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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #elisabeth poulain

WBW52 > Les Habits des Vins d'Expression > Le bouchon

23 Novembre 2009, 15:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le bouchon est si directement relié au vin qu’il est plus important que la forme de la bouteille elle-même. Il est si fondamental qu’il ne saurait y avoir de grand vin sans bon bouchon ou de vieillissement en bouteille possible. C’est dire son importance. C’est le bouchon qui fait la bouteille au sens premier du terme, si non il faudrait parler de carafe. Il n’est pas une pièce de l’habillage mais un élément aussi important que le tonneau, son prédécesseur, dans le cycle du vin.

 

Les soucis qu’il cause aux vignerons sont à la mesure de l’importance qu’ils lui confèrent. Il leur faut déterminer la qualité du liège, sa composition, sa longueur… Pour s’en convaincre, le chiffre inscrit en mm sous la bouteille donne l’indication de la hauteur  entre le haut de la bouteille et le niveau du vin: plus le chiffre est élevé (70mm), plus le bouchon sera long de façon à assurer une meilleure protection au vin et, en principe, meilleur doit être le vin. Car nul ne prendrait le soin de sélectionner un bouchon coûteux pour un vin sans attrait qui ne présente aucune capacité de garde. Les bouteilles à haut col donnent une image de qualité, à vérifier bien évidemment lors de la dégustation. C’est en particulier le choix de :

- Jacky Blot du Domaine de la Taille aux Loups pour ses Montlouis,

- Eddy Oosterlynck du Domaine de Juchepie pour ses Coteaux du Layon-Faye d’Anjou… 

                         

L’attachement au bouchon.

On garde les bons bouchons ; on les emporte en quittant le restaurant ; on les palpe pour ce toucher comparable à la peau, si vivant, doux et dense à la fois. Le liège est inimitable, surtout en France, le pays qui aime déboucher une bouteille avec un tire-bouchon. Le bouchon devient un media de communication. On y porte feuilles de vigne et grappes, son nom, celui du domaine, le portail entrouvert du château, le château, son emblème graphique, son numéro de téléphone ou des dessins. Traditionnellement c’est la mention ‘Mise en bouteille à la propriété’ ou ‘au château’ qui est portée dessus avec des variantes comme ‘au domaine, dans nos caves, aux chais ou dans la région de production’. Quelques exemples :

 

- Frédéric Brochet d’Ampelidae porte une grande attention à l’habillage de la bouteille et n’oublie pas le bouchon sur lequel il fait figurer le nom du domaine un dessin du château de Marigny-Brizay France, ou une guirlande joyeuse avec petits bonhommes et petites bonnes femmes sous des grappes plus grosses qu’eux sous le commentaire « vendangé dans la bonne humeur ».

 

- Bénédicte de Rycke signe ses bouchons de vins de Jasnières et de Coteaux du Loir, indique le millésime et précise que la mise en bouteille se fait à la propriété. Le tout encadré comme un message écrit sur le bouchon couché.

 

- Olivier Cousin précise le type de vin, Anjou, indique son nom et son numéro de téléphone dans un encadré aux coins inversés sur une face. L’autre face de ce bouchon qui se tient droit, c’est un des rares exemples de ce type, est occupé par son emblème graphique, un gentil monstre mi-Neptune, mi-Bacchus qui s’accroche à une ancre.

 

- Mark Angeli indique sur un bouchon long le millésime, le nom de son domaine –un terme qu’il récuse - la Ferme de la Sansonnière, le nom la parcelle d’où provient le vin, Les Gélinettes, avec pour illuminer le tout, son emblème, une licorne en blason. On comprend aussi pourquoi le bouchon est si haut

 

L’évolution actuelle

Elle se fait dans deux directions, par la matière synthétique utilisée pour le bouchon ou par la capsule à vis.

 

Le bouchon synthétique a ses partisans en particulier pour des vins prêts à boire et dont la contenance de la bouteille est adaptée à la consommation des participants. Difficile souvent de remettre le bouchon sur la bouteille entamée et non vidée. Son principal avantage est la sécurité qu’il offre. Il est sans mauvaise surprise. Un de ses inconvénients est son aspect lisse, inerte et sans mystère qui oblige à vitaliser sa surface en faisant figurer des mentions dessus ou en utilisant la couleur : noire, ivoire, rose, orange… Les bouchons de couleur forte en particulier connaissent un succès étonnant  pour le lancement des rosés.

- Wilfrid Rousse, qui a par ailleurs une belle collection de bouchons de bonnes bouteilles bues, s’est vu dévalisé pour son Rosé de Saignée à l’étiquette aux allures d’explosion de vie et au bouchon violet assorti.

 

Pour la capsule à vis, le pas a été sauté dans les années 1970 en Australie et en Suisse. En Loire, la situation reste peu ou prou figée, tant les habitudes sont tenaces. Mais il est des innovateurs convaincus.

- Florent Baumard a pris cette décision pour tous les vins du Domaine, au regard des essais très concluants faits au bout de 25 ans entre des vins identiques.

 

- David Levin et Thierry Merlet du Domaine Levin ont doté le Loire Sauvignon Blanc Levin, essentiellement orienté vers les marchés anglo-saxons, d’une capsule de qualité pour leur bourguignonne feuilles mortes à étiquette noire avec des mentions argent à chaud.

 

La troisième voie

C’est celle qui est choisie par Philippe Gilbert avec une bourguignonne dotée d’un bouchon de verre pour un Menetou-Salon 2007. Le bouchon de verre connaît une belle percée en Allemagne, en Autriche et en Alsace. C’est une belle réussite au plan technique : chaque bouchon est dotée d’une bague plastique qui assure l’étanchéité entre les deux parois de verre.  

 

Le jeu                                                         

La bouteille peut n’avoir enfin ni bouchon ni capsule à vis et pourtant contenir du vin. Elle a en ce cas un bouchon de porcelaine fixé à une bouteille de type limonade.

 

916. Son nom, Fildefer avec un x sur le ‘e’ parce qu’il y a une faute évidemment volontaire. C’est un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Sauvion.

 

Pour suivre le chemin

. Lire le plaidoyer de Florent Baumard en faveur du bouchage à vis sur http://www.baumard.fr/

Il explique avec beaucoup de passion et de persuasion  que le choix du bouchon à vis n’est certainement pas un compromis, mais l’assurance de la qualité. Au regard de l’attente des amateurs de vin et des distributeurs, il n’est plus possible à un vigneron de décevoir et de jouer sa renommée ainsi au jeu du hasard du goût de bouchon. Le bouchon à vis est aussi plus respectueux du développement durable.

. Philippe Gilbert a présenté ce vin en bouteille bourguignonne et bouchon de verre au Salon des Vins de Loire 2008. C’est un test qu’il a fait pour une série de 3 500 bouteilles. Dans une interview à Ouest-France, le vigneron, qui a converti son domaine à la biodynamie, explique que l’utilisation du bouchon de verre modifie la nature même de la bouteille qui « devient une carafe. On la débouche comme un flacon de parfum. C’est un autre charme plus féminin ». 

www.domainephilippegilbert.fr

. Prochain billet sur les partenaires de la bouteille.

. Photos EP

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2007, pour débuter

31 Décembre 2006, 11:44am

Publié par Elisabeth Poulain

     

Je suis intervenante dans l'enseignement supérieur et en entreprise en marketing international plus spécialement tournée vers les comportements alimentaires et les styles de vie. C'est le vin qui m'attire tout particulièrement parce qu'il est impossible d'en parler simplement . En outre il constitue à lui seul une magnifique porte d'entrée sur la connaissance de la société française, de nos sociétés... Parce qu'il n'est pas possible de parler de la France comme d'une île qui n'aurait aucun contact avec les autres pays ni communautés. A ce titre, je suis aussi forcément internationaliste.

 

Internationaliste aussi parce que je suis une alsacienne vivant en Pays de Loire. Mon père né en 1904 à Mulhouse et ma mère née en 1912 à Hagueneau sont nés citoyens de l'empire allemand sous la houlette du "Kaiser Wilhem". A quelques années près, je n'aurais pas pu parler de mon pays "la France".

   

Les Pays de Loire est la région de lieu de travail et de vie que nous avons choisie, mon mari et moi, quand nous avons quitté  Paris où nous étions tous deux cadres supérieurs, mon mari dans la banque  et moi à la Coface (Compagnie française d'Asuurance pour le Commerce Extérieur).

   

C'est aussi là que j'ai redécouvert une civilisation ouverte sur le vin, ceux de la Loire évidemment. Quand mes étudiants avaient besoin de trouver un responsable d'entreprise susceptible d'être intéressé par "une action" (c'est une mission pédagogique que l'étudiant accomplit à son initiative le plus souvent, sous le contrôle de l'enseignant et dans le cadre des directives de l'entreprise), je leur conseillais toujours d'aller voir les "petits" vignerons afin de les aider à démarrer l'export. Mes étudiants ont pu ainsi découvrir la réalité d'un métier; plusieurs d'entre eux travaillent maintenant dans le vin, en France et à l'étranger.  

   

Depuis plusieurs années maintenant, je travaille essentiellement dans et pour le vin et les vignerons que ce soit par les interventions aupès des viticulteurs ou par les recherches que je mène dans la filière vin. Après avoir découvert les vins de Loire grâce à celles qui y travaillent ("Le vin aussi est affaire de femmes"), je poursuis ma recherche par "l'étude de l'habillage de la bouteille de vin de Loire" qui sera prête à déguster bientôt!  

 

Au travail et bonne année.   

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