact sur la sensibilité du lecteur de Courrier International, placé presque au centre de la composition, entouré d’une bordure blanche pour donner un effet de relief.

Les lignes ensuite sont toujours très importantes, puisque celles-ci ont pour fonction de dynamiser la structure de la composition lourde. En horizontale, vous voyez le titre du produit bancaire à valoriser, Compte Epargne Cetelem en l’occurrence, les 2,5 lignes, qui conduisent en entonnoir vers les oreilles du chien, la ligne des yeux, le bâton bien sûr, qui est l’élément de télescopage visuel, l’incongruité dans une page où tout est maîtrisé.

Arrive en particulier aussi avec le bâton, une diagonale très intéressante, qui part du bas de l’oreille droite (à notre vue), qui passe sur la truffe bien humide, traverse le macaron bleu et or pour filer ensuite sur le carré aux coins arrondis sur fond beige légèrement plus foncé que le poil de Fidel où ressortent en gros caractères verts 3,10% et 12 mois. Le résumé tient en une ligne « Compte Epargne Cetelem, la performance dans la durée ».

Une autre ligne verticale apparait alors qui relie le bonhomme Cetelem plus grand du haut avec celui plus petit du bas, positionné au début de Cetelem. Et cette fois-ci, la ligne passe aussi par la truffe de Fidel, qui a vraiment du flair.

Il reste à citer les différentes couleurs du vert, tonique pour le bonhomme, turquoise éteint pour les deux lignes et demie de l’argumentaire en haut, la rentabilité et la durée de la garantie, l’adresse du site à gauche et à droite « appelez nos conseillers au …» suit le n° de téléphone et enfin le vert jauni de l’herbe parsemée de feuilles mortes… de chaque côté de Fidel…

*Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

*Publicité Cetelem, Courrier International 23.01.2014, Cl. du chien Philippe Guegen, PHOM-TWBA Paris

Un bien brave animal que ce Fidel. Il ne fait pas que rapporter le bâton. Il porte un visuel extrêmement sophistiqué et lourd. Il est vrai aussi que cette publicité fait partie de celle que l’on garde. Il faut en effet du temps pour lire chez soi calmement les petits caractères…

                                                                       *

Pour suivre le chemin

. Courrier International, n°1212 du 23 au 29 janvier 2014, page 9

. Le cliché est une réalisation de Philippe Guegen . Le visuel celle de l’agence est PHOM TBWA-Paris, que je remercie vivement pour leur autorisation de reproduction. L'étoile en début de libellé indique qu'il s'agit d'un extrait.

 

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La bouteille Coca-Cola, Le bonhomme de neige, Le télescopage du temps

24 Août 2016, 17:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

En ces temps de forte chaleur, l’idée de boire bien frais semblerait s’imposer d’elle-même. C’est pourtant une très mauvaise idée, pour la santé. J’imagine que tout le monde le sait maintenant sauf beaucoup de dégustateurs de…bière ou de boissons visant directement les jeunes par exemple. Mais il n’y a pas que cette boisson. Il existe aussi des pratiques culturelles où boire froid s’impose comme naturellement.

En remontant aussi dans le temps, boire frais l’été était par exemple considéré comme un véritable « luxe », un terme impropre car on ne le connaissait pas, à la Cour du Roi Louis XIV et plus tard dans la noblesse en France grâce à l’existence de « glacières » creusées dans le sol, où la neige de l’hiver pouvait se conserver pendant une partie de l’été, sous de la paille qui faisait un excellent isolant supplémentaire.  C’était notamment le cas de la glacière du Parc de Lathan en Val de Loire.  

C’était, c’est certainement encore, le cas aux Etats-Unis, le pays qui a inventé en 1895 le premier  réfrigérateur familial. Sa fabrication  est passée au niveau industriel pendant que les pays européens se préparaient sans le savoir à entrer dans la première guerre mondiale. Dans les années 50-60, le réfrigérateur en France devient dans la cuisine un « meuble » d’un nouveau type, avec une fonction nouvelle fabuleuse qui était de prolonger la durée d’utilisation des aliments frais ou déjà cuits et d’avoir toujours sous la main des boissons fraîches.

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola, la boisson « importée « par les soldats nord-américains lors de leur venue en France en particulier ne pouvait pas être bue, chaude ou à température ambiante. Cala aurait été un quasi-crime de « Lèse Coca-Cola ». Je précise tout de suite que cette locution n’existe pas. Lèse-Majesté par contre oui ! Récapitulons. Il s’agit dans cette introduction de vous parler de boire frais quand il fait chaud.

Maintenant que se passe-t-il l’hiver dans des pays où le froid peut durer plus longtemps qu’en France. C’est le cas par exemple de la Tchéquie, qui ne bénéficie ni de la douceur du Gulf Stream ni de l’air chaud venant du Sud en traversant la Méditerranée. Peut-on alors en hiver boire du Coca Cola l’hiver, quand il fait froid ? Vous l’avez deviné : la réponse est forcément « oui ». !

C’est le bonhomme de neige qui va vous convaincre. Qui mieux que lui pour vous prouver que boire frais quand il fait froid est tout aussi agréable ? Assis tout en blanc sur un banc noir, revêtu de son beau costume d’hiver à trois boutons noirs, avec ses yeux noirs, son nez itou et sa bouche qui a du mal à sourire, il arrive presque à tenir une bouteille de Coca Cola, dont je ne jurerai pas qu’elle est bien ouverte. Passons, il existe bien des miracles en fin d’année…

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir ce blog un  bestiaire Coca Cola en abécédaire incomplet sur  http://www.elisabethpoulain.com/article-mini-cas-marketing-coca-cola-son-bestiaire-en-abecedaire-incomplet-114463001.html

. Carte postale publicitaire envoyée à titre de bons vœux pour l’année 1997 de Prague.

. Découvrir le cola local en République tchèque sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Kofola  

. Voir aussi les façons de se nourrir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_tch%C3%A8que  où la bière accompagne les repas.

. A découvrir sur Over-Blog http://episodes-histoire.over-blog.com/2014/06/ces-petites-choses-que-les-gi-s-nous-ont-apportes.html  

. Consulter aussi http://www.huffingtonpost.fr/2015/06/30/canicule-boissons-meilleures-boissons-pires-biere_n_7688724.html  

. Clichés Elisabeth Poulain

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La danse des souris > Du proverbe à la pub > L’Illustration 1910-07-10

2 Août 2016, 09:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Le proverbe d’abord. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent… Ce vieux dicton existe depuis au moins le XIIIe siècle, pas seulement en France, dans plus de vingt- deux autres pays dans leurs différentes langues et même en esperanto. Avec par exemple l’autre version anglaise cette fois-ci, when the cat  is away, the mice will play, que certains d’entre nous ont dû entendre quand ils étaient petits. La différence est qu’elles jouent au lieu de danser. Dans les pays du Nord par exemple en Norvège et plus à l’Est en Pologne, les souris en profitent pour danser en plus « sur la table », ce qui prouve à la fois leur flair et leur profonde intelligence, parce qu’il y reste presque toujours des miettes. 

C’est le genre de dicton que l’on connaissait bien et même très bien tant à la campagne qu’en ville. Des récits anciens montrent le savoir-faire des « ménagères» contre ces voleurs de nourriture, que l’on enfermait dans des garde-mangers en bois léger de peuplier muni d’une ouverture à grillage fin. Ceux-ci étaient placés dans des endroits frais, parfois aussi avec les quatre pieds du petit meuble reposant sur des cailloux dans des coupelles remplies d’eau ! Autant d’embuches pour couper la route à ces petits mammifères intelligents.    

L’attitude différenciée de la société envers les souris et les rats. Les premières ont toujours été  mieux « acceptées » que les seconds. La confusion est parfois même entretenue volontairement par des peintres, qui n’hésitent pas à représenter les premières alors que le titre nomme les secondes. Quoi qu’il en soit, les mots témoignent en ce sens : les rats continuent à faire peur, alors qu’on peut faire de l’humour avec  les souris qui dansent. C’est ce que nous allons voir avec deux visuels du même dessinateur à deux ans d’intervalles.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

. L’Illustration. Nous sommes en 1910, le 10 juillet plus précisément. Vous ouvrez votre hebdomadaire et commencez comme à chaque fois par les « Annonces », le journal se terminant de même, avec 8 pages en introduction et autant pour conclure. On ne parlait pas de publicité en ces temps-là. Ce numéro contient par exemple en partie Annonces , la page 3, la meilleure, consacrée aux vêtements Homme et Femme de la Belle Jardinière ainsi qu’à une photo d’une Daimler décapotable avec des roues à rayons, en page 2 des pilules « Galegine de Nubie » pour avoir une belle poitrine pour les femmes, en page 4 une demi-page de belles vaches dans les alpages – des Ferrandaises peut être ? – pour la farine Lactée Nestlé et … en bas de la page 4, le dessin du dessinateur GASSE pour la publicité qui parle des rats, des souris…

Le visuel de 19,8cm de long sur 9,5cm de haut aux coins arrondis. Il montre des souris danser gaiment dans la nuit autour d’une lumière qui pourrait provenir d’un feu de camp, comme il en était d’usage à la Saint-Jean en Bretagne, en Normandie... La source lumineuse blanche a pourtant la forme d’une petite maison. Les petites souris se tiennent debout sur leurs pattes arrière en se donnant « la main » grâce à leurs pattes avant. L’atmosphère est joyeuse. Deux d’entre elles gisent pourtant à terre, avec trois cafards sur leurs pattes, eux. Ceci grâce à « ATTILA, les procédés » qui garantissent la « Destruction infaillible des RATS, SOURIS, CAFARDS…etc. » grâce au chimiste-inventeur « MERING » situé au 84 boulevard St Honoré (en face le palais de l’Elysée), Paris, avec le n° de téléphone 246.28. »

Dans ce Ier encart publicitaire de GASSE, je retiens les éléments suivants : d’abord le mot de RATS écrit en gros caractères, en montrant des petites souris qui dansent, un adjectif tel qu’infaillible, le nom du procédé Attila, l’adresse cotée en face le Palais de l’Elysée, la précision du métier de Méring, Chimiste-Inventeur, sans que l’on sache s’il s’agit d’une personne encore vivante –il y aurait alors son prénom-, alors ou bien si c’est le procédé appelé ainsi sans qu’on parle d’un brevet. Le résultat est surprenant, dans la mesure où les souris en train de danser – sauf pour celles qui sont par terre - ont l’air sympathique, alors que le dessinateur a choisi d’attiser la crainte par le terme de rat en gros caractères pour être assuré de fixer l’attention des lecteurs de l’Illustration.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

. Deux ans le nouveau visuel de GASSE sur Méring Chimiste-Inventeur a changé. Parue en avant dernière page de l’hebdomadaire en date du 9 mars 1912, le visuel occupe maintenant tout en bas un bandeau de la largeur de 27,6cm du journal sur une hauteur de 3cm. En conséquence le dessinateur a dû modifier son visuel. La page entière est imprimée en bleu marine foncé. C’est déjà une recherche de couleur pour valoriser la publicité.

Les souris ont perdu de leur importance. Ce sont maintenant quatre rats qui attirent l’attention. Ils ne forment plus une joyeuse équipe dansant la nuit autour d’un feu de joie. Deux d’entre eux tiennent ce qui ressemble à une lanterne de chaque côté. Cette lumière tisse un écran long et étroit sur lequel s’imprime la formule qui n’a que légèrement changée : Destruction Infaillible des / RATS, SOURIS, CAFARDS. ETC./ par les procédés Attila/ MERING, Chimiste-inventeur (tel 246-28) / 84, Faubourg Saint-Honoré, En face le Palais de l’Elysée, Paris./

Outre les deux rats de devant et les deux de derrière, il y a maintenant de chaque côté quatre souris blanches et trois grises, dont l’une nous regarde de face. En plus il se trouve aussi un espèce ( ?) de raton de chaque côté dont le museau empiète sur ce losange étiré et parfaitement symétrique. L'autre différence - minime - est que GASSE a réussi a placé sa signature en haut à droite et non plus en bas.

                                                                          *

Le bilan. Le premier visuel est plus attirant au regard du concept du dessin montrant des petites souris en train de danser gaiement le soir autour d’un feu. Le second n’a plus grand atout pour attirer et retenir l’attention. Les rats sont devenus les maîtres de la lumière, les cafards ont leur nom inscrit en aussi gros caractères tout en disparaissant du dessin…Quant à la suite de la Maison Méring, je n’en ai pas retrouvé trace après dans les quelques exemplaires que j’ai pu me procurer sur la Grande Guerre…Après 1918…c’est un autre monde qui est né…Beaucoup de choses avaient changé, à commencer par les annonces, cette publicité qui est un des  parfaits miroirs de notre société maintenant mondialisée.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans L’Illustration, n°3515, 68me année, 9 juillet 1910, Annonces en page 4

. Visuel en bleu marine dans L’illustration, n° 3602, 70 me année, 9 mars 1912, Annonces en suite de la page 24, qui et le verso de la page 4 de couverture, Annonces aussi, non paginée également.

. Le même visuel en encre noir a été utilisé sans modification dans l’Illustration du 4.01.1913, cette fois-ci en bas de page 16 des Annonces, en face du verso de la 4 de couverture.

. Sur ce blog, voir l’article http://www.elisabethpoulain.com/article-le-rat-en-n-4-dans-la-hierarchie-des-viandes-en-periodes-de-famine-116307249.html  

. Lire aussi un autre article http://www.elisabethpoulain.com/article-de-l-importance-du-chat-et-du-rat-dans-l-apprentissage-de-la-lecture-107095282.html

. Un troisième article, que j'ai failli oublié sur "Le petit chalet à foin posé sur des pierres plates, les Alpes, le rat" sur ce blog  https://my.over-blog.com/write/60234884  

. La souris sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris  

. Le rat sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rat  

. Essayer de lire l'étude passionnante et d'un compliqué incroyable sur « Attila le Hun » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila   

. Clichés Elisabeth Poulain

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Rouge, Je suis belle, J’ai de l’humour, Je suis « La vache qui rit »

25 Juillet 2016, 16:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Disons-le  tout net. Il n’y a pas beaucoup de visuels publicitaires qui me montrent faisant de l’humour, du vrai de vrai, de l’humour humain, j’insiste bien, de l’humour pour les gens, pas pour les vaches. Parce que nous les vaches, on est plus fine que ça ;  on n’a pas besoin de faire de l’humour, avec HUMOUR marqué en gros sur notre large front. Ca, c’est bon pour les gens. Des fois mes copines et moi, on les trouve lourd de lourd. Qui ? Mais les gens bien sûr.

Nous les vaches, on se comprend d’un coup d’œil  et les hommes et les femmes qui nous entourent n’y voient goutte, Goutte de lait !  Bien sûr ! Quand je vous dis que vous êtes un tantinet lourd. Bon, ne nous égarons pas, si non  on y est encore demain matin sans avoir  dit un mot du sujet du jour, l’humour vache, mais attention, avec une précision tout de suite, l’Humour Vache qui Rit, fondé sur l’humour visuel, celui qui se passe – presque – de mots. Il suffit seulement d’un titre écrit en gros.

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth PoulainPublicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

. 1 « Ne me faites par rire, j’ai les lèvres gercées ». C’est le premier visuel qui nous présente. On y voit la tête d’une bonne vache, curieuse certainement, inquiète peut être pas, qui regarde en haut sur le côté, pour comprendre. Elle est prise d’en bas de façon à mieux voir le bas de sa bouche bien fermée, et sans qu’on puisse voir ses lèvres. Sa tête est très expressive. Elle se demande visiblement ce qui se passe. Ce doit être une Holstein, avec ces taches noires sur fond blanc ou l’inverse, taches blanches sur fond noir. Tout dépend de l’emplacement sur le corps et la tête et de la vache.

. 2 « Je ne suis pas chatouilleuse. Je ne suis pas chatouilleuse ». Le second visuel est plus classique. On voit une vache qu’une fermière assise sur son petit tabouret « spécial traite » à quatre pieds –il y en a aussi à trois - est en train de traire. On devine le seau entre les jambes de la dame et les pattes écartées de la bête. Cette (vache) Ferrandaise est très calme et très intéressée par la caméra et/ou le, la photographe. C’est d’autant plus étonnant, qu’à l’époque vraisemblable de la prise de vue, un peu avant ou après le passage à l’an 2000, les vaches n’étaient déjà plus traites dans les prairies. C’est mon premier étonnement et le second porte sur le fait qu’on ne voit pas d’autres vaches.

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Quelques mots pour finir. Ces deux visuels m’avaient été adressés par Bel au début des années 2000 pour montrer à des étudiants B+5 comment une grande entreprise française communiquait à l’export sur ses productions. La démarche était intéressante surtout quand on sait que, si les cibles principales à l’époque étaient bien les enfants, ce n’étaient pas eux qui achetaient ces fromages de marque française connue en France et à l’export, mais sans savoir sur quels marchés étrangers ces visuels ont été utilisés ou non.

De mémoire, c’est le premier visuel qui a amusés les étudiants et la proximité visuelle entre la vache rouge de la publicité et des vraies vaches « sérieuses ». Quant au soi-disant chatouillis, en réalité la vache est soulagée d’être traite, tant ses pis gonflés de lait peuvent devenir douloureux, si par hasard la traite avait lieu plus tardivement. Ce billet fait suite à l’étonnement teinté de regret de ne plus voir guère de vaches dans les prés. C'est la raison pour laquelle, je vous présente un très beau cliché de Jean-Pol Grandmont, un grand contributeur de belles photos sur wikipedia. Le troupeau a été photographié au Puy de Sancy en 2005.  

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia  Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir les races de vaches bovines en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_bovines_de_France  

. Voir la Holstein, originaire de la Frise aux Pays-Bas, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Holstein_(race_bovine)  

. Découvrir la Ferrandaise sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrandaise  

. Retrouver la Vache qui Rit, fondée en 1921, sur son site du Groupe Bel sur http://www.groupe-bel.com/fr/marques/les-marques/la-vache-qui-rit/  et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/La_vache_qui_rit  

. Découvrir la Vache sérieuse, 1926-1959, la concurrente de la VQR et qui a perdu le procès en contrefaçon intenté par la première en 1959 justement. Depuis elle a pris le nom de Vache Grosjean sur http://vache-grosjean.blogspot.fr/  

. Parcourir avec beaucoup d’intérêt, une étude très documentée sur http://heraldie.blogspot.fr/2013/05/la-guerre-des-vaches.html  

. Photos des visuels Vache qui rit, Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au Groupe pour son envoi il y a quelques années et, sur wikipedia, à Jean-Pol Grandmont pour le troupeau de Ferrandaises, Ellywa pour la Hollstein et Jean Colas pour la Ferrandaise... 

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Pub Voiture, Renault Megane - 0% de Mat.Gr - entre pur steak & graisse

3 Juillet 2016, 16:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre abscons et pourtant vrai, au sens où, comme vous allez le voir, il emprunte les mots même de ce que montre et dit le visuel, en particulier la mention bizarre « 0% de matières grasses ».

La  voiture d’abord. C’est une Renault Megane Estate dont la publicité est parue au tout début de 2004, dans Géo. Je reproduis le texte qui annonce ce que vous voyez : « Avec sa ligne à la fois fuselée et compacte et sa motorisation 1,9dCl, la Nouvelle Mégane Estate allie dynamisme et plaisir de conduire, 0% de mollesse, 0% de place perdue. ». Je reproduis en rouge les deux dernières affirmations car, ce sont elles qui fondent le visuel qui occupe la double page juste après la page 1 de couverture qui porte une très belle photo d’un lac canadien avec en premier plan des canoës rouges et jaunes.  

 Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

La page 3. C’est par elle que je commence, car le regard se porte d’abord sur la page située dans la même position que la couverture. Une des conséquences est que les pages impaires sont plus chères en terme d’achat publicitaire du fait de l’impact plus grand d’une publicité placée à cet endroit. Les pages impaires ne reçoivent le regard qu’en second lieu. Que voit-on d’abord ? Une Renault Megane Estate de profil. Grise claire, elle se détache sur un fond très structuré de façon à faire ressortir les lignes parfaites de la voiture.

Les lignes horizontales du visuel. En commençant par le bas, ce ne sont pourtant pas les trois bandes de bitume qui attirent notre attention, dont celle du milieu offre la particularité d’être un peu usée. En fond se trouve un mur gris de métal doté d’un grand panneau central encadré de deux panneaux latéraux eux-mêmes composés de deux panneaux horizontaux. L’ensemble est renforcé par une poutre qui donne la ligne et la force horizontales au bénéfice de la silhouette de la voiture.

Le nom de la marque de la voiture en haut ressort en noir sur un fond de ciel bleu ; chacune de ses trois composantes a une typographie particulière, RENAULT en caractères noir épais, MEGANE est écrit en caractères fins et A n’a pas de barre médiane, quant à ESTATE, il figure en majuscules avec un E bien plus grand que le reste.

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

La forme extérieure de ce rumsteck en forme de Megane vient d’être découpée au couteau tout métal hyper affûté, preuve en est les morceaux de gras qui renforcent les courbes de ce drôle de steak. Il fait franchement et tellement peur que sa pointe est tournée vers l’extérieur, vers la gauche. Notez qu’il a été lavé pour la prise du cliché. La composition repose sur une planchette dure blanche en plastique, la pointe du couteau vers la gauche, près de de la forme évidée pour la saisir par la main et laisser filer le regard un peu en dessous, vers l'extérieur.

Le fond de cette partie du visuel en page 2 reproduit un tissu plastique gris, qui répond par son homogénéité à l’hétérogénéité de la page 3. Seul le célèbre losange métal ressort sur son rectangle jaune en haut tout à gauche. Le nom de la marque n’y figure pas, seul slogan s’y trouve « Créateur d’automobiles ».

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

En guise de conclusion, je voudrais citer les quelques réactions que j’ai pu obtenir de la part de personnes à qui j’ai montré ce visuel. Cela allait de plusieurs « je ne comprends pas », à « pourquoi de la viande ? », à des commentaires tels que « je sais pourquoi maintenant je ne veux pas de housses de siège rouges dans ma voiture », à une pro-viande « la viande de rumsteck mérite mieux » et des non-réponses de végétariens ou flexitariens choqués, qui ont préféré s’abstenir… La dernière réaction très mesurée résume bien l'idée générale « S’asseoir sur de la viande est quand même une curieuse idée ». Ces mots termineront ce billet, avec une belle photo montrant des fruits, des légumes... de l'Institut américain contre le Cancer.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Géo, n° 299, janvier 2004, page 2 de couverture et page 3 ; l’agence qui a conçu ce visuel est Publicis Conseil.

. Le rumsteck sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rumsteck  

. Sa teneur faible en lipides sur http://www.les-calories.com/calorie-18017-calories-rumsteck.html  . Le végétarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9g%C3%A9tarisme  et le flexitarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Flexitarisme  

. Photos Elisabeth Poulain,  la photo des fruits, des légumes et des graines ID2396 provient du National Cancer Institute, EUAN, sous le n° 2396…wikipedia, entrée « végétalisme »

. Et merci à la personne qui m'a très aimablement prêté ce vieux magazine...

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La bouteille de Bière Heineken en pub, le temps, le verre, l’humour & co !

25 Juin 2016, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

Je serai bien incapable de vous parler de la bière en tant que tel.  Lors de ma visite à la brasserie Heineken à Amsterdam, que je vous recommande tant c’est intéressant, j’ai dû être la seule à goûter une gorgée de bière, comme on déguste un vin, en  demandant ensuite où se trouvait le crachoir, au grand étonnement de la charmante jeune femme qui nous faisait déguster au bar. Elle a franchement du penser qu’il fallait être française pour être aussi snob!

Parler de la pub pour la bière, oui, j’aime bien. Surtout quand il s’agit d’une « vraiment bonne pub », celle qui permet de dire quelque chose. Là, il s’agit vraiment de créativité matinée d’humour. Imaginez-vous faire sourire, avec une bouteille ? Vide ou quasiment. Avec Heineken et Publicis, son agence de communication en France, c’est le pari franchement réussi. Les deux partenaires se connaissent bien, se comprennent et peuvent continuer à surfer avec bonheur dans le registre choisi qui est l’humour. Un art difficile à décliner qu’ils savent  décliner, parce que le temps est à la fois un ami qui vous aide dans la progression de la notoriété de la marque déjà connue.  Tout autant qu’un frein qui oblige à se poser la question de savoir si on peut encore faire du nouveau sans porter tort aux fondamentaux de la marque.

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Le temps d’abord avec le premier visuel, celui dit « Au Moulin ». Des trois visuels dont je vais vous parler, c’est celui qui est assurément le plus ancien. Il date vraisemblablement d’avant le début des années 2000, quand l’entreprise néerlandaise a décidé de se faire connaître au niveau mondial. Jouer avec le temps est toujours intéressant pour montrer l’évolution des choses et l’adaptation du regard, sachant qu’en surcroit en ce qui me concerne, je m’interdis de choisir des visuels actifs, pour des raisons évidentes.

Commençons donc avec le temps que j’ai cité en premier dans le titre, qui commence avec la bière et se termine apparemment par le temps qui défile pourtant tout le temps ! Ceci permettra d’affirmer l'identité de la Bière Heineken, non pas avec des mots, mais avec une couleur, le vert jaune, décliné dans de multiples variations ainsi qu’avec un symbole fort de l’identité paysagère des Pays-Bas qui est le moulin. Les deux sont associés au temps dans son lien avec la bière, cette bière Heineken, qui en réalité n’est pas du tout de couleur verte, mais d’un jaune d’or très bien assorti à ce vert si spécial qui se décline en plus en multiples variations. Et, oui, ces verts ont pour fonction de servir de faire valoir au jaune lumineux de ce divin breuvage si apprécié des hommes. Il a aussi, nec plus ultra, pour avantage de rappeler la couleur verte du verre de la bouteille. Le jeu est lancé, tout commence à tourner et à entrer en connexion, avant même d’avoir goûté cette bière.

La référence aux Pays-Bas avec le vent qui fait tourner les ailes du moulin. Le vert fait aussi le lien entre la bière et ces publicités pour Heineken. Une grande palette de ces verts jaunes se décline au fil des campagnes. C’est déjà le cas avec le visuel du moulin qui annonce avec bonheur l’Univers vert d’Heineken à ses débuts, sans que soient présentes du tout la bouteille, la couleur de la bière, celle de la mousse, la finesse des petites bulles...qui viendront après. Par contre et c’est évidemment l’objectif de ce visuel très réussi, l’identité néerlandaise ressort avec force, dans son lien avec la terre sur lequel est posé le moulin, l’eau qui sillonne dans le marais, le vent qui fait tourner les ailes du moulin, qui permet de broyer les grains de céréales et de houblon qui, après fermentation en cuve, permettront de produire cette bière-là et pas une autre.

Le slogan à dimension mondiale est clairement porté par la marque Heineken projetée sur le corps du moulin, avec le texte en bas « Travels the world with you ». Retenez qu’il fallait lancer cette marque néerlandaise, associée à la forte spécificité d’un moulin hollandais, en faisant ressortir les éléments identitaires du paysage de façon à vous accompagner dans votre traversée du monde, pendant votre voyage. « Travels the world », avec sa dimension d’appropriation directe, est autrement plus fort que de « voyager dans le monde avec vous » avec sa dimension de balade. C’est la bière qui « trave(-l-)rse le monde avec vous », pourrait-on presque dire pour garder l’idée d’action tonique.  C’est visiblement un visuel des débuts d’internationalisation de la marque, en particulier dans les pays francophones.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Voyons maintenant le second visuel de juin 2010, celui dit « L'humour du saucisson ». C’est maintenant « Be Fresh » qui est le slogan de la marque qui joue toujours avec les mots. Qui doit être fresh, la bière bien sûr et/où soi-même pour être bien à l’aise, avec cette bière qui demande à être déguster fraiche à 3°C ? Les deux bien sûr ! L’étoile rouge entourée de blanc, entourée de « marque » d’un côté et de « déposé » de l’autre chapeaute la marque Heineken écrits en blanc avec en dessous « Be Fresh » qui remplace maintenant le précédent slogan. Cette fois-ci il figure en vert qui ressort sur du blanc, avec deux points blancs hors cadre blanc un à gauche en bas, un droite en haut, avec en plus un arrondi percé d’un point vert et le tout est tellement travaillé que l’ensemble soulève le cadre aux coins arrondis vert plus foncé que les différents verts composant l’ensemble.

Cette signature à 6 niveaux est très sophistiquée. Retenez l’étoile rouge toujours, le blanc sur fond vert et tous ces huit arrondis, dont deux bulles pleines et le copyright, l’arrondi de l’angle du cadre et celui qui fait l’angle du visuel qui se détache en vert foncé sur un composite vert très sophistiqué. Ce ne peut être un hasard. C’est une volonté d’apporter de la douceur, en gardant les codes fondamentaux...avec maintenant de l’humour et une vision active de la structure de l'’espace du visuel. C'est ce que nous allons voir maintenant. 

                                                                   

1. "L’humour du saucisson" découpé en rondelles, forme la Ière ligne de la structure. C’est franchement nouveau et réussi. La bouteille est présentée en rondelles, comme le serait un saucisson qui rimerait avec citron. Les rondelles coupées portent la couleur du fruit, de la bière à l’intérieur, presque de l’or liquide, à boire frais. En guise de peau de citron, c’est du verre vert qui ressemblerait presque à de peau de concombre, si c’en était bien un. La bouteille posée à plat et découpée trace une Ière ligne de structure légèrement en oblique, qui surgit de l’arrière du verre. Et c’est là que la réussite est grande, car la star, ce n’est pas elle ou plus elle –la bouteille -, c’est maintenant le verre de bière à l’admirable couleur jaune. C'est la bière devenue une véritable star d'or. On voit bien la mousse et la rondelle de bière d’un jaune lumineux composé de bulles fines comme posée sur le bord dans la mousse crémeuse de cette bière Heineken.

2. Une autre diagonale part en oblique de la marque sur le verre, passe par l’étoile située juste à la jonction entre le liquide et la mousse, continue à travers la rondelle à bulles et rejoint l’étoile du bloc marque situé en haut à droite.

3. Pour encore renforcer cette première structure constituée par ces deux lignes qui se croisent à la hauteur de la marque sur le verre, une autre en arrière va permettre de dynamiser le bas du visuel. Dans le coin gauche en bas, le verre se reflète sur l’assise verte, comme si la lumière venait de l’intérieur du verre, de la bière elle-même. Cette lumière, qui part de la bière contenue dans le verre, pour se refléter en dehors du verre en bas, permet aussi d’éclairer de l’intérieur la rondelle jaune à bulles en passant par l’étoile rouge en haut.

4. Il reste à vous parler de la dernière structure qui relie les trois étoiles rouges entre elles. Elles forment cette fois-ci un triangle dont le sommet est placé en haut à droite du nouveau logo d’Heineken, relie le verre et la bouteille qui portent chacun également l’étoile rouge.

5. Et pour encore densifier le visuel, cette fois-ci ce sont les différents verts du fond, avec en particulier la ligne oblique entre le vert plus foncé du haut et le vert lumineux du bas éclairé par la triple source lumineuse formée par le jaune d’or de la bière du verre, de la rondelle et de la bouteille qui vont servir de faire-valoir pour accentuer la profondeur du visuel, encadré par un vert uniforme de bordure pour bien montrer la maîtrise globale de l'ensemble.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Synthèse : Avoir réussi à mettre la marque en valeur, assurément. Utiliser les couleurs dans un jeu dynamique oui ; créer une structure à la fois fine et efficace pour donner une réelle dynamique de marque qui fait constamment le lien entre la bière en verre que l’amateur de bière a presque la sensation de tenir en main, avec ses 3° C, triple oui, avec beaucoup d’humour et de finesse, sans prononcer de mot autre que « Be Fresh », dans un jeu visuel étonnamment sophistiqué… Le tout est une franche réussite pour montrer que la marque et l’entreprise qui la porte ne sont là que pour la satisfaction de l’amateur éclairé…dans un jeu fabuleux de stratégie de captation de l'espace visuel par le regard de façon à obliger l'oeil à parcourir la composition mise en scène par l'équipe de publicitaires pour imprégner l'esprit du message publicitaire. Pour preuve, regardez la position de la signature de Publicis: elle est placée sur le côté gauche externe, au milieu du visuel, à hauteur du galbe vert du verre, au début de la ligne médiane principale de la bouteille-saucisson.   

                                                                          *

Juste un autre visuel avant de finir, pour vous montrer l’importance du verre dans l’appropriation de la boisson par l’amateur. C’est le visuel que j’appelle « La dernière goutte » d’or qui ressort sur un fond vert avec certaines des composantes du visuel n° 1. A vous de juger. Et j’arrête là… sinon vous allez vous plaindre que le billet est trop long. Ce qui est déjà le cas !

 

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Heineken, telle que la marque se présente sur http://www.heinekenfrance.fr/avertissement/  et voir les campagnes actuelles sur http://www.heinekenfrance.fr/media/communiques-de-presse/

 . Retrouver l’historique sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Heineken  

. Voir aussi l’album de quelques photos Heineken sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/album-1352309.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, le premier visuel m’avait été adressé en son temps directement par l’entreprise que je remercie, le second –l’humour du saucisson- forme la 4 de couv. du Monde Magazine du 26 juin 2010, et le troisième forme la 4 de couv. d’un magazine de publicité en date du 5 juin 2010.

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Une belle boîte de chocolat Poulain, Lacta Poulain, début du XX siècle

25 Avril 2016, 17:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

*Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

C’est une de ces petites trouvailles que l’on peut découvrir quand on s’apprête à quitter une maison de location qui avait été occupée pendant des années par les anciens propriétaires ainsi que par une locataire d’été. Il s’agissait d’une dame d’un âge certain vivant sur la Côte d’Azur et qui revenait chaque été dans sa région d’origine en Val de Loire pour bénéficier du bon air ligérien et de sa relative fraîcheur estivale. Une fraîcheur bien réelle pour elle qui ne supportait pas en outre la foule se pressant l’été au bord de la Méditerranée. Elle occupait la majeure partie aménagée du Ier étage et les combles à titre de grenier. C’est là que se trouvait en particulier cette boîte, sous une poutre qui soutenait la toiture, coincée tout près du mur. 

La boîte de carton. Ses dimensions. Le couvercle  mesure 20,4 cm de long et 11,2cm de large, la partie inférieure est donc quelque peu plus petite, 20 x 10,5. Seule la partie supérieure externe du boitier comporte des indications, au contraire de la partie inférieure qui fait socle. La partie supérieure comporte une face avant très travaillée ; ses quatre faces latérales comportent par deux fois les mêmes mentions, en longueur « CHOCOLAT POULAIN » en longueur er « Boite de 24 Tablettes » en largeur.

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Les couleurs du boitier sont au nombre de trois, avec un traitement différencié pour chacune d’entre elles. . La couleur la plus couvrante est le vert, une teinte qui de nos jours ne viendrait pas  à l’esprit pour du chocolat. En fait il faudrait parler des verts tant il y a de subtilité.

. Commençons par la couleur du fond, c’est un vert léger, jauni, un peu passé. La partie figurant dans le rectangle dans lequel s’inscrit le dessin, est d’une tonalité un brin plus soutenue. Ensuite on trouvera un vert foncé plus consistant, très présent d’autant qu’il est associé au noir.

. Le noir est intimement associé à l’ensemble de plusieurs façons, d’abord parce qu’il sert à structurer le décor rectangulaire à grille, qui lui-même comporte un rectangle noir en bas, du dessin, sur lequel se détache le nom de la marque en négatif, vert clair jauni sur fond noir. Au-dessus figure un panonceau richement orné de forme globalement rectangulaire, avec deux décrochés dans le bas, comme des amorces de pilier, qui semblent reposer sur le long ruban noir. C’est la fenêtre du haut, celle qui porte le prestige. La partie haute est adoucie de deux courbes qui se rejoignent presque au centre, pour enserrer un médaillon en forme de coquillage ou de fleur de lotus, pétales en haut et des langues racinaires vers le bas. .

. La troisième couleur est le rouge qui se décline en rose clair, en commençant par la plus claire des deux couleurs. Une volute de feuillage et de fleurs orne toute la bordure de de ce rectangle ornée d’une bordure rose, elle-même entrelacée d’un ruban vert. C’est une façon douce d’annoncer le lien avec les médaillons rouges entourés de vert. L’important est en effet d’accrocher des deux côtés de l’ovale les deux médaillons rouges contenant le petit poulain emblème de la marque, qui figure en gros caractères au milieu. Plus tard la silhouette d’un seul poulain toujours associé à la marque sera placée au-dessus des lettres, en oblique, comme s’il s’apprêtait à sauter l’obstacle.

L’objectif premier de cet encadrement très valorisant a été de mettre en valeur un médaillon de forme ovale lui-même entouré de fin liseré de feuilles, qui contient le nom de la marque. CHOCOLAT POULAIN figure en rouge en lettres d’imprimerie composées de rayures horizontales alternées de points et ou de traits de couleurs rouges, avec un des bords de la lettrine renforcé d’un trait rouge continu. L'ensemble montre l’importance de la présentation raffinée de ce chocolat à une époque très ouverte non seulement sur l’Art nouveau et sur la publicité, qui associés ont su défier le temps.

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’histoire de la marque Chocolat Poulain dont le siège était à Blois https://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat_Poulain   

. Voir le site actuel de la marque sur http://www.chocolatpoulain.fr/#/home  

. Photos Elisabeth Poulain, * l'étoile signifie que la photo est un extrait pour tenir compte des contraintes du système.  

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Le bestiaire de la pub > Le Pingouin > La peinture Pingouinlack > 1948

22 Mars 2016, 18:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

L’objet du billet. Il s’agit de vous parler, vous l’avez compris, d’un pingouin tout heureux d’avoir été choisi pour vanter les mérites d’une peinture « moderne », comme on disait à l’époque. Son slogan est « Pingouinlack peint tout et partout » comme il est marqué à la droite de l’échelle sur laquelle se tient notre animal. Tout en bas figure un slogan qui résume ce qui visiblement ne se discute pas : c’est « la meilleure peinture émailée. »

Ce pingouin est clairement « humanisé » de façon à pouvoir tenir de sa "main" gauche un pinceau tout en s’accrochant fermement de sa "main" droite à une échelle qui n’est guère plus grande que sa hauteur à lui. L’objectif n’était pas de mettre en valeur ses capacités de peintre, mais bien plutôt de mettre en lumière le grand pot de peinture sur lequel il a posé sa patte gauche et les pots blancs et bleutés qui l’entourent. C'est une façon souvent utilisée dans la publicité pour capter l'attention des lecteurs. En 1948, c'était aussi franchement nouveau.
 

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

La comparaison entre ce pingouin de publicité et un vrai pingouin montre plusieurs différences, qui portent essentiellement sur les bras, qui dans le dessin sont beaucoup plus longs et articulés de façon humaine. Ce n’est pas le cas dans la réalité pour l’animal qui s’en sert essentiellement pour nager, comme avec des palmes. Dans le dessin, il s’agit de lui permettre de sa main droite de tenir l’échelle et de la gauche son pinceau vers le haut. Par ailleurs son bec a été allongé pour rendre la tête plus visible , tandis le dessus du bec supérieur a été redessiné de façon à rendre la courbure moins prononcée. Ce pingouin a l’air de sourire, tant il est content et fier de peindre avec cette peinture Pingouinlack écrite en lettres rouges.

Aucune indication n’est donnée sur l’auteur de la peinture émaillée, ni sur le nom ou la localisation de l’émaillerie belge. Seule l’année est indiquée, précédée de deux lettres « Ca 1948 ». Et c'est donc ainsi que se termine cette petite histoire d'un pingouin-peintre professionnel  heureux...

 

                                                                            *

Pour suivre le chemin

. Cette plaque émaillée figure dans le catalogue « Salorges Enchères », du 18 décembre 2010, 8 bis, rue Chaptal, BP 98804, 44188 Nantes cedex 4, Tél 02 40 69 91 10, kac@interencheres.com  en page 4

. Le grand pingouin https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Pingouin  

. Le manchot, qui a pour signe distinctif d’avoir deux tâches jaunes de part et d’autre à la base du cou https://fr.wikipedia.org/wiki/Manchot_empereur  

. Lire un autre billet sur le pingouin sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2015/11/le-bestiaire-de-la-pub-le-pingouin.html  en date du 5 novembre 2015 pour une publicité Dun & Bradstreet France en provenance de l’Essentiel du Management juillet 1999.

. Cliché Elisabeth Poulain

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