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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Articles avec #style de vie

Le véritable savon de Marseille, Fer à Cheval, Savonnerie depuis 1856

10 Juillet 2018, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Savon de marseille, barre de 2kgs, Cl. Elisabeth Poulain

Savon de marseille, barre de 2kgs, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre curieux dans la mesure où je reprends mot à mot, celui du titre légal  utilisé par l’entreprise de Marseille, située au n°56 Chaussée de Sainte-Marthe, 13014 Marseille. Vous retrouvez toutes ses coordonnées au bas du billet, dans la section « Pour suivre le chemin » où j’indique mes sources.

Sous les yeux et autour du moi, j’ai disposé, au plus près de l’ordinateur plusieurs modèles de savons de Marseille. Autant vous dire tout de suite que je me sens littéralement cernée, par une bonne odeur, propre au forcément au… « Savon de Marseille » !

Le produit lui-même. Ne cherchez pas de composition simple du savon de Marseille. Chez lui, en lui, tout est compliqué et pluriel  en partant, pourtant, d’une composition apparemment simple, mais sans que les composants soient  toujours cités sur tous les formats de savon… C’en est au point que le leader français de savon de Marseille, la Savonnerie du Fer à Cheval, indique seulement qu’elle a été fondée en 1856. Son antériorité fonde sa légitimité, ainsi que d’abord et surtout son ancrage à Marseille.

En effet un véritable savon de Marseille traditionnel est reconnaissable à quatre caractéristiques :

. il doit être en forme de cube ou de pain, de couleur brun-vert ou blanc,

. porter une empreinte –Savon de Marseille - sur ses six faces,  

. ne pas contenir plus de six ingrédients naturels,

. et avoir une couleur qui oscille entre le marron et le vert.

La notice jointe au Savon de Marseille spécifie que ce savon est fabriqué réellement à Marseille au 66, Chemin de Sainte-Marthe, 13014. La Savonnerie du fer à Cheval, qui existe depuis 1856,  accompagne chaque produit de sa fabrication d’une notice : c’est une page A4 pliée en deux, qui réserve 50% de l’espace soit un recto-verso d’une demi-page aux usages du SDM et l’autre à deux autres produits d’entretien…Un peu de suspense ne nuit pas que je vous citerai à la fin*. Continuons la longue histoire du savon de Marseille.

Bloc de savon de marseille, extra pur, 72% d'huile, 600 gr, Fer à cheval, Cl. Elisabeth Poulain

Bloc de savon de marseille, extra pur, 72% d'huile, 600 gr, Fer à cheval, Cl. Elisabeth Poulain

La première ½ page est consacrée au … SAVON DE MARSEILLE et son sous-titre est « NETTOYER ». D’accord, mais quoi ? Je vous le dit tout de suite : les surfaces ne sont pas mises sous classement alphabétique -  ce qui choque mon esprit ordonné – mais sont classées par trois.  Les surfaces, sont, dans l’ordre :  

  • les murs et les plafonds au SDdM : il suffit de « diluer une poignée de copeaux » dans un seau d’eau chaude, de lessiver et de rincer à l’eau claire. »
  • la semelle du fer à repasser, c’est-à-dire le dessous : là prenez un morceau de savon sec en le passant sur la semelle encore tiède et… vous rincez
  • plus surprenant, les taches sur un matelas, qu’il suffit de frotter (les tâches), avec un tissu humide imprégné de SDM, puis de rincer avec un autre tissu un peu épais ou gant de toilette, tout en laissant sécher ensuite  au soleil. J’ajoute, préférez un jour de grand soleil et avant tout ne mettez pas trop d’eau…Je vous déconseille fortement d’y aller au jet ! 

Les trois autres surfaces d’objets plus diversifiées plus ou moins grands, qui  sont cités, sont les poussettes et matériels de puériculture (vous ajoutez au SDM un peu de bicarbonate de soude et vous rincez), les chaussures à brosser avec de l’eau tiède + du SDM, à laisser sécher ensuite sans rincer et enfin les pinceaux et éponges à maquillage pour lesquels vous utilisez la même recette.

. Le verso de la plaquette du SAVON de MARSEILLE est dédié à l’entretien du linge, avec trois recettes, la première est la recette traditionnelle, la seconde donne la recette pour les taches tenaces  et la troisième est affectée aux taches tenaces. Vient ensuite l’entretien du canapé en cuir et celui de la terrasse en bois.

. Une dernière section est affectée aux 3 ASTUCES. La première permet de retirer la buée sur le verre des vitres, des miroirs, des lunettes. La seconde est de faire disparaître la trace de  la pliure d’un ourlet, en mettant un morceau de papier de soie dessus et en passant le fer à repasser à la bonne température ni trop chaude, ni froide, bien sûr…

Savon de marseille, Fer à cheval avec étiquette, Cl. Elisabeth Poulain

Savon de marseille, Fer à cheval avec étiquette, Cl. Elisabeth Poulain

Il est temps de terminer pour vous dire que les 3,725 kg au départ de SDM, qui m’ont été offerts il y a quelques années,  pèsent maintenant un peu moins lourds du fait du dessèchement du savon. Ils étaient placés dans un sac en toile...Et de vous parler de ce sac imprimé sur l’arrière ou l’avant à votre choix au nom de « Savon de Marseille » et sur l’autre face est inscrit « Se faire passer un savon, ça a du bon » !  C'est de l'humour!

Pour suivre le chemin

. Savonnerie Fer à Cheval, 66 ch. de Sainte-Marthe, 13014 Marseille, www.savon-de-marseille-boutique.com 

. Retrouver l’essentiel sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Savon_de_Marseille

. Découvrir le tout nouveau Musée du Savon de Marseille à …Marseille, le Musama sur  http://musama.fr/le-lieu/

*Les deux autres produits cités sont «le savon noir liquide  ménager » et « le savon noir mou ménager »  

. Clichés Elisabeth Poulain

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En un siècle & +, le retour de la vogue de la barbe, de la moustache

29 Juin 2018, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

* Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Un drôle de titre que je vais développer pour être plus précise. Il ne s’agit en aucun cas de vous raconter la longue histoire de la barbe et de la moustache chez l’Homme depuis la nuit des temps. Je me verrais mal en effet vous conter celle de l’Homme de Néandertal qui ne devait connaître ni le concept, ni l’outil, encore que des silex puissent être aussi coupants qu’un rasoir affûté.  L’objectif de ce billet est beaucoup plus modeste. Dans l’hebdomadaire, La Vie illustrée, dont je ne possède que l’exemplaire du 23 mars 1899, j’ai choisi de prendre de préférence des exemples dans des dessins ou photos d’hommes dans des visuels publicitaires qui ne portaient d’ailleurs pas ce dernier  adjectif.   On ne parlait pas alors non plus  d’ « annonce », comme dans L’IllUSTRATION ni naturellement de « réclame ». Dans La Vie Illustrée, il y avait en outre une autre différence concernant le nombre élevé de photos, pour l'époque bien sûr.

. Les annonces publicitaires n’avaient pas de désignation particulière. On les repère à leur thème ainsi qu’à leur localisation au verso  de la première page de couverture en page 2 donc, ainsi qu’en page 3 et 4 de la fin du magazine. Cette couverture en outre était faite d’un papier mat plus épais et de couleur rose passée avec le temps. La pagination de ce n°23 est en outre  franchement curieuse. Elle ne commence pas au recto de la page  de couverture, ni d’ailleurs à la page suivante qui n’avait pas non plus de numéro parce qu’elle formait une autre page de couverture cette fois-ci interne au magazine. Donc la pagination débute « en vrai »  à la page 292 pour se terminer en page 302, ce qui donnait 11 pages de texte avec de nombreux dessins et photos.

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Modes de Printemps 1899, La Vie Illustrée n°23, Jeudi 23 mars 1899, Cl. Elisabeth Poulain

Le premier exemple tiré de ce  magazine « La Vie Illustrée n° 23 » montre  que les bons usages de la société intégraient  la barbe chez les hommes dans les codes visuels de la réussite sociale . Un homme bien né portait la barbe, qui devait toujours être  soignée.

. Au recto de la page 1 de la couverture de couleur rose moyen un peu terne - en langage actuel – se trouve la plus belle réclame qui a pour nom «  MODES de PRINTEMPS 1899 » (dimensions de la page 6 x 28 cm et celles du dessin 31 x 22 cm) . On y voit sept hommes avec chapeau,  six sont des « quadras » et celui de droite est visiblement plus âgé. Un seul tourne le dos ; c’est le seul dont  on ne saura jamais s’il a une moustache, une barbe…

. Celui de gauche – le n° 1- a une moustache fine au-dessus de la lèvre supérieure.

. Le n°2 porte un collier taillé en carré horizontal en bas qui passe devant le pavillon des oreilles et qui est rejoint à la hauteur des commissures des lèvres par une moustache bien fournie mais sans excès. C’est le plus chic avec son haut de forme noir, sa redingote droite, sa canne…

. Le n°3 porte une moustache plus fournie que le n°1, avec cette fois-ci des pointes qui rebiquent vers le haut. Il porte un chapeau melon.

. Le n° 4 au milieu, celui qui a un chapeau qui ressemble plus à un chapeau actuel, porte une moustache fournie tombante.

. On ne sait rien du n°5, si ce n’est qu’il fume un cigare  et qu’il semble avoir un chapeau d’une taille en-dessous.

. Le n°6 ressemble beaucoup au n°2 dans sa posture : ses cheveux s’arrêtent au milieu de l’oreille et sa barbe, qui se termine en pointe, commence à pousser après le lobe de l’oreille. 

Le n°7, pour finir, est un Monsieur qui porte fièrement un panama de paille tressée avec un gilet clair et un nœud papillon…

Le texte suivant suit le dessin, signé par  V.Leer.SC dans le coin droit en bas : « Nous avons l’honneur de présenter à nos Lecteurs les dernières créations de la Mode masculine pour le printemps 1899, d’après le High Life Tailor, ce qui leur donnera un aperçu de ses merveilleux Costume complets sur mesure à 69fr.50 et ses superbes pardessus Covert-Cout à 59fr. 50. »

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

Richard-Choubersky, Patins-Bicyclette pour la route 23.3.1899, La Vie Illustrée n°23, Cl.Elisabeth Poulain

En page 3 de couverture - c’est-à-dire toujours rose un peu foncé - figurent trois dessins  tous de dimensions et de formes différentes.

. Le plus grand dessin (16 x 13,5cm), qui  se trouve en haut à droite  de l’avant dernière page, reproduit un dessin de V.  Rose. L’annonce met en lumière des « PATINS-BICYCLETTES pour la Route »  de marque RICHARD-CHOUBERSKY, 18 Rue du Quatre-Septembre, PARIS. La paire est à 80 francs, la vente au comptant ou en location et le catalogue est franco sur demande.

On voit le héros en partie droite du dessin qui avance tout en faisant tourner ses petites roues, le pied gauche d’abord bien à plat, accompagné du pied droit qui stabilise, le patin en oblique en arrière. Il donne l’impression de suivre son frère jumeau devant lui, le corps plus incliné vers l’avant avec son pied droit cette fois-ci qui semble freiner en plaçant le patin-bicyclette de biais. Remarquez la position du bras et de la main qui tiennent la canne que je n’avais pas encore citée. Elle était tout autant que le chapeau et la barbe, un élément du code statutaire de l'époque.

Pastilles Geraudel,  La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

Pastilles Geraudel, La Vie Illustrée n°23, 1899-03-23,Cl. Elisabeth Poulain

. Le second dessin se trouve à mi-page du côté gauche en bordure intérieure de la page intérieure de la couverture qui n’est ni numérotée ni titrée. Elle fait face à la page 302, la dernière de ce Journal hebdomadaire. Ses dimensions sont plus modestes (9cm de haut sur 6,3cm). Le petit rectangle est placé quasiment à mi-hauteur. Il est composé de trois parties : un dessin de trois hommes, dont on ne voit vraiment que le premier qui est un vieillard. C’est son  chapeau haut de forme de couleur noire qui attire l’attention et fait glisser le regard jusqu’à sa barbe blanche ébouriffée qui remonte jusqu’aux oreilles, une moustache importante  et des cheveux blancs qui sortent du Haut de Forme.

Ce Monsieur âgé, à la moustache et la barbe non soignées, porte un panneau sur la poitrine où figure le slogan suivant « Si vous toussez, prenez des PASTILLES  GERAUDEL ». Peut-être porte-t-il aussi une  pancarte dans le dos, pour équilibrer la charge,  comme les hommes - sandwichs new-yorkais. Le texte suivant explique les bienfaits des Pastilles Géraudel  :  « Imprégnez vos poumons des bienfaisantes émanations du goudron de Norvège pur et vous serez à l’abri de toutes maladies pendant l’hiver. Les Pastilles Géraudel se trouvent dans toutes les pharmacies. Se défier des imitations. »

Elixir Saint-Vincent de Paul,   La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Elixir Saint-Vincent de Paul, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Il me reste à vous parler du dernier encart publicitaire qui est tout en bas de la page sur ce papier rose éteint, en partie gauche 13,3cm de longueur sur 2 cm de hauteur. Dans ce très petit espace par définition difficile à utiliser, le  dessinateur de la maison a réussi à insérer un visuel complet sur « L’Elixir de Saint-Vincent de Paul, le seul autorisé spécialement». On y voit un homme qui ne peut  être que Saint-Vincent, sans risque de se tromper, car il a une auréole au-dessus de la tête. Ce très petit dessin de sa tête donne à voir un Saint-Vincent, légèrement de profil, avec le regard porté vers le bas et une barbe très nette. Il ne semblerait pas qu’il ait une moustache, malgré la grosse loupe que je n’utilise que dans les grandes occasions !

En prime, vous aurez le plaisir, en dernière page de ce magazine, de découvrir un exemple étonnant d’un homme – bien sûr – qui porte des cheveux longs – un phénomène rarissime en cette fin du premier trimestre 1899. Dans un rectangle de 13 cm sur 8 , « Le Purgatif des Familles, HUNYADI JANOS » - qui s’écrit avec un accent  aigu  sur le A »- figure la mention LA MEILLEURE DES EAUX PURGATIVES. Entre le nom de celui qui semble être un farouche guerrier revêtu de son armure, ses cheveux longs et sa moustache qui descend jusqu’au bas de son cou, on se sent presque revenu …au Moyen-Age!        

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Hunyadi Janos, La Vie Illustrée n°23, 23.03.1899, Cl. Elisabeth Poulain

Aujourd’hui, la barbe revient à la mode, chez certains jeunes gens, des hommes jeunes  ou moins jeunes, après des décades pendant lesquels  l’homme se devait d’être parfaitement rasé du matin jusqu’à la soirée.  Certains même utilisaient ou continuent à utiliser  leur rasoir électrique au bureau pour rentrer chez eux avec un visage parfaitement net.  D’autres, n’ayant aucune possibilité de se raser pendant des mois, retrouvèrent la terre avec des barbes d’une longueur impressionnante.  Cela fut le cas des marins du Kon-Tiki . Si mes  souvenirs sont bons, plus le temps passait, plus leur barbe poussait mais de plus en plus lentement. Certains la coupèrent au fur et à mesure, pour ne plus devoir y faire trop attention, d'autres au contraire n'y touchèrent pas, en une sorte de fierté. Vous dire s'ils en faisaient des nœuds, je n'en sais rien!

Au XIXe siècle et à nouveau maintenant, si la mode de la barbe et/ou de la moustache revient, c’est plus me semble-t-il à la fois pour témoigner conjointement de sa jeunesse et de sa virilité, tout autant que d’un effet de mode, qui existe aussi maintenant chez des Jeunes Quinquas, pour la première fois depuis plusieurs décades. C’est aussi peut être la découverte pour certains ou la re-découverte pour d'autres du plaisir de s’occuper de soi… Il y a aussi des messieurs d'un âge certain, comme celui que je viens de rencontrer, qui portent la barbe depuis si longtemps qu'ils ne pensent même pas à la couper, surtout pas!. "Par contre, quand il fait aussi chaud qu'en ce moment, il va falloir que je la taille ...un peu!. Elle me  tient un peu trop chaud.

Pour suivre le chemin

. Retrouver La Vie illustrée dans https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e, ce « journal hebdomadaire » qui se caractérise par l’usage de la photographie de grand angle ; citons  en particulier celle de la couverture « Les travaux  de l’Exposition de 1900… »

. Pour avoir les bases, consulter wikipedia sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Moustache ainsi que https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe avec ses huit dessins de styles de barbe https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baerte_ohne_text.jpg

. La Vie Illustrée sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_illustr%C3%A9e

. La Vie illustrée, n° 23, Deuxième Année, Le numéro : 30 centimes, Journal hebdomadaire, les abonnements, Trois mois 4.50, Six mois 8 fr, un an 15fr. Le Numéro : 30 centimes. Téléphone : 103.45. Adresse télégraphique : Villustrée Paris. Adresser toutes les Communications au Directeur, M. F. JUVEN, Editeur, 10, rue, Saint-Joseph, 10, PARIS        

. Modes de Printemps 1899  en page de couverture, un dessin de V.LEER.Sc

. Voir les articles de wikipedia sur la barbe, https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbe, avec les huit modèles

. Retrouver l’exposition l’Homme de Néandertal sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_N%C3%A9andertal

.  Sur l’expédition du Kon Tiki en 1947 https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exp%C3%A9dition_du_Kon-Tiki

. « Le purgatif des familles », Hunyadi Janos,  voir une autre « réclame » de Hunyadi Janos sur  https://www.delcampe.fr/fr/collections/publicites/1911-laxatif-hunyadi-janos-dite-eau-de-janos-purgative-laxatif-andreas-saxlehner-budapest-366407930.html

.  Quant à la moustache elle-même, consulter un étonnant petit ouvrage de la collection Marabout, « Le petit MANUEL de la MOUSTACHE » de LUCIEN EDWARDS , MARABOUT, publié la première fois  à San Francisco par Chronicle Books LLC, San Francisco, sous le titre The Moustache Grower’s Guide .Texte Lucien Edwards, Illustrations Dave Hopkins, Illustrations des  moustaches,  Tous droits réservés…Vous y apprendrez tout et tout ce qu’il y a à savoir sur « La Moustache » contemporaine. Ce petit ouvrage (à la couverture bleu ciel) 15,5 cm de hauteur sur 11,5 cm de largeur, débords de la couverture inclus) de 144 pages est une mine de renseignements sur la typologie des moustaches en rapport avec la morphologie des visages, les vêtements adaptés, le style…

Avec un grand merci à la personne qui m'a fait connaître cet ouvrage, F.B....

. Pour tailler sa barbe , voir https://www.barbedudaron.fr/entretien-barbe/comment-bien-tailler-sa-barbe/

. Clichés Elisabeth Poulain, avec une étoile pour le premier pour indiquer qu'il s'agit d'un extrait 

PS. Désolée pour le sous-lignage que je n'arrive pas à enlever! Cela arrive quand l'article devient trop lourd.

 

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Avrillé près d'Angers, Place de la Mairie, La Boîte à Lire offerte par Schwalbach DE

18 Juin 2018, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Avrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth PoulainAvrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth PoulainAvrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Cette Boîte à Lire est implantée sur l’esplanade de la Mairie d’Avrillé, une commune membre d’Angers-Agglomération et donc forcément aussi d’Angers Loire Métropole dans le département du Maine et Loire (France). Elle est notamment jumelée avec Schwalbach située près de Francfort sur le Main ( Allemagne). La B.A.L  est peinte en une magnifique couleur jaune pour les parties métalliques, qui à la fois attire l’attention et adoucit aussi son design. Il y a là une réelle harmonie, surtout quand on lit les lettres verticales peintes en rouge  Boîte à Lire   sur le verre lui-même. Des livres peints en couleurs variées légères, chacun  la sienne, semblent voleter comme des papillons qui butinent de fleur en fleur. On voit très bien le livre bleu par exemple, qui est aussi le plus grand.

Ne pas confondre les boîtes à Lire avec les boîtes à lettres. Certes leurs deux points communs sont qu’elles sont de couleur jaune et qu’elles portent de l’information sur notre bon vieux papier. C’est ainsi que les boîtes à livres contiennent des livres et les autres du courrier ! Mais il y a une grande différence entre ces deux catégories. Commençons par les boîtes aux lettres pour ne plus évoquer le sujet après. Quant au jaune qu’elles portent en commun, il fera la conclusion de ce billet mais pas tout à fait car il existe encore un autre type de « boîtes »  dont je ne  vous parlerai qu’en conclusion de ce billet.

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

. Dans les BA/Lettres, ce sont des lettres qui sont insérées dans la fente de la boîte pour qu’elles puissent, grâce au transport postal, être acheminées chacune vers leur destinataire. Une lettre est un message envoyé par une personne physique, une société, une association…à un ou plusieurs destinataires. Une fois qu’elle est insérée dans la fente, on ne peut plus la récupérer, même si le « facteur-collecteur » n’est pas encore passer relever le courrier déposé dedans. Elle est déjà prise en charge par le transport postal qui l’achemine jusqu’à son destinataire, à condition bien sûr que toutes les réglementations aient été respectées avant la mise dans la fente de la boîte aux dimensions normalisées. En résumé, vous vous délestez de votre lettre ou carte postale en l’insérant dans la boîte jaune des PTT . Et c’est le destinataire qui reçoit le courrier que vous lui avez adressé.    

. Dans les BA à Lire – comme on le devine - il y a bien des livres déposés par les uns qui sont empruntés ou non ensuite par d’autres personnes désireuses de lire ou relire ces livres, sans aucune formalité. Tel est ce formidable concept de liberté. « Le circuit du livre » est en pratique le suivant : des livres donnés par des personnes anonymement sont placés dans ces « boîtes à livres », ces BAL, pour ceux qui aiment les acronymes, dans des endroits accessibles au public mais sans qu’elles soient toujours placées dans l’espace public. Les dimensions  ne sont pas normalisées ; elles  n’ont en commun que leur contenu, que sont les livres. En outre elles n’ont pas ne sont pas soumise à des normes ; chacune peut avoir une forme et un volume variables. Et enfin, vous pouvez reprendre le livre que vous venez de placer sur une des étagères, mais sans garantie de pouvoir le faire quelque temps après.   

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Lire, Place de la Mairie, don de Schwalbach-ville jumelle allemande, Cl.Elisabeth Poulain

. Ces boîtes à lire - et non pas à livres - sont un concept très intéressant, à plusieurs points de vue. Tout comme une bibliothèque publique, elle contient des livres, mais sans aucune exhaustivité. Elle est bien accessible au public, mais sans cotisation à verser et de plus elle est ouverte. Placée sur l’espace public, elle est bien publique au sens où il n'y a ni cotisation à verser ni formalité à faire. C'est sa dénomination  qui donne le sens. Il s'agit d'une Boîte à Lire et non pas  d'une boîte à livres dans ce qui n’est ni une vraie boîte de petite taille sur l’espace public comme il en va avec des différentes « boîtes des PTT aux fonctionnalités différentiées » qui relèvent de services nationaux. C’est de cette « bibliothèque » très spéciale dont je vais vous parler. C’est une ancienne cabine téléphonique allemande provenant, vous l’avez deviné de Schwalbach am Taunus.   

C’est alors qu’on s’approche de la porte grande ouverte par un beau soleil quasi-estival et que l’on découvre avec plaisir que le fond de la Boîte à Lire  est une bibliothèque aux rayonnages de bois clair  aux dimensions très calculées de façon à pouvoir accueillir toutes sortes de livres, non seulement par leurs dimensions mais aussi par leurs contenus. Ce sont des romans, des reportages…d’auteurs célèbres ou à découvrir, à relire aussi… Voilà une superbe réussite visuelle, qui vous attire,  avant même d’entrer et de commencer à regarder les livres et choisir ce que vous avez envie de lire dès que vous le pourrez, avant de le rendre ou d’en rendre un autre…

En conclusion de ce billet, ce que je retiens de cette belle découverte sur la Place de la Mairie d’Avrillé est cette étonnante liberté de choisir et/ou de donner des livres et vice et versa, sans contrainte. C'est une nouvelle culture qui s'ouvre à nous. Ici on progresse grâce à ces livres qui nous attirent, sans savoir ceux qui vont conduire la main à s’en saisir, pendant que l’esprit se demande « quel-s livre-s vais-je pouvoir apporter, moi ? »   

PS. L’autre boîte que je mentionne au début du billet est la Boîte à Idées qui est proche de sa grande sœur dans sa disposition spatiale mais pas par ses dimensions normalisées. Elle éclate de rouge, tant elle est fière d’attirer aussi  l ’attention des passants qui viennent  tout spécialement la voir pour comprendre ses fonctions et déposer des billets: ce serait bien, si la Ville… 

Avrillé 49240, Boîte à Idées à gauche de la Boîte à Lire, Place de la Mairie, Cl.Elisabeth Poulain

Avrillé 49240, Boîte à Idées à gauche de la Boîte à Lire, Place de la Mairie, Cl.Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Avrillé-Ville Parc, voisine d’Angers, en Maine et Loire, à retrouver sur  le site de la ville, code postal 49240, à  voir sur http://www.ville-avrille.fr/ ; elle est également l’une des 30 communes membres d’Angers Loire Métropole sur http://www.angersloiremetropole.fr/accueil/index.html   

. Des informations aussi sur http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/49015_Avrille.html

. La ville allemande jumelée avec Avrillé, Schwalbach am Taunus près de Franckfort , à voir sur http://www.ville-avrille.fr/boite-a-lire/ . Pour constater le dynamisme des jumelages de la commune d’Avrillé, voir http://jumelages-avrille49.fr/#gallery

. La boîte à lire sur http://www.ville-avrille.fr/boite-a-lire/

. Voir aussi les boîtes à idées d’Avrillé sur http://www.ville-avrille.fr/proposer-un-projet-grace-aux-boites-a-idees/  

.  Un acronyme est un sigle tel que « PTT », qui signifiait « Postes, Télégraphes, Téléphones », voir https://fr.wiktionary.org/wiki/PTT , une administration qui n’existe plus : les services postaux sont désormais distincts du téléphone…dixit  wikipedia !    

. Clichés Elisabeth Poulain

     

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Des fleurs en représentation sur bois, métal, sac, tissus, perles... ---) L'aumonière…

22 Mars 2018, 12:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre,détail, Cl. Elisabeth Poulain

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre,détail, Cl. Elisabeth Poulain

Il ne s’agit pas de faire un listing exhaustif  de toutes les représentations florales qui peuvent exister dans une habitation. Il n’est pas question non plus de vous parler de toutes les fleurs qui peuvent pousser dehors, que ce soit sur un balcon, un petit jardin, un parc public ou un mini-jardin de rue …Des livres entiers existent sur ces thèmes et la recherche agronomique montre aussi qu’il n’y a pas de fin à la liste des fleurs que l’on peut admirer dans la « vraie vie », sans parler de toutes ces fleurs coupées ou en pot qui arrivent par avion dans nos contrées…Je ne vous parlerai pas non plus du bouquet qui « signait » un intérieur bourgeois bien tenu, il y a plusieurs décades…Lorsqu’on était invité chez un couple, il était de bon ton d’apporter un bouquet de roses, par exemple à la maîtresse de maison. Des grands artistes, tel Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), ont consacré leur vie à représenter la diversité et la richesse florale, sans oublier les fruits, les papillons… 

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre, Cl. Elisabeth Poulain

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre, Cl. Elisabeth Poulain

Ce billet est moins ambitieux. Il a un objectif beaucoup plus modeste qui est de montrer le nombre étonnamment élevé de supports sur lesquels figurent des fleurs, en vous les présentant par ordre alphabétique, pour éviter de faire des jaloux…Il y a deux supports dont je ne vous parlerai pourtant pas. Il s’agit des représentations de fleurs en peinture à l’huile ou à l’aquarelle, sur des tableaux, ainsi que des « millefiori murano » que j’ai déjà citées dans un billet sur les grenouilles. Du fait de la diversité des supports, les fleurs peuvent être creusées dans le bois, reproduites sur du métal, de la porcelaine… et être représentées surtout sur des tissus. Elles peuvent aussi figurer sur … sur des petits sacs de soirée, que de belles dames vêtues de tenus de soirée prenaient pour sortir le soir.   C’est le support le plus étonnant, digne de porter deux minuscules fleurs, une de chaque côté. Je vais donc commencer par cette aumônière que j'ai cité dans le titre.

Il s’agit d’un petit sac de soirée qu’une dame portait en soirée, par exemple  pour aller à l’Opéra. Il mesure 14 cm de haut sur 12cm environ à l’endroit le plus large, une fois vidée de tout contenu. Tout l’extérieur est composé de  petites perles minuscules de couleur ivoire, qui forment au centre une toute petite fleur formée, non pas par des perles d’autres couleurs  mais par des fils rouges-roses. Par ailleurs trois étoiles de fil orange forment un triangle qui structure la composition ainsi que d’autres formes répétitives. Vous dire d’où vient ce symbole d’un autre temps, je l’ignore au point de n’avoir aucune piste à suggérer.  

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre, Cl. Elisabeth Poulain

Aumonière de soirée en perles et fleur au centre, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Pierre-Joseph Redouté, né à Saint-Hubert en Belgique le 10 juillet 1759 et mort à Paris le 19 juin 1840, est un peintre, graveur, éditeur et enseignant belge. A voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Redout%C3%A9

. Voir des pochettes ou « minaudières » sur http://madame.lefigaro.fr/style/pochettes-minaudieres-20-sacs-pour-aller-a-un-mariage-180615-97059#diaporama-817794_1   

. On parle aussi d’aumônières, qui sont des pochettes de petites tailles pour sortir en soirée, à l’Opéra, par exemple. Voir https://fr.wiktionary.org/wiki/aum%C3%B4ni%C3%A8re

. Clichés Elisabeth Poulain

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Des fleurs brodées sur des carrés de tissus ajouré d’une finesse … !

29 Décembre 2017, 19:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pochette n°1 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth PoulainPochette n°1 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth Poulain

Pochette n°1 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth Poulain

Ce sont deux « pépites » que je viens de retrouver dans un grenier, sagement rangées au fond d’un carton, sans indication aucune sur l’extérieur ou à l’intérieur.  Tous les tissus sont heureusement en bon état. Et c’est vraiment une chance, depuis le temps : il n’y a aucune tâche de moisissure. Comme souvent, dans ces cas-là, on trouve dans ces vieux cartons des éléments divers et variés. On a parfois aussi de très bonnes surprises. C’est ce qui s’est passé avec ces deux petites pièces de tissus de coton dont l’usage m’échappe. La seule certitude est qu’elles ont dues être brodées par des femmes pour des femmes.

Elles ne peuvent pas avoir été faites pour se moucher. Faire semblant, oui. Enlever une petite goutte de sueur l’été, oui, on peut l’imaginer.  Mais pas de voir des dames placer des pochettes de la poche de gauche de leur tailleur comme il en allait pour les hommes avec leur costume. Elles témoignent par contre d’un statut social de haut niveau, qu’on imagine bien dans un réticule, une aumônière… que l’on tient à la main ou au poignet…Mais commençons par le commencement.

Les dimensions du plus petit carré et son poids. C’est un quasi-carré qui mesure 22 sur 21,5 cm et pèse ses quelques 3 grammes ! La petite balance électronique a refusé de donner d’emblée un si faible résultat. Il a donc fallu recourir aux grands moyens et d’abord  poser une jolie pierre pour faire la différence entre la pierre seule et la pierre par-dessus laquelle j’ai placé ce petit carré de tissus. Le coton est si fin que l’on voit la main en transparence quand on l’approche d’une lampe. Il semble si fragile que j’ai préféré ne pas le laver ni même vraiment le repasser, juste donner un petit coup de fer pour qu’il retrouve sa forme de quadrilatère Certes il est un peu jauni, on voit les plis, mais tant pis.   

Les fleurs. Je vais commencer par « le coin aux fleurs », en bas à droite. On se croirait dans un jardin, il s’agit de cette petite pièce de tissu de coton si fin, que mon esprit n’arrive pas à imaginer des doigts de femme broder de si petites fleurs dans un tissus si fragile. Faisons d’abord l’inventaire en fonction de leurs nombre de pétales, de petites feuilles et  de leur emplacement.  Disons pour schématiser qu’il s’agit de pâquerettes d’un centimètre environ,

  • celle du bas, la plus éloignée de l’angle compte dix pétales avec trois  double feuillage pour bien caler la fleur d’en bas, vers le centre,
  • pour l’équilibrer, de chaque côté, vers l’angle, les pâquerettes comptent neuf pétales, avec un seul double feuillage, à droite pour la fleur de droite, à  gauche pour la fleur de gauche.

Ces trois pâquerettes en triangle se prolongent en étant équilibrées par trois paquettes à quatre pétales placées à des endroits stratégiques vers l’extérieur cette fois-ci. Il y a d’abord la pâquerette de l’angle qui porte  deux tiges latérales d’un bon centimètre muni de deux petites feuilles de chaque côté. Ensuite on retrouve ces petites fleurs à quatre pétales et deux feuilles de chaque  côté de l’angle, à environ quatre cm et demie du cœur de la fleur d’angle.

Il est temps maintenant de vous parler de la structure puis ensuite de la bordure de ce quasi-carré. Cela revient à vous parler de ces « jours » qui se terminent sur l’extérieur par des festons. Pour suivre notre logique « fleur et feuillage », il va  falloir voir la différence entre la bordure « normale »  qui termine les 6/8  de ce carré, qui a gardé ses pliures. Chaque quart de ce presque carré, à l’exception du « quart aux fleurs sur deux demi-côtés»  devant moi à droite, est bordé d’un double rang de jours, le rang « extérieur » étant lui-même « protégé » par un rang de festons incroyablement serrés.  L’angle à 90° est source d’un mini-quadrilatère qui, à 20cm, de haut semble former une étoile.

Comme si  cette complexité et cette délicatesse ne suffisaient pas à prouver la maîtrise de la brodeuse, « le coin aux paquettes » fait l’objet d’un double travail d’ornementation extérieure  et de structuration intérieure pour mettre les fleurs en valeur. Au bord de ce tissu si fin, le bord n’est plus linéaire mais peut faire l’objet sur quelques centimètres de deux bordures de jours supplémentaires, un sur l’extérieur sur deux à trois  centimètres, pour finir en pointe.

A cette modification par des jours supplémentaires par l’extérieur à trois endroits pointe incluseet comme si la structuration et/ou la complexité  ne suffisaient pas, des rangs partiels supplémentaires ont été disposés à l’intérieur, en arrière des rangs supplémentaires extérieurs. C’est dans ces interstices que les petites fleurs à quatre pétales ont été insérées. J’ai compté douze rangs de jours de chaque côté à l’endroit le plus dense. Et c’est alors qu’arrive le moment magique où vous allez voir de douze « étoiles », provoquées par la rencontre entre deux rangs de jours perpendiculaires et qui sont enfermées dans un carré de 0,9 cm environ.

Pour en terminer avec l’analyse de cet incroyable maîtrise d’un travail de broderie, il ne me manque qu’une seule chose dont je dois vous parler dans cette analyse d’un travail de broderie, ce sont les rangées de points disposées par six, comme pour occuper l’espace entre les deux petites séries de deux rangées de jours vers l’extérieur auxquelles répond la rencontre entre les six points horizontaux et les six verticaux.

Pochette n°2 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth PoulainPochette n°2 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth Poulain

Pochette n°2 de tissus brodé avec des fleurs d'une finesse extrême, Cl. Elisabeth Poulain

Le plus grand carré brodé mesure 29,5cm de côté. Il est moins surprenant que celui dont je viens de vous parler en long, en large et surtout pas en travers, pour ne pas rendre le texte incompréhensible. Ici, ce sont les quatre roses disposées vers l’intérieur qui attirent l’attention : chacune dans son coin,  avec sa feuille trilobée placée dans le coin vers l’extérieur.

Les lignes qui soulignent l’entre-deux coins, sont … encore des jours, plus grands que ceux que je viens de mentionner et plus simples.  Ils sont placés en ligne, parallèlement à la bordure, avec « forcément » de la part de la brodeuse une recherche de complexité : la ligne parallèle à la bordure, par exemple, s’arrête à la hauteur de la toute petite fleur qui jaillit de l’entre-deux pétales de la grosse fleur et fait un coude à angle droit pour se rapprocher de l’ourlet, puis à nouveau à droite  pour s’arrêter net. Et cela à moins d’un centimètre plus loin. Une petite barre perpendiculaire de 2,2 cm environ est tracée depuis l’ourlet, pour s’arrêter à 0,7 cm d’un bouton de rose en train de s’ouvrir. Ce motif va se répéter quatre fois, puisqu’il y a quatre angles avec une fleur et une feuille  à chaque fois.

Il y a ainsi quatre roses tournées vers le centre, qui se prolongent par trois petites tiges très fines, faites de tous petits jours courbes d’où jaillissent trois très petites feuilles, identiques à celles que nous avons déjà pu admirer sur l’autre modèle. Par contre le travail touchant aux fleurs elles-mêmes est complètement différent puisque ce sont les fleurs elles-mêmes qui sont les stars de la composition. Elles sont orientées vers le centre et leur poids est équilibré par la présence vers l’extérieur de deux feuilles qui s’épanouissent en trois pointes, pour une question d’équilibre. L’intérieur de composition, aussi bien des fleurs que des feuilles, est composé de petits carrés tracés en très petits points dans un fil d’une finesse extrême.  

En  quelle année ce travail de broderie a-t-il pu être fait, en combien de temps, quel usage en faisait-on...? Autant de question qui resteront sans réponse...  

 

Pour suivre le chemin

. Pochettes pour homme, à voir dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Pochette_de_costume

. Clichés Elisabeth Poulain       

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Les menus de déjeuner & de dîner de mariage, 1936, Haguenau, Bas-Rhin

18 Décembre 2017, 16:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vignoble alsacien depuis Kayserberg, Cliché Remi Stasskopf, 2006, wikipedia

Vignoble alsacien depuis Kayserberg, Cliché Remi Stasskopf, 2006, wikipedia

Voilà deux jolies petites pépites, par leurs dimensions, trouvées par hasard dans une autre pépite, nettement plus grande par sa taille. Je commence par la grande pour ensuite me dédier aux menus et finir par les  vins.  Un petit rappel, nous sommes alors en Alsace, dans le Bas-Rhin, à Haguenau, c’est-à-dire dans le département le plus au nord.  

                                                                                       *                                

. Le vieil ouvrage de 34,5cm de hauteur sur 24,5 cm de largeur et de 2,8 cm d’épaisseur. Il s’agit de l’Atlas général de Géographie physique, politique et historique par L. DUSSIEUX, qui porte un second titre complémentaire au milieu de la couverture en épais carton, « Atlas de géographie ancienne, du  Moyen-Age et moderne. » Et à l’intérieur, dans la sous-page de couverture, une double mention importante, L. Dussieux est « professeur d’histoire à l’Ecole impériale, militaire de Saint-Cyr, membre correspondant des comités historiques », cette dernière mention figure  en tout petits caractères et l’autre précision est que ce fameux atlas est « à l’usage de toutes les classes » en caractères gras.  

Il n’est pas possible de trouver une date d’édition, puisque la réglementation ne l’exigeait pas. Il n’y en a donc pas. La seule façon d’avoir au moins une approximation est de retrouver les dates des cartes gravées par XXXX, le nom du graveur. Comme en plus, il n’y a pas de n° de pages, vous comprenez que la situation devient un peu lourde pour s’y retrouver. « La France divisée en 86 départements » gravée par Marlier », est en page 76 parce que quelqu’un l’a marqué au crayon en haut à droite.  Et c’est là à l’intérieur de ce vieil atlas que j’ai trouvé ces deux menus de déjeuners et de dîner offerts à l’occasion de ce mariage du 16 mai 1936 !                                                                        

Menu-Déjeuner d'un mariage en Alsace-1936-7 plats + 7 vins, Cl. Elisabeth Poulain

Menu-Déjeuner d'un mariage en Alsace-1936-7 plats + 7 vins, Cl. Elisabeth Poulain

. Le menu du déjeuner de mariage.  Il se présente  dans un rectangle de papier cartonné (16cm x 16cm) soit 16 cm de hauteur sur 8 cm de largeur. Une fois plié en deux dans le sens vertical, il peut tenir facilement verticalement sur la nappe et être conservé ensuite pour ceux qui le désiraient. C’est visiblement le cas ici 81 ans après. Voici les mets en page 3 que les convives se sont partagés au déjeuner, car il y a eu, deuxième surprise, un dîner de mariage. 

.. « Le menu de déjeuner offert à l’occasion du MARIAGE DE de Mademoiselle A. W… et de Monsieur A. F… le 16 mai 1936 ».  La première chose qui m’a frappée est ce « Mademoiselle », alors même que le mariage a fait d’elle une dame. On aurait dû donc l’appeler Madame, née …

Passons et abordons la question du menu,   et en particulier à l’intérieur dans ce qui serait la page 3,  à droite quand on ouvre la carte (16cm x 16cm quand il est déplié). Voyons les plats  présentés en sept séquences, sur plusieurs lignes (marquées ici par un / pour chaque changement de ligne), chaque paragraphe étant séparé des autres par un petit tiret très fin, chaque composante du plat  étant écrite en caractères de différentes tailles de police, en fonction de son importance :

  • « Crème de Volaille / à la Sévigné,
  • Truites de Rivière / au bleu / Sauce Mousseline / Pommes nouvelles
  •  Vol au vent au riz d’Agneau / à la Médicis
  • Poularde de Bresse / à la broche / Salade de laitue
  • Parfait Princesse Alice / Friandises
  • Gâteau aux fruits
  • Fruits »
Alsace, vignes, paysage, Cl. Bserin.2010.09.18, wikipedia

Alsace, vignes, paysage, Cl. Bserin.2010.09.18, wikipedia

                                                                              **

Brève analyse d’un point de vue actuel, d’abord au plan nutritif :

  • Les protéines sont reines par quatre fois, avec deux fois de la viande de volaille en consommé – qui est une « soupe claire » et en poularde, une fois du ris d’agneau (le ris étant du thymus des animaux ---) quant au thymus, c’est une « glande située en arrière du sternum ». C’est ce que dit très explicitement le Larousse en trois volumes de 1966 en page 3012…Je suis sûre que cela vous éclaire vraiment ; pour moi, j’avoue que j’ai un peu de mal… ! Il  convient donc de ne pas oublier le poisson dans le domaine des protéines. Ce sont des truites de rivière, avec une question perfide, « existe-t-il donc des truites qui ne sont pas de rivière ? » La réponse est clairement « oui » !
     
  • Les glucides sont forcément présents, mais pas tous cités. Le pain, qui en France accompagne le repas, n’a pas mérité d’être nommé… ! De toutes les façons après un tel repas qui a du s’étirer en longueur dans la journée, grignoter du pain entre les plats ne devait pas être une nécessité physiologique ni un usage  bourgeois adapté dans un menu de mariage. Les légumes ne sont pas non plus franchement à l‘honneur, à l’exception des pommes. J’imagine que ce sont des petites pommes de terre nouvelles ; au mois de mai, c’est tout à fait possible. Mais citer « la terre » dans un repas qui se voulait « chic » n’était peut-être pas concevable. En matière de légumes verts, citons la laitue. Les fruits sont présents grâce « Gâteau aux fruits » cuits dans le gâteau, suivis ensuite par des « Fruits » que j’imagine frais. Le mystère restera donc entier…
  •  
  • Les glucides visent aussi directement les mets sucrés de cette fin de banquet. Il y a « Le Parfait Princesse Alice » qui est présenté comme étant une friandise…Dans mon précieux LAROUSSE GASTRONOMIQUE, qui date de 1938 (soit deux ans après la date du mariage), il est écrit en page 777 en dernière position colonne de droite en bas qu’un « parfait  était anciennement un entremet glacé à base de crème au moka…Actuellement on appelle de ce nom des glaces à  bombe faite d’un seul parfum ». Ce sont des glaces légères, comme le résume l’ouvrage cité qui est une  de mes « pépites Emmaüs ». Cela signifie que c’est dans un centre Emmaüs que j’ai pu découvrir cet ouvrage fabuleux. Une glace est-elle bien une friandise ? La réponse est « oui ». Un « Parfait Princesse Alice » est alors une belle dénomination surtout pour le repas de mariage. Un nom que j’imagine inventé pour honorer et faire plaisir à la mariée, dont le prénom était justement Alice ! Quant à connaître sa spécificité, je l’ignore.    
     
  • Il s’ajoute à cette friandise un « Gâteau aux fruits », sans précision non  plus. Avec encore, des « Fruits », qui devaient être des fruits frais, par différence avec le gâteau dans lequel les fruits sont cuits. Mais cela ne devait être réservé qu’à ceux qui avaient encore un peu de place dans leur estomac.
     
  • L’appréciation sociologique. Concernant les plats, elle sera très courte dans la mesure où toutes les composantes ou presque portent des dénominations sélectives. Par exemple, au déjeuner la crème de volaille est « à la Sévigné »,
  • le vol au vent est « à la Médicis », la poularde forcément « de Bresse », le Parfait « Princesse Alice ». 
     
PLaquette du menu du dîner de mariage, dessin doré en relief avec ruban & fleurs, Cl. Elisabeth Poulain

PLaquette du menu du dîner de mariage, dessin doré en relief avec ruban & fleurs, Cl. Elisabeth Poulain

                                                                 ***

Et maintenant voici le summum placé en page 2, sobrement intitulé « VINS ». Là c’est « le bouquet » dans un sens très positif, qui sera d’une grande « sobriété » (jeu de mots double !). Il y a en effet six vins, avec une sélection très travaillée. Ces vins seront aussi présents le soir au dîner de mariage.

 

Les voici, en commençant par trois vins d’Alsace, qui sont ainsi mis à l’honneur, car le mariage s’est passé en Alsace entre deux Alsaciens. Ont suivi un vin algérien, puis Pommard, une grande appellation de Bourgogne, pour finir sur deux Champagne !      

                                                   Gewürtzraminer, un vin rouge

                                                          Riesling Zellenberg

                                                          Gewürtztraminer Becker

 

                                                                  Mascara

                                                                 Pommard

                                                Champagnes Mercier et Heidsick

 

Quelques informations succinctes sur ces vins.

. Le Gewürztraminer, un vin blanc à la robe claire. Retrouver les généralités sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Gewurztraminer_d%27Alsace

. Le Gewürztraminer « Becker », qui est le vin cité en n°3 dans le menu, est ainsi présenté, aujourd’hui en 2017 : « corsé et charpenté, il développe de riches arômes de fruits, de fleur ou d'épices. Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, il est parfait en apéritif ». C’est à découvrir sur le site des Vins Becker, http://www.vinsbecker.com/Nos-vins-d-Alsace-bio/La-gamme-des-7-cepages/Gewurztraminer-2.html

 

. Le Riesling est un vin blanc alsacien sec, au fruité aromatique et à la robe claire, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Riesling_d%27Alsace  

. Quant au vin de Riesling Zellenberg d’aujourd’hui, vous trouverez des informations sur http://www.larvf.com/,vin-eblin-fuch-alsace-riesling-zellenberg-vins,4405517.asp

 

. Pour les vins de Mascara originaire d’Algérie, il  est possible de consulter https://fr.wikipedia.org/wiki/Viticulture_en_Alg%C3%A9rie  ainsi que  http://www.gco-dz.com/fr/14-coteaux-de-mascara

. Le Pommard est un Côte de Beaune, en Bourgogne, qui a été reconnue AOC en 1936, justement l’année du mariage ! Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Pommard_(AOC)

 

. Et pour finir en beauté, voici les deux Champagnes, dont les noms continuent à figurer au Panthéon des Grands Champagne avec

- en premier cité, le Champagne Mercier, une grande maison de Champagne fondée en 1858,   à retrouver sur http://www.champagnemercier.fr/fr/legal ainsi que  sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Champagne_Mercier et l’essentiel sur http://maisons-champagne.com/fr/maison/mercier

- Puis  vient ensuite le Champagne  Heidsick , une maison fondée en 1851  http://piper-heidsieck.com/fr , à retrouver aussi sur le site, déjà nommé ci-dessus,  http://maisons-champagne.com/fr/maison/heidsieck-co-monopole       

                                                                            ****

Menu-Dîner d'un mariage en Alsace-1936-6 plats + 7 vins, Cl. Elisabeth Poulain

Menu-Dîner d'un mariage en Alsace-1936-6 plats + 7 vins, Cl. Elisabeth Poulain

Et ce n’est pas ainsi que se termine ce repas de mariage du 16 mai 1936… Car il y eut aussi un dîner qui suivit le soir même dont je vais vous parler maintenant plus succinctement. Le déjeuner offert à l’occasion de Mademoiselle … et de Monsieur …le 16 mai 1936 a été suivi en soirée d’un dîner de noces.  

                                                                       

. « DÎNER DE NOCE de Mademoiselle A. W.… et de Monsieur A.F.… 16 mai 1936 ». Le repas  relativement plus léger, avec un plat en moins, comprend (le) Consommé royal, (des) Filets de sole à la Margerie, (des) Asperges en branches servies avec une sauce Hollandaise vinaigrette, (du) Jambon de pays à la gelée, (du) Savarin au rhum à la Chantilly et des Fruits…Quant aux vins, ils sont heureusement les mêmes que ceux servis au déjeuner…  

 

                                                                               *****

Combien de convives furent invités à partager cette journée. Faisait-il beau ? Où cela se passa-t-il ? Dans un restaurant ? Sont-ils allés marcher un peu entre le déjeuner et le dîner ? Ont-ils dansé après ? Quels sont ceux parmi les convives à avoir participé aux deux repas ? Peut-être les membres des  familles proches. Et surtout pourquoi y a-t-il eu deux repas? Peut-être pour ceux qui purent être hébergés sur place ? Cela je ne le saurai jamais…On était en 1936, une année  pleine de bruit et de fureur partout en France, mais aussi en Alsace, qu’on perçoit toujours comme une grande région calme et paisible. Un peu plus de trois ans plus tard,  la Déclaration de Guerre éclatait le 3 septembre 1939…C’était le début de la seconde guerre mondiale, depuis celle  de 1914-1918, la troisième depuis 1870 entre la France et l’Allemagne…  

 

Pour suivre le chemin

. Voir pour exemple https://www.secretdemariage.com/dossier-56-est-repas-traditionnel-mariage-francais.html

. A comparer avec le cours portant sur la nutrition dans  http://campus.cerimes.fr/nutrition/enseignement/nutrition_4/site/html/cours.pdf

. La truite de rivière  sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Truite  à ne pas confondre avec la truite de mer https://fr.wikipedia.org/wiki/Truite_de_mer

. Sur l’Alsace  en 1936,  https://www.la-croix.com/Archives/1997-01-15/LIVRE-L-Ete-36-en-Alsace-_NP_-1997-01-15-420168

. Sur le 3 septembre 1939, jour de la Déclaration de Guerre de la France à l’Allemagne, voir https://www.herodote.net/almanach-ID-1646.php

. Sur les vins d’Alsace aujourd’hui, voir sur le Net https://fr.wikipedia.org/wiki/Vignoble_d%27Alsace , consulter « Les Vins d’Alsace, une promenade viticole et les meilleurs adresses », Jacques-Louis Delpal, Artémis Editions, une bonne synthèse qui date de 2004

. Sur les Maisons de Champagne, on peut aussi voir un ouvrage qui date « Champagne, Le Plaisir partagé » d’Eric Glatre et Angélique de la Chaize, hoëbeke éditeur, 2000    

. Pour les pommes de terre au mois de mai, voir http://www.alsacedunord.fr/sites/default/files/Breve%206%20Calendrier_fruits_et_legumes_saison.pdf

. Pour la météo en 1936, voir http://www.meteo-paris.com/chronique/annee/1936

. Cliché des menus Elisabeth Poulain, autres clichés wikipedia, le vignoble en Alsace  

 

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A Blois, rue des Papegaults, les portes en fête de la ruelle montante

10 Décembre 2017, 18:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blois, La Loire, le pont, les quais, Cliché. Elisabeth Poulain

Blois, La Loire, le pont, les quais, Cliché. Elisabeth Poulain

Après avoir admiré la Loire et garé la voiture sur les quais hauts à l’ombre sous les arbres, nous avons fait un excellent déjeuné au « Food & Brew » un pub qui offre aussi des menus végétariens, en goûtant avec plaisir un Cheverny blanc 2015 du Domaine du Portail. Quand je vous parle des portes en fête lors de cette  découverte de Blois, déguster un vin du Domaine de Portail est quand même étonnant. Notre objectif de ballade était seulement de nous approcher de la cathédrale qui domine toute la ville et qu’on voit en particulier de l’endroit où nous avons déjeuné, prêtes à y aller, mais sans savoir que cela grimpait autant. On a pu admirer la cathédrale mais l’idée même d’en faire le tour a été reportée à une prochaine visite-découverte…

Blois, Food & Brew, les ruelles et la cathédrale au fond, en haut, Cl. Elisabeth PoulainBlois, Food & Brew, les ruelles et la cathédrale au fond, en haut, Cl. Elisabeth Poulain

Blois, Food & Brew, les ruelles et la cathédrale au fond, en haut, Cl. Elisabeth Poulain

Rien de tel que d’aller au hasard dans le centre d’une vieille ville qu’on ne connait pas, même quand on a une carte  très succincte dans sa poche, pour le seul plaisir de la découverte instinctive. C’est l’expérience que nous avons faite, en prenant beaucoup de photos et pour le plaisir de faire des …photos et aussi pour accroître ses chances de retrouver plus tard,  sur la carte, le chemin emprunté. Ce qui n’est aucunement évident,  surtout dans les vieilles villes, comme Blois, à commencer par essayer de saisir le sens du terme de Papegaults une ruelle avec des marches, plutôt qu’une rue d’ailleurs.

Blois/Rue des Papegaults, en bas des marches, la jeune femme sportive, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults, en bas des marches, la jeune femme sportive, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, en bas des marches, la jeune femme sportive, Cl. Elisabeth Poulain

Pour cela après la ballade, j’ai  contacté les services officiels de la ville. La réponse de la personne que j’ai réussi à joindre au bout du fil a été que « papegault désigne un oiseau, un perroquet », un terme qui vient d’abord de l’arabe, puis de de l’espagnol "papagayo" et qu’on retrouve en allemand quasiment inchangé en  « papageï ». Avec un tel mot, mais pas n’importe lequel, celui qui désigne cette ruelle   qui monte jusqu’à la place de la cathédrale, vous venez déjà de faire un voyage dans le temps et dans l’espace force 4 et +. En réalité, le chemin est encore plus long. Car c’est oiseau-là était en bois, fiché en haut d’une longue perche tenue verticalement.  Le tout parfois pouvait être aussi fi en haut d’une tour pour donner l’occasion aux archers d’essayer de l’atteindre. C’était un sport tout autant qu’un moyen de défense qui permettait aux archers de s’exercer et de garder ainsi leur capacité à protéger la ville du dedans contre l’ennemi, l'assaillant venant du dehors.  

Blois/Rue des Papegaults, porte brune + grille, porte verte + porche pierre de falun, porche, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults, porte brune + grille, porte verte + porche pierre de falun, porche, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults, porte brune + grille, porte verte + porche pierre de falun, porche, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults, porte brune + grille, porte verte + porche pierre de falun, porche, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, porte brune + grille, porte verte + porche pierre de falun, porche, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, porte double bleue, porte bois usé, grosses pierres, vide comblé, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults, porte double bleue, porte bois usé, grosses pierres, vide comblé, Cl. Elisabeth Poulain Blois/Rue des Papegaults, porte double bleue, porte bois usé, grosses pierres, vide comblé, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, porte double bleue, porte bois usé, grosses pierres, vide comblé, Cl. Elisabeth Poulain

Il y avait au départ l’idée d’admirer du haut la ville en bas, alors que cela a été le contraire, c’est la montée qui a constitué une belle aventure en soi… Nous avons emprunté la rue des Papegaults, sans savoir ce que représentaient ces Papegaults mystérieux. Mon intérêt s’est spontanément focalisé sur les portes, de prérence vieilles, pendant presque toute la montée et parfois en descente, car on ne voit les choses de la même façon, même si on passe au même endroit.  Heureusement les  ouvertures vers l’extérieur et en particulier celles d'un certain nombre de portes n’ont pas été trop modifiées dans ces maisons anciennes accolées les unes aux autres. Souvent les façades des maisons ont dues être  plus ou moins aménagées pour tenir compte des contraintes de la vie d’aujourd’hui.  Vers le haut, en s’approchant de la cathédrale, certaines belles demeures, construites plus tardivement, montrent aussi un changement sociétal,  social et donc forcément architectural. On peut même y admirer un hôtel particulier  avec un beau jardin visible de la rue.

Blois/Rue des Papegaults, porte brune avec grille & anneau, porte à mur renforcé, double porte, Cl. E.PoulainBlois/Rue des Papegaults, porte brune avec grille & anneau, porte à mur renforcé, double porte, Cl. E.Poulain
Blois/Rue des Papegaults, porte brune avec grille & anneau, porte à mur renforcé, double porte, Cl. E.PoulainBlois/Rue des Papegaults, porte brune avec grille & anneau, porte à mur renforcé, double porte, Cl. E.Poulain

Blois/Rue des Papegaults, porte brune avec grille & anneau, porte à mur renforcé, double porte, Cl. E.Poulain

Blois/Rue des Papegaults,arrivée cathédrale, la jeune femme, l'ensemble bleu, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults,arrivée cathédrale, la jeune femme, l'ensemble bleu, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults,arrivée cathédrale, la jeune femme, l'ensemble bleu, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults,arrivée cathédrale, la jeune femme, l'ensemble bleu, Cl. Elisabeth Poulain

Ces portes ont été  pour moi, une des seules façons de distinguer les maisons accolées les unes aux autres. Certaines portent un numéro visible, mais pas toutes, où c’est moi qui ne les ai pas vus, ce qui pourtant m’aurait bien arrangé, pour pouvoir au retour mieux reconstituer la suite des maisons accolées. Mais revenons aux portes.

Une porte a une force symbolique autrement plus forte  qu’une fenêtre. Ensemble, elles parlent,  plus et autrement. Elles donnent  l’impression de vouloir défier le temps, dans un franc désordre, au sens où certaines façades ont été très peu modifiées  alors qu’il n’en a pas été de même avec d’autres.

Blois/Rue des Papegaults,arrivée près de la place de la cathédrale, changement, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults,arrivée près de la place de la cathédrale, changement, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults,arrivée près de la place de la cathédrale, changement, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults,arrivée près de la place de la cathédrale, changement, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, près de la place de la cathédrale, apparition des impostes, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults, près de la place de la cathédrale, apparition des impostes, Cl. Elisabeth Poulain
Blois/Rue des Papegaults, près de la place de la cathédrale, apparition des impostes, Cl. Elisabeth PoulainBlois/Rue des Papegaults, près de la place de la cathédrale, apparition des impostes, Cl. Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, près de la place de la cathédrale, apparition des impostes, Cl. Elisabeth Poulain

L’étonnant aussi est qu’on ne sait où commence le mur de l’une et celui de la voisine. En ces temps-là, on ne connaissait pas la normalisation ; la réglementation n’était pas celle d’aujourd’hui en particulier pour les bâtiments anciens à protéger …  Par contre on connaissait l’importance des murs qui protègent, celle de la porte qui permet d’entrer et de sortir, son rôle majeur de protection, d’où par exemple les petites grilles qui permettent de voir qui frappent…Il ne s’agissait pas en effet de laisser n’importe qui rentrer chez vous ! Aujourd’hui, on dispose  plutôt des systèmes basés sur la parole et l’ouïe que sur la vue, mais  l’objectif est le même… Plus haut dans la rue, c'est l'importance de la lumière, au cours du temps, qui apparait avec des impostes placées au-dessus des portes pour éclairer l'entrée le jour...!

Blois/Rue des Papegaults, la dernière porte, avec une très belle ferronnerie d'art, Cl.Elisabeth Poulain

Blois/Rue des Papegaults, la dernière porte, avec une très belle ferronnerie d'art, Cl.Elisabeth Poulain

Il me vient à l’esprit qu’il me semble ne pas avoir vu d’ « huis coupé », l’huis étant un vieux terme du français pour désigner la porte, l’huis coupé étant alors une porte dont seul le bas peut rester fermé, alors que le haut peut être ouvert. Avec une découverte étonnante qui est ce type de porte était interdit aux marchands de vin ! Une bonne façon de protéger les stocks des marchands de vin… ! Aujourd’hui, on en voit couramment dans les écuries pour les chevaux. Par contre nous avons pu admirer vers la fin en redescendant une très belle grille, qui a du être réalisée récemment  sur une adaptation d’un modèle ancien.

Pour suivre le chemin

. Le Food and Brew, à Blois, sur https://www.lafourchette.com/restaurant/food-brew-le-fab/70355

. Blois, les généralités à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Blois , la rue des Papegaults et plus particulièrement les maisons y sont citées,  n° 4 inscrite aux Monuments historiques en 1928 et la n° 14 en 1946, mais pas la rue en elle-même.   

. Rue des Papegaults, centre ancien de la ville de Blois, à voir sur http://www.bloischambord.com/files/ot-blois/files/brochures/pdf/plan_hd_0.pdf

. Découvrir le jeu du papegai ou du papegault sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Papegai, avec des illustrations dont l’une d'ailleurs vient de la Bibliothèque municipale d’Angers.

. L’huis coupé sur http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/huis/38334

. Clichés Elisabeth Poulain 

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CARAVANE Mars 1962, n°143 > Revue du Tourisme moderne > L’hiver, l’été

27 Septembre 2017, 09:46am

Publié par Elisabeth Poulain

Caravane, revue du Tourisme moderne, mars 1962, n°143, Couverture, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, revue du Tourisme moderne, mars 1962, n°143, Couverture, Cl. Elisabeth Poulain

L’HIVER. C’est une scène de montagne que vous présente la couverture. En mars, il y a de la neige dès lors qu’on atteint une certaine altitude. A cette époque, on ne parlait pas de réchauffement climatique ! La caravane, de marque « Caravelair »  (en tout petits caractères italiques en bas à droite du cliché parce que c’est un cliché de cette marque) a été prise en photo sur une petite route de montagne de neige tassée, arrêtée comme si elle était à sa place naturelle. La voiture qui l’a tractée jusque-là n’est pas visible. Ce ne peut être que volontaire pour éviter à l’œil de se disperser. Le regard reste de ce fait fixé sur cette scène de montagne, qui  met en lumière deux femmes, pendant que l’homme visiblement reste dans la caravane…Une jolie façon de montrer la facilité du lien entre le dehors-dedans et l’inverse également.

. La skieuse que l’on voit le mieux en premier plan à droite, et à droite aussi de la marque, est rayonnante. Elle  porte ses skis sur l’épaule droite en les tenant  de sa main droite, tandis que sa main  gauche repose sur le haut de ses bâtons. Elle n‘a pas encore enfilé ses gants, ce qui montre qu’elle s’apprête à partir skier.  

. L’autre est une dame blonde, dont il est difficile de donner l’âge. Peut-être  s’apprête-t-elle à prendre de sa main droite, un appareil photo ou sa paire de gants, que lui tend le monsieur, le mari de la skieuse peut-être. Quant à la dame blonde, je verrais bien la mère de l’un des deux membres du couple, qui a planté sa paire de skis tout près dans de la neige fraîche. 

. Quant à l’homme de la famille, que l’on aperçoit à la fenêtre de la caravane, on devine qu’il va rester dans la caravane, pendant que ces dames vont faire du ski. Une jolie façon de montrer que la caravane était aussi un moyen de montrer sa « modernité », une autre façon aussi de passer des vacances sportives en tissant des liens nouveaux dans un couple, une famille….  Il faut bien que quelqu’un garde « la maison » pendant que ces dames s’apprêtent à aller skier…surtout quand la caravane est stationnée sur une route fraîchement déneigée…

Caravane, revue du Tourisme moderne, mars 1962, n°143, Couverture, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, revue du Tourisme moderne, mars 1962, n°143, Couverture, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, Couverture-Les lignes, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, Couverture-Les lignes, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre de cette couverture, en page 33 en dessous du sommaireest le suivant : « Bientôt les envolées sur la neige de printemps, « Bretagne » de Caravelair, une 3,30 m, entièrement isolée. Production de Sud-Aviation ».

Une grande attention est donnée aux couleurs. En haut de la couverture, le bandeau jaune, sur lequel se détache avec force en caractères noirs le titre du magazine « CARAVANE », donne une force vive et gaie à la montagne en quatrième plan placée en dehors du soleil. Ce jeu des couleurs se poursuit en bas de la photo, avec le jaune du pantalon de ski de la jeune femme.  Entre les deux, notons que le bas de la caisse de cette Caravelair est jaune-ocre éteint dans sa partie basse et que les rideaux sont d’un orange vif qui donne du tonus à la photo, en harmonie aussi avec ce jaune très chaleureux.   

Le jeu des lignes structurant la composition est fabuleux. Cette fois-ci, il faut au regard partir du fond du cliché, de cette montagne qui trace une ligne oblique qui part du haut-gauche vers la descente cette fois-ci de la pente. Cette ligne arrière-fond croise la ligne cachée de la prairie, qui descend dans le sens de la droite vers la gauche. Elle ne figure pas sur le jeu de tiges de fleurs de lin qui indique le sens des lignes. Une des raisons est que la ligne dominante à cet endroit est le haut rectiligne du toit de la caravane. En plus, celle-ci est bicolore blanche en haut, ocre-jaune un peu foncé en partie basse, sagement garée sur la route qui porte l’ombre de la caravane légèrement grisée. Aux verticales maintenant de s’exprimer. Aux premiers plans, les bâtons à droite, les deux dames au milieu, la paire de skis de la dame n°2 proche de la caravane en partie gauche, les trois angles visibles de caravane et …les quatre poteaux en ligne oblique sur le côté de droit et un seul plus visible vers la gauche.

Caravane-revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, Visuel p.21, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane-revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, Visuel p.21, Cl. Elisabeth Poulain

L’ETE. Dans ce même numéro, Caravelair a par ailleurs fait paraître dans le magazine une double page de publicité, avec en page de droite, consacrée à un visuel estival, qui montre cette fois uniquement des femmes. L’une est en pyjama rose, avec ce slogan en haut des deux pages « Caravelair, de l’Air à la route, vous offre le confort de la CARAVELLE sous tous les climats…la qualité que l’on ne discute pas. ». Il est suivi d’un second écrit en blanc sur fond rouge et en noir sur fond rouge, en milieu de page de gauche et en bas des deux pages pour le second:

  • Le meilleur réseau français
  • associé à la puissante production de Sud-aviation.

La photo, qui mesure 20cm sur 13 de hauteur présente une  caravane de marque forcément Caravelair différente, sans pouvoir faire une comparaison dans la mesure où cette fois-ci c’est le côté « porte » qui est mis en valeur. La couleur du bandeau est d’un bleu léger, les fenêtres plus grandes sont groupées à l’arrière, à l’exception de celle que l’on voit à droite de la porte. Les trois dames l’été dans un camping une pinède qu’on imagine près de la mer, à cause du sable. La situation est forcément différente, on sent presque la chaleur du soleil.

. Ces dames viennent pour l’une d’elles de se réveiller. Elle est encore en pyjama d’un  joli rose. Elle sort de la Caravelair avec un magazine à la main, des babouches dorées au pied, se dirigeant vers le fauteuil rouge tonique qui l’attend. Elle se dirige vers un fauteuil rouge qui visiblement l’attend.

C’est une autre jeune femme qui donne le ton. Elle est très élégante avec son pantalon rouge assorti au rouge de l’autre fauteuil, avec des ballerines rouges, un haut fleuri  avec naturellement des fleurs rouges, tout comme le ruban qui orne le chapeau de paille de l’élégante, qui ‘apprête à prendre de la main, peut-être est-ce un biscuit, que lui tend la dame restée dans la caravane.

. La troisième personne du trio est en effet est en effet aussi à l’intérieur. Cette fois-ci, c’est elle qui se tend vers la jeune femme au pantalon rouge pour offrir quelque chose. On pourrait imaginer qu’elle est la maman  de l’une des deux autres, voire des deux.  

Caravane-revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, p.21, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane-revue du Tourisme moderne 03-1962, n°143, p.21, Cl. Elisabeth Poulain

L’harmonie des couleurs. Elle est très réussie, avec ce rouge qui réveille le bleu ciel  doux qui ceinture la partie basse de la caravane, en laissant deux parties blanches en haut et en bas, des rideaux jaunes toniques sur un paysage enveloppant « vert pin » et sable roux. Les trois dames ont chacune leurs couleurs attitrées. La « Maman », celle qui est dedans et qui est tend des biscuits ( ?) à l’Elégante assise dehors, a un pull violet, un collier blanc tout comme son bandeau dans les cheveux. Le rouge comme nous de le voir pour la Star  qui est pose assise dehors telle une star et la Lève-Tard  qui sort en pyjama rose avec une cigarette à la main gauche et une revue qu’elle serre contre elle pour se réveiller en douceur…Et j’allais oublier les rideaux jaunes qui réveillent le bleu très doux qui manque de tonicité.

Des vraies vacances en plein air, avec cette « Caravelair qui vous offre le confort CARAVELLE sous tous les climats…la qualité qu’on ne discute pas… ». C’étaient des modèles1962…

                                                                                   *

Pour suivre le chemin

. CARAVANE, mars 1962, n°143, 1,50 NF, Revue du tourisme moderne.

. Le Ier visuel forme la couverture de ce numéro et le second est la partie « photo » en page 21 d’une publicité double page, qui commence en page 20 avec les adresses de tous les concessionnaires de la marque « Caravellair, de l’Air à la route … le meilleur réseau français…associé à la puissante production Sud-Aviation ».    

. Clichés Elisabeth Poulain      

       

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CARAVANE n°141, janvier 1962, les trois pages de couverture couleur

12 Août 2017, 17:35pm

Publié par Elisabeth Poulain

Caravane "Emmaüs", orange, long. 18 cm x 9,5 cm de haut., vue latérale, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane "Emmaüs", orange, long. 18 cm x 9,5 cm de haut., vue latérale, Cl. Elisabeth Poulain

Comme son nom l’indique très sobrement, CARAVANE est la «  revue du tourisme moderne - dont il ne reste en notre possession que quelques exemplaires. Cette petite série commence par le numéro du mois de janvier 1962. C’était la fin d’un modèle d’un format 26,3 cm de hauteur pour 18cm de largeur pour 0,3 cm d’épaisseur. Exprimés autrement, ce n° 141, comportait 90 pages illustrés de photos et de nombreux dessins en noir et blanc. Seules les couvertures étaient en couleur, parce que ne mettre que de la couleur aurait renchéri le prix de vente, d’autant plus qu’il aurait fallu utiliser un papier glacé de belle qualité, donc plus onéreux. Ces éléments expliquent que seules les pages de couverture,  en comptant la page 3 de couverture intérieure, avaient le privilège d’être illustrées de photos en couleur. En 1962, la photo-couleur était rare parce que chère. 

Cette petite série commence pour nous par ce numéro de janvier 1962, illustré d’un dessin en couleur dont je n’arrive pas à trouver l’auteur en particulier dans le sommaire qui se trouve en page 25.

Caravane, janvier 1962, n°141, Revue du tourisme modèle, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, janvier 1962, n°141, Revue du tourisme modèle, Cl. Elisabeth Poulain

. La « Une de couv. » représente une scène d’hiver, en moyenne montagne sous la neige, où la caravane remplace la crèche des rois mages. On les voit arriver sur le côté gauche du dessin qui forme un carré de 17cm environ. Une couleur jaune, qui évoque la chaleur, s’échappe de la porte pourtant fermée de la caravane. Une grosse étoile indique le chemin aux rois mages qui arrivent par le côté gauche du dessin, avec des cadeaux dans la main et leur couronne sur la tête. Une chouette est nichée sur une branche juste au-dessus de la caravane. Au milieu du dessin vers l’arrière, on  aperçoit un berger vêtu d’une grande cape et d’un large chapeau rouge, qui  garde des moutons dans la neige !

Il me reste à vous parler du premier plan, où l’on voit un personnage en tenue de survêtements, avec des lunettes de soleil –alors qu’il fait nuit -  chaussé de grosses chaussures de neige avec des chaussettes rouges, tout comme son bonnet et le foulard. A ses côtés sur la droite, une biche et  deux faons, tous les trois vus de dos, meublent l’avant-scène dans le cône de chaleur jaune, en regardant comme fascinés ce cône de lumière jaune qui semble sortir de la porte et qui semble symboliser la chaleur en plein hiver.   CARAVANE, le nom du magazine, est écrit en grands caractères blancs sur fond rouge en haut et toute la partie inférieure, dessin compris, est entourée de noir  

Caravane, janv.1962 n°141, 4 de couv., Pub Caravane Notin "Corvette 500", Cl Elisabeth Poulain

Caravane, janv.1962 n°141, 4 de couv., Pub Caravane Notin "Corvette 500", Cl Elisabeth Poulain

. La 4 de couv.  a pour but de célébrer l’été, après l’hiver de la couverture principale. C’est une vraie publicité, pour la marque NOTINVotre rêve, une CARAVANE NOTIN montre un dessin  très  réussi  au bord d’un lac en montagne. La caravane a été détachée de la voiture que l’on devine sur l’extrême gauche. Son positionnement est  plus fait pour le dessin que pour reproduire la réalité. Elle est en effet garée transversalement au lac, sans que la porte soit ouverte. Les caravaniers s’apprêtent-ils à partir ? Ou plus vraisemblablement viennent-ils juste d’arriver, auquel cas la jeune femme, qui semble dire bonjour ou au-revoir à ses amis, ne serait pas en bikini…

Contentons-nous d’admirer ce paysage de vacances au bord d’un lac en plein été avec suffisamment de vent pour gonfler les voiles des deux voiliers, ces grands sapins noirs qui structurent le paysage et donnent de l’ombre bienfaisante et les pentes à pic de la montagne qui se reflètent dans l’eau…Et telle une star habitée se tient au milieu de la scène, la CORVETTE 500, le haut de gamme  des huit modèles cités… 

Caravane, janv..1962 n°141, 3 de couv., Eden Roc, caravane  anglaise, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane, janv..1962 n°141, 3 de couv., Eden Roc, caravane anglaise, Cl. Elisabeth Poulain

. Pour finir, voici la 3 de couv. située au verso de la couverture portant la caravane Notin. Elle serait en page 91 si la page en vis-à-vis était numérotée. Cette publicité met en valeur les qualités d’une caravane anglaise « EDEN ROC »  ayant un distributeur exclusif à Paris dans le 17è arrondissement. La partie du haut est consacrée essentiellement aux noms et adresses des différents distributeurs en France et la partie du bas, légèrement plus petite (17,5 cm de largeur et 12,5 cm de hauteur) que la partie haute très dense.  

On est vraisemblablement au printemps, quand s'annoncent les beaux jours. Une jeune femme souriante est assise sur des rondins de bouleaux en faisant un grand sourire à celui qui prend le cliché. Un petit enfant regarde par la demi-fenêtre qui s’ouvre sur l’extérieur ; un jeune couple se tenant par la main marche en arrière. On peut supposer que c’est le mari de la jeune femme et le père du petit garçon qui prend le cliché. Certes la photo évoque les vacances en famille, un critère d’achat vraiment important pour l’acheteur. A l’instar des quatre qualités mises en avant par le visuel, à savoir les aménagements, le freinage, la solidité et la sécurité, au plan visuel, Il n’empêche qu’il n’y a rien de bien attirant dans ce visuel. Mais c'est sympathique....

Caravane "Emmaüs", long. 18 cm x 9,5 cm de haut. vue de l'arrière, Cl. Elisabeth Poulain

Caravane "Emmaüs", long. 18 cm x 9,5 cm de haut. vue de l'arrière, Cl. Elisabeth Poulain

Pour ce numéro de janvier 1962, il est révélateur de voir que c’est la neige qui est présentée en premier, pour mettre en valeur l’arrivée des Rois mages, le jour de l’Epiphanie, portant chacun un cadeau…comme si ce cadeau était la caravane dont la porte ne s’ouvrira que lorsqu’ils seront arrivés à bon port. Ils sont visiblement attendus avec impatience !  Puis vient l'été au bord du lac en montagne, sans oublier le printemps  quand on commence à sortir sans pull-over...  

                                                                                   ***

Pour suivre le chemin

. CARAVANE, janvier 1962, n°141, 1 NF, Revue du tourisme moderne

. CARAVANE, 13 rue de Grenelle, Paris 7è, LIT 43-16  (= LIT pour Littré ?) en page 25 où figure le sommaire, Directeur Général J. Susse, Directeur –Rédacteur en chef, P. Chambaz.

. La fête des Rois Mages, l’Epiphanie, à voir sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89piphanie

. Cette très petite série de « Caravane », en ma possession, s’élève à sept exemplaires en tout et pour tout; c'est dire que mon analyse à partir des clichés couleurs n'aura qu' une valeur toute relative. Par choix, en plus, je ne vous présente que les couvertures couleurs, à savoir, dans ce numéro, la une de couv.,  la 4 de couv.  et son verso, la 3 de couv. celle qui est à l’intérieur de la revue au recto de la page de couverture. Avec mes remerciements à France Poulain pour me l'avoir fait connaître...

. Clichés Elisabeth Poulain. "Jouet Emmaüs" signifie que cette pauvre caravane, bien usée, vient d'un  Centre Emmaüs, qui ne voulait même pas nous la vendre parce qu'elle était trop abîmée... Alors nous avons acheté un livre un peu au hasard mais dans nos thématiques, qui s'est révélé être en plus très intéressant. Ainsi va la vie, grâce à une vieille caravane...  

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Un vase jaune, d’un jaune qui éclate dans votre œil, impossible à oublier

10 Juillet 2017, 12:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

* Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Il était tellement attirant, d’une telle force de captation de votre regard, que j’ai failli l’acheter, moi qui n’aime ni vraiment les bibelots, ni les vases, surtout qu’avec la tonicité de sa couleur, qu’il n’aurait supporté aucune concurrence, surtout celle d’une fleur. Là, on était d’accord lui et moi; les fleurs, il vaut mieux les laisser vivre leur vie au calme sur leur plante-mère. Donc j’ai été forte, j’ai bien été décidée à ne pas acheter le vase jaune, même pour faire « une bonne action » pour Emmaüs.

Pour ne pas avoir de regret, j’ai quand même pris une photo. Et cette photo, c’est celle que vous voyez là. L’amusant est que ce bref instant m’est revenu en mémoire à la seule vue de ce cliché que j’ai pris il y a déjà quelques années. La forme ne m’intéressait pas spécialement, seulement cette couleur qu’il était impossible de ne pas voir sur l’étagère. A juste titre, les personnes faisant partie de l’Association caritative d’Emmaüs l’avaient placé à un coin de sorte qu’on pouvait l’isoler de son concurrent proche. Ils avaient aussi pousser le raffinement chromatique jusqu'à le faire voisiner avec du rouge, de l'orange et du bleu-parme en lignes verticale, du rouge foncé en horizontal...

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Collection Emmaüs, Vase jaune, Cl. Elisabeth Poulain

Pourquoi cette passion pour le jaune ? Je n’ai pas d’explication. C’était ce vase-là, ce jour-là et l’étonnant est que ma réaction a été aujourd’hui la même à la vue du cliché. Ne comptez pas sur moi pour vous parler aujourd’hui de l’ambivalence du jaune…

                                                                                    ***

Pour suivre le chemin

. Sur la couleur jaune et sa double face, sa profonde ambivalence, référez-vous à la page 535  du Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, paru chez Laffont, dans la collection Bouquins…

. Emmaüs, sur wikipedia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_France , en Maine et Loire http://www.emmaus49.com/ , à l’international présent dans 37 pays https://www.emmaus-international.org/fr/?gclid=CNyBkZKV_9QCFQs6GwodyrEL1w

. Cliché Elisabeth Poulain

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