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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #interculturel

Un bestiaire d’intérieur > Des animaux d’extérieur > La Grenouille 1

17 Septembre 2017, 15:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Grenouilles en représentation, Cl. Elisabeth PoulainGrenouilles en représentation, Cl. Elisabeth PoulainGrenouilles en représentation, Cl. Elisabeth Poulain

Grenouilles en représentation, Cl. Elisabeth Poulain

Rassurez-vous, il ne s’agit pas de celle qui voulait se faire plus grosse qu’un bœuf que Jean de la Fontaine a si bien su raconter dans une de ses fables les plus célèbres…Je ne vais pas non plus vous parler de la fascination de Peter Mayle, un auteur anglais, amoureux de la Provence, qui raconta avec beaucoup d’humour ses « Aventures dans la France Gourmande ». Il commence son chapitre dédié à la à la grenouille, cette spécialité française, franchement dérangeante pour un Anglais, avec cet intitulé « Les amateurs de cuisses de Vittel » : « Songez à la grenouille : ni poisson, ni volaille, ce curieux entre-deux est pour bien des gens un symbole d’excentricité gastronomique et, pour les Anglais, l’emblème d’une nation. Ils appellent les Français les ‘Frogs’ en frémissant d’horreur devant de tels goûts culinaires… ». La dénomination de « Froggies », que nous sommes, nous Français, n’est pas franchement flatteuse, il faut le savoir. Rassurez-vous aussi, vous ne verrez pas de grenouilles bonnes à cuire et à manger ! Désormais, la pratique est de fait interdite en France.  

Grenouille dans le jardin, sulfure millefiori, "Je suis la + forte & la + fière", Cl. Elisabeth Poulain

Grenouille dans le jardin, sulfure millefiori, "Je suis la + forte & la + fière", Cl. Elisabeth Poulain

Ce billet n’a qu’un objectif qui est d’essayer de comprendre pourquoi il y a tant de représentations de ce modeste animal. Sa renommée est quasi-mondiale, comme le montrent ces quelques exemples de fausses-vraies grenouilles. Fausses car elles ne nagent pas dans leur mare et vraies car vous pouvez les prendre dans la main. Elles sont en plastique, en métal ou même en verre…Leur couleur dépend de la matière utilisée. C’est cette représentation étonnamment plurielle de la grenouille, qui constitue l’objectif de ce billet qui se fera en plusieurs séquences. 

. Commençons par la grenouille en verre avec beaucoup de vert. Elle pèse très exactement 1,086 kg, pour des dimensions peu proportionnées à son poids. Il faut dire que pour assurer sa stabilité, elle repose sur un socle de verre non colorée, de 12,5cm de diamètre et d’une épaisseur variable, de 2,5cm au centre et d’1cm en arrondi vers le bord. A la hauteur de sa tête, elle mesure près de 10 cm. Son corps est un sulfure rempli de fleurs de couleurs variées, ses pattes sont vertes, tout comme ses pupilles au centre d’une pastille épaisse de verre collée sur sa tête. Elle est une version récente des presse-papiers Millefiori que l’on connait plus fréquemment sous forme de boule ou de galet.

Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain

Petite grenouille sur pierre "Je suis vraiment sympa", Cl. Elisabeth Poulain

. Après cette championne de lancer de poids, voici une petite grenouille, qui fait contraste avec la première. Jugez-en elle pèse 16 grammes de pur plastique vert acidulé adouci. «  Mes mensurations, 4 cm sur ma base, 4 cm environ entre le haut de mes oreilles et environ 5,5 cm de longueur vue de haut approximativement. Je suis verte, un vert spécial forcément, il est frais, pas agressif, sympathique, comme moi. Je dois être et j’en suis fière, une des deux seules grenouilles de cette série qui porte sa nation d’origine de fabrication ‘made in China’ en dessous, à la hauteur de mes petites pattes arrière... Mes yeux globuleux sont blancs, avec des petits points noirs placés de façon à avoir l’air ‘ bigleuse’. Comme j’ai toujours un petit sourire, avec un petit trou au milieu des lèvres, je semble toujours être contente de moi. Quel âge ai-je ? C’est difficile à dire, quelques années, c’est sûr ! » 

Sa provenance  est une indication d’importante parce qu’en Chine ancienne, la grenouille avait un lien très positif avec l’eau et la fertilité de la terre. C’est elle, animal lunaire, qu’on évoquait pour appeler la pluie bienfaisante. Sa forme était sculptée ou figurait sur des tambours pour scander l’appel de l’orage, préfigurateur de la pluie, sas lesquels les plantes ne peuvent pousser.  

Les grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth PoulainLes grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth Poulain

Les grenouilles, "Nous sommes les triplées souriantes", Cl. Elisabeth Poulain

. Les petites sœurs triplées d’un joli vert adouci de jaune. Elles sont rayonnantes de vitalité. Si je devais choisir celles qui vous mettent de bonne humeur quand il pleut…, ce serait elles. 7cm de hauteur environ, 5 cm à l’endroit le plus large de ces  petites bêtes aux pattes du haut un tantinet bizarres. Celles  de gauche est toute petite, elle repose sur le genou droit, quant au droit, il est déplié jusqu’à toucher terre juste à côté de sa patte arrière gauche. C’est celle-là qui en dessous porte le code commun aux trois, W21-3…Ce sont les plus sympathiques, à mes yeux.

. Voici pour terminer ce billet la plus petite des petites : elle mesure 3,1cm, 2,4cm à la hauteur de ses bras écartés et 0,5 cm d’épaisseur. D’où vient-elle ? Je l’ignore. Elle me fait rire…Elle a l'air si contente d'elle surtout sur fond rouge...!    

La grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth PoulainLa grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth Poulain

La grenouille sur fond rouge "Et moi, je suis la plus petite!", Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir le célèbre poème de Jean de la Fontaine ( 1621-1675) notamment sur http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_grenouille_qui_veut_se_faire_aussi_grosse_que_le_boeuf.html

. Des exemples récents de sulfures millefiori sur https://www.pinterest.fr/pin/484559241137707183/?lp=true

. Peter Mayle, « Aventures dans la France gourmande, avec ma fourchette, mon couteau et mon tire-bouchon », Editions du Seuil, dans la collection « Points », 2003.

. Lire la véritable origine de la dénomination peu valorisante de « Froggies » pour désigner les Français, dans un article de Claude Duneton http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2016/09/02/37003-20160902ARTFIG00067-la-veritable-histoire-des-froggies.php

. Le Dictionnaire des  Symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Collection Bouquins, Robert Laffont/Jupiter, en pages 485 et 486, l'équivalent approximatif d'une page environ.   

Grenouilles, l'équipe des 6, Cl. Elisabeth Poulain

Grenouilles, l'équipe des 6, Cl. Elisabeth Poulain

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Rochefort sur Loire, St Offange, St Symphorien à l’épreuve du temps

10 Septembre 2017, 16:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth PoulainRochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, l'arbre et l'eau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, le ciel, la lumière, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, vers Saint-Offange, en passant par le camping, le ciel, la lumière, Cl. Elisabeth Poulain

La Loire, le plus long fleuve de France,  est toujours vue dans sa partie médiane, comme offrant parmi les plus beaux paysages de France du haut de ses rives. C’est là  que fleurissent certains des plus beaux châteaux de France, ceux qui avaient l’honneur d’accueillir au temps de la royauté la Haute Noblesse venue se ressourcer au bord du Grand Fleuve. Depuis des siècles, le Val de Loire est toujours cité pour sa beauté, comme en atteste  le classement de ses « paysages culturels vivants » à l’UNESCO depuis  Sully-sur Loire –en Loiret (département n°45) - en amont jusqu’à Chalonnes-sur-Loire en Maine et Loire (département n°49) en aval…Rochefort sur Loire bénéficie donc à ce titre du privilège d’être incluse dans la partie de la Vallée de la Loire classée UNESCO.

Rochefort sur Loire - 24 000 habitants pour 2780 ha -   possède plusieurs sites inscrits et classés, des sites uniques de par leur longue histoire remontant loin dans le passé, comme nous avons pu voir ce 5 août 2017 dernier, en compagnie d’une centaine de personnes environ réunies grâce à l’association rochefortaise l’APEC. Je ne nous ai pas comptés, j’étais trop occupée à regarder, à essayer de comprendre la complexité du site et à prendre des photos!  

C’est en effet  l’APEC, l’Association pour l’Education et la Culture de Rochefort sur Loire, qui a eu la bonne idée d’organiser cette visite des  « Roches fortes » qui ont donné leur nom à la ville, lors d’une belle balade autour de Saint-Offange et de Saint-Symphorien. Le rendez-vous était fixé auprès du camping, en bas dans la vallée. Après une présentation succincte de la présentation de l’après-midi, chaque participant  a reçu  une feuille imprimée recto-verso  avec d’un côté le schéma de la ballade et au verso, une présentation de Saint-Offange que nous allions voir en premier en partie gauche et sur l’autre demi-page celle de Saint-Symphorien.

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, l'arrivée, la clôture, le panneau, Cl. Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, à pied, notre groupe est parti en passant par  le camping et ensuite par un chemin qui mène aux Ruines de Saint-Offange. C’est alors d’en bas dans la prairie que nous avons pu découvrir et admirer  Saint-Symphorien qui domine la vallée où a été édifié au XVIIIe siècle un château sur les ruines de l’ancien. Dans le lointain passé, le sens du chemin était inversé, les habitants de la « ville close », entourée de murs  d’enceinte protecteurs de Saint-Symphorien au XVIe siècle se rendaient à Saint-Offange, en passant par un pont-levis. Ils descendaient, alors que nous allons monter vers Saint-Symphorien après avoir découvert la puissance des ruines de Saint-Offange, du moins de ce qu’il en reste, vues d’en bas, car il est désormais interdits de monter, malgré le panneau ! Et pourtant ce n’est par la pierre que va commencer cette remontée dans le temps.     

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain  Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Saint-Offange, la Roche forte de rhyolite, l'approche, Cl. Elisabeth Poulain

C’est par l’eau qu’a commencé notre découverte paysagère.  Quand vous arrivez en effet dans la commune de Rochefort sur Loire en venant de traverser l’Ile de Béhuard, pour les personnes venant d’Angers, vous serez entre Loire et Louet, qui est un bras de la Loire et non un de ses affluents. La différence est grande car, si un affluent a une source distincte du fleuve dans lequel il va se jeter, il n’en va pas de même du bras. Ce dernier commence dans la Loire puis « choisit » pour des raisons géologiques de se séparer du fleuve, pour ensuite le rejoindre, dès que cela lui est possible.

Outre cette double caractéristique géo-graphique et géo-logique, il y en a d’autres qui viennent notamment de la longue et tumultueuse histoire de ce cœur ligérien de la France.  Chalonnes- sur-Loire, au sud de Rochefort-sur-Loire par exemple fut un des premiers lieux habités en France,  il y a plus de 30 000 ans avant JC. On a en effet découvert des traces de l’Homme de  Neandertal sur le site de Roc-en-Pail, en rive gauche de la Loire, non loin de Rochefort. C’est également cette voisine aval de Rochefort-sur-Loire qui marque la fin du territoire classé par l’UNESCO  au titre de paysage culturel vivant…

Rochefort s/Loire, devant la Roche forte de Saint-Offange, Jean-Louis Robin, président de l'APEC, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort s/Loire, devant la Roche forte de Saint-Offange, Jean-Louis Robin, président de l'APEC, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, la prairie entre St-Offange & le Château de Saint-Symphorien, CL; Elisabeth Poulain

. Après l’eau, viennent les pierres. Celles de Saint-Offange sont de couleur noire, celle de la lave volcanique dure. Il y eut ici, vous l’avez deviné, des volcans au pays de la douceur de vivre. C’est alors l’Anjou « blanche » à la roche tendre du calcaire qui se taille facilement  qui s’oppose à la roche noire de Saint-Offange, si dure qu’elle a pu porter à son sommet une forteresse édifiée au XIIe siècle dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un pan de mur, tout le reste ayant été détruit. En 1592, la destruction fut le fait des troupes d’un des plus célèbres rois de France, Henri IV contre les trois Frères de Saint-Offange qui étaient réellement des vrais bandits  qui mettaient à mal la région et menaçaient l’ordre royal. L’éperon rocheux  a donc résisté tout comme une partie du mur de l’ancien château, qui est devenu un symbole des troubles de cette époque maint et maint fois pris en photo, tant il est  célèbre.                                                

Ce rocher de Saint-Offange contourné en partie, notre groupe s’est ensuite dirigé vers la grande prairie au fond de la vallée pour ensuite monter en pente douce à travers la forêt vers le Château Saint-Symphorien qui s’élève à 36 mètres sur une motte. Au cours de cette partie de notre trajet, nous avons pu voir des vestiges de murailles, des pierres provenant notamment d’un pont-levis qui reliait les deux Roches Fortes…

Rochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth PoulainRochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, La montée vers la motte et le Château Saint-Symphorien, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain
Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Le Château de St-Symphorien, l'entrée, l'accueil & la dégustation, Cl. Elisabeth Poulain

Le châtelain, venant à notre rencontre, nous fit le grand plaisir de nous offrir une dégustation d’un délicieux Coteau du Layon, Clos du Moulin de Sainte Catherine, d’un vigneron de Rochefort,   un moelleux  avec un très bel équilibre en bouche...Car Rochefort sur Loire est aussi une commune viti-vinicole…Mais de ce point-là, nous n’avons pas eu le temps de parler,  déguster se fait sans parole…! Par contre, nous avons pu ensuite échanger entre membres du groupe, tout en admirant les paysages magnifiques de grande amplitude de cette Vallée de la Loire… C’est alors le vent,  qui fait tourner les ailes du moulin, que le vin de Rochefort sur Loire a évoqué. La lumière a changé très rapidement. Le bleu du ciel s’est chargé de nuages blancs au-dessus du lit de la Loire.  L’air sentait délicieusement bon l’odeur légère de la forêt toute proche.

Puis ce fut la redescente, cette fois-ci non pas en groupe, mais chacune, chacun à sa façon, au moment choisi, après avoir remercié et le châtelain et le président de l’APEC M. Jean Louis Robin,  pour cette très belle après-midi, avec dans les yeux encore ces vestiges étranges et/ou magnifiques, le goût en bouche de ce Coteau du Layon, Clos du Moulin Saint-Catherine...dans un groupe très sympathique.  En résumé à  Rochefort s/Loire aujourd’hui, il y a les gens, les paysages, la nature, toujours la Loire, le temps qui passe et la complexité qui en découle… Un temps fait de superposition et de télescopage, qui rendent fascinant ces paysages, dessus dans l'air, sur terre et dessous avec la roche...!

Rochefort sur Loire, Vue du Château Saint-Symphorien, changement de lumière sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Rochefort sur Loire, Vue du Château Saint-Symphorien, changement de lumière sur la Loire, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin  ---) Les sources sont être indiquées ici…

. Courrier de l’Ouest-Angers, http://www.courrierdelouest.fr/angers de la semaine  se terminant le 5 août 2017

. Faire connaissance d’abord avec la ville grâce au site de la mairie sur http://www.rochefortsurloire.fr/la-vie-municipale/les-elus-2/ dont Mme Catherine Guinement est maire. Elle est aussi présente sur https://www.facebook.com/search/top/?q=Catherine+Guinement&init=public

. Découvrir le site très clair et très précis de l’APEC - L’Association pour l’Education et la Culture, dont le président est M. Jean-Louis Robin - sur l’histoire de cette ville à la forte singularité et qui pour autant est très représentative de la complexité d’un site participant de  la longue histoire de la France   http://www.rochefortsurloire.fr/vie-associative/associations-culturelles-et-de-loisirs/association-patrimoine-environnement-cadre-de-vie-a-p-e-c/

Chaque personne du groupe présent à la ballade s’est vu remettre un A4 explicatif bien utile, avec au recto en ½ page de gauche Saint-Offange, en ½ à droite Saint-Symphorien et au recto une carte bien utile .

. Rochefort sur Loire, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort-sur-Loire#/media/File:Ruine-st-offange.jpg et aussi sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Rochefort-sur-Loire qui présente de façon très claire et avec précision la ville…

. Le site vu du ciel sur http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/plan_49259_Rochefort-sur-Loire.html#carte-satellite-Rochefort-sur-Loire  

. Voir aussi le site de la DREAL-Pays de Loire, la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement sur http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/  

. La distinction entre site inscrit et site classé est à lire sur http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/qu-est-ce-qu-un-site-classe-ou-inscrit-a633.html

                                                                               *

. Le site de Saint-Offange, son éperon rocheux sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Offange où vous pouvez voir une vidéo intéressante vue du ciel.

. Le site de Saint-Symphorien, le voisin situé plus en hauteur, à voir sur https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Symphorien  

                                                                               *                                                                    

. Sur le site de la ville, lire la très intéressante histoire de la ville, dans une très bonne et très claire synthèse de Christine Pasquier Croiset, http://www.rochefortsurloire.fr/decouvrir/un-peu-dhistoire/

. Consulter surtout les recherches historiques faites par l’ancien maire honoraire  sur son blog  très fourni et qui remet le développement de cette ville atypique en situation historique… http://www.rochefortsurloire.info/index_fichiers/Page428.htm Les coordonnées de ce  rédacteur, responsable de la publication, Michel Nouaille-Degorce, 3 rue Grand'Cour, 49190 Rochefort-sur-Loire, contact@rochefortsurloire.info

. Pour les laves volcaniques et les ruines du Château de Saint-Offange, vous reporter à http://angerslumiere.blogspot.fr/2016/06/les-ruines-du-chateau-de-saint-offange.html#!/2016/06/les-ruines-du-chateau-de-saint-offange.html

                                                                              *

. Voir l’exemplaire du Courrier de l’Ouest en date du 03.01.2015 qui relate les fouilles menées en rive gauche sur le site paléolithique de Roc en Pail (Chalonnes sur Loire)  au cours de l’été 2014.                                                                     *

. Le classement UNESCO de la Loire et la carte du Val de Loire UNESCO sur  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Loire_valley_map_1.png        

. Clichés Elisabeth Poulain pris pendant la balade-découverte

. In fine, ce billet remplace celui qui a été envoyé par erreur… en vous remerciant  de  votre compréhension !

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Un vase jaune, d’un jaune qui éclate dans votre œil, impossible à oublier

10 Juillet 2017, 12:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Il était tellement attirant, d’une telle force de captation de votre regard, que j’ai failli l’acheter, moi qui n’aime ni vraiment les bibelots, ni les vases, surtout qu’avec la tonicité de sa couleur, qu’il n’aurait supporté aucune concurrence, surtout celle d’une fleur. Là, on était d’accord lui et moi; les fleurs, il vaut mieux les laisser vivre leur vie au calme sur leur plante-mère. Donc j’ai été forte, j’ai bien été décidée à ne pas acheter le vase jaune, même pour faire « une bonne action » pour Emmaüs.

Pour ne pas avoir de regret, j’ai quand même pris une photo. Et cette photo, c’est celle que vous voyez là. L’amusant est que ce bref instant m’est revenu en mémoire à la seule vue de ce cliché que j’ai pris il y a déjà quelques années. La forme ne m’intéressait pas spécialement, seulement cette couleur qu’il était impossible de ne pas voir sur l’étagère. A juste titre, les personnes faisant partie de l’Association caritative d’Emmaüs l’avaient placé à un coin de sorte qu’on pouvait l’isoler de son concurrent proche. Ils avaient aussi pousser le raffinement chromatique jusqu'à le faire voisiner avec du rouge, de l'orange et du bleu-parme en lignes verticale, du rouge foncé en horizontal...

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pourquoi cette passion pour le jaune ? Je n’ai pas d’explication. C’était ce vase-là, ce jour-là et l’étonnant est que ma réaction a été aujourd’hui la même à la vue du cliché. Ne comptez pas sur moi pour vous parler aujourd’hui de l’ambivalence du jaune…

                                                                                    ***

Pour suivre le chemin

. Sur la couleur jaune et sa double face, sa profonde ambivalence, référez-vous à la page 535  du Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, paru chez Laffont, dans la collection Bouquins…

. Emmaüs, sur wikipedia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France , en Maine et Loire http://www.emmaus49.com/ , à l’international présent dans 37 pays https://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CNyBkZKV_9QCFQs6GwodyrEL1w

. Cliché Elisabeth Poulain

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La frontière entre l’Alsace & la France > Phoscao, L’Illustration 1915

18 Juin 2017, 15:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain.

C’est un dessin de Sam paru dans ce numéro du 13 novembre de L’Illustration, en page 7 des Annonces, du côté le plus visible quand on ouvre le magazine. Pour que le lecteur du plus célèbre hebdomadaire français ne se trompe pas sur le type d’informations que l‘on pouvait découvrir au début et la fin du journal, ces pages de publicités n’avaient pas le droit d’être désignées comme telles. Il est seulement indiqué « Annonces 7 ». C’était alors la façon de parler de la réclame, qui, n’avait pas forcément bonne presse ! La formulation avait en outre l’intérêt d’avoir un caractère autre, qui ne portait pas atteinte à la dimension « élitiste » de l’Illustration de par son électorat et bien sûr la qualité de ce premier grand media français du XXe siècle.

La demi-page d’Annonces 7 dans sa moitié inférieure - 28cm de large sur 18 cm de haut- est occupée par le dessin en noir et plan de Sam, un artiste sur lequel je n’ai trouvé aucune information. Il a pourtant beaucoup travaillé en particulier pour l’Illustration en cette période de la guerre. Le résultat de son travail est intéressant parce qu’il adosse ses dessins à des symboles appartenant traditionnellement à la culture française ou…à la guerre. De plus l’organisation de l’utilisation de l’espace occupé par sa création graphique montre que ce dessinateur avait en outre de l’expérience dans les techniques du dessin au fusain et au crayon. Toutes ses réalisations ne sont pas forcément intéressantes, au moins au regard d’aujourd’hui. Mais elles ont assurément une certaine force.

Quant à « Phoscao (Spécialité française) le plus exquis des déjeuners, le plus puissant des reconstituants …», aucune indication de composition n’est indiquée. Ce n’était pas l’époque. On peut quand même suggérer, sans trop de risque de se tromper, qu’il y avait à la fois du cacao et de la phosphatine. Cacao n’a peut-être pas besoin d’être traduit, même si on parle de cocoa en anglais. Par contre la phosphatine nécessite peut-être plus d’information. C’est « une bouillie de céréales pour les nourrissons » comme le dit la publicité de Blédina.

 

L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao, en Alsace, spécialité française, Cl. Elisabeth Poulain

Dans les numéros de l’Illustration datés de l’année 1915, que je possède, très rares sont les informations ou les dessins publicitaires citant nommément l’Alsace. Sam, pour Phoscao, aborde ce thème d’une façon très visuelle, avec beaucoup de codes toujours utilisés aujourd’hui, plus de 100 ans, après dans le domaine de la publicité.

Du côté alsacien, on aperçoit mise en lumière la jeune fille alsacienne forcément en costume traditionnel, la maison alsacienne qui se détache sur fond des Vosges, avec de grands sapins sur le côté droit sur lesquels se ressortent les lettres blanches de PHOSCAO renforcées de noir, en laissant apparaître du blanc en dessous pour leur donner de l’épaisseur et de la force. Cette façon de mettre la marque en relief, en lui donnant de la densité, vient de ces superpositions de couleurs des lettres.

. De l’autre côté français de la frontière alsacienne, s’avance un soldat français, qui tend ses deux mains, vers le bol de cacao chaud, que porte la jeune fille coiffée du célèbre nœud noir alsacien qui franchit la frontière de son pied droit. Elle sourit au soldat qui s’avance vers elle. Elle a déjà son pied droit en France-France et l’autre en Alsace alors allemande. Elle enjambe l’aigle allemand bien visible sur le poteau frontière du Reich tombé à terre. C’est l’élément fondamental du visuel parce qu’il indique de quel côté seront les vainqueurs du lendemain. La délimitation entre l’espace alsacien à gauche est clairement située au tiers du visuel qui mesure au total 26cm de haut sur 8,5 de large, le gros trait noir qui fait le pourtour inclus.

Le soldat français dans l’espace Phoscao, située en France, bénéficie d’un quasi carré de 17cm de large sur 18cm de haut. Sa tête protégée par le casque arrondi des soldats français, par différence avec le casque à pointe allemand, indique sa nationalité. Il est bien habillé et rien n’indique que cette deuxième année de guerre est déjà terrible. C’est ce que montre par exemple en page 517 de ce numéro l’article sur les mutilés de guerre en apprentissage dans un atelier de ferblanterie…

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

*L'Illustration 13.11.1915, Annnonces7, Phoscao en Alsace, Le poteau-frontière. Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’Illustration du 13 novembre 1915, numéro 3793, 73me année, Annonces - 7, avec des clichés d'Elisabeth Poulain

. Retrouver l’histoire de la publicité, en passant par la réclame (la Ière date de 1660 pour… du dentifrice!) , puis l’affiche avec Toulouse-Lautrec, Cappiello Mucha au XIXe siècle, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_publicit%C3%A9

. Du bon usage du fusain sur http://www.homejardin-loisirs.com/fusain-fiche-technique.html

. Sur les annonces ayant porté sur cette marque pendant la Ière guerre modiale, voir tout particulièrement http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. Voir l’évolution de la publicité pour Phoscao sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/10/26002-20141010ARTFIG00235-durant-la-grande-guerre-les-pubs-phoscao-ciblent-les-poilus-et-leur-famille.php

. La phosphatine, une bouillie à base de céréales pour les nourrissons, à voir sur https://fr.wiktionary.org/wiki/phosphatine . On en trouve encore au chocolat…

. Voir l’histoire du cacao, http://lionsclubbouakedoyen.chez.com/cacao.html et https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_culture_du_cacao

*

. Retrouver l’histoire de l’année 1915 en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/1915_en_France

. La guerre des frontières vue en carte postale symbolique, à voir sur http://www.musee-douanes.fr/expositions/130-detail/13-14-18-douaniers-dans-la-grande-guerre/41-4-aux-frontieres.html

. Une bonne photo d’un panneau à la frontière de l’Allemagne et de la France sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:16-20-57-f-mutzig.jpg

. Sur la réalité de la guerre, sur le front, un site très documenté, http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/1GM_combats/guerre_en_15_1.php?parent=61

. La situation des enfants pendant la guerre https://www.histoire-image.org/etudes/enfants-guerre-1914-1918 

 

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Le ciel de l’abbaye de Maillezais, tout à soi, en ouverture du toit

19 Mai 2017, 17:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

*Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Imaginez, vous êtes sur ce qui ressemble à un plateau alors que vous êtes sur une île et que vous savez pertinemment bien que vous venez de laisser la mer derrière vous sur la côte littorale. Ici ne pousse pourtant que de l’herbe, avec au loin, pas très loin mais quand même, quelques arbres feuillus groupés en boqueteau. Il est vrai que vous n’avez pas compté combien il était possible d’en voir en faisant un tour sur vous-même. Ce n’était pas le but de la balade.

C’était de voir l’abbaye de Maillezais de mes yeux pour comprendre pourquoi elle est si célèbre. On m’avait dit, quand j’avais commencé à poser des questions sur l’église, « ne vous inquiétez, vous la trouverez, vous la verrez », « sûr ? », « oui, oui, sûr ! ». Ils avaient vraiment raison, au moins à plusieurs titres. Cette impression d’être hors du temps, comme sur une île, est vraie, parce que si l’abbaye a été érigée ici, c’est bien parce qu’ici il y avait vraiment une île, il y a fort longtemps. On parlait de « l’Ile de Maillezais ». Ce promontoire était réellement entouré d’eau, celle du marais encore aujourd’hui visible en bas sur la carte du département de la Vendée. Les moines de l’abbaye avaient d’ailleurs œuvré à l’assèchement du marais. C’était il y a fort longtemps. Pourtant le marais est toujours là même si son emprise sur la terre a très fortement diminué du fait du regroupement des canaux pour valoriser la terre arable.

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur vers l'extérieur à travers la baie, Cl. Elisabeth Poulain

L’impression, la certitude d’être dans un endroit très spécial demeure très présente. Une autre raison est que toute construction nouvelle, visible est bannie du fait que l’abbaye est Monument Historique depuis le 30 janvier 1924. Imaginez six ans seulement après la fin guerre de 1914-1918, toute la France était à relever, à revitaliser, à redynamiser. Et les gouvernements de l’époque avaient trouvé le temps de préserver ce témoignage de pierres encore assemblées pour certaines qui parlent depuis le dixième siècle ! Seule reste pourtant l’église du XIe d’un ensemble conventuel beaucoup plus important. Le chœur a disparu, le cloître au sud aussi, ainsi que l’hôtellerie, qui permettait d’accueillir les pèlerins au cours de leur pèlerinage…L’abbaye était en effet une halte sur la route de Saint-de-Compostelle.

Heureusement il reste d’autres témoignages de la vie de l’abbaye en particulier au cours du XVIe siècle où Rabelais, alors Chanoine, vint séjourner à l’abbaye et nouer avec le Père Abbé Geoffroy d'Estissac des liens forts d’échanges de connaissance et d’amitié…comme en témoignent des écrits, en particuliers des lettres de Milan envoyées par Rabelais au Père Abbé que l’on peut consulter encore aujourd’hui. Il n’y a pas que les pierres qui transportent la mémoire. Il y aussi ces « graines de salades de Naples susceptibles de flatter le palais de l'évêque et de sa nièce résidant à l'Hermenault »* envoyées par Rabelais à Geoffroy d’Estissac dans un courrier.

Les pierres, il est temps dans parler, car beaucoup d’entre elles ont malheureusement disparues, mais pas forcément pour tout le monde. Beaucoup d’édifices, tels que celui-là, ont servi de « carrière de pierres » déjà taillées. Certaines ont pu être récupérées et remises en place lors des opérations de préservation de l’existant, voir un peu plus quand cela est possible, après accord consensuel entre les historiens, les architectes spécialisés…. Il s’agit alors de replacer en situation ces parties de mur, de statue, d’ornement, en recherchant évidemment le plus de probabilité non contestable. Chacun sait et ceci partout dans le monde que les belles pierres déjà taillées ont toujours suscité  de fortes convoitises, qui font qu’on peut retrouver ces pierres dans d’autres constructions…

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, vue de l'intérieur-l'extérieur à travers la façade du porche, Elisabeth Poulain

L’atmosphère était très particulière. La lumière était un peu voilée, ce qui ne m’a pas gêné, au contraire. Il y avait à l’époque très peu de monde, surtout hors saison. Le ciel était chargé de lourds nuages blancs, qui n’étaient en rien menaçants. Au contraire, ils tamisaient la lumière, qui peut taper dur en Vendée, en laissant filtrer quelques filaments bleutées qui donnaient de la profondeur à la structure au sol. Il y avait là une sensation étonnante d’être comme aspirée par le haut. Déjà le site était aménagé de façon à magnifier la solitude de l’ensemble. On ne voyait pas de voitures garées à proximité.

Dehors des coquelicots avaient été semés à foison, laissant à chaque graine la possibilité de s’exprimer…On devait être au début du mois de juin. Seul était vraiment perceptible cette sensation très forte d’être comme aspiré vers le haut dans un autre monde, en levant la tête vers le ciel, très légèrement nimbé de bleu…D'où ce drôle de titre, d'avoir le ciel pour soi, comme ouverture et ou couverture du toit...D'où aussi le cliché entier de l'approche par le champ de coquelicot à la fin de ce billet qui a commencé avec la photo centrée sur l'abbaye, comme un tour sur soi-même...après avoir laissé faire au regard un autre cercle entre le ciel et le sol, sans jamais oublier le cercle de l'eau, toujours présente, même si elle n'est pas visible de l'abbaye... 

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Abbaye de Maillezais, allée, champ de coquelicots, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Abbaye de Maillezais, 85 420 Maillezais, T : 02 51 53 66 80, Mail : abbaye.maillezais@vendee.fr

. Faire connaissance avec l’abbaye, avec beaucoup d’informations denses et très intéressantes et … des photos sur http://www.sitesculturels.vendee.fr/Abbaye-de-Maillezais/Explorer-le-site/Une-architecture-unique/L-abbatiale-cathedrale-de-Maillezais

. Consulter le site des Monuments Historiques, avec de très beaux clichés vus du ciel sur http://www.monumentum.fr/ancienne-abbaye-saint-pierre-pa00110162.html

. Voir une carte du département de la Vendée, l’abbaye de Maillezais est tout en bas (bien que non indiquée) au début du marais qui, lui, est bien visible. L’abbaye de Maillezais est par contre citée en Ier dans « Patrimoine…Edifices religieux » sur wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vend%C3%A9e_department_location_map.svg?uselang=fr

. Retrouver la longue histoire de l’abbaye vendéenne sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Pierre_de_Maillezais

. Un digest intéressant dans http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/vendee/mille-ans-dhistoire-pour-labbaye-de-maillezais-4375654.

. * Lire la citation dans la présentation de l’ouvrage « Vivre et Inventer Maillezais, L’expérience rabelaisienne » sous la direction de Cécile Treffort et Mathias Tranchant, à lire sur http://books.openedition.org/pur/18512, paru aux Presses Universitaires de Rennes. C’est franchement intéressant.

. Clichés Elisabeth Poulain pris au début du dernier millénaire, avec une * quand le cliché est coupé, sans oublier Vincent Anciaux pour le cliché du marais, 2005, qui signe Avvincent sur wikipedia, avec mes remerciements .

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

Maillezais, le marais, Cl. Avvincent 2005, wikipedia

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Au fond d’un carton, du Papier d’Arménie … en livret, en carnet

7 Mars 2016, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-Carnet-Montrouge-Annés-50-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Ce sont deux petits objets en papier que j’ai retrouvés dans un carton depuis très longtemps fermé. Il y a un livret et un carnet de Papier d’Arménie,  qui sentent encore … le papier d’Arménie ! Le plus ancien est de présentation verticale. Il se présente comme un livret de dimensions 7,9cm sur 5,6cm, avec quatre feuilles pliées en deux et agrafées au centre de la pliure, avec une seule agrafe. Pour le second de mêmes dimensions, sa forme horizontale change sa dénomination. Ce petit carnet comporte quatre feuillets pliés en deux qui sont  aussi tenues par une seule agrafe à la  pliure interne.

Dans les deux cas, la feuille de papier est prédécoupée en trois bandes, qui ont pour particularité de porter sur le recto le nom de ce papier –PAPIER D’ARMENIE – suivi de la signature du  fondateur de l’entreprise A. Ponsot, comme il est marqué au bas de la couverture à droite. Son nom est suivi de sa signature, que je n’arrive pas à déchiffrer. Rien ne figure au verso.

Les couleurs et les séquences. La couverture de ce livret, qui doit dater des années 50, a une couverture verte sur laquelle se détache des bandes blanches retravaillées chacune à sa façon. PAPIER D’ARMENIE ressort en haut en bleu sur fond blanc sur une bande légèrement cintrée. Son usage vient tout de suite après « Pour PURIFIER L’AIR des HABITATIONS ». Cette première séquence est tout de suite liée à celle des médailles en présentant d’abord celle-ci et en plaçant la bande très visible détaillée ci-dessous. 

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Au centre de la couverture, une bande rectangulaire rouge bordée de blanc avec des caractères blancs sur fond rouge met en valeur les MEDAILLES d’OR. On aperçoit encore en effet au-dessus quatre médailles. Avec une loupe et une bonne lumière vous décryptez les libellés placés sous les deux médailles présentées recto-verso, « Exposition d’Hygiène 1888 » et « Exposition universelle 1889 ».

La partie inférieure de cette petite surface est très remplie. Il se trouve un second rectangle blanc en lettres rouges pour vanter la « nouvelle présentation de 48 divisions au lieu de 30, pour un prix de 0,58 F ». Toutes les autres mentions sont écrites en bleu foncé, comme au-dessus, ce qui rend la lecture difficile. Dessous se trouve le nom et l’adresse de « A. Ponsot, 6, passage Morel, Montrouge (Seine) ». Dans le coin opposé vers le centre, je crois voir le dessin d’un nourrisson bien replet assis, sur lequel est imprimée la précision « CE CARNET CONTIENT 48 DIVISIONS » et last but no least « MARQUE DEPOSEE ».

Le recto de la couverture - la 4 de couv. - est aussi rempli mais d’une autre façon. Le grand souci du fabricant Auguste Ponsot semble avoir été la copie. Il a donc rédigé un AVIS avec ce texte « Nous prévenons le public que des gens peu scrupuleux vendent sous le nom de PAPIER D’ARMENIE de malsaines contrefaçons souvent dangereuses pour la santé. Ces contrefaçons sont très faciles à reconnaître car SEUL Le Véritable PAPIER D’ARMENIE a le droit de porter imprimé sur chaque morceau la mention suivante, avec la signature de l’inventeur…Refuser tout ce qui ne porterait pas cette signature. » Toutes les surfaces sont utilisées, qu’elles soient extérieures et intérieures, avec une seule exception qui est le verso des languettes détachables.

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Livret-vues intérieures p. 2 & 3 de couv. ancienne formule-années 50-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Un voyage mental s’impose alors à votre esprit, comme naturellement . Si l’entreprise est toujours située à la même adresse, tout près de Paris, au 6, rue Morel, 92120 Montrouge, son produit, dont la formule est inchangée depuis ses débuts en 1885, vous fait voyager d’abord bien sûr en Arménie. C’est là que l’histoire a commencé lors de la découverte du benjoin - l’essence végétale qui dégage cette odeur si caractéristique - par le fondateur de l’entreprise, en voyant l’arbre de benjoin originaire du Laos… Vous êtes à Paris, puis d’une respiration en Arménie, un autre coup d’aile au Laos…alors même que l’Arménie est un pays qu’on ne connaît plus ou pas vraiment…si ce n’est par ces petits papiers qui se consument en dégageant une odeur très particulière qu’on n’oublie pas. N’est-ce pas Serge Gainsbourg qui a même écrit la chanson tout spécialement pour Régine, qui l’a chantée avec infiniment d’émotion? Car l'Arménie,  c'est aussi un souvenir très douloureux, qui eut lieu en 1915 - il y a seulement un siècle - et qui fit des milliers de morts.   

Ces petits papiers vont désormais pouvoir rejoindre l’Eden des Vieux Papiers maintenant que leur mémoire numérique est sauvegardée, tout comme ces vieux paquets de cigarettes dont je vous ai parlé récemment…Mais ce n'étaient pas des Gitanes chères à Gainsbarre...! 

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise sur http://www.papierdarmenie.fr/shop/fr/content/10-l-esprit-papier-d-armenie

. Voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Papier_d%27Arm%C3%A9nie  

. Lire un article récent sur http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150706.OBS2173/le-papier-d-armenie-un-secret-made-in-montrouge.html  

. L’essence de benjoin, qui est extraite du benjoin du Laos sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjoin  . L’Arménie à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9nie#Politique_.C3.A9trang.C3.A8re  

. L’Arménie à découvrir pour sa chronologie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  

, et sa très longue histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Arm%C3%A9nie  . L’Arménie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Arm%C3%A9nie , en n’oubliant pas que ce pays est entouré à l’Ouest par la Turquie, la Géorgie au Nord, l’Azerbaïdjan à l’Est, l’Iran au Sud-Est, la Turquie au Sud-Ouest…à la marge de 

. La chanson des petits papiers de Serge Gainsbourg incarnée par Régine http://www.gala.fr/stars_et_gotha/serge_gainsbourg   et sur l'homme lui-même voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Gainsbourg

. Photos Elisabeth Poulain, surtout axées sur le livret, pour le carnet voir des clichés  sur wikipedia... 

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth PoulainPapier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

Papier d'Arménie- Carnet-vues extérieure et intérieure-formule plus récente-Montrouge-Cl. Elisabeth Poulain

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Les mains des femmes, Le goût des fleurs, La broderie2...

28 Octobre 2015, 20:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain
Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain
Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain

Les broderies de fleurs faites par des femmes pour des femmes, Cl. Elisabeth Poulain

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Des recettes d’oie farcie avec des pommes. En voulez-vous ? En voilà

28 Octobre 2015, 11:58am

Publié par Elisabeth Poulain

Oie-Paul-Gauguin-1899-wikipedia-Chris93

Oie-Paul-Gauguin-1899-wikipedia-Chris93

D’abord le titre en commençant par la locution que j’ai légèrement modifiée. C’est « en veux-tu en voilà » qui s’écrit à la deuxième personne, sans interrogation, ni virgule, contrairement au titre. Une bonne façon de démarrer un billet qui va porter sur quelques recettes d’oie farcie,  un « vieux » volatile, au sens où il est connu depuis l’Antiquité. C’est vrai qu’à Rome, c’était aussi sa  capacité à exercer un gardiennage en équipe qui était appréciée. Celles du Capitole sont restées célèbres. Je fais confiance à l’ingéniosité des Latins pour avoir su très tôt aussi que ces admirables gardiennes étaient aussi bonnes à manger. Ils avaient suivi en cela l’exemple des Egyptiens qui savaient les engraisser avec du pain  pour goûter leur chair bien grasse, ce que firent les Romains avec des figues.

Ma sélection de recettes. Elle a été guidée par la farce qui remplit le ventre de ce gros volatile à la chair un peu sèche. Je dois avouer que, malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver une recette sans farce. Je me suis consolée en m’apercevant qu’une idée venant de loin consistait pour certains en période maigre à mettre dedans, ce qu’ils auraient ajouté comme accompagnement tout autour du grand plat de présentation. La chair de l’oie a en effet la réputation d’être sèche. D’où l’idée d’associer à la chair des éponges à gras qui est un bon capteur de saveurs. Le pain a servi à cet usage, tout comme des féculents, comme les pommes de terre. L’imagination est au pouvoir. J’imagine que du maïs, ou des haricots secs pourraient aussi être utilisés. 

En matière de cuisine, l’imagination ne connaissant  pas de limite, on peut jouer avec la farce et l’accompagnement, dans un drôle de jeu dedans-dehors. Un jeu à trois en somme, la grosse volaille ou un jeune oison plus facile  à manipuler, restant la vedette de cet étrange trio. Du coup, on ne parlera plus de la farce, pour mettre le projecteur sur l’accompagnement, comme des fruits un peu acides par exemple. Les dénominations des recettes jouent le quiproquo volontairement, pour mieux séduire, avec toujours en France en arrière-plan, la volonté de rendre plus chic une recette à forte tendance paysanne, qui continue pourtant à exister.

Oies-en-groupe-de-6-wikipedia-Matt-Kingston

Oies-en-groupe-de-6-wikipedia-Matt-Kingston

Il en va ainsi de l’oie farcie aux pommes. Avec tout ce que je vous ai dit avant, à l’exception de la dernière phrase, vous pourriez penser qu’il vous suffit de trouver une oie pas trop grosse, de la fourrer aux pommes un peu acides, et hop, c’est parti. Quelque temps après – en comptant 30mn et quelques de cuisson pour 500 grammes - pour une belle bête de 3kg et plus, vous vérifiez que la cuisson est au point, la peau dorée et croustillante à point. Vous la disposez découpée sur un plat entouré de pommes cuits au jus de l’oie, et c’est bon. C’est la version simplifiée de la recette de l’oie aux pommes, celle que j’appelle aussi la recette de Ginette Mathiot qui avait l’art de dire simplement ce qui pouvait rester simple. Son équation = 1 oie + 1 kg de pommes reinettes m'enchante. C’est génial.

La version actuelle compliquée « mode ». Vous allez trouver des recettes où l’oie ne verra pas les pommes de l’intérieur. Il y aura une farce force 1 pour remplir l’oie, - ce que j’ai appelé le farce-éponge – et ensuite il y aura une farce 2 de présentation pour présenter l’oie pré-découpée, avec tout autour la farce n°1 découpée en tranches en alternance avec des quartiers de pommes. Quand on dit que l’oie est farcie aux pommes, c’est un raccourci. C’est une de ces pudeurs de langage qui traduit une volonté de rendre la recette plus sophistiquée. Dans cette recette d’oie farcie aux pommes, récente celle-là, il vous faut commencer la veille pour faire un consommé de légumes, tout en ayant sous la main ou au réfrigérateur une dizaine de composants en plus de l’oie, bien sûr.

Vous préparez donc un bouillon de légumes qui servira le lendemain à arroser régulièrement la volaille en train de cuire. Il s’agit ensuite de s'occuper de la farce qui constitue le vrai met goutteux à souhait. Il faut alors mélanger en une pâte fine les foies de volaille hachés, du veau et de porc hâchés (200gr pour chaque constituant), un petit pain de lait ou à défaut du pain de mie ou une biscotte et une pomme-fruit hachée. Certains ajoutent en plus un petit verre d’alcool blanc –ou du cognac…- , et toutes ou tous du sel, du poivre et de la muscade râpée.

Cette farce est ensuite placée à l’intérieur vidé de la volaille qui elle-même ainsi farcie est placée au réfrigérateur pendant la nuit. Le lendemain, le plat est mis au four le temps qu’il faut en raison de son poids auquel s’ajoute celui de la farce. Ce n’est que dans la dernière heure que vous disposez enfin les fameuses pommes épluchées et coupées en quartier qui vont terminer la cuisson avec l’oie. Certaines dégraissent aussi la sauce, pour pouvoir in fine rajouter de la crème fraiche. Soit plus d' une dizaine de constituants, en commençant la veille et en poursuivant le lendemain pour que tout soit fait dans le bon timing. C’est impressionnant.

On comprend que cela puisse être bon et que l’idée même de goûter un tel met puisse éveiller à l’avance l’imagination et les papilles de tous les convives. Mais c’est quand même celle de Ginette qui m’attire le plus pour connaître le vrai goût de l’oie aux pommes. C’est aussi la plus simple, la plus légère et la plus simple pour la cuisinière, vous savez la dame qui fait la cuisine…

L’autre recette a ceci d’intéressant qu’elle montre comment les recettes peuvent se décliner au fil du temps, chaque créateur-e apportant sa touche personnelle, pour répondre à des demandes de changement dans la continuité. Cette recette raffinée dans laquelle tous les constituants qualitatifs ont été pensé pour agir en interaction qualitative de la chair d’oie, un volatile qui n’a pas seulement un foie gras. Elle - la recette - est toute à fait positive pour re-donner à l’oie sa renommée passée, d’aucuns diraient ses lettres de noblesse, à une époque où il existait des dizaines de recettes. Sous les yeux, j’en compte 32 dans un seul ouvrage, ancien il est vrai. Il date de 1938. C’est une vraie pépite, qui a pour nom Larousse gastronomique. "Tout est bon dans l’oie, il n’ y a rien à jeter" pour paraphraser un célèbre slogan publicitaire.

Oie Blanche-wikipedia-JJHarrison-Newcastle-Australia

Oie Blanche-wikipedia-JJHarrison-Newcastle-Australia

Pour suivre le chemin

. Lire en priorité « L’Oie réhabilitée » 1865, sur le site de la Bibliothèque municipale de Lisieux http://www.bmlisieux.com/normandie/loie.htm  de Charles Bataillard, avocat, membre de la Société impériale des Antiquaires de France et de la Société philotechnique de Paris…C'est vraiment très intéressant.   

. La Bibliothèque municipale de Lisieux aussi sur https://www.facebook.com/Médiathèque-Lisieux-251037961746246/  . Voir aussi une étude très complète (héraldique, histoire…), avec de très belles illustrations sur http://heraldie.blogspot.fr/2014/05/loie-en-heraldique.html  

. Retrouver des recettes alsaciennes sur http://ja6.free.fr/fichiers/f2877.htm  

. Ginette Mathiot, "La Cuisine pour tous", Livre de poche 1955 ; l’autre recette s’inspire d’un fascicule distribué par Marie-Claire Maison intitulé « Recettes de Fêtes, des Entrées aux Desserts, 23 suggestions pour de joyeux réveillons », avec beaucoup d’idées déclinables à f-oison…Je n'ai pas pu résister!

. Photos des contributeurs de wikipedia, avec mes remerciements à tous.

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Jacques Callot > Son bestiaire des sept péchés capitaux > Estampes

10 Juin 2015, 13:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, lion d'Ira, paon de Superbia, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot est un des plus grands graveurs européens. Il est né en Lorraine à une époque au début du XVIIe siècle, où chercher à apprendre l’art de la gravure se faisait naturellement en Europe, en descendant vers le sud, en Italie, à Rome, à Turin… Je vous en ai parlé hier dans un billet centré sur la femme, qui incarne à elle toute seule six des sept péchés sur ses frêles épaules.

Avec une circonstance aggravante, qui est que le diable voletant est toujours présent au-dessus de sa tête à elle. Parfois même un seul diable ne suffisait pas. Jacques Callot n’a alors pas hésité alors à lui attribuer deux diables qui se battent presque pour stigmatiser encore plus cette pauvre jeune fille pour sa paresse. Avec de telles gravures compréhensibles par toutes et tous, imaginez qu’elle pouvait être la vision très négative projetée sur celle qui est à la fois orgueilleuse, avare, gourmande, envieuse, aguicheuse et paresseuse... La dureté de la condition féminine telle qu'elle se présentait en une véritable BD des années 1617-1621!

Seul l’orgueil relève de la sphère masculine. A se demander si, du coup, c’est bien un péché. Ne serait-ce pas simplement un trait caractéristique de l’Homme avec un grand H? Jacques Callot a franchement tranché. C’est non, c'est une caractéristique virile : son guerrier est représenté dans toute la beauté de son épanouissement d'homme, avec un magnifique lion à ses pieds.

Revenons aux autres animaux incarnant cette fois-ci les femmes des péchés. Contrairement au billet d’hier, je ne vais pas vous les citer dans l’ordre attribué par le graveur et toujours repris depuis leur date approximative de réalisation du début du XVIIe siècle. Je vais les choisir par ordre de laideur en incluant aussi un autre critère qui est celui de la femme. Parfois les deux laideurs - animale et féminine - vont de pair, ce qui pourrait signifier que le péché concerné est vraiment horrible. Voyons donc si cette hypothèse est validée.
 

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Jacques Callot, les 7 pèches capitaux, sanglier-Gula, chienne-Inuidia, crapaud-Avaricia, Cl.. Elisabeth Poulain

. En Ier, voici la chienne, compagne d’Inuidia, l’envie. Cette pauvre bête fait pitié tant elle est maigre. On voit ses côtes jaillir, ses grosses mamelles pendantes à force d’avoir nourri ses portées. Elle fait vraiment peur. Il faut dire qu’Envie n’est pas mal non plus, avec sa maigreur, ses seins pendants et les serpents qui sifflent dans ses cheveux et sur son bras. Un binôme bien assorti, avec une vieille femme qui ressemble à la chienne en pire, à cause des serpents.

. En 2e position, le crapaud d’Avaricia, l’avarice. On le voit mal car il se cache dans l’ombre de la jupe de la vieille femme. C’est vrai que les crapauds aiment parait-il le clair-obscur du crépuscule. Il est un symbole de laideur et de maladresse. Son côté lunaire le rendrait infernal et ténébreux. Pour sa part, Avarice a un visage atroce, avec ses yeux renfoncés dans leur orbite.

. En 3è lieu, citons le sanglier de Gula, la gourmandise. Il est monstrueux avec son gros corps et sa langue pendante. En Occident, il est peu de dire qu’il n’est pas spécialement apprécié dans les campagnes. C’est un symbole de la goinfrerie qui, pour son plaisir, est capable de ravager les cultures sur son passage. Ici il est même un démon, qui a raison de se cacher dans l’ombre de la jupe ample de sa maîtresse. Celle-ci, Gourmandise, n’offre par contre vraiment rien de repoussant ni de liens particuliers avec son animal-symbole. Elle est même plutôt agréable à regarder. Elle est gironde. C’est la première dissociation que l’on rencontre.

. En 4è place, vient le bouc de Luxuria, la luxure. A nos yeux, iI n’a rien de vilain, il a même l’air sympathique. A l’époque, au XVIIe siècle, il était encore le symbole de la libido pour les Lettrés nourris de cultures grecque et romaine. C’était cet animal qu’on sacrifiait dans l’Antiquité en Grèce lors des fêtes données en l’honneur de Dyonisos, le Dieu de la Vigne, du Vin et de la Fête. Quant à Luxure, elle répond aux canons des beautés rondes d’alors, bien nourries, bien en chair. Lui regarde sa maîtresse, qui admire son oiseau qui est plutôt un symbole de légéreté et de beauté. Voila le second  cas de dissociation.

. En 5e et dernier, se présente l’âne de Pigriria, la paresse. Je vous le dit franco, l’âne est une brave bête, dure à l’ouvrage. A la Renaissance, il fallait trouver un animal porteur de beaucoup de défauts, ce fut lui. Il était soi-disant bête, ignorant, stupide, flemmard…en un mot la paresse incarnée. La pauvre jeune fille, Paresse, vraisemblablement une servante levée tôt et couchée tard, était peut-être aussi très fatiguée, comme lui, l’âne, son compagnon de lourdes tâches.

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth PoulainJacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Jacques Callot, Les 7 péchés capitaux, le bouc-Luxuria, l'âne-Pigriria, Cl. Elisabeth Poulain

Hors catégorie, je vous ai déjà parlé du lion d’Ira, la colère. L’animal est très attentif à côté de son maître, prêt à bondir sur l’assaillant, ses deux pattes de devant déjà en l’air. Il n’a pas l’air spécialement irrité ni en colère. Il n’a pas la bouche ouverte, prête à croquer de l’ennemi par exemple. Quant à Colère, il incarne toute la puissance de l’attaquant, l’épée à la main. Sa vaillance ne semble pas forcément dictée par la colère. On dirait plutôt un sportif bien entraîné, avec nos yeux d’aujourd’hui. Aucun des deux ne symbolise un péché, ni la colère. Quoi qu’il en soit, les deux vont bien ensemble. Ils sont en pleine forme.

Il reste à vous parler du paon de Superbia, l’ambassadrice de l’orgueil. Et c’est là, où cela ne va pas. Le paon est un symbole solaire, qui transmet en particulier la rutilance de sa beauté qu’il peut déployer ou cacher à volonté. Il n’est pas un symbole d’orgueil. Il pourrait certainement signer la vanité. Il était à coup sûr signe de richesse et de beauté. Son association avec Orgueil, la belle dame va très bien. Et comme pour le lion, ce n'est pas un hasard.

                                                                      *

Quelques mots pour finir. Quand on analyse les gravures de Jacques Callot, on comprend bien la raison de la présence animale. Celle-ci permettait de mieux faire ressortir certaines facettes de ses personnages, quitte à exagérer dans le sens que souhaitait l’artiste. Celui-ci n’hésitait pas non plus à flatter les puissants et les riches, en représentant des belles dames comme Superbia et Luxuria,  et à charger les vieilles pauvresses, quitte à en faire beaucoup dans la laideur ou la peur. Je sens qu’Inuidia va me donner des cauchemars et sa cousine Avaricia aussi… !

Quant au lien entre la gravité du péché et la laideur des personnages, je ne peux vraiment pas me prononcer sur ce point, tant la définition des péchés eux-mêmes a changé au fil des siècles et des styles de vie aussi.Quoi qu'il en soit, cette analyse visuelle toute simple est beaucoup plus  riche quand on se focaise sur l'animal, comme dans cette version n°2, alors que la découverte des dames dans la version n°1 a permis de découvrir la série. Les objectifs étaient différents, l'anlyse aussi et donc les résultats...

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Retrouver le billet  centré sur les sept péchés capitaux vue à travers la double représentation de la femme et des animaux, http://www.elisabethpoulain.com/2015/06/callot-les-7-peches-capitaux-entre-representation-feminine-animale.html  

. Voir la symbolique des animaux sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_des_animaux  

. L’âne sur http://www.mere-nature.com/animaux/ane/ane_intelligence.php  . Le bouc sur http://axiomcafe.fr/pourquoi-le-diable-est-il-represente-mi-homme-mi-bouc . Le chien dans notamment http://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_dans_la_culture . Le crapaud sur http://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files/Des_crapauds_et_des_hommes.PDF . Le lion dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_dans_la_culture  . Le paon sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Paon Le sanglier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_du_sanglier

. Photos Elisabeth Poulain. Retrouver les photos des estampes avec leurs références dans le billet précédent déjà cité.

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Pub, Le chien de luxe, Christo, Livret -Théâtre de l’Opéra

9 Mars 2015, 19:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Programme du Théatre national de l'Opéra 16 juin 1913, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre en commençant par l’expliquer. Le chien de luxe est bien le sujet du billet. Il faut vous dire d’abord qu’il est fabuleux et très patient. Jugez-en, il attend depuis le lundi 16 juin 1913 –oui, vous avez bien lu- que quelqu’un veuille bien s’occuper de lui avec attention et persévérance. Ouf enfin ! Il était temps. Christo est le nom du « Salon d’Exposition de la Maison Christo » sis au 26 avenue des Champs-Elysées, du côté pair du trottoir, qui est le meilleur des deux, à votre droite quand vous remontez « Les Champs » vers l’Arc de Triomphe, situé tout en haut de cette avenue qui fait partie des « Plus Belles Avenues du Monde. » C’est le côté pair, celui de Christo, au n° 26, qui n’a pas abrité de célébrité, ou laissé de trace particulière dans l’histoire. Encore maintenant le 26 est simplement situé entre le 24 et le 28.

 

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, Chien de Luxe, réclame 1913, livret Théâtre national de l'Opéra, Cl. Elisabeth Poulain

« Chiens de luxe et de toutes races ». Il existe bel et bien puisqu’on en voit un sur cette photo qui fait l’objet de cette « réclame » de  1913. On ne disait pas de la publicité alors. Un chien de luxe, on comprend qu’il s’agit d’un raccourci. C’est un chien que seules des personnes vivant dans l’univers du luxe et ne concevant pas de faire autrement peuvent apprécier et acheter. Mais cela n’est pas dit, parler d’argent  aurait été d’un vulgaire.  « De toutes races », c’est plus difficile. S’il représentait à lui seul toutes les races, ce serait au choix, soit un atroce bâtard, soit une nouvelle race de  chien. On n’en était pas là.  Il s’agit simplement d’un raccourci : on trouve chez Christo, et des chiens de luxe et toutes les races de chiens. C’est l’inversion qui est gênante à l’oreille. « Chiens de toutes Races » titille vraiment l’oreille.

Le programme interprété ce soir-là. Il s’agit de Faust de Charles Gounod, comme  l’indique le livret de 65 pages du « Théâtre National de l’Opéra » de « Faust, Opéra en 5 actes de J. Barbier et M. Carré, Musique de CH. GOUNOD » dont le portrait figure juste en dessous de son nom.      

Maintenant arrive le mystère du Théâtre National de l’Opéra. S’agit-il de l’Opéra de Paris ou de celui du Château de Versailles ? En faveur de ce dernier, le livret porte en haut à gauche la locution latine « Rec Pluribus Impar », qui était la maxime de Louis XIV. Ce qui semble une piste importante, qui n’est pas confirmée lors de ma recherche sur la net par la liste peut être incomplète des opéras joués à Versailles. Quant à l’Opéra de Paris, il ne s’est jamais appelé, me semble-t-il « Théâtre national de l’Opéra », par contre on peut imaginer que cette dénomination a permis de désigner la troupe de l'Opéra de Paris.    

Pour finir en beauté voici « le chien de luxe » . Il a des poils si longs qu’ils lui cachent totalement les yeux. Seuls ses oreilles pointues et sa truffe noir émergent de sa tête. Son corps semble masqué par un véritable manteau de fourrure, à moins que ce soit tout simplement son poil naturel. D’où vient-il ? De quelle race est-il? C’est un vrai mystère…

Par contre, vous pourrez répondre sans vous tromper que le chien de luxe est un chien acheté par des "Cours étrangères" dont Christo est le fournisseur officiel, à commencer par SAI Le Grand Duc Nicolas de Russie, SAI pour Son Altesse Impériale. Quand même!      

 

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Christo, le chien de luxe, la maxime de Louis XIV "Nec Pluribus Impar, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. En apprendre beaucoup sur les Champs Elysées, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_des_Champs-%C3%89lys%C3%A9es  

. Les Champs-Elysées d’aujourd’hui à retrouver sur http://www.comite-champs-elysees.com/accueil.html  

. Faust, l’opéra de J. Barbier et M. Carré, à voir sur http://www.charles-gounod.com/discographie-operas.html  

. L’Opéra du Château de Versailles sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra_royal_du_ch%C3%A2teau_de_Versailles  

. Nec Pluribus Impar, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Nec_pluribus_impar

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