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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #interculturel

3 cartes postales d’Alsace avant, pendant & après la guerre de 14-18

18 Octobre 2018, 17:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

Carte postale, Souvenir de Hagueneau, Polnischer König, Cliché Elisabeth Poulain

Carte postale, Souvenir de Hagueneau, Polnischer König, Cliché Elisabeth Poulain

Ce sont là trois  « pépites »  rares par définition, qui témoignent d’un passé pas si lointain quand l’Alsace-Lorraine parlait non seulement en allemand mais aussi en français (carte postale n°1). Re-devenue française à la (première) « Libération », elle a retrouvé sa bonne langue  française (CP n°2)  et enfin  c’est la beauté de certains paysages des Vosges   qui a pu être mise en valeur à nouveau (CP n°3).

. La carte postale n°1 « Souvenir de HaguenauPolnischer König » (Traduction de l’allemand « Le roi de  Pologne »).

Le recto montre à voir un ensemble important de bâtiments avec à gauche une grande maison en au toit très pentu parce qu’on aperçoit deux fenêtres en avancé sur le toit  avec leur propre petite toiture et ceci des deux côtés. Peut-être même y en a-t-il une autre à sa gauche mais elle est cachée par la ramure d’un arbre planté du côté de la route passant devant cet important ensemble immobilier. Deux cheminées sont fichées au faîte du toit.

. Le bâtiment du fond semble être une grange, sans fenêtre visible. Un sapin en outre masque la façade de ce bâtiment.   

. Quant à la maison à droite du cliché, elle se présente de face sur une belle longueur ; la porte ouverte et sans volet semble être l’entrée principale du bâtiment important par sa longueur. Un autre argument est que le portail de l’ensemble est ouvert juste en face de cette porte de la maison.  On aperçoit sur le toit pentu quatre cheminées me semble-t-il.

Remarquons enfin qu’on est en hiver car aucun arbre n’a de feuille, ce qui permet d’avoir la vue non seulement sur les différents bâtiments mais aussi sur le haut mur par devant. Pour le portail, on voit sans peine les deux colonnes auxquelles sont accrochées les vantaux  en métal plein pour le bas et ajouré pour le haut. 

L’arrière de la carte postale (14cm de long sur 9,2cm de haut) ne donne aucune information particulière. La seule remarque qui puisse être faite, est que la partie réservée à l’adresse est de 8 cm contre seulement 6 pour l’espace dédiée à la correspondance. L’endroit dédié au timbre est un petit carré de 2cm sur 2 en haut à droite…  

Carte postale, Photo Jeune Alsacienne, Cl. Elisabeth Poulain

Carte postale, Photo Jeune Alsacienne, Cl. Elisabeth Poulain

. La carte postale n°2 montre une jeune fille, habillée en  « Alsacienne » avec la fameuse coiffe fixée dans les cheveux  avec des épingles, sans que je puisse vous dire de quel canton elle était. On discerne des dessins de fleurs dans sa coiffe de couleur noire avec des fleurs vraisemblablement brodées sur ce grand ruban,  comme toute sa tenue, avec également un bouquet de quelques fleurs à la main. Cette carte a été coupée dans sa partie droite au recto, ce qui explique que je n’ai aucune information sur la ou le destinataire. Au verso, il est seulement indiqué « Souvenir de notre fête de libérati… mes sincères salutations, MF »  écrit en français à la plume trempée dans de l’encre noire, en lettres romanes pour le texte et en lettres gothiques pour les  trois lettres majuscules que j’ai soulignées ici dans ce billet. Les deux seules indications, qui peuvent être ajoutées  montrent la disproportion entre la partie dédiée à l’adresse beaucoup plus grande que celle destinée à la correspondance : la carte postale mesure 13,8cm  de longueur, dont 7,6cm sont affectées à l’adresse. Quant à « la libération », elle ne peut être que celle de 1918. 

A bien examiner cette carte, je m’aperçois que la très sérieuse jeune fille pose devant un décor peint sur une toile qui forme le fond. On le devine au « sol » sur lequel reposent ses pieds, à l’aspect  « papier froissé » où  se poursuit un décor d’un sentier qui part en montant à angle droit vers la gauche.

Carte postale-41 Saverne - le Haut Barr - L'Hôtel, Cl. Elisabeth Poulain

Carte postale-41 Saverne - le Haut Barr - L'Hôtel, Cl. Elisabeth Poulain

. Il me reste à vous parler de la carte postale n°3 qui  doit être la plus « récente » des trois pour plusieurs raisons. Il s’agit d’une vue de l’Hôtel du Haut Barr à Saverne. Elle est entourée d’un liseré beige-jaune, sur lequel figurent et les noms de la ville et le lieu et l’Hôtel, avec pour la première fois une signature « CAD » dans un triangle, juste avant l’intitulé total « 41 Saverne - LE HAUT-BARR – L’Hôtel ».

On peut admirer une vue prise d’en haut d’où l’on domine  l’hôtel en premier plan à droite qui semble être un mélange de manoir mi-alsacien mi-normand, avec les poutres de structures visibles et de curieuses baies cintrées vitrées en rez-de-chaussée surélevé avec à côté une avancée vitrée qui devait servir de véranda l’été. Quant aux ruines en arrière de l’hôtel, on peut imaginer que ce sont celles du « Château de Haut-Barr, L’œil de l’Alsace (Saverne) ».  

Il m’est difficile de vous en dire plus car la carte postale a dû être collée sur  un cahier par exemple, de sorte que j’ai du mal à lire, ce qui est indiqué au verso. Je devine, sans garantie de ma part, les mentions suivantes : « Hôtel, Restaurant, pension, A. Fockré, Le Haut-Barr (Saverne), Ouvert toute l’année, Téléphone 125. »

La carte mesure 14 cm de long, 9,2cm, bordure incluse. Au verso, la part réservée à l’adresse est plus grande que celle affectée au message, avec pour la première fois, en signe de « modernité » l’éditeur et son adresse à Strasbourg. J’arrive à deviner les termes d’ « … Arts mécaniques, Strasbourg …» écrits en tous petits caractères en position verticale pour séparer la partie droite dédiée à l’adresse du destinataire de la partie « correspondance »…   

A cette petite histoire de trois cartes postales, que j’ai trouvées dans une boîte, dont deux sont originaires du Bas-Rhin –Haguenau  et Saverne -  et l’autre  du Haut-Rhin avec la jeune Alsacienne, je ne peux rien ajouter  de plus que ce que je vois aujourd’hui et dont je viens de vous parler…    

                                                                           ***********                  

Pour suivre le chemin, consulter

. Haguenau, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Haguenau#La_Première_Guerre_mondiale_à_Haguenau  

. Pour le Château du Haut-Barr, voir https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ch%C3%A2teau_Haut-Barr.jpg

. Clichés Elisabeth Poulain

 

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Un poudrier ancien avec des fleurs dessus, poudre & houppette dedans

6 Juillet 2018, 17:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Poudrier ancien avec des fleurs sur le boitier, houpette, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien avec des fleurs sur le boitier, houpette, Cl. Elisabeth Poulain

Ce poudrier est un petit objet qui a  un lien fort entre les fleurs et la femme. Il a pour fonction de rendre celle-ci plus belle ou du moins de lui  donner l’impression de l’être. C’est un cas concret de la célèbre locution, à prendre au premier degré pour le poudrier, « Miroir, mon joli miroir, dis-moi que je suis la plus belle » même quand on l’est déjà et bien sûr aussi et surtout quand on ne l’est pas. C’est bien sur ce ressort que jouent la flatterie et …la publicité, même quand ce terme n'existait pas.  

. Visiblement il a déjà beaucoup servi. Le boîtier est bien usé, comme on peut le constater en voyant le dessous. On dirait un plastique de couleur rouille légèrement transparent là où il est le moins épais. Il est fissuré aux quatre angles. C’est presque ce socle qui constitue le premier niveau qui est presque le plus étonnant tant il donne une impression d’avoir « vécu » en tant que premier niveau, celui qui porte tout !

Poudrier ancien avec des fleurs sur le boitier, dessous, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien avec des fleurs sur le boitier, dessous, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien ouvert, avec poudre, houppette & miroir, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien ouvert, avec poudre, houppette & miroir, Cl. Elisabeth Poulain

. Le couvercle du poudrier. II ne  sert pas seulement à fermer le poudrier de façon à pouvoir l’avoir avec soi dans son sac à main. En effet une « Dame bien née » n’a pas le nez qui brille ! D’où l’importance de la poudre du poudrier qui donne son nom à cet objet de beauté sur laquelle je reviendrai. Ce couvercle rond  est légèrement bombé pour donner de la vie aux fleurs.

Encore faut-il savoir si son nez ne brille pas? Si non d’un geste discret, la dame en question ouvre son poudrier et se regarde sur le miroir qui est placé à l’intérieur du poudrier, du côté du couvercle. Si, horreur, la réponse du miroir est oui : un petit coup de houppette et hop un tout petit peu de poudre de riz cache cette brillance affreuse. Encore faut-il avoir choisi la bonne teinte, celle qui est adaptée à votre  teint…pour que la poudre se voie à minima. 

. Le miroir est donc un élément fondamental du poudrier, tout autant que le support qui "porte" la poudre. Si on ne peut pas voir son visage, à quoi pourrait servir un poudrier avec sa houppette à l’intérieur? Il assure aussi la solidité du couvercle. Le verre lui-même a mal vécu ; il porte des petits trous en partie gauche qui montrent que le métal qui permet le reflet a été attaqué par l’humidité.     

Poudrier ancien, dedans avec poudre, grille fine, houppette & miroir, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien, dedans avec poudre, grille fine, houppette & miroir, Cl. Elisabeth Poulain

. Parlons maintenant enfin de  la poudre qu’on ne voit pas au départ ; ce n’est pas étonnant quand on découvre qu’elle « se cache » sous une grille en tissus très fin de façon à optimiser la quantité prélevée par la houppette,  juste ce qu’il faut, mais pas plus. Difficile de vous donner la teinte , tant il doit exister de nuances et d'effets de mode.

. J’en arrive maintenant à la houppette, qui est cette petite touffe de fourrure d’une légèreté et d’une douceur étonnantes.  Sa couleur tire vers un jaune très doux, teintée évidemment de rose au contact avec la poudre ! Après quelques recherches sur le Net, j’ai trouvé que ce ne peut être que du duvet de cigogneau, le petit de Madame et Monsieur Cigogne. 

Poudrier ancien, couvercle avec fleurs, houppette, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien, couvercle avec fleurs, houppette, Cl. Elisabeth Poulain

Il est grand temps de vous parler des fleurs. C’est certainement la partie qui a le plus vieillie au fil du temps. Je  vois deux roses imprimées sur une toile très fine collée sur le fond solide. La rose placée à gauche est rouge-rose, celle de droite est jaune, avec deux boutons rouges et des fleurs qui pourraient être des iris dans le fond. Pour compléter, on voit du feuillage de différents verts… Le fond sur lequel sont posées ces fleurs a  jauni. En outre il est taché en divers endroits, notamment près du bord, là où se trouve le débord.  Il semble y avoir des coulures blanches vers le haut de cette peinture sur tissus cerclée de cuivre.

Et ce petit objet raffiné, qui date de si longtemps,  ne doit surtout plus être  utilisé, en tant que poudrier contenant de la poudre. En effet tous les composants doivent dater d’avant la seconde guerre mondiale, à commencer par la poudre bien sûr, la houppette... sans pouvoir citer  bien sûr le type de colorant et des produits X ou Y... de la composition pour rendre cette  poudre encore plus attirante. C’était une autre époque…

Poudrier ancien, avec des fleurs sur le couvercle, sur fond vert végétal, Cl. Elisabeth Poulain

Poudrier ancien, avec des fleurs sur le couvercle, sur fond vert végétal, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir les généralités sur  le poudrier sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Poudrier_(maquillage)

. Des modèles divers et variés à acheter sur  https://www.ebay.fr/b/Poudrier-ancien/bn_7006314703

. A ma grande surprise, on trouve  actuellement sur le net encore énormément de poudriers avec leur houppette.  

. Clichés Elisabeth Poulain 

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En un siècle & +, le retour de la vogue de la barbe, de la moustache

29 Juin 2018, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre que je vais développer pour être plus précise. Il ne s’agit en aucun cas de vous raconter la longue histoire de la barbe et de la moustache chez l’Homme depuis la nuit des temps. Je me verrais mal en effet vous conter celle de l’Homme de Néandertal qui ne devait connaître ni le concept, ni l’outil, encore que des silex puissent être aussi coupants qu’un rasoir affûté.  L’objectif de ce billet est beaucoup plus modeste. Dans l’hebdomadaire, La Vie illustrée, dont je ne possède que l’exemplaire du 23 mars 1899, j’ai choisi de prendre de préférence des exemples dans des dessins ou photos d’hommes dans des visuels publicitaires qui ne portaient d’ailleurs pas ce dernier  adjectif.   On ne parlait pas alors non plus  d’ « annonce », comme dans L’IllUSTRATION ni naturellement de « réclame ». Dans La Vie Illustrée, il y avait en outre une autre différence concernant le nombre élevé de photos, pour l'époque bien sûr.

. Les annonces publicitaires n’avaient pas de désignation particulière. On les repère à leur thème ainsi qu’à leur localisation au verso  de la première page de couverture en page 2 donc, ainsi qu’en page 3 et 4 de la fin du magazine. Cette couverture en outre était faite d’un papier mat plus épais et de couleur rose passée avec le temps. La pagination de ce n°23 est en outre  franchement curieuse. Elle ne commence pas au recto de la page  de couverture, ni d’ailleurs à la page suivante qui n’avait pas non plus de numéro parce qu’elle formait une autre page de couverture cette fois-ci interne au magazine. Donc la pagination débute « en vrai »  à la page 292 pour se terminer en page 302, ce qui donnait 11 pages de texte avec de nombreux dessins et photos.

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Le premier exemple tiré de ce  magazine « La Vie Illustrée n° 23 » montre  que les bons usages de la société intégraient  la barbe chez les hommes dans les codes visuels de la réussite sociale . Un homme bien né portait la barbe, qui devait toujours être  soignée.

. Au recto de la page 1 de la couverture de couleur rose moyen un peu terne - en langage actuel – se trouve la plus belle réclame qui a pour nom «  MODES de PRINTEMPS 1899 » (dimensions de la page 6 x 28 cm et celles du dessin 31 x 22 cm) . On y voit sept hommes avec chapeau,  six sont des « quadras » et celui de droite est visiblement plus âgé. Un seul tourne le dos ; c’est le seul dont  on ne saura jamais s’il a une moustache, une barbe…

. Celui de gauche – le n° 1- a une moustache fine au-dessus de la lèvre supérieure.

. Le n°2 porte un collier taillé en carré horizontal en bas qui passe devant le pavillon des oreilles et qui est rejoint à la hauteur des commissures des lèvres par une moustache bien fournie mais sans excès. C’est le plus chic avec son haut de forme noir, sa redingote droite, sa canne…

. Le n°3 porte une moustache plus fournie que le n°1, avec cette fois-ci des pointes qui rebiquent vers le haut. Il porte un chapeau melon.

. Le n° 4 au milieu, celui qui a un chapeau qui ressemble plus à un chapeau actuel, porte une moustache fournie tombante.

. On ne sait rien du n°5, si ce n’est qu’il fume un cigare  et qu’il semble avoir un chapeau d’une taille en-dessous.

. Le n°6 ressemble beaucoup au n°2 dans sa posture : ses cheveux s’arrêtent au milieu de l’oreille et sa barbe, qui se termine en pointe, commence à pousser après le lobe de l’oreille. 

Le n°7, pour finir, est un Monsieur qui porte fièrement un panama de paille tressée avec un gilet clair et un nœud papillon…

Le texte suivant suit le dessin, signé par  V.Leer.SC dans le coin droit en bas : « Nous avons l’honneur de présenter à nos Lecteurs les dernières créations de la Mode masculine pour le printemps 1899, d’après le High Life Tailor, ce qui leur donnera un aperçu de ses merveilleux Costume complets sur mesure à 69fr.50 et ses superbes pardessus Covert-Cout à 59fr. 50. »

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

En page 3 de couverture - c’est-à-dire toujours rose un peu foncé - figurent trois dessins  tous de dimensions et de formes différentes.

. Le plus grand dessin (16 x 13,5cm), qui  se trouve en haut à droite  de l’avant dernière page, reproduit un dessin de V.  Rose. L’annonce met en lumière des « PATINS-BICYCLETTES pour la Route »  de marque RICHARD-CHOUBERSKY, 18 Rue du Quatre-Septembre, PARIS. La paire est à 80 francs, la vente au comptant ou en location et le catalogue est franco sur demande.

On voit le héros en partie droite du dessin qui avance tout en faisant tourner ses petites roues, le pied gauche d’abord bien à plat, accompagné du pied droit qui stabilise, le patin en oblique en arrière. Il donne l’impression de suivre son frère jumeau devant lui, le corps plus incliné vers l’avant avec son pied droit cette fois-ci qui semble freiner en plaçant le patin-bicyclette de biais. Remarquez la position du bras et de la main qui tiennent la canne que je n’avais pas encore citée. Elle était tout autant que le chapeau et la barbe, un élément du code statutaire de l'époque.

Pastilles Geraudel,  La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

Pastilles Geraudel, La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

. Le second dessin se trouve à mi-page du côté gauche en bordure intérieure de la page intérieure de la couverture qui n’est ni numérotée ni titrée. Elle fait face à la page 302, la dernière de ce Journal hebdomadaire. Ses dimensions sont plus modestes (9cm de haut sur 6,3cm). Le petit rectangle est placé quasiment à mi-hauteur. Il est composé de trois parties : un dessin de trois hommes, dont on ne voit vraiment que le premier qui est un vieillard. C’est son  chapeau haut de forme de couleur noire qui attire l’attention et fait glisser le regard jusqu’à sa barbe blanche ébouriffée qui remonte jusqu’aux oreilles, une moustache importante  et des cheveux blancs qui sortent du Haut de Forme.

Ce Monsieur âgé, à la moustache et la barbe non soignées, porte un panneau sur la poitrine où figure le slogan suivant « Si vous toussez, prenez des PASTILLES  GERAUDEL ». Peut-être porte-t-il aussi une  pancarte dans le dos, pour équilibrer la charge,  comme les hommes - sandwichs new-yorkais. Le texte suivant explique les bienfaits des Pastilles Géraudel  :  « Imprégnez vos poumons des bienfaisantes émanations du goudron de Norvège pur et vous serez à l’abri de toutes maladies pendant l’hiver. Les Pastilles Géraudel se trouvent dans toutes les pharmacies. Se défier des imitations. »

Elixir Saint-Vincent de Paul,   La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Elixir Saint-Vincent de Paul, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Il me reste à vous parler du dernier encart publicitaire qui est tout en bas de la page sur ce papier rose éteint, en partie gauche 13,3cm de longueur sur 2 cm de hauteur. Dans ce très petit espace par définition difficile à utiliser, le  dessinateur de la maison a réussi à insérer un visuel complet sur « L’Elixir de Saint-Vincent de Paul, le seul autorisé spécialement». On y voit un homme qui ne peut  être que Saint-Vincent, sans risque de se tromper, car il a une auréole au-dessus de la tête. Ce très petit dessin de sa tête donne à voir un Saint-Vincent, légèrement de profil, avec le regard porté vers le bas et une barbe très nette. Il ne semblerait pas qu’il ait une moustache, malgré la grosse loupe que je n’utilise que dans les grandes occasions !

En prime, vous aurez le plaisir, en dernière page de ce magazine, de découvrir un exemple étonnant d’un homme – bien sûr – qui porte des cheveux longs – un phénomène rarissime en cette fin du premier trimestre 1899. Dans un rectangle de 13 cm sur 8 , « Le Purgatif des Familles, HUNYADI JANOS » - qui s’écrit avec un accent  aigu  sur le A »- figure la mention LA MEILLEURE DES EAUX PURGATIVES. Entre le nom de celui qui semble être un farouche guerrier revêtu de son armure, ses cheveux longs et sa moustache qui descend jusqu’au bas de son cou, on se sent presque revenu …au Moyen-Age!        

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Aujourd’hui, la barbe revient à la mode, chez certains jeunes gens, des hommes jeunes  ou moins jeunes, après des décades pendant lesquels  l’homme se devait d’être parfaitement rasé du matin jusqu’à la soirée.  Certains même utilisaient ou continuent à utiliser  leur rasoir électrique au bureau pour rentrer chez eux avec un visage parfaitement net.  D’autres, n’ayant aucune possibilité de se raser pendant des mois, retrouvèrent la terre avec des barbes d’une longueur impressionnante.  Cela fut le cas des marins du Kon-Tiki . Si mes  souvenirs sont bons, plus le temps passait, plus leur barbe poussait mais de plus en plus lentement. Certains la coupèrent au fur et à mesure, pour ne plus devoir y faire trop attention, d'autres au contraire n'y touchèrent pas, en une sorte de fierté. Vous dire s'ils en faisaient des nœuds, je n'en sais rien!

Au XIXe siècle et à nouveau maintenant, si la mode de la barbe et/ou de la moustache revient, c’est plus me semble-t-il à la fois pour témoigner conjointement de sa jeunesse et de sa virilité, tout autant que d’un effet de mode, qui existe aussi maintenant chez des Jeunes Quinquas, pour la première fois depuis plusieurs décades. C’est aussi peut être la découverte pour certains ou la re-découverte pour d'autres du plaisir de s’occuper de soi… Il y a aussi des messieurs d'un âge certain, comme celui que je viens de rencontrer, qui portent la barbe depuis si longtemps qu'ils ne pensent même pas à la couper, surtout pas!. "Par contre, quand il fait aussi chaud qu'en ce moment, il va falloir que je la taille ...un peu!. Elle me  tient un peu trop chaud.

Pour suivre le chemin

. Retrouver La Vie illustrée dans https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e, ce « journal hebdomadaire » qui se caractérise par l’usage de la photographie de grand angle ; citons  en particulier celle de la couverture « Les travaux  de l’Exposition de 1900… »

. Pour avoir les bases, consulter wikipedia sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Moustache ainsi que https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe avec ses huit dessins de styles de barbe https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baerte_ohne_text.jpg

. La Vie Illustrée sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e

. La Vie illustrée, n° 23, Deuxième Année, Le numéro : 30 centimes, Journal hebdomadaire, les abonnements, Trois mois 4.50, Six mois 8 fr, un an 15fr. Le Numéro : 30 centimes. Téléphone : 103.45. Adresse télégraphique : Villustrée Paris. Adresser toutes les Communications au Directeur, M. F. JUVEN, Editeur, 10, rue, Saint-Joseph, 10, PARIS        

. Modes de Printemps 1899  en page de couverture, un dessin de V.LEER.Sc

. Voir les articles de wikipedia sur la barbe, https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe, avec les huit modèles

. Retrouver l’exposition l’Homme de Néandertal sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_N%C3%A9andertal

.  Sur l’expédition du Kon Tiki en 1947 https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exp%C3%A9dition_du_Kon-Tiki

. « Le purgatif des familles », Hunyadi Janos,  voir une autre « réclame » de Hunyadi Janos sur  https://www.delcampe.fr/fr/collections/publicites/1911-laxatif-hunyadi-janos-dite-eau-de-janos-purgative-laxatif-andreas-saxlehner-budapest-366407930.html

.  Quant à la moustache elle-même, consulter un étonnant petit ouvrage de la collection Marabout, « Le petit MANUEL de la MOUSTACHE » de LUCIEN EDWARDS , MARABOUT, publié la première fois  à San Francisco par Chronicle Books LLC, San Francisco, sous le titre The Moustache Grower’s Guide .Texte Lucien Edwards, Illustrations Dave Hopkins, Illustrations des  moustaches,  Tous droits réservés…Vous y apprendrez tout et tout ce qu’il y a à savoir sur « La Moustache » contemporaine. Ce petit ouvrage (à la couverture bleu ciel) 15,5 cm de hauteur sur 11,5 cm de largeur, débords de la couverture inclus) de 144 pages est une mine de renseignements sur la typologie des moustaches en rapport avec la morphologie des visages, les vêtements adaptés, le style…

Avec un grand merci à la personne qui m'a fait connaître cet ouvrage, F.B....

. Pour tailler sa barbe , voir https://www.barbedudaron.fr/entretien-barbe/comment-bien-tailler-sa-barbe/

. Clichés Elisabeth Poulain, avec une étoile pour le premier pour indiquer qu'il s'agit d'un extrait 

PS. Désolée pour le sous-lignage que je n'arrive pas à enlever! Cela arrive quand l'article devient trop lourd.

 

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Avrillé près d'Angers, Place de la Mairie, La Boîte à Lire offerte par Schwalbach DE

18 Juin 2018, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Avrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth PoulainAvrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth PoulainAvrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Cette Boîte à Lire est implantée sur l’esplanade de la Mairie d’Avrillé, une commune membre d’Angers-Agglomération et donc forcément aussi d’Angers Loire Métropole dans le département du Maine et Loire (France). Elle est notamment jumelée avec Schwalbach située près de Francfort sur le Main ( Allemagne). La B.A.L  est peinte en une magnifique couleur jaune pour les parties métalliques, qui à la fois attire l’attention et adoucit aussi son design. Il y a là une réelle harmonie, surtout quand on lit les lettres verticales peintes en rouge  Boîte à Lire   sur le verre lui-même. Des livres peints en couleurs variées légères, chacun  la sienne, semblent voleter comme des papillons qui butinent de fleur en fleur. On voit très bien le livre bleu par exemple, qui est aussi le plus grand.

Ne pas confondre les boîtes à Lire avec les boîtes à lettres. Certes leurs deux points communs sont qu’elles sont de couleur jaune et qu’elles portent de l’information sur notre bon vieux papier. C’est ainsi que les boîtes à livres contiennent des livres et les autres du courrier ! Mais il y a une grande différence entre ces deux catégories. Commençons par les boîtes aux lettres pour ne plus évoquer le sujet après. Quant au jaune qu’elles portent en commun, il fera la conclusion de ce billet mais pas tout à fait car il existe encore un autre type de « boîtes »  dont je ne  vous parlerai qu’en conclusion de ce billet.

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

. Dans les BA/Lettres, ce sont des lettres qui sont insérées dans la fente de la boîte pour qu’elles puissent, grâce au transport postal, être acheminées chacune vers leur destinataire. Une lettre est un message envoyé par une personne physique, une société, une association…à un ou plusieurs destinataires. Une fois qu’elle est insérée dans la fente, on ne peut plus la récupérer, même si le « facteur-collecteur » n’est pas encore passer relever le courrier déposé dedans. Elle est déjà prise en charge par le transport postal qui l’achemine jusqu’à son destinataire, à condition bien sûr que toutes les réglementations aient été respectées avant la mise dans la fente de la boîte aux dimensions normalisées. En résumé, vous vous délestez de votre lettre ou carte postale en l’insérant dans la boîte jaune des PTT . Et c’est le destinataire qui reçoit le courrier que vous lui avez adressé.    

. Dans les BA à Lire – comme on le devine - il y a bien des livres déposés par les uns qui sont empruntés ou non ensuite par d’autres personnes désireuses de lire ou relire ces livres, sans aucune formalité. Tel est ce formidable concept de liberté. « Le circuit du livre » est en pratique le suivant : des livres donnés par des personnes anonymement sont placés dans ces « boîtes à livres », ces BAL, pour ceux qui aiment les acronymes, dans des endroits accessibles au public mais sans qu’elles soient toujours placées dans l’espace public. Les dimensions  ne sont pas normalisées ; elles  n’ont en commun que leur contenu, que sont les livres. En outre elles n’ont pas ne sont pas soumise à des normes ; chacune peut avoir une forme et un volume variables. Et enfin, vous pouvez reprendre le livre que vous venez de placer sur une des étagères, mais sans garantie de pouvoir le faire quelque temps après.   

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

. Ces boîtes à lire - et non pas à livres - sont un concept très intéressant, à plusieurs points de vue. Tout comme une bibliothèque publique, elle contient des livres, mais sans aucune exhaustivité. Elle est bien accessible au public, mais sans cotisation à verser et de plus elle est ouverte. Placée sur l’espace public, elle est bien publique au sens où il n'y a ni cotisation à verser ni formalité à faire. C'est sa dénomination  qui donne le sens. Il s'agit d'une Boîte à Lire et non pas  d'une boîte à livres dans ce qui n’est ni une vraie boîte de petite taille sur l’espace public comme il en va avec des différentes « boîtes des PTT aux fonctionnalités différentiées » qui relèvent de services nationaux. C’est de cette « bibliothèque » très spéciale dont je vais vous parler. C’est une ancienne cabine téléphonique allemande provenant, vous l’avez deviné de Schwalbach am Taunus.   

C’est alors qu’on s’approche de la porte grande ouverte par un beau soleil quasi-estival et que l’on découvre avec plaisir que le fond de la Boîte à Lire  est une bibliothèque aux rayonnages de bois clair  aux dimensions très calculées de façon à pouvoir accueillir toutes sortes de livres, non seulement par leurs dimensions mais aussi par leurs contenus. Ce sont des romans, des reportages…d’auteurs célèbres ou à découvrir, à relire aussi… Voilà une superbe réussite visuelle, qui vous attire,  avant même d’entrer et de commencer à regarder les livres et choisir ce que vous avez envie de lire dès que vous le pourrez, avant de le rendre ou d’en rendre un autre…

En conclusion de ce billet, ce que je retiens de cette belle découverte sur la Place de la Mairie d’Avrillé est cette étonnante liberté de choisir et/ou de donner des livres et vice et versa, sans contrainte. C'est une nouvelle culture qui s'ouvre à nous. Ici on progresse grâce à ces livres qui nous attirent, sans savoir ceux qui vont conduire la main à s’en saisir, pendant que l’esprit se demande « quel-s livre-s vais-je pouvoir apporter, moi ? »   

PS. L’autre boîte que je mentionne au début du billet est la Boîte à Idées qui est proche de sa grande sœur dans sa disposition spatiale mais pas par ses dimensions normalisées. Elle éclate de rouge, tant elle est fière d’attirer aussi  l ’attention des passants qui viennent  tout spécialement la voir pour comprendre ses fonctions et déposer des billets: ce serait bien, si la Ville… 

Avrillé 49240, Boîte à Idées à gauche de la Boîte à Lire, Place de la Mairie, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Idées à gauche de la Boîte à Lire, Place de la Mairie, Cl.Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Avrillé-Ville Parc, voisine d’Angers, en Maine et Loire, à retrouver sur  le site de la ville, code postal 49240, à  voir sur http://www.ville-avrille.fr/ ; elle est également l’une des 30 communes membres d’Angers Loire Métropole sur http://www.angersloiremetropole.fr/accueil/index.html   

. Des informations aussi sur http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/49015_Avrille.html

. La ville allemande jumelée avec Avrillé, Schwalbach am Taunus près de Franckfort , à voir sur http://www.ville-avrille.fr/boite-a-lire/ . Pour constater le dynamisme des jumelages de la commune d’Avrillé, voir http://jumelages-avrille49.fr/#gallery

. La boîte à lire sur http://www.ville-avrille.fr/boite-a-lire/

. Voir aussi les boîtes à idées d’Avrillé sur http://www.ville-avrille.fr/proposer-un-projet-grace-aux-boites-a-idees/  

.  Un acronyme est un sigle tel que « PTT », qui signifiait « Postes, Télégraphes, Téléphones », voir https://fr.wiktionary.org/wiki/PTT , une administration qui n’existe plus : les services postaux sont désormais distincts du téléphone…dixit  wikipedia !    

. Clichés Elisabeth Poulain

     

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Le chien, le meilleur ami de l’Homme, Nouvelle Histoire naturelle 1908

28 Janvier 2018, 12:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain

Il convient tout d’abord que je vous donne l’intitulé exact de cet ouvrage : « Nouvelle Histoire naturelle Elémentaire »  faite pour les « Ecoles primaires, supérieures : Garçons » dont c’est « la cinquième édition ». J’aurais bien aimé voir et avoir également l’exemplaire pour les filles pour faire la comparaison. Je pense que j’aurais plusieurs fois bondi au plafond. En 1908, en France d’une façon générale, l’égalité des genres ne devait pas être une priorité d’urgence absolue, ni même un concept envisageable. Cet ouvrage a pour auteur « E. Aubert, Docteur ès sciences, Professeur au Lycée Charlemagne et Reignier, Inspecteur primaire. PARIS, E. André Fils, Editeur, 6 rue Casimir–Delavigne, 6 ». Quant à l’année de référence, l’information a été facile à trouver, car la date est écrite en gros caractères sur la page de gauche « Programmes de 1908 ».  

D’après ce que je peux lire, il existait alors des écoles primaires supérieures, divisées par genre. Dans le même ouvrage, les sciences naturelles étaient elles-mêmes réparties sur trois années, avec le programme inclus année par année pour chaque composante de l’Histoire naturelle élémentaire que nous appellerions aujourd’hui les sciences naturelles.  

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), haut.0m,10 (!), fig 29-p.30,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), haut.0m,10 (!), fig 29-p.30, Cl. Elisabeth Poulain

. La première année, axée sur les généralités, est elle-même divisée en Zoologie (16 chapitres),  en Botanique (7 chapitres) et en Géologie (8 chapitres).

. Pour la seconde année incluse dans l’ouvrage, on retrouve cette trilogie axée cette fois-ci, portant non plus sur les généralités,  mais sur les fonctions de la nutrition (1 + 7 chapitres). Avec des particularités en zoologie, il existe des fonctions de relation (5 chapitres) et en botanique avec une première partie sur les organes nutritifs (4 chapitres) et les organes reproducteurs (4 aussi) en seconde partie. Et …il reste une partie géologie (3 chapitres).

. Je vous fais grâce du programme de la 3è année… tellement l’annonce du programme et les façons de présenter la connaissance sont compliquées, surtout quand on se souvient qu’il s’agit du niveau élémentaire pour des petits garçons ! 

                                                                                        *

Rassurez-vous. Je n’oublie pas que le chien cité dans le titre est le véritable sujet de ce billet. En zoologie, le chapitre II - page 13 - est affecté à l’organisation générale des animaux, qui commence par…l’Homme ( !) dès la page 14 ! Il m’a fallu attendre la page 29 pour trouver le meilleur ami de l’homme, c’est à dire le chien qui est le Ier héros de la classification zoologique animale au chapitre V, en page 30, représenté sur la figure 29. Ce qu’on apprend en page 30-31 porte sur le classement des animaux selon qu’ils possèdent une symétrie bilatérale, une symétrie radiaire ou l’absence de symétrie.

. Pour la symétrie bilatérale, sont cités comme exemple et dans cet ordre-là : l’Homme, le Chien, la Carpe, l’Ecrevisse !

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), fig 32 p 31,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), fig 32 p 31, Cl. Elisabeth Poulain

Le chien offre donc la particularité d’être, comme l’homme, un très bel exemple de « symétrie bilatérale ». Cela signifie, selon les auteurs, qu’il est constitué de deux parties équivalentes, ce qui me parait surprenant –on n’a pas deux estomacs ou deux foies par exemple - mais peut-être les auteurs E. Aubert-Docteur es Sciences-, Professeur au Lycée Charlemagne  et A. Reignier Inspecteur primaire,  ont-ils visé seulement l’ossature. Le chapitre V, qui porte sur les « Classifications zoologiques », met sur le même plan l’espèce humaine et l’espèce animale avec pour exemple le chien qui est un bel exemple de symétrie bilatérale. Pour mieux le prouver, la page 30 présente en « figure 29 » une photo d’un chien de chasse (type setter, peut être…), et la page 31 le squelette  d’un chien de bonne taille en figure 32. Le dessin présente en particulier la particularité d’avoir des  « bras, avant-bras et des doigts à l’avant et à l’arrière des cuisses, des jambes et des pieds » ! Un vocabulaire curieux à utiliser pour un chien : chacun sait pourtant que cet animal a des pattes pour désigner chez une personne les bras et les jambes ! Outre l’homme et le chien, l’auteur cite comme autre exemple de symétrie la Carpe, un poisson d’eau douce, et l’Ecrevisse, un crustacé d’eau douce! C’est étonnant quand même.

Comme autre exemple de symétrie radiaire cette fois-ci, il y a les animaux, qui possèdent « plusieurs plans de symétries qui passent par un axe occupant le centre de leur corps. C’est l’Etoile des mers, ou le corail qui sont mis en lumière. Imaginez, nous sommes en 1908 et posons-nous la question : combien d’enfants à cette époque étaient-ils déjà allés au bord de la mer ?  Avant de revenir à mon sujet, qui est le squelette du chien, juste un mot pour vous dire qu’il y a une 3è catégorie formée par les animaux asymétriques, c’est-à-dire dénués de symétrie, comme les … protozoaires, qui ne possèdent qu’une seule cellule. Se faire traiter de « protozoaire » dans la cour de l’école des garçons a dû être la pire des injures !

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29-32 p 30-31-31,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29-32 p 30-31-31, Cl. Elisabeth Poulain

Le squelette du chien. Ouf, on y arrive, même si c’était tellement compliqué que le metteur en page du manuscrit  chez l’éditeur a réussi à se tromper dans la disposition des  photos en relation avec le texte  et que le relecteur n’y a rien vu ! Peut-être la fonction n’existait-elle-pas encore ?  Mais il y avait bien un directeur !

. Pour la symétrie bilatérale telle qu'elle existe pour  l’homme, le chien…, l’ouvrage présente une photo d’une étoile de mer vue de dessus et une autre vue de dessous… alors que le titre et le texte de ce paragraphe sont dédiés à la symétrie bilatérale. Ceci est une répétition volontaire de ma part ! C’est le chien qu’il aurait dû mettre à sa place. 

. Pour le système radiaire -l’Etoile de mer ou le Corail-, c’est là où cela devient amusant, car c’est le squelette du chien qui est présenté. Il y a en plus une autre maladresse, cette fois-ci, sans parler d’erreur, entre la présentation du chien à gauche, avec sa tête aussi  à gauche de la page de gauche et à nouveau à gauche, avec entre les deux, un dessin d’écrevisse ! Il aurait mieux valu placer les chiens face à face et déplacer le dessin de l’écrevisse de la figure 30 (en page 31) pour mettre face à face le chien de la figure 29 (en page 30), en espérant aussi que ce squelette est bien celui du chien de chasse de gauche. Avec une erreur dans le sous-titre de la première photo du chien qui regarde sur la gauche est censé mesurer 0,10m!

Quant au crane du chien, il faut se rendre en page 38 pour découvrir une vraie tête de monstre. Et c’est ainsi que va se terminer de façon un tantinet abrupt ce billet dédié au meilleur ami de l’homme…tel qu’on l’enseignait en 1908 ! Ajoutez- y la carpe, l'écrevisse, et le protozoaire, qui forme l'ensemble des animaux unicellulaires...!!!  

Nouvelle Histoire naturelle élémentaire, E. Aubert & A. Reigner, E. André & fils, Editeur Paris

Nouvelle Histoire naturelle élémentaire, E. Aubert & A. Reigner, E. André & fils, Editeur Paris

Et voici aussi comment ressort à la lumière un manuel scolaire que nous avons trouvé dans le grenier d’une maison derrière une grosse poutre de la charpente,  que nous venions de louer en Val de Loire.  Sa précédente locataire était une institutrice, qui une fois à la retraite, venait y passer ses étés, pour retourner dans le midi l’hiver…                        

                                                                                              *                                               

Pour suivre le chemin

. Nouvelle histoire naturelle élémentaire: E. AUBERT et A. REIGNIER, Garçons, E. ANDRE, fils EDITEUR

. En France, iI a fallu aux filles attendre 1924 pour pouvoir bénéficier du même enseignement que les garçons. http://edupass.hypotheses.org/1036

. Voir l’essor de l’enseignement secondaire des filles en Alsace (1871-1918)  et le décret de 1924 dans Revue d’Alsace 138/2012, dans   http://journals.openedition.org/alsace/1622

. Ainsi que Le statut scolaire local de 1870 À nos jours de Jean-Luc Hiebel, dans http://journals.openedition.org/rsr/1797

. Le chien de type setter, à retrouver sur http://www.chien.fr/race/setter-anglais/photos/

. Clichés Elisabeth Poulain

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Les fleurs du cerisier sur un napperon, des fleurs à foison at home

29 Octobre 2017, 18:28pm

Publié par Elisabeth Poulain

Fleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth PoulainFleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth Poulain

Fleurs stylisées de cerisier, napperon japonais, Cl. Elisabeth Poulain

En matière de titre, parfois la chance vous sourit à condition de savoir s’adapter. C’est le cas pour ce billet, dont le titre dépassait allègrement les 70 caractères maximum. En utilisant ces deux termes anglais, à la place du français « dans la maison », ça va. Il est vrai qu'il manque en plus la rime , « des fleurs à foison dans la maison », mais à l’impossible nul n’est tenu. En plus  une autre information d’importance n'est pas indiquée qui est que ce ne sont pas des fleurs banales ou celles d’un cerisier comme un autre. Non, celles-ci viennent du Japon et ont été rapportées  d’un voyage de découverte d’une amie passionnée de culture japonaise.  

                                     

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Le napperon. Et d'abord, en est-ce vraiment un ? Un billet qui commence ainsi par une question aussi chargée de philosophie existentielle ne saurait être banal.  C’est pourtant une vraie question qui m’est venue à l’idée quand j’ai lu les quelques lignes du texte que lui consacre wikipedia. Par ailleurs je n’ai pas d’autres termes qui me viennent à l’esprit. C’est un quasi-carré 46,5 cm de hauteur sur 46 cm de largeur, d’un tissu de coton si fin, que l’on peut lire un texte à travers le tissu,  là où il est imprimé en couleurs claires naturellement!

Le présenter comme un napperon est également impropre au sens il ne s’agit pas de  poser au centre un vase ou un bibelot dessus sur une commode par exemple, pour montrer que la maison était bien tenue. Il s’agissait de protéger aussi bien le meuble que de mettre ou le vase et/ou  les fleurs en valeur. Ici, il me semble plutôt qu’il s’agit d’une pièce de tissus de petite taille conçue spécialement pour les touristes étrangers, qui peuvent facilement la glisser dans leur bagage de retour, tant le tissus est léger et peu volumineux. Et je ne peux imaginer que ce napperon ait été fait pour attirer les clients japonais imprégnés forcément de culture japonaise.

Napperon japonais avec Samouraï  & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Le décor maintenant. Il est principalement centré sur les deux héros de la mythologie japonaise telle que l’imaginent des Occidentaux, à savoir le Samouraï et la Geisha. Pour avoir plus d’information sur les fleurs de cerisier, il va vous falloir avoir un peu de patience.

. Le Samouraï à gauche en position haute représente la force maîtrisée avec un regard à vous donner des frissons  et une gestuelle corporelle, en position d’attaque, à vous faire vous recroqueviller dans un coin pour qu’il ne vous voit pas. Sa vue risque aussi de vous donner des cauchemars la nuit avec sa grande épée qu’il s’apprête à dégainer. Ses couleurs sont fortes ; elles vont du rouge pour couvrir l’épaule droite, au noir doublé de bleu moyen clair, avec des bandes rouges, pour  sa grande cape-manteau, sans oublier une cape rouge-rose à rayures pour indiquer le mouvement… Son bras droit est plus que bizarre, trop fin et curieusement placé… avec ce gros « bâton jaune qui sort par derrière ». Porterait-il une masse accrochée à sa ceinture ?  Nobody is perfect…Personne n’est parfait. Un peu d’anglais ne nuit pas à défaut  de japonais… !  Quant à vous dire si la présentation de ce samouraï est conforme à une réalité, je ne peux en aucun cas l’attester, tant les codes sont compliqués et les fonctionnalités ont varié au fil des siècles.  

. La Geisha regarde vers la gauche ; croiser votre regard devait être franchement impoli  et peu digne d’une « dame ». Par contre elle peut vous montrer ses doigts de pied  recroquevillés sur le bord de ses  socques de bois, des « geta » surdimensionnés en hauteur au point qu’on se demande comment elle peut encore marcher. Son costume est si complexe que je vais avoir du mal à vous en parler. J’arrive à voir sa main gauche potelée qui semble vouloir cueillir des cerises ; je devine où se trouve son bras gauche et pour le reste…mystère, à part les doigts d’un seul pied dont le pouce, qui déborde de la socque, est franchement recourbé bers le haut…Entre le visage, le bras et la main gauche et ce bout de pied droit, je suis incapable de vous dire ce qu’elle porte, à part le manteau qu’elle doit avoir sur les épaules, les deux longs pans de tissus empesés ( ?) qui se déploient sur l’avant et un grand mystère pour le bas en particulier vers le bas à gauche.  On dirait qu’il y a là comme un entassement de plusieurs coussins.    

                                                                 ***

Napperon japonais avec Geisha  & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Geisha & cerisier en fleurs et fruits, Cl. Elisabeth Poulain

La fleur de cerisier, le cerisier en fleur et les cerises du cerisier. C’est là que le jeu visuel est impressionnant, car les trois situations existent en même temps. Dans un quasi-carré de 46 cm, il faut vraiment le faire. Pour cela il faut que  je commence par vous dire, ce que vous aviez remarqué tout de suite, à savoir que les deux visuels sont présentés comme des cartes à jouer de 29,5cm de haut sur 20cm de largeur, inclinées pour donner l’idée du mouvement. Lui en haut à gauche vous regarde de ses yeux soulignés de rouge, pour montrer sa puissance et elle qui regarde au loin sans vous voir. Les deux visuels se présentent de biais comme posés sur un tapis rouge, sur lequel se détachent des petites fleurs stylisées à cinq pétales qui représentent celles du cerisier, qui ont bien leur cinq pétales chacune. De telles cerises stylisées animent surtout le coin gauche, avec quelques pétales isolés également, puis en diagonale vers le haut à droite  de façon plus clairsemée. Il reste à vous citer le très petit espace résiduel à droite en bas. C’est là que vous voyez deux étiquettes écrites en japonais, forcément. C’est la première étape, qui consiste à montrer la fleur de cerisier.                                         

Le cerisier en fleurs maintenant. Cette fois-ci, il est nécessaire de déplacer légèrement son regard pour regarder cette fois-ci le haut des visuels où se trouvent des branches de cerisiers qui portent à la fois des fleurs blanches peu visibles sur un fond rose – car il existe aussi des cerisiers à fleurs roses - et déjà des fruits rouges que l’on distingue bien au bout des branches.

Ce napperon réussit l’exploit de nous montrer deux représentations humaines du Japon, qui sont placées sous le triple signe du cerisier, en en fleurs blanches, roses et en fruits. Ceci dit, si je savais décrypter les signes japonais, je pourrais vous dire  ce que signifient les mentions verticales qui figurent à gauche grosso modo à la hauteur des deux visages, ainsi que ce qui est indiqué sur les deux étiquettes en bas à droite… Le mystère restera entier !    

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Napperon japonais avec Samouraï, Geisha & fleurs de cerisier, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le napperon, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Napperon

. La fleur de cerisier-symbole sur  http://www.significationdesfleurs.com/fleur-de-ceriser

. Voir un site japonais dédié au Japon, avec un très beau cliché de fleurs blanches de cerisier, sur  http://www.nippon.com/fr/images/i00015/  , avec également des fleurs roses de cerisier sur http://www.nippon.com/fr/features/jg00011/

. Une geisha en kimono sur http://www.nippon.com/fr/features/jg00048

 . Le samouraï sur son cheval de 1878, à retrouver sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Samurai_on_horseback0.jpg

. Clichés du napperon, Elisabeth Poulain

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Un bestiaire d’intérieur > Des animaux d’extérieur > La Grenouille 1

17 Septembre 2017, 15:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grenouilles en représentation, Cl. Elisabeth PoulainGrenouilles en représentation, Cl. Elisabeth PoulainGrenouilles en représentation, Cl. Elisabeth Poulain

Grenouilles en représentation, Cl. Elisabeth Poulain

Rassurez-vous, il ne s’agit pas de celle qui voulait se faire plus grosse qu’un bœuf que Jean de la Fontaine a si bien su raconter dans une de ses fables les plus célèbres…Je ne vais pas non plus vous parler de la fascination de Peter Mayle, un auteur anglais, amoureux de la Provence, qui raconta avec beaucoup d’humour ses « Aventures dans la France Gourmande ». Il commence son chapitre dédié à la à la grenouille, cette spécialité française, franchement dérangeante pour un Anglais, avec cet intitulé « Les amateurs de cuisses de Vittel » : « Songez à la grenouille : ni poisson, ni volaille, ce curieux entre-deux est pour bien des gens un symbole d’excentricité gastronomique et, pour les Anglais, l’emblème d’une nation. Ils appellent les Français les ‘Frogs’ en frémissant d’horreur devant de tels goûts culinaires… ». La dénomination de « Froggies », que nous sommes, nous Français, n’est pas franchement flatteuse, il faut le savoir. Rassurez-vous aussi, vous ne verrez pas de grenouilles bonnes à cuire et à manger ! Désormais, la pratique est de fait interdite en France.  

Grenouille dans le jardin, sulfure millefiori, "Je suis la + forte & la + fière", Cl. Elisabeth Poulain

Grenouille dans le jardin, sulfure millefiori, "Je suis la + forte & la + fière", Cl. Elisabeth Poulain

Ce billet n’a qu’un objectif qui est d’essayer de comprendre pourquoi il y a tant de représentations de ce modeste animal. Sa renommée est quasi-mondiale, comme le montrent ces quelques exemples de fausses-vraies grenouilles. Fausses car elles ne nagent pas dans leur mare et vraies car vous pouvez les prendre dans la main. Elles sont en plastique, en métal ou même en verre…Leur couleur dépend de la matière utilisée. C’est cette représentation étonnamment plurielle de la grenouille, qui constitue l’objectif de ce billet qui se fera en plusieurs séquences. 

. Commençons par la grenouille en verre avec beaucoup de vert. Elle pèse très exactement 1,086 kg, pour des dimensions peu proportionnées à son poids. Il faut dire que pour assurer sa stabilité, elle repose sur un socle de verre non colorée, de 12,5cm de diamètre et d’une épaisseur variable, de 2,5cm au centre et d’1cm en arrondi vers le bord. A la hauteur de sa tête, elle mesure près de 10 cm. Son corps est un sulfure rempli de fleurs de couleurs variées, ses pattes sont vertes, tout comme ses pupilles au centre d’une pastille épaisse de verre collée sur sa tête. Elle est une version récente des presse-papiers Millefiori que l’on connait plus fréquemment sous forme de boule ou de galet.

Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain

Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain

. Après cette championne de lancer de poids, voici une petite grenouille, qui fait contraste avec la première. Jugez-en elle pèse 16 grammes de pur plastique vert acidulé adouci. «  Mes mensurations, 4 cm sur ma base, 4 cm environ entre le haut de mes oreilles et environ 5,5 cm de longueur vue de haut approximativement. Je suis verte, un vert spécial forcément, il est frais, pas agressif, sympathique, comme moi. Je dois être et j’en suis fière, une des deux seules grenouilles de cette série qui porte sa nation d’origine de fabrication ‘made in China’ en dessous, à la hauteur de mes petites pattes arrière... Mes yeux globuleux sont blancs, avec des petits points noirs placés de façon à avoir l’air ‘ bigleuse’. Comme j’ai toujours un petit sourire, avec un petit trou au milieu des lèvres, je semble toujours être contente de moi. Quel âge ai-je ? C’est difficile à dire, quelques années, c’est sûr ! » 

Sa provenance  est une indication d’importante parce qu’en Chine ancienne, la grenouille avait un lien très positif avec l’eau et la fertilité de la terre. C’est elle, animal lunaire, qu’on évoquait pour appeler la pluie bienfaisante. Sa forme était sculptée ou figurait sur des tambours pour scander l’appel de l’orage, préfigurateur de la pluie, sas lesquels les plantes ne peuvent pousser.  

Les grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth PoulainLes grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth Poulain

Les grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth Poulain

. Les petites sœurs triplées d’un joli vert adouci de jaune. Elles sont rayonnantes de vitalité. Si je devais choisir celles qui vous mettent de bonne humeur quand il pleut…, ce serait elles. 7cm de hauteur environ, 5 cm à l’endroit le plus large de ces  petites bêtes aux pattes du haut un tantinet bizarres. Celles  de gauche est toute petite, elle repose sur le genou droit, quant au droit, il est déplié jusqu’à toucher terre juste à côté de sa patte arrière gauche. C’est celle-là qui en dessous porte le code commun aux trois, W21-3…Ce sont les plus sympathiques, à mes yeux.

. Voici pour terminer ce billet la plus petite des petites : elle mesure 3,1cm, 2,4cm à la hauteur de ses bras écartés et 0,5 cm d’épaisseur. D’où vient-elle ? Je l’ignore. Elle me fait rire…Elle a l'air si contente d'elle surtout sur fond rouge...!    

La grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth PoulainLa grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth Poulain

La grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir le célèbre poème de Jean de la Fontaine ( 1621-1675) notamment sur http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_grenouille_qui_veut_se_faire_aussi_grosse_que_le_boeuf.html

. Des exemples récents de sulfures millefiori sur https://www.pinterest.fr/pin/484559241137707183/?lp=true

. Peter Mayle, « Aventures dans la France gourmande, avec ma fourchette, mon couteau et mon tire-bouchon », Editions du Seuil, dans la collection « Points », 2003.

. Lire la véritable origine de la dénomination peu valorisante de « Froggies » pour désigner les Français, dans un article de Claude Duneton http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2016/09/02/37003-20160902ARTFIG00067-la-veritable-histoire-des-froggies.php

. Le Dictionnaire des  Symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Collection Bouquins, Robert Laffont/Jupiter, en pages 485 et 486, l'équivalent approximatif d'une page environ.   

Grenouilles, l'équipe des 6, Cl. Elisabeth Poulain

Grenouilles, l'équipe des 6, Cl. Elisabeth Poulain

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Rochefort sur Loire, St Offange, St Symphorien à l’épreuve du temps

10 Septembre 2017, 16:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth PoulainRochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, le ciel, la lumière, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, le ciel, la lumière, Cl. Elisabeth Poulain

La Loire, le plus long fleuve de France,  est toujours vue dans sa partie médiane, comme offrant parmi les plus beaux paysages de France du haut de ses rives. C’est là  que fleurissent certains des plus beaux châteaux de France, ceux qui avaient l’honneur d’accueillir au temps de la royauté la Haute Noblesse venue se ressourcer au bord du Grand Fleuve. Depuis des siècles, le Val de Loire est toujours cité pour sa beauté, comme en atteste  le classement de ses « paysages culturels vivants » à l’UNESCO depuis  Sully-sur Loire –en Loiret (département n°45) - en amont jusqu’à Chalonnes-sur-Loire en Maine et Loire (département n°49) en aval…Rochefort sur Loire bénéficie donc à ce titre du privilège d’être incluse dans la partie de la Vallée de la Loire classée UNESCO.

Rochefort sur Loire - 24 000 habitants pour 2780 ha -   possède plusieurs sites inscrits et classés, des sites uniques de par leur longue histoire remontant loin dans le passé, comme nous avons pu voir ce 5 août 2017 dernier, en compagnie d’une centaine de personnes environ réunies grâce à l’association rochefortaise l’APEC. Je ne nous ai pas comptés, j’étais trop occupée à regarder, à essayer de comprendre la complexité du site et à prendre des photos!  

C’est en effet  l’APEC, l’Association pour l’Education et la Culture de Rochefort sur Loire, qui a eu la bonne idée d’organiser cette visite des  « Roches fortes » qui ont donné leur nom à la ville, lors d’une belle balade autour de Saint-Offange et de Saint-Symphorien. Le rendez-vous était fixé auprès du camping, en bas dans la vallée. Après une présentation succincte de la présentation de l’après-midi, chaque participant  a reçu  une feuille imprimée recto-verso  avec d’un côté le schéma de la ballade et au verso, une présentation de Saint-Offange que nous allions voir en premier en partie gauche et sur l’autre demi-page celle de Saint-Symphorien.

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, à pied, notre groupe est parti en passant par  le camping et ensuite par un chemin qui mène aux Ruines de Saint-Offange. C’est alors d’en bas dans la prairie que nous avons pu découvrir et admirer  Saint-Symphorien qui domine la vallée où a été édifié au XVIIIe siècle un château sur les ruines de l’ancien. Dans le lointain passé, le sens du chemin était inversé, les habitants de la « ville close », entourée de murs  d’enceinte protecteurs de Saint-Symphorien au XVIe siècle se rendaient à Saint-Offange, en passant par un pont-levis. Ils descendaient, alors que nous allons monter vers Saint-Symphorien après avoir découvert la puissance des ruines de Saint-Offange, du moins de ce qu’il en reste, vues d’en bas, car il est désormais interdits de monter, malgré le panneau ! Et pourtant ce n’est par la pierre que va commencer cette remontée dans le temps.     

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain  Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

C’est par l’eau qu’a commencé notre découverte paysagère.  Quand vous arrivez en effet dans la commune de Rochefort sur Loire en venant de traverser l’Ile de Béhuard, pour les personnes venant d’Angers, vous serez entre Loire et Louet, qui est un bras de la Loire et non un de ses affluents. La différence est grande car, si un affluent a une source distincte du fleuve dans lequel il va se jeter, il n’en va pas de même du bras. Ce dernier commence dans la Loire puis « choisit » pour des raisons géologiques de se séparer du fleuve, pour ensuite le rejoindre, dès que cela lui est possible.

Outre cette double caractéristique géo-graphique et géo-logique, il y en a d’autres qui viennent notamment de la longue et tumultueuse histoire de ce cœur ligérien de la France.  Chalonnes- sur-Loire, au sud de Rochefort-sur-Loire par exemple fut un des premiers lieux habités en France,  il y a plus de 30 000 ans avant JC. On a en effet découvert des traces de l’Homme de  Neandertal sur le site de Roc-en-Pail, en rive gauche de la Loire, non loin de Rochefort. C’est également cette voisine aval de Rochefort-sur-Loire qui marque la fin du territoire classé par l’UNESCO  au titre de paysage culturel vivant…

Rochefort s/Loire, devant la Roche forte de Saint-Offange, Jean-Louis Robin, président de l'APEC, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, devant la Roche forte de Saint-Offange, Jean-Louis Robin, président de l'APEC, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain

. Après l’eau, viennent les pierres. Celles de Saint-Offange sont de couleur noire, celle de la lave volcanique dure. Il y eut ici, vous l’avez deviné, des volcans au pays de la douceur de vivre. C’est alors l’Anjou « blanche » à la roche tendre du calcaire qui se taille facilement  qui s’oppose à la roche noire de Saint-Offange, si dure qu’elle a pu porter à son sommet une forteresse édifiée au XIIe siècle dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un pan de mur, tout le reste ayant été détruit. En 1592, la destruction fut le fait des troupes d’un des plus célèbres rois de France, Henri IV contre les trois Frères de Saint-Offange qui étaient réellement des vrais bandits  qui mettaient à mal la région et menaçaient l’ordre royal. L’éperon rocheux  a donc résisté tout comme une partie du mur de l’ancien château, qui est devenu un symbole des troubles de cette époque maint et maint fois pris en photo, tant il est  célèbre.                                                

Ce rocher de Saint-Offange contourné en partie, notre groupe s’est ensuite dirigé vers la grande prairie au fond de la vallée pour ensuite monter en pente douce à travers la forêt vers le Château Saint-Symphorien qui s’élève à 36 mètres sur une motte. Au cours de cette partie de notre trajet, nous avons pu voir des vestiges de murailles, des pierres provenant notamment d’un pont-levis qui reliait les deux Roches Fortes…

Rochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain

Le châtelain, venant à notre rencontre, nous fit le grand plaisir de nous offrir une dégustation d’un délicieux Coteau du Layon, Clos du Moulin de Sainte Catherine, d’un vigneron de Rochefort,   un moelleux  avec un très bel équilibre en bouche...Car Rochefort sur Loire est aussi une commune viti-vinicole…Mais de ce point-là, nous n’avons pas eu le temps de parler,  déguster se fait sans parole…! Par contre, nous avons pu ensuite échanger entre membres du groupe, tout en admirant les paysages magnifiques de grande amplitude de cette Vallée de la Loire… C’est alors le vent,  qui fait tourner les ailes du moulin, que le vin de Rochefort sur Loire a évoqué. La lumière a changé très rapidement. Le bleu du ciel s’est chargé de nuages blancs au-dessus du lit de la Loire.  L’air sentait délicieusement bon l’odeur légère de la forêt toute proche.

Puis ce fut la redescente, cette fois-ci non pas en groupe, mais chacune, chacun à sa façon, au moment choisi, après avoir remercié et le châtelain et le président de l’APEC M. Jean Louis Robin,  pour cette très belle après-midi, avec dans les yeux encore ces vestiges étranges et/ou magnifiques, le goût en bouche de ce Coteau du Layon, Clos du Moulin Saint-Catherine...dans un groupe très sympathique.  En résumé à  Rochefort s/Loire aujourd’hui, il y a les gens, les paysages, la nature, toujours la Loire, le temps qui passe et la complexité qui en découle… Un temps fait de superposition et de télescopage, qui rendent fascinant ces paysages, dessus dans l'air, sur terre et dessous avec la roche...!

Rochefort sur Loire, Vue du Château Saint-Symphorien, changement de lumière sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Vue du Château Saint-Symphorien, changement de lumière sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin  ---) Les sources sont être indiquées ici…

. Courrier de l’Ouest-Angers, http://www.courrierdelouest.fr/angers de la semaine  se terminant le 5 août 2017

. Faire connaissance d’abord avec la ville grâce au site de la mairie sur http://www.rochefortsurloire.fr/la-vie-municipale/les-elus-2/ dont Mme Catherine Guinement est maire. Elle est aussi présente sur https://www.facebook.com/search/top/?q=Catherine+Guinement&init=public

. Découvrir le site très clair et très précis de l’APEC - L’Association pour l’Education et la Culture, dont le président est M. Jean-Louis Robin - sur l’histoire de cette ville à la forte singularité et qui pour autant est très représentative de la complexité d’un site participant de  la longue histoire de la France   http://www.rochefortsurloire.fr/vie-associative/associations-culturelles-et-de-loisirs/association-patrimoine-environnement-cadre-de-vie-a-p-e-c/

Chaque personne du groupe présent à la ballade s’est vu remettre un A4 explicatif bien utile, avec au recto en ½ page de gauche Saint-Offange, en ½ à droite Saint-Symphorien et au recto une carte bien utile .

. Rochefort sur Loire, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort-sur-Loire#/media/File:Ruine-st-offange.jpg et aussi sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Rochefort-sur-Loire qui présente de façon très claire et avec précision la ville…

. Le site vu du ciel sur http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/plan_49259_Rochefort-sur-Loire.html#carte-satellite-Rochefort-sur-Loire  

. Voir aussi le site de la DREAL-Pays de Loire, la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement sur http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/  

. La distinction entre site inscrit et site classé est à lire sur http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/qu-est-ce-qu-un-site-classe-ou-inscrit-a633.html

                                                                               *

. Le site de Saint-Offange, son éperon rocheux sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Offange où vous pouvez voir une vidéo intéressante vue du ciel.

. Le site de Saint-Symphorien, le voisin situé plus en hauteur, à voir sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Symphorien  

                                                                               *                                                                    

. Sur le site de la ville, lire la très intéressante histoire de la ville, dans une très bonne et très claire synthèse de Christine Pasquier Croiset, http://www.rochefortsurloire.fr/decouvrir/un-peu-dhistoire/

. Consulter surtout les recherches historiques faites par l’ancien maire honoraire  sur son blog  très fourni et qui remet le développement de cette ville atypique en situation historique… http://www.rochefortsurloire.info/index_fichiers/Page428.htm Les coordonnées de ce  rédacteur, responsable de la publication, Michel Nouaille-Degorce, 3 rue Grand'Cour, 49190 Rochefort-sur-Loire, contact@rochefortsurloire.info

. Pour les laves volcaniques et les ruines du Château de Saint-Offange, vous reporter à http://angerslumiere.blogspot.fr/2016/06/les-ruines-du-chateau-de-saint-offange.html#!/2016/06/les-ruines-du-chateau-de-saint-offange.html

                                                                              *

. Voir l’exemplaire du Courrier de l’Ouest en date du 03.01.2015 qui relate les fouilles menées en rive gauche sur le site paléolithique de Roc en Pail (Chalonnes sur Loire)  au cours de l’été 2014.                                                                     *

. Le classement UNESCO de la Loire et la carte du Val de Loire UNESCO sur  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Loire_valley_map_1.png        

. Clichés Elisabeth Poulain pris pendant la balade-découverte

. In fine, ce billet remplace celui qui a été envoyé par erreur… en vous remerciant  de  votre compréhension !

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Un vase jaune, d’un jaune qui éclate dans votre œil, impossible à oublier

10 Juillet 2017, 12:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Il était tellement attirant, d’une telle force de captation de votre regard, que j’ai failli l’acheter, moi qui n’aime ni vraiment les bibelots, ni les vases, surtout qu’avec la tonicité de sa couleur, qu’il n’aurait supporté aucune concurrence, surtout celle d’une fleur. Là, on était d’accord lui et moi; les fleurs, il vaut mieux les laisser vivre leur vie au calme sur leur plante-mère. Donc j’ai été forte, j’ai bien été décidée à ne pas acheter le vase jaune, même pour faire « une bonne action » pour Emmaüs.

Pour ne pas avoir de regret, j’ai quand même pris une photo. Et cette photo, c’est celle que vous voyez là. L’amusant est que ce bref instant m’est revenu en mémoire à la seule vue de ce cliché que j’ai pris il y a déjà quelques années. La forme ne m’intéressait pas spécialement, seulement cette couleur qu’il était impossible de ne pas voir sur l’étagère. A juste titre, les personnes faisant partie de l’Association caritative d’Emmaüs l’avaient placé à un coin de sorte qu’on pouvait l’isoler de son concurrent proche. Ils avaient aussi pousser le raffinement chromatique jusqu'à le faire voisiner avec du rouge, de l'orange et du bleu-parme en lignes verticale, du rouge foncé en horizontal...

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pourquoi cette passion pour le jaune ? Je n’ai pas d’explication. C’était ce vase-là, ce jour-là et l’étonnant est que ma réaction a été aujourd’hui la même à la vue du cliché. Ne comptez pas sur moi pour vous parler aujourd’hui de l’ambivalence du jaune…

                                                                                    ***

Pour suivre le chemin

. Sur la couleur jaune et sa double face, sa profonde ambivalence, référez-vous à la page 535  du Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, paru chez Laffont, dans la collection Bouquins…

. Emmaüs, sur wikipedia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France , en Maine et Loire http://www.emmaus49.com/ , à l’international présent dans 37 pays https://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CNyBkZKV_9QCFQs6GwodyrEL1w

. Cliché Elisabeth Poulain

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La frontière entre l’Alsace & la France > Phoscao, L’Illustration 1915

18 Juin 2017, 15:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

C’est un dessin de Sam paru dans ce numéro du 13 novembre de L’Illustration, en page 7 des Annonces, du côté le plus visible quand on ouvre le magazine. Pour que le lecteur du plus célèbre hebdomadaire français ne se trompe pas sur le type d’informations que l‘on pouvait découvrir au début et la fin du journal, ces pages de publicités n’avaient pas le droit d’être désignées comme telles. Il est seulement indiqué « Annonces 7 ». C’était alors la façon de parler de la réclame, qui, n’avait pas forcément bonne presse ! La formulation avait en outre l’intérêt d’avoir un caractère autre, qui ne portait pas atteinte à la dimension « élitiste » de l’Illustration de par son électorat et bien sûr la qualité de ce premier grand media français du XXe siècle.

La demi-page d’Annonces 7 dans sa moitié inférieure - 28cm de large sur 18 cm de haut- est occupée par le dessin en noir et plan de Sam, un artiste sur lequel je n’ai trouvé aucune information. Il a pourtant beaucoup travaillé en particulier pour l’Illustration en cette période de la guerre. Le résultat de son travail est intéressant parce qu’il adosse ses dessins à des symboles appartenant traditionnellement à la culture française ou…à la guerre. De plus l’organisation de l’utilisation de l’espace occupé par sa création graphique montre que ce dessinateur avait en outre de l’expérience dans les techniques du dessin au fusain et au crayon. Toutes ses réalisations ne sont pas forcément intéressantes, au moins au regard d’aujourd’hui. Mais elles ont assurément une certaine force.

Quant à « Phoscao (Spécialité française) le plus exquis des déjeuners, le plus puissant des reconstituants …», aucune indication de composition n’est indiquée. Ce n’était pas l’époque. On peut quand même suggérer, sans trop de risque de se tromper, qu’il y avait à la fois du cacao et de la phosphatine. Cacao n’a peut-être pas besoin d’être traduit, même si on parle de cocoa en anglais. Par contre la phosphatine nécessite peut-être plus d’information. C’est « une bouillie de céréales pour les nourrissons » comme le dit la publicité de Blédina.

 

L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

Dans les numéros de l’Illustration datés de l’année 1915, que je possède, très rares sont les informations ou les dessins publicitaires citant nommément l’Alsace. Sam, pour Phoscao, aborde ce thème d’une façon très visuelle, avec beaucoup de codes toujours utilisés aujourd’hui, plus de 100 ans, après dans le domaine de la publicité.

Du côté alsacien, on aperçoit mise en lumière la jeune fille alsacienne forcément en costume traditionnel, la maison alsacienne qui se détache sur fond des Vosges, avec de grands sapins sur le côté droit sur lesquels se ressortent les lettres blanches de PHOSCAO renforcées de noir, en laissant apparaître du blanc en dessous pour leur donner de l’épaisseur et de la force. Cette façon de mettre la marque en relief, en lui donnant de la densité, vient de ces superpositions de couleurs des lettres.

. De l’autre côté français de la frontière alsacienne, s’avance un soldat français, qui tend ses deux mains, vers le bol de cacao chaud, que porte la jeune fille coiffée du célèbre nœud noir alsacien qui franchit la frontière de son pied droit. Elle sourit au soldat qui s’avance vers elle. Elle a déjà son pied droit en France-France et l’autre en Alsace alors allemande. Elle enjambe l’aigle allemand bien visible sur le poteau frontière du Reich tombé à terre. C’est l’élément fondamental du visuel parce qu’il indique de quel côté seront les vainqueurs du lendemain. La délimitation entre l’espace alsacien à gauche est clairement située au tiers du visuel qui mesure au total 26cm de haut sur 8,5 de large, le gros trait noir qui fait le pourtour inclus.

Le soldat français dans l’espace Phoscao, située en France, bénéficie d’un quasi carré de 17cm de large sur 18cm de haut. Sa tête protégée par le casque arrondi des soldats français, par différence avec le casque à pointe allemand, indique sa nationalité. Il est bien habillé et rien n’indique que cette deuxième année de guerre est déjà terrible. C’est ce que montre par exemple en page 517 de ce numéro l’article sur les mutilés de guerre en apprentissage dans un atelier de ferblanterie…

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’Illustration du 13 novembre 1915, numéro 3793, 73me année, Annonces - 7, avec des clichés d'Elisabeth Poulain

. Retrouver l’histoire de la publicité, en passant par la réclame (la Ière date de 1660 pour… du dentifrice!) , puis l’affiche avec Toulouse-Lautrec, Cappiello Mucha au XIXe siècle, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_publicit%C3%A9

. Du bon usage du fusain sur http://www.homejardin-loisirs.com/fusain-fiche-technique.html

. Sur les annonces ayant porté sur cette marque pendant la Ière guerre modiale, voir tout particulièrement http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. Voir l’évolution de la publicité pour Phoscao sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. La phosphatine, une bouillie à base de céréales pour les nourrissons, à voir sur https://fr.wiktionary.org/wiki/phosphatine . On en trouve encore au chocolat…

. Voir l’histoire du cacao, http://lionsclubbouakedoyen.chez.com/cacao.html et https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_culture_du_cacao

*

. Retrouver l’histoire de l’année 1915 en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/1915_en_France

. La guerre des frontières vue en carte postale symbolique, à voir sur http://www.musee-douanes.fr/expositions/130-detail/13-14-18-douaniers-dans-la-grande-guerre/41-4-aux-frontieres.html

. Une bonne photo d’un panneau à la frontière de l’Allemagne et de la France sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:16-20-57-f-mutzig.jpg

. Sur la réalité de la guerre, sur le front, un site très documenté, http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/1GM_combats/guerre_en_15_1.php?parent=61

. La situation des enfants pendant la guerre https://www.histoire-image.org/etudes/enfants-guerre-1914-1918 

 

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