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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #interculturel

Au fond d’un carton, du Papier d’Arménie … en livret, en carnet

7 Mars 2016, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Ce sont deux petits objets en papier que j’ai retrouvés dans un carton depuis très longtemps fermé. Il y a un livret et un carnet de Papier d’Arménie,  qui sentent encore … le papier d’Arménie ! Le plus ancien est de présentation verticale. Il se présente comme un livret de dimensions 7,9cm sur 5,6cm, avec quatre feuilles pliées en deux et agrafées au centre de la pliure, avec une seule agrafe. Pour le second de mêmes dimensions, sa forme horizontale change sa dénomination. Ce petit carnet comporte quatre feuillets pliés en deux qui sont  aussi tenues par une seule agrafe à la  pliure interne.

Dans les deux cas, la feuille de papier est prédécoupée en trois bandes, qui ont pour particularité de porter sur le recto le nom de ce papier –PAPIER D’ARMENIE – suivi de la signature du  fondateur de l’entreprise A. Ponsot, comme il est marqué au bas de la couverture à droite. Son nom est suivi de sa signature, que je n’arrive pas à déchiffrer. Rien ne figure au verso.

Les couleurs et les séquences. La couverture de ce livret, qui doit dater des années 50, a une couverture verte sur laquelle se détache des bandes blanches retravaillées chacune à sa façon. PAPIER D’ARMENIE ressort en haut en bleu sur fond blanc sur une bande légèrement cintrée. Son usage vient tout de suite après « Pour PURIFIER L’AIR des HABITATIONS ». Cette première séquence est tout de suite liée à celle des médailles en présentant d’abord celle-ci et en plaçant la bande très visible détaillée ci-dessous. 

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Au centre de la couverture, une bande rectangulaire rouge bordée de blanc avec des caractères blancs sur fond rouge met en valeur les MEDAILLES d’OR. On aperçoit encore en effet au-dessus quatre médailles. Avec une loupe et une bonne lumière vous décryptez les libellés placés sous les deux médailles présentées recto-verso, « Exposition d’Hygiène 1888 » et « Exposition universelle 1889 ».

La partie inférieure de cette petite surface est très remplie. Il se trouve un second rectangle blanc en lettres rouges pour vanter la « nouvelle présentation de 48 divisions au lieu de 30, pour un prix de 0,58 F ». Toutes les autres mentions sont écrites en bleu foncé, comme au-dessus, ce qui rend la lecture difficile. Dessous se trouve le nom et l’adresse de « A. Ponsot, 6, passage Morel, Montrouge (Seine) ». Dans le coin opposé vers le centre, je crois voir le dessin d’un nourrisson bien replet assis, sur lequel est imprimée la précision « CE CARNET CONTIENT 48 DIVISIONS » et last but no least « MARQUE DEPOSEE ».

Le recto de la couverture - la 4 de couv. - est aussi rempli mais d’une autre façon. Le grand souci du fabricant Auguste Ponsot semble avoir été la copie. Il a donc rédigé un AVIS avec ce texte « Nous prévenons le public que des gens peu scrupuleux vendent sous le nom de PAPIER D’ARMENIE de malsaines contrefaçons souvent dangereuses pour la santé. Ces contrefaçons sont très faciles à reconnaître car SEUL Le Véritable PAPIER D’ARMENIE a le droit de porter imprimé sur chaque morceau la mention suivante, avec la signature de l’inventeur…Refuser tout ce qui ne porterait pas cette signature. » Toutes les surfaces sont utilisées, qu’elles soient extérieures et intérieures, avec une seule exception qui est le verso des languettes détachables.

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Un voyage mental s’impose alors à votre esprit, comme naturellement . Si l’entreprise est toujours située à la même adresse, tout près de Paris, au 6, rue Morel, 92120 Montrouge, son produit, dont la formule est inchangée depuis ses débuts en 1885, vous fait voyager d’abord bien sûr en Arménie. C’est là que l’histoire a commencé lors de la découverte du benjoin - l’essence végétale qui dégage cette odeur si caractéristique - par le fondateur de l’entreprise, en voyant l’arbre de benjoin originaire du Laos… Vous êtes à Paris, puis d’une respiration en Arménie, un autre coup d’aile au Laos…alors même que l’Arménie est un pays qu’on ne connaît plus ou pas vraiment…si ce n’est par ces petits papiers qui se consument en dégageant une odeur très particulière qu’on n’oublie pas. N’est-ce pas Serge Gainsbourg qui a même écrit la chanson tout spécialement pour Régine, qui l’a chantée avec infiniment d’émotion? Car l'Arménie,  c'est aussi un souvenir très douloureux, qui eut lieu en 1915 - il y a seulement un siècle - et qui fit des milliers de morts.   

Ces petits papiers vont désormais pouvoir rejoindre l’Eden des Vieux Papiers maintenant que leur mémoire numérique est sauvegardée, tout comme ces vieux paquets de cigarettes dont je vous ai parlé récemment…Mais ce n'étaient pas des Gitanes chères à Gainsbarre...! 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise sur http://www.papierdarmenie.fr/shop/fr/content/10-l-esprit-papier-d-armenie

. Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Papier_d%27Arm%C3%A9nie  

. Lire un article récent sur http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150706.OBS2173/le-papier-d-armenie-un-secret-made-in-montrouge.html  

. L’essence de benjoin, qui est extraite du benjoin du Laos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjoin  . L’Arménie à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9nie#Politique_.C3.A9trang.C3.A8re  

. L’Arménie à découvrir pour sa chronologie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  

, et sa très longue histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  . L’Arménie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Arm%C3%A9nie , en n’oubliant pas que ce pays est entouré à l’Ouest par la Turquie, la Géorgie au Nord, l’Azerbaïdjan à l’Est, l’Iran au Sud-Est, la Turquie au Sud-Ouest…à la marge de 

. La chanson des petits papiers de Serge Gainsbourg incarnée par Régine http://www.gala.fr/stars_et_gotha/serge_gainsbourg   et sur l'homme lui-même voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Gainsbourg

. Photos Elisabeth Poulain, surtout axées sur le livret, pour le carnet voir des clichés  sur wikipedia... 

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth PoulainPapier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

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Les mains des femmes, Le goût des fleurs, La broderie2...

28 Octobre 2015, 20:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain
Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain
Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain

Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain

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Des recettes d’oie farcie avec des pommes. En voulez-vous ? En voilà

28 Octobre 2015, 11:58am

Publié par Elisabeth Poulain

Oie-Paul-Gauguin-1899-wikipedia-Chris93

Oie-Paul-Gauguin-1899-wikipedia-Chris93

D’abord le titre en commençant par la locution que j’ai légèrement modifiée. C’est « en veux-tu en voilà » qui s’écrit à la deuxième personne, sans interrogation, ni virgule, contrairement au titre. Une bonne façon de démarrer un billet qui va porter sur quelques recettes d’oie farcie,  un « vieux » volatile, au sens où il est connu depuis l’Antiquité. C’est vrai qu’à Rome, c’était aussi sa  capacité à exercer un gardiennage en équipe qui était appréciée. Celles du Capitole sont restées célèbres. Je fais confiance à l’ingéniosité des Latins pour avoir su très tôt aussi que ces admirables gardiennes étaient aussi bonnes à manger. Ils avaient suivi en cela l’exemple des Egyptiens qui savaient les engraisser avec du pain  pour goûter leur chair bien grasse, ce que firent les Romains avec des figues.

Ma sélection de recettes. Elle a été guidée par la farce qui remplit le ventre de ce gros volatile à la chair un peu sèche. Je dois avouer que, malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver une recette sans farce. Je me suis consolée en m’apercevant qu’une idée venant de loin consistait pour certains en période maigre à mettre dedans, ce qu’ils auraient ajouté comme accompagnement tout autour du grand plat de présentation. La chair de l’oie a en effet la réputation d’être sèche. D’où l’idée d’associer à la chair des éponges à gras qui est un bon capteur de saveurs. Le pain a servi à cet usage, tout comme des féculents, comme les pommes de terre. L’imagination est au pouvoir. J’imagine que du maïs, ou des haricots secs pourraient aussi être utilisés. 

En matière de cuisine, l’imagination ne connaissant  pas de limite, on peut jouer avec la farce et l’accompagnement, dans un drôle de jeu dedans-dehors. Un jeu à trois en somme, la grosse volaille ou un jeune oison plus facile  à manipuler, restant la vedette de cet étrange trio. Du coup, on ne parlera plus de la farce, pour mettre le projecteur sur l’accompagnement, comme des fruits un peu acides par exemple. Les dénominations des recettes jouent le quiproquo volontairement, pour mieux séduire, avec toujours en France en arrière-plan, la volonté de rendre plus chic une recette à forte tendance paysanne, qui continue pourtant à exister.

Oies-en-groupe-de-6-wikipedia-Matt-Kingston

Oies-en-groupe-de-6-wikipedia-Matt-Kingston

Il en va ainsi de l’oie farcie aux pommes. Avec tout ce que je vous ai dit avant, à l’exception de la dernière phrase, vous pourriez penser qu’il vous suffit de trouver une oie pas trop grosse, de la fourrer aux pommes un peu acides, et hop, c’est parti. Quelque temps après – en comptant 30mn et quelques de cuisson pour 500 grammes - pour une belle bête de 3kg et plus, vous vérifiez que la cuisson est au point, la peau dorée et croustillante à point. Vous la disposez découpée sur un plat entouré de pommes cuits au jus de l’oie, et c’est bon. C’est la version simplifiée de la recette de l’oie aux pommes, celle que j’appelle aussi la recette de Ginette Mathiot qui avait l’art de dire simplement ce qui pouvait rester simple. Son équation = 1 oie + 1 kg de pommes reinettes m'enchante. C’est génial.

La version actuelle compliquée « mode ». Vous allez trouver des recettes où l’oie ne verra pas les pommes de l’intérieur. Il y aura une farce force 1 pour remplir l’oie, - ce que j’ai appelé le farce-éponge – et ensuite il y aura une farce 2 de présentation pour présenter l’oie pré-découpée, avec tout autour la farce n°1 découpée en tranches en alternance avec des quartiers de pommes. Quand on dit que l’oie est farcie aux pommes, c’est un raccourci. C’est une de ces pudeurs de langage qui traduit une volonté de rendre la recette plus sophistiquée. Dans cette recette d’oie farcie aux pommes, récente celle-là, il vous faut commencer la veille pour faire un consommé de légumes, tout en ayant sous la main ou au réfrigérateur une dizaine de composants en plus de l’oie, bien sûr.

Vous préparez donc un bouillon de légumes qui servira le lendemain à arroser régulièrement la volaille en train de cuire. Il s’agit ensuite de s'occuper de la farce qui constitue le vrai met goutteux à souhait. Il faut alors mélanger en une pâte fine les foies de volaille hachés, du veau et de porc hâchés (200gr pour chaque constituant), un petit pain de lait ou à défaut du pain de mie ou une biscotte et une pomme-fruit hachée. Certains ajoutent en plus un petit verre d’alcool blanc –ou du cognac…- , et toutes ou tous du sel, du poivre et de la muscade râpée.

Cette farce est ensuite placée à l’intérieur vidé de la volaille qui elle-même ainsi farcie est placée au réfrigérateur pendant la nuit. Le lendemain, le plat est mis au four le temps qu’il faut en raison de son poids auquel s’ajoute celui de la farce. Ce n’est que dans la dernière heure que vous disposez enfin les fameuses pommes épluchées et coupées en quartier qui vont terminer la cuisson avec l’oie. Certaines dégraissent aussi la sauce, pour pouvoir in fine rajouter de la crème fraiche. Soit plus d' une dizaine de constituants, en commençant la veille et en poursuivant le lendemain pour que tout soit fait dans le bon timing. C’est impressionnant.

On comprend que cela puisse être bon et que l’idée même de goûter un tel met puisse éveiller à l’avance l’imagination et les papilles de tous les convives. Mais c’est quand même celle de Ginette qui m’attire le plus pour connaître le vrai goût de l’oie aux pommes. C’est aussi la plus simple, la plus légère et la plus simple pour la cuisinière, vous savez la dame qui fait la cuisine…

L’autre recette a ceci d’intéressant qu’elle montre comment les recettes peuvent se décliner au fil du temps, chaque créateur-e apportant sa touche personnelle, pour répondre à des demandes de changement dans la continuité. Cette recette raffinée dans laquelle tous les constituants qualitatifs ont été pensé pour agir en interaction qualitative de la chair d’oie, un volatile qui n’a pas seulement un foie gras. Elle - la recette - est toute à fait positive pour re-donner à l’oie sa renommée passée, d’aucuns diraient ses lettres de noblesse, à une époque où il existait des dizaines de recettes. Sous les yeux, j’en compte 32 dans un seul ouvrage, ancien il est vrai. Il date de 1938. C’est une vraie pépite, qui a pour nom Larousse gastronomique. "Tout est bon dans l’oie, il n’ y a rien à jeter" pour paraphraser un célèbre slogan publicitaire.

Oie Blanche-wikipedia-JJHarrison-Newcastle-Australia

Oie Blanche-wikipedia-JJHarrison-Newcastle-Australia

Pour suivre le chemin

. Lire en priorité « L’Oie réhabilitée » 1865, sur le site de la Bibliothèque municipale de Lisieux http://www.bmlisieux.com/normandie/loie.htm  de Charles Bataillard, avocat, membre de la Société impériale des Antiquaires de France et de la Société philotechnique de Paris…C'est vraiment très intéressant.   

. La Bibliothèque municipale de Lisieux aussi sur https://www.facebook.com/Médiathèque-Lisieux-251037961746246/  . Voir aussi une étude très complète (héraldique, histoire…), avec de très belles illustrations sur http://heraldie.blogspot.fr/2014/05/loie-en-heraldique.html  

. Retrouver des recettes alsaciennes sur http://ja6.free.fr/fichiers/f2877.htm  

. Ginette Mathiot, "La Cuisine pour tous", Livre de poche 1955 ; l’autre recette s’inspire d’un fascicule distribué par Marie-Claire Maison intitulé « Recettes de Fêtes, des Entrées aux Desserts, 23 suggestions pour de joyeux réveillons », avec beaucoup d’idées déclinables à f-oison…Je n'ai pas pu résister!

. Photos des contributeurs de wikipedia, avec mes remerciements à tous.

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Jacques Callot > Son bestiaire des sept péchés capitaux > Estampes

10 Juin 2015, 13:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot est un des plus grands graveurs européens. Il est né en Lorraine à une époque au début du XVIIe siècle, où chercher à apprendre l’art de la gravure se faisait naturellement en Europe, en descendant vers le sud, en Italie, à Rome, à Turin… Je vous en ai parlé hier dans un billet centré sur la femme, qui incarne à elle toute seule six des sept péchés sur ses frêles épaules.

Avec une circonstance aggravante, qui est que le diable voletant est toujours présent au-dessus de sa tête à elle. Parfois même un seul diable ne suffisait pas. Jacques Callot n’a alors pas hésité alors à lui attribuer deux diables qui se battent presque pour stigmatiser encore plus cette pauvre jeune fille pour sa paresse. Avec de telles gravures compréhensibles par toutes et tous, imaginez qu’elle pouvait être la vision très négative projetée sur celle qui est à la fois orgueilleuse, avare, gourmande, envieuse, aguicheuse et paresseuse... La dureté de la condition féminine telle qu'elle se présentait en une véritable BD des années 1617-1621!

Seul l’orgueil relève de la sphère masculine. A se demander si, du coup, c’est bien un péché. Ne serait-ce pas simplement un trait caractéristique de l’Homme avec un grand H? Jacques Callot a franchement tranché. C’est non, c'est une caractéristique virile : son guerrier est représenté dans toute la beauté de son épanouissement d'homme, avec un magnifique lion à ses pieds.

Revenons aux autres animaux incarnant cette fois-ci les femmes des péchés. Contrairement au billet d’hier, je ne vais pas vous les citer dans l’ordre attribué par le graveur et toujours repris depuis leur date approximative de réalisation du début du XVIIe siècle. Je vais les choisir par ordre de laideur en incluant aussi un autre critère qui est celui de la femme. Parfois les deux laideurs - animale et féminine - vont de pair, ce qui pourrait signifier que le péché concerné est vraiment horrible. Voyons donc si cette hypothèse est validée.
 

Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain

. En Ier, voici la chienne, compagne d’Inuidia, l’envie. Cette pauvre bête fait pitié tant elle est maigre. On voit ses côtes jaillir, ses grosses mamelles pendantes à force d’avoir nourri ses portées. Elle fait vraiment peur. Il faut dire qu’Envie n’est pas mal non plus, avec sa maigreur, ses seins pendants et les serpents qui sifflent dans ses cheveux et sur son bras. Un binôme bien assorti, avec une vieille femme qui ressemble à la chienne en pire, à cause des serpents.

. En 2e position, le crapaud d’Avaricia, l’avarice. On le voit mal car il se cache dans l’ombre de la jupe de la vieille femme. C’est vrai que les crapauds aiment parait-il le clair-obscur du crépuscule. Il est un symbole de laideur et de maladresse. Son côté lunaire le rendrait infernal et ténébreux. Pour sa part, Avarice a un visage atroce, avec ses yeux renfoncés dans leur orbite.

. En 3è lieu, citons le sanglier de Gula, la gourmandise. Il est monstrueux avec son gros corps et sa langue pendante. En Occident, il est peu de dire qu’il n’est pas spécialement apprécié dans les campagnes. C’est un symbole de la goinfrerie qui, pour son plaisir, est capable de ravager les cultures sur son passage. Ici il est même un démon, qui a raison de se cacher dans l’ombre de la jupe ample de sa maîtresse. Celle-ci, Gourmandise, n’offre par contre vraiment rien de repoussant ni de liens particuliers avec son animal-symbole. Elle est même plutôt agréable à regarder. Elle est gironde. C’est la première dissociation que l’on rencontre.

. En 4è place, vient le bouc de Luxuria, la luxure. A nos yeux, iI n’a rien de vilain, il a même l’air sympathique. A l’époque, au XVIIe siècle, il était encore le symbole de la libido pour les Lettrés nourris de cultures grecque et romaine. C’était cet animal qu’on sacrifiait dans l’Antiquité en Grèce lors des fêtes données en l’honneur de Dyonisos, le Dieu de la Vigne, du Vin et de la Fête. Quant à Luxure, elle répond aux canons des beautés rondes d’alors, bien nourries, bien en chair. Lui regarde sa maîtresse, qui admire son oiseau qui est plutôt un symbole de légéreté et de beauté. Voila le second  cas de dissociation.

. En 5e et dernier, se présente l’âne de Pigriria, la paresse. Je vous le dit franco, l’âne est une brave bête, dure à l’ouvrage. A la Renaissance, il fallait trouver un animal porteur de beaucoup de défauts, ce fut lui. Il était soi-disant bête, ignorant, stupide, flemmard…en un mot la paresse incarnée. La pauvre jeune fille, Paresse, vraisemblablement une servante levée tôt et couchée tard, était peut-être aussi très fatiguée, comme lui, l’âne, son compagnon de lourdes tâches.

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Hors catégorie, je vous ai déjà parlé du lion d’Ira, la colère. L’animal est très attentif à côté de son maître, prêt à bondir sur l’assaillant, ses deux pattes de devant déjà en l’air. Il n’a pas l’air spécialement irrité ni en colère. Il n’a pas la bouche ouverte, prête à croquer de l’ennemi par exemple. Quant à Colère, il incarne toute la puissance de l’attaquant, l’épée à la main. Sa vaillance ne semble pas forcément dictée par la colère. On dirait plutôt un sportif bien entraîné, avec nos yeux d’aujourd’hui. Aucun des deux ne symbolise un péché, ni la colère. Quoi qu’il en soit, les deux vont bien ensemble. Ils sont en pleine forme.

Il reste à vous parler du paon de Superbia, l’ambassadrice de l’orgueil. Et c’est là, où cela ne va pas. Le paon est un symbole solaire, qui transmet en particulier la rutilance de sa beauté qu’il peut déployer ou cacher à volonté. Il n’est pas un symbole d’orgueil. Il pourrait certainement signer la vanité. Il était à coup sûr signe de richesse et de beauté. Son association avec Orgueil, la belle dame va très bien. Et comme pour le lion, ce n'est pas un hasard.

                                                                      *

Quelques mots pour finir. Quand on analyse les gravures de Jacques Callot, on comprend bien la raison de la présence animale. Celle-ci permettait de mieux faire ressortir certaines facettes de ses personnages, quitte à exagérer dans le sens que souhaitait l’artiste. Celui-ci n’hésitait pas non plus à flatter les puissants et les riches, en représentant des belles dames comme Superbia et Luxuria,  et à charger les vieilles pauvresses, quitte à en faire beaucoup dans la laideur ou la peur. Je sens qu’Inuidia va me donner des cauchemars et sa cousine Avaricia aussi… !

Quant au lien entre la gravité du péché et la laideur des personnages, je ne peux vraiment pas me prononcer sur ce point, tant la définition des péchés eux-mêmes a changé au fil des siècles et des styles de vie aussi.Quoi qu'il en soit, cette analyse visuelle toute simple est beaucoup plus  riche quand on se focaise sur l'animal, comme dans cette version n°2, alors que la découverte des dames dans la version n°1 a permis de découvrir la série. Les objectifs étaient différents, l'anlyse aussi et donc les résultats...

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Retrouver le billet  centré sur les sept péchés capitaux vue à travers la double représentation de la femme et des animaux, http://www.elisabethpoulain.com/2015/06/callot-les-7-peches-capitaux-entre-representation-feminine-animale.html  

. Voir la symbolique des animaux sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_des_animaux  

. L’âne sur http://www.mere-nature.com/animaux/ane/ane_intelligence.php  . Le bouc sur http://axiomcafe.fr/pourquoi-le-diable-est-il-represente-mi-homme-mi-bouc . Le chien dans notamment http://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_dans_la_culture . Le crapaud sur http://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files/Des_crapauds_et_des_hommes.PDF . Le lion dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_dans_la_culture  . Le paon sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Paon Le sanglier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_du_sanglier

. Photos Elisabeth Poulain. Retrouver les photos des estampes avec leurs références dans le billet précédent déjà cité.

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Pub, Le chien de luxe, Christo, Livret -Théâtre de l’Opéra

9 Mars 2015, 19:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre en commençant par l’expliquer. Le chien de luxe est bien le sujet du billet. Il faut vous dire d’abord qu’il est fabuleux et très patient. Jugez-en, il attend depuis le lundi 16 juin 1913 –oui, vous avez bien lu- que quelqu’un veuille bien s’occuper de lui avec attention et persévérance. Ouf enfin ! Il était temps. Christo est le nom du « Salon d’Exposition de la Maison Christo » sis au 26 avenue des Champs-Elysées, du côté pair du trottoir, qui est le meilleur des deux, à votre droite quand vous remontez « Les Champs » vers l’Arc de Triomphe, situé tout en haut de cette avenue qui fait partie des « Plus Belles Avenues du Monde. » C’est le côté pair, celui de Christo, au n° 26, qui n’a pas abrité de célébrité, ou laissé de trace particulière dans l’histoire. Encore maintenant le 26 est simplement situé entre le 24 et le 28.

 

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

« Chiens de luxe et de toutes races ». Il existe bel et bien puisqu’on en voit un sur cette photo qui fait l’objet de cette « réclame » de  1913. On ne disait pas de la publicité alors. Un chien de luxe, on comprend qu’il s’agit d’un raccourci. C’est un chien que seules des personnes vivant dans l’univers du luxe et ne concevant pas de faire autrement peuvent apprécier et acheter. Mais cela n’est pas dit, parler d’argent  aurait été d’un vulgaire.  « De toutes races », c’est plus difficile. S’il représentait à lui seul toutes les races, ce serait au choix, soit un atroce bâtard, soit une nouvelle race de  chien. On n’en était pas là.  Il s’agit simplement d’un raccourci : on trouve chez Christo, et des chiens de luxe et toutes les races de chiens. C’est l’inversion qui est gênante à l’oreille. « Chiens de toutes Races » titille vraiment l’oreille.

Le programme interprété ce soir-là. Il s’agit de Faust de Charles Gounod, comme  l’indique le livret de 65 pages du « Théâtre National de l’Opéra » de « Faust, Opéra en 5 actes de J. Barbier et M. Carré, Musique de CH. GOUNOD » dont le portrait figure juste en dessous de son nom.      

Maintenant arrive le mystère du Théâtre National de l’Opéra. S’agit-il de l’Opéra de Paris ou de celui du Château de Versailles ? En faveur de ce dernier, le livret porte en haut à gauche la locution latine « Rec Pluribus Impar », qui était la maxime de Louis XIV. Ce qui semble une piste importante, qui n’est pas confirmée lors de ma recherche sur la net par la liste peut être incomplète des opéras joués à Versailles. Quant à l’Opéra de Paris, il ne s’est jamais appelé, me semble-t-il « Théâtre national de l’Opéra », par contre on peut imaginer que cette dénomination a permis de désigner la troupe de l'Opéra de Paris.    

Pour finir en beauté voici « le chien de luxe » . Il a des poils si longs qu’ils lui cachent totalement les yeux. Seuls ses oreilles pointues et sa truffe noir émergent de sa tête. Son corps semble masqué par un véritable manteau de fourrure, à moins que ce soit tout simplement son poil naturel. D’où vient-il ? De quelle race est-il? C’est un vrai mystère…

Par contre, vous pourrez répondre sans vous tromper que le chien de luxe est un chien acheté par des "Cours étrangères" dont Christo est le fournisseur officiel, à commencer par SAI Le Grand Duc Nicolas de Russie, SAI pour Son Altesse Impériale. Quand même!      

 

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. En apprendre beaucoup sur les Champs Elysées, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_des_Champs-%C3%89lys%C3%A9es  

. Les Champs-Elysées d’aujourd’hui à retrouver sur http://www.comite-champs-elysees.com/accueil.html  

. Faust, l’opéra de J. Barbier et M. Carré, à voir sur http://www.charles-gounod.com/discographie-operas.html  

. L’Opéra du Château de Versailles sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra_royal_du_ch%C3%A2teau_de_Versailles  

. Nec Pluribus Impar, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Nec_pluribus_impar

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Les Chemins de l'Art sacré 2 > La Vallée de la Risle > 20.07.2014

20 Juillet 2014, 10:15am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Les Chemins de l’Art sacré au temps du Duché normand vous permettent de découvrir pour la première fois dans le département de l’Eure (27) des églises romanes pendant trois dimanches après-midi du mois de juillet 2014 pour cette première édition. Le  premier dimanche, le 13 juillet, ce sont six églises de l’estuaire de la Seine qui ont ainsi pu être ouvertes au public et découvertes lors de visites guidées par des spécialistes du patrimoine, de l’architecture et de l’histoire de l’art.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 002

Les églises romanes choisies pour ce dimanche du 20 juillet. après-midi Elles sont toutes situées dans la Vallée de la Risle, non seulement pour faciliter la découverte du fait de leur situation groupée dans une vallée aux paysages protégés mais aussi pour donner à voir une large palette des réalisations des bâtisseurs du Xe siècle ainsi que leur évolution dans le temps.

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 001

. Aclou, l’église Saint-Rémi

. Boisney, l’église Saint-Aubin

. Fontaine la Soret, l’église Saint-Martin

. Launay, l’église Notre-Dame et Saint-Lubin

. Neuville sur Authou, l’église Notre-Dame

. Saint-Léger de Rôtes, l’église Saint-Pierre de Rôtes

Chemins d'art sacré, 2014.20.07 004

Ces six églises sont exceptionnellement ouvertes de 15h à 19h. A 15h, 16, 17h et 18H sont organisées des visites commentées par des bénévoles connaisseurs du patrimoine de l’Eure. Il est aussi possible d’entrer et de les découvrir par soi-même, si on dispose de moins de temps par exemple, tout comme il est possible de n’en visiter que quelques-unes, celles que l’on ne connait pas, peu,  ou au contraire bien pour les retrouver avec émotion.

Pour suivre le chemin

. A retrouver sur http://www.eure.gouv.fr/Actualites/Les-chemins-de-l-Art-Sacre-au-temps-du-Duche-Normand

. Voir la plaquette du Ministère de la Culture et de la Communication, faite par  le SDAP (Service départemental de l’architecture et du patrimoine) de l’Eure, qui vous sera remise lors de votre venue dans chaque église,  sdap.eure@culture.gouv.fr

. Ces visites sont organisées sous « la direction scientifique de l’Architecte des Bâtiments de France et sous la direction liturgique de la Commission diocésaine d’ Art sacré » avec l’Association des Amis des Monuments et des Sites de l’Eure (AMSE), la Fondation du Patrimoine et la Sauvegarde de l’Art français, soutenues par la Direction régionales des Affaires culturelles (DRAC).

. Le circuit du 27 juillet prochain permettra de visiter six églises de la Vallée de la Seine , celles de Bouafles, Cuverville, Dangu, Guitry, Hennezis, La Roquette.

. Le dimanche passé du 13 juillet 2014 a permis de découvrir, avec un grand plaisir à une large palette de connaisseurs et ou de découvreurs, l’estuaire de la Seine et plus particulièrement les églises d’Aizier, de Brestot, Bouquetôt, Fiquefleur, Quilleboeuf-sur-Seine et la Trinité de Thouberville.

. Photos Elisabeth Poulain à partir de la plaquette.

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Le bestiaire du vin > Le singe qui grimpe à la bouteille > Allemagne

7 Juillet 2014, 15:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une bouteille spéciale qui a dû attendre plusieurs années qu’on veuille bien à nouveau s’occuper d’elle, avec tout le respect que l’on doit à ce flacon apporté  d’Allemagne par un étudiant allemand. Elle vient d’Affenthal et était utilisée pour servir du vin.

D’abord quelques mots pour vous la décrire. Elle est faite d’un verre blanc transparent lourd. Elle n’est pas ancienne car elle porte des marques de calage sur son bord inférieur juste au-dessus de son fond, cette encoche qui permet aux machines de repérer le milieu de ce qui est le devant. Une nécessité pour coller l’étiquette au milieu ; là, il s’agit de positionner le visage du singe tourné vers nous.

Bouteille de vin2, Détail devant, Allemagne, Affentahl

Le singe justement. Il a une bonne tête souriante, avec comme souvent des yeux un peu tristes. Ses longs bras qui enserrent la bouteille sont plus longs que son corps ; quant à ses jambes, elles le sont encore plus. Ses quatre mains sont plus longues que sa tête n’est haute. Avec tout ça, ce brave singe arrive facilement à serrer fort le corps de la bouteille dans ses bras et pattes au plus près de son cœur.

Un mot sur son pelage cuivré-or. Il est dense, avec au creux des vagues de sa fourrure des traces de peinture étonnantes quand on regarde le singe par derrière en transparence, à travers les quatre mains.

Bouteille de vin3, Détail arrière, Allemagne, Affentahl

Les seules autres caractéristiques figurant en relief sur le fond de la bouteille : 0,75l puis 77, plus loin 5 et un H dans un cercle, qui attestent que la bouteille date de la fin du siècle précédent ou du début de celui-ci, le nôtre.  

Précision. Il existe bien en Allemagne, partie Ouest, un Affenthal, situé au-dessus d’Ingolstadt,  pour lequel il est très facile de découvrir la météo! Je doute qu’il y ait encore un vignoble, car cela serait dit et on verrait des photos.  Par ailleurs, il existe bien un lien entre  « Affenthal dans la région de Bade et ses vins généreux et plein de feux… ». Mais cette mention  n’est attestée que dans un ouvrage de 1833, un « Précis de Géographie universelle », dans le volume 5, de Conrad Malte-Brun !

Bouteille de vin1, Allemagne, Affentahl

La seule certitude est qu’il y a bien un singe qui grimpe à la bouteille, mais il n’est pas sûr que celle-ci vienne bien d’Affenthal ni qu’elle ait contenu du vin à l’origine. Il est certain par contre que la bouteille est récente du fait des encoches de calage qu’elle porte juste du culot. Et pourquoi un singe, si ce n'est le lien avec Affenthal, la vallée des singes?           

Pour suivre le chemin

. Retrouvez la page citée du Précis de Géographie universelle sur   http://books.google.fr/books?id=iUTO8fFHtMAC&pg=PA474&lpg=PA474&dq=Affenthal+et+ses+vins&source=bl&ots=grAIxEVjsn&sig=QILxVs2gfdQekk0B75p_ewlXgn0&hl=fr&sa=X&ei=_RO5U5zDPIGV0QXP7IGYCw&ved=0CDkQ6AEwBg#v=onepage&q=Affenthal%20et%20ses%20vins&f=false  

. Photos Elisabeth Poulain

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La fin de la moisson par Poul Edvard Nielsen, 1973 > Collection Emmaüs

28 Juin 2014, 16:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce titre ne vous offre que trois certitudes sur l’histoire de ce tableau.

Sosum1, Poul Edvard Nielsen, 1973, Emmaüs

. Il s’agit d’une peinture à l’huile achetée dans un Centre Emmaüs quelque part en France et que j’ai conservée parce qu’elle a – forcément – quelle que chose de spéciale. Elle ne porte pas de titre mais son thème est bien l’instant de repos au retour de la moisson déjà fauchée qui a séché au soleil, avant d’être montée en meule pour l’hiver.  

. Le peintre a signé par deux fois sa toile de son nom, une fois de ses initiales PEN verticalement en les croisant avec l’année aux chiffres avec 19 écrits à gauche du E et 73 à droite à l’horizontale. Il a pris soin également  de peindre son nom développé sur la tranche basse de la toile, avec à nouveau la date, 1973, à laquelle il a réalisé cette œuvre vraisemblablement d’après nature.  

. Le lieu est Sosum écrit en danois avec un O barré d’un / (slash). La ville ou le village existe bien. C’est une certitude, aussi  sûrement que le fait que je n’arrive pas à trouver d’autre information que sa la localisation  au NO de Copenhague et au NE de Roskilde.

Sosum2, Poul Edvard Nielsen, 1973, Emmaüs

Avec ces trois éléments, on peut reconstituer le scénario suivant. Le peintre doit être Danois pour deux raisons. Son nom d’abord ; il y a en effet un footballeur danois s’appelant Poul Nielsen. Il lui manque seulement le prénom d’Edvard. Le lieu de cette scène de moisson ensuite. Sosum existe bien et au Danemark en plus. La seule certitude que j’ai pu avoir quand j’ai acheté cette toile a été que ce paysage de moisson venait d’un pays du Nord.

La raison en est  la grange ou maison de bois au toit de chaume semi-enterrée que l’on aperçoit dans la partie haute de la toile. Elle ressemble beaucoup à ces maisons nordiques qui se protègent du vent et du froid par leur position semi-enterrée dans la terre, avec leur toit de chaume, recouvert de terre et d’herbe pour renforcer l’isolation thermique.   

Sosum3, Poul Edvard Nielsen, 1973, Emmaüs

Ce qui me plait dans cette toile de 31cm sur 41,04cm, c’est le soin que le peintre a pris pour restituer une atmosphère de grand calme quand il fait trop chaud. Le sujet principal est assurément cette couleur verte omniprésente adoucie de beaucoup de jaune pâle et de beige clair. Ce sont les teintes de la paille et du bois qu’il a choisies pour animer ce vert doux de l’herbe. Il a su les décliner en plusieurs variantes, avec des pointes de blanc qui a jauni pour les marguerites de la pierre au premier plan, avec la faux juste au-dessus de son nom. Une curieuse association, qui trouble la dimension paisible de la scène. il y a du mystère là-dessous.

Sosum1, Poul Edvard Nielsen, 1973, Emmaüs

La composition est en outre très curieuse. La charrette semble être l’élément dominant le décor. Vidée de son chargement d’herbe, qui est maintenant  compilé en meule que l’on aperçoit sur la gauche, elle attend d’être rangée dans la grange dans le fond opposé du haut. Un tas par devant la charrette attend à son tour d’être mis en meule. Entre les deux, on voit une pompe à eau, très curieusement placée en cet endroit. On la verrait plus près du bâtiment. Tout se passe dans le carré ou presque formé par la meule, la charrette, la maison ou grange et  la pompe.

Le rectangle qui est accolé ne comporte en tout et pour tout que des arbustes en haut, l’herbe au soleil, un rocher entouré de cinq marguerites et la faux qui a dû servir pour faucher l’herbe. Mais alors où est la fourche qui a servi à monter la meule ?  

Pour suivre le chemin

. 3670 Sosum, Danemark https://www.google.fr/maps/place/3670+S%C3%B8sum/@55.7733985,12.231774,15z/data=!3m1!4b1!4m2!3m1!1s0x46525cb4ebc4abaf:0xa00afcc1d519f00

. Photo Elisabeth Poulain, à retrouver dans le sous-album "Petites Maisons2" contenu dans l'album "Petites Maisons"

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Du Mur de Pierres à l'Homme en rouge, J.E. Charon > Un Dessin de Picard

3 Décembre 2013, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre. C’est un dessin de Picard faisant la couverture d’un essai « De La Physique à l’Homme » du philosophe Jean E. Charon qu’il devait être difficile à classer, tant ses domaines de compétence étaient larges. La page 4 de couverture parle pour cette  esquisse d’ « une théorie de la connaissance, … qui aide l’homme contemporain à se situer et à mieux comprendre quelques-uns de ses problèmes fondamentaux à la lumière des données les récentes de la Science. »

Dessin Picard2, Couverture Jean E. Charon, de la Physique à l'Homme 

L’éditeur est  Gonthier-Bibliothèque Médiations, spécialisé, sous la direction de Jean-Louis Ferrier, dans des essais de grands noms de la connaissance de l’Homme et ceci en 1965 à une époque où certains de ceux-ci n’avaient pas encore la notoriété qu’ils ont acquis plus tard.  A part Platon et Aristote qui étaient déjà des stars, citons Le Corbusier, Ivan Pavlov, J. Burckhardt, Gordon Child, Elie Faure, Arnold Toynbee, Paul Klee, Jaurès, Serge Lifar…J’arrête là, il y en a 32 de cités. 

Dessin Picard3, Couverture Jean E. Charon, de la Physique à l'Homme 

L’auteur est Jean Emile Charon (1920-1998), d’abord physicien et qui est devenu  ensuite philosophe. S’il n’a pas acquis la renommée de certains grands, il a eu au cours de sa carrière de  chercheur universitaire et d’enseignant très pédagogue en France et aux Etats Unis une influence certaine sur la jeunesse. Une phrase de lui explique sa démarche tournée vers l’unicité de l’univers, une idée lancée en particulier par Albert Einstein : «  Je suis sorti de ma caverne pour regarder au-dehors ; et j'ai aperçu le monde et tout particulièrement l'Homme, sous l'angle et dans la perspective qui m'étaient offerts depuis mon antre de physicien : je déclare que ce que j'ai alors vu des paysages souvent nouveaux [...] ». Une dernière phrase un peu curieuse, mais elle est ainsi.

Picard le concepteur et dessinateur de l’Homme en rouge, un titre que je viens de lui donner, n’a ni prénom ni autre signe d’individualisation, ce qui à mon sens est réellement choquant quand il s’agit de faire la couverture d’un livre sur la création du monde et la venue de l’Homme. Picard en est un et en plus il a eu une très belle et forte idée  qui est de montrer la naissance de l’Homme à partir de la matière « pierre » représentée ici par un mur.

Dessin Picard4, Couverture Jean E. Charon, de la Physique à l'Homme 

Du mur de pierre à l’Homme. L’idée est que les éléments naturels ont déjà une structure dans lesquels le genre humain  a toute sa place. Un des objectifs de la Recherche étant d’apprendre à voir de l’ordre là où tout un chacun ne voit que désordre, Picard le Dessinateur a donc présenté ces pierres déjà ordonnées en un mur.  

L’Homme naissant du Mur. La vitalité profonde de l'homme et la force de sa pensée lui permettent de se composer en un être nouveau qui acquiert une forme différenciée au fur et à mesure de sa prise d’envol hors du mur de pierre. Mais il n’y a pas que cela. Une autre mutation se fait sous nos yeux.

Dessin Picard5, Couverture Jean E. Charon, de la Physique à l'Homme 

De la pierre au livre. Une autre lecture est possible. A ce niveau-là d’intelligence de la main de l’artiste guidée par une très forte sensibilité, Picard le Dessinateur (PLD) a représenté les pierres presque comme des livres. Là, on atteint des sommets, puisque ce sont l’écrit et l’invention de l’imprimerie qui ont permis de transmettre la connaissance du génie humain. Et c’est à ce moment qu’on se pose la question du choix de la pierre.

Dessin Picard1, Couverture Jean E. Charon, de la Physique à l'Homme 

Pourquoi PLD a-t-il choisi la pierre ? Une des raisons pourrait être que c’est la pierre qui a permis aux premiers hommes de dessiner ce qu’ils voyaient sur les murs des grottes dans lesquelles ils pouvaient vivre, il y a des dizaines de milliers d’années… C’est quand même émouvant.  

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’ouvrage « De la physique à l’homme » de Jean E. Charon, Gonthier Bibliothèque Médiations, 1964. Son introduction commence par une citation de Frédéric Nietzsche « Deviens celui que tu es », une jolie façon pour l’auteur de dire à quelle hauteur se situe son  propos. Il l’explique  dans la dernière phrase de l’introduction par ses mots « ‘deviens celui que tu es’ ; car devant chacun de nous, il existe un autre Homme qui est encore nous-même, mais mieux situé dans les axes de l’évolution, moins « théoriques » et vers lequel nous devons faire effort pour marcher. »

. Lire la fiche que lui consacre Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-%C3%89mile_Charon qui ne cite d'ailleurs pas l’ouvrage des Editions Gonthier SA, Genève (Suisse), imprimé aux Pays-Bas sur les presses de l’Imprimerie Bosch à Utrecht.

. Le choix de l’appellation de « l’Homme en rouge » : pour l’homme, c’est facile, quant au rouge, il marque la naissance et la vitalité. C'est aussi le choix du dessinateur. J'aurais pu parler aussi de "l'Homme en Marche" pour reprendre les mots de l'auteur.

. Photos Elisabeth Poulain

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Paysages du Vin > La Fenêtre sur la Bouteille > Beaujolais primeur

26 Août 2013, 17:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre développé. Il s’agit dans ce billet de voir comment un négociant en vin ( ?)  « Fondation Jean Laffite » avec  ce Beaujolais primeur 1998, donne carte blanche à un peintre régional, Jean-Paul Ferrenx, pour célébrer la sortie de ce vin dont le lancement est devenu au fil des ans un événement tout autant médiatique que ludique qui ouvre la dégustation des vins de l’année. L’artiste a choisi comme thème « La Fenêtre ». C’est le nom de sa création qui figure sur la bouteille sérigraphiée avec un texte aux allures de poème à titre  de contre-étiquette. 

La fenêtre par J.P. Ferrenx, Bouteille sérigraphiée, Beaujolais primeur 1998, Fondation J. Laffte 

La fenêtre. Elle est peinte vue de l’intérieur, dans une grande explosion de couleurs. Le bleu couleur de ciel avec une pointe de parme est choisi pour la fenêtre elle-même, le ciel bien sûr, les deux chaises, l’étiquette de la bouteille et les deux verres. Le jaune est donné au panneau du mur encadrant la fenêtre et aux vitres de celle-ci, avec quelques rayures oranges pour les différencier du panneau vertical du mur.      Le rouge couvre les murs de chaque côté du panneau. C’est la couleur dominante avec le jaune. Le rouge est fort, au point de rougir la table, les deux murs de chaque côté du jaune et surtout les deux personnes, la femme et l’homme qui s’approchent, un panier à la main, sous le soleil si puissant qu’il s’est auto-attribué cette couleur.     Un vert tendre éteint réussit l’exploit d’apparaître comme une couleur neutre qui peut cohabiter sans souci avec toutes ces couleurs fortes. Il reste à souligner le rôle intéressant du noir qui se met au service de l’ensemble pour donner le style. 

La fenêtre par J.P. Ferrenx, Bouteille sérigraphiée, Beaujolais primeur 1998, Fondation J. Laffte 

La relation entre le dedans-dehors. La sérigraphie a beaucoup à dire de ce point de vue. Prise de l’intérieur, elle a pour objectif de mettre en valeur le paysage devant la petite table ronde avec ses deux chaises avec les deux verres placées à côté de la bouteille. L’ouverture montre justement les deux dégustateurs qui s’apprêtent à arriver, juste à temps pour s’asseoir et déguster. C'est donc une fenêtre vue de l'intérieur, pour voir l'extérieur et inviter ceux du dehors à entrer dedans.

La fenêtre est plus qu’un signe d’ouverture, puisqu’elle est ouverture elle-même. Cette fenêtre, qui donne son nom à la bouteille et au vent, est une franche réussite de ce point de vue. C’est une invitation à entrer. Comme symbole, il n’y a pas plus fort.  

Pour suivre le chemin

. Fondation Jean Laffite, 69800 Saint-Priest

. Jean-Paul Perrenx, « La fenêtre », avec le texte suivant  «  Le soleil  est en feu étrangement carmin par la fenêtre bleue. Il ressemble à du vin et à la vigne  si verte par la fenêtre bleue, par la fenêtre ouverte prend feu ». http://www.jpperrenx.fr/.

. Sur le thème de la fenêtre, voir sur ce blog Deux photos prises de la rue > La fenêtre à grille > Le Dehors-Dedans

. Photo Elisabeth Poulain         

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