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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #societe

La caravane ‘Provence’ de CARAVELAIR, Château-Gaillard, 1968…

13 Août 2018, 17:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vue sur la Seine et les falaises de craie blanche, Château-Gaillard, Les Andelys76, Cl. Elisabeth Poulain

Vue sur la Seine et les falaises de craie blanche, Château-Gaillard, Les Andelys76, Cl. Elisabeth Poulain

Il s’agit d’une publicité parue, il y aura presque 50 ans à quelques mois près, en une année « torride » par ailleurs, dans une revue de Caravane Camping, intitulée « plein air, CARAVANE CAMPING » dans son numéro d’octobre 1968. La revue elle-même est le « SPECIAL SALON, LE BOURGET 3-13 OCT ».

C’est le site qui est l’élément déterminant et intéressant de ce visuel. Que voit-on ? Un des plus beaux paysages de la Seine lors de sa traversée du département de l’Eure. C’est le site des Andelys dont on aperçoit l’église et la ville (8 000 habitants actuellement) nichées entre la Seine et les falaises de craie que l’on voit très distinctement dans le fond du cliché, là où la Seine n’a pas pu passer. On voit sur le cliché la belle courbe  du fleuve et ces hautes falaises en partie gauche de la photo en dessous de la ligne de crête. Il faut dire aussi que l’amplitude du paysage se complète d’une datation temporelle de durée impressionnante. Le site est occupé en effet depuis la Préhistoire, au Paléolithique moyen, il y a presque 300 000 ans… ! Les Gallo-Romains ont suivi. Il me vient à l’idée – une idée saugrenue, voir incongrue - que Napoléon Bonaparte aurait été  battu à plat de couture, avec sa célèbre citation  prononcée en 1798 devant les pyramides  et ses « quarante siècles qui vous contemplent » en s’adressant à ses soldats. Aux Andelys, c’est la Seine  qui a fait ce formidable travail d’érosion et de façonnement des falaises, ce qui signifie que le niveau du sol était beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui. Sous vos pieds, vous savez qu'il y a des milliers et des milliers d'années..., qui "parlent"! 

Caravelair "Provence",La Seine aux Andelys-76, Plein Air Caravane Camping1968, Cl. Elisabeth Poulain

Caravelair "Provence",La Seine aux Andelys-76, Plein Air Caravane Camping1968, Cl. Elisabeth Poulain

Revenons au site, en faisant cette fois-ci un parallèle, avec un cliché que j’ai pris, au printemps 2011 par un temps superbe, au point qu’on se  serait cru en été. Sur une des photos, on voit très distinctement la Seine, la ville des Andedys en bas, les falaises de craie en partie droite du cliché, en rive droite du fleuve,  l’île dont je ne vous ai pas parlée jusqu’ici. Sur le visuel Caravelair, on la discerne en noir tout à gauche dans la courbe de la Seine, sans comprendre vraiment ce que c’est. Par contre, on la voit bien sur les photos couleur, de même qu’on aperçoit sans peine des personnes, des contemporains - qui piquent-niquent - devant le célèbre paysage. Sur la Seine, une péniche blanche est amarrée à la rive droite…

Avec en prime, « un cadeau »  qui est fabuleux et auquel je n’ai pas encore fait aucune allusion. C’est un cliché que j’ai fait du formidable château fort du Moyen-Age, alors possession anglaise, construit en deux ans de 1196 à 1198 pour barrer la route aux troupes françaises alors ennemies… Imaginez quand même la surprise que l’on peut avoir, de partir d’une caravane de marque connue, d’un magazine spécialisé dans le caravaning datant d'octobre 1968 - une année chaude en son joli mois de mai - et le camping pour se retrouver  en plein conflit entre les Anglais alors sur « leur » terres et les Français qui revendiquaient ces terres au même titre, sans compter les milliers d'années du sol sur lequel vous marchez. Ne vous étonnez donc pas dans ces conditions de voir nos amis et voisins britanniques venir en nombre visiter  leur château, implanté dans leur belle province continentale. Et je ne parle pas du Canada !

Vue sur Château-Gaillard, la Seine et les falaises de craie blanche, aux Andelys,76, Cl. Elisabeth Poulain
Vue sur Château-Gaillard, la Seine et les falaises de craie blanche, aux Andelys,76, Cl. Elisabeth Poulain

Vue sur Château-Gaillard, la Seine et les falaises de craie blanche, aux Andelys,76, Cl. Elisabeth Poulain

Et pour finir par un choc visuel et tout à fait pacifique cette fois-ci , voici une juxtaposition vraiment étonnante, le jour où nous sommes venues voir le site. Sur le parking  aménagé sur la colline d’à côté, Château-Gaillard recevait la visite d’un club anglais de propriétaires de quad venus tout à fait pacifiquement rendre hommage à cette belle terre normande autrefois anglo-normande et à « leur » forteresse…

PS. Vous comprenez aussi alors pourquoi la porte de la caravane est fermée. Votre regard commence à tourner autour de la caravane et ce faisant, d'une certaine façon, vous vous appropriez la caravane, en y associant l'espace qui l'accueille, la beauté du site, son amplitude, sa lointaine histoire, la belle province de la Provence  et ...l'air. Et vous vous dites en plus qu'ici à Château-Gaillard, vous marchez sur un sol  profond qui compte près de 3 000 siècles. Excusez du peu!   

Site de Château Gaillard, Les Andelys, Eure, parking, réunion de quads, Cl. Elisabeth Poulain

Site de Château Gaillard, Les Andelys, Eure, parking, réunion de quads, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Magazine  « Spécial Salon, Plein Air, Caravane Camping »  d’octobre 1968, 3,00 F., Collection F. Poulain

. Voir la gamme actuelle de cinq modèles de Caravelair-Caravanes en 2018, sur https://www.caravelair-caravanes.fr/gammes/     Elles commencent toutes par A, avec Allegra Home, Allegra, Artica, Alba et Antares.

. Mieux connaître l’Eure, qui est tout autant un département de la Normandie, à voir sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_(d%C3%A9partement),  qu’un affluent de la Seine https://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_(rivi%C3%A8re)

. Le site des Andelys à voir sur https://www.paris-normandie.fr/region/les-andelys--pari-gagne-pour-la-reouverture-de -chateau-gaillard-GD12660226

. Retrouver la ville des Andelys sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Andelys

. Retrouver le grand paysage de la Seine, la ville des Andelys,  en bas de la colline  en rive droite sur une belle photo de  Tristan Nitot datée du 07 octobre 2007  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Petit-andely-depuis-chateau-gaillard.jpg   

. Lire de France Poulain, "Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France, Les Essentiels, Château Gaillard", Connaissance n°08, en date du 2 juin 2012  

. A compléter avec un très beau et très bon reportage de la revue "Détours en France, Hors Série Collection", sur "Le Monde secret des Châteaux forts" , qui commence par l'Ouest et qui démarre avec ... (suspense) Château-Gaillard en page 34, un Hors-Série de cette année, à voir en pages 34 à 37 incluse, avec des clichés exceptionnels. Vous comprenez alors mieux le destin 'chahuté' du château. A  retrouver sur www.detoursenfrance.fr 

. Cliché du visuel de la caravane "Provence" et photos  2011, Elisabeth Poulain. 

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L’Illustration 9-07-1910, Annonces, Belle Jardinière, Paris…Angers

10 Août 2018, 16:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces 1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces 1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Que je vous redonne le  titre tout de suite, tel qu’’il ne figure  pas sur cette grande page de L’ILLUSTRATION du 9 juillet 1910, en page 1 des « Annonces », comme on appelait alors  la publicité en ce début du 20è siècle. La Belle Jardinière de maintenant correspond à cette « Belle Jardinière » qui sonne bizarrement à nos oreilles. On dirait qu’il lui manque quelque chose. J’ai vérifié, il s’agit bien du Grand Magasin parisien, avec tout de suite une autre différence d’importance, qui porte sur l’adresse. A l’époque, le magasin était situé au  2, rue du Pont Neuf, PARIS, un Paris qui ne   connaissait pas alors les arrondissements. Son adresse  en 1910 se situait au « 1, Place de Clichy » et son  n° de téléphone, dans sa très grande sobriété, est « Téléphone 106-89 ».  

 Que voit-on sur cette page « Annonces 1 » ? Deux Dames et deux Messieurs s’apprêtant à partir en « excursion ». A chaque fois, l’une ou l’un est debout et l’autre assise ou assis. Leur tenue sportive pour partir en « excursion » est un pur délice de raffinement.   

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Cliché G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

. La Dame de gauche est  vêtue d’un tailleur à jupe droite, ornée d’une bande de tissus écossais que l’on va retrouver sur le parement de sa veste de tailleur et des revers de poche. Elle a une très grande canne à la main et une très large capeline. Elle est « L’Elégante » dans la composition, qui est bâtie sur le B de « BELLE JARDINIERE », avec la montagne en arrière fond. Son chapeau renforce le ton de son élégance. C’est elle qu’on voit en premier.

. Le Monsieur de  droite porte une tenue de sportif  aussi « raffiné » que celle de la dame de gauche, chacune, chacun à sa façon. Lui,  l’Homme à l’appareil de photo, est aussi structuré, dans sa représentation graphique par des lignes.  Il porte une vraie boîte à images (un appareil-photo en langue de notre époque),  un vrai parallélépipède rectangle,  avec sa sacoche en cuir adaptée à sa morphologie, le lien partant de sa hanche gauche, passant par son épaule droite en barrant sa poitrine. Sa longue veste est structurée en verticale par des parements qui allongent encore sa silhouette, en plus du fait que le tissu lui-même est rayé verticalement. Son chapeau « version H »  répond à la capeline de la Dame de gauche. Le plus surprenant chez lui est son pantalon large de la taille au  genou, resserré ensuite à hauteur du mollet, qui lui permet de mettre des chaussettes hautes jusqu’au genou, dont le revers est orné de motifs stylisés. Ses chevilles sont en outre protégées par des guêtres de couleur claire !

. Quant au Monsieur du centre, il joue un peu le même rôle que son homologue féminin à sa droite et à qui, il tourne le dos. Il est moins visible que son voisin masculin, son costume clair n’attirant que peu le regard. Seuls trois éléments  retiennent l’attention, le ruban noir de son canotier, sa fine moustache foncée et une large ceinture noire à la taille.  

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Dessin G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, L'Illustration 1910-07-9, Annonces-1, Dessin G. de Malherbe, Cl. Elisabeth Poulain

La composition très complexe de l’ensemble est étonnante. Belle Jardinière - en caractères majuscules gras et de très grandes dimensions pour le B et J -  située  en haut à droite, retient l’attention, surtout avec un PARIS en dessous, à mon goût, un peu sous-dimensionné.

Le paysage de montagne vient ensuite. Il occupe une grande place, même s’il est en arrière-plan dans un grisé très pâle. On voit des montagnes qui sont en 4è plan par rapport au bas du visuel. Elles attirent l’attention sur le lac sur les eaux calmes duquel vogue ( !) gaiement un voilier et conduit le regard vers les mentions en bas à gauche en caractères italiques de belle hauteur. C’est là où la lectrice ou le lecteur  comprend la première raison d’être du visuel, les vêtements passant alors au second plan.                                                          

L’objectif du visuel figure  en italiques : « Voyages, Bains de Mer, Excursions » qui ne figure pas en rouge mais en noir, l’hebdomadaire en 1910 ne connaissait pas la couleur . On comprend alors qu’Il s’agit d’abord de vendre ces voyages en y ajoutant des vêtements adaptés et chics pour 1910.  

Terminons par les succursales de Belle Jardinière, que je cite dans l’ordre : Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Angers, Lille et Saintes.

Pour suivre le chemin

. Voir le numéro papier de l’ILLUSTRATION en date du 9 juillet 1910, N° 3515, 68me Année, PRIX DE CE NUMERO : UN FRANC NET.

. Le dessin est une création signée comme suit «  Cliché de G. de Malherbe ». Et son cliché a permis à Elisabeth Poulain d'en faire un cliché.

. « Belle Jardinière », à découvrir sur le site de l’Art Nouveau qui offre à voir de très beaux clichés et donne de précieuses informations à lire, en particulier sur cet immeuble à Angers, Place du Ralliement, en date du 4 août 2010 :  http://paris1900.lartnouveau.com/paris00/gds_magasins/la_belle_jardiniere.htm

 

 

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Pourquoi voit-on si peu de perroquets dans l’art, la pub, la maison …?

28 Juillet 2018, 16:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Amazon Parrots x 2_Birds_Lands_Leicester_4_wikipedia, avec mes remerciements au photographe

Amazon Parrots x 2_Birds_Lands_Leicester_4_wikipedia, avec mes remerciements au photographe

Le perroquet, comme chacun sait, est un oiseau très particulier. Aucun autre animal, à part peut-être le chien, n’a cette capacité à entrer en empathie avec l’homme et à pouvoir répéter ce que dit la personne humaine. Mais contrairement au chien, en notre XXIe siècle, il n’a « plus vraiment la côte » et heureusement et ceci pour deux raisons.

. D'abord traiter quelqu’un de perroquet n’est pas vraiment un compliment. « Arrête de parler comme un perroquet », signifie que vous demandez à quelqu’un à côté de vous de ne pas répéter tout ce que vous dites, qui monopolise aussi ce faisant la parole, d’une façon certaine. Ce n’est pas un compliment, mais pas une injure pour autant, en sachant aussi que cette expression est de moins en moins utilisée.

. Et surtout, capturer des perroquets dans les forêts tropicales est la seule façon de se procurer  des animaux vivants dont le nombre ne cesse de  décroître avec le risque assuré d'anéantir l'espèce!    

Le prestige de cet animal exotique, ses couleurs flamboyantes, sa capacité à imiter les humains…continuent pourtant à attirer à ma grande surprise. On ne parle plus guère de leur étonnant « appareil phonateur (qui) leur permet d’imiter des sons très divers, y compris la voix humaine… », comme le précise le Larousse 3 volumes en couleurs » de 1966 en page 2352.  Cependant Il y a un véritable marché de vente et d’achat de perroquets en Europe. Il suffit de voir les offres sur  le Net.

   

Tôle lithographiée "Lion", Caramel au chocolat, Petit Garçon au Perroquet, Cl. Elisabeth Poulain d'après le catalogue Salorges Enchères

Tôle lithographiée "Lion", Caramel au chocolat, Petit Garçon au Perroquet, Cl. Elisabeth Poulain d'après le catalogue Salorges Enchères

En cherchant bien, c’est à dire avec beaucoup de ténacité et  de persévérance, sachez que j’ai trouvé trois exemples seulement de perroquet, en vous prévenant tout de suite que je n’ai pas d’oiseau empaillé la maison, dont l’idée même me fait frémir d’ailleurs.

. Ce premier perroquet se trouve sur une « tôle lithographiée estampée » publicitaire  qui mesure 37,9 de large x 52,5 cm de haut. Il s’agit de vanter le goût d’une tablette de  chocolat fourré de caramel. Un petit enfant aux cheveux blonds tient une  tablette de la marque « LION » avec écrit en dessous « CIKULATA KARAMELA », avec une cédille sous le C écrit en majuscule. « C’est un modèle imprimé  par De Andreis à Marseille pour le marché turc »

Le perroquet est placé sur l’épaule gauche d'un petit garçon, qui pourrait tout aussi bien être une petite fille d'ailleurs. Aucune date n’est indiquée. On voit le perroquet presque en entier, nous faisant face, avec son jabot jaune foncé, entouré de rouge orangé léger pour attirer le regard sur le haut de ses ailes repliées et qui se terminent par un bleu léger. Ses pattes agrippent fortement une barre en bois

Tire-Bouchon Perroquet, Alesi, Cl. Elisabeth Poulain

Tire-Bouchon Perroquet, Alesi, Cl. Elisabeth Poulain

. En 2, voici le perroquet tire-bouchon de marque Alessi qui a été créé  en 1955, ce qui ne signifie pas qu’il  m’ait été offert à cette date. C’est un très beau travail de design. Quand on tient verticalement le tire-bouchon replié, on voit de profil un oiseau au bec crochu, avec un gros œil noir. Quant à la pointe que l’on enfonce dans le bouchon, elle est cachée par une partie métallique en deux parties, la partie supérieure avec l’œil et celle du bas avec  une encoche pour prendre appui sur le verre du goulot et ainsi pouvoir enlever le bouchon sans effort.

Toute la partie métallique est superbe et, clairement, c’est LE tire-bouchon le plus pratique que je connaisse. Il est vrai par contre, que les taches de couleur, qui font de lui, un perroquet multicolore, ont plutôt tendance à disparaître de leur support en plastique…

. Si je mentionne ses couleurs, c’est tout à fait intentionnellement. En effet maintenant, je vais vous parler d’un autre perroquet qui est d'une autre couleur.

Le perroquet bleu, restaurant rue de Joncker, Bruxelles-Saint-Gilles, Cl. Elisabeth Poulain
Le perroquet bleu, restaurant rue de Joncker, Bruxelles-Saint-Gilles, Cl. Elisabeth Poulain

Le perroquet bleu, restaurant rue de Joncker, Bruxelles-Saint-Gilles, Cl. Elisabeth Poulain

. En effet maintenant, je vais vous parler d’un perroquet qui est bleu cette fois-ci. Ce perroquet bleu  était – je n’ose pas encore utiliser le présent – accroché à un mur de la rue de Joncker  à Saint-Gilles-Bruxelles, au-dessus de la devanture d’un restaurant qui s’appelait « Au Perroquet Bleu ». Il figurait aussi sur la vitre cette fois-ci en peinture, de sorte qu’on le voyait deux fois. Et c’est aussi à cause de lui que j’ai fait ce billet, en espérant qu’il est toujours là…  

                                                                                      ***

La réponse a la question que je posais dans mon titre est plurielle: les espèces  se raréfient du fait du trafic, de la chasse tout autant interdite, du coût de l'achat, de la gêne que provoque à notre époque l'enfermement d'un aussi bel oiseau dans une cage, ce qu'il ne supporte pas, de son besoin de compagnie, alors même qu'on le laisse, seul, enfermé dans sa toute petite prison des journées entières, ce qui est carrément cruel... De ce fait, l'époque de la représentation en peinture d'un perroquet est  finie. Quant aux photos, j'imagine qu'elles sont prises dans des zoos où les "cages" sont plus grandes, sauf exception, évidement...  Quant à l'art, il doit bien  exister des toiles ou des représentations  de cet oiseau magnifique et puissant, mais je ne les ai pas trouvées.

                                                                                         *

Il me reste une seule information d'importance à vous donner. C'est le cadeau qui vient de m'être fait par Claire Poulain et qui explique la raison d'être de ce billet. Il s'agit d'un "ensemble à écrire" composé de 15 éléments, au design très contemporain, aux couleurs tendres, qui tous portent en commun un dessin de perroquet.  Le plus grand objet, le n°1,  est un sac orné d'un perroquet blanc, noir et vert, sur fond crème;  puis  vient ensuite une pochette de papier (12cm sur 20 de hauteur), des petites pochettes de diverses couleurs ornées d'un ... perroquet, de petits sacs en papier assortis,  d'un petit sac à fermeture éclair avec toujours un perroquet, de trois carnets de couleurs différentes, d'un porte-crayon avec  un une fermeture-éclair en tissus, d'une série de crayons noirs,  d'un taille-crayon, de  deux gommes et de plusieurs séries de trombones qui sont les seuls objets sans ... perroquet! Je suis sûre que vous l'aviez deviné...Avec un grand merci à Claire Poulain qui m'a offert ce cadeau très original, grâce auquel le perroquet qui parle devient un perroquet à écrire, qui crée et/ou renforce le lien entre les personnes, celle qui écrit et celles et ceux qui lisent ce billet...

 

Pour suivre le chemin

. Pour le Ier perroquet, se référer au Catalogue d’Art Publicitaire, Salorges Enchères, Kaczorowski, Derigny & Associé.Nantes 44100, en date du samedi 7 novembre 2009. Voir le « n° 231,1  …LION, tôle lithographiée estampée illustrée d’un petit garçon à la tablette et d’un perroquet. Modèle imprimé par De Andreis à Marseille pour le marché turc…

. Le perroquet tire-bouchon de marque Alessi est l’œuvre d’A. Mendini, 1955, comme il est indiqué à l’arrière  du tire-bouchon.

. Un cliché superbe de M et Mme Perroquet est à voir sur   https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/zoologie-perroquet-parle-t-il-5956/

. Se référer comme toujours à wikipedia :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Perroquet qui montre la diversité et le nombre étonnant des 21 variétés de perroquet, dont la dernière citée est le perroquet vert. Quant au perroquet bleu, je doute qu'il existe "pour de vrai" comme disent les enfants! 

. Cl. Elisabeth Poulain en date du 8.8. 2004 pour le perroquet bleu de Saint-Gilles-Bruxelles.                                                                                

 

 

 

 

 

 

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Le véritable savon de Marseille, Fer à Cheval, Savonnerie depuis 1856

10 Juillet 2018, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Savon de marseille, barre de 2kgs, Cl. Elisabeth Poulain

Savon de marseille, barre de 2kgs, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre curieux dans la mesure où je reprends mot à mot, celui du titre légal  utilisé par l’entreprise de Marseille, située au n°56 Chaussée de Sainte-Marthe, 13014 Marseille. Vous retrouvez toutes ses coordonnées au bas du billet, dans la section « Pour suivre le chemin » où j’indique mes sources.

Sous les yeux et autour du moi, j’ai disposé, au plus près de l’ordinateur plusieurs modèles de savons de Marseille. Autant vous dire tout de suite que je me sens littéralement cernée, par une bonne odeur, propre au forcément au… « Savon de Marseille » !

Le produit lui-même. Ne cherchez pas de composition simple du savon de Marseille. Chez lui, en lui, tout est compliqué et pluriel  en partant, pourtant, d’une composition apparemment simple, mais sans que les composants soient  toujours cités sur tous les formats de savon… C’en est au point que le leader français de savon de Marseille, la Savonnerie du Fer à Cheval, indique seulement qu’elle a été fondée en 1856. Son antériorité fonde sa légitimité, ainsi que d’abord et surtout son ancrage à Marseille.

En effet un véritable savon de Marseille traditionnel est reconnaissable à quatre caractéristiques :

. il doit être en forme de cube ou de pain, de couleur brun-vert ou blanc,

. porter une empreinte –Savon de Marseille - sur ses six faces,  

. ne pas contenir plus de six ingrédients naturels,

. et avoir une couleur qui oscille entre le marron et le vert.

La notice jointe au Savon de Marseille spécifie que ce savon est fabriqué réellement à Marseille au 66, Chemin de Sainte-Marthe, 13014. La Savonnerie du fer à Cheval, qui existe depuis 1856,  accompagne chaque produit de sa fabrication d’une notice : c’est une page A4 pliée en deux, qui réserve 50% de l’espace soit un recto-verso d’une demi-page aux usages du SDM et l’autre à deux autres produits d’entretien…Un peu de suspense ne nuit pas que je vous citerai à la fin*. Continuons la longue histoire du savon de Marseille.

Bloc de savon de marseille, extra pur, 72% d'huile, 600 gr, Fer à cheval, Cl. Elisabeth Poulain

Bloc de savon de marseille, extra pur, 72% d'huile, 600 gr, Fer à cheval, Cl. Elisabeth Poulain

La première ½ page est consacrée au … SAVON DE MARSEILLE et son sous-titre est « NETTOYER ». D’accord, mais quoi ? Je vous le dit tout de suite : les surfaces ne sont pas mises sous classement alphabétique -  ce qui choque mon esprit ordonné – mais sont classées par trois.  Les surfaces, sont, dans l’ordre :  

  • les murs et les plafonds au SDdM : il suffit de « diluer une poignée de copeaux » dans un seau d’eau chaude, de lessiver et de rincer à l’eau claire. »
  • la semelle du fer à repasser, c’est-à-dire le dessous : là prenez un morceau de savon sec en le passant sur la semelle encore tiède et… vous rincez
  • plus surprenant, les taches sur un matelas, qu’il suffit de frotter (les tâches), avec un tissu humide imprégné de SDM, puis de rincer avec un autre tissu un peu épais ou gant de toilette, tout en laissant sécher ensuite  au soleil. J’ajoute, préférez un jour de grand soleil et avant tout ne mettez pas trop d’eau…Je vous déconseille fortement d’y aller au jet ! 

Les trois autres surfaces d’objets plus diversifiées plus ou moins grands, qui  sont cités, sont les poussettes et matériels de puériculture (vous ajoutez au SDM un peu de bicarbonate de soude et vous rincez), les chaussures à brosser avec de l’eau tiède + du SDM, à laisser sécher ensuite sans rincer et enfin les pinceaux et éponges à maquillage pour lesquels vous utilisez la même recette.

. Le verso de la plaquette du SAVON de MARSEILLE est dédié à l’entretien du linge, avec trois recettes, la première est la recette traditionnelle, la seconde donne la recette pour les taches tenaces  et la troisième est affectée aux taches tenaces. Vient ensuite l’entretien du canapé en cuir et celui de la terrasse en bois.

. Une dernière section est affectée aux 3 ASTUCES. La première permet de retirer la buée sur le verre des vitres, des miroirs, des lunettes. La seconde est de faire disparaître la trace de  la pliure d’un ourlet, en mettant un morceau de papier de soie dessus et en passant le fer à repasser à la bonne température ni trop chaude, ni froide, bien sûr…

Savon de marseille, Fer à cheval avec étiquette, Cl. Elisabeth Poulain

Savon de marseille, Fer à cheval avec étiquette, Cl. Elisabeth Poulain

Il est temps de terminer pour vous dire que les 3,725 kg au départ de SDM, qui m’ont été offerts il y a quelques années,  pèsent maintenant un peu moins lourds du fait du dessèchement du savon. Ils étaient placés dans un sac en toile...Et de vous parler de ce sac imprimé sur l’arrière ou l’avant à votre choix au nom de « Savon de Marseille » et sur l’autre face est inscrit « Se faire passer un savon, ça a du bon » !  C'est de l'humour!

Pour suivre le chemin

. Savonnerie Fer à Cheval, 66 ch. de Sainte-Marthe, 13014 Marseille, www.savon-de-marseille-boutique.com 

. Retrouver l’essentiel sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille

. Découvrir le tout nouveau Musée du Savon de Marseille à …Marseille, le Musama sur  http://musama.fr/le-lieu/

*Les deux autres produits cités sont «le savon noir liquide  ménager » et « le savon noir mou ménager »  

. Clichés Elisabeth Poulain

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En un siècle & +, le retour de la vogue de la barbe, de la moustache

29 Juin 2018, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre que je vais développer pour être plus précise. Il ne s’agit en aucun cas de vous raconter la longue histoire de la barbe et de la moustache chez l’Homme depuis la nuit des temps. Je me verrais mal en effet vous conter celle de l’Homme de Néandertal qui ne devait connaître ni le concept, ni l’outil, encore que des silex puissent être aussi coupants qu’un rasoir affûté.  L’objectif de ce billet est beaucoup plus modeste. Dans l’hebdomadaire, La Vie illustrée, dont je ne possède que l’exemplaire du 23 mars 1899, j’ai choisi de prendre de préférence des exemples dans des dessins ou photos d’hommes dans des visuels publicitaires qui ne portaient d’ailleurs pas ce dernier  adjectif.   On ne parlait pas alors non plus  d’ « annonce », comme dans L’IllUSTRATION ni naturellement de « réclame ». Dans La Vie Illustrée, il y avait en outre une autre différence concernant le nombre élevé de photos, pour l'époque bien sûr.

. Les annonces publicitaires n’avaient pas de désignation particulière. On les repère à leur thème ainsi qu’à leur localisation au verso  de la première page de couverture en page 2 donc, ainsi qu’en page 3 et 4 de la fin du magazine. Cette couverture en outre était faite d’un papier mat plus épais et de couleur rose passée avec le temps. La pagination de ce n°23 est en outre  franchement curieuse. Elle ne commence pas au recto de la page  de couverture, ni d’ailleurs à la page suivante qui n’avait pas non plus de numéro parce qu’elle formait une autre page de couverture cette fois-ci interne au magazine. Donc la pagination débute « en vrai »  à la page 292 pour se terminer en page 302, ce qui donnait 11 pages de texte avec de nombreux dessins et photos.

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Le premier exemple tiré de ce  magazine « La Vie Illustrée n° 23 » montre  que les bons usages de la société intégraient  la barbe chez les hommes dans les codes visuels de la réussite sociale . Un homme bien né portait la barbe, qui devait toujours être  soignée.

. Au recto de la page 1 de la couverture de couleur rose moyen un peu terne - en langage actuel – se trouve la plus belle réclame qui a pour nom «  MODES de PRINTEMPS 1899 » (dimensions de la page 6 x 28 cm et celles du dessin 31 x 22 cm) . On y voit sept hommes avec chapeau,  six sont des « quadras » et celui de droite est visiblement plus âgé. Un seul tourne le dos ; c’est le seul dont  on ne saura jamais s’il a une moustache, une barbe…

. Celui de gauche – le n° 1- a une moustache fine au-dessus de la lèvre supérieure.

. Le n°2 porte un collier taillé en carré horizontal en bas qui passe devant le pavillon des oreilles et qui est rejoint à la hauteur des commissures des lèvres par une moustache bien fournie mais sans excès. C’est le plus chic avec son haut de forme noir, sa redingote droite, sa canne…

. Le n°3 porte une moustache plus fournie que le n°1, avec cette fois-ci des pointes qui rebiquent vers le haut. Il porte un chapeau melon.

. Le n° 4 au milieu, celui qui a un chapeau qui ressemble plus à un chapeau actuel, porte une moustache fournie tombante.

. On ne sait rien du n°5, si ce n’est qu’il fume un cigare  et qu’il semble avoir un chapeau d’une taille en-dessous.

. Le n°6 ressemble beaucoup au n°2 dans sa posture : ses cheveux s’arrêtent au milieu de l’oreille et sa barbe, qui se termine en pointe, commence à pousser après le lobe de l’oreille. 

Le n°7, pour finir, est un Monsieur qui porte fièrement un panama de paille tressée avec un gilet clair et un nœud papillon…

Le texte suivant suit le dessin, signé par  V.Leer.SC dans le coin droit en bas : « Nous avons l’honneur de présenter à nos Lecteurs les dernières créations de la Mode masculine pour le printemps 1899, d’après le High Life Tailor, ce qui leur donnera un aperçu de ses merveilleux Costume complets sur mesure à 69fr.50 et ses superbes pardessus Covert-Cout à 59fr. 50. »

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

En page 3 de couverture - c’est-à-dire toujours rose un peu foncé - figurent trois dessins  tous de dimensions et de formes différentes.

. Le plus grand dessin (16 x 13,5cm), qui  se trouve en haut à droite  de l’avant dernière page, reproduit un dessin de V.  Rose. L’annonce met en lumière des « PATINS-BICYCLETTES pour la Route »  de marque RICHARD-CHOUBERSKY, 18 Rue du Quatre-Septembre, PARIS. La paire est à 80 francs, la vente au comptant ou en location et le catalogue est franco sur demande.

On voit le héros en partie droite du dessin qui avance tout en faisant tourner ses petites roues, le pied gauche d’abord bien à plat, accompagné du pied droit qui stabilise, le patin en oblique en arrière. Il donne l’impression de suivre son frère jumeau devant lui, le corps plus incliné vers l’avant avec son pied droit cette fois-ci qui semble freiner en plaçant le patin-bicyclette de biais. Remarquez la position du bras et de la main qui tiennent la canne que je n’avais pas encore citée. Elle était tout autant que le chapeau et la barbe, un élément du code statutaire de l'époque.

Pastilles Geraudel,  La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

Pastilles Geraudel, La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

. Le second dessin se trouve à mi-page du côté gauche en bordure intérieure de la page intérieure de la couverture qui n’est ni numérotée ni titrée. Elle fait face à la page 302, la dernière de ce Journal hebdomadaire. Ses dimensions sont plus modestes (9cm de haut sur 6,3cm). Le petit rectangle est placé quasiment à mi-hauteur. Il est composé de trois parties : un dessin de trois hommes, dont on ne voit vraiment que le premier qui est un vieillard. C’est son  chapeau haut de forme de couleur noire qui attire l’attention et fait glisser le regard jusqu’à sa barbe blanche ébouriffée qui remonte jusqu’aux oreilles, une moustache importante  et des cheveux blancs qui sortent du Haut de Forme.

Ce Monsieur âgé, à la moustache et la barbe non soignées, porte un panneau sur la poitrine où figure le slogan suivant « Si vous toussez, prenez des PASTILLES  GERAUDEL ». Peut-être porte-t-il aussi une  pancarte dans le dos, pour équilibrer la charge,  comme les hommes - sandwichs new-yorkais. Le texte suivant explique les bienfaits des Pastilles Géraudel  :  « Imprégnez vos poumons des bienfaisantes émanations du goudron de Norvège pur et vous serez à l’abri de toutes maladies pendant l’hiver. Les Pastilles Géraudel se trouvent dans toutes les pharmacies. Se défier des imitations. »

Elixir Saint-Vincent de Paul,   La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Elixir Saint-Vincent de Paul, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Il me reste à vous parler du dernier encart publicitaire qui est tout en bas de la page sur ce papier rose éteint, en partie gauche 13,3cm de longueur sur 2 cm de hauteur. Dans ce très petit espace par définition difficile à utiliser, le  dessinateur de la maison a réussi à insérer un visuel complet sur « L’Elixir de Saint-Vincent de Paul, le seul autorisé spécialement». On y voit un homme qui ne peut  être que Saint-Vincent, sans risque de se tromper, car il a une auréole au-dessus de la tête. Ce très petit dessin de sa tête donne à voir un Saint-Vincent, légèrement de profil, avec le regard porté vers le bas et une barbe très nette. Il ne semblerait pas qu’il ait une moustache, malgré la grosse loupe que je n’utilise que dans les grandes occasions !

En prime, vous aurez le plaisir, en dernière page de ce magazine, de découvrir un exemple étonnant d’un homme – bien sûr – qui porte des cheveux longs – un phénomène rarissime en cette fin du premier trimestre 1899. Dans un rectangle de 13 cm sur 8 , « Le Purgatif des Familles, HUNYADI JANOS » - qui s’écrit avec un accent  aigu  sur le A »- figure la mention LA MEILLEURE DES EAUX PURGATIVES. Entre le nom de celui qui semble être un farouche guerrier revêtu de son armure, ses cheveux longs et sa moustache qui descend jusqu’au bas de son cou, on se sent presque revenu …au Moyen-Age!        

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Aujourd’hui, la barbe revient à la mode, chez certains jeunes gens, des hommes jeunes  ou moins jeunes, après des décades pendant lesquels  l’homme se devait d’être parfaitement rasé du matin jusqu’à la soirée.  Certains même utilisaient ou continuent à utiliser  leur rasoir électrique au bureau pour rentrer chez eux avec un visage parfaitement net.  D’autres, n’ayant aucune possibilité de se raser pendant des mois, retrouvèrent la terre avec des barbes d’une longueur impressionnante.  Cela fut le cas des marins du Kon-Tiki . Si mes  souvenirs sont bons, plus le temps passait, plus leur barbe poussait mais de plus en plus lentement. Certains la coupèrent au fur et à mesure, pour ne plus devoir y faire trop attention, d'autres au contraire n'y touchèrent pas, en une sorte de fierté. Vous dire s'ils en faisaient des nœuds, je n'en sais rien!

Au XIXe siècle et à nouveau maintenant, si la mode de la barbe et/ou de la moustache revient, c’est plus me semble-t-il à la fois pour témoigner conjointement de sa jeunesse et de sa virilité, tout autant que d’un effet de mode, qui existe aussi maintenant chez des Jeunes Quinquas, pour la première fois depuis plusieurs décades. C’est aussi peut être la découverte pour certains ou la re-découverte pour d'autres du plaisir de s’occuper de soi… Il y a aussi des messieurs d'un âge certain, comme celui que je viens de rencontrer, qui portent la barbe depuis si longtemps qu'ils ne pensent même pas à la couper, surtout pas!. "Par contre, quand il fait aussi chaud qu'en ce moment, il va falloir que je la taille ...un peu!. Elle me  tient un peu trop chaud.

Pour suivre le chemin

. Retrouver La Vie illustrée dans https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e, ce « journal hebdomadaire » qui se caractérise par l’usage de la photographie de grand angle ; citons  en particulier celle de la couverture « Les travaux  de l’Exposition de 1900… »

. Pour avoir les bases, consulter wikipedia sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Moustache ainsi que https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe avec ses huit dessins de styles de barbe https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baerte_ohne_text.jpg

. La Vie Illustrée sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e

. La Vie illustrée, n° 23, Deuxième Année, Le numéro : 30 centimes, Journal hebdomadaire, les abonnements, Trois mois 4.50, Six mois 8 fr, un an 15fr. Le Numéro : 30 centimes. Téléphone : 103.45. Adresse télégraphique : Villustrée Paris. Adresser toutes les Communications au Directeur, M. F. JUVEN, Editeur, 10, rue, Saint-Joseph, 10, PARIS        

. Modes de Printemps 1899  en page de couverture, un dessin de V.LEER.Sc

. Voir les articles de wikipedia sur la barbe, https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe, avec les huit modèles

. Retrouver l’exposition l’Homme de Néandertal sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_N%C3%A9andertal

.  Sur l’expédition du Kon Tiki en 1947 https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exp%C3%A9dition_du_Kon-Tiki

. « Le purgatif des familles », Hunyadi Janos,  voir une autre « réclame » de Hunyadi Janos sur  https://www.delcampe.fr/fr/collections/publicites/1911-laxatif-hunyadi-janos-dite-eau-de-janos-purgative-laxatif-andreas-saxlehner-budapest-366407930.html

.  Quant à la moustache elle-même, consulter un étonnant petit ouvrage de la collection Marabout, « Le petit MANUEL de la MOUSTACHE » de LUCIEN EDWARDS , MARABOUT, publié la première fois  à San Francisco par Chronicle Books LLC, San Francisco, sous le titre The Moustache Grower’s Guide .Texte Lucien Edwards, Illustrations Dave Hopkins, Illustrations des  moustaches,  Tous droits réservés…Vous y apprendrez tout et tout ce qu’il y a à savoir sur « La Moustache » contemporaine. Ce petit ouvrage (à la couverture bleu ciel) 15,5 cm de hauteur sur 11,5 cm de largeur, débords de la couverture inclus) de 144 pages est une mine de renseignements sur la typologie des moustaches en rapport avec la morphologie des visages, les vêtements adaptés, le style…

Avec un grand merci à la personne qui m'a fait connaître cet ouvrage, F.B....

. Pour tailler sa barbe , voir https://www.barbedudaron.fr/entretien-barbe/comment-bien-tailler-sa-barbe/

. Clichés Elisabeth Poulain, avec une étoile pour le premier pour indiquer qu'il s'agit d'un extrait 

PS. Désolée pour le sous-lignage que je n'arrive pas à enlever! Cela arrive quand l'article devient trop lourd.

 

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Portraits > Muller > Jeunes femmes aux cerises en pendentif d’oreille

22 Mai 2018, 16:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Portraits de "femme aux cerises", Muller, peintre, CL. Elisabeth Poulain

Portraits de "femme aux cerises", Muller, peintre, CL. Elisabeth Poulain

Voici deux tableaux peint à l’huile qui sont un vrai mystère. Je les ai sous les yeux, je les scrute, attentivement et depuis longtemps et pourtant je continue à en ignorer presque tout. Je dis « presque » car j’ai un peu avancé ces derniers temps :  l’un des deux, le plus petit,  porte une mention inhabituelle au verso, le nom de l’artiste inscrit au tampon. Ma seule certitude - mais d’importance - est que ces tableaux sont l’œuvre d’une seule et même personne, un peintre professionnel, qui a réalisé ces deux portraits de jeunes femmes qui ne dégagent vraiment pas  un fol enthousiasme. Est-ce leur nature ? Ont-elles toujours été comme cela  dans leur vie quotidienne?  Ou bien est-ce le peintre qui leur a-t-il demandé de prendre cet air triste, surtout pour l’une d’elles ? Je pencherai plutôt pour cette seconde solution.

Portrait de femme aux cerises, verso, Muller Artist Colorman...Cl. Elisabeth Poulain

Portrait de femme aux cerises, verso, Muller Artist Colorman...Cl. Elisabeth Poulain

Le peintre d’abord. Curieusement je vais commencer par lui. Je suis quasiment assurée que c’est un professionnel. Il n’a pas signé ses toiles en bas à droite, comme il en est d’usage pour un peintre qui vend ses œuvres. Il a choisi de mettre son nom au tampon au milieu de la plus petite des deux toiles mais pas sur l’autre. Chaque indication figure sur sa propre ligne.

C’est ainsi que le nom de l’artiste est « tamponné » en horizontal dans le sens de la longueur  par rapport au portrait en vertical de l’autre côté. La position au verso est ainsi plus équilibrée. On y lit clairement  en caractères noirs « MULLER, ARTIST COLORMAN, 02 HIGH HOLBORN, LONDON ». Par ailleurs une indication figure  codée « FIX 53 x 38 » est inscrite au bas du cadre, pour indiquer, peut-être où se trouve le bas du tableau. Comme le montre la photo, la fixation de la toile sur le cadre est très solide. Les deux vis latérales, qui s’emboitent l’une dans l’autre, permettent en même temps d’y attacher solidement une ficelle. Une indication écrite à la main indique même le mode de fixation : FIX 5338.

Portrait de femme aux cerises, Muller Artist Colorman, petit format, Cl. Elisabeth Poulain

Portrait de femme aux cerises, Muller Artist Colorman, petit format, Cl. Elisabeth Poulain

La peinture elle-même. Les  raisons pour lesquelles j’ai commencé par le petit format est que l’autre tableau, dont je suis assurée qu’il en est aussi l’auteur, porte de nombreux points de comparaison avec le premier, tout en étant bien sûr différents.

. La jeune femme du petit format ne vous regarde pas. Elle est représentée avec un bandeau de couleur jaune orangé dans ses cheveux de couleur très foncée qui se fondent dans le tableau uniformément quasiment aussi foncé. Ce ne peut être évidemment que volontaire de sorte que son visage ressort fortement dans  cette curieuse atmosphère. Sa peau est lisse, ses yeux marrons, son nez est très visible en raison notamment de la brillance de sa peau. Des éclats de lumière que l’on va retrouver sur son front, près des yeux, sur son menton et curieusement sur son cou. On dirait presque qu’elle a un goitre, ce qui conduit le regard sur le décolleté de sa robe orangée ornée d’une dentelle qui rend le portrait vivant. La dentelle semble parfois bien positionnée, en se détachant sur la peau, ou au-dessus du bord de la robe du même orangé C’est alors qu’on découvre qu’elle porte un châle foncé sur son épaule gauche qui accroit le trouble de la vision.

Son visage maintenant. Si je devais donner un titre à cette toile, ce serait « La Gitane triste ». Ses traits sont très accentués, avec des yeux aux pupilles noires profondément enfoncés dans l’orbite, au-dessous de la courbe accentuée des sourcils. Le nez est à la fois fin et long. On le voit d’autant mieux qu’il brille, comme si la peau était huilée. Il surplombe le sillon entre le nez et la bouche très prononcé.

Sa  bouche, qui  est très ourlée et bombée, ressort fortement avec son rouge à lèvres vif. Le regard descend alors vers le menton et son menton. C’est à ce moment que l’on découvre d’abord la grappe de cerises fixée au bandeau orange dont j’ai parlé au début. On en voit huit clairement, avec quelques-unes en arrière-plan. Elles sont attachées au bandeau orange par un gros lien vert foncé de laine. Du coup, on se surprend à regarder l’autre oreille. Seules quatre sont discernables. On voit aussi que le fond a été retravaillé en surajoutant du vert très foncé autour de la tête et des épaules.

Portrait de femme aux cerises, Muller Artist Colorman, grand format, Cl. Elisabeth Poulain

Portrait de femme aux cerises, Muller Artist Colorman, grand format, Cl. Elisabeth Poulain

 Passons maintenant à l’autre tableau d’une jeune femme qui porte aussi des cerises aux oreilles. L’impression générale est qu’elle n’est pas franchement triste. Elle vous regarde dans les yeux,  sans sourire, comme si elle était un peu fatiguée. Elle manque de tonus. On dirait qu’elle se demande ce qu’elle fait là.  Les différences sont nombreuses à commencer par les dimensions du tableau un peu plus grandes. Elle n’a pas de décolleté, seulement une ouverture en V d’un tissu à rayures noires qui laisse deviner la peau un rang sur deux. Un feston orne l’échancrure. On comprend bien qu’il y a là des suggestions, comme si cela était pour le peintre un « plus » ! Un tissu noir, des cheveux bruns, un fond si foncé qu’on se demande s’il n’est pas noir, tous ces éléments créent une ambiance curieuse, d’autant plus qu’on ne voit pas son cou.  

Les cerises  heureusement sont plus visibles. Les compter devient un jeu d’enfant : il y en a six à l’oreille gauche et quatre à l’autre. Les feuilles vertes du cerisier se repèrent facilement. Comme pour les autres cerises, elles sont rattachées à un bandeau cette fois brun-marron quasiment de la même couleur que les cheveux de la jeune femme. Elle nous regarde franchement, sans que cela lui fasse particulièrement plaisir, mais sans faire la tête pour autant. La différence avec l’autre tableau est que le bas est très abîmé ; la peinture s’est écaillée. L’autre différence est que rien n’est marqué sur la toile au verso. Quant à l’annotation FIX 5338, elle est bien présente mais cette fois-ci  en haut de la  toile. Avec une dernière remarque, c'est promis, qui porte sur l'identité parfaite des deux cadres... 

 

Portraits de "femme aux cerises", Muller Artist Colorman, CL. Elisabeth Poulain

Portraits de "femme aux cerises", Muller Artist Colorman, CL. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Trouver quelques informations sur le peintre sur https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.npg.org.uk/research/programmes/directory-of-suppliers/m/&prev=search

. Le nom du peintre, avec son adresse,  est cité sur https://www.ngv.vic.gov.au/explore/collection/artist/5229/  .Il y a bien un visuel qui n’a rien à voir avec ces portraits de femme. On dirait un travail d’Egyptologue, marqué en dessous « EGYPT », où l’on voit soit des stèles, soit des restes de pierre taillées…A votre choix : il n’y a ni dénomination, ni date…

J’ai mis en rouge son nom , qui figure à l’arrière de la petite toile, pour qu’il soit bien différencié des autres mentions en caractères gras que j’utilise pour faciliter la lecture.    

. Voir  le philtrum sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Philtrum ou  sillon naso-labial https://fr.wiktionary.org/w/index.php?title=sillon_naso-labial&action=edit&redlink=1

                                                                           *           

. Les dimensions du petit tableau, avec cadre 48 cm de hauteur sur 43 cm de largeur, sans le cadre, la peinture visible  mesure 34 cm sur 29           

. Celles du grand tableau, avec cadre 60 cm de hauteur  et 49 de largeur ; quant à la partie visible de la peinture, elle mesure 46 cm sur 35cm…

. Clichés  Elisabeth Poulain

 

 

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L’Illustration 05.07.1913 > La barbe, la moustache… > Annonces

18 Mars 2018, 16:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905,Belle Jardinière, L'Elégant à la moustache,Annonces1, Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905,Belle Jardinière, L'Elégant à la moustache,Annonces1, Elisabeth Poulain

Ce numéro de l’Illustration d’avant la guerre de 1914-1918, portait déjà sur des thèmes militaires dans les Balkans, avec par exemple, des cerfs-volants maritimes adoptés par la marine, après l’avoir été par l’armée de terre. C’est un autre thème, non pré-figurateur d’une guerre, que j’ai choisi, un thème pluriel qui peut sembler futile ou curieux ; la société d'alors change , sans qu’il soit possible de dire ni pourquoi, ni vers quoi. Ce billet a pour objectif  de montrer dans des annonces – les publicités d’aujourd’hui – des hommes à barbe, ou avec une moustache … sans que, dans aucune de ces « annonces » (la réclame d’alors), le dessin ne porte directement sur ce thème, à croire que tout homme bien né se devait d’avoir un ou plusieurs de ces ornement pileux sur le visage. Voici quelques exemples tirés des « Annonces » de l'Illustration  du 5 juillet 1913, avant de s’appeler maintenant des publicités.

L'Illustration 5-07-1905,Belle Jardinière, L'Elégant à la moustache,Annonces1, Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905,Belle Jardinière, L'Elégant à la moustache,Annonces1, Elisabeth Poulain

. La fine moustache. C’est celle de la première annonce de la « Belle Jardinière, la plus grande maison de vêtements du Monde entier, 2 rue du Pont Neuf Paris ». Située en pleine page d’Annonces – 1- (41cm de hauteur sur 30cm) sous le titre de « Bains de Mer et de Voyages », elle montre un homme élégant – selon les standards de l’époque – dotée d’une très fine moustache,  saluer une « Elégante » dans le sable de la plage, elle avec des talons hauts et  des enfants qui font des châteaux de sable à gauche en bas. Lui,  impeccablement habillé, semble fier de ses cheveux gominés, avec sa raie sur le côté, et surtout de sa fine moustache, très nette, peu volumineuse et pourtant assez haute, entre le haut de la lèvre supérieure et le nez.

. La barbe blanche du vieil homme aux allures d’un savant, qui a amassé beaucoup de connaissance au fil des ans, pour vanter les atouts du « carburateur Zénith » en Annonces - 4 (18,3 cm sur 14).

.La barbe de l’homme « chic », qui a réussi dans la vie, comme le montrent sa veste courte à pan, avec gilet dessous et chemise blanche bien sûr, le  pantalon au pli impeccable, avec des chaussures vernis à boucle. C’est l’homme à la barbe de l’ « Automobile Unic… » en Annonces – 11. C’est un dessin A. Ehrman.

                                                                   *

L'Illustration 5-07-1905, Annonce-4, Carburateur Zénith, le vieux savant à la barbe blanche, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905, Annonce-4, Carburateur Zénith, le vieux savant à la barbe blanche, Cl. Elisabeth Poulain

Après ces « annonces », dont je viens de vous montrer les plus grandes et que l’on voit en premier, voici maintenant quelques portraits illustrant des articles, que je peux citer.

*En page 1, voici deux soldats, un grec à gauche, porte une moustache aux bords relevés  et un bulgare,  qui surveillent le port de Salonique dans une photo pleine page (1). Un troisième est assis

*En page 3, dans des formats de petites tailles, voici le président de l’Université de Harvard, M. Lawrence Lowell, avec une moustache retombante légèrement de chaque côté. Vient ensuite dans la colonne 3 –près du bord de la page M. Andrew Carnegie, «  le grand philanthrope et  l’un des plus puissants souverains de l’industrie et des finances de l’Amérique moderne » est l’hôte de Paris. Il est saisi par le photographe de plein pied devant une cheminée garnie de fleurs, avec un sourire, qui illumine son visage doté d’une barbe et d’une moustache blanche, tout comme sa chevelure.

*Voici, en page 4, Henri Rochefort, un grand journaliste de l’époque qui vient de décéder. Un portrait de lui figure en bas de l’article. Il porte une moustache, plus une barbichette et une « mouche » qui, je viens de l’apprendre, est un petit îlot de jonction sous la lèvre inférieure et le bas du visage. Le bas de son visage est ainsi composé de trois étages, chacun d’entre eux ayant son individualité ; à croire que cette composition était alors une nécessité pour équilibrer un visage d’homme !

*En page 11, c’est le professeur Vincent, médecin principal de l’Armée, dans son laboratoire du Val de Grâce, assis à son bureau. Il arbore ce que je qualifierai d’une « grosse moustache ».

M. Poincaré est visible sur le pont d’un bateau. La photo semble montrer une moustache courte de couleur foncée, alors que sa barbe est blanche (p. 23). Peut-être un effet de la lumière lors de la prise de vue.  

L'Illustration 5-07-1905, Annonce-11, Automobile Unic, l'homme chic à la barbe, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905, Annonce-11, Automobile Unic, l'homme chic à la barbe, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905, Annonce 19-1, Royat Auvergne, l'homme barbu malade, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905, Annonce 19-1, Royat Auvergne, l'homme barbu malade, Cl. Elisabeth Poulain

. C’est alors le retour des Annonces  jusqu’à la page 24 incluse, les pages de  couverture de l’Illustration, n’ayant jamais de n°. Maintenant, on parle de « la couverture », son verso est la 2 de couv., qui est suivie ensuite, à la fin par la 3 et la 4 de couv.

La page 19 est en soi une pépite publicitaire à écrire au pluriel. En effet on y voit trois « Annonces », qui ont chacune beaucoup à dire. Cette page de 36 cm de hauteur sur 27 est divisée en quatre visuels de 13 sur 17 cm environ dont trois concernent directement notre sujet.

_ Le premier en haut à gauche est une « réclame » pour l’eau de Royat en Auvergne dans un visuel signé A. Ehrmann.  On y voit un malheureux malade,  attaqué simultanément par des « démons » qui ont pour noms « Diabète, Goutte, Artériosclérose ». Il tend la main vers le verre d’eau de Royat qu’une bouteille est en train de verser. Le malade porte, pour une fois, une belle chevelure relativement longue et bouclé, ainsi qu’une barbe complète reliée à ses cheveux - avec également une moustache  qui rejoint la barbe. On est  en 1913 ! Il y avait déjà des dessinateurs publicitaires de très grand talent.

_A droite figure une réclame pour la ceinture anatomique pour hommes du Dr. Namy, avec ce slogan en haut à droite "Si vous commencez à prendre du ventre ". L’homme est représenté quasiment habillé, seul lui manquent son pantalon et bien sûr sa  veste. Il s’agit bien sûr d’attirer l’attention sur le ventre bedonnant du-dit monsieur. Ce qui nous intéresse sont la longueur de sa barbe, qui rejoint presque sa chevelure et les pointes particulièrement longues de de sa moustache.  Le dessin  est  une création de B&P Paris.

L'Illustration 5-07-1905-Annonce 19-2-L'homme barbu-ceinture du Dr Lamy, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905-Annonce 19-2-L'homme barbu-ceinture du Dr Lamy, Cl. Elisabeth Poulain

Voici le visuel, qui figure toujours sur cette page  dans le rang du bas. Il s’agit cette fois-ci d’une affaire de poils, encore, mais pour une femme. On voit sur le visuel une photo d’une jeune femme évidemment dotée de « poils » entre le nez  et sa bouche. C’est donc une « moustache » qui  visiblement a été dessinée, mais grâce au « Dépilatoire Hospitalier de M. Chantreau, pharmacien de Ière classe, ancien interne des Hôpitaux de Paris, en 3 minutes, celle-ci disparait…». Une merveilleuse invention que celle-là…. (article à suivre).                                                               

Il reste une remarque à faire et de grande importance, qui est le surnom de « Poilu »  donné aux soldats de la Grande Guerre.  

Et pour vraiment mettre un terme à ce billet, je m'aperçois qu'il reste encore une barbe blanche, celle d'au vieil homme, style ermite, le Père Kermann, qui est en train d'admirer au verso de la 4 de couv. sa bouteille de liqueur du Père Kermann, "la vieille liqueur française", une réalisation (publicitaire) de F. Cazanove, Bordeaux. Le visuel mesure 6,7 cm sur 5,4 cm...    

                                                                                     *   

Pour suivre le chemin

. L’Illustration° 3671, 71me Année, Annonces – 1 – de la « Belle Jardinière »   avec le sous-titre « Bains de Mer et Voyages ». Suivent le nom des « seules succursales pour vraiment , Paris, 1 place de Clichy, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Angers, Saintes… »    

. Belle Jardinière, Annonces – 1, Dessin Cl. G. de Malherbe &C 

. Cheveux gominés, à voir dans https://fr.wikihow.com/gominer-ses-cheveux-en-arri%C3%A8re

. La barbiche ou barbichette https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbiche. C’est là que j’ai trouvé le nom du petit  îlot de poils sous la lèvre inférieure  qui s’appelle en réalité « la mouche »

. Retrouver Henri Rochefort,  dans les membres du Gouvernement de l’Union nationale dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Rochefort#/media/File:Le_Gouvernement_de_la_d%C3%A9fense_nationale.jpg. C’est sa photo,  qui figure dans l’Illustration de 1913 cité. Il venait de décéder à l’âge de 82 ans. Et pour finir, je m'aperçois que j'ai oublié de vous montrer  

. Le « Poilu » à voir sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:W2289-Affiche14-18_PoiluType_0_94926.JPG

 

 

L'Illustration 5-07-1905, Annonce recto page de couverture, Liqueur Père Kermann, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 5-07-1905, Annonce recto page de couverture, Liqueur Père Kermann, Cl. Elisabeth Poulain

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Le chien, le meilleur ami de l’Homme, Nouvelle Histoire naturelle 1908

28 Janvier 2018, 12:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29, Tête et dentition fig. 47, Cl. Elisabeth Poulain

Il convient tout d’abord que je vous donne l’intitulé exact de cet ouvrage : « Nouvelle Histoire naturelle Elémentaire »  faite pour les « Ecoles primaires, supérieures : Garçons » dont c’est « la cinquième édition ». J’aurais bien aimé voir et avoir également l’exemplaire pour les filles pour faire la comparaison. Je pense que j’aurais plusieurs fois bondi au plafond. En 1908, en France d’une façon générale, l’égalité des genres ne devait pas être une priorité d’urgence absolue, ni même un concept envisageable. Cet ouvrage a pour auteur « E. Aubert, Docteur ès sciences, Professeur au Lycée Charlemagne et Reignier, Inspecteur primaire. PARIS, E. André Fils, Editeur, 6 rue Casimir–Delavigne, 6 ». Quant à l’année de référence, l’information a été facile à trouver, car la date est écrite en gros caractères sur la page de gauche « Programmes de 1908 ».  

D’après ce que je peux lire, il existait alors des écoles primaires supérieures, divisées par genre. Dans le même ouvrage, les sciences naturelles étaient elles-mêmes réparties sur trois années, avec le programme inclus année par année pour chaque composante de l’Histoire naturelle élémentaire que nous appellerions aujourd’hui les sciences naturelles.  

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), haut.0m,10 (!), fig 29-p.30,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), haut.0m,10 (!), fig 29-p.30, Cl. Elisabeth Poulain

. La première année, axée sur les généralités, est elle-même divisée en Zoologie (16 chapitres),  en Botanique (7 chapitres) et en Géologie (8 chapitres).

. Pour la seconde année incluse dans l’ouvrage, on retrouve cette trilogie axée cette fois-ci, portant non plus sur les généralités,  mais sur les fonctions de la nutrition (1 + 7 chapitres). Avec des particularités en zoologie, il existe des fonctions de relation (5 chapitres) et en botanique avec une première partie sur les organes nutritifs (4 chapitres) et les organes reproducteurs (4 aussi) en seconde partie. Et …il reste une partie géologie (3 chapitres).

. Je vous fais grâce du programme de la 3è année… tellement l’annonce du programme et les façons de présenter la connaissance sont compliquées, surtout quand on se souvient qu’il s’agit du niveau élémentaire pour des petits garçons ! 

                                                                                        *

Rassurez-vous. Je n’oublie pas que le chien cité dans le titre est le véritable sujet de ce billet. En zoologie, le chapitre II - page 13 - est affecté à l’organisation générale des animaux, qui commence par…l’Homme ( !) dès la page 14 ! Il m’a fallu attendre la page 29 pour trouver le meilleur ami de l’homme, c’est à dire le chien qui est le Ier héros de la classification zoologique animale au chapitre V, en page 30, représenté sur la figure 29. Ce qu’on apprend en page 30-31 porte sur le classement des animaux selon qu’ils possèdent une symétrie bilatérale, une symétrie radiaire ou l’absence de symétrie.

. Pour la symétrie bilatérale, sont cités comme exemple et dans cet ordre-là : l’Homme, le Chien, la Carpe, l’Ecrevisse !

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), fig 32 p 31,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien Setter (?), fig 32 p 31, Cl. Elisabeth Poulain

Le chien offre donc la particularité d’être, comme l’homme, un très bel exemple de « symétrie bilatérale ». Cela signifie, selon les auteurs, qu’il est constitué de deux parties équivalentes, ce qui me parait surprenant –on n’a pas deux estomacs ou deux foies par exemple - mais peut-être les auteurs E. Aubert-Docteur es Sciences-, Professeur au Lycée Charlemagne  et A. Reignier Inspecteur primaire,  ont-ils visé seulement l’ossature. Le chapitre V, qui porte sur les « Classifications zoologiques », met sur le même plan l’espèce humaine et l’espèce animale avec pour exemple le chien qui est un bel exemple de symétrie bilatérale. Pour mieux le prouver, la page 30 présente en « figure 29 » une photo d’un chien de chasse (type setter, peut être…), et la page 31 le squelette  d’un chien de bonne taille en figure 32. Le dessin présente en particulier la particularité d’avoir des  « bras, avant-bras et des doigts à l’avant et à l’arrière des cuisses, des jambes et des pieds » ! Un vocabulaire curieux à utiliser pour un chien : chacun sait pourtant que cet animal a des pattes pour désigner chez une personne les bras et les jambes ! Outre l’homme et le chien, l’auteur cite comme autre exemple de symétrie la Carpe, un poisson d’eau douce, et l’Ecrevisse, un crustacé d’eau douce! C’est étonnant quand même.

Comme autre exemple de symétrie radiaire cette fois-ci, il y a les animaux, qui possèdent « plusieurs plans de symétries qui passent par un axe occupant le centre de leur corps. C’est l’Etoile des mers, ou le corail qui sont mis en lumière. Imaginez, nous sommes en 1908 et posons-nous la question : combien d’enfants à cette époque étaient-ils déjà allés au bord de la mer ?  Avant de revenir à mon sujet, qui est le squelette du chien, juste un mot pour vous dire qu’il y a une 3è catégorie formée par les animaux asymétriques, c’est-à-dire dénués de symétrie, comme les … protozoaires, qui ne possèdent qu’une seule cellule. Se faire traiter de « protozoaire » dans la cour de l’école des garçons a dû être la pire des injures !

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29-32 p 30-31-31,  Cl. Elisabeth Poulain

Histoire naturelle 1908, André éditeur Paris, Chien fig 29-32 p 30-31-31, Cl. Elisabeth Poulain

Le squelette du chien. Ouf, on y arrive, même si c’était tellement compliqué que le metteur en page du manuscrit  chez l’éditeur a réussi à se tromper dans la disposition des  photos en relation avec le texte  et que le relecteur n’y a rien vu ! Peut-être la fonction n’existait-elle-pas encore ?  Mais il y avait bien un directeur !

. Pour la symétrie bilatérale telle qu'elle existe pour  l’homme, le chien…, l’ouvrage présente une photo d’une étoile de mer vue de dessus et une autre vue de dessous… alors que le titre et le texte de ce paragraphe sont dédiés à la symétrie bilatérale. Ceci est une répétition volontaire de ma part ! C’est le chien qu’il aurait dû mettre à sa place. 

. Pour le système radiaire -l’Etoile de mer ou le Corail-, c’est là où cela devient amusant, car c’est le squelette du chien qui est présenté. Il y a en plus une autre maladresse, cette fois-ci, sans parler d’erreur, entre la présentation du chien à gauche, avec sa tête aussi  à gauche de la page de gauche et à nouveau à gauche, avec entre les deux, un dessin d’écrevisse ! Il aurait mieux valu placer les chiens face à face et déplacer le dessin de l’écrevisse de la figure 30 (en page 31) pour mettre face à face le chien de la figure 29 (en page 30), en espérant aussi que ce squelette est bien celui du chien de chasse de gauche. Avec une erreur dans le sous-titre de la première photo du chien qui regarde sur la gauche est censé mesurer 0,10m!

Quant au crane du chien, il faut se rendre en page 38 pour découvrir une vraie tête de monstre. Et c’est ainsi que va se terminer de façon un tantinet abrupt ce billet dédié au meilleur ami de l’homme…tel qu’on l’enseignait en 1908 ! Ajoutez- y la carpe, l'écrevisse, et le protozoaire, qui forme l'ensemble des animaux unicellulaires...!!!  

Nouvelle Histoire naturelle élémentaire, E. Aubert & A. Reigner, E. André & fils, Editeur Paris

Nouvelle Histoire naturelle élémentaire, E. Aubert & A. Reigner, E. André & fils, Editeur Paris

Et voici aussi comment ressort à la lumière un manuel scolaire que nous avons trouvé dans le grenier d’une maison derrière une grosse poutre de la charpente,  que nous venions de louer en Val de Loire.  Sa précédente locataire était une institutrice, qui une fois à la retraite, venait y passer ses étés, pour retourner dans le midi l’hiver…                        

                                                                                              *                                               

Pour suivre le chemin

. Nouvelle histoire naturelle élémentaire: E. AUBERT et A. REIGNIER, Garçons, E. ANDRE, fils EDITEUR

. En France, iI a fallu aux filles attendre 1924 pour pouvoir bénéficier du même enseignement que les garçons. http://edupass.hypotheses.org/1036

. Voir l’essor de l’enseignement secondaire des filles en Alsace (1871-1918)  et le décret de 1924 dans Revue d’Alsace 138/2012, dans   http://journals.openedition.org/alsace/1622

. Ainsi que Le statut scolaire local de 1870 À nos jours de Jean-Luc Hiebel, dans http://journals.openedition.org/rsr/1797

. Le chien de type setter, à retrouver sur http://www.chien.fr/race/setter-anglais/photos/

. Clichés Elisabeth Poulain

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Nous les poissons des Seychelles à chanter sur l’air des sœurs jumelles

7 Novembre 2017, 17:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

Seychelles, Port Victoria, Clipper, le port, wikipedia

Seychelles, Port Victoria, Clipper, le port, wikipedia

Les Seychelles d’abord. Si l’on faisait une enquête pour savoir où sont situées ces îles Seychelles, les résultats ne seraient pas « tristes ». Si nous allions encore à l’école, nous serions bon pour ré-apprendre nos leçons, à condition qu’on les ait apprises au moins une fois et surtout qu’il y ait eu des cours sur cette partie du monde, à l’époque où nous avions l’âge d’y aller (à l’école). J’en doute ! Avouons donc clairement notre ignorance, ce sera plus simple. On connait le nom qui nous dit quelque chose, on sait qu’elles sont lointaines, mais où exactement ? C’est une autre question. Elles ont pourtant fait partie des  anciennes possessions françaises pendant un certain temps, tout comme nos amis et voisins anglais, pendant plus longtemps, après avoir été découvertes par des hardis navigateurs arabes et portugais ensuite. Cela fait déjà beaucoup de monde ! Et d’abord une question essentielle se pose qui est de savoir « où, diable, sont-elles,  ces îles Seychelles ? » Les réponses, outre le Net, ont pour nom : « dicos » (pour dictionnaires), cartes et mappemonde et + si nécessaire…». Vous pouvez tout de suite enlever de la liste les cartes papier. Je n’en ai pas de ce coin là! 

Seychelles, le drapeau, Cl. wikipedia

Seychelles, le drapeau, Cl. wikipedia

                                                 

. Les dictionnaires. Il faut savoir voir large, à comprendre qu’il faut débuter par le plus petit niveau, en commençant par regarder son bon vieux Larousse, le plus petit, celui de 1974 qui est dans un état véritablement lamentable . Il pèse 2kg, 025, dont au moins ces 25 gr de papier collant pour le « rafistoler ». Il faut n’y avoir recours que dans les grandes occasions et ceci en est une.  Les Iles Seychelles se trouvent en page 1698 dans la troisième colonne de droite en 4ème position. Il y est indiqué : « Seychelles (les), Iles britanniques de l’océan Indien, au nord-est de Madagascar : 46 500 habitants.Ch.1 Victoria  dans l’île Mahé. D’abord françaises, elles devinrent anglaises en 1814. » Pour être succinct, cela l’est, en particulier sur le nombre d’îles et d’îlots ! Continuons donc la recherche, pour avoir plus  informations.  

. Il s’agit alors de remonter le temps, en 1966 exactement, pour découvrir ce que le Larousse  en trois volumes raconte, en haut de la page 2830,  dans ses 24 lignes, en 4è colonne près du centre de l’ouvrage. Après une présentation très brève en trois lignes, deux paragraphes sont consacrés à la « géographie » puis à l’« histoire ». Je vous cite la présentation : « Etat-archipel de l’océan Indien formant un Etat du Commonwealth au nord-est de Madagascar, 376 km2 ; 60 000 habitants. Capitale Victoria dans l’île Mahé. »  On y apprend qu’il y a « 85 îles et îlots dont seulement 33 sont habités ». Voilà une bonne indication, que je ne retrouverai pas. Déjà on y parlait déjà de « l’essor du tourisme » qui a maintenant acquis une dimension si importante, qu’elle domine toutes les autres et façonne l’activité économique à son profit, au risque aussi d’un déséquilibre.

Quelques chiffres pour cadrer le passé. Découvertes en 1502 par  les Portugais, les îles deviennent françaises en 1756, sont occupées par les Anglais à partir de 1810,  puis elles sont ensuite cédées par la France à l’Angleterre en 1814 au Traité de Paris. Jusqu’en 1888, elles sont placées sous la dépendance de l’Île Maurice et deviennent également une colonie britannique en 1903. Ce n’est qu’en 1970 qu’elles ont été dotées d’une constitution parlementaire, en accédant, ce faisant, à l’autonomie interne. Toutes ces étapes, ces marches gravies les unes après les autres, leur ont permis d’acquérir, enfin, leur  indépendance en 1976.  Et depuis lors, le tourisme est devenu leur principale « ressource », si l’on peut s’exprimer ainsi.  

Seychelles, Port Victoria, Clipper, le port, vue originale, wikipedia

Seychelles, Port Victoria, Clipper, le port, vue originale, wikipedia

 . Voyons grand maintenant et abordons avec courage Le Grand Larousse encyclopédique en dix volumes (1964). Les Seychelles, situées à plus de 1000 kms  au NE de Madagascar,   forment un archipel de 30 îles environ et du double d’îlots volcaniques, surgissant d’un récif corallien peu profond. La superficie totale, qui est vraiment faible, n’atteint alors que 400 kms carrés environ, pour un peu plus de 41 000 habitants, avant la date d’édition.

Au plan historique, la variété des gouvernances et des fonctionnalités attribuées au fil du temps aux îles Seychelles sont étonnantes. Les Portugais les ont découvertes au XVIe siècle. Un Français ensuite, Mahé de la Bourdonnais –d’où le nom donné à une île,  l’île Mahé -  fit procéder à leur inventaire au cours d’une exploration qui dura deux ans (1742-1744). Elles entrèrent ensuite dans le giron de la Compagnie des Indes (1756), devinrent françaises et prirent le nom de l’intendant « Moreau de Séchelles », sans « y », comme on le voit.  Des liens s’établirent avec l’île Bourbon, sa dénomination en 1793, qui s’appelle maintenant l’Île de la Réunion, devenue française en 1638. C’est toujours le département français le plus au sud de l’hémisphère sud, un peu au sud de l’Ile Maurice et un peu plus « proche » de Madagascar, une façon de parler!

. Pour finir avec la présentation générale, voici quelques-unes des informations extraites du Mémo Larousse 1990, qui attribue une colonne 1/3 à la « République des  Seychelles » en page 487. Le drapeau n’est plus tricolore à bandes horizontales à effet de vague, avec le rouge, la partie la plus importante en haut pour célébrer la révolution, la vague blanche pour fêter la mer au milieu et la partie verte en bas pour rendre hommage à la nature ! Dans cet ouvrage de 1295 pages mais d’un format réduit, le nombre d’habitants s’élève alors à 100 000, sans que soit cité le nombre de touristes venant de l’extérieur de l’archipel.  

Seychelles - Moi, le poisson de bois peint des Seychelles- Cl. Elisabeth Poulain

Seychelles - Moi, le poisson de bois peint des Seychelles- Cl. Elisabeth Poulain

« Et les poissons, vous allez en parler quand ? » Malgré mes recherches, vous avez bien remarqué que je n’ai rien trouvé de particulier sur les poissons. On comprend bien pourtant à avoir autant de mer entourant toutes ces iles et îlots, que la pêche doit être une ressource fondamentale pour nourrir l’île, qui doit avoir une balance commerciale qui penche fortement du côté des importations. D’où l’importance du tourisme et … des poissons. L’importance halieutique doit se refléter forcément et fortement sur place.

C’est effectivement le cas dans les armoiries.  Deux poissons, des espadons, sont présents dans les armoiries des Seychelles. Ce sont eux, à droite et à gauche qui assurent la structure très travaillée de la représentation symbolique des Seychelles, sur tous les plans, qu’ils soient historiques, géographiques, sociologiques … et qui puissent être compréhensibles également des touristes qui viennent découvrir les beautés de ces îles. Elles  sont maintenant au nombre de « 92 », comme le précise « Le Petit Mourre, Le Dictionnaire de l’Histoire par Michel Mourre". La présentation des pages (26cm de haut sur 17,5 cm de large) se fait en deux colonnes. Pour les Seychelles, le premier paragraphe de 16 lignes est dédié à l’histoire et le second de 4 lignes décrit succinctement ensuite la situation économique centrée sur le tourisme et la situation politique, qui met l’accent sur l’importance stratégique des îles…

 Il est grand temps en effet de vous parler des poissonsOh, je ne vais pas vous montrer de vrais poissons en photos. Ceux qui font l’objet de ce billet ont été taillés dans du bois. Ils font preuve  d’une forte maitrise artisanale du façonnage de ces formes et de la beauté exubérante de leurs décors peints. Le nouveau drapeau est tout à fait adapté à ces poissons de bois tant leur richesse chromatique est également grande…mais bien sûr autrement que pour les poissons.                                                                      

Nous, les poissons des Seychelles...de bois peint, Cl. Elisabeth PoulainNous, les poissons des Seychelles...de bois peint, Cl. Elisabeth Poulain

Nous, les poissons des Seychelles...de bois peint, Cl. Elisabeth Poulain

Les informations que j’ai utilisées proviennent  évidemment pour une bonne part du Net. Par ailleurs j’ai eu la chance de pouvoir compléter avec des cartes provenant en particulier d’un atlas allemand datant d’avant 1918, utilisée en 1926 par l'adolescente de 13 ans– comme on ne disait pas à l’époque,  mais sans date indiquée dans l’ouvrage en allemand, parce que ce n’était pas alors obligatoire. J’ai aussi une grosse et belle mappemonde de plus d’un mètre et soixante cm à l’Equateur, sans date également, dont je sais seulement qu’elle a été achetée chez un brocanteur lors de l’entrée en guerre de l’Allemagne contre la France en 1940…Y voir  vraiment l’archipel des Seychelles, même avec une loupe, relève de l’exploit !  

Dans l’Atlas Universel du (journal) Le Monde associé à la Sélection du Reader’s Digest, figure la carte du Banc des Seychelles où est indiqué un grand nombre d’îles de l’Archipel, que j’ai pu consulter et que je ne peux vous montrer pour cause d’interdiction de reproduction. Elle  se trouve en partie –basse – de la  page 26 de 1ère édition 1982, chaque page mesurant 45 cm de hauteur pour 30 cm de largeur ! Le dessin des principales îles de l’archipel mesure 10 cm sur 8,5cm, avec même un encadré sur Mahé de forme carrée de 3,7cm qui empiète pour moitié sur le rectangle affecté aux Îles !   

 Plusieurs méthodes de connaissance s’offrent alors à vous, soit découvrir l’archipel en partant des sources que vous pouvez lire sur papier ou toucher… s’il s’agit de la mappemonde, soit en cherchant encore et encore sur le net…Et alors vous trouvez, mais avec l’impossibilité de reproduire les cartes ! Pour terminer, quelques chiffres à titre d’information : les îles sont maintenant au nombre de 116, avec une interrogation : comment se fait-il que le chiffre ne cesse de s’accroître ? Peut-être compte-t-on autrement les ilots ? Quant à la  population, elle  atteint le chiffre de 100 000 habitants et celui des touristes celui des 300 000 … ! Un vrai déséquilibre accentué par le risque de submersion marine qui commence à menacer l’archipel ou plutôt certains îlots  en certains endroits…  

Seychelles, armoiries, Sodacan, 1983, wikipedia

Seychelles, armoiries, Sodacan, 1983, wikipedia

Pour suivre le chemin

. D'abord un grand remerciement à la personne qui m’a parlé de ses vacances aux Seychelles et m’a permis de prendre des clichés de ces fameux poissons qui font l’objet de ce billet…        

. Entrer dans la thématique des Seychelles, par https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Seychelles

. Voir l’archipel des Seychelles sur Google Maps https://www.google.com/maps/place/Seychelles/@-4.4693291,55.3779718,87690m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x225c21fd70bead3b:0x32d3d0a0d349daf7!8m2!3d-4.679574!4d55.491977?hl=fr

. Retrouver sa longue histoire sur http://www.seychelles.fr/histoire.php et beaucoup d’informations sur http://www.ile.fr/   

. Le tourisme aux Seychelles, voir http://www.seychelles.fr/

. Consulter « Le Petit Mourre, Dictionnaire de l’Histoire, par Michel Mourre, Bordas éditeur de 1990, en page 810.

. Des cartes postales anciennes sur wikipedia sur https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Postcards_of_Seychelles?uselang=fr

. L’ensemble impressionnant des clichés wikipedia est à retrouver sur https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Seychelles?uselang=fr 

. Clichés Elisabeth Poulain pour les poissons.

                                                                                       *

. La chanson des sœurs jumelles, à écouter dans https://www.paroles.net/les-demoiselles-de-rochefort/paroles-la-chanson-des-jumelles

. Les paroles à voir sur  http://www.comedie2000.com/parole.php3?chanson=chanson_des_jumelles&comedie_musicale=les_demoiselles_de_rochefort

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Mam’zelle La Tyrolienne & M’sieur Tricotin vous donnent le bonjour

8 Octobre 2017, 17:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Mam'zelle la Tyrolienne, un pantin du Tyrol, Cl. Elisabeth PoulainMam'zelle la Tyrolienne, un pantin du Tyrol, Cl. Elisabeth Poulain

Mam'zelle la Tyrolienne, un pantin du Tyrol, Cl. Elisabeth Poulain

Et d’abord Mam’zelle La Tyrolienne. Elle est franchement très mignonne, bien qu’en assez mauvais état dès lors qu’on lui demande de bouger jambes et bras. Il y a quelques semaines encore, elle  n’avait qu’une de ses jambes de bloquée ; maintenant, ce n’est plus ça. Mam’zelle est pourtant brave et mignonne. On ne lui donnerait pas son âge quand elle reste au repos, tout en faisant le grand écart. Elle a quand même presque ses 60 ans. Elle est née dans son Tyrol natal. Il faut dire qu’enfermée et bien calée dans un carton, elle ne s’est pas beaucoup dépensée entretemps. Chacun sait aussi pourtant que l’ankylose n’est guère recommandée.

Son allure. Elle mesure près de 17 cm, sans compter le petit anneau qui est fiché dans sa tête pour pouvoir l’accrocher. Son visage rond est charmant, avec ses petits yeux rieurs qui regardent vers la gauche, ses sourcils bien tracés en arc de cercle au- dessus, un petit nez  rond et rouge, avec un seul petit trou au milieu pour pouvoir respirer, des bonnes joues rouges et un joli sourire. Elle a des cheveux longs et noirs bien lissés sur son crâne, rassemblés en forme de coque sur ses oreilles.

Elle porte avec fierté sa Dirndl Kleid, le costume typique des Tyroliennes dont il existait de nombreuses versions, selon les villages… En allant du cou aux chaussettes, on  distingue son chemisier blanc à manches courtes, son corset rouge bien serré  avec des lacets bleus, du même bleu que le ruban qui forme le pourtour du corset ainsi que de sa jupe bleue, avec du jaune et du rouge, bien serrée à la taille par un charmant tablier blanc qui se termine par de la dentelle en bas. Pour ses jambes des chaussettes blanches avec des chaussures  presque noires.   

Mam'zelle la Tyrolienne, un pantin du Tyrol, Cl. Elisabeth Poulain

Mam'zelle la Tyrolienne, un pantin du Tyrol, Cl. Elisabeth Poulain

M'sieur Tricotin, Cl. Elisabeth Poulain

M'sieur Tricotin, Cl. Elisabeth Poulain

M’sieur Tricotin maintenant. Il va bien, tellement bien que la description le concernant va être très courte. Il mesure 10cm de haut; avec les 4 clous fichés dans sa tête, il prend 0,8 cm de plus. En commençant par le bas, son assise blanche resserrée un peu au-dessus permet de mieux saisir l’ensemble de sa main gauche, pour y glisser le petit doigt. Vient ensuite sa tenue bleue, avec comme seule décoration deux cercles dorés en bas de cette tunique bleue. Une chemise blanche, avec deux boutons rouges, se situe entre cette tenue et son visage très fin franchement rose et souriant.   Ses yeux regardent vers la droite, son nez se remarque à deux très petits points et sa bouche est un trait fin et léger.

Une sorte de chapeau coiffe sa tête évidée par où passe le fil noué, de sorte qu’avec un crochet fin, on fait repasser le fil de laine dessus en faisant une boucle. Chaque boucle fait avancer cette sorte de tricot en forme de petit boudin et après on peut aussi s’amuser à coudre les petits boudins ensemble pour faire une sorte une sorte de petit tapis. J’ai gardé le petit bonhomme et depuis longtemps oublié ce que j’avais fait avec ça et l’âge que j’avais…en ces temps de hardies découvertes manuelles !         

Pour suivre le chemin.

. La Tyrolienne d’abord, retrouver son costume sur https://www.oktoberfest.net/dirndl-et-lederhosen/   

. Pour un pantin, voir  https://webinstit.net/fiche%20par%20theme/bonhomme/bonhomme_pantin_articule.htm

. Le tricotin, voir pour exemple de mode de fonctionnement http://www.prima.fr/mode-beaute/comment-utiliser-un-tricotin/7935361/ et pour un cliché, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Caterinetta.jpg , caterinetta étant le terme italien pour tricotin…

. Des modèles pour enfants sur http://www.bergeredefrance.fr/accessoires/autres-techniques/tricotin

. Clichés Elisabeth Poulain

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